BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
279
N* 402 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Düpérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. H allé.
Le Bulletin du Muséum, national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.G.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1976
Abonnembnt général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F.
Sciences physico-chimiqubs : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) l 0027-4070,
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 402, septembre-octobre 1976, Zoologie 279
Éponges calcaires du nord-nord-est du Brésil
par Radovan Borojevic et Solange Peixiniio *
Résumé. — Les éponges calcaires de la côte brésilienne sont encore mal connues. Le matériel
étudié ici provient de la zone nord-nord-est et a permis de déterminer vingt-trois espèces dont
quatre sont nouvelles pour la Science et onze n’avaient pas encore été signalées sur les côtes du
Brésil. L’abondance du matériel a permis d’améliorer notre connaissance des Clathrinidae, en par¬
ticulier par une nouvelle définition du genre Guancha.
Abstract. — The authors describe a collection of Calcareous Sponges from North-North-
East of Brazil. 23 species are described, 4 of which are new and 11 described for the iirst time
in Brazil. A new définition of the genus Guancha is given and a révision of the family Clathri¬
nidae is done.
Introduction
Les éponges calcaires des côtes du Brésil ont été peu étudiées. La connaissance de la
faune des Calcisponges brésiliennes est basée sur les espèces récoltées par le HMS « Alert »
(Ridley, 1881) et par le « Challenger » (Poléjaeff, 1883). D’autre part des renseignements
plus épars sont fournis par IIaeckel (1872), Carter (1890) qui donne une liste d’espèces
de l’archipel Fernando de Noronha, Tanita (1942) et Borojevic (1971).
L’ensemble de ces données permet d’estimer à quinze le nombre d’espèces d’éponges
calcaires signalées jusqu’à ce jour sur les côtes du Brésil.
Le matériel que nous avons étudié provient de plusieurs récoltes effectuées sur les
côtes nord-nord-est du Brésil :
— campagnes d’étude de la plate-forme brésilienne, organisées par le laboratoire des
Sciences de la Mer (Lacimar) de l’Université fédérale de Pernambuco (Dr M. Kempf),
avec la collaboration de l’Institut de Recherches de la Marine de Rio de Janeiro (IPqM),
de la SUDENE et DHN ;
— campagne du Navire Océanographique « Calypso », effectuée en 1961-1962 (Dr J. Fo-
rest) ;
-— récoltes de la faune côtière par R. Borojevic et L. Braga.
Ces différentes récoltes nous ont fourni un matériel abondant et permis de déterminer
vingt-trois espèces. Quatre sont nouvelles pour la Science et onze n’avaient pas été signalées
sur les côtes du Brésil.
* R. Borojevic, Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et Malacologie, 57, rue Cuvier, 75005-
Raris, France.
S. Peixinho, Instituto de Biologia, Universidade fédéral da Bahia, Pça. Barào de Geremoabo, S/N-
Ondina 40 000 Salvador, Brésil.
402, 1
988
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Liste des espèces citées
Clathrina primordialis (Haeckel, 1872)
Clathrina réticulum (Schmidt, 1862)
Clathrina atlantica (Thacker, 1908)
Clathrina ascandroides Borojevic. 1971
Guancha tetela sp. n. MNHN, LBIM. C. 1975. 1
Ascaltis poterium (Haeckel, 1872)
Leucascus simplex Dendy, 1892
Leucaltis clathria Haeckel, 1872
Leucetta microraphis Haeckel, 1872
Leucosolenia arachnoïdes (Haeckel, 1872)
Sycoti vigilans Sara et Gaino, 1971
Sycon [ruslulosum sp. n. MNHN. LBIM. C. 1975. 2
Grantessa flamma (Poléjaefï, 1883)
Grantessa ani'inclina sp. n. MNHM. LBIM. C. 1975. 3
Vosmaeropsis sericatum (Bidley, 1881)
Grantia atlantica Bidley, 1881
Grantia hempfi sp. n. MNHN. LBIM. C. 1975. 4
Leuconia armata Urban, 1908
Leuconia harbata (Duchassaing et Michelntti, 1864)
Leuconia, crosslandi Thacker, 1908
Leuconia hentschelii Brondsted, 1931
Leuconia continus Haeckel, 1872
Leucilla australiensis Carter, 1886
Liste des stations
Les informations concernant les stations proviennent des publications de Coutinho et Kempf
(1972), Kempf (1970, 1972 et 19726), Kempf, Coutinho et Morais (1970), Kempf, Mabesoone
et Tinoco (1970), Fohest (1966) et de communications personnelles du Dr Kempf.
Station
« Calypso
Date
» (CAL)
Latitude
J-iONGITUDE
(W)
Profondeur
(m)
Fond
2
16.XI.61
07°29' S
34°29'
42
Algues vertes
7
17.XI.61
03°50' S
33<»54'
54-47
Roches algues calcaires et
autres algues
17
18.XI.61
30°48,6' S
32°24,8'
52
Sable
23
21.XI.61
08°19' S
34°39'
75
Algues calcaires et coraux
79
28.X 1.61
18°09' S
38°20'
33
Algues calcaires
81
«Canopus
28.XT.61
» (CAN)
18°06' S
38<>42'
37
Algues calcaires
1
26.V.65
02°20' S
41°20'
60-65
Algues calcaires
5
29.VI.65
02°04' S
40° 13'
65
Transition d’algues cal¬
caires à sédiments bio¬
gènes
7
30.VI.65
02°10' S
39o50'
65
Algues calcaires, bryozoaires
et sédiments
23
08. VII 1.65
02°15'S
38ol5'
69-72
Transition d’algues calcai¬
res à sédiments biogènes
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
989
Station
Date
Latitude
Longitude
Profondeur
Fond
30
ll.VIir.65
02°49' S
(W)
38°15'
(m)
72
Transition d’algues calcai¬
32
11.YIII.65
02°52'5 S
38°49'
72
res à sédiments biogènes
Transition d’algues calcai¬
41
25.VIII.65
04°27' S
37°04'
58
res à sédiments biogènes
Algues calcaires
57
25.VII1.65
03°12' S
38°30'
72
Transition d’algues calcai¬
64
26.VII1.65
02°52' S
39°04'
58
res et bryozoaires à sédi¬
ments biogènes
Algues calcaires
69
26.VIII.65
02°22' S
39°36'
62
Algues calcaires
82
18.Xri.65
08°01' S
34031'
72
Algues calcaires
87
20.1X.65
07°08' S
34°26'
62
Algues calcaires
95
13.1.66
05°45'5 S
34°58'5
45
Algues calcaires
98
13.T.66
05°15' S
34059'
69
Algues calcaires
110
15. T.66
04°40' S
36°34'
63
Algues calcaires
128
17.lir.66
09°41' S
35°18'
42
Algues calcaires
Akaroa
2
» (AKA)
10.IX.65
08°56'2 S
35°02'7
32
Algues calcaires
3
10.IX.65
08°56'2 S
34°57'7
36
Hcilimeda
5a
10.IX.65
09°01 '0 S
34051 '2
54
Halimeda
7
10.1X.65
09°01 '5 S
35°01'3
36
Hcilimeda
8
10.IX.65
09°01'7 S
35°06'5
36
Halimeda
15
09.IX.65
09°11'1 S
34°57'0
52
Algues calcaires
27
09.TX.65
09°20'6 S
35°10'7
36
Halimeda
31
08.1X.65
09°24'2 S
35°18'2
27
Algues calcaires
36
08.1X.65
09°27'8 S
35°12'7
35
Algues calcaires
38
08.1X.65
09°27'8 S
35°12'7
27
Algues calcaires
53
07.1X.65
09°41'4 S
35°28'2
36
Algues calcaires
54
07.rx.65
09°41'4 S
35°23'2
41
Algues calcaires
59
07.rx.65
09°46'2 S
35°34'7
31
Algues calcaires
67
06.rx.65
09°53'3 S
35°41'3
34
Algues calcaires
85
04.rx.65
10°12'6 S
36°00'5
21
Algues calcaires
95
03.1X.65
10°26'3 S
36°03'3
40
Algues calcaires
97
03.TX.65
10°24'5 S
36°13'2
21
(?) Transition de littoral
100
02.1X.65
10°28'9 S
36° 15'5
25
aux algues calcaires
102
02.rx.65
10°30'2 S
36°05'5
90
Transition d’algues calcai¬
102b
02.1X.65
100.30'2 S
36°05'5
90
res à sédiments biogènes
Transition d’algues calcai¬
117
10.V111.65
10°42'7 S
36°31'7
27
res à sédiments biogènes
Algues calcaires
184
04.X11.65
10°42' S
36°22'5
75
Transition d’algues calcai¬
Recife
3
» (REC)
Il.66-V.67
08°09'3 S
34°49'3
22
res à sédiments biogènes
Algues calcaires
4
08°09'9 S
34°45'8
27
Algues calcaires
83
08°11 ' S
34°50'8
20
Algues calcaires
91
08°06'4 S
34°49'4
19,5
Transition de littoral aux
92
08°07'3 S
34°48'1
21,5
algues calcaires
Algues calcaires
98
08°16'7 S
34o54'l
14,5
Littoral
402, 2
990
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Station
Date
Latitude
Longitude
(W)
P HO FO N D E U R
(m)
Fond
100
08°17'4 S
340.52'2
22,5
Transition de littoral aux
algues calcaires
111
08°16'2 S
340517
25,5
H alimeda
112
08°16' S
340517
25,5
Halimeda
113
08°14'1 S
34°51'5
24,5
Algues calcaires
121
08°10'4 S
34°45'5
29,5
Algues calcaires
122
08O11' S
34°45'3
30,5
Algues calcaires
140
08°19'9 S
34°53'5
19
Transition de littoral aux
algues calcaires
141
08°19'4 S
34°51'6
26,5
Algues calcaires
150
—•
08°01'5 S
34°39'3
38
Algues calcaires
153
« Saldanha » (SAL)
08° 16'1 s
34°19'9
35,5
Algues calcaires
N-NE I
1656
08.X.67
05°41'5 S
35°05'6
23
Algues calcaires
1667a
10.X.67
03°50'7 S
32°28'1
65
Algues calcaires
1667b
10.X.67
03°50'8 S
32°27'5
55
Algues calcaires
1677
17.X.67
04O41' S
35°24'5
65
Biogène
1682
17.X.67
03°28' S
35°06'5
61
Algues calcaires
1687
18.X.67
04O44' S
36°03'
73
Biogène
1721a
29.X.67
02°20' S
40°47'
35
Algues calcaires
1767
13.XI.67
01°32'5 N
47°24'5
63
Transition d’algues calcai¬
res à sédiments biogènes
1767a
13.XI.67
01°57'5 N
47°13'5
93
Transition d’algues calcai¬
res à sédiments biogènes
1773 14.XI.67
« Saldanha »
02°40'5 N
48°03'
103
Littoral
N-NE II
1832
10.IV.68
06°47' S
34°36'
72
Transition d’algues calcai¬
res à sédiments biogènes
1875
23.IV.68
00°56' S
43041/5
49
Algues calcaires
1912 06.V.68
« Saldanha »
03°49' N
49°40'
106
Transition de littoral à sédi¬
ments biogènes
E I
1944
07.IX.68
20°37' S
34042'
80-131
Algues calcaires
1944a
08.IX.68
20°25' S
35O00'
65
Algues calcaires
1946
08.IX.68
20°32' S
35°46'
70
Algues calcaires
1948
09.IX.68
20°38'5 S
37°28'
70
Algues calcaires
1948b
09.IX.68
20°40' S
37°48'
65
Algues calcaires
1966
17.IX.68
17°55' S
37°30'
47
Algues calcaires
1967
18.IX.68
16°02' S
38°28'5
47
Algues calcaires
1981
23.IX.68
13°48'5 S
38°48'5
49
Algues calcaires
1987a
01.X.68
17042' S
37O30'
50
Algues calcaires
EPONGES CALCAIRES DU BRESIL
991
Station
Date
Latitude
Longitude:
Profondeur
Los IJ
(W)
(m)
« Saldanha »
Pêche N
2014
29.X 1.68
? N
103
Transition de littoral à sédi¬
ments biogènes
2018
07. XI 1.68
03016' N
49°15'5
73
Transition de littoral à sédi¬
ments biogènes
« Pernambuco » (PE)
16
11.11.69
08°20' S
34039'
7374
Algues calcaires
22
04.11.69
08°00' S
34046'
20-24
Algues calcaires
23
05.11.69
08°00' S
34o39'7
33
Algues calcaires
24
07.11.69
08°00' S
34°32'3
70-80
Algues calcaires
26
27.H.69
07°50' S
34°44'5
19-20
Transition de sable à algues
calcaires
29
25.11.69
07°45' S
34°46'8
14-15
Sable
29c
25.11.69
07°42' S
34°46'5
14-15
Sable
30
26. T 1.69
07°45' S
34°43'5
19-20
Transition de sable à algues
calcaires
31
07.111.69
07°44'3 S
34°37'3
33
Algues calcaires
34
04.Iir.69
07°40'2 S
34°43'2
19-20
Transition de sable à algues
calcaires
36
14.n.69
07°40' S
340287
60-88
Algues calcaires
« Itamaracâ » ( 1TA)
92
20.11.69
07°36' S
34o52'
0,1-0,6
« Récif »
« Saldanha »
Geomar I
(GM)
29
06.Vr.69
00038' N
45°52'5
75
Algues calcaires
44
08.VI.69
01°50' N
47°28'5
77
Sable et bryozoaires
« Paraiba
» (PB)
9
14.VriI.69
06°56'34 S
33°49'07
11
Sable avec quartz et algues
calcaires
22
24. VI 1.69
07°29'0 S
34°45'0
12
Sable avec quartz et algues
calcaires
23
29.rX.69
07°33'0 S
34°41'0
20
Algues calcaires
28
06.X.69
07°30'0 S
34°45'0
10
Sable avec quartz
28f
29.X.69
07045' S
34°33'
40
Algues calcaires
Autres prélèvements
Recife (Piedade) —- Récif, blocs dans la zone post-récifale submergée.
