MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XIX
FASCICULE 2
Yseult LE DANOIS
remarques sur les poissons orbiculates
DU sous-ordre des ostraciomformes
PARIS
Editions dd muséum
36. rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
Source : MNHN, Paris
U ^
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL I) HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XIX, fascicule 2. Pages 207 à 338
REMARQUES SUR LES POISSONS ORBICULATES
DU SOUS-ORDRE DES OSTRACIONIFORMES
par
Yseult LE DANOIS
INTRODUCTION
L’ordre des Orbiculates — (qui ne peut être appelé ordre des Tetro-
dontiformes, car ce terme impropre, emprunté à la classification de Léo
S- Berg, ne saurait désigner les Coffres, les Poissons-lunes et les Trio-
dontes) — comprend quatre sous-ordres : Orbispiniformes, Ostracio-
n iformes, Moliformes et Triodontiformes, que nous avons définis dans des
travaux antérieurs. Notre étude sur les Orbes épineux a fait l’objet d’une
récente publication ; le présent mémoire porte sur un autre sous-ordre,
celui des Coffres ou Ostracioniformes. Leurs affinités avec les Poissons-
*unes ou Moliformes nous ont permis d’établir de constantes comparaisons
e ntre les deux groupes du point de vue ostéologique et myologique. Nos
recherches ont trouvé une base solide dans les riches collections du
Muséum National d’Histoire Naturelle que le Professeur J. Guibé a bien
v °ulu mettre à notre disposition et nous lui en exprimons toute notre
Sratitude. Nous avons pu étudier une forme fossile, grâce à l’amabilité
du Professeur J.-P. Lehman qui d’autre part nous a aidé de ses conseils
e t nous a fait profiter des enseignements que fournissent les théories
récentes des Paléontologistes.
Historique
Les Coffres sont connus depuis la plus haute antiquité ; leur forme
étrange et leur facilité de conservation permettaient aux navigateurs de
j es rapporter de leurs voyages. Le premier connu fut celui qui vit dans
Mer Rouge et se rencontre même accidentellement en Méditerranée ;
P est pour le désigner que Strabon dans sa Géographie a employé pour
^.première fois le terme « ‘Oarpàxtm ». Il raconte que dans la vallée du
^‘1 ce poisson était vendu à de hauts prix aux amateurs de curiosités.
^^WoniBs du Muséum. — Zoologie, t. XIX. 14
Source : MNHN, Paris
208
Y. LE DANOIS
Cette histoire est reprise par Pierre Belon (1551) qui désigne l’Ostrakion
de Strabon sous le nom de Holosteum.
En 1558 Gessner cite Holosteum Belloni mais le nomme aussi Ostra-
cion nili, en latinisant le terme de Strabon ; il est donc le créateur du
genre Ostracion.
‘ Dès le début du xvn« siècle, Charles de I’Ecluse (Clusius) (1605).
Ulyssès Aldrovandi (1613), Georges Margrave (1648), J. Jonston
(1644), décrivent de nouvelles espèces de Coffres dont la plupart pro¬
viennent des Antilles et du Brésil. C’est à Willughby (1686) que l’on doit,
comme pour les Orbes épineux, le premier groupement systématique des
Coffres. Les savants et médecins hollandais Jacobus de Bondt (Bontius)
(1658), Fr. Valentyn (1727), Fr. Ruysch (1737) fournissent des des¬
criptions de nouvelles espèces d’Ostracioniformes, peuplant les eaux des
Indes Néerlandaises, en les désignant le plus souvent sous leurs vocables
malais.
Dans son Ichthyologie, Artedi (1738) réunit dans le genre Ostracion
les Coffres et les Orbes, et en 1742, dans son Histoire Naturelle Klein
intègre tous ces Poissons dans le genre Crayracion. Linné, dans 1 ’Editio
décima (1758) sépare définitivement le genre Ostracion des genres Diodon e
Tetraodon.
Les Coffres furent longtemps réunis aux Balistes dans le groupe
cuviérien des Sclérodermes. H. Hollard en 1857 leur consacra une remar¬
quable monographie et créa la famille des Oslracionidae, tout en la main¬
tenant dans les Sclérodermes. 11 reconnaissait dans cette famille les
Aracaniens et les Ostracions. D. S. Jordan en 1898 sépara les Coffres des
Balistes en les plaçant dans un groupe spécial qu’il appela OslracodermU
correspondant aux Ostraciontina que Guntheh en 1870 avait distingues
dans les Sclérodermes. A. Fraser Brunner (1935) désigne comme sous-
ordre les Ostraciontoidea, comprenant les Oslracionidae et les Aracanida •
La première description d’un Aracanide est due à Houttuyn en 176
d’après un poisson du Japon. Le genre Aracana (ou Acarana) est créé p® r
Gray en 1838. Après la description des espèces australiennes par A.R- M
Culloch et E. R. Waite (1915) les Aracanides ont été reconnus comme
une famille distincte par A. Fraser Brunner en 1941. ,
Les Canthigasterides ont été groupés en une famille spéciale pa r * '
Gill en 1892. Ces poissons avaient toujours été inclus dans les Orb
épineux, les Tetrodontidae de Gunther. Nous avons cru devoir, en 193 »
les séparer de ce groupe pour les rattacher aux Ostracioniformes, à
suite de l’examen de leurs caractères ostéologiques.
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE OSTÉOLOGIQUE
Chapitre Premier
REMARQUES GÉNÉRALES
La structure de l’exosquelette et de l’endosquelette des Ostracioni-
formes présente des dispositions particulières de caractère exceptionnel :
On trouve en effet chez ces Poissons, dans la région céphalique, la super¬
position d'une carapace exosquelettique complète et d’une voûte crânienne
dermique constituée par des éléments multiples. Ce cas est, à notre connais¬
sance unique dans la classe des Poissons, tant vivants que disparus, à
l’exception peut être de certains Dipneustes, comme Ceratodus et Neoce-
ralodus dont les écailles somatiques empiètent sur la tête. Le rôle de pro¬
tection est en effet assuré, aussi bien dans toute la série des formes fos¬
siles où le crâne offre un degré quelconque d’ossification, que dans les
espèces actuelles de type archaïque où il est visible extérieurement, par
la voûte dermique composée parfois d'os très nombreux et où se dis¬
tinguent souvent les trajets des canaux muqueux. Les auteurs sont
arrivés à déterminer avec quelques différences d’interprétation l’homo¬
logie de ces os de membrane, souvent revêtus de ganoïne ou de cosmine,
mais en aucun cas on ne trouve extérieurement une carapace distincte
du crâne.
La constitution et la formation de la carapace.
L’étude de l’armure des Coffres a fait l’objet d’excellentes descriptions
et certains savants comme H. Hollard (1857) et N. Rosen (1913-1914)
ont précisé la structure histologique des plaques de la carapace. Les
recherches de ce dernier et celles de Turner (1862) ont de plus porté sur
les téguments des Poissons-lunes qui présentent d’intéressantes analogies
avec ceux des Ostracionides. Rosen a particulièrement mis en valeur
l’importance d’une formation mésenchymateuse, directement située sous
l’ectoderme, le chorion (ou corium) ; il montre que ce chorion comporte
plusieurs couches susceptibles de modifications très diverses dont l’une
des plus importantes est la possibilité de former des « plaques osseuses
homogènes ». Hollard avait du reste déjà décrit en détail la texture des
éléments concourant à la constitution des plaques hexagonales de l’ar¬
mure des Coffres. Il avait reconnu que leur partie externe était formée
Source : MNHN, Paris
210
r. LE DANOIS
de dentine et que leur partie interne représentait des éléments osseux
offrant des aspects variés ; dans les Môles Rosen reconnaît dans le chorien
la couche interne blanche, dure, très épaisse, formée de fibres élastiques
du tissu conjonctif chargé de graisses ; à la limite se placent les plaques
osseuses ; celles-ci servent de base à des épines qui se développent dans la
couche externe du chorion et percent le revêtement épidermique. Le
même auteur dans Ostracion situe la dentine de l’armure dans la couche
externe du chorion et la partie osseuse des plaques dans la couche interne ;
on peut en déduire une homologie de position entre les éléments osseux
des téguments des deux groupes : plaques osseuses homogènes des Pois¬
sons-lunes et parties osseuses des plaques hexagonales des Coffres.
Fio. 1. — Coupe d’une plaque osseuse de la carapace d ‘Ostracion Iriqueter , d'après Mol¬
lard. — dtn : dentine ; tofb : tissu osseux flbrillaire ; tolm : tissu osseux lamellaire ;
tofc : tissu osseux fibro-cellulaire ou aréolaire.
Il semble d’autre part que l’on puisse en conclure que le chorion joue un
rôle actif dans le développement de l’appareil exosquelettique chez les
Orbiculates, et il paraît difficile d’en trouver un exemple aussi typique
parmi les Poissons Actinoptérygiens. Pour rencontrer une faculté compa¬
rable du chorion dans ce rôle squelettogène, nous devons faire appel aux
recherches récentes de Paléohistologie des savants de l’école suédoise
et notamment aux travaux de T. Orvig et de Jarvik, bien que ceux-ci
portent sur des Poissons très primitifs, tels que les Placodermes ou les
Elasmobranches fossiles, ou encore sur des embryons de Requins. Maigre
leur éloignement dans le temps ou dans les rapports phylogéniques, on
peut reconnaître des analogies dans les principes qui régissent la forma¬
tion de l’exosquelette et de l’endosquelette entre les animaux étudiés par
les Paléontologistes suédois et les Orbiculates.
Tor Orvig, dans son travail sur les tissus durs des Vertébrés inférieurs
(1931) considère que ces tissus sont d'origine mésodermique et comportent
deux catégories : la première dérivant du tissu conjonctif, et la seconde
du cartilage. C’est à la première qu’appartient l’ensemble du chorion et
on peut y distinguer trois couches :
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
211
a) Une couche supérieure située à la limite du chorion et de l’épi¬
derme et dont l’origine peut être ectodermique, mésodermique ou double,
c’est-à-dire à la fois ectodermique et mésodermique ; c’est à cette limite
entre épiderme et chorien que se constitue Y émail.
b) Une couche moyenne comportant les couches superficielles du
chorion ; celles-ci engendrent la dentine, ou une substance voisine la semi-
dentine.
c) Une couche interne correspondant aux couches les plus profondes
du chorion, appuyées sur une membrane sous-cutanée ou basale ; cette
couche est génératrice de tissu osseux.
La spécialisation de ces différentes couches peut ne pas être très nette ;
ainsi peut-on trouver des tissus où la semi-dentine se mêle soit à l’émail en
surface, soit au tissu osseux en profondeur, formant une ostéo-dentine.
Une membrane basale, dont le rôle est important, sépare ce chorien
dérivé du tissu conjonctif de l’autre catégorie, d'origine différente. Celle-ci
dans les Poissons étudiés par Orvig, Placodermes ou Sélaciens, est repré¬
sentée par des formations de cartilage ; elles peuvent être fibreuses, ou
hyalines, suivant qu’elles figurent dans le perichondrium ou dans l’endo-
squelette lui-même. On y trouve toutes les transitions entre les cartilages
fibreux, globulaires ou aréolaires.
Si nous nous reportons maintenant aux Orbiculates et aux recherches
sur leurs téguments que nous avons mentionnées à propos des travaux de
Hollard et Rosen, nous voyons qu’en ce qui concerne la première
catégorie de tissus définis par Orvig, c’est-à-dire la série conjonctive, la
comparaison est facile à établir : nous retrouvons dans les deux cas la
Blême faculté génératrice des mêmes tissus durs à partir du chorion : la
couche superficielle à laquelle participe l’ectoderme, ne semble toutefois
pas très bien marquée chez les Orbiculates. Il est probable cependant que
l'extrémité des petites épines de la peau des Môles et des Tetraodontes, les
épines souvent de forte taille qui s’appuient sur la carapace des Coffres,
les grands piquants des Diodontes, présentent un revêtement d’émail plus
ou moins épais.
La seconde couche, celle de la dentine, correspond exactement à la
surface mamelonnée de la carapace des Coffres. On peut l’homologuer
à l'élargissement des épines cutanées des Môles, et aux racines des petites
épines des Tétraodontes.
C’est dans la troisième couche, que se situe le complexe osseux, avec
ses aspects différents, fibrillaire, aréolaire, lamelleux des plaques hexa-
onales des Ostracionides. Dans les Poissons-lunes il est représenté par les
plaques homogènes osseuses de Rosen, noyées dans la couche profonde
du chorion épais et dur. Dans les Orbes, il est probable que les racines
profondes des boucles des Diodontes et Xenoptères appartiennent à la
®ême formation.
Nous avons signalé dans un autre ouvrage que l’enchevêtrement de
ces racines arrive à constituer une sorte d’armature cohérente, à tel point
fiu’elle peut se détacher des tissus sous-jacents comme une enveloppe de
Source : MNHN, Paris
212
Y. LE DANOIS
Fie. 2. — Coupe des tissus cutanés d'Orlhagoriscus mola. Figure originale. — sp : épine .
ep : épiderme ; pgm : cellule pigmentaire ; cj : tissu conjonctif ; plhm : plaque homogène
osseuse ; epeh : couche profonde du ehorion ; mb : membrane basale ; arm : derme.
châtaigne ; elle recouvre la totalité du corps ( Diodon hyslrix, Chilomycterus
raiiculatus) ou seulement une partie (Xenoptères). On peut noter de plu®
une tendance à la constitution d’une véritable carapace, dans Telraodon
(Ephippion) gultifer et ce caractère avait incité Gunther à faire de ce
Poisson (genre Hemiconiatus) une forme de transition entre les Orbes et
les Coffres.
Nous avons décrit la formation de la carapace de Ephippion. Dans le
jeune, les téguments présentent des alvéoles allongées et vermiculées,
comparables à celles que l’on rencontre fréquemment dans d’autres
Tetraodontes et marquant la place de petites épines déficientes. Dans les
alvéoles du jeune Ephippion se groupent ensuite des points de concrétion
qui s’élargissent en losanges et peu à peu forment des plaques rigides et
grumeleuses ; elles sont absolument analogues à celles des Coffres et
comportent une superposition de dentine et de tissu osseux. La carapace
commence par former une selle vers l’avant du corps et s’étend graduel¬
lement vers l’arrière, jusqu’au delà de la dorsale et de l’anale ; cette
progression est toujours précédée par l’apparition des concrétions vérin*-
culées dans les alvéoles et cela jusqu’au pédoncule caudal (cf. Y.L-D.
1959, p. 167, fig. 124).
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 213
La membrane basale qui limite en profondeur le chorion est suscep¬
tible d’avoir une importance très différente suivant les groupes d’Orbi-
culates. Dans les Orbes, où le système de protection reste discontinu et
élastique, cette couche mésodermique est très développée et se relie aux
tuniques musculaires sous-cutanées. Dans les Coffres, la basale est mince,
niais sépare nettement la carapace de l’endosquelette. Enfin dans les
Môles, cette membrane est devenue indiscernable dans la tête car elle a
été envahie par la couche profonde du chorion à l’état de tissu dur, et il y a
connection intime entre cette couche et le crâne dermique, mais elle est
visible dans le reste du corps, à la limite du derme.
Placodermes et Elasmobranches Orbiculates
ORVIG
POSITION
TISSUS DURS
ROSEN
HOLLARD
ectodermi-
que, mésoder
miquc ou les
à la limite du
du chorion et
de l’épiderme
extrémités
des épines
des Môles,
épines fines
de Sphéroïdes
membrane
basale
tissu
conjonctif
mcsoder-
les couches
superficielles
du chorion
dentine
et
semi -dentine
traie des épi¬
nes des Mo¬
les ; couche
de dentine
des plaques
des Cofîfres
couche de
dentine
mamelonnée
des plaques
des Cofires
mésodcr-
mique
les couches
les plus pro¬
fondes du
chorion et
sous-cutanées
O,
plaques ho¬
mogènes os¬
seuses des
Môles ; cho¬
rion durcides
Môles, pla¬
ques osseuses
des Coffres
tissu osseux
fibrilaire,
aréolaire et
iamelleux
des plaques
hexagonales
des Cofires
membrane
basale
membrane
basale
cartilage
fibreux
à l’intérieur
ou auprès de
l’endosque-
lette dans le
pcrichon-
tissu dur in¬
termédiaire
entre l’os et
le cartilage
calcifié
-
crâne
hyalin
dans l’endo¬
squelette
cartilage cal¬
cifié globu¬
laire et aré-
Source : MNHN, Paris
214
Y. LE DANOIS
Les os dermiques du crâne et la théorie de la délamination.
On pourrait supposer à priori que l’existence de la carapace solide des
Coffres, du tissu conjonctif dur des Môles, entraînerait une réduction
notable des éléments du crâne dermique chez ces Orbiculates. Or, il se
trouve au contraire que cette voûte des os de membrane comporte un
nombre exceptionnel d'éléments.
Le fait le plus saillant — comme on le verra dans les descriptions
qui vont suivre, — est qu'on peut considérer que le crâne dermique est
pour ainsi dire dédoublé. Sur une série médiane d’os impairs, souvent très
développés, s’alignent de chaque côté les constituants du crâne dermique,
mais au lieu de s’étaler sur un plan unique, ces os se placent en couches
superposées, dont certaines comportent des éléments inhabituels. Cette
disposition particulière évoque l’idée que les os se sont étagés successive¬
ment au cours du développement. Pour tenter d’expliquer cet aspect
spécial, nous allons avoir recours aux notions que nous fournissent les,
Paléontologistes suédois. L’un d’eux, Jarvik, a pu récemment, en 1958
en liaison avec T. Orvig, établir un principe de morphologie générale, la
théorie de la délamination. Les recherches qui servent de base à cette
théorie ont porté notamment sur des Requins et des Dipneustes, et
s’appuient sur des études embryologiques de E. S. Goodrich.
«...Des générations d’os dermiques apparaissent successivement
« mais de la même manière dans la partie la plus externe du chorion en
« rapport avec la membrane basale qui sépare le chorion de l’épiderme.
« Dès que les éléments de première génération ont dépassé les premiers
« stades de leur développement, des cellules envahissantes les libèrent de
« la membrane basale et ils s’enfoncent de plus en plus profondément dans
« le chorion ; puis une nouvelle génération osseuse dermique peut se
«former le long de la membrane basale, se libérer, s'enfoncer, etc... La
« formation répétée de générations osseuses dermiques superposées est un
«processus général concernant le squelette dermique dans son ensemble
« et a lieu en principe comme la délaminalion successive de lamelles cel-
«lulaires squelettogènes découverte par N. Holmgren (1940) au coursdu
« développement embryonnaire des Requins. »
«... Les parties externes de l’ectomésenchyme (chorion) ont un
« pouvoir de formation répétée de lamelles cellulaires qui peuvent succes-
« sivement être rejetées vers l’intérieur et donner naissance à des géné-
« rations squelettiques superposées, aussi bien endosquelettiques qu’exo-
« squelettiques. Toutes ces générations squelettiques ont même origine et
«apparaissent de la même manière au cours de l'ontogénie et le type o e
« tissu squelettique qui apparaît dans chaque cas particulier dépend des
«conditions de milieu dans cette partie du chorion ou du conjonctif sous-
« cutané dans lequel a lieu essentiellement le développement de l’élément
« squelettique. Les différences entre les formations endosquelettiques et
« exosquelettiques résultent de la différenciation du chorion qui offre
«des conditions de formation tout autres que le conjonctif sous-cutane
« sous-jacent lâche dans lequel l’endosquelette apparaît finalement. »
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
215
La dernière remarque que termine cette citation mérite d’être parti¬
culièrement retenue en ce qui concerne la formation du dermo-crâne
chez les Dipneustes et les Orbiculates. Devillers en tenant compte des
recherches de Goodrich, Holmgren et Westoll, signale que dans
Neoceratodus les plaques osseuses s’accolent au neurocràne sur le museau,
mais qu’en arrière elles s’en détachent et que les muscles s’insinuent entre
elles et l’endocrâne ; les canaux sensoriels céphaliques courent librement
au-dessus des os, sous la couche d’écailles somatiques empiétant sur la
tête.
Cans les Ostracionides, on trouve également un intervalle entre la
carapace et le dermo-crâne, ce qui permet au système latéro-muqueux
de jouer son rôle dans l’ostéogénèse dermique, alors qu’il n’est pas appa¬
rent à la surface du corps.
La théorie de la délamination paraît donc fournir une explication
plausible de cette superposition de la carapace et des couches étagées d’os
dermiques, chez les Coffres, dont nous avons signalé le caractère excep¬
tionnel.
La multiplicité des os et la théorie lépidomoriale.
Les Palaeoichthyologistes ont généralement considéré que l’on peut
expliquer les variations de composition du crâne dermique par des
fusions d’os, par des fragmentations suivies de refusions ou par l’envahis¬
sement d’un territoire osseux par des os voisins. La théorie lépidomoriale
développée par E. Stensio, T. Orvig et E. Jarvik, montre avec clarté
la véritable petitesse des unités de croissance osseuse, leur nature et
les lois de leur fusion en unités plus complexes.
Les écailles placoîdes qui prennent naissance à partir d’une papille du
chorion et dont la couronne prend une forme et une taille définitives ne
peuvent plus s'accroître ni en hauteur ni latéralement. Or, en étudiant
les Sélaciens permiens du Groenland de la famille des Edestides, on
reconnut que certaines écailles présentaient un type plus primitif et
étaient susceptibles de croissance marginale. Celles-ci furent nommées
c yclomoriales par opposition aux écailles placoîdes formées en une seule
fois et appelées synchronomoriales. La croissance des écailles cyclo-
moriales se produit à partir de minuscules unités : les lepidomoria. Un
lepidomorium comprend une couronne de dentine, recouverte par une
couche mince d’un tissu rappelant l’émail, ainsi qu’une plaque basale
osseuse réunie à la couronne par un col intermédiaire. Chaque lepido¬
morium prend naissance dans une papille du chorion en rapport avec une
boucle vasculaire. Comme les écailles, les os dermiques sont formés par
des unités lepidomoriales ; celles-ci peuvent subir, au cours du dévelop¬
pement, des modifications de leur assemblage, et la théorie lépidomoriale
donne en conséquence une explication simple des variations de l’étendue
et du nombre des os dermiques, ainsi que ce qui se passe quand le sque¬
lette se dissout secondairement en unités plus petites. Elle est parti¬
culièrement applicable à la constitution du crâne des Ostracioniformes ;
Source : MNHN, Paris
216
Y. LE DANOIS
dans chaque espèce existe un type ostéologique crânien, mais ce type peut
changer dans ses détails chez les différents échantillons et même de
chaque côté d’un même individu. Les limites et le nombre des os varient,
mais sans qu’il y ait altération réelle de leurs territoires respectifs.
Chapitre II
OSTÉOLOGIE CRANIENNE
La protection assurée chez les Coffres par la carapace et chez les
Poissons-lunes par la couche interne durcie du chorion, permet de
constater dans l’ostéologie crânienne de ces Poissons des dispositions
particulières qui relèvent de caractères archaïques ou marquent le début
de phases évolutives. N’ayant pas à se modifier en vue d’un rôle défensif
réel, le crâne a conservé sans altération la trace des facteurs essentiels
de sa formation, et c’est ainsi qu’on trouve maintenues chez ces Poissons
adultes des stades qui en général, ne représentent qu’un aspect transitoire
et embryonnaire.
Les principes fondamentaux de cette ostéogenèse sont d’une part
l’existence primordiale d’une série médiane d’os impairs, et d’autre part le
dédoublement du crâne dermique par délamination.
A. — LA SÉRIE MÉDIANE DES OS IMPAIRS
Le nombre des éléments qui constituent la série médiane des os
impairs dans les Ostracionides est tellement élevé qu’on est obligé de leur
appliquer une nomenclature spéciale, en partie empruntée à la Paléon¬
tologie, et même pour certains d’entre eux de les désigner par des termes
nouveaux. Dans certaines espèces, telles que Ostracion cubicusetO. gibbosus
la série est presque complètement représentée et dans son ensemble elle
comporte 10 os, à savoir :
— proethmoïde,
— ethmoïde,
— mesethmoïde,
— méta-ethmoïde,
— post-rostral,
— interfrontal antérieur,
— interfrontal (parfois double),
— interpariétal,
— préoccipital,
— supraoccipital.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
217
L 'ethmoïde qui fait saillie au début de la série, est reconnu comme un
os de cartilage. Il en est de même pour le supra-occipital qui la termine.
Aucun des os de la série médiane n’est parcouru par des canaux
sensoriels et ne présente d’orifices latéro-muqueux.
Le proethmoïde, V ethmoïde, le mésethmoïde et le metaethmoïde appar¬
tiennent au cmplexe ethmoïdien que nous décrirons plus loin.
Nous avons cru devoir reprendre le nom de post-rostral qui désigne
habituellement un os dermique se rencontrant chez les Poissons fossiles.
Les Coffres paraissent être les seules formes actuelles où un os comparable
par sa position et sa forme soit distinct, encore paraît-il être de structure
différente ; en effet chez ces Poissons le post-rostral est isolé des autres os
par sa consistance extrêmement molle et son aspect translucide. Il ne
peut supporter la dessication, il s’amenuise, disparaît, et sa place est
marquée par une zone de rupture sur un crâne sec. Il se maintient en
adhérant simplement sans suture aux os qui l'entourent. Ces caractères
ne semblent pas s’appliquer à un os dermique.
L’inter frontal antérieur est un petit os qui n’est visible distinctement
que dans Ostracion cubicus et O. gibbosus ; peu consistant, il se présente
comme une enclave à l’arrière du post-rostral.
L’inter frontal se rencontre de façon très fréquente avec de très grandes
variations de forme ; il peut être simple, formant un îlot entre les 2 fron¬
taux, ou dédoublé ; souvent il est assez allongé pour séparer en ligne
médiane les deux frontaux et dans ce cas il est tendre et mou et s’affaisse
à la dessication en formant gouttière entre les os pairs (Lactophrys).
L’interpariétal est un os bien développé, solide, parfois translucide ;
par son extension il arrive dans certaines espèces à diminuer la longueur
de la suture médio-pariétale.
Nous avons cru devoir reconnaître sous le nom de préoccipital un élé¬
ment osseux placé en arrière de l’interpariétal et formant enclave à la
partie antérieure du supraoccipital. Cet os est souvent protubérant, et
peut former un petit mamelon servent de centre aux lignes de relief de
*a partie postérieure du crâne (O. gibbosus).
Nous avons indiqué en tête de ce chapitre que l’abri de la carapace
permettait chez les Ostracioniformes la conservation de caractères
archaïques et de phases embryonnaires chez des Poissons adultes. Cette
présence d’une série exceptionnelle d’os impairs en ligne médiane paraît
entrer dans ces persistances évolutives.
Différents auteurs, notamment Hammerbergh et Devillers exposent
qu’aussi bien dans les Osteichthyes que dans les Chondrichthyes le toit
du chondocràne s’édifie à partir des éléments suivants : — un pont épi-
Physaire, parfois précédé d'un pont paraphysaire ; — le tectum synoticum ;
— le tectum posterius. Ce dernier correspondant à la région occipitale.
Ces divers éléments présentent des liaisons longitudinales dans le plan
médian, à savoir : — la taenia medialis anterior qui unit entre eux le
septum nasal et les ponts épiphysaire ; — la taenia medialis posterior
entre le pont épiphysaire et le tectum synoticum.
Source : MNHN, Paris
218
Y. LE DANOIS
Il existe donc dans un stade ombryonnaire chez les Osteichthyes une
ligne de soutien cartilagineuse s’étendant du septum nasal jusqu’à la
région otique. Or, c’est du septum nasal que dérive l’ethmoïde carti¬
lagineux et de même le tectum posterius fournit le supra-occipital de même
nature. La continuité des deux taeniae entre ces deux points d’appui du
chondrocràne ne permet-elle pas de suggérer qu'elles sont à l’origine de
certains des os impairs de là série médiane ? A l’appui de cette hypothèse,
on ponrrait peut-être faire valoir que plusieurs des os de cette série,
comme le post-rostral et les interfrontraux, paraissent constitués par une
sorte de cartilage translucide et inconsistant et se distinguent ainsi de la
contexture fibreuse des os de membrane. On trouverait donc chez les
Coffres adultes une persistance des taeniae embryonnaires fractionnées en
éléments osseux impairs et médians.
Un autre argument intéressant est la régression de ces os dans la
famille même des Ostracionides. Nous les trouvons au complet dans les
types les plus primitifs comme O. cubicus et O. gibbosus, mais il n’en est
pas de même dans les formes les plus évoluées, par exemple dans les
genres Laclophrys et Doryophrys. La partie moyenne de la série, du post-
rostral au dernier des interfrontaux, disparait en effet par un rétrécis¬
sement progressif. Celui-ci est dû au rapprochement graduel des os der¬
miques pairs qui gagnent la ligne médiane pour se souder symétrique¬
ment. La place de cette suture nouvelle se substitue à la position des
anciens os impairs et mous et la série médiane se transforme en lign e
suturale. On trouve un stade de transition bien marqué dans Doryophrys
diaphanus : les interfrontaux disparaissent en s’enfonçant sous les os
dermiques ; le post-rostral est réduit à une marge étroite et molle entre le
complexe ethmoïdien et les préfrontaux.
Dans la partie postérieure du crâne l’interpariétal garde longtemps
son individualité, mais dans le genre Lactophrys il se scinde en deux
fragments qui sont absorbés par les pariétaux (L. cornulus).
En résumé le crâne des types primitifs des Ostracionides offre une
série médiane d’os impairs en nombre exceptionnellement élevé. On peut
supposer que certains de ces os marqueraient une persistance d’éléments
cartilagineux du crâne embryonnaire. Dans l’intérieur même de la famill e
on assiste à une régression de la majeure partie de ces os qui disparaissent
sous la pression des os dermiques pairs en formant leur ligne suturale.
B. — LE CRANE DERMIQUE ET SON DÉDOUBLEMENT :
L’ÉPICRANE
En exposant dans le chapitre précédent la théorie de la délamination
de Jarvik et Orvig, nous avons indiqué qu'elle fournissait une expl'"
cation à la structure particulière du dermo-cràne des Ostracionides.
Celui-ci, — nous l’avons dit, — est en effet dédoublé : les os sont étagées
sur deux plans :
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 219
a Le premier de ces plans, le plus profond, est constitué par la série
des os impairs que nous venons de décrire, sur laquelle se soudent les os
pairs que comporte habituellement la voûte crânienne, tels que frontaux,
pariétaux, etc...
b Le second plan, placé au-dessus, est formé par un ensemble d’os
dont la plupart n’ont pas jusqu’ici été homologués, car on ne les trouve
Pas à l’état distinct dans les autres Poissons. A cette formation propre aux
Ostracionides et aux Molides, nous donnerons le nom d’« épicrâne » et
montrerons ses variations dans les différentes espèces.
L'existence conjuguée du crâne et de l’épicràne entraîne une multi¬
plication du nombre des os, qui trouve une explication valable dans la
théorie lépidomoriale.
La carapace a rendu inutile toute tendance à une concentration pour
consolider la voûte. Cette persistance inhabituelle d’éléments osseux
distincts en nombre très élevé rend très difficile leur dénomination ;
C e problème n’avait pas échappé à Save-Soderbergh qui désirait voir
Introduire une nomenclature absolument nouvelle pour les os dermiques.
Nous avons cru cependant devoir conserver les termes anciens en les
modifiant dans le cadre de la terminologie habituelle.
C. — LES RÉGIONS OSTÉOLOGIQUES
1. — Le complexe ethmoidien
D’une façon générale dans les Ostracionides, la région ethmoïdienne
comporte une partie solide élargie en bouclier à laquelle fait suite en
mrière une sorte de pédoncule allongé. On peut reconnaître dans ce
bouclier un os central en avant qui est Yethmoïde, pouvant former une
Protubérance plus ou moins saillante ( Ostracion cubicus, O. nasus).
L’ethmoïde est flanqué en arrière par deux autres os qui sont des rostraux :
ds semblent en effet placés sur le trajet de la commissure ethmoïdienne
‘lui se situe au bord antérieur de la carapace. Bien distincts chez O. cubicus
O. gibbosus, ils se confondent avec l’ethmoïde dans les autres espèces.
Le pédoncule qui fait suite au bouclier a pour élément principal le
^ethmoïde, os impair. Il peut être suivi en arrière de deux supra-elh-
ftoïdes, plus ou moins soudés en ligne médiane, mais fréquemment
jjtésethmoïde et supra-ethmoïdes sont fusionnés en un os unique, le
" er nethmoïde.
En arrière du mesethmoïde et entre des supra-ethmoïdes incomplè-
cment soudés se situe un petit os impair que nous nommerons méta-
F bmoïde (O. gibbosus, Lactophrys trigonus) ; il entre le plus souvent dans
a composition du dermethmoïde où un léger relief marque encore en
^ière sa trace.
La masse principale du complexe ethmoïdien, bouclier et pédoncule,
F*- précédée, entre l’ethmoïde et les prémaxillaires par un petit os impair,
Proethmoïde. Latéralement le mésethmoïde est flanqué de deux os en
° a guettes, s’élargissant en ailes en arrière des rostraux, qui représentent
Source : MNHN, Paris
220
Y. LE DANOIS
Liste des abréviations des figures d’ostéolooie
afr : antero-frontal (épicrâne).
an : ailes nasales.
ang : Angulaire.
art : articulaire.
bh : basihyal.
boc : basioccipital.
cafr : corne antérieure du frontal.
cet : commissure ethmoldiennc.
ch : ccrato-hyal.
cl : cleithrum.
cmk : coronomeckelien.
cor : coracoïde.
cpcl : crête post-claviculaire.
crn : coronoïde.
dpto : dermo-ptérotique.
dsp : dermosphénotique.
dt : dentaire.
ecp : ectopterygoïde.
edp : endopterygoïde.
encl : endoclcithrum.
epcl : écaille post-claviculaire.
epo : épiotique.
epto : épiptérotique.
eth : ethmolde.
exo : exoccipital.
exsc : extrascapulaire.
fr : frontal.
h : hyoïde.
hci : hypocleithrum ou clavicule.
hm : hyomandibulaire.
ifr : interfrontal.
io : interopercule.
iods : infraorbito-dcrmosphénotique.
ipa : interpariétal.
itp : intcrtemporal.
Ici : lame cleithrale interne,
levi : lame claviculaire interne,
leth : lateroethmoïde.
lhpo : lame hypocleithraie post-opercu-
laire.
lpcl : lame post-claviculaire,
lsc : lame supracarénaie.
meth : mesethmoïde.
mmk : mcntomeckelien.
mr : margo radialis.
msco : mesocoracolde.
mtco : metacoracolde.
Pasp
PPto
prst
pspa
pspp
: metaethmoïde.
: metapterygolde.
: maxillaire.
: opercule.
: pariétal.
: parethmolde.
: palatin.
: préarticulaire.
: parasphénolde. , re
: processus coronoïde du denta •
: postclavicule ou meta-cleithru
: parethmoïde.
: préfrontal.
: pleurosphénoïde.
: prémaxillaire.
: préopercule.
: pro-occipital.
: pariétal postérieur.
: postptérotique.
: preethmoïde.
: proptérotique.
: post-rostral.
: frontal postérieur.
: pleurosplénial antérieur.
: pleurosplénial postérieur.
, hypt ,-cl.ith«“-
sods
sph
spl
stp
: postspléniai inférieur.
: postspléniai supérieur.
: rétroarticulaire.
: rostral.
: scapulum.
: supraclavicule o
: supraethmoïde.
: superfrontal.
: sous-opercule.
: supraorbitaire.
: supra-occipital.
: siipraorbitu-durmosphénotique-
: sphénotique.
: splénial.
: supratemporal.
: symplectique.
: symphyse claviculaire.
: première vertèbre.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Fio. 3. — Squelette céphalique et scapulaire de Oslracion eubicus. Vue de profil.
222
Y. LE DANOIS
sans doute les nasaux. Ils sont particulièrement bien développés chez
Aracana où ils affectent la forme de deux stylets le long du mesethmoïde.
La partie solide du complexe ethmoïdien prend fin en arrière du der-
methmoïde, là où cet os est en contact avec le post-roslral ; cette limite
entre les deux os caractérise une zone de rupture par suite de la différence
de texture entre ces éléments. Nous avons déjà mentionné la nature par¬
ticulière du post-rostral, mou et translucide. Il est allongé et présente une
double incurvation ; ses bords s’enfoncent dans une rainure en gorge de
poulie formée par les os pairs qu’il soutient. Ceux-ci constituent de chaque
côté du post-rostral une masse triangulaire composée de trois parties :
les latéro-ethmoïdes, les parethmoïdes et les pré/rontaux. La rainure dans
laquelle s’emboîte le post-rostral est formée en avant et à la partie supé¬
rieure par les latéro-ethmoïdes, en arrière et en-dessous par les par¬
ethmoïdes. Au bord externe de ces os sont placés les préfrontaux offrant
un orifice sensoriel. C’est cet ensemble osseux qui termine en arrière le
complexe ethmoïdien.
