R 2£0 C
MEMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XVI.
FASCICULE 3.
F. GRANDJEAN
i PERLOHMANNIA DISSIMILIS (Hewitt)
(Acarien, Oribate)
ARIS
EDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V«)
1958
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Yi 2C0 C
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XVI, fascicule 3. — Pages 57 à 120.
» PERLOHMANNIA DISSIMILIS (Hewitt)
(Acarien, Oribate)
par F. Grandjean.
I. — INTRODUCTION.
Le genre Perlohmannia Berl. 1908 est un des genres capitaux
d’Oribates, parmi ceux qu’on peut qualifier, par opposition aux Cir-
cumdehiscentiae, de primitifs. Il est isolé dans notre faune et cons¬
titue à lui seul, pour le moment, la famille des Perlohmanniidae. Ses
deux espèces, P. insignis (Beri« 1904) et P. dissimilis (Hewitt 1908),
quoique bien distinctes d’après les descriptions qui en ont été faites,
se ressemblent beaucoup et elles ont la même taille. Toutes les deux
sont accusées de commettre des dégâts dans les jardins.
La première en date, P. insignis, n’a été signalée que d’Irlande.
D’abord trouvée par Berlesk en 1904 dans un lot d’Acariens que lui
avait envoyé F. N. Halbert, et attribuée au genre Lohmannia (1, p.
23, fig. 41, Lohomannia), elle a été observée l’année suivante par G.
H. Carpenter sur les racines d’une espèce de haricot cultivé dans un
jardin, aux environs de Dublin. L’Oribate s’y trouvait en compagnie
de Collemboles et il rongeait, avec eux, la surface des racines. Carpen¬
ter en a fait, sous le nom de Lohmannia insignis, une courte descrip¬
tion, avec des figures, et il a représenté les racines endommagées
(3, p. 294 et 295, pl. XXV et XXVI A ; 4, p. 249 à 251, PI. VII (1)).
La seconde espèce, P. dissimilis, a été décrite par Hewitt en 1908
sous le nom de Lohmannia insignis Berl. var. dissimilis (25, p. 1 à
3, fig. 1 et 2), d’après des individus qui se trouvaient en grand nombre
sous l’épiderme écailleux de bulbes de tulipes, dans un jardin des
environs de Manchester. L’animal était vraisemblablement nocif car
les bulbes ne donnaient pas de fleurs. Hewitt a pu le comparer au
(1) Les textes de ces deux publications sont différents mais la planche Vil
reproduit exactement la planche XXV.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVI. B
Source : MNHN, Paris
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F. GRANDJEAN.
type d 'insignis, envoyé par Berlese. Ce fut l’occasion pour Berlese
de voir que les deux espèces n’étaient pas des Lohmannia. Il créa
pour elles le nouveau genre Perlohmannia, avec insignis pour type
(2, p. 176), et la variété dissimilis fut promue au rang d’espèce.
P. insignis n’a pas été retrouvé, à ma connaissance, depuis le
travail dé Carpenter, tandis que dissimilis l’a été à plusieurs repri¬
ses depuis le travail de Hewitt. Dissimilis existe en France (Grand-
jean 1931), en Hongrie (Balogh 1937), en Autriche (R. Schuster 1955)
et probablement dans beaucoup d’autres pays (1). Ce doit être un
Oribate à répartition géographique très irrégulière car il n’a pas été
signalé d’Italie, ni d’Allemagne.
Il n’est pas spécial aux jardins. Je l’ai récolté surtout dans un
pré, au pied d’un mur, à Mongaillard (Coulounieix, Dordogne) et c’est
de là que proviennent les exemplaires décrits et figurés dans le pré¬
sent travail. Je l’ai trouvé aussi à d’autres endroits, découverts ou
boisés, dans la même région, c’est-à-dire aux environs de Périgueux.
P. dissimilis n’est pas commun et il ne rit pas à la surface du
sol, dans les mousses, l’herbe et les débris végétaux, comme la plu¬
part des Oribates. Du moins n’en rencontre-t-on que des individus
isolés, de loin en loin, dans les prélèvements superficiels. Pour en
récolter des individus en assez grand nombre, avec des immatures,
il faut prélever en profondeur, jusqu’à 10 ou 15 centimètres, dans
un sol un peu fissuré et traversé par des radicelles. L’animal se nour¬
rit en rongeant la surface des radicelles de plantes quelconques et
plus généralement la surface de matières végétales vivantes et en¬
fouies, ces matières appartenant dans tous les cas, semble-t-il, à des
plantes supérieures. On comprend qu’il soit avantagé dans les jar¬
dins, puisque le sol y est plus meuble qu’ailleurs, et le même avan¬
tage doit exister en terre labourée. Les Perlohmanniidés sont certai¬
nement des Oribates nuisibles. Leur nocivité serait grande s’ils abon¬
daient.
Pour dire cela, on s’appuie sur les observations de Carpenter
et de Hewitt, sur ce qu’apprennent les récoltes en profondeur, com¬
parées à celles de surface, hors des jardins, et sur le contenu du tube
digestif. Les boules d’ingestion, dans les individus que j’ai examinés,
étaient formées presque tout entières, chez les immatures comme chez
les adultes, de fragments plats incolores qui ne peuvent avoir appar¬
tenu qu’à des parois cellulaires de macrophytes. J’ai trouvé aussi plu¬
sieurs fois, dans ces boules, des fragments de plus grande taille con¬
tenant plusieurs cellules allongées à contour rectangulaire, accolées
latéralement les unes aux autres. Les filaments mycéliens sont rares,
plus rares que des particules minérales, du quartz par exemple. Les
particules minérales ont été avalées avec le reste et leur présence
n’a rien d’étonnant.
(1) Il a été récemment observé de nouveau en Angleterre, dans le Lancashire,
par D. Macfahlane, et en Ecosse par .1. G. Shuals (Macfablane, in lift.).
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PERLOHMANNIA DISSIMIL1S (HEWITT).
Antérieurement au présent travail j’ai parlé de dissimilis dès
1931, pour signaler les premières captures en France et pour corri¬
ger l’erreur qu’a faite Hewitt dans sa description, lorsqu’il a pris
des poils mandibulaires vus par transparence pour des poils du pro-
dorsum (5, ]>• 144 ; 6, p. 658). En 1933 j’ai choisi dissimilis pour
décrire des structures de la face inférieure du corps (8, p. 215 à 220,
fig. 1 et 3) et j’ai observé la cupule ou lyrifissure anale ian chez
l’adulte (9, p. 461). En outre j’ai cité dissimilis pour des nombres de
phanères, aux pattes et à l’hystérosoma. Ces anciennes observations
sont presque toutes exactes et je les ai vérifiées.
Quelques-unes sont fausses. La deuxième paire de poils exobo-
thridiques, d’abord omise (6, p. 658), puis considérée comme dou¬
teuse (7, p. 39), existe. J’ai parlé en 1935 de 15 acanlhoïdes (eupa-
thidies) au tarse I de l’adulte (10. p. 29), alors qu’il y en a 19 d’après
mes nouvelles observations. L’attribution de Perlohmannia aux Trhy-
pochthonini (5, p. 144) doit être rejetée. Elle l’a été dans mon Essai
de classification des Oribates (18, p. 430) puisque j’ai fait des Per-
lohmanniidae, dans cet Essai, un phvlum à part, avec une diagnose.
IL — ADULTE.
Sexes. — Les mâles sont aussi nombreux que les femelles. Aucun
caractère extérieur précis ne permet de distinguer les sexes. Il faut
observer le pénis ou l’ovipositeur par transparence.
Taille, faciès, couleur. Longueurs mesurées : 860 à 1.000 n.
Les mâles sont légèrement plus petits, en moyenne, que les femelles.
L’animal est allongé, peu convexe, et les bords de son hystérosoma
sont parallèles (fig. IA, IB). 11 a des pattes robustes et assez longues,
surtout celles de la première paire.
Sa couleur est brune, plus foncée aux pattes et en arrière. La
région postérieure plus foncée occupe généralement le tiers de la lon¬
gueur de l’hystérosoma, dessus et dessous. Elle est quelquefois un peu
plus grande. Elle est partiellement occupée par deux taches symétri¬
ques, internes, qui tapissent la surface des glandes latéro-abdomina-
les.
Les taches internes ont des limites imprécises en avant et du côté
paraxial. Elles varient beaucoup. Chez certains individus elles attei¬
gnent le plan de symétrie et confluent. Chez d’autres elles sont très
réduites. Leur couleur est plus rouge que brune. Elles paraissent bru¬
nes parce qu’on les voit par transparence à travers la cuticule sclé-
ritisée.
J’ai vu l’animal vivant. Il est souple, agile, vif, et ses pattes anté¬
rieures très sensitives tapotent continuellement devant lui. Il s’insi¬
nue facilement dans des fentes, malgré son aspect plutôt rigide, car
le protérosoma n’est relié à l’hystérosoma que par une peau non sclé-
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
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ritisée qui est très ample, surtout du côté dorsal. On voit très bien
ces deux parties du corps faire des angles notables en tous sens, selon
les besoins, pendant la marche en terrain accidenté.
Cuticule. — La surface de la cuticule est partout brillante, lisse
ou ponctuée. Il n’y a pas de cérotégument. Distinguons les sclérites,
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PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
qui sont colorés et rigides, et la peau non scléritisée, qui est incolore
et déformable. J’appelle aussi boucliers, selon l’usage, les plus grands
sclérites.
La cuticule des sclérites est du type à stries internes. Chaque strie
est un canalicule de porosité qui traverse la cuticule de part en part
(l’épiostracuni excepté), orthogonalement. Dans l’observation à plat
les stries deviennent des points puisqu’elles sont vues dans la direc¬
tion de leur longueur. On a une ponctuation de porosité. Cette ponc¬
tuation ne doit pas être confondue avec une ponctuation de surface,
qui est une microsculpture.
La ponctuation de porosité ne manque jamais, sauf peut-être au
bord extrême de certains sclérites. Je l’ai même observée sur la cloi¬
son du tectum rostral. Elle est forte ou faible, c’est-à-dire accentuée
ou fine, car les canalicules sont plus ou moins larges selon les régions.
Les points sont précis et bien noirs dans tous les cas, pourvu que l’on
observe dans de bonnes conditions optiques.
Les épinières en totalité, l’aspis presque entièrement et une petite
région des sclérites anaux ont la forte ponctuation de porosité. Ailleurs
(je laisse de côté les pattes pour le moment) la ponctuation est fine.
Il n’y a pas d’aires poreuses, au sens que l’on donne à ce mot
chez les Oribates supérieurs. Dans une aire poreuse la cuticule est
moins épaisse qu’au voisinage, et la limite de l’aire est franche quand
le changement d’épaisseur est brusque. Chez dissimilis l’épaisseur
de la cuticule scléritisée est aussi grande, que la porosité soit forte ou
faible, et les régions à forte porosité ne sont pas séparées des autres
par des limites, sur un bouclier ou sclérite quelconque.
A la ponctuation de porosité s’ajoute une ponctuation superfi¬
cielle. Les points sont en creux. Ce sont de petites dépressions mal
calibrées et distribuées d’une façon assez irrégulière. La figure 40
donne une idée de leurs dimensions et écartements. J’ai représenté
aussi, sur cette figure, la ponctuation de porosité, afin de faire voir
«pie celle-ci, qui est beaucoup plus fine et plus dense que celle de
surface, occupe les creux comme leurs intervalles.
La ponctuation de surface n’existe pas partout. Elle occupe seu¬
lement le notogaster (en totalité), la plus grande partie des sclérites
ventraux de l’opisthosoma et une minuscule région de l’aspis, au
coin latéropostérieur de ce bouclier.
Sur la figure IB, du côté droit de cette figure, j’ai mis la ponc¬
tuation au notogaster et aux régions de l’hystérosoma où elle se pré¬
sente. Les sclérites génitaux sont à moitié lisses. Les sclérites aggé-
nitaux, adanaux et anaux sont entièrement ou presque entièrement
ponctués, ainsi que le sclérite Q postanal. Les sclérites adventifs des
zones de plicature sont lisses en général, l’exception étant pour celui
de ces sclérites qui borde le bouclier adanal du côté opposé au plan
de symétrie. Encore ce sclérite n’cst-il ponctué qu’en avant, derrière
la lyrifissure ips. Remarquons que la cuticule, si elle est fortement
ponctuée par porosité, n’a pas la ponctuation de surface.
Source : MNHN, Paris
62
F. GRANDJEAN.
La peau incolore non scléritisée s’attache fortement aux sclérites.
Je la qualifie souvent de molle dans les descriptions. Il faut enten¬
dre par là qu’elle est déformable, souple. Elle est en réalité très con¬
sistante, épaisse, et ne devient véritablement molle qu’après avoir été
chauffée dans l’acide lactique ou d’autres réactifs. Sa surface est
aussi brillante en lumière réfléchie que celle des sclérites. Elle n’est
traversée par aucun canalicule de porosité.
On ne voit presque rien de la peau molle quand l’animal est con¬
tracté. S’il est dilaté, ou si on le dilate artificiellement, les sclérites
s’écartent les uns des autres et l’importance de la peau molle appa¬
raît. Le traitement à l’acide lactique est avantageux car il permet
non seulement de voir très bien tous les sclérites mais de les séparer
les uns des autres, exactement et sans peine.
Les pièces détachées qu’on peut obtenir ainsi sont nombreuses.
On a l’infracapitulum, le bouclier prodorsal (Paspis), le notogaster,
le bouclier coxisternal du propodosoma, les deux boucliers coxister-
naux du métapodosoma, symétriques l’un de l’autre, le petit sclérite U
qui est logé entre ceux-ci et le notogaster, de chaque côté, au-dessus
du 4“ acetabulum, les 2 paires de sclérites génitaux, les sclérites aggé-
nitaux, la pièce préanale, les sclérites adanaux et anaux, enfin le sclé¬
rite Q ventral postérieur.
Les seuls sclérites qui ne soient pas indépendants sont les sclé¬
rites adventifs de la région ano-adanale. Dans la dissection, un sclé¬
rite adventif reste en général fixé au sclérite principal qu’il prolonge.
Il ne lui est cependant pas soudé. Il le touche par une charnière qui
est fine et précise, et on peut l’isoler.
Les muscles s’attachent presque toujours à la cuticule scléritisée.
Quelques-uns cependant s’attachent à la peau non scléritisée. ceux,
par exemple, dont j’ai dessiné les tendons sur la figure IB, dans la
bande ventroséjugale, derrière la limite postérieure du bouclier coxi¬
sternal du propodosoma. D’autres tendons sont dessinés sur certaines
figures, mais les tendons sont généralement omis. Il faudrait, pour
les représenter tous, des figures spéciales, plus nombreuses et plus
fortement grossies.
Poils. — Les poils du soma sont lisses en général. Parmi les
dorsaux, les sensilli mis à part, les rostraux sont seuls nettement
barbelés, assez faiblement d’ailleurs. Les ventraux sont tous lisses,
petits, sans rien de particulier.
Bouclier prodorsal ou aspis. - Le bouclier prodorsal, que j’appelle
ici l’aspis parce qu’il est complètement séparé des autres boucliers,
comme chez les Phthiracaroïdes, est surtout remarquable, au premier
examen, par ses poils rostraux implantés tous deux dans le plan de
symétrie (fig. IA, 2B). Il a 2 poils exobothridiques, de chaque côté,
l’antérieur xa dressé, normal, et le postérieur xp couché, plus pâle,
incommode à voir, régressif (fig. 2C).
Le sensillus est cilié, à cils grands et peu nombreux, sur un seul
rang. J’ai compté 5 ou 0 cils, rarement 4, une fois 7. Le nombre 6
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
domine. La tige, dans la région ciliée, est très légèrement en zigzag
chez certains individus. Entre niçois on voit qu’elle est seule biré¬
fringente. L’actinochitine ne pénètre pas du tout dans les cils. Le
dernier cil est généralement plus long que ce qui reste de tige après
lui (lig. 20. Il arrive aussi que le dernier cil parle du bout de la tige
et même qu’il en parte dans la direction de celle-ci. On constate alors
Fig. 2. — Perlohmannia dissimilis (Hewitt) . Adulte. — A (x 1601, latéral, noto-
gaster et région ano-adanale d’après un individu contracté. — B (X 160), laté¬
ral, aspis. —■ C (X 210), latéral, propodosoma, région médiane et postérieure. —
I) (x 210), latéral, métapodosoma ; le notogaster n’est représenté que jusqu’à
la carène latérale. E (X 160), moitié antérieure d’un aspis anormal à 3
poils rostraux, séparé et vu dorsalement.
que la tige devient isotrope, brusquement, à bonne distance de son
extrémité distale. Ce n’est la vraie tige, dans ce cas exceptionnel,
que jusqu’au point où cesse l’anisotropie.
La bothridie n’a rien de primitif (lig. 3A). Il n’en part aucun
organe trachéen mais sa paroi est beaucoup plus mince au fond, dans
Source : MNHN, Paris
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F. GRANDJEAN.
une région qui est fortement ponctuée, tandis qu'ailleurs sa paroi est
beaucoup plus épaisse et compacte. La ponctuation est de porosité,
de sorte qu'on peut comparer le fond de la bothridie, chez dissimilis,
aux sacs trachéens bothridiques que j’ai signalés autrefois chez
Eulohmannia Ribagai (11, p. 115, (ig. 3A), plus particulièrement au
plus petit des 2 sacs, celui qui est rond.
La surface dorsale de l’aspis est traversée par le sillon s qui passe
derrière les poils in et les bothridies (fig. 2B, 2C, 3A). Ce sillon est
fort, assez large. Un autre, très large et faible, presque indiscernable
sur certains individus, beaucoup plus court, transversal aussi, passe
un peu derrière l’emplacement des poils la.
Latéralement et en arrière, une petite région de bordure que je
désigne par Z (fig. 3A) se distingue par ses deux microsculptures (une
postérieure à points en creux semblables à ceux du notogaster. une
antérieure à points en relief, granuleuse) et parce que la ponctuation
de porosité y est fine. Cette région Z a une surface très légèrement
concave. Entre elle et la partie bombée de l’aspis une carène cr accen¬
tue le changement de courbure. La figure montre aussi, à sa place,
une section optique où la cuticule est projetée sur sa tranche. Il y a
beaucoup de différence, à cet égard et à celui de la microsculpture,
entre les individus.
J’ai fait principalement la figure 3A pour montrer la glande ga,
car on y voit son orifice. C’est une glande un peu allongée, en forme
de sac, à intima chitineux complet. Je l’ai représentée aussi sur la
figure 2C, quand l’Acarien est vu latéralement.
Le tectum rosirai est grand, mince et strié. Les stries sont pâles,
vaguement longitudinales, mais plutôt courbes, onduleuses (fig. IA,
2B). Elles appartiennent à la cloison, de sorte qu’on les voit par trans¬
parence. Il n’est cependant pas exclu que la surface externe du tec¬
tum, surtout en avant, ne soit pas tout à fait unie et contribue à les
former.
On voit habituellement le long du bord du tectum, parallèlement
à ce bord, une ligne très fine et précise qui sépare de la cuticule dor¬
sale, laquelle est ponctuée par les canalicules de porosité, une bande
étroite et incolore, ou presque incolore, qui est sans ponctuation. La
ligne s’écarte du bord, irrégulièrement, à l’extrémité du rostre (fig. 2E).
Je signale ce caractère parce que la chitine de la bande est susceptible
«le gonfler dans le traitement à l’acide lactique et que l’aspis, examiné
latéralement, paraît alors terminé par une petite boule. La boule ne
se forme pas toujours et ce n’est pas une vraie boule, mais elle fait
illusion et on pourrait croire, au premier examen, qu’elle est un ves¬
tige de naso. Remarquons qu’un naso, s’il existait, ne serait pas à
l’extrémité du tectum rosirai. Il n’y a plus aucun reste de naso chez
dissimilis.
La saillie anguleuse désignée par k sur la figure 2B est sous
l’aspis, à son bord. C’est là que se fait l’articulation au gnathosoma.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
65
Entre xp et la bothridie on remarque une tache plus ou moins
accentuée, habituellement forte et fragmentée, extrêmement variable,
qui est du côte interne de la cuticule. Cette tache, représentée sur les
figures 2C et 3A, est une insertion tendineuse importante. J’ai observé
la même insertion, autrefois, chez Eulohmannia Ribagai (11, p. 113,
fig. 2, en l. b.). Peut-être existe-t-elle chez la plupart des Oribates.
Une carène bc en long (fig. 2B et 20 sépare une zone de bordure
à fine porosité. En deçà de la carène, sur le dos de l’aspis, la porosité
est forte. Elle est surtout forte en arrière et au milieu. Elle est fine en
avant, sur le tectum rostral.
Quand l’animal est contracté, toute la région postérieure de
l’aspis, jusqu’au sillon .v, passe dessous le notogaster (fig. IA) La lar¬
geur de la bande séjugale de peau souple, entre ces deux boucliers,
est donc supérieure à la largeur de recouvrement (j’appelle ici largeur
une dimension mesurée parallèlement au plan de symétrie). Elle est
même beaucoup plus grande d’après 2 mesures directes que j’ai pu
faire après arrachement de l’aspis. J’ai trouvé 85 et 90 m c’est-à-dire
environ le dixième de la longueur de l’animal. •
Notogaster. — Le dos du notogaster est un peu bombé et il coupe
le plan de symétrie suivant une ligne presque droite qu’aucune trace
de sillon ne traverse (fig. 2A). Son bord antérieur est la ligne b de la
figure IA. La ligne transversale qui est devant b, sur cette figure, est
le contour apparent de la peau molle dorsoséjugale.
