BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
282
N* 405 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Hallé.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1976
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Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 405, septembre-octobre 1976, Zoologie 282
SOMMAIRE
O. T. Diaw. — Contribution à l’étude de Nématodes Triehostrongyloidea parasites
de Xenarthre, Marsupiaux et Rongeurs néotropicaux. 1065
M.-C. Dup.ette-Desset et R. Tcheprakoff. — Compléments morphologiques à
l’étude de Chiropteronema globocephala Sandground, 1929 (Nematoda, Tricho-
strongyloidea). Remarques sur la position systématique et les affinités phylétiques
du genre. 1091
405, 1
Contribution à l’étude de JSématodes Trichostrongyloidea
parasites de Xenarthre, Marsupiaux et Rongeurs néotropicaux
par Oumar Talla Diaw *
Bésumié. Travassostrongylus taillis Travassos, 1914) et T. orlof/i Travassos, 1935, sont
redëerits. 'Lin genre et huit espèces sont décrits pour la première fois : T. lourei n. sp. parasite
de Didelphis mnrsupialis -en Guyane française. L’espèee proche de T. paraquintus s’en différencie
par lia présence de ponctuations bursales, des papilles 7 très développées, des côtes 9 aussi longues
que les côtes 10, et des côtes 8 chevauchant dorsalement les côtes 6. La présence d’une dent dor¬
sale-dans le genre Travassostrongylus est mise en évidence. — Graphidiops cyclopi n. sp., parasite
de Vyclopes didnctylus au (Brésil, se différencie de toutes les autres espèces du genre par le raccour¬
cissement très marqué des côtes 4 et 8. — Moennigia, desselae n. sp., parasite de Didelphis marsu¬
pialis en-Guyane française (= Moennigia sp. Durette-Desset, 1974, décrit chez Metachirops opossum
dans la même région), ne peut être identifiée à M. moenmgi Travassos, 1935, car, outre les carac¬
tères cités par Durette-Desset, les spiculés possèdent deux pointes et non trois. — Ileligmos-
trongylus ’ochimyos n. sp., parasite d ’Echimys arnvalus en Guyane française, est la seule à posséder
avec H. elegans (Travassos, 1921) un organe différencié entre la trompe et l’utérus, mais elle s’en
éloigne par une côte dorsale et des côtes 6 allongées. - Hassalstrongylus chabaudi n. sp., parasite
de Wiedomys pyrrhorinus au Brésil, proche <!’//. epsilon (Travassos, 1937) et d’il, hoineffae (Durette-
Desset, 1969), s’en différencie, car l’extrémité des côtes 8 est proche de celle des 6 et très éloignée
de celle des 5. — Hassalstrongylus eclialieri n. sp., parasite d’un Oryzomys sp. en Guyane française,
est caractérisée par la présence de lames transversales sur la pointe des spiculés. — Stilestrongylus
moreli n. sp., parasite de Phyllotis boliviensis en Bolivie, est proche de S. stilesi Freitas, Lent et
Almeida, 1937, parasite d’ Ilolochilus balnearisrn en Argentine, par une disposition semblable des
côtes bursales, mais s’en •éloigne par des côtes 2 et 3 non jointives et par la division bifide de chaque
branche de la dorsale. - Jloinefjia cayennensis n. gen. n. sp., parasite de Didelphis marsupialis
en Guyane française, est un genre monodelphe ; mais s’il présente un synlophe identique à celui
du genre Vîannaia Travassos, 1914 (Heligmosomidae), sa bourse caudale est typique du genre
T ravassostrongylus OrlofT, 1933 (Trichostrongylidae). En tenant compte de sa monodelphie, nous
le rangerons dans les Hefigmosomes Viannaiinae.
Abstract. —■ Contribution to the studv of Trichostrongyloidea (Nematoda), parasites of neo-
tropioal Edentata, Marsupîals and Rodents.
T ravassostrongylus callis (Travassos, 1914) and T. orlof/i Travassos, 1935 are redescribed, in
addition to the description of eight new species : T. tourei n. sp. is a parasite of Didelphis marsu¬
pialis in Frenoh Guyana. This species resembles to T. paraquintus but differs by the following
characters : the presence of bursal punctuations, very developed papillae number 7, number 9
ribs as long as the .10, and number 8 ribs overlapping dorsally the number 6 unes. We underline
the existence of a dorsal tooth in the genus T ravassostrongylus. — Graphidiops cyclopi n. sp. para-
sitizing Cyclopes didnctylus in Brazil is differentiated from the other species of the genus by very
short antérolatéral and externodorsal ribs. — Moennigia dessetae, n. sp. parasitizes Didelphis
marsupialis in French Guyana (= Moennigia sp. Durette-Desset, 1974, described from Metachi¬
rops opossum in the saine area). We cannot identify it with M. moennigi Travassos, 1935. Indeed,
apart the characters mentioned by Durette-Desset, the spiculés hâve two tips instead of t.hree.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris-Cedex 05.
1066
OUMAR TALLA DIAW
— Heligmostrongylus echimyos n. sp. parasitizes E. armatus in French Guyana. It is the only
species, except II. elegans (Travassos, 1921) to possess a peculiar structure between the trunk
and the utérus. However, it has elongated dorsal and number 6 ribs, which distinguishes it frorn
JL elegans. — Hassalstrongylus chabaudi n. sp. is a parasite of Wiedomys pyrrhorinus in Brazil,
related to H. epsilon (Travassos, 1937) and to H. hoineffae. (Durette-Desset, 1969). However,
it may be distinguished by the end of number 8 ribs, which are near the ones of number 6, and
far from those of number 5. — Hassalstrongylus echalieri n. sp. parasitizes Oryzomys sp. in French
Guyana. Transversal bands on the tips of the spiculés are characteristic of this species. — Stiles-
trongylus moreli n. sp. parasite of Phyllotis boliviensis in Bolivia is close to S. stilèsi Freitas, Lent
et Almeida, 1937, which parasitizes Holochilus balnearum in Argentina. Both species bave a
similar anatomy of the bursa. However, S. moreli présents separated number 2 and 3 ribs, and
on the dorsale, each brandi is two-tipped. — Iloineffia cayennensis nov. gen. n. sp. parasitizes
Didelphis marsupialis in French Guyana. This genus is monodelphic. Its synlophe is identical
to that of genus Viannaia Travassos, 1914 (Heligmosomidae). The bursa is typical of genus
Travassostrongylus Orlofî, 1933 (Trichostrongylidae). Considering its monodelphic character, we
classify it into Heligmosomids. Viannaiinac.
Nous étudions ici, simplement du point de vue descriptif, des espèces de Trichostron-
gyloidea récoltés en Amérique du Sud (Guyane française, Brésil et Bolivie) chez un Xenarthre,
deux Marsupiaux et quatre Rongeurs A
Répartition des espèces selon les hôtes
Didelphis marsupialis
Travassostrongylus callis Travassos, 1914
T. orloffi Travassos, 1935
T. tourei n. sp.
Iloineffia cayennensis n. gen. n. sp.
Viannaia viannai Travassos, 1914
Moennigia dessetae n. sp. (= Moenmgia sp. Durette-Desset, 1974)
Cyclopes didactulus
Graphidiops cyclopi n. sp.
Echimys armatus
Heligmostrongylus echimyos n. sp
Wiedomys pyrrhorinus
Hassalstrongylus chabaudi n. sp.
Oryzomys sp.
Hassalstrongylus echalieri n. sp.
Phyllotis boliviensis
Stilestrongylus moreli n. sp.
Tous les spécimens récoltés sont déposés dans les collections du Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris.
1. Nous remercions M. F. Petter, du Laboratoire de Mammalogie, M. R. Pujol, du Laboratoire d’Ethno-
zoologie, M me M. C. Durette-Desset, MM. A. G. Chabaud et J. C. Quentin, du Laboratoire de Zoologie
(Vers), qui ont récolté le matériel.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1067
I. Compléments morphologiques à l’étude d’espèces connues
Travassostrongylus callis (Travassos, 1914)
Matériel : 10 Ç et 20 J, MNHN n° 327 Ba.
Hôte : Diddphis marsupialis L.
Localisation : intestin.
Origine géographique : Guyane française.
Redescription
Structure céphalique : En vue apicale la tète porte deux amphides, quatre papilles
céphaliques et six papilles labiales externes (fig. 1, D). La bouche est entourée par un
anneau chitinoïdc arrondi ; on note la présence d’une dent dorsale (fig. 1, B, C).
Synlophe : Il est caractéristique du genre Travassostrongylus Orloff, 1933. Chez les
deux sexes le corps est parcouru longitudinalement par 10 crêtes euticulaires qui débutent
sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau de la bourse
caudale chez le mâle et de l’anus chez la femelle. En coupe transversale, au milieu du corps,
les crêtes sont orientées de la droite vers la gauche sur les deux faces et sont symétriques
par rapport à l’axe frontal (fig. 1, F).
Mâle : Selon les spécimens, le corps est long de 2,6 mm à 4,55 mm sur 100 à 135 p de large
dans sa partie moyenne. Chez un mâle long de 2,6 mm, l’anneau nerveux, le pore excré¬
teur et les deirides sont situés respectivement à 130 p, 230 p et 235 p de l’apex. L’œso¬
phage est long de 360 p et se différencie en parties musculaire (170 p) et glandulaire (190 p).
La bourse caudale est subsymétrique avec le lobe droit plus développé. Les externo-dorsales
sont fines et naissent à la racine de la côte dorsale. Cette dernière, très courte, se divise
presque immédiatement en quatre rameaux dont les médians sont les plus longs (fig. 1, G).
Les spiculés, subégaux, longs de 105 p (130 p chez un autre spécimen), à structure complexe,
ont leur extrémité distale bifide. Le télamon, de forme conique, porte une languette gauche
au tiers de sa hauteur. Il est haut de 35 p et large de 15 p (fig. 1, H). Le gubernaculum est
bien chitinisé (fig. 1, I).
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 4 à 5 mm sur 100 à 120 p de large
dans sa partie moyenne. La vésicule céphalique est haute de 90 p et large de 50 p. Chez
une femelle de 4 mm de long, l’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés
respectivement à 180 p, 280 p et 290 p de l’apex. L’œsophage, long de 360 p, se différencie
en parties musculaire de 170 p de long et glandulaire de 190 p de long (fig. 1, A). La vulve
s’ouvre entre 600 et 830 p à partir de la pointe caudale. La lèvre antérieure porte un repli
cuticulaire. L’appareil génital est didelphe : vagina vera de 35 p, un vestibule de 90 p,
les sphincters de 30 p chacun, les trompes de 90 p chacune ; les branches utérines mesurent
55 p sur 35 p. La queue est pointue. L’anus s’ouvre à 100 p de l’extrémité caudale (fig. 1, E).
1068
OUMAR TALLA DIAW
Fig. 1. — Travassostrongylus callis (Travassos, 1914).
$ : A, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, tête en vue ventrale ; C, id. en vue latérale ; B, id. en
vue apicale; E, région des ovéjeeteurs, vue latérale gauche.
(J : F, coupe transversale au milieu du corps ; G, bourse caudale, vue ventrale; H, telamon, vue ventrale ;
I, gubernaculum, vue latérale gauche.
(A, E, F, G, I : éch. 100 p ; B, C, D, H : éeh. 50 p)
Discussion
Bien que les spécimens du Didelphis marsupialis soient de dimensions légèrement infé¬
rieures, nous les identifions à Travassostrongylus callis (Travassos, 1914) car les autres
caractères (disposition des côtes bursales, forme des spiculés, présence d'une languette
gauche sur le telamon, vulve surmontée d’un repli cuticulaire) concordent.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1069
Nous notons la présence d’une dent œsophagienne dorsale, élément qui n’avait pas
été observé jusqu’à présent par les auteurs et que nous interprétons comme un caractère
primitif du genre.
Travassostrongylus orloffi Travassos, 1935
Matériel : 48 $ et 3 MNHN n° 327 Ba.
Hôte : Didelphis marsupialis L.
Localisation : intestin.
Origine géographique : Guyane française.
Re description
Structure céphalique : En vue apicale, la tête porte deux amphides, quatre papilles
céphaliques et six papilles labiales externes (fig. 2, C). La bouche est entourée d’un anneau
chitinoïde grossièrement triangulaire. On note la présence d’une dent dorsale (fig. 2, B).
Synlophe : Il est caractéristique du genre Travassostrongylus ; chez les deux sexes,
le corps est parcouru longitudinalement par dix crêtes cuticulaires qui débutent au niveau
de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau de la bourse caudale chez le mâle
et de l’anus chez la femelle. En coupe transversale, au milieu du corps, ces crêtes sont
orientées de la droite vers la gauche sur les deux faces et ont une disposition symétrique
par rapport à l’axe frontal. Les crêtes latérales droites sont plus hautes que les autres crêtes
(fig. 2, F).
Mâle : Suivant les spécimens, le corps est long de 3,6 à 4,7 mm et large de 100 à 120 p.
Chez un mâle long de 3,6 mm, la vésicule céphalique est haute de 80 p sur 40 p de large ;
l’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés respectivement à 120 p,
250 p et 270 p de l’apex. L’œsophage, long de 320 p, se différencie en parties musculaire,
de 140 p de long, et glandulaire, de 180 p (fig. 2, A). Les spiculés, subégaux, longs de 130
à 150 p ont une structure complexe, avec une extrémité distale bifide comportant une large
lame. Le telamon, de forme conique, est haut de 60 p et large de 30 p. Le gubernaculum
chitinisé, élargi dans sa partie proximale, est long de 115 p. Le cône génital est bien déve¬
loppé.
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 4,47 à 5,8 mm et large de 110
à 130 p dans sa partie moyenne. Chez une femelle de 4,47 mm de long, la vésicule céphalique
est haute de 100 p sur 60 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides
sont situés respectivement à 160 p, 265 p et 270 p de l’apex. L’appareil génital est didelphe ;
vagina vera de 30 p, vestibule de 90 p de long, sphincters de 30 p de long chacun, trompes
de 80 p chacune. Les branches utérines contiennent de 9 à 15 œufs pour la branche anté¬
rieure et de 11 à 13 œufs pour la branche postérieure. Ces œufs mesurent de 50 à 60 p de
haut sur 30 à 45 p de large (fig. 2, D). L’extrémité caudale est pointue (fig. 2, E).
1070
OUMAR TALLA DIAW
: A, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, tête en vue ventrale ; C, ici. en vue apicale ; F, coupe
transversale au milieu du corps.
Ç : D, région des ovéjecteurs, vue latérale droite ; E, extrémité postérieure, vue ventrale.
(A, D, E : éch. 100 p ; B, C, F : éch. 50 p.)
Discussion
La forme particulière des spiculés, du gubernaeulum et du telamon nous permet d’iden¬
tifier nos spécimens à Travassostrongylus orloffi Travassos, 1935, parasite de Didelphis
aurita et Metachirus nudicaudatus personatus au Brésil.
Comme pour l’espèce précédente nous notons la présence d’une dent œsophagienne
dorsale.
IL Description de nouvelles espèces
Travassostrongylus tourei n. sp.
Matériel : nombreux çf et Ç, MNHN n° 57 Ha.
Hôte : Didelphis marsupialis L.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1071
Localisation : partie antérieure de l’intestin.
Origine géographique : Guyane française.
Description
Nématodes de petite taille, courbés le long de la ligne ventrale de façon senestre. Pore
excréteur situé après la fin de l’œsophage et deirides au même niveau. En vue apicale, la
tête porte quatre papilles céphaliques, six papilles labiales externes et deux amphides.
Présence d’une dent œsophagienne dorsale (fig. 3, B).
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru par 10 crêtes cutieulaires qui
débutent au niveau de l’anneau nerveux et s’étendent jusqu’au niveau de la bourse caudale
chez le mâle et de l’anus chez la femelle. En coupe transversale, au milieu du corps, la pointe
de ces crêtes est dirigée de la droite vers la gauche sur les deux faces, mais la racine de la
crête est normale à la paroi. Les crêtes sont de même taille et disposées symétriquement
par rapport à l’axe frontal (fig. 3, C, D).
Mâle : Suivant les spécimens, le corps est long de 2,8 mm à 3 mm sur 110 p de large
dans sa partie moyenne. Chez un mâle de 2,8 mm de long, la vésicule céphalique est haute
de 70 p sur 35 p de large. L’anneau nerveux, Je pore excréteur et les deirides sont situés
respectivement à 105 p, 360 p et 365 p de l’apex. L’œsophage, long de 270 p, se différencie
en parties musculaire et glandulaire longues, chacune, de 135 p. Bourse caudale symétrique,
remarquable par ses côtes 8 qui passent sous les côtes 6 et naissent à la racine de la côte
dorsale (fig. 3, H). La côte dorsale, très courte, est divisée à sa partie postérieure en quatre
branches courtes et subégales. Elle porte à sa racine deux rameaux supplémentaires (fig. 3, L).
Les spiculés subégaux, longs de 125 p, ont une structure complexe. Leur extrémité, à trois
pointes, est enfermée dans une membrane (fig. 3, J, K). Le gubernaculum, long de 90 p,
a la forme d’une faucille (fig. 3, I). Le cône génital porte deux longues papilles 7 sur sa
lèvre postérieure (fig. 3, I). La bourse caudale est ornée par de fines stries longitudinales
occupant l’espace entre les côtes 3 et 5 et des ponctuations occupant l’espace entre les
côtes 6 (fig. 3, H).
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 2,8 mm à 3,65 mm dans sa partie
moyenne. Chez une femelle de 2,8 mm de long la vésicule céphalique est haute do 65 p
sur 35 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés respecti¬
vement à 105 p, 340 p et 351 p de l'apex. L’œsophage, long de 270 p, se différencie en
parties musculaire de 160 p de long et glandulaire de 110 p de long (fig. 3„ A). L’appareil
génital est didelphe. La vulve s’ouvre à 350 p de la pointe caudale (400 p chez un autre
spécimen). Vagina vera : 30 p ; vestibule : 42 p ; sphincter : 40 p chacun ; trompe : 70 p
chacune (fig. 3, E). Les œufs, peu nombreux, mesurent de 30 p à 40 p de haut sur 50 p
de large. La queue est longue de 110 p et porte une pointe de 12 p de long (fig. 3, F, G).
405 , 2
Fig. 3. — Travassostrongylus tourei n. sp.
, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, Ç, tête en vue apicale ; C, (J, coupe transversale au
milieu du corps ; 1), $, idem ; E, $, région des ovéjecteurs, vue latérale gauche ; F, Ç, extrémité pos¬
térieure, vue latérale droite ; G, Ç, idem ; H, <$, bourse caudale, vue ventrale ; I, (J, ensemble cône
génital, gubernaculum, spiculé, en vue ventrale ; J. <J, spiculé ; K, spiculé ; L, (J, côte dorsale, en
vue ventrale.
(A, E, F, G, H : éch. 100 p. ; B, C, I), I, J, K, L : éch. 50 p.)
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1073
Discussion
Les spécimens du Didelphis possèdent les principaux caractères du genre Travassoslron-
gijlus. Dans ce genre, seul T. paraquintus Durette-Desset, 19746, parasite d’un Melachirops
opossum originaire du Brésil présente comme nos spécimens des rameaux supplémentaires
à la racine de la côte dorsale. La disposition des côtes bursales est la même chez les deux
espèces et les spiculés possèdent trois pointes. Cependant, les deux espèces peuvent être
différenciées : par la présence de ponctuations chez les spécimens du Didelphis ; par des
papilles 7 très développées ; par des côtes 9 arrivant au même niveau que les côtes 10 1 ;
par des côtes 8 chevauchant dorsalement les côtes 6, alors que chez paraquintus, elles les
chevauchent ventralement.
Nous pensons que les spécimens du Didelphis sont nouveaux et nous les nommons
Traoassostrongylus tourei n. sp. en les dédiant, au Dr S. M. Tourè.
Graphidiops cyclopi n. sp.
Matériel : 6 16 $, MNHN n° 156 RL.
Hôte : Cyclopes didactylus L.
Localisation : duodénum.
Origine géographique : Belem, province de Para, Brésil.
Description
Nématodes de petite taille, enroulés de façon senestre le long de leur ligne ventrale
sur 2 à 3 tours de spire. Les femelles ont un enroulement plus serré que celui des mâles.
En vue apicale, la tête porte deux amphides, quatre papilles céphaliques, six papilles
labiales externes dont les médianes sont accolées aux amphides (fig. 4, D). La bouche
est entourée d’un anneau chitinoïde ovalaire (fig. 4, C).
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement et dans sa
partie moyenne par 26 à 30 crêtes cuticulaires dont 15 (<J), 16 ($) ventrales et 11 (<$), Il ($)
dorsales. Ces crêtes naissent au niveau de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au
niveau de la bourse caudale chez le mâle et d 1 l’anus chez la femelle. En coupe transver¬
sale, au milieu du corps, les crêtes apparaissent comme étant sensiblement de même hau¬
teur. L’orientation ventre-dos est très peu marquée (fig. 4, E).
Mâle : Suivant les spécimens, le corps est long de 5,1 mm à 5,2 mm et large de 95 à
100 (x dans sa partie moyenne. La vésicule céphalique est haute de 62 à 80 p sur 35 p de
large. Chez un spécimen de 5,1 mm de long, l’anneau nerveux, le pore excréteur, les deirides
sont situés respectivement à 105 p, 180 p et 185 p de l’apex. L’œsophage, long de 320 p,
se différencie en parties musculaire de 145 p de long et glandulaire de 175 p de long (fig. 4, F).
La bourse caudale est subsymétrique. Les externo-dorsales sont plus minces que les autres
1. Dans la description de T. paraquintus, l’auteur a indiqué par erreur, si l’on s’en réfère au dessin,
que les 9 étaient plus courtes que les 10, alors que c’est l’inverse.
1074
OUMAR TALLA DIAW
Fig. 4. — Graphidiops cyclopi n. sp.
A, Ç, région des ovéjecteurs, vue latérale droite; B, $, extrémité caudale, vue latérale droite; C, tête
en vue ventrale ; D, <J, id. en vue apicale ; E, coupe transversale au milieu du corps ; F, (J, extré¬
mité antérieure, vue latérale droite ; G, (J, bourse caudale, vue ventrale ; H, çj, gubernaculum, vue
dorsale ; I, (J, id. vue de profil ; J, (J, spiculé, vue de profil ; K, <J, cône génital, vue ventrale.
(A, F : éch. 100 p ; B : éch. 40 p ; C, D, E, G, H, I, J, K : éch. 50 p.)
côtes et courtes, de même que les côtes 4. La côte dorsale ne so divise que dans son quart
postérieur en quatre branches sensiblement égales (fig. 4, G). Spiculés subégaux, ailés,
longs de 420 à 440 p., de structure complexe, divisés distalement en deux branches inégales
(fig. 4, J). Le gubernaculum est en forme de manchon (fig. 4, H, I). Le cône génital, bien
développé, porte deux papilles 7 en forme de coupole sur sa lèvre dorsale et la papille zéro,
triangulaire, sur sa lèvre ventrale (fig. 4, K).
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1075
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 6,5 à 6,9 mm, sur 120 à 130 p
de large dans sa partie moyenne. La vésicule céphalique est haute de 92 p sur 160 p de
large. Chez un spécimen de 6,5 mm de long, l’anneau nerveux, le pore excréteur et les
deirides sont situés respectivement è 118 p, 225 p et 235 p de l’apex. L’œsophage, long de
350 p, se différencie en parties musculaire de 190 p de long et glandulaire de 160 p de long.
L’appareil génital est didelphe. La vulve s’ouvre à 1310 p de la pointe caudale (1270 p,
1275 p chez d’autres spécimens). La branche postérieure de l’ovéjecteur, longue de 218 p,
se compose d’un vestibule de 158 p de long et 65 p de large, d’un sphincter de 65 p de long
sur 55 p de large et d’une trompe de 95 p de long sur 65 p de large. La branche antérieure
de l’ovéjecteur, longue de 245 p, se compose d'un vestibule de 58 p de long sur 65 p de
large, d’un sphincter de 85 p de long sur 70 p de large et d’une trompe de 102 p de long
sur 50 p de large (fîg. 4, A). La queue, longue de 105 p (100 p, 230 p chez d’autres spécimens),
est pointue à son extrémité (fig. 4, B). Les œufs, au nombre d’une dizaine dans chaque
branche utérine, sont hauts de 55 à 65 p sur 38 à 45 p.
Discussion
La bourse caudale des spécimens du Cyclopes évoque celle des espèces du genre Deli-
cata Travassos, 1935, du genre Maciela Travassos, 1935, ou du genre Graphidiops Lent
et Freitas, 1938.
Les éléments les plus proches sont le groupement des côtes 2-3 d’une part, 5-6 de
l’autre, avec un lobe dorsal bien individualisé et une côte dorsale longue.
Bien que le synlophe du genre Delicata soit inconnu, il ne nous semble pas possible
d’y ranger nos spécimens car les femelles de ce genre possèdent une pointe caudale. Par
contre, le synlophe de nos spécimens évoque ceux des genres Maciela et Graphidiops, tous
deux parasites d’Edentés sud-américains. Les deux genres, bien que très proches, peuvent
être différenciés : par la longueur des spicuDs (inférieurs à 200 p chez Maciela et supérieurs
à 300 p chez Graphidiops) ; par l’hôte : le genre Maciela n’est connu que chez les Dasypo-
didae et le genre Graphidiops chez les Myrmecophagidae plus une espèce chez un Bradypo-
didae.
Nos spécimens ayant des spiculés de 420 p à 440 p de long et parasitant un Cyclopes,
nous les rangeons donc dans le genre Graphidiops.
Les spécimens du Cyclopes se différencient aisément de toutes les espèces décrites
dans le genre par le raccourcissement très marqué des côtes 8 et des côtes 4.
Nous pensons donc que nos spécimens sont nouveaux et nous proposons de les nommer
Graphidiops cyclopi n. sp.
Hoineffia cayennensis n. geu. n. sp.
Matériel : 2 $ et 5 Ç, MNHN n» 57 Ha.
Hôte : Didelphis marsupialis L.
Localisation : dernier quart de l’intestin.
Origine géographique : Guyane française.
1076
OUMAR TALLA DIAW
Description
Nématodes de petite taille, enroulés de façon senestre le long de leur ligne ventrale
sur 2 à 3 tours de spire. La position du pore excréteur est assez variable suivant les spéci¬
mens, 30 à 50 p avant ou après la fin de l’œsophage (le plus souvent en avant). Le quart
postérieur du corps chez les femelles est fortement élargi.
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par trois
arêtes cuticulaires ventrales gauches. Deux arêtes débutent à 55 p du bord de la vésicule
céphalique, la troisième au niveau de la vésicule céphalique, puis s’étendent jusqu’au niveau
de la hourse caudale chez le mâle et de la vulve chez la femelle. En coupe transversale au
milieu du corps, les arêtes sont de même taille et leur pointe est dirigée du ventre vers la
gauche (fig. 5, B).
Male : Suivant les spécimens le corps est long de 4 mm à 4,17 mm sur 110 p de large.
Chez un mâle de 4,17 mm de long et de 120 p de large dans sa partie moyenne, la vésicule
céphalique est haute de 100 p sur 30 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et
les deirides sont situés respectivement à 170 p, 380 p et 390 p de l’apex. L’œsophage est
long de 330 p (fig. 5, A). La bourse caudale est subsymétrique. Les externodorsales, longues
et grêles, naissent à la racine de la côte dorsale, puis forment un arc de cercle. La côte
dorsale se divise à la moitié de sa hauteur en quatre branches dont les deux médianes sont
les plus courtes (fig. 5, E). Les spiculés sont longs de 410 p (chez un autre spécimen ils
mesurent 380 p) ; d’une structure simple, ils sont ailés et terminés par une pointe (fig. 5, F).
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 5,4 mm à 5,9 mm sur 100 à 135 p
de large dans sa partie moyenne. Chez une femelle de 5,77 mm de long et de 100 p de large
dans sa partie moyenne, atteignant 120 p dans son quart postérieur, la vésicule céphalique
est haute de 100 p sur 35 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides
sont situés respectivement à 170 p, 340 p et 350 p de l’apex. L’œsophage est long de 410 p.
L’appareil génital est monodelphe. La vulve s’ouvre à 130 p de l’extrémité caudale. L’ové-
jecteur se compose d’un vagina aéra de 35 p de long, d’un vestibule de 80 p de long, d’un
sphincter de 50 p de long et d’une trompe de 105 p de long. L’utérus, long de 2 mm, contient
10 œufs de 50 p de haut sur 30 p de large. La distance anus-vulve est de 65 p (elle atteint
80 p au maximum). La queue est longue de 50 p et terminée par une pointe recourbée
ventralement (fig. 5, C). Quatre replis cuticulaires chitinisés, deux ventraux droits et deux
ventraux gauches, entourent l’anus. En vue ventrale, les phasmides sont bien visibles
(fig. 5, D).
Discussion
Les spécimens nous paraissent particulièrement intéressants : la inonodelphie jointe
aux caractères du synlophe (3 petites arêtes ventrales gauches avec une forte dilatation
cuticulaire) évoquent le genre Viannaia Travassos, 1914. Par contre, la bourse caudale
est typiquement celle des deux Traaassostrongylus Orloff, 1933, que l’on peut considérer
comme les plus primitifs de leur genre ( T. quintus et T. paraquintus).
Fig. 5. — Hoineffia cayennensis n. gen. n. sp.
A, (J, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, <J, coupe transversale au milieu du corps ; C, Ç, extré¬
mité postérieure, vue latérale droite ; D, Ç, id. montrant les ornementations caudales ; E, bourse
caudale, vue ventrale ; F, (J, spiculé, vue ventrale.
Moennigia desselae n. sp. (= Moennigia sp. Durette-Desset, 1974).
G, (J, spiculé.
(A, C, E : écli. 100 u. ; B, D, F : éch. 50 p. ; G : éch. 40 p.)
1078
OUMAR TALLA DIAW
Il nous paraît donc nécessaire de créer un nouveau genre pour ranger ces spécimens
et nous proposons de le nommer Hoineffia n. gen. en hommage à Madame H. Kohn-Hoi-
neff de l’Institut Oswaldo Cruz.
Nous en donnons la définition suivante :
Viannaiinae avec synlophe constitué par trois arêtes ventrales dont la pointe est dirigée de
la droite vers la gauche. Bourse caudale subsymétrique avec côtes 4 plus courtes que les autres
côtes, côtes 5 et 6 parallèles, côtes 2 et 3 très longues. Côte dorsale courte. Côte 8 naissant à la
racine de la côte dorsale. Spiculés simples à extrémité pointue. Femelle monodelphe. Parasite de
Marsupiaux sud-américains.
Espèce-type unique : Hoineffia cayennensis n. gen. n. sp., parasite de Didelphis marsupialis
en Guyane française.
Moennigia dessetae n. sp.
(= Moennigia sp. Durette-Desset, 1974)
Matériel : 1 2 Ç, MNHN n° 327 BA.
Hôte : Didelphis marsupialis L.
Localisation - : intestin antérieur.
Origine géographioue : Guyane française.
Nos spécimens sont tout à fait identifiables au Moennigia sp. décrit par Durette-
Desset, 19746, chez un Metachirops opossum également de Guyane française. L’auteur a
noté les grandes affinités des spécimens du Metachirops avec l’espèce-type du genre : M. moen-
nigi Travassos, 1935, mais a préféré ne pas identifier ses spécimens à l’espèce-type. En effet,
il/, moennigi est deux fois plus grand que les spécimens du Metachirops et le rapport des
distances vulve-extrémité caudale sur anus-extrémité caudale est différent.
Nous pouvons confirmer la séparation des deux espèces car les spiculés de M. moennigi
possèdent trois pointes à leur extrémité, tandis que les spécimens de la seconde espèce
n’en ont que deux (fig. 5, G).
Heligmostrongylus echimyos n. sp.
Matériel : 2 dont un en mauvais état, 6 Ç, MNHN n° 517 Sa.
Hôte : Echimys armatus Cuvier.
Localisation : intestin.
Origine géographique : Guyane française.
Description
Nématodes présentant chez les deux sexes un enroulement senestre le long de la ligne
ventrale, suivant 2 à 7 tours de spire. Les femelles sont deux fois plus grandes que les
mâles.
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 11 arêtes
cuticulaires. Ces arêtes naissent sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et s’étendent
jusqu’au niveau de la bourse caudale chez le mâle et de l’anus chez la femelle. En coupe
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1079
transversale, au milieu du corps, on compte 5 arêtes dorsales, 6 arêtes ventrales et 2 arêtes
gauches hypertrophiées formant la carène. Sur les deux faces ces arêtes sont dirigées de
la droite vers la gauche. Les arêtes dorsales sont plus petites que les arêtes ventrales (fig. 6, C).
Mâle : Corps long de 7,4 mm et large de 140 p. dans sa partie moyenne. La vésicule
céphalique est haute de 62 p sur 38 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et
les deirides sont situés respectivement à 140 p, 390 p et 290 p de l’apex. L’œsophage est
long de 380 p (fig. 6, D). Bourse caudale subsymétrique. Les côtes externo-dorsales sont
longues et la côte dorsale se divise presque à sa racine en deux branches égales, sans divi¬
sion ultérieure (fig. 6, E). Le cône génital est peu développé. Les spiculés sont subégaux,
ailés et longs de 735 p ; gubernaculum non observé.
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 10,4 mm à 13,9 mm et large de
170 p dans sa partie moyenne. Chez une femelle de 13,4 mm de long, la vésicule céphalique
est haute de 60 p sur 40 p de large ; l’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides
sont situés respectivement à 145 p, 350 p et 280 p de l’apex. L’œsophage est long de 395 p.
L’appareil génital est monodelphe. La vulve s’ouvre à 390 p de la pointe caudale. L’ové-
jectcur se compose d’un vagina ocra long de 70 p, d’un vestibule long de 200 p, d’un sphinc¬
ter de 60 p de long et d’une trompe de 280 p de long. La longueur de l’utérus varie de 1,8 mm
à 2 mm (fig. 6, A). Entre l’utérus proprement dit et la trompe, il existe une partie à paroi
très épaisse, longue de 2 mm, qui fait peut-être olïice de « spermathèque » (fig. 6, B). Les
œufs, très nombreux, sont hauts de 80 p sur 40 p de large. La queue est longue de 105 p.
Discussion
Les spécimens de VEchimys présentent les principaux caractères du genre Heligmo-
strongylus Travassos, 1917 (carène, soutenue par deux arêtes gauches hypertrophiées, cinq
arêtes dorsales et six arêtes ventrales).
H. elegans (Travassos, 1921) est à notre connaissance la seule espèce qui présente,
comme nos spécimens, un organe différencié entre la trompe et l’utérus et qui pourrait
être interprété, selon Durette-Desset, 19686, comme une spermathèque. Elle se diffé¬
rencie immédiatement de nos spécimens par une côte dorsale courte, des côtes 3 et 4 paral¬
lèles sur la plus grande partie de leur trajet et des côtes 6 très courtes.
Parmi les autres espèces du genre quatre espèces possèdent, comme nos spécimens,
chez le mâle une côte dorsale très longue et chez la femelle une distance anus-vulve élevée :
I. Heligmostrongylus sedecimradiatus (Linstow, 1899) parasite de divers Caviomorphes
au Brésil se distingue de nos parasites par des côtes 10 plus longues que les côtes 8 et une
naissance asymétrique de ces dernières sur la côte dorsale. De plus les côtes 6 sont très
longues.
2. Heligmostrongylus differens Lent et Freitas, 1938, parasite de Coendu insidiosus
au Brésil se différencie par le faible écart de l’extrémité des côtes 2 et 3, par des côtes 4
et 5 parallèles sur tout leur trajet et par des côtes 8 nettement plus courtes que les côtes 10.
3. Heligmostrongylus bocqueti Durette-Desset, 1970, parasite de Dasyprocta fuliginosa
au Brésil est caractérisé par un élargissement de la bourse caudale. De plus, l’écart entre
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1081
les côtes 2 et 3 est très important, les côtes 4 et 5 sont parallèles sur la plus grande partie
de leur trajet. Enfin les arêtes ventrales et dorsales sont de petite taille.
4. Heligmostrongylus crucifer Travassos, 1943, parasite de Cercomys cunicularius au
Brésil, est l’espèce qui paraît la plus proche de nos spécimens, mais les extrémités des
côtes 2 et 3 sont très rapprochées, les côtes 3 et 4 sont parallèles sur la plus grande partie
de leur trajet, enfin chez la femelle, la queue est presque de la même longueur que la dis¬
tance anus-vulve.
En plus de tous ces caractères différentiels, nous devons noter que les spécimens de
VEchimys présentent la particularité de ne pas avoir de côtes 9 individualisées, ce qui est
le cas chez tous les autres Heligmostrongylus. Même si ce caractère est tératologique (les
deux seuls mâles du lot présentaient ce caractère), nous pensons cependant que les spéci¬
mens de VEchimys sont nouveaux et nous les nommons Heligmostrongylus echimyos n. sp.
Hassalstrongylus chabaudi n. sp.
Matériel : 23 31 Ç, MNHN n» 341 U.
Hôte : Wiedomys pyrrhorinus (Wied).
Localisation : duodénum.
Origine géographique : Exu, Pernambuco. Brésil.
Description
Nématodes de petite taille présentant chez les deux sexes un enroulement senestre
assez lâche le long de la ligne ventrale, seule la partie antérieure formant des tours de spire
de 2 à 3 chez le mâle et de 2 chez la femelle.
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 24 arêtes
cuticulaires dont 13 ventrales et 11 dorsales. Ces arêtes naissent à 70 p de l’apex et s’étendent
jusqu’au niveau de la bourse caudale chez le mâle et de l’extrémité caudale chez la femelle.
En coupe transversale, au milieu du corps, les arêtes sont dirigées de la droite vers la gauche.
Les arêtes ventrales droites et dorsales gauches sont un peu plus petites que les arêtes
dorsales droites et ventrales gauches (fig. 7, B, D).
Mâle : Suivant les spécimens, le corps est long de 4,37 mm à 4,45 mm sur 140 à 150 p
de large dans sa partie moyenne. Chez un mâle de 4,37 mm de long, l'anneau nerveux, le
pore excréteur et les deirides sont situés respectivement à 95 p, 306 p et 315 p de l’apex.
L’œsophage mesure 322 p (fig. 7, A). La bourse caudale est asymétrique ; le lobe droit
(200 p de haut sur 235 p de large) est plus grand que le gauche (190 p de haut sur 200 p
de large) (fig. 7, E). Les spiculés sont subégaux (470 p pour le spiculé gauche et 480 p pour
le spiculé droit), ailés et se terminent par une pointe unique (fig. 7, F). Le gubernaculum
a une forme losangique et mesure 45 p de haut sur 27 p de large (fig. 7, G). Le cône génital,
de forme triangulaire, est haut de 50 p sur 40 p de large et porte sur sa lèvre postérieure
les deux papilles 7 arrondies. La côte dorsale se divise à son tiers antérieur en deux branches
égales qui elles-mêmes sont bifides (fig. 7, E).
corps ; C, Ç, e:
E, 3, bourse
NEMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1083
Femelle : Chez une femelle longue de 6,2 non et large de 130 [T dans sa partie moyenne,
la vésicule céphalique est haute de 60 p. sur 40 p. de large. L’anneau nerveux, le pore excré¬
teur et les deirides sont situés respectivement à 100 p, 330 p, et 340 p, de l’apex. L’œsophage
est long de 370 p. L’appareil génital est monodelphe. La vulve s’ouvre à 220 p de la pointe
caudale. L’ovéjecteur se compose d’un oagina vera de 30 p de long sur 5 p de large, d’un
vestibule de 85 p de long sur 45 p de large et d’un sphincter de 45 p de long sur 42 p de
large. La trompe mesure 120 p. L’utérus est long de 900 p et contient un grand nombre
d’œufs qui mesurent 61 p de haut sur 40 p de large. La queue très courte et pointue mesure
35 p (fig. 7, C).
Discussion
Nos spécimens possèdent les principaux caractères du genre Hassalstrongylus Durette-
Desset, 19716, en particulier ceux du synlophe ; les arêtes sont orientées non par rapport
à l’axe frontal mais par rapport à l’axe de symétrie fonctionnel du Ver.
Les espèces les plus proches sont H. epsilon (Travassos, 1937) parasite de Nectomys
squamipes au Brésil et H. hoineffae (Durette-Desset, 1969) parasite d ’Oryzomys nigripes
et de Calomys callosus dans la même région. En effet le nombre d’arêtes cuticulaires est
pratiquement le même : 22 chez H. epsilon et 22 à 24 chez H. hoineffae. De plus, la disposi¬
tion des côtes hursales est proche, la bourse caudale symétrique et le cône génital peu déve¬
loppé. Nous différencions cependant nos spécimens A'H. epsilon car cette dernière est deux
fois plus petite que nos spécimens, avec des spiculés quatre fois plus courts ; l’extrémité
des côtes 6 est située à égale distance de celle des côtes 5 et 8 et la distance anus-vulve
est pratiquement égale à la longueur de la queue. Chez H. hoineffae également, l’extrémité
des côtes 6 se trou ve à mi-distance de celle des 5 et des 8. De plus il existe un cône génital
très ehitinisé. Nous pensons donc qu’il faut séparer les spécimens du Wiedomys et nous
les nommons Hassalstrongylus chahaudi n. sp. en les dédiant au Professeur A. G. Chabaud.
Hassalstrongylus echalieri n. sp.
Matériei. : Très nombreux $ et Ç, MNHN n° 516 Sa.
Hôte : Oryzomys sp. Beird.
Localisation : duodénum et intestin.
Origine géographique : Guyane française.
Description
Nématodes de petite taille (2 à 3 mm de long), enroulés de façon senestre sur un à
deux tours de spire le long de leur ligne ventrale. Certains ont un enroulement très lâche.
Synlophe : chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement dans sa partie
moyenne par 22 arêtes cuticulaires dont 13 ventrales et 9 dorsales. Les arêtes naissent sur
1084
OUMAR TALLA DIAW
le bord postérieur de la vésicule céphalique et disparaissent chez le mâle au niveau de la
bourse caudale et chez la femelle au niveau de l’anus. En coupe transversale, les arêtes
sont dirigées de la ligne droite, ventrale-droite vers la ligne gauche, dorsale-gauche sur les
deux faces. Les arêtes gauches, ventrales et dorsales par rapport à l’axe d’orientation des
arêtes (non par rapport à l’axe frontal) sont plus développées que les autres arêtes (fig. 8,
B, D).
Mâle : Suivant les spécimens, le corps est long de 2,3 à 2,6 mm sur 80 à 100 p de large
dans sa partie moyenne. Chez un mâle de 2,3 mm de long, l’anneau nerveux, le pore excré¬
teur et les deirides sont situés respectivement à 75 jx, 200 p et 205 p de l’apex. La vésicule
céphalique est haute de 55 p sur 25 p de large. L’œsophage, long de 250 p, présente une
différenciation en parties musculaire de 115 p de long et glandulaire de 145 p de long. La
bourse caudale est asymétrique avec un lobe droit de 115 p de haut sur 145 p de large, et
un lobe gauche de 135 p de haut sur 100 p de large. La côte dorsale est divisée à moitié
de sa hauteur en deux rameaux eux-mêmes bifides (fig. 8, G). Le cône génital, de forme
triangulaire, mesure 40 p de haut sur 35 p de large (fig. 8, G). Les spiculés sont subégaux,
ailés, longs de 150 p (175 p chez un autre spécimen). Leur extrémité est pointue mais entourée
d’une membrane. A environ 20 p en avant de la pointe, on trouve trois lames transversales
situées ventralemcnt, et dirigées vers la droite pour le spiculé droit et la gauche pour le.
spiculé gauche (fig. 8, H, I). Le gubernaculum, chitinisé, de forme losangique, est haut
de 25 p sur 17 p de large (fig. 8, G).
Femelle : Suivant les spécimens, le corps est long de 2,5 mm à 2,7 mm sur 120 p de
large dans sa partie moyenne. Chez une femelle de 2,5 mm de long, la vésicule céphalique
est haute de 50 p sur 25 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont
situés respectivement à 85 p, 200 p et 230 p de l’apex. L’œsophage, long de 285 p, se diffé¬
rencie en parties musculaire, de 120 p de long, et glandulaire, de 165 p de long (fig. 8, A).
Les glandes excrétrices, bien nettes, débutent à 156 p de l’apex. L’appareil génital est
monodelphe. La vulve s’ouvre à 105 p de la pointe caudale (fig. 8, E) (à 55 p chez un autre
spécimen dont l’extrémité caudale est recourbée (fig. 8, F)). L’ovéjecteur se compose d’un
vagina vera de 50 p de haut sur 5 p de large, d’un vestibule de 75 p de long sur 40 p de large,
d’un sphincter de 25 p de long sur 35 p de large et d’une trompe de 95 p de long sur 30 p
de large (fig. 8, E). L’utérus, long de 600 à 700 p, contient 8 œufs qui mesurent 55 p de long
sur 40 p de large. La queue, pointue, est longue de 40 p. Certaines femelles ont la queue
recourbée, d’autres l’ont rectiligne (fig. 8, E, F). La distance anus-vulve varie de 20 à 60 p.
Larves du 4 e stade : Nous avons trouvé 5 larves du 4 e stade, enroulées sur 3 à 4 tours
de spire le long de leur ligne ventrale. Elles mesurent 1,3 mm à 1,52 mm de long sur 50 p
de large. Le corps présente trois arêtes cuticulaires ventrales gauches et une arête latérale
droite (fig. 8, C).
Discussion
Nos spécimens possèdent les principaux caractères du genre Hassalstrongylus et en
particulier ceux du synlophe. Dans ce genre, 4 espèces possèdent comme les spécimens de
NEMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1085
Fig. 8. — H assalstrongylus echalieri n. sp.
A, Ç, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, coupe transversale au milieu du corps ; C, 4 e stade
larvaire, coupe transversale au milieu du corps ; D, coupe transversale au milieu du corps ; E, Ç,
extrémité postérieure, vue latérale droite ; F, autre spécimen $, idem ; G, bourse caudale, vue ventrale ;
H, $, pointe du spiculé gauche ; I, (J, pointe du spiculé droit.
(A, E, F : éch. 100 p ; B, C, D, G : éch. 100 p ; H, I : éch. 40 p.)
]' Oryzomys une bourse caudale subsymétrique avec des côtes bursales disposées en éventail
et un cône génital bien développé.
Ce son! II. argentina (Freitas, Lent et Almeida, 1937) parasite d 'Holochilus halnearum
en Argentine : //. musculi (Dikrnans, 1935) parasite de Mus musculus et A'Oryzomys palus-
tris aux USA ; H. lichtenfelsi Durette-Desset, 1974a, parasite A’Oryzomys palustris aux
USA et //. forresteri Durette-Desset, 1974a (= Hassalstrongylus musculi sensu Durette-
Desset. 1972, nec Dikmans, 1935) parasite A’Oryzomys palustris aux USA. Les spécimens
1086
OUMAR TALLA DIAW
étudiés ci-dessus se différencient, aisément de toutes ces espèces par la forme différente
du cône génital et par la présence de lames transversales sur la pointe des spiculés.
Nous pensons donc qu’ils sont nouveaux et nous les nommons Hassalslrongylus eclui-
lieri n. sp. en les dédiant au Professeur G. Eciialier.
Stilestrongylus moreli n. sp.
Matériel : Nombreux et $, MNHN, n° 634 M-Types,
Hôte : Phyllotis boliviensis Waterhouse.
Localisation : intestin.
Origine géographique : Rio Lepture, Bolivie.
Autre matériel : et $ parasites du même hôte dans la même région, MNHN, n° 635 M.
Description
Nématodes de petite taille présentant un enroulement senestre le long de leur ligne
ventrale suivant 1 à 2 tours de spire. Glandes excrétrices bien développées. Pore excréteur
situé très en arrière, peu avant la fin de l’œsophage.
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 26 arêtes
cuticulaires qui débutent sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et s’étendent
jusqu’au niveau de la bourse caudale chez le mâle et de l’anus chez la femelle. En coupe
transversale, au milieu du corps, ces arêtes sont dirigées de la droite vers la gauche sur les
deux faces. Les arêtes gauches sont plus développées que les arêtes droites (fig. 9, C, D).
Mâle : Suivant les spécimens le corps est long de 2,5 mm à 4 mm et large de 160 p
dans sa partie moyenne. Chez un mâle de 2,5 mm de long, la vésicule céphalique est haute
de 76 p sur 22 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés
respectivement à 180 p, 300 p et 320 p de l’apex. L’œsophage est long de 385 p (fig. 9, E).
La bourse caudale est fortement asymétrique avec le lobe droit plus développé (235 p de
haut sur 242 p de large) que le gauche (150 p de haut sur 180 p de large). Côtes 2 et 3 séparées
sur la plus grande partie de leur trajet et sensiblement de même longueur. Côte 4 droite
plus courte que la côte 5 adjacente, côte 4 gauche plus longue que la côte 5 adjacente (fig. 9,
F). Côte dorsale assez longue, se divisant suivant les spécimens soit à moitié, soit au tiers
postérieur de sa longueur, en deux branches subégales (85 p pour la gauche et 80 p pour
la droite, elles-mêmes divisées en courts rameaux). Les côtes externo-dorsales naissent
asymétriquement sur la côte dorsale, la droite naissant plus bas (fig. 9, G). L’externo-dorsale
gauche est plus développée que la droite. Les spiculés subégaux, ailés, sont longs de 1000 p
(1030 p chez un autre spécimen), leur extrémité distale est recourbée (fig. 9, H). Le guber-
naculum est haut de 50 p sur 35 p de large. Le cône génital, de forme triangulaire, est très
développé et mesure 135 p dans sa partie antérieure la plus large. La partie postérieure
est arrondie (fig. 9, F).
Femelle : Selon les spécimens, le corps est long de 5 mm à 7,74 mm et large de 170 p
dans sa partie moyenne. Chez une femelle de 5 mm de long, la vésicule céphalique est haute
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDEA PARASITES
1087
Fig. 9. — Stileslrongylus moreli n. sp.
A, $, extrémité postérieure, vue ventrale ; B, $, extrémité caudale, vue ventrale ; G, <J, coupe transversale
au milieu du corps ; D, $, id. ; E, <J, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; F, <$, bourse caudale,
vue ventrale ; G, (J, côte dorsale et côtes 8, vue ventrale ; H, çj, pointe d’un spiculé.
(A : éch. 200 p ; B : éch. 100 p ; C, D, E, G, H : éch. 150 p ; F : éch. 50 p.)
de 70 p sur 25 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés
respectivement à 210 p, 330 p et 350 p de l’apex. L’œsophage est long de 460 p. L’appareil
génital est monodelphe. La vulve s’ouvre à 80 p de l’extrémité caudale. L’ovéjecteur, très
long, se compose d’un vagina vera long de 70 p, d’un vestibule de 190 p de long, d’un sphinc¬
ter de 50 p de long et d’une trompe de 200 p de long. L’utérus, long de 1 mm (1,5 mm chez
1088
OUMAR TALLA DIAW
un autre spécimen), occupe presque toute la largeur du corps et contient de très nom¬
breux œufs (15, jusqu’à 25 chez d’autres spécimens), qui mesurent 70 p. de haut sur 35 p
de large (fig. 9, A). La queue est longue de 30 p et porte une sorte d’épine de 25 p de long.
Cette queue est invaginable (fig. 9, B).
Discussion
Par l’hypertrophie du cône génital et les caractères du synlophe, nos spécimens peuvent
être rangés dans le genre Stilestrongylus Freitas, Lent et Almeida, 1937, parasite de Cri-
cetidés néotropicaux.
Parmi les espèces du genre, trois présentent comme nos parasites, une bourse caudale
asymétrique avec un lobe droit plus développé et des côtes 4 droites plus courtes que les
5 adjacentes, des côtes 4 gauches plus longues que les 5 adjacentes. Ces espèces sont les
suivantes :
1. Stilestrongylus barusi Durette-Desset, 1971a, parasite de Nectornys alfari en Colom¬
bie, se différencie de nos parasites par des côtes 2 très peu développées par rapport aux 3,
par la naissance des côtes 8 (avec la côte gauche naissant plus haut que la côte droite),
par un cône génital n’ayant que le tiers de la hauteur de la côte dorsale, par des spiculés
à extrémité pointue et par une queue non invaginable chez la femelle.
2. Stilestrongylus freitasi Durette-Desset, 1968a, parasite de Zygodontomys lasiurus au
Brésil, se distingue de nos spécimens par une asymétrie moins marquée de la bourse cau¬
dale, par des côtes 2 et 3 jointives sur la plus grande partie de leur trajet, par la terminaison
simple des deux branches de la dorsale, et par des spiculés à extrémité pointue et plus courts
pour une longueur égale.
3. Stilestrongylus stilesi Freitas, Lent et Almeida, 1937, parasite d ’Holochilus balnearum
en Argentine, nous paraît être l’espèce la plus proche par la disposition générale des côtes
bursales. Elle se différencie cependant des spécimens du Phyllotis par la position antérieure
du pore excréteur, par des côtes 2 et 3 jointives sur presque tout leur trajet et par la termi¬
naison simple des deux branches de la dorsale.
Les spécimens du Phyllotis nous paraissent nouveaux, et nous les nommons Stilestron¬
gylus moreli n. sp. en les dédiant au Docteur P. Morel.
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Manuscrit déposé le 5 janvier 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 405, sept.-oct. 1976,
Zoologie 282 : 1065-1089.
Achevé d’imprimer le 28 février 1977.
Compléments morphologiques à l’étude de
Chiropteronema globocephala Sandground, 1929
(Nematoda Trichostrongyloidea)
Remarques sur la position systématique
et les affinités phylétiques du genre
par Marie-Claude Durette-Desset et Roselyne Tcheprakokf *
Résumé. — Le mâle de Chiropteronema globocephala Sandground, 1929, est redécrit chez un
Arlibeus jamaicensis de Guyane française. L’espèce présente une double atrophie de la bourse
caudale et du synlophe. Il est interprété comme un Molineinac très évolué, formant avec Bidigi-
ticauda, l’autre genre parasite de Chauve-souris frugivores, une petite lignée bien individualisée.
Abstract. The male of Chiropteronema globocephala Sandground, 1929, is redescribed in
a Artiheus jamaicensis of French Guyana. The species shows a double atrophy of the caudal
bursa and of the synlophe. It is interpreted as a very evolved Molineina ;, whieh forms, together
wilh Bidigilicauda, the other genus of fruit-eating Bats, a well separated lineage.
Lors d’un travail en collaboration avec A. G. Chabaud (1975) sur les Trichostrongyloi¬
dea parasites de Microchiroptères, nous avions tenté d’analyser la composition de l’hel-
minthofaune et nous avions formulé des hypothèses sur sa formation. Cependant, le syn¬
lophe d’un certain nombre de genres restait inconnu et, en particulier, celui du genre Chi¬
ropteronema, parasite de Microehiroptères frugivores.
Grâce à l’obligeance de M. Chauvency, du Laboratoire de Mammalogie du Muséum
national d’ilistoire naturelle, nous avons eu communication d’une vingtaine d’intestins
de Chauve-souris originaires de Guyane française.
Deux seulement de ces Microchiroptères ( Artibeus jamaicensis lituratus Licht.) étaient
frugivores et un seul était parasité par un Trichostrongyle mâle se trouvant dans l’intes¬
tin L Nous avons identifié ce spécimen à Chiropteronema globocephala Sandground, 1929,
que nous redécrivons ci-après en insistant sur le synlophe qui n’était pas connu.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par 45 ondulations cuticulaires
qui débutent eu arrière du capuchon céphalique et s’étendent jusqu’en avant de la bourse
caudale. Ces ondulations sont espacées à peu près régulièrement et de hauteur semblable
sauf l’ondulation située en face de chaque champ latéral, qui est légèrement plus petite
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris-Cedex 05.
1. Nous remercions vivement M. J. L. Berthikr, du Laboratoire de Mammalogie du Muséum, qui
nous a fourni les déterminations des Chauve-Souris.
Fig. 1. — Chiropteronema globocephala Sandground, 1929. Mâle.
A, tête en vue apicale ; B, tête, détail de la bouche et de la dent dorsale ; C, coupe transversale au milieu
du corps ; D, extrémité antérieure, vue latérale droite ; E, détail des crêtes cuticulaires au niveau du
champ latéral gauche ; F, détail du cône génital, montrant les papilles 7 ; G, cône génital et extrémité
distale des spiculés ; H, bourse caudale non étalée, vue ventrale ; I, bourse caudale, lobe gauche étalé,
vue ventrale ; J, côtes dorsale et externo-dorsales, vue ventrale.
(A, C, H, I : éch. 200 p. ; B, G, J : éch. 100 p. ; D : éch. 300 p, ; E, F : éch. 50 p..)
CHIROPTERONEMA GLOBOCEPHALA SANDGROUND
1093
(fig. 1, C). A un fort grossissement, on constate que chaque ondulation est constituée par
un soulèvement cuticulaire soutenu par une formation arrondie, peut-être de nature chi-
tinoïde (fig. 1, E).
Tête : En vue apicale, la tête porte 2 amphides, 4 papilles labiales externes et 4 papilles
céphaliques. L’ouverture buccale est ovalaire. Il existe une dent dorsale (fig. 1, A, 13).
Partie antérieure : Chez ce spécimen long de 10,8 mm et large de 330 p. dans sa partie
moyenne, le capuchon céphalique en forme de demi-cercle est haut de 150 p sur 250 p
de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 530 p, 600 p
et 660 p de l'apex. Œsophage long de 580 p (fig. 1, D).
Partie postérieure : Bourse caudale petite par rapport au corps, avec cependant une
côte dorsale bien développée (fig. 1, H, I, J). Cône génital de forme triangulaire, haut de
50 p sur 100 p dans sa partie la plus large. La lèvre antérieure, nettement plus courte que
la postérieure, porte la papille zéro arrondie. Les deux papilles 7 portées par la lèvre posté¬
rieure sont réduites à deux filets nerveux (fig. 1, F). Le gubcrnaculum n’a pas été vu.
Spiculés longs de 440 p, portant deux ailes qui débutent à 105 p de la partie antérieure.
N’ayant qu’un seul spécimen, nous n’avons pu disséquer les spiculés. Leur extrémité dis¬
tale paraît se diviser en trois branches, la branche externe étant recourbée vers l’intérieur
et la branche interne soutenant l’aile. La pointe des six branches est enveloppée dans une
membrane commune (fig. 1, G).
Discussion
Chiropteronema globocephala a été décrit une première fois par Sandground sur un
seul spécimen mâle, trouvé dans l’intestin d’un Artibeus jamaicensis originaire du Yueatan
(Mexique). Chitwood, en 1938, a redécrit l’espèce trouvée dans l’estomac du même hôte
et dans la même région en y ajoutant la description de la femelle.
Les caractères du spécimen étudié ci-dessus correspondent parfaitement à la des¬
cription de Chitwood mais s’opposent sur plusieurs points à celle de Sandground (en
particulier la forme des spiculés et l’absence de gubernaculum chez nos spécimens).
Cependant, n’ayant qu’un seul spécimen à notre disposition, nous préférons suivre
Chitwood qui a identifié ses spécimens à ceux de Sandground, et nous considérons notre
spécimen comme identifiable à Chiropteronema globocephala.
La réduction de la bourse caudale de cette espèce-type unique a été soulignée par tous
les auteurs et avait même conduit Sandground à la classer dans les Métastrongylides.
Il nous semble que l’atrophie porte aussi sur le synlophe, constitué de nombreuses
ondulations, peu marquées. Comme nous l’avions suggéré (1975), ces modifications mor¬
phologiques sont peut-être dues au changement de biotope, avec passage d’un intestin
d’insectivore à celui d’un Frugivore.
Nous interprétons donc ce genre comme un Molineinae très évolué, ayant conservé
certains caractères primitifs, tels que la présence d’une dent œsophagienne et des pointes
caudales sur la queue de la femelle, mais présentant également des caractères très évolués,
avec la double atrophie de la bourse caudale et du synlophe.
1094
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET ROSELYNE TCHEPRAKOFF
Ce genre, avec probablement Bidigiticauda Chitwood, 1938, formerait donc une petite
lignée très spécialisée issue des Molineinae.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 30 décembre 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 405, sept.-oct. 1976,
Zoologie 282 : 1091-1094.
Achevé, d’imprimer le 28 février 1977.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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