BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
347
N° 498 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1977
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Halle.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geofïroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1977
Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F.
Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 498, novembre-décembre 1977, Zoologie 347
Les Bodotria (Crustacea, Cumacea) des mers d’Europe
et des côtes occidentales de l’Afrique tropicale
par Pierre Le Lœuff et A. Intès *
Résumé. — Cette révision du genre Bodotria de l’Atlantique nord-oriental et du golfe de Guinée
a permis de recenser 14 espèces dont quatre nouvelles. Une étude biométrique confirme la diffé¬
renciation spécifique entre Bodotria scorpioides et Bodotria arenosa mediterranea. Une clef des
espèces est proposée.
Abstract. — This review of the genus Bodotria in the north-east Atlantic and thegulf of Guinea
traced 14 species among which four are new ones. A biométrie study confirms the spécifie diffé¬
rence between Bodotria scorpioides and Bodotria arenosa mediterranea. A key of the species is
proposed.
Origine du matériel examiné
La collection de Cumacés de Côte d’ivoire, objet d’une précédente étude (Le Lœuff
et Intès, 1972), comportait un Bodotria que nous avons rapproché de Bodotria africanci
Zimmer, 1920, la détermination restant douteuse car les spécimens (1 q, 1 Ç), rencontrés
dans l’estomac du poisson Cephalacanthus volitans, n’étaient pas en parfait état.
Nous avons alors demandé et obtenu du Zoologische Muséum de Copenhague le prêt
d’échantillons récoltés par F « Atlantide » devant Bathurst et identifiés également à B. afri-
cana. Conclusion de l’étude comparée : les individus de Côte d’ivoire étaient très probable¬
ment des B. africana mais ceux de F « Atlantide » appartenaient sans nul doute à une autre
espèce, proche mais bien distincte ; elle figure dans notre clef des Bodotria ouest-Africains
de 1972 sous le nom de Bodotria sp., dans l'attente d’une étude plus approfondie.
Par la suite il est apparu que cette espèce indéterminée était extrêmement voisine du
Bodotria scorpioides (Montagu, 1804) des mers d’Europe, voire identique.
Nous avons alors décidé de réunir tout le matériel ouest-africain déterminé sous le nom
de B. africana ainsi que des spécimens de B. scorpioides et des sous-espèces voisines, Bodo¬
tria arenosa arenosa Goodsir, 1842 et Bodotria arenosa mediterranea Steuer, 1936.
Telle est l’origine de ce travail qui s’appuie donc sur l’examen de plus de 400 Cumacés
appartenant aux collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, du British
Muséum, du Zoologische Muséum de Copenhague et à la collection personnelle du Dr.
N. S. Jones, auxquelles sont venues s’ajouter quelques récoltes récentes de Côte d’ivoire
notamment celles de D. Binet, planctonologue au C.R.O. d’Abidjan, au cours de traits
de nuit.
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes ), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue de Buffon,
75005, Paris.
498 , 1
1138
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Nous tenons à adresser nos plus vifs remerciements au Pr. J. Forest du Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris, à Miss J.-P. Ellis du British Muséum et au Dr. T. Wolff du Zoologische
Muséum de Copenhague pour avoir mis à notre disposition tout ce précieux matériel. Nous sommes
particulièrement reconnaissants au Dr. N. S. Jones, de la Station de Biologie Marine de Port Erin
de nous avoir donné accès à ses collections personnelles, et de nous avoir fait profiter de sa grande
expérience de la faune des Cumacés tout au long de cette étude.
Compte-rendu systématique
A l’origine le compte-rendu systématique devait se rapporter essentiellement aux récoltes
ouest-africaines puisque le matériel européen était censé être bien connu pour servir unique¬
ment à titre de comparaison. Mais son examen attentif a permis de séparer deux formes
distinctes du Bodotria scorpioides typique et une forme différente de B. arenosa arenosa
et de B. arenosa mediterranea. Il nous a paru également intéressant, étant donné le nombre
important d’individus mâles examinés de B. scorpioides et B. arenosa mediterranea d’entre¬
prendre une petite étude biométrique comparative de ces deux espèces. Enfin, une clef
des Bodotria ouest-africains et européens est proposée qui diffère assez sensiblement de celle
de 1972 et s’efforce de suivre un certain ordre systématique naturel.
Les nouvelles récoltes de Côte d’ivoire comptent une femelle de B. africana en parfait
état qui a pu être figurée, complétant ainsi la connaissance systématique de l’espèce, la
description de Zimmer ne portant que sur le mâle. Cette mise au point s’avère particulière¬
ment utile car nous nous sommes aperçus que, mis à part les précédents spécimens de Côte
d’ivoire, aucun des Bodotria ouest-africains identifiés à B. africana n’appartient en fait
à cette espèce. La plupart sont des B. scorpioides. Mais nous avons également rencontré,
dans les collections du Muséum déterminées par Fage, des Bodotria lata Jones, 1956 et
une espèce récoltée par la « Melita » au Sénégal et que nous décrivons comme nouvelle sous
le nom de B. laeoigata sp. nov. Par contre d’autres récoltes du Sénégal sont correctement
identifiées par Fage sous le nom de B. scorpioides. Le matériel ivoirien comprend également
une autre espèce nouvelle, Bodotria bineti sp. nov., un deuxième exemplaire mâle de Bodo¬
tria cribaria , Le Lœuff et Intès, 1972, et un mâle et une femelle de Bodotria pulchella
(G. O. Sars, 1879).
En Méditerranée, dans les pêches au feu effectuées par Fage à Banyuls de 1909 à 1914,
nous avons pu isoler, parmi de nombreux individus typiques de Bodotria arenosa mediterranea,
quelques mâles très proches de cette espèce présentant un certain nombre de caractères
particuliers et constants. Il en est de même, mais par rapport à Bodotria scorpioides, pour
des mâles de Concarneau provenant de pêches au feu entreprises également par Fage de
1922 à 1925. La forme de Méditerranée ne sera pour l'instant pas nommée, l’examen de
matériel supplémentaire, notamment de femelles, paraissant nécessaire. Mais nous pensons
qu’il est souhaitable de définir une espèce nouvelle, Bodotria armoricana sp. nov. pour les
échantillons de Concarneau, de même que pour des exemplaires mâles et femelles provenant
de Méditerranée orientale (Port Saïd) nommés Bodotria intermedia sp. nov. et présentant
un certain nombre de caractères qui rappellent B. scorpioides tandis que d’autres les rappro¬
chent de Bodotria gibba (G. O. Sars, 1879).
Les holotypes des espèces nouvelles sont déposés au Muséum national d’Histoire natu¬
relle de Paris.
1140
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Bodotria laevigata sp. nov.
(Fig- 1)
Bodotria africana, Fagf., 1928 : 331.
Matériel examiné : Campagnes de la goélette « Melita » (1889-1890), Rufisque (Séné¬
gal), faubertage, collection Chevreux, 14 <$, 3 Ç, 2 juv.
Description
La femelle adulte choisie pour holotype mesure 4,6 mm de longueur totale pour une
longueur de carapace de 1,1 mm.
