BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
297
N’ 427 JANVIER-FÉVRIER 1977
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Halle.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
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Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
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Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIIIE NATURELLE
3 e série, n° 427, janvier-février 1977, Zoologie 297
Nématodes des sables fins infralittoraux
de la Pierre Noire (Manche occidentale).
III. Araeolaimida et Monhysterida
par Guy Boucher et Marie-Noëlle Helléouët *
Résumé. - Deux nouveaux genres sont créés : Odontophoroides et Tubuligula. 16 espèces
de Nématodes sont décrites, dont 12 nouvelles : Campylaimus striatus, Diplopeltula lucanica,
Diplopeltula ostrita, Leptolaimus tritubulatus, Stephanolaimus bicoronatus, Cricolaimus elongatus
Southern, 1914, Odontophoroides monhystera (Gerlach, 1963), Odontophora octoseta, Siphonolaimus
obscurus, Cyartonema zosterae (Allgen, 1929), Tubuligula roscoffensis, Cylindrotheristus divertens,
Mesotheristus hirsutus Vitiello, 1967, Monhystera pusilla, Xyala imparis, Xyala riemanni. Deux
clés taxonomiques sont données pour les genres Stephanolaimus et Xyala.
Les changements de nomenclature suivants sont proposés : Stephanolaimus filicaudatus (Schuur-
mans Stekhoven, 1946) est considéré comme species inquirenda. Le genre Odontophoroides est
proposé pour les espèces du groupe Synodontium dotées de fortes dents. Xyala striata Cobb, 1920,
sensu Riemann, 1966, est incluse dans la nouvelle espèce X. riemanni. Xyala exigua Wieser, 1956,
est considérée comme species inquirenda ; Xyala barbata Ward, 1972, est mis en synonymie avec
X. striata Cobb, 1920.
Abstract. — Nematodes from the Pierre Noire sublittoral fine sand (West Channel). III. Araeo¬
laimida and Monhysterida. ■— Two new généra are created : Odontophoroides and Tubuligula. 16
Nematodes species are described, 12 of wliich are new t.o Science : Campylaimus striatus, Diplo¬
peltula lucanica, Diplopeltula ostrita, Leptolaimus tritubulatus, Stephanolaimus bicoronatus, Crico¬
laimus elongatus Southern, 1914, Odontophoroides monhystera (Gerlach, 1963), Odontophora octoseta,
Siphonolaimus obscurus, Cyartonema zosterae (Allgen, 1929), Tubuligula roscoffensis, Cylindrothe¬
ristus divertens, Mesotheristus hirsutus Vitiello, 1967, Monhystera pusilla, Xyala imparis, Xyala
riemanni. Two keys of identification are proposed for the genus Stephanolaimus and Xyala.
The following nomenclatorial changes are suggested : Stephanolaimus filicaudatus (Schuur-
mans Stekhoven, 1946) is considered as species inquirenda. The genus Odontophoroides is suggested
for Synodontium-like species with strong odontia. Xyala striata Cobb, 1920, sensu Riemann,
1966, is transferred to X. riemanni n. sp. ; Xyala exigua Wieser, 1956, is considered as species
inquirenda ; Xyala barbata Ward, 1972, as X. striata Cobb, 1920.
Les principaux représentants des Nématodes Araeolaimida et Monhysterida, peu¬
plant les sables fins de la Pierre Noire en baie de Morlaix (Manche occidentale) sont recen¬
sés. Les Desmodorida et les Chromadorida avaient été décrits précédemment (Boucher,
1975 et 1976).
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier’
75231 Paris, et Station biologique, 29211 Roscoff.
427, 1
86
GUY BOUCHER
Ordre des ARAEOLAIMIDA De Coninck et Schuurmans Steklioven, 1933
Famille des Campylaimidae Vitiello, 1974
Sous-famille des Campylaiminae Chitwood, 1937
Il conviendra de se reporter aux travaux de Gerlac.h (1950, 1962) et de Vitiello (1972,
1974).
Campylaimus striatus n. sp.
(Fig. 1 A, G)
Matériel étudié : 3 <$, 2 $, 1 juvénile. Holotype : RI 1227 AB. l’aratvpes : R4545 AB-I114485
AB.
Mesures (en p.m) de 2 (J et 1 Ç : Longueur totale : 826 ; 890 ; 840. Longueur de l’œsophage : 147 ;
144 ; 132. Diamètre céphalique : 14 ; 12 ; 15. Longueur des soies céphaliques : 6 ; 7 ; 6. Lon¬
gueur des branches ventrale et dorsale de l’amphide : 265 (31) ; 240 (31) ; 125 (30). Diamètre
corporel maximum : 20 ; 18 ; 42. Longueur de la queue : 154 ; 164 ; 144. Diamètre anal : 17 ;
17 ; 23. Longueur des spiculés (développement et corde) : 27 (22) ; 27 (22); —. Distance de la
vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; 435.
Coefficient de De Man : a = 41,6 ; 49,4 ; 20. b = 5,6 ; 6,2 ; 6,4. c = 5,4 ; 5,4 ; 5,8.
V = - ; - ; 51,8.
Description
Aspect général : Capsule buccale déportée dorsalement. Cuticule finement striée trans¬
versalement présentant une aile latérale saillante sur toute la longueur du corps. Les
anneaux, larges de 2,5 à 3 p.m, sont aussi finement striés longitudinalement (fig. 1, C).
Cet aspect est produit par raccolement de baguettes réfringentes.
Région antérieure : Six papilles labiales dont la disposition est peu affectée par la dis¬
symétrie labiale (fig. I, A). Quatre soies céphaliques longues d’environ un demi diamètre
céphalique insérées un peu en dessous de la partie antérieure de l’amphide. Celle-ci, de
grande taille, présente deux branches accolées (fig. 1, B). La branche dorsale, plus courte,
mesure environ 30 p.m de long sur 2,5 qui de large. La branche ventrale est nettement plus
longue. Chez le mâle, elle mesure 1,7 à 1,8 fois la longueur œsophagienne. Sa largeur est
de 5 pm dans la partie antérieure jouxtant la branche dorsale et de 3 à 3,5 inn plus bas (fig. 1,
C). Chez les femelles, elle ne mesure qu’environ une longueur œsophagienne. La section
transversale du corps montre que l’amphide est constituée d’une gouttière en creux collée
à une aile triangulaire nettement saillante, légèrement recourbée ventralement (fig. 1, D
et l, E)._
Région caudale : Queue allongée (9 à 9,6 diamètre cloacal chez le mâle et 6,3 chez la
femelle), cylindrique sur le tiers de sa longueur et renflée dans sa partie terminale (fig. 1,
G) L’aile latérale s’interrompt dans son tiers distal. Quelques soies somatiques dispersées.
Spiculés arqués, de structure simple, longs de 1,6 fois le diamètre cloacal (fig. 1, F). Guber-
naculum de taille réduite peu visible.
1. — Campylaimus striatus n. sp. : A et B, vue apicale et vue latérale de la région antérieure du mâle ;
C, vue latérale de la partie terminale de la branche ventrale de l’amphide et de la cuticule ; D et E,
coupe du corps au niveau de la branche ventrale de l’amphide et au niveau de la partie postérieure
du corps ; F, vue latérale de l’appareil copulateur ; G, vue latérale de la queue du mâle.
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GUY BOUCHER
Discussion
Campylaimus striatus n. sp. est caractérisé par une aniphide épaissie dans sa partie
antérieure dont la branche dorsale mesure 27 à 32 % de la longueur corporelle chez le mâle,
et 15 % chez la femelle, par une cuticule nettement striée longitudinalement, et par une
queue longue de 9 à 9,6 fois le diamètre cloacal. Cette espèce est très proche de Campy¬
laimus lefeverei Gerlach, 1956, par la forme de la région antérieure, celle de la partie apicale
de l’amphide et celle de la région caudale. Elle se distingue cependant de cette espèce par
la réduction de la longueur de la branche ventrale de l’amphide (1/3 de la longueur corpo¬
relle au lieu de la totalité), par la striation longitudinale très nette de la cuticule et par
une taille nettement plus faible.
Diplopeltula lucanica n. sp.
(Fig. 2, A, B, C)
Matériel étudié : 3 cf, 3 Ç, 2 juvéniles. Holotype : R 1742 AB. Paratypes : R 10247 AB — R
1704 AB — R 1797 AB.
Mesures (en pm) de 2 et 2 Ç : Longueur totale : 1 374 ; 1 495 ; 1 320 ; 1 220. Longueur de l’œso¬
phage : 164 ; 133 ; 168 ; 160. Diamètre céphalique : 14 ; 12,5 ; 13,5 ; 14. Longueur des soies
céphaliques : 11 ; 16 ; 11 ; ■—. Diamètre de l’amphide X longueur : 10 X 39 ; 10,5 X 33 ;
10 X 34 ; 10 X 34. Distance de l’amphide à l’extrémité antérieure : 4 ; 3 ; 4,5 ; 5,5. Diamètre
corporel maximum : 17 ; 16 ; 20,5 ; 17. Longueur de la queue : 128 ; 105 ; 146 ; 145. Diamètre
anal : 16 ; 15 ; 13 ; 12,5. Longueur des spiculés (développement et corde) : 27,5 (21,5) ; 28
(19) ; — (—) ; — (—)• Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; 604 ; 670.
Coefficient de De Man : a = 80,6 ; 93,4 ; 64,3 : 71,7. b = 8,3 ; 11,2 ; 7,8 ; 7,6. c = 10,7 ;
14,2 ; 9,0 ; 8,4.
Description
Aspect général : Corps allongé sans atténuation aux extrémités. Absence de soies cor¬
porelles. La cuticule lisse au niveau de la région antérieure de l’amphide devient finement
striée dès le niveau de la base de celle-ci. Glande ventrale située juste au-dessus de la base
de l’oesophage.
Région antérieure : Quatre soies céphaliques longues de 78 à 145 % du diamètre cor¬
respondant. Orifice buccal terminal. Capsule buccale très réduite (fig. 2, A). Amphides
de très grande taille en forme de saucisse allongée, à branches parallèles subégales soudées,
mesurant entre 2,4 et 2,8 fois le diamètre céphalique. La zone de soudure des deux branches
est souvent légèrement crénelée. Le sommet de l’amphide est situé entre 3 et 5 p.m de l’extré¬
mité antérieure.