Cabo Frio (Arraial do Cabo) — Digue du port.
Rio de Janeiro (Urca) — Substrat rocheux, intertidal.
992
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
CALCINE A Bidder, 1898
Clathrinidae Minchin, 1900
Genre CLATHRINA Gray, 1807
Clathrina primordialis (Haeckel, 1872)
(Fig. 1)
Ascetta primordialis Haeckel, 1872 : 16, pl. 1 et 2 ; pl. 5, fig. 1.
Leucosolenia primordialis : Dendy & Row, 1913 : 726 ; Tanita, 1943 : 376.
Clathrina primordialis : Jenkin, 1908 : 436 ; Borojevic, 1971 : 527, fig. 1.
Localités : AKA 3, plage de Piedade, PE 31, SAL 1948 et Cabo Frio (Arraial do Cabo).
Sept exemplaires aux connus constitués de tubes individualisés, ramifiés et irrégu¬
lièrement anastomosés de 5 à 13 mm de hauteur et 2 à 7 mm de diamètre. Le diamètre
du tube varie entre 3 et 6 mm.
Le squelette est constitué d’une couche de triactines réguliers. C’est le plus souvent
un réseau à mailles quadrangulaires ou hexagonales.
Fig. 1. — Clathrina primordialis (Haeckel) : triactines.
Spiculés : Triactines réguliers ou rarement subréguliers ; les aetines coniques ont
des extrémités pointues : 40 p.-100 p. de longueur, 5 p-10 p. de diamètre à la base.
Distribution géographique : cosmopolite (?). Brésil : Rio de Janeiro (Haeckel,
1872) et Ubatuba (Borojevic, 1971).
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
993
La systématique des Clathrina à un seul type de spiculés est difficile et confuse. Il est
de coutume, depuis le travail de Topsent (1936), de classer tous les spécimens à triactines
réguliers dans l’espèce C. coriacea Montagu. Les spécimens de la région tropicale et sub¬
tropicale sont pourtant nettement différents de C. coriacea de la Manche, « locus typicus »
de cette espèce. Nous préférons les attribuer à C. primordialis, que nous distinguons de
C. coriacea, selon Haeckel (1872), d’après la forme conique et pointue de leurs actines.
Clathrina réticulum (Schmidt, 1862)
(Fig. 2)
Ascandra réticulum : Haeckel, 1872 : 87, pl. 14, fig. 4 ; pl. 20.
Leucosolenia réticulum : Dendy & Row, 1913 : 723 ; Topsent, 1936 : 22, fig. 10 et 11.
Clathrina. réticulum : Minchin, 1896 : 359 ; Borojevic, 1967a : 189, fig. 2.
Fig. 2. — Clathrina réticulum (Schmidt) : A, diactines ; B, petits triactines; C, tétractines.
994
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Localités : REC 4, REC 153, GM 29 et SAL 1944a.
Quatre exemplaires de forme subsphérique, compacts, formés de tubes régulièrement
anastomosés. Les exemplaires de Recife (REC 4 et REC 153) sont incomplets. Les autres
ont 6 à 9 mm de hauteur et 2 à 5 mm de diamètre. La surface externe est rendue hispide
par la présence de grands spiculés diactines, plantés perpendiculairement dans les parois
des tubes externes.
Le squelette est composé de triactines et de tétractines de taille égale et de diactines
remarquablement longs.
Spiculés
Diactines rectilignes ou courbés, avec la pointe distale généralement en fer de lance :
200 p-1 400 p de longueur et 15 p-30 p de diamètre.
Les triactines réguliers ou subréguliers sont les spiculés les plus abondants. Les actines
légèrement coniques ont des extrémités pointues : 80 p-200 p/8 p-20 p à la base.
Tétractines réguliers ou subréguliers, semblables aux triactines, avec l’actine apicale
généralement plus courte que les actines basales : 80 p-200 p/8 p-20 p à la base.
Distribution géographique : Méditerranée, Arctique, Atlantique nord, Japon et
Afrique du Sud.
En Méditerranée et en Afrique du Sud cette espèce caractérise les fonds durs, semi-
ombragés de faible profondeur. Dans la présente collection C. réticulum a toujours été
récoltée sur les fonds de faible profondeur, sur les algues calcaires, dans des conditions
qui correspondent également à celles de semi-cryptobiontes.
Clathrina atlantica (Thacker, 1908)
(Fig. 3)
Leucosolenia atlantica Thacker, 1908 : 760, pl. XL, fig. 2 et fig. 156 ; Tanita, 1943 : 380, fig. 4,
pl. XII, fig. 16.
Localités : CAN 7, CAN 95, SAL 1682 et SAL 1946.
Cinq exemplaires en forme de masses irrégulières, constitués de tubes aplatis, irrégu¬
lièrement anastomosés, de 8 à 15 mm de hauteur et 5 à 10 mm de diamètre. La surface
externe est légèrement hispide.
Le squelette est composé de triactines, de tétractines de deux tailles et de rares diac¬
tines. Les actines apicales des tétractines se trouvent libres dans le choanocoele.
Spiculés
Petits tétractines à actines basales semblables aux triactines à actine apicale de
10 p-30 p de longueur.
Grands tétractines à actines basales de 300 p-500 p/30 p-45 p ; actine apicale, de même
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
995
A, petits tétractines ; B, grands tétractines ; G, triactines ; D, diactines.
diamètre que les actines basales, effilée dans la partie distale ou fine depuis la base, recti¬
ligne ou légèrement courbée : 20 p-140 p de longueur.
Triactines réguliers ou subréguliers à actines légèrement coniques avec des extrémités
pointues : 80 p-300 p/8 p-25 p.
Diactines légèrement courbés à extrémités pointues : 100 p-500 p/10 p-50 p. Ces spi¬
culés sont rares ou parfois absents comme dans les exemplaires de Rio Grande do Norte
(SAL 1682). Dans ces cas, la structure du cormus permet de distinguer cette espèce de
C. ciscandroides Borojevic.
Distribution géographique : îles du Cap Vert, Japon.
Clathrina ascandroides Borojevic, 1971
(Fig. 4)
Clathrina ascandroides Borojevic, 1971 : 527, fîg. 6 et 7.
Localité : GM 29.
La collection contient un exemplaire qui correspond bien à la forme typique de
l’espèce. Le cormus de 30 mm de hauteur et de 10 mm de diamètre est constitué de tubes
individualisés, anastomosés à la base et libres dans leur partie supérieure.
996
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Fio. 4. — Clathrina ascandroides Borojevic :
A, petits tétractines ; B, grands tétractines ; C, triactines.
Le squelette est formé d’une couche de triactines et de tétractines, disposés sans ordre
apparent. Les actines apicales des tétractines sont libres dans le choanocoele et la surface
du choanoderme est lisse, sans plis internes
Spiculés
Petits tétractines réguliers, semblables aux triactines : 80 p-270 pt/10 p-20 p ; l’actine
apicale peut atteindre 45 p.
Grands tétractines réguliers : 270 p-400 p/20 p-45 p. L’actine apicale mesure jus¬
qu’à 160 p de long. L’actine apicale des deux types de tétractines est rectiligne, ou légè¬
rement courbée dans sa partie distale ; elle est plus courte et plus fine que les actines du
système basal.
Triactines réguliers à actines légèrement coniques avec les extrémités pointues : 30 p-
200 p/10 p-20 p.
Distribution géographique : Brésil.
Genre GUANCHA Miklucho Maclay, emend.
La famille des Clathrinidae comprend toutes les Calcinea homocoeles. A l’opposé des
genres Dendya et Ascandra, qui sont bien caractérisés, le genre Clathrina est défini presque
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
997
uniquement par des caractères négatifs et groupe des formes très variées. Nous nous sommes
attachés à distinguer, parmi les éponges du genre Clathrina sensu largo, des groupes homo¬
gènes d’espèces, qui, par la tendance à développer plus particulièrement une série de carac¬
tères morphologiques, finissent par former un nouveau modèle d’organisation morpholo¬
gique ( Ascandra , Borojevic, 1966 ; Ascaltis, Borojevic, 1968).
Les Clathrina typiques sont les éponges les plus simples : elles se présentent sous
forme d’amas de tubes anastomosés sans former des cormus définis comme C. clathrus,
et C. coriacea. Mais très souvent le cormus devient compact, de forme et de symétrie cons¬
tante, et une spécialisation des différentes parties du cormus se dessine de plus en plus
nettement. La spécialisation du squelette des tubes externes, observée déjà chez Clathrina
cerebrum , marque le point de départ de la lignée évolutive Ascaltis-Leucaseus (cf. Boro-
je vie, 1966) et l’importance du tube central chez Clathrina réticulum est l’ébauche de
l’organisation du type Dendya.
Un autre groupe de Clathrina sensu largo est caractérisé par la formation d’un pédon¬
cule constitué de tubes coalescents et par la tendance des spiculés pseudosagittaux à s’orien¬
ter parallèlement dans la paroi du tube, avec l’actine impaire basipète. La présence d’un
corps clathroïde à organisation et à squelette typique, et la présence de spiculés réguliers,
permettaient de les maintenir dans le genre Clathrina. Dans ce travail nous décrivons
Guancha tetela qui, tout en appartenant au groupe de Clathrina blanca, C. lacunosa, C. pul-
cherrima, ne possède plus de triactines réguliers ni de corps clathroïde à tubes irrégulière¬
ment anastomosés, et ne peut plus être considérée comme une Clathrina. De même que
la découverte A’Ascandra minchini nous a permis d’isoler des Clathrina le genre Ascandra
(Borojevic, 1966), la découverte de G. tetela nous a permis de séparer le genre Guancha ;
et de même qu Ascandra falcata est à peine dilférente des Clathrina typiques, mais montre
déjà les caractères morphologiques qui marquent le départ de la lignée Ascandra, Guancha
blanca est fort semblable aux Clathrina typiques, mais possède déjà des caractères qui,
développés complètement, donneront les éponges spécialisées comme G. lacunosa et G. tetela.
Nous définissons le genre Guancha comme suit :
Clathrinidae à cormus constitué d’un pédoncule et d’un corps clathroïde. Spiculés réguliers
et parasagittaux, ou uniquement parasagittaux, orientés parallèlement dans les parois des tubes,
au moins dans la partie basale de l’éponge, avec l’actine impaire basipète.
Espèce-type : Guancha blanca Miklucho-Maclay, 1868.
Le nom générique Guancha a été proposé par Mikluciio-Maclay pour G. blanca
sans définition, car l’auteur considérait qu’à l’époque les caractères qui devaient être uti¬
lisés dans la systématique des éponges n’étaient pas suffisamment précis. G. blanca étant
considérée depuis comme Clathrina, ce nom n’a plus été utilisé. Nous le reprenons, en lui
donnant une nouvelle définition ; et bien que G. blanca soit, par les lois de priorité, l’espèce-
type, nous soulignons que c’est la plus simple des Guancha et que G. lacunosa, G. pulcher-
rima et G. tetela ont les caractéristiques typiques du genre Guancha.