La carapace a une largeur comprise 1,7 fois dans la longueur et assez nettement infé¬
rieure à la hauteur. Sa face dorsale est bombée et ne présente de trace de carène médiane
que dans la région antérieure et près du bord postérieur sous la forme d’une légère protu¬
bérance ; vers le milieu, de part et d’autre de l’axe antéro-postérieur une dépression assez
marquée est visible. Aucune carène dorso-latérale ne sépare le dos des faces latérales. Le
pseudorostre est tronqué. L’encoche antennaire est arrondie avec un angle antérolatéral
aigu. Le lobe oculaire présente une tache pigmentaire ovale mais les ocelles ne sont pas
visibles.
Les segments thoraciques libres possèdent des épinières individualisés. Une carène dor¬
sale médiane existe sur les segments 2, 3 et 5.
Les segments de l'abdomen sont également pourvus d’une carène dorsale étroite, peu
élevée qui va s’affaiblissant du premier au 5 e segment.
L’article proximal des pédonculaires antennulaires est un peu plus long que la somme
des deux suivants. Le prolongement du basis du maxillipède 3 atteint presque l’extrémité
du mérus ; le dactyle est légèrement plus long que le propode.
Le basis du péréiopode 1 est de plus d’un tiers de sa longueur plus grand que la somme
des autres articles. Le dactyle est légèrement plus long que le propode et d'un tiers plus
court que le carpe.
La longueur du basis du péréiopode 2 est légèrement supérieure à celle de l’ensemble
des articles suivants parmi lesquels l’article distal (propode) est égal au mérus et légèrement
plus long que le carpe lui-même égal à l’ischion.
Le péréiopode 3 est un peu plus long que le p2 mais son basis est plus court que la somme
des articles suivants ; de p3 à p5 on assiste d’ailleurs à une réduction progressive du basis,
la proportion des autres articles restant inchangée avec un ischion très court, un carpe et
un mérus plus allongés sensiblement égaux entre eux et légèrement plus longs que le propode,
auquel fait suite un dactyle réduit.
La longueur des uropodes est nettement supérieure à celle des deux derniers segments
de l’abdomen. Les pédoncules sont environ deux fois plus longs que les rames uropodiales.
La rame interne est indivise, ornée sur le bord interne de quatre épines également fortes,
et se termine par deux épines apicales inégales. La rame uropodiale externe, légèrement
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1141
plus longue, porte une demi-douzaine de soies plumeuses internes et deux épines apicales
dont la plus longue est comprise deux fois et demie dans la longueur totale de la rame.
Le mâle adulte figuré fait 3,8 mm de longueur totale avec une carapace de 0,9 mm.
Comme tous ceux du prélèvement il est donc nettement plus petit que les femelles. Par
rapport à la femelle on observe une atténuation des carènes des segments thoraciques, celles
des segments de l’abdomen n’étant, pratiquement plus visibles. Mais la différence morpho¬
logique la plus importante concerne la rame uropodiale interne où persiste la division en
deux articles, l’article proximal présentant sept épines internes devenant distalement de
plus en plus fortes. Par ailleurs le pédoncule de l'uropode est muni côté interne d’une dou¬
zaine de courtes soies barbues et de huit soies plumeuses plus longues et plus souples.
Discussion
Le seul Bodotria de l’Atlantique oriental dépourvu de carènes dorso-latérales est
Bodotria magna Zimmer, 1920, décrit d’après un seul exemplaire femelle récolté dans le sud
de l’Angola. Mais cette espèce possède un tégument fortement sculpté de réticulations,
d’alvéoles et de tubercules. Par ailleurs la rame interne de l’uropode est à deux articles et
l’abdomen possède de véritables épinières. Bodotria glabra Jones, 1955, récolté dans le
courant du Benguela par 20°S, possède également une rame uropodiale interne indivise
chez la femelle (on ne connaît pas le mâle) mais de nombreux caractères la distinguent de
B. laevigata ; citons la présence de faibles carènes latérales qui n’atteignent pas le bord
postérieur de la carapace, le nombre d’épines plus élevé (6) de la rame uropodiale interne,
les proportions des uropodes.
Bodotria bineti sp. nov.
(Fig- 2)
Matériel examiné : Grand Bassam (Côte d’ivoire), 5°05,7'N-3°49'W, fonds de 55 m,
20 juin 1972, trait oblique nocturne au filet Miller (Mn 121), « Beine Pokou », D. Binet
coll., 30 (J, 1 Ç. Même station, 3 et 4 mai 1973, quatre traits obliques nocturnes au filet
Miller, « Beine Pokou », D. Binet coll., Mn 157, 4 (J, 1 juv. ; Mn 161, L juv. ; Mn 165, 14
15 Ç ; Mn 166, 1 juv.
Description
Le mâle adulte, choisi comme holotype parmi les spécimens du trait Mn 165, mesure
4,4 mm de longueur totale avec une longueur de carapace de 0,9 mm.
La largeur de la carapace est égale aux 3/4 de la longueur et est de peu supérieure à la
hauteur. La face dorsale est légèrement bombée et ne présente pas trace de carène médiane ;
il existe, comme chez la plupart des espèces du genre, une paire symétrique de faibles dépres¬
sions médio-latérales. Une carène dorso-latérale bien marquée sépare nettement le dos
et le côté de la carapace sur toute sa longueur ; cette carène présente la particularité d’être
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1143
denticulée du niveau du lobe oculaire à celui de la dépression médio-dorsale ; les denticules,
à pointe tournée vers l’avant, sont au nombre d’une douzaine. Sur la face latérale, débutant
vers l’avant sous l’encoche antennaire, un pli longitudinal vigoureux court sur presque
toute la longueur pour venir rejoindre vers l’arrière, en s’incurvant, la carène dorso-latérale ;
ce pli et la carène limitent ainsi une longue dépression latérale supérieure. Le pseudorostre
est court et tronqué. L’encoche antennaire est marquée avec un angle antéro-latéral aigu.
Les taches pigmentaires apparaissent sous le lobe oculaire.
Les segments thoraciques libres possèdent des épimères bien développés : ceux des 4 e et
5 e segments sont très caractéristiques car chacun développe à l’angle antéro-supérieur une
forte dent spiniforme, courbe, à pointe dirigée vers l’avant ; seul le 4 e segment présente une
petite carène dorsale.
Les trois premiers segments abdominaux sont également dépourvus de carène dorsale ;
elle apparaît très faiblement à l’arrière du 4 e segment et devient visible sur le 5 e .
L’article proximal du pédoncule antennulaire est aussi long que les deux autres réunis
qui sont sensiblement égaux entre eux.
Le prolongement du basis du maxillipède 3 atteint presque l’extrémité du mérus ;
le dactyle est égal au propode.
Le basis du péréiopode 1 est un peu plus long que l’ensemble des autres articles ; il
est muni de cinq fortes épines au milieu de son bord inférieur ; le propode est allongé, légè¬
rement plus grand que le carpe et nettement plus long que le dactyle.
Le basis du péréiopode 2 est sensiblement plus long que la somme des articles qui le
suivent ; le propode est légèrement plus court que mérus -|- ischion.
Les autres péréiopodes sont caractérisés par le raccourcissement du basis quand on va
de p3 à p5 et corrélativement par l’allongement du carpe qui devient ainsi, chez p5, égal
à la somme mérus-ischion.
