BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
253
N° 360 JANVIER-FÉVRIER 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle , revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1976
Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F.
Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 360, janvier-février 1976, Zoologie 253
Les Coléoptères Cerylonidae
Étude des espèces de la faune paléarctique
par Roger Dajoz *
Résumé. — Les principaux caractères morphologiques permettant de définir la famille des
Cerylonidae sont énumérés ; l'accent est mis sur la structure des pièces buccales qui montrent,
d’un genre à l’autre, le passage d’un type broyeur à un type « piqueur » exceptionnel chez les Coléop¬
tères. Dans les limites adoptées, les Cerylonidae comprennent 2 sous-familles et 30 genres. Une
clé de détermination de ces genres est donnée, ainsi que des notes sur ceux qui ne sont pas représen¬
tés dans la région paléarctique. Les 5 genres de la faune paléarctique, avec des clés de détermina¬
tion des espèces, sont ensuite étudiés. Pour chaque espèce, ce que l’on sait de la répartition géo¬
graphique et de la biologie est précisé.
Abstract. —- The main morphological characteristics that enable us to define the family
of Cerylonidae are listed. The study is particularly focused on the structure of the mouth parts
which, from one genus to the other, show the évolution from a chewing type to a biting type which
is exceptional among Coleoptera. Within the limits of the family, the Cerylonidae consist of
30 généra. A key of these généra is given, as well as notes on those that are not found in the palearc-
tic région. The 5 palearctic généra are then studied, with a key for the species. For each species
what is known of its geographical répartition and of its biology is summarised.
La famille des Cerylonidae est constituée par des genres qui étaient jadis placés parmi
les Colydiidae. La création de cette famille a été proposée par Crowson (1952). Dans les
limites que nous lui assignons ici, la famille des Cerylonidae correspond à peu près à la tribu
des Cerylonini au sens de Hinton (1942). Dans un travail récent, Sen Gupta & Crowson
(1973) ont donné à cette famille des limites beaucoup plus larges en y incluant des genres
que nous considérons comme suffisamment distincts pour constituer des familles indépen¬
dantes. Ce sont les genres que nous plaçons parmi les Murmidiidae, les Euxestidae et les
Anommatidae. La conception de Sen Gupta & Crowson aboutit, à notre avis, à réunir
des genres très variés dans une famille qu’il devient difficile de définir d’une façon précise.
La conception que nous adoptons donne à la famille une homogénéité plus grande.
Caractères généraux
Morphologie imaginale
Les Cerylonidae ne sont jamais de grande taille ; ils atteignent tout au plus 5 mm.
Leur forme générale est très variable, mais on ne trouve pas d’espèces au corps très allongé
* Laboratoire d’Écologie générale, Muséum national d’Histoire naturelle, 4, avenue du Petit-Château,
91800 Brunoy.
360, 1
Fig . 1. — Quelques types de pièces buccales chez les Cerylonidae. Neoglyptoides jamaicensis Dajoz : 1, tète
et détail de l’œil (formé de 7 ommatidies) vu de profil ; 2, maxille et détail de l’extrémité de la lacinia ;
3, mandibule et détail de l’extrémité de la terebra ; 4, labre ; 5, labium. — Pologlyptus madagascariensis
Dajoz : 6, tête, face dorsale. — Cautomus elongatus Besuchet : 7, tête, face dorsale. — Cautomus sugerens
Besuchet : 8, coupe schématique des pièces buccales réunies en un « bec » piqueur (figure 8 d’après
Besuchet).
E : épipharynx ; Fr : front; G : galea ; L : Labre ; Le : lacinia ; Lm : lacinia mandibulaire ;
Ln : Labium ; M : mandibule ; PI : palpe labial ; Pm : palpe maxillaire.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
251
et cylindrique comme chez les Colydiidae. Le tégument est lisse et glabre ou peu pubescent,
parfois fortement sculpté, mais jamais couvert de poils squamiformes comme chez les
Colydiidae.
Tête : Plus étroite que le pronotum, elle est dépourvue de suture clypéo-frontale
(différence avec les Colydiidae), mais possède assez souvent une ligne transverse super¬
ficielle sur la partie postérieure du vertex. Le tentorium est normal (fig. 3). Les insertions
antennaires sont bien visibles en vue dorsale. Le nombre d’articles antennaires varie de
6 à 12. Le nombre primitif est de 11 ; on le rencontre chez divers Cerylon et Philothermus.
Le genre Pologlyptus a des antennes de 12 articles. Dans beaucoup de cas il y a des varia¬
tions à l’intérieur d’un même genre : 9 articles chez Axiocerylon s. str. et 6 articles dans le
sous-genre Paraxiocerylon ; 8 articles chez Thyroderus ; 9 articles dans le sous-genre Para-
cautomus et 11 articles chez les Cautomus s. str.
Les yeux sont normaux chez des genres comme les Cerylon et Philothermus ; ils sont
réduits à 8 ou 10 ommatidies chez les Cautomus du sous-genre Paracautomus, à 7 ommati-
dies chez Neoglyptoides, à 3 ommatidies chez Kenyalon et totalement absents chez les
Comalon, Caecodium et Praslinia. L’aptérisme est corrélatif de la réduction des yeux.
Le caractère essentiel des Cerylonidae réside dans la structure des pièces buccales.
Chez les genres à pièces buccales de type « broyeur » comme les Cerylon (fig. 7), les man¬
dibules ont une pointe plus ou moins allongée, terminée par plusieurs dents, avec une
lacinia mandibulaire bien développée et un lobe molaire. Les maxilles ont une galéa et une
lacinia allongées et étroites, la lacinia étant dépourvue d’épines apicales. Les palpes ont le
dernier article plus ou moins aciculé, étroit et allongé, toujours bien moins large que l'avant-
Tableau I. — Progression de l’allongement des pièces buccales chez divers Cerylonidae,
depuis le type normal représenté par Cerylon histeroides jusqu’à Cautomus sugerens
à pièces buccales de type « piqueur », en passant par des formes intermédiaires (complété
d’après Besuchet, 1972).
Longueurs des différentes parties des pièces buccales (en mm) et %
correspondants par rapport à la longueur du corps
Espèces
Labre
Pointe de
la mandibule
Galéa
Articles 3 -f* 4
du palpe
maxillaire
Languette
Cerylon histeroides
0,085
0,095
0,14
0,13
0,065
de 2,5 mm de long
3 A %
3,8 %
5,6 %
5,2 %
2,6 %
Philothermus setosus
0,1
0,11
0,21
0,15
0,08
de 2,3 mm de long
4,3 %
4,7 %
9,1 %
6,5 %
3 %
Neoglyptoides jamaicensis
0,9
0,11
0,16
0,13
0,07
de 1,5 mm de long
6 %
7,3 %
10%
8,6 %
4,6 %
Cautomus sugerens
0,16
0,15
0,22
0,18
0,12
de 1,6 mm de long
10%
9,9 %
13,7 %
11,2
7,5 %
360 , 2
252
ROGER DAJOZ
Fig. 2. — Pièces buccales de Cautomus sugerens Besuchet : 1, mandibule gauche, face dorsale ; 2, idem , face
interne ; 3 , labre et épipharynx, face dorsale ; 4 , idem, vue latérale ; 5, maxille ; 6 , labium et hypo-
pharynx, vue ventrale ; 7, idem, profil.
Cd : cardo ; EP : épipharynx ; Ga : galéa ; HY : hypopharynx ; L : languette ; Le : lacinia ; Lm : laci-
nia mandibulaire ; Md : pointe mandibulaire ; Ml, : mentum ; Pm : palpe maxillaire ; Pmt : prémentum ;
Sm submentum ; St : stipes ; To : tormae (d’après Besuchet).
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
253
dernier. Le labre est transverse, ou à peine plus long que large. Chez les genres à pièces
buccales de type « piqueur » l’insecte est pourvu d’un « bec » formé par le labre très allongé
et par le labium, dans lequel coulissent des stylets piqueurs formés par les mandibules,
les galéas et les lacinias (fig. 2). Ceci se rencontre chez les Cautomus et les Aculagnathus.
La formation d’un appareil buccal de type piqueur apparaît comme la conséquence d’un
étirement des pièces buccales, que l’on peut suivre chez des espèces comme Philothermus
setosus ou Neoglyploides jamaicensis (fig. 1) en évaluant la longueur des diverses pièces
en pourcent de la longueur totale du corps (tabl. I).
Thorax : Pronotum sans sillons longitudinaux (sauf dans le genre Belingaia ) mais
parfois avec une sculpture plus ou moins marquée. Cavités coxales antérieures ouvertes
ou fermées ; cavités coxales intermédiaires de type sternal limitées uniquement par le
méso- et le métasternum et non atteintes par les pièces sternales. Hanches intermédiaires
plus ou moins écartées, parfois presque contiguës. Hanches postérieures largement séparées
par le premier sternite abdominal qui est presque rectiligne sur son bord antérieur. Tro¬
chanters simples, plus ou moins allongés, rarement de type hétéroméroïde. Tarses simples,
de 4 ou (plus rarement) de 3 articles, le deuxième et le troisième subégaux, le quatrième
presque aussi long que les trois premiers réunis. Elytres ayant généralement des stries
ponctuées régulières. Ailes membraneuses avec une nervation réduite, sans transverses
ni tache subcubitale ; chez certains genres elles sont absentes ou réduites à une mince lan¬
guette.
Fig. 3. — Tentorium de Murmidius ovalis à gauche (d'après Chowson) et de Cerylon histeroides à droite.
pta : pretentorina ; mta : metatentorina ; sg : suture gulaire ; tp : apophyse antérieure du tento¬
rium ; FO : foramen occipital.
Abdomen : Cinq sternites, le dernier strié et crénelé sur les côtés et échancré sur son
bord postérieur. Édéage de type « en cavalier », couché dans l’abdomen sur le côté gauche
au repos, le lobe médian tubuleux et arqué, plus ou moins fermé sur sa face dorsale par une
lame mince ; tegmen plus ou moins réduit suivant les genres (fig. 11).
254
ROGER DAJOZ
Morphologie larvaire
Seules les larves de Cerylon et de Philothermus sont connues. Elles sont caractérisées
par leur tête hypognathe rabattue sur la face ventrale et cachée sous le prothorax, par leur
forme générale plutôt large et aplatie, par le dernier segment abdominal formant un pygo-
pode cylindrique et par leurs pièces buccales de type piqueur avec les mandibules en forme
de stylets. Les pattes ont toujours une seule soie sur les griffes (Sen Gupta & Crowson,
1973).
