BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
286
N* 409 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070,
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 409, septembre-octobre 1976, Zoologie 286
Les Araignées des îles Mascareignes
(îles Maurice, de La Réunion et Rodriguez)
par Roland Legendre *
Résumé. — Liste par familles des 66 espèces d’Araignées signalées des îles Mascareignes
(océan Indien).
Abstract. — A list of families is given for the 66 species of Spiders recorded from the Masca-
rene Islands (Indian Océan).
Nous avons pu, grâce à l’amabilité de son Directeur, le Dr C. Michel, examiner les
collections d’Araignées du Mauritius Institute où se trouvent regroupées les collections
zoologiques nationales de l’île Maurice ; j’ai pensé qu’il serait souhaitable de comparer
les données faunistiques de cette île avec celles de sa voisine immédiate, l’île de la Réunion ;
malheureusement il ne semble pas exister l’homologue du Mauritius Institute dans cette
île et les collections d’Araignées réunionnaises sont sporadiques et mal localisées ; en fait,
la collection d’Auguste Vinson (qui fut le pionnier de l’arachnologie dans cette partie de
l’océan Indien vers les années 1860-1870) semble avoir complètement disparu, car elle
n’existe pas à la Réunion et ne se trouve pas non plus au Muséum national d’Histoire natu¬
relle de Paris. Avec quelques collections personnelles fragmentaires et limitées à de grosses
espèces (que j’ai pu réaliser au cours de trop brefs séjours à l’île Maurice (1959-1961-1964)
et à l’île de la Réunion (1959, 1964)), ainsi qu’à partir de travaux de synthèse comme ceux
de C. Roewer (1942-1954) et P. Bonnet (1945-1961), je vais tenter de donner un regrou¬
pement synthétique du peuplement aranéologique des îles Mascareignes.
Si l’on s’en tient aux chiffres bruts, on constate que pour les îles Mascareignes 66 espèces
d’Araignées sont signalées et que sur ces 66 espèces moins de la moitié (21 espèces) se
trouve également sur l’île Maurice et à la Réunion ; il y a donc là une apparente disparité
de peuplement pour deux îles relativement proches et ayant un passé géologique commun
d’îles volcaniques.
Orthognathes
Deux espèces de Mygales sont signalées de l’île Maurice alors qu’aucune espèce n’a,
jusqu’ici, été répertoriée de la Réunion ; en fait, une espèce mentionnée sous le nom de
*Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue de Buffon, 75005
Paris et Laboratoire de Zoologie (Morphologie et Écologie) de V Université de Montpellier II, place E. Batail¬
lon, 34060 Montpellier Cedex.
09. 1
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ROLAND LEGENDRE
Mygale brunnea Latreille, 1818, est un nometi nudum (P. Bonnet, 1945-1961) ne corres¬
pondant à rien de précis et qu'il ne faut pas cou fondre avec Mygale brunnea Nicolet, 1849,
qui est une authentique Mygale du Chili.
L’autre Mygale est une Barychelidae appartenant à un genre endémique Tigidia :
Tigidia mauritiana Simon, 1892. On ne connaît qu’un seul spécimen de cette espèce, le
type, qui se trouve dans les collections Simon du Muséum national d’Histoire naturelle de
Paris. Une autre Barychelidae est signalée des Séchelles : Sason seychellanus Simon, 1897.
Le genre Sason a des représentants dans la région indo-malaise et diffère nettement du
genre Tigidia (P. L. G. Benoit, 1965).
Il serait vain de vouloir épiloguer sur de si maigres données : on ne connaît rien de
la biologie de Tigidia mauritiana (qui fort vraisemblablement creuse un terrier). Cependant,
l’étude des Mygales et plus spécialement des Barychelidae mériterait d’être réalisée car
ce sont de bons indicateurs biogéographiques, bien représentés en Afrique et à Madagascar.
Ulokohidae
Trois Ulohoridae sont signalées des Mascareignes : Uloborus geniculatus (Olivier, 1789),
Uloborus aanillarum Vinson, 1863, Uloborus aureus Vinson, 1863.
