BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
70
N° 91 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1972
i i
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’IIis-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements :
Abonnement Général : France, 260 F ; Étranger, 286 F.
Zoologie : France, 200 F ; Étranger, 220 F.
Sciences de la Terre : France, 50 F ; Étranger, 55 F.
Sciences de l’Homme : France, 45 F ; Étranger, 50 F.
Botanique : France, 40 F ; Étranger, 44 F.
Sciences Physico-Chimique : France, 15 F ; Étranger, 16 F.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 91, septembre-octobre 1972, Zoologie 70
SOMMAIRE
J.-P. Trilles. — Les Cymotlioidae (Isopoda, Flabellifera) des côtes françaises. (Sys¬
tématique, faunistique, écologie et répartition géographique.) I. Les Cerato-
thoinae Schiœdte et Meinert, 1883. 1191
— Les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera) du Muséum national d’Histoire natu¬
relle de Paris. Etude critique accompagnée de précisions en particulier sur la
répartition géographique et l’écologie des différentes espèces représentées.
I. Les Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883. 1231
— Sur la structure des pléopodes et des oostégites chez les Cymothoidae (Isopoda,
Flabellifera) et ses rapports avec les caractéristiques écologiques des espèces. . 1269
91, 1
Les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera) des côtes françaises
(Systématique, faunistique, écologie et répartition géographique)
I. Les Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883
par Jean-Paul Trilles *
Résumé. — Une étude systématique, faunistique et écologique a été réalisée sur les Cerato¬
thoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae) des côtes de France. Sept espèces sont signalées
et redéerites. Une mise au point est effectuée sur leur synonymie et nos connaissances actuelles
concernant leur répartition géographique et leur habitat parasitaire.
Abstract. — This work is a systematic, faunistic and ecological study about t.he Freneh
Ceratothoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae). Seven species are noted and described
again. Their synonymy, geographical distribution and parasitical habitat are precised.
Cette publication est la première d’une série qui doit nous permettre de réaliser un
inventaire faunistique et écologique des Cymothoidae des côtes de France.
Toutes les espèces que nous avons récoltées jusqu’à ce jour seront successivement
étudiées et décrites ; leur répartition géographique et leur habitat seront précisés. Mais
on pourra toutefois remarquer l’absence de longues diagnoses, telles que celles que Ton
peut lire dans le « Symbolae ad Monographiam... » de Schiœdte et Meinert. C’est volon¬
tairement que nous avons négligé les longues descriptions qui, à notre sens, n’apporteraient
rien de plus à une illustration détaillée amplement suffisante. Pour chacune des espèces
étudiées, nous avons d’autre part apporté la plus grande attention à la synonymie et aux
diverses mentions dont elle a été l’objet. Certes, les listes bibliographiques que nous indi¬
quons n’ont pas la prétention d’être exhaustives, mais on pourra y relever des références
qui sont souvent, sinon ignorées, du moins négligées.
Cette étude faunistique des Cymothoadiens français, nous la commençons par l’exa¬
men de la tribu des Ceratothoinae sensu Schiœdte et Meinert. Ces Cymothoidae appar¬
tiennent à la catégorie écologique des « Cymothoadiens buccaux » (Trilles, 1968) ; en effet,
ils vivent dans la cavité buccale des poissons hôtes (sur le plafond, le plancher ou le fond),
plus rarement au niveau des cavités branchiales (parfois les individus en phase sexuelle
mâle).
En France, ces parasites sont à l’heure actuelle représentés par deux genres et sept
espèces qui, si elles ne sont certainement pas les seules de notre faune cymothoadienne,
en sont certainement les plus fréquentes.
* Groupe d’Ecophysiologie, Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, Université des Sciences et Techni¬
ques du Languedoc, 34000 Montpellier.
1192
JEAN-PAUL TRILLES
Tribu des CERAT0T1IOINAE Schiœdte et Meinert, 1883
Genre EMETHA Schiœdte et Meinert, 1883
Emetha audouini (Edwards, 1840)
(Fig. 1-45, pl. I [1, 2, 3], III [18])
A l’heure actuelle, c’est la seule espèce connue du genre Emetha. En effet, il n’est pas
douteux que l’espèce Emetha. adriatica récoltée par Bovallius (1885) dans l’Adriatique
correspond à l’espèce Emetha audouini successivement signalée de cette mer par Hel-
ler (1866), Stalio (1877), Stossich (1880), Schiœdte et Meinert (1883) et Carus (1885).
Synonymie et mentions successives
1840. Cymothoa audouini (Cymothoé d’Audouin) Edwards : 274-275.
1851. Cymothoa audouinii, Hope : 33.
1866. Cymothoa audouini, Relier : 738-739.
1877. Cymothoa audouini, Stalio : 237.
1880. Cymothoa audouini, Stossich : 45.
1883. Emetha audouinii, Schiœdte et Meinert : 317-321, tab. XI (Cymothoae XVIII) (fig. 14-18).
1885. Emetha audouini, Carus : 442.
1885. Emetha adriatica Bovallius : 17-20, pl. IV (fig. 34-40).
1891. Ceratothoa salparum Gourret : 18-19, tav. I (fig. 19), tav. XI (fig. 7-13).
1901. Cymothoa audouini, Gerstaeeker : 255-257.
1931. Emetha audouinii, Dudich : 18.
1941. (Ceratothoa) Meinertia salparum var. n. cinerea de Scalzi : 423-428.
1941. Emetha audouinii, Montalenti : 337-394.
1948. Emetha audouinii, Montalenti : 27-36, tav. 1 (fig. 1-8).
1951. Emetha audouinii, Amar : 530.
1961. Emetha audouinii, Euzet, et Trilles : 190-191.
1962. Emetha audouinii, Trilles : 103-106.
1964. Emetha audouinii, Trilles : 107-108.
1966. Emetha audouini, Quintard-Dorques : 10.
1968. Emetha audouinii, Trilles : 20-36, pl. I-VI, pliot. 2-5.
1969. Emetha audouini, Berner : 93-95.
La description que donne Gourret de l'espèce Ceratothoa salparum du golfe de Marseille ne
laisse planer aucun doute quant à son identification à l’espèce Emetha audouini.
En ce qui concerne la variété Meinertia salparum var. cinerea de de Scalzi, la des¬
cription de l’auteur correspond exactement à Emetha audouini. D’ailleurs, une rectification
manuscrite de Brian sur l’exemplaire du travail de de Scalzi, que nous avons sous les
veux, ne laisse subsister aucun doute quant à ce rapprochement.
Balcells (1954) dit avoir trouvé l’espèce Meinertia salparum Gourret sur Scomber
scombrus L. (du secteur de Blancs). Malheureusement, l’auteur n’en ligure que les deux
pléopodes mâles (qui possèdent d’ailleurs chacun un appendix masculina) et les apophyses
génitales. Tout rapprochement précis avec Emetha audouini est donc impossible.
2
Fig. 1-25. — Emetha audouini (Edwards, 1840).
1, pullus secundus : vue dorsale ; 2-12, pullus primus (2 : antennule et antenne ; 3 : maxillipèdes ; 4
maxilles ; 5 : maxillules ; 6 : mandibules ; 7 : péréiopode 1 ; 8 : péréiopode 2 ; 9 : péréiopode 5 ; 10 : pléopode 1
11 : pléopode 2 ; 12 : pléotelson et uropodes) ; 13-25, pullus secundus (13 : antennule et antenne ; 14 : maxil
lipèdes ; 15 : maxilles ; 16 : maxillules ; 17 : palpe de la mandibule ; 18 à 23 : péréiopodes 1 à 6 ; 24 : pléo
pode 1 ; 25 : pléotelson et uropodes).
Fig. 26-45. — Emetha audouini (Edwards, 1840).
26-35, individu en phase mâle (26 : antennule ; 27 : antennes ; 28 : palpe mandibulaire ; 29 : maxil-
lules ; 30 : maxilles ; 31 : maxillipèdes ; 32 : péréiopode 1 ; 33 : péréiopode 7 ; 34 : pléopode 1 ; 35 : pléo-
telson et uropodes) ; 36-45, individu en phase femelle (36 : antennule et antenne ; 37 : extrémité du palpe
mandibulaire ; 38 : maxillule ; 39 : maxille ; 40 : détail de l’extrémité des maxillipèdes; 41 : péréiopode 1 ;
42 : péréiopode 7 ; 43 : pléopode 2 ; 44 : pléopode 2 mâle ; 45 : pléotelson et uropodes).
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
1195
Répartition et habitat
L’espèce Emetha audouini a été décrite et signalée pour la première fois de la Méditer¬
ranée (« Habite la Méditerranée ») par H.-M. Edwards (1840).
Depuis, ce Cymothoadien a été observé de nombreuses fois en Méditerranée ainsi
que dans l’Adriatique.
Méditerranée : Hope (1851) : Méditerranée (sans précision).
Schiœdte et Meinert (1883) : « Ad Nizzam... ; Villafrancam... ; Ostiam... »
Carus (1885) : « Mediterraneum... ; Villafranca... ; Nizza... ; Ostia... »
Gourret (1891) : golfe de Marseille.
Gerstaecker (1901) : « Mittelmeeres ».
Dudich (1931) : « Neapel ».
de Scalzi (1941) : « Liguria... Genova... Albenga... Savona... Noli ».
MoMTALENTI (1941) I if 1 AT i
Montalenti (1948) j S° lfe d ° Na P leS '
Amar (1951) : Banyuls.
Euzet et Trilles (1961) J
Trilles (1962) i golfe du Lion.
Trilles (1964) )
Quintard-Dorques (1966) : région de Sète.
Trilles (1968) : golfe du Lion et étang de Thau.
Berner (1969) : golfe de Marseille.
Adriatique : Heller (1866) : « Lésina, Lissa ».
Stalio (1877) : « Lissa, Lésina ».
Stossich (1880) : « Lésina, Lissa ».
Schiœdte et Meinert (1883) : « Lessinam... »
Carus (1885) : « Adria : Lussin..., Lésina, Lissa (Heller) ».
Bovallius (1885) : « the Adria ».
Gerstaecker (1901) : « Adriatischen Meeres ».
L'espèce Emetha audouini est très commune le long des côtes françaises de la Médi¬
terranée. Mais nous ne l’avons récoltée que sur des poissons Maenidae du genre Spicara
Rafînesque. L’espèce Spicara maena (L.) est de beaucoup la plus fréquemment parasitée
(53 % environ des poissons sont porteurs de ce parasite). Des parasites bien moins abon¬
dants ont également été récoltés sur Spicara smaris C et Y. et Spicara chryselis C. et Y.
(19 % environ des poissons sont parasités).
Nos observations rejoignent donc sensiblement les quelques indications que nous
avons pu relever dans la bibliographie :
Schiœdte et Meinert (1883) : « ... in Smari insidiatore ... »
Gourret (1891) : « dans la bouche de Box salpa ».
de Scalzi (1941) : « in bocca dello Smaris oulgaris o Zerlo ».
Montalenti (1941) : « vive nella cavita orale di Spicara alcedo e S. maurii ».
Montalenti (1948) : « Nella bocca di Spicara (= Smaris) alcedo , ... in Spicara maurii e in Box
hoops ».
Amar (1951) : « cavité buccale de Smaridés et de Box hoops ».
Quintard-Dorques (1966) : « plafond buccal, au niveau du vomer denté des Spicara maena
L. femelles, alors que l’on n’en trouve jamais chez les mâles, ni chez les deux autres espèces
de Spicara ».
1196
JEAN-PAUL TRILLES
Mais nous n’avons jamais récolté ce parasite sur Boops boops ni sur Box salpa.
D’autre part, nous n’avons jamais trouvé l’espèce Einetha audouini sur des Spicara
maena de sexe mâle (taille de 18 à 23 cm environ pour nos observations). Par contre, tous
les poissons parasités mesuraient de 7 à 18 cm de longueur totale, ce qui correspond à
des spécimens de sexe femelle.
Remarques systématiques
Nous avons déjà (Trilles, 1968) redécrit en détail cette espèce. Nous nous limitons
ici à en donner une illustration très détaillée, qui doit d’ailleurs permettre son identifica¬
tion.
Nous rappelons toutefois que chez cette espèce :
— les individus en phase sexuelle femelle montrent une disposition très caractéris¬
tique des antennules et des antennes, dont les bases respectives contiguës recouvrent le
bord antérieur réduit du céphalon ;
— les individus en phase sexuelle mâle présentent un appendix masculina bien déve¬
loppé sur chacun des pléopodes de la deuxième paire ;
— les individus au stade pullus secundus possèdent des péréiopodes 1 bien plus longs
que les autres.
Taille
Pullus secundus : de 3 à 3,8 mm de longueur totale.
Individus en phase mâle : de 4 à 8 mm de longueur totale.
Individus en phase femelle : de 10 à 20 mm de longueur totale.
Genre MEINERTIA Stebbing, 1893
Meinertia parallela (Otto, 1828)
(Fig. 46-89, pl. I [4, 5], III [19])
Synonymie et mentions successives
1828. Cymothoa parallela Otto : 351-352, tab. XXII (fig. III-IV).
1840. Cymothoa parallela (Cymothoé parallèle), Edwards : 273.
1849. Cymothoa parallela, Lucas : 78, pl. 8 (fig. 24).
1851. Cymothoa parallela, Ilope : 33.
1852. Cymothoa parallela, Dana : 303 L
1866. Cymothoa parallela, Heller : 738.
1877. Cymothoa parallela, Stalio : 236-237.
1. Dans le travail de Dana, une erreur typographique fait que cette page est en réalité numérotée
203 .
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
1197
1878. Cymothoa parallela « of Milne Edwards », Bullar : 505.
1880. Cymothoa parallela, Stossich : 45.
1883. Ceratothoa parallela, Schiœdte et Meinert : 329-335, tab. XIII (Cym. XX) (fig. 3-10).
1885. Ceratothoa. parallela, Carus : 442.
1891. Ceratothoa parallela, Gourret : 15, pl. IV (fig. 12-15).
1892. Ceratothoa parallela, Koelbel : 107.
1892. Ceratothoa parallela, Bolivar : 133.
1901. Cymothoa parallela, Gerstaecker : 255-256.
1919-1920. Cymothoa. parallela, Gibert i Olivé : 88.
1929. Cymothoa parallela, Belloc : 250-252.
1948. Meinertia parallela, Montalenti : 36-40.
1951. Meinertia parallela, Amar : 530.
1955. Ceratothoa. parallela, Szidat : 16.
1956. Ceratothoa parallela, Szidat : 254.
1961. Meinertia parallela, Euzet et Trilles : 190-192.
1964. Meinertia parallela, Trilles : 106-107.
1968. Meinertia parallela, Trilles : 38-52, pl. VII-XII, phot. 6-8.
1969. Meinertia parallela, Berner : 93.
Répartition et habitat
Cette espèce a été décrite pour la première fois de la Méditerranée (« Nizza ») par Otto
( 1828 ).
Par la suite, elle a été signalée de la Méditerranée, de l’Adriatique et de l’Atlantique :
Méditerranée : Edwards (1840) : « Habite la Méditerranée ».
Lucas (1849) : Algérie. « Rade d’Oran ».
Hope (1851) : Méditerranée.
Schiœdte et Meinert (1883) : « Mare mediterraneum... Praeterea in portu Carthagenae ;
ad Xizzam... ; Villafrancam... ; Neapolin... ; Messinam... ; Oran... ; ... alicubi in mari
Méditerranée ».
Carus (1885) : « Mediterraneum ; Oran... ; Nizza... ; Villafranca... ; Ajaccio... ; Napoli... ;
Messina... »
Gourret (1891) : golfe de Marseille.
Gerstaecker (1901) : « Mittelmeeres ».
Gibert i Olive (1919-1920) : « Catalunya ».
Montalenti (1948) : « Golfo di Napoli ».
Amar (1951) : Banyuls.
Szidat (1955) (1956) : Méditerranée.
Euzet et Trilles (1961) : Sète.
Trilles (1964) : Méditerranée.
Trilles (1968) : golfe du Lion, étang de Thau.
Berner (1969) : golfe de Marseille.
Adriatique : Heller (1866) : « Adriatischen Meeres » ; « Lésina ».
Stalio (1877) : Adriatique ; « Lésina ».
Stossich (1880) : « Lésina ».
Schiœdte et Meinert (1883) : « ad oras Dalmatiac... ; ad tergestam... »
Carus (1885) : « Adria : trieste, ad oras Dalmatinas... ; Lésina ».
Gerstaecker (1901) : « Adriatischen Meeres ».
Fig. 46-70. — Meinerlia parallela (Otto, 1828).
46, pullus secundus : vue dorsale ; 47-58, pullus primus (47 : antennule ; 48 : antenne ; 49 : maxilli-
pède ; 50 : maxille ; 51 : maxillule ; 52 : palpe mandibulaire ; 53 : péréiopode 1 ; 54 : péréiopode 3 ; 55 : péréio-
pode 5 ; 56 : pléopode 1 ; 57 : pléopode 2 ; 58 : pléotelson et uropodes) ; 59-70, pullus secundus (59 : anten¬
nule ; 60 : antenne ; 61 : détail du maxillipède ; 62 : maxille ; 63 : maxillule ; 64 : palpe mandibulaire ; 65 :
péréiopode 1 ; 66 : péréiopode 4 ; 67 : péréiopode 5 ; 68 : péréiopode 6 ; 69 : pléopodes 1 ; 70 : pléotelson
et uropodes).
Ï2
MBS
Iig. 71-89. — Meinertia parallela (Otto, 1828).
71-79, individu en phase mâle (71 : antennule et antenne ; 72 : maxillipède ; 73 : maxille ; 74 : maxil-
lule ; 75 : mandibule ; 76 : péréiopode 1 ; 77 : péréiopode 7 ; 78 : pléopode 2 ; 79 : pléotelson et uropodes) ;
80-89, individu en phase femelle (80 : antennule ; 81 : antenne ; 82 : maxillipède ; 83 : maxille ; 84 : maxil-
lule ; 85 : mandibule ; 86 : péréiopode 1 ; 87 : péréiopode 7 ; 88 : pléopode 2 ; 89 : pléotelson et uropodes).
1200
JEAN-PAUL TRILLES
Atlantique : Schiœdte et Meinert (1883) : « cum parte adjacente maris Atlantici habitat sat
vulgaris... Ad insulam Madeiram... »
Küelbel (1892) : îles Canaries. « Tenerife und gran Canaria ».
Bolivar (1892) : Santander.
Trilles (1968) : Areachon.
En ce qui concerne les poissons hôtes, nous pouvons relever les indications successives
suivantes, qui montrent que cette espèce peut apparemment parasiter des poissons très
divers :
— divers poissons : Edwards (1840) ; Stalio (1877) : « vive parassito sopra diversi pesci » ;
— des Sparidae : Otto (1828) : « Sparus » ; Edwards (1840) : « Spares » : Stalio (1877) :
« Soprottutto sullo Sparo » ; Stossich (1880) : « vive attacato specialmente sui Spari » ;
Schiœdte et Meinert (1883) : « Boopis vulgaris » ; Koelbel (1892) : « Dentex vulgaris
C. V. » : Gibert i Olive (1919-1920) : « En las ganyes de Bogues (Box Loups Cuv.) » ;
Montalenti (1948) : « Box boops e Box salpa » ; Euzet et Trilles (1961), Trilles
(1964) : « Box boops (I,.) » ; Trilles (1968) : « Bogue commune ( Box boops (L.) Spari¬
dae) » ; Berner (1969) : « Box boops et salpa » ;
— « Esocis belonis » : Schiœdte et Meinert (1883) ;
— des Maenidae : Gourret (1891) : « dans la bouche de Smaris chryselis et surtout dans
celle de Smaris maurii » ; Gibert i Olive (1919-1920) : « Xucles » etc. ; Montalenti
(1948) : « in bocca di Spicara alcedo e maurii » ; Amar (1951) : sur Smart, sp. » ; Berner
(1969) : « Spicara chryselis et mauri » :
— des Mullus : Gibert i Olive (1919-1920) : « En las ganyes de « Molls » (. Mullus ) » ;
— des Gades : Amar (1951) : « Gadus capelanus » ;
— des Merlus : Belloc (1929), Szidat (1955) : « Merluccius merluccius » ;
Mais nos résultats diffèrent de l’ensemble des observations précitées. En effet, nous
avons remarqué que contrairement à ce que l’on observe pour l’espèce Meinertia oestroides
(Bisso, 1826), par exemple, la correspondance hôte/parasite est très étroite dans le cas
de Meinertia parallela. Personnellement, nous n’avons récolté ce parasite que sur Boops
boops (L.).
L'espèce Meinertia parallela paraît donc manifester une spécificité parasitaire étroite,
tout au moins le long de nos côtes.
On peut noter également que cette espèce est assez abondante puisque 22 % environ
des poissons sont parasités.
Remarques systématiques et écologiques
Nous avons toujours trouvé ce Cymothoadien dans la cavité buccale des poissons
hôtes, quelquefois dans l’une des cavités branchiales. Il s’agit de parasites hématophages
qui se nourrissent à partir du sang des poissons parasités. Aussi les observations de Bel¬
loc ( 1929) nous paraissent assez inexplicables, ainsi d’ailleurs que les déductions de l’auteur :
« Ces animaux se nourrissent de matières en décomposition, aussi les trouve-t-on aux deux
extrémités du tube digestif du Merlu, quelquefois dans la cavité buccale, mais leur lieu de
prédilection est sur les téguments du voisinage immédiat de l’anus. »
1201
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
Nous donnons une illustration détaillée de ce Cymotlioidae, mais nous pouvons tou¬
tefois relever que cette espèce se distingue des autres du même genre en particulier :
- par la forme générale plus allongée du corps. La partie postérieure du péréion
n’est pas élargie, comme on l’observe par exemple chez Meinertia oestroides, et les bords
latéraux sont sensiblement parallèles. Par ailleurs, le profil dorsal du péréion est convexe.
— les individus en phase sexuelle mâle présentent un appendix masculina sur chacun
des pléopodes de la deuxième paire.
Enfin, nous pouvons remarquer que la figure 43 b de la page 252 du mémoire de Bel-
loc (1929) qui, d’après l’auteur, représente un individu de l’espèce Meinertia parallela,
ressemble surtout à un Oniscoïde et absolument pas à ce Cymothoadien buccal.
Taille
Pullus secundus : de 2,2 à 3 mm de longueur totale.
Individus en phase mâle : de 3,5 à 10 mm de longueur totale.
Individus en phase femelle : de 13 à 30 mm de longueur totale.
Meinertia oestroides (Risso, 1826)
(Fig. 90-136, pl. I [6, 7, 8, 9], III [20])
Synonymie et mentions successives
1826. Canolira oestroides Risso : 123 (C. oestroïde).
1840. Cymolhoa oestroides (Cymothoé oestroïde), Edwards : 272.
1847. Cymolhoa oestroides, White : 110.
1849. Cymolhoa oestroides, Lucas : 78, pl. 8 (fîg. 4) 1 .
1851. Cymolhoa oestroides, Ilope : 33.
1866. Cymolhoa oestroides, Ileller : 737-738.
1875. Cymolhoa oestroides, Barcelé y Combis : 68.
1876. Cymolhoa oestroides, Bullar : 118-128, tab. IV.
1877. Cymolhoa oestroides, Stalio : 236.
1878. Cymolhoa oestroides, Bullar : 505-521, pl. 45-47.
1879. Cymolhoa oestroides, Mayer : 176.
1879. Cymolhoa (Meinertia) oestroides, Tasclienberg : 245.
1880. Cymolhoa oestroides, Stossich : 45.
1883. Ceratothoa oestroides, Schiœdte et Meinert : 350-356, tab. XV (Cym. XXII) (fîg. 5-11).
1885. Ceratothoa oestroides, Carus : 442.
1887. Ceratothoa oestroides, Barrois : 12.
1887. Cymolhoa oestroides, Bonnier : 133-134.
1887. Cymolhoa oestroides, Odôn de Buen : 418.
1888. Ceratothoa oestroides, Barrois : 63-64.
1890. Cymolhoa oestroides, Monticelli : 420-421.
1891. Ceratothoa oestroides, Gourret : 14-15, pl. IV (fîg. 10-11).
1892. Ceratothoa oestroides, Bolivar : 133.
1. Pour l’espèce Cymolhoa oestroides, le texte de Lucas indique : pl. 8, fig. 3. Il y a manifestement
erreur. Les figures correspondantes sont sans nul doute : 4a, 4b, 4c.
