BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
291
N” 414 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NAT U t’i'AA-:
3 e série, n° 414, novembre-décembre 1976, Zoologie 291
Les Mysidacés du talus continental du golfe de Gascogne
I. Tribu des Erythropini (genre Erythrops excepté)
par Henri Nouvel f et Jean-Paul Lagardère *
Résumé. —« Les Mysidacés appartenant à la tribu des Erythropini (genre Erythrops excepté)
et recueillis sur les fonds meubles du golfe de Gascogne, entre 100 et 1 300 m de profondeur, font
l’objet de la présente étude.
Les espèces et genres nouveaux suivants : Parerythrops bispinosa n. sp., P. paucispinosci n. sp.,
Dactylerythrops dimorpha n. sp., Atlanterythrops crassipes n. gen. et sp., Amblyops trisetosa n. sp.,
A. spinifera n. sp., et Parapseudomma n. gen. sont décrits et figurés.
Les autres espèces recueillies : Parerythrops obesa (G. O. Sars), Hypererythrops serriventer
Holt et Tattersall, Paramblyops rostrata Holt et Tattersall, Dactylamblyops thaumatops Tattersall,
D. goniops Tattersall, Pseudomma affine G. O. Sars, P. nanum Holt et Tattersall, P. kruppi Tatter¬
sall, Parapseudomma calloplura (Holt et Tattersall), Euchaetomera tenuis G. O. Sars et Chunomysis
diadema Holt et Tattersall, font généralement l’objet d’une description complémentaire.
Abstract. — Mysids of the tribe Erythropini (genus Erythrops excepted) collected on sandy
or muddy bottoms from the Bay of Biseay, from 100 to 1 300 m depth, hâve been examined.
The following new généra and new species : Parerythrops bispinosa n. sp., P. paucispinosa n. sp.,
Dactylerythrops dimorpha n. sp., Atlanterythrops crassipes n. gen. and sp., Amblyops trisetosa n. sp.,
A. spinifera n. sp. and Parapseudomma n. gen. are described and figured.
The following species : Parerythrops (obesa G. O. Sars), Hypererythrops serriventer Holt and
Tattersall, Paramblyops rostrata Holt and Tattersall, Dactylamblyops thaumatops Tattersall,
D. goniops Tattersall, Pseudomma affine G. O. Sars, P. nanum Holt and Tattersall, P. kruppi
Tattersall, Parapseudomma calloplura (Holt and Tattersall), Euchaetomera tenuis G. O. Sars and
Chunomysis diadema Holt and Tattersall are reeorded and a complément of description for most
of these different species is given.
PRÉFACE
L’étude que nous présentons ici est le premier volet d’une revue systématique des Mysidacés du
talus continental du golfe de Gascogne. Elle a été commencée en 1972 avec l’aide de M. le Pr. H. Nouvel,
mais la mort de ce dernier est venue mettre un terme douloureux à cette collaboration.
D’autres, plus qualifiés que moi, diront ce que fut l’œuvre de ce grand mysidologue de renommée
mondiale, devenu le chef de file incontesté de tous ceux qui se penchent sur la systématique de ce groupe
de Crustacés.
Par contre, je tiens à dire la part essentielle qui a été la sienne dans notre tâche commune. Domi¬
nant sa souffrance et sa maladie, mois après mois, il a repris l’analyse de chacune des espèces mention¬
nées dans ce travail, remaniant et complétant les descriptions, réalisant F illustration, discutant les
appartenances génériques et les affinités spécifiques. Sa puissance de travail, sa finesse d’observation,
* Antenne de ta Station Marine d’Endoume, CREO, allée des Tamaris , 17000, La Rochelle.
414, 1
1244
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
sa rigueur scientifique jointe à une parfaite maîtrise de ce groupe confondent d’admiration. Toutes
ces qualités sont pleinement exprimées dans les pages qui suivent et, sans nul doute, leur confèrent une
valeur de référence inégalée dans la classification des Erythropini.
Dans la sincérité de F hommage que je tiens à rendre à celui auprès de qui j’ai surtout beaucoup
appris, il n’y a nulle équivoque. Ma place est celle de l'élève, conscient du grand savoir de son maître
et qui, de ce fait, se situe bien en retrait.
•T.-P. Lagardère
Introduction
Jusqu’à ces dernières années, nos connaissances sur la faune des Mysidacés du golfe
de Gascogne ont très peu progressé. En dehors de quelques études régionales limitées à
la zone littorale (Fage, 1933, Concarneau ; Lubet, 1958, Arcachon ; Salvat, 1962, Arca-
chon ; Lagardère J.-P., 1967, côte des Landes et côte basque ; Amanieu, 1968 et 1969,
Arcachon) ou de prospections assez brèves dans les eaux profondes (Caullery, 1896 ;
Tattersall, 19086 ; Walker, 1910 ; Fage et Legendre, 1923 ; Hansen, 1927 ; Legendre,
1940 ; Nouvel, 1943, 1950a et 1951), aucun travail d’ensemble n’avait été réalisé dans
ce secteur géographique, concernant ce groupe de Crustacés. Malgré ces documents, nous
n’avions qu’une idée bien vague de la faune mysidologique du golfe de Gascogne, sans
commune mesure avec les connaissances acquises en Méditerranée occidentale ou sur les
côtes d’Irlande (Holt et Beaumont, 1900 ; Holt et Tattersal, 1905a et 19061) ; Tatter¬
sall, 1907 et 19116).
Cependant, en 1972, F. Lagardère et IL Nouvel ont contribué, de façon précise
et substantielle, à accroître les données relatives à la diversité et à la distribution des Mysi¬
dacés dans la partie sud du golfe de Gascogne. A la richesse spécifique des biotopes de la
côte basque (H. Nouvel, 1972), richesse liée à la proximité des fonds rocheux, fait suite,
pour la zone intertidale, la pauvreté de la côte des Landes (J.-P. Lagardère, 1967). Au-
delà, dans la zone côtière (0-50 m), ce groupe de Crustacés est représenté par une dizaine
d’espèces dont certaines constituent des populations très denses (F. Lagardère, 19726).
De 1965 à 1972, une importante collection de Mysidacés fut réunie par le deuxième
auteur, au cours de prélèvements biologiques effectués sur les fonds meubles du golfe compris
entre 46°30' N et 43°30' N et les isobathes 100 et 1 300 m. L’intérêt de cette collection
est multiple : diversité de profondeur des récoltes, variété des espèces, nombre souvent
important des spécimens. C’est ainsi qu’une première analyse de ce matériel nous a montré
qu’il regroupait 43 espèces distinctes et pas moins de huit espèces nouvelles pour la Science,
avec deux genres nouveaux.
Comme l’on pouvait s’y attendre, la faune recueillie dans le golfe de Gascogne s’avère
très analogue, voire identique, à celle décrite des côtes d’Irlande par Holt et Tattersall.
Ceci nous a permis de compléter largement les descriptions originales d’espèces découvertes
par les auteurs anglais, descriptions souvent trop brèves et parfois imprécises, qui ne s’accor¬
daient plus aux exigences de rigueur, nées de l’évolution considérable de la systématique
des Mysidacés depuis le début de ce siècle.
Les procédés de capture furent soit la drague, soit, le plus souvent, un petit filet à
plancton maillé sur le dos du chalut et filtrant les éléments mis en suspension par le bour¬
relet (J.-P. Lagardère, 1969). Il s’agit donc de captures essentiellement benthiques, bien
MYSIDACES DU GOLFE DE GASCOGNE
1245
que l’on ne puisse totalement exclure la récolte de quelques formes pélagiques lors de la
descente ou de la remontée des engins.
Dans la famille des Mysinae, c’est sans nul doute la tribu des Erythropini qui connaît
le plus bel épanouissement dans la zone bathyale atlantique. C’est elle qui fera l’objet
de ce présent mémoire, à l’exclusion cependant du genre Erythrops. Si, dans notre maté¬
riel, de très nombreux spécimens sont référables à ce genre, leur état de mutilation
nous a empêché de parvenir à en donner une identification spécifique sûre. Par ailleurs,
il semblerait que l’espèce Erythrops elegans (G. O. Sars, 1863) à laquelle ils s’apparentent,
englobe plusieurs espèces distinctes. Nous avons donc différé l’analyse de ce genre dans
l’attente de réunir un nouveau matériel en meilleur état de conservation. Nous l’intégre¬
rons, très vraisemblablement, dans la deuxième partie de cette étude qui traitera des autres
espèces de notre collection.
Dans le présent mémoire, nous aborderons donc l’étude des espèces suivantes :
Genre Parerythrops G. O. Sars, 1869 : P. obesa (G. O. Sars, 1864), P. bispinosa n. sp., P. paucispi-
nosa n. sp.
Genre Hypererythrops Doit et Tattersall, 1905 : H. serriventer Holt et Tattersall, 1905.
Genre Dactylerythrops Holt et Tattersall, 1905 : D. dimorpha n. sp.
Genre Atlanterythrops n. gen. : A. crassipes n. sp.
Genre Amblyops G. O. Sars, 1872 : A. trisetosa n. sp., .4. spinifera n. sp.
Genre Paramblyops Holt et Tattersall, 1905 : P. rostrata Holt et Tattersall, 1905.
Genre Dactylamblyops Holt et Tattersall, 1906 : D. thaumatops Tattersall, 1907, D. goniops Tatter¬
sall, 1907.
Genre Pseudomma G. O. Sars, 1869 : P. affine G. O. Sars, 1870, P. nanurn Holt et Tattersall, 1906,
P. kruppi Tattersall, 1909.
Genre Parapseudornma n. gen. : P. calloplura (Holt et Tattersall, 1905).
Genre Euchaetomera G. O. Sars, 1883 : E. tenuis G. O. Sars, 1883.
Genre Chunumysis Holt et Tattersall, 1905 : C. diadema Holt et Tattersall, 1905.
Une série de spécimens, comprenant notamment les holotypes et paratypes des espèces
nouvelles, a été déposée au Laboratoire de Zoologie (Arthropodes) du Muséum national
d’Histoire naturelle.
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE
Famille des Mysidae
Sous-famille des Mysinae
Tribu des Erythropini Hansen, 1910
Genre PARERYTHROPS G. O. Sars, 1869
Parerythrops obesa (G. O. Sars, 1864)
(Fig. 1 à 5)
Nematopus obesus G. O. Sars, 1864 : 34 (258).
Parerythrops obesa : M. Sars, 1869 : 262 | G. O. Sars, 1869 : 24 (separaturn) | G. O. Sars, 18706 :
41, tab. fit (24 fig.) | G. O. Sars, 1872a : 263 I G. O. Sars, 1882 : 10 | Holt et Beaumont,
1900 : 232, pl. XVI, fig. 2-3 | Calman, 1901 : 24.
1246
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
non Parerythrops obesa : Lo Bianco, 1903, (= P. lobmncoi).
Parerythrops obesa : Zimmer, 1904 : 443, fig. 78-81.
Meterythrops robusta : Holt et Tattersall, 1905a : 143 (cf. Tattersall et Tattersall, 1951 :
209).
Parerythrops obesa : Holt et Tattersall, 1905a : 122, 144 | Nordgaard, 1905 : 187 | Holt et
Tattersall, 19066 : 24 | Linko, 1907 : 491 | Hansen, 1908 : 107 | Zimmer, 1909, Nord. PI. :
90, fig. 179-182 | Hansen, 1910a : 250 | Linko, 1910 : 45 | Stephensen, 1910 : 132, fig. 81 1-4
Stappers, 1911 : 133 | Tattersall, 1911 : 31 | Nordgaard, 1912 : 26 | Kramp, 1913 : 556
Bjôrck, 1916 : 10 | Illig, 1930 : 429 | Zimmer, 1933 : 36, 42, 56, fig. 43 | Stephensen, 1938 :
6 | Bacescu, 1941 : 13, fig. 4 | Nouvel, 19506, fiche 21 : 4, fig. 141-145 j Tattersall et Tat¬
tersall, 19516 : 205, fig. 44A-E, 45À.
M atériei. examiné 1 : Gch 15, 400 m, 1 juv de 4,8 mm ; Gch 33, 1 000 m, 1 Ç de 7 mm ; Gch 49,
205-240 m, 1 juv de 2,3 mm ; Gch 54, 250 m, 1 $ juv de 5,4 mm et 1 juv de 5 mm ; Gch 80,
380 m, 1 $ de 8 mm ; Gch 85, 300 m, 2 $ ad. de 7,4 mm et 8,1 mm, 3 juv de 4,7 à 5,2 mm,
I $ juv. de 4,3 mm et 11 juv. de 2,3 à 3,9 mm.
Remarques
Cette espèce a été décrite très en détail par G. O. Saks (1870) puis par Tattersall
et Tattersall (1951). Il subsiste cependant encore quelques lacunes ou inexactitudes.
Le labrum d’aucune espèce du genre n’ayant été étudié, nous avons donc figuré (fig. 1
et 2) celui de P. obesa.
Pour effectuer des comparaisons avec d’autres espèces, nous avons dû étudier la varia¬
tion du nombre des épines au bord interne de l’endopodite des uropodes. Tattersall
et Tattersall n’ont pas observé plus de 16 épines chez les adultes et ils écrivent que,
d’après Sars, il y en aurait 25 chez les exemplaires des côtes de Norvège. Ceci est inexact :
dans le texte Sars indique bien 20 épines et dans la figure qu’il en donne il n’y en a aussi
que 20 ; la confusion provient du fait qu’il a aussi figuré les courtes soies de la région proxi¬
male du bord interne.
D’après notre matériel, ce nombre croît avec la taille depuis 9 ou 10 chez les jeunes
de 2,5 mm, jusqu’à 16 à 19 un peu avant la maturité sexuelle (aux environs de 5 mm).
Nous n’avons pas d’exemplaires compris entre 5 et 7 mm mais ceux de 7 mm sont tout
à fait adultes. Des nombres d’épines supérieurs (19 à 22) se rencontrent chez des grands
exemplaires de 8 mm et plus. D’autre part, s’il n’y a pas de différence sexuelle dans le nombre
d’épines, il n’en est pas de même de leur forme (fig. 4 et 5).
Bacescu (1941) a attiré l’attention sur une différence sexuelle dans la forme de ces
épines chez des exemplaires de la Méditerranée qu’il rapporte à P. abyssicola : les épines,
aiguës et régulièrement effilées chez les mâles, sont presque cylindriques et très émoussées
chez les femelles. Nous avons constaté la même différence chez P. obesa où les épines sont
aiguës chez les jeunes, les immatures et les mâles ; la forme plus ou moins cylindrique
n’apparaît que chez les femelles dont tous les caractères sexuels externes sont complète¬
ment différenciés.
II est aussi remarquable que, chez P. obesa, la rangée d’épines, dans sa région proxi¬
male, présente des irrégularités d’implantation, comme si cette portion de la rangée ten¬
dait à se séparer du reste pour contourner la base du renflement du statocyste.
1. Chaque spécimen est mesuré de la pointe du rostre à l’extrémité des épines distales du telson. La
liste des stations de récoltes figure à la fin du présent travail.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1247
Fig. 1-5. — Parerythrops obesa (G. O. Sars, 1864). 1, Labrum d’une femelle adulte (x 58) ; 2, bord pos¬
térieur du même labrum (X 145) ; 3, pléopode droit de la cinquième paire d’un mâle adulte, vu par
la face postérieure (x 32) ; 4, garniture épineuse de l’uropode gauche d’un mâle, vue par la face infé¬
rieure (X 72) ; 5, garniture épineuse de l’uropode gauche d’une femelle, vue par la face inférieure
(X 72).
Fig. 6-7. — Parerythrops bispinosa n. sp. 6, Partie antérieure d’une femelle adulte (X 16) ; 7, écaille
antennaire d’une femelle, vue dorsale (X 36).
Les pléopodes du mâle de P. obesa, en dehors de ceux de la première paire qui sont
rudimentaires comme ceux de la femelle, sont décrits comme présentant deux rames égales
et il n’est pas fait mention de soies modifiées. Or, l’endopodite des pléopodes de la cinquième
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HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
paire, s’il est de la même longueur que l’exopodite et comporte aussi 6 articles, porte à son
extrémité deux soies un peu plus fortes avec des barbules différenciées (fig. 3). Ce détail
a dû passer inaperçu parce qu’il n’est pas très spectaculaire ; d’autre part, chez les Erythro-
pini, les différenciations connues portent, en règle générale, sur l’endopodite des pléopodes
de la quatrième paire. Nous verrons des exemples plus frappants chez les deux espèces
que nous décrivons plus loin.
Entre les appendices rudimentaires de la première paire de pléopodes, on observe
chez le mâle un petit tubercule sternal mousse.
Sars et, après lui, Tattersall et Tattersall indiquent que le marsupium est formé
par trois paires d’oostégites. Or, chez P. obesa, le marsupium a exactement la même struc¬
ture que celle que nous décrivons plus loin chez P. bispinosa : deux paires d’oostégites
et une digitation garnie de longues soies annexée aux appendices thoraciques de la sep¬
tième paire.
Bacescu, à propos des exemplaires méditerranéens rapportés à P. abyssicola, écrit :
« A la hase du 6 e péréiopode existe un curieux prolongement digitiforme ». Il s’agit certai¬
nement de la formation dont nous parlons plus haut.
Distribution
Cette espèce est largement répandue dans l’océan Atlantique. Fréquemment capturée
sur les côtes de Norvège, du sud-ouest de la Suède (Bjôrck, 1916), d’Islande, d’Irlande
et dans le golfe de Gascogne, Illig (1930) la signale également au voisinage des îles Canaries
et au large du nord-ouest du Cap.
On la connaît également de Méditerranée (Bacescu, 1941) et de l’océan Indien (Illig,
1930).
Sa distribution verticale se situe entre 80 et 3 000 m de profondeur.
Parerythrops bispinosa n. sp.
(Fig. 6 à 18)
Matériel examiné : Gch 35, 190-220 m, 1 <$ ad. de 5,7 mm, 1 Ç ad. de 6,2 mm, 1 $ juv. de 4,6 mm,
2 (J juv. de 3,2 et 3,9 mm ; Gch 54, 250 m, 1 $ ad. de 5,3 mm (holotype, coll. Mus. natn. Hist.
nat. Paris n° My 228) et 1 $ ad. de 6,4 mm, 1 $ juv. de ^4,8 mm, 2 Ç juv. de 4,9 et 6 mm
(paratypes, coll. Mus. natn. Hist. nat. Paris, n° My 339) ; Gch 85, 300 m, 1 ad. de 5,4 mm.
Description
Taille : mâle adulte de 5,4 à 5,7 mm et femelle adulte de 6,2 à 6,4 mm.
La plaque frontale (fig. 6) assez étirée en angle droit très émoussé dépasse largement
la base des yeux et atteint presque l’extrémité frontale du segment oculaire. Ses bords
lamelleux sont assez fortement relevés en visière en avant et sur les côtés. Les coins antéro-
inférieurs de la carapace sont étirés de façon un peu angulaire mais arrondis à l’extrémité.
L’œil est globuleux, très nettement plus large que long. Chez les adultes, en vue dor-
12
iule gauche en vue dorsale
cique de la première paire,
de la deuxième paire, face
ème paire (X 54).
1250
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
sale, le pédoncule est plus court que la cornée et cette dernière est très légèrement plus
large que le pédoncule. Ce dernier a un bord interne très fuyant vers l’attache.
L’antennule (fig. 8) présente le dimorphisme sexuel habituel.
L’écaille antennaire est affectée d’un léger dimorphisme sexuel : chez la femelle (fig. 7)
le bord externe est le plus concave et plus divergeant vers l’extrémité distale par rapport
au bord interne qui est aussi moins convexe chez le mâle (fig. 13). Chez la femelle, l’écaille
dépasse le pédoncule antennulaire de la moitié environ de la longueur du lobe distal.
L’article distal du palpe de la seconde maxille (fig. 9) est relativement très large et
beaucoup plus court que l’exopodite.