Région caudale : queue conique longue de 7 à 8 fois le diamètre cloacal chez le mâle
et de 11 fois chez la femelle (fig. 2, B). Absence de soies somatiques. Spiculés arqués dont
la corde mesure 1,3 fois le diamètre cloacal, à extrémités distales très pointues et à capi-
tulum recourbé dorsalement (fig. 2, C). Gubernaculum difficile à discerner, doté d’apophyses
dorsales fines, perpendiculaires aux spiculés. Ovaires pairs.
2. — Diplopeltula lucanica n. sp. : A, vue latérale de la région antérieure du mâle ; B, vue latérale
de la queue du mâle ; C, vue latérale de 1 appareil copulateur Diplopeltula ostrita n. sp. . D, vue
latérale de la région antérieure ; E, vue de la queue ; F, vue latérale de 1 appareil copulateur.
90
GUY BOUCHER
Discussion
Diplopeltula lucanica n. sp. est caractérisé par un orifice buccal terminal, une grosse
amphide allongée à parois soudées, en forme de saucisse et un appareil copulateur à guber-
naculum peu développé.
Cinq espèces à capsule buccale en position apicale et à amphide à parois soudées, pla¬
cées en position antérieure, étaient jusqu’ici connues dans le genre : D. intermedia Gerlach,
1954, D. nuda Gerlach, 1956, D. bulbosa Vitiello, 1972, IJ. cassidaigniensis Vitiello, 1972
et D. asetosa Juario, 1974.
Cette espèce nouvelle se distingue facilement des précédentes par une valeur du coeffi¬
cient de De Man nettement plus forte (a = 64 — 90 au lieu de 29 — 43) et par une très
grande amphide à branches allongées soudées (34-39 pm au lieu de 15-24 (im).
Diplopeltula ostrita n. sp.
(Fig. 2, D, E, F)
Matériel étudié : 5 3 $, 5 juvéniles. Holotype : R 4035 AB. Paratypes : R 3250 AB — R 12409
AB — R 4039 AB — R 13536 AB — R 4066 AB — R 7488 AB.
Mesures (en |im) de 3 3 et 1 $ : Longueur totale : 936 ; 882 ; 1 160 ; 788. Longueur de l’œsophage :
104 ; 130 ; 133 ; 131. Diamètre céphalique : 10 ; 12 ; 15 ; 13. Longueur des soies céphaliques :
7 ; 12,5 ; 10 ; 11. Dimensions de l’amphide : 17,5 X 5,5 ; 13 X 6 ; 16,5 X 7,5 ; — X —. Dia¬
mètre corporel maximum : 12,5 ; 18 ; 18,5 ; 20. Longueur de la queue : 204 ; 161 ; 225 ; 155.
Diamètre anal : 12 ; 16 ; 16,5 ; 16,5. Longueur des spiculés (développement et corde) : 16
(14) ; 21 (16) ; 27,5 (21) ; — (—). Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; -— ; — ; 357.
Coefficient de De Man : a = 74,9 ; 49,0 ; 62,7 ; 39,4. b = 9,0 ; 6,8 ; 8,7 ; 6,0. c = 4,6 ;
5,5 ; 5,2 ; 5,1. V = — ; — ; — ; 45,6.
Description
Aspect général : Région antérieure dissymétrique et queue effilée. Striation de la cuti¬
cule nette, commençant à environ 20 ji.ni de l’extrémité antérieure. Anneaux cuticulaires
larges de 2 fi.ni au plus. Œsophage dépourvu de bulbe.
Région antérieure : Quatre soies céphaliques, insérées sur le même niveau, longues
de 66 à 100 % du diamètre céphalique (fîg. 2, D). Région labiale écrasée dorsalement pré¬
sentant un dôme translucide dans la partie ventrale. Cavité buccale déportée dorsalement.
Amphide en forme de cavalier à branches pratiquement collées dont la plus longue, dor¬
sale, mesure entre 13 et 18 fini. Son extrémité antérieure est située à un demi diamètre
céphalique de l’apex. Cordons muqueux sortant dans la région inférieure de celle-ci.
Région caudale : Queue allongée de longueur assez variable mesurant de 8,9 à 17 fois
le diamètre cloacal (fîg. 2, E). Spiculés de structure simple dont la corde mesure de 1 à
1,3 fois le diamètre cloacal, dotés d’un petit gubernaeulum sans apophyses, parallèle au
spiculé (fîg. 2, F).
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRA LITTORAUX. III
91
Discussion
Cette espèce se distingue de toutes les espèces du genre par la dissymétrie de la région
antérieure et par l’absence de plaque amphidiale. Sa capsule buccale n’est que légèrement
déportée en position apicale dorsale par la dissymétrie de la région labiale. Chez les deux
espèces à région antérieure dissymétrique mais dotées d’une plaque amphidiale, D. incisa
(Southern, 1914), Gerlacb, 1962, et D. onusta (Wieser, 1956) Gerlach, 1962, la capsule buc¬
cale est latérale et les lèvres symétriques,
Famille des Leptolaimidae Orley, 1880
Sous-famille des Leptolaiminae Orley, 1880
Il conviendra de se reporter à la révision de De Bovée (1974) pour le genre Leptolaimus.
Leptolaimus tritubulatus n. sp.
(Fig. 3, A à C)
Matériel étudié : 5 2 Ç et 2 juvéniles. Holotype : R 10823 AB. Paratypes : R 2890 AB —
R 5812 AB — R 5778 AB.
Mesures (en fim) de 2 çj et 2 Ç : Longueur totale : 618 ; 575 ; 460 ; 455. Longueur de l’œsophage :
115; 99; 90; 94. Diamètre céphalique : 4,5; 4; 4; 4. Longueur des soies céphaliques : 4,5;
5 ; 5 ; 5. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 3,5 (7) ; 3 (6) ; 4,5 (7,5) ;
4 (6,5). Diamètre corporel maximum : 13,5 ; 11 ; 15 ; 12,5. Longueur de la queue (diamètre
anal) : 93 (13) ; 80 (10,5) ; 70 (10) ; 68 (8,5). Longueur des spiculés (développement et corde) :
17 (14) ; 17,5 (15) ; — ; —. Longueur des apophyses du gubernaculum : 6 ; 7 ; — ; -—. Dis¬
tance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; 250 ; 233.
Coefficient de De Man : a = 45,8 ; 52,3 ; 30,7 ; 36,4. b = 5,4 ; 5,8 ; 5,1 ; 4,8. c = 6,6 ;
7,2 ; 6,6 ; 6,7. V = — ; — ; 54,3 ; 51,2.
Description
Aspect général : Région antérieure progressivement atténuée en avant du niveau du
bulbe œsophagien. Cuticule finement striée transversalement présentant une membrane
latérale à partir du niveau du collier nerveux jusqu’à la moitié de la queue. Trois papilles
précloacales uniquement chez le mâle. Absence de cupules.
Région antérieure : Légère constriction de la région céphalique un peu en dessous du
niveau de l’amphide. Quatre soies céphaliques mesurant 1 à 1,25 fois le diamètre céphalique.
Amphide de forme variable, circulaire, présentant une ampoule à sa partie inférieure (fîg. 3,
A) ou en spirale à un tour (fîg. 3, B), occupant 50 % du diamètre correspondant chez les
mâles et 60 % chez les femelles. 6 à 7 anneaux cuticulaires en avant de l’amphide chez
les mâles (1,5 à 2 diamètres céphaliques) et une quinzaine d’anneaux chez les femelles (3,5
à 4 diamètres céphaliques). Capsule buccale composée d’un vestibulum court (3,5 jim)
suivie d’un élargissement de la lumière œsophagienne sur environ 20 jim.
ig. 3. — Leptolaimus tritubulatus n. sp. : A, vue latérale de la région antérieure d’un mâle ; B, vue laté¬
rale de la région antérieure d’une femelle ; C, vue latérale de la région caudale d’un mâle— Stephano-
laimus bicoronatus n. sp. : D, vue latérale de la région antérieure ; E, vue latérale de l’appareil copula-
NEMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
93
Région caudale : Queue cylindroconique, longue de 7 à 8 fois le diamètre anal dont
la partie cylindrique mesure environ un tiers du total chez les mâles alors qu’elle est imper¬
ceptible chez les femelles (fig. 3, C). 3 papilles précloacales tubulaires, longues de 10 (im,
présentant une partie proximale évasée et une partie distale en forme de griffe, disposées
respectivement à 15,15 et 20 p.m du cloaque. Spiculés courbes dont la corde mesure 1,1 —
1,4 fois le diamètre cloacal. Apophyses du gubernaculum à courbure en S dirigée antérieu¬
rement, longues de 6-7 fxm.
Discussion
De Bovée (1974) recense cinq espèces du genre Leptolaimus susceptibles de présen¬
ter 3 papilles précloacales, auxquelles il faut ajouter L. vinnulus Vitiello, 1974. Parmi
ces espèces, L. leptaleus Lorenzen, 1971, et L. papilliger De Man, 1876, possèdent des cupules
en plus des tubules précloacaux., alors que L. venustus Lorenzen, 1972, présente aussi un
tubule chez la femelle. Seules les espèces L. kerguelenensis De Bovée, 1974, L. vinnulus
Vitiello, 1974, et L. puccinelliae Gerlach, 1959, sont comparables quant à la disposition
des tubules dans les deux sexes. La première espèce se distingue de L. tritubulatus n. sp.
par la forme du gubernaculum et l’absence de griffes à l’extrémité distale des tubules. La
deuxième espèce, connue par un seul mâle, se sépare par l’aspect de la capsule buccale,
la largeur des anneaux cuticulaires et par la taille des soies céphaliques (0,5 diamètre cépha¬
lique au lieu de 1 à 1,25). La troisième espèce, très voisine par la forme de la région anté¬
rieure et des tubules précloacaux, peut être distinguée par ses soies céphaliques plus courtes
et par le développement de la portion cylindrique de la queue.
Stephanolaimus bicoronatus n. sp.
