BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
298
N° 428 JANVIER-FÉVRIER 1977
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Hallé.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geofïroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geofïroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1977
Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F.
Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 428, janvier-février 1977, Zoologie 298
SOMMAIRE
M. A. Denke et R. Murua. — Description de Stilestrongylus manni n. sp. (Nema-
toda : Heligmosomidae) parasite de différents Cricétidés du Chili. 127
M.-C. Durette-Desset, A. G. Chabaud et J. Cassone. — Neuf Nématodes Tri-
chostrongyloïdes (dont sept nouveaux) coparasites d’un Fourmilier brésilien. 133
A. J. Petter, Y. J. Golvan et R. Tcheprakoff. — Nématodes de Poissons de
rivière en Guadeloupe. 159
P. M. Troncy et J. Thaï.. — Description d’un Nématode parasite du Buffle afri¬
cain : Oesophagostomum ( Proteracum) synceri n. sp. 173
428 . 1
Description de Stilestrongylus manni n. sp.
(Nematoda : Heligmosomidae)
parasite de différents Cricétidés du Chili
par Marins Abékoué Dbnke et Roberto Murua *
Résumé. — Stilestrongylus manni n. sp., parasite de divers Cricétidés du Chili, présente de
grandes affinités avec S. moreli Diaw, 1976, parasite de Phyllotis boliviensis en Bolivie (même
nombre d’arêtes cuticulaires, disposition semblable des côtes bursales). Il s’en distingue cepen¬
dant par un allongement des côtes 4 et 5 droites et des spiculés à extrémité pointue et non arron¬
die.
Abstract. — Description of Stilestrongylus manni n. sp. (Nematoda : Heligmosomidae)
parasite of several Cricetidae from Chili.
Stilestrongylus manni n, sp. parasite of several Cricetidae from Chili, is very related to
S. moreli Diaw, 1976, parasite of Phyllotis boliviens is (same nurnber of cuticular ridges, sinularity
in the disposition of the bursal ribs). Ilowever it difïers from it by longer n° 4 and n° 5 right,
ribs and by sharp instead of rounded tips of spicula.
Lors des piégeages dans les provinces de Valdivia et d’Orsono au Chili, l’un d’entre
nous a récolté un certain nombre de Nématodes chez les Cricétidés.
Parmi les Trichostrongyloidea, deux nouveaux parasites ont été trouvés : Inglamidum
akodon, qui fait l’objet d’une autre note en collaboration avec Durette-Dessf.t, et Sti¬
lestrongylus manni n. sp., qui est décrit plus loin.
Répartition des parasites selon les hôtes
Akodon olivaceus (3 spécimens) n os 032 ■— 159 —- 035. Province de Valdivia.
— Inglamidum akodon
— Stilestrongylus manni
Akodon longipilis (1 spécimen) n° 046. Province d’Orsono.
— Stilestrongylus manni
Akodon sanborni (1 spécimen) n° 059. Province d’Orsono.
— Inglamidum akodon
* M. A. Deske, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNIiS, Muséum national d'Histoire naturelle,
43, rue Cuvier, 75231 Paris-Cedex 05.
R. Murua, Instituto de Ecologia y Evolucion, Universidad Austral de Cliile, Casilla : 57 — ü, Valdivia,
Chile.
428 , 2
128
MARIUS ABEKOUF. DENKE ET ROBERTO MURUA
Oryzomys longicaudatus (5 spécimens) n os 071 — 064 — 023 — 022 — 044. Province de
Valdivia.
— Stilestrongylus manni
Bien que se trouvant chez les mêmes hôtes et dans les mêmes localités, Inglamidum
et Stilestrongylus n’ont jamais été trouvés ensemble chez le même individu-hôte.
Stilestrongylus manni n. sp.
Matériel-type : 5 11 $, MNHN n° 1008 HA.
Hôte : Oryzomys longicaudatus Bennet.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : San Martin, Province de Valdivia, 18.XII.1974.
Autre matériel : 1. Chez le même hôte : 9 10 $, n° 1006 HA ; 6 9 Ç, n° 1002 HA ; 6
6 Ç, n° 1001 HA ; 5 S, 4 Ç, n° 999 HA. —2. Chez Akodon olivaceus : 5 <J, 4 Ç, n°990 HA. —
3. Chez Akodon longipilis : 2 $, n° 994 HA.
Description
Petits Nématodes enroulés le long de leur ligne ventrale. Pore excréteur situé presque
à la fin de l’œsophage. Deirides situées au début de l’intestin (fig. 1, A).
Chez les deux sexes, le corps est parcouru par 26 arêtes cuticulaires (11 dorsales, 15
ventrales). Les arêtes débutent sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et s’étendent
presque au niveau de la bourse caudale chez le mâle et jusqu’au niveau de la vulve chez
la femelle. En coupe transversale au milieu du corps, la pointe des arêtes est dirigée de
la ligne droite, ventrale droite, vers la ligne gauche. Les arêtes sont subégales entre elles,
exceptées les 4 ventrales proches du champ latéral droit qui sont légèrement plus petites
(fig. 1, B).
Mâle : Corps long de 6 600 p, large de 150 p dans sa partie moyenne ; A'ésicule cépha¬
lique haute de 100 p sur 55 p de large ; anneau nerveux, pore excréteur et deirides respec¬
tivement situés à 260 p, 450 p et 460 p de l’apex ; œsophage long de 455 p (fig. 1, C).
Bourse caudale asymétrique, de forme trapézoïdale, avec des côtes droites plus déve¬
loppées que les côtes gauches. Papilles pré-bursales non vues.
Dans le lobe droit de la bourse caudale, côte ventro-ventrale nettement séparée de
la latéro-ventrale. Cette dernière forme un tronc commun avec les externo et médio-laté-
rales. Côte postéro-latérale se greffant sur la médio-latérale. Côte externo-dorsale naissant
à la racine de la côte dorsale. Dans le lobe gauche, côtes ventro et latéro-ventrales large¬
ment séparées entre elles, ayant un tronc commun comme en ont les côtes externo, médio
et postéro-latérales. L’externo-dorsale gauche naissant à la racine de la dorsale est plus
courte et plus trapue que son homologue de droite. La côte dorsale est profondément divisée
en deux rameaux eux-mêmes bifurqués à leur extrémité distale (fig. 1, D).
Spiculés subégaux et fins, leur longueur n’a pu être précisée. Sur un autre spécimen
de 6 000 p de long, les spiculés mesurent 800 p et sont à pointe simple. Le cône génital
1 . — Stilestrongylus manni n. sp. A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite montrant la nais¬
sance des arêtes cuticulaires ; B, Ç, coupe transversale au milieu du corps ; C, (J, extrémité antérieure,
vue latérale gauche ; D, (J, bourse caudale, vue ventrale ; E, <$, détail du cône génital, du gubernacu-
lum et de l’extrémité des spiculés ; F, $, extrémité postérieure, vue ventrale.
A, C, D, F : éch. : 200 ll ; B, E : éch. : 100 p.
130
MARIUS ABÉKOUÉ DENKE ET ROBERTO MURUA
bien chitinisé est hypertrophié, long de 165 p. sur 65 p de large. Gubernaculum haut de
50 p sur 20 p (fig. 1, E). Papilles 7 et zéro non vues.
Femelle : Corps long de 9 600 p, large de 300 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 110 p sur 65 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 270 p, 510 p et 550 p de l’apex. Œsophage long de 535 p.
Monodelphie. La vulve s’ouvre à 130 p de l’extrémité caudale. Vagina vera de 30 p.
Vestibule, sphincter et trompe longs respectivement de 145 p, 65 p et 180 p. L’utérus
mesure 2 000 p chez une femelle de 7 800 p de long. Les œufs observés mesurent 100 p X
57 p. La queue est arrondie et présente une pointe caudale longue de 13 p (fig. 1, F).
Discussion
Nos spécimens peuvent être aisément rangés dans le genre Stilestrongylus Freitas,
Lent et Almeida, 1937, essentiellement parasite de Rongeurs Cricétidés néotropicaux.
Ils présentent en effet les trois principaux caractères de ce genre : synlophe (nombre d’arêtes
supérieur à 23, arêtes sensiblement toutes égales entre elles, orientées de la ligne droite
— ventrale droite vers la ligne gauche) ; cône génital hypertrophié ; bourse caudale asy¬
métrique.
Parmi les espèces du genre, trois possèdent, comme les spécimens de VOryzomys, une
forte asymétrie de la bourse caudale (lobe droit plus développé) avec une position semblable
des côtes bursales. En particulier, les côtes 4 et 5 sont très longues et parallèles sur presque
tout leur trajet ; ces trois espèces sont :
— S. barusi Durette-Desset, 1970, parasite de Nectomys alfari en Colombie, qui se
distingue de nos spécimens par des côtes 2 très courtes, une côte droite plus courte que
la 5 adjacente, des côtes 8 grêles naissant asymétriquement sur la côte dorsale. De plus,
les spiculés sont très courts (115 p.).
— S. stilesi Freitas, Lent et Almeida, 1937, parasite d ’Holochilus balnearum au Bré¬
sil, qui est proche de nos spécimens avec des spiculés de même longueur et un cône génital
fortement hypertrophié, mais peut en être séparé par la disposition des côtes bursales
gauches : côte 4 plus longue que la 5 adjacente, côte 6 très courte.
— S. moreli Diaw, 1976, parasite de Phyllotis boliviensis en Bolivie, qui nous paraît pré¬
senter le plus d’affinités avec nos spécimens en ce qui concerne le nombre d’arêtes cuti-
culaires et la disposition des côtes bursales. Nos spécimens s’en distinguent cependant
par un allongement plus important des côtes 4 et 5 droites, par un gubernaculum de forme
rectangulaire, par des spiculés courts et à extrémité pointue (et non arrondie comme chez
moreli).
Nous pensons donc que les spécimens de Y Oryzomys sont nouveaux et nous propo¬
sons de les nommer SUlestrongylus manni n. sp., en l’honneur du Dr Guillermo Mann.
STILESTRONGYLUS MANNI N. SP.
131
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Diaw, 0. T., 1976. — Contribution à l’étude de Nématodes Trichostrongyloidea parasites de Xénar-
thre, Marsupiaux et Rongeurs néotropicaux. Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér.,
n° 405, Zool. 282 : 1065-1089.
Durette-Desset, M.-C., 1970. — Nématodes Iléligmosomes d’Amérique du Sud. VIII. Descrip¬
tion de six nouvelles espèces parasites de Cricétidés. Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris,
42 (4), 1970 (1971) : 730-744.
Durette-Desset, M.-C., M. A. Dknke et R. Murua, 1976. — Présence chez un Rongeur du Chili
d’un Nématode Inglamidinae (sub. fam. nov.) appartenant aux Amidostomatidae, famille
connue des Mammifères d’Australie. Annls Parasit. hum. comp., 51 (4) : 453-460.
Freitas, J. F. T., H. Lent et J. L. Almeida, 1937. — Pequena contribuiçao ao estudo da fauna
helminthologica da Argentina (Nematoda). Mems Inst. Oswaldo Cruz, 32 (2) : 195-209.
Manuscrit déposé le 13 avril 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 428, janv.-févr. 1977,
Zoologie 298 : 127-131.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1977.
Neuf Nématodes Trichostrongyloïdes
(dont sept nouveaux)
coparasites d’un Fourmilier brésilien
par Marie-Claude Durette-Desset, Alain G. Chabaud et Jirnmy Cassone *
Résumé. - Redescription ou description de Graphidiops costalimai Lent et Freitas, 1938,
Fonlesia fontesi Travassos, 1928, Delicata soyerae n. sp., Delicata perronae n. sp., Moennigia alonsoi
n. sp., Moennigia levyi n. sp., Moennigia obelsi n. sp., Moennigia lentaigneae n. sp., Moennigia
michelae n. sp.
Abondance et localisation dans le tube digestif de chacune des espèces. Les trois formes didel-
phes sont plus abondantes que les six formes monodelphes.
L’étude des synlophes indique que les Trichostrongyloïdes de Xénarthres n’ont pas de rap¬
ports avec ceux de Marsupiaux américains. La faune paraît s’être constituée directement à partir
de celle des Reptiles ou des Ratraciens.