1mm
Fig. 4. — Aile membraneuse de Euxestus erithacus (en haut) et de Cerylon histeroides (en bas).
R : radiale ; Cu : cubitale ; A : anale ; T : tache cubitale ; Sc : sous-costale.
Classification des Cerylonidae
Sen Gupta & Crowson (1973) ont proposé la création de 3 tribus : Lapethini, Cerylo-
nini et Aculagnathini. La définition des deux dernières tribus, fondées sur la structure des
pièces buccales, semble difficile étant donné que la tendance à l’allongement des mandi¬
bules, des maxilles et du labium est une caractéristique de la famille et que certains genres
ont une position que l’on peut considérer comme intermédiaire entre les Cerylonini et les
Aculagnathini. Nous adopterons la classification suivante, avec deux sous-familles :
1. Métasternum et premier sternite abdominal avec des lignes fémorales. Espèces de forme ovale,
d’aspect brillant, sans stries ni côtes élytrales. Fossettes antennaires présentes à la partie
antérieure du prosternum. Lapethinae. . . . 2
-— Lignes fémorales non simultanément présentes sur le métasternum et le premier sternite abdo¬
minal (parfois sur le métasternum seul comme chez Suakokoia ou sur le premier sternite abdo¬
minal seul comme chez certains Philothermus) . Ceryloninae. ... 3
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
255
Sous-famille Lapethinae
2. Pièces buccales de type piqueur, le labre plus long que large et les mandibules en forme de
stylets piqueurs. Lapecautomus
— Pièces buccales de type broyeur, le labre transverse et les mandibules non transformées en
stylets piqueurs. 3
3. Cavités coxales antérieures ouvertes ; apophyse prosternale non ou peu élargie en arrière. . . .
Lapethus
— Cavités coxales antérieures fermées ; apophyse prosternale élargie en arrière. . .. Lytopeplus
Sous-famille Ceryloninae
4. Hvpomères avec de chaque côté un sillon antennaire bien délimité qui s’ouvre dans une dépres¬
sion large et profonde recevant la massue antennaire. 5
— Hvpomères avec ou sans sillons antennaires, mais toujours dépourvues de dépressions rece¬
vant la massue antennaire. 7
5. Antennes de 6 ou de 9 articles avec une massue paraissant uniarticulée (mais en réalité formée
de deux articles étroitement unis). Fossettes antennaires atteignant le bord postérieur des
hvpomères. Pronotum avec une sculpture complexe. Scutellum non visible. Mandibules avec
la pointe et la prostheca en forme de stylets piqueurs, le lobe molaire peu développé. Labre
aussi long ou plus long que large. Axiocerylon
— Antennes de 8 articles avec une massue uniarticulée. Cavités antennaires n’atteignant pas le
bord postérieur des hypomères. Pronotum sans impressions transverses. Scutellum visible. 6
-— Antennes de 10 articles à massue d’un seul article. Grande taille (5 mm). Forme épaisse et
convexe. Pronotum rétréci à la base, la plus grande largeur dans le tiers antérieur.
Pachylon
6. De chaque côté, le pronotum porte deux dépressions profondes qui ne sont séparées des cavités
antennaires de la face ventrale du prothorax que par une cloison fine et presque transparente.
Antennes de 8 articles avec une massue d’un seul article. Thyroderus
— De chaque côté le pronotum porte une seule dépression. Antennes de 10 ou de 11 articles avec
une massue triarticulée. Dolosus
7. Hypomères avec des sillons antennaires nets et divergents vers l’arrière. Antennes de 10 articles
à massue d’un seul article. Apophyse prosternale dépassant nettement vers l’arrière le bord
postérieur des cavités coxales et portant trois petites gibbosités. Cavités coxales antérieures
fermées. Tête avec un sillon antennaire profond en arrière de chaque œil. Labre court et trans¬
verse ; pièces buccales de type broyeur. Premier article des tarses légèrement lobé en dessous. .
Gyrelon
•— Hypomères sans sillons antennaires. Apophyse prosternale de forme différente. Premier article
des tarses non lobé en dessous. 8
8. Il existe des dépressions recevant la massue antennaire de chaque côté du prosternum (et non
sur les hypomères !). 9
— Pas de dépressions sur le prosternum pour recevoir les antennes. 12
9. Antennes de 10 articles à massue d’un seul article. 10
— Antennes de 12 articles à massue de 3 articles. Labre en triangle isocèle un peu plus long que
large et non échancré au sommet. Yeux normaux. Pologlyptus
— Antennes de 11 articles à massue de 2 articles. Labre transverse et pièces buccales de type
broyeur. Yeux normaux. Elytres ponctués irrégulièrement sans stries nettes. Mésosternum
avec des carènes longitudinales. Pathelus
— Antennes de 9 articles à massue d’un seul article. Labre à peine plus large que long et sinué
sur son bord antérieur. Clypéus sinué au milieu. Elytres avec six stries ponctuées. Yeux réduits
à quelques ommatidies. Praslinia
10. Tarses de 3 articles. Elytres avec 7 stries ponctuées et deux carènes, l’une entre les stries 4
et 5 et l’autre entre les stries 6 et 7. Belingaia
256
ROGER DAJOZ
— Tarses de 4 articles. Sculpture élytrale différente. 11
11. Mandibule avec la prostheca en forme de stylet piqueur, la partie molaire réduite. Labium
avec la ligula allongée ; lacinia maxillaire effilée à l’extrémité. Mésosternum sans carènes
longitudinales. Cerylcaulomus
— Mandibules avec la pointe garnie de quelques dents arrondies ; lacinia en triangle membra¬
neux allongé ; lacinia maxillaire arrondie et ciliée à l’extrémité. Mésosternum avec des carènes
longitudinales . Neoglyptoides
12. Scutellum très petit, triangulaire. Antennes de 10 articles à massue d’un seul article. Labre
court ; pièces buccales de type broyeur. Cavités coxales antérieures fermées ; apophyse proster¬
nale élargie en arrière des hanches antérieures, son bord postérieur en forme de V largement
ouvert. Toutes les hanches sont largement séparées. Pseudocerylon
— Scutellum grand et généralement ovale ou subrectangulaire, rarement triangulaire.... 13
13. Massue antennaire de 3 articles. 14
— Massue antennaire de 1 ou 2 articles. 16
14. Pronotum avec un sillon médian et des carènes latérales. Élytres avec les interstries alternes
fortement carénés. Antennes de 11 articles à massue allongée formée de 3 articles. Partie
médiane du prosternum saillante et prolongée par l’apophyse prosternale cpii est située sur
le même plan et arrondie en arrière. Cavités coxales antérieures ouvertes. . . . Glyptolopus
— Disque du pronotum régulièrement convexe sans sillons ni carènes. Interstries élytraux
plans. 15
15. Yeux réduits à 3 ommatidies. Élytres avec 8 stries. Tête non cachée par le pronotum, sans
sillons antennaires. Kenyalon
— A’eux grands, très fortement convexes, le diamètre vertical supérieur au diamètre horizontal.
Elytres sans stries mais avec une ponctuation vaguement alignée. Tête en grande partie cachée
par le pronotum en vue dorsale. Un sillon antennaire peu développé en dessous de chaque
œil . Coccilon
16. Prosternum avec, au milieu, une carène très saillante, étroite et terminée par un processus
arrondi dominant la face ventrale de la tête. Antennes de 11 articles à massue de 2 articles.
Labre en forme de triangle à peu près aussi long que large. Cavités coxales antérieures fermées. .
Acautomus
— La carène médiane du prosternum, quand elle existe, n’est pas aussi saillante et ne vient pas
au-dessous de la tête. 17
17. Labre très allongé, jusqu’à 5 fois plus long que large. Mandibules de type piqueur, en forme
d’aiguille. 18
— Labre court et transverse, rarement un peu allongé. Mandibules normales. 19
18. Tarses de 4 articles. Élytres ayant environ 13 rangées de points. Antennes de 8, 10 ou 11 articles
Cautomus
— Tarses de 3 articles. Élytres avec moins de 13 stries de points disposés plus ou moins régulière¬
ment. Antennes de 9 articles. Aculagnathus
19. Aptère et anophthalme. Antennes de 11 articles à massue de 2 articles. Cavités coxales anté¬
rieures ouvertes. 20
— Yeux présents ; espèces généralement ailées. Antennes de 10 articles ou de 11 articles à massue
de 1 ou 2 articles. Cavités coxales antérieures ouvertes ou fermées. 21
20. Élytres avec 7 stries. Glabre. Premier sternite abdominal en courbe entre les hanches posté¬
rieures qui sont peu écartées. Palpes maxillaires avec le deuxième article plus court que le
premier. Apophyse prosternale arrondie sur son bord postérieur. Caecodium
— Élytres avec 8 stries. Pubescent. Premier sternite abdominal entre les hanches postérieures
large, celles-ci séparées par un intervalle plus grand que leur largeur. Corindon
21. Cavités coxales antérieures fermées. 22
— Cavités coxales antérieures ouvertes. 25
22. Forme ovale, très convexe, les élytres à ponctuation très fine et les stries à peine visibles.
Prothorax conique, rétréci en avant. Aptère. Ploeosoma
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
257
— Forme plus allongée ; stries élytrales bien nettes. 23
23. Pronotum fortement denté sur les côtés. Pubescence longue et hérissée. Ponctuation de la
face dorsale forte et serrée. Antennes de 11 articles à massue de 2 articles. . . . Grouvelleia
— Pronotum avec les côtés en courbe plus ou moins régulière. 24
24. Tarses de 3 articles. Forme large et assez déprimée. Face dorsale glabre et brillante. De courtes
lignes fémorales sur le métasternum et le premier sternite abdominal. Cerylonopsis
— Tarses de 4 articles. Forme plus allongée. Pas de lignes fémorales. Cerylon
25. Tarses de 3 articles. 26
— Tarses de 4 articles. Philothermus
26. Élytres avec 7 stries ponctuées et 2 carènes longitudinales, l’une entre les stries 4 et 5 et l’autre
entre les stries 6 et 7. Métasternum et premier sternite abdominal avec des lignes fémorales.
Pronotum fortement échancré sur son bord antérieur. Suakokoia
— Elvtres sans carènes longitudinales. Pronotum non échancré sur son bord antérieur. Pas de
lignes fémorales sur le métasternum. Philothermopsis
Notes sur les genres non représentés dans la région paléarctique
Acautomus Heinze, Arb. morph. taxon. Ent. Berl., 11, 1944 : 31. Espèce-type : armatus Grouvelle.
Une espèce de Madagascar.