Les appendices thoraciques de la première paire sont larges : le troisième article de
l’endopodite est à peu près aussi long que large (fig. 10).
Aux appendices thoraciques de la deuxième paire (fig. 11), le troisième article de
l’endopodite est légèrement plus long que le suivant. Le second article apparaît comme
un peu basculé en position transverse.
L’endopodite des autres appendices thoraciques manque chez tous les exemplaires à
l’exception d’un seul de la cinquième paire chez une femelle immature (fig. 12). Les exo-
podites comportent 9 articles.
Les pléopodes de la femelle sont rudimentaires et uniramés. Il en est de même de ceux
de la première paire chez le mâle. Entre ces derniers, chez le mâle seulement, on observe
un petit tubercule sternal mousse. Chez le mâle, les pléopodes de la deuxième à la quatrième
paire ont deux rames égales constituées de 6 articles. A ceux de la cinquième paire, les
deux rames sont inégales : l’exopodite comporte 6 articles mais l’endopodite très nette¬
ment plus long en possède 7 ou 8. L’extrémité de l’article distal de l’endopodite des pléo¬
podes de la cinquième paire porte deux soies modifiées dont l’épaisseur est environ le double
de celle des soies normales ; les deux articles précédents portent chacun, au bord externe,
une soie grêle de longueur inférieure à celle de l’article (fig. 16). Toutes les autres soies
sont normales.
Les femelles adultes ne possèdent que deux paires d’oostégites. La dernière paire,
très développée, présente à l’intérieur, au voisinage immédiat du bord inférieur, un épais¬
sissement garni de nombreuses et longues soies (fig. 15). Les oostégites de la paire anté¬
rieure (fig. 14) sont beaucoup moins amples ; ils sont ciliés sur une grande partie de leur
pourtour. Près de leur insertion, à la base de l’appendice thoracique de l’avant-dernière
paire se trouve une assez longue digitation abondamment pourvue de longues soies. Il s’agit
sans doute d’un lobe ventilateur qui doit être l’homologue de l’épaississement basal porté
par les oostégites de la dernière paire. La base des péréiopodes de la sixième paire apparaît
dépourvue de toute digitation ou lobe.
L’endopodite des uropodes ne porte, au plus, que 2 épines près du bord interne de sa
face inférieure (fig. 17). La plus proximale se trouve sur la base du renflement du stato-
cyste, l’autre est insérée plus en arrière, parfois à des niveaux très différents à droite et
à gauche. Dans la moitié des cas, l’épine distale manque. Dans un cas seulement la réduc¬
tion porte sur l’épine proximale.
Le telson est à peu près identique à celui de P. obesa mais les épines distales sont nette¬
ment plus épaisses ; la paire interne est aussi plus courte par rapport à la paire externe
(fig. 18) : moins du double de la longueur de ces dernières (chez obesa , plus du double).
'/ 7
Fig. 13-18. — Parerythrops bispinosa n. sp. (femelle : 14-15-17 ; mâle : 13-16-18). 13, Base de l’antenne
gauche ( X 36) ; 14, base de l’appendice thoracique droit de la septième paire, vu par la face interne,
montrant l’oostégite antérieur avec le lobe ventilateur (X 29) ; 15, partie postérieure de l’oostégite
correspondant à la huitième paire d’appendices thoraciques, vu par la face interne (X 29) ; 16, pléo-
pode gauche de la cinquième paire du mâle, vu par la face postérieure (X 58) ; 17, uropode droit, vu
par la face ventrale (x 36) ; 18, telson, vu par la face dorsale (x 58).
1252
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Distribution
Cette espèce a été trouvée dans le sud du golfe de Gascogne, entre 190 et 300 m de
profondeur.
Parerythrops paucispinosa n. sp.
(Fig. 19 à 26)
Matériel examiné : Gch 4, 200-210 m, 1 juv. de 3,5 mm ; Gch 11, 148 m, 1 Ç juv. de 4,2 mm ;
Gch 12, 144 m, 1 juv. ; Gch 21, 200 m, 1 (J ad. et 1 juv. ; Gch 22, 400 m, 1 $ ad. de 5 mm
et 4 juv. de 2,5 à 4,5 mm ; Gch 24, 133 m, 1 (J ad. de 5 mm et 1 juv. de 3,3 mm ; Gch 25,
103 m, 1 ^ ad. de 5 mm ; Gch 43, 142 m, 1 $ ad. de 5,1 mm (holotype, coll. Mus. natn. Hist.
nat., Paris, n° My 232) ; Gch 50, 142-144 m, 1 Ç juv. de 4 mm et 2 juv. de 2,6 et 2,8 mm
(paratypes, coll. Mus. natn. Hist. nat., Paris, n° My 231).
Description
La taille des mâles adultes est un peu supérieure à 5 mm.
La plaque frontale est plus largement arrondie et moins proéminente que chez P. bis-
pinosa. Elle ne cache pas l’insertion des yeux (fig. 19). Les coins antéro-inférieurs de la
carapace sont aussi moins anguleux et plus arrondis que chez cette espèce.
L’œil est un peu plus long que large. En vue dorsale, la cornée est légèrement plus
large que le pédoncule. Ce dernier est tronconique et son hord antérieur, rectiligne, est
un peu plus court que le hord postérieur.
L’écaille antennaire est peu différente de celles des autres espèces (fig. 21).
L’article distal du palpe de la seconde maxille est proportionnellement encore plus
large que chez P. bispinosa (fig. 20).
A l’endopodite des appendices thoraciques de la première paire (fig. 22), le troisième
article est très nettement plus long que large et le quatrième est remarquablement dilaté
à son extrémité distale.
L’endopodite des appendices thoraciques de la seconde paire a une structure moins
originale (fig. 23), voisine de celle de P. obesa.
Tous les autres endopodites thoraciques manquent dans notre matériel. Quant aux
exopodites, chez un mâle adulte, ceux de la première paire possèdent 8 articles sétigères,
les suivants 9 articles.
Comme dans les espèces précédentes, on observe un petit tubercule mousse entre les
pléopodes rudimentaires de la première paire. Les pléopodes de la deuxième à la qua¬
trième paire présentent deux rames égales à 6 articles et sans aucune soie modifiée. Aux
pléopodes de la cinquième paire, les deux rames sont inégales (fig. 24) ; l’exopodite est
normal et possède aussi 6 articles. L’endopodite plus long est constitué de 7 articles ; l’article
distal porte deux très grosses soies dont l’interne est un peu plus grosse que l’externe ;
les deux soies distales de l’avant-dernier article sont très réduites, plus courtes que l’article
distal (ce qui n'est pas le cas chez P. bispinosa) ; la soie distale externe de l’article anté¬
pénultième est également réduite.
19-26. — Parerythrops paucispinosa n. sp. (mâle). 19, Partie antérieure d’un mâle adulte (x 29);
20, maxille (x 89) ; 21, écaille antennaire gauche (X 54) ; 22, endopodite droit de l’appendice thora¬
cique de la première paire, vu par la face antérieure ( X 89) ; 23, endopodite droit de l’appendice
thoracique de la deuxième paire, vu par la face antérieure ( X 72) ; 24, pléopode droit de la cinquième
paire du mâle, vu par la face postérieure ( X 36) ; 25, uropode gauche, vu par la face inférieure (x 36) ;
26, telson, vu par la face dorsale (x 58).
1254
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
L’endopodite des uropodes, chez les adultes et subadultes (fig. 25), porte 6 à 9 épines
en arrière de son bord externe. Ces épines augmentent de taille en direction distale. Les
proximales sont insérées sur le renflement du statocyste mais aucune ne sort de l’aligne¬
ment. Toutes sont aiguës chez les jeunes, les femelles immatures et les mâles. Chez les
jeunes (2,5 à 3 mm) on peut trouver 3 à 8 épines ce qui signifie que le nombre total est
atteint très tôt chez cette espèce.
La forme du telson (fig. 26) est la même que chez les espèces précédentes mais les
épines distales sont particulièrement courtes et épaisses.
Distribution
Nous avons rencontré cette espèce dans le sud du golfe de Gascogne, entre 100 et
400 m de profondeur.
Genre HYPERERYTHROPS llolt et Tattersall, 1905
Hypererythrops serriventer Holt et Tattersall, 1905
(Fig. 27 à 35)
Hypererythrops serriventer Holt et Tattersall, 1905a : 120, pl. XIII, pl. XIV, fig. 4 | Holt et Tat¬
tersall, 1906i : 24 | Zimmer, 1909 : 122, fig. 237-239 | Tattersall, 1911 : 31 | Nouvel,
1950è, fiche 23 : 3, fig. 204-206 | Tattersall et Tattersall, 1951 : 219, fig. 48A-J.
Matériel examiné : G. 74, 190-200 m, 1 subad. ; Gch 29, 390 m, 1 juv. ; Gch 35, 190-220 m,
7 çj ad., 6 (J subad., 1 Ç ov., 17 Ç ad., 7 Ç subad. et 145 juv. ; Gch 36, 400 m, 1 (J subad. et
1 Ç ad. ; Gch 40, 400 m, 1 Ç ad. ; Gch 45, 280-300 m, 3 $ ad., 2 subad., 1 Ç ad. et 9 juv. ;
Gch 47, 370-420 m, 1 ad., 2 $ subad., 2 $ subad. et 6 juv. ; Gch 48, 380-410 m, 6 (J subad.,
1 Ç ad., 3 Ç subad. et 7 juv. ; Gch 49, 205-230 m, 1 (J subad., 1 $ subad. et 13 juv. ; Gch 51,
380-420 m, 8 $ ad., 5 $ subad., 20 $ ad., 6 Ç subad. et 84 juv. ; Gch 52, 380-420 m, 8 (J ad.,
3 subad., 5 $ ad., 2 $ subad. et 21 juv. ; Gch 54, 235-250 m, 7 $ ad., 15 $ subad., 8 Ç ad.,
13 subad. et 64 juv. ; Gch 56, 386-410 m, 6 juv. ; Gch 59, 380-420 m, 6 <$ ad., 3 £ subad.,
5 Ç ad., 1 Ç subad. et 17 juv. ; Gch 64, 390 m, 1 <§ ad., 1 subad., 1 Ç ad. et 1 juv. ; Gch 80,
380 m, 1 (J subad. et 5 juv. ; Gch 82, 400 m, 1 $ ad. et 2 juv. ; Gch 84, 405 m, 1 £ ad. et
1 juv. ; Gch 85, 300 m, 1 £ subad., 3 Ç ad. et 5 juv.
Remarques
La taille des femelles ovigères varie de 6,8 à 8,5 mm ; celle des mâles est un peu supé¬
rieure puisqu’ils sont adultes à partir de 8,5 mm. Cependant, certains mâles sont encore
immatures à une taille très nettement supérieure.
La description de cette espèce (type du genre) Holt et Tattersall, 1905a ; Tatter-
sal et Tattersall, 1951) est assez sommaire, imprécise ou erronée sur certains points.
Certains caractères morphologiques méritent aussi une attention toute particulière.
Nous avons figuré le pédoncule antennulaire de la femelle (fig. 27). Le coin distal
externe de l’article basal, étiré vers l’avant, est garni de 5 soies dont l’une est recourbée
Fig. 27-35. — Hypererythrops serriventer Huit et Tattersall, 1905 (femelle). 27, Base de l’antennule droite
en vue dorsale (x 36) ; 28, labrum en vue ventrale (x 58) ; 29, bord postérieur du même labrum
(X 121) ; 30, vue latérale du premier pléonite d’une femelle adulte avec sa plaque pleurale (X 16) ;
31, vue dorsale des premiers pléonites (X 16) ; 32, base d’un appendice thoracique de la cinquième
paire montrant l’oostégite rudimentaire (X 36) ; 33, base d’un appendice thoracique de la sixième
paire montrant l’oostégite rudimentaire (x 29) ; 34, moitié basale de l’oostégite correspondant à la
septième paire d’appendices thoraciques, face interne (x 29) ; 35, base de l’oostégite correspondant
à la huitième paire d’appendices thoraciques, face interne (X 29).
1256
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
vers l’arrière. Le coin distal interne de l’article distal porte une épine et 5 soies dont les
3 plus ventrales dirigées vers l’avant sont plus ou moins cachées dans une vue dorsale.
Chez les mâles, les articles ont la même longueur relative mais le pédoncule est beaucoup
plus épais. Chez les mâles immatures, la garniture est exactement la même que chez les
femelles ; chez les adultes, la garniture du bord latéral interne de l'article distal régresse
plus ou moins totalement et, en particulier, l’épine distale disparaît.
Le labrurn n’a été figuré chez aucune espèce du genre. Chez H. serriventer, il pré¬
sente, en avant, une petite pointe en forme de cône émoussé (fig. 28). Le bord postérieur
est particulièrement dissymétrique avec un fort développement du lobe droit (fig. 29).
Les maxilles ont une structure tout à fait normale ; en particulier, l’exopodite est
bien développé et semblable à celui des autres espèces du genre figurées par Ii (1964) :
H. spinifera Hansen et H. zimmeri Ii. Sur ce point, la figure 6 de Hoi/r et Tattersall
est erronée.
Les endopodites des appendices thoraciques manquaient dans les spécimens récoltés
par Holt et Tattersall. Us sont présents sur certains exemplaires que nous avons exa¬
minés. Leur structure est la même que celle décrite chez les autres espèces et leur longueur
relative est à peu près identique à celle de l’exemplaire d’//. zimmeri figuré par Ii (1937,
1964).
Les pléopodes des mâles du genre Hypererythrops sont réputés dénués de soies parti¬
culièrement différenciées. Le seul auteur qui aborde ce point, li (1964), écrit même dans
la diagnose du genre : « none of the setae on the pleopods modified ». L’un de nous ayant
observé de telles soies au cours de l’étude d’une espèce indo-pacifique, nous les avons
recherchées chez H. serriventer où nous les avons également rencontrées. Nous les désigne¬
rons sous Je nom de soies plumeuses aciculées. Elles sont d’un calibre supérieur à celui des
soies normales ; leur extrémité, au lieu d’être très effilée est nettement aciculée et distale-
ment glabre. Toutefois, les barbules ne paraissent pas particulièrement différenciées chez
H. serriventer. Ces soies se trouvent sur l’endopodite des pléopodes de la quatrième paire :
ce sont les deux soies de l’article distal (le, Ii) et chacune des soies internes (IIi, 11Ii) portées
par l’extrémité des deux articles précédents. Les soies aciculées sont un peu plus longues
que les soies normales.
Nous signalerons aussi la présence sur l’exopodite de tous les pléopodes, à l’exception
de ceux de la première paire, d’une épine fixée sur la face antérieure de l’avant-dernier
article, près de l’insertion de la soie interne.
Aucune indication n’a été fournie sur les oostégites chez H. serriventer. La seul préci¬
sion concernant le genre est donnée par Ii qui indique qu’il existe trois paires d’oostégites
chez H. zimmeri.
A la suite de notre étude, nous pouvons dire, à la rigueur, qu’il en existe trois paires
chez H. serriventer. Mais, si les deux paires postérieures ont un développement normal
(fig. 34 et 35), la paire précédente (fig. 33) est réduite à une très étroite lanière portant
quelques soies à l’extrémité et surtout de très longues soies près de sa hase L D’autre part,
à la base des appendices thoraciques de la cinquième paire, il existe une très petite palette
portant de très longues soies (fig. 32).
1. Ce sont manifestement ces oostégites que, dans sa description de II. richardi , Bacescu (1941) figure
(fig. 6R) et désigne sous le nom d’ « apophyse sternale du 4 e péréiopode ».
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1257
La garniture de soies de ces différentes formations est très intéressante à analyser
car elle vient corroborer l’hypothèse que l’un de nous a plusieurs fois énoncée dans des
travaux antérieurs, à savoir que les palettes et lobes ventillateurs que l’on trouve chez les
Mvsinae en avant des oostégites normaux, sont des oostégites régressés. En effet, si l’on
considère les oostégites correspondant à la sixième paire d’appendices thoraciques chez
//. serriventer, leur surface est extrêmement réduite ; à part quelques petites soies distales,
les autres soies bordantes ont disparu, à l’exception de celles situées tout à fait à la base.
On réalise aisément qu’une structure telle que celle que l’on trouve à la base des appendices
thoraciques de la cinquième paire constitue une étape beaucoup plus avancée de cette
régression.
Les grandes soies peu nombreuses et disposées en désordre sur la face interne de la
partie postérieure des deux paires d’oostégites normaux représentent aussi manifestement
le début d’une évolution qui, chez d’autres espèces plus différenciées, conduit à un tuber¬
cule garni de longues soies ou, par adjonction de fibres musculaires dans la paroi, à un
lobe ventilateur mobile tel que celui que l’un de nous a décrit chez Meterythrops picta
(Nouvel, 1943 : 77, fig. 130).
Chez H. serrivenler , le premier pléonite des femelles présente des plaques pleurales
assez développées et infléchies sur le côté (fig. 30), ce qui les rend visibles dans une vue
dorsale (fig. 31). Chez les femelles adultes, où elles sont un peu plus développées, elles sont
appliquées contre la partie dorsale supérieure de la dernière paire d’oostégites. Elles se
retrouvent, mais bien moins développées, chez les mâles. Or, chez les Mysidae de telles
plaques pleurales sont caractéristiques des deux sous-familles des Gastrosaccinae et des
llhopalophthalminae 1 mais n’ont jamais été rencontrées dans celle des Mysinae sauf
dans le sexe mâle du genre Pleurerythrops Ii, 1964. L’auteur n’avait d’ailleurs que ce
sexe à sa disposition quand il a créé le genre P. inscita. Murano (1970a) qui a intro¬
duit une nouvelle espèce ( P. secunda) dans ce genre ne parle de plaques pleurales ni pour
le mâle ni pour la femelle. D’ailleurs, l’espèce de Murano appartient de toute évidence
au genre Parerythrops : articulation caractéristique du premier pléonite, soies modifiées
des pléopodes de la cinquième paire du mâle, telson, uropodes, etc.
Distribution
Cette espèce n’a été signalée que dans l’océan Atlantique, de l’ouest des côtes d’Irlande
au golfe de Gascogne. Elle se tient sur les fonds sablo-vaseux de la pente continentale
compris entre 190 et 620 m de profondeur.
1. O. S. Tattkrsall (1952, 1957) qui les a signalées dans cette sous-famille soutient qu’elles n’existent
que chez les mâles. Elles existent aussi, bien que moins développées, chez les femelles des espèces que l’un
He nous a examinées.
Fig. 36-41. — Dactylerythrops dimorpha n. sp. 36, Partie antérieure d’un mâle adulte en vue dorsale
(X 29) ; 37, partie antérieure d’un mâle adulte en vue latérale (X 29) ; 38, partie antérieure d’une
femelle adulte en vue dorsale ( X 29) ; 39, base de l’antennule et de l’antenne (femelle) en vue dorsale
( X 58) ; 40, base de l’antenne (mâle) en vue dorsale ( X 58) ; 41, labrum (femelle), face ventrale ( X 89).
MYSIDACES DU GOLFE DE GASCOGNE
1259
Genre DACTYLERYTHROPS Holt et Tattersall, 1905
Bactylerythrops dimorpha n. sp.