Les parasites de Fourmiliers, bien que très proches de ceux des Tatous, s’en distinguent par
un rapport longueur des spiculés sur longueur du corps plus élevé.
Abstract. — Nine Trichostrongyloidea Nematoda (seven are neiv) coparasites from a brazilian
Xenartlira.
Redescription or description of Graphidiops costalimai Lent et Freitas, 1938, Fontesia fontesi
Travassos, 1928, Delicata soyerae n. sp., Delicata perronae n. sp., Moennigia alonsoi n. sp., Moen¬
nigia levyi n. sp., Meonnigia obelsi n. sp., Moennigia lentaigneae n. sp., Moennigia michelae n.
S P-
Study of the frequency and the localization of different species in the gut. The three didel-
phic forms are more abundant than the six monodelphic ones.
Studies of the synlophes show that the Trichostrongyloidea of Xenarthra are not related
to those of american Marsupials. It seems that these forms bave evolved from those of Repti-
lians or Amphihians.
Parasites of Myrmecophagidae are related to those of Dasypodidae, but they difïer by the
relation length of spicules/length of the body.
Grâce à l’aimable collaboration du Dr R. Lainson, de l’Institut Evandro Chagas
à Belem, il a été possible de faire l’autopsie d’un Tamandua tetradactyla (MNHN n° 29 CA),
capturé le 8 novembre 1972 dans la région de Belem, Province de Para.
I. DESCRIPTION DES ESPÈCES
Graphidiops costalimai Lent et Freitas, 1938
Matériei, : 2
Localisation : estomac.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNIIS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris-Cedex 05.
134
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET, ALAIN G. CHABAUD ET JIMMY CASSONE
Fig. 1. — Graphidiops costalimai Lent et Freitas, 1938. (J. A, extrémité antérieure, vue ventrale ; B,
spiculés à l’intérieur du corps ; C, pointe des spiculés disséqués ; D, coupe transversale au milieu du
corps ; E, bourse caudale, vue ventrale.
A, B : éch. 100 p ; G, D, E : éch. 50 p.
Redescription du mâle
Synlophe : Corps parcouru longitudinalement par 14 crêtes cuticulaires (6 ventrales,
6 dorsales, 2 latérales) dorit la pointe est discrètement orientée du ventre vers le dos. Le
gradient de taille des crêtes est latéro-médian, la crête se trouvant en lace de chaque champ
latéral étant la plus forte (fig. 1, D).
Partie antérieure : Chez un mâle long de 6 mm et large de 80 p dans sa partie moyenne,
la vésicule céphalique est haute de 85 p sur 32 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur
et deirides situés respectivement à 220 p, 300 p et 320 p de l’extrémité antérieure. Les
deirides sont très petites, de forme arrondie. Présence d’un sillon excréteur. Œsophage
long de 545 p (170 p : œsophage musculaire ; 375 p : œsophage glandulaire). Glandes excré¬
trices très marquées (fig. 1, A).
Partie postérieure : Bourse caudale figurée en 1, E. Côtes latérales et ventrales ren¬
forcées. Côte dorsale divisée en deux rameaux eux-mêmes trifurqués. Les rameaux internes
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
135
sont les plus courts. Côtes 8 fortement coudées aux 2/3 de leur hauteur. Leur extrémité
est dirigée vers la côte dorsale (fig. I, E). Spiculés subégaux, longs de 400 p. Ils sont com¬
posés d’un manche long de 140 p et d’une lame ailée (fig. 1, B). L’extrémité de chaque
spiculé se termine par deux pointes. Les quatre pointes sont enfermées dans une membrane
commune (fig. 1, C). Gubernaculum haut de 110 p sur 10 p de large. Sa partie distale est
arrondie (fig. 1, B). Cône génital avec lèvre antérieure portant la papille zéro, petite et
arrondie et la lèvre postérieure profondément divisée portant les deux papilles 7 également
arrondies (fig. 1, E).
Discussion
Nos spécimens sont intermédiaires entre Graphidiops costalimai Lent et Freitas, 1938
et G. major Travassos, 1949. La seconde espèce a été établie après comparaison directe
avec l’espèce-type « pelas dimensoes maiores e pelo mais forte esclerosamento do apa-
relho espicular, além de outros pequenos detalhes ». La découverte d'une forme intermé¬
diaire laisse supposer qu’il pourrait s’agir d’une seule espèce trouvée à un état plus juvé¬
nile par Lent et Freitas et plus âgé par Travassos, mais n’ayant que 2 mâles à notre
disposition nous préférons laisser la question en suspens et prendre pour notre matériel
le nom de l’espèce-type : Graphidiops costalimai Lent et Freitas, 1938.
Fontesia fontesi Travassos, 1928
Matériel : 811 (J, 970 Ç.
Localisation : estomac, toutes les parties de l’intestin sauf le segment n° 4, avec prédominance
dans les segments n os 2 et 8.
Redescription
Petits Nématodes très souvent courbés le long de leur ligne dorsale. Dans ce cas, le
pore excréteur, la vulve et l’anus s’ouvrent à l’extérieur de la courbure. Le pore excréteur
est situé au fond d’un sillon excréteur transversal, bien marqué sur toute la face ventrale.
Les deiiides sont petites, arrondies, situées juste en arrière du pore excréteur. La différen¬
ciation de l’œsophage en portions musculaire et glandulaire est nette. Les glandes excré¬
trices sont très développées.
Tête (fig. 2, A, B, C) : Tète soutenue par une armature chitinoïde complexe. Celle-ci
comprend un plateau en forme d’étoile à 6 branches tronquées, d’un diamètre externe
de 12 [x. La bouche arrondie est au centre du plateau et a un diamètre de 4,5 p,. Dans les
deux concavités latérales sont situées les ampbides et dans les quatre concavités sub-média-
nes quatre grosses papilles labiales, flanquées chacune sur leur face latéro-postérieure d’une
grosse papille céphalique. La portion ventrale du plateau est beaucoup plus épaisse que
la partie dorsale, si bien que la tête en vue latérale est fortement asymétrique. Les branches
médianes du plateau sont reliées, par une partie rétrécie longue de 5 p, à deux puissantes
' 128 , 3
136
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET, ALAIN G. CIIABAUD ET JIMMY CASSONE
Fig. 2. — Fontesia jontesi Travassos, 1928. A, <J, tête, vue apicale ; B, id. vue ventrale ; C, (J, id. vue
latérale droite ; D, $, extrémité antérieure, vue ventrale ; E, F, $, coupe transversale au milieu du
corps, montrant les crénelures cuticulaires dorsales ; G, (J, bourse caudale, vue ventrale, corps coupé
au-dessus du cône génital pour permettre la mise à plat de la bourse ; H, $, région vulvaire, vue ven¬
trale ; I, Ç, queue, vue latérale ; J, $, pointe caudale, vue ventrale ; K, L, spiculé gauche fixé hors
du cloaque, avec la membrane déployée, vue ventrale puis latérale gauche ; M, N, spiculé gauche,
fixé à l’intérieur du corps, puis disséqué, vue dorsale et vue ventrale ; O, gubernaculum, vue latérale
droite.
A, B, C : éch. 25 p ; D, H : éch. 100 p ; E, F, I, J, K, L, O : éch. 40 p ; G, éch. 50 p ; M, N : éch.
30 p.
lames chitinoïdes insérées sous l’hypoderme des axes ventral et dorsal, hautes de 28 p.
et larges de 5 p.
Synlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par deux ai¬
les latérales larges de 12,5 p dont la pointe est dirigée vers le dos (fîg. 2, E). Elles débu¬
tent à environ 100 p en arrière de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau
de la bourse caudale chez le mâle et de la vulve chez la femelle. Chez certains spécimens,
la cuticule des faces médianes ou simplement de la face dorsale peut présenter des ondu¬
lations (fig. 2, F).
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
137
Mâle : Chez un mâle long de 3 mm et large de 50 (x dans sa partie moyenne, la vési¬
cule céphalique est haute de 30 fi. sur 28 (x de large. Anneau nerveux, pore excréteur et
deirides situés respectivement à 80 p., 190 p. et 195 jx de l’apex. Œsophage long de 240 fx
(œsophage musculaire : 95 fx ; œsophage glandulaire : 145 fx). Bourse caudale sub-symé-
trique figurée en 2, G. Cône génital bien développé, portant sur sa lèvre antérieure la papille
zéro, punctiforme, et sur sa lèvre postérieure les 2 papilles 7, allongées en forme de languette
(fig- 2, G).
Spiculés subégaux, ailés, longs de 73 fx, larges de 12 fx dans leur partie moyenne. Leur
aspect peut être différent selon qu’ils ont été fixés alors que leur extrémité se trouvait
dans le corps de l’animal (fig. 2, M, N) ou à l’extérieur de celui-ci (fig. 2, K, L). Chaque
spiculé possède trois branches qui soutiennent une membrane. La branche externe se ter¬
mine par une pointe en forme d’hameçon. Les deux ailes du spiculé prennent naissance
presque à l’extrémité antérieure de celui-ci (fig. 2, L), puis elles s’élargissent progressive¬
ment pour s’étaler dans la partie postérieure en prenant une forme caractéristique figurée
en 2, K. Le gubernaculum est long de 75 p. sur 6 fx de large. Sa partie postérieure est arrondie.
Il forme un arc, recourbé ventralement (fig. 2, O).
Femelle : Chez une femelle longue de 4,1 mm et large de 50 fx dans sa partie moyenne,
la vésicule céphalique mesure 30 fx X 25 fx. Les lames médianes sont hautes de 38 [x. Anneau
nerveux, pore excréteur et deirides situés à 150 jx, 210 jx et 215 p. de l’apex. Œsophage
long de 230 jx (œsophage musculaire : 85 fx ; œsophage glandulaire : 145 jx (fig. 2, U).
Didelpliie : La vulve s’ouvre à 740 fx de la pointe caudale. Vagina vera à peine marqué.
Branche antérieure de l’ovéjecteur : vestibule : 58 [x ; sphincter : 30 fx ; trompe non mesu¬
rable car tassée sur elle-même. Chez un autre spécimen femelle cependant, la trompe anté¬
rieure était de même longueur que la postérieure. Branche postérieure de l’ovéjecteur :
vestibule : 72 (x ; sphincter : 30 jx ; trompe : 75 fx. Branche utérine antérieure : 210 fx. Branche
utérine postérieure : 250 jx. Chaque branche contient 4 œufs hauts de 60 fx sur 35 jx de large,
au stade morula (fig. 2, 11).
Queue pointue, longue de 100 (x (fig. 2, I). Elle se termine par une pointe dorsale longue
de 20 fx et porte deux pétales caudaux latéro-ventraux arrondis (fig. 2, J).
Discussion
Nos spécimens sont en tous points identifiables à Fontesia fontesi ïravassos, 1928,
parasite du même hôte au Brésil.
Delicata soyerae n. sp.
Matériel : 222 J ', 504 Ç.
Localisation : deuxième moitié de l’intestin avec prédominance dans les segments n 08 6 et
7.
Description
Nématodes enroulés de façon senestre le long de leur ligne ventrale, sur toute la lon¬
gueur du corps. L’ensemble forme 2,5 à 3 tours de spire. Vésicule céphalique longue et
3. — Delicala soyerae n. sp. A, (J, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, <J, coupe transversale
au milieu du corps ; C, çj, bourse caudale, vue ventrale ; D, spiculé droit disséqué, vue ventrale ; E,
spiculé gauche, vue dorsale ; F, spiculé gauche évaginé avec branche interno-dorsale luxée sur la gauche
pour montrer les deux membranes ; G, gubernaculum, vue latérale droite ; H, 2, région vulvaire,
vue latérale droite ; I, $, queue, vue latérale droite.
A : éch. 150 p. ; B, C, D, E, G : éch. 50 p ; F : éch. 25 p ; II : éch. 125 p ; I : éch. 100 p.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
139
cylindrique. Pore excréteur situé au fond d’un sillon transversal marqué sur toute la face
ventrale.
Synlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru par deux grandes ailes latérales
dont la pointe est dirigée vers le dos et par 7 petites arêtes ventrales à pointe dirigée selon
l’axe perpendiculaire à la paroi. Les ailes naissent au niveau de l’anneau nerveux, les arêtes
en arrière du pore excréteur. Elles s’arrêtent à environ 100 p en avant de la bourse caudale
chez le mâle, au niveau de la vulve chez la femelle (fig. 3, B).
Mâle : Chez un mâle long de 2,5 mm, la largeur dans la partie moyenne du corps est
de 41 p. (58 p en tenant compte des ailes latérales). La vésicule céphalique mesure 70 p X
21 p. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides respectivement à 137 p, 165 p et 175 p
de l’apex. Œsophage long de 200 p (fig. 3, A). Bourse caudale figurée en 3, C. La côte 3
et plus partiellement les côtes 2 et 4 sont renforcées par des épaississements d’aspect chi-
tinoïde. Spiculés longs de 105 p, dont l'apex forme une gouttière ouverte en direction interno-
dorsale. Cet apex est constitué par trois pointes : une grande lame antéro-externe reliée
par une membrane à une petite pointe interno-dorsale portant une membrane indépendante
et par une autre membrane à une petite pointe ventrale (fig. 3, D, E, F). La pointe interno-
dorsale porte une série d’environ 10 indentations irrégulières qui parfois sont masquées
par la membrane. Dans la plupart des cas, lorsque les spiculés ne sont pas évaginés, la petite
pointe ventrale n’est pas visible et l’ensemble lame médiane — pointe interno-dorsale
ressemble à la pince d’un Décapode. Gubernaculum long de 58 p. figuré en 3, G.
Femelle : Chez une femelle longue de 3,6 mm et large de 45 p dans sa partie moyenne
(63 p en tenant compte des ailes latérales), la vésicule céphalique, un peu enflée à l’avant
sur une hauteur de 12 p, est haute de 80 p et large de 23 p. Anneau nerveux, pore excré¬
teur et deirides situés respectivement à 150 p, 172 p et 185 p de l’apex. Œsophage long
de 230 p (œsophage musculaire : 95 p ; œsophage glandulaire : 135 p). Didelphie. La vulve
s’ouvre à 590 p de la pointe caudale. Vagina aéra de 15 p. Branche antérieure de l’ové-
jecteur : vestibule : 50 p ; sphincter : 25 p ; trompe : 25 p. Branche postérieure de l’ové-
jecteur : vestibule : 30 p ; sphincter : 20 p ; trompe : 25 p. La branche utérine antérieure
mesure 320 p et contient 2 œufs, la postérieure mesure 80 p et contient un seul œuf. Les
œufs mesurent 63 p X 26 p. La queue est longue de 90 p, dont un filament grêle long de
22 p.
Discussion
La seule espèce qui soit proche de la nôtre par la structure des spiculés paraît être
Delicala appendiculata (Travassos, 1928) décrite chez le même hôte. Nous devons cepen¬
dant considérer notre espèce comme nouvelle car plusieurs éléments paraissent incompa¬
tibles : longueur des femelles (3,6 mm au lieu de 6,3 mm) pour une distance vulve-extré¬
mité postérieure peu différente (590 p au lieu de 730 y) : lèvre antérieure de la vulve dépour¬
vue d’appendice saillant ; bourse caudale avec côtes 2 relativement plus courtes et côtes
8 plus longues et plus grêles.
Nous désignons donc nos spécimens sous le nom de Delicala soyerae n. sp.
. 4. — Delicata perronae n. sp. A, $, tête, vue apicale ; B, $?, extrémité antérieure, vue ventrale ; C,
Ç, coupe transversale au milieu du corps ; D, bourse caudale, vue ventrale ; E, cône génital mon¬
trant les papilles 7 et les pointes des spiculés ; F, pointe des spiculés ; G, pointe d’un spiculé disséqué ;
H, gubernaculum, vue latérale droite ; I, $, région vulvaire, vue ventrale ; J, Ç, queue, vue latérale
gauche.
A, B, C, J : éch. 100 p ; D, H, I : éch. 70 p ; E, F, G : éch. 50 p.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
141
Delicata perronae n. sp.
Matériel : 12 (J, 47 $.
Localisation : partie moyenne de l’intestin avec prédominance dans les segments n os 4 et 5.
Description
Corps enroulé de façon senestre, le long de la ligne ventrale sur 2 à 3 tours de spire,
le tiers postérieur du corps étant déroulé, ou bien corps enroulé sur lui-même de façon irré¬
gulière. Pore excréteur situé au fond d’un sillon transversal visible sur toute la face ven¬
trale (fig. 4, B).
Synlophe : Dans les deux sexes le corps est parcouru longitudinalement par deux
puissantes ailes latérales, larges de 25 p, dont la pointe est dirigée vers le dos (fig. 4, C).
Eli es débutent juste en arrière de la vésicule céphalique mais ne prennent leur plein déve¬
loppement qu’au niveau du pore excréteur ; elles s’étendent jusqu’à la bourse caudale
chez le mâle, et jusqu’au niveau de l’anus chez la femelle.
Mâle : Chez un mâle long de 3,8 mm, la largeur du corps est de 45 p dans la partie
moyenne (95 p en comptant les ailes latérales). La vésicule céphalique, un peu enflée dans
sa partie antérieure, mesure 62 p X 25 p. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 105 p, 140 p et 124 p de l’apex. Œsophage long de 220 p (œsophage muscu¬
laire : 75 p : œsophage glandulaire : 145 p).
Bourse caudale symétrique figurée en 4, D. Cône génital figuré en 4, E. Spiculés longs
de 520 p, terminés par une lame transparente (fig. 4, F, G) soutenue par 2 axes chitinoïdes
crénelés de 4-6 encoches sur une zone comprise entre 8 et 15 p de l’apex. La branche interne
est striée dorsalement et paraît donc lisse en Ame Amntrale (fig. 4, F). Les deux pointes
s’engrènent l’une dans l’autre et peuvent être difficiles à séparer en cours de dissection.
Gubernaculum long de 80 p, à pointe en fer de lance figuré en 4, D et H.
Femelle : Chez une femelle longue de 4,1 mm, la largeur du corps est de 43 p dans
sa partie moyenne (90 p en tenant compte des ailes). Vésicule céphalique haute de 62 p X
21 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides respectivement à 93 p, 120 p
et 112 p de l’apex. Œsophage long de 225 p (œsophage musculaire : 80 p ; œsophage glan¬
dulaire : 145 p).
Didelphie : La vulve s’ouvre à 680 p de la pointe caudale. Vagina vera à peine marqué.
Branche antérieure de l’oAœjecteur : vestibule 80 p ; sphincter : 26 p ; trompe : 35 p. Branche
postérieure de l’ovéjecteur : vestibule 60 p ; sphincter 30 p ; trompe 32 p. Branche uté¬
rine antérieure : 310 p ; postérieure : 280 p contenant respectivement 2 et 3 œufs longs
de 68 p et larges de 25 p (fig. 4, I).
Queue pointue longue de 77 p, sans pétales caudaux avec une soie terminale longue
de 13,5 p dont la base est incluse dans l’épaisseur de la cuticule (fig. 4, J).
Discussion
Parmi les nombreux Trichostrongyloïdes décrits chez les Xéuarthres, l’espèce se recon¬
naît aisément par ses spiculés allongés, armés d’une double crénelure subapicale. Line étude
142 MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET, ALAIN G. CHABAUD ET JIMMY CASSONE
comparative des synlophes serait indispensable pour tenter de préciser les coupures géné¬
riques souhaitables et leurs relations réciproques. Dans l’état actuel de la nomenclature,
l’espèce décrite plus haut parait pouvoir être rangée, au moins à titre provisoire, dans
le genre Delicata Travassos, 1935, mais se distingue aisément des autres espèces décrites
par la structure très spéciale des spiculés. Nous la désignons donc sous le nom de Delicata
perronae n. sp.
Moennigia alonsoi n. sp.
Matériel : 3 <?, 3 Ç.
Localisation : segments n os 6 et 7 de l’intestin.
Description
Petits Nématodes enroulés de façon senestre, mais assez lâche, le long de leur ligne
ventrale. La bouche est entourée par un anneau chitinoïde.
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par des crêtes
cuticulaires qui naissent sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’à
environ 140 p en avant de la bourse caudale chez le mâle et jusqu’au niveau de la vulve
chez la femelle. Il existe 4 crêtes dorsales, 2 fortes crêtes latérales et 7 crêtes ventrales.
Sur la face ventrale existe un gradient de taille des arêtes latéro-médian plus ou moins
prononcé selon les spécimens. Dans tous les cas cependant, la crête médiane est nettement
plus petite que les autres crêtes (fîg. 5, B).
Mâle : Chez un mâle long de 1,6 mm et large de 35 p dans sa partie moyenne, la vési¬
cule céphalique est haute de 52 p sur 22 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et
deirides situés respectivement à 120 p, 170 p et 170 p de l’apex. Œsophage long de 260 p.
Bourse caudale sub-symétrique, figurée en 5, D. Cône génital arrondi portant sur sa lèvre
antérieure la papiile zéro, pointue. Papilles sept non vues. Spiculés longs de 280 p, ailés.
Leur extrémité distale est bifide (fig. 5, G). Gubernaculum haut de 48 p sur 8 p de large
(fig. 5, F).
Femelle : Chez une femelle longue de 2,7 mm (1,7 mm chez un autre spécimen) et large
de 40 p, dans sa partie moyenne, la vésicule céphalique est haute de 58 p sur 22 p de large.
Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 150 p, 230 p et 220 p
de l’apex. Œsophage long de 260 p (fig. 5, A). Appareil génital semi-monodelphe. La vulve
s’ouvre à 212 p de la pointe caudale. Vagina vera fortement chitinisé, long de 16 p. Branche
antérieure de l’ovéjecteur : vestibule long de 60 p, sa moitié postérieure n’est pas muscu-
larisée ; sphincter : 25 p X 40 p ; trompe : 30 p ; utérus : 260 p de long, contenant 2 œufs
hauts de 60 p X 20 p de large. Branche postérieure atrophiée : 85 p. Les différentes parties
de l’ovéjecteur y sont cependant visibles (fig. 5, E). Queue pointue, longue de 72 p. Elle
se rétrécit brusquement à son extrémité et porte une pointe de 7 p (fig. 5, E). Distance
anus-vulve : 140 p.
Discussion
Pour les raisons que nous exposerons plus loin (voir discussion sur Moennigia miche-
lae ), nous considérons que cette espèce est nouvelle et nous la nommons Moennigia alonsoi
n. sp.
$, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, $, coupe
îôtes dorsale et externo-dorsales, vue dorsale ; D, bour
postérieure, vue latérale gauche ; F, gubernaculum, vue d
G : éch. 50 u..
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
145
Moennigia levyi n. sp.
Matériel : 8 (J, 11 $.
Localisation : segment n° 2 de l’intestin.
Description
Petits Nématodes enroulés le long de leur ligne ventrale de façon originale. Après
un tour de spire assez lâche, le corps forme 4 à 5 tours de spire très serrés, puis une der¬
nière spire de très grand diamètre (fig. 6, H). La bouche est entourée par un anneau chiti-
noïde.
Synloplie : Chez les deux sexes, le corps est parcouru par des crêtes cuticulaires qui
naissent en arrière de la vésicule céphalique et dont le nombre décroît d’avant en arrière.
Dans le tiers antérieur du corps, on trouve 7 crêtes ventrales, 7 crêtes dorsales, 2 paires
de crêtes latérales. Les crêtes sont espacées à peu près régulièrement, sauf les latérales
qui sont les plus rapprochées. La crête ventrale est légèrement plus grande que les autres
crêtes. La crête ventrale adjacente à la crête latérale droite ou gauche est plus petite que
les autres crêtes. Il y a un gradient de taille des crêtes, peu marqué, du ventre vers le dos
(fig. 6, A). Dans la partie moyenne du corps, on ne compte plus que 10 crêtes, 5 latérales
droites, 5 latérales gauches (fig. 6, B). Enfin, dans le tiers postérieur du corps, les crêtes
disparaissent peu à peu (fig. 6, C).
Chez la femelle, existe en avant de la vulve une formation impaire, haute de 95 p
(fig. 6, D, E) ; de plus, du niveau de la vulve à la racine de la pointe caudale, la cuticule
est fortement striée transversalement (fig. 6, D).
Mâle : Chez un spécimen long de 3 mm et large de 45 p dans sa partie moyenne, la
vésicule céphalique est haute de 53 p sur 23 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur
et deirides situés respectivement à 112 p, 192 p et 200 p de l’apex. Œsophage long de 215 p
(fig. 6, G). Bourse caudale sub-symétrique, figurée en 6, J. Lobe dorsal bien individualisé.
Côte 8 naissant à la racine de la côte dorsale. Celle-ci est divisée à son extrémité distale
en deux rameaux eux-mêmes trifurqués (fig. 6, F). Cône génital discret. Les papilles zéro
et sept n’ont pas été observées. Gubernaculum non vu. Spiculés ailés, subégaux, longs
de 250 p. Leur extrémité distale se divise en deux pointes, dont l’externe est courbée vers
l’intérieur et dont l’interne est pointue. Les deux pointes d’un même spiculé sont enfermées
dans une membrane (fig. 6, I).
Femelle : Chez un spécimen long de 3,7 mm et large de 55 p dans sa partie moyenne,
la vésicule céphalique est haute de 54 p sur 22 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur
et deirides situés respectivement à 142 p, 220 p et 225 p de l’apex. Œsophage long de 275 p.
Appareil génital semi-monodelphe. La vulve s’ouvre à 180 p de la pointe caudale. Vagina
fera fortement chitinisé, long de 22 p. Branche antérieure de l’ovéjecteur : vestibule, sphinc¬
ter et trompe longs respectivement de 60 p, 40 p et 25 p. Utérus long de 350 p, contenant
6 œufs hauts de 60 p X 28 p de large. Branche postérieure atrophiée, longue de 60 p. Le
sphincter est encore visible (fig. 6, D). Queue longue de 80 p, avec une pointe caudale de
16 p (fig. 6, E).
146
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET, ALAIN G. CHABAUD ET JIMMY CASSONE
Discussion
Pour les raisons que nous exposerons plus loin (voir discussion sur Moennigia miche-
lae), nous considérons que cette espèce est nouvelle et nous la nommons Moennigia levyi
n. sp.
Moennigia obelsi n. sp.
Matériel : 14 (J, 18 Ç.
Localisation : segment n° 8 de l’intestin.
Description
Petits Nématodes enroulés de façon senestre le long de leur ligne ventrale, selon deux
à trois tours de spire. La bouche est entourée d’un anneau chitinoïde.
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par des crêtes
cuticulaires qui débutent en arrière de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau
du sphincter chez la femelle et en avant de la bourse caudale chez le mâle. En coupe trans¬
versale, on compte 3 ((J), 5 (Ç) crêtes dorsales, deux paires de crêtes latérales, 5 ((J), 7 ($)
crêtes ventrales. Les crêtes dorsales, d’une part, ventrales, de l’autre, sont à peu près équi¬
distantes les unes des autres. La pointe des crêtes est dirigée perpendiculairement à la paroi
du corps (fig. 7, B, C).
Chez la femelle, de part et d’autre de la vulve, la cuticule forme deux ailes, hautes
d’environ 100 p sur 15 p de large (fig. 7, E).
Mâle : Chez un spécimen long de 2,35 mm et large de 34 p dans sa partie moyenne,
la vésicule céphalique est haute de 45 p X 15 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur
et deirides situés respectivement à 130 p, 190 p et 185 p de l'apex. Œsophage long de 220 p.
Bourse caudale suh-symétrique. N’ayant pu parvenir à l’étaler complètement, nous don¬
nons un dessin du lobe gauche à plat, pour donner une image de la longueur réelle des côtes
(fig. 7, I). Côte 9 assez courte, divisée en deux rameaux, eux-mêmes trifurqués. Côtes 8
naissant à la racine de la dorsale, également courtes. Cône génital peu marqué (fig. 7, F).
Spiculés subégaux, ailés, longs de 370 p (420 p chez un autre spécimen). Leur extré¬
mité est divisée en deux pointes, l’externe large et recourbée vers l’intérieur, l’interne petite
et pointue. Les pointes sont enfermées dans une membrane commune (fig. 7, G). Guberna-
culum en forme de cuiller, haut de 65 p (fig. 7, H).
Femelle : Chez un spécimen long de 2,8 mm sur 45 p de large dans sa partie moyenne,
la vésicule céphalique est haute de 50 p sur 20 p de large. Anneau nerveux, pore excré¬
teur et deirides situés respectivement à 135 p, 205 p et 195 p de l’apex. Œsophage long
de 250 p (100 p : œsophage musculaire, 150 p : œsophage glandulaire) (fig. 7, A). Appareil
génital semi-monodelphe. La vulve s’ouvre à 210 p de la pointe caudale. Vagma oera for¬
tement chitinisé, long de 12 p. Branche antérieure de l’ovéjecteur : vestibule, sphincter
et trompe mesurant respectivement 100 p, 22 p X 30 p, 45 p ; utérus long de 170 p, con¬
tenant un œuf haut de 60 p sur 28 p de large. Branche postérieure atrophiée, haute de
70 p (fig. 7, D). Queue pointue, longue de 70 p, ayant subi une torsion de 45° vers la face
latérale droite. Elle porte une pointe de 11 p (fig. 7, E).
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
147
Fig. 7. — Moennigia obelsi n. sp. A, Ç, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, Ç, coupe transversale
au milieu du corps ; C, cj, id. D, $, extrémité postérieure, vue latérale droite ; E, Ç, id., vue ventrale ;
F, <J, bourse caudale, vue ventrale ; G, pointe des spiculés ; H, gubernaculum, vue de face ; I, autre
spécimen lobe gauche étalé, vue ventrale.
A, D, E : éch. 100 p ; B, F : éch. 50 p ; C : éch. 25 p ; G, H, I : éch. 40 p.
Discussion
Pour les raisons que nous exposerons plus loin (voir discussion sur Moennigia miche-
lae), nous considérons que cette espèce est nouvelle et nous la nommons Moennigia obelsi
n. sp.
Moennigia Ientaigneae n. sp.
Matériel : 6 <$, 4 Ç.
Localisation : segments n 08 4, 5, 6, 7 de l’intestin.
Fig. 8. — Moenmgia lentaigneae n. sp. A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, $, extrémité
postérieure, vue ventrale ; C, coupe transversale au milieu du corps ; D, Ç, extrémité postérieure,
vue latérale droite ; E, F, gubernaculum, vues ventrale et latérale droite ; G, pointe d’un spiculé ;
H, (J, bourse caudale, vue ventrale.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
149
Description
Petits Nématodes plus ou moins fortement enroulés le long de leur ligne ventrale.
Cet enroulement ne porte qu& sur la moitié antérieure du corps. La bouche est entourée
par un anneau chitinoïde.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par 14 (<J), 16 (Ç) crêtes cuti-
culaires qui se répartissent comme suit : une forte crête ventrale orientée perpendiculaire¬
ment à la paroi du corps, 6 (^), 7 (Ç) crêtes latérales droites, 7 (<J) 8 (Ç) crêtes latérales
gauches. Les crêtes latérales sont orientées du ventre vers le dos. La crête ventrale adja¬
cente à la crête latérale droite ou gauche est nettement plus petite que les crêtes latérales
qui sont de taille subégale (fîg. 8, C). Les crêtes naissent derrière la vésicule céphalique
et s’étendent jusqu’au niveau de la bourse caudale chez le mâle et de la vulve chez la femelle.
Mâle : Chez un mâle long de 2,1 mm et large de 50 p dans sa partie moyenne, la vési¬
cule céphalique est haute de 45 p sur 20 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et
deirides situés respectivement à 125 p, 170 p et 170 p de l’apex ; œsophage long de 200 p
(œsophage musculaire : 85 p, œsophage glandulaire : 115 p). Bourse caudale sub-symé-
trique, figurée en 8, H. Petit lobe dorsal individualisé. Spiculés longs de 260 p ; leur extré¬
mité est divisée en deux branches sur une hauteur de 40 p et enfermée dans une membrane
(fig. 8, G). Gubernaculum haut de 60 p à extrémité postérieure élargie, ce qui lui donne,
en vue ventrale, la forme d’une cuiller (fig. 8, E, F).
Femelle : Chez une femelle longue de 1,8 mm et large de 40 p dans sa partie moyenne, la
vésicule céphalique est haute de 42 p sur 18 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et
deirides situés respectivement à 120 p, 165 p et 165 p de l’apex. Œsophage long de 210 p
(œsophage musculaire : 90 p ; œsophage glandulaire : 120 p) (fig. 8, A). Appareil génital
semi-monodelphe avec branche postérieure atrophiée. La vulve s’ouvre à 150 p de la pointe
caudale. Vagina vera fortement chitinisé long de 20 p (fig. 8, D). Branche antérieure de
l’ovéjecteur : vestibule : 32 p X 30 p ; sphincter : 20 p X 32 p ; trompe : 17 p X 25 p ;
utérus : 230 p de long contenant 2 œufs hauts de 58 p sur 25 p de large. Bien qu’atrophiée,
on peut reconnaître dans la branche postérieure un vestibule de 22 p X 14 p, un sphincter
de 13 p X 17 p et une trompe de 12 p X 22 p (fig. 8, B). Queue pointue, longue de 53 p,
portant une pointe de 14 p (fig. 8, B). Distance anus-vulve : 97 p.
Discussion
Pour les raisons que nous exposerons plus loin (voir discussion sur Moennigia miche-
lae) nous considérons que cette espèce est nouvelle et nous la nommons Moennigia lentai-
gneae n. sp.
Moennigia michelae n. sp.
Matériel : 21 (J, 37 $.
Localisation : segments n os 6 et 7 de l’intestin.
Description
Petits Nématodes dont la partie antérieure est fortement enroulée selon deux tours
de spire. La partie postérieure est déroulée.
Fig. 9. — Moennigia michelae n. sp. A, $, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, <J, tète, vue
apicale ; C, Ç, coupe transversale au milieu du corps ; D, $, queue, vue dorsale montrant les ailes
latérales vulvaires ; E, autre spécimen Ç, extrémité postérieure, vue latérale gauche avec aile pré-
vulvaire ; F, (J, bourse caudale, vue ventrale ; G, autre spécimen (J, bourse caudale, vue ventrale ;
H, <J, cône génital, vue ventrale ; I, pointe d’un spiculé et cône génital, vue latérale droite ; J, détail
de la pointe d’un spiculé, vue de profil.
A, B, C, E, F, H, I : éch. 50 p ; D : éch. 100 p ; G, J : éch. 30 p.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
151
Tête : En vue apicale, la tête porte deux grosses amphides, quatre papilles labiales
externes et quatre papilles céphaliques. Elle est entourée par un anneau chitinoïde (fig. 9,
B).
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par des crêtes
cuticulaires qui naissent derrière la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau de
la bourse caudale chez le mâle et de la vulve chez la femelle. Ces crêtes sont au nombre
de 15 ((J), 16 ($) et peuvent être réparties en cinq crêtes dorsales, deux crêtes en face de
chaque champ latéral (la ventrale étant plus petite que la dorsale), 6 ((J), 7 ($) crêtes ven¬
trales dont la médiane est la plus développée (fig. 9, C).
Mâle : Chez un mâle long de 1,5 mm et large de 33 y dans sa partie moyenne, la vési¬
cule céphalique est haute de 40 p. sur 18 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et
deirides situés respectivement à 70 p, 78 p et 83 p de l’apex. Œsophage long de 100 p.
Bourse caudale symétrique figurée en 9, F, G. Cône génital arrondi portant sur sa lèvre
antérieure la papille zéro punctiforme et sur sa lèvre postérieure les deux papilles 7, reni-
formes (fig. 9, H). Spiculés longs de 135 p, ailés, très peu chitinisés. De ce fait, ils sont sur¬
tout visibles de profil, lorsqu’ils se trouvent sur la tranche. Leurs pointes (2 ou 3) sont
enfermées dans une membrane (fig. 9, I, J). Gubernaculum en forme de cuiller, haut de
38 p sur 11 p de large dans sa partie postérieure (fig. 9, F).
Femelle : Chez une femelle de 1,6 mm et large de 40 p dans sa partie moyenne, la vési¬
cule céphalique est haute de 45 p sur 18 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et
deirides situés respectivement à 130 p, 170 p et 180 p de l’apex. Œsophage long de 205 p
(fig. 9, A). Appareil génital semi-monodelphe avec branche postérieure atrophiée. La vulve
s’ouvre à 113 p de la pointe caudale. Vagina vera fortement chitinisé, haut de 12 p. Sur
la face ventrale existe une aile prévulvaire haute de 50 p sur 20 p de large (fig. 9, E). Chez
d’autres spécimens ce sont deux ailes vulvaires qui existent (fig. 9, D) (ou bien il n’y a aucune
formation). Branche antérieure de l’ovéjecteur : vestibule : 56 p ; sphincter : 30 p ; trompe :
32 p ; utérus de 155 p de long contenant 6 œufs hauts de 60 p sur 20 p de large. Branche
postérieure : 55 p (fig. 9, E). Queue pointue, longue de 57 p, portant une pointe de 14 p
(fig. 9, E). Distance anus-vulve : 70 p.
Discussion
Les Trichostrongyloïdes de Xénarthres ne comprennent que peu d’espèces chez les
Bradypodidae, ce qui s’explique aisément par l’éthologie de ces animaux 1 , mais sont au
contraire d’une richesse exceptionnelle chez les Myrmecophagidae et les Dasypodidae.
Nous ne prendrons pas en considération cinq genres monospécifiques et atypiques
dont nous ne connaissons pas le synlophe. Ce sont Adolpholutzia Travassos, 1935, Brevi-
graphidium Freitas et coll., 1960, Filicapitis Travassos, 1949, Pintoia Travassos, 1928,
et Trichohelix Ortlepp, 1922.
De la même façon, trois « Longistriata », L. ninoi Vogelsang, 1937, L. cristata Cameron,
1939, et L. urichi Cameron, 1939, ne peuvent être attribués à un genre, les descriptions
étant incomplètes. Il reste presque une cinquantaine d’espèces qui paraissent caractéris¬
tiques des Xénarthres et que nous allons examiner : à priori, il y a peu de différences entre
1. Les Bradypodidae se déplacent d’arbres en arbres à la recherche de leur nourriture et ne défèquent
pratiquement jamais au même endroit (F. Petter, comm. pers.).
MYRMECOPH AGIDAE
DASYPODIDAE
Fig. 10. — Variations de la longueur des spiculés en fonction de la longueur du corps. Le diagramme
fait apparaître deux groupes : en haut, les parasites de Fourmiliers, en bas, ceux de Tatous. Les excep¬
tions sont analysées dans le texte.
C, Caenostrongylus ; D, Delicata ; F, Fontesia ; G, Graphidiops ; M, Moennigia ; Ma, Maciela ;
P, Paragraphidium ; T, Trifurcata.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYtOÏDES
153
la faune des Tatous et celle des Fourmiliers puisque le? deux genres principaux, Moennigia
et Delicata sont communs aux deux catégories d’hôtes. Cependant, il est très intéressant
de constater que si l’on place en ordonnée la longueur des spiculés et en abcisse la longueur
du corps du mâle, les espèces décrites chez les Xénarthres se répartissent en deux zones :
en haut, celle des Fourmiliers, en bas, celle des Tatous (fig. 10).
Le Moennigia connu chez les Marsupiaux est du type de ceux trouvés chez les Tatous
ainsi que le Bradypostrongylus du Paresseux. Par contre, le Graphidiops trouvé chez le
Paresseux est du type de ceux trouvés chez les Fourmiliers.
Sur les 46 espèces décrites, 19 de Tatous et 26 de Fourmiliers répondent à la règle.
Trois espèces seulement font exception : Moennigia pulchra (Travassos, 1935) et M. pseu-
dopulchra (Travassos, 1935) qui sont peut-être des parasites de capture de Fourmiliers
par les Tatous et Fontesia fontesi Travassos, dont la morphologie céphalique est très par¬
ticulière.
Cette corrélation très marquée entre la longueur des spiculés et la famille de l’hôte,
pourrait très bien correspondre à une évolution parallèle de deux lignées distinctes, l’une
chez les Tatous, l’autre chez les Fourmiliers. Les genres Maciela et Graphidiops se trouvent
déjà séparés d’après la longueur de leurs spiculés. Peut-être sera-t-il également nécessaire
d’opérer une division générique poiir les genres Moennigia et Delicata, mais nous préférons
avoir une connaissance plus approfondie de tous les synlophes pour proposer une solu¬
tion.
Quoiqu’il en soit, en ce qui concerne les spécimens décrits ci-dessus, il est possible
dès maintenant de limiter la diagnose aux Moennigia de Fourmiliers sans prendre en con¬
sidération ceux de Tatous qui ont des spiculés couTts par rapport à la longueur de leur
corps.
Trois espèces sont déjà connues dans ce groupe : M. tamandua (Cameron, 1939), M.
baeveri Durette-Desset, 1970, et M. barbarae Durette-Desset, 1970. Avec nos 5 espèces,
il y a donc 8 espèces à comparer dont nous connaissons les synlophes, excepté pour M.
tamandua.
Cette espèce ne peut être rapprochée que de Moennigia levyi, car la côte dorsale est
bien développée et l’enroulement du corps ne s’effectue que sur quelques tours de spire
en arrière de la région œsophagienne.
Les deux espèces peuvent cependant être séparées, car chez M. tamandua, la distance
entre la pointe des côtes 3 et 4 est à peu près le double de la distance entre la pointe des
côtes 4 et 5, tandis que chez Moennigia levyi n. sp., les pointes des côtes 3, 4 et 5 sont presque
équidistantes.
Nous pouvons donc fonder la discussion sur l’étude comparée du synlophe :
1. Synlophe avec ailes latérales bien marquées. Ce type est peut-être le plus primitif,
puisque, chez les larves du 4 e stade que nous connaissons dans le même groupe (cf. Moen¬
nigia sp. Durette-Desset, 1970, et les larves décrites ci-après), il existe déjà des ailes laté¬
rales (fig. 10). Une seule espèce entre dans ce groupe : Al. alonsoi n. sp.
2. Synlophe sans ailes latérales, ni ventrales particulièrement marquées. Quatre
espèces présentent ce caractère, dont M. levyi que nous avons traitée plus haut. Les trois
autres espèces ont des gubernaculums très différents : celui de Moennigia barbarae Durette-
Desset, 1970, de forme très complexe, est composé de trois parties ; celui de Moennigia
154
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET, ALAIN G. CHABAUD ET JIMMY CASSONE
baeveri Durette-Desset, 1970, a un manche antérieur étroit et une lame distale élargie.
Celui de Moennigia obelsi n. sp. a un manche antérieur large et une lame postérieure étroite.
3. Synlophe sans ailes latérales avec une grande arête médio-ventrale. Deux espèces
peuvent être rangées dans ce groupe : Moennigia michelae n. sp. a des spiculés très trans¬
parents, à peine visibles en vue ventrale et un synlophe portant 5 crêtes dorsales. Moen¬
nigia lentaigneae n. sp. a des spiculés fortement chitinisés et la surface médio-dorsale est
dépourvue de crêtes.
Quatrièmes stades larvaires
Nous avons récolté dans l’intestin 10 L 4 , dont quatre dans le segment n° 2 et six dans
le segment n° 8.
A l’intérieur d’une de ces larves, nous avons trouvé un mâle prêt à muer et dont les
caractères de la bourse caudale et du synlophe étaient aisément identifiables à Delicata
soyerae. Le synlope de la L 4 est simplement formé de 2 petites crêtes que nous croyons
latérales (fîg. 11, A).
fsSf Dans le même segment, nous avons trouvé une L 4 dont le pore excréteur et l’anus
s’ouvrent à l’extérieur de la spire. Ce caractère ne se retrouve que chez les adultes de Fon-
tesia fontesi et nous pensons pouvoir identifier la larve à cette espèce. Le synlophe est aussi
constitué par 2 crêtes latérales (fig. 11, B). Les faces médianes présentent de très légères
ondulations, comme il en existe chez certains spécimens adultes de Fontesia (voir fig. 2, E).
Nous avons également trouvé une L 4 Ç didelphe, mais nous ne savons à quelle espèce
la rapporter. Là aussi, le synlophe est composé de 2 crêtes latérales (fig. 11, C).
v.
Fig. 11. — Quatrièmes stades larvaires $. Coupes transversales au milieu du corps. A, Delicata soyerae
n. sp., adulte Ç dans la cuticule du 4 e stade larvaire. La cuticule du stade L 4 a glissé par rapport à
la coupe de l’adulte ; B, L 4 $ Fontesia fontesi Travassos, 1939 ; C, L 4 $ didelphe
IL RÉPARTITION ET ABONDANCE DES ESPÈCES
DANS LE TUBE DIGESTIF
L’abondance et la localisation des 9 espèces rencontrées sont indiquées sur la figure 12.
L’intestin grêle a été divisé en 8 parties de longueur égale et l’estomac traité séparément.
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
155
La faune est abondante à l’avant et à Tanière du tube digestif et se raréfie dans la partie
moyenne. L’espèce dominante est avant tout Fontesia fontesi (1 781 spécimens) mais elle
n’est abondante que dans les segments 2 et 8 de l’intestin. Delicata perronae vient ensuite
(59 spécimens) et n’est abondante que dans les segments 4 et 5.
Les 5 espèces de Moennigia sont moins abondantes que les formes didelplies de l’intes¬
tin. Trois espèces : michelae (58 spécimens), lentaigneae (10 spécimens), alonsoi (6 spécimens)
se trouvent essentiellement dans les segments 6 et 7. La 4 e espèce, levyi (19 spécimens)
occupe le segment 2 alors qu ’obelsi (32 spécimens) est localisé dans le segment 8.
Graphidiops costalimai (2 spécimens) a été trouvé dans l’estomac.
Il paraît exister une certaine corrélation entre la place zoologique et l’abondance
relative des espèces intestinales. Ce sont les 3 formes didelphes, donc en principe plus pri¬
mitives,^qui sont les plus abondantes.
I 1 F. FONTESI
|oo| D.SOYERAE
l N N 1 D.perronae
fca&J G. costalimai
M
M
. MICHELAE
. LENTAIGNEAE
M . ALONSOI
1811 M . OBELSI
BEI M. levyi
l** 1 *"1 LARVES
Fig. 12. — Répartition des différentes espèces de Trichostrongyloidea dans le tube digestif d’un Tamandua
tetradactyla. L’intestin est divisé en 8 segments. Les chiffres en abscisse indiquent le numéro du seg¬
ment depuis l’estomac jusqu’au cæcum. Le nombre d’individus de chaque espèce est porté en ordonnée,
dont l’échelle est une échelle logarithmique de base 2, étant donnée l’amplitude des variations des
effectifs.
156
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET, ALAIN G. CHABAUD ET JIMMY CASSONE
Nous n’avons pu mettre en évidence de corrélations entre la structure du synlophe
et la localisation dans l’intestin. La répartition et l’abondance des espèces n’ofïre donc
aucune similitude apparente avec ce qui est réalisé chez les Marsupiaux (cf. Diaw, 1976).
Chez ceux-ci, la partie postérieure de l’intestin est peu peuplée et l’espèce dominante est
une forme monodelphe.
III. CONSIDÉRATIONS SUR LES TRICHOSTRONGYLOIDEA DE XÉNARTHRES
ET SUR LEURS RELATIONS AVEC CEUX DES MARSUPIAUX
En dehors de cinq genres monospécifiques plus ou moins atypiques et que nous ne pou¬
vons prendre en considération du fait que nous ne connaissons pas leur synlophe, nous
avons indiqué plus haut que les Trichostrongyloidea de Xénarthres paraissent constituer
un ensemble relativement homogène.
Le synlophe est apparemment très varié mais ce que nous connaissions sur les formes
larvaires indique :
— que les arêtes latérales peuvent être considérées comme primitives et que la face
ventrale acquiert rapidement des arêtes dont la pointe est orientée perpendiculairement
à la paroi du corps ;
— que des arêtes symétriques se forment secondairement sur la face dorsale ;
— que la taille des arêtes y compris les 2 latérales tend à s’égaliser avec parfois hyper¬
trophie de l’arête médio-ventrale ;
— par ailleurs, que la pointe des arêtes tend à s’orienter du ventre vers le dos.
Cette évolution complexe n’est évidemment pas linéaire et peut s’exagérer dans tel
ou tel sens ce qui explique l’hétérogénéité du groupe qui nous apparaît plus apparente
que réelle.
De la même façon, les caractères de la bourse caudale semblent évoluer d’une façon
assez constante. A partir d’un type « Oswaldocruzia » ou « Molineus » (groupement des côtes
2 et 3 d’une part, 5 et 6 de l’autre, côte 4 courte, côte 9 bien développée), on assiste à une
atrophie du lobe dorsal et à une hypertrophie de plus en plus marquée des côtes ventrales.
Les caractères des spiculés sont également très variés. Les pointes multiples et com¬
plexes des formes primitives tendent à se multiplier alors que, comme nous l’avons vu
plus haut, l’évolution vers un raccourcissement du spiculé ou vers son allongement paraît
caractéristique de l’hôte.
Si l’on suit l’évolution de ces différents caractères, ainsi que le passage de la didelphie
vers la monodelphie, on ne constate pas d évolution nettement parallèle entre les diffé¬
rents caractères. Une sériation approximative paraît très dilficile à établir.
En conclusion, bien que la lignée semble bien homogène, il n’y a pas d’évolution linéaire
mais une évolution riche et buissonnante commune aux Tatous et aux Fourmiliers.
Le continent néo-tropical ayant été totalement isolé dès le début du Tertiaire, nous
nous attendions à ce que les Trichostrongyloidea parasites de Xénarthres dérivent de ceux
de Marsupiaux américains, ces derniers étant en place à une époque plus ancienne. L’étude
NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOÏDES
157
du synlophe nous conduit à des conclusions tout à fait différentes. La découverte du genre
Hoineffia Diaw, 1976, et l’analyse des espèces et de quelques stades larvaires parasites de
Marsupiaux américains (cf. Durette-Desset, 1974; Diaw, 1976) conduisent à la conclusion
qu’à de très rares exceptions près, les genres constituant la faune ( Hoineffia, Viannaia,
Travassostrongylus ) appartiennent à une seule et même lignée évolutive. Cette lignée a
de grandes affinités avec celle qui caractérise les parasites d’insectivores dans les autres
régions du Monde [lignée Suncinema (cf. Durette-Desset, 1973)]. L’élément morpholo¬
gique essentiel, qui est parfaitement constant, est constitué, dès les formes les plus primi¬
tives, par une orientation de la pointe des arêtes de la droite vers la gauche.
Le synlophe de tous les Trichostrongyloidea parasites de Xénarthres n’a jamais ce
caractère. Comme nous l’avons vu plus haut, la pointe des arêtes est dirigée soit perpen¬
diculairement à la surface du corps, soit orientée du ventre vers le dos. Les parasites de
Marsupiaux ne pouvant donc être considérés comme des ancêtres possibles de ceux des
Xénarthres, la question qui se pose est de chercher à savoir quels sont les Nématodes qui
ont pu coloniser les Xénarthres dans un continent isolé.
Une indication très intéressante est fournie par Travassos, 1937. Dans l’analyse du
genre Pintonema qui pour nous est synonyme de Moennigia (cf. Durette-Desset, 1970),
il indique que la disposition des côtes bursales ressemble beaucoup à celle du genre Oswal-
docruzia Travassos, 1917. Nous connaissons très mal actuellement les synlophes des diffé¬
rentes espèces d’ Oswaldocruzia. Ce genre paraît être en pleine évolution et très polymorphe.
Parmi le petit nombre de synlophes connus, certains n’ont rien d’incompatible avec ceux
des Trichostrongyloidea de Xénarthres. Comme dans le genre Moennigia, ils ont ou n’ont
pas d’arêtes latérales et chez les formes primitives tout au moins, la pointe des arêtes est
orientée perpendiculairement à la paroi du corps.
Il semble donc que la faune des Xénarthres se soit constituée directement à partir
de celle des Reptiles ou des Batraciens et soit totalement indépendante de celle des Mar¬
supiaux.
Rappelons par ailleurs que la faune des Caviomorphes, au contraire, paraît s’être
constituée, pour une part directement à partir des Nématodes de Marsupiaux, pour une
autre part à partir d’une faune de Phyomorphes africains (cf. Durette-Desset, 1971).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 15 mars 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 428, janv.-févr. 1977,
Zoologie 298 : 133-158.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1977.
Nématodes de Poissons de rivière en Guadeloupe
par Annie J. Petter, Yves J. Golvan et Roseline Tcheprakoff
Résumé. — (Quatre espèces de Nématodes ont été trouvées chez des Poissons de rivière en
Guadeloupe :
— Cucullanus caballeroi Petter, 1976, déjà décrit précédemment, chez Eleotris pisonis et
Gobiomorus maculatus.
— Spirocamallanus dessetae n. sp., parasite d’Agonostomus monticola. L’espèce appartient
par sa morphologie à un groupe de Spirocamallanus surtout parasite de Poissons de mer. Elle est
proche de S. macaensis (Vicente et Santos, 1972), mais s’en distingue par la forme de la queue
chez la femelle.
— Spinitectus agonostomi Moravec et Barus, 1971, parasite d’ Agonostomus monticola. Les
femelles sont décrites pour la première fois ; l’espèce se distingue par la position antérieure de la
vulve de toutes les autres espèces de Spinitectus à l’exception de S. pandei Rai, 1970, dont elle
diffère par la taille des spiculés. Elle se caractérise d’autre part par des œufs munis de deux épais¬
sissements équatoriaux opposés.
— Johnstonmawsonia sp., parasite à'Anguilla rostrata. La description est basée sur une
seule femelle juvénile et une diagnose spécifique ne peut donc être faite.
Abstract. — Nematodes of frcshwater fishes from Guadeloupe (Carihbean Islands).
Four species of Nematodes were found in freshwater fishes in Guadeloupe :
— Cucullanus caballeroi Petter, 1976, previously described, in Eleotris pisonis and in Gobio¬
morus maculatus.
— Spirocamallanus dessetae n. sp., parasite of Agonostomus monticola. Morphologically,
the species belongs to a group of Spirocamallanus parasitizing mainly marine fishes. It resembles
S. macaensis (Vicente and Santos, 1972) but differs by the sliape of the tail of the female.
— Spinitectus agonostomi Moravec and Barus, 1971, parasitizing Agonostomus monticola. The
female of this species is described here for the first time. This species differs from the others
by the anterior position of the vulva, except S. pandei Rai, 1970, where the male is distinguished
by the length of the spiculés. The eggs are characterized by two opposed équatorial thickenings.
— J ohnstonmawsonia sp., a parasite of Anguilla rostrata. The description relies on one
juvénile female sample. A spécifie diagnosis therefore cannot be made.
Au cours des années 1972 à 1974, de nombreuses autopsies de Poissons de rivière ont
été effectuées en Guadeloupe dans le cadre de F « Action concertée Mollusques vecteurs de
la shistosomose aux Antilles ».
Trois espèces de Nématodes ont été recueillies couramment chez ces Poissons :
— Un Cucullanidae trouvé chez deux Eleotridae, Eleotris pisonis (Gmelin) et Gobiomoruu
maculatus Günther. Il s’agit d’une espèce nouvelle dont nous avons donné la description
dans une note précédente, Cucullanus caballeroi Petter, 1976.
* A. J. Petter et R. Tcheprakoff, Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNRS, Muséum natio¬
nal d'Histoire naturelle, 43, rue Cuvier, 75231 Caris-Cedex 05.
Y. J. Golvan, Laboratoire de Parasitologie, CHU Saint-Antoine, 27, rue de Chaligny, 75012 Paris.
160
ANNIE J. PETTER, YVES J. GOLVAN ET ROSELINE TCHEPRAKOFF
— Un Camallanidae chez un Mugilidae, Agonostomus monticola (Bancroft). Il s’agit
d’une espèce nouvelle dont nous donnons la description ci-dessous.
— Un Cystidicolidae également chez Agonostomus monticola. Il s’agit de l’espèce
Spinitectus agonostomi décrite par Moravec et Barus chez le même hôte à Cuba. Ces auteurs
n’ayant eu en leur possession qu’un seul mâle, nous donnons la description des femelles et
des compléments à la description des mâles.
En dehors de ces trois espèces très fréquentes, une femelle de Spiruride a été trouvée
chez un Anguillidae, Anguilla rostrata (Lesueur). En l’absence de mâle, nous ne pouvons
l’attribuer à une espèce déterminée et la décrivons sous le nom de Johnstonmawsonia sp.
Spirocamallanus dessetae n. sp.
Matériel : nombreux mâles et femelles récoltés dans l’intestin d ’Agonostomus monticola pêchés
dans diverses rivières de la Guadeloupe. Matériel-type prélevé chez Agonostomus monticola
471 B A, pêché dans la Grande Rivière à Goyaves (Domaine Duclos).
Fig. 1. — Spirocamallanus dessetae n. sp. A, vue apicale (les tracés en tirets représentent une vue plus
profonde) ; B, coupe optique au niveau du fond de la capsule buccale ; C, extrémité antérieure, vue
médiane ; D, extrémité antérieure, vue latérale ; E, région antérieure, vue médiane.
A, B, C, D : éch. 100 p ; E : éch. 200 p.
NÉMATODES DE POISSONS
161
Description
Mâles longs de 13,5 mm à 19 mm, femelles longues de 22 mm à 38 mm (10 spécimens
mesurés pour chaque sexe).
Extrémité antérieure présentant les caractères du genre Spirocamallanus : 4 papilles
céphaliques, 2 amphides, 4 papilles labiales externes et 6 papilles labiales internes (fig. 1,
A) ; capsule buccale munie de 9 à 12 crêtes spiralées, présentant à sa base un anneau chi-
tinoïde (fig. 1, B, C, D).
Pore excréteur à peu près au niveau de la jonction entre œsophage musculaire et œso¬
phage glandulaire ; conduit excréteur en relation avec une glande excrétrice allongée en
fuseau (fig. 2, A) ; deirides en forme de petites épines situées en avant de l’anneau nerveux
(fig. 1, E).
Mâle
Extrémité postérieure terminée par une fine pointe, munie d’ailes caudales larges
qui se rejoignent antérieurement sur la ligne médiane ventrale. 3 paires de papilles pré-
cloacales pédonculées, 2 paires situées ventralement de part et d’autre du cloaque et 5
paires post-cloacales pédonculées (fig. 2, H, I).
Femelle
Vulve généralement légèrement antérieure au milieu du corps ; le rapport entre la
longueur du corps et la distance de l’extrémité antérieure à la vulve étant dans la plupart
des cas chez des femelles mûres de 2,2 (7 cas sur 10 spécimens mesurés, le rapport étant
dans les 3 autres cas respectivement de 1,9, 1,9 et 2,5). Ovéjecteur long d’environ 3 mm,
dirigé vers l’arrière, débutant par un vagina vera doublé de cuticule long de environ 400 p
(fig. 2, F). Utérus postérieur terminé par un ovaire atrophié (fig. 2, E).
Extrémité postérieure large et arrondie et munie d’une fine pointe terminale (fig. 2,
B, D).
Larves dans l’utérus longues de 500 p. à 600 p, avec dent apicale dorsale, grosses phas-
mides et queue très longue et effilée, terminée par des petits crochets recourbés vers l’avant
(fig. 2, C, G).
Dimensions d'un mâle et d une femelle prélevés dans le matériel-type :
Mâle : long. : 19 mm ; larg. maximum : 350 p; capsule buccale : long. : 80 p; larg. maximum : 80 p;
œsophage musculaire : 500 p ; œsophage glandulaire : 860 p ; deirides, anneau nerveux et pore
excréteur situés respectivement à 230 p, 360 p et 800 p de l’extrémité antérieure ; ailes caudales
longues de 650 p ; queue : 200 p ; spiculé droit : 730 p ; spieule gauche : 280 p.
Femelle : long. : 32,8 mm ; larg. maximum : 700 p ; capsule buccale : long. : 80 p ; larg. maximum :
90 p ; œsophage musculaire : 700 p ; œsophage glandulaire : 1 mm ; deirides, anneau nerveux
et pore excréteur situés respectivement à 235 p, 400 p et 750 p de l’extrémité antérieure ; vulve
située à 14,8 mm de l’extrémité antérieure ; queue : 175 p avec un mucron terminal de 50 p.
Discussion
fl existe actuellement une quarantaine d’espèces décrites dans le genre Spirocarnal-
lanus qui sont toutes, à line exception près (S. xenopodis ), parasites de Poissons (pour la
162
ANNIE J. PETTER, YVES J. GOLVAN ET ROSELINE TCHEPRAKOFF
Fig. 2. — A à, I : Spirocamallanus dessetae n. sp. A, région antérieure, vue latérale ; B, femelle, extrémité
postérieure, vue latérale ; C, larve, extrémité caudale ; D, femelle, extrémité postérieure, vue ventrale ;
E, extrémité distale de l’utérus postérieur et ovaire postérieur atrophié ; F, vulve et portion d’ovéjec-
teur ; G, larve ; H, mâle, extrémité postérieure, vue latérale ; I, mâle, extrémité postérieure, vue ven¬
trale.
J : Spirocamallanus macaensis (Yicente et dos Santos, 1972), extrémité caudale femelle, vue ven¬
trale (d’après Yicente et dos Santos).
A, D, F : éch. 400 p. ; B : éch. 500 p ; C : écli. 50 p ; E, G, H, I : éch. 200 p ; J : éch. 100 p.
NÉMATODES DE POISSONS
163
bibliographie concernant ces espèces, voir : Ivashkin, Sobolev et Hromova, 1971, et
pour les espèces non citées dans ce travail ou décrites depuis : Bashirullah, 1973a, b ;
Bilqees, Khanum et Jehan, 1971 ; Kalyankar, 1971a ; Khan et Begum, 1971 ; Khan
et Yaseen, 1969 ; Majumdar et Datta, 1972 ; Petter, 1974 ; Pinto, Fabio, Noronha
et Rolas, 1974 ; Pinto et Fernandes, 1972 ; Sahay, 1966 ; Sood, 1967 ; Vicente et
Santos, 1972).
Trois groupes peuvent être distingués parmi ces espèces :
- un groupe d’environ 11 espèces, parasites de Cypriniformes et Siluriformes d’eau
douce en Amérique du Sud ; les espèces de ce groupe ont des ailes caudales étroites ou en
sont complètement dépourvues ; le nombre et la disposition des papilles cloacales sont
variables mais parmi les espèces munies de trois paires de papilles pré-cloacales, aucune
n’est proche de notre espèce par la taille des spiculés.
— un groupe d’environ 13 espèces, parasites de Poissons d’eau douce, principalement
Siluriformes, en Asie : les espèces de ce groupe sont caractérisées par des ailes caudales
bien développées et plus de trois paires de papilles pré-cloacales.
un groupe principalement parasite de Poissons de mer, surtout Perciformes, dans
le monde entier, caractérisé par des ailes caudales bien développées et trois paires de papilles
pré-cloacales. A ce groupe s’adjoignent quatre espèces de Siluriformes d’eau douce, deux
africaines et deux brésiliennes.
Notre espèce appartient à ce dernier groupe qui comprend 14 espèces. Deux d’entre
elles seulement sont proches de notre espèce par la longueur du spiculé droit (supérieur
à 600 p,), S. macaensis (Vicente et Santos, 1972) parasite de Sciaenidae marin au Brésil,
et S. intermedius (Pinto, Fabio, Noronha et Rolas, 1974) parasite de Pimelodidae dulça-
quicole également au Brésil.
S. intermedius diffère de notre espèce par la forme du grand spiculé divisé en deux
branches à son extrémité distale.
S. macaensis est très voisine de notre espèce mais en diffère cependant par plusieurs
caractères dont le plus important est la forme de la queue chez la femelle : chez notre espèce,
elle est beaucoup plus courte et est brusquement tronquée avec un petit mucron terminal,
alors que chez S. macaensis elle s’amincit progressivement jusqu’à la pointe terminale
(fîg. 2, J). De plus, la vulve est légèrement plus antérieure chez notre espèce (chez S. macaen¬
sis, le rapport entre longueur du corps et distance extrémité antérieure-vulve est de 2,8) ;
enfin, compte tenu des variations individuelles qui sont importantes, le spiculé droit est
légèrement plus grand chez notre espèce ; sur 9 spécimens mesurés il varie de 670 p. à 850 p.,
alors qu’il mesure de 610 p. à 620 p, chez S. macaensis.
L’espèce est donc nouvelle et nous la nommons : Spirocamallanus dessetae n. sp.
Spinitectus agonostomi Moravec et Barus, 1971
Matériel : mâles et femelles récoltés dans l’intestin d ’Agonostomus monticola pêchés dans diverses
rivières de la Basse Terre.
Fig. 3. — Spinitectas agonostomi Moravec et Barus, 1971. A, région antérieure, vue latérale ; B, femelle,
extrémité caudale, vue latérale ; C, D, E, œuf, coupes longitudinales et transversale ; F, mâle extré¬
mité postérieure, vue latérale ; G, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ; H, vue apicale ; I, coupe
optique au niveau du pharynx ; J, extrémité antérieure, vue latérale ; K, extrémité antérieure, vue
médiane ; L, coupe transversale au niveau de l’œsophage ; M, région antérieure, vue médiane.
A, B : éch. 100 p. ; C, D, E, F, G, M : éch. 50 p. ; H, I, J, K, L : éch. 40 p..
NÉMATODES DE POISSONS
165
Description
Nématodes petits et fins à cuticule munie d’anneaux épineux. Le premier cercle d’épines
est situé légèrement en arrière du pharynx ; les cercles suivants sont plus ou moins régu¬
lièrement espacés, distants de 25 à 30 p, les uns des autres. Les 15 premiers anneaux envi¬
ron ont des épines bien développées de 10 à 12 p de long ; les épines diminuent de taille
sur les anneaux suivants ; elles sont encore bien visibles jusqu’à peu près au niveau de
l’extrémité de l’œsophage glandulaire (fig. 3, A, M) ; au-delà elles deviennent de plus en
plus petites et serrées ; chez les mâles, elles disparaissent complètement à environ 1,5 mm
de l’extrémité de l’œsophage glandulaire ; chez les femelles elles persistent, à peine distinctes,
jusqu’au-delà de l’anus. Chaque cercle comporte de 40 à 50 épines, disposées en 4 arcs de
9 à 15 épines chacun, séparés par 4 intervalles sans épines correspondant aux champs
latéraux et médians (fig. 3, L). Certains cercles ne comportent que 2 à 3 épines. Les dei-
rides, en forme de petites pointes, sont situées immédiatement en dessous du premier cercle
d’épines (fig. 3, M).
Bouche munie de deux pseudo-lèvres latérales dépourvues de dents et de deux ébauches
de lobes labiaux médians; 4 papilles submédianes et 2 amphides (fig. 3, II, J, K).
Pharynx à section circulaire dont la paroi chitinoïde est en continuité avec celle de
la capsule buccale ; celle-ci est séparée par 2 replis internes en continuité avec les pseudo-
lèvres latérales en 2 chambres ventrale et dorsale unies par une fente allongée dorso-ven-
tralement (fig. 3, I). Cette structure rappelle celle de la capsule buccale du genre Salve-
linema mais sans la torsion latérale de la région postérieure caractéristique de ce genre
(voir Margolis et Kabata, 1967.)
Femelle
Vulve à lèvres non saillantes située environ au 1/3 antérieur du corps. Ovéjecteur
long de 500 p, dirigé vers l’arrière, donnant naissance à 2 utérus dont l’un se recourbe et
remonte vers l’avant ; extrémités distales des 2 ovaires situées dans la région postérieure.
Queue conique à l’extrémité (fig. 3, B).
Œufs embrvonnés au moment de la ponte, à coque épaisse munie de 2 épaississements
équatoriaux hémisphériques opposés (fig. 3, C, D, E).
Dimensions d'une femelle (récoltée chez Agonostomus monticola 45 MC, rivière Sarcelles) :
long. : 6,2 mm ; larg. maximum : 225 p ; pharynx : 90 p ; œsophage musculaire : 240 p ; œsophage
glandulaire : 600 p ; 1 er cercle d’épines, deirides, anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés
respectivement à 90 p, 100 p, 110 p, 250 p et 1,8 mm de l’extrémité antérieure ; œufs : 36 p/30 p ;
queue : 250 p.
Mâle (fig. 3, F, G)
Ailes caudales soudées l’une à l’autre antérieurement sur la ligne médiane ventrale.
Quatre paires de papilles pré-cloacales groupées deux par deux, 7 paires post-cloacales
disposées comme l’indique la figure 3, G. Une ornementation cuticulaire faite de rangées
longitudinales de petites élévations rectangulaires s’étend en avant du cloaque sur une
longueur d’environ 1 mm. Le nombre des rangées varie suivant les niveaux de 3 à 6.
166
ANNIE J. PETTER, YVES J. GOLVAN ET ROSELINE TCHEPRAKOFF
Le spiculé gauche est long et mince, avec une extrémité distale aciculaire ; sa longueur
varie de 950 p à 1,3 mm (8 spécimens mesurés) ; Je droit est court et épais, avec une extré¬
mité distale en forme de pied, sa longueur varie de 80 p à 100 p (8 spécimens mesurés).
Dimensions d’un mâle (récolté chez Agonostomus monticola 45 MC) : long. : 5,4 mm ; larg.
maximum : 160 p ; pharynx : 90 p ; œsophage musculaire : 320 p ; œsophage glandulaire : 520 p ;
1 er cercle d’épines, deirides et anneau nerveux situés respectivement à 120 p, 128 p, 160 p de
l’extrémité antérieure ; queue : 200 p ; spiculés : 90 p et 1,1 mm.
Discussion
Les caractères du mâle de cette espèce correspondent parfaitement à ceux du mâle
de l’espèce Spimtectus agonostomi Moravec et Barus, 1971, trouvé chez le même hôte à
Cuba. Moravec et Barus distinguaient l’espèce des autres espèces connues par la valeur
du spiculé ratio, de 1 : 17,6, alors qu’il était inférieur ou égal à 1 : 10 chez les autres espèces.
L’étude de notre matériel montre que la longueur des spiculés présente de grandes varia¬
tions individuelles ; sur 8 spécimens mesurés, la valeur du spiculé ratio varie de 1 : 11.1
à 1 : 16,3.
Cependant la description de la femelle apporte un nouveau caractère, la place de la
vulve au 1/3 antérieur du corps, qui, ajouté aux dimensions des spiculés, permet d’opposer
S. agonostomi à toutes les espèces connues, y compris celles qui ont été décrites depuis le
travail de Moravec et Barus (pour la bibliographie concernant ces espèces, voir Skrja-
bin, Sobolev et Ivashkin, 1967, et, pour les espèces non citées par ces auteurs ou publiées
depuis leur travail : Agrawal, 1965 ; Bayeva, 1965 ; Berland, 1961 ; Campana-Rouget,
1961 ; Christian, 1972 ; Gupta et Verma, 1970 ; Ha Ky, 1971 ; Kalyankar, 1970, 19716,
1973 ; Karve et Naik, 1951 ; Mamaev, 1968 ; Naidenova, 1966 ; Ogden, 1967 ; Over-
street, 1970 ; Parukhin, 1967 ; Rai, 1970 ; Saiiay et Prasad, 1965 ; Schmidt et Kuntz,
1969 ; Sobolev et Belogurov, 1968).
Parmi les espèces où la position de la vulve est connue, seule S. pandei Rai, 1970, a
une vulve aussi antérieure et elle se différencie de S. agonostomi par la taille de son spiculé
gauche (170-180 p,).
Parmi les espèces où la position de la vulve est inconnue, seule S. echenei Parukhin,
1967, a un spiculé gauche d’une longueur comparable à celle de S. agonostomi (supérieure
à 600 p) mais le spiculé droit est beaucoup plus grand (270 p) que chez cette espèce.
Signalons de plus que la présence d’épaississements équatoriaux sur la coque de l’œuf
n’est signalée chez aucune autre espèce.
Lj
Johnstonmawsonia sp.
Matériel : une femelle juvénile récoltée dans le tube digestif d’ Anguilla rostrata (Lesueur) 63 MC,
pêchée dans la rivière Sarcelles.
Description
Corps très fin. Pharynx très long, légèrement évasé en entonnoir à son extrémité anté¬
rieure ; œsophage musculaire plus court que le pharynx ; œsophage glandulaire long.
NÉMATODES DE POISSONS
167
A, extrémité antérieure, vue latérale ; B, extrémité postérieure, vue latérale.
Vulve légèrement postérieure au milieu du corps ; appareil génital didelphe, ovéjec-
teur impair très court, utérus et ovaires opposés.
Dimensions : long. : 6,2 mm ; larg. maximum : 40 p ; pharynx : 220 p ; œsophage musculaire :
160 p ; œsophage glandulaire : 500 p ; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés à 250 p,
300 p et 3,6 mm de l’extrémité antérieure.
168
ANNIE J. PETTER, YVES J. GOLVAN ET ROSELINE TCHEPRAKOFF
Discussion
N’ayant eu entre les mains qu’un seul spécimen, nous n’avons pu étudier la structure
céphalique en vue apicale ; cependant il nous paraît vraisemblable que cette femelle appar¬
tienne au genre Johnstonmawsonia Campana-Rouget, 1955, car elle présente l’ensemble
des caractères qui définissent le genre par rapport aux autres Rhabdochonidae : pharynx
très long dilaté à son extrémité antérieure, absence de pièces chitinoïdes dans la capsule
buccale, didelphie et vulve près du milieu du corps (voir Chabaud, 1975).
Les dimensions relatives du pharynx et des deux portions œsophagiennes en rapport
avec la longueur totale sont un peu différentes de celles des espèces connues [ Johnston¬
mawsonia coelorhynchi (Johnston et Mawson, 1945) ; J. murenophidis Campana-Rouget,
1955 ; J. sinipercae (Dogiel et Achmerov, 1959) ; J. africana Moravec et Puylaert, 1970 ;
J. campanae Puylaert, 1973], mais, en l’absence de mâle nous préférons ne pas créer de
nouvelle espèce.
CONCLUSION
La faune des Poissons d’eau douce de la Guadeloupe, ainsi que celle des autres îles
antillaises, est constituée d’espèces euryhalines (en particulier, les Mugilidae et les Eleo-
tridae sont en réalité des familles marines dont certains représentants entrent en eau douce)
et le peuplement s’est effectué par voie maritime (voir Bauchot, 1959).
Ceci explique deux propriétés de la faune de Nématodes de ces Poissons :
— d’une part, elle ne présente pas de caractères très originaux par rapport à celle
des régions voisines (autres îles antillaises, Rrésil) : en effet, sur les trois espèces que l’on
y rencontre le plus fréquemment, l’une, Spinitectus agonostomi, existe également dans
les rivières de Cuba et les deux autres, Spirocamallanus dessetae et Cucullanus caballeroi
(voir Petter, 1976), sont voisines d’espèces brésiliennes.
— d’autre part, l’une des espèces, Spirocamallanus dessetae, appartient à un groupe
d’espèces qui est essentiellement parasite de Poissons de mer.
NÉMATODES DE POISSONS
169
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Achevé d'imprimer le 30 avril 1977.
Description d’un Nématode parasite du Buffle africain :
Oeiophagostomum ( Proteracum ) synceri n. sp.
par P. M. Troncy et J. Tuai.*
Résumé. - Les auteurs décrivent un nouveau Nématode du genre Oesophagostomum, récolté
chez le Buffle d’Afrique. Son caractère spécifique le plus saillant est une capsule buccale ellip¬
tique.
Abstract. — The authors describe a new Nematode of the genus Oesophagostomum, from
the african Buffalo. Its most important spécifie character is an elliptical oral aperture.
Au cours de l’étude des Hel minthes récoltés chez les animaux de la faune cynégétique
en République Centrafricaine et au Tchad, un nouvel Œsophagostorne, dont la description
est donnée ci-dessous, a été rencontré chez quatre Buffles (sur quatre-vingt autopsies).
C’est la première fois que le Buffle d’Afrique est reconnu porteur d'Œsophagostomes.
Oesophagostomum (Proteracum) synceri n. sp.
Hôte : Bubalus ( Syncerus) cafler aequinoxialis (Sparman, 1779).
Origine : République Centrafricaine : 3 animaux (coordonnées IBAH 1 des récoltes : 20.7.C.b, ;
24.5.A.d. ; 24.5.C.b.). Tchad. : 1 animal (coord. : 19.9.A.b.).
Localisation : gros intestin.
Matériel : Pour la RCA, 17 mâles et 29 femelles. Pour le Tchad, 2 femelles.
Description
Ver de taille moyenne, atténué aux extrémités. La partie céphalique est isolée du
reste du corps par un sillon. La capsule buccale est elliptique ; elle mesure en moyenne
60 p. dans le grand axe et 40 p dans le petit axe (dimensions internes). Sur le cycle externe,
il y a 31-32 éléments coronulaires. Sur le cycle interne, il y a le même nombre d’éléments
coronulaires, épais, petits, en forme de fer à cheval (ou, si Ton veut, 62-64 éléments soudés
à leur hase deux par deux) (fig. 1, C). Le canal de la glande œsophagienne dorsale est bien
marqué et s’ouvre aux 2/3 de la capsule buccale. Le sillon cuticulaire ventral est dans la
première moitié de la partie œsophagienne. L’anneau nerveux et les deirides sont un peu
* P. M. Troncy, Laboratoire de Farcha, B.P. 433, N’Djamena, Tchad.
J. Thaï., J EM VT, 10, rue Pierre-Curie, 94/00 Maisons-Alfort.
1. Coordonnées de l’International Bureau of Animal Health, définies par des carrés ayant pour bases
la longitude et la latitude du lieu considéré.
174
P. M. TRONCY ET J. THAL
Fig. 1. — A, extrémité antérieure, vue ventrale ; B, extrémité antérieure, vue latérale ; C, vue apicale
D, femelle, extrémité postérieure, vue ventrale ; E, femelle, extrémité postérieure, vue latérale ; I
mâle, bourse caudale ; G, mâle, détail de la côte dorsale ; H, mâle, cône génital ; I, gubernaculum
J, extrémités antérieure et postérieure des spiculés.
A, B, E, F : écb. 200 p ; C, G, H, T : éch. 50 p ; D : éch. 300 p ; J : éch. 100 p.
NÉMATODE PARASITE DU BUFFLE AFRICAIN
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au-delà. Latéralement, le sillon cuticulaire ne dépasse pas la moitié transversale du corps
(fig. 1, B). Ailes latérales larges (90 à 100 p) et se terminant, chez la femelle, entre vulve
et anus (fig. 1, D). Œsophage long, se dilatant légèrement à sa base ; à son origine se trouve
un infundibulum constitué de trois épaississements musculaires trilobés (fig. 1, A).
Chez le mâle, le gubernaculum est petit et très fin (fig. 1, I). Les spiculés sont égaux,
a ies depuis leur extrémité antérieure jusqu’à environ 100 p de leur extrémité distale (fig. 1,
J). La bourse caudale n’a pas de caractère marquant (fig. 1, F). Chez la femelle, le vagina
vera est très court ; la vulve est proéminente sur un bourrelet circulaire. Les œufs intra-
utérins sont de dimensions très variables : de 70 p sur 40 p à 210 p sur 80 p suivant les
spécimens.
Mâle holotype
Longueur totale : 13,3 mm ; largeur maximale : 320 p. Profondeur de la capsule buc¬
cale : 30 p ; largeur de cette capsule dans son plus grand diamètre : 55 p. Distances par
rapport à l’apex : du sillon cuticulaire ventral et du pore excréteur : 250 p : de l’anneau
nerveux : 320 p ; des deirides : 300 p. Longueur de l’œsophage : 800 p, dont infundibulum :
40 p ; largeur maximale de l’œsophage : 140 p. Longueur du gubernaculum : 90 p ; longueur
des spiculés : 710 p ; longueur de la bourse caudale : 290 p.
Femelle allotype
Longueur totale : 15 mm ; largeur maximale : 350 p. Profondeur de la capsule buccale :
35 p ; largeur de cette capsule dans le plus grand diamètre : 55 p. Distances par rapport
à l’apex : du sillon cuticulaire ventral et du pore excréteur : 250 p ; de l’anneau nerveux :
310 p ; des deirides : 280 p. Longueur de l'oesophage : 910 p, dont infundibulum : 50 p ;
largeur maximale de l’œsophage : 150 p. Distance par rapport à la pointe caudale : de la
vulve : 640 p ; de l’anus : 250 p ; des phasmides : 85 p. Longueur du vagina vera : 70 p ;
du vestibule : 230 p ; des sphincters : 40 p ; des trompes : 190 p. Les œufs intra-utérins
mesurent en moyenne 130 p sur 60 p.
Discussion
Cet Helminthe est un Oesophagostomum typique. Le genre a été revu dernièrement
par A. G. Chabaud et M.-C. Durette-Desset qui refusent les sous-genres Hudsonia et
Pukuia de Le Roux (1940), mais estiment valides les sous-genres suivants : Oesophagos¬
tomum, Hysteracrum, Proteracrum, Bosicola, Conoweberia, Ihleia et Lerouxiella. En suivant
cette nomenclature, notre matériel se rattache au sous-genre Proteracrum R. et H., 1913 :
spiculés courts, vagina vera court, deirides antérieures. Ce sous-genre est formé de six espèces :
O. (P.) columbianum Curtice, 1890 ; O. ( P .) africanum Mônnig, 1932 ; O. ( P .) roscoei Le
Roux, 1940 ; O. (P.) walkeri Mônnig, 1932 ; O. (P.) multifoliatum Daubney et Hudson,
1932 ; O. ( P .) lechwei Le Roux, 1940. Chez toutes ces espèces, l’ouverture buccale est cir¬
culaire : pour cette raison même notre matériel en diffère. En outre, seules deux d’entre
elles ont un nombre d’éléments coronulaires comparables sur la corona radiata ; ce sont
O. africanum et O. multifoliatum. Mais chez O. africanum les spiculés sont très petits (170 p
176
P. M. TRONCY ET J. THAL
à 200 ji.) 1 ; et chez O. multifoliatum la distance vulve-pointe caudale est nettement plus
grande que chez nos spécimens.
Pour toutes ces raisons, nous pensons que notre matériel constitue une espèce nouvelle,
que nous proposons de désigner Oesophagostomum ( Proteracrum ) synceri n. sp., en raison
de son hôte. Les spécimens-types sont conservés au Laboratoire de Zoologie (Vers) du
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, sous le numéro 832 HA.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Chabaud, A. G., et M. C. Duhette-Dessf.t, 1973. — Description d’un nouveau Nématode Œso-
phagostome, parasite d ’Hyemoschus au Gabon et remarques sur le genre Oesophagostomum.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 184, Zool. 123 : 1415-1424.
Daubney, R., et J. R. Hudson, 1932. — Oesophagostomum multifoliatum n. sp., an undescribed
nematode from sheep and goats. Parasitology, 24 (2) : 265-267.
Le Roux, P. L., 1940. — On the division of the genus Oesophagostomum Molin, 1861, intc sub-
genera and the création of a new genus for the Œsophagostomes of the wart-hog. J. Hel-
minth., 2 (3) : 135-148.
Mônnig, H. O., 1932. — New strongylid nematodes of antelopes (preliminary notes). Jl S. Afr.
vet. med. Ass., 3 (4) : 171-175.
Manuscrit déposé le 3 mars 1976.
1. Le Roux (1940) indique des dimensions nettement plus grandes pour les spécimens qu’il a observés.
L'ensemble de son texte semble toutefois montrer qu’il y a eu confusion d’espèces.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 428, janv.-févr. 1977,
Zoologie 298 : 173-176.
Achevé d'imprimer le 30 avril 1977.
imprimerie nationale
7 564 001 5
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et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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