BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
N° 90 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1972
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
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Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum, national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 90, septembre-octobre 1972, Zoologie 69
Classification raisonnée des Platypleures africaines
( Homop tera-Cicadidae)
par Michel Boulard
Résumé. — A la suite de certains de ses travaux antérieurs (1965, 1966) l’auteur a été amené
à reconsidérer la classification des Cigales africaines placées jusqu’à présent, mais souvent de façon
fort peu satisfaisante, dans le genre Platypleura Àmyot et Audinet-Serville. Associant de manière
rigoureuse des caractères particuliers de l’habitus général à ceux, peu connus, des voies génitales
ectodermiques femelles et des genitalia mâles, il propose ici de répartir ces Platypleures en dix
coupures génériques composées des trois anciens taxa Platypleura, Oxypleura et Koma, et des
sept nouveaux taxa suivants : Afzeliada, Attenuella, Brevisiana, Esada, Severiana, Soudaniella
et Strumosella. Pour chacun d’eux on trouvera une diagnose détaillée, illustrée par des schémas
et, le plus souvent, par une photographie de l’espèce type. A la fin une clé est donnée, qui permet
de déterminer la plupart des genres de Cigales africaines appartenant à la famille des Cicadidae.
Abstract. — As a continuation of his previous works, the author was led to a reconsidera-
tion of the African Cicadas up to now, but often wrongly, included in the genus Platypleura. In
the présent paper, making the best of the little known criteria obtained from the male and female
genitalia, as well as those, more in use, pertaining to habitus, the author offors a new classification
for these Cicadas. They are here divided into ten généra of each of them a detailed and illustrated
description is given. Finally, a key of the different généra of Cicadoidea, family Cicadidae, living
in the Ethiopian région, is provided.
Le genre Platypleura (en français Platypleure) fut créé en 1843 par Amyot et Audi net-
Serville pour réunir des Cigales au « corps gros, court, ramassé, velu »... au « Prothorax
dilaté horizontalement de chaque côté »... aux « Elytres ayant leur moitié basilaire coriace
et le reste plus ou moins transparent » ( op. cit. : 465). Et la première « chanteuse » que citent
ces auteurs est la Platypleure stridulante, Platypleura stridula (Linné, 1758, Cicada), que
l’on considère, avec raison, comme l’espèce type.
Depuis, et à la suite d’ailleurs d’ Amyot et d’AumNET-SERViLLE, on a réuni dans ce
taxon un très grand nombre de Cicadides présentant, de près ou de loin, les caractères
très généraux précédemment énoncés. C. StÂl, en 1866, y adjoignit encore les espèces du
genre Oxypleura A. et S. qu’il mit donc en synonymie, tandis qu’il regroupait certaines
Platypleures ne portant plus que des épines vestigiales aux fémurs antérieurs, sous un
nouveau nom, Poecilopsaltria Stâl (1866a : 2) et comprenant P. octoguttata (Fabricius,
Tettigonia) comme première espèce incluse (18666 : 168).
Mais, en 1890, A. Karsh, étudiant des Cigales africaines et malgaches, crut devoir
* Laboratoire d’Entomologie, École Pratique des Hautes Études, Muséum national d’Histoire naturelle >
45, rue de Bufjon, 75005 Paris.
90 . 1
1162
MICHEL BOULARD
restituer les Poecilopsaltria au groupe des Platypleures, de même que les Pycna A. et S.
( op. cit. : 86).
Une quinzaine d’années plus tard, W. L. Distant allait apporter des modifications
plus profondes : d’une part dans ses « Rhynchotal notes » de 1904, il revalidait le genre
Pycna et il détachait de Platypleura un important contingent d’espèces que, sur la base
de différences morphologiques externes, il répartit en neuf genres nouveaux ( Munza , loba,
Muansa, Sadaka, Koma, Kongota, Yanga et Umjaba ) et, d’autre part, dans son « Synony¬
mie Catalogue » de 1906, il plaçait les taxa Oxypleura et Peocilopsaltria à l’échelon sous-
générique de Platypleura, en ne donnant toutefois qu’un seul critère distinctif pour le pre¬
mier : tegmina et ailes hyalines (op. cit. : 5, 6).
Ces conceptions prévalent encore actuellement. On les retrouve dans le récent cata¬
logue de Z. P. Metcalf (Cicadoidea, 1963) où figurent d’ailleurs deux nouveaux sous-
genres : Neoplatypleura Kato, 1926 (n. gen., pour l’espèce orientale C. nobilis Germar)
et « Platypleura subgenus of Platypleura » (Metcalf, op. cit. : 53).
Malheureusement, dans l’élaboration de son très utile ouvrage, Metcalf n’a pas fait
connaître les raisons qui ont présidé à sa répartition des Platypleures dans les différents
sous-genres. Cette répartition, cependant, apparaît fort arbitraire ; ainsi l’on comprend mal,
par exemple, que des espèces aussi affines que P. rutherfordi Distant, 1883, et P. ladona
Distant, 1919, figurent l’une dans P. ( Poecilopsaltria ) et l’autre dans P. (Oxypleura ) ou
que des espèces aussi divergentes que peuvent l’être P. argus Melichar, 1911, et P. semivi-
trea Distant, 1914, voisinent dans la même catégorie... Pour ne parler ici que des Platy¬
pleures africaines, la même remarque s’impose pour P. contracta Walker, 1850, et P. lati-
ceps Karsch, 1890, toutes deux fort éloignées mais pourtant toutes deux versées dans les
P. (Peocilopsaltria )... On pourrait citer d’autres cas. C’est un fait, sous le nom Platypleura
se trouvent groupées de nombreuses formes de Cicadides trop différentes entre elles pour
pouvoir être maintenues dans un même genre avec les critères modernes de la taxionomie.
Si l’aspect général des espèces présentement cataloguées Platypleura peut, maintes fois,
prêter à confusion, les caractères profonds intéressant les organes génitaux et les pièces
associées permettent cependant d’éviter la plupart des méprises.
D’une manière très générale, les auteurs, relativement nombreux, qui s’occupèrent
de décrire et de classer les Cigales s’intéressèrent beaucoup à l’habitus, fort peu aux geni-
talia et, dans ce dernier cas, ils se penchèrent presque exclusivement sur les terminalia et
l’édéage des mâles mais en n’attribuant d’autre valeur systématique à ces organes que
spécifique (notamment Myers, China, Dlabola, Duffels). Dans la même optique, les
pièces génitales femelles n’ont été l’objet d’études effectives que tout récemment, et seule¬
ment par deux chercheurs. C’est B. A. Torres qui, dans une note publiée vers la fin de
l’année 1963, attira le premier l’attention sur les « ductos y estructuras del aparato génital
en hembras de Cicadidas. Su valor taxionomico », alors que, simultanément et indépendam¬
ment, je travaillais sur le même sujet.
Les principaux résultats de mes recherches parurent en 1965 et 1966. Ils comprennent
surtout des données morpho-anatomiques et histologiques originales intéressant les diverses
formations qui composent le tractus reproducteur ectodermique et leurs fonctions réelles
respectives, mais aussi la conclusion d’une investigation comparative très étendue sur ces
PLATYPLEURES AFRICAINES
1163
organes dans l’ensemble de la superfamille, à savoir : « l’appareil génital ectodermique
des Cicadoidea femelles présente des... variations génériques, voire spécifiques, qui se révè¬
lent d’une importance considérable, à la fois systématique et phylétique » (19656 : 810).
Et, à titre d’exemple, j’ai écrit, précisément, que « les espèces actuellement rangées dans
le genre Platypleura A. et S. ne sont certainement pas congénériques » ( op. cit. : 811). L’obser¬
vation détaillée des voies ectodermiques fournit, en effet, des éléments distinctifs fonda¬
mentaux ; j’ai eu l’occasion de le vérifier à nouveau un peu plus tard principalement sur des
Platypleures asiatiques (19666). Cependant elle ne suffit pas toujours.
D’une manière plus rigoureuse, c’est l’examen combiné de l’habitus et des genitalia
chez la femelle et chez le mâle qui permet de dégager, avec le maximum d’objectivité, les
affinités réelles des différentes Cigales. Ce triple examen que je mène depuis un certain temps,
surtout chez les représentantes de la région éthiopienne, m’a conduit à rectifier ou à préci¬
ser des positions génériques inexactes ou douteuses et notamment celles des Platypleures
africaines, objet du présent travail.
Avant de donner ces rectifications ou précisions, il peut être bon de mettre en mémoire
les noms des éléments variés entrant dans la composition des appareils génitaux des deux
sexes, du moins de ceux qui sont taxionomiquement utiles, en décrivant de façon succincte
les structures présentées par l’espèce type du genre Platypleura.
A.— Principales structures génitales chez les Cicadidae et plus particulière¬
ment chez Platypleura stridula L. ; terminologie, valeur systématique
Voies génitales ectodermiques des femelles
La base des genitalia est normalement protégée par le septième sternite qui comprend
deux parties très différentes : un large sclérite externe, l’ovivalvula (ow, fig. 3) et une
vaste membrane interne repliée au-dessus de l’ovivalvula et délimitant le vestibulum
(vst, fig. 3).
Comme chez la plupart des Cicadoidea, les femelles de P. stridula L. possèdent deux
pores génitaux externes impairs et médians. L’un, antérieur, est le copulaporus (C, fig. 1) ;
il s’ouvre dans le vestibulum et permet l’intromission du phallus à l’intérieur des voies
génitales de la femelle par un conduit souvent large, à paroi épaisse et peu dilatable : la
voie d’accouplement ou ductus copulatwus (va, fig. 2 et 3). L’autre, postérieur, est l’oviporus
(O, fig. 1) ; exclusivement réservé au passage des œufs, il s’ouvre dans l’ovipositcur et est
l’aboutissement d’un canal d’abord conique puis cylindrique, étroit, à paroi mince et plis-
sée : la voie de ponte ou ductus ovi (vp, fig. 3). Ces deux voies, mises en place à partir d’inva¬
ginations et de refoulement aux dépens du huitième sternite (Boulard, 1966 6 : 23, 24)
restent indépendantes du point de vue de leur fonction, mais peuvent conserver ou non
des liens anatomiques. Chez P. stridula L., ces liens existent et sont constitués par un double
pont très incurvé de cuticule d’épaisseur irrégulière (fig. 3 et 4) alors que chez d’autres
Cigales ils ont partiellement ou entièrement disparu (fig. 48).
Voie de ponte et voie d’accouplement se croisent en un carrefour génital (Cg, fig. 3)
toujours volumineux, d’aspect tourmenté mais présentant deux composantes relativement
90 , 2
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MICHEL BOULARD
en relation avec les deux voies : un plateau oviductal (plo, fig. 2 et 3) subcirculaire qui pré¬
cède le ductus ovi et une énorme boursouflure (b, fig. 2 et 3) grossièrement conique qui
fait suite au ductus copulateur. Le plateau oviductal est ici légèrement incliné sur la gau¬
che et son centre apparaît dorsalement déprimé par l’abouchement de l’oviducte commun.
Celui-ci présente toujours trois parties distinctes : deux portions tubulaires fort inégales
(t x et t 2 , fig. 3), séparées par une vésicule plus ou moins piriforme : l’ampoule séminale
(A, fig. 2 et 3) dont j’ai rapporté le rôle physiologique capital (Boulard, 1965 b et 1966 b).
La boursouflure se poursuit en un gros conduit péral (cP, fig. 2 et 3) à cuticule sillonnée
d’épais bourrelets et se terminant dans une vaste poche globuleuse ou pera spermadelens
à paroi très mince et destinée à recevoir le sperme en excédent ( op. cit.).
Fig. 1. — Platypleura stridula L., femelle. Base de
l’ovipositeur sortie du vestibulum, mise en évidence
des pores génitaux.
C, copulaporus ; Gx, gonocoxite ; Gy, gonapophyse ;
O, oviporus.
(La figure 1 et les suivantes ont le même agrandissement.)
Valeur systématique : Le degré d’isolement anatomique des voies d’accouplement
et de ponte, la forme générale du carrefour génital, la place du plateau oviductal et celle
de l’insertion du conduit péral fournissent de bons caractères génériques. L’allure de ce
conduit, les proportions relatives des parties tubulaires de l’oviducte commun peuvent
apporter des indications spécifiques, tandis que l’ampoule séminale comme la poche à sperme
excédentaire ne doivent pas être considérées ici car la forme de la première varie avec l’état
physiologique dans lequel la Cigale étudiée se trouvait au moment de sa mort (femelle insé¬
minée ou non, notamment) et la cuticule extrêmement mince de la seconde ne permet pas
toujours sa bonne conservation chez les spécimens secs de collection (éventualité regret¬
table : la poche possédant souvent un dehors spécifique).
Structures génitales des mâles
Les terminalia des Cigales mâles comprennent le bloc anal (Ba, fig. 7) sans intérêt
taxionomique et les urites IX et X ayant au contraire une grande importance dans ce
domaine en raison de leurs conformations particulières, liées aux fonctions de la repro¬
duction.
Fig. 2-8. — Platypleura stridula L.
2-4 : Femelle. Complexe génital ecto dermique vu de face (2), de profil (3), en coupe transversale au niveau
des voies (4).
5-8 : Mâle. Terminalia en vues ventrale (5), de profil (6), de dessus (7), apex de la théca en vue dorsale (8).
A, ampoule séminale ; Ba, bloc anal ; b, boursouflure ; Cg, carrefour génital ; eP, conduit péral ; cv, crête
vésicale ; ep, éperon ; la et lp, lobes antérieurs et postérieurs de l’urite X ; ow, ovivalvula ; pb, plaque
basale du phallus ; ppr, processus pygophoriens rudimentaires ; sc, spiculé copulateur ; T, theca du
phallus ; t x et t 2 , portions tubulaires de l’oviducte commun ; va, voie d’accouplement ; vp, voie de
ponte ; vst, vestibulum, IX et X, segments génitaux {J.
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MICHEL BOULARD
Chez P. stridula, le neuvième segment ou pygophore (IX, fig. 5 et 6) possède la forme
générale propre à la superfamille avec cependant des processus antérieurs latéro-tergaux
ou processus pygophoriens rudimentaires (ppr, fig. 5 et 6), ramenés ventrale.ment et dont
la paroi postérieure se trouve confondue, pour une bonne part, avec le plancher du segment,
de telle sorte qu’ils apparaissent très peu de profil (ce qui n’est pas toujours le cas chez
d’autres Cigales du groupe, voir (ig. 24). Tout à fait à l’arrière et dorsalement, l’urite IX
se termine par un éperon (ep, fig. 6) qui recouvre le segment suivant et surplombe normale¬
ment le bloe anal.
Le dixième segment produit deux catégories d’expansions, également d’origine tergale
et qu'il importe d’observer attentivement : l’uncus, fait en réalité de la coalescence, sous
le bloc anal, de deux lobes latéro-postérieurs symétriques et crochus (Ip, fig. 6 et 7) et les
lobes latéro-antérieurs ici très développés et composant ensemble une sorte de fer à cheval
(la, fig. fi et 7). L’urite X entoure et soutient l’organe copulateur proprement dit ou phallus.
Celui-ci présente une plaque basale épaisse et dure (pb, fig. 5) à laquelle fait suite une tbeca
(T, fig. 5) d’abord fortement sclérifiée dans toute sa moitié basilaire puis seulement sur les
côtés de sa moitié distale, ce qui permet de voir par transparence le spiculé copulateur,
normalement situé près du phallotrème, et la crête vésicale, placée légèrement plus haut
(se et cv, fig. 8). Il n’existe pas chez P. stridula L., comme d’ailleurs chez la plupart des
Platypleura (sensu stricto tel qu’il sera défini plus loin), de cornu, cette sorte de minuscule
harpon fait de cuticule très dure et qui précède souvent le gonopore lorsque l’édéage est
totalement dévaginé.
Valeur systématique : Le degré de régression des processus pygophoriens, celui du déve¬
loppement et de coalescence des lobes postérieurs, la forme générale du dixième segment
fournissent des caractères génériques tandis que la conformation particulière des lobes
antérieurs, celle de l’uncus considéré comme un tout et le nombre des spiculés copulateurs
apportent des indications spécifiques.
Tenant compte de critères émanant des éléments précédents et de ceux, plus connus,
relatifs à l’habitus, j’ai été amené à redistribuer l’ensemble des Platypleures éthiopiennes
en dix coupures génériques comprenant les trois anciens taxa Platypleura et Oxypleura
d’ÀMYOT et d’AumNET-SERviLLE, Koma de Distant et sept genres nouveaux ( Afzeliada ,
Altenuella, Brevisiana, Esada, Seçeriana, Soudaniella et Strumosella) mais excluant celui
de StAl : Poecilopsaltria (espèce type P. octoguttata F.) que je n’ai pu appliquer à aucune
Cigale africaine connue, pas plus d’ailleurs (on peut en être surpris !) que le grand entomo¬
logiste suédois ne l’avait fait dans son « Hemiptera africana ».
Les Cigales dont il va être question maintenant présentent un certain nombre de
caractéristiques communes qui les font ranger dans la tribu des Platypleurini (Cicadidae
Platypleurinae) : corps souvent massif, largeur de la tête très voisine de celle du mésonotum,
yeux en général assez peu saillants, expansions paranotales du prothorax (ou paranota)
étalées perpendiculairement au plan sagittal du corps, homélytres ayant toujours huit
PLATYPLEURES AFRICAINES
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cellules apicales, les ailes postérieures n’en comptant que six ou bien cinq, protège-timbales
ou cymbacalyptes très développés cachant entièrement ou presque les organes stridula-
toires des mâles.
B. — Positions génériques réelles des Cigales africaines jusqu’ici appelées
Platypleures
1. Genre Platypleura Amyot et Audinet-Serville, 1843
Diagnose
a. Habitus : Corps trapu, généralement velu ou très velu. Tète plutôt plate frontale-
ment, un peu moins large que ne l’est le mésonotum ou au plus égale. Paranota courts et
arrondis. Homélytres et ailes postérieures, celles-ci à six cellules apicales, entièrement
colorées avec parfois quelques plages transparentes ; limbus alaire assez large mais pas
davantage que son homologue tegminal.
b. Genitalia $ : Pores génitaux très proches l’un de l’autre, séparés seulement par
deux replis de cuticule coaptés. Complexe ectodermique massif avec la voie d’accouplement
et celle de ponte subparallèles et anatomiquement reliées par un double pont cuticulaire
profondément incurvé sur le côté droit. Carrefour génital épais, fortement asymétrique
et sillonné, comprenant : à gauche, l’énorme boursouflure basale du conduit'péral, et, à droite,
le plateau oviductal déclive du haut vers le bas (fig. 1, 2 et 3).
c. Genitalia $ : Urite IX : Processus pygophoriens vestigiaux, plaqués et soudés
au plancher du segment mais encore libres à l’extrémité et visibles de profil.
Urite X : Lobes antérieurs très développés, saillants, arqués le plus souvent, plantés
de diètes drus sur la face externe et sur l'apex. Uncus formé des deux lobes postérieurs
également très prononcés, courbés et coalescents sur toute leur longueur sauf à leurs extré¬
mités où chacun diverge à angle droit en un crochet terminé par quelques soies raides.
Phallus : Theca sclérifiée uniformément dans toute sa moitié proximale et seulement
sur les côtés dans sa moitié distale. Un seul spiculé copulateur en général, pas de cornu
visible (fig. 5 à 8).
Espèce type : Platypleura stridula (Linné, 1758, Cicada). Fig. 51 ; Afrique du Sud.
Espèces africaines incluses (du moins celles que j’ai pu effectivement examiner) :
P. adourna Distant, 1904 ; P. albigera Walker, 1850 ; P. argus Melichar, 1911 ;
P. stridula, var. capensis (Linné, 1764, Cicada) ; P. décora (Germar, 1834, Cicada ) ; P. deusta
(Thunberg, 1822, Tettigonia) ; P. divisa (Germar, 1834, Cicada ) ; P. gowdeyi Distant, 1914 ;
P. haglundi Stâl, 1866; P. hirta Karsch, 1890; P. hirtipennis (Germar, 1834, Cicada.) ;
P. kcibindana Distant, 1919; P. makaga Distant, 1904; P. murchisoni Distant, 1905;
P. plumosa (Germar, 1834, Cicada) ; P. rothschildi Melichar, 1911 ; P. walberghi Stâl, 1855.
Affinités : Les genres Pycna, Muansa, loba et Ugada, dont les caractères génitaux
femelles sont assez voisins, diffèrent notablement par l’habitus en général et par les para-
nota en particulier et, aussi, par la conformation des segments génitaux mâles.
90 . 3
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MICHEL BOULARD
2. Genre Oxypleura Amyot et Audinet-Serville, 1843
Diagnose
a. Habitus : Corps moins trapu que chez les représentantes du genre précédent et
à pilosité très faible, éparse, courte. Largeur de la tête égale ou très légèrement supérieure
à celle du mésonotum. Paranota prononcés, anguleux, parfois très aigus. Homélytres et
ailes postérieures (six cellules apicales) entièrement hyalins ou colorés près de leurs inser¬
tions, la coloration intéressant le plus souvent la cellule basale et le clavus des tegmina.
Limbus alaire étroit mais égal, en largeur, à celui des homélytres.
b. Genitalia $ : Copulaporus et oviporus deux à trois fois plus éloignés que précé¬
demment, séparés par la soudure complète des parois gonopodiales internes (fig. 9). Com¬
plexe ectodermique volumineux, très sclérifîé mais lisse. Voies d’accouplement et de ponte
rapprochées l’une de l’autre et reliées par une double cloison cuticulaire en S, d’épaisseur
inégale (fig. 11 et 12). Carrefour génital présentant au centre le plateau oviductal à large
diamètre, en cratère et, largement inséré sur la gauche, dressé, un énorme conduit péral
qui se termine vers l’apex en un canal grossièrement cylindrique à paroi devenant mem¬
braneuse et plissée (fig. 10 et 12).
c. Genitalia $ : Urite IX : processus pygophoriens bien formés mais entièrement
collés au plancher du neuvième segment, non visibles de profil.
LTrite X : Lobes antérieurs larges et arrondis mais peu saillants, dépourvus de chètes.
Lobes postérieurs également prononcés et recourbés en crochets vers l’extérieur sans soies
apicales et n’étant coalescents qu’à leur base seulement ; ils ménagent ainsi entre eux une
large et profonde échancrure laissant passer le phallus (fig. 13 et 14).
Phallus : Theca sclérotisée dans sa plus grande partie sauf sur les deux tiers distaux
de sa paroi dorsale ; le plus souvent, trois spiculés copulateurs très inégaux ; ainsi chez
l’espèce type : l’un, minuscule, se trouve vers l’extrémité droite de la theca, pratiquement
au bord du phallotrème ; les deux autres ayant les dimensions habituelles sont plus internes
(fig. 14).
Espèce type : Oxypleura clara Amyot et Audinet-Serville, 1843. Fig. 52 ; Afrique
tropicale de l’Ouest.
Platypleura clara A. et S. ; Stàl, 1866 : 22.
Platypleura ( Oxypleura) clara A. et S. ; Butler, 1874 : 196 ; Karsch, 1890 : 105 ;
Metcalf, 1963 : 91.
Espèces africaines incluses (que j’ai pu effectivement examiner) : O. centralis
(Distant, 1897, Platypleura ) ; O. polydorus Walk., 1850 ; O. quadraticoïlis Butler, 1874 (Pla¬
typleura).
Affinités : Une seule particularité rapproche quelque peu ce genre Oxypleura du
précédent : la forme générale de l’uncus chez les mâles.
1170
MICHEL BOULARD
3. Genre Afzeliada n. gen.
Diagnose
a. Habitus : Corps non trapu, presque svelte. Tête aussi large que le mésonotum,
faiblement conique. Paranota courts formant un angle de 90° environ. Homélytres quelque¬
fois totalement hyalins mais ne l’étant le plus souvent qu’en grande partie seulement avec
le tiers ou le quart basal opaque et coloré. Des macules punctiformes plus ou moins intenses
se trouvent sur les nervures terminales. Les ailes postérieures ont Faire apicale divisée
en cinq cellules et elles présentent au moins cette aire incolore et transparente. Limbus
alaire étroit, comme celui des tegmina. Cymbacalyptes des mâles particulièrement éten¬
dus.
b. Genitalia $ : Pores génitaux du type Platypleura avec un sclérite annulaire déli¬
mitant le copulaporus. Complexe ectodermique longiligne avec les ductus copulateur et
de ponte très rapprochés, subparallèles et réunis par deux membranes cuticulaires plaquées
l’une contre l’autre et profondément concaves du côté droit. Carrefour génital dissymétrique
avec sur la gauche un plateau oviductal de très faible diamètre, subhorizontal et, sur la
droite, un très long conduit péral presque cylindrique et à surface tourmentée. Pera norma¬
lement globuleuse (fig. 15, 16 et 17).
c. Genitalia : Urite IX : Processus pygophoriens rudimentaires, complètement
soudés au plancher du segment mais pouvant être encore visibles latéralement.
Urite X : Lobes antérieurs peu proéminents, arrondis, souvent plantés de poils raides.
Uncus allongé, étroit, courbe et soit brun, moyennement dur et terminé en palette, soit
noir, très sclérotisé et en forme de coin. Dans l’un et l’autre cas, la suture entre les deux
lobes postérieurs n’est pas toujours entièrement discernable (fig. 18 et 19).
Phallus : Theca membraneuse ou sclérifiée ; absence de spiculés copulateurs et de
cornu généralement.
Espèce type : Afzeliada afzelii (Stâl, 1854). Fig. 53 ; Afrique tropicale de l’Ouest.
Platypleura afzelii Stâl, 1854 : 241.
Platypleura (Poecilopsaltria) afzelii Stâl ; Metcalf, 1963 : 69.
Platypleura monodi Lallemand, 1927 : 637 ; Metcalf, 1963 : 46.
Espèces africaines incluses (dont j’ai pu examiner les représentants) : A.
bernardii (Boulard, 1971, Platypleura) ; A. circurnscripta (Jacobi, 1910, Platypleura ) — je
rétablis ici la validité de ce taxon après en avoir étudié le type qui se trouve au Muséum
de Berlin — ; A. contracta (Walk., 1850, Oxypleurà) ; A. duplex (Dlabola, 1961, Platypleura) ;
A. hyaloptera (Stâl, 1866, Platypleura), Platypleura ( Oxypleurà) in Metcalf ; A. izzardi
(Dlabola, 1960, Platypleura) ; A. longula (Distant, 1904, Platypleura), ( Platypleura [ Oxy-
pleura ] in Metcalf) ; A. rutherfordi (Distant, 1883, Platypleura), ( Platypleura [Poecilopsal¬
tria ] in Metcalf) ; A. hyalina (Distant, 1905, Sadaka) et quelques autres espèces nou¬
velles dont je donnerai les descriptions dans des publications ultérieures
PLATYPLEURES AFRICAINES
1171
Affinités : Phylogénétiquement ce genre Afzeliada prend place à côté du genre Sadaka
Dist., 1904, qui s’en distingue essentiellement par la forme plus conique de la tête, la présence
de six cellules apicales aux ailes postérieures, la conformation générale des voies génitales
ectodermiques femelles et par la petitesse des cymbacalyptes chez les mâles.
Fig. 15-19. — Afzeliada afzelii Stâl.
15-17 : Femelle. Complexe génital ectodermique vu de face (15), de profil (16) et en coupe transversale au
niveau des voies (17).
18-19 : Mâle. Terminalia en vues de profil (18) et postéro-dorsale (19).
P, poche pour le sperme excédentaire ; u, uncus (= Ip + Ip). (Autres lettres : voir fig. 2-8).
4. Genre Attenuella n. gen.
Diagnose
a. Habitus : Corps ni trapu, ni élancé. Largeur de la tête au plus égale à celle du
mésonotum. Paranota très développés, en triangle isocèle dont la pointe atteint le milieu
de la cellule basale des homélytres lorsque ceux-ci sont étalés. Ces homélytres sont entières
ment hyalins, excepté la cellule basale et le clavus opaques et colorés. Ailes postérieure-
transparentes, à cinq cellules apicales. Limbus alaire étroit, semblable à celui des tegmina.
MICHEL BOULARD
1172
b. Genitalia $ : Pores génitaux bien individualisés avec le copulaporus entouré d’un
sclérite annulaire (fig. 20). Complexe ectodermique à direction principale perpendiculaire
au plancher du corps avec cependant le plateau oviductal horizontal. Voies d’accouplement
Fig. 20-25. — Attenuella attenuata Dist.
20-22 : Femelle. Mise en évidence des pores génitaux (20) ; complexe génital ectodermique vu de face
(21) et de profil (22).
23-25 : Mâle. Terminalia en vues générale ventrale (23), de profil (21) et postéro-dorsale (25).
pp, processus pygophoriens non rudimentaires. (Autres lettres voir : fig. 2-8).
et de ponte encore reliées par un pont fait de deux couches membraneuses soudées l’une
à l’autre, à concavité très profonde du côté droit. Conduit péral long, subcylindrique à paroi
fortement plissée (fig. 21 et 22).
c. Genitalia £ : Urite IX : Processus pygophoriens nettement formés, non vesti¬
giaux, non collés sous le segment, particulièrement bien visibles de profil (fig. 23 et 24).
PLATYPLEURES AFRICAINES
1173
Urite X : Lobes antérieurs courts et globuleux garnis de poils. Lobes postérieurs
larges et plats, totalement coalescents par leurs bords internes et composant un large uncus
en forme de palette (fig. 23 à 25).
Phallus : Theca sclérifiée dans sa plus grande partie sauf sur ses deux-tiers dorsaux
où elle est membraneuse. Pas de spiculé copulateur ni de cornu visibles (fig. 23 à 25).
Espèce type : Attenuella attenuata (Distant, 1905). Fig. 56 ; Afrique soudanienne
Nord, du centre à l’ouest.
Platypleura attenuata Dist., 1905 h : 554.
Platypleura ( Oxypleura ) attenuata Dist. ; Metcalf, 1963 : 86.
Espèces africaines incluses : Pas d’autre espèce connue que l’espèce type.
Affinités : Genre charnière qui présente des caractères communs avec, d’une part,
les Afzeliada n. gen. : même nombre de cellules apicales aux ailes postérieures, forme géné¬
rale des voies génitales ectodermiques femelles assez proche quoique représentant un degré
d’évolution plus avancé du fait de la soudure des membranes cuticulaires séparant les
deux voies ; et, d’autre part, les Severiana n. gen. par la conformation globale de l’urite X
des mâles.
5. Genre Brevisiana n. gen.
Diagnose
a. Habitas : Corps relativement trapu ; largeur de la tète égale ou très légèrement
supérieure à celle du mésonotum. Expansions paranotales à contour arrondi, peu prononcées.
Homélytres et ailes postérieures, ces dernières à six cellules apicales, entièrement hyalins
hormis l’aréole basale des premiers qui est légèrement opaque. Limbus homélytral et lim-
bus alaire très semblables, étroits.
b. Genitalia $ : Pores génitaux totalement indépendants et séparés par une large
plage de cuticule (fig. 26). Complexe ectodermique volumineux dans lequel la partie sclé¬
rifiée du huitième sternite, particulièrement bien reconnaissable (VIII, fig. 28), forme
le ductus copulateur (à paroi lisse) et ses deux lames latérales plaquées l’une contre l’autre
(L, fig. 28), ainsi que la cloison le séparant de la voie de ponte (à paroi plissée). La partie
membraneuse de ce sternite compose également la boursouflure du carrefour génital et
s’évagine en un large conduit péral. Plateau oviductal épais, semi-circulaire, horizontal et
légèrement déprimé (fig. 27 et 28).
c. Genitalia : Urite IX : Processus pygophoriens non visibles de profil, entièrement
collés au plancher du segment sauf à l’apex.
L'rite X : Lobes antérieures très développés et originaux car produisant sur leur
face arrière un robuste crochet sclérotisé, à base large et à pointe dirigée vers l’avant et
l’extérieur (cr, fig. 29 et 30). Lobes postérieurs au contraire faibles, ne formant pas d’uncus
et laissant entre eux une large échancrure médio-dorsale occupée par le phallus (lp, fig. 30).
Phallus : Theca en grande partie sclérifiée mais peu intensément et sauf sur sa portion
apico-dorsale. Trois spiculés copulateurs dont un, en général le plus petit, se trouve placé
sur la droite du phallotrème (fig. 29 et 30).
1174
MICHEL BOULARD
Fig. 26-30. — Brevisiana brevis Walk.
26-28 : Femelle. Mise en évidence des pores génitaux (26) ; complexe génital vu de face (27), puis de
profil (28).
29-30 : Mâle. Terminalia en vues latérale gauche (29) et postéro-dorsale (30).
cr, crochets sclérotisés émanant des lobes antérieurs du segment génital X ; VIII, partie sclérifiée
encore nettement reconnaissable du huitième sternite. (Autres lettres : voir fig. 2-8).
PLATYPLEURES AFRICAINES
1175
Espèce type : Brevisiana brevis (Walker, 1850) ; Afrique orientale Sud.
Platypleura brevis Walker, 1850 : 19.
Platypleura ( Oxypleura ) h revis Walker ; Metcalf, 1963 : 86.
Cicada ( Oxypleura) neurostica Scliaum, 1853 : 359.
Espèces africaines incluses : B. niveonotata (Butler, 1874, Platypleura [ Oxy¬
pleura ]) et une nouvelle espèce, originaire de l’Angola, dont la description paraîtra prochai¬
nement.
Affinités : Voisin des Platypleura (sensu stricto) par la conformation générale des
paranota et des voies ectodermiques femelles mais, peut-être plus évolué, ce genre nouveau
s’en éloigne cependant par la disposition originale des lobes antérieurs du deuxième seg¬
ment génital mâle dont les crochets remplacent l’uncus devenu rudimentaire (une dis¬
position que je n’ai pas retrouvée dans l’ensemble de la tribu des Platypleurini).
6. Genre Esada n. gen.
Diagnose
a. Habitus : Corps ni trapu ni svelte. Tête nettement plus large que le mésonotum,
frontalement très plate ; yeux saillants. Paranota très courts dont les côtés inégaux (l’anté¬
rieur étant souvent plus long que le postérieur) forment un angle très obtus dont l’apex
n’atteint pas toujours la base de la nervure costale des homélytres étalés. Hormis l’aréole
basale toujours opaque, ceux-ci peuvent être entièrement ou très partiellement hyalins.
Ailes postérieures à cinq cellules apicales et présentant au moins la surface de ces cellules
transparentes dans leur plus grande partie. Limbus alaire plus larg# que son homologue
élytral. Cymbacalyptes normalement développés.
b. Genitalia $ : Pores génitaux séparés par une large plage cuticulaire résultant
de la soudure des parois gonopodiales internes (fig. 34). Complexe ectoderinique particu¬
lièrement massif, volumineux avec une très large voie d’accouplement. Celle-ci produit
au niveau du carrefour génital une énorme boursouflure à paroi dure (constituée principa¬
lement par le sclérite du huitième sternite) et isolée de la voie de ponte par deux murs
parallèles de cuticule dont la majeure partie, très sclérotisée, se trouve profondément incur¬
vée sur la droite. Conduit péral à base large s’élevant sur la gauche ; poche volumineuse,
pouvant avoir la forme d’un croissant (fig. 31, 32 et 33).
c. Genitalia $ : Urite IX : Processus pygophoriens reconnaissables seulement à leurs
contours inférieurs ; non visibles latéralement.
Urite X : Lobes antérieurs plus ou moins proéminents, arrondis. Lobes postérieurs
énormes, au contraire, soudés en un uncus souvent massif, dorsalement échancré et soute¬
nant un large organe copulateur (fig. 35 et 36).
Phallus : La theca possède des parois membraneuses épaisses légèrement sclérifiées
vers la base. En général : deux spiculés copulateurs, une longue crête vésicale et une
cornu courte.
Espèce type : Esada esa (Distant, 1905). Fig. 54 ; Somalies.
PLATYPLEURES AFRICAINES
1177
Platypleura esa Dist., 1905 j : 194.
Platypleura ( Oxypleura) esa Distant ; Metcalf, 1963 : 92.
Espèces africaines incluses : Nos collections nationales possèdent trois autres espèces
incomplètement déterminées pour le moment, mais relatives à ce taxon Esada et qui sont
originaires des Somalies et du Kenya.
Affinités : Voisin du genre Munza Dist. et du nouveau genre Soudaniella.
7. Genre Severiana n. gen.
Diagnose
a. Habitus : Corps ni trapu, ni élancé ; largeur de la tête égale ou très légèrement
supérieure à celle du mésonotum. Paranota développé moyennement et plus ou moins
anguleux. Homélytres et ailes postérieures, celles-ci comptant six cellules apicales, colorés
davantage sur leurs moitiés proximales ; le reste est hyalin avec, chez les premiers, de larges
plaques opaques et colorées. Limbus alaire légèrement plus large que le limbus tegminal.
b. Genitalia Ç : Pores génitaux nettement individualisés, séparés par deux replis
cuticulaires étroitement coaptés. Complexe ectodermique peu volumineux à direction
principale perpendiculaire au plancher du corps. Voie d’accouplement et voie de ponte
très rapprochées, subparallèles et reliées par un double pont de cuticule incurvé présentant
des épaississements indurés. Carrefour génital peu développé avec un plateau oviductal
vertical et orienté vers l’arrière, et une boursouflure peu importante, donnant dans un
conduit péral long et fin (fig. 37 et 38).
c. Genitalia : Urite IX : Processus pygopboriens encore visibles de profil quoique
totalement appliqués et soudés au plancher du segment.
Urite X : Lobes antérieurs moyennement développés dont la forme rappelle celle
observée chez les Munza. Lobes postérieurs relativement longs et fusionnés en un uncus
large et plat faiblement bilobé à l’apex, sans échancrure dorsale.
Phallus : Theca entièrement mais faiblement sclérifiée ; pas de spiculé copulateur.
Cornu courte et bien sclérotisée vers l’apex seulement (fig. 39 et 40).
Espèce type : Severiana severini (Distant, 1893). Fig. 57 ; Sud-Ouest africain.
Poecilopsaltria severini Dist., 1893 c : 76.
Platypleura ( Poecilopsaltria) severini Distant ; Metcalf, 1963 : 82.
Platypleura fenestrata Schumacher, 1913 : 86.
Platypleura ( Platypleura. ) schumaclieri Metcalf, 1955 : 267 ; 1963 : 61.
Espèces africaines incluses (que j’ai pu examiner) : S. similis (Schumacher, 1913,
Platypleura) et une espèce nouvelle, originaire de la Rhodésie du Sud et actuellement
en étude.
Fig. 31-36. — Esada esa Dist.
31-34 : Femelle. Complexe génital ectodermique vu de profil (31), de face (32) et en coupe transversale
au niveau des voies (33) ; mise en évidence des orifices génitaux externes (34).
35-36 : Mâle. Terminalia en vues postéro-dorsale (35), puis de profil (36).
(Légende des lettres : voir fig. 2-8).
1178
MICHEL BOULARD
Fig. 37-40. — Severiana severini Dist.
37-38 : Femelle. Voies génitales ectodermiques vues de profil (37) et de face (38).
39-40 : Mâle. Terminalia en vue latérale gauche (39) ; segment X et bloc anal en vue postérodor-
sale (40).
(Légende des lettres : voir fig. 2-8).
Affinités : Genre charnière présentant des caractères communs avec les Munza
Distant (habitus, forme générale du complexe génital ectodermique Ç et lobes antérieurs
du segment X chez le <$) et avec Attenuella n. gen. pour la conformation de l’uncus.
8. Genre Soudaniella n. gen.
Diagnose
a. Habitus : Corps ni trapu, ni svelte. Tête (aux yeux saillants) nettement plus large
que la base du mésonotum, frontalement plate ou très peu bombée. Expansions parano-
PLATYPLEURES AFRICAINES
1179
taies courtes, parfois arrondies mais le plus souvent dessinant un angle légèrement obtus,
émoussé à l’apex et dont le côté antérieur est moins long que le côté postérieur. Homélytres
fondamentalement colorés quoique présentant des plages hyalines plus ou moins inrpor-
Fig. 41-45. — Suudaniella laticeps Karscli.
41-43 : Femelle. Orifices génitaux externes (41) ; voies génitales ectodermiques vues de face (42) et
de profil (43).
44-45 : Mâle. Terminalia en vues postéro-dorsale (44) et latérale gauche (45).
tantes. Les ailes postérieures à six cellules terminales sont, chez la plupart des espèces,
entièrement teintées hormis le limbus, toujours, et Faire apicale, parfois. Ce limbus alaire
se caractérise par sa largeur valant environ une fois et demie celle de l’homologue élytral.
b. Genitalia Ç : Pores génitaux totalement séparés par une large plage cuticulaire
portant médianement des traces de suture (fig. 41). Complexe ectodermique volumineux
1180
MICHEL BOULARD
à paroi tourmentée d’épais bourrelets et montrant les voies génitales très rapprochées
l’une de l’autre bien qu’entièrement distinctes et individualisées sur toute leur longueur.
Boursouflure déjetée vers l’arrière et donnant dans un conduit péral qui se trouve replié
d’abord en avant puis sur la droite et finalement vers le haut où il s’ouvre dans une énorme
poche ou pera dont la forme générale est souvent celle d’un épais croissant (fig. 42 et 43).
c. Genitalia : Urite IX : Processus pygophoriens plaqués et en partie confondus
avec le plancher du segment mais encore visibles latéralement et plus ou moins selon les
espèces ou variétés.
Urite X : Lobes antérieurs prononcés, presque digitiformes. Lobes postérieurs com¬
posant un uncus tubulaire, dépourvu de crochets et soutenant le phallus.
Phallus : Relativement gros dont la theca est sclérotinisée pour une large part, sauf
l’extrémité dorsale qui présente une ou plusieurs plages membraneuses. Phallotrème impor¬
tant ; deux spiculés copulateurs en général (fig. 44 et 45).
Espèce type : Soudaniella laticeps (Karsch, 1890). Fig. 58 ; Afrique soudanienne
Nord.
Platypleura laticeps Karsch, 1890 : 88.
Platypleura ( Poecilopsaltria ) laticeps Karsch, 1890 : 103 ; Metcalf, 1963 : 78.
Espèces africaines incluses (que j’ai pu examiner) : S. marshalli (Distant, 1897,
Poecilopsaltria)-, Platypleura Dist. 1906; Platypleura ( Poecilopsaltria Metcalf. 1963);
S. melania (Dist., 1904, Poecilopsaltria,) ; S. schoutedemi (Dist., 1913, Platypleura) ; S.
seraphina (Dist., 1905, Platypleura) et une forme encore indéterminée, originaire de la
savane centrafricaine.
Affinités : Soudaniella est phylogénétiquement voisin du genre Munza dont il diffère
principalement par la forme de la tète, le limbus alaire moins développé, l’absence de cro¬
chets à l’uncus chez les mâles et par le modelé général du complexe génital ectodermique
femelle.
9. Genre Strumosella n. gen.
Diagnose
a. Habitus : Corps relativement trapu et glabre. Largeur de la tête égale ou légère¬
ment supérieure à celle du mésonotum. Paranota étendus en triangles isocèles aigus pouvant
atteindre le tiers de l’aréole basale des homélytres étalés. Ceux-ci, comme les ailes posté¬
rieures (six cellules apicales) sont hyalins dans leur plus grande partie ; l’aire basilaire et
la totalité du clavus étant, le plus souvent, colorés et opaques. Limbus alaire très étroit,
peu différent de son homologue tegminal. Cymbacalyptes très développés, conférant à
l’abdomen des mâles une base plus large que le thorax.
b. Genitalia Ç : Pores génitaux totalement séparés par une large plage cuticulaire inter-
gonapophvsaire ayant perdu toute trace de suture (fig. 46). Complexe ectodermique très
remarquable par la séparation définitive des voies d’accouplement et de ponte sans aucune
trace cuticulaire entre elles. Carrefour génital subsymétrique avec plateau oviductal anté¬
rieur, celui-ci légèrement déprimé, et boursouflure postérieure, celle-ci profondément sil¬
lonnée (fig. 47 et 48).
Fig. 46-50. — Strumosella strumosa Dist.
8 : Femelle. Mise en évidence des pores génitaux externes (46) ; complexe génital ectodermique
vu de face (47) et de profil, montrant la séparation complète des voies d’accouplement et de ponte (48).
0 : Mâle. Terminalia en vues latérale gauche (49) et postéro-dorsale (50).
en, cornu. (Autres lettres : voir fig. 2-8).
1182
MICHEL BODLARD
c. Genitalia G '■ Urite IX : Processus pygophoriens bien conformés, encore visibles
de profil mais ramenés postéro-ventralement et collés au plancher du segment, sauf à leur
apex. Eperon très prononcé.
Urite X : Lobes antérieurs à peine discernables. Lobes postérieurs au contraire,
forts, épais, largement soudés l’un à l’autre en une sorte de tube échancré dorsalement.
Ce tube entoure et soutient le phallus, de la même manière que chez les représentants
du genre précédent.
Phallus : Theca entièrement mais faiblement sclérifiée ; zéro ou un spiculé copulateur
et, quand elle est présente, cornu longue et sclérotisée (fig. 49 et 50).
Espèce type : Strumosella strumosa (Fabricius, 1803). Fig. 55 ; Afrique soudanienne
Nord, du centre à l’ouest.
Tettigonia strumosa F., 1803 : 34.
Cicada strumosa F. ; Germar, 1830 : 37.
Platypleura strumosa F. ; Stâl, 1866 : 19.
Platypleura ( Poecilopsaltria ) strumosa F. ; Metcai.f, 1963 : 83.
Espèces africaines incluses (que j'ai pu examiner) : S. limpida (Karch, 1890,
Platypleura, = P. ladona Distant, 1919) ; S. truncaticeps (Signoret, 1884, O xy pleur a ) et
une forme nouvelle, voisine de la précédente et originaire de la Haute-Volta.
Affinités : Du fait de la totale séparation des voies de ponte et d’accouplement chez
les femelles et de la conformation générale des segments génitaux des mâles, les espèces
de ce nouveau genre Strumosella se rapprochent phylogénétiquement des représentantes
du taxon Poecilopsaltria Stâl ; mais elles s’en distinguent cependant aisément à leur tête
moins large, à la forme générale du complexe ectodermique femelle, à la nervation alaire
et à l’étroitesse particulière du limbus des ailes postérieures.
10. Genre Koma Distant, 1904
(Espèce type : K. bombifrons Dist.)
Une espèce, classée « Platypleura. » par Distant et par Metcalf, n’a trouvé place dans
aucun des genres précédents : il s’agit de P. semivitrea Dist., 1914 : 463, qui appartient en
réalité au genre Koma Dist.
Synonymie : Koma basilewskyi Dlabola, 1958 : 66.
11. Espèces de position incertaine
Parmi les nombreuses espèces qu’il m’a été donné d’examiner, deux, possédant un
ensemble de caractères composites et représentées uniquement par des mâles, ne peuvent
être actuellement classées avec suffisamment d’assurance. Il s’agit de :
— Platypleura liberiana Distant, 1912, à l’habitus particulier et dont les genitalia
mâles sont assez proches de ceux de Muansa clypealis ;
PLATYPLEURES AFRICAINES
1183
— Platypleura lindiana Dist., 1905, que son habitus général rapproche des Afzeliada
n. gen., mais que la conformation particulière des pièces génitales mâles éloigne très nota¬
blement.
Clf. pour la détermination des genres africains appartenant a la famille
des Cicadidae (Homoptera Cicadoidea)
L’étude détaillée des caractères profonds ayant permis d’établir sans ambiguïté les positions
génériques précédentes et, aussi, de préciser celles des taxa voisins, il est devenu relativement
aisé d’élaborer une clé permettant de déterminer, de façon assez rapide, les différents genres afri¬
cains faisant partie de la famille des Cicadidae.
1. Ailes postérieures ayant 5 cellules apicales. 2
— Ailes postérieures ayant 6 cellules apicales. 4
2. Paranota très développés, très aigus, atteignant au moins le tiers proximal de
l’aréole basale. Attenuella n. gen.
— Paranota peu ou moyennement développés, non aigus, n’atteignant pas le tiers
proximal de l’aréole basale . 3
3. Tête plate, nettement plus large que le mésonotum ; paranota tronqués....
Esada n. gen.
—- Tête conique dont la largeur égale celle du mésonotum ; paranota triangulaires.
Afzeliada n. gen.
4. Tête moins large que le mésonotum ou au plus égale, corps trapu, souvent très
velu . 5
— Tête plus large que le mésonotum, corps non trapu, rarement velu. 7
5. Largeur de la tête voisine de celle de la base du mésonotum ; paranota courts et
arrondis. Platypleura A. et S.
— Largeur de la tête voisine des 2/3 de celle de la base du mésonotum ; paranota
moyennement ou très développés. 6
6. Paranota moyennement développés, dont l’apex, arrondi ou émoussé, n’arrive
pas au niveau de l’angle interne de la cellule basale des homélytres ouverts ; mem¬
brane costale le plus souvent dilatée. Pycna Dist.
—- Paranota fortement développés, dont l’apex, toujours anguleux, atteint ou
dépasse le niveau de l’angle interne de la cellule basale des homélytres ouverts ;
membrane costale non dilatée. Ugada Dist.
7. Tête très conique, ni bombée, ni plate. 8
— Tête faiblement conique, ou bombée, ou plate. 9
8. Paranota très courts, non triangulaires, cymbacalytes très développés chez les
voies génitales ectodermiques des Ç entièrement séparées, sans pont cuticulaire.
Koma Dist.
— Paranota moyennement prononcés, triangulaires ; cymbacalytes peu saillants
chez les ; voies génitales ectodermiques Ç avec pont de cuticule. . . . Sadaka Dist.
1184
MICHEL BOULARD
9. Homélytres ayant le bord costal très arqué dès la base, la membrane costale
étant environ deux fois plus large que l’aréole costale. Kongota Dist.
— Homélytres ne présentant pas les caractères précédents. 10
10. Homélytres, sauf la cellule basale et le clavus, et ailes postérieures entièrement
hyalins. 11
— Homélytres et ailes postérieures colorées plus ou moins largement. 12
11. Paranota longs, anguleux ; yeux peu saillants. Oxypleura A. et S.
— Paranota courts, arrondis; yeux saillants. Brevisiana n. gen.
12. Homélytres et ailes postérieures ayant moins de leurs tiers basaux colorés.
Strumosella n. gen.
— Homélytres et ailes postérieures fondamentalement colorés dans leur totalité
mais présentant généralement des plages hyalines plus ou moins étendues. 13
13. Paranota fort longs, atteignant l’extrémité distale de la cellule basale des teg-
mina étalées. loba Dist.
— Paranota courts ou moyens, atteignant au plus le milieu de la cellule basale des
tegmina étalées. 14
14. Paranota arrivant au niveau de la moitié de la cellule basale. Muansa Dist.
— Paranota n’arrivant pas au niveau précédent. 15
15. Limbus alaire très large, valant au moins le double du limbus homélytral ; uncus
tubulaire muni de 2 pointes terminales. Munza 1 Dist.
— Limbus alaire moyennement large, valant au plus une fois et demie le limbus
homélytral ; uncus tubulaire ou non, dépourvu de pointes terminales. 16
16. Tète plate, yeux saillants ; paranota très courts, peu anguleux, obtus et émous¬
sés le plus souvent ; pores génitaux $ séparés par une large plage cuticulaire ;
uncus tubulaire chez le $ . Soudaniella n. gen.
-— Tête très légèrement conique, yeux peu saillants ; paranota moyens, formant un
angle ayant au plus 90°, émoussé ou non ; pores génitaux $ séparés par deux replis
cuticulaires étroitement coaptés ; uncus en palette chez les . Severiana n. gen.
1. L’espèce M. revoili Dist., 1905 j : 192, n’appartient pas réellement au genre Munza en raison de la
forme très plate de la tête, de ses expansions paranotales tronquées, de l’aire apicale des ailes postérieures
divisées en cinq cellules seulement et, d’autre part, en raison de la conformation des genitalia de l’holo-
type <$ conservé dans notre laboratoire et seul exemplaire que je connaisse. Les caractères précédents font
davantage ranger cette espèce dans mon genre Esada... ce que la capture ultérieure d’une femelle per¬
mettra éventuellement de confirmer.
Fig. 51-58. — Habitus général de : Platypleura stridula Linné (51), Oxypleura clara Amyot et Audinet-
Serville (52), Afzeliada afzelii Stâl (53), Esada esa Distant (54), Strumosella strumosa Fabricius (55),
Attenuella attenuata Dist. (56), Severiana severini Dist. (57), Soudaniella laticeps Karsch (58).
(Photographies prises sur des exemplaires préparés par M me J. Boulard ; toutes à la même échelle.)
58
1186
MICHEL BOULARD
Remerciements
Au cours de ce travail, j’ai dû me référer à plusieurs types de Cigales appartenant à
différents Musées, types que les conservateurs ont eu la grande complaisance de me commu¬
niquer. Aussi m’est-il particulièrement agréable d’assurer ici de ma vive gratitude :
M. P. Basilewsky et son collaborateur, M. G. Schmitz (Tervuren), le Dr U. Gollner-
Scheiding (Berlin), M. F. II. Heller (Stuttgart), le Dr A. Kaltenbacii (Vienne), le
Dr W. J. Kn’igiit (Londres), le Dr T. Nyholm (Stockolm), M. H. Synave (Bruxelles)
et le Dr E. Tortonese (Gênes).
En outre, lors d'une récente mission à Londres, des facilités m’ont été accordées par
la « Royal Society » et par l’Institut de France qu'également avec grand plaisir, je remercie
très sincèrement ici.
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Manuscrit déposé le 7 mars 1972.
Achevé d’imprimer le 30 mai 1973.
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« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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