Fig. 90-114. — Meinertia oestroides (Risso, 1826).
90, pullus secundus : vue dorsale ; 91-102, pullus primus (91 : antennule ; 92 : antenne ; 93 : maxil-
lipède ; 94 : maxille ; 95 : maxillule ; 96 : détail du palpe mandibulaire ; 97 : péréiopode 1 ; 98 : péréiopode
2 ; 99 : péréiopode 6 ; 100 : pléopode 1 ; 101 : pléopode 2 ; 102 : pléotelson et uropodes) ; 103-114, pullus
secundus (103 : antennule ; 104 : antenne ; 105 : maxillipède ; 106 : maxille ; 107 : maxillule ; 108 : mandi¬
bule ; 109 : péréiopode 1 ; 110 : péréiopode 4 ; 111 : péréiopode 5 ; 112 : péréiopode 6 ; 113 : pléopode 1 ;
114 : pléotelson et uropodes).
1204
JEAN-PAUL TRILLES
1892. Ceratothoa oestroides, Koelbcl : 107-115.
1901. Ceratothoa oestroides, Gerstaecker : 255-257.
1915. Meinertia oestroides, Nierstrasz : 89.
1916. Cymothoa oestroides, Odôn de Buen : 363.
1919-1920. Cymothoa oestroides, Gibert i Olivé : 88.
1922. Cymothoa (Meinertia) oestroides Dollfus : 287.
1923. Meinertia oestroides, Monod : 82-83.
1923. Meinertia oestroides, Monod : 432.
1923. Meinertia oestroides, Monod : 18-19.
1924. Meinertia oestroides, Monod : 34.
1926-1927. Ceratothoa oestroides, Zimmer : 746.
1931. Ceratothoa oestroides, Dudich : 18.
1948. Meinertia oestroides, Montalenti : 47-50.
1951. Meinertia oestroides, Amar : 530.
1951. Meinertia oestroides, Iloudemer : 39-40.
1953. Meinertia oestroides, Balcells : 548-552.
1961. Meinertia oestroides, Euzet et Trilles : 190-192.
1962. Meinertia oestroides, Trilles : 118-123.
1964. Meinertia oestroides, Trilles : 107.
1966. Meinertia oestroides, Quintard-Dorques : 10.
1968. Meinertia oestroides, Trilles : 53-68, pl. XIII-XYlll, phot. 9-12.
1969. Meinertia oestroides, Berner : 93-94.
1970. Meinertia oestroides, Boman : 501-514.
1971. Meinertia oestroides, Trilles et Baibaut : 73-74.
Répartition et habitat
L’espèce Meinertia oestroides a été décrite pour la première fois de Nice et des Alpes-
maritimes (Risso, 1826) : « régions fangeuses. App. Presque toute l’année » (ce qui d’ailleurs
constitue un biotope assez étonnant).
Par la suite, ce Cymothoadien a été signalé de très nombreuses fois (cf. synonymie) ;
mais à l’heure actuelle, son aire de répartition peut être circonscrite à :
Méditerranée : Edwards (1840) : « Habite la Méditerranée ».
White (1847) : « Mediterranean ? »
Lucas (1849) : « Algérie, rades de l’Est et de l’Ouest », « rade de Bône, aux environs du fort
Génois ».
Hope (1851) : « Nizza ».
Barcelô y Combis (1875) : îles Baléares, « Mallorca ! Menorca (Cardona) ».
Taschenberg (1879) : Naples.
Schiœdte et Meinert (1883) : « Mare mediterraneum oras Italicas ». « Ad Nizzam... villa-
francam... Ajaccio... Neapolin... Messinam ».
Carus (1885) : « Mediterraneum... ; Alger...; Nizza... ; Napoli... ; Messina... »
Odôn de Buen : « Baléares, Cardona ».
Barrois (1888) : « Péninsule Ibérique ; Méditerranée (très commun) ».
Monticelli (1890) : Naples.
Gourrf.t (1891) : « très abondante dans le golfe de Marseille ».
Gerstaecker (1901) : « Mittelmeeres (Nizza) ».
Nierstrasz (1915) : « Neapel » « Meinertia oestroides ist eine reine Mittelmeer Form ».
Odôn de Buen (1916) : îles Baléares, « Bahia de Palma ».
1205
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
Gibert i Olive (1919-1920) : « Catalunya ».
Monod (1923) : « Forme méditerranéenne ».
Monod (1923) : « cette espèce, très abondante dans la Méditerranée... »
Monod (1923) : Monaco.
Montalenti (1948) : « Golfo di Napoli ».
Amar (1951) : Banyuls.
Houdemer (1951) : Ajaccio.
Balcells (1953) : Castellon (secteur de Columbretes, secteur de Punta oropesa), Blanes.
Euzet et Trilles (1961) : Sète.
Trilles (1962) : étang de Thau.
Trilles (1964) : Méditerranée.
Quintard-Dorques (1966) : région de Sète.
Trilles (1968) : golfe du Lion, étang de Thau.
Berner (1969) : golfe de Marseille.
Roman (1970) : baie de la Ciotat.
Trilles et Raibaut (1971) : Tunisie.
Adriatique : Heller (1866) : « Adriatisclien Meere ».
Stalio (1877) : « regioni fangose. Apparisce tutto l’anno » (ce qui paraît reprendre exactement
les indications de Risso), « e une delle piu communi specie delTAdriatica... »
Stossich (1880) : « E comune in tutto l’Adriatico ».
Carus (1885) : « Adria frequens ».
Gerstaecker (1901) : « Adriatischen Meeres ».
Dudich (1931) : Adriatique.
Atlantique : Barrois (1887) : Açores.
Bonnier (1887) : Concarneau.
Barrois (1888) : « Ce Crustacé est très commun aux Açores. » « Distribution géographique :
Côtes océaniques d’Europe (Concarneau où il serait rare d’après Bonnier...). »
Bolivar (1892) : « Gijôn... ; Santander... ; Guetaria y San Sébastian... »
Koelbel (1892) : « Von Tenerife und Gran Canaria ».
Dollfus (1922) : « devant Gijôn (Oviédo), dans le port de Musel ».
Monod (1923) : « la seule station atlantique est, à ma connaissance, celle signalée par J. Bon¬
nier, en 1887 : “ Concarneau ”... j’en ai vu un couple récolté sur Trachurus trachurus, à
Gijôn (Oviédo) ». (Il s’agit des exemplaires également signalés par Dollfus en 1922.)
Monod (1923) : Côte du Sahara Mauritanien. « Cette espèce, très abondante dans la Méditer¬
ranée, rare sur les côtes atlantiques de l’Europe Lusitanienne, se rencontre au sud au
moins jusqu’au Cap Blanc ».
Monod (1924) : cap Blanc.
Trilles (1968) : Arcachon.
Cette espèce, relativement rare en Méditerranée (puisque seulement 1,6 % des Spi-
cara sp. sont parasités, 8,4 % environ des Bogues et 8,8 % environ des Sargues), est assez
ubiquiste. Toutefois, bien qu’on la rencontre sur plusieurs espèces de poissons, les Mae-
nidae du genre Spicara Rafînesque et les Sparidae — Boops boops et divers Sargues, Diplo¬
dus annularis (L.), Diplodus sargus (L.), Diplodus vulgaris (G. St. Hil.) — sont les poissons
les plus fréquemment parasités. Plus rarement, nous avons récolté ce Cymothoadien sur
Sardina pilchardus sardina (Risso) (Clupeidae) et sur Trachurus trachurus (L.) (Carangi-
dae) (voir également Trilles, 1968).
Nos observations personnelles rejoignent les indications des auteurs précédents. En
effet, si on analyse la bibliographie concernant cette espèce, on remarque que Meinertia
oestroides a été signalée sur des poissons très divers, mais le plus souvent sur des Sparidae
ou des Maenidae :
91, 2
1206
JEAN-PAUL TRILLES
— Sur diverses espèces de poissons : Lucas (1849), Heller (1866), Stalio (1877), Stos-
sich (1880), Gibert i Olive (1919-1920).
— Sur des Téléostéens autres que des Sparidae ou des Maenidae ; « parasite assez rare
des Labres » (Bonnier, 1887) ; « Pliycis mediterranea » (Koelbel, 1892) ; Trachurus
trachurus L. (Dollfus, 1922) ; « dans la bouche du rouget barbet ou petit barbarin
(= Mullus barbatus L.) » (Balcells, 1953) ; Sardina pilchardus sardina (Trilles,
1962) ; « Sardina » « Trachinus » (Berner, 1969) ; Mullus barbatus (Roman, 1970) ;
Trachurus trachurus (Trilles et Raibaut, 1971).
— Sur des Maenidae : bouche de Smaris chryselis (Gourret, 1891) ; «in bocca di Spicara... »
(Montalenti, 1948) ; « sur Smaris sp. » (Amar, 1951) ; « dans la bouche du picarel
(« Cherret » en espagnol = Smaris sp.) » (Balcells, 1953) ; « dans la cavité buccale
de Spicara maena (L.) et Spicara chryselis (C. et V.) » (Trilles, 1962) ; « vit fixé au
plafond buccal de Spicara chryselis C. V. seulement » (Quintard-Dorques, 1966) ;
Spicara chryselis (Berner, 1969) ; Spicara maena (très rare) (Roman, 1970).
— Sur des Sparidae : « in ore Boopis vulgaris » (Schiœdte et Meinert, 1883) ; « dans la
bouche de Box vulgaris » (Barrois, 1887) ; « vit en parasite dans la bouche de Boops
vulgaris (en portugais Boga) » (Taschenberg, 1879) ; « espèce très commune dans la
cavité buccale de divers poissons ( Sargus vulgaris, S. annularis, Box vulgaris, etc...) »
(Monod, 1923) ; « in bocca di Box » (Montalenti, 1948) ; « cavité buccale de Diplodus
vulgaris » (Amar, 1951) ; « très fréquent dans la bouche et la région branchiale de la
Bogue ( Box boops L.) » (Balcells, 1953) ; Box boops (Berner, 1969) ; Box boops
(très rare) (Roman, 1970) ; Box boops (L.) et Diplodus annularis (L.) (Trilles et Rai¬
baut, 1971).
Remarques systématiques
Nous donnons, de l’espèce Meinertia oestroides, une figuration aussi complète que
possible. En effet, si ce Cymothoadien peut paraître bien connu à l’heure actuelle (cf. impor¬
tante synonymie), il est encore souvent l’objet de déterminations erronées :
— Soit que l’on considère, comme cela arrive fréquemment, que les Cymothoidae
buccaux parasitant les Maenidae ou les Sparidae (en particulier Boops boops) appartien¬
nent tous à cette espèce. Dans ce cas évidemment, on s’expose à réunir sous le nom spéci¬
fique de Meinertia oestroides, plusieurs espèces distinctes appartenant aux deux genres
Emetha et Meinertia.
— Soit qu’on ne prenne pas garde au fait que l’espèce Meinertia oxyrrhynchaena, qui
peut parasiter les mêmes poissons, lui est très voisine. Nous rappelons toutefois que la
distinction entre ces deux espèces est sans ambiguïté si on étudie la morphologie des péréio-
podes femelles de la septième paire.
Enfin, il convient de préciser que les individus en phase sexuelle mâle de Meinertia
oestroides ne possèdent jamais d’appendix masculina.
D’autre part, parmi l’ensemble des descriptions et des illustrations qu’ont données
certains auteurs précédents pour l’espèce Meinertia oestroides, il nous paraît souhaitable
d’indiquer que le dessin reproduit par Gibert i Olive (p. 88) ne correspond certainement
sa»
Fig. 137-155. — Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878).
137-146, individu en phase mâle (137 : antennule ; 138 : antenne ; 139 : maxillipède ; 140 : détail du
maxille ; 141 : maxillule ; 142 : mandibule ; 143 : péréiopode 3 ; 144 : péréiopode 7 ; 145 : pléopode 2; 146 :
pléotelson et uropodes) ; 147-155, individu en phase femelle (147 : antennule ; 148 : antenne ; 149 : maxil¬
lipède ; 150 : maxille ; 151 : maxillule ; 152 : palpe mandibulaire ; 153 : péréiopode 7 ; 154 : pléopode 2 ;
155 : pléotelson et uropodes).
1208
JEAN-PAUL TRILLES
pas à l’espèce, ni même à un Cymothoidae. Il s’agit plutôt d’un Oniscoïde. Il existe donc,
semble-t-il, une certaine contradiction entre l’illustration et le texte de Gibert i Olive
(par exemple : « Poil de peix. En las ganyes de diferents peixos »).
Taille
Pullus secundus : 4 mm environ de longueur totale.
Individus en phase sexuelle mâle : 3,5 à 9 mm de longueur totale.
Individus en phase sexuelle femelle : 12 à 30 mm de longueur totale.
Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878)
(Fig. 137-155, pl. I [9], II [13, 14], III [21])
Synonymie et mentions successives
1878. Ceratothoa oxyrrhynchaena Koelbel : 401-403, pl. I (fig. la-le).
1883. Ceratothoa oxyrrhynchaena , Schiœdte et Meinert : 308-371, tab. XVI (Cym. XXIII) (fig. 10-
14 )'
1901. Ceratothoa, oxyrrhynchaena, Gerstaecker : 261.
1910. Meinertia oxyrrhynchaena, Xierstrasz : 89.
1931. Codonophilus oxyrrhynchaenus, Nierstrasz : 132.
1936. Meinertia oxyrrhynchaena, Gurjanova : 84-86.
1948. Meinertia oxyrrhynchaena, Montalenti : 51-54.
1961. Meinertia oxyrrhynchaena, Euzet et Trilles : 190.
1966. Meinertia oxyrrhynchaena, Quintard-1torques : 10, 11.
1968. Meinertia oxyrrhynchaena, Trilles : 125-129, phot. 28-31.
1971. Meinertia oxyrrhynchaena, Trilles et Raibaut : 74-76, phot. 4.
Répartition et habitat
Cette espèce a été décrite pour la première fois du Japon par Koelbel (1878) : « Mare
japonicum ». Elle présente une aire de répartition très étendue puisque elle a été par la
suite successivement signalée de :
— « Marc Iaponicum » (Schiœdte et Meinert (1883)) ; « China und Japan » (Ger¬
staecker, 1901) ; « Sagamihai... Misaki... Dzushi... » Japon (Thielemann, 1910) ; « Japan »
(Nierstrasz, 1915) ; « Japanisches Meer ; Sagami-Bai... » (Nierstrasz, 1931) ; « Mers
orientales » (Gurjanova, 1936).
— « Golfo di Napoli » (Montalenti, 1948) ; Sète (Euzet et Trilles, 1961) ; région
de Sète (Quintard-Dorques, 1966) ; golfe du Lion (Trilles, 1968) ; Tunisie (Trilles
et Raibaut, 1971).
Par ailleurs, en ce qui concerne les poissons hôtes, ce Cymothoadien est relativement
ubiquiste ; mais il semble parasiter préférentiellement des Maenidae et des Sparidae
(Trilles, 1968). En cela, cette espèce se rapproche également de Meinertia oestroides.
Les indications successives que nous avons pu recueillir dans la littérature corres¬
pondante sont conformes à nos observations personnelles : « ... Brutlainellen durch Fis-
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
1209
cher... » (Tiiielemann, 1910) ; « Discretamente frequente in bocca a Spicara e Box » (Mon-
talenti, 1948) ; « Cavité buccale de Box boops (L.) » (Euzet et Trilles, 1961) ; « plafond
buccal de Spicara chryselis C. Y. » (Quintard-Dorques, 1966) ; Maenidae (Trilles et
Raibaut, 1971).
Remarques systématiques
En plus de la figuration détaillée que nous donnons de ce parasite, nous rappelons
quelques caractéristiques essentielles qui permettent de distinguer aisément l’espèce Mei-
nertia oxyrrhynchaena de l’espèce Meinertia oestroides, ainsi que des autres Cymothoadiens
français du genre Meinertia :
— Chez les individus en phase sexuelle femelle, la forme générale du péréion est très
voisine de celle de Meinertia oestroides, mais les péréiopodes de la septième paire montrent,
sur le basipodite, une carène très haute.
- Les individus en phase sexuelle mâle possèdent un appendix masculina bien visible
sur les endopodites des pléopodes 2, alors qu’il est absent chez Meinertia oestroides.
- Les individus au stade pullus secundus sont caractérisés par la longueur très impor¬
tante de leurs antennes (A 2 ), qui dépassent le bord postérieur du pléotelson (Montalenti,
1948).
A ce propos, comme l’a déjà observé Montalenti (1948), nous pouvons rappeler que
Bullar (1878), dans son travail sur l’embryologie des Cymothoidae, dit avoir observé :
« from adult individuals answering to description of Cymothoa oestroides, I hâve obtained
four varieties of embryos : two with long antennae and two with short ».
A l’heure actuelle, il semble que l’on puisse admettre que ces deux formes larvaires,
considérées par Bullar comme correspondant à la seule espèce Meinertia oestroides, n’étaient
en réalité que des pulli secundi de Meinertia oestroides d’une part (antennes relativement
courtes), de Meinertia oxyrrhynchaena d’autre part (antennes longues). Il ne fait aucun doute
que Fauteur n’a pas pris suffisamment garde à la ressemblance très grande existant entre ces
deux parasites.
D’ailleurs, Bullar pensait même avoir reconnu quatre formes larvaires distinctes
dans le cas de « Meinertia oestroides » :
— deux formes à antennes courtes, la première présentant des appendices abdomi¬
naux pourvus de très nombreuses soies, la seconde ne présentant pas ce caractère ornemen¬
tal ;
— deux formes à antennes longues, entre lesquelles la distinction était basée sur
les mêmes critères.
Or, nous savons à l’heure actuelle que cette distinction n’est valable que si l’on con¬
sidère l’évolution dans le temps d’un même parasite. La forme à appendices abdominaux
glabres correspond au stade pullus primas, suivi du stade pullus secundus durant lequel
les individus présentent une ornementation en soies très importante.
Fig. 156-171. — Meinertia italica (Schicedte et Meinert, 1883).
156, pullus secundus, vue dorsale ; 157-171, pullus secundus (157 : antennule ; 158 : antenne ; 159
maxillipède ; 160 : détail du maxillipède ; 161 : maxille ; 162 : maxillule ; 163 : palpe de la mandibule
164 : péréiopode 1 ; 165 : péréiopode 2 ; 166 : péréiopode 4 ; 167 : péréiopode 5 ; 168 : péréiopode 6 ; 169
pléopode 1 ; 170 : pléopode 2 ; 171 : pléotelson et uropodes).
'2
Fig. 172-187. — Meinertia italien (Schiœdte et Meinert, 1883).
172-179, individu en phase mâle (172 : antennule ; 173 : antenne ; 174 : maxillipède ; 175 : maxille ;
176 : maxillule ; 177 : palpe mandibulaire ; 178 : péréiopode 1 ; 179 : pléopode 2) ; 180-187, individu en
phase femelle (180 : antennule ; 181 : antenne ; 182 : maxillipède ; 183 : maxille ; 184 : maxillule ; 185 :
palpe mandibulaire ; 186 : péréiopode 7 ; 187 : pléopode 2 ; 187 bis : pléotelson et uropodes).
1212
JEAN-PAUL TRILLES
Taille
Pullus secundus : 2,4 mm de longueur totale (Schiœdte et Meinert, 1883).
Individus en phase sexuelle mâle : 3 à 8 mm de longueur totale.
Individus en phase sexuelle femelle : 10 à 30 mm de longueur totale.
Meinertia italica (Schiœdte et Meinert, 1883)
(Fig. 156-187, pi. II [10, 11, 12])
Synonymie et mentions successives
1883. Ceratothoa italica Schiœdte et Meinert : 347-350, tab. XV (Cym. XXII) (fig. 1-4).
1885. Ceratothoa italica, Carus : 442.
1924. Meinertia italica, Monod : 34.
1948. Meinertia italica, Montalenti : 42-46.
1964. Meinertia italica, Trilles : 106.
1968. Meinertia italica, Trilles : 122-125, phot. 25-27.
Répartition et habitat
Cette espèce a été décrite par Schiœdte et Meinert (1883) à partir d’une femelle
ovigère et d’individus au stade pullus secundus provenant de Fiume (Adriatique).
Par la suite, elle n’a été que rarement signalée : « Adria : Fiume (Budde-Lund) » (Carus,
1885) ; cap Blanc (Monod, 1924) ; « Golfo di Napoli » (Montalenti, 1948) ; Méditerranée
(Trilles, 1964 et 1968).
Donc, bien que rarement signalé, ce Cymothoidae paraît avoir une aire de réparti¬
tion assez étendue : Adriatique, Méditerranée et côte Atlantique du Sahara mauritanien.
Cette espèce est assez rare. Nous l’avons récoltée sur Pagellus mormyrus (L.) et sur
Pagellus erythrinus (L.), mais sur aucun autre Téléostéen (également Trilles, 1964 et 1968).
En plus de nos observations personnelles, les seules indications que nous possédions sont
celles de Montalenti, (1948) : « Piuttosto frequente in bocca a Pagellus mormyrus a ad
altri pagelli ».
Remarques systématiques
Parmi les Cymothoadiens buccaux des côtes françaises, l’espèce Meinertia italica est
certainement, sinon la plus grande, du moins la plus volumineuse.
Chez les individus en phase sexuelle femelle, le corps est nettement elliptique et la
face tergale très arquée, ce qui distingue cette espèce de celles du « groupe oestroides, oxyr-
rhynchaena » par exemple.
Les individus en phase sexuelle mâle sont également globuleux ; ils ne présentent pas
d’appendix masculina.
Fig. 188-202. — Meinerlia steindachneri (Koelbel, 1878).
188, pullus primus, vue dorsale ; 189-199, pullus primus (189 : antennule ; 190 : antenne ; 191 : maxil-
lipède ; 192 : maxille ; 193 : maxillule ; 194 : palpe mandibulaire ; 195 : pléopode 1 ; 196 : pléopode 2 ; 197 :
pléotelson et uropodes ; 198 : péréiopode 1 ; 199 : péréiopode 6) ; 200-202, (200 : pléopode 2 femelle ; 201 :
pléopode 2 mâle ; 202 : pléotelson et uropodes mâles).
Fig. 203-218. — Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878).
203-210, individu en phase mâle (203 : antennule ; 204 : antenne ; 205 : maxillipède ; 206 : maxille ;
207 : détail des maxillules ; 208 : mandibule ; 209 : péréiopode 1 ; 210 : péréiopode 7) ; 211-218, individu
en phase femelle (211 : antennule ; 212 : antenne ; 213 : maxillipède ; 214 : maxille ; 215 : maxillule ; 216 :
détail du palpe mandibulaire ; 217 : péréiopode 1 ; 218 : pléotelson et uropodes).
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
1215
Taille
Pullus secundus : 3 mm environ de longueur totale.
Individus en phase sexuelle mâle : 8 à 15 mm de longueur totale.
Individus en phase sexuelle femelle : 15 à 30 mm de longueur totale.
Meinertia steindachneri (Ivoelbel, 1878)
(Fig. 188-218, pl. II [15, 16], III [23])
Synonymie et mentions successives
1878. Ceratothoa steindachneri Ivoelbel : 403-404, taf. I (fig. 2a-2e).
1883. Ceratothoa steindachneri, Scliiœdte et Meinert : 364-366, tab. XV (Cym. XXII) fig. 14-15.
1885. Ceratothoa steindachneri, Carus : 443.
1968. Meinertia steindachneri, Trilles : 131-134, phot. 32-34.
1971. Meinertia steindachneri, Trilles et Raibaut : 76-77.
Répartition et habitat
Depuis qu’elle a été décrite et signalée de l’Atlantique (« Mare Atlanticum » « Ulvsip-
ponem ») par Koelbel (1878), l’espèce Meinertia steindachneri n’a été l’objet que de très
rares signalements :
— « Mare Atlanticum et Mediterraneum habitat : ad Ulisipponem... ; ad Nizzam... ;
ad Villafrancam... » (Sciiiœdte et Meinert, 1883 ; ils n’ont décrit que la femelle ovi-
gère.)
— « Atlantique » « Villafranca... ; Nizza... » (Carus, 1885).
— Méditerranée (Trilles, 1968).
— Tunisie (Trilles et Raibaut, 1971).
Cette espèce a été récoltée pour la première fois par Steindaciiner (spécimen décrit
par Koelbel, 1878) sur « Pagri vulgaris C. et V ». Par la suite, Sciiiœdte et Meinert
(1883) ont signalé ce parasite également sur « Pagri çulgaris... » mais aussi « in lingua
Scorpaenae cabrittae ».
En ce qui nous concerne, nous n’avons jusqu’à présent récolté ce Cymothoidae que
sur des Sargues (Trilles, 1968 ; Trilles et Raibaut, 1971).
Remarques systématiques
Nous n’avons personnellement récolté cette espèce qu’en Méditerranée et les spéci¬
mens français et tunisiens sont relativement typiques ; nous en donnons une illustration
détaillée, mais en plus, nous précisons que le corps des individus en phase sexuelle femelle
est très globuleux. Les individus sont trapus.
Fig. 219-244. — Meinertia capri Trilles, 1964.
219, pullus secundus, vue dorsale ; 220-230, pullus primus (220 : antennule ; 221 : antenne ; 222 : maxil-
lipède ; 223 : maxille ; 224 : maxillule ; 225 : palpe mandibulaire ; 226 : péréiopode 1 ; 227 : péréiopode 5 ;
228 : péréiopode 6 ; 229 : pléopode 2 ; 230 : pléotelson et uropodes) ; 231-244, pullus secundus (231 : anten¬
nule ; 232 : antenne ; 233 : maxillipède ; 234 : maxille ; 235 : maxillule ; 236 : palpe mandibulaire ; 237 à
242 : péréiopodes 1 à 6 ; 243 : pléopode 2 ; 244 : pléotelson et uropodes).
Fig. 245-263. — Meinertia c-apri Trilles, 1964.
245-255, individu en phase mâle (245 : antennule ; 246 : antenne ; 247 : maxillipède ; 248 : maxille ;
249 : maxillule ; 250 : mandibule ; 251 : péréiopode 1 ; 252 : péréiopode 7 ; 253 : pléopode 2 ; 254 : pléopode
2 femelle ; 255 : pléotolson et uropodes.) ; 256-263, individu en phase femelle (256 : antennule ; 257 : anten¬
nes ; 258 : maxillipède ; 259 : maxille ; 260 : maxillule ; 261 : mandibule ; 262 : péréiopode 1 ; 263 : péréio¬
pode 7 et pléotelson avec uropodes).
1218
JEAN-PAUL TRILLES
Taille
Individus en phase sexuelle mâle : 5 à 8 mm de longueur totale.
Individus en phase sexuelle femelle : 10 à 20 mm de longueur totale.
Meinertia capri Trilles, 1964
(Fig. 219-263, pl. II (17], III [22])
Synonymie et mentions successives
1964. Meinertia capri Trilles : 188-189.
Meinertia capri est la seule espèce nouvelle que nous avons récoltée jusqu’à présent.
Il s’agit d’un parasite de Capros aper Lacepède (Caproidae).
Répartition et habitat
Nous l’avons observée pour la première fois sur des poissons pêchés au large de La Nou¬
velle (Aude), par 400 à 500 mètres de profondeur.
Le pourcentage global de parasitisme était d’environ 15 %. Dans la majorité des cas,
on rencontre deux individus par poisson, un en phase sexuelle femelle et l’autre en phase
sexuelle mâle.
Plus récemment, nous avons reconnu l’existence de ce parasite en Tunisie, également
sur Capros aper (résultats non encore publiés).
Remarques systématiques
Ce Cymothoidae diffère de la plupart des espèces françaises du genre Meinertia ( Mei¬
nertia parallela, Meinertia italien et Meinertia steindachneri) par un certain nombre de
caractères, mais avant tout par la forme générale du corps des individus en phase sexuelle
femelle (le corps de ce parasite n’est pas elliptique ni à bords parallèles).
Si on ne considère que l’allure générale des individus femelles, deux espèces seulement
(.Meinertia oxyrrynchaena et Meinertia oestroides) se rapprochent plus sensiblement de
Meinertia capri. Chez ces trois parasites, on remarque une augmentation en largeur des
péréionites (du premier au cinquième) qui confère au péréion une morphologie assez parti¬
culière (« type Meinertia oestroides »).
Cependant, l’espèce Meinertia oxyrrhynchaena se distingue nettement de Meinertia
capri par la forme du basipodite des péréiopodes 7 des individus en phase sexuelle femelle.
Quant aux deux espèces Meinertia capri et Meinertia oestroides, elles présentent
entre elles un certain nombre de caractères distinctifs qui ne laissent subsister aucune ambi¬
guïté pour leur identification ; nous pouvons rappeler par exemple que :
1219
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
— chez les individus en phase sexuelle femelle de Meinertia capri , le corps est plus
trapu, surtout parce que l’augmentation en largeur des péréionites 1 à 5 est plus progres¬
sive ;
— le bord frontal antérieur est plus obtus que chez Meinertia oestroides ;
— chez Meinertia oestroides, il existe une zone sombre postcéphalique qui semble
ne pas exister chez Meinertia capri.
Taille
Pullus secundus : 2,5 à 3,5 mm de longueur totale.
Individus en phase sexuelle mâle : 6 à 7 mm de longueur totale.
Individus en phase sexuelle femelle : 13 à 20 mm de longueur totale.
CONCLUSIONS
Cette première partie de notre inventaire faunistique et écologique des Cymothoidae
des côtes de. France concerne uniquement les représentants de la tribu des Ceratothoinae
Schiœdte et Meinert, 1883 (« Cymothoadiens buccaux » Trilles, 1968).
Sept espèces ont été inventoriées et étudiées :
— l’une, Emetha audouini (Edwards, 1840), est le seul représentant actuellement
connu du genre Emetha Schiœdte et Meinert, 1883 ;
— les autres appartiennent au genre Meinertia Stebbing, 1893 ( Meinertia parallela,
Meinertia oestroides, Meinertia oxyrrynchaena, Meinertia italien, Meinertia steindachneri et
Meinertia, capri).
Toutes ces espèces sont signalées de la Méditerranée, mais seulement quatre ( Mei¬
nertia parallela, Meinertia oestroides, Meinertia italica et Meinertia steindachneri) sont
également connues de l’Atlantique.
Parmi ces sept espèces, quatre ( Emetha audouini, Meinertia parallela, Meinertia oes¬
troides et Meinertia itcdica) se retrouvent également dans l’Adriatique. L’une ( Meinertia
oxyrrynchaena ) présente une aire de répartition très étendue, puisqu’elle a été successive¬
ment signalée au niveau du Pacifique (Japon et Chine) et en Méditerranée.
Distribution des espèces étudiées
Espèces
Méditerranée
Atlantique
Adriatique
Pacifique
Emetha audouini .
+
+
Meinertia parallela .
+
+
+
Meinertia oestroides .
+
+
+
Meinertia oxyrrynchaena .
+
+
Meinertia italica .
+
+
+
Meinertia steindachneri .
+
+
Meinertia capri .
+
1220
JEAN-PAUL TRILLES
En ce qui concerne plus particulièrement leur parasitisme sur les poissons, on peut
remarquer que les caractères de leur distribution sont très variables d’une espèce à l’autre ;
certaines, comme Meinertia oestroides par exemple, sont bien plus ubiquistes que d’autres
(par exemple Meinertia capri).
Mais il est intéressant d’observer que la majorité de ces espèces (puisque seule l’espèce
Meinertia capri n’est pas dans ce cas) paraissent parasiter préférentiellement des Maenidae
ou des Sparidae, et ceci dans l’ensemble do leur aire de répartition géographique.
CYMOTHOIDAE DES COTES FRANÇAISES
1221
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES
Amar, R., 1951. — Isopodes marins de Banyuls. Vie Milieu, 2 (4) : 529-530.
Balcells, R., 1953. — Sur des Isopodes parasites de poissons. Vie Milieu, 4 (3) : 547-552.
Barcelô y Combis, F., 1875. — Apuntes para la Fauna Balear. Catâlogo de los Crustâceos mari-
nos observados en las costas de las Islas Baléares. Mems R. Soc. esp. Hist. nat., 4 : 53-68.
Barrois, Th., 1887. — Note préliminaire sur la Faune Carcinologique des Açores. Imprimerie
Le Bigot Frères, Lille : 1-14.
Barrois, Th., 1888. — Catalogue des Crustacés marins recueillis aux Açores, durant les mois
d’Aoùt et Septembre 1887. Imprimerie Le Bigot Frères, Lille : 1-110, pl. I-IV.
Belloc, G., 1929. — Étude monographique du Merlu ( Merlucius Merluccius L.) (Deuxième partie).
Revue Trav. Off. (Scient. tech.) Pêch. marit., 2 (2) : 231-288.
Berner, L., 1969. — Les principaux Cymothoidés (Crustacés Isopodes) du Golfe de Marseille.
Rull. Mus. Hist. nat., Marseille, 29 : 93-95.
Bolivar, J., 1892. — Liste de la coleccion de crustâceos de Espaùa y Portugal del Museo de His-
toria Natural de Madrid. An. Soc. esp. Hist. nat., sér. 2, 21 : 124-141.
Bonnier, J., 1887. — Catalogue des Crustacés Malacostracés recueillis dans la Baie de Concarneau.
Octave Doin Éditeur, Paris : 1-490.
Bovallius, C., 1885. — New or imperfectly Known Isopoda. PART I. Bith. K. Svenska Vetensk.
Akad. Handl., 10 (2) : 1-32, pl. 1-5.
Buen, Odôn de, 1887. — IL Catâlogo de Crustâceos Espanoles. An. Soc. esp. Hist. nat., 16 : 407-
434.
— 1916. — Los Crustâceos de Baléares. Boln. R. Soc. esp. Hist. nat., 16 : 355-367.
Bullar, ,1. F., 1876. — The generative organs of the parasitic Isopoda. Anat. Physiol. Lond.,
11 : 118-128.
Bullar, J. F., 1878. — On the Development of the Parasitic Isopoda. Phil. Trans. R. Soc., 169 :
505-521.
Carus, J. V., 1885. — Prodromus Faunae Mediterranae. Schweizerbart, Stuttgart, I : 1-525.
Dana, J. D., 1852. — On the Classification of the Crustacea choristopoda or Tetradecapoda. Am.
J. Soi., 14 : 297-316.
Dollfus, R. Ph., 1922. — Cyclobothrium Charcoti, n. sp. Trématode ectoparasite sur Meinertia
oestroides (Risso). Parasites recueillis pendant la croisière océanographique du « Pourquoi-
pas ? » sous le commandement du D r J. B. Charcot, en 1914. l re note. Bull. Soc. zool. Fr.,
47 (6-7) : 287-296.
Dudich, E., 1931. — Systematische und biologische Untersuchungen über die Kalkeinlagerungen
des Crustaceenpanzers in polarisiertem Lichte. Zoologica, Stultg., 30 (80) : 1-154.
Edwards, H.-M., 1840. — Histoire Naturelle des Crustacés comprenant l’anatomie, la physio¬
logie et la classification de ces animaux. III : 1-605.
Euzet, L., et J.-P. Trilles, 1961. — Sur l’anatomie et la biologie de Cyclocotyla bellones (Otto>
1821) [Monogenea-Polyopisthocotylea). Revue Suisse zool., 68, fasc. 2 (n° 16) : 182-193.
Gerstaecker, A., 1901. — Isopoda. In : Die Klassen und Ordnungen der Arthropoden wissen-
schaftlich dargestellt in Wort und Bild., Ed. H. G. Bronn, Fünfter Band. IÎ. Abtheilung.
Crustacea. (Zweite Hâlfte : Malacostraca) : 2-278, pl. I-XXIV.
Gibert i Olive, A. M., 1919-1920. — Crustacis de Catalunya. Treb. Inst, catal. Hist. nat. : 9-127.
91, 3
1222
JEAN-PAUL TRILLES
Gourret, P., 1891. — Les Lemodipodes et les Isopodes du Golfe de Marseille. An. Mus. Iiist.
nat., Marseille, zool. IV, Mém. I : 1-44, pl. 1-11.
Gurjanova, E. F., 1936. — Crustacées. In : Faune de l’U.R.S.S. — Isopodes des Mers Orientales.
Édition de l’Académie des Sciences de l’U.R.S.S., Moscou, Leningrad : 1-278.
H eller, C., 1866. — Carcinologische Beitrage zur Fauna des adriatischen Meeres. Verh. zool.
bot. ges. Wien, 16 : 723-760.
Hope, F. G., 1851. — Catalogue dei Crostacei italiani e di Molti altri del Mediterraneo. Stabili-
mento Tipofrafico di Fr. Azzolino, Napoli : 1-48, 1 planche.
Hocdemer, E., 1951. — Liste commentée des poissons de mer observés à Ajaccio et de leurs para¬
sites. Bull. Soc. Recherches et d’Études historiques Corses, Ajaccio : 39-40.
Ivoelbel, C., 1878. — Über einige neue Cymothoiden. Sber. Akad. Hiss. Wien., 78 : 401-416.
— 1892. — Beitrage zur Kenntnis der Crustaceen der Canarischen Inseln. Ann. naturh.
Mus. Wien, 7 (3) : 105 116, pl. X.
Lu cas, IL, 1849. — Histoire naturelle des animaux articulés. In : Exploration scientifique de
l’Algérie pendant les années 1840, 1841, 1842. Imprimerie nationale, Paris : 78, pl. 8.
Mayer, P., 1879. — Carcinologische Mitteilungen VI. Ueber den Hermaphroditismus bei einigen
Isopoden. Mitt. zool. Stn. Neapel, 1 : 165-179, taf. V.
Monod, Th., 1923. — Notes carcinologiques (Parasites et commensaux). Bull. Inst, océanogr.
Monaco., n° 427 : 1-23.
— 1923. — Prodrome d’une Faune des Tanaidacea et des Isopoda (Excl. Epiearidea), des
côtes de France (Excl. Méditerranée). Annls Soc. Sci. nat, Gharente-Marit., 37 (4) : 19-124 ;
errata : I-VIII ; table des matières.
— 1924.— Isopoda. In : Parasitologia Mauritanica. Arthropoda. I e partie. Bull. Coin. Et.
hist. Sc. Afr. Occ. Fr., 7 (9), n°3 : 428-445, 14 fig.
— 1924. — Note sur la morphologie et la distribution géographique de Meinertia collaris
Schiœdte et Meinert. Bull. soc. zool. Fr., 49 : 31-34.
Montalenti, G., 1941. — Studi sull’ermafroditismo dei Cimotoidi. I. Emetha audouini (M. Edw.)
e Anilocra physodes (L.). Pubbl. Staz. Zool. Napoli, 18 : 338-394.
— 1948. — Note sulla sistematica e la biologia di alcuni Cimotoidi del Golfo di Napoli. Archo.
Océanogr. Limnol. Venezia, 5 (1-3) : 25-81, pl. I-VIII.
Monticelli, Fr. S., 1890. — Elenco degli Elminti studiati a Wimereux nella primavera del 1889.
Bull, scient. Fr. Belg., 22 (4), I : 417-444, pl. XXI, fig. 1-27.
Nierstrasz, H. F., 1915. — Die Isopoden-Sammlung im Naturhistorischen Reichs-Museum zu
Leiden. — I. Cymothoidae. Zool. Meded., Leiden, Deel. I : 71-108.
— 1931. — Die Isopoden der Siboga-Expedition III. Isopoda genuina IL Flabellifera. Siboga-
Expedie, XXXI le : 123-233, fig. 2-129, pl. X-XI.
Otto, A. W., 1828. — Beschreibung einiger neuen, in den jahren 1818 und 1819 im Mittellan-
dischen meere gefundener Crustaceen. Noua Acta Acad. Caesar. Leop. Carol., 14 : 331-354,
pl. XX-XXII.
Quintard-Dorques, B., 1966. — Contribution à l’étude des poissons de la famille des Centra-
canthidae. Genre Spicara de la région de Sète. Ann. Université et A.R.E.R.S., 4 : 79-88.
Risso, A., 1826. — Histoire naturelle des principales productions de l’Europe méridionale et
particulièrement de celles des environs de Nice et des Alpes maritimes. F.-G. Levrault,
Libraire, Paris., V, quatrième section : 120-125.
Roman, M.-L., 1970. — Contribution à l’étude de la biologie des Cymothoidae (Crustacés Isopodes)
de la Baie de la Ciotat. Téthys, 2 (2) : 501-514.
Scalzi, G. de, 1941. — Intorno ad un isopodo Cymothoide parassita dello Smaris culgaris. Bail.
Pesca Piscic. Idrobiol., 13 : 423-428.
1223
CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES
Schicedte, J. C., et F. Meinert, 1883. — Symbolae ad Monographiam Cymothoarum Crusta-
ceorum Isopodum Familiae. IV. Ceratothoinae : 288-378, tab. XI-XVI.
Stalio, L., 1877. — Catalogo metodico e descrittivo dei Crostacei podottalmi ed edriottalmi dell’
Adriatico. Atti Ist. veneto Sri., sér. V, 3 : 1-274.
Stossich, M., 1880. — Prospetto délia Fauna del Mare Adriatico, Parte III. Boll. Soc. adriat.
Sri. nat., 6 (1) : 1-95.
Szidat, L., 1955. — La Fauna de parasitos de « Merluccius Hubbsi » como caracter auxiliar para
la solucion de problemas sistematicos y zoogeograücos del genero « Merluccius » L. Comun.
Inst. nac. Invest. Cienc. nat., B. Aires, 3 (1) : 1-54.
— 1956. — Geschichte, Anwendung und einige folgerungen aus den parasitogenetischen
Regeln. Z. Parasitkde, 17 (1) : 237-268.
Taschenberg, E. O. W., 1879. — Zur systematik der monogenetischen trematoden. Z. ges. Natuw.,
52 : 232-265.
Thieiemann, M., 1910. — Beitràge Kenntnis der Isopoden-fauna Ostasiens. Beitr. Naturg. Ost.
Abh. Math.-phys. Kl. K. Bayer. Akad. Wiss., II. Suppl.-Bd. 3. Abh. : 1-109, pl. I-11.
Trilles, J.-P., 1962. — Remarques morphologiques et biologiques sur les « Isopodes Cymothoi-
dae » parasites de poissons, de l’Étang de Thau. Naturalia monspel., 3 : 101-124.
— 1964. — Spécificité parasitaire chez les Isopodes Cymothoidae Méditerranéens. Note
préliminaire. Vie Milieu, 15 (1) : 105-116.
— 1968. — Recherches sur les Isopodes. Cymothoidae des côtes Françaises. I. Systématique
et Faunistique. II. Bionomie et Parasitisme. Thèse de Doctorat ès-sciences, Montpellier,
n° enregistrement CNRS, AO 2305 : 1-181, pl. I-XXXIV, photographies 1-56, et p. 1-307.
Trilles, J.-P., et A. Raibaut, 1971. — Aegidae et Cymothoidae parasites de poissons de mer
Tunisiens : Premiers résultats. Bull. Inst, océanogr. Pêch., Salammbô, 2 (1) : 71-86.
White, A., 1847. — List of the specimens of Crustacea in the Collection of the British Muséum.
London : 1-143.
Zimmer, C., 1926-1927. — 4. Ordnung der « Reihe Paracarida » der Crustacea Malacostraca. 11.
Ordnung der Crustacea : Isopoda = Asseln. In : Handbuch Der zoologie Dr. Kükenthal,
Dritter Band-Erste Halfte : 697-766.
Manuscrit déposé le 17 décembre 1971.
1224
JEAN-PAUL TRILLES
PLANCHE I
1, Ernetha audouini (Edwards, 1840).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale.
2, Emetha audouini (Edwards, 1840).
Individu en phase sexuelle femelle à pigmentation importante. Vue dorsale.
3, Emetha audouini (Edwards, 1840).
Individu en phase sexuelle femelle ovigère. Vue latérale.
4, Meinertia parallela (Otto, 1828).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale.
5, Meinertia parallela (Otto, 1828).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale.
6, Meinertia oestroides (Risso, 1826).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale.
7, Meinertia oestroides (Risso, 1826).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale.
8, Meinertia oestroides (Risso, 1826).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue ventrale.
9, Meinertia oestroides (Risso, 1826) et Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878).
Péréiopodes 7 des individus en phase sexuelle femelle.
PLANCHE I
1226
JEAN-PAUL TRILLES
PLANCHE II
10, Meinertia italica (Schioedte et Meinert, 1883).
Individu en phase sexuelle femelle et en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
11, Meinertia italica (Schioedte et Meinert, 1883).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale.
12, Meinertia italica (Schioedte et Meinert, 1883).
Individu en phase sexuelle femelle ovigère. Vue ventrale.
13, Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale.
14, Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale.
15, Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale.
16, Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878).
Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale.
17, Meinertia capri Trilles, 1964.
Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale.
PLANCHE II
1228
JEAN-PAUL TRILLES
PLANCHE III
18, Emetha audouini (Edwards, 1840).
Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
19, Meinertia parallela (Otto, 1828).
Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
20, Meinertia oestroides (Risso, 1826).
Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
21, Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878).
Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
22, Meinertia capri Trilles, 1964.
Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
23, Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878).
Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale.
PLANCHE III
Achevé d’imprimer le 30 mai 1973.
Les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera)
du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris
Étude critique accompagnée de précisions
en particulier sur la répartition géographique
et l’écologie des différentes espèces représentées
I. Les Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883
par Jean-Paul Trilles *
Résumé. — Ce travail est le résultat d’une étude critique des spécimens de Ceratothoinae
(Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae) de la collection d’Isopodes du Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris. Quinze espèces ont été inventoriées. Pour chacune d’entre elles, des précisions
sont données sur la répartition géographique et l’habitat parasitaire.
Abstract. — The speeimens of Ceratothoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae) belonging
to the collection of the National Muséum of Natural History of Paris are investigated. Fifteen
species are identified. The geographical distribution and parasitical habitat are precised for every
one of them.
Grâce à l’amabilité de M me D. Guinot et de MM. les Professeurs J. Forest et
Th. Monod, nous avons l’occasion d’examiner tous les spécimens de Cymothoidae (Isopoda,
Flabellifera — Parasites de poissons) de la collection d’Isopodes du Muséum national
d’Histoire naturelle de Paris.
Jusqu’à présent, tous ces exemplaires étaient regroupés en trois grands ensembles :
spécimens déterminés de la « collection de référence », spécimens indéterminés, spécimens
(déterminés ou indéterminés) de la collection de M. le Professeur Th. Monod.
Il était donc intéressant d’essayer de réaliser un inventaire global et critique de
l’ensemble des échantillons.
Dans cette première publication, nous étudions les Cymothoadiens de la tribu des
Ceratothoinae sensu Schiœdte et Meinert, 1883.
Tous les spécimens de la collection appartenant à cette tribu ont été examinés ; une
étude critique des déterminations existantes a été effectuée ; les exemplaires non encore
déterminés l’ont été. Pour toutes les espèces représentées, des recherches bibliographiques
nous permettent également d’indiquer les caractéristiques actuellement connues de leur
écologie et de leur distribution géographique.
A la suite de cette étude, et pour essayer de faciliter les recherches ultérieures, tous
les tubes ont été pourvus d’une étiquette sur laquelle on pourra trouver :
* Groupe d’Écophysiologie, Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, Université des Sciences et Techni¬
ques du Languedoc, 34000 Montpellier.