(Fig. 3, D, E)
Matériel étudié : 4 çj, 3 juvéniles. Holotype : R 11723 AB. Paratypes : R 8659 AB — R 8416
AB — R 11000 AB.
Mesures (en jxm) de 2 $ '■ Lames R 11723 AB — R 8659 AB : Longueur totale : 1 372 ; 1 355.
Longueur de l’œsophage : — ; 258. Longueur des soies céphaliques (diamètre céphalique) :
14 (8,5) : 13 (6,5). Longueur des soies labiales : 9 ; 9. Diamètre corporel maximum : 17 ; 14.
Longueur de la queue : 148 ; 153. Diamètre anal : 15,5 ; 14. Longueur des spiculés (déve¬
loppement et corde) : 28 (30) ; 30 (20). Longueur des apophyses du gubernaculum : 7 ; 7,5.
Coefficient de De Man : a = 80,7 ; 96,8. b = — ; 5,3. c = 9,2 ; 8,9.
Description
Aspect général : Cuticule finement striée pratiquement dépourvue de soies. Œsophage
relativement long, sans élargissement basal, mais présentant une valvule losangique bien
visible.
Région antérieure : Tête présentant une brusque atténuation en avant de l’amphide.
6 soies labiales externes longues de 1,1 à 1,4 fois le diamètre céphalique, 4 soies céphaliques
longues de 1,6 à 2 fois ce même diamètre, insérées sur le même niveau que deux soies subcé¬
phaliques subdorsales nettement plus courtes (fig. 3, D). Cavité buccale peu développée.
94
GUY BOUCHER
Amphide en forme de fente ovalaire peu visible, occupant environ 37 % du diamètre cor¬
respondant, dont la présence est souvent matérialisée par des cordons de sécrétion.
Région caudale : Queue conique longue de 9,5 à 10,9 fois le diamètre cloacal chez les
mâles, portant quelques soies dans sa partie terminale et une petite papille postcloacale
peu visible chez certains spécimens. 7 à 9 tubules précloacaux allongés (9,5 pmi) espacés
de 12 à 15 pm et une petite papille placée à 13 pin de l’anus. Spiculés fins nettement arqués
à capitulum globuleux dont la corde mesure 1,3-1,4 fois le diamètre cloacal (fig. 3, E).
Gubernaculum en manchon doté de deux longues apophyses dorsales.
Discussion
Cette espèce nouvelle est caractérisée par la présence de soies labiales et céphaliques
de taille voisine, par l’adjonction d’une soie subcéphalique sublatérale, en position dorsale,
à la couronne de soies céphaliques, par la taille des spiculés et la présence de 7 à 9 tubules
précloacaux.
Elle est proche de Stephanolaimus spartinae Lorenzen, 1969, par les proportions des
soies de la région antérieure, par la forme et le nombre voisin de tubules précloacaux et
par la forme des spiculés. Elle diffère de cette espèce par une taille plus grande, par l’inser¬
tion des soies subcéphaliques sublatérales sur le même plan que les soies céphaliques, par
une queue légèrement plus longue chez les mâles (9,5-10,9 au lieu de 6-7) et par la pré¬
sence de 7-9 papilles au lieu de 9-10. Il est difficile de tenir compte uniquement du nombre
de tubules précloacaux pour séparer les espèces car il est probable qu’il peut être variable
en fonction du milieu pour une même espèce comme ce pourrait être le cas chez beaucoup
de Leptolaimidae.
L’espèce S. filicaudatus Stekhoven, 1946, décrite sur un seul juvénile doit être consi¬
dérée comme species inquirenda.
Clé du genre
1. Soies labiales papilliformes insérées sur de légers mamelons labiaux.
S. elegans Ditlevsen, 1919
Soies labiales bien développées. 2
2. Présence de soies subcéphaliques sublatérales longues d’environ 1 fois et demie les soies labiales.
3
Absence de soies subcéphaliques sublatérales. Soies céphaliques deux fois plus longues que
les soies labiales. 4
3. Soies subcéphaliques latérales sous la couronne de soies céphaliques — 9 à 10 tubules pré¬
cloacaux . S. spartinae Lorenzen, 1969
Soies subcéphaliques latérales sur le même niveau que les soies céphaliques — 7 à 9 tubules
précloacaux. S. bicoronatus n. sp.
4. Spiculé mesurant 1,3 fois le diamètre cloacal. 12 à 14 tubules précloacaux.
S. flevensis Schuurmans Stekhoven, 1935
Spiculés fins mesurant 2,7 fois le diamètre cloacal. 6 à 7 tubules précloacaux.
S. paraflevensis Gerlach, 1953
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRA LITTORAUX. III
95
Famille des Plectidae Orley, 1880
Sous-famille des Wilsonematinae Chitwood, 1951
Il conviendra de se reporter à la révision de Anderson (1966).
CRICOLAIMUS
Le genre Cricolaimus est caractérisé par une région antérieure dotée de formations
labiales transparentes en position apicale, dorsale et ventrale, respectivement constituées
par la soudure des lèvres subdorsales et subventrales, par deux mâchoires, dorsale et ven¬
trale, en forme de bec à axe de symétrie latéral, par 4 soies céphaliques, par une cuticule
striée, par des amphides circulaires à structure spiralée et par des tubules précloacaux.
Cricolaimus elongatus Southern,
(Fig. 4, A, B, C, D, E, F)
1914
Matériel étudié: : 6 <$, 5 Ç, 4 juvéniles. Lames : R 12534 AB. — R 3776 AB. — R 3777 AB —
— R 3881 AB.
Mesures (en ixm) de 2 (J et 1 $ : Longueur totale : 2 542 ; 2 510 ; 2 670. Longueur de l’œsophage ;
155 ; 162 ; 158. Diamètre céphalique : 17 ; 17 ; 14,5. Longueur des soies céphaliques : 12 :
11 ; 11. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 12 (20) ; 10 (22) ; 10 (23).
Distance du bord antérieur de l’amphide/extrémité antérieure : 27 ; 28 ; 30. Distance du
pore excréteur/extrémité antérieure : 93, 91, 98. Diamètre corporel maximum : 27 ; 30 ; 32.
Longueur de la queue (diamètre anal) : 126 (29) ; 119 (27) ; 114 (25). Longueur des spiculés :
35 130) ; — (22) ; — (—). Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; 1 546. Nombre
de papilles précloacales : 8 -f- 7 ; 7 + 6 ; —.
Coefficient de De Man : a = 94,1 ; 83,7 ; 83,4. b = 16,4 ; 15,5 ; 16,9. c = 16,4 ; 15,5 ;
16,9. V = — ; — ; 57,9.
Description
Aspect général : Corps à cuticule finement striée présentant une très faible atténua¬
tion antérieure. Pore de la glande ventrale renforcé par un anneau cuticulaire placé à 58-
62 % de l’extrémité antérieure. Gisophage large de 9 jim terminé par un net bulbe basal
long de 22-27 jim dont la jonction intestinale s’effectue par une valvule longue de 6 à 7 pm.
Région antérieure : Seule l’observation en vue apicale permet d’en comprendre la struc¬
ture. En effet, deux formations transparentes, dorsale et ventrale, de forme pétaloïde font
saillie en position labiale. La formation dorsale semble résulter de la soudure des deux
lèvres subdorsales et la formation ventrale de la soudure des deux lèvres subventrales. Les
lèvres latérales sont très réduites et leur présence n’est détectable que par l’observation
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
97
de papilles labiales internes et externes à la commissure des lèvres secondaires transver¬
sales (fîg. 4, A). Les papilles labiales internes et externes submédianes sont placées sur
les formations pétaloïdes. En vue latérale (fig. 4, B et C), ces papilles traversent l’ensemble
des lèvres secondaires. La mâchoire cuticularisée, à axe de fonctionnement latéral, porte
sur chaque demi-mâchoire une forte dent pointue légèrement recourbée vers le centre de
la capsule buccale. Le denticule dorsal est légèrement plus gros que le denticule ventral
(fig. 4, A).
La lumière œsophagienne répond à la symétrie triradiée habituelle.
Quatre soies céphaliques longues de 64 à 75 % du diamètre correspondant sont insé¬
rées au niveau de la base de ce cadre buccal. Cuticule finement striée à partir de ce niveau.
Amphides cryptospirales, légèrement en creux, occupant environ 60 % chez le mâle et
43 % chez la femelle d’où sortent des cordons de sécrétion. Leurs bords antérieurs sont
insérés à deux diamètres céphaliques de l’apex. Quelques courtes soies somatiques dis¬
persées.
Région caudale : Queue conique longue de 4,3 à 4,6 fois le diamètre anal, finement
striée et dépourvue de soies (fig. 4, D). Chez les mâles, présence de 13 à 17 papilles précloa-
cales tubulaires longues de 25 à 27 q.m disposées à partir de l’anus en deux groupes de n et
n — 1 où n = 7,8 ou 9. Chez le mâle R12534 AB, elles sont respectivement placées à 40 ;
77 ; 97 ; 119 ; 143 ; 170 ; 202 ; 237 ; 444 ; 460 ; 491 ; 518 ; 549 ; 593 ; 629 pm de l’anus.
Juste en avant de celui-ci, présence d’une petite papille d’aspect cordiforme en vue
ventrale. Spiculés arqués à extrémités distales fines et extrémités proximales évasées en
gros capitulum dont la corde mesure un diamètre anal (fig. 4, E, F). Gubernaculum à apo¬
physes dorsales soudées sur leur plus grande longueur, longues de 10 jim.
Di SCUSSION
Les caractéristiques de la région antérieure de Cricolaimus, telles que la soudure des
lèvres subdorsales et subventrales en structures complexes dorsale et ventrale, la réduction
des lèvres latérales détectées par la présence de papilles labiales, rappellent l’organisation
complexe des Wilsonematinae. Les formations labiales observées sont comparables aux
pseudolèvres des Habronematidae figurées par De Coninck (1965 : 25) mais ne sont pas
homologues puisque leur axe de symétrie est latéral au lieu de dorso-ventral. Comme le
note Anderson (1966), la sous-famille des Wilsonematinae comporte des genres terrestres
avec des expansions cervicales portant des extensions hyperlabiales élaborées. Chez Crico¬
laimus, le développement des structures céphaliques se produit uniquement dans la région
labiale et la capsule est renforcée pour former des mâchoires, ce qui n’est pas le cas des
Wilsonematinae actuellement connus. Cette tendance semble exister aussi dans le genre
Diodontolaimus d’après la description de D. sabulosus Southern, 1914, sensu Vitiello,
1974, où quatre formations papilliformes labiales existent. Les caractéristiques corporelles
de Cricolaimus, telles que la striation de la cuticule, la présence de nombreuses papilles
précloacales tubulaires et la forme de l’appareil copulateur rappellent d’ailleurs celles
trouvées chez plusieurs genres de Leptolaimidae.