La longueur des uropodes est légèrement supérieure à celle des deux derniers segments
abdominaux. Les pédoncules, un peu plus de deux fois plus longs que les rames, sont ornés
sur tout leur bord interne d’une douzaine de soies à barbules et, sur la moitié inférieure,
d’une douzaine également de courtes soies spinuleuses raides et barbues. La rame uropo-
diale interne est à deux articles ; le proximal porte sept épines côté interne et le distal se
termine par deux fortes épines inégales. L’article distal de la rame uropodiale externe est
orné de cinq soies plumeuses internes et de trois soies terminales lisses ; l’externe est très
discrète tandis que l’interne, la plus longue, a une longueur supérieure à la moitié de celle de
l’exopodite qui dépasse légèrement lui-même l’endopodite.
L’exemplaire de femelle adulte représenté appartient également au trait Mn 165.
11 mesure 4,0 mm de longueur totale pour une longueur de carapace de 0,8 mm. La femelle
diffère du mâle par les caractères suivants : la plus grande largeur de la carapace par rapport
à la longueur ; l’absence de carène médio-dorsale sur tous les segments du thorax et de l’abdo¬
men ; l’absence de dents spiniformes aux épimères thoraciques 4 et 5 ; la présence de trois
épines internes à l’article proximal de la rame interne de l’uropode et de deux petites épines
inféro-internes à l’article distal qui s’individualisent par rapport aux denticules présents
habituellement chez la plupart des espèces du genre et qui précèdent les deux fortes épines
distales.
498 , 3
1144
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTES
Discussion
A notre connaissance Bodotria bineli sp. nov. est la seule espèce du genre à posséder
des carènes dorso-latérales denticulées et, chez le mâle, des épinières aux segments thora¬
ciques 4 et 5 avec ces robustes dents spimformes si caractéristiques.
Bodotria lata Jones, 1956
Bodotria lata Jones, 1956 : 195.
Matériel examiné : Corée plage (Sénégal), 1 er au 22 mai 1953, Cadekat coll., 1
1 Ç ovigère.
Ces spécimens appartiennent au Muséum national d’Ilistoire naturelle, Paris, et font
sans doute partie des mêmes récoltes qui ont permis de décrire l’espèce. Ils ont été déter¬
minés, par Face probablement, sous le nom de Bodotria africana.
Rappelons que Bodotria lata se caractérise par une carapace large et plate avec une
carène dorso-latérale et un pli latéral bien marqué, par l'absence de toute carène médio-
dorsale et par un nombre élevé d’épines sur le bord interne de l’article proximal de l’endo-
podite de l’uropode, quatorze chez le mâle, huit chez la femelle.
Bodotria pulchella (G. O. Sars, 1879)
Cuma pulchella G. O. Sars, 1879 : 124 ; Bodotria pulchella, Fage, 19286 : 173 ; Fage, 1951 : 34 ;
ones, 1956 : 195.
Matériel examiné : Grand Bassam (Côte d’ivoire), 5°05,7'N-3°49'W, fonds de 55 m,
4 mai 1973, trait oblique nocturne au fdet Miller (Mn 165), « Reine Pokou », I). Binet coll.,
1 <?, 1 ?•
Ces deux Cumacés sont absolument identiques aux B. pulchella des mers d’Europe
avec lesquels ils ont pu être comparés. L’espèce est assez proche de B. lata mais s’en distingue
facilement par une carapace plus étroite et bombée, un nombre d’épines plus faibles à l’endo-
podite de l’uropode, et surtout par la présence de fortes épines courbes sur le bord concave
du p2.
Ces récoltes prolongent l’aire de distribution géographique de l’espèce vers le sud.
Notons également que B. pulchella n’avait encore jamais été signalé au-delà de 50 m de
profondeur.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1145
Bodotria cribaria Le Lœufï et Intès, 1972
Bodotria cribaria Le Lœuff et Intès, 1972 : 25.
Matériel examiné : Grand Bassani (Côte d’ivoire), 5°12,3'N-3°49,5'W, 20 m, 23 avril
1973, benne Smith-McIntyre, « Reine Pokou », Le Lœuff et Intès coll., 1
C’est le second spécimen connu de l’espèce. Le premier, également un mâle, avait été
dragué lui aussi devant Grand Bassani mais sur les fonds de 35 m.
Cette espèce est caractérisée par une carapace dépourvue de carène dorsale, des seg¬
ments thoraciques 3, 4, 5, très bas par rapport à la hauteur du second, un abdomen avec
une forte carène dorsale et des épinières bien marqués, un tégument bien calcifié à réticu¬
lation limitant des alvéoles.
Ajoutons que ce nouvel individu possède une rame uropodiale interne avec un article
proximal orné de huit épines sur le bord interne et un article distal avec deux épines internes
et deux épines terminales.
Bodotria africana Zi miner, 1920
(Fig- 3)
Bodotria africana Zimmer, 1920 : 118 ; Le Lœuff et Intès, 1972 : 25.
Matériel examiné : Grand Bassani (Côte d’ivoire), 5°9'N-3°49,5 , W, 30 octobre 1973,
benne Smith-Mclntyre, « Reine Pokou », Le Lœuff et Intès coll., 1 Ç ovigère.
C’est la première fois que la femelle de l’espèce est figurée. Comme nous l’avons déjà
souligné, un certain nombre de récoltes ouest-africaines ont été rapportées à B. africana
alors qu’il s'agit en fait de B. scorpioides, B. lata et B. laevigata.
S’il se distingue facilement des deux dernières espèces, B. africana est assez proche de
B. scorpioides comme le soulignait déjà Zimmer. On peut cependant le différencier par les
caractères suivants : la carapace a une face dorsale plus large, plus aplatie, à carène médiane
faible ; sa face latérale présente un pli longitudinal, moins marqué que chez B. lata et
B. pulchella mais très visible (ce pli existe parfois chez B. scorpioides mais il est toujours
très faible) ; les épinières des segments thoraciques sont plus nets, notamment chez la femelle
chez laquelle également des épinières sont visibles sur les premiers segments abdominaux ;
enfin et surtout le péréiopode 1 est tout à fait typique avec un dactyle et un propode très
allongés, le propode devenant même légèrement plus long que le carpe, et un basis plus court
que la somme des articles antérieurs (Zimmer écrit que le basipodite est un peu plus long
que la partie distale du pied, ce qui est en contradiction avec sa figuration).
1146
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Fig. 3. — Bodotria a/ricana Zimmer, 1920. Femelle ovigère : a, vue latérale >, 25 ; b, vue dorsale X 25;
c, maxillipède 3 X 75 ; d, péréiopode 1 X 75 ; e, rames uropodiales X 100.
Bodotria scorpioides (Montagu, 1804)
(Fig. 4 et 5)
Cancer scorpioides Montagu, 1804 : 70.
Cuma Edwardsii Goodsir, 1843 ; 123 ; G. O. Sars, 1899 ; 12.
Bodotria scorpioides, Fage, 1951 : 32.
Bodotria africana, Fage, 1950 : 450 ; Jones, 1956 ; 195.
Matériel examiné : Bathurst (Gambie), 24 avril 1946, chalut, « Atlantide », 2 1 $
ovigère.
Gorée-plage (Sénégal), 22 février 1950, Cadenat coll., 12 £ ; mai 1953, Cadenat
eoll., 4 (J ; février 1954, Cadenat coll., 3 <J, 1 $ ovigère.
1148
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Fig. 5. — Bodotria scorpioides (Montagu, 1804). Mâle : a, maxillipède 3 X 75 ; b, péréiopode 1 x 75 ;
c, péréiopode 2 X 75; d, péréiopode 3 X 75 ; e, péréiopode 4 X 75 ; f, péréiopode 5 X 75.
Le matériel africain a pu être comparé directement à des spécimens européens auxquels
ils correspondent parfaitement de même qu’aux figures données par G. O. Saks (1899)
pour Cuma Edwardsii Goodsir, 1843 = Bodotria scorpioides.
Rappelons que Bodotria scorpioides se distingue essentiellement de l’espèce voisine
Bodotria arenosa Goodsir, 1843 et de sa sous-espèce Bodotria arenosa mediterranea Steuer,
1936 par une rame uropodiale interne à deux articles et par le nombre plus élevé d’épines
au bord interne de cette rame chez le mâle (7 à 9). Les deux espèces présentent aussi des
différences importantes du point de vue de l’écologie. En Atlantique (communication per¬
sonnelle de N. S. Jones) comme en Méditerranée (Macquart-Moulin, 1968) Bodotria
scorpioides ne vit que par très petits fonds sur sable tandis que Bodotria arenosa peut être
rencontré jusqu’à 60 m de profondeur sur sable ou sable vaseux.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1149
Enfin, la petite étude biométrique qui suit le compte-rendu systématique et compare
des populations européennes de B. scorpioides et de B. arenosa mediterranea contribue encore
par ses conclusions à séparer ces espèces.
Il n’est pas inutile de signaler pour terminer que Macquart-Moulin (1968) donne
une bonne synonymie des deux Bodotria et que Fage, pensant qu’il n’existait qu’une seule
espèce, a donné dans sa faune de France des Cumacés (1951) des illustrations de B. scorpioides,
d’après G. O. Sars, (fig. 24 et 25) qui correspondent en fait à B. arenosa.
Bodotria armoricana sp. nov.
(Fig. 6)
Matériel examiné : Concarneau, 24 juillet 1922, pêche au feu C4, Fage coll., 1 $ ;
17 mai 1923, 3-4 m, pêche au feu C17, Fage coll., 3 <$ ; 4 août 1923, 2-4 m, pêche au feu
C22, Fage coll., 1 $ ; 4 août 1924, 3-4 m, pêche au feu C54, Fage coll., 1 <$.
Tous ces spécimens ont été séparés de récoltes déterminées sous le nom de Bodotria
scorpioides.
Description
Le mâle adulte figuré (holotype) fait partie de la pèche C17. Il mesure 6,1 mm de lon¬
gueur totale et sa carapace 1,3 mm.
La largeur de la carapace, égale à la hauteur, est comprise 1,8 fois dans la longueur.
La face dorsale, légèrement hombée, est dépourvue de carène médiane ; on note simplement
vers le milieu une paire de faibles dépressions symétriques par rapport à l’axe antéro¬
postérieur. Le dos a, en vue dorsale, la forme d’une spatule à bords latéraux droits et est
séparé des côtés par une carène dorso-latérale fine, lamelleuse. Un pli court sur la face laté¬
rale entre le bord inférieur et la carène dorso-latérale qu’il vient rejoindre vers l’arrière
en s’incurvant. Le pseudorostre est très court et l'encoche antennaire faible avec un angle
antéro-latéral obtus. Les ocelles ne sont guère visibles sur le lobe oculaire.
Les segments thoraciques libres ont des carènes médianes élevées et des épimères très
développés dont les bords supérieurs prennent une forme très caractéristique en vue dor¬
sale. Les segments abdominaux sont également carénés ; la carène, assez haute sur le premier,
devient de plus en plus faible vers l’arrière.
L’article proximal du pédoncule antennulaire est un peu plus court que la somme des
articles suivants.
Le basis du maxillipède 3 est très allongé par rapport à l’ensemble des articles anté¬
rieurs ; la proportion est en effet (prolongement du basis non compris) de 2,4-2,5 ; son pro¬
longement atteint le niveau médian du mérus. Le dactyle est un peu plus long que le pro-
pode.
Le péréiopode 1 est aussi caractérisé par un long basis orné de deux épines au bord
inférieur ; il est égal à plus de 1,6 fois l’ensemble des articles distaux. Chez ceux-ci dactyle
et propode, presque égaux, sont légèrement plus petits que le carpe, lui-même à peine plus
grand que la somme mérus-ischion.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1151
La longueur du basis du péréiopode 2 est nettement supérieure à celle de la somme des
articles suivants parmi lesquels le carpe est le plus court. De p3 à p5 le basis devient de plus
en plus court tandis que le reste de l’appendice garde la même longueur avec un carpe
allongé.
Les uropodes sont plus courts que les deux derniers segments de l’abdomen ensemble.
La longueur des rames est comprise environ deux fois et demie dans celle des pédoncules
ornés tout le long du bord interne d’une douzaine de soies plumeuses et sur les 3/4 postérieurs
d’une série de courtes soies spinuleuses barbues au nombre d’une douzaine et demie ; la
rame uropodiale externe est Inarticulée, l’article proximal portant cinq épines sur son bord
interne et l’article distal deux épines terminales ; à la jointure des deux articles, sur le bord
externe, on note la présence d’une longue soie plumeuse. La rame externe est caractérisée
par deux soies terminales dont l’une, très longue, est égale à l’article distal de la rame. Côté
interne l’exopodite est muni d’une demi-douzaine de longues soies plumeuses.
Discussion
Cette espèce est sans nul doute proche de B. scorpioides. Cependant un certain nombre
de caractères, constants chez tous les spécimens rencontrés, permet de les distinguer sans
équivoque. Citons :
— une carapace sans carène médiane, à carènes dorso-latérales lamelleuses et en vue
dorsale de forme très particulière.
— des segments thoraciques à carène médiane élevée, avec des épimères très développés.
- un maxillipède 3 à basis très allongé (rapport 2,4-2,5 avec la partie distale au lieu
de 1,8-2,0 chez B. scorpioides) avec un prolongement qui n’atteint que la partie moyenne
du mérus.
— un péréiopode 1 à basis également long (rapport avec partie distale 1,6-1,7 pour
1,4-1,5 chez B. scorpioides) avec un carpe réduit par rapport à B. scorpioides.
— des uropodes à rame interne munie de quatre à six épines sur le bord interne de
l’article proximal (au lieu de sept à neuf) et à rame externe terminée par une très longue
épine.
Matériel examiné
Bodotria intermedia sp. nov.
(Fig. 7)
Port Saïd (Égypte), fonds de 18 m, 14 août 1958, 4 2 $.
Description
Le mâle choisi comme holotype a une longueur totale de 5,0 mm pour une longueur
de carapace de 1,1 mm.
La carapace est une fois et demie plus longue que large ; sa largeur est nettement supé¬
rieure à sa hauteur. La face dorsale, assez plate, a une forme de spatule à bords latéraux
convexes ; le front est relativement large ; il existe une carène médiane peu élevée mais
apparente surtout vers l’avant ; vers l’arrière elle s’atténue et disparaît ; de chaque côté
7. — Bodotria intermedia sp. nov. a-j, mâle : a, vue latérale X 25 ; b, vue dorsale X 25 ; c, pédoncule
antennulaire X 100 ; d, maxillipède 3 X 67 ; e, péréiopode 1 X 67 ; f, péréiopode 2 X 87 ; g, péréio-
pode 3 X 87 ; h, péréiopode 4 X 87 ; i, péréiopode 5 X 87 ; j, rames uropodiales X 100. k-m, femelle :
k, vue latérale X 25 ; 1, vue dorsale X 25 ; m, rames uropodiales X 100.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1153
de la carène on observe une aire latérale déprimée. Une paire de carènes dorso-latérales
sépare le dos des côtés de la carapace ; elles sont bien marquées, fines, lamelleuses. Le
pseudorostre est court, tronqué ; l’encoche antennaire est faible et l’angle antéro-latéral
est obtus. Des lentilles sont visibles sur le lobe oculaire.
Les segments thoraciques libres sont très caractéristiques avec des carènes médianes
développées, et des plaques épimérales dont le bord supérieur s’élève très au-dessus du dos
des segments en s’évasant vers l’extérieur, présentant ainsi une concavité accentuée.
Une carène médiane étroite et peu élevée est également présente sur Vabdomen, excepté
sur le dernier segment.
L’article proximal des pédoncules antennulaires est légèrement plus long que la somme
des deux suivants.
Le rapport longueur du basis du maxillipède 3 sur longueur des articles antérieurs
est proche de 1,8 ; son prolongement atteint l’extrémité du mérus ; dactyle et propode sont
sensiblement de même longueur.
Le basis du péréiopode 1 est égal environ à 1,4 fois l’ensemble des articles qui le suivent ;
il est muni d’une dizaine d’épines sur sa face externe, groupées dans la région médio-ven-
trale ; dactyle, propode et l’ensemble ischion-mérus sont sensiblement de même longueur
et compris 1,5 fois dans le carpe.
Le basis du péréiopode 2 est nettement plus grand que les autres articles ensemble.
De p3 à p5 on assiste ensuite à une réduction du basis et à l’allongement du carpe.
La taille des uropodes est supérieure à celle des deux derniers segments de l’abdomen.
La longueur des rames uropodiales est comprise 1,8 fois dans celle des pédoncules ornés
sur toute la longueur du bord interne d’une quinzaine de soies plumeuses et de 17-18 soies
courtes, fortes et barbues sur les 2/3 postérieurs. La rame uropodiale interne, biarticulée,
est garnie sur le bord interne de l’article proximal de neuf épines tandis que l’article distal
se termine par deux fortes épines inégales ; à la jointure des deux articles, côté externe,
on observe une longue soie plumeuse. L’article distal de la rame externe possède une demi-
douzaine de soies internes plumeuses et deux soies spiniformes terminales.
La femelle adulte représentée a une longueur totale de 3,6 mm, celle de la carapace
étant de 0,9 mm. La carapace présente une fine carène médiane. Les segments thoraciques
possèdent des carènes aussi hautes que celles du mâle mais les plaques épimérales, bien que
bien marquées, sont moins élevées. Chez les deux premiers segments abdominaux la carène
médiane est haute, bien développée ; elle reste nettement visible sur le 3 e , s’atténue sur le
4 e pour disparaître sur les deux derniers. Les pédoncules des uropodes sont courts ; le rapport
longueur des pédoncules-longueur des rames est inférieur à 1,6. La rame uropodiale interne,
biramée, ne possède que trois épines sur le bord interne de l’article proximal.
Discussion
Cette espèce est proche de Bodotria scorpioides notamment par les proportions de ses
appendices et les caractères de ses rames uropodiales ; elle en diffère par sa carapace (sa
forme en vue dorsale, sa plus grande largeur, l’aspect en lamelle de ses carènes dorso-latérales)
et surtout par le développement des carènes médianes et des épimères des segments thora¬
ciques et, chez la femelle, la présence de hautes carènes aux segments 1 et 2 de l’abdomen ;
notons enfin les pédoncules des uropodes plus courts que chez B. scorpioides.
1154
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Fig. 8. — a-c, Bodotria sp. ; mâle : a, vue latérale X 25 ; b, vue dorsale X 25 ; c, rames uropodiales X 100.
d-e, Bodotria arenosa mediterranea Steuer, 1936 ; mâle : d, carapace et segments thoraciques en vue
latérale X 25 ; e, carapace en vue dorsale X 25.
On peut également rapprocher B. intermedia sp. nov. de Bodotria gibba (G. O. Sars,
1879). L’une et l’autre espèce présentent en effet un développement analogue des carènes
dorsales chez le mâle et chez la femelle ; mais il est beaucoup plus accentué chez Bodotria
gibba.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1155
Bodotria sp.
(Fig. 8a, b, c)
Matériel examiné : Cala Mongo, 18 juillet 1909, 25 m, pêche au feu B, Page coll.,
1 c?-
Banyuls, 5 août 1909, 10 m, pèche au feu B3, Page coll., 6 ; Banyuls, 16 juin 1914,
21 m, pêche au feu B9, Page coll., 2 £ ; Banyuls, 17 juin 1914, 16 m, pèche au feu B10,
Face coll., 1 <$.
Le mâle figuré a une longueur totale de 6,1 mm, celle de la carapace étant de 1,2 mm.
Tous ces spécimens ont été rencontrés parmi les récoltes de Bodotria arenosa mediterranea.
Ils leur ressemblent effectivement beaucoup mais on peut tout de même les séparer assez
facilement : en vue dorsale la région frontale de la carapace est plus large ; les bords latéraux
sont très régulièrement convexes tandis que chez B. arenosa mediterranea (fig. 8, d et e)
les bords antéro-latéraux sont légèrement anguleux ; l’encoche antennaire est plus profonde ;
les carènes dorso-latérales sont marquées, fines, en lamelle, les carènes médianes et les épi-
mères des segments thoraciques sont plus développés ; enfin les pédoncules des uropodes
sont plus courts par rapport aux rames ; chez celles-ci la rame uropodiale interne est éga¬
lement uinarticulée avec cependant une trace de soudure et six épines au bord interne (chez
tous les individus) au lieu de trois à cinq chez Bodotria arenosa mediterranea. Les appendices
buccaux et thoraciques sont identiques.
Malgré tous les caractères distinctifs que nous venons d’énumérer ci-dessus, il ne nous
a pas semblé souhaitable pour l’instant de créer une espèce ou une sous-espèce nouvelle.
Tout d’abord la femelle n’a pu être examinée alors qu’elle l’a été chez B. intermedia sp. nov. ;
enfin, les différences nous ont semblé moins tranchées entre Bodotria sp. et B. arenosa qu’entre
B. armoricana sp. nov. et B. scorpioides.
Signalons enfin quelques caractères distinctifs assez nets entre B. arenosa arenosa
et sa sous-espèce de Méditerranée ; on observe en particulier un affaiblissement des carènes
chez cette dernière, une encoche antennaire moins marquée ; le prolongement du basis
du maxillipède 3 est plus court, le carpe du pl est égal à la somme ischion-mérus tandis
qu’il est plus grand chez B. arenosa arenosa ; enfin la rame uropodiale interne présente encore
parfois la trace d’une soudure entre les deux articles primitifs.
Étude biométrique comparative entre Bodotria scorpioides et Bodotria arenosa
mediterranea
Cette étude nous a donné l’occasion de réunir un important matériel pour Bodotria
scorpioides et pour la sous-espèce mediterranea de B. arenosa ; il nous a semblé intéressant
d’entreprendre une petite étude biométrique permettant éventuellement d’ajouter aux diffé¬
rences dans les caractères descriptifs et dans l’écologie des deux espèces, de nouveaux cri¬
tères de distinction spécifique.
Chez les crustacés, comme chez les autres Arthropodes, la croissance se fait de façon
1156
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
discontinue par l’intermédiaire de mues au cours desquelles l’animal change de forme. Ces
changements obéissent à une loi précise, la loi d’allométrie : Y = B X a où Y représente
la mesure de l’organe étudié, X celle de l’organe auquel il est comparé, B et a étant deux
constantes. La constante la plus importante est a, taux d’allométrie de croissance qui est
caractéristique de l’espèce, B semblant plutôt lié aux conditions du milieu où vit le crustacé
(Mayrat, 1966).
Dans le cas présent d s’agit bien entendu d’allométrie globale et nous nous limiterons
au cas de mâles dans la phase adulte. L’étude a intéressé 125 B. scorpioides et 116 B. arenosa
mediterranea ; les spécimens africains de B. scorpioides ont été écartés pour ne pas introduire
dans les données un éventuel biais dû aux différences de conditions hydrologiques entre
l’Afrique et l’Europe. Les mesures ont porté sur la longueur de la carapace Le choisie comme
référence, la longueur totale Lt et la longueur des uropodes Lu. Dans le but d’obtenir faci¬
lement des chiffres concernant des organismes dont la taille varie entre 4,8 et 7,8 mm, pour
chaque individu ont été tracés à la chambre claire, au grossissement 50, des profils tels
qu’ils sont indiqués sur la figure 9 ; les longueurs de ces profils sont ensuite relevées ; on
obtient ainsi Le X 50, Lt X 50, Lu X 50 en cm. Ce sont ces chiffres qui sont la base des
calculs suivants.
Par passage aux logarithmes la loi d’allométrie s’exprime sous une forme linéaire.
Fig. 9. — Profil tracé à la chambre claire et représentant Le, longueur de la carapace ; Lu, longueur de l’uro¬
pode et Lt, longueur totale. Ces longueurs sont réduites de moitié par rapport aux mesures utilisées
dans les calculs échelle 1/2 de la figure.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1157
Les données sont donc transformées en logarithmes décimaux et une droite d ajustement
calculée. Dans un tel cas une des meilleures droites d’ajustement est la droite de Teissier
(Mayrat, 1966 ; Ricker, 1973).
1. Relation entre la longueur totale (Lt) et la longueur de la carapace (Le) (fig. 10)
Bodotria scorpioides
Droite de Teissier : Y = 1,0848X -T 0,6010.
Principaux paramètres des distributions : X = 0,828 ; Y = 1,500 ; crX = 0,0274
crY = 0,0297 ; r = 0,9242.
Loi d’allométrie : Lt = 3,9902 Le 1 ’ 0848
œ est donc peu différent de 1. La courbe est très proche d’une droite, il y a pratiquement
isométrie.
Bodotria arenosa mediterranea
Droite de Teissier : Y = 1,2579 X -f- 0,4673.
Principaux paramètres des distributions : X = 0,777 ; Y = 1,445 ; aX. = 0,0252 ;
a Y = 0,0318 ; r = 0,8931.
Loi d’allométrie : Lt = 2,9329 Le 1 ’ 2579 .
La courbe s’écarte davantage d’une droite que la précédente mais nous sommes encore
près de l’isométrie.
Les valeurs de a sont du même ordre de grandeur pour l’un et l’autre Bodotria comme
il semble normal pour des espèces aussi voisines.
L’emploi du test t de Student portant sur la comparaison des pentes des deux droites
de Teissier va permettre d’établir si ces valeurs de a sont significativement différentes
ou non.
La méthode du t de Student demande une bonne normalité des distributions et des
variances homogènes. Le passage aux logarithmes a l’avantage d’améliorer la normalité
des données ; l’utilisation du test de la droite de Henry montre qu’en effet elle est acceptable
pour la plupart des distributions, celle de Y = log Lt (B. arenosa mediterranea) étant toute¬
fois à l’extrême limite permise du fait de la présence d’un petit groupe d’individus de grande
taille relativement isolé par rapport aux autres ; ce groupe est par ailleurs extrêmement
important et permet d'obtenir la forme de la loi d’allométrie aux limites supérieures des
tailles. L’homogénéité des variances peut être vérifiée par le test de Bartlett (1937). Si les
variances sont homogènes la quantité
2,3026 (n log n x log cr 2 )
= 1 I 1
1 H- S, K -
3 (k-1) 1 n n
est approximativement distribuée comme un yj à (k-1) degrés de liberté, k étant le nombre
des distributions, csf, a|, ... er 2 les k valeurs des variances avec % ... n k degrés de liberté,
o 2 la variance globale obtenue avec n degrés de liberté. On a ici k = 4, n = 478. On trouve
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1159
B = 6,97, valeur significative du y? au seuil de 10 % (6,25) non au seuil de 5 % (7) ce qui
prouve encore que nous sommes dans ce cas à l’extrême limite de l’utilisation du tdeStudent.
On trouve les valeurs :
t = 2,666 (ajustement de y en x)
t = 2,751 (ajustement de x en y)
Le nombre de degrés de liberté est 237. La valeur de t correspondante de la table
est 2,58 pour une sécurité de 99 % .La différence entre les pentes est donc hautement signi¬
ficative.
En fait, comme nous l’avons vu, notre échantillon de Bodotria arenosa mediterranea
ne compte pas assez d’individus d’une taille comprise entre 28 et 33 cm (il s’agit bien entendu
toujours de Lt X 50). De ce fait la normalité des distributions et l’homogénéité des variances
sont tout juste acceptables pour l’application des tests même après passage en coordonnées
logarithmiques. Cela se traduit également dans le calcul de la droite de Teissier et donc dans
la représentation graphique de la loi d’allométrie où les petits individus pèsent d’un poids
trop lourd dans les calculs ; si bien que la courbe tracée s’écarte des points représentant les
grands spécimens. 11 est probable qu’un ajustement « à la main » aurait mieux représenté
la véritable réalité biologique. Dans ce cas, la courbe II se serait encore davantage infléchie
vers l’axe des Lt, s'écartant donc de la courbe I.
Tout ceci pour dire que l’application du test t de Student qui fait apparaître une diffé¬
rence significative entre les constantes oc de Bodotria scorpioides et Bodotria arenosa medi¬
terranea n’est sans doute pas utilisée ici avec toute la rigueur souhaitable ; mais la différence
que le test met en évidence ne correspond pas à celle qui existe dans la réalité et qui est pro¬
bablement plus importante.
2. Relation entre la longueur de l'uropode (Lu) et la longueur de la carapace (Le)
(fig- 11)
Bodotria scorpioides
Droite de Teissier : Y = 1,3725 X — 0,3864.
Paramètres des distributions : X = 0,828 ; Ÿ = 0,751 : crX = 0,0274 ; crY = 0,0376 ;
r = 0,8830.
Loi d’allométrie : Lu = 0,4108 Le 1 ’ 3425 .
Bodotria arenosa mediterranea
Droite de Teissier : Y = 1,2544 X — 0,2603.