1232
JEAN-PAUL TRILLES
— un numéro d’ordre par échantillon ou par groupe d’échantillons (numéro qui corres¬
pond à celui que nous avons fait figurer dans ce travail) ;
— l’origine du ou des spécimens : CR (collection de référence), CM (collection Th. Monod),
I (indéterminés) ;
— le nom de genre et le nom d’espèce avec la date de notre détermination ;
— la phase sexuelle des animaux considérés : pullus, $ (transition) et $.
De la même façon, dans notre texte, nous faisons figurer à la suite des caractéristiques
du spécimen concerné : son origine (CR, CM ou I) et les indications portées sur les étiquettes
déjà existantes.
Cette partie de la collection correspond à 82 tubes renfermant des exemplaires que
l’on peut ranger dans 15 espèces différentes. Ces dernières se répartissent inégalement entre
quatre genres : Emetha Schiœdte et Meinert, 1883, Meinertia Stebbing, 1893, Ceratothoa
Dana, 1853, Rhexanella Stebbing, 1911.
Genre EMETHA Schiœdte et Meinert, 1883
Emetha audouini (Edwards, 1840)
A l’heure actuelle, Emetha audouini est la seule espèce connue du genre Emetha.
Pour la synonymie de cette espèce et les diverses mentions dont elle a été l’objet nous renvoyons
à notre travail sur les Ceratothoinae des côtes françaises (Trilles, 1972).
Répartition géographique
Ce Cymothoadien a été observé et signalé de nombreuses fois en Méditerranée (Edwards,
1840 ; IIope, 1851 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ; Gourret, 1891 ; Ger-
staecker, 1901 ; Dudich, 1931 ; de Scalzi, 1941 ; Montalenti, 1941 et 1948 ; Amar,
1951 ; Euzet et Trilles, 1961 ; Trilles, 1962, 1964 et 1968 ; Quintard-Dorques, 1966 ;
Berner, 1969).
Il est présent également dans l’Adriatique (Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ;
Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ; Bovallius, 1885 ; Gerstaecker, 1901).
Habitat parasitaire
Il semble qu’ Emetha audouini parasite essentiellement les Maenidae (Schiœdte et
Meinert, 1883 ; de Scalzi, 1941 ; Montalenti, 1941 et 1948 ; Amar, 1951 ; Quintard-
Dorques, 1966 ; Trilles, 1968) ou les Sparidae (Gourret, 1891 ; Montalenti, 1948 ;
Amar, 1951).
Liste des spécimens
N° 1 : 1 Ç ovigère, L.T. 16 mm (l’exemplaire est un peu replié sur lui-même). (CR) —
Cymothoa audouinii Edw., Méditerranée, type.
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1233
N° 2 : 1 Ç non ovigère, L.T. 15 mm. (CR) — Cymothoa audouinii, Méditerranée, Milne
Edwards.
N° 3 : 1 Ç non ovigère, L.T. 13 mm. (I) — Algérie, A. Théry, 1904.
N° 4 : 1 Ç ovigère, L.T. 9 mm. (CM) - — Meinertia oestroides , Monaco, octobre 1922. Coll.
Th. Monod n° 46.
Dans le même tube se trouvent de nombreux autres échantillons de Cymothoadiens : 3 Ç de
Meinertia oestroides, 2 (J de Meinertia oestroides, 3 Ç de Meinertia parallela, 1 £ de Meinertia paral-
lela et 1 de Mothocya epimerica.
Remarques
Il est possible que le spécimen n° 1 soit le type de la Cymothoé d’AuDoura de Edwards,
mais pour pouvoir l’affirmer avec plus de certitude il faudrait le mesurer avec plus de pré¬
cision, ce qui est actuellement impossible. En effet, Edwards (1840) indique bien : « Habite
la Méditerranée », mais également « longueur environ 10 lignes », ce qui correspond à une
taille plus importante (22,5 mm environ) que celle que nous indiquons (16 mm). Il n’est
pas impossible que cette différence de taille soit attribuable, en partie au moins, à l’état
un peu replié de l’échantillon.
En ce qui concerne le spécimen n° 2, nous pouvons par contre affirmer qu’il ne s’agit
pas du type de l’espèce.
Genre MEINERTIA Stebbing, 1893
Meinertia oestroides (Risso, 1826)
Cette espèce a été signalée de très nombreuses fois et nous renvoyons également à notre tra¬
vail sur les Ceratothoinae français pour l’importante synonymie correspondante et le détail des
diverses mentions dont elle a été l’objet.
Répartition géographique
L’espèce a été décrite pour la première fois de Nice et des Alpes-maritimes par Risso
(1826).
Par la suite, elle a été signalée :
— en Méditerranée (Edwards, 1840 ; White, 1847 ; Lucas, 1849 ; Hope, 1851 ; Barcelô
y Combis, 1875 ; Taschenberg, 1879 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ;
Odôn de Buen, 1887 ; Barrois, 1888 ; Monticelli, 1890 ; Gourret, 1891 ; Ger-
staecker, 1901 ; Nierstrasz, 1915 ; Odôn de Buen, 1916 ; Gibert i Olivé, 1919 ;
Monod, 1923a, b, c ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Houdemer, 1951 ; Bal-
cells, 1953 ; Euzet et Trilles, 1961 ; Trilles, 1962, 1964 et 1968 ; Quintard-
Dorques, 1966 ; Berner, 1969 ; Roman, 1970 ; Trilles et Raibaut, 1971) ;
— dans l’Adriatique (Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Carus, 1885 ; Ger-
staecker, 1901 ; Dudich, 1931) ;
1234
JEAN-PAUL TRILLES
•— dans l’Atlantique (Barrois, 1887 ; Bonnier, 1887 ; Barrois, 1888 ;
Koelbel, 1892 ; Dollfus, 1922 ; Monod, 1923 ; Monod, 1923, 1924 ;
Bolivar, 1892 ;
Trilles, 1968).
Habitat parasitaire
L’espèce Meinertia oestroides parasite préférentiellement des Sparidae (Schiœdte et
Meinert, 1883 ; Barrois, 1887 ; Taschenberg, 1879 ; Monod, 1923 ; Montalenti, 1948 ;
Amar, 1951 ; Balcells, 1953 ; Trilles, 1968 ; Berner, 1969 ; Roman, 1970 ; Trilles
et Raibaut, 1971) ou des Maenidae (Gourret, 1891 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ;
Balcells, 1953 ; Trilles, 1962 ; Quintard-Dorques, 1966 ; Berner, 1969 ; Trilles,
1968 ; Roman, 1970).
Mais on peut la rencontrer également sur diverses autres espèces de poissons (Lucas,
1849 ; Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Bonnier, 1887 ; Koelbel, 1892 ;
Gibert i Olive, 1919-1920 ; Dollfus, 1922 ; Balcells, 1953 : Trilles, 1962 ; Berner,
1969 ; Roman, 1970 ; Trilles et Raibaut, 1971).
Liste des spécimens
N° 5 : 2 $ ovigères, L.T. 20 mm chacune. (CR) —- Ceratothoa oestroides Risso, Nice.
N° 6 : 2 $ ovigères, L.T. 20 et 22 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Risso, type, Médi¬
terranée.
Dans le même tube se trouve une $ non ovigère de Meinertia parallela (Otto).
N° 7 : 1 $ ovigère, L.T. 21 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Edw., Nice, M. Edwards.
Dans le même tube existe un échantillon ? non ovigère de Meinertia parella, L. T. 19 mm.
N° 8 : 1 Ç ovigère, L.T. 15 mm et 1 $ non ovigère, L.T. 21 mm. (CR) — Ceratothoa oes¬
troides Risso, Italie, Coste.
N° 9:1$ ovigère, L.T. 13 mm. (CR) — Ceratothoa oestroides Risso.
N° 10 : 3 $ ovigères, L.T. 28, 22 et 12,5 mm. 2 $ non ovigères, L.T. 22 et 13 mm. (I) —
Ile du Cap Vert, de Cessac, 1900, St Antonio, Poisson, Dobruda, dans la bouche
d’un poisson.
N° 11 : 3 $ dont 2 ovigères, L.T. 19 et 20,5 mm et 1 non ovigère, L.T. 18 mm. (I) —- Cimo-
thoa, Banks, 1852.
Dans le même tube se trouvent : 2 Ç de Meinertia parallela, 1 $ de Cymothoa indéterminé
pour l’instant, 1 (J d 'Anilocra physodes et 1 spécimen disséqué, indéterminable avec précision
(mais il s’agit probablement d’une Ç d ’Anilocra physodes).
N° 12 : 1 $ ovigère, L.T. 18 mm. (I) — Carry, Vayssière, 1907.
Dans le même tube, nous avons reconnu l’existence : de 2 Ç de Nerocila bivittata, de 2 Ç de
Meinertia parallela, d’un stade de transition de Meinertia parallela, d’un Amphipode et de 2 Isopodes
libres indéterminés.
N° 13 : 1 $ non ovigère, L.T. 28 mm. (I) -— Guéthary, Chevreux, 1908, sur un Gade.
N° 14 : 1 Ç ovigère, L.T. 24 mm. (I) -— Guadeloupe, Serville.
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1235
N° 15:1$ non ovigère, L.T. 17 mm. (I) — Algérie, golfe de Philippeville, A. Théry,
1904.
N° 16 : 1 Ç ovigère, L.T. 12 mm. (I) — Cymothoa, Italie, M. Coste.
Dans le même tube se trouvent 3 Ç ovigères de Meinertia parallela et 1 de la même espèce.
N° 17 : 1 $ ovigère, L.T. 12 mm. (CM) — 23-vu-23, Codonophilus oestroides (Risso),
Monod dét., Maroc, ds la bouche de... Coll. Th. Monod n° 694.
N° 18 : 1 Ç non ovigère, L.T. 15 mm. (CM) — Bouche Sargus annularis , Adiem, 23-
ix-30. Coll. Th. Monod n° 683.
N° 19 : 1 $ ovigère, L.T. 12,5 mm. (CM) — loc. ? Coll. Th. Monod n° 107.
Dans le même tube se trouvent 1 g de Nerocilia et 1 Isopode Eurydicidae.
N° 20 : 1 $ qui a déjà émis ses pulli, L.T. 24 mm. 1 <$, L.T. 11 mm ; de nombreux pulli IL
(CM) — Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 48.
N° 21 : 1 Ç ovigère, L.T. 29 mm ; 1 L.T. 8 mm ; quelques pulli IL (CM) — Meinertia
oestroides, Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 49.
N° 22 : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm ; 1 L.T. 13 mm. (CM) — Lagune de Moulaybou Selham,
Maroc, V. Besnard, 1930. Coll. Th. Monod n° 56.
En plus des échantillons que nous venons de passer en revue, nous rappelons que dans
le tube n° 4 se trouvent quelques exemplaires de l’espèce Meinertia oestroides parmi d’autres
échantillons appartenant aux espèces Emetha audouini, Meinertia parallela et Mothocya
epimerica.
N° 4 : 2 $ jeune, L.T. 20 et 18 mm : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm ; 2 L.T. 10 et 9,5 mm.
(CM) — Meinertia oestroides, Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 46.
Remarques
Parmi les spécimens n° 5 et n° 6 se trouve certainement le type de l’espèce décrite par
Risso de Nice et des Alpes-maritimes. En effet, l’auteur indique dans son texte : « La femelle
est un peu plus grosse, long. 0,020 ».
En ce qui concerne l’échantillon n° 7 récolté à Nice par Edwards, on peut remarquer
que sa taille ne correspond pas à la longueur qu’indique l’auteur dans son « Histoire
Naturelle des Crustacés » (1840) pour l’espèce Cymothoé oestroïde : « longueur, environ
1 pouce ».
On peut d’autre part observer que les échantillons n° 10 et n° 14 étendent l’aire de
répartition de l’espèce :
— aux côtes atlantiques américaines (mer des Antilles — Guadeloupe) (n° 14) ;
— plus au sud au niveau des côtes atlantiques d’Afrique (Monod, 1923 : « Cette espèce
se rencontre... au moins jusqu’au Cap Blanc ») puisque les échantillons n° 10 ont été récol¬
tés au niveau des îles du Cap Vert.
1236
JEAN-PAUL TRILLES
Meinertia parallela (Otto, 1828)
Comme pour les deux espèces précédentes, pour la synonymie concernant l’espèce Meinertia
parallela nous renvoyons à notre travail déjà cité.
Répartition géographique
L’espèce Meinertia parallela a été décrite pour la première fois de la Méditerranée
(« Nizza ») par Otto (1828).
A l’heure actuelle, elle est connue :
— de la Méditerranée (Edwards, 1840; Lucas, 1849; IIope, 1851; Schicbdte et Mei-
nert, 1883 ; Carus, 1885 ; Gourret, 1891 ; Gerstaecker, 1901 ; Gibert i Olive,
1919-1920 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Szidat, 1955 et 1956 ; Euzet et
Trilles, 1961; Trilles, 1964 et 1968; Berner, 1969);
— de l’Adriatique (Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Schiœdte et Meinert,
1883 ; Carus, 1885 ; Gerstaecker, 1901);
— de l’Atlantique (Schiœdte et Meinert, 1883 ; Koelbel, 1892 ; Bolivar, 1892 ;
Trilles, 1968).
Habitat parasitaire
L’espèce Meinertia parallela a été récoltée sur divers poissons (Edwards, 1840 ; Sta¬
lio, 1877) et en particulier, sur « Esocis Belonis » (Schiœdte et Meinert, 1883), des Mul-
lus (Gibert i Olive, 1919-1920), des Gades (Amar, 1951) et des Merlus (Belloc, 1929;
Szidat, 1955).
Mais ce Cymothoadien paraît surtout parasiter des Sparidae (Otto, 1828 ; Edwards,
1840 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Schicbdte et Meinert, 1883 ; Koelbel, 1892 ;
Gibert i Olivé, 1919-1920 ; Montalenti, 1948 ; Euzet et Trilles, 1961 ; Trilles, 1964
et 1968 ; Berner, 1969) et des Maenidae (Gourret, 1891 ; Gibert i Oi.ivé, 1919-1920 ;
Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Berner, 1969).
Liste des spécimens
N° 23 : 1 Ç ovigère, L.T. 15 mm ; 1 Ç non ovigère, L.T. 12 mm. (CR) — Ceratothoa paral¬
lela, Italie, Coste.
N° 24 : 1 $ non ovigère, L.T. 19 mm. (CR) — Ceratothoa parallela, Oran, Bravais.
N° 25 : 2 $ ovigères, L.T. 26 et 25 mm. 1 $ non ovigère, L.T. 26 mm. (I).
N° 26 : 4 Ç ovigères, L.T. 13, 12, 12 et 11 mm ; 1 $ non ovigère, L.T. 11 mm ; 1 stade
de transition, L.T. 9 mm ; 3 $ jeunes, L.T. 6, 5,5 et 4,5 mm. (I) — Port d’Alger,
G. Seurat, 1907.
Avec ces spécimens se trouve une Ç jeune d 'Anilocra frontalis non ovigère.
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1237
N° 27 : 1 $ ovigère, L.T. 17,5 mm. (CM) — Baléares, A. Gruvel coll. Coll. Th. Monod
n° 117.
Dans le même tube existe une $ ovigère de Meinertia steindachneri.
A côté de ces spécimens, la collection du Muséum comprend d’autres échantillons
que nous avons déjà signalés, car ils sont regroupés avec des représentants d’autres espèces
et en particulier Emetha audouini et Meinertia oestroides. Rappelons-les :
N° 4:2? ovigères, L.T. 16 et 15 mm ; 1 Ç non ovigère, L.T. 15 mm ; 1 L.T. 10 mm.
(CM) — Meinertia oestroides, Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 46.
N° 6 : 1 $ ovigère, L.T. 20 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Risso, type, Méditerranée.
N° 7 : 1 $ non ovigère, L.T. 19 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Edw., Nice,
M. Edwards.
N° 11 : 1 $ ovigère, L.T. 18 mm ; 1 $ non ovigère, L.T. 15 mm. (I) —- Cimothoa, Banks,
1852.
N° 12 : 2 Ç ovigères, L.T. 19 et 15 mm ; 1 stade de transition, L.T. 12 mm. (I) — Carry,
Vayssière, 1907.
N° 16 : 3 $ ovigères, L.T. 14, 14 et 13 mm; 1 $, L.T. 8 mm. (I) —- Cymothoa, Italie,
M. Coste.
Remarques
Le spécimen n° 7 (L.T. 19 mm) ne correspond certainement pas à celui qu’EDWARDS
décrit dans son texte. L’auteur indique en effet : <c longueur environ 15 lignes ».
En ce qui concerne l’échantillon n° 24, il s’agit de celui qu’ont observé Schicedte et
Meinert en provenance du Muséum de Paris et que les auteurs signalent page 335 (« Oran
[Bravais, Mus. Paris — Specim. typ.] »).
Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878)
Pour la synonymie de cette espèce très typique, qui fait partie de la faune de France, et les
diverses mentions dont elle a été l’objet, on pourra consulter notre travail déjà cité.
Répartition géographique
Meinertia steindachneri a été décrite et signalée pour la première fois de l’Atlantique
par Koelbel (1878).
Par la suite, son existence océanique a été confirmée (Schicedte et Meinert, 1883 ;
Carus, 1885), mais elle a été également signalée en Méditerranée (Schicedte et Meinert,
1883 ; Carus, 1885 ; Trilles, 1968 ; Trilles et Raibaut, 1971).
91 , 4
1238
JEAN-PAUL TRILLES
Habitat parasitaire
Ce Cymothoadien a été jusqu’à présent signalé sur « Pagri vulgaris C et V » (Koel-
bel, 1878 ; Schiœdte et Meinert, 1883), sur Scorpaenae cabrillae (Sciiiœdte et Meinert,
1883) et sur des Sargues (Trilles, 1968 ; Trilles et Raibaut, 1971).
Liste des spécimens
N° 28 : 1 Ç ovigère, L.T. 25 mm. (I) — La Rochelle.
N° 29 : 1 $ ovigères, L.T. 23 mm ; 1 L.T. 10 mm. (CM) —• Codonophilus steindachneri
(Koelbel), n° 6, Agay, 29-IV-1925, dans la gueule d’un petit Serranus hepatus,
Agay (Var). Coll. Th. Monod n° 104.
N° 30 : 2 $ ovigères, L.T. 18 mm chacune. (CM) — Codonophilus steindachneri (Koel¬
bel), Agay, 6-H-25, AI. steindachneri, dans la gueule de serran ( Serranus hepatus
L.) ; vivants étaient blanc ivoire. Coll. Th. Monod, n° 675.
N° 31 : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm ; 1 Ç non ovigère, L.T. 18 mm ; 2 (J, L.T. 8 et 9,5 mm ;
nombreux pulli IL (CM) -— Codonophilus steindachneri (Koelbel), Agay (Var),
lO-u-25, F. Barqui coll., sur Serranus hepatus. Coll. Th. Monod n° 68.
N° 32 : 1 Ç ovigère, L.T. 21 mm. (CM) — Agay (Var), F. Barqui coll., Meinertia steinda¬
chneri (Koelbel). Coll. Th. Monod n° 68.
N° 33 : 1 (J, L.T. 7 mm. (CM) — Sur Serranus scriba, Agay (Var), 5-U-1925, F. Barqui
coll. Coll. Th. Monod n° 76.
En plus de ces divers spécimens, nous avons déjà signalé la présence d'un exemplaire $
de l’espèce dans un tube contenant également un représentant de l’espèce Meinertia paral-
lela :
N° 27 : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm. (CM) — Baléares, A. Gruvel coll. Coll. Th. Monod n° 117.
Remarques
Les échantillons de la collection du Muséum de Paris permettent de confirmer à nou¬
veau l’existence de l’espèce en Méditerranée et dans l’Atlantique.
Les exemplaires méditerranéens provenant de Agay (Var) ont tous été récoltés (du
moins ceux dont le poisson hôte est précisé) sur des Serranus et dans la majorité des cas
sur Serranus hepatus L. Ceci permet de penser que l’espèce Meinertia steindachneri est assez
fréquente sur ces poissons, tout au moins à certains niveaux des côtes méditerranéennes.
L’origine parasitaire de ces exemplaires paraît ainsi confirmer l'un des habitats précisés
par Schiœdte et Meinert (1883) : « sur Scorpaenae cabrillae » (un serran probablement).
Meinertia italica (Schiœdte et Meinert, 1883)
Comme les espèces précédentes, Meinertia italica est en particulier une espèce de la faune
française des Cymothoidae ; nous l’avons récoltée (Trilles, 1968) en Méditerranée. Pour la syno¬
nymie correspondante et les rares mentions dont elle a été l’objet, on pourra également se référer
à notre travail précité.
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1239
Répartition géographique
Cette espèce a été décrite par Schiœdte et Meinert en 1883 ; le matériel examiné
par les auteurs comprenait une femelle ovigère et des individus au stade pullus secundus.
Ils provenaient de Fiume (Adriatique).
Par la suite, Meinertia italica n’a été signalée qu’en de rares occasions ; dans l’Adria¬
tique (Carus, 1885), dans l’Atlantique (cap Blanc, Monod, 1924), en Méditerranée
(Montalenti, 1948; Trilles, 1964 et 1968).
Habitat parasitaire
Les rares indications (Montalenti, 1948 ; Trilles, 1964 et 1968) que nous possédions
jusqu’à présent sur l’habitat parasitaire de cette espèce, semblent montrer qu’elle est
inféodée aux Téléostéens Sparidae, plus précisément du genre Pagellus (Pagellus mormyrus
et Pagellus erythrinus).
Liste des spécimens
N° 34 : 1 $ non ovigère, L.T. 18 mm. (I) — Tunisie, Chevreux, 1908, île de la Galite
(Tunisie), sur un Oblade ( Oblada melanura ), 16 juillet 1901 (Ed. Chevr.).
N° 35 : 1 $ ovigère, L.T. 32 mm. (CM) ■—- Agay (Var), 27 juin, Mustèle : poissonnerie.
Agay n° 1, F. Barqui coll. Coll. Th. Monod n° 95.
N° 36 : 1 (J âgé, L.T. 21 mm. (CM) — Mauritanie, Afrique occ., Cantharus lineatus, bucca,
4 e croisière Boula, août 1923. Meinertia italica (Sch. et M.) Coll. Th. Monod
n° 84.
N° 37 : 1 çj âgé, L.T. 20 mm et 1 $ très jeune, L.T. 5 mm. (CM) — Meinertia italica ?
Port Étienne, Mauritanie (A.O.F.) ; Codonophilus italiens ? Coll. Th. Monod
n° 53.
N° 38 : 1 çj, L,T. 16 mm. (CM) — Mission A. Gruvel, Maroc occidental, juin 1922,
bouche Sargus à bandes noires ; Codonophilus italicus (Sch. M.), Monod dét.
Coll. Th. Monod n° 109.
N° 39 : 1 Ç ovigère, L.T. 34 mm ; 1 L.T. 21 mm. (CM) -— Mauritanie (A.O.F.), Codo¬
nophilus italicus (Sch. et M.), H. F. Nierstrasz dét., Port Étienne, cav. bue.
poisson n° 30 ; Meinertia italica ? Coll. Th. Monod n° 88.
Remarques
Les spécimens de la collection confirment l’existence de ce Cymothoadien dans la Médi¬
terranée et l’Atlantique. Ils montrent également que cet Isopode n’est pas strictement
1240
JEAN-PAUL TRILLES
et uniquement parasite des Sparidae du genre Pagellus ; on peut le rencontrer en effet
sur des Oblades, des Canthares et des Sargues.
Comme pour l’espèce Meinertia oestroides, les individus en phase mâle de Meinertia
italica ne possèdent pas d’appendix masculina sur les pléopodes de la deuxième paire. Ce
caractère (absence ou présence d’appendix masculina) ne peut donc pas être considéré
(contrairement à l’opinion de H. F. Nierstrasz, in Monod [1924 : 434]) comme caractère
distinctif entre les deux espèces. Ces deux Cymothoadiens sont cependant bien différents
et ne peuvent pas être confondus (Cf. Trilles, 1968).
En ce qui concerne plus particulièrement les spécimens n° 39, nous devons remarquer
que l’individu en phase femelle diffère légèrement des exemplaires correspondants que
nous avons récoltés en Méditerranée :
■— les bords latéro-antérieurs du premier péréionite sont plus élargis (de part et d’autre
du céphalon) ;
-— la largeur relative du pléotelson est également plus importante.
Par certains caractères, le spécimen présente une morphologie intermédiaire entre
celles de Meinertia trigonocephala et de Meinertia gaudichaudii.
Meinertia collaris (Schiœdte et Meinert, 1883)
(PI. I, 1, 2)
Synonymie et mentions successives
1883. Ceratothoa collaris Schiœdte et Meinert : 366-368, tab. XVI (Cym. XXIII) (fig. 8-9).
1885. Ceratothoa collaris, Carus : 443.
1924a. Meinertia collaris, Meinertia collaris forma africana, Meinertia collaris forma globuligera,
Monod : 31-34.
19246. Meinertia collaris, Meinertia collaris africana, Meinertia collaris globuligera, Monod : 430-
432.
En 1849, Lucas représente (pl. 8, fig. 4, 4a, 4b et 4c) un Cymothoadien récolté en Algé¬
rie que l’auteur assimile à l’espèce Cymothoa oestroides. Il s’agit sans aucun doute d’un spé¬
cimen Ç de Meinertia collaris forma typica, qui se trouve d’ailleurs dans la collection (n° 41 ;
avec d’autres échantillons).
Répartition géographique
Cette espèce est connue de l’Algérie (Lucas, 1849 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ;
Carus, 1885 ; Monod, 1924), du Maroc et des côtes du Sahara mauritanien (Monod, 1924a
et 19246).
D’après Monod (19246), la forme africana est excessivement commune à Port-Étienne ;
la forme globuligera est infiniment plus rare. D’ailleurs Monod (1924a) précise également :
« la découverte, en grande abondance, de cette espèce sur la côte occidentale d’Afrique,
prouve que c’est là son habitat normal et que sa présence en Méditerranée est exception¬
nelle ».
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1241
Habitat parasitaire
Les seules indications précises que nous possédons sont celles de Monod :
1924» — « Pharynx de Pagellus erythrinus (L.) ».
— « Dans la bouche de Dentex filosus. Webb ».
19246 —• « La forme africana... : on la trouve uniquement dans la bouche des jeunes
Dentex filosus Webb. La femelle est toujours attachée à la langue du poisson, sa tête
tournée vers la bouche du poisson ; le mâle, beaucoup plus petit, se rencontre derrière
la femelle ou à côté d’elle ».
• — « Meinertia collaris globuligera , Monod... se rencontre dans des conditions iden¬
tiques ».
Liste des spécimens
N° 40 : 1 $ ovigère, L.T. 38 mm. (CR) — Ceratothoa collaris Sch. et M., Algérie, Lucas.
Il s’agit du type de l’espèce décrite par Schiœdte et Meinert (1883).
N° 41 : 1 Ç ovigère, L.T. 40 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Risso, Alger, Lucas.
Ce spécimen est très certainement celui qui a été représenté par Lucas (1849) sous le nom spé¬
cifique de Cymothoa oestroides. Dans le même tube se trouvent de nombreux autres échantillons,
plus petits et appartenant aux deux espèces : Meinertia oxyrrynchaena et Lironeca sinuata.
N° 42 : 1 $ ovigère, L.T. 35 mm. (CR) •—■ Meinertia collaris Sch. et M. f. africana. Port-
Étienne, 1929, sur Dentex filosus, entrée n° 5,1925, don de M. le Professeur Gruvel.
N° 43 : 1 $ ovigère, L.T. 29 mm. (I) —• ? Lucas, Cymothoa.
N° 44 : 1 $ non ovigère, L.T. 40 mm. (I) —- Golfe d’Oran, P. Pallary, 1900, Drag. de
14 à 30 m.
N° 45 : 1 Ç ovigère, L.T. 35 mm ; 1 L.T. 14 mm (formes africana). (CM) — Dans la
bouche (l’obstruant complètement) d’un Pagellus acarne Risso. Au large de Safi
(Maroc), 17-X-1932, W. Besnard. Coll. Th. Monod, n° 1042.
N° 46 : 1 $ ovigère, L.T. 28 mm. 1 2 non ovigère, L.T. 30 mm. (CM) — Codonophilus
collaris (Sch. M.), Port Étienne, Mauritanie. Coll. Th. Monod n° 89.
N° 47 : 1 $ ovigère, L.T. 32 mm ; 1 (J, L.T. 14 mm. (CM) — Maroc, bouche de Sparidé n° 4,
18-VHI-1925, Codonophilus collaris (Sch. M.) f. typica, Monod dét. Coll. Th. Monod
n° 122.
Remarques
Tous les spécimens de la collection sont typiques et permettent de confirmer l’exis¬
tence de ce Cymothoadien en Méditerranée (Algérie) et le long des côtes atlantiques du Maroc
et du Sahara mauritanien.
Pour les caractéristiques morphologiques de l’espèce et de ses différentes formes,
nous renvoyons au travail de Monod (1924a).
1242
JEAN-PAUL TRILLES
Meinertia gaudichaudii (Edwards, 1840)
(PL I, 3, 4)
Synonymie et mentions successives
1840. Cymothoa Gaudichaudii (Cymothoé de Gaudichaud) Edwards : 271-272.
1852. Cymothoa (Ceratothoa) Gaudichaudii, Dana : 203.
1868. Ceratothoa rapax, Heller : 146-147, taf. XII (fig. 17).
1869-1871. Cymothoa Gaudichaudii, Cunningham : 499.
1883. Ceratothoa Gaudichaudii, Schiœdte et Meinert : 335-340, tab. XIII (Cym. XX) fig. 11-15,
tab. XIV (Cym. XXI) fig. 1-5.
1899. Meinertia Gaudichaudii, Richardson : 829.
1900. Meinertia Gaudichaudii, Stebbing : 643.
1901. Meinertia Gaudichaudii, Richardson : 568.
1901. Cymothoa Gaudichaudi, Gerstraecker : 264.
1905. Meinertia Gaudichaudii, Richardson : 237-239.
1910. Meinertia Gaudichaudii, Richardson : 79-81.
1924. Meinertia Gaudichaudii, Van Name : 183-184.
1931. Codonophïlus Gaudichaudi, Nierstrasz : 131.
1962. Meinertia Gaudichaudi, Menzies : 4.
1965. Meinertia Gaudichaudi, Szidat : 84.
1966. Meinertia Gaudichaudii, Szidat : 5
Répartition géographique
L’analyse de la littérature concernant cette espèce nous a permis de relever de nom¬
breuses indications sur sa répartition. Ainsi ce Cymothoadien a été successivement signalé de :
Coquimbo (Edwards, 1840)... Chili (Heller, 1868).
« Bay of Coquimbo. August 1868 » (Cunningham, 1869-1871).
« Mare Pacificum, oras Americae meridionalis... Coquimbo... oras Chilenses... Callao... oras
Peruvianas... ad Mazatlan... ad insulas Chinchenses... » (Schiœdte et Meinert,
1883).
Mazatlan (Richardson, 1899). South West Pacific (Stebbing, 1900).
« Black Bight, Albemarle Island, Galapagos Islands ; 200 miles north of Wenman Island,
Galapagos Islands » (Richardson, 1901).
« Mazatlan ; Pacific Océan following the shores of Central America : Coquimbo ; Shores
of Chili ; Callao ; Peruvian shores ; Chinchenses Islands ; Black Bight, Albemarle
Island, Galapagos Islands ; 200 miles north of Wenman Island, Galapagos Islands ;
Panaieti Louisiade Archipelago, New Guinea » (Richardson, 1905).
« Mollendo, Peru. » (Richardson, 1910) ; Galapagos, « Conway Bay, Indefatigable Island »
(Van Name, 1924).
« Neu-Guinea ; Louisiaden-Archipel ; Galapagos-Inseln : Mazatlan ; Westküste siid — und
Central Amerika’s » (Nierstrasz, 1931).
Chili (Menzies, 1962) (Szidat, 1965) ; Valparaiso-Chili (Szidat, 1966).
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1243
I] semble donc que l’on puisse considérer que la zone d’extension de ce Cymothoa-
dien est strictement circonscrite à la bordure est du Pacifique (en particulier le long des
côtes de l’Amérique du Sud).
Habitat parasitaire
Les seules indications assez précises que nous possédions sont celles de :
Stebbing (1900) : « Parasites from floor of mouth of Tetrodon Panaieti ».
Richardson (1905) : « Mouth of Thunnus sp. » ; Richardson (1910) : « from the mouth
of a large “ Jurel ».
Van Name (1924) : « Parasitic in mouth of fïsh of the genus Thunnus and allies » et « atta-
ched just behind the gills of... Trichonotus paloma ».
Szidat (1965) : « parasita la cavidad bucal del surel ( Trachurus sp.)... »
Szidat (1966) : principalement dans la cavité buccale de Trachinotus symmetricus.
On peut remarquer que cette espèce a été surtout signalée sur des poissons « bons
nageurs » (Thon, Chinchard, Maquereau en particulier).
Liste des spécimens
N° 48
N° 49
N° 50
N° 51
N° 52
N° 53
Spécimen très abîmé, pratiquement détruit. Absolument indéterminable à l’heure
actuelle. (CR) — Ceratothoa Gaudichaudii M. Edw., Coquimbo, Gaudichaud.
1 cJ, L.T. 19 mm. (CR) —• Cymothoa Gaudichaudii Edw., type, Coquimbo,
Gaudichaud.
1 $ ovigère, L.T. 38 mm. (CR) — Meinertia Gaudichaudii, Valparaiso (Chili),
Prof. C. S. Porter, 1910.
1 $ ovigère, L.T. 33 mm. (CR) —- Ceratothoa Gaudichaudii M. Edw., ?
1 Ç ovigère sectionnée, non mesurable ; 1 çj, L.T. 16 mm. (I) —■ Chira et Couchan
(Pérou), M. Dourgeanni leg., 1949, dans « le ventre d’un Bonito ».
3 $ ovigères, L.T. 42, 40 et 35 mm. (I) — - Chili, Gay.
Remarques
L’espèce a été décrite en 1840 par Edwards à partir d’un spécimen « trouvé à Coquimbo
par M. Gaudichaud ». L’auteur, en ce qui concerne la taille de l’animal, précise : « longueur,
environ 2 pouces ». Bien que l’échantillon n° 48, très abîmé, soit à l’heure actuelle impos¬
sible à mesurer, il semble qu’il s’agisse bien du type de l’espèce que Schiœdte et Meinert
ont signalé du Muséum de Paris (« Gaudichaud, Mus. Paris. — Specim. type cel. Milne
Edwardsii »).
Par contre, étant donné la petite taille (19 mm) et le sexe de l’échantillon n° 49, on
peut considérer qu’il ne s’agit absolument pas du type, comme il est indiqué sur une éti¬
quette préexistante. Mais il s’agit peut-être effectivement d’un individu en phase mâle
qui accompagnait le spécimen femelle qui a servi pour créer l’espèce.
1244
JEAN-PAUL TRILLES
Nous pouvons noter enfin que nous n’avons pas retrouvé jusqu’à présent le ou les
échantillons signalés par Schiœdte et Meinert (1883) : « Dubois, Mus. Paris ».
Meinertia carinata (Bianconi, 1869)
(PI. I, 5, 6, 7)
Synonymie et mentions successives
1869. Cymothoa carinata Bianconi : 210-211, pl. II (fig. 2a-2b).
1879. Cymothoa (Ceratothoa) carinata , Hilgendorf : 846.
1883. Ceratothoa carinata, Schiœdte et Meinert : 327-329, pl. XIII (Cym. XX) fig. 1-2.
1901. Cymothoa carinata, Gerstaecker : 258.
1902. Meinertia carinata, Lanchester : 378.
1909. Meinertia carinata, Stebbing : 103-104.
1931. Codonophilus carinatus, Nierstrasz : 132.
Récemment, nous avons reconnu l’existence de Meinertia carinata en Nouvelle-Calé¬
donie (Trilles, sous presse).
Répartition géographique
Cette espèce, apparemment assez rare, se rencontre dans l’océan Indien (Mozam¬
bique : Bianconi, 1869 ; Mozambique — Inhambane : Hilgendorf, 1879 ; Great Redangs,
Malay Peninsula : Lanchester, 1902 ; Seychelles : Stebbing, 1909) et dans l’océan Paci¬
fique (près de Nouméa : Trilles, loc. cil.).
Habitat parasitaire
Aucun des auteurs précédents n’ayant précisé la nature du poisson hôte, la seule indi¬
cation que nous possédions est celle qui correspond au spécimen de Nouméa : parasite d’un
Lutjanus amabilis de Vis.
Liste des spécimens
N° 54 : 4 çj (ou stade de transition), L.T. 12, 11, 10,5 et 10 mm. (CR) — Ceratothoa cari¬
nata Bianc., Mozambique.
N° 55 : 1 Ç dont le céphalon est absent (par conséquent non mesurable). (I) — Mské (?)
Seychelles, M. de l’Isle, 1876, Cymothoa.
N° 56 : 1 $ non ovigère jeune, L.T. 15 mm. (I) — Cymothoa ?
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1245
Remarques
Malgré l’absence du céphalon, le spécimen n° 55 est encore déterminable avec pré¬
cision. Il est conforme à l’échantillon que nous avons examiné de Nouméa et par consé¬
quent (cf. Trilles, sous presse) à la description illustrée de Bianconi (1869). C’est d’ail¬
leurs l’exemplaire de Nouvelle-Calédonie que nous reproduisons également ici (n° 82).
En ce qui concerne les spécimens n° 54, on peut remarquer que leur taille est très
réduite par rapport aux indications données par Bianconi : « Longitudo 0 m 038 — Lati-
tudo maxima 0 m 014 ». Cette différence est apparemment normale si on considère que
Bianconi a décrit la phase femelle du parasite alors que les spécimens de la collection
sont certainement des mâles ou des « intermédiaires » (il est très difficile de le définir avec
précision, s’agissant d’échantillons secs). Leur homologation à Meinertia carinata nous
semble toutefois certaine. D’autre part, on peut noter qu’il s’agit des parasites signalés
en particulier par Schiœdte et Meinert : « Quattuor virgines juniores... in Museo Pari-
siensi asservantur ».
Meinertia trigonocephala (Leach, 1818)
(PI. I, 8, 9)
Synonymie et mentions successives
1818. Cymothoa à tête triangulaire ( Cymothoa trigonocephala ) Leach : 353.
1825. Cymothoé à tête triangulaire ; Cymothoa trigonocephala, Desmaret : 309.
(non) 1835. Cymothoé à tête triangulaire Edwards, pl. 14 (fig. 1-5) b
1840. Cymothoé trigonocéphale. C. trigonocephala, Edwards : 272-273.
1847. Cymothoa trigonocephala, White : 110.
1850. Cymothoa trigonocephala, de Haan : 227, tab. L (fig. 7a-b).
1868. Ceratothoa trigonocephala, Heller : 148.
1879. Ceratothoa trigonocephala, Thomson : 233.
1882. Ceratothoa trigonocephala, Haswell : 282.
1883. Ceratothoa trigonocephala, Schiœdte et Meinert : 358-364, tab. XVI (Cym. XXIII) (fig. 1-7).
1885. Ceratothoa trigonocephala, Haswell : 1001.
1885. Ceratothoa Huttoni Filhol : 37-39.
1885. Ceratothoa novae zelandiae Filhol : 39-40.
1885. Ceratothoa trigonocephala, Filhol : 53.
1901. Cymothoa trigonocephala, Gerstaecker : 261 et 263.
1904. Meinertia huttoni Ceratothoa huttoni), Hutton : 262.
1904. Meinertia novae-zealandiae (— Ceratothoa novae-zealandiae), Hutton : 262.
1904. Meinertia trigonocephala, Richardson : 46.
1909. Meinertia trigonocephala, Richardson : 87.
1910. Meinertia trigonocephala, Thielemann : 35-36, tafel fig. 8 und 9.
1926. Codonophilus imhricatus, Haie : 223-226.
1927. Codonophilus imhricatus, Haie : 315.
1929. Codonophilus imhricatus, Haie : 263-264.
1931. Codonophilus novae-zeelandiae, Nierstrasz : 132.
1931. Codonophilus huttoni, Nierstrasz : 132.
? 1931. Codonophilus imhricatus, Monod : 23.
1. Identification erronée corrigée par Edwards lui-même en 1840, p. 273.
1246
JEAN-PAUL TRILLES
1940. Codonophilus imbricatus, Haie : 303.
? 1954. Codonophilus imbricatus, Pillai : 14.
?. Codonophilus trigonocephalus, Shiino : 82-83.
Le Cymothoadien décrit et figuré par Hale (1926 en particulier), sous le nom de Codono¬
philus imbricatus , ne correspond pas à l’espèce Meinertia imbricata (synonyme : Meinertia Banksii )
de Fabricus. Son homologation à l’espèce Meinertia trigonocephala est par contre certaine.
Répartition géographique
Dans la littérature concernant cette espèce, nous avons relevé les indications succes¬
sives suivantes :
Edwards, 1840 : « des Mers de la Chine et de la Nouvelle-Hollande ».
Write, 1847 : « Indian Océan, South Seas (Antarctic Expédition) ».
de Haan, 1850 : Japon.
Heller, 1868 : Sydney.
Thomson, 1879 : « Dunedin — Australian and Chinese Seas ».
Haswell, 1882 : « Australia — found also on the coasts of China and New Zealand ».
Schiœdte et Meinert, 1883 : « Per totum mare Indicum atque Pacificum, at praecipue
ad oras Novae-Hollandiae invenitur : ad Port Natal... ; ex itinere ad Iavam... ; ad
oras Chinenses... ; ad oras Iaponicas... ; ad oras Novae-Hollandiae... ; ad Adelaide... ;
ad Sidney... ; ad Melbourne... ; in freto Mortonis... ; alicubi... ; ad insulas Norfolk... ;
ad Novas-Hebridas... ; in freto Phocarum... »
Haswell, 1885 : Australie.
Filhol, 1885 : « Nouvelle-Zélande.
Gerstaecker, 1901 : Chine — Japon — Australie.
Richardson, 1904 : « Nagasaki, Hizen, Misaki, Sagami, Japan ».
Richardson, 1909 : « Tanegashima, Japan ».
Thielemann, 1910 : « Sagamibai ».
Hale, 1926 : « Indian Océan, Java, New Zealand, Australia and South Africa ». La der¬
nière indication « South Africa » est peut-être due au fait que l’auteur n’a pas différen¬
cié les deux espèces : Meinertia imbricata Fabricius et Meinertia trigonocephala
Leach.
Hale, 1927 : « Kangaroo Island, South Australia ».
Hale, 1929 : « South Australia ».
Monod, 1931 : « Stewart Insel ».
Hale, 1940 : « New south Wales : Shoalhaven Bight, 15-45 fathoms... South Australia :
South-east of Flinders Island, 37 fathoms and 15 miles north-west of Cape Jervis,
16 march 1909... »
Pillai, 1954 (?) : Travancore.
Shiino, ? : Japon.
On peut donc constater que ce Cymothoadien est connu de l’océan Indien (bordure
est) mais surtout du Pacifique.
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1247
Habitat parasitaire
Les seules indications que nous possédions sont celles de :
Hale, 1926 : « in the mouth or under the gill-cover of the yellow-tail ( Trachurus declivis),
schnapper ( Pagrosomus auratus ), red gurnard ( Chelidonichtkys kumu), blackfish ( Girella
tricuspidata ), trevally ( Caranx georgianus) and mullet ( Mugil ) » [id. Hale, 1929).
Pillai, 1954 (?) : « inhabits the buccal cavity of Exocoetus brachypterus ». Mais il faut remar¬
quer que l’observation de l’auteur, « this species slightly resembles C. impressa (Richard¬
son) », nous permet de douter de la validité de la détermination du parasite en ques¬
tion.
Shiino (?) : « Caranx ( longirostrum ) delicatissimus (Doderlein) ».
Cette espèce paraît donc parasiter divers poissons, mais il semble qu’elle soit assez
fréquente sur les Carangidae.
Liste des spécimens
N° 57 : 1 $ ovigère, L.T. 32 mm. (CI1) — Ceratothoa trigonocephala Leach, Baie des
Chiens marins, Freycinet.
N° 58 : 2 $ ovigères, L.T. 25 mm chacune. (CR) — Ceratothoa trigonocephala Leach, ?
N° 59 : 1 $ non ovigère, L.T. 35 mm ; 2 f y, L.T. 22 et 19,5 mm. (CR) — Ceratothoa tri¬
gonocephala Leach, Australie, Verreaux.
N° 60 : 1 $ ovigère, L.T. 28 mm. (CR) —• N elles Hébrides, Salle, 32-62, Ceratothoa
trigonocephala Leach.
N° 61 : 1 Ç non ovigère, L.T. 34 mm ; 1 L.T. 19 mm. (CR) — Cymothoa gaudichaudii
Edw., MM. Quoy et Gaimard, Nouvelle-Zélande.
N° 62 : 1 (J, L.T. 13 mm. (CR) — Ceratothoa novae-zelandiae Filhol, N elle Zélande,
Filhol, 1830, 75.
N° 63 : 1 $ ovigère, L.T. 37 mm environ. (CR) — Ceratothoa huttoni (H. Filh.), Nou¬
velle-Zélande, Dunedin Muséum d’Otago, 1829, 75.
Remarques
Les spécimens de la collection, dont certains ont déjà été mentionnés par Schiœdte
et Meinert (1883) (n os 56, 58 et 59), précisent encore l’existence de cette espèce dans l’océan
Pacifique.
L’échantillon n° 62 est sans nul doute le type de l’espèce Cerathotoa novae-zelandiae
Filhol, 1885. En effet, l’auteur précise page 40 : « elle a été, comme la précédente » (il faut
comprendre comme Ceratothoa huttoni) « recueillie à Dunedin par le Capitaine Hutton »
et « longueur... 0 m, 013 ».
Le spécimen n° 63 est assurément le type de l’espèce Ceratothoa huttoni Filhol, 1885.
En effet, d’après l’auteur, le Cymothoadien qu’il décrit a été récolté à Dunedin et mesure :
« longueur totale... 0 m, 0365 ».
1248
JEAN-PAUL TRILLES
Ces deux parasites ne sont que des représentants de Meinertia trigonocephala ; il faut
par conséquent considérer comme non valides les deux espèces Ceratothoa novae-zelandiae
Filhol et Ceratothoa huttoni Filhol, qui ne sont que des synonymes de la précédente.
Meinertia imbricata (Fabricius, 1775)
(PI. Il, 10, 11)
Miers, le premier (1884), a fait observer avec précision que les espèces Meinertia Banksii
(Leach, 1818) et Meinertia imbricata (Fabricius, 1775) sont synonymes. On peut toutefois remar¬
quer que Leach (1818) dans son travail (p. 353) avait déjà soupçonné cette homologation, sans
toutefois conserver le nom spécifique donné par Fabricius.
Par la suite (1902), c’est Stebbing qui a le mieux précisé la synonymie de l’espèce Meinertia
imbricata.
A l’heure actuelle, à notre sens, elle doit être complétée de la façon suivante :
1775. Oniscus umbricatus Fabricius : 296.
1787. Oniscus imbricatus, Fabricius : 241.
1793. Cymothoa imbricata, Fabricius : 503.
1798. Cymothoa imbricata, Fabricius : 304.
1818. Cymothoa de Banks ( Cymothoa Banksii) Leach : 353.
1825. Cymothoé de Banks : Cymothoa Banksii, Desmaret : 309.
1835. Cymothoé à tête triangulaire, Edwards, pl. 14, fig. 1-5.
1839. Cymothoé de Banks ( Cymothoa Banksii), Edwards, pl. 65, fig. 2.
1840. Cymothoé de Banks (C. Banksii), Edwards : 273-274.
1843. Cymothoa Banksii, Krauss : 66.
1847. Cymothoa Banksii, White : 110. Cymothoa approximans, White : 110 (d’après Miers, 1884).
1868. Ceratothoa Banksii, Ileller : 148.
1876. Ceratothoa banksii, Miers : 105.
1883. Ceratothoa Banksii, Schiœdte et Meinert : 340-347, tab. XIV (Cym. XXI), fig. 6-21.
1884. Ceratothoa imbricata, Miers : 300-301.
1885. Ceratothoa imbricata, Haswell : 1001 et 1003.
1886. Ceratothoa imbricata, Thomson et Chilton : 153.
1890. Ceratothoa Banksii, Hansen : 304-310, tab. X, fig. 4.
1893. Meinertia imbricata, Stebbing : 354.
1901. Cymothoa Banksi, Gerstaecker : 259, taf. VIII, fig. 24 et 25.
1902. Meinertia imbricata, Stebbing : 58.
1904. Meinertia imbricata, Hutton : 262.
1908-1910. Meinertia imbricata, Stebbing : 424-425.
1907-1915. Meinertia imbricata, Stebbing : 219.
1910. Meinertia Banksii, Thielemann : 36.
1911a. Meinertia imbricata, Chilton : 309.
19116. Meinertia imbricata, Chilton : 567.
1918. Meinertia imbricata, Nierstrasz : 119.
1924. Meinertia imbricata, Chilton : 887.
1926. Meinertia imbricata, Barnard : 121.
(non) 1926. Codonophilus imbricatus, Haie : 223-226.
(non) 1927. Codonophilus imbricatus, Haie : 315.
(non) 1929. Codonophilus imbricatus, Haie : 263-264.
(non ?) 1931. Codonophilus imbricatus, Monod : 23.
1931. Codonophilus imbricatus, Nierstrasz : 131.
(non) 1933. Codonophilus imbricatus, Monod : 153.
(non) 1933. Codonophilus imbricatus, Monod : 195.
(non) 1940. Codonophilus imbricatus, Haie : 303.
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1249
1940. Codonophilus imbricata, Barnard : 404.
(non ?) 1954. Codonophilus imbricatus, Pillai : 14.
1970. Codonophilus imbricatus (Meinertia imbricata), Day, Field et Penrith : 48.
Répartition géographique
Les indications concernant la répartition géographique de cette espèce sont nom¬
breuses :
Fabricius, 1775 et 1793 : « Habitat in nova zelandia ».
Leach, 1818 ; Desmaret, 1825 : « Habite les mers de la Nouvelle Zelande ».
Edwards, 1840 : « trouvé au Cap de Bonne Espérance par M. Raynaud ».
Krauss, 1843 : Afrique du Sud — « Tafelbai ».
Heller, 1868 : Madras, Java.
Miers, 1876 : Nouvelle Zélande.
Schiœdte et Meinert, 1883 : « mare oras méridionales Africae et Asiae... ad promon-
torium Bonae... ; ad promontorium York... ; ad Port Natal... ; ad Madras et ad
Iavam... ; alieubi in mari indico... ».
Miers, 1884 : « Port Essington... ; Sydney, Murray river... ; Shark bay, W. Australia... ;
Calcutta... ».
Haswell, 1885 : Australie ; Thomson et Chilton, 1886 : « New Zealand... ; Dunedin...
(Australia, India, China) ».
Gerstaecker, 1901 : Afrique du Sud.
Stebbing, 1902 : « Indian Océan, Java, New Zealand, Australia and the Cape » et « from
mouth of fish, Kalk Bay ».
Hutton, 1904 : Nouvelle Zélande ; Stebbing, 1908-1910 : Afrique du Sud.
Stebbing, 1907-1915 : « Sudanese Red Sea ».
Chilton, 1911a : « Indian Océan, Java, Cape Colony and New Zealand ».
Chilton, 19116 : « Sunday Island ».
Nierstrasz, 1918 : « Mosselbai... Mauritius... ».
Barnard, 1926 : « Portuguese East Africa ».
Nierstrasz, 1931 : « Indo-australischer Archipel ; Indischer und Pazifîscher Ozean ; Cal¬
cutta, Madras und Java ; Japan und China ; Australien und Tasmanien ; New-See-
land : Rotes Meer ; Kalk bai, Sud Afrika ».
Barnard, 1940 : « South Africa » (« C. imbricata remains the only species recorded from
South African waters »).
Day, Field et Penrith, 1970 : « South Africa. Durban, Table bay ; ? Australia ».
Ce Cymothoadien présente donc une aire de distribution assez étendue puisqu’on
le rencontre en particulier dans l’océan Atlantique (le long des côtes de l’Afrique du Sud),
dans l’océan Indien (au niveau de sa bordure sud-africaine, du golfe du Bengale, de sa bor¬
dure australienne), dans la mer Rouge et dans le Pacifique (Océanie).
Habitat parasitaire
Nous ne disposons encore actuellement que de peu d’indications sur l’habitat parasi¬
taire de Meinertia imbricata :
1250
JEAN-PAUL TRILLES
Schiœdte et Meinert, 1883 : « Sargi hottentotti Sm. ?? ».
Miers, 1884 : « Salmon-trout... Monacanthus... ».
Ciiilton, 191 J a : « Trachurus picturatus ».
Chilton, 19116 : « Scorpis aequipinnis ».
Day, Field et Penrith, 1970 : « On Sparid fish ».
Liste des spécimens
N° 64 : 1 $ ovigère, L.T. 42 mm. (CR) — Ceratothoa Banksii, Cap de B. Espee, de
Castelnau, 256, 1863.
N° 65 : 1 stade de transition, L.T. 25 mm. (CR) — Ceratothoa Banksii Leach, ?.
N° 66 : 1 $ ovigère, L.T. 47 mm. (I) — Table bay, Holub, 170-94.
Remarques
Les spécimens de la collection confirment encore l’existence de ce Cymothoadien le
long des côtes sud-africaines (n os 64 et 66) ; l’échantillon n° 64 a déjà été signalé par Schiœdte
et Meinert (1883) sous le nom spécifique de Banksii (p. 346).
L’exemplaire n° 66 est très typique (photographies 10 et 11) et très bien conservé.
Il peut constituer une excellente référence pour les déterminations ultérieures d’échantillons
de la même espèce. En effet, il ne laisse subsister aucune ambiguïté quant à la distinc¬
tion des deux espèces : Meinertia imhricata (Fabricius) et Meinertia trigonocephala (Leach).
Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878)
Ce Cymothoadien fait partie de la faune française. Pour la synonymie correspondante et les
mentions successives le concernant, on pourra consulter notre travail sur les Ceratothoinae des
côtes françaises.
Répartition géographique
Cette espèce a été décrite pour la première fois du Japon par Koelbel (1878) : « Mare
japonicum ».
Son aire de répartition est certainement très étendue puisque par la suite, si sa pré¬
sence dans le Pacifique a été confirmée (Schiœdte et Meinert, 1883 : « mare Iaponicum » ;
Gerstaecker, 1901 ; « China und Japan » ; Tiiielemann, 1910 : « Sagamibai... Misaki...
Dzushi... » Japon ; Nierstrasz, 1915 : « Japan » ; Nierstrasz, 1931 : « Japanisches Meer ;
Sagami-Bai... » ; Gurjanova, 1936 : « Mers Orientales »), elle a été également signalée
en Méditerranée (Montalenti, 1948 : « Golfo di Napoli » ; Euzet et Trilles, 1961 : Sète ;
Quintard-Dorques, 1966 : région de Sète ; Trilles, 1968 : golfe du Lion ; Trilles et
Raibaut, 1971 : Tunisie).
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1251
Habitat parasitaire
Meinertia oxyrrhynchaena semble parasiter préférentiellement des Maenidae et des
Sparidae. C’est du moins ce que laissent supposer les rares indications que nous possédions
à l’heure actuelle :
Montalenti, 1948 : « Discretamente frequente in bocca a Spicara e Box ».
Euzet et Trilles, 1961 : « Cavité buccale de Box boops (L.) ».
Quintard-Dorques, 1966 : « plafond buccal de Spicara chryselis C. V. ».
Trilles et Raibaut, 1971 : Maenidae.
Il faut d’ailleurs remarquer que ces quelques précisions ne concernent que l’habitat
parasitaire de l’espèce en Méditerranée.
Liste des spécimens
N° 41 : 3 $ ovigères, L.T. 16, 15,5 et 15,5 mm ; 1 $ jeune, L.T. 14,5 mm ; 1 <$, L.T. 9 mm.
(CR) — Cyrnothoa oestroides Risso, Alger, Lucas.
Dans ce même tube, se trouvent également 1 $ ovigère de Meinertia collaris et 3 $ (2 non
ovigères et 1 ovigère) de Lironeca sinuata.
N° 67 : .1 $ ovigère, L.T. 14,5 mm ; 1 Ç jeune, L.T. 12 mm ; 1 L.T. 10,5 mm. (CM) —
Mauritanie (Afrique), Zeus faber., estomac, 4 e croisière Boula, août 1922, D.
Meinertia oestroides (Risso), 3 $, 3 Coll. Th. Monod n° 685.
Avec ces échantillons se trouvent 2 S qui n’appartiennent pas à l’espèce Meinertia oxyrryn-
chaena et qui sont peut-être des individus S de Meinertia oestroides.
N° 68 : 1 9 ovigère, L.T. 14 mm. (CM) — Golfe de Suez, R. Ph. Dollfus, Codonophilus
imbricatus (Fabricius). Th. Monod dét., 1930. Meinertia imbricata (J. C. Fabri-
cius, 1787). Coll. Th. Monod n» 116.
N° 69 : 1 $ ovigère, L.T. 15 mm. fCM) — Dans éponge, St. XL, Golfe de Suez, Robert
Ph. Dollfus, 6-H-1929, Codonophilus imbricatus (Fabr.). Coll. Th. Monod n°
85.
N° 70 : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm. (CM) — Codonophilus imbricatus (Fabr.). Th. Monod
dét., 1930. St. XX, 24-1-29, Golfe de Suez, R. Ph. Dollfus. Coll. Th. Monod
n° 93.
Dans le même tube se trouve un exemplaire de Lironeca sp.
Remarques
Pour les caractéristiques morphologiques de cette espèce, très voisine de Meinertia
oestroides, on pourra en particulier consulter le travail de Koelbel (1878), celui de Mon¬
talenti (1948), ainsi que notre mise au point sur les Ceratothoinae des côtes françaises.
Mais il est intéressant de remarquer ici que les spécimens de la collection étendent
encore Faire de répartition de l’espèce aux côtes algériennes de la Méditerranée à l’Atlan¬
tique (côtes du Sahara Mauritanien) et à la mer Rouge (golfe de Suez).
1252
JEAN-PAUL TRILLES
Genre CERATOTHOA Dana, 1853
Ceratothoa laticauda (Edwards, 1840)
(PJ. II, 12, 13)
Synonymie et mentions successives
1840. Cymothoé laticaude (C. laticauda) Edwards : 274.
1847. Cymothoa laticauda, White : 110.
1853. Ceratothoa crassa, Dana : 753-754, pl. 50 (2a-c).
1809. Cymothoa ( Ceratothoa ) laticauda, Hilgendorf : 114.
1883. Glossobius laticauda, Scbiœdte et Meinert : 309-315, tab. XII (Cym. XIX), fig. 10-16.
1885. Glossobius auritus, Bovallius : 12-17, pl. III (fig. 24-33).
1893. Glossobius laticauda, Stebbing : 354.
1893. Glossobius auritus, Stebbing : 354, pl. XV.
1901. Ceratothoa laticauda, Gerstaccker : 258.
1901. Ceratothoa crassa, Gerstaccker : 263.
1904. Ceratothoa laticauda, Richardson : 23.
1931. Codonophilus laticauda, Nierstrasz : 131.
1931. Codonophilus auritus, Nierstrasz : 132.
1936. Glossobia laticauda, Van Name : 490.
Répartition géographique
Edwards (1840), qui a créé l’espèce, ignorait la provenance des spécimens correspon¬
dants (« Patrie inconnue »).
Par la suite, dans la littérature, on trouve les indications successives suivantes :
Write, 1847 : Australia.
Dana, 1853 : « From the South western Pacific ».
Hilgendorf, 1869 : Mozambique.
Schiœdte et Meinert, 1883 : ... ad Brasiliam... ; prope Granadam... ; in flumine
Continguiba... ; ad Puntarena... ; ad promontorium Frio... ; ad insulas Sandwich
... ; in mari Pacifico, alicubi... ; ad Pulo Penang... »
Bovallius, 1885 : « the Atlantic, The Indian Sea ».
Stehring, 1893 : « Atlantic, Pacific, Indian Seas ».
Gerstaecker, 1901 : « Ost-Africa, Mosambik — » « Arten Polynésiens — Südwestl. Pacific».
Richardson, 1904 : « from the Continguiba River ».
Nierstrasz, 1931 : « Pulu Pinang : Pazifik ; Sandwich — Inseln ; Mozambique ; Punta
Arenas ; Brasilien ; Granada ; Continguiba — Fluss ; Kap Frio » « Indisches Meer ;
Atlantik ».
Van Name, 1936 : Amérique.
On peut en conclure que l’aire de répartition de l’espèce est étendue, ce qui n’est pas
étonnant pour un Cymothoadien qui semble parasiter des poissons pélagiques très répan¬
dus.
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1253
Habitat parasitaire
Les seules précisions que nous connaissons sont celles de :
Schiœdte et Meinert, 1883 : « in ore specierum generis Exocoeti ».
Bovallius, 1885 : « from the mouth of an Exocoetus ».
Stebbing, 1893 : « ... the flyirig-fishes... »
Van Name, 1936 : « Parasitic on flying lishes and other pelagic fîshes... »
Elles semblent toutefois suffisantes pour que l’on puisse concevoir que Ceratothoa
laticauda est préférentiellement parasite; sur des poissons volants Exocoetidae.
Liste des spécimens
N° 71 : 1 $ non ovigère, L.T. 23 mm. (I) — Cymothoa.
N° 72 : 1 $ ovigère, L.T. 38 mm. (I) — I. Sandwich, M. Eydoux, Cymothoa.
N° 73 : 1 Ç jeune, L.T. 21 mm. (I) — Campagne du « Sylvana », C te de Polignac, 1914,
Station 87, 6 avril. Surface, lat. N. 11°35', long. 0. 15°29', mouillage de Bulama.
Ceratothoa aff.
N° 74 : 4 $ ovigères, L.T. 35, 35, 34 et 30 mm. (I).
N 0 75 : 1 $ ovigère, L.T. 34,5 mm ; 1 Ç jeune, L.T. 25 mm. (I) •— I. Sandwich, M. Bal-
lière, 843, 1872.
Remarques
Le spécimen n° 72 a déjà été signalé par Schiœdte et Meinert (1883 : 315).
Ceratothoa laticauda est une espèce très typique qui cependant, à notre connaisssance,
n’a été représentée avec suffisamment de fidélité que par Bovallius (1885, pl. III) et Steb¬
bing (1893, pl. XV).
Ceratothoa impressa (Say, 1818)
(Pl. II, 14-16)
Synonymie et mentions successives
1818. Cymothoa impressa Say : 397.
1844. Cymothoa impressa, de Kay : 48.
1853. Ceratothoa linearis Dana : 752-753, pl. 50 (fig. la-d).
1869-1871. Ceratothoa exocoeti Cunningham ; 499-500, pl. LIX (fig. 5).
1883. Glossobius linearis , Schiœdte et Meinert : 301-309, pl. XII (Cym. XIX), fig. 1-9.
1893. Ceratothoa linearis, Stebbing : 354.
1895. Glossobius linearis, Hansen ; 18, pl. II (fig. 2-2d).
1900. Ceratothoa linearis, Richardson : 221.
1901. Ceratothoa linearis, Richardson : 529.
1901. Ceratothoa exocoeti, Gerstaecker : 260.
1905. Ceratothoa impressa, Richardson : 234-236.
91, 5
1254
JEAN-PAUL TRILLES
1913. Ceratothoa impressa, Richardson : 2 et 6.
1915. Meinertia impressa, Nierstrasz : 89-90.
1918. Meinertia impressa, Nierstrasz : 119.
1931. Codonophilus impressus, Nierstrasz : 131.
1948. Ceratothoa impressa, Stephensen : 42-44.
1972. Ceratothoa impressa, Trilles, sous presse.
Répartition géographique
Say (1818) a décrit cette espèce à partir d’un spécimen à propos duquel il indique :
« this specimen... taken at Cape —- May, New Jersey».
Par la suite, ce Cymothoidae a été signalé de nombreuses fois et des indications nou¬
velles concernant son habitat ont été successivement données par :
Dana, 1853 : « from a fish in the Gulf Stream ».
Cunningham, 1869-1871 : « ... lo the south of the Cape-Verdes ».
Schiœdte et Meinert, 1883 : « ... Solummodo in Mari Atlantico... in diversis locis Maris
Atlantici a 42° lat. Sept, usque ad 21° lat. sept... ; praeterea 8-10° lat. sept. 40-50°
long. occ. ; 34° lat. sept. 51° long. occ. ; ad « promontorium viride » ; in itinere ad Rio
de Janeiro ; id freto « Golfstrpm » ; in mari Atlantico, alicubi... »
Hansen, 1895 : « Nordl. Aequatorialstrom... Südl. Aequatorialstrom... »
Richardson, 1913 : Antarctique Sud. Américain.
Nierstrasz, 1915 : « Kleine Paternoster —- Insel (Ost. Indischen Archipel)... »
Nierstrasz, 1918 : « 1 exemplar $ ovigera 52°58' S., 22°58' O ».
Stephensen, 1948 : Danemark.
Trilles, 1972 : Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
Cette espèce paraît donc caractérisée par une aire de distribution étendue, puisqu’elle
a été signalée de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Pacifique.
Habitat parasitaire
Dans la littérature concernant ce parasite, nous avons relevé les indications suivantes :
Cunningham, 1869-1871 : « Taken in the moutli of a Flying fish... »
Schiœdte et Meinert, 1883 : « ... Exocoeti generis infestât... semel in Coryphaena sp.,
ceteroquin semper in ore speciei cujusdam Exocoeti generis... in lingua specierum
diversarum, ut Ex. exilientis Val., lamelliferi K. St., brachycephali Gnthr. Brachyce-
phalo aff. speciei... »
Nierstrasz, 1915 : « ex ore Exocoeti ».
Trilles, 1972 : sur un Espadon.
On peut donc observer (cf. également Trilles, 1972) que Ceratothoa impressa paraît
infester préférentiellement des poissons « bons nageurs » et en particulier des Exocoetidae.
Liste des spécimens
N° 76 : 1 Ç non ovigère, L.T. 33 mm. (CR) — Ceratothoa impressa Say, Har. Richardson
dét., n° 845, Dr. Liouville, 2 e Mission Charcot, 1912.
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1255
Remarques
Ce spécimen est celui que Richardson (1913) signale p. 6 (« localité —- n° 845 : la loca¬
lité reste douteuse, car ce numéro provient sûrement d’un lapsus »).
Il est par ailleurs intéressant de remarquer que les deux espèces Ceratothoa impressa
et Ceratothoa laticauda, qui appartiennent au même genre, présentent de nettes ressemblances
en ce qui concerne leur distribution géographique et leur habitat parasitaire.
Genre RHEXANELLA Stebbing, 1911
Rhexanella verrucosa (Schiœdte et Meinert, 1883)
(PL II, 17, 18)
Synonymie et mentions successives
1883. Rhexana verrucosa Schiœdte et Meinert : 291-296, tab XI (Cym. XVIII), fig. 5-10.
1910. Rhexana verrucosa, Thielemann : 34-35, Tafel fig. 3-7.
1911. Rhexanella verrucosa, Stebbing : 179.
1915. Rhexanella verrucosa, Nierstrasz : 87.
1926-1927. Rhexanella verrucosa, Zimmer : 746.
1931. Rhexanella verrucosa, Nierstrasz : 131.
?. Rhexanella verrucosa, Shiino : 83.
D’après Schiœdte et Meinert (1883 : 296), il est vraisemblable que YOniscus ceti de Spen
gler (1775) correspond à la même espèce.
Répartition géographique
Les indications correspondantes que nous possédons sont celles de :
Schiœdte et Meinert (1883) : « ... ex itinere suo Iaponico... »
Thielemann (1910) : « ... Segamibai... Ito und Insel Hatsushima... »
Nierstrasz (1915) : Japon.
Nierstrasz (1931) : « Bai von Nangamessi, Sumba ».
Shiino (?) : Japon.
L’aire de distribution de Rhexanella verrucosa paraît donc circonscrite à la bordure
japonaise du Pacifique.
Habitat parasitaire
A notre connaissance, la seule indication précise que nous possédons est celle de Shiino :
« Pagrosomus major (Temminck et Schlegel) ».
Liste des spécimens
N° 77 : 1 <$, L.T. 27 mm. (I) —- Japon, J. Harmand, 1906, env. de Tokio.
1256
JEAN-PAUL TRILLES
Remarques
L’échantillon est très caractéristique et confirme encore l’existence de l’espèce au
niveau des côtes japonaises.
Spécimens encore indéterminés
N° 78 : (1) — Bali.ière, sur le Sphyraena agarn, petit individu sous la langue, gros
individu sur la queue, I. Sandwich.
1 L.T. 10 mm.
Il s’agit peut-être d’un $ de Ceratothoa laticauda ?
Dans le même tube, se trouve un échantillon abîmé de Nerocila sp.
N° 79 : (CM) — Sciaena Juv., bouche, 2 e croisière du « Boula matari », mai 1923, Mauri¬
tanie, Afrique occidentale. Coll. Th. Monod n° 51.
2 rj (genre Meinertia), L.T. 10,5 et 9 mm.
Spécimen n’appartenant pas à la tribu des Ceratotiioinae
N° 80 : (CR) — Meinertia transversa Richardson. Auct. dét., n° 13, 11 juin, 1 200 m.
Lat. N. 35°7 — Long. 0. 9°38, vase et coraux. Le « Talisman », 1883 — 4742-
86, Maroc.
1 $ (sans nul doute du genre Antlocra ), L.T. 16 mm.
Spécimens nouveaux
N° 81 : 1 Ç de Meinertia capri Trilles, 1964, L.T. 15 mm.
1 cj de Meinertia capri Trilles, 1964, L.T. 6 mm.
Parasite dans la cavité buccale de Capros aper Lacepède (Téléostéen — Caproi-
dae).
Il s’agit des types de l’espèce que nous avons décrite du golfe du Lion (Méditerranée) et que
nous avons également rencontrée, plus récemment, en Tunisie (résultats non encore publiés).
N° 82 : 1 Ç non ovigère de Meinertia carinata (Bianconi, 1869), L.T. 34 mm. Provenance :
près de Nouméa, profondeur 12 ni., parasite de Lutjanus amabilis de Vis, L.S.
30 cm (8-xi-1970).
Ce spécimen est ajouté à ceux existant déjà dans la collection, car il est très caractéristique
et étroitement conforme à la description de Bianconi (p. 210-211, pl. II).
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1257
Liste récapitulative des espèces de Ceratothoinae
DE LA COLLECTION DU MUSEUM NATIONAL d’HiSTOIRE NATURELLE DE PARIS
Espèces
N os des tubes correspondants
Emetha audouini (Ldwards, 1840)
Meinertia oestroides (Risso, 1826)
Meinertia parallela (Otto, 1828)
Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878)
Meinertia itcdicci (Schiœdte et Meinert, 1883)
Meinertia collaris (Schiœdte et Meinert, 1883)
Meinertia gaudichaudii (Edwards, 1840)
Meinertia carinata (Bianconi, 1869)
Meinertia trigonocephala (Leach, 1818)
Meinertia irnbricata (Fabricius, 1775)
Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878)
Ceratothoa laticauda (Edwards, 1840)
Ceralothoa impressa (Say, 1818)
Rhexanella oerrucosa (Schiœdte et Meinert, 1883)
Meinertia capri Trilles, 1964
1 à 4.
5 à 22 ( + 4).