C. coronatus Ditlevsen, 1930, n’appartient pas au genre du fait de la présence dans la
capsule buccale de six denticules disposés en couronne.
427, 3
98
GUY BOUCHER
Famille des Axonolaimidae Filipjev, 1918
Sous-famille des Axonolaiminae Filipjev, 1918
Il conviendra de se reporter aux travaux de Hopper (1963) pour le genre Synodontium proche
du genre nouveau Odontophoroides et aux travaux de Wieser (1956 : 3-5 ; 1959 : 69-70) et Bou¬
cher (1974 : 217-219) pour le genre Odontophora.
ODONTOPHOROIDES nov. gen.
Ce genre nouveau est caractérisé par un seul ovaire postérieur chez les femelles, deux
soies subcéphaliques latérales en plus des soies submédianes, des amphides bien visibles
en forme de crosse de berger et de fortes dents dans la capsule buccale.
Odontophoroides monhystera (Gerlach, 1953)
(Fig. 5, A à D)
Matériel étudié : 1 (J, 5 $ et 1 juvénile. Holotype : R 7389 AB. Paratypes : R 11993 AB — R
7932 AB — R 11954 AB — R 14125 AB.
Mesures (en p.m) de 1 cj et de 3 Ç : Longueur totale : 1 230 ; 1 433 ; 1 315 ; 1 270. Longueur de
l’œsophage : 173 ; 200 ; 176 ; 186. Diamètre céphalique : 12 ; 13,5 ; 13 ; 13. Longueur des
soies céphaliques : 16 ; 21 ; 16 ; 19. Dimensions de l’amphide : 6,5 X 13 ; 6,5 X 11,5 ; 6 X 10 ;
6,5 X 12. Longueur de la capsule buccale : 25 ; 30 ; 30 ; 30. Diamètre corporel maximum :
23 ; 28 ; 32 ; 30. Longueur de la queue : 88 ; 95 ; 89 ; 96. Diamètre anal : 19,5 ; 25 ; 27 ; 24.
Longueur des spiculés (développement et corde) : 24 (22) ; — ; — ; —. Distance de la vulve
à l’extrémité antérieure : — ; 347 ; 310 ; 313.
Coefficient de De Man : a = 53,5 ; 51,2 ; 41,1 ; 42,3. b = 7,1 ; 7,2 ; 7,5 ; 6,8. c = 14,0 ;
15,1 ; 14,8 ; 11,8. V = — ; 24,2 ; 23,6 ; 24,6.
Description
Aspect général : Chez la femelle, un seul ovaire postérieur. Vulve en position très anté¬
rieure. Cuticule finement striée transversalement. Pore excréteur débouchant au niveau
du milieu de la capsule buccale. Base de l’œsophage légèrement élargie.
Région antérieure : Capsule buccale allongée (2,1 à 2,3 fois le diamètre céphalique)
armée de quatre fortes dents submédianes. Présence de deux plaques latérales bicuspides,
ainsi que de deux denticules additionnels au-dessus des dents submédianes dorsales (non
visibles en dessous des dents submédianes ventrales). 12 masses sombres sont visibles dans
les tissus (fig. 5, A). Quatre soies céphaliques, longues de 1,2 à 1,5 fois le diamètre cépha¬
lique. Deux soies subcéphaliques latérales (un peu plus courtes que les céphaliques) implan¬
tées à la base des amphides, au niveau du milieu de la capsule buccale. Chez le mâle (fig. 5,
B), présence de quatre soies subcéphaliques paramphidiales insérées un peu au-dessus des
latérales. Chez la femelle (fig. 5, C), présence également de quatre soies subcéphaliques
GUY BOUCHER
100
mais aussi de deux soies complémentaires (9 (im) insérées juste sous les soies céphaliques
ventrales. Amphides bien visibles en forme de cavalier.
Région caudale : Queue cylindroconique, longue de 3,3 à 4,5 fois le diamètre cloacal
portant quelques soies somatiques courtes (fîg. 5, D). Spiculés simples à capitulum légère¬
ment globuleux. Gubernaculum à apophyses dorsales.
Discussion
Les caractéristiques des spécimens étudiés correspondent à celles de Synodontium
monhystera Gerlach, 1953. Ils diffèrent légèrement par la taille plus faible des soies soma¬
tiques et corporelles, des spiculés (24 (im au lieu de 33 p.m) et de la queue (3,3-4,5 diamètre
cloacal au lieu de 4-5). La disposition des dents signalée par Gerlach dans la description
type, non confirmée par Hopper (1968), a pu être étudiée en vue apicale. En plus des quatre
fortes dents submédianes et des deux plaques bicuspides latérales, j’ai aussi observé un
petit denticule au-dessus de chaque dent submédiane dorsale. La symétrie dorso-ventrale
ne semble pas être respectée car je n’ai pas observé ces denticules ventralement. Il en est
de même pour la disposition des soies complémentaires.
Le genre Synodontium Cobb, 1920, comporte cinq espèces signalées dans Gerlach
et Riemann (1973). Parmi celles-ci, l’espèce S. monhystera Gerlach, 1953, est dotée de fortes
dents comme dans le genre Odontophora, alors que les autres espèces ne possèdent que de
petites plaques bilobées comparables à celles de Axonolaimus. Du fait de l’évolution paral¬
lèle des deux genres, déjà signalée par Boucher (1974), il me paraît nécessaire de créer
le nouveau genre Odontophoroides pour recevoir les spécimens dotés de fortes dents.
Odontophora octoseta n. sp.
(Fig. 6, A à E)
Matériel étudié : 4 ç? et 1 juvénile. Holotype: R 11177 AB. Paratype : R 5459 AB.
Mesures (en p.m) de 2 cj : Longueur totale : 1 740 ; 1 872. Longueur de l’œsophage : 168 ; 162.
Diamètie céphalique : 20 ; 17. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) :
7,5 (12) ; 6 (12,5). Longueur de la capsule buccale : 18 ; 15. Distance de la glande excrétrice
par rapport à l’extrémité antérieure : 180 ; 180. Diamètre corporel maximum : 20 ; 24. Lon¬
gueur de la queue : 100 ; 99. Diamètre anal : 20 ; 23. Longueur des spiculés (développement
et corde) : 29 (20) ; 30 (20). Longueur du gubernaculum : 13 ; 14.
Coefficient de De Man : a = 87 ; 78,4. b = 10,3 ; 11,5. c = 17,4 ; 18,8.
Description
Aspect général : Corps cylindrique présentant quatre files de soies somatiques sub¬
médianes dans la région œsophagienne. Grosse glande excrétrice en arrière de la base de
l’œsophage. Environ 6 structures glandulaires espacées de 65 à 85 (im à partir de ce niveau.
Œsophage présentant un net élargissement basal sur un quart de sa longueur.
Région antérieure : Capsule buccale typique du genre avec six fortes dents mobiles
associées à six peignes interdentaires (fig. A et B). Amphide en forme de crosse à contour
antérieure ;
ion caudale.
102
GUY BOUCHER
presque circulaire et branches non soudées. Une couronne de 4 soies céphaliques (1,3 à
1,7 diamètre céphalique). Une deuxième couronne de 4 soies subcéphaliques de même
longueur, collée sous les précédentes donnant l’impression d’une seule couronne de 8 soies
céphaliques. Deux soies latérales légèrement plus longues que les soies céphaliques implan¬
tées sous les amphides. Le premier vertieille de quatre soies cervicales est inséré nettement
sous leur niveau.
Région caudale : Queue conique longue de 4,3 à 5 fois le diamètre cloacal portant quel¬
ques courtes soies somatiques (fig. 6, E). Spiculés fortement recourbés, progressivement
élargis dans la partie proximale à contour anguleux (fig. 6, C et D). Gubernaculum massif
avec deux apophyses dorsales et deux épines sublatérales.
Discussion
Odontophora octoseta n. sp. se distingue de toutes les espèces du genre par la possession
d’une couronne de huit soies d'égale longueur en position céphalique constituée par la super¬
position d’une couronne de quatre soies céphaliques et d’une couronne de quatre soies
subcéphaliques en position « complémentaire », et par la présence de deux soies subcépha¬
liques latérales insérées juste sous les amphides.
Cette disposition originale des soies complète le schéma évolutif du genre proposé
par Boucher (1974). Elle correspond à une évolution du groupe n° 3 constitué d’espèces
à six soies subcéphaliques (O. parangustilaima Wieser, 1956 ; O. wieseri Luc et De Coninck,
1960) comparable à celle du groupe 4 b à 8 soies subcéphaliques et 4 soies complémentaires
ou plus [O. furcata Wieser, 1956 ; femelle de O. peritricha Wieser, 1956 ; O. mercurialis
Wieser, 1959 ; O. mucronata Wieser, 1959 ; O. phalarata Lorenzen, 1971). Cependant, chez
O. octoseta, ce sont les soies subcéphaliques submédianes de la première couronne qui ont
migré en position complémentaire juste sous les soies céphaliques. Les soies cervicales
de la deuxième couronne sont restées dans cette position nettement en arrière des soies
subcéphaliques latérales.
Deux des espèces du groupe 3 du genre Odontophora sont connues uniquement par
des mâles (O. wieseri et O. octoseta) alors que la validité de la troisième espèce (O. paran¬
gustilaima), connue par une seule femelle didelphe est assez douteuse. L’appartenance
de ces formes au genre Odontophoroides monodelphe ne serait donc pas à exclure. Il semble
cependant que la symétrie des six fortes dents de la capsule buccale sépare nettement
ces deux espèces du genre Odontophoroides à 4 dents et 2 plaques latérales.