Parmi les Guancha nous distinguons :
— Guancha blanca Miklucho-Maclay, 1868, sensu stricto : Nous avons déjà indiqué
(Borojevic, 1971) que la séparation des spécimens de G. blanca à tubes régulièrement
anastomosés de ceux à tubes ramifiés, mais peu anastomosés, proposée par Burton (1930),
402, 3
998
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXHINO
nous paraissait peu acceptable : la cormogenèse de G. blatica a été étudiée en détail par
Hadzi (1917) ; et avec Topsent (1936), nous considérons ces formes comme des types de
croissance de la même espèce. Nous séparerons pourtant les éponges typiques de l’Atlan¬
tique et de la Méditerranée de celles des régions indo-pacifiques. Les premières sont carac¬
térisées par leur petite taille, leur squelette monostratifié et leur pédoncule creux, constitué
de tubes en partie coalescents, mais avec le choanoderme normal. Les spiculés pseudo¬
sagittaux se trouvent dans la partie basale de l’éponge et ne prennent jamais la forme de
tripodes.
— Guancha macleayi von Lendenfeld, 1884 : Décrite par von Lendenfeld (1884)
et reprise par Burton (1930), cette Guancha regroupe des éponges décrites souvent sous
le nom de C. blanca dans les régions indo-pacifiques. Elle est caractérisée par un corps
clathroïde monté sur un haut pédoncule solide, où les tubes individuels ne peuvent plus
être reconnus, et d’où le choanoderme reste toujours absent. L. stipitata Dendy, 1891,
est synonyme de G. macleayi. Dendy (1891) l’a séparé de l’espèce décrite par von Lenden¬
feld (1884) car il n’y trouvait pas de « pseudogaster » ni de « pseudoscule » décrits chez
G. macleayi. Comme Burton (1930), nous ne tiendrons pas compte de cette constatation,
car il nous est difficile d’admettre l’existence de « pseudogaster » et de « pseudoscule » chez
une éponge qui ne développe pas de cortex commun à tout le cormus.
— Guancha pulcherrima Dendy, 1891 : Comme l’indique Dendy (1891) cette espèce
est semblable à G. macleayi : elle s’en distingue par un pédoncule plus court et en général
aplati, par la présence de tripodes à la surface et par ses couleurs vives. 11 est possible que
C. challengeri soit synonyme de G. pulcherrima, mais un examen des spécimens-types est
nécessaire avant de l’affirmer avec certitude.
— Guancha lacunosa Johnston, 1842 : Caractérisée par la présence de diactines dans
le pédoncule, par des triactines pseudosagittaux à actines paires typiquement recourbées,
par un très long pédoncule solide et par un corps clathroïde sphérique, c’est une des Guancha
les mieux définies et les mieux connues.
— Guancha tetela sp. n. est avec G. lacunosa la plus évoluée du genre.
Il est possible que C. gracilis Haeckel et C. sagittaria Arndt appartiennent au genre
Guancha, mais un examen de nouveiux spécimens est nécessaire pour confirmer cette
hypothèse.
Guancha tetela sp. n.
(Fig. 5)
Localité-type : sud de la côte de Bahia (17°55' S/37°30' W, SAL 1966).
Profondeur : 47 m.
Type du fond : algues calcaires.
Spécimen-type déposé au Muséum national d’Histoire naturebe de Paris, LBIM-C-
1975-1, et au Muséum national de Bio de Janeiro.
La collection ne contient qu’un seul exemplaire de 6 mm de hauteur et 3 mm de dia¬
mètre, de surface lisse et brillante. Le spécimen a la forme d’un vase, avec les parties basale
et apicale fines et la partie centrale ovoïde. Les tubes sont coalescents dans la partie basale,
formant un pédoncule solide et court de 10 mm de hauteur. Au-dessous du pédoncule les
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
999
tubes se séparent, mais restent parallèles, sans se ramifier, ni former de réticulum. Ils se
réunissent dans la partie apicale pour former un osculc unique, simple sans couronne. Le
diamètre des tubes ne dépasse pas 0,3 mm.
Le squelette est constitué de plusieurs couches de triactines parasagittaux, disposés
parallèlement, avec des actines paires orientées vers l’oscule et les actines impaires orientées
vers le pédoncule. Les actines paires se croisent avec les actines impaires à angle droit,
ce qui donne au squelette l’aspect d’un tissu à mailles fines et rectangulaires.
Fig. 5. — Guancha tetela sp. n. : A, triactines parasagittaux ; B, spécimen-type.
Spiculés
Triactines parasagittaux à actines impaires approximativement cinq fois plus longues
que les actines paires. Les actines impaires présentent une constriction dans la partie proxi¬
male ; elles sont cylindriques ou, plus souvent, bombées dans la partie centrale, puis effilées
dans la partie distale. Cet effilement est plus prononcé dans les spiculés du pédoncule. Les
actines paires sont coniques, légèrement incurvées et avec des extrémités obtuses. L’angle
impair est très ouvert, proche de 180°. Actines paires : 30 p.-60 p. ; actines impaires : 150 p.-
400 [x ; centre : 7 p.-10 p..
Par la forme des triactines parasagittaux, par la présence d’un pédoncule solide et
par la forme de son connus, cette espèce serait proche de G. lacunosa Johnston et G. pul-
cherrirna Dendy. G. lacunosa possède, en plus des triactines parasagittaux, des diactines
et des triactines subréguliers, absents chez G. tetela. G. pulcherrima possède surtout des
triactines réguliers et subréguliers, les triactines parasagittaux étant limités à la surface
externe et au pédoncule.
1000
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Leucascidae Dendy, 1913
Genre ASCALTIS Haeckel, 1872
Ascaltis poterium (Haeckel, 1872)
(Fig. 6)
Ascetta primordialis var. poterium Haeckel, 1872 : 16, pl. 1 et 2 ; pl. 5, fxg. I .
Clathrina poterium : Ridley, 1881 : 133.
Localité : plage de Piedade (Recife-Pernambuco).
Un exemplaire de forme compacte, sans oscule apparent.
L’organisation est asconoïde ; l’éponge est recouverte par un cortex continu. Les ostioles
circulaires, disposés régulièrement, s’ouvrent sur les cavités inhalantes.
Le squelette du cortex est composé de grands et de petits triactines disposés tangen-
tiellement. Le choanosquelette est composé uniquement de petits triactines.
Fig. 6. — Ascaltis poterium (Haeckel) : A, triactines du cortex ; B, triactines du clioanosome.
Spiculés
Triactines du cortex réguliers, à actines coniques et pointues : 40 p-100 p/8 p-12 p
et 80 p-200 p/10 p-30 p.
Triactines du choanosome réguliers ou subréguliers à actines coniques et pointues :
40 p-100 p/8 p-12 p.
EPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1001
Distribution géographique : côte du Chili, Australie.
Cette espèce a été décrite par Haeckel (1872) comme variété d’Ascetta primordialis
et élevée au niveau d’espèce par Ridley (1881). Poléjaeff (1883) a déjà souligné la pré¬
sence constante, chez cette espèce, du cortex (forme auloplegma) percé d’ostioles et soutenu
par un squelette spécial. Nous avons groupé (Borojevic, 1968) les Calcinea asconoïdes
à cortex bien défini dans le genre Ascaltis de la famille Leucascidae. A poterium est ainsi
une Ascaltis typique proche sans doute de A. osculum Carter et A. proxima Dendy.
Genre LEUCASCUS Dendy, 1892
Leucascus simplex Dendy, 1892
(Fig- 7)
Leucascus simplex Dendy, 1892 : 77 ; Dendy, 1913 : 9 ; Dendy & Row, 1913 : 731 ; Row & Hozawa,
1931 : 792.
Localité : GM 29.
Un exemplaire de 15 mm de hauteur et 7 mm de diamètre, ovale, plus mince à la
base qu’à la partie supérieure. La surface externe est lisse, percée régulièrement par des
ostioles circulaires. L’oscule apical est simple.
L’organisation de cette éponge est typique du genre. Les ostioles s’ouvrent sur des
espaces inhalants. Le choanosome est formé de tubes orientés perpendiculairement à la
surface de l’éponge, souvent ramifiés. Le centre de l’éponge est occupé par un large canal
exhalant délimité par une membrane propre, pourvue d’un squelette. En coupe transver¬
sale trois régions peuvent ainsi être distinguées : la région corticale avec des lacunes inha¬
lantes, la région choanosomale avec des tubes radiaires cylindriques séparés par des espaces
inhalants irréguliers, et la région exhalante comprenant de larges canaux exhalants.
Le squelette est constitué de triactines et tétractines réguliers. Le squelette cortical
et atrial est constitué de triactines seuls ; le squelette choanosomal est composé de triactines
et de tétractines de taille subégale. L’actine apicale des tétractines se trouve libre dans le
choanocoele.
Spiculés
Triactines réguliers à actines coniques et pointues : 50 p-250 (jl/10 p-20 p.
Tétractines de forme et de taille semblable aux triactines ; l’actine apicale est plus
fine et plus courte que les actines basales et souvent légèrement incurvée dans sa partie
distale.
Distribution géographique : Australie, Nouvelle Zélande, océan Indien.
Le spécimen de la collection correspond exactement à la description donnée par
Dendy (1892 et 1913). Sa distribution géographique devient circumtropicale, comme
celle de L. microraphis et L. clathria.
1002
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
1*'ig. 7. — Leucascus simplex Dendy : A, triactines ; B, tétractines.
Leucaltidae Dendy & Row, 1913
Genre LEUCALTIS Haeckel, 1872
Leucaltis clathria Haeckel, 1872
(Fig. 8)
Leucaltis clathria Haeckel, 1872 : 159-161, pl. 28, fig. 3 ; Dendy, 1913 : 16, pl. 2, (ig. 1 et 2 -
Hozawa, 1940 : 136, pl. 6, fig. 3; Tanita, 1943 : 394, pl. XIII, fig. 27.
Ileteropegma nodus gordii Poléjaefl, 1883 : 45-46, pl. 1, fig. 7, pl. IV, fig. la-ld ; Jf.nkin, 1908 :
453, fig. 103.
Localités : CAL 7, CAN 7, AKA 85, AKA 184, SAL 1682, SAL 1687, SAL 1767a,
SAL 1946.
La collection contient de nombreux exemplaires typiques, constitués de tubes ramifiés
et anastomosés de 2 à 10 mm de diamètre, terminés par des oscules circulaires. La surface
externe est lisse et brillante.
L’organisation est typique du genre. Le cortex de 0,4 mm d’épaisseur est soutenu
par un squelette composé de triactines et de tétractines tangentiels.
Le choanosome, formé par des tubes radiaires anastomosés dans leur partie proximale,
est soutenu par les actines apicales des tétractines corticaux et par un squelette propre,
très faible, composé de triactines et de tétractines subréguliers ou parfois parasagittaux.
Les tubes choanocytaires s’ouvrent sur un large atrium délimité par une paroi fine soute¬
nue par des triactines et des tétractines parasagittaux.
EPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1003
Spiculés
Triactines du cortex réguliers, actines coniques, pointues : 100 p-600 p/10 p-60 p.
Tétractines du cortex, semblables aux triactines, avec l’actine apicale rectiligne qui
peut atteindre 400 p. Les actines du système basal : 400 p-800 p/70 p-120 p.
Triactines atriaux parasagittaux avec des actines paires peu coniques, obtuses : 30 p-
80 p/3 p-8 p.
Fig. 8. — Leucallis dathria llaeckel : A, triactines du cortex; F3, tétractines du cortex; G, triactines
atriaux, parasagittaux ; D, tétractines atriaux, parasagittaux ; E, triactines et tétractines du choano-
somc.
Tétractines atriaux à système basal semblable aux triactines et à actine apicale plus
fine, incurvée, plus courte que l’actine basale.
Triactines du choanosome à actines peu coniques, pointues ; 30 p-80 p/3 p-8 p.
Tétractines du choanosome réguliers, actines basales semblables aux triactines, actine
apicale plus line, de 20 p de longueur.
Distribution géographique : circumtropicale.
Leucettidae Borojevic, 1968
Genre LEUCETTA Haeckel, 1872
Leucetta microraphis Haeckel, 1872
(Fig. 9)
Leucelta primigenia var. microraphis Haeckel, 1872, t. Il : 118, t. III, pl. 21.
Leucdta microraphis : Dendy & Row, 1913 : 734 : Borojevic, 19676 : 3-5, fig. 2 ; Tann a, 1942 ;
11, pl. VI, fig. 4.
