BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
271
N° 389 JUILLET-AOUT 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 389, juillet-août 1976, Zoologie 271
Étude des populations d’Oxyures
du côlon des Gopherus (Testudinidae)
par Annie J. Petter et John F. Douglass *
Résumé. — Les populations d’Oxyures du côlon des Gopherus (Testudinidae) nord-améri¬
caines provenant de trois régions [Floride, désert de Sonora (Mexique), désert de Coahuila (Mexique)]
sont étudiées : 15 espèces ou sous-espèces sont décrites, dont 13 nouvelles et un genre nouveau :
Tachygonetria macrolaimus tetrapapillata (Caballero, 1944, espèce), T. dentata nearctica n. s. sp.,
Thaparia macrocephala n. sp., Th. microcephala n. sp., Alaeuris mazzottii n. sp., A. paramazzottii
n. sp., A. gopheri gopheri n. s. sp., A. gopheri pudica n. s. sp., A. gopheri macrolabiata n. s. sp.,
A. longicollis (Walton, 1927), .4. caballeroi n. sp., A. kinsellai kinsellai n. s. sp., A. kinsellai sono-
rae n. s. sp., Oxyuris sp. (femelles seules connues), Gopheruris aspicula n. g. n. sp.
Le genre Thelastomoides est mis en synonymie avec Alaeuris.
Des phénomènes de vicariance sont constatés entre les populations des trois régions, indi¬
quant qu’une spéciation géographique s’est produite depuis la fragmentation en îlots de l’aire
de répartition des Gopherus.
La faune des Tortues nord-américaines est comparée avec celle des Tortues des autres régions
et des suggestions sont émises sur la manière dont se sont constituées les faunes d’Oxyures des
Testudinidae dans le Monde.
Abstract. — À study of oxyurid populations from guts of Gopherus (Testudinidae). Oxyu-
rid nematodes from guts of North American tortoises (genus Gopherus) from three areas (Florida,
Sonora and Coahuila deserts, Mexico) were studied. Fifteen species and subspecies (of which
thirteen are new) and one new genus are described : Tachygonetria macrolaimus tetrapapillata
(Caballero, 1944), T. dentata nearctica n. ssp., Thaparia macrocephala n. sp., Th. microcephala n. sp.,
Alaeuris mazzottii n. sp., A. paramazzottii n. sp., A. gopheri gopheri n. sp., A. gopheri pudica n. ssp.,
A. gopheri macrolabiata n. ssp., A. caballeroi n. sp., A. kinsellai kinsellai n. sp., .4. kinsellai sono-
rae n. ssp., .4. longicollis (Walton, 1927), Oxyuris sp. (females only were observed), and Gopheru¬
ris aspicula n. gen. n. sp.
The genus Thelastomoides is synonymized with Alaeuris.
Vicariances were noted between populations from the three areas ; spéciation occurred follo-
wing fragmentation of the géographie range of Gopherus.
Oxyurid faunae of toitoises from North America and from other régions are compared, and
suggestions are made about the origin of the distribution of oxyurids among Testudinidae of the
world.
Les Nématodes des Gopherus étaient connus jusqu’à présent d’une part par le travail
de Walton (1927) qui, reprenant un matériel étudié par Leidy (1856), décrit trois espèces
d’Oxyures pour lesquelles il crée le genre. Thelastomoides, d’autre part par deux articles
* A. J. Petter, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle,
4-1, rue Cuoier, 75231 Paris Cedex 05.
J. F. Douglass, Archbold Biological Station, Roule 2, Box 180, Lake Placid, Florida 33852, USA.
389 , 1
732
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
de Caballero (1944), décrivant une espèce d’Atractide, Atractis impura et une espèce
d’Oxyure, T’achygonetria tetrapapillata.
Nous avons pu étudier les Nématodes du côlon de Gopherus de trois provenances, corres¬
pondant respectivement aux aires de répartition de trois espèces du genre Gopherus :
1. Un Gopherus sp. (148 Q) provenant du désert de Coahuila, Mexique ; le contenu
du côlon nous a été envoyé en 1966 par le I)r. Mazzotti. Le nom de l’espèce n’a pas été
précisé ; d’après son lieu de capture, il s’agit vraisemblablement de Gopherus flavomar-
ginatus (voir fig. 19). La population est composée principalement d’Atraetides, apparte¬
nant à l’espèce Atractis impura Caballero, 1944, auxquels sont mêlés, en quantité beaucoup
plus faible, des Oxyures. Nous avons distingué parmi ceux-ci 8 espèces différentes, d’abon¬
dances variables.
2. Un Gopherus sp. (123 Q) provenant du désert de Sonora, Mexique, dont le contenu
du côlon nous a également été envoyé par le Dr. Mazzotti en 1965 ; d’après le lieu de cap¬
ture, il s’agit vraisemblablement de l’espèce Gopherus agassizii. Le côlon contient de très
nombreux Atractides, de l’espèce Atractis impura, et des Oxyures appartenant à 11 espèces
ou sous-espèces différentes, d’abondances variables.
3. Deux Gopherus polyphemus (533 BA et 534 BA) capturés à environ 12 km au sud
de Lake Placid, comté de Highlands, Floride, par l’un d’entre nous (J. Douglass) en juin
1973. Une vingtaine d’Oxyures seulement ont été recueillis ; nous n’avons donc qu’un très
faible échantillon de la population d’Oxyures des Tortues de cette région; nous y avons
distingué 5 espèces différentes.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
Le matériel-type de toutes les espèces décrites ci-dessous est déposé au Laboratoire de Zoo
logie (Vers) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
Genre TACHYGONETRIA
Tachygonetria macrolaimus tetrapapillata (Caballero, 1944, espèce)
(Fig. 1)
Cette sous-espèce a été trouvée chez les Tortues des trois régions.
Elle est à peine distinguable de la sous-espèce Tachygonetria macrolaimus palearcti-
cus ; les structures apicales mâles et femelles et la forme du spiculé sont identiques et,
pour l’ensemble des caractères, nous renvoyons à la description de la sous-espèce paléarc-
tique (Petter, 1961 et 1966) ; elle se distingue par la saillie à angle droit que forme la
lèvre supérieure de la vulve, saillie qui est en général moins marquée et plus arrondie chez
la sous-espèce paléarctique.
Il n’existe pas de différence entre les spécimens des trois régions, à l’exception de la lon¬
gueur des queues chez les femelles, plus grandes chez les spécimens de Sonora et de Floride
que chez ceux de Coahuila.
Fig. 1. — Tachygonetria macrolaimus tetrapapillata (Caballero, 1944, espèce).
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; D, mâle,
vue latérale ; E, mâle, extrémité postérieure, vue latérale ; F, mâle, extrémité postérieure, vue ven¬
trale ; G, mâle, région cloacale, vue ventrale.
A, D : éch. 500 p ; E, F : écli. 50 p ; B, C, G : éch. 40 p.
734
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
Nous donnons les dimensions d’un mâle et d’une femelle pris dans chacun des trois
lots :
1 — Spécimens pris chez le Gopherus sp. 148 Q (Coahuila)
Femelle : longueur : 3,8 mm ; largeur maximum : 330 p ; anneau nerveux, pore excréteur et
vulve situés à 240 p, 1,22 mm et 2,16 mm de l’extrémité antérieure; œsophage : 1,20 mm;
queue : 530 p ; œufs : 120 p/60 p ; vestibule : 100 p.
Mâle : longueur : 2,15 mm; largeur maximum : 180 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 200 p et 880 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 720 p ; queue : 100 p ; spiculé : 140 p.
2 — Spécimens pris chez le Gopherus sp. 123 Q (Sonora)
Femelle : longueur : 3,15 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 180 p, 900 p et 1,6 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 950 p ; queue :
680 p ; œufs : 120 p/60 p ; vestibule : 60 p.
Mâle : longueur : 2 mm ; largeur maximum : 100 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 180 p et 730 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 600 p ; queue : 80 p ; spiculé : 110 p.
3 — Spécimens pris chez le Gopherus 533 B A (Floride)
Femelle (juvénile) : longueur : 4 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux, pore excré¬
teur et vulve situés à 130 p, 1,2 mm et 2 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,2 mm ; vesti¬
bule : 100 p ; queue : 700 p.
Mâle : longueur : 1,9 mm ; largeur maximum : 100 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 150 p et 710 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 700 p ; queue : 80 p ; spieule : 100 p.