(Fig. 36 à 52)
Matériel examiné : Gch 35, 190-220 m, 1 $ subad. de 3,4 mm, 2 Ç subad. de 2,9 et 3,6 mm et
5 juv. de 2,4 à 2,8 mm ; Gch 36, 400 m, 1 Ç ad. ; Gch 45, 280-300 m, 1 ad. de 5,3 mm (holo-
type, coll. Mus. natn. Ilist. nat., Paris, n° My 337) et 1 ç?ad. de 5 mm, 2 $ subad. de 4,4 et 4,6 mm,
2 juv. de 2,4 et 3,3 mm ; Gch 48, 380-410 m, 1 £ subad. de 3,6 mm ; Gch 51, 380-420 m, 1 $
ad. de 4,7 mm, 1 Ç subad. de 3,8 mm et 1 juv. de 3 mm ; Gch 52, 380-420 m, 1 subad. de
3,8 mm ; Gch 56, 386-410 m, 1 $ de 4,4 mm ; Gch 59, 380-420 m, 1 $ subad. de 4 mm et 1 juv.
de 3,1 mm ; Gch 74, 720 m, 1 $ ad. de 5,4 mm (paratype, coll. Mus. natn. Hist. nat., Paris,
n° My 338) et 4 Ç ad. de 4,9 à 5 mm ; Gch 75, 610 m, 1 £ ad. de 5,1 mm, 2 $ ad. de 4,7 mm ;
Gch 80, 380 m, 1 $ subad. de 3,5 mm et 1 juv. de 2,2 mm (paratypes, coll. Mus. natn. Hist. nat.,
Paris, n° My 340) ; Gch 82, 400 m, 1 juv. de 2,8 mm ; Gch 84, 405 m, 1 Ç subad. de 3,1 mm ;
Gch 85, 300 m, 1 subad., 1 $ ad. et 19 juv.
Description
La taille des mâles et des femelles de cette espèce varie entre 4,7 et 5,4 mm.
Le bord antérieur de la carapace, dans les deux sexes, légèrement proéminent, est
presque arrondi en arc de cercle. Les coins antéro-inférieurs de la carapace sont très large¬
ment arrondis (fig. 37). L’échancrure postérieure laisse à découvert, dorsalement, les deux
derniers somites thoraciques.
Aucun somite ne présente de pointes sternales.
L’œil (fig. 36 et 38) a une structure assez voisine de celle décrite par Tattersall
chez D. dactylops mais s’en distingue par les caractères suivants : en vue dorsale, il est
plus étiré, un peu claviforme ; les « globules visuels » sont plus nombreux, au nombre d’une
douzaine au moins et leur ensemble donne l’impression d’une cornée opaque incolore (sur
les animaux fixés au formol ou à l'alcool) ; en vue latérale, cette « cornée » est à peu près
circulaire. L’œil est proportionnellement plus gros chez les mâles que chez les femelles.
Les pédoncules antennulaires sont considérablement plus longs et plus épais chez les
mâles que chez les femelles. Il en est de même des pédoncules antennaires. Les écailles
antennaires présentent un fort dimorphisme sexuel : elles sont plus larges et beaucoup
plus courtes chez les femelles. Le rapport de la longueur à la largeur est de 2 1/2 chez les
femelles adultes, de 3 1/2 chez les mâles adultes (fig. 40). Le lobe distal est moins déve¬
loppé que chez D. dactylops ; il ne paraît pas posséder d’articulation. Tandis que, chez la
femelle, l’écaille antennaire dépasse considérahlement en avant le pédoncule antennidaire,
elle le dépasse à peine chez le mâle.
Nous avons figuré le labrum (fig. 41) qui n’avait été décrit chez aucune espèce cer¬
taine du genre Daclylerythrops (cf. remarques). L’extrémité antérieure est rondement
émoussée. Le lobe droit du bord postérieur est assez proéminent ; il est écailleux mais
remarquablement garni de nombreuses soies.
Le palpe mandibulaire (fig. 42) présente un article distal particulièrement court et
414, 2
Fig. 42-46. — Dactylerythrops dimorpha n. sp. 42, Palpe mandibulaire gauche (femelle) vu par la face
postérieure (x 89) ; 43, maxillule gauche (femelle), face postérieure (x 89) ; 44, maxille gauche
(femelle), face postérieure (X 72) ; 45, appendice thoracique gauche de la première paire (femelle)
face antérieure (X 72) ; 46, appendice thoracique gauche de la deuxième paire (mâle), face anté¬
rieure (X 36).
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1261
large. Les appendices buccaux des espèces du genre Dactylerythrops n’ont pas été décrites
par Tattersall, aussi nous avons figuré les maxillules (lig. 43) et les maxilles (fîg. 44).
Si les premières ne présentent pas de caractères très originaux, les secondes sont remar¬
quables par la forme longue et étroite de l’article distal du palpe et par Je développement
de l'exopodite.
A l’endopodite des appendices thoraciques de la première paire (fig. 45), l’article distal
est minuscule ; les trois premiers articles sont très larges. On remarque aussi la présence
d’une très grosse soie à l’extrémité du lobe mobile du basis qui, par ailleurs, ne porte qu’une
seule rangée de soies.
L’endopodite des appendices thoraciques de la deuxième paire (fig. 46) est particu¬
lièrement long et grêle. Les autres endopodites manquent chez tous nos exemplaires.
La poche incubatrice ne comporte cpie deux paires d’oostégites. L’état de ces derniers
ne permet pas une étude détaillée. Nous pouvons cependant préciser que ceux de la paire
antérieure possèdent, à la base du bord postérieur, un petit lobe garni de 2 longues soies.
Il n’y a aucune formation telle que soies ou lobe ventilateur à la base des appendices thora¬
ciques de la sixième paire.
Chez les femelles, tous les pléopodes sont uniarticulés.
Chez les mâles, à l’exception de l’endopodite de la première paire qui est uniarticulé
(fig. 47), les deux rames de tous les pléopodes comportent 7 articles. Les deux soies distales
des deux rames des pléopodes de la quatrième paire (fig. 48) ont, vers leur extrémité, des
barbules plus courtes, très nettement plus épaisses que les barhules normales. Ces quatre
soies ont le même calibre que les soies normales mais, surtout celles de l’endopodite, dépassent
manifestement les autres soies. Enfin le sixième article des endopodites de tous les pléopodes
(à l’exception de ceux de la première paire) présente, au coin distal interne de la face anté¬
rieure, deux soies épineuses très grêles dont la longueur est à peu près égale à celle de ce
sixième article. Les lamelles pseudobranchiales sont relativement étroites.
Les deux rames des uropodes atteignent presque le même niveau en arrière. Chez les
mâles, l’endopodite est un peu plus court que l’exopodite, il est au contraire à peine plus
long chez les femelles adultes et chez les jeunes. Une très petite épine grêle est présente
à la partie inférieure interne du renflement du statocyste (fig. 49), chez les exemplaires
adultes seulement. Il nous a paru qu’elle peut même faire totalement défaut chez certains
de ces derniers.
Il y a un assez grand dimorphisme sexuel dans la forme générale et la garniture du
telson (fig. 50, 51 et 52). Ce dernier est beaucoup plus large chez les mâles que chez les
femelles. Les deux grandes épines distales et les deux soies qu’elles encadrent sont beau¬
coup plus longues chez les mâles que chez les femelles. Les autres épines de l’extrémité
distale du hord externe sont du même ordre de grandeur dans les deux sexes, à l’exception
de l’avant-dernière qui peut être beaucoup plus courte chez les mâles. Le dimorphisme
porte aussi sur le nombre des épines. Les plus petits exemplaires (2,4 mm) n’ont que 2 épines
de chaque côté, puis ce nombre augmente pour atteindre 3 à 6 chez les immatures des deux
sexes ; il augmente au plus d’une unité chez les mâles adultes ; par contre, il varie de 9 à
14 chez les femelles adultes.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1263
Remarques
1 — Certaines des caractéristiques de cette espèce sont proches de celles de D. dac-
lylups et nous avions d’abord rapporté nos exemplaires à cette espèce. Au cours de notre
étude, les divergences se sont avérées importantes. Malheureusement, D. dactylops a été
décrit très sommairement et de façon assez ambiguë par Holt et Tattersall (1905a),
Tattersall (1911), puis par Tattersall et Tattersall (1951). Des caractères impor¬
tants n'ont pas été précisés et, pour les parties figurées, le sexe n’est pas indiqué, ce qui
est très ennuyeux en raison du dimorphisme sexuel. Il y a aussi des erreurs : par exemple,
la figure 1 de la planche XXII (1905a) n’est visiblement pas une femelle mais un mâle
(cf. antennules). D’autre part, il ne nous paraît pas improbable que les auteurs aient confondu,
comme races géographiques, des espèces différentes.
Compte tenu de ceux qui peuvent être comparés, des caractères aussi importants que
la forme et la structure des yeux, la forme des écailles antennaires, les caractéristiques du
telson, ne permettent pas d’identifier notre espèce à D. dactylops.
2 — Dans les travaux cités plus haut, les auteurs ne donnent aucun détail sur le
labrum de D. dactylops et D. gracilura. Au sujet de D. bidigitcita, Tattersall (1911), repris
par Tattersall et Tattersall (1951) écrit : « There is a prominent pseudorostral spine
which proceeds from the upper lip ». Il est très probable qu’il s’agit d’un prolongement
aigu de l’un des segments céphaliques, comme cela existe chez D. dimorpha. Dans ses tra¬
vaux anciens, le même auteur a commis une erreur similaire pour d’autres espèces.
3 — Il ne nous paraît pas certain que D. chrotops Murano, 1969, puisse être main¬
tenu dans ce genre.
Distribution
Cette espèce a été récoltée sur la pente continentale du sud du golfe de Gascogne,
entre 190 et 720 m de profondeur.
Genre ATLANTERYTHROPS n. g.
Diagnose
Caractères généraux de la tribu des Erythropini. Plaque frontale non proéminente. Coins
antéro-inférieurs de la carapace bien arrondis. La région céphalique n’est pas particulièrement
renflée. Pas de pointes sternales thoraciques ni abdominales. Yeux non comprimés dorso-ventra-
lement, cornée très développée, présence d’une papille. Labrum obtus émoussé en avant. Le coin
distal externe de l’article proximal du pédoncule antennulaire n’est pas étiré en avant. L’articu¬
lation de l’article distal du pédoncule antennaire avec l’article précédent est oblique. Écaille anten-
naire relativement allongée avec le lobe distal peu développé. Article distal du palpe mandibu-
1264
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
laire relativement allongé. Parties masticatrices des mandibules de type normal. Maxilles de type
normal. Endopodites des appendices thoraciques 3 à 7 relativement courts et massifs (ceux de
la 8 e paire plus courts et plus sveltes). Penes normaux. 3 paires d’oostégites et une palette munie
de longues soies à la base des appendices thoraciques de la 5 e paire chez la femelle. Appendices
abdominaux du mâle : endopodite des appendices de la première paire uniarticulé mais relative¬
ment long ; présence de soies aciculées différenciées sur les endopodites de la quatrième paire ;
lamelles pseudobranchiales élargies à l’extrémité avec un bord inférieur arrondi. Endopodites des
uropodes avec une série d’épines contournant le bord interne et inférieur du renflement du stato-
cyste. Telson très nettement plus long que large, triangulaire mais linguiforme à l’extrémité,
armé d’épines sur la moitié distale environ de ses bords latéraux, avec deux petites épines et deux
longues soies plumeuses entre les deux grandes épines distales.
Atlanterythrops crassipes n. sp.
(Fig. 53 à 75)
Matériel examiné : Gch 54, 250 m, 1 $ ad. de 10,3 mm (paratype, eoll. Mus. natn. Hist. nat.,
Paris, n° My 86) ; Gch 59, 380-420 m, 1 ^ ad. de 10,7 mm (holotvpe, coll. Mus. natn. Hist.
nat., Paris, n° My 85) ; Gch 60, 680-720 m, 1 Ç mutilée.
Description
La carapace forme en avant une plaque frontale obtuse, un peu redressée (fîg. 53)
mais à peine proéminente ; les bords latéraux antérieurs sont presque rectilignes, obliques
vers l’arrière et les coins inférieurs antérieurs sont très arrondis. La partie céphalique est
légèrement renflée dorsalement et le sillon cervical (fig. 54) est très accusé. L’échancrure
postérieure laisse à découvert, dorsalement, le dernier somite thoracique mais les ailes
latérales atteignent sensiblement le bord antérieur du premier pléonite.
Aucun somite ne présente de pointe sternale dans l'un ou l’autre sexe et les somites
abdominaux ne présentent pas de plaques pleurales proéminentes.
Les yeux sont très gros mais ne débordent pas la carapace sur les côtés. En vue
latérale (fig. 54), la cornée est à peu près circulaire ; en vue dorsale, elle apparaît plus
large que le pédoncule qui est relativement court, tronconique, très rétréci vers la base.
Le côté interne du pédoncule, près du bord de la cornée, présente un assez fort tubercule.
Les pédoncules antennulaires ont la même longueur relative dans les deux sexes mais
ils sont beaucoup plus épais chez le mâle (fig. 55) que chez la femelle. Chez cette dernière,
le bord interne de l’article distal est garni de 5 soies plumeuses et d’une soie glabre beau¬
coup plus longue. Ces soies ont disparu ou sont très régressées chez le mâle adulte. Chez
ce dernier, le lobus masculinus est très développé et sa garniture de soies est très abon¬
dante.
L’écaille antennaire est environ 4 fois plus longue que large chez la femelle (fig. 56),
un peu moins chez le mâle. Chez ce dernier (fig. 57), le bord externe est convexe tandis
qu’il est à peu près rectiligne chez la femelle. Dans les deux sexes le lobe distal est très
peu développé et ne dépasse pas l’épine en avant. L’article distal est très court. L’articu¬
lation de l’article distal du pédoncule antennaire est assez particulière : elle est oblique
avec une très large membrane articulaire du côté externe si bien que l’article distal paraît
rejeté vers le côté interne. Le coin externe du sympode ne forme pas de (lenticule.
mdib'
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1268
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Le labrum est large (fig. 58 et 59) ; son extrémité antérieure est obtuse mais arrondie.
Les parties masticatrices des mandibules ne présentent pas de caractères originaux.
L’article distal du palpe est allongé et possède une garniture abondante (fig. 60).
Les maxillules (fig. 62) sont de type normal mais avec une garniture assez riche. Elles
portent 4 soies sur le corps maxillaire en arrière des dents distales.
Les maxilles ne présentent pas de caractères très particuliers (fig. 63).
Les appendices thoraciques de la première paire ont un endopodite court et massif
(fig. 64). Au contraire, ceux de la deuxième paire (fig. 73) ont un endopodite relativement
long et élancé.
Les endopodites des autres appendices thoraciques sont encore présents chez le mâle
seulement. Us sont relativement courts (fig. 65), très robustes, suhégaux, sauf ceux de la
huitième paire (fig. 66) qui sont plus grêles et bien plus courts (leur extrémité ne dépasse
guère celle de l’exopodite). Chez tous, l’article distal du propodos est bien plus grêle que
l'article proximal. Les griffes sont assez longues et fines mais robustes. Les exopodites
ont 10 articles sétigères à la première paire, 11 aux paires suivantes ; les plaques basales
ont un coin distal externe anguleux mais sans véritable denticule.
Les penes sont de longueur normale et ne dépassent pas le basis des appendices tho¬
raciques de la huitième paire (fig. 66).
La poche incubatrice de la femelle est constituée de trois paires d’oostégites bien
développés (fig. 71 et 72), insérés à la base des trois dernières paires d’appendices thora¬
ciques. A la base des appendices thoraciques de la cinquième paire, on observe une palette
ou lobe ventilateur muni de longues soies (fig. 70).
Les pléopodes de la femelle sont uniarticulés.
Aux pléopodes de la première paire (fig. 67), chez le mâle, l’endopodite est uniarti-
culé et sa longueur est égale à celle des trois articles proximaux de l’exopodite réunis ;
l’exopodite est composé de 8 articles. A tous les autres pléopodes les deux rames ont égale¬
ment 8 articles. Aux pléopodes de la quatrième paire (fig. 68), les soies externes des trois
derniers articles de l’endopodite sont plus épaisses, aciculées, raides, glabres à l’extrémité
et sur une grande partie de leur longueur, les barbules sont un peu plus épaisses que la
normale. La soie interne de l’article distal présente une différenciation analogue mais très
atténuée. La face antérieure de certains articles des endopodites présente une soie épineuse,
5 e article sur Plp 2 ; 1 er , 2 e , 3 e et 4 e sur Plp 3 et Plp 5 ; 1 er , 3 e et 5 e sur Plp 4 ; ce qui est plus
singulier, c’est la présence de trois petites soies sur le coin distal externe de l’avant-dernier
article sur Plp 3 et Plp 5 (fig. 69). Les processus pseudobranchiaux sont étroits à la base,
élargis vers l'extrémité, avec un bord inférieur arrondi.
L’endopodite des uropodes est armé de 4 épines aiguës le long du bord interne et infé¬
rieur du renflement du statocyste (fig. 74). L’une des femelles en a 5 d’un côté.
Le telson (fig. 75), triangulaire linguiforme, est un peu moins d’une fois et demie plus
long que large. Des épines de longueur assez régulièrement croissante en direction distale
sont disposées sur un peu moins de la moitié distale des bords latéraux. Elles sont au nombre
de 10 de chaque côté chez deux des exemplaires, 12 et 13 chez l’une des femelles. Entre
les deux grandes épines distales, il y a une paire de très petites épines et une paire de longues
soies plumeuses.
Fig. 67-72. — Atlanterythrops crassipes n. gen., n. sp. 67, Pléopode gauche de la première paire du mâle,
face antérieure (X 36) ; 68, pléopode gauche de la quatrième paire du mâle, face postérieure (X 36) ;
69, pléopode gauche de la cinquième paire du mâle, face antérieure (X 36) ; 70, base d’un appendice
thoracique de la cinquième paire d’une femelle montrant l’oostégite rudimentaire (X 36) ; 71, oosté-
gite correspondant à la sixième paire d’appendices thoraciques d’une femelle (X 36) ; 72, base de
l’oostégite (face interne) correspondant à la septième paire d’appendices thoraciques de la femelle
(X 16).
1270
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Distribution
Cette espèce a été recueillie sur le talus continental du sud du golfe de Gascogne,
entre 250 et 720 m de profondeur.
Genre AMBLYOPS G. O. Sars, 1872
Amblyops trisetosa n. sp.
(Fig. 76 à 92)
Matériel examiné : Gch 74, 720 m, 1 ad. de 9 mm (holotype, coll. Mus. natn. Hist. nat., Paris,
n° My 45) et 1 £ ad. de 9,8 mm.
1272
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Description
Le bord frontal de la carapace a la forme d’un angle très émoussé (fig. 76) et la plaque
frontale est presque nulle. Les coins latéraux antérieurs sont anguleux. L’échancrure posté¬
rieure laisse à découvert dorsalement les deux derniers somites thoraciques dont le dernier
est très court. Le sillon cervical est assez profondément marqué.
Les yeux ont la structure régressée typique du genre (fig. 78). En vue dorsale, le bord
externe est presque rectiligne, le bord antérieur est relativement droit et incliné vers l’inté¬
rieur avec une forte proéminence anguleuse à pointe mousse. L’œil est fortement spinuleux
dans ses parties antérieures et latérales, le reste de la surface est garni de granules plus
ou moins écailleux. Au-dessous de la proéminence anguleuse, on distingue, par transpa¬
rence, une masse piriforme sombre qui pourrait être glandulaire (?) et, à l’extrémité de
la proéminence, une petite dépression ayant l’aspect d’un pore (?).
Le pédoncule antennulaire est très épais ; le coin distal externe de l’article proximal
est étiré et garni de 5 soies vers son extrémité. L’article distal ne porte pas de soies le long
de son bord interne. Le lobus masculinus est très développé, épais, très long, recourbé vers
l’intérieur et porte une très abondante garniture de soies.
Le pédoncule antennaire (fig. 79) a la structure générale décrite et figurée par G. O. Sars
chez A. abbreviata. Il comporte 4 articles ; le deuxième est mal individualisé et surplombé
dorsalement par le troisième. Le pédoncule est très nettement plus court que le pédoncule
antennulaire. L’écaille antennaire est à peine 3 fois et demie plus longue que large ; le
bord externe est rectiligne sur une grande partie de sa longueur et l’épine dorsale porte
une petite épine accessoire du côté interne (fig. 80) ; le lobe distal est peu dévelopé mais
nettement arrondi vers l’avant et il comporte une articulation. Le coin distal externe du
sympode est étiré en un diverticule assez aigu.
