BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
246
N° 353 JANVIER-FÉVRIER 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
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Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 353, janvier-février 1976, Zoologie 246
SOMMAIRE
Ch. Bayssade-Dufour et J. Joufdane. — Etude comparative de la chétotaxie cerca-
rienne de Pseudocephalotrema pyrenaica Combes et Jourdane, 1969, et de deux
espèces de Lecithodendriidae. 67
Ch. Bayssade-Dufour et J. Jourdane. — Chétotaxie cercarienne et position taxino¬
mique de Nephrotrema truncatum, Skrjabinophyetus neomydis et Skrj abinophye¬
tus soricis . 71
353, 1
Étude comparative de la chétotaxie cercarienne
de Pseudocephalotrema pyrenaica Combes et Jourdane, 1969,
et de deux espèces de Lecithodendriidae
par Christiane Bayssade-Dufour et Joseph Jourdane *
Résumé. — La chétotaxie de la cercaire de Pseudocephalotrema pyrenaica est décrite ; sa très
grande ressemblance avec la chétotaxie de Prosotocus fuellehorni (Lecithodendriidae, Pleurogene-
tinae) constitue un argument supplémentaire pour rattacher le genre Pseudocephalotrema aux
Lecithodendriidae Pleurogenetinae.
Abstract. — The chaetotaxy of the cercaria of Pseudocephalotrema pyrenaica is described.
Its very close similarity with the chaetotaxy of Prosotocus fuellehorni (Lecithodendriidae, Pleuro¬
genetinae) gives supplementary argument to include the Pseudocephalotrema genus into the Leci¬
thodendriidae family and Pleurogenetinae subfamily.
La cercaire de Pseudocephalotrema pyrenaica , dont nous décrivons la chétotaxie, est
émise par le Mollusque Hydrobiidae Bythinella reyniesii, espèce endémique des Pyrénées
où elle vit exclusivement dans les sources froides. Le cycle biologique de ce Trématode,
parasite à l’état adulte de la Musaraigne aquatique ( Neomys fodiens), a été récemment décrit
par l’un de nous (Jourdane, 1973).
Description
1. Région céphalique (fig. 1, A-F)
a — Papilles de la bouche
Le cycle C, de cette cercaire ne porte pas de papille.
C„ = 1 C„l, 1 C„2, 1 C.,3, 1 G„4
C in = 3 ou 4 C,„l, 2 ou 3 C, H 2, J- 4 C m 3 ; les papilles C,„t sont alignées avec
la papille C,,l ; les papilles C, n 2 avec la papille C n 2 et les papilles C IU 3 avec la papille C,,3.
b —- Papilles du stylet
St = 1 StV, 4 à 5 Stl, 29 à 30 St2, 6 StD, 3 à 5 StL.
* Ch. Bayssade-Ddfouh, Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Vers), associé
au CNRS, 43, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
J. Jourdane, Département de Biologie Animale, Centre Universitaire, av. de Villeneuve, 66000 Perpi¬
gnan.
100
Fig. 1. — Chétotaxie de la cercaire de Pseudocephalotrema pyrenaica.
A, région céphalique vue de face ; B, région céphalique vue de trois quarts ; C, sensilles ventrales et laté¬
rales d’une cercaire vue de trois quarts ; I), sensilles dorsales et latérales d’une cercaire vue de trois
quarts ; E, F, sensilles d’une cercaire en vue dorsale.
CHÉTOTAXIE CERCARIENNE
69
2. Corps
A, =
A,,, =
M =
P, =
2 à 3 A,V, 3 A,L, 1 A,D -f- 2 A,D médiodorsales
1 A„V, 2 A n L, 1 A„D
1 A ni V, 1 A„,L, 1 A in D
2 MV, 2 ML, 1 à 3 MD
1 P,V, 1 ou 2 P,L, 1 P,D
1 P„V, 1 P„L, 1 P„D
1 P,„D
3. Acetabulum
S = 2 S, + 2 S„
4. Queue
Deux papilles dorsales situées au tiers postérieur de la queue.