La région ethmoïdien ne ne comporte pas d’épicrâne.
2. Le crâne et l'épicrâne de la région fronto-pariétale
Dans les Ostracioniformes, la région fronto-pariétale est particuliè¬
rement intéressante par les variations de structure qu’elle offre entre les
différentes genres des Ostracionides et surtout entre cette famille et celle
des Aracanides. Si l’on essaie de résumer dans son ensemble cette évolu¬
tion, il faut comparer deux termes extrêmes dont l'un est fourni par le
type de l 'Ostracion primitif, comme O. cubicus et l’autre par Aracana.
La forme fronto-pariétale de O. cubicus peut être définie par la série des
os impairs médians bien en place et la présence d’un épicrâne cohérent
ne laissant apercevoir que la région occipitale du crâne sous-jacent. Dans
Aracana l’épicrâne fronto-pariétal a en fait disparu et la série des os
impairs médians se résorbe sous la pression des os dermiques pairs qu 1
la réduisent à la gouttière suturale dont nous avons déjà parlé. Mais
cette transformation ne s’opère pas simplement : les os de l’épicrâne ne
disparaissent pas, mais procèdent à un envahissement du crâne sous-
jacent pour arriver à se confondre avec lui. Cet envahissement se traduit
par une complexité du groupe frontal et du groupe pariétal que compIiqu e
encore l’absorption graduelle des os impairs. Le crâne des Aracanides se
présente comme un véritable « puzzle » d’os imbriqués les uns sur les
autres, cherchant à se creuser un territoire, tout en gardant une unité de
position. Un observateur superficiel définirait aisément ce morcellement
apparent des os en les qualifiant d’os de remplissage ou d’os anamestiques,
mais il n’en est rien, car ces prétendus os de remplissage sont les témoins
d’un système osseux antérieur et bien défini. Il ne peut guère y avoir
d’erreur à ce sujet, car les formes de transition existent.
Type Ostracion cubicus. — La région fronto-pariétale du crâne est
assez simple : la série des os impairs comporte : 1 ’inter-frontal antérieur,
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
223
empiétant sur le post-rostral ; puis Vinter-frontal, et en arrière de la suture
médio-pariétale un inter-pariétal bien développé, s’appuyant sur le pro¬
occipital. Les os pairs, frontaux et pariétaux, occupent leur position nor¬
male, mais en arrière de ces os se trouvent des frontaux postérieurs d’une
Fio. 4. — Ostracion cubicus. Epicrâne (la partie droite du
crâne est relevée suivant la ligne pointillée).
Part et d’autre part des pariétaux postérieurs rejetés latéralement et
suivis par de petits extra-scapulaires, percés par les orifices de la commis¬
sure supra-temporale.
L’épicrâne est typique : les os qui le composent présentent une cer¬
taine solidité, mais qui n’exclut pas une tendance à être friables, car ils
sont fort minces ; les orifices sensoriels sont nombreux en marge externe.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XIX. 15
Source : MNHN, Paris
224
Y. LE DANOIS
L’épicrâne est formé de deux pièces symétriques et très larges. Chacune
d’elles comprend près de la ligne médiane, un super-frontal ; cet os ne se
soude pas à son symétrique car les deux pièces de l’épicrâne sont séparées
I
A
Fio. 5. — Ostracion cubicus. Crâne, après enlèvement des
super-frontaux et des supra-orbitaires
par un sillon assez large au fond duquel on pourrait apercevoir les os du
crâne sous-jacent. Le super-frontal se continue sur les côtés par des sup rfl "
Source : MNHN, Paris
Msn*
Source : MNHN, Paris
226
Y. LE DANOIS
orbitaires, dont le nombre varie de 3 à 4. Le dernier des supra-orbitaires,
tangente vers l’arrière un os de l’épicrâne de la région otique, l'épi-
ptérotique, dont nous parlerons plus loin.
Type Doryophrys. — Dans cet Ostracionide qui représente l’une des
formes les plus primitives de la famille, le crâne lui-même est réduit
Fio. 8. — Doryophrys diaphanus. Epicrâne et crâne
dans la région fronto-pariétale à une sorte de tige comportant en avant un
interfrontal de consistance molle, puis deux petits frontaux appuyés sur
des pariétaux normalement développés entre lesquels se situe un inter¬
source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
227
*
t relevée suivant li
Source :,
Pmx. l<uifôU
Epi CXO s J, t ! EXK
À
Piq. 10. — Lactophrgs Irigonus. Crâne et èplcrâne
Fia. 11. — Laclophrys cornulus. Crâne et épicrâne
Source : MNHN, Paris
228
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 229
pariétal. L’épicrâne est très particulier par le fait qu’il présente deux
étages. Près de la ligne médiane régnent deux super-frontaux très voisins,
mais non soudés ; le bord externe de ces os est irrégulier et tourmenté avec
des saillies et des anfractuosités ; vers l’avant chacun d’eux se prolonge
en une longue apophyse antéro-frontale atteignant la fin du complexe
ethmofdien. Sous chaque super-frontal commence latéralement une
plaque supra-orbitaire, s’incurvant pour épouser le galbe de l’orbite ;
ces plaques supra-orbitaires sont gainées par des aponévroses en continuité
avec le revêtement orbitaire. Vers l’arrière leur font suite les os dermo-
sphénotiques.
Type Lactophrys. — Ce genre marque un stade de transition très net
vers la disparition de l'épicrâne. Le dédoublement crânien ne persiste
que dans la partie antérieure de la région frontale. Les super-frontaux se
sont confondus avec les frontaux sur presque toute leur étendue. On
assiste à cette transformation graduelle à travers les diverses espèces du
genre. Dans L. triqueter on relève encore la présence d’inter-frontaux
enfoncés dans une gouttière médiane. Les plaques latérales épicraniennes
ont pris leur place de supra-orbitaires et s’allient en arrière aux os dermo-
sphénotiques. En avant elles portent de faibles apophyses antéro-
frontales. Dans L. trigonus la disposition générale s’est accentuée mais on
trouve encore une gouttière en avant des frontaux, entre les supra-orbi¬
taires ; les apophyses antéro-frontales sont très développées et atteignent
les supra-ethmoïdes. Dans L. cornutus la gouttière a complètement disparu
et les apophyses appartiennent maintenant aux frontaux eux-mêmes.
Dans la même espèce, on assiste à l’envahissement de l’in ter-pariétal
par les pariétaux, à tel point que cet os impair est scindé avec une suture
médiane irrégulière.
Type Aracana. — La région fronto-pariétale d 'Aracana est la réali¬
sation de l’unification sur un même plan du crâne et de l’épicrâne, bien
que l’on puisse déceler encore quelques vestiges du dédoublement primi¬
tif. Nous avons dit que cette réalisation de la voûte crânienne sur un
plan unique se traduisait par une exceptionnelle multiplication des os.
Pour les définir nous les grouperons en complexe frontal et en complexe
pariétal.
a) Complexe frontal. — 11 a pour centre Y inter-frontal de la série des os
impairs, qui se distingue au milieu des autres os par sa transparence. Il
est flanqué latéralement par deux frontaux de taille restreinte et à contours
sinueux, prolongés vers l’arrière par deux frontaux postérieurs de type
analogue. Cette zone frontale résultant de la fusion des superfrontaux et
des frontaux profonds a gardé sa marge externe épicranienne sous forme
de deux supra-orbitaires, dont le premier porte un orifice sensoriel bien
visible ; au second fait suite le dermo-sphénotique. Les parties antérieures
des frontaux ne sont pas soudées en ligne médiane mais bordent une
gouttière au fond de laquelle subiste le post-rostral, invisible dorsalement,
mais qui peut s’apercevoir sur un profil. Cette gouttière se continue en
Source : MNHN, Paris
230
Y. LE DANOIS
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
232
Y. LE DANOIS
avant entre deux os très allongés qui sont les apophyses antéro-frontales ;
celles-ci empiètent sur le complexe ethmoïdien laissant apparents le
mésethmoïde, les nasaux et le début des supra-etlimoïdes (1).
L’existence du post-rostral en profondeur explique la position des
préfrontaux, placés vers la base des cornes antéro-frontales et en avant
des supra-orbitaires; ils sont réduits à de petits éléments osseux, ne
faisant pas saillie au bord externe du crâne dermique. Cette disposition
particulière de la limite antérieure du complexe frontal des Aracanides
mérite d’être retenue car elle marque un stade précurseur ou une évolution
parallèle conduisant au type primitif des crânes des Orbes épineux que
nous avons défini sous le nom de type chonerhinien.
b) Complexe pariétal. — Il est constitué par 7 os. Le centre est occupé
par Y inter-pariétal appartenant à la série primitive des os impairs et qui
est en voie de régression. Il est envahi par les pariétaux qui cherchent à
venir se souder en ligne médiane et le recouvrent presque complètement
tout en laissant deviner ses anciennes limites. Il est curieux de noter que
cette tendance envhissante des pariétaux se traduit dans leur partie
antérieure par une texture différente, plus épaisse et festonnée dans la
région ou l’interpariétal fait suite à l’inter-frontal. En arrière des parié¬
taux sont placés des pariétaux postérieurs qui représentent sans doute la
partie initiale du complexe pariétal, puis des extra-scapulaires perforés de
leur orifice sensoriel.
Type Canthigaster. — Il se rattache de façon remarquable au type
Doryophrys. L'élongation crânienne a mis en place les frontaux bien nets
à longue suture médiane et qui présentent en avant une indication des
apophyses antéro-frontales, mais les super-frontaux n’ont pas disparu
et demeurent sur un plan supérieur en accord avec le relief indiqué pa r
ces os dans l’épicrâne de Doryophrys. Us se situent plus en arrière, domi¬
nant les dermo-sphénotiques en formant au-dessus d’eux un rebord
tourmenté. Cans leur partie postérieure, ils viennent se souder en pente
douce avec les pariétaux et les supra-temporaux.
3. Le crâne et l'épicrâne de la région otique
a) Région sphénotique.
L’ intertemporal est masqué totalement par les supra-orbitaires de
l’épicrâne dans Ostraction cubicus, il est en partie découvert dans O. gibbo-
sus. Il garde sa position normale chez Lactophrys et Doryophrys, au cours
de l’unification crânienne. L’intertemporal présente un orifice sensoriel.
(1) Remarque. — Il convient de faire ici une remarque importante au sujet de l'IiornO"
logie respective des supra-ethmoïdes et des cornes antéro-frontales. Dans des groupes pl“*
évolués que les Ostracloniforines, notamment dans les Orbes épineux, il peut se créer un
certaine confusion. Souvent en effet les supra-ethmoïdes se sont fusionnés avec I e T 0 ®”
sethmoîdcs pour former le dermethmoïde, tandis que d’autre part les apophyses antero-
frontales ne sont plus marquées que par une faible avancée des frontaux, mais elles resten
assez distinctes pour qu’on puisse les interpréter à tort comme des supra-ethmoïdes qn
auraient passé du complexe ethmoïdien au complexe frontal ; en réalité il n'en est rien et |e
deux groupes d’os ne se mélangent pas.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
233
Fio. 14. -— Canthigastcr slriolatus. Vue dorsale du crâne
La jonction du crâne avec l’hyo-mandibulaire est assurée par le
système sphénotique. Le sphénolique lui-même n’est pas visible dorsa-
lement dans Ostracion et Lactophrys, sauf chez L. trigonus où il apparaît
comme une pointe bien marquée. Il est en effet généralement recouvert
par deux dermo-sphénotiques. Ceux-ci limitent l’orbite en arrière ; l’un
d’eux, assez massif, au plan supérieur, peut être homologué au supra-
orbito-dermo-sphénotique des Paléontologistes, et sert de point d’appui
au dernier des supra-orbitaires épicraniaux. L’autre forme pointe et
contourne en arrière l’orbite vers le bas ; il prend donc une position
d’infra-orbitaire et pourrait être considéré comme le dernier de la série
de ces os, sous le nom d’ infraorbito-dermo-sphénotique. On retrouve sensi¬
blement la même disposition dans Aracana mais la pointe du dermo-
sphénotique inférieur est moins accusée.
Source : MNHN, Paris
234
Y. LE DANOIS
b) Région ptérotique.
Le supra-temporal occupe dans le crâne sa position habituelle en arrière
de l’intertemporal, entre extrascapulaire et épiotique.
Le ptérotique, qui dans les autres Orbiculates est généralement repré¬
senté par un os unique, sur lequel s’articule la supra-clavicule, présente
chez les Ostracioniformes une grande complexité.
Dans Oslracion la partie crânienne comporte trois os : l’extrémité delà
supra-clavicule est encastrée entre le ptérolique proprement dit en arrière
et un proptérotique en avant ; de plus entre ces deux os se situe un dermo-
ptérotique. Les orifices sensoriels qui marquent la jonction entre les
canaux infra- et supra-orbitaires sont bordées par l’inter- et le supra-
temporal et par le dermo-ptérotique.
L’épicrâne ajoute deux éléments complémentaires au complexe que
l’on peut désigner sous les noms de metaptérolique et de épiptérotique, et
qui forment une large écaille se prolongeant très loin en arrière. L’en¬
semble de ces os forme le volet épiptérotique dont l’importance varie dans
le groupe des Ostracioniformes.
Dans O. cubicus, le volet épiptérotique est en liaison directe avec les
supra-orbitaires de l’épicrâne qu’il prolonge en arrière, en recouvrant les
supra-et inter-temporaux, ainsi que la majeure partie des épiotiques. Le
volet s’individualise dans O. gibbosus et dans les Lactophrys ; en régression
dans Doryophrys, il n’existe plus dans Canthigaster.
Dans Aracana le complexe ptérotique prend une importance consi¬
dérable et forme de chaque côté du crâne une énorme expension latérale,
terminée en pointe vers l’arrière, jusqu’au niveau de la 4 e vertèbre. La
partie crânienne, à savoir le proptérotique et le ptérotique proprement dit
sont placés très en avant, par suite de la position particulière de la
ceinture scapulaire. En arrière de ces os, le dermo-ptérotique garde ses
relations de position avec l’inter- et le supra-temporal. C’est donc sur la
partie épicranienne que se porte l’extrême développement du volet,
constitué par les deux grands os plats, meta-ptérotique et épitérolique. Par
ses dimensions mêmes, ce volet se trouve écarté de la région axiale du
corps et prend une position latérale.
Pour trouver dans la série des Poissons un développement comparable
du complexe ptérotique il faut remonter aux Paleoniscides et aux Boba-
satranides, étudiés par Nielsen et Lehman, où il comprend le post¬
temporal le dermo-ptérotique et les os-postspiraculaires.
Le volet épiptérotique, plus ou moins modifié et réduit, se retrouve
dans de nombreuses familles de Poissons appartenant au stade Téléostéen
et à l’état Malacoptérygien, tels que les a définis C. Arambourg. Il a été
désigné par les différents auteurs sous des noms variés : post-temporal,
supra-scapulaire, et surtout « scale bone ». Son rôle et son origine ont été
souvent discutés ; l’ostéologie des Ostracioniformes permet de constater
qu’il représente une survivance épicranienne indépendante.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
235
4. L'évolution de la région occipitale
La région occipitale comprend des os auxquels on donne une origine
cartilagineuse. Ce sont le supra-occipital, les exoccipitaux, le basi-occipital,
et les épiotiques. Dans presque toutes les espèces d’Ostracionides s’ajoute
un os impair de la série médiane, le pré-occipital. Cette région, dans le
groupe même des Ostracioniformes, est le siège d’une transformation
fondamentale, telle qu’elle a été décrite par G. DeBeer.
Dans les formes primitives du groupe, dans les Ostracionides, le supra-
occipital est un os large, plus ou moins arrondi, formant avec les exocci¬
pitaux une courbe qui épouse la forme postérieure du crâne ; latéralement
les épiotiques ne sont que partiellement apparents car ils sont recouverts
par les épi-ptérotiques. Le pré-occipital marque notamment dans O. gib-
bosus et dans Doryophrys le centre d’un relief qui s’étend en avant dans la
région pariétale et qui, plus accusé vers l’arrière, forme dans les épiotiques
une émergence s’emboîtant dans une cavité de la face inférieure des épi-
ptérotiques. On trouve sensiblement, avec un relief moins accusé, la
même disposition dans le genre Laclophrys.
La surrection du crâne cartilagineux se manifeste dans les Aracanides.
Le supra-occipital, tout en gardant dans sa partie centrale et massive la
position qu’il occupait dans Oslracion, s’accroît par l’adjonction d’une
crête bien développée qui dépasse en arrière le niveau de la 2 e vertèbre.
Cette surrection du supra-occipital coïncide avec l’unification sur un
seul plan du crâne et de l’épicrâne et l’écartement latéral du volet épi-
ptérotique. Cet ensemble de modifications entraîne l’émergence des
épiotiques, qui avaient été masqués par les os épicraniens chez les Ostracio¬
nides et qui se bornent à leur fournir un point d’appui chez les Aracanides.
Les Canthigastérides, en ce qui concerne la région occipitale, appar¬
tiennent au même type que les Aracanides. La disparition du volet épipté-
rotique permet un dégagement complet des épiotiques, de telle sorte que
tout l’ensemble crânien dans cette famille marque un stade très évolué.
Les différences de structure dans la région occipitale sont tellement
nettes dans le groupe des Ostracioniformes que l’on peut leur donner une
valeur systématique fondamentale :
— type Ostracionide : supra-occipital sans crête ; os dermiques de
l’épicrâne couvrant partiellement les épiotiques ;
— type Aracanide: supra-occipital avec crête sagittale; épiotiques
dégagés du volet épi-ptérotique présent latéralement ;
— tupe Canlhigastéride : supra-occipital avec crête sagittale ; épio¬
tiques totalement dégagés ; absence de volet épi-ptérotique.
5. Le parasphénoïde
Les Paléontologistes ont procédé à une étude extrêmement détaillée
des variations que présente le parasphénoïde dans les Poissons fossiles et
dans les formes actuelles des types Chondrostéen et Holostéen. Lehman,
en analysant les travaux d'Ai.DiNGER (1937), signale toute l’importance
Source : MNHN, Paris
236
Y. LE DANOIS
que cet auteur donne aux dimensions du parasphénoïde ; il y trouve une
indication fondamentale pour déterminer certaines lignées évolutives à
partir des Chondrostéens les plus primitifs, Palaeoniscides et Birgeriides ;
dans les premiers le parasphénoïde est court et s’arrête à la fin de la région
orbitaire ; dans les derniers il s’étend beaucoup plus loin en arrière sous la
région otique et même sous la région occipitale. Ce développement de la
partie postérieure de l’os a conduit Jarvik (1954) en se basant sur les
Crossojjtérygiens, à considérer que le parasphénoïde des Actinoptérygiens
était un os composé : sa partie antérieure correspondante au parabasal
de Gaup et sa partie postérieure à une annexion des plaques sous-endo-
craniennes : parotiques, subotiques et sous-occipitales. Aldinger consi¬
dère que le parasphénoïde allongé caractériserait la lignée des Sturio-
morphes: Birgeriides, Saurichthyides, Acipenserides. Dans les Amiides cet
os est bien développé, mais ne dépasse pas la région otique.
Ces quelques remarques étaient nécessaires pour faire comprendre le
type particulier du parasphénoïde dans les Ostracioniformes. Dans les
Coffres ( Ostracion , Lactophrys) il dépasse les limites de la région occipitale.
Il se présente comme une très longue lame mince qui forme une cloison
complète entre les orbites, puis se continue sous les régions sphénoïdienne,
otique et occipitale de l’endocràne. A sa partie postérieure la lame du
parasphénoïde borde la face inférieure du basi-occipital qui semble à son
contact s’être modifié en prenant l’aspect d’une crête lamelleuse.
Dans les Aracanides le parasphénoïde a sensiblement les mêmes pro¬
portions, mais la cloison interorbitaire présente plusieurs perforations et
l’extrémité postérieure de l’os s’arrête en avant du basi-occipital.
La grande extension postérieure du parasphénoïde semble être dans les
Orbiculates un caractère propre aux Ostracioniformes ; dans les Orbes
épineux on trouve l’indication de la régression de cet os, comme au stade
Téléostéen ; dans les Xénoptères, il s’arrête à la région otique et dans les
Diodontes à la région sphénoïdienne.
En conclusion la longue évolution du parasphénoïde depuis le type
archaïque très allongé des Sturiomorphes jusqu’aux formes raccourcies de
cet os dans les Actinoptérygiens actuels, se trouve résumée à l’intérieur
du seul groupe des Orbiculates.
6. Les os des mâchoires et la région orbito-jugale
La mâchoire supérieure dans l’ensemble des Ostracioniformes est assez
peu développée ; les prémaxillaires sont, comme dans tous les Orbi¬
culates, soudés aux maxillaires.
Les deux mâchoires offrent une dentition variable suivant les familles.
Dans les Ostracionides on trouve sur les prémaxillaires et sur la mandibule
une rangée de dents tranchantes et acuminées, en nomble variant de
8 à 12.
La disposition dentaire des Aracanides est marquée par une multi¬
plication des dents qui se placent sur plusieurs rangées surtout à l a
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 237
mâchoire supérieure. La bouche devient absolument arrondie en s'ame¬
nuisant. II en résulte que les dents rapprochées ont tendance à se souder
et à former bec. Ce stade est déjà réalisé dans la forme fossile Proaracana
dubia de l’Eocène supérieur de Monte Bolca. Ce Poisson présente en effet
deux plaques dentaires à chaque mâchoire. Dans les formes actuelles
d’Ostracioniformes nous retrouvons le bec à 4 dents dans la famille des
Canthigastérides, mais ces formations restent faibles, ne prennent
jamais la forte consistance coupante du bec des Tetraodontides et n’attei¬
gnent même pas la solidité de la denture de Proaracana.
L’ostéologie de la mandibule offre des caractères de grande impor¬
tance du point de vue évolutif. Dans un autre ouvrage nous avions déjà
insisté sur le type archaïque que présentait les Orbes épineux par suite de
la persistance du système des spléniaux et des coronoïdes ; mais dans les
Coffres, on se trouve en présence d’un stade beaucoup plus primitif de
l'évolution de la mâchoire inférieure. On assiste concurremment à la
consolidation osseuse du cartilage de Meckel et à l’épanouissement du
système des os dermiques. Ces derniers sont en si grand nombre que leur
terminologie présente quelque difficulté; nous avons appliqué dans la plus
large mesure celle qui a été adoptée par Devillers dans son étude sur le
crâne des Poissons, mais la différence de structure de la mâchoire infé¬
rieure ne permet pas une stricte homologation.
En prenant comme type Ostracion gibbosus, le dentaire apparaît
nettement à la face antérieure de la mâchoire, creusé par les alvéoles des
dents ; en ligne médiane en arrière et en dessous le menlo-meckelien forme
une saillie très visible. Les branches du cartilage de Meckel sont jalonnées
d’avant en arrière par un puissant corono-meckelien, un articulaire très
réduit, renforcé par un solide retro-articulaire.
Le système splénial et coronoïde est spécialement développé. A la face
interne de la mâchoire inférieure, la ligne médiane, une suture irrégulière
accole les os spléniaux, avec des orifices sensoriels bien marqués ; contrai¬
rement à ce qui se passe chez les Orbes épineux, ils ne supportent pas de
piles masticatrices. Latéralement ils sont bordés par deux pleuro-spléniaux
antérieur et postérieur. En avant du groupe dermique formé par spléniaux
et pleuro-spléniaux s'étendent de chaque côté deux larges coronoïdes
jusqu'au bord du dentaire qui émet un processus pour les limiter latéra¬
lement. En dehors des pleuro-spléniaux, le pré-articulaire vient de situer
entre corono-meckelien, articulaire et retro-articulaire. C’est sur la face
externe et au-dessous du dentaire que se placent les posl-spléniaux dont
le supérieur vient border le corono-meckelien et l’articulaire, et l’inférieur
forme en arrière le bord de la mandibule, qui se termine par un petit os,
l’ angulaire. Ces post-spléniaux sont creusés de vastes cavités dans l’épais¬
seur de la mâchoire.
D’assez importantes variations existent dans les autres espèces
d'Ostracioniformes ; on peut notamment signaler que la forte saillie du
mento-meckelien du genre Ostracion est très atténuée ou disparaît dans
le genre Lactophrys et les Aracanides.
Source : MNHN, Paris
238
Y. LE DANOIS
Fio. 15.'— Oslracion gibbosus. Vue'intcrnc|de la mâchoire inférieure'montrant ia'disposition
des spléniaux et coronoïdes
Fio. 17. — Oslracion gibbosus. Face externe de la mâchoire inférieure, vue par en dessous
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 239
Dans la région orbito-jugale des Ostracioniformes, les os du suspen-
sorium sont de grande taille et leur orientation, inclinée vers l’avant,
repousse vers le museau les ptérygoïdiens et le carré. Cette avancée de
l’hyo-mandibulaire et du symplectique a surbaissé le préopercule, en forme
de lame presque horizontale ; Yopercule et le sous-opercule sont petits et
l’inter-opercule est réduit à sa forme ligamenteuse, caractéristique des
Orbiculates. Dans les Ostracionides les os des mâchoires constituent un
ensemble encore assez volumineux permettant de bonnes insertions à la
musculature. Dans les Aracanides, nous assistons à une légère transfor¬
mation qui marque un stade de l’évolution que nous avons décrite comme
adaptation d’une bouche protractile en museau suceur tubulaire. En effet,
chez Aracana les os du suspensorium, hyomandibulaire et symplectique,
prennent une position horizontale ; il en est de même pour le métapté-
rygoïdien et le carré et tous ces os s’allongent parallèlement au préo¬
percule. Les os des mâchoires supérieure et inférieure ont diminué de
taille et le complexe ethmoïdien s’est allongé. L’ensemble du crâne s’est de
plus aminci vers l’avant. Les Aracanides, avec leur petite bouche et leur
museau allongé, marquant à partir des Ostracionides une tendance vers
la formation d’un museau suceur.
7. La ceinture scapulaire
La nomenclature des os de la ceinture scapulaire est extrêmement
variable suivant les différents auteurs. Nous rappelions pour mémoire la
synonymie de certains termes :
supra-clavicule = hypercleithrum = supercleithrum
Clavicule = hypocleithrum
Post-clavicule = metacleithrum = postcleithrum.
a) Position et orientation.
La ceinture scapulaire varie dans son orientation par rapport au crâne
suivant les différents types d’Orbiculates. Sa position doit être définie par
rapport à l’axe des ptérotiques sur lesquels s’insèrent les supra-clavicules
(hypercleithra).
Ranzanides. — Les supra-clavicules font suite aux ptérotiques dirigés
complètement vers l’arrière. La ceinture scapulaire est inclinée vers la
partie postérieure du corps et se situe totalement en arrière du crâne, au
niveau des premières vertèbres.
Molidcs. — La disposition est sensiblement la même que dans les
Ranzanides, mais l’axe des supra-clavicules est plus vertical.
Orbispiniformes. — L’axe des ptérotiques est perpendiculaire à la
ligne médiane du crâne, mais les supra-clavicules sont soudées oblique¬
ment vers l’arrière et la ceinture présente une inclinaison vers la partie
postérieure du corps.
Canthigaslérides. — Disposition très voisine de celle des Orbispini¬
formes.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XIX. 16
Source : MNHN, Paris
240
Y. LE DANOIS
Ostracionides. — Dans cette famille l'orientation de la ceinture varie
suivant les genres, mais l’insertion des supra-clavicules se place en avant
des premières vertèbres, sous la partie postérieure du crâne. Dans Doryo-
phrys on trouve une légère inclinaison de l’ensemble de la ceinture vers
l’arrière, car elle s’accroche un peut en retrait de l’extrémité des pté¬
rotiques.
Dans Ostracion l’insertion se situe dans l’axe môme des ptérotiques,
perpendiculairement à la ligne médiane du crâne.
Dans Laclophrys les supra-clavicules marquent dans leur orientation
un léger déplacement vers la partie antérieure, en avant de l'axe des
ptérotiques.
Aracanides. — L’indication marquée chez Laclophrys s’est fortement
accentué. La ceinture scapulaire est nettement déplacée vers l’avant et
les supra-clavicules s’avancent jusqu’à la ligne postérieure de l’orbite.
Tout l’ensemble de la ceinture se situe en position antérieure par rapport
au supra-occipital.
Ce déplacement général de la ceinture scapulaire est en accord avec
celui de l’orifice branchial. Il accompagne un étirement de la région orbito-
jugale et du préopercule, avec une réduction nette des os propres des
mâchoires, et indication d’une adaptation vers un museau du type suceur.
b) Os DE LA CEINTURE
La composition ostéologique de la ceinture scapulaire est très complexe
aussi bien ches les Ostracionides que chez les Aracanides. On peut remar¬
quer que les os offrent dans leur ensemble l’aspect de lames avec de très
forts élargissements que soutiennent des reliefs plus solides. La ceinture
n’adhère pas à la carapace, mais elle la double intérieurement avec quel¬
ques lignes de jonction qui la consolident. Cette disposition semble plu 8
accusée chez les Aracanides où la consistance de la carapace paraît
moindre que chez les vrais Coffres.
Ostracionides
Il existe un véritable complexe cleithral : d’abord la supra-claviculc
( hypercleithrum) faisant directement suite au ptérotique que lequel elle
s’insère fortement. Son autre extrémité s’articule avec la tête du clei-
thrum et avec la post-clavicule en une soudure compacte et massive. Au
même endroit vient se fixer un élément osseux ou tendineux dont nous
ferons ultérieurement une mention spéciale sous le nom de tendon endo-
cleithral. Cet ensemble robuste constitue ce que nous appellerons : I e
nœud claviculaire.
Le cleithrum offre une tige ferme, orientée verticalement ou faible¬
ment incliné vers l’avant. Sur toute la longueur de cet os s’étale une large
lame mince, la lame cleithrale interne, formant avec son symétrique une
grande cloison osseuse en arrière de la cavité branchiale. Cet ensemble
donne l’aspect d’une sorte de diaphragme osseux laissant au centre une
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
241
ouverture pour le passage de l’œsophage et sert de point d'appui à la
vessie natatoire. Une formation analogue a été signalée dans Acipenser
et les Palaeoniscides. Au cleithrum fait suite à la partie inférieure la
clavicule ou hypocleithrum de grande taille. C’est une lame plate qui
s’étend jusqu’à la ligne médio-ventrale ; elle supporte vers l’extérieur une
lame secondaire qui lui est perpendiculaire, la lame hypocleithrale post-
operculaire, et vers l’intérieur une lame claviculaire interne faisant suite à
la lame cleithrale interne. Les deux lames internes délimitent dans l'axe
du corps une faible ouverture livrant passage au système circulatoire.
C’est du nœud claviculaire que prend son départ la post-clavicule ou
metacleithrum, elle présente aussi une forme lamelleuse subtriangulaire
et adhère intimement à la carapace. Cette lame postclaviculaire rappelle
par sa structure et sa position ïanocleithrum des Palaeoniscides.
Le système scapulo-coracoïde considéré comme ceinture primaire
est très complexe. Le scapulum (hyper-coracoïde) soudé au cleithrum
présente un énorme foramen qu’il borde presqu’entièrement. Sur le bord
supérieur de cet os se soudent intimement quatre ptérygiaux et l’ensemble
forme une margo radialis supportant les rayons de la nageoire, mais ce
qu’il faut noter est que cette margo radialis est orientée horizontalement
comme chez certains Palaeoniscides. Ce caractère archaïque devrait être
complété par la présence d’un arc mésocoracoïde, celui-ci a disparu, mais
on trouve cependant au-dessus du foramen scapulaire un petit os distinct
qui pourrait en être un vestige ; une disposition analogue a été constatée
par Lehman dans Australosomus (Pholidopleurides), avec margo radialis
horizontale et arc mésocoracoïde réduit à une apophyse.
Le coracoïde se présente comme une large lame plus ou moins quadran-
gulaire avec une crête bien accusée à la face externe se terminant par une
apophyse. En examinant cette lame avec attention on s’aperçoit qu’elle
est en réalité formée de deux parties, l’une supérieure, correspondant au
coracoïde proprement dit, et l’autre inférieure, nettement élargie, qui
peut être considérée comme un mètacoracoïde ; nous examinerons ulté¬
rieurement la valeur morphologique de cet os.
Aracanides
La supra-clavicule termine vers le bas le grand volet ptérotique auquel
elle s’articule intimement. Elle présente une forme triangulaire et nous
retrouvons en arrière le nœud claviculaire. A partir de ce nœud divergent
deux formations osseuses : d’une part une large plaque comprenant l'en¬
semble des systèmes cleithral et scapulo-coracoïde et d'autre part une
très forte post-clavicule. Celle-ci est fort différente de celle des Ostracio-
nides. Nous avons dit précédemment que cet os en effet présentait la
forme d’une écaille comparable à l’anocleithrum de certains poissons
fossiles. Dans Aracana la post-clavicule est une longue crête osseuse
solide, élargie à son extrémité, ce qui lui donne la forme d’un yatagan.
Elle adhère directement à la carapace, mais le reste de la ceinture en
demeure légèrement écarté et son bord inférieur arrondi épouse le galbe
Source : MNHN, Paris
242
Y. LE DANOIS
de la crête médio-ventrale ; mais deux crêtes, l’une cleithrale, l’autre
coracoïdienne, en contact avec la carapace, la maintiennent à dis¬
tance.
Dans le nœud claviculaire le deithnim présente une tête massive avec
une grosse protubérance servant de base à la post-clavicule ; puis il se
continue en une tige rigide légèrement inclinée vers l’avant ; la lame qui
fait suite à cette tige vers le bas est Vhypo-cleilhrum ou clavicule ; elle
s’étale en palette d’aviron et une crevasse la sépare des éléments cora-
coïdiens. Elle est parcourue sur toute sa longueur et dans l’axe du clei-
thrum par une crête qui est la lame hypocleithrale post-operculaire. D’autre
part on rencontre comme chez les Coffres les lames cleithrale et claviculaire
internes, mais de moindre proportion et ne fermant qu’incomplètement la
cavité branchiale.
Le scapulum entoure presqu’entièrement le foramen ; son bord pos¬
térieur est surélevé en une margo radialis englobant 4 ptérygiaux inti¬
mement soudés, mais le fait essentiel à noter est que cette margo radialis
est en position verticale, alors que, nous l’avons vu, elle était dans les
Ostracionides en position horizontale. Aux deux extrémités de la margo
radialis on aperçoit deux petits os distincts qui pourraient être inter¬
prétés comme les traces d’un arc mésocoracoïde disparu.
La lame coracoïdienne accolée à l’hypocleithrum présente une longue
crête vers son bord postérieur ; elle est formée de deux éléments, coracoïde
et métacoracoïdc; ce dernier os présentant vers l’arrière un certain éti¬
rement.
Remarque. — La ceinture scapulaire présente en ligne médio-ventrale
un élargissement exceptionnel, particulièrement dans sa partie posté¬
rieure. Aussi est-on en droit de se demander quelle est la réelle valeur
morphologique de cet os supplémentaire que nous avons nommé métaco-
racoïde. Le coracoïde paraît en effet composé de trois parties : en haut le
coracoïde proprement dit, au-dessous un hypocoracoïde, faisant suite par
sa ligne suturale à l’hypocleithrum, et enfin le mélacoracoïde proprement
dit, parcouru sur toute sa hauteur par une longue crête verticale. Cet os
paraît être un élément surajouté.
Si l’on se reporte à la structure des ceintures du Lampris luna, on
remarque que les os pelviens sont venus s'articuler solidement sur les
coracoïdes. Or, la forme triangulaire de ces os pelviens, parcourus par une
crête verticale, offre une ressemblance frappante avec les métacoracoïdes
de YAracana. Elle ne saurait être fortuite et tout porte à croire que ces
métacoracoïdes sont les homologues des os pelviens de l’Opah ; alors
que les nageoires ventrales ont disparu, leur support osseux s’est maintenu
et s’est intégré dans le complexe coracoïdien.
A l’appui de cette hypothèse, la myologie fournit une preuve convain¬
cante : la disposition en musculature externe (abducteurs) et musculature
interne (Adducteurs) que nous avons étudiée à la fois dans Lampes
luna et dans Molaracana aculeata est absolument identique, comme
nous le verrons dans l’étude myologique de ce dernier Poisson.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 243
c) Le TENDON ENDOCLEITHRAL ET l’eNDOCLEITHRUM, OS LIGAMENTAIRE.