Aculagnatus Oke, Proc. R. Soc. Vict., 44, 1932 : 32. Espèce-type : mirabilis Oke. Deux espèces de
Thaïlande et d’Australie.
Axiocerylon Grouvelle, Trans. R. ent. Soc. Lond., 69, 1918 : 41. Espèce-type : cavicolle Grouvelle.
Sept espèces d’Afrique, des îles Séchelles, de l’île Maurice et de Nouvelle-Guinée.
Belingaia Dajoz, Bull. Soc. linn. Lyon, 43, 1974 : 290. Espèce-type : condei Dajoz. Une espèce
du Gabon.
Caecodium Dajoz, Z. ArbGem. ost. Ent., 25, 1974 : 30. Espèce-type : franzi Dajoz. Une espèce de
Madagascar.
Cerylcautomus Sen Gupta & Crowson, Trans. R. ent. Soc. Lond., 124, 1973 : 439. Espèce-type :
jloridanus Sen Gupta & Crowson. Plusieurs espèces des Antilles, de la Guyane et du sud des
Etats-Unis.
Cerylonopsis Heinze, Arb. morph. taxon. Ent. Berl., 11, 1944 : 30. Espèce-type : trifoveolatum Heinze.
Une espèce de Nouvelle-Guinée.
Coccilon Hinton, Ann. Mag. nat. Hist., 11, 1942 : 152. Espèce-type : charon Ilinton. Une espèce
de Bornéo.
Comalon Dajoz, Z. ArbGem. ost. Ent., 25, 1974 : 26. Espèce-type : peruvianum Dajoz. Une espèce
du Pérou.
Dolosus Dajoz, Revue Zool. Bot. afr., 67, 1963 : 92. Espèce-type : leleupi Dajoz. Deux espèces
d’Afrique.
Glyptolopus Erichson, Naturg. Ins. Deutsch., Col. III, 1895 : 293. Espèce-type : histeroides Pascoe.
Deux espèces du Brésil.
Grouvelleia Dajoz, Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 238, Zool. 162, 1974 : 1063. Espèce-
type : denticollis Dajoz. Une espèce de l’Inde.
Gyrelon Hinton, Ann. Mag. nat. Hist., 11, 1942 : 146. Espèce-type : mila Hinton. Deux espèces
de Sumatra et de Bornéo.
Kenyalon Dajoz. Z. ArbGem. ost. Ent., 25, 1974 : 24. Espèce-type : microphtalmum Dajoz. Une
espèce du Kénya.
Lapecautomus Sen Gupta & Crowson. Trans. R. ent. Soc. Lond., 124, 1973 : 409. Espèce-type :
dybasi Sen Gupta A Crowson. Trois espèces du sud des États-Unis, du Mexique et de Panama.
Lapethus Casey, Ann. N. Y. Acad. Sci., 1890 : 317. Espèce-type : discretus Casey. Plusieurs espèces
d’Amérique, de Nouvelle-Calédonie et d’Australie.
Lytopeplus Sharp, Biologia cent.-am., Col. II, 1, 1895 : 494. Espèce-type : compactus Sharp. Une
douzaine d’espèces d’Amérique.
258
ROGER DAJOZ
Neoglyptoides Dajoz, nom nouveau pour Neoglyptus Dajoz, Z. ArbGem. ôst. Ent., 25, 1974 : 22
(nom préoccupé par Neoglyptus, genre de Coléoptère Carabidae). Espèce-type : jamaicensis
Dajoz. Une espèce de la Jamaïque.
Pachylon Sharp, J. Linn. Soc., 19, 1885 : 79. Espèce-type : gorhami Sharp. Deux espèces d’Indoné¬
sie et des îles Andaman.
Pathelus Dajoz, Z. ArbGem. ôst. Ent., 25, 1974 : 27. Espèce-type : borbonicus Dajoz. Une espèce
de la Réunion.
Philothermopsis Heinze, Arb. morph. taxon. Ent. Berl., 11, 1944 : 30. Espèce-type : alluaudi Grou-
velle. Une dizaine d’espèces d’Afrique tropicale.
Pologlyptus Dajoz, Z. ArbGem. ôst. Ent., 25, 1974 : 29. Espèce-type : madagascariensis Dajoz.
Une espèce de Madagascar.
Praslinia Dajoz, Bull. Soc. ent. Fr., 79, 1974 : 116. Espèce-type : peyrierasi Dajoz. Une espèce des
îles Séchelles.
Pseudocerylon Grouvelle, Annali Mus. cio. Stor. nat. Giacomo Doria, 1897 : 389. Espèce-type :
trimaculatum Grouvelle. Six espèces d’Indonésie et des îles Philippines.
Suakokoia Sen Gupta & Crowson, Trans. B. ent. Soc. Lond., 124, 1973 : 428. Espèce-type : striata
Sen Gupta & Crowson. Une espèce du Libéria.
Clé des genres de la région paléarctique
Cinq genres seulement sont présents dans la région paléarctique. On pourra les recon¬
naître à l’aide de la clé de détermination suivante :
1. Hypomères avec de chaque côté des cavités antennaires très grandes, bien plus grandes que
la massue antennaire, n’atteignant pas le bord antérieur du prothorax. Antennes de 8 articles,
avec une massue d’un seul article. Pronotum avec de chaque côté deux dépressions profondes
séparées seulement des cavités antennaires par une cloison fine et plus ou moins transparente.
Intervalles alternes des élytres légèrement carénés. 1. Thyroderus
— Hypomères sans sillons ni cavités antennaires. 2
2. Labre beaucoup plus long que large, jusqu’à 5 fois et même plus. Mandibules terminées par
une longue tige grêle qui est enclose dans le labre dont les bords se replient en gouttière. Palpes
maxillaires avec le deuxième article aussi long ou plus long que le premier. ... 5. Cautomus
— Labre court et transverse, rarement un peu allongé. Mandibules plus ou moins allongées. . 3
3. Cavités coxales antér eures fermées, l’apophyse prosternale élargie en arrière, plus ou moins
trapézoïdale. 4
— Cavités coxales antérieures ouvertes, l’apophyse prosternale non élargie, plus ou moins arrondie
sur son bord postérieur. 3. Philothermus
4. Forme ovale, très convexe, les élytres à ponctuation très fine et les stries à peine visibles. Pro¬
thorax conique, rétréci en avant, la partie antérieure égale seulement à un peu plus de la moitié
de la base en largeur. Aptère. Partie médiane du prosternum bordée de chaque côté par une
dépression en avant des cavités coxales; apophyse prosternale très élargie en arrière.
4. Ploeosoma
— Forme plus allongée; ponctuation élytrale mieux marquée, les stries bien nettes. Prothorax
moins rétréci en avant, de forme non conique. Ailé. Partie médiane du prosternum non limitée
de chaque côté par une dépression ; apophyse prosternale moins large. 2. Cerylon
Biologie des Cerylonidae
Peu de choses précises sont connues sur la biologie des Cerylonidae. Beaucoup d’espèces
vivent dans le bois mort ou sous les écorces et sont des prédateurs de Microarthropodes.
C’est le cas des Cerylon et Philothermus dans nos régions. Les Axiocerylon sont fréquents
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
259
à la base des feuilles mortes de palmiers aux îles Séchelles. Plusieurs genres renferment
des espèces anophthalmes ou microphthalmes qui sont vraisemblablement des endogés
vrais ; ce sont par exemple les Praslinia, Caecodium, Comalon, Cautomus. Quant à Acula-
gnathus mirabilis Oke, il a été trouvé dans le nid de la fourmi Amblyopone australis en
Australie et il semble bien toléré par son hôte. Bien qu’ils n’aient jamais été observés en
train de se nourrir, on peut penser que les Cautomus et Aculagnathus, à pièces buccales de
type piqueur, sont des prédateurs qui sucent de petits Arthropodes.
3
Fig. 5. — En 1, prosternum de Acautomus armatus Grouvelle ;
en 2, pronotum de Pachylon gestroi Grouvelle ; en 3, prosternum de Ploeosoma ellipticum Wollaston.
Genre 1 : Thyroderus Sharp
J. Linn. Soc., 19, 1885 : 82.
Espèce-type : porcatas Sharp.
Ce genre ne comprend que trois espèces : sculpturatus Grouvelle des îles Séchelles,
grouvellei Dajoz de Singapour, et porcatus Sharp du Japon et de Ceylan.
Outre les caractères donnés dans la clé, le genre Thyroderus se reconnaît à son scutel-
lum bien visible, à sa tête profondément enfoncée dans le prothorax ; le prosternum possède
un lobe médian qui cache complètement la base des pièces buccales. Cavités coxales anté¬
rieures ouvertes, l’apophyse prosternale arrondie sur son bord postérieur. Hanches inter¬
médiaires séparées plus largement que les hanches antérieures ; hanches postérieures encore
plus écartées. Premier sternite abdominal presque aussi long que le métasternum et aussi
long que les trois suivants réunis. Ponctuation forte et uniforme sur tout le corps.
360, 3
260
ROGER DAJOZ
T. porcatus Sharp, l. c. : 83 et pl. 3 fig. 11. — Grouvelle, 1918 : 7.
Longueur 1,33 à 1,45 mm. Brun-rouge, pattes et antennes jaunes ainsi que la pubes¬
cence. Pubescence formée de poils courts et épais, renflés en massue sur la tête, le pro-
notum et les interstries élytraux impairs ; interstries élytraux pairs avec des poils courts,
globuleux. Tête à ponctuation forte et serrée ; labre court et transverse, presque rectiligne
Fig. 6. — Cautomus elongatus Besuchet : A, habitus ; C, prosternum ; D, mésosternum. — Cautomus hys-
triculus Sharp : B, antenne. — Thyroderus porcatus Sharp : E, habitus ; F, antenne ; G, poils des stries
et des interstries, agrandis ; H face ventrale du prothorax.
COLEOPTERES CERYLONIDAE
261
en avant ; yeux peu saillants à facettes grosses et peu nombreuses. Antennes courtes avec
le premier article gros, le deuxième un peu plus long que large, les articles III à YII à peu
près aussi longs que larges, le VIII en massue ovoïde (fig. 6).
Pronotum transverse, la plus grande largeur vers le milieu, les côtés en courbe régu¬
lière. Disque à ponctuation forte et serrée. De chaque côté, deux fenêtres ovales fermées
par une fine membrane qui les sépare des cavités antennaires situées à la face ventrale.
Angles antérieurs saillants ; angles postérieurs droits.
Scutellum aussi large que long. Elytres avec 8 stries de points entières et 2 stries limi¬
tées à la moitié antérieure et interrompues par l’échancrure du rebord élytral au niveau
du premier sternite abdominal. Interstries 3, 5, 7 et 9 très légèrement carénés. Points des
stries gros et contigus.