Le labrum (fig. 81) est sensiblement aussi long que large. Sa partie antérieure forme
un angle droit émoussé. Pour le détail de la garniture de son bord postérieur, on se repor¬
tera à la figure 82.
Les pièces buccales ne présentent pas de caractères très originaux (fig. 83).
Seuls les endopodites des appendices thoraciques des deux premières paires sont conser¬
vés sur nos exemplaires (fig. 84 et 85). Tous les exopodites présentent un denticule à l’extré¬
mité distale du bord externe de la plaque basale. Les fouets ont 9 articles sétigères à la
première paire, 10 aux paires suivantes.
Aux pléopodes, les exopodites comportent 13 articles aux quatre premières paires
et 12 à la cinquième. L’endopodite de la première paire est uinarticulé et dépasse légère¬
ment l’extrémité du quatrième article de l’exopodite ; ceux des autres paires comportent
12 articles, à l’exception de ceux de la cinquième paire qui n’en possèdent que 11. Nous
signalerons, en outre, sur les exopodites, la présence d’une épine sur la face antérieure
des articles 9, 11 et 12 à la première paire (fig. 89), 11 et 12 à la deuxième, 9, 11 et 12 à
la troisième, 11 et 12 à la quatrième (fig. 90) et 10 et 11 à la cinquième. Un groupe de trois
petites soies est implanté sur la face antérieure de l’article 10 de l’endopodite, à la cinquième
paire.
Les pléopodes de la quatrième paire possèdent des soies différenciées. A l’exopodite
(fig. 91), il s’agit des deux soies du dernier art icle et de la soie externe de chacun des 4 articles
Fig. 83-88. — Amblyops triseiosa n. sp. (mâle adulte). 83, Maxille gauche, lace postérieure (X 47) ; 84,
appendice thoracique droit de la première paire, face antérieure ( X 58) ; 85, appendice thoracique
gauche de la deuxième paire, face antérieure ( X 36) ; 86, partie basale de l’uropode gauche du premier
spécimen, face ventrale ( X 29) ; 87, uropode gauche de l’autre spécimen, face ventrale ( X 29) ; 88,
telson en vue dorsale (X 29).
1274
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
précédents : ces soies sont épaissies et acérées, relativement courtes par rapport aux soies
normales, à l’exception de la distale interne qui est au contraire plus longue ; les barhules
sont courtes et ne sont implantées que sur une partie de la longueur de la soie. L’endopo-
dite (fîg. 92) est pourvu de trois soies à l’extrémité de l’article distal et la médiane est plus
longue, épaisse, aciculée et presque dépourvue de barbules ; d’autre part, les articles 5 à
9 possèdent chacun une ou deux très petites épines près de l’insertion de la soie interne.
La première lamelle pseudobranchiale est relativement étroite, ses bords supérieur et
inférieur sont subparallèles ; les lamelles suivantes sont beaucoup plus larges, leur bord
inférieur est très arrondi, comme dans le genre Hypererythrops.
L’endopodite des uropodes est armé d’une épine (fig. 87) chez le plus grand exem¬
plaire, de deux épines chez l’autre (fig. 86) ; elles sont implantées à la base du renflement
du statocyste, près du bord interne.
Le telson (fig. 88), linguiforme, est tronqué en ligne droite à son extrémité de telle
manière que les 2 paires de grandes épines distales sont implantées au même niveau. Ses
bords latéraux sont seulement un peu concaves dans la moitié proximale. Le nombre des
épines marginales, pour chaque côté, est de 17 et 18 chez le plus grand spécimen, de 19
et 20 chez le plus petit. Entre les deux grandes épines apicales médianes, se trouvent deux
très petites épines et une paire de soies plumeuses.
Fig. 89-92. — Amblyops trisetosa n. sp. (mâle adulte). 89, Pléopode gauche de la première paire, face
postérieure (x 36) ; 90, pléopode gauche de la quatrième paire, face postérieure (X 36) ; 91, extrémité
de l’exopodite du même pléopode (X 72) ; 92, extrémité de l’endopodite du même pléopode (X 72).
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1275
Remarques
A première vue, nos exemplaires ont des caractères très voisins de ceux de A. kempi
(Holt et Tattersall, 1905). Malheureusement, l’espèce n’a été décrite que de façon très
sommaire (IIolt et Tattersall, 19066) et seulement d’après une femelle d’apparence
adulte. Tattersall et Tattersall (1951) donnent quelques faibles indications sur le
mâle avec un dessin d’ensemble et deux croquis de l’œil (vue latérale et vue dorsale).
La comparaison fondée sur les seules données utilisables permet de constater que,
chez nos exemplaires :
— la partie frontale de la carapace est légèrement moins obtuse ;
— l’antennule ne possède pas de soies le long du bord interne de l’article distal du
pédoncule ;
— le pédoncule antennaire est beaucoup plus court que le pédoncule antennulaire ;
— le lobe distal de l’écaille antennaire est beaucoup mieux marqué ;
- la forme de l’œil est manifestement différente ;
-— le telson a une forme générale différente (rétrécissement régulier vers la base,
troncature distale) avec un nombre d’épines marginales très nettement plus faible (17 à
20 au lieu de 27 à 28).
La comparaison des structures et différenciations particulières des pléopodes aurait
été d’une importance capitale. Malheureusement, pour ce qui concerne A. kempi, Tatter¬
sall et Tattersall n’y font aucune allusion, si ce n’est : « Appendages similar to those
of the type species », c’est-à-dire à ceux d’A. abbreviata. Or, chez cette dernière espèce,
la lamelle pseudobranchiale de Plp 1 et les soies différenciées de Plp 4 ont au moins une struc¬
ture bien différente (G. O. Sars, 18726).
Etant donné toutes ces différences, nous ne pouvons pas identifier nos exemplaires
à A. kempi et, pour l’instant, nous ne pouvons les considérer que comme appartenant à
une espèce nouvelle. Le nom spécifique fait allusion à la présence de trois soies distales
à l’extrémité d’une rame de pléopodes ; nous n’en connaissons aucun autre exemple.
Distribution
Cette espèce a été recueillie sur la pente continentale du sud du golfe de Gascogne,
par 720 m de profondeur.
Amblyops spinifera n. sp.
(Fig. 93 à 109)
Matériel examiné : Gch 45, 280-300 m, 7 juv. de 3,3 mm à 6,4 mm ; Gch 47, 370-420 m, 13 juv. ;
Gcli 51, 380-420 m, 3 juv. de 4 à 4,8 mm ; Gch 64', 390 m, 8 juv. de 3,5 à 4,7 mm (paratypes,
coll. Mus. natn. Hist. nat., Paris, n° My 44) ; Gch 70, 805 m, lÇad. de 13 mm (holotype, coll.
Mus. natn. Hist. nat., Paris, n° My 43) et 1 9 ad. de 13 mm ; Gch 75, 610 m, 1 Ç ad. de 12 mm.
414, 3
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1277
Description
En l’absence de spécimen mâle, cette description ne s’applique qu’à la femelle.
Le bord frontal de la carapace est arrondi mais très légèrement anguleux et la plaque
frontale est très faiblement proéminente. Les coins latéraux antérieurs sont anguleux, à
peine émoussés. Le sillon cervical est très accusé. L’échancrure postérieure laisse à décou¬
vert dorsalement le dernier somite thoracique très étroit et une partie au moins du pré¬
cédent.
Les yeux ont la structure régressée typique du genre (lîg. 94), la proéminence anté¬
rieure est très peu développée. La spinulation n’est guère marquée que dans la partie anté¬
rieure externe(fîg. 95) ; elle est très peu marquée le long de la partie interne du bord anté¬
rieur et fait défaut ailleurs.
Le pédoncule antennulaire est massif (fig. 96). En vue dorsale, l'article distal est à
peu près aussi long que large et porte une douzaine de soies le long de son bord interne
et 5 soies au coin distal externe. Le coin distal externe de l’article proximal est étiré et
porte 5 soies inégales à son extrémité.
Le pédoncule antennaire (fig. 97) comporte 4 articles ; le deuxième, bien individualisé
est surplombé dorsalement par le troisième. Ce pédoncule a sensiblement la même longueur
que le pédoncule antennulaire. L’écaille antennaire est environ 3 fois 1/5 plus longue <[ue
large. Son bord externe est convexe dans la moitié proximale et se termine par un denti-
cule doublé vers l’intérieur d’un denticule accessoire non articulé (fig. 98). Le lobe distal
est court et ne dépasse pas le niveau de l’extrémité de la pointe du denticule externe. L’arti¬
culation distale est nette. Le coin distal externe du sympode est étiré en un diverticule
aigu.
Le labrum (fig. 99) est sensiblement aussi long que large. L’extrémité antérieure est
bien arrondie ; la dissymétrie est assez accusée. Pour la garniture des lobes du bord posté¬
rieur, voir la figure 100.
Le lobe basal des maxillules présente une très grosse soie rétroversée à son bord infé¬
rieur (fig. 101).
Les maxilles paraissent identiques à celles figurées par G. O. Sars chez A. abbreviala.
Nous avons figuré un appendice thoracique de la première paire (fig. 102).
Les endopodites des autres appendices thoraciques manquent sur nos trois exemplaires
adultes, à l’exception d’un appendice de la sixième paire que nous avons reproduit (fig. 103).
Les plaques basales des exopodites ont toutes un denticule à l’extrémité distale de
leur bord externe : le fouet possède 9 articles sétigères à la première paire et 10 articles à
toutes les autres.
Les individus juvéniles sont dépourvus d’appendices sternaux thoraciques.
La poche incubatrice comporte deux paires d’oostégites bien développées et, à la base
des appendices thoraciques de la 6 e paire, on trouve une palette garnie de longues soies.
Les oostégites annexés à la huitième paire (fig. 105) sont très vastes. Leur bord postérieur
forme un lobe un peu épaissi au bord et sur lequel se trouvent quelques longues soies dis¬
persées. Mais leur grande originalité est l’existence d’un pincement en carène qui vient
se loger sous un repli bilobé formé par le pleuron du premier pléonite (fig. 106). Les oosté-
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1279
Fig. 104-109. — Arnblyops spini/era n. sp. (femelle adulte). 104, Oostégite correspondant à la base de
l’appendice thoracique droit de la septième paire ( X 29) ; 105, base de l’oostégite correspondant à
l’appendice thoracique droit de la huitième paire (x 29) ; 106, vue latérale de la poche incubatrice
( X 7) ; 107, base des endopodites des uropodes en vue ventrale (x 29) ; 108, telson, vue dorsale
(X 29) ; 109, extrémité distale du telson, vue ventrale (X 72).
1280
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
gites annexés à la septième paire sont bien moins vastes (fig. 104). Ils doublent extérieure¬
ment ceux de la dernière paire ; leur coin proximal postérieur forme un lobe garni de longues
soies et leur bord postérieur vient s’insérer entre les basis de P7 et de P8.
Les endopodites des uropodes sont armés de 2 ou de 3 épines très aiguës insérées le
long de la partie distale du renflement du statocyste (fig. 107). Chez les trois exemplaires
adultes, nous avons noté : 3-2, 2-3, 2-2 épines. La longueur de ces épines croît en direction
caudale.
Le telson (fig. 108) est linguiforme, à peu près 2 fois plus long que large (épines non
comprises). Chacun des bords latéraux est garni de 24 à 27 épines de longueur un peu irré¬
gulièrement croissante en direction distale. Les deux distales sont beaucoup plus longues
et encadrent une petite épine médiane et deux soies plumeuses insérées dorsalement par
rapport à la petite épine (fig. 109). La partie proximale nue du bord externe est bien plus
courte que celle garnie d’épines.
L’étude d’une série de jeunes nous a permis d’observer que le pédoncule antennaire
ne comporte tout d’abord que 3 articles : la différenciation du deuxième article en deux
ne commence à se manifester que chez les individus dont la taille dépasse 6 mm. Chez les
individus de 3,5 à 4,5 mm, l’épine distale du bord externe de l’écaille antennaire est simple,
sans denticule accessoire. Seul le plus grand immature (6,4 mm) possède 2 épines à l’uropode
interne ; tous les exemplaires plus jeunes n’en ont qu’une. Le nombre d’épines latérales
du telson augmente grossièrement avec la taille : 3,5 à 4,0 mm, 10 à 12 ; 4,0 à 4,8 mm,
11 à 13 ; 5,1 mm, 16-17 ; 6,4 mm, 17-19. A tous les stades nous avons constaté que la petite
épine médiane distale du telson est bien unique et toujours insérée dans le plan sagittal.
Cependant dans un cas elle est bifide à l’extrémité et dans un autre cas elle l’est jusqu’à
la base. Un exemplaire possède une petite épine supplémentaire mais en position nettement
latérale.
Remarques
Par la plupart de ses caractéristiques, ce matériel fait immédiatement penser à A. abbre-
viata (M. Sars, 1869), si l’on s’en réfère à la description et aux nombreuses figures de
G. O. Sars (1872i). Quelques détails et figures complémentaires ont été fournis par Tatter-
sall et Tattersall (1951). Nous laisserons de côté les figures de Tattersall (1951) qui
sont relatives à des exemplaires provenant du Pacifique et qui, de toute évidence, appar¬
tiennent au moins à une sous-espèce distincte.
Dans l’ensemble, les femelles étudiées ne présentent pas de différences essentielles
avec celles décrites par Sars, ou du moins on peut considérer qu’elles sont dues au fait
que les exemplaires de Norvège sont bien plus grands que les nôtres ou encore à l’impré¬
cision des figures.
Cependant :
— la forme du telson est un peu différente, mais plus voisine de celle figurée par
Tattersall et Tattersall ;
-— la forme des articles de l’endopodite des appendices thoraciques de la première
paire est voisine de celle figurée par Sars mais bien différente de celle figurée par Tatter¬
sall et Tattersall.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1281
Les deux différences suivantes nous ont paru capitales :
— chez A. abbreviata, l’endopodite de l’uropode ne porte pas d’épines au bord interne
et, dorsalement, du côté externe, il est orné d’une proéminence émoussée qui n’existe pas
dans notre matériel ;
A. abbreviata ne présente que deux soies plumeuses à l’extrémité du telson mais
pas de petite épine entre les deux grandes épines distales.
Ces deux dernières différences et surtout la première d’entre elles rendent impossible
l’identification de notre matériel avec A. abbreviata. S’il s’avère que les mâles ont une
différenciation identique des pléopodes de la quatrième paire, on pourrait alors considérer
A. spinifera comme une sous-espèce de A. abbreviata. La même remarque vaut pour les
A. abbreviata du Pacifique.
Distribution
La distribution de A. spinifera sur la pente continentale du sud du golfe de Gascogne
montre que les jeunes ont une localisation plus superficielle (280 à 420 m) que celle des
adultes (supérieure à 600 m).
Genre PARAMBLYOPS Holt et Tattersall, 1905
Paramblyops rostrata Holt et Tattersall, 1905
(Fig. 110 à 136)
Paramblyops rostrata Holt et Tattersall, 1905a : 125, 144, pl. XXI | Holt et Tattersall, 19066 :
26 | Hansen, 1908 : 108 | Tattersall, 1908 : 193 | Paulsen, 1909 : 37 | Tattersall, 1909 :
133 | Zimmer, 1909, N. Pl. : 115, fig. 232-234 | Tattersall, 1911 : 47 | Kramp, 1913 : 555 |
Hansen, 1927 : 25, pl. I, fig. 7a-7c | Colosi, 1929 : 416 | Nouvel, 19506, fiche 22 : 3, fig. 150-
154 | Tattersall, 1951 : 132 | Tattersall et Tattersall, 1951 : 255, fig. 60A-I | Tatter-
sat.l, O. S., 1955 : 111 | Lagardère, J. P., 1972 : 660, 670.
Matériel examiné : G 57, 400-420 m, 1 $ subad. ; Gch 9, 1 020-1 040 m, 3 juv. ; Gch 13, 600 m,
3 (J ad., 1 ^ subad., 2 Ç subad. et 6 juv. ; Gch 15, 400 m, 1 Ç subad. ; Gch 31, 580-610 m, 1 juv. ;
Gch 33, 1 000 m, 1 ad. et 1 Ç subad. ; Gch 36, 400 m, 2 £ ad., 7 $ subad., 4 Ç ad-, 6 2 subad.
et 20 juv. ; Gch 37, surface, 1 $ subad., 3 9 subad. et 2 juv. ; Gch 40, 400 m, 1 $ ad. et 1 $
ad. ; Gch 45, 280-300 m, 2 Ç ad. et 6 juv. ; Gch 47, 370-420 m, 23 spécimens ; Gch 48, 380-
410 m, 1 (J ad., 5 subad., 1 Ç ad., 4 Ç subad. et 21 juv. ; Gch 51, 380-420 m, 1 <$ ad., 11 $
subad., 4 $ ad., 22 $ subad. et 92 juv. ; Gch 52, 380-420 m, 1 ad., 1 $ subad. et 7 juv. ;
Gch 53, 570-600 m, 3 d ad., 1 $ subad., 1 $ ad., 3 2 subad. et 10 juv. ; Gch 56, 386-410 m, 2 9 ad.,
2 Ç subad. et 10 juv. ; Gch 57, 570-640 m, 3 d ad., 1 subad., 3 9 ad. et 3 juv. ; Gch 59,380-420 m
17 (J ad., 3 $ ad. et 94 juv. ; Gch 60, 690-720 m, 2 $ subad., 1 9 ad., 2 9 subad., et 5 juv. ; Gch 62,
360-400 m, 1 9 subad. et 4 juv. ; Gch 64', 390-400 m, 5 ^ subad., 3 9 ad., 2 2 subad. et 20 juv. ;
Gch 66, 620 m, 1 juv. ; Gch 69, 1 000 m, 1 (J subad., 2 2 subad. et 1 juv. ; Gch 70, 805 m,
1 juv. ; Gch 72, 420 m, 1 2 subad. et 1 juv. ; Gch 74, 720 m, 1 ad., 2 subad., 5 9 ad., 18 2
subad. et 15 juv. ; Gch 75, 610 m, 1 $ ad., 2 £ subad., 6 2 ad., 7 9 subad. et 2 juv. ; Gch 78,
1 200 m, 1 9 ov. et 3 juv. ; Gch 79, 400 m, 1 juv. ; Gch 80, 380m, 1 $ ad., 1 d subad., 1 9 ad.,
1282
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
6 $ subad. et 28 juv. ; Gch 82, 400 m, 1 <$ subad., 2 $ ad., 1 Ç subad. et 5 juv. ; Gch 83, 410 m,
3 (J ad., 4 (J subad., 4 Ç ad., 3 2 subad. et 3 juv. ; Gch 84, 405 m, 1 $ ad., 2 $ subad., 2 Ç
ad., 2 Ç subad. et 9 juv. ; Gcb 85, 300 m, 1 2 ad. et 44 juv.
Remarques
L’espèce a été décrite en 1905 par Holt et Tattersall, d’après des exemplaires récoltés
à l’ouest de l’Irlande (181-382 fath.). La description est assez sommaire et erronée sur cer¬
tains points. Il n’est fait aucune allusion à des caractères importants. Il ne semble d’ail¬
leurs pas que ce matériel comportait des exemplaires tout à fait adultes.
D’autres récoltes ont été attribuées à la même espèce ; elles proviennent du sud-ouest
de l’Irlande, des Féroés, du sud de l’Islande, du golfe de Gascogne, du large du Maroc et
de la Méditerranée. Mais aucune de ces citations n’est accompagnée de remarques sur la
morphologie. Seul, Hansen (1927), à propos d’un unique exemplaire récolté dans le golfe
de Gascogne (expédition du « Travailleur ») dont le sexe n’est pas précisé, note une diffé¬
rence assez considérable dans la forme du rostre et celle de l’œil, par rapport à la descrip¬
tion de Holt et Tattersall. Tattersall et Tattersall (1951) reprennent la descrip¬
tion avec des figures améliorées. Ils disent avoir réexaminé des exemplaires récoltés au
large des côtes irlandaises : le rostre est comme dans le type ; quant aux yeux, certains
semblent se rapprocher de la description de Hansen mais d’autres sont comme dans le
type. Ils suggèrent que ces différences sont liées à des différences de profondeur d’habitat.
