MÉMOIRES
DU MUSÉUM
NATIONAL
D’HISTOIRE
NATURELLE
ZOOLOGIE
TOME 141
1988
Jean-Pierre HUGOT
Les Nématodes Syphaciinae,
parasites de Rongeurs
et de Lagomorphes
TAXONOMIE
ZOOGÉOGRAPHIE
ÉVOLUTION
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Directeur de la publication : Philippe Bouchet
Rédacteurs (Editors) : P. Bouchet, A. Dubois, C. Erard
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Les Mémoires du Muséum national d'Histoire natu¬
relle publient des travaux originaux majeurs (100
pages et plus) dans les domaines suivants : Zoologie
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(série C). Les auteurs sont invités, pour toutes les
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Source : MNHN, Paris
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L es Nématodes Syphaciinae, parasites
de Rongeurs et de Lagomorphes
TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
Source : MNHN, Paris
ISBN : 2-85653-157-1
ISSN : 0078-9747
©Éditions du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 1988.
Source : MNHN, Paris
Libd c
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
SÉRIE A
ZOOLOGIE
TOME 141
Jean-Pierre HUGOT
Muséum national d’Ilistoirc naturelle,
Laboratoire de Zoologie, Vers
CNRS l'RAiu
6i, rue Uutfon
Les Nématodes Syphaciinae, parasites
de Rongeurs et de Lagomorphes
0
TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
PARIS
1988
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Pages
RÉSUMÉ. 13
EXTENDED ABSTRACT. 15
INTRODUCTION . 21
GÉNÉRALITÉS. 23
ESPÈCES ÉTUDIÉES. 23
SYSTÉMATIQUE. 23
TERMINOLOGIE. 26
Anatomique. 26
Taxonomique . 26
BIOLOGIE. 27
Particularités des Oxyurida. 27
Cycle monoxène. 27
Alimentation microphage. 27
Haplodiploïdie. 27
Brièveté de la vie des mâles. 27
Conséquences sur l’évolution. 28
Spécialisations morphologiques. 28
Ponte agglomérée. 28
Stabilité du génome. 30
Insémination traumatique. 30
RELATIONS AVEC LES HÔTES. 31
Particularités du cycle et séclusion. 31
Stratégie de surinfestation . 31
Cæcotrophie et oxyurose. 31
Conséquences. 31
PRINCIPES DE L'ANALYSE MORPHOLOGIQUE . 32
Choix d’une méthode. 32
Discussion. 32
DESCRIPTION DE LA MÉTHODE. 33
Étude des caractères morphologiques. 33
Caractères utilisés. 33
Évolution des caractères morphologiques. 34
Source : MNHN, Paris
Taxonomie numérique et zoogéographie. 35
Programmes utilisés. 35
Rappels concernant l’analyse des données. 35
Utilisation du codage additif. 35
Définition des taxons . 36
Analyse cladistique. Évolution comparée des Syphaciinae et de
LEURS HÔTES. 36
Choix des caractères utilisés. 36
Construction des cladogrammes. 37
Évolution. 37
ÉTUDE DES CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES. 39
CARACTÈRES QUALITATIFS. 39
Caractères céphaliques. 39
Plateau céphalique. 39
Ouverture buccale et formations cuticulaires péribuccales . 39
Cavité buccale et dents œsophagiennes. 43
Renforcements chitinoïdes associés à la cuticule buccale. 43
Terminaisons nerveuses céphaliques. 43
ÉVOLUTION DES CARACTÈRES CÉPHALIQUES CHEZ LES SYPHACIINAE. 43
Différenciations cuticulaires. 45
Ailes latérales. 45
Ailes cervicales. 48
Plis céphaliques. 48
Autres différenciations. 48
Organes génitaux mâles. 48
Papilles génitales. 48
Ouverture cloacale. 52
Pointe caudale. 52
Ballasts. 52
Spiculé . 52
Gubernaculum. 52
Area rugosa. 52
Organes génitaux femelles. 60
Œufs. 60
CARACTÈRES QUANTITATIFS . 60
Caractères utilisés. 60
Longueur relative de l'œsophage . 60
Longueur relative de la pointe caudale chez les mâles. 63
Longueur relative du spiculé et du gubernaculum. 63
Rapport de la largeur à la longueur de l’œuf. 63
Listes des variables. 63
Mâles . 63
Femelles. 64
Source : MNHN, Paris
TAXONOMIE NUMÉRIQUE ET ZOOGÉOGRAPHIE . 65
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS. 65
Utilisation des indices cor et ctr. 65
Indice COR. 66
Indice CTR. 66
Tableaux . 66
Diagrammes. 71
RÉSULTATS DE L'ANALYSE DES DONNÉES. 71
Analyse du nuage des points «variables». 71
Définition de l'axe 1. 73
Définition de l’axe 2. 73
Analyse du nuage des points « espèces ». 76
Interprétation des résultats. 76
Classification ascendante hiérarchique. 77
LA TRIBU DES HILGERTIINI N. TR. 77
Le genre Hilgertia Quentin, 1973 . 77
Distribution. 77
Résultats de l'étude morphologique. 81
Paléogéographie des hôtes. 81
Discussion de la répartition. 82
Évolution. 82
Les genres Heteromyoxyuris Quentin, 1973 et Rauschtineria
Hugot, 1980 . 82
Distribution. 82
Résultats de l'étude morphologique. 83
Paléogéographie des hôtes. 83
Évolution. 83
Conclusions sur les Hilgertiini. 84
LA TRIBU DES PASSALURINI N. TR. 84
Le genre Passalurus Dujardin, 1845 . 84
Distribution. 84
Résultats de l'étude morphologique. 85
Paléogéographie des hôtes. 85
Discussion de la répartition. 85
Évolution. 85
Conclusions sur les Passalurini. 86
LA TRIBU DES ACANTHOXYURINI SCHULTZ, 1948 . 86
Distribution. 86
Le genre Acanthoxyurus Sandground, 1928 . 86
Le genre Idiuoxyuris n. gen. 86
Le genre Zenkoxyuris Quentin, 1974. 86
Le genre Petronema Hugot, 1983. 86
Source : MNHN, Paris
Résultats de l’étude morphologique. 87
Le genre Acanthoxyurus . 87
Le genre Petronema . 89
Les genres Zenkoxyuris et Idiuoxyuris . 89
Discussion des résultats de l’étude morphologique. %
Paléogéographie des hôtes . 90
Les Anomaluridae. 90
Les Thryonomyidae. 91
Discussion de la répartition du genre Acanthoxyurus . 92
Évolution. 93
Le genre Acanthoxyurus . 93
Les genres Zenkoxyuris et Idiuoxyuris . 93
Le genre Petronema . 93
Conclusions sur les Acanthoxyurini . 93
LA TRIBU DES PROTOZOOPHAGINI N. TR. 94
Distribution. 94
Le genre Protozoopliaga Travassos, 1923 . 94
Le genre Wellcomia Sambon, 1907 . 94
Le genre Helminthoxys Freitas, Lent & Almeida, 1937 . 95
Résultats de l’étude morphologique. 97
Les genres Protozoopliaga et Wellcomia . 97
Le genre Helminthoxys . 98
Discussion des résultats de l’étude morphologique. 99
Paléogéographie des hôtes . 99
Les Hystricognathes. 99
Les Hystricidae. 99
Les Erethizontidae. 99
Les Dinomyidae. 100
Les autres Caviomorpha. 100
Discussion de la répartition du genre Wellcomia . 100
Les parasites de Pedetidae. 100
Les parasites d’Hystricidae et d'Erethizontidae. 100
Le parasite de Dinomyidae. 101
Discussion de la répartition du genre Protozoophaga . 101
Discussion de la répartition du genre Helminthoxys . 101
Évolution. 102
Conclusions sur les Protozoophagini. 102
LA TRIBU DES SYPHACIINI RAILLIET. 1916. 102
Distribution. 102
Le genre Sypharista Quentin, 1970 . 102
Le genre Syphalineria Chabaud & Biocca, 1955 . 103
Source : MNHN, Paris
Le genre Syphabulea Gubanov, 1964 .
Le genre Syphacia Seurat, 1916.
Résultats de l’étude morphologique.
Les Syphaciini.
Le genre Sypharista .
Le genre Syphatineria .
Le genre Syphabulea .
Le genre Syphacia .
Paléogéographie des hôtes .
Les Sciuroidea.
Les Muroidea.
Les Cricetidae.
Les Nesomyidae.
Les Arvicolidae.
Les Muridae.
Discussion de la répartition et évolution
Le genre Sypharista .
Le genre Syphatineria .
Le genre Syphabulea .
Le genre Syphacia .
Discussion de l’origine des Syphaciini.
Conclusions sur les Syphaciini.
109
109
I 10
no
112
113
113
113
114
114
115
115
115
115
115
116
116
116
116
117
118
118
ANALYSE CLADISTIQUE. ÉVOLUTION COMPARÉE DES SYPHA-
CIINAE ET DE LEURS HÔTES . 119
HYPOTHÈSES PHYLOGÉNÉTIQUES. 119
ANALYSE CLADISTIQUE. 119
Construction des cladogrammes. 1,9
Représentation des caractères . U 9
Représentation des taxons. 121
Description des cladogrammes. I2 *
Cladogrammes A, B et C. 121
Cladogramme .. *21
Cladogramme .. *21
HYPOTHÈSES CONCERNANT L'ÉVOLUTION DES RONGEURS ET DES LAGO-
MORPHES. *23
Le concept de Glires. *23
Bases morphologiques de la classification infra-ordinale. 124
Origine et dispersion des Rongeurs. 124
Les Ischyromyoidea. *24
Les Ctenodactyloidea. 124
Les Hystricognathes. 125
Récapitulation des principales hypothèses. 126
Source : MNHN, Paris
ÉVOLUTION COMPARÉE DES HÔTES ET DES PARASITES. 126
Construction des dendrogrammes. 126
Discussion. 127
Concordances entre les dendrogrammes n u 2 et n° 3. 127
Discordances entre les dendrogrammes n° 2 et n° 3. 127
CHRONOLOGIE. 129
Paléocène. 129
ÉOCÈNE. 129
Éocène inférieur. 129
Éocène supérieur . 130
Oligocène . 130
Les Protozoophagini . 130
Les Syphaciini. 130
Les Acanthoxyurini. 130
Miocène . no
Le genre Syphacia . 130
Les genres Syphatineria et Syphabulea . 130
Pliocène à actuel. 131
CONCLUSION. 133
SYSTÉMATIQUE. 133
Modifications apportées à la classification ancienne. 133
Nouvelle classification. 133
PARTICULARITÉS ÉVOLUTIVES DES OXYURIDA SYPHACIINAE. 134
LES SYPHACIINAE «MARQUEURS» DE L'ÉVOLUTION. 135
Le cas des Glires. 135
Discussion du scénario n" I . 135
Discussion du scénario n” 2. 135
Conclusion. 136
Le cas des Hystricognathes. 136
Les Sciuroidea et les Muroidea. 137
CONCLUSION GÉNÉRALE. 137
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES . 139
INDEX SYSTÉMATIQUE. 145
ANNEXE. 149
Source : MNHN, Paris
RÉSUMÉ
HUGOT. J.-P., im.U.18. LES NÉMATODES
SYPHACIINAE. PARASITES DE RONGEURS ET
DE LAGOMORPHES. Taxonomie. Zoogéographie.
Évolution. Mém. Mus. nain. Hisi. nui.. (A). 141 :
1-153. Paris. ISBN 2-85653-157-1.
La classification des Syphaciinae. Nématodes Oxyu-
rida parasites spécifiques de Rongeurs et de Lago-
morphes. est révisée en prenant pour base l'étude
morphologique de cent-une espèces décrites ou redé¬
crites dans une série de travaux préliminaires. Deux
méthodes sont utilisées successivement : la méthode
statistique, qui permet de construire des classifications
dites « phénétiques ». et la méthode cladistique qui
permet de construire des classifications dites «phy¬
logénétiques ». La nouvelle classification proposée est
basée principalement sur les résultats de l'étude mor¬
phologique. mais cherche à intégrer les informations
disponibles concernant la biologie, la biogéographie et
l'histoire évolutive des hôtes.
Les résultats de l'analyse phénétique. confirmés
par l'étude détaillée des facteurs zoogéographiques :
I". permettent de regrouper les espèces étudiées en
quinze genres eux-mêmes rassemblés dans cinq tribus :
2". montrent : (i) que les subdivisions systémati¬
ques ainsi définies correspondent à autant de petites
lignées évolutives ayant développé des dispositions
anatomiques homologues à partir des mêmes structures
primitives. (ii) qu'à chacune de ces petites lignées
correspond un groupe d'hôtes particulier. (iii) que
la répartition actuelle de ces parasites chez leurs hôtes
spécifiques peut dans la plupart des cas être interprétée
comme le résultat d'une longue co-évolution.
Les résultats de l'analyse cladistique confirment
ceux de l'analyse phénétique et permettent de consi¬
dérer comme probables les propositions suivantes :
1". les Syphaciinae pris dans leur ensemble peuvent
être interprétés comme un groupe monophylétique :
2". chacune des principales subdivisions de la sous-
lamille peut également être interprétée comme un
groupe monophylétique ; 3". l'apparition et la
différenciation des Syphaciinae ont pu être contempo¬
raines de la radiation et de la dispersion de leurs hôtes
spécifiques.
Les corrélations particulièrement étroites que I on
peut mettre en évidence entre l'évolution des Sypha¬
ciinae et celle des Mammifères qui les hébergent
permettent d'essayer d'utiliser ces parasites comme des
témoins ou des « marqueurs » de l'histoire de leurs
hôtes et. en particulier, d'apporter ainsi des argu¬
ments : I", à l'hypothèse de la monophylie des
Glires (Rongeurs + Lagomorphes) : — 2". à l’hypo¬
thèse de la monophylie des Rongeurs Hystricognathes
(Phiomorpha + Caviomorpha).
Modifications de la classification :
1 , les quatre genres qui constituaient la sous-famille
sont rassemblés dans la tribu des Syphaciini Railliet.
1916 : genre type. Syphacia Seurat. 1916; autres
genres : Sypliarisla Quentin. 1970 — Syphatineria
Chabaud & Biocca. 1955 Srphabulea Gubanov.
1964.
2". onze autres genres sont inclus dans la sous-famille
et distribués dans quatre tribus :
- les Hilgertiini n. tr. : genre type. Hilgerlia Quentin.
1973 ; autres genres : Hcteromyoxyuris Quentin.
1973 — Rauschtineria Hugot. 1980.
les Passalurini n. tr. : genre type. Passalurus
Dujardin. 1845.
les Acanthoxyurini Schulz. 1948 : genre type.
Acanthoxyurus Sandground. 1928 : autres genres :
fdiuoxyuris n. gen. — Zenkoxyuris Quentin, 1974
Petronenm Hugot. 1983.
les Protozoophagini n. tr. : genre type. Protozoo-
phaga Travassos. 1923 ; autres genres : IVelIcomia
Sambon. 1907 Helminihoxys Freitas. Lent &
Almeida. 1937.
3". le genre Oclodonthoxys Quentin. Courtin & Fonte-
cilla. 1975 est mis en synonymie avec le genre
Helminihoxys Freitas. Lent & Almeida. 1937.
4". le sous-genre Petronema Hugot. 1983 est retiré du
genre Acanthoxyurus Sandground. 1928.
5”. le genre Idiuoxyuris n. gen. est créé : espèce type
Idiuoxyuris quentini Hugot. 1982 b [= Zenkoxyuris
quentini Hugot. 1982 b].
6". deux nouveaux sous-genres sont créés dans le
genre Syphacia Seurat, 1916 ; le sous-genre Seura-
toxyuris n. s.g.. espèce type Syphacia puhangi Ow-
Yang. 1971 — le sous-genre Cricetoxyuris n. s.g..
espèce type Svpliacia okuensis Hugot & Quentin.
1985.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
EXTENDED ABSTRACT
HL’GOT. J,P.. im.JI./K. LES KLM A TOOLS SYPHACIINAE. PARASITES DE RONGEE RS ET DE
LAGOMORPHES. Taxonomie. Zoogèographie. Évolution. Mèni. Mus. nam. Hist. ma.. (A). 141 : 1-153. Paris.
ISBN 3-85653-157-1.
The Syphaciinae ( Kematoda , Oxyuroidea ) parasitic on Rodents and Lagomorpha. Taxonomy. Zoogeography.
Evolution.
INTRODUCTION
Two different methods were used to analyze the
systcmatics of the Syphaciinae. a parasitic group of
pinworms spécifie of the Rodents and Lagomorpha.
Numerical and cladistic methods were used to construct
both “ phenetic and " phylogenetie " classifications,
respectively.
The classification finally proposed is based on the
results of the morphological study of the parasites, but
also takes in considération ail available data concerning
the biology, the biogeography and the phylogeny of
the hosts. The Oxyurida hâve developed original
biologically distinctive features. Although tlieir cycle
is monoxenous, the passage of their larval stages
through the outside environment is sometimes so
much reduced that it may be regarded as potentially
non-existing. The resuit is thaï, during évolution, host
” captures " were rather less frequent than in other
parasitic groups. The Syphaciinae had a peculiar
success with their spécifie hosts : they are parasitic on
nineteen families and eighty gênera of the Rodentia
one Family and four généra of the Lagomorpha.
Paleonlological and paleogeographical data concern¬
ing these two host groups therefore provide some
relevant comparisons when one tries to interpret the
results of the morphological analysis of the parasites.
Vice versa evidence can occasionally bc oblained
through the analysis of the parasites to support
hypothesis concerning évolution of the hosts.
MATER1AL AND METHOD
One hundred and one species of pinw orms parasitic
on Rodents and Lagomorpha were studied. Morpho¬
logical characters were dividcd into " variables ", and
coded (using binary coding) according to the presence
(I). or absence (0). of altributes.
A “ phenetic " classification was first constructed
through a statistical évaluation of the similarity be-
tween the taxa for each character. using the statistical
programs of the Benzecri's data analysis (ADDAD
bookease). Successive trials with the Benzecri's data
analysis produced several patterns regrouping spccies
into classes (Benzecri's ascending hierarchical classifi¬
cation). Each class was associated with an assembly of
variables and the associations were studied using the
factor analysis.
Subsequently the validity of these groups of va¬
riables was tested by comparison with the results of a
phylogenetie interprétation of the évolution of the
morphological characters. and by comparison with the
zoogeographical factors (paleontology. geographical
distribution, systematic and ecology of the hosts). This
later phase resulted in the clustering of the fifteen
généra into five tribes.
A final analysis was conducled in order to study the
possible phylogenetie connections between the five
tribes. Several cladograms were built and compared
with the current hypothesis concerning the early
évolution of the Rodents and Lagomorpha.
RESULTS
I", the Syphaciinae considérée! as a monophylelic group.
The results of the detailed study of the morphologi¬
cal characteristics of the new systematic subdivisions,
suggest that they may fil within many small evolution-
ary lineages which developed homologous anatomical
features l'rom the same primitive structures. The
Syphaciinae are interpreted as a monophyletic group
from which evolutionary branches were successively
isolated in association with particular hosts groups.
Source : MNHN, Paris
16
JEAN-PIERRE HUGOT
T, chronohgy of évolution of ilie Syphaciinae.
An attempt was made to reconstruct the main
stages of thc évolution of the Syphaciinae in relation
to ail data concerning the paleogeography of their
hosts. When morphological study did not furnish
sufficient data to justify one hypothesis in preference
of another. it was admitted that very close relations
hâve existed between the Syphaciinae and their hosts
since the beginning of their respective radiations.
Paleocene. The Syphaciinae colonized the common
ancestors of the dira in Asia. Two principal
branches becamc apparent : One in the Lago-
morpha from which the Passalurini were derived. —
one which reulized a most impressivc diversification
within the Rodentia.
Louer Eocene. The Syphaciinae parasitic in rodents
began to disperse. Three main groups can be
distinguished : — a Southern-Thethysian group
from which the Protozoophagini parasitic on Hys-
tricognathous Rodents were derived. — a Northern-
Tethysian group from which the Syphaciini and thc
Acanthoxyurini differenciated and a few relictual
forms belonging to the Hilgertiini parasitic on the
Ctenodactylidae Rodents, — a Northern-American
group belonging to the Hilgertiini, with a few relict
forms remaining in the Sciuridae and Heteromyidae
Rodents.
Upper Eocene. The Protozoophagini evolved with the
Phiomorpha and reached Africa. The Syphaciini
began their différentiation with the Muroidea of
Asia. The Acanthoxyurini entered Africa with the
Anomaluroidea : a capture by a Phiomorpha led to
a small lineage still represented by the genus
Petronema.
Oligocène. During this period appeared most of
the présent généra which form three main groups .
The Protozoophagini présent in South America
in the Caviomorpha. The Syphaciini. which were
going to evolve concurrently in the Cricetidae and
the Sciuridae in Asia. Acanthoxyurini which
evolved in Africa with their spécifie hosts. the
Anomaluridae.
Miocene. Connections between Africa and Eurasia
were re-established and allowed two important
radiations of the Syphaciini : One with the
Muroidea invading the Paleartic and Ethiopian
régions and reaching Australia. another radiating
with thc Sciuridae in the arboreal forms both in the
Ethiopian and the Eastern régions.
Pliocène to présent. Two events stood out during this
period ; — the concurrent appearance of the Qua-
ternary glaciations and vicariances both in the
Syphaciini parasitic in Sciuridae in the Sunda
islands. and in the Acanthoxyurini parasitic in
Anomaluridae in the Ethiopian rain-forest. the
Crossing of the Bering strait by the Syphaciini
parasitic in Arvicolidae and Sciuridae.
SYSTEMATICS
SUB-FAM1LY SYPHACIINAE RA1LLIET, 1916
Tribe Syphaciini Railliet, 1916 - type genus : Sypha-
cia Seurat, 1916
genus Syphacia Seurat, 1916
* subgenus Syphacia Seurat, 1916
type species : S. obvelata (Rudolphi, 1802)
* subgenus Seuratoxyuris n.sg.
type species : S. pahangi Ow-Yang, 1971
* subgenus Cricetoxyuris n.sg.
type species : S. okuensis Hugot & Quentin. 1985
genus Syphatineria Chabaud & Biocca. 1955
* subgenus Syphatineria Chabaud & Biocca. 1955
type species : S. paUaryl (Seurat. 1915)
‘subgenus Africanoxys Hugot, 1981
type species : S. ailami (Quentin, 1971)
‘subgenus Quentenora Hugot, 1981
type species : S. fiunambuli (Johnson, 1967)
‘subgenus Orientoxys Hugot. 1981
type species : S. owyangi (Quentin & Krishna-
samy, 1975)
genus Sypharista Quentin. 1970
* subgenus Sypharista Quentin, 1970
type species : S. kamegaii Quentin, 1970
* subgenus Petauxyuris Hugot, 1985
type species : S. tridenlata Quentin & Krishna-
samy, 1975
‘subgenus Quentinema Hugot, 1985
type species : S. callosciuri (Quentin, 1977)
genus Syphabulea Gubanov, 1964
type species : 5. sobolevi Gubanov, 1964
Tribe Hilgertiini n. tr. — type genus : Hilgertia
Quentin, 1973
genus Hilgertia Quentin, 1973
type species : H. hilgerti (Seurat, 1915)
genus Heteromyoxyuris Quentin, 1973
type species : H. deserti( Read & Milleman, 1953)
genus Rauschtineria Hugot, 1980
type species : R. citelli (Tiner & Rausch, 1950)
Tribe Passalurini n. tr. — type genus : Passalurus
Dujardin. 1845
genus Passalurus Dujardin, 1845
type species : P. ambiguus (Rudolphi. 1819)
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
17
Tribe Acanthoxyurini Schulz. 1948 — type genus
Acanthoxyurus Sandground. 1928.
genus Acanthoxyurus Sandground, 1928
type species : A. anomaluri Sandground, 1928
genus Idiuoxyuris n. gen.
type species : I. quentini (Hugot, 1982)
genus Zenkoxyuris Quentin, 1974
type species : Z. mabokensis Quentin, 1974
genus Petronema Hugot, 1983
type species : P. shortridgei (Mônnig, 1931)
Tribe Protozoophagini n. tr. — type genus : Protozoo-
phaga Travassos. 1923
genus Protozoophaga Travassos, 1923
type species : P. obesa (Diesing. 1851)
genus Wetlcomia Sambon, 1907
type species : W. mit die Hi Sambon, 1907
genus Helminthoxys Freitas, Lent et Almeida, 1937
type species : H. caudalus Freitas, Lent & Al¬
meida. 1937
CONCLUSION
Distinctive features in tlie évolution oflhe Syphaciinae :
Evolutionary patterns observed among the Sypha¬
ciinae as well as in other groups of Phasmidian
Nematodes parasitic on Vertebrates :
The growth and diversification of a parasitic group
was associated with the colonization of free ecologi-
cal niches created during a period of rapid host
radiation or dispersai,
adaptation to the host did not produce evolutio¬
nary change (anagenetic évolution), or else. only by
simple and short ranged spéciations as isolations
happen in the host's populations (allopatric spécia¬
tion).
Evolutionary patterns not observed among other
Phasmidian groups :
— The host captures which elsewhere play a funda-
mental rôle, only weakly affected the évolution of
the Syphaciinae : in this sub-family the captures
were few and occurred in the same host family ; the
evolutionary change which resulted was of week
amplitude.
the distribution of the Syphaciinae among their
spécifie hosts appears closely related with the pattern
of the phylogeny of the hosts.
This originality in spéciation among the Sypha¬
ciinae is a resuit of particularities in their biological
cycle. Although these parasites are monoxenous. the
adaptation to hosts which acquired " caecotrophy "
(physiological reingestion of the caecal content), al-
lowed the infestive larvae to suppress. almost comple-
tely, their passage through the outside environment.
Meiliodologiccil choices.
The two methods which were successively used in
this study hâve their own advantages. disadvantages
and limitations. The very important congruence which
can be observed between the new classification obtained
here and the older classification, indicates that neither
réfutés the other. Rather. they can be viewed as two
essentiai and complementary approaches to the same
problem. In any case, they remain the two principal
tools available for the systematist, and because of their
unlikeness it seems désirable that both be used concur-
rently.
Whatever the properties of the different methods of
phenotypic analysis, the results appear frequently as a
multiplicity of arrangements, each of which is equally
probable from a logical view point, but contradicting
each other. Only a knowledge of biological mecha-
nisms can allow us to limit the range of the choices.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
« Filum ariadneum est Systema . sine quo chaos
est Historia naturalis » Linné, Philosophia Bota-
nica.
« J’ai toujours pensé que te secret de la forma¬
tion des espèces est dans leur morphologie, que les
formes animales sont un langage hiéroglyphique
dont on n’a pas la clef, et que l'explication du
passé est tout entière dans des faits que nous avons
sous les yeux, sans savoir les lire. Un jour viendra
où la zoologie sera historique, c'est-à-dire où, au
lieu de se borner à décrire la faune existante, elle
cherchera à découvrir comment cette faune est
arrivée à l’état où nous la voyons. U se peut que les
hypothèses de Darw in à ce sujet soient un jour
jugées insuffisantes ou inexactes, mais sans contre¬
dit, elles sont dans la voie de la grande explication
du monde et de la vraie philosophie ».
Ernest Renan : « Lettre à Monsieur Berthelot »
parue dans la Revue des Deux-Mondes le
15 octobre 1863.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
La révision de la classification des Sypha-
ciinae, un groupe d'Oxyuroidea parasites spéci¬
fiques de Rongeurs et de Lagomorphes, permet
d'utiliser parallèlement et de comparer les résul¬
tats obtenus à l’aide de chacune des deux
principales méthodes qui sont actuellement à la
disposition des systématiciens : la méthode statis¬
tique, qui permet de construire des classifications
dites « phénétiques », et la méthode cladistique
qui permet de construire des classifications dites
« phylogénétiques ». Chacune des deux méthodes
possède des limites qui lui sont propres et l'on a
cherché ici à les utiliser, en fonction des néces¬
sités imposées par la pratique, comme les étapes
successives et complémentaires de la même dé¬
marche : par conséquent sans a priori théorique.
La nouvelle classification proposée est basée
principalement sur les résultats de l'étude mor¬
phologique, mais cherche à intégrer les informa¬
tions disponibles concernant la biologie, la bio-
géographie et l'histoire évolutive des hôtes. En
effet les Oxyuroidea Syphaciinae ont développé
des particularités biologiques originales qui, bien
que leur cycle soit monoxène, rendent le passage
de leurs stades infestants dans le milieu extérieur
parfois si réduit qu'on peut le considérer comme
inexistant. Au cours de l'évolution de ces para¬
sites les phénomènes de capture étaient donc
moins probables que dans d'autres groupes et
l'on peut s'attendre à observer des corrélations
particulièrement étroites entre leur histoire et
celle de leurs hôtes. Les données paléontolo-
giques et paléogéographiques concernant les Ron¬
geurs et les Lagomorphes peuvent donc fournir
des éléments de comparaison lorsqu’on essaye
d'interpréter les résultats de l'étude morpholo¬
gique de leurs parasites en terme d'évolution.
Réciproquement on peut espérer, dans certains
cas, apporter grâce à l'étude des parasites des
arguments à l'appui de telle hypothèse encore
incertaine, concernant l’évolution de leurs hôtes.
Aussi avons-nous cherché également à définir les
relations phylétiques possibles entre les princi¬
pales subdivisions de la sous-famille lorsque l'on
considère celle-ci comme un groupe monophylé-
tique *. Les résultats obtenus ont ensuite été
comparés aux hypothèses actuelles concernant
l’évolution initiale des Rongeurs et des Lago¬
morphes.
Les documents relatifs à l'analyse des données,
qui ne peuvent être reproduits in extenso dans le
présent Mémoire en raison de leur volume, sont
déposés et peuvent être consultés au Laboratoire
de Zoologie (Vers). 61, rue Buffon, Paris 75231
cedex 05, où ils sont enregistrés sous le n° N 15 833.
La partie informatique de ce travail a été réalisée
au CIM (Centre Informatique du Muséum).
* Ici et dans tout ce qui suit ce terme est entendu au sens de Hennig. c'est-à-dire qu'un groupe est considéré comme
monophylctique s'il comprend l'espèce ancestrale de ce groupe et tous ses descendants.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GÉNÉRALITÉS
ESPÈCES ÉTUDIÉES
Nous avons retenu pour ce travail cent¬
ime espèces d'oxyures parasites de Rongeurs ou
de Lagomorphes. Dans leur très grande majorité
ces espèces ont été décrites ou redécrites dans
une série de travaux préliminaires dans lesquels
on trouvera les références des spécimens qui ont
été étudiés (voir Quentin & Quentin et al. :
1966 à 1975 et Hugot ou Hugot et al. : 1980 à
1985).
Sur le tableau 1 est donné pour chacune de ces
espèces : dans la première colonne un sigle de
quatre lettres qui sert à la désigner sur les figures,
les diagrammes et les tableaux. dans la
deuxième colonne son nom scientifique compte
tenu des modifications de la nomenclature intro¬
duites en conclusion au présent travail. — dans
la troisième colonne le nom scientifique de son
hôte principal, mis à jour selon Honacki et al.
(1982). dans la quatrième colonne la (ou les)
localité(s) géographique(s) où les hôtes et les
parasites ont été collectés.
Pour neuf de ces espèces, désignées dans le
tableau I par un astérisque, les spécimens de l'un
des sexes n'ont pu être décrits. Aucune de ces
espèces ne figure par conséquent dans les résul¬
tats de l'analyse des données pour laquelle nous
avons utilisé l'ensemble des caractères (mâles et
femelles). Il est toutefois tenu compte de ces
espèces dans la discussion des résultats. Enfin
une dizaine d'espèces appartenant très probable¬
ment aux Syphaciinae. mais dont les descriptions
sont insuffisantes et le matériel type inaccessible,
ont été écartées. Ces espèces sont signalées au
chapitre « Taxonomie numérique ». dans chacun
des paragraphes : distribution.
SYSTÉMATIQUE
Les Oxyuroidea sont des Nématodes Phasmi-
diens. Longtemps rattachés aux Ascaridida ils
sont maintenant classés dans un ordre particu¬
lier : les Oxyurida. On considère (Chabaud,
1974). que les Oxyurida se sont adaptés au
parasitisme très anciennement et directement à
partir des ancêtres communs à tous les Phasmi-
diens : les Nématodes Rhabdilida libres. Ils
comprennent une super-famille, les Oxyuroidea
Cobbold, 1864 et quatre familles : les The-
lastomidae Travassos, 1929 parasites d'Arthro-
podes. — les Pharyngodonidae Travassos, 1919
parasites de Vertébrés inférieurs et exceptionnel¬
lement de Mammifères, les Heteroxynema-
tidae Skrjabin & Schikhobalova. 1948 parasites
de Mammifères et exceptionnellement d'Oiseaux,
les Oxyuridae Cobbold, 1864 parasites de
Mammifères.
Les Syphaciinae Railliet, 1916 appartiennent
aux Oxyuridae. Dans un travail préliminaire
(Hugot, 1981) nous avions donné une nouvelle
définition de cette sous-famille qui comprenait
alors quatre genres : [Syphacia Seurat. 1916
Sypharista Quentin, 1970 — Syphatineria Cha-
Source : MNHN, Paris
24
JEAN-PIERRE HUGOT
Tableau I. Liste des especes étudiées.
Voir explications dans le texte. Les especes sont énumérées par ordre alphabétique du nom de genre et. à l'intérieur de chaque genre, par
ordre alphabétique du nom d'espèce. Lorsqu'une espèce a été collectée chez des hôtes différents de son hôte principal, la liste de ces
hôtes et les lieux de collecte sont énumérés dans le sous-chapitre «distribution» correspondant du chapitre «Taxonomie
numérique ».
anac Acanthoxyurus anacanthos Hugot. 1985
ANOM Acanthoxyurus anomaluri Sandground. 1928
beec Acanthoxyurus heecrofti Hugot. 1985
*coRO Acanthoxyurus commua Quentin. 1974
*hunk Acanthoxyurus hunkeleri Quentin. 1974
obub Acanthoxyurus ohubra (Baylis. 1936)
vinc Acanthoxyurus rinccnti Quentin. 1974
Anonialurus derhianus (Gray)
Anonialurus derhianus (Gray)
Anonialurus heecro/ii Fraser
Anonialurus derhianus (Gray)
Anonialurus peli (Temminck)
Anonialurus derhianus (Gray)
Aimnalurus derhianus (Gray)
Côte d'ivoire
Angola. Tanzanie
Gabon. Togo
tôle d'ivoire
Côte d'Ivoire
Nigeria
Cameroun
CAUD
QUKN
UR1C
VEt.l
Helminthoxys caudal us Frcitas. Lent & Almcida. 1937 Microcuria auslralis (Geoffroy)
Helminthoxys freitasi Quentin. 1969 Tliricluunys apereoides Lund
a (Quentin. Courtin & Fontccilla. 1975) Oclodon tlegus (Molina)
Microcuria niata (Thomas)
Caprnmys pilnrides (Say)
Caprmnys prehensilis Poepping
Dasyprocta agouti (L.)
Lagidiitni peruanum Moyen
Helminthoxvs pujoli Quentin.
Hih ntl \ /il Barus. 1972
Helminthoxys tijlopliila (Vigucras. 1943)
Helminthoxys urichi Cameron & Rccsal. 1951
v relizy Parra Ormcno. 1953
Argentine
Brésil
Chili
Bolivie-
Cuba
Cuba
Trinidad.
Bolivie
DESE Heteromyoxvuris deserti (Rcad & Millcman. 1953) Dipodomys spp
long Heteromyoxvuris longejcctor (Hannum. 1934) Perognathus spp
Nevada. Californie
Nevada. Californie
HII.G Hilgertia liilgerti (Seurat. 1915)
SEUR Hilgertia seurati Hugot. 1982
Ctenodactylus gundi (Rothman) Algérie
Pectinator spekei Blyth Ethiopie
quet Idiuoxyuris quentini (Hugot. 1982)
Idiurus macroiis Miller
Côte d'ivoire
ambi Passalurus anihiguus (Rudolphi. 1819)
nona Passalurus nonanidatus Skinker. 1931
Orvctolagus cuniculus (L.) paléarctiquc
Sylrilagus /loridanus (J, A. Allen) néarelique
snoR Petronema sliortridgei (Mônning. 1931)
Peiromus typicus A. Smith Namibie
obes Protozoophaga ohesa (Diesing. 1851)
Hydrochaeris hydrochaeris (L.) Venezuela
cite Ruuschtineriu citelli (Tiner & Rausch. 1950)
EUTA Rauschtineria eutamii (Tiner. 1948)
Spcrmophilus spp
Eutamias spp
néarctiquc
néa relique
coi.t
CRIT
MAGA
MAGO
MASE
THOM
Syphahuleu culi Quentin & Krishnasamy. 1975
Syphahulea criiesi Quentin & Krishnasamy. 1975
Syphahuleu mugnispicida (Schmidt & Kunlz. 1968)
Syphahulea mugnispiculoides Quentin & Krishnasamy. 1975
Syphahuleu maseri Hugot. 1981
Syphahuleu sarawakensis Quentin & Krishnasamy. 1975
Syphahulea schmidti Quentin & Krishnasamy. 1975
Syphahuleu thompsoni (Price. 1928)
Hylopetes nigripes Thomas
Hylopeles nigripes Thomas
Hylopetes nigripes Thomas
Hylopeles lepidus llorsficld
Tamiasciurus hiuhonicus (Erxlebcn)
Hylopetes lepidus llorsficld
Hylopetes lepidus Horsfield
Glaucomys roluns (L.)
Palawan
Palawan
Palawan
Bornéo
Oregon
Bornéo
Ouest-Malaisie
Virginie. Floride
alat Svphucia ulula Quentin. 1968
arct Svphucia arctica Tiner & Rausch. 1950
brac Syphacia hruchyuromyos Quentin & Dcssct. 1974
cric Svphucia criceli Quentin. 1969
darw Syphacia danvini Hugot & Quentin. 1985
emil Syphacia emileromani Chabaud. Rausch & Desset. 1963
fvag Syphacia eraginatu Hugot & Quentin. 1985
fred Syphacia frederici Roman. 1945
LOPII Syphacia lopliuroniyos Quentin. 1966
megi» Syphacia megudeiros Quentin. 1969
megi. Syphacia ineguloon Quentin. 1966
Bolonivs lasiunis (Lund)
Dicrostonyx groenlundicus Traill
Bruchyurontys hetsileocnsis (Barllcll)
Oryzomys suhjlarus (Wagner)
Melomys ccrrinipes (Gould)
Apodemus syha tiens (L.)
Oryzomys sp
Apodemus spp
Lophuromys sikapusi (Temminck)
Rhipidomys lalimanus (Tomes)
Mus spp
Brésil
Alaska
Madagascar
Brésil
Australie
Brésil
paléarctiquc
RCA
Colombie
Zaïre
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
25
MESO Syphaciu mesocriceti Quentin. 1971
MONT Syphaciu muntanu Yamaguti. 1943
mûri Syphaciu maris (Yamaguti. 1935)
NICE Syphaciu nigeriana Baylis. 1928
ou vu Syphaciu ohvelata (Rudolphi. 1802)
odii. Syphaciu atlilhainac Hugot & Quentin. 1985
okue Syphaciu okuensis Hugot & Quentin. 1985
or Y/ Syphaciu oryzomyos Quentin & Kinsclla. 1972
PAMA Syphaciu pahangi Ow-Yang. 1971
pero Syphaciu pcromysci Harkcma. 1936
PETR Syphaciu petruseewiezi Bernard. 1966
piiyi. Syphaciu pliyllotios Quentin. Babero & Cotton. 1979
R ami Syphaciu ramirohiiru Quentin & Desset. 1974
RAUS Syphaciu ruuschi Quentin. 1969
sium Syphaciu signtondi Quentin & Kinsclla. 1972
stro Syphaciu stroma (Linstow. 1884)
VEN Syphaciu venteli Travassos. 1937
Mcsocricelus aaraias (Watcrhousc)
Ch'lhrionomys ru/ocamis (Sundevall)
Rat tus spp
Hyhmyscus Stella (Thomas)
Mus musculus L.
Zygodontomys Itrcricaada (Allen)
Lamoliemys okuensis Petter
Oryzomys palustris (Hurlait)
Chiropodomvs gliroiilcs (Blylh)
Peromyscus leuciipus (Rulincsquc)
Clclhrionnmys glureolus (Schrcber)
Pliyllotis durwini (Watcrhousc)
Brachyuromys ramirohiiru F. M.
Cletliriononiys rallias (Pallas)
Sigmodon hispidus Say
Apoilemus spp
Nectomys squamipes (Brants)
captivité
Corée. Japon
cosmopolite
RCA
paléa relique
Colombie
Cameroun
Ouest-Malaisie
Nord-Caroline
p^earuique
Alaska' 1M " ,r
Floride
paléarctiquc
Brésil
CAI.L
CHAI
*CYNO
IJENT
KAMfc
LONG
*PACH
RAMA
SIIAR
*TAYL
TRID
Sypharistu callosciuri (Quentin. 1977)
Sypharista chaii Quentin & Krishnasanty. 1975
Sypharistu cynocephali Hugot. 1985
Sypharista denticulata Quentin & Krishnasamy. 1975
Sypharistu indica (Singh. 1962)
Sypharista inflata Quentin & Krishnasamy. 1975
Sypharistu kamegaii Quentin. 1970
Sypharista kinahaluensis Quentin & Krishnasamy. 1975
Sypharistu longicaudata (Quenlin & Krishnasamy. 1975)
Sypharista niiiuli (Quentin & Krishnasamy. 1975)
Sypharista pachylahiatu Hugot. 1985
Sypharista rumachandruni Quentin & Krishnasamy. 1975
Sypharista sharifi Quentin & Krishnasamy. 1975
Sypharista tuylori (Abdussalam. 1938)
Sypharistu tridentata (Quentin & Krishnasamy. 1975)
Callosciurus caniceps (Gray)
Peiaitristu elegans (Millier)
Cynocephahts variegalus Audcbcrt
Pctaarisla petaurisla (Pallas)
Peiaurista petaurisla (Pallas)
Petaurisla petaurisla (Pallas)
Petaurisla leucogenis (Tcmminck)
Petaurisla elegans (Müllcr)
Piernniyscus piilrerulenlus (Gunthcr)
Petinomys geniharhis (Horstield)
Cynocephalus variegalus Audcbcrt
Petaurisla elegans (Müllcr)
Petaurisla elegans (Müllcr)
Petaurisla petaurisla (Pallas)
Petaurisla petaurisiu (Pallas)
Ouest-Malaisie
Ouest-Malaisie
Ouest-Malaisie
Bornéo
Himalaya
Ouest-Malaisie
Japon
Bornéo
Ouest-Malaisie
Ouest-Malaisie
Ouest-Malaisie
Ouest-Malaisie
Ouest-Malaisie
Himalaya
Bornéo
Sypliatineria
Sypliatineria
Sypliatineria
Sypliatineria
Sypliatineria
Sypliatineria
' 1975)
adami (Quenlin. 1971)
antiqua Hugot. 1981
cepapi Hugot. 1981
feeri (Hugot. 1980)
funambidini (Jonhson. 1967)
insignis (Quentin. Betterton & Krishnasamy.
Funisciurus unerythrus (Thomas)
Xerus rutilus (Crctzchmar)
Paruxcrus cepapi (A. Smith)
Protoxerus stangeri (Walcrhouse)
Ftiiiainhuliis pennanti Wroughton
Lariscus insignis (Cuvier)
Gabon
Népal, Rajasthan
Ouest-Malaisie
INTE
Sypliatineria interiecla (Hugot. 1980)
Funisciu.
rus isabella (Gray)
Gabon
IVID
Sypliatineri
: a ividensis (Hugot. 1980)
im poensis (A. Smith)
Gabon
OCEA
Syphatinen
1 a océanien (Schmidt & Kunlz. 1968)
Sundasci
iurus steerii (Gunther)
Palawan
OWYA
Sypliatineri
awyangi (Quentin & Krishnasamy. 1975)
Calloscii
mis natutus (Boddaeri)
Ouest-Mali
PALI.
Sypliatineri
•a pallarayi (Seurat. 1915)
Allumas
crus gelai us (L.)
Maroc
PEA R
Sypliatineri
ia pearsi (Baylis. 1928)
Helioscit
unis gamhianus (Ogilbv)
Nigeria
RHIN
Syphalinerii
i rhinosciuri Hugot. 1981
Rliinoscii
mislaticaudalus (Müllcr & Schleecl) Oucst-Mala
SIAM
Syphatiner,
ia siamensis Hugot. 1981
berdmorei (Blylh)
Thaïlande
TRAN
Sypliatineri
ia transafricana Chabaud & Bioeca. 1955
Xerus rutilus (Cretzchmar)
éthiopien
BRAN
Wellcnmkt
hranickii Mc Lure. 1932
Dinomv:
t hranickii Peters
néotropical
CARO
Wellcomia
carolodominici Hugot. 1982
Coendou preliensilis (L.)
Guyane
COMP
Wellcomia
compar (Leidy. 1856)
Eretliizo
n dorsatum (L.)
néa relique
*EVOL
Wellcomia
e valu tu (Linstow. 1899)
Acuniliion bruchvttru (L.)
Malaisie
TOUS
Wellcomia
roussilloni Hugot. 1982
Hystrix
cris lata L.
Sénégal
*SAMB
Wellcomia
samhoni Baylis. 1922
Spliiggurus spinosus (Cuvier)
Paraguay
SAUV
Wellcomia
sauvisy Hugot. 1982
Allier uri
is ufricanus Gray
Gabon
*ST()S
Wellcomia
stossichi (Setti. 1907)
Hystrix
cris ta ta L.
Erythrée
MABO
Zenkaxyur
/.y mahokensis Quenlin. 1974
Zenkere
lia insignis (Matschie)
RCA
Source : MNHN, Paris
26
JEAN-PIERRE HUGOT
baud & Biocca, 1955 Syphabulea Gubanov,
1964]. Dans le présent travail nous proposons :
1°, de regrouper ces quatre genres dans une
tribu : les Syphaciini Railliet, 1916, 2°, d'inclure
dans la sous-famille onze autres genres, 3", de
distribuer ces onze genres dans quatre autres
tribus : les Hilgertiini n. tr., — les Passalurini
n. tr., les Acanthoxyurini Schulz, 1948. les
Protozoophagini n. tr.