Latéralement, ce dos est limité en avant et au milieu par deux
carènes parallèles, les carènes qui portent, sur la figure 2A, les poils
Cj, c,, cp et c,. Au delà des carènes, de chaque côté, la surface du
notogaster est fortement rabattue et on ne la voit que dans les orien¬
tations latérale et ventrale (fig. 2A et IB). Désignons par pleurale cette
surface rabattue. Elle est séparée du dos, le long de la carène, par
une bande incolore de peau souple (fig. 2D), mais ce n’est pas un
vrai pleuraspis car les deux bords de la séparation se rejoignent der¬
rière le poil e,. La séparation est donc incomplète. La carène con¬
tinue derrière e, comme l’indique la figure 2A, puis disparaît avant
d’atteindre le bord du notogaster. Rien ne la prolonge. Dans cette
région postérieure elle est de plus en plus fine, cependant toujours
franche, à arête vive. C’est elle qu’on voit du côté ventral, sur la figure
IB, devant le poil et la lyrifissure ip.
La chaetotaxie est à 32 poils. Dans les 32 je compte la paire f
qui est vestigiale. On voit dorsalement en f,. de chaque côté, sur tous
les individus, une tache claire, petite et ronde, à bords précis, qui est
l’alvéole du poil disparu. L’alvéole n’est pas vide. Il contient un reste
de la racine. J’ai observé ce reste à fort grossissement et entre niçois,
dans des coupes orthogonales de la cuticule, pour savoir s’il contient
encore de l’actinochitine. Il n’en contient pas.
La distribution des poils, malgré sa simplicité apparente, n’est
pas primitive. Il faut faire des hypothèses pour désigner les poils c
et (I et on ne peut justifier ces hypothèses que par des comparaisons
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
contestables, car elles font intervenir des Oribates qui ne sont pas
voisins de dissimilis. J’ai mis sur les figures les notations qui m’ont
paru les plus probables. On les discutera plus tard.
Les glandes latéro-abdominales sont grandes (fig. IA). Elles ont
un orifice qui est derrière le poil f Leur contenu est incolore ou à
Fig. 3. — Perlohmannia dissimilis (Hbwitt). Adulte. — A (X 510), aspis détaché
et vu dorsalement, région latéropostérieure. — B (X 630), région ano-génitale
projetée sur le plan de symétrie pour montrer la pièce préanale ; la coupe
sagittale du tégument est couverte de hachures espacées dans la région où elle
est incolore : on suppose que le notogaster et les sclérites adanaux ont été enle¬
vés ; l’extrémité antérieure du sclérite adanal est néanmoins dessinée, ainsi
qu’une partie du bord du notogaster ; AN, AD, AG, GP, sclérites anal, adanal,
aggénital, génital postérieur ; b. re, bord antérieur du rectum ; b. ng, bord du
notogaster. — C (X 260), sclérite anal gauche, séparé et orienté de telle manière
que sa surface, au milieu, soit horizontale (perpendiculaire à l'axe du microsco¬
pe') ; les poils anaux ne sont représentés que par leurs implantations ; de bas
en haut on a an,, an, et an„ puis la lyrifissure ian ; la région ponctuée est la
tache de forte porosité. — D (x 735), organe mâle ; l’Acarien est vu latérale¬
ment. son extrémité antérieure en haut. — E (X 735), organe mâle ; l’Acarien
est vu de dessous, comme sur la figure 1 B.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA D1SSIMILIS (HEWITT).
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peine teinté. On voit mieux leur paroi après le chauffage dans l’acide
lactique, les matières très colorées qui les entourent étant alors sup¬
primées par dissolution.
Les lyrifissures ont les emplacements indiqués par les figures 2A
et IB. Aucune d’elles n’est visible dorsalement. Remarquons qu’il y
en a seulement 4, de chaque côté.
J’ai parlé plus haut de la ponctuation superficielle. Sur le noto-
gaster sa densité diminue un peu en arrière, dessous comme dessus.
La porosité, toujours fine, est la même partout.
Région ano-adanale. Les sclérites anaux et adanaux, étroits
et longs, sont indépendants, mais flanqués latéralement par ce que
j’appelle ici des sclérites adventifs. Ceux-ci, au nombre de 8 (fig. IB),
couvrent en partie les bandes de plicature, c’est-à-dire les 2 paires
d’intervalles qui sont entre les sclérites anaux et adanaux, d’une part
(bandes de plicature anale), et entre les sclérites adanaux et le noto-
gaster, d’autre part (bandes de plicature ventrale ou adanale). Je ren¬
voie pour les bandes de plicature à mon travail de 1933 (8, p. 218 à
220, fig. 3).
Ces bandes ont été vraisemblablement, chez les ancêtres de dis¬
similis, en peau souple. Aujourd’hui elles sont scléritisées à partir des
bords des sclérites anaux et adanaux, el à partir du bord du noto-
gaster. La scléritisation part exactement des bords, qui font charnière,
et elle s’étend plus ou moins dans chaque bande, sans atteindre le
milieu. Elle s’arrête irrégulièrement comme l’indique la figure IB, et
jamais de la même façon sur deux individus différents.
Les sclérites adventifs sont plus minces que les sclérites anaux et
adanaux. Ils ne portent aucun poil, naturellement. L’un d’eux touche,
à sa limite antérieure, la lyrifissure ips.
Les poils anaux et adanaux sont au nombre de 3 paires. Les lyri¬
fissures iad et ion, assez petites, mais très apparentes, occupent les
emplacements habituels.
J’ai représenté à part le sclérite anal (fig. 30 car il a un carac¬
tère dont je n’ai vu jusqu’ici aucun autre exemple. Sa porosité, qui
est fine en général, comme sur les autres sclérites ventraux de l’opis-
thosoma, est beaucoup plus forte entre les poils an t et an 3 , du côté
paraxial. Dans cetle région particulière, la seule que j’aie ponctuée
sur la figure 3C, les pores plus grands diminuent la transparence de
la cuticule. A faible grossissement on voit là une tache grise. A fort
grossissement et dans l’orientation ventrale de I’Acarien, comme sur
la figure IB, la tache grise est remplacée par une zone à stries trans¬
versales. Les stries sont des canalicules de porosité (1). La cuticule
du sclérite anal, en effet, lorsqu’elle est dans cette orientation, est
(11 Les stries son! semblables à celles qu’on peut voir partout dans les bou¬
cliers à forte porosité, dans l’aspis par exemple, quand la cuticule n’est pas à
peu près perpendiculaire à l’axe du microscope. Je les ai représentées dans la
tache sur la figure IB, il titre exceptionnel, pour attirer l’attention sur cette
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
6X
penchée. Si on observe à plat cette cuticule, comme sur la figure 3C
(il faut séparer le sclérite, l’observer à part et le faire tourner jusqu’à
ce que sa surface, dans la taclie, soit horizontale), les stries disparais-
dent et on voit seulement une ponctuation forte, aussi forte que sur
les épinières du podosomu. La forte ponctuation passe graduellement
à la fine. La tache a des bords flous.
L’endroit est favorable à l’observation sur la tranche puisque la
tache à forte porosité est contre le bord anal et que ce bord peut être
amené tout entier au contact de la lamelle, dans une préparation. Si
on oriente ainsi un sclérite anal, on voit très bien les canalicules et
on constate que chacun d’eux s’évase largement à la face interne du
sclérite, lorsqu’il débouche. Ce qu’on a sous les yeux est pareil à la
coupe d’une belle aire poreuse d’Oribate supérieur, avec cette diffé¬
rence, toutefois, que l’épaisseur de la cuticule est la même partout.
Je n’ai pas retrouvé exactement cette structure dans les autres
régions à grande porosité. En coupe de l’aspis, par exemple, on voit
bien les pores (les canalicules) et ils vont jusqu’à la surface interne
de la cuticule, mais ils ne s’évasent pas largement.
La surface extérieure du sclérite anal m’a paru un peu plus bom¬
bée qu’ailleurs dans la tache à forte porosité. II m’a semblé, d’autre
part, que l’épiostracum avait là une striation intratégumentaire discer¬
nable, beaucoup plus fine que celle de l’ectostracum, perpendiculaire
aussi à la surface.
Pièce préanale. — La pièce préanale, ou de fermeture antérieure
anale, est très petite, en chitine pleine. Sur la figure IB on la voit
devant les volets anaux, partiellement cachée par eux, triangulaire.
Elle est colorée en brun, faiblement le long de sa base (celui de ses
côtés qui est en avant) et fortement au sommet qui est opposé à cette
base. Sur la figure 3B elle est plus grossie et de profil, projetée sur
le plan de symétrie. Sa forme y est tout autre, coudée et on en voit
partir des tendons.
La pièce préanale, d’après cette dernière figure, appartient à la
cuticule, mais elle n’en représente qu’un fragment profond car elle
est épaissement recouverte, du côté externe, par de la chitine incolore,
celle de la peau souple qui va des sclérites anaux aux sclérites géni¬
taux. On voit aussi qu’elle n’est pas entièrement scléritisée. Les ten¬
dons de fermeture anale partent aussi bien de sa partie incolore (celle
qui est couverte de hachures espacées) que de sa partie brune (celle
qui est couverte de hachures serrées).
D’autres tendons sont attachés à la paroi chitinisée du rectum,
le long du bord antérieur de cette paroi, derrière la pièce préanale,
jusqu’à une certaine distance en profondeur. Les premiers de ces ten¬
dons sont à peu près dans le plan de symétrie. Les suivants partent
en faisceaux, de place en place, dans des directions quasi perpendicu¬
laires au plan de symétrie, à gauche et à droite, de sorte qu’ils sont
vus très en raccourci sur la figure 3B.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HKWITTi.
6!)
La ligure 3B permet de comprendre, en outre, ce que signifie la
ponctuation très grossière et très accentuée des sclérites anaux, à leur
bord antérieur, quand on les observe dans l’orientation ventrale. J’ai
cru d’abord qu’il s’agissait d’une microsculpture de surface à gros
granules. Il s’agit en réalité du contact mamelonné et rugueux, vu
par transparence, entre le sclérite anal et la peau non chitinisée qui
s’attache à ce sclérite en avant.
Le sclérite Q postanal, de forme carrée (fig. IB), est séparé des
sclérites anaux et adanaux par de la peau incolore. Il l’est aussi du
notogaster, sur ses côtés cl à son bord postérieur. La région qu’il
occupe est fortement déprimée, de sorte qu’elle n’est vue que par
transparence lorsque l’animal est de profil (fig. 2A).
Région génito-aggénitale. — Les sclérites génitaux surplombent
fortement, en arrière, la surface ventrale. Ils sont coupés en deux par
une bande incolore et transversale de peau non scléritisée. La partie
qui est devant la coupure, sur chaque sclérite, est plus grande que
l’autre (fig. IB).
Les bords de la coupure sont toujours en zigzag, denticulés d’une
façon tout à fait irrégulière, avec les dents paraxiales plus fortes et
souvent capables de traverser la coupure et de toucher le bord opposé.
Les deux bords sont-ils alors réunis ? Peut-être, mais rarement. La
coupure, quoique très inégale, est presque toujours complète.
Les poils sont au nombre de 8 paires, fi pour les sclérites anté¬
rieurs et 2 pour les postérieurs. Un des 6 poils, à droite ou à gauche,
est implanté quelquefois dans la coupure. Il peut arriver aussi qu’un
des 6 poils manque, ou qu’aux 2 poils du sclérite postérieur, d’un
côté, s’ajoute un troisième poil.
La ponctuation superficielle est généralement nulle sur le sclérite
postérieur. Quelques individus l'ont à ce sclérite comme à l’antérieur,
c’est-à-dire du côté antiaxial, dans la région libre de poils.
Les sclérites aggénilaux, bien isolés, portent chacun 2 poils. Un
individu avait 3 poils aggénitaux à gauche et 2 à droite.
Ovipositeur. — L’oviposileur, lorsqu’il est au repos dans le corps
d’une femelle, est appliqué contre la face ventrale, devant les volets
génitaux. Son axe est dans le plan de symétrie. Son extrémité proxi¬
male apparente tombe à peu près sur le sillon épimérique 3, celui
qui sépare les deux segments du métapodosoma. Ce n’est pas la véri¬
table extrémité proximale, mais seulement celle de la partie distalc
de l’ovipositeur, enfoncée dans l’autre. Je renvoie pour la structure
de l’ovipositeur (elle est normale chez dissimilis ) à ce que j’en ai dit
récemment (23, p. 96 à 103, fig. 1 à 4). La longueur totale de l’organe,
lorsqu’il est en extension, est donc supérieure au double de la distance
entre le milieu des volets génitaux et le sillon 3.
L’ovipositeur n’était en extension sur aucun des individus que
j’ai récoltés et je n’ai pas réussi à le faire sortir par gonflement. J’ai
néanmoins bien vu ses caractères, lesquels reproduisent, à très peu
Source : MNHN, Paris
7(1
F. GRANDJEAN.
près, ceux que j’ai dessinés pour Heminothrus Targionii dans le tra¬
vail précité (23, p. 99, fig. 2). On a le même plissotement des parois,
celui de la moitié proximale plus fin que celui de l’autre moitié (1),
les mêmes lobes et la même chaetotaxie à 18 poils, avec les 4 poils
et ta beaucoup plus grands que les autres. Pour un ovipositeur dont
la moitié distale avait 166 p. les longueurs des poils étaient 80 à 85 p
pour ij/,, 75 à 80 p pour x lt 35 p pour x g , x 4 et 30 p pour x 2 et 25 à
30 n pour les 6 poils k de la couronne.
Tous ces poils, sauf x, et sont apparemment ou réellement des
eupathidies. Les grands poils x 4 et t|»t font exception parce qu’ils ont
un canal beaucoup plus court que les autres et qu’ils sont longuement
effilés. La région effilée, examinée entre niçois, est actinochitineuse
jusqu’à la limite de visibilité, donc rigide, ou plutôt résistante (rela¬
tivement). Il ne s’agit pas ici d’un effilement de type ordinaire, où le
poil est mou, formé par la seule couche isotrope.
Les poils sont implantés presque exactement comme chez H. Tar¬
gionii. Les seules différences sont que x 3 n’est pas plus écarté du plan
de symétrie que x 2 et que x 4 , plus écarté de ce plan que x 3 et Xj, est
à peine plus distal que x 3 .
Organe mâle. - Plusieurs de mes exemplaires, gonflés dans
l’acide lactique, avaient l’organe mâle en érection, de sorte que j’ai
dessiné cet organe (fig. 3D, 3E). Il est très petit et formé de deux par¬
ties, une distale qui est conique et pointue et une proximale plus
large.
J’appelle pénis la partie distale, bien qu’il n’y ait pas, chez dis¬
similis comme chez les autres Oribates, un vrai pénis intromittant.
Ce pénis est totalement scléritisé à sa surface, mais sa paroi est inco¬
lore, non poreuse. Il est lisse. Il porte tous les poils, qui sont au
nombre de 16. Ce sont des poils canaliculés, eupathidiques, dont les
longueurs sont comprises entre 10 et 15 p. Leurs emplacements sont
normaux. Je ne leur ai pas mis des notations sur les figures parce qu’il
faudrait supposer, pour en mettre avec certitude, que c’est la paire
ku de l’ovipositeur qui manque au pénis. Si cette hypothèse est juste
(je crois qu’elle est de beaucoup la plus probable) les 2 paires qui sont
le plus près de la base du pénis sont kl et kd (kd en avant et kl au
milieu), les 4 poils les plus postérieurs sont les -J/ et les 4 qui restent,
de chaque côté, sont les x.
Le canal éjaculateur aboutit à l’extrémité du pénis, un peu devant
la pointe. On le voit difficilement. Sur la figure 3E son ouverture
serait entre le petit dessin hachuré central et le triangle qui est des¬
sous. Le triangle est la projection de la pointe (un peu courbée en
arrière comme le montre la figure 3D) du pénis. Le petit dessin hachu-
(1) La moitié proximale est un peu plus grande que la distale puisqu’elle la
contient quand l’ovipositeur est replié sur lui-même. Je crois qu’on peut se per¬
mettre, malgré cela, de dire moitié plutôt que partie, car les parties sont tou¬
jours au nombre de deux et de dimensions peu différentes. Le mot moitié, en
structure normale, est plus suggestif.
Source : MNHN, Paris
l’KK I.OH M A N NIA DISSIMILIH (HEWITTh
ré représente une partie chitineuse de la paroi du canal. On le suit en
profondeur en abaissant l’objectif. Il change de forme et va rejoindre,
au niveau des papilles génitales, les lignes en pointillé que j’ai mises
entre Va et Vm sur la figure 3D. Ces lignes sont les bords, presque
indiscernables tant ils sont pâles, de formations internes chitineuses
analogues à celles que j’ai représentées pour d’autres pénis (21, p. 118,
fig. 4C ; 22, p. 211, fig. 20. Elles en diffèrent beaucoup, vraisembla¬
blement, mais je ne sais pas par quels caractères car je ne les ai pas
étudiées.
La partie proximale de l’organe mâle sert à l’invagination du
pénis. Sa paroi est molle, plissotée, glabre. Le plissotement n’est pas
semblable à celui de l’ovipositeur. Il est beaucoup plus grossier et irré¬
gulier. Les lignes rayonnantes auxquelles il donne lieu dans l’obser¬
vation sont souvent géminées.
J’ai vu l’invagination à tous les degrés. Elle doit être nulle quand
l’organe fonctionne. Elle n’était pas tout à fait nulle sur l’exemplaire
de la figure 31). Elle est complète quand l’organe est enfermé dans la
chambre prégénitale. •
l)e la base proximale part une peau lisse et très déformable qui
constitue, lorsque l’organe est au repos, la paroi de la chambre pré¬
génitale.
Les papilles sont implantées dans cette paroi. Elles ne diffèrent
pas d’un sexe à l’autre. Elles n’ont rien de particulier. J’ai représenté
seulement leurs contours sur la figure 3D. Les 3 paires sont de même
taille, notablement en massue, semblables. Elles sont de formes dif¬
férentes sur la figure 3D, mais c’est parce qu’elles sont diversement
orientées. Elles ne sont pas équidistantes. La paire antérieure est plus
écartée des deux autres paires que celles-ci ne le sont entre elles.
Région ventrale du podosoma. Les deux boucliers coxisternaux
(ou épimériques), l’antérieur et le postérieur, c’est-à-dire les boucliers
I-II et III-IV, sont séparés par une dépression large et profonde, la
dépression séjugale (fig. IBi.
La dépression séjugale n’est pas entièrement occupée par la peau
molle. Le bouclier antérieur s’v engage et va jusqu’au fond, par un
prolongement où le corps s’étrangle, c’est-à-dire par une sorte de col.
On voit le col sur la figure 2C. C’est un col partiel et court, unique¬
ment ventral, mais intéressant car il rappelle celui d’autres Oribates,
celui d'Enlohmannia Ribaqai par exemple.
Sur la figure IB le col n’est pas apparent. La ligne transversale
assez imprécise et discontinue qui est derrière les poils de Pépinière II,
sur cette figure, marque le bord antérieur du col, c’est-à-dire le chan¬
gement de pente quand la cuticule de cet épinière pénètre dans la
dépression séjugale par un arrondi. Il n’v a pas, le long de cette ligne,
une véritable carène.
Le bouclier coxisternal I-II, celui du propodosoma, est d’une seule
pièce. En avant il porte le sillon épimérique 1, qui est en V, et une
mentonnière dans le V. La mentonnière est impaire. Au milieu il
Source : MNHN, Paris
72
F. GRANDJEAN.
porte le sillon épimérique 2, presque droit et transversal. Ces deux
sillons sont assez profonds. Il n’y a pas de sillon sternal.
Des sillons épimériques 1 et 2, de chaque côté, partent les demi-
apodèmes 1 et 2, lesquels sont grands, fortement inclinés en arrière
et de même forme. A cause de leur forte inclinaison on les voit bien
par transparence dans l’orientation ventrale de l’Acarien, et j’ai des¬
siné sur la figure IB, à gauche, leurs bords libres. Le bord postérieur
du bouclier, celui qui est dans la dépression séjugale, est naturelle¬
ment dépourvu de tout apodème.
Dans le plan de symétrie la cuticule du bouclier est prolongée à
l’intérieur du corj>s par une lame qui se divise immédiatement en
deux moitiés symétriques. Il y a donc deux lames sternales apodé-
matiques très rapprochées l’une de l’autre, parallèles, et de chacune
de ces lames, à la rencontre des sillons 1 et 2, partent les deux demi-
apodèmes 1 et 2.