Paramètres des distributions : X = 0,777 ; Ÿ = 0,714 ; aX = 0,0252 ; crY = 0,0317 ;
r = 0,7978.
Loi d’allométrie : Lu = 0,5491 Le 1 ’ 2544 .
Ici encore, pour l’une et l’autre espèce, il y a presque isométrie.
Les quatre distributions des logarithmes ont une normalité acceptable et le test d’homo¬
généité des variances de Bartlett donne pour B la valeur 22,71 hautement significative
(y 2 = 12,84 au seuil de 0,5 % pour un nombre de degrés de liberté = 3).
1160
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Fig. 11. — Loi d'allométrie entre la longueur de l’uropode Lu et la longueur de la carapace Le chez : I :
Bodotria scorpioides (Montagu, 1804) ; II : Bodotria arenosa mediterranea Steuer, 1936.
A — Représentation de la loi Lu = BLc 01 et des données numériques (les points se rapportent à B. scor¬
pioides et les croix à B. arenosa mediterranea).
B — Droites de Teissier correspondantes après transformation des données en logarithmes.
L’application du test t de Student se fait donc selon les conditions statistiques requises.
Les résultats du test sur la différence des pentes sont :
t = 1,287 (ajustement y en x)
t = 1,258 (ajustement x en y)
Avec un nombre de degrés de liberté de 237, les pentes ne sont pas significativement
différentes pour une sécurité de 95 % (t = 1,96). On constate en effet que les droites sont
sensiblement parallèles. Elles sont cependant bien écartées l’une de l’autre : c’est ce que
confirme le test sur la différence de position, fondé sur la comparaison de la distance entre
deux droites auxiliaires passant par le centre de gravité des échantillons et de pente commune
intermédiaire (Mayrat, 1959) et pour lequel on trouve les valeurs :
t = 9,905 (distance selon l’axe des y)
t = 11,328 (distance selon l’axe des x)
qui sont hautement significatives (avec 238 degrés de liberté, t = 3,29 pour une sécurité
de 99,9 %).
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1161
Le taux d’allométrie de croissance a entre longueur de l’uropode et longueur de cara¬
pace n’est donc pas significativement différent chez B. scorpioides et B. arenosa mediter¬
ranea. Par contre le test de position traduit un écart important entre les valeurs de B.
3. Discussion
Cette petite étude biométrique montre d'une part que les deux formes B. scorpioides
et B. arenosa mediterranea suivent des lois de croissance similaires et sont donc indénia¬
blement proches l’une de l’autre. Les relations entre la longueur totale du corps et celle
de la carapace mettent en évidence une différence significative du taux d’allométrie oc,
constante caractéristique de l’espèce. Celle-ci n’apparaît pas quand on compare les lois
d’allométrie qui lient la croissance des uropodes à celle de la carapace ; cependant l’écart
constaté entre les droites de Teissier représentatives, et qui indique simplement que le
rapport longueur des uropodes sur longueur de la carapace est toujours plus grand chez
B. arenosa mediterranea que chez B. scorpioides d’une quantité constante tout au long de la
croissance, semble trop important pour qu’il soit seulement dû aux effets des conditions
du milieu sur la croissance ; il semble logique de voir là également une différence liée à
l’espèce.
Ainsi, aux arguments tirés de la comparaison des descriptions et de ce qui est connu
de leur écologie, viennent s’ajouter ceux qui décoident de cette étude, pour affirmer, contrai¬
rement à l’avis de Fage, que B. scorpioides et B. arenosa mediterranea sont effectivement
des espèces bien individualisées. Il resterait à refaire le même travail pour B. arenosa arenosa.
Il faut souhaiter que nous puissions un jour disposer d’exemplaires de cette espèce en nombre
suffisant pour l’entreprendre.
Conclusion
Avec la description des quatre espèces nouvelles Bodotria laeoigata, Bodotria bineli,
Bodotria armoricana et Bodotria intermedia, le nombre d’espèces de ce genre vivant dans les
mers d’Europe et le golfe de Guinée est porté à 14. Le statut de Bodotria sp. récolté à Banyuls
et appartenant au groupe arenosa reste à déterminer. L’étude de ce genre apparaît difficile
car nombre d’espèces sont proches l’une de l’autre notamment celles qui appartiennent
au groupe scorpioides : B. scorpioides, B. africana, B. armoricana, B. intermedia, B. gibba
et au groupe arenosa : B. arenosa arenosa, B. arenosa mediterranea, B. sp. (Banyuls). Il semble
que nous soyons là en présence de Cumacés chez lesquels la différentiation spécifique est
en train de se réaliser. C’est pourquoi certaines propositions de la clef pourront paraître
parfois difficiles à interpréter. Nous en sommes conscients et, pour cette raison, nous nous
sommes appuyés sur toute une série de caractères quand il s’est agi de séparer deux espèces
très proches.
1162
PIERRE LE LCEUFF ET A. INTÈS
Clef des Bodotria des meus d’Europe et des côtes occidentales d’Afrique tropicale 1
1. — Carapace dépourvue de carènes dorso-latérales. 2
— Carapace avec des carènes dorso-latérales. 3
2. — Tégument épais, alvéolé et tuberculeux. Segments abdominaux de la femelle présentant
de véritables épimères. Rame uropodiale interne biarticulée.
Bodotria magna Zimmer, 1920 2
— Tégument mince, lisse. Pas d’épimères abdominaux chez la femelle qui possède une rame
uropodiale interne uniarticulée alors qu’elle est à deux articles chez le mâle.
Bodotria laevigata sp. nov.
3. —- Carènes dorso-latérales faibles, n'atteignant pas le bord postérieur de la carapace. Rame
uropodiale interne indivise. Bodotria glabra Jones, 1955
— Carènes dorso-latérales bien marquées atteignant le bord postérieur de la carapace. Rame
uropodiale interne unie ou biarticulée. 4
4. —- Carènes dorso-latérales spinuleuses vers l’avant chez le mâle et la femelle. Épimères 4 et 5
des segments thoraciques du mâle munis chacun d’une forte épine antéro-dorsale.
Bodotria bineti sp. nov.
— Carènes dorso-latérales sans spinulation. Pas d’épines aux épimères thoraciques. . . 5
5. — Absence de carène médiane à la fois sur la carapace, les segments thoraciques et au moins
les quatre premiers segments abdominaux. 6
— Carène médiane présente au moins sur l’une des parties du corps, carapace, thorax ou
abdomen . 7
6. — Absence totale de carène médiane. Face dorsale de la carapace large et plate. Pas d’épines au
basis du péréiopode 2. Epines nombreuses au bord interne de l’article proximal de l’endo-
podite de l’uropode (14 chez le mâle, 8 chez la femelle). . . . Bodotria lata Jones, 1956
— Une carène médiane nettement visible sur le 5 e segment abdominal. Face dorsale de la
carapace bombée. Basis du péréiopode 2 avec de fortes épines courbes. Endopodite de l’uro¬
pode avec seulement 8 épines chez le mâle et 3 chez la femelle au bord interne de l’article
proximal. Bodotria pulchella (G. O. Sars, 1879)
7. — Chez le mâle présence de véritables épimères à tous les segments de l’abdomen. Taille de
l’épimère du segment thoracique 3 nettement plus faible que celle des autres plaques épi-
mérales thoraciques. Tégument très calcifié présentant sur tout le corps des réticulations
limitant des alvéoles. Bodotria cribaria 3 Le Lœufï et Intès, 1972
— Abdomen sans épimères chez le mâle. Épimère du segment thoracique 3 peu différent des
autres. Tégument lisse, squameux ou faiblement réticulé sur certaines parties du corps. 8
8. — Rame interne de l’uropode uniarticulé. 9
— Rame interne de l’uropode à deux articles. 11
9. — Carènes dorso-latérales en bourrelet. Front de la carapace étroit chez le mâle. Épimères
et carènes médianes des segments thoraciques médiocrement développés. Généralement
moins de 6 épines chez le mâle au bord interne de l’article proximal de l’endopodite de
l’uropode. 10
— Carènes dorso-latérales lamelleuses. Front de la carapace large chez le mâle. Épimères
et carènes médianes des segments thoraciques bien développés. Chez le mâle 6 épines au
bord interne de l’endopodite de l’uropode ; soudure encore visible à cette rame avec pré¬
sence d’une petite soie plumeuse au bord externe. Bodotria sp. 4 (Banyuls'l
1. Jusqu’à 20°S, limite méridionale du golfe de Guinée.
2. Cette espèce n’est encore connue que par une femelle.
3. Seul le mâle de cette espèce est connu.
4. Seuls des mâles ont été examinés.
BODOTRIA (CRUSTACEA, CUMACEA)
1163
10. — Prolongement du basis du maxillipède 3 atteignant presque l’extrémité du mérus. Carpe
du pl plus grand que l’ensemble ischion-mérus. Rame uropodiale interne sans trace de
soudure et dépourvue de soie plumeuse externe. Bord antéro-latéral de la carapace formant
en vue dorsale une courbe régulière chez le mâle. . . . Bodotria arenosa arenosa Goodsir, 1842
— Prolongement du basis du mxp3 dépassant de peu le bord antérieur de l’ischion. Carpe
du pl à peu près égal à l’ensemble ischion-mérus. Rame uropodiale interne avec parfois
la trace de soudure des deux articles primitifs et chez le mâle présence d’une soie plumeuse
externe au niveau de cette soudure. Bord antéro-latéral de la carapace légèrement anguleux
en vue dorsale chez le mâ'e. Bodotria arenosa mediterranea Steuer, 1936
11. — Propode du pl légèrement plus long que le carpe. Basis du même appendice plus court
que la somme des articles suivants. Bodotria africana Zimmer, 1920
— Propode du pl plus court que le carpe. Basis du même appendice plus long que la somme
des articles suivants. 12
12. — Carènes médianes des segments thoraciques extrêmement développées, certaines en forme
de crochets ou de pointes. Bodotria gibba (G. O. Sars, 1879)
— Carènes médianes des segments thoraciques plus ou moins développées sans jamais prendre
l’aspect de pointes ou de crochets. 13
13. — Carènes médianes et épinières thoraciques médiocrement développés. Carènes dorso-
latérales en bourrelet. Carapace en forme d’ogive en vue dorsale.
Bodotria scorpioides (Montagu, 1804)
— Carènes médianes et épinières thoraciques bien développés. Carènes dorso-latérales lamel-
leuses. Carapace spatuliforme en vue dorsale. 14
14. — Bords latéraux de la carapace presque droits en vue dorsale. Prolongement du basis du
mxp3 n’arrivant qu’à la moitié du carpe. De 4 à 6 épines internes à l’article proximal de
l’endopodite de l’uropode ; exopodite avec une soie terminale très fine et très longue, aussi
longue que l’article distal de la rame. Bodotria armorieana sp. nov. 1
— Bords latéraux de la carapace convexes en vue dorsale. Prolongement du basis du mxp3
atteignant l’extrémité du carpe. Huit épines chez le mâle à l’article proximal de la rame
interne de l’uropode : soie terminale de l’exopodite de longueur égale seulement à la moitié
de celle de l’article distal de la rame. Bodotria intermedia sp. nov.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bacescu, M., 1951. —- Cumacea. Fauna Republicii Populare Romane. Crustacea, 4 (1) : 1-93.
Face, L.. 1928a. — Voyage de la goélette « Melita » au Sénégal (1889-1890), Cumacés. Bull. Soc.
zool. Fr., 53 : 331-339.
— 19286. —• Cumacés de la côte atlantique du Maroc. Bull. Soc. Sci. nat. Maroc, 8 : 173-181.
— 1929. — Cumacés et Leptostracés provenant des campagnes scientifiques de S.A.S. le Prince
Albert de Monaco. Bésult. Camp, scient. Prince Albert J, Monaco, 77 : 1-51, pl. 1-I1I.
— 1933. — Pêches pianctoniques à la lumière effectuées à Banyuls-sur-Mer et à Concarneau.
III. Crustacés. Archs. Zool. exp. gén., 84 : 165-224.
— 1951. — Cumacés. Faune Fr., 54 : 1-136.
Goodsir, H., 1843. — Description of the genus Curna and of two new Généra nearly allied to it.
Edinb. new. phil. Journ., 34 : 119-180.
Jones, N. S., 1955. — Cumacea of the Benguela Current. « Discovery » Rep., 27 : 279-292.
— 1956. — Cumacea from the west coast of Africa. Atlantide Rep., 4 : 183-212.
1. Seul le mâle de cette espèce est connu.
1164
PIERRE LE LŒUFF ET A. INTÈS
Le Lœuff, P., et A. Intès, 1972. — Les Cumacés du plateau continental de Côte d’ivoire. Cah.
ORSTOM , sér. Océanogr., 10 (1) : 19-46.
Macquart-Moulin, G,, 1968. — Les Cumacés bentho-planctoniques du golfe de Marseille. Etude
des différentes espèces recueillies au cours des pêches planctoniques nocturnes effectuées
durant les années 1963-1964. Réel. Trav. Stn. mar. Endoume, 43 (59) : 285-309.
Mayrat, A., 1959. — Nouvelle méthode pour l’étude comparée d’une croissance relative dans deux
échantillons. Application à la carapace de Penaeus kerathurus (Forskal). Bull. Inst. fr.
Afr. noire , A, 21 (1) : 21-59.
— 1966. — Croissance et développement chez les Crustacés. Mém. Inst. fond. Afr. noire,
77 : 499-648.
Montagu, G., 1804. — Description of several Marine animais found on the south coast of Devon-
shire. Trans. Linn. Soc. London, 5 : 61-85.
Ricker, W. E., 1973. — Linear régressions on fishery research. J. Fish. Res. Bd Can., 30 (31 :
409-434.
Sars, G. O., 1899. — An account of the Crustacea of Norway, III. Cumacea. Ber gens Mus. : 1-115.
Steuer, A., 1936. — Cumacea und Stomatopoda von Alexandrien in Agypten. Note Ist. italo-
germ. Biol. mar. Rovigno, 21 : 1-19.
Zimmer, C., 1920. — Mitteilung über Cumaceen des Berliner Zoologischen Muséums. Mitt. zoo?.
Mus. Berl, 10 : 117-149.
Manuscrit déposé le 9 novembre 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 498, nov.-déc. 1977,
Zoologie 347 : 1138-1164.
Achevé d’imprimer le 28 avril 1978.
IMPRIMERIE NATIONALE
7 564 004 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hisl. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figur s sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geolîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.