Face ventrale densément ponctuée ; prosternum avec une profonde dépression médiane ;
apophyse prosternale avec deux fines carènes longitudinales ; mésosternum déprimé au
milieu entre les hanches intermédiaires. Métasternum déprimé sur les côtés pour recevoir
les fémurs intermédiaires. Premier sternite abdominal déprimé sur les côtés pour recevoir
les fémurs postérieurs.
Japon : Nagasaki, mars 1881, dans un sapin pourri en compagnie de Cautomus hystri-
culus Sharp. Un paratype (ex-collection Sharp) existe dans la collection Grouvelle.
L’espèce se trouve aussi à Ceylan selon Grouvelle.
Genre 2 : Cerylon Latreille
Hist. Nat. Crustacés Ins., III, 1802 : 228.
Espèce-type : histeroides F.
Synonymes : Aphardion Gozis, Rech. esp. type, 1886 : 11. — Cerylus Gistel, Vacuna II, 1857
519.
En plus des caractères donnés dans la clé des genres, les Cerylon se reconnaissent à
leur tégument généralement glabre ou presque glabre (espèces paléarctiques), rarement
nettement pubescent (quelques espèces non paléarctiques), à leur forme caractéristique
en ovale peu allongé. Antennes souvent de 10 articles à massue uniarticulée, rarement de
il articles à massue biarticulée chez des espèces non paléarctiques. Yeux présents. Mandi¬
bules avec la terebra allongée, la partie molaire bien développée ; lacinia mandibulaire
grande en forme de languette allongée ; maxilles avec la galéa et la lacinia allongées, garnies
de longues soies à l’extrémité ; labium avec la ligula en ovale transverse. Élytres avec 7
ou 8 stries bien marquées, les interstries plans ou peu convexes. Tarses de 4 articles.
Le genre Cerylon renferme de nombreuses espèces (au moins une centaine) du monde
entier (certaines espèces décrites comme Cerylon sont en réalité des Philotherrnus). Les
Cerylon sont des prédateurs à l’état larvaire et imaginai vivant sous l’écorce et dans le bois
mort d’arbres les plus divers. On les trouve aussi dans les champignons lignicoles. Ils
hivernent à l’état imaginai.
La région paléarctique comprend 14 (ou 15) espèces de Cerylon, dont 5 endémiques
du Japon. L’Afrique du Nord n’a qu’une espèce, C. ferrugineum, localisée au Moyen Atlas
marocain.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
263
Clé des espèces paléarctiques (Japon excepté) 1
1. Antennes relativement épaisses, le 7 e article fortement transverse et le 3 e article un peu plus
long que large. 2
— Antennes moins épaisses, le 7 e article non transverse et le plus souvent aussi long que large,
le 3 e article à peine plus long que le 2 e . 4
2. Pronotum très développé, un peu plus large que long (de 1,1 à 1,2 fois), les élytres seulement
1,6 à 1,7 fois plus longs que le pronotum. Pronotum avec deux profondes dépressions à la base.
Élytres avec seulement 6 stries ; la sixième strie bien moins marquée. Espèce du Caucase (fig. 8).
2. grandicollis
— Pronotum moins développé, plus large que long (1,2 fois chez laticolle et 1,2 à 1,3 fois chez /agi),
les élytres 1,8 fois plus longs que le pronotum chez laticolle et 2 fois chez fagi. Espèces d’Eu¬
rope . 3
3. Forme plus grande et plus large de 2 à 2,5 mm. Antennes aussi longues que le pronotum, les
articles 4 à 6 fortement transverses. Pronotum à ponctuation moins forte et moins dense, les
points séparés par 3 à 4 fois leur diamètre. Métasternum à peine moins fortement ponctué au
milieu que sur les côtés. Elytres en ovale court en moyenne 1,45 fois plus longs que larges. .
1. fagi
— Forme plus petite et plus étroite de 1,9 à 2 mm. Antennes un peu plus longues que le pronotum,
les articles 4 à 6 aussi longs que larges. Pronotum plus fortement et plus densément ponctué,
les points séparés par 1 à 2 fois leur diamètre. Métasternum plus finement ponctué au milieu
que sur les côtés. Elytres en ovale allongé, en moyenne 1,6 fois plus longs que larges.
3. laticolle
4. Face dorsale déprimée, le pronotum plan sur le disque. Couleur jaune rougeâtre à brun rougeâtre.
Huit stries élytrales avec des points bien marqués. 5
— Face dorsale moins déprimée, le disque du pronotum toujours un peu convexe. Couleur soit
noir de poix, soit brun rougeâtre. Points des stries élytrales parfois moins marqués. 7
5. Côtés du pronotum à peu près rectilignes et fortement convergents vers l’avant. Élvtres près
de 2,5 fois plus longs que le pronotum (fig. 9). 10. bescidicum
— Côtés du pronotum courbés dans leur partie antérieure et moins convergents. Élytres moins
allongés. 6
6. Tnterstries élytraux un peu convexes. Pronotum avec les fossettes basales larges et à ponctua¬
tion forte et serrée, le disque à ponctuation plus serrée (fig. 9). 5. impressum
— tnterstries élytraux plans. Pronotum avec les dépressions basales plus petites, moins profondes
et avec seulement quelques points plus forts le long de la base ; disque à ponctuation moins
espacée (fig. 9). 4. deplanatum
1. Taille plus grande, 1,8 à 2,3 mm. Forme large et courte, le pronotum toujours transverse, 1,17
à 1,30 fois plus large que long. Élytres ayant leur plus grande largeur un peu en arrière du tiers
antérieur (fig. 10). En général noir de poix, parfois brun rougeâtre. Stries élytrales bien marquées
presque jusqu’à l’extrémité postérieure, la première strie plus enfoncée en arrière qu’en avant 2 .
6. histeroides
— Taille plus faible, 1,6 à 2 mm. Pronotum aussi long que large. 8
8. Strie suturale non profondément enfoncée à l’extrémité. Noir. 9. atratulum
— Strie suturale fortement enfoncée à l’extrémité. Brun-rouge, les pattes et les antennes plus
claires . 7. ferrugineum
1. C. fagi Brisout, Mat. Cat. Grenier, 1867 : 176. — Reitter, 1922 : 51. — Gruardet, 1930 :
108. — Sainte Claire Deville, 1935 : 285. — Palm, 1947 : 47 ; 1951 : 183 ; 1959 : 270. —
Benick, 1952 : 145. — Horion, 1961 : 106. — Dajoz, 1965 : 128 ; 1966 : 621.
1. Nous ne connaissons que par leurs descriptions, tout à fait insuffisantes, les 5 espèces du Japon.
Elles sont placées à la suite des espèces européennes, p. 269. L’édéage, parfois utilisé pour la séparation des
espèces, présente à notre avis des variations de forme trop subtiles pour être employé pratiquement.
2. Ici se placerait C. reticulatum qui d’après la description a la forme, la taille et la couleur d’un C. his-
teroides de teinte claire, mais se distingue par la microsculpture de la tête et du pronotum formant un réseau
bien marqué. Espèce du Caucase. Cf. ci-après, p. 267.
264
ROGER DAJOZ
Synonymes : forticornis Muls. & Rey, Opusc. ent., 14, 1870 : 119. — excavatum Fowl., Entomo-
logist’s mon. Mag., 23, 1886 : 74.
Longueur 2,0 à 2,5 mm. Couleur variant du brun-rouge au noir, les pattes et les antennes
souvent un peu plus claires. Tète à ponctuation espacée comme le pronotum ; bord anté¬
rieur du clypéus en courbe faiblement concave. Pronotum avec le disque peu convexe,
les impressions basales larges et assez profondes. Ponctuation grosse, profonde, espacée,
les points séparés par 3 à 4 fois leur diamètre. Élytres avec 8 stries de points bien marqués
jusqu’à l’extrémité postérieure, les stries 5 et 6 rapprochées ; environ 27 points sur la
deuxième strie.
Proportions du corps : 2,25 à 2,35 fois plus long que large ; pronotum transverse,
1,15 à 1,23 fois plus large que long ; élytres 2,0 à 2,1 fois plus longs que le pronotum et 1,42
à 1,45 fois plus longs que larges ensemble.
Presque toute l’Europe, mais plus rare dans le Sud. Au nord jusqu’à la région d’Oslo,
la Suède centrale et Leningrad ; à l’ouest jusqu’en Angleterre et en Irlande ; à l’est jusqu’en
Russie et en Roumanie ; descend au sud jusqu’en Italie dans la région de Rome et jusqu’en
Serbie en Yougoslavie. Non cité d’Espagne et de Grèce. En France, répandu un peu par¬
tout dans les grandes hêtraies de la région parisienne (Compiègne, Fontainebleau, Villers-
Cotterêts), dans le Morvan, l’Ailier, le Rhône, les Vosges, le Bugey et la Grande Chartreuse ;
absent de la région méditerranéenne sauf en forêt de la Massane (Pyrénées-Orientales).
Vit sous les écorces et dans le bois mort des chênes et des hêtres, aussi dans le mycé¬
lium et les carpophores de divers champignons lignicoles ; assez commun. Espèce vraisem¬
blablement prédatrice ; cependant, d’après Benick, serait plutôt mycétophage.
2. C. grandicolle Reitter, Wien. ent. Ztg, 7, 1888 : 176. — Reitter, 1922 : 51.
Espèce bien reconnaissable grâce au grand développement de son pronotum. En outre,
sur la face ventrale, le thorax a une ponctuation forte et assez serrée et l’abdomen une
ponctuation beaucoup plus fine et espacée. Longueur 2,3 à 2,5 mm. Brun-rouge.
Circassie, partie occidentale du Caucase entre Tuapse et Sotchi.
3. C. laticolle Schweiger, Entomon, 1, 1949 : 43.
Longueur 1,9 à 2,0 mm. Brun-noir, pattes et antennes brun-rouge. Forme assez dépri¬
mée, allongée, le pronotum transverse 1,2 fois plus large que long, les côtés courbés dans
le tiers antérieur, la largeur au niveau des angles postérieurs étant de 1,3 à 1,5 fois la largeur
au niveau des angles antérieurs. Bord antérieur du clypéus en courbe faiblement concave
comme chez C. fagi. Ponctuation céphalique plus fine et plus espacée que chez C. fagi
et C. histeroides. Élytres ovales 1,6 fois plus longs que larges et 2 fois plus longs que le
pronotum.
Grèce : Voidia dans le Péloponnèse, 800 à 1 400 m, sous les écorces moisies d ’Abies
cephalonica.