Ordre des MONHYSTERIDA Filipjev, 1929
Famille des Siphonolaimidae Filipjev, 1918
Il conviendra de se reporter aux travaux de Juario (1972) pour le genre Cyartonema, de
Wieser (1956) pour le genre Siphonolaimus.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
103
Cyartonema zosterae (Allgen, 1929)
(Fig. 7, A à D)
Matériel étudié : 3 2 Ç et 1 juvénile.
Lames : R 5249 AB — R 11180 AB — R 4408 AB — R 935 AB — R 3321 AB — R 832
AB.
Mesures (en (im) de 2 $ et 2 Ç : Longueur totale : 740 ; 792 ; 697 ; 772. Longueur de l’œsophage
(bulbe œsophagien) : 88 (30) ; 91 (31) ; 89 (30) ; 87 (33). Longueur des soies céphaliques :
7, 7, 6, —. Diamètre X hauteur de i’amphide : 10,5 X 12 ; 10 X 12 ; 8 X 9 ; 9,5 X 11. Dia¬
mètre corporel au niveau du milieu de l’amphide : 14 ; 13 ; 12,5 ; 14. Distance du bord supé¬
rieur de l’amphide par rapport à l’extrémité antérieure : 5 ; 6 ; 7 ; 6. Diamètre corporel maxi¬
mum : 18,5 ; 18 ; 19,5 ; 19,5. Longueur de la queue : 79 ; 71 ; 35 ; 37. Diamètre anal : 18 ;
17,5 ; 18 ; 17. Longueur des spiculés (développement et corde) : 25 (18) ; 27,5 (21) ; — ; —.
Longueur des apophyses du gubernaculum : 8 ; 7,5 ; — ; —. Distance de la vulve à l’extrémité
antérieure : -— ; — ; 366 ; 408.
Coefficient de De Man : a = 40,0 ; 44,0 ; 47,9 ; 39,6. b = 8,4 ; 8,7 ; 7,8 ; 8,9. c = 9,4 ;
11,2 ; 19,9 ; 20,9.
Description
Aspect général : Corps cylindrique, sur toute sa longueur, avec atténuation extrême¬
ment brutale dans la région cervicale et caudale. Œsophage composé d’un bulbe pharyn¬
gien antérieur mesurant un tiers de la longueur totale, d'un isthme étroit et d’un petit
bull le terminal (fîg. 7, A), à la base duquel débouche la glande ventrale. La cuticule est
lisse et présente quelques soies somatiques.
Région antérieure : Quatre soies céphaliques longues de 60 % du diamètre correspon¬
dant (fîg. 7, B). Amphides piriformes, arrondies, à bordure plus épaissie dans leur partie
basale, occupant environ 75 % du diamètre correspondant chez le mâle et 65 % chez la
femelle. Une légère constriction du diamètre corporel existe au niveau de leur partie médiane.
Région caudale : Queue cylindrique du même diamètre que le corps, à extrémité brus¬
quement arrondie, beaucoup plus longue chez les mâles (3,9-4,3) que chez les femelles (1,8-
1,9) (fîg. 7, C). Glandes caudales bien visibles débouchant à l’extrémité caudale par un
large canal. Spiculés recourbés dont la corde mesure un peu plus d’un diamètre cloacal
(fîg. 7, D).
Discussion
Juario (1972) a montré l’appartenance de cette espèce au genre Cyartonema. Les
spécimens étudiés correspondent à la description-type pour la plupart des caractères.
Bien que de taille plus réduite, ils sont cependant nettement plus élancés (a = 40-48 au
lieu de 28). Us présentent en outre un bulbe œsophagien terminal individualisé. La queue
des femelles est près de deux fois plus courte que celle des mâles.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
105
Siphonolaimus obscurus n. sp.
(Fig. 7, D à G)
Matériel étudié : 6 J, 1 Ç. Holotype : R 10319 AB. Allotype : R 11708 AB. Paratvpes : R 10319
AB — R 798 AB.
Mesures (en (Lin) du $ holotype et de la Ç : Longueur totale : 3 055 ; 4 960. Longueur de l’œso¬
phage (?) : 76 ; 76. Diamètre céphalique : 8 ; 7,5. Longueur des soies labiales et céphaliques :
5 (10) ; 5 (10). Longueur des soies cervicales : 5 ; 6. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel
correspondant) : 7 (11,5) ; 5,5 (10,5). Distance du pore excréteur à l’extrémité antérieure :
89 ; 86. Diamètre corporel maximum : 18 ; 19,5. Longueur de la queue (diamètre anal) : 81
(18) ; 69 (13). Longueur des spiculés (développement et corde) : 24 (19) ; —. Longueur du
gubernaculum : 10 ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; 2 000.
Coefficient de De Man : a = 169,7 ; 254,4. h = 40,2 ; 65,3. c = 37,7 ; 71,9. V = — ;
40,3.
Description
Aspect général : Corps très long, non coloré, présentant un œsophage et une queue
proportionnellement très courts. Cuticule finement annelée dont les limites entre anneaux
sont difficiles à distinguer. La base de l’œsophage est masquée par des structures glandu¬
laires. Il semble, cependant, que celui-ci ne présente qu’un simple élargissement basal.
Le pore d’une grosse glande excrétrice longue de 63 p,m débouche un peu sur son arrière
(fig. 7, E).
Région antérieure : Six soies labiales externes longues d’environ 0,65 fois le diamètre
céphalique dont les quatre submédianes sont collées aux quatre soies céphaliques longues
de 1,3 fois ce même diamètre (fig. 7, D). Les soies labiales latérales sont placées en position
plus antérieure que les submédianes. Capsule buccale imperceptible, très difficile à ana¬
lyser car elle est masquée par des structures glandulaires. Amphide circulaire, large de
60 % environ chez le mâle et 52 % chez la femelle dont le bord antérieur est situé à 10-
13 (tm de l’extrémité antérieure. Deux couronnes de six soies cervicales dans la région de
l’amphide.
Région caudale : Queue conique très courte par rapport à la longueur corporelle, mesu¬
rant 4,5 à 5,3 fois le diamètre anal et portant cinq papilles post-cloacales et quelques soies
dispersées (fig. 7, F). Spiculés assez massifs dont la corde mesure environ un diamètre cloa-
cal. Gubernaculum triangulaire, trapu, prolongé d’apophyses dorsales (fig. 7, G). Ovaires
doubles portant plusieurs gros œufs.
Discussion
Cette espèce présente toutes les caractéristiques morphologiques du genre Siphono¬
laimus. Cependant, la structure de la région œsophagienne étant complètement cachée
par des structures glandulaires, un doute subsiste quant à sa position générique. Si l’on
admet la présence d’un minuscule aiguillon, cette espèce se différencie des autres espèces
du genre par les valeurs extrêmes de ses coefficients de De Man et par la présence de cinq
papilles post-cloacales.
Fig. 8. — Tubuligula roscofjensis n. g. et n. sp. : A et B, vues latérale et dorsale de la région antérieure ;
C, vue latérale de la queue du mâle — Siphonolaimus obscurus n. sp. : D, vue latérale de la région anté¬
rieure ; E, vue latérale de la glande excrétrice ; F, vue latérale de la queue du mâle ; G, vue latérale
de l’appareil copulateur.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
107
TUBULIGULA n. g.
Ce nouveau genre appartient à la famille ries Siphonolaimidae Filipjev, 1918. Il est
caractérisé par une capsule buccale tubulaire allongée, entourée de structures glandulaires,
débouchant dans un œsophage court constitué d’un bulbe antérieur et d’une partie basale.
La région antérieure porte quatre soies céphaliques et une amphide circulaire. La cuticule
est légèrement striée transversalement.
Tubuligula roscoffensis n. sp.
(Fig. 8, A à C)
Matériel étudié : 5 1 Ç, Holotype : R 11155 AB. Allotvpe : R 5163 AB. Paratypes : R 10920
AB — R 10871 AB.
Mesures (en pm) de 2 $ et 1 Ç : Longueur totale : 1 218 ; 1 254 ; 1 172. Longueur de l’œsophage :
168 ; 158 ; 172. Diamètre céphalique : 11 ; 12 ; 11. Longueur des soies céphaliques : 5 ; 6 ; 6.
Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 12 (15) ; —; 13 (15). Longueur
de la capsule buccale : 122 ; 120 ; 127. Diamètre corporel maximum : 22 ; 25 ; 28. Longueur
de la queue : 102 ; 93 ; 95, Diamètre anal : 22 ; 25 ; 19. Longueur des spiculés (développement
et corde) : 34 (24) ; 34 (25) ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; 588.
Coefficient de De Man : a — 55,4 : 50,1 ; 41,9. b = 7,2 ; 8,6 ; 6,8. c = 11,9 ; 13,4 ; 12,3.
V :-; —; 50,1.
Description
Aspect général : Corps cylindrique légèrement strié à faible atténuation antérieure
et postérieure, dépourvu de soies. Œsophage de structure originale constitué d’une pro¬
fonde cavité buccale tubulaire débouchant directement dans un bulbe médian suivi d’une
courte région basale étroite. Glande excrétrice placée en arrière du bulbe.
Région antérieure : Quatre soies céphaliques mesurant de 45 à 55 % du diamètre cor¬
respondant. Amphides circulaires fortement eu creux dont la plage présente de fins anneaux
concentriques (fig. 8, A, B). Elles occupent 80 à 86 % du diamètre correspondant et leur
limite antérieure est située à 11-12 pm de l’apex. Cavité buccale tubulaire large de 2,5 pm,
longue de 72-73 % de la longueur œsophagienne, légèrement renforcée à son extrémité
antérieure. Elle débouche directement dans un bulbe musculeux elliptique, mesurant 22-
24 pm sur 16 pm, dépourvu de valvule. Ce bulbe se poursuit par une courte portion mince
(18 à 25 pm) séparée de l’intestin par une faible valvule. Les formations glandulaires sont
nombreuses au niveau de la capsule buccale, particulièrement en arrière de l’anneau ner¬
veux situé à 72 pm de l’extrémité antérieure.