Le bouclier coxisternal III-IV, celui du métapodosoma, n’est pas
d’une seule pièce. Il est divisé en deux moitiés symétriques par une
bande étroite (sternale) de peau molle. Dans chaque moitié les épi-
mères III et IV sont soudés le long du sillon épimérique 3 (comme le
sont les épimères I et II le long du sillon épimérique 2). Ce sillon
transversal ressemble au sillon 2. Il est moins fort. La bande sternale
n’est pas déprimée, de sorte qu’il n’y a pas non plus, à ce bouclier,
de sillon sternal.
Du sillon 3, dans chaque demi-bouclier, part un demi-apodème
qu’on ne voit pas bien sur la figure IB car il est presque perpendi¬
culaire à la surface ventrale. Il est très légèrement incliné en avant.
Je l’ai représenté à part, projeté sur un plan transversal (fig. 13 E).
Sa forme est exceptionnelle à cause du grand lobe arrondi par lequel
il se termine du côté paraxial. Les deux lobes symétriques sont com¬
plètement séparés.
Les demi-boucliers III-IV ne sont pas bordés en avant par des
demi-apodèmes. L’apodème séjugal n’existe donc pas chez dissimilis.
En arrière, ces demi-boucliers portent les demi-apodèmes 4, qui sont
à la limite de l’opisthosoma. Je n’ai pas représenté ces demi-apodè¬
mes. Ils sont perpendiculaires à la surface ventrale et leur bord libre,
de chaque côté, est une ligne simple, incurvée, qui s’élève en s’écar¬
tant du plan de symétrie et qui rejoint, en s’en rapprochant, le bord
libre de la lame apodématique sternale.
La structure sternale, à III-IV, est semblable à celle décrite plus
haut pour I-II, avec cette différence que les deux lames apodémati-
ques parallèles, en bordure paraxiale de chaque demi-bouclier, sont
un peu plus écartées et totalement distinctes puisqu’elles sont sépa¬
rées l’une de l'autre par la bande sternale de peau non scléritisée.
J’ai cherché à faire voir cela sur la figure 13E et à montrer que les
lames apodématiques sont un peu incurvées du côté antiaxial.
La figure 12 E représente une lame apodématique sternale pro¬
jetée sur le plan de symétrie, avec la façon dont elle se réunit, au
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
73
passage du sillon épimérique 3, avec le lobe de l’apodème 3. A la sur¬
face de cette lame j’ai dessiné quelques lignes qui sont des bords
d’impressions musculaires. Il ne faut pas s’attendre à retrouver les
mêmes lignes quand on change d’individu. La hauteur de la lame et
la forme du bord libre sont susceptibles également de fortes variations.
On peut en dire autant, à un moindre degré toutefois, pour les apo-
dèmes proprement dits, les transversaux.
La formule épimérique est (3-1-3-4). Les notations des poils ne
sont pas portées sur la figure IB. Je les ai mises à la figure 12B.
Caractères latéraux du podosoma. - Aux poils de la formule
épimérique s’ajoute l’épine supracoxale I, très petite et difficile à
voir, mais importante. Je l’ai représentée en el sur la figure 2C.
Je n’ai vu aux acetabula I el II qu’une dent d’articulation avec
les trochanters, l’antérieure. Les acetabula III et IV ont les deux dents
habituelles, diamétralement opposées.
Le bouclier coxisternal I-II est un peu recouvert par l’aspis au-
dessus de la patte I. C’est un recouvrement tectal, sans aucune sou-,
dure, ni contact.
La glande gl, entre les pattes I et II (fig. 2C), a un orifice arrondi
qui est très apparent, quoique minuscule. Son intima chitineux, extrê¬
mement mince, part de l’orifice et s’élargit à l’intérieur. Tl est très
court et largement ouvert à son extrémité distale.
La glande g&, au-dessus de la patte IV (fig. 2D), a aussi un orifice
arrondi très apparent et de cet orifice part aussi un intima chitineux
qui s’élargit à l’intérieur, mais cet intima est plus épais que celui de
la glande gl et on le voit plus facilement. On constate qu’il est fermé,
en forme de sac. La glande gi ressemble à la glande gn, celle qui
débouche dans l’aspis. Elle est à peu près de la même taille. Je l’ai
représentée sur la figure 13F d’après un demi-bouclier coxisternal
III-IV vu latéralement. Sur cette figure elle n’a pas la même forme que
sur la figure 2D. La différence est due, vraisemblablement, à des iné¬
galités de gonflage et d’orientation.
La protubérance désignée par w sur la figure 2D est devant la
glande gh. Elle appartient au bouclier coxisternal III-IV et elle est
creuse. Considérée de l’intérieur c’est une apophyse d’où partent des
tendons. Considérée de l’extérieur c’est une cavité profonde, un puits
de forme conique. Le puits s’ouvre au bord du bouclier, à sa surface.
Un sclérite que je désigne par V (fig. 2D) est logé dans la peau
molle au-dessus de la patte IV, un peu derrière celle-ci, de sorte qu’on
voit l’extrémité postérieure de ce sclérite dans l’orientation ventrale
(fig. IB). Le sclérite U est tout près du bouclier coxisternal III-IV, de
chaque côté, mais il ne le touche pas. II ne touche pas non plus le
notogaster, ni le sclérite aggénital. Il est ponctué superficiellement
(en totalité ou en partie selon les individus), comme le notogaster et
les sclérites ventraux de l’opisthosoma.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVI. à
Source : MNHN, Paris
74
F. ÜRANDJEAN.
Iniracapitulum. — L’infracapitulum est sténarthre. De dessous,
son seul caractère particulier est d’avoir de chaque côté 3 poils mé¬
dians subcapitulaires. Les poils subcapitulaires sont représentés sans
notation sur la figure IB du présent travail, à petite échelle, et à plus
grande échelle sur une ancienne figure où je leur ai mis des notations
(8, p. 215, fig. 1). Je renvoie à cette ancienne figure, qui est juste. Il
suffit de moderniser ses notations en remplaçant m et m’ par RU (RU,
anciennement la maxille, est maintenant le rutellum), mx et mx’ par G
(G, anciennement la pièce maxillicoxale ou le maxillicoxa, est mainte¬
nant la joue labiale), h par H (H est le menton, ou hystérostome), ell
par e (c’est l’épine supracoxale du segment palpien) et de supprimer
la lettre p. qui est inutile, à tous les poils subcapitulaires afin qu’ils
prennent, respectivement, les notations a, m„ m g , m,, et h.
Le rutellum est robuste, large, bien denté, presque incolore. Les
dents ne sont pas plus colorées que le reste. Je l’ai représenté à part
avec son manubrium et l’extrémité antérieure de la joue labiale, celle-
ci portant le poil antérieur subcapitulaire a (fig. 5D). Il est incorporé.
Son peigne est réduit à une arête ébréchée, couchée en avant, bien
visible quand l’infracapiluluin est séparé et vu de dessus, mais dé¬
pourvu de cils. Sur la figure 5D l’arête est vue par transparence. C’est
la ligne finement en zigzag qui est devant la limite r de l’actinochitine.
Examinées de dessous, les lèvres latérales ont la forme habituelle
(8, p. 215, fig. IA). II y a 3 poils adoraux de chaque côté. L’antérieur
or, est fourchu. Les postérieurs ont quelquefois, tout près de leur
pointe, une petite indentation.
Pour mieux voir il faut séparer une lèvre de la joue à laquelle elle
est attachée. Alors on peut examiner la lèvre latéralement, du côté
antiaxial, sans être gêné par le rutellum et on peut grossir davantage
(fig. 4B) (1). Une lèvre est plus haute que large. Elle est aplatie verti¬
calement. J’ai profité du grossissement pour dessiner sur la figure 4B
les 2 crêtes épineuses que porte la lèvre en position antilatérodorsale.
Ces 2 crêtes sont longitudinales et rapprochées l’une de l’autre. Elles se
rejoignent souvent en arrière. Elles sont analogues à celles, beaucoup
plus nombreuses, que porte le labre. Leur position et leur course,
sinon leurs détails, sont observables directement, sans séparation de
la lèvre, dans les préparations dorsales de l’infracapitulum entier.
Sur le labre (fig. 4A, 4C, 5E) les crêtes épineuses abondent. Il y
en a dessus, dessous et sur les côtés. Les plus voisines de l’extrémité
antérieure, dorsalement et latéralement, sont constantes, symétriques,
et elles ont des épines assez grandes. Les autres crêtes ont des épines
plus petites, parfois tout juste visibles, des positions qui varient et elles
sont le plus souvent dissymétriques, surtout du côté dorsal. Sur la
figure 5C je n’ai pas pu les dessiner toutes.
(1) Séparer la lèvre est une opération difficile que je n’ai réussie qu’une fois
pour dissimilis. Aussi n'ai-je pu vérifier la figure 4B sur une autre préparation
de la lèvre. J’ai des doutes, en particulier, sur la ligne qui représente la limite
antiaxiale du sclérite adorai. Ce sclérite est incolore.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
75
On constate, en observant les plus courtes d’entre elles à fort
grossissement, qu’elles sont de la même nature que les écailles de la
surface mandibulaire. Ce sont des écailles multiples, ou des écailles
denticulées, ou des alignements d’écailles. J’appelle écaille un soulè¬
vement aplati, ici triangulaire et pointu, de la couche superficielle
(épiostracale) de la cuticule.
Fig. 4. — /' erlohmanniti dissimilis (Hewitt). Adulte. — A (x 850), labre en pro¬
jection sur le plan de symétrie, relevé. -- U (x 850), lèvre gauche, même pro¬
jection. — C (x 540), infracapitulum séparé, dorsal. — D (x 1390), le ductus
de la glande infracapitulaire gauche et son orifice og ; même orientation qu’en
C — K (x 900). lobes internes à l’extrémité postérieure de l’apodèmc capitu¬
laire ; l’infracapitulum est orienté verticalement et vu de l’arrière. — F, palpe
anormal, partiel, à génual incomplètement formé, d’après un ancien croquis ;
le palpe est gauche, vu latéralement ; ses poils ne sont pas représentés. —
G (X 1500), double ponctuation de la cuticule ; la ponctuation plus fine est
celle de porosité ; l’autre, constituée par des dépressions ayant 1 à 2 u de lar¬
geur, est la microsculpture de surface ; la cuticule est vue à plat : c’est celle
du notogaster en avant.
Source : MNHN, Paris
76
F. GR.4NDJEAN.
II y a un sclérite dans le labre, comme toujours, et il est épais en
arrière et au centre, mais il est incolore de sorte qu’il est difficile à
voir. J’ai représenté sur la figure 4A, en la hachurant, sa section par
le plan de symétrie. .Son bord est probablement la ligne en pointillé
qui entoure la section hachurée. La ligne en pointillé est très pâle. En
avant elle est à peine discernable et il ne faut pas l’accepter comme
sûre.
Le pli dorsal, quand le labre est relevé, se fait dans une région
molle. La surface y est cabossée d’une façon qui est apparemment
quelconque dans les préparations. Le pli ventral rv (fig. 4A, 40) est au
contraire simple et constant, en arc de cercle.
Il n’est pas facile de savoir quelle est la vraie forme d’un labre.
Sa cuticule n’est pas scléritisée en surface et le milieu conservateur,
que ce soit de l’alcool ou tout autre liquide, le déforme plus ou moins.
Les bords latéraux n’ont pas toujours le même aspect que sur la
figure 4C. Dessous, le labre est concave aussi souvent que convexe.
Dessus, les plis en long ne sont pas toujours aux mêmes places. L’ex¬
trémité est un peu lobée et élargie comme sur la figure 4C, ou bien sans
trace de lobe, plus étroite. II ne faut pas être surpris par ces diffé¬
rences chez dissimilis, bien qu’elles soient grandes. Tous les labres
d’Oribates en ont d’analogues.
Sur la figure 4C je n’ai pas dessiné le pharynx. On le voit partir
des commissures de la bouche, comme d’habitude, et il n’a rien de
spécial. Il conduit à un œsophage entièrement chitinisé. Une partie
du premier ventricule est chitinisée aussi.
A la surface dorsale de l’infracapitulum j’ai observé le ductus de
la glande infracapitulaire. Il est mince, délicat, et je n’ai pas pu le
suivre en profondeur mais j’ai bien vu son orifice (fig. 4C, 4D, en og).
L’orifice est pâle, incolore, ovale allongé. Le ductus en part vers
l’avant, près de la surface et il contourne une ligne bs à un endroit où
cette ligne à peu près droite est légèrement creusée.
I) faut d’abord comprendre ce que signifie la ligne bs. II y en a
deux, symétriques, formant un Y. Qualifions l’espace en V de post-
labral. Dans cet espace la surface de l’infracapitulum est convexe. Sa
cuticule est très mince, non chitinisée ou à peine. Hors du V, à gauche
et à droite, la surface de l’infracapitulum est concave et la cuticule est
bien chitinisée, assez épaisse quoique incolore. Une ligne bs est donc
le bord d’un sclérite qui est du côté antiaxial de cette ligne.
Revenant au ductus nous voyons qu’il ne perce pas le sclérite. Il
le contourne. Le long trajet, après le contournement, pour que soit
atteint l’orifice, démontre qu’il y a un espace libre entre la surface
extérieure dorsale et le sclérite. C’est pour cela que j’ai dessiné la
ligne bs en pointillé.
Comparant à un Oribate supérieur, Xenillus clypeator (24, p. 88
à 92, fig. 1), nous remarquerons qu’il n’y a pas de foramen chez dissi¬
milis, bien que l’orifice og ait à peu près le même emplacement que
chez Xenillus. Un foramen doit exister chez Xenillus parce que la
Source : MNHN, Paris
PËRLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
77
surface de l’infracapitulum est entièrement scléritisée. II n’est pas
forcé d’exister chez dissimilis parce que la scléritisation épargne
encore une partie de cette surface. Le léger creusement de la ligne bs,
à l’endroit où le ductus la frôle, est un commencement de formation
du foramen.
Fig. 5. — Perlohmannia dissimilis (Hewitt). Adulte. — A (X 510), mandibule
droite, latérale. — B (X 510), palpe droit, latéral. — G (X 1530), le tarse du
palpe, plus grossi, vu dans une orientation intermédiaire entre la ventrale et la
paralatérale, pour montrer le petit poil su à la base de l’eupathidie ul'. —
i) (x 510), rutellum droit vu à plat, avec l’extrémité de l’infracapitulum. —
E (X 1760), extrémité du labre comme en 4C. plus grossi, autre individu.
L’apodème capitulaire, derrière la ligne d’attache at, est extrême¬
ment réduit. Sa surface, d’abord montante, est brusquement courbée
vers le bas dans la région qui est voisine du plan de symétrie et elle
forme lù deux lobes, ceux que j’ai dessinés sur la figure 4E. La cour¬
bure est brusque. On pourrait même dire que la cuticule de l’apodème
Source : MNHN, Paris
78
F. GRANDJEAN.
est coudée à angle droit. Les tendons ne partent pas des lobes, mais de
plus haut. Une espèce de crête paraît surmonter la cuticule de l’apo-
dème, dorsalemenl, dans le plan de symétrie, derrière la ligne at.
Je n’ai tracé cette ligne at sur la figure 4C qu’après avoir beau¬
coup hésité. On la voit à peine et sur certains individus on ne la voit
même pas du tout (1).
Mandibule. La mandibule (fig. 5A) est grosse, à dents inco¬
lores. Son poil postérieur est plus petit que l’antérieur. Elle n’a pas
d’organe de Tràgârdh. La peau qui la relie au squelette en part très
loin en arrière, presque au bord proximal. A cet égard, elle est pri¬
mitive. Sa surface est riche en écailles. Toutes les écailles sont simples,
petites. Il y en a sur le dos et sur les deux faces latérales. Quelques-
unes sont sur le trochanter, du côté antiaxial.
Palpe. — Le palpe (fig. 5B) a cinq articles et ses poils ont la for¬
mule (0-2-0-3-8). Le fémur est caréné au bord ventral. Au tarse le solé-
nidion est grand, assez fin au bout, dirigé en avant et du côté anti¬
axial. Des 8 poils, 3 sont de belles eupathidies à canal très apparent.
A la base de l’eupathidic ut’ est implanté un poil court et spinifonne
que je crois être le subultinial su.
Le poil su est séparé de ul’ (à peine), ou touche uV sans soudure.
Peut-être y a-t-il quelquefois soudure mais celle-ci, s’il est bien vrai
qu’elle existe, n’a lieu qu’en un point, près du collet. Le poil su,
d’autre part, est plus ou moins court. Il manquait sur un des palpes
que j’ai examinés. Les variations individuelles sont fortes.
Dans l’orientation latérale ordinaire du palpe on ne voit pas le
poil su. Il est caché derrière ul’. Sur la figure 5A je n’ai pas pu le
représenter. Pour voir su il faut regarder le palpe du côté ventral ou
paraxial. Le mieux est de l’orienter un peu obliquement comme sur
la figure 5C afin que le poil su se détache sur le contour apparent.
J’ai supposé, pour mettre des notations aux autres poils, que la
paire ventrale habituelle était remplacée ici par un poil unique, le
poil v.
Pattes. — C’est la patte I qui est à la fois la plus longue et la plus
épaisse. La patte IV n’est guère moins longue mais elle est beaucoup
plus mince, sauf au trochanter. La patte III est la plus courte. Les
figures 6 à 8 donnent les dimensions et les formes relatives des divers
articles. Pour I et II j'ai ajouté un dessin de la patte entière à petite
échelle (fig. 6A, 7A) parce que le tarse et les autres articles ne sont
pas représentés au même grossissement sur les figures principales.
La cuticule des pattes n’a pas de ponctuation superficielle ni
aucune autre microsculpture.
(1) Une ligne d’attache n’est pas toujours visible. Si l’attache est tangentielle
aucun phénomène optique ne marque nécessairement les points de tangence, à
moins de regarder dans des directions particulières.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
79
Elle ;i une ponctuation de porosité semblable à celle du soma.
Cette ponctuation est inégale. Elle est le plus faible aux tarses,
particulièrement aux tarses III et IV, où elle est presque indiscernable.
Elle est le plus forte aux fémurs et aux génuaux. Sur ces articles elle
est particulièrement accentuée à la face paraxiale, dans une partie
Fig. — Perlohmannia dissimilis (Hewitt). Adulte, patte 1 droite vue latéra¬
lement. — A (X 130), entière, nue. — B (x 330), du trochanter au tibia. — C
(X 605), tarse et ambulacre
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
80
centrale de cette face. La région paraxiale à pores plus gros s’efface
graduellement dans celle à pores plus fins qui l’entoure et l’épaisseur
de la cuticule y est la même qu’ailleurs. Aux tibias la ponctuation est
sensiblement uniforme, plus fine qu’aux génuaux. Les trochanters
sont ponctués aussi, en moyenne comme le côté antiaxial des fémurs.
Fig. 7. — Perlohmannia dissimilis (Hewitt). Adulte, patte II droite. — A (X 130),
entière, latérale, nue. — B (x 330), latérale, du trochanter au tibia. — C
(X 603), latérale, tarse et ambulacre. I) (x 330), dorsale, génual et tibia ;
les poils d et les solénidions ne sont représentés que par leurs bases.
Au trochanter III la face antiaxiale m’a paru plus poreuse que la
paraxiale (la différence n’est pas grande). Au trochanter IV la région
la moins poreuse est la ventrale. A tous ses articles, sauf le trochan¬
ter, la patte III est moins poreuse que les autres pattes. A l’extrémité
des tarses, dans une petite région voisine de l’articulation avec l’am-
bulacre, la porosité est plus forte. Je l’ai représentée par des points
sur la figure 14D, accessoirement et un peu schématiquement.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA D1SSIMILIS (HEWITT).
81
Les tendons inférieurs des ainbulacres ne sont pas guidés aux
bords postérieurs ventraux des tarses. A ces bords on ne voit ni trou
ni encoche.
La lyrifissure existe à tous les tarses, bien dorsale, line, petite,
plus petite à IV.
Le génual I porte en position latérale, plus près du dos que du
ventre, du côté antiaxial, une ou deux taches minuscules de couleur
claire (fig. 6B>. Ces taches sont très variables en position et en forme.
On en voit plus souvent deux qu’une seule. Elles sont souvent plus
rapprochées que sur la figure 6B. Elles peuvent confluer.
Ces taches sont-elles homologues du pore du génual que j’ai signa¬
lé autrefois chez des Xothroïdes ? Je l’admets, car elles sont particu¬
lières au génual et même, ici, au génual I. Elles diffèrent de celles des
Nothroïdes parce qu’elles ne sont pas rondes, ni dorsales, ni placées
derrière le poil d (13, p. 64, 65, fig. 2A, 2B ; 19, p. 304, fig. 3A. 3D).
Devant son poil te’ le tarse II porte un curieux éperon dentiforme
un peu aplati dans le sens longitudinal, très haut, qu’il faut consi¬
dérer comme une saillie du tubercule de base de ce poil (fig. 7C). Au
même tarse le poil iV est pourvu aussi d’un éperon de même aspect,
beaucoup moins grand. Pour bien voir simultanément les deux épe¬
rons il faut regarder le tarse du côté paraxial (fig. 14D). Les poils te”
et it”. au même tarse, n’ont pas d’éperon. On remarque cependant,
à la base de te”, en avant, une petite bosse anguleuse.