Discussion
La chétotaxie de cette cercaire est très voisine de celle de deux cercaires de Lecitho-
dendriidae Pleurogenetinae : Pleurogenoides médians (Olsson, 1876) et Prosotocus fuelle-
borni Travassos, 1930, étudiées par J. Richard (1971) b
Ces deux cercaires et la nôtre n’ont pas de papilles sur le cycle C,, ont un cycle C„
composé de 1 C„l, 1 C u 2, 1 C,,3, 1 C,,4 et ont deux papilles caudales transversales. La res¬
semblance de Pseudocephalotrema pyrenaica avec la cercaire de Prosotocus est plus grande
encore : ces deux cercaires ont le même nombre de papilles acétabulaires, le même nombre
de papilles AD, des nombres très voisins de papilles AV-MV : 2 A,V, 1 A,,V, 1 A m V, 3 MV
chez Prosotocus ; 2 A,V, 1 A n V, 1 A nl V, 2 MV chez Pseudocephalotrema.
Les caractères communs relevés dans la chétotaxie des trois cercaires permettent
donc de conclure à l’existence d’une parenté très étroite entre le genre Pseudocephalotrema
et les deux autres genres.
Le genre Pseudocephalotrema, qui comprend une seule espèce, P. pyrenaica, est très
proche du genre Cephalotrema Baer, 1943. Ce dernier, placé par Baer (1943) dans la famille
des Lecithodendriidae, a été, depuis, inclus par Yamaguti (1958) et Skrjabin (1964) dans
celle des Prosthogonimidae. L’un de nous (Combes et Jourdane, 1969), examinant les
caractères des vers adultes de ces deux genres, estimait que la position systématique rete¬
nue par Baer était plus acceptable et rattachait les deux genres aux Lecithodendriidae
Pleurogenetinae.
L’étude récente (Jourdane, 1973) des stades larvaires et des modalités du cycle de
P. pyrenaica permit de confirmer cette position systématique.
Il est remarquable de montrer que l’analyse de la chétotaxie valide de façon parfaite
1. M me Richard nous signale qu’il y a eu confusion dans sa thèse entre la cercaire de Pleurogenoides
médians et celle de Prosotocus fuelleborni. Dans cette discussion, lorsque nous parlerons de la chétotaxie
de Prosotocus, nous nous référerons à celle que J. Richard, 1971, rapporte à Pleurogenoides et vice versa.
70
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET JOSEPH JOURDANE
les conclusions tirées à la fin des études morphologiques et biologiques. Le genre Pseudo-
cephalotrema doit donc être classé indiscutablement dans la famille des Lecithodendriidae
et parmi les Pleurogenetinae.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bakr, J. G., 1943. — Les Trématodes parasites de la Musaraigne d’eau Neomys fodiens (Schreb.).
Bull. Soc. neuchâtel. Sci. nat., 68 : 33-84.
Combes, C., et J. Jourdane, 1969. —- Pseudocephalotrema pyrenaica n. gen., n. sp. (Trematoda)
parasite de Neomys fodiens (Pennant) dans les Pyrénées. Position taxonomique des genres
Cephalotrema Baer, 1943, et Pseudocephalotrema n. gen. Vie Milieu, 20 (IC) : 21-28.
Jourdane, J., 1973. — Le cycle biologique de Pseudocephalotrema pyrenaica Combes et Jourdane,
1970, digène parasite de Neomys fodiens dans les Pyrénées. Z. ParasitKde, 42 : 299-314.
Richard, J., 1971. — La chétotaxie des cercaires. Valeur systématique et phylétique. Mém. Mus.
natn. Hist. nat., Sér. A, Zool., 67 : 1-179.
Skrjabin, K. I., 1964. — Keys to the Trematodes of Animais and Man. University of Illinois
Press, Urbana, 351 p.
Yamaguti, S., 1958. — Systema helminthum. I. The digenetic Trematodes of Vertebrates (2 parts).
Interscience Publishers, New-York London, 1575 p.
Manuscrit déposé le 10 mars 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 353, janv.-févr. 1976,
Zoologie 246 : 67-70.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1976.
Chétotaxie cercarienne et position taxinomique
de Nephrotrema truncatum , Skrjabinophyetus neomydis
et Skrjabinophyetus soricis
par Christiane Bayssade-Dufour et Joseph Jourdane *
Résumé. — La chétotaxie de trois cercaires microcerques : Nephrotrema truncatum, Skrja¬
binophyetus neomydis et Skrjabinophyetus soricis, parasites de Bythinella reyniesii dans les Pyré¬
nées, est décrite. Elle met en évidence une parenté entre les genres Nephrotrema et Skrjabinophyetus
et permet de les rattacher à la superfamille des Allocreadioidea.
Abstract. — The chaetotaxy of three microcercous cercariae : Nephrotrema truncatum,
Skrjabinophyetus neomydis and Skrjabinophyetus soricis, parasites of Bythinella reyniesii in the
Pyrenees is described. It shows a relationship between the Nephrotrema and Skrjabinophyetus
généra and justifies their linking to the Allocreadioidea superfamily.
Les trois cercaires dont nous décrivons ici la chétotaxie sont des parasites du Mol¬
lusque Hydrobiidae Bythinella reyniesii, espèce endémique localisée au niveau des sources
froides des Pyrénées. Le cycle biologique de Nephrotrema truncatum a été étudié par l’un
de nous (Jourdane, 1973 et 1974), celui de Skrjabinophyetus neomydis par Brendow,
1970, en Allemagne ; l’évolution larvaire de Skrjabinophyetus soricis sera publiée ultérieu¬
rement.
DESCRIPTION
I — Chétotaxie de Nephrotrema truncatum
(Fig. 1, A-D : fig. 2, A-D)
1. Région céphalique
a — Papilles de la bouche
C, = 1 C,V, 1 C,L, 1 C,D
C„ = 1 C„0, 1 C„l, 9 à 12 C n 2
C,,, = 3 C,„l, 3 à 4 C m 2, 3 à 6 C m 3
b — Papilles du stylet
St = 20 à 30 Stl, 6 à 8 StDl, 4 à 6 StD2, 5 à 7 StDL
* Ch. Bayssade-Dufour, Muséum national d'Histoire naturelle. Laboratoire de Zoologie (Vers) associé
au CNRS, 43, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
J. Jourdane, Département de Biologie Animale, Centre Universitaire, av. de Villeneuve, 66000 Perpi¬
gnan.
</> U oo
72
CHETOTAXIE CERCARIENNE
100 M
Fig. 2. — Nephrotrema truncatum.
Chétotaxie d’une cercaire : B-C, en vue ventrale ; A-D, en vue dorsale.
74
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET JOSEPH JOURDANE
2. Corps
A, = 1 à 2 A,V, 2 à 6 A,L, 1 à 2 A,D
A„ = 1 à 2 A,,V, 2 à 4 A„L, 1 à 4 A,,D
A,„ = 1 A m V
M = 1 à 2 MV, 2 à 5 ML, 1 à 2 MD
P, = 1 P,V, 1 P,L, 1 P,D
P„ = 1 P„V, 1 P„D
P„, = 1 P„. v
P,v = 1 P,vL, 1 P IV D
3. Acetabulum
S = 4 à 6 S„ 9 à 10 S„, 6 S ni
4. Queue
U = une papille ventrale
II — Chétotaxie de Skrjabinophyetus neomydis
(Fig. 3, A-D)
1. Région céphalique
a — Papilles de la bouche
C, = 1 C,V, 1 C,L, 1 C,D
C„ = 1 ou 0 C„0, 4 C„l, 10 C„2
C,„ = 4 ou 5 C„,l, 2 C IU 2, 5 C in 3, 5 à 6 C„,4, 4 à 5 C m 5
b — Papilles du stylet
St = 20 à 26 Stl, 3 StDl, 5 à 6 StD2
2. Corps
K =
1 A,V, 2 à 3 A,L, 2 A,D
3 A„D
1 A m L, 2 A in D
2 A IV D
2 MV, 3 à 4 ML, 2 MD
2 P,V, 4 P.L, 2 P,D
3 P„V, 1 P„L, 1 P„D
2 P„,V, 1 P,„L
3. Acetabulum
S = 6 S„ 6 S„
4. Queue
U = une papille ventrale
100 JJ
Fig. 3. — Skrjabinophyetus neomydis.
Chétotaxie d’une cercaire : A-B, en vue ventrale ; C, vue de trois quarts ; D, en vue dorsale.
CHÉTOTAXIE CERCARIENNE
77
III — Chétotaxie de Skri abinophyetus soricis
(Fig. 4, A-D)
1. Région céphalique
a — Papilles de la bouche
C, = 1 C V, 1 C,L, 1 C,D
C n = 1 C„0, 4 C„l, 6 C„2
Cm = 2 C„,l, 2 C in 2, 3 C,„3
b — Papilles du stylet
St = 20 à 26 Stl, 5 Stl, 4 StD2
2. Corps
A, = 1 A.V, 7 A,L
A„ = 1 A„V, 5 A„L, 3 A„D
Am = 1 A,„\
M = 1 MV, 4 ML, 2 MD
P, = 1 P,V, 3 P,L
P„ = 1 ou 2 P„L
P
m
= J P„,V, 1 P in L
3. Acetabulum
S = 6 S„ 6 S„
4. Queue
U = une papille ventrale, exceptionnellement deux papilles.
DISCUSSION
1. État de la taxinomie
En l’état actuel de nos connaissances, la position taxinomique des genres Nephro-
trema Baer, 1951, et Skrjabinophyetus Dimitrova et Genov, 1967, ne peut être encore établie
avec certitude.
D’une part, leur situation dans les Allocreadioidea demande confirmation, d’autre part
leur attribution familiale est incertaine ; en effet, les genres N ephrotrema et Skrj abinophyetus
trouvent place dans la plupart des classifications, respectivement dans la famille des Tro-
glotrematidae Odhner, 1914, et des Nanophyetidae (Wallace, 1935). Ces deux familles, défi¬
nies seulement à partir des caractères morphologiques des adultes, constituent des entités
systématiques très discutables. L’absence de caractères différentiels nettement tranchés
entre les espèces des deux familles avait déjà conduit Wallace (1935) à grouper toutes les
espèces dans une famille unique, celle des Troglotrernatidae.
78
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET JOSEPH JOURDANE
2. Situation des deux genres dans les Allocreadioidea
Richard (1971), Bayssade-Dufour et Maillard (1974) considèrent que cinq carac¬
tères chétotaxiques permettent de distinguer les Allocreadioidea ; ce sont :
— 1 C,D,
— 1 c„ 0 ,
— 0 ou 1 A,D médiodorsale,
— 2, 3 ou 4 cycles acétabulaires fréquemment composés de cycles à 6 papilles disposées
en hexagone et dont l’une des diagonales est dans le plan sagittal de la cercaire,
— 8 ou plus de 8 papilles caudales pour les Allocreadioidea à longue queue.
Dans l’étude de Nephrotrema et Skrjabinophyetus, le cinquième caractère relatif aux
papilles caudales ne peut être pris en considération puisque ces deux genres ont des queues
très réduites. Par contre, les quatre premiers caractères sont présents, ce qui permet de
rattacher les genres Nephrotrema et Skrjabinophyetus à la superfamille des Allocreadioidea.
3. Attribution familiale
Les trois cercaires ont le même cycle C (1 C,V, 1 C,L, 1 C,D) et la même unique papille
caudale ventrale. Leur cycle C„ porte un nombre différent de papilles mais celles-ci sont
disposées selon un plan comparable : une papille impaire C„0 entourée d’un petit nombre de
papilles C„1 (C n l = 1 chez N. truncatum ; C„1 = 4 chez S. neomydis et S. soricis) et d’un
groupe de papilles C„2 (C„2 = 9 à 12 chez N. truncatum ; C„2 = 10 chez S. neomydis ;
C„2 = 6 chez S. sor’cis). Le nombre de papilles AV-MV est réduit; il est égal à 1 -1-1 -1
chez N. truncatum, et S. soricis, égal à 1-0-0-2 chez neomydis. Le nombre de papilles AL-ML
est plus grand et égal à 6-15 chez N. truncatum, 6-8 chez S. neomydis et 16 chez S. soricis.