Le Professeur Caballeho avait eu l'obligeance en 1966 de nous envoyer quelques
femelles de l’espèce Tachygonetria tetrapapillata et nous avons pu vérifier leur identité
avec nos spécimens. L’espèce T. tetrapapillata Caballero, 1944, devient donc une sous-
espèce de T. macrolaimus.
Tachygonetria dentata nearctica n. s. sp.
(Fig. 2)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 123 Q - désert de Sonora, Mexique.
Cette sous-espèce a été trouvée chez la Tortue du désert de Sonora, où la plupart des
femelles sont juvéniles, et chez une Tortue de Floride, où elle est représentée uniquement
par un spécimen femelle.
Elle présente tous les caractères de l’espèce Tachygonetria dentata (Drasche, 1884)
(voir Petter, 1961 et 1966).
Elle est à peine distinguable de la sous-espèce paléarctique T. d. dentata (Drasche,
1884, espèce) ; elle s’en différencie, ainsi que de la sous-espèce T. d. quentini sud-africaine
par la forme de la queue, plus effilée, chez la femelle ; elle se différencie de la sous-espèce
malgache T. d. richardae par la longueur du spiculé.
Dimensions de spécimens pris chez le Gopherus sp. 123 Q (Sonora)
Femelle : longueur : 3,2 mm ; largeur maximum : 300 p, ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 100 p, 760 p et 1,6 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 500 p ; queue :
300 p ; œufs : 120 p/70 p ; vestibule : 60 p.
Mâle : longueur : 1,5 mm ; largeur maximum : 100 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 100 p et 500 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 380 p ; queue : 40 p ; spiculé : 35 p.
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
735
Fig. 2. — Tachygonetria dentata nearctica n. s. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; D, mâle,
vue latérale ; E, mâle, vue apicale ; F, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ; G, mâle, extrémité
postérieure, vue latérale.
A, D : éch. 500 p ; B, C, E, F, G : éch. 40 p.
38 !), 2
736
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
Dimensions d’une femelle prise chez le Gopherus polyphemus 534 B A (Floride)
Longueur : 3,65 mm ; largeur maximum : 250 p. ; anneau nerveux, pore excréteur et vulve
situés à 180 p, 900 p et 1,7 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 600 p ; queue : 500 p ;
œufs : 110 p/70 p ; vestibule : 100 p.
Genre THAPARIA
Thaparia macrocephala n. sp.
(Fig. 3 et 4)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 148 Q — désert de Coahuila, Mexique.
L’espèce a été trouvée chez les Tortues de Coahuila et de Sonora.
Espèce à corps robuste, à extrémité antérieure large, possédant les caractères du
genre Thaparia (isthme œsophagien très allongé, amphides en forme de bâtonnets rigides
dressés au-dessus de la surface apicale, voir Petter, 1966).
Caractères particuliers a l’espèce
Structures apicales
Femelle : la bouche est hexagonale, avec 6 lèvres transparentes, chacune constituée
de 2 parties séparées par un épaississement transversal ; en vue apicale, les épaississements
des lèvres submédianes paraissent bifides à l’une de leurs extrémités ; 4 papilles submé¬
dianes sessiles et en position périphérique ; le fond de la cavité buccale porte 3 pièces mem¬
braneuses dressées (fig. 3, B, C, D).
Mâle : la bouche est triangulaire, ses bords sont épaissis et elle est munie de 6 petites
lèvres transparentes simples ; 4 papilles submédianes sessiles et en position périphérique
(fig. 4, G, H, I).
Appareil génital femelle
La vulve, surplombée par un repli de la paroi du corps, est située loin de l’anus, envi¬
ron aux 2/3 du corps ; le vestibule est long, la trompe se dilate en une vaste chambre à
œufs (fig. 3, E).
Extrémité caudale du mâle (fig. 4, J, K)
La queue est munie d’ailes caudales qui laissent libre une pointe terminale au-delà
de la paire de papilles caudales.
La région cloacale est de structure complexe ; elle comprend : 1) une paire de papilles
pré-cloacales simple ; 2) une paire de formations bilobées, avec lobe postérieur allongé,
• pii constituent peut-être une 2 e paire de papilles pré-cloacales ; 3) de part et d’autre de
ces formations, 2 paires d’appendices digitiformes : une paire de gros appendices situés
latéralement, et une paire d’appendices longs et minces situés plus ventralement de part
et d’autre des formations membraneuses de la lèvre supérieure du cloaque ; 4) une paire
Fig. 4. — Thaparia macrocephala n. sp.
F, G, H, I, J, K, mâle : F, vue latérale ; G, vue apicale superficielle ; H, vue apicale, coupe optique au
niveau de la cavité buccale ; I, extrémité antérieure, vue submédiane ; J, extrémité postérieure, vue
ventrale ; K, extrémité postérieure, vue latérale ; L, femelle prélevée chez une Tortue de Sonora, vue
latérale.
F, L : éch. 500 p. ; I, J, K : éch. 50 p. ; G, H : éch. 40 p.
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
739
de papilles post-cloacales allongées, de part et d’autre du mamelon qui prolonge la lèvre
inférieure du cloaque.
Le spiculé mesure presque la moitié de la longueur du corps.
Il existe entre les spécimens de Coahuila et ceux de Sonora plusieurs différences de
mensurations :
Chez les spécimens de Sonora, le diamètre de l’extrémité antérieure est beaucoup moins
grand, la vulve est plus antérieure, le vestibule est beaucoup plus court (fig. 4, L), ces carac¬
tères étant peut-être dus simplement au fait que les femelles de Sonora sont plus jeunes ;
chez les mâles, le spiculé est relativement plus court et peut être ondulé.
Dimensions d’un mâle et d’une femelle pris chez le Gopherus 148 Q (Coahuila)
Femelle : longueur totale : 5,1 mm ; largeur maximum : 500 p. ; anneau nerveux, pore excré¬
teur et vulve situés à 200 p, 1,25 mm et 3,2 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 700 p (cor¬
pus : 310 p, isthme -f- bulbe : 390 p) ; queue : 200 p ; vestibule : 1,3 mm ; œufs : 160 p/70 p.
Mâle : longueur : 4,4 mm; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 150 p et 1,2 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 600 p (corpus : 280 p ; isthme -|-
bulbe : 320 p) ; spiculé : 2 mm ; queue : 160 p avec une pointe terminale de 40 p.
Dimensions d’un mâle et d’une femelle pris chez le Gopherus 123 Q fSonora)
Femelle : longueur : 3,8 mm ; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 200 p, 900 p et 2,1 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 610 p (corpus :
250 p ; isthme + bulbe : 360 p) ; queue : 300 p ; vestibule : 500 p ; œufs : 120 p/180 p.
Mâle : longueur : 4,05 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 250 p et 1,15 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 700 p (corpus : 300 p ; isthme -f-
bulbe : 400 p) ; spiculé : 1,7 mm ; queue : 100 p avec une pointe de 40 p.
Thaparia microcephala u. sp.
(Fig. 5)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 148 Q —- désert de Coahuila, Mexique.
L’espèce a été trouvée chez les Tortues de Coahuila et de Sonora.
Elle est voisine de la précédente et nous signalerons principalement les caractères
qui l’en distinguent :
Le corps est moins épais dans les deux sexes et il s’amincit vers l’extrémité antérieure,
de sorte que la tête a un diamètre beaucoup plus faible.
Les structures apicales sont semblables à celles de l’espèce précédente, aussi bien chez
le mâle que chez la femelle ; la cavité buccale porte 3 petites dents dressées (fig. 5, B, C,
D, F).
Le vestibule est plus court ; ce caractère est relatif et permet seulement de distinguer
les 2 espèces chez un hôte donné, car, pour chaque espèce, la longueur du vestibule est
beaucoup plus grande chez les spécimens de Coahuila.
La région cloacale est moins complexe : elle comprend seulement une paire de papilles
pré-cloacale et une paire post-cloacale allongée, entre lesquelles se trouve une paire de
formations digitiformes (fig. 5, G, 11).
Le spicnle est relativement plus court (environ 1/3 de la longueur du corps), son extré¬
mité distale est fréquemment tordue en zigzag.
Chez les spécimens de Sonora, le vestibule est plus court que chez ceux de Coahuila
et la vulve est surplombée par une saillie arrondie caractéristique (fig. 5, I).
Fig. 5. — Thaparia microcephala n. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale superficielle ; C, femelle, vue apicale, coupe optique au
niveau de la cavité buccale. D, femelle, extrémité antérieure, vue submédiane ; E, mâle, vue latérale ;
F, mâle, vue apicale superficielle ; G, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; H, mâle, extrémité
postérieure, vue latérale ; I, femelle prélevée chez une Tortue de Sonora, vue latérale.