Les éperons du tarse II se retrouvent, paraxiaux aussi, au tarse
III, de sorte qu’ils sont à la base des poils te” et it". A ce tarse ils sont
beaucoup plus petits qu’au tarse II et celui de if” n’est qu’à peine
indiqué. On ne voit rien à la base des poils te’ III et it’ III.
On ne voit rien non plus au tarse IV à la base des poils te” et
te’.
Source : MNHN, Paris
82
F. GRAND.TEAN.
Les éperons larsaux de dissimilis ne suivent pas la loi d’homo¬
logie parallèle.
Les formules numériques des phanères sont les suivantes, de I
à IV :
Poils. — I (1-7-5-6-37-1 > ; II (1-7-5-5-20-1) ; III (2-4-5-5-16M) ;
IV (2-3-4-4-14*-!).
Solénidions. — I (2-3-3) ; II (1-1-2) ; III et IV (1-1-0).
Les astérisques signifient qu’un poil est aléatoire aux tarses III
et IV. C’est le poil l’A des figures 8 et 9B. Le poil v”A du fémur IV
(fig. 9A), très aléatoire (je ne l’ai vu qu’une fois), n’est pas compté.
lacre. — C (X 305). protonymphe, entière.
L’ongle unique, à toutes les pattes, porte à sa base une petite
dent.
Les poils sont généralement barbelés, mais plusieurs sont lisses,
ou presque lisses. Ceux de la région antérieure des tarses, aux pattes
II, III et IV, ont une partie actinochitineu.se assez courte, inférieure
ou à peine supérieure à la moitié de la longueur du poil. A ces mêmes
pattes la partie distale des poils (it) et («) est recourbée vers le haut,
en crosse (fig. 14D). Les poils (te), à IV, se comportent comme les
(it) à III. Les poils (le) III et (te) II peuvent être recourbés en crosse
ou ne l’être pas, selon les individus.
Source : MNHN, Paris
PERI.OHMANXl.V DISSIMIUS (HKWITTi.
83
Les poils proraux (p) sont de taille normale à I. A cette patte ce
sont des cupathidies. Aux autres pattes ce sont des poils ordinaires
très petits, minces et lisses, qui ne dépassent pas, en avant, lorsqu’on
met les pattes en orientation latérale, le contour apparent de la base
de l’ongle. On risquerait de ne pas les voir si on ne les cherchait pas.
Des deux poils d’une paire, l’antiaxial est un peu moins petit que le
paraxial, ou de même taille. A III les deux poils n’ont paru encore
plus petits qu’à II et IV.
Les poils paraxiaux des paires ventrales, aux génuaux et aux
tibias III et IV, sont beaucoup plus petits que les antiaxiaux. La même
remarque est applicable aux tarses III et IV pour les paires (pi>) et (a).
Les cupathidies sont toutes sur le tarse I. Ce sont des eupathi-
dies lisses, spiniformes, un peu en col de cygne, à canal franc, d’un
type très classique, les itérales exceptées. Il y en a 19, dont 12
pour les rangées ventrales (u) et (c). Les 7 autres sont la subunguinale
s et les paires (a), (p) et (if), cette dernière très longue.
Le famulus est creux, en faible massue, à tête ronde. Sa position*
relative est assez variable. Le solénidion u>est souvent plus rappro¬
ché de lui que ne l’indique la figure 6C.
Les solénidions sont piliformes ou cératiformes. Les cératiformes
sont le plus gros solénidion du tarse I, les 2 solénidions du tarse II
et le solénidion du tibia III.
Les poils sont indépendants des solénidions sauf aux génuaux
et aux tibias de la 2' paire de pattes. Le poil d, à ces deux articles,
est implanté tout près de a ou de 9. Les deux alvéoles sont très voi¬
sins, comme sur le tibia de la figure 7D, ou bien ils se touchent comme
sur le génual de la même figure. Ils ne confluent pas. Chaque alvéole
a son canal. L’association dis ou rfç est donc imparfaite. Elle a cepen¬
dant eu déjà sa conséquence habituelle, le raccourcissement du poil.
Aux pattes II les poils dG et dT sont bien plus petits qu’aux autres
pattes.
Variations et anomalies.
Aux variations signalées dans la description précédente j’ajoute
celles du bord du tectum rostral (il est souvent plus arrondi que sur
la figure IA, et assez dissymétrique dans le détail, en avant), celles
de la carène cr de la figure 3A (elle est souvent moins accusée que
sur cette figure), celles de la microsculpture de la zone Z. sur l’aspis
(les granules et les creux sont souvent effacés, quelquefois indiscerna¬
bles) .
Je rappelle aussi les variations auxquelles on doit s’attendre, celles
qui dépendent de l’âge. Un adulte récemment éclos est clair. Ses taches
internes postérieures, celles qui entourent les glandes latéro-abdomi-
nales, peuvent être de faible étendue, ou peu colorées, ou même
absentes:
Source : MNHN, Paris
81
F. GRANDJEAN.
Au cours de mes anciennes observations sur dissimilis j’ai ren¬
contré 2 anomalies que je n’ai pas revues, mais que je crois utile de
signaler.
Une d’elles est relative aux poils rostraux. L’aspis d’un individu
portait 3 poils rostraux implantés en file dans le plan de symétrie
(fig. 2E).
Pour l’autre je n’ai qu’un ancien croquis, copié par la figure 4F.
Le palpe gauche d’un individu avait un génual avorté, assez grand
du côté dorsal, nul du côté ventral. Les autres articles, à ce palpe,
avaient les formes habituelles et rien n’était changé dans la chaeto-
taxie. Le palpe droit du même individu était entièrement normal.
III. NYMPHES ET LARVE.
Faciès, couleur. — La larve et les nymphes ont la même forme
que l’adulte, à très peu près. Elles diffèrent beaucoup de celui-ci par
la couleur. Elles sont claires, blanchâtres ou jaunâtres, sauf en arrière
oii elles sont colorées fortement par le pigment interne qui entoure
les glandes latéro-abdominales. Ce pigment, le même que chez l’adulte,
paraît plus rouge, parce qu’il n’est pas vu à travers une cuticule for¬
tement colorée en brun. Comme chez l’adulte, il est très inégalement
développé selon les individus et il peut manquer. Il manque vraisem¬
blablement, à une stase quelconque, quand l’animal est très jeune à
cette stase, c’est-à-dire quand il vient de quitter la peau de la stase
précédente.
En lumière réfléchie la surface du corps est partout brillante.
Elle est un peu moins brillante en arrière, sur l’hystérosoma, à cause
de la microsculpture pygidiale dont je parle plus loin.
Cuticule. — Il y a des sclériles et une cuticule incolore, mais si
l’animal n’est pas éclairci les premiers se distinguent mal. Il faut
éclaircir totalement par destruction des tissus. On voit alors que les
sclérites sont colorés en brun clair, à peine chez les larves, plus forte¬
ment chez les tritonymphes.
Les sclérites sont les mêmes à toutes les stases. Ce sont l’aspis, une
région postérieure de l’hystérosoma que je désigne par bouclier pygi-
dial, les lèvres prégénitales, une partie des épinières, une partie du
gnathosoma et les articles des appendices. Le bouclier pygidial est
peu coloré. Même chez les tritonymphes il ne contribue pas beaucoup
à assombrir l’animal à l’extrémité postérieure de son corps quand
on l’examine avant de l’avoir éclairci.
Les sclérites ont la même structure que ceux de l’adulte. Sur
une deulo- ou trilonvmphe la ponctuation de porosité et les stries
intratégumentaires sont très franches et on constate que les régions
à forte et faible porosité sont réparties comme sur un adulte, sous
réserve, naturellement, que les sclérites en question existent à ces
stases. Sur une protonymphe il en est probablement de même. J’ai
Source : MNHN, Paris
*ERLOH M A N NIA DISSIMILIS (HEWITT).
85
trop mal vu pour l’affirmer. Sur une larve la porosité est tout juste
discernable.
Seul de tous les sclériles le bouclier pygidial est décoré super¬
ficiellement, à toutes les stases. Il est varioleux, ou, si l’on préfère,
largement et fortement ponctué (fig. 10 à 13). Les « points » sont des
dépressions en verre de montre. Ils sont plus accentués et plus grands
en arrière. Ils s'affaiblissent et diminuent de taille en avant, plus
vile dessous et latéralement que dessus, quand on s’approche des
limites du bouclier.
La cuticule incolore occupe la plus grande partie de l’hystéro-
soma et les intervalles entre les sclérites. Elle est très consistante
avant le traitement par l’acide lactique chaud, aussi épaisse ou plus
épaisse que la cuticule des sclérites. Examinée en coupe elle est lim¬
pide et homogène, sauf une couche superficielle très mince, l’épiostra-
cum, qui se distingue par son indice.
Elle est lisse ou finement ponctuée, apparemment non poreuse.
Les points sont superficiels, en creux, et on les voit principalement
sur le dos de l’hystérosoma où ils sont semblables à ceux du noto-
gaster de l’adulte, plus discrets, car ils échappent à l’observation à
plat. Il faut regarder sur les pentes et ne pas éclaircir, ou du moins
ne pas éclaircir par chauffage dans l’acide lactique. Je n’ai pas repré¬
senté cette microsculpture sur les dessins. Elle diffère de celle du
bouclier pygidial parce qu’elle est beaucoup plus fine et plus serrée.
La cuticule incolore ne se comporte pas partout comme la peau
molle de l’adulte.
Une première différence est qu’après une forte cuisson dans
l'acide lactique la cuticule des immatures garde une adhérence aux
sclérites, bien qu’elle soit altérée et très ramollie, de sorte qu’elle ne
permet pas à ceux-ci de se séparer franchement d’elle, à leurs bords,
pour former des pièces détachées. Si l’on cherche à obtenir cette sépa¬
ration par une action mécanique, en manipulant par exemple avec
des aiguilles, on n’obtient généralement pas de bons résultats. Sépa¬
rer le bouclier pygidial sans le déchirer est impossible. Les boucliers
épimériques (coxaux) ne se séparent pas non plus. La pièce détachée
qu’on obtient naturellement et sans déchirure contient toute la cuti¬
cule coxisternale du podosoma (celle qui est représentée par la figure
12B>, que cette cuticule soit scléritisée ou non. On réussit mieux avec
l’aspis.
Une deuxième différence (dont la première est vraisemblablement
une conséquence) est que cette cuticule incolore, à certains endroits
du propodo- et de l’hystérosoma, est ferme et paraît scléritisée. Pre¬
nons les sclérites coxaux pour exemple (fig. 12B). Ces sclérites, colorés
en jaunâtre clair et ponctués (poreux), colorables en violet sombre
par le bleu Unna, sont séparés de la peau sternale par une bande qui
est très bien limitée. Dans cette bande la cuticule est incolore, non
ponctuée (non poreuse) et non Colombie par le bleu Unna. Elle dif-
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJKAN.
86
fère donc beaucoup de celle du sclérite et elle paraît se comporter
connue la peau sternale. Elle diffère de cette peau, cependant, puis¬
qu’elle en est séparée par une limite.
La limite en question n’est pas de faible importance. Les bases
des apodèmes vont jusqu’à elle et s’y arrêtent, débordant un peu, du
côté antiaxial, les sclérites coxaux colorés. En outre, dans l’examen
de l’animal non éclairci, c’est elle seule qu’on voit, de sorte que, si
l’on s’en tenait à cet examen, on mettrait la bande incolore dans le
sclérite.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
87
Appelons cette bande, reprenant ainsi un mot déjà utilisé pour
les Palaeacaroïdes (20, p. 190), une bordure hyposclériteuse, ou bien
disons que le sclérite est bordé par un hyposclérite. Un hyposclérite
peut se distinguer franchement de la peau non scléritisée, d’une part,
et des sclérites colorés, de l’autre. Il peut au contraire s’en distinguer
mal et constituer un terme de passage entre les deux extrêmes. Des
cas douteux sont à prévoir.
Les cas douteux, chez les immatures de dissimilis, sont ceux où
il y a, en bordure d’un sclérite coloré, une zone hyposclériteuse qui
n’est pas séparée de la peau non scléritisée par une limite. Il en est
ainsi pour le bouclier pygidial. Ce bouclier est franc sur le dos de
l’hystérosoma tandis qu’on n’arrive pas à repérer son bord avec cer¬
titude au-dessus de l’orifice de la glande latéro-abdominale, ni sous
le corps entre la région Q déprimée qui est derrière l’ouverture anale
et les bords latéraux de cette région. Un autre cas douteux est celui
de l’aspis. On pourrait croire qu’en arrière il va jusqu’à la ligne
transversale en pointillé qui passe à peu près, sur la figure 10 A,
par les bases des poils c r II ne va réellement que jusqu’à la ligne dif-*
ficile à voir qui est devant la précédente sur la même figure (1).
Poils. — Les changements morphologiques proprement dits, pour
un poil quelconque, sont très faibles, ou nuis, au cours du développe¬
ment, mais des changements de taille relative et d’emplacement peu¬
vent avoir lieu. Certains sont considérables. Je les décris plus loin.
Bouclier prodorsal ou aspis. — Le bouclier prodorsal porte à
toutes les stases les mêmes poils que chez l’adulte. Je l’ai représenté
seulement pour la larve (fig. 10A, 10C, 11B). Les poils rostraux sont
toujours implantés l’un derrière l’autre. La trichobothrie ne change
pas. Le sensillus a les mêmes cils, en mêmes nombres, dès la stase
larvaire. Le poil .r p paraît à la fois plus petit et plus facile à voir
sur la larve. C’est parce qu’il n’est pas couché contre la surface.
Le tectum rostral est plus court à la stase larvaire de sorte que
le gnathosoma dépasse fortement son bord (fig. 10A). On voit direc¬
tement l’extrémité des mandibules, celle du labre, une bonne partie
des rutellums et les pactes depuis le fémur. Plus tard le tectum rostral
s’agrandit et le dépassement se réduit chez l’adulte à peu de chose
(fig. IA). Le bord antérieur du tectum varie beaucoup. J’ai dessiné
les deux formes extrêmes que j’ai rencontrées chez les larves (fig. 10A,
10CL La cloison a les mêmes stries à toutes les stases.
La petite région latéropostérieure de l’aspis que j’ai appelée la
zone Z chez l’adulte (fig. 3A) est absente chez les nymphes et la larve.
(1) Hyposclérite est-il partout synonyme de sclérite incolore ? Il faudrait ou¬
vrir la question par la mise au point d’un procédé simple permettant de colorer
artificiellement et d’une manière très sélective la ou les chitines incolores des
Oribates. Celle d’un sclérite indépendant, le sclérite du labre, par exemple, n’est
sans doute pas la même que celle qui borde, chez dissimilis, les sclérites coxaux.
Dans le présent travail je n’ai fait que des colorations nu bleu Unna par le pro¬
cédé direct, à l’eau.
Source : MNHN, Paris
88
F. GRANDJEAN.
A toutes ces stases l’aspis est comme sur la figure 11B. Son bord
occupe l’emplacement de la carène cr de l’adulte et la glande ga, qui
est toujours à la même place, s’ouvre au bord.
Cette différence est importante. Elle explique pourquoi la cuti¬
cule de la zone Z a des caractères qu’on ne retrouve pas ailleurs dans
l’aspis.
Région dorsale et ano-adanale de l'hystérosoma. — On remarque
d’abord le bouclier pygidial et sa surface varioleuse. Les figures 10A,
10B, 11 A, 12C, 12D, 13A, 13B, 13C et 13D font voir ses limites. Je
Fig. 11. — l‘erlohmnnnin dissimilis (Hewitt). Larve. — A (X 355), hystérosoma
latéral, individu contracté. — B ( X 355), aspis d'un autre individu,* séparé et
vu latéralement. — C (X 1380), le poil protecteur en cuiller (cochléariforme).
— D (X 470), sclérites coxaux I-II droits séparés, avec l’organe de Claparède,
pour montrer que cet organe dépend du 2' segment du podosoma ; on a enlevé
les pattes ; l’orientation n’est qu’approxiinativement latérale ; l’organe est vu
très en raccourci ; son poil protecteur n'est pas dessiné ; il serait partiellement
caché par la tête de l’organe.
rappelle qu’elles sont imprécises à certains endroits. Elles sont déchi¬
quetées partout, même dans la région dorsale où elles sont le plus
constantes. A toutes les stases, dans cette région, le bord du sclérite
est derrière une ligne transversale qui joindrait les bases des poils e,.
Aux stases nymphales, quand l’animal est vu de dos, le contour
apparent postérieur du bouclier est une carène. On voit que c’est une
carène sur les figures de profil (fig. 12D, 13D). Plus bas, on a une
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DfSSIMILIS (HEWITT).
89
autre carène, moins accentuée, arrondie, et une surface ventrale Q
entre celte autre carène et l’ouverture anale. La surface Q est forte¬
ment déprimée. Elle correspond au sclérite Q de l’adulte. Elle est sou¬
vent aussi colorée et varioleuse que la région dorsale du bouclier.
L’extrémité postérieure du bouclier n’a pas la même forme à la
stase larvaire qu’aux stases nymphales. A la place des carènes on
a sur la larve une proéminence large et vague où sont implantés les
calcars h,. La surface Q déprimée est absente.
La cuticule de l’hystérosoma, devant le bouclier pygidial jusqu’au
protérosoma, n’est pas carénée latéralement, mais sa section trans¬
versale n’est pas circulaire. Entre le dos convexe et le contour appa¬
rent latéral, de chaque côté (je suppose que l’animal est orienté dor-
salement), passe une dépression longitudinale qui est large et faible,
quasi nulle si l’animal est gonflé, assez accentuée au contraire s’il est
contracté ou amaigri.
Le segment paraproctal est bien défini à toutes les stases. Un
sillon fort le sépare du reste. Les bords de l’ouverture anale sont très
saillants. Sur le segment on compte un poil de chaque côté à la stase
larvaire, zéro aux deux stases suivantes et trois sur la tritonymphe. 11
y a donc atrichosie à deux niveaux. Je rappelle que le segment para¬
proctal est d’abord le pseudanal, puis l’adanal, puis l’anal.
Quand il n’est pas paraproctal, c’est-à-dire sur la deuto- et la trito¬
nymphe, le segment adanal porte 3 poils de chaque côté. La formule
anale, au sens de mon travail de 1949 (16, p. 204 à 211) est (13333-
0333-033).
La cuticule du segment paraproctal est incolore et non colorable
au bleu Unna, mais elle est ferme, scléritisée ou hyposclériteuse. Je
ne lui ai pas vu de limite du côté antiaxial.
Le segment adanal de la deuto- et de la tritonymphe est dans le
même cas que le paraproctal. Il est limité antiaxialement par un sillon
franc. Il porte un sclérite incolore ou un hyposclérite ayant la forme
habituelle des sclérites adanaux. Les bords du sclérite sont indiscer¬
nables en avant.
Pour les poils gastronotiques de la larve je renvoie aux figures
10A, 10B et 11 A. Ils sont principalement remarquables par leur diffé¬
renciation en h, et f,. Les poils h, sont des calcars très épais et courts,
arqués, contigus, non soudés. Les poils f, sont minuscules. Les autres
poils sont ordinaires et de tailles très inégales. Les postérieurs sont
plus grands que les autres. Le poil c, est implanté bas. Au total le
nombre de ces poils est 13, de chaque côté, si l’on ne compte pas le
poil h i (holotrichie) et 14 si l’on compte ce poil (hypertrichie).
Le poil 7i } est le poil inguinal, ou transcupulaire (il est devant ih).
Ce poil n'existe qu’à la stase larvaire.
Entre la larve et la protonymphe (fig. 12C, 12D, 13A) le change¬
ment est considérable en arrière à cause des poils h„ lesquels de¬
viennent des poils ordinaires et prennent des emplacements ordi-
Mémoikes ne Muséum. — Zooi.ogie, t. XVI. 6
Source : MNHN, Paris
90
F. GRANDJEAN.
naires. L’extémité postérieure de l’hystérosoma, qui paraissait forte¬
ment mucronée (car on peut croire, à faible grossissement, que les
calcars h, sont une saillie de la cuticule', ne l’est plus du tout.
Les autres changements consistent dans la substitution de 3
paires pseudanales à la paire unique des paraproctes larvaires. Il y
a maintenant 16 poils gastronotiques, de chaque côté, conformément
à l’holotrichie. Le poil encore plus régressif qu’à la stase précé¬
dente, n’émerge plus de son alvéole. On peut dire qu’il est rasé. Il ne
manque cependant jamais. Le poil f,, qui était le plus grand des poils,
Fig. 12. — Perlohmnnniu dissimilis (Hewitt). — A (X 205), tritonymphe latérale,
partielle, pour montrer la glande gu, l’orifice de la glande gl et la glande gb.
— B (X 205), tritonymphe, le podosoma ventral séparé et vu à plat, d’après
un individu dilaté. — C (x 250), protonvniphe, hystérosoma dorsal. — D (X
250), id., latéral. — lï (X 250). adulte, face paraxiale de la moitié gauche du
bouclier épimérique III-IV, pour montrer la lame apodématique sternale ; s.e. 3,
sillon épimérique 3 ; lob, lobe paraxial de l’apodème 3 ; l’animal entier serait
latéral, son capitulum en haut. — Sur les figures C et D la partie antérieure
de l’hystérosoma est omise ; elle est semblable à celle de l’hystérosoma lar-
Source : MNHN,
PERI.OHMAN'NIA DISSIMH.IS (HEWITT). 91
est devenu le plus petit (après f,). Il était derrière l’orifice gla. Il est
devant sur la protonymphe.
En avant et au milieu, la chaetotaxie protonymphale reproduit
presque exactement la chaetotaxie larvaire. Le poil c 3 m’a paru im¬
planté moins bas.
Pour la deuto- et la tritonymphe je n’ai fait que les figures ven¬
trales 13B et 13C et la figure latérale 13D. De ces nymphes à la pre¬
mière la seule différence notable est le recul des poils ps. Le poil ps, (
de la tritonymphe est placé à peu près comme le poil ps t de la pro-
tonvmphe.
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
92
Les lyrifissures sont au complet et elles apparaissent régulière¬
ment dans l’ontogenèse. Après les 4 larvaires, de chaque côté (ia, im,
ip, ilt, fig. 11A et 10B), se forment successivement ips h la stase proto-
nymphale (fig. 13A), iad à la stase deutonymphale (fig. 13B) et ian à
la stase tritonymphale (fig. 13C). Aucune de ces lyrifissures n’est
visible dorsalement. Toutes les lyrifissures sont semblables, cupuli-
formes, moins longues et plus larges que chez l’adulte. Celle qui est
dans le bouclier pvgidial, ip, a le même aspect que les autres.
La glande latéro-abdominale gin est un peu moins grosse qu’à la
stase adulte. Sa forme est plus arrondie. Je l’ai représentée sur les
figures 10A, 11 A, 12C, 12D. Je l’ai supprimée sur les autres figures.
Son orifice ne change guère de place dans l’ontogenèse. On le voit très
bien dans l’orientation latérale. Dans l’orientation dorsale, ou ven¬
trale, il tombe à très peu près sur le contour apparent de l’opistho-
soma, toujours derrière f, chez les nymphes.
Région génitale. - Les lèvres génitales, ou prégénitales, sont sail¬
lantes et scléritisées à leur surface. Les deux sclérites symétriques ont
des bords nets. Ils sont jaunâtres (à peine chez la protonymphe) et ils
se colorent au bleu Unna. Ils n’ont pas de division transversale. Leur
formule, pour les poils, est (1-4-6-8), l’adulte compris.
Les papilles génitales ont les caractères habituels. Elles sont de
dimension moyenne, semblables à celles de l’adulte.
Il n’y a pas de sclérite aggénital. Les poils aggénitaux ont la for¬
mule (1-2-2) de la deutonymphe à l’adulte.
Région ventrale du podosoma. — Les boucliers coxaux sont sépa¬
rés l’un de l’autre, dans chaque segment, par de la peau incolore (ster¬
nale) non scléritisée (fig. 10B, 12B, 13A, 13B, 13C).
Ceux des segments PI et PII sont soudés l’un à l’autre, de chaque
côté, comme chez l’adulte, le long du sillon épimérique 2. Ce sillon est
fort et il en part un apodème qui a la même forme que celui de
l’adulte. Un apodème semblable part du sillon 1. J’ai dessiné le bord
libre de ces apodèmes sur les figures 10B et 12B.
Ceux des segments PIII et PIV sont soudés aussi l’un à l’autre
aux stases nvmphales, de chaque côté, le long du sillon épimérique 3,
d’où part un apodème qui est lobé partialement. Les apodèmes sont
donc pareils à toutes les stases, à très peu près (l’apodème 3 à partir
de la protonymphe seulement).
Le bouclier coxal III est largement séparé du bouclier II, de
chaque côté, par une bande incolore (séjugale) de peau non scléritisée.
On voit cette bande sur la figure 12B. Sur les autres figures ventrales
on ne la voit pas, parce que l’animal est contracté. La peau séjugale
forme dans ce cas un pli profond transversal dont les parois se pré¬
sentent verticalement, en coupe optique. Quand on dilate, le pli s’ouvre
et la peau s’étale. Elle conflue avec la peau sternale, naturellement.
Je rappelle que les boucliers coxaux (ils sont colorés en jaunâtre
et ponctués par les canalicules de porosité) ont une bordure paraxiale
incolore. J’ai dessiné cette bordure hyposclériteuse sur la figure 12B.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMIL1S (HEWITT).
93
Sur les autres figures ventrales j’ai inclus la bande incolore dans le
sclérite.
Les poils sont tous implantés dans les sclérites, ou à leur limite
paraxiale. Leurs formules sont (2-1-2) pour la larve, (3-1-3-1) pour la
protonymphe et (3-1 -3-4) à partir de la deutonymphe. Le poil protec¬
teur de l’organe de Claparède, ou poil en cuiller, ou poil cochléari-
forme, n’est pas compté.
Ce poil est représenté sur la figure 11C, fortement grossi. Il a la
forme habituelle. J’ai profité de sa taille relativement grande pour
vérifier qu’il a bien les caractères d’un poil. Il a en effet une racine,
qui est creuse, et un alvéole pour contenir la racine. Entre niçois sa
très courte tige est fortement biréfringente, donc en actinochitine.
L’actinochitine occupe aussi, très mince, toute la cuiller.
Le poil protecteur est implanté sur le bouclier coxal I, de chaque
côté (fig. 10B). Son emplacement ne varie pas et c’est celui du poil 1c
chez les trois nymphes et l’adulte.
Caractères latéraux du podosoma. - L’épine supracoxale cj
existe à toutes les stases. On voit également à toutes les stases, au
même endroit, l’orifice de la glande g,.
La glande g t est très apparente chez les trois nymphes, dès qu’on
la cherche. Je l’ai représentée sur la figure 12A. Dans la préparation
qui a servi à faire cette figure j’ai essayé de voir la glande sans éclair¬
cir, mais je n’ai rien vu. Ensuite j’ai éclairci progressivement, par
légers chauffages, jusqu’à ce que les contours de la glande apparais¬
sent. La glande avait alors l’aspect qu’elle a sur le dessin. Peut-être
était-elle ainsi (partant de la surface, s’en éloignant, puis s’en rappro¬
chant par une courbure) parce qu’elle n’était pas déformée ni dépla¬
cée ?
Je n’ai pas trouvé trace de la glande g ( chez les 2 larves que j’ai
examinées pour cela.
L’organe de Claparaède est remarquable par sa grandeur et sa
forme (fig. 10B, 10D). Il a une grosse tête et une tige dont la moitié
distale est annelée. Il est mi un peu en raccourci sur les deux figures
précitées car il est normalement, quand il n’est plus coiffé par le poil
en cuiller, un peu courbé et incliné vers le bas.
Sur la tête on distingue facilement un cercle qui sépare une
calotte à paroi très mince. Sous le cercle, la paroi de la tête est moins
mince et si l’on observe attentivement on y voit un deuxième cercle,
de la même dimension que le premier. La tête est donc apparemment
divisée en 3 segments ou anneaux.
Sur la partie annelée de la tige les anneaux sont très accentués.
Leur nombre n’est pas constant. J’en ai compté de 9 à 15. Sur le reste
de la tige, qui s’élargit vers le pied, il n’y a plus d’anneaux, mais le
passage à la partie annelée n’est pas brusque. Un ou deux anneaux
faibles, ou partiels, succèdent aux anneaux francs et complets.
L’organe de Claparède est mobile. Un muscle dont on voit le ten¬
don s’attache à sa base (fig. 10E, en I). Je n’ai vu qu’un seul tendon.
Source : MNHN, Paris
94
F. GRANDJEAN.
L’organe de Claparède parait surgir du sillon épiinérique entre
les coxas I et II. En réalité il ne dépend que du coxa II (fig. 11D). C’est
dire qu’il appartient au 2" segment du podosoma. J’ai constaté que sa
base est entourée par la peau molle (svnarthrodiale) qui lie le trochan¬
ter II à son acétabulum. On dirait qu’il touche la dent d’articulation
antérieure (il n’y a pas de dent postérieure).
Iniracapitulum. — Cette partie du corps ne change presque pas
dans l’ontogenèse. Dès la stase larvaire l’infracapitulum est scléritisé
et sténarthre. Le menton garde son poil unique, de chaque côté, à
toutes les stases, tandis que les poils des joues (les poils m et a)
passent de 2 à 4. Il y en a d’abord 2 (fig. 10B). Un deuxième poil m
apparaît avec la protonymphe et le troisième avec la deutonymphe. Je
n’ai pas mis des notations aux 3 poils m sur la figure IB, faute de
place. Pour avoir ces notations il faut se reporter à ma figure 1 de
1933 (8, p. 215). Le poil pm, de cette figure est le larvaire. Les poils
pm, et pmj sont respectivement le proto- et le deutonymphal.
Les lèvres ont chacune 2 poils à la stase larvaire et 3 poils à par¬
tir de la protonymphe. C’est le poil or.l. l’antiaxial postérieur, qui
s’ajoute. Le poil orl est toujours fourchu.
Le labre est d’abord moins richement pourvu de crêtes épineuses.
Je n’ai même vu nettement, sur des larves, que les épines de bordure,
celles qui se projettent sur le contour apparent dans l’orientation dor¬
sale.
J’ai vérifié la présence, à toutes les stases, de l’orifice og et du
ductus de la glande infracapitulaire. Le ductus a le même tracé que
sur la figure 4C et l’orifice est à la même place. On a les mêmes lignes
bs en V, la même nervure ne. le même apodème et les mêmes lobes
quasi verticaux à l’extrémité de celui-ci.
Mandibule et palpe. La mandibule d’une larve est plus courte
que celle d’un adulte, relativement. Elle s’allonge d’une stase à l’autre.
Ses écailles augmentent en nombre. Sur une mandibule de larve il y
en a très peu et elles sont surtout du côté paraxial. Les autres carac¬
tères ne changent pas.
Le palpe ne change pas beaucoup non plus. A la stase larvaire il
est plus trapu que chez l’adulte, à articles plus courts, comme d’habi¬
tude chez les Oribates. Sa formule est (0-1-0-3-8). Le poil qui lui
manque au fémur apparaît sur la deuto- ou la tritonymphe (écarts).
Au tarse le poil acm est d'abord un poil ordinaire. Ce poil devient une
eupathidie sur la protonymphe. Les eupathidies ul’ et ul” existent <i
toutes les stases, aussi belles et aussi grandes que chez l’adulte et on
constate aussi la présence à toutes les stases, contre la base de uV, du
petit poil su.
Pattes. Les pattes des immatures ont, comme le palpe, des
articles plus courts, relativement plus épais que ceux des adultes. La
différence est le plus forte üi la stase larvaire, naturellement. Elle n’est
pas la même à toutes les pattes et pour tous les articles. Elle est plus
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITTL
95
accentuée à I (fig. 14A et 6A) et à IV, le trochanter excepté. Elle est
faible à II pour le fémur et forte au tarse. C’est plutôt l’inverse à III.
Les articles plus trapus s’allongent au cours de l’ontogenèse, graduel¬
lement.
La porosité a les mêmes caractères que chez l’adulte, avec les
régions à plus gros pores aux mêmes endroits. On voit bien cela sur
les tritonymphes, où la cuticule des articles est plus colorée, et moins
bien aux stases inférieures. Pour les larves j’ai seulement constaté
l’existence d’une ponctuation très pâle de porosité.
La tache ou les 2 taches claires du génual I existent à toutes les
stases. Les lyrifissures tarsales aussi, sauf à la 4' patte de la proto¬
nymphe.
Les éperons paraxiaux des tarses 11 et III se retrouvent égale¬
ment, dès la stase larvaire pour ceux qui sont à la base des poils
le’ II et te” III, à partir du niveau tritonymphal seulement pour ceux
qui sont à la base des poils it’ II et U” III. Ces derniers attendent, pour
se former, que les poils itéraux existent. Les éperons paraxiaux sonf
donc bien, comme il semble à leur aspect et à leur position, des dépen¬
dances de poils tectaux et itéraux, plus exactement des dépendances
de leurs alvéoles ou de leurs tubercules de base. A III ils sont toujours
plus faibles qu’à II. Au tarse III de la larve l’éperon te" est même dif¬
ficile à voir. C’est une bosse très peu accentuée et non anguleuse.
Les formules numériques sont les suivantes, pour les poils, de I
à III ou de I à IV :
Larve. — I (0 — 2 — [2 -F 1 v] — 4 — 16 — 1) ; II (0 — 2 —
[2 + 1 v] — 4 — 15 — 1) ; III (ü — 2 — [1 H- 1 v] — 3 — 14 — 1).
Protoni/mphe. -— 1(1 — 5 — 5 — 5 —20 — 1) ; II (1 — 4* — 4
_ 4 — 15 — 1) ; III (2 — 3 — 2 — 3 — 14 — 1) ; IV (0 — 0 — 0 — 0
— 7 — 1).
Deulonymphe. — 1(1 — 6 — 5 — 6 — 25 — 1) ; II (1 — 6 — 5
— 5 — 15 — 1) ; III (2 — 3* — 4 — 3** — 14 — 1) ; IV (1—2 —
2* — 3 — 13 — 1).
Trilonymphe. — 1(1 — 7 — 5 — 6 — 31 — 1) ; II (1 — 7 — 5 —
5 — 18 — 1) ; III (2 — 4 — 5 — 5 — 16 — 1) ; IV (2 — 3 — 4 — 4 —
14 — 1).
Pour les solénidions on a :
Larve. — I (2 — 1 — 1) ; II (1 — 1 — 1) ; III (1 — 1 — 0).
Protonymphe. — I (2 — 1 — 2) ; II (1 — 1 — 1) ; III (1 — 1 —
0) ; iv (0 — 0 — 0).
Deutonymphe. — I (2 — 2 — 2) ; II (1 — 1 — 2) ; III et IV (1 —
1 — 0 ).
Tritonymphe. — I (2 — 2 — 3) ; II (1 — 1 — 2) ; III et IV (1 --
1 — 0 ).
J’ai indiqué pour chaque phanère, sur les figures des pattes, à
moins que cette phanère ne soit larvaire à I-II-III ou protonymphale
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
96
à IV, sa stase d’apparition dans l’ontogenèse. Si l’indication de stase
est suivie d’un astérisque, c’est que la phanère apparait soit à cette
stase, soit à la suivante. Dans ce cas, qui est celui d’un écart, ou ver-
tition, la formule numérique porte aussi un astérisque (4*, par exem¬
ple, signifie qu’il y a 4 ou 5 poils, «1** signifie qu’il y a 3, 4 ou 5
poils).
Fig. 14. — Perlohmannia dissimilis (Hewitt), (X 740). — A, patte I droite de la
larve, latérale. — B, génual I droit de la larve, dorsal, pour montrer le vestige
du poil d. — C, génual I droit de la protonymphe, dorsal, pour montrer le
groupement du". - I), tarse et amhulaere II gauche de l’adulte, partiels, dans
l'orientation latérale, pour montrer les éperons à la base des poils le’ et il’.
L’indication v signifie que la phanère est vestigiale quand elle
apparait. Une phanère vestigiale est désignée par lu dans les formules
numériques.
Les caractères importants à signaler concernent des poils d aux
génuaux, des associations de poils avec des solénidions, les poils pro-
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILÏS (HEWITT).
07
raux, les itéraux, les poils accessoires postérieurs des tarses et les
eupathidies.
Poils d des génuaiix. — Les poils d des 3 génuaux larvaires sont
des vestiges. Pour voir ces poils à coup sûr, ou du moins leurs alvéoles,
il faut regarder le génual de dessus (fig. 14B). L’alvéole est rond, bien
formé, plus petit que les alvéoles voisins et il contient quelque chose
de minuscule qui est un poil d avec sa racine. En orientation latérale
on ne voit rien si l’alvéole est tout près du contour apparent, à moins
qu’il ne soit exactement sur ce contour. Sur la figure 14A on est dans
ce dernier cas et le poil dépasse un peu. Sa longueur, la racine non
comprise, est à peine d’un n.
Les vestiges dG sont spéciaux aux larves. Les trois nymphes ont
des poils dG normaux.
Association de poils avec des solénidions. — Les associations
do II et do II de l’adulte existent à toutes les stases. Au génual II
larvaire le poil d est vestigial comme il a été dit plus haut, mais son
alvéole et celui de a sont contigus.
Ces associations ne sont pas les seules. Une autre existe, très
curieuse, car elle est temporaire dans l’ontogenèse, celle de d avec u”
au génual I de la protonymphe. Les figures 14B et 14C montrent que
le poil d larvaire, vestigial, est au milieu de l’intervalle entre les deux
solénidions a’ et a”, tandis que ce même poil, lorsqu’il est sur la pro¬
tonymphe (où il n’est plus vestigial) est implanté contre o". Le groupe
do” I est alors identique au groupe do II.
Le groupe do" I n’existe pas chez l’adulte (fig. 6B). Il se dissocie
en effet tout de suite, c’est-à-dire déjà sur la deutonyinphe. A cette
stase les deux phanères sont franchement écartées. Elle le sont beau¬
coup moins, toutefois, que chez l’adulte et elles restent moins écar¬
tées que chez l’adulte à la stase trilonymphale.
Remarquons aussi que les phanères V et «’, au même article et
à la même stase protonymphale, esquissent un rapprochement et que
le poil l’ touche alors le solénidion par son extrémité distale (fig. 140.
Poils proraüx. — Les poils proraux gardent les caractères qu’ils
ont chez l’adulte, sauf à la 4' patte de la protonymphe. Cette patte
(fig. Î1C) a la chaetotaxie normale et ses poils proraux ont une taille
normale, lis sont un peu barbelés. A la stase suivante les proraux
de la même patte sont comme chez l’adulte, un peu moins petits peut-
être (relativement) mais à peine.
Les plus petits poils proraux sont ceux de la patte III larvaire.
J’ai dû, pour m'assurer qu’ils existent bien, employer la lumière pola¬
risée.
Poils itéraux. — Les poils itéraux sont protonymphaux à I, tri-
tonymphaux à II-I1I et absents à IV. Ceux de la patte I deviennent
eupathiques à la stase deutonymphale.
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
Poils accessoires postérieurs des tarses. — Chez dissimilis
il y a des poils accessoires postérieurs à tous les tarses. Au tarse I
ils appartiennent aux rangées (/) (c) (v) et ils sont nombreux. Leur
disjonction est paraxiale pour les paires (v) et (c), antiaxiale pour les
paires (/). Aux tarses II-III-IV ils n’appartiennent qu’aux rangées ( l )
et il y en a très peu.
Les poils accessoires postérieurs obéissent à une règle que j’ai
énoncée en 1941 (14, p. 48) et que je rappelle plus loin, dans le cha¬
pitre des Remarques, à propos de la chaetotaxie et de l’eupathidio-
taxie du tarse I. Cette règle est apparemment observée aux tarses I,
II et III comme le montrent les figures 6C, 7C et 8, compte tenu des
indications de stases qui sont marquées sur les poils. Par le mot
« apparemment » j’entends que rien n’a infirmé la règle dans mes
observations, mais que ces observations n’ayant porté que sur 2 ou 3
individus de chaque stase récoltés directement dans la nature, on
doit les considérer comme insuffisantes. Il faudrait observer davan¬
tage d’individus et même, en toute rigueur, comparer les stases suc¬
cessives des mêmes individus, dans des élevages, en recueillant les
exuvies.
Aux tarses I et II je n'ai pas rencontré d’écart. Au tarse III il
y en a un, signalé dans la description de l’adulte. Le poil l’A peut man¬
quer à ce tarse, mais l’écart s’accorde évidemment avec la règle
Il en est autrement pour le tarse IV. La règle n’est respectée,
à ce tarse, que s’il v a 2 poils accessoires V, car l’un d’eux est alors
tritonymphal et l’autre adulte (fig. 9B>. S’il n’y a qu'un poil accessoire
elle n’est pas respectée, car ce poil est tritonymphal. L’astérisque, en
d’autres termes, devrait être apposé au poil /’n3 et non au poil l’A.
Devrions-nous dire, puisque les observations ne sont pas en assez
grand nombre, que la règle n’est « apparemment » pas respectée ?
Oui, selon la logique. Le poil accessoire unique V des tritonvmphes
avait peut-être plus d’écarts par déficience, bien que je n’en aie obser¬
vée aucun, que le deuxième poil accessoire de la même rangée.
Je crois cependant plus probable que nous sommes ici dans un
cas où la rangée primitive de 4 poils /’, détruite depuis longtemps à
son extrémité antérieure, commence à être attaquée aussi par la
régression à son autre bout. De tels cas existent et je les ai constatés
chez Platynothrus peltifer.
Eupathidies. — Au tarse I tous les poils accessoires des rangées
(c) et ( v ) deviennent des eupathidies une stase après leur apparition
dans l’ontogenèse. Les plus précoces de ces eupathidies sont donc
deutonymphales. D’autres se forment sur la tritonymphe et sur
l’adulte, régulièrement, comme l’indiquent les figures 15 et 16. Je
renvoie pour ce sujet, et plus généralement pour des commentaires
sur la chaetotaxie du tarse I, au chapitre suivant.
Les eupathidies accessoires (sous-tarsales) des rangées (c) et ( v)
constituent, si on leur adjoint les eupathidies itérales formées sur la
deutonymphe, les eupathidies (ni, s et ( pv ) formées sur la protonymphe
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMIL1S (HEWITT).
99
et les eupathidies prorales qui existaient déjà à la stase larvaire, un
territoire eupathidique (sensitif) qui est d’abord petit, puis grand, et
même très grand. La formule eupathidique de dissimilis, au tarse I,
est (2 — 7 — 11 — 15 — 19). C’est la plus riche que nous connaissions
actuellement chez les Oribates.
Toutes ces eupathidies, qu’il s’agisse de la larve, des nymphes
ou de l’adulte, se distinguent parfaitement des poils ordinaires par
leur forme, leur surface lisse et leur canal.
Autres caractères des phanères. — Les autres caractères du
développement, pour les phanères, sont plus bannis et de moindre
importance. Notons cependant la plus grande taille relative, à la stase
larvaire, du solénidion <»,, et l’amincissement des solénidions à leur
extrémité distale. Un solénidion larvaire, s’il n’est pas morphologique¬
ment identique à son homologue chez l’adulte, n’est jamais plus effilé.
Il est plus épais au bout, c’est-à-dire plus cératiforme ou baculiforme.
On voit très bien cela chez dissimilis. Le solénidion ?III, par exemple,
qui est cératiforme chez l’adulte, est presque baculiforme à la stase»
larvaire.
Notons encore que la différence de taille entre les solénidions o>, II
et (i> 2 II est plus grande à la stase deutonymphalc qu’à la stase adulte
(au bénéfice de ü> ( ), que l’écartement des poils v’ et v", au fémur II,
est moindre à la stase tritonymphale que sur la figure 7B, que la
différence de taille entre ’ et ” pour les paires de poils (vG). (i»T),
(pu) et (a), aux pattes III et IV, existe à toutes les stases.
Ecarts. - Des déficiences de poils paraissent fréquentes à cer¬
tains articles sur les proto- et deutonymphes. Je ne les ai pas étudiées.
Je ne disposais pas d’un nombre suffisant d’individus pour qu’une
telle étude puisse être faite avec profit, de sorte que je me suis borné
à l’examen de 2 ou 3 individus par stase, comme il a été dit plus
haut.
Dans les formules protonymphales l’astérisque du fémur II signi¬
fie que le poil V est aléatoire (2 : 6).
Dans les formules deutonymphales l’astérisque du fémur III porte
sur l” (3 : 4), celles du tibia III sur /” (3 : 41 et v” (1 : 4), celle du
génual IV sur v’ (3 : 4).
Le premier chiffre, dans les parenthèses qui donnent les fréquen¬
ces, est le nombre des observations positives. Un poil aléatoire (2 : 6)
par exemple est un poil qui était présent 2 fois et absent 4 fois dans
fi observations à la même stase.
J’ai fixé arbitrairement à 0,25 (25 pour cent) le minimum de fré¬
quence qui donne lieu pour un écart à la pose d’un astérisque. Ainsi
le cas d’un fémur II de deutonymphe qui avait 5 poils n’est pas signalé
par un astérisque. Le poil manquant u’ avait la fréquence (5 : 6) et
l’écart avait par conséquent la fréquence (1 : fi) inférieure au mini¬
mum.
On comprend qu'il faille se fixer un minimum. Il suffirait sans
cela d’augmenter le nombre des individus examinés pour s’obliger
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
100
à mettre des astérisques à tous les nombres dans les formules, car
un poil quelconque, même si l’on est en droit de le dire constant, est
susceptible de manquer par anomalie.
Des astérisques, une fois le minimum fixé, peuvent disparaître
à mesure que le nombre des observations augmente et d’autres asté-
riques peuvent apparaître. On est ici dans le domaine des proba¬
bilités. Rien n’empêche que les observations qu’on a faites, s’il y en a
peu, soient toutes, par malchance, celle du cas le moins commun. On
ne peut réduire la probabilité de malchance qu’en augmentant le nom¬
bre des observations.
IV. REMARQUES.
Porosité. — Dissimilis est totalement dépourvu d’organe trachéen.
Les échanges avec l’atmosphère ne peuvent se faire que par le tégu¬
ment. Supposer que les canalicules de porosité révèlent une fonction
respiratoire est donc logique. Les canalicules ne sont pas vides, bien
entendu. Leur contenu, sur la nature duquel on ne sait rien, est vrai¬
semblablement en connexion avec les cellules de l’hypoderme.
Dans cette hypothèse la fonction respiratoire serait exercée par
toute la surface qui est scléritisée, mais inégalement. Les parties les
plus actives seraient celles qui ont les plus gros canalicules, c’est-à-
dire les épinières, l’aspis, le fond des bothridies, une petite région pa¬
raxiale aux fémurs et aux génuaux des pattes, et ce que nous avons
appelé, sur les sclérites anaux, la tache grise ou tache fortement
poreuse.
Retenons ce résultat pour des comparaisons ultérieures, à faire
quand on connaîtra les caractères généraux de la porosité chez les
Oribates.
Microsculpture. — La ponctuation superficielle de la peau non
scléritisée, aux stases immatures, est reproduite, à la stase adulte, sur
le notogaster. C’est une ponctuation fine.
La ponctuation du bouclier pygidial n’est pas reproduite. On peut
l’affirmer, bien qu’il s’agisse de deux microsculptures semblables,
parce que la ponctuation du bouclier pygidial est beaucoup plus large.
Les dépressions punctiformes d’une larve, sur le bouclier, sont en
moyenne 2 fois plus larges et plus profondes, en valeurs absolues, que
celles d’un notogaster, les mesures étant faites au même endroit, sur
le dos d’un bouclier pygidial et dans la région dorsale postérieure d’un
notogaster.
Cette observation est intéressante parce qu’elle nous invite à ne
pas considérer le bouclier pygidial comme une préfiguration ontogé-
nétique du notogaster. Il faut dire que le bouclier pygidial a disparu
quand l’animal est adulte et qu’il a été remplacé par autre chose. Il
faut présumer que les ancêtres de dissimilis, quand ils furent adultes,
n’ont jamais été possesseurs d’un bouclier pygidial.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
101
L’idée que le bouclier pygidial est indépendant du notogaster est
soutenue chez dissimilis par le fait qu’il ne s’agrandit pas dans l’on¬
togenèse. Remarquons-le, mais n’en tirons pas argument. Une stase
quelconque est libre. Elle évolue à sa guise.
Chaetotaxie gastronotique. Pour l’adulte il faut tenir compte
des immatures car on hésiterait davantage, sans eux, à dire que l’ali¬
gnement latéral sur la carène est un alignement c„ c,, cp, e s . Encore
cette notation reste-t-elle discutable. Il faut admettre que c, et cp sont
très en arrière, plus que chez aucun des Orihates que j’ai étudiés
jusqu’ici. Il faut admettre aussi que l’alignement d,. d,. primitive¬
ment transversal, est devenu longitudinal. Pour les poils antérieurs et
médians, jusqu’au segment E, dissimilis pose des questions. Il n’ap¬
prend rien sur les réponses.
Son mérite est cependant considérable à cause du segment F cl
particulièrement du poil (,. Ce poil est très petit à la stase larvaire. Il
n’est pas nul et sa notation est sûre. II est sûr aussi qu’à ce poil se
substitue, sans changement de place, à partir de la protonymphe, une
tache minuscule et ronde d’où n’émerge rien. On retrouve un phéno¬
mène observé déjà chez des Nothroïdes, mais dans des conditions meil¬
leures parce que la régression du poil est déjà très forte, chez dissi¬
milis. au commencement de l’ontogenèse. Cette forte régression le
désigne pour l’homologie aux marques ponctuelles qui le remplace¬
ront sur les nymphes. Rien ne le désigne absolument s’il est normal à
la stase larvaire, et s’il est au contraire déjà, à celte stase, une marque
ponctuelle, le problème se pose de savoir si cette marque est un ves¬
tige de poil ou autre chose, car le résidu de racine qu’elle contient est
isotrope.
Quant aux Oribates qui ont aussi des poils f, régressifs, vesti¬
giaux, pas encore totalement disparus (des Phthiracaroïdes, Epi-
lohmnnnia), ou ne les a pas étudiés suffisamment. J’ai seulement
constaté chez quelques-uns d’entre eux que le poil /, n’est pas d’abord
un petit poil, puis un vestige. Il est plus régressif que cela car on ne
voit à sa place, si c’est bien lui, qu’un vestige à toutes les stases, et le
poil f, manque aussi.
Dissimilis lève pour moi, par le comportement de son poil f,, les
derniers doutes sur les rapports de notation entre les poils d’un noto¬
gaster holotriche et ceux d’un notogaster unidéficicnt. Sauf exceptions
possibles, mais très rares, c’est le poil /, qui manque aux notogasters
quand ceux-ci ont 30 poils.
Remarquons que f, diminue de taille chez dissimilis, comme f,,
quand on passe de la larve à la protonymphe. Tout le segment F est
touché.
Remarquons aussi et de nouveau la spécialisation de h,. Ce poil
est doublement exceptionnel, au niveau larvaire, par sa forme et
parce qu’il touche son symétrique. Aux autres niveaux il n’a rien de
particulier. Il se dédifférencie totalement et subitement dans l’onto¬
genèse.
Source : MNHN, Paris
102
F. GRANDJEAN.
Formule gastronotique. Dans un relevé de formules gastrono-
tiques datant de 1949 (16, p. 213) j’ai attribué à dissimilis la formule
(14-15-15). Le poil inguinal est compté, tandis que le vestige f, ne l’est
pas pour les nymphes et pour l’adulte. A cette époque je ne croyais
pas pouvoir affirmer que la marque désignée ici par f, fût un reste de
poil et j’avais décidé de ne pas tenir compte des marques douteuses.
La vraie formule est (14— [15 + lu] — [15 + lu]).
Organes sexuels. — L’ovipositeur est banal chez dissimilis. Sa
position au repos est exceptionnelle. L’ovipositeur a cette même posi¬
tion dans le genre Epilohmannia.
L’organe mâle est intéressant à cause de sa partie proximale plis-
sotée, molle et servant à contenir la partie distale. On ne peut douter
que cette dernière partie, celle que j’appelle maintenant le pénis, est
exactement homologue de la moitié distale d’un ovipositeur, le cercle
de striction étant à la même place dans les deux sexes (1). La partie
proximale de l’organe mâle, de même, est exactement homologue de la
moitié proximale d’un ovipositeur.
Cette homologie, évidente chez dissimilis, est certainement géné¬
rale. Elle ne m’a pas frappé chez les Oribates dont j’ai étudié précé¬
demment l’organe mâle parce que je n’ai vu, à ces organes, aucune
partie plissotée. De la base du cône terminal scléritisé, chez ces Ori-
hates, part une peau, ou membrane, qu’on n’a aucune raison de dis¬
tinguer de celle qui forme la cavité de la chambre prégénitale puis¬
qu’elle est lisse et dépourvue de forme particulière.
Poil cochléariforme. — Dissimilis fournit un argument favorable
à l’hypothèse d’homologie entre le poil épimérique 1c des nymphes et
de l’adulte avec le poil protecteur de l’organe de Claparède, ou poil
cochléariforme, car ces deux organes se substituent exactement l’un
à l’autre, sans changement de position.
Je crois maintenant, après avoir beaucoup hésité, que le poil pro¬
tecteur et le poil 1c sont homologues dans tous les cas. S’il en est ainsi
il est irrationnel de ne pas compter le poil protecteur dans la formule
épimérique, ou coxisternale, des larves. Le poil 1c aurait subi presque
toujours, chez les Oribates et d’autres Acariens, au niveau larvaire
seulement, une différenciation de nature progressive, adaptatrice. Il
ne l’a pas subie toujours. Je reviendrai sur ce sujet.
Glandes. — Les glandes dont je parle ici (2) sont des glandes
coxales auxquelles s’ajoute en avant la glande qn du bord de l’aspis
(1) Le cercle de striction est juste derrière les poils U. 11 vaudrait peut-être
mieux l’appeler d’invagination car il n’est pas marqué sur le mâle par une stric¬
tion véritable. Il est dans les deux sexes, quand l’organe est au repos, au fond du
mince intervalle entre la partie distale invaginée et la partie proximale qui sert
d’étui.
(2) J’en ai parlé déjà en 1939, assez longuement (11, p. 110 à 117, fig. 1 à 3)
et en 1950 (17, p- 349 à 351). Le présent travail ajoute quelque chose à ces travaux
plus anciens et il les corrige. La principale correction porte sur la glande gla. Je
me suis demandé autrefois si elle était primitive ou secondaire. La question ne
me semble plus se poser. La glande gin a été modifiée secondairement mais elle
est d'origine primitive.
Source : MNHN, Paris
PKKLOHMANNIA DISSIMIL1S (HEWITTt.
108
et en arrière la glande latéro-abdominale gla, toutes ces glandes fai¬
sant partie d’une même série pleurale, métamérique (une paire de
«landes par segment primitif), excrétrice, néphridienne. En qualifiant
ces glandes de néphridiennes je ne veux pas dire qu’elles soient exac¬
tement homologues de ce qu’on appelle des néphridies chez les Vers.
Nous ne savons presque rien sur leur structure et sur l’anatomie
interne des Oribates.
Chez dissimilis comme chez les autres Acariens dont j’ai signalé
autrefois les glandes, ou certaines glandes, je n'ai pas étudié les
glandes elles-mêmes, mais seulement ce qu’il en reste après le traite¬
ment à l’acide lactique. On voit le ductus quand il est chitineux, et
l’orifice, ou bien seulement l’orifice, ou encore un intima chitineux
complet en forme de sac, aplati ou non, avec un ductus très court,
quasi nul, et l’orifice. Dans ce dernier cas je dis que la glande est en
sac et c’est le sac que j’appelle la glande. Le sac est vraisemblable¬
ment le saccule de l’appareil primitif et le labyrinthe aurait disparu.
Partons de la glande gb, une des glandes en sac. Elle est évidem¬
ment coxale par sa position (supracoxaie) et elle n’est pas particulière
à dissimilis. Je l’ai rencontrée auparavant chez Pseudotritia (11, p. 112,
fig. 1, en dg. v.) et chez Eulohmannia (12. p. 301, fig. D, en gl. p.). On
la trouvera chez d’autres Oribates dès qu’on s’avisera de la chercher.
C’est la glande coxale du 4" segment du podosoma (le segment P IV).
Elle se distingue des autres glandes eoxales parce qu’elle manque à la
stase larvaire.
La glande gl n’est pas en sac. On voit seulement l’extrémité
proximale de son ductus et son orifice. Chez Eulohmannia j’ai cons¬
taté qu’elle se divise en deux branches de formes différentes (11, p. 114
et 115, fig. 3B). C’est la glande coxale du 1" segment du podosoma. Je
crois qu’elle ne manque jamais chez les Oribates.
La glande g2. celle du 2" segment du podosoma, n’a pas fait
beaucoup parler d’elle. Dissimilis ne l’a pas. Quand elle existe elle se
manifeste seulement par un point, son orifice, au-dessus du 2* aceta-
hulum. J’ai marqué ce point sur plusieurs figures d’Oribates dans mes
publications antérieures, en général sans en parler dans les descrip¬
tions.
La glande g3, celle du 3" segment du podosoma, semble avoir
totalement disparu.
Devant le podosoma nous trouvons une autre glande coxale, la
glande infracapitulaire, qui est celle du segment palpien et qui est
aussi constante que gl. Appelons-la gc.
Plus loin dans la même direction, entre les mandibules, débouche
la glande intermandibulaire, qui est commune chez les Endeostigmata
et qui n’a été vue jusqu’ici, chez les Oribates, que dans la famille des
Cténacaridés. Nous ne sommes pas sûrs que cette glande appartienne à
la série des glandes eoxales, car son orifice, une fois les mandibules
ramenées par la pensée à leur position primitive, est ventral. L’hypo-
Source : MNHN, Paris
1(M
F. GRANDJEAN.
thèse qu’elle est coxale par son origine est néanmoins raisonnable.
Appelons cette glande gb.
De gb à gb la liste épuise la série des glandes qui sont ou peu¬
vent être coxales, puisqu'il n’y a que 6 segments porteurs d’appen¬
dices. Remarquons sa richesse. Les Acariens sont certainement les
Arachnides qui ont conservé le plus grand nombre de glandes coxales.
Mais ce n’est pas tout. Il nous reste les glandes ga et gla, qui ne
sont pas coxales. Je me fonde, pour les assimiler aux glandes coxales
et les compter dans la série néphridienne, sur la position de leur ori¬
fice et sur leur forme en sac, semblable à celle de gb. La glande gb
nous apprend qu’une glande coxale, néphridienne, peut être devenue
une glande en sac. Or la glande gla est en sac, semblable à gb quoique
bien plus grosse, et elle s’ouvre latéralement, à un endroit qui serait
coxal si le segment auquel elle appartient était porteur d’appendices.
Ce segment de l’opisthosoma paraît être le segment F, car l’ori¬
fice de gla ne s’écarte pas beaucoup, en général, du poil f Admet¬
tons cela comme hypothèse. Nous dirons alors que le segment E,
devant F, celui qui vient juste après les segments porteurs de pattes,
n’a pas de glande entre gla et gb parce qu’il porte l’appareil génital
et que cet appareil représente sa glande, conformément à ce qu’on sait
sur la formation des appareils génitaux des Arthropodes. L’hypothèse
a donc pour elle des arguments sérieux. Elle s’accorde à la structure.
Je crois qu’il faut l’adopter.
Passons maintenant à la glande ga. Ce n’est pas non plus une
glande particulière à dissimilis. J’ai figuré la même glande chez Psen-
dotritia en la désignant par dg. s. (11, p. 112, fig. Il et chez Eulohman-
nia en la désignant par gl. m. (11, p. 113, fig. 2). Elle est toujours en
sac et son orifice est toujours à la même place, au bord de l’aspis,
en arrière (1). On la trouvera sûrement, comme gb, chez d’autres Ori-
bates.
Par sa position elle pose un problème. Je crois qu’elle appartient,
soit au segment de la mandibule (auquel cas la glande intermandibu-
laire n’appartiendrait pas à la série coxale), soit à un segment préman-
dibulaire.
Pour que l’une ou l’autre de ces appartenances ne nous paraisse
pas trop singulière, rappelons-nous ce que nous apprennent les Pa-
laeacaroïdes sur les rapports de la segmentation actuelle du soma
à la segmentation primitive (20, p. 267 à 270). La ligne séparatrice
actuelle entre l’aspis et le bouclier coxistcrnal du propodosoma est
d’après eux une limite archaïque, une limite entre segments primitifs,
donc une limite autrefois verticale, devenue oblique à cause de la
régression dorsale de plusieurs segments, ceux des pattes I et II en
particulier. Le prodorsum, par conséquent, ici l’aspis, représente les
(1) Pour dissimilis il faut faire abstraction, à la stase adulte, de la zone Z
(lig. 3A). Cette zone a rejeté l’orifice de ga dans l’aspis mais il n'en est ainsi qu’à
la stase adulte. La zone Z est une zone accessoire qui s'est scléritisée secondaire-
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
105
segments prémandibulaires, l’acron compris, et peut-être aussi les
parties dorsales des segments de la mandibule et du palpe.
Ceci rappelé et admis, il faut aller plus loin et éliminer l’appar¬
tenance de ga au segment du palpe puisque ce segment est pourvu
d’une glande coxale incontestable, l’infracapitulaire.
Je crois qu’il ne faut pas éliminer l’appartenance de ga au seg¬
ment mandibulaire, mais considérer seulement cette appartenance
comme improbable. Il y a pour cela deux motifs. Le premier est
qu’il faudrait, pour justifier cette appartenance, que la glande gb
(intermandibulaire) ne fût pas d’origine coxale. Quelle serait alors
son origine ? Le deuxième est qu’il faudrait que la limite séparatrice
actuelle ne fût primitive qu’en avant et au milieu, jusqu’en face des
bothridies, à peu près. Plus loin, derrière le sillon s en particulier,
elle ne serait qu’un prolongement secondaire de la limite primitive.
A ce prix on aurait acquis le droit de ne plus attribuer une significa¬
tion sérieuse au fait que ga débouche au-dessus de la ligne sépara¬
trice actuelle. Ne serait-ce pas une suppostiion faite seulement pour
les besoins de la cause, dépourvue de tout fondement ?
Si on admet, au contraire, que la ligne séparatrice actuelle est d’un
bout à l’autre une séparation archaïque, la position de ga au-dessus
de cette ligne est illogique dans l’hypothèse d’appartenance au segment
mandibulaire. Il faut alors conclure en attribuant ga à un segment
prémandibu lairc.
La glande ga. en résumé, pourvu qu’elle soit de la même série
néphridienne que les glandes coxales et pourvu que chaque segment
primitif ne puisse avoir eu qu’une paire de glandes, nous apprend
par son existence et sa position que la région dorsale du segment pal-
pien a disparu comme celle des segments des pattes I et II. Elle nous
fait présumer que le segment de la mandibule s’est comporté comme
le segment palpien, ou du moins qu’il ne reste plus grand-chose de
son ancienne partie dorsale. Le prodorsum, devant le sillon séjugal,
serait tout entier prémandibulairc, ou presque. Cette conclusion vau¬
drait pour tous les Oribates et même, probablement, pour tous les
Acariens.
Faiblesse du génual palpien. — Le génual du palpe est glabre
chez dissimilis. Je crois que c’est un signe de faiblesse. Plus généra¬
lement, je crois que perdre tous ses poils, pour un article non spé¬
cialisé d’appendice, si cet article n’a pas passé par un stade plétho-
ou cosmiotaxique, est un signe avant-coureur (dans le temps T) de
la suppression de cet article, ou, plus fréquemment, de son absorption
par un article voisin.
Un génual palpien, chez les Oribates, n’est jamais spécialisé et
il porte un poil. Les cas sont exceptionnels où ce poil a disparu bien
que l’article ait gardé son indépendance et sa taille. Je ne peux citer
de ces cas, pour le moment, outre celui de dissimilis et de quelques
Nothroïdes, que ceux d’espèces appartenant aux genres Oribotritia
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVI. 7
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
106
et Mesoplophora. Les cas sont communs, au contraire, où l’on cons¬
tate à la fois l’absence du poil et la fusion (1) complète, ou incom¬
plète, du génual avec le fémur. Il en est ainsi chez les Pseudotritiidae,
les Phthiracaridae, Epilohmannia, Eulohmunnia, les Lohmanniidae et
des Cryptoplophoridae (Cryptoplophoia). N’est-il pas vraisemblable
que le poil du génual a disparu avant la fusion, de telle sorte que
l’animal a eu d’abord un génual glabre et de taille normale comme
celui d’un Perlohmannia ou d’un Oribotritia ?
On ne connaît pas un seul palpe, chez les Oribates, qui aurait
un fémur glabre et un génual poilu. C’est pourquoi je dis que le
génual est susceptible d’être absorbé par le fémur, et non l’inverse.
Qu’un génual réduit comme celui de la figure 4F se soit rencon¬
tré chez dissimilis est-il un autre signe de la même faiblesse ? Un
génual ainsi conformé ne manifeste aucune tendance évolutive (le
génual ne tend pas à disparaître en gardant des limites précises, par
la diminution de sa taille et l’altération de sa forme) et il n’est qu’ac¬
cidentel, monstrueux ou traumatique, ou de malfaçon, mais ne pour¬
rait-on dire que c’est tout de même un signe de faiblesse, indirecte¬
ment, parce qu’un vice de construction est moins improbable pour ce
qui est faible que pour ce qui est fort ? C’est à discuter. Pour le mo¬
ment je crois que cette idée simple n’a qu’une origine verbale. Je
n’ai rien rencontré dans les faits qui la corrobore.
Solénidions tibiaux. — J’ai fait en 1935 (10, p. 19) une remarque
sur les solénidions 9 III et 9 IV de dissimilis. Cette remarque est juste
au point de vue de l’observation ; 9 III est en effet un peu plus court
que 9 IV et il est cératiforme. Mais j’ajoute : « Ainsi un solénidion
plus ancien peut rester plus primitif que des solénidions plus jeunes ».
Il faut supprimer cette addition pour dissimilis et pour les autres
Oribates à propos desquels je l’ai peut-être faite aussi, car, exprimée
plus correctement, elle veut dire qu’un solénidion précoce (ici 9 III,
qui est larvaire) peut avoir gardé une forme plus primitive qu’un
solénidion tardif (ici 9 IV, qui est deutonymphal). Or, cela va de soi.
Chaque solénidion, chaque organe, évolue à sa manière et un même
organe peut subir simultanément les effets de deux évolutions très
différentes, l’une progressive et l’autre régressive. Le solénidion 9 IV
est progressif quant à sa forme et il est affecté par une régression
ascendante de tout ou rien qui l’a supprimé au niveau larvaire (en
même temps que la patte IV ou avant que cette patte ait disparu),
puis au niveau protonymphal. Le solénidion 9 III n’a subi aucune
de ces deux évolutions.
Ma remarque de 1935 était inspirée, à mon insu, par la loi biogé¬
nétique, laquelle nous convie, indirectement, à prendre l’ontogenèse
pour l’évolution. Le solénidion 9 IV n’est pas plus jeune que 9 III,
(1) On dit souvent aussi « soudé » au fémur. En réalité il ne s’agit pas d’une
soudure. Il s’agit d’un phénomène purement régressif. L’articulation fémoro-
génuale cesse de se construire et le sillon qui la marquait s’efface.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMIUS (HEWITT).
107
il est plus tardif. Il n’est plus tardif qu’actuellement. Aux niveaux
où il existe encore il a disposé du même temps que ? III pour évoluer.
Chaetotaxie et eupathidiotaxie du premier tarse. — Tous les carac¬
tères chaetotaxiques sont donnés à ce tarse par les figures 6C, 14A,
15 et 16. Les figures 15 et 16 ont été faites pour montrer clairement
la manière dont les poils accessoires et les eupathidies apparaissent
dans l’ontogenèse. Remarquons le nombre total des poils, qui est 37,
et celui des eupathidies, qui est lî). Par le premier nombre dissimilis
est à égalité avec Archeonothrus nalnlensis. Par le second il détient
le record pour les Oribates.
Fig. 15. — Perlohmannia dissimilis (Hewitt). Tarse I droit vu de dessous (X 735).
— Les eupathidies se distinguent des poils ordinaires par leur forme et leur
canal. Elles sont lisses. Les poils ordinaires sont barbelés. Les eupathidies des
paires (pu) et (o) ne sont représentées que par leurs bases. On a tracé des
lignes qui joignent des bases d’eupathidies. Les eupathidies qui sont sur une
môme ligne se sont formées ù la même stase. Les lignes successives, de haut en
bas, sont celles de formation eupnthidiquc protonymphalc. deutonymphale, tri-
tonymphale, adulte. — A, adulte. — B, tritonymphe.
Source : MNHN, Paris
108
F. GRANDJEAN.
La chaetotaxie larvaire est normale, à 16 poils (fig. 14A), le famu-
lus compris. Le poil monotrope est absent. Les poils qualifiés d’ac¬
cessoires postérieurs s’ajoutent en arrière dans 6 rangées longitu¬
dinales, les rangées (0 (c) (u), tandis qu’aucun poil dorsal ne s’ajoute
en arrière. La seule addition dorsale est celle des poils itéraux.
Sous réserve, comme je l’ai dit plus haut, d’une vérification sur
un plus grand nombre d’individus et sur des individus que l’on ^it
suivis d’une stase à l’autre dans des élevages, la règle d’apparition
ontogénétique des poils est exactement vérifiée par dissimilis dans les
rangées (?) (c) (i>).
D’après cette règle il y a actuellement une stase initiale, ou de
départ, à laquelle apparaît le premier poil accessoire dans une ran¬
gée. Par premier poil accessoire on veut dire le plus précoce des poils
postlarvaires de la rangée. Chaque stase ultérieure ajoute ensuite
un poil dans la rangée et ce poil est derrière le précédent. Les poils
apparaissent ainsi, de l’avant à l’arrière, régulièrement et sans lacune.
Si une rangée consiste en un seul poil, ce poil se forme à la stase
adulte. Si elle consiste en 2 poils, le premier de ces poils s’est formé
à la stase tritonyinphale et le deuxième à la stase adulte, etc... Le
plus grand nombre de poils accessoires possibles, pour une rangée,
est 4. Si une rangée contient 4 poils accessoires, sa stase de départ
est la protonymphe. Si elle n’a que 3 poils accessoires, sa stase de
départ est la deutonymphe, etc... (1). Chaque poil est défini par sa
stase de formation car s'il n’apparaît pas à cette stase il n’apparaît
à aucune autre.
Chez dissimilis les stases initiales sont la protonymphe pour les
rangées v’ et v”, la deutonymphe pour les rangées c’, c” et la tri-
tonymphe pour la rangée
Le développement des eupathidies obéit aussi à une règle simple,
qui est la suivante :
Si une eupathidie postlarvaire apparaît à une stase, le poil qu’elle
représente s’est formé une stase avant.
Je ne connais pas d’exception à cette règle. Elle convient aux
Endeostigmata comme aux Oribates. La règle s’appliquerait peut-
être aussi aux eupathidies larvaires si la régression calyptostasique
n’avait pas supprimé totalement les poils des pattes au niveau des
prélarves.
Les seules eupathidies larvaires, chez dissimilis comme chez les
autres Oribates, sont les prorales (p).
Sur les figures 15 et 16, pour simplifier ces figures, je n’ai pas
dessiné les eupathidies des rangées v' et v”. J’ai seulement marqué
(1) La règle de formation des poils accessoires (postérieurs) a des exceptions,
celle de Plalynothrus pellifer par exemple, ou bien, ici, celle du tarse IV, mais
il est certain qu’elle est juste en général. Lorsque je l’ai énoncée, je ne l’ai appli¬
quée qu’aux rangées (f) et (i>). Elle s'applique aussi bien aux rangées (c) et s.
Dissimilis et les Palaeacaroïdes en donnent de beaux exemples. Un autre bel
exemple, le plus complet de tous, est celui de Petratycus umcornis (15. p. 15 à
18, 11g. 6C, 7D, 8 et 9).
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT). 109
leurs bases (leurs alvéoles de base). Des lignes réunissent les eupa-
thidies ventrales et latéroventrales qui se sont formées à la même
stase. Il y a 4 de ces lignes sur la figure 15A, 3 sur la figure 15B, 2
sur la figure 16A et une sur la figure 16B.
La ligne qui est le plus en avant et qui est tracée en trait plein
réunit 5 eupathidics protonymphales. Les poils correspondants sont
larvaires. Ensuite vient une ligne qui est tracée en tirets et qui joint
les 2 eupathidies formées sur la deutonymphe. Ce sont celles de la
paire ventrale (pnl), c’est-à-dire de la paire de poils (p) qui s’est for¬
mée sur la protonymphe. Plus loin en arrière vient une ligne tracée
Fig. 16. — Perlohmannia dissimilis (Hbwitt). Tarse I droit vu de dessous (x 735).
— Suite de la figure 15. — A, deutonymphe. — B, protonymphe. — C, larve.
en traits et points alternants. Cette ligne joint les 4 eupathidies for¬
mées sur la tritonymphe aux dépens des poils (pn2) et (cn2). La ligne
la plus postérieure, simplement ponctuée et semblable à la précédente,
joint les 4 eupathidies formées sur l’adulte aux dépens des poils
(pn3) et (cn3). Le phénomène régulier, ici la formation simultanée
de 4 eupathidies, v’, p”, c’ et c”, commence donc chez dissimilis à
la stase tritonymphale.
Le phénomène régulier, pour les poils, est la formation simulta¬
née de 6 poils, un dans chaque rangée (p), (c) et (/), et il commence
aussi à la stase tritonymphale.
Pourquoi ces phénomènes réguliers ne commencent-ils pas plus
tôt ? C’est évidemment parce que la régression a supprimé les poils
Source : MNHN, Paris
110
F. GRANDJEAN.
qui étaient le plus précoces dans les rangées (c) et (/.). Les poils c’nl,
c”nl, /'ni, /"ni, /”n2 n’existent plus. Les eupathidies c’Çn2 et c’’Çn2
ne peuvent donc plus exister et la ligne deutonymphale n’a plus à
joindre, à cause de cette déficience, que les eupathidies w’nl et w”nl.
De même, pour les poils, la régression ayant entamé les 2 premiers
verticilles (/) (c) ( v), les 2 derniers restent seuls intacts.
Les déficiences de poils (c) et (/) ne sont pas en réalité les seules,
car la rangée s impaire est réduite à son chef de file chez dissimilis.
Or, cette rangée est susceptible de contenir, chez d’autres Acariens,
des poils accessoires qui deviennent des eupathidies comme dans les
rangées (o) et (c), de sorte que le phénomène régulier, chez ces Aca¬
riens, pour les eupathidies, est l’apparition à chaque stase de 5 d’entre
elles, formant un verticille (c) (v) s. J’ai représenté cela chez Pclra-
lycus dans le travail précité, en 1945 (15, fig. 9). On le verra certaine¬
ment aussi chez des Palaeacaroïdes quand on connaîtra mieux leur
développement.
La formation des eupathidies par 5 n’a été conservée, chez dissi¬
milis, qu’à la stase protonymphale, parce que le jeu des 5 poils pré¬
cédant les eupathidies n’est au complet qu’à la stase larvaire. Encore
faut-il admettre, pour tracer la première ligne eupathidique sur les
figures 15 et 16, que les poils («) sont les chefs de file des rangées (c).
Le grand territoire eupathidique de dissimilis va des eupathidies
itérales aux ventrales (un3). Il n’est pas sans défaut car il contient, en
avant, la paire unguinale (u) de poils ordinaires. Que la paire (u)
reste ordinaire à toutes les stases malgré la transformation (onto-
génétique) de tous les poils voisins en eupathidies peut paraître sur¬
prenant. C’est cependant la règle, ou presque, aussi bien quand l’ani¬
mal est riche en eupathidies, comme le sont dissimilis et les Palaeaca-
rodïes, que lorsqu'il ne possède plus, comme beaucoup d’Oribates
supérieurs, que les eupathidies (/>) et s. Les poils (u) ne sont eupa-
thidiques, à ma connaissance, que chez certains Belbidne et chez
Eulohmannio Ribagni.
V. — AFFINITÉS.
Les Perlohmanniidés sont un des 11 groupes naturels que j’ai
distingués dans mon Essai de classification des Oribates (18, p. 428
à 431, 1953). Ils constituent évidemment une famille. Cette famille,
d’après dissimilis, diffère beaucoup de toutes les autres, mais de quelle
famille ou superfamille est-elle le moins éloignée ?
Eliminons, puisque nous cherchons des affinités, cinq des autres
groupes, les Palaeacaroïdes, les Enarthronota, les Parhypochthoniidés,
les Mésoplophoridés et les Oribates supérieurs. D’un côté restent les
Eobmaniidae. les Eulohnmnniidne. les Epilohmnniidae et les Phlhirn-
cnroiden. De l’autre côté sont les Xolbroidea.
Les Lohmanniidés, les Eulohmanniidés, les Epilohmanniidés et
les Perlohmaniidés sont des familles reliques. Elles diffèrent profon¬
dément les unes des autres. Réunissons-les néanmoins sous le nom
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITTi.
111
de Perlohmannoïdes (Perlohmannoidea ) (1). Nous avons alors à com¬
parer les Perlohmanniidés (d’après la seule espèce P. dissimilis) avec
les 3 autres familles de Perlohmannoïdes, avec les Phthiracaroïdes et
avec les Nothroïdes.
Les caractères les plus originaux de dissimilis, c’est-à-dire l’im¬
plantation longitudinale de ses poils rostraux, la différenciation lar¬
vaire de ses poils h, gastronotiques, sa tache anale de forte porosité,
son sclérite V et ses 3 paires de poils médians subcapitulaires, ne nous
apprennent rien par comparaison. On ne les a observés jusqu’ici chez
aucun autre Oribate. Les autres caractères se retrouvent ailleurs, tan¬
tôt dans une famille, tantôt dans une autre.
Passons-les en revue dans l’ordre où ils ont été décrits. Il ne
s’agit pas de tous, bien entendu. Ne peuvent entrer en ligne de compte
que ceux qui sont plus ou moins séparateurs et suffisamment connus
dans les trois superfamilles. Cette dernière condition oblige malheu¬
reusement à supprimer beaucoup de caractères, quelques-uns très im¬
portants (les caractères des organes génitaux par exemple) et à faire
des réserves pour ceux qu’on n’a pas étudiés dans des cas assez noih-
breux et surtout assez divers. Des descriptions détaillées comme celle
du présent travail nous manquent. II faudrait qu’on en fît une par
famille, au minimum, et plus tard une par genre.
1. Faciès. — Dissimilis ne ressemble guère aux autres Perlohman¬
noïdes et encore moins aux Phthiracaroïdes. Il ressemble davantage
à des Nothroïdes ( Thrypochthonius , Malaconothrus).
Objectons toutefois que le caractère de faciès n’est sérieux, dans
le cas qui nous occupe, que si l’on se borne à des comparaisons posi
mnrtem et si l’on fait abstraction des pattes. Dissimilis est un Acarien
agile, souple, sensible. A ces égards c’est le contraire d’un Nothroïde.
Les Nothroïdes ne sont pas souples et ils se meuvent très lentement.
2. Articulation séjugale ou protéro-hystérosomatique. - Quand ce
caractère existe, le protérosoma et l’hystérosoma ne sont soudés nulle
part l’un à l’autre. Ils sont joints par de la cuticule non scléritisée très
déformable. C’est le cas de tous les Perlohmannoïdes et de tous les
Phthiracaroïdes. Ce n’est le cas d’aucun Nothroïde.
3. Trichobothrie. — Normale chez dissimilis, elle est normale
aussi chez les autres Perlohmannoïdes. Elle est affectée par la régres¬
sion ascendante chez les Phthiracaroïdes à développement connu
(Pseiidotritia, Phlhiracarus) (2) et chez tous les Nothroïdes, sauf Her-
mannia.
(1) Pour le moment nous ne cherchons pas à justifier cette réunion autre¬
ment que par un motif d’utilité. II est commode d’avoir un mot qui désigne l’en¬
semble des 4 familles. Plus loin nous attribuerons un sens phvlétique à ce mot
et nous déflnirons les Perlohmannoidea par une diagnose.
(2) Je ne connais pas les nymphes et les larves des Oribotritiidés et aucune
description de cos stases n’a été publiée. Il doit être entendu, toutes les fois qu’on
mentionne ici un caractère du développement chez les Phthiracaroïdes, que ce
caractère n’a été étudié et vu que chez Pseudotritia ardua et Phthiracarus ano-
ngmum.
Source : MNHN, Paris
112
F. GRANDJEAN.
4. Deuxième poil exobothridique. - Les Perlohniannoïdes ont
tous 2 paires de poils exobothridiques. Les Phthiracaroïdes et les No-
throïdes ont une seule paire de ces poils.
5. Carènes latérales du notogaster. — Les carènes latérales de
dissimilis se retrouvent chez les Lohmanniidés et de nombreux No-
throïdes. Elles manquent chez Epilohmannia, Eulohmannia et tous
les Phthiracaroïdes.
6 . Bouclier pygidial immature. - Dissimilis est seul, parmi les
Perlohniannoïdes, à posséder un tel bouclier. Les Phthiracaroïdes ne
l’ont pas non plus. Il existe chez des Nothroïdes, notamment dans les
genres Platynothrus, Trhypochlhonius, Trimalaconothrus, Malacono-
thrns. Les larves et les nymphes des deux derniers genres ont 2 bou¬
cliers à l’hystérosoma, un pygidial et un antérieur.
7. Glande latéro-abdominale. — La glande glu est constante chez
les Nothroïdes. Elle existe chez Perlohmannia et Epilohmannia mais
elle manque chez Eulohmannia et les Lohmanniidae. Elle existe chez
Pseudotritia et Oribotritia mais elle manque chez les Phthiracaridae.
8 . Poil f, gastronotique. Le poil f, n’a rien de particulier chez
Hermannia, Nothrus. Eulohmannia et les Lohmanniidae. Il est régres¬
sif descendant chez les autres Nothroïdes, chez les autres Perlohman-
noïdes et chez les Phthiracaroïdes à développement connu.
9. Union des sclérites adanaux et aggénitaux, de chaque côté. —
La plupart des Nothroïdes, peut-être tous, ont ce caractère. Aucun
Perlohmannoïdc ne l’a. Les Phthiracaroïdes sont partagés (union com¬
plète ou incomplète chez les Pseudotritiidés et les Oribotritiidés,
absence d’union chez les Phthiracaridés).
10. Atrichosie paraproctale. — Chez les Perlohniannoïdes l’atri-
chosie est particulière à dissimilis. Elle est à 2 niveaux seulement.
Chez les Nothroïdes elle est constante, à 2 ou 3 niveaux. On la trouve
aussi, à 3 niveaux, chez Pseudotrilia et Phthiracarns.
11. Poil inguinal. — Le poil inguinal est absent chez les No¬
throïdes et les Phthiracaroïdes. Il est présent chez dissimilis, douteux
chez Epilohmannia et Eulohmannia (à cause de difficultés non réso¬
lues dans le problème des notations), présent chez Meristacarus.
absent chez les autres Lohmanniidae dont j’ai vu les larves.
12. Epine supracoxale I. — L’épine et est absente chez tous les
Nothroïdes. Elle est présente chez tous les Perlohniannoïdes. Elle est
présente aussi, représentée par un poil ordinaire, chez les Phthiraca¬
roïdes.
13. Organe de Tragardh. Les mandibules des Nothroïdes ont
toujours l’organe de Tràgârdh. Celles des Perlohniannoïdes et des
Phthiracaroïdes n’ont pas cet organe.
14. Organe de Claparède. — L’organe de Claparède est court
chez les Nothroïdes. II est grand, allongé, souvent claviforme et à tige
annelée chez les Perlohniannoïdes et els Phthiracaroïdes.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
113
15. Poil cochléariforme. — Un poil en cuiller semblable à celui
de dissimilis protège l’organe de Claparède chez Eulohmannin, les
Nothroïdes et les Phthiracaroïdes. Chez Epilohmannia et les Lohman-
niidae le même poil existe mais il n’est pas différencié en cuiller.
lfi. Poil su du palpe. Chez Epilohmnnnia cylindrica on retrouve
le poil su régressif de dissimilis, implanté contre une eupathidie ulM-
male. Dans le genre Lohmannin et les autres Lohmanniidés on le
retrouve aussi, grand ou petit, soudé à l’une des eupathidies ultimales.
Chez Phthiracarus anonymum l’eupathidie uV a un bord denté, ou à
encoche, et la dent représente vraisemblablement l’extrémité du poil
su, ce poil étant fusionné avec l’eupathidie. Chez Pseudotritia ardua
il semble qu’on ait une véritable eupathidie su. non régressive, mais
soudée à sa base avec une eupathidie ultimale. Oribotritia et Euloh-
mannia n’ont pas été étudiés pour ce caractère. Chez les Nothroïdes
je n’ai observé jusqu’ici aucun cas de soudure ou d’association entre
su et les eupathidies ultimales.
17. Pore du génual I. — Les Nothroïdes ont ordinairement, ou
toujours, un pore dorsal à leur premier génual. J’ai vu le même pore
chez Epilohmannia, Pseudotritia et Oribotritia. Le pore de dissimilis,
quoique non dorsal, est peut-être homologue des précédents. Les
autres genres n’ont pas été étudiés pour ce caractère.
18. Solénidions du génual I. — Il n’y en a qu’un chez les No¬
throïdes. Tous les Perlohmannoïdes et Phthiracaroïdes en ont deux,
ou davantage (3 chez Eulohmannia).
1!). Chaetotaxie et eupathidiotaxie du tarse I. — Le tarse 1 renflé
de dissimilis ressemble à celui d’ Eulohmannia Ribagai mais ce dernier
n’est pas riche en eupathidies ventrales et il a des eupathidies ungui-
nales, caractère exceptionnel qui n’existe pas chez dissimilis, ni chez
les autres Perlohmannoïdes, ni chez les Phthiracaroïdes et Nothroïdes.
Le tarse I d 'Oribotritia. encore mal étudié, a des eupathidies ventrales
nombreuses comme celui de dissimilis. Les tarses I (YEpilohmannia
et des Lohmanniidae sont pauvres en poils et en eupathidies. Les No¬
throïdes sont dans le même cas. Les seuls Nothroïdes chez lesquels j’ai
constaté la présence d’eupathidies autres que les 3 banales (p’, p” et s)
appartiennent au genre Hermannia. On peut avoir 4 eupathidies der¬
rière s dans ce genre. Ce sont la paire ipv) et une paire (u).
CONCLUSIONS.
De l’examen que nous venons de faire se dégage une impression
plutôt confuse, mais pas plus confuse que d’ordinaire quand le pro¬
blème est de placer dans un grand phylum un rameau bien détaché et
très pauvre. La pauvreté du rameau fait obstacle à l’utilisation des
caractères exceptionnels et les autres caractères semblent pêchés au
hasard dans le grand phylum. Tous les caractères, en effet, ont eu ou
ont encore une probabilité non nulle d’apparaître çà et là dans le
Source : MNHN, Paris
F. GRANDJEAN.
1 !4
grand phylum, au cours du temps, à un niveau ou à plusieurs. Si deux
rameaux phylétiqucs ont un caractère en commun, cela ne veut pas
toujours dire qu’ils l’ont reçu d’un même héritage. Cela ne veut pas
toujours dire non plus que le caractère est commun aux deux ra¬
meaux par un effet de convergence adaptative.
L’impression confuse vient aussi de ce que nous ne savons pas
évaluer le poids des caractères, je veux dire leur importance considé¬
rée du seul point de vue de l’évolution, et par conséquent l’importance
que nous devons leur assigner en Systématique. Un petit caractère
peut avoir plus de poids qu’un gros. Nous voyons seulement que des
différences, si nous savons les aligner dans une orthogenèse, n’ont pas
la même sorte d’importance que si elles sont vraiment isolées. Mais
comment savoir si elles sont vraiment isolées lorsque nous avons
affaire à un phylum très grand, ici les Oribates, dont nous commen¬
çons à peine l’étude ?
Ceci rappelé, que sommes-nous en droit de conclure pour dissi¬
milis et les Perlohmannoides ? Reprenons les 3 comparaisons prin¬
cipales.
Comparaison de dissimilis avec les Nothroïdes. — En 1953, dans
l’Essai (18. p. 431), j’ai admis que les Perlohmanniidés avaient des
affinités avec les Nothroïdes. C’est à tort. J’avais alors accordé une
particulière importance à la similitude de faciès et au fait que le poil
f, se comporte de la même façon chez dissimilis et beaucoup de
Nothroïdes.
Pour le faciès, je renvoie à ce que j’en ail dit plus haut (carac¬
tère 1).
Quant au caractère du poil f, (caractère 8) et à d’autres (caractères
5, 7, 10, 15, 17), ils se retrouvent chez des Perlohmannoïdes qui ne
sont pas des Perlohmanniidés, ou chez des Phthiracaroïdes, de sorte
qu’ils témoignent seulement d’affinités générales. Le poil f, a évolué
chez Epilohmnnnin et des Phthiracaroïdes comme il l’a fait chez dissi¬
milis et des Nothroïdes, la seule différence étant que sa régression est
allée souvent plus loin et peut-être, à la limite, jusqu’à la disparition
totale à toutes les stases.
Le seul caractère qu’on ne retrouve pas dans les comparaisons
est le caractère 6, celui du bouclier pygidial immature. On peut le
citer comme argument. C’est un argument de faible poids car beau¬
coup d’Oribates, depuis les PaJaeacaroïdes jusqu’aux Oribates supé¬
rieurs, ont des nymphes et des larves à bouclier pygidial et ils ne sont
évidemment pas apparentés à dissimilis.
Les caractères qui différencient fortement dissimilis des Nothroï¬
des sont au contraire importants. Aucun Nothroïde n’a l’épine supra-
coxale el, ni la 2" paire de poils exobothridiques, ni plus d’un solé-
nidion au premier génual, ni le poil transcupulaire (inguinal), ni l’arti¬
culation séjugale, ni rien qui approche, au tarse I, de la richesse en
poils et en eupathidies que nous venons de constater chez dissimilis.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITTi.
115
Par tous ces caractères dissimilis est beaucoup plus primitif qu’un
Nothroïde.
Aucun Nothroïde, en outre, n’a un organe de Claparède à grosse
tête et à longue tige anncléc, aucun n’a le poil su régressif associe à
une eupathidie ultimale, aucun n’est dépourvu d’organe de Tràgârdh.
Soulignons cette dernière différence. Je la crois très importante
ear il me semble que l’organe de Tràgârdh manque toujours dans les
groupes 1 à 9 de l’Essai et qu’il existe seulement dans les groupes 10
et 11. Mes observations, quoique nombreuses, sont encore incomplè¬
tes. Je reviendrai sur ce sujet. Nous avons peut-être, par l’organe de
Tràgârdh, un caractère crucial à grande portée. Je n’en ai pas tenu
compte dans l’Essai. Il faudra combler celte lacune.
La conclusion est qu’il n’y a pas lieu de rapprocher les Per-
lohmanniidés et les Nothroïdes. Il faut se contenter de dire que le
genre Perlohmnnnia est moins éloigné des Nothroïdes que les autres
Perlohmannoïdes.
Comparaison de dissimilis avec les Phthiracaroïdes. — Les carac¬
tères communs sont nombreux. Ce sont les caractères 2, 8, 10 et ceux
de 12 à 18, mais chacun d’eux existe aussi chez d’autres Perlohman¬
noïdes, ou bien, pour le caractère 10, celui de l’alrichosie paraproc-
tale, chez d’autres Oribates, de sorte que ces caractères communs,
bien qu’il soit intéressant d’en dresser la liste, ne fournissent guère
d’arguments.
Les différences, moins nombreuses, ont davantage de poids. Un
Phthiracaroïde est franchement éloigné de dissimlis par son faciès,
son grand notogaster dépourvu de carènes latérales, sa ptychoïdie et
sa régression trichobothridique. Ajoutons, à titre accessoire, l’absence
du 2" poil exobothridique, celle du bouclier pygidial immature et celle
du poil inguinal.
La conclusion est que les Perlohmanniidés n’ont pas d’affinités
particulières avec les Phthiracaroïdes.
Cette conclusion n’avait sans doute pas besoin, pour paraître
juste, de l’examen détaillé que nous avons fait. Des comparaisons
entre dissimilis et les Phthiracaroïdes ne s’imposaient pas. Elles ne
sont pourtant pas inutiles. Je les ai introduites en prévision de ce
que nous aurons peut-être besoin de savoir quand le genre Collohmnn-
nia. dont je dis un mot plus loin, sera mieux connu et qu’il faudra
lui trouver une place en Systématique.
Comparaison de dissimilis avec les autres Perlohmannoïdes.
Ici on est d’abord frappé par des différences énormes de faciès et par
des singularités. Les Lohmanniidne sont uniques par l’infracapitu-
lum, les lèvres, les poils adoraux. Epilohmannia l’est aussi par l’in-
fracapituluin (autrement) et par la face ventrale de l’opisthosoma. C’est
aussi par cette face qu'Eulohmannia est unique. Sa pseudo-diagastrie
et ses grands épinières pléthotaxiques, au métapodosoma, n’ont pas
d’analogues chez les autres Perlohmannoïdes.
Source : MNHN, Paris
116
F. GRANDJEAN.
D’autres différences ne sont pas aussi singulières, niais elles n’en
sont pas moins très grandes. On les a vues dans l’examen des carac¬
tères. Je répète les principales et je leur ajoute celle du nombre des
articles, au palpe :
Le notogaster a des carènes latérales chez Perlohmannia et les
Lohmanniidae, il n’en a pas chez Eulohmannia et Epilohmannia. La
chaetotaxie des carènes n’est pas la même chez Perlohmannia et les
Lohmanniidae.
Les organes de Claparède sont identiques chez Perlohmannia et
Eulohmannia. tandis que celui d’ Epilohmannia, très grand aussi et
encore plus annelé, en diffère parce qu’il n’a pas une grosse tête et
surtout parce qu’il n’a pas de poil protecteur en cuiller. Celui des
Lohmanniidae n’a pas non plus de poil protecteur en cuiller mais il
ne ressemble pas à celui d'Epilohmannia. II ressemble au contraire
à ceux de Perlohmannia et d’Eulohmannia qui ont ce poil en cuiller.
Le poil f, est régressif chez Perlohmannia et Epilohmannia, non
chez Eulohmannia et les Lohmanniidae.
La glande gla existe chez Perlohmannia et Epilohmannia. Elle
manque chez Eulohmannia et les Lohmanniidae.
Le segment paraproctal a toujours des poils chez Epilohmannia,
Eulohmannia et les Lohmanniidae. Il n’en a pas, à 2 niveaux, chez
Perlohmannia.
Le tarse I est court et renflé chez Perlohmannia (d’après dissimi¬
lis) et chez Eulohmannia. Il n’est pas renflé et il est pauvre en poils
et en eupathidies chez Epilohmannia et les Lohmanniidae.
Le palpe a 2 articles chez Epilohmannia, 5 chez Perlohmannia.
On peut dire qu’il en a 4 dans les autres genres, le fémur n’étant pas
séparé du génual par une articulation.
Ces différences considérables, souvent bizarres, n’invitent guère
à réunir les 4 familles sous un même vocable et surtout à considé¬
rer leur union comme justifiée en Systématique, mais il y a une con¬
tre-partie, c’est-à-dire des caractères communs importants qui sont
partiellement ou totalement séparateurs à l’égard des autres groupes.
Au lieu d’énumérer de nouveau ces caractères (ils sont exposés dans
l’examen sous les numéros 2, 3, 4, 9, 12, 13, 14 et 18), introduisons-les
dans une diagnose par laquelle on puisse définir sans ambiguïté un
Perlohmannoïde quelconque. Voici cette diagnose. J’emploie quelques-
unes des abréviations de l'Essai (18, p. 426).
Perlohmannoidea n. superf. — Oribates non ptychoïdes à fémurs
entiers. Le notogaster est normal, sans coupure dorsale à la stase
adulte. Il porte à cette stase les poils des segments C à PS. Articula¬
tion protéro-hystérosomatique. Présence des caractères Ex. 2, Or. 3,
Elc I, PF dev.. Absence de soudure adano-aggénitale. Pas d’organe
de Tràgârdh. L’argane de Claparède est long, annelé ou à tige anne-
lée. Absence de régression trichobothridique. Le génual I, à toutes les
stases, porte plus d’un solénidion.
Source : MNHN, Paris
PERLOHMANNIA DISSIM1LIS (HEWITT).
Je laisse de côté, faute d’observations suffisantes, plusieurs carac¬
tères. On complétera la diagnose plus tard et on devra sans doute
la modifier. Elle suffit pour le moment.
J’aurais dû établir cette diagnose en 1953, dans l’Essai de classi¬
fication. Ce qui m’en a empêché, c’est l’idée mentionnée plus haut,
maintenant rejetée, d’une parenté assez proche entre dissimilis et
certains Nothroïdes. La même idée ne pouvait évidemment pas s’éten¬
dre aux Epilohmnnniidae, aux Eulohmanniidae et aux Lohmanniidac,
c’est-à-dire aux 3 familles les plus spécialisées des Perlohmannoïdes.
La 4* famille, les Perlohmanniidae, est de beaucoup, malgré les carac¬
tères originaux de dissimilis, la plus banale, la plus simple, la plus
primitive par l’ensemble de ses caractères. Il était tout indiqué de la
choisir pour famille type.
Les Perlohmannoïdes ne sont pas dépourvus de tout rapport avec
leurs deux principaux voisins en Systématique, les Phthiracaroïdes et
les Nothroïdes. Ils paraissent moins éloignés des Phthiracaroïdes que
des Nothroïdes. Remarquons que les organes trachéens, s’il y en a,
dépendent seulement des bothridies dans les trois superfamilles. '
Est-il satisfaisant de donner aux Perlohmannoïdes un nom de
superfamille ? La diversité des caractères est chez eux beaucoup plus
grande, apparemment, que dans une superfamille ordinaire. On a
l’impression d’avoir mis dans ce groupement tous les restes d’un en¬
semble qui fut autrefois très grand et très riche, dans lequel on aurait
pu tailler plusieurs superfamilles et qui est actuellement réduit en
lambeaux.
L’avenir dira si cette impression est ou non trompeuse. Il y a cer¬
tainement d’autres genres d’Oribates à découvrir ou à mieux connaître
dans cet ensemble et ils nous apprendront quelque chose.
Collohmannia Selln. 1922. — Le genre Collohmannia est peut-
être l’un d’eux. Il contient 2 espèces, C. gigantea Selln. 1922 (26,
]). 18 et 19, fig.) et C. nova Selln. 1932 (27, p. 704 à 711, fig. 2 à 8),
chacune d’elles décrite sur un seul individu. C. gigantea est de Rou¬
manie. C. nova est de Yougoslavie (Ivarst) et il a été signalé plus tard
de Hongrie, par Balogh, dans son Conspectus. Il s’agit de très grands
Oribates (1450 et 1800 u, respectivement). Leurs formes immatures
sont inconnues.
De C. gigantea nous ne savons pas grand-chose, mais Sellnick
a donné de C. nova une description assez détaillée et plusieurs bon¬
nes figures. C. nova fait penser à Perlohmannia et à Oribotritia. Le
tarse I, très poilu et allongé comme chez Oribotritia, parait riche en
eupathidies. La face inférieure du corps ne diffère pas beaucoup de
celle de dissimilis. Ses épinières n’ont cependant pas la même chaeto-
taxie. Elle est qualifiée d’étroite, serrée entre les bords du notogaster
et celui-ci, d’après les figures 2 et 3 de Sellnick, est très grand, enve¬
loppant, pareil à celui d’un Oribotritia car il n’a pas, d’après la des¬
cription, des carènes latérales. Il en diffère cependant par sa chaeto-
taxie. On remarque, par les figures de Sellnick, la petitesse relative
Source : MNHN, Paris
118
F. GRANDJEAN.
du protérosoma et, dans l’orientation ventrale, celle du podosoma. La
longueur de l’opisthosoma dépasse fortement la moitié de la longueur
totale du corps, comme chez Oribotrilin. Il n’en est pas du tout ainsi
chez dissimilis.
Dans l’Essai j’ai supposé que Collohmnnnia était peu éloigné de
Perlohmannin. On peut supposer, en même temps, qu’il est peu éloi¬
gné d'.Oribotritia. 11 serait synthétique et par conséquent d’un con¬
sidérable intérêt.
Par « peu éloigné » il ne faut pas entendre « proche ». De quelque
côté qu’il penche, C. nova diffère fortement de dissimilis et d’un Ori-
botritia. C’est plutôt un représentant d’une famille nouvelle, les Col-
lohmanniidae. Pour se prononcer sur les affinités de cette remarqua¬
ble famille il faudrait trouver les nymphes et la larve d’une de ses
espèces. Redécrire plus complètement des adultes serait très utile, en
attendant.
Laboratoire de Zoologie du Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris.
TRAVAUX CITÉS.
1. Berlese (A.). — Acari nuovi. Manipulas III (Redia, t. 2, p. 10 à 32,
1904).
2. Id. — Centuria seconda di Acari nuovi (Redia. t. 12, p. 125 à 177,
1916).
3. ('arpenter (G. H.). — Injui'ious insects and otlier animais observed
in Ireland during the year 1904 ( Econom. proceed. Rouai Dublin
Soc., t. 1, part 6, p. 281 à 305, 1905).
4. Id. — A new Irish mite, Lohmannia insignis Beri.. (trish Nat., t. 14.
p. 249 à 251, 1905).
5. Grandjean (F.). — Observations sur les Oribates, l re série (Bull. Mus.
nat. Hist. natur. Paris, 2" série, t. 3, p. 131 à 144, 1931).
6 . lit. — Observations sur les Oribates, 2" série (Bull. Mus. nat. Hist. natur.
Paris, 2- série, t. 3, p. 651 à 665, 1931 [1932]).
7. Id. — Etude sur le développement des Oribates (Bull. Soc. zool. France,
t. 58, p. 30 à 61, 1933).
8 . Id. — Observations sur les Oribates, 4' série (Bull. Mus. nul. Hist. natur.
Paris, 2' série, t. 5, p. 215 à 222, 1933).
9. Id. — Observations sur les Oribates, 5' série (Bull. Mus. nat. Hist. natur.
Paris, 2' série, t. 5, p. 461 à 468, 1933).
10. Id. — Les poils et les organes sensitifs portés par les pattes et le palpe
chez les Oribates, l rc partie (Bull. Soc. zool. France, t. 60, p. 6 à 39,
1935).
11. Id. — Observations sur les Oribates, 11" série (Bull. Mus. nat. Hist.
natur. Paris, 2" série, t. 11, p. 110 à 117, 1939).
12. Id. — Observations sur les Oribates, 12' série (Bull. Mus. nat. Hist.
natur. Paris, 2' série, t. 11, p. 300 à 307. 1939).
13. Id. — Observations sur les Oribates, 13' série (Bull. Mus. nat. Hist.
natur. Paris, 2' série, t. 12, p. 62 à 69, 1940).
14. Id. — La chaetotaxie comparée des pattes chez les Oribates, l r, \ série
(Bull. Soc. zool. France, t. 66, p. 33 à 50, 1941).
15. Id. — Quelques genres d’Acariens appartenant au groupe des Endeostig-
mata, 2' série, 2” partie (Ann. Sc. natur. Zoologie. 11' série, t. 5, p.
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Source : MNHN, Paris
l’ERLOHMANNIA DISSIMILIS (HEWITT).
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1(). Id. — Formules anales, gastronotiques, génitales et aggénitalcs du déve¬
loppement numérique des poils chez les Oribates (Bull. Soc. zool.
France, t. 74, p. 201 à 225, 1949).
17 Id. — Observations sur les Oribates, 21' série {Bull. Mus. nat. Hisl.
natur. Paris, 2' série, t. 22, p. 344 à 351, 1950).
18. Id. — Essai de classification des Oribates {Bull. Soc. zool. France,
t. 78, p. 421 à 44G, 1953 [1954]).
19 Id. — Posther inan nia nematophoru n. g., n. sp. ( Benne franç. Entom.,
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Paris, série A ; Zoologie, t. 8, fasc. 3, p. 109 à 150, 1955).
22. /</. — Observations sur les Oribates, 34' série {Bail. Mus. nat. Hist.
natur. Paris. 2' série, t. 28, p. 205 à 212, 1950).
23. Id. — Caractères chitineux de l’ovipositeur, en structure normale, chez
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25. Hewitt (C. G.). — On a new phvtophagous mite, Lohmannia insignis
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26. Sellxick (M.). — Million dcr Sammlung des Deutschen Entomologischen
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1922).
27. id. — Oribatidcn ans dem Karst {Zool. Jahrb. ISgstematik), t. 63. heft
5/6, p. 701 à 714, 1932).
Source : MNHN, Paris
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Mars 1058 «Dépôt légal 1« trimestre 1058 — N° 4770 ».