Leucaltis floridana Haeckel, 1872 : 144, pl. XXVI, fig. 1-17, pl. XXVII, fig. 1.
Leucetta floridana : Dendy & Row, 1913 : 734 ; Wells, Wells & Gray, 1960 : 235.
1004
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Localités : CAL 7, CAL 23, CAL 79, CAL 81, CAN 1, CAN 5, CAN 7, CAN 23, CAN 30,
CAN 32, CAN 41, CAN 57, CAN 64, CAN 69, CAN 87, CAN 98, CAN 110, AKA 3, AKA 15,
AKA 36, AKA 59, AKA 85, AKA 102, AKA 102b, AKA 117, REC 121, REC 122, REC 153,
SAL 1656, SAL 1687, SAL 1832, SAL 1875, SAL 1945, SAL 1946, SAL 1966, SAL 1981,
SAL 1987a, PE 16, PE 22, PE 23, PE 24, PE 36, GM 29, PG 28f.
La collection contient de très nombreux exemplaires de forme globuleuse, subsphé¬
rique ou irrégulière, qui varient de 4 mm à 35 mm de hauteur et de 4 à 20 mm de diamètre.
En général chaque spécimen possède un seid oscule apical de 1 à 3 mm de diamètre.
L’organisation de l’éponge est typique du genre. Le cortex de 0,2 mm d’épaisseur
est soutenu par des triactines auxquels s’ajoutent parfois des tétractines. Le choanosome
très épais est formé par des chambres choanocytaires subsphériques. Le squelette choano-
somal est composé d’une trame régulière de triactines et de tétractines dont l’actine api¬
cale se trouve toujours dans le choanocoele. Quand les tétractines corticaux géants sont
présents, leurs actines apicales traversent le choanosome.
Le système exhalant est composé par de nombreux canaux exhalants qui se réunissent
sous l’oscule. Ils sont soutenus par un squelette composé de triactines et de tétractines.
Fig. 9. — Leucella microraphis Hacckel : A, triactines du cortex ; B, tétractines du cortex ; C, triactines
du choanosome ; D, tétractines du choanosome ; E, triactine et tétractine du bord osculaire.
Spiculés
Triactines du cortex, réguliers avec des actines coniques et pointues : 800 pt-160 p,/
60 jx-150 p.
Tétractines du cortex, à système basal semblable aux triactines et avec l’aetine api¬
cale de 120 p. à 420 fx de longueur.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1005
Triactines du choanosome, du cortex et du squelette atrial, réguliers, à actines légè¬
rement coniques et pointues : 40 jx-200 p/5 pt-15 p.
Tétractines du choanosome et du squelette atrial, à système basal semblable aux
triactines et à actine apicale incurvée distalement, 5 p. à 18 p. de longueur.
Triactines et tétractines parasagittaux caractérisent le squelette du bord osculaire :
160 p./20 p..
Distribution géographique : eircumtropicale.
La faune de faible profondeur est caractérisée par l’abondance des Leucetta : L. tnicro-
raphis connue de la région indo-pacifique et L. floridana de la côte tropicale américaine.
Dans la faune de la plate-forme continentale brésilienne les deux formes se trouvent mélan¬
gées. Après une comparaison de très abondants échantillons de cette collection, nous avons
pu constater que les deux formes se confondent par de nombreux exemplaires intermédiaires.
L. floridana se distingue uniquement de L. microraphis par la présence de tétractines. Ces
spiculés peuvent être très abondants ou, au contraire, très rares. Nous avons donc décidé
de considérer ces deux formes comme des variétés d’une seule espèce : L. microraphis.
CALCARONEA Bidder, 1898
Leucosoleniiuae Minchin, 1900
Genre LEUCOSOLENIA Bowerbank, 1864-t882
Leucosolenia arachnoïdes (Haeckel, 1872)
(Fig. 10)
Ascandva variabilis var. arachnoïdes Haeckel, 1872 : 108.
Leucosolenia arachnoïdes : Dendy & Row, 1913 : 721 ; Borojevic, 1967» : 192-194, fig. 5.
Localité : Cabo Frio (Arraial do Cabo).
Plusieurs exemplaires, fixés sur des algues, se présentent sous forme de tubes ramifiés
rampants. Le diamètre des tubes varie de 3 à 5 mm. L’oscule est nu, entouré par plusieurs
rangées de triactines et de tétractines. La surface est hispide, surtout près de la hase de
l’éponge.
Le squelette est constitué de spiculés diactines de deux tailles, de triactines et de
tétractines. Les tétractines sont les spiculés les plus abondants. Les triactines et les tétrac-
tines sont disposés parallèlement, avec leurs actines impaires orientées obliquement dans
la paroi de l’éponge, formant une hispidation haute et dense. Les petits diactines sont
couchés dans la paroi de l’éponge formant une trame dense entre les triactines et les tétrac¬
tines.
Les exemplaires étudiés portent des œufs et des embryons (septembre 1970).
402, 4
1006
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Fig. 10. — Leucosolenia arachnoïdes (Haeckel) : A, triactines ; B, tétractincs ; C, grands diactines ; D, petits
diactines.
Spiculés
Triactines sagittaux, à actine impaire rectiligne et pointue : 70 pt-150 p/5 p-10 p ;
actines paires légèrement incurvées : 60 p-110 p/3 p-10 p.
Tétractines sagittaux, à système basal semblable aux triactines et actine apicale
incurvée de 35 p de longueur.
Grands diactines légèrement courbés, avec l’extrémité proximale elfilée et l’extrémité
distale aplatie, généralement en forme de fer de lance : 300 p-800 p/8 p-20 p.
Petits diactines brusquement courbés dans la partie distale et dans la partie proxi¬
male, à deux extrémités pointues : 80 p-200 p/3 p-5 p.
Distribution géographique : Afrique du Sud.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1007
Sycettidae Dendy, 1892
Genre SYCON Risso, 1826
Sycon vigilans Sarà et Gaino, 1971
(Fig. 11)
Sycon vigilans Sarà et Gaino, 1971 : 21-27, lig. 1-4.
Localités : REC 91 et Rio de Janeiro (Urca).
Les deux exemplaires de la collection ont une forme ovoïde de 3 à 7 mm de hauteur
et 3 mm de diamètre. Ils sont plus minces à la base, formant le plus souvent un court pédon¬
cule. La surface externe est hispide. L’oscule est apical orné d’une haute couronne de tri-
choxes portant à la base un anneau de triactines sagittaux. L’atrium est cylindrique avec
la surface légèrement épineuse.
L’organisation est typique du genre. Les tubes radiaires sont simples, coalescents
jusqu’aux cônes distaux. Les canaux inhalants sont étroits.
Le squelette des cônes distaux est constitué de diactines et de triactines. Les triactines,
plus petits que ceux des tubes radiaires ont des actines paires incurvées vers l’ouverture
du canal inhalant.
Le squelette des tubes radiaires est articulé, formé de nombreuses rangées de triactines
et de tétractines sagittaux.
Le squelette atrial est composé de plusieurs couches de triactines et de tétractines
atriaux, et d’actines paires de triactines et de tétractines subatriaux.
Spiculés
Diactines : la partie distale en fer de lance plus prononcée que la partie proximale :
200 p-3 000 (jt/8 p-14 [x.
Triactines des cônes distaux, sagittaux ; les actines sont généralement rectilignes et
pointues ; les actines paires : 60 p-95 p/8 p-9 p ; l’actine impaire : 130 p-170 p/8 p-9 p.
Triactines et tétractines des tubes radiaires, sagittaux, avec l’angle impair de 120°
à 150°. En général les tétractines sont plus abondants que les triactines. Les actines paires :
40 p-110 p/4 p-8 p ; l’actine impaire : 60 p-140 p/6 p-8 p ; l’actine apicale courbée distale-
ment, parfois rectiligne : 10 p-45 p de longueur.
Triactines et tétractines subatriaux, sagittaux. Actines paires légèrement courbées en
arrière avec des extrémités pointues : 60 p-90 p/6 p-7 p ; l’actine impaire, rectiligne et poin¬
tue : 115 p-160 p/6 p-7 p ; l’actine apicale peut atteindre 10 p de longueur.
Triactines atriaux, sagittaux, avec l’angle impair très ouvert, atteignant 180° ; les
actines paires : 60 p-95 p/6 p-8 p ; l’actine impaire : 45 p-100 p/6 p-8 p.
Tétractines atriaux, sagittaux avec l’angle impair proche de 170°. Les actines paires :
60 p-80 p/6 p-7 p ; l’actine impaire : 80 p-100 p/6 p-7 p ; l’actine apicale : 8 p-10 p.
1008
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Fig. 11. — Sycon vigilans Sara et Gaino : A, diactines ; B, triactines de cônes distaux ; C, tétractines
de tubes radiaires ; D, triactines de tubes radiaire? ; E, tétractines atriaux.
Distribution géographique : Méditerranée, Brésil.
Cette éponge correspond exactement à la description de S. vigilans. Une révision
des espèces européennes et plus particulièrement adriatiques du genre Sycon s’impose car
les descriptions originales de Schmidt, Haeckel et von Lendenfeld sont incomplètes.
Un grand nombre d’éponges exotiques ont été attribuées aux espèces méditerranéennes
sans certitude systématique, ce qui laisse la distribution géographique peu sûre.
Sycon frustulosum sp. n.
(Fig. 12 et 13)
Localité-type: plage de Piedade (Recife-Pernambuco).
Profondeur : 2 ni.
Substrat : côte interne des « arrecifes », pierres, coquilles et algues entre Ja plage et
l’arrecife.
EPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1009
Fig. 12. — Sycun Irustulosum sp. n. : coupe transversale.
Spécimen-type déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, LBIM-C-
1975-2, et au Muséum national de Rio de Janeiro.
La collection contient de nombreux exemplaires dont la taille ne dépasse pas 3,5 mm
X 1,5 mm. Les spécimens sont ovoïdes avec un pédoncule creux de 1 à 2 mm de hauteur
et 0,4 à 0,5 mm de diamètre. L’oscule est apical orné d’une couronne de trichoxes. La
surface externe est hispide.
L’organisation est typique du genre. Les tubes radiaires sont courts, coalescents jus¬
qu’aux cônes distaux, séparés seulement par des canaux inhalants étroits.
Le squelette des tubes radiaires est composé de triactines sagittaux dont l’angle impair
varie de 120° à 160°. Les spiculés distaux sont plus petits que les spiculés proximaux.
Les cônes distaux sont soutenus par les actines impaires des derniers triactines des tubes.
Les actines impaires sont quelquefois incurvées. Les cônes portent en général des faisceaux
de diactines.
Les spiculés subatriaux ont l’angle impair proche de 180° ; parfois ils développent
une actine apicale rudimentaire.
1010
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Le squelette atrial est composé de triactines et de tétractines tangentiels à actine
apicale longue, libre dans la cavité atriale.
Spiculés
Diactines de taille variant de 140 p à 480 p ; la partie proximale est rectiligne, la partie
distale incurvée, portant parfois sur leur côté convexe quelques rangées d’épines.
Triactines tubaires sagittaux, actine impaire rectiligne de 40 p à 100 p ; actines paires
légèrement incurvées de 30 p à 60 p.
Fig. 13. — Sycon frustulosum sp. n. : A, diactines ; B. triactines tubaires ; C, triactines subatriaux ;
D, triactine et tétractine atriaux ; E, tétractines atriaux.
Triactines subatriaux avec les actines paires plus petites que Tactine impaire. Les
actines paires sont courbées en arrière ou rectilignes ; Tactine apicale rudimentaire est
parfois présente. Actines paires : 70 p-130 p/2 p-4 p ; actine impaire : 120 p-300 p/3 p-4 p.
Triactines et tétractines atriaux : l’angle impair très ouvert, avec Tactine impaire
rectiligne de 70 p à 150 p ; les actines paires légèrement incurvées de 50 p à 100 p ; actine
apicale rectiligne, pointue et longue de 20 p à 40 p de longueur.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1011
Distribution géographique : nord-est du Brésil.