A, E, I : éch. 500 p ; B, C, D, F : éch. 40 p ; G, H : éch. 50 p.
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
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Dimensions d'un mâle et d’une femelle pris chez le Gopherus 148 Q (Coahuila)
Femelle : longueur : 4,3 mm ; largeur maximum : 260 p. ; anneau nerveux, pore excréteur et
vulve situés à 160 p., 800 p et 2,5 mm de Fextrémité antérieure ; œsophage : 600 p (corpus : 200 p ;
isthme -|- bulbe : 400 p) ; queue : 200 p ; vestibule : 500 p ; œufs : 110 p/60 p.
Mâle : longueur : 3,3 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 125 p et 980 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 580 p (corpus : 200 p ; isthme + bulbe :
380 p) ; spiculé : 1,06 mm ; queue : 120 p, avec une pointe terminale de 25 p.
Dimensions d’un mâle et d’une femelle pris chez le Gopherus 123 Q (Sonora)
Femelle : longueur : 3,6 mm ; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux, pore excréteur et
vulve situés respectivement à 200 p, 900 p et 1,9 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 550 p
(corpus : 200 p ; isthme -f- bulbe : 350 p) ; queue : 250 p ; vestibule : 350 p.
Mâle : longueur : 3 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 150 p et 800 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 450 p (corpus : 180 p, isthme + bulbe :
270 p) ; spiculé : 1 050 p ; queue : 115 p avec une pointe terminale de 30 p.
Discussion
Parmi les espèces du genre Thaparia pourvues d’aiJes caudales chez le mâle, deux
espèces ont, comme les précédentes, la vulve située loin de l’anus, T. capensis Fitzsim-
mons, 1961, et T. contortospicula Walton, 1942.
L’espèce T. capensis sud-africaine se différencie des trois autres espèces par un vesti¬
bule court (moins de 200 p) et une queue dépourvue de pointe terminale chez le mâle.
L’espèce T. contortospicula des Galapagos est très voisine des espèces décrites ci-des¬
sus ; elle s’en distingue cependant par un arrangement différent des papilles de la région
cloacale : elle possède en effet 2 paires de papilles pré-cloacales situées au même niveau
transversal.
Le genre Thaparia possède des représentants dans toutes les régions où la faune
d’Oxyures des Testudinidae est connue ; par leur extrémité caudale pourvue d’une pointe
terminale, les deux espèces nord-américaines peuvent être considérées, avec l’espèce des
Galapagos, comme les plus primitives du genre.
Genre ALAEUR1S
Généralités
Les espèces suivantes appartiennent au genre Alaeuris ; nous ne signalerons dans les
descriptions que les caractères propres à chaque espèce et, en particulier, nous ne repren¬
drons pas à chaque fois la description des structures caudales mâles communes à toutes
les espèces ; nous nous sommes efforcés de donner pour chaque espèce une figure aussi
exacte que possible de la région cloacale : celle-ci comprend toujours 2 grosses paires de
papilles, une précloacale et une située de part et d’autre du mamelon qui prolonge la lèvre
inférieure du cloaque; entre les deux, se trouvent des formations plus ou moins décou¬
pées en lobes et comprenant des parties membraneuses ; ces formations, communes à tous
les Pharyngodonidae de la lignée parasite de Reptiles herbivores, ont quelquefois été inter¬
prétées comme une 3 e paire de papilles ad-cloacales et nous les avons décrites comme telles
742
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
en 1966 ; cependant, en tout cas chez les espèces ci-dessous, nous n’avons jamais pu y
mettre en évidence des terminaisons nerveuses.
Chez toutes les espèces ci-dessous, les phasmides sont très développées et traversent
toute la largeur des ailes caudales.
Le genre Alaeuris comprenait jusqu’à présent, à notre connaissance, 23 espèces, dont
8 parasites de Tortues terrestres, 13 parasites d’Iguanidés herbivores et 2 parasites de Gecko-
nidés (voir Skrjabin, Siiikobalova et Lagodovskaïa, 1960 ; Petter, 1966 ; Telford,
1965).
La plupart des espèces parasites d’Iguanidés et de Geckonidés ont une queue, chez
le mâle, arrondie ou conique à l’extrémité, et dépourvue de pointe terminale, ce qui les diffé¬
rencie de toutes les espèces décrites ci-dessous, à l’exception de la sous-espèce Alaeuris
kinsellai, kinsellai. Les 2 seules espèces parasites d’Iguanidés dont la queue, chez le mâle,
est munie d’une pointe terminale, Alaeuris travassosi (Vigueras, 1938) et Alaeuris cau-
datus (Lent et Freitas, 1948) ont une structure apicale connue et différente de celles de
nos espèces (voir Dosse, 1939 ; Petter, 1970 ; fig. 17).
En ce qui concerne Alaeuris kinsellai kinsellai, elle se distingue de toutes les espèces
parasites d’Iguanidae et de Geckonidae à queue dépourvue de pointe caudale par la taille
de son spiculé.
Nous comparerons donc nos espèces uniquement avec des Alaeuris parasites de Testu-
dinidae :
Nous savons (voir Petter, 1966) que les structures apicales représentent chez les
Oxyures de Testudinidae le caractère le plus important dans la différenciation des espèces,
car chaque espèce possède une structure qui lui est propre. Or, les structures apicales sont
connues chez tous les Alaeuris parasites de Testudinidae à l’exception des 3 espèces para¬
sites de Tortues des Galapagos. Nous donnons (fig. 17) des reproductions de toutes les
structures apicales connues, ce qui nous permettra de simplifier la discussion concernant
chaque espèce en renvoyant à cette figure pour la comparaison des structures apicales.
Mise en synonymie nu genre Thelastomoides
Walton (1927), reprenant un matériel décrit par Leidy (1856), sous le nom de Tlie-
lastoma venustus, chez un Gopherus polyphemus de Géorgie, décrit trois espèces pour les¬
quelles il crée le genre Thelastomoides, dont les mâles possèdent de 9 à 11 paires de papilles
caudales, ce qui serait un cas unique chez les Oxyures.
L’étude des populations d’Oxyures de trois Gopherus nous montre que, à l’exception
du nouveau genre Gopheruris, étudié plus loin et qui ne correspond pas aux descriptions
de Thelastomoides, ces Tortues sont parasitées par les mêmes genres d’Oxyures que les
autres Testudinidae ; de plus, les mâles des Alaeuris en vue latérale rappellent tout à fait
les figures données par Walton pour Thelastomoides, les lobes formés par le bord postérieur
des ailes caudales pouvant être confondus avec des papilles, de même que les lèvres du
cloaque. Nous mettons donc le genre Thelastomoides en synonymie avec Alaeuris.
Les proportions relatives indiquées par Walton pour les espèces Thelastomoides venus¬
tus et Thelastomoides hrevicollis ne concordent pas parfaitement avec celles de l’une ou l’autre
de nos espèces ; nous ne pouvons donc les identifier avec celles-ci, d’autant plus que nous
Fig. 6. — Alaeuris mazzottii n. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; U, mâle,
vue latérale ; E, mâle, vue apicale ; F, mâle, extrémité antérieure, vue submédiane ; G, mâle, extré¬
mité postérieure, vue ventrale ; H, mâle, extrémité postérieure, vue latérale.
A, D : éch. 500 u. ; B, C, Iî, F : éch. 40 p ; G, H : éch. 50 p.
744
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
n’avons pas étudié de Tortue provenant de Géorgie. Par contre, l’espèce Thelastomoides
longicollis, aisément reconnaissable par son épaississement cuticulaire pré-vulvaire, peut
être identifiée à l’une des espèces décrites plus loin.
Alaeuris mazzottii n. sp.
(Fig. 6)
Matériel-type prélevé chez Goplierus sp. 148 Q — Coahuila, Mexique.
L’espèce a été trouvée chez la Tortue de Coahuila, où les mâles sont abondants, alors
que les femelles sont extrêmement rares (2 spécimens dans tout le côlon).
Espèce à œsophage court, à extrémité antérieure plate.
Femelle : Bouche triangulaire, à bords festonnés, munie de 3 lèvres transparentes ;
8 papilles en forme de mamelons arrondis, 4 submédianes et 4 latérales ; les 2 latérales de
chaque côté sont contiguës et situées immédiatement en avant des amphides (fig. 6, B et C).