Région caudale : Queue conique faiblement atténuée à extrémité arrondie (fig. 8, C)
longue de 3,7 à 5 fois le diamètre cloacal portant quelques courtes soies subventrales. Énor¬
mes glandes caudales atteignant le niveau de l’anus. Spiculés arqués simples (fig. 8, C)
dont la corde mesure un diamètre cloacal et présentant un léger capitulum. Gubernaculum
laminaire peu développé. Ovaires doubles.
108
GUY BOUCHER
Discussion
Ce genre nouveau est caractérisé par la structure de son œsophage. La présence d’une
capsule buccale tubulaire profonde n’a été signalée que dans le genre Rhynchonema. Cepen¬
dant la forme de l’amphide, l’ornementation cuticulaire et le fort développement des for¬
mations glandulaires dans la région œsophagienne permettent de placer provisoirement
ce genre dans la famille des Siphonolaimidae Filipjev, 1918. En effet, la capsule buccale
cylindrique peut aussi être interprétée comme un aiguillon. Le fait qu’elle débouche direc¬
tement dans un bulbe médian suivi d’une courte partie basale étroite semble unique chez
les Adenophorea et rappelle ce que l’on observe chez les Tylenchina.
Famille des Monhysteridae De Man, 1876
Sous-famille des Monhysterinae De Man, 1876
Cylindrotheristus divertens n. sp.
(Fig. 9, A à G)
Hf*
Matériel étudié : Une centaine de spécimens. Ilolotype : R 1253 AB. Allotype : R 1194 AB.
Paratypes : R 1352 AB — R 1401 AB — R 1199 AB — R 1201 AB — R 8671 AB.
Mesures (en [im) de 3 cJ et 3 $ : Longueur totale : 1 587 ; 1 360 ; 1 435 ; 1 479 ; 1 582 ; 1 593.
Longueur de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 273 (30) ; 248 (26) ; 256 (26,5) ; 280
(30) ; 294 (29) ; 285 (30). Diamètre céphalique : 17 ; 17 ; 18 ; 18,5 ; 20 ; 19. Longueur des soies
céphaliques (rapport avec le diamètre) : 14 (0,82) ; 12 (0,70) ; 14 (0,77) ; 15 (0,80) ; 16 (0,80) ;
15 (0,78). Distance du bord supérieur de l’amphide (% du diamètre) : 11 (44 %) ; 10,5 (45,6 %) ;
— ; 10,5 (40 %) ; 10 (38 %) ; 10 (43 %). Diamètre correspondant : 25 ; 23 ; — ; 26 ; — ; 23.
Longueur de la capsule buccale : 17 ; 17 ; —■ ; 17 ; 21,5 ; 15. Diamètre corporel maximum :
31,5 ; 28 ; 27 ; 36 ; 32,5 ; 34. Longueur de la queue (rapport avec le diamètre) : 136 (5,4) ;
119 (46) ; 148 (6,1) ; 137 (4,5) ; 160 (5,7) ; 170 (5,6). Diamètre anal : 25 ; 25,5 ; 24 ; 30 ; 28 ;
30. Longueur des spiculés (développement et corde) : 39 (32) ; 35 (30,5) ; 38,5 (34) ; — ; •— ;
—. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; — ; 1 228 ; 1 285 ; 1 285.
Coefficient de De Man : a = 50,3 ; 48,6 ; 53,1 ; 41,0 ; 48,6 ; 46,8. b = 5,8 ; 5,5 ; 5,6 ;
5,3; 5,4; 5,5. c = 11,7; 11,4; 9,7; 10,8; 9,9; 9,4. V = -; —; —; 83 % ; 81,2%; 80,6%.
Description
Aspect général : Spécimens souvent déformés par la fixation. Corps allongé (a voisin
de 50) dépourvu de soies dans sa région médiane, à faible atténuation cervicale et queue
cylindrique dans sa partie distale. Œsophage entourant l’entonnoir buccal antérieurement,
dépourvu d’élargissement basal.
Région antérieure : Six soies labiales longues d’environ un quart du diamètre cépha¬
lique insérées chacune sur une double ébauche visible en vue apicale (fig. 9, A). Chez le
mâle, 12 à 22 soies céphaliques selon les spécimens (12 étant le chiffre le plus courant),
longues au plus de 0,7 à 0,8 fois le diamètre céphalique (fig. 9, B), et chez la femelle 10 soies
latérale de 1
ventrales et
110
GUY BOUCHER
céphaliques seulement. Capsule buccale en forme d'entonnoir déformable, profonde de
17 à 20 jjim, séparée du dôme cheilorhabdial par un anneau cuticulaire. Six lèvres charnues
portant chacune trois baguettes à base globuleuse. Amphides circulaires occupant 44-45 %
du diamètre correspondant chez le mâle et 38-43 % chez la femelle, dont les bords supé¬
rieurs sont situés à 0,6-0,7 fois le diamètre céphalique de l’extrémité antérieure. Cuticule
finement annelée. Chez le mâle (fîg. 9, B), présence d’un verticille de 12 soies cervicales
fines, longues d’environ 60 % du diamètre correspondant, situé sous l’amphide (4 soies
sublatérales et 4 groupes de 2 soies submédianes). Chez la femelle, il n’y a que 8 soies cer¬
vicales (4 sublatérales et 4 submédianes).
Région caudale : Queue conique, devenant rapidement cylindrique sur près des deux
tiers de sa longueur, mesurant de 4,5 à 6,1 fois le diamètre anal (fîg. 9, C). Extrémité distale
renflée, dotée de 3 soies subterminales. Quelques soies surtout en position subventrale.
Spiculés coudés à angle droit aux 3/4 de leur longueur, à capitulum globuleux, et à extré¬
mités distales fortement divergentes, longs de 1,3 à 1,6 fois le diamètre cloacal. Guberna-
culum en forme de gaine, dépourvu d’apophyses dorsales, à extrémité distale différen¬
ciée en forme de torsade latéro-ventrale (fîg. 9, F). En vue ventrale, celle-ci prend la forme
de crochets latéraux (fîg. 9, D, E). Vulve en position très postérieure à 80-83 % de la lon¬
gueur. Un seul ovaire antérieur long d’un peu plus du tiers de la longueur totale.
Discussion
Cylindrotheristus divertens n. sp. est caractérisé par la barre cuticulaire séparanL les
lèvres charnues de la région cervicale, 12 à 22 soies céphaliques chez les mâles et 10 chez
les femelles, une amphide circulaire proche de l’extrémité antérieure à dimorphisme sexuel
très peu prononcé, située juste au-dessus d’un verticille de 8 groupes de soies cervicales,
une queue cylindro-conique à forte atténuation post-cloacale et des spiculés nettement
coudés à extrémités distales divergentes coulissant dans un gubernaculum en manchon
sans apophyses dorsales portant deux crochets latéro-distaux.
Cette espèce appartient au groupe A du genre, établi par Wieser et Hopper (1967)
car le gubernaculum est dépourvu d’apophyses dorsales. Elle semble assez proche de The-
ristus kornoensis (Allgen, 1929), sensu Wieser, 1959, par l’aspect général et la présence
de deux projections latérales à la partie distale du gubernaculum. Elle diffère cependant
de cette espèce par la présence d’un verticille de soies cervicales dont la disposition rappelle
celle observée chez la femelle de Cylindrotheristus stylosus Lorenzen, 1973, une taille beau¬
coup plus forte et une queue présentant une rapide atténuation post-cloacale. L’appareil
copulateur, en vue latérale, est très proche de celui de Penzancia heteroscanicus Allgen,
1949, sensu Riemann, 1966, mais la forme de la queue exclut l’appartenance à ce genre
selon la clé de Wieser, 1956.
Mesotheristus hirsutus Vitiello, 1967
(Fig. 10, A à E)
Matériel étudié : 3 <?, 1 Ç et 1 juvénile. Lames R 1485 AB — R 1486 AB — B 871 AB — R
13964 AB — R 195 AB.
Mesures (en pm) de 3 <$, 1 Ç et 1 juvénile : Longueur totale : 1 659 ; 1 636 ; 1 567 ; 1 600 ; 1 204.
’appare:
112
GUY BOUCHER
Longueur de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 441 (62) ; 422 (60) ; 422 (59) ; 450
(67) ; 340 (47). Diamètre céphalique : 24 ; 22,5 ; 25 ; 27 ; 20. Longueur des soies céphaliques :
21 ; 21,5 ; 22,5 ; 22 ; 25. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 8 (32,5) ;
7 (31) ; 8 (34) ; 7,5 (37) ; — (26). Diamètre corporel maximum : 75 ; 60 ; 61 ; 67 ; 47. Lon¬
gueur de la queue : 261 ; 252 ; 245 ; 243 ; 212. Diamètre anal : 44,5 ; 48 ; 49 ; 47 ; 32. Longueur
des spiculés : 69 ; 75 ; 68 ; — ; -—. Longueur des apophyses du gubernaculum : 10 ; 10 ; 10 ;
°— ; -—. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; — ; 1 100 ; —. Longueur des
oies caudales terminales : 50 ; 50 ; 55 ; 67 ; 45.
Co efficient de De Man : a = 22,1 ; 27,1 ; 25,6 ; 23,9 ; 25,6. b = 3,7 ; 3,8 ; 3,7 ; 3.6 ; 3,5.
c = 6, 3 ; 6,4 ; 6,3 ; 6,6 ; 5,6. Y = 68,7.
Description
Aspect général : Corps trapu à cuticule finement striée (anneaux larges de 2,5 pm)
présentant sur les deux cinquièmes de la longueur œsophagienne une quinzaine de longues
soies somatiques (L = 1 à 1,5 diamètre correspondant), disposées sans ordre à 4 ou 5 niveaux
différents et associées à quelques soies nettement plus courtes qui persistent sur la partie
médiane du corps.
Région céphalique : Six soies labiales longues de 2 prn et 12 soies céphaliques dont
les plus longues (0,9 fois le diamètre céphalique) sont plus épaisses que les plus courtes
(0,7 fois). Cavité buccale en forme de coupe avec dôme cheilorhabdial renforcé par 18 baguet¬
tes (fîg. 10 A, B). Anneau buccal festonné, bien développé. Présence d’un verticille de 6
soies courtes (8 pm) insérées à 20 pm de l’extrémité antérieure. Chez le juvénile, les carac¬
téristiques sont sensiblement les mêmes mais les soies céphaliques et corporelles sont pro¬
portionnellement plus longues que chez les adultes. Amphides ovales occupant 20 à 24 %
du diamètre correspondant dont le bord supérieur est situé à 1,2-1,3 fois le diamètre cépha¬
lique de l’extrémité antérieure.
