BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 134
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11111111111111111 II ! 11111 II 11111111
PUBLICATION BIMESTRIELLE
MAI-JUIN 1973
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zoologie
98
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, ,1. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de T Domine — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-FIilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070 .
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 134, mai-juin 1973, Zoologie 98
SOMMAIRE
C. Bayssade-Dufour et M. Marteau. — Chétotaxie des cercaires de deux Trématodes
Echinostomatinae : Echinoparyphium aconiatum Dietz, 1909, et Moliniella
anceps (Molin, 1859). 691
C. Bayssade-Dufour. — Chétotaxie d’une cercaire de Trématode Cyathocotylidae
du groupe « tetis ». 705
C. Bayssade-Dufour et C. Lang. — Chétotaxie d’une cercaire de Renicolidae : Cer-
caria roscopita Stunkard, 1932. 713
134, 1
Chétotaxie des cercaires
de deux Trématodes Echinostomatinae :
Echinoparyphium aconiatum Dietz, 1909,
et Moliniella anceps (Molin, 1859)
par Christiane Bayssade-Dufour et Marie Marteau *
Résumé. — Les caractères chétotaxiques des cercaires d’ Echinoparyphium aconiatum et
Moliniella anceps sont décrits. Chez Echinoparyphium aconiatum, le nombre et la disposition des
papilles A[D sont semblables à ceux des cercaires A'Echinoparyphium dunni et A'Echinoparyphium
recurvatum. Ceci confirme les travaux de J. Richard sur la signification au niveau générique de
ce groupement papillaire, à l’intérieur de la sous-famille des Echinostomatinae. Chez Moliniella
anceps (seule espèce du genre dont la cercaire soit connue) le groupement AiD est d’un type parti¬
culier. Ainsi, à la suite de J. Richard, nous pouvons, au moyen de la chétotaxie des cercaires,
retrouver les divisions systématiques fondées sur la morphologie des adultes.
Abstract. — Chaetotaxy of the cercariae of two trematodes from the subfamily Echino¬
stomatinae : Echinoparyphium aconiatum Dietz, 1909, and Moliniella anceps (Molin, 1859).
The chaetotaxy of cercariae of Echinoparyphium aconiatum and Moliniella anceps is described.
In Echinoparyphium aconiatum, the number and arrangement of papillae AjD are like those of
cercariae of Echinoparyphium dunni and Echinoparyphium recurvatum. This confirms Richard’s
work on the generically significant grouping of papillae inside the subfamily Echinostomatinae.
In Moliniella anceps (only species of this genus where the cercariae is known) the grouping AiD
has a peculiar pattern. Thus, following J. Richard, we are able to recognize, with the aid of
the chaetotaxy of cercariae, the systematic divisions based upon the adults’ morphology.
Introduction
Le travail de J. Richard (1971) indique que la chétotaxie des cercaires d’Échinostomes
coïncide étroitement avec les divisions génériques fondées sur la morphologie des adultes.
Nous décrivons, dans cette note, la chétotaxie de deux cercaires, dont la morphologie
paraît suffisamment caractéristique pour que la détermination soit peu douteuse. L’une,
du genre Echinoparyphium, a une chétotaxie qui se rapproche de façon satisfaisante de celle
de deux espèces pour lesquelles cette chétotaxie est déjà connue (travaux de Lie, 1966, et
Richard, 1971). L’autre, du genre Moliniella a des éléments particuliers qui confirment
l’individualité de ce genre.
* M me Christiane Bayssade-Dufour, Laboratoire de Zoologie (Vers), Muséum national d’Histoire
naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.
M lle Marie Marteau, Faculté de Médecine, Laboratoire de Parasitologie et de Pathologie exotique, 44000
Liantes.
692
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET MARIE MARTEAU
Echinoparyphium aconiatum Dietz, 1909
A. — Description
1. Réclie et cercaire (fig. 1, A, B, C, D, E)
Hôte : Lymnaea stagnalis L.
Localité : lac de Grand Lieu à 25 km au sud-ouest de Nantes près de Passay en Loire-
Atlantique.
Date de récolte : 21 octobre 1971.
Description de la rédie
Les rédies sont logées dans l’hépatopancréas. Elles sont de couleur orangé vif. Leur
longueur totale varie de 1 à 3,5 mm et leur largeur de 0,3 à 0,4 mm ; le diamètre du pharynx
varie de 100 à 250 p. Le tube digestif est court. Le pore de naissance se trouve au niveau
du collier antérieur. L’extrémité postérieure est généralement terminée par un petit mucron.
Chaque rédie contient 2 à 6 cercaires mûres.
Description de la cercaire
Dimensions : longueur du corps : environ 600 p (entre 400 et 800 p) ; largeur : 275 p
(entre 200 et 350 p) ; longueur de la queue : 600 p (entre 400 et 800 p) ; largeur mesurée
à la base : 125 p.
La tête porte 37 épines disposées sur deux rangées ; la longueur des quatre épines
angulaires et de l’épine impaire centrale varie entre 19 et 23 p ; celle des autres épines varie
entre 13 et 16 p.
Le système excréteur possède de nombreuses cellules flammes qui peuvent se répartir
en quatre groupes : un premier groupe, se jetant dans un même canalicule, est situé entre
la ventouse orale et l’acétabulum ; trois autres groupes, se jetant respectivement dans 3
canalicules différents, sont situés entre l’acétabulum et la partie postérieure du corps.
Les flammes vibratiles n’ont pu être dénombrées avec certitude. Nous pensons en
avoir vu 47 par hémicorps.
2. Métacercaire
Matériel : L’enkystement s’observe au niveau du poumon du premier hôte. La dissec¬
tion de ce mollusque a fourni de jeunes métacercaires ayant environ 10 jours.
Une jeune Physa acuta Draparnaud élevée depuis l’œuf au laboratoire à l’abri de toute
contamination parasitaire a, le 28 octobre 1971, été mise au contact de la Lymnea stagna¬
lis émettrice de cercaires d’Echinoparyphium aconiatum. Sacrifiée 47 jours plus tard, elle
contenait 16 métacercaires d’Echinoparyphium aconiatum.
Description
Les kystes récoltés chez Physa sont sphériques ; ils ont un diamètre moyen de 310 p ;
leur paroi est constituée de deux assises ayant chacune environ 10 p ; la longueur des épines
NAE
693
694
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET MARIE MARTEAU
orales est de 33 à 36 (A, celle des épines aborales 39 à 42 p, et celles des épines angulaires
44 à 46 p. La longueur du corps est d’environ 800 p, sa largeur au niveau de l’acétabulum
250 p, le diamètre de la ventouse orale 80 p, celui de l’acétabulum 130 p.