Quand on examine par l’arrière le crâne et la ceinture scapulaire d’un
Ostracioniforme on voit de chaque côté une baguette rigide et épaisse unir
la base craniale au nœud claviculaire. Elle offre différents états de struc¬
ture suivant les espèces : Dans Ostracion cubicus c’est un tendon puissant
gardant une réelle élasticité, mais dans les formes plus évoluées comme
Lactophrys ou chez les Aracanides le tendon s’est complètement ossifié
et représente même un des éléments les plus robustes du système squelet¬
tique antérieur. Ce tendon a été reconnu par Baudelot dans le Silure et
il l’a dénommé ligamentum scapuloverlebrale, car il joignait la ceinture
scapulaire à la première vertèbre. Siebenrock a retrouvé ce ligament
dans Ostracion et a remarqué qu’il se fixe non plus sur une vertèbre mais
sur le basi-occipital ; il ne lui a donné aucun nom précis. Nous pensons
Fio. 18. — Ostracion cubicus. Face postérieure du crâne
montrant le tendon endocleithral et le parasphénoïde
pouvoir le dénommer tendon endocleithral en nous basant sur le caractère
qu’il offre dans O. cubicus, mais dans les autres espèces il mériterait d’être
considéré comme un os sous le nom d 'endocleithrum.
Un de ses point d’insertion est toujours constant : c’est le nœud
claviculaire. Il vient là s’insérer fortement au point de jonction de la
supra-clavicule, du cleithrum et de la post-clavicule et il sert de point
d’appui au bord supérieur de la lame cleithrale interne. L’autre point
d’insertion du tendon endo-cleithral présente certaines variations. Dans
O. cubicus il se fixe à la partie inférieure du basi occipital et sur l’extré¬
mité du parasphénoïde. Dans Lactophrys trigonus le développement
Source : MNHN, Paris
244
Y. LE DANOIS
lamelleux de ces deux os détermine la formation d’une sorte de cloison
sous-craniale qui vient reposer sur les pharyngiens supérieurs ; la consis¬
tance faible de cette lame sous-craniale paraît avoir entraîné l’endo-
cleithrum bien ossifié à chercher plus bas un support plus stable et c’est
ainsi qu’il s’insère de chaque côté des pharyngiens supérieurs. Dans
Aracana la position rappelle celle de l’endocleithrum chez O. cubicus
et il s’appuie à nouveau sur le basi-occipital et l’extrémité postérieure du
parasphénoïde. L’endocleithrum d 'Aracana a été signalé par Parker
(1868). On rencontre un endocleithrum qui a été figuré mais non décrit
par Siebenrock (1901) dans des Characinides tels que Serrasalmo et
Fio. 19. — Aracana aurila. Face postérieure du crâne et de la ceinture scapulaire,
montrant l’endocleithrum et la lame claviculaire interne
Nyletes. Dans ces espèces il s’insère à la fois sur la ceinture et la base du
crâne. Il semble que l’origine de cet os doive être ligamentaire puisqu’on lo
trouve à l’état de tendon dans O. cubicus qui est une des espèces les plus
primitives des Ostracionides.
L’endocleithrum a certainement un rôle de renforcement donnant une
grande unité de solidification à l’ensemble cranio-scapulaire à l’intérieur
de la carapace.
On trouve encore des traces de l’endocleithrum dans les Orbispini-
formes : dans Xenopterus bellangeri, il est représenté par une tigelle
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 245
osseuse en relief, accolée aux exoccipitaux et â la région otique et s’éten¬
dant jusqu’au nœud claviculaire par une patte d’oie tendineuse. Dans
Ovoïdes nigropunclatus ce relief se discerne encore quoique très atténué à
la base du crâne, des exoccipitaux à la supra-clavicule.
L’endocleithrum doit être comparé à l’interopercule qui offre comme
lui des variations de structures tendineuse et osseuse dans de très nom¬
breuses espèces de Poissons. Ils ont ce caractère commun de relier deux
régions osseuses de caractères absolument différents : l’interopercule relie
la région operculaire dermique aux os d’origine cartilagineuse de la man¬
dibule ; l’endocleithrum rattache au nœud claviculaire dermique les os
cartilagineux du crâne (basi-occipital).
Helmut Hofer dans son étude sur le mécanisme musculaire du crâne
de Zeus (1938) a donné une excellente définition du rôle des ligaments en
montrant qu’ils se développent là où se manifeste un besoin fonctionnel
de renforcement ou d’élasticité. Le ligament correspond à une fonction
précise sans entrer dans la composition générale du système locomoteur,
musculaire ou osseux.
L’interopercule et l’endocleithrum correspondent exactement à cette
définition ; aussi, quand ils sont ossifiés, conviendrait-il de les placer dans
une catégorie spéciale du système osseux et de les définir sous le terme
d’os ligamentaires.
D. — REMARQUES COMPARATIVES AVEC L’OSTÉOLOGIE
CRANIENNE
DES MOLIDES ET DES RANZANIDES
L'ostéologie crânienne confirme qu’il existe des différences profondes
entre les genres Orlhagoriscus et Ranzania et que ces Poissons doivent
être placés dans deux familles distinctes : Molides et Ranzanides. On peut
établir un certain parallélisme entre les structures crâniennes des deux
familles de Moliformes et celles des Ostracionides et des Aracanides : le
crâne d’Orhagoriscus offre de nombreuses analogies avec celui d ’Ostracion
et la forme générale du crâne de Ranzania évoque celui d’Aracana mais
il n’a pas franchi, comme ce dernier, le stade fondamental que marque la
surrection du supra-occipital.
Orlhagoriscus mola
La série médiane des os impairs est assez complète et il y a un épi-
crâne. Le complexe ethmoïdien présente un proethmoïde et un elhmoïde
distincts ; mesethmoïde et supraethmoïdes sont confondus en un der-
melhmoïde sommé d’une forte saillie. Le post-roslral est un petit os qua-
drangulaire que flanquent deux plaques osseuses représentant une fusion
des lateroelhmoïdes, des parethmoïdes et des préfronlaux. La région fronto-
pariétale comporte crâne et épicrâne. Le centre crânien est constitué par
deux frontaux, seulement soudés à leur partie antérieure et divergents
Source : MNHN, Paris
246
Y. LE DANOIS
Fig. 20. — Orthagoriscus mola. Crâne et épicrâne. Vue dorsale
vers l’arrière ; ils sont étroits, en forme de languettes mais s’appuient
sur deux inlerfrontaux, l’un en avant, l’autre en arrière de leur soudure
médiane. Ensuite viennent les pariétaux en position normale suivis par
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTKACIONIFORMES
247
vStZ t , r rT aP i Ulai , r ’ S ’ chacu " bordant ““ large orifice sensoriel. Vers
sW™ r eS t r ° nlmx PoMntan renforcent les languettes frontales et
* appuient sur les pariétaux. L’épicrâne représente une masse osseuse
Source : MNHN, Paris
248
Y. LE DANOIS
Fio. 21. — Ranzania peregrina. Crâne et épicrâne. Vue dorsale
très importante. Elle est formée de deux pièces qui reposent sur les fron¬
taux dont elles ont en fait pris la place et l’importance ; on peut considérer
que la partie principale représente des superfrontaux soudés à des supr a ‘
orbilaires et cet ensemble forme un relief accusant une forte saillie ; en
avant se trouvent des anlero-jronlaux en apophyses prononcées ; ver
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
249
l’arrière l’épicrâne se prolonge par un os qui peut être considéré comme
un supra-orbito-dermo-sphénolique.
Au centre des régions otique et occipitale se trouve un supra-occipital
plus ou moins arrondi avec une voussure bien nette. Il est dominé de
chaque côté par les cornes des supra-temporaux et vers l’arrière par des
Source : MNHN, Paris
250
Y. LE DANOIS
épiotiques formant bosses. Le complexe ptérotique comprend en couche
profonde un dermo-ptérotique près du supra-temporal, plus en dehors on
rencontre un pro- et un post-ptérotiques et enfin le plérolique proprement
dit sur lequel s’articule la supraclavicule. L’épicrâne est constitué de
chaque côté par un épiptérotique de forte taille, placé obliquement, s’ap¬
puyant sur le post-ptérotique, et dominant le supra-occipital, les épio¬
tiques et les ptérotiques.
Ranzania peregrina
La série médiane des os impairs est réduite et l’épicrâne est à peine
marqué. Le crâne se trouve donc disposé dans son ensemble sur un plan
unique. Il ne présente aucune saillie latérale mais est parcouru par trois
lignes de crêtes, deux d’entre elles sur ses bords et la troisième médiane.
Le complexe ethmoïdien est assez réduit : Yelhmoïde est dominé par une
saillie du mesethmoïde auquel font suite deux supra-ethmoïdes dont la
suture médiane marque le début de la crête centrale ; ils sont flanqués
latéralement par des nasaux. En arrière la crête se continue sur toute la
longueur de la suture des frontaux et des pariétaux; sur les côtés sont situés
des prèfrontaux, puis des supra-orbito-dermosphênotiques. Le supra-occi¬
pital, les supra-temporaux et les épiotiques qui l’entourent, présentent
de fortes protubérances. Le plérolique est dominé par un êpitêrotique se
terminant en longue apophyse. C’est à cet os qu’est réduit l’épicrâne. Il
tient la place au volet épi-ptérotique des Aracanides.
Les ressemblances entre les crânes de Ranzania et d’Aracana tiennent
à leur forme élancée, amincie en avant, sans saillie latérale dans la région
antérieure ; elles sont accentuées par l’allongement du museau et la
position horizontale du préopercule et des os du suspensorium. Dans
Orthagoriscus l’hymandibulaire est sensiblement vertical, à peine incliné
et il en est de même du préopercule très large.
Chapitre III
REMARQUES SUR LES CARACTERES PARTICULIERS ET LES
CARACTERES ARCHAÏQUES DE L’OSTEOLOGIE DES
OSTRACIONIFORMES
L’étude de l’ostéologie crânienne des Ostracioniformes précise à la
fois des caractères qui appartiennent en propre à ce groupe et d’autres
qui représentent des survivances archaïques.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
251
A. — CARACTÈRES SPÉCIAUX
DES OSTRACIONIFORMES
1. Carapace. — C’est à son existence qu’est due l’ensemble des
caractères spéciaux ou archaïques. Son indépendance par rapport au
système osseux a permis à celui-ci sa constitution particulière.
2. Epicrane. — C’est à l’abri de la carapace, suivant le système de
délamination tel qu’il a été défini par Holmgren, Orvig et Jarvik que
les couches génératrices du chorion et du conjonctif sous-cutané ont pu
engendrer les éléments servant de base à la formation des os dermiques ;
par des enfoncements successifs ces éléments ne sont disposés sur plu¬
sieurs plans : le plus profond représentant le crâne dermique proprement
dit, et le plus élevé correspondant à une formation très spéciale :1 'épicrâne.
Ce dédoublement du crâne dermique dans des Poissons actuellement
vivants et adultes fournit un argument important à la théorie de la
délamination, qui n’avait jusqu’ici été basée que sur des phénomènes
constatés chez des espèces fossiles ou chez des formes embryonnaires.
3. Multiplicité des os. — La protection de la carapace permet aux
nombreux os résultant de la fusion des lepidomoria de garder leur indi¬
vidualité. Le dédoublement crânien contribue de plus à la multiplicité
des éléments osseux. Il en résulte que chacun des os qui entre typique¬
ment dans la composition de la voûte crânienne dans la majorité des
Poissons du stade Téléostéen, est représenté non pas par un élément
unique, mais par un complexe ostéologique. C’est ainsi qu’on peut
reconnaître chez les Ostracioniformes :
a) complexe ethmoïdien ; — b) complexe frontal; — c) complexe
pariétal ; — d) complexe sphénotique ; — e) complexe ptérotique.
La même remarque s’applique à la ceinture scapulaire.
4. Endocleithrum. — Il convient de faire une mention spéciale du
tendon endocleithral d ’Ostracion cubicus; celui-ci chez Lactophrys et les
Aracanides se transforme en un os ligamentaire, Y endocleithrum.
B. — CARACTÈRES ARCHAÏQUES
1. Série médiane des os impairs. — Le crâne dermique est jalonné
en ligne médiane par une série d’os impairs en nombre élevé surtout dans
les formes primitives. Dans cette série figurent des os d’origine dermique
ou cartilagineuse, qui ont disparu chez les Poissons au stade Téléostéen,
mais se retrouvent dans des espèces fossiles du stade Chondrostéen. La
présence d'un postrostral mérite d’être particulièrement signalée.
2. Système des spléniaux et coronoides. — Les os spléniaux et
coronoïdes par leur multiplicité et leur développement constituent une
survivance archaïque de caractère exceptionnel. L’extension des coro-
Source : MNHN, Paris
252
Y. LE DANOIS
noïdes jusqu’au bord du dentaire, avec adjonction d’un corono-meckelien,
d’un préarticulaire et d’un rétro-articulaire se retrouve chez les Holostéens
du type Amia mais plus atténuée que dans les Coffres. Le mento-mecke-
lien est plus développé que dans les Palaeoniscides, Ospiides et Sauri-
chthyides. Seul le système corono-splénial des Pycnodontides peut être
comparé à celui des Ostracioniformes.
. 3. Parasphénoide. — Dans les genres Ostracion et Latophrys les
dimensions et la structure du parasphénoide, qui forme une cloison inter¬
orbitaire complète et se prolonge au-delà du basi-occipital, sont compa¬
rables à celles de la lignée Sturiomorphe des Birgeriides et des Saurich-
thyides.
4. Volet épiptérotique. — La formation du volet épiptérotique
est une conséquence directe du développement épicranien ; on ne peut
guère lui comparer que l’ensemble : post-temporal -f- dermoptérotique
-f os post-spiraculaires, que l'on rencontre dans de nombreux Palaeo¬
niscides et Bobasatraniides.
Alors que l’ensemble de l’épicrâne a disparu, on retrouve l’épiptéro-
tique dans beaucoup de Poissons à l’état malacoptérygien chez lesquels
il a été décrit comme post-temporal, supra-scapulaire ou « scale bone ».
5. Ceinture scapulaire. — La lamelle osseuse médiale qui dépend
du cleithrum et la clavicule et forme une partie de la paroi postérieure de
la cavité branchiale chez Ostracion et Laclophrys se retrouve chez les
Palaeoniscides et chez Acipenser.
L’orientation horizontale de la margo radialis au bord du scapulum est
aussi un caractère archaïque qui se présente chez certains Paleoniscides.
Bien que le mésocoracoïde soit à l’état vestigial chez les Coffres, cette
disposition de la margo radialis garde sa valeur, car elle se rencontre dans
un Pholidopleuride, Auslralosomus.
C. — ÉVOLUTION DES CARACTÈRES PARTICULIERS
ET ARCHAÏQUES A L’INTÉRIEUR DU GROUPE
DES OSTRACIONIFORMES
1. Transformation de I’épicrane. — Les os de l’épicrâne en un
ensemble complet recouvrent entièrement le crâne dermique proprement
dit chez Ostracion. Par descente en profondeur ils se fusionnent avec les
os des mêmes régions du crâne proprement dit en s’y incorporant ou se
placent en position marginale sur le même plan. Cette disposition se
rencontre chez Lactophyrs. L’épicrâne est réduit au volet épiptérotique
chez les Aracanides.
2. Régression des os impairs. — La série médiane des os impairs
entre en régression sous la pression des os pairs dermiques qui s’avancent
vers la ligne axiale pour se souder avec leurs symétriques. Les os pairs
dermiques morcellent les os impairs et en accaparent les débris, ou bien
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
253
ils les recouvrent et les os impairs enfoncés en profondeur marquent la
place des lignes suturales ( Doryophrys , Lactophrys, Aracana).
3. Evolution des Aracanides vers le stade Téléostéen. — Les
Aracanides marquent par rapport aux Ostracionides un stade supérieur
d’évolution et alors que par la majorité de leurs caractères Ostracion et
Lactophrys se rattachent aux stades Chondrostéen et Holostéen, les
Aracanides ont atteint le stade Téléostéen. Trois caractères attestent
particulièrement cette évolution :
a) Caractère De Beer: le supra-occipital marque une surrection en
refoulant les os dermiques, avec formation d’une crête proéminente et
dirigée en pointe vers l’arrière ; les épiotiques participent à cette
surrection.
b) Caractère Aldinger: le parasphénoïde entre en régression et aban¬
donne la région basi-occipitale pour s’arrêter au niveau de la région otique;
la cloison interorbitaire cesse d’être complète et offre de nombreuses
perforations.
c) Caractère Swinnerlon: l’orientation de la margo radialis se modifie
et devient verticale ; mesocoracoïde vestigial ou inexistant.
Les deux derniers caractères, ceux d’Aldinger et de Swinnerton n’ont
pas une valeur absolue pour définir le stade Téléostéen car on retrouve
dans des formes moins évoluées un parasphénoïde raccourci et une margo
radialis verticale ; mais par leur groupement avec le caractère de De
Beer, ils contribuent à définir le type évolutif des Aracanides.
Ces divers caractères se retrouvent également dans les Canthigas-
térides.
Cette évolution interne des Ostracioniformes est particulièrement
intéressante et exceptionnelle parce qu’elle démontre que ce groupe ne
correspond pas uniquement à une unité systématique mais comprend
aussi les stades successifs d’une lignée dont la forme primitive (Ostra¬
cionides) se rattache aux anciens Palaeoniscides et dont le terme d’abou¬
tissement (Aracanides et Canthigastérides) peut figurer parmi les Poissons
Malacoptérygie ns.
Source : MNHN, Paris
254
Y. LE DANOIS
OUVRAGES CITÉS ET CONSULTÉS
Aldinger (H.), 1937. — Pcrmische Ganoidfische aus Ostgrônland. Medd.
om Grônland., vol. 102, pp. 1-392.
Baudelot (H. E.), 1868. — Considérations relativzs à la pièce scapulaire des
Silures. Bull. Soc. Sc. Nat. Strasbourg, l r « année, n° 6, pp. 83-84.
Beer (G. R. de), 1937. — The development of the Vertcbrate skull. Oxford.
. Beltan (Laurence), 1958. — Remarques concernant la variabilité du nombre
des pariétaux chez le genre Saurichthys. C. R. Ac. Sc., t. 247, pp. 1634-1636.
Devillers (Ch.), 1947. — Recherches sur le crâne dermique des Téléostéens.
Ann. Paléont., t. XXXIII, pp. 1-94.
—1958. — Le crâne des Poissons, in : Traité de Zoologie (dir. P. P. Grasse),
t. XIII, fasc. 1, pp. 551-687.
Goodrich (E. S.), 1930. — Studios on the structure and development of Ver-
tebrates. Macmillan, London.
Gregory (W. K.), 1933. — Fish Skulls : a study of the évolution of natural
mechanims. Amer. Phil. Soc., vol. XXIII, pp. 75-181. Philadelphie.
Hammarberg (F.), 1957. — Zur Kentniss der ontogenetischen Entwicklung
des Schàdels von Lepidosteus platystomus. Acta zooi, vol. XVIII, pp. 209-
337. Stockholm.
Hofer (Helmut), 1938. — Bau und Mechanik des Schàdels von Zeus pungio.
Zool. Jahrber. Iena, t. LXIV, pp. 485-510.
Hollard (H.), 1857. — Monographie de la famille des Ostracionides. Ann.
Sc. Nat., ser. 4, t. VII, pp. 121-170, pl. 13.
— 1860. — Squelette des Poissons Plectognathes. Ann. Sc. Nat., ser. 4,
t. XIII.
Holmgren (N.), 1940. — Studies on the head of fisches. Part. I, Development
of the skull in sharks and rays (Acta Zool., Stockholm, vol. XXI) ; Part. 1 IL
The Phylogeny of Elasmobranch Fishes (Ibid., vol. XXIII) ; Part. IV,
General morphology of the head in Fish (Ibid., vol. XVI).
Jarvik (Erik), 1944. — On the exoskeietal shouldergirdle of Teleostomian
fishes, with spécial référence to Eusthenopleron joordi Whiteaves. Kungl-
Svenska. Vclenskapsakad. Handl., 3° ser.. Bd. 21, n° 7, Stockholm.
— 1959. — Dermal fln-rays and Holmgren's principal of délamination.
Ibid., 4 e ser., Bd., 6, n° 1, Stockholm.
— 1960. — Théories de l’évolution des Veitébrés, (trad. J. P. Lehman).
Masson, Paris.
Le Danois (Y.), 1959. — Etude ostéologique, myologique et systématique
des Poissons du sous-ordre des Orbiculates. Ann. Inst. Océanogr., t. XXXVI,
pp. 1-273.
— 1958. — Sur la transformation d’une bouche protractile en museau
tubulaire suceur chez les Poissons coralliens et littoraux. C. R. Ac. Sc..
t. 247, pp. 1400-1402.
Lehman (J. P.), 1952. — Etude complémentaire des Poissons de l’Eotrias
de Madagascar. Knvgl. Svenska Velcnskapakad. Handl., 4® ser.. Bd. 2, n° p.
— 1956. — Compléments à l’étude des genres Eerinesomus et Bobasatrania
de l’Eotrias de Madagascar. Ann. Paléont., t. XLII, pp. 1-12, 9 pl.
— 1958. — Actinopterygiens. Généralités et évolution, in : Traité de Zoo¬
logie (dir. P. P. Grassé), t. XIII, fasc. 3, pp. 2070-2129 et Chondrostéens.
Formes fossiles. Ibid., pp. 2130-2164.
Nielsen (E.), 1949. — Studies on Triasic fishes. II, Australosomus and Bir-
geria. Palaeontologie groenlandica, III. Copenhague.
Orvig (Tor), 1951. — Histologie studies of Placoderms and fossil Elasmo¬
branch. I. The endoskeleton with remarks on the hard tissues of lower
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
255
Vertebrates in general. Arkiv. /ôr Zool. Kungl. Svenska Vetenskapakad,
ser. 2, Bd. 2, nr. 2, Stockholm, p. 378.
— 1957. — Paleonistological notes. I, On the structure of the bone tissues
in the scales of certain Palaeonisciformes. Ibid., ser. 2, Bd. 10-12.
— 1959. — Paleohistological notes. II, On the microstructure and growth
of the exoskeleton of the hcad in certain ganoid flshes from the early
mesozoic of East Grecnland, Sweden and Central Europe. (M S).
— 1959. — Studies on North American Ostracoderms with remarks on the
phylogeny of dentinous tissues in lower Vertebrates (M S).
Parker (W. K.), 1868. — A monograph on the structure and development
of the shouldergirdle and sternum in the Vertebrates. London.
Rosen (Nils), 1913-1914. — Studies on the Plectognaths. III, The integuments ;
V, The skeleton. Arkiv. f. Zool. Svenska Velenskap., Stockholm, Bd. VIII,
n°» 8, 10, 18 et Bd. X, n°« 1 et 2.
Save-Sôderbergh (G.), 1933. — The dermal bones of the head in Osteolepis
macrolepidotus. Nova Acta Reg. Soc. Sc. Upsal, ser. 4, vol. IX, 1, pp. 1-130.
Siebenrock (F.), 1901. — Ueber die Verbindungs Weise des Schultergiirtels
mit dam Schâdel bei den Teleosteern. Eine morphologische Studie. Ann.
K. K. Naturhisl. Ho/smus., Bd., XVI, pp. 129-130, pl. vi, fg. 23.
Starks (E. C.), 1926. — Bones of the ethmoid région of the Fish skull. Slan-
/ord Univ. Publ., vol. IV, pp. 137-338.
Swinnerton (H. M.), 1905. — A contribution to the morphology and develop¬
ment of the pectoral skeleton of Teleosteans. Quart. Journ. Micr. Sc.,
vol. XLIX, pp. 363-385, 1 pl.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XIX.
17
Source : MNHN, Paris
DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE OSTÉOLOGIQUE ET MYOLOGIQUE
DE L’ARACANIDE
MOLARACANA ACULEATA (HOUTTUYN)
En 1754 le savant hollandais M. Houttuyn décrivit un Poisson du
Japon du groupe des Coffres sous le nom d ’Ostracion aculealus. Il fut revu
et décrit à nouveau par de nombreux auteurs et en particulier par Shigeho
Tanaka qui en a fourni de remarquables dessins (1912. Fishes of Japan,
vol. VII, p. 119, pl. XXXI, XXXII). A leur examen nous avions remarqué
que la carapace présentait une forme particulière à section hexagonale
et ne comportant pas de crêtes médio-dorsale ni médio-ventrale comme
celles des autres Aracanides et de plus qu’en arrière de la nageoire anale
elle se continuait par une plaque jointive et soudée. Ces caractères sem¬
blaient marquer une transition entre Ostracionides et Aracanides ; aussi
avons-nous demandé au Professeur Tokiharu Abe, de l’Université de
Tokyo, de bien vouloir nous envoyer des exemplaires de ce poisson. II
nous a fait parvenir par avion deux échantillons en si bon état que nous
avons pu entreprendre leur étude ostéologique et myologique. Nous le
remercions bien vivement de son extrême obligeance.
L’aspect particulier de cet Aracanide à caparace hexagonale avait
incité Kaup en 1855 à créer pour ce poisson le sous genre Kentrocapros.
En 1915 Mac Culloch et Waite reprenaient le terme de Kaup en en
faisant un genre.
L’étude que nous avons entreprise sur cet animal nous a conduit à
rechercher pour le désigner un vocable plus en rapport avec son ana¬
tomie : Comme on le verra dans nos descriptions ostéologique et myo¬
logique on retrouve dans l’Aracanide japonais des caractères qui démon¬
trent de lointaines parentés phylogéniques avec les Poissons-lunes. C’est
pour évoquer ces ressemblances que nous croyons devoir créer pour 1 es¬
pèce d’ Houttuyn le genre Molaracana Molaracana aculeata (Hout¬
tuyn).
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
257
Source :
258
Y. LE DANOIS
Chapitre Premier
REMARQUES OSTEOLOGIQUES
A. — SQUELETTE CÉPHALIQUE
Le crâne de Molaracana aculeata présente dans son ensemble un type
extrêmement voisin de celui d ’Aracana aurita que nous avons décrit dans
l’étude ostéologique qui précède.
Le complexe ethmoïdien comprend un preeihmoïde et un ethmoïde,
flanqué de deux rostraux minuscules. Le mesethmolde est recouvert sauf
en ligne médiane par les supra-ethmoïdes fort allongés et en arrière desquels
on trouve un os impair, le metaethmoïde.
De chaque côté de cet os, les frontaux offrent une partie anterofrontale
plus ou moins distincte. Leur suture médiane garde la trace d’un inter¬
frontal déprimé en gouttière. Il faut noter que contrairement aux autres
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
259
Aracanides on trouve une persistance du complexe triangulaire préfrontal,
constitué par les trois os ; préfrontal, laleroethmoïde, parethmoïde et for¬
tement incliné vers le bas en avant de l’orbite.
La région frontale comporte marginalement les supraorbitaires, larges,
percés de nombreux orifices et de consistance très friable.
Les pariétaux, bien soudés en ligne médiane, s’unissent en arrière à des
pariétaux postérieurs comme dans Aracana aurila. On relève la présence
d' extra-scapulaires percés d’orifices sensoriels, flanquant un preoccipital
auquel fait suite le supra-occipital avec une crête très mince. Latéra¬
lement les supra-temporaux s’allient au complexe ptérotique, représenté
par un volet de taille restreinte.
Le plan médian de la face est formé par une lame qui sépare presque
complètement les deux orbites et s’étend en avant par un parasphénoïde;
cet os soutient le complexe ethmoïdien, mais en arrière s’arrête au début
de la région occipitale.
La disposition du palato-carré et du préopercule marque une tendance
vers le type du museau suceur, mais encore faiblement indiquée. La den¬
tition est faible et comporte à chaque mâchoire 6 dents disposées sur un
seul rang.
B. — CEINTURE SCAPULAIRE
Moins développées que dans Aracana aurila les grandes plaques
cleithro-claviculaire et coracoïdienne, avec les os qui s’y intègrent, cla¬
vicule et metacoracolde, offrent la conformation générale déjà décrite. La
liaison ligamentaire des clavicules en ligne médiane et l’extension des
lames cleithrale et claviculaire internes arrivent à former un demi-dia¬
phragme osseux qui ne laisse de passage qu’aux muscles rétracteurs
dorsaux des arcs branchiaux et au péricarde.
Nous devons noter l’orientation de la margo radialis: horizontale
chez les Coffres, verticale dans A. aurila, elle présente dans Molaracana
une position oblique, représentant un stade de transition. Partant du
nœud claviculaire, un endocleithrum bien ossifié vient s’insérer sur le
basi-occipital.
Le caractère le plus particulier de la ceinture scapulaire est la struc¬
ture de la post-clavicule. On peut en effet y reconnaître trois parties : sur
le nœud claviculaire s’insère une petite lame osseuse solide, à surface
striée et ravinée, rappelant la post-clavicule des Coffres ; celle-ci, comme
nous l'avons indiqué précédemment, paraît comparable à Vanocleithrum
des Palaeoniscides. Au-dessous se dirige vers l’arrière une crête osseuse
allongée, semblable au metacleithrum d 'Aracana aurita et du type que
l’on rencontre chez presque tous les Poissons du stade Téléostéen. Enfin
s’ajoute un troisième élément sous forme d’une grande écaille s’appuyant
sur la lame et la crête osseuse ; elle donne l’aspect d’une coquille, si
mince qu’on peut apercevoir par transprence les reflets nacrés du péri¬
toine. Cette partie spéciale à Molaracana peut être désignée sous le nom
Source : MNHN, Paris
260
f. LE DANOIS
d 'écaille post-claviculaire, dont nous discuterons l’origine du point de vue
myologique.
Ainsi nous trouvons en coexistence dans ce complexe metacleithral à
la fois un os de structure archaïque, un autre os de forme très évoluée et
un troisième élément caractéristique de l’espèce, qui a permis peut-être
le maintien simultané de la lame et de la crête qui, généralement, se
succèdent dans l’évolution ostéologique des espèces.
C. — SQUELETTE AXIAL
Le squelette axial de Molaracana a une structure remarquable qui
peut même fournir de très intéressantes indications sur les affinités de
certains groupes d’Orbiculates.
Os ligamentaire supra-carénal.
Un premier caractère spécial consiste en une liaison médiane osseuse
entre la crête du supra-occipital et la base de la dorsale. Cette crête
comporte une partie bien ossifiée à laquelle fait suite une région molle,
sans consistance ; au-dessus de celle-ci débute une lame plate en mince
qui se prolonge jusqu’au premier rayon de la dorsale et sous laquelle
viennent s’insérer les extrémités des neurépines fortement inclinées vers
l’arrière des cinq premières vertèbres. Comme nous le verrons dans
l’étude myologique, les muscles supra-carénaux antérieurs sont réduits
à deux petits muscles joignant l’extrémité de la crête cupra-occipitale
au début fourchu de cette lame médiane osseuse qui les encadre, et de plus
à deux tendons qui les bordent latéralement. Il semble bien que la lame
supracarénale soit le résultat d’une transformation en os ligamentaire de
la majeure partie des muscles supra-carénaux antérieurs. Cette substi¬
tution d’un os ligamentaire aux muscles supra-carénaux paraît être
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 261
également indiquée chez certains Orbispiniformes comme les Xénoptères,
où l’on rencontre une formation semblable. Un stade transitoire est
marqué dans Orthagoriscus mola par la modification en tendon médian
des supra-carénaux antérieurs ; l’achèvement vers la structure en os
ligamentaire est réalisée dans Molaracana.
Renlorccmenl des apophyses vertébrales.
La colonne vertébrale comporte 15 vertèbres.
Les apophyses neurales de Molaracana sont unies dans le plan axial
par des formations aponévrétiques dures et épaisses, donnant à la partie
dorsale de la colonne vertébrale une puissante consolidation. Cette jonc¬
tion entre les neurépines présente en avant de la dorsale quelques per-
forations des lames aponévrétiques, mais en arrière, il y a continuité
totale.
A la partie ventrale des vertèbres les hémacanthes, à l’exception de la
première ne présentent pas de renforcement particulier.
Cette disposition squelettique est absolument comparable à celle du
Poisson-lune chez lequel la structure aponévrétique a été remplacée par
une structure osseuse.
Chapitre II
ETUDE MYOLOGIQUE
Nous n’avons pas l’intention de reprendre dans Molaracana aculeala
une description complète et détaillée de la musculature de ce poisson ;
à plus d’un titre elle rappelle celle des Orbispiniformes que nous avons
précédemment étudiée ; nous nous bornerons à signaler les particularités
qui caractérisent cet Aracanide.
A. MUSCULATURE ORBITO-JUGALE
Dans la région orbito-prémandibulaire existent les deux Prèorbitaires,
externe et interne; ils prennent leur insertion près des narines et rejoignent
le maxillaire. Le Préorbitaire externe, bien développé, est placé au-dessus
de l'Adducteur de la mandibule, et le Préorbitaire interne, réduit à une
forme aponévrétique, au-dessous de ce muscle. Ils sont tous deux moins
développés que chez Diodon, mais cependant plus que dans le Poisson-
lune où ils sont en pleine régression.
Source : MNHN, Paris
262
Y. LE DANOIS
Fio. 25. — Molaracana aculeata. Aspect général de la musculature après ablation de la
carapace
Liste des abréviations des figures de myologie
Aap : Adducteur de l'arc palatin.
Abp : Abducteur profond.
Abs : Abducteur superficiel.
Adi : Adducteur inférieur.
Ads : Adducteur supérieur.
Ahm : Adducteur de l’hyo-mandibulaire.
Ap : Cloison aponévrétique.
Clm : Claviculaire marginal Interne.
Cpc : Coraco-post-claviculaire.
Cv : Cavité viscérale.
Da : Dépresseur de l’anale.
Dbr : Dépresseurs des branchlostèges.
Dd : Dépresseur de la dorsale.
Dop : Dilatateur de l'opercule.
Ea : Erecteur de l'anale.
Ed : Erecteur de la dorsale.
F. sth : Faisceau sterno-hyoïdien.
Gh. lbr : Génio-hyoïdien interbranchiostégal.
Gh. imd : Génio-hyoïdien intermandibulaire.
Gh. pr : Génio-hyoïdien principal.
Hha : Hyo-hyoïdien antérieur.
Hhp : Hyo-hyoïdien postérieur.
Hpcl : Hyo-post-claviculaire.
Ic : Infracarénal.
Imd : Intermandibulaire antérieur.
Iqh : Interarchien quadrato-hyoïdien.
Isa : Inclinateur superficiel de l’anale.
Lap : Elévateur de l’arc palatin.
Lbl : Elévateur interne des arcs branchiaux-
Lop : Elévateur de l’opercule.
M : Myotomc.
Ml : Grand muscle latéral.
Pce : Pharyngo-claviculaire externe.
Pci : Pharyngo-claviculaire interne.
Poe : Préorbitaire externe.
Poi : Préorbitaire Interne.
Prc : Péricarde.
Qmi : Quadrato-mandlbulaire interne.
Hdb : Itétracteur dorsal des arcs branchiau
Sca : Supracarénal antérieur.
Sep : Supracarénal postérieur.
Sml : Sillon du grand muscle latéral.
T : Trapèzes.
L 'Adducteur de l’arc palatin occupe sa position normale ; son insertion
profonde repose principalement sur le parasphénoïde dont la lame anté¬
rieure sépare sans perforation les deux orbites ; son insertion inférieure
se situe sur les ptérygoïdes. Il n’existe pas de faisceau interorbitaire de ce
muscle par suite de la structure de la cloison parasphénoïdienne. Les
fonctions de ces Adducteurs sont plus restreintes que celles de leurs
homologues chez les Orbispiniformes par suite de la différence de nutn-
Source : MNHN, Paris
Fio. 27. — Molaracana aculeala. Musculature orbito-jugale. C ouche profonde
264
Y. LE DANOIS
tion ; aussi en résulte-t-il un développement moindre ; en effet le Mola-
racana appartient au type brouteur de polypes et cette nourriture n’exige
pas le même effort que dans les Orbiculates broyeurs de Coraux.
Dans la région de l'arc mandibulaire, Y Adducteur des mâchoires
appartient à un type archaïque extraordinairement simple. Il est en effet
constitué par deux parties, ne comportant chacune qu’une seule couche
musculaire et qui peuvent être désignées comme Adducteur supérieur et
Adducteur inférieur. En avant ils s'insèrent, l’un sur le maxillaire, l’autre
sur la mandibule. On ne trouve pas de partie A3 dans l’Adducteur des
mâchoires. On peut en déduire que contrairement à l’opinion de Vetter
cette partie A3 ne représente pas la forme la plus ancienne des muscles
masticateurs, mais par contre un développement complémentaire des
Adducteurs pour renforcer la puissance qu’exige dans les mâchoires le
régime broyeur ou le régime carnivore.
Au-dessous des. Adducteurs, dont il est séparé par une branche bien
visible du trijumeau (V3), se situe le Quadro-mandibulaire interne; par
sa forme et sa position, il se retrouve de façon constante, plus ou moins
développé, chez tous les Orbiculates, et de plus il a été reconnu dans les
Holostéens (Allis, Lubosch) et dans le Silure (Juge). Il paraît donc
être un des éléments musculaires les plus anciens de la région orbito-
jugale.
Les muscles de la région du suspensorium et de l’opercule ne présentent
aucune particularité. Ils occupent une position assez avancée par suite
de la progression de la fente branchiale sous l’orbite.
B. MUSCULATURE HYO-BRANCHIALE
En avant de la musculature hyo-branchiale proprement dite, se place
un muscle qui relève encore du système de l’arc mandibulaire ; il joint
les deux branches de la mâchoire inférieure en remplissant la dépression
en arrière de la saillie du mentomeckelien et en s’insérant de chaque côté
sur les post-spléniaux ; ce muscle est le muscle Inlermandibulaire anté¬
rieur. Très net dans Molaracana, on le retrouve amoindri et de structure
lâche dans Orthagoriscus et en voie de régression dans les types plus
évolués des Orbispiniformes.
La région génio-hgoïdienne présente dans Molaracana un aspect très
particulier. Les faisceaux principaux s’appuient sur les cerato-hyaux,
mais comme il existe une symphyse hyoïdienne, ils se croisent fortement
en ligne médiane et c'est ce renforcement qui fournit un faisceau Inter-
mandibulaire postérieur, relativement compact, alors que les faisceaux
principaux sont des muscles minces et faibles.
Nous avons trouvé à la dissection des fibres transversales peu épaisses
qui unissent les bases des premiers rayons branchiostèges ; elles ne sont
pas en contact avec les faisceaux principaux des Génio-hyoïdiens, mais il
semble cependant que par leur position, elles doivent être rattachées
à cet ensemble musculaire ; en effet dans les autres Orbiculates, qu »
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
265
s’agisse de Diodon ou d’ Orlhagoriscus, la masse génio-hyoïdienne se
présente comme compacte avec union de tous ces différents faisceaux.
Une des particularités de la région génio-hyoïdienne qui mérite d’être
spécialement notée est la présence d’un Interhyoïdien. Par sa forme et sa
position il correspond exactement à l’Interhyoïdien du Poisson-lune,
mais au lieu d’être un manchon compact et puissant, c’est un muscle
mince et transparent, quoique solide.
Fig. 28. — Molaracana aculeata. Muscles génio-hyoldiens
Nous avons retrouvé dans Molaracana un petit élément musculaire
rencontré dans Diodon et unissant en profondeur les arcs mandibulaire
et hyoïdien : le muscle Interarchien quadratohyoïdien. Dans l’Aracanide,
il s’insère d’une part sur le ceratohyal et d’autre part à la liaison du carré
et du préopercule.
Dans la région hyo-branchiostégalc on constate une complexité bien
spéciale des muscles Hyo-hyoïdiens. Ceux-ci sont disposés de telle manière
qu’ils représentent dans un même poisson la simultanéité de deux phases
successives de leur évolution, et la conséquence directe de ce curieux
phénomène est que ces muscles sont au nombre de 4 au lieu d’être au
nombre de 2 comme dans la majorité des espèces. La première paire
que nous appellerons Hyo-hyoïdiens antérieurs correspond aux Hyo-
hyoïdiens des Orbispiniformes ; ce sont de gros muscles jumelés et renflés.
Source : MNHN, Paris
266
Y. LE DANOIS
reposant sur les basi-et cerato-hyaux ; mais ils n’englobent pas dans leur
épaisseur comme dans Diodon le large bouclier que représente le premier
branchiostège ; ils se bornent à atteindre la base antérieure de ce rayon de
structure simple et mince.
La seconde paire, les Hyo-hyoïdiens postérieurs offrent la disposition
croisée que l’on trouve dans les Poissons évolués du stade Téléostéen ;
ce sont deux muscles en fuseau, dont l’une des insertions se situe à l’extré¬
mité d’un cerato-hyal et dont l’autre prend place dans la partie médiane
Fig. 29. — Molaracana aculeala. Muscles hyo-hyoïdiens
du cerato-hyal opposé. Cette seconde paire d’Hyo-hyoïdiens fait défaut
chez les Orbispiéiformes par suite de l’absence de symphyse hyoïdienne et
de la faculté de gonflement. Il est intéressant de noter dans Molaracana
la coexistence des Hyo-hyoïdiens antérieurs et Hyo-hyoïdiens postérieurs,
marquant des stades successifs de la structure de ces muscles dans l’évolu¬
tion des espèces.
Il existe autour des arcs branchiaux et liée aux branchiostèges, une
poche Hyo-pharyngo-branchiale , comparable à celle d’autres Orbiculates
(Orbispiniformes, Moliformes) ; mais la double tunique de cette poche,
formée de fibres transversales et longitudinales reste faible dans son
ensemble.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
7
En ce qui concerne la région épibranchiale spinale, les grands muscles
Retracteurs dorsaux des arcs branchiaux s’insèrent en arrière sur la face
inférieur de la troisième vertèbre. Vers l’avant ils passent sous l’endo-
cleithrum, entre les deux lames cleithrales internes ; celles-ci sont très
rapprochées et laissent juste un passage pour ces muscles, qui vont se
fixer au niveau du troisième arc branchial.
La région branchio-scapulaire dans les Aracanides présente des dispo¬
sitions musculaires qui sont dues au développement du volet épipté-
rotique, en particulier en ce qui concerne les muscles Trapèzes; ceux-ci
peuvent affecter diverses positions suivant les types d’Orbiculates.
a) Dans Diodon où la structure du ptérotique est simple et ne com¬
porte point de volet épicranien, les Trapèzes s’insèrent sur cet os et lon¬
geant la supra-clavicule, vont se fixer sur le cleithrum. Cette forme de
Trapèzes se retrouve dans un très grand nombre de Poissons du stade
Téléostéen.
b) Dans Orthagoriscus mola, nous avons signalé précédemment la
présence d’un épiptérotique de fortes dimensions, surplombant le com¬
plexe ptérotique. C’est sur cet os que viennent se fixer les deux Trapèzes
qui, à leur autre extrémité, s’insèrent non sur le cleithrum, mais sur la
post-clavicule, et passent nettement en arrière de l’hypercleithrum.
c) Dans Molaracana, on trouve une disposition analogue, mais for¬
tement accentuée. Sans être de grande taille le volet épiptérotique est
bien rattaché au crâne et s’étend en arrière de celui-ci. Nous avons signalé
le remarquable complexe metacleithral comportant une lame osseuse et la
large écaille post-claviculaire. Abandonnant leur position de liaison entre
ptérotique et cleithrum, les Trapèzes se trouvent déplacés fort en arrière
et s’insèrent d’une part sur le volet épiptérotique et d’autre part sur le
bord supérieur de la lame et de l’écaille post-claviculaire. Leur forme s’est
modifiée : Dans Diodon ils ont l’aspect de muscles renflés, susceptibles de
fournir un réel effort de contraction. Dans Molaracana ils n’ont pas dimi¬
nué d’importance, mais ils sont devenus des muscles plats et solides,
établissant une liaison entre le volet ptérotique épicranien et la formation
de l’écaille post-claviculaire, et doivent jouer un rôle de soutien élastique
entre ces éléments complémentaires des régions crânienne et scapulaire.
d) Dans Aracana aurila, la valeur des diverses parties apportent
quelques variations sans modifier la disposition d’ensemble ; le volet
épiptérotique est particulièrement large ; par contre l’écaille post-cia-
viculaire est réduite à sa partie terminale sous forme d’un élargissement
postérieur le long de la crête osseuse. Les Trapèzes se sont allongés et
amincis pour unir le volet et la post-clavicule, et ils sont encore plus
éloignés du crâne et du cleithrum.
En plus des muscles Pharyngo-claviculaires qui ne présentent aucune
particularité, on trouve comme dans le Poisson-lune, un muscle Cleithral
marginal interne dont les fibres se terminent sur les aponévroses entourant
le péricarde.
Source : MNHN, Paris
268
Y. LE DANOIS
C. MUSCULATURE SOMATIQUE
La musculature somatique de Molaracana représente un véritable
jalon évolutif dans les transformations complexes que subit cette mus¬
culature depuis des formes très primitives jusqu’à des types très spé¬
cialisés, avec une coexistence de ces diverses disposition.
1. Musculature hyo-post-claviculaire
Dans la partie antérieure du corps, les éléments V2 des 6 premiers
myotomes des Grands muscles latéraux constituent un ensemble qui
s’étend de la synphyse hyoïdienne à la crête osseuse de la post-clavicule.
Dans la plupart des espèces et notamment chez les Orbispiniformes, ces
six premiers myotomes appartiennent à deux régions myomériques
distinctes, l’une la région antescapulaire ou hypobranchiale, l’autre la
région intraclaviculaire ou endocleithrale, le cleithrum servant de relai
osseux entre ces deux régions. Cette disposition paraît être acquise à la
suite d’une évolution d’un type myomérique plus primitif. C’est celui-ci
Fio. 30. — Molaracana aculeala. Muscles hyo-post-claviculalres. Vue ventrale
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
269
que nous trouvons dans Molaracana: les 6 premiers myotonies ne cons¬
tituent en fait qu’une seule région que l'on peut dénommer région hyo-
post-claviculaire. Cet ensemble musculaire est complètement séparé
du reste de la musculature somatique par la cavité viscérale. Il se présente
comme une masse allongée, prenant une double racine sur l’hyoïde et
s’étendant jusqu’à l'extrémité de la post-clavicule, bordée par l'insertion
du 6 e myotome. A partir de la racine antérieure s’aperçoit un sillon bien
visible dans les trois premiers myotomes. Ceux-ci se trouvent donc divisés
en deux parties. La partie médiane est en contact direct avec le muscle
symétrique. C’est elle qui correspond au muscle habituellement défini
comme Sterno-hyoïdien, mais dans la structure primitive de Molaracana
elle doit être appelée faisceau sterno-hyoïdien du muscle hyo-post-clavi-
culaire. Les trois segments métamériques du faisceau sterno-hyoïdien
sont délimités par les formations osseuse de la ceinture scapulaire en
ligne ventrale : le premier segment se situe entre l’hyoïde et l’extrémité
inférieure de la crête de la clavicule ; le 2 e segment part de ce point jus¬
qu’au bord postérieur de Phypo-clcithrum et le 3 e s’étend de celui-ci
à la crête verticale du coracoïde. Ce sont ces trois segments scindés par
les crêtes osseuses de la ceinture scapulaire qui sont à l’origine des trois
métamères du Sterno-hyoïdien de la plupart des Poissons.
Au bord supérieur du 6 e myotome on relève la présence d’un petit
muscle, le Coraco-post-claviculaire, que nous avons déjà signalé dans
d’autres Orbiculates.
En écartant les lèvres du sillon qui limite le faisceau sterno-hyoïdien
on dégage un groupe de faisceaux musculaires disposés en éventail et
venant s’insérer à la base de la nageoire pectorale, ce sont les Abducteurs
superficiels et profonds de cette nageoire, et c’est sans doute au dévelop¬
pement de ces muscles qu’est due la scission de la masse musculaire hyo-
post-claviculaire.
Fig. 31. — Molaracana aculeala. Musculature somatique (après ablation des viscères)
Source : MNHN, Paris
270
LE DANOIS
Cette disposition particulière des muscles hyo-post-claviculaires avec
spécialisation d’un faisceau sterno-hyodien se retrouve chez d’autres
Poissons primitifs ; en effet nous l’avons retrouvée en disséquant Batra-
chus di-dactylus; chez celui-ci le sillon longitudinal des 3 premiers
myotomes est d’autant plus fortement marqué que la nageoire ventrale y
prend place.
2. Région des muscles latéraux
Molaracana présente une série de 15 myotomes ; leur structure est
absolument normale et complète du 11 e au 15 e , mais en avant on constate
un repli analogue à celui que nous avons décrit chez Ovoides; en effet les
cônes de VI se replient sous les éléments de L, au fond de la cavité abdo¬
minale en formant un sillond profond. On peut encore reconnaître leur
forme de cônes à partir du 10 e myotome, puis ils s’amenuisent progres¬
sivement vers l’avant et enfin disparaissent au niveau du 4 e myotome.
La masse viscérale dans Ovoides est recouverte par un muscle mince et
plat qui joint la post-clavicule au premier rayon de l’anale ; il offre une
métamérie dans laquelle on peut reconnaître les éléments V 2 d’un certain
nombre de myotomes ; c’est le muscle Post-cleilhro-anal. On le retrouve
en état de régression dans le Poisson-lune, sans métamérie visible.
L’écaille metacleithrale de Molaracana, par sa position et par sa liaison
intime avec les couches aponévrétiques enveloppant la masse viscérale,
paraît correspondre, au moins fonctionnellement, au muscle Post-cleithro-
anal. Il est possible de supposer qu’il représente une substitution osseuse à
cet élément musculaire.
D. MUSCULATURE SAGITTALE DU CORPS
ET DES NAGEOIRES IMPAIRES
1. Muscles carénaux
Les muscles Supracarénaux antérieurs sont réduits en tant que muscles
à leurs 2 premiers éléments faisant immédiatement suite à la crête supra-
occipitale ; médianement on trouve une paire de petits muscles jointifs,
bordés extérieurement par 2 tendons. Cet ensemble représente les 2 pre¬
mières paires de muscles supracarénaux. En arrière toutes les autres
paires, jusqu'à la nageoire dorsale, se sont confondues pour constituer
l’os ligamentaire que nous avons dénommé lame supracarénale. La dis¬
position conjuguée des deux premières paires d’éléments musculaires
supracarénaux est sensiblement identique à celle que nous avons décrite
dans Diodon et Ovoides.
Dans le pédoncule caudal, en arrière des nageoires impaires, les muscles
Supracarénaux postérieurs et les muscles In/racarénaux offrent la dispo¬
sition normale.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
271
2. Muscles des nageoires dorsales et anale
Après ablation des Grands muscles latéraux, on se trouve en présence
du système des muscles Erecleurs -f Dépresseurs des nageoires dorsale et
anale. On connaît l’exceptionnel développement de ce système dans le
Poisson-lune où sa masse est devenue si importante qu’elle s’est substituée
aux Grands muscles latéraux et représente en fait l’élément essentiel de la
musculature somatique. Or, nous trouvons dans Molaracana une dispo¬
sition comparable à celle des Molides. Dorsalement on compte 8 groupes
Erecteurs -f Dépresseurs ; le premier s’appuie très en avant au niveau
des 3° et 4° vertèbres et est orienté presque horizontalement, parallè¬
lement à l’axe du corps. Les autres groupes se redressent obliquement et
le dernier est presque vertical sous la dorsale ; ils couvrent les vertèbres
jusqu’à la 9 e .
Fio. 32. — Molaracana aculeala. Système des muscles Erecteurs + Dépresseurs
• Les groupes Erecteurs + Dépresseurs de la nageoire anale sont au
nombre de cinq placés sous les vertèbres entre la 6 e et la 10 e . Le premier
groupe est très fortement développé, en position oblique. Il faut noter
qu’il est recouvert par un muscle Inclinaleur superficiel de l’anale qui
paraît être le seul Inclinateur présent au-dessus du Grand muscle latéral.
Si l’on se reporte à la description ostéologique du squelette axial on
peut voir que nous avons signalé un ensemble de liaisons aponévrétiques
entre les apophyses neurales, comparable à celui des Poissons-lunes. Cette
particularité semble marcher de pair avec le notable développement des
groupes Erecteurs -f Dépresseurs de telle sorte qu'on retrouve dans
Molaracana une disposition squelettique et musculaire absolument ana¬
logue à celle des Molides.
Mais ce qui est surtout remarquable c’est de constater encore une
fois dans ce Poisson la coexistence de deux systèmes dont la présence
Mémoires do Muséum. — Zoologie, t. XIX. 18
Source : MNHN, Paris
272
r. LE DANOIS
simultanée est fort rare : à savoir des Grands muscles latéraux, de taille
normale d’une part, et les Erecteurs -f Dépresseurs spécialement déve¬
loppés. Dans Orthagoriscus où les Erecteurs + Dépresseurs ont pris la
prépondérance, les Grands muscles latéraux ont en effet pratiquement
disparu.
E. MUSCULATURE DES NAGEOIRES PECTORALES
La disposition des muscles Abducteurs et Adducteurs des nageoires
pectorales correspond dans son ensemble à celle que nous avons signalée
dans les Poissons-lunes, c’est-à-dire qu’elle comporte par rapport à la
succession des plaques osseuses de la ceinture scapulaire une partie
externe et une partie interne.
Fig. 33. — Molaracana aculeata. Musculature externe de la nageoire pectorale
La partie externe comprend les muscles Abducteurs superficiels et
pro/onds. Nous avons précédemment signalé que ces muscles situent leur
insertion sur les os de la ceinture au niveau du sillon séparant le faisceau
sterno-hyoïdien de la masse principale des myotomes hyo-post-clavi-
culaires. Sous ces myotomes VAbducteur superficiel se présente comme un
muscle légèrement renflé et disposé en éventail ; on peut y reconnaître
deux faisceaux dont le premier agit sur les premiers rayons de la pecto¬
rale. Le second régit les derniers rayons et permet l’ouverture complète
de la nageoire ; sa base s’étend largement sur la clavicule et le début
du métacoracoïde.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
273
Fio. 34. — Molaracana aculeata. Musculature interne de la nageoire pectorale
Fio. 35. — Molaracana aculeata. Rapports du crâne et de la ceinture scapulaire.
274
Y. LE DANOIS
En dessous se situe l'Abducteur profond reposant sur le coracoïde et
le métacoracoïde et actionnant la partie postérieure de la pectorale.
La partie interne est formée par les muscles Adducteurs supérieur et
inférieur. Comme dans le Poisson-lune cette position spéciale des Adduc¬
teurs les place à l’intérieur de la cavité générale où ils se trouvent à être
directement recouverts par le péritoine. L 'Adducteur supérieur est logé
entre le scapulum, le cleithrum et la lame cleithrale interne ; au-dessous
Y Adducteur inférieur, extrêmement développé et puissant, comporte
deux gros faisceaux. Le premier, le faisceau cleithro-claviculaire s’appuie
sur la lame claviculaire interne, le cleithrum et le scapulum ; le second,
plus volumineux encore, le faisceau coracoïdien, s’insère sur le coracoïde
et le méta-coracoïde.
En décrivant l’ostéologie de la ceinture scapulaire des Aracanides,
nous avons émis l’hypothèse que les métacoracoïdes de ces Poissons
étaient les homologues des os pelviens du Lampris luna. La structure et
la position des Adducteurs est identique dans l’Opah et dans Molaracana.
Le faisceau coracoïdien servait d’Adducteur commun à la pectorale et à
la ventrale dans Lampris; la disparition de la nageoire pelvienne dans les
Aracanides n’a pas modifié la forme de la musculature. Ainsi la myologie
apporte un argument valable pour confirmer notre hypothèse.
Chapitre III
REMARQUES SUR LES CARACTÈRES PARTICULIERS
DE MOLARACANA ACULEATA
Les caractères particuliers de Molaracana aculeata sont extrêmement
nombreux et peuvent être répartis en plusieurs groupes.
A. COEXISTENCE DE CARACTÈRES ÉVOLUTIFS
Nous avons mentionné à diverses reprises que l’on trouvait juxta¬
posées des dispositions squelettiques ou musculaires qui habituellement
existaient à l’état séparé dans les autres espèces.
a) Coexistence dans le complexe métacleithral de la lame osseuse
que l’on rencontre chez les Coffres et qui peut être considérée comme un
homologue de l’anocleithrum des Palaconiscides, avec la crête osseuse
représentant la forme typique de la post-clavicule dans la majorité des
espèces.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
275
b) Coexistence et superposition d’un système normal de Grands
muscles latéraux et d’un système puissant des muscles Erecteurs -f-
Dépresseurs.
c) Coexistence de deux types de muscles Hyo-hyoïdiens, l’un ar¬
chaïque, formé de muscles jumelés, l’autre plus évolué, formé de deux
muscles croisés.
B. CARACTÈRES MUSCULAIRES ARCHAÏQUES
a) Unité d’une masse myomérique Hyo-post-claviculaire, dans
laquelle les Sterno-hyoïdiens ne représentent qu’un faisceau.
b) Présence d’un Intermandibulaire antérieur bien développé.
c) Adducteurs des mâchoires uniquement composés de deux élé¬
ments musculaires, sans A3.
d) Présence simultanée de deux Préorbitaires.
C. CARACTÈRES DE TRANSITION
AVEC LES OSTRACIONIDES
a) Présence d’un complexe préfrontal, en général absent chez les
autres Aracanides.
b) Réduction du parasphénoïde dans sa partie postérieure à la fin de
la région otique.
c ) margo radialis en position oblique, transition entre la position
horizontale des Coffres et la position verticale des autres Aracanides.
D. CARACTÈRES PROPRES A MOLARACANA
a) Forme hexagonale de la carapace, sans crêtes médio-dorsale ni
médio-ventrale.
b) Transformation des muscles Supracarénaux antérieurs en une
lame osseuse ligamentaire supra-carénale.
c) Existence de la grande écaille post-clacivulaire, sur l’emplacement
du muscle post-cleithro-anal.
E. CARACTÈRES COMMUNS AVEC LES POISSONS-LUNES
a) Liaison aponévrétique des apophyses neurales, confirmant la
rigidité de la colonne vertébrale.
b J Grand développement du système Erecteurs + Dépresseurs des
nageoires dorsale et anale.
Source : MNHN, Paris
276
LE DANOIS
c) Transformation tendineuse de deux muscles Supra-carénaux
antérieurs.
d) Présence d’un muscle Interhyoïdien.
e) Présence d’un muscle Cleithro-marginal interne.
f) Position reculée des Trapèzes éloignés du cleithrum et unissant
le volet épiptérotique au complexe métacleithral.
g) Position des Adducteurs de la ceinture scapulaire, à la face interne
de la ceinture, dans la cavité viscérale.
Ces caractères communs avec les Poissons-lunes sont si importants et
si nombreux qu’ils justifient pleinement la dénomination que nous
avons cru devoir donner à l’espèce japonaise : Molaracana aculeata.
Source : MNHN, Paris
TROISIEME PARTIE
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE
SOUS-ORDRE DES OSTRACIONIFORMES
1817. Plectognalhes Sclérodermes (pars) Cuvier.
1843. Ganoïdes (pars) L. Agassiz.
1857. Oslracionides Hollard.
1870. Ostracionlina Gunther.
1898. Ostracodermes Jordan et Evermann.
1904. Sclerodermi, Ostraciontidae G. A. Boulenger.
1930. Chaetodonli/ormes (pars) E. S. Goodrich.
1935. Ostraciontoidea Fraser Brunner.
1941. Balistoidea (pars) Lemeere.
1955. Orbiculati, Ostracionilormes Y. Le Danois.
1958. Tetraodonliformes, Ostracionoidei Bertin.
Poissons Orbiculates à forme triédrique ou polyédrique, présentant
soit une carapace, complète ou incomplète, formée de plaques hexa¬
gonales et indépendante du système osseux, soit un durcissement des
tissus dermiques ; à crâne dermique offrant une disposition spéciale dite
épicranienne ; à mandibule munis d’os spléniaux et coronoïdes ; à denti¬
tion généralement faible et composée de dents multiples ou de 4 dents
formant un bec étroit ; à colonne vertébrale formée de 14 à 18 vertèbres ;
à nageoires impaires formées de rayons mous, avec dorsale et anale
opposées et rejetées en arrière et caudale arrondie ; avec faculté de
gonflement faible ou nulle.
Le sous-ordre comprend trois familles qui se distinguent très faci¬
lement :
Carapace complète englobant les nageoires dorsale et anale. Oslracionides
Carapace incomplète laissant libre la nageoire dorsale . . . Aracanides
Pas de carapace ; tissus cutanés épais ; présence de piquants sur la région
abdominale. Canthigastérides
Source : MNHN, Paris
278
Y. LE DANOIS
Chapitre Premier
FAMILLE DES OSTRACIONIDAE
(sensu stricto)
1860. Ostracionidae (pars), Tribu des Oslracions, Hollard.
1898. Ostraciidae Jordan et Evermann.
1935. Ostracionidae Fraser Brunner.
Ostracioniformes à corps polyédrique, large et aplati dans la région
abdominale ; enveloppé dans une carapace complète formée de plaques
hexagonales et englobant la base de la nageoire anale et le plus souvent
celle de la nageoire dorsale ; pédoncule caudal libre, nu et lisse, sans
plaques écailleuses ni anneau ; pas de carène médio-ventrale ; bouche
sub-terminale à inflexion ventrale ; dents multiples, longues et fragiles,
disposées sur un seul rang ; épicrâne bien développé ; parasphénoïde
fortement prolongé en arrière atteignant la région occipitale ; absence
de crête supra-occipitale ; margo radialis orientée horizontalement ;
endocleithrum tendineux ou ossifié ; pas de spina bifida; vertèbres :
14-16.
La famille comprend trois genres dont la définition est basée sur
l’ostéologie crânienne :
1) Genre Oslracion. — Crâne disposé sur deux plans : épicrâne extrê¬
mement développé avec superfrontaux, supra-orbitaires et épiptéro-
riques recouvrant presque entièrement le crâne proprement dit sauf la
région occipitale ; ligne médiane des os impairs très complète, avec post-
rostral de grande taille ; supra-clavicule orientée perpendiculairement à
l’axe du crâne.
2) Genre Doryophrgs. — Crâne disposé sur 3 plans : le premier formé
par les superfrontaux et anterofrontaux, le 2« par les supraorbitaires,
le 3 e par le crâne proprement dit ; volet épiptérotique friable et de taille
réduite ; ligne médiane des os impairs en régression avec tendance à l’en¬
foncement ; supraclavicule légèrement orientée vers l’arrière.
3) Genre Lactophrys. — Crâne disposé sur un seul plan : fusion des
frontaux et superfrontaux et position marginale des supra-orbitaires, avec
antérofrontaux de grande taille ; volet épiptérotique bien développé ;
ligne médiane des os impairs avec tendance à l’enfoncement en ligne
suturale des os pairs ; post-rostral bien distinct ; supra-clavicule orientée
vers l’avant.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 279
Pour permettre la diagnose des espèces d’après leurs caractères
externes nous avons établi la clef dichotomique suivante en nous basant
sur la forme de la carapace et sur la présence ou l’absence d’épines et de
leur disposition. Comme ces caractères ne sont pas en rapport avec l’os-
téologie, les différents genres se trouvent mélangés dans cette clef dicho¬
tomique. Elle n’est en fait applicable qu’à la détermination des poissons
adultes car, ainsi qu’on le verra, les formes jeunes gardent parfois des
caractères d’une espèce voisine.
1. Carapace à section quadrangulaire.
a) Sans épines.
aa) Sans crête dorsale. Largeur du dos plus grande que la hauteur
des flancs ; nombreuses taches claires sur fond sombre ....
. Ostracion pundatus
bb) Légère voussure dorsale ;
— Largeur du dos sensiblement égale à la hauteur des flancs ;
bandes claires et sombres sur les flancs. Ostracion ornatus.
Hauteur des flancs plus grande que la largeur du dos ; taches
sombres au centre des plaques de la carapace sur fond clair . .
... Ostracion cubicus
cc) Ligne médio-dorsale saillante.
Renflement bien marqué au-dessus de la bouche ; taches
sombres sur fond clair. Ostracion nasus
b) Avec épines.
4 grandes cornes, 2 frontales, dirigées en avant, 2 postéro-ventrales,
dirigées en arrière ; ligne médio dorsale peu élevée, parfois marquée
d’une faible épine ; caudale très longue ; coloration sombre avec
taches claires. Laclophrys cornulus
2) Carapace à section pentagonale ; avec épines.
a) Epines frontales dirigées vers l’avant.
Ligne médiodorsale surélevée avec 1 ou 3 épines ; carène latéro-
ventrale garnie de 3 épines ; carène latéro-dorsale avec 1 épine ;
transparence de la partie abdominale de la carapace par gonflement
. Doryophrys diaphanus
b) Epines frontales dirigées vers l’arrière.
Ligne médio-dorsale surélevée avec 1 à 3 épines ; carène latéro-
ventrale garnie de 4 épines ; carène latéro-dorsale denticulée sans
épines . Ostracion gibbosus
3) Carapace à section triangulaire, avec voussures latérales dorsales.
a) Sans épines. Lactophrys triqueter
b) Avec 2 épines postéro-ventrales. Lactophrys trigonus
c) Avec 4 épines, 2 frontales et 2 postéro-ventrales.
. Lactophrys tricornis
Source : MNHN, Paris
280
Y. LE DANOIS
GENRE OSTRACION GESSNER (1558)
Synonymie.
1552. HolosteumBe\on
1558. Ostracion Gessner (O. nili)
1741. Crayracion (pars) Klein
1839. Tetrosomus Swainson (turritus)
1849. Ostracium Cantor ( nasus, tesserula, etc.)
1855. Cybotion Kaup ( luberculatus, etc).
1842. Lactophrys De Kay (camelinus)
1856. Cibotion Duméril ( cubicus, cyanurus, etc.)
1862-1879. Ostracion (Ostracion) Bleeker (punctatus, etc.)
Ostracion (Acanthostracion) Bleeker (gibbosus, etc.)
1925. Triorus Jordan et Hubbs (slellijer).
1935. Rhinesomus (pars) Fraser Brunner ( gibbosus, ztc.)
Rhynchostracion (pars) Fraser Brunner (nasus, etc.)
Caractères du genre basés sur l’ostéologie crânienne avec le caractère
essentiel : crâne disposé sur deux plans.
Carapace à section quadrangulaire, sans épines, ou à section pentago¬
nale avec épines, celles du front dirigées vers l’arrière. Vertèbres = 16.
Le genre comprend 5 espèces.
Ostracion cubicus Linné (1758)
Synonymie :
Piscis niloticus (?). 1552, Belon,
Ostracion prior. 1613, Aldrovandi ; — 1649, Jonston.
Piscis quadrangularis cui in singulis mediis squamis lateralibus singulae
maculae majusculae. 1688, Willughby.
Piscis quadrangularis quatuor tuberculis medio dorso insignibus. 1686,
Willughby.
Piscis maximus quadrangularis quatuor tuberculis in dorso non longe a
capite insignitus. 1713, Lister.
Piscis mediocris quadrangularis maculosus. 1713, Lister.
Ikan Peti bariska, Gestreepte kistkensvisch. 1727, Valentyn.
Ikan Peti. 1735, Renard.
Ostracion quadrangulus maculis plurimis varius ; Ostracion oblongo
quadrangulus tuberculis quatuor majoribus in dorso. 1738, Artedi.
Crayracion in singulis mediis squamis singulae maculae majusculae;
— Crayracion quadrangularis ad cervicem quatuor tuberculis, 1742, Klein.
Ostracion tetragonus, O. polyodon tetragonus inermis. 1754, Linné.
Ostracion luberculatus. 1758, Linné ; — 1783, Gmelin ; — 1817, Cuvier !
— 1876, Peters ; — 1877, Streets ; — 1917, Gilchrist et Thompson
— 1924, A. W. Herre ; — 1927, K. H. Barnard ; — 1936, Herre ;
— 1950, J. L. B. Smith.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
281
Ostracion cubicus. 1758, Linné ; — 1764, Houttuyn ; — 1787, Bloch ; —
1788, Bonnaterre ; — 1788, Gmelin ; — 1804, Shaw ; — 1817,
Cuvier ; — 1826, Ruppel ; — 1835, Peters ; — 1839, Swainson ; —
1852, Bleeker ; — 1855, Peters ; — 1857, Hollard ; — 1861,
Bleeker ; — 1870, Gunther ; — 1871, Klunzinger ; — 1873,
Gunther ; — 1874, Schmeltz ; — 1876, Peters ; — 1878, Day ; —•
1880, Gunther ; — 1882, Mac Leay ; — 1885, Meyer ; — 1897,
Boulenger ; — 1897, Ishikawa ; — 1898, Pellegrin ; — 1900,
Seale ; — 1910, Gunther ; — 1921, Maxwell ; — 1923, Fowler ; —
1955, Fowler ; — 1928, Fowler ; — 1935, Fraser Brunner ; —
1938, Fowler ; — 1955, Randall.
Ostracion unciali minor maculis nigris varius. 1758, Seba.
Ostracion quadrangulus inermis dorso laeoiter convexo, 1765, Gronow.
Ostracion ablongus quadrangularis mulicus luberculo cartilagineo supra et
infra os; sculis corporis hexagonis punctato radiatis; dorsalibus cenlro
nigri cantibus; caudae basi crocea; — Ostracion telragonus oblongus,
mulicus, scutis testae hexagonis punctati scabris, ocellonigro coeruleo in
singulis. 1770, Commerson, Ms. (ap. Lacépède).
Abu senduk. 1775, Forskal.
Le Coffre quadrangulaire à 4 tubercules; le Coffre quadrangulaire sans
épines. 1787, Daubenton.
Ostracion quatre-tubercules, Ostracion moucheté, Ostracion deux-tubercules.
1798, Lacépède.
Ostracion bituberculatus. 1801, Bloch-Schneider.
Ostracion aculeatus. 1801, Bloch-Schneider.
Ostracion maculatus. 1824, Quoy et Gaimard.
Ostracion argus. 1826, Ruppel ; — 1857, Hollard ; — 1869, Schmeltz ;
— 1871, Klunzinger.
Ostracion cganurus. 1826, Ruppel ; 1857, Hollard ; — 1940, Fraser
Brunner.
Ostracion immaculalus, 1842, Temminck et Schlegel ; — 1856, Bre-
voort ; — 1859, Bleeker ; — 1917, Gilchrist et Thompson ; —
1924, A. W. Herre ; — 1958, Y. Okada.
Ostracion tesserula (nec Cantor). 1852, Bleeker.
Ostracion immaculatum. 1853, Bleeker ; — 1902, Jordan et Fowler ; —
1925, Jordan et Hubbs.
Cgbotion cubicus, C. cyanurus, C. argus, 1855, Kaup.
Cybotion cubicus, C. cyanurus. 1856, Duméril.
Ostracion pulul. 1856, Montrouzier (Thiollière).
Ostracion (Ostracion) tetragonus. 1862, Bleeker ; — 1856, Day; — 1866,
Gunther ; 1879, Bleeker.
Ostracion cubiceps. 1877, Day.
Ostracion tuberculatum. 1905, Jordan et Seale ; — 106, Seale ; — 1906,
Jordan et Snyder ; — 1912, Kendall et Radcliffe.
Ostracion chryseres. 1906, Seale.
Ostracion auricauda. 1906, Seale.
Ostracion tuberculata. 1955, Munro I.S.R.
Source : MNHN, Paris
282
Y. LE DANOIS
Linné (1758) cite à la fois Ostracion tuberculatus et O. cubicus, mais
C. tuberculatus peut correspondre à la fois aux jeunes d’O. cubicus et
d’O. nasus. Devant cette incertitude il paraît préférable de considérer
Ostracion tuberculatus comme la forme jeune des deux espèces.
Caractères externes. — D = 9, A = 9.
Carapace à section quadrangulaire sans épines ; hauteur des flancs
plus grande que la largeur du dos, portant une légère voussure. Arcades
sourcilières prononcées. Léger renflement au-dessus de la bouche.
Coloration. — Sur un fond clair chaque plaque porte une tache sombre
plus ou moins cerclée de brun sombre en son centre.
Dimorphisme sexuel. — Fraser Brunner a signalé un dimorphisme
sexuel dans Ostracion cyanurus de Ruppel : le mâle a un museau convexe
sans tache sur le museau et les joues et des ocelles sur les flancs ; la femelle
a un museau concave avec des taches sombres sur le museau, les joues et
les flancs, mais ces dernières ne sont pas ocellées. Cette dernière forme
correspond sans doute à VOstracion argus Ruppel. Toutes ces formes
tombent en synonymie avec Ostracion cubicus.
Ostéologie. — Décrit comme type.
Forme jeune (Ostracion tuberculatus Linné). — La voussure dorsale,
plus accusée que chez l’adulte, est marquée par 2 ou 3 tubercules ; l’ar¬
cade sourcilière se prolonge en une crête latéro-dorsale comportant quel-
quels mamelons. Il existe également des carènes latéro-ventrales avec des
proéminences analogues. La coloration présente des taches sombres
disposées irrégulièrement sur un fond clair.
Taille. — Peut atteindre au moins 40 centimètres.
Habitat. — Océan Indien (Afrique du Sud, Mer Rouge, Indes, Indo¬
chine, Indonésie), Océan Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Tonga) et mers
de Chine et du Japon.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
283
Collections du Muséum. — 43 échantillons variant de 12 millimètres
à 390 millimètres dont les types de Bleeker (Ostracion tetragonus), de
Ruppel (Ostracion argus) et la forme jeune décrite par Kaup : Cybolion
iuberculalus et le type pe Kaup : Cybolion argus.
Ostracion nasus Bloch (1787)
Synonymie :
‘Otrr/jôxtov. 10 ap. J. C., Strabon.
Holosteum. 1552, Belon.
Ostracion Nili. 1558, Gessner.
Ostracion Nili quem Bellonius holosteum appellat. 1560, Gessner.
Holosteum Bellonni, sive Ostracion gesneri. 1613, Aldrovandi.
Holosteum Belloni, Ostracion Nili. 1649, Jonston ; — 1713, Lister.
Piscis quadrangularis roslratus. 1686, Willughby.
Piscis majusculus quadrangularis rostratus. 1713, Lister.
Ostracion oblongo-quadrangulus rostro acuto maculis in dorso et capite.
1738, Artedi.
Crayracion rostro os in prôna parte superante, slellatus et tesselatus; Cray-
racion quadrangularis et productus, 1741, Klein.
Ostracion oblongo-quadrangulus luberculis 4 majoribus in dorso. 1754,
Gronow.
Ostracion quadrangulus tuberculis et maculis variis nigricantibus lineaque
longitudinali in dorso ornatus. 1758, Seba.
Ostracion quadrangulus inermis dorso piano laeviter excavato. 1765, Gro¬
now.
Ostracion nasus, 1787, Bloch ; — 1788, Bonnaterre ; — 1801, Bloch,
Schneider; — 1804, Shaw; — 1810, Rafinesque Schmaltz ; —
— 1817, Cuvier ; — 1826, Risso ; — 1839, Swainson ; — 1852,
Bleeker ; — 1857, Hollard ; — 1860, Bleeker ; — 1865, Day ; —
1870, Gunther ; — 1871, Aradas A., ; — 1877, Schmeltz ; — 1878,
Day; — 1882, Regius ; — 1881, Moreau ; — 1881, Karoli ; —
1888, Carus V. ; — 1903, Duncker ; — 1910, Gunther ; — 1911,
Kendall et Goldsborough ; — 1921, Maxwell ; — 1938, Fowler.
Ostracion à museau allongé. 1798, Lacépède.
Ostracium nasus. 1849, Cantor.
Ostracium lesserula. 1849, Cantor.
Ostracion proboscideus. Mus. Lugd. Batav. Coll, (fi.de Bleeker, 1865)
Ostracion rhinorhynchos. 1852, Bleeker.
Cybolion tuberculatus. 1855, Kaup ; — 1856, Duméril.
Ostracion (Ostracion) nasus. 1862-1877, Bleeker.
Ostracion (Ostracion) rhinorhynchus. 1862-1877, Bleeker; — 1870,
Gunther.
Ladophrys nasus. 1900, Seale.
Ostracion tuberculatus. 1902-1903, Bryan et Herre.
Ostracion renardi (nec Bleeker), 1906, Seale.
Rhynchoslracion nasus. 1935, Fraser Brunner ; — 1955. Munro I.S.R
Source : MNHN, Paris
284
r. LE DANOIS
Rhynchosiracion rhinorhynchus. 1935, Fraser Brunner ; — 1955,
Munro, I.S.R.
Caractères externes. — D = 9, A = 9.
Carapace à section quadrangulaire sans épines avec ligne médio-dor-
sale saillante avec deux éminences marquées ; le renflement très prononcé
au-dessus de la bouche a été comparé par certains auteurs (Bloch,
Bonnaterre, Bleeker) à un bec ou à un rostre. La carapace se prolonge
en arrière des nageoires impaires et recouvre le pédoncule caudal sur une
grande longueur.
Coloration. — Taches foncées au centre des plaques sur fond clair.
Forme jeune. — (Ostracion tuberculatus Linné) ( = Cybotion tuber-
culatus Kaup). —■ La forme jeune se confond dans la majorité des cas
avec celle de YOstracion cubicus, mais quelques échantillons présentent
d’une part un renflement nasal assez marqué, et d’autre part les plaques
de la ligne médio-dorsale sont très nettes et forment crête et la ligne
médioventrale forme une légère carène.
Taille. — Peut atteindre 45 centimètres.
Habitat. — Océan Indien (Mer Rouge, Indonésie), Mer de Chine.
Collections du Muséum. — 13 échantillons variant de 14 mm à 430 mm-
dont les types de Bleeker : Ostracion rhinorhynchus.
Ostracion punctatus Bloch-Schneider (1801)
Synonymie :
Crayracion quadrangularis innumeris stellubis ex albo coerules centibus.
1741, Klein.
Ostracion quadrangulus nigrescens tuberculis minimis et maculis albis
varius. 1758, Seba.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
285
Ostracion tclragonus oblongus muticus, scutis lestae indistinclis, loto corpore
maculis lenticularibus sub ventre majoribus guttato. 1770, Commerson,
MS.
Ostracion pointillé, Ostracion pointu. 1798. Lacépède.
Ostracion punclatus, 1801, Bloch, Schneider; — 1817, Cuvier; —
1826, Ruppel ; — 1842, Jenyns ; — 1856, Bleeker ; — 1857,
Hollard ; — 1860, Bleeker ; — 1870, Gunther ; — 1874, Sch-
meltz ; — 1876, Peters ; — 1877, Streets ; — 1878, Day ; — 1878,
Bleeker ; — 1899, Fowler ; — 1900, Seale ; — 1901, Stein
dachner ; — 1910, Gunther ; — 1927, Barnard.
Ostracion lentiginosus, 1801, Bloch-Schneider ; —1817, Cuvier ;— 1907,
Fowler ; — 1925, Fowler ; — 1925, Fowler et Ball ; — 1934,
Fowler ; — 1940, Fraser Brunner.
Ostracion meleagris. 1804, Shaw ; — 1817, Cuvier ; — 1869, Schmeltz ;
—1955, Randall.
Ostracion sebae. 1851, Bleeker ; — 1852, Bleeker ; — 1859, Bleeker ;
— 1870, Gunther ; — 1869, Schmeltz ; — 1874, Schmeltz ; — 1883,
Mac Leay ; — 1898, Pellegrin ; — 1900, Fowler ; — 1904, Jordan
et Snyder ; — 1903-1905, Jordan et Evermann ; — 1906, Seale ; —
1905-1906, Jordan et Seale ; — 1922, Jordan et Jordan, E. K. ;
— 1925, Fowler ; — 1925, Fowler et Ball ; — 1928, Fowler ; —
1935, Fraser Brunner ; — 1938, Fowler ;— 1940, Fraser Brunner.
Cybolion punclatus, 1855, Kaup ; — 1856, Duméril.
Cybotion sebae, 1855, Kaup.
Cybotion bombi/rons. 1855, Kaup. ; 1856, Duméril.
Ostracion bombifrons. 1857, Hollard.
Ostracion (Ostracion) punctatus. 1862-1877, Bleeker.
Ostracion f Ostracion) sebae. 1862-1877, Bleeker.
Ostracion punctatum. 1882, Smith et Swain.
Ostracion camurum. 1899, Jenkins ; — 1902, Jenkins ; — 1902-1904,
Snyder ; — 1904, Jordan et Snyder ; — 1931, Fowler ; — 1934,
Fowler.
Ostracion oahuensis. 1902-1903, Jordan et Evermann ; — 1902-1903,
Jenkins ; — 1902-1904, Snyder ; — 1903-1905, Jordan et Ever¬
mann ; — 1931, Fowler ; — 1934, Fowler.
Ostracion lentiginosum, 1902-1903, Jenkins ; — 1902-1904, Snyder ; —
1903-1905, Jordan et Evermann ; — 1906, Seale ; — 1922, Jordan
et Jordan — 1928, Fowler ; — 1931, Fowler ; — 1935, Fraser
Brunner ; - 1938, Fowler ; — 1950, J. L. B. Smith.
Ostracion oahuense. 1922, Jordan et Jordan.
Ostracion lentiginosa. 1955, Munro, I.S.R.
Caractères externes. — C = 9, A = 9.
Carapace à section quadrangulaire, sans épines ; la largeur est plus
grande que la hauteur des flancs ; pas de crête dorsale. Le front bombé
se dégage entre les arcades sourcilières peu marquées.
Source : MNHN, Paris
286
V. LE DANOIS
Coloration. — Nombreuses taches claires sur fond sombre, brun ou
vert olive.
Dimorphisme sexuel. — Fraser Brünner reconnaît un dimorphisme
sexuel entre les espèces Ostracion sebae et O. lentiginosus. O. sebae a un
museau convexe, sans taches et porte des ocelles sur les flancs. O. len¬
tiginosus a un museau concave, avec des taches blanches comme celles
qu’il présente sur les côtés. O. sebae représente le mâle, O. lentiginosus la
femelle. On peut considérer également que O. bombifrons est une forme
mâle. Toutes ces espèces tombent en synonymie avec O. punclatus.
Forme jeune. — Le front est plus bombé dans les formes jeunes que
dans les adultes.
Fig. 38. — Ostracion punclatus. Forme jeune de 66 mm. Vuejde prolll
Fig. 39. — Ostracion punclatus. Forme jeune de 66 mm. Vue de face
Taille. — Peut atteindre 20 à 22 centimètres.
Habitat. — Large extension géographique, de l’Afrique du Sud aux
côtes de Californie (Réunion, Maurice, Indonésie, Tahiti, Hawaï).
Collections du Muséum. — 31 échantillons variant de 66 millimètres
à 180 millimètres, dont les types de Kaup : Cybotion bombifrons.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
287
Ostracion ornatus Guichenot (1846)
Synonymie :
Ican Peti. 1740, Renard.
Ostracion ornatus. 1846, Guichenot ; — 1857, Hollard ; — 1870,
Gunther ; — 1928, Fowler.
Cybolion ornatus. 1855, Kaup ; — 1856, Duméril.
Ostracion solorensis. 1856, Bleeker ; — 1870, Gunther ; — 1910,
Gunther ; — 19126, Fowler et Ball ; — 1928, Fowler ; — 1935,
Fraser Brunner ; — 1938, Fowler ; — 1940, Fraser Brunner.
Ostracion renardi. 1856, Bleeker ; — 1870, Gunther ; — 1935, Fraser
Brunner ; — 1940, Fraser Brunner.
Cibolion solorense. 1859, Bleeker.
Ostracion (Ostracion) solorensis, Ostracion (Ostracion) renardi. 1862-1877,
Bleeker.
Ostracion whitleyi 1938, Fowler.
Caractères externes. — D = 9, A = 9.
Carapace à section quadrangulaire sans épines, avec légère voussure
dorsale. La largeur du dos est sensiblement égale à la hauteur des flancs.
Le front est légèrement bombé avec une faible dépression entre les
arcades sourcilières.
Coloration. — Assez variable, en général dos pointillé de petites
taches claires et flancs ornés de bandes claires et sombres, s’étendant
jusqu’aux joues et entre les yeux.
Dimorphisme sexuel. — L’Oslracion solorensis de Bleeker peut être
considéré, d’après Fraser Brunner, comme la femelle d’Ostracion
renardi. Le mâle a un museau convexe et la femelle un museau concave,
et on trouve également des différences de coloration.
b
Fio. 40. — Ostracion ornatus. Larve de 25 mm. Stade Cybolion.
a) vue de face ; b) vue de profil
Mémoires du Muséum."— Zoologie, t. XIX.
19
Source : MNHN, Paris
288
Y. LE DANOIS
Taille. — Peut atteindre 12 centimètres.
Habitat. — Océan Pacifique de l’Indonésie aux Iles Marquises.
Collections du Muséum. — 4 échantillons, variant de 25 à 120 milli¬
mètres, dont les types de Guichenot et Hollard : Ostracion ornatus, et
le type de Bleeker : Ostracion solorensis.
Ostracion gibbosus Linné (1758)
Synonymie :
Ostracion prior. 1613, Aldrovandi ; — 1649, Jonston.
Ostracion alter gibbosus. 1613, Aldrovandi.
Ostracion prior Aldrovandi, aut piscis quadrangularis gibbosus Wormii.
1686, Willughby.
Ostracion alter gibbosus Aldrovandi. 1686, Willughby.
Iban toetombo ekor tiga, Dooskensvisch met 3 staarlen; Ikan karbauw
jangbadoeri, Gedoorne buffels-o / ossenvisch. 1727, Valentyn.
Ikan tomtombo. 1735, Renard.
Koffervisch, strij kijzer. 1757, Ruysch.
Ostracion oblongus quadrangulus gibbosus. 1738, Artedi.
Crayracion triangularis gibbosus. 1742, Klein.
Ostracion gibbosus. 1758, Linné ; — 1855, Kaup ; — 1856, Duméril ; —
1870, Gunther ; — 1879, Goode ; — 1925, Fowler ; — 1928,
Fowler.
Ostracion quadrangularis, aculeis frontalibus analibusque binis, late-
ribusque dorsoque aculeatis. 1765, Gronow.
Ostracion turritus. 1775, Forskal ; — 1787, Bloch; — 1788, Gmelin ;
— 1788, Bonnaterre ; — 1801, Bloch. Schneider ; — 1817, Cuvier;
— 1826, Ruppel ; — 1843, Agassiz ; — 1852, Bleeker ; — 1853,
Bleeker ; — 1857, Hollard ; — 1859, Bleeker ; — 1871, Klun-
zinger ; — 1877, Day.
Le Coffre bossu. 1787, Daubenton.
Ostracion concatenatus. 1787, Bloch; — 1788, Bonnaterre; — 1801,
Bloch, Schneider ; — 1817, Cuvier ; — 1856, Dumeril ; — 1857,
Hollard ; — 1870, Gunther ; — 1907, Fowler ; — 1917, Gil-
christ et Thompson ; — 1918, Thompson ; — 1923, Von Bonde.
L’Ostracion dromadaire, VOstracion maillé. 1798, Lacépède.
Ostracion stellifer. 1801, Bloch-Schneider ; — 1817, Cuvier.
Ostracion bicuspis. 1805, Blumenbach ; — 1838, Smith ; — 1865, A.
Smith.
Telrosomus turritus. 1839, Swainson.
Ostracion stictonotus. 1842, Temminck et Schlegel.
Lactophrys camelinus. 1842, De kay.
Cibotion turritus. 1856, Dumeril.
Ostracion (Telrosomus) turritus. 1862, Bleeker.
Ostracion (Acanthoslracion) concatenatus; Ostracion (Acanthostracion)
gibbosus. Bleeker, 1879.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
289
Ostracion gibbosum. 1902, Jordan et Fowler. ; — 1910, Franz.
Lactophrys Iritropis. 1902-1904, Snyder.
Ladophrys reipublicae. 1913, Ogilby.
Tetrosomus gibbosus. 1925, Jordan et Hubbs ; — 1950, J. L. B. Smith, —
h 1955, Munro, I.S.R.
Triorus stellifer. 1925, Jordan et Hubbs.
Rhinesomus gibbosus. Rhinesomus reipublicae. 1935, Fraser Brunner.
Tetrosomus concatenatus. 1950. J.L.B. Smith.
Caractères externes. — D = 10, A = 10.
Carapace à section pentagonale, avec nombreuses épines ; 2 épines
frontales dirigées vers l’arrière ; en ligne médio-dorsale, crête fortement
marquée et surélevée avec une forte épine au sommet, avec parfois 1 ou
2 épines accessoires ; carènes latéro-dorsales denticulées sans épines ;
carène latéro-ventrale garnie de 4 épines dirigées vers l’arrière. La face
ventrale, très aplatie, entre les deux carènes, présente une largeur supé¬
rieure à la longueur de la moitié du corps. Profil rectiligne, avec forte
dépression entre les épines frontales. A l’état sec, les plaques de la carapace
offrent unjaspect de mailles imbriquées comme les anneaux d’une chaîne.
Fio. 41. — Oslracion gibbosus. Forme jeune de 50 mm. Stade Acanthoslracion. Vue de profil
Coloration. — Teinte claire, jaune ou verdâtre, présentant souvent des
taches et des lignes d’un bleu vif.
Caractères sexuels. — Il est probable que la présence, le nombre et la
dimension des épines de la crête médio-dorsale sont en rapport avec la
sexualité ; celles-ci étant plus fortes et plus nombreuses chez les mâles.
Il en est sans doute de même pour les variations de coloration.
Ostéologie. — A été décrit comme type.
Taille. — Peut atteindre 30 centimètres.
Source : MNHN, Paris
290
Y. LE DANOIS
Fig. 42. — Oslracion gibbosus. Forme jeune de 50 mm.
Stade Acanthoslracion. Vue de face
Habitai. — Large distribution dans l’Océan Indien depuis les côtes
de l’Afrique du Sud, Indes, Insulinde, Mer de Chine ; dans la zone littorale
et plus profondément jusque vers 100 mètres.
Collections du Muséum. — 20 échantillons, variant de 50 à 200 milli¬
mètres.
GENRE DORYOPHRYS DUMÉRIL (1856)
Synonymie :
1754. Ostracion (pars) Linné.
1856. Doryophrys Duméril (diaphanus).
1879. Ostracion (Acanthostracion) (pars) Bleeker (cornutus).
1902-1903. Lactoria (pars) Jenkins (galeodon).
Caractères du genre basés sur l’ostéologie crânienne, avec comme
caractère très particulier la disposition du crâne sur trois plans. Carapace
à section pentagonale avec épines ; épines frontales dirigées vers l’avant.
Le genre ne comprend qu’une espèce :
Doryophrys diaphanus (Bloch-Schneider) (1801)
Synonymie :
Ostracion polyodon tetragonus antice postice dorsoque spinosus. 1754,
Linné.
Ostracion quadrangulus, aculeis frontalibus analibusque binis lateribus
dorsoque aculeatus. 1765, Gronow.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
291
Ostracion diaphanus. 1801, Bloch, Schneider; — 1817, Cuvier; —
1857, Bleeker ; — 1857, Hollard ; — 1870, Gunther ; — 1897,
Ishikawa ; — 1901, Steindachner ; — 1910, Gunther ; — 1917,
Gilchrist et Thompson; — 1925, Fowler et Ball ; — 1927,
Barnard ; — 1928, Fowler ; — 1938, Fowler.
Ostracion undecimaculealus. 1838, A. Smith.
Ostracion pentacornis. 1839, Bennett.
Ostracion brevicornis. 1842, Temminck et Schlegel ; — 1845, Richard¬
son.
Ostracion fornasinii. 1846, Bianconi ; — 1854-1855, Bianconi ; — 1866,
Gunther ; — 1870, Gunther ; — 1876, Peters ; — 1910, Gunther ;
— 1925, Fowler ; — 1927, Barnard ; — 1928, Fowler ; — 1938,
Fowler.
Ostracion cornutus (nec Linné). 1855, Peters.
Lactophrys diaphanus. 1855, Kaup.
Doryophrys diaphanus. 1856, Dumeril.
Ostracion pentacanthus. 1856, Bleeker.
Ostracion (Acanthostracion) cornutus. 1862-1877, Bleeker; — 1879,
Bleeker.
Ostracion (Acanthostracion) fornasini. 1862-1877, Bleeker.
Ostracion diaphanum. 1902, Jordan et Fowler.
Lactoria galeodon. 1902-1903, Jenkins, O. P. ; — 1902-1904, Snyder ; —
1904, Jordan et Snyder ; — 1903-1905, Jordan et Evermann ; —
1922, Jordan et Jordan ; — 1931, Fowler ; — 1934, Fowler.
Lactoria schlemmeri. 1904, Jordan et Snyder ; — 1903-1905, Jordan et
Evermann ; — 1922. Jordan et Jordan.
Ostracion schlemmeri. 1903-1905, Jordan et Evermann.
Ostracion dexteri. 1906, Seale.
Ostracion fuscomaculata. 1923, Von Bonde.
Lactoria diaphana. 1925, Jordan et Hubbs ; — 1950, J. L. B. Smith.
Ostracion lindsayi. 1932, Phillips.
Ostracion adersi. 1934, Von Bonde.
Lactoria diaphanus, L. lindsayi. 1935, Fraser Brunner.
Lactoria fornasini. 1950, J. L. B. Smith ; — 1955, Munro, I.S.R.
Caractères externes. — C = 9, A = 9.
La ligne médio-dorsale est surélevée en bosse avec une forte épine
centrale inclinée vers l’arrière, avec adjonction d’une ou deux autres
épines, de moindre taille ou absentes. Les épines frontales, nettement diri¬
gées vers l’avant constituent un des caractères du genre. Les carènes latéro-
vertrales sont garnies de trois épines équidistantes et dirigées vers l’arrière.
La forme de cette espèce est tout à fait remarquable. Cet aspect
montre que le poisson, tout au moins dans les formes jeunes, est suscep¬
tible d’un assez fort gonflement, et les tissus de l’adulte devenus rigides,
gardent cette apparence de dilatation ; il est du reste possible que la
faculté de gonflement persiste, plus ou moins réduite, pendant toute la vie
de l’animal. La partie dorsale est relativement étroite avec un front
Source : MNHN, Paris
292
Y. LE DANOIS
b
Fio. 43. — Doryophrys diaphanus. Larve de 25 mm. Stade Acanthostracion.
a) vue de face ; b) vue de profil
bombé en arrière des épines sourcilières. Mais la région abdominale est
extraordinairement développée. Elle présente cette particularité d’être
parfaitement transparente, à tel point que l’on aperçoit à travers les
téguments l’ensemble des organes internes enveloppés dans une gaine
argentée. La largeur de l’abdomen entre les deux carènes latéro-ventrales
équivaut aux deux tiers de la longueur du corps, non compris le pédoncule
caudal. On retrouve dans Doryophrys le profil abdominal des Orbes
épineux à fort gonflement.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 293
Ostéologie. — Caractères du genre. Décrit comme type.
Coloration. — Fond clair avec ocelles sombres sur chaque plaque,
plus ou moins visibles dans la région dorsale ; nageoires claires rougeâtres.
Forme jeune. — Sur un échantillon de 24 millimètres, les caractères
particuliers de Dorgophrgs sont très accusés. Les épines de la crête médio-
dorsale sont fortes et verticales ; on trouve une épine accessoire marquant
la carène latéro-dorsale ; le ventre est spécialement gonflé et la largeur
abdominale est égale à trois fois la largeur du dos, alors que dans l’adulte
elle est environ du double. Toute la région ventrale est entièrement
transparente.
Taille. — Peut atteindre 28 centimètres.
Habitat. — Largement répandu dans l’Océan Pacifique, l’Océan
Indien depuis les côtes d’Afrique du Sud jusqu’à l’île de Pâques, et dans
les mers de Chine.
Collections du Muséum. — 8 échantillons, variant de 24 millimètres à
280 millimètres, dont les génotypes de Duméril : Dorgophrgs.
GENRE LACTOPHRYS SWAINSON (1839) (Y.L.D. 1960)
Sgnongmie :
1738. Ostracion (pars) Artedi
1741. Cragracion (pars) Klein
1839. Lactophrgs (pars) Swainson
Rhinesomus Swainson (triqueter).
1857. Lactophrgs (par erreur) Hollard
1862. Ostracion (Acanthostracion) (pars) Bleeker ( cornutus , etc.)
1896. Chapinus Jordan et Evermann (bicaudalis).
1902. Lactoria (pars) Jordan et Fowler (cornutus).
1925. Triorus Jordan et Hubbs (triqueter).
Le genre Lactophrgs, tel qu’il a été défini par Swainson, s’appliquait
spécialement au Lactophrgs trigonus et aux espèces avec carapace à
section triangulaire et munie d’épines. Tout en conservant la paternité
du genre Lactophrgs à Swainson nous le prenons dans une autre acception
en nous basant sur l’ostéologie crânienne.
Caractères du genre basés sur l’ostéologie crânienne avec le caractère
suivant : crâne disposé sur un seul plan. Vertèbres = 14.
Le genre comprend 4 espèces :
Lactophrys triqueter (Linné) (1758)
Sgnongmie:
Piscis triangularis ex toto cornibus carens; hujus squamae hexagonae
mediae paululum eminent, atque infinitis exiguis tuberculis stratis
disposilis ornantur; item hune venter prae caeleris sui generis maxime
latescit, scilicet quasi basi pro magnitudine amplissima. 1686, Willu-
ghby ; — 1713, Ray.
Source : MNHN, Paris
294
\ LE DANOIS
Osiracion triangulus, luberculis exiguis innumeris aculeis carens. 1738,
Artedi.
Crayracion paruus, corpore et capite triangularis, ore parvo, innumeris
exiguis stellis piclus, cauda quadripartita, quinque /arie plumosa;
Crayracion triangulatus, capite et ore productis cornubus carens, limbo
ventris integro, 1742, Klein.
Ostracion triqueterus gibbus, tegmine osseo, areolato, dorso acuto. 1745,
Brown.
Das Biegeteisen. 1750, Muller (Statius).
Ostracion polyodon inermis triqueter. 1754, Linné.
Ostracion triangulus luberculis exiguis inermis, dorso acuto. 1758, Seba.
Ostracion triqueter. 1758, Linné; — 1787, Bloch; — 1788, Bonna-
terre ; • — 1788, Gmelin ; — 1801, Bloch. Schneider ; — 1804,
Shaw ; — 1817, Ou vier ; — 1848, Muller et Troschel ; — 1856,
Duméril ; — 1857, Hollard ; — 1868, Poey ; — 1870, Gunther; —
— 1879, Goode ; — 1883, Jordan et Gilbert.
Ostracion triangulus aculeis carens. 1765, Gronow.
Le Coffre triangulaire sans épines. 1787, Daubenton.
L'Ostracion triangulaire. 1798, Lacépède.
Laclophrys (Rhinesomus) triqueter. 1898, Jordan et Evermann.
Triorus triqueter. 1925, Jordan et Hubbs.
Laclophrys triqueter. 1928, Meek et Hildebrand.
Rhinesomus triqueter. 1935, Fraser Brunner.
Caractères externes. — D = 10, A = 10.
Carapace à section triangulaire, sans aucune épine, avec voussure
latéro-dorsale. Profil du museau concave.
Coloration. — Fond sombre avec nombreuses petites taches claires.
Ostèologie. — Crâne extrêmement mince et friable. Les frontaux,
auxquels se sont unis les superfrontaux, sont bordés par des supra-
orbitaires et en avant les apophyses antérofrontales s’engagent sur le
Fio. 44. — Laclophrys triqueter. Larve de 23 mm. Stade O. nasus.
a) vue de face ; b) vue de profil
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
295
post-rostral. Les frontaux ne sont unis qu’à leur partie postérieure ; plus
en avant une ligne suturale incomplète laisse apercevoir les interfrontaux
enfoncés. Volet épiptérotique bien développé.
Forme jeune. — La forme jeune (23 mm.) rappelle celle de l’Ostracion
nasus : la carapace affecte encore une forme quadrangulaire, par suite de la
présence de carènes latéro-dorsales. La crête médio-dorsale est nettement
surélevée, et forme soc avec un brusque arrêt. Le profil est prolongé vers
l’avant avec un petit relief.
Taille. — Peut atteindre 22 centimètres.
Habitat. — Golfe du Mexique et Antilles ; au nord jusqu’aux Bermudes
au sud jusqu’au Brésil.
Collections du Muséum. — 29 échantillons, variant de 14 à 183 mm.
Lactophrys tricornis (Linné) (1758)
Synonymie :
Piscis triangularis cornutus. 1605, Clusius.
Guamajacu ape. 1648, Marcgravius.
Guamaiacu. 1649, Jonston.
Piscis triangularis cornutus Clusii. 1686, Willughby.
Piscis triangularis maxime cornutus squamis hexagonis et radiatis donatus;
Piscis triangularis capiti cornutus cui e media cauda cutanea aculeus
Ion gus rigitus. 1713, Lister (ap. Will.)
Holosteus cornutus = Guamajacu ape. 1695, Plumier, MS.
Piscis triangularis clusii cornutus. 1713, Ray.
Ostracion triangulaius aculeis duobus in capite et unico longiore superne ad
caudam; Ostracion triangulatus duobus aculeis in fronte et totidem in
in imo ventre subcaudales que binis. 1738, Artedi.
Crayracion triangularis duobus cornubus custis in fronte. 1742, Klein.
Ostracion triangulatus aculeis duobus in fronte... 1754, Gronow.
Ostracion tricornis. 1758, Linné; — 1801, Bloch, Schneider ; — 1804,
Shaw ; — 1856, Bleeker ; — 1862, Bleeker ; — 1936, Fowler.
Ostracion quadricornis. 1758, Linné ; — 1787, Bloch ; — 1788, Gmelin ;
— 1788, Bonnaterre ; — 1801, Bloch, Schneider ; — 1804, Shaw ;
— 1817, Cuvier ; — 1856, Dumeril ; — 1856, Bleeker ; — 1857,
Hollard ; — 1862, Bleeker ; — 1870, Gunther ; — 1875,
Melliss ; — 1876, Poey ; — 1879, Goode ; — 1881, Gunther ; —
1882, Guimaraes ; — 1883, Rochebrune ; — 1898, Osorio ; — 1914,
Lampe.
Le Coffre triangulaire à 4 épines; le Coffre triangulaire à 3 épines. 1787,
Daubenton.
L’Ostracion quatre aiguillons; l'Ostracion de Lister. 1798, Lacépède.
Ostracion sexcornutus. 1818, Mitchill.
Ostracion lumbospinnis. 1835, Valenciennes.
Lactophrys quadricornis. 1839, Swainson ; — 1855, Kaup.
Ostracion guineensis. 1856, Bleeker ; — 1862, Bleeker.
Source : MNHN, Paris
296
Y.
DANOIS
Ostracion gronooii. 1856, 1862, Bleeker.
Ostracion notacanthus. 1856, 1862, Bleeker.
Ostracion maculatus. 1857, Hollard.
Lactophrys sexcornutus. 1861, Storer.
Ostracion (Acanthostracion) quadricornis. 1862-1877, Bleeker.
Acanthostracion polygonius. 1876, Poey.
Ostracium quadricorne. 1883, Jordan et Gilbert.
Lactophrys (Acanthostracion) tricornis. 1898, Jordan et Evermann.
Ostracion quadricornis, var. notacanthus. 1910, Cunningham ; — 1913,
Clark.
Lactophrys tricornis. 1917, Fowler ; — 1928, Meek et Hildebrand.
Lactophrys notacanthus. 1919, Fowler.
Acanthostracion quadricornis. 1935, Fraser Brunner.
Acanthostracion tricornis. 1950, J.L.B. Smith.
Dans YEditio Décima du Systema naturea, Linné a défini Ostracion
tricornis avant Ostracion quadricornis et c’est pourquoi nous conservons
ce terme spécifique bien que Ostracion tricornis ait certainement été dé¬
crit d’après une forme jeune de Ostracion quadricornis.
Caractères externes. — D = 10 ; A = 10.
Carapace à section triangulaire avec voussure latéro-dorsale ; 4 fortes
épines, 2 frontales dirigées vers l’avant et formant cornes et 2 épines pos-
téro-ventrales dirigées vers l’arrière ; la ligne médio-dorsale forme une
crête bien accentuée. Le profil est légèrement concave et le front est très
déprimé entre les cornes.
Coloration. — Variable, brune, verte ou jaunâtre, avec des taches
bleures brillantes, bandes brunes sur les joues.
Formes jeunes. — Une larve de 14 mm. a une carapace sans épine et de
forme presque quadrangulaire comme le jeune L. triqueter de la même
taille. Une autre immature de 20 mm. présente encore une carapace
subquadrangulaire avec un abdomen légèrement renflé. La crête médio-
dorsale est fortement marquée en soc et bordée de 3 plaques ; les crêtes
latéro-dorsales offrent 1 ou 2 renflements assez faibles, l’arcade sourcillière
porte une protubérance qui marque le début d’une corne frontale. En
arrière de la dorsale se trouve une plaque qui sans être séparée de la
carapace est nettement distincte.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
297
Fio. 46. — Lactophrys tricornis. Larve de 20 mm. Stade Acanthostracion.
a) vue de lace ; b) vue de profil
Fig. 47. — Lactophrys tricornis. Forme jeune de 70 mm. Vue de profil
Une forme de 70 mm semble correspondre à la description fournie
par Lister et Artedi et reprise par Linné sous le nom d’Oslracion tri¬
cornis: en plus des 2 cornes frontales existe une corne impaire placée à
l’extrémité de la carapace, au-dessus du pédoncule caudal. Cette corne
s’atténue avec l’âge et même disparaît.
Taille. — Peut atteindre 40 centimètres.
Habitat. — Atlantique tropical : Golfe du Mexique, Mer des Antilles,
Brésil, Golfe de Guinée, Sainte Hélène, Afrique du Sud.
Collections du Muséum. — 26 échantillons, variant de 70 mm à
390 mm., dont les types de Valenciennes : Ostracion lumbospinnis et de
Hollard : Ostracion maculosus.
Source : MNHN, Paris
298
Y. LE DANOIS
Fio. 48. — Laclophrys tricornis. Forme jeune de 70 mm. Vue de face
Lactophrys trigonus (Linné) (1758)
Synonymie :
Piscis triangularis. 1605, Clusius.
Guamajacu ape. 1648, Marcgravius ; — 1649, Jonston.
Piscis triangularis Clusii, cornibus carens; Piscis triangulatis parvis non
nisi ventre cornutus; Piscis mediocris triangularis, ad lenum ventrem
prope caudam tantum cornutus ex loto maculis aequalibus subrifis
dense insignitus. 1686, Willughby ; — 1713, Ray.
Piscis triangularis Clussi, ou Cochon, ou Coffre à la Martinique. 1695,
Plumier, MS.
Oslracion triangulatus tuberculis hexagonis radiatis aculeis duobus in imo
ventre; Oslracion triangulatus lenibis figurarum hexagonarum emi-
nentibus aculeis duobus in imo ventre; Oslracion triangulatus lotus
maculosus ac tuberculosus aculeis duobus in imo ventre. 1738, Artedi.
Ostracion polyodon tetragonus, abdomine pone bicorni. 1749, Linné.
Ostracion trigonus. 1758, Linné ; — 1787, Bloch ; — 1788, Bonna-
terre ; — 1801, Bloch, Schneider ; — 1804, Shaw ; — 1817,
Cuvier ; — 1826, Risso ; — 1856, Duméril; — 1857, Hollard ; —
1870, Gunther ; — 1882, Regius ; — 1881, Moreau ; — 1888,
Carus, V.
Ostracion bicaudalis. 1758, Linné; — 1787, Bloch; — 1801, Bloch,
SchNEiDER ; — 1817, Cuvier ; — 1856, Duméril ; — 1857, Hollard ;
— 1868, Poey ; — 1870, Gunther ; — 1936, Fowler.
Le Coffre triangulaire chagriné à 2 épines, le Coffre triangulaire hérissé à
2 épines. 1787, Daubenton.
Chapin. 1787, Parra.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 299
L’Oslracion trigone, l’Ostracion deux-aiguillons. 1798, Lacépède.
Oslracion agonus. 1810, Rafinesque Schmaltz.
Ostracion galei. 1837, Storer.
Lactophrgs galei. 1842, De Kay ; — 1861, Storer.
Lactophrys Irigonus. 1853, Kaup ; — 1917, Fowler ; — 1928, Meek et
Hildebrand ; — 1935, Fraser Brunner.
Lactophrgs ooiceps. 1855, Kaup.
Ostracion ooiceps. 1856, Duméril.
Oslracion undulatum. 1868, Poey.
Lactophrys trigonum. 1868, Poey.
Oslracion expansum. 1870. Cope.
Ostracium Irigonus. Ostracium bicaudalis, 1879, Goode.
Ostracium trigonum. 1883, Jordan et Gilbert.
Lactophrys (Chapinus) bicaudalis. 1898, Jordan et Evermann.
Lactophrys (Lactophrys) Irigonus. 1898, Jordan et Evermann.
Lactophrys bicaudalis. 1925, Breder ; — 1928, Meek et Hildebrand.
Rhinesomus bicaudalis. 1935, Fraser Bruhner.
Caractères externes. — D = 10, A = 10.
Carapace à section triangulaire, avec voussure latéro-dorsale ; deux
épines postéro-ventrales dirigées en arrière ; crête dorsale plus ou moins
haute suivant les échantillons.
Beaucoup d’auteurs distinguent deux espèces : L. Irigonus et L. bicau¬
dalis en se basant sur la disposition de la plaque terminale de la carapace
en arrière de la nageoire dorsale. Cette plaque peut être ou intégrée dans
la carapace qui se trouve close en arrière de la dorsale, ou légèrement
distincte des autres plaques, de telle sorte que la carapace se trouve
ouverte en arrière de la nageoire. Dans les formes jeunes, la plaque
postéro-dorsale adhère toujours aux autres plaques.
Coloration. — Fond clair, jaunâtre ou gris olive, avec sur chaque
plaque des taches brillantes bleues ou brunes.
Caractères sexuels. — Il semble bien que les différences signalées par
les auteurs entre Lactophrys trigonus et L. bicaudalis n'aient pas la valeur
de caractères spécifiques, mais correspondraient soit à une sous-espèce
susceptible d’hybridation soit à des caractères sexuels : le mâle serait
représenté par la forme trigonus, avec plaque postéro-dorsale libre,
forte voussure dorsale, coloration brillante avec taches bleues ; la femelle
appartiendrait à la forme bicaudalis avec plaques postéro-dorsale soudée
à la carapace, voussure dorsale atténuée, coloration à taches brunes.
Forme jeune. — Une forme jeune de 61 mm présente en arrière de la
dorsale une plaque terminale de la carapace qui, sans en être séparée, est
nettement distincte, ce qui montre que la séparation de cette plaque
postéro-dorsale ne se produit que très tradivement dans la croissance de
l’animal.
Ostéologie. — Les superfrontaux ont disparu, mais de l’épicrâne
subsistent deux larges plaques représentant les supra-orbitaires ; ils sont
prolongés en avant par des apophyses antéro-frontales très développées et
Source : MNHN, Paris
300
Y. LE DANOIS
qui, dépassant le post-rostral, s’avancent au-dessus des supra-ethmoïdes.
Une ligne suturale médiane sépare les supra-orbitaires et la partie anté¬
rieure des frontaux. Les épiptérotiques sont relativement réduits.
Fig. 49. — Laclophrys trigonus. Forme jeune de 61 mm. Vue de profil
Fio. 50. — Laclophrys trigonus. Forme jeune de 61 mm. Vue de face
Taille. — Cette espèce est celle qui atteint les plus grandes tailles
parmi les Ostracioniformes : elle peut dépasser 40 cm. Un exemplaire de
46 cm est cité par Hollard.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
301
Habitat. — Océan Atlantique tropical : Golfe du Mexique, Antilles,
Brésil ; il a été signalé à l’île de l’Ascension et remonte sur la côte des
Etats-Unis jusqu’au Cap Cod. Très exceptionnellement il a été rencontré
en Méditerranée.
Collections du Muséum. — 25 échantillons variant de 10 mm à 475 mm.
Lactophrys cornutus (Bontius, 1658) (Linné, 1758)
Synonymie :
Pisciculus cornutus, vel Ikan setang. 1658, Bontius (Jacobus).
Pisciculus cornutus Bonlii. 1686, Willughby ; — 1713, Lister.
Ikan Peti vel kistvisch, Ikan toetombo badoeri; Katocha capitano ; Ikan
toetombo bezar, Groote Dooskensvisch ; Ikan toetombo tandoc keoning,
Dooskensvisch met geele horns. 1727, Valentyn.
Pisciculus ceylanicus. 1737, Ruysch.
Peti cornute, Zeekat, Tomtombo. 1740, Renard
Crayracion quadrangularis pone et ante processubus 2 longis. 1741, Klein.
Ostracion polyodon telragonus, antice postice dorsoque spinosus. 1754,
Linné.
Ostracion quadrangularis aculeis duobus in fronte et totidem in imo ventre.
1754, Gronow.
Ostracion quadrangulus aculeis 2 in capite et totidem in imo ventre; Ostra¬
cion anterius quadrangulus sed dorso acuto gibboso; Ostracion quadran¬
gulus minor flavescens, 1758, Seba.
Ostracion cornutus. 1758, Linné ; — 1787, Bloch ; — 1788, Bonnaterre ;
— 1801, Bloch, Schneider ; — 1804, Shaw ; — 1817, Cuvier ; —
1831, Bennett; — 1843, Agassiz ; — 1845, Richardson ; — 1842-
1850, Temminck et Schlegel ; — 1851, Jerdon ; — 1852, Bleeker ;
1856, Duméril ; — 1857, Hollard ; — 1860, Bleeker ; — 1861,
Jouan ; — 1868, Peters ; —- 1869, Schmeltz ; — 1870, Gunther ; —
1876, Peters; — 1877, Day ; — 1880, Gunther ; — 1883, De Vis ; —
1885, Meyer ; — 1886-1887, Vaillant ; — 1887, Nystrom ; — 1897,
Ishikawa ; — 1898, Pellegrin ; — 1900, Seale ; — 1902-1903,
Bryan et Herre ; — 1903, Duncker ; — 1906, Steindacner ; —
1907, Fowler ; — 1910, Gunther ; — 1911, Kendall et Goldsbo-
rough ; — 1917, Gilchrist et Thompson ; — 1918, Thompson ; —
1921, Maxwell ; — 1924, Herre ; — 1925, Fowler ; — 1927,
Barnard ; — 1988, Fowler ; — 1938, Fowler ; — 1936, Herre.
Ostracion quadricornis (nec Linné). 1764, Houttuyn.
Ostracion quadrangulus aculeis frontalibus analibusque binis. 1765,
Gronow.
Le Coffre quadrangulaire à 4 épines. 1787, Daubenton.
L’Ostracion quadrangulaire. 1798, Lacépède.
Ostracion arcus. 1801, Bloch, Schneider ; — 1856, Duméril; — 1879,
Goode ; — 1882, Macleay.
Lactophrys cornutus. 1839, Swainson ; — 1855, Kaup.
Source : MNHN, Paris
302
Y. LE DANOIS
Ostracion valentini. 1848, Bleeker.
Ostracium cornutum. 1849. Cantor ; — 1881, Karoli.
Ostracion (Acanthostracion J arcus. 1862-1877, Bleeker ; — 1865,
Kner ; — 1879, Bleeker.
Ostracion cornutum. 1902, Jordan et Fowler ; — 1906, Seale.
Lactoria cornuta. 1905-1906, Jordan et Seale ; — 1925, Jordan et
Hubbs ; — 1955, Munro, I.S.R.
Ostracion chwakaensis. 1934, von Bonde.
Lactoria cornulus. 1935, Fraser Brunner ; — 1950, J. L. B. Smith.
Caractères externes. — D = 9, A — 9.
La section de la carapace au lieu d’etre triangulaire comme dans les
autres espèces du genre Lactophrys est quadrangulaire dans L. cornulus.
Ce poisson se reconnaît par ses cornes frontales énormes dirigées hori¬
zontalement en avant; de plus deux autres longues cornes postéro-
ventrales sont dirigées en arrière. La ligne médio-dorsale est peu élevée
et parfois marquée d’une faible épine. La nageoire caudale est extrême¬
ment longue, en éventail.
Coloration. — Les couleurs sont vives, sur un fond clair verdâtre ou
brunâtre, sont répandues des taches d’un bleu très vif. La caudale est
bleue avec des points sombres.
Forme jeune. — Les proportions et la forme du corps sont très diffé¬
rentes de celles de l’adulte ; le jeune poisson a un corps ramassé avec une
région médio-dorsale garnie de multiples renflements ; la caudale, si
grande chez l’adulte, dépasse à peine la dorsale et l’anale et reste presque
Fio. 51. — Lactophrys cornulus. Larve de 32 mm. Stade Acanthostracion.
Vue de profil
cachée entre les épines postéro-ventrales qui sont déjà très développées ;
il n’en est pas de même des cornes frontales qui sont encore réduites et
dressées obliquement vers l'avant.
Ostéologie. — Le crâne est large et bien dégagé. On retrouve en bor¬
dure des frontaux deux plaques formées par les supra-orbitaires ; les
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
303
Fin. 52. — Laclophrys cornulus. Larve de 32 mm.
Stade Acanlhostracion. Vue de face
apophyses antéro-frontales empiètent sur le post-rostral et atteignent à
peine l’ensemble des préfrontaux. La série médiane des os impairs est
réduite au supra-occipital et l’interpariétal, scindé en 2 morceaux, est en
voie d’absorption par les pariétaux. Les épiptérotiques sont réduits. Les
frontaux sont soudés normalement en ligne médiane sans offrir d’enfon¬
cement en ligne suturale. Ce crâne représente le type le plus évolué dans
la famille des Ostracionides.
Taille. — Peut atteindre 25 centimètres.
Habitat. — Large distribution géographique dans l’Océan Indien et
l’Océan Pacifique (Afrique du Sud, Madagascar, Réunion, Maurice,
Indes, Insulinde, Polynésie, îles Marquises, mer de Chine).
Collections du Muséum. — 73 échantillons, variant'de 32 à 400 mm,
avec le type de Lacépède de l 'Ostracion quadrangulaire, rapporté des
Mers de Chine par M. de Brisseuil, de l’Expédition de Bougainville ;
les types de Bleeker : Ostracion (Acanthoslracion) arcus.
Chapitre II
FAMILLE DES ARAGANIDAE
1861. Ostracionidae (pars). Tribu des Aracaniens, Hollard.
1941. Aracanidae Fraser Brunner.
Ostracioniformes à corps haut et court, polyédrique.’enveloppé dans
une carapace formée de plaques hexagonales et laissant libre la base de
la nageoire dorsale ; pédoncule caudal libre et bien dégagé, portant parfois
des plaques écailleuses ou un anneau ; bouche terminale ; dans 1 es espèces
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XIX. 20
Source : MNHN, Paris
304
Y. LE DANOIS
actuellement vivantes, dents multiples, courtes et fragiles ; os de la
voûte crânienne disposés sur un seul plan, sans épicrâne ; volet épipté-
rotique extrêmement développé en position latérale ; parasphénoïde
limité à la région otique ou la dépassant légèrement en arrière jusqu’à la
région occipitale ; supra-occipital formant une crête proéminente diri¬
gée en pointe vers l’arrière ; margo radialis orientée obliquement ou verti¬
calement ; endocleithrum ossifié; pas de spina bifida; présence d’un os
interneural unissant les apophyses neurales des vertèbres antérieures ;
vertèbres : 14 à 20.
Les Aracanides sont extrêmement polymorphes et on trouve de
grandes variations dues à l’âge, au sexe et aux caractères individuels,
par exemple l’importance de la crête dorsale et des carènes latérales, la
présence et le développement plus ou moins marquée des épines, la forme
et les dimensions des plaques du pédoncule caudal, le nombre et la taille
des granulosités de la carapace, l’existence de protubérance nasale, les
différences de coloration.
La famille des Aracanides comprend 4 genres dont 3 sont représentés
par des espèces actuellement vivantes et le 4 e par une forme fossile.
1) Plaque jointive à la carapace, en arrière de la nageoire anale ; absence
de carènes médio-dorsale et médio-ventrale .... Molaracana
2) Carapace ouverte en arrière des nageoires impaires ; carènes médio-
dorsale et médio-ventrale marquées :
a) Carène médio-ventrale garnie d’une forte épine . . Proaracana
b) Carène médio-ventrale sans épine :
aa) D = 12 — 14 ; diamètre de l’œil compris environ 1 fois et demi
dans l’espace préorbitaire . Capropygia
bb) D =9 — 11 ; diamètre de l’œil compris plus de 2 fois dans
l’espace préorbitaire. Aracana
GENRE MOLARACANA nov. gen.
Synonymie :
1764. Oslracion (pars) Houttuyn (aculeala).
1855. Acerana (Kentrocapros) Kaup (hexagonus).
1870. Aracana (pars) Gunther (aculeala).
1902. Capropygia (pars) Jordan et Fowler (aculeala).
1915. Kentrocapros. Mac Culloch et Waite (aculeatus).
Aracanide à carapace hexagonale ; — absence de carènes médio-
dorsale et médio-ventrale ; — plaque jointive à la carapace en arrière de
la nageoire anale ; — dentition formée par 6 dents à chaque mâchoire,
disposées sur un seul rang.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
305
Une seule espèce :
Molaracana aculeata (Houttuyn, 1764)
Synonymie :
Oslracion aculealus, 1764, Houttuyn ; — 1801, Bloch, Schneider ; —
1897, Ishikawa.
Ostracion hexagonus, 1790, Thunberg ; — 1801, Bloch, Schneider.
Ostracion slictonotus, 1842, Temminck et Schlegel ; — 1853, Bleeker ;
— 1887, Nystrim.
Acerana (Kenlrocapros) hexagonus, 1855, Kaup.
Aracana aculeata, 1870, Gunther ; — 1879, Bleeker ; — 1900, Jordan
et Snyder ; — 1912, Tanaka ; — 1928, Fowler.
Capropygia aculeata, 1902, Jordan et Fowler.
Aracana spilonota, 1903-1905, Gilbert.
Kentrocapros aculeatus, 1915, Mc Culloch et Waite ; — 1925, Jordan et
Hubbs.
Capropygia spilonota, 1922, Jordan et Jordan.
Kentrocapros hexagonus, 1935, Fraser Brunner.
Caractères externes. — D = 11, A = 10.
Carapace à section hexagonale ; la longueur de la tête est contenue
trois fois et demi dans la longueur du corps ; la hauteur du corps est
contenue deux fois dans la longueur ; présence d’une épine supra-orbi¬
taire ; carène latéro-dorsale portant une forte épine ; crête latérale avec
cinq petites épines, augmentant de taille vers l’arrière ; carène latéro-
ventrale garnie de deux ou trois épines.
Coloration. — Dos brun orange tacheté de noir, flancs et ventre jaune
clair.
Taille. — Peut atteindre douze centimètres.
Habitat. — Mers du Japon.
Source : MNHN, Paris
306
Y. LE DANOIS
Coll, du Muséum — 2 échantillons de 85 et 110 mm (génotypes de
Molaracana. Y.L.D.).
Fio. 54. — Molaracana aculeata. Forme jeune de 75 mm. Vue de face
La description ostéologique et myologique de cette espèce a fait
l’objet de la deuxième partie de ce mémoire.
On peut sans doute rapprocher de Molaracana aculeata l’espèce
suivante :
Aracanostracion rosapinto J.L.B. Smith (1953)
J. L. B. Smith a figuré cette espèce dans son livre sur les Poissons de
l’Afrique du Sud sans la décrire dans l’édition de 1950, mais dans celle
de 1953 il indique l’existence de petites plaques en arrière de la dorsale
et de l’anale et signale que la section du corps est hexagonale. Un seul
spéciemen de cette espèce mesurant 14 cm est connu et fut trouvé échoué
près de Delagoa.
Le nom générique donné par J.L.B. Smith permet de penser que cet
auteur considère cet échantillon comme une forme de transition entre
Aracanides et Ostracionides.
GENRE ARACANA GRAY (1838)
Synonymie :
1798. Ostracion (pars) Shaw ( auritus).
1833. Ostracion (Aracana) Gray (auritus).
Ostracion (Acerana) Gray (auritus).
1838. Ostracion (Aracana) Gray (auritus, etc.).
1839. Platycanthus Swainson (auritus).
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
307
1855. Acerana Kaup (aurita).
Anoplocapros Kaup (grayi).
1856. Aracana Duméril (ornata, aurita, etc ).
1935. Strophiurichlhys Fraser Brunner (inermis).
D = 9 — 11 ; A = 9 — 11. Diamètre de l’œil compris plus de deux
fois dans l’espace préorbitaire ; bouche terminale non protractile à dents
multiples.
Le genre Aracana comprend quatre espèces :
a) Crêtes latéro-dorsale et latéro-ventrale garnies d’épines fortes.
aa) Epine supra-orbitaire verticale . A. ornata
b b) Epine supra-orbitaire dirigée en arrière ... A. aurita
b) Crêtes latéro-dorsale et latéro-ventrale faiblement marquées, sans
épines, ou avec 1 ou 2 petites épines.
aa) Longueur de la tête contenue plus de trois fois et demi dans
la longueur du corps sans la caudale ... A. grayi
bb) Longueur de la tête contenue moins de trois fois et demi dans
la longueur du corps sans la caudale . . A. lenticularis
Aracana ornata Gray (1838)
Synonymie :
Ostracion (Aracana) ornata. 1838, Gray.
Ostracion (Aracana) flavigaster. 1838, Gray; — 1855, Bleeker.
Ostracion ornatus. 1840, Richardson.
Ostracion flavigaster. 1840, Richardson.
Aracana nasalis. 1846, Verreaux, M. S. ; — 1856, Duméril.
Acerana flavigastra. 1855, Kaup.
Ostracion (Aracana) ornatus. 1855, Bleeker.
Aracana ornata. 1857, Hollard ; — 1870, Gunther ; — 1872, Castel¬
nau ; — 1881, Macleay; — 1882, Johnston; — 1897, Kent; —
1915, Mac Culloch et Waite ; — 1935, Fraser Brunner ; — 1940,
Fraser Brunner.
Aracana amoena. 1872, Castelnau ; — 1881, Macleay.
Aracana flavigastra. 1907, Fowler.
Aracana flavigaster. 1915, Mac Culloch
Aracana flavigaster. 1915, Mac Culloch et Waite ; — 1935, Fraser
Brunner ; — 1940, Fraser BruNNER.
Caractères externes. — D = 10/11, A = 11.
Corps comprimé, sans surélévation dorsale, mais avec carène médio-
ventrale bien marquée ; la hauteur du corps est contenue environ une
fois et demi dans la longueur, caudale non comprise ; la longueur de la
tête est contenue de trois fois et demi dans la longueur. La crête latéro-
dorsale est marquée par trois fortes épines dont la première, placée au-
dessus de l’œil, est dirigée verticalement ou faiblement inclinée vers l’avant.
Source : MNHN, Paris
308
Y. LE DANOIS
La crête latéro-ventrale comporte deux à trois épines de taille plus réduite.
Sur les flancs en arrière de la pectorale se dresse une petite épine.
Le museau est toujours convexe, mais suivant l’âge ou le sexe, peut
présenter une forte protubérance, ou même une véritable bosse. La
carapace est relativement courte et laisse complètement dégagées les
bases des nageoires dorsale et anale. Le pédoncule caudal est massif et ne
présente que de très petites plaques sur ses bords supérieur et inférieur.
Dimorphisme sexuel. — Mac Culloch et Waite avaient groupé dès
1915 les espèces A. ornala et A. flavigaster en montrant les grandes res¬
semblances qui unissaient ces deux formes mais le dimorphisme sexuel a
été reconnu formellement par Fraser Brunner en 1940. A. flavigaster
représente la femelle et A. ornala le mâle.
a
b
Fio. 55. — Aracana ornala. Larve de 52 mm. Stade Cybotion.
a) vue de face ; b) vue de profil
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
309
Les caractères du mâle résident principalement dans les dimensions
plus fortes des épines, dans la présence d’une bosse très forte au-dessus
du museau, particulièrement dans les poissons âgés. La partie abdominale
de la carapace présente des séries de rainures parallèles entre les tubercules
plus saillants des écailles. La coloration suit sur le ventre cette disposition
avec de longues lignes sombres dans les sillons. On retrouve cette dispo¬
sition alternée de bandes claires et sombres sur le pédoncule caudal, mais
le dos et les flancs sont ornés de taches plus ou moins ocellées sur un fond
bleu, blanc ou jaune pâle.
La femelle a le profil oblique légèrement bombé ; les épines sont plus
faibles ; les plaques de la partie abdominale n’offrent pas de rangées
alternées de tubercules et de gouttières. La coloration de cette partie
du corps est uniformément jaunâtre ( jlavigaster ) ; sur toute la longueur
du corps, du museau au pédoncule caudal s’étendent des séries de bandes
sombres, variant de 12 à une vingtaine sur chaque flanc. Le fond clair
présente des reflets argentés.
Forme jeune, — Le corps est plus arrondi, car le dos est tout à fait plat
et la carène ventrale n’est pas marquée. Sur un échantillon de 52 milli¬
mètres, quelques mamelons au centre des plaques hexagonales marquent
la ligne de la carène latéro-dorsale, et un autre tubercule isolé le départ
de la carène latéro-ventrale. La coloration rappelle celle de la femelle
avec de longues bandes brunes du museau à la queue sans taches poly¬
gonales ou ocellées.
Taille. — Peut atteindre 135 millimètres.
Habitat. — Côte sud de l’Australie et Tasmanie.
Collections du Muséum. — Cinq échantillons variant de 52 millimètres
à 101 millimètres, dont le type de Verreaux : Aracana nasalis.
Aracana aurita (Shaw) (1798)
Synonymie :
Ostracion auritus. 1798, Shaw; — 1801, Bloch, Schneider ; — 1804,
Shaw ; — 1817, Cuvier ; — 1840, Richardson.
L’Ostracion quatorze-piquante. 1798, Lacépède. — Ostracion quatuor-
decimaculealus. 1804, Lacépède. (ed. Pillot).
Ostracion striatus. 1804, Shaw.
Ostracion (Aracana) auritus. 1833, Gray.
Ostracion (Aracana) lineata, 1838, Gray.
Ostracion (Aracana) reevesii. 1838, Gray.
Platychanthus auritus. 1839, Swainson.
Ostracion tobinii. 1840, Donovan.
Ostracion spilogaster. 1840, Richardson
Ostracion dishystacanthus. 1846, Verreaux, Ms.
Acerana aurita. 1855, Kaup.
Ostracion (Aracana) auritus, 1855, Bleeker ; — 1870, Gunther ; —
1881, Macleay ; — 1882, Johnston ; — 1890, Lucas.
Ostracion (Aracana) spilogaster. 1855, Bleeker.
Source : MNHN, Paris
310
Y. LE DANOIS
Aracana aurita. 1856, Duméril ; — 1857, Mollard ; — 1872, Klun-
zinger ; — 1873, Castelnau ; — 1873, Hutton ; — 1879, Klun-
zinger ; — 1897, S. Kent; — 1905, Waite ; — 1908, Fowler ;
— 1915, Mac Culloch et Waite ; — 1940, Fraser Brunner.
Aracana spilogaster. 1857, Hollard ; — 1897, S. Kent ; — 1915, Mac
Culloch et Waite ; — 1935, Fraser Brunner ; — 1940, Fraser
Brunner.
Aracana spilogaster, var. spinossisima. 1915, Mac Culloch et Waite.
Aracana spilogaster, var. angusta. 1915, Mac Culloch et Waite.
Aracana reevesi. 1935. Fraser Brunner.
Caractères externes. — D = 10/11, A = 10/11.
Corps comprimé, avec une ligne médio-dorsale peu marquée mais
légèrement surélevée à la fin de la carapace ; carène médio-ventrale bien
accusée ; la hauteur du corps est contenue 1 fois et demi dans la longueur,
caudale non comprise ; la longueur de la tête est contenue un peu plus de
trois fois dans la longueur du corps. La carène latéro-dorsale est jalonnée
par trois fortes épines qui sont toutes dirigées en arrière, notamment celle
placée au-dessus de l'œil ; la carène latéro-ventrale offre deux ou trois
épines. Sur les flancs en arrière de la pectorale, on trouve 1 ou 2 épines.
Le profil du museau est oblique avec parfois une légère dépression ou au
contraire faiblement arqué. La carapace, assez longue, prend fin juste
avant les bases des nageoires dorsale et anale. Le pédoncule caudal est
garni de plaques ; celles placées directement à la base de la queue sont
presque jointives et peuvent même former un anneau complet.
Dimorphisme sexuel. — Les espèces Aracana aurita et Aspilogaster
avaient été unies dans un même groupe par Mac Culloch et Waite qui
ne les différenciaient que par la coloration de la caudale. Fraser Brunner
a indiqué que A. spilogaster représente la forme mâle et A. aurita la
forme femelle. On reconnaît le mâle à la longueur de ses épines qui sont
plus fortes et parfois plus nombreuses (var. spinosissima Mac Culloch et
Waite), au profil plus arqué du museau, et surtout à la coloration. Les
bandes sombres de couleur bleue sont largement séparées, irrégulières,
et souvent brisées en taches isolées sur un fond jaune pâle. Les lignes
sombres se continuent sur la nageoire caudale, et sont unies à son extré¬
mité par une basse transversale. La coloration de l'abdomen est uni¬
forme.
Chez la femelle les lignes brun sombre sont plus nombreuses, plus
serrées, et plus régulières, mais ne s’étendent pas jusqu’à la caudale. Les
nageoires sont uniformément jaunes.
Ostéologie. — Le crâne de cette espèce a fait l’objet d’une description
détaillées comme type.
Forme jeune. — Une forme jeune mesurant 22 millimètres a été
décrite par Mac Culloch et Waite. Elle rappelle énormément la forme
jeune d’Aracana ornata, avec un corps globuleux et de nombreux tuber¬
cules au centre des plaques. Le pédoncule caudal porte seulement deux
petites plaques en arrière des nageoires dorsale et anale. La carapace
Source : MNHN, Paris
POISSONS OR8ICULATES OSTRACIONIFORMES
311
s’étend beaucoup plus en arrière que dans la forme jeune d ’A. ornata.
Les bandes sombres sont en très petit nombre et largement espacées dans
l’immature.
Taille. — Peut atteindre 20 centimètres.
Habitat. — Côtes d’Australie, Tasmanie, Insulinde (Java, Nouvelle-
Guinée). Cette espèce s’étendrait jusqu’aux Mers de Chine ( Aracana
reveesii Gray).
Collections du Muséum. — 15 échantillons variant de 48 à 174 milli¬
mètres dont le type de Verreaux : Ostracion dishystacanthus.
Aracana grayi Kaup (1855)
Synonymie:
Acerana (Anoplocapros) grayi, 1855, Kaup; — 1935, Fraser Brunner.
Aracana lenticularis (nec Richardson). 1873, Castelnau ; — 1879,
Castelnau.
Anoplocapros lenticularis var. grayi, 1915, Mac Culloch et Waite.
Strophiurichtys inermis, 1935, Fraser Brunner ; — 1941, Fraser
Brunner ; — 1948, J. L. B. Smith.
Strophiurichlhys robuslus. 1941, Fraser Brunner; — 1948, J. L. B.
Smith.
Cette espèce et la suivante ont été considérées comme appartenant
au genre Anoplocapros Kaup, dont le caractère distinctif était la présence
d’un anneau complet de plaques au pédoncule caudal et la surélévation
de la ligne médio-dorsale ; mais ces caractères, comme on l’a déjà vu
précédémment, varient avec l’âge et le sexe et ne peuvent être retenus
comme ayant une valeur générique.
Caractères externes. — D = 9/11, A = 9/11.
Corps allongé dont la hauteur est contenue plus d’une fois et demi ou
même 2 fois dans la longueur totale ; longueur de la tête contenue quatre
fois dans la longueur du corps ; carènes latéro-dorsale et latéro-ventrale
faiblement marquées avec une ou deux petites épines ; ligne médio-
latérale seulement indiquée par une ou deux épines ; épine supra-orbi¬
taire placée en arrière de l’œil et dirigée en arrière ; pédoncule caudal
portant 4 plaques principales et quelques autres petites plaques dont le
nombre et la disposition peuvent varier selon les échantillons et dans un
même poisson sur les deux côtés du pédoncule caudal.
Coloration. — Jaunâtre ou brune, avec de larges taches sombres sur le
dos et le haut des flancs.
Dimorphisme sexuel. — On peut reconnaître comme caractères du
mâle une surélévation bien marquée de la ligne médio-dorsale portant
une série de petites aspérités plus ou moins épineuses. Ce caractère donne
au mâle un aspect plus ramassé du fait que la hauteur du corps est
contenue seulement une fois et demie environ dans la longueur totale.
Le pédoncule caudal porte quatre plaques principales dont les deux pos¬
térieures peuvent former un anneau compet. De plus des petites plaques
Source : MNHN, Paris
312
Y. LE DANOIS
peuvent se trouver placées soit à droite, soit à gauche en avant des pre¬
mières plaques du pédoncules.
La femelle présente une surélévation médio-dorsale assez faible de
telle sorte que la hauteur du corps peut être contenue deux fois ou plus
dans la longueur totale. Le pédoncule caudal porte quatre plaques prin¬
cipales, mais les deux postérieures sont jointives sans former un anneau
complet.
Il semble que l’on puisse interpréter, d’après les remarques de Fraser
Brunner, que le Strophiurichthys robustus soit de la forme mâle et le
S. inermis la forme femelle de ÏAcarana grayi.
Taille. — Peut atteindre 30 centimètres.
Habitat. — Côtes d'Autralie ; la distribution géographique s’étend
jusqu’aux îles du Pacifique (îles Salomon) et un échantillon s’est échoué
sur les côtes d’Afrique du Sud. (J.L.B. Smith).
Collections du Muséum. — Deux échantillons dont un mâle de 245 mil¬
limètres et une femelle de 270 millimètres dont le type de Castelnau
(Aracana lenticularis).
Les collections du Muséum National d’Histoire Naturelle ne possèdent
que des échantillons des trois espèces d’Aracanides que nous venons de
décrire. Nous croyons cependant intéressant de faire figurer dans cette
étude les autres espèces de la famille en prenant pour base notamment
l’excellent travail de A. R. Mac Culloch et de E. R. Waite, publié en
1915 sur les espèces australiennes.
Aracana lenticularis (Richardson) (1848)
Synonymie :
Ostracion lenticularis. 1841, Richardson ; — 1849, Richardson ; —
1855, Bleeker.
Acerana (Anoplocapros) lenticularis. 1855, Kaup ; — 1935, Fraser
Brunner.
Ostracion (Aracana) lenticularis. 1870, Gunther ; — 1881, Macleay.
Aracana lenticularis. 1899, Waite ; — 1902, Waite ; — 1905, Waite.
Anoplocapros lenticularis. 1915, Mac Culloch et Waite ; — 1941,
Fraser Brunner.
Anoplocapros gibbosus. 1915, Mac Culloch et Waite.
Acerana (Anoplocapros) gibbosus. 1935, Fraser Brunner.
Anoplocapros amygdaloides. 1941, Fraser Brunner.
Caractères externes. — D = 9/11, A = 9/11.
Corps assez court, dont la hauteur n’est contenue qu’une fois et demie
dans la longueur, sans la caudale ; longueur de la tête contenue un peu
plus de trois fois dans la longueur du corps ; crête médio dorsale proé¬
minent ; carène latéro-dorsale et latéro-ventraie faiblement marquées,
sans épines, ou avec de nombreuses petites épines mousses réparties sur
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 313
les flancs ; pas d’épine supra-orbitaire. Pédoncule caudal portant plusieurs
plaques et un anneau complet.
Coloration. — Fond de couleur jaune, mêlée de rose, dos gris sombre
avec des bandes sombres ondulées allant jusqu’à l’œil.
Dimorphisme sexuel. — Il semble que, d’après les descriptions de
Mac Gulloch et Waite d’une part et de Fraser Brunner d’autre part,
la forme mâle de YAracana leniicularis corresponde à YAnoplocapros
gibbosus et la forme femelle à Y Anoplocapros amggdaloides.
Taille. — Peut atteindre 25 centimètres.
Habitat. — Côtes d’Australie et de Tasmanie.
GENRE CAPROPYG1A KAUP (1855)
1838. Aracana (pars) Gray, MS. (unistriala).
1855. Acerana (Capropygia) Kaup (unistriala).
1915. Capropygia Mac Culloch et Waite (unistriata).
Caprichthys Mac Culloch et Waite (gymnura).
D = 12/14 ; A = 12/13.
Diamètre de l’œil contenu environ une fois et demi dans l’espace préor¬
bitaire ; bouche terminale, formant un bec protractile ; carènes latéro-
dorsale et latéro-ventrale munies d’une large épine plate.
Ce genre comprend une espèce : Capropygia unistriata (Gray).
Caprogygia unistriata (Gray) (Kaup) (1855)
Synonymie :
Aracana unistriata. 1848, Gray, MS ; — 1870, Gunther.
Acerana (Capropygia) unistriata. 1855, Kaup.
Capropygia unistriala. 1915, Mac Culloch et Waite ; 1935, Fraser
Brunner.
Caprichthys gymnura. 1915, Mac Culloch et Waite ; — 1935, Fraser
Brunner.
Caractères externes. — D = 12/14 ; A = 12/13.
Corps ovalaire, comprimé, à section hexagonale, présentant une crête
médio-dorsale bien développée, des carènes latéro-dorsale et latéro-
ventrale saillante et une forte carène médio-ventrale. Carapace fort
longue, débordant sur les bases des nageoires dorsale et anale. La hauteur
du corps est contenue une fois et demie dans la longueur, sans la caudale ;
la longueur de la tête est contenue un peu plus de trois fois dans la lon¬
gueur du corps. Le museau est allongé et forme une bouche protractile.
Epine supra-orbitaire présente ou absente. Le pédoncule caudal est
tantôt nu (forme Caprichthys) tantôt garni de petites plaques et d’un
anneau complet (forme Capropygia). Ce caractère relève sans doute d’un
dimorphisme sexuel.
Source : MNHN, Paris
314
r. LE DANOIS
Coloration. — Fond clair, jaunâtre, avec des taches noires.
Taille. — Peut atteindre 11 centimètres.
Habitat. — Australie.
GENRE PROARACANA, NOV. GEN.
1796. Ostracion (pars) G. S. Volta (lurritus).
1799. Cgclopterus G. S. Volta (lumpus).
1818. Balistes (pars) H. D. De Blainville (dubius).
Une seule espèce (fossile).
Proaracana dubia (Blainville) (1818)
Synonymie :
Ostracion turritus. 1796, G. S. Volta ; — 1833-1844, Agassiz.
Cyclopterus lumpus. 1799, G. S. Volta.
Balistesdubius. 1818, H. D. De Blainville.
Ostracion micrurus. 1833-1844, Agassiz ; — 1874, de Zigno.
Ostracion dubia. 1905, C. R. Eastman.
Corps ovalaire, assez court, dont la hauteur est égale à la longueur en
ne comptant pas la nageoire caudale. La longueur de la tête est contenue
trois fois un quart dans la longueur totale. La carapace est formée de larges
plaques hexagonales granuleuses, portant en leur centre soit une épine,
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
315
soit un tubercule. Elle est courte et laisse complètement dégagées les
bases des nageoires dorsale et anale. Le pédoncule caudal porte à son
bord supérieur une grande et une petite plaque, et une autre grande
plaque à son bord inférieur. La caudale est arrondie en éventail.
La formule des rayons de nageoires serait D 11, A = 9. La ligne dor¬
sale est très surélevée et se dresse en une bosse portant une épine. De
chaque côté de celle-ci, en arrière et en dessous sont placées deux autres
épines. La carène latéro-dorsale est assez faiblement indiquée, mais elle
débute sans doute par une épine supra-orbitraire dirigée vers l’arrière.
La carène latéro-ventrale est représentée par six plaques dont quatre
portent des épines. Quatre plaques en arrière de la pectorale indiquent
une carène médiolatérale et supportent trois épines ; enfin, la carène
médio-ventrale, très fortement marquée, présente cette particularité
de porter à son point le plus bas une forte épine dirigée vers l’arrière.
L’état de conservation du fossile permet de distinguer la place de
l’orbite et l’on peut supposer que l’œil était assez volumineux et que son
diamètre devait être contenu une fois et demi ou deux fois dans l’espace
préorbitaire. Le profil du museau est arqué. La fossilisation a gardé de
façon visible l’empreinte du volet épiptérotique, analogue à celui de
Aracana aurita, mais de moindre taille ; on aperçoit, en arrière de la
pectorale, la post-clavicule en lame de sabre. La dentition de cette espèce
est très remarquable de ce fait qu’au lieu de présenter, comme les autres
espèces d'Ostracionides ou d’Aracanides, des dents multiples et faibles,
elle est au contraire composée par quatre dents, deux à chaque mâchoire,
de contexture solide, rappelant par leur forme celles des Canthigastérides.
Ce poisson mesurait environ cinq centimètres.
Il a été trouvé dans l’Eocène supérieur de Monte Bolca, et figure dans
les Collections du Laboratoire de Paléontologie du Muséum National
d'Histoire Naturelle.
Chapitre III
FAMILLE DES CANTHIGASTERIDAE
1754. Branchiostèges (pars) Gronow ( Ostracion n° 126, 184).
1787. Cartilagineux (pars) Bloch (Tetrodon rostratus).
1829. Plectognathes Gymnodontes (pars) Cuvier (Tetrodon gronovii,
electricus, rostratus).
1855. Tetrodoniens (pars) Bibron (Duméril) ( Rhynchotus gronovii , etc.)
1865. Telraodontoidei, subfamil. Tetraodonlijormes, Phalanx B Can-
thogaslrini Bleeker ( Canthogaster amboinensis, etc.)
1892. Canthigasterideae Gill.
Source : MNHN, Paris
316
Y. LE DANOIS
Ostracioniformes dont le corps présente une section polyédrique,
dont la carène médio-dorsale est surélevée, mais dont les arêtes latérales
sont émoussées et arrondies, et dont la région abdominale est susceptible
d’un fort gonflement. Les téguments ne présentent pas de carapace
mais sont constitués par des tissus durs et rigides, sauf sur le ventre.
La tête est volumineuse et sa longueur est contenue de trois à quatre
fois dans la longueur totale. Le museau est pointu et terminé par une
petite bouche formant un bec à quatre dents.
Corsale : 8 / 10 ; Anale : 8 / 10.
Le diamètre de l’œil est contenu environ trois fois dans l’espace
prcorbitaire. La nageoire dorsale est placée légèrement en avant de l’anale,
mais ces deux nageoires sont relativement peu rejetées en arrière, de telle
sorte que la queue est longue et puissante, avec une forte nageoire caudale
arrondie en éventail. Dans la région abdominale, et parfois sur le dos,
petites boucles à deux racines.