Les caractères très voisins des cycles C,, C,., AV-MV, AL-ML permettent de définir
l’existence de parentés systématiques évidentes entre les deux genres. Seule la disposition
des papilles acétabulaires sépare Nephrotrema de Skrjabinophyetus : N. truncatum a trois
cycles acétabulaires portant 4 à 6 S , 9 à 10 S„ et 6 S m .
Sachant que la morphologie générale des cercaires de Nephrotrema et de Skrjabino¬
phyetus montre des similitudes importantes, on voit que rien dans l’étude chétotaxique
ne s’oppose à la proposition de Wallace, visant à inclure les deux genres dans une même
famille. Seule, nous semble-t-il, la différence du nombre des cycles S, si elle devait se révé¬
ler dans l’avenir avoir une valeur au niveau familial, pourrait contredire cette position.
4. Comparaison au niveau générique
Richard (1971), Bayssade-Dufour et Marteau (1973) ont montré que les groupe¬
ments papillaires : C„ C,,0 et C„l, S, U, AjV, A,,D et MD présentaient les mêmes caractères
chez les espèces du même genre. Ces éléments chétotaxiques s’observent en nombre iden¬
tique chez S. neomydis et chez S. soricis, confirmant ainsi l’attribution des deux espèces
au même genre.
5. Conclusion
En résumé, la chétotaxie des trois cercaires microcerques permet de vérifier les conclu¬
sions tirées des études systématiques et biologiques sur les trois espèces :
CHÉTOTAXIE CERCARIENNE
79
— rattachement des deux genres Nephrotrema et Skrjabinophyetus à la superfamille
des Allocreadioidea ;
— existence d’une parenté nette entre ces deux genres ;
— même appartenance générique des espèces neomydis et soricis.
Cette étude, vu l’absence de tout autre document chétotaxique sur des espèces appar¬
tenant aux mêmes familles, ne saurait nous permettre de considérer les propositions qui
précèdent comme définitives. Il serait particulièrement instructif que soit entreprise l’étude
chétotaxique des cercaires de Paragonimus et de Nanophyetus. Ces genres, d’un intérêt
médical bien connu, sont en effet traditionnellement situés au voisinage de Nephrotrema
et de Skrjabinophyetus.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bayssade-Dufour, Ch., et C. Maillard, 1974. — Chétotaxie de quatre cercaires d’Allocrea-
dioidea. Annls Parasit. hum. comp., 49 (5) : 521-554.
Bayssade-Dufour, Ch., et M. Marteau, 1973. — Chétotaxie des cercaires de deux Trématodes
Echinostomatinae : Echinoparyphium aconiatum Dietz, 1909 et Moliniella anceps (Molin,
1859). Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 134, Zool. 98 : 691-703.
Brendoav, V., 1970. — Ein Beitrag zur Trematodenfauna der Soricidae im Raume Giessen sowie
im Naturpark Hoher Vogelsberg. Teil I. Z. ParasitKde , 33 (4) : 282-313.
Jouruane, J., 1973. — Étude expérimentale de l’évolution larvaire chez le Mollusque du Digène
rénal d’insectivore Nephrotrema truncatum (Leuckart, 1842). C. r. hebd. Séanc. Acad. Sci.,
Paris, 276, sér. D : 327-329.
— 1974. -— Découverte de l’hôte vecteur de Nephrotrema truncatum (Leuckart, 1842) (Trema-
toda) et mise en évidence d’une phase hépatique au cours de la migration du parasite chez
l’hôte définitif. C. r. hebd. Séanc. Acad. Sci., Paris, 278, sér. D : 1533-1536.
Richard, J., 1971. — La chétotaxie des cercaires. Valeur systématique et phylétique. Mém. Mus.
nain. Hist. nat., Paris, n elle sér., sér. A., Zool., 67 : 1-179.
Wallace, F. G., 1935. — A morphological and biological study of the Trematode Sellacotyle
rnustelae n. g. n. sp. J. Parasit., 21 : 143-164.
Manuscrit déposé le 19 mars 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 353, janv.-févr. 1976,
Zoologie 246 : 71-79.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1976.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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