BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
346
N' 497 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1977
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Hallé.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser ;
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geofïroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1977
Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F,
Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 497, novembre-décembre 1977, Zoologie 346
Occitanobisium coiffaiti n. gen. n. sp. de Pseudoscorpions
(Arachnides, Neobisiidae, Neobisiinae)
du département de l’Hérault, France
par Jacqueline Heurtault *
Résumé. — Un genre nouveau de Pseudoscorpions Neobisiidae, Neobisiinae est décrit du
département de l’Hérault. Il se caractérise : par la petite taille des spécimens, un diagramme tricho-
bothriotaxique dans lequel st, t du doigt mobile sont accolées au milieu du doigt, un flagelle chéli-
cérien de 8 soies dont 7 sont dentelées et égales, la 8 e plus petite et simple, une soie subterminale
tarsale simple. Chez la femelle, une paire de petites soies sur l’opercule génital, de chaque côté
de la plaque criblée médiane. Une clé de détermination des genres de Neobisiinae est donnée.
Abstract. — À new Neobisiinae genus (Pseudoscorpion, Neobisiidae) from Hérault (France)
is described. It can be separated from other généra by the small size of the specimens, by the
trichobothrial diagram (st near to t, occuring medially on the movable fînger), by the cheliceral
flagellum with 8 setae, 7 of whieh are dentale and equal ; the last one being smaller and acute ;
subterminal tarsal seta acute. In the female, a pair of small setae on the génital operculum, on
both sides of the médian cribellate plate. A key to the Neobisiinae généra is given.
Matériel
Soixante et onze spécimens provenant de dix stations du département de l’Hérault,
dont l’une est souterraine.
Exemplaires montés en préparations et mesurés :
N° 2031 : Saint-Guilhem-le-Désert ; H. Coiffait coll., 11.1966 ; 5 ; 10 Holotype :
c? n° 5 ; allotype : $ n° 3.
N° 1734 : Poujols ; H. Coiffait coll. ; 28.III.1957 ; 1 4 N° 1332 : Mons ; H. Coif¬
fait coll. ; 27.III.1957 ; 9 tritonymphes, 4 deutonymphes. N° 1139 : La Tour-sur-Oeb ;
II. Coiffait coll., 28.III.1957 ; 1 Ç, 3 tritonymphes, 6 deutonymphes. N° 2170 : grotte
de Rien Ser, entre Minerve et Saint-Pons ; M. Bouillon coll. ; 1
Exemplaires conservés en alcool à 70°.
N° 1373 : Peyrefîché, H. Coiffait coll., 20.III.1955 ; 1 nymphe. N° 1387 : Sainte-Colombe ;
II. Coiffait coll., 20.III.1955 ; 1 nymphe. N° 2033 : Pegairolles de Brièges ; H. Coiffait
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d'Histoire naturelle, 61, rue de Buf/on,
75005 Paris.
497, 1
1122
JACQUELINE HEURTAULT
coll. ; XI.1965 ; 8 adultes. N° 1141 : Saint-Pons ; II. Coiffait coll., 28.111.1957 ; 1 <J,
2 $Ç, 3 nymphes. N° 2034 : Villeneuvette ; H. Coiffait coll., 11.V.1965 ; 1 nymphe.
N° 2032 : Mons, H. Coiffait coll., 6.V.1965 ; 3 nymphes. N° 2170 : grotte de Rien Ser,
entre Minerve et Saint-Pons ; M. Bouillon coll., 3 <3$, 5 ÇÇ.
Tous ces exemplaires se trouvent dans les collections du Muséum d’Histoire naturelle
de Paris.
OCCITANOBISIUM n. g.
Type du genre .— Occitanobisium coiffaiti n. sp. est dédiée à son inventeur : H. Coif¬
fait.
Répartition. — France : Hérault.
Diagnose. — Espèce peu colorée, de petite taille, pourvue d’une paire d’yeux (spécimens
épigés) ou aveugle (spécimens cavernicoles). Tubercule fileur arrondi au doigt mobile des chélicères.
Flagelle de 8 soies, dont 7 sont égales et dentelées, la 8 e plus petite et simple. 12 trichobothries aux
doigts des pattes-mâchoires : t accolée à st, au milieu du doigt mobile ; ib légèrement basale par
rapport à eb et esb ; une soie subterminale tarsale simple. Ces trois derniers caractères isolent vrai¬
ment le nouveau genre des autres genres de Neobisiinae.