4. C. deplanatum Gyll., Ins. Suec., 4, 1827 : 636. — Caillol, 1913 : 226 ; 1954 : 452. — Reit¬
ter, 1922 : 52. — Gruardet, 1930 : 108. — Sainte Claire Deville, 1935 : 285. — Palm,
1947 : 49 ; 1951 : 183 ; 1959 : 270. — Horion, 1961 : 109. — Allen, 1962 : 13.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
265
Fig. 8. — Cerylon grandicolle Reitter : A, habitus ; B, antenne ;
C, ponctuation du pronotum ; D, apophyse prosternale.
Longueur 1,7 à 2,2 mm. Brun-rouge clair. Forme déprimée, les interstries élytraux
absolument plans. Tête à ponctuation forte mais espacée ; suture clypéo-Iabrale concave,
en courbe régulière. Antennes courtes avec le 3 e article un peu plus long que large, les 4 e à 9 e
progressivement élargis. Pronotum un peu plus large que long, à ponctuation forte mais
espacée surtout sur le disque qui est plan ; fossettes basales petites et peu profondes avec
des points fins. Côtés du pronotum courbés en avant, les angles antérieurs arrondis, la plus
grande largeur vers le milieu. Elytres 1,7 fois plus longs que larges, plus de 2 fois plus longs
que le pronotum, avec les stries bien marquées jusqu’en arrière.
Europe septentrionale et centrale, au nord jusqu’en Carélie et en Laponie, au sud
jusqu’en Hongrie, Roumanie (Transylvanie), Yougoslavie (Serbie) et Italie (Toscane).
Non cité du Danemark ; douteux en Grande-Bretagne selon Allen. En France, dans le
bassin de la Seine, les Vosges, les Alpes de Haute-Provence (forêt des Dourbes), la Provence
(Sainte-Baume, ITyères, Saint-Martin-Vésubie), le Rhône, l’Ailier et l’Anjou.
Vit sous les écorces des feuillus. Signalé fréquemment dans le peuplier (en particulier
266
ROGER DAJOZ
à Fontainebleau), le tremble, le saule, l’érable, le frêne, l’aulne ; le plus souvent sous l’écorce
des arbres isolés et non en pleine forêt. Ne semble se trouver que très rarement ou même
pas du tout dans le chêne et le hêtre, contrairement à la plupart des autres espèces du
genre. Rare.
5. C. impressum Er., Naturg. Ins. Deutschl., Col. III, 1845 : 295. — Ganglbauer, 1899 : 905.—
Caillol, 1913 : 226. — Sainte Claire Deville, 1935 : 285. — Reitter, 1922 : 52. — Saalas,
1923 : 88. — Horion, 1961 : 108.
Longueur 2,0 à 2,4 mm. Brun-rouge. Diffère de C. deplanatum par sa taille plus grande,
ses interstries élytraux légèrement plus convexes, la ponctuation du pronotum plus serrée,
les angles antérieurs mieux marqués, la suture clypéo-labrale un peu moins concave. Impres¬
sions basales du pronotum mieux marquées et couvertes d’une ponctuation plus grosse.
Pronotum plus rétréci à la base.
Répandu dans une grande partie de l’Europe, mais toujours rare et sporadique. Scan¬
dinavie, sauf dans l’extrême Nord ; non cité du Danemark et de Grande-Bretagne ; Russie :
Pologne ; Tchécoslovaquie ; Roumanie : dans les monts Bihor et en Transylvanie ; Grèce :
dans le Parnasse et la région d’Elis ; non cité de Yougoslavie et de Bulgarie ; Italie : en Ligu¬
rie, dans le Latium et les Abruzzes. Allemagne et Autriche. France : Alpes, Haute-Pro¬
vence, Allier, Corse en forêt de Carozzica ; Suisse : Genève.
Vit le plus souvent sous les écorces de résineux : pin, sapin, épicéa ; beaucoup plus rare
dans les feuillus : hêtre, chêne, peuplier.
6. C. histeroides F., Ent. Syst., 1 (2), 1792 : 504. — Perris, 1863 : 94. -— Caillol, 1913 : 225 ;
1954 : 452. — Sainte Claire Deville, 1914 : 262 ; 1935 : 285. — Reitter, 1922 : 52. —
Palm, 1951 : 183 ; 1959 : 270. — Dajoz, 1965 : 128 ; 1966 : 621.
Synonymes : biimpressum Tourn., VÉchange, 10, 1894 : 71. — graecum Obenberger, Arch. Nalur-
gesch., 82, 1917 : 26.
Variété caucasicum Reitter, Dt. ent. Z., 19, 1875 : 389.
Variété cordicolle Pétri, Verh. Siebenb. Ver. Naturw., 75, 1926 : 186.
Variété nigripes Reitter, Wien. ent. Ztg., 20, 1901 : 200.
Espèce bien reconnaissable à sa grande taille, sa forme large et courte, son pronotum
transverse, généralement d’un brun-noir brillant. Fossettes basales à peu près milles, leur
emplacement surtout marqué par une ponctuation plus serrée, presque contiguë.
La forme graecum, dont nous avons vu les types, désigne des exemplaires qui ne se
distinguent que par leur teinte brun-rouge. La race caucasicum correspond à des exemplaires
brun-rouge ou même rougeâtres dont le pronotum est plus fortement rétréci en avant que
dans la forme typique. La variété nigripes désigne les individus dont les antennes et les
pattes sont noires.
Espèce à vaste répartition : toute l’Europe jusqu’au Caucase ; Sibérie jusqu’à Vla¬
divostok. Selon le « Coleopterorum Catalogus » cette espèce serait présente dans toute la
région paléarctique ; cependant nous n’avons trouvé aucune citation d’Afrique du Nord
ni vu aucun spécimen de cette provenance. La présence de C. histeroides en Afrique du
Nord est très douteuse. Commun dans toute la France et la Corse.
Cette espèce se rencontre dans de nombreux arbres : dans le pin maritime où elle attaque
le Scolytide Myelophilus piniperda L. ; dans le bouleau où elle attaque Scolytus ratzehurgi
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
267
Janson ; elle a également été trouvée dans le chêne, le hêtre, l’érable, le tilleul, le frêne,
le sapin. Elle vit aussi bien sous les écorces que dans le bois mort plus ou moins décomposé.
C’est un prédateur de Microarthropodes, les Scolytides ne constituant pas sa nourriture
exclusive puisqu’on le rencontre dans des habitats où les Scolytes sont absents.
7. C. ferrugineum Steph., 111. Brit. Mand., III, 1830 : 98. — Ganglbauer, 1899 : 904. — Caillot.,
1913 : 226 ; 1954 : 452. — Reittf.r, 1922 : 52. — Peyerimhoff, 1933 : 364. — Sainte
Claire Deville, 1914 : 262; 1935 : 285. — Palm, 1951 : 183 ; 1959 : 270. — Horion, 1961 :
108. — Kocher, 1956 : 84. — Allen, 1962 : 73.
Synonymes : primrosae Donisthorpe Entomologist’s mon. Mag., 78, 1942 : 2. — angustatum Er.,
Naturg. Ins. Deut., Col. III, 1845 : 295. — arcuatum Roubal, Ent. RL, 21, 1925 : 76.
Longueur 2 à 2,25 mm. Fossettes basales du pronotum aussi superficielles que chez
C. atratulum, avec les points plus gros et plus serrés que sur le disque.
La variété arcuatum décrite d’Ukraine se distinguerait par son pronotum un peu plus
étroit que les élytres et environ 1,2 fois plus long que large, alors que la forme typique a le
pronotum aussi large que les élytres et à peine plus long que large. Il ne s’agit là que d’une
variété individuelle chez une espèce variable.
Toute l’Europe, le Caucase et la Sibérie ; aussi en Turquie : Bolu (C. Besuciiet leg !).
En Afrique du Nord, seulement au Maroc : Azrou dans le Moyen Atlas, sous l’écorce des
cèdres, et Michliffene. Vil comme C. histeroides, aussi bien dans les résineux que dans les
feuillus.
8. C. reticulatum Roubal, Ent. Bl., 21, 1925 : 76.
Cette espèce ne nous est connue que par sa description ; sa validité est douteuse. Serait,
intermédiaire entre C. caucasicum Reitter et C. histeroides F. ; or C. caucasicum n’est tout
au plus qu’une race de C. histeroides ! Selon Roubal, la microsculpture de la tête et du
pronotum de C. reticulatum est très caractéristique et elle forme un réseau bien distinct.
Caucase septentrional, environs de Teberda, un seul exemplaire en compagnie de
C. histeroides et de C. ferrugineum.
9. C. atratulum Reitter, Dt. ent. Z., 19, 1875 : 360. — Reitter, 1922 : 52.
L’examen du type nous a montré qu’il s’agit d’une bonne espèce. Longueur 2,35 à
2,50 mm. Antennes avec le troisième article un peu plus long que large, les articles 4 à 6
aussi longs que larges. Fossettes basales du pronotum marquées par une ponctuation à
peine plus grosse et plus serrée que sur le disque. Suture clypéo-Iabrale plus profondément
échancrée que chez C. ferrugineum.
Hongrie, dans les Carpathes méridionales : Alpe Hoverla.
10. C. bescidicum Reitter, Fauna Germanica, 3, 1911 : 119. — Reitter, 1922 : 52.
L’examen du type nous a montré qu’il s’agit d’une bonne espèce, caractérisée par son
pronotum bien plus étroit en avant qu’à la base, avec les côtés presque rectilignes, conver¬
gents vers l’avant. Tête avec le tégument fortement réticulé, la ponctuation fine et espacée
un peu plus serrée sur les côtés près des yeux ; suture clypéo-frontale nettement concave
268
ROGER DAJOZ
Fig. 9. — Cerylon bescidicum Reitter : A, habitus ; B, antenne ; C, ponctuation de la tête ; D, ponctuation
du disque du pronotum ; E, ponctuation des fossettes basales du pronotum ; F, clypéus et labre. —
Cerylon deplanatum Gyll. : G, pronotum ; H, ponctuation des fossettes basales du pronotum. — Cery¬
lon impressum Er. : I, pronotum ; J, ponctuation des fossettes basales du pronotum. — Cerylon atra-
tulum Reitter : K, labre et clypéus ; L, ponctuation du disque du pronotum ; M, ponctuation des fossettes
basales du pronotum ; M', antenne. — Cerylon ferrugineum Steph. : N, labre et clypéus ; O, ponctua¬
tion du disque du pronotum ; P, ponctuation des fossettes basales du pronotum.
