BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 60
11111111111111111111 ! 11111111111111
PUBLICATION BIMESTRIELLE
JUILLET-AOUT 1972
zoologie
46
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'IIISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 60, juillet-août 1972, Zoologie 46
Lépidoptères nouveaux du Maroc et de la Mauritanie
par Charles E. E. Rungs *
Résumé. — L’auteur, poursuivant l’étude systématique de la faune des Lépidoptères du
Maroc et du Sahara occidental décrit :
1. six espèces nouvelles : Catopta minor n. sp. (Cossidae, Adrar mauritanien), Synanthedon
ferdinandi n. sp. (Aegeriidae, Rabat, Maroc) et quatre Noctuidae Trifinae : Rhyacia boursini
n. sp. (Haut Atlas), Orthosia boursini n. sp. (Rif et Moyen Atlas), Cucullia galleti n. sp. (Moyen
Atlas), Conistra plantei n. sp. (Moyen Atlas) ;
2. dix-neuf sous-espèces et douze formes nouvelles, principalement parmi les Noctuidae ;
3. plusieurs femelles inédites.
Cinquante espèces, non encore citées du Maroc, sont signalées pour la première fois. La plu¬
part des espèces nouvelles sont figurées, ainsi que les genitalia mâles.
Abstract. — The author gives the descriptions of :
1. six species from Morocco and Mauritania : Catopta minor n. sp. (Cossidae, Mauretanian
Adrar), Synanthedon ferdinandi n. sp. (Aegeriidae, Rabat, Morocco) and four Noctuidae Tri¬
finae : Rhyacia boursini n. sp. (Great Atlas), Orthosia boursini (Rif and Middle Atlas), Cucullia
galleti n. sp. (Middle Atlas), Conistra plantei n. sp. (Middle Atlas) ;
2. nineteen new subspecies and twelve new forms, chiefly amongst Noctuidae ;
3. several undescribed females.
Fifty other species, new to the fauna of Marocco are listed. Most of the adults of the new
taxa are pictured as well as male genitalia.
M’intéressant à la faune des Lépidoptères du Maroc depuis plus de quarante ans, je
suis parvenu à réunir un très grand nombre de papillons capturés dans le pays. Cette collec¬
tion rassemble mes propres chasses, celles de mes collaborateurs et collègues ; plusieurs
entomologistes ont bien voulu me confier pour étude certains spécimens qui les intriguaient.
Je les prie de trouver tous ici l’expression de ma gratitude. Sollicité par plusieurs amis,
j’ai entrepris l’étude de cet important matériel dans le but de rédiger un catalogue commenté
des Lépidoptères de ce pays. En examinant les récoltes, individu par individu, j’ai pu me
rendre compte qu’un bon nombre d’espèces, de sous-espèces et de formes sont encore
inédites et que, d’autre part, plusieurs espèces capturées n’avaient encore jamais été signalées
comme appartenant à notre faune. En attendant la publication du catalogue, il m’a paru
utile de faire connaître ces nouveautés et ces additions à la faune du Maroc ; tel est l’objet
de la présente note.
* Laboratoire d’Entomologie, Station centrale de Phylialrie, Direction de la Recherche agronomique,
B.P. n° 415, Rabat, Maroc.
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CHARLES E. E. RUNGS
I. DESCRIPTIONS DE FORMES ET ESPÈCES INÉDITES
COSSIDAE
Catopta (?) minor n. sp. (pl. I, fig. 1)
Proche de Catopta (?) mauritanica D. Lucas, 1907 (= Holcocerus powelli Ch. Oberthür,
1912) (pl. I, fig. 2) mais beaucoup plus petit, de dessins différents, beaucoup plus contrastés.
J’ai pu comparer cette espèce à plusieurs cotypes d’H. poweUi des collections du Muséum
national d’Histoire naturelle, à Paris. Comme on le remarque chez Cossus mauritanicus,
que M. F. Daniel (1961 : 210) place avec doute dans le genre Catopta , les antennes sont
longuement bipectinées dans les deux sexes alors que chez l’espèce type du genre ( Cossus
albonubilus Goeze) chaque article des antennes des femelles ne porte que des petites lamelles
écailleuses au lieu de longues pectinations.
Voici la description de cette nouvelle espèce :
Gros yeux noirs globuleux saillants. La tête porte entre les antennes une touffe hérissée
de longues écailles blanches. Collier hérissé blanc. Palpes cylindriques blancs portant des
soies noires dressées éparses. La tige des antennes est recouverte d’écailles grises chez le
mâle et blanches chez la femelle ; chaque anneau porte, chez les deux sexes, une double
pectination longue, de coloration brun chocolat. Thorax blanc. Abdomen recouvert de
longues écailles blanches parmi lesquelles se remarquent quelques écailles brunes éparses.
L’abdomen du mâle se termine par un pinceau saillant de longues écailles blanches ; celui
des femelles en est dépourvu ; mais il laisse entrevoir l’oviscapte de couleur brun jaunâtre.
L’aile antérieure présente une teinte de fond blanc pur ; le tiers basal est pratiquement
dépourvu d’ornementation. On remarque une bande médiane transversale brun foncé,
formée de trois taches superposées séparées par une fine ligne d’écailles blanches ; de part
et d’autre de cette bande brune se trouve une étroite bande parallèle blanc pur. Sur la
côte, trois points épais bruns entre la base et la bande brune (parfois quatre). Avant les
franges, qui sont brun clair à la base et blanches à l’apex, s’étire une étroite bande brune,
précédée à la côte d’une tache rectangulaire, précédée elle-même d’une mince tache brune
triangulaire à sommet dirigé vers le bas. Au tornus existe un triangle inversé par rapport
à son homologue du bord antérieur de l’aire. LTne série de petits croissants bruns épars et
parallèles entre eux se répartissent entre les différentes taches de Faire terminale.
Les ailes postérieures sont également à fond blanc ; l’aire basale est pratiquement
claire (sauf quelques écailles brunes éparses) ; l’aire terminale brune montre un semis de
petites taches blanches lenticulaires ; les franges sont identiques à celles de l’aile antérieure.
Dessous des quatre ailes blanc à peine sali, montrant, en plus réduite, l’ornementa¬
tion brune du dessus. Toutes les pattes blanc sale.
Holotype : un mâle, l’aile antérieure droite arrachée ; Mauritanie, Adrar, Baten occi¬
dental : Yagref (20°15' N, 13°35' W), ll-IV-1953 (B. Boniface ) ; envergure : 18 mm. Allô-
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
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type : une femelle, Mauritanie, Adrar, Baten occidental : Touerga (20°20' N, 13°20' W),
10-IV-1953 (B. Boniface ) ; envergure : 21,5 mm.
Paratypes : cinq femelles, l’une prise avec l’holotype, deux autres avec l’allotype et deux
de Mauritanie, Inchiri : la première de Graret Zerga (19°20' N, 14°37' W), la seconde de
Khat Thertiate (19°40' N, 14°45' W), toutes capturées par B. Boniface au cours de pros¬
pections faites pour le compte de l’Office national antiacridien.
Sesiidae
Sydanthedon ferdinandi n. sp. (pl. I, fig. 4 et 5)
Mâle holotype : Maroc, Rabat, ex larva dans le tissu cicatriciel des greffes de Carya
pecan Marsh. (Juglandaceae), l-V-1950.
Espèce proche de S. codeti Ch. Oberthür. Les ptérygodes montrent quelques écailles
jaunes à la base derrière le collier (entièrement noirs chez S. codeti ) ; poils péricéphaliques
jaunes derrière la nuque et blancs latéralement (entièrement blancs chez S. codeti) ; palpes
jaunes marqués de noir : premier article entièrement noir à l’extérieur ; second article orné
d’une fine ligne noire externe ; troisième article largement taché de noir sur sa face externe.
Touffes latérales du métathorax jaunes (et non pas blanches). Hanches médianes et posté¬
rieures noires, ces dernières marquées de blanc en arrière. Tergites abdominaux : noirs
sauf 2, à peine bordé de jaune postérieurement, 4, entièrement jaune, 7, orné d’une large
bande jaune postérieure. Sternites abdominaux 4, 5, 6 et 7 bordés postérieurement de
jaune, plus largement sur 4 que sur les suivants. Brosse anale : touffe médiane noire, touffes
latérales noires largement bordées de jaune extérieurement.
Le bord interne de la côte des ailes antérieures est noir et porte des lignes d’écailles
rouge vermillon. Trait discocellidaire étroit, rouge vermillon, le bord interne est souligné
de noir ; l’espace terminal de l’aile antérieure est étroit, écaillé de brun et parsemé d’écailles
orange. La fourche des nervures 7 et 8 est découverte.
Ailes postérieures entièrement transparentes, nervures brun noir. Toutes les franges
sont brunes éclairées de reflets dorés.
Les genitalia (pl. II, fig. 1) sont très proches de ceux de S. codeti, mais le saccus est
plus court, les bords en sont moins parallèles, l’apex est largement ovale alors qu’il est
semi-circulaire chez S. codeti. La crête chitineuse de la harpe porte des écailles sombres,
larges, plus nombreuses et de plus petite taille que chez S. codeti. L’uncus est plus court,
les régions proximales du tegumen sont plus largement arrondies dans leur partie inférieure.
Les écailles creuses à extrémité fourchue qui recouvrent les valves sont plus nombreuses
et un peu plus larges. Les aedageus des deux espèces sont très semblables.
Envergure de 17 mm.
Femelle allotype : mêmes indications que pour l’holotype, ex larva, 2-V-1946.
Envergure de 18,5 mm. Dimorphisme sexuel prononcé dans la disposition de la colo¬
ration comme il est de règle dans le groupe. Quelques écailles jaunes derrière le collier, sur
les ptérygodes. Poils péricéphaliques noirs derrière la nuque et blanchâtres latéralement.
Palpes : premier article noir, deuxième jaune orné d’une ligne longitudinale externe noire,
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CHARLES E. E. RUNGS
troisième jaune. Tergites abdominaux : 1 et 2, noirs marqués de jaune latéralement, 3, noir
bleuté, 4, entièrement jaune, 5, noir bleuté, dernier, jaune à base noire. Sternites abdomi¬
naux noirs sauf les trois derniers qui sont jaunes. Brosse anale vue de dessus : touffe médiane
noire sur le quart basal puis jaune vers l’apex ; touffes latérales noir bleuté. Vue de dessous
la touffe anale est entièrement noire.
Côte des ailes antérieures jaune ; bord antérieur noir bleuté souligné par une ligne
internervurale rouge vermillon. Trait discocellulaire rouge vermillon souligné de noir inté¬
rieurement. Espace terminal de l'aile antérieure débutant juste au niveau de la fourche
des nervures 7 4- 8, de couleur rouge vermillon terni, nervures noires. La tache vitrée est
quatre fois plus large que le trait discocellulaire. Franges brunes sauf à la base interne
des ailes postérieures, base qui porte de longs poils jaunes. Dans l’ensemble, la femelle
présente un aspect plus clair que le mâle.
Cette espèce est dédiée à Ferdinand Le Cerf, du Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris, aujourd’hui disparu, auteur de la très importante monographie des Aegeriidae de
Barbarie publiée par Ch. Oberthür. M. Le Cerf sut me montrer, il y a une quarantaine
d’années, l’attrait que présentait l’étude des Lépidoptères et fut mon premier guide en
la matière.
Le pacanier ne constitue pas le seul végétal attaqué par cette nouvelle espèce, Je l’ai
élevée :
1. de branchettes de Platanus orienlalis recueillies à Fès ; les adultes sont éclos en
mai 1959 ;
2. de galles du puceron lanigère sur pommier, à Rabat, en avril 1949 ;
3. de bourrelets de cicatrisation de plaies de taille sur prunier, à Rabat, en août 1941.
J’ai beaucoup hésité à décrire cette Aegeriide du groupe de vespiformis L. et de codeti
Ob., car cette dernière espèce est signalée de la région de Tanger, où elle constitue une
sous-espèce particulière nommée S. c. maroccana par F. Le Cerf ; mais après comparaison
avec ces taxa, je considère que l’espèce ici nommée en est distincte. Une autre espèce du
même groupe, S. theryi Le Cerf, existe en Algérie, où, à ma connaissance, elle n’est connue
que par le mâle holotype, capturé aux environs de Boufarik, au sud d’Alger en 1907, par
son descripteur. Or, j’ai obtenu d’une branche de Tamarix africana Poiret prélevée à Ank
Jmel, le long de l’oued Bou Regreg à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rabat,
le 21-V111-1961, une femelle d’un Synanthedon que je rapporte à S. theryi Le Cerf. Elle
diffère de celle de S. codeti et de celle de S. ferdinandi par plusieurs caractères très nets :
poils péricéplialiques jaune d’œuf et non pas Idanchâtres, bordure jaune du second
tergite abdominal, hanches médianes et postérieures jaunes et non pas noir bronzé,
l’ensemble offrant un aspect général beaucoup plus jaune et clair.
S. theryi Le Cerf est signalé ici pour la première fois au Maroc.
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
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Zygaenidae
Zygaena alluaudi jessima n. subsp.
Cette nouvelle sous-espèce de Z. alluaudi présente la même coloration rouge vif et les
mêmes dessins que la sous-espèce nominale du Moyen Atlas ; les genitalia mâles sont iden¬
tiques. La taille différencie nettement cette sous-espèce du Haut Atlas, où, à ma connaissance
Z. alluaudi n’a pas encore été capturé. En effet, l’envergure des Z. alluaudi du Rif et du
Moyen Atlas oscille entre 25 et 28 mm ; celle de Z. a. jessima varie entre 30 et 35 mm. J’ai
noté deux types de variation : le premier consiste en la jonction des taches noires de l’aire
interne de l’aile antérieure par un trait noir parallèle au bord interne et ne touchant pas
ce bord : forme juncta n. f. ; le second porte une très grande réduction du point noir situé
dans l’espace terminal de cette même aile : forme parvioculata f. nov. dont l’exagération
aboutit à la disparition totale de ce point : forme caeca n. f. Holotype, allotype, para-
types : trente-huit exemplaires capturés le 2-VI-1970 non loin de la Kasba de Telouet dans
le Haut Atlas, vers 1 800 m d’altitude (Ben Messaoud ).
Cymatophoridae
Parmelina ridens transmarina n. subsp. (pl. I, fig. 6 et pl. III, fig. 9)
Cette nouvelle sous-espèce de P. ridens se distingue par l’éclaircissement de la teinte
de fond des ailes antérieures qui est blanc pur, fond sur lequel se détachent nettement
tous les dessins et taches sous l’apparence d’un saupoudré noir à reflets très légèrement
bronzés. Cette sous-espèce nord-africaine se différencie également par l’éclaircissement
important de l’aire basale de l’aile antérieure et par la forte indentation de la ligne blanc
pur antéterminale. Je pense qu’il s’agit ici de la première mention d’un Cymatophoride
en Afrique du Nord.
Holotype : un mâle en mauvais état (c’est le seul capturé), Maroc, Rif : Rab Tiliouine,
30-IV-1970 ; envergure de 37 mm. Allotype : une femelle, même station, 14-V-1969 ; enver¬
gure de 40 mm.
Paratypes : 14 femelles, 13 de la même station capturées au cours de la seconde quin¬
zaine de mai et une du Djebel Outka, 9-V-1969 ; l’envergure varie de 35 à 40 mm (Ben
Messaoud ).
Notodontidae
Hoplitis powelli occidentalis n. subsp. (pl. I, fig. 7 et 8)
La sous-*espèce marocaine diffère beaucoup par son aspect de la sous-espèce nominative
d’Algérie. Elle est beaucoup plus claire pour les parties sombres qui sont gris clair ; la teinte
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CHARLES E. E. RUNGS
jaune verdâtre des aires basales et médianes a pratiquement disparu ; la petite lunule noire
de l’aire médiane claire n’existe pas ; l’aire basale est assombrie et la ligne extra-basilaire
qui la limite a un tracé très différent, surtout dans sa moitié supérieure qui est nettement
bilobée, les lobes ayant la forme de triangles. L’aile postérieure est beaucoup plus claire,
dans les deux sexes.
Holotype : un mâle, Maroc nord-occidental, forêt de chênes-lièges d’El Korimda au
nord de Larache, 24-IV-1965. Allotype : une femelle, même origine (Douar Béni Kissane),
14-IV-1969.
Paratypes des deux sexes de différentes localités du Maroc nord-occidental. Cette
sous-espèce habite la péninsule tingitane, la chaîne du Rif, les forêts de chênes-lièges du
nord de Larache, de la Mamora, des Zaërs Zemmours et Zaâns du nord, le Moyen Atlas
(Tizi n’Tretten, Ifrane) ; elle vole de mars à mai suivant l’altitude et parfois en septembre
et octobre.
Noctuidae
Scotia lanzarotensis sueirah Agenjo, femelle
La femelle de cette belle espèce n’a jamais été décrite. Elle présente un dimorphisme
sexuel prononcé. Les ailes sont plus allongées et moins amples que celles du mâle, la teinte
de fond est très sombre, brun chocolat ; les dessins présents sur l’aile du mâle se retrouvent
noyés dans la teinte fondamentale. Claviforme brun très foncé ; orbiculaire brun foncé
entouré de brun clair ; réniforme très foncée ; ligne antémédiane éclaircie, ligne antéter-
minale dentée comme chez le mâle, se détachent nettement en plus clair sur le fond ; des
petites stries internervurales triangulaires, noires, s’y appuient, leur pointe dirigée vers
la base de l’aile ; franges de l’aile antérieure concolore, plus sombre à l’extrémité de chaque
nervure, précédées de petits points noirs internervuraux. Ailes postérieures claires enfumées
de brun, une étroite ligne brune précédant les franges qui sont claires.
Néoallotype : une femelle, Maroc, Bir Djedid-Chavent (Chaouia), l-X-1945 (P. Buck-
well) ; envergure de 37 mm.
Je connais deux autres femelles : l’une de la vallée du Souss, Aïn Chaïb, 12-XI-1950
(W. Smirnoff), l’autre également du Souss, forêt d’Ademine, 9-XI-1953 (C. Rungs) ; enver¬
gures respectives de 44 et 42 mm.
Chersotis rungsi Boursin
Cette espèce est variable d’aspect. La forme nominative du Moyen Atlas se caractérise
par sa teinte générale brun rosé sur laquelle ne se détachent que faiblement les dessins
et taches. La femelle n’a pas encore été décrite. En voici la diagnose : elle ressemble beau¬
coup au mâle ; mais les antennes sont sétiformes, les ailes postérieures sont largement
rembrunies dans les trois quarts externes, la base restant claire et montrant à la face supé¬
rieure une fine ligne postmédiane dentée sur le trajet des nervures ; la taille est inférieure
à celle des mâles.
Néoallotype : Maroc, Moyen Atlas, forêt de Jaba, en septembre.
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
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La forme qui vole dans la chaîne du Rif, au nord du pays, ressemble à celle du Moyen
Atlas ; mais elle est constamment plus sombre, d’une teinte tirant sur le chocolat et dans
l’ensemble elle montre des dessins plus nets ; je la désigne du nom de signata n. f. (ou
n. subsp. ?). Holotype allotype et paratypes de Bab Tasiat, 24-IX-1967.
La forme du Haut Atlas de Marrakech est encore de teinte générale plus foncée, gris
brun, sans aucune nuance de rougeâtre ; elle est en outre d’envergure moindre, 22 à 38 mm.
Je nomme cette forme ouka. Holo-, allô- et paratypes du Djebel Oukaïmeden, 26-VIII-
1970.
Rhyacia (Epipsilia) boursini n. sp. (pl. I, fig. 9)
De la taille de R. Cervantes pseudolatens Schwing. dont elle se distingue immédiate¬
ment par la teinte de fond jaunâtre et par la grande netteté de l’ornementation des ailes
antérieures ; l’ombre transversale médiane de l’aile antérieure est bien apparente ; toutes
les lignes transversales sont plus dentelées, soulignées de clair extérieurement, ce qui les
fait ressortir davantage. Les touffes de poils sensoriels de chaque article antennaire sont
plus fournies que chez pseudolatens. Les genitalia des mâles (pl. II, fig. 2), quoique du même
type, montrent des différences importantes nettes : le bord externe des valves est rectiligne
et non largement arrondi intérieurement, le bord terminal de la costa montre une protu¬
bérance saillante triangulaire avant l’apex supérieur qui est digitiforme ; l’ampulla est
plus robuste, moins sinueuse et légèrement renflée à l’extrémité et non pas effilée ; le clavus
est moins robuste et moins chargé d’épines. Les aedageus sont très semblables.
Holotype : mâle, Haut Atlas, pentes est du Djebel Oukaïmeden, vers 2 800 m, 4-10-
VIII-1969. Allotype : une femelle, mêmes indications.
Paratypes : 10 femelles, mêmes indications et 28-VIII-1970.
Cette nouvelle espèce montagnarde ressemble au premier coup d’œil à certains petits
spécimens jaunâtres bien dessinés d ’Euxoa décora mimouna Le Cerf qui vole en même
temps qu’elle dans cette localité (f. argillosa Le Cerf).
Paramathes picata maroccana n. subsp. (pl. I, fig. 11 et pl. II, fig. 5)
Alors que P. picata picata B. H. se rencontre dans l’Atlas tellien en octobre (Guen-
fouda), dans la chaîne du Rif et dans le Moyen Atlas vole en septembre et en octobre une
sous-espèce beaucoup plus terne d’aspect, de teinte grise ou beige grisâtre, caractérisée
principalement par la coloration très sombre des ailes postérieures chez les deux sexes,
alors qu’elles sont blanches chez P. p. picata B.H. (= nona Ob.). En outre, les deux taches
noires qui encadrent l’orbiculaire ne se rejoignent pas sous cette macule.
Holotype <$ et allotype : Maroc, Rif central, Ketama, 6-X-1969 pour le mâle et Bab
Tasiat, 24-IX-1967 pour la femelle.
Paratypes : 10 exemplaires tous du Rif, en septembre et octobre. Au Moyen Atlas,
cette nouvelle sous-espèce vole à Ifrane, Abekhnanes, au col du Zad et dans la forêt d’Azrou
à la même époque.
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CHARLES E. E. RUNGS
Cardepia sociabilis antinea n. subsp.
Cette espèce est déjà représentée au Maroc par les sous-espèces C. s. mauretanica
W. Roths. et C. s. ghighii Tti. Une troisième sous-espèce habite les régions sahariennes
atlantiques. Elle se caractérise par son envergure moyenne, une teinte de fond beige rosé
assez vive qui fait ressortir nettement l’ornementation des dessins et lignes de l’aile anté¬
rieure et particulièrement deux petits triangles sombres, appuyés sur la ligne antémédiane
de part et d’autre de la nervure 5 des ailes antérieures. Les femelles sont un peu moins
bien dessinées que les mâles. Je désigne cette sous-espèce du nom de C. s. antinea n. subsp.
Holotype r? : Maroc saharien sud occidental, Aoreora, au nord de l’embouchure du
Dra, 5-II-1969.
Dix paratypes de la même station, pris le même jour [G. Thewys).
Mamestra dysodea khala n. subsp. (pl. II, fig. 9)
Si la majorité des sujets marocains de M. dysodea appartiennent à la sous-espèce
faroulti W. Roths. (= africana Ch. Ob.), la sous-espèce qui vole dans le Rif occidental
me paraît bien distincte. L’ornementation des ailes antérieures est identique à celle de
M. d. faroulti ; mais la teinte rousse caractéristique de cette sous-espèce a disparu et se trouve
remplacée par une coloration gris foncé sur laquelle se remarquent les points jaunes inter-
nervuraux et ceux de la réniforme. Le dessous est beaucoup plus dessiné et contrasté.
Cette sous-espèce est encore plus sombre et plus dessinée que la sous-espèce sombre de la
Sierra Nevada (Espagne) que je dois à l’obligeance de M. Suarez. Je nomme cette sous-
espèce M. d. khala n. subsp.
Holotype G, allotype et paratypes de Tetouan et de ses environs immédiats (Aïn
Bouanane), 25-VI-1968 ; un paratype de Dar Jarjor, 24-IV-1965, deux de Tafira, 17-VII-
1971.
Polytela cliens tanit n. subsp.
J’ai capturé aux lumières, en Mauritanie, non loin de l’ancien poste de Coppolani,
à une vingtaine de kilomètres au nord de Nouakchott, le 6-IX-1956, quelques exemplaires
de Polytela cliens différents des sujets appartenant aux sous-espèces déjà décrites. Ils sont
de petite taille ; la coloration de fond des ailes antérieures est blanc pur sans trace de rose ;
la ligne antémédiane est mince, peu sinueuse et pratiquement perpendiculaire au bord
postérieur de l’aile antérieure ; la ligne antéterminale est plus marquée que chez P. cl. cliens
Feld. et moins que chez P. cl. duhemi Rgs ; le triangle noir préapical est net et très foncé ;
le dessous des ailes antérieures est blanc, la bande antéterminale est absente, seul le triangle
sombre préapical est très apparent.
Longueur de l’aile antérieure de 14 mm pour l’holotype et deux paratypes (mâles).
Orthosia boursini n. sp. (pl. I, fig. 12)
Dans mes travaux antérieurs j’ai signalé cette nouvelle espèce sous les noms erronés
d’O. stahilis (Rungs, 1938 : 9, n° 15) puis d’O. gracilis (Rungs, 1957 : 282) en me basant
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
677
sur un examen superficiel de sujets frottés. La capture d’un assez grand nombre de sujets
frais et de différentes origines, ainsi que l’étude comparée des genitalia m’a montré qu’il
s’agit d’une espèce non encore décrite que je dédie, à mon excellent ami Cb. Boursin qui
voulait bien m’aider avec dévouement dans mes recherches sur les Noctuelles trifides du
Maroc.
Fig. 1. — Orthosia, armature génitale mâle.
S, O. stahilis Schiff. ; B, O. boursini n. sp.
Silhouettes à gauche : extrémité de la valve droite ; au centre : uncus ; à droite : clasper.
Cette nouvelle espèce ressemble beaucoup à O. stabilis ; mais elle est un peu plus grande,
plus rousse et plus foncée ; les nervures ne sont qu’à peine éclaircies dans l’espace terminal
de l’aile antérieure. Une différence constante avec O. stabilis réside dans le fait que l’orbi-
culaire n’est pas aussi arrondie mais est étirée dans le sens de la longueur de l’aile, ce qui
lui confère une forme irrégulièrement ovale et la rapproche beaucoup de la réniforme qu’elle
peut même toucher : f. tangens n. f. (type d’Ifrane).
Ilolotype : un mâle, Maroc, Moyen Atlas, Ifrane, IV-1947 (coll. P. Buckwell au
Muséum national d’Histoire naturelle (Entomologie), Paris ; envergure de 36 mm. Allo¬
type : une femelle, Ifrane, 7-IV-1951 ( C. Rungs).
Paratypes : onze exemplaires des deux sexes d’Ifrane en avril et mai (P. Buckwell,
C. Rungs, P. Viette).
Les genitalia mâles permettent facilement de séparer 0. boursini des espèces voisines :
l’uncus, l’extrémité des valves et le clasper sont très différents (fig. 1 et pl. II, fig. 7).
Dans la chaîne du Rif vole une sous-espèce grise, à reflets soyeux, mouchetée de sombre,
très distincte par son aspect extérieur, mais dont les genitalia sont identiques ; je lui donne
le nom d’O. b. rifana n. subsp.
Holotype $ et allotype de Ketama, 2-V-1970 ; neuf paratypes femelles de Bab Tiliouine,
14-V-1969 ( Ben Messaoud).
Je connais cette sous-espèce de Tetouan et du Djebel Outka, toujours en avril et mai.
Il n’est pas impossible que l’examen minutieux des O. stabilis de provenance nord-africaine
des collections Ch. Oberthür, W. Rothschild et D. Lucas révèle l’existence d’O. bour¬
sini dans les autres pays du Maghreb.
60 , 2
678
CHARLES E. E. RUNGS
Mythimna sicula pseudoprominens n. f. (pl. I, fig. 13)
Plusieurs auteurs, W. Warren, Ch. Oberthür, W. Rothschild, H. Reisser et moi-
même, ont signalé la présence de M. prominens Walk. (= hipanica Rell.) au Maroc. J’avais
groupé sous ce nom une longue série d’une grande Mythimna commune dans ce pays et
ma détermination avait reçu l’approbation de spécialistes, qui, comme moi-même, s’étaient
basés sur les seuls caractères extérieurs sans s’adresser à l’examen des pièces génitales.
J’ai préparé de nombreux genitalia (plus de cinquante) de ce que je croyais être M. pro¬
minens pour me rendre compte que tous appartenaient, sans doute possible, à l’espèce
M. sicula Tr. Je n’ai pas rencontré un seul M. prominens parmi mon matériel marocain.
Je désigne du nom de pseudoprominens n.f. cette forme mimétique de M. sicula pour attirer
l’attention des lépidoptèristes sur cette frappante similitude externe.
Holotype : un mâle, Maroc occidental, Sibara, 11-11-1966 ; envergure de 32 mm. Allo¬
type : une femelle, Maroc occidental, Merchouch, 9-11-1966 ; envergure de 34 mm.
Paratypes : seize mâles dont les genitalia ont été vérifiés, provenant de différentes
localités du Maroc occidental, capturés en février et mars et l’un en octobre. J'ajoute qu’il
n’est pas possible de considérer cette forme comme une sous-espèce géographique, car elle
vole aux mêmes époques et sur les mêmes stations que les M. sicula appartenant aux formes
classiques dont albiçena Grasl. Je l’ai identifiée avec certitude par un mâle de ma collection,
de Rarce en Tripolitaine, capturé en mars 1959 par M. Martin.
Mythimna (Leucania) joannisi arbia Roursin et Rungs
La femelle de cette sous-espèce n’était pas encore connue au moment de la description.
Je l’ai capturée depuis ; en voici la diagnose : très semblable au mâle dont elle est cependant
très distincte par l’éclaircissement général dû à une forte diminution de l’intensité de
toutes les ornementations noires et brunes des ailes antérieures et par la disparition quasi
totale de la macule triangulaire noire qui est accolée extérieurement au point blanc ocellé
de noir discocellulaire ; en outre les antennes sont sétiformes.
Néoallotype : une femelle, Maroc nord-occidental, Merdja Rokka, 7-IX-1964 (C. Rungs).
Plusieurs femelles paratypes de la même station.
Cucullia galleti n. sp. (pl. I, fig. 14)
Aspect général d’un petit exemplaire clair de C. absinthii L. Antennes filiformes ;
palpes redressés, dépassant la touffe frontale, blancs, écaillés de noir ; front blanc ; touffe
frontale blanche, mêlée à quelques longues écailles noires ; collier blanc, saupoudré de noir,
bordé d’une ligne noire. Crête prothoracique gris clair mêlée d’écailles piliformes noires
et rousses ; ptérygodes également colorés ; touffes mésothoraciques de même coloration
avec une ligne antéterminale de points noirs ; touffe métathoracique gris noir. Abdomen
blanc sale avec des crêtes brun noir sur les quatre premiers tergites. Aile antérieure d’aspect
général gris clair sur lequel se détachent deux ombres rousses marquées de noir, obliques,
partant de la côte et se dirigeant en biais pour atteindre la base de la cellule ; elles prennent
LEPIDOPTERES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
679
naissance respectivement au quart et à la moitié de la côte. Un gros point noir leur fait
suite sur la côte, suivi lui-même en oblique par deux points noirs ; puis l’on remarque une
ombre oblique plus légère, rousse marquée de noir. Une ombre brunâtre s’étire entre la
cellule et le bord externe. Toutes les lignes sont indistinctes. L’orbiculaire et la réniforme
ne sont représentées que par des taches plus ou moins quadrangulaires, de la teinte gris
très clair qui est celle du fond. Des stries gris brun s’étirent entre les nervures qui sont
sombres. Une tache allongée brun noir est située sur la nervure 2 au tiers externe de sa
longueur ; de nombreux points noirs entre 3 et 4 sous la cellule, dont sept sont très nets
le long de son bord inférieur. Une petite tache noire entre 3 et 4 à la base, sous la cellule ;
un point noir entre les bases de 4 et 5. Huit taches noires plus ou moins triangulaires, très
apparentes et relativement grandes, au bord terminal. Franges gris clair entrecoupées de
trois bandes brunâtres parallèles au bord externe. Aile postérieure blanche ; les nervures
sont sombres sur le tiers externe qui est assombri de brunâtre clair. Les franges sont blanc
pur. Le dessous des ailes antérieures est gris luisant, légèrement assombri sous la cellule ;
dessous des ailes postérieures irisé de rose. Envergure : 34 mm.
Les pièces génitales mâles (pl. III, fig. 3 et 4) se rapprochent de celles de C. efflatouni
Wiltshire du Sinaï. Elles diffèrent en ce que les valves sont plus larges, l’ampulla est plus
longue, plus grêle et l’apex est aigu et retroussé vers la base de la valve (cette pièce est
courte à extrémité arrondie chez C. efflatouni) ; l’uncus est progressivement effilé et ne
montre aucun renflement dans sa partie moyenne. Le pénis, malencontreusement endom¬
magé au cours de la dissection, ne semble comporter qu’un seul cornutus, plus effilé que
chez C. efflatouni, et il n’est pas bulbeux.
Holotype : un mâle, Maroc, Moyen Atlas, cratère du Djebel Michlifîen (2 036 m) ;
au sud d’Ifrane ; 27-VIII-1967 (J. Gallet).
Espèce amicalement dédiée à son inventeur, qui, pendant un long séjour au Maroc,
s’est passionnément intéressé à la faune des Lépidoptères de ce pays et m’a confié l’étude
de cet unique spécimen actuellement connu.
Eremochlaena orana pallidior n. f.
Par rapport à E. orana H. Lucas, cette forme se caractérise par un très fort éclaircisse¬
ment général par disparition du saupoudré d’écailles sombres sur les ailes antérieures.
C’est ainsi que l’aire antémédiane est entièrement blanc ivoire ; l’aire postmédiane montre
la même coloration ; la tache grise préapicale a disparu sur la côte antérieure ; il y persiste
toutefois une ligne antéterminale brun roux limitée entre les nervures 2 et 8, ligne sur
laquelle s’appuient intérieurement deux petites taches noires triangulaires disposées de
part et d’autre de la nervure 5. Franges blanc ivoire à apex ondulé roux et non pas alternées
de blanc et de brun. Ailes postérieures dépourvues de l’ombre antéterminale, mais laissant
apparaître la trace d’une ligne postmédiane.
Holotype : un mâle, Maroc orienlal, Aïn el Assas à 15 km au nord-est de Taourirt,
7-XI-1969.
680
CHARLES E. E. RUNGS
Polymixis xanthomista chehebia n. subsp.
C’est la sous-espèce du Haut Atlas oriental (massif de l’Ayachi) ; elle est caractérisée
par une teinte de fond des ailes antérieures non plus gris fer ou gris cendré, mais gris
brun ocré clair, teinte sur laquelle se détachent à peine les lignes et taches habituelles
chez cette espèce ; le jaune n’est pas abondant et noyé dans la teinte de fond.
Holotype : un mâle, Djebel Ayachi Sidi Jaffar, 16-X-1968. Allotype : une femelle,
mêmes indications ; un peu plus floue que le mâle.
Paratypes : 2 mâles et 5 femelles de Sidi Jaffar, 3 femelles du même massif : Bou Oud-
rnane, 20-X-1968 (Ben Messaoud ).
Polymixis xanthomista hadenina n. subsp.
C’est la sous-espèce du Haut Atlas de Marrakech. Elle est caractérisée par un fond
clair fortement saupoudré d’écailles noires éparses, fond sur lequel se voient, noyés dans
la masse, les dessins et taches de l’espèce. Cette sous-espèce fait penser à une grande Hadena
du groupe filigrama-duercki. Les taches jaune orange se détachent sur la teinte de fond.
Holotype : un mâle, Haut Atlas, Asif Ait Iren, 30-VIII-1970. Allotype : une femelle,
Haut Atlas, Oukaïmeden, 15-X-1957.
Paratypes : 18 spécimens des deux sexes de l’Oukaïmeden, de l’Ourika, de Taddert,
pris de fin août à novembre.
Polymixis xanthomista rmadia luteopicta n. f.
Au Rif oriental, massif du Tidighine, Ketama, vole en septembre-octobre, une forme
très distincte de P. x. rmadia Rgs par l’abondance de l’ornementation jaune qui contraste
vivement sur le fond gris de la sous-espèce chez laquelle cette couleur jaune fait pratique¬
ment défaut.
Holotype et allotype de la forme : Ketama, 6-X-1969 (Ben Messaoud).
Paratypes : 12 exemplaires pris avec les types ainsi qu’au Djebel Tidighine, 29-IX-1970.
Conistra ligula gemella n. subsp. (pl. I, fig. 15 et pl. II, fig. 1 et 5)
Ressemble en tous points à C. I. ligula ; mais l’examen des genitalia mâles montre une
différence constante avec ceux des spécimens européens de ma collection : le faisceau de
petits cornuti situé au centre du pénis est composé d’éléments beaucoup plus courts. Le
mâle choisi comme holotype, Moyen Atlas, Ifrane, 20-XI-1947, est de coloration fonda¬
mentale brun rouge vineux à travers laquelle se distinguent à peine les dessins normaux
des ailes antérieures ; la base de la réniforme est bien marquée de noir, noir tamisé par la
couleur de fond.
Allotype : une femelle à peine plus claire que l’holotype, Haute vallée de la Moulouya,
Midelt, 15-X1-1968.
L’espèce varie : à l’Aguelmane Azigza (Moyen Atlas) vole une forme brune, fortement
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
681
marquée de noir dans l’aire basale et dans une aire externe à la postmédiane sur l’aile anté¬
rieure. Les genitalia sont identiques à ceux de cette sous-espèce. Je désigne cette forme
du nom spadiceoides n.f. Holotype : Aguelmane Azigza, XI-1948 (J. B. Panouse ). Paratype :
un mâle, mêmes indications, moins marqué de noir que l’holotype.
Conistra plantei n. sp. (pl. I, fig. 16)
Holotype : un mâle, Maroc, Moyen Atlas, forêt de Jaba, 14-XI-1970 ; envergure de
35 mm (J. Plante).
Espèce du groupe de ligula-vaccinii-alicia, comme le confirme l’examen des pièces
génitales mâles. Antennes fines recouvertes d’écailles noires au-dessus, rousses au-dessous,
légèrement crénelées, chaque article portant en dessous un faisceau lâche de courtes soies
blondes.
Touffes frontales, ptérygodes et thorax revêtus de longs poils brun rouge à extrémité
couleur de tabac blond, donnant à l’ensemble une tonalité générale couleur de cuir. Pilo¬
sité de la face inférieure du corps rougeâtre vineux.
Aile antérieure d’une teinte générale brun très clair à reflets vaguement verdâtres ;
les nervures recouvertes d’une rangée de petites écailles beige clair. Ligne antémédiane
peu nette ; orbiculaire et réniforme grandes, à peu près quadrangulaires, de la teinte du
fond un peu rembrunie, angles arrondis ; orbiculaire ouverte en haut et en bas, limitée
latéralement par un liseré interne beige clair doublé d’un liseré externe roux vif ; réniforme
à peine fermée en haut et en bas, limitée par les mêmes liserés, la partie inférieure de l’espace
interne porte quelques écailles noires. La côte montre successivement de la base vers l’apex
de l’aile : deux petites macules allongées noirâtres, un espace clair, une tache triangulaire
noire au-dessus du côté intérieur de l’orbiculaire, une tache semblable au-dessus de l’espace
qui sépare l’orbiculaire de la réniforme, une autre identique au-dessus de la cloison externe
de la réniforme, puis deux petites virgules blanches, puis une grande tache sombre plus
ou moins triangulaire qui donne naissance à la ligne antéterminale, ligne composée de
macules roux vif disposées entre les nervures, parallèle au bord terminal, lui-même précédé
de quelques points sombres internervuraux. Une ligne médiane sombre, issue de la deuxième
tache noire de la côte, atteint en oblique les écailles noires de la partie inférieure de la réni¬
forme puis repart en oblique vers le bord interne qu’elle rencontre un peu au-delà du milieu.
La claviforme est absente, son emplacement n’est marqué que par quelques écailles brun
rouge. Franges, du bord terminal de l’aile à leur apex, successivement beige, brun, beige,
brun, beige. Ailes postérieures écaillées de brun noir avec une indication foncée d’un trait
marquant l’extrémité de la cellule ; franges ocre grisâtre clair. Dessous des ailes antérieures
brun rose avec le disque brun, le point sombre antéapical bien marqué, le bord interne
très éclairci en beige. Dessous des ailes postérieures brun rose avec le point discoïdal et
la ligne postmédiane très apparents. Le dessous des quatre ailes est fortement ponctué de
noir.
Toutes les pattes brun foncé, maculées de beige ; éperons des postérieures noirs avec
l'apex jaune.
L’armure génitale mâle (pl. III, fig. 2 et 6), quoique du même type que celle des espèces
voisines, se différencie facilement par la forme de la fultura, celle des harpes et par l’arma¬
ture de l’organe copulateur. Les valves présentent une double courbure, une extrémité
682
CHARLES E. E. RUNGS
elfilée et celle de gauche (in situ) est plus longue que celle de droite ; mais la harpe au lieu
d’être grêle et quasi filiforme est épaisse et massive ; la fultura, au lieu d’être en forme
de losange, présente la silhouette d’une ancre de marine à hras courts et à tige longue,
tige dont les bords sont parallèles et non pas convergents vers le haut. Le pénis est armé,
côté cæcum, par un fort cornutus à pointe mousse, strié en long, à peine bulbeux, coudé
à son tiers inférieur ; du côté opposé du pénis, un cornutus puissant, en forme d’épine
trapue et pointue, fortement bulbeux. Entre ces deux cornuti se trouve un faisceau de
grêles cornuti groupés, peu nombreux (8). L’ouverture de l’aedageus montre la présence
d’une lame triangulaire recourbée bien chitinisée. Plusieurs de ces caractères des genitalia
mâles placent cette nouvelle espèce plus près de C. vaccinii que de C. ligula et de C. alicia.
Allotype femelle : je rapporte à cette espèce une femelle capturée en même temps
que l’holotype et qui présente les mêmes caractères de structure et de coloration, sauf
que tous les dessins et lignes sont à peine marqués. La ligne médiane sombre fait exception
et est très nette, mais son trajet inférieur, entre la tache noirâtre de la base de la réniforme
et le bord interne de l’aile est beaucoup plus oblique vers le corps de l’insecte que chez
l’holotype. Si l’on se réfère à l’étonnante variabilité des espèces de Conistra, je pense que
cette différence d’orientation d’une ligne ne doit pas être retenue. Cette femelle a perdu
son abdomen au cours d’un transport ; je ne peux donc pas en étudier les genitalia. Enver¬
gure : 36 mm.
Espèce amicalement dédiée à M. Jacques Plante, de Paris, qui consacre une grande
part de ses loisirs à l’étude de la faune des Lépidoptères du Maroc, pays où il fait de longs
séjours et voyages d’exploration entomologique. Je le remercie de m’avoir confié l’étude
de cet intéressant matériel.
Conistra daubei maura n. subsp. (pl. I, fig. 17 et pl. III, fig- 7 et 8)
C. daubei Dup. n’a pas encore été signalée du Maroc ; elle y existe cependant et y
constitue une sous-espèce particulière, C. d. maura, qui se caractérise par la disparition
de la teinte de fond plus ou moins jaune qui se trouve remplacée par une teinte brun rou¬
geâtre plus ou moins mouchetée de noir ; les ailes postérieures montrent une ombre médiane
suivie d’une ombre antéterminale ourlée de clair devant les franges. Cette sous-espèce est
soumise à des variations :
sericea n. f. : gris rosé tourterelle, éclairci à la côte où se détachent des points noirs,
tous les autres dessins et lignes étant estompés.
transversa n.f. : aile antérieure ocre rose, sans aucune autre ornementation qu’un
chevron grisâtre à sommet externe allant obliquement du milieu de la côte à la base de la
cellule pour repartir obliquement jusqu’au milieu du bord interne.
liguloides n.f. : ressemble en tous points à une petite ligula, entièrement brun cuir,
mais dont la réniforme ne montrerait aucune trace foncée à sa partie basale.
pseudogallica n.f. : c’est la forme maura typique dont la réniforme est marquée de
noir à peu près comme l’est gallica Led. Les genitalia mâles de C. d. maura et de ses formes
ne montrent aucune différence avec ceux de C. d. daubei Dup.
Holotype de C. d. maura et des formes nouvelles : Haut Atlas oriental, massif de l’Ayachi,
Bou Oudmane, 12-XI-1968, dans les peuplements de Buxus balearica (Ben Messaoud ).
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
683
Conistra staudingeri sebdouensis rubigineoides n. f.
Ressemble à s’y méprendre à C. rubiginea Schifï. : coloration fondamentale jaune sur
laquelle ressortent en brun rougeâtre les dessins et lignes caractéristiques de ce groupe ;
mais les ailes postérieures sont plus sombres et leur envers montre une lunule et une ligne
postmédiane très apparente.
Holotype : une femelle du Haut Atlas oriental, massif de l’Ayachi, Bou Oudmane,
12-XI-1968 (Ben Messaoud).
Agrochola haematides rubrior n. subsp.
La sous-espèce marocaine a les ailes antérieures fortement marquées de rouge violacé
au-dessus.
Holotype : un mâle, forêt d’El Ivrimda, au nord de Larache, 24-XI-1965.
Spudaea ruticilla Esper
Comme partout, cette espèce est extrêmement variable. Toutes les formes décrites
sont présentes au Maroc ; on peut y ajouter deux formes particulières qui me paraissent
inédites :
khala n.f. : entièrement brun noir y compris les franges ; les dessins sont à peine visibles
sous cette teinte de fond. Holotype, allotype et paratypes du Haut Atlas oriental, massif
de l’Ayachi, Bou Oudmane, 12-XI-1968 (Ben Messaoud ).
pseudopolita n.f. : c’est une khala dont les ailes antérieures sont ornées d’une ligne
antéterminale étroite, beige. Holotype, allotype et paratypes : mêmes indications que
pour la forme précédente.
Apatele aceris rita n. subsp. (pl. I, fig. 18)
A. aceris L. a déjà été signalée du Maroc par Reisser (1933 : 221) et par moi-même
(1957 : 280) sous le nom erroné d’M. a. judaea Stgr., décrite de Palestine. La capture d’un
plus grand nombre de spécimens permet de constater que si les exemplaires marocains mon¬
trent une ornementation qui est assez semblable à celle d’M. a. judaea, l’allure générale en est
très différente : les ailes antérieures portent un saupoudré gris très fin qui donne au papillon
un reflet argenté très particulier.
Holotype, allotype et paratypes du Rif, Haouta el Kasdir ( ca . 2 000 m ait.) capturés
entre le 4 et le 11-V1I-1961 ( Ben Messaoud et C. Rungs).
Craniophora pontica illuminata n. f. (pl. I, fig. 19)
En moyenne, les exemplaires du Maroc sont plus clairs que les spécimens d’Europe ;
une forme claire extrême peut être désignée du nom d’illuminata n.f., caractérisée par une
teinte de fond blanche et par une réduction importante sur les ailes antérieures de toutes
684
CHARLES E. E. RUNGS
les parties sombres habituelles chez l’espèce, donnant un aspect insolite. Les genitalia
sont ceux de C. p. pontica.
Holotype mâle et paratypes mâles de Moyen Atlas, Ifrane, 23-VIII-1957. Envergure :
30 mm (C. Rungs).
Cryphia blepharista katiba n. subsp. (pl. I, fig. 20 et pl. II, fig. 8)
C. blepharista Bnrs a été décrit sur des spécimens du Moyen Atlas. J’ai capturé dans
l’Anti Atlas occidental trois exemplaires très différents d’aspect, qui constituent une sous-
espèce particulière ; elle se distingue de C. b. blepharista, dont elle présente tous les carac¬
tères structurels, par une coloration très claire, presque blanche, du fond des ailes anté¬
rieures, fond sur lequel se détachent très nettement les dessins qui font ressembler cette
sous-espèce à un petit exemplaire de C. duseutrei tachdirtica Schwing.
Holotype et deux paratypes mâles : Maroc, Anti Atlas, Tafraout, 18-\ II1-1946.
Envergure : 25 mm. Une femelle capturée avec le mâle, montre le fond des ailes rose cre¬
vette et non plus blanc : leander n.f.
Cryphia muralis imparoides n. f. (pl. I, fig. 21)
C. muralis Forst. se présente plus souvent au Maroc sous la forme par Hb., qui est
plus fréquente que la forme nominative, la teinte générale est soit verdâtre, soit ochracée.
Une forme très particulière se prend à Ifrane en août : elle est caractérisée par un enva¬
hissement considérable de l’aile antérieure par un saupoudré dense marron foncé parmi
lequel se distinguent difficilement les dessins caractéristiques de l’espèce ; toutefois, Faire
antéterminale est éclaircie. Cette forme ressemble à impar War., mais est encore plus sombre.
Holotype : une femelle, Maroc, Moyen Atlas, Ifrane, 23-VIII-1957. Envergure : 28 mm
(C. Rungs).
Paratype : un mâle, même lieu de récolte, 28-VIII-1954 (C. Rungs).
Mesapamea secalis canella n. f.
Toutes les formes décrites de cette espèce si variable d’aspect existent au Maroc. L’une
des formes ne me paraît pas avoir été signalée : il s’agit d’individus entièrement ocre rou¬
geâtre ; toutes les taches et dessins sont noyés dans cette teinte de fond, les ailes postérieures
sont plus claires que les antérieures.
Holotype : un mâle, Haut Atlas de Marrakech, Asif Ait Iren, 30-VIII-1970; envergure
de 28 mm ( Ren Messaoud, Masbahi et C. Rungs).
Lucasidia phenax Boursin
Comme l’a déjà signalé son descripteur (1936), cette espèce endémique du sud maro¬
cain est très variable. La forme nominative est bicolore, ocre saumoné mêlé de gris bleuté
plombé. M. Charles Boursin décrit comme paratypes femelles des spécimens où le gris bleuté
domine par rapport à l’ocre rose ; je propose de nommer cette forme caroli n.f. en l’bonneur
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
685
du descripteur. J’ai moi-même décrit (1943 : 165) une forme rherissa qui représente la forme
extrême entièrement ocre rose, pratiquement sans dessins visibles. Il existe une autre
forme très particulière qui fait ressembler l’espèce à un Polymixis et est représentée par
des individus dont la couleur fondamentale est ocre rose, fond sur lequel se détachent en
noir une ligne antémédiane épaisse, une assez large ombre médiane, une ligne postmédiane
très dentée suivie d’une ombre antéterminale grisâtre, plus légère chez les mâles. L’aile
postérieure montre une ligne médiane suivie d’une ombre grise. Je nomme cette forme
très dessinée mkeiteb n.f.
Holotype mâle : Maroc saharien, basse vallée du Dra, Maader Sellam, 16-11-1968
(G. Thewys). Allotype femelle, mêmes indications, Ait Ouabelli, 17-11-1968 (G. Thewys).
Ces formes ne sont pas des formes stationnelles.
Caradrina (Platyperigea) terrea altéra n. subsp.
Diffère de C. t. terrea par une coloration générale des ailes antérieures plus claire,
à reflets vaguement rosé violacé ; les taches noires de la ligne antéterminale sont très nettes,
les lignes transversales sont fines et parfois obsolètes. Dans les pièces génitales mâles, la
valve est un peu plus large, la partie chitinisée inférieure est plus longue, le processus
terminal de la valve est plus long, enfin l’armature de la vesica est plus forte, formée de
clous épais plus gros et plus nombreux.
Holotype, allotype et paratypes : Maroc, Moyen Atlas, col du Zad (2 200 m), 27-VIII-
1954 (C. Rungs ).
Caradrina (Paradrina) selini djebli n. subsp. (= adrariensis Boursin in litt.)
(pl. I, fig. 6)
Plusieurs auteurs ont signalé avec doute la présence de C. selini B. au Maroc. La cap¬
ture d’assez nombreux spécimens de différentes stations permet de confirmer cette suppo¬
sition, mais la population marocaine constitue une sous-espèce particulière C. s. djebli n. ;
elle est voisine de C. selini mais elle est de teinte générale plus ochracée, sans aucune trace
de nuance tourterelle ; l’orbiculaire est bien représentée par un petit point noir net ; la
réniforme est nette et foncée ; la ligne postmédiane est à peine indiquée ; la ligne antémé¬
diane est nette et bordée intérieurement d’une ombre grise et non pas rousse, assez large ;
par contre, les points noirs qui ornent la côte de l’aile antérieure sont réduits. Les femelles
sont plus ternes, plus estompées que les mâles, sur un fond plus roussâtre ; les ailes posté¬
rieures sont uniformément de coloration gris sale. Les pièces génitales ne montrent pas
de différence avec celles d’exemplaires des Alpes de ma collection.
Holotype, allotype et plusieurs paratypes du Rif ; Hauta el Kasdir (1 850 m) du 4 au
10-V11-1961 ( Ben Messaoud et C. Rungs). Les exemplaires du Moyen et du Haut Atlas sont
encore plus roussâtres car la teinte de fond est finement mouchetée de brun clair.
Catocala conversa Esper
Espèce variable d’aspect ; on la capture sous la forme nominative qui est la plus
commune à laquelle se mêlent quelques spécimens des formes carbonaria Stgr. et semi-
686
CHARLES E. E. RUNGS
nigra W. Warr. Il existe une forme intermédiaire que je propose de nommer fallax n.f.
Elle est caractérisée par une coloration brun noirâtre des trois quarts internes des ailes
antérieures alors que le quart externe est identique à celui que présente l’aile de la forme
nominative ; en outre la bande dentée claire qui longe à l’extérieur la ligne dentée post¬
médiane est très apparente.
Holotype, allotype et une femelle paratype prises dans le Rif à Hauta el Kasdir entre
le 4 et le ll-VII-1961 ( Ben Messaoud el C. Rungs ).
Fig. 2. — Catocala, silhouette de la valve gauche de l’armature génitale mâle.
N, C. nymphagoga Esp. ; G, C. giuditta Schwda (paratype) ; P, C. g. giuditta propinqua n. subsp.
(holotype) ; E, C. eutychea.
Catocala giuditta Schawerda (pl. I, fig. 23)
Cette espèce, décrite de l’Atlas tellien algérien (Hammam Righa), est une bonne espèce
qui remplace C. eutychea Tr., espèce du bassin oriental de la Méditerranée, en Afrique du
Nord. Les genitalia montrent clairement que C. giuditta n’est pas une sous-espèce de
C. eutychea. J’ai pu comparer une série marocaine à des C. eutychea de Syrie et de Grèce
ainsi qu’à l’holotype et à des paratypes de C. giuditta. Il apparaît que nos captures ne sont
pas des C. eutychea mais des C. giuditta et qu’elles constituent une sous-espèce inédite
que je propose de nommer C. g. propinqua n. subsp. (pl. I, fig. 24). Elle est beaucoup mieux
dessinée que la sous-espèce nominative, bien moins terne et plus contrastée, avec un reflet
gris argenté très net chez les exemplaires fraîchement éclos. La bande ondulée médiane noire
des ailes postérieures est plus large que chez C. giuditta et moins large que chez C. eutychea.
L’envergure est intermédiaire entre celles de ces deux espèces : 40-42 mm. Les genitalia
mâles montrent des différences appréciables (fig. 2) : la côte chitinisée supérieure de la
valve gauche [in situ ) est beaucoup plus épaisse (ainsi d’ailleurs que l’ensemble des pièces
chitinisées) que chez C. giuditta et l’apex en est beaucoup plus renflé ; les aedageus sont
identiques.
Holotype, allotype et douze paratypes du prérif occidental, Ain Bouanane, près de
Tetouan en juin 1968 et 1969 ( Ben Messaoud). R. Ajengo (1959 : 373) signale la présence
de C. eutychea Tr. au Maroc, à Al [El] Ajmas, aux environs de Chaouen [Xauen], dans
le Rif occidental. Cette localité est située à 40 km au sud d’Ain Bouanane et forme un
milieu écologique très semblable. Peut-être existe-t-il une confusion d’espèce de la part
de notre collègue ? Si c’était le cas, C. eutychea, espèce orientale, serait à rayer de la faune
marocaine.
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
687
II. ESPÈCES NON ENCORE SIGNALÉES AU MAROC
COSSIDAE
Holcocerus holosericeus faroulti Ch. Oberthür. — Maroc saharien sud-occidental : Pro¬
vince de Tarfaya, Mader Asfer, 10-V-1969 (G. Thewys ).
Paropta l- nigrum henleyi W. Rothschild. — Espèce assez commune dans les peuple¬
ments A’Acacia raddiana Savi au Maroc saharien : Oum Hajes, Hassi Merheimine, Mader
Khemlia, Oum el Ilaj, Iriqi, Mader M’Hamid, oued Akka, en avril et mai.
Dyspessa vaulogeri Stgr. — J’ai déjà signalé cette espèce de la zone aride au nord
du Haut Atlas (Z), v. meirleirei Rungs) ; elle habite aussi les régions désertiques où elle se
présente sous deux formes :
-—- saharae D. Lucas à l’oued Akka, Ait Ouabelli, Mader Sellam, Fask, Abattah en avril
et mai ;
— suavis Stgr. à l’oued Amdoul, Mader Sellam, M’Hamid, pendant les mêmes mois.
Stygiamosulensis F. Daniel (pl. I, fig. 3). — Très rare espèce, décrite de l’Iraq d’après deux
femelles. Au Maroc, l’on ne connaît également que deux femelles des régions sahariennes
de la basse vallée du Dra : Mader Anziz, VII-1967 et Ait Ouabelli, 19-IV-1968 (G. Thewys).
Oecopiioridae
Diurnea fagella Fab. —- Forêts au nord de Larache : El Korimda, en mars (det.
P. Viette).
Pyralidae
Pediasia numidella Rebel. —- Maroc saharien, vallée moyenne du Dra : Zagora, IX-1968
(G. Thewys) et 6-IV-1970 ( Mashahi) ; Bas Dra : Mader Sellam, 14-IV-1969 (G. Thewys) ;
oued Akka, 12-IV-1968 (G. Thewys) ; Tarfaya : 20 km à l’ouest de Zaag, V-1967 (G. Thewys).
Trachypteryx acanthotecta Rebel L — N’est pas très rare en avril et mai dans les régions
présahariennes du Maroc et au Sahara nord occidental. Hassi Merheimine, Foum Tangarfa,
Mader Telmaout, Mader Asfer, oued Amdoul, 20 km à l’ouest de Zaag, au Maroc. Rio de
Oro : Guelta du Zemmour, IV-1942 ( Morales Agacino, C. Rungs et B. Zolotarewsky). Mau¬
ritanie septentrionale : Bir Moghrein, 15-X-1942 (C. Sauvage et C. Rungs).
1. Kasy (1965 : 595, n. infr.) a indiqué que Tr. tibestiensis Herbulot et Viette était un synonyme de
Tr. acanthotecta Rebel (1926 : 183), décrit d’Égypte. II est fort probable que Tr. scelodoma Tams (1932 :
128), décrit du Nigeria, est également un synonyme de l’espèce nommée par H. Rebel.
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CHARLES E. E. RUNGS
Tegostoma russulalis Christ. (= allardalis Ob.). — Maroc présaharien : oued Akka,
Mader Idalen, Mader Telmaout, Mader Anziz, Mader Sellam, de février à mai (G. Thewys).
Hypsopygia costalis F. — Prérif occidental : Tetouan, Aïn Bouanane, 25-VI-1968
(Ben Messaoud).
Herculia glaucinalis L. — Plaines nord-occidentales : Merdja Bokka, 7-IV-1964
(C. Rungs) ; Ait Kataa et El Korimda, X-1965 (Ben Messaoud).
Pyrausta acontialis Stgr. — Massif d’Oulmes : El Marcha, 17-IV-1966 (C. Rungs).
Pyrausta virginalis Scop. — Maroc saharien : Tarjicht, 2-IV-1941 (C. Rungs) ; Prérif
occidental : Tetouan, l-IV-1970 (Ben Messaoud).
Pyralis lienigialis Zell. — Rabat, Marrakech ; Rif ; Djebel Jarjour. Larve dans les amas
cireux de Pseudococcus adonidum L. et dans les pédoncules de Cucurbita moschata, fruits
en magasin. Tous les exemplaires déterminés P. farinalis L. du Maroc et que j’ai pu disséquer
appartiennent en réalité à P. lienigialis.
Geometridae
Anticlea derivata Schiff. — Rif central : Ketama, 10-VI-1969, un exemplaire absolu¬
ment conforme au n° 762 de la planche 37 de Culot (Ben Messaoud).
Triphosa sabaudiata Dup. —- Un male de coloration très claire, Tetouan, 12-IV-1969
(Ben Messaoud).
Scopula decolor Stgr. (= languidata Stgr.). — Maroc oriental steppique : Guercif,
2-XI-1970 (C. Rungs) ; Maroc saharien : Iriqi, ll-IV-1968 (G. Thewys), Mader Khemilia,
28-V-1968 (G. Thewys), Abatteh, 8-V-1968 (G. Thewys), Tafnidilt, 15-XI-1969 (J. Plante).
Lithina chlorosata Scop. — Forêt de chênes-lièges au nord de Larache : Ait Kataa,
El Korimda, Tazia en mars et avril (Ben Messaoud).
Calamodes occitanaria melanaria Ch. Oberthür. — Moyen Atlas : Aberkhnanes, 7-X-
1966 (C. Rungs) ; Maroc oriental : Ain et Assas au NW de Taourirt, 7-XI-1969 ( Ben Mes¬
saoud) ; Rif : Djebel Outka, 2-X-1969 et Bab Cliiker, 21-IX-1970 (Ben Messaoud).
Zuleika nobiliaria Banz Haas. — Audéoud et Roch (1938 : 369, n° 166) ont pris cette
espèce en territoire algérien, juste de l’autre côté de la frontière marocaine à Béni Ounif.
Elle a été trouvée au Maroc à Zagora, le 8-IV-1968 (Masbahi) et à Hassi Nejakh, le 17-IV-
1968 (Nadir).
Lymantriidae
Lymantria oberthuri D. Lucas. —- J’avais pris cette espèce autrefois à Agadir Tissint
et l’on n’avait plus entendu parler d’elle. Elle a été retrouvée le 10-IV-1968 au Mader de
M’Hamid en plusieurs exemplaires et élevée de chenilles vivant aux dépens du feuillage
d 'Acacia raddiana Savi (G. Thewys).
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
689
Lasiocampidae
Anadiasa undata Klug. — Une longue série prise à la lumière le 10-V-1969 au Mader
Asfer (Province de Tarfaya) ; chenilles sur Acacia raddiana Savi (R. Thewys).
Noctuidae
Euxoa rugifrons P. Mabille. — Il est curieux que cette espèce, commune par places,
n’ait pas encore été signalée du Maroc. Basse Moulouya : Sangal ; Atlas tellien : Guen-
fouda ; Haute Moulouya : Midelt et Gara de Midelt ; Moyen Atlas central : Ifrane, forêt
d’Azrou, Annoceur, Aberkhnanes ; Haut Atlas oriental : massif de l’Ayachi à Sidi Jafïar
et au col de Talghemt ; région présaharienne orientale : Oum el Hadj au sud d’Erfoud.
Vole de fin août à octobre. Espèce atlanto-méditerranéenne.
Rhyacia auguroides W. Rothschild (pl. I, fig. 10 et pl. II, fig. 4). — C’est l’espèce que
j’ai signalée en 1957 (p. 281) sous le nom erroné de R. simulans Hfn., espèce à rayer de la
faune marocaine. Monts de Debdou : Aïn Kebira, en avril et en mai. Détermination de
C. Boursin. Cette espèce est proche de R. arenacea Hps. et de R. afghanidia Brsn ainsi que
de R. simulans Hfn.
Spaelotis senna Hbn. — Une petite série prise dans le Haut Atlas central en août 1970
à l’Oukaïmeden et à l’Asif Ait Iren (C. Rungs) ; Méditerranée-asiatique.
Lithophasia quadrivirgula P. Mabille. —• Maroc oriental où elle vole en février-avril,
puis en novembre : Guercif (C. Rungs, J. Plante) ; Ouninet (C. Rungs ) ; Aïn el Assas ( Ben
Messaoud). Espèce méditerranéo-pontique des zones arides.
Lithophane furcifera Hfn. —- Un unique exemplaire en parfait état, dans le Rif à Ketama,
le 27-X-1967 (Ben Messaoud).
Polymixis sublutea Turati. —- N’est connue jusqu’ici, au Maroc, que de Merchouch
au sud de Rabat où elle vole en décembre et du Moyen Atlas à Azrou (J. Gallet) en novembre.
Il est probable que des représentants de cette espèce ont été classés dans diverses collec¬
tions nord-africaines sous le nom de P. flavicincta Schiff. ; en effet, seul l’examen des geni-
talia permet d’obtenir une détermination exacte.
Conistra gallica Lederer. — Je n’ai jamais rencontré moi-même cette espèce au Maroc ;
mais elle figure dans la collection Powell au Musée de l’Institut scientifique à Rabat
et dans la collection Buckwell au Muséum national d’Histoire naturelle (Entomologie),
Paris. Tous les exemplaires ont été pris à Ifrane (Moyen Atlas) entre décembre et avril.
La forme immaculata Cleu vole avec la forme nominative. Atlanto-méditerranéen.
Cirrhia icteritia Hfn. — Je n’en connais que deux exemplaires marocains capturés en
octobre dans le Rif : Bab Besen et Bab Tiliouine (Ben Messaoud). Eurasiatique.
Cirrhia gilvago austauti Ch. Oberthür. — Haute Moulouya : Midelt, 15-XI-1968 (Ben
Messaoud). Eurasiatique.
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CHARLES E. E. RUNGS
Cryphia gea Schawerda. — Haute Moulouya : Gara de Midelt en septembre (El Farjï).
Atlanto-méditerranéen connu uniquement d’Espagne et à présent du Maroc.
Apamea alpigena Boisduval. —- Paraît très rare. Moyen Atlas : Ifrane, 20-V-1952
(P. Buckwell) et Timhadit, 31-V-1932 (II. Powell). Atlanto-méditerranéen.
Mesoligia literosa faroulti W. Rothschild (= powelli Ob.). — Haut Atlas : Oukaïmeden
et Ait bou Guemmez où elle vole en juillet-août. Paraît rare. Les sujets marocains sont
plus sombres et moins roux que les spécimens algériens. Espèce eurasiatique.
Luperina powelli Ch. Oberthür. — Rif : Ketama, Djebel Tidighine Bab Tasiat, Bab
Besen, Bab Chiker ; Moyen Atlas : Ifrane, Aïn Mellal ; Haut Atlas : Oukaïmeden, Asif
Ait Iren. Vole de fin août à octobre. Très proche de L. nickerlii Frr. dont elle n’est peut-
être qu’une sous-espèce nord-africaine. Atlanto-méditerranéen.
Coenobia rufa Haworth. — Rare. Moyen Atlas : Ifrane (P. Buckwell) et Aïn Leuh
( Hamrass , J. Gallet ). L’espèce vole en septembre (det. C. Boursin).
Catamecia jordana balestrei D. Lucas. — Province de Tarfaya : 20 km à l’ouest de
Zaag, Meseid, Abatteh, en mai (G. Thewys). J’ai pris cette même sous-espèce en Mauritanie
à Coppolani au nord de Nouakchott en septembre 1956, en quatre exemplaires de plus
petite taille que les sujets marocains. Espèce des zones arides d’Asie moyenne et nord et
sud-sahariennes qui peut être considérée comme un élément atlanto-méditerranéen des
zones arides.
Hoplodrina hesperica Dufay et Boursin. — Moyen Atlas : Ifrane en août (P. Buckwell)
(det. C. Boursin) ; espèce qui doit probablement être classée sous le nom de H. surpestes Tr.
dans les récoltes nord-africaines. Atlanto-méditerranéen.
Caradrina (Platy péri gea) ingrata Stgr. — Rare et dispersée. Maroc oriental : Aïn Kebira ;
Haut Atlas des M’Goun : Ait bou Guemmez ; régions présahariennes : Aïn Sefra, Ait
Ouabelli. Vole en avril en plaine, plus tardivement en altitude. Mediterranéo-asiatique.
Caradrina ( Paradrina) persimilis W. Rothschild. —- Paraît très rare. Moyen Atlas :
Ifrane et Aguelmane Sidi Ali (det. C. Boursin). Vole en juin-juillet. Atlanto-méditerranéen.
Aegle vespertinalis Rambur. — C’est cette espèce et non pas A. çespertalis Hb. (qui
doit être rayé de la faune marocaine) qui est commune au Maroc pendant toute la belle
saison et est très variable d’aspect. Elle vole dans le Rif, les plaines et plateaux atlantiques,
le Moyen Atlas, le Haut Atlas, la vallée du Souss, le Maroc oriental, la Haute Moulouya.
Elle ne se trouve pas dans les régions présahariennes, ni en montagne au-delà de 2 500 m.
Atlanto-méditerranéen.
Aegle exsiccata W. Warren. — Région saharienne occidentale dans le bassin inférieur
de l’oued Dra : oued Akka, Mader Anziz, Mader Telmaout, Mader Sellam, 15 km ouest
d’Aouinet Torkoz (G. Thewys). Vole en avril et en mai. Espèce sahélo-saharienne. Je la
possède de Mauritanie : Adrar, Tagant, Moudjeria (B. Boniface) et du lac Gabou (P. de Miré).
Au sud du Sahara, vole en avril, puis en novembre. Les spécimens mauritaniens sont de
taille plus réduite que ceux du Maroc.
Masalia albida Ilampson. •— N’est pas rare dans toutes les zones présahariennes et saha¬
riennes : d’est en ouest, prise à Hassi Nejakh à l’est d’Erfoud, Merzouga au nord de Taouz,
à Foum Tangarfa et dans la province de Tarfaya dans la région de Zaag. Vole en avril-mai.
Je possède cette espèce du Rio de Oro et de Mauritanie.
LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX DU MAROC ET DE LA MAURITANIE
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Espèce d’origine tropicale répandue dans les régions désertiques africaines.
Ctenoplusia limbirena Guenée. — N’était connue que de Rabat (Dufay in litt.), je
l’y ai reprise en quelques rares exemplaires capturés de juin à septembre. J'ai obtenu un
adulte issu d’une chenille se nourrissant de jeunes plants en pépinière d’avocatier ( Persea
gratissima). Espèce de l’Afrique tropicale, Madagascar, Canaries, Ceylan, Inde méridionale.
Clytie haifae Habich. —- Rare espèce dont je ne connais que deux exemplaires maro¬
cains (genitalia vérifiés) : l’un du Moyen Atlas, Ifrane, 15-IV-1950 (erreur possible de loca¬
lité) et l’autre du Tafilalet : Erfoud, 2-IV-1950 (W. Smirnoff). Espèce méditerranéo-pon-
tique.
Clytie bernardi Rungs. — Décrite du Fezzan, a été retrouvée en plusieurs localités
du sud-ouest désertique : Mader Anziz, 15-XI-1968, Mader Telmaout, 12-V-1969, Abatteh,
8-V-1969 (G. Thewys ).
Anumeta sabulosa W. Rothschild. — N’est pas rare dans toute la zone saharienne :
Ain Sefra, Ait Ouabelli, Daïat el Maider, Foum Tangarfa, Idassi Merheimine. Vole en avril
( G. Thewys ).
Anumeta hilgerti W. Rothschild. — Très commune sur ses places de vol en avril et
mai : Hassi Nejakh, Figuig, Oglet Reraber, Oum el Haj, Mader Khemlia, Daïat et Mader,
M’Hamid, Foum Tangarfa. ( Thewys , Nadir).
PlERIDAE
Colotis chrysonome Klug. — M. G. Thewys a capturé cette espèce sahélienne à Aouinet
Torkoz (15 km ouest) et au nord de Tantan à la fin de mai 1967, puis au Mader Anziz
au début de juillet de la même année.
Lycaenidae
Azanus ubaldus Cramer. — J’ai capturé cette espèce dans la basse vallée du Dra,
oued Amdoul, en quelques exemplaires voltigeant autour d’un Acacia seyal Del., au début
de mai 1961. Espèce tropicale africaine et asiatique.
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pl. phot. h.-t. 4, 9 fig.
Manuscrit déposé le 29 novembre 1971.
PLANCHE I. — Imagos.
1 : (? Catopta) minor n. sp., femelle allotype. Mauritanie : Adrar, Baten occidental : Touerga. X 1, 2.
2 : (? Catopta) mauritanica D. Luc, cotype C. powelli Ob. Algérie : Geryville. (Muséum, Paris). X 1, 2.
3 : Stygia mosulensis Dan., femelle. Maroc saharien : Ait Ouabelli. X 1, 2.
4 : Synanthedon ferdinandi n. sp., paratype mâle. Maroc : Rabat. X 1.
5 : Synanthedon ferdinandi n. sp., paratype femelle. Maroc : Rabat. X 1, 3.
6 : Parmelina ridens transmarina n. subsp., paratype femelle. Maroc : Rif, Bab Tiliouine. X 1.
7 : Hoplitis powelli occidentalis n. subsp., paratype mâle. Maroc : Douar Béni Kissane. X 1.
8 : Hoplitis powelli occidentalis n. subsp., allotype femelle. Mêmes indications. X 1.
9 : Rhyacia (Epipsilia) boursini n. sp., paratype femelle. Maroc : Haut Atlas, Oukaïmeden. X 1.
10 : Rhyacia auguroïdes Roths, mâle. Maroc : Monts de Debdou, Ain Kebira. X 1.
11 : Paramathes picata maroccana n. subsp., paratype mâle. Maroc : Rif, Bab Tasiat. X 1.
12 : Orthosia boursini n. sp., paratype mâle. Maroc : Moyen Atlas, Ifrane. X 1.
13 : Mythimna sicula pseudoprominens n. subsp., allotype femelle. Maroc : Zaërs, Merchouch. X 1.
14 : Cucullia galleti n. sp., holotype. Maroc : Moyen Atlas, Miehlifïen. X 1.
15 : Conistra ligula gemella n. subsp., spadiceoides n. f., paratype. Maroc : Moyen Atlas, Aguelmane Azigza.
X 1, 25.
16 : Conistra plantei n. sp-, holotype mâle. Maroc : Moyen Atlas, Forêt de Jaba. X 1.
17 : Conistra daubei maura n. subsp., paratype mâle. Maroc : Haut Atlas oriental, Bou Oudmane. X 1.
18 : Apatele aceris rita n. subsp., paratype. Maroc. : Rif, Hauta el Kasdir. Réduit de 1 /10 e .
19 : Craniophora pontica illuminata n. f., holotype. Maroc : Moyen Atlas. Ifrane. X 1, 1.
20 : Cryphia blepharista katiba n. subsp., paratype. Maroc : Anti Atlas, Tafraout. X 1.
21 : Cryphia muralis imparoides n. f., holotype. Maroc : Moyen Atlas, Ifrane. X 1.
22 : Catocala eutychea Tr. Syrie (Muséum, Paris). Réduit de 1 /5 e .
23 : Catocala giuditta Schwda, paratype. Algérie : Hamman Rhira (Muséum, Paris). X 1.
24 : Catocala giuditta propinqua n. subsp., holotype. Maroc : Rif occidental, Aïn Bouanane. X 1.
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PLANCHE II. — Armatures génitales mâles.
1 : Synanthedon ferdinandi n. sp. ; paratype. X 10.
2 : Rhyacia (Epipsilia) boursini n. sp. ; holotype. X 10.
3 : Rhyacia (Epipsilia) Cervantes pseudolatens Schwing. ; paratype. Haut Atlas, Tachedirt. X 10.
4 : Rhyacia auguroides Roths. Maroc : Monts de Debdou, Ain Kébira. X 10.
5 : Paramathes picata maroccana n. subsp. ; paratype. X 10.
6 : Caradrina selini djebli n. subsp. ; paratype. X 10.
7 : Orthosia boursini rifana n. subsp. ; paratype. X 10.
8 : Cryphia blepharista katiba n. subsp. ; holotype. X 17.
9 : Mamestra dysodea khala n. subsp. ; paratype. X 10.
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PLANCHE III. — Armatures génitales mâles.
1 : Conistra ligula gemella n. subsp. ; holotype. X 10.
2 : Conistra plantei n. sp. ; holotype. X 10.
3 : Cucullia galleti n. sp. ; holotype. X 10.
4 : Cucullia galleti n. sp. ; holotype, aedageus. X 10.
5 : Conistra ligula gemella n. subsp. ; holotype, aedageus. X 10.
6 : Conistra plantei n. sp. ; holotype, aedageus. X 10.
7 : Conistra daubei maura n. subsp. ; paratype, aedageus. X 10.
8 : Conistra daubei maura n. subsp. ; paratype. X 10.
9 : Parmelina ridens transmarina n. subsp. ; holotype. X 10.
10 : Parmelina ridens transmarina n. subsp. ; holotype, aedageus. X 10.
Achevé d’imprimer le 30 décembre 1972.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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