La cuticule forme dans la région antérieure une vingtaine d’anneaux légèrement vésiculeux.
Vulve située au milieu du corps ; vestibule court, queue longue et effilée.
Dimensions d'une femelle : longueur : 4,1 mm ; largeur maximum : 340 q. ; anneau nerveux,
pore excréteur et vulve situés à 160 fj., 1,25 mm et 2,2 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage :
860 p. ; vestibule : 80 p ; queue : 500 p ; œufs : 170 p/70 p.
Mâle : Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres à bords festonnés, échancrées en leur
milieu. Papilles diposées comme chez la femelle. Trois petites dents pharyngiennes (fig. 6,
E, F). Ailes caudales très larges, laissant libre une pointe conique, papilles caudales fusion¬
nées en une papille double ; mamelon tronconique prolongeant la lèvre inférieure du cloaque
très long et muni sur les 3/4 de sa longueur d’ailes membraneuses ; papilles post-cloacales
situées de part et d’autres de ce mamelon, très allongées. Spiculé court (170 p à 180 p)
(fig. 5, G, H).
Dimensions d'un mâle : longueur : 2,7 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux et
pore excréteur situés à 200 p et 800 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 660 p ; queue : 120 p
avec une pointe terminale de 50 p ; spiculé : 180 p.
Parmi les Alaeuris parasites de Testudinidae, la seule espèce qui soit proche de celle-ci
par la longueur de l’œsophage (pas plus d’ 1/4 de la longueur du corps) et la structure api¬
cale est l’espèce malgache Alaeuris dupuisi Petter, 1966 (voir fig. 17) ; elle s’en distingue
cependant par un spiculé plus court. L’espèce est donc nouvelle et nous la dédions à la
mémoire du Dr. Mazzotti.
L’extrême rareté des femelles de cette espèce chez la Tortue examinée, alors que les
mâles sont abondants, pourrait s’expliquer par un antagonisme sélectif entre cette espèce
et les Atractides ; les femelles auraient été éliminées, alors que les mâles plus résistants
se seraient maintenus ; cet antagonisme serait comparable à celui qui est connu chez les
Tortues du Monde entier entre les Atractides et l’espèce Tachygonetria dentata, avec laquelle
notre espèce présente des ressemblances certaines par son œsophage court et sa structure
apicale.
Fig. 7. — Alaeuris paramazzottii n. sp.
A, femelle juvénile, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; G, femelle, extrémité antérieure, vue latérale
profonde ; D, femelle, extrémité antérieure, vue latérale superficielle ; E, mâle, vue latérale ; F, mâle,
vue apicale ; G, mâle, extrémité antérieure, vue latérale superficielle ; H, mâle, extrémité antérieure,
vue latérale profonde ; I, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ; J, mâle, extrémité postérieure,
vue latérale ; K, mâle, portion postérieure, vue latérale.
A, E : éch. 500 p ; B, C, D, F, G, H, I, J : éch. 40 p ; K : éch. 200 p.
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ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
Alaeuris paramazzottii n. sp.
(Fig- 7)
Matériel-type prélevé chez Gopherus polyphemus 534 BA — Floride.
L’espèce a été trouvée chez un Gopherus polyphemus de Floride et le Gopherus sp. de
Sonora ; toutes les femelles observées étaient juvéniles.
Espèce à tête plate et à œsophage court.
L’ouverture buccale est munie de 3 lèvres transparentes légèrement bilobées chez
la femelle et de 6 lèvres chez le mâle ; l'ouverture buccale, sous les lèvres, est dentieulée.
8 papilles en forme de mamelons arrondis, 4 submédianes et 4 latérales, les 2 latérales de
chaque côté étant situées sur une hase commune, immédiatement en avant des amphides.
3 petites dents pharyngiennes (fig. 7, B, C, D, F, G).
Femelle : La vulve est médiane et non saillante, le vestibule est court, la queue très
longue et effilée.
Mâle : Les ailes caudales sont auriculées à leur extrémité distale, elles laissent libre
une longue pointe terminale ; les papilles caudales volumineuses sont séparées l’une de
l’autre ; le mamelon tronconique et les papilles qui l’encadrent sont très allongés (fig. 7,
I, J). Le spiculé est long et mince (fig. 7, K).
Dimensions d'un mâle et d'une femelle pris chez le Gopherus polyphemus 534 B A (Floride)
Femelle (juvénile) : longueur : 2,95 mm ; largeur maximum : 150 p ; anneau nerveux, pore
excréteur et vulve situés à 175 p, 890 p et 1,5 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 80Ô p ;
queue : 600 p.
Mâle : longueur : 2,26 mm ; largeur maximum : 120 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 120 p et 6C0 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 560 p ; queue : 180 p avec une pointe
terminale de 105 p ; spiculé : 350 p.
Dimensions d'un mâle et d’une femelle pris chez le Gopherus sp. 123 Q (Sonora)
Femelle (juvénile) : longueur : 3,4 mm ; largeur maximum : 200p; anneau nerveux, pore excré¬
teur et vulve situés à 200 p, 1 mm et 1,8 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 800 p ; queue :
600 p ; vestibule : 60 p.
Mâle : longueur : 2,8 mm ; largeur maximum : 150 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 150 p et 900 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 600 p ; queue : 150 p avec une pointe ter¬
minale de 90 p ; spiculé : 330 p.
Cette espèce est une forme vicariante de l’espèce Alaeuris mazzottii ; elle s’en dis¬
tingue par une queue plus longue chez la femelle et, chez le mâle, par un spiculé beaucoup
plus long, des papilles caudales non fusionnées en une papille double et une pointe terminale
beaucoup plus longue.
Elle est, comme Alaeuris mazzottii, proche par la longueur de l’œsophage et la struc¬
ture apicale d’Alaeuris dupuisi (voir fig. 17), mais s’en distingue par la longueur de son
spiculé.
Oxyuris sp.
(Fig. 8)
Une seule femelle adulte de cette espèce a été trouvée chez le Gopherus polyphemus
534 BA (Floride).
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
747
A,
Fig. 8. — Oxyuris sp.
femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue submédiano super¬
ficielle ; D, femelle, extrémité antérieure, vue submédiane profonde.
A : éch. 500 p ; B, C, D : éch. 40 p.
Elle est très voisine des femelles de l’espèce Alaeuris mazzottii, mais en diffère par une
queue plus longue et une structure buccale légèrement différente : elle est munie de 3 lèvres
divisées à leur sommet en une série de 12 lamelles profondément échancrées (fig. 8, B, C, D).
748
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
Dimensions : longueur : 4,5 mm ; largeur maximum : 250 p ; anneau nerveux, pore excré¬
teur et vulve situés à 200 p, 900 p et 2,1 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 900 p ; queue :
900 p ; œufs : 110 p/40 p.
En l’absence de mâles, nous ne pouvons savoir si cette femelle représente une sous-
espèce d 'Alaeuris mazzottii, ou si elle constitue une espèce distincte. Elle est en tout cas,
comme Alaeuris paramazzottii, une forme vicariante de cette espèce, qui aurait donc subi
en Floride une spéciation cladique. Cependant, il est également possible qu'elle représente
la femelle mûre à’Alaeuris paramazzottii, dont nous ne connaissons sous la forme décrite
plus haut que des femelles juvéniles ; la structure apicale des femelles se modifierait alors
au cours de la croissance.
Alaeuris gopheri n. sp.
Espèce à corps mince et effilé vers l’extrémité antérieure, à œsophage long.
a — Alaeuris gopheri gopheri n. s. sp. (fig. 9)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 148 Q — Coahuila, Mexique.
La sous-espèce a été trouvée chez les Gopherus sp. de Coahuila et de Sonora.
Femelle : Bouche triangulaire, avec 3 grandes lèvres transparentes légèrement bilobées ;
6 grosses papilles en forme de mamelons allongés, 4 submédianes et 2 latérales situées immé¬
diatement en avant des amphides (fig. 9, B, C).
Vulve légèrement en avant du 1/3 postérieur du corps ; vestibule court (fig. 9, J) ;
queue effilée.
Mâle : Bouche munie de 6 lèvres transparentes, disposées en triangle et insérées à
la base et à l’extérieur de 3 lobes arrondis qui prolongent vers l’avant l’extrémité du corps ;
4 petites papilles submédianes situées en périphérie, au centre d’épaississements cuticulaires
en forme d’anses. Les lobes œsophagiens se terminent par 3 dents pharyngiennes coniques
(fig. 9, E, F, G).