Échelle commune 0,2 mm pour les détails de ponctuations.
(différence avec C. histeroides !). Antennes avec les articles 2 à 9 courts, transverses et pro¬
gressivement élargis. Pronotum plus large que long, presque plan, la ponctuation forte,
les points séparés par un peu plus de leur diamètre, les fossettes basales peu étendues mais
profondes et à ponctuation plus grosse et plus serrée que sur le disque. Rebord latéral
du pronotum fin, visible seulement en arrière. Elytres 2,45 fois plus longs que le prono¬
tum. Couleur brun-rouge. Longueur 1,87 mm.
Tchécoslovaquie : Lissahora dans le massif des Beskides.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
269
Fig. 10. — Cerylon histeroides F. : A, habitus ; B, antenne ; C, D, E et F, ponctuations du disque du pronotum,
du prosternum, du mésosternum et du métasternum.
Les Cerylon du Japon
Nous donnons ici les références des descriptions des espèces japonaises que nous ne
connaissons pas en nature. Ces descriptions ne précisent pas la structure des cavités coxales
antérieures et il se peut que certaines espèces soient à placer parmi les Philothermus.
1. C. crassipes Sharp, J. linn. Soc., London, 19, 1885 : 80.
2. C. curticolle Sharp, l. c. : 81.
3. C. minimum Sharp, l. c. : 81.
4. C. sharpi Nakane, Fragmenta Coleopterologica, n° 18, 1967 : 73.
5. C. tokarae Nakane, l. c. : 73.
Genre 3 : Philothermus Aubé
Annls Soc. ent. Fr., sér. : 2, 1, 1843 : 93.
Espèce-type : niontandoni Aubé.
Subgen. Ectomicrus Sharp, J. Linn. Soc., London, 19, 1885 : 78. Espèce-type : rugicollis Sharp.
Subgen. Pseudophilothermus Dajoz, L'Entomologiste, 29, 1973 : 154. Espèce-type : semistriatus Perris.
270
ROGER DAJOZ
Le genre Philothermus a été créé pour une espèce ayant des antennes de 11 articles
à massue de 2 articles, par opposition aux Cerylon qui ont des antennes de 10 articles avec
une massue uniarticulée. En réalité tous les intermédiaires existent entre la massue de
2 articles bien séparés de certaines espèces et la massue d’un seul article provenant de la
fusion plus ou moins complète de deux articles primitifs. Ce caractère est donc sans valeur.
En réalité les Philothermus s’opposent aux Cerylon par leurs cavités coxales antérieures
ouvertes, l’apophyse prosternale n’étant, pas élargie en arrière mais plus ou moins arrondie
sur son bord postérieur. En outre, au moins chez les espèces européennes, le deuxième
article des antennes est allongé, deux fois plus long que large et plus long que le troisième
chez les Philothermus, alors qu’il est beaucoup moins allongé et guère plus long que le troi¬
sième chez les Cerylon. D’autres différences déjà signalées par Ganglbauer (1899 : 906)
existent au niveau des pièces buccales et en particulier du labium. Le labium des Philo¬
thermus a une languette plus large et prolongée latéralement par deux expansions qui
n’existent pas chez les Cerylon (fîg. 11).
Ainsi défini, le genre Philothermus renferme de nombreuses espèces répandues dans
le monde entier (au moins une quarantaine), dont 10 espèces dans la région paléarctique.
Fig. 11. — Philothermus semistriatus (Perris) : A, labium, le palpe gauche enlevé ;
B et C, édéage, face dorsale et profil ; D, détail des paramères, face dorsale.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
271
Nous y incorporons les Ectomicrus considérés par certains auteurs comme formant un
genre distinct. Il est possible de diviser le genre Philothermus en trois sous-genres. Les
espèces du sous-genre Pseudophilothermus vivent sous les écorces et dans le bois mort des
arbres les plus divers. Ce sont des prédateurs de Microarthropodes, à l’état larvaire et à
l’état imaginai. La biologie des Philothermus s. str. et des Ectomicrus n’est pas connue.
Clé des sous-genres et des espèces
1. Pronotum à ponctuation forte et serrée, les points séparés par un intervalle inférieur à leur
diamètre (fig. 13). Entre les hanches intermédiaires le mésosternum est pourvu d’une dépres¬
sion encadrée de chaque côté par une carène et cette dépression reçoit la partie postérieure de
l’apophyse prosternale. Ponctuation élytrale forte, disposée en 9 stries ; la neuvième strie
plus ou moins complète est logée dans la gouttière externe de l’élytre. Marge latérale du pro¬
notum finement crénelée. Subgen. Ectomicrus.... 10
— Pronotum à ponctuation moins forte et moins serrée, les points séparés par plus de leur dia¬
mètre. Marge latérale du pronotum non crénelée. Mésosternum plan ou presque entre les
hanches . 2
2. Pubescence plus ou moins longue et serrée, dressée, bien visible. Rebord latéral du pronotum
et des élytres bien marqué, large. Neuf stries élytrales, la neuvième strie logée dans la gout¬
tière externe . Subgen. Philothermus. ... 3
— Pubescence courte, rare et peu visible. Rebord latéral du pronotum et des élytres peu mar¬
qué. Au plus huit stries élytrales, et souvent seulement 7, les points moins bien marqués. . . .
Subgen. Pseudophilothermus. ... 5
3. Forme large et déprimée, le disque du pronotum presque plan (fig. 13). depressus
— Forme moins large et moins déprimée, le disque du pronotum plus ou moins convexe. ... 4
4. Pubescence longue et serrée. Espèce d’Europe. montandoni
— Pubescence moins longue et moins serrée. Espèce du Japon. pubens
5. Pronotum de forme plus ou moins conique, les côtés fortement convergents en avant, presque
rectilignes. Elytres courts, seulement 1,3 à 1,35 fois plus longs que larges. Forme convexe.
Petite taille : 1,85 mm (fig. 15). conicicollis
— Pronotum de forme nettement moins conique, les côtés moins convergents en avant, plus
ou moins arqués. Elytres plus allongés. Taille plus grande atteignant ou dépassant 2 mm. . 6
6. Ponctuation très effacée, superficielle et espacée. Sept stries élytrales peu visibles (fig. 14). .
hellenicus
— Ponctuation mieux marquée, surtout sur les élytres. 7
7. Bord antérieur du clypéus en courbe régulière. La septième strie rudimentaire ou nulle (fig. 15).
semistriat us
—- Bord antérieur du clypéus avec une échancrure plus ou moins profonde. 8
8. Fossettes basales du pronotum bien marquées. Bord antérieur du clypéus avec une échancrure
peu marquée, pas plus profonde que large en avant (fig. 15). evanescens
— Fossettes basales du pronotum nulles ou presque nulles. Bord antérieur du clypéus avec une
échancrure étroite, plus profonde que large. Endémiques du Caucase. 9
9. Pronotum avec la plus grande largeur au milieu, les côtés presque parallèles en arrière du
milieu. Deuxième article antennaire seulement un peu plus long que le troisième. Tibias pro¬
gressivement élargis dans leur moitié distale. Échancrure du clypéus peu profonde (fig. 15). .
magnicolle
— Pronotum avec la plus grande largeur à la base. Deuxième article antennaire nettement plus
long que le troisième. Tibias brusquement élargis et renflés en massue dans leur moitié dis¬
tale (fig. 15). Échancrure du clypéus profonde. clavipes
10. Longueur 2,5 mm. Antennes de 10 articles avec une massue compacte d’un seul article ovoïde,
allongé. rugicollis
272
ROGER DAJOZ
Subgen. Philothermus s. str.
1. P. montandoni Aube, Annls Soc. ent. Fr., sér. 2, 1, 1843 : 94. — Ganglbauer, 1899 : 906. —
Reitter, 1922 : 49. — Sainte Claire Deville, 1935 : 285.
Longueur 1,70 à 2,0 mm. Brun-rouge à brun-noir, les pattes et les antennes jaunes.
Longue pubescence jaune dressée. Fortement convexe. Clypéus rectiligne sur son bord
antérieur. Disque du pronotum à ponctuation régulière, forte et serrée ; fossettes basales
nulles ; rebord latéral large. Stries élytrales à ponctuation forte et serrée en avant, effacée
dans le tiers postérieur.
France : Paris, dans les serres du Jardin des Plantes (types) ; Toulouse ; certainement
importé et d’origine inconnue. Cité aussi de Roumanie. Nous avons retrouvé la série ori¬
ginale de Aube en provenance des serres du Jardin des Plantes et nous y avons désigné
un lectotvpe.
Fig. 12. — Philothermus semistriatus (Perris) : A, face ventrale du thorax et de l’abdomen ; B, dernier
sternite abdominal agrandi ; C, patte postérieure ; D et E, détail de l’extrémité du tibia et du tarse.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
273
2. P. depressus Sharp, J. Linn. Soc., London, 19 , 1885 : 78.
Longueur 2,05 mm. Brun-rouge brillant ; pubescence éparse mais dressée et assez
longue (0,06 mm). Forme courte et large, le rebord latéral du pronotum et des élytres large,
en gouttière. Antennes avec le premier article large, le deuxième très allongé, le troisième
un peu plus court, les 4 e et 5 e seulement un peu plus longs que larges, les 6 e à 9 e progressi¬
vement élargis. Description faite d’après un paratype.
Japon : île Honshu à Yezo.
3. P. pubens Sharp, J. Linn. Soc., London, 19 , 1885 : 80. — Reitter, 1922 : 49.
Je ne connais cette espèce, placée par Sharp dans les Ectomicrus, que par sa descrip¬
tion et ce qu’en dit Reitter. Longueur 2,1 mm. Premier article des antennes très large,
aplati, ayant un aspect carré ; deuxième article plus étroit, le 3 e court mais distinctement
plus long que les suivants. Tête éparsement ponctuée. Pronotum presque aussi large que
les élytres, très légèrement courbé sur les côtés, le rebord latéral très marqué et finement
crénelé, le disque finement et éparsement ponctué. Elytres courts avec des stries fortes
à la base mais effacées à l’extrémité, la suture déprimée en arrière. Pubescence courte et
éparse.
Japon : île de Kyushu à Hitoyoshi, Oyayama, Yuyama et Miyanoshita.
Subgen. Pseudophilothermus Dajoz
4. P. conicicolle (Reitter), Verh. Naturf. Ver. Brünn, 20 , 1881 : 138. — Reitter, 1922 : 50.
Longueur 1,85 mm. Testacé ferrugineux, pattes et antennes plus claires. Modérément
convexe. Tête transverse très finement ponctuée ; suture clypéo-frontale presque rectiligne,
très faiblement concave. Antennes avec le deuxième article fortement rétréci à la base,
près de 3 fois plus long que large, le 3 e article seulement 2 fois plus long que large et d’un
tiers plus court que le deuxième, le 4 e à peine plus long que large, les 5 e à 9 e isodiamétraux,
le 10 e formant la massue en ovale allongé. Pronotum fortement rétréci en avant et 1,7 fois
plus large à la base qu’au sommet, avec un fin rebord latéral, visible seulement en arrière,
la base saillante au milieu. Aucune trace de fossettes basales. Ponctuation espacée sur le
disque, un peu plus grosse à la base. Élytres avec 6 stries bien marquées, la 7 e formée seu¬
lement de quelques points peu visibles. Les points des stries sont gros mais assez superfi¬
ciels. Les élytres sont assez longuement rétrécis en arrière, moins de 1,5 fois plus longs
que larges, la plus grande largeur au quart antérieur, le rebord latéral visible de dessus
seulement en avant. Face ventrale ponctuée comme le pronotum. Apophyse prosternale
ponctuée ; mésosternum avec deux fossettes en avant des hanches intermédiaires.
Espèce semblant limitée au Caucase : environs de Lenkoran sur la côte de la mer
Caspienne.
5. P. magnicolle (Reitter), Verh. Naturf. Ver. Brünn, 20 , 1881 : 137. —- Reitter, 1922 : 50.
Longueur 1,87 à 2,37 mm. Testacé foncé, modérément convexe. Tête à ponctuation
274
ROGER DAJOZ
Fig. 13. — Philothermus depressus Sharp : 1, habitus ; 2 et 3, ponctuations du disque du pronotum et des
élytres ; 4, antenne. — Philothermus montandoni Aube : 5, antenne. — Philothermus aper Sharp. :
6, mésosternum ; 7 et 8, ponctuations du pronotum et des élytres.
fine, espacée mais profonde et bien marquée. Suture clypéo-frontale profondément et
étroitement échancrée au milieu. Antennes avec l’article II peu rétréci à la base et un peu
plus de 2 fois plus long que large, l’article III presque aussi long que le II et moins de 2 fois
plus long que large ; les articles IV à IX isodiamétraux. Pronotum à ponctuation fine,
espacée et profonde sur le disque (comme sur la tête), plus forte et plus serrée au niveau
des deux impressions basales. Rebord latéral visible sur presque toute la longueur des côtés,
ceux-ci à peu près parallèles en arrière du milieu. Elytres avec 7 stries bien marquées, les
points effacés seulement dans la partie tout à fait postérieure ; rebord latéral visible de
dessus seulement dans la partie tout à fait antérieure. Le pronotum est 1,36 fois plus large
que long, presque aussi large que les élytres. Les élytres sont 1,5 fois plus longs que larges,
la plus grande largeur se trouve dans le quart antérieur.
Caucase : décrit de la vallée de l’Araxe et des « Meskisches Gebirge ». Nous avons vu
le type et plusieurs paratypes.
6. P. clavipes (Khnzorian), Dokl. Akad. Nauk armyan., 22 , 1956 : 136.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
275
Nous avons vu le type de cette espèce qui nous a été obligeamment communiqué
par son auteur. Il s’agit d’un Philothermus et non d’un Cerylon comme il est dit dans la
description originale.
Brun-rouge. Longueur 1,8 à 2,2 mm. Tête transverse à ponctuation très fine et espacée,
le tégument réticulé. Clypéus profondément et étroitement écliancré sur son bord anté¬
rieur. Yeux saillants. Antennes avec les articles II et III allongés, l’article II trois fois
plus long que large et l’article III deux fois un quart ; les articles IV à VIII aussi longs
que larges, IX transverse, X en massue ovoïde près de 2 fois plus long que large. Pronotum
avec le disque convexe, brillant à ponctuation régulière, espacée et assez fine. Fossettes
basales très peu marquées. Rebord latéral bien visible sur toute la longueur, plus large
en arrière qu’en avant. Angles postérieurs droits. Côtés légèrement convergents vers l’avant.
Le pronotum est 1,2 fois plus large que long et les élytres 1,4 à 1,5 fois plus longs que larges
et 2 fois plus longs que le pronotum, avec leur plus grande largeur vers le quart antérieur,
un peu plus larges à ce niveau que le pronotum. Sept stries de points bien marqués en avant,
effacés en arrière. Pattes avec tous les tibias renflés en massue dans leur moitié distale.
URSS : Arménie à Megri dans un noyer, le 20. VI.1954, type ; Vérin Agdan, région
d’Idjevan, vieux hêtre creux avec des fourmis du genre Lasius, le 22.V.1951 ; Karmrakar,
région de Kafan, le 17.VI. 1952 sous l’écorce d’un chêne.
7. P. hellenicus Dajoz, VEntomologiste, 29 , 1973 : 154.
Longueur 2 à 2,3 mm ; moyenne 2,11 mm. Couleur brun-rouge brillant ; pubescence
très courte, dressée, espacée, jaune et peu visible. Forme peu convexe. Tête à ponctuation
superficielle et espacée. Bord antérieur du clypéus en très large courbe, presque rectiligne.
Yeux saillants. Antennes avec l’article II deux fois plus long que large, l’article III une
fois et demie, l’article IV aussi long que large, les articles V à VIII très légèrement transverses,
l’article IX un peu plus transverse, l’article X en massue ovoïde deux fois plus long que large.
Pronotum peu convexe, plus étroit en avant qu’en arrière, les côtés peu courbés, les angles
antérieurs saillants et les angles postérieurs arrondis. Fossettes basales peu marquées,
à peu près nulles ; la ponctuation y est simplement un peu plus forte et plus serrée que sur
le disque. Rebord latéral très fin à peine visible de dessus. Élytres en ovale allongé, la plus
grande largeur un peu en avant du milieu. Sept stries très superficielles, effacées en arrière ;
deux stries latérales non visibles de dessus mais seulement de profil.
Grèce : Péloponnèse à Kalavrita, 800 m d’altitude, le 3.IV.1971, nombreux exemplaires.
8. P. evanescens (Reitter), Dt. ent. Z., 20 , 1876 : 387. — Rey, 1889 : 55. — Ganglbauer, 1899 :
903. — Reitter, 1922 : 50. — Horion, 1961 : 214. — Porta, 1929 : 235. — Sainte Claire
Deville, 1936 : 285.
Longueur 2,0 à 2,12 mm. Brun-rouge à courte pubescence blanche. Peu convexe.
Pronotum avec le£ fossettés basales bien marquées. Ponctuation des stries élytrales moins
forte et effacée dans la partie postérieure.
Espèce relique à répartition discontinue, fréquente surtout en Europe centrale et
méridionale. France : forêt d’Orion dans les Basses-Pyrénées, et Villié-Morgon (Rhône),
un seul exemplaire. Italie : dans le Latium et en Sicile. Allemagne : Brandebourg, Schleswig-
Holstein, Hesse. Autriche : Basse Autriche. Hongrie : forêt de Bakonyer. Tchécoslovaquie :
276
ROGER DAJOZ
Fig. 14. — Philothermus helleniciis Dajoz : A, habitus ; B, antenne ; C et D, ponctuations du pronotum
et des antennes ; E, labre et clypéus. — Philothermus evanescens (Reitter) : F, labre et clypéus.
Slovaquie, très rare (deux exemplaires connus) et Moravie à Rovecin. Yougoslavie : Croatie,
Bosnie, Majevica Planina, Herzégowine au mont Jablanica, Dalmatie du Sud. Roumanie :
Transylvanie [type) et Banat ; aussi en Olténie : Closani, dans la hêtraie de la vallée Motru
Sec, nombreux exemplaires dans un hêtre mort ! Turquie : forêt de Belgrade près d’Istan¬
bul, C. Besuchet leg !
9. P. semistriatum (Perris), Annls Soc. ent. Fr., 5, 1865 : 507. —- Oertzen, 1866 : 234. — Gangl-
bauer, 1899 : 903. — Caillol, 1913 : 225 ; 1954 : 452. — Peyf.rimhoff, 1919 : 188. —
Reitter, 1922 : 50. — Horion, 1961 : 106. — Kocher, 1961 : 84. — Sainte Claire Deville,
1935 : 285. — Porta, 1929 : 235.
Synonymes : attenuatum Fairmaire, Annls Soc. ent. Fr., 6, 1866 : 21. — aetolic.um Reitter, Dt.
ent. Z., 20 , 1876 : 313. — spissicornis Fairmaire, Annls Soc. ent. Fr. (Bull.), 17 , 1877 : 46.
Longueur 2 à 2,25 mm. Brun-rouge brillant, glabre. Pronotum avec le disque convexe
à ponctuation forte et régulière ; impressions basales presque nulles. Rebord latéral bien
visible en arrière du milieu. Elytres deux fois plus longs que le pronotum et 1,55 fois plus
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
277
longs que larges, la ponctuation forte dans la moitié antérieure, atténuée et presque effacée
en arrière. Sept stries.
Espèce répandue en Europe méridionale, en Afrique du Nord et en Asie Mineure.
France : Saint-Raphaël (Var) ; Italie : Toscane, Latium et Calabre ; Espagne ; Yougoslavie :
Dalmatie et Slavonie ; Grèce : Parnasse, Péloponnèse, île d’Eubée ; Turquie : Istanbul
et Anatolie ; Caucase ; Algérie : commun en particulier dans le massif des Mouzaïa, dans
les environs de Bône et la région du Mazafran, dans le bois pourri et sous les écorces de
divers Quercus, ainsi que dans Salix alba, Acer obtusatum, Ilex aquifolium et Cerasus aviurn ;
Maroc : environs de Larache sur Quercus suber et forêt de Ksiba à l’est de Kasba, Tadla
vers 2 000 m.
Subgen. Ectomicrus Sharp
Ce sous-genre ne comprend que 3 espèces : rugicollis Sharp, setosus Sharp et aper
Sharp, ces deux dernières de Ceylan.
10. P. rugicollis Sharp, J. Linn. Soc., London, 19, 1885 : 79. — Heinze, 1944 : 30 et fig. 12 p. 23
(dessin erroné ne représentant que 9 articles aux antennes au lieu de 10).
Longueur 2,5 mm. Roux ; face dorsale couverte d’une pubescence très courte et peu
visible. Antennes de 10 articles avec l’article II plus long que large et plus long que le III,
les articles IV à IX transverses, le X en ovale allongé formant la massue. Pronotum trans¬
verse, les côtés légèrement courbés, les angles antérieurs à peine saillants, la marge latérale
très bne et irrégulière. Tout le disque du pronotum est recouvert d’une ponctuation forte
et serrée. Points des stries élytrales plus larges que les interstries.
Japon : Oyayama et Subashiri.
Genre 4 : Ploeosoma Wollaston
Ins. Mader., 1854 : 147.
Espèce-type : ellipticum Wollaston.
La forme du corps et en particulier du prothorax, la forme de l’apophyse prosternale,
l’aptérisme sulfisent à justifier l’isolement de ce genre qui a été considéré comme synonyme
de Cerylon par certains auteurs. Une seule espèce.
P. ellipticum Wollaston, l. c. : 148 et pl. IX fig. 9. — Wollaston, 1865 : 130. — Fauvel, 1895 :
105. — Reitter, 1922 : 49. — Liebman, 1939 : 150. — Heinze, 1944 : 23 et 27.
Longueur 2,0 à 2,1 mm. Brun-rouge brillant, les appendices un peu plus clairs. Tégu¬
ment couvert d’une microréticulation bien visible au grossissement X 50. Pubescence
courte et espacée peu visible sauf au grossissement X 100. Ponctuation de la tête et du
pronotum fine et espacée. Tête un peu plus large que longue, le clypéus échancré au milieu,
le labre court et transverse. Antennes de 10 articles avec une massue d’un seul article,
les articles II et III bien plus longs que larges, les suivants moins allongés et progressive-
Fig. 15. — Philothermus conicicollis (Reitter) : A, habitus et détail de la ponctuation du pronotum ;
B, antenne ; C, apophyse prosternale et mésosternum. — Philothermus magnicolle (Reitter) : D, habitus ;
E, antenne ; F, labre et clypéus. — Philothermus evanescens (Reitter) : G, avant-corps ; H, labre et
clypéus ; I, ponctuation des fossettes basales du pronotum. — Philothermus semistriatus (Perris) :
J, habitus ; K, apophyse prosternale et mésosternum ; L, ponctuation des fossettes basales du prono¬
tum ; M, labre et clypéus. — Philothermus clavipes (Khnzorian) : N, labre et clypéus ; O, patte anté¬
rieure ; P, patte postérieure.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
279
ment élargis. Pronotum conique, les côtés presque rectilignes, les angles antérieurs saillants,
le rebord latéral peu marqué, le disque presque plan. Élytres en ovale court, la ponctuation
fine comme celle du pronotum, les stries à peine visibles. Apophyse prosternale très élargie
en arrière, limitée de chaque côté par une dépression située en avant des hanches antérieures.
Endémique de File Madère : dans les forêts de montagne, sous les écorces ou dans le
bois mort ; également trouvé à Faisselle des feuilles des troncs de bananiers abattus.
Fig. 16. — Ploeosoma ellipticum Wollaston : A, habitus ; B, détail de la réticulation et de la ponctuation
du tégument du pronotum ; G, antenne.
Genre 5 : Cautomus Sharp
J. Linn. Soc., London, 19, 1885 : 82.
Espèce-type : hystriculus Sharp.
Le genre Cautomus est bien caractérisé par ses pièces buccales (labre, mandibules,
galéas, lacinias, languette, palpes) allongées et évoluées vers un type piqueur qui semble
unique chez les Coléoptères. Ce genre a été récemment révisé par Besucuet (1972). Il
280
ROGER DAJOZ
renferme 3 sous-genres. Les Cautomus s. str. ont des antennes de 11 articles ; les Leploxy -
cheilus Besucbet, des antennes de 10 articles, et les Paracautornus Heinze, des antennes de
9 articles. Le genre renferme actuellement 19 espèces connues, répandues dans la région
indomalaise, en Australie et au Japon. Leur biologie est mal connue. Ce sont des insectes
que l’on trouve en lavant la terre, dans les feuilles mortes, dans le bois pourri. 11 est vrai¬
semblable que les Cautomus sont des prédateurs de larves d’insectes. La seule espèce paléarc-
tique est la suivante : C. (s. str.) hystriculus Sharp, l. c. : 82 et pl. 3 fig. 10. — Besuchet,
1972 : 123.
Longueur 1,9 à 2,3 mm. Couleur brun-rouge. Tégument densément ponctué sur le
pronotum et chagriné sur les élytres. Pubescence de la face dorsale formée de poils courts
(0,04 à 0,05 mm) élargis à l’apex. Côtés du pronotum ornés de saillies arrondies, de plus en
plus grandes de l’avant vers l’arrière. Chaque élytre avec 13 stries de points, la strie externe
formée de points plus petits. Base du pronotum rebordée seulement au milieu.
Japon, dans de nombreuses localités : îles de Hondo, de Kyu Shu et de Shikoku. Les
types ont été récoltés à Tagani près de Nagasaki, dans un sapin pourri.
AUTEURS CITÉS
Allen, A., A., 1962. — On the status of some species of Cerylonidae and Ciidae in the British
list. Entomologist’s mon. Mag., 98 : 13-17.
Besuchet, C., 1972. — Les Coléoptères Aculagnathides. Revue suisse Zool., 79 : 99-145.
Benick, L., 1952. — Pilzkàfer und Kâferpilze. Acta zool. fenn., 70 : 1-250.
Caillol, H., 1913-1954. — Catalogue des Coléoptères de Provence. Deuxième partie, Société
Linéenne de Provence, 1913, 602 p., et cinquième partie, Muséum national d’Histoire
naturelle, 1954, 724 p.
Crowson, R. A., 1952. — The classification of the families of British Coleoptera : superfamilv 16 :
Cucujoidea. Entomologist’s mon. Mag., 88 : 109-132.
Dajoz, R., 1963. — Dolosus leleupi et Dolosus basilewskyi, types d’une nouvelle famille de Coléop¬
tères. Revue Zool. Bot. afr., 67 : 91-96.
—- 1965. — Catalogue des Coléoptères de la forêt de la Massane. Vie Milieu, fasc. 9, janvier
1965, suppl., 207 p.
-— 1966. — Écologie et biologie des Coléoptères xylophages de la hêtraie. Vie Milieu, sér. C,
17 : 523-763.
1971. — Coléoptères Colydiidae nouveaux ou peu connus de la région paléarctique. Ento¬
mologiste, 27 : 83-101.
— 1973. — Nouveaux Coléoptères Colydiidae d’Europe et de Turquie. Entomologiste, 29 :
146-154.
— 1974 a. — Description de deux Coléoptères Colydiidae et Cerylonidae nouveaux. Bull.
Soc. linn. Lyon, 43 : 290-294.
—■ 1974 b. — Description de nouveaux Coléoptères de la famille des Cerylonidae. Bull. Mus.
natn. Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 238, Zool. 162 : 1059-1067.
— 1974 c. — Nouveaux genres et nouvelles espèces de Cerylonini. Z. ArbGem. ôst. Ent., 25 :
22-39.
Fauvel, A., 1895. — Notes synonymiques. Revue Ent., 14 : 92-127.
Fowler, W., 1886. — The european species of the genus Cerylon. Entomologist’s mon. Mag., 23 :
71-76.
COLÉOPTÈRES CERYLONIDAE
281
Ganglbauer, L., 1899. —- Die Kâfer von Mitteleuropa. Wien, III, 1046 p.
Grouvelle, A., 1918. — Coleoptera ol the families Ostomidae, Monotomidae, Colydiidae and
Notiophygidae from the Seychelles and Aldabra islans. Trans. R. ent. Soc. Lond. : 1-57,
pl. I et II.
Gruardet, F., 1930. — Catalogue des insectes Coléoptères de la forêt de Fontainebleau. Moret-
sur-Loing, 227 p.
Heinze, E., 1944 a. — Beitrage zur Kenntnis der Tribu Cerylini und Metacerylini nov. Arb. mcrph.
taxon. Ent. Berl., 11 : 19-32.
— 1944 b. — Zwei neue Arten der Gattung Philothermus (subgenus Philothermopsis ) a us
Kamerun. Ibid. : 135-140.
Hinton, H. E., 1941. — Entomological expédition 1926-7 : Coleoptera Colydiidae. Ann. Mag.
nat. Hist., sér. 11, 7 : 145-175.
— 1942. — A révision of the Cerylonini of Bornéo (Coleoptera, Colydiidae). Ibid., 19 : 141-
173.
Horion, A., 1961. — Faunistik der mitteleuropaïschen Kâfer, Bd VIII : Clavicornia, 2 Teil. Uber-
lingen Bodensee, 375 p.
Kocher, L., 1956. — Catalogue commenté des Coléoptères du Maroc. Fascicule IV. Clavicornes
et groupes voisins. Trav. Inst, scient, chérif., Rabat, sér. Zool., n° 11, 136 p.
Palm, Th., 1947. -— Vara Cerylon arter. Ent. Tidskr., 68 : 37-44.
— 1951. — Die IIolz und Rinden Kâfer der nordsehwedischen Laubbàume. Meddr St. Fors
Virks. PIKult.. 40 (2), 242 p.
— 1959. — Die IIolz und Rinden Kâfer der sud und mittelschwedischen Laubbàume. Opusc.
Ent., suppl. 16, 374 p.
Peyerimhoff, P. de, 1919. — Notes sur la biologie de quelques Coléoptères phytophages du
nord africain. Annls Soc. ent. Fr., 88 : 169-258.
— 1933. — Les Coléoptères attachés aux Conifères dans le nord de l’Afrique. Annls Soc. ent.
Fr., 102 : 359-408.
Porta, A., 1929. — Fauna Coleopterorum Italica. III : Diversicornia. Piacenza, 466 p.
Reitter, E., 1922. — Bestimmungs-Tabellen der europaischen Coleopteren. VI. Heft : Colydii¬
dae, Rhysodidae, Ostomidae. Troppau, 73 p.
Saalas, U., 1923. — Die Fichtenkâfer Finlands. Annales Acad, scient, fenn., 22 (1), 746 p., 28 pl.
Sainte Claire Deville, J., 1935. — Catalogue raisonné des Coléoptères de France Abeille, 36 :
1-468.
Sen Gupta T., & R. A. Crowson, 1973. — A review of the classification of Cerylonidae (Coleop¬
tera, Clavicornia). Trans. R. ent. Soc. Lond., 124 : 365-446.
Wollaston, T., 1854. — Insecta Maderensia. London, 634 p.
— 1865. — Coleoptera Atlantidum. London, 526 -)- 139 p.
Manuscrit déposé le 28 avril 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 360, janv.-févr. 1976,
Zoologie 253 : 249-281.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1976.
IMPRIMERIE NATIONALE
6 564 001 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.