La première espèce (U. geniculatus ) ne présente qu’un intérêt biogéographique res¬
treint car c’est une espèce pantropicale qui marque une certaine préférence pour les lieux
habités. La seconde espèce (U. vanillarum) n’est connue que de l’île Maurice et de la Réu¬
nion ; c’est une petite Araignée de 4 à 5 millimètres de long, de couleur fauve ; elle tisse
une toile fine et lâche entre les gousses et les feuilles de vanilliers (A. Vinson, 1863). Deux
autres Ulohores ont été décrites par A. Vinson (1863) : Uloborus borbonicus et U. aureus.
La première, U. borbonicus, est synonyme d'U. geniculatus. U. aureus est une bonne
espèce dont seule la femelle est décrite comme une petite Araignée de 5 à 6 millimètres,
de couleur chamois ; le mâle est inconnu.
On connaît deux Uloboridae des îles Séchelles, U. geniculatus et U. luteolus (Black-
wall, 1865) ; cette dernière espèce a été également signalée aux îles du Cap Vert. Elle semble
manquer à Madagascar et aux Mascareignes.
Sicahiidae
Plusieurs Scytodes sont signalées des Mascareignes ; une seule est sûre, il s’agit de
Scytodes velutina Hein, et Lowe, 1835, décrite par .4, Vinson, sous le nom de S. amarantea.
Cette Araignée se rencontre également aux îles Séchelles, dans toute l’Afrique et dans le
bassin méditerranéen ; curieusement cette espèce n’est pas signalée de Madagascar. Scytodes
thoracica (Latreille, 1802) signalée par Vinson des Mascareignes semble être en fait S.
major Simon, 1885, mais cette assignation est douteuse, alors que A. Butler (1879) signale
l’espèce S. thoracica sur Rodriguez.
Les îles Séchelles présentent deux espèces : Scytodes perimensis (Simon, 1890) et Scytodes
pholcoides Simon, 1898.
La première forme se rencontre également en Arabie et semble avoir été importée alors
que la seconde (S. pholcoides) est une forme endémique.
LES ARAIGNÉES DES ÎLES MASCAREIGNES
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Pholcidae
Deux espèces de Pholcidae sont signalées des îles Mascareignes : Smeringopus elon-
gatus (Vinson, 1863) et Artema mauritiana Walckenaer, 1837. La première espèce, S. elon-
gatus, est signalée de la Réunion et semblerait absente de l’île Maurice, ce qui paraît fort
surprenant car elle est connue de Madagascar, des Séchelles, de l’Afrique orientale et des
Antilles. A. mauritiana est une espèce originellement décrite de l’île Maurice qui lui a donné
son nom, mais depuis elle a été retrouvée en Afrique centrale, Abyssinie, Madagascar et
Séchelles, en Indes et en Chine ainsi que dans de nombreuses îles du Pacifique.
Aux îles Séchelles existe une espèce endémique de Pholcidae : Holocnemus culiculus
Simon, 1897.
Agelenidae
Aucune Agelenidae n’a jusqu’ici été signalée de l’île Maurice et l’espèce Agelena bor-
bonica Vinson, 1863, est propre à la Réunion. C’est une Araignée de 12 à 13 millimètres,
de couleur jaunâtre, tissant une toile en nappe avec une retraite cylindrique. Elle ne se
rencontre que dans les localités froides (régions centrales élevées) de l’île. Cette écologie
est conforme à ce que l’on connaît des Agelenidae de l’océan Indien où elles ne sont présentes
à Madagascar que par des formes marines (genre Desis ) alors que plus au sud, donc dans
des contrées plus froides, elles forment la totalité du peuplement aranéidologique des îles
Kerguelen avec le genre Myro.
OxYOPIDAE
Seules deux Oxvopidae sont signalées des îles Mascareignes : Peucetia lucasi (Vinson,
1863) et Oxyopes dumonti (Vinson, 1863). La première espèce se rencontre également à
Madagascar et en Afrique australe, la seconde (O. dumonti) manque à l’île Maurice mais
est signalée de Madagascar, des îles Séchelles et de la côte somalienne.
PlSAURIDAE
On connaît deux Pisauridae des Mascareignes, l’une endémique à la Réunion : Hygro-
poda borbonica (Vinson, 1863) et l’autre endémique à l’île Maurice : Ischalea longiceps
Simon, 1898.