Les cônes distaux de Sycon frustulosum sont les lieux d’une formation continue de
bourgeons externes. Il se produit un allongement des cônes, au squelette desquels s’ad¬
joignent de nombreux trichoxes et de petits triactines complémentaires. Par la suite, cette
région prend une forme subsphérique ou ovoïde, et elle se sépare progressivement du tube
radiaire par une constriction qui isole finalement le bourgeon soutenu par un squelette
propre de petits triactines et hérissé de diactines et de trichoxes. Ce bourgeon, emporté
par les courants, va former une nouvelle éponge. A l’emplacement du bourgeon les triac¬
tines tubaires se joignent par leurs actines impaires et ferment les tubes radiaires en for¬
mant un nouveau cône distal. Des diactines y sont sécrétés par la suite et le processus de
la formation dn bourgeon peut recommencer.
Le processus de bourgeonnement de Sycon frustulosum n’est connu chez aucune autre
espèce d’éponge calcaire ; mais on peut le comparer au bourgeonnement stolonial de Sycon
sycandra von Lendenfeld. Ces deux espèces ont une capacité de reproduction extrêmement
élevée, et à certaines époques de l’année on trouve les bourgeons vivants sur les sédiments,
dans les algues, et très souvent sur les autres éponges. Munis de diactines épineux orientés
dans tous les sens ils s’accrochent en populations très denses.
Morphologiquement Sycon frustulosum est semblable à S. sycandra von Lendenfeld
et à S. pedicellatum Kirk.
Sycon sycandra est bien caractérisée par le grand nombre de stolons bourgeonnants
à la base du pédoncule.
Sycon pedicellatum Kirk possède un pédoncule creux, des triactines sagittaux dans les
cônes distaux et des triactines et tétractines subatriaux semblables à Sycon frustulosum ;
mais S. pedicellatum est caractérisée par des diactines qui pénètrent profondément dans
le choanosome et par un stolon à spiculés particuliers.
Heteropiidae Dendy, 1892
Genre GRANTESSA von Lendenfeld
Grantessa flamma (Poléjaefî, 1883)
(Fig. 14)
Amphoriscus flamma Poléjaefî, 1883 : 49, pl. I, fîg. 5, pl. IV, fig. 3.
Grantessa flamma : Dendy & Row, 1913 : 752.
Localités : SAL 1912, SAL 2014.
La collection renferme trois échantillons de cette espèce. Ils ont la forme d’un tube,
mesurant de 20 à 24 mm de hauteur et 2 mm de diamètre. La surface externe où sont
visibles les grands diactines est hispide. L’oscule est une large ouverture entourée par une
couronne très basse.
1012
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
L’organisation est irrégulièrement syconoïde. Chez certains exemplaires, il existe des
lacunes subcorticales.
Le cortex est dense, soutenu par un squelette de triactines sagittaux, percé par des
diactines qui sont plantés profondément dans la paroi de l’éponge. Le squelette cortical
s’appuie sur de rares triactines subcorticaux.
Le squelette du choanosome est inarticulé, constitué d'actines impaires de triactines
et de rares tétractines subatriaux, d’actines centripètes, de triactines pseudosagittaux et
de la partie moyenne de gros diactines.
A
Fig. 14. — Grantessa flamma (Poléjaeff) : A, diactines; B, triactines corticaux; C, triactines subcorti-
caux ; D, triactines et tétractines subatriaux ; E, tétractines atriaux.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1013
L’atrium est vaste ; ses parois sont soutenues par un squelette dense, composé par
les actines paires des spiculés subatriaux, par plusieurs couches de fins tétractines disposés
tangentiellement. Les extrémités proximales des diactines et les actines apicales des tétrac¬
tines sont libres dans la cavité atriale.
Spiculés
Diactines rectilignes dont les extrémités sont pointues ou en fer de lance, jusqu’à
1 000 p. de long.
Triactines corticaux à l’angle impair proche de 160°. Actine impaire rectiligne et poin¬
tue : 210 p-350 p/14 p-23 p ; actines paires courbées : 200 p-220 p/14 p-23 p.
Triactines subcorticaux typiquement pseudosagittaux ; actine impaire rectiligne :
120 p-250 p/14 p-23 p ; actines paires corticales courbées : 180 p-250 p/14 p-23 p ; actines
paires choanosomales rectilignes 200 p-250 p/14 p-23 p.
Triactines et tétractines subatriaux, sagittaux dont l’angle impair est proche de 180° ;
actine impaire rectiligne : 320 p-420 p/18 p-35 p ; actines paires courbées en arrière : 100 p-
250 p/16 p-25 p ; les triactines parfois développent une actine apicale rudimentaire.
Tétractines atriaux, sagittaux dont l’angle impair varie de 120° à 130°. Actine impaire
rectiligne et pointue : 200 p-280 p/10 p-16 p ; actines paires plus longues que f actine impaire :
200 p-320 p/10 p-16 p ; actine apicale légèrement courbée ou rectiligne : 40 p-60 p.
Distribution géographique : Bahia (Poléjaeff, 1883).
Grantessa anisactina sp. n.
(Fig. 15 et 16)
Localité-type : côte de Pernambuco (07°29'S/34°29'W CAL 2).
Profondeur : 42 m.
Type du fond : aigues.
Spécimen-type déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, LBIM-C-
1975-3, et au Muséum national de Rio de Janeiro.
La collection contient un exemplaire fragmentaire en forme de tube de 25 mm de
longueur, sur 6 mm de diamètre dans sa partie supérieure et sur 10 mm de diamètre dans
sa partie inférieure. La surface externe est lisse, ainsi que la surface atriale. La paroi de
l’éponge ne dépasse pas 0,8 mm et la cavité atriale est très vaste. La consistance de l’éponge
est dure et fragile.
L’organisation est typique du genre.
Le squelette cortical est constitué de plusieurs couches de triactines tangentiels. Leur
taille est très variable, les plus petits étant placés dans la partie interne du cortex, et les
plus grands dans la partie externe, où ils sont saillants et visibles sous faible grossissement.
Le squelette cortical s’appuie sur les triactines subcorticaux.
Les tubes choanocytaires sont soutenus par les actines centripètes des triactines sub¬
corticaux et les actines impaires des triactines subatriaux.
Le squelette atrial est constitué de plusieurs couches de petits triactines tangentiels.
1014
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Fig. 15. — Granlessa anisactina sp. n. : coupe transversale.
Spiculés
Triactines corticaux dont l’angle impair est plus grand que les angles pairs, actines
de forme conique à extrémités pointues ; actines paires : 700 p-1 520 p/50 p-130 p ; actines
impaires : 450 p-1 200 p/50 p-120 p.
Triactines subcorticaux, pseudosagittaux : actine impaire rectiligne : 160p-200 p/20 p-
25 p ; actines paires corticales : 140 p-240 p/15 p-25 p ; actines paires choanosomales : 300 p-
380 p/20 p-25 p.
Triactines subatriaux sagittaux à angle impair proche de 180° ; actine impaire recti¬
ligne pointue : 300 p-550 p/15 p-45 p ; actines paires incurvées : 140 p-350 p/15 p-35 p.
Triactines atriaux sagittaux à angle impair de 160° ; actines paires rectilignes : 130 p-
240 p/15 p-17 p ; actine impaire légèrement courbée : 200 p-400 p/15 p-20 p.
Distribution géographique : côte nord-est du Brésil.
Granlessa anisactina est caractérisée par un squelette constitué exclusivement de
triactines, dont la taille est très variable : les triactines subcorticaux sont petits, les spi¬
culés subatriaux sont de taille moyenne et les triactines corticaux peuvent être géants.
Parmi les Grantessa typiques à squelette inarticulé, trois espèces seulement ne pos¬
sèdent que des triactines : G. stauridia Haeckel, G. simplex Jenkin et G. ampullae. Haeckel.
Les spiculés de ces trois espèces sont de tailles subégales dans tout le squelette.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1015
Genre VOSMAEROPSIS Dendy, 1892
Vosmaeropsis sericatum (Ridley, 1881)
(Fig. 17)
Aphroceras sericatum Ridley, 1881 : 134, pl. XI, fig. 5.
Leucandra sericata : Thacker, 1908 : 776.
Vosmaeropsis sericatum : Dendy & Row, 1913 : 756.
Localités : CAL 7, CAL 17, AKA 2, AKA 7, AKA 53, AKA 59, AKA 67, AKA 95,
REC 4, REC 111, REC 122, REC 141, REC 150, SAL 1667a, SAL 1667b, SAL 1677,
SAL 1682, SAL 1912, SAL 2018, SAL 1966, SAL 1968.
La collection renferme plusieurs exemplaires de forme ovoïde ou cylindrique. Les
exemplaires ovoïdes mesurent de 2 à 6 mm de diamètre, ceux de forme cylindrique peuvent
atteindre 19 mm de hauteur. La surface externe est hispide ; l’oscule est apical, contourné
1016
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
par une frange de trichoxes plus ou moins développée. L'épaisseur de la paroi est constante,
de 10 à 20 mm, ce qui fait que chez les grands spécimens l’atrium est relativement vaste.
La surface atriale est épineuse.
L’organisation est typique du genre.
Le cortex est bien développé soutenu par un squelette court de triactines subrégu¬
liers, disposés tangentiellement.
La région subcorticale contient de vastes lacunes inhalantes ; elle est soutenue par
une rangée de triactines pseudosagittaux.
Le choanosome occupe la partie centrale de la paroi. Son organisation est plus proche
du système syconoïde que du système leuconoïde : les chambres choanocytaires sont allon¬
gées, souvent anastomosées et ramifiées, formant parfois des grappes autour de courts
canaux exhalants, correspondant à l’organisation sylleibide.
Le choanosome est soutenu par les actines centripètes des triactines subcorticaux,
les actines impaires des triactines subatriaux et par quelques rangées seulement de triac¬
tines choanosomales.
La paroi atriale est soutenue par un squelette composé de triactines nettement plus
fins que les spiculés du choanosome avec des actines apicales courtes et libres dans la cavité
atriale.
Fig. 17. — Vosrnaeropsis sericatum (Ridley) : À, diactines ; B, triactines corticaux ; G, triactines sub¬
corticaux ; T), triactines et tétractines du choanosome ; E, triactines et tétractines atriaux.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1017
Les grands diactines traversent perpendiculairement toute la paroi de l’éponge. Chez
certains exemplaires nous notons la présence de trichoxes.
Spiculés
Diactines rectilignes ou légèrement courbés de 600 p-2 000 p./20 p-100 p, avec l’extré¬
mité distale généralement différenciée en fer de lance.
Triactines corticaux subréguliers à actines impaires de 120 p-250 p/20 p-30 p et actines
paires de 200 p-300 p/20 p-30 p.
Triactines subcorticaux pseudosagittaux, actines impaires rectilignes de 70 p-200 p/
20 p-30 p ; actines paires corticales incurvées : 80 p-350 p/20 p-25 p ; actines paires choano-
somales rectilignes : 140 p-450 p/20 p-25 p.
Triactines et tétractines du choanosome, actines impaires : 300 p-600 p/30 p-40 p ;
actines paires : 150 p-300 p/30 p-40 p ; actine apicale rare et toujours rudimentaire.
Triactines et tétractines atriaux ; actines impaires : 60 p-200 p/6 p-10 p ; actines paires :
150 p-300 p/6 p-10 p ; actines apicales : 30 p-95 p de longueur.
Distribution géographique : Espirito Santo (Brésil), détroit de Magellan et îles
du Cap-Vert.
Grantiidae Dendy, 1892
Genre GRANTIA Fleming, 1828
Grantia atlantica Bidley, 1881
(Fig. 18)
Grantia atlantica Ridley, 1881 : 136, pl. XI, fig. 8 ; Dendy & Row, 1913 : 759.
Localités : SAL 1946, SAL 1948, SAL 1948b.
La collection contient six exemplaires de forme ovoïde de 4 à 5 mm de diamètre et
de 5 à 8 mm de hauteur. L’oscule est unique, apical, orné d’une couronne de diactines
fins qui sont plus gros que les trichoxes typiques. A la base de la couronne existe une large
zone de tétractines sagittaux qui lui servent de support. La surface externe est rendue
hispide par des grands diactines qui sont plantés sous un angle de 20° à 60°. La surface
atriale est épineuse, percée par les ouvertures circulaires des canaux exhalants.
L’organisation est typique du genre.
Le cortex est dense soutenu par un squelette de triactines robustes. Sous le cortex
se trouve une région de lacunes inhalantes.
Les chambres choanocytaires sont simples soutenues par un squelette articulé de
triactines et de la partie proximale des diactines. Les diactines, souvent profondément
implantés dans le choanosome, n’atteignent pas l’atrium. La région subatriale est carac¬
térisée par une rangée de tétractines sagittaux à actines paires recourbées formant un angle
de 140°.