Enfin, ils reconnaissent que la première description du lahrum (présence d’une pointe
antérieure) est erronée.
Comme nous avions à notre disposition un matériel abondant, en bon état et pro¬
venant de profondeurs variées (280 à 1 200 m), il nous a paru intéressant de réétudier
complètement cette espèce, en particulier, pour tenter d’élucider l’existence de sous-espèces
ou de formes écologiques. Cette étude n’a pas été sans nous ménager des surprises dont
la plus forte est la différenciation tout à fait singulière, pour un membre de la tribu des
Erythropini, de l’endopodite des pléopodes de la quatrième paire chez les mâles. Nous
pouvons aussi conclure que les différences notées par Hansen ne sont que le résultat de
différenciations sexuelles.
Description
Les adultes, mâles et femelles, ont de 7,5 à 9,3 mm de longueur. Une seule femelle
(9,1 mm) paraît avoir conservé une couvée intacte et cette dernière comporte 8 embryons.
Les téguments sont finement écailleux par place.
La plaque frontale est affectée d’un fort dimorphisme sexuel. Chez de très jeunes
exemplaires (2,5 mm), sa pointe ne dépasse pas l’extrémité distale de l’article médian du
pédoncule antennulaire. Progressivement, elle atteint l’extrémité de cet article. Chez les
femelles, la plaque devient de plus en plus longue et très aiguë (fîg. 110) et, chez les adultes,
elle dépasse très largement l’extrémité distale du pédoncule antennulaire. Chez les mâles,
lorsque les caractères sexuels commencent à se manifester, la plaque paraît déjà plus courte
et plus obtuse (fîg. 111) car elle n’atteint que le milieu de l'article distal du pédoncule ;
Fig. 110-119. — Paramblyops rostrala Holt et Tattersall, 1905. 110, Plaque frontale et pseudoroslre
d’une femelle adulte (x 29) ; 111, plaque frontale et pseudorostre d’un mâle adulte (x 29) ; 112, œil
gauche en vue dorsale d’un spécimen juvénile (x 58) ; 113, œil gauche en vue dorsale d’une femelle
adulte (X 58) ; 114, œil gauche en vue dorsale d’une autre femelle adulte (x 58) ; 115, œil gauche
en vue dorsale d’un mâle adulte (X 58) ; 116, base de l’antennule gauche du mâle en vue dorsale
(X 36) ; 117, base de l’antennule gauche de la femelle en vue dorsale (x 36) ; 118, base de l’antenne
gauche du mâle, vue dorsale (x 36) ; 119, base de l’antenne gauche de la femelle, vue dorsale (x 36).
1284
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
puis l’extrémité s’élargit considérablement et ne dépasse plus le milieu de l’article médian
du pédoncule. Enfin, tandis que chez les femelles la pointe de la plaque frontale dépasse
considérablement celle du pseudorostre qui se trouve au-dessus de l’insertion des anten-
nules, les rapports sont inversés chez les mâles.
Chez les jeunes, le bord antérieur de l’œil (fîg. 112), abstraction faite du coin externe
anguleux, est pratiquement perpendiculaire au bord externe. Chez les femelles adultes
(fîg. 113), l’angle devient légèrement aigu ; chez les très grandes femelles (fîg. 114), l’angle
devient très nettement aigu. L’évolution est plus rapide et beaucoup plus accentuée chez
les mâles (fîg. 115) où l’angle atteint environ 45° tandis que la pointe du coin externe devient
très longue et très aiguë. Les petites spinulations de la face antérieure se voient assez peu
en vue dorsale, cependant mieux chez les femelles que chez les mâles.
Les pédoncules antennulaires sont beaucoup plus longs et plus épais chez les mâles
(fig. 116) que chez les femelles (fîg. 117). Le coin distal externe de l’article proximal est
très étiré et porte quatre soies terminales et une subterminale. L’article basal et l’article
médian portent, à leur bord dorsal antérieur, un lobe garni de quatre soies.
A taille égale, chez les adultes des deux sexes (fig. 118 et 119), la largeur maximum
de l’écaille antennaire est sensiblement la même mais, chez les mâles, l’écaille est relative¬
ment beaucoup plus longue. Chez ces derniers, le pédoncule antennaire est aussi beaucoup
plus gros et plus long.
Le labrum a été sommairement mais incorrectement figuré par Tattersali. et Tatter-
sall (1951, fig. 60 1)) L II est 1res nettement plus large que long. Son extrémité antérieure
forme une pointe mousse sur laquelle aboutit une carène longitudinale intéressant plus
de la moitié antérieure de la face ventrale (fig. 120). Le bord postérieur est bilobé, écailleux
à droite, garni de lamelles et de soies à gauche (fig. 121).
Les pièces buccales n’ayant été décrites chez aucune espèce du genre, nous avons
figuré la maxillule (fig. 122) et la maxille (fig. 123). Les parties incisives et masticatrices
des mandibules ne présentent pas de caractères originaux.
Nous avons figuré les appendices thoraciques de la première et de la deuxième paire
(fig. 124 et 125). Ces derniers sont particulièrement courts et massifs. Les endopodites des
appendices thoraciques suivants sont assez grêles, de longueur croissante d’avant en arrière ;
étendus en avant, ils atteignent le même niveau, un peu en avant de l’œil chez les jeunes,
l’extrémité du pédoncule antennulaire chez les adultes.
Les exopodites présentent un dimorphisme sexuel assez singulier : non seulement ils
sont beaucoup plus développés chez les mâles mais les plaques basales prennent aussi chez
eux une forme différente. Le bord antérieur de ces plaques est rectiligne et forme un angle
très aigu avec le bord externe (fig. 127). Il en est ainsi chez tous les jeunes, les immatures
et les femelles à tous les stades. Par contre, chez les mâles adultes, ce bord antérieur prend
une forme normale très convexe et l’épine qui prolonge le bord externe en est bien séparée
(fig. 128). Le nombre des articles sétigères qui est d’avant en arrière respectivement de 8,
9, 9, 9, 9, 9, 9, 8, passe à 9 pour tous les fouets chez les femelles adultes et à 9, 10, 10, 10,
10, 10, 10, 9 chez les mâles adultes.
Il n’est pas question de pointes sternales dans les descriptions de P. rostrata, ni dans
la diagnose du genre Paramblyops. Ceci est assez étonnant puisque Tattersall (1911)
1. Il est très probable qu’il en est de même du labrum de P. brevirostris figuré par O. S. Tattersall
(1955, fig. 25 c).
Labrum, vue ven-
ache, face postérieure
cique de la première
ice antérieure (x 58).
129
Fig. 126-131. — Paramblyops rostrata Holt et Tattersall, 1905. 126, Pénis, base des P8 et pointes ster¬
nales d’un mâle adulte (X 36) ; 127, base de l’appendice thoracique gauche de la sixième paire d’une
femelle adulte avec l’oostégite et l’exopodite correspondants (X 36) ; 128, exopodite de l’appendice
thoracique de la sixième paire d’un mâle (x 36) ; 129, coin inféro-postérieur de l’oostégite correspon¬
dant à l’appendice thoracique gauche de la huitième paire, face interne (X 36) ; 130, pléopode gauche
de la première paire d’un mâle adulte, face postérieure (X 36) ; 131, endopodite du pléopode droit
de la quatrième paire d’un mâle immature, face postérieure (X 72).
MYSIDACES DU GOLFE DE GASCOGNE
1287
les a signalées chez P. bidigitata. Chez P. rostrata elles sont présentes sur les 8 sternites
thoraciques, plus longues et plus fines que celles décrites chez P. bidigitata ; seule celle
du premier sternite est beaucoup plus courte (lîg. 126). Elles sont bien visibles chez de très
jeunes exemplaires et se maintiennent chez les mâles adultes. Elles sont encore normales
chez les femelles dont les oostégites sont à demi développés ; elles régressent chez les femelles
subadultes et disparaissent totalement chez les femelles adultes. Chez P. bidigitata, Tatter-
sali. spécifie qu’elles ne sont présentes que sur les somites thoraciques 2 à 8 ; il en serait
de même, d’après O. S. Tattersall (1955, fig. 25 B) chez P. brevirostris ; il est probable
que chez ces deux espèces, la première pointe, beaucoup plus courte et étroitement appli¬
quée contre le basis des appendices thoraciques de la première paire, a échappé à l’obser¬
vation des auteurs.
On ne possède aucune indication sur le nombre et la structure des oostégites dans le
genre Paramblyops. Chez P. rostrata, il en existe trois paires. La paire postérieure (fig. 129),
plus ample, présente un coin inféro-postérieur garni d’un petit nombre de soies sur sa
face interne. Comme chez Amblyops, la partie supérieure postérieure présente une assez
forte carène qui vient s’insinuer sous la plaque pleurale assez développée et un peu relevée
latéralement du premier pléonite mais, de plus, une seconde carène vient s’intercaler entre
les basis des deux derniers appendices thoraciques. Les oostégites de la paire précédente
sont moins amples et présentent, à leur coin inféro-postérieur, un lobe garni de nombreuses
soies. A la base des appendices thoraciques de la sixième paire (fig. 127), les oostégites de
la première paire sont petits, garnis de soies barbelées raides à leur extrémité et pourvus,
à leur base, d’un tubercule orné de longues soies. Chez les mâles, les plaques pleurales du premier
somite abdominal sont aussi bien formées mais bien moins développées que chez les femelles.
Les pléopodes des femelles sont uniarticulés et de structure normale pour ce sexe.
Les pléopodes des mâles n’ont été décrits chez aucune espèce du genre. Tattersall
indique seulement qu’ils sont similaires à ceux d ’Amblyops. Tous les exopodites possèdent
9 articles sétigères avec des soies normales. Ceux de la troisième, de la quatrième et de la
cinquième paire possèdent une épine sur la face antérieure de l’avant-dernier article. Quant
aux endopodites, ceux de la première paire sont réduits à un seul article relativement large
au niveau de sa demi-longueur, ils sont garnis d’une soie distale et de cinq soies sur leur
face antérieure (fig. 130). Les autres appendices, à l’exception de ceux de la quatrième
paire, ont une structure normale et des soies non modifiées. Ceux de la deuxième, de la
troisième et de la cinquième paire présentent respectivement 9, 8 et 7 articles sétigères.
Ceux de la quatrième paire comportent 9 articles chez les mâles immatures mais, chez les
mâles adultes, les articles et les soies distales se modifient d’une façon qui n’a pas d’équi¬
valent dans la tribu des Erythropini (fig. 132.) La structure se comprend si l’on se rapporte
à celle des mâles immatures (fig. 131). Deux soies deviennent foliacées, l’une sur la moitié
basale de sa longueur, l'autre dans sa totalité (fig. 133). Les lamelles pseudobranchiales
étroites et rectangulaires ne ressemblent pas du tout à celles des espèces du genre Amblyops.
L’épine unique et relativement grêle, située sur le bord interne du renflement du sta-
tocyste, est présente à tous les stades.
Le nombre des épines latérales du telson, pour chaque côté, est de 3 à 4 chez les plus
jeunes exemplaires étudiés (2,4 mm). Il croît assez régulièrement pour atteindre 10 à 15 chez
les exemplaires subadultes et paraît rester ensuite stationnaire chez les femelles. Chez les
mâles adultes nous en avons compté de 13 à 16.
1288
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Fig. 132-136. — Paramblyops rostrala Holt et Tattersall, 1905. 132, Pléopode gaualie de la quatrième
paire d’un mâle adulte, face postérieure (X 36) ; 133, détail de l’extrémité de l’endopodite du même
pléopode (X 89) ; 134, telson d’un mâle, face dorsale (x 36) ; 135, extrémité du telson d’une femelle
(X 36) ; 136, extrémité du telson d’un spécimen juvénile (x 89).
La troncature distale comporte 4 petites épines médianes, encadrées de chaque côté
par 3 grandes épines. Ces dernières présentent dans leur développement un dimorphisme
sexuel assez important. Chez les jeunes, l’épine interne est la plus longue ; l’externe, beau¬
coup plus petite, se distingue à peine des épines du bord latéral (fig. 136). Chez les femelles
adultes et subadultes, c’est la médiane qui devient la plus longue puis respectivement
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1289
l’interne et l’externe ; la différence de longueur entre les épines reste peu considérable
(fig. 135). Chez les mâles, la médiane devient beaucoup plus longue que les deux autres,
l’interne étant la plus petite (fig. 134). Quan t aux 4 petites épines médianes, les deux externes
sont presque toujours plus longues mais, chez les femelles, elles peuvent être toutes égales.
Enfin, chez les plus grands exemplaires, les deux externes sont très finement serratulées
dans leur moitié proximale.
Distribution
Cette espèce est très largement répandue dans l’Atlantique Nord : du sud de l’Islande
(Paulsen, 1909) aux côtes du Maroc (J.-P. Lagardère, 1972). Elle a aussi été signalée
sur la côte est des Etats-Unis (Tattersall, 1951) et en Méditerranée (Colosi, 1929).
Elle a été recueillie sur des fonds compris entre 280 et 2 650 m de profondeur.
Genre DACTYLAMBLYOPS Holt et Tattersall, 1906
Remarques
Ce genre a été établi d’une façon assez sommaire par Holt et Tattersall (1906a)
qui le distinguent du genre Amblyops Sars par un telson dépourvu de soies médianes, par
la forme des yeux, la différence de taille entre les appendices thoraciques de la première
et de la deuxième paire. Les auteurs pensent, sans argumentation, que l’on peut y inclure
Amblyops sarsii Ohlin, 1901. Tattersall (1907) y introduit deux nouvelles espèces :
1). thaumatops et D. goniops et propose de mettre en synonymie Daclylerythrops arcuata
Jllig, 1906, avec D. hodgsoni Holt et Tattersall, 1906. La définition du genre devient de
plus en plus vague, puis le devient encore davantage par suite de l’introduction successive
de 9 autres espèces. Tattersall (1907), puis Hansen (1913) insistent sur les affinités
avec le genre Dactylerythrops et même, ce dernier auteur pense que les différences sont si
faibles que l’on sera amené à fusionner les deux genres. Ces derniers, pour l’instant, restent
séparés au moins par la structure des yeux.
h (1964) qui avait connaissance de 8 espèces et d’une espèce nouvelle, tente une diag¬
nose du genre qui reste fort imprécise. D’ailleurs, il en fait une longue et excellente critique
sur laquelle il n’est guère utile de revenir. Quant aux caractères qu’il a envisagés, ce sont :
les yeux, le telson, les écailles antennaires, l’endopodite des appendices thoraciques de la
deuxième et de la troisième paire. La conclusion de l’auteur est qu’il sera nécessaire, par
la suite, de subdiviser le genre.
Nous sommes aussi persuadés de cette nécessité mais cela est actuellement impossible
car, pour la plupart, les espèces ont été beaucoup trop sommairement ou très incomplète¬
ment décrites. Les deux espèces que nous avons eu sous les yeux nous permettent de décrire
des caractères inédits qui montrent, d’ailleurs, qu’elles ne peuvent être maintenues dans
un même genre. Contrairement à II, nous ne pensons pas que toutes les espèces incluses
dans le genre Dactylamblyops constituent un groupe naturel. Birstein et Tcuindonova
1290
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
(1958) proposent d’en exclure D. antarctica Hansen, 1913; nous y ajouterons certainement
D. goniops et vraisemblablement D. japonica Ii, 1964, ainsi qu’une partie des espèces décrites
par Birstein et Tchindonova. La différenciation des soies sur les pléopodes des mâles
pourrait être aussi un critère très important. Ii donne l’absence de soies modifiées comme
un caractère du genre mais il n’a été observé que chez une seule espèce et il mériterait
d’être confirmé. Nous rappellerons également que nous considérons la structure du labrum
et, en particulier, la présence d’une pointe frontale comme un caractère générique de pre¬
mière importance.
Tattersall et Tattersall (1951) soulignent que les différences sont faibles entre
les genres Dactylamblyops et Metamblyops ; il ne reste guère que la structure normale des
yeux dans ce dernier genre et, à cause de ce caractère, ils le conservent provisoirement.
Comme le suggère Ii (1964), cette fusion serait prématurée avant une révision du genre
Dactylamblyops. Mais d’autre part, ce dernier auteur place le genre Pseuderythrops Coif-
mann, 1936, en synonymie avec le genre Metamblyops et il pense aussi que Gibberythrops
philippinensis Tattersall, 1951, est la même espèce que Pseuderythrops gracilis Coifmann,
1936. Quand l’auteur japonais a écrit ceci, il n’avait pas eu connaissance de la redescrip¬
tion que l’un de nous (Nouvel, 1959) a donnée de P. gracilis. Il est évident que le genre
Pseuderythrops reste valable. Bien que Tattersall (1951) n’ait donné qu’une très courte
et très incomplète description de G. philippinensis, on ne peut cependant pas l’assimiler
à P. gracilis.
Dactylamblyops thaumatops Tattersall, 1907
(Fig. 137 à 140)
Dactylamblyops thaumatops Tattersall, 1907 : 113 | Zimmer, 1909 : 117 | Tattersall, 1911 : 38,
pl. I, fig. 1, pl. V, fig. 1-8 I Illig, 1930 : 574 | Nouvel, 19506, fiche 22 : 3, fig. 171-173 | Tat¬
tersall et Tattersall, 1951 : 261, fig. 62 A-J.
non Dactylamblyops thaumatops : Ii, 1964 : 284, fig. 72 A-H, 73 A-L.
Matériel examiné : Gch 8, 1 300 m, 1 sp. immature mutilé ; Gch 68, 1 000 m. 2 sp. mutilés ; Gch 69,
1 000 m, 3 $ ad. mutilées.
Description complémentaire
Dans la mesure où l’état du matériel le permet, nous pouvons dire que nos exemplaires
sont conformes à la description de Tattersall (1907, 1911). Nous avons figuré et étudié
certaines pièces importantes non décrites par cet auteur. Le labrum (fig. 137 et 138) est
largement arrondi en avant. Aux maxillules (fig. 139) on remarquera que le corps maxil¬
laire porte 4 soies sur sa face postérieure. L’article distal du palpe des maxilles (fig. 140)
est relativement large. Chez cette espèce, la rangée d’épines du bord interne de l'endopodite
des uropodes se prolonge distalement au-delà du bord inférieur du renflement du stato-
cyste.
La poche incubatrice est constituée par deux paires d'oostégites bien développés. La
paire postérieure possède une carène qui est surtout bien marquée dans la région basale
postérieure et cependant, chez cette espèce, il n’y a pas de plaque pleurale libre : les deux
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1291
Fig. 137-140. — Daclylamblyops thaumatops Tattersall, 1907. 137, Labrum, face ventrale (x 58) ; 138,
bord postérieur du même labrum ( X 145) ; 139, maxillule gauche, face postérieure ( X 89) ; 140,
maxille droite, face postérieure (X 72).
Fig. 141-142. —• Daclylamblyops goniops Tattersall, 1907. 141, Labrum, face ventrale (x 58) ; 142, bord
postérieur du même labrum (x 178).
414, 4
1292
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
formations sont donc bien indépendantes l’une de l’autre, en dépit de la coaptation exacte
que l’on observe dans les espèces où les deux formations existent simultanément. Les
oostégites de la paire antérieure possèdent à leur bord postérieur basal un épaississement
garni de longues soies. Un petit lobe ventilateur en palette muni de longues soies se trouve
à la base des appendices thoraciques de la sixième paire.
Distribution
D. thaumatops a été signalé dans le détroit des Féroés, au large des côtes du sud-ouest
de l’Irlande et dans le golfe de Gascogne, à des profondeurs comprises entre 1 000 et 1 350 m.