Les modifications apportées à la nomenclature
sont exposées pour chacun des taxons étudiés.
La nouvelle classification des Syphaciinae qui
résulte du présent travail est donnée dans la
partie systématique de la conclusion.
TERMINOLOGIE
Anatomique
Un lexique récent rassemblant les définitions
des principaux termes anatomiques qui servent à
décrire les Nématodes Phasmidiens parasites
peut être trouvé dans Willmott (1974). En ce
qui concerne certains termes particuliers utilisés
pour la description des Syphaciinae on pourra se
référer à Quentin (1971-1973), et Hugot (1981).
La plupart de ces termes seront succinctement
explicités dans le chapitre suivant.
Pour comprendre ce qui suit (fig. 1), il faut
savoir que le corps d'un Oxyurida mâle ou
femelle a grossièrement la forme d'un cigare dont
l'extrémité tronquée constituerait la tête (ou
région céphalique) et l'extrémité effilée la queue.
Au sommet de la tête s'ouvre la bouche, le plus
souvent délimitée par trois lèvres (une lèvre
dorsale et deux lèvres latéro-ventrales), et
entourée par six terminaisons nerveuses : deux
papilles céphaliques dorsales, deux papilles cépha¬
liques ventrales et deux amphides latérales. Les
terminaisons nerveuses délimitent elles-mêmes le
plateau céphalique.
Le corps des Oxyurida est entouré par un
tégument semi-rigide : la cuticule , qui s'invagine
au niveau de l'ouverture buccale et forme au
fond de la bouche les trois dents œsophagiennes
disposées selon la même symétrie d'ordre trois
que les lèvres et qui peuvent porter des reliefs
plus ou moins compliqués. Immédiatement en
arrière de la tête la cuticule est renflée à la
manière d'un capuchon annulaire qui constitue
la vésicule céphalique. Latéralement la cuticule
constitue de part et d’autre du corps des crêtes
longitudinales plus ou moins développées et qui
peuvent se dédoubler : ce sont les ailes latérales.
À la limite de la vésicule céphalique et de la
naissance de chacune des ailes latérales on
observe une terminaison nerveuse plus ou moins
apparente : la deiride.
Chez les mâles : on observe ventralement et
dans la partie postérieure du corps une ornemen¬
tation cuticulaire qui constitue l'area rugoxa
et joue un rôle lors de l'accouplement (voir plus
bas le paragraphe « spécialisations morpholo¬
giques ») ; à l'extrémité du corps le tube digestif
et le canal génital s’abouchent avec le cloaque,
lui-même entouré par les pupilles génitales ; les
organes copulateurs sont constitués par un spi¬
culé unique guidé dans scs mouvements de va et
vient par une petite pièce chitinoïde le guhernacu-
lum.
Taxonomique
On pourra trouver les définitions des princi¬
paux termes utilisés en systématique dans Matile
et al. (1987).
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
27
BIOLOGIE
Parmi les Nématodes Phasmidiens parasites,
les Oxyurida occupent une position particulière,
en raison de l’originalité de certains de leurs
caractères biologiques. Ces caractères, qui sont
présents aussi bien chez les formes parasites
d'invertébrés (Insectes, Diplopodes). que chez les
formes parasites de Vertébrés (Amphibiens. Rep¬
tiles et Mammifères), représentent autant d'ar¬
guments permettant de considérer les Oxyu¬
rida comme un groupe monophylètiquc. Ces
caractères biologiques originaux permettent éga¬
lement de comprendre certains aspects de l'évolu¬
tion morphologique des Oxyurida ainsi que leur
répartition chez les hôtes qui leurs sont spéci¬
fiques.
Particularités des Oxyurida
Cycle monoxène
Les Oxyurida sont des parasites monoxènes :
leur cycle ne comprend qu'un seul hôte, qui
abrite les formes adultes. Il s'agit donc d'un cycle
simple et que l'on peut considérer comme primi¬
tif (Chabaud, 1957).
Alimentation microphage
Les Oxyurida se nourrissent des micro-organi¬
smes qui prolifèrent dans le tube digestif de leurs
hôtes. Ceci explique que ces parasites n'aient
réussi à s'installer durablement que chez des
hôtes dont la ration alimentaire comprend une
quantité relativement importante de cellulose
digérée par des micro-organismes dans la partie
terminale du tube digestif. C'est en particulier le
cas chez les Mammifères, ou les Oxyurida ont
presque exclusivement colonisé des herbivores
possédant un gros cæcum.
liaplodipoïdie
Chez les Oxyurida les mâles sont haploïdes, et
les femelles diploïdes. Ce caractère très original,
et dont la découverte est récente (Adamson,
1984). a été mis en évidence dans de nombreuses
espèces appartenant à chacune des quatre fa¬
milles que regroupe l'ordre. On peut donc très
probablement le considérer comme caractéris¬
tique de l'ensemble des Oxyurida et il s'agit là
d'un des arguments les plus forts permettant de
considérer ces parasites comme un groupe mono-
phylétique.
Brièveté de la vie des mâles
Chez les Oxyurida le mâle enroule la partie
postérieure de son corps autour de celui de la
ièmelle au cours de l'accouplement. Or le dia¬
mètre du corps d'une femelle adulte mûre est
toujours très supérieur à celui du mâle de la
même espèce : il en résulte que les accouplements
ne peuvent se faire qu'avec des femelles tout juste
sorties de leur quatrième mue et donc de taille
encore légèrement inférieure à celle des mâles
adultes (fig. I); ce phénomène observé par
Maupas & Seurat (1916), a été confirmé de
nombreuses fois par la suite. Les observations
montrent également que : (i) chez ces jeunes
femelles les seuls organes génitaux complètement
développés sont ceux servant au coït (vulve et
vagin cuticulaire), et au stockage transitoire du
sperme (trompe utérine). (ii) lors des autopsies
les mâles sont souvent moins nombreux que les
femelles. (iii) si l'infestation est de faible
intensité on peut observer des femelles adultes
mûres en l'absence de mâles.
Les mâles d'Oxyurida ont par conséquent une
durée de vie plus brève que celle de leurs fe¬
melles : ils atteignent la maturité sexuelle et la
taille adulte plus tôt. s'accouplent et disparais¬
sent ensuite rapidement.
Source : MNHN, Paris
28
JEAN-PIERRE HUGOT
Conséquences sur l’évolution
Spécialisations morphologiques
On observe chez les Oxyurida et singulière¬
ment chez les Syphaciinae une différenciation
marquée des organes qui augmentent les chances
qu'ont les mâles de réussir l'accouplement ; en
particulier au niveau : des papilles génitales, de
Yarea rugosa, du gubernaculum et de son crochet
accessoire.
En effet. — (i) au début de l'accouplement le
mâle légèrement enroulé autour du corps de la
femelle se déplace latéralement le long de celle-ci
et ce sont les papilles génitales qui lui permettent
de repérer l'ouverture vulvaire, (ii) le mâle
accentue alors l'enroulement de la partie post¬
érieure de son corps autour de celui de la femelle
et Y area rugosa lui permet d'affermir son étreinte
(fig. I). — (iii) l'étroite co-adaptation de l'orifice
cloacal du mâle à l'orifice vulvaire de la femelle
qui permet d'éviter la dispersion du sperme dans
le milieu fluide où vivent ces animaux est assurée
par une sécrétion du mâle qui coagule à la
surface des deux cuticules et les réunit étroite¬
ment formant la «selle de copulation» qui est
transpercée par les mouvements de va et vient du
spiculé guidé par le gubernaculum, (iv) les
reliefs cuticulaires qui forment l'ornementation
parfois très différenciée du crochet accessoire
(fig. I) se trouvent inclus dans le coagulum et
peuvent être interprétés comme un moyen d'affer¬
mir la position du mâle en évitant tout glisse¬
ment de la selle de copulation.
Ponte agglomérée
C'est l'un des moyens sélectionnés pour per¬
mettre que. pendant la courte période de leur
maturité, les mâles rencontrent des femelles en
étal de copuler : un hôte nouveau s’infestant à
partir d'œufs provenant de la même ponte les
meilleures chances seront en effet réunies pour
que les développements respectifs des mâles et
Fig. I. - Présentation des caractères morphologiques.
Les illustrations présentées sur cette figure proviennent des descriptions de plusieurs especes appartenant toutes au
genre Wettcomia Sambon. 1907.
Elude du mâle.
A, mâle adulte accouplé : la partie postérieure du corps du mâle est enroulée autour du corps d'une jeune femelle ; les
organes internes des deux partenaires sont visibles par transparence, en particulier le testicule unique et volumineux B. tète
en vue apicale : les terminaisons nerveuses céphaliques, papilles céphaliques et amphides. encadrent l'ouverture buccale elle-
même bordée par trois pseudo-lèvres (symétrie inicrlabiale) ; chacune des trois dents œsophagiennes (symétrie labiale) porte à
son sommet une crête sagittale ; ces crêtes alternent avec des diverticules de la paroi buccale chitinoi'dcs et de forme
triangulaire : les lames interlabiales C. l'area rugosa. ici constituée par des rangées de grandes crêtes, est représentée en vue
ventrale : les trois premières rangées constituent un pseudo-mamelon (également visible sur la fig. A) D. coupe transversale
du corps au niveau d'une des rangées de crêtes E, région caudale : l'ouverture du cloaque est précédée par les rangées de
crêtes les plus postérieures et encadrée par les papilles cloacalcs (ici au nombre de trois paires) : la lèvre postérieure du cloaque,
chitinoïde et ornementée, constitue le crochet accessoire au gubernaculum ; postérieurement la pointe caudale est encadrée par
les deux papilles caudales, ici portées par des pédoncules particulièrement développés.
Étude de la femelle.
F. femelle adulte inséminée en vue latérale gauche ; les organes internes sont vus par transparence : l'anneau nerveux
entoure le corps de l'œsophage, appareil musculaire qui propulse les aliments dans le bulbe œsophagien dont la lumière porte
des reliefs chitinoïdes qui broient les particules alimentaires ; le tube digestif prolonge l'oesophage jusqu a l'anus situé dans la
région postérieure du corps ; dans le tiers antérieur du corps s'ouvre la vulve, elle-même suivie du vagin qui. dans cette espèce
sc retourne comme un doigt de gant après l'accouplement ; le vagin est prolongé vers l'arriére par la trompe utérine impaire et
volumineuse : peu avant l'anus la trompe s'abouche avec les deux utérus au trajet sinueux ; légèrement en arrière de la vulve
chacun des utérus s'abouche avec un oviducte lui-méme relié à l'un des deux ovaires : à la jonction de l'oviductc et de l'utérus
sc trouve la spermathèque qui. dans la genre Welkomia est en dérivation sur la lumière du tube génital (G) et munie d’un
sphincter ; en amont de l'ouverture de ce sphincter les cellules de lepilhélium qui tapisse la lumière de l'oviducte constituent
un dispositif qui freine le transit des ovocytes (H).
Abréviations : a.nerv : anneau nerveux ; a.rug : area rugosa ; aile : aile latérale ; ampli : amphidc : anus : anus ; hll> :
bulbe œsophagien ; c.acc : crochet accessoire au gubernaculum ; e.sug : crête sagittale apicale : l.mi : lame interlabiale : oes
œsophage ; m : ovaire ; ind : oviducte ; ovey : ovocyte ; p. coud : papille caudale ; p.céph : papille céphalique ; />.< /</ ; pupille
cloacale ; pe : pore excréteur ; psd lèvre : pseudo-lèvres ; pie caud : pointe caudale : spm : spermathèque ; ld : tube digestif; lesl :
testicule ; tu : trompe utérine ; ut : utérus ; vg : vagin ; v/v : vulve.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
29
Source : MNHN, Paris
30
JEAN-PIERRE HUGOT
des femelles qui en sonl issus soient convenable¬
ment synchronisés.
Au cours de leur histoire, et sans doute dès
son début puisqu'on l'observe également chez les
parasites d'invertébrés, les Oxyurida ont donc
« inventé » différents moyens pour éviter la dis¬
persion de leurs œufs. L'un d'entre eux est le tube
de ponte décrit dans le genre Passalurus (voir
ci-dessous le paragraphe 4). mais le plus fréquent
dans le groupe est sans doute celui décrit par
Seurat (1920). sous le nom d'endotokie matri¬
cide : la femelle meurt sans expulser ses œufs et
sa propre cuticule joue alors le rôle d'oothèque.
Stabilité du génome
Elle est la conséquence à la fois. (i) de
l'haplodiploïdie : chez les mâles, qui sont issus
d'un ovocyte non fécondé, les remaniements du
matériel génétique à chaque génération sont
incomplets. (ii) de la ponte agglomérée : les
femelles ne s'accouplant qu'une seule fois au
cours de leur vie. la première génération de
parasites qui se développera dans le tube digestif
d'un hôte contaminé par une ponte sera consti¬
tuée de frères et de sœurs sensu stricto ; la
génération suivante sera le résultat d'accouple¬
ments consanguins dont les effets sur la stabilité
du génome renforceront ceux dûs à l'haplodi-
ploïdie.
Insémination traumatique
Dans des travaux préliminaires (Hugot et al.,
1982. 1983 : Hugot, 1984 a) nous avons décrit ce
phénomène dans le genre Passalurus Dujardin.
1845 qui a pour hôtes spécifiques les Leporidae.
Nous résumons ces travaux ci-dessous :
I", le mâle au cours de la copulation
perfore avec son spiculé la cuticule de la femelle
et injecte le sperme à travers les orifices ainsi
constitués dans un diverticule de la chorde
ventrale, la poche hypodermique ; 2°. la poche
hypodermique se trouve située à l'endroit du
corps où devrait s'ouvrir normalement la vulve,
qui est absente dans ces espèces ; 3". après
l'insémination, le cytoplasme de la paroi de la
poche hypodermique, constituée par un synci¬
tium. prolifère et produit une néoformation : le
tube de ponte, d'abord pelotonné à l'intérieur du
corps, qui se retourne comme un doigt de gant à
travers la cuticule éclatée et reçoit la totalité des
œufs contenus dans les utérus qui viennent s'y
déverser au moment de la ponte ; 4", le tube
de ponte constitue une oothéque qui peut se
fragmenter mais dans les segments de laquelle les
œufs restent agglutinés ; 5". l'absence totale de
vulve et l'anatomie de la poche hypodermique,
qui n'est pas tapissée de cuticule, rappelle beau¬
coup la morphologie des stades larvaires fe¬
melles 4 chez lesquelles les ébauches cuticulaires
et génitales de l'ovèjecteur n'ont pas encore
fusionné : 6". la plasticité des tissus de la
poche hypodermique qui. après l'accouplement,
va donner naissance au tube de ponte évoque
celle des tissus embryonnaires ; 7". malgré un
matériel très abondant, nous n'avons jamais pu
observer de jeunes femelles adultes dans la mue
du dernier stade larvaire, alors que ces observa¬
tions sont fréquentes chez les autres Oxyurida.
Nous interprétons ces observations de la ma¬
nière suivante : (i) les mâles doivent, pendant
leur courte période de maturité, réussir à insémi¬
ner une femelle : l'insémination traumatique per¬
met de réussir l'accouplement de manière « pré¬
cipitée » et présente donc pour les espèces qui la
pratiquent un avantage encore accentué dans le
genre Passalurus par l'insémination directe des
stades 4 femelles qui semble très probable (le
stade 5 ne serait jamais atteint et l'insémination
traumatique s'accompagnerait de néoténie) ;
(ii) dans le genre Passalurus le regroupement de
la ponte favorise la stratégie de surinfestation,
avec une efficacité particulière puisque les Lepo¬
ridae pratiquent vraisemblablement tous la cæco-
trophie et peuvent ainsi ingurgiter une grande
quantité d'œufs (voir le sous-chapitre suivant).
Les caractéristiques anatomiques observées
dans ce genre sont donc des réponses particu¬
lières à des contraintes biologiques qui sont
communes à l'ensemble des Oxyurida : elles
traduisent à la fois une grande spécialisation et
une adaptation étroite à leurs hôtes spécifiques
les Leporidae.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
31
RELATIONS AVEC LES HÔTES
Particularités du
On désigne sous le nom de « séclusion »
l'ensemble des adaptations qui rendent l'être
vivant indépendant des fluctuations de son mi¬
lieu (Jeannel. 1942). On a pu montrer que chez
les Nématodes Phasmidiens parasites, il existe
une véritable évolution des cycles biologiques,
parallèle dans ses grandes lignes à l'évolution
morphologique, et caractérisée par la séclusion
progressivement croissante des stades larvaires,
c'est-à-dire par le raccourcissement des périodes
libres dans les stades de la vie préinfestante
Stratégie de
Le regroupement de la ponte et la non disper¬
sion des œufs qui en résulte, peut représenter un
obstacle pour le maintien des Oxyurida chez des
hôtes déjà colonisés puisque les chances de
contamination entre individus sont diminuées.
Cela explique que les Oxyurida n'aient pu s'ins¬
taller durablement que : (i) soit chez des
animaux grégaires et coprophages. comme le
sont leurs hôtes primitifs invertébrés. (ii) soit
CYCLE ET SÉCLUSION
(Ciiabaud. 1957). Dans la plupart des cas ce
raccourcissement est obtenu par l'acquisition
d'un ou plusieurs hôtes intermédiaires et se
traduit par une dépendance physiologique de
plus en plus étroite des larves vis-à-vis de ceux-ci.
Chez les Oxyurida. qui sont des parasites
monoxènes, le seul progrès par rapport à la vie
prèinfestante entièrement libre est représenté par
l'existence des trois premières mues à l'intérieur
de l'œuf. La séclusion est donc demeurée à un
stade évolutif rudimentaire.
SURINFESTATION
chez des animaux dont la biologie et (ou) le
comportement leur permettai(en)t d'utiliser la
stratégie de « surinfestation ».
Cette stratégie consiste à installer et à mainte¬
nir chez le même individu un taux d'oxyurose si
important que lors d'un contact même excep¬
tionnel avec un autre individu de la même
espèce, la transmission du parasite soit assurée
avec une probabilité de réussite suffisante.
Cæcotrophie ET OXYUROSE
Le comportement de cæcotrophie, assimilé par
certains auteurs à une pseudo-rumination (Tay¬
lor, 1940). consiste en une réingurgitation pen¬
dant les périodes de repos des pelotes stercorales
émises par les animaux qui le pratiquent et fait
partie de ceux qui permettent la surinfestation.
Ce comportement, d'abord découvert chez le
lapin domestique par Morot (1882). a depuis été
également observé chez la plupart des autres
Lagomorphes et chez de très nombreux Ron¬
geurs (Kenagy & Hoyt. 1980) : son existence
explique probablement la réussite particulière
des Syphaciinae qui parasitent à eux seuls dix-
neuf familles et quatre-vingts genres chez les
Rongeurs, une famille et quatre genres chez les
Lagomorphes.
Conséquences
Le regroupement de la ponte et l'adaptation à
des hôtes qui pratiquent la cæcotrophie. permet
aux larves de supprimer à peu près totalement
leur passage dans le milieu extérieur sans que
Source : MNHN, Paris
32
JEAN-PIERRE HUGOT
soient impliqués pour cela des mécanismes en¬
traînant l'apparition d'une dépendance physiolo¬
gique particulièrement étroite. Ainsi se trouve
réalisé un parasitisme presque complet dans
lequel, par analogie avec les cycles hétéroxènes.
on peut considérer que l'hôte principal et l'hôte
intermédiaire sont confondus.
Cette stratégie parasitaire particulière diminue
les chances de contaminations et donc les occa¬
sions de capture entre des individus appartenant
à des espèces différentes : on peut donc s'at¬
tendre à observer des corrélations particulièrement
étroites entre l'évolution de tels parasites et celle
de leurs hôtes.
PRINCIPES DE L’ANALYSE MORPHOLOGIQUE
Choix d'une méthode
Nous souhaitions proposer une classification :
basée sur les résultats de l'élude morpholo¬
gique des parasites. — dans laquelle les étapes
qui mènent de la description des caractères à leur
interprétation phylogénétique soient clairement
marquées, — intégrant les informations dispo¬
nibles concernant la biologie, la biogéographie et
l'évolution des hôtes.
Or si les descriptions des parasites étudiés nous
ont fourni un nombre important d'états de
caractères (environ deux cents), seuls une cin¬
quantaine parmi ceux-ci pouvaient à la fois :
(i) être orientés puis ordonnés en morphoclines.
(ii) nous fournir des états homologues pré¬
sents chez l'ensemble des espèces étudiées. Nous
n'avions par conséquent pas la possibilité de
réaliser d'emblée une classification phylogéné¬
tique des espèces parasites en utilisant la méthode
cladistique *.
Nous avons donc réalisé d'abord une « classifi¬
cation phénètique » qui. sur la base de la compa¬
raison statistique de la ressemblance des taxons
spécifiques entre eux. nous a permis de redéfinir
les taxons génériques et de regrouper les quinze
genres finalement retenus dans cinq tribus. Nous
avons ensuite construit et discuté plusieurs cla-
dogrammes en prenant pour base les caractères
que nous pouvions ordonner en morphoclines et
les taxons génériques précédemment définis. Cette
dernière étape nous a permis : de vérifier les
résultats obtenus grâce à la méthode statis¬
tique. de faire des hypothèses sur les relations
phylétiques possibles entre les genres et les
tribus.
Le choix méthodologique que nous avons fait
nous a par conséquent d'abord été imposé par la
nécessité. Nous nous refusons pourtant, pour les
raisons que nous exposons au paragraphe sui¬
vant, à considérer l'utilisation de la méthode
phénétique comme un pis-aller.
Discussion
Lorsque l'on révise une classification ancienne,
donc le plus souvent fondée sur l’évaluation
intuitive des ressemblances et établie â la suite de
révisions répétées, il ne nous paraît ni indifférent
ni inutile de comparer simultanément tous les
taxons en utilisant le plus grand nombre de
caractères. Une telle démarche est en accord avec
le but premier de la systématique qui est de
décrire et de comparer entre eux les organismes
dans toute la diversité de leurs formes et non pas
de tenter d'emblée d'ordonner les données brutes
en conformité avec des modèles évolutifs hypo¬
thétiques.
Les adversaires les plus modérés des méthodes
phénétiques admettent la validité phylogénétique
de beaucoup de groupes « phénétiques ». Leurs
* Si ii esi le nombre des [axons : le nombre minimum d elais de caractères necessaires pour résoudre un cludogrnmmc
esl <2n I. Dans le cas présent et avec une centaine d'espcecs il aurait par conséquent fallu environ deux cents caractères
polarisés alors que nous n'en disposions que d'environ cinquante. Ce nombre esl par contre suffisant dès lors que l'on ne
considère plus que les quinze taxons génériques reconnus valides duns la sous-famille.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
33
critiques portent alors sur les principes et les
méthodes des « phénéticiens » auquels il est
reproché d'obtenir des résultats, certes accep¬
table dans certains cas. mais à l'aide de méthodes
insuffisamment rigoureuses, à la fois dans leur
forme et dans les principes qui les fondent. Or :
sur la forme, les méthodes numériques actuel¬
lement utilisées pour construire les classifications
phénéliques obligent leurs utilisateurs à définir
clairement toutes les étapes de leur travail, donc
à exposer à la critique les choix et les interpréta¬
tions sur lesquels leurs résultats sont fondés ; en
cela l'accusation d'insuffisante rigueur ne nous
paraît pas fondée ; sur le fond, les méthodes
phénétiques reposent sur le principe suivant :
« en utilisant les caractères les plus nombreux et
les plus variés on obtient un meilleur échantillon au
hasard des génotypes étudiés » (Sokal & Sneath,
1963), c'est-à-dire que l'étroitesse de la parenté
est supposée être proportionnelle au nombre et à
l'évidence des similitudes entre les taxons et,
l‘\ la validité de ce pari est statistiquement
confirmée par la cohérence générale et par les
convergences nombreuses observées entre, d'une
part les classifications phénétiques anciennes ou
modernes, d'autre part les classifications proposées
par les phylogénéticiens, — 2", ce pari n'est pas
fondamentalement différent de celui que sous-
entend implicitement dans la pratique cladiste
l'utilisation du principe de parcimonie et qui est
que : « l'apparition d'un même état apomorphe
dans deux taxons est d'autant plus probable que
ces deux taxons sont plus proches parents »
(Tillier. 1986).
La différence essentielle entre les deux pra¬
tiques réside dans le choix qui est fait par les
cladistes de ne retenir pour définir les taxons que
les caractères dérivés homologues (synapomor-
phies) et donc d'éliminer de ces définitions, d'une
part les caractères reconnus comme primitifs
(symplésiomorphies), d'autre part les caractères
pour lesquels il n'est pas possible de proposer
une interprétation évolutive. La rigueur logique
de l’exposé théorique de la démarche cladiste est
incontestable et elle fournit certainement un outil
de réflexion puissant permettant de construire et
de comparer des hypothèses phylogénétiques.
Malheureusement dans son application pratique
elle se heurte dans la plupart des cas, et de l'aveu
même de ceux qui en sont les partisans convain¬
cus, aux obstacles suivants : — 1°, la reconnais¬
sance des synapomorphies, surtout dans l'étude
des groupes pour lesquels on ne dispose que de
données néontologiques, repose uniquement sur
des hypothèses ; les classifications ainsi cons¬
truites n'ont que la valeur des homologies de
caractères sur lesquelles elles sont fondées et sont
aléatoires : 2°. l'élimination de nombreux
caractères conduit dans certains cas, — (i) soit à
construire une classification sur un échantillon
du phénotype imposé par les circonstances, plus
réduit que celui qu'aurait utilisé un «phénéti-
cien » et donc statistiquement moins fiable,
(ii) soit à « récupérer » certains groupes de carac¬
tères en les interprétant par rapport à la validité
de la classification déjà établie, ce qui représente
un cas flagrant de raisonnement circulaire.
Chacune des deux méthodes possède donc en
propre des avantages, des inconvénients et des
limites. Nous considérons pour notre part qu'elles
ne sont pas antinomiques et doivent, en raison
même de leur différence, être utilisées chaque fois
qu'il est possible comme les étapes complémen¬
taires d'une même démarche.
DESCRIPTION DE LA MÉTHODE
On peut distinguer trois étapes successives qui feront chacune l'objet d'un chapitre particulier.
Etude des caractères morphologiques
Cette étude comprend la définition et la des¬
cription des états de caractères permettant de
décrire les taxons, l'interprétation de l'évolution
de ces caractères et. lorsque cela est possible, la
construction de morphoclines.
Caractères utilisés
Nous avons étudié les caractères visibles en
microscopie optique dans l'eau puis dans le
lactophénol, sans recours à l’histologie ; ce sont :
Source : MNHN, Paris
34
JEAN-PIERRE HUGOT
soit des caractères externes (caractères cuticu-
laires au sens large), soit des caractères in¬
ternes visibles par transparence (sur des coupes
optiques). Lorsque la compréhension de la dis¬
position dans l'espace de ces structures l'imposait
nous avons pratiqué des coupes de corps à main
levée en utilisant un fragment de lame de rasoir.
Les sections de corps sont manipulées à l'aide
d'un pinceau : pour éviter l'écrasement des
préparations les lamelles microscopiques sont
surélevées au moyen d'une petite bande de
papier.
Les caractères utilisés sont dans leur très
grande majorité des caractères qualitatifs. L'utili¬
sation des caractères quantitatifs donne des
résultats médiocres chez les Helminthes parasites
en raison principalement des modifications aléa¬
toires des mensurations occasionnées par la
fixation et de la croissance allométrique très
marquée des femelles adultes après l'accouple¬
ment. Nous n'avons donc utilisé qu'un petit
nombre de caractères quantitatifs ; ils concernent
des rapports entre les mensurations d'organes
suffisamment chitinisés pour être moins sensibles
aux déformations et proviennent principalement
de l'étude des mâles.
Évolution des caractères morphologiques
Notre interprétation s'appuie sur : l'étude
de l'ontogénèse. - l'étude des formes adultes,
un certain nombre d'hypothèses concernant
l'évolution des Nématodes Phasmidiens para¬
sites.
I" étude de l'ontogénèse
Les exemples de récapitulation ontogénétique
sont fréquents chez des larves de Nématodes et
ont souvent été utilisés avec succès pour inter¬
préter la phylogénie (Chabaud, 1955 ; Durette-
Desset. 1985). Chez les Nématodes Phasmidiens
parasites de Vertébrés, le phénomène de récapi¬
tulation donne des éléments d'interprétation par¬
ticulièrement précis concernant la morphogénèse
des structures céphaliques dont de nombreux
travaux ont montré l'importance en systématique
(Chitwood & Wehr, 1934; Chabaud. 1955,
1958, 1959; Anderson, 1967; Quentin, 1971 a
et b. 1973 a, b et c ; Hugot, 1982 a, 1985 a).
Chez les Syphaciinae c'est sur ces mêmes
structures que l’étude des larves des stades 3 et 4,
souvent abondantes dans les prélèvements, peut
fournir les informations les plus intéressantes.
On observe en effet dans ce groupe un dimor¬
phisme sexuel plus ou moins accentué mais
quasiment constant et, comme c'est la régie chez
les Nématodes parasites, la morphologie de la
femelle est alors toujours plus évoluée que celle
du mâle correspondant ; ainsi, en comparant les
larves avec les mâles et les femelles adultes dans
la même espèce, on dispose fréquemment d'une
série de trois stades évolutifs dans la même
lignée.
L'étude de la morphologie céphalique chez les
Syphaciinae permet donc de définir un certain
nombre de types évolutifs et nous verrons (fig. 6) :
(i) que l'on peut les faire dériver d'un même
type primitif. (ii) qu'ils combinent différem¬
ment les mêmes tendances évolutives générales.
2" étude des formes adultes
L'interprétation des formes adultes s'appuie
sur la comparaison des corrélations que l'on peut
mettre en évidence entre les types céphaliques
définis grâce â l’étude de l'ontogénèse et les
autres caractères morphologiques. Cette inter¬
prétation est guidée par une règle, valable pour
l'ensemble des Oxyurida parasites de Vertébrés,
qui résulte des travaux de Petter (1966) et
Quentin (1973 c. 1975) et â laquelle nous
n'avons pas trouvé d'exception ; chez les Oxyu¬
rida les structures céphaliques sont beaucoup
plus diversifiées que les structures génitales mâles.
La plus grande stabilité morphologique de ces
dernières peut, après les découvertes d'ADAMSON
(1984), être expliquée comme une conséquence
de l'haplodiploïdie.
En conséquence les taxons proches par leurs
caractères génitaux mâles (nombre et disposition
des papilles génitales, morphologie des organes
copulateurs et surtout gubernaculum, morpho¬
logie de l’ornementation cuticulaire ventrale ou
area rugosa) et pour leurs caractères céphaliques
pourront être considérés comme probablement
étroitement apparentés ; au contraire la présence
de caractères céphaliques apparemment semblables
chez des taxons dont les caractères génitaux
mâles sont très différents devra très probable¬
ment être interprétée comme le résultat de deux
processus évolutifs parallèles.
Pour interpréter les relations phylogénétiques
entre les taxons nous nous sommes également
servi du profil de l'aile latérale (tel qu'il apparaît
sur une coupe transversale du corps) et de la
morphologie des «tufs : ccs deux séries de
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACI1NAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
35
caractères sont souvent bien corrélées avec les
caractères céphaliques chez les Syphaciinae.
3" hypothèses concernant l'évolution des Néma¬
todes Phasmidiens parasites
L'évolution propre de certains caractères des
Syphaciinae peut être reliée avec des schémas
évolutifs plus généraux et concernant les carac¬
tères équivalents observés chez d'autres Néma¬
todes. Nous avons utilisé ces hypothèses géné¬
rales pour interpréter l'évolution des caractères
céphaliques et celle des papilles génitales mâles
(voir lig. 6 et 11).
Taxonomie numérique et zoogéographie
Pour réaliser cette première étape de l'analyse
morphologique nous avons choisi d'utiliser les
programmes informatiques d'analyse des données.
Programmes utilisés
Ils appartiennent à la bibliothèque ADDAD,
version 1983 du CIRCE (91 405, Campus d'Or¬
say). Nous avons utilisé : — Analyse des corres¬
pondances (ANCORR 201) d'après Yagolnit-
zer & Tabet, Aide à l'interprétation d'une
analyse des correspondances (AIDAFC — 301)
de D. Dominges. — Calcul des distances à par¬
tir de données logiques (DISLOG 110) de
M. Jambu. Classification ascendante hiérar¬
chique d'un nuage de points munis de distances et
de masses (CAHDIS — 213) de M. Jambu.
Rappels concernant l'analyse des données
Ce qui suit est fait d'emprunts à Benzecri
(1980) et à Fénelon (1981). L'analyse des don¬
nées est une méthode statistique qui permet
d'analyser simultanément un nombre illimité
d'observations en fonction d'un nombre illimité
de variables : ici les observations correspondront
aux espèces étudiées et les variables aux états de
caractères.
Le point de départ est un tableau logique dans
lequel chaque espèce est définie pour chaque
variable par le code I (état de caractère présent)
ou par le code 0 (état de caractère absent). Soit n
le nombre des variables : si l'on considère un
système de n axes orthogonaux correspondant
chacun à une variable, chaque espèce peut être
représentée dans cet espace à n dimensions par
un point dont la position est déterminée par ses
coordonnées sur chacun des axes, donc par sa
valeur pour chacune des variables. L'ensemble
des espèces sera donc représenté par un nuage de
points dans un espace à n dimensions. La
distribution des points à l'intérieur du nuage
peut être étudiée par deux procédés. Le premier
consiste à projeter l'ensemble du nuage sur un
plan convenablement choisi : c'est l'analyse
factorielle. Le second consiste à calculer une
distance entre les couples de points représentant
les espèces et à ordonner ces points selon une
hiérarchie en fonction des distances calculées :
c'est la classification ascendante hiérarchique.
Chacun de ces procédés possède des variantes.
Pour l'analyse factorielle nous avons choisi l'ana¬
lyse factorielle des correspondances (AFC) dans
laquelle un rôle symétrique est attribué aux
lignes et aux colonnes du tableau des données,
c'est-à-dire que l'on projette dans le même
système d'axes : (i) le nuage des points
représentant les espèces en fonction des varia¬
bles. (ii) le nuage des points représentant les
variables en fonction des espèces. L'AFC auto¬
rise par conséquent la projection simultanée des
deux séries de points (espèces et variables) sur le
même diagramme avec l'avantage de permettre
la lecture directe de la répartition réciproque des
deux séries de points. Pour la classification
(CAH) nous avons utilisé la distance du -/ et
comme critère d'agrégation la maximisation du
moment centré d'ordre deux.
Utilisation du codage additif
L'analyse des données traite chacune des
variables indépendamment. Si l’on utilise le
codage en 0-1. on est donc constamment pris
entre deux tendances antagonistes, à savoir :
(i) représenter les états différents d'un même
caractère par autant de variables et séparer ainsi
des taxons qui possèdent le même caractère sous
des états différents. - (ii) représenter des états
différents du même caractère par une seule
Source : MNHN, Paris
36
JEAN-PIERRE HUGOT
variable et perdre une partie du détail de l'étude
morphologique. Cette difficulté peut être con¬
tournée par l'utilisation du codage additif comme
il est montré par l'exemple suivant.
Soit un caractère A ; AO en est la forme
primitive; Al, A2, A3, A4 en sont les états
dérivés représentés chacun par une ligne (une
variable) dans le tableau : les relations phylé-
Ce type de codage permet donc d'introduire
dans la définition des taxons des hypothèses
concernant l'évolution des caractères morpholo¬
giques et nous l'avons utilisé dans tous les cas où
nous pouvions définir des morphoclines. Il a par
contre l'inconvénient de donner plus de poids à
certains caractères.
Définition des taxons
L'analyse des données permet par des essais
successifs de proposer des modèles de regroupe¬
ment des espèces en classes hiérarchisées chacune
corrélée avec des ensembles de variables. La
validité des ensembles de variables peut être
testée par comparaison avec les résultats de
l'interprétation de l'évolution des caractères mor¬
tiques supposées entre les états du caractère A
sont ceux représentés sur le morphocline. Soit
maintenant cinq taxons Tl. T2, T3. T4. T5
possédant chacun un état particulier du caractère
A. Un taxon sera codé I (caractère présent) non
seulement pour l'état dérivé qu'il possède, mais
pour chacun des états dérivés intermédiaires
comme il est indiqué sur le tableau.
Tl T2 T3 T4 T5
AO 1 I I I |
Al 0 I 0 0 0
A2 0 0 I I I
A3 0 0 0 I 0
A4 0 0 0 0 I
phologiques. La validité des classes peut être
testée par comparaison avec les facteurs zoo¬
géographiques.
Ces résultats sont successivement modifiés :
I". par des retours au tableau entraînant,
(i) soit des modifications dans la définition des
variables. (ii) soit des modifications dans le
codage des espèces. - (iii) soit les deux simul¬
tanément. 2°, par des retours à letude
morphologique.
La démarche qui aboutit à la définition des
taxons peut être par conséquent définie comme la
recherche de la meilleure synthèse entre successi¬
vement : les résultats de letude morpholo¬
gique. les résultats de l'interprétation de
l'évolution des caractères morphologiques. les
facteurs zoogèographiques.
Analyse cladistique. Evolution comparée des Syphaciinae et de leurs hôtes
Les bases méthodologiques de la systématique
phylogénétique sont exposées de façon résumée,
mais suffisante en ce qui concerne la compréhen¬
sion de ce chapitre, dans Matile et al. (1987).
Choix des caractères utilisés
Parmi l'ensemble des caractères morpholo¬
giques étudiés nous avons choisi de prendre pour
base de l'analyse cladistique certains caractères
sexuels secondaires des mâles, disposition des
papilles génitales, area rugosa. gubernaeulum et
son eroehel aeeessoire pour les raisons suivantes :
I" ce sont ces caractères qui nous fournissent
la plus grande variété d'étals homologues pré¬
sents chez l'ensemble des taxons étudiés et pour
lesquels nous pouvons proposer des morpho¬
clines ; - 2“ la relative stabilité de ces organes.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
37
expliquée comme une conséquence de l'haplodi-
ploïdie, permet d'espérer a priori y rencontrer un
nombre relativement faible de convergences ou
de régressions : — 3° ces caractères sont impor¬
tants d'un point de vue biologique puisque,
comme nous l'avons vu plus haut : — (i) ils
correspondent aux organes qui permettent la
réussite de l'accouplement durant la courte période
pendant laquelle les mâles d'Oxyurida sont en
état de copuler, — (ii) ils sont particulièrement
différenciés chez les Syphaciinae.
Construction des cladogrammes
Les taxons utilisés sont les quinze genres que
l'analyse des données a permis de reconnaître
comme valides. Nous avons : — I". construit un
cladogramme pour chacune des trois catégories
de caractères utilisés. — 2°, expérimenté ensuite
les combinaisons possibles de ces cladogrammes
entre eux. Parmi les variantes possibles nous
avons recherché et étudié celles qui permettaient
de vérifier les résultats du chapitre précédent,
c'est-à-dire de retrouver le mieux possible cha¬
cune des cinq tribus comme un groupe mono-
phylétique.
Évolution
Les résultats de l'analyse cladistique per¬
mettent de construire des hypothèses concernant
les relations phylétiques entre les taxons de rang
générique et tribal. Celles-ci sont à leur tour
confrontées avec les hypothèses concernant la
radiation initiale des Rongeurs et des Lago-
morphes. Une tentative de reconstitution des
principales étapes chronologiques de l'histoire
commune des hôtes et des parasites est proposée.
Source : MNHN, Paris
JEAN-PIERRE HUGOT
38
Définition des variables logiques : I à 9 IF à 9F.
Forme du plateau céphalique : I -1 F. circulaire; 2-2F. quadrangulairc ; 3-3F, ovale; 4-4F. étiré latéralement; 5-5F,
arqué dorsalement ; 6-6F, en fer à cheval. Ouverture buccale : 7-7F. circulaire étroite ; 8-8F à symétrie inlerlabialc ; 9-9F, à
symétrie labiale.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DES CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES
Nous exposons dans ce chapitre la définition,
la description et l'interprétation de l'évolution
des états de caractères qualitatifs ou quantitatifs
qui permettent de décrire les taxons. Ces états de
caractères seront utilisés comme autant de va¬
riables pour l'analyse des données au 3 e chapitre
et. pour certains d'entre eux, comme base pour
l'analyse cladistique au 4 e chapitre.
Les caractères qui serviront à la description
des mâles sont désignés par un nombre de 1 à
131, soit : 122 caractères qualitatifs représentés
sur les figures 2 à 18 et 9 caractères quantitatifs
dont la liste est donnée à la fin du présent
CARACTÈRES
Caractères
Chez les Syphaciinae l'extrémité antérieure du
corps ou « région céphalique » est constituée :
I". par un support parenchymateux formé par
les tissus musculaire, hypodermique et nerveux,
qui constitue le plateau céphalique (sensu Quen¬
tin, 1971 a et b). — 2", par des formations
cuticulaires plus ou moins différenciées associées
aux terminaisons nerveuses, à la bouche et à la
cavité buccale. Sur les figures 2 à 6 : la tête est
représentée en vue apicale : l'ouverture buccale
est au centre de la figure entourée par les six
terminaisons nerveuses : deux papilles dorsales,
deux papilles ventrales et deux amphides latérales ;
lorsqu'il est représenté (en pointillé), le plateau
céphalique est supposé vu par transparence. Par
convention : lorsque les illustrations représentent
des vues apicales de la tête la partie dorsale est
orientée vers le haut de la figure.
chapitre ; les caractères qui serviront à la des¬
cription des femelles sont désignés par un nombre
de 1F à 91F, soit : 89 caractères qualitatifs
représentés sur les figures 2 à 21 et 2 caractères
quantitatifs dont la liste est donnée à la fin du
présent chapitre. La liste des noms désignant les
variables qualitatives est donnée dans les légendes
des figures leur correspondant. La liste des noms
désignant les variables quantitatives est donnée
dans le dernier paragraphe du présent chapitre.
La description des espèces parasites à l'aide des
variables est donnée en annexe.
QUALITATIFS
CÉPHALIQUES
Plateau céphalique (fig. 2 et 6)
La forme du plateau céphalique (1-1F à 6-6F)
résulte à la fois : — de la différenciation des
formations cuticulaires péribuccales et intrabuc-
cales, — de la migration latérale progressive des
papilles céphaliques, dans certains cas de la
formation des plis céphaliques. La morphologie
du plateau céphalique est donc le témoin de
l'évolution de l’ensemble des structures cépha¬
liques.
Ouverture buccale
et formations cuticulaires péribuccales
(fig. 2, 3 et 6)
Au cours de l'évolution des Syphaciinae la
cuticule péribuccale peut se différencier : — 1
selon les trois axes de symétrie labiaux (9-9F) ; la
Source : MNHN, Paris
10
12F
Source : MNHN, Paris
21
Fig. 4. Définition des variables logiques : 21 à 28 — 21F à 29F.
Denis œsophagiennes : 2I-2IF. portant un denlicule médian en relief; 22-22F-22FB. portant des appendices
digitiformes ; 23F. portant trois à cinq forts denticulcs ; 23-24F. portant une rangée de petites indentations ; 24-25F. portant
une crête apicale ; 25-26F. portant une crête apicale dcnticuléc : 26-27F. portant une crête apicale en forme de spatule ; 27-
28 F. dents hélicoïdales. Reliefs culiculaires interlabiaux : 28-29F, dent interlabialc présente.
Source : MNHN, Paris
29
Fig. 5. — Définition des variables logiques : 29 à 41 — 30F à 42F.
Reliefs cuticulaires interlahiau.x (suite) : 29-30F. lame interlabiale présente; 30-3IF. lame intcrlabiale denticuléc
31-32F, lame interlabiale bilobée; Renforcements chitinoïdes buccaux : 32-33F. commissures labiales renforcées; 33-34F
capsule buccale de type I ; 34-35F, capsule buccale de type II. Arrangement des papilles céphaliques : 35-36F. en carré ; 36-37F
ventrales rapprochées des amphides ; 37-38F. ventrales et dorsales rapprochées des amphides ; 38-39F. ventrales et dorsales
accolées aux amphides ; 39-40F. ventrales et dorsales portées par un même pédoncule ; Forme des papilles céphaliques : 40-41 F.
grosses et scssilcs ; 4I-42F. petites et pédonculécs.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE, ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
43
bouche est alors entourée par trois lèvres (10-10F
à 16- 16F). qui peuvent : (i) se développer et
devenir de plus en plus volumineuses, (ii) dans
certains cas s'atrophier par invagination à l'inté¬
rieur de la cavité buccale ; - 2", selon les trois
axes de symétrie interlabiaux (8-8F) : la bouche
est alors entourée par trois pseudo-lèvres (17-17F
et 18-18F); 3”, simultanément selon les six
axes : la bouche est alors entourée : (i) soit par
trois lèvres et par trois pseudo-lèvres. - (ii) soit
par un bourrelet cuticulaire péribuccal (20-20F).
La disparition des lèvres par invagination peut
être compensée par l'apparition de néoforma¬
tions chitinoïdes à la périphérie de l'ouverture
buccale (14).
Cavité buccale et dents œsophagiennes
(fig. 4 et 5)
Au fond de la cavité buccale les trois lobes
œsophagiens disposés selon les axes de symé¬
trie labiaux et recouverts par la cuticule, cons¬
tituent les dents œsophagiennes. Au cours de
l'évolution des reliefs cuticulaires peuvent appa¬
raître : I". selon les trois axes de symétrie
labiaux (21-21F à 26-27F), c'est-à-dire sur les
dents œsophagiennes ; 2°, selon les trois axes
de symétrie interlabiaux (28-29F à 31-32F), c'est-
à-dire en position alternée avec les dents œsopha¬
giennes ; — 3°, simultanément selon les six axes.
Exceptionnellement les dents œsophagiennes peu¬
vent prendre une disposition hélicoïdale (27-28F).
Renforcements chitinoïdes associés
à la cuticule buccale
(fig- 5)
La différenciation de la cuticule dans la région
buccale peut être accompagnée par l'apparition
d'épaississements chitinoïdes localisés : — 1 soit
au niveau des commissures des lèvres (32-33F) ;
2“, soit au fond de la cavité buccale. — (i)
selon les axes labiaux exclusivement (33-34F).
(ii) selon les six axes simultanément (34-35F).
Terminaisons nerveuses céphaliques
(fig. 5 et 6)
Chez les Syphaciinae les terminaisons ner¬
veuses comprennent : — un cycle externe consti¬
tué par les quatre papilles céphaliques et les
deux amphides. un cycle interne constitué par
les six papilles labiales internes. Dans ce groupe
les papilles labiales sont vestigiales et leur obser¬
vation se situe à la limite de ce qui peut être vu
en microscopie optique. Nous nous sommes par
conséquent limité à la description des papilles
céphaliques.
L'appareil sensoriel céphalique des Sypha¬
ciinae a été étudié en détail par Quentin (1971 a
et b) qui a montré que dans ce groupe l'évolution
se traduit essentiellement par la migration la¬
térale progressive des papilles céphaliques qui
tendent ainsi à se rapprocher de plus en plus des
amphides (voir l'explication qui en est donnée au
paragraphe suivant). On peut distinguer plu¬
sieurs stades dans cette migration (36-37F à 39-
40F). La forme et la taille des papilles sont
variables (40-41F et 41-42F).
Évolution des caractères céphaliques chez les Syphaciinae
( fig. 6)
Une interprétation de l'évolution des carac¬
tères céphaliques chez les Nématodes Phasmi-
diens parasites a été proposée par Chabaud
(1955). Ce travail faisait la synthèse des hypo¬
thèses plus anciennes de Chitwood & Wehr
( 1934) et de de Coninck ( 1950) sur le même sujet
et peut être résumé ainsi (fig. 6 de A à F) : 1°.
chez les Nématodes la symétrie des lèvres et des
terminaisons nerveuses céphaliques est primi¬
tivement du type « profond », c'est-à-dire qu'elle
correspond à la symétrie d'ordre trois de l'œso¬
phage ; — 2 U , cette symétrie « profonde » s'op¬
pose à la symétrie bilatérale « superficielle » de la
cuticule post-céphalique dont la limite antérieure
est marquée par les amphides ; 3”. chez un
Nématode primitif hypothétique la disposition
générale des structures céphaliques serait donc
celle figurée en A : six lèvres portant chacune
deux papilles externes et une papille interne
encadrent l'ouverture buccale, les amphides sont
Source : MNHN, Paris
Fig. 6. — Évolution des structures céphaliques.
De A à F : interprétation de l’évolution des caractères céphaliques chez les Nématodes Phasmidicns parasites d'après
Chabaud (1955) : A. Nématode primitif hypothétique. B et C. évolution vers le type Spiruridu. D. E et F. évolution
vers le type Rhabditida (explications dans le texte).
De F à P : évolution des structures céphaliques chez les Syphaciinae à partir du type Rhabditida primitif. Plusieurs
types peuvent être distingués : G et H. poussées de la cuticule péribuccale selon les axes interlabiaux exclusivement,
développement de « pseudo-lèvres » (type Wellcomia et Hebninthoxys), - I ou J, poussées de la cuticule péribuccale selon les
axes labiaux et inter-labiaux simultanément : développement, soit de « lèvres » et de « pseudo-lèvres » (I. type Petronema). soit
d'un « bourrelet circulaire péribuccal » (J. type Zenkoxyuris, Idiuoxyuris. Protozoophagu). K à O. poussées de la cuticule
péribuccale selon les axes labiaux exclusivement, développement de «lèvres» : en P. la migration latérale des papilles
céphaliques est en avance sur le développement des lèvres (type Syphacia évolué), de L à O. l'évolution des lèvres est en avance
sur la migration latérale des papilles céphaliques, avec L et M les lèvres hypertrophiées tendent à recouvrir totalement le
plateau céphalique (type Syphalineria et Sypliahulea évolué), avec N et O les lèvres s'invaginent secondairement dans la cavité
buccale et des formations chitinoîdes peuvent apparaître à la périphérie de l'ouverture buccale (type Sypliarisia évolué).
De G à O. les limites indiquée^ en pointillé sont celles du plateau céphalique.
Source : MNHN, Paris
LES SYPI1ACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
45
situées de part et d’autre des deux lèvres latéra¬
les : - 4°. au cours de l’évolution les modifica¬
tions de la symétrie céphalique peuvent être
interprétées comme résultant : - (i) de la fusion
des lèvres primitives selon certains axes privilé¬
giés, (ii) de l'invagination intrabuccale de la
cuticule selon les mêmes axes suivie d’atrophie.
Deux types évolutifs principaux pouvaient
ainsi être distingués soit, selon la nomenclature
de l’époque (voir Chitwood & Chitwood, 1950) :
un type Spirurida (fig. B et C) chez lequel la
fusion et l'invagination se font de pari et
d'autre du plan sagittal, ce qui entraîne
l’apparition d’une symétrie bilatérale,
un type Rhabditida (fig. D, E et F) chez
lequel la fusion et l'invagination se font selon
les axes œsophagiens ce qui préserve la
symétrie d’ordre trois.
L’évolution des structures céphaliques chez les
Syphaciinae (fig. 6 de F à P) nous paraît pouvoir
être rattachée au type Rhabditida pour les
raisons suivantes : 1", la morphologie cépha¬
lique observée chez les larves et les adultes les
plus primitifs est du type figuré en F avec en
particulier : (i) une ouverture buccale de petite
taille ronde ou triangulaire. (ii) des papilles
internes d'aspect vestigial. (iii) des papilles
céphaliques disposées en « carré » et conservant
fréquemment, au moins au niveau des trajets
nerveux, la trace d'un dédoublement primitif :
2". cette interprétation de l'évolution chez les
Syphaciinae conduit à considérer les lèvres et les
pseudo-lèvres comme des nèoformations ce qui
correspond aux observations puisque ces dilata¬
tions cuticulaires ne portent jamais les terminai¬
sons nerveuses, au contraire des lèvres primitives ;
3”. cette hypothèse est en accord avec les
remaniements récents de la taxonomie (Cha-
baud, 1974) qui font des Oxyurida un groupe
directement dérivé du stock ancien des Rhabdi¬
tida libres.
L’étude morphologique montre que : — 1°, à
partir du type primitif l'évolution de la cuticule
péribuccale chez les Syphaciinae semble conduire
à trois types principaux selon que les poussées de
la cuticule se font selon les axes labiaux (de K à
O), interlabiaux (G et H), ou selon les six axes
simultanément (I et J) ; — 2". que ni l’apparition
des reliefs cuticulaires intrabuccaux. ni la latéra¬
lisation progressive des papilles céphaliques ne
sont directement corrélées avec cette évolution.
On peut donc observer chez les Syphaciinae des
combinaisons très différentes des différents stades
de ces trois grandes lignes évolutives. Enfin,
comme nous l’avions signalé dans le chapitre
précédent, on observe dans ce groupe un dimor¬
phisme sexuel plus ou moins accentué : la
morphologie céphalique de la femelle est tou¬
jours plus différenciée que celle du mâle corres¬
pondant.
Différenciations cuticulaires
Sur les figures 7 et 8 les ailes latérales ou
cervicales sont représentées, soit sur des coupes
transversales de corps, soit sur une vue générale
du Nématode en vue latérale. Sur les figures 8.
9 et 10 les plis céphaliques et différents types
d'ornementation cuticulaire sont représentés sur
l'extrémité céphalique supposée sectionnée. Par
convention : lorsque les illustrations représentent
des coupes transversales du corps la partie
dorsale est orientée vers le haut de la figure.
Ailes latérales
(fig- 7)
Ce sont des épaississements de la cuticule
situés face aux champs hypodermiques latéraux
et qui peuvent s'étendre sur tout ou partie de la
longueur du corps. Chez les Syphaciinae l’évolu¬
tion de l’aile latérale se manifeste le plus souvent
par sa différenciation ou son hypertrophie dans
la région antérieure du corps et sa régression ou
son atrophie dans la région postérieure. Cette
évolution paraît en partie corrélée avec celle des
structures céphaliques puisque l’on observe que :
(i) des groupes d’espèces étroitement appa¬
rentées par leur morphologie céphalique ont très
souvent des ailes latérales proches ou identiques.
(ii) lorsqu'une modification progressive de la
forme de l’aile latérale peut être observée dans
un groupe elle accompagne les modifications des
structures céphaliques, (iii) un léger dimor¬
phisme sexuel est alors fréquemment observé et
Source : MNHN, Paris
Fig. 7. - Définition des variables logiques : 42 à 52 — 43F à 53F.
Ailes latérales : 42-43F. non soutenues par un squelette chitinoïde ; 43-44F. dédoublées une fois ; 44-45F. dédoublées
deux fois ; 45-46F. prenant naissance en arrière du bulbe œsophagien ; 46-47F. section transversale triangulaire ; 47-48F
section transversale arrondie; 48-49F. bien développées; 49-50F. hypertrophiées; 50-51 F. atrophiées ou peu développées'
5I-52F, discontinues; 52-53F. interrompues au milieu du corps. '
Source : MNHN, Paris
LES SYPHAC1INAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
47
62F 63F
64 F
Fig. 8. Définition des variables logiques : 53 à 60 — 54F à 64F.
Ailes cervicales : 53-54F. dédoublées une fois ; 54-55F. dédoublées deux fois ; 55-56F. hypertrophiées ; 56-57F,
atrophiées ou peu développées : 58F. ornementées : 57-59F. orientées dorsalement : 58-60F. en discontinuité avec l'aile latérale
correspondante. Différenciations de la cuticule céphalique : 59-6IF. cuticule céphalique épaissie: 60. plis céphaliques
rudimentaires ; 62F. pli céphalique latéral simple ; 63F, pli céphalique latéral formant un oreillon : 64F. pli céphalique latéral
formant une corne.
Source : MNHN, Paris
48
JEAN-PIERRE: HUGOT
c'est toujours l'aile latérale de la femelle qui
paraît la plus différenciée.
Différents types morphologiques sont repré¬
sentés sur la figure 7. Le plus souvent chacune
des ailes latérales est constituée par une crête
simple, semi rigide et dont la forme et le
développement varient selon les espèces (45-46F
à 52-53F). L'absence du squelette chitinoïde qui
soutient l'aile latérale et lui donne sa rigidité (42-
43F) peut être interprétée comme un début de
régression. Exceptionnellement l'évolution de cet
organe peut se traduire non par une régression
mais par une complication (43-44F et 44-45F).
Ailes cervicales
(fig. 8)
Elles correspondent à la différenciation des
ailes latérales dans la région cervicale, c'est-à-
dire dans la région parcourue par l’œsophage.
Cette différenciation se traduit le plus souvent
par une complication (53-54F et 54-55F), une
hypertrophie (55-56F), l'apparition d'une orne¬
mentation (58F) ou d'une orientation (57-59F).
Plus rarement les ailes cervicales peuvent s'atro¬
phier (56-57F).
Plis céphaliques
(fig. 8, 9 et 10)
Ce sont des néoformations qui apparaissent
plusieurs fois de façon indépendante chez les
Oxyurida puisqu'on peut les observer non seule¬
ment chez certains Syphaciinae. mais également
chez certains oxyures de Primates (Hugot,
1985 c). Lorsque ces néoformations existent on
observe presque toujours un dimorphisme sexuel
très marqué : les plis céphaliques des femelles
sont en général beaucoup plus différenciés que
ceux des mâles.
L’apparition des plis céphaliques résulte d'une
différenciation de l'aile cervicale immédiatement
en arrière des papilles céphaliques et de l'am-
phide correspondante, précédée par un dédou¬
blement de cette aile et par un épaississement de
la cuticule. On peut y reconnaître trois étapes :
(i) migration dorsale de la cuticule céphalique
accompagnée par une différenciation de la mus¬
culature sous-jacente et entraînant, (ii) une
déformation du plateau céphalique qui s'incurve
dorsalement. (iii) apparition chez les formes
les plus différenciées de véritables cornes cuticu-
laires orientées dorsalement et postérieurement.
La partie postérieure de l'aile cervicale peut, soit
subir une évolution comparable, soit régresser et
disparaître.
Les différents types morphologiques qui cor¬
respondent aux variables sont représentés sur les
figures 8 et 9 (59-61F à 6I-66F). La fig. 10
propose une interprétation de l'évolution pro¬
gressive de ces structures.
Autres différenciations
(fig. 9)
Elles sont propres à certaines espèces ou à
certains groupes d'espèces. On peut distinguer :
l'apparition d'une ornementation associée aux
terminaisons nerveuses de la ligne latérale, am-
phides (62 et 67F) ou deirides (63-68F à 70F),
difîrents autres types d'ornementations ob¬
servés dans la région céphalique (65-71 F à 67-
72F).
Organes génitaux mâles
Papilles génitales
(fig. Il et 12)
Chez les Syphaciinae l'arrangement des papilles
génitales se fait selon un plan général constant
qui donne à la région du cloaque une allure
caractéristique : l”. l'ouverture cloacaie est en¬
tourée. (i) par deux paires de papilles cloacales
antérieures sessiles et toujours bien développées,
(ii) dans certains groupes seulement par une
une paire de papilles cloacales postérieures d'as¬
pect vestigial et plus ou moins rapprochées de la
ligne médio-ventrale ; 2", postérieurement la
pointe caudale, toujours bien développée, est
encadrée par une paire de papilles caudales
portées par des pédoncules plus ou moins déve¬
loppés, à la base desquels se situent les orifices
des phasmides. Dans ce groupe l’évolution est
caractérisée par : une tendance à la réduction
du nombre des papilles génitales : les papilles
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÈOGRAPHIE. ÉVOLUTION
49
Fig. 9. — Définition des variables logiques : 61 à 67 — 65F à 72F.
Différenciai ions de la cuticule céphalique (suite) : 65F. pli céphalique dorsal formant un orcillon ; 61-66F. pli céphalique
dorsal formant une corne ; Autres différenciations cuticulaires : 62-67F. amphides ornementées ; 63-68F. deirides apparentes ;
64-69F. deirides ornementées type Sypliahulea ; 70F. deirides ornementées type Syphacia ; 65-71 F, ornementation à la base des
plis céphaliques ; 66. recouvrement des stries transversales cervicales ; 67-72F. recouvrement des stries transversales cervicales
dessinant une ornementation cervicale.
cloacales postérieures, bien développées chez la
plupart des autres Oxyurida sont vestigiales chez
les Syphaciinae les plus primitifs et disparaissent
complètement chez les espèces les plus évoluées ;
par un regroupement des papilles cloacales :
chez les autres Oxyurida ces papilles, qui sont
portées par des pédoncules bien développés, se
trouvent plus écartées de l’ouverture du cloaque.
Cette évolution peut être expliquée selon le
modèle proposé par Chabaud & Petter (1961)
pour rendre compte de l'évolution des papilles
génitales chez les Nématodes Phasmidiens para-
source : MNHN, Paris
B
Fig. 10. Différenciation des plis céphaliques.
Chez les Syphaciinac le développement des plis céphaliques est une caractéristique de la tribu des Acanthoxyurini. On
peut y reconnaître deux modalités évolutives, l'une (de A à G), caractérise les parasites d'Anomaluridue (genres
Aeanllioxyurus, Zenkoxyuris et tdiuoxyuris), l'autre (de A à J), caractérise le parasite de Thryonomyidac (genre Pelronema). La
reconnaissance d'un type évolutif particulier est l'un des arguments qui nous permettent de proposer la création d'un genre
pour Pelronema qui avait primitivement été décrit comme un sous-genre d'Acanihoxyurus.
De A à G : en A. la cuticule céphalique est épaissie, l'aile cervicale (en pointillés) et l'aile latérale (en grisé), sont séparées
par un hiatus ; ce type morphologique que l'on peut considérer comme primitif, est rencontré chez Zenkoxyuris. Idiuuxvuris cl
la femelle d'Acanihoxyurus anacanthos. En B. l'aile cervicale se dédouble dans sa partie antérieure ; type morphologique
rencontré chez les mâles du genre Acanthoxyurus. De C à G. évolution rencontrée chez toutes les femelles du genre
Acanthoxyurus (à l'exception d'.4. anacanthos) : en C. la partie antérieure dédoublée de l'aile cervicale se sépare de sa partie
postérieure non dédoublée, les deux segments vont continuer à évoluer séparément ; les deux crêtes issues du segment antérieur
migrent dorsalcment, entraînant une déformation du plateau céphalique, puis ces crêtes s'hypertrophient donnant naissance
aux plis (D). puis aux cornes céphaliques (E. F ou G) ; le segment postérieur de l’aile cervicale peut, soit rester simple (C et D)
soit s'atrophier cl disparaître (E). soit encore sc dédoubler à son tour, s hypcrtrophicr cl s'orienter dorsalcment (F et G).
De H à J : évolution de type Pelronema : la disposition figurée en I et J est celle observée chez les mâles et les femelles
du genre, celle figurée en H représente une forme hypothétique plus primitive. L'aile cervicale se dédouble ici sur toute sa
longueur (Fl) ; les deux crêtes issues de ce dédoublement migrent dorsalcment comme dans le cas précédent, mais seule la crête
la plus dorsale va s'hypertrophier et donner naissance à une corne céphalique (I et J) ; la déformation du plateau céphalique
beaucoup plus accentuée, entraîne le regroupement latéral des terminaisons nerveuses qui semblent être portées par un même
pédoncule. Enfin chez Pelronema l'aile latérale ne se dédouble pas.
Source : MNHN, Paris
Fig. 11. — Évolution de la disposition des papilles génitales des mâles.
Sur les schémas la région caudale du mâle, représentée en vue ventrale, est supposée sectionnée en avant du cloaque.
L'ouverture cloacale est entourée par les papilles cloacales ; postérieurement les papilles caudales pédonculées encadrent la
pointe caudale. Les différents types morphologiques décrits chez les Syphaciinac peuvent être interprétés et ordonnés en
morphocline selon le modèle proposé par Chabaud & Petter (1961) pour expliquer l'évolution des papilles génitales chez
l'ensemble des Nématodes Phasmidiens parasites ; tout se passe comme si la cuticule post-cloacale s'invaginait progressive¬
ment à l'intérieur de l'ouverture du cloaque, entraînant. — (i) un raccourcissement progressif de la queue dans les différentes
lignées, s'accompagnant du développement progressif des pédoncules latéraux. — (ii) une migration apparente des papilles
cloacales. qui semble se déplacer à la fois vers l'arrière et vers la ligne ventrale. Chez les Syphaciinac l'importance relative des
deux composantes de ce mouvement semble varier selon que dans leur position initiale les papilles sont, soit plus dorsales :
elles semblent alors se déplacer plutôt vers l’arrière, soit plus ventrales : elles semblent alors se déplacer plutôt vers la ligne
ventrale.
Deux types évolutifs peuvent être distingués à partir du type primitif hypothétique représenté en A : 1 ) de B à D. la
composante latéro-médianc domine le mouvement migratoire des papilles cloacales, qui. d'un meme côté du corps paraissent
donc toujours plus ou moins alignées (le type B peut être observé chez Protozoophaga, le type C chez Wellcomia et les mâles
Helminthoxys les moins évolués, le type D chez les mâles Helminthoxys les plus évolués) ; — 2) de E à H, la composante
antéro-postérieure domine le début du mouvement migratoire, les papilles cloacales semblent donc entraînées vers la pointe
caudale ; les papilles cloacales principales prennent une disposition en « carré », les papilles accessoires vont fusionner sur la
ligne ventrale avant de disparaître à l'intérieur du cloaque (le type E est observé chez Hilgertia, le type F chez
Heteromyoxyuris, le type G chez Passalurus et Rauschtineria, le type H chez Svpharista. Svphatmeria. Syphabulea, Syphacia.
Acanthoxyurus. Petronema. Zenkoxyuris et Idiuoxyuris ).
Source : MNHN, Paris
52
JEAN-PIERRE HUGOT
siles (voir la fig. 11 ). Les états de caractères leur
correspondant sont représentés sur la figure 12
(68 à 73).
Ouverture cloacale
(fig. 12)
La cuticule qui entoure l'ouverture cloacale
peut porter des différenciations propres à cer¬
taines espèces ou à certains groupes d’espèces :
présence d'une languette sur la lèvre antérieure
(74). présence de pédoncules latéraux (75), pré¬
sence de plis ventraux post-cloacaux (76 et 77).
Pointe caudale
(fig. 12)
La pointe caudale plus ou moins développée
existe toujours chez les Syphaciinae. Les varia¬
tions relatives de sa longueur n'ont pas de valeur
à l’échelle de l'ensemble du groupe mais peuvent
caractériser des espèces ou de petits groupes
d'espèces : variables qualitatives 78 et 79, va¬
riables quantitatives 126 à 129.
Ballasts
(fig. 14)
Nous désignons sous ce nom des enflures plus
ou moins turgescentes de la cuticule des mâles
présentes dans la région postérieure du corps
chez certaines espèces et dont le rôle semble être
d'assurer une meilleure adhérence de la cuticule
ventrale des mâles avec celle de la femelle au
cours de l'accouplement. On peut distinguer les
types suivants : 80. unique, latéral, ante-cloa-
cal ; 81, doubles, latéraux, ante-cloacaux ; 82,
doubles, post-cloacaux, ventraux : 83. doubles,
post-cloacaux, latéraux.
Gubernaculum
(fig. 13. 14 et 15)
Chez les Syphaciinae l'évolution de cet organe
est caractérisée par l'apparition d'un « crochet
accessoire » chez les espèces les plus évoluées. Le
crochet accessoire est une nèoformation dont
l'apparition résulte de la sclérotisation progres¬
sive de la lèvre postérieure du cloaque en relation
avec la différenciation d'une musculature propre
à cet organe et se présente donc comme une
pièce chilinoïde articulée dorsalemenl avec le
gubernaculum proprement dit. Chez certaines
espèces cette évolution de la lèvre du cloaque est
accompagnée par l'apparition à sa surface d'une
ornementation rugueuse. Les différents types
morphologiques rencontrés dans la sous-famille
peuvent être ordonnés en morphocline (voir fig.
13). On peut distinguer (fig. 14 et 15) les états de
caractères suivants : corps du gubernaculum plus
ou moins développé (84 à 87). crochet accessoire
plus ou moins développé (88 à 93). différents
types d'ornementation du crochet accessoire (94
à 101).
Spiculé
(fig. 15)
Chez les Nématodes il existe primitivement
deux spiculés. Chez les Oxyurida le spiculé est
unique et peut dans certains cas disparaître. Chez
les Syphaciinae la présence d’un spiculé unique
est constante : sa morphologie est peu variable à
l'exception des quelques particularités qui ser¬
vent à décrire les états de caractères 102 à 105, et
des variations de sa longueur (variables quantita¬
tives 130 et 131). Aucun de ces caractères n’a de
valeur à l'échelle de l'ensemble du groupe, mais
ils peuvent caractériser des espèces ou des groupes
d’espèces.
Area rugosa
(fig. 15, 16, 17 et 18)
Chez les Syphaciinae les mâles portent sur la
cuticule ventrale, une ornementation plus ou
moins différenciée dont la fonction est de faciliter
l'accrochage du mâle et de la femelle, au cours de
l'accouplement. Deux types morphologiques fon¬
damentaux peuvent être reconnus : un sys¬
tème de sillons transversaux ventraux. un
système de plis pectinés longitudinaux.
I". le système des sillons transversaux est
connu dans différents groupes chez les Oxyurida :
ce type d'ornementation est donc probablement
apparu plusieurs fois parallèlement : chez les
Syphaciinae son évolution se traduit. (i) par
l'apparition de petits reliefs cuticulaires en forme
d'épine au fond des sillons. (ii) par le
regroupement des sillons au niveau de sites
cuticulaires privilégiés, les «mamelons», au nom¬
bre de un à trois selon les groupes et selon les
espèces.
Source : MNHN, Paris
Fig. 12. — Définition des variables logiques : 68 à 79.
Papilles génitales : 68. papilles cloacales accessoires alignées avec les papilles cloacales principales ; 69. papilles cloacalcs
accessoires déportées en arrière du cloaque; 70. papilles cloacales accessoires fusionnées sur la ligne mcdio-ventrale ;
71. papilles cloacales principales disposées en « carré » ; 72. papilles cloacalcs principales portées par des plaques chitinoïdcs ;
73. pédoncules des papilles caudales peu développés. Ornementation de l’ouverture cloacale : 74. languette sur la lèvre
antérieure ; 75. pédoncules latéraux présents ; 76. deux plis ventraux post-cloacaux ; 77. nombreux plus ventraux post-
cloacaux disposés en éventail. Pointe caudale : 78. conique : 79. effilée.
Source : MNHN, Paris
Fig. 13. — Évolution du gubemaculum chez les mâles.
Sur les illustrations l'extrémité caudale du mâle est représentée en vue latérale gauche. Les différents types
morphologiques observés dans la sous-famille peuvent être interprétés selon le schéma évolutif suivant : A. gubemaculum
peu développé, crochet accessoire absent (type rencontré chez Protozoophaga et Heteromyoxyuris). A partir de ce type que
nous considérons comme primitif on peut distinguer :
— 1) de F à H. un type évolutif caractérisé par (i) un allongement du corps du gubemaculum dont la forme est celle d'une
S le à cheveux (ii) par l'apparition d'un crochet accessoire dédoublé qui prend l'aspect d’un fer à cheval ; selon le
oppement du crochet accessoire on distingue : F, crochet accessoire rudimentaire (type Hilgerlia ), G, crochet
accessoire bien développé (type Sypharisia, Syphatineria, Syphabulea. Syphacia. Petronema)\ H, crochet accessoire
dédoublé hypertrophié (type Acamhoxyurus. Zenkoxyuris, Idiuuxyuris).
2) de B à E. un type évolutif caractérisé par (i) un développement différent du corps du gubemaculum qui reste globuleux
(ii) par l'apparition d'un crochet accessoire qui ne se dédouble pas ; on distingue : B. crochet accessoire et
gubemaculum peu développés (type Rauschlineria). C. crochet accessoire annulaire (type Passalurus), D. crochet
accessoire simple hypertrophié (type Helmimhoxys peu évolué et Wellcomia ). E. crochet accessoire simple hypertrophié
plus pointe dorsale, gubemaculum constitué par un rayon chilinoïdc dense, enveloppé cl allongé dorsalcmcnl par une
masse chilinoïde translucide (type Helmimhoxys évolué).
En E et H des formes et un développement équivalents des organes sont réalisés par convergence. Source :MNHN,
Fig. 14. — Définition des variables logiques : 80 à 95.
Ballasts : 80, unique, latéral, antc-cloacal ; 81, doubles, latéraux, ante-cloacaux ; 82, post-doacaux. ventraux ; 83, post-
cloacaux. latéraux. Corps du gubernaculum : 84, rudimentaire ; 85, court et massif ; 86, allongé type Helminthoxys ; 87, allongé
type Syphacia. Crochet accessoire : 88. simple; 89, dédoublé type Syphacia ; 90, peu développé; 91. simple hypertrophié;
92. dédoublé hypertrophié ; 93, annulaire. Ornementation du crochet accessoire : 94, écusson post-cloacal à surface chagrinée ;
95, deux cornes latéro-ventrales.
Source : MNHN, Paris
Fig. 15. — Définition des variables logiques : 96 à 107.
Ornementation du crochet accessoire (suite! : 96. deux petites pointes à l'apex ; 97. un bourrelet chitinoïde postérieur ;
98, pointes chitinoïdes sur les branches postérieures; 99, gradient de taille des pointes chitinoïdcs ; 100. bosselures sur les
branches postérieures; 101. écailles cuticulaircs sur les branches postérieures. Spiculé : 102. extrémité antérieure renforcée;
103. pointe élargie en spatule ; 104. pointe élargie en spatule plus crochet dorsal ; 105. pointe lancéolée cl sigmoïde. Areà
rugosa : 106. écailles sagittales ventrales ; 107, sillons transversaux ventraux simples.
Source : MNHN, Paris
A
Fig. 16. — Évolution de l'area rugosa chez les mâles.
A partir du type primitif hypothétique représenté en A. deux types évolutifs fondamentaux peuvent être distingués :
1) de H â L. la spécialisation se traduit par l'apparition de sillons transversaux régulièrement disposés au milieu des inter¬
stries ; en H, I. J. K et L les plis pectinés coexistent avec les sillons (H, type Zenkoxyuris , L. type Rauschtineria) et
peuvent (I. J et K. types Petronenta, Acanthoxyurus et Idiuoxyuris. respectivement), donner des crêtes de type I.
diversement arrangées avec les mamelons; de M à P, les plis pectinés ont disparu, la spécialisation se traduit
exclusivement par la différenciation des sillons transversaux : M. sillons simples (type Passalurus. Hilgerlia,
Heteromyoxyuris. Syphari.ua primitif) ; N. un seul mamelon (type Sypliarisia ) ; O. deux mamelons (type Sypliarisia.
Syphatinerià. Syphacia primitif); P. trois mamelons (type Sypliarisia. Syplialineria cl Svphacia évolués. Sypliahulea).
2) de B à G. différenciation des plis pectinés sans apparition de sillons transversaux ; B. la hauteur des plis augmente, ils se
transforment en crêtes de type I (la striation transversale n'est pas modifiée); C. les crêtes de type I se développent
uniquement dans la région ventrale postérieure, elles sont précédées par deux mamelons à « sécrétion » qui sont des
néoformations (type Helmimhoxys) ; D. plusieurs rangées successives de crêtes fusionnent, donnant les crêtes de type II
plus développées : la striation transversale de la cuticule ventrale disparaît (type Prolozoophaga) ; E à G. dans la partie
antérieure de l'area rugosa plusieurs rangées de crêtes deviennent contiguës et forment un « pseudo-mamelon » à
six (G), ou à trois (E et F), rangées de crêtes (type Wellcomia) ; secondairement en F. l'atrophie du pseudo-mamelon
peut être compensée par l'apparition d'un « mamelon lisse ». qui est une néoformation ; au niveau des rangées les plus
postérieures la spécialisation se traduit par l'apparition de gradients de longueur et de hauteur des crêtes d'une même
rangée.
Source : MNHN, Paris
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 17. — Définition des variables logiques : 108 à 113.
Area rugosa (suite) : 108, reliefs présents au fond des sillons transversaux ventraux ; 109. un mamelon type Syphacia
110, deux mamelons type Syphacia-, III, trois mamelons type Syphacia ; 112, plis pcctinés vestigiaux présents; 113, crête
pectinées de type I.
Source : MNHM, Paris
Area rugosa (suite) : 114, grandes crêtes peclinées de type II : 115. gradient transversal de la hauteur des crêtes;
116. dissymétrie des rangées de crêtes par rapport au plan sagittal ; 117. mamelon à six rangées de crêtes ; 118. mamelon à
trois rangées de crêtes ; 119. mamelon à trois rangées de crêtes, atrophié ; 120, mamelon lisse ; 121, mamelons à « sécrétion » ;
122, présence de crêtes sagittales ventrales.
Source : MNHN, Paris
60
JEAN-PIERRE HUGOT
2°, le système des plis pectines pourrait
dériver d'une ornementation sans fonction
sexuelle que l'on peut observer à l’état vestigial
sur la cuticule dorsale et ventrale des larves et
des adultes des deux sexes chez certains Sypha-
ciinae et que. dans notre interprétation, nous
supposons avoir été présente chez tous les ancêtres
du groupe ; au cours de l'évolution ces plis ont pu.
— (i) soit se différencier au niveau de la cuticule
ventrale de certains mâles, (ii) soit disparaître;
des mamelons peuvent également apparaître chez
les espèces les plus évoluées appartenant à ce
type, soit par un arrangement particulier des
rangées de crêtes, soit par néoformations.
Les hypothèses concernant l'évolution de ces
structures sont représentées sur la figure 16. Les
différents étals de caractères leur correspondant
sur les ligures 15. 17 et 18.
Organes génitaux femelles
(fig. 19 et 20)
Chez les Syphaciinae la disposition de l'appa¬
reil génital est typiquement la suivante (fig. 1) :
I . la vulve est située dans le tiers antérieur du
corps ; - 2". Povéjecteur qui lui fait suite est
constitué par. - (i) un vagin cuticulaire qui se
retourne en doigt de gant à l'extérieur du corps
après l’accouplement. (ii) un vagin musculaire
plus ou moins développé, dirigé vers l’arrière ou
formant une anse vers l’avant, lui-même pro¬
longé par. (iii) un vagin utérin (ou trompe
utérine), long, dirigé d’avant en arrière et dans
lequel s'accumulent les œufs avant la ponte ;
3", dans la partie postérieure du corps le va¬
gin utérin s'abouche avec deux utérus longs,
flexueux et dirigés d’arrière en avant ; 4". dans
la région antérieure chacun de ces utérus se
prolonge par un oviducte contourné dont une
portion est différenciée en spermathèque ; 5",
les ovaires sont allongés et volumineux.
Les états de caractères correspondant à ces
différents organes sont représentés sur les fi¬
gures 19 et 20.
Œufs
(fig. 21)
Chez la très grande majorité des Oxyurida
parasites de Vertébrés les œufs sont ovales ou
sub-sphériques et non operculés et nous consi¬
dérons ce type morphologique comme primitif
dans le groupe. Chez les Syphaciinae l’évolution
de la morphologie des œufs se traduit : - par
leur allongement. par l’apparition d'une dis¬
symétrie (l'une des faces tend à devenir concave),
par l'apparition d'un opercule qui peut être
polaire ou latéral et plus ou moins développé.
Les variables qualitatives sont représentées sur la
figure 21 (85F à 89F).
CARACTÈRES QUANTITATIFS
Caractères utilisés
Longueur relative de l’œsophage
Chez les Syphaciinae l’œsophage est plus ou
moins long selon les groupes. Cette caractéris¬
tique peut être mesurée par le rapport de la
longueur de l’œsophage à celle du corps diminué
de la longueur de la queue (dont les variations
intra-spécifiques peuvent être importantes). Ces
mesures sont faites chez le mâle : chez les
femelles les proportions sont semblables mais
moins facile à comparer du fait de leur crois¬
sance allométrique très marquée entre le moment
de l'accouplement et celui de la ponte.
Source : MNHNParis
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
61
Ovijecteur : 73F. vulve absente ; 74F, poche hypodermique présente; 75F. tube de ponte présent : 76F. ovèjeclcur
subdivisé en plusieurs segments histologiquement distincts; 77F, ovéjecteur fortement muscularisé: 78F. trompe utérine
dilatée formant une chambre emplie d'un épais ciment.
Source : MNHN, Paris
62
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 20. — Définition des variables logiques : 79F à 84F.
Ovéjecleur (suite) : 79F, vagin cuticulaire retourné; 80F, vagin cuticulaire retourné formant une trompe. Sperma-
thèque : 81F, peu différenciée type Syphaciini ; 82F, ayant la forme d'une dilatation ampulairc ; 83F. en dérivation type
Wellcomia ; 84F, précédée d'une différenciation de l'oviducte type Acanthoxyurus.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
63
86 F
Fig. 21. — Définition des variables logiques : 85F à 89F.
Œufs : 85F, symétrique ; 86F, une face plane ou concave ; 87F, opercule polaire ; 88F, opercule latéral ; 89F, grand
opercule latéral.
Longueur relative de la pointe caudale
chez les mâles
Cette mesure varie avec la longueur de la
pointe caudale, mais également avec le raccour¬
cissement progressif de la queue (voir p. 51). Elle
n'a donc pas de valeur à l'échelle de l'ensemble
du groupe, mais permet de comparer des espèces
étroitement apparentées par leurs autres caractères.
Listes des
Mâles
123 longueur du corps — longueur de la queue/
longueur de l'œsophage < 6
124 longueur du corps — longueur de la queue/
longueur de l'œsophage ^6^7
125 longueur du corps — longueur de la queue/
longueur de l'œsophage > 7
Longueur relative du spiculé
et du gubernaculum
Cette mesure n'a pas de valeur à l'échelle de
l'ensemble du groupe, mais permet de comparer
des espèces étroitement apparentées par leurs
autres caractères.
Rapport de la largeur à la longueur de l'œuf
Cette mesure varie avec l’allongement plus ou
moins marqué de l'œuf chez les Syphaciinae.
VARIABLES
126 longueur de la queue — longueur de la
pointe caudale/longueur de la queue > 0,6
127 longueur de la queue — longueur de la
pointe caudale/longueur de la queue < 0,6 >
0,4
128 longueur de la queue longueur de la
pointe caudale/longueur de la queue < 0,4 >
0,11
Source : MNHN, Paris
64
JEAN-PIERRE HUGOT
129 longueur de la queue longueur de la
pointe caudale/longueur de la queue ^ 0,11
130 longueur du spicule/longueur du gubernacu-
lum > 2
131 longueur du spicule/longueur du gubernacu-
lum ^ 2
Femelles
90 F longueur de l'œuf/largeur de l'œuf < 2,5
91 F longueur de l'œuf/largeur de l’œuf ^ 2,5
Source : MNHN, Paris
TAXONOMIE NUMÉRIQUE ET ZOOGÉOGRAPHIE
Nous exposons dans ce chapitre les résultats
de l’analyse des données et leur discussion
lorsqu’on les compare avec les facteurs zoogéo¬
PRÉSENTATION
Une quarantaine d'essais préliminaires nous
ont permis d'utiliser l’analyse des données pour
évaluer statistiquement la similitude des espèces
parasites en fonction de l’ensemble des états de
caractères (ou variables) définis au 2 e chapitre.
Au cours de ces essais nous avons plusieurs fois
modifié la définition des variables et (ou) la
description des taxons. Nous avons également
étudié séparément les mâles puis les femelles des
espèces parasites. Les résultats que nous expo¬
graphiques : position systématique, répartition
géographique, paléontologie et écologie des hôtes.
DES RÉSULTATS
sons ci-dessous sont ceux d’une analyse facto¬
rielle des correspondances (afc), puis d’une
classification ascendante hiérarchique (cah), réa¬
lisées à partir d'un tableau dans lequel, pour
chaque espèce parasite, la description du mâle et
celle de la femelle ont été mises bout à bout.
Pour neuf des cent une espèces étudiées les
spécimens de l'un des sexes étaient inconnus. Ces
espèces n'ont par conséquent pas pu être utilisées
pour cette dernière analyse.
Utilisation des indices cor et ctr
Pour interpréter les résultats de l'analyse fac¬
torielle des correspondances, les programmes de
la bibliothèque addad fournissent des indices
qui permettent de choisir les variables les plus re¬
présentatives. En effet un nuage de points admet
un centre de gravité qui a pour coordonnées la
valeur moyenne de chaque variable. A chaque
point du nuage est associée une valeur : Y inertie,
qui est fonction de son poids statistique et de la
distance qui le sépare du centre gravité. L’inertie
du nuage est par définition égale à la somme des
inerties des points qui le composent. Or la
projection sur un plan d'un nuage de points
construit dans un espace multidimensionnel, s'ac¬
compagne d'une distorsion ; l’inertie du nuage,
qui exprime la dispersion des points, n’est donc
que partiellement représentée dans ce plan. La
valeur propre (ou inertie) d’un facteur (axe
factoriel) exprime la part de l’inertie totale du
nuage représentée sur ce facteur. Il est par
conséquent nécessaire : — 1°, de pouvoir choisir
les axes définissant le plan de manière à minimi¬
ser la perte d’inertie ; — 2°, de pouvoir évaluer
pour chacun des axes : — (i) la contribution de
chacun des points à l’inertie de cet axe, — (ii)
inversement, pour chaque point, la part de son
inertie propre représentée sur cet axe.
Source : MNHN, Paris
66
JEAN-PIERRE HUGOT
Indice COR
L'indice COR mesure la qualité de la représen¬
tation (de l'inertie) d'un point du nuage (espèce
ou variable) sur un axe factoriel (un facteur). En
effet on peut associer à chaque point un vecteur
propre qui a pour origine le centre de gravité du
nuage, donc l'origine des axes factoriels, et pour
extrémité le point lui-même ; la projection d'un
point (construit dans un espace multidimension¬
nel) dans un espace à deux dimensions (celui
défini par les axes factoriels), entraîne une défor¬
mation du vecteur propre qui lui est associé ;
c'est la mesure de cette déformation qui permet
d'évaluer la qualité de la représentation du point
sur chacun des deux axes considérés : on utilise
pour cela le cosinus carré de l'angle formé par le
vecteur et par chacun des axes. La mesure est
exprimée en millièmes de telle manière que
cor = I 000 corresponde à cos = 1. donc à un
angle nul et à une projection sans déformation,
et cor = 0 corresponde à cos = 0 , donc à un
angle droit et à la plus mauvaise représentation
possible.
Par conséquent, plus cor se rapproche de
1 000, meilleure est la représentation du point sur
l'axe considéré. Les valeurs de cet indice peuvent
être cumulées et la qualité globale de la représen¬
tation d’un point dans le plan défini par deux
axes factoriels, sera mesurée par la somme des
cor de ce point sur chacun des axes.
Indice CTR
L'indice ctr mesure la contribution relative
d'un point à la valeur propre de l'axe correspon¬
dant. Les valeurs de cet indice sont exprimées en
millièmes de l'inertie totale de l'axe, c’est-à-dire
que pour chaque série de points (variables ou
espèces), et pour chaque axe, la somme des ctr
est égale à 1 000. Pour l'ensemble des 222 va¬
riables, le ctr moyen est égal à I 000/222
= 4,5. Pour chacun des axes les variables que
nous avons retenues ont toutes un ctr supérieur
ou égal à deux fois le ctr moyen plus ou moins
un. L'ensemble des variables retenues pour inter¬
préter l'axe 1 représente 636 millièmes de l'inertie
propre à cet axe. L'ensemble des variables
retenues pour interpréter l’axe 2, représente
608 millièmes de l’inertie propre à cet axe.
Les valeurs respectives des indices cor et ctr,
pour chacun des points variables retenus sont
données par les tableaux 3 et 4.
Tableaux
Le tableau des données est reproduit en
annexe. Les quatre-vingt-douze espèces utilisées,
représentées par un sigle de quatre lettres (voir
tableau 1), sont figurées en colonne. Les deux
cent vingt-deux caractères (cent trente-et-un pour
la description des mâles et quatre vingt onze
signalés par un F pour les femelles) sont figurés
en ligne.
Le tableau 2 représente les valeurs propres de
chacun des facteurs de I'afc. La valeur propre
d'un facteur (ou axe factoriel) exprime la part de
l'inertie du nuage qui y est représentée. Sur le
tableau 2 elle est successivement donnée : en
valeur exacte, en pourcentage, puis en pourcen¬
tage cumulé de l'inertie totale, enfin graphique¬
ment sous forme d'un histogramme.
Les tableaux 3 et 4 donnent la définition des
points « variables », le tableau 5 la définition des
points « espèces ». Chaque tableau comporte
dix-sept colonnes. La première colonne donne le
numéro d’ordre de l'espèce ou de la variable. La
deuxième colonne (Il ou Jl) le sigle qui sert à la
désigner. La troisième (qlt) la qualité globale de
la représentation du point sur les quatre premiers
facteurs. La quatrième (poid) donne le poids du
point dans le tableau des données. La cinquième
(inr) l'inertie propre du point exprimée en
millième de l'inertie totale du nuage. Suivent
quatre groupes de trois colonnes correspondants
chacun à l’un des quatre facteurs retenus : la
première colonne donne la coordonnée (# F) du
point sur l'axe correspondant ; la seconde l'in¬
dice cor mesurant la qualité de la représentation
de l'inertie du point sur Taxe correspondant : la
troisième l'indice ctr mesurant la contribution
relative du point à l'inertie de Taxe.
Sur les tableaux 3 et 4 les points variables sont
disposés dans l'ordre décroissant de leur ctr sur
l’axe I (tableau 3) ou sur l'axe 2 (tableau 4),
compte tenu du signe de leur coordonnée sur
l'axe correspondant. C'est-à-dire que dans chaque
tableau les points dont les coordonnées sont
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE, ZOOGÉOGRAPHIE, ÉVOLUTION
67
Tableau 2. Aide à l'interprétation de l’analyse des données : valeurs propres des facteurs.
Voir explications dans le texte.
Val. propre
Pourcent.
Cumul
Histogramme des valeurs propres de la matrice
0.61751
0.37841
0.33439
0.29106
0.24924
0.24552
0.19730
0.18125
0.17163
0.16192
0.14302
0.12921
0.10419
0.09443
0.08811
0.07722
0.07273
0.06401
0.05997
0.05274
0.04955
0.04790
0.04197
0.03933
0.03743
0.03713
0.03500
0.03394
0.03054
0.02884
0.02566
0.02092
0.01978
0.01886
0.01720
0.01554
0.01465
0.01405
0.01294
0.01215
0.01153
0.01110
0.01085
0.01026
0.00906
0.00847
0.00780
0.00717
0.00689
0.00649
0.00618
0.00541
0.00531
0.00470
13.967
8.559
7.563
6.583
5.637
5.553
4.463
4.100
3.663
3.235
2.922
2.357
2.136
1.993
1.747
1.645
1.448
1.357
1.193
1.121
0.847
0.840
0.792
0.691
0.652
0.580
0.473
0.447
0.427
0.389
0.351
0.331
0.318
0.293
0.275
0.261
0.251
0.245
0.232
0.205
0.192
0.177
0.162
0.156
0.147
0.140
0.122
0.120
0.106
13.967
22.526
30.090
36.673
42.311
47.864
52.327
56.427
60.309
63.971
67.206
70.129
72.485
74.621
76.614
78.360
80.005
31.453
82.810
84.003
85.124
86.207
87.157
88.046
88.893
89.733
90.524
91.292
91.983
92.635
93.215
93.688
94.136
94.563
94.952
95.303
95.634
95.952
96.245
96.520
96.780
97.032
97.277
97.509
97.714
97.906
98.082
98.244
98.400
98.547
98.687
Source : MNHN, Paris
68
JEAN-PIERRE HUGOT
positives sont dans la partie supérieure du
tableau et se lisent de haut en bas, les points dont
les coordonnées sont négatives sont dans la
partie inférieure du tableau et se lisent de bas en
haut. Sur ces tableaux : seuls sont représentées
les variables qui nous ont servi à interpréter
chacun des axes retenus ; c’est-à-dire celles qui
ont à la fois un cor et un ctr élevés sur l'axe
correspondant.
Tableau 3. Aide â l'interprétation des points « variables » sur les quatre premiers facteurs dans l'ordre décroissant de leur
contribution (CTR) au premier facteur.
Voir explications dans le texte.
II
QLT
POID
INR
1 #F
COR
CTR
2#F
COR
CTR
3 # F
COR
CTR
4 # F
COR
CTR
4
4
1833
693
22
—673
93
5
516
55
3
69
,
0
4
4
1833
693
22
—673
93
5
516
55
3
69
1
0
4
4
1833
693
22
—673
93
5
516
55
3
69
741
6
4
1485
732
21
134
6
0
97
3
0
34
0
0
4
5
1838
642
21
—639
78
4
440
37
2
119
3
91
759
4
5
1838
642
21
—639
78
4
440
37
2
119
3
6
4
1404
751
20
—63
2
0
120
6
0
557
118
3F
718
6
4
1373
704
20
-24
0
0
60
0
- 183
12
84
34
812
6
4
1445
6/8
20
-36
0
0
271
24
1
—580
109
7
38
695
5
4
1524
624
19
—96
2
0
265
19
1
—430
50
85
35
695
5
4
1524
624
19
—96
2
0
265
19
1
—430
50
35F
929
9
3
1131
808
18
360
82
3
-220
31
1
-113
8
222
90 F
670
6
4
1362
664
18
44
1
0
—6
0
0
129
6
0
34
34
929
9
3
1131
808
18
360
82
3
-220
31
1
-113
8
173
41F
832
8
3
1118
705
17
375
79
3
—232
30
1
— 173
17
150
19F
621
3
5
1833
525
17
—634
63
3
440
30
2
140
3
40
40
896
8
3
1109
741
17
411
102
4
280
47
2
—97
6
125
125
636
6
4
1250
583
16
298
33
1
— 140
7
0
—178
12
1
712
2
4
1964
459
15
—1069
136
7
991
117
7
—26
0
149
18F
481
3
4
1612
437
14
358
22
1
351
21
1
101
2
3
4
1719
456
14
—495
38
2
415
27
2
82
704
2
4
2007
417
13
—1204
150
8
1149
137
8
—43
0
19
445
2
5
1844
365
13
—676
49
3
517
29
2
157
3
2
5
2068
374
12
-1383
167
9
1373
165
10
—89
1
707
2
5
2068
374
12
—1383
167
9
1373
165
10
—89
1
2
5
2068
374
12
—1383
167
9
1373
165
10
-89
1
589
2
4
1875
3/0
12
1030
112
6
1012
108
6
-18
0
2
5
2068
374
12
—1383
167
9
1373
165
10
—89
707
2
5
2068
3/4
12
—1383
167
9
1373
165
10
—89
5
628
1
4
2129
339
1435
154
8
1346
135
8
10
0
2
5
1656
277
10
141
2
0
—127
2
0
188
4
136
5F
440
3
4
1533
350
10
—425
27
1
231
8
0
610
55
3
23
1
—472
889
8
13
1
0
-78
24
0
—47
9
220
38 F
544
17
3
—555
395
8
—327
137
5
0
0
0
100
13
23
I
—472
830
8
—28
3
0
—51
10
0
—7
0
140
9F
834
22
I
—485
820
8
—40
6
0
—49
8
0
9
0
21
2
556
782
10
-96
23
1
—34
3
0
14
223
91F
778
21
2
534
719
10
-129
42
1
18
1
0
—73
14
123
123
468
14
3
—6/5
419
10
130
15
1
189
33
1
—41
2
909
21
2
—557
828
11
107
30
1
59
9
0
124
41
4
716
370
11
595
256
12
—180
23
1
—72
4
18
3
728
786
16
310
143
5
126
23
1
11
0
213
81F
952
18
3
—728
786
16
—310
143
5
126
23
1
11
0
0
1000
1000
1000
1000
1000
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
69
Tableau 4. Aide à l'interprétalion des points « variables » sur les quatre premiers facteurs dans l'ordre décroissant de leur
contribution (CTR) au deuxième facteur.
Voir explications dans le texte.
II
QLT
POID
INR
1 #F
COR
CTR
2 # F
COR
CTR
3 # F
COR
CTR
4 # F
COR
CTR
43
43
314
5
4
—248
16
0
1029
277
14
278
20
1
1/6
44F
314
5
4
-256
17
1
1022
274
14
294
23
1
8
0
539
2
4
489
34
1
1439
295
13
1165
193
9
343
17
1
588
6
4
165
8
0
900
252
13
624
121
7
206
14
209
/7F
562
4
4
595
88
3
1033
266
12
-899
201
52
52
334
2
4
433
18
1
1568
234
11
—713
48
3
594
34
2
69
59
655
2
5
470
24
1
1355
197
11
-302
10
1
1990
424
32
2
5
4/0
24
1355
197
11
-302
10
1
424
142
11F
438
5
5
-533
67
2
883
184
10
832
163
10
316
24
2
550
2
5
541
23
1450
168
10
299
7
0
-2095
352
26
339
2
5
394
17
I
1280
182
10
500
28
72
12
550
2
5
541
23
1
1450
168
10
299
7
0
2095
352
26
505
1
5
379
8
0
1698
161
9
-323
6
0
2430
330
24
147
16F
505
1
5
379
8
0
1696
161
9
-323
6
0
2430
330
24
46
404
15
3
—9
0
0
466
283
9
236
73
2
194
49
2
21
21
263
4
4
53
1
0
880
178
9
—474
52
3
373
32
2
822
2
4
562
45
1
1174
195
9
-1427
288
14
1445
295
17
465
4
5
86
2
0
899
167
9
277
16
1
1163
280
20
363
1
4
508
13
0
1940
187
9
688
24
1
-1677
140
8
363
1
4
508
13
0
1940
187
9
-688
24
1
-1677
140
205
/3 F
518
1
4
499
8
0
2321
175
8
334
4
0
3185
331
20
518
1
4
499
8
0
2321
175
8
334
4
0
3185
331
20
518
1
4
499
8
0
2321
175
8
334
4
0
3185
331
20
518
1
4
499
8
0
2321
175
8
-334
4
0
3185
331
20
518
1
4
499
8
0
2321
175
8
- 334
4
0
3185
1
1
781
13
3
-452
179
4
488
209
8
670
392
17
—37
1
0
1
4
499
8
0
2321
1/5
8
334
4
0
3185
51
518
1
4
499
8
0
2321
175
8
-334
4
0
3185
331
20
1
4
499
8
0
2321
1/5
8
334
4
0
3185
11
655
10
4
-558
173
5
557
172
8
744
308
16
52
2
0
24
24
704
2
4
2007
417
13
1204
150
8
1149
137
8
—43
0
0
628
1
4
2129
339
II
1435
154
8
1346
135
8
10
0
480
17
3
340
174
3
-418
263
8
-125
24
1
114
114
707
2
5
2068
374
12
1383
167
9
1373
165
10
-89
1
0
2
7
715
31
1
1425
123
9
1264
97
8
—673
27
3
2
5
2068
3/4
12
1383
167
9
1373
165
10
-89
1
2
5
2068
374
12
1383
167
9
1373
165
10
-89
1
707
2
5
2068
374
12
1383
167
9
1373
165
10
—89
707
2
5
2068
374
12
1383
167
9
1373
185
10
-89
1
101
288
2
6
-753
36
2
1465
135
10
1 186
89
7
681
29
518
16
3
304
114
2
-506
315
II
216
57
2
161
111
653
13
4
716
370
II
-595
256
12
180
23
1
—72
4
417
2
6
739
47
2
1489
191
14
—1255
136
-707
48 F
494
16
3
48
3
0
582
436
14
— 131
22
161
63
464
3
6
743
54
2
1480
213
15
-1236
149
708
100
521
4
6
716
79
3
1231
235
16
1007
157
12
47
538
14
4
-252
56
1
-697
426
18
143
187
78
456
4
6
—152
4
0
1398
322
21
—670
74
42
865
7
6
-686
130
5
-1202
400
27
—977
265
146
15F
865
7
6
-686
130
5
— 1202
400
27
—977
265
20
504
865
7
6
—686
130
5
-1202
400
27
—977
265
20
504
70
865
7
6
-686
130
5
-1202
400
27
—977
265
20
504
70
6
1000
1000
1000
1000
1000
Source : MNHN, Paris
70
JEAN-PIERRE HUGOT
Tableau 5. Aide à l'inierprélalion des poinls « espèces » sur les quatre premiers facteurs.
Voir explications dans le texte.
Jl
QLT
POID
INR
l#F
COR
CTR
2 # F
COR
CTR
3 # F
COR
CTR
4#F
COR
CTR
,
SAUV
578
12
18
1624
407
52
—823
105
22
652
66
16
-66
1
2
ROUS
605
13
18
1641
427
55
-828
109
23
654
68
16
58
1
3
COM P
552
15
28
1666
352
70
915
106
34
860
94
34
71
1
4
CA RO
649
15
24
1738
423
73
926
120
34
870
106
34
59
0
5
BRAN
673
15
22
1697
434
69
—923
128
34
856
110
33
21
0
b
DBES
229
11
37
1385
135
35
—689
33
14
871
54
26
-313
7
7
CAUD
402
11
10
1263
392
29
—99
2
0
-99
2
0
143
5
8
VELI
431
13
II
1308
428
35
76
1
0
-68
1
0
50
1
9
PUJO
385
13
13
1289
3/8
36
-80
1
0
—112
3
1
126
4
10
FREI
371
12
13
1306
365
34
4
0
0
143
4
1
69
1
II
riFL
406
10
10
1322
401
29
—117
3
0
6
0
0
85
2
12
QUEN
378
10
10
1268
370
27
-151
5
0
0
0
99
2
13
URIC
423
10
9
1350
419
28
116
3
0
8
0
0
73
1
14
GIGA
286
13
18
1305
276
36
58
1
0
180
5
1
165
4
15
DESE
276
11
15
545
50
5
621
65
12
170
5
1
-965
156
16
LONG
266
11
15
427
29
3
621
61
11
169
5
1
1041
171
17
CITE
250
12
10
439
51
4
563
83
10
-155
6
1
646
110
18
EUTA
243
11
II
355
28
2
690
104
13
158
6
1
-694
106
19
HILG
287
11
12
204
9
1
659
94
13
180
7
1
—903
177
20
SEL 1 R
287
11
12
204
9
1
659
94
13
180
7
1
903
177
21
ANOM
546
16
15
368
31
3
688
110
20
—816
155
31
1035
249
22
DBUB
435
15
16
271
16
2
649
92
17
843
155
32
889
172
23
VI NC
551
16
16
392
34
4
707
III
21
889
176
38
1012
228
24
ANAC
464
15
12
324
29
3
661
121
17
686
130
21
816
184
25
BEEC
401
16
17
414
37
4
724
112
22
—807
140
31
722
112
26
SHOR
252
16
47
677
35
12
880
59
32
932
66
41
1098
92
27
ViABO
205
15
35
522
27
7
797
64
26
963
93
43
445
28
GUET
212
15
20
564
53
8
670
75
18
75
20
221
8
29
KAME
85
II
25
-503
24
4
588
33
10
472
21
7
-251
6
30
DENT
218
11
19
-570
43
6
622
52
11
930
115
29
246
31
INFL
253
10
14
—605
62
6
539
49
8
—886
134
24
-215
8
32
RAMA
11
11
599
80
6
526
62
8
855
164
23
180
7
33
SHAR
375
II
9
585
99
6
543
85
9
786
179
21
207
12
34
KINA
373
II
9
—612
109
7
479
66
7
809
189
22
178
9
35
CHAI
257
II
12
—601
76
7
496
52
7
772
126
20
—133
4
36
CALE
315
10
5
-585
154
6
309
43
3
499
112
8
113
6
37
V1UUL
233
10
8
-612
105
6
249
17
2
617
10/
II
100
3
38
LONT
292
10
5
589
175
6
153
12
1
410
85
5
203
21
39
PA LL
207
10
13
—675
84
8
378
26
4
718
95
16
132
3
40
ANTI
152
11
13
—626
76
7
328
21
3
521
53
9
95
2
41
LRAN
212
10
9
—633
106
7
225
13
1
557
82
9
204
11
42
CEPA
304
10
6
-641
165
7
122
6
0
466
87
6
336
45
43
INTE
282
9
6
—659
160
7
65
2
0
431
68
5
374
52
44
ADAM
245
9
6
—654
151
6
19
0
0
3/6
50
4
351
44
45
FEE R
188
9
9
664
104
7
61
0
434
44
5
403
38
46
PEA R
250
9
6
-620
138
6
67
2
0
438
69
5
342
42
47
IVID
147
9
9
604
81
5
51
1
0
411
38
5
351
27
48
FUNA
332
10
5
549
148
5
160
13
492
119
7
330
53
49
SIAM
205
10
5
-513
114
4
125
7
0
297
38
3
327
46
50
DCE A
243
10
5
510
119
4
160
12
1
349
56
4
351
56
51
RHIN
220
10
4
510
129
4
67
2
0
280
39
2
316
50
52
INSI
236
10
4
-491
128
4
115
7
0
319
54
3
294
46
53
DWYA
10
4
514
140
4
99
5
0
294
46
3
332
54
THOM
287
11
7
-620
126
7
—96
3
0
491
79
8
490
79
55
V1ASE
287
11
7
—620
126
7
-96
3
0
491
79
8
490
79
56
VIAGA
288
II
9
-634
115
7
24
0
0
598
103
12
494
70
57
V1AGO
288
11
9
—634
115
7
24
0
0
598
103
12
494
70
58
CRIT
289
11
10
680
116
8
0
0
0
681
116
15
477
57
59
SARA
216
10
8
-558
95
5
20
0
0
315
30
3
547
91
60
COLI
9
6
640
146
6
-121
5
0
448
71
6
409
60
61
SCHM
273
10
7
-587
119
6
-36
0
11
454
71
6
491
83
8
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACI1NAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
71
Jl
QLT
POID
INR
1 #F
COR
CTR
2#F
COR
CTR
3#F
COR
CTR
4#F
COR
CTR
62
OBVE
429
8
4
526
122
4
669
197
10
63
MEGL
9
3
510
168
4
559
202
7
8
3
482
148
3
601
230
8
65
9
4
469
III
3
567
163
650
10
6
590
136
6
885
306
21
644
162
67
8
569
104
6
883
251
731
172
10
6
609
139
6
906
307
21
658
9
4
448
112
3
602
9
649
10
6
603
133
6
916
307
403
8
4
491
106
3
659
192
10
425
434
8
4
545
136
4
653
195
10
431
403
8
4
491
106
3
659
192
10
425
80
74
9
4
492
131
3
639
220
9
502
606
10
7
547
96
5
920
271
23
755
183
17
618
10
7
583
105
5
935
269
23
792
193
19
587
9
5
550
113
4
833
258
16
677
171
12
521
8
4
503
129
3
661
222
10
535
146
SIGM
646
9
6
574
109
5
931
287
769
195
638
10
7
568
102
5
-952
288
24
790
198
19
398
50
5
512
9
4
516
136
671
229
II
- 497
125
7
209
22
326
8
567
139
4
510
112
6
313
42
83
9
8
554
76
4
117
3
0
79
2
0
93
2
Ô
RAMI
91
9
8
588
86
126
4
0
47
0
0
V1ESO
89
9
9
543
67
4
245
14
172
7
1
74
86
DARW
461
8
3
549
157
4
582
176
7
469
114
5
171
15
1
87
3KUE
75
9
9
510
62
4
169
7
138
5
90
(1
88
F.VAG
596
9
6
-612
134
6
866
269
19
625
140
II
384
53
5
89
DD IL
451
9
5
550
116
4
688
181
II
601
139
10
198
15
1
90
AMBI
594
15
28
381
18
4
1383
236
78
196
5
2
1649
336
145
91
NONA
628
16
32
403
18
4
1473
245
92
190
4
2
1788
361
176
92
FRID
339
10
8
615
104
6
487
65
6
756
157
17
—223
14
2
1000
1000
1000
1000
1000
Diagrammes
Pour plus de clarté les projections respectives
des deux séries de points (variables et espèces)
ont été représentées sur deux diagrammes diffé¬
rents (fig. 22 et 23), mais il faut se souvenir que
la méthode utilisée, rend légitime la superposi¬
tion des deux ensembles. L'interprétation globale
des résultats de I'afc est représentée schémati¬
quement sur la figure 24. Les résultats de la cah
sont représentés sur le diagramme des figures 25
et 26.
RÉSULTATS DE L’ANALYSE DES DONNÉES
Analyse du nuage des points « variables »
Le diagramme de la figure 22 représente la
projection du nuage des points « variables » dans
le plan des axes factoriels 1 et 2 qui recueille un
peu plus du cinquième (22,5 %) de l’inertie
totale. Sur ce diagramme, comme sur les ta¬
bleaux 3 et 4, seuls sont représentées les variables
qui nous ont servi à interpréter chacun des axes
retenus : c’est-à-dire celles qui ont à la fois un
cor et un ctr élevés sur l’axe correspondant (les
variables correspondant à l'axe 2 ont été souli-
Source : MNHN, Paris
72
JEAN-PIERRE HUGOT
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Fig. 22. — Analyse factorielle des correspondances (AFC), projection du nuage des points « variables » dans le plan des axes
factoriels I et 2.
Seules les variables retenues pour interpréter chacun des axes, c’est-à-dire celles qui ont à la fois un COR et un CTR
élevés sur l'axe correspondant, sont représentées sur la figure 22. Les variables qui ont servi à interpréter l’axe 2 ont été
soulignées d’un trait.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACHNAE : TAXONOMIE, ZOOGÉOGRAPHIE, ÉVOLUTION
73
gnées d'un trait). On peut distinguer six ensem¬
bles parmi les variables retenues pour interpréter
les axes factoriels 1 et 2.
Définition de l'axe 1
Deux ensembles regroupant des caractères
morphologiques homologues définissent, à chaque
extrémité de cet axe, deux tendances évolutives
divergentes pour chacune des grandes catégories
de caractères étudiées au chapitre précédent.
ensemble 1 (coordonnées positives).
4, 4F, 5, 5F : plateau céphalique étiré latérale¬
ment et arqué dorsalement — 8, 8F : ouverture
buccale à symétrie interlabiale; 18, 18F, 19, 19F :
présence de pseudo-lèvres — 24, 25F, 29, 30F :
présence de crêtes sagittales sur les dents œso¬
phagiennes et de lames interlabiales — 34, 35F :
capsule buccale de type II — 40, 41F : papilles
céphaliques grosses et sessiles — 68 : papilles
cloacales principales alignées — 84, 85 : guberna-
culum court et trapu — 88, 91 : crochet acces¬
soire simple et hypertrophié — 94 : écusson post-
cloacal à surface chagrinée — 113, 114, 116 :
area rugosa constituée par de grandes crêtes
disposées dissymétriquement par rapport au plan
saggital — 121 : deux mamelons type Helmin-
thoxys — 125 : rapport de l'œsophage à la
longueur du corps >7 — 78F : trompe utérine
dilatée emplie d'un épais ciment — 83F : sperma-
thèque en dérivation type Wellcomia — 90F :
longueur/largeur de l’œuf < 2,5.
ensemble 2 (coordonnées négatives).
9, 9F : ouverture "buccale à symétrie labiale —
71 : papilles cloacales principales disposées en
« carré » — 87 : gubernaculum allongé type
Syphacia — 89 ; crochet accessoire dédoublé —
94 : écusson post-cloacal à surface chagrinée —
108 à 111 : area rugosa constituée par des sillons
transversaux munis de reliefs, regroupés sur des
mamelons — 123 : rapport de l’œsophage à la
longueur du corps <6 81F : spermathèque
peu différenciée — 91F : longueur/largeur de
l’œuf > 2,5.
Définition de l'axe 2
On peut distinguer quatre ensembles parmi les
variables définissant l’axe 2.
L'ensemble 3 (coordonnées positives) re¬
groupe des variables définissant des caractères
morphologiques que l’on peut considérer comme
plésiomorphes pour l'ensemble de la sous-famille.
1 : plateau céphalique circulaire — 11, 11F :
lèvres peu développées — 35, 36F ; papilles
céphaliques disposées en « carré » — 43, 44F,
46 : ailes latérales dédoublées ou simples, bien
développées et soutenues par un squelette chiti-
noïde — 69, 70 : papilles cloacales accessoires
présentes — 77F ; ovéjecteur fortement muscula-
risé — 107 : area rugosa constituée par des
sillons transversaux simples.
L 'ensemble 4 (coordonnées négatives) re¬
groupe des variables définissant des caractères
morphologiques que l'on peut considérer comme
apomorphes, soit à l'échelle de la sous-famille,
soit plus particulièrement pour chacune des deux
tendances évolutives opposées définies par l’axe 1.
5 : plateau céphalique arqué dorsalement — 15,
15F : lèvres non délimitées à leur périphérie par
un sillon cuticulaire — 24 à 29 : présence de
crêtes sagittales sur les dents œsophagiennes et de
lames interlabiales — 37, 38F : papilles céphali¬
ques ventrales et dorsales rapprochées des amphi-
des 42, 43 F, 47, 48 F : ailes latérales arrondies et
(ou) non soutenues par un squelette chitinoïde -
58F, 63, 70F : ailes cervicales ornementées,
deirides apparentes type Syphacia — 78F :
trompe utérine dilatée, emplie d’un épais ciment —
83F : spermathèque en dérivation type Wellco¬
mia — 100, 101 : bosselures et écailles ornant les
branches postérieures du crochet accessoires au
gubernaculum — 111 : trois mamelons type
Syphacia — 114 à 116 : area rugosa constituée
par de grandes crêtes disposées dissymétrique¬
ment par rapport au plan sagittal.
Les ensembles 3 et 4 définissent donc sur
l’axe 2, un gradient évolutif progressif lorsqu’on
se déplace du haut vers le bas de la figure.
L'ensemble 5 (coordonnées positives) re¬
groupe des variables définissant des apomorphies
rares et particulières à un petit groupe d'espèces
pratiquant l’insémination traumatique (voir 1 er cha¬
pitre). Cet ensemble définit par conséquent une
tendance évolutive particulière, distincte de celles
définies sur l’axe 1. 27, 28 F : dents œsophagiennes
hélicoïdales — 51, 52F : ailes latérales discontinues
— 73F : vulve absente — 74F : poche hypoder¬
mique présente — 75F : tube de ponte présent —
93 : crochet accessoire au gubernaculum annu¬
laire.
Source : MNHN, Paris
74
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 23. Analyse factorielle des correspondances (AFC), projection du nuage des points « espèces » dans le plan des axes
factoriels 1 et 2.
Sur ce diagramme sont représentés les quatre-vingt-douze points correspondants aux espèces utilisées par l'analyse des
données. Chaque espece est figurée par un sigle de quatre lettres. Les lignes pointillées entourent les espèces qui. dans l'état de
la systématique au début de cette étude, étaient rangées dans le même genre ; sont également indiqués : I) les noms de ces
genres soulignés d’un trait ; 2) soulignés de deux traits, les noms en majuscules des cinq groupes d'espèces que I A FC permet
de distinguer et pour lesquels nous proposons la création du même nombre de tribus.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
75
Fig. 24. — Interprétation des résultats de l'analyse factorielle des correspondances (AFC), projection des nuages des points
« variables » et « espèces » dans le plan des axes factoriels I et 2.
Voir explications dans le texte.
Source : MNHN, Paris
76
JEAN-PIERRE HUGOT
L'ensemble 6 (coordonnées positives) re¬
groupe des variables définissant des apomorphies
rares et n’appartenant en propre à aucune des
trois tendances évolutives définies précédemment.
16, 16F : lèvres en forme de languettes — 21 :
deiiticule médian sur les dents œsophagiennes —
Analyse du nuage
Le diagramme de la figure 23 représente la
projection du nuage des points « espèces » dans
le plan des axes factoriels 1 et 2. Les quatre-vingt
douze espèces utilisées pour l'analyse des don¬
nées sont figurées chacune par leur sigle. Les
lignes discontinues entourent les espèces qui,
dans l’état de la systématique au début de notre
étude, se trouvaient regroupées dans le même
genre. Les noms de ces genres sont soulignés
53 : ailes cervicales dédoublées — 58 : ailes
latérales et cervicales distinctes — 61F : cuticule
céphalique épaissie — 72 : papilles cloacales
principales portées par des plaques chitinoïdes —
82F : spermathèque ayant la forme d’une dilata¬
tion ampullaire.
DES POINTS « ESPÈCES »
d’un trait. Les noms en majuscules soulignés de
deux traits correspondent aux cinq groupes
d’espèces que I'afc permet de distinguer et pour
lesquels nous proposons la création du même
nombre de tribus. Trois groupes apparaissent
clairement distincts sur ce diagramme : les
Syphaciini, les Protozoophagini et les Passalu-
rini. Le groupe le plus homogène correspond aux
Syphaciini.
C. Interprétation des résultats
(fig. 24)
Sur ce schéma chacun des points ou des
groupes de points « espèces » a été remplacé par
une icône représentant son (ou ses) hôte(s)
spécifiques. Nous avons distingué précédemment
six ensembles parmi les variables retenues pour
interpréter les axes factoriels 1 et 2.
Sur l'axe I : les ensembles 1 et 2 définissent à
chaque extrémité deux tendances évolutives di¬
vergentes pour chacune des grandes catégories de
caractères étudiées au 2 e chapitre.
Sur l’axe 2 : les ensembles 3 et 4 définissent un
gradient évolutif progressif lorsqu’on se déplace
du haut vers le bas de la figure ; Yensemble 5
définit une tendance évolutive particulière, dis¬
tincte de celles définies sur l’axe I ; Yensemble 6
regroupe des variables définissant des apomor¬
phies rares et n’appartenant en propre à aucune
des trois tendances évolutives définies précédem¬
ment.
L’afc nous a également permis de distinguer
cinq groupes parmi les espèces. Parmi ces grou¬
pes :
— trois se trouvent chacun corrélé avec un
ensemble de variables définissant une ligne
évolutive particulière, ce sont : les Proto¬
zoophagini, parasites de Rongeurs Hystrico-
gnathes (ensemble 1) les Syphaciini, para¬
sites de Rongeurs Sciuroidea et Muroidea
(i ensemble 2) — les Passalurini, parasites de
Lagomorphes (ensemble 5),
— un quatrième groupe, les Hilgertiini, parasites
de Rongeurs Ctenodactylidae, Heteromyidae
et Marmotini, est bien corrélé avec Yensemble
3 (caractères plésiomorphes) et Yensemble 6
(caractères apomorphes originaux),
— dans le cinquième groupe, les Acanthoxyu-
rini, parasites de Rongeurs Anomaluroidea et
Thryonomyidae, on observe une combinaison
de caractères rencontrés indépendamment,
soit chez les Syphaciini, soit chez les Proto¬
zoophagini ainsi que des corrélations avec
des variables mal représentées sur les axes
factoriels 1 et 2 : pour ces raisons la position
du groupe est mal définie dans le plan de ces
axes, mais l’analyse cladistique et l’étude des
facteurs zoogéographiques confirmeront qu’il
peut être distingué et permettront de préciser
ses affinités avec les autres groupes.
En combinant les axes 1 et 2 on peut donc
interpréter comme des rameaux évolutifs particu¬
liers, quatre des cinq grands groupes que I’afc
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
77
permet de reconnaître parmi les Syphaciinae ; ces
groupes, représentés par des flèches, semblent
diverger à partir du centre de la figure et donc du
cinquième groupe (Hilgertiini), qui réunit les
espèces les plus primitives. L’afc permet égale¬
ment de distinguer à l’intérieur du groupe des
Syphaciini deux ensembles situés de part et
d’autre de l’axe 1 : l'un parasite de Sciuroidea,
l’autre de Muroidea.
Classification ascendante hiérarchique
Sur les diagrammes des figures 25 et 26 : les
quatre-vingt douze espèces utilisées pour l'ana¬
lyse des données sont figurées chacune par leur
sigle ; les accolades réunissent les espèces qui,
dans l’état de la systématique au début de notre
étude, se trouvaient regroupées dans le même
genre. On observe que :
— 1°, les principales dichotomies correspon¬
dent aux cinq grands groupes que I’afc nous a
également permis de distinguer ; la première
sépare les Syphaciini, parasites de Rongeurs
Muroidea et Sciuroidea (fig. 24), de l'ensemble
des autres espèces (fig. 25) ; la seconde les
Protozoophagini, parasites de Rongeurs Hystri-
cognathes (fig. 25 en bas) ; la troisième les
Acanthoxyurini, parasites de Rongeurs Anoma-
luroidea et Thryonomyidae (fig. 25 au milieu) ; la
quatrième enfin permet de séparer les Hilgertiini,
parasites de Rongeurs Ctenodactylidae, Hetero-
myidae et Marmotini et les Passalurini, parasites
de Lagomorphes (fig. 25 en haut) ; — 2°, au
niveau générique (accolades), peu de différences
apparaissent avec la classification anciennement
établie, sinon que : — (i) chez les Syphaciini
(fig. 24) quatre espèces parasites de Cricetidae de
l’Ancien Monde (rami. brac, okue et meso), se
trouvent ici plus proche du genre Sypharista, que
du genre Syphacia dans lequel elles ont été
décrites ; l’analyse de ces résultats montrera que
les ressemblances avec les Sypharista peuvent
s’expliquer, à la fois par la rétention chez ces
quatre espèces de caractères phésiomorphes qui
disparaissent chez les Syphacia plus évolués, et
par la possession d’apomorphies acquises par
convergence avec les Sypharista ; ces parasites
seront par conséquent maintenus dans le genre
Syphacia , à l’intérieur duquel ils seront toutefois
isolés dans un sous-genre particulier ( Criceloxyu-
ris) ; — (ii) chez les Protozoophagini (fig. 25 en
bas), l’unique espèce du genre Octodonlhoxys
(giga), n’apparaît pas distincte des espèces du
genre Helminthoxys : ce résultat sera confirmé
par l’analyse, et le genre Octodonlhoxys sera mis
en synonymie avec le genre Helminthoxys, qui
bénéficie de l’antériorité ; (iii) chez les Acan¬
thoxyurini (fig. 25 au milieu) le parasite du
Petromus éthiopien (shor) se trouve plus proche
du genre Zenkoxyuris que du genre Acanthoxyu-
rus dans lequel il a été décrit ; l’analyse montrera
que ce parasite a très probablement acquis par
convergence les caractères morphologiques qui le
rapprochait du genre Acanthoxyurus : il de¬
viendra l’espèce type d’un genre nouveau, Petro-
nema.
LA TRIBU DES HILGERTIINI N. TR.
Le genre Hilgertia Quentin, 1973
Distribution
(fig. 27 et 28)
Le genre Hilgertia Quentin, 1973 c, comprend
deux espèces parasites de Rongeurs Ctenodacty¬
lidae africains : l'espèce type Hilgertia hilgerti
(Seurat, 1915 b), hilg, chez Ctenodactylus gundi
(Rothmann) en Algérie, et H. seurati Hugot,
1982 c, SEUR, chez Pectinator spekei Blyth, en
«Abyssinie». Quentin (1973c) a décrit deux
femelles du genre Hilgertia chez un Bathyergidae
d' « Abyssinie ». Cette observation est inter¬
prétée plus loin.
Source : MNHN, Paris
78
JEAN-PIERRE HUGOT
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION 79
Source : MNHN, Paris
PASSALURINI
HILGERTIINI
Fig. 27. — Tribu des Passalurini n.tr. et tribu des Hilgertiini n.tr.
Distribution et résultats de la CAH. Abréviations :
Nona, Passalurus nonanulatus Skinker, 1931 — Ambi, Passalurus amhiguus (Rudolphi. 1819)
Hugot. 1982 — Hilg, Hilgerlia hilgerii (Seurat, 1915) — Cite. Rauschtineria citelli (Tiner &
Rauschtineria eulamii (Tiner. 1948) Dese, Heteromyoxyuris deserti (Read & Milleman, 1953) -
longejector (Hannum. 1934).
Seur, Hilgerlia seurati
Rausch. 1950) — Euta,
- Long, Heteromyoxyuris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
81
Fig. 28. — Tribu des Passalurini n.tr. et tribu des Hilgertiini n.tr.
Répartition géographique des parasites et des hôtes. La correspondance des symboles avec les espèces parasites est
indiquée sur la figure précédente.
Résultats de l’étude morphologique
On retrouve dans le genre Hilgertia de nom¬
breux caractères plésiomorphes : papilles cépha¬
liques disposées en carré (35-36F) — area rugosa
rudimentaire (107) — crochet accessoire peu
développé (90) — papilles cloacales accessoires
distinctes et bien développées (69) — œufs non
operculés (85F), associés à quelques caractères
apomorphes : lèvres en forme de languettes (16-
16F) — cuticule péri et intra-buccale complexe
combinant les symétries labiales et interlabiales
(8-8F-9-9F) — vagin cuticulaire retourné (79F) —
spermathèque ayant la forme d'une dilatation
ampullaire (82F).
Les deux espèces du genre sont pratiquement
identiques pour tous leurs caractères et pour
leurs mensurations, à l’exception du spiculé qui
est deux fois plus long (300 nm) chez le parasite
de Ctenodaclylus ( hilg) et du vagin cuticulaire
dont la longueur varie dans les mêmes propor¬
tions (200 jim contre 80 ,um) chez les femelles
(Hugot, 1982 c). Dans le genre Hilgertia , la
partie cuticulaire du vagin se retourne après
l'accouplement (79F), obturant les voies géni¬
tales et interdisant une nouvelle copulation.
Après Seurat (1920), nous interprétons ce méca¬
nisme comme une spécialisation : elle apparaît
plusieurs fois chez les Syphaciinae, toujours
associée à des structures céphaliques relativement
évoluées. H. hilgertia dont le vagin, et corrélative¬
ment le spiculé, sont les plus longs, peut être
considéré comme plus évolué pour ces caractè¬
res.
Paléogéographie des hôtes
Les Ctenodactylidae sont, parmi les hôtes des
Syphaciinae, ceux dont on connaît les restes
Source : MNHN, Paris
82
JEAN-PIERRE HUGOT
fossiles les plus anciens, puisqu'ils sont connus
en Asie centrale dès l’Éocène inférieur (Wood,
1977). Les Ctenodactylidae actuels comprennent
quatre genres, rassemblant cinq espèces, répar¬
ties à la périphérie du Sahara, et toutes étroite¬
ment adaptées à un habitat rocheux et aride. Ces
formes, réfugiées dans une niche écologique
extrême, sont considérées comme étroitement
apparentées (George, 1985). Elles sont interpré¬
tées par Wood (1977) comme des relictes d'une
radiation importante survenue à l'Oligocène et
au Miocène, depuis l'Asie centrale, en direction
de la région circum-méditerranéenne. George et
Wood s'accordent en outre pour reconnaître
Peclinator comme le plus conservateur, donc le
plus proche du groupe souche et probablement le
premier isolé des quatre genres actuels.
Discussion de la répartition
Les nombreuses autopsies réalisées depuis la
description du parasite de Ctenodaclylus par
Seurat (1915 b) ainsi que la découverte de la
deuxième espèce du genre Hilgerlia chez Pectina¬
tor. montrent que les Ctenodactylidae actuels
sont les hôtes habituels et spécifiques du genre.
La présence du parasite le plus primitif ( H.
seurati) chez l'hôte considéré comme le plus
proche du groupe souche (Pectinator spekei)
suggère d’autre part une longue co-évolution
hôtes-parasites.
L'observation de Quentin (1973 c), qui attri¬
buait deux femelles appartenant au genre Hilger¬
lia à un Bathyergidae africain, paraît donc
atypique : en effet, Quentin ne distinguait pas ces
parasites de la seule espèce alors connue dans le
genre (H. hilgertt), et, — 1°, l’histoire paléontolo-
gique des Ctenodactylidae, et celle des Bathyer¬
gidae sont distinctes depuis trop longtemps pour
qu'il soit probable qu'ils aient conservé le même
parasite hérité d’un ancêtre commun ; — 2°, si
Heierocephalus et Peclinator sont sympatriques,
leurs caractéristiques écologiques respectives ren¬
dent extrêmement improbable un transfert occa¬
sionnel de parasites entre ces deux rongeurs
(F. Petter, comm. person.).
L'explication de l’observation de Quentin est
probablement plus prosaïque ; en effet, le ma¬
tériel qu'il a étudié provenait des collections
Brumpt, collectées en 1901 par la Mission du
Bourg de Bozas Brumpt ; or les spécimens
de Pectinator spekei à partir desquels nous avons
décrit H. seurati proviennent des mêmes collec¬
tions ; une erreur d’étiquette paraît donc possible
si l'on tient compte des conditions difficiles dans
lesquelles s’était déroulée cette mission.
Évolution
La présence simultanée dans le genre Hilgertia
de caractères plésiomorphes et de caractères
apomorphes originaux et la spécificité étroite de
ce genre pour les Ctenodactylidae, donc pour des
Rongeurs qui sont parmi les plus anciens, nous
conduisent à interpréter ce genre comme la
forme terminale et hyper-spécialisée d'une lignée
précocement isolée d'un tronc originel commun à
l’ensemble des Syphaciinae. L’existence de ce
tronc commun est suggérée par l’étude morpho¬
logique du 2 e chapitre, puisque nous pensons y
avoir montré que l’ensemble des parasites étudiés
ici possèdent en commun des structures anato¬
miques qui sont homologues, et dont on peut
faire dériver les états apomorphes à partir de
mêmes formes primitives.
Les genres Heteromyoxyuris Quentin, 1973 et Rauschtineria Hugot, 1980
Distribution
(fig. 27 et 28)
Ces deux genres sont exclusivement néarc-
tiques et leur distribution se limite à la partie
ouest de cette région.
Le genre Heteromyoxyuris Quentin. 1973 c,
comprend deux espèces parasites de Rongeurs
Heteromyidae (fig. 27) : l’espèce type Hetero¬
myoxyuris deserti (Read & Millemann. 1953),
dese. parasite Dipodomys panamintinus (Mer-
riam) en Californie, Dipodomys merriami Mearns
et Dipodomys deserti Stephens dans le Nevada -
Heteromyoxyuris longeje et or (Hannum, 1943),
long, parasite Perognathus sp. dans le Nevada et
Perognathus californicus Merriam en Californie.
Le genre Rauschtineria Hugot, 1980 c, com¬
prend deux espèces parasites de Rongeurs Sciu-
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
83
ridae Marmotini (fig. 27) : l'espèce type Raus-
chtineria citelli (Tiner & Rausch, 1950). cite
parasite Spermophilus armatus Kennicott dans le
Wyoming, Spermophilus variegatus (Erxleben)
dans le Nevada et Spermophilus beecheyi
(Richardson) en Oregon — Rauschtineria euta-
mii (Tiner, 1948), euta, parasite Tamias minimus
Bachman dans le Minesota et en Alaska et
Tamias amoenus J. A. Allen en Oregon.
Résultats de l'étude morphologique
Les genres Heteromyoxuris et Rauschlineria
possèdent : — 1° des caractères plésiomorphes
communs : plateau céphalique circulaire (1-1 F) —
papilles céphaliques disposées en carré (35-36F) —
papilles cloacales accessoires présentes, déportées
en arrière du cloaque et fusionnées sur la ligne
médio-ventrale (69-70) — gubernaculum rudi¬
mentaire (84) — ovéjecteur fortement muscula-
risé (77F) — œuf non operculé (85F) ; — 2° des
caractères que l'on peut interpréter comme des
synapomorphies : capsule buccale de type II (23-
35F) — ailes latérales peu développées (50-51 F)
papilles cloacales principales portées par des
plaques chitinoïdes (72) — extrémité antérieure
du spiculé renforcée (102) — spermathèque
ayant la forme d'une dilatation ampullaire (82F)
— œuf allongé (rapport longueur/largeur ^ 2,5)
(91F) ; — 3° des caractères que l'on peut inter¬
préter, pour chacun d’entre eux, comme des
autapomorphies : chez Heteromyoxyuris : déve¬
loppement de la cuticule péribuccale selon les
axes interlabiaux (8-8F) présence de ballasts
(81); chez Rauschtineria : dimorphisme sexuel
accentué combinant les symétries labiales et inter¬
labiales (8-8F-9-9F) — présence d’un crochet
accessoire simple (88) et de deux mamelons
cuticulaires ventraux de type Syphacia, (110) qui
sont absents dans l'autre genre.
Paléogéographie des hôtes
1° les Heteromyidae
L'évolution de ces Rongeurs semble s’être
déroulée tout entière en Amérique du Nord, où ils
sont connus à l’état fossile dès l'Oligocène moyen.
Wood (1935) situe la séparation des lignées
menant respectivement à Perognathus et Dipodo-
mys au Miocène moyen. Les Heteromyidae sont
rattachés à un groupe plus vaste, les Geomyoidea,
dont les ancêtres directs seraient les Ischyromyoi-
dea nord-américains, un groupe fossile dont les
formes les plus anciennes sont contemporaines des
premiers Ctenodactyloidea et datent donc de
l'Éocène inférieur (Luckett & Hartenberger,
1985). Les Heteromyidae actuels, limités à la partie
ouest de la région nèarctique. sont des animaux
terrestres vivant dans des milieux ouverts :
prairies, régions désertiques et sub-désertiques.
2° les Sciuridae (Marmotini)
L'ensemble des Sciuridae pourrait également
dériver des Ischyromyoidea (Vianey-Liaud, 1985
— Luckett & Hartenberger, 1985). Le pre¬
mier Marmotini connu, daté de la fin de l’Oligo¬
cène d’Amérique du Nord, est considéré comme
un ancêtre direct des Spermophilus actuels (Black,
1972). Gromov et al. (1965) datent la séparation
des lignées menant respectivement à Tamias et
Spermophilus également de la fin de l'Oligocène.
Scott Ellis & Marxson (1979) utilisant des
techniques immunologiques, font diverger les
Marmotini des autres Sciuridae vers 38 Ma,
c'est-à-dire à la limite Éocène-Oligocène, donc
très tôt dans l'histoire du groupe. Les Marmotini
actuels sont holarctiques, mais toutes leurs mi¬
grations semblent s’être faites à partir de l’Amé¬
rique du Nord, à travers le détroit de Béring, et
postérieurement au Miocène moyen (Chaline &
Mein, 1979). Les Marmotini sont des animaux
terrestres. Spermophilus vit dans des milieux
ouverts (steppes, prairies) et Tamias dans des
milieux semi-ouverts (sol des régions boisées).
Évolution
L’étude qui précède montre que les genres
Heteromyoxyuris et Rauschtineria possèdent des
synapomorphies qui peuvent être interprétées
comme des arguments en faveur d’une parenté
phylétique, mais également chacun, des carac¬
tères apomorphes rares et originaux. Or, ces
derniers, et singulièrement les caractères cépha¬
liques, nous paraissent trop différents d'un genre
à l'autre pour ne pas impliquer une séparation
ancienne.
Les Marmotini et les Heteromyidae dont la
différenciation semble s'être faite entièrement en
Amérique du Nord et à partir du même groupe
souche, pourraient donc avoir hérité leurs para¬
sites respectifs de leurs lointains ancêtres com¬
muns Ischyromyoidea.
Source : MNHN, Paris
84
JEAN-PIERRE HUGOT
Un argument concernant l'ancienneté et le
caractère relativement primitif du genre Rausch-
lineria vient à l’appui de cette interprétation, qui
conduit donc à admettre une longue co-évolution
entre ces deux genres et leurs hôtes respectifs ; en
effet, le genre Rauschtineria ne parasite ses hôtes
spécifiques ( Tamias et Spermophilus) que dans la
région néarctique. De l’autre côté du détroit de
Béring, ces écureuils sont parasités par des
oxyures différents, typiques de la région paléarc-
tique : Tamias par un Syphaciini et Spermophilus
par une espèce qui lui est propre du genre
Citellina Prendel, 1928. Nous avons montré dans
un travail précèdent (Hugot. 1980 a) que les
espèces les plus primitives du genre Citellina, qui
sont des Oxyurida n'appartenant pas aux Sypha-
ciinae, sont rencontrées dans l’Ancien Monde
exclusivement et chez Sciurus vulgaris L., Ta-
miops macclellandi (Horsfield) et Pteromys votons
(L.), donc chez des écureuils typiquement palè-
arctiques. Tout se passe par conséquent comme
si, en arrivant dans l’Ancien Monde, Tamias et
Spermophilus avaient perdu leurs oxyures primi¬
tifs éliminés par des parasites plus modernes et
mieux adaptés à la compétition.
Conclusions sur les Hilgertiini
Les genres Hilgertia. Heteromyoxyuris et
Rauschtineria , pour lesquels nous créons la nou¬
velle tribu des Hilgertiini, sont bien définis par
les ensembles de variables 3 (symplésiomorphies)
et 6 (apomorphies rares et originales). Ils ont
également en commun de parasiter des Rongeurs
dont les origines remontent probablement au
tout début de l’histoire du groupe. Les hôtes de
deux de ces genres : les Ctenodactylidae et les
Heteromyidae peuvent être considérés comme
des relictes, réfugiées aujourd’hui dans des niches
écologiques extrêmes, de groupes ayant connu au
début du Tertiaire une extension beaucoup plus
importante mais toujours limitée, à l’Ancien
Monde pour les Ctenodactylidae, au Nouveau
Monde pour les Heteromyidae.
Ce qui précède nous conduit à interpréter ces
trois genres comme les formes terminales et
hyperspécialisèes de lignées précocement isolées
d’un tronc originel commun à l’ensemble des
Syphaciinae et dont, â une époque correspon¬
dant approximativement à la limite Éocène-Oli-
gocéne. deux populations distinctes semblent
s'être établies de part et d’autre du détroit de
Béring. Nous interprétons ces parasites comme
les relictes d’une radiation initiale des Sypha¬
ciinae, probablement contemporaine de celle des
Rongeurs les plus anciens et nous proposons de
les réunir dans une même unité taxonomique : la
tribu des Hilgertiini n. tr.
LA TRIBU DES PASSALURINI N. TR.
Le genre Passalurus Dujardin, 1845
Distribution
(fig. 27 et 28)
Le genre Passalurus Dujardin, 1845 comprend
deux espèces (Hugot et ai 1983) parasites de
Lagomorphes Leporidae (voir fig. 27 et 28).
L’espèce type Passalurus ambiguus (Rudolphi,
1819) ambi. parasite Oryctolagus cuniculus (L.)
dans la région paléarctique, Lepus capensis L.
dans toute son aire de répartition et Sylvilagus
floridanus (J. A. Allen) dans la région néarctique.
Passalurus nonanulatus Skinker, 1931, nona
parasite Sylvilagus floridanus et Lepus americanus
Erxleben dans la région néarctique, Romerolagus
diazi (Diaz) au Mexique, Lepus sinensis Gray en
Chine, Lepus granatensis Rosenhauer en Espagne,
et Pronolagus crassicaudatus (I. Geoffroy) en
République d’Afrique du Sud.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE, ZOOGÉOGRAPHIE, ÉVOLUTION
85
Résultats de l’étude morphologique
On rencontre dans le genre Passalurus des
caractères correspondant aux ensembles de va¬
riables 3 et 5.
L’ensemble 3 regroupe les caractères plésio-
morphes que nous avons rencontrés précédem¬
ment chez les Hilgertiini : papilles céphaliques
disposées en « carré » (35-36F) — ailes latérales
dédoublées, bien développées, soutenues par un
squelette chitinoïde (43-44F-46) — papilles cloa-
cales accessoires fusionnées sur la ligne médio-
ventrale (69-70) — gubernaculum court et massif
(85). Chez P. nonanulatus les caractères génitaux
mâles sont plus primitifs : pédoncules des pa¬
pilles caudales peu développés (73) — area
rugosa constituée par des sillons transversaux
ventraux sans mamelon (107-108).
Les caractères de l’ensemble 5 sont des auta-
pomorphies pour le genre Passalurus. La plupart
de ces caractères traduisent des adaptations liées
à l'apparition chez ces parasites de l’insémination
traumatique (voir I" chapitre) : vulve absente
(73F) — poche hypodermique présente (74F) —
tube de ponte présent (75F) crochet accessoire
au gubernaculum annulaire (93).
Paléogéographie des hôtes
Les premiers Lagomorphes datent de l’Éocène
supérieur d’Asie et d’Amérique du Nord et sont
attribués aux Leporidae (Lopez Martinez, 1974).
Si les origines des Lagomorphes et l’hypothèse
de leur parenté phylétique avec les Rongeurs
sont encore discutées, on admet que les Lago¬
morphes et les Rongeurs les plus anciens ont été
contemporains et ont évolué dans la même
région : en Asie et en Amérique du Nord, de part
et d’autre du détroit de Béring (Luckett &
Hartenberger, 1985).
Parmi les Lagomorphes actuels, les Sypha-
ciinae ne parasitent que les Leporidae, qui ont
une répartition mondiale à l’exception de la
région australienne, où ils ont été introduits par
l’homme.
dans l’Ancien Monde, chez le lapin et le lièvre
européens. P. ambiguus a pourtant été signalé
plusieurs fois dans le Nouveau Monde (Hall,
1916 ; Danheim & Ackert, 1929 ; Hugot et al..
1983), toujours chez Sylvilagus Jloridanus ; or : —
dans chacun des cas la récolte a été faite dans la
région des grands lacs américains à proximité de
la petite zone où le lièvre européen est acclimaté
à l’état sauvage ; — dans cette même région S.
Jloridanus peut également être infesté par P.
nonanulatus ; — en dehors de cette zone P.
nonanulatus est la seule espèce décrite chez
Sylvilagus.
La présence de P. ambiguus dans la région
nèarctique pourrait donc résulter d’une introduc¬
tion accidentelle, le lièvre européen y ayant
transmis son parasite au Leporidae indigène.
Évolution
Les caractères du genre Passalurus qui tra¬
duisent une adaptation aux particularités biolo¬
giques de ses hôtes spécifiques et sa répartition
(fig. 28) qui inclut la plupart des Leporidae
actuels, suggèrent, comme précédemment pour
les Hilgertiini, une longue co-évolution hôte-
parasite. Les autres caractères du genre, et
spécialement les caractères génitaux mâles, le
rapprochent des Hilgertiini et suggèrent une
origine commune à l’ensemble de ces parasites,
compatible avec ce que l’on connaît de la
paléobiogéographie de leurs hôtes respectifs.
Enfin, sans apporter d’argument décisif à une
possible origine commune aux Lagomorphes et
aux Rongeurs, on peut dire que la ressemblance
de leurs parasites respectifs ne la contredit pas.
Nous interprétons le genre Passalurus comme
la forme terminale d'une lignée précocement
isolée d’un tronc originel commun à l'ensemble
des Syphaciinae à la suite de son adaptation à un
groupe d’hôtes particuliers : les Lagomorphes.
L'ensemble des données morphologiques et pa¬
léobiogéographiques suggèrent que cet isolement
a pu être contemporain de la radiation initiale
des Syphaciinae.
Discussion de la répartition
La carte de la figure 28 montre que P.
ambiguus, n'est rencontrée régulièrement que
Source : MNHN, Paris
86
JEAN-PIERRE HUGOT
Conclusions sur les Passalurini
Les caractères morphologiques originaux du
genre Passalurus (ensemble de variables 5) et
son adaptation étroite à un groupe particulier
d'hôtes nous paraissent justifier son isolement
des autres Syphaciinae et nous créons pour ce
genre la nouvelle tribu des Passalurini.
LA TRIBU DES ACANTHOXYURINI SCHULZ, 1948
Distribution
(fig. 29 et 30)
Ce groupe rassemble des oxyures qui sont
spécifiques de rongeurs endémiques de la région
éthiopienne.
Le genre Acanthoxyurus Sandground, 1928
Ce genre comprend sept espèces parasites de
Rongeurs Anomalurinae. L’espèce type : Acan-
thoxyurus anomaluri Sandground, 1928, anom,
parasite Anomalurus derbianus orientalis Peters
au Tanganyika et Anomalurus derbianus neavi
Dollman en Angola. Acanthoxyurus obubra (Bay-
lis, 1936), obub, parasite Anomalurus derbianus
fraseri Waterhouse au Nigeria et au Cameroun
et Anomalurus derbianus (Gray) en Côte d’ivoire.
Acanthoxyurus Vincenti Quentin, 1974, vinc, pa¬
rasite Anomalurus derbianus fraseri au Came¬
roun. Acanthoxyurus hunkeleri Quentin, 1974,
hunk, parasite Anomalurus sp. en Côte d'ivoire.
Acanthoxyurus coronata Quentin, 1974, coro,
parasite Anomalurus derbianus fraseri au Came¬
roun. Acanthoxyurus anacanthos Hugot, 1985 b,
beec, parasite Anomalurus beecrofti Fraser au
Gabon, au Togo et au Cameroun.
Les deux espèces Acanthoxyurus hunkeleri et
Acanthoxyurus coronata, qui ne sont connues
que par les femelles, n’ont pas pu être utilisées
pour l’analyse des données ; il sera néanmoins
tenu compte de ces deux espèces pour l’interpréta¬
tion du genre.
Le genre Idiuoxyuris n. gen.
Ce genre comprend une seule espèce, para¬
site d'un Rongeur Zenkerellinae. Nous l'avions
d’abord décrite dans le genre Zenkoxyuris Quen¬
tin, 1974 (voir Hugot. 1982 b) mais en raison
des arguments développés plus loin nous propo¬
sons de l’isoler dans un genre nouveau dont elle
constitue l’espèce type et la seule espèce :
Idiuoxyuris quentini (Hugot, 1982 b) n. gen., n.
comb. [= Zenkoxyuris quentini Hugot. 1982 b],
parasite de Idiurus macrotis Miller en Côte
d'ivoire et de Idiurus sp. au Gabon.
Le genre Zenkoxyuris Quentin, 1974
L’espèce type et la seule espèce de ce genre :
Zenkoxyuris mabokensis Quentin, 1974, mabo,
est parasite du Rongeur Zenkerellinae : Zenke-
rella insignis Matschie en République de Centraf-
rique.
Le genre Petronema Hugot, 1983
Ce genre comprend une seule espèce parasite
d’un Rongeur Thryonomyidae : Petromus typicus
A. Smith. Il s’agit par conséquent de la seule
espèce du groupe dont l'hôte ne soit pas un
Anomaluridae. Cette espèce avait initialement
été décrite dans le genre Acanthoxyurus. Dans un
travail précèdent nous l’avions redécrite et nous
avions proposé d’en faire l’espèce type d’un sous-
genre nouveau : Petronema Hugot, 1983 a. De¬
puis, nous avons (Hugot, 1985 b) consacré un
travail à l'étude morphologique des autres espèces
du genre Acanthoxyurus. En fonction des résul¬
tats de ce travail et en raison des arguments
morphologiques et zoogéographiques développés
plus loin nous proposons d’isolcr cette espèce
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
87
dans un genre particulier. Elle devient : Pelro- thoxyurus (Petronetna) shortridgei Mônnig, 1931],
nema shortridgei (Mônning, 1931) [= A cari- shor.
ACANTHOXYURINI
Fig. 29. — Tribu des Acanthoxyurini Schuiz. 1948
Distribution el résultats de la CAH. Abréviations :
Obub, Aeanthoxyurus obubra (Baylis, 1936) — VlNC, Acamhoxyurus vincenii Quentin, 1974 — Anom, Acamhoxyurus
anomaluri Sandground. 1928 — Anac, Acamhoxyurus anacamhos Hugol. 1985 Beec, Acamhoxyurus beecrofti Hugot.
1985 Quet. tdiuoxyuris quemini (Hugot, 1982) - Mabo, Zenkoxyuris mabokensis Quentin, 1974 Shor. Pelronema
shortridgei (Mônning, 1931).
Résultats de l’étude morphologique
1. Le genre Aeanthoxyurus
Les espèces de ce genre possèdent en commun
les caractères suivants : ouverture buccale à
symétrie labiale (9-9F), entourée par des lèvres
peu développées (10-10F-11-1 IF) — dents œso¬
phagiennes portant un denticule médian en relief
(21-21 F) capsule buccale de type II (34-35F) —
papilles céphaliques ventrales et dorsales rap¬
prochées des amphides (37-38F), grosses et sessiles
(40-41 F) ailes latérales triangulaires en section
transversale (46), dédoublées et interrompues au
milieu du corps chez les femelles (44F-53F) —
ailes cervicales présentes et dédoublées chez les
mâles (53)-— cuticule céphalique épaissie dans
les deux sexes (59-61 F), différenciée en plis cépha¬
liques chez toutes les femelles sauf A. anacanthos
(63F à 68F) — papilles cloacales accessoires
absentes, papilles cloacales principales disposées
en « carré » (71) — présence d'une languette sur la
lèvre antérieure du cloaque (74) et de deux plis
cuticulaires ventraux en arrière du cloaque (76) —
Source : MNHN, Paris
<1 <1
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 30. — Tribu des Acanthoxyurini Schulz, 1948.
Répartition géographique des parasites et des hôtes. Les espèces parasites sont représentées par leur sigle (voir figure
précédente). Les plages ombrées correspondent à la répartition des espèces hôtes. Pour la répartition des Anomaluridae nous
nous référons à U. Rahm (in Grzimek, 1975) modifié en fonction des espèces reconnues par Honacki ei al. (1982).
Abréviations : A., Anomalurus — !.. Idiurus — Z., Zenkerella — P., Petromus.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE, ZOOGÉOGRAPHIE, ÉVOLUTION
89
ballasts post-cloacaux ventraux (82) — guberna-
culum allongé type Syphacia (87) — crochet
accessoire dédoublé et hypertrophié (92) — area
rugosa associant deux mamelons type Syphacia
(110) avec des crêtes pectinées de type I (113) au
niveau desquelles on observe un gradient de
hauteur (115) — spermathèque précédée d’une
différenciation de l’oviducte de type Acanthoxyu-
rus (84F) — œufs sans opercule, dissymétriques
avec une face concave (86F), rapport longueur/
largeur < 2,5 (90F).
Deux espèces possèdent des caractères morpho¬
logiques plus particuliers : — 1°, Acanthoxyurus
beecrofti s'oppose à toutes les autres espèces du
genre pour les caractères suivants : plateau cépha¬
lique quadrangulaire (2-2F) — lèvres non invagi¬
nées (13-13F) papilles céphaliques accolées aux
amphides chez le mâle (38) — aile latérale non
dédoublée chez le mâle, discontinue chez la
femelle (52F) — aile cervicale dédoublée chez la
femelle (54F) —- présence de plis pectinés vesti¬
giaux chez le mâle (112) — plis céphaliques de la
femelle très évolués (64F-66F). Acanthoxyurus
beecrofti , quoique étroitement apparentée aux
autres espèces du genre (toutes parasites à'Anoma-
lurus derbianus), semble avoir évolué de manière
légèrement divergente ; — 2°, Acanthoxyurus ana-
canthos possède la plupart des caractères qui sont
communs aux autres parasites d'Anomalurus der¬
bianus, mais dans cette espèce la cuticule cépha¬
lique de la femelle ne s’est pas différenciée en plis
céphaliques. Pour ces caractères elle peut donc
être considérée comme l’espèce la plus primitive
du genre.
Le genre Petronema
L’espèce unique de ce genre possède des apo-
morphies qui sont également rencontrées dans le
genre Acanthoxyurus : dents œsophagiennes por¬
tant un denticule médian (21-21 F) — capsule
buccale de type II (34-35F) — cuticule céphalique
épaissie chez les mâles et les femelles (59-61 F) —
papilles cloacales accessoires absentes, papilles
cloacales principales disposées en « carré » (71) —
ballasts post-cloacaux ventraux (82) — guberna-
culum allongé type Syphacia (87).
Certains caractères apomorphes caractéristiques
du genre Acanthoxyurus ne sont pas observés
chez Petronema : absence d’ornementation de
l’ouverture cloacale, crochet accessoire au guber-
naculum non hypertrophié, area rugosa asso¬
ciant des sillons transversaux sans reliefs à des
crêtes pectinées sans gradient de hauteur.
Enfin on observe également chez Petronema
des apomorphies qui témoignent d’une évolution
différente : plateau céphalique en fer à cheval
(6-6F) — cuticule pèribuccale associant les deux
types de symétrie (8-8F-9-9F) — papilles cépha¬
liques portées par le même pédoncule (39-40F)
— plis céphaliques présents chez la femelle et le
mâle et d’un type différent de celui rencontré
dans l’autre genre — ovéjecteur subdivisé en
plusieurs segments histologiquement distincts
(76F) — œufs plus allongés, rapport longueur/-
largeur ^ 2,5 (91F).
La répartition des caractères et surtout l’étude
comparée de l’évolution des différenciations de la
cuticule céphalique permettent à notre avis d’ex¬
clure une filiation directe entre le genre Petro¬
nema et le genre Acanthoxyurus. Notre première
interprétation (Hugot, 1983 a) selon, laquelle le
parasite de Petromus pouvait être considéré
comme un parasite d’ Anomalurus hyperévolué
doit donc être abandonnée. Pour ces raisons et
en tenant compte des arguments zoogéographiques
développés plus loin il nous paraît souhaitable
d’isoler le parasite de Petromus dans un genre
particulier : Petronema Hugot, 1983.
Les genres Zenkoxyuris et Idiuoxyuris
Ces deux genres possèdent en commun :
— 1°, des caractères apomorphes que l’on
rencontre également chez Acanthoxyurus et Pe¬
tronema : capsule buccale de type II (34-35F) —
papilles céphaliques grosses et sessiles (40-41 F)
— cuticule céphalique épaissie chez les mâles et
les femelles (59-61 F) — papilles cloacales princi¬
pales disposées en carré (71), papilles cloacales
accessoires absentes — ballasts post-cloacaux
ventraux présents (82) — gubernaculum allongé,
type Syphacia (87) — crochet accessoire dé¬
doublé, hypertrophié comme chez Acanthoxyurus
(92) — area rugosa associant deux mamelons
type Syphacia (110) avec des plis pectinés (112) ;
— 2°, des caractères apomorphes qui leur sont
particuliers : cuticule pèribuccale combinant les
symétries labiales (9-9F) et interlabiales (8-8F)
avec présence d'un bourrelet cuticulaire péribuc-
cal (20-20F) — dents œsophagiennes portant des
appendices digitiformes (22-22F) — présence de
crêtes sagittales ventrales au niveau de l’area
rugosa (122).
Source : MNHN, Paris
90
JEAN-PIERRE HUGOT
Ils sont différents l'un de l'autre pour les
caractères suivants :
3°, chez Zenkoxyuris les papilles cépha¬
liques sont rapprochées des amphides (38-39F)
il n'existe pas de pseudo-lèvres chez la femelle
(17F absent) — l'aile latérale et l'aile cervicale
sont dédoublées deux fois (44-45F-54-55F) - il
existe des ballasts post-cloacaux latéraux (83) —
au niveau de l'area rugosa les sillons transver¬
saux ventraux ne portent pas de reliefs (108
absents) et les mamelons sont rudimentaires, les
plis pectinés ne sont pas différenciés (113 et
115 absents) — l'œuf symétrique (85F) ne pos¬
sède pas d'opercule ; — 4°, chez Idiuoxyuris les
papilles céphaliques sont disposées en carré (35-
36F) — il existe chez la femelle des pseudo-lèvres
rudimentaires (17F) et des lames interlabiales
(30F) — on observe des plis ventraux post-
cloacaux du type de ceux rencontrés chez Acan-
thoxyurus (76) — le crochet accessoire au guber-
naculum porte deux petites pointes chitinoïdes à
l'apex (96) -- au niveau de l'area rugosa, les
sillons transversaux portent des reliefs (108), les
mamelons et les plis pectinés sont bien différen¬
ciés (113-115) — l’œuf légèrement dissymétrique
(86F), possède un opercule polaire (87F).
Le parasite d 'Idiurus diffère nettement de celui
de Zenkerella par les caractères sexuels secon¬
daires des mâles, par la forme des ailes cervicales
et latérales dans les deux sexes et par la morpho¬
logie des œufs : les caractères céphaliques que ces
parasites possèdent en commun et qui nous
avaient conduit à les inclure dans le même genre
ont donc très probablement été acquis par
convergence et il nous paraît justifié d'isoler
le parasite d'Idiurus dans un genre nouveau.
Idiuoxyuris n. gen.
Discussion des résultats de l’étude morphologique
L'étude morphologique montre :
— 1°, l’existence de caractères apomorphes
communs aux quatre genres : cuticule céphalique
différenciée ; bourse caudale munie de ballasts
post-cloacaux et dont les papilles cloacales acces¬
soires ont disparu ; gubernaculum allongé de
type Syphacia muni d'un crochet accessoire
dédoublé et toujours bien développé ; area ru¬
gosa complexe combinant les deux types fonda¬
mentaux d'ornementation (sillons transversaux
et plis pectinés) ; — 2°, l'existence de différences
au niveau : - de la cuticule céphalique peu
différenciée chez Zenkoxyuris et Idiuoxyuris, dif¬
férenciée selon deux types différents chez Acan-
thoxyurus et Petronema ; — de l'area rugosa
dont chaque genre a réalisé un type différent en
combinant les mêmes éléments fondamentaux
(fig. 6 de I à L) ; enfin des structures buccales,
des ailes latérales et cervicales et de la forme de
l'œuf.
Ces différences et la répartition en mosaïque
des caractères relativement primitifs ou évolués
semblent exclure toute filiation directe entre ces
taxons : les caractères qu'ils possèdent en com¬
mun doivent donc être interprétés, en fonction
des facteurs zoogéographiques, soit comme les
résultats de processus évolutifs parallèles, soit
comme des caractères hérités d’un ancêtre com¬
mun.
Palêobiogéographie des hôtes
Les Anomaluridae
Les Anomaluridae, dont la répartition actuelle
coïncide étroitement avec celle de la grande forêt
équatoriale, sont divisés en deux sous-groupes :
— 1°, les Anomalurinae, avec un seul genre
( Anomalurus ) et quatre espèces ; 2°, les Zenke-
rellinae, avec deux genres, Idiurus (deux espèces)
et Zenkerella (une espèce). Anomalurus et Idiurus
ont acquis l'adaptation au vol plané. Zenkerella
rare et mal connu, semble avoir un habitus
semblable à celui des loirs actuels. La répartition
des différentes espèces est indiquée sur la fi¬
gure 30 pour laquelle nous nous référons à U.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE . TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
91
Rahm (in Grzimek, 1975), modifiée en fonction
des espèces reconnues par Honacki et al. (1982).
Les Anomaluridae étaient inconnus à l’état
fossile avant la description par Lavocat (1973)
de plusieurs formes très complètes, datées du
Miocène inférieur du Kenya, et dont trois sont
attribuées aux Anomalurinae et une aux Zenke-
rellinae. L'étude des fossiles du Kenya révèle peu
de différences avec les formes actuelles : les
Anomalurinae (trois espèces) sont très proches
du genre Anomalurus et ont déjà acquis son
adaptation particulière au vol plané ; le Zenke-
rellinae est si proche du Zenkerella actuel que
Lavocat ne l'en distingue qu'au niveau spé¬
cifique. Les caractères fondamentaux du groupe,
qui témoignent d'une inféodation stricte au
milieu forestier, étaient donc établis dès cette
époque et ses principales subdivisions déjà fixées
dans leurs lignes principales. Du fait même de
leur spécialisation, l'étude de ces fossiles n’appor¬
tait aucun élément permettant d'élucider l'origine
des Anomaluridae, sinon en confirmant que ces
«... endémiques africains s'enracinent dans le
vieux peuplement primitif du continent... », selon
la formule de Lavocat.
La découverte récente par Jaeger et al (1985)
d'un fossile attribué aux Anomaluridae, dans
l'Éocène supérieur d'Algérie, apporte, par contre,
des éléments nouveaux ; en effet :
ce fossile a été découvert dans un site où il
est associé à des Phiomyidae caractérisés ; d'après
Wood & Simons (1968) et Lavocat (1973), les
Phiomyidae constituent le groupe souche des
Phiomorpha (voir prochain chapitre) ; la pré¬
sence précoce et conjointe des deux grands
groupes de Rongeurs endémiques africains (Ano¬
maluridae et Phiomyidae) est donc définitive¬
ment attestée ; les caractères de cet Anomalu¬
ridae fossile excluent, selon les auteurs, toute
relation de filiation directe avec les formes
actuelles ce qui laisse supposer que ces rongeurs,
aujourd'hui restreints à un petit groupe de
formes étroitement apparentées et inféodées à la
grande forêt pluviale, ont pu connaître en
Afrique une radiation plus importante ; ces
caractères montrent également que les Anomalu¬
ridae du début du Tertiaire avaient acquis des
caractères dérivés communs avec les Therido-
myidae (un groupe éteint de rongeurs endé¬
miques en Europe de l'Ouest, à l'Eocène et à
l'Oligocène).
Plusieurs auteurs (Simpson, 1945; Lavocat,
1955; Wood, 1955; Chaline & Mein, 1979)
avaient déjà proposé l'hypothèse de relations de
parenté entre les Anomaluridae et les Therido-
myidae ; cette hypothèse est par conséquent
relancée par les conclusions de Jaeger et al.
Quant à l'origine des Theridomyidae, qui pour¬
rait donc éclairer celles des Anomaluridae, Har-
tenberger (1980) envisageait deux possibilités :
— (i) soit une origine à partir des Ischyromyoi-
dea européens, (ii) soit une origine à partir
d'immigrants asiatiques. Or. Hartenberger et
al. (1985) viennent de décrire de Tunisie un
nouvel Anomaluridae, qu'ils datent de l'Eocène
inférieur, associé à un Ischyromyoidea typique
«... en tout point comparable à certaines formes
communes dans l'Éocène inférieur d'Europe et
d'Amérique du Nord... » : cette découverte semble
donc en accord avec le point (i). Vianey-Liaud
(1985) apporte par contre des arguments au
point (ii) et envisage la possibilité de faire dériver
les Theridomyidae directement des Ctenodacty-
loidea asiatiques. L'origine des Anomaluridae
reste, par conséquent, encore problématique :
nous verrons toutefois, au chapitre « Analyse
cladistique », que les résultats de la parasitologie
sont plutôt en accord avec le point (ii).
Les Thryonomyidae
Ils sont, avec les Bathyergidae (rongeurs fouis¬
seurs africains) et les Hystricidae (porcs-épics de
l'Ancien Monde), les seuls survivants du vaste
groupe des Phiomorpha. Les Thryonomyidae
actuels ne comprennent que deux genres : Thryo-
nomys , 1' « aulacode », peuple les régions brous¬
sailleuses du Sénégal jusqu'à l'Afrique du Sud ;
Petromus, le « rat des rochers », est confiné dans
un territoire refuge de la steppe sub-désertique
sud-africaine. Lavocat (1973) fait dériver ces
formes d'un ancêtre miocène commun.
Source : MNHN, Paris
92
JEAN-PIERRE HUGOT
Discussion de la répartition du genre Acanthoxyurus
Nous avons montré que l'espèce parasite d 'Ano-
malurus beecrofti diffère par des caractères mor¬
phologiques particuliers de l’ensemble des espèces
parasites d'Anomalurus derbianus. Les cartes de
la figure 30 montrent que les répartitions géogra¬
phiques des hôtes et de leurs parasites ont
également des caractéristiques différentes :
— on ne distingue pas de sous-espèce chez
Anomalurus beecrofti et on a collecté dans
son tube digestif la même et unique espèce
parasite en divers endroits de son aire de
répartition ;
on distingue au contraire plusieurs sous-
espèces chez Anomalurus derbianus et selon
les collectes, mais parfois dans la même
localité, on peut rencontrer jusqu'à quatre
espèces parasites différentes.
Chez les Oxyurida parasites de Mammifères
on observe, en général, une répartition du type
de celle rencontrée chez Anomalurus beecrofti :
c'est-à-dire que chaque espèce parasite corres¬
pond à une espèce ou plus fréquemment, à un
genre hôte. La répartition observée chez Anoma¬
lurus derbianus représente donc une exception.
On en connaît d'autres exemples chez les Sypha-
ciinae, tous rencontrés dans une situation zoo¬
géographique particulière : celle du complexe
constitué par les archipels des Philippines et de la
Sonde et par la presqu'île de Malacca (voir le
sous-chapitre concernant les Syphaciini).
Dans ces derniers cas il est possible d'expliquer
les transformations du même parasite en une
série d'espèces vicariantes comme le résultat
d’isolements géographiques successifs de son
hôte, contemporains des régressions et transgres¬
sions marines dans cette région. Le même modèle
nous paraît pouvoir être utilisé pour expliquer la
répartition atypique des parasites d'Anomalurus
derbianus.
Au cours des temps géologiques et de manière
contemporaine aux glaciations et inter-glacia¬
tions du quaternaire, l'étude du paléo-climat
africain permet d'attester des phases successives
de régression puis d'expansion de la forêt dense
humide (Hamilton, 1981). Au cours des régres¬
sions la forêt a été restreinte à un nombre
variable de refuges qui, pour des animaux aussi
étroitement adaptés à la vie arboricole que le
sont les Anomaluridae, pouvaient être considérés
comme autant d'îles forestières dans lesquelles ils
se trouvaient momentanément isolés. Au cours
des périodes d'expansion de la forêt ces isolats,
ou certains d’entre eux, se trouvaient réunis : les
hôtes qui ne s'étaient pas différenciés au niveau
spécifique pouvaient se mélanger et échanger
leurs parasites chez certains desquels des spécia¬
tions avaient pu survenir.
Ce modèle permet également d'expliquer le
double gradient de variabilité et de spécialisation
observé chez les parasites d'Anomalurus derbia¬
nus. Lorsqu'on se déplace d’Ouest en Est, on
observe que :
1", le nombre des espèces parasites di¬
minue ; à l'extrême Ouest plusieurs espèces peu¬
vent parasiter le même hôte au même endroit : à
l'extrême Est le même parasite est rencontré chez
deux sous-espèces géographiquement bien sépa¬
rées ; — 2", les espèces les moins spécialisées (en
particulier pour les différenciations de la cuticule
céphalique) sont rencontrées à l’Ouest, les espèces
les plus spécialisées pour les mêmes caractères à
l’Est.
Cette répartition s'explique selon nous, par
l'existence sur la côte ouest des îlots forestiers les
plus résistants (dont la carte correspond grossiè¬
rement à la répartition actuelle de la sous-espèce
Anomalurus derbianus fraseri indiquée sur la
figure 30), et dans lesquels pouvaient survivre et
s’accumuler les espèces parasites issues des ré¬
gressions précédentes. La côte ouest aurait donc
pu jouer dans l'évolution du bloc forestier
guinéo-congolais, le rôle que peut jouer le conti¬
nent dans l'évolution d’un archipel côtier.
Il reste à expliquer pourquoi Anomalurus
beecrofti et Anomalurus derbianus , dont les aires
de répartitions actuelles sont très comparables
(fig. 30), ont abrité des processus évolutifs de
leurs parasites respectifs, aussi dissemblables. La
raison en est peut-être l'écologie particulière
d'Anomalurus derbianus qui est le seul Anomalu¬
ridae actuel capable d’occuper un milieu forestier
relativement ouvert : si l’on admet qu’il a hérité
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
93
cette aptitude particulière de ses ancêtres on
explique qu’il ait pu, seul, résister dans des îlots
de forêt dégradée où les autres Anomaluridae ne
pouvaient survivre.
Enfin, la répartition particulière d'Acanthoxyu¬
rus anomaluri (anom), qui parasite de part et
d’autre de la chaîne du rift, deux sous-espèces
différentes d’ Anomalurus derbianus (fig. 30), per¬
met peut-être de fixer un repère chronologique :
Polhill (1968) et Hamilton (1981) soutiennent
que la forêt de la côte est de la Tanzanie existe
depuis le début du Quaternaire et que les
échanges entre cette zone de forêt relictuelle et le
grand bloc guinéo-congolais ont été à peu près
nuis pendant cette période, ce qui impliquerait
une séparation de cette espèce d'avec les autres
Acanthoxyurus et sa stabilité, depuis environ
deux millions d’années au moins.
Évolution
l.e genre Acanthoxyurus
Les oxyures du genre Acanthoxyurus ont
perdu la plupart des caractères que l’on peut
considérer comme primitifs chez les Syphaciinae
et acquis des caractères évolués très originaux.
Leur répartition actuelle et leur spécificité pour le
genre Anomalurus ne peuvent s'expliquer que
comme le résultat d’une longue co-évolution hôte
parasite.
Les genres Zenkoxyuris et Idiuoxyuris
Ces deux genres sont proches du genre Acan¬
thoxyurus pour l'ensemble de leurs caractères
morphologiques. Leur répartition suggère d'attri¬
buer ces ressemblances à une longue co-évolution
avec leurs hôtes communs : les Anomaluridae.
Cette hypothèse est appuyée par les circonstances
particulières de l’histoire palèontologique de ces
rongeurs, qui ont évolué isolément en Afrique
depuis probablement le début de l’Éocène et
dont les formes actuelles semblent avoir très tôt
accentué cet isolement en occupant des niches
écologiques très spécialisées.
Les nombreuses autapomorphies observées chez
ces parasites, en particulier au niveau des carac¬
tères qui les distinguent entre eux, suggèrent
d’autre part une divergence très ancienne de ces
taxons d'avec leur hypothétique ancêtre com¬
mun. Zenkoxyuris , qui est le plus différent et a
conservé le plus grand nombre de caractères
relativement plésiomorphes. pourrait s'être isolé
le premier.
Le genre Petronema
L'étude des caractères morphologiques de ce
parasite permet d'exclure toute relation phylé-
tique directe avec l’un quelconque des trois
taxons précédents et permet de réfuter l’hypo¬
thèse d'une capture récente d'un parasite d'Ano-
maluridae par Petromus. Il n'en reste pas moins
que ce parasite possède avec les parasites d'Ano-
maluridae des synapomorphies trop nombreuses
pour que l'on puisse aisément admettre que ces
ressemblances soient uniquement le résultat de
processus évolutif convergent.
Les découvertes récentes de Jaeger et al. (voir
plus haut) permettent d'interpréter le genre Pe¬
tronema comme le résultat de la capture ancienne
d'un parasite d'Anomaluridae primitif par un
Phiomyidae contemporain.
Conclusion sur les Acanthoxyurini
L'ensemble de ce qui précède nous conduit à
interpréter les genres Acanthoxyurus. Zenkoxyu¬
ris. Idiuoxyuris et Petronema , comme les formes
terminales et très spécialisées d’un rameau parti¬
culier des Syphaciinae ayant probablement évo¬
lué en Afrique depuis une époque antérieure ou
contemporaine à la limite Éocène-Oligocène.
Nous proposons de réunir l’ensemble de ces
formes dans la tribu des Acanthoxyurini Schulz,
1948.
Source : MNHN, Paris
94
JEAN-PIERRE HUGOT
P R O T O Z OO P H A GINI
Fig. 31. — Tribu des Protozoophagini n.tr. : les genres Wellcomia et Protozoophaga.
Distribution et résultats de la CAH. Abréviations :
Rous, Wellcomia roussilloni Hugol, 1982 - Sauv. Wellcomia sauvysi Hugot, 1982 Comp, Wellcomia compar (Leidv
1856) — Caro, Wellcomia carolodominici Hugot. 1982 — Bran. Wellcomia branickii Mc Lurc, 1932 Obes, Protozoophaga
obesa (Diesing. 1851). • ' 8
LA TRIBU DES PROTOZOOPHAGINI N.TR.
Distribution
Ce groupe rassemble des oxyures qui sont tous
spécifiques de Rongeurs Hystricognathes.
Le genre Protozoophaga Travassos, 1923
(fig. 31 et 32)
L'espèce type et la seule espèce de ce genre :
Protozoophaga obesa (Diesing, 1851), obes, est
parasite d’un Rongeur Hydrochaeridae : Hydro-
chaeris hydrochaeris (L.) au Vénézuela.
Le genre Wellcomia Sambon, 1907
(fig. 31 et 32)
Le genre Wellcomia Sambon, 1907 comprend
dix espèces parasites de Rongeurs Pedetidae,
Hystricidae, Erethizontidae et Dinomyidae ; l'es¬
pèce type Wellcomia mitchelli Sambon, 1907,
mitc, a été collectée chez un Pedetes capensis
(Forster) provenant du Zoo de Londres ; W.
stossichi (Setti, 1897), stos, parasite Hysirix
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE ; TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION 95
Fig. 32. — Tribu des Protozoophagini n.tr. : les genres Wellcomia et Protozoophaga.
Répartition géographique des parasites et des hôtes. Sur cette figure sont représentés des espèces appartenant au genre
Wellcomia. et dont les descriptions incomplètes n'ont pas permis leur utilisation pour l'analyse des données : Samb, Wellcomia
samboni Baylis. 1922 Stos. Wellcomia slossichi (Setti. 1897) - Mitc. Wellcomia milchelli Sambon. 1907 Evot..
Wellcomia evoluia (Linstow. 1899). La définition de ces espèces est donnée et discutée dans le texte.
cristata L. en Erythrée ; W. roussilloni Hugot,
1982 a, rous. parasite H. cristata au Sénégal ; W.
sauvysi Hugot, 1982 a, sauv, parasite Atherurus
africanus Gray au Gabon ; W. evoluta (Linstow,
1899), evol, parasite Acanlhion brachyura (L.) en
captivité; W. samboni Baylis, 1922. samb, para¬
site Sphiggurus spinosus Cuvier au Paraguay ; W.
décorât a Travassos, 1923, déco, parasite 5. spi¬
nosus au Mato-Grosso ; W. branickii Mc Lure,
1932, bran, parasite Dinomys branickii Peters,
localité non précisée ; W. carolodominici Hugot,
1982 a, caro, parasite Coendou preliensilis (L.)
en Guyane française; W. compar (Leidy, 1856),
comp, parasite Erethizon dorsatum L., dans toute
la région néarctique.
Quatre de ces espèces ; Wellcomia milchelli,
W. stossichi, W. evoluta et W. samboni ne sont
connues que par les femelles ; la description d'une
cinquième, W. decorata , est incomplète ; ces
espèces n'ont par conséquent pas pu être utilisées
pour l’analyse des données ; leur répartition
géographique est indiquée sur la fig. 31 et elles
seront prises en compte dans la discussion du
genre.
Le genre Helminthoxys Freitas,
Lent & Almeida, 1937
(fig. 33 et 34)
Ce genre comprend neuf espèces toutes para¬
sites de Rongeurs Caviomorpha. L'espèce type
Helminthoxys caudatus Freitas, Lent & Almeida,
1937, caud, parasite Microcavia australis (Geof¬
froy) en Argentine ; H. velizy Parra Ormeno,
Source : MNHN, Paris
96
JEAN-PIERRE HUGOT
1953, veli, parasite Lagidium peruanum Meyen
en Bolivie: H. pujoli Quentin, 1973c, pujo,
parasite Microcavia niant (Thomas) en Bolivie ;
H.freilasi Quentin, 1969 a, frei, parasite Thricho-
mys aperoides Lund au Brésil ; H. tiflophila
(Vigueras, 1943), tifl, parasite Capromys prehen-
silis Poepping à Cuba ; H. quentini Barus, 1972,
quen, parasite Capromys pilorides (Say) à Cuba ;
H. urichi Cameron & Reesal, 1951, uric, parasite
Dasyprocta agouti (L.) à Trinidad et en Guyane
française ; la dernière de ses huit espèces, giga,
collectée chez Octodon degus (Molina) au Chili,
avait été décrite comme l'espèce type et la seule
espèce d'un genre nouveau, Octodonthoxys Quen¬
tin, Courtin & Fontecilia, 1975; or les résultats
de l'étude morphologique montrent que rien au
niveau générique ne permet de distinguer cette
espèce de celles appartenant au genre Helmin-
thoxys. Nous proposons de mettre le genre
Octodonthoxys en synonymie et ce parasite de¬
vient par conséquent : Helminthoxys gigantea
(Quentin, Courtin & Fontecilia, 1975) n. comb.
[= Octodonthoxys gigantea Quentin, Courtin &
Fontecilia, 1975].
La description de la neuvième espèce, H.
effilatus Schuurmans-Stekhoven, 1951 parasite
de Lagidium viscacia (Molina) en Argentine n’est
suffisante, ni pour permettre son étude par
l'analyse des données, ni pour qu’il soit tenu
compte de cette espèce dans l'interprétation du
genre.
P R O T O Z OO P H A GINI
Fig. 33. — Tribu des Protozoophagini n.tr. : le genre Helminthoxys.
Distribution et résultats de la CAH. Abréviations :
Tifl, Helminthoxys tiflophila (Vigueras. 1943) — Quen, Helminthoxys quentini Barus, 1972 — Uric. Helminthoxys
urichi Cameron & Reesal. 1951 — Pujo. Helminthoxys pujoli Quentin, 1973 — Caud, Helminthoxys caudatus Freitas. Lent &
Almeida. 1937 Veli. Helminthoxys velizy Parra Ormeno, 1953 — Frei. Helminthoxys freitasi Quentin, 1969 — Giga
Helminthoxys gigantea (Quentin, Courtin & Fontecilia, 1975).
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACUNAE : TAXONOMIE, ZOOGÉOGRAPHIE, ÉVOLUTION
97
Fig. 34. — Tribu des Protozoophagini n.tr. : le genre Helminthoxys
Répartition géographique des parasites et des hôtes. Pour les abréviations voir la légende de la figure précédente.
Résultats de l’étude morphologique
Les genres Protozoophaga et Wellcomia
Les résultats de I’afc (fig. 22 et 23) montrent
une corrélation étroite des espèces appartenant
aux genres Wellcomia et Protozoophaga avec les
variables de l'ensemble 1. Les deux genres possè¬
dent en commun des caractères apomorphes qui
ne sont rencontrés chez aucun autre Syphaciinae
(fig. 1) : présence dans les deux sexes de crêtes
sagittales sur les dents œsophagiennes et de lames
interlabiales (24-25F-29-30F) — présence chez le
mâle au niveau de l’area rugosa de grandes crêtes
pectinées de type II. gradient transversal de la
hauteur de ces crêtes, dissymétrie des rangées
successives de crêtes par rapport au plan saggital
(114-115-116) — trompe utérine dilatée remplie
d'un épais ciment (78F) — spermathèque en
dérivation type Wellcomia (83F).
Source : MNHN, Paris
JEAN-PIERRE HUGOT
D'autres caractères sont particuliers à l'un ou
l'autre de ces deux genres :
— 1", dans le genre Welkomia les reliefs den¬
taires s'articulent étroitement avec ceux des lames
interlabiales réalisant à l'entrée de la bouche un
système de chicanes dont, dans un travail pré¬
cédent (Hugot, 1982 a), nous avons montré que
le dessin se complique progressivement lorsqu'on
passe des espèces africaines parasites d’Hystri-
cidae ( W. sauvysi , sauv et W. roussilloni, Rous),
aux espèces américaines parasites de Dinomyidae
(W. branickii, bran), puis d'Erethizontidae (IV.
compar , comp, W. samboni, samb, W. carolodo-
minici, caro) ; ces complications progressives de
l'appareil buccal sont accompagnées par une
complication également progressive des forma¬
tions qui constituent l'area rugosa et l'on peut
distinguer - (i) les espèces parasites d'Hystri-
cidae africains (sauv et rous) qui portent le
caractère 117 — (ii) les espèces parasites d'Erethi¬
zontidae américains qui portent le caractère 118
— (iii) parmi ces dernières les parasites de
Coendou, Sphiggurns et Dinomys (caro, déco et
bran) possèdent en commun les caractères 119
et 120 et s’opposent au parasite de Erethizon
(comp) qui ne possède pas ces caractères.
— 2°, dans le genre Prolozoophaga on observe
— (i) une série de caractères plèsiomorphes : pa¬
pilles céphaliques disposées en carré (35-36F)
gubernaculum rudimentaire sans crochet acces¬
soire (84) — aucune des spécialisations rencon¬
trées dans l'autre genre au niveau de l’area
rugosa (117-118-119-120 absents) — pas de
différenciation du vagin cuticulaire (80F absent)
œuf symétrique et sub-sphérique (85F) ; — (ii)
des caractères témoignant d'une évolution diffé¬
rente : présence des deux types de symétrie au
niveau de la cuticule péribuccale (8-8F-9-9F) —
crêtes sagittales sur les dents œsophagiennes en
forme de spatules (26-27F) — lames interlabiales
bilobées (31-32F).
Le genre Helminthoxys
Les résultats de l'étude morphologique mon¬
trent une corrélation des espèces appartenant au
genre Helminthoxys avec :
1°. certains caractères de l'ensemble 1 qui
sont également présents chez les deux genres pré¬
cédents : ouverture buccale à symétrie interla¬
biale (8-8 F) — présence de pseudo-lèvres (18-
18F-19-19F) papilles cloacales principales
alignées (68) — gubernaculum court et trapu (84-
85) crochet accessoire simple et hypertrophié
orné d'un écusson post-cloacal à surface cha¬
grinée (88-91-94) rapport de l’œsophage au
reste du corps >7 (125) - rapport longueur/
largeur de l’œuf < 2,5 (90F).
— 2°, avec des caractères apomorphes qui sont
constamment associés dans ce genre : plateau
céphalique étiré latéralement (4-4F) dents
interlabiales présentes (28-29F) papilles cé¬
phaliques ventrales et dorsales accolées aux
amphides (38-39F) présence d’une différencia¬
tion de l’oviducte analogue à celle rencontrée
dans le genre Acanthoxyurus (84F) area
rugosa caractéristique associant des rangées
ante-cloacales de crêtes pectinées de type I et
plus antérieurement deux mamelons de type
Helminthoxys (113-121). Dans un travail pré¬
cédent (Hugot. 1983 b) nous avons interprété la
présence de ces mamelons très particuliers comme
une autapomorphie permettant de considérer le
genre Helminthoxys comme un groupe mono-
phylétique.
L’analyse des données (fig. 32) permet d’autre
part de distinguer les espèces H. pujoli, pujo, H.
caudatus, caud, H. velizi, veli, H.freitasi, frei et
H. gigantea, giga qui sont caractérisées par la
présence dans les deux sexes d'ailes cervicales
hypertrophiées et orientées dorsalement (carac¬
tères 55-56F et 57-59F). La dernière de ces
espèces (giga) qui possède tous les caractères
que nous considérons comme typiques du genre
Helminthoxys, est donc plus proche des espèces
de ce sous-groupe que ne le sont les trois autres
espèces du genre (H. tijlophila, tifl, H. quentini,
quen, H. urichi, uric) et il ne nous paraît pas
souhaitable de la conserver dans un genre parti¬
culier.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
99
Discussion des résultats de l’étude morphologique
Le groupe Wellcomia/Protozoophaga d'une part,
le genre Helminthoxys d'autre part, peuvent être
considérés en fonction de ce qui précède comme
constituant chacun un petit ensemble mono-
phylétique. L’étude morphologique montre éga¬
lement que ces deux ensembles ont en commun
les caractères suivants, diagnostiques de la nou¬
velle tribu des Protozoophagini :
— 1°, au niveau de la bourse caudale : — (i) la
disposition des papilles cloacales (68) — (ii) la
forme et l'ornementation du crochet accessoire
au gubernaculum (88-91-94). — 2°, au niveau de
l’area rugosa : l’absence du caractère 107 (qui est
présent chez tous les autres parasites de la sous-
famille). — 3“, au niveau de l’ouverture buccale :
la symétrie interlabiale (8-8F).
Seuls les caractères de la bourse caudale
peuvent être interprétés comme de véritables
synapomorphies et l’analyse morphologique ne
permet donc pas de supposer des relations de
parenté étroites entre ces deux ensembles.
Paléogéographie des hôtes
Iæs Hystricognathes
On distingue deux grands groupes parmi les
Hystricognathes actuels :
1°, des rongeurs de l’Ancien Monde avec :
(i) les Hystricoidea (porcs-épics eurasiatiques
et éthiopiens), — (ii) les Bathyergoidea (rongeurs
fouisseurs africains) et — (iii) les Thryonomyoi-
dea (tous africains). — 2°, des rongeurs du
Nouveau Monde, les Caviomorpha, avec : — (i)
les Erethizontoidea (porcs-épics américains) et —
(ii) les autres Caviomorpha distribués dans trois
super-familles (Octodontoidea-Cavioidea-Chinchil-
loidea).
Ces deux grands groupes sont considérés :
— 1°, soit comme appartenant à un même
ensemble : Lavocat (1973) propose de rassem¬
bler tous les Hystricognathes de l’Ancien Monde
dans un même taxon les Phiomorpha, dont il fait
également dériver les Caviomorpha ; cette hypo¬
thèse est aujourd'hui acceptée par la grande
majorité des rodentologues (voir Luckett &
Hartenberger, 1985). — 2°, soit comme dis¬
tincts : Patterson & Wood (1982) et Wood
(1985) n'acceptent ni la définition des Phio¬
morpha proposée par Lavocat, ni de faire dériver
les Caviomorpha d'un groupe d’Hystricognathes
de l'Ancien Monde.
Les Hystricidae
Ce sont les porcs-épics de l’Ancien Monde.
Les premières formes connues sont datées du
Miocène supérieur d’Asie où les Hystricidae
semblent apparaître brusquement puisqu’on ne
connaît aucune forme fossile plus ancienne qui
puisse leur être directement apparentée (Lavo¬
cat & Parent, 1985 ; Wood, 1985). Les Hystri¬
cidae ont conservé certains caractères primitifs
que l’on retrouve également chez les Erethizon-
tidae (Lavocat & Parent. 1985; Woods &
Hermanson. 1985). Lavocat (1973) admet comme
possible que les Hystricidae puissent être les
descendants directs en Asie d’une branche an¬
cienne des Phiomorpha, précocèmenl immigrée
dans ce continent à partir de son berceau
africain.
Les Hystricidae actuels sont tous rencontrés
dans les régions forestières tropicales d’Asie et
d'Afrique à l’exception de leur forme la plus
septentrionale, Hystrix, que l’on rencontre aussi
dans le Sud de l'Europe, en Asie centrale et aux
Indes, où elle occupe des milieux plus ouverts.
Les Erethizontidae
Ce sont les porcs-épics du Nouveau Monde.
Les formes les plus anciennes, datées de l'Oligo¬
cène inférieur d'Amérique du Sud, peuvent déjà
être distinguées des autres Caviomorpha contem-
Source : MNHN, Paris
100
JEAN-PIERRE HUGOT
porains et la plupart des rodentologues admettent
que l'arrivée des Erethizontidae en Amérique
puisse résulter d'une vague d’immigration parti¬
culière (Patterson & Wood, 1982; Bugge,
1985; Woods & Hermanson, 1985). Les Erethi¬
zontidae partagent avec les Hystricidae un cer¬
tain nombre de caractères, dont certains sont
primitifs (Lavocat & Parent, 1985 ; Woods &
Hermanson, 1985).
Les Erethizontidae actuels, tous arboricoles,
sont des endémiques de la zone tropicale améri¬
caine, à l'exception de Erethizon qui a colonisé la
région néarctique.
Les Dinomyidae
On connaît dans le Tertiaire sud-américain de
nombreuses formes fossiles apparentées à cette
famille qui n'est plus représentée actuellement
que par un genre relicte et par une seule espèce,
forestière et terrestre, réfugiée dans les vallées
peu accessibles des contreforts orientaux des
Andes : Dinomys branickii, le pacarana. Les
Dinomyidae étaient considérés jusqu'ici comme
proche des Cavioidea, mais des travaux récents
s'appuyant à la fois sur des arguments anatomi¬
ques et comportementaux proposent de les rap¬
procher des Erethizontidae (Grand & Eisen-
berg, 1982; Woods & Hermanson, 1985).
Les autres Caviomorpha
Les Caviomorpha, connus en Amérique du
Sud dès l'Oligocène inférieur, sont donc des
immigrants arrivés probablement en deux vagues :
l'une, la plus ancienne selon Lavocat & Parent
(1985), ayant apporté les Erethizontidae, la
seconde les autres Caviomorpha. Ces derniers
ont connu une radiation importante puisqu'on
distingue quarante genres répartis dans trois
super-familles. La plupart des formes actuelles
sont endémiques dans la région néotropicale, y
compris l'archipel des Caraïbes où les Cavio¬
morpha sont probablement des immigrants ré¬
cents venus du Sud (Woods & Hermanson,
1985).
Discussion de la répartition du genre Wellcomia
Le parasite de Pedetidae
La spécificité de l'espèce type du genre, Wellco¬
mia milchelli (mitc), pour les Pedetidae est
douteuse et nous ne la prendrons pas en considé¬
ration pour interpréter le genre ; en eflèt : — le
matériel type aujourd'hui perdu, avait été col¬
lecté chez un animal provenant du Zoo de
Londres ; — cette espèce n’a jamais été retrouvée
chez son hôte type.
Les parasites d’Hystricidae et d'Erethizontidae
La présence d’oxyures appartenant au même
genre chez des Hystricidae (Hystricognathes de
l'Ancien Monde) et chez des Erethizontidae
(Hystricognathes du Nouveau Monde) a été
discutée par Quentin (1973 a, b et c) puis
par Hoffstetter (1972) et interprétée par eux
comme un argument venant à l’appui de l’hypo¬
thèse d’une émigration des Caviomorpha ou de
leurs ancêtres directs, à partir d'un berceau
africain. Cette hypothèse, impliquant des rela¬
tions de parenté étroites entre Phiomorpha
(sensu Lavocat, 1973) et Caviomorpha, a été
contredite par Patterson & Wood (1982) qui
ont à cette occasion réfuté de façon détaillée la
validité des arguments parasitologiques avancés
par Quentin. Les critiques portaient sur les
points suivants :
— 1°, les deux seules espèces alors signalées
chez des porcs-épics de l'Ancien Monde (W.
evoluta , evol et W. siossiehi, stos) avaient très
probablement été collectées chez des animaux de
zoo, et Quentin avait redécrit les femelles de ces
deux espèces à partir de matériels anciens en
assez mauvais état ; Patterson & Wood dou¬
taient dans ces conditions à la fois de la validité
de la diagnose, et au cas même où elle serait
confirmée de la spécificité réelle de ces parasites
pour les Hystricidae ; or la redescription de W.
stossichi par Quentin (1973 b) permet de recon¬
naître des caractères très proches de ceux que
nous avons décrits ultérieurement chez deux
parasites d'Hystricidae africains, l’une chez Athe-
rurus ( W. sauvysi , sauv), l'autre chez Hystrix ( W.
roussilloni , rous) à partir de matériels dont nous
pouvons affirmer qu'ils ont été collectés dans des
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
101
conditions satisfaisantes : l’appartenance de cette
espèce au genre Wellcomia et sa spécificité pour
un Hystricidae sont donc confirmées par nos
résultats.
En ce qui concerne Wellcomia evoluta, que
Linstow (1899) avait attribuée à un Acanthion
malais, la redescription de Quentin (1973 c) est
suffisante pour que les caractères du genre soient
reconnus, mais (i) cette espèce n'a jamais été
retrouvée. — (ii) les caractères décrits par Quen¬
tin la rapprochent des formes connues chez des
Erethizontidae. plus que de celles décrites chez
des Hystricidae. — (iii) aucun autre Oxyurida
n'est actuellement connu chez les Hystricidae
orientaux.
La spécificité de cette dernière espèce est donc
toujours douteuse et nous n’en tiendrons pas
compte dans l'interprétation du genre.
2 U , la description originale du parasite de
Erethizon ( IV. compar , comp) par Leidy (1856)
avait été faite sur du matériel collecté chez un
chat domestique ; mais ce parasite a été depuis
retrouvé de nombreuses fois chez Erethizon dans
des conditions de collecte satisfaisantes et nous
ne voyons pas de difficulté à admettre sa pré¬
sence chez un carnivore, signalée une seule fois,
comme un cas de parasitisme occasionnel ; par
ailleurs des espèces très proches de ce parasite
ont été décrites chez d'autres Erethizontidae
capturés dans leur milieu naturel : W. decorata ,
DECO, chez Sphiggurus par Travassos (1923) et
W. carolodominici , caro chez Coendou par nous-
même (Hugot, 1982 a).
La spécificité du genre Wellcomia pour les
Hystricidae et pour les Erethizontidae, attestée
par l'étude morphologique détaillée de ces para¬
sites et à partir de matériels dont les conditions
de collecte ne peuvent pas être discutées, ne nous
paraît donc plus pouvoir être mise en doute.
Le parasite de Dinomyidae
Le matériel type de cette espèce avait été
collecté sur un animal captif au Zoo de New-
York (Mc Lure, 1932); ce parasite a été re¬
trouvé depuis chez le même hôte capturé dans
son milieu naturel et redécrit par Quentin
(1973 c) à partir de ce nouveau matériel : Well¬
comia branickii est donc bien l'oxyure spécifique
de Dinomys. La ressemblance de ce parasite avec
ceux de Coendou et de Sphiggurus peut être
interprétée soit comme le résultat d'une capture
de parasites, soit comme un argument en faveur
des hypothèses rapprochant les Dinomyidae des
Erethizontidae (voir plus haut).
Discussion de la répartition du genre Protozoophaga
L'espèce unique de ce genre a été retrouvée de
très nombreuses fois chez son hôte particulier
capturé dans son biotope naturel et la spécificité
de cette espèce pour Hydrochaeris ne fait par
conséquent aucun doute. La ressemblance de
cette espèce avec les parasites du genre Wellco¬
mia, plus qu'avec ceux du genre Helminlhoxys
qui regroupe la plupart des parasites de Cavio-
morpha autres que les Erethizontidae, paraît par
contre surprenante puisque aucun argument palé-
ontologique ne permet de rapprocher les Hydro-
chaeridae des Erethizontidae.
Discussion de la répartition du genre Helminthoxys
Les deux groupes que l'analyse des données
permet de distinguer dans ce genre semblent être
en relation avec la localisation géographique et
peut-être les particularités écologiques de leurs
hôtes : on peut en effet distinguer (fig. 33) : un
groupe septentrional dont les hôtes sont des
animaux tropicaux vivant en milieux boisés,
un groupe plus méridional dont les hôtes appar¬
tiennent à la faune andine et occupent des
milieux relativement ouverts.
Source : MNHN, Paris
102
JEAN-PIERRE HUGOT
Évolution
On peut retenir les points suivants :
— 1°, le groupe Wellcomia/ Protozoophaga d'une
part, le genre Helminthoxys d'autre part, peuvent
être considérés en fonction des résultats de
l'étude morphologique comme constituant cha¬
cun un petit ensemble monophylétique.
— 2°, il existe entre ces deux ensembles des
ressemblances qui permettent de les distinguer
des autres Syphaciinae mais non pas de les
considérer comme étroitement apparentés.
— 3°. la présence chez les Caviomorpha de
parasites appartenant à deux groupes morpholo¬
giquement bien différenciés est compatible avec
l’hypothèse d'une immigration de ces rongeurs
en deux vagues.
— 4°, la distribution du genre Wellcomia
implique que des relations paléogéographiques
étroites aient existé entre les porcs-épics du
Nouveau Monde et ceux de l'Ancien Monde
chez lesquels sont par ailleurs rencontrés les
parasites morphologiquement les moins spécia¬
lisés ; ces résultats sont en accord à la fois avec
les hypothèses proposant de considérer l’en¬
semble des Rongeurs Hystricognathes actuels
comme un groupe monophylétique et avec celles
qui proposent pour les Caviomorpha une origine
africaine.
5", la présence chez Dinomys d'un parasite
appartenant au genre Wellcomia est compatible
avec les hypothèses apparentant les Dinomyidae
aux Erethizontidae.
Nous interprétons les ensembles Wellcomial
Protozoophaga et Helminthoxys comme deux
petites lignées précocément isolées d'un tronc
commun aux Syphaciinae et ayant séparément
co-évoluè de manière étroite avec leurs hôtes
respectifs, tous Hystricognathes. Notre interpré¬
tation n'est par conséquent compatible, ni avec
l'interprétation de Quentin (1973 c) qui envisa¬
geait de rapprocher les trois genres étudiés ici du
genre nord-américain Heteromyoxyuris considéré
comme leur possible ancêtre commun, ni avec
l'hypothèse construite par Patterson & Wood
(1982) à partir des résultats de Quentin et qui
envisageait pour l'ensemble des parasites de Ca¬
viomorpha une origine nord-américaine. Nous
proposons pour expliquer l'origine de ces deux
petites lignées une autre hypothèse qui est
exposée au 4 e chapitre.
Conclusions sur les Protozoophagini
Les deux ensembles : Wellcomia/Protozoo¬
phaga et Helminthoxys possèdent en commun
quelques synapomorphies qui justifient leur réu¬
nion dans la nouvelle tribu des Protozoophagini,
ainsi qu'une répartition zoogéographique parti¬
culière. Leurs autres caractères morphologiques
sont toutefois trop différents pour permettre de
supposer qu'il puisse exister entre eux des rela¬
tions de parenté étroites.
LA TRIBU DES SYPHACIINI RAILLIET, 1916
Distribution
Le genre Sypharista Quentin, 1970
Dans des travaux précédents (Hugot, 1981 et
1985 a) nous avions reconnu dans ce genre
quinze espèces que nous avions proposé de
répartir en trois sous-genres :
— 1°, s. g. Sypharista Quentin, 1970; espèce
type unique Sypharista kamegaii Quentin. 1970,
kame, parasite de Petaurista leucogenis Thomas à
Kanto (Japon).
2°, s. g. Petauxyuris Hugot, 1985 a ; espèce
type Sypharista ( Petauxyuris) tridentata Quentin
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACI1NAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
103
& Krishnasamy, 1975. trid, parasite de Petau-
rista petaurislu (Pallas) et occasionnellement de
Ratifia affinis (Rafïïes) à Sarawak Miri (Bor¬
néo) ; S. denticulata Quentin & Krishnasamy,
1975, dent, parasite de P. petaurista et occasion¬
nellement de R. affinis à Pankalang Lobang
(Bornéo) ; S. inflata Quentin & Krishnasamy,
1975, infl, parasite de P. petaurista et occasion¬
nellement de Chiropodomys gliroides (Blyth) à
Kuala Langat (Ouest-Malaisie) ; S. ramachan-
drani Quentin & Krishnasamy, 1975, rama,
parasite de P. petaurista et occasionnellement de
Petinomys vordermanni (Jentik), à Selangor (Ouest-
Malaisie) ; S. cynocephali Hugot, 1985 a, CYNO,
parasite de P. petaurista et occasionnellement de
Cynocephalus variegatus Audebert à Kampong
Tekok (Ouest-Malaisie) ; S. pachylabiata Hugot,
1985 a, pach, parasite de P. petaurista et occa¬
sionnellement de C. variegatus à Kampong Te¬
kok (Ouest-Malaisie) ; S. taylori (Abdussalam,
1938), tayl, parasite de P. petaurista à Muktes-
war, Kumaon Hills (Western Himalayas) ; S.
indien (Singh, 1962), indi, parasite de P. petau¬
rista également dans l'Himalaya ; S. sharifi
Quentin & Krishnasamy, 1975, shar, parasite de
Petaurista elegans (Millier) à Johor (Ouest-
Malaisie) ; S. chaii Quentin & Krishnasamy,
1975, chai, parasite de P. elegans à Johor
(Ouest-Malaisie) ; S. kinabualuensis Quentin &
Krishnasamy, 1975, kina, parasite de P. elegans
à Sabbah (Bornéo).
Les deux espèces S. cynocephali et S. pachyla¬
biata ont été collectées chez des Dermoptères (g.
Cynocephalus Boddaert) : nous avons expliqué
ailleurs (Hugot, 1985 a) les raisons qui nous font
néanmoins interpréter ces parasites comme spé¬
cifiques des Petaurista.
— 3°, s. g. Quentinema Hugot, 1985 a ; espèce
type Sypharista ( Quentinema) callosciuri (Quen¬
tin, 1977), call, parasite de Callosciurus caniceps
(Gray) à Kuala Kray (Ouest-Malaisie) ; S. muuli
(Quentin & Krishnasamy, 1975), muul, parasite
de Petinomys genibarbis (Horsfield) à Selangor
Klang (Ouest-Malaisie) ; S. longicaudata (Quen¬
tin & Krishnasamy. 1975), long, parasite de
Pteromyscus pulverulentus (Gunther) à Johor
Segamat (Ouest-Malaisie).
Deux de ces espèces, S. cynocephali et S.
pachylabiata , ne sont connues que par les mâles ;
pour deux autres d’entre elles, S. taylori et S.
indica, les descriptions sont insuffisantes. Ces
espèces n'ont par conséquent pas pu être utilisées
pour l'analyse des données : elles seront néan¬
moins prises en compte pour l’interprétation du
genre.
Le genre Syphatineria Chabaud & Biocca, 1955
Dans un travail précédent (Hugot, 1981) nous
avons reconnu dans ce genre dix-neuf espèces
que nous avons proposé de répartir en quatre
sous-genres :
— 1°, s. g. Syphatineria Chabaud & Biocca,
1955; espèce type Syphatineria ( Syphatineria )
pallaryi (Seurat, 1915 a), pall, parasite de Atlan-
toxerus getulus (L.) au Maroc; S. transafricana
Chabaud & Biocca. 1955, tran, parasite de
Xerus erythropus (E. Geoffroy) au Sénégal et en
Côte d'ivoire et de Xerus rutilus (Cretzschmar)
en «Abyssinie»; S. an tiqua Hugot, 1981, anti,
parasite de X. rutilus dans la vallée de l’Omo, en
Éthiopie.
— 2°, s. g. Africanoxys Hugot, 1981 ; espèce
type Syphatineria ( Africanoxys ) adami (Quentin.
1971 b), adam, parasite de Funisciurus pyrrhopus
(Cuvier) au Congo et en République de Centra-
frique, de Funisciurus anerythrus (Thomas) au
Congo et de Funisciurus lemniscatus (Leconte) au
Gabon et en République de Centrafrique ; S.
pearsi (Baylis, 1928), pear, parasite de Heliosciu-
rus gambianus (Ogilby) au Nigeria ; 5. interjecta
(Hugot, 1980 b), inte, parasite de Funisciurus
isabella (Gray) au Gabon ; 5. feeri (Hugot.
1980 b), feer. parasite de Protoxerus stangeri
(Waterhouse) au Gabon ; 5. ividensis (Hugot.
1980 b), ivid, parasite de Paraxerus poensis
(A. Smith) au Gabon; S. cepapi Hugot, 1981,
cepa, parasite de Paraxerus cepapi (A. Smith) au
Transvaal.
Une autre espèce appartenant à ce sous-genre,
mais dont la description est incomplète, S.
paraxeri (Sandground. 1933), parasite de Pa¬
raxerus palliatus Peters en Sud-Rhodésie (Zim¬
babwe), n'a pu être retenue pour notre étude.
3°, s. g. Quentenora Hugot, 1981 ; espèce
type Syphatineria ( Quentenora) funambuli (John¬
son, 1967), funa, parasite de Funambulus pen-
nanti Wroughton au Rajasthan et au Népal.
Trois autres espèces ont été classées dans ce
sous-genre, S. sciuri (Mirza & Singh, 1934),
Source : MNHN, Paris
g
SYPHACIINI : «.sypharista
Fig. 35. - Tribu des Syphaciini Railliet. 1916 : le genre Sypharista.
Distribution et résultats de la CAH. Abréviations :
Chai. Sypharista chaii Quentin & Krishnasamy. 1975 Shar, Sypharista sharifi Quentin & Krishnasamy. 1975
Kina. Sypharista kinabaluensis Quentin & Krishnasamy. 1975 Trid. Sypharista tridentuta Quentin & Krishnasamy. 1975
Dent. Sypharista denticulata Quentin & Krishnasamy. 1975 Rama. Sypharista ramachandrani Quentin & Krishnasamy.
1975 Infl. Sypharista inPata Quentin & Krishnasamy. 1975 Call. Sypharista callosciuri (Quentin. 1977) Long.
Sypharista iongicaudata (Quentin & Krishnasamy. 1975) Muul. Sypharista nwuli (Quentin & Krishnasamy. 1975) Kame.
Sypharista kaniegaii Quentin. 1970.
W = West-Malaysia ; B = Bornéo : J = Japon.
P. elegans = Petaurista elegans : P. petaurista = Petaurista petaurista : Cal. cani = Callosciurus caniceps : Pet.
geni. = Petinomys genibarbis ; Pte. pulv. = Pteromyscus pulverulentus ; P. leucogenis = Petaurista leucogenis.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHAC1INAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
105
Fig. 36. — Tribu des Syphaciini Railliet. 1916 : le genre Sypharista.
Répartition géographique des parasites et des hôtes. Quatre espèces appartenant au genre Sypharista n ont pu être
utilisées pour l'analyse des données en raison de l'insuffisance de leurs descriptions : Cyno. Sypharista cynocepliali Hugot.
1985 Pacii. Sypharista pachvlabiata Hugot. 1985 ont été collectées chez des Dermopteres (genre Cynotephalus) : Indi.
Sypharista indica (Singh. 1962) êt Tayl. Sypharista taylori (Abdussalam. 1938) ont été collectées chez Pvtuurtsta. Ces especes
sont néanmoins prises en considération dans la discussion du genre (voir le texte). Pour la signification des symboles voir la
figure 35.
Source : MNHN, Paris
106
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 37. — Tribu des Syphaciini Railliet. 1916 : le genre Syphutineria.
Dislribulion et résultats de la CAH. Abréviations :
Pall. Syphutineria pallarayi (Seurat. 1915) — Anti. Syphutineria antiqua Hugot. 1981 Tran Svohatmvi
transafricana Chabaud & Biocca. 1955 Ivid. Syphutineria ividensis (Hugot. 1980) Feer. Syphutineria feeri (Hueot IQXm
Pear. Syphutineria pearsi (Baylis.1928) — Inte. Syphutineria interjecta (Hugot. 1980) Cepa. Syphutineria cepapi Hueot
1981 — Adam. Syphutineria adanu (Quentin. 1971) — Funa. Syphutineria finamhulini (Johnson. 1967) - Owya Sypliatinerià
ouyangi (Quentin & Krishnasamy. 1975) Rhin, Syphutineria rhinosciuri Hugot, 1981 — Insi, Syphutineria insi'gnis i Ouentin
Betterion & Krishnasamy. 1979) — Siam. Syphatineria siamensis Hugot. 1981 Ocea. Syphutineria oceanica (Schmidt &
Kuntz. 1968).
PA = région paléarctique ; E = région éthiopienne : O = région orientale ; i = sous-région indienne w = Wesi
Malaysia ; t = Thaïlande ; p = Philippines.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÊOGRAPHIE. ÉVOLUTION
107
_limita de région zoogéographiqua ® 9. SyphabuUa^
Fig. 38. — Tribu des Syphaciini Railliet. 1916 : les genres Syphatineria et Syphahulea.
Répartition géographique des parasites et des hôtes.
Source : MNHN, Paris
108'
JEAN-PIERRE HUGOT
parasite de Funambulus palmarum (L.), localité
non précisée, S. lahorea (Akhtar, 1955), parasite
de F. pennanti à Lahore (Pakistan) et Syphatine-
ria sp. Hugot, 1981, parasite de F. palmarum sur
la côte de Coromandel (Inde); les descriptions
de ces trois espèces sont incomplètes et elles
n'ont pu être retenues pour notre étude.
— 4°, s. g. Orientoxys Hugot, 1981 ; espèce
type Syphatineria (Orientoxys) owyangi (Quentin
& Krishnasamy, 1975), owya, parasite de Callos-
ciurus nota tus (Boddaert) à Selangor Klang
(Ouest-Malaisie) ; S. oceanica (Schmidt & Kuntz,
1968), ocea, parasite de Sundasciurus steerii
(Gunther) à Palawan (Philippines); S. insignis
(Quentin, Betterton & Krishnasamy, 1979), insi,
parasite de Lariscus insignis (Cuvier) à Kedah
Peak et Kuala Kangsar (Ouest-Malaisie); S.
siamensis Hugot, 1981, siam, parasite de Menetes
berdmorei (Blyth), à Kanchanaburi (Thaïlande) ;
Masi:. Sypliahulea maseri Hugol. 1981 Thom. Sypliahulea thompsoni (Price. 1928) Schm. Sypliahulea sclimidli
Quentin & Krishnasamy. 1975 Cou. Sypliahulea coli Quentin & Krishnasamy. 1975 Sara. Sypliahulea sarawakensis
Quentin & Krishnasamy. 1975 Mago. Sypliahulea magnispiculoides Quentin & Krishnasamy. 1975 Maüa, Sypliahulea
magnispicula (Schmidt & Kuntz. 1968) Crit. Sypliahulea critesi Quentin & Krishnasamy. 1975.
HO = région holarctique : NA = région néarctique ; W = West-Malaysia ; P = Philippines ; B = Bornéo,
hl = Hylopeies lepidus ; hn = Hylopeies nigripes.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
109
S. rhinosciuri Hugot, 1981, rhin, parasite de
Rhinosciurus laticaudatus (Müller & Schlegel) à
Selangor et Kuala Lumpur (Ouest-Malaisie).
Le genre Syphabulea Gubanov, 1964
Ce genre comprend neuf espèces : l’espèce type
Syphabulea sobolevi Gubanov, 1964 parasite de
Sciurus vulgaris (L.) en Yakoutie (u.R.s.s.) dont
la description est incomplète et qui n'a donc pas
pu être retenue pour notre étude ; 5. schmidti
Quentin & Krishnasamy, 1975. schm, parasite de
Hylopetes lepidus (Horsfield) à Johor (Ouest-
Malaisie), de Hylopetes alboniger Hodgson en
Thaïlande et Hylopetes sp. en Cochinchine ; cette
espèce a également été occasionnellement col¬
lectée chez : Petinomys setosus (Temminck) à
Sélangor, Iomys horsfieldii (Waterhouse) à Sélan-
gor, Ptilocercus lowii Gray à Sélangor et Rattus
rajah (Thomas) à Johor Kudang Bekok, toutes
ces localités étant situées en Ouest-Malaisie ; S.
coli (Schmidt & Kuntz, 1968), cou, parasite de
Hylopetes nigripes (Thomas) et occasionnelle¬
ment de Rattus exulans Allen à Palawan (Philip¬
pines) ; S. magnispicula (Schmidt & Kuntz,
1968), maga, parasite de H. nigripes et occasion¬
nellement de Sundasciurus steerii Gunther à
Palawan (Philippines) ; S. critesi (Schmidt &
Kuntz, 1968), crit, parasite de H. nigripes et
occasionnellement de Sundasciurus steerii à Pala¬
wan (Philippines) ; 5. magnispiculoides Quentin
& Krishnasamy, 1975, mago, parasite de Hylo¬
petes lepidus à Sarawak Miri (Bornéo) ; S.
sarawakensis Quentin & Krishnasamy. 1975,
Sara, parasite de H. lepidus à Sarawak (Bornéo) ;
5. maseri Hugot, 1981, mase, parasite de Glauco-
mys sabrinus (Shaw) et Tamiasciurus hudsonicus
(Erxleben) dans l’Oregon, de Eutamias sibiricus
(Lakman) en Yakoutie. de Sciurus vulgaris et
Sciurotamias davidianus (Milne Edwards) en
Chine ; S. thompsoni (Price, 1928). thom, para¬
site de Glaucomys volans (L.) en Virginie et en
Floride.
Le genre Syphacia Seurat, 1916
En fonction des résultats de l’étude morpholo¬
gique et des facteurs zoogéographiques exposés
ci-après, nous proposons de distribuer ces para¬
sites dans trois sous-genres :
— 1°, s. g. Syphacia Seurat. 1916 ; espèce type
Syphacia (Syphacia) obvelata (Rudolphi, 1802),
obve, parasite de Mus musculus L., cosmopolite ;
S. megaloon Quentin, 1966, megl, parasite de
Mus minutoides Smith et Mus setulosus Peters au
Zaïre; S. lophuromyos Quentin. 1966, loph.
parasite de Lophuromys sikapusi (Temminck) en
République de Centrafrique ; S. venteli Travas-
sos, 1937, vent, parasite de Nectomys squamipes
(Brandt) au Brésil et Oryzomys caliginosus
(Tomes) en Colombie; S. alata Quentin. 1968,
alat, parasite de Bolomys lasiurus (Lund), Ory¬
zomys nigripes (Olfers) et Nectomys alfari (Allen)
en Colombie; S. stroma (Linstow, 1884), stro,
parasite de Apodemus sylvaticus (L.) et Apodemus
spp. dans la région paléarctique ; 5. emileromani
Chabaud, Rausch & Desset. 1963. emil, parasite
de A. sylvaticus au Japon ; 5. mûris (Yamaguti,
1935), mûri, parasite de Rattus rattus (L.) et
Rattus norvegicus (Berkennhout), cosmopolites,
de Rattus fuscipes Waterhouse et Rattus tunneyi
Mitchell en Australie ; S. darwini Hugot &
Quentin. 1985. darw, parasite de Melomys cervi-
nipes (Gould) en Australie ; S. frederici Roman,
1945, fred, parasite de Apodemus sylvaticus et
Apodemus Jlavicollis (Melchior) dans la région
paléarctique ; S. odilbainae Hugot & Quentin,
1985, odil, parasite de Zygodontomys brevicauda
(Allen et Chapman) en Colombie ; 5. nigeriana
Baylis. 1928, nige, parasite de Hylomyscus Stella
(Thomas), Lemniscomys s tria tus (L.), Mastomys
sp., Praomys jacksoni (De Winton) et Praomys
morio (Trouessart) en République de Centra¬
frique, de Taterillus gracilis (Thomas), Talera
valida (Bocage), Praomys tullbergi (Thomas) et
Mastomys erylhroleucus (Temminck) au Nigeria,
de Gerbillus campestris Le Vaillant en Tunisie, de
Arvicola sapidus Miller et Clethrionomys glareo-
lus (Schreber) en France, de Microtus spp. en
Hongrie, de Microtus gregalis (Pallas) en Alaska,
de Microtus pennsylvanicus (Ord) dans le Wis¬
consin, de Microtus mexicanus (Saussure) au
Mexique; S. monlana Yamaguti, 1943, mont,
parasite de Clethrionomys glareolus. Pitymys
subterraneus (de Selys) et Microtus nivalis (Mar-
tins) en Tchécoslovaquie, de Microtus montebelli
en Corée, de Clethrionomys rufocanus (Sunde-
wall), en Corée et au Japon ; S. arctica Tiner &
Rausch, 1950, artc, parasite de Dicrostonyx
groenlandicus Traill en Alaska.
— 2°, s. g. Seuratoxyuris n. sg. ; espèce type
Syphacia (Seuratoxyuris ) pahangi Ow-Yang, 1971.
paha, parasite de Chiropodomys gliroides (Blyth)
Source : MNHN, Paris
110
JEAN-PIERRE HUGOT
à Janda Baik, Pahang (Ouest-Malaisie) ; S. pero-
mysci Harkema, 1936, pero, parasite de Pero-
myscus leucopus (Rafinesque) en Nord-Caroline
et Peromyscus maniculaïus (Wagner) dans l’Utah ;
S. sigmondi Quentin & Kinsella, 1972, sigm,
parasite de Sigmodon hispidus Say, en Floride ; 5.
petrusecwiczi Bernard, 1966 b, petr, parasite de
Clethriomomys glareolus dans la région paléarc-
tique ; 5. rauschi Quentin, 1969 b, raus, parasite
de Clethriomomys rutilus (Pallas) en Alaska ; S.
oryzomyos Quentin & Kinsella, 1972, oryz,
parasite de Oryzomys palustris (Harlan) en Flo¬
ride ; 5. megadeiros Quentin. 1969 b, megd,
parasite de Rhipidomys latimanus (Tomes) et
Oryzomys alfari (J. A. Allen), en Colombie; 5.
criceti Quentin, 1969 b, cric, parasite de Oryzo¬
mys subjlavus (Wagner) et Calomys callosus
(Renngger) au Brésil ; S. evaginata Hugot &
Quentin, 1985, evag, parasite de Oryzomys sp.
au Brésil ; S. phyüotios Quentin, Babero &
Cotton, 1979, phyl, parasite de Phyllotis darwini
(Waterhouse) au Chili.
— 3°, s. g. Cricetoxyuris n. s. g. ; espèce type
Syphacia (Cricetoxyuris ) okuensis Hugot & Quen¬
tin, 1985, okue, parasite de Lamottemys okuensis
Petter. au Cameroun ; S. mesocriceti Quentin,
1971 b, meso, parasite de Mesocricetus aura tus
(Waterhouse), en captivité; S. brachyuromvos
Quentin & Desset. 1974, brac, parasite de
Brachyuromys betsileoensis (Bartlett) à Madagas¬
car; S. ramirohitra Quentin & Desset, 1974,
rami, parasite de Brachyuromys ramirohitra F. M.
à Madagascar.
Quatre espèces appartenant certainement au
genre Syphacia mais dont les descriptions sont
incomplètes n’ont pu être utilisées pour l'analyse
des données : S. agraria Sharpilo, 1973 parasite
de Apodemus agrarius (Pallas) en Hongrie et en
Tchécoslovaquie; S. minuta Greenberg, 1968
parasite de Acomys cahirinus (Desmaret) et Aco-
mys russatus (Wagner) dans le Negev (Israël) ; S.
vanderbrueli Bernard, 1961 parasite de Micromys
minutus (Pallas) en Hongrie et en Tchécoslova¬
quie ; S. samorodini Erickson, 1938 parasite de
Peromyscus maniculaïus (Wagner) et Peromyscus
leucopus (Rafinesque) dans le Minnesota.
Résultats de l’étude morphologique
Les Syphaciini
Les résultats de I’afc (fig. 22 et 23) montrent
une étroite corrélation de l’ensemble formé par
ces quatre genres avec :
— 1°, les variables de l’ensemble 2 qui défi¬
nissent pour chacune des grandes catégories de
caractères une tendance évolutive particulière
par rapport à l’axe 1 : ouverture buccale à
symétrie labiale exclusivement (9-9F) — papilles
cloacales principales disposées en «carré» (71),
papilles cloacales accessoires absentes — guber-
naculum allongé type Syphacia (87) — crochet
accessoire dédoublé (89) — area rugosa consti¬
tuée par des sillons transversaux munis de reliefs
(107-108) — spermathèque peu différenciée type
Syphaciini (81F) — œuf muni d'un opercule
latéral (88F) — rapport longueur/largeur de
l'œuf ^ 2,5 (91F) — rapport de l’œsophage à la
longueur du corps < 6 (123).
2°, certaines variables des ensembles 3 et 4
qui définissent un gradient évolutif progressif
lorsqu'on se déplace du haut vers le bas de
l’axe 2 avec notamment : (i) une modification
de la forme du plateau céphalique, d’abord
arrondi (1-1 F), puis étiré transversalement (4-4F)
accompagnée par la migration latérale des pa¬
pilles céphaliques (35-36F à 37-38F) et par le
développement progressif des lèvres (11-11F à
12-12F, 13-13F, 15-15F), — (ii) une complica¬
tion de l'area rugosa qui se traduit par l’accroisse¬
ment du nombre des mamelons (107-108 à 109-
110 et 111).
L’analyse des données (fig. 23 et 24) permet
d’autre part de distinguer morphologiquement :
- 1“, d’une part les parasites de Sciuroidea
chez lesquels : — le développement des forma¬
tions de la cuticule péribuccale est en avance
sur la migration latérale des papilles céphaliques
(fig. 6 de K à L, M, N et O), - les ailes laté¬
rales sont toujours pourvues d’un squelette chiti-
noïde, - l’ornementation du crochet accessoire,
qui apparaît parallèlement dans chacun des
Source : MNHN, Paris
fred odil obve ni ge
112
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 41. Tribu des Syphaciini Railliet. 1916 : le genre Syphacia.
Répariition géographique des parasites et des hôtes.
genres, est toujours constituée par des pointes
chitinoïdes.
— 2°, d'autre part les parasites de Muroidea
chez lesquels : — la migration latérale des
papilles céphaliques est en avance sur le dévelop¬
pement de la cuticule péribuccale (fig. 6 de K à
P), — les ailes latérales sont dépourvues de
squelette chitinoïde (sauf chez quatre espèces :
brac, rami, okue et meso), — l'ornementation
du crochet accessoire qui apparaît parallèlement
dans deux sous-genres est constituée par des
écailles chitinoïdes.
Le genre Sypharista
Ce genre est caractérisé par la présence chez
les mâles d'un crochet accessoire prolongé par
deux cornes chitinoïdes latéro-ventrales (95) et
chez les femelles par la présence d'une capsule
buccale de type 1 (34F) et d'ailes latérales le plus
souvent dédoublées et relativement atrophiées
(44F-48F). Les caractères 95 et 34F peuvent être
interprétés comme des synapomorphies et le
genre Sypharista pris dans son ensemble comme
un groupe monophylétique. L'analyse des don¬
nées permet également de retrouver les résultats
principaux d'un travail précédent (Hugot, 1985 a)
dans lequel nous avions proposé la création de
trois sous-genres (fig. 24 et 36).
1°, le sous-genre Sypharista : son unique
espèce est celle dont la distance aux autres
espèces du genre est la plus grande (fig. 34) ; c’est
en effet celle de toutes qui possède le plus grand
nombre de caractères relativement plésiomorphes.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
113
avec en particulier une area rugosa dépourvue de
mamelon, observation unique chez les Sypha-
ciini ; on y observe aussi des caractères apo-
morphes originaux : présence dans les deux sexes
d'une ornementation cuticulaire cervicale (67-
72F), chez le mâle d’une aile latérale interrompue
au milieu du corps (52) et chez la femelle
d'appendices digitiformes sur les dents œsopha¬
giennes (22F).
— 2°, le sous-genre Petauxyuris : cet ensemble
est caractérisé par l'évolution de la cuticule
péribuccale qui s'invagine (13-13F) entraînant la
déformation des papilles céphaliques (41-42F), et
chez les femelles par la subdivision des lèvres en
trois lobules (14F) ; cette évolution est particuliè¬
rement originale puisqu’on observe toujours chez
les autres Syphaciini l’évolution inverse, c’est-à-
dire la tendance à la dilatation de la cuticule
péribuccale.
— 3°, le sous-genre Quentinema : l'évolution
des structures céphaliques se traduit ici par
l'étirement latéral du plateau céphalique (3-
3F), — par la dilatation des lèvres (12-12F),
— par l'apparition chez les femelles de reliefs
cuticulaires sur les dents œsophagiennes (21F-
24F).
Le genre Syphatineria
L’analyse des données permet de retrouver les
résultats principaux d'un travail précédent (Hugot,
1981) dans lequel nous avions proposé la créa¬
tion de quatre sous-genres (fig. 24 et 36). La
classification (cah) fait également apparaître une
dichotomie du genre en : — un groupe africain
(s. g. Syphatineria et s. g. Africanoxys), — et un
groupe oriental où les sous-genres Quentenora et
Orientoxys qui sont étroitement regroupés, voisi¬
nent avec le genre Syphabulea, également orien¬
tal (fig. 36, 37 et 38).
On ne peut mettre en évidence aucune synapo-
morphie permettant de définir l’un ou l’autre de
ces sous-genres ou de ces ensembles comme un
groupe monophylétique. Le genre Syphatineria
doit être considéré comme un groupe paraphylé-
tique dont les composants ont atteint parallèle¬
ment et pour chacune des grandes catégories de
caractères, des grades équivalents mais avec des
vitesses d’évolution différentes.
Le genre Syphabulea
Les espèces rassemblées dans ce genre possè¬
dent de nombreux caractères apomorphes :
— 1°, certains sont également rencontrés dans
le genre Syphatineria et en particulier dans le
sous-genre Orientoxys : papilles céphaliques rap¬
prochées des amphides (37-38F), — ailes latérales
bien développées et arrondies en section trans¬
versale (47, 48-48F, 49F), — crochet accessoire
portant une ornementation particulière (98-99),
toujours trois mamelons type Syphacia (111),
— vagin cuticulaire retourné (79F).
— 2°, d'autres peuvent être interprétés comme
des synapomorphies : deirides ornementées type
Syphabulea (64-69F), œuf muni d’un grand oper¬
cule latéral (89F).
Le genre Syphabulea peut donc être interprété
comme un groupe monophylétique.
Le genre Syphacia
L'analyse des données permet de reconnaître
parmi les parasites regroupés dans ce genre trois
groupes auxquels nous proposons de donner le
statut de sous-genre (fig. 23, 24 et 39).
— 1°, le sous-genre Cricetoxyuris n. sg. : les
quatre espèces brac, rami, okue et meso possè¬
dent comme les autres espèces du genre : — un
plateau céphalique quadrangulaire (2-2F), — des
lèvres relativement peu développées (7-7F) asso¬
ciées à des papilles céphaliques déjà latéralisées
(36-37, 37F-38F) ; à la différence des autres
Syphacia elles possèdent : — des ailes latérales
bien développées, triangulaires en section trans¬
versale et pourvues d’un squelette chitinoïde (46-
48, 47F-49F), — une capsule buccale de type I
(33-34F).
Ces particularités les rapprochent de certains
parasites de Sciuroidea (fig. 23 et 24) mais :
— (i) chez tous les autres Syphacia les ailes
latérales régressent et s'atrophient en même
temps que se développent les ailes cervicales, la
présence d'ailes latérales bien développées peut
donc être interprétée comme la rétention d'un
caractère plésiomorphe ; — (ii) la présence d’une
capsule buccale du même type que celle ren¬
contrée dans le genre Sypharista dont ces quatre
espèces ne possèdent pas les autres caractères
particuliers doit certainement être interprétée
Source : MNHN, Paris
114
JEAN-PIERRE HUGOT
comme une convergence. Il paraît donc pré¬
férable de conserver ces espèces dans le genre
Syphacia à l'intérieur duquel nous proposons de
créer pour elles un sous-genre nouveau Crice-
toxyuris n. sg.
— 2°, le sous-genre Seuratoxyuris n. sg.
parmi les autres espèces rassemblées dans le
genre Syphacia l'analyse des données permet de
distinguer deux groupes (fig. 23 et 39) ; l'un d’eux
rassemble dix espèces qui possèdent toutes le
caractère (78) pointe caudale conique et courte.
On observe parmi ces dix espèces un gradient
évolutif régulier caractérisé par : — (i) l'étire¬
ment latéral progressif du plateau céphalique, —
(ii) la régression de plus en plus accentuée des
ailes latérales et la différenciation des ailes
cervicales et des deirides. - (iii) le développe¬
ment sur le crochet accessoire d'une ornementa¬
tion constituée par des bosselures chitinoïdes qui
s'épaississent progressivement jusqu'à prendre
l’apparence d'écailles. Nous proposons d'interpr¬
éter le caractère (78) comme une synapomorphie
et de créer pour les espèces qui le portent le sous-
genre Seuratoxyuris n. sg. dédié à L. G. Seurat.
3", le sous-genre Syphacia : il regroupe les
espèces qui ne possèdent aucun des caractères
particuliers à l'un ou l'autre des deux sous-genres
définis précédemment ; on y observe des différen¬
ciations morphologiques analogues à celles décrites
dans le sous-genre Seuratoxyuris mais aucune
d’entre elles ne peut être interprétée comme une
synapomorphie.
Paléogéographie des hôtes
Les Sciuroidea
Avec une cinquantaine de genres et près de
trois cents espèces ces rongeurs sont présents
sous des latitudes et dans des milieux extrême¬
ment variés, dans le monde entier excepté la
région australienne et Madagascar ; ils sont
parasités par des Syphaciinae dans toute leur aire
de répartition sauf dans la région néotropicale.
De nombreux arguments existent pour rappro¬
cher les Sciuroidea des Aplodontoidea (Parent,
1980; Vianey-Liaud, 1985; Walhert, 1985;
Lavocat & Parent, 1985; Luckett, 1985). Les
Aplodontoidea (qui ne sont plus représentés
aujourd'hui que par une espèce néarctique re-
licte) sont présents en Amérique du Nord depuis
l'Éocène et on les rattache au groupe fossile des
Ischyromyoidea. Pour ces raisons l'Amérique du
Nord est considérée comme le centre d'origine
probable des Sciuroidea (Black, 1972; Vianey-
Liaud, 1985).
Les premiers Sciuroidea fossiles, datés de la
base de l'Oligocène, sont connus, non seulement
en Amérique du Nord (Emry & Thorington,
1982) ce qui est compatible avec cette hypothèse,
mais également en Europe (Vianey-Liaud, 1974),
où l'on doit alors les considérer comme des
immigrants survenus après la grande coupure
Éocène-Oligocène (Hartenberger, 1973). Or à
cette époque il ne pouvait exister de relations
entre les deux régions que par le détroit de
Béring et par l’Asie : malgré l'absence de preuves
fossiles la présence des Sciuroidea en Asie dès la
base de l'Oligocène est donc probable (Black,
1972). Entre cette période et le début du Miocène
les seuls fossiles connus sont des formes ter¬
restres et proviennent de la région holarctique
alors que les formes actuelles sont dans leur très
grande majorité arboricoles et tropicales : il en
résulte que personne ne peut actuellement propo¬
ser à l'intérieur de ce groupe une classification
basée sur des hypothèses phylogénétiques.
Parmi les formes terrestres connues depuis
l'Oligocène deux groupes ont des descendants
actuels : — (i) les Marmotini qui sont restés
exclusivement américains jusqu’à la fin du Mio¬
cène ; (ii) les Xerini qui apparaissent à la fin
de l'Oligocène en Europe occidentale et méridio¬
nale, sont présents dans la région circum-médi-
terranéenne jusqu'au début du Pliocène (Black,
1972 ; Sen & Thomas. 1979) et sont aujourd’hui
relégués en Afrique dans les régions sub-déser-
tiques depuis le Maroc jusqu'en Afrique du Sud.
Les Sciuroidea actuels sont distribués dans
deux sous-familles : les Sciurinae et les Petauris-
tinae. Les Sciurinae rassemblent les formes ter¬
restres (Xerini et Marmotini) et des formes
arboricoles distinguées en plusieurs tribus ; ces
tribus sont limitées à une seule région biogéogra¬
phique à l'exception : — des Funambulini qui
sont présents dans la région éthiopienne et dans
la région orientale ; des Sciurini dont la
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
115
répartition est holarctique et néotropicale. Les
Pelauristinae regroupent les nombreuses formes
adaptées au vol plané et sont pour la plupart
rencontrés dans la région orientale. De nom¬
breux auteurs interprètent les Petauristinae comme
un groupe paraphylétique (Gorgas, 1967 ; Mein,
1970; Engesser, 1979).
Les Muroidea
Les Muroidea qui avec plus de deux cents
genres et près de seize cents espèces ont colonisé
tous les continents et tous les milieux, représen¬
tent parmi les Rongeurs actuels le groupe le plus
diversifié et le plus abondant. Ils ont également
connu dans le passé un succès évolutif considé¬
rable puisqu'on peut leur rapporter au moins
huit radiations que les auteurs distinguent comme
autant de familles (Chaline & Mein, 1979).
Quatre de ces familles sont représentées parmi les
hôtes spécifiques des Syphaciinae : les Cricetidae,
les Nesomyidae, les Arvicolidae et les Muridae.
Les Cricetidae
Ils sont considérés comme le groupe souche de
l’ensemble des Muroidea. Leurs origines sont
encore discutées et deux hypothèses principales
s’opposent actuellement ;
1°, pour certains (Lindsay. 1977 ; Flynn et
al., 1985), les premiers Cricetidae appartien¬
draient à un complexe de formes fossiles connues
depuis l’Éocène supérieur jusqu'à l’Oligocène
inférieur en Amérique du Nord ; dans cette
hypothèse les Cricetidae (donc les Muroidea)
auraient comme les Sciuroidea une origine nord-
américaine, et dériveraient du même groupe
souche : celui des Ischyromyoidea qui sont les
seuls rongeurs connus depuis le début de l'Éo-
cène, dans cette région.
2 U , pour d’autres (Hartenberger et al.,
1975; Hartenberger, 1980), les fossiles améri¬
cains n’ont atteint le grade cricétoïde que par
convergence et le premier Cricetidae fossile in¬
contestable est une forme datée de l'Éocène
supérieur de Chine ; dans cette deuxième hypo¬
thèse, l’origine des Muroidea doit donc être
recherchée dans la région asiatique et Vianey-
Liaud (1985), s'appuyant sur des arguments
anatomiques, suggère de rapprocher ces Crice-
lidae asiatiques anciens du groupe endémique
dans cette région durant tout l'Éocène, c’est-à-
dire des Ctenodactyloidea.
Dès l’Oligocène moyen les Cricetidae deviennent
holarctiques et deux rameaux peuvent y être
distingués : l'un dont les représentants actuels
sont les Hesperomyinae (Cricetidae du Nouveau
Monde) a évolué en Amérique du Nord de façon
endémique et conquis la région néotropicale au
Quaternaire ; — l'autre est à l'origine des radia¬
tions attribuées aux Muroidea dans l’Ancien
Monde et qui semblent toutes s’être faites à
partir d’un berceau asiatique.
Les Nesomyidae
Dans la faune actuelle ces formes sont repré¬
sentées par les Nesomyinae tous malgaches.
Lavocat (1973) interprète ces formes comme les
survivantes d’une radiation des Cricetidae en
Afrique, survenue après le rétablissement des
relations terrestres entre ce continent et l'Eura-
sie : donc postérieurement au Miocène inférieur.
Les Arvicolidae
Les campagnols et les lemmings qui consti¬
tuent cette famille sont des descendants tardifs
des Cricetidae et apparaissent postérieurement
au Miocène supérieur. Leur répartition actuelle
est holarctique mais Chaline & Mein (1979) leur
attribuent une origine paléarctique ; leur aptitude
à occuper des milieux ouverts et des climats
froids leur aurait permis d’immigrer vers l'Amé¬
rique du Nord à travers le Détroit de Béring au
cours du Plio-Pléistocène.
Les Muridae
Ils sont issus de Cricetidae primitifs au cours
du Miocène et leur berceau est probablement à
rechercher dans l’Asie du Sud-Est (Chaline &
Mein. 1979 ; Jaeger et al.. 1985). Ils ont conquis
la région paléarctique puis l’Afrique avant la fin
du Miocène. Au cours du Plio-Pléistocène, et
probablement en plusieurs vagues, ils ont atteint
la région australienne.
Source : MNHN, Paris
116
JEAN-PIERRE HUGOT
Discussion de la répartition et évolution
Le genre Sypharista
— 1°, le sous-genre Sypharista : la morpho¬
logie particulière de son unique espèce et sa
présence dans une île de la région paléarctique,
alors que toutes les autres espèces du genre sont
tropicales et proviennent de la région orientale,
suggèrent une séparation précoce dans l'histoire
du genre ; cette séparation pourrait être contem¬
poraine de l'isolement géologique du Japon daté
de la limite Oligocène-Miocène et résulter de
facteurs à la fois géologiques et climatologiques
puisque cette époque a également été marquée
par un refroidissement général du climat et une
aridification (Termier & Termier, 1979) qui ont
pu repousser vers le Sud la limite des forêts.
Dans cette hypothèse l'apparition de la lignée
Sypharista , antérieure à ces événements, pourrait
être contemporaine de la conquête de la région
holarctique par les Sciuroidea ; les hôtes primitifs
du genre seraient les Petaurista ou leurs ancêtres
directs.
— 2°, les sous-genres Petauxyuris et Quenti-
nema : si l'on admet les hypothèses précédentes
la diversification de ces deux groupes orientaux
pourrait être contemporaine de celle des écu¬
reuils dans la même région et aurait abouti au
cours du Miocène :
(i) à la dichotomie Quentinema/Petauxyuris
dont Quentin & Krishnasamy (1975) ont mon¬
tré qu'elle semblait correspondre à l'opposition
sous-canopée/canopée, donc à la spécialisation
pour des hôtes aux caractéristiques écologiques
différentes ; — (ii) au développement et la spécia¬
lisation de la lignée Petauxyuris chez les Petau¬
rista orientaux avec lesquels ils ont pu atteindre
l'archipel de la Sonde à la faveur de la régression
messinienne : — (iii) à la réussite limitée de la
petite lignée Quentinema probablement concur¬
rencée par la lignée Syphatineria/Syphabulea
dont les hôtes sont également les écureuils de la
sous-canopée dans cette région (voir plus loin).
Enfin on observe chez Petaurista elegans et
Petaurista petaurista (fig. 34) des triplets d'es¬
pèces parasites phénétiquement proches et répar¬
ties entre la Malaisie continentale (W) et Bornéo
(B). Ces espèces peuvent être interprétées comme
des formes vicariantes dont l'apparition pourrait
selon le modèle biogèographique déjà proposé
pour expliquer les particularités de la répartition
du genre Acanthoxyurus , avoir été contempo¬
raine des régressions et transgressions marines
successives accompagnant les glaciations quater¬
naires.
Le genre Syphatineria
L'étude morphologique nous a permis de
distinguer à l'intérieur de ce genre :
— 1°, un ensemble africain formé par : (i) le
s. g. Syphatineria spécifique des Xerini, (ii) le s. g.
Africanoxys spécifique des Protoxerini et des
Funambulini éthiopiens.
— 2°, un ensemble oriental formé par : (i) le
s. g. Quentenora spécifique des Funambulini
orientaux, (ii) le s. g. Orientoxys spécifique des
Callosciurini.
Les espèces des s. g. Quentenora et Syphatine¬
ria sont relativement primitives. Les espèces du
s.g. Orientoxys sont plus évoluées et ont atteint
des stades évolutifs comparables à ceux ren¬
contrés dans le s. g. Africanoxys.
La répartition zoogéographique de ces deux
ensembles morphologiques suggère l'évolution
symétrique d’un rameau africain et d’un rameau
oriental du genre Syphatineria à partir de formes
ancestrales qui auraient pu être présentes chez
des Xerini anciens ou leurs proches parents. En
effet les Xerini, qui ont occupé de la fin de
l’Oligocène jusqu'au Pliocène une position char¬
nière entre les régions correspondant aux deux
ensembles actuels, sont également parmi les
hôtes du genre ceux dont on connaît les restes les
plus anciens et ceux chez lesquels sont rencon¬
trées les espèces parasites les plus primitives.
Le genre Syphabulea
La plupart des espèces du genre sont parasites
de Petauristinae du genre Hylopetes dans la
région orientale. Deux espèces morphologique-
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
117
ment très proches (mase et thom) sont rencon¬
trées dans la région holarctique et chez d'autres
écureuils (fig. 38).
Les résultats de l'étude morphologique ont
montré que le genre Syphabulea peut être con¬
sidéré comme un petit ensemble monophylétique
dont certains des caractères apomorphes sont
également rencontrés dans le s. g. Orientoxys (g.
Syphatineria), avec lequel il est sympatrique dans
la région orientale. Les hôtes respectifs de ces
deux taxons ont en outre des caractéristiques
écologiques communes puisque les Callosciurini
(hôtes du s. g. Orientoxys ) et les Petauristinae
parasités par les Syphabulea sont des habitants
de la sous-canopée (Quentin & Krishnasamy,
1975). Ces particularités suggèrent l'existence de
liens de parenté entre les Syphatineria orientaux
et les Syphabulea. En effet si l’on admet notre
interprétation la dispersion des Syphatineria orien ¬
taux s'est probablement faite au cours du Mio¬
cène ; or nous avons également postulé qu'à cette
époque, le genre Sypharista déjà implanté chez
les Petauristinae était lui-même en expansion
dans cette région (voir plus haut). Il est plausible
d'imaginer entre les deux lignées parasitaires
(Sypharista et Syphatineria) une concurrence
dont le genre Sypharista aurait fait les frais
puisque nous avons signalé plus haut son peu de
réussite chez les écureuils de la sous-canopée.
Nous interprétons par conséquent les Sypha¬
bulea comme des formes hyperévoluées du ra¬
meau oriental des Syphatineria dont l'apparition
pourrait résulter de l'adaptation à des hôtes
nouveaux : les Petauristinae de la sous-canopée.
On observe parmi les espèces orientales du
genre Syphabulea des triplets d'espèces parasites
phénétiquement très proches (fig. 38), répartie
entre la Malaisie continentale (W), les Philip¬
pines (P) et Bornéo (B), qui peuvent être in¬
terprétés selon le modèle proposé pour expliquer
la répartition du genre Acanthoxyurus et celle du
genre Sypharista (voir plus haut).
La répartition zoogéographique des deux espèces
holarctiques (fig. 37) montre qu’elles sont dispo¬
sées selon une ligne qui relie la Chine à la
Floride, à travers le détroit de Béring. L’une
d'elles S. thompsoni (thom) est présente des deux
côtés du détroit, et chez des écureuils apparte¬
nant à plusieurs genres : Sciurotamias, Sciurus et
Tamias dans la zone palèarctique — Tamiasciu-
rus et Glaucomys dans la zone néarctique. Or
chez les Syphaciinae, le passage chez un hôte
nouveau s'accompagne presque toujours d’un
événement de spéciation du parasite : l'absence
de spécificité de S. thompsoni semble indiquer
que l'échappée des Syphabulea (orientaux à leurs
origines) vers la région holarctique est un phéno¬
mène récent.
Le genre Syphacia
— 1°, le sous-genre Cricetoxyuris n. sg. : trois
des espèces rassemblées dans ce taxon sont
parasites de Cricetidae de l'Ancien Monde et
deux de ces dernières (brac et rami) sont
spécifiques de Nesomyidae malgaches ; la qua¬
trième espèce (okue) a été collectée chez un
Muridae mais dans une situation biogéogra¬
phique particulière : son hôte spécifique Lamot-
temys okuensis Petter vit dans la forêt d'altitude
du Mont Oku au Cameroun, entre 2 700 m et
2 900 m. Ces quatre espèces ont également en
commun : - - (i) des apomorphies qui permettent
de les considérer comme apparentées, — (ii) et la
rétention de caractères morphologiques que nous
considérons comme archaïques chez les Syphacia.
En raison de ces particularités nous interpré¬
tons ces parasites comme les formes relictes
d'une radiation ancienne des Syphacia , contem¬
poraine de celle des Cricetidae dans la région
palèarctique, au cours de l’Oligocène, puis de
leur immigration en Afrique postérieurement au
Miocène inférieur.
— 2°, les sous-genres Syphacia et Seuratoxyuris
n. sg. : les répartitions de ces taxons ont des
caractéristiques semblables (fig. 39 et 40) et l'on
peut pour chacun d'entre eux distinguer trois
groupes d'espèces : — (i) des parasites générale¬
ment étroitement spécifiques de leurs hôtes respec¬
tifs, morphologiquement primitifs, tous rencontrés
dans les régions tropicales de l'Ancien Monde et
presque exclusivement chez des Murinae ; — (ii)
des parasites généralement peu spécifiques, mor¬
phologiquement évolués et presque tous ren¬
contrés chez des Hesperomyinae (Cricetidae du
Nouveau Monde) ; — (iii) des parasites qui pour
leur spécificité et leur morphologie sont inter¬
médiaires entre les deux groupes précédents et
parasitent soit des Murinae paléarctiques, soit
des Arvicolidae holarctiques.
Nous interprétons l’évolution de ces deux
sous-genres de la manière suivante : leur centre
de dispersion pourrait être celui de leurs hôtes
Source : MNHN, Paris
118
JEAN-PIERRE HUGOT
primitifs, les Murinae. l'Asie tropicale, d'où ils se
seraient répandus avec ces mêmes hôtes, d'une
part vers l'Afrique, d'autre part vers la région
australienne, puis avec les Murinae et les Arvico-
lidae dans la zone paléarctique. Le passage des
Arvicolidae en Amérique du Nord par le détroit
de Béring leur aurait permis plus tardivement
d'entrer dans le Nouveau Monde et de coloniser
les Hesperomyinae chez lesquels on ne connaît
pas d'autres oxyures et qui représentaient proba¬
blement une niche écologique vide pour ces
parasites.
Discussion de l’origine des Syphaciini
L'étude morphologique a permis de distinguer
à l'intérieur de ce groupe deux grands ensembles :
l'un parasite de Muroidea et l’autre de Sciuroi-
dea. que l'on peut probablement faire dériver des
mêmes formes ancestrales et qui ont atteint
parallèlement des stades évolutifs équivalents.
On peut se demander lequel de ces deux groupes
d'hôtes peut être considéré comme primitif. Or
les propositions que l'on peut faire pour tenter
de répondre à cette question et éclairer ainsi
l'origine des Syphaciini, mettent en évidence des
contradictions entre les résultats de l'étude mor¬
phologique des parasites et les données paléo¬
géographiques concernant leurs hôtes. En effet :
— (1) le parasite morphologiquement le plus
primitif est rencontré chez les Sciuroidea : il
s'agit du Sypharista particulièrement archaïque
décrit chez le Petciurista japonais ;
— (2) si l'on excepte cette espèce les formes
parasites les plus primitives rencontrées dans l'un
et l'autre groupe hôte se ressemblent au point
d'être parfois difficiles à distinguer.
En fonction de ces deux premiers points on
pourrait admettre que les Sciuroidea soient les
hôtes primitifs des Syphaciini qui auraient plus
tardivement contaminé les Muroidea ; le centre
de dispersion probable des différentes radiations
que nous avons distinguées chez les Syphaciini se
situant dans l'Ancien Monde et plus particulière¬
ment en Asie, les écureuils, qui sont d'origine
américaine auraient donc apporté avec eux des
Syphaciini primitifs en immigrant dans l'Ancien
Monde; or :
— (3) c'est dans l'Ancien Monde que se sont
développés les deux autres taxons ayant comme
l'ensemble des Syphaciini acquis au niveau de la
bourse caudale des mâles deux caractères apo-
morphes importants (87 et 89) : il s'agit du genre
Hilgertia parasite de Ctenodactylidae et de la
tribu des Acanthoxyurini parasite de rongeurs
africains et en particulier d’Anomaluridae.
Dans une interprétation cladiste on peut dé¬
finir les caractères 87 et 89 comme des synapo-
morphies et l’ensemble des taxons qui ont acquis
ces caractères comme un groupe monophylé-
tique. Cette interprétation qui est exposée en
détail dans le 4 e chapitre, conduit à rattacher
l'ensemble des Syphaciini à un rameau particu¬
lier des Syphaciinae ayant évolué dans l'Ancien
Monde : on doit alors admettre que les Sciuroi¬
dea ont été contaminés par les Syphaciini après
leur arrivée ce qui exclut qu'ils puissent être leurs
hôtes primitifs.
Il est alors possible de proposer les Muroidea
comme hôtes primitifs en accord avec les hypo¬
thèses qui postulent pour ces derniers une origine
asiatique à une époque antérieure à celle de
l’arrivée des Sciuroidea dans la même région,
mais cette interprétation est en contradiction
avec les points (1) et (2) exposés ci-dessus.
Conclusions sur les Syphaciini
Les genres Sypharista, Syphatineria, Syphabu-
!ea et Syphacia qui possèdent en commun de
nombreuses apomorphies forment un groupe
particulièrement homogène et nous proposons de
rassembler l’ensemble de ces formes dans la tribu
des Syphaciini Railliet, 1916.
Source : MNHN, Paris
ANALYSE CLADISTIQUE.
ÉVOLUTION COMPARÉE DES SYPHACIINAE
ET DE LEURS HÔTES
HYPOTHÈSES PHYLOGÉNÉTIQUES
Les résultats de l’étude morphologique per¬
mettent de regrouper les espèces étudiées en
quinze genres eux-mêmes rassemblés dans cinq
tribus et suggèrent que les subdivisions systéma¬
tiques ainsi définies puissent correspondre à
autant de petites lignées évolutives ayant déve¬
loppé des dispositions anatomiques homologues
à partir des mêmes structures primitives. Ces
résultats sont confirmés par l’étude détaillée des
facteurs zoogéographiques qui montrent : — qu’à
chacune de ces petites lignées correspond un
groupe d'hôtes particulier ; — que la répartition
actuelle de ces parasites chez leurs hôtes spéci¬
fiques peut dans la plupart des cas être inter¬
prétée comme le résultat d’une longue co-évolu-
tion.
En fonction de ce qui précède nous faisons les
hypothèses suivantes : — 1°, les Syphaciinae pris
dans leur ensemble pourraient être interprétés
comme un groupe monophylétique ; — 2°, cha¬
cune des subdivisions de la sous-famille pourrait
également être interprétée comme un groupe
monophylétique : — 3°, l’apparition et la diffé¬
renciation des Syphaciinae pourraient avoir été
contemporaines de la radiation initiale et de la
dispersion des principaux groupes de Rongeurs
et peut être de l’ensemble des Glires.
Dans la suite du présent chapitre nous cher¬
cherons à vérifier ces hypothèses : — 1°, en
analysant cladistiquement les relations phylé-
tiques possibles entre les genres et les tribus ;
2°, en comparant les résultats ainsi obtenus avec
les hypothèses actuelles concernant l’évolution
des Rongeurs et des Lagomorphes.
ANALYSE CLADISTIQUE
Construction des cladogrammes
Représentation des caractères
Les caractères choisis pour base de l’analyse
cladistique sont : le gubemaculum et son cro¬
chet accessoire, l’area rugosa et la disposition
des papilles cloacales. Les raisons qui nous ont
fait choisir ces caractères ont été exposées au
1 er chapitre.
Les caractères représentés sur les cladogrammes
de la figure 42 correspondent aux variables
définies au 2 e chapitre, ordonnées selon les
morphoclines des figures 11, 13 et 16 avec deux
exceptions : — pour la disposition des papilles
génitales nous nous sommes servi directement
des états de caractères représentés sur la fi¬
gure 11, les caractères 11 A à 11 H correspon¬
dent par conséquent aux dessins de cette figure ;
— le caractère (112 —) correspond à la perte du
Source : MNHN, Paris
120
JEAN-PIERRE HUGOT
(X) gub»rnaculum * crochst acc»l>oir»
0 or»
Fig. 42. — Cladogrammes A. B, C et D (= B + C).
Les états synapomorphcs et autapomorphcs sont figurés en noir. Les genres sont représentés par un sigle et les tribus
par une accolade (voir explications dans le texte).
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE.
caractère (112) considérée comme un apomor-
phie. Les caractères représentés sur le clado-
gramme de la figure 43 sont : — ceux utilisés
pour construire les cladogrammes de la figure
précédente : des autapomorphies qui permet¬
tent d'interpréter certains des genres comme des
groupes monophylétiques ; — d'autres caractères
apomorphes présents chez la plupart des taxons
étudiés mais dont, dans notre interprétation,
nous devons admettre qu’ils ont été acquis par
convergence. Les états synapomorphes et auta-
pomorphes sont figurés en noir. Les caractères
acquis par convergence sont figurés en grisé.
Description des
Cladogrammes A, B et C
(fig. 42)
Chacun de ces cladogrammes n'utilise qu’une
seule catégorie de caractères. On peut faire les
remarques suivantes : — les Protozoophagini [1]
sont retrouvés comme un groupe monophylé-
tique en B et C; - les Hilgertiini [2] et les
Passalurini [3] sont toujours étroitement associés
et les Hilgertiini apparaissent dans tous les cas
comme un groupe paraphylétique ; — les Sypha-
ciini [4] apparaissent toujours comme un groupe
monophylètique et les caractères utilisés ne per¬
mettent pas de distinguer entre eux les genres qui
le composent ; — les Acanthoxyurini apparais¬
sent comme un groupe paraphylétique en A et B
et dans ces deux cas les trois genres parasites
d'Anomaluridae (Zk, Id et Ac) sont étroitement
associés et opposés au genre unique parasite de
Thryonomyidae (Pt).
Cladogramme D
(fig. 42)
Dans un deuxième temps nous avons expéri¬
menté les différentes combinaisons possibles entre
les cladogrammes A. B et C : parmi celles-ci nous
avons choisi l'association B + C qui permettait
le mieux de retrouver chacune des cinq tribus
comme un groupe monophylètique ainsi qu'un
arrangement des genres à l'intérieur des tribus
ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION 121
Représentation des taxons
Les genres sont représentés par un sigle et les
tribus par un nombre de 1 à 5 et une accolade
comme suit :
1 = Protozoophagini : Pz = Protozoophaga. Wm
= Wellcomia , H h = Helminthoxys
2 = Passalurini : Ps = Passalurus
3 = Hilgertiini : Hg = Hilgertia , Rc = Rauschli-
neria. Ht = Heteromyoxyuris
4 = Syphaciini, Sst = Svpharista, Stn = Sypha-
lineria, Spc = Syphacia , Spb = Syphabulea
5 = Acanthoxyurini, Pt = Petronema, Zk
= Zenkoxyuris, Id = Idiuoxyuris , Ac =
Acanthoxyurus.
CLADOGRAMMES
également conforme aux résultats obtenus pré¬
cédemment : le résultat est figuré sur le clado¬
gramme D, qui combine les cladogrammes B et
C. Plusieurs variantes de ce cladogramme étaient
possibles :
chez les Protozoophagini [1] le genre Wellco-
mia pouvait être associé, soit avec le genre
Helminthoxys pour le caractère 11 C. soit avec
le genre Protozoophaga pour le caractère 114.
Nous avons choisi la deuxième variante puisque
ces deux genres possèdent également des struc¬
tures céphaliques voisines et deux synapomor-
phies importantes au niveau des caractères
sexuels femelles : 78F et 83F.
les Acanthoxyurini [5] pouvaient, soit être
associés aux Syphaciini [4], soit être repré¬
sentés dans la position figurée sur le clado¬
gramme D. que nous avons choisie parce que
conforme aux résultats du chapitre précédent.
Cladogramme E
(fig. 43)
Ce cladogramme est obtenu en combinant le
cladogramme D avec le cladogramme A : il est
donc construit à partir des trois séries de carac¬
tères utilisées précédemment. Plusieurs variantes
étaient également possibles parmi lesquelles nous
avons choisi la solution la plus parcimonieuse
permettant de vérifier les résultats du chapitre
Source : MNHN, Paris
122
JEAN-PIERRE HUGOT
Fig. 43. — Cladogramme E (= D + A).
Les caractères figurés sont : ceux utilisés pour construire les cladogrammes de la figure précédente. - des caractères
autapomorphes permettant d'interpréter certains genres comme des groupes monophylétiqucs. des caractères apomorphes
dont dans notre interprétation nous devons admettre qu’ils ont été acquis par convergence. Les caractères synapomorphes et
autapomorphes sont figurés en noir, les caractères acquis par convergence, sont figurés en grisé.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
123
précédent et les hypothèses faites au début du
présent chapitre, c'est-à-dire que :
1°. la sous-famille des Syphaciinae apparaît
comme un groupe monophylétique défini par
trois synapomorphies.
2°, à l'exception des Hilgertiini chaque tribu
apparaît également comme un groupe mono¬
phylétique.
— 3°, à l'exception des genres Syphatineria et
Syphacia chaque genre apparaît comme un
groupe monophylétique défini par une ou
plusieurs autapomorphies.
4°. à l’intérieur des tribus l'arrangement des
genres est également conforme aux résultats
obtenus précédemment, par exemple : — chez
les Protozoophagini [1] les genres Wellcomia et
Protozoophaga sont associés et opposés au
genre Helminthoxys ; — chez les Acanthoxyu-
rini [5] les trois genres parasites d'Anomalu-
ridae. Zenkoxyuris, Idiuoxyuris et Acanthoxyu-
rus sont rassemblés et s'opposent au parasite
de Thryonomyidae : Petronema.
Sur ce cladogramme les groupes se répartissent
de la manière suivante :
la première dichotomie oppose les Protozoo¬
phagini [I] c’est-à-dire les Syphaciinae para¬
sites de Rongeurs Hystricognathes (moins les
Thryonomyidae), à l'ensemble des autres taxons,
c'est-à-dire aux Syphaciinae parasites de Lago-
morphes et de Rongeurs Sciurognathes (plus
les Thryonomyidae).
— la seconde dichotomie oppose : (i) les
Passalurini [2] et une partie des Hilgertiini [3],
c'est-à-dire les Syphaciinae parasites de Lepo-
ridae et des Syphaciinae du Nouveau Monde
parasites de Rongeurs Sciurognathes (Hetero-
myidae, Marmotini), avec — (ii) le genre
Hilgertia, les Syphaciini [4] et les Acanthoxyu-
rini [5] c’est-à-dire des Syphaciinae de l'Ancien
Monde parasites de Rongeurs Sciurognathes
(Ctenodactylidae, Sciurini, Cricetidae, Muri-
dae, Anomaluridae) et de Thryonomyidae.
Ce cladogramme permet donc de reconnaître
parmi les Syphaciinae trois ensembles : 1°, des
parasites de Rongeurs Hystricognathes, — 2°, les
Syphaciinae du Nouveau Monde, — 3°. les
Syphaciinae de l'Ancien Monde, correspondant
chacun à des localisations géographiques et (ou)
à des groupes d'hôtes particuliers. Dans la suite,
les résultats de cette analyse seront comparés
avec les hypothèses actuelles concernant l'évolu¬
tion initiale des Rongeurs et des Lagomorphes.
qui sont elles-mêmes résumées schématiquement
sur les figures 44 et 45.
HYPOTHÈSES CONCERNANT L'ÉVOLUTION DES RONGEURS
ET DES LAGOMORPHES
Le concept de Glires
Les Rongeurs (= Simplicidentés) et les Lago¬
morphes (= Duplicidentés) ont successivement
été réunis dans la même unité taxonomique, la
cohorte ou super-ordre des Glires, puis distin¬
gués en deux ordres indépendants (Grasse &
Dekeyser, 1955; Viret, 1955; Hartenberger,
1985). Des découvertes paléontologiques et des
travaux récents tendent à réhabiliter le taxon
Glires et à lui donner une valeur phylogénétique.
En particulier, la découverte dans le Paléocène
supérieur de Chine d'une forme chez laquelle
coexistent des caractères apomorphes rencontrés
indépendamment dans les deux groupes : Heo-
mys orientalis Li, 1977. Heomys est interprété
comme une forme de transition entre, d'une part
les Lagomorphes et certains Mammifères fossiles
qui leurs sont apparentés, d’autre part les Cteno-
dactyloidea les plus primitifs, également originaires
d’Asie, et que de nombreux rodentologues consi¬
dèrent actuellement comme le possible groupe-
frère de l'ensemble des Rongeurs (Hartenber¬
ger, 1980; Luckett & Hartenberger, 1985).
Aux arguments morphologiques évoqués ci-
dessus on a pu proposer d'ajouter un argument
Source : MNHN, Paris
124
JEAN-PIERRE HUGOT
comportemental (Grasse & Dekeyser, 1955) : les pratique de la cæcotrophie. Cet argument sera
Rongeurs et les Lagomorphes ont en commun la discuté dans la conclusion.
Bases morphologiques de la classification infra-ordinale des Rongeurs
Depuis Brandt (1855) les principales sub¬
divisions infra-ordinales proposées pour les Ron¬
geurs sont basées sur des particularités de
l'insertion des muscles masticateurs et plus parti¬
culiérement du masseter. En fonction de ces
particularités on peut distinguer plusieurs types
différemment combinés par les auteurs pour
construire les classifications et auxquels on a
voulu dans certains cas attribuer une valeur
phylogénétique :
- 1°, concernant l’insertion du muscle masseter
sur le maxillaire on a distingué un type primitif
protogomorphe et plusieurs types dérivés :
sciuromorphe, hystricomorphe et myomorphe.
— 2°. concernant l'insertion de ce muscle sur la
mandibule on a distingué un type primitif
sciurognathe et un type dérivé hystricognathe
(voir Grasse & Dekeyser, 1955; Wood, 1974).
Il a été montré que les stades hystricomorphe
et myomorphe avaient été atteints plusieurs fois
de manière convergente (Wood, 1958; Vianey-
Liaud, 1985) : selon une perspective cladiste
seuls les types sciuromorphe et hystricognathe
sont donc encore susceptibles de servir à définir
des ensembles monophylétiques. En ce qui con¬
cerne le stade sciuromorphe la plupart des
auteurs semblent actuellement admettre qu’il a
pu n'être atteint qu’une seule fois (Hartenber-
ger, 1985; Vianey-Liaud, 1985). En ce qui
concerne le stade hystricognathe il n’en va pas de
même. Les discussions à ce sujet divisent pro¬
fondément les rodentologues et l'on peut les
résumer par deux questions : — le stade hystrico¬
gnathe a-t-il été atteint une ou plusieurs fois au
cours de l’évolution ? - quelle que soit la
réponse donnée à cette question : les Hystrico-
gnathes actuels peuvent-ils, ou doivent-ils être
considérés comme un groupe monophylétique ?
Selon les réponses proposées on peut envisager
de manière très différente non seulement l'his¬
toire des Hystricognathes actuels, mais égale¬
ment l'origine de l'ensemble de l'ordre.
Origine et dispersion des Rongeurs
« Virtually every aspect of comparative bio-
logy.... from paleontological to molecular, corro¬
borâtes monophyly of the order Rodentia in
relation to other Eutheria. » (Luckett & Har-
tenberger, 1985). Si les Rongeurs peuvent être
considérés comme un groupe monophylétique la
question se pose d'essayer de déterminer parmi
les rongeurs fossiles actuellement connus lesquels
peuvent être proposés comme groupe souche.
Deux théories s'opposent à ce sujet : la plus
ancienne propose comme groupe souche les
Ischyromyoidea, la plus récente les Ctenodacty-
loidea.
Les Ischyromyoidea
Pendant longtemps ces rongeurs datés de
l'Éocéne inférieur d'Amérique du Nord ont été
les plus anciens fossiles connus et la plupart des
auteurs ont admis à la suite de Wood (1958)
qu'ils pouvaient être considérés comme la souche
ancestrale de l'ensemble du groupe.
Selon cette hypothèse ancienne l’essentiel de
l'histoire initiale des Rongeurs se serait déroulée
durant l'Éocéne entre l'Amérique du Nord et
l'Europe, reliées au début de cette période par un
passage nord-atlantique (un bras de mer séparait
alors l'Europe et l’Asie). Quant aux Hystrico¬
gnathes, Wood admet que les formes actuelles
aient pu avoir des ancêtres communs pour
lesquels il propose un groupe particulier d'ischy-
romyoidea nord-américains : les Franimorpha
(voir Patterson & Wood, 1982).
Les Ctenodactyloidea
Dans l’hypothèse ancienne ces rongeurs étaient
considérés comme dérivant des Ischyromyoidea
par l'intermédiaire d'un autre groupe fossile
asiatique : les Chapattimyidae. Or : — |°, C es
Source : MNHNParis
LES SYPHACI1NAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
125
derniers sont maintenant interprétés comme des
Ctenodactyloidea sensu stricto (Wood, 1977) ; —
2°. de nombreuses et récentes découvertes fossiles
montrent que, (i) les Ctenodactyloidea, qui
sont présents en Asie depuis l’Éocène inférieur,
sont donc au moins aussi anciens que les Ischy-
romyoidea (Dawson & Krishtalka, 1984), —
(ii) il paraît difficile de faire dériver ces Cteno¬
dactyloidea primitifs d'un autre groupe contem¬
porain, sinon des formes apparentées à Heomys
(Hartenberger, 1980).
Les Ctenodactyloidea primitifs pourraient par
conséquent représenter le groupe souche de tous
les Rongeurs, au sein desquel se seraient précoce¬
ment différenciés : un groupe nord-américain,
correspondant aux Ischyromyoidea et un groupe
asiatique correspondant aux Ctenodactyloidea
(Luckett & Hartenberger, 1985).
Les Hystricognathcs
On peut distinguer deux grands groupes parmi
les Hystricognathes actuels :
1°, des rongeurs de l’Ancien Monde : les
Phiomorpha eurasiatiques, avec — (i) les
Hystricidae, porcs-épics eurasiatiques et éthio¬
piens, — (ii) les Bathyergidae, rongeurs afri¬
cains, (iii) les Thryonomyidae, également
africains.
— 2°, des rongeurs du Nouveau Monde, les
Caviomorpha qui sont des immigrants arrivés
au début du Tertiaire en Amérique du Sud où
ils ont connu une radiation importante. Parmi
les Caviomorpha actuels on distingue : — (i)
les Erethizontidae, porcs-épics américains, —
(ii) les autres Caviomorpha distribués dans trois
super-familles (Cavioidea — Octodontoidea —
Chinchilloidea).
Depuis de nombreuses années deux hypothèses
s'opposaient concernant l’origine des Hystrico¬
gnathes : — 1°, selon Wood, Phiomorpha et Ca¬
viomorpha doivent être considérés comme des
branches distinctes, lointainement apparentées,
ayant acquis par convergence des caractères
apomorphes semblables (Patterson & Wood,
1985; Wood, 1985); — 2°, selon Lavocat
(1973; 1971) les Phiomorpha doivent être con¬
sidérés comme le groupe souche de tous les
Hystricognathes actuels.
La seconde hypothèse implique une stricte
monophylie pour l'ensemble du groupe et semble
mieux rendre compte des nombreuses et impor¬
tantes ressemblances observées entre Phiomor¬
pha et Caviomorpha. On peut toutefois lui
reprocher : — de ne pas proposer d'explication
concernant l'origine des Phiomorpha, c’est-à-dire
concernant les relations de l’ensemble des Hystri¬
cognathes avec les autres rongeurs ; — toute
l'histoire connue des Phiomorpha s’étant dé¬
roulée en Afrique, de faire intervenir un trans¬
port transatlantique par radeau pour expliquer
l’arrivée des Caviomorpha en Amérique.
Or des résultats récents, nombreux et pluridis¬
ciplinaires viennent renforcer l'hypothèse de la
monophylie (Luckett & Hartenberger, 1985)
affaiblissant par conséquent l’hypothèse de Wood,
et de nouvelles découvertes fossiles permettent
peut-être d’apporter un début d'explication à
l’origine des Hystricognathes. Hussain et al.
(1978) proposent de faire dériver les Phiomorpha
et les Caviomorpha de certains Ctenodactyloidea
éocènes primitifs d’Asie : les Chappatimyidae.
Jaeger et al. (1985) interprètent les caractères
dentaires des Phiomorpha primitifs récemment
découverts dans l’Éocène supérieur d'Afrique du
Nord, comme intermédiaires entre ces mêmes
Chappatimyidae et des Phiomorpha africains
plus tardifs. Pour ces auteurs les Ctenodactyloi¬
dea se seraient scindés dès l’Éocène inférieur en
deux groupes vicariants isolés de part et d’autre
de la Thétys : — (i) un groupe nord-thétysien et
laurasiatique : les Ctenodactyloidea sensu stricto.
— (ii) un groupe sud-thétysien isolé dans ce qui
est maintenant l’Inde péninsulaire : les Chappati¬
myidae considéré comme le groupe frère de
l’ensemble des Phiomorpha.
D'autres travaux récents montrent en effet que
des échanges de faune ont eu lieu entre le
Laurasie et le Deccan dont la position était alors
plus australe, dès la limite Crétacè-Paléocène
(Sahni et al.. 1982) et se sont poursuivis de
façon intermittente durant l'Éocène (Sahni et al..
1981) : la Thétys aurait donc joué le rôle d'un
filtre entre la Laurasie et une hypothétique
province sud-thétysienne. dont l’existence n’est
pour le moment qu'une hypothèse de travail des
paléontologues, et qui aurait vu se développer
durant cette période une faune endémique (Har¬
tenberger, 1982; de Bonis et al., 1985).
Il reste évidemment à expliquer comment les
Caviomorpha ont pu en une ou plusieurs vagues
et avant le début de l’Oligocène, peupler l’Amé¬
rique du Sud alors isolée : aucune des hypothèses
Source : MNHN, Paris
126
JEAN-PIERRE HUGOT
proposées actuellement ne repose sur des argu- Sud rompu pendant une brève période .... au cours
ments décisifs et il paraît prudent de se limiter à de laquelle ... un filtre sélectif et provisoire a
constater que « ... la fin de l'Eocène ou le début de permis des immigrations sur ce territoire ...»
l'Oligocène ont vu l’isolement de l'Amérique du (Hartenberger, 1982).
Récapitulation des principales hypothèses
En fonction de ce qui précède et en tenant
compte également des données exposées au cha¬
pitre précédent on peut résumer les principales
hypothèses paléogéographiques concernant les
hôtes des Syphaciinae de la manière suivante
(fig. 44 et 45) :
— (1) les Rongeurs et les Lagomorphes pour¬
raient être considérés comme des groupes
frères dont les ancêtres communsdevraient être
recherchés au sein de la faune Paléocène
d'Asie.
— (2) les Rongeurs actuels semblent pouvoir
être considérés comme un groupe monophylé-
tique.
— (3) les Ctenodactyloidea les plus anciens,
connus en Asie dès l’Éocène inférieur, pour¬
raient constituer le groupe souche de tous les
Rongeurs.
(4) dès l'Éocéne inférieur, plusieurs grands
groupes peuvent être reconnus parmi les Ron¬
geurs :
(i) en Amérique du Nord, en Europe et en
Afrique, les Ischyromyoidea dont les Geomyoi-
dea (donc les Heteromyidae), les Aplodontoidea
(donc les Sciuroidea), et peut-être les Muroidea
actuels (alternative au point iii) pourraient déri¬
ver : — (ii) les Anomaluroidea en Afrique ; ces
derniers sont probablement liés aux Therido-
myidae européens dont les origines restent impré¬
cises, mais pour lesquels on a proposé alternative¬
ment : soit une parenté avec les Ischyromyoidea
européens, soit une parenté avec les Ctenodacty¬
loidea asiatiques : (iii) les Ctenodactyloidea au
nord de la Téthys, en Laurasie, dont dérivent les
Ctenodactylidae actuels et peut-être (alternative
au point i). les Muroidea actuels; — (iv) les
Chapattimyidae dans le Deccan au sud de la
Téthys, dont pourraient dériver les Phiomorpha
africains, puis les Caviomorpha sud-américains ;
dans ce dernier groupe on distingue dès l'origine
deux ensembles : les Erethizontidae (porcs-épics
du Nouveau Monde) et les autres Caviomorpha.
ÉVOLUTION COMPARÉE DES HÔTES ET DES PARASITES
Construction des dendrogrammes
L’ensemble des données résumées au para¬
graphe précédent permet de construire le den¬
drogramme n° I de la figure 44, puis le dendro-
gramme n° 2 de la figure 45 : ce dendrogramme
dérive du précédent mais : — les groupes fossiles
ont été supprimés, — les groupes actuels chez
lesquels on connaît des Syphaciinae ont été
représentés chacun par une icône et à la place du
groupe ancien avec lequel on peut supposer que
chacun d’entre eux est le plus étroitement appa¬
renté.
Sur ce dendrogramme les Anomaluroidea et
les Muroidea ont été inclus dans le groupe nord-
téthysien, anticipant ainsi sur les résultats de
la parasitologie (voir le dendrogramme n° 3) :
en effet les parasites rencontrés chez ces hôtes
sont, dans notre interprétation cladistique, plus
proches des parasites des Ctenodactylidae que de
ceux rencontrés chez les descendants des Ischyro¬
myoidea.
Le dendrogramme n° 3 de la figure 46 est
obtenu en remplaçant sur le cladogramme de la
figure 43, les noms des principaux groupes
parasites par ceux des groupes hôtes correspon-
Source : MNHN, Paris
LES SYPHAC1INAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
127
Fig. 44 Dendrogramme n° I : résumé des principales hypothèses concernant la radiation initiale des Rongeurs et des
Lagomorphes (groupes fossiles).
dants, représentés chacun par une icône. Ce
dendrogramme a été construit de manière à
mettre en évidence les correspondances et les
discordances que l’on peut observer avec le
dendrogramme de la figure précédente. Les grou¬
pes hôtes qui se trouvent dans une position
différente de celle figurée sur le dendrogramme
précédent sont signalés par une étoile.
Discussion
Concordances entre les dendrogrammes
n° 2 et n° 3
Sur chacun d'entre eux on peut distinguer,
un ensemble sud-téthysien regroupant les
groupes apparentés aux Chapattimyidae, — un
ensemble nord-téthysien ou laurasien. dans le¬
quel les résultats de la parasitologie conduisent
à inclure les Muroidea et les Anomaluroidea,
un ensemble nord-américain regroupant les
groupes apparentés aux Ischyromyoidea.
Discordances entre les dendrogrammes
n° 2 et n° 3
De l’un à l’autre les principales dichotomies
se présentent dans l'ordre inverse ; pour la
parasitologie tout se passe en effet comme si les
parasites d’Hystricognathes (ensemble sud-tèthy-
sien) s’étaient isolés les premiers des autres
Syphaciinae au sein desquels se seraient ultérieu¬
rement distingués : un ensemble nord-téthysien
ou laurasiatique. puis un ensemble nord-améri¬
cain lui-même très proche des parasites de
Lagomorphes.
Sur le dendrogramme n° 3 : — (i) à l’intérieur
de l’ensemble sud-téthysien, les Erethizontidae
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
129
(Caviomorpha) sont étroitement associés avec les
Hystricidae (Phiomorpha) et, avec les Dino-
myidae et les Hydrochaeridae (Caviomorpha),
par conséquent, ni la dichotomie «Erethizonti-
dae / autres Caviomorpha », ni la dichotomie
« Phiomorpha / Caviomorpha » n'apparaissent
clairement ; (ii) à l'intérieur de l’ensemble
nord-téthysien, des Sciuridae sont associés avec
les Muroidea, des Thryonomyidae (Phiomorpha)
sont associés avec des Anomaluridae.
Les discordances dans le détail de la réparti¬
tion des groupes ont été expliquées cas par cas
dans le 3 e chapitre : on peut le? interpréter
comme les résultats de captures survenues aux
différentes époques entre des animaux voisins à
la fois géographiquement et écologiquement et
qui ont donc pu échanger leurs parasites. Quant
aux discordances importantes qui existent dans
l'ordre d'apparition des principales dichotomies,
elles nous paraissent devoir être attribuées aux
limites de l'étude morphologique et aux insuffi¬
sances des interprétations qui en découlent.
CHRONOLOGIE
En relation avec l’ensemble des données con¬
cernant la paléogéographie des hôtes des Sypha-
ciinae on peut essayer de reconstituer les princi¬
pales étapes de leur évolution au cours des temps
géologiques de la manière exposée ci-dessous et
représentée sur la figure 47.
Les relations qui sont figurées entre les taxons
génériques et sub-génériques, et leur distribution
à l'intérieur des tribus sont le résultat de l'ana¬
lyse qui est exposée en détail dans le 3 e chapitre.
Le regroupement des tribus au sein de trois
ensembles (nord-américain, nord-téthysien et sud-
téthysien) est permis par les résultats de l'analyse
cladistique exposée au début de ce chapitre. Au
delà, c'est-à-dire dans les cas où les résultats de
l’élude morphologique ne nous fournissent plus
d’hypothèses suffisantes pour justifier une solu¬
tion plutôt qu'une autre, nous avons admis que
des relations étroites entre les Syphaciinae et
leurs hôtes spécifiques avaient pu exister dès le
début de leur histoire commune : cette hypothèse
est appuyée à la fois par l’étude détaillée de
chacun des groupes et par la prise en compte des
facteurs biologiques qui unissent ces parasites à
leurs hôtes spécifiques.
Paléocène
Les Syphaciinae s’installent chez les Glires en senté actuellement par les Passalurini. l'autre
Asie ; deux rameaux principaux vont s'en isoler : chez les Rongeurs connaîtra avec ces hôtes une
l'un chez les Lagomorphes est encore repré- diversification beaucoup plus importante.
ÉOCÈNE
Éocène inférieur
Les Syphaciinae parasites de Rongeurs se
dispersent ; trois grands ensembles peuvent y être
distingués : — (i) un ensemble sud-téthysien dont
les représentants actuels sont les Protozoopha-
gini parasites d'Hystricognathes, — (ii) un en¬
semble nord-téthysien ou laurasien dont quelques
formes relictes appartenant aux Hilgertiini (g.
Hilgertia) persistent chez les Ctenodactylidae
africains, et à partir duquel se différencieront les
Syphaciini qui connaîtront une radiation impor¬
tante avec les Muroidea et les Sciuroidea holarc-
tiques et les Acanthoxyurini dont les formes
actuelles parasitent tous les Anomaluroidea (et
un Thryonomyidae) africains, — (iii) un en¬
semble nord-américain appartenant aux Hilger¬
tiini et dont les formes actuelles, rencontrées chez
des Geomyoidea (Heteromyidae) et des Sciuroi¬
dea (Marmotini) néarctiques, peuvent être con¬
sidérées comme relictes.
Source : MNHN, Paris
130
JEAN-PIERRE HUGOT
Éocènc supérieur
Les Protozoophagini se sont diversifiés avec
les Phiomorpha et ont atteint l’Afrique ; les
Syphaciini ont commencé leur différenciation
chez les Muroidea en Asie; les Acanthoxyurini
sont entrés en Afrique avec les Anomaluroidea ;
une capture par un Phiomorpha ancien aboutira
à la petite lignée encore représentée par le genre
Petronema.
Oligocène
C'est durant cette période que font leur appa¬
rition les principaux taxons génériques que l’on
peut distinguer à l’intérieur, — des Protozoopha¬
gini, — des Syphaciini, — des Acanthoxyurini.
Les Protozoophagini
Avec les Caviomorpha ils sont présents en
Amérique du Sud. Les deux groupes encore
représentés dans la faune actuelle : les genres
WellcomialProiozoophaga d’une part, le genre
Helminthoxys d’autre part, correspondent à la
dichotomie Erethizontidae / autres Caviomorpha
probablement réalisée avant l’arrivée puisque les
Hystricidae (porcs-épics de l’Ancien Monde) ont
conservé des parasites très proches de ceux
présents chez les Erethizontidae actuels (porcs-
épics du Nouveau Monde). La présence chez
Dinomys d'un parasite du genre WeUcomia dont
l’espèce la plus proche parasite Coendou peut être
interprétée : soit comme une preuve de
parenté entre les deux familles hôtes (Erethizon¬
tidae et Dinomyidae), - soit plus simplement
comme le résultat d’une capture.
La répartition actuelle des parasites de Cavio¬
morpha apporte par conséquent des arguments à
la fois à l'hypothèse d’une immigration de ces
derniers en plusieurs vagues et à celle de la
monophylie des Hystricognathes.
Les Syphaciini
Deux ensembles vont évoluer parallèlement ;
1°, l'un avec les Cricetidae ne persiste plus
dans la faune actuelle que par les quatre
espèces du s. g. Cricetoxyuris (g. Syphacià) que
l’on peut considérer comme des relictes ; deux
de ces espèces parasitent des Nesomyidae
malgaches, une autre un Muridae éthiopien
dans un biotope refuge d’altitude, la quatrième
est spécifique du genre Mesocricelus.
— 2°, l’autre avec les Sciuridae qui apparaissent
en Asie à cette époque se subdivise à son tour
en deux groupes ; — (i) le premier évolue chez
des Sciuridae à tendance arboricole et persiste
actuellement chez les Petauristinae de la ca¬
nopée (g. Sypharisla ), — (ii) l’autre qui évo¬
lue chez des Sciuridae plus terrestres est
actuellement représenté par un grand nombre
d'espèces parmi lesquelles les plus primitives
sont spécifiques de Xerini africains (g. Syphati-
neria).
Les Acanthoxyurini
Les trois lignées actuellement parasites d’Ano-
maluridae. correspondant aux genres : Acan-
'.hoxyurus, Idiuoxyuris et Zenkoxyuris sont pro¬
bablement déjà différenciées à la fin de cette
période puisque leurs hôtes respectifs apparais¬
sent sous des formes très voisines de leurs formes
modernes, dès le début de la période suivante.
Miocène
La restauration des relations entre l’Afrique et
l’Eurasie va permettre aux Syphaciini de con¬
naître deux radiations importantes.
Le genre Syphacia
Avec les Muridae, donc probablement à partir
de l'Asie tropicale, deux lignées (s. g. Syphacia et
s. g. Seuratoxyuris) vont évoluer parallèlement et
envahir les régions paléarctique et éthiopienne.
Le sous-genre Syphacia atteindra l’Australie.
Les genres Syphatineria et Syphabulea
Probablement à partir des formes qui se sont
différenciées chez les Xerini durant la période
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACHNAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
131
précédente le genre Syphatineria va réussir une
radiation avec les Sciuridae forestiers éthiopiens
(s. g. Africanoxys) et orientaux (s. g. Quentinema
et s. g. Orientoxys). Les formes orientales (g.
Pliocène
Deux événements marquent cette période :
- 1°, d’une part le passage du détroit de Béring
par les Syphaciini réussi parallèlement par le
genre Syphacia avec les Arvicolidae et par le
genre Syphabulea (peut-être avec les Tamias-
ciurini) ; le genre Syphacia va réussir avec les
Hesperomyinae (Cricetidae américains) une
radiation explosive qui se poursuivra jusqu’en
Amérique du Sud.
Syphabulea) en compétition victorieuse avec le
genre Sypharista, vont réussir à conquérir une
niche écologique mal défendue : celle représentée
par les Petauristinae de la sous-canopée.
À ACTUEL
— 2°, d'autre part l’apparition contemporaine
des glaciations quaternaires de formes vica-
riantes chez les Syphaciini parasites de Sciu¬
ridae dans les îles de la Sonde (g. Sypharista et
g. Syphabulea) et les Acanthoxyurini parasites
d’Anomaluridae dans la forêt éthiopienne (g.
Acanthoxyurus).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CONCLUSION
SYSTÉMATIQUE
Modifications apportées à la classification ancienne
Les quatre genres qui constituaient à eux seuls
la sous-famille sont regroupés dans la tribu des
Syphaciini Railliet, 1916. Onze autres genres
sont admis et distribués dans quatre autres tri¬
bus : les Hilgertiini n. tr. — les Passalurini n. tr.
les Acanthoxyurini Schultz, 1948 — les
Protozoophagini n. tr.
Le genre Octodonthoxys Quentin, Courtin &
Fontecilla, 1975 est mis en synonymie avec le
genre Helminthoxys Freitas, Lent & Almeida,
1937.
Le sous-genre Petronema Hugot. 1983 est
retiré du genre Acanthoxyurus Sandground. 1928.
Le genre ldiuoxyuris n. gen. est créé : espèce
type ldiuoxyuris quentini Hugot, 1982 b [ = Zen-
koxyuris quentini Hugot, 1982 b].
Deux nouveaux sous-genres sont créés dans le
genre Syphacia Seurat. 1916 : le sous-genre
Seuratoxyuris n. s. g., espèce type Syphacia
pahangi Ow-Yang, 1971 le sous-genre Crice-
toxyuris n. s. g., espèce type Syphacia okuensis
Hugot & Quentin, 1985.
Nouvelle classification
Pour chaque genre la liste complète des
espèces, le nom du (ou des) hôte(s) spécifique(s),
ainsi que le lieu de collecte sont donnés dans le
tableau 1 et répétés avec plus de détails dans
chacun des sous-chapitres distribution du 3 e cha¬
pitre.
SOUS-FAMILLE DES SYPHACIINAE RAILLIET. 1916
Tribu des Syphaciini Railliet, 1916 genre
type : Syphacia Seurat, 1916
genre Syphacia Seurat, 1916
*sous-genre Syphacia Seurat 1916
espèce type : S. obvelata (Rudolphi, 1802)
*sous-genre Seuratoxyuris n. sg.
espèce type : S. pahangi Ow-Yang, 1971
*sous-genre Cricetoxyuris n. sg.
espèce type : 5. okuensis Hugot & Quentin,
1985
genre Syphatineria Chabaud & Biocca, 1955
*sous-genre Syphatineria Chabaud & Biocca.
1955
espèce type : S. pallaryi (Seurat, 1915)
*sous-genre Africanoxys Hugot, 1981
espèce type : S. adami (Quentin, 1971)
*sous-genre Quentenora Hugot, 1981
espèce type : S. funambuli (Johnson, 1967)
*sous-genre Orientoxys Hugot. 1981
espèce type : S. owyangi (Quentin & Krish-
nasamy. 1975)
Source : MNHN, Paris
134
JEAN-PIERRE HUGOT
genre Sypharisla Quentin, 1970
*sous-genre Sypharisla Quentin, 1970
espèce type : S. kamegaii Quentin, 1970
*sous-genre Petauxyuris Hugot, 1985
espèce type : S. lridenlata Quentin & Krish-
nasamy, 1975
*sous-genre Quentinema Hugot, 1985
espèce type : S. callosciuri (Quentin, 1977)
genre Syphabulea Gubanov, 1964
espèce type : 5. sobolevi Gubanov, 1964
Tribu des Hilgertiini n. tr. — genre type :
Hilgertia Quentin, 1973
genre Hilgertia Quentin, 1973
espèce type : H. hilgerti (Seurat, 1915)
genre Heteromyoxyuris Quentin, 1973
espèce type : H. deserti (Read & Milleman,
1953)
genre Rauschtineria Hugot, 1980
espèce type : R. citelli (Tiner & Rausch,
1950)
Tribu des Passalurini n, tr. — genre type :
Passalurus Dujardin, 1845
PARTICULARITÉS ÉVOLUTIVES
Des études précédant la nôtre et concernant
l’évolution d'autres groupes de Nématodes Phas-
midiens parasites de Vertébrés en relation avec
celle de leurs hôtes, avaient permis de montrer
que l’on peut retrouver un certain nombre de
constantes (Chabaud, 1970; Quentin, 1971 a;
Durette-Desset, 1971); ainsi ;
1°, l'expansion et la diversification d'un groupe
parasitaire s'effectue au moment où il dispose de
niches libres, c’est-à-dire au moment où un
groupe d’hôtes explose ou conquiert de nou¬
veaux territoires.
— 2°, lorsqu'un parasite est adapté à un hôte, il
n’évolue plus que par des spéciations au fur et à
mesure qu'il y a isolement des populations.
— 3°, les phénomènes de capture revêtent une
genre Passalurus Dujardin, 1845
espèce type : P. ambiguus (Rudolphi, 1819)
Tribu des Acanthoxyurini Schulz, 1948 — genre
type Acanthoxyurus Sandground, 1928
genre Acanthoxyurus Sandground, 1928
espèce type : A. anomaluri Sandground,
1928
genre Idiuoxyuris n. gen.
espèce type : I. quentini (Hugot, 1982)
genre Zenkoxyuris Quentin, 1974
espèce type : Z. mabokensis Quentin, 1974
genre Petronema Hugot, 1983
espèce type ; P. shortridgei (Mônnig, 1931)
Tribu des Protozoophagini n. tr. — genre type :
Protozoophaga Travassos, 1923
genre Protozoophaga Travassos, 1923
espèce type : P. obesa (Diesing, 1851)
genre Weltcomia Sambon, 1907
espèce type : W. mitchelli Sambon, 1907
genre Helminthoxvs Freitas, Lent & Almeida
1937
espèce type : H. caudatus Freitas, Lent &
Almeida, 1937
DES OXYURIDA SYPHACIINAE
importance fondamentale et postérieurement à
l'époque de la radiation initiale le parasite peut
conquérir de nouveaux groupes d’hôtes.
— 4°, très fréquemment, une même famille de
Nématodes est présente chez les Vertébrés les
plus variés sans qu’il soit possible de découvrir
dans sa répartition un lien quelconque avec les
relations phylogénétiques de ses hôtes.
Nos propres résultats sont en accord avec les
points 1 et 2 : l’apparition des principaux en¬
sembles taxonomiques que l’on peut distinguer
chez les Syphaciinae semble avoir été entièrement
contemporaine de l’apparition et de la dispersion
des principaux groupes de Rongeurs et peut-être de
l'ensemble des Glires; ultérieurement, et à l'inté¬
rieur de chacun de ces grands groupes, les mêmes
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACI1NAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
135
types morphologiques ont été conservés avec des
modifications progressives qui semblent accompa¬
gner et souligner la différenciation des hôtes.
Les concordances avec le point 3 sont partielles
et limitées : en effet si le passage tardif des
Syphaciini de la zone paléarctique vers la zone
néarctique avec les Muroidea et les Sciuroidea fait
probablement intervenir des phénomènes de cap¬
ture. dans chacun des cas ces captures se sont
produites à l’intérieur de la même famille d'hôtes et
le ressaut évolutif qui en a résulté est faible.
Enfin la répartition actuelle et les hypothèses que
nous avons exposées concernant l'évolution de la
sous-famille sont en opposition complète avec le
point 4. Cette originalité des Syphaciinae est la
conséquence des particularités de leur cycle.
LES SYPHACIINAE «MARQUEURS» DE L’ÉVOLUTION
Les corrélations particulièrement étroites que
nous avons pu mettre en évidence entre l'évolution
des Syphaciinae et celle des Mammifères qui les
hébergent nous autorisent à essayer d’utiliser ces
parasites comme des témoins ou des « marqueurs »
de l'histoire de leurs hôtes. Nous récapitulons par
conséquent ici les principaux éléments exposés ou
discutés dans les chapitres précédents et qui nous
paraissent justifier cette tentative. Certains viennent
à l'appui de telle ou telle hypothèse concernant
l'évolution des hôtes, d'autres au contraire parais¬
sent en contradiction avec celles-ci.
Le cas des Glires
La présence chez les Rongeurs et les Lago-
morphes de parasites : — apparentés par leur
morphologie, pour lesquels le comportement de
cæcotrophie présente un avantage adaptatif impor¬
tant, apporte-t-elle des arguments supplémentaires
à l'hypothèse de la proximité phylétique de ces
deux groupes d’hôtes?
On peut imaginer deux scénarios en réponse à
cette question :
— (1) les Rongeurs et les Lagomorphes ayant
inventé séparément la cæcotrophie ont pu échan¬
ger les parasites pour lesquels ce comportement
représente un avantage.
— (2) les Rongeurs et les Lagomorphes ont hérité
d'un ancêtre commun à la fois cæcotrophie et
oxyures.
Discussion du scénario n° 1
Ce scénario n'est pas invraisemblable puisqu’on
admet que Rongeurs et Lagomorphes ont vécu le
début de leur histoire à la même époque et dans la
même région géographique. Toutefois il a contre
lui la brièveté du passage des stades infestants dans
le milieu extérieur qui rend exceptionnelles les
occasions de capture.
Discussion du scénario n° 2
On peut poser les questions suivantes :
— 1", la cæcotrophie peut-elle être considérée
comme un comportement commun aux Ron¬
geurs et aux Lagomorphes parce qu'hérité d’un
ancêtre commun : oui, peut-être ; ces deux
groupes sont ceux chez lesquels ce comporte¬
ment a été observé avec la plus grande fré¬
quence, mais la cæcotrophie existe de manière
isolée chez d'autres Mammifères : chez un
Lémurien, Lepilemur leucopus Major et chez un
Marsupial Phalangeridae, Pseudocheirus peregri-
nus Boddaert (voir Kenagy & Hoyt 1980). Le
comportement de cæcotrophie a donc certaine¬
ment été inventé plusieurs fois (de la même
manière que la rumination inventée indépen¬
damment par les Tylopodes, les Ruminants et les
Macropodidae).
— 2°, la cæcotrophie peut-elle être considérée
comme un facteur (i) nécessaire, (ii) suffisant à
l'installation de l’oxyurose.
— (i) nécessaire probablement non : la fré¬
quence et l’importance physiologique de la
cæcotrophie varient selon les espèces, surtout
chez les Rongeurs, en fonction du taux de
Source : MNHN, Paris
136
JEAN-PIERRE HUGOT
l'apport de cellulose dans la ration : « Copro-
phagy is extensive in some Rodent species and
uncontmon in others. lis occurence is more
strongly related to diet than to taxonomie associa¬
tion... » (Kenagy & Hoyt, 1980): les Oxyurida
ont donc pu réussir chez certains hôtes indépen¬
damment de la cæcotrophie.
— (ii) suffisant : on serait tenté de répondre
non puisque la cæcotrophie a été observée chez
certains Rongeurs comme les Geomyidae ou les
Bathyergidae chez lesquels aucun oxyure spé¬
cifique n'a jamais été décrit ; mais chez des
animaux considérés comme bien connus certains
parasites n’ont été découverts que récemment.
Conclusion
Rien de ce qui précède ne permet de considérer
l'un des deux scénarios comme plus probable et
c'est finalement un autre argument fourni par la
parasitologie qui fait à notre avis pencher la
balance en faveur du scénario n" 2. En effet les
Syphaciinae ne sont pas les seuls Oxyurida à avoir
réussi simultanément chez les Rongeurs et les
Lagomorphes : un autre groupe, les Heteroxyne-
matidae Skrjabin & Schikhobalova, 1948 récem¬
ment ré-étudié par Quentin (1975), leur est égale¬
ment spécifique. Les différences morphologiques
entre les Syphaciinae et les Heteroxynematidae
sont telles qu'elles excluent toute relation de proche
parenté entre ces deux groupes, mais leurs spectres
d'hôtes respectifs sont partiellement complémen¬
taires : c'est-à-dire qu'un groupe hôte parasité par
l'une de ces deux familles ne l'est généralement
pas par l'autre. Ceci suggère que ces deux taxons
ont pu être en concurrence dans la conquête
d'une niche écologique nouvelle : peut-être celle
représentée par les ancêtres communs aux Glires.
Il appartiendra sans doute aux paléontologues
de donner une réponse à cette question, mais la
présence chez les Rongeurs et les Lagomorphes
de deux groupes bien distincts de parasites aussi
étroitement spécifiques et aussi dépendants d'un
comportement particulier de leurs hôtes que
peuvent l'être les Oxyurida. nous paraît consti¬
tuer un argument assez fort en faveur de la
monophylie des Glires.
Le cas des Hystricognathes
Nous avons exposé au 3 e chapitre les argu¬
ments morphologiques qui nous permettent de
considérer le genre Wellcomia comme un groupe
monophylétique. Ces arguments sont à notre
avis très forts : il paraît extrêmement improbable
que des caractères aussi originaux que la sperma-
thèque, l’area rugosa et les structures buccales
rencontrées dans ce genre (fig. I) aient pu être
acquis par convergence et justement chez des
hôtes eux-mêmes proches par leur morphologie.
La répartition particulière du genre Wellcomia
représente donc un très fort argument en faveur
de la monophylie des Hystricognathes.
L'étude de cette répartition amène toutefois
plusieurs remarques :
(1) l'espèce décrite chez un Acanthion malais
étant douteuse, aucun parasite de ce genre, et
aucun autre oxyure, ne sont actuellement
connus dans la région orientale chez un Hys-
tricidae. Il est probable que si un tel parasite
était découvert l'étude de sa morphologie
apporterait des éléments d'appréciation nou¬
veaux.
(2) cette répartition suppose entre les Hystri-
cidae et les Erethizontidae des relations de
parentés particulièrement étroites qui ne sont
appuyées par aucun argument paléontolo-
gique.
(3) les genres Wellcomia, Prolozoophuga et
Helminthoxys se partagent les Syphaciinae
actuellement connus chez les Caviomorpha
sans qu'aucune cohérence n'apparaisse entre
leurs spectres d'hôtes respectifs et la position
systématique de leurs hôtes. En effet Wellco¬
mia parasite des Hystricidae, des Erethizon¬
tidae. un Dinomyidae mais également un
Caviidae puisqu'après avoir achevé le présent
travail nous avons découvert une nouvelle
espèce chez Dolichotis patagonum (Zimmer-
man) : Wellcomia dolichotis Sutton & Hugot,
1987. Protozoopliaga, morphologiquement très
proche de Wellcomia. parasite un Hydrochae-
ridae. Helminthoxys se partage entre les Ca¬
viidae, les Dasyproctidae. les Capromyidae, les
Chinchillidae et les Octodontidae. On ne re¬
trouve donc pas dans cette répartition les deux
groupes admis par les paléontologues chez les
Caviomorpha : Erethizontidae / autres Cavio¬
morpha.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACI1NAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
137
Les Sciuroidea et les Muroidea
Les Syphaciini qui parasitent ces deux groupes
d’hôtes sont si proches morphologiquement qu'il
est souvent difficile de distinguer entre elles les
espèces les plus primitives. Pour expliquer cette
répartition et pour tenir compte d’arguments
morphologiques nous avons supposé qu’une cap¬
ture avait pu intervenir entre un Muroidea
primitif et un Sciuroidea récemment immigré en
Asie. Il existe évidemment une autre interpréta¬
tion qui est d'admettre avec certains paléontolo¬
gues (Lindsay. 1977 ; Flynn et al., 1985) que les
Muroidea et les Sciuroidea dérivent du même
groupe souche : les Ischyromyoidea nord-améri¬
cains.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Les choix méthodologiques que nous avons
fait aux différentes étapes de notre travail ont été
guidés par les nécessités opérationnelles imposées
par la pratique, plus que par des a priori
théoriques.
L'un de nos objectifs en entreprenant ce
travail était de proposer une méthode taxono¬
mique susceptible d’être appliquée à d'autres
groupes d'Helminthes et nous espérons avoir
montré que les deux méthodes successivement
utilisées ici représentent deux étapes indispensa¬
bles et complémentaires de la même démarche.
Lorsqu’on entreprend la révision systématique
d'un groupe pour lequel ne sont connues que des
données néontologiques et quelle que soit la
méthode d’analyse utilisée, les résultats se pré¬
sentent le plus fréquemment sous la forme d'une
multiplicité de combinaisons également proba¬
bles du point de vue logique, mais souvent
incompatibles entre elles. Seule la connaissance
des mécanismes biologiques permet alors de
trancher, ou en tout cas de restreindre dans une
certaine mesure l’éventail des choix.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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INDEX SYSTÉMATIQUE
Les chiffres en italique renvoient à une illustration
A
Acanthion 101. 136.
Acanthion hrachvura 95.
Acanthoxyurini '24. 50. 74. 75. 76. 77. 79. 86. 87. 88. 93. 118.
120. 121. 122. 123. 129. 130. 131. 131. 133. 134.
Acanthoxyurus 50. 51. 54. 57. 62. 74. 77. 79. 86. 87. 87. 88.
89. 90. 92. 93. 98. 116. 117. 120. 121. 122. 123. 130. 131.
131. 133. 134.
Acanthoxyurus ( Perronema) shortridgei 87.
Acanthoxyurus anacanthos 50. 86. 87. 87. 88. 89.
Acanthoxyurus anomaluri 86. 87. 88. 93. 134.
Acanthoxyurus beecrofti 86. 87. 88. 89.
Acanthoxyurus coronata 86. 88.
Acanthoxyurus Intnkeleri 86. 88.
Acanthoxyurus obubra 86. 87. 88.
Acanthoxyurus Vincenti 86. 87, 88.
Acomys cahirinus 110.
A coin vs russatus 110.
Africanoxys 103. 106. 107. 113. 116. 131. 131. 133.
Amphibiens 27.
Anomaluridae 50. 90. 91.92. 93. 118. 121. 123. 128. 129. 131.
Anomalurinae 79. 86. 90. 91.
Anomaluroidca 76. 77. 126. 127. 128. 129. 130. 131.
Anomalurus 88. 89. 90. 91.
Anomulurus beecrofti 86. 88. 92.
Anomalurus derbianus 86. 88. 89. 92. 93.
Anomalurus derbianus beldeni 88.
Anomalurus derbianus fraseri 86. 88. 92.
Anomalurus derbianus jacksonii 88.
Anomalurus derbianus neavei 86. 88.
Anomalurus derbianus orientalis 86. 88.
Anomalurus sp. 86.
Anomalurus peli 88.
Anomalurus pustllus 88.
Aplodontoidea 114. 126. 127.
Apodemus agrarius 110.
Apodemus flavicollis 109.
Apodemus spp 109.
Apodemus sylvalicus 109.
Athropodcs 23.
Arvicola sa pi dus 109.
Arvicolidac 78. III. 115. 117. 118. 131.
Arvicolinae 112.
Ascaridida 23.
Atherurus 100.
Atherurus africanus 95.
Atlantoxerus getulus 103.
Balhyergidae 77. 82. 91. 125. 136.
Bathycrgoidea 99.
Bolomys lasiurus 109.
Bracliyuromys betsileoensis 110.
Brachyuromys ram irait il ru 110.
C
Callosciurini 106. 116, 117.
Callosciurus caniceps 103. 104.
Callosciurus nolatus 108.
Calomys callosus 110.
Capromyidae 79. 136.
Capromys pilorides 96.
Capromvs prehensilis 96.
Caviidae 79. 136.
Cavioidea 99. 100, 125.
Caviomorpha 95. 99. 100. 102, 125. 126. 127. 128. 129. 130.
131. 136.
Chappatimyidae 124. 125, 126. 127. 127. 131.
Chinchillidae 79. 136.
Chinchilloidea 99. 125.
Chiropodomys gliroides 103, 109.
Citellina 84.
Cletlirionomys glareolus 109. 110.
Cletlirionomys rufocanus 109.
Cletlirionomys rutilus 110.
Coendou 98. 101, 130.
Coendou prehensilis 95.
Cricetidac 77, 78. III. 115. 117. 123. 130. 131. 131.
Cricetoxyuris 77. 110. III. 112. 113. 114. 117. 130. 131. 133.
Ctenodactylidae 76. 77. 79. 81. 82. 84. 118. 123. 126. 127.
129. 131.
Ctenodactyloidea 83. 91. 115. 123. 124. 125. 126. 127. 131.
Ctenodactylus 81, 82.
Ctenodactylus gundi 77.
Cynoceplialus 103. 105.
Cynoceplialus variegatus 103.
D
Dasvprocla agouti 96.
Dasyproctidae 79. 136.
Dcrmoptères 103. 105.
Dicrostonvx groenlandicus 109.
Dinomyidae 79. 94, 98. 100. 101. 102. 128. 129. 130. 136.
Dinomys 98. 101. 102. 130.
Dinomys branickii 95. 100.
Diplopodes 27.
Dipodomys 83.
Dipodomys deserti 82.
Dipodomys merrianti 82.
Dipodomys panamintinus 82.
Dolicltotis patagonum 136.
Duplicidenlès 123.
E
Echimyidae 79.
Ereiltizon 98. 100. 101.
Erethizon dorsatum 95.
Source : MNHN, Paris
146
JEAN-PIERRE HUGOT
Ercthizontidac 79. 94. 98. 100. 101. 102. 125. 126. 127. 127.
128. 129. 130, 131. 136.
Erethizontoidea 99.
Eulamias sibiricus 109.
Eutheria 124.
H y tope tes nigripes 108. 109.
Hylopeies sp. 109,
Hystricidac 79. 91. 94. 98. 99. 100. 101. 125, 129. 130. 131.
Hyslricognathc 76, 77, 94, 99, 100. 102. 123, 124 125 127
129. 130. 136.
Hystricoidca 99.
Hyslrix 99. 100.
Hystrix cris lata 94, 95.
Franimorpha 124.
Funambulini 106. 114. 116.
Fitnanibulus pu Inui runi 108.
Funambulus pennanli 103. 108.
Funisciurus anervthrus 103.
Funisciurus isabella 103.
Funisciurus lemniscalus 103.
Funisciurus pyrrhopus 103.
G
Geomyoidea 83. 126. 127. 129. 131. 136.
Gerbillinae 112.
GerbiUus campeslris 109.
Glaucomes 117.
Glaucomys sabrinus 109.
Glaucomys volons 109.
Glires 119. 123, 128. 129. 131. 134. 135, 136.
H
Hetiosciurus gambianus 103.
Helminthes 34, 137.
Helmimhoxys 44. SI. 54. 55. 57. 73, 74. 77. 79. 95. 96. 96. 97.
97, 98. 99, 101. 102. 120. 121. 122. 123, 130. 131, 133. 134,
136.
Helmimhoxys couda lus 95. 96. 97. 98. 134.
Helmimhoxys effilants 96.
Helmimhoxys freilasi 96. 96. 97. 98.
Helmimhoxys gigamea 96. 96. 97. 98.
Helmimhoxys pit/oli 96. 96. 97. 98.
Helmimhoxys quenlini 96. 96. 97, 98.
Helmimhoxys lijlophila 96. 96 . 97. 98.
Helmimhoxys urichi 96. 96. 97. 98.
Helmimhoxys velizv 95. 96. 97. 98.
Heomys 123. 125. 127.
Heomvs orienlalis 123.
Hcspcromyinae 111. 112. 115. 117. 118, 131.
Heterocephalus 82.
Hetcromyidae 76, 77. 79. 83. 84. 123. 126. 128. 129. 131.
Heteromyoidea 128.
Heteromroxyuris 51. 54. 57. 74. 79. 80. 82. 83. 84. 102. 120.
121. 122.' 131. 134.
Heteromyoxyuris deserti 80, 82. 134.
Heteramyoxyuris longejecior 80, 82.
Heteroxynematidae 23, 136.
HUgertia 51. 54. 57. 74. 77. 79, 80. 81. 82. 84. 118. 120. 121,
122. 123. 129. 131. 134.
HUgertia hilgerii 77. 80. 81. 82, 134.
HUgertia seurati 77, 80. 82.
Hilgertiini 24. 74. 75. 76. 77. 79, 80. 81. 84. 85. 120. 121. 122.
123. 129. 131. 133, 134.
Hydrochaeridae 79. 94. 101, 128. 129. 131. 136.
Hydrochaeris 101.
Hydrochaeris hydrochaeris 94.
Hylomyscus Stella 109.
Hylopeies 116.
Hylopeies alhoniger 109.
Hylopeies lepidus 108, 109.
Idiuoxyuris 44. 50. 51. 54. 57. 86. 87. 88. 89. 90. 93. 120. 121
122. 123. 130. 131. 133. 134.
Idiuoxyuris quenlini 86. 87. 88. 133. 134.
ldiurus 88. 90.
Idiurus macrolis 86. 88.
ldiurus sp. 86. 88.
Idiurus zenkeri 88.
Insectes 27.
Invertébrés 27. 30.
lomys horsficldii 109.
Ischyromyoidea 83. 91. 114. 115. 124. 125. 126, 127. 127 /?/
137.
Lagidium peruanum 96.
Lagidium viscacia 96.
Lagomorphes 21. 23. 31. 37. 76. 77. 84. 85. 119 123 124
126. 127. 127. 128. 129. 135. 136.
Lamoitemys okuensis 110, 117.
Lariscus insignis 108.
Lemniscomys siriaius 109.
Lémuricn 135.
Lepilemttr leucopus 135.
Lcporidae 30. 79. 84. 85. 123, 128. 131.
Lepus americanus 84.
Lepus capensis 84.
Lepus granalensis 84.
Lepus sinensis 84.
Lophuromys sikapusi 109.
M
Macropodidae 135.
Mammifères 23. 27. 92. 123. 135.
Marmotini 76. 77. 83. 114. 123. 129. 131.
Marsupial 135.
Maslomys erylhroleucus 109.
Masiomys sp. 109.
Melomys cervinipes 109.
Menetes berdmorei 108.
Mesocricetus 130.
Mesocricetus aura lus 110.
Microcavia auslralis 95.
Microcavia niala 96.
Micromys minutus 110.
Microlus gregalis 109.
Micro lus mexicanus 109.
Microlus moniebelli 109.
Microlus nivalis 109.
Microlus pennsylvanicus 109.
Microlus spp. 109.
Muridae 78. 115. 117. 123. 130.
Murinae 111. 112. 117. 118.
Muroidea 76. 77. 112. 115. 118. 126. 127. 127. 128. 129 130
131. 135. 137,
Mus minulaides 109.
Mus musculiis 109.
Mus selulosus 109.
Source : MNHN, Paris
LES SYPHACIINAE : TAXONOMIE. ZOOGÉOGRAPHIE. ÉVOLUTION
147
N
Neciomys alfari 109.
Neetomys squamipes 109.
Ncmalôdcs 23. 26. 27. 31. 34. 35. 43. 44. 45. 49. 51. 134.
Nesomyidae 115. 117, 130.
Nesomyinae III, 115.
O
Ocrodon degus 96.
Octodontidae 79. 136.
Octodontoidca 99. 125.
Oclodontlio.xys 74. 77. 79. 96. 133.
Octodonthoxys giganrea 96.
Oiseaux 23.
Orienioxys 106. 107. 108. 108. 116. 117. 131. 131. 133.
Oryclolagus cuniculus 84.
Oryzomys alfari 110.
Oryzomys caliginosus 109.
Oryzomys nigripes 109.
Oryzomys palus iris 110.
Oryzomys sp. 110.
Oryzomys subflavus 110.
Oxyurida 23. 26, 27. 28. 30. 31. 34. 45. 48. 49. 52. 60. 84. 92.
101. 134. 136.
Oxyuridae 23.
Oxyuroidea 21, 23.
P
Paraxerus cepapi 103.
Par axer us pallia tus 103.
Paraxerus poensis 103.
Passalurini 26. 74. 75, 76, 77. 79. 80. 81. 84, 86. 120, 121. 122,
123. 129. 131. 133. 134.
Passalurus 30. 51. 54. 57. 74. 79, 80, 84. 85. 86, 120. 121. 122.
131. 134.
Passalurus ambiguus 80. 84. 85, 134.
Passalurus nonanulalus 80. 84. 85.
Peclinalor 82.
Pectinator spekei 77, 82.
Pedeies capensis 94.
Pedetidae 94. 100.
Perognallius 83.
Perognaihus californiens 82.
Perognallius sp. 82.
Peromvscus leucopus 110.
Peromyscus maniculalus 110.
Pelaurisla 103. 105. 116. 118.
Petaurista elegans 103, 104. 116.
Pelaurisla leucogenys 102. 104.
Pelaurisla pelaurisla 103, 104. 116.
Petauristinae 78. 108. 114. 115. 116. 117, 130. 131.
Petauxyuris 102. 104. 113, 116. 131. 134.
Petinomys genibarbis 103, 104.
Pelinomys selosus 109.
Petinomys vordermanni 103.
Peiromûs 77. 88. 89. 91. 93.
Peiromus lypicus. 86. 88.
Peironema 44. 50. 51. 54. 57. 77. 86. 88. 89. 90. 93. 120. 121.
122. 123, 130. 131. 133. 134.
Peironema shortridgei 87. 88. 134.
Phalangeridae 135.
Pharyngodonidae 23.
Phasmidiens 23. 26. 27. 31. 34. 35. 43. 44. 49. 51. 134.
Phiomorpha 99. 100. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131.
Phiomyidac 91, 93.
Phylloiis darwini 110.
Pilymys stihterraneus 109.
Praomys jacksoni 109.
Praomys morio 109.
Praomys lullbergi 109.
Primates 48.
Pronolagus crassicaudatus 84.
Protoxerini 106. 116.
Proioxerus siangeri 103.
Proiozoophaga 44. 51. 54. 57. 74. 79. 94. 94. 95. 95. 97. 98.
99, 102. 120. 121. 122. 123, 130. 131. 134. 136.
Proiozoophaga ohesa 94. 94. 95. 134.
Protozoophagini 26. 74. 75. 76. 77. 79. 94. 94. 95. 96. 97. 99.
102. 120, 121, 122, 123. 129. 130. 131, 134.
Pseudocheirus peregrinus 135.
Pleromys volans 84.
Pleromyscus pulverulentus 103. 104.
Piilocercus lowii 109.
Q
Quentenora 103. 106. 107, 113. 116. 131.
Quentinema 103. 104. 113, 116. 131, 131. 134.
R
Raltus exulans 109.
Rattus fuscipes 109.
Raltus norvegicus 109.
Rat tus rajah 109.
Raltus rat lus 109.
Raltus lunneyi 109.
Ralufa affinis 103.
Rauscluineria 51. 54. 57. 74. 79. 80. 82. 83. 84. 120. 121. 122.
131. 134.
Rauscluineria cilelli 80. 83. 134.
Rauscluineria eutamii 80. 83.
Reptiles 27.
Rhabditida 23. 44. 45.
Rhinosciurus laticaudalus 109.
Rliipidomys latimanus 110.
Rodentia 124.
Romerolagus diazi 84.
Rongeurs 21. 23, 31. 37. 76. 77. 82. 83. 84. 85. 86. 94. 102.
115. 119. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 134. 135. 136.
Ruminants 135.
S
Sciuridae 82, 83. 108. 128. 129. 130. 131.
Sciurinae 78, 79. 114.
Sciurini 114, 123.
Sciurognathes 123.
Sciuroidea 76. 77. 114. 115. 116. 118. 126. 128. 129. 131, 135.
137.
Sciurolamias davidianus 109.
Sciurus 117.
Sciurus vulgaris 84. 109.
Seurato.xyuris 109. III. 112. 114. 117. 130. 131. 133.
Sigomodon hispidus 110.
Simplicidentés 123.
Spermophilus 83. 84.
Spermophilus armatus 83.
Spermophilus beecheyi 83.
Spermophilus variegatus 83.
Sphiggurus 98. 101.
Sphiggurus spinosus 95.
Spirurida 44. 45.
Sundasciurus steerii, 109.
Source : MNHN, Paris
148
JEAN-PIERRE HUGOT
SyhUagus Jloridanus 84. 85.
Syphabulea 26, 44. 49. 51. 54. 57. 74. 78. 106. 107. 108. 109.
113. 116. 117. 118. 120. 121. 122. 130. 131. 131, 134.
Syphabulea coli 108. 109.
Syphabulea criiesi 108. 109.
Syphabulea magnispicula 108. 109.
Syphabulea magnispiculoides 108. 109.
Syphabulea maseri 108. 109.
Syphabulea sarasvakensis 108. 109.
Syphabulea sclmiidti 108. 109.
Syphabulea sobolevi 109. 134.
Syphabulea ihompsoni 108. 109. 117.
Svphucia 23. 44. 49. 51. 54. 55. 57. 58. 73. 74. 77. 78. 89. 90.
109. 110. III. 112. 113. 114. 117. 118. 120. 121. 122. 123.
130. 131. 131. 133.
Syphaeia (Criceloxyuris) brachyuromyos 110. III.
Syphacia ( Criceloxyuris) mesocriceli 110, 111.
Syphaeia (Criceloxyuris) okuensis 110. 111. 133.
Syphacia (Criceloxyuris) ramiroliiira 110, III.
Syphacia (Seuraloxyuris) criceli MO. 111.
Syphacia (Seuraloxyuris) evaginala 110. 111.
Syphacia (Seuraloxyuris) niegadeirus 110. 111.
Syphacia (Seuraloxyuris) oryzomios 110. 111.
Syphacia (Seuraloxyuris) pahangi 109. 111. 133.
Syphacia (Seuraloxyuris) peromysci 110. III.
Syphacia (Seuraloxyuris) petrusecwiczi 110. III.
Syphacia (Seuraloxyuris) phyllolios 110. 111.
Syphacia (Seuraloxyuris) rausclii 110. 111.
Syphacia /Seuraloxyuris) sigmondi 110, 111.
Syphacia (Syphacia) alaia 109. III.
Syphacia (Syphacia) arctica 109. 111.
Syphacia ( Syphacia) danvini 109. 111.
Syphacia (Syphacia) emileromani 109. III.
Syphacia t Syphacia t frederici 109. 111.
Syphacia (Syphacia) lopliuromyos 109. 111.
Syphacia (Syphacia) megaloon 109. 111..
Syphacia ISyphacia) moniana 109. 111.
Syphacia (Syphacia) nigeriana 109. 111.
Syphacia (Syphacia) obvelaia 109. III. 133.
Syphacia (Syphacia) odilbainae 109. III.
Syphacia ( Syphacia l stroma 109. 111.
Syphacia (Syphacia) venieli 109. III.
Syphacia agraria 110.
Syphacia minuta 110.
Syphacia samorodini 110.
Svphacia vanderbrueli 110.
Syphaciinae 21. 23. 26. 28. 31. 35. 37. 39. 43. 44. 45. 48. 49.
50. 51. 52. 60. 77. 81. 84. 86. .14. 115. 118. 119. 123. 126.
127. 128. 129 .131. 133. 134. 135. 136.
Syphaciini 26. 74. 75. 76. 77. 78. 84. 102. 104. 105. 106. 107.
108. 110. III. 112. 113. 118. 120. 121. 122. 123. 129. 130.
131. 131. 135. 137.
Svpharisia 23. 44. 51. 54. 57. 74. 77. 78. 102. 104. 105. 112,
113. 116. 117. 118. 120. 121. 122. 130. 131. 131. 134.
Svpharisia ( Peiauxyuris) chaii 103. 104.
Svpharisia (Peiauxyuris) cynocephali 103. 105.
Svpharisia /Peiauxyuris) denliculaia 103. 104.
Svpharisia (Peiauxyuris) indica 103. 105.
Svpharisia (Peiauxyuris) inflaia 103. 104.
Svpharisia /Peiauxyuris) kinabaluensis 103. 104.
Svpharisia (Peiauxyuris) pachylabiatu 103. 105.
Sypharista (Peiauxyuris) ramachandrani 103. 104.
Svpharisia (Peiauxyuris) sharifi 103. 104.
Sypharista (Peiauxyuris) laylori 103. 105.
Sypharista (Peiauxyuris) iridenlala 102. 104. 134.
Svpharisia (Quentinema) callosciuri 103. 104. 134.
Sypharista (Quentinemat longicaudaia 103.
Svpharisia l Quentinema ) muuli 103, 104.
Svpharisia (Sypharista) kamegaii 102. 104, 134.
Svplialineria 23. 44. 51. 54. 57. 74. 78. 103. 106.107. 113. 116.
117. 118. 120. 121, 122. 123. 130. 131. 131. 133.
Syphalineria (Africanoxys) adami 103. 106. 133.
Syphalineria (Africanoxys) cepapi 103. 106.
Syphalineria /Africanoxys) feeri 103, 106.
Syphalineria /Africanoxys) interjecta 103. 106.
Syphalineria (Africanoxys) ividensis 103, 106.
Syphalineria (Africanoxys) paraxeri 103.
Syphalineria (Africanoxys) pearsi 103, 106.
Syphalineria (Orientoxys) insignis 106.
Syphalineria (Orientoxys) oceanica 106. 108.
Syphalineria (Orientoxys) owyangi 106, 108, 133.
Syphalineria (Orientoxys) rhinosciuri 109.
Syphalineria (Orientoxys) siamensis 106, 108.
Syphalineria (Quentenoru) funambuh 103. 106.
Syphalineria (Quenienora) laliorea 108.
Syphalineria (Quenienora) sciuri 103.
Syphalineria (Quenienora) sp. 108.
Syphalineria (Syphalineria) anliqua 103, 106.
Syphalineria (Syphalineria) pallaryi 103. 106. 133.
Syphalineria (Syphalineria) transafricana 103. 106.
T
Tamias 83. 84. 117.
Tamias anwenus 83.
Tamias minimus 83.
Tamiasciurini 131.
Tamiasciurus 117.
Tamiasciurus hudsonicus 109.
Tamiops macclellandi 84.
Taierillus gracilis 109.
Thelastomatidae 23.
Theridomyidae 91. 127.
Thryonomyidae 50. 76. 77.79.86.91. 121. 123. 125. 129. 131.
Thryonomyoidea 99.
Thryonomys 91.
Thrichomys aperoides 96.
Tylopodes 135.
V
Vertébrés 23. 27. 34. 60. 134.
W
Wellcomia 29. 44. 51. 54. 57. 62. 73, 74. 79. 94. 94. 95. 97. 98
99. 100. 101. 102. 120. 121. 122. 123. 130. 131. 134. 136.
Wellcomia branickii 94, 95. 95, 101.
Wellcomia carolodominici 94 . 95, 95. 98. 101.
Wellcomia compar 94. 95, 95. 98. 101.
Wellcomia decorala 95. 101.
Wellcomia dolichotis 136.
Wellcomia evoluia 95. 95. 100. 101.
Wellcomia milchelli 94. 95. 100. 134.
Wellcomia roussilloni 94. 95, 95. 98, 100.
Wellcomia samboni 95. 95. 98.
Wellcomia sauvisv 94. 95. 95. 98. 100.
Wellcomia siossichi 94. 95. 100.
X
Xerini 106. 114. 116. 130.
Xerus erylhropus 103.
Xerus rutilus 103.
Zenkerella 88, 90. 91.
Zenkerella insignis 86, 88.
Zenkerellinae 79, 86. 90. 91.
Zenkoxyuris 44. 50. 51. 54. 57. 74. 77. 79. 86. 87, 88. 89. 90
93. 120, 121. 122. 123. 130. 131. 134.
Zenkoxyuris mabokensis 86. 87. 88. 134.
Zenkoxyuris quemini 86. 133.
Zygodontomys brevicauda 109.
Source : MNHN, Paris
ANNEXE
Tableau des données.
Les espèces, désignées par leur sigle. sont figurées en colonne et énumérées par ordre alphabétique du nom de genre et.
à l'intérieur de chaque genre, par ordre alphabétique du nom d'espèce. Les caractères (variables) morphologiques,
désignés par leur numéro, sont figurés en ligne. La présence d'un caractère est représentée par le symbole : [IJ.
L'absence d'un caractère est représentée par le symtijle : [.].
Source : MNHN, Paris
3
4
7
!
9
10
11
12
13
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15
16
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18
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
Date de distribution : 18 novembre 1988.
Dépôt légal : novembre 1988.
IMPRIMERIE F. PAILLART — ABBEVILLE
N° d'impression : 7044
Dépôt légat : 4' trimestre 1988
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
28 N OU 1388
Jean-Pierre Hugot, Docteur Vétérinaire, est Ingénieur de Recherche au CNRS et travaille dans le
laboratoire de Zoologie des Vers du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Sa spécialité est
l’étude de la morphologie, de la biologie, de la systématique et de l’évolution des Nématodes parasites de
Mammifères.
La révision de la classification des Syphaciinae, qu’il présente ici, utilise parallèlement la méthode
statistique, qui permet de construire une classification phénétique, et la méthode cladistique qui permet de
construire une classification phylogénétique.
Elle s’appuie sur une quarantaine de travaux préliminaires publiés depuis dix ans et consacrés à
l’étude morphologique de cent-une espèces d’oxyures, toutes parasites de Rongeurs ou de Lagomorphes.
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
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RUE GEOFFROY
SAINT-HILAIRE
75005 - PARIS
1988
isbn . 2-85653-157-1
ISSN . 0078-9747
PRIX : 208 FF TTC (France)
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Source : MNHN, Paris