1018
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Le squelette atrial est percé par les ouvertures circulaires des canaux exhalants très
courts. La surface de ces canaux est munie de petits tétractines à actines apicales libres,
orientées vers le centre du canal. Le squelette atrial est composé de plusieurs rangées de
grands tétractines avec l’actine apicale libre dans la lumière de l’atrium.
Spiculés
Diactines presque rectilignes aux extrémités coniques, différenciées en fer de lance
du côté distal : 800 p-2 500 p/40 p-70 p.
Triactines corticaux : sagittaux à actines légèrement coniques et extrémités pointues
souvent équiangulaires ; actines impaires : 140 p-400 p/18 p-35 p ; actines paires : 130 p-
480 p/14 p-10 p.
Fig. 18. — Grantia atlantica Ridley : A, diactines ; B, triactines corticaux ; C, triactines du choano-
some ; D, tétractines subatriaux ; E, tétractines atriaux.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1019
Triactines du choanosome : sagittaux à actine impaire rectiligne et aux actines paires
légèrement incurvées ; actines impaires : 90 p.-220 p./10 p-12 p. ; actines paires : 60 p-lOO p./
8 p-10 p.
Tétractines subatriaux : sagittaux à actine impaire rectiligne : 200 p-300 p/8 p-10 p ;
les actines paires légèrement incurvées pour former un angle de 180° : 70 p-100 p/8 p-
10 p ; l’actine apicale fine est recourbée dans sa partie distale : 10 p-25 p.
Tétractines des canaux exhalants à actine impaire courte et rectiligne : 14 p-20 p/
4 p-5 p ; actines paires incurvées vers l’angle impair : 20 p-35 p ; actines apicales rectilignes
ou courbées distalement, atteignant 35 p.
Tétractines atriaux sagittaux à actine impaire rectiligne : 40 p-U5 p/6 p-7 p ; actines
paires incurvées : 50 p-80 p/6 p-7 p et actine apicale incurvée distalement : 10 p-40 p.
Distribution géographique : nord, nord-est et est du Brésil.
Les spécimens de notre collection correspondent bien à la description originale de
Ridley (1881) de Grantia atlantica qui n’avait jamais été retrouvée. Nous observons cepen¬
dant la présence de lacunes subcorticales, de spiculés subatriaux, et de triactines et
tétractines du bord osculaire. La présence de canaux exhalants avec un squelette parti¬
culier a également échappé à la description de Ridley, bien qu’il cite la présence de deux
types de tétractines dans le squelette atrial.
Grantia kempfi sp. n.
(Fig. 19 et 20)
Localités : CAN 128, AKA 5a, AKA 7, AKA 27, AKA 31, AKA 54, REC 3, REC 111,
REC 112, REC 113, REC 122, SAL 1687, SAL 1773, SAL 1966, SAL 1967, SAL 1987a,
PE 34.
Localité-type : nord de la côte de Pernambuco (07°40'2 S/34°43'2 W,PE 34).
Profondeur : 19-20 m.
Type du fond : transition de sable à algues calcaires.
Spécimen-type déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, LBIM-C-
1975-4, et au Muséum national de Rio de Janeiro.
La collection contient plusieurs exemplaires de forme subsphérique ou cylindrique
de 12 mm à 7 mm de hauteur et 7 mm à 2 mm de diamètre.
La surface externe est rendue hispide par des diactines plantés sous un angle très
faible : 20° à 60°. L’oscule est apical, orné d’une très haute et très dense couronne de tri-
clioxes. Lin anneau constitué de triactines en forme de T sert de support à la couronne.
La surface atriale est épineuse, percée régulièrement par les ouvertures des chambres
choanocytaires, formant un dessin en nid d’abeille.
L’organisation est typique du genre.
Le cortex est dense, soutenu par un squelette de triactines tangentiels. La partie proxi¬
male des diactines se trouve exclusivement dans le cortex et ne pénètre jamais dans le
choanosome. Les ostioles circulaires sont larges, contournés par une rangée de triactines,
1020
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
dont les actines paires sont situées dans le cortex bordant l’ostiole et dont les actines
impaires,recourbées brusquement sous un angle de 120°, se trouvent libres dans l’ouver¬
ture inhalante elle-même et orientées vers son centre.
Les tubes choanocytaires sont parallèles dans leur partie proximale et irrégulièrement
ramifiés dans leur partie distale. Ils sont soutenus par de nombreuses rangées de triactines
et de tétractines dont l’actine apicale se trouve libre dans le choanocoele, recourbée dans
la direction de l’atrium. Les spiculés subatriaux présentent l’actine impaire rectiligne et
les actines paires courbées en arrière, formant un angle très ouvert, proche de 180° ; ils
développent parfois une actine apicale rudimentaire.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1021
Le squelette atrial est mince, composé de triactines et de tétractines. Nous notons, chez
certains exemplaires, la présence de trichoxes dans le squelette cortical et al rial.
Spiculés
Diactines grands et épais : 300 [x-2 000 pt/20 fx-50 fx. L’extrémité proximale est pointue
et l’extrémité distale est en fer de lance.
Triactines du cortex, irréguliers, à actines avec des extrémités obtuses : 80 ix-200 al
50 [i-300 [x.
Fig. 20. — Graniia kempfi. sp. n. : A, diactine ; B, triactines du cortex ; C, triactine et t.étractine du
choanosome ; D, triactines et tétractines atriaux ; E, triactines du bord osculaire ; F, triactines des
ostioles.
Triactines du choanosome avec l’angle impair de 120° à 160° ; les actines sont peu
coniques à extrémités pointues ; actines paires : 60 [x-90 jx/6 fx-7 fx ; actine impaire : 110 [x-
150 fx/6 fx-9 [x.
Tétractines du choanosome semblables aux triactines, mais avec l’actine apicale cour¬
bée distalement : 12 [x-25 [x.
Triactines subatriaux avec l’actine impaire plus longue que les actines paires : 100 [X-
200 fx/10 fx-15 [x. Les actines paires sont courbées en arrière : 60 fx-110 [x/ 6 [x-9 [x. Ces spi¬
culés sont rares.
1022
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Triactines et tétractines atriaux avec l’angle impair très ouvert, les actines paires de
longueur plus ou moins égale : 70 q-80 p. ; l’actine impaire varie de 60 p-130 p ; actine
apicale atteignant 60 p de longueur.
Triactines du bord osculaire en forme de T, actines paires : 160 p-230 p/4 p-11 p ; actine
impaire rectiligne et effilée : 150 p-260 p/4 p-9 p.
Triactines des ostioles petits, avec l'angle impair de 120° à 160° ; l’actine impaire
est brusquement courbée formant un angle de 120°. Les actines sont peu coniques à extré¬
mités pointues.
Distribution géographique : côte nord-est du Brésil.
Nous caractérisons Grantia kempfi par la structure de son cortex comprenant un sque¬
lette ostiolaire particulier et des diactines qui ne pénètrent pas dans le choanosome, par
la structure du choanosome caractérisé par des chambres choanocytaires très ramifiées,
sans formation de lacunes exhalantes et par le squelette atrial très faible.
Par l’organisation générale et par la présence du squelette ostiolaire très caractéris¬
tique, Grantia kempfi ressemble à Sycon protectum Lambe. Plusieurs différences notées
sur le tableau suivant permettent de distinguer les deux espèces.
Sycon protectum
Chambres choanocytaires simples
Diactines pénétrant dans le choanosome
Triactines seuls dans le choanosome
Tétractines seuls dans le squelette atrial
Spiculés subatriaux non décrits
Absence d’anneau à la base de la couronne oscu¬
laire
Grantia kempfi
Chambres choanocytaires ramifiées
Diactines exclusivement dans l’ectosome
Triactines et tétractines dans le choanosome
Triactines et tétractines dans le squelette atrial
Spiculés subatriaux présents
Anneau de triactines en T à la base de la cou¬
ronne osculaire
Parmi les espèces qui semblent être proches de Grantia kempfi :
— Grantia intermedia Thacker possède des tubes choanocytaires ramifiés ; mais ils
sont organisés autour de canaux exhalants comme dans le type sylleibide. G. intermedia
possède aussi des tétractines dans le cortex et des diactines qui pénètrent profondément
dans la paroi de l’éponge.
— Grantia indica Dendy n’a pas de chambres choanocytaires ramifiées et possède
un squelette atrial épais, de vastes lacunes inhalantes et des diactines qui pénètrent pro¬
fondément dans le choanosome.
— Grantia socialis Borojevic, qui possède un cortex semblable à celui de Grantia
kempfi, n’a jamais de tubes choanocytaires ramifiés et se présente toujours sous forme de
connus composé de nombreux tubes cylindriques réunis à la base.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1023
Genre LEUCONIA Grant, 1841
Leuconia barbata (Duchassaing et Michelotti, 1864 emend.)
(Fig. 21 et 22)
Medon barbata Duchassaing et Michelotti, 1864 : 111.
non Leuconia barbata : de Laubenfels, 1936 : 195, pl. XVIII, fig. 4.
Localités : REC 122, SAL 1944a, SAL 1948b, SAL 1966.
Plusieurs exemplaires de cette espèce sont caractérisés par leur forme subsphérique
dont le diamètre peut atteindre 8 mm. Leur surface externe est hispide, surtout sur la
1024
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
partie supérieure de l’éponge. L’oscule apical est entouré d’une couronne de trichoxes.
Le système exhalant est réduit à plusieurs canaux qui s’ouvrent directement sous l’oscule.
L’organisation est typique du genre. Le choanosome est traversé par des canaux
exhalants qui atteignent presque le cortex. Les lacunes inhalantes sont irrégulières et sont
à l’origine des canaux inhalants qui sont toujours plus courts que les canaux exhalants.
Le squelette du cortex et le squelette du choanosome sont composés de grands triac-
tines subréguliers ou sagittaux. Les diactines sont plantés profondément dans le choano¬
some ; ils sont accompagnés parfois de trichoxes. Les canaux exhalants sont soutenus par
un squelette fin composé de petits tétractines.
Spiculés
Diactines rectilignes ou légèrement courbés aux extrémités pointues ou obtuses attei¬
gnant 850 p de long.
Triactines du cortex et du choanosome subréguliers, leur taille variant de 300 p-650 al
30 p-50 p.
Triactines du cortex et du choanosome sagittaux, à l'angle impair de 120° ; actines
paires quelquefois courbées dans la partie moyenne ; actine impaire rectiligne et pointue :
250 p-460 p/25 p-50 p.
Fig. 22. — Leuconia barbata (Duchassaing et Michelotti) : A, diactines ; B, triactines du cortex et du
choanosome subréguliers ; C, triactines du cortex et du choanosome sagittal ; D, tétractine du canal
exhalant.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1025
Tétractines de canaux exhalants dont l’angle impair varie de 130° à 160° ; actine
impaire : 180 p-420 p/10 p-20 p ; actines paires : 160 p-340 p/10 p-20 p.
Distribution géographique : Antilles, nord-est et est du Brésil.
Cette éponge est caractérisée par des canaux exhalants très développés et par le fait
que les spiculés du cortex sont de même taille et de même forme que les spiculés du choano-
some. Sa forme sphérique, sa haute hispidation la rapproche d’une éponge décrite par
Duchassaing et Michelotti sous le nom de Medon barbata. De Laubenfels a décrit
sous le nom Leuconia barbata une éponge de Floride. Sa description indique qu’il s’agit
d’une Vosmaeropsis. Comme la structure de Medon barbata est inconnue et que l’éponge
décrite ici ne peut être rapprochée d’aucune autre Leuconia , nous l’attribuons d’après sa
forme externe à M. barbata.
Fig. 23. — Leuconia carninus Haeckel : A, diactines ; B. triactines du cortex et du choanosome ;
C, petits triactines du choanosome ; D, tétractines atriaux.
1026
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Leuconia caminus Haeckel, 1872
(Fig. 23)
Leuconia caminus Haeckel, 1872 : 175, pl. XXI, fig. 1, pl. XXXVII, fig. 5-6.
Aphroceras caminus et var. crassior Ridley, 1881 : 135, pl. XI, fig. 6-7.
Localité : PE 24.
La collection ne renferme qu’un seul exemplaire fragmentaire. Sa surface externe est
lisse. Les grands diactines, dont l’une des extrémités s’arrête sous le cortex, percent le
squelette atrial et se terminent libres dans la cavité atriale à l’autre extrémité.
L’organisation est typique du genre.
Le cortex est mince, constitué d’une seule couche de spiculés semblables à ceux du
choanosquelette.