Les ailes caudales sont larges et souvent légèrement auriculées à leur extrémité pos¬
térieure ; elles laissent libre une longue pointe terminale ; les papilles caudales sont fusion¬
nées en une papille double (fig. 9, H, I).
Spiculé long et mince (300 à 400 p.).
Dimensions d'un mâle et d'une femelle pris chez le Gopherus sp. 148 Q (Coahuila)
Femelle : longueur : 4,5 mm ; largeur maximum : 340 p ; anneau nerveux, pore excréteur et
vulve situés à 250 p, 1,6 mm et 2,7 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1 600 p ; vestibule :
120 p ; queue : 380 p ; œufs : 110 p/50 p.
Mâle : longueur : 2,45 mm ; largeur maximum : 250 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 260 p et 920 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1 200 p ; queue : 100 p avec une
pointe terminale de 50 p ; spiculé : 300 p.
Dimensions d'un mâle et d'une femelle pris chez le Gopherus sp. 123 Q (Sonora)
Femelle : longueur : 4,1 mm ; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 200 p, 1,3 mm et 2,3 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,45 mm ; queue :
450 p ; vestibule : 100 p.
Mâle : longueur : 2,4 mm ; largeur maximum : 150 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 200 p et 900 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 750 p ; spiculé : 300 p ; queue : 120 p avec
une pointe terminale de 55 p.
Fig. 9. — Alacuris gopheri gopheri n. s. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; G, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; D, mâle,
vue latérale ; E, mâle, vue apicale ; F, mâle, extrémité antérieure, vue submédiane superficielle ; G,
mâle, extrémité antérieure, vue submédiane profonde ; H, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ;
1, mâle, extrémité postérieure, vue latérale ; J, femelle, région vulvaire (spécimen prélevé chez la
Tortue de Sonora).
A, D : éch. 500 p ; B, C, E, F, G : éch. 40 p ; H, I : éch. 50 p ; J : éch. 200 p.
Fig. 10. — Alaeuris go plier i pudica n. s. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, région vulvaire ; C, femelle, vue apicale (les trois lèvres transparentes
sont rabattues vers l’extérieur) ; D, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; E, mâle, vue latérale ;
F, mâle, vue apicale (les six lèvres transparentes ainsi que les trois lobes qui terminent l’extrémité
antérieure sont rabattus vers l’extérieur) ; G, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ; H, mâle,
extrémité postérieure, vue latérale.
A, E : éch. 500 u. ; B, éch. 200 u. ; C, D, F : éch. 40 ll ; G, H : éch. 50 p.
Fig. 11. — Alaeuris gopheri macrolabiata n. s. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale (les 3 lèvres transparentes sont rabattues vers l’extérieur)
C, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; D, mâle, vue latérale ; K, mâle, extrémité postérieure
vue ventrale ; F, mâle, extrémité postérieure, vue latérale ; G, mâle, portion postérieure, vue latérale
A, O : éch. 500 p ; B, C, E, F : éch. 40 p ; G : éch. 200 p.
752
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
L’œsophage des mâles est beaucoup plus court chez les spécimens de Sonora.
h — Alaeuris gopheri pudica n. s. sp. (fig. 10)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 123 Q — Sonora, Mexique.
Cette sous-espèce a été trouvée chez le Gopherus de Sonora, où elle cohabite avec la
sous-espèce précédente.
Elle en diffère par la présence chez la femelle d’un repli de la paroi du corps surplom¬
bant la vulve (fig. 10, B) et, chez le mâle, par une pointe caudale plus longue ; en fait, il
existe des intermédiaires entre les longueurs des pointes caudales des deux types de mâles
et nous ne sommes donc pas certains d’avoir affaire à deux sous-espèces distinctes.
Dimensions
Femelle : longueur : 3,7 mm ; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 300 p, 1,15 mm et 2,3 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,4 mm ; queue :
450 p ; vestibule : 90 p.
Mâle : longueur : 2,8 mm ; largeur maximum : 150 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 200 p et 1 mm de l’extrémité antérieure ; spiculé : 300 p ; queue : 185 p avec une pointe
caudale de 90 p.
c -— Alaeuris gopheri macrolahiata n. s. sp. (fig. 11)
Matériel-type prélevé chez Gopherus polyphemus 533 BÀ — Floride.
Cette sous-espèce a été trouvée chez les Gopherus polyphemus de Floride.
La femelle diffère de celle de A. g. gopheri par une extrémité apicale plus grosse, avec
des lèvres beaucoup plus développées, des papilles céphaliques plus allongées, en forme
de bâtonnets (fig. 11, B, C), et une queue beaucoup plus longue.
L’extrémité apicale des deux mâles que nous avons en notre possession était abîmée
et nous n’avons pu l’étudier. L’extrémité caudale diffère de celle des mâles de la sous-espèce
A. g. gopheri par une pointe terminale plus longue.
Dimensions d'une femelle (juvénile) : longueur : 4,6 mm ; largeur maximum : 250 p ; anneau
nerveux, pore excréteur et vulve situés à 200 p, 1,5 mm et 2,4 mm de l’extrémité antérieure ;
œsophage : 1,55 mm ; queue : 850 p.
Dimensions d'un mâle : longueur : 2,95 mm ; largeur maximum : 150 p ; anneau nerveux et
pore excréteur situés à 200 p et 1,05 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 900 p ; queue :
150 p avec une pointe terminale de 75 p ; spiculé : 270 p.
Discussion : Ces trois sous-espèces se distinguent par leur structure apicale de tous
les Alaeuris de Tortues où cette structure est connue (voir fig. 17). Elles se différencient
des trois espèces parasites de Tortues des Galapagos [A. macroptera (Walton, 1942), A. auri-
cularis (Walton, 1942) et A. pharyngodentata (Walton, 1942)], où la structure apicale n’a
pas été étudiée, par la taille de leurs spiculés (entre 200 et 400 p).
Alaeuris longicollis (Walton, 1927)
(Fig. 12)
L’espèce a été trouvée chez les Gopherus sp. de Coahuila et de Sonora.
Espèce à corps robuste, à œsophage long ; la région antérieure de l’œsophage est légè-
Fig. 12. — Alaeuris longicollis (Walton, 1927).
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale superficielle ; C, femelle, vue apicale, coupe optique au
niveau de la cavité buccale ; D, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; E, mâle, vue latérale ;
F, mâle, vue apicale ; G, mâle, extrémité antérieure, vue submédiane ; H, mâle, extrémité postérieure,
vue ventrale ; I, mâle, extrémité postérieure, vue latérale ; J, mâle, portion postérieure, vue latérale.
A, Ë : éch. 500 p ; B, C, D, F, G : éch. 40 p ; H, I : éch. 50 p ; J : écli. 200 p.
754
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
rement différenciée sur une longueur de 80 p, paraissant plus claire et de diamètre légère¬
ment inférieur au reste du corpus.
Femelle : Les femelles se reconnaissent à première vue par la présence d’un épaissis¬
sement cutieulaire au-dessus de la vulve (fig. 12, A). Ouverture buccale en T, avec lèvre
dorsale étroite, recouverte par les 2 lèvres latéro-ventrales larges ; 4 papilles submédianes
situées en périphérie par rapport aux amphides ; les papilles latéro-ventrales sont situées
sur 2 grosses élévations arrondies. 3 dents pharyngiennes dressées sur de fins et courts
pédicules (fig. 12, B, C, D). Vulve dans le 1/3 postérieur du corps, surmontée par une saillie
de la paroi du corps à cuticule épaissie ; vestibule long ; queue conique.
Mâle : Bouche triangulaire munie de 6 lèvres transparentes ; 4 papilles submédianes
situées en périphérie par rapport aux amphides ; surface apicale portant des épaississe¬
ments cuticulaires. Trois dents pharyngiennes longues et minces (fig. 12, F, G). Ailes cau¬
dales plus étroites que dans les espèces précédentes, auriculées à leur extrémité distale,
et laissant libre une longue pointe terminale ; papilles caudales volumineuses et bien sépa¬
rées l’une de l’autre (fig. 12, H, I). Mamelon prolongeant la lèvre inférieure du cloaque
long et soutenu par une pièce en V très fortement chitinisée ; il est muni sur une partie de
sa longueur d’ailes membraneuses ; papilles situées de part et d’autre de ce mamelon de
forme allongée (fig. 12, H, I). Spiculé long, épais et fortement chitinisé, effilé à l’extrémité
distale (fig. 12, J). Les spécimens de Sonora ont le vestibule plus court et le spiculé en
moyenne plus petit que ceux de Coahuila (sur dix spécimens mesurés, la longueur du spi¬
culé varie de 550p. à 600p chez les mâles de Coahuila, et de 360p à 520 p chez ceux de
Sonora).