Région caudale : Queue cylindrique mesurant de 5 à 5,8 fois le diamètre cloacal, à
extrémité distale cylindro-conique sur un peu plus du quart de la longueur totale, terminée
par deux longues soies de plus de 50 pm et 4 soies plus courtes de 12 pm (fig. 10, C). Soies
caudales disposées en 6 files. Spiculés recourbés, longs de 1,3 à 1,5 fois le diamètre cloacal
dont les corpus présentent un renflement net au quart proximal de leur longueur. Capi-
tulum globuleux. Extrémités distales dotées chacune de deux tubercules. Le gubernacu¬
lum à grosses apophyses dorsales montre une extrémité distale complexe (fig. 10, D). En
vue ventrale, celle-ci présente deux pièces triangulaires (3) dotées chacune d’un mamelon
centra], reliées au reste du gubernaculum par des pièces en forme de U (1 à 2) dont la branche
supérieure (1) est mieux individualisée (fig. 10, E).
Discussion
Les spécimens trouvés dans les prélèvements des sables fins de la Pierre Noire en
baie de Morlaix sont très proches de ceux décrits par Vitiello (1967) dans un sable d’Her-
bier de Zostères, pointe de Perharidy devant Roscoff. Il s’agit de la même espèce mais
quelques différences mineures sont à noter. Chez nos individus, les soies labiales cépha¬
liques et sous-amphidiales sont légèrement plus courtes, l’amphide est légèrement plus
grande (8 pm au lieu de 6,5 pm) et située plus en arrière (1,1-1,3 au lieu de 1-1,1), les spi-
114
GUY BOUCHER
cules sont un peu plus longs (1,5 au lieu de 1,2). L’analyse de l’extrémité distale de l’appareil
copulateur a permis de préciser la présence de deux tubercules placés sur la pointe des
spiculés et de souligner la complexité des pièces du gubernaculum.
Monhystera pusilla n. sp.
(Fig. 11, A à E)
Matériel étudié : 2 <J, 2 Ç. Holotype R 4005 AB. Allotype : 499 E. Paratypes : 401 E — 375 E.
Mesures (en jrin) de 2 d et 1 Ç : Longueur totale : 804 ; 677 ; 745. Longueur de l’œsophage : 145 ;
140 ; 130. Diamètre céphalique : 5,5 ; 5 ; 5. Longueur des soies céphaliques : 3 ; 2,5 ; 3. Dia¬
mètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 4,5 (6,5) ; 3,5 (6) ; 2 (6,5). Distance
du sommet de l’amphide à l’extrémité antérieure : 14 ; 12 ; 10. Diamètre corporel maximum :
11 ; 9 ; 12. Longueur de la queue : 145 ; 117 ; 130. Diamètre anal : 9 ; 7,5 ; 8,5. Longueur des
spiculés (développement et corde) : 21,5 (18) ; 20 (17) ; —Distance de la vulve à l’extré¬
mité antérieure : — ; — ; 420.
Coefficient de De Man : a = 73,1 ; 75,2 ; 62,0. b = 5,5 ; 4,8 ; 5,7. c = 5,5 ; 5,8 ; 5,7.
V = 56,4.
Description
Aspect général : Espèce de petite taille, assez élancée, à cuticule lisse, dotée d’une
longue queue effilée. Œsophage présentant une légère constriction en arrière du niveau
d’insertion des soies céphaliques, dépourvu de bulbe.
Région antérieure : Tête assez bien démarquée du reste du corps. Capsule buccale en
forme de coupe ; proportionnellement bien développée par rapport à la taille réduite de
la région antérieure. Probablement 6 soies céphaliques (mais la taille réduite ne permet
pas d’être afiirmatif), insérées au niveau d’un léger anneau cuticulaire et mesurant environ
50 à 60 % du diamètre céphalique. Amphide circulaire, occupant environ 40 % du dia¬
mètre correspondant chez la femelle (fig. 11, B) et 50 à 60 % chez le mâle (fig. 11, A), dont
la bordure supérieure est située à 2,2-2,5 fois le diamètre céphalique de l’extrémité anté¬
rieure.
Région caudale : Queue progressivement affinée mesurant 15 à 16 fois le diamètre
cloacal, pratiquement dépourvue de soies et très souvent repliée dorsalement (fig. 11,
C, D). Spiculés fins longs de 2,4 fois le diamètre cloacal. Gubernaculum triangulaire doté
d’une apophyse caudale, en forme de crochet, quelquefois difficile à voir (fig. 11, D, E).
Vulve assez postérieure par rapport à l’anus car la queue est longue. La distance entre
celle-ci et l’anus est de 1,3 fois la longueur de la queue. Un seul ovaire antérieur.
Discussion
Les espèces appartenant au genre Monhystera sont difficiles à identifier du fait qu’elles
sont, pour la plupart, connues uniquement par des femelles et que leur taille réduite se
combine avec une certaine uniformité des caractères taxonomiques. Parmi les espèces
caractérisées par une queue filiforme, longue d’au moins 9 diamètres anaux, et dont l’amphide
est située, à plus de deux diamètres céphaliques de l’extrémité antérieure, seules deux
NEMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
115
espèces sont signalées par Wieser (1956) : M. elegantula Schuurmans Stekhoven, 1935,
et M. parelegantula De Coninck, 1943.
Bien qu’il ne soit pas souhaitable de multiplier le nombre d’espèces, dans ce genre
déjà encombré, les spécimens étudiés doivent constituer une espèce nouvelle. Ils diffèrent
de M. elegantula, espèce la plus proche signalée sur les côtes de Belgique, par la valeur
du coefficient a de De Man (62 à 75 au lieu de 30), la longueur de la queue (15 à 16 au lieu
de 10) et la taille des soies céphaliques (0,50 au lieu de 0,25). Un autre groupe d’espèces
dont les caractéristiques sont discutées par Lorenzen (1969 : 213) peut aisément être séparé
des espèces précédentes par une amphide située à moins de deux diamètres céphaliques
de l’extrémité antérieure.
Sous-famille des Xyalinae Chitwood, 1951
Xyala imparis n. sp.
(Fig. 12, A à D)
Matériel étudié : 7 2 Ç, 16 juvéniles. Holotype : R 1678 AB. Allotype : R 2224 AB. Para-
types : R 8446 AB — R 8557 AB - R 8538 AB — R 7931 AB — R 9653 AB — R 11934 AB.
Mesures (en |im) de holotype, paratype R 8538 AB et allotype : Longueur totale : 1 182 ; 1 090 ;
1 080. Longueur de l’œsophage : 402 ; 375 ; 442. Diamètre céphalique : 21 ; 20 ; 25. Longueur
des soies céphaliques : 20 (12) ; 19 (11) ; 20 (—). Longueur des soies subcéphaliques : 15 ;
15 ; —. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 6 (23) ; 6,5 (22) ; 5 (27).
Distance du bord supérieur de l’amphide à l’extrémité antérieure : 14,5 ; 13,5 ; 18. Diamètre
corporel maximum : 28 ; 28,5 ; 33,5. Longueur de la queue : 120 ; 110 ; 107. Diamètre anal :
25,5 ; 26 ; 26. Longueur des spiculés (développement et corde) : 36 (32) ; 35,5 (30) ; — (—).
Longueur du gubernaculum : 17,5 ; 16 ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure :
— ; — ; 889.
Coefficient de De Man : a = 42,2 ; 38,2 ; 32,2. b = 2,9 ; 2,9 ; 2,4. c = 9,8 ; 9,9 ; 10,0.
V = — ; — ; 82,3.
Description
Aspect général : Région antérieure d’aspect granuleux, présentant un feston cuticu-
laire en avant de l’amphide. Cuticule à anneaux peu saillants, portant seulement onze
files de crêtes, de la région cervicale à l’anus. Œsophage relativement long, sans élargisse¬
ment basal notable.
Région antérieure : Six lèvres charnues transparentes, constituées chacune de trois
baguettes libres à la base desquelles s’individualisent deux corpuscules réfringents sur¬
montant une languette bifide (fîg. 12, A). Six soies labiales longues de 8 jim ; douze soies
céphaliques dont les plus longues mesurent un peu moins d’un diamètre céphalique, et
les plus courtes moins des deux tiers du diamètre. Chez les mâles (fig. 12, B), présence de
quatre fines soies subcéphaliques submédianes, insérées un peu en dessous des groupes
de soies céphaliques, et de deux fines soies subcéphaliques plus courtes, décalées en posi¬
tion sublatérale dorsale, dans les creux délimités par le renforcement cuticidaire festonné.
Chez les femelles et les juvéniles (fig. 12, C) les soies subcéphaliques sont totalement absentes.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III 117
Cavité buccale spacieuse. Amphide sphérique, de grande taille pour le genre, occupant
2(i-29 % du diamètre correspondant chez les mâles et 18 % chez la femelle, dont le bord
antérieur est situé à environ 75 % du diamètre céphalique de l’extrémité antérieure. La
cuticule présente un aspect nettement granuleux de la hase des lèvres jusqu’au niveau
du deuxième anneau postérieur à l’amphide. Onze files de crêtes cuticulaires parcourent
toute la longueur corporelle, aussi bien chez les adultes que chez les juvéniles, délimitant
des champs d’une largeur comprise entre 7 et 10 pm. Dans la région cervicale, les limites
des champs latéraux, aboutissant sous les amphides, s’interrompent à deux anneaux de la
hase de celles-ci, alors que les crêtes délimitant les autres champs se poursuivent plus haut,
jusqu’au niveau du feston cuticulaire. Soies cervicales nombreuses, disposées en huit fdes,
longues d’environ 18 fini chez le mâle, plus courtes et dispersées chez la femelle.
Région caudale : Queue conique, longue de 4,1 à 4,6 fois le diamètre cloacal, pourvue
de nombreuses soies assez courtes, disposées essentiellement dans la région subventrale.