Dactylamblyops iii n. sp.
Dactylamblyops thaumatops Ii, 1964 : 284, fig. 72 A-H, 73 A-L.
Les quelques exemplaires sur lesquels Tattersall a fondé D. thaumatops provenaient
du sud-ouest de l’Irlande et des Féroés (les seuls connus). Il rapporte à cette espèce un cer¬
tain nombre d’exemplaires (mâles et femelles) récoltés au large de la côte japonaise. Il note
quelques différences auxquelles il attribue une importance mineure : nombre d’épines du
telson, couleur du pigment des yeux (matériel conservé), proportion des articles des endo-
podites des appendices thoraciques, écaille antennaire, telson. L’examen de ses figures
montre qu’il y en a d’autres : forme du bord antérieur de la carapace, nombre des soies (5)
sur la face postérieure du corps des maxillules, épines du telson plus courtes ..., mais, sur¬
tout, la taille et la forme de l’œil. Nous considérons donc que les exemplaires du Japon
constituent une espèce distincte de celle de l’Atlantique. Nous l’appelons D. iii en hommage
à l’éminent mysidologue japonais.
Dactylamblyops goniops Tattersall, 1907
(Fig. 141 à 148)
Dactylamblyops goniops Tattersall, 1907 : 114 | Zimmer, 1909 : 118 | Tattersall, 1911 : 40 ; pl. II,
fig. 1 ; pl. V, fig. 9-17 ; pl. VI, fig. 1 | Nouvel, 19506. fiche 22 : 3, fig. 167-168 | Tattersall,
et Tattersall, 1951 : 263, fig. 63 A-H.
Matériel examiné : Gch 30, 585-600 m, 1 2 ad. de 8,5 mm ; Gch 33, 1 000 m, 1 Ç subad.
Description complémentaire
Ces deux exemplaires sont conformes à la description de Tattersall (1907, 1911).
Notre étude nous permet d’ajouter la description de parties non abordées par cet auteur.
Le labrum (fig. 141 et 142), à peu près aussi long que large, possède une petite proémi¬
nence conique à son extrémité antérieure. La maxillule (fig. 143) ne porte que 3 soies sur
la face postérieure du corps maxillaire. L’article distal du palpe des inaxilles (fig. 144)
1294
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
est particulièrement long et étroit. Aux appendices thoraciques de la première paire (lig. 145)
les deux articles basaux de l’endopodite sont beaucoup plus larges que le troisième. Nous
avons également figuré l’endopodite d’un appendice thoracique de la deuxième paire
(fig. 146). A l’endopodite des uropodes, les épines, au nombre de 4, sont disposées sur le
bord inférieur interne du renflement du statocyste (fig. 147). Le telson est assez conforme
à la figure de Tattersall (1911, pl. VI, fig. 1) mais le nombre d’épines latérales est légère¬
ment plus élevé (20-1-21 au lieu de 17-1-18). La petite épine distale paraît présenter la
même allure, mais il s’agit, en réalité, d’une soie épineuse munie de barbules (fig. 148).
La figure de Tattersall et Tattersall (1951, fig. 63 H) représente probablement le tel¬
son d’un mâle et il semblerait y avoir un dimorphisme sexuel dans le nombre et la répar¬
tition des épines et peut-être aussi dans le développement de la soie épineuse distale.
Nous avons observé en outre que le coin inférieur de la carapace forme un angle droit
émoussé. Les épinières du premier pléonite, chez la femelle, sont un peu développés et
soulevés latéralement. Les oostégites de la dernière paire forment depuis leur base une
carène qui vient s’adapter sous Pépinière mais se prolonge bien au-delà jusqu’au bord
inférieur de l’oostégite. Les oostégites annexés à la septième paire d’appendices thoraciques
possèdent, dans leur partie postérieure, un lobe garni de nombreuses soies très longues.
A la base des appendices de la sixième paire, un très petit lobe ventilateur est bordé de
quelques longues soies.
Nous rappellerons que chez D. goniops l’article distal du pédoncule antennaire sur¬
plombe l’article médian, ce qui ne semble être le cas chez aucune des espèces, sauf D. soli-
vaga Birstein et Tchindonova, 1958, qui paraît présenter d’autres affinités avec D. goniops.
Distribution
Cette espèce a été signalée dans le détroit des Féroés, au large des côtes du sud-ouest
de l’Irlande et dans le golfe de Gascogne, à des profondeurs comprises entre 585 et 1 300 m.
Genre PSEUDOMMA G. O. Sars, 1870
Pseudomma affine G. O. Sars, 1870
(Fig. 149-163)
Pseudomma affine G. O. Sars, 1870a : 154 [ M. Sars, 1869 : 262 | G. O. Sars, 18706 : 57, Tab. V,
fig. 13-22 | G. O. Sars, 18726 : 263 | G. O. Sars, 1876 : 344 | G. O. Sars, 1882 : 10 | G. O. Sars,
1886 : 16 | Norman, 1894 : 274.
non Pseudomma affine : Lo Bianco, 1903 (= Parapseudomma calloplura ).
Pseudomma affine : Zimmer, 1904 : 437, fig. 57-61.
Pseudomma roseum Patience, 1904 : 309 | Holt et Tattersall, 1905a : 145 | Patience, 1907 :
75.
Pseudomma affine : Holt et Tattersall, 19066 : 27, pl. III, fig. 1-6 | Hansen, 1908 : 110 | Tat¬
tersall, 1908 : 193 | Paulsen, 1909 : 37 | Zimmer, 1909, Nord. Pl. : 102, fig. 200-203 [ Han¬
sen, 1910a : 249 | Patience, 1910 : 76 | Stephensen, 1910 : 134, fig. 82 2a-C | Tattersall,
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1295
Fig. 149-157. — Pseudomma a/fine G. O. Sars, 1870. 149, Écaille antennaire d’uu spécimen juvénile de
2,9 mm ( X 72) ; 150, écaille antennaire d’un spécimen juvénile de 4,2 mm ( X 58) ; 151, écaille anten¬
naire d’un mâle subadulte de 6,9 mm (X 58) ; 152, écaille antennaire d’une femelle subadulte de 7,3 mm
( X 36) ; 153, écaille antennaire d’une femelle adulte de 7,2 mm ( X 36) ; 154, labrum du mâle subadulte
(X 58) ; 155, bord postérieur du même labrum (x 145) ; 156, extrémité du palpe mandibulaire d’une
femelle (X 72) ; 157, maxille gauche d’une femelle adulte, face postérieure (x 58).
1296
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
1911 : 45 I Massy, 1912 : 64 | Ivramp, 1913 : 556 | Zimmer, 1933 : 34, 42, 56, fig. 42 | Nouvel,
19506, fiche 22 : 4, fig. 183-185 | Tattersall et Tattersall, 1951 : 232, fig. 52 A-H | Tat-
tersall, 1951 : 132 | Mauchline, 1971a : 804, fig. 1 | Mauchline, 19716 : 11, 22 | Mauch-
line, 1971c : 809, fig. 1 | Wigley et Burns, 1971 : 727, fig. 8 (carte) | Mauchline, 1973 :
802, 803.
Matériel examiné : G 74, 190-200 m, 1 $ subad. ; Gch 16, 200 m, 1 $ subad. ; Gch 48, 380-410 m,
1 $ subad. de 6,5 mm ; Gch 51, 380-420 m, 1 subad. de 7,3 mm ; Gch 64', 390 m, 1 $ subad.
de 8,3 mm, 1 Ç subad. de 7,3 mm et 1 juv. de 4,2 mm ; Gch 70, 805 m, 1 Ç ad. mutilée ;
Gch 82, 400 m, 4 juv. de 2,7 à 4 mm ; Gch 84, 405 m, 1 $ subad. de 7,5 mm et 8 juv. de moins
de 5 mm ; Gch 85, 300 m, 1 $ subad. de 6,9 mm (le plus proche de l’état adulte), 1 Ç ad. de
7,2 mm et 1 Ç juv. de 4,2 mm.
Description complémentaire
Nos exemplaires correspondent bien, dans l’ensemble, à la diagnose de l’espèce
(G. O. Sars, 18706 : 57, pl. V, fig. 13-22 ; Holt et Tattersall, 19066 : 27, pi. III, fig. 1-6 ;
Tattersall et Tattersall, 1951 : 232, fig. 52). Mais, tout d’abord, il y a au moins un
point sur lequel nous ne sommes pas encore en accord avec les auteurs cités : tous nos
exemplaires, sauf peut-être les très jeunes individus, présentent une très petite épine près
du bord interne de l’endopodite des uropodes, au niveau du milieu du statocyste (fig. 162).
Cette épine est parfois difficile à percevoir, d’autant plus qu’elle se profile généralement
au-dessus d’une soie marginale.
La forme de l’écaille antennaire est très importante dans la systématique des espèces
du genre Pseudomma et a donné lieu à des erreurs de détermination notamment entre
P. affine et P. roseum. Le problème a été soulevé par IIolt et Tattersall (19066) mais,
en dépit d’une série de mensurations, ces auteurs n’ont pu le résoudre de façon satisfai¬
sante parce qu’ils n’ont pas tenu compte du sexe, ni de l’état de différenciation sexuelle.
Chez le plus jeune exemplaire que nous avons étudié (2,9 mm), le lobe est court (fig. 149)
et sa longueur est comprise un peu plus de 9 fois dans la longueur totale de l’écaille (il est
toujours, cependant, nettement plus long que chez P. nanum, où le lobe ne dépasse pas
l’épine). Progressivement, l’importance relative du lobe devient de plus en plus considé¬
rable et sa longueur atteint à peu près le tiers de la longueur de l’écaille, égalant sensible¬
ment la largeur de l’écaille (fig. 153). Du moins, c’est ce que nous avons constaté chez la
seule femelle adulte qui avait des écailles antennaires intactes. Mais, chez les femelles
immatures dont la taille peut être bien supérieure à celle des femelles complètement diffé¬
renciées, le lobe est proportionnellement plus court (fig. 152). Nous pensons donc que le
lobe, chez les jeunes et les femelles, ne s’étire que très progressivement et qu’il subit un
brusque accroissement relatif au moment de la maturité sexuelle. L’écaille des mâles (fig. 151)
est relativement un peu plus étroite par rapport à la longueur.
L’article distal du pédoncule antennaire est plus allongé chez les mâles que chez les
femelles.
Le labrum (fig. 154 et 155), les mandibules (fig. 156), les maxillules (fig. 158) et les
maxilles (fig. 157) n’ont fait l’objet d’aucune description chez cette espèce. Nous en avons
donc fait une étude et constaté que leur structure est normale, ce qui n’est pas le cas chez
toutes les espèces de ce genre (cf. P. kruppi étudiée plus loin).
158-163. — Pseudomma affine G. O. Sars, 1870. 158, Maxillule gauche d’une femelle, face postérieure
(X 89) ; 159, appendice thoracique gauche de la première paire d’une femelle, face antérieure, soies
de l’article distal de l’endopodite non représentées (X 72) ; 160, pléopode gauche de la première paire
du mâle subadulte, face postérieure (X 72) ; 161, pléopode gauche de la quatrième paire du mâle
subadulte, face postérieure (x 36) ; 162, base de l’uropode droit d’une femelle subadulte, face ven¬
trale (x 72) ; 163, telson d’un spécimen juvénile, face dorsale (x 72).
1298
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Aux appendices thoraciques de ia première paire (fig. 159), le basis comporte un endite
mobile normal.
La poche incubatrice est formée de trois paires d’oostégites à développement normal,
comme nous avons pu le vérifier. C’est par erreur que Tattersall et Tattersall (1951 :
235) 1 ont écrit « Marsupium in the female consisting of two pairs of brood lamellae ».
D’ailleurs G. 0. Sars (18706) dans la légende de sa figure 17, pl. V, précise bien « Pes 4ti
paris cum lamina incubatoria », ce qui, dans sa terminologie, correspond à un appendice
thoracique de la sixième paire.
Nous ne sommes pas parvenus à étudier la base des appendices thoraciques de la cin¬
quième paire pour voir s’il existe une palette ventilatrice.
A tous les stades, les somites thoraciques sont dépourvus de pointes sternales. Par
contre, les penes sont bien développés et fortement recourbés vers l’avant. Chez le mâle
subadulte dont nous disposons, ils atteignent la base des appendices thoraciques de la
cinquième paire.
N’ayant pas eu en mains de mâle adulte, nous n’avons pu étudier avec précision la
différenciation des soies des pléopodes dans ce sexe. D’après G. O. Sars (18706, pl. Y,
fig. 21 et 22), les barbules des quatre soies distales externes de l'endopodite des pléopodes
de la quatrième paire seraient différenciées. Tattersall et Tattersall (1951) ont aussi
figuré l’un de ces appendices ; le nombre des soies modifiées semblerait y être supérieur.
Mais comme ces auteurs représentent toujours les barbules de façon très schématique,
leur figure n’a guère de valeur descriptive. Chez le mâle le plus dilîérencié que nous avons
étudié, les trois soies distales externes de l’endopodite des pléopodes de la quatrième paire
sont déjà bien différenciées comme on peut en juger par leur calibre et par les barbules
conservées sur l’une d’elles (fig. 161) ; l’une de ces soies manque mais la largeur de l’embase
permet de juger du calibre. Toujours à propos des pléopodes de la quatrième paire, signa¬
lons la forme singulière de la lamelle pseudobranchiale figurée par Tattersall et Tatter¬
sall (1951, fig. 3 F). Nous pensons qu’il s’agit d’une erreur d’observation car, dans notre
matériel, cette lamelle est conforme à celle figurée par Sars. Par contre, celle des pléopodes
de la première paire (fig. 160) est très courte.
Le telson est conforme aux descriptions. L’extrémité distale est arrondie. U y a tou¬
jours quatre grandes épines de chaque côté des deux soies médio-distales. Le nombre des
épines latérales est de 5 ou 6 chez les femelles adultes et 2 à 6 chez les mâles subadultes
et jeunes. Chez les plus jeunes exemplaires étudiés, il est de 0 ou 1. Nous avons figuré
(fig. 163) le telson d’un jeune de 2,9 mm : on voit qu’à ce stade, les épines distales latérales
ont l’aspect d’épines latérales.
Distribution
Cette espèce est très largement répandue dans l’Atlantique Nord, depuis les côtes
du Groenland et du sud de l’Islande (Paulsen, 1909) jusqu’au golfe de Gascogne. Elle
se tient entre 70 m (Mauchline, 19716) et 1 300 m.
Tattersall (1951) la signale sur la côte est des Etats-Unis.
1. La figure 52 A des mêmes auteurs comporte la légende « adult female ». La présence du lobus mascu-
linus des antennules montre qu’il s’agit de toute évidence d’un mâle.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1299
Pseudomma nanum Holt et Tattersall, 1906
(Fig. 164-184)
Pseudomma nanum Holt et Tattersall, 19066 : 35, pl. III, fig. 7-10 | Zimmer, 1909, Nord. PI. :
109, fig. 217-219 | Tattersall, 1911 : 46 | Nouvel, 19506, fiche 22 : 4, fig. 174-175 | Tat¬
tersall et Tattersall, 1951 : 238, fig. 54 A-G.
Matériel examiné : Gch 59, 380-420 m, 1 Ç ad. de 6,6 mm ; Gch 62, 360-400 m, 1 (J subad. mutilé ;
Gch 74, 720 m, 1 ad. de 5,3 mm, 1 £ subad., 5 Ç ad. et 2 juv. ; Gch 75, 610 m, 1 subad.
de 6,3 mm, 2 Ç subad. de 5,9 et 6,1 mm et 1 juv. de 5,4 mm ; Gch 82, 400 m, 1 $ ad. de 6 mm,
1 $ subad. de 5,8 mm et 4 juv. de 2,6 à 4,5 mm ; Gch 83, 410 m, 1 ad. de 6 mm, 1 Ç ad. de
6,7 mm et 2 juv. ; Gch 84, 405 m, 2 £ subad. de 4,4 à 5,3 mm.
Description complémentaire
Les téguments sont finement écailleux par places.
Si le dimorphisme sexuel affectant les pédoncules antennulaires est bien tel que l’avaient
souligné Holt et Tattersall (19066) et Tattersall et Tattersall (1951), nous nous
trouvons néanmoins en désaccord avec ces auteurs en ce qui concerne leur estimation des
longueurs relatives des articles de ces pédoncules. A ceci s’ajoute le fait que les figures
des pédoncules isolés (19066, pl. III, fig. 9 ; 1951, fig. 54 B et C) nous paraissent inexactes
alors que la représentation de ces mêmes appendices sur l’animal entier (19066, pl. III,
fig. 7 ; 1951, fig. 54 A) s’accorde avec nos observations (fig. 164-165). En fait, il semble
que les auteurs anglais aient sous-estimé le bombement de la région frontale. Ce dernier
décale vers l’avant les insertions des pédoncules antennulaires, lesquelles ne correspondent
donc pas avec le bord frontal de la carapace, en vue dorsale. Chez la femelle, la longueur
de l’article distal égale celle de l’article basal. Chez le mâle, l’article distal est une fois et
demie plus long que l’article basal.
Les écailles antennaires sont assez peu différentes dans les deux sexes, celles des mâles
(fig. 167) sont légèrement plus allongées (L/l = 3,6) que celles des femelles (fig. 166, L/l =
3,3). Par contre, à cause de l’allongement de ces deux derniers articles, le pédoncule anten-
naire du mâle se montre très nettement plus développé que celui de la femelle.
Le bord frontal du labrum est bien arrondi (fig. 169). II présente la particularité d’être
orné d’une fine pilosité.
La mandibule a une structure normale. Cependant, son palpe est très développé avec
l’article distal particulièrement pileux (fig. 170). Les pièces buccales de cette espèce étant
inconnues, nous avons aussi figuré les maxillules (fig. 171) et les maxilles (fig. 172).
L’endopodite des appendices thoraciques de la première paire est normalement déve¬
loppée (fig. 173), bien que de petite taille. Sur nos spécimens, seuls les appendices thora¬
ciques de la deuxième paire sont encore présents (fig. 174). Le nombre des articles sétigères
portés par les exopodites des appendices thoraciques est variable. De la première à la hui¬
tième paire, il est respectivement de 9, 10, 10, 10, 10, 10, 10, 9 chez le mâle adulte et paraît
plus faible d’une unité chez la femelle adulte.
164
Fig. 164-171. — Pseudomma nanum Holt et Tattersall, 1906. 164, Base de l’antennule droite d’un mâle
adulte, face dorsale (x 69) ; 165, base de l’antennule gauche d’une femelle adulte, face dorsale (X 69) ;
166, base de l’antenne gauche d’une femelle adulte, face dorsale (X 69) ; 167, base de l’antenne gauche
d’un mâle adulte, face dorsale (x 69) ; 168, extrémité de l’écaille antennaire gauche d’une femelle
immature présentant une anomalie du denticule distal (X 89) ; 169, labrum d’un mâle, vue ventrale
( X 69) ; 170, article distal du palpe mandibulaire d’un mâle (x 139) ; 171, maxillule droite d’un mâle,
face postérieure (x 139).
Fig. 172-176. — Pseudomma nanum Holt et Tattersall, 1906. 172, Maxille gauche du mâle, face posté¬
rieure (x 139) ; 173, endopodite gauche des appendices thoraciques de la première paire du mâle,
face antérieure (x 139) ; 174, appendice thoracique gauche de la deuxième paire du mâle, face anté¬
rieure (X 69) ; 175, exopodite des appendices thoraciques de la quatrième paire de la femelle (x 69) ;
176, pléopode gauche de la première paire du mâle, face postérieure (X 58).