L’espèce réunionnaise est d’assez grande taille et ses mœurs la rapprochent des Dolo-
medes des régions tempérées : c’est une Araignée aimant l’humidité et qui se tient toujours
à proximité d’étendues d'eau douce, sur lesquelles elle se déplace avec rapidité. Le genre
Hygropoda est pantropical : Afrique centrale, Madagascar, Réunion, Indes, Malaisie, Bir¬
manie, Indochine, Moluques, Sumatra, Nouvelle Guinée, Equateur, Vénézuela.
L’espèce mauricienne est de taille plus faible, comme toutes les Ischalea, l’abdomen
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est relativement long et cylindrique. Le genre présente une répartition extrêmement inté¬
ressante avec une espèce à Madagascar, I. incerta (O. P. Cambridge, 1877) une à l’île
Maurice, I. longiceps, et une autre en Nouvelle Zélande, 1. spinipes L. Koch, 1872.
Lycosidae
Deux Lycosidae sont signalées de la Réunion, Lycosa nigra Vinson, 1863, et Lycosa
salaziana Vinson, 1863, aucune de l’île Maurice ce qui paraît fort surprenant.
Aux îles Séchelles se rencontre Trochosa urbana 0. P. Cambridge, 1886, espèce trouvée
également à Madagascar.
Tetragnathidae
Bien que la famille soit bien représentée en Afrique et à Madagascar, les Tetragnatha
n’ont pas encore été signalées de l’île de la Réunion. Il en existe cependant deux espèces
à l’île Maurice : Tetragnatha nitens (Sav. et Audoin., 1825) à très vaste répartition et Tetra¬
gnatha protensa Walck., 1841, connue de Madagascar, de l’île Maurice, d’Australie et de
Polynésie.
Il est extrêmement intéressant de constater la diversité des espèces de Tetragnatha
dans les îles Séchelles avec trois espèces endémiques [Tetragnatha foliifera Simon, 1898;
T. nigrigularis Simon, 1898 ; T. modesta Ilirst, 1911) et une quatrième forme [T. mandi-
bulata Walck., 1841) absente des Mascareignes mais signalée d’Afrique centrale, d’Asie et
de Polynésie.
Araneidae (= Argiopidae)
Ces grandes Araignées sont généralement très visibles grâce à leur toile géométrique
et de ce fait sont régulièrement récoltées même par les non-spécialistes ; en fait, on en
connaît dix-huit espèces que l’on peut répartir en trois groupes : celles qui sont communes
à l’île Maurice et à la Réunion, celles qui sont propres à l’île Maurice et celles qui ne sont
signalées que de la Réunion.
1 — Araneidae signalées des Mascareignes
Leucauge undulata (Vinson, 1863) : espèce de taille moyenne également connue d’Abys¬
sinie, d’Afrique orientale et de Madagascar,
Cyrtophora citricola (Forskoel, 1775) : Araignée pantropicale,
Argiope trifasciata (Forskoel, 1775) : espèce présentant une très vaste répartition,
Nepkylengis borbonica borbonica (Vinson, 1863) : propre aux îles Mascareignes,
Nephila cruentata (Fabr., 1775) : également présente aux Séchelles,
Nephila inaurata inaurata (Walckenaer, 1891) : propre aux Mascareignes,
Nephila inaurata inaurata var. nigra (Vinson, 1863) : connue de Madagascar,
Araneus theisi (Walckenaer, 1841) : espèce pratiquement pantropicale ; elle a été décrite
par A. Vinson (1863) sous le nom d’ Epeira assidua,
LES ARAIGNÉES DES ÎLES MASCAREIGNES
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Araneus lugubris (Walckenaer, 1841) : espèce présentant une très vaste répartition,
Araneus isabella (Vinson, 1863) : espèce propre à la Réunion et à l’île Maurice,
Cyclosa sanctibenedicti (Vinson, 1863) : propre aux Mascareignes,
Arachnura scorpionoides Vinson, 1863. Cette intéressante Araignée est commune aux deux
îles (Maurice et la Réunion) ; on la connaît également de l’Afrique tropicale et de
Madagascar. Le genre Arachnura est un genre à affinités nettement orientales. Ses
huit autres espèces ont une répartition géographique des plus intéressantes : A. cau-
data (Bradley, 1878) d’Australie et Malaisie ; .4. feredayi (L. Koch, 1872), Nouvelle
Zélande et Tasmanie ; A. higginsi (L. Koch, 1872), Australie ; A. melanura Simon,
1867, Malaisie ; A. pygrnaea (Thorell, 1890), Sumatra ; A. quinquapicata Strand, 1911,
Nouvelle Guinée et A. simoni Berland, 1924, Nouvelle Calédonie.
2 — Araneidae propres à l’île Maurice
Poltys kochi Keyserling, 1864 : espèce signalée de l’île Maurice et de Madagascar,
Leucauge thorelli (Blackwall, 1877) : signalée de l’île Maurice et des Séchelles,
Cyrtarachne grubei (Keyserling, 1864) : endémique à l’île Maurice,
Gasteracantha rhornboidca rhomboidea Guérin, 1838 : également endémique à File Maurice.
3 — Araneidae propres à l’île de la Réunion
Argiope australis (Walck., 1841) : signalée d’Afrique australe et de la Réunion, mais n’a
été rencontrée ni à l’île Maurice ni à Madagascar,
Araneus slateri (Butler, 1879) : endémique à la Réunion,
Gasteracantha alba (Vinson, 1863) : propre à la Réunion,
Gasteracantha brevispina (Doleschall, 1857) : endémique à la Réunion.
Le nombre d’espèces est très limité ; il ne fait aucun doute que d’autres Argiopidae
seront trouvées aux Mascareignes dans le futur. Cependant cette liste appelle quelques
commentaires : deux espèces seulement sont endémiques aux Mascareignes : Araneus
isabella et Cyclosa sanctibenedicti ; elles ne sont pas parvenues aux Séchelles ni à Madagascar.
Le cas des Gastéracanthes est curieux : l’île Maurice a son endémique : G. rhomboidea rhom¬
boidea, alors que deux espèces sont propres à la Réunion : G. alba et G. hrevispina. Aucune
de ces Gastéracanthes, au sens strict, n’existe à Madagascar (M. Emerit, 1974). Il semble
que pour toutes ces espèces endémiques nous ayons affaire à des populations stabilisées à
partir d’un très petit nombre de fondateurs. On peut penser, en effet, que toutes ces Arai¬
gnées fileuses sont facilement déplacées par les courants aériens ce qui explique l’explosion
de petits taxons insulaires à partir d’espèces pionnières.
Linyphiidae
Une seule Linyphiidae est connue de l’île de la Réunion et aucune de l’île Maurice ;
il s’agit de Thwaitesia inciurata (Vinson, 1863) qui est endémique. Le genre Thwaitesia
a une très vaste répartition, on le rencontre en Amérique, en Afrique, à Madagascar et en
Asie.
Jusqu’ici, une seule Linyphiidae est connue des Séchelles ; il s’agit d’une espèce endé¬
mique : Nesticus sechellanus Simon, 1897.
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Theridiidae
Pour la famille des Theridiidae, seul le genre Argyrodes est signalé comme présent
aux Mascareignes ; Argyrodes zonatus (Walck., 1841) est une espèce inféodée aux toiles
d’autres Araignées, surtout les grandes Araneidae. L’espèce est connue de l’île Maurice
et de la Réunion, son aire d’extension englobe l’Afrique, Madagascar et l’Inde. Argyrodes
gibbosus (Lucas, 1846) était connue de Madagascar et de l’île Rodriguez ; je l’ai trouvée
dans les collections du Mauritius Iustitute. Son mode de vie est identique à celui de A. zona¬
tus ; d’ailleurs, A. Vinson (1863) signale cette dernière espèce, sous le nom de Linyphia
argyrodes, comme fréquente à la Réunion et à l’île Maurice. Argyrodes viridis (Vinson,
1863) est endémique à la Réunion ; son mode de vie diffère semble-t-il de celui des autres
Argyrodes en ce sens que cette Araignée n’est pas inféodée à d’autres toiles d’Araignées.
Latrodectus menavodi Vinson, 1863, est signalée de l’île Rodriguez mais n’a jamais
été trouvée aux autres Mascareignes, bien que l’espèce soit fréquente à Madagascar ; il
en est de même de l’ubiquiste Latrodectus geometricus (L. Koch, 1841) absente des autres
Mascareignes mais présente en Afrique et à Madagascar.
Theridion diurnum Vinson, 1863, se rencontre à la Réunion ainsi qu’à Rodriguez et
Madagascar. Par contre, Theridion rufipes Lucas, 1846, est signalée de l’île Maurice et de
Madagascar ; c’est une espèce à très vaste répartition.