Le choanosome est dense, son squelette est composé de triactines géants subréguliers,
de petits triactines sagittaux et de diactines. Les triactines subatriaux sont présents.
Le squelette atrial est formé par des tétractines sagittaux. Les grands canaux exha¬
lants du choanosome possèdent un squelette semblable à celui de l’atrium.
Spiculés
Diactines rectilignes ou légèrement incurvés aux extrémités pointues. Ces spiculés sont
très rares.
Triactines corticaux subréguliers à actine impaire de 300 p-820 p/25 p-60 p ; actiues
paires : 230 p-700 p/25 p-50 p.
Triactines du choanosome, les plus abondants, sont les mêmes que ceux du cortex.
Triactines du choanosome, petits, sagittaux, à l’angle impair de 120° à 160°. Actines
paires : 55 p-170 p/8 p-17 p ; actines impaires : 60 p-160 p/8 p-17 p.
Tétractines atriaux, sagittaux, à l’angle impair proche de 160°. Actine impaire : 140 p-
200 p/9 p-10 p : actines paires : 150 p-200 p/9 p-10 p ; actine apicale : 50 p-100 p.
Distribution géographique : Atlantique-Nord, Antilles, Brésil.
Leuconia armata Urban, 1908
(Fig. 24)
Leuconia armata Urban, 1908 : 250 ; Borojevic, 1967a : 216-218, fig. 22.
Localités : CAN 69, AKA 7, AKA 102, REC 83, REC 100, REC 122, SAL 1944a, SAL
1946, SAL 1948, SAL 1948b, SAL 1966, PE 30, PE 31, GM 44.
Cette espèce est représentée dans la collection par plusieurs exemplaires. Leur aspect
varie de piriforme à irrégulièrement globuleux, avec en général un seul oscule apical orné
d’une couronne de trichoxes. La surface externe est hispide.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1027
L’organisation est typique du genre. La région subcorticale est caractérisée par de
grandes lacunes inhalantes, d’où sortent les canaux inhalants. Les chambres choanocytaires
sont subsphériques. Les canaux exhalants, nombreux, s’ouvrent sur des lacunes amples
qui ne forment pas pourtant un vrai atrium. La surface des canaux exhalants est légère¬
ment hispide ou presque lisse.
Fig. 24. — Leuconia armata Urban : A, diactines ; B, microdiactines ; C, triactines du cortex cL du
choanosome ; D, triactines et tétractines du choanosome ; E, tétractines de canaux exhalants.
Le squelette cortical est formé par plusieurs couches de triactines disposés tangen-
licllement. Il est percé de grands diactines et parfois de trichoxes. Les microdiactines,
plantés perpendiculairement à la surface de l’éponge, peuvent être très abondants ou pra¬
tiquement absents.
1028
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Le choanosquelette est dense, composé de triactines et de tétractines caractéristiques
avec l’actine apicale petite, fine et pointue ; les spiculés y sont disposés sans ordre appa¬
rent.
La surface des canaux exhalants est soutenue par plusieurs couches de triactines et
de tétractines dont l’actine apicale peut être rudimentaire, laissant la surface pratique¬
ment lisse. Très rarement nous observons la présence de microdiactines dans les canaux
exhalants.
Spiculés
Diactines de taille variable à partie proximale très pointue et à partie distale plus
forte : 600 p-1 400 p/15 p-50 p.
Microdiactines rectilignes ou légèrement courbés, avec un épaississement annulaire
dans la partie distale : 30 p-40 p/2 p.
Triactines du cortex et du choanosome subréguliers, à actines droites et coniques, à
extrémités pointues : 200 p-500 p/20 p-50 p.
Tétractines du choanosome semblables aux triactines, avec une actine apicale mince,
fine et pointue ; ils sont présents au bord des petits canaux exhalants.
Triactines et tétractines des grands canaux exhalants, sagittaux, avec l'angle impair
très ouvert ; actine impaire : 150 p-300 p/15 p ; actines paires : 200 p-300 p/12 p ; l’actine
apicale rectiligne ou parfois à extrémité légèrement courbée ; elle est de longueur très
variable suivant les individus.
Distribution géographique : Afrique du Sud.
Leuconia crosslandi Thacker, 1908
(Fig. 25)
Leuconia crosslandi Thacker, 1908 : 777, pl. XL, fig. 8 ; fig. 165.
Localité : PB 22.
La collection renferme un seul exemplaire de cette espèce. Il a une forme ovoïde de
8 mm de hauteur et 3 mm de diamètre. La surface externe est presque lisse et de grands
diactines sont présents.
L’organisation est typique du genre. De larges lacunes subcorticales sont présentes.
Le squelette cortical est constitué de plusieurs couches de petits triactines, des extré¬
mités des diactines et de microdiactines.
Le choanosome est soutenu par des grands triactines subréguliers ; parfois de petits
tétractines sagittaux sont présents autour des canaux exhalants. Les microdiactines sont
aussi présents dans cette région.
Le squelette atrial est constitué par des tétractines semblables à ceux des canaux
exhalants.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1029
Fig. 25. — Leuconia crosslandi (Thacker) : A, diactines ; B, triactines du cortex ;
C, triactines du choanosome ; D, tétractine atrial ; E, microdiactines.
Spiculés
Diactines rectilignes ou légèrement courbés aux extrémités pointues : jusqu’à 200 p
de long.
Triactines du cortex, sagittaux, à l’angle impair de 120° à 160°. Actine impaire rec¬
tiligne et pointue : 215 p-300 p/12 p-'18 p ; actines paires : 200 p-250 p/14 p.
Triactines du choanosome subréguliers. Leurs actines varient de 350 p-1 000 p/40 p-
80 p.
Tétractines atriaux, sagittaux, à l’angle impair très ouvert ; actine impaire : 150 p-
300 p/10 p-15 p ; actines paires : 140 p-250 p/10 p-15 p ; actine apicale : 30 p- 60 p.
Microdiactines légèrement courbées aux extrémités pointues : 70 p-100 p/3 p-5 p.
Distribution géographique : îles du Cap-Vert.
1030
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Leuconia hentschelii Brpndsted, 1929
(Fig. 26)
Leuconia hentschelii Brondsted, 1929 : 40, fig. 31 ; Borojevic, 1967a : 220. fig. 24.
Localités : REC 98, REC 121.
Cette espèce est représentée dans la collection par deux spécimens ovoïdes de 3 à
7 mm de hauteur et de 2 à 4 mm de diamètre. L’oscule d’un exemplaire est entouré d’une
couronne de trichoxes. La surface externe est lisse. L’atrium étroit est divisé en plusieurs
canaux exhalants.
L’organisation est leuconoïde, caractérisée par des grands canaux inhalants et exha¬
lants intercalés régulièrement.
Fh;. 26. — Leuconia hentschelii Br0ndsted : A, triactines du cortex; B, triactines du choanosome;
C, triactines et tétractine subatriaux ; D, tétractines atriaux.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRESIL
1031
Le cortex, de 20 p. d’épaisseur, est soutenu par un squelette constitué de triactines
petits et moyens disposés tangentiellement. Dans l’ensemble, les spiculés du cortex sont
plus petits que ceux du choanosome.
Le choanosquelette est dense, composé de triactines géants, sagittaux ou subréguliers.
Les spiculés subatriaux sont présents aussi bien sous l’atrium qu’autour des grands canaux
exhalants. Le squelette atrial est composé de tétractines tangentiels à actines apicales
libres dans l’atrium. Ce squelette se prolonge dans les canaux exhalants.
Spiculés
Triactines du cortex de taille moyenne et petite, sagittaux, à l’angle impair de 120° ;
actine impaire rectiligne : 120 p-300 y ./15 p-30 p ; actines paires légèrement courbées dans
leur partie moyenne : 120 p-280 p/15 p-30 p.
Triactines du choanosome sagittaux ou subréguliers, à l’angle impair de 120 à 160°.
Les actines peuvent atteindre la taille de 900 p-60 p.
Triactines subatriaux, sagittaux, aux actines paires courbées en arrière : 100 p-250 p/
15 p-30 p ; l’actine impaire est rectiligne : 200 p-700 p/15 p-30 p. Parfois ces spiculés déve¬
loppent une actine apicale rudimentaire.
Tétractines atriaux, sagittaux, à l’angle impair de 160° ; actine impaire et actines
paires varient de 100 p-300 p/10 p-20 p; actine apicale courbée : 30 p-100 p/10 p-15 p.
Distribution géographique : Afrique du Sud.
Br0ndsted (1929) ne mentionne pas de microdiactines dans la description originale
de L. hentschelii, mais nous en avons trouvé en quantité variable dans l’espèce d’Afrique du
Sud (Borojevic, 1967a). L’organisation du squelette, la présence de grandes lacunes inha¬
lantes et la forme des spiculés nous permet de réunir le spécimen brésilien et celui d’Afrique
du Sud. Le premier se distingue, cependant, par la présence de triactines subatriaux et
par des canaux exhalants plus développés.
Amphoriscidae Dendy, 1892
Genre LEUCILLA Haeckel, 1872
Leucilla australiensis Carter, 1885-1886
(Fig. 27)
Leucilla australiensis Carter, 1885-86 ; Dendy & Row, 1913 : 783.
Leucilla sacculata Carter, 1890 : 566.
Leucilla proteus Dendy, 1913 : 25, pl. 2, fig. 7 ; pl. 5, fig. 5.
Localités : AKA 38, AKA 97, AICA 100, REC 3, REC 91, REC 98, REC 100, REC 111,
REC 112, REC 113, REC 140, SAL 1682, SAL 1721a, SAL 1948b, SAL 1966, SAL 1967,
SAL 1987a, PE 26, PE 29, PE 29c, PE 30, ITA 92, PB 9, PB 22, PB 28 et Cabo Frio.
1032
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
La collection contient de nombreux exemplaires ovoïdes ou sphéricjues. Leur taille
varie de 5 à 13 mm de hauteur et de 2 à 6 mm de diamètre. La surface est le plus souvent
lisse avec les grands tétractines visibles sous faible grossissement. Chez certains échantil¬
lons nous observons les faisceaux des diactines plantés perpendiculairement dans la paroi
de l’éponge : ils restent toujours limités à la partie supérieure voisine de l’oscule. L’oscule
est simple ou entouré par une couronne de trichoxes.
L’atrium est réduit ou parfois divisé en plusieurs vastes canaux exhalants. L’orga¬
nisation de l'éponge est leuconoïde. Les canaux inhalants sont bien développés, ouverts
par les ostioles de forme ovale variant de 30 à 120 p. Les canaux exhalants pénètrent
parfois profondément dans le choanosome. La cavité atriale et les canaux exhalants sont
légèrement hispides.
Le cortex est soutenu par les grands tétractines dont les actines basales sont tangen-
tielles à la surface et dont les actines apicales pénètrent profondément dans le choanosome
sans toutefois atteindre la surface atriale. Le cortex peut être renforcé par de rares triac-
tines sagittaux qui se limitent le plus souvent à la partie inférieure de l’éponge. Chez cer¬
tains exemplaires (SAL 1966), ces spiculés peuvent être fréquents.
Fig. 27. — Leucilla australiensis Carter : A, triactine du cortex; B, tétractines du cortex; C, triactine
et tétractine du choanosome ; D, triactine et tétractine subatriaux ; E, tétractine atrial.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1033
Le choanosome est dense, soutenu par des triactines et des tétractines sagittaux.
Leur nombre est très variable et chez certains exemplaires ils sont très rares. Les spiculés
subatriaux sont semblables à ceux du choanosquelette.
Le squelette atrial est formé de petits tétractines sagittaux à actine apicale libre dans
la lumière de l’atrium.
Spiculés
Triactines du cortex sagittaux, à l’angle impair très ouvert. Actine impaire : 200 p-
400 p/10 p-16 p. ; actines paires : 170 p-400 p/10 p-16 p.
Tétractines du cortex sagittaux, à l’angle impair proche de 180° ; les actines du sys¬
tème basal sont rectilignes ou courbées : 300 p-700 p/20 p-60 p, ; actine apicale : 180 p-
600 p/20 p-60 p.
Triactines et tétractines du choanosome à l’angle impair, avec l’ouverture proche de
celle des angles paires : 300 p-600 p/30 p-50 p ; l’actine apicale peut atteindre 200 p de
long.
Triactines et tétractines subatriaux, sagittaux, dont l'angle impair est très ouvert.
Les actines sont courbées en arrière : 170 p-250 p/10 p-16 p ; actine impaire : 300 p-400 p/
16 p. Ces spiculés développent parfois une actine apicale rudimentaire.