Fig. 177-184. — Pseudomma nanum Holt et Tattersall, 1906. 177, Pléopode gauche de la deuxième paire
du mâle, face postérieure ( X 58) ; 178, pléopode gauche de la troisième paire du mâle, face postérieure
(X 58) ; 179, pléopode gauche de la quatrième paire du mâle, face postérieure (X 58) ; 180, pléopode
gauche de la cinquième paire du mâle, face postérieure (x 58) ; 181, base de l’endopodite de l’uropode
gauche du mâle, face ventrale (X 89) ; 182, extrémité distale du telson du mâle (x 72) ; 183, extré¬
mité distale du telson de la femelle (X 139) ; 184, extrémité distale anormale du telson d’un mâle
immature (x 72).
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1303
A tous les stades, les somites thoraciques sont dépourvus de processus sternaux et les
penes ont un développement normal.
La poche incubatrice se compose de trois paires d’oostégites normalement développées.
La paire postérieure, la plus ample, est parcourue par une seule carène qui s’étend sur ses
deux tiers postérieurs. Nous n’avons pas observé de lobe ventilateur à la base des appen¬
dices thoraciques de la cinquième et de la quatrième paire.
Les pléopodes de la femelle sont uniramés et uniarticulés.
Les pléopodes du mâle (fig. 176 à 180) ont des exopodites constitués respectivement,
de la première à la cinquième paire, de 10, 9, 8, 8 et 8 articles, mais à la cinquième paire
l’articulation proximale est peu nette. Ce caractère décroissant du nombre des articles
dans le sens antéro-postérieur mérite d’être souligné, bien qu’il ne soit pas exceptionnel
chez les Erythropini. L’endopodite des pléopodes de la quatrième paire (fig. 179) présente
3 soies modifiées, aciculées, avec des barbules épaissies dans une courte région proximale
et avec la partie distale glabre. Ces soies ont aussi un calibre double de celui des soies nor¬
males. Il s’agit de la soie externe de l’avant-dernier article et des deux articles plus proximaux.
Seul un pléopode de la première paire du mâle a été figuré, de façon très probablement
incorrecte, par Tattersall et Tattersall (1951, fig. 54 F). Les lamelles pseudobranchiales
varient de forme d’avant en arrière ; la première (fig. 176) est courte, surtout à son bord
inférieur ; les suivantes sont plus ou moins rectangulaires, un peu rétrécies à la base ; la
cinquième (fig. 180) est particulièrement longue.
Contrairement à la description de IIolt et Tattersall (1906&), l’endopodite des uro¬
podes, comme chez l’espèce précédente, porte une petite épine, parfois assez difficile à
déceler, près du bord interne, au niveau de la base du statocyste.
Le telson est conforme aux descriptions antérieures. Sauf exception (fig. 184), les
bords latéraux sont lisses. L’extrémité distale est arrondie, un peu plus étroite chez les
mâles que chez les femelles. De part et d’autre de deux soies médio-distales, on compte
2 à 3 épines chez les spécimens juvéniles (2,6 à 4,4 mm), 4 chez les femelles adultes ou
subadultes (5,4 à 6,7 mm, fig. 183) et 4 ou 5 chez les mâles adultes et subadultes (5,3 à
6 mm, fig. 182). La taille de ces épines est décroissante de la région médiane vers les bords
latéraux. Chez les mâles adultes, on relève quelques barbules sur le bord interne des deux
grandes épines médio-distales.
Distribution
Cette espèce a été capturée au voninage des Féroés, sur les côtes ouest et sud-ouest
d’Irlande et dans le golfe de Gascogne, à des profondeurs variant de 360 à 1 400 m.
Pceudomma kruppi Tattersall, 1909
(Fig. 135 à 205)
Pseudomma kruppi Tattersall, 1909 : 133, pl. 7, iig. 7-12 | Coi.nsi, 1929 : 416.
Matériel examiné : Gch 36, 400 m, 1 juv. ; G ch 51, 380-420 i.i, 1 $ ad. de 4,9 mm, 1 $ subad.
et 1 juv. ; Gch 56, 386-410 m, 1 Ç ad. de 6,6 mm ; Gch 60 690-720 m, 1 subad. ; Gch 74,
720 m, 1 $ subad. de 5,3 mm et 3 juv. ; Gch 80, 380 m, 2 $ subad. dont 1 de 4,4 mm et 1 Ç
ad. de 5,9 mm ; Gch 85, 300 m, 1 Ç ad. de 5,8 mm.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1305
Description
Le tégument est finement écailleux par places.
La carapace (fig. 186 et 187) ne forme pas de plaque frontale ; elle est très platement
arrondie en avant ; ses coins latéraux inférieurs sont largement arrondis. En vue latérale
(fig. 185), les ailes postérieures atteignent l’extrémité distale du dernier somite thoracique ;
seul ce dernier reste découvert dorsalement. Le sillon gastrique est très fortement marqué
et, en avant, la carapace est assez fortement bombée.
Les somites thoraciques et abdominaux sont dépourvus de pointes sternales chez les
jeunes comme chez les adultes. Les plaques pleurales sont assez bien marquées dans les
deux sexes ; chez les femelles, celles du premier pléonite sont très nettement soulevées
au-dessus des oostégites de la dernière paire.
La plaque oculaire (fig. 186 et 187) est large et relativement courte ; ses bords latéraux,
un peu convexes, forment un angle mousse avec le bord antérieur qui est à peu près recti¬
ligne. Les bords ne présentent aucune trace de serrulation.
Le pédoncule antennulaire est relativement beaucoup plus long et plus épais chez Je
mâle (fig. 186) que chez la femelle (fig. 187). Tous les articles sont relativement courts.
L’article distal est à peu près aussi long que large. Le coin distal externe de l’article proxi¬
mal est largement étiré et garni de 4 fortes soies. Les soies du pédoncule sont généralement
épaisses, certaines ont une structure normale mais d’autres sont très amincies dans leur
partie distale qui est dépourvue de barbules, alors que ces dernières sont groupées sur un
côté de leur partie basale. De telles soies se trouvent aussi sur les fouets (fig. 189).
L’écaille antennaire est relativement plus courte et plus large chez la femelle (fig. 191)
que chez le mâle (fig. 190) (femelle : longueur/largeur = 2,3 ; mâle : 2,7). Le lobe distal
ne présente pas d'articulation ; il est peu développé et dépasse à peine, en avant, l’extré¬
mité de l’épine distale du bord externe. Cette dernière est très large à sa base. Le sympode
de l’antenne forme un fort denticule au coin distal externe. Le pédoncule antennaire est
très nettement plus allongé chez le mâle que chez la femelle. Pédoncule et fouet anten¬
naire portent, comme les antennules, des soies modifiées.
Le labrum (fig. 192) est relativement grand, bien plus large que long ; son extrémité
antérieure forme un angle un peu obtus et à peine émoussé. Sa grande originalité réside
en ce que son bord postérieur, divisé en deux larges lobes lamelleux presque symétriques,
est dépourvu de la garniture habituelle de soies et de petites écailles.
Les mandibules ne possèdent pas de caractères très particuliers dans les parties masti¬
catrices. Il n’en est pas de même du palpe (fig. 194) dont l’article distal est court et large
et dont les bords interne et distal sont garnis de longues et fortes soies formant comme une
sorte de peigne ; les bords des carènes de l’article médian sont ornés de courtes soies épineuses.
Aux maxillules (fig. 193), le corps maxillaire ne porte que deux soies sur sa face pos¬
térieure. Parmi les épines distales, la rangée postérieure est formée d’éléments beaucoup
plus gros que ceux des autres rangées. Le lobe basal a une forme presque quadrangulaire.
Le caractère le plus original des maxilles (fig. 195) est la présence d’une rangée de
soies épineuses occupant presque toute la longueur du bord de Tendite basal. Ordinaire¬
ment, cette rangée d’épines se trouve au bord d’un lobe séparé distalement par rapport
à la partie basale garnie seulement de longues soies et d’une soie plus forte et nettement
différenciée qui manque ici. L’article distal du palpe a une forme assez allongée.
IG.
196-200. — Pseudomma kruppi Tattersall, 1909 (femelle adulte). 196, Endopodite de l’appendice
thoracique gauche de la première paire, face antérieure (X 72) ; 197, endopodite de l’appendice thora¬
cique gauche de la deuxième paire, face antérieure (x 72) ; 198, telson et uropode en vue dorsale
(x 47) ; 199, extrémité distale du telson d’un autre spécimen, vue dorsale (X 89) ; 200, base de l’uro¬
pode droit, face ventrale (X 89).
414 , 5
1308
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Aux appendices thoraciques de la première paire (fîg. 196), le basis présente aussi
une particularité remarquable : l’endite mobile de la face antérieure est presque entière¬
ment inexistant et son emplacement n’est marqué que par un petit nombre de soies.
Les appendices thoraciques de la deuxième paire (fîg. 197) sont courts et massifs.
L’article distal, terminé par une longue griffe, est à peu près aussi long que large. Le deuxième
article de l’endopodite est très dilaté et porte, à son bord interne, un peigne de très longues
et fortes soies.
Tous les endopodites des appendices thoraciques de la troisième à la huitième paire
manquent chez nos exemplaires. Les exopodites sont considérablement plus développés
chez les mâles que chez les femelles ; le coin antérieur externe de la plaque basale porte
une épine et forme un angle aigu dans les deux sexes.
La poche incubatrice comporte 3 paires d’oostégites ne présentant pas de caractères
très particuliers. Il est cependant remarquable que les oostégites de la dernière paire soient
dépourvus de carène alors que le premier pléonite est muni de plaques coxales soulevées
latéralement. Les oostégites de la paire antérieure sont étroits et beaucoup plus courts
que les suivants. Un petit lobe en forme de palette et garni de 4 grandes soies barbelées
se trouve à la base des appendices thoraciques de la cinquième paire.
Les penes sont très longs ; rabattus en avant, chez le mâle adulte, ils atteignent la
base des appendices thoraciques de la deuxième paire ; chez le mâle subadulte, ils atteignent
la base de ceux de la quatrième paire.
Les pléopodes de la femelle sont uniarticulées, de longueur croissante d’avant en arrière.
Ceux de la dernière paire sont particulièrement allongés.
Les pléopodes. de la deuxième, de la troisième et de la quatrième paire du mâle ont
des endopodites à 6 articles et des exopodites à 7. Aux pléopodes de la première paire
(fig. 201), Fendopodite est uniarticulé ; l’unique mâle adulte ne possédait plus d’exopo-
dites mais il est certain qu’il s’agit d’un accident car cette rame est bien développée chez
un mâle immature (fig. 204) et comporte déjà au moins 6 articles différenciés. Quant aux
pléopodes de la cinquième paire, nous ne pouvons donner de précisions sur le nombre des
articles des deux rames qui sont brisées à leur extrémité. Aux pléopodes de la quatrième
paire (fig. 202 et 203), l’exopodite est un peu plus court que l’endopodite et ne comporte
pas de soies modifiées, du moins sur notre spécimen ; toutes les soies, qui sont plus ou moins
brisées, sont de calibre normal et normalement barbelées. L’endopodite comporte trois
soies modifiées, il s’agit de la soie interne de l'article distal et de la soie externe des deux
articles précédents. Ces soies sont beaucoup plus longues et plus épaisses que les soies
normales, elles sont aciculées et dénudées à l’extrémité et portent des barbules plus fortes
dans leur région distale (voir remarque 1).
Les lamelles pseudo-branchiales sont assez étroites et de forme rectangulaire.
Dans les deux sexes, Fendopodite des uropodes est armé d'une très petite épine (fig. 200)
insérée près du bord interne de la rame et un peu au-dessous du niveau médian du renfle¬
ment du statocyste (voir remarque 2).
Le telson a des bords externes un peu concaves, un peu plus chez la femelle (fig. 198)
que chez le mâle (fig. 205), ce qui donne pour ce dernier l’impression d’un telson plus large b
1. On remarquera que, dans sa forme générale, le telson figuré par Tattersall (1909, pl. 7, fig. 12)
a plutôt les caractéristiques de celui des femelles de l’Atlantique.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1309
Fig. 201-205. — Pseudomma kruppi Tattersall, 1909 (mâle adulte). 201, Pléopode gauche de la première
paire, face antérieure (x 58) ; 202, pléopode droit de la quatrième paire, face postérieure (x58) ;
203, extrémité de l’endopodite du pléopode droit de la quatrième paire grossie, face postérieure ( X 89) ;
204, pléopode gauche de la première paire d’un mâle subadulte, face antérieure (X 89) ; 205, telson
et extrémité distale de l’uropode, face dorsale (x 58).
414, 6
1310
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Les femelles adultes et subadultes out 6 ou 7 épines de chaque côté, dans la région distale,
les mâles adultes et subadultes, 5 ou 6. Les deux soies apicales médianes paraissent un
peu plus longues chez les mâles. Les grandes épines distales portent quelques courtes bar-
bules chez une femelle qui paraît avoir mué depuis peu de temps (fig. 199).
Remarques
Dans l’ensemble les caractères décrits ci-dessus permettent de rapporter ces exemplaires
de l’Atlantique à l’espèce décrite par Tattersall (1909) d’après deux mâles immatures
récoltés en Méditerranée, dans le golfe de Naples. Cette localisation faisait considérer l’espèce
comme essentiellement méditerranéenne. Mais sa description originale est assez sommaire
et entachée de deux erreurs au moins.
1 — Dans la description des pléopodes de la 4 e paire, il est évident que c’est par
suite d’une erreur fondamentale que les soies allongées sont attribuées à la rame externe.
Si l’on se reporte à la figure 10 de Tattersall (1909, pl. 7), le nombre des articles et la
forme des articles basaux montrent bien qu’il s’agit en réalité de la rame interne. L’erreur
d’interprétation provient du fait que l’auteur a fait porter la lamelle pseudobranchiale
par l’exopodite ; la lamelle devait sans doute être repliée dans la préparation.
2 — L’auteur indique bien la présence d’une épine unique sur le bord ventral interne
de l’endopodite des uropodes mais il précise qu’elle se trouve au coin antérieur interne
du statocyste. Il est évident qu’il n’a pas vu la véritable épine mais qu’il a pris pour telle
une des soies disposées à l’endroit indiqué (cf. notre fig. 200).
3 — Pseudomma kruppi possède de nombreux caractères originaux qui la distinguent
très nettement des autres espèces du même genre. Les plus importants affectent les appen¬
dices buccaux : absence de garniture écailleuse ou soyeuse sur les bords postérieurs du
labrum, « peignes » épineux du palpe mandibulaire, des maxillules, des maxilles et des appen¬
dices thoraciques des deux premières paires. L’ensemble de ces caractères laisse supposer
une adaptation très particulière de cette espèce à un régime alimentaire carnivore ou à
un broutage de détritus volumineux.
Les autres caractères originaux sont le grand allongement des penes du mâle adulte
et les soies amincies et barbulées qui ornent pédoncules et fouets des antennules et des
antennes.
Bien que présentant quelques affinités avec des espèces comme P. minutum O. S. Tatter¬
sall, 1955, et P. omoi Holmquist, 1957, P. kruppi apparaît comme l’une des espèces les plus
évoluées du genre Pseudomma.
Genre PARAPSEUDOMMA n. g.
Diagnose
Caractères généraux de la tribu des Erythropini. Bord antérieur de la carapace arrondi et
dépourvu de rostre. Coins antéro-inférieurs de la carapace anguleux. Des pointes sternales sur les
somites thoraciques. Yeux modifiés et soudés formant une plaque oculaire aplatie dont les bords
antéro-latéraux sont finement serratulés. Ecaille antennaire allongée avec un lobe distal peu déve-
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1311
loppé. Extrémité antérieure du labrum en pointe aiguë. Mandibules, maxillules et maxilles de
type normal. Endopodites des appendices thoraciques 3 à 8 relativement courts et grêles. Penes
normaux. Trois paires d’oostégites chez la femelle. Pléopodes du mâle : endopodite de ceux de la
première paire uniarticulé ; présence d’au moins une soie modifiée sur les endopodites des pléopodes
de la quatrième paire ; une courte soie surnuméraire sur l’article 3 et un groupe de 3 petites soies
sur l’avant-dernier article de l’endopodite des pléopodes de la cinquième paire ; une épine sur la
face antérieure de l’avant-dernier article de tous les exopodites des pléopodes. Endopodites des
uropodes ornés d’une épine dans la région du statocyste. Telson très nettement plus long que large,
linguiforme ; apex entier, armé d’épines sur plus de la moitié distale de ses bords latéraux, avec
une petite épine médio-distale encadrée de trois paires de grandes épines barbelées.
Parapseudomma calloplura (Holt et Tattersall, 1905)
(Fig. 206 à 225)
Pseudornma affine : Lo Bianco, 1903.
Pseudomma calloplura Holt et Tattersall, 1905a : 126, 145 | Holt et Tattersall, 19066 : 30,
fig. text 1, pl. IV, fig. 1-5 | Tattersall, 1906 : 76 | Tattersall, 1909 : 133 | Zimmer, 1909,
Nord. Pl. : 104, fig. 211-213 | Tattersall, 1911 : 46.
Pseudomma callopleura : Kramp, 1913 : 555.
Pseudomma calloplura : Colosi, 1929 : 416 | Bacescu, 1941 : 19, fig. 7 | Nouvel, 19506, fiche 22 :
4, fig. 176-178 | Reys, 1960 : 92 | Murant, 19706 : 142, fig. 10-13.
Matériel examiné : Gch 28, 390-410 m, 1 Ç subad. ; Gch 31, 580-610 m, 1 $ subad. ; Gch 32,
800 m, 2 (J subad. dont 1 de 7,3 mm ; Gch 33, 1 000 m, 2 juv. ; Gch 36, 400 m, 3 (J subad. de
5,2 à 5,6 mm, 1 $ ad. de 6,3 mm, 5 $ subad. de 4,2 à 5,4 mm et 11 juv. de 2,9 à 3,8 mm ;
Gch 39, 400 m, 1 <$ subad. ; Gch 40, 400 m, 1 ^ subad. et 4 juv. ; Gch 45, 280-300 m, 1 Ç ad., 3 $
subad. de 4,1 à 4,6 mm et 2 juv. de 2,8 mm ; Gch 48, 380-410 m, 1 <$ ad. de 7,5 mm ; Gch 51,
380-420 m, 8 ad. de 7,7 à 8,9 mm, 16 subad. de 4,8 à 8 mm, 10 Ç ad. de 6,3 à 7,3 mm,
7 $ subad. de 4,9 à 5,9 mm et 30 juv. de 2,4 à 4,8 mm ; Gch 52, 380-420 m, 1 (J ad. et 1 Ç ad. ;
Gch 56, 386-410 m, 2 Ç subad. ; Gch 59, 380-420 m, 7 $ ad. de 7,6 à 8,7 mm, 2 Ç ad. de 5,9
et 6,4 mm et 7 $ subad. de 4,2 à 5,1 mm ; Gch 60, 690-720 m, 1 mutilé ; Gch 62, 360-400 m,
2 Ç subad. de 4,9 et 5,2 mm et 2 juv. ; Gch 64', 390 m, 1 Ç subad. de 6,5 mm et 2 juv. de 3,1 mm ;
Gch 69, 1 000 m, 1 <$ subad. ; Gch 72, 420 m, 1 <$ ad. de 8,5 mm, 1 subad., 2 Ç subad. et
1 juv. de 2,8 mm ; Gch 74, 720 m, 2 ad. de 8,6 mm et 8,9 mm, 1 subad. de 7,5 mm, 4 Ç
ad. de 6,3 à 6,6 mm, 3 Ç subad. de 4,5 à 5 mm et 1 juv. de 3,8 mm ; Gch 75, 610 m, 4 $ ad. de
7,7 à 8,3 mm, 1 $ subad., 9 Ç ad. de 6,7 à 7,9 mm, 5 Ç subad. de 5,2 à 5,5 mm et 10 juv. dont
1 de 2,9 mm ; Gch 76,1 020 m, 1 ad. ; Gch 79, 400 m, 1 ad. de 8,2 mm et 1 juv. de 3,1 mm ;
Gch 80, 380 m 14 $ ad. de 7,8 à 8,8 mm, 5 <§ subad. dont 1 de 7,4 mm, 4 Ç ad. de 6,5 à 7 mm,
8 $ subad. de 5,1 à 6,1 mm et 35 juv. de 2,9 à 5,5 mm ; Gch 82, 400 m, 3 (J ad. de 8,5 mm,
2 (j subad. de 7,2 mm, 1 Ç ad. de 7,1 mm, 2 Ç subad. de 6,9 mm et 25 juv. de 2,4 à 4,9 mm ;
Gch 83, 410 m, 3 (J ad. de 8,3 à 8,5 mm, 2 $ subad. de 4,4 à 5,3 mm, 3 Ç subad. de 5,1 et 5,2 mm
et 6 juv. de 2,6 à 3,9 mm ; Gch 84, 5 subad. de 4,8 à 7,9 mm, 1 $ ad. de 8,1 mm, 8 Ç subad.
de 4,4 à 5,8 mm et 16 juv. de 2,4 à 3,9 mm ; Gch 85, 300 m, 1 ad., 1 subad. de 6,1 mm,
3 Ç subad. de 5,5 mm et 21 juv. de 2,2 à 3,7 mm.