Les îles Séchelles présentent une relative richesse en espèces de Theridiides, dont
aucune ne se retrouve aux Mascareignes : Argyrodes cognatus (Blackwall, 1877) ; A. ros-
tratus Blackw., 1877 ; Theridion braueri Simon, 1898 ; T. lei’e Blackw., 1877 ; T. placens
Blackw., 1877.
Drassidae
La faune des Drassidae est peu connue ; une seule espèce endémique est signalée de
la Réunion, il s’agit de Drcissodes maillardi (Vinson, 1863) ; on ne la rencontre pas à l'île
Maurice d’où jusqu’à plus ample information les Drassidae sont absentes.
Une espèce, Microdrassus inaudax (Simon, 1898), est signalée des Séchelles.
Clubionidae
Une seule espèce de Clubiones a été décrite de l’île Maurice : Cartenorius fuscus Simon,
1896, qui y est endémique. Cependant, ce genre renferme trois espèces : celle de l’île Mau¬
rice ainsi qu’une espèce malgache et une africaine décrite de la Sierra Leone.
Une espèce de Clubionidae ( Clubiona nigrornaculosa Blackwall, 1877) se rencontre
aux Séchelles.
Selenopidae
Aucune Selenopidae n’a été répertoriée des Mascareignes ; à signaler une espèce endé¬
mique Selenops secretus Hirst, 1911, aux îles Séchelles.
LES ARAIGNÉES DES ÎLES MASCAREIGNES
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Sparassidae
Deux espèces de Sparassidae sont communes à l'île de la Réunion et à l’île Maurice.
Il s’agit de Sparassus lamarcki (Latreille, 1806) et de l’ubiquiste Heteropoda venatoria
(Lin., 1758).
S. lamarcki a une vaste répartition africaine puisqu’on la rencontre jusqu'au Sénégal ;
par contre, elle est absente de Madagascar.
Une espèce, Olios albifrons Lucas, 1852, est propre à l’île de la Réunion.
Aux Séchelles, on recense présentement cinq espèces endémiques : Thomasettia seychel-
lana Hirst, 1911 ; Rhacocnemis elegans Hirst, 1911 ; Ii. guttata (Blackw., 1877) ; Rhitymna
valida (Blackw., 1877) (le genre Rhitymna est présent en Afrique et à Madagascar) ; Pleo-
rotus braueri Simon, 1898.
Quant à Sparassus walckenaeri (Sav. et Audoin, 1825), signalé des Séchelles, c’est une
forme africaine.
Thomisidae
Les Thomises présentent un très haut taux d’endémisme, avec quatre espèces propres
à l’île Maurice : Prepotelus lanceolatus Simon, 1898 (genre endémique !) ; Stephanopis
limbata Simon, 1898 ; Stephanopis pectinitarsis Simon, 1898 ; Misumena alluaudi Simon,
1897 (le genre Misumena est très répandu).
Une Thomise est signalée de la Réunion : Phrynarachne rugosa (Walck. in Latreille,
1819) ; cette espèce, absente de l’île Maurice, se rencontre à Madagascar et en Afrique.
Une espèce est endémique sur File Rodriguez : Tmarus vexillifer (Butler, 1876), alors
que deux autres espèces, Synaema insulare (Blackw., 1877) et Firmicus marginatus Simon,
1898, ne se rencontrent qu’aux Séchelles.
Salticidae
Les Salticides sont un peu plus nombreuses que les Thomises. Une espèce, Hasarius
adansom (Sav. et Audoin, 1825), se rencontre à l’île Maurice, à la Réunion, à l’île Rodri¬
guez et à Madagascar ; sa répartition est très vaste car on la connaît également de l’Afrique
et de l’Asie. Epocilla mauritiana Simon, 1901, est endémique à l’île Maurice ; le genre est
d’affinité typiquement orientale avec des représentants en Inde, Sumatra, Birmanie, Chine
et Himalaya. Heliophanus mauritianus Simon, 1901, est propre à l’île Maurice, tout comme
Attus ocellosus Walck., 1837, Cyrapes canosus Simon, 1900, et Pseudemathis trifida Simon,
1902, l’endémisme étant générique dans ce dernier cas.
A l’île de la Réunion quatre espèces sont endémiques : Hyllus lugubris (Vinson, 1863),
Attus alboculatus Vinson, 1863 (l’espèce est considérée comme douteuse), Attus variabilis
Vinson, 1863, Beata lineata (Vinson, 1863) (le genre Beata est intéressant car la plupart
des espèces appartenant à ce genre sont néotropicales).
Quant aux îles Séchelles, elles renferment des représentants du genre Myrmarachne
et des espèces propres : Baviola braueri Simon, 1897 ; Baviola tenuimana (Simon, 1893) ;
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ROLAND LEGENDRE
Heliophanus activus (Blackwall, 1877) ; Hispo striolata Simon, 1897 ; Cynapes wrighti (Black-
wall, 1877) ; Salpesia soricina Simon, 1901 (à noter que les autres espèces du genre Sal-
pesia sont toutes australiennes) ; Salticus acutus Blackwall, 1877.
Notons enfin la présence d’une espèce endémique sur l’île Rodriguez : Cynapes bapti-
zatus (Butler, 1876).
Cette liste, obligatoirement incomplète, nécessite quelques commentaires. .
Il convient de souligner tout d’abord le faible nombre d’espèces recensées aux îles
Mascareignes : une soixantaine, ce qui est bien peu comparé à la richesse des continents
voisins. Ce fait, à mon sens, n’est pas dû à la raréfaction des Araignées sur ces îles mais
bien au manque de récoltes. En fait, un seul arachnologue a prospecté ces îles, il s’agit
du Dr A. Vinson, authentique pionnier de l’arachnologie dans cette partie de l’océan Indien ;
ses captures ont permis, il y a déjà un siècle, de faire connaître la majorité des espèces
actuellement répertoriées. On peut dire que, depuis 1900, aucun arachnologue n’a pu réa¬
liser de captures systématiques sur ces îles. La dernière description d’une espèce des Mas¬
careignes ( Pseudemathis trifida) date de 1902 et est due à E. Simon ; les dernières des¬
criptions d’espèces des Séchelles ( Selenops secretus et Tetragnatha modesta ) datent de 1911
et sont dues à S. Hirst. Aussi, devant cette lacune, nous paraît-il prématuré de vouloir
utiliser les Araignées de ces contrées dans un raisonnement biogéographique quelconque
(taux d’endémisme, alïinités orientales ou africaines). Il faut attendre que des prospec¬
tions systématiques, suivies de déterminations, soient réalisées dans l’ensemble de l’océan
Indien.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Pour toutes les références bibliographiques antérieures à 1940 voir : P. Bonnet (1945-1961), Biblio¬
graphie Araneorum. T. I. II. et III, Douladoure, Toulouse.
Benoit, P. L. G., 1962. — Les Araneidae. Nephilinae africaines. Revue Zool. Bel. afr., 65 (3-4) :
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Hamburg (Araneae). Ent. Mitt. zocl. Stlnst. zool. Mus. Hamb., 41 : 367-372.
— 1964. — La distribution géographique des Araneidae — Nephilinae africano-malgaches
des genres Nephila Leach et Nephilengys Koch. Revue Zool. Bot. afr., 69, (3-4) : 311-326.
— 1965. — Les Barychelidae — Diplothelinae africains et malgaches (Araneae — Orthognatha).
Revue Zool. Bol. afr., 72 : 25-40.
Canard, A., 1975. — Stations africaines d’Araignées des genres Nephila Leach et N ephilengys
Koch (Araneae, Argiopidae) d’après les collections du Muséum national d’Histoire natu¬
relle. Bull. Mus. natn. llist. nat., Paris, 3 e série, n° 306, Zool. 216 : 775-782.
Emerit, M., 1974. — Arachnides, Araignées, Araneidae Gasteracanthinae. In : Faune de Mada¬
gascar, 215 p., ORSTOM-CNRS, Paris.
Roewer, C., 1942-1954. — Katalog der Araneae. T. I, II ; Bremen.
Vinson, A., 1863. — Aranéides des îles de la Réunion, Maurice et Madagascar. Roret, Paris, 337 p.
Manuscrit déposé le 5 décembre 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 409, sept.-oct. 1976,
Zoologie 286 : 1131-1139.
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Achevé dé imprimer le 28 février 1977.
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et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.