Tétractines atriaux, sagittaux, à l’angle impair de 130°. Actine impaire : 270 p-400 p/
10 p-12 p ; actines paires : 200 p-350 p/10 p-12 p ; actine apicale : 40 p-80 p.
Distribution géographique : circumtropicale.
Leucilla australiensis est avec Leucetta microraphis l’éponge la plus commune de la
plate-forme continentale brésilienne. L’examen d’une grande série d’exemplaires nous a
permis de mettre en évidence la variabilité des caractères morphologiques chez cette espèce
et, notamment, la présence de certains spiculés dans une seule partie de l’éponge comme
par exemple des diactines et des triactines corticaux. Burton (1930) a déjà insisté sur la
variabilité de la spiculation de L. australiensis et nous avons mis en synonymie L. austra¬
liensis et L. proteus (Borojevic, 1967a). Les spécimens de notre collection correspondent
bien à L. sacculata Carter, de l’archipel Fernando de Noronha. La variabilité des carac¬
tères morphologiques chez les éponges examinées ne laissent aucun doute sur la synonymie
de L. australiensis , L. proteus et L. sacculata qui se caractérisent ainsi par une distribution
géographique circumtropicale.
CONCLUSION
Sur les 15 espèces d’éponges calcaires déjà signalées le long des côtes du Brésil, 8 seu¬
lement ont été retrouvées dans la collection étudiée ici. Par contre, nous signalons pour
la première fois 15 autres espèces dont 4 sont nouvelles pour la Science. La faune brési¬
lienne d’éponges calcaires comprend donc maintenant 30 espèces ; elle reste cependant
encore mal connue.
1034
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Les 7 espèces qui font partie de la faune du Brésil, mais qui ne sont pas représentées
dans notre collection, sont les suivantes :
Guancha blanca Miklucho-Maclay, 1868
Desterro (Santa Catarina) ; collecteur : Fritz Muller (Haeckel, 1872) ;
Ubatuba (Sào Paulo) ; collecteur : Dr Hilda de S. Lima (Borojevic, 1971).
Clathrina cerebrum (Haeckel, 1872)
Cabo Sâo Tomé (Rio de Janeiro) ; collecteur : Dr Hilda de S. Lima (Borojevic, 1971).
Grantessa pelagica (Ridley, 1881)
Yitoria (Espirito Santo) ; collecteur : « Alert » (Ridley, 1881)
Sycon ampulla Haeckel, 1872
Rio de Janeiro et Desterro ; collecteur : Wendt et Fritz Muller (Haeckel, 1872).
Sycon brasiliense Borojevic, 1971
Cabo Sào Tomé (Bio de Janeiro) ; collecteur : Dr Hilda de S. Lima (Borojevic, 1971).
Vosmaeropsis levis Hôzawa, 1940
Cap Sâo Tomé (Rio de Janeiro) ; collecteur : Dr Hilda de S. Lima (Borojevic, 1971).
Syculmis synapta Schmidt [in) Haeckel, 1872
Bahia ; collecteur : Andrea (Haeckel, 1872).
Au point de vue biogéographique, on peut distinguer un groupe d’espèces à distri¬
bution circumtropicale, comprenant : Leucetta, microraphis, Leucaltis clathria, Leucascus
simplex, Leucilla australiensis et Claihrina primordialis. Comme la faune de Madréporaires,
la faune de récifs coralliens et la faune de mangrove, la faune d’éponges calcaires de l’Amé¬
rique tropicale est plus pauvre que celle de la région indo-pacifique.
Deux autres espèces sont communes à la zone subtropicale et tempérée des deux côtés
de l’Atlantique (Cap-Vert et Amérique du Sud) : Leucosolenia arachnoïdes et Sycon ampulla.
Mais la faune des éponges calcaires de l’Atlantique tropicale et australe est encore mal connue
et ce groupe est sans doute plus grand.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Borojevic, R., 1966. — Éponges calcaires des côtes de France. II. Le genre Ascandra Haeckel
emend. Archs Zool. exp. gén., 107 : 357-367.
1967a. — Spongiaires d’Afrique du Sud. 2. Calcarea. Trans. R. Soc. S. Afr., 37 : 183-226.
— 19676. — Éponges calcaires recueillies en Nouvelle Calédonie par la Mission Singer-Poli-
gnac. Exp. française sur les récifs coralliens de la Nouvelle Calédonie, 2 : 1-12.
— 1968. — Éponges calcaires des côtes de France. IV. Le genre Ascaltis Haeckel emend. Archs
Zool. exp. gén., 109 : 193-210.
1971. — Éponges calcaires des côtes sud-est du Brésil, épibiontes sur Laminaria brasi-
liensis et Sargassum cymosum. Reota bras. Biol., 31 (4) : 525-530.
Brondsted, H. V., 1929. — Die Kalksehwamme der deutschen Sudpolar-Expedition 1901-1903.
Dt. Südpol. Exped., 20 , Zoologie : 1-47.
Burton, M., 1930. — The Porifera of the Siboga Expédition. III. Calcarea. Siboga Exped., 6a :
1-7, 8 fig.
Carter, H. J., 1885-1886. — Descriptions of Sponges from the neighbourhood of Port Philip Heads,
South Australia. Ann. Mag. nat. Ilist., 15-18 (5) : 431-441.
-— 1890. — (Porifera. In : Ridley, Notes on Zoology of Fernando de Noronha). In : J. Linn.
Soc., Lond., 20 : 564-569.
ÉPONGES CALCAIRES DU BRÉSIL
1035
Goutinho, P. N., et M. Kempf, 1972. — Plataforma continental de Norte, Nordeste e Leste do
Brasil : amostras de fundo coletadas pelo N. Oc. Almirante Saldanha em 1968. Trabhs
Inst. Biol. mar. Oceanogr. Univ. Recife, 13 : 29-40.
Dkndy, A., 1891. A monograph of the Victorian Sponges. Part I. The organization and classi¬
fication of the Calcarea homocoela, witli descriptions of the Victorian species. Trans. R.
Soc. Vict.. 3 : 1-81.
— 1892. — Synopsis of the Australian Calcarea heterocoela, with a proposed classification
of the group and descriptions of some new généra and species. Proc. R. Soc. Vict., 5 : 69-
116.
— 1913. - Report on the caleareous sponges collected by H. M. S. Sealark in the tndian Océan.
Trans. Li.nn. Soc. Lond., Zool., 16 : 1-29.
Dkndy, A., & R. W. II. Row, 1913. - - The classification and Phylogeny of the caleareous Sponges.
Proc. zool. Soc. Lond. : 704-813.
Duchassaing, P., et G. Michelotti, 1864. — Spongiaires de la mer Caraïbe. Natuurk. Verh. hollan.
Maatsch. Wet., Haarlem, 21 .
Forest, J., 1966.-— Campagne de la « Calypso » au large des côtes atlantiques de l’Amérique du
Sud (1961-1962). 1 . Resuit, scient. Camp. Calypso, 7, Annls Inst, oceanogr., Monaco, 44 :
329-350.
Hadzt, J., 1917. — Rezultai bioloskih istrazivanja Jadranskoga mora. Porifera. Calcarea I. Cla-
thrina blanca (Miklucho-Maclay) ; grada i razvoj s osobitim obzirom na opes pitanja o
spuzvama. Prirodosl Istraz. hrv. slov. Potak., 9-10 : 1-168.
IIaeckel, E., 1872. — Die Kalkschwamme. Eine Monographie. I-III.
IIôzawa, S., 1940. Report on the caleareous sponges obtained by the Zoological Institute and
Muséum of Hamburg. Scient. Rep. Tohôku lmp. Univ. Biol., 15 (2) : 131-163.
Jf.nkin, C. F., 1908. - The caleareous sponges. In The Marine Fauna of Zanzibar and British
East Africa, from collections made by Cyrill Crossland, M. A., in the years and 1902. Proc,
zool. Soc. Lond. : 434-456.
Kempf, M., 1970a. — Nota preliminar sobre os fundos costeiros da regiâo de Itamaracâ (N do Estado
de Pernambuco, Brasil). Trabhs Inst. Biol. mar. Oceanogr. Univ., Recife, 9/11 : 95-110.
19706. — A plataforma continental de Pernambuco (Brasil) : nota sobre a natureza do
fundo. Trabhs Inst. Biol. mar. Oceanogr. Univ., Recife, 9/11 : 111-124.
— 1972a-. — A plataforma continental da costa Leste brasileira, entre o Rio Sâo Francisco
e a Ilha de Sâo Sebastiào (10°30'-25° lat. S) : nota sobre os principais tipos de fundo. An.
26 e Congresso bras. Geol. Belem, 2 : 25.
— 19726.— Shelf ofî Alagoas and Sergipe (Northeastern Brazil). 5. Station list and notes on
benthic bionomy. Trabhs Inst. Biol. mar. Oceanogr., Univ., Recife, 13 : 7-28.
Kempf, M., P. N. Coutinho, et J. O. de Morais, 1970. — A plataforma continental do N-NE do
Brasil : nota preliminar sobre a natureza do fundo. Trabhs Inst. Biol. mar. Oceanogr. Univ.,
Recife , 9/11 : 9-26.
Kempf, M., J. M. Mabf.soone et I. de Tinoco, 1970. — Estudo da plataforma continental na ârea
do Recife (Brasil). I. Generalidades sobre o fundo. Trabhs Inst. Biol. mar. Oceanogr. Univ.
Recife, 9/11 : 125-148.
Laubenfels, M. W. de, 1936. — A discussion of the Sponge fauna of the Dry Tortugas in parti-
cular and the West Indies in general with material for a révision of the families and orders
of the Porifera. Pap. Tortugas Lab., 30 : 1-225.
Lendenfeld, R., von, 1885. — A monograph of the Australian Sponges. III. Calcispongiae. Proc.
Linn. Soc. N. S. W., 4 : 1083-1150.
Miklucho-Maclay, N. de, 1868. — Beitriige zur Kenntniss der Spongien. I. Ueber Guancha
blanca, einen neven Kalkschwàmm. Jenaisehe Z., 4 : 221-240.
1036
RADOVAN BOROJEVIC ET SOLANGE PEIXINHO
Minchin, E. A., 1896. — Suggestions for a Natural Classification of the Asconidae. Ann. Mag.
nat. Ilist., 18 : 349-362.
Poléjaeff, N., 1883. — Calcarea. Rep. Scient. Results Challenger. Zool., 8 : 1-76.
Ridt.ey, S. O., 1881. -- Spongida (Account of Zoological Collections made during the Survey
of H M S « Alert » in the Straits of Magellan and on the coast of Patagonia). Proc. zool.
Soc. Lond. : 107-137.
Row, R. W. II., et S. Il ôzawa, 1931. — Report on the Calcarea obtauied by the 1 lamburg South¬
west Australian Expédition of 1905. Scient. Rep. Tohôku lmp. Unie., 6 : 727-809.
Sara, M., et Gaino, 1971. — Sycon oigilans, nuova specie di Calcispongiae dal litorale ligure (Pori-
fera). Boll. Musei Ist. biol. Univ. Genova, 39 (268) : 21-28.
Tanita, S., 1942. — Report on the calcareous sponges obtained by the Zoological Institute and
Muséum of Hamburg. Scient. Rep. Tohôku lmp. Unia.. 17 : 105-137.
— 1943. — Studies on the Calcarea of Japan. Scient. Rep. Tohôku lmp. Univ.. 17 (4) : 353-
490.
Th acker, A. G., 1908. — On collections of the Cape Verde Islands Fauna made by Cyril Crossland,
M. A. The Calcareous Sponges. Proc. zool. Soc. Lond., 3 : 757-782.
Topsent, E., 1936. — Étude sur des Leucosolenia. Bull. Inst. Océanogr., Monaco, 711 : 1-7.
Urban, F., 1908. •— Die Kalkschwamme der deutschen Tiefsee-Expedition. Zool. Anz., 33 : 247-
252.
Wells, H. W., M. J. Wells et I. E. Gray, 1960. — Marine Sponges of North Carolina. J. Elisha
Mitchell scient. Soc., 76 : 200-245.
Manuscrit déposé le 3 fécrier 1976.
Bull. Mus. nain. Ilist. nat., Paris, 3 e séi., n° 402, sept.-oct. 1976,
Zoologie 279 : 987-1036.
Achevé d'imprimer le 28 fécrier 1977.
IMPRIMERIE NATIONALE
6 564 004 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.