Crâne de type Téléostéen, fortement évolué par élongation. Epi-
crâne en voie de disparition complète et uniquement représenté par les
contreforts postérieurs des super-frontaux qui se maintiennent dans la
région pariétale en dominant les dermo-sphénotiques avec un bord
antérieur à relief tourmenté. Complexe ethmoïdien uni en un derm-
ethmoïde allongé. Frontaux dégagés des supra-orbitaires et bordant direc¬
tement le bord supérieur de l’orbite, avec apophyses antéro-frontales
formant bec en avant. Complexe préfrontal représenté de chaque côté
par un seul os. Absence totale d’os impairs de la série médiane dans toute
la région fronto-pariétale. Supra-occipital se prolongeant en une crête
longue et pointue. Supra-clavicule s’insérant sur les ptérotiques et diri¬
gée en arrière. Margo radialis orientée verticalement ; spina bifida
pour les trois premières vertèbres. Formule vertébrale = 18.
La famille comprend un seul genre :
GENRE CANTHIGASTER SWA1NSON (1839)
1754. Ostracion (pars) Gronow (cathetoplateus, letraodon, etc.)
1786. Tetrodon Palerson (eleclricus ).
1824. Tetraodon Quoy et Gaimard (striolatus).
1839. Canlhigaster Swainson
Psilonotus Swainson (déjà employé).
1853. Tropidichthgs Bleeker (valentini).
1854. Prilonolus (Kaup, MS) Richardson (roslralus).
Anchisomus (Kaup, MS) Richardson (caudacinctus ).
1854. Holacanthus Gronow (ed. Gray) (balistaeformis).
1855. Rhynchotus Bibron (Duméril) ( gronovii , etc.).
1855. Anosmius Peters ( ocellalus , taeniatus, etc).
1865. Canthogaster Bleeker ( margaritatus , etc.).
1899. Eumycterias Jenkins (bitaenialus ).
1931. Lucubrapiscis Whiley.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
317
Caractères de la famille
Les espèces du genre Canlhigaster décrites par les auteurs sont très
nombreuses, plus de 40, mais leur diagnose est uniquement basée sur la
coloration ; celle ci varie avec l’âge, la localisation géographique et pro¬
bablement le sexe, et comporte des différences individuelles. Il faut en plus
tenir compte qu’il doit exister entre ces prétendues espèces des cas d’hy-
bridité. En conséquence il est très difficile de déterminer exactement la
valeur spécifique de toutes les formes décrites. Nous avons cru possible
de les grouper en quatre types de coloration, susceptibles d’être reconnus
comme espèces, sans oser affirmer que cette classification correspond à
la réalité. Elle est toutefois sensiblement en accord avec la clef dichoto¬
mique fournie par J. L. B. Smith.
a) Une bande ou deux longitudinales sombres sur les flancs.
. Canthigaster rostratus
b) Plusieurs bandes sombres transversales dans la région dorsale et
jusque sur les flancs. Canthigaster gronovii
c) Corps tacheté avec un large ocelle à la base de la dorsale.
. Canthigaster striolatus
d) Corps semé de taches claires sans ocelle.
. Canthigaster electricus
Canthigaster rostratus (Bloch) (1787)
Synonymie :
De V erkenskop. 1726, Valentyn.
Tetrodon rostratus. 1787, Bloch; — 1788, Bonnaterre ; — 1788,
Gmelin ; — 1801, Bl. Schneider ; — 1804, Shaw ; — 1804, Shaw ; —
1829, Cuvier ; — 1892, Vinciguerra ; — 1919, Metzelaar,
Le Tetrodon museau-allongé. 1798, Lacépède.
Tetrodon capistratus. 1839, Lowe.
Rhynchotus latero-fasciatus ; Rhynchotus rostratus. 1855, Bibron (Duméril
Prilonotus vel Anchosomus caudicinctus. 1854, Richardson.
Telraodon ornatus. 1868, Poey.
Anosmius rostratus; Anosmius caudicinctus; Anosmius sanclae-helenae;
Anosmius caudojasciatus ; Anosmius ornatus. 1870, Gunther.
Canthigaster caudicinctus. 1871, Cope.
Telraodon sanctae helenae. 1875, Melliss.
Tetraodon caudicinctus. 1875, Poey.
Canthisgaster rostratus. 1886, Jordan et Edwards ; — 1923, 1936,
Fowler ; — 1943, Fraser Brunner ; — 1949, Schultz.
Tetrodon callisternus. 1889, Ogilby ;
Eumycterias bitaenialus. 1890-1901, Jenkins.
Eumyclerias epilamprus. 1899-1908, Jenkins.
Tropidichthys candojasciatus. 1908, Regan.
Source : MNHN, Paris
318
Y. LE DANOIS
Canthigaster rivulalus. 1911, Tanaka ; — 1909, Jordan et Snyder ; —
1928, Fowler ; — 1938, Fowler ; — 1943, Fraser Brunner.
Tropidichlgs invesligatoris. 1910, Annandale et Jenkins.
Eumycterias callisternus. 1912, Ogilby.
Canthisgaster callisternus; Canthigaster caudo/asciatus; Canthigaster
sancti-helenae. 1943, Fraser Brunner.
Canthigaster caudo-fasciatus. 1950, J. L. B. Smith.
Coloration, — Le corps est généralement brunâtre sans taches claires ;
il est parcouru longitudinalement par deux bandes ou lignes de taches
sombres qui se continuent aux bords supérieur et inférieur du pédoncule
caudal et même parfois sur la nageoire ; la bande inférieure peut être très
atténuée et faiblement marquée. On trouve souvent des rayures brunes
sur le menton et en avant de la pectorale. L’œil est entouré de rayures en
étoile. Nageoires pâles.
Taille. — Peut atteindre 15 centimètres.
Habitat. — La distribution géographique est très étendue et ce pois¬
son se rencontre dans les parties tropicales des trois Océans (Antilles,
Bermudes, Madère, Sainte Hélène, Afrique du Sud, Iles Mascareignes,
Australie, Japon, Hawaï).
Collections du Muséum. — Deux échantillons de 70 et 92 millimètres.
Canthigaster gronovii (Cuvier) (1829)
Synonymie :
Koffervisch, Zeehaantje, Ikan baro. 1718, Ruysch.
Ikan kaskasse u. kaskasse-visch, Ikan ajam djantan v. Haantje, Ikan
bilijang paroe, Peersche opblazer. 1727, Valentyn.
Carcasse, Klipvisch, Poisson des roches, Tomtombo doré. 1754, Renard.
Ostracion cathetoplateus tetraodon compressas maculosus scaber, n° 126 ;
Ostracion cathetoplateus subcompressus tetraodon scaber, n° 184.
1763, Gronow.
Tetrodon gronovii. 1829, Cuvier.
Telrodon cinctus. 1848, Richardson.
Tropidichlys valentini. 1853, Bleeker ; — 1908, Regan.
Holacanthus balistae/ormis. 1854, Gronow.
Rhynchotus gronovii; Rhynchotus transverso-lineatus. 1855, Bibron
(Duméril).
Tetraodon taeniatus. 1855, Peters.
Anosmius valentini. 1859, Bleeker ; — 1870, Gunther.
Canthogaster valentyni. 1862-1877, Bleeker.
Telrodon (Anosmius) papua (nec Bleeker). 1874, Schmeltz.
Tetraodon (Anosmius) coronatus. 1875, Vaillant et Sauvage.
Canthigaster valentini. 1883, Macleay ; — 1913, Pellegrin ; — 1943,
Fraser Brunner ; — 1950, J. L. B. Smith.
Canthigaster cinctus. 1905, Jordan et Evermann ; — 1912, Tanaka ; —*
1928, Fowler ; — 1934, Fowler ; — 1943, Fraser Brunner.
Tropidichthys cinctus. 1927, Barnard.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBIC.ULATES OSTRACIONIFORMES
319
Coloration. — Le corps est de couleur claire, jaune pâle ou ivoire, avec
de petites taches de couleur vive, sur les flancs et particulièrement en
avant de la pectorale. Sur le dos sont disposés en forme de selles 4 bandes
sombres, la première entre les yeux, la deuxième au niveau de la pectorale,
la troisième à la base de la dorsale, la quatrième au bord supérieur
du pédoncule caudal ; les deuxième et troisième bandes descendent
sur les flancs assez bas mais sans atteindre l’abdomen. Sur la nageoire
caudale on voit aux bords supérieur et inférieur deux petites taches
sombres.
Taille. — Peut atteindre 14 centimètres.
Habitat. — Océan Indien et Pacifique (Afrique du Sud, Seychelles,
Iles Mascareignes, Australie, Insulinde, Japon, Hawaï).
Collections du Muséum. — Neuf échantillons variant de 39 à 132 milli¬
mètres dont les types de Cuvier : Tetrodon gronovii, de Bibron : géno¬
type de Rhynchotus, de Bleeker : Anosmius valentini, de Vaillant et
Sauvage : Tetrodon (Anosmius) coranatus.
Canthigaster striolatus (Quoy et Galmard) (1824)
Synonymie :
Ikan babintang, v. Gesterdevisch , verkenskop; Ikan papoewa djantan,
Manneke van den Papoeschenvisch; Ikan toetombo etoc, Moye Doos-
kensvisch; Ikan bintang matanga, visch diens oog na een ster gelijkt;
Ikan toetombo koening, Geele dooskenuisch. 1727, Valentyn.
Casucasu, carcasse; Ikan ticus ; Carcassin du Kaymanshoek, Carcasse
tomtombo. 1744, Renard.
Tetrodon cinctus. 1790, Solander, MS. ; — 1844, Richardson.
Tetrodon punctatus. 1790, Solander. MS. ; — 1848, Richardson.
Tetrodon compressus (le Tetrodon comprimé). 1822. Marion de Procé.
Tetraodon striolatus (Tetrodon bariolé). 1824, Quoy et Gaimard.
Tetraodon margaritatus. 1828, Ruppel ; — 1877, Day.
Tetrodon ocellalus (nec Linné). 1834, Bennett ; — 1852, Bennett ; —
1855, Peters.
Tetrodon grammalocephalus. 1842, Temminck et Schlegel.
Tetrodon Solandri. 1344, Richardson.
Tetrodon insignilus. 1848, Richardson.
Tetraodon papua. 1851, Bleeker.
Tetrodon petersii. 1854-1855, Bianconi.
Holacanlhus variolosus. 1854, Gronow (ed. Gray).
Anosmius ocellalus. 1855, Peters.
Tropidichtys margaritatus. 1854, Bleeker ; — 1910, Annandale et
Jenkins ; — 1927, Barnard.
Tropidichthys striolatus. 1854, Bleeker.
Tropidichthys benelti. 1854, Bleeker ; 1908, Regan,
Tropidichthys janthinopterus. 1855, Bleeker.
Rhynchotus margaritatus; Rhynchotus striolatus; Rhynchotus peronii.
1855, Bibron (Duméril).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XIX. 21
Source : MNHN, Paris
Y. LE DANOIS
320
Anosmius margarilatus. 1859, Bleeker ; — 1870, Gunther.
Anosmius bennetti. 1859, Bleeker ; — 1870, Gunther.
Anosmius slriolatus. 1859, Bleeker.
Anosmius janthinopterus. 1859, Bleeker.
Psilonotus bennetti. 1860, Bleeker.
Psilonotus slriolatus. 1860, Bleeker ; — 1862-1877, Bleeker.
Psilonotus margarilatus. 1862-1877, Bleeker.
Psilonotus ocellatus. 1862-1877, Bleeker.
Canthogaster margaritatus. 1865, Bleeker.
Canthogasler grammalocephalus. 1879, Bleeker.
Tetrodon bennetti. 1883, Macleay ; — 1909, Gunther.
Tropidichthys oahuensis. 1902, Jenkins.
Telraodon margaritus var. solandri. 1901, Steindachner.
C.anthigaster margarilatus. 1901, Fowler ; — 1925, Fowler ; 1928,
Fowler 1936, Herre;— 1938, Fowler;— 1910, Fowler;— 1943.
Fraser Brunner ; — 1950, J. L. B. Smith ; — 1955, Munro, I.S.R,
Canthigaster solandri. 1905, Jordan et Seale ; — 1908, Seale ; — 1936,
Herre ; — 1955, Randall.
Canthigaster bennetti. 1906, Evermann et Seale ; — 1924, Herre ; —
1928, Fowler ; — 1936, Heure ; — 1943, Fraser Brunner.
Canthigaster conslellatus. 1911, Kendall et Goldsborough.
Canthigaster janthinopterus. 1928, Fowler ; — 1943, Fraser Brunner.
Canthigaster compressus. 1943, Fraser Brunner.
Canthigaster papua. 1943, Fraser Brunner.
Coloration. — Le corps de ce très joli poisson aux couleurs vives
présente une coloration rose ou lilas avec de très nombreuses petites
taches ou de courtes rayures d’un beau vert clair ou d’un bleu électrique.
A la base de la dorsale brille un grand ocelle sombre cerclé de bleu vif.
La caudale présente aussi des couleurs brillantes.
Ostéologie. — Crâne décrit comme type.
Forme jeune. — Sur une forme jeune de 14 millimètres on retrouve
déjà l’aspect de l’adulte, avec un ocelle déjà dessiné. La proportion de la
tête est très forte et sa longueur est contenue deux fois et demie dans la
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
321
longueur totale. Il est curieux de noter qu’en arrière des nageoires dorsale
et anale se trouve une ligne de relief formant un pli bien accusé, exac¬
tement à l’endroit où se terminerait la carapace d’un Ostracionide.
Taille. — Peut atteindre 15 centimètres.
Habitat. — Espèce répandue dans l’Océan Indien et l’Océan Pacifique
(côtes orientales d’Afrique, Mer Rouge, Indes, Australie, Insulinde,
Fidji, Samoa, Hawaï et Mers de Chine).
Collections du Muséum. — Dix-neuf échantillons variant de 14 à
90 millimètres, dont les types de Bleeker (Tetrodon papua et Anosmius
margaritatus.
Canthigaster electricus (Paterson) (1786)
Synonymie :
Tetrodon electricus. 1786, Paterson ; — 1788, Gmelin ; — 1792, Wal-
baum ; — 1801, Bloch-Schneider ; — 1804, Shaw ; —1829, Cuvier ;
— 1831, Eschscholtz.
Le Tetrodon électrique. 1798, Lacépède.
Tetrodon rivulatus. 1842, Temminck et Schlegel.
Rhynchotus electricus. 1855, Bibron (Duméril).
Psilonotus amboinensis. 1860, Bleeker.
Canthogaster amboinensis. 1862-1877, Bleeker.
Anosmius amboinensis, a) amboinensis. 1870, Gunther.
Anosmius amboinensis, b) natalensis. 1870, Gunther.
Canthogaster rivulatus. 1879, Bleeker.
Tetrodon oxyrhynchus. 1881, Lockington.
Psilonotus punctatissimus. 1882, Jordan et Gilbert.
Canthigaster punctatissimus. 1886, Jordan et Edwards ; — 1898,
Jordan et Evermann ; — 1928, Meek et Hildebrand ; — 1938,
Fowler ; — 1943, Fraser Brunner.
Tropidichthys jactator. 1899, Jenkins.
Eumyclerias rivalatus. 1901, Jordan et Snyder.
Tetraodon jactator. 1902, Jenkins.
Eumycterias punctatissimus. 1904, Gilbert et Starks ; — 1912, Kendall
et Radcliffe.
Tropidichthys natalensis. 1908, Regan ; — 1917, Gilchrist et Thomp¬
son ; — 1927, Barnard.
Canthigaster jactator, 1909, Jordan et Snyder ; — 1928, Fowler ; —
1955, Randall.
Tropidichthys psegma. 1902, Jordan et Evermann.
Canthigaster amboinensis. 1938, Fowler; — 1940, Fowler; — 1943,
Fraser Brunner ; —1950, J. L. B. Smith ; — 1955, Randall.
Canthigaster psegma, var. galapagosi. 1938, Fowler.
Canthigaster natalensis. 1943, Fraser Brunner .
Coloration. — Ce poisson ne présente pas de bandes sombres longi¬
tudinales ou transversales, ni d’ocelle. Le dos et les flancs de teinte sombre.
Source : MNHN, Paris
322
Y. LE DANOIS
sont parsemés de taches de couleurs variés parmi lesquelles des taches
blanches parfois assez grandes.
Taille. — Peut atteindre 20 centimètres.
Habitat. — Ce poisson se rencontre dans le Pacifique (Côte de Cali¬
fornie, Hawaï, Japon) en Insulinde (Amboine) et dans l’Océan Indien
(Iles Comores, Afrique du Sud).
Collections du Muséum. — Huit échantillons variant de 44 à 90 milli¬
mètres.
Chapitre IV
LARVES ET FORMES JEUNES
A. OSTRACIONIFORMES
Les premiers stades du développement des Ostracioniformes sont
encore inconnus. Dans les collections du Muséum National d’Histoire
Naturelle on trouve des formes jeunes à partir de 10 millimètres. Nous
avons, pour chaque espèce, donné dans la partie systématique de cette
étude des descriptions de ces échantillons. Il convient d’établir entre
elles certains éléments de comparaison.
1. — Nous avons indiqué que 1 ’Oslracion tuberculalus pouvait être
considéré comme une forme jeune de O. cubicus et de O. nasus. Son aspect
est cuboïde et le petit poisson quand on le regarde de face, donne assez
bien l’idée d’un dé à jouer dont les faces seraient légèrement courbées.
C’est sans doute cet aspect qui détermina Kaup à créer le genre Cybotion
dans lequel il fit entrer toutes les espèces du genre Ostracion à section
quadrangulaire. Il nous semble que ce nom pourrait être conservé pour
désigner ces immatures qui paraissent être les moins évoluées du groupe ;
on reconnaîtrait donc comme premier type des formes jeunes le stade
Cybotion. Le dos et le ventre offrent une légère inflexion et les arêtes du
petit cube sont les crêtes latéro-dorsales et latéro-ventrales marquées par
de légers mamelons.
C’est au stade Cybotion qu’appartiennent les formes jeunes d’O.
cubicus, d’O. ornatus et d’O. punclatus. Les crêtes latérales restent bien
marquées au cours de la croissance mais les mamelons s’atténuent gra¬
duellement et disparaissent.
On doit rapprocher du stade Cybotion des Ostracionides les alevins
du genre Aracana. Mc Culloch a fourni un excellent dessin d'une imma¬
ture d’A. aurita de 22 millimètres et nous avons figuré un petit A. ornata
de 50 millimètres. Leur corps est tout à fait globuleux et les faces du cube
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 323
absolument arrondies. Dans les premiers stades les plaques de carapace
portent de gros mamelons qui diminuent par la suite.
L’espèce Molaracana aculeala a conservé des caractères du stade
Cybotion, avec son absence de carènes médianes dorsale et ventrale.
2. On peut prendre comme type ultérieur de développement la forme
jeune de 1 ’Ostracion nasus. Dans celle-ci la ligne médio-dorsale s’élève et
forme une crête se terminant en soc en avant de la nageoire dorsale, et
constituée par deux ou trois plaques bien marquées. La face ventrale a
tendance à devenir angulaire sans pourtant former de carène. La section
transversale du corps offre une figure pentagonale. Ce stade est important
car il correspond non seulement à la forme jeune de l’O. nasus, mais aussi
à celles de la majorité des espèces du genre Lactophrys (L. triqueter,
L. quadricornis, L. trigonus).
3. C’est sous le nom de stade Acanthostracion que l’on pourrait dési¬
gner le troisième terme d’évolution des formes jeunes des Coffres. Il est
particulièrement remarquable parce qu’il correspond à la formation du
système épineux. Déjà à ce stade les variations spécifiques qui conduiront
aux formes adultes sont mieux indiquées et plus individualisées. On doit
donc reconnaître dans cette phase plusieurs types de transformation.
a) La larve de Doryophrys diaphanus mesurant 25 millimètres que
nous avons décrite, caractérise sans doute la forme la plus archaïque
du stade Acanthostracion. Les épines se développent sur la crête médio-
dorsale bien surélevée, au-dessus des yeux et en arrière de la pectorale, et
de plus sur la carène latéro-ventrale. La carapace est absolument com¬
plète et ne se termine que fort en arrière des nageoires dorsale et anale,
sans indication de lignes de force latéro-dorsale.
b) Par le stade Acanthostracion passent les formes jeunes de VOstra-
cion gibbosus, de Lactophrys cornutus et de L. tricornis. La disposition du
système épineux des immatures d’O. gibbosus correspond sensiblement à
celui de Doryophrys. Par contre dans les jeunes des Lactophrys le nombre
d’épines est plus réduit, les épines les plus marquées sont celles qui
terminent en arrière la carapace en ligne latéro-ventrale, ainsi que les
cornes frontales. Mais ces immatures présentent d’autre part un carac¬
tère qui mérite d’être spécialement signalé : c’est l’individualisation par
une ligne de force de la plaque de carapace qui suit la nageoire dorsale,
sans qu’il y ait réelle séparation de cette plaque ; plus tard dans l’adulte,
cette disposition disparaîtra, mais il est intéressant de constater qu’à un
certain moment de l'évolution, ces formes du stade Acanthostracion ont
marqué une disposition qui conduit aux Aracanides. Signalons cependant
que dans une autre espèce, L. trigonus, l’individualisation de la plaque
postéro-dorsale, reste acquise chez l’adulte, tout au moins pour l’un des
sexes.
5. — Dans les paragraphes précédents nous avons essayé de
montrer les variations de types dans les formes jeunes des Ostracionides
Source : MNHN, Paris
324
DANOIS
et mis en valeur la succession des stades Cgbotion, O. nasus et Acanthos-
thracion. Il semble qu’on retrouve une évolution sensiblement parallèle
dans les Aracanides.
Nous avons déjà dit que la larve globuleuse de YAracana aurita de
Mc Culloch correspond plus ou moins au stade Cgbotion et on peut en
faire dériver facilement tous les adultes des espèces du genre Aracana
dont la ligne ne présente aucune surélévation (A. ornata, A. aurita,
A. gragi)
Au stade Acanthostracion et en particulier à sa forme Dorgophrgs
peuvent être rattachées les formes jeunes d’autres Aracanides : la plus
typique est certainement le petit fossile de 50 millimètres, Proaracana
dubia; son sytème est très accentué puisqu’en plus des épines des crêtes
médio-dorsale, latéro-dorsale et latéro-ventrale, il porte en ligne médio-
ventrale une épine bien développée. Aussi convient-il de lui donner la
valeur d’un stade d’évolution, le stade Proaracana.
Nous n’avons pu trouver de descriptions des formes jeunes d’ Aracana
lenticularis ni de Capropggia unistriata. Les petits poissons de cette der¬
nière espèce semblent avoir gardé des caractères larvaires fixés, notam¬
ment les proportions relatives du diamètre de l’œil et de la longueur de la
tête par rapport à la longueur du corps qui sont beaucoup plus fortes que
fans les autres espèces de la même famille. On peut donc les considérer
comme dérivant directement du stade Proaracana.
6. — Les formes jeunes de la troisième famille des Ostracioniformes, les
Canthigastérides, se rattachent au stade Proaracana avec une silhouette
comparable à celle des Capropggia. Dans la larve de 15 millimètres que
nous avons décrite, les épines et les plaques ont disparu, mais les tissus
rigides ont encore gardé la frontière postérieure de la carapace qui
s’indique par un repli cutané. Comme le Proaracana fossile, l’évolution
dentaire s’est accomplie et les mâchoires portent quatre dents.
B. MOLIFORMES
Le développement des Ranzanides et des Molides a fait l’objet de
nombreuses recherches et est en somme assez bien connu. Il a été magis¬
tralement décrit et exposé par Johannès Schmidt : Il a procédé à l’exa¬
men critique des larves de Moliformes qui avaient été découvertes ou
décrites Koelreuter (= Mola aculeata, 1770), Mitchill ( = Diodon
carinatus, 1828), Richardson ( = Oslracion boops, 1845), Putnam
( = Molacanthus palassii, 1871) Gunther (1880), Steenstrup et
Lutken (1898), Perugia (1889), Collett (1896), Mac Culloch ( = Mo¬
lacanthus, 1912) D’autre part au cours de la croisière du « Dana » autour
du monde, J. Schmidt avait recueilli dans la Mer des Sargasses une très
belle collection de larves, et de plus avait assisté à son bord à l’éclosion
d’œufs de Ranzania et avait suivi le premier développement. En 1951,
A. Fraser Brunner a repris les conclusions de J. Schmidt en y ajoutant
de nouveaux éléments empruntés aux collections du British Muséum.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 325
En tenant compte de tous ces travaux on peut résumer comme suit
les stades successifs des Moliformes :
I. — Ranzania peregrina (Aldr.)
1. — Larve globuleuse, à nageoire continue avec proptérygie de la
dorsale et de l’anale, mesurant 1,7 mm.
2. — Stade Ostracion boops (type de Richardson, 1845), mesurant
I, 8 mm. Avec une croissance insignifiante, la nageoire de la larve précé¬
dente s’est brusquement concentrée en formant des lignes d’épines : 4 sur
le dos, dont 1 médio-frontale, 3 sur le ventre, 8 sur les flancs en deux
séries, latéro-dorsale et latéro-ventrale. Le pédoncule caudal est bien
marqué et la nageoire qui le termine séparée de la dorsale et de l’anale.
3. — Stade d'élongation, à partir de 3,5 mm ; le corps s’allonge, le
pédoncule caudal s’atrophie, les nageoires dorsale et anale se rapprochent.
Un repli vertical marque la fin de la partie du corps où les téguments se
consolideront en tissu dur, formant ainsi une limite de carapace.
4. — Forme Ranzania, à 8 millimètres ; les nageoires dorsale et anale,
devenues jointives, constituent une sorte de gouvernail, le clavus (Fraser
Brunner) ; les épines s’atrophient et disparaissent graduellement. A
53millimètres, la jeune Ranzania a pris définitivement la forme de l’adulte.
II. Masturus lanceolatus (Liénard).
1. — Stade Ostracion boops (larve de 2 mm, 8 trouvée par J. Schmidt) ;
la disposition des épines est caractéristique de ce stade, mais le pédoncule
caudal est déjà atrophié sous forme d’une petite queue pointue. Les épines
postérieures des carènes latéro-dorsale et latéro-ventrale définissent le
bord de la carapace.
2. — Larve à grandes épines de 5 millimètres (J. Schmidt) ; elle paraît
particulière à l’espèce par l’extraordinaire développement de cinq épines :
l’épine médio-frontale, la troisième médio-dorsale, la première médio-
ventrale, les deux épines terminant les carènes latéro-ventrales.
3. — Stade Molacanthus, figuré par Gunther (1880), Steenstrup
et Lutken (1898) et Mac Culloch (1912). Dans les échantillons de
15 mm à 20 mm. ; le corps est plus haut que long ; il s’allonge dans les
formes jeunes de 25 à 30 mm. Les nageoires dorsale et anale sont unies à la
caudale pour former clavus en arrière de la limite de carapace. Les cinq
épines du stade précédent ont beaucoup diminuées mais restent encore
un peu plus fortes que les autres. Fraser Brunner a disséqué une larve
de 21 mm des collections du Bristish Muséum et y a trouvé une vessie
natatoire. Tout porte à croire que le stade Molacanthus est susceptible
d’un léger gonflement. Un dessin d’une immature de 25 mm, trouvée par
J. L.B. Smith à Durban, paraît confirmer cette supposition.
4. — Forme Masturus lanceolatus. Les figures de Putnam (1871),
de Ryder (1886) et de Gudger (1937) montrent qu’à partir de 50 mm.
Source : MNHN, Paris
326
Y. LE DANOIS
Masturus lanceolalus a déjà pris sa forme adulte, avec un tronçon de
queue bien visible.
III. Orthagoriscus mola (Linné)
1. — Les premiers stades du développement d’O. mola sont inconnus.
2. Stade Molacanthus. A ce stade correspond le Diodon carinatus de
Mitchill, 1828, et le Molacanthus palassii de Putnam, 1871. Ces larves
mesurent 18 à 20 mm. Le corps est beaucoup plus haut que long, le
clams est déjà formé par l’union des nageoires dorsale et anale, sans
trace de caudale ; la disposition des épines est caractéristique : 4 médio-
dorsales, 3 médio-ventrales, 8 sur chaque côté en 2 carènes latéro-dorsale
et latéro-ventrale. Ce Molacanthus doit être susceptible de gonflement,
c’est ce qui sans doute détermina Mitchill à classer la larve qu’il avait
découverte comme Diodon.
3. Stade Orthagoriscus mola; le clauus se divise en nageoire dorsale et
en nageoire anale avec une queue festonnée. La limite de la carapace
reste nette, ainsi que les traces des carènes latérales, surtout dans des
échantillons de forte taille dépassant deux mètres de longueur. La crois¬
sance est lente.
C. AFFINITÉS LARVAIRES
Les descriptions que nous venons de fournir sur les larves et les formes
jeunes des Ostracioniformes et des Moliformes montrent qu’il n’est pas
possible de trouver des homologations formelles dans le développement
dex deux groupes. Mais on ne saurait nier d'autre part l’existence d’un
certain parallélisme, avec de très nettes convergences.
Comme termes de comparaison on peut noter l’analogie des positions
des carènes et des rangées d'épines : on retrouve aussi bien dans les Coffres
que dans les Poissons-lunes la carène médio-dorsale, les 2 carènes latéro-
dorsale et latéro-ventrale et souvent une carène médio-ventrale. De même
on peut constater une tendance générale à la formation d’une carapace
dans toute la partie antérieure du corps ; elle est complètement réalisée
dans les Ostracionidcs, et incomplète dans les Aracanides, mais alors
même que les plaques osseuses font défaut, on retrouve dans les Ranza-
nides et les Molides le repli cutané qui limite en avant la zone molle des
nageoires unies du clavus ; ce sillon de carapace est de même nettement
indiqué dans la larve des Canthigastérides.
Comme on ne possède pas de larve d’Ostracionides d'une taille infé¬
rieure à 10 millimètres il est fort difficile d’imaginer la forme des premiers
stades larvaires, mais il semble cependant assez probable que l’évolution
doit être lente et ce retard pourrait être du à la formation même de la
carapace. On peut concevoir que la larve globuleuse que J. Schmidt a vu
éclore de l’œuf de Ranzania puisse évoluer de façon différente que dans
cette espèce. Au lieu de conduire brusquement et rapidement au stade
Ostracion boops, elle traverserait une phase précédant le stade Cybotion.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES 327
Pour retrouver dans les Ostracioniformes l’équivalent du stade Ostra-
cion boops si rapidement obtenu chez les Ranzanides il semble qu’il
faille attendre le stade Acanlhostracion. Le développement du système
épineux évoque ce rapprochement, bien qu’il faille noter certaines diver¬
gences, notamment l’absence d’une épine médio-frontale. Par contre
le nombre et la place des autres épines se rattachent chez une forme telle
que Doryophrys au type épineux de VOstracion boops.
On peut dire que l’homologie la plus typique entre les deux groupes
se place au stade Molacanthus des Molides : en effet il correspond au stade
Proaracana. La forme fossile a même gardé une épine médio-ventrale
qui accentue la ressemblance ; la cage rigide présente une section hexago¬
nale comme celle des larves des Poissons-lunes. Il y a identité dans la
disposition des carènes, la denture elle-même marque une tendance vers
la coalescence qui confirme ce parallélisme. Mais on ne saurait nier que ce
stade Proaracana présente par ailleurs des caractères d’un poisson beau¬
coup plus évolué que ceux du stade Molacanthus. La transformation
lente des Ostracioniformes finit par les élever à un niveau d’organisation
morphologique bien supérieur à celui des Poissons lunes qui demeurent,
même adultes, des formes primitives.
Source : MNHN, Paris
328
Y. LE DANOIS
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
Agassiz (L.), 1833-1844. — Poissons fossiles. Vol. II, Ganoïdes : pt. I, p. 17 ;
pt. II, pp. 2G2-265 ; pl. LXXIV, fig., 3, 4, 5.
Aldrovandi (Ulysses), 1613. — De piscibus libri V et de cetis liber unus
(Bononiœ). Lib. III, p. 299 ; lib. IV, pp. 559-561.
Annandale (N.) et Jenkins (J. T.), 1910. — Report on the fishes taken by
the Bengal fisheries steamer Golden Crown. Pt. III. Mem. Ind. Mus.,
vol. III, pp. 7-21.
Aradas (A.), 1871. — Lista dei pesci del Golfo di Catania. Ann. Minist. Agric.
Ind. e Comm., vol. I, pt. I, p. 594. Genova.
Artedi (Petrus), 1738. — Bibliotheca Ichthyologica (Lugduni Batavorum).
Pt. III, Généra piscium, n° 2, pp. 55-57 ; pt. IV, Synonymia nominum
specierum, pp. 83-85.
Barnard (K. H.), 1927. — A inonograph of the marine fishes of South Africa.
Pt. IL Ann. S. A/r. Mus., t. XXI, 2, pp. 961-966.
Belon (P.), 1552. — De Aquatilibus libri duo, cum et iconibus ad vivum
ipsorum eiïlgium, quod ejus fieri potuit expressis, p. 300.
Bennett (E. T.), 1831. — Life Rafll., p. 693.
— 1834. — Fishes of Ceylon, p. 21, pl. XXL
— 1839. — Whaling Voyage, p. 266.
—1839. — Fishes. The zoology of Captain Beechey's voyage, p. 50.
Bianconi (Jos.), 1846. — Nov. Ann. Scienz. Nat. Bologn., ser. I, p. 115.
— 1854-1855. — Specimina Zoologica Mossambicana. Mem. Acad. Sc.
Inst. Bonon., vol. VI, pp. 229, 147-151.
Bibron (G.), 1855 (par Aug. Dumeril). — Note sur un travail inédit de
Bibron, relatif aux Poissons Plectognathes Gymnodontes (Diodons et
Tetrodons). Reo. ZooL, pp. 279-280.
Blainville (H. Ducrotay de), 1818. — Nouo. Dict. Hisl. Nat., vol. XXVII,
p. 337.
Bleeker (P.), 1848. — A contribution to the Ichthyology of Sumbawa.
Journ. Ind. Archip. East As. Singap., vol. II, p. 540.
— 1851. — Bijdrage tôt de kennis der ichthyoJogische fauna van Sumatra.
Journ. Sc. Nat. Soc. Roy. Sc. Ind. Neerl., II, p. 638.
— 1852. — Bijdrage tôt de kennis der Balistini en Ostraciones van den
Indisclien Archipel. Verh. Bal. Gen., XXIV, pp. 31-35, pl. VI, VII.
—1852. — Bijdrage tôt de kennis des Blootkakige visschen van den Soenda-
Molukschen archipel. Verh. Bat. Gen., XXIV, p. 13.
— 1852. — Bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van de Moluk-
sche eilanden visschen van Amboina en Ceram. Nat. Tijdschr. Ned. Ind.,
III, p. 305.
— 1852. — Nieuwe bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van
biet eiland Banda. Nat. Tijdschr. Ned. Ind., III, p. 259.
— 1853. — Bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van Japan.
Verh. Konink. Akad. van Wctensch., p. 15.
— 1853. — Derde bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van
Amboina. Nat. Tijdschr. Ned. Ind., IV, p. 130.
— 1853. — Nalezingen op de ichthyologic van Japan. Verh. Bal. Gen.,
XXV, pp. 15-55.
— 1853. — Bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van Solor.
Nat. Tijdschr. Ned. Ind., V, p. 96.
— 1854. — Vijfde bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van
Amboina. Nat. Tijdschr. Ned. Ind., VI, pp. 500-504.
— 1854. — Ovcr eenige visschen van Van Diemensland. Verh. Konink.
Akad. van Wetensch., II, pp. 17, 26-27.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
329
— 1854. — Nicuwe nalezingen op de ichthyologie van Japan. Verh. Bat.
Genootsch., XXVI, p. 55.
— 1855. — Zesde bujdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van
Amboina. Nat. Tijdschr. Ned. Ind., VIII, p. 429.
— 1856. — Ned. Tijds. Dierk., II. pp. 298-303.
— 1856. — Besehrijvingcn van nieuwe en weinig bekende vischoorten van
Amboina, verzameld op eene reis door den Molukschen Archipel gedaan
in biet gevolg van den Gouverneur generaal Duymaer van Twist in Sep-
tember en Oktober 1855. Act. Soc. Iieg. Sc. Indo-Ncerl., I, p. 68.
— 1857. — Achtste bijdrage tôt de kennis der visch fauna van Amboina.
Ad. Soc. Sc. Ind. N ccd., II, p. 98.
— 1856. — Visfde bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van de
Banda eilanden. Nat. Tijdschr. Ind. Ned., XI, p. 108.
— 1857. -— Vierde bijdrage tôt de kennis der ichthyologische fauna van
Japan. Ad. Soc. Reg. Sc. Indo-Neerl., III, p. 38.
— 1859. — Enumeratio specierum piscium hucusque in Archipelago indico
observatum, adjectis habitationibus citationibusque ubi descriptiones
earum recentiorcs reperiuntur, nec non speciebus Musei Bleekeriani Ben-
galensibus, Japonicis, Capensibus, Tasmanicisque. Balau., 4°, et Act. Soc.