Occitanobisium coiffaiti n. sp.
Description du mâle holotype
Céphalothorax à peine plus long que large et légèrement plus large postérieurement
qu’antérieurement, dépourvu d’épistome ; 2 taches oculaires ; 20 soies, dont 4 antérieures,
4 oculaires, 6 médianes et 6 postérieures (fîg. 1).
Formule tergale : 8.8.8.8.9.9.9.8.
Chélicères : doigt mobile pourvu d’un tubercule fileur arrondi ; 6 soies sur la main
{vt, vb, it, ist, ib, db), 1 soie galéale au milieu du doigt mobile. 13 dents aiguës au doigt mobile,
de tailles inégales ; 13 au doigt fixe, de taille croissant régulièrement en allant de la région
distale à la région basale. Flagelle de 8 soies, dont 7 sont plus ou moins égales et dentées
des deux côtés, la 8 e est plus petite et simple (fig. 5).
Hanches des pattes : 3 soies au processus maxillaire, 5 à la hanche de la patte-mâchoire,
6 à la hanche de la patte 1, 6 et 7 aux hanches des pattes 2, 4 et 5 aux hanches des pattes
3, 6 aux hanches des pattes 4 (fig. 2).
Région génitale et sternites : 9 soies sur l’opercule génital (fig. 17), 8 sur le sternite
3 {pgp), 1 petite soie au-dessus du stigmate antérieur, 6 soies sur le sternite 4, 1 petite soie
au-dessus du stigmate postérieur ; 9 soies sur le sternite 5, 6 sur le sternite 6, 8 sur le sternite
7, 9 sur le sternite 8, 9 sur le sternite 9, 10 sur le sternite 10, 8 sur le sternite 11. 4 petites
soies péri-anales, et 4 longues soies.
Quatre petites soies à l’intérieur de la chambre génitale ; sacs génitaux latéraux renflés
distalement et sac génital médian court, de forme utriculaire (fig. 16).
1124
JACQUELINE HELRTAUl.T
Fig. 5 à 7. — Occitanobisum coiflaiti n. gen., n. sp. : 5, chélicère gauche du r? holotype avec détails des dents
des doigts et du flagelle F (vl, vb : soies ventrales terminale, basale ; it, ist, ib : soies internes terminale,
sub-terminale, basale ; dt : soie dorsale terminale) ; 6, chélicère gauche de la tritonymphe ; 7, ché¬
licère gauche de la deutonymphe.
Pattes-mâchoires (fig. 8, 9, 10) : bien que beaucoup plus petites, leur allure rappelle
celle des pattes-mâchoires de Microcreagris cambridgei avec un fémur et une main légère¬
ment renflés sur la face interne. Tibia 2,0 fois plus long que large ; fémur 2,7 fois plus long
que large ; pince sans pédoncule 3,1 fois plus longue que large ; doigt à peine plus long que
la main.
Fig. 8 à 15. — Occitanobisium coiffaiti n. gen., n. sp. : 8, pince gauche du holotype ( t , st, sb, b : soies
terminale, subterminale, subbasale, basale ; il, ist, isb, ib : soies internes terminale, subterminale, sub¬
basale, basale ; et, est, esb, eb : soies externes terminale, subterminale, subbasale, basale) ; 9, fémur
et tibia de la patte-mâchoire gauche ; 10, pince droite en vue dorsale ; 11, détail des extrémités des doigts
de la pince droite ; 12, pince droite de la tritonymphe ; 13, fémur et tibia de la patte-mâchoire droite ;
14, pince droite de la deutonymphe ; 15, fémur et tibia de la patte-mâchoire droite.
1126
JACQUELINE HEURTAULT
Trente dents au doigt mobile et 26 au doigt fixe ; les 2 dents distales en crochet du doigt
mobile sont déportées sur la face latérale externe. Les dents suivantes, plus hautes que
larges, sont serrées, quadrangulaires ; elles s’agrandissent progressivement en allant vers la
base du doigt et deviennent plus larges que hautes ; la dernière dent basale a presque la
forme d’un demi-cercle. Le crochet distal du doigt mobile possède une petite dent accessoire
subbasale. Les dents distales du doigt fixe sont petites, serrées, quadrangulaires ; elles
s’agrandissent progressivement en allant vers la base du doigt. Dent inoculatrice typique
du doigt fixe des Neobisiidae. Nodus ramosus distal, au niveau de la 7 e dent du doigt fixe.
Trichobothries : les aréoles paraissent d’autant plus grosses que les pinces sont petites.
ib légèrement basale par rapport à eb et esb. est presque à hauteur de 1 1. La disposition
des trichobothries du doigt fixe rappelle celle de M. (Roncocreagris) carnbridgei ; par contre,
la disposition des trichobothries du doigt mobile est tout à fait originale avec t et st accolées
au milieu du doigt (fig. 8).
Pattes ambulatoires 4 (fig. 4) : soie tactile sur le tibia, le prétarse et le télotarse de la
patte 4. Fémur 2,5 fois plus long que large ; télotarse 1,4 fois plus long que le prétarse.
Griffes simples ; soie subterminale simple.
Dimensions (en mmJ du mâle holotype n° 5 de Saint-Guilhem-le-Désert : Corps : 1,375 ; céphalo¬
thorax : 0,337-0,300 ; pattes-mâchoires, fémur : 0,275-0,100 ; tibia : 0,225,0,112 ; main : 0,237 ;
doigt : 0,250 ; pince sans pédoncule : 0,475-0,150 ; patte 4, fémur : 0,250-0,100 ; tibia : 0,184-0,058 ;
prétarse : 0,075 ; télotarse : 0,109.
Description de la femelle allotype
Céphalothorax presque semblable à celui du <$, à peine plus long que large, avec 4 soies
antérieures, 4 oculaires, 6 médianes, 7 postérieures.
Formule tergale : 8.8.8.9.9.10.9.10.10.8.
Région génitale et sternites : 2 paires de petites soies sur l’opercule génital (pga) ;
2 plaques criblées latérales et 1 plaque criblée médiane plus grosse (fig. 18) ; 6 soies sur la
plaque génitale postérieure et 1 petite soie au-dessus du stigmate antérieur ; 6 soies sur le
sternite 4 ; 1 petite soie au-dessus du stigmate postérieur ; 11 soies sur le sternite 5 ; 12 sur
le sternite 6 ; 8 sur le sternite 7 ; 14 sur le sternite 8 ; 11 sur le sternite 9 ; 11 sur le sternite 10
et 9 sur le sternite 11 ; 4 soies beaucoup plus longues dans la région périanale.
Chélicères : tubercule fileur arrondi mais à peine plus proéminent que chez le $ ; même
chétotaxie que chez le <$ et même flagelle.
Hanches des pattes : 3 soies inégales au processus maxillaire, 5 à la hanche de la patte-
mâchoire ; 7 et 8 aux coxae 1 ; 5 et 6 aux coxae 2 ; 4 aux coxae 3 et 6 aux coxae 4.
Pattes-mâchoires : tibia 2 fois plus long que large, fémur 2,6 fois plus long que large,
pince sans pédoncule 2,8 fois plus longue que large, doigt légèrement plus court que la main
avec pédoncule. Les rapports longueur/largeur du tibia et du fémur sont donc les mêmes
à quelques centièmes près chez le $ holotype et la Ç allotype. Seule la pince semble légè¬
rement plus élancée chez le (J, ce qui est le cas des Neobisiidae connus.
Même diagramme trichobothriotaxique que chez le (J.
Trente-trois dents au doigt mobile ; 28 dents au doigt fixe. Comme chez le les deux
petites dents en crochets, distales, du doigt mobile sont déportées sur la face latérale externe
OCCITANOBJSIUM COIFFAITI N. GEN. N. SP. DE PSEUDOSCORPIONS
1127
du doigt et les suivantes, d’abord plus hautes que larges, deviennent progressivement plus
larges que hautes et plus grandes. Les dents sont régulières et serrées ; le crochet distal
t" ig. 16 à 18. — Üccitanobisium coif/aiti n. gen., n. sp. : 16, région génitale du holotype (atr : atrium, sgi :
sac génital latéral ; sgm : sac génital médian) ; 17, plaques génitales antérieure et postérieure dans la
région centrale ; 18, région génitale de la Ç allotype (pcm : plaque criblée médiane, pci : plaque criblée
latérale).
du doigt mobile est muni d’une petite dent accessoire. Nodus ramosus du doigt fixe distal
comme chez les autres Neobisiidae connus. Seule la petite dent subbasale du doigt fixe est
en forme de crochet ; les autres dents, en pavés, d’abord carrées, deviennent progressive-
1128
JACQUELINE HEURTAULT
ment plus larges que hautes et plus grandes en allant vers la base du doigt ; quelques granu¬
lations (non figurées sur les figures) à la base du doigt fixe, sur la face interne de la main.
Pattes ambulatoires un peu plus grandes que celles du mais avec les mêmes carac¬
téristiques.
Dimensions (en mm) de la femelle paratype n° 3 de Saint-Guilhem-le-Désert : Corps : 1,525;
céphalothorax : 0,400-0,375 ; pattes-mâchoires, fémur : 0,300-0,112 ; tibia : 0,250-0,125 ; main :
0,277 ; doigt : 0,268 ; pince sans pédoncule : 0,500-0,175 ; patte ambulatoire 4, fémur : 0,275-0,125 ;
tibia : 0,210-0,058 ; prétarse : 0,084 ; télotarse : 0,109.
Description de la tritonymphe paratype
Matériel : tritonymphe n° 5 de Mons ; coll. Muséum n° 1332.
Corps et céphalothorax non pigmentés. Céphalothorax légèrement plus large à l’arrière
qu'à l’avant. Pas d’épistome. Taches oculaires peu visibles. Six soies postérieures ; 4 anté¬
rieures, 4 oculaires, 4 moyennes : la formule chétotaxique cépbalothoracique est presque
achevée ; seules manquent 2 soies dans la région moyenne.
Formule tergale : 8.8.8.8.7.10.7.8.8. La formule définitive est donc déjà acquise au
moins par les 4 premiers tergites.
Chélicères : tubercule fileur arrondi, peu développé. Six soies sur la main et soie galéale
présente comme chez l’adulte. Flagelle à 7 soies, les 6 distales égales et dentelées, la petite
proximale simple. Une douzaine de dents au doigt fixe, les plus grosses, basales, orientées
vers l’arrière. Les dents croissent progressivement de taille de la région distale à la région
proximale. Treize dents au doigt mobile (fig. 6).
Hanches des pattes : 3 soies inégales au processus maxillaire ; 3 soies à la hanche de la
patte-mâchoire et à la hanche des pattes 1, 2 et 3 ; 4 soies à la hanche de la patte 4.
Pattes-mâchoires : fémur à pédoncule court, légèrement convexe sur la face interne,
2,2 fois plus long que large ; tibia à pédoncule court, 1,7 fois plus long que large ; main avec
pédoncule 1,7 fois plus longue que large ; doigt légèrement plus long que la main ; pince
sans pédoncule 2,7 fois plus longue que large (fig. 12 et 13).
La nomenclature des trichobothries du doigt fixe est aisée à établir : les 4 trichobothries
de la série externe sont apparues et, pour la série interne, seule isb n’est pas encore présente.
La nomenclature des soies du doigt mobile est beaucoup plus difficile. Nous nous référons
à la formule d’ordre d’apparition des trichobothries au cours du développement post¬
embryonnaire donnée par Vachon en 1964.
proto.
deuto.
trito.
Ad,
dm
t
b
st
s b
dfe
et, eh
est
es b
dli
i.sl
it, ib
Suivant cette formule, on admet que la soie entre b et t est : st, mais alors il faut admettre,
au cours de la dernière mue, un déplacement relatif des deux trichobothries : st et t puisque,
chez l’adulte (et c’est un caractère distinctif générique), t et st sont juxtaposées.
OCCITANOBISIUM COIFFAITI N. GEN. N. SP. DE PSEUDOSCORPIONS
1129
Vingt-cinq dents au doigt mobile, 19 au doigt fixe. Les dents distales petites et pointues
du doigt mobile sont déportées latéralement. Les suivantes, d’abord quadrangulaires,
s’aplatissent et s’agrandissent de plus en plus en allant vers la base du doigt. Distalement
et proximalement, elles sont serrées alors que, vers le milieu du doigt, elles paraissent légè¬
rement espacées. Les dents du doigt fixe également petites, pointues et serrées distalement,
deviennent de plus en plus grandes en allant vers la base du doigt.