Discussion
Les proportions respectives de la cercaire, le nombre et la taille de ses épines cépha¬
liques, l’aspect général de l’appareil excréteur, les dimensions des rédies, leur forme et leur
couleur, l’aspect de la métacercaire, l’hôte, fournissent de nombreux caractères suffisamment
précis pour qu’il soit possible d’identifier notre espèce à Echinoparyphium aconiatum Dietz,
1909, dont la cercaire et la métacercaire ont été décrites par Riech (1927), Dubois (1928),
Alisauskaité-Kiseliene (1961), Odening (1962), Zdârskâ (1966).
B. — Chétotaxie
1. Remarques préliminaires
La nomenclature est celle de J. Richard (1968a et 1971). De très légères modifications
ont été apportées à l’interprétation des groupements papillaires céphaliques et caudaux.
— Le 3 e cycle céphalique des Échinostomes de J. Richard est composé de deux aligne¬
ments de papilles : Cjjj interne et C ln externe. Nous préférons appeler C IV l’alignement
le plus externe, car, bien qu’il fasse partie des cycles céphaliques, cet alignement est
distinct et nettement éloigné de l’alignement C ni interne. D’ailleurs, J. Richard admet
la présence de 4 cycles céphaliques Cj, Cu, C ln , C IV pour trois cercaires de Schistoso¬
mes.
— Les papilles dorso-caudales des Echinostomatinae de J. Richard sont divisées en grou¬
pes x et y. Les papilles ventrales peu nombreuses ou absentes n’ont aucune appellation
spéciale. En revanche, chez les cercaires ici décrites, les papilles ventrales sont relative¬
ment nombreuses et réparties à deux niveaux, l’un proximal, l’autre distal. Nous appel¬
lerons « a » le groupement papillaire ventral proximal et « b » le groupement ventral
distal.
— Enfin nous préférons décrire isolément les récepteurs à bulbe cilié composé mais en men¬
tionnant bien sûr leur position par rapport aux cycles de papilles simples.
2. Description
a) Papilles de la région céphalique (fig. 2, A, B, C)
Bouche :
Cj = (1 CjV) -(- (1 CjL dans l’entonnoir buccal) -j- (3 CjL) ;
Cu = (1 C„l) + (2 C n 2) -f- (5 C n 3) ;
Cm = (2 C m l) + (1 C nI 2) -+- (3 C in 3) ;
Civ = (2 C IV 1) -f- (2 C IV 2) -f- (2 C IV 3) + (3 C IV 4).
696
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET MARIE MARTEAU
Stylet : St = 10 à 11 Stl + 10 à 11 St2 + 4 St DL + 1 St L.
Récepteurs à bulbe composé de la région céphalique : 2 + 1 récepteurs sont situés entre
C IV et AiL ; 5 récepteurs sont situés entre Stl et St2 ; 5 récepteurs sont situés entre St2
et StDL ; 2 récepteurs sont situés entre St2 et AjD.
b) Papilles corporelles (fig. 3, A, B, C)
Papilles latérales : entre les niveaux Aj et A nl , 20 à 25 papilles ; entre A ln et M, 15
à 17 papilles ; P = 1 P n L.
Récepteurs à bulbe composé latéraux : 3 récepteurs au niveau A nl .
Papilles ventrales et dorsales :
Aj = (2 —)— 2 Aj\) (3 + 5 + 3 AjD) ;
An = (3 A n V) (3+1 A n D) ;
Am = (1 A m V) (2 A, n D) ;
M = (1 MV) (1 MD) ;
Pi = (1 PjV) ;
Pu = (2 P„V).
c) Papilles acétabulaires
S = 1 Sj + 3 S n + 2 Sjjj.
d) Papilles caudales (fig. 3, B, C)
Papilles dorsales : UD = x + y+ l;x=18à25 papilles serrées, le plus souvent 22
papilles ; y = 18 à 25 papilles moins densément réparties, le plus souvent 22 papilles.
La papille isolée 1 se trouve près de l’extrémité postérieure de la queue.
Il semble que le nombre x soit toujours égal, ou du moins très peu différent du nombre y.
Papilles ventrales : UV = a + b;a = 2à3 papilles, le plus souvent 3 ; b = 7 à 12
papilles, le plus souvent 9.
Le pore excréteur est situé au bas du 1/3 antérieur de la queue.
Moliniella anceps (Molin, 1859)
A. — Description
1. Rédies et cercaire
Hôte : Lymnaea palustris Müller.
Localité : lac de Grand Lieu à 25 km au sud-ouest de Nantes en Loire-Atlantique.
Dates de récolte : 21 octobre 1971 et 20 janvier 1972.
CHETOTAXIE DES CERCAIRES DE DEUX ECHINOSTOMATINAE
697
Fig. 3. •— Chétotaxie de la cereaire A' Echinoparyphium aconatium.
A, papilles latérales du corps ; B, papilles dorsales du corps et de la queue ; C, papilles ventrales du corps
et de la queue.
Description des rédies (fig. 4, A, F)
Elles sont localisées surtout au niveau de l’hépatopancréas.
Il y en a de deux tailles :
— des petites dont la longueur varie entre 400 et 600 p et la largeur entre 100 et
200 p ; elles ont un collier antérieur bien marqué et deux apophyses postérieures très nettes ;
elles ne contiennent pas de cercaires ;
— des plus grandes de 1 000 à 2 200 p de long sur 400 à 500 p de large. Le collier anté-
134, 2
CHETOTAXIE DES CERCAIRES DE DEUX ECHINOSTOMATINAE
699
rieur et les deux apophyses sont beaucoup moins nets. Ces rédies contiennent 1 ou 2 cer-
caires mûres et des éléments immatures : jeunes cercaires et balles germinatives.
Le système excréteur des grandes rédies comprend de très nombreuses flammes vibra-
tiles situées dans les 2/3 postérieurs du corps ; elles semblent réparties en trois groupes,
chaque groupe étant constitué d’un grand nombre de flammes (supérieur à 30).
L’intestin est long et atteint les apophyses postérieures ; il est pigmenté en orangé
vif.
Description de la cercaire (fîg. 4, B, C, G)
Le mollusque récolté en janvier dans une eau très froide n’a émis de cercaires que 3
ou 4 jours après sa venue en laboratoire où la température est de 20°C.
La longueur du corps de la cercaire vivante est d’environ 1 000 p.. Mais il peut se con¬
tracter très fortement (il mesure alors 500 p) ou s’étirer jusqu’à 1 300 p. La largeur varie
en proportion inverse ; un animal contracté mesure 400 p, un animal étiré 130 p. La queue,
très plate, mesure en moyenne 1 100 p de long et 150 p de large à la base. Elle est pourvue,
sur toute sa longueur, de deux nageoires, une dorsale et une ventrale, chacune insérée
respectivement sur l’axe caudal médio-dorsal et sur l’axe caudal médio-ventral. Ces nageoires
sont étroites dans le tiers antérieur de leur longueur, plus large dans les deux tiers posté¬
rieurs.