Description complémentaire
L’abondance du matériel et l’excellent état de conservation de nombreux spécimens
nous permettent de compléter très largement la description initiale de cette espèce.
La taille des mâles adultes varie entre 7,5 et 9 mm, celle des femelles adultes entre 6,5
et 8 mm.
Fig. 206-211. — Parapseudomma calloplura (Holt et Tattersall, 1905). 206, Base de l’antenne gauche du
mâle, face dorsale ( X 36) ; 207, base de l’antenne gauche de la femelle, face dorsale ( X 36) ; 208, labrum
du mâle, face ventrale ( X 69) ; 209, article distal du palpe mandibulaire du mâle, face postérieure
(X 139) ; 210, maxille droite du mâle, face postérieure (x 69) ; 211, appendice thoracique de la pre¬
mière paire du mâle, face antérieure (X 69).
5). 212, Maxillule droite du mâle,
droit de la deuxième paire du mâle,
îième paire du mâle, face antérieure
remière paire de la femelle ( X 69) _
1314
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
La forme de l’écaille antennaire reste identique au cours de la croissance et ne subit
aucune différenciation sexuelle sensible (fig. 206 et 207). Elle est longue et étroite, la pointe
terminale dépassant fortement un lobe très réduit. Comme chez les spécimens méditerra¬
néens étudiés par Bacescu (1941, fig. 7 I), on relève chez les spécimens atlantiques une
fine suture à l’extrémité du lobe.
Comme l’avaient noté Holt et Tattersall (1905a : 126) dans leur description préli¬
minaire de l’espèce, le labrum se termine, à l’avant, en pointe aiguë, non prolongée par
une carène (fig. 208). Ses lobes postérieurs sont asymétriques et portent des éléments diffé¬
renciés.
Les mandibules sont d’un type normal, à noter seulement la particulière pilosité
(fig. 209) de l’article distal du palpe, de même les maxillules (fig. 212) et les maxilles (fig.
210 ).
Nous avons également figuré parmi les appendices thoraciques ceux de la première
(fig. 211), deuxième (fig. 213), cinquième (fig. 214) et huitième (fig. 216) paire. Ceux des
deux premières paires sont d’un type normal ; quant aux suivants, ils apparaissent rela¬
tivement courts et grêles, ne dépassant pas en extension vers l’avant le premier article
du pédoncule antennaire. Les exopodites sont divisés en 10 articles sauf ceux de la pre¬
mière paire qui en comptent 9. Iis présentent un dimorphisme sexuel accusé et sont beau¬
coup plus développés chez les mâles. La plaque basale prend, chez la femelle, une forme
beaucoup moins convexe, cependant moins anguleuse que dans le cas de Paramblyops
rostrata (fig. 215 et 217).
La présence de processus sternaux sur les somites thoraciques n’avait pas été signalée
chez cette espèce. Ils sont présents sur tous les spécimens subadultes et juvéniles mais
disparaissent tant chez les mâles adultes que chez les femelles dont les oostégites sont
entièrement développés. Leur nombre est de 9, un par segment thoracique sauf le deuxième
qui en porte une paire. Leur forme est variable, en massue épineuse sur les premiers seg¬
ments thoraciques, en languette hérissée sur les suivants (fig. 218).
La poche incubatrice est formée de trois paires d’oostégites bien développés (fig. 220
et 223). La paire postérieure, la plus ample, est renforcée par deux carènes. La carène
postérieure produit une petite crête qui vient se loger sous la plaque pleurale du premier
pléonite. Cette plaque pleurale est bien développée et bilobée (fig. 219) ; elle l’est beau¬
coup moins chez le mâle où elle demeure invisible en vue dorsale. La seconde carène débute
nettement en arrière de la base des appendices thoraciques de la huitième paire. La base
des appendices thoraciques de la cinquième paire paraît dépourvue de lobe ventilateur.
Les pléopodes de la femelle sont uniarticulés et uniramés, structure normale pour le sexe.
Les pléopodes du mâle ont des exopodites constitués de 12 articles sauf ceux de la
cinquième paire qui n’en comptent que 11 ; leur avant-dernier article présente, sur sa face
antérieure, une épine. Les endopodites des quatre dernières paires de pléopodes comptent
un nombre variable d’articles : 12 à la deuxième paire, 12 à la troisième, de 12 à 14 à la
quatrième et 10 à la cinquième. L’endopodite des pléopodes de la quatrième paire (fig. 222)
possède une très longue soie modifiée, glabre, qui représente la différenciation de fa soie
externe de l’avant-dernier article. Enfin, à la face antérieure de l’endopodite de la cin¬
quième paire, on remarque la présence d’une petite soie sur le troisième article et d’un
groupe de trois soies sur l’avant-dernier article. Les lamelles pseudobranchiales diffèrent
assez peu dans la série des pléopodes.
Fig. 216-220. — Parapseudomma calloplura (Holt ot Tattersall, 1905). 216, Appendice thoracique droit
de la huitième paire du mâle, face antérieure (X 69) ; 217, exopodite de l’appendice thoracique gauche
de la huitième paire de la femelle (x 69) ; 218, processus sternaux d’un mâle immature (X 69) ; 219,
premier pléonite d’une femelle adulte en vue dorsale ( X 17) ; 220, oostégites correspondants à la sixième
et septième paire d’appendices thoraciques d’une femelle adulte (X 36).
Fig. 221-225. — Parapseudomma calloplura (Holt et Tattersall, 1905). 221, Pléopode gauche de la pre¬
mière paire d’un mâle adulte, face postérieure (x 69) ; 222, pléopode gauche de la quatrième paire
d’un mâle adulte, face postérieure ( X 69) ; 223, oostégite correspondant à la huitième paire d’appen¬
dices thoraciques d’une femelle adulte (x 36) ; 224, extrémité distale du telson d’un mâle adulte en
vue dorsale (X 139).
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1317
L’endopodite des uropodes est armé d’une épine implantée à la base du statocyste,
près du bord interne.
Le nombre des épines latérales portées par le telson s’accroît régulièrement au cours
du développement de l’animal. Pour les individus dont la taille varie entre 2 et 4 mm,
ce nombre passe de 3 à 10 ; entre 4 et 6 mm, il est de 10 à 14 ; entre 6 et 9 mm, il s’accroît
de 11 à 18. En plus des trois paires de longues épines distales barbulées, l’extrémité distale
du telson porte une très petite épine médiane. Logée dans une dépression creusée dans
l’épaisseur du telson, celte petite épine est souvent difficile à observer, voire impossible
dans les cas où elle ne dépasse pas le bord postérieur du telson. Sur 107 spécimens examinés,
elle est nettement visible sur 40 d’entre eux et pratiquement indiscernable chez les 67 autres,
ceci étant assez indépendant de la taille ou du sexe de l’individu.
Remarque
Dès 1905, Holt et Tattersall manifestèrent quelques hésitations à rattacher P. cal-
loplura au genre Pseudomma ; la grande similitude de forme de la plaque oculaire emporta
leur décision.
Cependant, si on excepte la forme de cette plaque oculaire, on constate que des carac¬
tères comme la forme de l’écaille antennaire, l’ornementation du telson, la pointe fron¬
tale du labrum, la présence de processus sternaux et la différenciation des pléopodes du
mâle ne se retrouvent chez aucune des espèces connues du genre Pseudomma. Comme par
ailleurs ces caractères ont, pour la plupart, une valeur générique certaine, il devient évi¬
dent que P. calloplura ne peut être maintenue dans le genre Pseudomma. Nous avons donc
créé pour elle le genre Parapseudomma.
Distribution
Cette espèce est présente dans l’Atlantique du nord-ouest du canal des Féroés (Tatter¬
sall, 1911) au golfe de Gascogne, entre 350 et 1 100 m de profondeur. En Méditerranée,
elle a été signalée du golfe de Naples (Tattersall, 1906 ; Colosi, 1929), de Monaco (Bacescu,
1941) et du golfe du Lion (Reys, 1960), à des profondeurs comprises entre 200 et 1 200 m.
Récemment, Murano (1970&) la mentionne au large du Japon, entre 220 et 430 m de pro¬
fondeur.
Genre EUCHAETOMERA G. O. Sars, 1883
Euchaetomera tenuis G. O. Sars, 1883
Euchaetomera tenuis G. O. Sars, 1883 : 42 | G. O. Sars, 1885 : 214, pl. XXXVII, fig. 21-24 j Ort-
mann, 1893 : 23.
Brutomysis Vogtii : Lo Bianco, 1901 : 440 (pars) | Lo Bianco, 1903 (pars) | Lo Bianco, 1904 :
35, pl. XIV, fig. 47 (pars).
1318
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Euchaetomera Fowleri : Holt et Tattersaal, 1905a : 123, 144 | Holt et Tattersall, 19056 : 104,
117, fig. | Hansen, 1905 : 7 | Holt et Tattersall, 19066 : 25.
Euchaetomera tenuis : Tattersall, 1909 : 130.
Euchaetomera Fowleri : Zimmer, 1909, Nord. PI. : 84, fig. 166-167.
Euchaetomera tenuis : Hansen, 19106 : 66, pl. 10, fig. 3a | Tattersall, 1911 : 29 | Hansen, 1912 :
201 I Zimmer, 1914 : 394 | Colosi, 1918 : 7 | Colosi, 1920 : 238 | Colosi, 1922 : 16 | Tatter¬
sall, 1926 : 10 | Colosi, 1929 : 416 | Ili.ig, 1930 : 448, fig. 93-96 | Tattersall, 1936 : 96 |
Tattersall, 1939 : 243 | Nouvel, 1943 : 79, pl. IV, fig. 134-135 | Banner, 1948 : 383 | Nou¬
vel, 19506, fiche 23 : 3, fig. 207-210 | Tattersall et Tattersall, 1951 : 275, fig. 66 A-F |
Tattersall, 1951 : 112 | Banner, 1954 : 580 | O. S. Tattersall, 1955 : 128, 183 | Birstein
et Tchindonova, 1962 : 66 | Ii, 1964 : 366, fig. 94 A-J, 95 A-K | Pillai, 1966 : 1710, fig. 58-60.
Matériel examiné : Gch 52, 380-420 m, 1 subad.
Distribution
Cette espèce, plutôt pélagique, (0-1 800 m) est très largement répandue dans le domaine
océanique. Dans l’océan Atlantique, elle est connue à l’ouest depuis 53°07'N jusqu’à 37°31'2S
soit de l’Irlande au Cap, à l’est, entre les Bermudes et le détroit de Floride. Elle est égale¬
ment connue en Méditerranée occidentale : Naples et Messine. Dans l’océan Indien, elle
se localise dans la région équatoriale (7°01'2N à 10°08'2S) et au large des îles de la Sonde.
Dans l’océan Pacifique, elle a été signalée au large de la Colombie britannique, dans le
nord et le sud-ouest des Galapagos, au large du Chili et du Japon.
Genre CHUNOMYSIS Holt et Tattersall, 1905
Chunomysis diadema Holt et Tattersall, 1905
Chunomysis diadema Holt et Tattersall, 1905a : 128, 146, pl. XIX, fig. 1-4, pl. XXV, fig. 1-7 |
Holt et Tattersall, 19066, : 44 | Zimmer, 1909, Nord. Pl. : 92, fig. 186-187 j Tattersall,
1911 : 56, pl. VIII, fig. 6-7 | Kramp, 1913 : 554 | Nouvel, 19506, fiche 23 : 3, fig. 213-214 |
Tattersall et Tattersall, 1951 : 278, fig. 67 A-F.
Matériel examiné : 1 Ç ad. provenant du contenu stomacal d’un poisson capturé au large d’Arca-
chon. Collection J. C. Sorbe.
Distribution
Cette espèce a été capturée, dans l’océan Atlantique, entre le canal des Féroés et le
golfe de Gascogne, à des profondeurs comprises entre 150 et 1 800 m.
MYSIDACÉS DU GOLFE DE GASCOGNE
1319
LISTE DES STATIONS
Dragages
G 57, 44° 35' N — 02° 07'W, 400-420 m, 15-III-1967, 16 h 20.
G 74, 43° 41'N — 02» 00'W, 190-220 m, 20-IV-1967, 8 h 30.
Chalutages
G ch 4, 46° 23'5 N — 04° 32'W, 200-210 m, 9-VII-1967, 21 h 20-22 h 20.
G ch 8, 43° 56'N — 02° 46'W, 1 300 m, 18-XII-1967, 9 h-10 h.
Gch 9, 44° 00'N — 02° 28'W, 1 020-1 040 m, 18-XII-1967, 13 h 25-14 h 25.
G ch 11, 44° 00'N — 01° 59'W, 148 m, 25-1-1968, 15 h-16 h.
Gch 13, 44° 02'N — 02o 12'W, 610 m, 1-III-1968, 0 h 20-1 h 20.
Gch 15, 43° 58'5 N — 02° 09'W, 400 m, 1-III-1968, 17 h-18 h.
Gch 16, 44o 32'N — 02o 06'W, 200 m, 21-IV-1968, 8 h-9 h.
Gch 21, 45° 21'2N — 03° 09'5W, 200 m, 19-VI-1968, 11 h 05-12 h 05.
Gch 22, 45° 18'N — 03° 10'5W, 400-600 m, 19-VI-1968, 13 h 30-14 h 30.
Gch 24, 45o 30'3N — 02o 47'8W, 133 m, 20-VI-1968. 13 h-14 h.
Gch 25, 45o 40'5N — 02o 20'W, 103 m, 20-VI-1968, 15 h-1.6 h.
Gch 28, 43° 34'N — 02o 18'W, 390-410 m, 20-VI1-1968, 9 h-10 h.
Gch 30, 43° 37'N — 02o 15'w, 585-600 m, 20-VII-1968, Il h 20-12 h 20.
Gch 31, 44o 34'N — 02o u'w, 580-610 m, 22-VII-1968, 14 h-15 h.
Gch 32, 44° 34'4N — 02“ 14'2W, 800-840 m, 22-VII-1968, 16 h-17 h.
Gch 33, 44° 32'5N — 02» 15'5W, 950-1 040 m, 22-VII-1968, 18 h-19 h.
Gch 35, 44° 36'3N — 02° 03'W, 190-220 m, •2-ITI-1971, 14 h 25-15 h 55.
Gch 36, 44° 31'N — 02° 10'W, 360-410 m, 2-ITI-1971, 17 h 05-18 h 35.
Gch 37, 44° 35'N — 02o 10'3W, surface, 2-III-1971, 20 h 35-21 h 20.
Gch 39, 44° 36'N — 02° 10'W, 360-400 m, 3-III-1971, 8 h 10-10 h 10.
Gch 40, 44° 35'3N — 02° 10'W, 360-400 m, 3-III-1971, 10 h 50-12 h 50.
Gch 43, 44° 03'3N — 02° 03'W, 142 m, 4-III-1971, 9 h-11 h.
Gch 45, 44°N — 02o 10'4W, 280-300 m. 4-III-1971, 18 h 15-19 h 45.
Gch 47, 43° 57'N — 02° 10'4W, 370-420 m, 5-III-1971, 9 h-10 h 30.
Gch 48, 44o 31'N — 02° ]0'W, 360-410 m, 25-V-1971, 7 h 30-9 h.
Gch 49, 44o 35'N — 02« 04'5W, 205-240 m, 25-V-1971, 11 h-13 h.
Gch 50, 44o 32'5N — 02°W, 142-144 m, 25-V-1971, 14 h 35-16 h 05.
Gch 51, 44o 31'N — 02° 10'W, 360-410 m, 25-V-1971, 17 h 50-20 h.
Gch 52, 43o 54'N — 02o U'w, 380-420 m, 26-V-I971, 7 h-8 h 35.
Gch 53, 43° 59'5N — 02° 12'W, 570-620 m, 26-V-1971, 10 h 10-11 h 47.
Gch 54, 43° 55'N — 02o 08'W, 235-240 m, 26-V-1971, 15 h-16 h 30.
Gch 56, 44° 31'N — 02° 10'W, 386-410 m, 27-V-1971, 8 h 50-10 h 40.
Gch 57, 44° 31'N — 02° io'5W, 570-640 m, 27-V-1971, 16 h 30-18 h.
Gch 59, 44° 31'3N — 02° 10'W, 390-420 m, 4-VIII-1971, 9 h 35-10 h 35.
Gch 60, 44° 33'N — 02o 13'w, 690-750 m, 4-VIII-1971, 14 h 40-16 h.
Gch 62, 44o 31'N — 02o 09'W, 360-400 m, 5-VÏII-1971, 7 h-9 h.
Gch 64, 44° 34'N, surface, 6-VIII-1971, 0 h-1 h 15.
Gch 64', 43° 53'N — 02° 09'5W, 390-400 m, 28-IV-1972, 16 h 12-17 h 42.
Gch 66, 43o 56'5N — 02» 12'5W, 590-630 m, 29-IV-1972, 8 h 30-9 h 30.
Gch 68, 43° 58'5N — 02» 30'5 W, 1 000-1 020 m, 30-IV-1972, 8 h-9 h.
Gch 69, 43o 57'N — 02o 31'w, 995-1 015 m, 30-IV-1972, 13 h 20-14 h 20.
Gch 70, 44o 02'N — 02° 17'W, 790-800 m, 30-IV-1972, 16 h 50-17 h 50.
Gch 72, 44o 31'N — 02o 09'W, 390-430 m, l-V-1972, 9 h 52-11 h.
Gch 74, 440 31'5N — 02» 12'W, 680-720 m, l-V-1972, 16 h 20-17 h 24.
Gch 75, 44o 31'N — 02o 10'5W, 570-620 m, 6-V-1972, 8 h 54-9 h 56.
1320
HENRI NOUVEL f ET J.-P. LAGARDÈRE
Gch 76
Gch 78
Gcli 79
Gch 80
Gch 82
Gch 83
Gel. 84
Gch 85.
44o 33'N — 02° 16'5 W, 1 000-1 040 m, 6-V-1972, 13 h 16-14 h 47.
44° 30'5N — 02° 16'W, 1 180-1 240 m, 7-V-1972, 8 h 42-9 h 46.
44° 31 'N — 02o 08'5W, 370-410 m, 7-V-1972, 14 h 05-15 h 33.
44° 36'N — 02» io'W, 360-405 m, 7-V-1972, 18 h 49-20 h 49.
44° 30'N — 02 10'W, 380-410 m, 8-V-1972, 6 h 48-8 h 58.
44o 36'N — 02o 10 'w, 405-410 m, 8-V-1972, 9 h-11 h.
440 31'N — 02° 09'5W, 380-405 m, 8-V-1972, 13 h 10-15 h 10.
44° 36'N — 02° 08'W, 290-330 m, 8-V-1972, 16 h 23-18 h 23.
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Achevé d’imprimer le 28 février 1977.
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