Pattes ambulatoires : griffes et soies subterminales simples. Une soie plus longue sur
le tibia et le prétarse de la patte 4.
Dimensions (en mm) de la tritonymphe n° 5 de Mons : Corps : 0,900 ; pattes-mâchoires, fémur:
0,184-0,084 ; tibia : 0,184-,092 ; main avec pédoncule : 0,210-0,125 ; doigt : 0,175 ; pince sans pédon¬
cule : 0,350-0,125.
Description de la deutonymphe paratype
Matériel : deutonymphe n° 4 de la Tour-sur-Oeb.
Céphalothorax et corps non pigmentés. Taches oculaires non visibles sur les exemplaires
conservés en alcool. Céphalothorax plus large au bord postérieur qu’au bord antérieur.
Quatre soies antérieures, 4 oculaires, 4 moyennes, 6 postérieures.
Formule tergale : 6.6.6.6.7.7.7.8.7.8.
Chélicères : 5 et 6 soies sur la main (il y a asymétrie de la chétatoxie souvent constatée
chez les Neobisiidae). Soie galéale présente. Tubercule fileur arrondi. Dix dents au doigt
mobile ; une douzaine au doigt fixe. Six soies au flagelle : les 5 distales égales et dentelées,
la proximale plus petite, simple (fig. 7).
Hanches des pattes : processus maxillaire à 3 soies inégales. Hanches des pattes-
mâchoires à 2 et 3 soies ; 3 soies à la hanche de la patte 1 et à celle de la patte 2 ; 2 soies
à la hanche de la patte 3 ; 3 et 4 soies à la hanche des pattes 4.
Pattes-mâchoires : fémur à face interne convexe, 2,3 fois plus long que large. Tibia
presque ovoïde, à pédoncule très court, 2 fois plus long que large ; pince sans pédoncule
2,3 fois plus longue que large ; doigt aussi long que la main avec pédoncule (fig. 14 et 15).
Trichobothriotaxie : b et t sont présentes au doigt mobile ; au doigt fixe, ib très basal ;
ist, it existent pour la série interne ; la série externe est représentée par et, eb, est. Cette
formule correspond à la formule d’ordre d’apparition des trichobothries des Neobisiidae.
Vingt-deux dents au doigt mobile ; 16 au doigt fixe ; les 2 petites dents distales en cro¬
chet du doigt mobile sont déportées sur la face latérale externe. Les dents suivantes devien¬
nent de plus en plus hautes et de plus en plus larges en allant vers la base du doigt.
Pattes ambulatoires : patte 4 trapue, typique des Neobisiidae, avec une ligne de suture
entre le pré- et le télofémur à angle droit avec les bords de l’article. Soie subterminale et
griffes simples.
Dimensions (en mm) de la deutonymphe paratype : Corps : 0,675 ; pattes-mâchoires, fémur :
0,168-0,075 ; tibia : 0,151-0,075 ; main : 0,168 ; doigt : 0,168 ; pince : 0,302-0,109.
1130
JACQUELINE HEURTAULT
Dimensions des autres spécimens de O. coiffaiti
MONTÉS EN PRÉPARATIONS
1. Grotte de Rien Ser (entre Minerve et Saint-Pons)
Corps : 1,125
— pince :
0,500-0,175
Céphalothorax : 0,350
Patte-mâchoire,
Patte 4
— fémur
0,275-0,100
— fémur : 0,275-0,100
— tibia
0,210-0,050
— tibia : 0,250-0,112
— tarse 1
0,084
— main : 0,275-0,175
— tarse 2
0,117
— doigt : 0,250
Saint-Guilhem-le-Désert
Corps
5 <Sâ
1,150-1,375
10 $$
1,200-1,600
Céphalothorax
L
0,336-0,475
0,325-0,375
1
0,275-0,312
0,300-0,375
Pattes-mâchoires
— fémur L
0,275-0,277
0,250-0,300
1
0,100-0,112
0,100-0,112
P/ 1
2,5-2,7
2.2-2,7
— tihia L
0,218-0,250
0,210-0,250
1
0,112-0,125
0,125
L /1
2,0-2,1
2,0
— main L
0,260-0,285
0,268-0,275
1
0,150-0,162
0,157-0,175
L/l
1,5-1,7
1,4-1,7
— doigt L
0,250-0,260
0,250-0,275
— pince sans
pédoncule L
0,462-0,475
0,475-0,504
l
0,150-0,162
0,157-0,175
L/l
2,9-3,1
2,7-3,0
Pattes 4
— fémur L
0,218-0,277
0,235-0,275
1
0,05-0,117
0,100-0,125
P/l
2,3-2,5
2,0-2,7
— tibia L
0,151-0,210
0,193-0,210
1
0,042-0,060
0,058-0,060
L/l
3,2-4,2
3,0-3,5
— prétarse L
0,075-0,084
0,075-0,084
— télotarse L
0,109-0,117
0,075-0,117
Poujols
Corps J,
1 cî 4 $9 1 trito
1,00 1,075-1,700 0,850
OCCITANOBISIUM COIFFAITI N. GEN. N. SP. DE PSEUDOSCORPIONS
1131
Céphalothorax
L
0,325
0,325-0,475
0,275
1
0,300
0,300-0,450
0,275
Pattes-mâchoires
— fémur I.
0,275
0,275-0,300
0,225
1
0,100
0,100-0,105
0,080
h/l
2,7
2,5-3,0
2,8
— tibia L
0,250
0,250-0,350
0,175
1
0,125
0,112-0,175
0,100
L/l
2,0
1,7
— main L
0,250
0,262-0,375
0,225
1
0,150
0,150-0,175
0,137
L/i
1,8
1,5-1,6
1,6
— doigt L
0,275
0,250-0,275
0,225
— pince sans
pédoncule L
0,475
0,475-0,525
0,400
1
0,150
0,150-0,175
0,137
L/l
3,1
2,7-3,0
2,9
4. La Tour-sur-Oeb
¥
3 trito
5 deuto
Corps
1,100
0,675-1,300
0,500-0,675
Pattes-mâchoires
— fémur L
0,275
0,225
0,117-0,168
1
0,100
0,100
0,062-0,075
L/l
2,7
2,2
1,5-2,3
— tibia L
0,250
0,175-0,210
0,092-0,151
1
0,125
0,100
0,050-0,075
L/l
2,0
1,7-2,1
1,5-2,0
— main L
0,275
0,218-0,225
0,159-0,168
1
0,150
0,137
0,075-0,112
L/l
1,8
1,5-1,6
1,5-1,7
— doigt L
0,275
0,210-0,225
0,134-0,168
— pince sans
pédoncule L
0,500
0,375-0.425
0,268-0,319
1
0,150
0,137
0,075-0,112
L/l
3,3
2,7-3,0
2,3-2,9
5. Mons
10 trito 4 deuto
Corps
Pattes-mâchoires
L
0,650-1,300
0,700-0,800
— fémur
L
0,184-0,218
0,151-0,168
1
0,084-0,092
0,067-0,075
L/l
2,2-2,6
2,2
— tibia
L
0,175-0,193
0,125-0,134
1
0,087-0,100
0,062-0,075
L/l
1,7-2,0
1,6-2,0
— main
L
0,210-0,225
0,151-0,168
1132
JACQUELINE HEURTAULT
0 , 100 - 0,112
1,5
0,151
1 0,125-0,137
L/l 1,6-1,7
— doigt L 0,175-0,210
— pince sans
pédoncule L 0,275-0,400 0,300-0,350
1 0,100-0,137 0,100-0,125
L/l 2,0-3,0 2,6-3,0
Remarques
Le genre Occilanobisium possède les caractères distinctifs des Neobisiinae, exception
faite du caractère : forme de la soie subterminale des tarses.
Les Neobisiinae comprennent actuellement neuf genres :
— Roncus C. L. Koch, 1873 : Europe, Afrique du Nord, Asie.
— Neobisiurn J.-C. Chamberlin, 1930 : Europe, Asie, Afrique du Nord, Amérique du
Nord.
— Microbisium J.-C. Chamberlin, 1930 : Europe, Asie, Amérique du Nord.
— Parobisium J.-C. Chamberlin, 1930 : Japon, Amérique du Nord.
— Afrobisium M. Beier, 1932 : Afrique tropicale orientale.
— Paedobisium M. Beier, 1939 : Espagne.
— Nooobisium W. B. Muchmore, 1967 : Amérique du Nord.
— Roncobisium M. Vachon, 1966 : France.
— Simonobisiurn Heurtault, 1974 : France.
M. Vachon (1964), puis M. Vachon et P. D. Gabbutt (1964) ont révisé les genres
Neobisiurn et Roncus, trouvant des caractères distinctifs permettant de mieux différencier
en particulier les sous-genres cavernicoles : Blothrus et Parablothrus. Ces caractères géné¬
riques sont : la structure du flagelle chélicérien et le diagramme trichobothriotaxique.
W. B. Muchmore (1967, 1968), de même, sépare les genres Parobisium et N ovobisium d’après
la structure du flagelle, le diagramme trichobothriotaxique et la chétotaxie de la région
génitale. Personnellement, nous avons créé le genre Simonobisiurn en faisant appel aux mêmes
caractères et élevé le sous-genre Roncobisium au rang de genre par l’existence d’un caractère
exceptionnel : la présence de dents accessoires aux doigts des pinces. S’ils nécessitent égale¬
ment une révision, les genres Microbisium, Afrobisium, Paedobisium semblent mieux carac¬
térisés par une trichobothriotaxie « néoténique » ou néobothriotaxie minorante (Vachon,
1973). Nous pouvons dès à présent proposer la clé de détermination générique suivante :
1. — 12 trichobothries aux doigts des pattes-mâchoires de l’adulte (8 au doigt fixe, 4 au doigt
mobile) . 4
— Moins de 12 trichobothries aux doigts des pattes-mâchoires. 2
2. — 7 trichobothries au doigt fixe et 3 au doigt mobile. Microbisium
— Moins de 7 trichobothries au doigt fixe. 3
3. — 6 trichobothries au doigt fixe et 2 au doigt mobile. Paedobisium
— 6 trichobothries au doigt fixe et 3 au doigt mobile. Afrobisium
4. — Le groupe basal de trichobothries du doigt fixe des pattes-mâchoires composé de 4 soies ;
au moins une soie du flagelle plus petite que les autres. 5
OCCITANOBISIUM COIFFAITI N. GEN. N. SP. DE PSEUDOSCORPIONS
1133
— Le groupe basal de trichobothries du doigt fixe des pattes-mâchoires composé de 5 soies ;
toutes les soies du flagelle presque égales et toutes dentelées ; soie distale renflée à la base
Parobisium
5. — Une seule série de dents aux doigts des pattes-mâchoires. 6
— Des dents accessoires aux doigts des pattes-mâchoires. Roncobisium
6. — eb, esb proches l’une de l’autre, séparées tout au plus par 1 diamètre aréolaire. Flagelle avec
une soie distale renflée à la base ; seules les 2 soies distales sont dentées ; une ou plusieurs
petites soies proximales isolées ; soies décroissant régulièrement de taille de la subdistale
à la proximale. Neobisium
— Trichobothries eb et esb séparées par plus d’un diamètre aréolaire ; soie distale non renflée
à la base ; plus de 2 soies dentées ; soies du flagelle presque égales, sauf la proximale, plus
petite . 7
7. — Une paire d’yeux (espèce épigée). Au moins toutes les grandes soies du flagelle dentées. 8
—- Deux paires d’yeux (espèce épigée) ; seulement une partie des soies flagellaires dentée. . 9
8. — Flagelle à soies croissant en taille de la région distale à la région proximale ; les 4 soies
distales dentées, sb plus près de b que de st . Nocobisiurn
— Soies du flagelle (sauf la proximale plus petite) pratiquement égales. Les 3 soies distales den¬
tées. sb à mi-distance de b et st . Simonobisium
9. — La soie proximale du flagelle simple ; ( et st accolées au milieu du doigt mobile ; soies sub¬
terminales simples . Occitanobisium
— La soie proximale du flagelle dentée ; t et st du doigt mobile nettement séparées et dans la
moitié distale du doigt. Soies subterminales dentées. Roncus
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 25 juin 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 497, nov.-déc. 1977,
Zoologie 346 : 1121-1134.
Achevé d’imprimer le 28 avril 1978.
IMPRIMERIE NATIONALE
7 564 004 5
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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