Le nombre de fdes de crêtes cuticulaires se réduit à sept en arrière de l’anus. Spiculés arqués,
à double courbure, et à capitulum fortement globuleux, longs de 1,3-1,4 fois le diamètre
cloacal. Gubernaculum massif, pratiquement rectiligne, inséré entre les deux spiculés,
dont l’extrémité distale pointe en avant de celles des spiculés (fîg. 12, D). Ovaire impair
antérieur, débouchant dans une vulve placée en position proche de l’anus.
Discussion
Xyala imparis n. sp. est caractérisée par douze soies céphaliques, quatre soies sub¬
céphaliques submédianes et deux soies subcéphaliques sublatérales dorsales de taille plus
réduite par rapport aux précédentes, un renforcement cuticulaire festonné au-dessus d’une
grande amphide circulaire, une cuticule granuleuse portant onze files de crêtes dont les
anneaux présentent un faible recouvrement, un spiculé arqué à double courbure, un guber¬
naculum impair droit.
Elle se différencie aisément de toutes les espèces du genre précédemment décrites
par le nombre réduit de files de crêtes cuticulaires, la région antérieure granuleuse, la forme
de ses spiculés à double courbure, son fort gubernaculum impair.
Les deux soies subcéphaliques sublatérales dorsales de la région antérieure posent
un problème d’interprétation. Elles peuvent correspondre aux soies subcéphaliques nor¬
males qui seraient décalées dorsalement, par le fait que le nombre de files de crêtes étant
de onze, le secteur dorsal du corps comporte une plage de plus que le secteur ventral. Cepen¬
dant, la description originale de Xyala striata Cobb, 1920, montre également la présence
de telles soies sublatérales (alors que les submédianes sont absentes) chez une espèce com¬
portant un nombre beaucoup plus élevé de crêtes (32) dans la région cervicale, et où la
relation de symétrie cuticulaire dorso-ventrale semble préservée.
Xyala riemanni 1 n. sp.
(Fig. 13, A à E)
M atériel étudié : 8 <$, 3 $. llolotvpe : R 1730 AB. Paratypes : R 3301 AB — R 3411 B — R
8467 AB — R 10691 AB. Paratypes Ç : R 8530 AB — R 1821 AB — R 8537 AB — R 14392
AB.
1. Cette espèce est dédiée au Dr F. Riemann, Institut fur Meeresforschung, Bremerhaven.
118
GUY BOUCHER
Mesures (en pm) de 3 $ et 2 Ç : Longueur totale : 991 ; 952 ; 940 ; 1 080 ; 1 094. Longueur de
l’œsophage : 285 ; 294 ; 292 ; 404 ; 363. Diamètre céphalique : 19 ; 18 ; 18,5 ; 20 ; 22. Longueur
des soies labiales internes et céphaliques : 9 (21) ; 8 (21) ; 7 (20) ; 8 (20) ; 9 (22). Diamètre de l’am-
phide (diamètre corporel correspondant) : 3 (23) ; — (21) ; 3 (19) ; 4 (22,5) ; 4 (23). Distance
de l’amphide/extrémité antérieure : 21 ; 21 ; 15 ; 17 ; 17. Profondeur de la capsule buccale :
27 ; 27 ; 27 ; 28 ; 27. Diamètre corporel maximum : 25 ; 25,5 ; 27,5 ; 34 ; 33. Longueur de la
queue (diamètre anal) : 116 (24) ; 96 (23) ; 100 (22,5) ; 97 (22,5) ; 110 (24). Longueur des spi¬
culés (développement et corde) : 40,5 (31,5) ; 35 (30) ; 38 (30,5) ; — ; —. Longueur des apo¬
physes du gubernaculum : 8 ; 8,5 ; 10 ; — ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure :
— ; — ; — ; 875 ; 886.
Coefficient de De Man : a = 39,6 ; 37,3 ; 34,2 ; 31,7 ; 33,1. h = 3,5 ; 3.2 : 3,2 : 2,6 ; 3,0.
c = 8,5 ; 9,9 ; 9,4 ; 11,1 ; 9,9. V = — ; — ; — ; 81,1 ; 80,9.
Fig. 13. — Xyala riemanni n. sp. : A, vue latérale de la région antérieure d’un mâle ; B, vue latérale
de la région antérieure d’une femelle ; C, D et E ; vues latérales et ventrale de l’appareil copulateur.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. III
119
Description
Aspect général : Fort dimorphisme sexuel de la région antérieure portant sur le nombre
de soies céphaliques, la présence de soies subcéphaliques, le nombre de files de crêtes cuti-
culaires, l’atténuation cervicale et la taille de l’amphide. Soies corporelles bien développées
(26 pm). Œsophage dépourvu de bulbe terminal.
Région antérieure : Caractéristiques labiales similaires à celles de Xyala imparis. Six
soies labiales mesurant 33 à 43 % des soies céphaliques les plus longues. Chez le mâle (fig. 13,
A), présence d’une couronne de 12 soies céphaliques dont les plus grandes mesurent un peu
plus d’un diamètre céphalique, à la suite de laquelle s’insère une deuxième couronne de
quatre soies subcéphaliques submédianes beaucoup plus fines. Une quatrième couronne
de six soies cervicales est placée à la base de la partie non annelée de la région céphalique
au-dessus du niveau des amphides. Chez la femelle (fig. 13, B), il n’y a que dix soies cépha¬
liques do t les plus longues mesurent un diamètre céphalique, deux soies subcéphaliques
latérales courtes et six soies cervicales. Amphides circulaires de petite taille, souvent peu
visibles, occupant 13 à 15 % du diamètre correspondant chez le mâle et 17 % chez la femelle.
Chez le mâle, elles sont le plus souvent décalées en position latéro-dorsale, par rapport
aux soies céphaliques latérales. Dans la région cervicale, nettement atténuée, la cuticule
présente 18 files de crêtes cuticulaires, s’estompant juste sous le niveau des soies subcépha-
liques, sauf dans la région latérale dorsale où deux files s’interrompent à trois anneaux
sous l’amphide. Un début de file de crêtes cuticulaires existe parfois sur le côté ventral
de l’amphide, en position latérale, et occupe environ six anneaux mais cette amorce n’est
pas toujours présente. Dans la région médiane du corps, le nombre de crêtes se réduit à
seize et reste constant jusqu’à l’anus. Chez la femelle, la région cervicale ne présente pas
l’atténuation de diamètre signalée chez le mâle. Les files de crêtes sont au nombre de 24
(la crête latérale aboutit sous l’amphide). Leur nombre se réduit à 16 dans la région médiane
du corps.
Région caudale : Queue conique, longue de 4,4 à 4,8 fois le diamètre cloacal portant
de nombreuses soies d’inégale longueur. 8 files de crêtes dans la partie antérieure se rédui¬
sant à 5 dans la partie postérieure. Spiculés fortement recourbés, longs de 1,6 fois le diamètre
cloacal (fig. 13, C, D, E). Gubernaculum en forme de manchon, doté de deux apophyses
dorsales trapues, se terminant à son extrémité distale par deux crochets sublatéraux typi¬
ques.
Discussion
Xyala riemanni n. sp. est caractérisée par un fort dimorphisme sexuel. Seuls les mâles
présentent une organisation originale de la région antérieure qui permet de les distinguer
aisément de X. striata Cobb, 1920. Le matériel étudié est identique au spécimen décrit par
Riemann (1966) sous le nom de X. striata du fait de la présence de quatre soies subcépha¬
liques submédianes et six soies cervicales, en plus des soies labiales et céphaliques, et aussi
de l’existence de crochets distaux sur le gubernaculum. J’ai pris le parti d’assimiler les
femelles à l’espèce bien qu’elles soient peu dilîérenciables de celles de X. striata. En elîet,
120
GUY BOUCHER
les caractères somatiques des femelles des deux autres espèces de Xyala récoltées dans
les mêmes prélèvements sont proches de ceux des mâles. Ces femelles peuvent cependant
être distinguées de celles de AC striata par le nombre plus réduit de crêtes longitudinales
dans la région cervicale (24 au lieu de 32).
Gerlach et Riemann (1973) retiennent cinq espèces valables dans le genre, auxquelles
il faut ajouter X. smo Warwick & Platt, 1973. Seule l’espèce-type X. striata Cobb, 1920,
longtemps considérée comme l’unique espèce du genre a été redécrite ou signalée dans
des localités très diverses. Il est d’ailleurs probable qu’une partie des spécimens signalés
appartiennent à d’autres espèces. L’espèce Xyala exigua Wieser, 1956, décrite sur des
juvéniles doit être considérée comme species inquirenda.
Après observation, les spécimens de X. barbata Ward, 1972, aimablement fournis
par l’auteur, semblent difficilement discernable de X. striata Cobb, 1920, et je considère
qu’ils doivent être mis en synonymie.
Clé du genre Xyala
1. Lèvres proéminentes. Capsule buccale renforcée par un feston cuticulaire. Queue longue de
7 à 11 diamètre cloacal. 2
Lèvres normales. Feston cuticulaire peu prononcé. Queue longue de 5 fois le diamètre cloacal
au plus. 3
2. Dix soies céphaliques et quatre courtes soies subcéphaliques submédianes. Gubernaculum
en plaque interspiculaire impaire. X. smo Warwick & Platt, 1973
Douze soies céphaliques. Absence de soies subcéphaliques. Gubernaculum présentant deux
apophyses dorsales courtes. X. longicaudata Ward, 1972
3. Gubernaculum en pièce interspiculaire impaire, dépourvu de crochets distaux subventraux.
11 files de crêtes cuticulaires. A', imparis n. sp.
Gubernaculum à apophyses dorsales paires, doté de crochets distaux subventraux. . 4
4. 16 à 18 files de crêtes cuticulaires peu saillantes chez le mâle, 24 chez la femelle. Soies subcé¬
phaliques et cervicales. X. riemanni n. sp.
32 files de crêtes assez saillantes dans la région cervicale nettement séparée de la partie anté¬
rieure. 10 soies céphaliques. X. striata Cobb, 1920, syn. A. barbata Ward, 1972
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Achevé d’imprimer le 30 avril 1977.
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