Dimensions d’un mâle et dune femelle pris chez le Gopherus 148 Q (Coahuila)
Femelle : longueur : 4,5 mm ; largeur maximum : 400 p ; anneau nerveux, pore excréteur et
vulve situés à 100 p, 1,6 mm et 3,3 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,9 mm ; queue :
300 p ; vestibule : 700 p ; œufs : 140 p/40 p.
Mâle : longueur : 3,85 mm ; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 200 p et 620 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,4 mm ; spiculé : 550 p ; queue :
190 p avec une pointe terminale de 80 p.
Dimensions dim mâle et dune femelle pris chez le Gopherus 123 Q (Sonora)
Femelle : longueur : 4,6 mm ; largeur maximum : 400 p ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 210 p, 1,7 mm et 3,35 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 2,1 mm ; queue :
400 p ; vestibule : 450 p ; œufs : 160 p/70 p.
Mâle : longueur : 3 mm ; largeur maximum : 200 p ; anneau nerveux et pore excréteur situés
à 200 p et 1,2 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,2 mm ; spiculé : 430 p ; queue : 180 p
avec une pointe terminale de 80 p.
L’épaississement cutieulaire pré-vulvaire très caractéristique de cette espèce permet
de l’identifier à l’espèce Thelastomoides longicollis de Walton (1927), à laquelle par ailleurs
elle correspond par les principales dimensions : longueur de l’œsophage, du vestibule et
du spiculé.
Elle se distingue par la structure apicale des femelles de tous les Alaeuris de Tortues
où cette structure est connue (voir fig. 17). Parmi les espèces des Galapagos, elle est proche
de A. pharyngodentata par la taille de son spicide, elle s’en rapproche également par la sail-
Fig. 14. — Alaeuris caballeroi n. sp., mâle.
G, vue latérale ; H, vue apicale superficielle ; I, vue apicale, coupe optique au niveau de la cavité buccale
J, extrémité antérieure, vue submédiane ; K, extrémité postérieure, vue ventrale ; L, extrémité posté¬
rieure, vue latérale ; M, portion postérieure, vue latérale ; N, extrémité distale du spiculé.
G : éch. 500 p ; H, I, J : écb. 40 p ; K, L, N : éch. 50 p ; M : éeh. 200 p.
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
757
lie pré-vulvaire et représente peut-être une forme vicariante de cette espèce ; nous ne pou¬
vons toutefois identifier les deux espèces sans connaître la structure apicale de l’espèce
des Galapagos.
Alaeuris caballeroi n. sp.
(Fig. 13 et 14)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 148 Q — Coahuila, Mexique.
L’espèce a été trouvée chez les Gopherus sp. de Coahuila et de Sonora ; les mâles sont
extrêmement rares ; deux spécimens seulement ont été trouvés dans le côlon du Gopherus
de Coahuila.
Espèce de grande taille, à corps robuste ; la région antérieure de l’œsophage est légè¬
rement différenciée, comme dans l’espèce précédente.
Femelle : Bouche triangulaire, avec un petit côté dorsal et 2 grands côtés latéro-ventraux ;
les 2 grandes lèvres latéro-ventrales se prolongent du côté dorsal par des ailes qui surplom¬
bent la lèvre dorsale. ; les amphides sont situées sur des élévations arrondies et les 4 papilles
submédianes sont en position périphérique. Trois dents pharyngiennes longues et minces
(fig. 13, B, C, D, E, F). Vulve non saillante, située dans le tiers postérieur du corps ; ves¬
tibule long ; queue courte et conique.
Mâle : Bouche triangulaire, avec côté dorsal plus long que les côtés latéro-ventraux,
munie de 6 lèvres transparentes ; 4 papilles submédianes en position périphérique ; 2 élé¬
vations arrondies en position latéro-ventrale. Trois dents pharyngiennes longues et minces
(fig. 14, H, I, J). Ailes caudales de la même largeur (pie celles de l’espèce précédente, lais¬
sant libre une longue pointe terminale. Papilles caudales volumineuses et bien séparées
l’une de l’autre ; mamelon tronconique qui prolonge la lèvre inférieure du cloaque muni
d’ailes membraneuses ; papilles situées de part et d’autre de ce mamelon, allongées (fig. 14,
K, L). Spiculé long (500 p à 600 p) et épais, dont l’extrémité distale porte une légère bosse
sous laquelle il se rétrécit brusquement pour se terminer en une fine poinle (fig. 14, M, N).
Les mâles de cette espèce ressemblent beaucoup à ceux de l’espèce précédente ; ils
s’en distinguent par une extrémité antérieure plus large et la forme dilf'érente de l’extré¬
mité distale du spiculé.
Les femelles de Sonora ont le vestibule plus court que celles de Coahuila.
Dimensions d’un mâle et d’une femelle pris chez le Gopherus sp. 148 Q (Coahuila)
Femelle : longueur : 4,9 mm ; largeur maximum : 450 p ; anneau nerveux, pore excréteur
et vulve situés à 250 p, 1,8 mm et 3,55 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,85 mm ; ves¬
tibule : 700 p ; œufs : 140 p/80 p ; queue : 250 p.
Mâle : longueur : 4,15 mm ; largeur maximum : 300 p ; anneau nerveux et pore excréteur
situés à 240 p et 1,5 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,6 mm ; queue : 150 p avec une
pointe caudale de 70 p ; spiculé : 600 p.
Dimensions d’une femelle prise chez le Gopherus sp. 123 Q (Sonora) : longueur : 4 mm ; largeur
maximum : 400 p ; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés à 150 p, 1,5 mm et 3,1 mm de
l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,6 mm ; queue : 250 p ; vestibule : 350 p ; œufs : 150 p/60 p.
Comme la précédente, cette espèce se distingue par la structure apicale des femelles
des autres Alaeuris de Tortues où cette structure est connue (voir fig. 17).
Fig. 15. — Alaeuris kinsellai kinsellai n. s. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; D, mâle,
vue latérale ; E, mâle, vue apicale ; F, mâle, extrémité antérieure, vue latérale ; G, mâle, extrémité
postérieure, vue ventrale ; H, mâle, extrémité postérieure, vue latérale ; T, mâle, portion postérieure,
vue latérale.
A, D : éch. 500 p ; B, C, E, F : éch. 40 p. ; G, H : éch. 50 p. ; I : éch. 200 p..
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
759
Parmi les espèces des Galapagos, par la taille de son spiculé, elle est proche d ’ Alaeu¬
ris pharyngodentata, mais est dépourvue de la saillie pré-vulvaire décrite chez cette espèce.
Elle est donc nouvelle et nous la dédions à la mémoire du Pr. Caballero.
Alaeuris kinsellai n. sp.
L’espèce est représentée chez les Gopherus de Coahuila et de Sonora par deux sous-
espèces vicariantes.
a -— Alaeuris kinsellai kinsellai n. s. sp. (fig. 15)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 148 Q — Coahuila, Mexique.
Mâles et femelles de grande taille à corps robuste, à œsophage long et extrémité anté¬
rieure plate ; la cuticule est légèrement détachée de l’épiderme dans la région antérieure
pour former quelques anneaux vésiculeux.
Femelle : Bouche triangulaire munie de 3 lèvres transparentes légèrement bilobées,
entourée par 6 papilles, 4 submédianes et 2 latérales situées en avant des amphides ; chaque
papille est encadrée par 2 petits mamelons arrondis, eux-mêmes situés sur une élévation
parallélépipédique. Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 pièces chitinoïdes à
bord denticulé (fig. 15, B, C). Vulve non saillante, située aux 2/3 du corps : vestibule court ;
queue courte et épaisse.
Dimensions d'une femelle : longueur : 5,8 mm ; largeur maximum : 500 p ; anneau nerveux,
pore excréteur et vulve situés à 30Ô p, 2,05 mm et 3,6 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage :
1,7 mm ; queue : 340 p ; vestibule : 200 p ; œufs : 140 p/90 p.
Mâle : Bouche hexagonale, munie de 6 lèvres transparentes ; 6 papilles, 4 submédianes
et 2 latérales, situées chacune au centre d’un petit massif portant 2 mamelons arrondis.