23 à 27 (+ 4, 6, 7, 11, 12 et 16).
28 à 33 (+ 27).
34 à 39.
40 à 47.
48 cà 53.
54 à 56 (+ 82).
57 à 63.
64 à 66.
67 à 70 (+ 41).
71 à 75.
76.
77.
81.
1238
JEAN-PAUL TRIPLES
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES
Amar, R., 1951. — Isopodes marins de Ranyuls. Vie Milieu, 2 (4) : 529-530.
Ralcells, R., 1953. -— Sur des Isopodes parasites de poissons. Vie Milieu, 4 (3) : 547-552.
Barcelô y Combis, F., 1875. — Apuntes para la Fauna Ralear. Catâlogo de los Crustâceos mari-
nos observados en las costas de las Islas Baléares. Mems R. Soc. esp. Hist. nat., 4 : 53-68.
Barnard, K. H., 1926. — Report on a collection of Crustacea from Portuguese East Africa. Trans.
roy. Soc. S. Afr., 13 : 119-129, pl. 2-XI.
— 1940. — Contributions to the Crustacean Fauna of South Africa. XII. Further additions
to the Tanaidacea, Isopoda and Amphipoda together with keys for the identification of
the hithcrto recorded marine and Fresh-water species. Ann. S. Afr. Mus., 32 (5) : 381-
543.
Barrois, Th., 1887. — Note préliminaire sur la Faune Carcinologique des Açores. Imprimerie Le
Bigot Frères, Lille : 1-14.
— 1888. — Catalogue des Crustacés marins recueillis aux Açores, durant les mois d’Août
et Septembre 1887. Imprimerie Le Bigot Frères, Lille : 1-110, pl. I-IV.
Belloc, G., 1929. — Étude monographique du Merlu ( Merlucius Merluccius L.) (Deuxième partie).
Rev. Trav. Off. Pêch. marit., 2 (2) : 231-288.
Berner, L., 1969. — Les principaux Cymothoidés (Crustacés Isopodes) du Golfe de Marseille.
Bull. Mus. Hist. nat., Marseille, 29 : 93-95.
Bianconi, J. J., 1869. — Specimina Zoologica Mosambicana. Mem. R. Accad. Bologna, Sci. fis.,
sér. 2, 9 : 210-211, pl. IL
Bolivar, J., 1892. — Liste de la coleccion de crustâceos de Espana y Portugal del Museo de Ilis-
toria Natural de Madrid. An. Soc. esp. Hist. nat., sér. 2, 21 : 124-141.
Bonnier, J., 1887. — Catalogue des Crustacés Malacostracés recueillis dans la Baie de Concarneau.
Octave Doin Éditeur, Paris : 1-490.
Bovallius, C., 1885. —• New or imperfectly Known Isopoda. Part I. Bith. K. Svenska Vetensk.
Akad. liandl., 10 (2) : 1-32, pl. 1-5.
Bden, Odôn de, 1887. — IL Catâlogo de Crustâceos Espanoles. An. Soc. esp. Hist. nat., 16 :
407-434.
— 1916. — Los Crustâceos de Baléares. Bol. R. Soc. esp. Hist. nat., 16 : 355-367.
Bullar, J. F., 1876. — The generative organs of the parasitic Isopoda. Anat. Physiol. Lond.,
11 : 118-128.
— 1878. — On the Development of the Parasitic Isopoda. Phil. Trans. R. Soc. Lond., 169 :
505-521.
Carus, J. V., 1885. — Prodromus Faunae Mediterranae. Schweizerbart, Stuttgart, I : 1-525.
Chilton, C., 1911«. — Crustacea. In : Scientific Results of the New Zealand governement traw-
ling expédition. Rec. Canterbury Mus., 1 (3) : 285-312, pl. LVIII.
— 1911â. — The Crustacea of the Kermadec Islands. Trans. N.Z. Inst., 43 : 544-573.
— 1924. — Fauna of the Chilka lake : Tanaidacea and Isopoda. Mem. Indian. Mus., 5 :
875-895, pl. LX.
Cunningham, R. O., 1869-1871. — Isopoda. In : Notes on the Reptiles, Amphibia, Fishes, Mol-
lusca and Crustacea obtained during the voyage of H.M.S. ‘Nassau’ in the years 1866-
1869. Trans. Linn. Soc. Lond., 27 (4) : 498-500, pl. 59.
Dana, J. D., 1852. — On the Classification of the Crustacea choristopoda or Tetradecapoda. .-lm.
J. Sci., 14 : 297-316.
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1259
— 1853. — Crustacea, Part II, Fam. T. Cymothoidae. In : United States Exploring Expédi¬
tion during the years 1838, 1839, 1840, 1841, 1842, urider the command of Charle Wilkes,
U.S.N., XIV : 746-765, pl. 49-50.
Day, J. IL, J. G. Fiet.d et M. J. Penrith, 1970. — The Benthic fauna and Fishes of False Bay.,
South Africa. Trans. R. Soc. S. Afr ., 39 (1) : 1-108.
Desmaret, A. G., 1825. — Considérations générales sur la classe des Crustacés. Paris : i-xix et
1-446 -)- 1 errata -|- 5 tabl. (I-V) et 56 pl.
Dollfus, R. Ph., 1922. — Cyclobothrium Charcoti , n. sp. Trematode ectoparasite sur Meinertia
oestroides (Risso). Parasites recueillis pendant la croisière océanographique du « Pourquoi-
pas ? » sous le commandement du Dr J. B. Charcot, en 1914, l re Note. Bull. Soc. zool. Fr.,
47 (6-7) : 287-296.
Dudich, E., 1931. — Systematische und biologische Untersuchungen über die Kelkeinlagerungen
des Crustaceenpanzers in polarisiertem Lichte. Zoologica, Stuttg., 30 (80) : 1-154.
Edw ards, H. M., — 1835. Observations sur les changements de forme que divers Crustacés éprou¬
vent dans le jeune âge. Ann. Sci. nat., Zoologie, 2 e sér., 3 : 321-334, pl. XIV.
— 1839. — Les Crustacés. In : Cuvier, Règne Animal (Atlas), pl. 1-80.
— 1840. — Histoire Naturelle des Crustacés comprenant l’Anatomie, la Physiologie et la
classification de ces animaux. III : 1-605.
Euzet, L., et J. P. Trilles, 1961. — Sur l’anatomie et la biologie de Cyclocotyla bellones (Otto,
1821) ( Monogenea-Polyopisthocotylea ). Revue Suisse zool., 68, fasc. 2 (16) : 182-193.
Fabricius, J. 1775. — Systems Entomologiae : 1-832.
— 1787. — Mantissa insectorum. Hafniae, I : 241.
— 1793. — Entomologia systematica emendata et aucta. II : i-vm et 1-519.
Filhol, H., 1885. — Considérations relatives à la Faune des Crustacés de la Nouvelle-Zélande.
Bihl. Fc. haut. Ktud., Paris, sect. Sci. nat., 30 (2) : 36-60.
Gerstaecker, A., 1901. — Isopoda. In : Die Klassen und Ordnungen der Arthropoden wisen-
schaftlich dargestellt in Wort und Bild., Ed. II. G. Bronn, Fünfter Band. II. Abtheilung.
Crustacea. (Zweite Hâlfte : Malacostraca) : 2-278, pl. I-XXIV.
Gibert i Olive, À. M., 1919-1920. — Crustacis de Catalunya. Treh. Inst, catal. Hist. nat. : 9-127.
Gourret, P., 1981. — Les Lemodipodes et les Isopodes du Golfe de Marseille. Ann. Mus. Hist.
nat., Marseille, zool. IV, Mém. I : 1-44, pl. 1-11.
Gur.ianova, E. F., 1936. — Crustacées. In : Faune de l’U.R.S.S. — Isopodes des Mers Orientales.
Edition de l’Académie des Sciences de l’U.R.S.S., Moscou, Leningrad : 1-278.
Haan, W. de, 1850. — Isopoda. In : Fauna japonica : 227, tab. L.
Hale, IL M., 1926. — Review of Australian Isopods of the Cymothoid group. Part IL Trans.
roy. Soc. S. Aust., 1 : 201-234, pl. XXXVI-XXXVII.
— 1927. — N° 1. The Crustacea. In : The Fauna of Kangaroo Island, South Australia.
Trans R. Soc. S. Aust., : 307-321.
— 1929. — The Crustaceans of South Australia. Part. IL Handbooks of the Flora and Fauna
of South Australia. Adélaïde : 197-380.
— 1940. — Report on the Cymothoid Isopoda obtained by the F. I.S. « Endeavour » on the
Coast of Queensland, New South Wales, Victoria, Tasmania and South Australia. Trans.
R. Soc. S. Aust., 64 (2) : 288-304, pl. XVIII.
Hansen, H. J., 1890. — Cirolanidae et familiae nonnullae propinquae Musei Hauniensis. K.
danske Vidensk. Selsk. Skrift, 6 Roekke, naturv. og. mathem. Afd., 3 : 1-190, pl. I-X.
Han sen, H. J., 1895. — Isopoden, Cumaceen u. Stomatopoden der Plankton-Expedition.
Ergebnisse der Plankton-Expedition der Humboldt-Stiftung., IL G. c., Isopoda : 1-105,
pl. I-VIII.
1260
JEAN-PAUL TRILLES
Hasvvf.lt., W. A., 1882. — Catalogue of the Australian stalk and sessile eyed crustacea. Cata¬
logue n° 5, the Australian Muséum Sydney : 1-324 -f- addenda et corrigenda + 4 plan¬
ches.
— 1885. — A révision of the Australian Isopoda. Proc. Linn. Soc. N.S.W., 9, for the year
1884 : 1001-1015, pl. L-LIII.
Heller, C., 1866. — Carcinologische Beitrage zur Fauna des adriatischen Meeres. Verh. zool.
bot. ges. Wien, 16 : 723-760.
— 1868. — Ordo Isopoda. In : Crustaceen, in : Reise der Osterreichischen Fregatte Novara
um die Erde in den jahren 1857, 1858, 1859. Zoologischer theil, Zweiter Band, III Aht. :
130-147, pl. XII.
Hilgendorf, F., 1869. — Crustaceen. In : Von der Deeken's Reisen in Ost-Afrika. III : 69-116,
pl. II VI.
— 1879. — Die von Ilernn W. Peters in Moçambique Gesammelten Crustaceen : 782-851,
pl. I-IV (25 novembre 1878).
Hope, F. G., 1851. — Catalogue dei Crostacei italiani e di Molti altri del Mediterraneo. Stabili-
mento Tipofrafico di Fr. Azzolino, Napoli : 1-48, 1 pl.
FIoudemer, E., 1951. — Liste commentée des poissons de tner observés à Ajaccio et de leurs para¬
sites. Bull. Soc. Recherches et d’Etudes historiques Corses, Ajaccio : 39-40.
Hutton, 1904. — Index faunae N. Z. : 262.
Kay, J. E. de, 1844. — Part VI. Crustacea, genus Cymothoa. In : Zoology of New-York, or the
New-York Fauna : 46-48, pl. 10.
Koelbel, C., 1878. — Uber einige neus Cymothoiden. Sber. Akad. ll'és.v. Wien., 78 : 401-416.
— 1892. — Beitrage zur Kenntnis der Crustaceen der Canarischen Inseln. Ann. naturh.
Mus. Wien., 7 (3) : 105-116, pl. X.
Krauss, 1843. — Die Südafrikanischen Crustacea : 66.
Lanchester, W. F., 1902. — On the Crustacea collected during the « Skeat Expédition » to the
Malay Peninsula. Proc. zool. Soc. Lond., 2 (May-December) : 363-379, pl. XXXIV-XXXV.
Leach, W. E., 1818. — Cymothoadées. In : Dictionnaire des sciences naturelles. XII : 338-354.
Lucas, IL, 1849. — Histoire naturelle des animaux articulés. In : Exploration scientifique de
l’Algérie pendant les années 1840, 1841, 1842. Imprimerie Nationale, Paris : 78, pl. 8.
Mayer, P., 1879. — Carcinologische Mitteilungen VI. Ueber den Hermaphroditismus bei einigen
Isopoden. Mitt. zool. Stn. Neapel, 1 : 165-179, taf. V.
M exzies, R. J., 1962. — The zoogeography, ecology and systematics of the chilean marine Jso-
pods, in : Reports of the Lund University Chile expédition 1948-49. Lunds Unioersitets
Arsskrift, X.F. avd. 2, 57 (11) : 1-162.
Miers, E. J., 1876. — Catalogue of the stalk and sessile-eyed Crustacea of New Zealand : 1-130,
3 planches.
— 1884. — Crustacea. In : Report on the zoological collections made in the Indo-Pacifique
Océan during the voyage of H.M.S. « Alert » 1881-1882 : 178-301.
Monod, Th., 1923. — Notes carcinologiques (Parasites et commensaux). Bull. Inst, océanogr.
Monaco, 427 : 1-23.
— 1923. — Prodrome d’une Faune des Tanaidacea et des Isopoda (Excl. Epicaridea), des
côtes de France (Excl. Méditerranée). Ann. Soc. Sci. nul., Gharente-marit., 37 (4) : 19-124 -f-
errata i-vm -\~ table des matières.
— 1924. — Note sur la morphologie et la distribution géographique de Meinertia collaris
Sehiœdte et Meinert. Bull. Soc. zool. Fr., 49 : 31-34.
— 1924. — Isopoda. In : Parasitologia Mauritanica. Bull. Com. Et. hist. sc. Afr. occ. fr.,
7 (9), n°3 : 428-445, 14 fig.
CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS
1261
— 1931. — Tanaidacés et Isopodes sub-antarctiques de la collection Kohl-Larsen du Sencken-
berg Muséum. Senckenbergiana, 13 (1) : 10-30.
— 1933. — Tanaidacea et Isopoda. In : Mission Robert Ph. Dollfus en Egypte. Mem. Inst.
Egypte , 21 : 161-264.
— 1933. — Résumé analytique du mémoire de Théodore Monod sur les Isopodes, (inclus
Tanaidacea). In : Mission Robert Ph. Dollfus en Égypte. Bull. Inst. Egypte, 15, session
1932-1933 : 151-157.
Montalenti, G., 1941. — Studi sull’ermafroditismo dei Cimotoidi. I. Emetha Audouini (M. Edw.)
e Anilocra physodes (L.). Pubbl. Staz. zool. Napoli., 18 : 338-394.
— 1948. — Note sulla sistematica e la biologia di alcuni Cimotoidi del Gclfo di Napoli. Archo.
Oceanogr. Limnol. Venezia, 5 (1-3) : 25-81, pl. I-VIII.
Monticelli, Fr. S., 1890. — Elenco degli Elminti studiati a Wimereux nella primavera del 1889.
Bull. soi. Fr. Bel g., 22 (4), I : 417-444, pl. XXI, fig. 1-27.
Nierstrasz, H. F., 1915. — Die Isopoden-Sammlung im Naturhistorischen Reichs-Museum zu
Leiden. — I. Cymothoidae. Zool. Meded., Leiden, Deel. I : 71-108.
— 1918. — Alte und neue Isopoden. Ibid., 4 (2) : 103-142, pl. IX-X.
— 1931. — Die Isopoden der Siboga-Expedition, III. Isopoda genuina, IL Flabellifera.
Siboga-Expeditie, 32c, mars : 123-233, fig. 2-129, pl. X-XI.
Otto, A. W., 1828. — Beschreibung einiger neuen, in den jahren 1818 und 1819 im Mittellan-
dischen meere gefundener Crustaceen. Nova Acta Acad. Caesar. Leop. Carol., 14 : 331-
354, pl. XX-XXII.
Pillai, K. N., 1954. — A preliminary note on the tanaidacea and Isopoda of Travancore. Bull.
Res. Inst. Univ. Travancore, Trivandrum., ser. C, 3 (1) : 1-21.
Quintard-Dorques, B., 1966. — Contribution à l’étude des poissons de la famille des Centra-
canthidae. Genre Spicara de la région de Sète. Ann. Université et A.B.E.B.S., 4 : 79-88.
Richardson, II., 1899. — Key to the Isopods of the Pacific Coast of North America, with des¬
cription of twenty-two new species. Proc. U. S. natn. Mus., 21 (1175) : 815-869.
— 1900. — Synopses of North-American Invertebrates. VIII. the Isopoda Part I. Cheli-
fera, Flabellifera, Valvifera. Am. Nat., 34 (399), March : 207-230, fig. 1-11.
— 1901a. — Key to the Isopods of the Atlantic coast of North America, with descriptions,
of new and little-Known species. Proc. U.S. natn. Mus., 23 (1222), Febr. 28 : 493-579
fig. 1-34.
— 1901 è. — Papers from the Hopkins stanford Galapagos Expédition, 1898-1899. VI. The
Isopods. Proc. Wash. Acad. Sci., 3, november 29 : 565-568, fig. 58-61.
— 1904. — Contribution to the natural history of the Isopoda. Proc. U. S. natn. Mus.,
27 (1350) : 1-89.
— 1905. — A Monograph on the Isopods of North America. Bull. U.S. natn. Mus., n° 54,
lui + 727 p., 740 fig.
— 1909. — Isopods collected in the North west Pacific by the U.S. Bureau of Fisheries Stea¬
mer « Albatross » in 1906. Proc. U.S. natn. Mus., 37 : 75-129.
— 1910. — Report on Isopods from Peru, collected by Dr. R. E. Coker. Proc. U.S. natn.
Mus., 38 : 79-85.
— 1913. — Crustacés Isopodes. In : Deuxième Expédition Antarctique Française (1908-
1910) commandée par le D r Jean Charcot. Masson et C ie Éd. : 1-24, 1 table figures (4 fig.).
Risso, A., 1826. — Histoire naturelle des principales productions de l’Europe méridionale et
particulièrement de celles des environs de Nice et des Alpes maritimes. Chez F.-G. Levrault,
Libraire, Paris., V, quatrième section : 120-125.
Roman, M. L., 1970. — Contribution à l’étude de la biologie des Cymothoidae (Crustacés Isopo¬
des) de la Baie de la Ciotat. Téthys, 2 (2) : 501-514.
1262
JEAN-PAUL TRILLES
Say, Th., 1818. — Isopoda. In : An Account of the Crustacea of the United States. J. Acad. nat.
Sri., 1, Part. Il : 393-401 et 423-433.
Scalzi, G. de, 1941. — Intorno ad un isopodo Cymothoide parassita dello S maris vulgaris. Boll.
Pesta Pi.scic. Idrobiol., 23 : 423-428.
Schiœdte, .1. G., et F. Meinert, 1881. — Symbolae ad Monographiam Cymothoarum Crustaceo-
rum Isopodum Familiae. II. Anilocridae. Naturhist. Tidsskr., sér. 3, 13 : 1-166, pl. I-X
(Cym. VIII-XVII).
Schiœdte, J. C., et F. Meinert, 1883. — Symbolae ad Monographiam Cymothoarum Crusta-
ceorum. III. Saophridae. IV. Ceratothoinae. Ibid., sér. 3, 13 : 281-378, pl. XI-XVI (Cym.
XVIII-XX1II).
Shiino, S. M., ?. — On the Cvmothoid Isopoda parasitic on japanesc- Fishes : 81-89.
Stai.io. L., 1877. — Catalogo metodico e descrittivo dei Crostacei podottalmi ed edriottalmi dell’
Adriatico. .1 tti lut. veneto Sri.., sér. 5, 3 : 1-274.
Stkbbing, T. R. R., 1893. — A History of Crustacea. Recent Malacostraca. The International
Scientific Sériés, 74 : i-xvii + 1-466, pl. I-XÏX.
— 1900. — On Crustacea brought by Dr VVillev from the South Sea. In : A. Willey’s zoolo-
gical Results, pl V, dec. 1900., Cambridge : 531-690, pl. LXIV-LXXIV.
— 1902. — South Afriean Crustacea. Marine investigations in South Africa, Cape of good
hope, 1 (1902) : 14-67, pl. 1-4.
— 1909. — Isopoda from the Indian Océan and British East Africa, in : Percy Sladen trust
expédition Indian Océan 1905. Trans. Linn. Soc. Lond., sér. 2, Zoology, 14, part I (1910) :
83-122, pl. Y-XI.
— 1908-1910. — General catalogue of South Afriean Crustacea. Ann. S. Afr. Mus., 6 : 281-
593, pl. XV-XXII B ; index of généra : 595-599.
— 1907-1915 (1909). — Report on the marine Biology of the Sudanese Red. Sea. J. Linn.
Soc. iZool.), 31 : 215-230, pl. 21-23.
— 1911. — XII. Indian Isopods. Rec. Indian. Mus., 6 : 179-191.
Stf.phensen, K., 1948. — Storkrebs. IV. Ringkrebs. 3 Tanglus (Marine Isopoder) og. Tanaider.
Danmarks F aima, 53 : 1-187, 56 fig.
Stossich, AI., 1880. — Prospetto délia Fauna del Mare Adriatico, Parte III. Boll. Soc. adriat.
Sri. nat., 6 (1) : 1-95.
Szidat, L., 1955. — La Fauna de parasitos de « Merluccius Hubbsi » como caracter auxiliar para
la solucion de problemas sistematicos y zoogeograficos del genero « Merluccius » L. Commun.
Inst. nac. Invest. Cienc. nat., B. Aires, 3 (1) : 1-54.
— 1956. — Geschichte, Anwendung und einige folgerungen ans den parasitogenetischen
Regeln. Z. Parasitkde, 17 (1) : 237-268.
— 1965. — Sobre la evolucion del dimorfismo sexual secundario en Isopodos parasitos de
la familia Cymothoidae (Crust. Isop.). Armais do segundo congresso Latino-Americano de
zoologia (1962), 2 : 83-87.
— 1966. — Untersuchungen über den Entwicklungszyklus von Meinertia Gaudichaudii
(Milne Edwards, 1840), Stebbing, 1886 (Isopoda, Cymothoidae) und die Entstehung eines
sekundàren sexual dimorphismus bei parasitischen asseln der familie Cymothoidae Schiœdte
u Meinert, 1881. Z. Parasitkde, 2fl : 1-24.
Taschenberg, E. 0. W., 1879. — Zur systematik der monogenetischen trematoden. Z. ges. Natuw.,
52 : 232-265.
Thif.lf.mann, M., 1910. — Beitrüge Kenntnis der Isopoden-fauna Ostasiens. Beilr. Naturg. Osta-
siens. Abhandlungen der Math.-phys. Klasse der K. Bayer. Akademie der Wissenschaften, II.
Suppl.-Bd. 3. Ahhandlg., : 1-109, pl. I-11.
Thomson, G. H., 1879. — New Zealand Crustacea, with descriptions of new species. Trans. Proc.
N.Z. Inst., 11, 1878 (1879) : 230-248.
CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS
1263
Thomson, G. II., et C. Ciiilton, 1886. — Critical list of the Crustacea Malacostraca of New Zealand.
Trans. Proc. N.Z. Inst., 18 (first of new sériés), 1885 (1886) : 141-159.
Trilles, J.-P., 1962. — Remarques morphologiques et biologiques sur les « Isopodes Cymothoi-
dae » parasites de poissons, de l’Étang de Thau. Naturalia monspel., 3 : 101-124.
— 1964. — Spécificité parasitaire chez les Isopodes Cymothoidae Méditerranéens. Note
préliminaire. Vie Milieu, 15 (1) : 105-116.
— 1968. — Recherches sur les Isopodes Cymothoidae des côtes Françaises. I.) Systématique
et Faunistique. II.) Rionomie et Parasitisme. Thèse de Doctorat ès-Scienees, Montpellier,
n° enregistrement CNRS, AO 2305 : 1-181, pl. I-XXXIV, phot. 1-56, et pp. 1-307.
— 1972. — Sur quatre Isopodes Cymothoidae du Pacifique (Nouvelle Calédonie). Cahiers
ORSTOM, sér. Océanogr., 10 (1), sous presse.
— 1972. — Les Cymothoidae des côtes françaises (systématique, faunistique, écologie et
répartition géographique). I. Les Ceratothoinae Sohiœdte et Meinert, 1883. Bull. Mus
Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 91. sept-oct., Zool. 70 : 1191-1230.
Van Name, W. G., 1924. — Isopods from the Williams Galapagos Expédition. Zoologica, N.Y.,
5 (18) : 181-210, pl. VIII-XIX incl.
— 1936. — The American land and Fresh-water Isopod Crustacea. Bull. Am. Mus. nat.
Hist., 71 : 22-508.
White, A., 1847. — List of the specimens of Crustacea in the Collection of the British Muséum.
London : 1-143.
Zimmer, C., 1926-1927. — 4. Ordnung der « Reihe Paraearida » der Crustacea Malacostraca. 11.
Ordnung der Crustacea : Isopoda = Asseln. In : Handbuch Der zoologie Dr. Kükenthal,
Dritter Band-Erste Hâlfte : 697-766.
Manuscrit déposé le 17 décembre 1971.
1264
JEAN-PAUL TRILLES
PLANCHE I
1. — Meinertia collaris Ç, vue dorsale.
2. — Meinertia collaris vue latérale.
3. — Meinertia gaudichaudii $, vue dorsale.
4. — Meinertia gaudichaudii Ç, vue latérale.
5. — Meinertia carinata Ç, vue dorsale.
6. — Meinertia carinata Ç, vue latérale.
7. — Meinertia carinata $, vue ventrale.
8. — Meinertia trigonocephala $, vue dorsale.
9. — Meinertia trigonocephala Ç, vue latérale.
PLANCHE I
1266
JEAN-PAUL TRILLES
PLANCHE II
10. — Meinertia imbricata $, vue dorsale.
11. — Meinertia imbricata $, vue latérale.
12. — Ceratothoa laticauda Ç, vue dorsale.
13. — Ceratothoa laticauda $, vue latérale.
14. — Ceratothoa impressa Ç, vue dorsale.
15. — Ceratothoa impressa vue latérale.
16. — Ceratothoa impressa $, vue ventrale.
17. — Rhexanella verrucosa vue dorsale.
18. — Rhexanella verrucosa <$, vue latérale.
PLANCHE 11
1 cl levé d’imprimer le 30 mai 1973.
Sur la structure des pléopodes
et des oostégites chez les Cymothoidae
(Isopoda, Flabellifera)
et ses rapports avec les caractéristiques écologiques des espèces
par Jean-Paul Trilles *
Résumé. — Chez les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera), il existe des « convergences »
entre les particularités écologiques des espèces et certaines de leurs caractéristiques morpholo¬
giques et physiologiques.
Dans ce travail, le cas des pléopodes et des oostégites est envisagé ; leur structure est diffé¬
rente suivant que les parasites examinés sont buccaux ou de surface.
Abstract. — In the family Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera), some “ convergences ”
are présent between the ecological peculiarities of species and some of their morphological and
physiological characteristics.
In this work, the case of the pleopods and brood pouchs is studied ; their structure is distinct
according as buccal or superficial parasits are examined.
Chez les Cymothoidae, trois catégories écologiques principales peuvent être définies,
en fonction de la position que ces crustacés parasites occupent sur les poissons hôtes (Tril¬
les, 1968). On distingue ainsi des Cymothoadiens buccaux, branchiaux et de surface.
En rapport avec les particularités biologiques qui leurs sont propres, les espèces appar¬
tenant respectivement à ces trois groupes écologiques vont présenter entre elles un certain
nombre de caractères distinctifs (pigmentation, ornementation, forme générale du corps,
etc.) (Trilles, 1968). Dans une publication précédente (Lagarrigue et Trilles, 1969),
nous avons examiné en détail un de ces caractères ; ainsi, une étude comparée de l’impor¬
tance et de la calcification de la cuticule a montré qu’elles sont moindres chez les espèces
buccales.
Des observations analogues peuvent être effectuées si on étudie la structure des pléo¬
podes et celle des oostégites dans les différents groupes écologiques de Cymothoidae. Nous
exposons ici les résultats obtenus à partir de l’examen de l’ensemble des espèces françaises.
* Groupe d'Écophysiologie, Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, Université des Sciences et Techni¬
ques du Languedoc, 34000 Montpellier.
91, 6
1270
JEAN-PAUL TRILLES
I. ÉTUDE DES PLÉOPODES DES CYMOTHOIDAE
Historique
Les pléopodes des Cymothoidae n’ont fait l’objet que de très rares études. A notre
connaissance, on peut seulement relever les mentions suivantes :
— En 1841, Duvernoy et Lereboullet, dans un « Essai d’une monographie des
organes de la respiration de l’ordre des Crustacés Isopodes », indiquent quelques détails
succincts sur les pléopodes de plusieurs espèces L Cependant, dès cette époque, les auteurs
signalent l’existence de lames vésiculeuses plissées chez les Anilocres et les Nérociles.
— En 1897, Kimus précise de nombreux détails histologiques sur ces appendices
chez « Anilocra mediterranea » et « Cymothoa oestrum ? ».
D’autre part, à l’époque où ces deux études furent réalisées, les caractéristiques éco¬
logiques et biologiques des Cymothoidae étaient encore souvent ignorées. Leur hermaphro¬
disme protandre était même inconnu ou découvert depuis peu (Bullar, 1876 ; Mayer, 1879).
A la lumière des connaissances écologiques et biologiques actuellement acquises chez
ces animaux, nous avons donc repris cette étude ; les résultats obtenus mettent nettement
en évidence un cas typique de « convergence » entre les caractéristiques écologiques de
divers Cymothoidae et la structure de leurs pléopodes.
Structure des pléopodes et ses variations (fîg. 1-9)
Chez les Cymothoidae, les pléopodes sont du type recouvrant que l’on retrouve chez
la majorité des formes aquatiques d’Isopodes (Vandf.l, 1943). Chaque appendice comprend
un article basal (basipodite) et deux lames (antérieure et postérieure). Chez l’animal au
repos, la lame antérieure (exopodite) recouvre la lame postérieure (endopodite).
Mais chez les individus en phase sexuelle femelle et mâle, on observe une évolution
nette de la structure de certains de ces appendices, quand on passe des espèces buccales
aux parasites de surface.
Chez les Cymothoadiens buccaux, les cinq paires de pléopodes sont sensiblement iden¬
tiques. Ces appendices sont conformes au type général et présentent, s’insérant sur un basi¬
podite bien développé, deux lames foliacées (exopodite et endopodite).
Dans tous les cas, l’endopodite est de taille plus réduite et les dimensions respectives
des divers pléopodes diminuent du pléonite 1 au pléonite 5.
Sur le bord supéro-interne des endopodites, une courte excroissance foliacée fait sail¬
lie dans le plan de la lame correspondante, mais sans qu’il existe entre les deux éléments
de séparation nette.
Chez les espèces branchiales, on retrouve une structure globale des pléopodes assez
proche de celle des parasites buccaux.
1. « Nerocïla bivittata Edwards, Nerocila ajjinis Edwards, Anilocra mediterranea Leach, Cymothoa
oestrum Fabricius et Cymothoa parallela Otto ».
7 8 9
Fig. 1-9. — Structure des pléopodes chez les Cymothoidae.
1-4, pléopode 5 gauche chez les individus en phase sexuelle femelle des espèces : Emetha audouini (1)
et Meinertia parallela (2) (parasites buccaux), Mothocya epimerica (3) (parasite branchial), Anilocra phy-
sodes (4) (parasite de surface) ; 5-9, pléopodes 1 à 5 droits chez Nerocila orbignyi (parasite de surface).
91, 7
1272
JEAN-PAUL TRILLES
On observe également l’existence d’une petite excroissance foliacée sur le bord supéro-
interne des endopodites, mais elle est nettement plus individualisée et peut présenter des
plicatures ; son développement est également plus important et sa taille augmente d’ailleurs
des pléopodes 3 à 5.
Chez les Cymothoadiens de surface, alors que les pléopodes 1 et 2 sont conformes au type
général que l’on rencontre chez les espèces précédentes, de profondes modifications inter¬
viennent aux niveaux 3, 4 et 5.
Les endopodites correspondants montrent plusieurs plicatures profondes, d’ailleurs
plus nombreuses et plus importantes des pléopodes 3 à 5.
L’excroissance foliacée des lames endopodiales prend aussi un grand développement ;
sa structure est sacciforme, avec de nombreuses et profondes plicatures, dont le nombre
et l’importance augmentent des pléopodes 3 à 5.
Des coupes histologiques transversales montrent que ces processus sacciformes offrent
des aspects variés et que la structure plissée des lames endopodiales correspond à des replis
plus ou moins accusés affectant simultanément les deux faces de l’endopodite. Il est évi¬
dent que les surfaces de contact avec le milieu ambiant sont ainsi nettement accrues.
Au contraire, chez les pulli et quelle que soit la catégorie écologique concernée, les
pléopodes sont toujours étroitement conformes au type général, avec simplement une orne¬
mentation de soies ou d’épines.
Conclusions
Chez les Cymothoadiens adultes, l’étude des organes de la respiration permet donc
de différencier deux cas distincts :
— Celui des parasites qui possèdent des pléopodes en lames simples, typiques. Ils corres¬
pondent aux espèces buccales et branchiales.
-— Celui des Cymothoidae dont les pléopodes 3, 4 et 5 présentent une structure très parti¬
culière. C’est, le cas des parasites de surface.
Peut-on expliquer cette évolution ?
Kimus (1897), chez « Anilocra mediterranea » a remarqué que la taille des pléopodes
diminue de la première à la cinquième paire. Il en conclut alors à l’existence d’une relation
entre cette diminution de taille et la présence de plicatures sur les lames endopodiales
postérieures. Mais il s’avère que cette conception, peut-être acceptable à l’examen d’une
seule espèce bien définie, ne l’est absolument plus si on compare divers représentants de
la famille.
D’ailleurs, en 1925, Remy fait observer que si l’on compare les organes de la respi¬
ration dans les différentes familles d’Isopodes, on note une très grande variabilité à la
fois structurale et fonctionnelle, et que « les causes de la plupart de ces variations échap¬
pent ».
Chez les Cymothoidae, il semble que l’explication de ces variations doit être recher¬
chée dans les caractéristiques écologiques des espèces ; elles paraissent correspondre en effet
à des « convergences » en rapport avec des modes de vie particuliers. Ainsi :
— chez les parasites buccaux, la perte rapide des possibilités de nage et de migrations
PLÉOPODES ET OOSTÉGITES CHEZ LES CYMOTHOIDAE
1273
actives doit permettre une évolution uniforme de tous les pléopodes en organes prin¬
cipalement respiratoires ;
— chez les parasites de surface au contraire, les possibilités de nage se maintiennent long¬
temps (et même durant toute l’existence chez certaines espèces). Chez ces animaux,
les pléopodes sont alors répartis en deux groupes : ceux des deux premières paires
concourent, mais pour une faible part, aux phénomènes d’hématose, alors qu’ils con¬
servent intacte leur fonction natatoire ; au contraire, les pléopodes 3, 4 et 5 sont prin¬
cipalement des organes de la respiration.
il s’agit là d’une des raisons essentielles qui permettent semble-t-il de rendre compte
de l’existence de variations structurales au niveau des pléopodes des Cymothoidae. Mais
il en existe certainement d’autres ; par exemple, les différences que nous avons mises en
évidence dans le revêtement cuticulaire (Lacarrigue et Trilles, 1969) doivent également
pouvoir être invoquées.
II. ÉTUDE DES OOSTÉGITES DES CYMOTHOIDAE
Historique
Une fois pondus, les œufs sont maintenus dans un marsupium souvent très proéminent
du côté sternal. Il est constitué par cinq paires d’oostégites 1 (ou lamelles incubatrices).
Chez les Isopodes, le développement de ces appendices a été successivement étudié
par divers auteurs ; nous pouvons par exemple relever les travaux de Leichmann (1891),
Van Emden (1922), Patane (1936) et. Balesdent-Mahquet (1964). Chez les Cymothoidae
au contraire, les recherches précises sur ce sujet sont plus rares et les résultats d’ailleurs
contradictoires : les lamelles incubatrices sont-elles portées par les cinq premiers péréio-
nites libres (Montalknti, 1941) ou par les quatre premiers et le sixième (Legrand, 1952 ;
Roman, 1970) ?
Chez ces animaux, l’étude des « convergences » éventuelles existant entre la structure
du marsupium et l’écologie des diverses espèces nous a donc conduit à considérer égale¬
ment les modalités du développement des oostégites dans ses rapports avec la métamérisa¬
tion.
Développement général des oostégites (fig. 10-12)
Alors que les ébauches des oostégites ne sont pas encore visibles, la face sternale des
animaux présente des renforcements cuticulaires disposés métamériquement. Ces « pièces
sternales », qui correspondent certainement à des prosternites (Vandel, 1944), permet¬
tent de suivre le développement des lamelles incubatrices en fonction de la métamérisa¬
tion, car on peut ainsi délimiter avec précision l’espace sternal des divers péréionites.
1. Les oostégites représentent vraisemblablement les épipodites des péréiopodes qui auraient subi
une rotation de 180° (Vandel, 1925).
1274
JEAN-PAUL TRILLES
Bien avant la mue parturielle qui libérera les oostégites, les ébauches de ces dernières
sont visibles à travers la cuticule sternale sous forme de replis de l’épiderme des stérilités
correspondants ; celles de la cinquième paire apparaissent les premières et les suivantes
se différencient successivement d’arrière en avant. Au cours de leur évolution ultérieure,
ces ébauches restent toujours visibles et prennent un aspect foliacé avec de nombreuses
plicatures.
Dans ces conditions (possibilité de délimiter les divers stérilités et de suivre le déve¬
loppement des oostégites), il est aisé de se rendre compte que :
— les ébauches des lamelles incubatrices apparaissent au niveau des cinq premiers seg¬
ments péréiaux libres ;
— c’est de l’association pièces sternales -oostégites 1 et de leur développement coor¬
donné que résulte, au cours du développement ultérieur, la constitution des diverses
lamelles de la cavité incubatrice. Ce sont, en particulier, les pièces sternales qui consti¬
tuent l’armature des oostégites définitifs et qui permettent, par leur « articulation »
au niveau des pièces épimériennes et des tergites, des mouvements légers des lames
marsupiales.
Mais le développement des oostégites, dont nous venons de préciser les caractéris¬
tiques générales, offre des variantes sensibles suivant les lamelles marsupiales que l’on con¬
sidère.
Les oostégites 1 à 4 résultent de l’évolution coordonnée des ébauches des lamelles
proprement dites et des pièces sternales correspondantes. A chacune des lamelles incuba¬
trices ne correspond ainsi qu’une seule formation de soutien, celle qui dépend du sternite
qui lui a donné naissance.
Pour les oostégites de la cinquième paire, l’évolution est sensiblement différente. Au
cours de leur développement, les ébauches correspondantes se développent beaucoup vers la
partie distale du péréion. Elles viennent alors se relier aux pièces sternales dépendant du
sternite 5, et une armature antérieure est ainsi constituée ; mais elles s’associent également
aux pièces sternales 6, ce qui réalise une ossature médiane.
Structure des oostégites et des cavités incubatrices ; ses variations (fig. 13-17)
Chez les Cymothoidae, suivant la catégorie écologique à laquelle on s’adresse, les oosté¬
gites et les cavités incubatrices présentent des différences sensibles.
Chez les parasites buccaux, la caractéristique la plus importante est la fragilité du mar¬
supium ; les lames en sont minces et se disjoignent très facilement. Il semble que cela tient
principalement à la faiblesse de l’armature dérivant des pièces sternales, ces dernières
conservant une structure en bande étroite et un développement relativement faible.
A la partie distale du marsupium, les oostégites de la cinquième paire se recourbent
pour constituer une sorte de boucher postérieur auquel s’ajoute, dépendant de la face ster¬
nale du septième péréionite, un soulèvement très faible, mou et très peu différencié.
1. Il s’agit évidemment des ébauches des futures pièces sternales et des oostégites situés dans le même
plan.
Fig. 10-17. — Structure des oostégites et des cavités incubatrices chez les Cymothoidae.
10, Nerocila orbignyi (parasite de surface) : ébauches des oostégites, vue sternale ; 11, Anilocra phy-
sodes (parasite de surface) : ébauches des oostégites, vue sternale ; 12, Anilocra physodes (parasite de sur¬
face) : ébauche des oostégites avant leur association aux pièces sternales ; 13, Emetha audouini (parasite
buccal) : vue sternale de la moitié gauche du marsupium ; 14, Mothocya epimerica (parasite branchial) :
vue sternale de l’ensemble du marsupium ; 15, Nerocila orbignyi (parasite de surface) : vue sternale de la
moitié gauche du marsupium ; 16, Anilocra physodes (parasite de surface) : détail des pièces sternales au
niveau des oostégites 5 ; 17, Anilocra physodes (parasite de surface) : détail de la bordure postérieure du
marsupium, au niveau du péréionite 7 (moitié droite).
a, antennules et antennes ; ab, abdomen ; bl, bandelette latérale ; bp, bouclier postérieur ; ci, cavité
incubatrice ; eo, ébauche des oostégites ; mxp, maxillipèdes ; 0 5 , oostégite 5 ; pj à p 7 , péréiopodes 1 à 7 ;
pl, pléopodes ; ps, pièces sternales ; u, uropodes.
1276
JEAN-PAUL TRILLES
Chez les Cymuthocidiens branchiaux, les chambres incubatrices peuvent prendre, au cours
de la gestation, un développement énorme du côté ventral. Mais les lames en sont nette¬
ment plus jointives que dans le cas précédent et se recouvrent intimement d’avant en arrière ;
ceci est surtout attribuable à un développement plus important des oostégites en largeur,
mais également à une solidité légèrement accrue des armatures sternales.
Chez les Cymothoadiens de surface au contraire, l’évolution des oostégites est plus nette,
ceci afin d’assurer au marsupium une solidité convenable.
Les lames marsupiales sont plus rigides. Les pièces sternales se développent nette¬
ment, en particulier celles de la sixième paire qui prennent une forme triangulaire très carac¬
téristique.
Aux cinq paires d’oostégites, qui constituent le toit du marsupium, vient s’ajouter
une membrane chitinisée périphérique qui se développe le long des deux bords latéraux
du péréion. Elle relie les diverses lames d’un même côté, au niveau de leurs bases d’arti¬
culation, et ferme la cavité incubatrice vers l’arrière. Cette fermeture postérieure est d’ail¬
leurs maintenue par deux armatures rigides qui prennent leur origine à partir des pièces
sternales du sternite 7. Par conséquent, bien que les oostégites 5 soient en forme de lame
sensiblement horizontale, le marsupium est hermétiquement clos.
Conclusions
Chez les Cymothoidae, il paraît donc exister un certain « rapport » entre les caracté¬
ristiques écologiques des espèces et la structure des chambres marsupiales.
En effet, c’est aux parasites de surface, soumis aux perturbations mécaniques les plus
intenses, que correspondent les cavités incubatrices les plus solidement structurées. Les
Cymothoadiens buccaux, qui doivent craindre le moins l’intervention d’accidents méca¬
niques, possèdent au contraire des oostégites et des chambres incubatrices beaucoup plus
fragiles. Les parasites branchiaux occupent une position sensiblement intermédiaire.
De telles « convergences » ne sont pas pour surprendre car le marsupium assure l’aéra¬
tion des œufs durant leur développement, mais également une fonction de protection.
* *
Chez les Cymothoidae, l’étude des pléopodes et des cavités incubatrices permet de
mettre en évidence certaines « convergences » en rapport avec les caractéristiques écolo¬
giques des espèces.
C’est chez les parasites buccaux que l’on observe les cavités incubatrices les plus fra¬
giles ; d’autre part, ces animaux perdant rapidement leur possibilité de nage, leurs pléopodes
évoluent globalement en organes principalement respiratoires.
Les Cymothoadiens de surface possèdent des chambres marsupiales plus solidement
structurées ; souvent sujets à des migrations durant la phase sexuelle mâle, et conservant long¬
temps leurs possibilités de nage, leurs pléopodes se différencient en deux groupes : ceux
des deux premières paires conservent intactes leur fonction natatoire mais interviennent
peu dans la respiration ; les pléopodes 3, 4 et 5 sont au contraire surtout des organes
respiratoires.
PLÉOPODES ET OOSTÉGITES CHEZ LES CYMOTHOIDAE
1277
RÉFÉRENCES BIRLIOGRAPIIIQUES
Balesdent-Marquet, M. L., 1964. — Recherches sur la sexualité et le déterminisme des carac¬
tères sexuels A’Asellus aquaticus Linné (Crustacé, Isopode). Thèse, Nancy, 231 p.
Bullar, J. F., 1876. — The generative organs of the parasitic Isopoda. Anat. Physiol., Lond.,
11 : 118-128.
Duvernoy et Lereboullet, 1841. — Essai d’une monographie des organes de la respiration de
l’ordre des Crustacés Isopodes. Ann. Sci. nat., (2), 15, Zool. : 177-240, 6 pl.
Kimus, J., 1897. — Recherches sur les branchies des Crustacés. Cellule, 15 : 295-404, pl. I-VIII.
Lagarrigue, J. G., et J. P. Trilles, 1969. — Nouvelles recherches écologiques sur les Isopodes
Cymothoidae méditerranéens : I. — L’importance ; la calcification et les constituants orga¬
niques de la cuticule ; ses variations suivant les espèces. Vie Milieu, sér. A, 20 (1) : 117-
136.
Legrand, J.-J., 1952. — Contribution à l’étude expérimentale et statistique de la biologie A'Ani-
locra physodes L. Arch. Zool. exp. gén., 89 : 1-56.
Leichmann, G., 1891. — Beitrâge zur naturgeschichte der Isopoden. Biblthca. zool. III, Cassel,
10, 44 p.
— 1891. — Ueber die Brutpflege bei den Isopoden. Inaugural Dissertation zur Erlangung
der Doctorvürde des philosophischen. Facultat des Albertus Universitat zu Kônigsberg.
Mayer, P., 1879. — Carcinologische Mitteilungen. VI. Ueber den Hermaphroditismus bei einigen
Isopoden. Mitt. zool. Stn. Neapel, 1 : 165-179, pl. V.
Montalenti, G., 1941. — Studi sull’ermafroditismo dei Cimotoidi. I. Emetha audouinii (Milne.
Edwards) et Anilocra physodes (L.). Pubbl. Staz. zool. Napoli, 18 : 338-394.
Patane, L., 1936. — Prime ricerche sulla struttura degli oostegiti di Porcellio laevis (Latreille).
Bail. Zool., 7 : 161-165.
Remy, P., 1925. — Contribution à l’étude de l’appareil respiratoire et de la respiration chez quelques
Invertébrés. Thèse Doct., Nancy : 1-219, pl. VIII.
Roman, M.-L., 1970. — Contribution à l’étude de la biologie des Cymothoidae (Crustacés Iso¬
podes) de la baie de la Ciotat. Téthys, 2 (2) : 501-514.
Trilles, J.-P., 1968. — Recherches sur les Isopodes Cymothoidae des côtes Françaises. Volume I :
Bionomie et parasitisme : 1-307 ; Volume II : Biologie générale et sexualité : 308-793. Thèse
de Doctorat d’État, Montpellier, n° enregistrement CNRS AO 2305.
Vandel, A., 1925. — Recherches sur la sexualité chez les Isopodes. Les conditions naturelles
de la reproduction chez les Isopodes terrestres. Bull. Biol. Fr. Belg., 59 : 317-371.
— 1943. — Essai sur l’origine, l’évolution et la classification des Oniscoïdea (Isopodes ter¬
restres). Bull. Biol. Fr. Belg., suppl. 30, 136 p.
Van Emden, F., 1922. — Zur Kenntnis der Brutpflege von Asellus aquaticus nebst Bemerkungen
über die Brutpflege anderer Isopoden. Arch. Naturgesch., 88 : 91-133.
Manuscrit déposé le 17 décembre 1971.
Achevé d’imprimer le 30 mai 1973.
IMPRIMERIE NATIONALE
2 564 003 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.