Le diamètre de la ventouse orale est de 70 p et celui de la ventouse ventrale est de
120 à 130 p.
La couronne céphalique porte 35 épines sans différence notable de taille entre elles,
dont la longueur varie entre 13 et 16 p et la largeur entre 3 et 4 p.
Le système excréteur comprend quatre grands groupes de cellules flammes se jetant
dans quatre canalicules collecteurs (trois se trouvent à la partie postérieure du corps, et
un au-dessus de l’acétabulum). Le nombre de flammes n’a pu être déterminé avec certitude ;
nous croyons en avoir vu une cinquantaine par hémicorps. Le canal collecteur principal
est muni dans toute sa partie ascendante de très nombreux groupes de cils vibratiles intra-
tubulaires. Après la boucle antérieure, caractéristique des Échinostomes, le canal s’élargit
et possède de nombreuses granulations sphériques qui disparaissent avant le coude du
niveau acétabulaire. Le canal se jette dans la partie supérieure de la vessie.
Un appareil glandulaire complexe est visible sur ces cercaires de grande taille. Ce que
nous avons cru en voir est reporté sur l’hémicorps droit de notre schéma général.
2. Métacercaire (fig. 4, D, E, H)
Matériel : Un enkystement expérimental a été obtenu chez Lymnea stagnalis L. Un jeune
mollusque de cette espèce, élevé depuis l’œuf au laboratoire, a, le 28 octobre 1971, été mis
en présence de la Lymnea palustris émettrice de cercaires de Moliniella. Ce jeune mollusque
a été sacrifié 64 jours plus tard ; il contenait une quarantaine de métacercaires de Moli-
niella.
L’enkystement s’observe également chez le premier hôte. La Lymnea palustris hôte
des cercaires ici décrites est morte le 7 janvier 1972 ; elle contenait une quantité énorme de
métacercaires de Moliniella.
700
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET MARIE MARTEAU
Description
Les kystes trouvés chez Lymnea palustris ont un diamètre de 400 à 460 a ; leur paroi
a deux assises mesurant chacune 20 p. Longueur de la métacercaire dékystée 850 à 1 100 p ;
largeur 190 à 270 p ; ventouse orale 100 p de diamètre, ventouse ventrale 150 p. La cou¬
ronne céphalique est composée de 35 épines subrectangulaires ; leur longueur est comprise
entre 23 et 27 p ; la taille des épines ahorales est légèrement supérieure à celle des épines
orales. Outre ces épines céphaliques, la métacercaire porte, du cou jusqu’à la ventouse orale,
des rangées régulières d’épines cuticulaires dont la forme est celle d’un triangle tourné vers
l’acétabulum ; la hauteur de ces épines est d’environ 10 p, leur base de 7 à 9 p.
Les gonades sont le plus souvent discernables : deux testicules, accolés l’un à l’autre,
se trouvent au-dessus de la vessie dans le 1/4 postérieur du corps ; ils mesurent en moyenne
130 X 100 p ; ils sont surmontés de l’ovaire mesurant 100 X 75 p.
De l’appareil excréteur, on peut voir la vessie et les deux canaux collecteurs principaux ;
à partir de l’acétabulum et jusqu’à la ventouse orale, ces canaux portent, à droite et à gauche,
des rameaux symétriques terminés par des flammes vibratiles.
Discussion
Cette cercaire n’est pas difïérenciable de Cercaria laticaudata Riech, 1927, et Cercaria
echinostomi Dubois, 1928, redécrites par Wesenberg-Lund (1934). Ces deux cercaires ont
d’ailleurs été mises en synonymie par Hübner en 1939 qui les assimile hypothétiquement
à la forme larvaire de Molinellia anceps. Odening (1964) réalise le cycle expérimental
et confirme l’appartenance à ce genre.
Les métacercaires que nous avons obtenues sont identiques à celles de Moliniella anceps
dont Zdarskâ a décrit la morphogenèse en 1966.
B. — Chétotaxie
a) Papilles de la région céphalique (fig. 5, A, B, C)
Bouche :
Cj = (1 C r V dans l’entonnoir buccal) -(- (4 CjL) ;
Cn = (1 C„l) -f- (2 Cu2) + (5 à 7 C n 3) ;
Cm = (2 C in l) + (1 C ni 2) + (3 C ni 3) + (7 à 9 C UI 4) ;
Cj v = (2 C IV 1) + (2 C ïv 2) -f- (3 Ci V 3) + (7 C IV 4).
Nous n’avons pas de vues apicales dans nos imprégnations argentiques. En consé¬
quence, la description des soies du stylet et des récepteurs céphaliques à bulbe composé
est certainement incomplète. Dans notre meilleure préparation nous avons cru voir :
Stylet : St = (5 + 5 + 5 Stl) + (6 + 7 St2) -f (8 + 4 (StD + StDL)).
Récepteurs à bulbe composé : 2 récepteurs à bulbe composé sous les papilles C m l —
C m 2 ; 4 récepteurs dans le prolongement de C ni 4 ; 4 récepteurs, dont un plus grand, au
niveau de C IV 4 ; 3 récepteurs entre Stl et St2.
b) Papilles corporelles (fig. 5, D, E, F)
Papilles latérales : nombreuses, réparties entre les niveaux A t et M .
5 la cercair
illes latéral
la queue er
702
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET MARIE MARTEAU
Nous n’avons pas vu de récepteurs latéraux à bulbe composé.
Papilles ventrales et dorsales :
A t = (5 + 2 AVj) [(2 +2 + 2) + (1 + 3) A X D] ;
A„ = (1 A„V) (3 A„D) ;
Am = (1 A nI V) (2 A m D) ;
M = (1 MD) ;
Pi = (1 PjD) ;
Pii = (1 PhD) ;
Pm = (2 P m V).
c) Papilles acétabulaires
S = 1 S x + 3 S n -|- 2 S in .
d) Papilles caudales (fig. 5, G)
Papilles dorsales : UD = x -f y + 1 à intervalles presque nuis entre chaque groupe ;
x = 21 à 28 ; le plus souvent 23 papilles ; y = 26 à 29 ; le plus souvent 26 papilles.
Papilles ventrales : UV = a -f- b -f- 1, la papille 1 étant légèrement éloignée du groupe
b ; a = 3 papilles ; b = 5 à 8 papilles.
Le pore excréteur s’ouvre latéralement, à la hauteur du groupe « a ».
CONCLUSION
La confrontation du travail effectué sur ces deux cercaires avec les résultats de
J. Richard (1971) mettent à nouveau l’accent sur l’importance systématique que l’on
peut accorder à la chétotaxie.
J. Richard admet comme caractéristique de la famille des Echinostomatidae la dispo¬
sition Cï = (1 CïV) -f (3 ou 4 CjL), C„ = (1 C„l) + (2 C„2) + (5 à 7 C„3), et comme
caractéristique de la sous-famille des Echinostomatinae la disposition S = 1 S x -f 3 S n +
2 S ln , UD = x + y + 1 ; les deux cercaires ci-dessus décrites possèdent ces groupements
papillaires. J. Richard admet comme caractéristique du genre Echinoparyphium la dis¬
position A X D = 3 -|— 5 —(— n.
D’autres caractères chétotaxiques semblent aussi typiques de ce genre : ce sont AjV =
2, A n D = 3 + n, MD = 1, x = y (le nombre de papilles varie d’une espèce à l’autre, mais
l’égalité des valeurs numériques de x et de y persiste).
Deux caractères isolent l’espèce aconiatum ; ce sont C m 2 = 1 : il est égal à 2 chez
Echinoparyphium dunni et Echinoparyphium recurvatum, et le nombre de papilles ventrales
sur la queue : E. aconiatum possède 3 + 9 UV, E. dunni en possède une, E. recurvatum n’en
possède pas.
La chétotaxie de Moliniella anceps confirme l’individualité du genre. A X D = (2 + 2 +
2) -j- (1 + 3) est une formule bien distincte de celle des trois genres d’Echinostomatinae
déjà connus ; Moliniella possède aussi deux groupements papillaires que n’ont pas les trois
CHÉTOTAXIE DES CERCAIRES DE DEUX ECHINOSTOMATINAE
703
autres genres ; ce sont d’une part C ln 4 = 7 à 9 papilles et, d’autre part, les deux récepteurs
à bulbe composé situés au niveau C m l-C ln 2. En revanche, il n’a pas les récepteurs à bulbe
composé que possèdent au niveau A nl 4 Echinostoma, Echinoparyphium et Hypoderaeum
dingeri.
LISTE DES OUVRAGES CONSULTÉS
Alisauskaitf.-Kiseliene, V., 1961. — Developmental cycle of Echinoparyphium aconiatum
Dietz, 1909. Acta parasit. lith., 3 : 35-43 (en lithuanien, résumés en russe et en anglais).
Dubois, G., 1928. — Les cercaires de la région de Neuchâtel. Bull. Soc. Neuchâtel. Sc. Nat., 53 ,
177 p.
Hübner, F., 1939. — Über Echinostomum anceps (Molin, 1859) Dietz, 1909. Zool. Anz., 128 :
176-187.
Lie. K. J., 1966. — Studies on Echinostomatidae (Trematoda) in Malaya. — XIII. Integumentary
papillae on six species of Echinostome cercariae. — XIV. Body gland cells in cercariae
of Echinostoma audyi Lie and Umathevy, and E. lindoense Sandground and Bonne. J.
Parasit., 52 : 1041-1051.
Odening, K., 1962. — Bemerkungen zum Exkretionssystem dreier echinostomer Cercarien sowie
zur Identitât der Gattungen Neoacantho paryphium Yamaguti und Allopetasiger Yamaguti
(Trematoda, Echinostomatidae). Ztschr. Parasitkde., 21 : 521-534.
— 1964. — Die Entwicklungszyklen einiger Trematoden-arten des Blesshuhns Fulica a. atra
L. im Raum Berlin. Biol, fidsch., 2 (3) : 129-131.
Richard, J., 1968a. — La chétotaxie des cercaires. Valeur systématique. C. r. Acad. Sci., Paris,
266 : 371-374.
— 1971. — La chétotaxie des cercaires. Valeur systématique et phylétique. Mém. Mus.
Hist. nat., Paris, Sér. A, Zoologie, 67, 179 p.
Riech, F., 1927. — Beitrâge zur Kenntnis der Echinostomiden. 1. Der Lebenszyklus von Echino¬
paryphium aconiatum Dietz. 2. Cercaria laticaudata n. sp. Zentbl. Bakt. Parasit. Orig., 103 :
279-290.
Wesenberg-Lund, C., 1934. — Contributions to the development of the Trematoda Digenea.
Part. IL The biology of the fresh-water cercariae in Danish freshwaters. Mém. Acad. Royale
Sri. et Lettres de Danemark, Copenhague. Sect. Sci, 9 e sér. 5 (3), 223 p., 35 pl. 4 pl. micro-
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Zdàrskà, Z., 1966. — Morphogenese und Histochemie der Metazerkarien von Echinoparyphium
aconiatum Dietz, 1909 und Moliniella anceps (Molin, 1859). Folia parasit., Praha, 13 :
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Manuscrit déposé le 7 juin 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. mit., Paris,'3 e série, n° 134, mai-juin 1973,
Zoologie 98 : 691-703.
Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
Chétotaxie d’une cercaire de Trématode Cyathocotylidae
du groupe « tetis »
par Christiane Bayssade-Dufour *
Résumé. — Une cercaire de Cyathocotylidae du groupe « tetis » : Cercaria sp., parasite de
Bythinia tentaculata en Camargue, est décrite comme nouvelle. On compare la chétotaxie de cette
cercaire, de la cercaire de Holostephanus volgensis (Cyathocotylidae du même groupe) et de six
cercaires de Diplostomatidae déjà connues à cet égard. Cette comparaison permet de préciser les
caractères chétotaxiques communs et différentiels des deux familles.
Abstract. — Chaetotaxy of a cercaria from a Trematode of the Cyathocotylidae belonging
to the “ tetis ” group.
Cercaria sp., belonging to the “ tetis ” group of the Cyathocotylidae, parasite of Bythinia
tentaculata from Camargue (France) is described as new. The chaetotaxy of this cercaria is com-
pared with that of Holostephanus volgensis (Cyathocotylidae of the same group) and with that
of six cercariae of Diplostomatidae already known in this respect. Such a comparison leads to
précisé the common and dilferential chaetotaxic patterns of the two families.
Cercaria sp.
A. — Description
(Fig. 1, A et B)
Hôte : Bythinia tentaculata L.
Gîte : marais de Ligagneau, Camargue, Bouches-du-Rhône L
Date de récolte : 17 juin 1971.
La cercaire vivante est le plus souvent immobilisée verticalement dans l’eau, son corps
globuleux orienté vers le bas, le tronc caudal bien droit et les furcas largement étalées en haut.
Les dimensions mesurées sur deux spécimens vivants sont : longueur X largeur du
corps : 120 à 130 p X 85 à 110 p ; longueur X largeur du tronc caudal : 155 à 190 p X 30
à 50 p ; longueur X largeur d’une furca : 180 à 230 p X 35 à 40 p.
L’organe buccal antérieur est protrusible, recouvert d’épines longues et fines, densément
réparties, et il possède une étroite lumière remplie de granulations. Le corps porte des épines
dirigées vers l’arrière ; elles diffèrent des épines de l’organe buccal par une forme plus trapue,
une longueur et une densité moindre. Il n’y a pas d’acétabulum. Sur chaque hémicorps,
* Laboratoire de Zoologie (Vers), Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.
1. Nous devons à l’amabilité de M. H. Affner, ornithologiste à la Tour du Valat (Bouches-du-Rhône)
d’avoir pu pénétrer dans le marais de Ligagneau. Nous l’en remercions très vivement.
OOI
706
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR
Fig. 1. — A, morphologie générale d’une cercaire en vue ventrale ; B, position de repos ; C, vue ventrale
d’une cercaire imprégnée au nitrate d’argent, montrant les orifices des glandes cystogènes. L’ensemble
de ces orifices est représenté par un trait plein sur les figures D et E ; leur emplacement vu par trans¬
parence est représenté par un pointillé sur les figures F, G, H ; C, D, E, papilles ventrales du corps
de la cercaire ; F, G, H, papilles dorsales du corps de la cercaire.
CHÉTOTAXIE d’uNE CERCAIRE DE CYATHOCOTYLIDAE
707
un orifice de glande de pénétration s’ouvre dorsalement dans la région céphalique, cinq
orifices de glandes cystogènes s’ouvrent médio-ventralement au niveau de l’organe anté¬
rieur et dix-sept (seize à dix-huit) orifices semblables s’ouvrent ventro-latéralement sur
les bords du corps. La désignation de ces orifices glandulaires varie suivant les auteurs.
Nous adoptons ici celle que Fain (1953) a employé dans la description de deux cercaires
« tetis » : Cercaria shoutedeni et Cercaria kasenyi. La vessie et les canaux collecteurs ont la
disposition que l’on observe chez les Cyathocotylidae. La queue s’attache dans la région
postéro-dorsale du corps. Les furcas sont dans un plan perpendiculaire au plan du tronc
caudal.
Cette cercaire appartient de façon tout à fait caractéristique au groupe « tetis » défini
par Sewell (1922). Comme les autres cercaires « tetis », elle a une petite taille, un canal
collecteur médian court, un tronc caudal plus long que le corps et n’a ni acétabulum, ni
nageoire sur les furcas. Elle est morphologiquement proche de Cercaria indica XXXIII
Sewell, 1922, Cercaria balthica Szidat, 1933, Cercaria shoutedeni Fain, 1953, Cercaria ari-
formis Khan, 1962, mais ne semble identifiable à aucune d’entre elles. Cercaria indica
XXXIII, outre son éloignement géographique, vit dans un hôte différent, a un corps beau¬
coup plus effilé, et, selon Sewell, « is extremely active and swims rapidly ». La cercaire
ici décrite est le plus souvent immobile. Cercaria balthica et Cercaria shoutedeni ont des posi¬
tions de repos différentes de celles de notre cercaire et Cercaria shoutedeni possède quatorze
orifices latéraux de glandes cystogènes en forme de bâtonnets sinueux tandis que notre
cercaire en possède dix-sept de forme arrondie ou ovalaire. Cercaria ariformis a une taille
et une position de repos comparables à celles de la nôtre, mais ses furcas sont pourvues
de nageoires. La comparaison avec la cercaire de Holostephanus volgensis (Sudarikov,
1962) Vojtkova, 1966, dont L. Vojtkova (1970) a décrit la chétotaxie, ne permet pas,
non plus, l’identification. Une taille beaucoup plus grande, des épines céphaliques de forme
différente, des cæcums ondulés, des orifices latéraux de glandes cystogènes en nombre
moindre (sept à huit chez H. volgensis, dix-sept chez notre cercaire) sont autant d’éléments
qui différencient ces deux Cyathocotylidae.
Nous estimons donc que cette cercaire est nouvelle, mais nous préférons ne pas lui attri¬
buer de nom spécifique et la désignons comme Cercaria sp.
B. — Chétotaxie
1. Papilles céphaliques (fig. 2, a, b, c, d, e, f)
Cj = 5 C X V ;
Cjj = 3 C„V -f- 4 C n L 4 C n D ;
Cm = 2 C m V + 5 C m L -f 1 C m D.
2. Papilles corporelles (fig. 1, C, D, E, F, G, H)
Papilles latérales. Au nombre de 16 à 24, elles sont alignées régulièrement entre les
niveaux Aj et Pjj.
Papilles ventrales et dorsales. Ai = (5 AiV) -f- (5 AiD) ; An = (3 AnV) -f- (3 AnD) ;
A„i = (2 A m V) ; M = (1 MV) ; Pï = (2 P X V) + (1 P X D) ; P n = (1 P„V) + (1 P n D).
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR
O.GI.P
50 )J
lOO
2. — a, b, c, détail des papilles céphaliques ventrales et latérales ; d, e, f, détail des papilles cépha¬
liques dorsales ; g, papilles de la queue en vue ventrale ; h, papilles de la queue en vue dorsale ; i, schéma
montrant l’insertion des furcas sur le tronc caudal.
CHÉTOTAXIE d’uNE CERCAIRE DE CYATHOCOTYLIDAE
709
3. Papilles de la queue (fîg. 2, g, h)
Tronc caudal. Les papilles sont alignées sur 8 axes longitudinaux : 1 axe médio-ventral
portant 11 papilles ; 2 axes para-ventraux portant chacun 8 à 9 papilles ; 1 axe médio-
dorsal portant 6 papilles ; 2 axes para-dorsaux portant chacun 8 à 11 papilles ; 2 axes laté¬
raux portant chacun 2 papilles.
Furcas. Les papilles sont alignées sur deux axes longitudinaux, l’un médio-ventral,
l’autre médio-dorsal ; elles sont au nombre de 12 sur chacun d’eux, mais ce nombre peut
être augmenté par le dédoublement d’une ou de deux papilles.
Du fait de l’insertion des furcas dans un plan perpendiculaire au plan dorso-ventral
du tronc caudal et du corps, celles-ci vont se coucher, le plus souvent, soit à droite, soit à
gauche sous le poids de la lamelle. Les papilles médio-dorsales de chaque furca apparaîtront
alors, par exemple, sur la gauche de nos dessins, tandis que les papilles médio-ventrales
seront visibles sur la droite (fig. 2, g, h, i) ; en réalité, la symétrie bilatérale est tout à fait
normale.
C. — Informations systématiques fournies par la chétotaxie
Shigin (1968 et 1969) a décrit les sensilles de deux cercaires de Diplostomatidae :
Diplostomum {D.) distinctum et Diplostomurn (D.) gobiorum ; J. Richard (1971) a décrit
celles de quatre cercaires, dont deux sont déterminées : Diplostomum ( D .) spathaceum et
Diplostomum (T.) coniferum (Diplostomatidae) et deux sont indéterminées : Cercaria 1
et Cercaria 2, mais appartiennent vraisemblablement à la famille des Diplostomatidae.
L. Vojtkova (1970) a décrit les sensilles d’une cercaire de Cyathocotylidae : Holostephanus
oolgensis. Nous disposons donc, avec la cercaire « tetis » ici décrite, de huit représentants
de la superfamille des Strigeoïdea, dont quatre, et vraisemblablement six, appartiennent
à la famille des Diplostomatidae et deux à une famille très différente : celle des Cyatho¬
cotylidae.
1. Caractères communs aux Cyathocotylidae et aux Diplostomatidae
Ces huit cercaires ont toutes :
— des paquets de papilles aux niveaux CnL et CjnL ;
— leurs papilles du tronc caudal alignées selon huit axes longitudinaux : un axe médio-
ventral, deux axes para-ventraux, un axe médio-dorsal, deux axes para-dorsaux, deux axes
latéraux ;
— des papilles furcales alignées symétriquement de part et d’autre d’un plan dorso-
ventral ;
— une absence de papille aux niveaux C]D, AmD, PiiiD.
2. Caractères permettant de séparer les deux Cyathocotylidae des six Diplostomatidae
Nombre de papilles AjD. Chez les deux Cyathocotylidae, AiD = 5 papilles ; chez les
quatre Diplostomatidae déterminés AiD = 2 papilles ; chez Cercaria 1 et 2, AiD = 1 papille.
710
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR
Nombre de papilles AjV. Chez les deux Cyathocotylidae, AjV = 5 papilles ; chez les
six Diplostomatidae probables ou déterminés, AjV = 1 ou 2 papilles.
Nombre de papilles C n L. Chez les deux Cyathocotylidae, CuL = 4 papilles ; à l’excep¬
tion de Diplostomum (D .) gobiorum dont le dessin des papilles latérales est peut-être incom¬
plet, chez tous les autres Diplostomatidae, CnL est égal ou supérieur à 10 papilles.
Présence ou absence de papilles Aj;D. Les deux Cyathocotylidae observés n’ont pas de
papilles AiD médio-dorsale ; par contre, tous les Diplostomatidae à l’exception de Cercaria 1
en possèdent.
3. Caractères comparés de deux cercaires « letis »
Iiolostephanus vol gens is et la cercaire ici décrite :
— ont le même nombre de papilles AiV, AjiV, MV, PiV, PnV, AiD, PiD, PnD ;
— ont des papilles corporelles latérales en position et en nombre comparables ;
— n’ont pas de papille MD et de papille S (outre les absences de CiD, AniD et PniD
propres aux Cyathocotylidae et aux Diplostomatidae).
Holostephanus volgensis et notre cercaire diffèrent par :
— le nombre de papilles céphaliques : on compte 12 CiV chez H. volgensis, 5 chez
notre cercaire ;
— le nombre de papilles AjiiV : on compte 4 à 5 AmV chez II. volgensis, 2 AmV chez
notre cercaire ;
-— la présence d’une papille PniV chez H. volgensis ; notre cercaire en est dépourvue ;
— le no mbre de papilles latérales sur le tronc caudal ; on compte 12 à 15 paires de
papilles latérales chez H. volgensis, 2 paires chez notre cercaire ;
— le nombre de papilles dorsales et ventrales des furcas ; H. volgensis en possède
19 à 24 sur chaque axe ; notre cercaire en possède 11 à 14, le plus souvent 12.
4. Discussion
Si les caractères communs aux Cyathocotylidae et Diplostomatidae sont indiscuta¬
blement propres à l’une et l’autre famille, par contre, nous ne savons pas si les caractères
opposant les deux Cyathocotylidae aux six Diplostomatidae et en particulier les valeurs
numériques de papilles, recouvrent tous les Cyathocotylidae, ou les seuls Cyathocotylinae,
ou les seules cercaires du groupe « tetis » auquel Holostephanus volgensis et notre cercaire
appartiennent. Par ailleurs, nous ne les comparons pas à l’ensemble des Diplostomatidae
mais seulement à quelques représentants de la sous-famille des Diplostomatinae, parmi
lesquels quatre appartiennent à un même genre : le genre Diplostomum. Malgré ces impor¬
tantes restrictions, les différences opposant les représentants de ces deux familles nous
ont paru intéressantes à signaler car, d’une part, elles affectent précisément des groupements
papillaires dont la valeur systématique a été démontrée et utilisée par J. Richard (1971)
pour toutes les familles ou sous-familles dont elle a étudié la chétotaxie et, d’autre part,
les caractères chétotaxiques divisent les huit cercaires comparées en deux groupes très nets :
l’un appartenant à la famille des Cyathocotylidae, l’autre à celle des Diplostomatidae.
CHÉTOTAXIE D’UNE CERCAIRE DE CYATHOCOTYLIDAE
711
LISTE DES OUVRAGES CONSULTÉS
Fain, A., 1953. —- Contribution à l’étude des formes larvaires des Trématodes au Congo belge
et spécialement de la larve de Schistosoma mansoni. Mem. Inst. Royal Colon. Belge, sect. Sci.
Nat. et Méd., 22 (5) : 1-307.
Khan, D., 1962. — Studies on larval trematodes infecting freshwater snails in London (U.K.)
and some adjoining areas. Part VI. —- The cercariae of the “ vivax ” group and the life
history of Cercaria bushiensis n. sp. (= Cyathocotyle bushiensis n. sp.). J. Helminth., 36 :
67-94.
Richard, J., 1971. — La chétotaxie des cercaires. Valeur systématique et phylétique. Mém. Mus.
Jlist. nat., Paris, Sér. A, Zoologie, 67 , 179 p.
Sewell, R. B. S., 1922. — Cercariae indicae. Indian J. Med. Res., suppl. 10, 370 p.
Shigin, A. A., 1968. —- Contributions à la connaissance du cycle de développement et de la mor¬
phologie de la cercaire de Diplostomum indistinctum (Trematoda : Diplostomatidae). Trudy
GeVmint. Lab. Akad. Nauk. SS SR, Moscou, 19 : 208-227 (en russe).
— 1969. — Sur le cycle de développement et la validité spécifique de Diplostomum gobiorum
Shigin, 1965 (Trematoda : Diplostomatidae). Trudy GeVmint. Lab. Akad. Nauk SS SR,
Moscou , 20 : 176-190 (en russe).
Szidat, L., 1933. — Uber drei neue monostome Gabelschwanzcercarien der ostpreussischen Fauna.
Ztschr. Parasitkde, 5 : 443-459.
Vojtkovâ, L., 1970. — Entwicklungszyklus der Art Holostephanus volgensis (Sudarikov, 1962)
Vojtkovâ, 1966 (Trematoda, Cyathocotylidae). Folia facultatis scientiarum naturalium
universitatis purkynianae brunensis — biologia, 11 (8), 93 p. + 8 pl. microph.
Manuscrit déposé le 7 juin 1972.
Bull. Mus. natn. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 134, mai-juin 1973,
Zoologie 98 : 705-711.
Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
Chétotaxie d’une cercaire de Renicolidae :
Cercaria roscovita Stunkard, 1932
par Christiane Bayssade-Dufour et Catherine Lang *
Résumé. — L’identification de Cercaria 9 Richard, 1971, à Cercaria roscovita Stunkard,
1932, c’est-à-dire à la cercaire de Renicola roscovita (voir Werding, 1969) permet de définir la ché¬
totaxie du genre Renicola, dont le caractère le plus significatif est le groupement des papilles Cml
et Cni2. D’autres caractères (absence de papilles CnO, nombre de papille A[D supérieur à 4) con¬
firment l’appartenance des Renicolidae à la superfamille des Plagiorchioidea. La disposition des
papilles caudales suggère qu’ils représentent, au sein des Plagiorchioidea, avec les Microphallidae
et les Lecithodendriidac, un rameau évolutif particulier.
Abstract. — Chaetotaxy of a cercaria of the Renicolidae : Cercaria roscovita Stunkard, 1932.
From the identification of Cercaria 9 Richard, 1971, with Cercaria roscovita Stunkard, 1932,
i.e. the cercaria of Renicola roscovita (see Werding, 1969), it is possible to define the chaetotaxy
of the genus Renicola of which the most diagnostical pattern seems to be the grouping of the papillae
Cnil and Cin2. Other characteristics (absence of CnO papillae, more than four AjD papillae)
are in accordance with the Renicolidae belonging to the Plagiorchioidea superfamily. The dispo¬
sition of the caudal papillae leads to the hypothesis that, together with the Microphallidae and the
Lecithodendriidae, they represent a peculiar evolutionary branch of this superfamily.
Introduction
Les cercaires de la famille des Renicolidae sont identifiées avec certitude depuis les
travaux de Stunkard (1964) et de Werding (1969). Par voie expérimentale, ils obtiennent
chacun un Renicolidae à partir d’une xiphidiocercaire de Plagiorchioidea. Stunkard
obtient Renicola thaidus à partir d’une cercaire jusqu’alors inconnue et Werding obtient
Renicola roscovita à partir de Cercaria roscovita. Nous redécrivons ici cette dernière cercaire.
H ôte : Littorina saxatilis Olivi.
Localité : Roscofï, Finistère.
Date de récolte : mars 1972.
A. — Description du sporocyste et de la cercaire
(Fig. 1, A, A’, F)
La taille, la couleur, la localisation des sporocystes dans le mollusque, le nombre d’élé¬
ments qu’ils contiennent, toutes les caractéristiques morphologiques de notre cercaire,
* M me Christiane Bayssade-Dufour, Laboratoire de Zoologie (Vers), Muséum national a Histoire
naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.
M lle Catherine Lang, Laboratoire de Zoologie, Faculté des Sciences, 91400 Orsay.
714
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET CATHERINE LANG
et, en particulier, la forme et la taille du stylet, le point d’aboutissement des canaux collec¬
teurs principaux, dont Dollfus (1930) a souligné l’importance systématique, correspondent
exactement aux descriptions de Cercaria roscovita Stunkard, 1932, redécrite par James
(1969) et que Werding (1969) a identifiée à Renicola roscovita. Dans notre schéma général
de la cercaire, nous avons omis volontairement de dessiner certaines structures déjà con¬
nues, telles que les glandes de pénétration et leurs canaux ; en revanche, nous dessinons un
type glandulaire précédemment négligé, composé par hémicorps, de trois glandes situées
dans la moitié postérieure du corps, et dont les orifices, imprégnables au nitrate d’argent,
s’ouvrent à l’extérieur b
B. —• Chétotaxie
(Fig. 1, B, C, D, E,)
La chétotaxie de notre cercaire est absolument identique à celle d’une cercaire indéter¬
minée de J. Richard, 1971 : Cercaria 9. Il s’agit d’une cercaire placée dans la superfamille
des Plagiorchioidea ; elle présente un intérêt particulier du fait que, vivante, elle est extrê¬
mement proche de deux autres cercaires : Cercaria 7 Richard, 1971, et Cercaria 8 Richard,
1971, mais la chétotaxie des trois est nettement différente.
C. — Position systématique des Renicolidae vrais
d’après les données bibliographiques
Cercaria roscovita Stunkard, 1932, définie en 1969 par Werding comme une cercaire
de Renicolidae, a d’abord été décrite par Stunkard comme une cercaire probable de Pla-
giorchiidae. Une cercaire très voisine de Cercaria roscovita : Cercaria emasculans Pelseneer,
1906, redécrite par M. Lebour, 1914, a été attribuée hypothétiquement, par cet auteur,
à la famille des Microphallidae. Stunkard, 1964, après l’étude du cycle de Renicola thaidus,
place les Renicolidae près de la famille des Lecithodendriidae, dans la superfamille des
Plagiorchioidea.
D. — Position systématique des Renicolidae
d’après les données de la chétotaxie
La chétotaxie de Renicola roscovita confirme l’étude des cycles, apporte une preuve
nouvelle de la validité de la famille des Renicolidae, permet de différencier cette famille
de celle des Microphallidae et des Lecithodendriidae, mais souligne une parenté évidente avec
elles et confirme les opinions de Cable (1963) et de Stunkard (1964) : les Renicolidae appar¬
tiennent à la superfamille des Plagiorchioidea ; l’ordre des Renicolida, le sous-ordre des
Renicolata et la superfamille des Renicoloidea disparaissent.
1. M. Matricon-Gondran a entrepris l’étude histochimique de deux cercaires de Roscofî, morpho¬
logiquement très proches de la nôtre, parasites l’une de Patella vulgata, l’autre de Littorina nudis, et a trouvé
ce même type glandulaire, composé de trois éléments par hémicorps ; elle y a mis en évidence une protéine
basique dont le rôle n’est pas encore connu. Nous la remercions vivement de nous avoir communiqué ces
précisions.
CHÉTOTAXIE d’üNE CERCAIRE DE RENICOLIDAE
715
Du super-ordre des Epitheliocystidia La Rue, 1957, J. Richard (1971) a décrit la ché-
totaxie de deux superfamilles : celle des Plagiorchioidea et celle des Allocreadioidea. Nous
énumérerons les groupements papillaires caractéristiques, selon une valeur systématique
décroissante.
Papilles Cn : A l’exception de deux cercaires de Plagiorchiidae : Opisthioglyphe rastel-
lus et Plagiorchis momplei, tous les Plagiorchioidea ont un cycle Cn dépourvu de papille
O. Les Renicolidae sont de ce type. En revanche, tous les Allocreadioidea, excepté les
Gorgodera ont un cycle Cn pourvu d’une papille O.
Papilles A X D médio-dorsales : A l’exception des Lecithodendriidae et des Dicrocoeliidae
qui n’ont pas de papille A X D médio-dorsale, tous les Plagiorchioidea ont un nombre de AjD
égal ou supérieur à 4. Les Renicolidae sont de ce type. Les Allocreadioidea n’ont pas de
AjD médio-dorsale ou en ont seulement 2.
Les papilles Cn et AjD placent donc les Renicolidae dans la superfamille des Pla¬
giorchioidea.
Papilles U : Les Lecithodendriidae, les Microphallidae et les Renicolidae ont deux
papilles alignées transversalement dans la région postérieure de la queue ; les Dicrocoe¬
liidae n’ont pas de papille caudale ; tous les autres Plagiorchioidea ont deux papilles U D
alignées longitudinalement.
Les papilles U soulignent une parenté entre les Renicolidae, les Lecithodendriidae
et les Microphallidae.
Papilles Cl (présence ou absence) : A l’exception des Lecithodendriidae et des Micro¬
phallidae, tous les Plagiorchioidea ont un cycle Ci- Les Renicolidae ont un cycle Ci.
Les papilles Ci permettent de différencier les Renicolidae de l’ensemble Lecithoden¬
driidae — Microphallidae.
Nombre de papilles Ci et de papilles S : Le nombre de papilles Ci et S est peu différent,
chez les trois cercaires de Renicolidae décrites, du nombre trouvé chez un groupe un peu
atypique de deux Plagiorchiidae : Opisthioglyphe rastellus et Plagiorchis momplei.
Chez Cercaria 7, 8 et 9 :
Ci = 1 + 3 -f- 2 papilles ; S = 8 Si 4- 6 Su
Chez Opisthioglyphe rastellus et Plagiorchis momplei :
Ci = 1 -f- 4 -j- 2 papilles ; S = 9 Si -)— 6 Su.
Papilles Cm :
Cm = (1 Cml) d - (4 Cm2) -f- (2 Cm3) chez Cercaria 8 et 9 ;
Cm = (1 Cml) (4 Cm2) (7 Cm3) chez Cercaria 7.
Nous n’avons trouvé de formule comparable chez aucun autre Plagiorchioidea.
Les papilles (Cml) + (Cm2) seraient caractéristiques du genre Renicola.
en en
CHÉTOTAXIE ü’üNE CERCAIRE DE RENICOLIDAE
717
Conclusion
Stunkard (1971) relate qu’après la réussite des cycles par Stunkard (1964) et Wer-
ding (1969) et l’obtention de Renicolidae adultes chez Larus argentatus à partir d’une
xiphidiocercaire jusqu’alors inconnue mais proche de Cercaria roscovita (cycle de Stun¬
kard) et d’une xiphidiocercaire connue, Cercaria roscooita (cycle de Werding), d’autres
tentatives ont été faites avec Cercaria paroicaudata Stunkard et Shaw, 1931, que Wer¬
ding avait mise en synonymie avec Cercaria roscooita et Renicola thaidus ; or les expé¬
riences ont échoué : partant de Cercaria paroicaudata, aucun adulte ne s’est développé
chez Larus argentatus, et Stunkard (1971) pense que les cercaires de Renicola thaidus,
Renicola roscooita et Cercaria paroicaudala sont celles de trois espèces différentes.
Confirmant l’existence d’espèces morphologiquement peu difïérenciables, J. Richard
(1971) écrit au sujet de Cercaria 7,8 et 9 : « Si l’on fait abstraction de la chétotaxie, l’exa¬
men de nos préparations ne nous permet pas de séparer les trois lots... ». « Selon les méthodes
classiques, nous concluons à l’existence d’une seule espèce... ». « Les trois types se rencon¬
trent dans la même localité, chez la même espèce de mollusque, ruais chez des individus
différents. Un seul mollusque n’émet jamais qu’un seul des trois types... ». « 11 nous est donc
impossible de considérer ces différences comme des variations individuelles et nous sommes
amenés à supposer qu’il existe trois espèces... extrêmement proches mais distinctes ».
Si nous attribuons plus d’importance que ne l’a fait J. Richard au niveau d’abouche¬
ment des canaux collecteurs principaux dans la vessie, nous constatons que chez Cercaria
roscooita dessinée par Stunkard (1932), par James (1969), par Werding (1969) et par nous-
mêmes, les canaux s’abouchent au tiers antérieur du tronc commun de la vessie. En repre¬
nant les préparations de J. Richard, dans le cas où ce caractère est visible, la disposition
précédente se retrouve pour les préparations de Cercaria 9. Au contraire, sur Cercaria 8,
qui correspond au dessin donné par J. Richard (pl. 98, fig. D), les canaux s’abouchent à
l’angle formé par le tronc commun et les branches latérales de la vessie, et chez Cercaria 7 ,
ils semblent même un peu plus antérieurs. Nous pensons donc que notre cercaire est bien
Cercaria roscooita dont Werding a démontré qu’elle correspondait à Renicola roscooita.
Cercaria 7 et 8 J. Richard sont extrêmement proches et nous paraissent être celles d’autres
espèces de Renicolidae.
LISTE DES OUVRAGES CONSULTÉS
Cable, R. M., 1963. — Marine cercariae from Curaçao and Jamaïca. Ztschr. Parasitkde, 23 : 429-
469.
Dollfus, R. Ph., 1930. — Le point d’aboutissement des canaux collecteurs à la vessie chez les
Distomes ; son importance au point de vue systématique. Ann. Parasit. hum. conip., 8 (21 :
143-146.
James, B. L., 1969. — The digenea of the intertidal prosobranch Littorina saxatilis (Olivi). Z. f.
Zool. Systematik u. Eoolutionsforschung, 7 (4) : 273-316.
La Rue, G. R., 1957. — The classification of digenetic trematodes : a review and a new System.
Expi. Parasit., 6 : 306-344.
718
CHRISTIANE BAYSSADE-DUFOUR ET CATHERINE LANG
Lebour, M. V., 1914. — Sonie larval trematodes from Millport. Parasitology, 7 (1) : 1-11.
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Manuscrit déposé le 7 juin 1972.
Bull. Mus. nain. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 134, mai-juin 1973,
Zoologie 98 : 713-718.
Achevé d'imprimer le 31 Janvier 1974.
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Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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