Trois petites dents pharyngiennes coniques (fig. 15, E, F). Queue dépourvue de pointe
terminale, ailes caudales larges. Papilles caudales fusionnées en une grosse papille double.
Mamelon prolongeant la lèvre inférieure du cloaque, très long, encadré sur presque toute
sa longueur par des ailes membraneuses (fig. 15, G, H). Spiculé long et mince (440 à 450 p)
(fig. 15, I).
Dimensions d’un mâle : longueur : 3,5 mm ; largeur maximum : 270 p ; anneau nerveux et
pore excréteur situés à 250 p et 1 450 p de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,1 mm ; queue :
120 p ; spiculé : 450 p.
h — Alaeuris kinsellai sonorae n. s. sp. (fig. 16)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 123 Q —- Sonora, Mexique.
Femelle : Les femelles de cette sous-espèce sont très proches de celles dL4. k. kinsellai ;
elles en diffèrent par un vestibule plus court et une vulve légèrement plus antérieure.
Dimensions d’une femelle : longueur : 4,1mm; largeur maximum : 300p; anneau nerveux,
pore excréteur et vulve situés à 30Ü p, 1,3 mm et 2,4 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage :
1,4 mm ; vestibule : 60 p ; queue : 380 p ; œufs : 180 p/60 p.
Fig. 16. — Alaeuris kinsellai sonorae n. s. sp.
A, femelle, vue latérale ; 11, femelle, vue apicale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue submédiane ; D, mâle,
vue latérale ; E, mâle, vue apicale ; F, mâle, extrémité antérieure, vue latérale ; G, mâle, extrémité
postérieure, vue ventrale ; H, mâle, extrémité postérieure, vue latérale.
A, D : éch. 500 y ; B, C, E, F : éch. 40 jx ; G, H : éch. 50 y..
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
761
G
Fig. 17. — Structures apicales de différentes espèces du genre Alaeuris.
A et B, espèces parasites d’Iguanidae : A, A. travassosi (Vigueras, 1938) (d’après Dosse, 1939)/, B, A. cau-
datus (Lent et Freitas, 1948) (d’après Petter, 1970) ; G, D, E, F, G, espèces parasites de Testudini-
dae (d’après Petter, 1966) : C, A. numidica numidica (Seurat, 1918) (a, femelle ; b, mâle) ; D, A. qua-
drilabiata quadrilabiata (Ortlepp, 1933) (a, femelle ; b, mâle) ; E, A. poweri (Ortlepp, 1933) (a, femelle;
b, mâle) ; F, A. dupuisi Petter, 1966 (a, femelle ; b, mâle) ; G, A. conspicua (Ortlepp, 1933) (a, femelle ;
b, mâle).
Toutes les espèces parasites de Testudinidae dont la structure apicale est connue sont représentées
sur cette figure.
762
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
Mâle : Les mâles diffèrent de ceux de la sous-espèce précédente par une structure api¬
cale légèrement différente : les papilles submédianes sont, chez cette sous-espèce, portées
par un simple mamelon arrondi (fig. 16, E, F). De plus, la queue est munie d’une pointe
terminale et le spiculé est légèrement plus court (fig. 16, G, II).
Dimensions d’un mâle : longueur : 2,7 mm ; largeur maximum : 200 p. ; anneau nerveux et
pore excréteur situés à 200 p. et 850 p, de l’extrémité antérieure ; œsophage : 800 p ; queue : 140 p
avec une pointe terminale de 60 p ; spiculé : 350 p.
Les deux sous-espèces se distinguent par leur structure apicale de tous les Alaeuris
de Tortues chez lesquels cette structure est connue (voir fig. 17).
Elles se distinguent des trois espèces des Galapagos par la longueur de leur spiculé.
Genre GOPHERURIS n. g.
Gopheruris aspicula n. sp.
(Fig. 18)
Matériel-type prélevé chez Gopherus sp. 123 Q — Sonora, Mexique.
Cette espèce a été trouvée uniquement chez le Gopherus sp. de Sonora, où elle est repré¬
sentée par des mâles et des femelles juvéniles.
Espèce à extrémité antérieure large, à œsophage long. En raison d’une mauvaise fixa¬
tion, les extrémités apicales sont difficiles à étudier.
Femelle : La femelle présente les mêmes caractères que celles des autres Pharyngodo-
nidae. Autant que nous avons pu en juger, la bouche est entourée par 3 lèvres transpa¬
rentes profondément échancrées ; les papilles submédianes sont petites et situées en péri¬
phérie par rapport aux amphides (fig. 18, B, C, D). La vulve est située un peu en dessous
du milieu du corps, le vestibule est court, la queue courte et pointue.
Dimensions d’une femelle (juvénile) : longueur : 3,2 mm ; largeur maximum : 250 p. ; anneau
nerveux, pore excréteur et vulve situés à 300 p, 1,1 mm et 2,05 mm de l’extrémité antérieure ;
œsophage : 1,2 mm ; queue : 350 p ; vestibule : 70 p.
iMâle : La bouche, triangulaire, est entourée par 6 lèvres transparentes (fig. 18, F).
L’extrémité caudale présente par rapport à celle des autres Pharyngodonidae des caractères
très particuliers qui justifient la création d’un genre nouveau. La queue ne paraît pas, comme
chez les autres Pharyngodonidae de Reptiles herbivores, insérée dorsalement sur le corps
par suite de l’allongement du mamelon qui prolonge la lèvre inférieure du cloaque. Ce
mamelon est très court et dirigé perpendiculairement à la surface du corps ; les branches
dorsales de la pièce chitinoïde qui le soutient sont réduites et peu chitinisées ; il existe
2 grosses paires de papilles autour du cloaque, l’ouverture cloacale est recouverte par une
membrane découpée en franges. Les ailes caudales, non soutenues par les papilles, sont
très longues et s’insèrent antérieurement loin en avant du cloaque. La queue se termine
au-delà de ces ailes par une courte pointe conique ; les phasmides sont bien visibles et les
Fig. 18. — Gopheruris aspicula n. g., n. sp.
A, femelle, vue latérale ; B, femelle, vue apicale superficielle ; C, femelle, vue apicale, coupe optique au
niveau de la cavité buccale ; D, femelle, extrémité antérieure, vue latérale ; E, mâle, vue latérale ;
F, mâle, vue apicale ; G, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ; H, mâle, extrémité postérieure,
vue latérale.
A, E : éch. 500 u. ; B, C, D, F : éch. 40 p ; G, H : éch. 50 p.
764
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
papilles caudales sil.uées à la hase de la pointe conique terminale sont séparées l’une de
l’autre. Il n’y a pas de spiculé (fig. 18, G, II).
Dimensions d'un mâle : longueur : 2,6 mm ; largeur maximum : 200 p. ; anneau nerveux et
pore excréteur situés à 150 p. et 1 mm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 1,05 mm ; queue :
150 p avec une pointe terminale de 20 p ; longueur des ailes caudales : 320 p ; largeur maximum
des ailes caudales : 60 p.
En raison des caractères de la queue du mâle, nous créons, pour cette espèce, le genre
nouveau Gopheruris dont la diagnose est la suivante :
Gopheruris n. g. : Pharyngodonidae. Vulve située dans la région moyenne du corps. Mamelon
qui prolonge la lèvre inférieure du cloaque court et dirigé perpendiculairement à la surface du
corps, soutenu par une pièce chitinoïde peu développée. Ailes caudales non soutenues par les
papilles, s’étendant loin en avant de l’ouverture cloacale. Deux paires de papilles autour du cloaque
et une paire postérieure sur la queue. Spiculé absent.
Parasite de Testudinidae nord-américaine.
Espèce-type et unique espèce : Gopheruris aspicula n. sp.
CONCLUSIONS
I. — Étude de l’équilibre des populations d’Oxyures des Testudinidae nord-
américaines ET COMPARAISON ENTRE LES FAUNES DES TROIS RÉGIONS.
La répartition des différentes espèces décrites ci-dessus chez les Gopherus des trois
régions étudiées peut se résumer dans le tableau I.
On trouve donc chez les Testudinidae nord-américaines quinze espèces ou sous-espèces
différentes d’Oxyures, dont onze se rencontrent chez un même individu hôte ; ces espèces
se trouvent réparties dans quatre genres : deux espèces de Tachijgonetria , deux espèces
de Thaparia, une espèce de Gopheruris et dix espèces ou sous-espèces d ’Alaeuris.
La population du côlon des Testudinidae nord-américaines présente donc les mêmes
caractères que celles des Tortues des autres régions : grand nombre d’espèces voisines et
inégalité d’abondance entre les espèces.
L’équilibre des espèces rappelle celui des Tortues paléarctiques par le faible nombre
de genres présents, mais c’est ici le genre Alaeuris qui, par le nombre d'espèces présentes,
joue le rôle du genre Tachygonetria chez les Tortues paléarctiques.
Les Tortues étudiées proviennent de trois régions qui correspondent à trois îlots sépa¬
rés de répartition des espèces de Gopherus (fig. 19).
U est un peu hasardeux de tirer de nos observations des conclusions sur la spécia¬
tion géographique, puisque nous n’avons étudié qu’un très petit nombre de Tortues dans
chaque région ; cependant, nous constatons que les populations de ces trois régions ne sont
pas identiques ; d’une part, il existe pour une même espèce, entre les représentants des
trois régions, des différences dans la longueur de certains organes : spiculé, vestibule, queue,
et il est intéressant de noter que ces variations de longueur se font dans le même sens pour
toutes les espèces, c’est-à-dire que, pour toutes les espèces, les queues sont plus longues
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
765
Tableau I. — Répartition des espèces chez les Gopherus des trois régions étudiées.
Espèces
Tachygonelria macrolaimus tetrapapillata ■ ( Ç
Tachygonetria dentata nearctica
Thaparia macrocephala -f- (Ç
Thaparia microcephala + (Ç
^ Alaeuris mazzottii + ( Ç
Alaeuris paramazzotlii
( Oxyuris sp.
^ Alaeuris gopheri gopheri -f- (Ç
Alaeuris gopheri. pudica
( Alaeuris gopheri macrolabiala
Alaeuris longicollis -f- ($
Alaeuris caballeroi -f- ( Ç
^ Alaeuris kinsellai kinsellai -f- (Ç
( Alaeuris kinsellai sonorae
Gopheruris aspicula
Désert de
Coahuila
Désert de
Sonora
F LO R]
: 32 %, <? : 5 %)
+
+
+
+
: 11 %, <? 16 %)
+
: 5,5 %, cJ : 26 %)
+
: 2 spécimens, <$ : 23 %)
+
+
: 40 %, <? : 21 %)
+
+
: 9 %, (? : 8 %)
+
+
+
: 2 %, (J : 2 spécimens)
+
: 0,5 %, $ : 1 %)
+
-t-
Les espèces ou sous-espèces vicariantes ont été réunies par une accolade.
Les proportions des différentes espèces ont été évaluées uniquement chez le Gopherus sp. de Coahuila,
pour lequel nous avons pu examiner tout le contenu du côlon : nous avons évalué séparément les propor¬
tions des mâles et des femelles.
chez les spécimens de Floride et de Sonora que chez ceux de Coahuila, et que, par contre,
les vestibules sont relativement plus courts pour toutes les espèces chez les femelles de
Sonora que chez celles de Coahuila ; nous avions observé un phénomène analogue entre
les populations des Testudo graeca graeca nord-africaines et des Testudo graeca zarudnyi
iraniennes ; d’autre part, plusieurs formes présentent entre les régions des différences qua¬
litatives marquées justifiant la création de sous-espèces ou d’espèces vicariantes. Il semble
donc s’être produit, depuis la fragmentation en îlots isolés de l’aire de répartition des Gophe¬
rus qui date du Pléistocène (voir fig. 19, Auffenberg, 1962), une spéciation géographique
nette.
11. — Comparaison avec les faunes des autres régions et considérations bio¬
géographiques.
Au point de vue biogéographique, nous retrouvons chez les Tortues nord-américaines
les quatre genres ou espèces qui sont présents sous des formes vicariantes chez les Tortues
de toutes les régions du monde où la faune est connue :
— le genre Atractis ;
766
ANNIE J. PETTER ET JOHN F. DOUGLASS
Fig. 19. — Répartition géographique des espèces de Gopherus (d’après Auffenberg, \V.).
1 : G. agassizii ; 2 : G. flavomarginatus ; 3 : G. berlandieri ; 4 : G. polyphemus.
Petites formes : zones en pointillés : répartition actuelle des Gopherus ; trait plein : limites hypothétiques
d’expansion au Pléistocène ; cercles : gisements pléistocènes les plus septentrionaux connus. Grandes
formes : traits hachurés : limites hypothétiques d’expansion au Pléistocène ; triangle noir : Pléistocène
inférieur ; triangle blanc : Pléistocène supérieur.
Les limites nord des aires d’expansion des grandes et petites espèces de Gopherus ont été proba¬
blement repoussées plusieurs fois vers le sud pendant le Pléistocène. La période de glaciation la plus
intense (probablement au Wisconsin) a apparemment causé d’une part l’extinction des grandes formes,
d’autre part la fragmentation en îlots de l’aire de répartition des petites formes. La répartition actuelle
est représentée d’une manière schématique et les références douteuses ont été supprimées.
— le genre Thaparia qui a subi chez les Gopherus une spéciation cladique et donné
naissance à deux espèces voisines ;
— l’espèce Tachygonetria dentata ; l’absence de cette espèce chez la Tortue de Coa-
huila s’explique par l’antagonisme sélectif qu’elle présente avec les Atractides (voir Pet-
ter, 1966) ; chez la tortue de Sonora, elle est présente presque uniquement dans la région
postérieure du côlon, où les Atractides sont absents ;
— l’espèce T achy gonetria macrolaimus.
En dehors de ces quatre formes, les tortues nord-américaines ne possèdent pas d’autres
espèces vicariantes, soit d’espèces paléarctiques, soit d’espèces malgaches, soit d’espèces
sud-africaines.
La connaissance de la faune des Tortues nord-américaines nous permet de compléter
les conclusions que nous avons données en 1966 sur la constitution des faunes de Testudini-
dae :
Se retrouvant dans toutes les régions du monde, les quatre formes citées ci-dessus
devaient être présentes chez les ancêtres des Testudinidae actuelles, avant l’isolement des
continents. Les deux espèces de Tachygonetria ont très peu évolué depuis et se retrouvent
à peu près identiques dans toutes les régions ; par contre, les Atractis et surtout les Tha¬
paria ont évolué différemment dans chaque zone géographique et donné naissance à des
espèces distinctes.
OXYURES DU CÔLON DES GOPHERUS
767
La population des Testudinidae ancestrales devait comporter à côté de ces quatre
formes au moins lin Alaeuris, puisque ce genre est représenté dans toutes les régions du
monde. L’origine des espèces des genres Thelandros, Ortleppnema et Gopheruris, qui ne sont
présents que dans certaines régions, est discutable ; on peut admettre que les espèces du
genre Thelandros, qui se rencontrent à Madagascar et en Afrique du Sud, sont le résultat
de captures à partir des Thelandros de Reptiles carnivores. L’origine d’ Ortleppnema et
de Gopheruris, qui, à notre connaissance, se rencontrent uniquement chez les Testudinidae
et sont représentés dans une seule région, peut s’expliquer de plusieurs manières : les deux
genres présentent d’étroites affinités avec Alaeuris et sont peut-être le résultat dans chaque
région d’une extrême spéciation de ce genre ; cependant, ils présentent, par rapport à Alaeu¬
ris, des caractères généralement considérés comme primitifs et, dans ce cas, seraient plutôt
des reliques de genres ayant existé chez les Tortues ancestrales et ayant disparu dans toutes
les régions à l’exception d’une seule.
Après l’isolement des régions, l’ensemble de la population dans chaque zone géogra¬
phique s’est constituée par des phénomènes de spéciation cladique ; celle-ci apparaît avec
évidence dans plusieurs cas où les espèces sont encore très voisines, par exemple pour plu¬
sieurs espèces de T achy gonetria paléarctiques, ou en Amérique du Nord pour les deux espèces
de Thaparia et les deux espèces Alaeuris caballeroi et Alaeuris longicollis ; certaines espèces
sont même actuellement en cours de spéciation et se fragmentent en sous-espèces [T achy -
gonetria longicollis et T. conica dans la région parléarctique, Thelandros oesterae en Afrique
du Sud et Alaeuris gopheri en Amérique du Nord).
La spéciation a porté principalement sur le genre T achy gonetria dans la région paléarc-
tique et sur le genre Alaeuris dans la région néarctique.
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Manuscrit déposé le 12 septembre 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 389, juillet-août 1976,
Zoologie 271 : 731-768.
Achevé d’imprimer le 30 décembre 1976.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
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