Reg. Sc. Ind. Neerl., VI, pp. 198-203.
— 1859. — Zesde bijdrage tôt de kennis der vische fauna van Japan. Act.
Soc. Sc. Ind. Neerl., VIII, p. 13.
— 1860. — Vischsoorten van Nieuw Guinea, verzameld door F. G. Beck-
man. Nat. Tijdr. Ned. Ind., XXII, p. 98.
— 1860. Dertiende bijdrage tôt de kennis der vischfauna van Celèbes.
Ad. Soc. Sc. Ind. Neer., VIII, p. 13.
— 1860. — Achshte bijdrage tôt de kennis der vischfauna van Sumatra.
Visschen van Benkoelen, Priaman, Tandjong, Palembang en Djambi.
Ad. Soc. Sc. Ind. Neerl., VIII, p. 66.
— 1861. — Mcdedeeling omtrent vischoorten nieuw voor de kennis der
fauna van Singapoera. Verlag. Meded. Koning. Akad. Wetensch. A/t. Nat.,
XII, p. 30.
— 1863. — Mémoire sur les Poissons de la côte de Guinée. Société hollan¬
daise des Sciences à Ilaarlem, XVIII, p. 20.
— 1862-1877. — Atlas iehthyologique des Indes orientales néerlandaises,
vol. V, pp. 31-35, 79-82, pl. CCI-CCIV, CCXIII-CCXIV.
— 1864. — Descriptions de quelques poissons des Moluques. Ned. T.
Dierk., II, p. 180.
— 1864. — Onzième notice sur la faune iehthyologique de l’île de Ternate.
Ned. T. Dierk., II, p. 230.
—1866. — Systema Balistidorum, Ostracionidorum, Gymnodontidorumque
revisum. Nederl. Tijdrischr. Dierk., III, p. 27.
— 1878. — Arch. Neerl. Sc. Nat., XIII, p. 38.
— 1879. — Enumération des espèces de Poissons actuellement connus du
Japon. Acad. Roy. Neerl. Sc., p. 27.
Bloch (Marc-Eliezer), 1785. — Naturgeschichte der auslândischen Fische.
Berlin.
— 1787. — Ichthyologie, pt. IV, pp. 106-118, pl. CXXX-CXXXVIII.
Bloch (M. E.) et Schneider (J. G.), 1801. — Cf. Schneider.
Blumenbach (J. F.), 1796-1805. — Abbildungen naturhistorischer Gegens-
tânde. Taf. 58.
Boeseman (M.), 1947. — Révision of the fishes collected by Burger and von
Siebold in Japan. Leiden. Drukt. Zoot. Mede., XXVIII, p. 212 et suiv.
Bonde (C. von), 1922-1923. — Shallow water fishes procured by S. S. Pickle.
Fish. Mar. Biol. Suro. Rep. S. Afr., vol. I, 5, pp. 37-38, pl. IX.
— 1934. — A collection of marine fishes from Zanzibar. Ann. Natal. Mus.,
vol. VII, pt. III, pp. 456-457, pl. XXIII, fig. 8-9.
Source : MNHI J, Paris
330
Y. LE DANOIS
Bonnaterre (L’abbé), 1788. — Tableau encyclopédique des trois règnes de
la Nature, ichthyologie, pp. 22-23, pp. 12-15.
Boulenger (G. A.), 1897. — On flshes from the island of Marajo, Brazil.
Ann. Mag. Hist. Nat., 6® ser., XX, p. 374.
Breder (C. M.), 1925. — Zoologia, IV, pt. IV, p. 157.
Breevoort (J. C.), 1856. —Notes on some figures of Japan. Fishes taken from
U. S. Expédition, p. 294.
Brown (P.), 1945. — Jamaïca, p. 457, n° 5.
Bryan (W. K.) et Herre (A. W.), 0000. — B. P. Bishop Mus. Occ. Papers,
vol. II, n° 1, p. 135.
•Cantor, 1849. — Catalogue of Malayan Fishes. Journ. Roy. Asiat. Soc. Ben¬
gale., XVIII, pt. II, pp. 367-369, tab. 8.
Carus (V.), 1888-1893. — Prodromus Faunæ Mediterranæ. Vol. II, pp. 538-
539.
Castelnau (F. de), 1872-1873. — Contribution to the Ichthyology of Aus-
tralia. Proc. Zool. Acclim. Soc. Victoria, vol. I, pp. 207 et 246 ; vol. II,
pp. 147-148.
— 1878. — Essay on the Ichthyology of Port Jackson. Linn. Soc. New
South. Wales Proc., vol. III, pp. 401-402.
Clark (H. W.), 1913. — Proc. Roy. Phys. Soc. Edinburgh, vol. XIX, p. 386.
Clusius (Ch. de l’Ecluse), 1605. — Exoticorum libri decem : quibus anima-
lium, plantarum, aromatum aliorumque peregrinorum fructuum historiæ
describuntur. Antwerpiæ. Lib. VI, cap. 21-26, p. 142.
Commerson (Ph.), 1769-1770. — Bibliothèque Muséum Hist. Nat., Paris,
M S S .
Cope (E. D.), 1870. — Contr. Ichth. of Lesser Antillians. Trans. Am, Phil.
Soc., vol. XIV, pp. 474-479.
Cunningham (J. T.), 1910. — On the marine flshes and Invertebrates of
St. Helena. Proc. Comm. Sc. Zool. Soc. London, vol. I, p. 118.
Cuvier (B on G.), 1817. — Règne animal, ed. I, Paris. T. II, p. 154.
— 1829. — Règne animal, ed. II. T. I, p. 369.
Daubenton (L. J. M.), 1771. — Encycl. méthod. trois règnes de la Nature
(Hist. Nat. animaux). T. III, pp. 319-320, 405-407.
Day (Fr.), 1865. — The flshes of Malabar. Proc. Comm. Sc. Zool. Soc. London,
t. I, pp. 253-254.
— 1878-1888. — The flshes of India, pp. 695-697, pl. CLXXXI.
De Kay (J. E.), 1842. — New York Fauna. Fishes. Pt. III, pp. 341-362,
pl. LVIII.
Donovan (E.), 1840. — Nat. Rep., tab. 66.
Duméril (A. M. C.), 1856. — Ichthyologie analytique. Poissons, p. 176.
Duncker (G.), 1903-1904. — Naturh. Mus. Hamburg. Mitlelungen, vol. XXI,
pp. 190-192.
Eastman (C. R.), 1905. — Les types de Poissons fossiles du Monte Bolca.
Muséum. Hist. Nat. Paris. Mim. Soc. Géol. France, vol. XIII, fasc. 1,
p. 31, n° 34.
Eschscholtz (Fr.), 1831. — Zoologischer Atlas und Beschreibungen neuer
Thierarten wahrend des Flosscapitans V. Kotzebue zweiter Reise um der
Welt auf der Russischen Kriegschlupp Predpiatie in den Jahren 1823-1826.
Berlin. Pars posterior, p. 64.
Evermann (B. W.) et Seale (A.), 1906. — Bull. Bur. Fish., XXVI, p. 101.
Forskal (P.), 1775. — Descriptiones animalium avium, amphibiorum, pis-
cium, insectorum, vermium, quæ in itinere orientali obscrvavit. Post
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
331
mortem auctoris edidit Carsten Niebuhr, Havniæ. P. 17, n° 48, p. 75.
n» 113.
Fowler (H. W.), 1900. — Observ. flsh. Caroline Islands. Proc. Acad. Nat.
Sc. Philadelphie , l. 111, p. 490.
— 1901. — Fishes of Caroline Islands. Ibid., t. LIII, p. 326.
— 1907-1908. — A collection of fishes from Victoria (Australia). Ibid.,
p. 437-439.
— 1917. — A second collection of fishes from the Panama canal zone.
Ibid., t. LXIX, p. 136.
— 1919. — Fishes of U. S. « Eclipse » exp. to West Africa. Proc. U. S. Nat.
Mus., vol. LVI, p. 206.
— 1923. — New or little known Hawaïan fishes. B. P. Bishop Mus. occ.
papers, vol. VIII, n° 7, p. 387.
— 1925. — Fishes from Natal and P. E. A. Proc. Acad. Nat. Sc. Phila¬
delphie. T. LXXVII, p. 265.
— 1925. — Fishes of Guam, Hawaï, Samoa and Tahiti. B. P. Bishop
Mus. Bull., XXII, pp. 21-26.
— 1928. —The fishes of Oceania. Mem. B. P. Bishop Mus., vol. X, pp. 461-
465.
— 1931. — The fishes of Oceania, suppl. I. Ibid., vol. XI, n° 5, p. 366.
— 1934. — Mem. B. P. Bishop Mus. occ. papers, vol. X, n° 6, pp. 448-449.
— 1934. — Zoological results of Shaucnsee Siamese Exp. Pt. V (add.
fish.), p. 351.
— 1936. — Marine fishes of West Africa. Bull. Am. Mus. Nat. Hist.,
vol. LXX, pt. 11, pp. 1100-1101, 1115.
— 1938. — Fishes from the Vanderbilt’s South Pacific Exp. Proc. Acad.
Nat. Sc. Philadelphie, vol. XC, pp. 246, 303.
— 1938. — List of fishes of Malay. Malayan Fish. Bull. Singapore, n° 1,
pp. 233-234.
— 1940. — Fishes obtained by Wilkcs Exp. 1938. Proc. Am. Phil. Soc.,
vol. LXXXII, 5, pp. 799-800.
Fowler (H. W.) et Ball, 1925. — Fishes of Hawaii, Johnston Island and
Wakc Island. B. P. Bishop Mus. Bull., XXVI, p. 30.
Franz, 1910. — Abh. Bayer. Akad. Wiss., vol. I, suppl. 4, p. 91.
Fraser-Brunner (A.), 1935. —■ Notes on the Plectognath Fishes. Ostracion-
toidea. Ann. Mag. Hist. Nat., 10® ser., vol. XVI.
— 1940. — Notes on the Plectognath Fishes ; IV, Sexual Dimorphism in
the Family Ostraciontidæ. Ibid., 11® ser., vol. VI, p. 390.
— 1941. — The Aracanidæ, a distinct family of Ostraciontid fishes, with
descriptions of two new species. Ibid., 11® ser., VIII, pp. 306-313.
— 1943. — Note on the Plectognath fishes ; VIII, The classification of
the suborder Tetraodontoidea, with a synopsis of the généra. Ibid., 11® ser.,
X, pp. 1-18.
— 1951. — The Océan Sunflshes (Family Molidæ). Bull. Brit. Mus. Nat.,
Zool., 1, pp. 89-121.
Gessner (Conrad), 1558. — Historiæ animalium, liber III, qui est de piscium
et aquatilium animantium natura. De aquatilibus Paralipomena. Tiguri.
P. 757.
Gilbert (C. H.), 1903-1905. — The deep-sea fishes, sect. 2, of Aquatic res¬
sources of the Ilawaian islands. U. S. Fish. Comm. Bull., vol. XXV, pt. II,
p. 626.
Gilbert (C. H.) et Starks (E. C.), 1904. — The fishes of Panama Bay. Mem.
Calijornia. Acad. Sc., vol. IV, p. 160, pl. XXIII.
Gilciirist (J. D. F.) et Thompson, 1917. — Catalogue of Natal Fishes. Ann.
Durban Mus., vol. I, pt. IV, pp. 425-427.
Gmelin (J. F.), 1788. — Caroli Linnaei Systema Naturæ per régna tria naturæ,
secundum classes, ordincs, généra, species, cum characteribus, differentiis,
Source : MNHN, Paris
332
Y. LE DANOIS
synonymis, locis. Editio decimotertia, cura Joannis Frederici Gmelin
(Lipsiæ). T. L, pt. III, pp. 1442-1443.
Goode (G. B.), 1879. — A preliminary catalogue of the flshes of the St Johns
River and the coast of Florida with descriptions of a new genus and three
new species. Proc. U. S. Nal. Mus., vol. II, pp. 271-276.
Gray (J. E.), 1833. — Illustrations of Indian Zoology of new and hitherto
unflgured Indian animal from the collections of General Hardwicke. Zool.
Pisce., vol. II, p. 98.
— 1838. —Ann. Nal. Hist., vol. I, pp. 110-111.
— 1854. — Catalogue of flsh. coll. and describ. by Gronow, now in the
British Muséum London, p. 25.
•Gronovius (Laurentius Tlieodorus) (Gronow), 1734. — Muséum ichthyolo-
gicum, pt. I, p. 54, n° 120 ; pt. II, p. 40.
— 1765. — Zoophylaceum, pp. 44-45, n°» 173-176.
Guichenot (A.), 1846. — Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie sur les cor¬
vettes l’ Astrolabe et la Zélée. Exp. du Contre-Amiral J. Dumont d’Urville.
Zoologie, Reptiles et Poissons, t. III.
Guimaraes (A. R.), 1882. — Liste de quelques poissons de l’Angola. Jorn.
Sc. Math. Phys. Nal. Acad. Lisboa., p. 36.
Guntiier (A.), 1859-1870. — Catalogue of the flshes of the British Muséum,
London. Vol. VIII (1870), pp. 258-302.
— 1866. — Fishes of Zanzibar, p. 129.
— 1873. — Cruise of Curaçao (Brenshley), p. 410.
— 1873-1910. — Andrew Garett’s Fische der Südsec. Journ. Mus. Godef-
Iroy, Bd. IX, Heft 17 (1910), pp. 453-457, 470-471.
— 1880. — Report on the shore flshes procured during the voyage of
H. M. S. Challenger. Vol. I, p. 36.
— 1881. — Ann. Mag. Hist. Nat., 5° ser., vol. VIII, p. 430.
Herre (A. W.), 1924. — Philippine Journ. Sc., vol. XXV, pp. 474-476, 502.
— 1933. — Journ. Pan Pacific Research Inst., vol. VIII, p. 11.
— 1936. — Fishes of the Crâne Pacific Expédition. Field Mus. Nat. Hist.,
Zool., ser., vol. XXI, publ. 353, pp. 427-431.
— 1953. — Check list of Philippine fishes. Research report 20, pp. 836-837.
Hollard (H.), 1857. — Monographie de la famille des Ostracionides. Ann. Sc.
Nat., t. VII, pp. 121-170, pl. XIII.
Houttuyn (M.), 1764. — Naturlike Historié volgens den Heer Linnaeus.
Vol. VIII, tab. 68, fig. 4.
— Verh. Hollandiden Moatsch. Wet. Haarlem, t. XX, p. 346.
Hutton (F. W.), 1873. — Fishes of New Zealand. Trans. N. Zeal. Inst., V.,
p. 271.
Ishikawa (K.), 1897. — Prêt. Cat. Proc., p. 3.
Jenkins (O. P.), 1899. — Bull. U. S. Fish. Comm., t. XIX, pp. 396-399, flg. 9.
— 1902. — Report on collections of flshes made in the Hawaian Islands.
Bull. U. S. Fish. Comm., t. XXII, pp. 486-487.
Jenyns (L.), 1842. — Voyage of H. M. S. Beagle. Zool. Fishes (Coll. Ch. Dar¬
win), p. 158.
Jerdon (T. C.), 1851. — On the fresh-water fishes of Southern India. Madras
Journ. Lit. Sc., vol. XV, p. 150.
Johnston, 1882. — Proc. Roy. Soc. Tasman., p. 136.
Jonston (J.), 1649-1657. — Historia naturalis de piscibus et cetis. T. XXIII,
p. 125, tab. 25, 36.
Jordan (D. S.) et Edwards, 1886. — A review of the American species of
Tetraodontidæ. Proc. U. S. Nat. Mus., p. 246.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
333
Jordan (D. S.) et Evermann (B. W.), 1896-1900. — The fishes of North and
Middle America. Bull. U. S. Nal. Alus., n° 47, pt. II, pp. 1722-1741 et
pt. IV, pl. CCLXI-CCLXIII.
— 1902-1903. — U. S. Fish. Comm. Bull., vol. XXII, pp. 209-300.
— 1903-1905. — The aquatic resources of the Hawaian Islands ; the shore
fishes. U. S. Fish. Comm. Bull., vol. XXIII, pt. I, pp. 442-445, pl. LII-
Jordan (D. S.) et Fowler (H. W.), 1902. — A review of the trigger-fishes,
file-fishes and trunkfishes of Japan. Proc. U. S. Nat. Mus., vol. XXV,
p. 278.
Jordan (D. S.) et Gilbert (C. H.), 1882. — Note on a collection of the Pacific
coast of the U. S. Proc. U. S. Nat. Alus., IV, p. 370.
— 1883. — A synopsis of the fishes of North America. Bull. U. S. Nat.
Mus., vol. XVI, pp. 853-854, 965.
Jordan (D. S.) et Hubbs (C. L.), 1925. — Record of fishes obtained by D. S.
Jordan in Japan. Alem. Carnegie Mus., vol. X, n° 2, p. 256.
Jordan (D. S.) et Jordan (E. K.), 1922. — A list of the fishes of Hawaï,
with notes and descriptions of new species. Alem. Carneg Alus., vol. X,
n° 1, p. 89.
Jordan (D. S.) et Seale (A.), 1906. — Fishes of Samoa. Bull. U. S. Bur.
Fisheries, vol. XXV, pp. 367-368.
Jordan (D. S.) et Snydeh (J. O.), 1900. — List of fishes collected in Japan
by K. Otaki, and by the United States steamer Albatross. Proc. U. S.
Nat. Mus., vol. XXIII, p. 360.
— 1901. — A review of the Gymnodont fishes of Japan. Proc. U. S. Nal.
Alus., vol. XXIV, n° 1.254, p. 255.
— 1904. — Notes on collections of fishes from Oahu and Laysan island,
Hawaii, with descriptions of four new species. Ibid., vol. XXVIII, p. 945 ;
vol. XXVIII, p. 125.
— 1906. — Ibid., vol. XXIX, p. 356.
Jordan (D. S.), Snyder (J. O.) et Tanaka (Shigeho), 1909. — Gymnodont
fishes of Japan. Journ. Coll. Soc. Imp. Tokyo, vol. XXXIII, art. i, p. 224.
Jouan (H.), 1861. — Notes sur quelques espèces de poissons de la Nouvelle-
Calédonie. Soc. Imp. Sc. Nal. Cherbourg. Alem., vol. VIII, p. 247.
Karoli, 1881. — Termesz. Füzelek, Budapest, vol. V, p. 187.
Kaup (J. J.), 1855. — Uebersicht über die species einigen Familien der Sclero-
dermen. Wiegm. Arch. Nalurg., XXI, pp. 215-221.
Kendall (W. C.) et Goldsborough (E. L.), 1911. — The shore fishes. Rep.
on the scient, results of the exp. to the tropical Pacific, in charge of
A. Agassiz, by the U. S. steamer Albatross. Alem. Alus. Comp. Zool. Har¬
vard Coll., vol. XXVI, pp. 334-337, pl. VII.
Kendall (W. C.) et Radcliffe (L.), 1912. — Alem. Mus. Comp. Zool.,
vol. XXXV, pp. 165-166.
Kent (Saville), 1897. — Naturalist In Australie, pp. 150-187, pl. VIII.
Klein (J. T.), 1741. — Historiæ naturales Piscium promoverdæ missus. III,
pp. 20-23, n°» 17-29, tab. 1.
Klunzinger (C. B.), 1870. — Die Fishe des Rothen Meeres. Verhandl. Zool.
Bol. Ges. Wien., vol. XX, pp. 634-636.
— 1879. — Silzb. Akad. Wien, vol. LXXX, p. 424.
Kner (R.), 1865. — Reise der ôsterreichischen Fregatte Novara um die Erde
in den Jahren 1857-1859, unter der Befehlen des Commodore V. Wüllerstorf-
Urbain. Wien. IV, Zool. Fische, Abt. 3, p. 404.
Lacépède (Et. Delaville, Cte de), 1798. — Histoire naturelle des Poissons,
vol. I, pp. 442-457, 502-507, pl. XXI.
Source : MNHN, Paris
334
Y. LE DANOIS
Lampe (M.), 1914. — Die Fische der Deutschen Südpolar Expédition, III,
vol. XV (7°), p. 255.
Lefebvre (Charlemagne-Théophile), 1840. — Voyage en Abyssinie, t. VI,
p. 238, pl. VIII.
Le Danois (Yseult), 1955. — Sur le remaniement du sous-ordre les Orbicu-
lates. C. R. Acad. Sc. Paris, t. CCXL, pp. 1933-1934.
— 1959. — Adaptations morphologiques et biologiques des poissons des
massifs coralliens. Bull. I.F.A.N., T. XXI, sér. A. n° 4.
Liénard (E.), 1840. — Revue Zool., p. 291.
Linné (C.), 1754. — Pisces, in : Muséum S. R. Adolphi Friderici Regis
Suecorum, in quo animalia rariora imprimis et exotica, describuntur et
determinantur Latine et Suecice. Vol. II, p. 59.
— 1758. — Systema naturæ sive régna tria naturæ, systematica proposita
per classes, ordines, généra et species, cum characteribus differentiis,
synonymis, locis, etc. Editio décima, t. I, pp. 331-333.
Lockington (W. N.), 1881. — List of the fishes collectcd by M. W. J. Fisher
upon the coast of Lower California, 1876-1877, with descriptions of new
species. Proc. Ac. Nat. Sc. Philadelphie, t. XXXIII, pp. 114-116.
Lowe (R. T.), 1837. — A synopsis of the Fishes of Madeira. Trans. Zool. Soc.
London, vol. III, p. 17.
— 1839-1840. — Suppl, to the Synopsis of Fishes of Madeira. Proc. Comm.
Sc. Zool. Soc. London, vol. VII, p. 90.
Lucas (A. H. S.), 1890. — Proc. Rotj. Soc. Victoria (2), II, p. 41.
Mac Culloch (A. R.) et Waite (E. R.), 1915. — A révision of the genus
Aracana and its allies. Trans. Rou. Soc. South Austral., vol. XXXIX,
pp. 477-493, pl. XVI-XXV.
Mac Leay (W.), 1878. — Description of some new fishes from Port Jackson
and King George's Sound. Proc. Linn. Soc. New South Wales, vol. III,
p. 596.
— 1881. — Ibid., vol. VI, pp. 334-335.
— 1882. — Contribution to a knowledge of the fishes of New Guinea.
Ibid., vol. VII, p. 597.
— 1883. — Ibid., vol. VIII, pp. 279-280.
Marcgrave (G.) (Georgius Marcoravius), 1648. — Historia naturalis brasi-
liensis. Lib. IV, cap. AR, p. 142.
Marion de Procé (D. W. P.), 1822. — Sur plusieurs espèces nouvelles de
Poissons et de Crustacés. Bull, des Sciences Soc. Philom. Paris, p. 130.
— Journ. Phys., t. XCV, p. 235.
Maxwell, 1921. — Pr. Journ. Roy. Asiatic, n° 84, p. 276.
Meek (A.) et Hildebrand (S. F.), 1923. — The marine fishes of Panama.
Field. Mus. Pub. Zool. Ser. Chicago, vol. XV, pt. III, pp. 826-827.
Melliss (J. C.), 1875. — A physical, historical and topographical description
of the island St. Heiena. London, Reeoe, p. 111.
Meyer, 1885. — Catalogo de los peces recolectados en el Archipelago de las
Indias orientales duranti los annos 1870-1873. Soc. Espan. Hist. Nat.
Madrid. Anales, vol. XIV, p. 46.
Mitciiill (S. L.), 1818. — Amer. Monlhly Mag., vol. II, p. 328.
Montrouzier (Le Père), 0000. —■ Cf. Thiollière.
Moreau (E.), 1881. — Histoire Naturelle des Poissons de la France. T. II,
pp. 83-85.
Muller (Johannes), 1843. — Beitrâge zur des Kenntniss natürlichen Familien
der Fische. Wiegm. Archiv. Naturgesch., vol. IX, p. 330.
Muller (J.) et Trosciiel, 1940. — Schomburgk, Hist. Garbados. P. 677.
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
335
Munro (I. S. R.), 1955. — Marine fresliwater flshes of Ceylon. P. 279.
Nystrom, 1887. — Soensk. Vet. Handl., p. 47.
Ogilby (J. D.), 1889. — The reptiles and iishcs of Lord Howe Island. Mem.
Austr. Mus., vol. II, p. 74, pi. III, flg. 5.
— 1912. — On some Queensland flshes. Mem. Queensland Mus, vol. 1(1), p. 62.
— 1913. — Ichthyological notes. Mem. Auslr. Mus., t. II, p. 92, n° 9.
Okada (Yaichiro), 1955. — Fishes of Japan. Tokyo, p. 266.
Osorio (Balthazar), 1893. — Estudos iclithyologicos acerca da fauna dos
dominios portuguezes in Africa. III. Peixes maritimos d’Angola. Journ.
Sc. Math. Phys. Nat. Acad. Lisboa (ser. 2), vol. X, p. 200.
Parona (C.), 1909. — A proposito del rinvenimento di un Ostracion triqueter L.
vielle acque del Porto de Genova.
Parra, 1787. —Descriptiones picz. Hist. Nat. Cuba, p. 31, pl. XVII.
Paterson (W.), 1786. — An account of a new electrical fish. In a letter from
Lieutenant W. Paterson to sir Joseph Banks. Bart. P. R. S. Phil. Trans.
London, vol. LXXVI, XIX, p. 382, pl. XIII.
Pellegrin (J.), 1898. — Contribution à l'étude ichthyologique des îles
Marianncs. Mus. Hist. Nat. Paris. Bull., vol. IV, p. 228.
— 1912. — Sur une collection de Poissons des Nouvelles Hébrides. Ibid.,
XVIII, p. 206.
Peters (W. C. H.), 1835. — Fisch. Mossambique. Arch. Nalurgesch., t. XXI,
pp. 275-278.
— 1876. — Ubersicht der von Hrn Prof. Dr. K. Môbius in Mauritius und
bei dcn Seychellen gesammelten Fische. Ausz. Monatsb. Kônigl. Akad.
W iss. Berlin, p. 446.
—1876. — Ueber sicht der wahrend der von 1874-1876 unter der Commando
des Hrn Capitân r. s., Freiherrn von Schleinit z aus geführten Reise S. M. S.
Gazelle. Fische. Monaischr. Akad. Wiss. Berlin, p. 852.
Pillot, 1831. — Œuvres de Lacépède, ed., 1831.
Plumier (l’abbé), 1693. — Poissons d’Amérique. Bibliothèque du Muséum
d’Histoire Naturelle de Paris, M S S.
Poey y Aloy (F.), 1868. — Synopsis piscium cubensium, pp. 433-442.
—1876. —Enumeratio. Ann. Lyc. New York, vol. XI, pp. 73-75.
Quoy et Gaimard, 1824. — Voyage autour du monde des corvettes l’Uranie
et la Physicienne (1817-1820) ; Zool., pt. II, Poissons, pp. 213, 203.
Rafinesque-Schmaltz (C. S.), 1810. — Indice d’ittiologia siciliana (Messina),
app. 8, p. 22.
Randall (J. E.), 1955. — Fishes of Gilbert Islands. Atoll research. Bul. n° 47,
Ac. Sc. Nat. Research Councl. Washington, pp. 234-235.
Ranzani (C.), 1839. — De novis speciebus piscium. Noo. Comment. Acad. Sc.
Inst. Bonon., t. III.
Reoan (Tate C.), 1908. — Report on the marine flshes collected by J. S. Gar-
diner in the Indian Océan Exp. of Sealark. Trans. Linn. Soc. London
(2 e ser.), t. XII, pt. III, pp. 251-253, pl. XXXI.
Regius, 1882. — Histoire naturelle des Vertébrés de Provence. Poissons et
Batraciens, pp. 109-110.
Renard, 1735. — Histoire des Poissons et Mollusques. I, tab. 25,28, 39 ; II,
tab. 6, 7, 8, 9, flg. 40, 10, 13, 17, 25, 27.
Richardson (Sir John), 1841. — Proc. Zool. Soc., pp. 21-27.
—1844. — Ichthyology, in Voyage of H. M. S. Sulphur under the command
of Cptn. Sir Edw. Beecher. Zoology, p. 125, pl. LVII.
— 1845. — Report on the ichthyology of the seas of China and Japan.
Rep. Brit. Ass. Ado. Sc., vol. XV, p. 318.
Source : MNHN, Paris
336
Y. LE DANOIS
— 1848. — Voyage of H. M. S. Samarang under the command of CptD.
Sir Edw. Belcheb. Zool. Fishes, pp. 19-20, tab. IX.
— 1849. — Descript. Australian fishes. Trans. Zool. Soc., III, pp. 158-165,
tab. 9-11.
— 1854. — Voyage of H. M. S. Herald under the command of Cptn. Kil-
LETT, p. 162.
Risso (L.), 1826. — Histoire naturelle des principales productions de l’Europe
méridionale. T. III, pp. 176-178.
Rochebrune (A. T. de), 1883. — Faune de Sénégambie. Poissons. Ad. Soc.
Linn. Bordeaux, 4» ser., t. VI, p. 154.
Roppel (E.), 1826. — Atlas zu der Reise iin nordlichen Afrika. Zool. Fische
des Rothen Meeres, pp. 3-5, 66, tab. 1.
Ruysch, 1718. — Tlieatrum animalium. T. I, p. 19.
— 1737. — Coll. nov. pisc. Amboina, p. 9, tab. 5, tab. 9, flg. 8.
SCHLEGEL (H.). - Cf. TEMMINCK et SCHLEGEL.
Schmeltz, 1869. — Mus. Gode/froy Catalogue, t. IV, pp. 27-28.
— 1874. — T. V, pp. 39-40.
— 1877. — T. VI, p. 18.
Schmidt (Johs), 1932. — Dana’s Togt Omkring Jorden, 1928-1930. (Moli-
dæ), pp. 368 et suiv. Copenhague.
Schneider (J. G.), 1801. — M. E. Blochii Systema Ichthyologiæ iconibus ex
illustratum. Post obitum auctoris opus inchoatum absolvit, correxit,
interpolavit L. Gottlob Schneider, pp. 498-501.
Seale (Alvin), 1900. — Report of a mission of to Guam. Part. II, Fishes. Ber-
nice. P. Bishop Mus. Occ. Papers, vol. I, n° 3, pp. 117-118.
— 1906. — P'ishes of the South Pacific. Ibid., vol. IV, n° 1, pp. 75-79.
Seba (A.), 1758. — Descriptions exactes des principales curiosités naturelles
du magnifique cabinet de A. Seba. T. III, pp. 60-62, pi. XXIV.
Shaw (G.), 1804. — General Zoology or Systematic Natural history. Fish.,
vol. V (2), pp. 428-430, 450, pl. CLXX-CLXXIII.
— 1798. — Nat. Miscell., vol. IX, tab. 338.
Smith (J. A.), 1838. — Illustr. Zool. South Afr. Pisccs, pl. XVII-XVIII.
— 1865. — Proc. Roy. Soc. Edinburgh, t. III, p. 268.
Smith (J. L. B.), 1948. — The sea fishes of Southern Africa, pp. 410-413,
420-422; pl. XCII, XCIV, XCVII.
— 1953. — App., p. 522, n° 1172a.
Smith (H. M.) et Swain (J.), 1882. — 17. S. Nal. Mus. Proc., vol. V, p. 140.
Snyder (J. O.), 1902-1904. — A catalogue of the shore fishes collected by the
steamer Albatross about the Hawaian Islands in 1902. U. S. Fish. Comm.
Bull., vol. XXII, p. 535.
Solander, 1790. — British Muséum of Natural History, MSS.
Steindachner (F.), 1901. — Fische aus dem stillen Océan. Ergebnisse einer
Reise nach dem Pacific (Schauirsland 1896-1897). Akad. Wiss. Wien.
Denk., vol. LXX, pp. 517-518.
— 1906. — Akad. Wiss. Wien. Sitz., vol. CXV, pt. I, p. 1414.
Storer (D. H.), 1839. — Boston Journ. Nal. Hisl., vol. I, p. 353.
— 1861. — Mem. Am. Soc., VIII, p. 429, pl. XXXV.
Strabon, 10 apr. J.-C. — Géographie. Lib. XVIII, 823.
Streets, 1877. — Bull. U. S. Nat. Mus., n° 7, p. 78.
Swainson (W.), 1839. — The natural history and classification of fishes,
amphibians and reptiles, or monocardian animais. Fish. II, pp. 323-328.
Tanaka (Shigeho), 1911-1919. — Figures and descriptions of the fishes of
Japan, including Riu Kiu Island, Bonin Islands, F'ormose, Kurile Islands,
Source : MNHN, Paris
POISSONS ORBICULATES OSTRACIONIFORMES
337
Korea and Southern Sakhalin. Vol. II, pl. IX, vol. VII, p. 119, pl. XXXI,
XXXII.
Temminck (C. J.) et Schlegel (H.), 1842-1850. — Pisces (in P. F. von Sie-
bold) Fauna japonica, sive descriptio animalium quæ in itinere per Japo-
niam suscepto annis 1823-1839, collegit. Vol. II, pp. 286, 296-299, tab. 130-
131.
Thiollière, 1836. — Partie ichthyologique revue et mise en ordre dans :
Essai sur la faune de l’ile de Woodlark, ou Moiou (Mélanésie) par le P. Mon-
trouzier, pp. 219-220.
Thompson, 1918. —Catalogue of Cape Fishes. Mar. Biol. Rep., vol. IV, p. 164.
Thunberg, 1790. — Vel. Acad. Nija. Hyndl., XI, p. 107, tab. 3.
Vaillant (L.), 1886. — Matériaux pour servir à l’histoire ichthyologique des
archipels de la Société et des Pomotous. Bull. Soc. Philom. Paris, 7 e sér.,
vol. Il, p. 52.
Vaillant (L.) et Sauvage (M. E.), 1875. — Note sur quelques espèces nou¬
velles de Poissons des îles Sandwich. Rev. Mag. Zool. (3), III, p. 286.
— 1881. — Nouv. Arch. Mus. Nal. Hisl. Paris, vol. IV, p. 286.
Valenciennes (A.), 1835. — Ichthyologie des Canaries ou Histoire Naturelle
des Poissons rapportées par P. B. Webb et S. Berthelot, p. 95.
Valentyn (F.), 1727. — Beschryving der Waterdieren ven Amboina eu der
gemeene en ongemecne Ambonische visschen. Pp. 353, 358, 386, 396, 408,
422, 425, 427, 451, 455, 461, 502.
Vehreaux (J.), 1847. — Bibliothèque du Muséum National d’Histoire Natu¬
relle de Paris, MSS.
Vinciguerra (D.), 1892. — Atti Soc. liai. Sc. Nal., XXXIV, p. 334.
Vis (C. W. de), 1883. — Fishes from South Sea Islands. Linn. Soc. New South
Wales Proc., vol. VIII, p. 457.
Volta (G. S.), 1796. — Ittiolit. Veronese, p. 172, pl. XLII, flg. 1, p. 272,
pl. LXV, 11g. 2.
Waite (E. R.), 1899. — Fishes of South Australia. Mem. Austr. Mus., IV,
p. 95, pl. XVII-XVIII.
— 1902. — Notes on some Australian fishes. Rec. Austr. Mus., IV, p. 190.
— 1905. — VI, p. 82.
Walbaum (J. J.), 1792. — Pt. III, Pétri Artedi Sueci Historia piscium, p. 595.
Willughby (F.) (Franciscus Willughbeius), 1686. — De historia piscium
libri quatuor, iussu et sumptibus Societatis Regiæ Londinensis editi.
Liber IV, sect. 3, pp. 148-157, tab. 1, 10-14, app. pp. 15-20, n°* 7-9.
— 1713. — Edit. Lister, app. p. 20.
Zigno (A. de), 1874. — Catal. ragionato Pèse, fossil. Mem. R. Inst. Venelo,
vol. XVIII, p. 159, pl. X, flg. 3.
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Introduction.207
Première partie : Etude ostéologique . 209
Chapitre I. — Remarques générales . 209
— II. — Ostéologie crânienne. 216
— III. — Remarques sur les caractères particuliers et les
caractères archaïques de l’ostéologie des Ostracio-
niformes . 250
Ouvrages cités et consultés. 254
Deuxième partie : Etude ostéologique et myologique de
l’Aracanide Molaracana aculeata (Houttuyn). 256
Chapitre I. — Remarques ostéologiques . . 258
— II. — Etude myologique. 261
— III. — Remarques sur les caractères particuliers de Mola¬
racana aculeata . 274
Troisième partie : Etude systématique . 277
Chapitre I. — Famille des Ostracionidæ (sensu stricto) . 278
— II. — Famille des Aracanidæ . 303
— III. — Famille des Canthigasteridæ . 315
— IV. — Larves et formes jeunes . 322
Index bibliographique . 328
Achevé d’imprimer le 16 Octobre 1960
Prinled in France. Le Directeur-Gérant : Prof. E. Séguy.
Pierre André, imp., 244 boulevard Raspail, Paris 14.
Dépôt légal : 1* trimestre 1961.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris