R 260 cd
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XX
FASCICULE 2
D. GUINOT-DUMORTIER
RÉVISION DES GENRES EUXANTHUS DANA
ET HYPOCOLPUS RATHBUN
(CRUST. DECAP. BRACH.)
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1960
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES III IIISKIII NATIONAL «HISTOIRE MT [RELIE
Série A. Zoologie. Tome XX, fascicule 2. — Pages 153 à 218
RÉVISION DES GENRES EUXANTHUS DANA
ET HYPOCOLPUS RATHBUN
(CRUST. DECAP. BRACH.)
Remarques sur les cavités sous-hépatiques et les coaptations
des Hypocolpus
par
Danièle GUINOT-DUMORTIER
SOMMAIRE
I. Introduction. 154
II. Remarques sur les cavités sous-hépatiques et les coaptations
des Hypocolpus . 157
III. Le genre Euxanthus Dana . 164
Tableau de détermination des Euxanthus . 167
E. sculptilis Dana . 167
E. exsculptus (Herbst) . 169
E. rugosus Miers . 173
E. herdmani Laurie. 175
E. macutatus Haswell . 177
IV. Le genre Hypocolpus Rathbun . 177
Tableau de détermination des Hypocolpus . 179
H. dioerticulatus (Strahl) . 180
Hypocolpus .. 184
H. granulatus (de Haan) . 187
H. per/ectus sp. nov. 190
H. rugosus rugosus (Henderson) . 195
H. rugosus stenocoelus ssp. nov. 198
H. punctatus (Miers) . 203
H. abolti (Rathbun) . 205
V. Distribution géographique . 208
VI. Résumé . 211
Vil. Bibliographie . 213
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XX. 11
154
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
I. — INTRODUCTION
C’est au cours de l’étude d’une petite collection de Décapodes Bra-
chyoures, récoltée à la fin du siècle dernier à l’Ile Mayotte, dans l’Archipel
des Comores, que nous avons eu à examiner un Xanthidé appartenant au
genre Hypocolpus Rathbun. La détermination de ce spécimen nous a
donné l'occasion de vérifier celle des autres Hypocolpus de la collection
du Muséum et de consulter la littérature relative à ce genre ; ceci nous a
rapidement amené à constater qu’une révision systématique s’imposait.
Le caractère apparemment artificiel de la distinction entre les genres
Hypocolpus Rathbun et Euxanlhus Dana nous a incité à étendre à ce
dernier genre l’essai de révision tenté ici.
Les Euxanlhus sont plus fréquemment cités dans la littérature
carcinologique que les Hypocolpus. En effet, si le genre Euxanlhus Dana,
1851, dont un assez grand nombre d’espèces ont été décrites, maintenant
en partie identifiées les unes aux autres, se répartit largement et abon¬
damment dans tout l'Indo-Pacifique, le genre Hypocolpus Rathbun,
1897 (= Hypocoelus Heller, 1861), strictement indo-pacifique lui aussi,
possède, semble-t-il, des espèces plus localisées, fort rares pour la plupart,
et mal connues.
Ces deux genres, caractérisés par la conformation du bord antéro¬
latéral et de la région antennaire, se distinguent seulement l’un de l’autre
par la présence, chez les Hypocolpus, d'une cavité située sur la face ven¬
trale, dans la zone sous-hépatique, et limitée antérieurement par la
première moitié, en forme de crête, du bord antéro-latéral de la carapace.
Le nombre des espèces décrites sous le nom générique A'Euxanlhus
s’élève à 13 (1). H. Balss (1938, p. 40), dans sa liste des espèces valides du
genre Euxanlhus, en cite 7, dont une douteuse : E. exsculplus (Herbst),
E. herdmanni (sic, = herdmani) Laurie, 1906 (? = punclalus A. Milne
Edwards), E. maculatus Haswell, 1882, E. minutus Edmondson, 1925,
E. punclalus A. Milne Edwards, 1865, E. ruyosus Miers, 1884, et E.
sculptilis Dana, 1852.
Les six autres espèces sont depuis longtemps tombées en synonymie,
ce sont : E. huonii (Jacquinot, 1852) [ =E. sculptilis Dana], et E. melissa
(Herbst, 1801), E. mamillatus (H. Milne-Edwards, 1834), E. nilidus
(1) On trouve mention, dans la liste des Crustacés de l'Afrique orientale donnée par
Hilgendorf (1869, p. 100), de deux espèces : • E. fragarius (Melissa , Strahl, mser. Mus.
Bcrol.) • et • Ë. cauipes (Mel., Strahl, mser.) ■ qui ne nous paraissent pas avoir été publiées
et qui seraient, selon une hypothèse de Nobili (1900, p. 238), la première Melissa mamiltaln
Strahl | = E. exsculplus (Herbst)), la seconde Leptodius cavipes (Dana).
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS 155
Dana, 1852 [toutes trois = E. exsculptus (Herbst, 1790)]. E. rugulosus
Heller, 1865 (1) est un synonyme de Lydia annulipes (H. Milne Edwards,
1834) et E. luberculosus Miers, 1884 (2), synonyme d ’Actaea calculosa.
(H. Milne Edwards, 1834.)
Des sept espèces citées par Balss, ne peuvent être retenues aujour¬
d’hui comme indiscutablement valides que les quatre suivantes : E. sculp-
tilis Dana, 1852, E. exsculptus (Herbst, 1790), E. rugosus Miers, 1884,
décrit à l'origine comme une variété d 'E. exsculptus, et E. herdmani
Laurie, 1906.
En effet, E. maculatus Haswell est une espèce douteuse : elle n’a, à
notre connaissance, jamais été revue depuis sa brève et insuffisante
description et ne peut être identifiée avec certitude à aucune autre espèce
du genre.
L'E. minutus décrit par Edmondson (1925, p. 46) du Pacifique tro¬
pical (Ile Wake) n’est pas un Euxanthus et nous sommes d’accord avec
C. H. Edmondson pour l’identifier à Cycloxanthops cavatus Rathbun (3).
En ce qui concerne le genre Hypocolpus, il comptait cinq espèces :
//. diverticulatus (Strahl, 1861) à très vaste répartition, H. granulatus
(de Haan, 1837) connu jusqu’à présent du Japon et du Siam seulement,
H. rugosus (Henderson, 1893) signalé deux fois du golfe de Manaar et
mis en synonymie par des auteurs récents avec l’un ou l’autre des précé¬
dents, et enfin deux espèces caractérisées respectivement par la présence
d’une et de deux crêtes au travers de la cavité sous-hépatique, et très
rares puisque récoltées une fois : H. punctalus (Miers, 1884) du Détroit
de Torrès, et deux fois : H. abotti (Rathbun, 1894) de file Aldabra.
L’examen des collections du Muséum d'Histoire naturelle nous a
permis de distinguer une espèce nouvelle : Hypocolpus perfectus sp. nov.
confondu par Balss (1934, p. 511) avec H. granulatus de Haan.
Nous décrivons une sous-espèce nouvelle, H. rugosus (Henderson)
(t) E. rugulosus Heller, 1865, p. 12, pl. 2, 11g. 2 ; Stebbing, 1910, p. 297. Cf. Odhner
1925, p. 85 ; Balss, 1938, p. 40 ; Barnard, 1950, p. 218.
(2) H. luberculosus Miers, 1884, p. 205, pl. 19, lig. A. Cf. Odhner, 1925, p. 52 ; Balss,
>938, p. 40 ; Sakai, 1939, p. 486.
(3) Nous extrayons d'une lettre du Dr. C. H. Edmondson (16 juillet 1957) le passage
suivant : • 1 ain als'o glad to make a statement regarding theform whieli 1 callcd Euxanthus
Minutus in 1925. 1 dcscribcd it lirsl frora a Wake Island spcciincn, doubtless a juvénile,
balss, in 1938, p. 10, without having scen the spécimen, considercd it a valid spceies.
La ter (1931 ) I described a erab from Maui (Hawaiian) under the name Megametope sulcalus.
l’his proved to be the saine species which I described from Wake Island. Balss (1938,
l‘. 43) considered M. sulcalus to be Cycloxanthops cavalus Hathbun (1907). 1 am inclined to
»gree with Balss thaï bolh E. minutus and M. sulcalus are C. cavalus Hathbun. » Après
examen d'un spécimen de cette espèce, fourni par le Dr. Edmondson, et provenant d’Oahu,
ainsi que du spécimen de Cydoxunlhops cavatus (dét. T. Odhner, coll. du Muséum) signalé
Par II. Bai.ss (1938, p. 43), nous pensons que la synonymie de Cycloxanthops cavatus
Rathbun, 1907 s'établit comme suit :
Cycloxanthops cavalus Rathbun, 1907, p. 41, pl. 5, lig. 8 : pl. 6, fig. 3, 3a : Tuamotu.
Euxanthus minutus Edmondson, 1925, p. 46, lig. 8, a-d ; pl. 3, B : Ile Wake.
Megametope sulcalus Edmondson, 1931, p. 11, pl. 4, A ; lig. 3, e,f : Ile Maui.
Cycloxanthops cavata, Ward, 1932, p. 244 : lie North West.
Cycloxanthops cavalus, Balss, 1938, pl. 43 : lies Gilbert.
H faut toutefois noter que l'appartenance de l’espèce cavatus Rathbun au genre Cy¬
cloxanthops Hathbun, 1897 (p. 164), nous paraît douteuse.
Source : MNHN, Paris
156
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
stenocoelus, d’après deux spécimens recueillis à l’Ile Maurice et figurant
parmi les indéterminés du British Muséum.
Pour toutes les espèces du genre Hypocolpus, nous qualifierons la
cavité de la face ventrale de «sous-hépatique» (Sakai, 1939, p. 457,
parle de «subhepatic area») et non de « ptérygostomienne » comme l’ont
fait la majorité des auteurs : en effet, elle est toujours située entre le
bord antéro-latéral et la ligne de suture qui sépare la zone sous-hépa¬
tique de la zone ptérygostomienne, cette ligne s’infléchissant lorsque le
bord inférieur de la cavité tend à se rapprocher de la base des chélipèdes
(H. diverticulatus : pl. II, fig. 8 ; H. per/edus : pi. II, fig. 7).
Notre étude des genres Euxanthus et Hypocolpus est principalement
basée sur les exemplaires conservés au Muséum. Compte tenu des recti¬
fications de détermination, la collection comprend des représentant de
trois des quatre espèces d’ Euxanthus connues et certainement valides,
à savoir : E. sculplilis Dana, E. exsculptus (Herbst), E. rugosus Miers.
Le Dr. I. Gordon a examiné pour nous le type d’ E. herdmani Laurie,
conservé au British Muséum, et nous en a fourni un dessin.
Le genre Hypocolpus est représenté dans les collections par H. granu-
latus (de Haan), par II. diverticulatus (Strahl), et maintenant par l'espèce
nouvelle, H. per/edus, que nous avons décrite d’après les deux spécimens
déterminés par Balss comme II. granulatus en 1934 (p. 511), l’un conservé
au Muséum d'Histoire naturelle, l’autre envoyé par le Dr. Engelhardt
du Musée de Munich ; un troisième spécimen, indéterminé de la collection
Decary, et provenant comme les précédents de Madagascar, nous a per¬
mis de vérifier la description d 'H. per/edus et de constater le total
développement de la cavité sous-hépatique chez un exemplaire juvénile
de cette espèce.
Un spécimen, déterminé par Nobili sous le nom d 'H. diverticulatus
et qui est, soit un individu anormal de cette espèce, soit une espèce
nouvelle, est décrit ici sous le nom d 'Hypocolpus sp.
Grâce à l’obligeance du Dr. I. Gordon, nous avons pu examiner plu¬
sieurs spécimens d’H. rugosus Henderson dont les syntypes, et aussi
deux spécimens indéterminés du British Muséum, types d 'H. rugosus
stenocoelus nov. ssp.
Le Dr. Panning a bien voulu nous confier l’exemplaire d’H. abotti
(Rathbun) signalé par Balss en 1934 et conservé au Musée de Hambourg,
ainsi que trois spécimens d'H. diverticulatus (Strahl). Nous avons égale¬
ment eu communication de deux spécimens de cette dernière espèce,
provenant de Nhatrang (Inst. Océanogr.).
La seule espèce du genre que nous n’ayons pas eue entre les mains est
II. pundatus (Miers), mais l’holotype et seul spécimen connu est conservé
au British Muséum, et le Dr. I. Gordon nous a fourni de cet exemplaire
des dessins accompagnés de renseignements qui nous permettent de le
redécrire.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
157
Le présent travail comporte pour chacun des deux genres Euxanthus
e t Hypocolpus un tableau de détermination et, pour chaque espèce, la
synonymie, la liste du matériel examiné, avec l’indication de l’endroit où
se trouvent déposés les types (1), une description (2) et les remarques
de taxonomie ou de nomenclature auxquelles elles ont donné lieu.
Nous donnons un dessin ou une photo de toutes les espèces que nous
avons eues en notre possession, et nous avons reproduit la figure originale
des deux espèces que nous n’avons pas pu examiner personnellement,
Euxanthus herdmani et Hypocolpus punctatus. Nous avons figuré le
premier pléopode des espèces dont nous possédions un exemplaire mâle,
ainsi que la cavité sous-hépatique de tous les Hypocolpus.
Nous exprimons nos remerciements à M. J. Forest, qui a bien voulu
nous guider pendant l’élaboration de ce travail ; au Dr. I. Gordon, du
British Muséum, pour l’aide très importante qu’elle nous a fournie.
Nos remerciements iront également au Dr. Panning, du Musée de Ham¬
bourg, au Dr. Engelhardt, du Musée de Munich, et au Dr. Serène, de
l’Institut Océanographique de Nhatrang, qui nous ont envoyé un précieux
matériel, au Dr. C. H. Edmondson, qui nous a permis de régler la
question de l’espèce décrite par lui sous le nom d 'Euxanthus minutas
et enfin à M. M. Gaillard, auteur des dessins qui illustrent ce travail.
II. — REMARQUES SUR LA CAVITÉ SOUS-HÉPATIQUE
ET LES COAPTATIONS DES HYPOCOLPUS
Les Hypocolpus offrent, à la face ventrale de la carapace, dans la région
sous-hépatique, deux cavités symétriques, à fond lisse et imperforé.
Cette cavité sous-hépatique, dont H. Milne Edwards (1834, p. 376)
remarque qu’elle représente une « disposition dont nous ne connaissons
pas d’autre exemple chez les Crustacés », étant donné la constance de sa
forme dans chaque espèce représentée par plusieurs spécimens et, en
même temps, les différences observées d’une espèce à l’autre, semble
constituer un caractère différentiel valable, suffisant même dans la plupart
des cas, pour procéder à une identification spécifique.
Nous avons cependant maintenu dans l’espèce H. rugosus (Henderson,
1893), les spécimens de Laurie, 1906, provenant de la région topotypique
(Golfe de Manaar), malgré une cavité sous-hépatique de taille un peu
différente et bordée postérieurement par une dépression assez étroite, plus
ou moins granuleuse (pl. II, fig. 14, pl. XII, fig. 69), et qui n’est repré¬
sentée que par un sillon chez le type (pl. II, fig. 13 ; pl. XII, fig. 67).
Cette diversité de forme de la cavité sous-hépatique dans le genre
(1) AI. P. désigne le Muséum d'Histoire naturelle de Paris, et B. M. le British Muséum.
_ (2) La nomenclature utilisée par la désignation des régions de la carapace est celle de
°ana (1852A, p. 20).
Source : MNHN, Paris
158
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Hypocolpus (pl. II) et l'existence d’espèces où elle est peu développée,
nous ont amené à revoir le genre Euxanthus, par définition dépourvu
de cavité. Or, une espèce, E. exsculplus (Herbst, 1790), présente une
région sous-hépatique d’aspect variable : il n’y a jamais de cavité à
proprement parler mais, chez de nombreux spécimens, une plage lisse,
quadrangulaire, de forme et de position fixes, plus ou moins plate et plus
ou moins apparente, limitée dans les cas extrêmes, soit par un bord
entier, soit par un bord antérolatéral où les dents tuberculiformes typiques
font place à de simples lobes (pl. II, fig. 10 ; pl. VIII, fig. 44-47).
La présence d’une plage lisse chez E. exsculplus n’est liée ni au sexe,
ni à la taille, ni à d’autres caractères morphologiques : elle représente
certainement l’homologue de la cavité du genre Hypocolpus. Cette
espèce est la seule du genre Euxanthus qui présente une fossette ventrale,
facultative : chez les autres espèces, la région sous-hépatique est plus ou
moins granuleuse et pubescente, jamais déprimée, et le bord antéro-
atéral n'est pas cristiforme dans sa moitié antérieure.
La présence fréquente d’une aire homologue de la cavité sous-hépa¬
tique des Hypocolpus chez un Euxanthus, lequel est d’ailleurs le plus large¬
ment répandu et le plus souvent cité, montre le caractère artificiel
de la coupure générique. Nous avons cependant maintenu le genre
Hypocolpus Rathbun, 1897, étant donné les complications de nomen¬
clature qu’entraînerait son rattachement au genre Euxanthus Dana,
1851. Il existe en particulier un Hypocolpus rugosus (Henderson, 1893)
et un Euxanthus rugosus Miers, 1884.
Un autre trait remarquable du genre Hypocolpus est l’existence de
coaptations. Les pattes ambulatoires sont courtes et comprimées laté¬
ralement, l'articulation mérus-carpe permet une flexion totale du carpe,
et le mérus est profondément excavé sur sa face inférieure : lorsque
l’appendice se replie, le carpe et le propode s’emboîtent dans la concavité
du mérus, et le dactyle s’ajuste exactement le long du bord inférieur de
l’ischion, l’ongle atteignant — ou presque — le sternite. Lorsque toutes le-
pattes sont repliées, les deux dernières se logent dans la très forte conca¬
vité du bord postéro-latéral ; elles s’accolent les unes aux autres, aux
chélipèdes et à la carapace, de façon si parfaite que l'ensemble forme une
surface continue.
Le dispositif le plus parfait est réalisé chez H. per/ectus (pl. XI,
fig. 60-63) dont les articles des pattes, larges, comprimés, s’emboîtent
entre eux, avec ceux des appendices adjacents et avec le bord de la cara¬
pace qui, très élargie, recouvre les deux premières paires.
Les chélipèdes qui, dans les deux sexes, sont égaux, présentent des
coaptations similaires : le mérus est comprimé latéralement ; le bord
supéro-interne du carpe, lorsque la pince se replie à la face inférieure de la
carapace, longe le bord antéro-latéral cristiforme, et l’ensemble propode-
dactyle s'applique contre le mérus et l’ischion, en recouvrant à la face
ventrale une zone garnie, dans toutes les espèces, d’une toison de poils
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
159
plumeux. Dans cette position, le chélipède est coapté avec la cavité sous-
hépatique, et ceci selon deux modes :
1. — La cavité est de grande taille, profonde et son grand axe est très
oblique par rapport à l’axe transversal de la carapace. Dans ce cas, la
pince traverse la cavité, en en cachant la partie postérieure, mais ne la
recouvre jamais totalement ; le bord supéro-interne du carpe et du pro-
pode se creuse en une large encoche qui élargit la partie visible de la
cavité (H. diverticulalus : pl. XI, fig. 64, 65 et H. perfedus : pl. XI,
fig. 62, 63).
2. — La cavité est plus petite, moins profonde et son grand axe est
parallèle à l’axe transversal, ou peu oblique par rapport à cet axe : dans
ce cas, le bord supéro-interne du carpe et du propode du chélipède
s’applique contre la face ventrale de la carapace, suivant exactement le
bord postérieur de la cavité. La région supérieure de ces articles présente
deux facettes formant entre elles un angle très ouvert, et perpendiculaires
au plan d’ouverture de la cavité, laquelle est entièrement laissée à
découvert ( H. granulatus : pl. IX, fig. 52, 53 ; H. rugosus : pl. XII,
fig. 66-68).
Chez H. rugosus slenocoelus, dont la cavité sous-hépatique propre¬
ment dite, lisse, très étroite et allongée, est bordée postérieurement par
une dépression granuleuse à peine moins large et moins profonde (pl. II,
fig. 15), le bord supérieur de la pince, conformé comme chez H. granulatus,
s’applique le long du bord plus ou moins irrégulier de la dépression
postérieure (pl. XII, fig. 70, 71). Rathbun (1894, p. 21) indique une
disposition analogue chez H. abotli, espèce caractérisée par l’existence de
deux crêtes parallèles au travers de la cavité qui, ainsi divisée en trois
compartiments (cf. Balss, 1934, p. 512), n’est jamais non plus recouverte
par les chélipèdes (pl. II, fig. 11 ; pl. X, fig. 58, 59).
U est à noter que, dans le genre Hypocolpus, chez le spécimen décrit
d’Obock sous le nom A'Hypocolpus sp. dont la cavité est très peu profonde,
la dépression du chélipède est corrélativement à peine marquée (pl. II,
fig- 9 ; pl. IV, fig. 25 ; pl. X, fig. 56, 57).
Chez les Euxanlhus exsculplus à fossette sous-hépatique et, en par¬
ticulier, dans le spécimen type d’E. punctatus A. Milne Edwards, 1865,
celle-ci est toujours laissée à découvert par les chélipèdes, mais on ne
peut réellement parler de coaptation, pas plus que chez les autres
Euxanlhus.
La fonction de la cavité sous-hépatique des Hypocolpus est malheu¬
reusement inconnue. Peu d’auteurs ont essayé de donner une explication
du rôle de cette formation énigmatique. Hilgendorf (1879, p. 789), à
l’occasion de la description A’Hypocoelus seul plus (= Hypocolpus diuer-
ticulatus) de la côte orientale d’Afrique, émet la supposition suivante :
« Der grosse runde Ausschnitt oben auf dem Grenzgebiet zwischen
Carpus und Hand scheint einen verlockenden Eingang zu der sonderbaren
Source : MNHN, Paris
160
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Seitenhôhle vorstellen zu sollen, die nach dem Einkriechen eines Thieres
leicht geschlossen werden kann. » Cette hypothèse, selon laquelle le
dispositif que constituent la pince et la cavité représenterait un piège pour
la capture de proies, ne peut être retenue. Klunzinger qui semble avoir
vu la même espèce vivante, réfute une autre hypothèse et écrit (1913,
p. 174) : «Die Grube findet sich bei beiden Geschlechtern in gleicher
Entwicklung, kann also kein Brutrauin sein. Ihre Oberflache ist glatt
unter der Lupe etwas kôrnig. In der Hinterecke zeigt sich eine vertiefte
Stelle, mit weicher Bchaarung. »
Etant donné que chez les Euxanthus il y a à la fois absence de cavité
sous-hépatique et de coaptation des appendices thoraciques, et que
d’autre part, les Hypocolpus présentent par contre des coaptations dont
la perfection est d’autant plus grande que les cavités sous-hépatiques
sont plus développées ou plus profondes, on peut supposer que les deux
caractères — coaptations et présence de la cavité — sont liés.
L'existence chez d’autres Décapodes d'adaptations portant sur les
régions para-ptérygostomiennes montre dans quelle direction doivent
porter les recherches. Le travail de H. Balss en 1944 sur la morphologie
des Décapodes nous fournit plusieurs cas de modifications morpholo¬
giques de ces régions, modifications qui seraient en rapport avec la
fonction respiratoire. Nous nous bornerons à citer ici quelques exemples,
sans tenir compte de la position systématique des espèces, qui, choisies
seulement en raison de leurs particularités anatomiques et physiologiques,
présentent plus ou moins nettement des dispositifs analogues à ceux
observés chez les Hypocolpus.
Le cas des Calappa nous montre une coaptation carapace-chélipèdes :
en position de repos, ceux-ci, et plus spécialement le propode, très élargi
et comprimé latéralement, s’appliquent étroitement contre la face
ventrale. L'eau respiratoire pénètre, de part et d’autre, par les crénelures
du bord supérieur du propode de la pince, et elle atteint l’orifice branchial,
situé en avant des pl, par 1’ « exostegal canal » (Garstang, 1897, p. 215).
Ce canal, limité par des poils plumeux, est ménagé entre le bord externe
de l’exopodite de mxp 3 , le rebord ptérygostomien et, au-dessus, la face
inférieure du propode (Balss, 1944, p. 549).
De même, chez Solenolambrus Stimpson ( Parlhenopidae d'Amérique),
les chélipèdes peuvent s’appliquer à la face ventrale de la carapace
et ainsi recouvrir la gouttière, creusée dans la région prétygostomienne,
qui conduit à l’orifice afférent («orifice de Milne Edwards». Balss,
loc. cit., p. 551). Un dispositif analogue se retrouve chez un genre voisin,
Mesorrhoea Stimpson.
Dans le genre Deckenia (Potamonidae de la côte orientale d’Afrique
et des Seychelles), il y a, de chaque côté du cadre buccal, un sillon large
et lisse qui s’étend de l’extrémité antérieure de l'épistome — et au voi¬
sinage de l’ouverture de la gouttière endostomienne qui constitue la
moitié dorsale du tube branchial efférent — jusqu'au niveau de la
deuxième dent antéro-latérale ; il se prolonge, à la face dorsale de la
carapace, en arrière du front et de l’orbite, par une zone également
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
161
déprimée (cf. A. Milne Edwards et Bouvier, 1893, pl. 8 ; Balss, 1944,
p. 552).
H. Balss (/oc. cil., p. 556, fig. 590) expose le mécanisme respiratoire
des Sesarma, crabes qui passent une partie de leur vie hors de l’eau ;
dans ce cas, l’analogie avec les Hypocolpus est là encore, comme chez
Deckenia, crabe d’eau douce, assez lointaine : seul est à rapprocher
de la cavité sous-hépatique des Hypocolpus, le sillon profond et étroit
qui prend naissance au débouché du canal efférent, à l’angle antéro-
externe de l’endostome, et qui longe le bord sous-orbitaire. La fonction
de cette gouttière semble être de recueillir l’eau efférente avant le rejet
de celle-ci, soit sur la face dorsale de la carapace, soit sur la zone réticulée
de tubercules et de soies géniculées qui s’étend ventralement sur toute la
région ptérygostomienne et sur les branchiostégites.
Cet essai d’un rapprochement entre l’appareil respiratoire de certains
Brachyoures et la cavité sous-hépatique du genre Hypocolpus, se révèle
peu satisfaisant ; d’autres exemples classiques d’adaptations respira¬
toires ne donnent pas non plus d'explication concluante. En effet, dans
tous ces cas, il n’y a pas une cavité close comme chez Hypocolpus : il
s’agit toujours d'un sillon, d’une gouttière — la pince peut concourir à
sa fermeture — qui communique, soit avec l’orifice afférent, soit avec le
canal efférent.
C'est surtout chez un autre Xanlhidae, dans le genre Carpoporus
Stimpson, 1871, connu par deux espèces seulement, et chez un Anomoure
de la famille des Lilhodidae, appartenant au genre LopholithodesBrandt,
1848 (= Echinocerus White, 1848. cf. Holmes, 1900, p. 127), que l’on
trouve des adaptations comparables à celles observées chez les Hypocolpus
Le genre Carpoporus Stimpson possède, comme les genres Euxanthus
et Hypocolpus, un bord antéro-latéral ne rejoignant pas l’angle orbitaire
externe, mais se prolongeant à la face inférieure jusqu’à l’angle antérieur
de la cavité buccale (cf. Rathbun, 1930, p. 235) ; la conformation de la
région antennaire est également voisine (cf. A. Milne Edwards, 1879,
p- 247). Mais Carpoporus se distingue par un front de forme différente,
par le grand écartement des orbites, la convexité et la lobulation de la
carapace, les pattes ambulatoires, etc...
De C. papulosus Stimpson, 1871, de la côte atlantique américaine
dont nous avons examiné un spécimen, M. Rathbun (1930, p. 269) écrit
dans sa diagnose (p. 270) : « Chelipeds with a large hole above between
carpus and manus». M. Rathbun suppose — comme auparavant Stimp¬
son — que cet orifice est un passage pour l’eau jusqu'aux ouvertures
branchiales afferentes et que les deux épines, « peglike », situées au milieu
de la face interne de la main, forment une sorte de filtre en avant de l’ou¬
verture branchiale. Balss (1944, p. 551) confirme : « Hier wird der Kanal
[aber] durch den Hinterrand des Propodus und den Vorderrand des
Carpus der Scherenfüsse gebildet und fiihrt zur Milne Edwardsschen
Offnung. » C. papulosus, s’il possède une excavation, d’ailleurs remarqua-
Source : MNHN, Paris
162
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
blement circulaire entre le carpe et la main, n’a pas de cavité sous-hépa¬
tique (cf. Rathbun, 1930 pl. 110, fig. 3-6 ; pl. 111).
C. orientalis Sakai (Sakai, 1935, p. 77 ; 1939, p. 458), connu seulement
du Japon, est ainsi décrit : « A deep semicircular dépréssion excavated at
the antero-lateral border behind the orbit ; the cheliped has also a
dépréssion on the inner dorsal side bctween the carpus and the propodus.
When the chelipeds are tightly retracted, these two dépréssions unité to
form an ovoid one aside the carapace, which can be observed entirely
from obliquely forward ». C. orientalis se rapproche donc davantage du
genre Hypocolpus ; toutefois, la cavité de la carapace semble là beaucoup
plus éloignée du cadre buccal, et se trouve située très près du bord antéro¬
latéral ou sur le bord antéro latéral lui-même (Sakai écrit « at the antero-
lateral border ». En vue dorsale de la caparace, la cavité est nettement
visible (cf. Sakai, 1935, pl. 7, fig. 3 ; 1939, pl. 60, fig. 5),ce qui n’est le
cas chez aucun Hypocolpus.
De plus, et ceci est valable aussi pour C. papulosus, l’excavation
de la pince n’est pas réalisée de la même manière que chez H. diverti-
culatus ou H. perfeclus. Chez Carpoporus, le bord supéro-interne ne
présente pas une zone déprimée entre le carpe et le propode, mais il
existe, à l’articulation, un véritable « trou » semi circulaire que Rathbun
(1930, p. 576) qualifie de « respiratory orifice».
A. Milne Edwards (1879, p. 247), dans la diagnose du genre Carpo¬
porus, fait allusion aux Lithodidae du genre Echinocercus (sic, = Echino-
cerus = Lopholilhodes), et en particulier à E. foraminatus Stimpson, 1859,
(= Lopholilhodes foraminatus) de Californie. Ce rapprochement d'un
Brachyoure et d’un Anomoure repose sur l’existence dans le genre Lopho-
lithodes de coaptations des pattes et, dans l’espèce foraminatus, d’un canal
ménagé entre les articles du chélipède et de la première patte ambula¬
toire. Il est remarquable que la description donnée par Faxon (1895,
p. 45) des coaptations des pattes dans le genre Echinocerus ( = Lopho-
lithodes) puisse convenir à celle d’un Hypocolpus, H. perfeclus ou H.
abotti, par exemple. Faxon écrit : « not only do ail the legs fold under
the body but their segments are so modified that in an attitude of
repose ail the opposed surfaces and edges are fitted together with admi¬
rable nicety, and the animal is boxed up as elïectually as a tortoise in
its shell. » Les pattes ambulatoires repliées s’imbriquent en effet d'une
façon qui rappelle celle des Hypocolpus. De plus (cf. Stimpson, 1859,
p. 79 ; A. Milne Edwards, 1879, p. 247 ; Faxon, 1895, p. 45), il y a chez
L. foraminatus un profond sinus sur la face externe du carpe, prolongé
par une excavation de la face postérieure du mérus du même appendice,
excavation fermée en avant par une crête de la face interne de l’ischion ;
un sinus correspondant, moins profond, existe sur la face interne du carpe
de la première paire de pattes ambulatoires (cf. Schmitt, 1921, p. 157,
fig. 102). Quand les pattes sont repliées, ces sinus forment, de chaque
côté du corps, un orifice circulaire qui donne accès au canal situé entre
les deux premières paires d'appendices, canal qui servirait, d’après les
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
163
auteurs, à amener l'eau vers les ouvertures branchiales : sans ce dispo¬
sitif, celles-ci seraient obturées parles appendices étroitement appliquées
à la face inférieure de l'animal. Bouvier écrit à ce sujet (1895, p. 185) :
« Les Echidnocères sont adaptés au même genre de vie que les Calappes
et protègent leurs appendices céphaliques en les recouvrant par une
sorte d’opercule que constituent les pinces et surtout un lobe interne
très développé du carpe. Chez E. joraminatus, cette adaptation spéciale
est poussée plus loin que dans les autres Echidnocères, aussi voit-on,
dans cette espèce, le bord postérieur du carpe des pattes antérieures
présenter une échancrure demi-cylindrique qui peut s'appliquer contre
une échancrure de même forme des pattes ambulatoires, et former avec
elles un canal vraisemblablement destiné au courant d’eau respiratoire».
Balss (1944, p. 546) reprend la même explication : « Wenn also die Beine
aneinandergelegt werden, so entsteht dadurch ein glattwandiger Kanal,
der nach déni Branchiostegiten hinführt und das Atemwasser einlâsst. »
En résumé : les Lopholithodes ont des pattes coaptées de telle façon
que l'animal contracté forme une masse compacte, sans aspérités ni
creux importants. Cette disposition des appendices ne permettrait pas
l'accès de l’eau respiratoire à l’orifice branchial afférent si les chélipèdes
ne présentaient un canal par lequel pénètre cette eau.
Une espèce de Carpoporus présente des coaptations du même ordre
des pattes et des chélipèdes et possède en plus une cavité dans la région
anléro-latérale de la carapace, cavité dont le rôle n’est pas connu.
Les Hypocolpus, enfin, ont des pattes thoraciques coaptées avec la
carapace comme chez Lopholithodes, et leurs chélipèdes présentent aussi
des adaptations qui sont directement en rapport avec la présence de
cavités sous-hépatiques.
Il semble que dans ces trois cas, le fait adaptatif principal soit la
coaptation des appendices qui permet au crustacé de se ramasser en
« boule » comme le font certains animaux terrestres : Tatou, Glomeris,
Armadillidium. Pour être parfaite, cette adaptation a dû être accompagnée
de l’acquisition de dispositifs tels que les « passages » ménagés dans les
appendices de Lopholithodes et Carpoporus. Peut-être les cavités sous-hépa¬
tiques des Hypocolpus jouent-elles un rôle dans la circulation de l’eau respi¬
ratoire ? Nous ne pouvons malheureusement pas pour l'instant déterminer
la nature de ce rôle : elles ne présentent aucun orifice interne, leur fond est
lisse et non poreux. Toute hypothèse serait pour l’instant hasardeuse
et quels que soient leur développement (en particulier dans le cas de
leur proximité de la « fente inspiratrice » chez les espèces H. diverticulatus
et //. perfectus) et leur forme, qu'elles soient entières ou divisées par des
crêtes, on ignore si elles sont fonctionnelles.
L’examen du comportement des Hypocolpus permettait sans doute
d’éclairer le problème, mais nos connaissances sur leur biologie sont
pratiquement inexistantes. On sait simplement, d’après les localités des
récoltes, qu’ils appartiennent surtout à la faune des Madrépores (cf. fig.
texte 4 et 5). Rathbun signale (1911, p. 215) H. diverticulatus sur les
Source : MNHN, Paris
164
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
récifs de Cargados Carajos ; Laurie (1906, p. 401) signale H. rugosus
sur les récifs coralligènes du golfe de Manaar, etc. Par contre, Sakai
(1939, p. 458), indique comme habitat A' H. haani Rathbun (= H. gra-
nulatus) des fonds vaseux ou sableux à 30-50 mètres de profondeur. A
propos d'un Euxanthus, E. melissa (= E. exsculptus), Ward (1932,
p. 243) observe : «The species occurs under living coral on the New-
Caledonian zone : occasional specimens are obtained in the lagoon zone
under the live corals. »
III. GENRE EUXANTHUS DANA
Euxanthus Dana, 1851, p. 125 ; 1852a, p. 75 (1) ; 18526, p. 173.
Melissa Strahl, 1861, pp. 101-103.
Euxanthus A. Milne Edwards, 1865, pp. 211, 289 ; 1873, p. 195.
Alcock, 1898, p. 109.
Euxanlhopsis Rathbun, 1897, p. 166.
Euxanthus Klunzinger, 1913, p. 171 [75].
Balss, 1938, p. 40.
Espèce-type : E. sculptilis Dana, 1852.
Diagnose
La carapace est large et convexe. Les régions sont délimitées en
lobules plus ou moins proéminents. Le front est proéminent et étroit
(environ 1/4 de la plus grande largeur de la carapace). Le bord antéro¬
latéral, long et divisé en dents tuberculiformes — certaines sont parfois
remplacées par des lobes peu saillants, — ne se termine pas à l’orbite mais
se prolonge à la face inférieure, sous l’angle exorbitaire, jusqu’à la partie
antérieure du cadre buccal. 11 n'y a pas de dent orbitaire externe, sauf
chez une espèce (E. sculptilis).
Les antennules sont repliées presque transversalement.
L’article basal de l’antenne est long et se loge entre le bourrelet formé
par le bord supra-orbitraire et la dent infra-orbitraire, d’ailleurs parfois
peu saillante. Son angle supéro-externe forme un prolongement qui
pénètre à l’intérieur du hiatus orbitaire et le remplit ; à son angle supéro-
interne est ménagée une petite dépression au fond de laquelle s’insère
le flagelle de l'antenne qui est petit et se trouve inclus dans le hiatus
orbitaire (pl. I, fig. 4). L’orbite n’est pas close, mais le segment basal
antennaire est, du côté interne, en contact avec le front qui vient en
(I) En 1852 a, Dana considère Euxanthus comme un sous-genre du genre Xantho
Leach. Nous transcrivons ici sa diagnose : • Articulas antennarum externarum linus orbital
fissurant internant ad summum imptens, caoitate in ejus apicis latere antico articulum pro-
ximum gerente. A largo anlero-laleralis sub orbitd anlice productus • (1852a, p. 75).
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
165
recouvrir le bord et, du côté externe, il se soude avec la paroi orbitaire
inférieure.
Le bord supra-orbitaire possède une seule ligne de suture, fermée et
peu distincte. Les orbites sont petites.
L’endostome est lisse et sans crêtes (Hyperolissa).
Les chélipèdes sont égaux dans les deux sexes. Les doigts sont très
légèrement excavés à leur extrémité.
L’abdomen mâle a cinq segments (les segments 3-4-5- sont fusionnés).
L’abdomen femelle est de sept articles.
Les pléopodes sont de type xanthidien banal (voir pl. VI); le pl2<$ est
court, à pièce apicale falciforme.
Remarques
En 1861, Strahl avait proposé, en remplacement d 'Euxanihus, le
nom générique de Melissa, choisi en raison de l’existence d’un Cancer
métissa décrit par Herbst en 1801. En 1897 (p. 166), M. Rathbun avait
proposé Euxanthopsis pour Euxanihus Dana, 1851 et Métissa Strahl,
1861, étant donné l’existence d'Euxanlhe Hübner, 1816 (Lepidoptera)
et de Melissa Smith, 1854 (Hymenoptera) : aucun auteur n’a adopté ce
nouveau nom.
Le genre Euxanthus est un genre indo-pacifique (fig. texte 4) ; il
groupe actuellement cinq espèces dont une fort douteuse (E. maculatus
Haswell, 1882, voir p. 177). Il se distingue parla conformation du bord
antéro-Iatéral et de la région antennaire. Les remarques qui vont suivre
sont aussi en grande partie valables pour les Hypocolpus qui ne diffèrent
des Euxanthus que par la présence de cavités sous-hépatiques.
Le bord antéro-Iatéral n’aboutit pas à l’orbite mais se prolonge à la
face ventrale jusqu’aux angles de la cavité buccale : c’est aussi le cas
des genres Medaeus Dana, 1851, Carpoporus Stimpson, 1871, Lipaes-
thesius Rathbun, 1898, Halimede de Haan, 1835.
Ortmann (1893, p. 429) base sa classification des Xanthini, en parti¬
culier sur la disposition de la région antennaire : il place le genre Euxan¬
thus parmi les Xanlhidae, dans la sous-famille des Carpilinae qu’il carac¬
térise ainsi ; « Innere Orbitaspalte offen, Basalglied der âussern Antennen
in die Orbitasplate eindringend, frei Glieder nicht von der Orbita ge-
trennt. » C’est le cas des Euxanthus (pl. I, fig. 4) et des Hypocolpus
(pi. I, fig. 5 et 6) ; cependant les Carpilius sont bien différents : en effet,
l’article basal antennaire n’atteint pas l'angle supéro-interne de l’avancée
sous-orbitaire, et ce sont seulement les articles suivants et le flagelle,
très court, qui se prolongent à l’intérieur du hiatus orbitaire ; il n’y a pas
de cavité ménagée à l’angle supéro-interne du segment basal de l'antenne
pour l’insertion de la tigelle mobile (pl. I, fig. 1). Mais chez d’autres
Carpilinae, comme Phymodius, on peut retrouver une disposition analogue
à celle d'Euxanthus, avec un article basal s’avançant jusqu’au niveau de
la dent infra-orbitaire et une petite cavité pour l’insertion du flagelle.
Alcock (1898, p. 77) isole, parmi les Xanlhidae et la sous-famille des
Source : MNHN, Paris
166
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Xanlhinae, les deux genres Euxanthus et Hypocoelus ( = Hypocolpus)
dans l'alliance Euxanthoidea.
Klunzinger (1913, p. 170) rapproche le genre Euxanthus des Eti-
sinae, comme l’avait d’ailleurs déjà fait A. Milne Edwards (1865,
p. 289). En effet, si les espèces du genre Etisus tel que l’a défini Ortmann
(1893, p. 470), ont des orbites closes par accotement des bords infra et
supra orbitaires et, par suite, possèdent un article basal antennaire ne se
prolongeant pas à l’intérieur du hiatus orbitaire — c’est toute l’antenne
qui est alors exclue du hiatus (pl. 1, fig. 2) —, les espèces du genre Etisodes
possèdent, selon la diagnose d’ORTMANN, des orbites closes par la soudure
de l'article basal antennaire, d’une part avec le rebord sous-frontal,
d’autre part avec la paroi orbitaire, et montrent un prolongement du
segment basal à l’intérieur du hiatus orbitaire, ainsi qu’une dépression
pour l’insertion du flagelle (pl. I, fig. 3). Mais, à l’inverse du genre Euxan¬
thus (et plus généralement des Carpilinae), le genre Etisodes (et les
Etisinae) présente une tigelle mobile, longue, exclue de l’orbite.
G. Bohn, dans un travail sur la respiration des Décapodes, traitant
des conséquences morphologiques et phylogéniques (1901, p. 210) qu’en¬
traînent les adaptations respiratoires chez les Xanthidae, rapproche
E. mamillatus A. Milne Edwards (= E. exsculptus) ainsi qu’ Hypocoelus
granulalus (= Hypocolpus granulalus) de Hann, de plusieurs espèces
d ’Actaea qu’il a examinées : selon cet auteur, ces diverses espèces sont
affines et se caractérisent par un front rabattu en avant de manière à
recouvrir plus ou moins l’angle supéro-interne de l’article basilaire de
l'antenne et à s’y souder (toc. cil., p. 289, fig. 176 H et E). Bohn reconnaît
en outre un caractère primitif à E. mamillatus (E. exsculptus) en raison de
la présence chez cette espèce des traits distinctifs cités ci-dessus et du
développement d’un « pseudo-lobe portunien » au sommet des lacini
des maxillipèdes antérieurs (toc. cil., p. 290).
En réalité, aucun genre de Xanthidae ne semble être très proche des
Euxanthus et des Hypocolpus ; la constance, à l’intérieur des deux genres,
de plusieurs caractères importants leur confère une grande homogénéité:
ce sont la lobulation particulière de la carapace, la conformation de la
région antennaire, du bord antéro-latéral, du maxillipède externe, du
premier pléopode mâle dont l’organisation est la môme chez toutes les
espèces (au nombre de soies distales près) et enfin l’égalité, dans les deux
sexes, des chélipèdes, ce qui est un cas relativement peu fréquent chez
les Brachyoures, et plus précisément chez les Xanthidae. Les deux genres
Euxanthus et Hypocolpus dont la séparation est, en fait, artificielle
puisqu’elle repose uniquement sur la présence, chez le second, de deux
cavités ventrales sous-hépatiques, paraissent occuper une place à part
et doivent former une section des Xanthidae qui correspondrait à l’alliance
des Euxanthoidea d’ALCOCK.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
167
TABLEAU DE DETERMINATION DU GENRE EUXANTHUS
1. Une dent orbitaire. Six dents antéro-latérales E. sculptilis, p. 167
— Pas de dent orbitaire externe. Moins de six dents antéro-latérales. 2
2. Quatre dents antéro-latérales.E. herdmani, p. 175
— Cinq dents antéro-latérales, les trois premières parfois peu dis¬
tinctes . 3
3. Toujours cinq dents antéro-latérales tuberculiformes. Face dor¬
sale rugueuse. E. rugosus, p. 173.
-— Les trois premières dents antéro-latérales plus ou moins déprimées,
parfois fusionnées en un lobe unique (forme punctatus). Face
dorsale lisse. E.exsculptus (1), p. 169.
Euxanthus sculptilis Dana
(PI. VI, fig. 39 ; pl. IX, fig. 49)
Euxanthus sculptilis Dana, 1852a, p. 75 ; 18526, p. 173, pl.8, fig. 8 a-d :
Iles Fidji et Tongatabu. — Type : Smithsonian Inst., Washington.
Cancer huonii, Jacquinot, 1852, pl. 4, fig. 1; Jacquinot et Lucas, 1853,
p. 16 : Détroit de Torrès.
Métissa sculptilis, Strahl, 1861, p. 101.
Euxanthus sculptilis, A. Milne Edwards, 1865, p. 291 : Iles Fidji et
Tongatabu.
Euxanthus huonii, A. Milne Edwards, 1865, p. 290, pl. 15, fig. 1-lc :
Détroit de Torrès.
Euxanthus sculptilis, Hilgendorf, 1869, p. 106 : Mer Rouge.
Euxanthus huonii, Haswell, 18826, p. 47 : Queensland (Cap Grenville) ;
Miers, 1884, pp. 182, 204 : Côte N. et N.-E. de l'Australie.
Euxanthus sculptilis, Miers, 1884, p. 182 : N.-E. de l’Australie, Iles
Fidji, Iles Philippines.
Euxanthus huonii, de Man, 1888, p. 263 : Ile Amboine.
Euxanthus sculptilis, Ortmann, 1893, p. 466 : Samoa ; Alcock, 1898,
p. 111 : Golfe Persique, Iles Andaman, Samoa.
Euxanthus huonii, Lanchester, 1900, p. 735 : Singapour.
Euxanthus sculptilis, Klunzinger, 1913, p. 171 [75] : Mer Rouge ; Laune,
1915, p. 413 : Mer Rouge, Indes; Boone, 1934, p. 107, pl. 57 : Tahiti ;
Gordon, 1934, p. 28 : Moluques (Banda Neira) ; Stephensen, 1945,
p. 148 : Golfe Persique (d’après Alcock).
Matériel examiné.
Détroit de Torrès, Hombron et Jacquinot coll., Type de Cancer huonii
Jacquinot : 1 <? 50 x 34 mm (M.P.).
Ile Poulo Condor, Germain coll., sous le nom d Euxanthus huonii :
1 <J 52 x 36 mm (M.P.).
se caractériserait, comme la forme puncta!us, par un bord anté r°; lu ;^
•nolti: antérieure, et se rapprocherait ainsi d 'h. exscutptus dont “ se ^
danl par sa carapace rugueuse (voir p. 177) : il est possible qu E. maculatus soit un h.
exscutptus juv.
Source : MNHN, Paris
168
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Vanikoro, François coll., A. Milne Edwards dét. sous le nom d’Euxan-
Ihus mamillalus : 1 9 40 x 28 mm (M.P.).
Nouvelle-Calédonie, Beaudoin coll., sous le nom d’E. sculptilis
1 9 63 x 41 mm (M.P.).
Sumatra, Beaudoin coll. : 1 3 38 x 25 mm (M.P.).
Diagnose.
Rapport largeur-longueur variant entre 1,40 et 1,55. Carapace
rétrécie en avant et fortement bombée. Régions rugueuses, irrégulièrement
sillonnées et striées de crêtes granuleuses, et paraissant subdivisées: la
région 5L semble ainsi formée de 3 lobules (pl. IX, fig. 49).
Front étroit et convexe. Une petite dent orbitaire externe.
Bord antéro-latéral très long et armé de 6 dents émoussées, sub¬
pyramidales, saillantes, la première légèrement en arrière, réduite et un
peu éloignée de la suivante, les autres subégales, régulièrement espacées
et séparées par des granules.
Régions hépatique et ptérygostomienne non déprimées, granuleuses
et pubescentes.
Carpe des chélipèdes bosselé et granuleux, la plus forte bosse subdistale,
la proximale à peine saillante en dehors. Main armée de nodules granuleux
et de crêtes ; sur la moitié inférieure, trois côtes longitudinales fortement
granuleuses. Doigt granuleux.
Pattes ambulatoires avec le carpe et le propode dentés sur leurs
bords, granuleux et munis de crêtes tuberculiformes entre des sillons
lisses.
Pl 1 mâle portant le long de son bord interne jusque dans la région
subdistale de nombreuses soies spiniformes et sur le bord de l’ouverture
antérieure, ventralement, trois soies dont deux assez longues (pl. VI,
fig. 39).
Répartition géographique
Indo-Pacifique, depuis la Mer Rouge et le Golfe Persique jusqu’à
Tahiti. N'est signalé ni du sud-ouest de l’Océan Indien, ni du Japon.
Remarques
Le Dr. I. Gordon remarque au sujet d’un E. sculptilis provenant
des Moluques (1934, p. 28) : « There is still some différence of opinion
as to whether or not E. huonii Lucas is a synonym of E. sculptilis Dana.
The two forms are very similar and such différences as are mentionned
by e. g. Lanchester are sliglit. A re-examination of the types of both
species (if they are still available) is désirable. »
Nous avons examiné le type de Cancer huonii Jacquinot : il nous parait
certain qu’il appartient à la même espèce que VE. sculptilis décrit par
Dana.
Sur les trois grands mâles examinés, deux — dont le type d’E. huonii
— ont la coloration du doigt du chélipède s’étendant sur les deux tiers de la
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS 169
main ; chez le troisième, le plus petit (Sumatra), tout comme chez les
deux femelles, la pigmentation est limitée au doigt.
Dans les cinq spécimens, la concavité du bord postéro-latéral ne pré¬
sente pas de variation.
E. sculptilis se distingue immédiatement des E. exsculptus et E. rugosus
par l’aspect du contour de la carapace : le bord antéro-latéral est armé de
six dents. La dent supplémentaire s’intercale entre celles qui corres¬
pondent aux deux postérieures des espèces précitées. Les trois dents
postérieures de chaque bord antéro-latéral sont placées sur deux lignes
parallèles chez E. sculptilis, alors que, dans les deux autres espèces, la
carapace est nettement plus large au niveau de l’avant-dernière dent.
En outre, E. sculptilis présente une dent tuberculiforme sur le bord
externe de l’orbite, bord qui, dans les autres espèces, est uniformément
granuleux.
Enfin, la bosse proximale du carpe des chélipèdes est moins saillante
que la bosse distale : c’est l’inverse que l’on observe chez les autres
Euxanthus.
Euxanthus exsculptus (Herbst)
(PI. I, fig. 4 ; pl. II, fig. 10 ; pl. VI, fig. 36, 37 ; pl. VIII, fig. 42-47)
Cancer exsculptus Herbst, 1790, p. 265, pl. 21, fig. 121 : localité inconnue.
— Type : Musée de Berlin, d’après Strahl, 1861.
nec Cancer exsculptus, Savigny, 1809, pl. 6, fig. 3, 1-4 ; Audouin, 1827,
p. 268 = Cancer sculplus H. Milne Edwards, 1834, p. 376 = Hypocol-
pus diverticulatus (Strahl, 1861).
Cancer melissa Herbst, 1801, p. 7, pl. 51, fig. 1 : localité inconnue (1).
Cancer mamillatus H. Milne Edwards, 1834, p. 376 : « Australasie ».
Atergatis melissa, White, 1847, p. 14 : Iles Philippines.
Euxanthus nitidus Dana, 1852a, p. 75 ; 18526, p. 174, pl. 8, fig. 9, 9 a-b :
Iles Fidji et Tongatabu.
Euxanthus melissa, Stimpson, 1858, p. 33 [31] : Détroit de Gaspar.
Melissa mamillata, Strahl, 1861, p. 103.
Melissa nitida, Strahl, 1861, p. 103.
Euxanthus melissa, A. Milne Edwards, 1865, p. 293, : Iles Fidji et Tonga¬
tabu.
Euxanthus punclalus A. Milne Edwards, 1865, p. 294, pl. 16, fig. 6 : « Les
Indes Orientales. »
Euxanthus mamillatus, A. Milne Edwards, 1865, p. 292, pl. 15, fig. 2,
a-b ; Australie, Ile Poulo-Condor ; 1873, p. 196 : Nouvelle Calédonie.
Cancer exsculptus, Hoffmann, 1874, p. 38 : Ile Maurice.
Euxanthus melissa, Targioni Tozzetti, 1879, p. 27, pl. 3, fig. 1-7.
Euxanthus mamillatus, Haswell, 18826, p. 48 : Australie ; de Man, 1887-
1888, p. 30 : Archipel de Mergui.
(1) D'après Boone, 1931, Je type de Cancer métissa est déposé au Musée de Berlin.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XX. 12
Source : MNHN, Paris
170
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Euxanthus melissa, Müller, 1887, p. 474 : Ceylan (Trincomali) ; Henderson
1893, p. 359 : Golfe de Manaar (Tuticorin) ; Ortmann, 1893, p. 466,
pl. 17, fig. 9 : « Sudsee » ; Alcock, 1898, p. 110 : Iles Andaman, Archipel
de Mergui, Ceylan, Iles Samoa ; Borradaile, 1900, p. 586 : Rotuma.
Euxanthus exsculptus var. rugosus, Nobili, 1907 ( nec Miers, 1884), p. 389 :
Rikitea.
Euxanthus melissa, Stimpson, 1907, p. 48, pl. 6, fig. 2 : Ile Gaspar.
Euxanthopsis exsculpta, Rathbun in Stimpson 1907, p. 48, note.
Euxanthus melissa, Urita, 1926, p. 13 : Ile Oshumi ; de Man, 1929, p. 3 :
Ile Pulau Berhala.
Euxanthus exsculptus, Ward, 1932, p. 243 : Iles du Capricorne (Ile
North West).
Euxanthus melissa, Boone, 1934, p. 104, pl. 56 : Bali.
Euxanthus exsculptus, Miyaké, 1936, p. 508 : Iles Liu-Kiu ; Balss, 1938,
p. 41 : Iles Gilbert, Fidji et Marshall ; Miyaké, 1939, p. 209; Sakai, 1939,
p. 451 : Japon.
Euxanthus punctatus, Ward, 1941, p. 2 : Iles Philippines (Golfe de
Davao).
Euxanthus exsculptus, Tweedie, 1950a, p. 89 : Ile Aor ; 19506, p. 115,
fig. 2, a : Iles Cocos-Keeling.
Matériel examiné :
Ile Poulo Condor, Germain coll., sous le nom à'E. mamillatus : 1 9
58 x 38 mm, 1 9 68 x 44 mm (M. P.).
Nhatrang, Inst. Océanogr. Nhatrang coll. : 1 £ 41 x 27 mm, 1 9
51 x 34 mm.
Australie, sous le nom d'E. mamillatus : 1 9 46 x 30 mm, 1 9
27 x 18 mm, 1 «J 56 x 36 mm (M.P.). :
Nouvelle-Calédonie, Beaudouin coll., sous le nom d’E. mamillatus
1 <? 61 x 38 mm, 1 (J 55 x 35 mm (M.P.).
Nouvelle-Calédonie : 1 9 33 X 21 mm (M.P.).
Philippines (Iles Catanduanes), Marche coll. : 1 <? 58 X 37 mm
(M.P.).
Samoa (Upolu), A. Milne Edwards coll., sous le nom d’E. melissa :
1 9 26 x 17 mm (M.P.).
« Mer des Indes », Type d’ Euxanthus punctatus A. Milne Edwards, 1865
1 <? 40 x25 mm (M.P.).
Rikitea, Seurat coll., Nobili dét. E. exsculptus var. rugosus : 1 9 29 X
18 mm (M.P.).
Diagnose
Carapace large (rapport largeur-longueur variant de 1,50 à 1,60)
et de convexité variable. Lobules nettement délimités, formant des
bosses saillantes et lisses. 5 L divisé en deux lobules dont l’externe est
très proéminent (pl. VIII, fig. 42, 44,46).
Front peu saillant. Pas de dent orbitaire externe.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
171
Bord antéro-latéral découpé en cinq dents principales : la première,
forte, conique, la deuxième en forme de lobe, la troisième obtuse, les deux
postérieures plus espacées, tuberculiformes, séparées par une, deux ou
trois dents plus petites, quelquefois obsolètes.
Carpe des chélipèdes lisse, saillant en deux bosses : une à l’articulation
avec la main, l'autre proximale, proéminente en dehors. Face externe de
la main non granuleuse à l’œil nu, avec des crêtes obtuses sur la moitié
supérieure et deux côtes longitudinales sur la moitié inférieure. Doigts
lisses.
Pattes ambulatoires avec des bosselures et des crêtes lisses.
PI 1 <J (pl. VI, fig. 36, 37 ; cf. Tweedie, 1950Ô, p. 116, fig. 2, a) armé
sur le bord interne de soies spiniformes assez longues, ne remontant pas
jusqu’à l’extrémité subdistale. Bord ventral de l'ouverture antérieure
avec une seule et longue soie.
Répartition géographique
Indo-Pacifique depuis le Golfe du Bengale, Ceylan, jusqu'à l’archipel
des Tuamotu (Iles Gambier). Japon, Australie ? Ile Maurice.
Remarques
L’espèce dont il est question ici a été pendant longtemps désignée
sous les noms spécifiques de melissa Herbst, 1801, de mamillatus H. Milne
Edwards, 1834, ou, plus tard, de nitidus Dana, 1852. Mais en 1861,
Strahl avait examiné le type du Cancer exsculptus dont Herbst avait,
en 1790, figuré la carapace ; ce nom était utilisé, depuis Savigny, pour
désigner une espèce, à cavité sous-hépatique, décrite par H. Milne
Edwards en 1834 sous le nom de Cancer sculptus. Or Strahl avait
constaté que le type de Herbst ne présentait pas une région « ptérygos-
tomienne » excavée et que, par conséquent le Cancer exsculptus de Savigny
n’était pas identifiable à celui de Herbst. Il proposait alors (1861, p. 103)
pour l’espèce à cavité « ptérygostomienne », le nom de Melissa diverti-
culala (Cancer sculptus H. Milne Edwards), le nom générique de Melissa
s’appliquant aussi bien aux espèces possédant une cavité — en réalité,
Strahl à cette date n’en connaissait qu'une, Melissa diverticulata —
qu’aux espèces typiques d 'Euxanthus Dana, dépourvues de cavité sous-
hépatique. Toutefois, Strahl envisageait la création d’un genre pour les
espèces à cavité sous-hépatique. En outre, il ne reprenait pas le nom
spécifique exsculptus mais le mettait en synonymie, ainsi que celui de
melissa, avec nitidus Dana, 1852, et considérait le Cancer mamillatus
H. Milne Edwards comme une autre espèce du genre Melissa.
A. Milne Edwards, en 1865, tout en décrivant séparément E. melissa
et E. mamillatus (= E. nitidus) écrivait (1865, p. 294, note) : «Je suis
disposé à regarder E. Melissa, Mamillatus et Nitidus comme des variétés
d’une seule et même espèce. Aussi, ai-je disposé le tableau [de détermi¬
nation] de façon à séparer de ces derniers les types qui, selon mon opinion,
sont spécifiques». La synonymie de ces trois espèces est actuellement
admise par tous les auteurs.
Source : MNHN, Paris
172
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Depuis que M. Rathbun a, en 1907, mis Euxanthus melissa en syno¬
nymie avec Euxanlhopsis exsculpta, la plupart des carcinologistes ont
utilisé ce nom spécifique, sans toutefois adopter le nouveau nom de
genre proposé.
Stebbing (1924, p. 2) attribue à tort le nom de exsculptus Herbst à
Hypocolpus divcrticulatus.
A. Milne Edwards avait, en 1865, séparé du groupe melissa-nitidus-
mamillalus, l’espèce punctatus caractérisée par « la voussure moindre de la
carapace et la découpure des bords latéro-antérieurs » (1865, p. 294).
Ward (1941, p. 2), dans sa liste des espèces du Golfe de Davao, cite
E. punctatus. Un spécimen de Nobili, décrit sous le nom d ’E. exsculptus
var. rugosus (1907, p. 389), nous avait paru se rattacher davantage à
E. punctatus qu’à un E. exsculptus typique, sa carapace absolument lisse
ne l’apparentant en aucune façon à E. rugosus Miers.
Le type d'A. Milne Edwards, un mâle (pl. VIII, fig. 46, 47), et
l’exemplaire de Nobili, une femelle (pl. VIII, lig. 44, 45), conservés au
Muséum d’Histoire naturelle, se distinguent par une carapace très large
(rapport largeur-longueur un peu supérieur à 1,60) et plate bien que
fortement lobulée, et par la présence, sur la première moitié du bord
antéro-latéral, d’une crête, rectiligne chez le type, très indistinctement
divisée en deux lobes chez le spécimen de Nobili, et suivie de deux dents
tuberculiformes. La région sous-hépatique est, dans ces deux spécimens,
déprimée en une 'plage lisse et brillante quadrangulaire, un peu creusée
et limitée antérieurement par le rebord de la crête antéro-latérale. Cette
dépression, visible sur le dessin donné par A. Milne Edwards (1865,
pl. 16, fig. 6) et qui n’a jamais donné lieu à commentaires, semble homo¬
logue de la cavité sous-hépatique, en général profonde, caractéristique
du genre Hypocolpus, dont le bord antérieur se confond avec la portion
cristiforme du bord antéro-latéral.
Les auteurs n’ont pas signalé de semblable dépression chez E.
exsculptus. Or, à l’examen de douze spécimens de cette espèce, mâles et
femelles, de taille et de provenances variées, nous avons observé tous les
passages entre une plage un peu creusée et limitée en avant par un rebord
cristiforme, comme dans le type d ’E. punctatus, et une facette lisse, plate
et limitée antérieurement par le bord antéro-latéral non cristiforme et à
dents bien marquées. Dans un seul spécimen, un mâle de grande taille, il
n’y a pas trace de facette sous-hépatique.
Le Dr. I. Gordon, qui a bien voulu examiner et figurer la face ventrale
de quelques E. exsculptus du Bristish Muséum, nous écrit : « Then is
considérable variation of subhepatic région ainongst our « Euxanthus
melissa » specimens »; une femelle de Ceylan montre « a polished area »,
et deux spécimens des Iles Andaman présentent aussi une zone polie,
surtout nette chez le mâle où « there is just a faint suspicion of a hollow ».
Si cette dépression sous-hépatique est facultative autant que variable,
elle paraît fréquente et n’est liée ni au sexe ni à la taille ni à la localité.
Quant aux caractères de la largeur et de la voussure de la carapace,
ils sont également variables et en définitive toutes les combinaisons sont
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
173
réalisées entre les caractères : rapport largeur-longueur, convexité de la
carapace, présence d’un méplat sous-hépatique plus ou moins accusé,
développement des premières dents antéro-latérales en tubercules ou
d’une crête. Le pl 1 <? du type d 'E. punclaius (pl. VI, fig. 36) est identique
à celui d ’E. exsculptus (pl. VI, fig. 37, cf. Tweedie 19506, p. 116, fig. 2a)
auquel nous l’avons comparé.
Balss (1938, p. 40), dans sa liste des espèces valides indo-pacifiques
d'Euxanthus, pense à un rattachement possible d ’E. herdmani Laurie,
1906 à E. pundatus. Cette hypothèse ne peut être maintenue : le Dr.
I. Gordon, qui a comparé l’exemplaire de Nobili, forme pundatus, dont
il est question plus haut, au type d ’E. herdmani, a constaté qu’ils appar¬
tiennent à des espèces distinctes. En réalité. E. pundatus nous semble
devoir se rattacher à E. exsculptus dont il représente une variation
extrême.
Il est à noter que chez aucun des E. sculptilis ou E. rugosus que nous
avons examinés, n’est présente de facette sous-hépatique : dans ces
deux espèces, la région sous-hépatique est granuleuse et pubescente.
Les femelles d’JS. exsculptus sont plus bombées et moins larges que les
mâles (cf. A. Milne Edwards, 1865, p. 292) : nous retrouverons ce
dimorphisme chez Hypocolpus diverticulatus dont nous avons vu un grand
nombre de spécimens.
Chez les jeunes, la carapace est plus rugueuse alors qu’elle est lisse
chez l’adulte, ainsi que l’a constaté Balss (1938, p. 41) : « Bei den Juvenes
ist des Carapax noch volkommen glatt. »
La répartition géographique d 'E. exsculptus paraît être complémen¬
taire de celle d 'E. rugosus auquel il est apparenté : les observations
relatives à cette répartition figurent à la suite de la diagnose de la seconde
espèce.
Euxanthus rugosus Miers
(Pl. VI, fig. 38 ; pl. IX, fig. 50)
Euxanthus exsculptus var. rugosus Miers, 1884, p. 527 : Iles Amirante
(Ile Darros). — Type : British Muséum ; Borradaile, 1902, p. 259,
fig. 41C : Iles Maldives et Laquedives.
Euxanthus rugosus, Rathbun, 1911, p. 215, pl. 18, fig. 1 : Salomon,
Peros, Coetivy.
Euxanthus exsculptus var. rugosus. Bouvier, 1915, p. 111 : Ile Maurice.
Euxanthus rugosus, Balss, 1938, p. 40 ; Miyaké, 1939, p. 209 : Iles Palau
(Ile Goréor) ; Ward, 1942, pp. 54, 94 : Archipel Chagos (Salomon),
nec Euxanthus exsculptus var. rugosus, Nobili, 1907, p. 389 : Rikitea =
E. exsculptus (Herbst). Voir p. 170, 172.
Matériel examiné
Ile Maurice, Carié coll., Bouvier dét. sous le nom A'Euxanthus exscul¬
ptus var. rugosus : 1 9 30 x 20 mm, 1 9 25 X 17 mm (M.P.).
Source : MNHN, Paris
174
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Madagascar (Nosy-Bé), Millot coll., Balss dét. sous le nom d’ Euxanthus
sculptilis : 1 <3 21 x 14 mm, 1 sp. en mauvais état (M.P.).
Ile Aldabra, croisière de la Calypso 1954, Cherbonnier coll. : 1 <? 39 X
26 mm, 1 9 ovigère 30,5 x 20,5 mm (M.P.).
Diagnose.
Rapport largeur-longueur voisin de 1,50. Carapace non rétrécie
antérieurement. Lobulation typique d’Euxanthus ; surface extrêmement
rugueuse, avec de fortes nodosités transverses irrégulières surmontées
de granules (pl. IX, fig. 50).
Front peu saillant. Dent infra-orbitaire aussi forte que les dents
antéro-latérales.
Bord antéro-latéral avec cinq dents subégales, toutes tuberculiformes
— la dernière est parfois représentée par le seul angle de jonction des
bords antéro-latéral et postéro-latéral —, l’intervalle entre elles croissant
de la première à la dernière.
Mxp 3 , face ventrale et sternum rugueux et granuleux.
Abdomen faiblement granuleux sur les côtés, ponctué sur le renfle¬
ment longitudinal médian.
Carpe des chélipèdes avec, en dehors, la saillie proximale très déve¬
loppée et allongée ; surface rugueuse. Sur la face externe de la main,
des crêtes dans la moitié supérieure, et trois côtes longitudinales granu¬
leuses dans la moitié inférieure. Doigts parcourus de lignes granuleuses.
Pattes ambulatoires bossuées, avec des granules peu saillants, en
lignes plus ou moins réticulées ; les granules les plus aigus sur la crête
supérieure.
Pl 1 i (pl. VI, fig. 38) avec, sur le bord interne, des soies spini-
formes assez peu nombreuses. Une seule et très longue soie sur le bord
ventral de l’ouverture antérieure.
Répartition géographique
Partie ouest de l’Océan Indien jusqu’à la côte occidentale de l’Inde.
? Micronésie.
Remarques
Cette espèce, décrite par Miers comme variété d ’E. exsculptus,
et considérée comme le jeune probable d’ « E. melissa » par Alcock
(1898, p. 110), est fort voisine de cette dernière. D’après Miers (1884,
p. 527) elle diffère de tous les spécimens d 'E. exsculptus qu’il a examinés
par « the élévations or bosses of the carapace very much more rugose
and punctulated, so that it has something of the appearance of a specimen
of Hypocoelus sculptus. »
Comme M. Rathbun, qui a bien figuré cette espèce (1911, pl. 18,
fig. 1), l’a constaté (p. 215), les lobules sont plus convexes et plus rugueux
chez les adultes que chez les jeunes, à l’inverse d 'E. exsculptus. Les
spécimens de Nie Aldabra que nous avons examinés, un mâle et une
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS 175
femelle de grande taille, ont les granules des lignes transverses de la
carapace bien apparents.
Il semble par ailleurs que, comme chez d'autres Euxanlhus — nous
l’avons aussi remarqué chez Hypocolpus diverticulalus — la carapace
soit plus bombée chez les femelles que chez les mâles.
E. rugosus se distingue par la présence des cinq dents marginales
toutes tuberculiformes, alors que chez E. exsculptus la deuxième et la
troisième sont plus ou moins en forme de lobe ou obtuses, parfois presque
obsolètes.
Le pl 1 (j d 'E. rugosus, avec une seule soie subapicale, est proche de
celui d 'E. exsculptus.
E. rugosus se rapprocherait d'£. sculptilis par la rugosité de la
carapace, la présence de dents toutes tuberculiformes, les granules très
nets sur les chélipèdes et la face ventrale. Mais les lobules n’ont pas une
apparence subdivisée comme chez E. sculptilis, la courbure du bord
antéro-latéral est différente, les dents antéro-latérales ne sont qu’au
nombre de cinq, et il n’y a pas de tubercule sur le bord externe de l’orbite.
Ajoutons qu’jB. rugosus se distingue aussi d ’E. sculptilis et d 'E.
exsculptus par le grand développement de la bosse externe du carpe du
chélipède (Pl. IX, fig. 50. cf. Borradaile, 1902, fig. 41 C).
Dans aucun des spécimens examinés, il n’y a de dépression sous-
hépatique, même ébauchée, comme c’est le cas pour la majorité des
E. exsculptus : chez E. rugosus, cette zone est granuleuse et pubescente.
Abstraction faite de deux spécimens, l'un d’£. exsculptus seulement
cité par Hoffmann (1874, p. 38) de l’Ile Maurice sous le nom de Cancer
exsculptus, et un autre d’« E. exsculptus var. rugosus » signalé par Miyaké
(1939, p. 209) de l’Ile Goréor (1), les deux espèces E. rugosus et E. exscul¬
ptus auraient une répartition géographique complémentaire. E. rugosus
s’étendrait à l’ouest, depuis la côte d’Afrique jusqu’à la côte occidentale
de l’Inde et l’Archipel Chagos ; E. exsculptus, au contraire, se localiserait
à l’est, de la côte orientale de l’Inde et Ceylan jusqu’à l’Archipel des
Tuamotu (fig. texte 4).
Euxanthus herdmani Laurie
(Pl. IX, fig. 48)
Euxanthus herdmani Laurie, 1906, p. 400, pl. 1, fig. 9, 9a-c : Golfe de
Manaar (Ceylan). — Type : British Muséum.
Rathbun, 1911, p. 215 : Iles Amirante.
Euxanthus herdmanni (sic, pour herdmani), Balss, 1938, p. 40.
(1) Miyaké cite, mais ne semble pas l’avo:r vu, E . exsculptus : il n’a donc pu comparer
les deux espèces, et il serait bon de revoir ce spécimen femelle de rugosus de provenance
•nlcronésiennc.
Source : MNHN , Paris
176
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Diagnose (d’après Laurie et M. Rathbun).
Rapport largeur-longueur égal à 1,33 chez le mâle adulte type (30,3 X
23 mm) et chez la femelle juvénile examinée par Rathbun et provenant
d’Amirante.
Lobules de la carapace fortement convexes, 2L plus proéminent que
les autres. Lobules creusés de fossettes ; partie antérieure de la carapace
finement ponctuée, partie postérieure lisse (pl. IX, fig. 48). D’après
Rathbun, surface de la carapace couverte en outre de fines granulations
aplaties.
Lobes frontaux très saillants ; échancrures médiane et latérales très
accusées. Pas de dent orbitaire externe.
Sur le bord antéro-latéral, quatre dents tuberculiformes émoussées,
la dernière plus petite.
Mxp 3 granuleux sur l’exopodite, la région proximale de l’ischion et
le bord interne du mérus (Laurie, 1906, pl. 1, fig. 9 b).
Face externe du carpe des chélipèdes avec des nodules lisses peu
accentués. Propode avec sur le dessus et le bord supérieur des tubercules
lisses et quelques lignes granuleuses (Laurie, 1906, pl. 1, fig. 9c).
Carpe et propode des pattes ambulatoires avec des protubérances
et des creux lisses. Une frange de poils sur les bords supérieur et inférieur.
Répartition géographique
Ceylan. Ile Amirante.
Remarques.
Comme Laurie l’a constaté, E. herdmani se rapproche d’E. exsculptus
par la lobulation de la carapace, par sa surface lisse, à la loupe seulement
ponctuée ou couverte de fines granulations, par l’absence de dent à
l’angle orbitaire externe.
Mais elle se distingue de toutes les espèces du genre Euxanthus par
l’étroitesse de la carapace, par les lobes frontaux étroits et plus proé¬
minents, par la présence de quatre dents seulement, toutes tuberculi¬
formes sur le bord antéro-latéral (cf. Laurie, 1906, p. 401 : « The anterior
of the antero-lateral teeth seems to take the place of the first two antéro¬
latéral tubercles of E. melissa or of E. sculplilis and of a third tubercle to
the inner side of these on the surface of the carapace, which is distinct
in both the species named »). Enfin la courbure régulière du bord antéro¬
latéral et du front, jointe à la faible concavité du bord postéro-latéral,
donne à la carapace un contour subcirculaire.
E. herdmani se distingue encore d’E. exsculptus et d’E. rugosus par le
très faible développement de la saillie externe au bord supérieur du carpe
des chélipèdes.
Balss (1938, p. 40) a émis l’hypothèse d’une identité E. herdmani =
E. punctatus A. Milne Edwards, 1865, mais le type de Milne Edwards
que nous avons examiné, plus encore que les E. exsculptus typiques,
se sépare d’E. herdmani par des caractères importants : carapace extrê¬
mement large (rapport largeur-longueur égal à 1,60), dilatée en avant en
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
177
une crête lisse, et très peu bombée ; bord antéro-latéral ondulé en avant
en deux lobes peu marqués, suivis de deux dents tuberculiformes seule¬
ment. E. herdmani est donc une espèce tout à fait distincte d'E. exsculplus
et ceci nous a été confirmé par le Dr. I. Gordon à qui nous avons envoyé
un spécimen de la forme pundatus et qui l’a comparé au type de herdmani.
Quant à la région sous-hépatique, Laurie remarque (cf. 1906, pl. 1,
fig. 9a) : « There is a faint dépréssion on the ventral surface behind the
orbit and to inner side of lst antero-lateral tooth. This does notrepresent
the curious deep cavity found in Hypocolpus, for both are présent in
H. sculplus. »
Le Dr. Gordon nous a fait parvenir un dessin de la face ventrale :
il y a bien une légère dépression sur le bord antéro-latéral lui-même,
juste en arrière de l’orbite, mais la région sous-hépatique est entièrement
granuleuse, sans aucune zone déprimée, ou même simplement lisse.
Euxanthus maculatus Haswell
Euxanthus maculatus Haswell, 1882a, p. 751 ; 18826, p. 48 : Détroit de
Torrès (lie Darnley). — Type : MacLeay Muséum, d’après Haswell,
1882.
Remarques.
Cette espèce, non figurée par Haswell et jamais signalée depuis sa
brève description, se distinguerait des autres Euxanthus par le bord
antéro-latéral, entier dans sa moitié antérieure et découpé postérieurement
en trois dents peu distinctes. Elle se rapprocherait d’E. exculptus et plus
précisément de la forme punclatus dont la carapace présente une crête
antéro-latérale en arrière de laquelle les dents sont peu marquées. Mais
elle s’en éloigne par la forte bosselure de la carapace et la rugosité de la
face dorsale et des chélipèdes, ce qui l’apparenterait à E. rugosus.
En raison de l’insuffisance des caractères donnés par Haswell,
nous considérons pour l’instant cette espèce comme douteuse.
IV. GENRE HYPOCOLPUS RATHBUN
Hypocoelus Heller, 1861a, p. 7 ; 18616, p. 319.
Melissa Strahl, 1861, p. 103, pro parte.
Hypocoelus, A. Milne Edwards, 1865. p. 295.
Hypocolpus Rathbun, 1897, p. 164 : Hypocolpus substitué à Hypocoelus
Heller, nom pré-occupé par Hypocoelus Eschscholtz, 1836 (Coleop-
tera).
Hypocoelus, Alcock, 1898, p. 111.
Hypocolpus, Klunzinger, 1913, p. 172 [76] ; Balss, 1934, p. 510 ; Barnard,
1950, p. 209.
Source : MNHN, Paris
178
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Espèce-type : H. diverticulatus (Strahl).
Diagnose.
Comme Euxanthus, mais toujours une dépression ou une cavité sur
chaque région sous-hépatique.
Remarques
Le genre Hypocolpus est très voisin du genre Euxanthus Dana et se
caractérise comme lui par la conformation du bord antéro-latéral et de la
région antennaire : le bord antéro-latéral, au lieu d’aboutir à l’angle
orbitaire externe, comme chez la majorité des Xanlhidae, se prolonge à la
face inférieure, sous la région orbitaire. L’article basal de l’antenne, qui
est très long, se continue dans le hiatus orbitaire interne ; le flagelle qui
est réduit et qui s’insère dans une petite dépression ménagée en avant,
dans le hiatus orbitaire, à l'extrémité du segment basal, se trouve inclus
dans l’orbite (pl. I, fig. 5 et 6).
La lobulation de la face dorsale de la carapace, les maxillipèdes
externes, l’abdomen mâle et les pléopodes mâles 1 et 2 sont de même
type que chez Euxanthus. Il n’y a pas de dent orbitaire externe.
A. Milne Edwards (18G5, p. 295) écrit : « Ce genre, presque par tous
ses caractères, se confond avec le genre Euxanthus, mais il s’en éloigne
ainsi que de tous les autres Crustacés par l’existence sur chaque région
ptérygostomienne d’une grande cavité ovalaire ou plutôt réniforme qui se
trouve cachée par les pattes antérieures quand celles-ci se trouvent
reployées contre la carapace * * (1).
Dans le genre Hypocolpus, le bord antéro-latéral forme le bord supé¬
rieur de la cavité sous-hépatique, et la fraction du bord antéro-latéral
qui, sans atteindre l’orbite, se prolonge à la face inférieure, de la carapace,
se confond avec le bord latéro-interne de la cavité. Le bord antéro¬
latéral de la carapace est de ce fait cristiforme dans sa moitié anté¬
rieure (2). Un autre trait qui distingue Hypocolpus A'Euxanthus est, chez
le premier, l'existence de coaptations : coaptation du chélipède avec la
cavité sous-hépatique — d’où un chéljpède d’un type différent de celui
d 'Euxanthus —, coaptation des pattes ambulatoires d’article à article,
d’appendice à appendice et coaptation des péréiopodes avec le bord de la
carapace. Mais ces différences — dans la forme du chélipède et des pattes
ambulatoires — entre Euxanthus et Hypocolpus, tiennent à la seule
(1) La cavité n'est, dans aucune espèce connue, recouverte totalement par les chéli-
pèdes. A. Milne Edwards connaissait à cette date deux espèces : 11. diverticulatus chez
qui la cavité est, eu partie seulement, recouverte par les chélipèdes, et II. granulatus dont
la cavité, d'un tout autre type, est laissée à découvert en totalité, lorsque les chélipèdes sont
en position de «repos •. Hellkr remarquait en 1861 (p. 7) à propos (VH. diverticulatus :
• Pedes antici crassi. carpo et manu sub tliorace introrsum versis ci majorent /tartem jovtat
pterygostomialis postier operculi ad instar occludentibus. ■
(2) Rappelons que chez les E. exsculptus dont la région sous-hépatique oilrc une plage
lisse, le bord antéro-latéral, à ce niveau, loi me une ciête entière démunie de dents tuber-
culiformes.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
179
présence chez Hypocolpus d’une cavité dans la zone sous-hépatique et
corrélativement d’une adaptation des autres régions.
Le genre Hypocolpus, comme le genre Euxanthus, est un genre indo-
pacifique (fig. 5). Il compte actuellement cinq espèces, rares pour la
plupart. Nous décrivons dans ce travail une espèce nouvelle, H. perfeclus,
et une sous-espèce nouvelle, H. rugosus slenocoelus ; nous désignons sous
le nom A’Hypocolpus sp. un spécimen dont l’appartenance spécifique
à H. diverticulatus ne nous semble pas certaine.
TABLEAU DE DETERMINATION DU GENRE HYPOCOLPUS
1. Une véritable cavité sous-hépatique. 2
— Pas de véritable cavité sous-hépatique ; seulement une dépression.
Région articulaire carpe-propode du chélipède non excavée par
dessus. Carapace et pattes ambulatoires lisses. Hypocolpus sp., p. 184
2. Cavité sous-hépatique entière . 3
— Cavité sous-hépatique divisée par une ou deux crêtes parallèles au
bord antéro-latéral de la carapace. 7
3. Cavité à demi recouverte quand les chélipèdes sont repliés sous la
carapace. Une excavation au bord supérieur du carpe et du pro-
pode du chélipède . 4
— Cavité entièrement découverte quand les chélipèdes sont repliés
sous la carapace . 5
4. Bord de la cavité sous-hépatique formé de deux arcs de cercle
confluents ; le plus grand diamètre de la cavité subparallèle à l’axe
sagittal de l'animal. En vue ventrale, fond de la cavité visible en
entier. Sillons de la carapace assez profonds ; face dorsale striée
de lignes transversales rugueuses.
.Hypocolpus diverticulatus, p. 180
■— Cavité sous-hépatique de forme elliptique ; son plus grand dia¬
mètre très oblique par rapport à l’axe sagittal de l’animal. En
vue ventrale, fond de la cavité non visible dans sa totalité. Face
dorsale couverte de granulations arrondies, uniformément sépa¬
rées par des ponctuations pilifères donnant un aspect corrodé.
. Hypocolpus perfectus, p. 190
5. Bord postérieur de la cavité sous-hépatique fortement concave,
rejoignant postérieurement le bord antérieur en un angle aigu.
Cavité lisse, jamais bordée postérieurement par une seconde
dépression ou un sillon granuleux. Lobules de la face dorsale
couverts sur toute leur surface de granules saillants et nombreux.
. Hypocolpus granulatus, p. 187
— Bord postérieur de la cavité sous-hépatique jamais concave, ne
rejoignant pas le bord antérieur en un angle aigu. Cavité bordée
postérieurement parfois par un sillon ou par une dépression
granuleuse . 6
Source : MNHN, Paris
180
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
6. Cavité sous-hépatique jamais bordée postérieurement par une
dépression d’égale importance : la dépression postérieure, quand
elle existe, est représentée par un sillon étroit. Bords antérieur et
postérieur de la cavité subparallèles, convergeant plus ou moins
graduellement jusqu'à son extrémité externe tronquée. Lobules de
la face dorsale avec des granules irrégulièrement distribués et peu
nombreux. Protubérances coniques sur les pattes ambulatoires,
. Hypocolpus rugosus rugosus, p. 195
— Cavité sous-hépatique très étroite et allongée, bordée postérieu¬
rement par une seconde dépression, granuleuse et à peine moins
large et moins profonde. Ornementation de la face dorsale voisine
de celle d’H. rugosus. Des crêtes et des carènes sur les pattes
ambulatoires. Hypocolpus rugosus stenocœlus, p. 198
7. Cavité sous-hépatique divisée transversalement par une crête. Ca¬
rapace, chélipèdes et pattes ambulatoires grossièrement ponctués.
Pilosité rare ou absente. Hypocolpus punctatus, p. 203
— Cavité sous-hépatique divisée par deux crêtes subparallèles. Des
tubercules entourés de longs poils bruns sur la face dorsale.
Chélipèdes, pattes ambulatoires, face ventrale couverts de gros
granules saillants. Pilosité dense.Hypocolpus abotti p, 205
Hypocolpus diverticulatus (Strahl)
(PI. I, fig. 6 ; pl. II, fig. 8 ; pl. III, fig. 17 ; pi. IV, fig. 24-26 ; pl. VI, fig. 34 ;
pl. X, fig. 54, 55 ; pl. XI, fig. 64, 65)
Cancer exsculptus, Savigny, 1809, pl. 6, fig. 3, 1-4 : Mer Rouge ; Audouin,
1827, p. 268(1).
nec Cancer exsculptus Herbst, 1790, p. 265, pl. 21, fig. 121 = Cancer
melissa Herbst, 1801 = Euxanthus exsculptus (Herbst).
Cancer sculptus H. Milne Edwards, 1834, p. 376 : Mer Rouge.
nec Cancer sculptus Herbst, 1794, p. 153, pl. 37, fig. 4.
Atergatis exsculptus, White, 1847, p. 14 : Mer Rouge, Ile Maurice.
Melissa dioerticulata Strahl, 1861, p, 103.
Hypocoelus sculptus, Heller, 1861a, p. 8; 18611» p. 322 : Mer Rouge;
A. Milne Edwards, 1865, p. 295 : Mer Rouge, Cochinchine, Japon ;
Hoffmann, 1874, pp. 1, 4, 38 : Madagascar; Kossmann, 1877, p. 29 :
Mer Rouge ; Hilgendorf, 1869, p. 106 : Mer Rouge ; 1879, p. 788 :
Ibo ; Miers, 1884, p. 207 : Mer Rouge, Golfe de Suez, Ile Maurice ;
Ortmann, 1894, p. 51 : Dar-es-Salam.
Hypocolpus sculptus, Nobili, 1906, p. 239 (pro parte) : Mer Rouge,
Golfe d’Aden (seulement les spécimens d'Assab et d’Aden) ; Klun-
(1) En l’absence (le toute indication probante, nous ne pouvons aflirmcr que le
premier spécimen cité dans le matériel examiné, provenant de Mer Houge et récolté par
Audouin, est le spécimen figuré par Savigny et par suite le type - ou l’un des types : deux
spécimens, l’un mâle, l’autre femelle, sont figurés — d'H. diverticulatus.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
181
zinger, 1912, p. 343; 1913, p. 172 [76], pl. 3, fig. 5 a-d (= fig. de
Savigny) : Mer Rouge.
Hypocoelus sculptus, Bouvier, 1910, p. 376; 1915, p. 111 : Ile Maurice.
Hypocolpus sculptus, Balss, 1924, p. 7 : Suez.
Hypocolpus exsculptus, Stebbing, 1924, p. 2 : Mozambique.
Hypocolpus diverticulatus, Rathbun, 1911, p. 215 : Récif de Cargados
Carajos ; Balss, 1934, p. 510 ; Madagascar; Barnard, 1950, p. 209 :
Mozambique (d’après Stebbing).
Matériel examiné
Mer Rouge, Audouin coll., sous le nom d 'Hypocoelus sculptus : 1
42 x 30 mm (M.P.).
Mer Rouge, sous le nom d’if, sculptus : 1 3 44 x 33 mm. (M.P.).
Suez, Vaillant coll., sous le nom d’H. sculptus : 1 9 38 x 28 mm.
(M.P.).
Suez, Bannwarth leg., sous le nom d’Hypocolpus sculptus : 1 <? 44 x
33 mm, 2 9 40 x 31 mm (Musée de Hambourg, n° 5.511).
Magadascar (Ankify, 1922), Millot coll., Balss dét., sous le nom
d’if, sculptus : 1 9 33 x 24 mm (M.P.).
Madagascar (côte W., 1904), Modeste coll., Balss dét., sous le nom
d’if, sculptus : 1 (J 30 x 22 mm (M.P.).
Madagascar (Ile Nosy Andrano, Barren), Petit coll., Balss dét. sous
le nom d’//. sculptas : 1 38 X 28 mm (M.P.)
Madagascar, Millot coll., Balss dét., 1929, sous le nom d’H. sculptus :
1 J 11 x 8 mm (M.P.).
Ile Maurice, Carié coll., Bouvier dét., sous le nom à'Hypocoelus
sculptus : 1 9 40 x 28 mm, 1 9 22 X 16 mm (M.P.).
Ile Mayotte, Marie coll. : 1 $ 26 x 19 mm (M.P.)
Cochinchine, Mariot coll., sous le nom d’H. sculptus : 1 3 33 x 23 mm
(M.P.).
Description
Rapport largeur-longueur de la carapace variant de 1,28 à 1,38 chez
les femelles et de 1,33 à 1,45 chez les mâles. Face dorsale divisée en lobules
proéminents par des sillons profonds (pl. X, fig. 54). Toute l’aire limitée
postérieurement par le sillon cervical fortement convexe. 5L très saillant.
Un sillon, peu profond, séparant IP du petit lobule impair situé en-dessous
Lobules recouverts de granules plus ou moins confluents, souvent dis¬
posés en lignes transversales rugueuses. Entre les granules, de nombreuses
ponctuations où s’insère un poil très court. Au fond de certaines ponc¬
tuations plus larges, plusieurs poils courts groupés ou, plus rarement,
quelques poils longs. Des touffes de longs poils au sommet des principaux
lobules.
Front bilobé, très proéminent et infléchi vers l’avant. Dent infra-
orbitaire petite.
Bord antéro-latéral très long, avec trois dents : la première représente
Source : MNHN, Paris
182
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
le sommet d’un lobe très obtus, déprimé par rapport aux régions hépa¬
tique et gastrique et à l’épais bourrelet orbitaire supéro-interne ; les
deux autres sont tuberculiformes et formées d’un amas de granules, la
dernière étant la plus saillante. Le bord cristiforme du lobe antérieur,
bien avant d’atteindre le niveau de l’angle orbitaire externe, se prolonge
sous la carapace : il constitue la limite antérieure de la cavité sous-
hépatique. Du sommet de ce lobe à la région postérieure, le bord latéral
est marqué par une ligne de tubercules irréguliers, plus forts que les
granules du reste de la carapace.
Cavité sous-hépatique très profonde ; son grand axe presque paral¬
lèle à l’axe sagittal de l’animal (pl. Il, fig. 8, pl. X, fig. 55, pl. XI, fig. 64).
Son contour formé de deux arcs de cercle confluant au niveau de la
première dent antéro-latérale : l’arc antérieur est le plus petit ; il se
confond avec la partie antérieure cristiforme du bord latéral. L’arc
postérieur, plus long et à plus petit rayon de courbure, est séparé du
bord antéro-latéral de la carapace par une aire subtriangulaire corres¬
pondant à une large facette située à la face antéro-interne du carpe
des chélipèdes. Bord interne de la cavité n'atteignant pas l’aplomb de la
limite externe de l’orbite. Sillon ptérygostomien s’incurvant pour longer
le bord interne et postérieur de la cavité. Lorsque les chélipèdes sont
repliés sous la carapace, le bord supérieur, très concave dans la région
articulaire carpe-propode, traverse la cavité dont le tiers antérieur
seulement est découvert (pl. XI, fig. 64 et 65).
Face inférieure de la carapace très granuleuse, excepté la région
sous-orbitaire qui est seulement ponctuée. Surface recouverte par les
chélipèdes densément pourvue de longs poils plumeux. Sternites, de part
et d’autre de l’abdomen, couverts de protubérances granuleuses, irré¬
gulières et saillantes, donnant un aspect érodé à cette région.
Abdomen mâle de cinq articles (articles 3,4 et 5 fusionnés). Une large
côte couverte de fins granules traversant chaque article ; des granules
plus saillants sur les bords et sur le dernier article. Avant-dernier article
plus long que large et, de beaucoup, plus long que le telson.
Abdomen femelle de 7 articles. Renflement longitudinaux médians
presque lisses, mais, de part et d’autre et jusqu’au bord, des granules
plus forts, ainsi que sur toute la surface du dernier article.
Mxp 3 couverts de granules et, plus ou moins complètement, de longs
poils raides. Ischion avec un sillon longitudinal profond et lisse. Mérus
creusé de deux dépressions profondes (pl. III, fig. 17).
Chélipèdes égaux dans les deux sexes, mais plus forts chez les mâles.
Mérus trigone, tout son bord distal recouvert de petits tubercules. Carpe
épais, creusé à l'angle antéro-interne d’une dépression lisse, limitée en
arrière par une pointe saillante s'ajustant sur le rebord externe de la
cavité sous-hépatique. Propode avec le bord supérieur cristiforme,
sinueux et fortement déprimé (pl. IV, fig. 24 ; pl. XI, fig. 65). Dessus
de la main avec des crêtes granuleuses diposées en lignes longitudinales
et réticulées dont deux se prolongent jusqu’à l’extrémité du doigt fixe.
Quatre lignes granuleuses sur le doigt mobile.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS 183
Chez le mâle, la pigmentation du doigt fixe remonte sur les deux tiers
de la région palmaire.
Pattes ambulatoires courtes et comprimées. Mérus granuleux sur le
bord inférieur. Carpe et propode armés, sur le bord supérieur, d'une
rangée de dents ; au-dessous, des nodules granuleux en forme de crêtes
saillantes ou de carènes. Propode fortement granuleux le long du bord
inférieur. Dactyle granuleux. Mérus de la dernière paire granuleux
(pl. IV, fig. 26). Bords supérieur et inférieur des articles frangés de poils
plumeux. Une toison de poils plumeux sur la face externe du mérus des
trois premières paires.
Pl 1 <S muni le long de son bord interne de soies spiniformes courtes,
subégales et, distaleinent, de trois longues soies égales, plumeuses dans
leur deuxième moitié (pl. VI, fig. 34).
Répartition géographique.
Golfe de Suez, Mer Rouge, Golfe d'Aden. Côte orientale d’Afrique.
Madagascar et ses dépendances. Cochinchine, Japon.
Remarques.
Sa vigny (1809, pl. 6, fig. 3, 1-4) a figuré le premier cette espèce dans les
« Planches de Crustacés de l’Egypte et de la Syrie », et Audouin (1827,
p. 268) l’a attribuée au Cancer exsculplus dont Herbst (1790, pl. 21,
fig. 121) n’a figuré que la face dorsale, ce qui, par conséquent ne permet
pas de conclure à la présence des cavités caractéristiques. Savigny .
donne d’excellents dessins de l’animal dans son ensemble, du chélipède,
de la face ventrale antérieure — donc des cavités — et des abdomens
mâle et femelle.
H. Milne Edwards a décrit le premier cette espèce en 1834, sous le
nom de Cancer sculptus, dans le groupe des «espèces ayant la carapace
lisse ou à peine granuleuse, mais bosselée et creusée de sillons » (p. 375),
et l’a caractérisée par la présence d'« une grande cavité ovalaire sur
chaque région ptérygostomienne » (foc. cit., p. 376). Mais, tout comme
Savigny et Audouin, il a identifié cette espèce à Cancer exsculplus Herbst,
1790. Strahl qui a examiné au Musée de Berlin l’exemplaire type de
Herbst, a constaté qu’il ne présentait pas de fossettes et appartenait au
genre Euxanlhus Dana : il devait être identifié à Cancer melissa Herbst,
1801 = E. mamillalus (H. Milne Edwards, 1834) =E. exsculptus (Herbst).
Strahl a donc proposé pour l’espèce de Savigny et Audouin et le
Cancer sculptus de H. Milne Edwards le nom de Melissa diverticulata.
Le nom de sculptus ne pouvait être maintenu car il existe un Cancer
sculptus (= species inquiranda) Herbst, 1794.
Stebbing (1924, p. 2), qui n’a pas tenu compte de l’attribution de
l'espèce exsculptus Herbst, 1790, au genre Euxanlhus, conserve, à tort,
à V Hypocolpus diverticulalus le nom d 'exsculptus.
Cette espèce, connue depuis longtemps, est la plus largement distribuée
et la moins rare du genre Hypocolpus : cependant son habitat et son mode
Source : MNHN, Paris
184
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
de vie sont pratiquement ignorés. Rathbun (1911, p. 215) la signale sur
les récifs de Cargados Carajos, dans le sud-ouest de l’Océan Indien. Elle
peut atteindre une taille assez grande : Heller note un spécimen de
74 x 53 mm.
Nous avons examiné d’assez nombreux spécimens, mâles et femelles,
en tout 14, provenant de toutes les localités signalées. La forme et la
profondeur de la cavité sous-hépatique ainsi que sa taille, proportion¬
nellement à l’ensemble de la carapace, sont remarquablement constantes
depuis les petits individus jusqu’à ceux de grande taille.
La structure des chélipèdes est telle que l’on peut conclure à l’exis¬
tence d'une coaptation entre eux et les cavités ventrales. Klunzinger
décrit ainsi les rapports chélipède-cavité sous-hépatique (1913, pp. 173,
174) : « Indem der kantige Oberrand des Carpus und der Hand bei
ihrem Zusammentreffen am Gelenk eine tiefe Bucht bilden, entsteht
eine ülfnung an der beim Anlegen des Scherenfusses an den Schild sonst
nach oben geschlossencn Pterygostomialgrube ; legt sich aber die Hand
an den Arm an, so wird die Grube nach unten geschlossen und klalît
weithin nach oben. *
En effet, la facette de la face supéro-interne du carpe, prolongée par
une saillie subdistale à arêtes aiguës, s’ajuste sur l’aire ménagée entre le
bord externe de la cavité et le bord antéro-latéral de la carapace. Sur
toute la largeur de la cavité que traverse le chélipède, le carpe et le
propode sont fortement excavés : de ce fait, l’ouverture de la cavité,
aux trois quarts fermée par les chélipèdes, s’en trouve agrandie (pl. XI,
fig. 64 et 65). L’extrémité distale de la main et le bord supérieur du doigt
mobile s’appliquent le long d’une ride de la région ptérygostomienne,
limite antérieure des longs poils plumeux qui couvrent, sous les appendices,
la face inférieure de la carapace. Dans la position de repli des pinces, le
seul article des chélipèdes visible dorsalement est le carpe (pl. X, fig. 54).
Le plus petit spécimen que nous avons eu entre les mains, un mâle de
11x8 mm de Madagascar, offre une cavité relativement aussi dévelop¬
pée que chez les spécimens les plus grands et corrélativement un chélipède
bien creusé au bord supérieur. Il est à noter que ce petit spécimen présente
déjà tous les caractères de l’adulte et que ses pléopodes 1 et 2 bien formés,
marquent une assez remarquable précocité sexuelle de l’espèce. Le nombre
de spécimens examinés, tant mâles que femelles, nous a permis de
constater un dimorphisme sexuel du même ordre que celui observé
chez Euxanthus exsculptus (Herbst) : les femelles sont plus étroites et
plus bombées que les mâles ; les sillons de la face dorsale de la carapace
semblent également moins profonds.
Hypocolpus sp.
(Pl. II, fig. 9 ; Pl. III, fig. 19 ; pl. IV, fig. 25, 27; pl. X, fig. 56, 57)
Hypocolpus sculptus, Nobili, 1906, p. 239 (pro parte : le spécimen d’Obock)
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
185
Matériel examiné
Obock, Jousseaume coll., Nobili dét. sous le nom d 'Hypocolpus
seul plus : 1 ç ovigère 36 x 27 mm (M.P.)
Description
Rapport largeur-longueur de la carapace égal à 1,33. Carapace assez
fortement bombée, ses parties latérales déclives ; toute la région anté¬
rieure très infléchie. Régions peu individualisées, atténuées, en particulier
les différents lobules des aires gastriques. Sillons interlobulaires peu
accentués, cependant sillon cervical net. Pas de sillon séparant l’aire
cardiaque du petit lobule médian placé au-dessous. Un très faible sillon
entre 3M-4M et IP (pl. X, fig. 57).
Surface très finement granuleuse et ponctuée. Lobules, en particulier
ceux de la région branchiale, subdivisés en protubérances courtes, étirées
transversalement et surmontées de granules petits et peu saillants.
Front très proéminent et étroit. Dent infraorbitaire assez forte.
Bord antéro-latéral sensiblement comme celui d’H. diverticulatus
niais pas d’expansion de ce bord au niveau et en avant de la première
dent.
Pas de véritable cavité sous-hépatique, seulement une dépression
lisse, subtriangulaire, à angles arrondis, à peine excavée, mais bien
délimitée : antérieurement, par le rebord antéro-latéral de la carapace
formant un léger rebord, postérieurement par l’interruption nette des
granules de la région hépatico-ptérygostomienne et par celle de la
longue pubescence localisée dans la zone d’appui des chélipèdes, à la
face ventrale de la carapace, (pl. II, fig. 9 ; pl. X, fig. 56). Cette dépression
est presque entièrement visible lorsque les pinces sont repliées sous la
carapace.
Partie visible des sternites thoraciques finement granuleuse. Abdomen
peu granuleux : le renflement longitudinal médian est complètement
lisse et, sur les segments 3-4-5, les granulations sont limitées au voisinage
des bords ; le renflement médian du dernier segment est lisse.
Mxp 3 recouverts de granules petits, peu proéminents ; poils présents
seulement sur le pourtour de l’ischio-mérus et quelques-uns rares sur le
mérus. Bord externe de l’exopodite rectiligne (pl. III, fig. 19).
Chélipèdes égaux. Bord interne du carpe sans denticulation ni forte
saillie subdistale. Région antéro-interne du carpe à peine déclive. Bord
supérieur de la main peu sinueux, à peine déprimé, ne formant pas une
crête préominente et contournée dans la région distale (pl. IV, fig. 25).
Granules des lignes et réticulations de la main et des doigts petits, presque
invisibles à l’œil nu, excepté à la base des doigts. En vue dorsale, dans la
position de repli des chélipèdes, le carpe seul est visible.
Pattes ambulatoires finement granuleuses ou seulement ponctuées.
Dents du bord supérieur des mérus, carpe et propode émoussées, peu
nombreuses, à peine saillantes. Protubérances du carpe et du propode
très atténuées, arrondies, parfois lisses. Mérus de la dernière paire un peu
Mémoires du Muséum, — Zoologie, t. XX. 13
Source : MMHN, Paris
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
plus de deux fois plus long que large ; sa face externe recouverte de
granules un peu plus développés près des bords supérieur et antérieur
(pl. IV, fig. 27).
Pilosité plus réduite que chez H. diverticulatus.
Répartition géographique.
Golfe d'Aden : Obock.
Remarques.
Nobili (1906, p. 239) a examiné trois spécimens de Mer Rouge et du
golfe d’Aden : une femelle d’Assab (Mus. Gênes), une femelle d’Aden
(Mus. Modène), une femelle ovigère d’Obock (M.P.). Il écrit: «L’individu
d’Obock a la cavité ovale de la région ptérygostomienne moins profonde
que les autres exemplaires. » 11 est possible par conséquent que les deux
premiers spécimens soient de véritables H. diverticulatus.
Nous avons sous les yeux le spécimen d'Obock. Il est voisin d 'H. diver¬
ticulatus, surtout des spécimens femelles dont la carapace est relati¬
vement plus étroite (le rapport largeur-longueur des femelles de cette
espèce varie pour les exemplaires examinés de 1,28 à 1,38, et ce rapport
est de 1,33 chez Hypocolpus sp.) et plus bombée que chez les mâles, dont
les lobules de la face dorsale sont moins convexes et dont la crête antéro¬
latérale et les crêtes des appendices sont également moins développées.
Hypocolpus sp. s’en distingue cependant par la lobulation atténuée
de la carapace, cette dernière étant en même temps très bombée, par
l’absence de granules plus saillants et visibles à l’œil nu sur les protu¬
bérances de la face dorsale et des chélipèdes, par la granulation plus
faible des mxp 3 , des sternites thoraciques et de l’abdomen, par le faible
développemeut des dents et des crêtes des pattes ambulatoires, et par la
pilosité réduite, notamment en ce qui concerne la face externe des mxp 3 -
Elle en diffère aussi par une série de trois caractères : réduction du
lobe antérieur du bord latéral de la carapace (pl. X, fig. 57), absence de la
saillie pyramidale du carpe et de la crête contournée, triangulaire, du
propodc du chélipède (pl. IV, fig. 25) et surtout absence d'une véritable
cavité sous-hépatique (pl. II, fig. 9 ; pl. X, fig. 56).
Nous avons vu plus haut que, chez les Hypocolpus, il semble exister
une relation entre ces trois derniers caractères : les adaptations des
chélipèdes, le développement du lobe antérieur du bord latéral de la
carapace sont les plus marqués chez les espèces dont la cavité est la
plus profonde.
Etant donné que l'aspect général du spécimen est celui d’un H. diver¬
ticulatus, que les différences les plus nettes portent sur des caractères qui,
chez les autres espèces, sont liés à la conformation de la cavité sous-
hépatique, on peut se demander s'il ne s’agit pas d’un individu anormal :
l’anomalie de la région sous-hépatique aurait pour conséquence la modifi¬
cation des caractères coaptatifs.
En présence d’un spécimen unique, une femelle qui plus est, nous ne
le décrivons pas comme espèce nouvelle, bien que nous ayons noté des
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
187
différences qui, à première vue, ne paraissent pas en relation avec les
coaptations, et que, d’autre part, la cavité sous-hépatique présente une
remarquable constance de conformation chez les quatorze H. diverti-
culatus examinés, quels que soient leur taille, leur sexe, eCleur provenance.
En outre, excepté ce cas signalé par Nobili, aucun des auteurs ayant
examiné des H. diverticulatus n’a, à notre connaissance, fait mention de
spécimen présentant les caractéristiques d ’Hypocolpus sp.
Hypocolpus granulatus (de Haan)
(PI. I. fig. 5 ; pl. II, fig. 12 ; pl. III, fig. 18 ; pl. VI, fig. 33; pl. IX, fig. 52,53)
Cancer (Xanlho) granulatus de Haan, 1837, p. 65, pl. 18, fig. 3 : Japon. —
Type : Musée de Leyde, d’après A. Milne Edwards, 1865.
nec Cancer granulatus Linné, 1758, p. 627 = Calappa granulala (Linné).
Hypocoelus granulatus, A. Milne Edwards, 1865, p. 296, pl. 16, fig. 6, 6a :
Japon ; Ortmann, 1893, p. 467 : Tokiobai.
Hypocolpus haanii Rathbun, 1909, p. 114 ; 1910, p. 352 : Siam.
Hypocolpus haani, Sakai, 1939, p. 457, pl. 89, fig. 1, fig. texte 27 : Japon.
nec Hypocopus granulatus, Balss, 1934, p. 511 (Madagascar) = Hypo¬
colpus perfectus sp. nov., cf. p. 190.
Matériel examiné
Japon, Frank coll., sous le nom de Xantho granulatus de Haan,
Hypocoelus granulatus : 1 <J 38 x 27 mm (M.P.).
Description
Rapport largeur-longueur supérieur à 1,40. Carapace bombée anté¬
rieurement, plus plate à la partie postérieure. Régions très proéminentes
et nettement délimitées par des sillons profonds et assez larges. Sakai
écrit (1939, p. 547) : « The aspect of the entire animal much like that of
some species of Actaea» (pl. IX, fig. 52). Sillon cervical extrêmement
profond. Un sillon entre IP et le lobule impair situé dessous.
Tous les lobules couverts de grosses granulations saillantes et de
nombreux poils assez courts, ces derniers présents à l’intérieur des
sillons. Sur les lobules, quelques touffes de poils dont une particulièrement
épaisse sur 5L.
Front peu saillant.
Bord antéro-latéral très granuleux, sans dents bien marquées ; au
niveau du sillon séparant 4L de 3L, bord antéro-latéral s’arquant for¬
tement en une crête épaisse, non élargie en avant, recouverte de petits
granules et qui forme un très long rebord à la cavité sous-hépatique.
Cavité sous-hépatique (pl. II, fig. 12 ; pl. IX, fig. 53) allongée, son
grand axe peu oblique par rapport à l’axe transversal de la carapace,
assez peu profonde mais très nettement délimitée : le bord antérieur est
droit et cristiforme ; le bord postérieur, très largement incurvé, arrondi
Source : MNHN, Paris
188
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
à l’angle interne, rejoint le bord antérieur en un angle aigu. Limite
interne de la cavité n’atteignant pas l’aplomb du bord externe de l’orbite.
Sillon ptérygostomien assez éloigné du bord de la cavité et subparallèle
au bord antéro-latéral de la carapace.
Régions sous-orbitaire, sous-hépatique et ptérygostomienne fortement
granuleuses. Région sub-branchiale couverte de longs poils plumeux.
Partie visible des sternites thoraciques et abdomen recouverts des mêmes
grosses granulations serrées, irrégulièrement saillantes, que la face
supérieure de la carapace (pl. IX, fig. 53). Chez le mâle, avant-dernier
article de l’abdomen aussi long que large et à peine plus long que le
dernier. Bord du telson régulièrement arrondi et convexe.
Mxp a avec de gros granules, sauf dans le sillon de l’ischion et les
deux dépressions du mérus. Bord antérieur du mérus très oblique ; angle
antéro-interne aigu (pl. III, fig. 18).
Chélipèdes, forts, égaux. Mérus comprimé latéralement. Carpe très
épais, tuberculé extérieurement, recouvert de granules saillants plus ou
moins confluents, et s’infléchissant fortement à son angle antéro-interne,
avant de se relever en pointe, mais sans saillie large sub-distale comme
chez //. diverliculalus et H. perfedus. Propode avec tout le bord supérieur
élargi en une large facette triangulaire limitée par des tubercules aigus,
à angle droit avec la face interne de la main et en continuité avec la
facette distale déclive du carpe (pl. IX, fig. 52). Face interne couverte
de granules tuberculiformes, groupés irrégulièrement dans la partie
supérieure et arrangés en séries longitudinales dans la partie inférieure.
Dactyle très granuleux.
Pattes ambulatoires grêles et comprimées avec des rangées de dents
et de granules pointus. Des poils courts mais abondants sur les chélipèdes
et les pattes ambulatoires.
Pl 1 £ (pl. VI, fig. 33) avec, sur le bord interne, des soies spiniformes
devenant très longues vers l’apex (1). A l’extrémité, ventralement,
cinq très longues soies, distinctement plumeuses.
Répartition géographique
Japon (d’après Sakai, loc. cil., p. 458 : « Tokyo Bay, Ise Bay, Kii
Peninsula, Tosa Bay »). Siam.
Remarques
Le travail de Strahl « Ueber die Dekapodengattung Euxanthus
Dana » (1861), qui traite à la fois d’espèces à.'Euxanthus et d ’Hypocolpus
groupées sous le même nom générique de Melissa, ne fait pas mention du
Cancer (Xanlho) granulatus, décrit pourtant dès 1837 mais dont de
Haan n’a pas figuré la face ventrale (la fig. 3 de la pl. 18 représente
(1) Le pl I d droit du spécimen que nous avons examiné possède, en plus,à l’extrémité
apicale, le long du bord interne, deux soies nettement plus longues, pluimusesA leur
extrémité.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
l'animal en vue d’ensemble, les deux chélipèdes et l'abdomen mâle).
C’est seulement en 1865 qu'A. Milne Edwards, grâce à l'étude de la
collection originale de de Haan au Musée de Leyde, a reconnu que le
Cancer (Xantho) granulatus de de Haan appartenait au même genre que
le Cancer sculptus de H. Milne Edwards ( = Hypocoelus diverticulatus ==
Hypocolpus diverticulatus) et qu'entre ces deux formes existaient seule¬
ment des différences d’ordre spécifique.
En accord avec Balss (1934, p. 512), nous maintenons le nom de
granulatus de Haan au lieu de haanii proposé par Rathbun (1909,
p. 114), de Haan considérant d’emblée son Cancer granulatus différent
de celui de Linné (1758) et le rattachant au genre Xantho.
L’ Hypocolpus rugosus Henderson, 1893, identifié à H. granulatus
par Sakai (1939, p. 457), est une espèce différente (voir p. 195).
Sakai a donné (1939) deux bonnes photos de cette espèce : l'une
représentant la face ventrale et montrant la position des cavités sous-
hépatiques ( loc cil., fig. texte 27), l’autre, la face dorsale ( loc cit.,
pl. 89, fig. 457). Henderson, en comparant H. rugosus à H. granulatus,
figure la cavité d'H. granulatus (1893, p. 358, pl. 36, fig. 12).
Cette espèce est très différente d’H. diverticulatus : la carapace
présente des lobules saillants que séparent des sillons profonds ; le bord
antéro-latéral forme une crête épaisse et granuleuse et, au lieu de former
à ce niveau un arc de cercle plus ou moins régulier, rejoint, sensiblement
rectiligne, le niveau de l’angle orbitaire externe avant de se prolonger à la
face ventrale ; le front est peu proéminent. Tout l'animal est recouvert
de granules saillants, la pilosité est courte mais uniforme et abondante.
La pilosité des mxp 3 est analogue à celle de l’ensemble de l’animal,
dense et courte : chez H. diverticulatus, les mxp 3 sont densément et souvent
totalement couverts de longs poils bruns.
Les pattes ambulatoires portent des granules aigus. Les chélipèdes,
les sternites thoraciques et l’abdomen sont couverts de grosses granu¬
lations parfois confluentes. Le pli c? présente cinq longues soies distales au
lieu de trois chez H. diverticulatus.
Enfin le dispositif de coaptation chélipède-cavité sous-hépatique n’est
pas le même. Chez H. granulatus, la cavité, plus petite et transverse, suit
le bord de la carapace (pl. IX, fig. 53) et ne s’étend pas comme chez
H. diverticulatus jusqu'au voisinage de l’articulation du chélipède (cf. A.
Milne Edwards, 1865, p. 297). La cavité se trouve entièrement à découvert
quand les chélipèdes sont repliés et les facettes de la région supérieure
du carpe et du propode forment une large gouttière qui s’applique contre
le bord inférieur de la cavité. Dans cette position, en vue dorsale, sont
visibles toute la face externe du carpe et la presque totalité de la facette
triangulaire du propode (pl. IX, fig. 52).
La comparaison entre H. granulatus et H. rugosus stenocoelus, H. abotti
et //. punctalus figure dans les remarques relatives à ces espèces.
Source : MNHN, Paris
190
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
Hypocolpus perfectus Guinot sp. nov.
(Fig. 1, 2, 2 a, 3 a-c ; pl. II, fig. 7 ; pl. III, fig. 22; pl. XI, fig. 60-63)
Hypocolpus granulalus, Balss, 1934, p. 511 : Madagascar.
nec H. granulatus (de Haan, 1837).
Fig. 1 et 2. — Hypocolpus perjectus sp. nov., contour de la carapace : 1, Para-
type, 9 62x43 mm, Madagascar, grandeur nature ; 2, Q juv. 9x 6,5 mm,
Madagascar, x 5 ; a, id., grandeur nature.
Matériel examiné
Madagascar (Fort Dauphin), Decary coll., Balss dét. 1934 sous le
nom à'Hypocolpus granulalus (de Haan) : 1 9 53,5 x 38 mm [les dimen¬
sions que donne Balss ( loc. cil., p. 511) sont 54 x 39 mm]. Type d’ Hypo¬
colpus perfectus sp. nov. (M.P.)
Madagascar (Nosy Manitsa), Petit coll., Balss dét. 1934 sous le nom
d 'H. granulalus (de Haan) : 1 9 62 X 43 mm [les dimensions que donne
Balss sont 61 x 44 mm]. Paratype (Musée de Munich).
Madagascar (Fort-Dauphin), Decary coll. : 1 9 juv. 9 x 6,5 mm
(M.P.)
Description
Rapport largeur-longueur égal à 1,41 et 1,44 pour les deux spécimens
adultes (fig. texte 1), et à 1,38 chez l’exemplaire juv. (fig. texte 2, a).
Surface nettement lobulée mais sillons atténués et superficiels. Pas de
sillon entre le bord postérieur de la région cardiaque et le lobule médian
situé au-dessous. Sillon séparant 6L de 5L indistinct ; en revanche, un
creux profond de part et d’autre de la région urogastrique. Aire méso¬
protogastrique assez plate. 3L et particulièrement 4L plus saillants
(pl. XI, fig. 60).
Toute la surface couverte de granulations arrondies, perliformes,
parfois aplaties, plus ou moins irrégulièrement soudées en lignes sinueuses
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
191
et saillantes, et très uniformément séparées par des ponctuations et des
dépressions, plus profondes au sommet des lobules. A l'intérieur des
multiples ponctuations qui trouent la face dorsale, des poils courts,
renflés et dépassant parfois à peine de l’ouverture, ou plus ou moins
pédonculés et émergeant en forme de champignons : leur partie subdistale
possède un manchon d'autres poils microscopiques (fig. texte 3 a, b);
d'autres poils, longs et plus grêles, partiellement garnis de poils courts
(fig. texte 3c) ou glabres. Ponctuations pilifères nombreuses à l’intérieur
des sillons, irrégulièrement groupées dans les rugosités de la carapace et,
en particulier, formant deux lignes latérales sur le sillon médian qui pro¬
longe antérieurement la pointe de l’aire mésogastrique. Ponctuations
et poils présents sur les pédoncules oculaires, les antennules, la région
subfrontale et, dans l’ensemble, sur toutes les régions exposées de l’animal.
Front étroit, peu saillant, peu échancré. Bourrelet orbitaire interne
peu proéminent. Orbites petites. Dent infra-orbitaire petite.
Bord antéro-latéral avec un lobe antérieur en angle très obtus, formant
une crête finement granuleuse qui est en même temps le bord antérieur
de la cavité sous-hépatique. En arrière, le bord est déprimé, marqué par
une crête de granules plus gros, avec une seule dent distincte formée
d'un amas de granules et située un peu en arrière du sillon séparant 4L
de IR.
Cavité sous-hépatique très grande et profonde, creusée et étalée en
dessous de façon telle que le fond présente une surface bien plus grande
que le diamètre de l’ouverture et qu’il s’étend bien au-delà de la suture
ptérygostomienne (pl. II, fig. 7). Son plus grand axe oblique, formant un
angle de 45° environ avec l'axe sagittal. La partie postérieure de l’ouver¬
ture se rattache à la crête du lobe antérieur de la carapace par une saillie
large et plate, s’avançant à l’intérieur et sur laquelle s’ajuste la face
interne subdistale du carpe du chélipède (pl. XI, fig. 62 et 63). En ce qui
concerne l’aspect du bord de la cavité, il faut distinguer deux régions.
Dans la première, antérieure, le bord de la cavité se confond avec le bord
du lobe antérieur de la carapace : la crête marginale finement granuleuse
s’infléchit, passe dans la région sous-hépatique et s'arrête au niveau de la
crête oblique qui sépare les régions granuleuse et pilifère des zones sous-
hépatique et ptérygostomienne. A partir de ce niveau et dans toute sa
région postérieure^ jusqu’à l’endroit où il se rattache avec le bord de la
carapace, le bord de la cavité est marqué par des granules plus gros, qui,
dans le voisinage du sillon ptérygostomien, sont plus ou moins alternés
sur deux rangées, et pédonculés, en forme de champignons ; ils se trouvent
masqués par des poils plumeux, longs, analogues à ceux qui tapissent
toute la partie de la face ventrale recouverte par les appendices repliés.
ALrp, (pl. III, fig. 22) couverts uniformément de granulations per-
liformes serrées, entourées de poils, les uns courts et épais, d autres, plus
rares, longs. Un sillon peu profond et étroit sur l’ischion. Bord antérieur
du inérus très régulièrement arrondi ; angles externe et antéro-interne
non anguleux. Une dépression étroite à la surface du mérus. Extrémité
proximale de l’expodile élargie et soulevée en une crête qui prolonge la
Source : MNHN, Paris
192
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
crête située sur la région ptérygostomienne, à la limite des granules de la
partie antérieure et des longs poils plumeux de la zone sub-branchiale.
Fio. 3. — Hypocolpus perfectus sp. nov. : trois types de poils de la face dorsale
de la carapace ; a, x 200 ; b, x 165 ; c, x 125.
Chélipèdes égaux. Mérus comprimé latéralement, présentant dista-
lement une véritable « face antérieure » : c’est une large zone subtrian¬
gulaire, légèrement déprimée ; elle est recouverte de granules coniques
et saillants, analogues à ceux du bord postéro-latéral qu'elle paraît
prolonger quand les chélipèdes sont repliés sous la carapace. Carpe non
anguleux. Face externe bombée et recouverte de granules, sauf dans la
région supéro-distale qui est déprimée et porte des granules plus petits et
plus serrés ; bord supérieur formant une crête surélevée, s'abaissant près
de la région distale où elle est lisse. Partie supérieure de la face externe
du propode légèrement excavée, recouverte de petits granules perli-
formes et de poils courts ; partie inférieure avec des granules plus hauts,
bien détachés les uns des autres, entremêlés de poils plus longs, et dis¬
posés sur trois bourrelets longitudinaux. Bord supérieur de la main en
crête aiguë, surmonté de granules dont la taille croît de l’arrière vers
l’avant. Doigt fixe et doigt mobile granuleux, munis sur le bord préhen¬
sile de dents obtuses, et se croisant à leur extrémité.
L’ensemble carpe-propode, lorsque le chélipède est appliqué contre
la face ventrale, présente une profonde concavité du bord supérieur : au
niveau où ces articles traversent la cavité, cette concavité élargit la
partie visible de l’orifice (pl. XI, fig. 62 et 63).
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
193
Les régions supéro-externes du chélipède non en contact avec les
appendices quand l’animal se met «en boule» (pi. XI, fig. 60-63) sont
recouverts de poils en brosse, assez courts puisqu'ils ne dépassent que
légèrement le sommet des granules. Les régions excavées du carpe et du
propode qui se placent devant l’ouverture de la cavité portent des
granules très atténués ou simplement des ponctuations dont chacune
parait occupée par un poil vésiculeux court, analogue à ceux de la carapace.
Pattes ambulatoires comprimées latéralement, courtes et larges
(pl. XI, fig. 60-63). Mérus à peu près deux fois aussi long que large.
Extrémité distale du carpe élargie ; sa surface recouverte de tubercules
et de dents plus ou moins alignés, dont une rangée médiane saillante et
limitée, de part et d’autre, par une dépression lisse. Face externe du
propode également recouverte de tubercules perliformes séparés par des
zones lisses. Tous les articles couverts de poils courts et bords supérieur
et inférieur frangés de longs poils bruns.
Répartition géographique
Madagascar, côte sud : Fort Dauphin (localité type) ; Nosy Manitsa.
Remarques
En 1934, Balss a identifié deux spécimens d 'Hypocolpus provenant
de Madagascar à l’espèce de de Haan, Hypocolpus granulatus, actuelle¬
ment connue seulement du Japon et du Siam. Nous avons pu examiner
ces deux spécimens : l’un se trouve au Muséum d’Histoire naturelle,
l’autre, conservé au Musée de Munich, nous a été prêté par le Dr. Engel-
hardt. L’examen du second spécimen nous a permis, d’une part de
l'identifier avec certitude à l’exemplaire de la collection du Muséum et
ainsi à une espèce bien distincte d’//. granulatus, d'autre part de vérifier
la description d 'H. perfectus et de la préciser, notamment en ce qui
concerne la pilosité. En efTet, ce spécimen n’a pas été brossé — contrai¬
rement à ce que nous avons constaté par la suite pour le premier — et
nous avons pu ainsi observer la pilosité réelle, fort curieuse, de cette
espèce : les poils sont courts mais très denses sur tout l’animal ; ils sont
en particulier très nombreux sur la moitié postérieure de la face ventrale
et sur les appendices ; il y a, sur toute la zone subbranchiale, de longs
poils plumeux, analogues à ceux des autres espèces d 'Hypocolpus ; moins
abondants et surtout moins longs sur la face dorsale, ils apparaissent
cependant à l’œil nu, contribuant à en accuser l’aspect rugueux (fig.
texte 3 a-c ; pl. XI, fig. 60-63).
Une partie de la collection Decary de Madagascar n’a pas été déter¬
minée et nous l’avons examinée dans l’espoir d’y découvrir d’autres
H. perfectus ; cet espoir n’a pas été déçu puisque nous avons trouvé, de
Fort-Dauphin, un troisième spécimen très petit, une femelle de 9 mm de
large seulement, le plus petit Hypocolpus que nous ayons examiné. Cet
exemplaire juvénile montre tous les caractères morphologiques d 'H. per¬
fectus : carapace large, face dorsale ornée de sillons peu profonds, bord
latéral cristiforine et déprimé sur toute sa longueur, présence de granu-
Source : MNHN, Paris
194
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
lations peu saillantes et de ponctuations pilifères, etc... En outre, la
cavité sous-hépatique est également développée, relativement aussi
grande, dans la même position, et creusée de telle façon que le fond n'en
est pas visible totalement en vue ventrale. Enfin l’articulation carpe-
propode du chélipède offre également une zone déprimée qui se coapte
avec la cavité sous-hépatique, et la coaptation des pattes ambulatoires
est aussi parfaite que chez l'adulte.
Afin de mettre en évidence chez H. perfeclus les proportions et la
forme de la carapace, nous en figurons le contour externe, pour deux
tailles extrêmes : la figure 1 représente, grandeur nature, le contour
externe de la carapace du paratype (62 mm de large) ; la figure 2a,
celui de l’exemplaire juv. (9 mm de large), grandeur nature, et la figure 2
ce dernier grossi 5 fois.
H. perfeclus peut atteindre une grande taille : l’holotype mesure près
de 54 mm de large et le second exemplaire, de la même localité, mesure
62 mm. Comme nous l’avons indiqué à propos d'H. granulalus, H. per¬
feclus ne présente guère d'affinités avec ce dernier, avec lequel Balss
l’a cependant confondu, ni par les caractères morphologiques intéressant
la lobulation de la carapace ou l’ornementation de la face dorsale et des
appendices, ni par la conformation de la cavité sous-hépatique et des
chélipèdes, ni par le mode de coaptation entre la cavité et le premier
péréiopode.
L’espèce la plus voisine serait H. diverticulatus dont perfectus se
rapproche par la lobulation de la carapace, moins accusée encore, par la
face dorsale à la fois granuleuse et ponctuée, par la conformation du
complexe chélipède-cavité ventrale. La cavité sous-hépatique d'H. per¬
feclus malgré son grand diamètre plus oblique, a une orientation et un
allongement comparables à ceux de diverticulatus : dans les deux espèces,
la limite postérieure de la cavité atteint presque l’emplacement des
articles proximaux des chélipèdes quand ceux-ci sont appliqués à la
face ventrale, et la ligne de suture ptérygostomienne longe les bords
interne et postérieur de la dépression. Lorsque le chélipède se replie à la
face inférieure de la carapace, propode contre mérus, l’ensemble carpe-
propode traverse la cavité, masque une partie de l'ouverture avec, dans
les deux cas, une profonde excavation au bord supérieur de cet appendice,
excavation qui élargit la partie visible de celle-ci (pl. XI, fig. 62 et 63).
Toutefois, chez //. perfectus, la cavité est anfractueuse et profondément
creusée postérieurement : pour en voir le fond, il est nécessaire d’incliner
l'animal et de l'amener en vue frontale ou presque (cf. pl. XI, fig. 63),
alors que la cavité apparaît dans sa totalité en vue ventrale chez H. diver¬
ticulatus (pl. X, fig. 55).
D’autres caractères morphologiques distinguent H. perfectus d'H. diver¬
ticulatus : en particulier, le bord antéro-latéral d’apparence cristiforme
sur toute sa longueur, le front moins avancé, les mxp 3 ; ces derniers, par
le mérus non anguleux, le faible développement du sillon de l’ischion
et celui presque nul d’une dépression sur le mérus, et par la forme de
l’exopodite (pl. III, fig. 22), se distinguent des maxillipèdes externes des
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
195
autres espèces d ’Hypocolpus. Les différences portent également sur la
pilosité de la face dorsale et des autres régions, les pattes ambulatoires
qui, au lieu de protubérances saillantes, montrent une surface unifor¬
mément couverte de granules dont, seule, une rangée mieux détachée sur
carpe. Enfin la largeur remarquable des pattes ambulatoires (le propode
est sensiblement aussi large que long), leur aplatissement et leurs propor¬
tions (l’extrémité proximale du carpe est à moitié moins large que son
extrémité distale), ainsi que la perfection des coaptations des pattes
ambulatoires, d’article à article et d’appendice à appendice, des pattes
avec la carapace, des chélipèdes avec la cavité (pl. XI, fig. 62) en font une
espèce fort curieuse. Lorsque les péréiopodes sont repliés à la face infé¬
rieure, on ne voit, en vue dorsale, débordant de la carapace qu’une partie
du carpe des chélipèdes, la dernière paire de pattes ambulatoires en
totalité, une très petite partie du mérus et le carpe des deux paires précé¬
dentes, et pratiquement rien de la première paire (pl. XI, fig. 60 et 63).
Il semble bien que dans le genre Hypocolpus, cette espèce représente
la forme la plus spécialisée, la plus hautement adaptée à des fins qui
demeurent encore énigmatiques.
Hypocolpus rugosus rugosus (Henderson)
(P). II, fig. 13, 14 ; pl. III, fig. 23 ; pl. V, fig. 28, 30 ; pl. VII, fig. 40 ;
pl. XII, fig. 66-69)
Hijpocoelus rugosus Henderson, 1893, p. 358, pl. 36, fig. 9-11 : Golfe de
Manaar (Tuticorin). — Type : British Muséum.
Hypocoelus rugosus, Alcock, 1898, p. 111.
Hypocoelus rugosus, Laurie, 1906, p. 401 : Golfe de Manaar (Ceylan).
Matériel examiné
Golfe de Manaar (Tuticorin), Thurston coll., Syntypes : 1 9 Lecto-
type (1), 17,5 x 12,3 mm, 1 9 13,5 X 9 mm (B.M.).
Golfe de Manaar (Ceylan), Herdman coll., dét. Laurie : 1 9 ovigère
18 x 13 mm (B.M.).
Description des syntypes ( 9 ).
Rapport largeur-longueur de 1,42 pour le lectotype, de 1,50 pour
l’autre. Lobules de la carapace proéminents, limités par des sillons assez
profonds. Aire cardiaque non divisée en deux lobules, et séparée par un
sillon du petit lobule impair situé au-dessous. Surface des lobules sub¬
divisée et d’apparence très rugueuse : granulations peu nombreuses et
irrégulièrement distribuées au sommet des lobules, en amas et lignes
saillants, séparés par des dépressions elles-mêmes creusées de petites
cavités circulaires. Chaque granule entouré d’une couronne de poils très
courts, ne dépassant pas l’ouverture des ponctuations où ils s’insèrent
(pl. XII, fig. 66).
(1) Par sélection récente du Dr. I. Gordon (in liU.J.
Source : MNHN, Paris
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
A un fort grossissement, toute la surface apparaît couverte de fines
ponctuations tomenteuses. Des touffes de poils longs au sommet de
certains lobules.
Front peu saillant, en courbe régulière légèrement excavée au milieu.
Crête antérieure du bord antéro-latéral courte et déclive, se terminant
postérieurement par une forte dent. Moitié postérieure du bord antéro¬
latéral non déprimée, armée de deux fortes dents granuleuses, séparées
par d’autres dents pointues, plus petites et irrégulières.
Cavité sous-hépatique quadrangulaire, son plus grand axe horizontal
et dépassant du côté interne l’aplomb du bord externe de l'orbite. Bords
antérieur et interne légèrement rabattus vers l’intérieur ; bord postérieur
rectiligne se rapprochant graduellement du bord antérieur et s’achevant en
un large nodule plat et lisse ; la cavité semble s’ouvrir vers l’extérieur par
une gouttière ménagée entre ce nodule et l’extrémité externe du bord
antérieur (pl. II, fig. 13 et pl. XII, fig. 67, 68).
Fond de la cavité lisse sur toute sa surface mais légèrement soulevé
sur son plus grand diamètre. Longeant postérieurement la cavité et limité
à la région médiane, un sillon très étroit, bordé par les granules de la
zone hépatico-ptérygostomienne. Cavité vue en entier lorsque les chéli-
pèdes sont repliés sous la carapace.
Sillon ptérygostomien peu sinueux, éloigné du bord postérieur de la
cavité.
Partie visible des sternites d’aspect érodé, creusée de dépressions
souvent larges et allongées, symétriquement disposées de part et d’autre
de l’abdomen, et séparées par des protubérances granuleuses.
Mxp a avec le sillon de l’ischion large et les deux dépressions, à la
surface du mérus, peu profondes, séparées par des granules pointus (pl. III,
fig. 23).
Chélipèdes fortement tuberculés (pl. V, fig. 28). Carpe avec des crêtes
courtes et extrêmement sinueuses, irrégulièrement surmontées de granules
et de petites dents. Face externe de la main avec de forts tubercules et
des crêtes granuleuses dans la région inférieure. Partie antéro-interne du
carpe et région supérieure du propode déprimées et formant une sorte
de large gouttière, hérissée de fortes saillies granuleuses, qui s’applique
sous le bord postérieur de la cavité quand les chélipèdes sont repliés
(pl. XII, fig. 68).
Toute la surface des pattes ambulatoires visible, lorsqu’elles sont
repliées et dactyle excepté, est recouverte de gros nodules tuberculés
séparés par des creux profonds (pl. V, fig. 30 ). Quelques poils épais,
en particulier sur le bord supérieur.
Répartition géographique.
Golfe de Manaar (localité type).
Remarques.
Balss (1934, p. 511) suppose cette espèce identique à H. diverti-
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
197
culatus (Strahl), tandis que Sakai (1939, p. 457) la met en synonymie
avec H. haani Rathbun [= Hypocolpus granulatus (de Haan)]. L’espèce
n’est connue que par les syntypes et par les deux spécimens du golfe de
Manaar recueillis par Herdman et signalés par Laurie en 1906. L’un de
ceux-ci était, comme les types, conservé au Bristish Muséum et nous avons
pu l’examiner ; mais nous n’avons malheureusement pas trouvé trace du
second, le seul mâle qui ait jamais été signalé. Après examen des deux
syntypes et de l’un des spécimens déterminés par Laurie, nous concluons
à la validité de cette espèce.
Nous avons confronté le spécimen de Laurie et les syntypes de
Henderson. Ce spécimen, une feuille ovigère de 18 x 13 mm. a été récolté
à Ceylan, dans le Golfe de Manaar (« Coral Reef », Laurie, loc. cit., p. 401)
comme les syntypes. Il diffère légèrement des syntypes : le rapport
largeur-longueur est de 1,38 ; les sillons de la face dorsale sont plus super¬
ficiels, les lobules couverts de gros tubercules rugueux plutôt que de
granules (pl. VII, fig. 40).
A ce sujet, Laurie (1906, p. 401) écrit : « I note granules of carapace
are larger tlian in a specimen of H. granulatus in the British Muséum
instead of smaller as in Henderson's description. » Or, nous avons comparé
H. rugosus à un H. granulatus typique : dans les trois spécimens de
rugosus examinés, y compris l’un de ceux qu’a vu Laurie, granules ou
tubercules sont plus petits que chez H. granulatus, et surtout ne sont pas
aussi individualisés et régulièrement disposés sur toute la surface des
lobules de la face dorsale. Ceci confirme l’observation de Henderson,
qui compare soigneusement H. rugosus à H. granulatus et constate
(1893, p. 358) : «The areolation of the carapace is very like that of
//. granulatus but the granules are much smaller. »
Dans le spécimen de Laurie, la crête antéro-latérale est plus longue
que chez les syntypes et passe régulièrement, sans dent saillante, à la
moitié postérieure du bord antéro-latéral armé de dents subégales assez
fortes. Laurie écrit (1906, p. 401) : «The three teeth of the antéro¬
latéral border of the carapace are not so obvious as in Henderson’s
figure. » (1) Chez ce même spécimen, le carpe des chélipèdes, couvert de
tubercules anguleux, présente une bosse latérale distale, armée de dents
pointues.
Enfin, la cavité sous-hépatique offre une conformation particulière :
moins large, plus allongée, elle ne se rétrécit pas à son extrémité externe
qui est obliquement tronquée ; ses deux bords, antérieur et postérieur,
sont arqués et parallèles sur toute leur longueur (pl. II, fig. 14; pl. XII.
fig. 69). Sa limite interne dépasse l’aplomb du bord externe de l’orbite.
En arrière du rebord postérieur ourlé en dehors, existe une dépression
étroite, triangulaire, fermée en angle aigu du côté externe, ouverte du
côté interne ; au fond, faisant contraste avec la cavité antérieure lisse,
(1) Ce meme auteur signale ensuite que clu-z le spécimen mâle d'H. rugosus «... an
addltional small tootli occurs between 2nd and 3rd larger ones counting from before
bnckwards. »
Source : MNHN, Paris
198
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
quelques granules analogues à ceux de la région subhépatico-ptérygos-
tomienne. Cette dépression est homologue du sillon situé postérieurement
à la cavité dans les deux syntypes de Henderson (surtout visible dans le
plus petit exemplaire), homologue de l’importante fossette granuleuse,
développée sous la cavité ventrale, de la sous-espèce slenocoelus décrite
plus loin, et enfin, de l’excavation réniforme observée le long du bord
postérieur de la cavité d’II. punctatus (Miers).
H. rugosus diffère à'H. granulatus et d'II. diverticulatus par la confor¬
mation de la cavité sous-hépatique et par d’autres caractères : forme et
ornementation de la carapace, ornementation des chélipèdes et des pattes
ambulatoires, qui rendent toute confusion impossible. Comparant
H. rugosus à II. granulatus, Henderson remarque (1893, p. 358) : « The
pterygostomial cavity has the upper and lower margins straight, and
gradually converging to a rather broad truncated hinder end, which is
fully half the middle of the anterior end ; while in H. granulatus, the
lower margin of the cavity is strongly curved and the hinder end narrow
and pointed ; in our new species the cavity also approaches nearer to
the orbit. » A son tour, Laurie compare (1906, p. 401) : «A point of
différence between the présent specimen of H. rugosus and the British
Muséum specimen of II. granulatus is that in the former the sternal area
on either side of the flexed abdomen has an eroded appearance, while in
the latter it is covered irregularly by distinct granules. »
La forme la plus proche est celle que nous décrivons ci-après sous le
nom de sous-espèce slenocoelus.
Hypocolpus rugosus (Henderson) stenocoelus Guinot sp. nov.
(PI. II, fig. 15 ; pl. III, fig. 21 ; pl. V, fig. 29, 31 ; pl. VI, fig. 35 ; pl. XII,
fig. 70, 71)
Matériel examiné
Ile Maurice : Syntypes, 1 9 22 x 15 mm, 1 <J 23 x 15 mm (B.M.).
Description
Rapport largeur-longueur de la carapace respectivement de 1,47
et de 1,53. Régions et lobules de la carapace bien délimités par des
sillons larges et profonds. Aréole IP plus ou moins divisée en deux lobes
et séparée de l’aire impaire située au-dessous par un sillon. Sillon séparant
5L de 6L très profond (pl. XII, fig. 70).
Sur les parties saillantes des lobules, des granules perliformes, peu
nombreux, de taille variable, plus ou moins groupés. Entre eux, des
fossettes et de petites cavités ampullacés dont l’ouverture est aussi
large que les granules les plus saillants. Sur toute la surface, y compris
les sillons, des poils bruns très courts, serrés et rangés en couronne autour
des granules.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS 199
Front peu saillant ; échancrure médiane très obtuse. Dent infra-
orbitaire forte.
Moitié antérieure du bord antéro-latéral très déprimée, formant une
crête large, entière, finement granuleuse ; moitié postérieure irréguliè¬
rement déprimée, formant une crête denticulée armée de deux tubercules
saillants granuleux. Bord latéro-postérieur divisé et orné de grosses
granulations.
Cavité sous-hépatique atteignant du côté interne l’aplomb de l’orbite,
profonde, très étroite et très allongée : sa plus grande largeur comprise
près de 5 fois dans sa longueur, son grand axe subhorizontal; le bord
antérieur, concave, et le bord interne rehaussés en un rebord granuleux et
cristiforme, largement ourlé en dedans. Bord postérieur haut, en crête
lisse un peu ourlée en dehors, convergeant faiblement vers l’extrémité
externe du bord antérieur ; cavité s’ouvrant en gouttière au niveau du
bord de la carapace (pi. II, fig. 15 ; pl. XII, fig. 71).
En arrière de cette cavité à fond lisse, une seconde un peu moins
longue et moins profonde que la première, dont la limite antérieure est
formée par le rebord postérieur cristiforme de la cavité lisse, et la limite
postérieure par un rebord granuleux, irrégulier. Sa largeur est nettement
inférieure à celle de la cavité antérieure ; son extrémité externe est aiguë,
l’interne arrondie. Tout le fond et le rebord postérieur de cette cavité
garnis de gros granules, entourés de poils courts et qui confluent, sur le
bord, en une saillie médiane. Une large dépression entre la dent infra-
orbitaire et le bourrelet formé par le bord latéro-interne de la cavité.
Aires sous-hépatique et ptérygostomienne granuleuses et couvertes de
longs poils plumeux. Sillon ptérygostomien éloigné du bord postérieur
de la cavité granuleuse.
Sternum érodé, avec des creux profonds, soit allongés, soit subdivisés
par des crêtes très prononcées, sinueuses et couvertes de granules.
La pilosité des appendices et de la face inférieure est représentée,
comme celle de la face dorsale, par des poils bruns très courts formant
un réseau entre les granules.
Avant-dernier article de l’abdomen mâle aussi long que large et de
même longueur que le telson.
Mxp 3 avec une large gouttière parallèle au bord externe sur l’ischion
et une autre gouttière longitudinale, formée par des dépressions irré¬
gulières, le long du bord externe de l’ischion et du bord interne de l’exo-
podite ; une dépression en fer à cheval sur le mérus (pl. III, fig. 21).
Bord supérieur du mérus régulièrement convexe. Surface couverte de
granules entourés de poils bruns et courts. Des ponctuations pilifères
moins denses, mais assez régulièrement espacées, dans le fond des
dépressions.
Chélipèdes égaux et forts. Mérus comprimé, granuleux près du bord
supérieur et armé distalement d’une rangée de fortes dents coniques.
Carpe fort, grossièrement tuberculé et granuleux; face interne lisse,
épousant la courbure de la région sous-hépatique ; son bord supérieur
marqué par une ligne de granules et un peu déprimé à l’angle antéro-
Source : MNHN, Paris
200
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
interne. Propode sillonné dans sa moitié inférieure par trois fortes crêtes
surmontées de gros granules, dont les deux postérieures se continuent
sur le doigt fixe et se terminent en grosses côtes lisses, en continuité
avec l’ongle et la première dent interne de ce doigt ; dans la moitié
supérieure, des crêtes granuleuses irrégulièrement réticulées. La région
déprimée du carpe et du propode qui vient s’appliquer juste sous la
cavité sous-hépatique, est recouverte de nodules granuleux et creusée
de dépressions ampullacées (pl. V, fig. 29). Doigt mobile parcouru de
deux crêtes granuleuses et de deux côtes lisses, granuleuses à leur base.
Lorsque les pinces sont repliées à la face inférieure de la carapace,
sont visibles, en vue dorsale, le carpe très proéminent et la région supé¬
rieure déprimée du propode. Dans cette position, à la face ventrale, la
cavité sous-hépatique proprement dite et la cavité granuleuse postérieure
sont laissées à découvert (pl. XII, fig. 70, 71).
Pattes ambulatoires courtes et larges, présentant par-dessus des
nodules, des crêtes granuleuses hautes et courtes, des dépressions, des
cavités, des ponctuations donnant à l’ensemble un aspect corrodé ; il y a
en particulier, sur le carpe, surplombant un sillon profond, une forte
carène creusée en son milieu et sur la face postérieure d’une ponctua¬
tion circulaire (pl. V, fig. 31). Une ligne irrégulière de dents pointues
sur le bord de la face interne du carpe et du propode. Dactyle spinuleux.
Sur la première paire de pattes ambulatoires, le bord inférieur de la face
externe du mérus se présente comme une crête longitudinale, séparée du
reste de cette face par une ligne de dépressions arrondies plus ou moins
fusionnées. Cette crête est séparée d’une ligne de forts granules disposée
longitudinalement sur la face inférieure, par une gouttière profonde et
étroite. Cette disposition s’atténue sur les pattes suivantes, et, à la
dernière paire, on n’observe, au bord inférieur, qu’une simple ligne de
granules.
Pli du mâle de 22 X 15 mm avec des soies spiniformes de taille
croissante sur la partie distale du bord interne (pl. VI, fig. 35). Sur le
bord externe, des spinules disposés en une seule ligne puis devenant plus
nombreuses dans la région distale. Sur le bord de l’ouverture antérieure,
ventralement, une longue soie plumeuse et une soie simple beaucoup
plus courte.
Le pl 1 de l’autre mâle présente moins de soies spiniformes sur le
bord interne, surtout dans la région distale et, s’il y a aussi deux soies sur
le bord de l’ouverture, toutes deux sont égales, plumeuses et moins
longues que la plus grande du premier spécimen.
Répartition géographique.
Ile Maurice (localité-type).
Remarques
Les deux spécimens décrits ci-dessus présentent par rapport aux
H. rugosus rugosus examinés, à côté d'un certain nombre de caractères
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
201
communs, des différences telles que nous les aurions considérés comme
appartenant à une espèce voisine mais distincte si nous avions pu com¬
parer des individus de même taille et de même sexe. Malheureusement,
comme nous l’avons écrit à propos de rugosus, nous n’avons vu que des
femelles de cette espèce et les deux spécimens de l’ile Maurice sont des
mâles nettement plus grands. En attendant que des H. rugosus mâles
adultes soient retrouvés et qu’il soit possible de comparer leurs pléopodes
à ceux de la forme de l'ÎIe Maurice, nous attribuons simplement à cette
dernière le rang de sous-espèce. Il est possible que l’on soit amené à la
conclusion que l’on a affaire à une espèce extrêmement variable ; ceci
nous apparaît cependant peu probable car, à en juger par ce que l’on
remarque dans les autres espèces du genre, les différences observées ne
relèvent pas d'un dimorphisme sexuel, comparable par exemple à celui
de certains Leucosiadae.
Les deux spécimens A'H. rugosus stenocoelus ressemblent à la forme
typique par les dimensions et la lobulation de la carapace, ainsi que par
l’ornementation des lobules qui sont du même type : homologie des
groupes de granules perliforines sur les sommets, aspect alvéolaire dû
à la présence de petites cavités circulaires sur les lobules, réseau de
poils courts entre les granules.
L’aspect quelque peu différent de la surface de la carapace est dû en
partie à une pilosité formée de poils moins nombreux, de teinte claire,
et peu visibles chez H. rugosus, alors qu’ils sont bruns dans la sous-espèce
ce qui a pour effet de donner plus de relief aux granules. La moitié pos¬
térieure du bord antéro-latéral forme une crête déprimée et surmontée
de granules petits, assez réguliers, nombreux dans la sous-espèce (pi. XII,
fig. 70), tandis que chez les //. rugosus le bord est formé par une succession
de dents granuleuses peu nombreuses dont l’irrégularité masque la
dépression marginale (pl. XII, fig. 66).
La cavité sous-hépatique est de même type que chez H. rugosus
rugosus mais différente dans ses proportions. La cavité proprement dite
ne possède pas non plus de rebord sur le côté externe, mais elle est
beaucoup plus étroite (pl. II, fig. 15 ; pl. XII, fig. 71) — d'où le nom de
stenocoelus que nous attribuons à cette sous-espèce — : le rapport longueur-
largeur de l'ouverture est ici égal à 5, alors qu’il est voisin de 2,5 chez les
syntypes de l’espèce (pl. II, fig. 13 ; pl. XII, fig. 67. 68). La dépression
postérieure est presque aussi profonde et large que la cavité elle-même,
alors qu’elle est à peine indiquée chez H. rugosus rugosus.
Il faut noter que, en ce qui concerne la région sous-hépatique, Y H.
rugosus déterminé par Laurie (pl. II, fig. 14; pl. XII, fig. 69), présente
des caractères intermédiaires entre la forme typique et la sous-espèce :
en effet, la cavité est assez étroite, près de quatre fois plus longue que
large, et la dépression postérieure, sans être aussi importante que dans la
variété, est bien marquée.
La partie antérieure de la face ventrale offre la même différence
d'aspect dans les deux formes que la région dorsale de la carapace ; les
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XX. 14
Source : MNHN, Paris
202
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
granules, notamment sur les mxp a , ressortent beaucoup plus dans la
sous-espèce en raison de la présence de poils courts, peu nombreux et
bruns.
Les chélipèdes montrent, dans la sous-espèce, une granulation plus
fine des régions externes. Le carpe, plus volumineux, est, sur sa face
supérieure, pourvu d’une saillie antéro-externe plus forte ; le bord
interne de cette face est marqué par une ligne de petits granules, ligne qui
s’applique exactement contre la crête antéro-latérale quand les chélipèdes
sont repliés contre la face ventrale ; chez H. rugosus, il existe sur ce bord
des tubercules moins nombreux, plus gros, plus irréguliers, qui assurent
une continuité de surface beaucoup moins nette entre la carapace et la
surface du carpe.
De même, le bord interne de la face supérieure du cliélipède, marqué
par des tubercules peu élevés et des granules petits et assez nombreux,
s’applique exactement contre le bord inférieur de la dépression posté¬
rieure de la cavité sous-hépatique ; chez H. rugosus, il y a sur le bord
supéro-interne de la main, trois gros tubercules saillants qui ne corres¬
pondent pas aux granulations bordant postérieurement la cavité.
Le bord antérieur de la face supérieure du carpe, entre l’articulation
avec le propode et l’angle antéro-interne, forme une ligne finement
granuleuse contre laquelle vient s’appliquer le bord postéro-latéral de la
face supérieure de la main marqué par une même ligne de granules
(pl. V, fig. 29). L’assemblage étroit des arêtes granuleuses assure la conti¬
nuité de surface des deux articles. Chez H. rugosus (pl. V, fig. 28), la
présence de tubercules irréguliers bien moins nombreux sur les régions
homologues ne permet pas de. réaliser la même continuité.
Il existe aussi des différences, sinon dans la forme, au moins dans
l’ornementation des pattes ambulatoires. A la place de la crête, inférieure
continue, entière qui borde la face externe du mérus de la première paire
dans la sous-espèce, on observe dans la forme typique plusieurs gros
tubercules. D’autre part, les crêtes situées sur les régions externes du
carpe et du propode de toutes les pattes sont étirées longitudinalement et,
plus ou moins lamelleuses dans la sous-espèce (pl. V, fig. 31), irréguliè¬
rement coniques dans la forme typique (pl. V, fig. 30). Le bord interne de
la face supéro-externe des deux articles est marqué, chez cette dernière,
par un petit nombre de tubercules irréguliers et non par la ligne de
denticules plus petits et plus nombreux observés dans la sous-espèce.
Il faut noter qu’une partie des différences relevées ci-dessus se tra¬
duisent dans la sous-espèce stcnocoelus par une coaptation plus poussée
des appendices entre eux et avec la carapace : la granulation bien plus
fine des bords de contact assure un « emboîtage » plus complet des
articles.
Dans l’ensemble, les différences que présentent les deux formes sont
accentuées par celles, cependant mineures, de la pilosité. Comme sur la
région dorsale, il y a sur toutes les autres régions exposées du tégument —
face inférieure de la carapace, sternites, abdomen, maxillipèdes
externes, appendices thoraciques — une ornementation de granules bien
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
203
plus apparents dans la sous-espèce parce qu’ils sont cernés par un réseau
de poils courts, assez serrés et bruns, alors que les poils sont moins
nombreux, clairs et peu visibles dans la forme typique.
H. rugosus stenocoelus mérite, plus que la forme typique, d’être
comparé à H. granulalus (de Haan) : en effet, le contour de la carapace,
avec la moitié postérieure en crête déprimée et de granules nombreux,
a un aspect voisin dans les deux cas. Cependant, si à l’œil nu, cette
ressemblance d’aspect porte également sur la lobulation et l’ornemen¬
tation de la région dorsale, dès que l’on examine les spécimens à faible
grossissement, on constate que les granules sont plus gros et disposés
sur toute la surface des lobules et que les poils sont beaucoup plus longs
chez H. granulalus. Les différences sont plus marquées encore lorsqu’on
compare les appendices thoraciques : leurs régions externes sont recou¬
vertes chez H. granulalus de petits tubercules dentiformes et non de
protubérances plus ou moins cristiformes, et ne présentent pas l’aspect
érodé caractéristique d'H. rugosus stenocoelus.
En ce qui concerne les pl 1 S, il y a notamment chez H. granulalus
cinq longues soies plumeuses (pl. VI, fig. 33), et seulement une ou deux
chez H. rugosus stenocoelus (pl. VI, fig. 35).
Hypocolpus puncta tus (Miers)
(Pl. II, fig. 16; pl. IX, fig. 51)
Hypocoelus punctatus Miers, 1834, pp. 182, 206, pl. 19, fig. B : Détroit de
Torrès (Ile Thursday). — Holotype : British Muséum.
Description (d’après la description et la figure de Miers et les rensei¬
gnements et dessins du Dr. I. Gordon).
Rapport largeur/longueur de la carapace égal à 1,40. Surface très
fortement lobulée ; lobules convexes et renflés, séparés par des sillons
profonds et larges. « Lobules are rather coarsely punctulated. The inferior
parts of the body are more or less coarsely pitted. » (Miers, 1884, p. 206).
Fraction externe de 2M particulièrement saillante. Suture cervicale
accentuée. Bord supra-orbitaire formant du côté interne un bourrelet
proéminent qui atteint presque le niveau du bord frontal et cache la
dent infra-orbitaire. Front bilobé, étroit et saillant ; lobe supra-orbitaire
interne saillant (pl. IX, fig. 51, d’après Miers).
Bord antéro-latéral fortement arqué et cristiforme, sans dents bien
marquées, sauf la dernière qui est petite et peu saillante. Bord latéro-
postérieur court, profondément concave.
Quant à la cavité sous-hépatique (pl. II, fig. 16), Miers la décrit
ainsi : .. The pterygostomian cavity is smaller than in H. sculplus but
rather wider than in a specimen of H. granulalus in the Muséum collection,
nearly ovate in outline, and divided along its greatest width by a crest
running parallel to that part of the antero-lateral margin that borders
the cavity above. » Le dessin du Dr. Gordon, qui a examiné le type.
Source : MNHN, Paris
204
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
apporte des précisions complémentaires : la cavité est à peine deux fois
plus longue que large ; la crête médiane n’atteint pas de part et d’autre
le bord latéral de la cavité. La limite interne de la cavité est très éloignée
de l’aplomb de l’angle orbitaire externe. Postérieurement, il y a une
dépression étroite, plus courte que la cavité, limitée antérieurement par le
rebord de celle-ci et postérieurement par une rangée de granules.
Régions sous-hépatique et ptérygostomienne antérieures fortement
érodées et ponctuées. Limite latéro-externe du segment basal antennaire
peu distincte.
Chélipèdes fortement corrodés sur le carpe et le propode. Bord supé¬
rieur du carpe armé d’une saillie subdistale limitant une dépression
creusée à l'angle antéro-interne. Bord supérieur du propode formant une
crête subtriangulaire contournée et déprimée (Miers, 1884, pl. 19, fig. B).
Pattes ambulatoires grêles. Carpe et propode rugueux.
Sur toutes les parties exposées du tégument, des ponctuations nom¬
breuses donnant un aspect corrodé.
Distribution géographique.
Détroit de Torrès (localité type).
Remarques
H. punctatus a été décrit en 1884 par Miers sous le nom générique
d ' Hgpocoelus, d'après un spécimen recueilli à l’ile Thursday (Détroit
de Torrès) au cours de la croisière de 1’ « Alerl ». L'espèce n’a jamais été
retrouvée depuis. Contrairement à ce qu'écrit Miers, le type n’est pas un
mâle, mais une femelle, mesurant 25 x 18 mm. Miss I. Gordon a bien
voulu examiner ce spécimen et nous fournir plusieurs dessins, dont
l’un, celui de la cavité sous-hépatique, est reproduit ici (pl. II, fig. 16).
Miers a comparé H. granulatus à des H. sculptus (= diverticulatus)
et à un spécimen d 'H. granulatus dont le Dr. Gordon nous a envoyé un
dessin. Miers indique que la présence d'une crête transversale dans la
cavité sous-hépatique distingue l’espèce qu’il décrit des deux autres.
On peut ajouter que ce caractère la distingue également de tous les
Hgpocolpus aujourd’hui connus.
H. punctatus ressemble à H. diverticulatus (pl. X, fig. 54 et 55) par
la forme et la forte lobulation de la carapace, par l’existence d'une
crête antéro-latérale et la conformation particulière des chélipèdes ;
elle s’en distingue par la présence de ponctuations nombreuses sur la
face dorsale de la carapace, sur les chélipèdes et les pattes ambulatoires,
par la moindre pénétration de l’article basal antennaire à l’intérieur du
hiatus orbitaire (d’après Miers), par le grand écartement entre l’orbite
et le bord interne de la cavité, enfin, non seulement par la présence d'une
crête transversale dans la cavité sous-hépatique, mais aussi par la forme
sub-quadrangulaire de cette cavité, qui, d’autre part, est entièrement
visible en vue ventrale lorsque les chélipèdes sont repliés à la face infé¬
rieure de la carapace.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
205
La comparaison entre H. punctatus et H. abotti Rathbun (pl. VII,
fig. 41 ; pl. X, fig. 58 et 59) figure dans les remarques relatives à cette
dernière espèce (p. 207).
Hypocolpus abotti (Rathbun)
(Pl. II, fig. 11 ; pl. III, fig. 20; pl. VI, fig. 32; pl. VII, fig. 41 ; pl. X,
fig. 58, 59)
Hypocoelus abotti Rathbun, 1894, p. 21 : Ile Aldabra. — Type : Was¬
hington Muséum.
Hypocolpus abotti, Balss, 1934, p. 512, fig. texte, pl. 1, fig. 2 : Madagascar
(Nosy-Bé).
Matériel examiné
Madagascar (Nosy-Bé), Bosse coll., Balss dét. : 1 <J 55 X 40 mm.
(Musée de Hambourg).
Description
Rapport largeur/longueur du mâle type et du spécimen mâle exa¬
miné égal à 1,37. Carapace fortement lobulée, les régions séparées par
des sillons profonds et lisses. Bord postérieur de la région cardiaque
séparé par un sillon du petit lobule impair situé au-dessous (pl. VII,
fig. 41).
Surface des lobules rugueuse, garnie de tubercules peu nombreux et
assez espacés mais extrêmement saillants (M. Rathbun, 1894, p. 21,
écrit : « blunt spiniform tubercles «), et couverte de longs poils bruns,
dont la plupart sont insérés isolément dans une ponctuation ; sur certains
lobules, des poils plus longs, plumeux à l’extrémité et groupés en faisceaux.
Front bilobé ; chaque lobe échancré extérieurement et obliquement
tronqué intérieurement.
Bord antéro-latéral sans dents marquées : sa première moitié oblique,
cristiforme, limitée extérieurement par deux rangées de granules plus
ou moins alternées, et passant régulièrement à la moitié postérieure
subrectiligne, ornée de tubercules également saillants. Une étroite dépres¬
sion entre l’extrémité antérieure de la crête antéro-latérale et le bord
externe de l’orbite.
Cavité sous-hépatique sensiblement ovale ; son grand diamètre
perpendiculaire à l’axe sagittal de l’animal. Pour un mâle de 76 x
55,5 mm, Rathbun donne comme dimension de la cavité 25 x 11 mm.
Chez le spécimen examiné, le plus grand diamètre de la cavité est de
16 mm et le plus petit de 7 mm : dans les deux cas, le rapport est voisin
de 2,3. La limite interne de la cavité atteint juste l’aplomb du bord
externe de l’orbite. Son bord antérieur est faiblement concave ; le bord
postérieur, beaucoup plus incurvé, rejoint le bord antérieur par une
courbe régulière du côté interne et par un angle aigu du côté externe
Source : MNHN, Paris
206
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
(pl. II, fig. 11). Cavité assez profonde et traversée par deux fortes crêtes
lisses, longitudinales et subparallèles : la crête antérieure n’atteint pas
tout à fait le bord interne ; la crête postérieure, plus longue, soudée au
bord interne, s’amincit de l’autre côté avant de se confondre avec le
bord postérieur (pl. X, fig. 59) (1). Fond de la cavité lisse et brillant.
Cavité entièrement découverte quand les chélipèdes sont repliés sous la
carapace (pl. X, fig. 58). Sillon ptérygostomien longeant le bord de la
cavité dans sa première moitié puis s’incurvant vers le bas.
Régions découvertes des sternites avec des tubercules saillants
formant des crêtes proéminentes, séparées par des sillons et des creux
eux-mêmes subdivisés par des lignes granuleuses.
Abdomen mâle granuleux et pilifère. Avant-dernier article aussi
long que large et plus long que le dernier article. Bord du telson réguliè¬
rement convexe.
Mxp a (pl. III, fig. 20) granuleux, couverts et bordés de longs poils
bruns. Un sillon large, profond, lisse et glabre sur l’ischion. Une dépression
assez peu accentuée sur le mérus. Bord antérieur du mérus rectiligne.
Chélipèdes forts. Face supérieure du carpe régulièrement bombée,
déprimée dans l'angle antéro-interne et avec plusieurs protubérances
surmontées de granules pointus. Propode (cf. pl. X, fig. 58) avec la
région supérieure déprimée en facette triangulaire, à angle droit avec la
face interne ; sur la face externe, des granules assez pointus qui, sur la
moitié inférieure s’organisent en lignes longitudinales : les deux lignes
inférieures se prolongent sur le doigt fixe en côtes lisses qui aboutissent
aux dents terminales du bord préhensible, lequel est armé de quatre
autres dents. Quatre crêtes granuleuses, se terminant en côtes lisses, sur
le doigt mobile armé de six dents en arrière de l’ongle.
Pattes ambulatoires comprimées, larges, irrégulièrement granuleuses
sur leurs bords et les régions externes, sans crêtes marquées mais avec
une faible dépression vers le tiers supérieur du carpe et du propode.
Pli S (pl. VI, fig. 32) avec, le long du bord interne, des soies spini-
formes devenant plus longues dans la région distale où sont implantées
quatre très longues soies, plumeuses à leur extrémité. Sur le bord ventral
de l’ouverture distale, six longues soies plumeuses. De nombreux spinules
sur la région interne, plus denses en arrière du lobe distal.
Toutes les régions du tégument — régions sous-orbitaire, ptérygos-
tomienne, sous-hépatique, abdomen, maxillipèdes externes, appendices
thoraciques — sont recouvertes des mêmes longs poils bruns raides que sur
la face dorsale de la carapace. Toute la région située en arrière de la
cavité sous-hépatique et contre laquelle s’appliquent les chélipèdes
repliés est cachée sous une épaisse fourrure de poils plumeux, longs et
souples.
(1) Balss figure la « cavité branchiale gauche » (1934, p. 512) : il s'agit en réalité de la
cavité sous-hépatique droite, dessinée dans une position Inverse de celle des dessins figurés
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
207
Répartition géographique.
Ile Aldabra. Madagascar (Nosy-Bé).
Remarques.
M. Rathbun est le premier auteur qui ait défini les relations de la
cavité sous-hépatique et du chélipède chez un Hyplcolpus. Elle précise
chez H. abolti (1894, pp. 22, 23) : « In no position does the cheliped fit
tighly over the cavity. When the cheliped is folded, the upper surface
of the manus is continuous with the inner distal portion of the outer face
of the carpus. The inner border of this area corresponds in position very
nearly with the posterior margin of the pterygostomian cavity ; the
cavity itself is therefore left uncovered. » Dans cette position sont visibles
dorsalement le carpe et la facette triangulaire du bord supérieur du
propode.
Les pattes ambulatoires, formées d'articles larges et comprimés,
sont bien coaptées sans cependant que «l’emboîtage» des appendices
soit aussi complet que chez H. perfedus.
H. abolti s’éloigne d’ailleurs d’H. perfedus comme d'H. diverticulatus
par la forme et l'orientation de la cavité ventrale, par l’existence de
tubercules sur la face dorsale, profondément divisée, et par sa pilosité
longue et dense.
Cette espèce ne présente guère d’affinités avec d’autres Hypocolpus.
Cependant la structure de la cavité sous-hépatique d'H. abolti est compa¬
rable à celle d'H. pundatus. Cette cavité est plus allongée chez H. abolti
où elle atteint, vers l’intérieur, l’aplomb de l'orbite, ce qui n’est pas le
cas chez H. pundatus, mais les deux espèces sont les seules du genre chez
lesquelles la cavité est divisée : il y a chez l’une, deux crêtes transversales,
chez l’autre, une seule. La crête postérieure d’H. abotti (pi. II, fig. 11;
pl. X, fig. 59) étant soudée au bord interne et formant une courbe conti¬
nue avec ce dernier, et le bord postérieur étant d’autre part peu élevé,
il est possible que la portion de cavité comprise entre les deux corres¬
ponde à la dépression située en arrière chez H. pundatus (pl. II, fig. 16) :
la crête unique de la cavité de ce dernier serait ainsi à homologuer à la
crête antérieure d'H. abotti.
Par ailleurs, l’ornementation de la carapace et des appendices est
tout à fait différente chez H. pundatus, ainsi que la pilosité qui semble
faible chez ce dernier.
Enfin le rapprochement d’H. abotti et H. granulalus ne peut porter
que sur quelques points limités : le contour et la lobulation marquée de
la carapace, la présence, sur les lobules, de tubercules, d’ailleurs plus
espacés chez //. granulalus. Le contour de la cavité n’est pas sans pré¬
senter des analogies mais il n'y a pas trace de crête transversale chez
granulalus. Les deux espèces sont certainement celles dont la pilosité est
la plus développée, mais là encore la différence est importante : H. abotti,
avec ses très longs poils raides qui cachent en partie l’ornementation de la
Source : MNHN, Paris
208
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
carapace, est une forme « hirsute », alors que les poils, nombreux certes,
d 'H. granulalus sont peu visibles à l’œil nu.
Plusieurs espèces ne sont représentées que par des femelles, si bien
qu’une comparaison entre les pléopodes mâles est nécessairement limitée;
mais en ce qui concerne ce point particulier, c’est H. granulalus, avec ses
cinq soies distales sur cet appendice, qui se rapproche le plus d 'H. abotti
qui en possède six ; mais aux quatre longues soies, plumeuses insérées
latéralement chez ce dernier, ne correspondent que deux soies simples
plus courtes chez H. granulalus.
V. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Au point de vue biogéographique, les deux genres Euxanthus et
Hgpocolpus qui comptent, le premier, quatre espèces — non compris
E. maculatus Haswell — et le second six espèces — y compris l’espèce
décrite ici — et une sous-espèce, également décrite ici, ont une répar¬
tition indo-pacifique : depuis la Mer Rouge et la côte orientale d’Afrique
à l’ouest, jusqu’à l’Archipel des Tuamotu (Iles Gambier) à l’est ; la
limite nord est le Japon et la localité la plus méridionale se situe à peu
près au niveau du Tropique du Capricorne. Certaines espèces ont une
aire de répartition vaste, tels Euxanthus sculptilis ou Hgpocolpus
diverticulatus. D’autres paraissent être localisées à un territoire restreint,
en particulier des Hgpocolpus, tels H. rugosus, H. abotti etc..., mais ce
sont justement les espèces qui ont été rarement signalées et donc connues
de la seule localité-type ou de régions très proches de la provenance
d’origine.
La figure 4 indique la répartition géographique des diverses espèces
d 'Euxanthus, la figure 5 celle des espèces d’Hgpocolpus.
Sur les quatre espèces d’Euxanthus, l’une, E. sculptilis, a des repré¬
sentants dans tout l'Indo-Pacifique, y compris la Mer Rouge et le Golfe
Persique, et jusqu’à Tahiti ; elle n’est cependant signalée ni du Japon ni
de Madagascar. Une autre, E. herdmani, n’a été signalée que deux fois,
à Ceylan et aux îles Amirante. Les deux dernières. E. exsculplus et E. rugo¬
sus, qui présentent de grandes affinités, auraient des aires de répartition
complémentaires (pour les deux localités signalées qui infirmeraient cette
hypothèse, voir p. 175) : E. exsculplus dans toute la zone est de l’Indo-
Pacifique, des côtes de l’Inde jusqu’à l’Ile Mangareva, E. rugosus dans
l’ouest de l'Océan Indien de la côte orientale d’Afrique jusqu'aux Indes.
Sur les cinq espèces d ‘Hgpocolpus actuellement décrites, quatre, peu
fréquentes, ne sont connues que de la localité-type ou d'une localité
proche ; H. punctatus n’a été signalé qu’une fois, du Détroit de Torrès ;
H. abotti deux fois : de l’île Aldabra et de Nosy-Bé ; H. rugosus rugosus a
été récolté deux fois, dans le Golfe de Manaar ; et H. granulalus, bien que
retrouvé à plusieurs reprises, n’est connu que du Japon et du Siam. Une
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
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Source : MNHN, Paris
210
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
cinquième espèce, H. diverticulatus, est dispersée et se retrouve fréquem¬
ment en Mer Rouge, dans le Golfe d’Aden, sur la côte orientale d’Afrique
et dans la région de Madagascar, mais aussi sur les côtes de Cochinchine
et du Japon.
L'espèce nouvelle décrite ici sous le nom d 'H. perfectus provient de
Madagascar. La sous-espèce, H. rugosus (Henderson) stenocoelus, a
comme localité d’origine l’île Maurice alors que l’espèce type vit dans le
Golfe de Manaar.
Si nous essayons d’établir le peuplement en Euxanthus et en Hypo-
colpus des principales régions de l’Indo-Pacifique, nous obtenons la
distribution suivante :
— en Mer Rouge et dans le Golfe d’Aden : E. sculptilis et H. diver¬
ticulatus (ainsi qu 'Hypocolpus sp.) ;
— sur la côte orientale d’Afrique, au large de Madagascar et de ses
dépendances : E. rugosus (et peut-être E. exsculptus, voir p. 175), E. herd-
mani, ainsi qu’//. diverticulatus, H. perfectus, H. rugosus stenocoelus et
H. aboiti ;
— au large des côtes de l’Inde : E. exsculptus, E. rugosus, E. sculptilis,
E. hcrdmani, H. rugosus rugosus ;
— sur la côte sud-est du contient asiatique et sur les côtes japonaises :
E. exsculptus, H. diverticulatus, H. granulalus ;
— enfin la faune des îles de l’Océanie comporte E. exsculptus (peut-
être E. rugosus, voirp. 175), E. sculptilis, tandis quel'lle Thursday, dans
le détroit de Torrès, lieu d’origine d ’H. punctatus, représente la localité
la plus orientale de l’aire de répartition du genre Hypocolpus.
La comparaison des aires de distribution des deux genres Euxanthus
et Hypocolpus fait apparaître au premier coup d’œil l'extension moindre
du second. Si tous deux sont bien représentés dans l’Océan Indien et
particulièrement dans la région malgache qui apparaît comme le centre
de diversification et de dispersion des espèces, on remarquera que les
Euxanthus sont, aussi, abondamment représentés dans la région poly¬
nésienne, alors qu’aucun Hypocolpus n’y a jamais été signalé.
Les deux genres comprennent des espèces tropicales et littorales,
presque exclusivement confinées aux récifs coralliaires, et les facteurs
qui règlent leur distribution n'apparaissent pas nettement ; cependant,
deux hypothèses peuvent être formulées, basées sur les caractères mor¬
phologiques qu’elles présentent. On peut supposer que les cavités sous-
hépatiques des Hypocolpus, seul caractère les séparant des Euxanthus,
représentent un dispositif adaptatif acquis par les premiers, que l’on peut
par conséquent considérer comme plus récents et plus évolués que les
seconds. Il semble logique de supposer que le genre le plus ancien a la
distribution la plus vaste.
D’autre part, ces mêmes particularités anatomiques des Hypocolpus
correspondent vraisemblablement à une adaptation plus poussée à
Source : MNHN, Paris
HYPOCOLPUS
GENRES EUXANTHUS ET
211
un mode de vie spécial, ce qui peut également expliquer une localisation
plus étroite.
VI. RÉSUMÉ
Les genres Euxanthus et Hypocolpus sont des Brachyoures de la
famille des Xanlhidae qui vivent en eau peu profonde dans la région
indo-pacifique tropicale et appartiennent pour la plupart à la faune
coralliaire.
Représentés par un petit nombre d’espèces dont la majorité sont
rares et mal connues, ils font ici l’objet d’un essai de révision systé¬
matique basé sur des spécimens relativement nombreux conservés au
Muséum de Paris et sur ceux qui nous ont été confiés par des musées
étrangers. Nous avons pu ainsi examiner trois espèces d 'Euxanthus sur les
quatre considérées actuellement comme valides et cinq des six espèces
d'Hypocolpus. En outre, une espèce et une sous-espèce du genre Hypocol¬
pus sont décrites ici : //. perfectus Guinot sp. nov. et H. rugosus stenocoelus
Guinot ssp. nov.
La partie systématique de ce travail comporte, pour chaque genre la
synonymie, une diagnose, des remarques sur sa position taxonomique et
un tableau de détermination.
Pour chaque espèce sont données, outre une synonymie complète,
une description et des remarques morphologiques et taxonomiques,
La distinction des genres Euxanthus et Hypocolpus ne repose que sur
la présence, chez ce dernier, de deux cavités ventrales, sous-hépatiques,
symétriques, à fond imperforé, dont la forme, les dimensions, l'orne¬
mentation sont si constantes dans une espèce donnée que ces caractères
sont largement utilisés dans le tableau de détermination que nous pro¬
posons pour les Hypocolpus.
A la présence de cavités sous-hépatiques semble liée une seconde
particularité anatomique, à savoir l’existence de coaptations : chélipèdes
et pattes thoraciques, en position de repli, s’emboîtent les uns dans les
autres et s’encastrent dans les échancrures postéro-latérales de la cara¬
pace. Ces adaptations, plus ou moins poussées, atteignent leur maximum
de perfection chez H. perfectus. Dans cette espèce, quand les appendices
thoraciques sont repliés, la carapace et les autres régions exposées du
corps présentent une surface continue, sans aspérité. L’animal se met
réellement « en boule ».
Il existe également une coaptation des chélipèdes et des régions sous-
hépatiques. Reployés sous la carapace, ces appendices, suivant les
espèces, s’appliquent sous les cavités ou les recouvrent en partie : ils
sont déprimés au niveau de l’articulation carpe-propode de façon telle
que leur bord supérieur suit exactement le rebord postérieur des cavités ou
que l’ouverture de ces dernières s’en trouve élargie.
Il ressort de l’examen de l’organisation plus ou moins poussée des
divers Hypocolpus et de l’étude d’adaptations morphologiques du même
Source : MNHN, Paris
212
DANIÈLE GUINOT-DUMORTIER
ordre, rencontrées chez d’autres Crustacés Décapodes, que le « complexe »
cavité sous-hépatique-chélipède, accompagné des coaptations des pattes
ambulatoires, constitue probablement un dispositif ayant un rôle
dans la circulation de l’eau respiratoire.
Cavités sous-hépatiques et coaptations constituant apparemment les
seuls caractères qui séparent les Hgpocolpus des Euxanthus, on peut
penser qu’il s’agit d’acquisitions secondaires représentant une adaptation
à un mode de vie particulier. Ceci expliquerait les différences observées
dans la répartition géographique des deux genres : les Hgpocolpus, plus
récents et plus spécialisés dans leur écologie, ont une aire de distribution
incluse dans celle des Euxanthus, mais plus restreinte.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
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228, 2 fig. n. num.
Achevé d’imprimer le 8 Juillet 1960
l'rinteil in France Le Directeur-Gérant : Prof. E. Séouy.
Pierre André, imp., 244, boulevard raspail, Paris 14.
Dépôt légal : 3" trimestre 1960.
Source : MNHN, Paris
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Planches
Source : MNHN, Paris
Planche I
Région fronto-orbitaire, vue ventrale
Fig. 1. — Carpilius convexus (Forskâl).
Fig. 2. — Etisus laevimanus Randall.
Fio. 3. — Etisus (Etisodes) denlatus (Herbst).
Fig. 4. — Euxanlhus exscutplus (Herbst).
Fig. 5. — Hypocolpus granutatus (de Haan).
Fio. 6. — Hypocolpus diverticulatus (Strahl).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. I
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche II
Cavité sous-hépatique gauche
Fig. 7. — Hypocolpus perledus sp. nov., Holotype, 9 53,5x38 mm, Madagascar
( x0,9).
Fig. 8. — H. diverliculalus (Strahl), <J 38x28 mm, Madagascar (x0,9).
Fig. 9. — Hypocolpus sp., 9 ovigère 36x27 mm, Golfe d’Aden (x 1,1).
Fig. 10. — Euxanlhus exsculptus (Herbst), Type d’E. pundatus A. Milne
Edwards, <? 40x25 mm, « Mer des Indes » (xl,2).
Fig. 11. — Hypocolpus abotti (Rathbun), <J 55x40 mm, Madagascar (x 1,1).
Fio. 12. — H. granulalus (de Haan), 3 38x27 mm, Japon (x0,9).
Fig. 13. — H. rugosus (Henderson), Lectotype, 9 17,5x12,3 mm, Tuticorin
(x3).
Fig. 14. — H. rugosus (Henderson), det. Laurie 1906, 9 ovigère 18x13 mm,
Golfe de Manaar (x3).
Fig. 15. — H. rugosus slenocoelus ssp. nov., Syntype, <J 23x15 mm, Ile Maurice
(x2,7).
Fig. 16. — H. pundatus (Miers), Holotype, 9 25x18 mm, IleThursday (x2,2)
(d’après un dessin original de I. Gordon).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. II
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Fig. 17. —
(x 2,3).
Fig. 18. —
Fio. 19. —
Fig. 20. —
Fig. 21.—
<x4).
Fig. 22. —
(xl,6).
Fio. 23. —
(x5).
Planche III
Maxillipède externe gauche
Hypocolpus dioerticulatus (Strahl), â 38x28 mm, Madagascar
H. granulalus (de Haan), <J 38x27 mm, Japon (x2,3).
Hypocolpus sp., 9 ovigère 36x27 mm, Golfe d’Aden (x2,3).
H. abotti (Rathbun), $ 55x40 mm, Madagascar (xl,6).
H. rugosus slenocoelus ssp. nov., Syntype, (J 23x15 mm, Ile Maurice
H. per/ectus sp. nov., Holotype, 9 53,5x38 mm, Madagascar
H. rugosus (Henderson), Lectotype, Ç 17,5x12,3 mm, Tuticorin
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. III
17
22
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche IV
Fig. 24, 26. — Hypocolpus diverlicutalus (Strahl), Q 33x24 mm, Madagascar.
Fig. 25, 27. — Hypocolpus sp., Q ovigère 36x27 mm. Golfe d’Aden.
24 (x3,2), 25 (x2,4) : chélipède droit.
26, 27 (x5,5) : cinquième péréiopode droit.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX. PI. IV
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche V
Fig. 28, 30. — Hypocolpus rugosus (Henderson), Lectotype, 9 17,5x12,3 min,
Tuticorin.
Fig. 29, 31. — H. rugosus stenocoelus ssp. nov., Syntype, £ 23x15 inin,
Ile Maurice.
28 (x4,5), 29 (x3,2) : carpe, propode et dactyle du chélipède droit vus
par dessus.
30 (x 10), 31 (x7,2) : troisième péréiopode droit.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. V
31
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche VI
Premier pléopodb mâle gauche
Fig. 32. — Hypocolpus abotti (Rathbun), <J 55 x 40 mm, Madagascar (xl3).
Fig. 33. — H. granulatus (de Haan), J 38 x 27 mm, Japon ( x 11),
Fio. 34. — H. diverliculatus (Strahl), $ 38x28 mm, Madagascar (xll).
Fig. 35. — H. ntgosus slenocoelus ssp. nov., Syntype, <J 23x15 mm, Ile Maurice
(x 22).
Fig. 36. — Euxanthus exsculplus (Herbst), Type d ’Euxanlhus punclalus A. Milne
Edwards, <J 40x25 mm, « Mer des Indes » (x22).
Fio. 37. — E. exsculplus (Herbst), S 58x37 mm. Iles Philippines (xl8).
Fig. 38. — E. rugosus Miers, <? 21x34 mm, Madagascar (x22).
Fio. 39. — E. sculplilis Dana, (J 52x36 mm, Ile Poulo Condor (xll).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PL VI
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche VII
Fl0 )iHLr'J Is % H I oZp ?5 ru ? osus (Henderson), spécimen déterminé par Laurie
(1906), Ç ovigère 18x13 mm. Golfe de Manaar.
"T. Hypocolpus abolli (Rathbun), <J 55x40 mm, Madagascar (moitié
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PL VII
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche VIII
Fig. 42. — Euxanthus exsculplus (Herbst), Ç 51x34 mm, Nhatrang : vue
dorsale.
Fig. 43. — Id. : face ventrale.
Fig. 44. — Euxanthus exsculplus (Herbst), dét. E. exsculplus var. rugosus
Miers par Nobili 1907, 9 20x18 mm, Rikitea : vue dorsale.
Fig. 45. — Id. : face ventrale.
Fio. 46. — E. exsculplus (Herbst), Type d ’E. punctalus A. Milnc Edwards,
<? 40x25 mm, « Mer des Indes » : vue dorsale.
Fig. 47. — Id. : face ventrale.
■ x
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Te
XX.
PI. VIII
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche IX
Fig. 48. — Euxanlhus herdmani Laurie, 3 30,5x23 mm, Golfe de Manaar
(d’après Laurie, 1906, pl. 1., fig. 9).
Fig. 49. — E. sculptilis Dana, Type de Cancer huonii Jacquinot, 3 50x34 mm
Détroit de Torrès.
Fig. 50. — E. rugosus Miers lt ? 30x20 mm, Ile Maurice.
Fig. 51. — Hypocolpus punctatus Miers, 9 25x18 mm. Ile 'I'hursday (d’après
Miers, 1884, pl. XIX, Hg. B).
Fig. 52. — H. granulatus (de Haan), 3 38x27 mm, Japon : vue dorsale.
Fig. 53. — Id. : vue ventrale, chélipèdes en extension.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. IX
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche X
Fig. 54 .—Hypocolpus diverticulalus (Strahl), <J 38x28 mm, Madagascar :
vue dorsale.
Fig. 55. — Id. : face ventrale, chélipèdes en extension.
Fig. 56. — Hypocolpus sp., Q ovigère 36x27 mm, Golfe d’Aden : face ventrale.
Fig. 57. — Id. : face dorsale.
Fig. 58. — H. abotli (Rathbun), <J 55x40 mm, Madagascar : vue frontale.
Fig. 59. — Id. : cavité sous-hépatique gauche.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. X
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Planche XI
Fig. 60. — Hypocolpus perfeclus sp. nov., Holotype, 9 53,5x38 mm, Mada¬
gascar : vue dorsale, carapace et appendices coaptés.
Fig. 61. — Id. : vue postérieure.
Fig. 62. — Id. : profil droit.
Fig. 63. — Id. : vue ventrale, chélipèdes obturant partiellement les cavités
sous-hépatiques.
Fig. 64. — H. diverliculatus (Strahl), (J 38x28 mm, Madagascar : cavité
sous-hépatique gauche et chélipède en extension.
Fig. 65. — Id. : cavité sous-hépatique gauche partiellement obturée par le
chélipède.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX. PL XI
GENRES EUX AN TH U S ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Flanche XII
Fie. 66 .—Hypocolpus rugosus (Henderson), Lcctotype, ç> 17,5x12,3 mm,
Tuticorin : vue dorsale.
Fio. 67. — Id. : vue ventrale, chélipèdcs en extension.
Fig. 68. — Id. : vue frontale, chélipèdcs en position de repli découvrant tota¬
lement les cavités.
Fig. 69. — H. rugosus (Henderson), spécimen déterminé par Laurie (1906),
9 ovigère 18x13 mm, Golfe de Manaar : face ventrale, cavité sous-hépa¬
tique gauche.
Fig. 70. — H. rugosus slenocoelus ssp. nov., Syntype, $ 23x15 mm, Ile Maurice :
vue dorsale.
Fig. 71. — Id. : vue frontale, chélipède laissant totalement à découvert la
cavité sous-hépatique, lisse, ainsi que la dépression granuleuse qui la
borde postérieurement.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XX.
PI. XII
70 71
GENRES EUXANTHUS ET HYPOCOLPUS
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris