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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATJJRKLLE
NOUVELLE SERIE
Série Af Zoologie •
i TOME XXI
Eugène SÉGUY
V INTRODUCTION A L’ÉTUDE MORPHOLOGIQUE
DE L’AILE DES INSECTES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-HUaire (V)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie
TOME XXI
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1959
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule unique
I E. Séguy, Introduction à l’étude morphologique de l’aile
des Insectes.
Pages
1-248
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XXI
introduction a l’étude morphologique
DE L’AILE DES INSECTES
par Eugène Séguy
AVANT-PROPOS
L'aile des Insectes a une importance biologique et systématique consi¬
dérable. Son étude est pour une grande part celle des Insectes pourvus d’ailes.
Mais on ne trouvera pas ici un traité d’entomologie. Le présent travail
est un résumé de nos connaissances ptéronologiques sur les Insectes actuel¬
lement vivants. Il doit permettre d’effectuer des recherches plus complètes
sur les organes alaires de tel ou tel groupe particulier.
II est encore impossible d’étudier ici les ailes de tous les genres d’Insectes
ou d’écrire un « précis » utile aux spécialistes de tel ou tel groupe. La multi¬
plication des exemples, en compliquant l’exposé par l’emploi d’un grand
nombre de caractères — souvent lacunaires — rendrait un tel précis rapi¬
dement inutilisable.
Le système proposé par Comstock et Needham a été adopté. La nomen¬
clature qu’ils préconisent a fait ses preuves. Elle est unanimement suivie.
On sait qu’elle est basée sur le parallélisme qui existe souvent entre la
position des trachées dans la ptérothèque nymphale et le parcours suivi
dans l’aile par les principales nervures. Ce fait d'observation, indépendant
de toute hypothèse, a donné des résultats féconds. Les changements d’appel¬
lation proposés depuis ne peuvent être qu'une source de confusion. Ils
compliqueraient inutilement une question difficile.
La loi d’alternance proposée par Adolph et reprise avec succès par le
rofesseur Auguste Lameere a été utilisée ici. La proposition du savant
elge sur le statut de la nervure médiane antérieure a été adoptée, mais
assouplie. Elle était trop rigide en ne reconnaissant cette nervure qu’aux
ailes des Archiptérygotes. La médiane est inconstante chez les Ptérygotes,
mais elle apparaît parfois avec une telle évidence qu’il est difficile de ne pas
en tenir compte. Il reste malgré tout que nos connaissances sur cette nervure
aissent de nombreuses inconnues. Les échantillons fossiles qui pourraient
nous guider ne montrent pas suffisamment leur articulation basalaire.
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
Un autre point à préciser est celui de la nature de la formation connue
sous le nom de « pli vannai ». Je la décris chez les Insectes où elle est
apparente. Sa présence paraît assez générale.
L’aile du prototype Insecte nous manque absolument. Elle aurait
permis de répondre à toutes les inconnues qui subsistent encore. Nous ne
savons rien de certain sur l’origine des Insectes, malgré une multitude d’hypo¬
thèses ingénieuses. Nous ne savons pas par quel moyen ils ont acquis des
ailes. Nous n’avons aucun document sur l’articulation basale qui existait
sur les ailes des Arthropodes plus anciens que ceux que l’on connaît du
Carbonifère supérieur.
Ces lacunes montrent le danger de reconstituer, sans document, une
aile d’insecte primitif. Une pareille reconstitution — avec la part d’imagi-
gination qu’elle suppose — amène obligatoirement à des erreurs d’iden-
fication organiques.
Je dois un hommage de reconnaissance à ceux qui ont écrit sur les
ailes des insectes depuis 150 ans. On trouvera leurs noms dans les listes
bibliographiques. Plusieurs faits leur ont été empruntés et justifiés. D’autres,
très ingénieux, ont été abandonnés, pour ne pas étendre indéfiniment
ce volume.
Ce travail comporte deux parties. La première est une étude analytique
de l’aile et de ses dépendances où l’appareil critique a été réduit au minimum.
La deuxième partie est un exposé systématique des exemples caractéristiques
pris dans les différents ordres d’insectes ailés.
Les chiffres en caractères gras placés dans le texte renvoient aux
numéros des paragraphes correspondants. L’abréviation c. g. signifie
exemplum gralia, par exemple.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE
Adolph : Ueber Insektenflügel. Nova Acta d. k. Leop.-Carol. Deutsch.
Akad. d. Naturf., XLI, 1879, p. 215-291, 6 pl; Zur Morphologie der
Ephemeridenflügel, 1. c., CVI, 1920, p. 1-74, 15 pl., 2 figs.
Berlese : Gli Insetti, Milan, 1909-1925.
Comstock : The Wings of Insects, Ithaca (N.Y.), 1918; Introduction to
Entomology, Ithaca (N.Y.), 1936.
Comstock et Needham : Amer. Nat., XXXII-XXXIII, 1898-99.
Cuénot : L’évolution biologique, Paris (Masson), 1951.
Frost : General Entomology, N.Y. et Lond. (MacGraw Hill), 1942.
Grasse : Traité de Zoologie, IX-X, Paris (Masson), 1949-1951.
Handlirsch ap. Kukenthal : Handbuch d. Zool., I.
Henneguy : Les Insectes, Paris (Masson), 1904.
Imms : Textbook of Entomology, London, 1957.
Kukenthal : Handbuch der Zoologie, IV. I, Insecta I, von Anton
Handlirsch, Berlin, 1926.
Lameere : Précis de Zoologie, t. IV et V, Liège, Inst. Torley-Rousseau,
et Paris (Doin), 1938.
Schrôder, Handbuch der Entomologie, Iéna (Fischer), 1912-1929.
Snodgrass : Principles of Insect Morphology, N.Y. (MacGraw Hill), 1935.
Tillyard : Panorpoid comptez, Proc. Linn. Soc., N.S.W., XLIII, 1918
et XLIV, 1919.
Wheeler : Les Sociétés d’insectes, Paris (Doin), 1926.
W oodworth : The Wing veins of Insects, Univ. Calif. Publ., Agric. Exp. St.,
Techn. Bull., ent., 1, 1906.
Zalessky : Proc. ent. Soc. London (A) XIX, 1944, p. 37-47, 14 figs.
Zeuner : Fossil Orthoptera Ensifera, London (B.M.), 1939.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE ANALYTIQUE
DE L’AILE ET DE SES DÉPENDANCES
TECHNIQUE
Ailes imaginales. — Ordinairement les ailes pourront être observées
sur les insectes montés sur une épingle, sans les détacher. Il suffira d’orienter
le sujet et de l’éclairer convenablement.
L observation est parfois incommode sur l’insecte entier. L’aile déta-
c ee sera montée à sec sur une lame. Si elle est fripée elle sera placée sur
un porte-objet, dans une goutte d’eau faible¬
ment acétifiée, pour obtenir son étalement. On
peut chauffer avec précaution sur la veilleuse
un bunsen. L’eau éloignée est remplacée par
( e ' alcool qu’on laisse évaporer. L’aile s’étale
spontanément sur le verre. En cas de difficulté,
on utilisera avec précaution (les ailes des
insectes sont des objets très fragiles) un pinceau
m et très doux, de préférence en poils de
chameau, la marte ne vaut rien. On recouvre
une lamelle ou d’une lame mince plus ou
moins grande. Le couvre-objet est fixé d’une
manière quelconque (gomme sucrée, gomme
mque, baume), une gouttelette à chaque coin.
Les ailes des grandes espèces peuvent
eire montées à sec, entre deux lames de verre.
, n maintient l’ensemble au moyen de deux
ian es de papier, d’un fil de coton ou de
. m ,c - f- es écailles des ailes des papillons,
cont ncho l )tères > des moustiques, seront placées
tourné UnC I )ar « frottis ». La face externe de l’écaille est ainsi
IVmni C - V ^ rS ■ °* )Serva teur. On utilisera des lamelles très minces permettant
P 01 a objectifs puissants. Le montage se fait à sec.
Appareil de Vassal.
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
L'appareil de M. Vassal peut être employé pour étudier les ailes des
Lépidoptères sans les détacher. C'est une loupe montée sur un statif dont
la platine est remplacée par un cristallisoir (fig. 1). Ce cristallisoir est rempli
de benzine. Un bras articulé permet d'orienter l’objet dans le liquide. Cet
artifice met en évidence les nervures invisibles sous les écailles. Il est sans
danger pour les échantillons si la benzine est très pure.
Les ailes des Microlépidoptères seront « blanchies » par une lessive
alcaline, soude ou potasse, mais toujours à froid. Laver. Sécher. Monter
dans la glycérine. L'aile devient transparente. Chauffer avec précaution
pour chasser les bulles d’air. Ce procédé permet d’étudier la nervation plus
facilement que le montage au baume qui rend les objets trop transparents.
Les ailes de certains insectes (mouches, éphémères) peuvent être traitées
par la soude ou la potasse caustique à 10-15 %, pendant 24 ou 48 heures.
Ce traitement brise les connexions qui existent entre les deux feuillets des
ailes membraneuses. Ces feuillets, supérieur et inférieur, peuvent être
séparés, découpés sur les bords et montés dans la glycérine, entre lame et
lamelle.
La coloration des ailes peut se faire au moyen du pyrogallol, du Ziehl
dilué ou de l’hémalun. Laisser douze heures en contact. Monter au baume.
Ailes nymphales. - C'est avant la dernière mue seulement que la
nervation peut s'étudier plus facilement. Les trajets des trachées sont alors
distincts. Dans l'aile imaginale ces trajets peuvent s’oblitérer et des confu¬
sions se produisent entre les longitudinales et les transversales qui prennent
le même aspect.
Coinstock traite les ailes des nymphes par le formol à 4 % qui pénètre
les tissus et les rend translucides, tandis que les trachées restent remplies
d’air et se montrent en noir dans l'examen par transparence.
Pour le montage on emploie la gélatine glycérinée, en refroidissant
rapidement la préparation afin d'empêcher cette substance de pénétrer
dans les trachées. Mais celles-ci deviennent indistinctes par la suite.
On peut encore utiliser le baume oxydé. L’objet déshydraté est plongé
quelques instants dans le xylol, ou mieux dans l'essence de girofle. Lorsque
la préparation est tombée sur le fond, elle est épongée sur un papier épais,
non pelucheux, en prenant soin d’éviter le dessèchement. Une parcelle
de baume est fondue sur la lame. On y place l'objet qui est recouvert par
une lamelle portant également une goutte de baume. Les bulles d'air sont
éloignées en passant rapidement la préparation dans la flamme d'un bunsen.
Refroidir brusquement. Une préparation réussie montre les trachées et
les nervures en noir, le baume n'ayant pas pénétré.
Les trachées dont l’étude doit être très poussée seront imprégnées par
le procédé du Prof. Wigglesworth, naphthénate de cobalt et réduction en
sulfure insoluble.
Pièces basales articulaires. - Les mouvements d’extension des
ailes avant le vol, ou de repli après le vol, sont exécutés trop rapidement
pour être observés facilement sur un insecte vivant. Mais l'action de l'aile
et les différentes opérations effectuées par le mécanisme fléchisseur peuvent
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE l’.\ILE DES INSECTES
être étudiés assez facilement sur les spécimens tués récemment ou « endormis »
par un procédé quelconque. Des insectes assez grands : sauterelle, abeille,
mouche, Panorpe, pourront être utilisés.
Si l'aile d’un spécimen frais est lentement repliée sur le dos, puis ramenée
en avant dans la position de vol, on peut observer les actions provoquées
par la base des nervures sur les différents sclérites articulaires, ainsi que
les mouvements des sclérites les uns par rapport aux autres.
Le travail probable du mécanisme fléchisseur chez l’insecte vivant peut
etre déduit d’après l’action des différentes parties chez un spécimen mort.
L’isolement des sclérites articulaires se fait sur un insecte coupé en
long suivant la ligne médiane. La moitié du corps est étalée sur une lame
ou dans une cuvette, et les pièces recherchées sont extraites par dissection
suivant les procédés habituels. Elles sont montées en préparation.
Coupes. — L'étude fine de certains organes peut exiger l’emploi du
microtome. Les pièces très fortement chitinisées seront traitées par une
solution de potasse caustique. Après lavage et déshydratation, les pièces
très dures, telles que les élytres, seront trempées dans une solution de collodion
a n /„. Celles de consistance moyenne peuvent être incluses, comme d’or¬
dinaire, dans la paraffine. Les objets seront coupés au rasoir oblique. La
coloration demande l’hématoxyline ou le carmin aluné dilués.
Dessin. — Les dessins d’ensemble peuvent être effectués au moyen
1 un agrandisseur photographique vertical. Les détails seront reproduits
par les procédés habituels, chambre claire adaptée à un microscope, ou
miroir. La projection directe de l’objet microscopique, ou l’usage d’un
miroir, déforment moins les images.
Le dessin au moyen d’un oculaire de Oehlert ou de Bazin utilise un
isque de verre portant un quadrillage régulier. Ce procédé d’agrandisse-
r t o di V au carreau » a l’avantage de respecter les proportions exactes
La photographie, lorsqu’elle peut être employée, donne de bonnes
images d ensemble. La reproduction délaillée des pièces basales superposées
( emande la mise en œuvre de procédés opératoires particuliers.
Références. — Bayard : Bull. Soc. fr. Micr., I, 1932, p. 67. —
Lomstock : Wings of Insects, p. 415. — Eltringham : Trans. eut. Soc.
Lond LXXXVI, 1937, p. 135. - Fernald : Amer. M. Micr. J., I, 1880,
172 ~ Sp,ET » : Ent. News, XLIII, 1932, p. 103. — Tillyard : Proc.
Unn Soc. N. S. Wales, XXXIX, 1914, p. 201. - Vassal : Amateur de
1 X ll0ns x Y 1, 19: *2, P- 158. — W igglesworth : Quart. J. micr. Sc., XCI,
1950, p. 217.
Source : MNHM, Paris
LES AILES
ET LES GRANDES DIVISIONS DES INSECTES
Chez les Oiseaux et les Chauves-souris, les ailes sont les membres anté¬
rieurs transformés pour permettre le vol. Chez les Insectes, les ailes sont
des organes supplémentaires ajoutés à l’appareil locomoteur ambulatoire.
Le vol des insectes est soumis, non seulement aux organes moteurs,
mais aussi à la forme de l’aile et à la nature des battements qui entraînent
des variations morphologiques considérables.
1. — Depuis Aristote les auteurs divisent les insectes en Aptérygotes
ou insectes aptères, et Ptérygotes ou insectes ailés.
Les Aptérygotes (Aptilotes de Lameere), insectes primitivement aptères,
comprennent les Thysanoures et les Collemholes. Ces derniers se rattachent
au type Machiloïde, représentant actuel des insectes primitifs.
Les Ptérygotes (Ptilotes de Lameere), insectes ailés, forment un groupe
homogène si l'on considère l’uniformité du plan de la nervation alaire. On
les divise en Paléoptères et en Néoptères (376).
2. — Les Paléoptères (ou Paléoptilotes de Lameere) comprennent les
formes primitives. Ils portent des ailes mobiles dans le sens vertical seule¬
ment, les antérieures ne couvrant pas les postérieures. Les ailes présentent
une nervure médiane antérieure haute (ou saillante, ou convexe).
Les Néoptères (Néoptilotes de Lameere) comprennent des formes
récentes. Les ailes peuvent se replier sur la face dorsale de l’abdomen
et, au repos, les antérieures peuvent recouvrir les postérieures. Ces dernières
sont munies d'une membrane flottante ou néala. Elles peuvent perdre la
médiane antérieure convexe.
3. — Parmi les groupes d’insectes actuellement vivants, seuls les
Ephémères et les Odonates appartiennent aux Paléoptères. Les représentants
de ces Ptérygotes étaient nombreux à la lin de l’ère primaire.
Les insectes reconnus pour être les plus anciens ont été trouvés dans
les couches inférieures du Carbonifère supérieur. Ce sont des formes déjà
spécialisées et il est probable que la plupart des ordres d'insectes actuels
devaient être représentés à cette époque. Le Professeur Lemche a d’ail¬
leurs fait remarquer que les insectes Paléodictyoptères dont les ailes pou¬
vaient se mouvoir de haut en bas, et les Protoblattoïdes dont les ailes se
pliaient en arrière, sont apparus simultanément. Ces deux groupes peuvent
être reconnus parmi les débris des plus anciens Ptérygotes connus provenant
des mêmes gisements.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 9
Nous ne savons à peu près rien sur les insectes qui ont précédé ceux
qui vivaient à l’époque du Carbonifère. Un type d’Aptérygote déjà spé¬
cialisé (Collembole) a été trouvé dans le Dévonien moyen de 1 Ecosse. Cette
découverte n’apporte rien à la connaissance des ailes. Il en résulte que le
document alaire le plus ancien reste celui du Paléodictyoptère que nous
connaissons.
Les ailes des Protoinsectes
4. — Les insectes du Carbonifère étaient munis de deux paires d ailes
dont la structure est comparable à celle des insectes actuels. Mais plusieurs
de ces fossiles présentent, en plus des ailes prothoraciques, deux expansions
foliacées, aplaties, immobiles, insérées latéralement sur le pronotum (fig. 2).
Fia. 2. — Lemmatophora typica Tillyard (Proloperlaria) d’après Tillyard.
Les neuf premiers segments abdominaux de ces insectes portent égale¬
ment des lobes ou apophyses lamellaires semblables à celles du pronotum.
Chez le Stenodydia lobala ces lames paraissent être des prolongements des
tergites. Leur tégument est identique et leur surface porte la même granu¬
lation foncière. Ces apophyses sont des ailettes homodynames aux ailerons
prothoraciques et aux ailes proprement dites.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXI. *
Source : MNHN, Paris
10
EUGÈNE SÉGUY
5. — Cette spécialisation lobaire se serait d'abord amorcée sur les trois
somites thoraciques, chacun des trois segments étant muni latéralement
d’une expansion flabelliforme. Chez les insectes primitifs ces expansions
paranotales, comparables aux plèvres thoraciques (que l’on peut observer
chez les Thysanoures), ont pu se développer par mutations successives
près du centre de gravité du corps. Ces plèvres, suffisamment élargies,
ont pu servir de parachute, organe passif, chez les insectes sautant à
l’aide de styles du neuvième segment abdominal, ou chez les insectes qui
s’élançaient d’une certaine hauteur pour atteindre, en planant, un point
éloigné.
Les modifications mécaniques qui ont résulté de l’évolution des lobes
méso- et métathoraciques ont provoqué la formation du ptérothorax que
nous observons actuellement chez les formes vivantes. Par la suite les lobes
auraient acquis des trachées, des nerfs et une articulation basale leur per¬
mettant de développer leur indépendance.
6. —- L’aile des insectes actuels aurait ainsi évolué depuis le planeur
formé par un lobe ou une expansion pleurale, jusqu’à l’aile battante per¬
mettant le vol dirigé.
C’est en résumé ce que les auteurs ont observé sur les insectes actuels,
la Blatte, le Criquet, les Termites et divers Hétéroptères ou Homoptères.
Dans toutes ces formes les ailes sont des expansions du bord postéro-externe
du méso- et du métanotum. Au début de l’évolution le rudiment alaire
est en continuité avec le nolum; plus tard, au stade nymphal, une articu¬
lation apparaît à la base et permet à l'aile de se placer au-dessus du notum.
Quand les trachées ont pénétré dans le sac alaire, les pièces squelettiques
se dillérencient à la base des rudiments alaires. Des muscles s’attachent
sur ces pièces qui permettront les mouvements de l'aile.
7. — Un des premiers caractères évolutifs des lobes paranotaux des
Ptérygotes primitifs a été l'acquisition d’une ligne mince et flexible située
à la base de chaque lobe au niveau de l’union des plaques tergale et pleurale.
Ces lobes, ainsi rendus plus ou moins mobiles, ont été renforcés dans leur
région distale par l’épaississement progressif du réseau tégumentaire super¬
ficiel. Ces épaississements réticulaires originellement homodynames (arché-
dictyon) sont progressivement réduits à des hexagones — ou dans les
espaces étroits — à des nervures transverses parallèles. Ils se transfor¬
meront en nervures spécialisées (plerygostia) de plus en plus rigides et de
moins en moins nombreuses. La différenciation des nervures est obtenue
(fig. 21).
Ces spécialisations se sont produites indépendamment sur les deux
paires d'ailes. Le système de nervation s’engage dans deux voies d'adap¬
tation différentes déterminées par l’évolution de l’articulation basale el
le rétrécissement de la base de l’aile qui, en formant des plis, déter¬
minera la qualité des nervures. Ces deux modes d’adaptation donnent
les caractères de deux grands groupes d’insectes : les Paléoptères et les
Néoptères.
Les nervures resteront nombreuses chez les Paléoptères et les Néoptères
polynéoptères, moins nombreuses chez les Néoptères paranéoptères et
oligonéoptères.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
11
8. — Modifications tergo-pleurales provoquées par le dévelop¬
pement du système alaire. — La transformation des lobes paranotaux
en organes alaires indépendants et fonctionnels a modifié profondément
la morphologie primitive somatique. Les téguments se sont épaissis pour
résister aux perturbations provoquées par les mouvements du système
alaire. En même temps la cavité thoracique s’est développée de manière
à loger et à supporter le mécanisme moteur du système.
Fig. 3. — Coupc transversale schématique du ptérothorax d’un Insecte. A gauche, expan¬
sion paranotalc; à droite, développement de l'articulation basalaire. — apo, apodème;
opp, apophyse pleurale; Ax, sclérites axillaires; exp, expansion paranotale; Je, fémur;
no, hanche; //, ligne de flexion; maa, muscles de l’appareil ambulatoire; map, muscle
uc l apophyse pleurale ; max, muscle axillaire ; mdl, muscles dorso-longitudinaux médians ;
niao, muscles dorso-latéraux obliques; mpls, muscle pleuro-sternal; mtpl, muscle tergo-
pjeural; muv, muscles verticaux (dorso-ventraux); nol, notum; phr, phragma; pie,
pleures; plp, plage pleurale; pli, plage tergale; pp, prolongement pleural préalaire;
sca, sclénte basalaire avec son muscle; sir, sternite; Iro, trochanter.
Le signe -*■ indique les zones d’articulation.
Les plaques pleurales des segments thoraciques ont fourni un support
pour les lobes paranotaux placés en dessous. Les caractères présentés par
les pièces pleurales ptérothoraciques résultent d’adaptations aux mécanismes
moteurs des ailes perfectionnés ultérieurement. La suture pleurale thoracique
des Ptérygotes est homogène, celle des Aptérygotes est hétérogène.
— Afin d’obtenir le maximum d’efiicacité pour l’appareil moteur,
indépendance des différentes plaques tergales a été progressivement réduite
ou supprimée par la sclérose de certaines sutures transversales et latérales.
La cohésion des pièces a été ensuite obtenue par le développement des lèvres
acrotergales antérieures du métatergum et du premier sternite abdominal
«ans les régions intersegmentaires (fig. 3).
. *0- — Toutes ces modifications ont pour but de perfectionner la mobi-
isation de l’aile. Pour obtenir l’utilisation aérienne il était indispensable
Source : MNHN, Paris
12
EUGÈNE SÉGUY
d'acquérir une articulation basale sulbsamnienl souple pour permettre
la rotation des expansions paranotales vers l’arrière et extérieurement vers
l’avant, puis de faire mouvoir ces expansions de haut en bas (93).
La différenciation progressive (morphologique et physiologique) des
sclérites basalaires ou axillaires devait permettre aux Protoinsectes d’ac¬
quérir ce mécanisme de contrôle. Ce mécanisme, en agissant séparément
sur les mouvements de chaque aile, et plus tard de chaque nervure, a permis
l’obtention du contrôle et de la direction du vol.
Les ailes des insectes actuels
11. — Quatre théories principales ont été proposées pour expliquer
l’origine des ailes des insectes : une théorie branchiale, une théorie stigma-
tique, une théorie paranotale, une théorie parapodiale. Les trois premières
théories ont été étudiées par Woodwohth (1906) et par Champton (1916).
La théorie parapodiale est due à M.R.B. Goldschmidt.
Il ne peut être question de discuter ici les théories qui font dériver
l’aile des insectes des branchies trachéennes ou d’expansions paranotales.
Le point de départ manque. Nous ne savons rien sur l’origine des insectes,
ni comment ils ont acquis des ailes.
La théorie paranotale a été adoptée par la majorité des entomologistes.
Peut-être à cause de sa simplicité et des exemples tirés des insectes fossiles.
Mais comme les autres théories, branchiale, stigma tique ou parapodiale,
la théorie paranotale pourrait supporter d’autres recherches, pour que l’on
puisse juger de sa valeur en connaissance de cause.
Théories sur l’origine des ailes
12. — Théorie branchiale. — Suivant Gegenbauer, les Ptérygotes
dérivent de formes aquatiques, et leurs ailes proviendraient de branchies
trachéennes thoraciques ayant perdu leur fonction originelle et s’étant
adaptées au vol. Redtenbacher a même observé que le caractère branchial
des ailes pouvait être réversible. Les branchies pourraient devenir des ailes,
mais par la suite les ailes peuvent, à leur tour, se transformer en branchies
trachéennes.
Mais la position des branchies trachéennes n’est pas forcément cons¬
tante. Elles peuvent se développer sur la partie médiane des tergites, des
sternites et des pleurites, sur la tête, entre les ailes et à l’extrémité de
l’abdomen, pas nécessairement sur les pleurites alifères.
Chez les imagos des Pteronarcys (Plécoptères), les branchies larvaires
persistent sur les segments thoraciques et à la base de l’abdomen.
13. — D’autre part, si l’on admet la présence de branchies trachéennes,
il faut admettre également que les ancêtres ailés ont été aquatiques pen¬
dant une certaine période. Durant cette période ils ont développé leurs
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
13
branchies : celles-ci se seraient transformées en ailes lorsque les insectes
sont devenus terrestres pour la seconde fois.
Selon Handlirsch les Paléodictyoptères étaient amphibies, mais Coms-
tock fait justement remarquer qu’il est difficile d’imaginer des nymphes
d’insectes munies de bourgeons alaires étendus, immobiles et rigides,
nageant dans l’eau.
— Dans les études sur le développement des histoblastes chez les
larves des Diptères Volucelles, Künckel a montré que l'aile est uneformation
épidermique qui existe alors que les trachées n'ont pas pénétré l’histoblaste
alaire. Ce n’est que lorsque la nymphe est définitivement formée que les
trachées se développent et envoient des trachéoles dans la ptérothèque.
15- — Théorie stigmatique. — Les stigmates profondément modifiés
permettent le développement des rudiments alaires.
Les stigmates (comme les ailes) sont ordinairement situés sur la mem¬
brane conjonctive qui sépare Pépinière de la pièce tergale correspondante.
Sur cette conjonctive se trouvent placés les sclérites ou épidèmes articu¬
laires de l’aile. La membrane alaire procéderait de cette conjonctive (Plateau).
*6- On sait que dans le système respiratoire dit «péripneustique» les
stigmates sont placés en rangées régulières de chaque côté du corps. Théo¬
riquement les stigmates prothoraciques, métathoraciques et abdominaux
S |? nt ..? uverts- .Ceux du mésonotum sont fermés ou oblitérés. Cette absence
a orifices respiratoires sur le ptérothorax donne une certaine vraisemblance
a idée de Carus, pour qui les ailes sont constituées par des trachées rejetées
ors du corps et enfermées entre deux lames tégumentaires. Weissman
admet aussi que les évaginations sacciformes de la paroi du corps ont été
provoquées par une poussée des troncs trachéens contre le tégument
thoracique.
Indépendamment de Plateau, Verson, puis Tower, admettent
que 1 aile provient des éléments des stigmates pleuraux. Verson (1890)
a étudié l’embryon du Lépidoptère Bombyx Mori, et Tower (1903) celui
du Coléoptère Leplinotarsa decemlineata. Ils affirment que les ailes et les
s îgmates naissent sur les côtés des segments, en positions homologues,
eterminées par l’insertion de muscles homodynames.
- aile et 1 élytre des Coléoptères proviendraient des disques imaginaux
stigmatiques du méso- et du métathorax. L’aile serait fournie par le disque
imagina entier, l’ébauche élytrale dérive de la fraction restante du disque
imaginai après le déplacement vers l’avant de l’orifice stigmatique.
~~ Théorie paranotale. — L’étude du développement des insectes
permet de croire que les ailes et les pattes ont une conformité d’origine,
es appendices se forment par refoulement à l’extérieur de la membrane
egumentaire. L'aile serait, comme le pensait V. Audouin, un appendice
sacci orme dans lequel sont disposés des trachées et des nerfs, comme
ans les pattes ou tout autre organe. Les cuillerons des Diptères seraient
aes expansions des marges scutellaires.
fn a P r ^ s Müller les ailes dérivent de dilatations tergales adaptées à la
ne ion du vol. Dans son étude sur l’aile des Coléoptères Scolytides.
Source : MNHN, Paris
14
EUGÈNE SÉGUY
P. B. Powell admet que les ailes proviennent des plis formés aux dépens de
l’hypoderme du tergum — ou des pleures — ou de ces deux parties. Cette
théorie alternative a été nommée théorie paranotale par Crampton.
19. — Les ailes proviendraient d’expansions ou d’apophyses latérales
correspondant aux marges tergales et pleurales des segments thoraciques
(paranoïa). Ces expansions sont comparables à celles que l’on observe sur
le prothorax du Lemmalophora (fig. 2) et d'autres insectes fossiles. On
en trouve actuellement des vestiges chez les nymphes des Calotermes, de
certaines Mantides, chez les Lépismides, chez quelques Hétéroptères (Tingi-
tides), ou Homoptères (e.g. Platypleura, Zammara (fig. 4), sur l’abdomen
de quelques Phasmides, chez les larves des Coléoptères Lycides ou Silphides.
Les rudiments alaires prothoraciques se rencontrent chez les Lépidoptères
dont le pronotum porte des pièces latérales saillantes, articulées et mobiles,
ou patagia (collier des auteurs modernes) (prothétélie de Folsom et Wardle).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
15
20. — Les expansions alaires sont formées de deux lames; la lame supé¬
rieure correspond à la partie tergale qui la supporte; la lame inférieure
a la partie pleurale du thorax. Ces lames sont composées des mêmes élé¬
ments que la paroi du corps : cuticule, épiderme et membrane basale. Ces
apophyses communiquent avec la cavité du corps. Elles renferment ce que
on trouve dans le thorax : épiderme avec des terminaisons nerveuses, sang,
nerfs et trachées, mais pas de muscles.
Théoriquement l’insecte peut porter trois paires d'ailes; l’une dépend
nu pronotum, la deuxième du mcsonotum, la troisième du métanotum.
L évolution a profondément modifié ces trois paires. La paire pronotale
est supprimée ou réduite à l’état d’apophyses immobiles, infonctionnelles.
i ' Les ailes mésothoraciques (mesala) et métathoraciques (metala)
sont celles que l'on observe le plus communément chez les insectes tétraptères.
Iles peuvent se réduire ou se transformer; les premières peuvent devenir
des elytres et les secondes des balanciers.
Suivant Berlese, les ailes mésothoraciques et métathoraciques se décom-
posent en autant de zones qu’il existe de sclérites distincts dans les terqa
(fig- 4). n *
A 1 acrotergite correspond l’antéaile qui forme les paraptères ou tegulae.
e protergite porte la préaile constituée par les régions alaires costale,
radiale et cubitale.
Le mésotergite porte l’interaile qui comprend la région anale.
Le métatergite donne la postaile représentée par le champ jugal.
; ~ k a ‘* e fonctionnelle des insectes serait fournie par des expansions
r * C e t mésotergale qui donnent respectivement les champs costo-
« dial et cubito-anal. La nervation de ces deux champs est plus ou moins
omogene sur la ligne médiane longitudinale. Le mode d’insertion de l’aile
parait vérifier cette théorie.
il dualité apparente de chaque aile provient du fait que la deuxième
• .. c e trachéenne pénètre dans les bourgeons alaires par deux troncs
dépendants dans les nervures en formation.
. °*d®tock, Needham et Tower sont d’accord sur ce point. Le tronc
eosto-rathai et le tronc cubito-anal forment dans l’aile deux groupes prin¬
cipaux, mais ceci ne prouve pas l’origine dichotomique de l’aile (fig. 15, A).
i’ i 6nC ? re remar quable qu’aucune forme d’insecte ailé ne rappelle
nervi 31 6 , pr °f èc,e de deux tergites autrement que par le groupement des
nièr r ‘ ormes d insectes archaïques qui ont précédé les Paléodictyo-
1 » es evaient avoir des ailes lobées ou divisées, au moins doubles.
srhmLH T , Théorie P ara P°diaIe. — Les recherches de M. R.B. Gold-
e de ses collaborateurs sur les Drosophiles podoptères permettent
iirmiwM ^ Ue -* ade ’ a PP en dice thoracique, n’est pas un organe préformé
suhsHt r' maiS elle Pourrait bien être remplacée par un organe de
de eetf U par une patte si les circonstances sont favorables. La qualité
tion d’n the ° r , le d ’ être rev ersible. Une patte peut avoir permis la forma-
donne H nG - j—j ne muta ^ on (homœotique) particulière de Drosophiles
h otnn j„ es 'ndividus qui montrent que les ailes et les pattes sont des organes
ynames. Ces recherches restent du domaine du laboratoire.
Source : MNHN, Paris
16
EUGÈNE SÉGUY
Particularités de développement
24. — Dans les ordres d’insectes hémimétaboles les ailes se forment
extérieurement. Chez les insectes holométaboles les ailes restent à l’inté¬
rieur du corps jusqu’à ce qu’elles aient atteint un stade avancé de
développement.
Les insectes hémimétaboles (exoptérygotes) sont soumis à des méta¬
morphoses simples ou légères, rarement accompagnées par un stade pupal.
Les ailes des hémimétaboles se développent à l’extérieur du corps de la
même manière que les pattes, les pièces buccales ou les autres organes
appendiculaires.
25. — Les bourgeons alaires apparaissent dès le deuxième ou le troisième
âge nymphal. Ils se présentent comme des apophyses situées sur les bords
latéraux du méso- et du métanotum, le long de la ligne de séparation où
la suture pleurotergale se développera par la suite.
Chez la plupart des nymphes les bourgeons alaires sont le prolongement
direct du tergum et paraissent être des excroissances postéro-latérales de
cette région.
L’épiderme du bourgeon alaire est formé par une couche supérieure
et par une couche inférieure qui correspondent aux surfaces dorsale et ven¬
trale de l’aile. L'espace vide entre les deux couches correspond à la cavité
alaire primitive : il renferme
des nerfs, des trachées et
du sang.
26. — Ces ébauches
alaires se développent comme
des sacs de plus en plus
grands après chaque mue.
Les changements externes
dûs à la croissance sont rela¬
tivement minimes et se
traduisent par une augmen¬
tation de taille.
Les ébauches ne parais¬
sent pas changer de struc¬
ture jusqu’à ce qu'elles aient
atteint leur taille définitive
au moment de la transfor¬
mation de l'imago. Jusqu’à
cette transformation les
ébauches alaires sont en
continuité avec le notum.
Chez les larves de l’Homo-
ptère Ptyelus Goudoti les
deux paires de ptérothèques
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 17
enveloppent largement la base de l’abdomen. L’articulation basalaire
apparaîtra pendant le stade préimaginal.
27 - Lorsque l’aile est formée, l’épiderme disparaît et l’organe offre
une structure cuticulaire. Les ailes n’atteignent tout leur développement
et ne fonctionnent que chez l’imago, sauf chez les Ephémères qui muent
encore une fois après avoir volé (subimago, 380).
... ~ Chez les Orthoptères jeunes, et particulièrement chez les Gryl-
i es, les ébauches alaires recouvrent partiellement les pleures. A l’avant-
ernier âge larvaire, les expansions effectuent une rotation d’environ 250°,
u our de leur base d’insertion, orientée dans l’axe du corps. Cette rotation
s amene en position dorsale, leur face inférieure devient supérieure et les
auc les alaires recouvrent alors celles des élytres. Au cours de la mue
et ^, na . e u . ne nouvelle rotation de 360° autour du point basal ramène l’aile
.. e y 1 ? a ! eur P os 't>on normale, les élytres recouvrant les ailes qui se
p îent longitudinalement. Ce mode de développement alaire (anastré-
pnoptere) est connu seulement chez les Orthoptères (fig. 5).
_ ., e . s Odonates présentent dans leur développement une torsion compa¬
rable de la partie basale de l’aile.
Ces insectes holométaboles (endoptérygotes) subissent une méta-
rp ose complète, toujoure accompagnée d’un stade nymphal ou pupal.
les stni f S i oplométaboles se développent à l’intérieur du corps pendant
d’inse f CS 'T™' C eur période évolutive varie suivant les différents ordres
Pi es, depuis le stade embryonnaire jusqu'au dernier âge larvaire.
« dism a ^ UC • C est . essentiellement un petit sac hypodermique appelé
dan» i o e ,.™^ glnal bistoblaste ou « bourgeon alaire », placé habituellement
la ° Isina g e d une trach ée latérale. Le bourgeon alaire est visible chez
du premier âge, et parfois même chez l’embryon.
fntpmnen Ce f l,au ^S eon P ,us développé forme une cavité péripodiale
sfner P £!f ? U f °. nd de lat l ue,,e la Partie épaissie du bouton finit par s’éva-
coninoi o m Tf temps * es P a rois de la poche s’amincissent mais restent en
vers lo hoc 60 * ' ypoderme - A un stade ultérieur la partie évaginée s’allonge
vers le bas et formera un rudiment d’aile.
Ûpp iw dunent ala . ire est ensuite repoussé hors de la poche et, au dernier
les niipc lre ’ a PP araî ' t parfois pendant la période prépupale. A ce moment
ailes sont déjà des organes indépendants.
extéripiirnm déb, î t du stade nymphal les rudiments alaires sont visibles
de ]'imarm^f nt Sar es I ,artl es latérales du corps. Au moment de l’éclosion
sanstiinp’ü. C '+ a 'îf S se , montrent comme de petits sacs plissés. La pression
quelques heureTljS^ Uement et ils attei 8 nent leur enti er développement
pourvus deTrachéolts ^ ^ développement Ies bourgeons alaires sont
rarementTo„ 0l î Pe ‘l t observer assez fréquemment dans les élevages, mais
qui Dorfpnt"^ 8 nature ’ des ,arves d’insectes holométaboles (e.g. Coléoptères)
rudiment» ,v m UX P ? lr ? s de vra ' s bourgeons alaires correspondant à des
thétélipl h f d ’ô*ytres. Cette anomalie de développement (pro¬
mue. Mais 0 ' C Fe provoc l uée par un trouble métabolique au moment d’une
on ne sait pas exactement pourquoi les différentes parties du
Source : MNHN, Paris
18
EUGÈNE SÉGUY
corps évoluent de façon asynchrone. Peut-être action des hormones des
corpora allata, intoxication parasitaire ou chimique. Les tissus qui sont le
siège d’un métabolisme intense sont les plus fortement touchés. On explique
ainsi que les organes qui, lors de la métamorphose se trouvent à divers
états de construction ou de destruction, puissent être intéressés.
33. — Ordinairement l’aile sert au vol chez les insectes, mais elle peut
être transformée en organe sensoriel ( Ariasella , Diptère), en appareil pro¬
ducteur de son (Passalus, Coléoptère), ou en appareil comparable à un
balancier, mais favorisant le saut (Amalopteryx, Diptère, fig. 6).
Certains Hyménoptères parasites d'animaux aquatiques (Polynema
natans, Prestwichia aqualica) dont les ailes sont munies de longs cils les
utilisent pour nager. Le Diptère Chironomide Pontomyia pacifica (fig. 37) est
soutenu à la surface de l'eau par les pattes intermédiaires et postérieures;
les ailes vibrent rapidement et l’insecte progresse sur le liquide à la façon
d’un hydroglisseur.
Références. Audouin : Ann. Sc. nat., Zool., I, 1824, p. 97, et 416
(thorax). — Comstock : Evolution and taxonomy, Wilder Quarter Cent.
Book, 1893. — Crampton, J.N.Y. enl. Soc., XXIV, 1916, p. 267 (théorie
paranotale). — Geoenbauer : Grund. Vergl. Anat., Leipzig, 1870 (théorie
branchiale). — Goldschmidt, J. Morph., LXXVII, p. 71 et Univ. Calif.
publ., Zool., 55, p. 67 (théorie podoptère). — Handlirsch : Die Fossilen
Insekten u. die Phylogénie der Rezenten Formen, Leipzig, 1906-08. —
Kunckel : Les Volucelles, Paris (Masson), 1876. — Lemche : Vidcnsk.
Medd. nat. Foren., CIV, 1940, p. 127 et CVI, 1943, p. 287 (origine des ailes). —
Martynov : Rev. zool. russe, IV, 1924, p. 155 et Zs. morph. Oekol. Tiere,
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
IV, 1925, p. 465 (origine et évolution des ailes). — Muller : Jena Zs.,
VII, 1873, p. 333, 451 et IX, 1875, p. 241 (ailes des Termites). — Plateau :
Slett. ent. Ztg., XXXII, 1871, p. 33 (origine). — Powell : J.N. Y. ent. Soc.,
XII, 1904, p. 237 (origine). — Redtenbacher : Ann. Naturh. Hofmus., I,
1896, p. 153 (théorie branchiale). — Tower : Zool. Jahrb., Anal., XVII,
1903, p. 517 (dév. ailes des Coléopt.). — Verson : Zool. Anz., XIII, 1890,
P- 116 (ailes des Lépid.). — Waddington : Proc. Zool. Soc. Lond., (A),
CXII, 1942, p. 13 (dévelop. des micropt.). — Woodworth : Univ. Calif.
Publ., Techn. Bull. Ent., n° 1, 1906 (théories alaires).
LA MEMBRANE ET SON REVÊTEMENT
La membrane
. . 34- — Au moment de la formation définitive de l’aile, les cellules
épidermiques des deux couches alaires (inférieure et supérieure) se déve¬
loppent rapidement. Les faces internes des deux couches s’accolent et les
éléments cellulaires qui arrivent en contact peuvent disparaître. Les mem¬
branes basales se réunissent sur une grande partie de leur surface et forment
une membrane médiane (Marshall) (fig. 7). Ce terme de membrane désigne
une couche protoplasmique mince
qui occupe une position axiale
dans une coupe effectuée transver¬
salement dans l'épaisseur de l’aile.
Le développement de cette couche
protoplasmique n’est pas continu
pendant la croissance de l’aile;
elle peut disparaître durant une
certaine période, pour se reformer
plus tard au même endroit.
Après la dernière mue, lorsque
la croissance de l’expansion des
ailes est terminée, la membrane
se sclérose.
Chez les Coléoptères les deux
couches qui forment la première
paire d’ailes ou élytres ne sont pas
toujours soudées. Elles sont alors
reunies par des rangées de piliers
cnitineux (columelles) dont la trace
CX erne peut être décelée par la Fig. 7. Coupe transverse d'un élytre d'Ony-
ponctuation qui orne la surface macris (Coléopt.) montrant les columelles
du disque (fio 71 (d'après Pryor). — co, columelles; mm,
" v"8- ')• membrane médiane; scie, couche sclériflée.
— scie
Source : MNHN, Paris
20
EUGÈNE SÉGUY
35. — La membrane de l’aile peut être plus ou moins brillamment
colorée, comme le tégument du corps (couleurs physiques et pigmentaires).
Elle peut être absolument lisse et semblable à un morceau de verre comme
chez certains Odonates, quelques Diptères endoparasites (insectes gymno-
ptères), comme les plages des ailes des Lépidoptères de la famille des Sésies,
des Danaïdes ou des Sphingides (Hemaris fuciformis). L’aile volante des
Coléoptères porte une membrane plus ou moins épaissie, lisse, transparente,
brunie, ou parée de rellets métalliques. La teinte laiteuse des ailes est dùe
à la présence d’un composé amorphe, la guanine.
36. — Revêtement de la membrane. — L’aile porte souvent des
cils, des soies ou des écailles plus ou moins régulièrement répartis sur les
deux faces ou disposés le long des nervures. Les formes dont les nervures
portent des épines ou des uncinules sont dites uncipennes. Des soies plus ou
moins longues peuvent être disposées en franges marginales, utiles pendant
le vol.
La pilosité alaire peut comporter deux éléments : des microtriches
ou des macrotriches. Ces derniers, plus ou moins modifiés, constituent les
écailles.
37. — Les microtriches. — Les cils lins ou microtriches sont des
productions cuticulaires microscopiques, dépourvues d’insertion ( aculae
chez les Lépidoptères). Ils sont placés indistinctement sur la membrane
alaire et sur les nervures. Ils se développent uniformément dans la cuticule,
au dessus de chaque cellule hypodermique non spécialisée.
L’irisation qui s'observe sur certaines ailes transparentes est dùe,
soit à l'épaisseur et à la cohésion plus ou moins grande de membranes qui
produisent le phénomène des « anneaux de Newton », soit à la disposition
particulière des microtriches. Ces derniers, plus ou moins serrés, et leurs
bases, plus ou moins rapprochées, donnent au tégument un aspect chagriné
provoquant la réfraction de la lumière dans différentes directions.
38. — Les macrotriches. — Les macrotriches sont des poils mobiles
développés à partir de cellules hypodermiques spécialisées. Ils sont habi¬
tuellement implantés sur des pores d'insertion annulaires placés sur les
nervures longitudinales ou leurs ramifications, exceptionnellement sur les
nervures transverses (Mégaloptères Bérothides), rarement sur la membrane
alaire. Les macrolriches peuvent avoir une fonction sensorielle (61).
Lors de la disparition de l’archédictyon, ou d’une nervure particulière,
les macrotriches peuvent persister sur la membrane alaire dans leur dispo¬
sition originelle. Leur persistance est un vestige de nervures oblitérées.
En notant la position des macrotriches encore existants sur la membrane
alaire des Archichauloides, des lihyacophila, des Wujphiis, et en traçant
une ligne suivant le réseau qui relie les pores d’insertion, il peut être possible,
dans une certaine mesure, de reconstituer le parcours d’une nervure ou
l’emplacement de l’archédictyon disparu.
39. — La ciliation alaire est parfois très développée dans les espèces
de petite taille de plusieurs ordres (Trichoptères, Chaeiopteryx, Embioptères).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
21
Chez les Coléoptères Ptiliides, l’aile est réduite à une lanière, mais sa surface
portante est augmentée par un grand développement des cils marginaux
(fig. 102). Chez les Thysanoptères le bord de l’aile porte un alignement de
soies plus ou moins longues articulées sur des saillies microscopiques. Ce
dispositif assure une plus grande mobilité et permet aux cils de prendre
des positions convenables pendant le vol ou le repos (fig. 78).
40- — Les écailles. — Ce sont des macrotriches spécialisés par aplatis¬
sement et striation. Les écailles sont réparties plus ou moins uniformé¬
ment sur toute la surface de l’aile chez les Lépidoptères et certains Tricho-
ptères. On observe également des écailles le long des nervures chez certains
1 socoptères, chez quelques Diptères, sur les ailes des Planipennes, chez les
Megaloptères (Bérothides).
41. — Les écailles sont de forme et de grandeur variées. Celles des
papillons sont ordinairement rectangulaires, pétiolées à la base, plus ou moins
arrondies, échangées ou denticulées (fig. 88).
ih^ S éca ! H . es ^ es Aptères (Lepidomyia, Lepidophora, Lepidoselaga,
Anthrax, Culicidesj et celles des Coléoptères sont ovales ou triangulaires;
elles sont striées et pédonculées courtement, le bord antérieur peut être
denticulé (Ptinus), elles sont parfois réticulées, velues sur la face dorsale
(Hoplia).
^ 2 - — L’écaille des Lépidoptères est un poil modifié, creux, formé
par deux feuillets chitineux. La paroi inférieure est lisse, la supérieure
es épaissie et montre des stries longitudinales et transversales. Les
eux feuillets sont séparés et maintenus écartés par des trabécules
microscopiques.
Sur i aile de la Pyrameis Alalanta, les écailles sont implantées en double
ngee. Les supérieures sont des écailles de recouvrement, les inférieures
«es écaillés de base ou androconiales (343).
Les écailles marginales sont longues ou très longues, étroites
pi uormes, terminées par des prolongements plus ou moins effilés; les
ueux faces de l’écaille sont identiques.
^ es c °uleurs pigmentaires qui existent dans l’épaisseur du tégument
• on importantes dans la coloration des écailles, mais de nombreuses formes
unies de fines stries longitudinales très rapprochées fonctionnent comme
ne grille de diffraction et produisent les couleurs physiques. Sur les
ecai es de certains Morphos les stries sont séparées par des intervalles
nesurant .0007 à .00072 mm, donnant les couleurs bleues ou irisées
caractéristiques.
nip P ou * eurs peuvent aussi résulter de la combinaison des couleurs
P gmentaires et des couleurs physiques. Les écailles reproduisent toutes
ail c ° i V eur i s du spectre; la diversité de leur coloration forme sur les
es i - Lépidoptères des dessins variés. Le dessin et la coloration
eéoor n i, e ^ re mo rï**^ s P ar * e dimorphisme sexuel, le polymorphisme
t grapluque, ou des variations individuelles provoquées par des phéno¬
mènes externes (282). 1
ou odorifiq 3 '** 65 ^ euvent avo * r diverses fonctions sensorielles, respiratoires
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
Morphologie et structure des dessins alaires
44. - Formation des dessins alaires. — L'aile du papillon Ephestia
offre un dessin symétrique de part et d’autre d'un axe transverse. L’évolution
picturale peut être suivie pendant les quatre premiers jours de la vie nym-
phale. Les images s’étalent extérieurement de chaque côté de l’axe transversal
alaire.
Le dessin du Lépidoptère Abraxas se développe en partant de la base
de l’aile et en suivant une succession d'ondulations qui forment des lignes
transverses. Celles-ci déterminent un second cours qui se dirige extérieure¬
ment dans un autre sens. Ce second cours détermine la largeur des bandes
qui doivent se former.
45. — On ignore quelle est la nature exacte du phénomène déterminant
de l’expansion concentrique des zones du dessin alaire dans le système
symétrique, ou dans la formation des taches ocellées. Mais ce phénomène
détermine l'intensité chromatique dans les pigments des différentes zones
et provoque les variations que l’on observe dans la morphologie des
écailles.
Chez les Philosamia, les détails de coloration, de dessin et d'implantation
des écailles paraissent être influencés par le sens et la force du parcours
sanguin.
46. - Evolution du dessin alaire. — On sait que chez les Lépido¬
ptères les dessins alaires peuvent se modifier sous l’influence de la chaleur.
C’est l’origine du dimorphisme saisonnier de certains papillons. En exposant
des chrysalides d'Ephestia ou de Vanessa de différents âges à une haute
température, on a constaté que les éléments qui forment le dessin alaire
se rapportent aux périodes d’exposition thermiques successives.
Chez l'Hétéroptère Pyrrhocoris apterus, les éléments du dessin alaire
réagissent différemment suivant les températures utilisées.
47. — D’après M. Goldschmidt, les dessins colorés des ailes des Lépido¬
ptères proviennent de ce que les différentes aires de l’aile se développent à
des cadences variées; à un moment donné certaines aires réagissent à la
circulation sanguine et peuvent utiliser les produits métaboliques généra¬
teurs des divers pigments.
Deux facteurs sont prédominants : le développement et la formation
des écailles, et la production des substances nécessaires à la formation du
pigment. Si l'un de ces facteurs est troublé par la température, la circulation
sanguine ou l’action des gènes, il en résultera des anomalies morphologiques
ou chromatiques. Mais, pendant la période génératrice des écailles, le déve¬
loppement morphologique ou pigmentaire se poursuit simultanément dans
les écailles des différentes régions alaires.
48. — Analyse des dessins alaires. — Tous les dessins alaires
peuvent être rapportés à un schéma général. Un dessin peut être divisé
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 23
en trois régions principales correspondant aux zones transversales des régions
alaires : zones basale, médiane et apicale.
Le dessin comporte ordinairement deux moitiés symétriques par
rapport à un axe transversal passant par les discocellulaires (nervures
transverses formant la cellule discoïdale).
Certaines fractions du dessin (taches, bandes, etc.) occupent un empla¬
cement limité par certaines nervures.
Fig. 8. — Dessin de l'aile d’une Kallima (Lépidopt.) comparé au schéma normal d’une
aile de Nymphalide (d’après Sufïert).
49. — Un papillon examiné en position de repos montre souvent les
dessins des ailes postérieures prolongeant ceux des antérieures (e.g. Kallima)
(fig. 8).
Dans l’évolution de l'insecte les petites variations successives ont une
action prépondérante sur la composition des dessins alaires caractéristiques
homotypiques et mimétiques. L’ornementation des ailes des Kallima,
par exemple, peut se réduire à un dessin schématique reconnaissable chez
les espèces voisines.
Modifications de la membrane
50. — La membrane peut être couverte de productions cireuses plus
gu moins développées (Homoptères, Flattides, Fulgorides [347|), ou peut
présenter des taches pigmentées provoquées par une modification profonde :
autre disposition cellulaire fondamentale, infiltrations, épaississements
chitineux, nodules (226) (Cicadides, Odonates).
Source : MNHN, Paris
24
EUGÈNE SÉGUY
Revêtement des élytres
51. — Les élytres des Coléoptères peuvent porter un revêtement
similaire à celui des ailes volantes des autres ordres d’insectes. En dehors
des productions cuticulaires fixes, épines, etc., ils présentent des micro
triches, des macrotriches, des macrochètes plus ou moins longs, phanères
ou fouets. Dans ce dernier cas les grandes soies ont des fonctions sensorielles
parfois très développées, peut-être tactiles ou auditives. Les soies sont
implantées sur des pores caractéristiques placés sur les côtés ou les stries,
ou dans les interstices qui correspondent aux nervures et aux régions des
ailes volantes.
Les écailles sont fixées sur les différentes zones des élytres de la même
façon que chez les représentants des autres ordres d'insectes. Ces écailles
forment des plages et des dessins caractéristiques soumis aux mêmes lois
que ceux des Lépidoptères.
52. — Chez les Acridides adultes la pigmentation est sujette à des varia¬
tions suggérant la persistance de la circulation et du processus métabolique,
même dans les téguments sclérifiés et dans les ailes. Seules certaines modi¬
fications chromatiques peuvent être attribuées à des causes génétiques,
d’autres sont dûes à l'action du milieu environnant, d’autres encore sont
provoquées par le processus métabolique imaginai (Burtt et Uvarov).
Références. - Beer : Comrn. pontij. Acad. Sc., Rome, VI, 1942,
p. 27 (dessins alaires). Berlese : Gli Insetli, Milan, I, 1909, p. 479
(écailles). — Burtt et Uvarov : Proc. enl. Soc. London, XIX, 1944, p. 7
(pigmentation). — China : Ann. Mag. N.II., VII, 1954, p. 150 (couleur). —
Dixey : Trans. enl. Soc. Lond., LXXX, 1932, p. 57 (écailles). — Gold-
schmidt : Ark. Mikr. Anal., XCVI1I, 1923, p. 292 (dessins alaires). -
Goureau : Ann. Soc. enl. Fr., (2), I, 1843, p. 201 (irisation). — Heikeh-
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du Platyphylax). Mayer : Bull. Mus. Comp. Zooi, XXIX, 1896, p. 209
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Berlin, 1957, p. 78. — Oldroyd et Rirbands : Proc. ent. Soc. Lond., B.V.,
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et ailes). — Tams : Nat. Hist. Mag., II, 1929, p. 58 (dessins des ailes) —
W'onfor : Quart. J. micr. Sc., VIII. IX, 1868-69 (écailles des Lépid.).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
25
APPAREIL CIRCULATOIRE
53. — Chez tous les insectes, au moment de l’éclatement de la cuticule
nymphale, le sang est le véritable agent de l’extension des ailes. C'est le
sang qui produit le défroncement des ailes et qui provoque le gonflement de
la vessie frontale chez les Diptères. A tous les stades de leur développement
les Acridiens diminuent la capacité de la cavité générale par déglutition
d’air dans le tube digestif. Cette absorption leur permet de refouler le sang
dans les différentes parties du corps, notamment dans les élytres et les ailes.
Maintenu sous une pression constante par la contraction des muscles thora¬
ciques, le sang pénètre entre les deux membranes de l’aile et dans les nervures,
injectant les plus fines ramifications jusqu’à ce que la dessication de 1 aile
soit suffisante pour que les membranes supérieure et inférieure s’accolent
l'une à l’autre. Si l’on coupe l’extrémité du moignon alaire à une mouche
venant d’éclore l’èxpansion des ailes n’a pas lieu.
F*®- 9. — Dytiscus marginalis L. (Coléopt.) montrant la circulation de l’hémolymphe
dans l’aile gauche. — m, membrane musculaire de l’organe pulsatile.
54. — Les nervures ont la propriété de pouvoir se raffermir et durcir en
devenant progressivement de plus en plus rigides. Cette extension et cette
rigidité permettent de tendre les deux membranes et facilitent leur acco-
lement.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXI. 3
Source : MNHN, Paris
26
EUGÈNE SÉGUY
L’aile définitivement formée offre une structure cuticulaire, l’épiderme
ayant disparu. Cependant le sang continue à circuler activement dans l’aile.
Cette circulation a été observée chez les insectes des différents ordres. Elle
est prouvée par les Diptères Cératopogons qui, pour sucer le sang, se fixent
sur les nervures ou sur la membrane alaire des insectes qu'ils parasitent (367).
55. — Dans les ailes le sang circule théoriquement entre les trachées et
les parois des nervures. En général, il pénètre par l’épaississement costal et
retourne dans la cavité générale du corps en suivant le bord postérieur de
l'aile. Chez les Lépidoptères le bord postérieur, renflé près de la base, fonc¬
tionne comme vaisseau afférent. Le (lux sanguin effectue un parcours régulier
le long des canaux alaires, dans les grands passages; le parcours est inter¬
mittent dans les petits passages (lig. 9). Le sang circulant favorise la répar¬
tition des substances nécessaires à la sclérose et à la pigmentation des diffé¬
rentes régions alaires et des nervures. La circulation sanguine maintient
les ailes en état de fonctionnement : les parties privées de circulation se
plissent, se dessèchent et se brisent. La sclérose et la pigmentation normales
ne se produisent plus (Tauber et Clare).
56. — La circulation alaire est facilitée ou accélérée par l’action d'organes
pulsatiles spéciaux placés dans l'aile meme ou dans les régions thoraciques
subalaires. Ces organes existent chez la plupart des insectes (Odonates),
Dytiques et autres Coléoptères (lig. 9, ni). Guêpes, Sphingides et Tabanides
(Brocher), Apis (Freudenstein), Mmca (Thomsen), Lucilia (lig. 99).
La circulation dans les ailes antérieures des Lépidoptères, activée
par la chaleur et les échanges gazeux, est sous la dépendance de l’organe
mésotergal. Le sang des ailes postérieures est aspiré par l’organe métatergal.
57. — Chez les nymphes des Éphémères les ptérolhèques sont irriguées
par une évagination de la paroi dorsale de l'aorte qui est elle-même fermée
et ne reçoit pas de sang. Cette évagination est entourée par un hiatus sanguin
qui est en communication avec les nervures alaires; la dilatation de l'organe
aspire le sang des ailes et sa contraction le repousse vers la tête.
Chez certains insectes, surtout chez les Coléoptères, la circulation san¬
guine alaire ne parait exister qu’au début de la vie imaginale. Une circulation
diffuse persiste pendant la période de sclérose. Lorsque celle-ci est achevée,
la plupart des canaux semblent inactifs (Clare et Tauber).
Dans les ailes la direction du courant sanguin peut se renverser de
temps en temps (Periplanela, Epheslia, Coccinella), indépendamment du
renversement de la circulation dans le vaisseau dorsal. Le mécanisme de
ce renversement est inconnu.
SYSTÈME TRACHÉEN
58. — Au début de leur développement les bourgeons alaires internes
des larves des insectes holométaboles sont aérés par quelques trachées
simples. Dans les stades larvaires ultérieurs ces bourgeons grandissent et se
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
27
garnissent de faisceaux de trachéoles qui proviennent des parois des trachées
des bourgeons alaires primitifs.
Les trachées alaires définitives se forment pendant le dernier âge lar¬
vaire; elles deviennent fonctionnelles chez la nymphe quand les trachées et
les trachéoles originelles dégénèrent, sauf chez les Coléoptères et les Hymé¬
noptères où l’apparition des trachées est tardive. En dernier lieu un deuxième
groupe de trachéoles se développe sur les parois des trachées définitives. Ces
trachéoles deviennent fonctionnelles au moment de la métamorphose
imaginale.
59. — Chez les Lépidoptères les trachées étendues dans les ailes, le long
des nervures, peuvent émettre, entre ces dernières, des ramifications et des
trachéoles, dites « trachées de membrane », reliées aux pores d’implantation
des écailles. Grâce à leur revêtement écailleux, les ailes fonctionneraient
comme des organes respiratoires particuliers plus actifs pendant le vol. La
grande surface alaire permettrait l’élimination, au niveau des écailles, des
déchets gazeux. L’hématose serait favorisée par la diffusion de l’oxygène
à travers la membrane alaire.
Cette interprétation paraît confirmée par le grand développement des
trachées alaires et par l’importance de la circulation sanguine qui peut
s’observer dans les ailes (Portier) (510).
Références. —Brocher : Arch. Zool., LV, 1916, p. 317 et LVI, 1917,
p. 347 (cire. Dysliscus). — Ci.are et Tauber ; Ann. ent. Soc. Amer., XXXV,
1942, p. 57 (cire. Blattella). — Freudenstein : Zs. wiss. Zool, CXXXI1,
p. 404 (cire. Abeille). — Moseley : Quai. J. Microsc. Sc., XI, 1871, p. 389
(cire. Blalla). — Portier : 5 e Congrès Eut., Paris, 1932, p. 25 (cire, et respir.
Lépid.). — Raffy : Ann. Physiol. Physicochim., XII, 1936, p. 1 (respir. et
cire. Lépid.). — Tauber et Ci.are : Trans. Amer. micr. Soc., LXI, 1912,
p. 290 (cire, de l’hémolymphe et influence sur la pigmentation). — Thomsen :
Zs. Morph. Oekel. Tiere, XXXIV, 1938, p. 416 (cire. Muscides). — Yeager
et Hendiuckson : Ann. ent. Soc. Amer., XXVII, 1934, p. 257 (cire. Peripla-
nela). - Guignon ; Physiologie des ailes des Lépid. Paris (thèse).
SYSTÈME NERVEUX
60. — Le système nerveux alaire, toujours vestigial à l’origine, se déve¬
loppe progressivement suivant la marche des métamorphoses. Chez les
insectes holométaboles, il atteint son maximum de développement au moment
de la transformation nymphale. Chez l’imago il peut se réduire plus ou moins
au moment de la sclérose des nervures et de la membrane alaire. Les trajets
des troncs nerveux, parfois doublés, sont souvent superposables à ceux des
trachées. Les nervures longitudinales peuvent donc se superposer au trajet
primitif des éléments nerveux.
Les nerfs alaires reçoivent les sensations qui arrivent à la surface de
1 aile au moyen d’organes divers, souvent des sensilles campaniformes
Source : MNHN, Paris
28
EUGÈNE SÉGUY
placées sur les nervures ou la membrane. Ces organes paraissent surtout
sensibles à la chaleur, à l'humidité, et aux variations de pression de l’air
pendant le vol.
61. — Le tronc nerveux des Mécoptères Panorpes se divise à la base de
l’aile en trois branches principales. La première innerve ,l'épaississement
costal et la nervure sous-costale. La seconde est dirigée sur la nervure radiale :
elle supporte deux organes chordotonaux. La troisième se divise pour innerver
les nervures médio-cubitaies et anales. Les organes qui dépendent de ces
nerfs sont des cupules sensorielles réparties isolément le long des nervures
ou groupées à la base des nervures sous-costale et radiale. D’autres organes
sensoriels, macrotriches et microtriches, sont disposés sur les nervures et
sur la membrane (329 et sq.).
62. — Les ailes des Lépidoptères Rhopalocères sont munies de deux
groupes de nerfs : un antérieur et un postérieur. Le groupe antérieur dessert
les organes sensoriels répartis sur les nervures du complexe costo-radial.
Le groupe postérieur innerve les nervures du système cubito-anal de la
face supérieure de l’aile. Un autre faisceau nerveux innerve les organes
sensoriels répartis sur la face inférieure de l'aile.
Fio. 10. — Œdipoda caeruleseens L. (Orthopt.). Répartition des organes sensoriels sur
rélytrc. — ni, nervure intercalée. Les points dans les lignes interrompues montrent
remplacement des organes sensoriels (os).
63. — Chez les Orthoptères du genre Oedipode, les branches nerveuses
sont réparties de la même façon. Les nerfs de la nervure médiane sont inféodés
au groupe costo-radial (fig. 10). Sur l’aile postérieure les organes sensoriels
sont localisés sur les nervures longitudinales de la plage antévannale. Ceux
des nervures radiale, médiane et cubitale sont délicats et peu nombreux.
64. — Le nerf alaire des Diptères Brachycères donne deux branches.
La première dépend du groupe costo-radial, la seconde innerve la nervure
médiane et parfois le groupe de nervures cubito-anal.
Chez les Thysanoptères le nerf cubito-anal commande la rangée de
cils placés sur la marge de l'aile (331).
65. — L’aile antérieure de certains Hyménoptères (Abeille) possède
un filet nerveux localisé dans l’épaississement costal. Il ne semble pas
dépasser le groupe d'organes sensoriels placé sur le pterostigma. Les nervures
des Hyménoptères Vespides, tapissées intérieurement d’une couche hypo¬
dermique, contiennent, avec des ramifications trachéennes, un nerf impor¬
tant qui fournit un filet nerveux à chacun des nombreux organes sensoriels
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
29
de l’aile (Janet). Les organes sensoriels de la face externe de l’aile sont des
poils épais et courts, et du côté interne des cils lins et longs. Le système
d’accrochage est aussi formé de poils sensoriels articulés (hamules) (fig. 26,
EF).
66. — Chez les Coléoptères le nerf élytral possède deux racines, une
dorsale et une ventrale; cette dernière provient du ganglion mésothoracique.
Chez les espèces dont les élytres sont immobiles, la racine nerveuse ventrale
subsiste seule. Chez les Forficules le nerf des ailes postérieures se divise
en deux branches, la branche antérieure se ramifie dans l’écaille qui porte
de nombreuses sensilles. .
67. — Les balanciers, considérés comme une deuxième paire d ailes,
possèdent un nerf indépendant, qui est en rapport direct avec les ganglions
cérébroïdes. Les balanciers sont des mécanismes régulateurs du vol (326).
Références. — Janet : Observations sur les Guêpes, F. 23, Paris
(Naud), 1903, p. 8. — Melin : Uppsala Univ. Arsskr., 1941, p. 14 (org.
sens., bibl.). — Pruffer : Trav. Soc. Sc. Vilno, Cl. Math. Nat., III, 1927,
p. 84. — Racieka : l. c., IV, 1929, p. 40.
MUSCLES ALAIRES
68. — Les ailes sont mobilisées principalement par des muscles thora¬
ciques longitudinaux et verticaux qui agissent indirectement sur l’aile en
déformant le squelette thoracique. L’action indirecte des muscles est
complétée par une action directe commandée par les muscles pleuraux qui
agissent sur la base de l’aile en avant et en arrière du fulcrum pleural.
69. — Selon Künckel, Weber et Snodgrass, on trouve également dans
la musculature alaire, directe et indirecte, plusieurs muscles du système
ambulatoire. Ces muscles permettent de coordonner les mouvements simul¬
tanés des ailes et des pattes (fig. 3, mao).
70. — Histologiquement les muscles alaires à action directe diffèrent
complètement de ceux dont l'action est indirecte. Chez les Diptères des
genres Volucella et Musca les muscles à action directe sont blancs. Leurs
fibres sont fermes et souvent striées radialement. Leur section transverse
ressemble plus ou moins aux muscles normaux striés transversalement.
71. — Les muscles à action indirecte, chez la plupart des Diptères
cyclorrhaphes et chez l’Abeille, forment une masse jaunâtre ou brunâtre.
Ce sont des faisceaux de fibrilles granuleuses, dont la section transverse est
polygonale.
72. — D’après Mihalyi (cité par M. Melin), cette différence histologique
montre que, seuls, les muscles indirects sont aptes au travail rythmique de
haute fréquence. Les muscles directs ne produiraient qu’un travail moins
rapide. La constitution histologique de ces deux sortes de muscles montre
qu’ils fonctionnent indépendamment les uns des autres.
Source : MNHN, Paris
30
EUGÈNE SÉGUY
Fin. 11. — Schéma de la région thoracique pleurale d’un insecte montrant les épimérites
basalaire et subalaire et remplacement des axillaires. /I. aile ; ali, alinotum, synthorax
ou ptérothorax; tix (I, 2, 3 ax) sclériles axillaires; en, cordon axillaire; eb, épipleurite
basalaire (pleuralifèrc); es, épipleurite subalaire; mb, 2" et 3' muscles hasalaires; ml,
muscle longitudinal ; ms, muscle subalaire unique ; mss, muscle subalaire supplémentaire ;
na. notai antérieur (prolongement tégumentaire); np, notai postérieur; pm, plaque
médiane; pp, prolongement pleural préalaire; pre, région thoracique préalaire; seul.
scutellum; sp. suture pleurale (emplacement des muscles d'après les auteurs c. g. Snod-
grass).
73. — Muscles à action indirecte. — Les muscles à action indirecte
comprennent les muscles dorso-longitudinaux médians, dorso-latéraux
obliques, dorso-ventraux, dorso-internes, dorso-externes (lig. 3, p. 11).
74. — Les muscles horizontaux dorso-longitudinaux médians ont une
action prédominante chez les Lépidoptères, les Diptères et les Hyménoptères.
Ils sont disposés en deux groupes étendus en diagonale à travers la partie
médiane du tergum, jusqu'au bord postérieur du thorax.
La contraction des muscles horizontaux accentue la courbure du tergum.
Les bords du tergum attirent en haut les sclérites axillaires tergaux et les
ailes sont abaissées.
Les muscles dorsaux sont plus développés dans le segment qui porte
la paire d'ailes principales. Ils sont atrophiés ou peuvent disparaître dans
le segment suivant, lorsque celui-ci porte des ailes réduites ou infonc¬
tionnelles. Les Coléoptères et les Strepsiptères sont les seuls insectes chez
lesquels le métathorax a une plus grande importance pour le vol que le
mésothorax.
75. — Chez les Blattides, Gryllides et Termites, insectes à vol faible,
les muscles sont réduits dans les segments ptérothoraciques. Ils sont égale-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
31
ment réduits chez les Odonates, dont les ailes sont actionnées par des muscles
thoraciques latéraux. Chez l'Acridide Lentula Callani les muscles indirects
ont disparu (Ewer).
76. — Les muscles verticaux dorso-ventraux (ou tergo-slemaux) sont
antagonistes des muscles dorso-longitudinaux. Ils sont fixés d une part sur
la région antéro-latérale du tergum, et d’autre part sur le sternum. Une
action semblable est effectuée par une série de muscles étendus sur la partie
pleurale inférieure, à travers la cavité thoracique, dans une direction
contraire, près des muscles longitudinaux. Leur contraction déprime le
lergum, enfonce les sclérites axillaires, ce qui provoque le relèvement des
ailes (fig. 3 et 11).
77. — Chez les Lépidoptères il y a six paires de muscles tcrgo-stemaux
mésothoraciques, le métathorax n’en contient que quatre paires.
Chez les Diptères la troisième paire de muscles (élévateurs secondaires
des ailes) est placée entre les tergo-sternaux et les muscles dorsaux obliques
postérieurs. Ces muscles, fixés sur les hanches médianes, sont également
moteurs des pattes correspondantes (83).
78. — Les muscles dorso-latêraux obliques , ou accessoires, agissent
simultanément avec les dorso-longitudinaux médians. Ils peuvent être
aussi antagonistes. Ces muscles sont des dépresseurs indirects chez les
Odonates (75).
79. — Les muscles dorso-internes relient le bord antérieur d'un segment
au bord antérieur du segment suivant. Leur contraction accentue la convexité
du scutum.
80. — Les muscles dorso-externes relient le sillon scutellaire au bord
intérieur du segment suivant. La contraction des dorso-externes déprime
le scutum de la même façon que les muscles intrasegmentaires dorso-
ventraux.
81. — L’action des muscles directs et indirects peut être complétée
par celle des muscles indirects accessoires. Ces muscles sont réduits ou nuis
chez les Coléoptères.
Les apophyses pleurales et sternales sont reliées par un muscle pleuro-
sternal court et puissant. Sa contraction agit sur l’élasticité de la cage
thoracique et provoque les modifications correspondantes des mouvements
des ailes.
82. - Le muscle lergo-pleural relie la partie postérieure du scutum ou
du scutellum au sillon pleural. Ce muscle commande les pièces mobiles du
ptérothorax, en altère la position, mais n’agit pas directement sur les ailes.
83. — Les muscles de l’appareil ambulatoire peuvent avoir une action
pendant le vol. La hanche et le trochanter sont partiellement mobilisés par
des muscles attachés au tergum. Chez les insectes (Diptères ou Coléoptères)
à hanches peu mobiles, ces muscles fonctionnent comme des dorso-ventraux
accessoires. Leur action déprimante redresse l’aile (fig. 3).
Si la hanche est très mobile, l’attache peut être placée sur les sclérites
axillaires ou sur les plaques basalaire ou subalaire. Le rôle de ces muscles
est double. Chez les Cicadides les mêmes muscles font lever les pattes posté¬
rieures et les rapprochent du corps; ils amènent en même temps les ailes
antérieures dans la position de vol.
Source : MNHN, Paris
32
EUGÈNE SÊGUV
84. - Muscles à action directe. - Ce sont des muscles pleuraux,
bien développés chez les Orthoptères et les Coléoptères, attachés sur les
épipleurites basalaire et subalaire. Les plus puissants agissent sur la plaque
basalaire épisternale, les plus faibles, antagonistes, commandent la plaque
subalaire épimérale. Les muscles à action directe provoquent la rotation
de l'aile suivant le grand axe. Ils déterminent l'extension ou la ilexion des
ailes (lig. 11).
D'autres muscles sont fixés directement sur les sclérites axillaires de la
base de l’aile.
85. — Muscles basalaires. - La musculature de l'épipleurite basalaire
se compose ordinairement de deux ou trois muscles latéraux. Ce sont les
muscles pleuraux postérieurs.
Le premier s’insère sur l’épisternum, le second est fixé sur le sternum,
sur l’arête précoxale des pleures ou sur le trochantin ( Gryllus). Le troisième
s'insère sur le bord externe de la hanche antérieure, au niveau de l’articula¬
tion coxo-pleurale.
86. - La contraction des muscles basalaires, en abaissant la plaque
subalaire épimérale, exerce une traction sur la membrane qui les relie à la
face inférieure de l'aile. Celle-ci se relève, la membrane rejoint l’aile en-deçà
de son niveau articulaire sur le condyle de la côte pleurale.
87. — Muscles subalaires. — Ils sont placés de chaque côté des segments
alifères et fixés (un de chaque côté) sur le méron de la coxa, pour aboutir à
l’épipleurite subalaire. Ce sont les muscles pleuraux antérieurs.
Les muscles subalaires étendent et abaissent les ailes grâce à la connexion
qui existe entre la plaque subalaire et le deuxième sclérite axillaire. Leur
contraction agit en même temps sur la membrane qui relie ces sclérites à la
face inférieure de l'aile.
L’aile est placée en position de vol par l’action des muscles subalaires.
Ils exercent sur les paraptères basalaires une traction qui agit sur le bord
costal de l’aile.
88. Muscles axillaires. — Ces muscles proviennent des pleures. Ils
sont fixés sur les premier et troisième sclérites axillaires.
Le muscle du premier sclérite axillaire est seulement connu chez les
Diptères. Son action provoque le relèvement de ce sclérite.
Le muscle attaché au milieu du troisième sclérite axillaire peut être
formé de plusieurs faisceaux fixés sur l’épisternum, le sillon pleural et
l'épimère.
89. Chez les insectes à ailes flexibles (Néoptères), la contraction de
ce muscle fait tourner le troisième sclérite sur l’axe formé par ses articulations
avec le deuxième sclérite axillaire, et le prolongement notai postérieur (ou le
quatrième axillaire). Le mouvement mobilise les autres axillaires et provoque
le plissement du champ postérieur de l'aile.
90. — Les muscles à action directe ont un autre rôle que celui de moteurs
des ailes. Ils peuvent soutenir et régulariser l’action des muscles indirects.
D’autres agissent sur les aires costale et anale, dont ils commandent et diri¬
gent la courbure, la torsion et la pliure de l’aile.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE I.’aILE
INSECTES
33
Dégénérescence musculaire et perte de la faculté de vol
91- — Les muscles alaires peuvent dégénérer sans entraîner de brachy-
ptérie et de microptérie. Ce phénomène observé chez des Diptères (Empidides :
Chersodromia hirta), chez des Dermaptères, des Coléoptères (Curculionides,
Sitona), chez des Hétéroptères (Naucorides et Népides), est connu sous le
nom de « processus chersodromien » (Cuénot et Mercier). Chez une Nèpe les
muscles du vol, atrophiés, sont remplacés par des organes « trachéo-paren-
chymateux » dont la fonction est peut-être respiratoire (Poisson).
Chez les Fourmis c’est la chute des ailes qui détermine l’histolyse des
muscles du vol. Les muscles indirects disparaissent les premiers, les muscles
directs dégénèrent plus lentement (Janet).
Insectes qui ne volent plus
92. — Les conditions de milieu ou les modifications physiologiques
qui affectent certains insectes entraînent des perturbations fonctionnelles.
Certains n’utilisent plus leurs ailes, d’autres les réduisent.
. Les insectes cavernicoles, ceux qui habitent les hautes montagnes, les
des, les rivages marins ou les rives des grands fleuves, présentent des formes
brachyptères ou aptères. D’autres possèdent des organes du vol intacts,
mais ne les utilisent pas ( Hylobius abietis, mutation macroptère d'Apterina
pedestris).
Parmi les insectes lucicoles certains présentent des ailes normales, mais
•es muscles alaires sont plus ou moins atrophiés (Forficules, certains Hété¬
roptères cryptocérates, le Diptère Chersodromia hirta). Ou les ailes sont
atrophiées et les muscles thoraciques sont intacts (Geomyza sabulosa (Diptère)
ou encore les ailes et les organes moteurs sont également réduits ( Calyco -
pleryx, Anatalanta, Siphlopleryx (Diptères insulaires), le Coléoptère Sitona
hispidula, la Forficula Lesnei) (300).
Références. Chadwick ap. Roeder : Insecl Physiology, N. Y.,
1953 (The flight Muscles and their control). — Janet : C. H. Acad. Sc.,
LXL1I, 1906, p. 1095; CXLIV, 1907, p. 393 et 1205 (muscles du vol, his-
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J29, p. 84 (muscles : Dissosleira), CIII, 1942, p. 49 (muscles de l’abeille). —
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et Loleopt.). — Thomas : Proc. ent. Soc. Lond., A, XXVII, 1952, p. 12
(squelette et muscles des ailes, Orthopt.). — Tiegs : Philos. Trans., B,
CCXXXVIII, 1954, p. 221.
Source : MNHN, Paris
34
EUGÈNE SÉGUY
ARTICULATION BASALE
93. - La majeure partie des insectes actuels proviennent de formes qui
ont acquis la faculté du vol au moyen d’une articulation basale. Cet organe
complexe leur a permis de faire tourner leurs expansions paranotales vers
l’arrière et extérieurement aux côtés du corps, puis de les faire mouvoir
de haut en bas.
Les Odonates, au contraire, ont acquis cette faculté au moyen d’une
articulation qui a permis à des apophyses paranotales, parallèles entre elles
et perpendiculaires au corps, de se mouvoir de haut en bas et de bas en haut.
L’aile des insectes actuels aurait ainsi évolué depuis le planeur jusqu’à
l’aile battante, permettant le vol dirigé.
94. — La mobilité de l’aile des insectes est facilitée par le rétrécissement
basal qui permet la concentration, sur un petit espace, des organes qui for¬
ment l’articulation basale. Cette dernière donne une grande amplitude aux
mouvements de l’aile. Chez la Guêpe, l’aile oscille sous un angle de 150°.
95. — Les trois groupes d’organes qui donnent la mobilité sont :
a) les sclérites articulaires qui relient l’aile au thorax;
b) les nervures;
c) les différentes régions de la surface alaire.
Dans les ailes de tous les insectes on observe une aire articulaire qui se
distingue de l’aile vraie (ou expansion distale) soutenue par les nervures.
96. Origine des sclérites articulaires. - Les ailes s’articulent
dorsalement avec le scutum et ventralemenl avec l’extrémité de l’épaississe¬
ment pleural séparant l’épisternum de l’épimère. L’extrémité de cet épaissis¬
sement pleural forme un condyle permettant l’articulation de l’aile au niveau
de la base des nervures sous-costale et radiale
97. — Sur le thorax l'articulation de l’aile est soutenue par plusieurs
apophyses; deux appartiennent au scutum : le prolongement notai antérieur
et le prolongement notai postérieur; le troisième appartient aux pleures
(prolongement pleural ou pleuralifère (fig. 11)). Ces apophyses reçoivent
des sclérites qui servent d'attache à certains muscles alaires. Ces sclérites
sont soutenus antérieurement et postérieurement par des ligaments prove¬
nant du préscutum et du scutellum.
98. — La marge postérieure de la membrane axillaire, à la base de l'aile,
est souvent renforcée par une formation en cordon, cordon axillaire. Ce
dernier provient de chaque côté de l'angle latéral postérieur du notum
(fig. 12 ca).
Les surfaces convexes de certaines régions articulaires de la base des
nervures sous-costale et radiale, placées dans l’amplitude maximum, s’ajus¬
tent souvent à des surfaces convexes sur le tergum et les pleures. Chez les
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 35
Piérides et les Vanesses, dont le battement alaire est vertical, la partie dorsale
articulaire des ailes antérieures, dans l’amplitude supérieure maximum,
s’adapte à une cavité triangulaire placée dans la partie antérieure du
scutum, de façon à ce que la base de la nervure touche la région scutale
environnante.
99. — Dans la même position, la partie articulaire de l’aile postérieure
s’articule contre une surface plane dans l’angle antérieur métascutellaire.
Dans l’amplitude inférieure maximum, les faces ventrales des sections
articulaires des ailes antérieures s’ajustent dans les cavités pleurales, la
base de la nervure sous-costale étant cohérente avec une aire postérieure
placée au-dessus de la première paire de pattes.
Les sclérites articulaires
100. — Pour assurer un vol dirigé, le mouvement de rotation de la base
de l’aile est nécessaire. Cette rotation est facilitée par les sclérites placés
sous les ailes, antérieurement et postérieurement au fulcrum alaire.
Ces sclérites dits « axillaires », retenus par la membrane réunissant l’aile
au tergite et au pleurite, perfectionnent l’articulation.
P ,G - 12. — Région axillaire tcrgalc montrant la disposition schématique des sclérites
axillaires. — /, », 3, 4 ax, sclérites axillaires; co, cordon axillaire; h, nervure humérale;
'• 2 ;, nervures jugales; msc, marge scutellaire; na, prolongement notai antérieur;
np, prolongement notai postérieur; pax, pli axillaire: p/i, plaque humérale; pj, pli
jugal; pma, plaque médiane antérieure; pmp, plaque médiane postérieure; I, tegula; xij,
hord antérieur du triangle axillaire limité par un trait interrompu.
Source : MNHN, Paris
36
EUGÈNE SÉGUY
Chez les insectes à ailes ilexibles, les tegulac ou paraptères sont normales
Plusieurs sclérites axillaires ou pièces articulaires différenciées (pleralia
commandent les mouvements du vol. Ces sclérites sont actionnés par de^
muscles attachés sur la face interne de la région axillaire de la paroi pleurale.
L’ensemble forme le mécanisme fléchisseur de l’aile. Ce mécanisme n existe
pas chez les Éphémères et les Odonates. qui présentent des sclérites axillaires
réduits ou modifiés et dont la base de l'aile est en contact direct avec le
notum. Les paraptères doivent être considérés comme des spécialisations
de la partie précostale de l'aile primitive.
101. _Un nombre variable de sclérites articulaires comprenant les
tegulae et les sclérites axillaires sont situés près de la base de chaque aile.
Les uns et les autres sont en relations étroites avec la région pleurothoraciqtn
d’une part, et la base des nervures longitudinales d’autre part.
102. — Les tegulae. Les tegulae ou paraptères (sigmoidea de Mac
Gillivray [108, 110], sont composées par une paire de petits sclérites scala¬
riformes placés à l’extrême base de l’épaississement costal de chaque aile
antérieure. Elles sont quelquefois présentes sur les ailes postérieures. Les
tegulae sont visibles chez les Hyménoptères et les Diptères. Elles sont parti¬
culièrement développées chez les Lépidoptères et sont une des caractéris¬
tiques de l’ordre. Elles sont placées sur une plaque tégulaire dépendant du
notum et supportées par un bras tégulaire provenant de la base du prolon¬
gement pleural alaire. Chez les Hyménoptères les tegulae comprennent la
plaque humérale et la tegulu.
103. La plaque humérale. C’est un sclérite placé sur la marge
anléro-basale de l’aile et articulé avec la base de l’épaississement costal en
avant et la tegula en arrière. Il est bien développé chez les Odonates (fig. 13).
C’est à la plaque humérale qu’il faudrait rapporter le sclérite appelé
hasicosta par certains auteurs qui ont traité des Diptères (524).
104. — La legula. L'aile peut présenter à la base de l’épaississement
costal, sur la marge antérieure de. la région articulaire, à proximité de la
plaque humérale, un sclérite cilié en Tonne de coussin ou d’écaille, la tegula.
sclérite passif dans l’articulation alaire. C’est la tubérosité anterieure de
Comstock.
Cette tegula. élargie chez les Hyménoptères (scapula, squamule ou
épaulette, ptérygode chez les Lépidoptères, épaulette chez les Diptères),
mobilisée par un muscle particulier, semble être un organe de protection
basalaire lorsqu’elle est bien développée.
Chez certains Orthoptères, le petit sclérite placé à côte de la tegula
et latéralement près du prescutum, s’appelle pseudalis.
105 Les sclérites axillaires. - Les axillaires, ou pleralia, retenus
par la membrane (rotaxis) qui réunit, l’aile au pleuro-tergite, compliquent
l’articulation et facilitent les mouvements alaires. Ces axillaires, qui existent
chez tous les insectes ailés, commandent les nervures sous-costale, radiale
et anale.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES 37
Ils sont disposés en groupes formant une plage triangulaire placée à la
base de l’aile. Cette plage est composée théoriquement de trois ou quatre
sclérites axillaires et d’un certain nombre de plaques médianes plus ou moins
développées (lig. 12).
106. — La base du triangle formée par la région axillaire constitue la
charnière placée entre l’aile et le corps (xy), la pointe du triangle est donnée
par l’extrémité distale du troisième sclérite axillaire. Le point (x) sur le
côté antérieur du triangle montre l’articulation de la nervure radiale avec
le deuxième sclérite axillaire. La ligne xy représente le pli de l'aile à la base
du champ médio-cubital (fig. 12).
107. — Les sclérites axillaires sont en nombre à peu près constant chez
les représentants des divers ordres d’insectes. On en trouve trois chez les
Isoptères, Coléoptères, Homoptères, Lépidoptères, quatre chez les Dictyo-
ptères, Orthoptères, Dermaptères et Mécoptères. Un seul exceptionnellement
chez les Odonates dont le système alaire est particulier.
Chaque sclérite a une forme propre et une fonction particulière. Les
deux antérieurs servent de pivot pour les mouvements de vol (battement
vertical). Les deux postérieurs correspondent soit aux légers mouvements
obliques de direction du sol, soit à la torsion des ailes pour la mise au repos.
Quelques Hyménoptères et Diptères présentent quatre sclérites axil¬
laires et parfois un sclérite auxiliaire inféodé au troisième ou quatrième
axillaire. Cet auxiliaire appartient au groupe anal.
108. - Premier sclérite axillaire (1 ax). — C’est la plaque char¬
nière antérieure de la base de l’aile. Peut n’être visible que sur la face tergale
ou la face ventrale. La partie antérieure est articulée avec le prolongement
notai alifère du tergum; la partie postérieure est en rapport avec la marge
Lergale. L’extrémité antérieure de cet axillaire, ordinairement tigelliforme,
peut être articulée avec la base de la nervure sous-costale (sc). Ce sclérite
s articule postérieurement avec le deuxième sclérite axillaire. C’est la «plaque
sigmoïde ».
l> — Deuxième sclérite axillaire (2 ax). — Sclérite tergal médian.
olymorphe, sclérifié sur les deux faces et « incrusté » dans la base de l'aile,
c est le pivot de cette base. Il est fixé par une charnière oblique sur la marge
an erieure du premier sclérite axillaire. L’extrémité antérieure est articulée
avec la base de la nervure radiale qu’elle actionne. Sur la face inférieure
ou ventrale, ce sclérite est articulé avec le condyle de la côte pleurale (pro¬
longement pleural).
110. — Troisième sclérite axillaire (3 ax). — Sclérite tergal anal. —
ussi po.y™^ 6 q Ue i e précédent. Schématiquement le troisième sclérite
i aire présente une apophyse sur la partie moyenne de la face antérieure.
e .. e . a Pophyse est articulée avec l’extrémité postérieure du deuxième
xi aire, et postérieurement avec le prolongement alifère postérieur du
ax U .. urn (processus qui peut être mobile), ou avec le quatrième sclérite
art' lorsc,u ** existe - L’extrémité antérieure du troisième sclérite est
iculee avec la base du groupe de nervures anales qu'il actionne. Un
Source : MNHN, Paris
38
EUGÈNE SÉGUY
muscle fléchisseur est fixé sur la face inférieure de ce sclérite. La contraction
musculaire fait tourner le sclérite sur son articulation basale, ce qui provoque
la flexion de l'aile. C’est la plaque charnière de la base de l’aile. C'est la
«plaque deltoïde».
Fia. 13. — Articulation alairr et base de l’aile postérieure des Paléoptères. — A, Cordulia
aenea L. (Odonate). — B, Polymitarcus nirgo Oliv. (Éphémère). - as, sclérites axillaires;
ca, cordon axillaire: cc. cavité cupunforme; / cuA, cubitale intercalaire; na, prolonge¬
ment notai antérieur; np, prolongement notai postérieur; pop, plaque axillaire posté¬
rieure; pli, plaque huméralt. scli, sclérite intermédiaire; scip, sclérite particulier;
T, marge tergale thoracique; Ib, transverse basale.
111. — Quatrième sclérite axillaire (4 ax). Elément inconstant.
Lorsqu'il existe est représenté par une petite plaque située entre le troisième
axillaire et le prolongement notai postérieur alifère du tergum. C’est proba¬
blement une pièce détachée de ce dernier. Les 3 e et I e axillaires forment
la « tubérosité postérieure » de Comstock. C’est la navicule de Mac Gillivray.
Cas particuliers
112. - Les Odonates présentent une articulation plus simple que celle
des insectes primitifs à mouvements alaires plus amples. Les ailes ne sont
pas pliées en arrière pendant le repos; elles restent toujours étendues à
plat, perpendiculairement à l’axe du corps. La région articulaire est formée
par deux plaques chitinisées. La plaque humérale antérieure supporte
l’épaississement costal au moyen d'un petit « sclérite intermédiaire » homo¬
logue de la plaque humérale des Ephémères. La plaque axillaire posté¬
rieure (fig. 13) correspond aux sclérites axillaires des autres insectes. Elle
commande les nervures médiane, cubitale et anale. Cette plaque axillaire
s’articule à une aire membraneuse dépendant de la moitié postérieure
du bord latéral tergal. La plaque humérale et la plaque axillaire tournent,
en haut et en bas sur deux bras supporlés par le prolongement pleural
alifère (397).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
39
113. — Les Ephémères sont pourvus d’une articulation alaire apparem¬
ment peu différente de celle des insectes qui replient leurs ailes; mais ne
pouvant pas les rabattre horizontalement ils ne possèdent pas de méca¬
nisme fléchisseur. A la base de chaque aile on trouve une petite plaque
humérale réduite. La région axillaire montre un groupe de sclérites peu
différenciés (fig. 13).
114. — Les autres insectes portent toujours trois ou quatre sclérites
axillaires. Les Termites ont trois sclérites. Deux ou trois autres pièces
s'intercalent entre les axillaires et la base de l’aile. Le tout forme un ensemble
élastique.
■115 — Les Blattes portent quatre sclérites axillaires de type primitif.
Les Orthoptères ont quatre sclérites disposés comme il a été dit plus
haut, mais il existe encore des pièces intermédiaires, deux à l'élytre et une
à 1 aile (430). Chez les Dermaplères l’articulation porte sur l’aile et sur
1 élytre une tegula et deux séries de sclérites axillaires : une série proxi¬
male formée de trois éléments et une subproximale ou externe, plus deux
petites pièces basilaires (447 et fig. 65).
115- — L’articulation alaire des Coléoptères est différente pour l’élytre
et pour l’aile. La base de l'élytre s’articule avec le mésonotum au moyen
d un pédoncule chitineux formé par deux apophyses saillantes. La première.
Source : MNHN, Paris
40
EUGÈNE SÉGUY
ou tête articulaire, représente le tronc cubito-radial ; l’autre, le cotyle, corres¬
pond avec le champ cubito-anal. La région axillaire de l'aile comporte trois
sclérites; les deux premiers supportent les nervures antérieures C 4- R.M.Cu,
le troisième commande les nervures anales.
Les plaques médianes
117. — Aux sclérites axillaires on peut joindre les « plaques médianes »,
organes de nature peu définie attachés à la base de l’aire médio-cubitale.
Lorsqu’elle sont différenciées, ce sont deux sclérites plus ou moins
chitinisés, un apical et un basal, placés à la partie moyenne de la base de
l’aile, au niveau des deuxième et troisième plaques axillaires, et séparés
l’un de l’autre par un pli convexe, saillant lorsque l’aile est fléchie.
118. — La partie basale de la plaque médiane est normalement attachée
à la partie apicale du troisième axillaire; elle peut être considérée comme une
dépendance de ce dernier.
119. — La partie apicale (souvent peu distincte) peut être reconnue
dans l’épaississement membraneux placé à la base des nervures médio-
cubitales, lorsque la base de ces nervures est articulée ou soudée avec cette
plaque apicale (fig. 12).
Originellement les plaques médianes sont normalement des dépendances
de la nervure médiane. Cependant, chez la plupart des insectes, elles sont
associées avec la base des nervures médiane et cubitale. Elles peuvent aussi
exceptionnellement dépendre d’une autre nervure, comme chez les Hymé¬
noptères, où les deux nervures (MCu) semblent confondues et réunies basa-
lement au tronc radial.
Références. - Champion : Psyché, XXXIV, 1927, p. 59; Bull.
Brooklyn ent. Soc., XXIII, 1928, p. 113. — Grandi : Bull. Isl. ent. Bologna,
XVI, 1917, p. 254 (sclérites axill.). La G h rca : Arc h. Zool. Torino,
XXXII, 1947, p. 271 (Orthopt.). — Mac Gillivray : External Insect
Anal., Urbana, 1923. — Mihalyi : Arb. l'ngar. biol. Forsch. Inst., Tihany,
VIII, 1936, p. 106. — Snodgrass : Proc. U.S. Nul. Mus., XXXVI, 1909,
p. 511 (thorax et articul. basale), Smith. Mise. Coll., LXXX, 1927, p. 108
et LXXXII, 1929, p. 111 (mécanisme), et CI11, 1942, p. 51 (abeille). —•
Tannert : D. ent. Zs„ v, 1958, p. 394 (Odonates, artic. basale).
NERVURES ET NERVATION
120. — Définition. — Les nervures sont des épaississements sciérifiés
qui soutiennent et consolident la membrane alaire. Elles lui apportent les
qualités exigées d'un organe de vol.
L’aile d’un insecte présente deux sortes de nervures : les nervures longi-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
41
tudinales et les nervures transversales (nervules). La disposition et la
répartition des nervures sur l’aile constituent la nervation.
Les nervures et leur disposition sont analogues chez tous les Ptérygotes,
malgré les homologies douteuses dûes à une terminologie parfois fantaisiste.
La nervation montre l’homogénéité des différents groupes à l’intérieur de
la classe des insectes, mais l'origine monophylétique des Ptérygotes n’a
jamais été démontrée (Lemche).
121. — Formation des principales nervures longitudinales. —
Aussitôt après la métamorphose, dans les premiers instants qui suivent
éclosion de l'imago, au moment de la soudure des deux plaques alaires,
quelques espaces linéaires restent libres. Ces espaces, résidus de la cavité
alaire primitive, donneront naissance aux nervures.
Dans les dernières phases du développement de l’insecte, les cellules
épidermiques concentrées le long des trajets des futurs nervures, renforcées
par des cellules de tissu adipeux entraînées par le sang, formeront une cuticule
épaissie, origine des parois des nervures alaires (Semichon). Ces trajets
cellulaires se fixent, soit sur la membrane supérieure, soit sur la membrane
inférieure (134).
• • 122 ‘ — Des nervures longitudinales peuvent se former sur les trajets
épidermiques, sur le parcours primitif des trachées et des nerfs. La cavité
e s trajets épidermiques forment les nervures. Leur cavité renferme géné¬
ra ement une trachée centrale. Une fibre nerveuse accompagne les trachées
importantes et une trachée dégénérée (cordon de Semper) s’observe chez
certains Lépidoptères sur le même parcours. Chez de nombreux insectes,
cSfaprès * a mue imaginale, les trajets épidermiques renferment du sang
123. Les nervures peuvent être épaisses, minces, élargies ou déliées.
c °upe transversale elles peuvent être ovales ou subquadrangulaires,
s U r ement rectan gulaires. Elles peuvent être brusquement dilatées ou gonflées
loe Un endroit (le ,eur parcours (physoneurie), ou élargies et aplaties pour
des Un 0rgane sens oriel. Elles peuvent porter des macrotriches, des écailles,
' organes sensoriels ou des appareils variés permettant, par exemple, la
odo U r Ctl ° n son ou sa P erce Ptioii- Quelques espèces portent des organes
j es Des trachées alaires et la formation des nervures. —
basaî ame3 i UX traclléens contenus dans les paranota proviennent d’un tronc
Séné ? U dC de '* X tracllées réunies à la base du bourgeon alaire. Ils sont
Posté 3- emenl ' ( l‘ s P°sés en deux groupes : un antérieur (costo-radial) et un
réuni neUr ^ cu ^‘ l-0 ' ana l)- Chez la plupart des insectes les deux groupes sont
toute S f 3r UnC anastomose basale dans un tronc commun dont dépendent
courh S es , trac * 1 ées alaires. Les deux groupes sont reconnaissables par leur
être nb^ - sa,e ant érieure ou postérieure (fig. 15). Cette disposition peut
(lupin Se 7, ee c * lez * es nymphes des Plécoptères, de certaines Blattes et chez
quelques Homoptères.
le bou^*" ^*' ez * es Insectes Hétérométaboles les trachées réparties
rgeon alaire détermineront les trajets des nervures dans le coui
s dans
; cours de
l. -— Zoologie, t. XXI.
Source : MNHN, Paris
42
EUGÈNE SÉGUY
l’évolution des insectes. C’est au moment de l’avant-dernière mue que
l’emplacement des nervures se précise. Dans l’aile définitivement formée
les trajets primitifs des nervures peuvent se modifier et des confusions se
produisent entre les nervures longitudinales, ou des secteurs intercalaires
qui présentent alors le même aspect.
Fig. 15. A, Schéma du groupement des trachées dans une ptérothèque nymphalc,
suivant Enderlein, Kuhne, Oertel. — B, Groupement des trachées d'après les auteurs.
- C, Formation d'une nervure. — gr, groupe radial; gma, groupe inédio-anal. - -
T, trachée; cS, cordon de Semper; mba, membrane basale.
126. — Dans les ordres archaïques la nervation et la trachéation coïnci¬
dent souvent. Chez les Odonates la concordance entre les deux systèmes
est parfois remarquable. Cependant chez les Anisoptères (s. s.) la prétra-
chéation peut affecter la nervation de l’aile définitive en fixant certaines
structures vestigiales ( e. g. la nervure oblique [Fraser]). La nervation de
l’Odonate Ajax n’est que partiellement fixée dans l'avant-dernier stade
nymphal (Oka et Furukawa) (166).
127. — Chez les Holométaboles, les trajets des nervures peuvent se
former avant les trachées. Chez les Névroptères, les Lépidoptères et les
Coléoptères, les trachées pénètrent les nervures préformées. Ross, puis
Crosskey admettent que chez les Hyménoptères la formation des nervures
précède celle, des trachées. Les trachées des ptérothèques nymphales de
nombreux insectes ont permis de constater des homologies avec la nervation
imaginale. Le plan de la nervation alaire définitive du Lépidoptère Pliilosamia
peut s'observer dans une chrysalide âgée de quelques jours (Hencke).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
43
128. — Contrairement à ce que l’on observe chez les Hétérométaboles,
les trachées des Holométaboles s’adaptent aux nervures déjà constituées.
Chez les Trichoptères, les Diptères et certains Hyménoptères, les relations
entre les trachées et les nervures ne sont pas toujours évidentes. Chez les
Coléoptères les nervures apparaissent avant les trachées; celles-ci sont
réduites ou nulles dans les élytres. Mais les élytres de certains carnivores
portent de grandes soies sensorielles correspondant à des nerfs. La disposition
de ces soies permet de reconnaître dans l’élytre une disposition des nervures
comparable à celle de l’aile membraneuse.
. 129. — Pendant la vie larvaire de l’insecte les caractères se déterminent
régulièrement dans une suite d’opérations. Chaque partie provient du stade
encore capable de régulation au stade mosaïque, longtemps avant que la
croissance et le mouvement cellulaire ne mettent le plan en action.
130. — Rôle des trachéoles. — Pendant les derniers stades du déve-
oppement larvaire de l'insecte les bourgeons alaires sont pourvus de tra-
c eoles. Chez les Piérides, les trachéoles prolifèrent aux dépens des grandes
rachees qui occupent le bourgeon alaire. Ces trachéoles provisoires se rami-
ient dans les espaces situés entre les nervures en voie d’évolution. Elles
etendent dans la cavité alaire en même temps que les trachéoles larvaires
4 U e es remplaceront. Elles donneront de vraies trachées alaires.
disparaü^t ^ ^ remier âge n y m I )hal les trachéoles larvaires dégénèrent et
La nervation
u Aucun insecte, parmi les formes actuellement vivantes, ne
Ces e f) Une . P ervat * on ailss > complète que certaines espèces fossiles du houiller.
sv ,. ( crni ‘ >res ’ déjà très évoluées, présentent des éléments formant un
ment 01 ! 6 COm ^ exe l * e nerv ures que les ptéronologistes interprètent différem-
n .„ a connaissance des nervures alaires présente une grande importance
P»ur l'etude des Hexapodes.
Nervures longitudinales
dichof 32 ~ Toules les nervures, quelle que soit leur origine, peuvent se
qu’ellp 0miSer SC ram ‘l ier dans la partie distale de l'aile comme les trachées
l’on n S accom P a 8 ner, t- Elles se divisent en branches et en rameaux que
dichot . numaroter d’avant en arrière. La disposition peut être pectinée,
Par tro' 011 ^ 116 tr ‘ a( l‘ c I ue - l" a triade est une forme spéciale de ramification
négativ S i tr ' at * e es * dite positive lorsque le rameau intercalaire est concave.
Peuvent •? rsqi î e ram ?au intermédiaire est convexe (fig. 16). Les nervures
•p. . e . réunies les unes aux autres par des transverses (nervules).
ouvert ec j ri( l uemc .nt l’aile peut se plisser comme un éventail partiellement
> c laque pli étant représenté par une nervure. Une aile de l’Orthoptère
Source : MNHN, Paris
44
EUGÈNE SÉGUY
Oedipode, non exagérément tendue, regardée obliquement, montre une
membrane ondulée suivant la position des nervures. Certains insectes
emploient cet artifice pour assurer la rigidité de l’aile et compenser l’absence
ou la faiblesse des nervures (lig. 16).
133. — Les nervures longitudinales sont dites hautes ou convexes (+)
lorsqu’elles occupent une crête. Elles sont basses ou concaves (—) lorsqu’elles
se trouvent au fond d’un sillon, si l’on observe la face supérieure ou dorsale
de l’aile. Cette disposition est théorique; les épaississements secondaires
qui peuvent alterner régulièrement sur les deux faces de l’aile, peuvent aussi
se trouver réunis sur la même face (Flattides). Ils forment des plis en éventail
dont il est difficile d’expliquer la genèse.
Fig. l(i. —• A, types de ramification des nervures; a, pcctiniforme; b, dichotomique;
c, triadique; n, triade négative; p, triade positive. — B, Œdipoda caerulescens
L. (Orthopt.), aile pliée, montrant les nervures alaires convexes et concaves. — C, Coupe
schématique; ncc, nervures concaves; nez, nervures convexes.
134. — Chez les Éphémères et les Diptères cyclorrhaphes par exemple,
les nervures hautes ou convexes sont inféodées au feuillet supérieur de l’aile,
les nervures basses ou concaves au feuillet inférieur. Cette disposition est
visible sur les ailes d’une mouche venant d’éclore dont les deux feuillets
alaires, non encore soudés, peuvent être séparés par le tranchant d’une
aiguille lancéolée.
135. — La position convexe ou concave des branches distales des ner¬
vures alaires a été utilisée pour les identifier. L’étude des ailes des insectes fos¬
siles montre l’importance des nervures alternativement concaves et convexes,
(loi d’alternance). Cette étude indique aussi que c’est seulement dans certains
ordres que les nervures hautes et basses alternent régulièrement (e. g. Éphé¬
mères). Le caractère tiré de la concavité ou de la convexité des nervures est
inconstant par suite des exigences mécaniques provoquées par l’action de
l’aile volante.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
45
136. — L'évolution peut faire disparaître des nervures. D’autres peuvent
se confondre en se rapprochant, ou leurs ramifications peuvent se multiplier
orsque l’aile s’élargit. Chez certains insectes, la médiane ou la cubitale
Peuvent disparaître — ou les ramifications des nervures anales deviennent
très nombreuses dans l’aile postérieure de la plupart des Orthoptères.
137. — Lorsque le nombre des nervures augmente, la multiplication
e st dûe, soit à un accroissement du nombre des rameaux d'une nervure
principale, soit à l’apparition de nervures longitudinales secondaires placées
entre les nervures préexistantes. En aucun cas il n’y a augmentation dans
e nombre des nervures principales.
138. — Il peut être difficile de déterminer les homologies des nervures
nlaires chez les représentants des différents ordres. L’identification des
nervures devient alors une des questions importantes de l'entomologie
systématique.
Dans une aile quelconque on observe constamment deux nervures
convexes (+) plus ou moins fortement chitinisées, RI et CuA. Il est rela-
ivement facile d’identifier les nervures intermédiaires placées entre ces
deux extrêmes.
139. —Le modèle de nervation donné dans la figure 17 représente le
P an de disposition des nervures considéré généralement comme un type
rchaïque (nervation archétype) d’où dériverait la nervation des insectes
actuels. '
La nervation archétype est théoriquement complète. Les nervures se
partissent en deux groupes, un antérieur et un postérieur, comparables
ux deux groupes de trachées alaires (fig. 15 B). Chaque groupe comprend
e nervure convexe accompagnée d’une nervure concave. On appelle
c car la nervure concave qui succède à une nervure convexe.
Conve.^ — Ées deux groupes comprennent les nervures suivantes, toutes
' Groupe antérieur (costo-radial) :
L Épaississement costal (nervure costale);
2. Nervure radiale;
3. Nervure médiane.
Groupe postérieur (cubito-anal) :
1. Nervure cubitale;
2. Nervures anales;
3. Nervures jugales.
( j çs ***• — Ces six nervures fondamentales, hautes ou convexes, ont toutes
di rai ? eaux concaves ou bas, plus ou moins nombreux et importants. Ils sont
poses comme l’indique le tableau de la page suivante,
f —- Chez les insectes actuels, la précostale de la base de l’aile des
tion* eS i * oss '* es subsiste rarement et la fourche médiane antérieure est excep-
rallT ement Pccsente. La costale, la sous-costale et la radiale sont subpa-
bée 6 f aU k° r( ^ ant crieur de l’aile. Les autres nervures, plus ou moins cour-
au * orm ent un éventail postérieur. La nervure médiane peut être inféodée
r onc costo-radial ou peut dépendre du tronc cubito-anal (fig. 15).
Source : MNHN, Paris
46
EUGÈNE SÉGUY
Précostale
(PC)
1
Costale
Sous-costale
(C) convexe (+)
(sc) 1.2.3. concave (—)
GROUPE ANTÉRIEUR
Radiale antérieure
(R 1) convexe (+)
2 R
Radiale postérieure
Radiale postérieure
Radiale postérieure
Radiale postérieure
(R 2 1
(R 3 f concaves (—) Secteur
(R 4 ( de la radiale (RS)
(R 5 )
Médiane antérieure
.MAI
(M A) convexe ( +) C
X MA2
3 M
Médiane postérieure
Médiane postérieure
Médiane postérieure
Médiane postérieure
(MPI j
(MP2 / concaves (—) Secteur
(MP3 ( de la médiane (M2)
(MP4 ]
Médiane inférieure
M5 toujours simple, concave
GROUPE POSTÉRIEUR
4 Cu
Cubitale antérieure
.CuAl
(CuA) convexe ( + )\
'CuA2
Cubitale postérieure
(CuP) toujours concave (—)
l re anale
(1 A) convexe (+)
5 A
2 e anale
3 e anale
(2A j
(3 A j convexes (+)
Anales supplémentaire en nombre indéfini
Les secteurs intercalaires concaves
6
Jugales
convexes ( -f )
Les secteurs ou intercalaires concaves
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 47
Les caractères généraux des principales nervures alaires et de leurs
connexions peuvent se décrire comme il suit :
143. — Épaississement marginal ou nervure costale (G).
Ordinairement considéré comme la première nervure de l'aile (appelé à
tort nervure costale par les auteurs). C’est la subcosta de Comstock et la
nervure ambiante des auteurs anglo-saxons.
144. — Souvent marginale chez les insectes actuels, parfois sous-mar¬
ginale, toujours simple, jamais ramifiée, la costale est articulée à sa base avec
Je sclérite huméral; elle est toujours haute ou convexe; parfois absente dans
les ailes postérieures.
''?• ~ Emplacement des nervures (schématique). — h, nervure humérale; iA, nervures
Iran* Intercalaires; /, nervures jucales; mai, ncrvulc transverse médio-cubitale; mm,
tran VCrse médiane ; ns ’ nervure séparatrice; P, précostale; pj, pli jugal; r. nervule
Tniiï rsf ' rac * ia l e 1 rm, transverse radio-médiane; s, transverse du secteur radial;
tiL* y8 ne Prisée montrant les nervures alternativement convexes ( + ) et concaves (—1
(théorie alternative de Lameere).
1^5- — L’épaississement costal ne reçoit pas de trachée — ou parfois
Un petit rameau indépendant provenant de la trachée sous-costale. La costale
Peut être épaisse ou dilatée à la base, près du sclérite articulaire ou à l'apex
0U e ** e présente le pterostigma.
— Certains auteurs appellent, chez les Hyménoptères, la costale
ervure postale-, chez les Orthoptères, nervure marginale ; chez les Lépido-
P eres, protocosta : c’est la nervure 12 de la série numérique dans les ailes
btericures, la nervure 8 sur les ailes postérieures.
^7. — Dans quelques cas une nervure costale secondaire (costa secans)
P eu t traverser les rameaux pectinés de la sous-costale (Zeuner).
1^8- — Sous-costale (sc). — Deuxième nervure de l’aile généralement
•unple. Elle peut être exceptionnellement fourchue apicalcment (sc 1. 2.
Source : MNHN, Paris
48
EUGÈNE SÉGUY
3, etc.) ou porter quelques rameaux (428). La base est reliée à l’extrémitc
apicale du col de la première plaque axillaire (1 ax). La nervure sous-costale
est normalement concave. Elle peut être considérée comme le secteur de la
costale.
La nervure sous-costale (subcasia) des Diptères est la nervure auxiliaire
de Comstock ou la médiastinale de Curran. Chez les Chalcidiens, c’est la
nervure submarginale. La deuxième abeisse ou partie de sc 2 +- RI, dans
le système de Comstock-Needham, est nommée nervure post-marginale.
Chez les Perlides la sous-costale, appelée nervure costale accessoire, se
ramifie vers l’apex de l’aile (fig. 57).
149. — Radiale (R). — La troisième nervure représente l’élément le
plus robuste de l’aile. Sa base est articulée avec l’extrémité antérieure du
deuxième sclérite axillaire. Cette nervure radiale peut se diviser dans sa
partie basale, à peu près au milieu de sa longueur. La première branche
ordinairement simple, toujours convexe, et prolongée jusqu’à l’extrémité
de l’aile, représente la première nervure radiale (RI). La seconde branche
(secteur radial [Rs") se subdivise en quatre rameaux (R2, R3, R4, R5),
ordinairement concaves. La partie basale du secteur radial est parfois appelée
nervure oblique.
La première radiale de l’aile des Blattes porte des branches dirigées vers
le bord antérieur (fig. 54). Certains Homoptères portent une radiale anté¬
rieure ramifiée (fig. 73).
150. — Médiane (M). — Quatrième nervure de l’aile. La base de la
nervure médiane peut être réunie avec celle de la radiale, dans ce cas, elle
est inféodée au deuxième sclérite axillaire, ou la médiane peut dépendre du
groupe cubito-anal. Cette dualité l’a fait désigner sous le nom de nervure
indifférente (fig. 15). Le système formé par la nervure médiane est variable.
Il ne peut être comparé, en aucun cas, aux systèmes radial ou cubital, beau¬
coup plus fixes. Le problème posé par la nervure médiane et ses rameaux
n'est pas résolu.
Sur une aile typique la nervure médiane se divise en deux branches
principales. La première branche représente la nervure médiane antérieure,
la seconde forme le secteur médian ou médiane postérieure.
151. — Médiane antérieure (MA). — Toujours convexe, cette nervure
peut être indépendante sur toute sa longueur, depuis la base jusqu’à l’extré¬
mité de l’aile. Dans ce cas elle est articulée à la plaque médiane antérieure,
près de l’axillaire antérieur (fig. 14). La médiane antérieure s’observe cons¬
tamment chez les Paléoptères : Éphéméroptères et Odonates. Parmi les
Nëoptères les représentants de certains ordres (c. g. Orthoptères), peuvent
encore en présenter un vestige. Habituellement confondue avec le rameau
postérieur de la radiale (R5), son existence est déterminée par sa nature
convexe et la position des groupes de nervures antérieures (costo-radial)
et postérieures (cubito-anal). Chez les Diptères c'est la nervure intercalaire
antérieure ou discoïdale de Comstock.
La médiane antérieure peut présenter un ou plusieurs rameaux.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE
l’aile DES INSECTES
49
152. — Médiane postérieure (MP). — Toujours basse ou concave,
la médiane postérieure peut porter cinq rameaux (MP 1.2.3 n), inconstants
en nombre et en position; ces rameaux peuvent être coalescents ou peuvent
présenter des ramifications secondaires. Cette disposition s’observe sur les
ailes des Éphéméroptères ou des Odonatoptères (lig. 50). Les ailes de ces
derniers peuvent offrir une médiane supplémentaire concave. Chez les
Blattes la médiane est simple sur les ailes postérieures, ou ne présente qu’un
rameau apical (iig. 54 M).
Chez les Myrméléonides la nervure oblique est une branche de la
médiane (fig. 13).
Chez les Chrysopides la nervure médiane, très complexe, est appelée
pseudo-médiane par Tillyard (fig. 23).
Le complexe médian MA-MP 1-2... présente souvent une nervure posté¬
rieure ordinairement simple (M5), parfois visible sous forme de pli bas
(médiane, inférieure [MI]).
153. — Sur les élytres des Orthoptères Acridides le champ discal, place
entre M et Cu, peut présenter une nervure adventive dite » nervure inter¬
calée» (fig. 63).
Chez les Hétéroptères et les Homoptères actuels, la médiane antérieure
est souvent oblitérée et le système cubital est variable. Les nervures bifur-
quées représentent le secteur de la médiane et de la cubitale.
L’évolution de la nervation chez les Hétéroptères paraît s’être effectuée
d'une façon indépendante, même dans les familles et parfois dans les genres
(fig- 69).
154. - Cubitale (Cu). — La cinquième nervure de l’aile est articulée à
la base avec la plaque médiane antérieure, comme les nervures qui forment
I e groupe de la médiane.
La nervure cubitale (ulnaire) se divise en deux branches. La première,
toujours haute, convexe, représente la cubitale antérieure (CuA). La seconde
représente la cubitale postérieure (CuP).
Chez les Odonates la nervure cubitale est appelée nervure submédiane.
La partie supérieure du complexe cubital chez les Chrysopides forme la
Pseudo-cubitale de Tillyard.
Dans les ailes des Lépidoptères la fourche formée par les trois branches
M3, Cul A et CuA2, est dite trigramma (513 et fig. 18).
155. Cubitale antérieure (CuA). — La première branche peut se
diviser théoriquement en quatre rameaux (CuAl, 2, 3, 4) qui peuvent être
•alternativement convexes et concaves.
La cubitale présente de multiples rameaux chez les Blattes (fig. 54).
C est une nervure compliquée dans les ailes antérieures des Orthoptères,
spécialement chez les mâles. La cubitale antérieure est simple chez les
Mécoptères (fig. 86).
156. - Cubitale postérieure (CuP). Le groupe cubital peut pré¬
senter une nervure postérieure parfois visible seulement sous forme de pli,
r eliée à la plaque médiane antérieure comme les nervures cubitales. La nervure
cubitale postérieure, ordinairement simple, est normalement concave.
Source : MNHN, Paris
50
EUGÈNE SÉGUY
Fio. 18. — Zeuzera pyrina L. (Lépidopt.). Ailes antérieure et postérieure montrant la
nervure dite Irigramma (Tr.). ar, aréole; ci, cellule intruse; di-2, cellules discoldales.
157. — Chez les Névroptères, Mécoptères et Trichoptères, la cubitale
postérieure peut se rapprocher des nervures anales, mais sa base est indé¬
pendante et séparée de ces dernières.
La cubitale postérieure joue un rôle capital dans la formation de l’organe
stridulant des Orthoptères Tettigoniides et Gryllides. Chez les Tettigoniides
Prophalangopsis la cubitale postérieure est un rameau important perpendi¬
culaire à la cubitale antérieure convexe (CuA). Un des caractères de cette
cubitale est la forte courbure vers le bas qui place la crête stridulante (vue
de dessous) dans une position perpendiculaire au bord postérieur de l'aile (358).
158. — Dans les ptérothèques nymphales la trachée de la nervure cubi¬
tale postérieure prend naissance entre la trachée cubitale antérieure (CuA)
et le groupe de trachées anales. Dans les ailes de la plupart des imagos, la
partie basale de la cubitale postérieure est ordinairement réunie avec celle
de la cubitale antérieure. Elle est rarement articulée ou soudée avec le
troisième sclérite fléchisseur (3 Ax) de la base de l’aile, qui appartient aux
nervures anales.
Mais la première nervure anale peut être réunie à sa base avec la cubitale.
La postcubitale de Snodgrass correspond à la première anale de Comstock
et Ncedham dans la plupart des cas.
159. — Vena dividens. — Sur l'aile postérieure de certains insectes,
surtout chez les Orthoptères et les Dictyoptères, le pli vannai séparant le
remigium du vannus est formé par trois nervures, la cubitale postérieure, la
première anale et la nervure séparatrice. Ces nervures représentent les trois
nervures plicales de Forbes. C’est la première anale de Comstock. Ces trois
nervures très rapprochées, ou formant le pli vannai, peuvent être confondues
sous le nom de vena dividens.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 51
Théoriquement la première nervure anale est toujours simple et indé¬
pendante jusqu’à son articulation avec le 3 e axillaire. C’est elle qui forme
la crête du pli vannai. La deuxième nervure anale, qui peut porter plusieurs
rameaux, est l’axillaire ramifiée (fig. 19).
Fig. 19. — Coupe schématique de l’aile d'un Polynéoptèrc dont la région anale (en grisé)
est repliée en-dessous suivant la « vena dividens ». Voyez aussi la figure 1 /. Axr^l
vure axillaire ramifiée (2' nervure anale); /A, nervure anale intercalaire ; n
séparatrice; pj, pli jugal: ra, région ou champ anal; vd, vena
une formation composée de trois nervures CuP, IA, et ns).
160. Nervures anales (IA à nA). — Les trachées anales provien¬
nent habituellement d’une branche trachéenne commune que l’on peut
observer chez les nymphes. Les rameaux qui en dépendent sont considérés
comme formant une seule nervure anale. Cependant les ptérothèques de
certaines nymphes montrent une première nervure anale indépendante
représentée par une trachée distincte. L’indépendance de la première nervure
anale est importante pour l’étude du mécanisme alaire.
Les nervures anales forment un groupe fonctionnel défini, articulé avec
le troisième sclérile (3 ax) de la base de l’aile (nervures anales ou vannales)
(«g. 12).
161. — Le nombre des nervures anales varie entre 1 et 12 d’après
l’étendue de l’aire postérieure de l’aile. Dans les ailes qui réduisent le lobe
anal, une ou plusieurs anales peuvent manquer. Au contraire, si les ailes
ont un lobe anal très développé, une ou plusieurs anales peuvent se ramifier,
chacune des nervures anales convexes est suivie d’un rameau concave.
162. — Sur l’aile antérieure des Lépidoptères, la première anale corres-
p°nd à la nervure submédiane. Les nervures longitudinales qui s étaient
e n éventail dans le champ anal des ailes postérieures sont appelées nervures
radiées.
Source : MNHN, Paris
52
EUGÈNE SÉGUY
163. — Les 2 e et 3 e nervures anales de Comstock, suivant Enderlein,
forment l'axillaris. La deuxième nervure anale ramifiée est l’axillaire
ramifiée (159).
164. — Chez les Dermaptères le champ anal comporte une nervure anale
qui entoure l’écaille et une série de nervures axillaires sinueuses qui se
réunissent dans la partie apicale de l’écaille, vers le milieu de l’aile. Entre ces
nervures on observe des nervures adventives incomplètes. Toutes présentent
vers le milieu un élargissement articulé qui permet à la nervure de se plier.
Une transverse parallèle au bord externe réunit toutes ces nervures (fig. 65).
165. La disposition du champ anal est particulière dans les élytres
des Blattes. Il est limité par un profond sillon concave qui loge la première
nervure anale. Dans le champ anal on trouve une dizaine de nervures anales
équidistantes disposées en éventail (fig. 54).
166. La répartition des trachées dans les ptérothèques nymphales
des deux derniers stades des Odonates a permis à Tillyard d’affirmer que
les anales des auteurs seraient des rameaux de la cubitale. Seules les nervures
postérieures à celles-ci seraient des anales. Mais M. Fraser (1938) croit à
l'indépendance de la nervure anale chez les Zygoptères. Cette nervure suit
le bord postérieur de l’aile (fig. 51) et chez les nymphes la trachée anale se
forme au niveau de la nervure anale, loin de la cubitale.
167. — Nervures jugales. A la base de l’aile, dans la région anale,
on trouve habituellement un lobe plus ou moins étendu, le jugum, qui peut
être uniformément membraneux ou qui présente un réseau irrégulier de
nervures soutenues par une ou deux nervures jugales plus développées;
la première est la nervure arquée (venu arcuata), et la seconde la vena cardi-
nalis. Cette dernière apparaît généralement comme une branche basale de
la nervure arquée.
Chez les Blattes le champ jugal des élytres est dépourvu de nervures.
168. Nervures intercalaires. Les ailes de certains insectes
peuvent présenter des nervures longitudinales placées entre les nervures
primaires. Ce sont des épaississements de la membrane, dépourvus de tra¬
chées, de nerfs et de macrotriches. Ces épaississements forment des nervures
intercalaires ou accessoires (fig. 20 et 49).
Ces nervures intercalaires peuvent être convexes ou concaves. Leur
présence détermine, dans l’espace limité par deux nervures principales
primaires, une crête ou un sillon. Elles maintiennent l’alternance des
convexités et des concavités et leur présence consolide les régions de l’aile
qui en sont munies. Les ailes des Éphémères (fig. 49) et des Osmyles portent
des nervures intercalaires (180 et lig. 82).
Les nervures intercalaires peuvent être considérées comme des nervures
principales lorsqu’elles occupent une position comparable à celle des rameaux
primitifs et qu'elles font preuve de stabilité.
169. — Chez les Odonates les nervures intercalaires sont alternativement
convexes et concaves lorsqu’il en existe plus d’une dans l’espace limité
par deux longitudinales principales. Leurs bases s’attachent directement
aux nervures principales (fig. 52). La ressemblance de ces nervures inter¬
source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE l’aILE DES INSECTES
calaires avec les nervures principales est plus marquée dans les ptérothèques
nymphales que dans les ailes des imagos. Le système trachéen alaire envoie
des trachées à la fois dans les nervures primaires et dans les nervures inter¬
calaires, leur conférant ainsi l’apparence de nervures principales.
Fig. 20. — Emplacement des nervures intercalaires (schématique).
170. — Les nervures accessoires marginales sont formées par des petits
rameaux provenant des bifurcations des nervures. Sur les ailes des insectes
fossiles les rameaux des nervures longitudinales principales présentent, près
de la marge de l’aile, un nombre variable de nervures accessoires. Ces ner¬
vures ne sont pas constantes.
On peut considérer comme des nervures accessoires les venules qui
réunissent les longitudinales près de la marge postérieure des ailes des
Cicadides. Ces nervures, dont la réunion borde partiellement l’aile, forment
la nervure bordante (fig. 71).
Chez les Diptères et les Thysanoptères l’épaississement costal peut
faire le tour de l’aile. Quelques auteurs appellent cette formation « nervure
ambiante » (fig. 95). C’est la nervure en anneau des Thysanoptères (479).
Nervures transverses
171. — Définition. — Les nervures transverses sont des épaississements
de la membrane de l’aile. Ordinairement courtes, elles sont disposées perpen¬
diculairement entre les nervures longitudinales et leurs rameaux. Nombreuses
dans les ailes des insectes primitifs elles sont plus rares sur celles des formes
actuelles. Ordinairement elles ne sont pas munies d'une trachee ou d un
"erf. Elles sont généralement dépourvues de macrotriches. Chez les insectes
actuels leur emplacement est défini, mais l'évolution en réduit le nombre.
172. Les ailes des Paléodictyoptères portent une réticulation irré¬
gulière entre les principales nervures longitudinales, mais il n y a pas de
nervures transverses proprement dites. Tillyard a donné le nom d arche-
Source : MNHN, Paris
54
EUGÈNE SÉGUY
dictyon à ce réseau primitif qui occupait les intervalles dans les ailes de la
plupart des fossiles (fig. 21). Il est encore présent chez quelques Mégaloptères,
dans la tegmina de nombreux Locustides et dans les parties moins étendues
près de la base de l’aile chez d’autres Orthoptères (fig. 58, 62 et 63). Les
expansions du réseau de la cuticule peuvent se trouver ailleurs que sur les
ailes : e. g. sur les expansions thoraciques aplaties des Tingitides (7).
Fig. 21. — A, Formation des nervures transverscs à partir de l’archédlctyon. — B, Aile
postérieure d’une Hanhidia (Névroptèrc) montrant les nervures transverses (=). Le
signe o indique l'emplacement des thvridies. — arch, archédictyon ; h, transverse humé¬
rale; Ig, nervure longitudinale; s. nervure transverse du secteur radial; tb, transverse
basale; 1rs, transverse; tpi, transverse du ptérostignia ; Isc, transverses de la sous-costale.
173. Différentes sortes de transverses. Les nervures trans¬
verses les plus importantes et les plus constantes sont :
La transverse humérale (h), entre la costale et la sous-costale.
La transverse radiale (r), entre RI et la première fourche de Rs.
La transverse du secteur (s), entre les deux fourches de Rs, ou de
R2 + 3 jusqu’à R4 + 5, ou de R3 à R4.
La transverse radio-médiane (rm), entre le radius et la médiane
(e. g. R 4 + 5 et M).
La transverse médiane (mm), entre M 2a et M 2b.
La médio-cubitale (meu), entre la médiane et la cubitale.
Les transverses cubito-anale et anales.
Les différentes transverses se numérotent depuis la base jusqu’à l’extré¬
mité de l'aile (fig. 21).
174. — Chez les Odonates la nervure transverse épaissie, placée près
du bord antérieur de l’aile et qui relie le bord costal, la sous-costale et la
radiale, est connue sous le nom de nodus (fig. 53). Une formation similaire
qui porte le même nom existe chez les Homoptères Cicadides (fig. 71).
L’extrémité inférieure du nodus est le subnodus. Les nervures transverses
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES 00
rapprochées de la marge costale, situées entre la base de l’aile et le nodus,
dans l’espace limité par la costale, la sous-costale et la radiale, sont dites
transverses anténodales. Certaines de ces transverses dilatées forment une
cloison verticale qui remplit la dépression formée entre les nervures costale
et radiale. Deux transverses anténodales sont ainsi hypertrophiées chez les
Aeshnidae (fig. 22). Les nervures transverses postnodales sont situées entre
le nodus et l’apex de l’aile, dans l’espace formé par la costale, la radiale et la
médiane. Ces postnodales sont aussi appelées postcubitales (392 et lig. o2).
175. — L ’arculus des ailes des Odonatoptères est formé par la partie
basale et libre de la tige principale de la médiane recourbée en arrière. Réuni
à la nervure transverse épaissie et placé en dessous, il forme une apophyse
caractéristique de la cubitale (fig. 22 ). .
Sur l’aile antérieure des Trichoptères, l’arculus est un point hyalin qui
r Çlie la cubitale ou la cubitale postérieure à la marge. Chez les Homoptères
c est une veinule transverse étendue jusqu'à la marge postérieure de 1 aile
ai > même endroit que chez les Trichoptères. Chez les Diptères l’arculus est
“ne nervure oblique placée près de la base de la radiale qui est reliee avec la
Médiane (528 et fig. 101).
Source : MNHN, Paris
56
EUGÈNE SF.GUY
176. — Chez les Hyménoptères, les nervures nommées improprement
transverses sont aussi larges que les autres et munies de trachées. D’autres
groupes d’insectes actuels portent aussi des nervures à branches tordues et
modifiées pour former des transverses (e. g. Planipennes, Chrysopides,
fig. 23).
177. — La nervation dite « staphylinoïde », chez les Coléoptères, est sur¬
tout caractérisée par la réduction des tranverses et par la présence d'une
frange ciliée au bord vannai (lig. 103). Une nervation simple, sans transverses
caractérisées, s'observe également chez les Clavicornes, les Lyméxylonides
et les Lamellicornes (Lucanides, Passalides, Scarabéides).
Disparition des nervures
178. — Les ailes des Hyménoptères Chalcidiens sont bien développées
par rapport à la grandeur de l’insecte, mais presque sans nervation. On ne
voit que la nervure sous-costale et un court tronçon de la radiale. Les Chal-
cidides de grande taille ont la même nervation que les plus petits (Insectes
oligoneures).
Les plus petits Hyménoptères (Mymarides, Trichogrammides) n'ont
plus que le stigma et le bord des quatre ailes est longuement cilié; les crochets
qui permettent le couplage antéro-postérieur ont disparu.
Fio. 23. — Clirysopa uulgaris Schneider (Planipenne) schéma montrant la formation
des nervures. — PsC, nervure pseudo-cubitale; PsM, nervure pseudo-médiane.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
57
Les Diptères Cécidomyies ne présentent souvent que deux ou trois
nervures longitudinales, ordinairement une radiale, une médiane et une
cubitale.
179. — La disparition des transverses implique la réduction des nervures
longitudinales. Leur multiplication peut au contraire influer sur la direction
d une nervure longitudinale.
Chez les Chrysopes, les Ascalaphes et les Némoptères, les nervures
longitudinales ne sont plus droites, mais disposées en zigzag, les angles
alternativement saillants et rentrants forment les transverses et donnent
des formations caractéristiques connues sous le nom de pseudo-médiane ou
de pseudo-cubitale (fig. 23).
Sur les ailes des Embioptères deux lignes colorées accompagnent la
nervure radiale. Enderlein les nomme radiolimbaria. Ces bandes colorées
ont été nommées nervures médiastines et discoïdales par de Saussure et
par Friederichs, qui les considéraient comme des vestigiales.
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cneoles). Hencke : Nova Acta Leop. Carol. Halle, IV, 1936, p. 137
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Source : MNHN, Paris
58
EUGÈNE SÉGUY
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(génér.). — Zalessky : Proc. enl. Soc. Lond. (A), XIX, 1944, p. 37 (termi¬
nologie). — Zeuner : Fossil Orthoptera ensifera, London (B. M.), 1939,
p. 5 (costa secans).
PLIS
180. — Origine des plis. - Par suite d’actions mécaniques ou
autres, la membrane alaire peut être pliée près des nervures ou dans l’in¬
tervalle des nervures. Les plis sont simples ou ramifiés, longitudinaux ou
transversaux. Certains plis importants peuvent être renforcés par un épais¬
sissement de la membrane.
Ces épaississements, nervures bâtardes, fausses nervures ou pseudo-
neuria, peuvent ressembler à des nervures et être pris pour telles. Ils sont
parfois suffisamment constants pour être utilisés dans les études systé¬
matiques, et sont de même nature que les secteurs intercalaires (168).
181. — Le pli cubito-anal, ou vannai, se rencontre dans presque toutes
les ailes normales. Il se trouve théoriquement entre la cubitale postérieure
et la première nervure anale (fig. 17). Ce pli permet au vannus de prendre
une position horizontale sur la face supérieure de l’aile — ou de se replier
en-dessous du remigium sur l’aile infléchie, tandis que le remigium s’incline
en arrière et latéralement.
Le pli vannai, appelé aussi sillon anal, n'est pas placé au même endroit
sur les ailes de tous les insectes; il forme la venu dioidens (159).
182. — Chez les Orthoptères il occupe habituellement la position
qui vient d’être indiquée, mais de nombreuses espèces sont munies d’une
nervure séparatrice secondaire qui forme une côte dans le pli vannai
(fig. 19). Chez les Blattides l’aile antérieure présente le pli vannai immé¬
diatement avant la première anale courte (fig. 54).
Chez les Plécoptères le pli vannai est placé derrière la nervure cubitale
postérieure, mais il se confond à la base avec la première nervure anale
(fig. 24 et 57). Chez les Homoptères Cicadides, le pli vannai est confondu
avec la première nervure anale.
Ces variations dans la position du pli vannai affectent rarement le
système des nervures anales.
Fio. 24. — Aile postérieure d’une Siatis (Plécoptère), pliure pendant le repos.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE I.’AILE DES INSECTES
59
183. — Chez la plupart des Oligonéoptères à ailes étroites le vannus
se re duit et le pli vannai s’oblitère. On en trouve le vestige dans un pli situé
entre la cubitale postérieure et la première nervure anale.
il ^ ors 5 u ’* est bien développé, le jugum est séparé du vannus par le
sillon axillaire ou pli jugal (plica jugalis). Dans l’aile infléchie le jugum
est habituellement relevé ou abaissé sur le bord interne du vannus.
. 1®^- — Les autres plis que l’on peut observer sur les ailes sont des
°rmations secondaires propre à une famille, à un genre, peut-être à des
especes particulières. On distingue des plis longitudinaux placés entre
es nervures — ou doublant les nervures et permettant de plier l’aile dans
sa largeur à la manière d’un éventail (insectes plicatipennes), ou des plis
ransverses, comme les plis des ailes des Coléoptères. Ces plis, plus ou moins
compliqués, favorisent la pliure de l’aile sur elle-même, dans sa longueur,
(le manière à la raccourcir.
Les plis peuvent également être des formations vestigiales qui indiquent
^ emplacement d’une nervure ou d’un fragment de nervure disparu dans
évolution, e. g. la base de la nervure médiane convexe (MA) chez les Mous-
011 le pli médian ou vena spuria (labidaj des Diptères Syrphides
1 25) et de certains Névroptéres (486).
k ^ T ^ >os i t i° n des plis. - Chez les Orthoptères ensifères la
embrane élytrale peut montrer des plis et des aires convexes et concaves
jaractéristiques des insectes plicatipennes. Ces plis qui, dans certains cas,
développent en sillons, sont souvent en relation avec des nervures conca-
es ’ ma ‘ s la position convexe ou concave des nervures n’est pas toujours
onstante. La situation des plis et des sillons change en conséquence. Ces
P ls n ont qu’une importance relative : e. g. le pli médian du Gryllide
/'| est développé, chez la femelle, sur la nervure médiane, mais
I ez e mâle sa moitié basale traverse la cubitale et contient, près de la base,
première nervure anale. La vraie nervure médiane est repoussée au niveau
e la radiale, dans cette région.
de i 186 ' ~ Les clytres des Orthoptères sont généralement pliés le long
■ a nervure radiale, l’aire antérieure à cette nervure étant appliquée le
n g du corps et formant le champ latéral; le reste, qui forme le champ
orsal, est appliqué plus ou moins à plat sur le corps. Cette disposition
s comparabig au pli épipleural des Coléoptères (257).
q Les ailes membraneuses des Dictyoptères, des Chéleutoptères et des
ent 10 ? tères sont marquées par deux plis : le pli subcostal, qui est placé
q u . re . e champ costal et le champ discoïdal, et le pli vannai (cubito-anal)
rét K c * lam P discoïdal du champ anal. Les champs costal et discoïdal,
rj e reCIS raun * s par oblitération du pli sub-costal, forment le champ anté-
ur, souvent chitinisé. Le champ postérieur, anal ou axillaire, très étendu,
membraneux et plissé en éventail (fig. 54).
la r ™ — Chez * es f° rmes a a *les munies d'un champ apical réfléchi,
P lca ^ u re des ailes postérieures se complique et peut être comparée à
sui 6 ^ UC * ° n °h servc chez les Forficules (fig. 25). Elle se fait, non seulement
ant les rayons flabellés du champ anal, comme chez les Orthoptères,
s aussi suivant des plis transverses, comme chez les Coléoptères.
Source : MNHN, Paris
60
EUGÈNE SÉGUY
Fig. 25. — Anechura bipunctuta F. (Dcrmapt.). Aile postérieure droite montrant la position
des plis. Les plis sont représentés en traits pleins, les signes — et + indiquent leur
nature concave (—) ou convexe ( + ). Les nervures sont Indiquées en traits pointillés.
Les ombres montrent les parties repliées en-dessous. — eco, écaille accessoire; ecp, écaille
principale: p/, pli jugal; po, pli oblique ou pii anal.
Le premier temps consiste dans le repliement du champ anal, grâce
à l’articulation qui limite l’écaille principale et le champ apical corné. Le
deuxième temps est une pliure qui se forme le long de la ligne marquée par
les dilatations des nervures axillaires; enfin la pliure longitudinale, qui
s’effectue entre l’écaille principale et l'écaille accessoire, ramène l’aile pliée
sous l’écaille.
Fig. 26. — Ailes de la Vespa crabro L. (Hyménopt.). — A, Aile antérieure montrant le
pli longitudinal. — B, Aile postérieure. Le signe o indique l’emplacement des thyridies.
— C, Thyridic de la nervure transverse eu de l'aile antérieure. — U, Thyridies de la
nervure anale de l’aile postérieure. — E, Hamules d’accrochage de l’aile postérieure. —
F, Un crochet (hamule), très grossi. — G, Schéma de la pliure de l'aile antérieure
(d’après Janet, modifié). Aa, aile antérieure; Ap, aile postérieure.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
61
188. L’aile des Coléoptères est très évoluée (sauf quelques excep¬
tions, Lyméxylonides, Rhipiphorides, Necydalis), sa partie distale articulée
se rabat sur la partie proximale pour s’abriter sous les élytres. Ce pli arti¬
culaire de la partie distale de l’aile a déterminé la spécialisation des nervures.
Certains auteurs le considèrent comme un homologue du pterostigma. Il
correspond à l’extrémité du radius dans les ailes antérieures (227).
189. Chez les Homoptères au repos le champ anal des ailes posté¬
rieures se replie sur la face inférieure de l’aile. Chez les Hétéroptères la
suture clavale sépare le clavus de la hase de l’hémélytre (455)
En dehors des espèces déjà citées beaucoup d’autres plient leurs ailes
Postérieures dans le sens longitudinal, les nervures correspondant aux rais
d un éventail. Ces insectes sont diploptères ou duplicipennes (e. g. Névro-
ptères, Trichoptères, Strepsiptères, certains Coléoptères).
190. - Les ailes supérieures des Hyménoptères Vespides (sauf quel¬
ques Masarides) sont repliées longitudinalement suivant une ligne qui suit
la nervure médiane et qui coupe trois transverses à leur partie supérieure
(fig. 26). La pliure s'effectue par la suite. La duplicature des ailes supé¬
rieures s’observe chez les Vespides, les Leucospides et les Evaniides (Janet,
v - aussi 249).
La pliure des ailes supérieures est un phénomène exceptionnel chez
les insectes. Cependant les Hétéroptères Scutellerines Plataspidiens replient
transversalement leur longue membrane hémélytrale.
191. — Ailes enroulées. — Les ailes des Diptères Stréblides
g. Nycleribosca) sont habituellement enroulées longitudinalement l’une
dans l’autre et logées au repos dans une gouttière creusée sur la face tergale
de I abdomen. Au contraire les ailes des Plécoptères Leuctrides et Taeniopté-
rygides sont enroulées longitudinalement; elles forment un fourreau qui
enveloppe l’abdomen et lui donnent l’apparence cylindrique (ailes convo¬
yées des insectes strepsiptères).
Les Lépidoptères du groupe des Crambines enroulent leurs ailes sur
cs côtés du corps.
192. — Les ailes postérieures des Orthoptères Gryllacrides Schizo-
octylus sont très longues et remarquables par le grand nombre de nervures
° n gitudinales et l'absence presque complète de nervules transverses. La
partie terminale des ailes dépasse largement l’extrémité de l’abdomen-
Elle se plisse au repos et, de chaque côté, les ailes antérieures et postérieures
s enroulent en spirale sur la face dorsale de l'ahdomen (245).
- _ Variations et oblitérations des plis. — Dans le cas de
réduction de développement des ailes, les plis sont plus ou moins affectés
c suivent le sort des nervures qu’ils doublent. Chez le Coléoptère Sitona
'neata, brachyptère, l’aile au repos, au lieu d'ètre pliée deux fois, n’est
P lée qu’une fois à l’extrémité. D’autres individus de la même espèce, dont
e brachyptérisme est encore plus accusé, ne plient plus leurs ailes.
*94. - La vena spuria des Diptères Syrphides ou de certains Névro-
P eres Raphidioptères est variable en forme et en étendue. C’est peut-
re le souvenir d’une aile pliée longitudinalement comme chez les Vespides.
Source : MNHN, Paris
62
EUGÈNE SÊGUY
L’interruption des transverses pour permettre le passage du pli peut le
faire croire.
Les Diptères Brachycères du genre Cerioïdes et les Nématocères
Simuliides et Blépharocérides montrent des plis alaires sur la ptérothèque
nymphale. Ils s’oblitèrent et deviennent de faux plis chez l’imago (nervures
vestigiales).
195. — Ligne de rupture. — A un moment |de leur vie imaginale
certains insectes perdent leurs ailes (Zoraptères, Blattes, Termites, Thysa-
noptères, quelques Diptères; aptérisme traumatique, 306). La coupure sc
produit au niveau d'un pli ou d’une ligne préformée placée ordinairement
à la base de l’aile. La ligne de rupture alaire des Zoraptères est située avant
le début des nervures (418).
Chez les Termites et les Blattes (Salganea et Paneslhia), ce caractère
est indépendant pour chaque groupe. Les ailes des Termites présentent
une ligne transversale de moindre résistance — suture basilaire — au
niveau de laquelle elles se brisent après l'essaimage. Cette ligne caracté¬
ristique a une conformation différente suivant les genres : elle est à peine
indiquée sur les ailes postérieures des Calotcrmes.
Les femelles des Fourmis perdent leurs ailes peu après la fécondation.
Cette chute est provoquée par l'action des muscles directs qui produisent
une torsion des ailes. L’aile s’ampute près de sa base, le long d’une ligne
transverse préexistante.
Après le vol nuptial, l’aile du Diptère Lipoptena cervi se brise près de
la base, sur une ligne de moindre résistance située au niveau de la transverse
humérale et sur l’amincissement basal de la nervure radiale.
Références. Forbes : Psyclie, (Boston, XXXI, 1924, p. 254
(Coléopt.) et J. N. Y . ent. Soc., XXXIV, 1926, p. 42 (Coléopt.). — Hardy :
Ent. m. Mag., LXXI, 1945, p. 93 (I)ipt.). — .Janet : Observations sur les
Guêpes, Paris (Naud), 1903. — Wilkinson : Trans. Easth. nat. Hist. Soc.,
XII, 1940, p. 9 (Col.).
RÉGIONS ALAIRES
196. L’aile est asymétrique. Le contour de la marge antérieure est
différent de celui de la marge postérieure. Les régions alaires fonctionnent
différemment pendant le vol. Elles sont modifiées par les déformations de
la surface, par les torsions provoquées par la résistance de l’air, par les
mouvements et la position de l’aile. L’articulation basale, complexe, présente
des épaississements chitineux qui agissent indépendamment. Le travail de
cette articulation, provoqué par des muscles puissants, réagit violemment
sur la partie libre de l’aile. Il en résulte que la conformation de la nervation
de la région antérieure alaire (limitée par le pli vannai) est rarement
symétrique ou superposable à celle de la région postérieure.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
63
Morphologiquement l’aile est partagée en champs longitudinaux. Ces
champs sont eux-mêmes divisés en espaces et transversalement en zones.
Champs
197. Longitudinalement, sur la marge antérieure, on distingue le
champ costal avec les espaces costal et sous-costal (fig. 27).
Le champ discoïdal, ou marge intérieure, renferme les espaces radial,
m édian et cubital.
Le champ anal forme la marge postérieure.
Tous ces champs dépendent de l’articulation basale formée par la
re gion axillaire et ses sclérites et des nervures qui leur sont soumises.
Les champs, séparés par des lignes formées par des plis, sont distincts
sur j cs ailes des insectes qui présentent un champ anal très développé, et
Particulièrement chez ceux qui plissent la région anale ou vannus lorsque
1 aile est inlléchie.
198. — Les deux champs costal et discoïdal réunis forment une région
•aire antérieure forte, région préanale ou rémigiale (remigium), aire pro¬
pulsive, active pendant le vol.
Le champ anal forme la région alaire postérieure, faible, passive, aire
e support ou de glissement de l’aile.
Les régions alaires antérieure et postérieure sont séparées par un sillon
Plus ou moins accusé (pli vannai [159]).
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
CI
La région située entre le champ anal et le thorax (neala ou jugum,
champ postanal des ailes des Termitides), parfois indistincte du champ
anal, est séparée du vannus par le pli jugal. Elle complète l’aire de support
du champ anal (167).
Zones
199. - Transversalement l’aile se divise en zones basale, médiane
et apicale (marge extérieure ou apicale, angle apical).
A la base antérieure de l'aile, près du thorax, on trouve l’angle huméral.
A la base postérieure, toujours contre le thorax, on trouve l’angle anal.
Chez les Diptères, la hase postérieure de l’aile peut montrer un lobe
membraneux (alule) et une paire d'écailles plus ou moins développées (cuil-
lerons) (lig. 100).
200. Le maximum de modifications dans la répartition des
régions alaires est montré par les Dermaptères. Ici, l’aile peut se
diviser en cinq parties : le champ marginal; l'écaille, avec deux nervures
(radiale et cubitale); l'écaille accessoire représentant la partie cornée de
la base de l’aile; le champ apical qui fait suite à l’écaille; le grand champ
anal, transparent et plié en éventail, soutenu par une nervure anale qui
entoure l'aile et une série de nervures axillaires sinueuses réunies par des
transverses (fig. 65).
201. — L'écaille ou moignon alaire des Termites est la partie restant
attachée au thorax après la chute de l’aile. Ces moignons atteignent de
grandes proportions chez les imagos désailés des Mastotermitidae.
Chez les Chéleutoptères (Phasmes) les élytres présentent un champ
précostal. Les ailes postérieures sont remarquables par la présence d’un
champ antérieur défini, à texture et coloration particulières. Ce champ
antérieur paraît compléter le rôle protecteur que les élytres trop courts ne
peuvent assumer (fig. 58).
202. Chez les insectes tétraptères le champ limité par le bord costal
des ailes antérieures forme le prololoma. Sur l’aile postérieure de certains
Hyménoptères la marge antérieure s'appelle prolorna, l'angle antérieur
progonie, la marge apicale exoloma. Sur une aile triangulaire la région distale
externe, située entre l’apex et l’angle postérieur anal, forme le termen.
203. Remigium. Comprend la plus grande partie de la région
antérieure de l'aile (champ costal et discoïdal) étendue entre l’épaississe¬
ment costal et le pli vannai.
Le champ costal ou central, qui comprend la région supérieure et longi¬
tudinale de l’aile, près de l’épaississement costal, peut être limité posté¬
rieurement par la nervure radiale lorsque celle-ci est étendue sur toute
la longueur de l’aile. Le champ discoïdal est limité antérieurement par la
radiale et postérieurement par le pli vannai (fig. 27).
204. — Dans une aile normale le remigium est soutenu par les nervures
sous-costale, radiale, médiane et cubitale. Ces nervures ont tendance à se
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 65
rassembler dans la région costale. Elles donnent ainsi une plus grande rigidité
a la moitié antérieure de l’aile.
205. Sur l'aile infléchie le remigium tourne postérieurement sur
>a connexion basale du rameau radial au moyen de la deuxième plaque
axillaire. La base du champ médio-cubital est repliée dans la région médiane
sur la région axillaire, le long du pli basal (fig. 12), entre les plaques médianes
de la base de l’aile. Les axillaires et les plaques sont soumis directement
aux muscles moteurs.
206. — Chez les Coléoptères le remigium est limité antérieurement
par la nervure radiale (pli subcostal) renforcée à la base, par les vestiges
de la costale et de la sous-costale.
La médiane postérieure, habituellement bien développée, est le prin-
japal soutien du remigium; le secteur radial et la médiane sont peu déve¬
loppés et incomplets.
Dans la partie flexible de l’articulation distale les cellules radiales et
médianes sont limitées par les nervures du même nom, unies par des trans¬
verses. Les parties mobiles (champ anal et région axillaire) viennent se
pher sur le cadre triangulaire formé par ces nervures.
207. Sur toutes les ailes à partie distale non repliable, les nervures
cubitales appartiennent au remigium. Chez les Coléoptères le remigium
est formé par le cadre radio-médian, et sa partie distale repliable ne comprend
flue des branches de la radiale et de la médiane. Les cubitales ordinairement
aibles et incomplètes sont repoussées dans le champ anal.
Chez les Hétéroplères la corie (corium) des hémélytres correspond
a « remigium.
208. Chez les Lépidoptères nocturnes le champ médian de l’aile,
■mité antérieurement et postérieurement par de légères lignes transverses,
orme le système symétrique central.
Chez les Odonates l’aréole discoïdale comprend un nombre variable
e rangées de cellules situées sur la face externe du triangle basal, entre
4 et Cul. Ce sont les cellules discoïdales ou post-triangulaires de Comstock.
1 209 ‘ Région anale ou vannus. — Chez les insectes à vol lent,
e champ anal de l'aile postérieure est souvent élargi et forme une expansion
abelliforme (région vannale). Elle peut être élargie pour former une surface
e soutien pendant le vol (Plécoptères, Orthoptères).
.. Lorsque le vannus est très développé il est séparé du remigium par le
1 1 vannai (plica oannalis) et de la région jugale par le pli jugal.
Habituellement triangulaire le vannus est soutenu par des nervures
aies étalées en éventail sur toute sa surface; ces nervures anales dépendent
ractement d’un axillaire particulier, comme dans les grandes expansions
abelliformes des ailes postérieures des Orthoptères (fig. 12 et 63).
^10- Les insectes à vol rapide réduisent la surface de la région
nale, mais les nervures forment une partie essentielle de cette région. Chez
ux dont les deux ailes servent au vol, l’aile postérieure amincie prolonge
sit^ Vent l’aire anale (ou de glissement) de l’aile antérieure. Cette dispo-
,* on . Particulière modifie l'emplacement et la forme des nervures pour
obtenir le but cherché.
Source : MNHN, Paris
66
EUGÈNE SÉGUY
211. — Chez les Coléoptères les nervures cubitales, ordinairement
faibles et incomplètes, sont repoussées dans le champ anal. Ce champ est
donc soutenu par les nervures cubitales et anales, toujours sinueuses et
réunies par des « transverses » délimitant plusieurs cellules.
Malgré toutes les modifications qu’il subit, le vannus est rarement nul.
C’est le clavus des hémélytres des Hétéroptères et des Homoptères. Ce
clavus est limité chez les Homoptères par un sillon articulaire.
212. — Chez les Blattes le pli vannai ( vena dividens [159]) sépare l’aile
en deux parties : une antérieure et une postérieure. Le champ antérieur
est pourvu de nombreuses nervures, le champ postérieur ou jugal, très
développé, porte un grand nombre de nervures anales. A l’extrémité de
la vena dividens on voit souvent une petite aire subtriangulaire, dépourvue
de nervures (triangle intercalé |222|).
213. Le champ antérieur ou préanal des Orthoptères Acridides
est limité par une échancrure à laquelle aboutit la vena dividens logée, dans
le pli anal; le champ postérieur ou anal, beaucoup plus développé, porte
de nombreuses axillaires primaires convexes et secondaires concaves.
Fio. 28. Uibolnpterus exallalus F. (Homopt.). — A, élytrc; U, aile volante portant
une alulc très développée; nab, nervure ambiante; Ut, le signe o marque l’emplacement
de la thyridie; oac, onglet d'accrochage.
214. — Région jugale. — La neala de Martynov, jugtim ou champ
postanal, est un lobe ou une aréa membraneuse située à la base postérieure
de l’aile, près du vannus dont elle est séparée par le pli jugal (plica jugalis).
La région jugale peut être renforcée par quelques petites sclérifications
irrégulières, semblables à des nervures, ou par deux nervures vraies, la
nervure arquée (vena arcuala) et la nervure cardinale ( vena cardinalis [1671).
Quand la région jugale des ailes antérieures forme un lobe libre, le jugum
est saillant en dessous de l’angle huméral des ailes postérieures et forme un
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE UE l’aILE DES INSECTES
67
organe de réunion pour les deux paires d’ailes, d’où le nom de jugum donné
à cette région. , . „
215. - Chez les Lépidoptères jugates, la neala porte un lobe allonge
digitiforme. Chez les Acridides, le jugum est représenté par une membrane
placée près de la dernière nervure anale. Au contraire, le jugum est bien
développé chez les Mantides. ,
La neala est réduite chez les Coléoptères comme chez les Obgoneopteres .
Névroptères, Mécoptères, Diptères, Lépidoptères et Hyménoptères. Elle
ne présente plus qu’une nervure jugale (quatrième anale ou accessoire de
d’Orchymont). , ..
216. - Chez les Termites la région axillaire appelée jugum dans ai e
antérieure est considérée comme l’homologue du champ postanal de laie
antérieure des Mastotermes. Le jugum plus ou moins développé peut s ob¬
server sur les ailes postérieures, e. <j. Trochophora (Tenthrèdes), Dilobopterus
(Homopt. Jassidés, fig. 28) et Lobophom hallerala (Lepid. Géomètre [Hobby |)
(fig. 93). . .
217. - Les ailes postérieures des Cicadides présentent un épais¬
sissement de la membrane dans la région anale, la trochlée. La trochlee
e st elle-même réunie au mésonotum par un Ireniilum ou ponticulns. C ez
les Trichoptères la trochlée est un petit espace elliptique situé sur laile
postérieure, près do la hase d’une nervure médiane. C’est la membranule
des Odonates Anisoptères (fig. 22 et 60). Elle ne porte pas de nervures (230).
218. Cellules alaires. Les espaces alaires limités par les
nervures sont connus sous le nom de cellules. Ces dernières sont désignées
habituellement par le nom de la nervure qui en forme le bord antérieur.
Elles sont numérotées en partant de la base de l’aile jusqu’à l’extrémité
(cellules rl, r2, r3, etc.).
Une cellule est dite fermée lorsqu’elle est limitée du côté apical par
une nervure transverse.
La cellule discoïdale est une cellule de la zone médiane de l’aile formée
Par la réunion d'une cellule radiale et d’une cellule médiane par oblité¬
ration d’une nervure séparatrice.
219. — Quand deux nervures se confondent, la cellule qui était entre
elles s’oblitère. Si les nervures R2 et R3 fusionnent, la cellule placée der¬
rière la nervure R 2 + 3 est désignée comme cellule r3 (non comme r 2 + 3),
■a cellule r2 ayant disparu. Assez fréquemment deux ou plusieurs cellules
adjacentes peuvent devenir confluentes par suite de l’atrophie de la ou
des nervures qui les séparent. La cellule composée est alors désignée par
nne combinaison des abréviations appliquées aux cellules séparées à 1 ori¬
gine. C’est ainsi que la cellule formée par la fusion des cellules r et m se
nomme r + m (fig. 29). •
220. — Ce système est avantageux dans le cas de la soi-disant cellule
discoïdale par exemple, cette appellation « discoïdale » étant utilisée dans
plusieurs ordres d’insectes pour désigner une cellule différente dans chaque cas.
Dans la plupart des familles de Coléoptères appartenant aux Poly¬
phages, les nervures médianes se spécialisent, la médiane antérieure prend
'n forme d’une récurrente et entoure une cellule médiane qui reste ouverte
Source : MNHN, Paris
68
EUGÈNE SÉGUY
Fio. 29. — Hoplophorion vicinutn Fairm. (Homopt.). Cellules alaircs. A, élytre ou aile
antérieure. — U, aile membraneuse. — a, cellule anale; cl, claous ; eu I, 2, cellules
cubitales; cup, cubitale postérieure; d, cellule discoïdale; eux, excision axillaire; gac,
gouttière d’accrochage; /, nervure jugalc; ni /, 2, cellules médianes ; meu médio-cubitale ;
oac. onglet d’accrochage; r 1. 2, 3, 4, cellules radiales; rm, cellule radio-médiane; sc, cel¬
lule sous-costale; sel, suture clavaire; as, vena spuria.
proximalement (apertum |fig. 107]). Chez les Coléoptères adéphages, une
deuxième nervure médiane transverse forme la cellule médiane, et cette
cellule (oblongum [fig. 104]) constitue une «charnière» lorsque l’aile se replie
([543] d'Orchymont, 1920).
221. — Chez les Lépidoptères la cellule intruse est placée entre les
branches antérieures et postérieures de la médiane, l’aréole est formée
par la cellule radiale fermée de l’aile antérieure. La cellule close formée
par la fusion de l’aréole avec la cellule basale est appelée aréocelle (fig. 18).
Dans certains groupes supérieurs la tige de R 4 + 5 (chorda), placée au-
dessus de la cellule basale, disparaît, l’aréole ainsi incorporée dans la cellule
basale forme l’aréocelle.
222. — L’aréole des Hétéroptères est une petite cellule radiale (fig. 68).
Chez les Hyménoptères les aréolettes (fig. 111), placées entre les cellules
costales et le bord apical, prennent le nom de cellules protomésales. Chez
quelques Homoptères l'aire pétiolaire est formée par les cellules apicales.
Sur les élytres des Gryllides le champ apical placé entre M et Cu forme le
triangle intercalé (fig. 30).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE
E l’aile DES INSECTES
69
Aires et organes alaires particuliers
223. Chez certains Névroptères l’aire cunéiforme radiale est située
entre la partie distale de la nervure R5 et la médiane — ou entre les branches
de la nervure R5 (Comstock).
L’aire scapulaire comprend la partie antéro-costale la plus rapprochée
de l’épaule. Chez les Orthoptères l’aire radiale peut se nommer médiastinale,
ulnaire ou scapulaire. C’est l'espace compris entre les nervures sous-costale
et radiale.
I ,ü - 30. — a. Miroir de l’élytrc gauche de la Tettigonia viridissima L. (Orthopt.). Les
nervures M et CuA ne sont visibles que sous forme de plis. — U, Élytre du Grylltt*
c "mpestris L. — c<l, cordes; C.uP, cubitale postérieure * nervure stndulante »; a, diago-
• - .. • e stridulante x 600; tt, triangle intercalé.
na *e; ni, miroir; S, détail de la n
Source : MNHN, Paris
70
EUGÈNE
224. — L'aire discoïdale ou discale occupe ordinairement la partie
centrale de l’aile et désigne la cellule discale. Chez les Orthoptères l’aire
discale tegminale désigne l'espace compris entre l'aréa postérieure ou anale,
et l’aréa antérieure ou costale. C'est l’aréole ou champ discoïdal.
L’aréa basale ou articulaire est formée par l'espace le plus rapproché
de la base de l’aile, près de son attache avec le corps.
225. — Chez les Odonates, l’espace basilaire est limité par la radiale,
la cubitale, 1 ’arculus et la base de l’aile. C’est l’espace médian de Garman.
La cellule lancéolée est la deuxième cellule anale de Comstock.
Le miroir, que l’on observe chez les Orthoptères Tettigoniides et
Gryllides, est une membrane élytrale cernée par les nervures cubitales
(spéculum). Cette membrane renforce le son émis pendant la stridulation
(lig. 30). Le miroir est aussi une partie brillante formant tache sur l'aile
de certains insectes. Quelques Cicindélides portent un miroir sur leurs
élytres.
226. Thyridies. - Ce sont de petites taches blanchâtres placées
près de l’anastomose du disque alaire dans la première cellule médiane
de l’aile de certains Névroptères (Dilar) - ou sur les nervures récurrentes
de la cellule cubitale chez certains Hyménoptères (lig. 111) et Ephémé-
roptères. On les appelle aussi bulles ou nygmata. Chez les Trichoptères et
les Mécoptères, les thyridies sont des taches hyalines, semi-transparentes,
généralement non ciliées, situées sur les deux ailes, sur la fourche de la nervure
médiane. Ce sont peut-être les homologues du stigma des Mantes (228)
et des dilatations des nervures des Forlicules (lig. 65). On croit que ce sont
des organes sensoriels. Les nodules cornés qui occupent la base de la cellule
r 4 -|- 5 et l'apex de la cellule thyridiale sont peut-être aussi des organes
sensoriels (504).
Chez les Trichoptères la cellule formée par la première fourche de la
nervure médiane, ou la cellule placée derrière les thyridies, est appelée
cellule thyridiale.
227. Bathmis. — Le plerosligma, stigma ou anastomose, est une
aire sclériliée (ou une tache opaque) située sur le bord antéro-apical de
l’aile, parfois étendue sur une ou plusieurs cellules chez beaucoup d'in¬
sectes. Le pterosligma est en communication avec une trachée et renferme
de l’air. Il semble servir à réunir solidement les nervures au bord antérieur
et à accroître l'efficacité du battement de l'aile en ajoutant de la résistance
et du poids au point de choc de l’aile avec l’air.
228. - Le pterostigma peut être un épaississement physoneurique
non cavitaire de la nervure costale ou radiale, ün peut l'observer plus ou
moins développé chez les Odonates, les Hyménoptères, les Psocoptères et
certains Diptères. Chez les Odonates le pterostigma se trouve à l’extrémité
de la radiale et forme le carpus (lig. 52).
Chez les Raphidioptères et certains Homoptères Dictyopharides du
genre Pibrocha le pterostigma est soutenu par une ou plusieurs nervures
transverses. Sur les ailes antérieures des Mantides une tache calleuse placée
sur la partie moyenne de la nervure médiane est aussi appelée stigma :
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 71
°est une déformation d’un ou deux rameaux de la nervure. Elle n’a pas
de rapport avec le bathmis.
229. — Chez les Abeilles la partie de la cellule marginale située en
dessous du pterostigma constitue la cellule substigmatique (l re radiale 1),
et la partie au-delà du pterostigma forme la cellule poststigmatique. C’est
la 2 e radiale 1 de Comstock et Smith.
Chez les Névroptères planipennes, la cellule hypostigmatique est
une cellule allongée placée derrière la fusion de Sc et de RI. C’est l’espace
hypostigmatique de Tillyard.
Modification de la conformation alaire
PAR UN AUTRE ORGANE SOMATIQUE
230. — Tendo. — L’aire anale des ailes postérieures peut former
une excavation ou gouttière pour permettre les mouvements de l’abdomen
~7 °u éviter inversement le frottement des ailes contre l’abdomen. Cette
uire est désignée sous le nom de tendo, et improprement par les noms de
Irenum et de frenulum. Chez les Trichoptères le tendo est le petit espace
elliptique situé à la base des ailes postérieures, près de la base des nervures
unales, derrière la trochlée (217).
231. — Tornus. — Le tornus est l’angle formé entre les bords
postérieur et distal dans une aile de forme triangulaire, situé après la première
uni taie CuAl. Chez les Lépidoptères c’est la jonction du termen et du
—' Aeshna cyanea Latr. (Odonate). Base de l'aile el oreillettes abdominales. —
trh’ ? r , us ! me > membranule; nia, nervure transverse anale; or, oreillette; to, tornus;
,rb • Wangle basal.
Source : MNHN, Paris
72
EUGÈNE SÉGUY
dorsum alaires. La forme de l’angle du tornus peut être modifiée par la
présence d’organes somatiques particuliers situés à son niveau. Le tornus
des Odonatoptêres est une conformation de la région anale de l’aile parti¬
culière aux mâles (323).
232. Oreillettes. — On trouve chez les représentants de cer¬
taines familles d'Odonates Anisoptères, de chaque côté du deuxième segment
abdominal, deux prolongements ou excroissances auriculiformes épineuses
(fig. 31). Bien développées chez les mâles, ces excroissances sont réduites
ou nulles chez les femelles. Lorsque ces protubérances sont absentes, les
ailes sont arrondies au tornus; au contraire les ailes sont angulaires ou
plus ou moins profondément excisées chez les espèces qui sont munies
d’oreillettes.
D’après Tillyard la fonction de ces organes est inconnue, mais ils agis¬
sent en accord avec l'angle anal de l’aile pour contrôler le vol. L'aile serait
excisée pour ne pas gêner le fonctionnement de ces organes. D’après
M. Fraser les oreillettes fonctionnent comme organes accessoires pendant
la copulation.
Alule
233. — Chez de nombreux Diptères une profonde incision de l’aire
anale de la membrane alaire, derrière la nervure anale, forme un lobe alaire
basal placé entre la base de l'aile et le cuilleron alaire ou interne lorsqu’il
existe. L’alule, improprement appelée « squamule » chez les Diptères, ne
porte pas de nervures (lig. 101). Lorsqu'elle est très développée elle peut
être désignée sous le nom de vélum.
234. La base de l'élytre de certains Coléoptères recouvre parfois
un organe membraneux appelé squame. Cet organe est une spécialisation
de la partie postjugale de l'élytre, qui serait homologue de faillie des
Diptères. La squame existe chez les Coléoptères terrestres et certains aqua¬
tiques; chez ces derniers elle est considérée comme un organe respiratoire
qui retient une bulle d’air sous l'élytre, au voisinage du premier stigmate
abdominal.
235. — La membrane des ailes antérieures des Hyménoptères peut
offrir une excision préanale au niveau de l’apex de Cu + A, et une excision
axillaire précédant immédiatement le lobe postérieur. Les ailes postérieures
portent une excision prcaxillaire à l’apex de la nervure Cu + A.
Cuii.lerons
236. Chez les Diptères Brachycères l’angle postérieur de la base
de l’aile présente une paire de lobes membraneux plus ou moins développés,
scalariformes, bordés par un épaississement en bourrelet frangé de poils
(legnum). Ces lobes, connus sous le nom de cuillerons, squames ou calyptères,
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
73
ont été considérés à tort comme des spécialisations du champ jugal; ils
ont été improprement nommés « tegulae ».
237. — Les cuillerons des Muscoïdes sont très développés (fig. 100).
La squame externe, placée près de l'alule, prend naissance à la base de
l’aile, derrière le troisième sclérite axillaire, et représente le lobe jugal des
autres insectes. C’est le cuilleron alaire ou antisquame. Il est mobile sur
l’aile.
La squame interne, plus grande, provient de la marge scutellaire posté¬
rieure du segment alifère. Cette squame forme une écaille protectrice pour
le balancier. C’est le cuilleron thoracique ou squame (proxacalyptère ou
préhaltère). Il est immobile.
Ces organes sont dépourvus de nervation.
Dans l’aile repliée sur le corps le cuilleron externe ou supérieur se
retourne sur la squame interne, celle-ci n’étant pas affectée par le mou¬
vement de l’aile.
Sous les cuillerons les Diptères Syrphides portent un organe sensoriel
appelé plumule, utilisé pendant le vol. Les Diptères Bombyliides présen-
sent au même endroit une plage de poils raides (frenulum).
Références. — Bradley : Univ. Calif. Publ., Techn. Bull., Ent.,
I. 1922, p. 369 (Masarides). — Crampton : J. N. Y. enl. Soc., XXII, 1924,
p. 248. — Forbes : Ent. News, Phil., X, XXXV, 1924, p. 230 (nygmata).
— Hobby : Proc. enl. Soc. London (A), XII, 1937, p. 72 (alules de Ten-
thrède, Jasside et Lépid.). — Schmidt : Mitl. dtsch. ent. Ges., IX, 1939,
P- 33 (pterostigma). — Stellwaag : D. ent. Zs., 1914, p. 419 (alule des
Coléopt.). - Stichei. : I). ent. Zs., 1922, p. 332 (axillaire des Papilionides).
FORMES DES AILES ET STRUCTURES
Forme
238. Chez la plupart des insectes bons voiliers les ailes sont allon¬
gées, plus ou moins étroites et pointues (angustipennes), le bord antérieur
e st subrectiligne, le bord postérieur plus ou moins courbé extérieurement
de l’apex vers la base. Généralement l’aile affecte une forme plus ou moins
triangulaire. La base, toujours étroite, a une grande importance pour la
Mobilité de l’organe.
239. - Les Lépidoptères qui possèdent quatre ailes à peu près sem¬
blables sont dits homoneures; ceux dont les ailes postérieures, généralement
Plus petites, sont de formes différentes, à nervation réduite, sont dits hété-
roneures. Les ailes membraneuses, recouvertes d’écailles sur deux faces,
présentent des formes variées. Les bords de l’aile sont assez souvent irré¬
guliers, surtout le bord externe, qui peut présenter des ondulations, des
Mémoires du Muséum. - Zoologie, t. XXI. 6
Source : MNHN, Paris
74
EUGÈNE SÉGUY
concavités, des dents. L’aile postérieure peut porter, au bord externe, un
ou plusieurs filaments ou lobes (queues) ou pterygia de Kirby et Spence
parfois très longs (lig. 89).
240. — Les ailes sont découpées en lanières et longuement ciliées
(pinnatitides) chez les Ornéodidés et la plupart des Ptérophoridés (fig. 90).
Dans de nombreuses formes les ailes antérieures et postérieures, plus
ou moins rétrécies, à nervation réduite, portent de longues franges de cils
qui compensent dans une certaine mesure la diminution de largeur de l’aile
et accroissent ainsi la surface portante (Coléoptères Ptiliides (lig. 102);
Lépidoptères (Lithocolletidés et Phyllocnistis ); Hyménoptères (Tricho-
gramina [ fig. 36] et Prestwichia) ; Thysanoptères [fig. 78]).
Fig. 32. — Stenopteromumar birilialus Ferrière (Hyménopt.).
Schématise d’apres Ch. Ferrière. Long. 0,5 mm.
241. Chez les Strepsiptères et certains Diptères (Amalopleryx,
Ariasella) les ailes antérieures prennent une forme laciniée qui les fait
ressembler à des balanciers (fig. 6). Les appendices des Strepsiptères sont
membraneux et pubescents; un épaississement costal remplace les nervures
(pseudo-élytre ou pseudo-haltère [fig. 108]).
L’Hyménoptère Mymaride Slenopteromymar bicilialus porte des ailes
très étroites, allongées, filiformes (fig. 32). Le Diptère Phoride Franssenia
hirundella est muni d'ailes très étroites, laciniées, comparables à celles du
Stenepteryx hirundinis.
242. — Les ailes postérieures des Coccides sont remplacées par de
petits appendices repliés sur l’arête antérieure en organes d’accrochage
qui s’adaptent à la partie basale et interne des ailes antérieures (fig. 40).
Chez les insectes tétraptères le système de couplage des ailes permet
de les considérer comme des bipennes fonctionnels: l’aile postérieure semble
être, morphologiquement et biologiquement, un prolongement de l’aile
antérieure.
Les ailes métathoraciques sont encore appelées ailes supérieures, les
ailes mésothoraciques sont nommées ailes inférieures.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
75
Structures
Les ailes peuvent être minces et membraneuses ou épaisses et cornées
comme les ailes antérieures des Coléoptères.
AILES MEMBRANEUSES
243. - La surface élastique de l’aile, son épaisseur et sa flexibilité
diminuent du bord antérieur au bord postérieur, et de la base à l’extremite.
La résistance principale, de l'organe est concentrée dans l’espace costo-
radial.
L’évolution de l’aile des insectes est caractérisée par un allongement
qui détermine une diminution de largeur et qui provoque la disparition
de certaines nervures longitudinales.
La membrane peut être mince ou épaisse, vitreuse ou opaque,
marquée ou non de plis longitudinaux ou rayonnants indépendants des
nervures.
L’insecte peut être muni d'ailes membraneuses rigides et non pliantes,
°u d'ailes pouvant se plier pendant le repos. Plusieurs groupes d insectes
sont munis à la fois d’ailes supérieures rigides et cornées (élytres) et d ailes
inférieures pliantes. Les Hétéroptères et quelques Homoptères portent
des ailes supérieures cornées dans la partie basale, membraneuses dans la
Partie apicale (hémélytres) ; les ailes inférieures sont membraneuses.
244. — Ailes non pliantes. - Les ailes membraneuses et trans¬
parentes, minces et glabres, de même longueur ou subégales, non repliables
sur elles-mêmes, se rencontrent chez les Odonates Zygoptères, les Embio-
Ptères, les Termites (insectes tétraptères) ; chez les Odonates Anisoptères
les ailes postérieures sont plus larges que les antérieures, surtout à la base.
Chez les Ephéméroptères les ailes aplaties, inégales, sont au repos relevées
verticalement et appuyées l’une contre l’autre comme chez les Lépidoptères
Rhopalocères (ailes conniventes).
245. — Chez les Phylioxérides et les Coccides les ailes portent un
système de nervures réduit et ne se replient pas. Au repos elles sont dispo¬
ses à plat sur l’abdomen. Les Odonates ne peuvent replier leurs ailes, même
le long du corps. Au repos elles restent étendues dans la position de vol.
Chez certains Diptères et chez les Cicadides, les ailes au repos sont inclinées
de chaque côté d'une ligne médiane et disposées en toit (ailes lectiformes
des insectes stégoptères). ...
Enfin, dans certains insectes, les ailes sont enroulées longitudinalement.
Chez le Phasnoguride Satrophyllia rugosa, les ailes antérieures sont à l’état
de repos, partiellement enroulées autour du corps, l’aile gauche recouvrant
* e plus souvent l’aile droite. Les ailes postérieures sont ainsi enfermees
dans une sorte d’étui (191).
Source : MNHN, Paris
76
EUGÈNE SÉGUY
Fig. 33. — Ailes d'un Homoptère Derhidae du genre Thracia, du Congo. - A, H, Ailes
antérieure et postérieure dessinées à la même échelle. Le signe = placé sur une nervure
indique une transverse, meu, transverse médiocubitale; rr, transverse du secteur radial.
— C, Aile postérieure grossie. — I), Appareil d'accrochage placé sur l'épaississement
costal de l’aile postérieure.
246. Ailes inférieures pliantes. - Les ailes peuvent se replier
transversalement et irrégulièrement, ou longitudinalement et régulièrement
comme un éventail. Certaines se plient longitudinalement et transver¬
salement. Celles qui se replient longitudinalement utilisent les plis inter¬
calaires ou des formations secondaires transverses (180 et 185).
247. — Chez les Plécoptères et certains Homoptères (Fulgorides,
Flattides) les ailes postérieures se replient longitudinalement et se placent
sous les ailes antérieures plus résistantes, ordinairement plus étroites. Au
repos les antérieures et les postérieures sont disposées à plat ou en toit sur
l’abdomen.
248. — Les ailes inférieures des Coléoptères replient la partie distale
articulée sur la partie proximale et se placent sous les élytres. La dispo¬
sition des plis est variable suivant les familles; la disposition des nervures
est modifiée par la nature des plis.
249. - Ailes supérieures pliantes. — Pendant le repos, les ailes
antérieures des Guêpes sont pliées en long. Leur largeur ne dépasse pas
alors celle de l’aile inférieure. Le pli longitudinal suit la nervure médiane
et coupe les nervures transverses qui sont amincies pour permettre la pliure.
Cette pliure des ailes supérieures est caractéristiques des Hyménoptères
vespiformes, des Evanides Gasleruplion, et des Chalcidiens Leucospides
(fig. 26, 34 et 112). La pliure n’existe pas chez la guêpe venant d’éclore,
le pli alaire s’établit après les premiers vols de l’insecte (190).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
77
Ailes cornées
250. Hémélytres. Chez les Hétéroptères l’aile antérieure,
épaissie et chitinisée à la base, à partie distale membraneuse, devient un
hémélytre. L’aile postérieure reste membraneuse.
Cet hémélytre (tcgmina ou tegmcn) montre ordinairement une zone
externe proximale, la corie (corium), qui correspond au remigium, et une
zone interne, plus étroite, bordant le mésoscutellum, le clavus qui repré¬
sente le champ vannai (455).
Fiq, 34. — Uucospis miniata Klug (Hyménopt.). - Aile antérieure montrant reinpiaçe-
ntent du pli lonuitudinal et l’oruane sensoriel de la base du secteur radial (Hs). aiic
P ostérieure avec les crochets de réunion des ailes à l’extrémité de R + Sc et les hamules
su r la même nervure.
251. — A l’extrémité et au bord externe de la corie existe parfois
Un ° petite pièce triangulaire, libre, le cuneus, isolé du disque de 1 hémélytre
Par la suture cunéale. ...
Chez les Hétéroptères de la famille des Tingidides la partie étroite de
* a section hémélytrale, près de l’aréa costale, forme l’aire subcostale; la
région apicale interne, étroite dans les espèces à ailes courtes, forme 1 aire
suturale : c’est la membrane des autres Hétéroptères (fig. 70).
Distalement la membrane, plus ou moins développée, est réduite ou
nu lle chez les formes brachyptères.
252. — De nombreux Homoptères portent quatre ailes d'une structure
^embraneuse. Chez certains Cicadides, une nervure nodale transverse
divise l’aile en deux parties; la base est une corie (fig. 71) plus épaisse que
‘ a membrane apicale, rappelant l’hémélytre des Hétéroptères. Chez les
Source : MNHN, Paris
78
EUGÈNE SÉGUY
formes les plus évoluées (e. g. Lyristes plebejus) la membrane est de même
nature sur toute la surface de l’aile, la ligne nodale est remplacée par un
pli haut qui épaissit les nervures qu’il traverse. Les Cercopides, les Flattides
et certains Fulgorides ont des ailes antérieures épaissies, plus rigides que
les postérieures et simulant parfois des élytres (Issus).
253. - Elytres. — Chez de nombreux insectes la paire d’ailes
antérieures peut se modifier pour servir d’organes de protection à la paire
postérieure spécialisée pour le vol (ptérothêques, proala coriacea haud
crustacea). Cette évolution s’observe chez de nombreux Néoptères.
Les élytres sont aussi longs ou plus longs que les ailes, ils peuvent
recouvrir entièrement l’abdomen et les ailes comme chez les Coléoptères.
Ils sont caractérisés par les bords internes qui se juxtaposent sans se recou¬
vrir. Les espèces dont les élytres sont tronqués à l’extrémité sont dites
« troncatipennes ».
254. — Chez les Dermaptères l’élytre est comparable à celui des
Coléoptères; c’est une lame courte, sclérifiée, comprenant une partie dorsale,
le disque, et un champ latéral caréné (fig. 65).
Dans les formes primitives d’Orthoptères les élytres sont bien déve¬
loppés et recouvrent souvent complètement l’abdomen. Ils atteignent
leur plus grande différenciation chez les Ensifères; ils portent un organe
stridulanl. Chez les Acridides les élytres ou tegmen sont allongés, étroits,
à bords subparallèles, très peu croisés sur la ligne médiane, et recouvrent
les ailes inférieures au repos.
255. — Les Dictyoptères (Blattes) sont munis d’élytres plus ou moins
coriacés, portant souvent de nombreuses nervures. Chez les Chéleutoptères
les élytres sont ordinairement plus courts que les ailes.
256. — Les élytres des Coléoptères, plus ou moins fortement chiti-
nisés, comprennent un pédoncule basal articulaire (axis), une large surface
dorsale, le disque, dont les bords internes peuvent être immobilisés par
une suture, et une partie latérale repliée, l’épipleure.
Lorsqu’il est bien développé l’épipleure, généralement lisse, est séparé
du disque par un pli saillant. Ce pli est une différenciation secondaire de
l’élytre formant étui; il s'étend de la racine de l’aile à l'angle apical interne;
il est homologue du bord antérieur de l’aile volante. L’angle huméral est
bien accusé chez les espèces ailées, il se réduit ou disparaît chez les espèces
aptères. L’umbone est une protubérance de l’angle huméral de l'élytre.
257. — Les élytres des Coléoptères portent des reliefs longitudinaux
parallèles entre eux, homologues des nervures convexes et concaves de
l’aile volante des autres insectes. Les nervules transversales ont disparu.
Les élytres peuvent être différemment sculptés, striés, ponctués, chargés
de tubercules luisants (Trox), de granules disposés en séries longitudinales
plus ou moins régulières (Carabus).
258. — Chez les Calosoma et les Carabus les interstries impaires sont
simples; les paires se divisent en trois éléments : un médian dit « secon¬
daire », et deux latéraux dits « tertiaires ». Lorsque ces trois éléments sont
semblables, la sculpture est dite « triploïde homodyname ». Les tertiaires
peuvent se dédoubler pour donner une sculpture « pentaploïde », ou se
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE I.'
K DES INSECTES
79
divisent en trois pour aboutir au type « heptaploïde ». En môme temps la
sculpture des diverses interstries se modifie et donne naissance à des formes
dites a hétérodynames ».
Chez les Carabiques du genre Omophron, la deuxième interstrie est
quadruplée, la quatrième est triplée, les sixième et huitième ne sont pas
codifiées. Le môme phénomène s'observe chez les Dytiscides. Chez d’autres
Carabiques les interstries sont dédoublées (Lorocera) ou triplées (Calosoma).
259. Dans un grand nombre de cas cette évolution suppose l’ef¬
facement des interstries tertiaires et la transformation des primaires et
des secondaires en arêtes saillantes, ou provoque même leur disparition.
Convergence
260. — Les ailes des insectes sont minces et membraneuses, ou épaisses
e t cornées. Elles peuvent être décolorées, vitreuses et transparentes, cou¬
vertes de cils ou d'écailles, ou la membrane est opaque et parée de couleurs
vives. Dessins et couleurs sont très variés et donnent lieu à des phénomènes
de convergence (44).
La disposition des parties ombrées sur les ailes des Diptères Syrphides
yPilonujia, Temnosloma, les font ressembler à des Hyménoptères Vespi-
jorrnes, comme les Coléoptères du genre Sphecomorpha, dont les ailes sont
légèrement soulevées et les élytres tordus.
Un Lépidoptère Amatide néotropical, le Pseudosphex rubripalpis,
ressemble à un Hyménoptère du genre Pepsis.
261. — Les ailes ou les élytres affectent les formes les plus diverses.
Les bords peuvent être arrondis ou découpés de diverses manières. Le
Coléoptère Curculionide Sternuchiis hamatus découpe ses élytres et se dispose
sur une branche pour simuler un bourgeon.
Certains insectes copient le milieu ambiant et montrent des disposi¬
tions mimétiques singulières.
Parmi les Lépidoptères, des Noctuelles, des Phalènes, des Notodontides
ct des Sphingides, les Hétéroptères Phloen et les Homoptères Flattoides,
j U repos, se placent sur les écorces dont leurs ailes imitent la contexture.
Ce Coléoptère Gastocercus ressemble à un Lichen.
262. — Les Lépidoptères Hétérocères Lasiocampides, Gastropacha
e t Ppicnaptera, au repos, miment les feuilles mortes. Le papillon Kallima
P°sé, les ailes fermées, appliquées l’une contre l’autre, a l’apparence d’une
eiulie; une bande sombre longitudinale limite la nervure principale et
fles dessins latéraux simulent des nervures secondaires (fig. 8).
263. — Les Phasmides Phyllies sont pourvus de grands élytres dont
es bords médians, étroitement réunis, leur donnent l’aspect d’une grande
®o*Me. Les Sauterelles-feuilles Mimetica, Pterochroza, Typophyllum (fig. 35)
0 frent des exemples d’homotypie. Les élytres ressemblent à une feuille
verte et fraîche, ou brune et fanée. La nervation de l'élytre simule les ner¬
vures de la feuille; le bord de l’élytre peut être plus ou moins échancré, le
e gument est orné de taches simulant des attaques de champignons para-
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
sites, d’autres rappellent les traces de larves d'insectes mineurs du paren¬
chyme foliaire.
264. Chez une autre Sauterelle, la Pycnopalpa anguslicordala,
l’élytre porte deux grandes taches blanchâtres rappelant les « mines en
cloque » des papillons du genre Nepticula. On trouve des exemples sem¬
blables d’homotypie chez les Phalènes de la famille des Thirididae. Une
espèce de Guyane, la Dracenia Iiusina, porte des ailes découpées dont les
bords paraissent rongés, et sur lesquelles des taches formées par des écailles
disposées de diverses façons simulent un parenchyme foliaire détruit par
des bactéries.
Mutilations
265. — Les Hyménoptères Aphiides du genre Myrmecobosca qui
vivent dans les nids des Lasius ont souvent les ailes rognées au niveau du
pterostigma. D’après Maneval la troncature des ailes est disposée de telle
façon qu’au repos elles recouvrent exactement la partie visible de l’abdomen
sans le dépasser. L’irrégularité des bords de la troncature et l’absence de
ciliation, la symétrie des coupures sur les quatre ailes, font penser à une
mutilation provoquée. Il s'agit probablement d’un rognage effectué par
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
81
les Fourmis, opération dont on a d’autres exemples chez les Myrmécophiles.
11 est peu probable que la Myrmecobosca puisse elle-même se couper les
ailes avec ses pattes.
266. - Chez les Fulgorides et les Jassides une même espèce présente
des individus macroptêres et brachyptères. Dans quelques espèces de Del-
phacines on trouve des exemplaires dont la partie apicale des ailes semble
avoir été coupée (insectes troncatipennes).
Chez les Diptères Musca, Lucilia, Sarcophaga, les mâles ont souvent
la membrane des ailes déchirée et l’extrémité des nervures brisée. C’est la
recherche active des femelles, et les luttes qui s’ensuivent, qui abîment
ainsi les ailes (Patterson).
Références. - Ferrière : Bull. Soc. enl. Suisse, XXV, 1952, p. 41
(forme). Jeannel : Arch. Zool. exp. gén., LXIV, 1925 (élytres).
Patterson : ./. Econ. Eut., L, 1957, p. 101 (ailes brisées). — Vignon :
Arch. Mus. Hist. mit. ((>), V, 1931, p. 57 (forme). — Weber : Mitt. Schweitz.
tnt. Ges. Berne, XXI, 1918, p. 215 (Lépid.). — Winkel : Arch. mikros.
Anat., CIV, 1925, p. 109 (Lépid)..
POLYMORPHISME AL AIRE
267. Définition. - Le polymorphisme peut affecter la forme de
l’aile, sa grandeur, la direction et l’emplacement des nervures, la densité,
la forme et la couleur du revêtement et des éléments couvrants. Il peut se
Manifester par la présence d’appareils sonores ou d’organes particuliers.
H atteint le mâle ou la femelle (hétérodimorphisme) ou les deux sexes
(homodimorphisme). Le polymorphisme peut toucher seulement les mâles
(poecilandrie) ou les femelles (poecilogynie). Le polymorphisme peut affecter
l’existence de l’aile.
268. — De nombreuses espèces d’insectes présentent un polymorphisme
alaire plus ou moins accentué. Les ailes peuvent se réduire ou disparaître
dans l’un ou l’autre sexe. Une même espèce peut montrer des individus
Macroptêres, brachyptères (ou syntomoptères), microptères ou aptères.
Les insectes munis d’ailes raccourcies ou rétrécies sont dits « sténoptères ».
Les ailes antérieures et postérieures peuvent se réduire et disparaître
en même temps, ou l’une des deux paires d’ailes est seule atteinte. Chez
les Coléoptères Lyméxylonides du genre Atradocerus, et chez les mâles
des Stylopides, les ailes antérieures sont réduites à de petits appendices
scalariformes ou haltériformes. Chez certains Coléoptères les ailes posté¬
rieures seules sont atrophiées.
269. Origine du polymorphisme alaire. — Le polymorphisme
alaire est soumis à des facteurs variés. L’apparition subite d’individus
brachyptères ou aptères dans une population d’insectes macroptêres ou
Source : MNHN, Paris
82
EUGÈNE SÉGUY
inversement — l’apparition de macroptères dans une population de micro-
ptères, suppose des mutations héréditaires échappant aux actions extérieures.
L’évolution (e.g. mutations fortuites) peut réduire ou faire disparaître
les ailes chez de nombreux insectes. La forme brachyptère est un mutant
dominant chez le Psocoptêre Peripsocus paruulus inacroptère.
Fio. 3f>. Tricliogramma semblidis Sali (Hyinénopt.). A, mâle ailé parasite des œufs
d'un Lépidoptère du genre Epheslia. — H, mâle aptère parasite des œufs d’un Méga-
loptère du genre Sialis. Long. 0,5 mm (imité de Sait).
270. Chez certains Orthoptères, Coléoptères, Hétéroptères, Diptères,
l'espèce est dimorphe suivant la longueur des ailes. Il existe une forme
microptère normale dans les deux sexes et, mélangée à la forme typique,
une forme macroptère plus rare (Acridides, Tettigoniides, Gryllides;
Coléoptères (Carabus granulatus); Hétéroptères (Pyrrhocoris).
271. — Les Curculionides du genre Silona montrent des formes macro¬
ptères et brachyptères dans des milieux générateurs et des localités variés.
11 est probable que la réduction alaire observée ici est un phénomène ancien.
Sa fréquence montre que, chez cette espèce, le vol n’est pas une fonction
indispensable.
272. Le polymorphisme alaire normal ou occasionnel (depuis le
brachyptérisme jusqu’à l’aptérisme absolu) a été considéré comme un
phénomène néoténique.
L’Hétéroptère Didymocephalus curculio présente, dans une même série,
des macroptères, des brachyptères et des microptères : ces derniers offrent
un faciès larvaire évident.
Les Coléoptères Drilides et Lampyrides montrent des femelles aptères
et des mâles ailés. La disparition des ailes peut être accompagnée d’une
atrophie des élytres. Cette néoténie, qui atteint son maximum chez les
femelles larviformes, s’ébauche parfois chez les mâles.
273. — Le développement corrélatif des yeux et des ailes est soumis à
des gènes de mutation, comme on peut l’observer chez les Drosophiles. Cepen¬
dant la séparation des gènes n'explique pas les populations polymorphes.
Le développement des yeux et des ailes est probablement commandé par
les hormones provenant des corpora allata — et leur réduction et leur sup¬
pression peuvent être la conséquence des réactions néoténiques affectant
aussi d’autres organes (Kalmus).
Mais la plupart des insectes affectés de polymorphisme alaire ne res¬
source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
83
semblent pas à des larves. Leurs caractères sont ceux de l’état brachyptère
°u aptère. Cet état offre tous les intermédiaires, comme on trouve toutes
les formes de passage entre les macroptères et les aptères.
274. Dimorphisme sexuel. — Les ailes des Trichoptères peuvent
Présenter suivant les genres des particularités propres à un seul sexe : des
callosités basales chez les Beraea; des plis pileux chez les mâles des Drusus;
des zones pileuses chez quelques mâles de Limnophilm (506).
Dans tous les groupes d’insectes dont les ailes sont munies d’un frein,
le mâle possède généralement un frein simple, adapté à un rétinacle du type
subcostal. Chez la femelle le frein est ordinairement formé par un faisceau
de plusieurs soies et le rétinacle est subdorsal.
Chez les Orthoptères une partie plus ou moins grande du champ dorsal
de l'élytre du mâle est transformée en organe stridulant. Chez les Gnjllus
le dimorphisme sexuel des organes du vol porte sur la nervation; certaines
nervures forment un appareil sonore. Chez d’autres espèces le dimorphisme
alTecte la grandeur et la conformation des élytres dans l’un et l’autre sexe.
Ceux des femelles sont lobiformes, ceux des mâles sont à peu près normale¬
ment développés, la région apicale seule est plus ou moins réduite.
275. Conséquences du polymorphisme. — L’évolution atrophie
es muscles, les ankylosé ou provoque des modifications structurales sur
. élytres des Coléoptères. Cependant M. Poisson a observé que certains
msectes à ailes réduites possèdent des muscles alaires normaux, ce qui est
incompatible avec la théorie du non-emploi.
On admet de nombreuses formes de polymorphisme, parmi lesquelles
on peut isoler (les mots n'ont pas d’importance) le polymorphisme vrai ou
Polymorphisme héréditaire, et le polymorphisme cecogénique, qui renferme
outes les variations provoquées sur l'aile de l’insecte par les réactions aux
•••fluences extérieures.
Polymorphisme héréditaire
276. - - Dans le polymorphisme alaire vrai, on trouvera tous les poly¬
morphismes héréditaires, dont le polymorphisme métagénique, qui se
•"attache à l’alternance des générations, et le polymorphisme de juxtaposition,
u er gatogénique, qui désigne le dimorphisme des fourmis et des termites.
Le dimorphisme sexuel est la manifestation élémentaire du polymor¬
phisme héréditaire. Il se manifeste par des caractères différents dans
es deux sexes; le mâle peut être plus brillant, comme le Coléoptère Hoplia
c aerulea, qui est bleu et la femelle brune. Chez l’Odonate Calopteryx virgo,
e mâle présente des ailes brunes, et la femelle des ailes vitreuses et déco-
0r ees. Mais c’est surtout chez les Lépidoptères que l'on observe les plus
grandes différences de colorations et de dessins alaires entre les deux sexes
une même espèce. En général le mâle est paré de couleurs plus brillantes,
^uez les Papilio le dimorphisme afîecte à la fois la forme des ailes et leur
foration.
Source : MNHN, Paris
84
EUGÈNE SÉGUY
277. Chez beaucoup de Lépidoptères les ailes des mâles sont
normales, mais celles des femelles sont plus développées ou, au contraire,
subissent des réductions. Certaines espèces atrophient leurs ailes plus ou
moins complètement. Le dimorphisme apparent atteint son maximum chez
les femelles des Psychides, dont les ailes subissent une réduction parfois
complète.
La Lymantria dis par présente un dimorphisme sexuel très marqué.
Au contraire, chez les Hyménoptères Braconides, les caractères sexuels
sont peu apparents. Ils peuvent consister dans l’épaississement des nervures,
dans la présence d’un stigma aux ailes inférieures du mâle, ou dans des
différences dans le nombre de cellules alaires suivant le sexe.
Fig. 37. — Ponlomyia pacifiai Edwards (Dipt.). — A, mâle (d’après F. W. Edwards). —
B, aile rameuse. — C, femelle (d’après Tokunaga).
278. — Les ailes des femelles des Boreus (Mécoptères) sont transformées
en écailles courtes. Celles des mâles sont très étroites, chitinisées et en forme
de crochets, les postérieures sont plus réduites que les antérieures.
Le développement alaire des Dictyoptères est variable, les ailes sont
souvent plus grandes chez les mâles que chez les femelles, et dans les cas
extrêmes on peut observer un mâle ailé et une femelle aptère.
Les Plécoptères présentent des espèces dont les mâles sont bachyptères,
d’autres dont les mâles sont pourvus d'ailes normales.
279. — Les ailes de certains Diptères peuvent disparaître dans l’un
ou l'autre sexe, ou la nervation peut être différente (Lonchoplera). Le
Chironomide Ponlomyia pacifica a perdu ses ailes (lig. 37).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
85
Le dimorphisme alaire est un phénomène très répandu chez les Coléo¬
ptères. Les élytres de la femelle des Dytiscus sont marqués par des sillons
ongitudinaux qui n'existent pas chez ie mâle. Les femelles des Hydroporus
ont les élytres ponctués, ceux des Acilius sont garnis de soies. Dans certains
genres (Dellochilum, de nombreux Ipides), les élytres des mâles portent
des tubercules, des cavités ou des corbeilles bordées de tubercules. Les mâles
es Chalcidiens (Sycobiella et Sycoscapter) ont les ailes métathoraciques
remplacées par une paire de soies articulées.
.. 280. Polymorphisme métagénique. — Au polymorphisme héré-
itaire, on peut joindre le polymorphisme métagénique (276). Chez les
ucerons et les Phylloxéras la femelle fondatrice donne un certain nombre
e générations parthénogénétiques aptères qui se terminent par une géné-
a ion présexuelle. Cette génération donne des sexués ovipares. Le cycle
se complique par l’apparition de femelles parthénogénétiques ailées et migra-
aiD CS es ’ c ' P euven t donner des femelles sexuées et aptères et des mâles
281. — Polymorphisme ergatogénique. — Le polymorphisme de
juxtaposition affecte, chez les Fourmis, les formes intermédiaires entre les
emelles vraies (ou royales) et les ouvrières; ces formes sont dites ergatogynes.
• Ur apparition paraît dépendre des soins et de la nourriture donnés aux
,® s Par les ouvrières. Les ouvrières des Fourmis et des Termites inhibent
favorisent chez leurs jeunes le développement des disques imaginaux
es ailes et produisent ainsi des castes aptères ou des castes ailées (555).
Polymorphisme œcogénique
01 Les insectes sont hypersensibles aux influences extérieures.
erthür a signalé près de 500 formes différentes du papillon Arctia Caja
■ umis à des influences diverses. Le polymorphisme œcogénique renferme
l'h h' S 1CS variations a,aires provoquées par des actions extérieures comme
Habitat, le milieu, la nourriture, la lumière, la température ou les saisons,
Jfl 1( *ité ou la sécheresse. Les variations alaires sont encore soumises aux
luences provoquées par les effets de groupe et par l'isolement psychique.
Comme dans le polymorphisme héréditaire on trouve ici les cas de
■'«orphisme les plus variés. Le dimorphisme sexuel se complique d'un
P ■lymorphisme pœcilandrique, ou pœcilogynique suivant l'habitat. Ce
ermer présente souvent chez les Lépidoptères le dimorphisme de Wallace,
ractérisé par l'existence de plusieurs formes femelles pour une seule
*°nne mâle.
Ion v 83 ’ Polymorphisme du mâle (Pœdlandric). — Le mâle du papil¬
le ^^ 0soma mendica, de l'Europe continentale, est brun. La femelle est
anche avec quelques petites taches noires. Mais en Irlande on connaît
s mâles (var. rustica ) qui sont blancs comme les femelles.
Source : MNHN, Paris
86
EUGÈNE SÉGUY
La Nymphalide Pseudacraea Eurytus habite toute l’Afrique. Le mâle
est polymorphe et peut être mimétique comme la femelle. Dans l’Ouest
africain, la Pseudacraea copie une Planema dimorphe, le mâle est de couleur
orange et noire, la femelle est blanche et noire. Dans l'Est africain, les deux
sexes de la Pseudacraea sont identiques, gris brun avec des taches crèmes
ou blanchâtres. Sur les rives du lac Victoria la Pseudacraea montre plusieurs
formes, dont une monomorphe copie la Planema commune dans la région.
Le mâle de la Coccide Tachardia lacca est tantôt ailé, tantôt aptère.
284. — Polymorphisme de la femelle (Paecilogynie). — Dans le
cas le plus connu la femelle ressemble beaucoup au mâle. Chez le Coléoptère
Dytiscus marginalis les mâles ont des élytres lisses, la femelle des élytres
cannelés. Mais on rencontre dans certaines localités des femelles à élytres
lisses pareils à ceux des mâles. Chez les Cybister on observe des femelles à
élytres lisses, sillonnés ou intermédiaires (trimorphisme).
Parmi les Hétéroplères de nombreuses espèces (Leptolerna, Phytocoris
varipes, Réduvides) présentent des variations intraspécifiques perceptibles
dans la longueur des ailes : les mâles sont ailés et microptères (pœcilandrie)
et les femelles toujours macroptères, brachyptères ou microptères
(pœcilogynie).
285. — Suivant l'habitat de nombreux Lépidoptères sont pœcilogynes.
Le Papilio glaucus, les Colias et certaines Argynnes ont deux formes de
femelles. Les Papilio Memnon et Polytes présentent plusieurs sortes de
femelles différentes du mâle, suivant qu’elles habitent Bornéo, Java, Suma¬
tra, l’Inde ou Ceylan.
Certaines de ces femelles dissemblables compliquent encore le poly¬
morphisme par un mimétisme particulier en « copiant » d’autres papillons
de familles différentes. La complication est extrême chez le Papilio Dardanus.
Cette espèce comprend plusieurs races géographiques et de nombreuses
formes intermédiaires provenant de croisements entre les diverses sous-
espèces. De plus, presque toutes les formes femelles sont affectées de mimé¬
tisme.
Influences
286. — Nourriture. — Des chenilles de la Lymanlria dispar provenant
du chêne, nourries avec des feuilles de noyer, donnent des papillons qui
présentent des modifications dans la couleur des ailes.
Le Diptère Rhagoletis pomonella, parasite d'une aubépine, a passé sur
le pommier; inversement l’Homoptère Psylla Mali peut vivre sur le poi¬
rier et sur l’aubépine. Ces deux insectes donnent des races de grandeur
différente, dont les ailes sont plus développées suivant la plante nourricière.
Chez d’autres insectes le changement de régime peut déterminer l’atrophie
des ailes ou les formes macroptères apparaissent brusquement si les
conditions de vie sont défavorables, par exemple pour les Thysanoptères
soumis au jeûne. Dans ces cas les variations alaires ne sont pas déterminées
génétiquement.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
87
287. — Température. — Son action est importante. Il y a une action
dominante du froid pour les insectes à stade imaginai hivernal.
La Vanesse Aglais Urlicac, soumise à une basse température (0 + 5°),
donne une variété à ailes sombres. Une température élevée donne une
variété rouge vif. Les femelles du Lépidoptère aquatique Acentropus nioeus
sont macroptères, brachyptères ou microptères. Le plus ou moins grand
développement des ailes paraît lié à la température de l'eau pendant les
stades larvaire et nymphal. Chez le Lépidoptère Chrysiridia de Madagascar,
c est un froid intense, rapide et progressif qui détermine l’apparition des
caractères alaires aberrants les plus accentués (Catala).
288. — En Amérique septentrionale, les femelles du Tricho-
ptère Trentonius dislinctus sont microptères pendant les mois d'hiver.
Les macroptères ne se rencontrent qu’en été. Il n’y a pas de formes
brachyptères.
a Avec les Braconides du genre Sycosoler le nombre des formes ailées
croît avec la température. Les aptères sont plus nombreux en automne
et au printemps. L’Hétéroptère Pyrrhocoris apterus, constamment aptère
dans les régions tempérées ou froides, présente exceptionnellement des
Macroptères dans les régions chaudes. Certaines Drosophiles réduisent leurs
ades à une température normale et les allongent lorsque la température
s élève.
Au contraire, les Gryllus campestris, normalement brachyptères, soumis
® Une température supérieure à la normale, donnent des imagos microptères
(cousin). Le Psocoptère Psyllipsocus ne développe pas les formes macro¬
ptères au-dessus de 22°C (Badonnel).
289. Dimorphisme saisonnier et hygrophilie. — Le dimorphisme
saisonnier peut s’observer facilement sur la Nymphalide Araschnia Lcvana
qui présente une forme de printemps dont les ailes fauves sont tachées de
jî 0,r (Lcvana), et une forme d’été d’un brun noir à taches blanches (prorsa).
u n trouve encore des intermédiaires entre Levana et prorsa.
Beaucoup de Lépidoptères exotiques montrent un dimorphisme sai¬
sonnier. Des espèces africaines, de grande taille et de couleurs vives pendant
a saison des pluies, donnent de petits papillons pâles, sans dessins, pendant
a saison sèche. La Nymphalide Précis Octaoia, de l’Afrique australe, est
rougeâtre avec une étroite bande brune pendant la saison sèche (natalensis),
l ® Revient entièrement brun bleuâtre avec une bande rouge vif pendant
a saison humide (Sesamus).
Les chenilles de la Lymanlria dispar élevées en milieu sec donnent la
orme disparoïdes caractéristique des dunes arides et sèches.
290. Effets de groupe. — Le criquet (Locusta migratoria), dans
Sa Période sédentaire et solitaire (phase danica), est muni d'ailes et d’élytres
raccourcis et d’une musculature peu importante. Quand la population
ocuste devient très dense (phase grégaire migratrice) les ailes s’allongent
Montrent des dessins orange et noir.
Les groupements de chenilles de Bombyx cul-brun Euprodis phaeorrhaca
°nnent des papillons beaucoup plus grands que les individus isolés.
Source : MNHN, Paris
88
EUGÈNE SF.GUY
291. — Le Psocoptère Psyllipsocus Ramburi, exclusivement parthé-
nogénétique, présente trois formes femelles : macroptère, brachyptère
et microptère. Ces différentes forme sont soumises aux conditions de milieu :
température et groupement. L’isolement donne des microptères. Au-dessus
de 25° l'élevage de larves groupées ne donne que des microptères (Badonnel).
292. — Isolement Chez divers Hétéroptères aquatiques la mutation,
qui porte sur la longueur des ailes (macroptères et brachyptères), détermine
un isolement sexuel particulier.
BrACHYPTÉBISME ET MICROPTÉRISME
293. — Ce sont des états intermédiaires qui affectent l’insecte qui n'est
ni macroptère, ni aptère. L'aile raccourcie (brachyptère) présente tous les
caractères d'une aile normalement développée, mais la nervation peut se
modifier, certains caractères s’exagèrent ou se réduisent, suivant l’influence
de l'évolution et les conditions extérieures. L'aile très réduite est dite
microptère.
Les différentes espèces de Curculionides du genre Sitona offrent des
individus pourvus d'ailes également développées, mais dont la forme est
différente. Les arrêts de développement affectent à la fois les élytres et les
ailes. Certains Hyménoptères parasites montrent des individus brachyptères
dont les ailes antérieures et postérieures ont subi une réduction parallèle,
et on observe également, chez les Lépidoptères et les Coléoptères, une réduc¬
tion semblable.
294. L'Hyménoptère Cynipide Biorhiza aplera a des femelles poly¬
morphes montrant tous les degrés de réduction alaire, depuis les ailes dépas¬
sant l'abdomen, jusqu’à l’aptérisme complet.
11 semble que, chez le Grillon champêtre, le brachyptérisme soit pro¬
voqué par un arrêt de développement au cours du neuvième stade larvaire;
à ce moment les ébauches alaires perdraient une partie de leur pouvoir de
croissance.
295. Brachyptérisme et nervation. - Chez les Coléoptères
l’atrophie de l’aile affecte inégalement la partie distale et la partie proxi¬
male (fig. 38). Chez les Erotylides du genre Apterodastus la base de l’aile
n’est pas modifiée et la région apicale est complètement effacée; l’aile réduite
est déformée et ne présente pas l'image diminuée d’une aile normale. Les
nervures ont disparu et sont remplacées par des aires faiblement chitinisées.
Au contraire, chez les Cérambycides microptères comme les Dorcadion, la
réduction s’est opérée régulièrement par le pourtour de l’aile. L’aile réduite
demeure fonctionnelle.
Dans les formes primitives les nervures, qui formaient un réseau plus
ou moins serré, disparaissent progressivement. Les nervures transverses
se réduisent d'abord (Adéphages) |fig. 104] puis disparaissent peu à peu
(Staphylinides) |fig. 103] comme les nervures longitudinales. Les Corylo-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
89
phides ne conservent que la nervure costale épaissie et une fine anale. Chez
les Sitona le brachyptérisme affecte la nervation, dont la disposition n’est
pas en rapport avec la taille des ailes. Certaines ailes réduites ont une ner¬
vation fortement marquée pouvant être moins distincte dans les ailes plus
grandes.
Fin. 38. _ Carabus nranutatus (Coléopt.). Aile réduite. h'oblongum O a disparu —
<ix 1 , 2 , 3 , sclérites axillaires; ca, cordon axillaire; meu, transverse médio-cubitaje,
Ml, médiane inférieure lM5) ; ns, nervure séparatrice; nsi, nervures stridulantcs
(pars stridens); o, oblongum ; pma, plaque médiane antérieure; pmp, plaque médiane
postérieure (comparer avec la 11g. 104).
Chez les Diptères brachyptères les ailes sont ordinairement pourvues
( lc nervures épaissies. Cet épaississement entraîne celui de la membrane et
souvent également l’augmentation de la densité des macrolriches. Chez
ces insectes la réduction alairc peut provoquer la disparition des nervures.
296. — Réversibilité des caractères. - On peut voir apparaître
dans un groupement d'espèces brachyptères des formes à ailes normalement
développées. Les facteurs favorisant cette réapparition ne sont pas connus,
mais on soupçonne qu’ils doivent être en rapport avec certaines conditions
d’évolution larvaire, ou les variations alaires sont soumises à des causes
héréditaires.
Ce retour à l’état primitif ne peut se produire que chez les espèces
dont la réduction alaire n’est pas trop prononcée. Karny a montré que ces
formes macroptères ont une nervation plus simple, mais différente de la
nervation normale.
Cappe de Bâillon suppose que les macroptères qui proviennent d'une
es pcce normalement brachyptère peuvent se rapporter à des cas d'inter¬
sexualité marquant une évolution irrégulière des caractères primaires du
sexe. MM. Poisson et Sellier croient à une modification de l’équilibre endo¬
crinien au cours de la vie larvaire. La transplantation du cerveau de larves
âgées à des larves plus jeunes du Gryllus campcstris a provoqué chez cette
espèce normalement brachyptère l’apparition de formes macroptères.
297. M.J. Guibé a observé que le Diptère Apterina pedestris présente
normalement des ailes réduites à l’état de moignons. Mais il peut apparaître,
dans la descendance, des individus porteurs d'ailes plus longues que l’ab¬
domen. Le macroptérisme héréditaire serait dominé par le microptérisme.
Les muscles du vol, atrophiés chez les individus microplères, sont bien déve-
Mémoihks du Muséum. Ziologlc, I. XXI. 7
Source : MNHN, Paris
90
EUGÈNE SÉGUY
loppés chez les inacroptères. Le développement ou l’atrophie des ailes et
de la musculature des organes du vol constituent des phénomènes parallèles.
298. — Rareté des formes aptères. Le brachyptérisme et l’ap-
térisme affectent les femelles dans de nombreux ordres, les mâles paraissent
moins souvent atteints.
Chez les Plécoptères l'aptérisme total est rare, tandis que chez les
Chéleutoptères les formes aptères sont au moins aussi nombreuses que les
macroptères. Chez les Orthoptères le brachyptérisme et même l’aptérisme
sont fréquents et s’observent dans toutes les familles.
Le développement des organes du vol est variable chez les Forficules
et de nombreuses espèces sont aptères ou subaptères. Les Hyménoptères
Vespoïdes ne présentent jamais d’individus brachyptères ou aptères.
299. — L’aptérisme et le brachyptérisme sont fréquents chez les Thy-
sanoptères : le mâle peut être aptère, la femelle ailée — ou le mâle est
brachyptère et la femelle macroptère. Certaines espèces coexistent sous la
forme aptère ou brachyptère et sous la forme ailée, chaque sexe présentant
les deux formes — ou seulement l’un des deux sexes (mâle ou femelle)
est macroptère ou brachyptère. Certaines espèces sont normalement bra¬
chyptères dans les deux sexes.
Au contraire le brachyptérisme 'et l’aptérisme sont rares chez les Di¬
ptères; les Cyclorrhaphes sont ceux qui présentent les cas les plus nombreux.
Ils sont rares chez les Brachycères Orthorrhaphes, peu répandus chez les
Nématocères. Le nombre des Diptères à ailes réduites n’atteint pas 0,7 %
des espèces actuellement connues.
Aptérisme
300. — Si les insectes aptères (ou aptilotes) n’ont jamais eu d’ailes,
beaucoup d’insectes ailés (ou ptilotes) les ont perdues. L’aptérisme secon¬
daire peut être l’attribution de la femelle, de certaines générations d’Aphi-
dides ou de Cynipides — ou de quelques individus dans une espèce donnée
(allotropie microptère chez les Hétéroptères, les Homoptères et les neutres
des Formicides).
L’aptérisme peut être provoqué chez des espèces ailées par les condi¬
tions de milieu supprimant l’usage du vol : action du vent sur les espèces
insulaires, isolement des espèces de haute montagne, des régions steppiques
ou subdésertiques, ou par un habitat favorable à des formes déjà brachy¬
ptères ou aptères qui s’y rassemblent (92). L’aptérisme affecte la majorité
des espèces tcrricoles (Hyménoptères Ichneumonides, Chalcidides, Mutillides
et Aptérogynides) dont les femelles pénètrent dans le sol à la recherche
des proies. L'aptérisme total est rare.
301. — Chez les Hétéroptères l’aptérisme présente souvent le caractère
d’un arrêt de développement somatique (néoténie), certains caractères
larvaires qui affectent la tête, les antennes ou les yeux étant conservés
chez l’animal sexué.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE l’/
DES INSECTES
91
L’aplérisme affecte les femelles du papillon Hybernia defoliaria, de la
plupart des Embioptères (Embiides), de certains Hyménoptères ( e.g.
Mutillides). Chez les Coléoptères l’aptérisme limité aux femelles n’entraîne
aucune modification de l’aspect extérieur (Ptiliides, Corylophides, Aphodius
uguricus), ou il détermine l’atrophie des élytres (Pachypus).
4 U . contraire ce sont les mâles qui ont perdu leurs ailes chez les
Chalcidides du genre Blastophaga et les Fourmis du genre Anergates.
302. - Les mâles de quelques Homoptères Coccides présentent des
ormes ailées et des formes aptères. La Tachardia lacca serait affectée d’une
génération alternante de ces deux types de mâles.
Contrairement à ce que l’on observe chez les Curculionides du genre
àitona, l’aptérisme et la réduction des appendices qui, chez certaines espèces,
sont limités aux femelles, représentent un phénomène qui peut se placer
â côté de la néoténie et de la pédogenèse. Ce rapprochement permet de
supposer que le développement des produits génitaux femelles, plus impor¬
tant que celui des sécrétions mâles, domine l’ontogenèse de ce sexe. Chez
~. mâle, la maturité sexuelle accompagne la maturité organique générale,
hez la femelle la maturité sexuelle est plus indépendante. Les cas de méta-
telie seraient plus fréquents chez les femelles déséquilibrées par les phé¬
nomènes sexuels.
En résumé l’aptérisme est dû à l’influence du milieu (e.g. Hyménoptères
erricoles) ou c’est un caractère héréditaire spécial aux femelles, quelque
R oit leur genre de vie.
303. Conséquences de l'aptérisme. - La réduction alaire et
aptérisme peuvent être accompagnés de modifications morphologiques
■verses. Elles se manifestent par la réduction des yeux ou des ocelles;
P ar la diminution du nombre des articles des appendices céphaliques
■Palpes et antennes); par des changements de coloration. La sculpture du
orax peut s’effacer (e.g. Mutillides) par régression de certaines glandes
ogumentaires. Le mélathorax se réduit par suite de l'atrophie des
Muscles du vol.
„ 304 - — L'évolution de l’appareil métatergal fixateur des élytres des
athj'sciines, son développement chez les Pholeuonidius, sont peut-être
on rapport avec la perte du pouvoir de vol (fig. 12). Les élytres des Coléo-
P ores aptères sont immobiles. Leur coaptation s'effectue par un assemblage
queue d’aronde disposé de manière à ce que les deux élytres réunis ne
Puissent se séparer. L’atrophie des élytres, beaucoup plus rare que celle
os ailes, s’observe cependant chez les femelles des Pachypus, de divers
nlacodermes et chez les Staphylinides endogés du genre Leplolyphlus.
305. — Les modifications alaires s'accompagnent souvent d'une réduc-
un parallèle des muscles du vol à action indirecte; donc réduction du
■orax, particulièrement du mésonotum, diminution de la gibbosité tho-
dq ue ’ physogastrie et hypertrophie des segments génitaux. La réduction
mésonotum entraîne la simplification des pièces du thorax, comme la
■sion du scutum et du scutellum, et la réduction du pronotum. Cependant,
f ez 'os Formicides dits ptérergates, qui portent des ailes vestigiales la
rme du thorax n’est pas modifiée.
Source : MNHN, Paris
92
EUGÈNE SÉGUY
306. — Aptérisme traumatique. — Les ailes sont caduques chez les
Fourmis, les Termites et les Blattes (Salganea et Paneslhia) (Denis). Les
femelles des Fourmis perdent leurs ailes peu après la fécondation. L’aile
s’ampute près de la base, le long d’une ligne transverse préexistante. Plu¬
sieurs fourmis peuvent aider à l’amputation. La ligne de rupture alaire
facilite la chute des ailes chez les Termites (195).
Les ailes des Zoraptères tombent après l’apparition de la maturité
sexuelle sans que les autres membres de la colonie participent à leur chute.
La rupture se produit à la base des nervures.
307. — Les Diptères Hippoboscides du genre Lipoptena ont également
des ailes caduques qui tombent après le vol nuptial, à la lin de l’été. C'est
un dimorphisme saisonnier. On ignore si la chute est spontanée ou provo¬
quée par l’insecte. Lorsqu’elles sont fixées sur un hôte, les femelles des
Camus, ectoparasites ornithophiles, perdent leurs ailes et leur abdomen
se dilate considérablement. Les Ascodipleron, parasites des Chauves-souris,
se comportent de la môme manière.
Certaines espèces de Thysanoptères, normalement macroptères, peuvent
perdre leurs ailes. On ne sait rien sur les circonstances de cette amputation.
Polymorphisme parasitaire
308. — Les parasites peuvent provoquer chez leurs hôtes l’aptérisme
ou le brachyptérisme, ou des modifications plus ou moins étendues dans
le parcours des nervures.
Les chenilles du bombyx mari, qui hébergent des sporozoaires du genre
Glugea, donnent des papillons atteints de malformation ou d’une atrophie
marquée des ailes (Portier).
Les Strepsiptères ou les Diptères Pipunculides, qui parasitent les
Homoptères Cicadelles, provoquent la réduction alaire ou des malforma¬
tions dans le parcours des nervures. Chez les Formicides parasités par un
Nématode du genre Mermis, on observe un raccourcissement des ailes (556).
Dans certains cas, au contraire, c’est l’hôte qui détermine l’aptérisme
chez les parasites. L’atrophie alaire que l’on observe chez la Trichogramma
Cacocciae, parasite de la Tortricide Cacoecia rosana, résulte d’un défaut
de nutrition provoqué par le froid ou le parasitisme accentué (Ferrière et
Geier).
Références. Aubert : Heu. suisse ZooL, LII, 1915, p. 395 (micropt.
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Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE
l’aile DES INSECTES
93
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Soc., (2), 1, 1878, p. 583 (microhyménopt.). — Yasumatsu : Rev. /r. ent.,
XVIII, 1951, p. 171 (ailes tronquées).
COAPTATIONS ALAIRES
309. — La coaptation est un ajustement réciproque de deux parties
indépendantes d’un organisme animal. Elle peut intéresser les ailes anté¬
rieures et postérieures. Elle comprend les dispositifs de couplage des ailes,
klle concerne aussi les ailes d’une même paire, les antérieures, par exemple,
e t la fixation des ailes sur une partie du corps.
De nombreux insectes ne présentent qu’une sorte de coaptation, d’au-
tres en présentent plusieurs.
Chez les Hétéroptères on peut observer quatre sortes de coaptations.
A l état de repos les hémélytres sont unis au corps par une coaptation scu-
ellaire. II y a encore une coaptation du bord externe des hémélytres avec
e thorax et une coaptation des hémélytres entre eux. Pendant le vol l’aile
Postérieure s’accroche à l’hémélytre correspondant.
Les coaptations peuvent s'effectuer par juxtaposition, par assemblage
ou par engrenage. Elles sont ordinairement temporaires. Les coaptations
deiinitives affectent par exemple les Coléoptères dont les élytres paraissent
s °udés entre eux (304).
Couplages des ailes antérieures et postérieures
.310. — Chez les Ptérygotcs primitifs, les deux paires d’ailes sont
obiles indépendamment, comme on peut l’observer chez les Ephémères
et les Odonatoptères. Chez les Néoptères la concordance des mouvements
Source : MNHN, Paris
94
EUGÈNE SÉGUY
est une acquisition liée à l’apparition d'un appareil d'accrochage des ailes
antérieures et postérieures. Les études de Tillyard montrent que, chez les
formes dont les ailes sont velues, les macrotriches marginaux se localisent
pour former un appareil d’accrochage.
311. — L’appareil le plus simple d'accrochement alaire est formé par
une aréa ou par un lobe saillant portant une soie sur la marge postérieure
de l’aile antérieure, et un organe similaire sur la marge costale de l’aile
postérieure.
Dans l'aile antérieure l’aire saillante sur la marge postérieure qui se
trouve en contact avec l’aile postérieure est le lobe jugal, armé d’une
série de soies jugales. Sur l’aile postérieure l’aire de contact avec l’aile
antérieure représente le lobe huméral et les soies qui en proviennent forment
le frenulum (soies frénulaires).
L’appareil d’accrochage le plus simple peut être observé chez certains
Mécoptères. Chez les Taeniochorisla le lobe jugal et les soies ne sont pas
modifiés. Il y a un petit lobe huméral défini, mais le frenulum est réduit
à deux fortes soies.
Fit». 39. — Fragments d'ailes montrant la disposition de couplage chez les Lépidoptères.
— A, Hepialus. — B, Plusia. — ait, aile antérieure; ap, aile postérieure; /, frein;
ju, jugum (joug); rel, rétinaclc.
312. Lépidoptères. — Joug. — Chez les Hépiales le joug, le lobe
jugal ou jugum de l’aile antérieure passe sous l’aile postérieure. La plus
grande partie de la marge interne de l’aile antérieure recouvre l’aile posté¬
rieure, l’adhérence est ainsi réalisée (fig. 39 A).
313. - Frein. — La majorité des Lépidoptères couplent leurs ailes
au moyen du frein (frenulum). L’aile postérieure est maintenue en place
par une sorte de crochet ou rétinacle de l’aile antérieure. Le frein peut être
une simple soie chez le mâle. Il est formé d’un faisceau de plusieurs soies
chez les femelles où le frein est dit « multiple ». Le rétinacle, simple chez les
mâles, est formé de poils ou d’écailles chez les femelles. Le rétinacle des
Pyrales est semblable dans les deux sexes.
La coaptation alaire des Microptérygides est assurée à la fois par un
joug et par un frein. Le joug est un lobe saillant du bord interne de l’aile
antérieure, le frein est formé par un groupe de soies (lig. 39 B).
Source : MNHM, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 93
314. — Couplage amplexiforme. — L’adhérence des ailes est réalisée
par la région costale de l'aile postérieure qui présente un lobe humerai
élargi, généralement soutenu par une ou plusieurs nervures humérales.
Ce lobe, placé sous l’aile antérieure, augmente la surface de contact des
deux ailes pendant le vol (fig. 74 et 89).
Le dispositif amplexiforme s’observe chez les Rhopalocères.
315. Autres insectes. - Le frein peut être comparé aux appareils
de couplage des ailes de certains Hétéroptères ou Homoptères, et de nom¬
breux Hyménoptères. L’union des ailes antérieures et postérieures est
assurée par des crochets, des gouttières, des plis ou des épaississements
particuliers.
Fia. 40. — A, T ornas pis /urcata Germar (Homopt.). Coupe transversale de l’appan-il
d'accrochage de l'élytre (E) avec l’aile Ai (schématisé d après J. Corset et très réduit).
— B, Monophtebus sp. mâle (Homopt., Coccide). Accrochage du pseudo-balancier avec
•a base de l r aile (Ai).
Le bord costal de l’aile postérieure des Homoptères présente un repli
•inguiforme qui reçoit le bord postérieur replié de l'aile antérieure. Des
crochets peuvent s'adapter à des replis ou à des gouttières, à des épaissis¬
sements ou à des enroulements simultanés des deux ailes. Le crochet est
unique et simple chez certaines /’ sglla , il est double chez les Phylloxérides;
les Aphidides en portent une série. Les mâles des Coccides accrochent la
base de l’aile antérieure au bord antérieur du pseudo-balancier qui remplace
les ailes postérieures transformées en crochet. L'appareil de contention
est formé par l’épaississement et le repliement des bords antagonistes (fig. 40).
Chez quelques espèces de Ricaniides, comme la Ricanoptera decorata, la
coaptation en gouttière est doublée d’un couplage amplexiforme.
316. Chez les Hétéroptères (e.g. Picromcrus), le mode d’accrochage
est inverse de celui des Homoptères. Une dépression en forme de gouttière
est creusée sur les bords internes de l’hémélytre. Cette gouttière s adapte
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
96
Fig. 41. — Couplage des ailes antérieures entre elles.
— A, Sternocera slernicornis L. (Coléopt.). Région
antérieure du bord costal des élytres montrant sur
l'élytre gauche le bouton qui s'adapte à la cavité située
sur l’élytre droit. — B, Kolonecta glauca L. (Jlétéropt.).
Coupe transversale du bord interne des liémélytrcs
montrant l’appareil d’accrochage des hémélytres entre
eux. a, appareil d’accrochage des ailes; r, extrémité
postérieure du clavus ; m, région antérieure de la
membrane hémélytrale. (Schématisé d’après J. Corset.)
au bord antérieur de
l’aile. La cohésion est
assurée par un éperon
ou un crochet (home),
ou par des denticules.
La Phymata crassipes
présente deux appareils
de contention, le pre¬
mier est une pince
placée à l’extrémité
des nervures anales
hémélytraies; l’aile
postérieure porte à la
base un bouton qui
s’adapte à un repli de
l’élytre (fig. 68).
L’union des ailes
des Hyménoptères est
assurée par des cro¬
chets ou hamules
mobiles, disposés en
série, insérés sur le bord
costal des ailes posté¬
rieures. Au moment du
vol ils accrochent un
repli du bord posté¬
rieur des ailes anté¬
rieures (fig. 26).
Coaptations des ailes antérieures entre elles
317. — Les coaptations précédentes concernent les ailes antérieures
et postérieures. D’autres coaptations peuvent unir entre elles les ailes
d'une même paire, ordinairement les antérieures. Les ailes fortement
chitinisées peuvent être réunies par leur bord interne ou suturai (suture
élytrale).
Cette coaptation unit partiellement les hémélytres des Hétéroptèrcs
Cryptocérates (Notonectes, Naucores, Corises et Bélostomes). Elle réunit
complètement les élytres des Forlicules et des Coléoptères.
318. — Chez les Dermaptères les élytres présentent à la face inférieure,
près du bord interne, une crête épineuse longitudinale, formée par plusieurs
rangées d’épines variables suivant les espèces. Ces épines s’accrochent dans
les peignes métathoraciques et immobilisent l’élytre dans sa position de
repos (fig. 65).
Chez les Coléoptères les bords internes du disque élytral s’accolent l'un
à l’autre par la suture. Les bords des deux élytres s’adaptent par engrenage.
Source ; MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
97
Chez les espèces aptères, les replis de fixation des élytres se déforment et
ne se séparent plus. Chez la Slernocera lungicornis le bord interne de l’élytre
gauche est muni d’un bouton saillant et résistant qui pénètre horizontalement
dans une cavité de l’élytre droit (fig. 41).
Autres coaptations
. 3^9- — Coaptation des ailes avec un appendice somatique. —
e bord externe des élytres des Coléoptères Haliplides est en coaptation
avee ] es hanches métathoraciques. Chez les Gyrinides l’articulation fémoro-
ibiale est logée dans une cavité creusée sur la face externe de l’épipleure
des élytres.
. . , 32 ?- — Coaptation des ailes avec le thorax. — La Phasgonura
iridissima présente de chaque côté du mésonotum un sclérite allongé
MUi peut recevoir une pièce basale de l’élytre. Ce sclérite s’oppose à l’exten-
, 0n ^volontaire de l’élytre. Chez les Hétéroptères (Notonectes et Naucores)
est le bord externe de l’hémélytre qui s’ajuste avec le thorax. Le Coléoptère
a Phylinus olens présente sur la face interne de l’élytre, près du bord suturai,
ne apophyse vésiculaire qui peut s’insérer dans une cavité antagoniste
eusée dans le bord antérieur du mésonotum. Au contraire, le bord externe
e 1 élytre du Coléoptère Macrolister major peut recevoir et emboîter le
ex tçrne de l’épisternite métathroracique. Chez les Bathysciinés privés
, j S ,’ l’nhnotum s’est développé en une longue apophyse cannelée qui
erl d’appareil de fixation des élytres (fig. 42). Chez les Catopides l’appareil
ts t moins développé.
■ 3 ^L — La coaptation métathoracique est formée par une gouttière
ngitudinale creusée sur la partie médiane du mésonotum dans laquelle
pénétrent les bords suturaux des élytres. Ce type, réduit chez les Forlicules,
s bien développé chez les Coléoptères. Le côté interne de la base des élytres
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÊGUY
peut être reçu dans une rainure latérale creusée sur la face inférieure du
scutellum — ou l’élytre peut être fixé contre l’épisternite métathoracique
et le scutellum (Cicindélides).
Chez les Homoptères (Cercopides et Cicadides) le bord interne de
l'élytre forme un bourrelet qui pénètre à frottement dur dans une gouttière
scutellaire.
322. Coaptation du bord externe des élytres sur l’abdo¬
men. — Les bords latéraux de l’abdomen reçoivent l’épipleure élytral ou
sont reçus dans une dépression de l’élytre (Dorais). On sait que, chez
les Diptères Stéblides du genre Nyderibosca, les ailes enroulées l’une dans
l’autre sont logées au repos dans une gouttière creusée sur la face dorsale
de l’abdomen.
323. — Coaptation des ailes postérieures avec l'abdomen. —
Cette disposition particulière, dont la fonction est inconnue, peut être
observée chez les Odonates Anisoptères. Le tornus de l’aile chez les mâles
s’adapte à des protubérances épineuses placées de chaque côté du
deuxième segment abdominal (232, lig. 31).
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Tillyard : Proc. linn. Soc. N.SAV., XLI1I, 1918, p. 286 (couplage). —
Warnecke ; Arb. morph. taxon. Enl., X, 1943, p. 153 (frein).
BALANCIERS
324. — Définition. - Les balanciers ou haltères sont des appendices
très mobiles dépendant des pleurotergites du métathorax. Ils sont insérés
au-dessous du scutum, entre l’épisternum et l’épimère, dans le même rapport
de position que l’aile antérieure. Les balanciers proviennent de la transfor¬
mation du faisceau des nervures des ailes postérieures dont ils sont homo¬
logues. Ils naissent de la même manière que l’aile, par une expansion du
noyau central de l'histoblaste.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
Cette homologie a
été démontrée expérimen¬
talement et elle a été
observée sur des spécimens
trouvés dans la nature. On
sait qu’une mutation par¬
ticulière de Drosophiles
donne des individus dont
les balanciers sont rem¬
placés par des ailes
réduites portant une ner¬
vation reconnaissable.
Inversement une autre
Mutation provoque l’appa¬
rition d’organes semblables
à des balanciers, à la
Place des ailes antérieures.
Cette mutation peut s’observer dans la nature chez les Diptères Termitoxé-
niides et chez les Empidides du genre Ariasella. Le Phoride termitophile
brésilien Typhlophorina psoci/ormis remplace les ailes et les balanciers par
des moignons alaires à nervation réduite munis d'organes sensoriels (fig. 43).
325. — Les balanciers n’existent que chez les Diptères. Les organes
appelés « balanciers » chez les mâles des Coccides, chez les Strepsiptères,
sont des rudiments alaires, souvent doués de fonctions sensorielles, qui
n ont rien de commun avec celles qui caractérisent les balanciers.
Un balancier est formé par une partie basale dilatée ou scabellum,
qui supporte, un pédicelle terminé en massue (fig. 44). Le scabellum s’ar¬
ticule librement avec le métathorax au moyen de sclérites axillaires compa¬
rables à ceux de l’aile antérieure. Il est actionné par les muscles provenant
de son bord proximal. Le balancier de la Calliphore est pourvu d'un muscle
Moteur dépresseur aussi bien qu’élévateur (Schneider). Les balanciers sont
Mnsi rendus très mobiles et susceptibles de vibrations plus ou moins étendues
e t rapides.
326. — Organes sensoriels des balanciers. — C’est dans le scabel-
U M que sont logés les principaux organes sensoriels des balanciers. Chez
tes Calliphores ils consistent en trois groupes d’organes chordotonaux recou¬
verts d’un tégument mince, et en trois saillies cuticulaires ciselées contenant
des appareils plus complexes : les deux organes scapaux (scolopophores,
“ ec aille » de Lowne) et les organes basaux (coupole de Lowne) ou corpus¬
cules campaniformes groupés pour former l’organe de Hicks (fig. 44). La
cavité du balancier, comme celle de la ptérothèque d'un insecte quelconque,
contient du sang, des filets nerveux, et un rameau trachéen.
Chez les Diptères le nerf qui commande les balanciers est le plus impor¬
tant du thorax. La majeure partie des fibres de ce nerf ne s’arrêtent pas au
ganglion métathoracique, mais le traversent, ainsi que la masse ganglion-
n aire thoracique antérieure, pour se mettre en rapport avec les ganglions
ceréboïdes (67).
Source : MNHN, Paris
100
EUGÈNE SÉGUY
327. — Les balanciers sont généralement considérés comme des organes
équilibrants, stimulants et régulateurs du tonus des pattes. Plus ou moins
développés chez les formes aptères, ils persistent toujours sous forme d’un
organe sensoriel. Fraenkel et Pringle, puis Nageotte, considèrent le balancier
comme un appareil gyroscopique maintenant l’équilibre de l’insecte pendant
le vol.
Fig. 44. — Balancier <le la mouche bleue (Calliphora erylltrocephala Meigen) (Diptère). —
A, Ensemble de l'organe. — B, Détail de l'écaille basale. — C, Coupe longitudinale de
la coupole (part, d’après Lowne). — D, Papilles campaniformes ou de Hicks (d'après
Démoli selon Pllugstaedt, 1912). — cap, capitule; en, cellule nerveuse; cp, coupole;
es, cils sensoriels; ess, cellules sensorielles; e, écaille supérieure; cb, écaille basale;
/c/i, filament chordotonal; /es, lllament du clou scolopal; geh, globule chordotonal:
m, membrane chordotonalc ; n, nerf ; ni, neurilemme ; sr, scabellum (part, d’après Lowne).
328. — Chez les Homoptères Phylloxérides un organe statique est
situé à la base de chaque aile antérieure, entre le prothorax et le mésothorax :
c’est une petite vésicule renfermant un corps central ou statolithe en rela¬
tion avec des connexions nerveuses (Stauffacher).
Références. — Astauroff : Arch. Entw. Mech. Org., CXV, 1929,
p. 424 (bal.). — Barrieri : 7 e Congrès ent., Berlin, II, 1939, p. 628 (bal.
Dipt.). — Binet : C. R. Soc. Biol., IV, XLIV, 1892 (nerf des bal.). — Bolles-
lee : Rec. Zool. suisse, II, 1885, p. 364 (balanc.). — Fraenkel : Proc,
zool. Soc. Lond., A, CIX, p. 69 (bal.). — Goureau : Ann. Soc. ent. Fr.,
(2), 1, 1843, p. 299 (bal.). — Joussicr de Bf.llesme : Recherches sur les
balanciers, Paris, 1878. — Melin : Uppsala, Univ. Arsskr., IV, 1941, p. 62
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
101
(balanc. bibl. import.). — Nageotte : Arch. zool. exp. gen., LXXXIII,
1944, p. 99 (gyr.). — Pflugstaedt : Z. wiss. Zool., C, 1912, p. 59 (bal.).
Pringle : Insect Flight, Camb., 1957, p. 86 (bal. et bibl. import.).
Schneider : Z. verg. Phgsiol., XXXV, 1953, p. 416 (bal.). Silvestri :
Acta pont. Acad. Sc., X, 1947, p. 281 (bal.). — Stauffacher ^ Zs. wiss.
Zool., LXXX11, 1905 (org. stat. du Phylloxéra). — Ulrich : Zs. Morph.
Oekol. Tiere, Berlin, XVII, 1930, p. 552 (Strepsipt.). — Weinland :
Zs. wiss. Zool., Ll, 1890, p. 55 (balanc.).
ORGANES ALAIRES PARTICULIERS
Organes sensoriels
329. — Les ailes portent des organes sensoriels plus ou moins nombreux
et importants. Leur nombre et leur disposition ont une grande importance
dans les rapports avec le développement alaire et avec la fréquence des
battements pendant le vol.
Les organes sensoriels sont de trois types différents :
— Soies sensitives (poils et écailles) ;
— Organes campaniformes ;
— Organes scolopidiaux.
330. — I. Soies sensitives. — Les soies plus ou moins développées,
ou macrotriches, insérées sur des cupules, sont ordinairement placées sur
•es nervures. Elles présentent à leur base une cellule ou un groupe de cellules
sensorielles. Leur fonction exacte n’est pas connue.
Chez les Mécoptères on trouve des poils sensitifs répartis sur les nervures
la membrane alaire; de grandes soies articulées à la base sont réparties
sur toute la longueur des nervures.
331. - Cils terminaux. — Les ailes des Lépidoptères portent des
cils localisés sur les bords; leur cuticule présente souvent près de l'extrémité
llr| e région amincie ou perforée. Leur base est en relation avec un groupe
de cellules sensorielles.
Chez les Thysanoptères de grandes soies articulées sont inserees sur
•es bords des ailes (fig. 78). Elles sont en relation avec un filet nerveux et il
es t probable qu’elles ont une fonction sensorielle en dehors de leur action
Propre pendant le vol. ,
332. — Écailles sensitives. — Chez les Trichoptères et les Diptères
Porteurs d’écailles, il existe probablement des écailles sensitives compa¬
rables à celles que l’on observe chez les Lépidoptères. Les écailles sensitives
de ces derniers sont longuement fuselées, aplaties et effilées à 1 extrémité,
0u piliformes; leur base est en contact avec une cellule nerveuse. Elles sont
surtout localisées à la face inférieure des ailes.
Source : MNHN, Paris
102
EUGÈNE SÉGUY
333. — II. Organes campaniformes. — Les sensilles campani-
formes, ordinairement disposées par groupes, peuvent être répartis sur toute
la surface alaire. On les trouve plus fréquemment sur les nervures, princi¬
palement dans leur partie basale. Le nombre des organes campaniformes
est en corrélation avec le rang phylogénique des espèces, avec leur taille,
la fonction motrice des ailes, etc. Ils existent dans les deux sexes, et
dans la majorité des cas ne paraissent pas influencés par le dimorphisme
sexuel.
Certains de ces organes peuvent être tactiles. Ils seraient sensibles
aux variations atmosphériques.
Chez les Mécoptères les cupules sensitives sont réunies en groupes :
deux pour la nervure sous-costale, deux pour la radiale; ou elles sont isolées
et réparties çà et là, le long des nervures.
334. — Les Coléoptères du genre Dytiscus montrent trois groupes
d'organes à la hase de la face supérieure de l’aile volante (deux de ceux-ci
sont subcostaux et composés de 300 à 100 organes). Un petit groupe costal,
formé de 30 organes environ, est situé à la hase de la costale et de la sous-
costale, sur la face inférieure de l’aile. Kn dehors de ces groupes basaux
on peut observer des groupes d’organes isolés à la face supérieure, sur la
nervure médiane, sur une des nervures anales et sur le pterostigma. La
face inférieure de l’aile montre des organes sériés sur la radiale, d’autres
sont dispersés à l'apex de la sous-costale. Ces organes ont été observés chez
les Cerambyx, les Lepiura et les Melolonlha.
Chez les Coléoptères à ailes normales il y a un certain rapport entre
le nombre des organes et la taille de l’insecte. Les Orlhosoma en portent
près de mille, tandis que les Coxellus n’en présentent que 130. Le Carabus
nemoralis, dont les ailes sont réduites, n’en possède qu'un très petit nombre.
On ne connaît pas, chez les Coléoptères, la relation entre le nombre des
battements alaires et celui des organes campaniformes.
335. — A la base de chaque aile, chez les Lépidoptères, on trouve
trois groupes de ces organes : deux à la face supérieure et basale de
la radiale, ou sur la partie pédonculaire de la radiale et de son secteur;
le troisième groupe (costal) est placé à la face inférieure et basale de la
sous-costale.
Le groupe proximal situé à la face supérieure de l’aile postérieure,
qui peut comprendre plusieurs centaines d’organes chez les Iiétérocères,
est beaucoup plus important que le groupe placé à la face inférieure sur
la même aile, et qui est formé seulement de 1-18 organes. Chez les Hépiales,
les Sphinx, les Dicranura, les groupes subcostaux sont souvent plus impor¬
tants que chez les Rhopalocéres.
336. — Un petit groupe d'organes campaniformes se trouve éga¬
lement placé sur l'aile antérieure, à la face supérieure et basale des nervures
anales. Sur le même côté, les nervures du groupe costal sont munies de
grands organes plus serrés à la base de l'aile. Les ailes postérieures, plus
réduites, portent un plus petit nombre d’organes que les ailes antérieures.
Leur répartition est liée à la fréquence des battements pendant le vol.
337. — Chez les Diptères les organes campaniformes sont réunis en
groupes répartis à la base de l’aile. Un groupe important est situé à la base
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
103
des nervures radiale et sous-costale, dans la région antérieure. D'autres
organes sont isolés sur toute la face supérieure. Si l'aile subit une réduction,
le nombre des organes diminue — ou les groupes d’organes sont réduits.
Chez les Muscides, le nombre plus ou moins élevé des battements alaires
détermine l’importance des organes ptéraux basalaires.
338. — L’aile antérieure des Hyménoptères est munie de trois groupes
d organes campaniformes beaucoup plus importants que ceux des ailes
postérieures. La face supérieure de l’aile porte un groupe de 170 organes
« la base du rameau commun radiale-médiane. La face inférieure est munie
de deux groupes d’organes situés sous la plaque précostale : le proximal,
chez les Abeilles et les Guêpes, comprend environ 300 organes, chez les
Fourmis environ 70.
Sur l’aile postérieure un seul groupe est situé sur les deux faces de
aile, à la base de la sous-costale. En dehors de ces groupes il existe des
organes campaniformes près du pterostigma et sur plusieurs nervures de
arëa costale. Les groupes d’organes sensoriels de la face inférieure de
a *le sont plus développés chez les Hyménoptères que chez les Coléoptères
e t les Lépidoptères.
339. — Comme dans les autres ordres d'insectes, la taille du sujet,
la fréquence des battements d'ailes, la position phylogénétique, sont en
rapport avec le nombre des organes campaniformes. Tandis qu'une ouvrière
d Abeille présente plus de 500 organes placés sur la base de l’aile anté¬
rieure, une femelle de Formica obscuriveniris n’en présente que 160 environ
dans la même région.
. 340. ^ III. Organes scolopidiaux. Les uns sont situés dans
région basale des ailes, d’autres sont associés à un appareil particulier
et forment un organe lympanal permettant la perception des ultra-sons.
Les organes tympanaux des Lépidoptères peuvent être placés à la
ase des ailes antérieures. Il ne paraît pas y en avoir plus d'une paire et
* ne sont présents que dans quelques familles. Celui des Nymphalides est
Pacé à la base de la cubitale des ailes antérieures (Vogel).
Le tympan, superficiel, se trouve sur la face inférieure de l’aile. Il
st tendu sur un cadre sclérifié formé par la base de la nervure cubitale.
■ es Sc oloparia, innervés par des ramifications du nerf alaire, partent de
a paroi supérieure de l’aile, traversent la cavité de la cubitale et aboutissent
au tympan.
341. - - Les cavités physoneuriques formées par la dilatation des ner-
res de l’aile antérieure des Satyrines sont en communication avec les
rganes tympaniques. Il y a peut-être un rapport sensoriel entre les sacs
aeriens, mais l’organe tympanal existe aussi chez les espèces dont les nervures
a *res ne sont pas renllées.
^ . ^.es Mécoptères portent quatre organes chordotonaux internes localisés
a base de l’aile. Ils semblent indépendants des nervures. Les Névroptères,
sjnyles et Chrysopes, dont le vol est faible, présentent six organes chor-
°tonaux à la base des ailes antérieures et postérieures. Les Diptères en
ont ^ eux sur * a rat Hal e la cubitale. Les üdonates et les Guêpes
u n seul organe chordotonal à la base de chaque aile.
Source : MNHN, Paris
104
EUGÈNE SÉGUY
Les organes sensoriels et la brachyptérie
342. — Les vésicules sensorielles de la base de l’aile des Coléoptères
du genre Sitona ne sont pas affectées par la réduction alaire, mais les cils
sensoriels peuvent être réunis en touffes.
Chez les Diptères brachycères les sensilles alaires ne sont pas modifiées.
La diminution de surface de l’aile influe sur le nombre des organes sensoriels.
Ils sont moins nombreux sur une aile réduite. Les organes dispersés sur
le champ discal disparaissent les premiers, ceux de la base de l’aile les derniers.
Références. — Baus : Z. morph. Oekol. Tiere, XXXII, 1936, p. 1.
— Eggers : Verh. D. Zool. Gesell., XXVIII, 1923, p. 42. — Grasse : Traité
de Zoologie, t. X et XI. — Heitman : Zool. Jahrb., Anal., LIX, 1943,
p. 135 (org. tymp. Lép.). — Hoffmeyer : Enl. Mcdd., Copenh., XVIII,
1932, p. 58. — Knetsch : Arch. Naturg., VIII, 1939, p. 1 (org. tymp.). —
Le Cerf : Enc. enl.. B, III, 1926, p. 133 (Lépid.). — Mf.lin : Zool. liidr.,
Uppsala, XX, 1941 (Hym.). — Portier :Biol. Lépidopt., Paris (Lechevalier),
1949. — Pruffer : Trav. Soc. Sc. Vilno, Math. Nat., III, 1927, p. 84. —
Vogel : Zs. wiss. Zool., XCVIII, 1911, p. 68 et C, 1912, p. 210 (Lépid.).
— Weber : Biol, der Hemipteren, Berlin, 1920, et Lehrb. der Entom.,
1933. — Zacwilichowski : Bull. int. Acad. Cracovie, 1931-1935 (org. sens.).
GLANDES ALAIRES
organes odorifiques
343. — Les ailes des Lépidoptères, surtout celles des Rhopalocères.
qui, au repos, se relèvent et s’appliquent l’une contre l’autre, portent souvent
des organes androconiaux.
Les groupes d’écailles particulières forment des taches androconiales
sur la face dorsale des ailes des Arctiides, de certaines Lycaenides et de
nombreuses Nymphalides. Chez l’Hespéride Augiades comma, l’organe
peut être caché dans un pli de l’aile et protégé ou non par des écailles. Chez
la Nymphalide Dryas Paphia, la face dorsale de l'aile antérieure porte
plusieurs taches androconiales allongées, dont l'une présente un appareil
protecteur. Les androconies, dressées perpendiculairement, sont placées
entre deux groupes d’écailles disposées en toit. Pendant le vol la position
des écailles se modifie et dégage une ouverture qui permet le fonctionnement
de l’organe.
344. — D’autres types d’organes odorifiques plus ou moins modifiés,
voisins du précédent, se rencontrent chez les Danaus Chrysippits et plexipus,
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
105
Fia. 45. — Base de l'aile postérieure gauche d’un Planlpcnnc Myrméléonide, le Palpares
pardaloides v. d. \V., montrant l'organe de Eltringham (oE) vu de dessus. En nas,
grossie, face inférieure de l’organe. — o, emplacement de la nervure oblique.
dont l’appareil émetteur se trouve à l’intérieur d’une cavité formée par
un lobe saillant de la surface alaire près de la nervure cubitale. Chez les
Pyrales, l’organe se trouve sur une saillie de la marge alaire; chez diverses
Hespérides et Tortricides, il est situé dans un repli costal sur les ailes anté¬
rieures.
Les appareils à émission indirecte sont placés sur la face inférieure
de l’aile antérieure, et sur la face supérieure de l’aile postérieure.
Chez les Ptérophorides, dont les ailes sont profondément divisées,
la cubitale des ailes postérieures est munie sur la face inférieure d’une double
rangée d’écailles odoriüques de couleur foncée (fig. 90).
345. - Les Névroptères Myrméléonidés présentent à la base de l’aile,
au bord postérieur, un renflement pédonculé (organe de Eltringham). Ce
renflement, muni d’une brosse de poils serrés et de petites glandes unicel-
lulaires, est considéré comme un appareil odoriférant (fig. 45).
Les ailes de certains Diptères Psychodides présentent des organes qui
°nt été assimilés à ceux des Lépidoptères. Près de la base de l’aile, la mem¬
brane vésiculaire porte des groupes de soies et d'écailles différenciées pro¬
tégées par une prolifération squamale. Les nervures peuvent modifier
leurs parcours pour loger ces organes, ou elles-mêmes peuvent être renflées,
dilatées ou munies d’appareils « androconiaux ».
GLANDES
346. - Glandes élytrales. — Chez les Coléoptères Chrysomélides
e t Coccinellides, la face inférieure des élytres présente, dans la région épi-
MCmo.hks DU MusfcuM. — Zoologie, t. XXI. 8
Source : MNHN, Paris
106
EUGÈNE SÉGUY
pleurale, près du bord interne et suturai, et dans la région apicale, des séries
de pores plus ou moins marqués, et plus ou moins régulièrement disposés,
dont les ouvertures correspondent à ce que Tower nomme les glandes élytrales.
347. — Glandes cérifères. — Les ailes de certains Homoptères
(Fulgorides, Flattides) montrent des glandes qui s’ouvrent à l’extérieur
par des pores disposés en groupes. Ils permettent l'émission d’une substance
qui se solidifie à l’air et qui prend une consistance cireuse. Ces pores parais¬
sent accompagner les sensilles réparties sur les nervures. Ils sont placés
irrégulièrement sur les nervures longitudinales, surtout antérieures, parfois
sur la membrane (fig. 74).
Références. — Barth : Zs. wiss. Zool., Leipzig, CL, 1937, p. 1. —
Bourgogne ap. Grasse : Traité de Zool., 1951, p. 244 (odor.). — Bugnion :
Bull. Soc. Vaud. Sc. nul. (5), XL! II, 1907, p. 549 (glandes cirières). —
Eltringham : Trans. ent. Soc. Lond., LXXIV, 1926, p. 267 (odor.). —
Hafez et El Ziady : Bull. Soc. enl. Egypte, XIV, 36, 1952, p. 263
(gl. Coléopt.). — Hall : Enlom., London, XVI, 1889, p. 280 (odor.). — Por¬
tier : Biol., Lépidopt., Paris (Lechcvalier), 1949, p. 443 (Lépid.). — Tower :
Zool. Jahrb. Anal., XVII, 1903, p. 517 (Coléopt.).
PRODUCTION DU SON
348. — Le bruissement, le bourdonnement des Mouches et des Abeilles,
le grillotement des Grillons, la stridulation des Sauterelles, le piaulement
des Moustiques sont produits par les ailes de ces insectes. Ces bruits doivent
leur origine, soit à la vibration d’une membrane tendue sur une tige et
provoquant la réaction de l’air ambiant, soit à des organes spéciaux dont
certains sont encore inconnus.
Chaque espèce, ou même chaque individu d’une espèce donnée, Mous¬
tique, Abeille ou Guêpe, émet un bourdonnement particulier. La qualité
du son augmente ou diminue suivant les circonstances, température, humi¬
dité, frayeur, attaque, pariade, etc.
349. — Il y a également des vibrations alaires très rapides, imper¬
ceptibles pour l'oreille humaine, qui émettent des sons, ultra-sons, infra¬
sons, qui sont transmis et perçus par les insectes. On sait que l’Abeille
butinant une fleur émet des ultra-sons qui attirent d'autres individus. Il
est également connu qu’un essaim d’Abeilles émet des ultra-sons pour
guider les ouvrières à la recherche de la ruche. L’origine de ces vibrations
imperceptibles, probablement alaire, n’a pas encore été localisée avec
précision.
350. - Vibration. - Le son aigu est produit par la vibration rapide
de l'aile lorsque la fréquence des battements est très élevée. Le son n’est
Source : MNHM, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
107
Pas renforce par un organe particulier. Le son produit par l’aile vibrante
peut se comparer à celui qui est donné par un diapason ou par la vibration
d une verge métallique solidement fixée à une extrémité. La verge peut
etre comparée à la nervure costale de l’aile. Cette nervure entraîne une
membrane qui peut être sonore.
Suivant son épaisseur et son élasticité la surface de la membrane peut
se diviser en zones vibrantes. Ces zones peuvent être longitudinales si elles
suivent la direction du mouvement, et transversales si elles s’effectuent
Perpendiculairement au sens de propagation des ondes.
Le son le plus aigu est produit par les vibrations rapides des ailes des
ipteres Cératopogons. Le son grave est produit par les vibrations plus
entes des ailes de la Mouche bleue.
Bourdonnement. — Le son émis par l’insecte peut être
Produit par le passage rapide de l’air dans les trachées thoraciques, où il
I > * a v *kration de membranes tubulaires. Chez les Volucelles ou
Mouches bleues le bourdonnement, très intense pendant le vol au soleil,
P eu s observer également chez l’insecte immobile. L’action des ailes n’est
P a s en cause. Le bourdonnement stigmatique peut être réduit chez certaines
speces d’Myménoptères habitués à surprendre leurs proies; il est au contraire
un i?- 1 m ° inS intense . ch . ez ceux qui butinent des fleurs. On observe ici
Phénomène adaptatif lié au développement de la surface alaire chez les
premiers, et A une diminution de cette même surface chez les seconds. La
p cquence des battements compenserait la réduction de la surface portante,
ar exemple les Lépidoptères de la famille des Sésies compensent la réduction
e la surface de leurs ailes (dont la forme se rapproche de celle des Hymé¬
noptères par un accroissement plus ou moins important du nombre des
Battements dans le vol.
Ces phénomènes entraînent un mimétisme physiologique du vol que
° n peut comparer utilement au mimétisme du bourdonnement.
Organes sonores
p 3 ® 2 - ~ Définition. Diverses dispositions ou organes alaires
la UVe !î t ï )r . 0fiuire ,e son - L’aile peut former un organe sonore ou, au contraire,
Production du son est provoquée par l’action d’une partie quelconque du
LOr Ps sur l’aile.
contac^* )areil slr ‘^ ulant est f° rn, c do deux parties pouvant se meLtre en
'• une aire chitineuse finement denticulée ou striée, râpe, aire stridu-
ante (pars slridens, strigile),
séri 2 r Une saiUie chitineuse en arête ou formée de denlicules disposés en
,e ‘‘neaire, grattoir, peigne ou archet (plectrum).
pl ^ P? rs slridens peut se déplacer rapidement en frottant contre le
h il imm °bile, ou c’est le plectrum qui agit sur une pars slridens immo-
" e (Poisson).
Source : MNHN, Paris
108
EUGÈNE SÉGUY
Les organes stridulants des Lépidoptères et de certains Orthoptères
sont souvent des caractères sexuels secondaires propres au sexe mâle. Au
contraire les organes sonores se trouvent chez les deux sexes de nombreux
Coléoptères.
353. — Action des ailes sur le thorax. — Plusieurs espèces de Nym-
phalides américaines du genre Ageronia produisent en volant un cliquetis
caractéristique. Le mouvement des ailes provoque le frottement d’une
ampoule membraneuse placée à la base des ailes antérieures, contre des
apophyses chitineuses thoraciques.
D'après Pérez, puis Shipley et Wilson, le producteur du son, chez
l’Anophèle, serait un appareil stridulant situé à la base de l’aile. Cet appareil
très complexe serait formé par une série d’encoches gravées à la base infé-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
109
rieure de la costale ou du tronc basal radio-médian. Le mouvement alaire
provoquerait le frottement des deux nervures ou leur friction sur un apodème
ptéropleural.
Chez les Cicadides Tettigadines les deux sexes portent un appareil
stridulant accessoire formé par le lobe anal des ailes antérieures pourvu
d une arête chitineuse striée qui vient frotter contre les lobes latéraux du
mésonotum marqués de plusieurs rides profondes (fig. 46).
354. - Action d'une patte contre une aile. — Les mâles de
plusieurs espèces de Dioptides et Lépidoptères Noctuelles portent sur la
*ace inférieure de l’aile antérieure ou postérieure un espace privé d’écailles
e t fortement strié transversalement (tambour). Le frottement des pattes
contre cette membrane striée produit une vibration.
L’appareil stridulant de la Noctuelle Pemphigoslola synemonistis
est formé par un profond repli de l’aile antérieure, entre la nervure costale
et le bord inférieur de la cellule à la base. La membrane alaire est striée
transversalement. L’archet est donné par l’extrémité du tibia et des tarses
mtermédiaires dont la face externe est striée.
355. — Les Acridides provoquent la stridulation en frottant les fémurs
Postérieurs contre les élytres. Les petits tubercules fémoraux ràclent la
nervure et produisent le son, qui est amplifié par certains champs élytraux
Pjus ou moins élargis. Les nervures attaquées sont la radiale et la médiane
plus ou moins serrulées.
Les Hétéroptères Pyrrhocorides du genre Arhaphe portent un appareil
stridulatoire comparable à celui des Acridiens. Une crête marginale de
hémélytre (strigile) est attaquée par un plectrum mobile formé par une
Ploge denticulée placée sur la face interne des fémurs postérieurs (Lattin).
Les Coléoptères Cicindélides ( Oxychila), les Lucanides Chiasognathines,
es Cétonides Cacicus, les Ténébrionides des genres Prunaspila, Cimiciopsis,
Argasidius, portent des organes stridulants élytraux, formés de fines enco-
. es gravées sur la carène épipleurale. L’archet est fourni par les fémurs
•ntermédiaires.
356. — Action des ailes antérieures l'une sur l'autre. — Chez
es Orthoptères (Tettigoniides et Gryllides), la stridulation est produite
Par le frottement des deux élytres l’un contre, l’autre. Une nervure élytrale
anale (archet) porte à la face inférieure une rangée de petites apophyses
cornées dont le frottement fait vibrer l’autre élytre.
Chez les Tettigoniides l’appareil stridulant est localisé dans la partie
•asalc du champ dorsal (fig. 30). Sur l’élytre droit toute la partie corres¬
pondant au tympan — ou partie musicale — est mince et transparente
' spéculum} ; elle est seule capable de vibrer. L’élytre gauche porte l’archet
rrrie par la nervure anale épaissie et denticulée.
Chez les Gryllides l’appareil stridulant qui produit le grillottement
°ccupe tout le champ dorsal; il existe sur les deux élytres et la conformation
est à peu près semblable sur l'un et l’autre côté.
„ 357. — Généralement les mâles seuls portent un organe stridulant.
cpendant, chez les Gryllotalpides et les Tettigoniides, on trouve chez
Source : MNHN, Paris
110
EUGÈNE SÉGUY
les femelles des dispositifs permettant une faible stridulation. Chez les
Ephippigères l’appareil stridulanl est à peu près semblable dans les deux
sexes.
L'organe stridulanl peut disparaître et la nervation élytrale du mâle
devient comparable à celle de la femelle. Rare chez les Tcttigoniides cette
régression est fréquente chez les Gryllides.
358. — Chez la femelle des Gryllides, la nervation élytrale est simple
(lig. 59). Chez le mâle, l’organe stridulanl occupe la face dorsale de l’élytre.
Le champ latéral est peu modifié, mais toutes les nervures du champ dorsal
concourent à former un organe stridulanl. La nervure cubitale postérieure
est courbée à angle droit et se dirige vers le bord interne de l’élytre où elle
forme avec les axillaires le nœud anal. Cette nervure épaissie est munie
en dessous d'une crête stridulatoire ou archet. Après le nœud anal la nervure
cubitale traverse obliquement l'élytre et prend le nom de diagonale. Vers
le milieu elle rejoint deux branches de la cubitale antérieure pour limiter
un espace plus ou moins arrondi, le miroir. Entre le miroir et l’apex de l’élytre
se trouve le champ apical occupé par les branches de la cubitale. Les axil¬
laires ou cordes se prolongent au-delà du nœud anal. Enfin, entre l’anale et
la cubitale, un certain nombre de transverses nommées obliques unissent
ces deux nervures (fig. 30).
Les deux élytres sont semblables, mais c'est l’archet de l’élytre droit
qui frotte sur le bord interne de l’élytre gauche, vers le nœud anal où se
trouve une partie coriacée, bombée, la chanterelle.
359. — Action des ailes antérieures sur les postérieures. — Chez
les Noctuelles Argiva l'aile antérieure frotte contre des plis de l'aile pos¬
térieure. Chez le mâle de la Thesophora / ovea , l'appareil sonore est placé
sur l’aile postérieure; c’est une dépression profonde, à concavité dorsale
(tambour), qui occupe le milieu de l’aile. Sur la face ventrale correspond
un renflement soutenu par une nervure épaissie (bord antérieur de la cellule).
Le son résulterait du passage rapide de l’aile antérieure au-dessus de cette
cavité dorsale.
Les Arctiides Diacrisiu frottent des groupes d’épines localisées à la base
des ailes, sur la face ventrale des antérieures et sur la face dorsale des pos¬
térieures.
360. — Les mâles des Orthoptères Acridides Psophus produisent en
volant un bruit de crécelle dû à la friction de la face inférieure des élytres
sur la face supérieure des ailes postérieures.
361. — Chez la Cicadelle Muiria slridula le bord costal retourné des
ailes s’accroche dans un pli longitudinal des hémélytrcs. La surface rugueuse
et plissée s’oppose aux angles antérieurs de l'abdomen. Les hémélytres
et les ailes, animés de mouvements rapides, provoquent la stridulation
(Muir ap. Ossiannilsson).
362. — Action des ailes sur l'abdomen. — Les deux sexes de
nombreuses espèces de Passalides ont des facultés stridulantes. La présence
de l’appareil stridulatoire chez ces insectes a provoqué de nombreuses modi¬
fications morphologiques. Chez quelques espèces le pouvoir de vol a été
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
111
sacrifié à l’efficacité accrue de l’appareil sonore, les ailes ou les rudiments
alaires étant seulement utilisés comme producteurs de son.
Les Passalides produisent un bruit aigu en frottant la partie apicale
de l’abdomen contre les ailes lorsque celles-ci sont repliées et appliquées
contre la face interne des élytres. Le troisième segment abdominal et les
suivants portent encore des stigmates dont le péritrème présente des bords
aigus et saillants et des plaques rétrostigmatiques minces, arrondies ou
triangulaires, dont la surface est finement rugueuse. Le bord costal
de l’aile, strié, frotte contre ces organes. Le frottement produit la stridu¬
lation.
363. - L’aile des Passalides peut être réduite à une lanière cornée,
dure et rigide, formée par la réunion des nervures épaissies (fig. 46). Cette
lanière se dilate à l’apex pour atteindre la plaque tergale correspondante.
Elle repose dans une dépression élytrale, au-dessus d’une petite cavité
qui semble jouer le rôle de caisse de résonnance.
364. — Certains Coléoptères aquatiques (e. g. Hygrobia tarda) font
entendre un « cri » caractéristique produit par un appareil formé par une
carène striée située sur la face inférieure des élytres dans la région suturale.
Sur cette carène frotte le bord apical saillant du dernier tergite abdominal.
Le son est renforcé par un deuxième appareil situé sur la partie moyenne
et latérale de la face interne de l’élytre. C’est un onglet saillant qui frotte
sur la nervure limitant l’oblongum de l’aile repliée sous l’élytre.
365. — Plusieurs Carabiques, Trogides, Coprides, Dynastides, pré¬
sentent un appareil stridulant comparable. Il est formé par l’aile volante
jnunie d’un épaississement strié qui frotte contre un organe abdominal.
La face interne de l’élytre, longuement ciliée, des Trichius et des Melo-
•onlha, frotte contre l’abdomen.
Au contraire, le bord rugueux du pygidium et du tergite précédent
des Oryctes frotte contre les ciselures du pli transversal de la côte alaire.
Chez les Lucanides ce sont les bords postérieurs des orifices stigmatiques,
e t les replis latéraux de l’abdomen, qui agissent contre les stries costales,
comme chez le Phanaeus Mimas et le Scarabaeus sacer (fig. 46).
366. - Chez les Nécrophores le pli costal montre, dans l'aile repliée,
au niveau du premier pli transversal, un onglet soutenu par une serrula
gravée sur la nervure. Le crissement est produit par le frottement de cette
r ape contre le bord tranchant du cinquième tergite abdominal.
L’appareil sonore des Hétéroptères Cydnides et Tessarotomides est
lormé par les ailes postérieures dont une nervure serrulée attaque les deux
Premiers segments abdominaux striés transversalement.
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112
EUGÈNE SÉGUY
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PARASITES
367. — Les ailes et les élytres de la plupart des insectes attirent des
parasites ou abritent des réfugiés.
Les Thallophytes du groupe des Lahoulhéniales peuvent végéter sur
les élytres de différents Coléoptères, surtout des espèces terricoles et des
hygrophiles.
Les insectes bons voiliers, dont les nervures ou la membrane sont par¬
courues par un courant sanguin, attirent les Diptères Cératopogons héma-
tophages. Les Forcipomyia, principalement le Forcipomyia eques, attaquent
les Névroptères, les Sialides, les Chrysopes et différents Lépidoptères. Les
Pterobosca et les Lasiohelea piquent les ailes des Odonates, Anax, Orlhethrum,
Lestes, Trithemis, et des Diptères Tipulides.
Certains insectes, surtout les Lépidoptères, activement chassés par
les Chauves-souris, peuvent hériter de leurs parasites, comme les Acariens
Myrmonyssus, qui s'installent à la base des ailes ou sous les élytres.
Les élytres des Coléoptères peuvent cacher des Pseudoscorpions, des
Trombidions et leurs larves, des Gamases. Les insectes coprophages abritent
constamment des Acariens détriticoles.
Les Hydrachnides ubiquistes, des Vorticelles, des organismes divers,
peuvent se fixer sur les ailes des insectes aquatiques.
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
113
VOL DES INSECTES
368. — Les deux paires d’ailes des Paléoptères et des Néoptères
polynéoplères ont, pendant le vol, des mouvements indépendants. Chez
les Paranéoptères et les Oligonéoptères les ailes antérieures et postérieures,
accrochées l’une à l’autre, agissent simultanément. Cette disposition permet
aux ailes postérieures de fonctionner dans une masse d’air non agitée par
le mouvement des ailes antérieures.
Chez les Orthoptères et les Névroptères le mouvement des ailes ante¬
rieures s’effectue avant celui des ailes postérieures. Chez les Odonates les
ailes antérieures et postérieures ne travaillent pas à la même vitesse et
l’ordre des mouvements alaires est renversé. Les Agrions abaissent les ailes
antérieures et élèvent ensuite les postérieures, et vice-versa.
Chez les Hétéroptères les ailes membraneuses accrochées aux hémé-
lytres fonctionnent simultanément. Pendant le vol les élytres des Coléoptères
Peuvent être dressés verticalement, étendus latéralement et légèrement
soulevés au-dessus de l’abdomen. Les élytres, toujours inactifs, sont disposés
d e façon à éviter les phénomènes de turbulence aux ailes postérieures en
action.
369. Les mouvements alaires. — En vol stationnaire 1 insecte
tromoptère trace avec l'extrémité des ailes une ellipse dans l’air immobile.
Exposée à un courant d’air qui agit sur les organes sensoriels, la pointe de
I aile dessine une ligure allongée en forme de 8, dont la boucle supérieure
Se rapproche de l’axe horizontal de l’insecte. L’insecte volant, suspendu
dans l’air, prend une attitude commandée par l’effort qu’il produit pour
réagir contre l'inertie (lig. 47 et 48).
B
c
A
Flo. 47. ■— Tri in t narmnru nur In nninto de l'aile d’une
Eristale (Diptère) vue de côté,
un murant d’air. Les chilTres
Source : MNHN, Paris
114
EUGÈNE SÉGUY
Les insectes bons voiliers, comme les Odonates et certains Lépidoptères,
Diptères ou Hyménoptères, peuvent voler en avant, en arrière, tourner
sur eux-mêmes, se jeter subitement de côté, monter brusquement à la verti¬
cale, ou s’arrêter immédiatement en pleine vitesse.
Ces mouvements sont déterminés par l'augmentation ou la diminution
des vibrations alaires, sur une aile ou sur l’autre. L’amplitude du battement
peut se réduire d’un côté ou cesser complètement.
370. — L’aile de l’insecte fonctionne comme une hélice qui chasse
l'air en haut et en avant et le rejette en arrière. L'air entraîné dans les sillons
formés sur la membrane par la disposition des nervures alternativement
convexes et concaves, se détend vers l'arrière, oblige l’aile à tourner et
la pousse en avant. Le mouvement de l’aile vers le haut est plus rapide
que le mouvement vers le bas.
Le mécanisme articulaire, qui oblige l'aile au mouvement hélicoïdal,
est commandé par l’insecte - ou l’articulation basale inerte est suffisam-
ment flexible pour permettre à l’aile, sous la pression de l’air, de faire d’autres
mouvements que ceux de va-et-vient. Ces deux facteurs, actif et passif,
sont probablement d’une égale importance chez les Odonates.
Chez certains insectes la sclérose des parties antérieures de l’aile, le
resserrement des nervures contre le bord costal, la flexibilité des aires posté¬
rieures, la résistance de l'air, provoquent automatiquement la torsion de
la membrane sur l’aile en mouvement. Dans ce cas l'efficacité du pouvoir
alaire dépend de la minceur de la membrane et de la souplesse du pli
vannai.
Ces mouvements, et la vitesse des battements, sont modifiés chez les
insectes dont l’aile, entourée par l’épaississement costal, est soutenue par
un système rigide de nervures régulièrement réparties sur toute la surface
de la membrane.
371. — Equilibre et régulation du vol. — Les insectes peuvent
modifier la direction du vol au moyen du lobe vannai flottant des ailes
antérieures. Chez les Hyménoptères et les Lépidoptères à ailes rigides, la
régulation est dévolue aux ailes postérieures qui remplacent le lobe vannai
manquant aux antérieures.
Les insectes assurent encore la stabilité et la direction pendant le vol
en modifiant la position de la tête et de l’abdomen. Les macropodes utilisent
les pattes munies d’organes sensoriels comme appareils équilibrants (Chiro-
nomides, Tipulides). Les tarses garnis de poils sensitifs jouent un rôle
important pendant le vol de nombreux insectes.
Les insectes globulaires ou ovalaires, à pattes courtes (Mouches, Cocci¬
nelles) équilibrent et dirigent leur vol par l’action des ailes dont l’activité
est inégale des deux côtés. Les organes sensoriels répartis sur les nervures
provoquent les mouvements de rotation (ou autres) des ailes qui assurent
le vol dirigé. Ceux des pattes sont indispensables.
Chez les Diptères les organes équilibrants sont les balanciers, organes
gyroscopiques, sensibles aux déviations du plan de vibration. Les mouches
privées de balanciers perdent la sûreté du vol.
Chez les Strepsiptères et certains 1 Iomoptères ( e. g. Coccides) l’équi-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
115
libre est assuré par des organes homologues de position inverse à celle des
balanciers.
Source : MNHN, Paris
11(5
EUGÈNE SÉGUY
D’après Ch. .Janet, aux organes d'équilibre il faut ajouter les hamules
d’accrochage (65). La suppression de ces crochets ne paraît pas modifier
la régularité du vol. Mais l'arrêt, l’atterrissage sont difficiles : l'insecte roule
sur lui-même dès qu’il se pose.
372. — Fréquence des battements et vélocité. — Le vol des
insectes et sa rapidité sont sous la dépendance de nombreux facteurs
externes. La saison, l’humidité, le sexe, l’âge de l’animal, la polarisation
de la lumière, le magnétisme terrestre, les obstacles de toutes sortes modi¬
fient considérablement la fréquence des battements alaires. On a essayé
de compter ces battements et de mesurer la vitesse de différents insectes.
373. — Le nombre des battements est très variable d'une espèce à
l’autre. Le son produit par les ailes vibrantes a été mesuré au moyen de
méthodes acoustiques. Il permet d’apprécier le nombre de vibrations ou
de battements alaires. Les grands Lépidoptères (Papilio) accusent 5-9 vibra¬
tions par seconde, le Moustique mâle Aèdes 587 et le Cératopogonide Forci-
pomyia 1000 !
374. — En utilisant les méthodes stroboscopiques on a observé que
la Mouche domestique donne 330 battements à la seconde, l’Abeille 250,
la Coccinelle 90, la Macroglosse 85, la Libellule Aeshna 28, la Piéride 12.
Des estimations diverses (et souvent fantaisistes) ont été faites sur
la vélocité des insectes. Voici quelques chiffres. La libellule peut atteindre
au vol 35 à 80 km heure, le Taon 36 km., l'Abeille 13 km., le Hanneton
10 km., la Piéride 7 km.
Les insectes dont les ailes sont hérissées de poils, macrotriches ou écailles,
ont un vol peu rapide. Les bons voiliers portent ordinairement des ailes
à membrane nue et lisse.
375. — On trouvera ces chiffres dans tous les traités. Us ne signifient
rien. Ils ne montrent certainement pas toutes les possibilités des insectes.
Trop de causes d’erreurs affectent les calculs effectués sur des animaux
captifs ou maltraités dans un laboratoire. Us ne prouvent que l'habileté
de l’expérimentateur, qui a réussi à obtenir certaines réactions avec des
animaux fragiles, aussi violemment susceptibles et indépendants que les
insectes.
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Corporaal : Bull. Soc. eut. Fr., 1923, p. 147 (Coléopt.). — Corset : Bull,
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MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
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Source : MNHN, Paris
PALÉOPTÈRES
1.
Éphêméroptères
1. Éphêméroptères
2.
Odonatoptères
2. Odonates
NÉOPTÈRES
EXOPTÉRYGOTES
3.
POLYN ÉOPTÈRES
I. Blaltoptéroldes
3. Dictyoptères
4. Isoptères
5. Zoraptères
II. Orlhoptéroïdes
6. Plécoptères
7. Chéleutoptères
8. Orthoptères
9. Embioptères
III. Dermatoptéroïdes
10. Dermaptères
4.
Paranéoptères
IV. Hémipléroides
11. Psocoptères
12. Hétéroptèrcs
13. Homoptères
14. Thysanoptères
ENDOPTÉRYGOTES
5.
Oligonéoptkres
V. Névroptéroïdes j Complexe
15. Névroptères
VI. Mécoptéroïdes j panorpoïde
16. Mécoptères
17. Trichoptères
18. Lépidoptères
19. Diptères
VII. Coléoptéroïdes
20. Coléoptères
21. Strepsiptères
VIII. Hyménopléroïdes
22. Hyménoptères
Source : MNHN, Paris
DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE DES AILES
376. — Les différents groupes d'insectes ptérygotes, dont l’aile a pu
être étudiée, ont été répartis comme l’indique le tableau ci-contre.
CARACTÈRES DES PTÉRYGOTES
377. Les Insectes Ptérygotes se distinguent des Aptérygotes par la
présence d’ailes, ou au moins par la conformation particulière d’un thorax
a üfère, ptérothorax ou synthorax. La morphologie alaire, ou le mécanisme
ffiu permet de mettre les ailes au repos, autorise la division des Ptérygotes
en Paléoptères et en Néoptères.
Les Paléoptères
378. — Les Paléoptères sont munis d’ailes nues, mobiles dans le sens
crtical seulement. Au repos les ailes ne se replient pas à plat sur l’abdomen,
•les présentent une nervure médiane antérieure (MA) saillante ou convexe,
Hue certains Néoptères ont perdue. La radiale antérieure (RI) est simple
* Ur toute sa longueur et indépendante jusqu’à la base. Les nervures anales
°ut courbées en arrière.
, Les Paléoptères possèdent, en principe, un système de nervation complet,
u les nervures convexes alternent régulièrement avec les nervures concaves.
es ailes sont dépourvues d’appareil sonore spécialisé.
Les Paléoptères comprennent les Protodonates, les Paléodictyoptères,
es Ephéméroptères et les Odonatoptères.
d Ephéméroptères et les Odonatoptères sont les deux seuls groupes
u 1 aléoptères dont les représentants actuellement vivants permettent
1 etude des ailes.
Source : MNHN, Paris
120
EUGÈNE SÉGUY
LES ÉPHÉMÉROPTÈRES
[3, 27, 57, 100, 112, 152, 244, 310]
379. — Les Ephéméroptères se distinguent des Odonatoptères par les
caractères alaires suivants :
1. Ptérothèques nymphales disposées à plat sur la face tergale,
la costale placée à l’extérieur. Système trachéen alaire
réduit : certaines nervures ne sont pas pourvues de trachées.
2. Ailes postérieures réduites, couplées avec les antérieures.
3. Les muscles thoraciques dorsaux longitudinaux importants
font mouvoir les ailes vers le bas par élévation du tergum.
4. La rigidité de l’aile est obtenue par la disposition flabellée
des nervures longitudinales. Nervures transverses peu
nombreuses. Pas de nervures « spécialisées ».
5. Aire cubitale élargie.
6. Couplage des ailes amplexiforme.
CARACTÈRES PARTICULIERS DES AILES DES ÉPHÉMÈRES
380. — Les mouches de mai, insectes bons voiliers, sont très communes
au bord des eaux, des lacs, des ruisseaux ou des rivières.
Au moment de l’éclosion des adultes, l’insecte ailé qui sort de l’en¬
veloppe nymphale est une subimago qui diffère de l’imago par plusieurs
caractères (27).
Dans leur forme générale les deux stades (subimago et imago) sont
semblables, les ailes sont étendues et la respiration stigmatique est établie.
La subimago se reconnaîtra à son aspect mat, à ses ailes légèrement opaques,
longuement frangées.
381. — Le passage de l'état de subimago à celui d'imago est marqué
par un phénomène unique chez les insectes. Lors de la dernière mue la
subimago se dépouille d’une délicate pellicule qui recouvre entièrement le
corps, y compris les ailes, et donne une imago complètement formée. Dans
ce dernier état l’insecte perd son aspect mat et les ailes deviennent trans¬
parentes.
La pellicule subimaginale persiste temporairement ou définitivement
dans les deux sexes des espèces à vie courte. Les mâles des Oligoneurio
conservent cette pellicule sur les ailes, tandis que les femelles des Palingenio
et des Campsurus ne semblent pas la quitter.
382. — Ailes antérieures triangulaires membraneuses, minces, glabres
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES IN
121
et délicates, souvent transparentes, opalines ou opaques. Les deux ailes
de même structure, reliées au ptérothorax par un seul sclérite (fig. 13), au
repos dressées verticalement, placées l’une contre l’autre, jamais repliées
sur l’abdomen dans le sens des plis.
Ailes postérieures toujours plus petites que les antérieures dans les
formes actuelles (lig. 50), parfois réduites ou nulles chez les Cloeon et les
Caenis.
383. - Les nervures glabres, ordinairement nombreuses, sont disposées
en triades, sauf parfois sur les cubitales munies d'une série de nervures
postérieures pectinées. La nervure intercalaire de chaque triade est géné¬
ralement libre à la base. Le système complet des triades fait alterner régu¬
lièrement les nervures convexes et concaves sur la marge de I aile qui
présente un aspect flabelliforme (fig. 49). La nervation est variable.
Fio. 49. — Siplilonurus lacustris Eaton (Ephéméropt.). — apa, apophyse d’attache de la
radiale; 6, huiles; cc, cavité cupuliformc; hm, transverse huméral.-; IMA, médiane inter¬
calaire antérieure; iMP, médiane intercalaire postérieure; iR, radiales intercalaires;
pis, pterostigma. — En bas, bulle (b) de la radiale 2 grossie.
Sous-costale simple, prolongée jusqu’à l’apex de l’aile. Radiale 1 libre
depuis la base, subparallèle au bord de l’aile. Secteur radial détaché de la
base de RI, mais présentant encore l’apophyse d’attache (fig. 49). Trois
rameaux concaves primaires R2.3.4 + 5. Nervure humérale robuste, pré¬
cédée par un court épaississement costal. Médiane et cubitale parfois soudées,
toujours plus ou moins recourbées vers le haut à la base. Cubitale posté¬
rieure avec quelques rameaux disposés en série pectinée. Nervures anales
courtes et simples, convexes. Nervures transverses irrégulières et nombreuses,
sauf chez les Caenis.
384. — La partie postérieure de la membrane axillaire se présente sous
la forme habituelle. C’est un pli bordé par un épaississement rugueux ou
cordon axillaire réuni avec la base postérieure du tergum (fig. 13).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXL 9
Source : MNHN, Paris
122
EUGÈNE SÉGUY
L'aile antérieure porte un pterostigma traversé par des nervules. La
nervure sous-costale et le secteur radial peuvent présenter de petites dila¬
tations ampullaires (bulles ou thyridies), qui permettent à l'aile, à un certain
moment de l'évolution, de se plier transversalement (fig. 49).
Une cavité cupuliforme à parois épaissies, situées à la base de l'aile
antérieure, est un caractère propre aux Ephéméroptères. L’origine et la
signification de cette cavité sont inconnues (fig. 13).
Fia. 50. — Ephemera danica MOU. (Éphéméropt.). — A. Aile antérieure. — B, Aile posté¬
rieure, dessinée avec la même amplification. —- ux, sclérite axillaire; cc, cavité cupuli-
forme; i'Cu, cubitale intercalaire; iMA, médiane antérieure intercalaire; IMP, médiane
postérieure intercalaire; iR, radiale intercalaire; th, thyridies.
385. — Le plan de la nervation des ailes postérieures peut être super¬
posable à celui des ailes antérieures, mais le nombre des nervures est réduit.
La médiane antérieure se libère parfois de la radiale à la base, mais non du
secteur de la médiane. L’épaississement costal est souvent arqué ou forte¬
ment anguleux près de la base (angle huméral) (fig. 50).
386. — La coaptation ou la réunion des ailes antérieures et postérieures
pendant le vol est du type amplexiforme. La cohésion des deux ailes est
assurée par le développement de l’angle huméral des ailes postérieures.
Chez les Ephéméroptères l’aile est un organe stable. On ne connaît
pas de cas de brachyptérisme ou d’aptérisme, ou de variations individuelles,
géographiques ou dimorphiques sexuelles. Quelques espèces e.g. Baetis,
Caenis, Oligoneuria, ont une nervation simplifiée.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE I.’aILE DES INSECTES
123
387. — Articulation basale. — La structure articulaire du méca¬
nisme fléchisseur est réduite à la base des ailes, mais n’est pas très différente
de celle des insectes à ailes pliées (cf. 112 et fig. 13).
Références. — Adolph : Nova Acta Leop. Halle, CVI, 1920 (Epeorns).
— Burks : Huit. Illinois Nat. Hist. Surveg, XXVI, 1953 (Ephém. de l'Illi¬
nois). — Demoulin : Bull. Inst. Sc. nat. Belg., XXVIII, 1952, n° 21. —
Edmunds et Traver : J. Wash. Acad. Sc., XLIV, 1954, p. 390 (taxon.). —
Fontaine : Bull. Soc. linn. Lyon, XXIV, 1955, p. 60 (Prosopisloma). —
Morgan : Ann. cnt. Soc. Amer., V, 1912, p. 89 (homologie des nervures). —
Needham, Traver et Hsu : Biology of Mayllies, New York, 1935 (Comstock
Publ.). — Spieth : Ann. enl. Soc. Amer., XL, 1947, p. 87 (taxon.). —
Ulmer ap. Schulze : Biol. Tiere Deutschl., 10, Teil 34, Berlin, 1924 (génér.
et bibliogr.). — Verrier : Biologie des Ephémères, Paris (Collin), 1956.
LES ODONATOPTÈRES
[78 , 93, 112, 126, 166, 169, 174, 175 , 217 , 323 , 368 , 370]
388. — Les Odonatoptères se distinguent des Ephéméroptères par les
caractères suivants :
1. Ptérothèques nymphales dressées sur la face tergale, le bord
costal est placé à l’intérieur, sur la ligne médiane du corps.
Système trachéen alaire très développé.
2. Ailes postérieures élargies, non couplées avec les antérieures,
à mouvements indépendants.
3. Muscles dorsaux longitudinaux nuis. Le mouvement des
ailes vers le bas est commandé par les muscles pleuraux
à action directe.
4. La rigidité de l'aile est obtenue par des membranes solides,
des nervures longitudinales épaisses reliées par des trans¬
verses très nombreuses. Trois organes alaires sont carac¬
téristiques de l’ordre des Odonates : l’arculus, le nodus et
le pterostigma.
5. Aire cubitale réduite.
6. Pas d’appareil de couplage des ailes.
Caractères particuliers des ailes des odonatoptères
389. — Les représentants actuellement vivants de cet ordre sont tous
beaucoup plus petits que l’Odonatoïde Meganeura Monyi, du Carbonifère
supérieur, dont l’envergure atteignait près de 60 centimètres. Le plus grand
Source : MNHN, Paris
124
EUGÈNE SÉGUY
Odonatoptère actuellement connu paraît être le Zygoptère Megaloprepus
caerulatus, de l’Amérique méridionale, qui a près de 20 cm. d’envergure.
Le plus petit est VHemiphlebia mirabilis d’Australie, qui mesure entre
10 et 12 millimètres.
Fio. 51. — Lestes oirens Charp. (Odonate). — A, aile antérieure gauche. — B, base de
l’aile postérieure gauche. — an 1, 2 anténodaics (nodalcs antérieures); arc, arculus;
ehan, champ anal; n, nodus ; nd, nervure nodaie; o, nervure oblique; q, cellule quadran-
guiaire ; subn, subnodus ; sq, cellule sous-quadrangulaire ; tst, transversc pterost igmatique.
Les ailes des Odonatoptères sont habituellement subégales, plus ou
moins pédonculées chez les Zygoptères (fig. 51), à base élargie chez les
Anisoptères, les ailes postérieures non plissées, à champ anal dilaté. Au
repos elles sont dressées et dirigées obliquement en arrière chez les Zygo¬
ptères — ou disposées à plat, perpendiculairement au corps chez les
Anisoptères. Cette disposition, unique chez les insectes, est secondaire :
l'Anisoptère qui sort de l’exuvie « nymphale » a les ailes relevées comme
les Zygoptères. Il ne les étale que plus tard.
390. — Les ailes, membraneuses et glabres, sont souvent vitreuses ou
hyalines. Les mâles des Calopteryx portent des ailes parées de couleurs
métalliques violettes, bleues ou vertes. Les Rhynocypha et les Rhyothemis
australiens ou indonésiens sont munis d’ailes à coloration brillante et métal¬
lique, formée par des combinaisons de rouge, de violet, de pourpre ou de
vert doré étincelant. Les Odonates montrent ordinairement un dichroïsme
sexuel très marqué, la coloration des ailes peut être très différente dans les
deux sexes.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
125
391. — La nervation des Odonatoptères a subi d’importantes modi¬
fications évolutives, surtout remarquables chez les Anisoptères. Les ner¬
vures nombreuses et variées ne se superposent pas toujours au schéma
donné par les trachées dans la ptérothèque nymphale. Cette particularité
a donné lieu à de vives discussions. Les nervules transverses forment un
réticulum délicat délimitant un grand nombre de cellules quadrangulaires
ou polygonales (3000 chez les Neurothemis). De nombreuses transversales
ont tendance à former des secteurs intercalaires dans la région postérieure
de l’aile : c’est une source supplémentaire de confusion.
Fig. 52. — Aile postérieure gauche de la Libellula depressa L. (Odonate). — an, anténodales
(nodales antérieures); As, anale supplémentaire; ba, boucle anale ou triangle anal;
di, diagonale particulière aux Libellules; Mds, médiane supplémentaire; me, membra-
nule ; n, nodtis ; nop, nodales postérieures ; o, nervure oblique ; po, pont ; pis, pterostigma ;
fis, radiale supplémentaire; sbn, nervure sous-nodale; tri, triangle discoldal; Ist, trans¬
verse pterostigmatiquc. (Voir aussi flg. 13, 22, 31 et 53.)
392. — La costale s’arrête au niveau du nodus. C'est la sous-costale
basse qui remplace la costale jusqu’à l’apex de l'aile (174).
Les nervures radiale et médiane sont réunies à la base. Il existe une
nervure médiane antérieure, mais la cubitale antérieure a disparu et l’on
observe constamment la nervure cubitale postérieure basse (CuP). Une
seule nervure anale haute, parfois une seconde anale ou récurrente et une
anale supplémentaire (166 et fig. 52).
Du nodus part une nervure transversale, la nodale, placée entre Sc
et R. Cette nervure est suivie de la sous-nodale entre R et Rs. Cette dispo¬
sition consolide le bord de l’aile (subnodus) (fig. 53).
393. — Entre la première nervure radiale et l’épaississement costal,
°n trouve une série de nervules. Depuis la base de l'aile jusqu’au nodus ce
sont les anténodales, après le nodus les postnodales.
Près de la base une transverse, dans la partie comprise entre R + M
e t Cu, forme l'arculus. Lorsque les nervures se divisent près de la base il
Peut y avoir formation d'un arculus postérieur. C’est le soutien principal
de la base de l’aile (fig. 22).
Source : MNHN, Paris
126
EUGÈNE SÉGUY
394. — La cellule formée entre les nervures M et Cu et limitée par
l’arculus, peut être triangulaire (Anisoptères) ou plus ou moins quadran-
gulaire (Zygoptères) (fig. 51).
La nervure transverse anale limite en arrière le subtriangle.
Certains Anisoptères présentent des secteurs ou « nervures supplé¬
mentaires », formés ordinairement par la réunion de nervules transversales.
Ce sont le plus souvent une radiale supplémentaire, une médiane et une
nervure anale. Ces trois secteurs sont concaves.
n
Fig. 53. — Cordulegusler annulalus Latreillc (Odonate) face inférieure de l’aile gauche
montrant le nodus, le subnodus et la superposition de G + sc. — an, anténodales (nodalcs
antérieures); n, nodus ; nd, nervure nodale; nop, nodules postérieures; o, nervure oblique;
po, pont; R3, secteur de l’arculus; Ks2, radiale supplémentaire; subn, subnodus.
395. — La nervure oblique est une pièce du secteur radial réunissant
deux nervures. Le pont est une formation secondaire réunissant proxima-
lement la nervure oblique sur la deuxième radiale supplémentaire avec la
base de RI.
396. — Le pterostigma des Odonates, ou carpus, est constitué par
une aire opaque, épaissie, placée dans la partie proximale de l'aile, entre
l’épaississement costal et la nervure radiale (227).
Les ailes antérieures et postérieures présentent une plage anale de
conformation différente. Sur l’aile postérieure les cellules anales, plus nom¬
breuses, sont nommées par les spécialistes cellules paranales et postanales.
Le triangle basal est un caractère particulier aux mâles; il est formé
de trois cellules. La cellule apicale forme le tornus qui, chez certains Aniso¬
ptères, est en relation avec les oreillettes (231, 232, fig. 31).
397. — Articulation basale. — La région articulaire présente deux
plaques sclérosées. La plaque humérale antérieure est reliée à l’épaississe¬
ment costal au moyen d’un petit sclérite intermédiaire (112).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE
INSECTES
127
La plaque postérieure ou axillaire (fig. 13) commande la base des
nervures radiale, médiane, cubitale et anale. Cette plaque est homologue
de l’axillaire des insectes à ailes pliantes. Elle est articulée sur le bord
latéral du tergite au moyen d'une aire membraneuse. La saillie pleurale
alifère porte deux apophyses qui commandent la plaque antérieure et
la plaque axillaire. Les plaques basalaires tournent de haut en bas lorsque
l’aile s’élève ou s'abaisse.
La plaque antérieure et la plaque axillaire sont mobiles l’une sur 1 au¬
tre, le champ costal est doué de mouvements favorisés par la petite plaque
intermédiaire.
398. — Le mécanisme du vol des Odonates, facilité par les organes
basalaires et les insertions directes des muscles thoraciques, montre un per¬
fectionnement sur l’appareil volant des Ephémères. C’est peut-être le
prototype du mécanisme alaire des autres insectes.
La base des ailes porte un appareil chordotonal compliqué. La base
des grandes nervures longitudinales et le bord anal sont munis de pores et
de cils groupés pour former des organes sensoriels. Ces organes contrôlent
•e mouvement des ailes pendant le vol.
Références. - Asahina : Morphological study of Epiophlebia
supersies, Tokyo, 1954. — Borror : Ann. Soc. enl. Amer., XXXVIII, 1915,
p. 168. — Frankenberg : Nat. u. Volk., LXXIV, 1944, p. 130. — Fraser :
Proc. ent. Soc. Lond. (A), XII, 1937, p. 101 (n. anténodales); Entom ., Lond.,
LXXI, 1938, p. 273 (n. anale); Proc. ent. Soc. Lond., XIII, 1938, p. 60
(prétrachéation); et XIV, 1939, p. 63 (anténodales); et XVII, 1942, p. 64
(évolution, bride nodale), et XVIII, 1913, p. 50 (oreillettes); XXIII. 1948,
P- 44 (notât. Zalessky), Proc. (B), XIII, p. 58 (n. oblique). — Grandi :
Poil. Isl. enl. Bologna, XVI, 1947, p. 254 (sclérites axillaires). — Gross
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bibl.). — Martin et Planet : Histoire naturelle de la France, 9, Pseudo-
névroptêres et Névroptères, Paris (Deyrolle), 1931. — Martynov ; Rev.
russe Entom., XV111, 1921, p. 115 (nervation et trachéation). — Munz :
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tion). — Needham et Westfall : Manual of the Dragonflies of N. America
(Anisoptera) : Berkeley et Los Angeles (Univ. Calif.), 1955. — Needham :
Trans. Amer. ent. Soc., Philad., LXXVII, 1951, p. 21 (nervation et critique).
— Tannert : D. ent. Zs„ v, 1958, p. 394 (articul.). — Tillyard : Ent-
News, Philad., XXXIII, 1922, p. 1 et 45, Ind. Rec. Mus. Calcutta, XXX,
19 28, p. 151 (nervation). - Tillyard et Fraser : Austr. Zool., Sydney,
IX, 1938, p. 125 et 1939, p. 195 (nervation). — Zalessky : Bull. Acad.
Trningr. 1932, p. 713, et Bull. Soc. Géol. Fr., III, 1933, p. 197 (évol. phylog.
des Odonates et des Ephémères).
Source : MNHN, Paris
Les Néoptères
399. Les insectes Néoptères sont munis d'ailes mobiles dans le sens
vertical et horizontal. Au repos elles se replient sur la face dorsale de l’ab¬
domen. Les ailes antérieures, souvent épaissies, peuvent constituer des
élytres. Elles recouvrent les postérieures. La nervure médiane antérieure
(MA) peut disparaître, et la nervure radiale antérieure peut se ramifier.
Les nervures anales sont dirigées obliquement vers le bord de l’aile, non
courbées vers l’arrière comme chez les Paléoptères. Les ailes sont rétrécies
à la base. L'articulation basalaire est formée par le sclérite axillaire antérieur
et par trois sclérites fournis par la base des nervures longitudinales : un
axillaire médian, un intermédiaire et un anal. Il existe souvent un appareil
alaire producteur du son et habituellement des organes tympanaux ou
chordotonaux.
Les particularités évolutives permettent de diviser les insectes Néoptères
en Exoptérygotes et en Endoptérygotes.
LES EXOPTÉRYGOTES
400. — Les Exoptérygotes Hétérométaboles ou Paurométaboles sont
des insectes à métamorphoses incomplètes, dont le développement ne
présente ni larves, ni métamorphoses apparentes, ce qui les distingue des
Endoptérygotes.
Les Exoptérygotes présentent généralement un prothorax bien déve¬
loppé. Les ailes, ordinairement glabres, peuvent porter une nervure médiane
antérieure convexe, indépendante, mais cette nervure peut se réunir au
dernier rameau du secteur radial et disparaître. L’espace limité par la
radiale et la cubitale antérieure ne présente alors que des nervures concaves.
La radiale antérieure peut être simple et indépendante depuis la base, ou
peut être munie de rameaux qui se confondent avec ceux du secteur.
Les Exoptérygotes sont Polynéoptères ou Paranéoptères.
LES POLYNÉOPTÈRES
401. Les Polynéoptères comprennent des insectes broyeurs dont
les ailes sont caractérisées par un champ anal très développé, soutenu
par de nombreuses nervures, sauf chez la plupart des Termites, les Zora-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
129
ptères et les Embioptères. Il n’y a pas d'appareil de couplage des ailes.
Les Polynéoptères comprennent les Blattoptéroïdes, les Orthoptéroïdes et
les Dermaptéroïdes.
Les Paranéoptères renferment les Hémiptéroïdes.
LES BLATTOPTÉROÏDES
402. Le corps est déprimé, le prothorax offre un rebord latéral.
Pendant le repos les ailes sont disposées à plat sur l’abdomen et se recou¬
vrent partiellement. La nervure costale est placée au bord antérieur de
l’aile.
Les Blattoptéroïdes comprennent les Dictyoptères, les Isoptères et
les Zoraptères. Les Isoptères et les Zoraptères portent des ailes caduques.
Les Blattides perdent rarement leurs ailes.
LES DICTYOPTÈRES
403. Ce sont des Blattoptéroïdes non sociaux, dont le prothorax
est élargi. Les ailes ne sont pas caduques, sauf chez les Blattes Salganea
et Panesthia. Les antérieures présentent un champ anal généralement séparé
du reste de l’aile par un sillon. Le champ anal des ailes postérieures, élargi,
Peut se plisser en éventail (186).
Les Dictyoptères comprennent les Blattes (Blattides) et les Mantes
(Mantides).
Les blattides
[75, 159, 165, 167, 212]
404. — Les Blattes ont ordinairement le corps aplati, les ailes antérieures
sont des élytres mous, croisés sur la face dorsale. Les ailes postérieures sont
amples et font de ces insectes de bons voiliers.
Chez les jeunes Blattes les ébauches des ptérothèques sont disposées
obliquement sur les côtés du corps comme chez les Protoblattoïdes fossiles.
Ces ébauches ressemblent aux ailerons que portent les segments thoraciques
e * abdominaux des formes primitives.
Le tégument des Blattes est ordinairement brun, les couleurs vives ou
métalliques sont exceptionnelles, les teintes vertes sont rares. Les taches
ou les dessins seraient dûs à une accumulation de pigment noir.
Les représentants de quelques genres de Blattoïdes ont une forme
convexe rappelant celle des Coléoptères Coccinellides ou Cassides.
405. Caractères généraux des ailes. — Les ailes supérieures
s °nt transformées en élytres. Au repos elles recouvrent les inférieures à
Source : MNHN, Paris
130
EUGÈNE SÉGUY
plat en se croisant partiellement, comme chez les Plécoptères. Les élytres
assurent l’équilibre pendant le vol. Ils peuvent être coriacés, sans trace
de nervures, mais généralement la nervation est bien visible.
M Sc ,R
Fui. 54. — Periplaneta austratasiae F. (Dictyoptère). — A, élytrc; U, aile postérieure. —
2 A, deuxième nervure anale ou axillaire ramifiée; ns, nervure séparatrice; trin, triangle
intercalé; vd, oena dioidens.
Sauf dans quelques formes fossiles la nervure sous-costale raccourcie
peut encore montrer quelques nervules. La radiale (R) envoie de nombreux
rameaux dans le champ costal élargi. Parmi ces nervures plusieurs peuvent
appartenir au secteur de la radiale, celui-ci continue souvent la radiale et
ne peut plus en être distingué. C’est une exception à la règle qui veut une
radiale convexe simple, non ramifiée (fig. 54). La nervure médiane est
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
131
concave, elle peut se diviser à la base en deux branches (MPI et MP2).
La cubitale, importante, est ramifiée. La cubitale postérieure est générale¬
ment simple. Le champ anal est séparé de l’aire cubitale par un sillon courbe
(pli vannai). Il loge la cubitale postérieure. La première anale est courte.
La seconde anale est ramifiée en éventail. Elle est suivie par une dizaine
de nervures flabelliformes qui soutiennent le champ anal (lïg. 54). Le champ
jugal est dépourvu de nervures.
L’articulation basalaire comprend quatre sclérites axillaires de type
primitif.
406. — Les ailes de la deuxième paire sont membraneusee et au repos
s c plient sous les élytres. Elles servent activement pendant le vol.
Sur l’aile postérieure la nervation présente la même disposition que
sur l’aile antérieure. La radiale porte des branches antérieures plus nom¬
breuses. La médiane est simple, la cubitale porte de nombreux rameaux.
Le champ anal est très développé. Il peut se plisser et être ramené au
repos sous la partie antérieure de l’aile. Il est muni d’un grand nombre
<le nervures anales dont la deuxième est ordinairement ramifiée (axillaire
pectinée). Le champ anal est séparé de l’aire cubitale par un pli épais, la
uena dividens (159). A l’extrémité de la vena dividens se trouve le triangle
intercalé.
407. — Chez les Blattides les variations alaires sont très étendues. Les
ailes peuvent être plus développées chez les mâles que chez les femelles.
Uans les cas extrêmes on peut observer dans un couple le mâle ailé et la
■cnielle aptère. Tous les intermédiaires peuvent se présenter entre les deux
extrêmes et la forme typique dont les deux sexes, semblables, sont munis
d élytres et d'ailes bien développées.
Chez certaines formes la nervation se simplifie, le réseau des nervures
transversales tend à disparaître et le champ anal se rétrécit. D’autres
Portent des ailes rappelant celles des Psocides ou celles des Coléoptères;
chez d’autres les nervures tendent à former des cellules. Certaines espèces
sont munies d’ailes inférieures à zone apicale allongée et séparée de la zone
Médiane par un pli permettant de la rabattre, comme chez certains Der-
Waptères ou Coléoptères.
Références. - Beck ; Zool. Jahrb., Iena Abt. Anat., XLI, 1919,
P- 377 (Phyllodromia germanica L.). — Chopard ap. Grasse : Traité de
-oologie, IX, Paris (Masson), 1919, p. 355. — Forbes : 5 e Congrès int.
-nt. Paris, II, 1933, p. 277 (nervation axillaire). — Ragge : Wing-venation
°* the Orthoptera, London (B. M.), 1955, p. 127. — Rehn : Classification
of the Blattaria as indicated by their wings, Mem. Amer. enl. Soc., XIV. —
‘ m art : Proc. zool. Soc. Lond., CXXI, 1951, p. 501 (Periplanetn amerietma).
Les Mantides
408. — Le dimorphisme sexuel est apparent dans la structure et la
couleur des élytres. Les Mantes offrent encore un dichroïsme marqué. Dans
Source : MNHN, Paris
132
EUGÈNE SÉGUY
une même espèce on peut observer une forme brune et une forme verte.
Les Déroplatydes ressemblent à des feuilles mortes et la coloration des
Hyménopodides est très vive, surtout sur les ailes inférieures.
Fio. 55. — Gongylm gongyloiiles Linné (Dk'tyoptèrc). Aile antérieure (A) et postérieure (B)
représentées au même grossissement. — arc, arculus ; Axr, nervure axillaire ramifiée;
l, 2, 3, 4ax, sclérites axillaires; ju, jugum;pj, pli jugal; pm, plaques médianes; si, stigma.
Les ailes des Mantes sont conformées comme celles des Blattes. Elles
sont parfois réduites, surtout chez la femelle. La costale est bien développée,
souvent épaisse. La nervure sous-costale simple, ordinairement longue,
est prolongée jusqu’à l’extrémité de l’aile. La médiane, peu divisée, est
concave. La première nervure anale est simple; la deuxième, appelée axil¬
laire, peut présenter un ou plusieurs rameaux (fig. 55).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
133
409. — Les élytres, à membrane épaissie, présentent le même schéma
de nervation que les ailes postérieures. L'espace sous-costal est étroit, mais
peut s’élargir comme chez les Sphodromantis. Une ligne chitinisée oblique,
formée par une disposition particulière de la base des rameaux de la cubitale,
traverse parfois la base de l'espace cubital. Un stigma plus ou moins visible,
formé par une tache calleuse, oblique, est situé sur la partie discale moyenne
de l’élytre dans l’espace médio-cubital. Le champ anal est réduit. Une aire
jugale membraneuse, bien développée chez certaines espèces, peut présenter
des plis ou des nervules. Elle peut se rabattre normalement en dessous par
un pli longitudinal parallèle à la troisième nervure anale (pli jugal) (lig. 55).
410. - Les ailes volantes, élargies, membraneuses, montrent un champ
antérieur étroit, un champ anal élargi, plissé en éventail. L’aire sous-costale
est ordinairement étroite. Les nervures sous-costale, radiale et son secteur,
la nervure médiane sont simples. La médiane est concave ou convexe (Man-
toides tenuis). La nervure cubitale (CuAl), convexe, est divisée et la cubitale
postérieure (CuP), concave, est simple. Le champ anal est ordinairement
bien développé. La première nervure anale (IA) est simple et convexe.
Les nervures suivantes (2A et n) sont des axillaires.
La nervulation transversale est importante sur les deux ailes. Certaines
formes tendent à la simplifier. Au contraire les Orthodérides multiplient
les nervules des élytres qui forment une réticulation allongée, très serrée;
l’aire sous-costale et parfois la suivante cernent un archédictyon.
L'articulation basalaire est formée par quatre sclérites axillaires prin¬
cipaux, comme chez les Blattides; le premier correspond à la costale et à
la sous-costale, le second à la radiale, le troisième au groupe médio-cubital,
le quatrième aux axillaires.
Références. - Chopard ap. Grasse : Traité de Zoologie, IX,
Paris (Masson), 1949, p. 386.
T.PS ISOPTÈRES
[75, 114, 201, 244, 281, 306]
411. — Les Isoptères, Termites ou Fourmis blanches, sont des Blatto-
Ptéroîdes sociaux à prothorax rétréci. Les ailes sont caduques. Les antérieures
n ’°nt pas de champ anal distinct du reste de l’aile. Le champ anal des ailes
postérieures est élargi chez les formes archaïques (Mastotermitidés), il ne
se plisse pas en éventail.
Les Isoptères doivent leur nom à leurs ailes semblables. Les seuls
Mastotermitidés portent des ailes dissemblables comme les Dictyoptères.
Les ailes des Termites sont grandes. Au repos elles se superposent hori-
2 °ntalement sur la face dorsale de l’abdomen. Leurs extrémités dépassent
largement celle du corps. Les deux paires d’ailes sont membraneuses, hya¬
lines ou enfumées, parfois légèrement irisées. Les ailes antérieures sont peu
chitinisées.
Source : MNHN, Paris
134
EUGÈNE
412. — Les deux paires d’ailes montrent près de leur hase une suture
basilaire courbée ou sinueuse, qui permet à l’insecte de les détacher après
le vol nuptial. Il ne reste fixé au thorax qu’un moignon alaire corné, l’écaille,
parfois plus grande à une aile qu'à une autre (201). Chez les Termitides
l’écaille, très petite, tend à se séparer du reste de l'aile suivant une ligne de
rupture transverse. Cette ligne de rupture, caractéristique principale des
Termites, est vestigiale sur les ailes postérieures des Calotermes.
Fio. 56. — Anacanlhotermes ochraceus Burin. (Isopt. ). cl, clauus ; cusp, cubitale supplé¬
mentaire; te, écaille; lr, ligne de rupture; Rsp, radiale supplémentaire.
413. — La nervation des ailes des Termites varie beaucoup, parfois
individuellement. Les nervures sont souvent peu apparentes. L’épaississe¬
ment costal est prolongé jusqu'à l’extrémité de l'aile. La sous-costale,
plus ou moins développée, est courte; elle offre parfois deux rameaux. Elle
peut disparaître et manque souvent chez les Calotermilidae. La nervure
radiale est longue et simple chez les Termitides, ou courte et ramifiée chez
les Calotermes. La médiane et la cubitale sont ordinairement moins chitinisées
que les autres nervures. Leur développement est variable. La nervure
médiane, ordinairement concave, peut être dichotomisée, un rameau anté¬
rieur secondairement convexe peut être confondu avec une médiane anté¬
rieure qui n'existe pas chez les Termites (fig. 56). La cubitale porte aussi
de nombreux rameaux. Les nervures anales, fortement chitinisées, partent
d'un rameau commun.
414. — Les ailes de certains groupes sont pourvues de transverses ou
d’intercalaires serrées qui se réunissent, s’épaississent plus ou moins et
forment une réticulation très irrégulière. Les ailes peuvent être réticulées
chez les Mésotermitidés; la réticulation s’efface ou devient inapparente
ou nulle chez les Termitidés.
415. — L’articulation basalaire est formée de trois sclérites axillaires
de formes diverses, assez écartés les uns des autres. Le troisième, qui est
articulé avec la base du champ anal, est pourvu d'une pièce cuticulaire
apicale indépendante.
Entre les sclérites axillaires et la base de l’aile antérieure, on trouve
un sclérite isolé qui a été comparé au jugum et qui est considéré comme
étant l’homologue du champ postanal de l’aile antérieure des Mastotermes
Source : MNHN, Paris
MOKPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
135
(216). L’ épaississement costal de l’aile antérieure offre à sa base une plaque
costale et une tegula.
Comme les autres Orthoptéroïdes les Termites offrent des individus
ailés et des individus aptères, allotropie dont la cause est inconnue. Les
individus aptères sont eux-mêmes polymorphes.
Références. Grasse : Traité de Zoologie, IX, Paris (Masson),
1949. — Tillyard : Proc. Linn. Soc. N.S.W., LVI, 1931, p. 371. — Richard :
fns. Soc., I, 1954, p. 177 (nerfs et trachées alaires).
LES ZORAPTÈRES
[195 , 306]
416. — Les Zoraptères sont des Blattoptéroïdes non sociaux qui for-
m ent des colonies composées d'individus normalement ailés ou normale¬
ment aptères. Les ailes inégales, caduques, indépendantes, à base très étroite
e t courte, n’ont pas de champ anal.
Les Zoraptères sont placés systématiquement près des Isoptères dont
ns se rapprochent par de nombreux caractères. Mais les ailes des Termites
et des Zoraptères ne sont pas comparables morphologiquement. La ligne
ne rupture, caractéristique des ailes des Termites, n’existe pas chez les
zoraptères, qui perdent leurs ailes comme les Fourmis.
417. — Les ailes des Zoraptères ont été comparées à celles des Homo-
Ptères Aphides et des Psocoptères. Elles sont grandes, les inférieures plus
jaibles et plus courtes que les supérieures. Au repos elles se superposent sur
i * ace dorsale de l’abdomen, qu’elles dépassent de plus de la moitié de leur
longueur. Les deux paires d’ailes sont membraneuses, ciliées sur toute leur
surface. Les supérieures sont légèrement plus résistantes.
418. — La nervation est simple et les nervures sont faibles comme les
ailes. Les antérieures portent un épaississement qui forme, en se réunissant
a * a radiale, un pterostigma important qui peut s’étendre sur près de la
moitié de la longueur de la côte alaire. La nervure radiale est simple et son
secteur ne présente qu'un rameau, la médiane est concave et possède une
as e commune avec la cubitale antérieure. La cubitale postérieure (CuP)
est libre. Il n’y a pas de nervures anales. Ordinairement deux nervules
r ansverses, radio-médiane et médio-cubitale.
L aile postérieure est soutenue par une nervure longitudinale formée
ta réunion de la cubitale, de la radiale et de la médiane. La cubitale
Postérieure est vestigiale à la base.
L’articulation basalaire est assurée par deux renflements de la base
, es Nervures des groupes antérieur et postérieur. Les ailes des Zoraptères
ombent dès que la maturité sexuelle est acquise. La ligne de rupture se
^>uve au niveau de l’articulation basalaire des nervures longitudinales.
^ base de ces dilatations forme la ligne de rupture.
Source : MNHN, Paris
136
EUGÈNE SÉGUY
Références. Crampton : Canad. Ent., L1II, 1921. — Delamarre
Debouteville : Ann. Sc. nul., Zool., IX, 1917, 2. — Denis ap. Grasse :
Traité de Zool., Paris (Masson), 1949, p. 545 (excell. ligures).
LES ORTHOPTÈROÏDES
LES PLÉGOPTÈRES
[12, 124, 191, 278 , 298)
419. Les ailes sont membraneuses et transparentes, les antérieures,
parfois légèrement épaissies, toujours plus étroites que les postérieures. La
membrane et les nervures sont pourvues de microtriches et de macrotriches.
Au repos les ailes antérieures sont couchées à plat sur l’abdomen et recou¬
vrent les ailes postérieures. Le lobe anal des ailes postérieures, dilaté, est
séparé du reste de l’aile par une échancrure. 11 peut se plisser longitudi¬
nalement comme un éventail. Les ailes repliées dépassent l'extrémité de
l’abdomen.
420. — Les Plécoptères présentent des espèces à mâles dimorphes,
brachyptères ou microptères; chez d’autres les mâles sont normalement
ailés. Les mâles brachyptères, moins répandus que les macroptères, peuvent
appartenir à des formes séparées géographiquement. Les espèces brachy¬
ptères paraissent plus communes dans les hautes régions montagneuses.
La réduction alaire peut intéresser les deux sexes et son importance varie
avec les individus. L’aptérisme total est rare.
Chez les Plécoptères les branchies peuvent persister à l’état non
fonctionnel, recroquevillées chez les imagos. Les Pleronarcys présentent
des branchies sur chacun des segments thoraciques et à la base de
l’abdomen.
421. — Caractères des ailes. — L’évolution de l'aile s’est faite
dans deux directions opposées, a) par augmentation du nombre de nervures
et élargissement du champ anal de l’aile postérieure, b) par diminution
du nombre des nervures et réduction du champ anal.
La nervure sous-costale, courte, rejoint la costale. Elle est attachée
à la radiale par une nervure oblique (sc2). Le secteur de la nervure radiale
est dichotomisé une fois (lig. 57). La médiane antérieure est dichotomisée
une fois : le rameau antérieur est convexe, le suivant concave. Cette médiane
peut être soudée à la radiale — ou au secteur de la radiale à sa base — sur
une certaine longueur. La médiane postérieure s’est confondue avec MA
à la base. La cubitale, plus ou moins ramifiée, présente un rameau antérieur
convexe (CuA) et des rameaux concaves; elle peut être réunie à la médiane
et à la deuxième cubitale (CuA2) par une série de nervules. La cubitale
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
137
postérieure est simple. La première anale est simple et reste plus ou moins
parallèle avec la cubitale postérieure dont elle est séparée par un sillon
(182), fig. 24, 57). La deuxième et la cinquième anales (axillaire) disposent
•ours rameaux en éventail sur l’aile postérieure.
422. — La disposition des nervures longitudinales est à peu près cons¬
tante chez les Plécoptères. Mais on observe une grande variabilité indi¬
viduelle. Les rameaux du secteur radial et le nombre des cellules des champs
médian et cubital varient considérablement chez un même individu; la
nervation peut également varier sur les ailes des deux côtés du corps-
Cependant trois nervules transverses se retrouvent constamment à la limite
des zones médiane et apicale de l’aile. Par leur réunion ces nervules forment
1 anastomose ou corde transverse.
■ ®7. — Perla cephaloles Curtis (Plécoptèrc). — Aile antérieure et postérieure. — arc,
cuius; Axr, axillaire ramifiée (2« nervure anale); et, anastomose ou corde transverse;
ns ' nervure séparatrice; sc 1, 2, sous-costale 1 et 2.
Chez certains Plécoptères la multiplication des nervures transverses
Peut former un réseau. Tillyard a considéré cette disposition comme ar-
aique et l’appelle archédictyon. Le type le plus « archaïque » de nerva-
,0 . n s’observe chez les Eustheniidae. Dans cette famille l’archédictyon
x >ste sur toutes les parties de l’aile.
Mémoibes du MusIîum. — Zoologie. 1. XXI. 10
Source : MNHN, Paris
138
EUGÈNE SÉGUY
Références. — Despax : Faune de France, 55, Plécoptères, Paris
(Lechevalier), 1951. — Klapalek : Enl. Mitt. Berlin, II, 1913, p. 228 (ner¬
vation). — Schœnemund ap. Schulze : Biol. d. Tiere Deutschl., 10, Teil 32,
Berlin, 1924. — Tillyahd : J. Linn. Soc., (Zool.), Lond., XXXV, 1923,
p. 143. — Willey : Trans. R. Soc. Canada, (3), XXX, 1936, p. 115 (réduc¬
tions et réversions).
LES CHÉLEUTOPTÈRES
[186, 201, 255, 263, 298J
423. — Les Chéleutoptères ou Phasmes sont des Orlhoptéroïdes dont
les organes de vol, lorsqu’ils existent, sont particuliers. Les élytres sont
ordinairement raccourcis et les ailes, très amples, sont vraisemblablement
utilisées comme parachutes. Au repos les ailes postérieures sont repliées
à plat sur l’abdomen. Les formes aptères sont communes.
Sur les ailes antérieures les nervures sont épaisses, rectilignes, peu
ramifiées, sauf à l’apex. L’espace costal est bien développé, mais le champ
anal est rétréci.
424. — Les ailes postérieures offrent, entre le bord costal et la pre¬
mière cubitale, une partie antérieure chitinisée, de même nature que les
élytres. Au repos cette partie chitinisée recouvre la partie alaire membra¬
neuse que les élytres ne peuvent protéger. Cette partie est d’une couleur
différente de celle du champ anal. Elle peut être verte en dessus, rouge en
dessous, et la partie membraneuse anale bleue ou rougeâtre. Sur cette
zone chitinisée les nervures sous-costale, radiale et médiane sont disposées
longitudinalement et parallèlement (fig. 58).
425. — La nervure sous-costale limite en arrière un champ costal assez
étendu. La radiale et son secteur sont rectilignes, non dichotomisés. La
médiane, vestigiale, a disparu. La cubitale antérieure, haute et fine, est
doublée par une branche basse presque aussi longue qu’elle. La cubitale
postérieure, doublée par la première anale convexe et un pli inter¬
calaire, forme la vena dividens. Le triangle intercalé est médiocre. Le
champ anal est très étendu, plissé en éventail par des nervures anales
toutes convexes, doublées par des plis intercalaires concaves plus ou
moins chitinisés.
Sur les deux ailes un réseau de nervules transversales anastomosées
sépare les nervures longitudinales et les plis intercalaires. Sur les parties
chitinisées des deux ailes l’archédictyon est visible par place, surtout à la
base.
426. — Chez les Phyllides le mâle, petit, porte des élytres raccourcis,
mais les ailes postérieures sont allongées et conformées comme chez les
autres Phasmes. Au contraire la femelle, plus grande, a perdu les ailes posté¬
rieures et les ailes antérieures, très développées, recouvrent la majeure
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
139
Fig. 58. — Eurycnema herculeana Charp. (Chéleutoptère). — A, élytre et B, aile posté-
g®!®. vus avec la infime amplification. — Axr, axillaire ramifié; ma, vestige de la
médiane; ns, nervure séparatrice; trin, triangle intercalé.
partie de l’abdomen. L’espace radial, considérablement élargi, est traversé
Par des nervures dirigées vers le bord; la médiane vestigiale peut disparaître
complètement.
Références. —Burt: Spolia Zeylanica, XVII, 1932, p. 29 (Phyllium)
LES ORTHOPTÈRES
[28 , 63 , 104 , 136 , 146 , 155 , 157 , 172 , 182 , 185 - 187 , 192 , 213 ,
223-225 , 311 , 356 , 368 ]
^27. - Caractères généraux. — Au repos les ailes antérieures
recouvrent les postérieures et sont ordinairement disposées en toit ou à
plat sur l’abdomen (insectes stégoptères). Les ailes antérieures sont des
clytres solides, parcheminés, généralement de la couleur du corps et en
Source : MNHN, Paris
140
EUGÈNE SÉGUY
harmonie avec le milieu où vit l'animal. Les ailes postérieures sont grandes,
membraneuses et délicates, souvent parées de couleurs vives, parfois écla¬
tantes, unicolores ou compliquées de taches diverses. Les ailes comportent
un champ antérieur étroit et un champ postérieur plissé en éventail large¬
ment étendu. Ce dernier est supporté par de nombreuses nervures rayon¬
nantes, toutes convexes, séparées par des nervures intercalaires concaves,
plus faibles.
428. Elytres (fig. 59). — Chez les mâles une partie plus ou moins
importante du champ dorsal de l'élytre est transformée en organe stri-
dulant (fig. 30). L’espace précostal, lorsqu’il existe, est soutenu par les
nervules données par la costale. La nervure sous-costale présente généra¬
lement quelques rameaux dirigés vers la costale. La nervure médiane anté¬
rieure (MA) existe au moins chez les Ensifères (Gryllides et Tettigoniides).
Le secteur de la radiale, les nervures médiane et cubitale sont diversement
bifurquées ou ramifiées. Le pli vannai est placé théoriquement entre la
cubitale postérieure (CuP) et la première anale (IA).
429. — Ailes. Le champ antérieur étroit présente une nervation
ordinairement complète. Le secteur de la radiale et la médiane peuvent être
plus ou moins réunis à la base. La cubitale est peu ramifiée. Le système
formé par les nervures anales est très développé. Dans de nombreux cas
les ailes postérieures offrent une oena dividens qui forme une côte dans le
pli vannai. Ce pli, placé théoriquement entre la cubitale postérieure (CuP)
et la deuxième anale (2A) peut être accompagné d’une nervure séparatrice.
L’ensemble forme les nervures plicales de Forbes (159, fig. 19 et 60).
430. - Articulation basale. L'articulation des élytres et des
ailes avec le thorax est assurée par des sclérites axillaires et deux plaques
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
141
médianes. L'ensemble est réuni par une membrane axillaire. Les plaques
sont placées entre le deuxième et le troisième axillaires. Le premier et le
quatrième axillaires sont articulés avec le tégument thoracique. Le deuxième
axillaire assure la liaison entre la base des nervures antérieures. Le troisième
axillaire est inféodé aux nervures anales. Un muscle fléchisseur important
commande le troisième axillaire.
431. Brachyptérisme. — Dans les groupes qui composent les
Orthoptères on observe une tendance marquée à la réduction des élytres
en écailles. Cette réduction découvre les ailes postérieures lorsque celles-ci
ne sont pas elles-mêmes réduites. Les ailes peuvent s’oblitérer et disparaître
complètement dans l’un ou l’autre sexe ou chez les deux. Ces formes bra-
chyptères, microptères ou aptères peuvent avoir, dans certains cas, la valeur
de races géographiques.
a) Gryllides
432. Au repos, les élytres et les ailes sont disposés à plat sur l’ab¬
domen, l’élytre droit ordinairement posé sur l'élytre gauche. Les ailes
postérieures, plissées dans toute leur longueur, dépassent souvent les élytres
en formant une sorte de queue. Chez une même espèce il peut exister des
individus à ailes longues et à ailes courtes.
Les Gryllides diffèrent des Tettigoniides par le grand développement
du champ cubital des élytres.
L’appareil stridulant, qui n’existe que chez le mâle, occupe tout l’es¬
pace cubital. Il est symétrique, l’élytre supérieur jouant sur l’élytre infé-
ri eur et celui-ci sur les ailes postérieures. Cet appareil manque chez cer-
taines formes ailées.
433. - L’appareil stridulant des mâles des Courtilières (Gryllotalpa)
est différent de celui des autres Gryllides. Il ne comporte pas de miroir.
La nervure cubitale est munie en dessous de denticules cornés. Les autres
nervures de l’appareil stridulant sont plus simples que chez les Gryllides
(fig. 60). La nervure cubitale de l’élytre des femelles est comparable à celle
des mâles. D'autres nervures présentent parfois de petits tubercules à la
place des denticules des mâles.
434. — Élytres de la femelle. — Le bord antérieur montre quelques
Petites précostales (fig. 59). La nervure sous-costale, longue, est générale-
me nt rameuse, la radiale est simple, le secteur radial négligeable est capturé
Pur une médiane divisée à l’apex, formant entre R et Cu le triangle intercalé
plissé en éventail. Le champ cubital est très important. Entre CuAl et
LuA 2 on trouve sur l’élytre et sur l’aile volante une zone ombrée régulière-
Went divisée par des nervules également espacées. La nervure cubitale
Postérieure est rameuse, et sur les deux ailes s’écarte de la première anale.
La nervure cubitale antérieure devient séparatrice.
Source : MNHN, Paris
142
EUGÈNE SÉGUY
Toutes ces nervures, assez régulièrement espacées, sont réunies par
un réseau serré de nervules transverses.
Flo. 60, — Oryllolulpa gryllolalpa Lut. (Orthopi.). A, élytrc du mâle. — Cup. s, cubitale
postérieure et détail de la nervure stridulante. B, aile de la femelle. — me, mcnibranule.
b) Tettigoniides
435. — Insectes stégoptères. La base de l’élytre gauche recouvre par¬
tiellement celui de droite.
L’appareil stridulant est placé à la base des élytres dans les espaces
cubital et anal. Sous l’élytre supérieur une nervure renforcée, striée trans¬
versalement, forme râpe. Par un mouvement latéral elle attaque les nervures
saillantes de l’élytre situé en dessous, près d’une membrane formant appa¬
reil résonnant. En frottant ses élytres l’un contre l’autre l’insecte produit
un grésillement variable suivant les espèces et le degré de perfectionnement
de l’appareil (356 et fig. 30, A).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES 143
436. — L’appareil sonore existe normalement chez les mâles, excep¬
tionnellement chez les femelles ( e.g. Ephippigères). Dans certaines formes
les ailes raccourcies présentent cependant l’organe musical à la base. Les
aptères perdent la faculté de stridulation. Il y a cependant des espèces
arboricoles, fouisseuses ou cavernicoles, dont les élytres normaux ne pré¬
sentent plus de trace d’appareil sonore.
, 'J’J- — Tetligonia oiridissima (Linné) (Orthopt.). — A, base de l’élytre gauche, mon-
_nn k P arcours des trachées. - arc, arculus ; c, costale ou pseudo-costale. — B, élytre
Kauche. — c, aile postérieure. — ns, nervure séparatrice.
p 437 - — C’est dans le groupe des Tettigoniides que l’on rencontre les
terochrozes, Orthoptères arboricoles extraordinaires dont les élytres, par
Source : MNHN, Paris
144
EUGÈNE SÉGUY
mutation et orthogenèse, peuvent représenter des feuilles vertes ou dessé¬
chées, qui portent des taches imitant des moisissures et dont les bords
déchiquetés simulent des déchirures ou des attaques d'insectes.
La nervure médiane de ces « feuilles animales » est formée par l'étroit
rapprochement, soit du secteur de la radiale et de la nervure médiane,
soit de la radiale et de son secteur, soit encore de la sous-costale et de la
radiale (fig. 35 et 62).
c) Acridiides
438. — Les Acridiides sont des Cælifères. Les ailes antérieures (élytres)
sont plus fortement chitinisées que celles des Ensifères. Les élytres sont
allongés, étroits, à bords subparallèles. Au repos ils sont repliés sur le corps
et disposés en toit, très peu croisés sur la ligne médiane longitudinale et
recouvrent les ailes inférieures repliées.
Fio. 62. — Aeridoxena hewaniana Walk. (Orthopt.) (Dessin de L. M Planet).
L'espace précostal n’est pas dilaté. La nervure sous-costale est simple,
la radiale est divisée et son secteur porte plusieurs rameaux. Le champ
radial est important. La nervure médiane antérieure peut disparaître. La
médiane se divise à sa partie moyenne en deux branches parallèles, dans
le champ médian on peut observer la nervure intercalée. La cubitale est
dichotomisée, la cubitale postérieure est simple et ordinairement très
rapprochée et subparallèle avec la première nervure anale. Le champ jugal
est très petit, sans nervures (fig. 63).
439. — Les organes stridulants, lorsqu'ils existent, sont formés par la
face interne des fémurs postérieurs qui peuvent ràcler une saillie formée
'par la nervure radiale et son secteur sur les élytres correspondants.
Sur les ailes inférieures le champ antérieur, plus étroit que le champ
anal, est légèrement moins coriace que les élytres. Il est soutenu par les
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE l’AILF. DES INSECTES 14j
principales nervures longitudinales. La nervure sous-costale est simple.
La radiale forme une branche unique avec la médiane à la base. Le secteur
radial présente plusieurs rameaux. Les nervures cubitales sont simples
et le champ cubital peut se réduire. Le champ anal ou postérieur est mem¬
braneux, opalin ou transparent, parfois paré de couleurs vives. Il est limité
antérieurement par une nervure logée, dans le pli anal fvena dividens)
qui aboutit à une échancrure marginale. Le champ anal est soutenu par des
nervures convexes disposées en éventail. La deuxième nervure anale est
souvent divisée.
Fig. 63. — Œdipotla earrulescens L. (Orthopt.). — nab , nervure ambiante; ni, nervure
intercalée; meu, transversc médio-cubitale.
Références. - Becker : Heu. Enl. URSS, XXXVII, 4, 1958. p. 775
(Ontogénie et phylogénie des org. du vol chez les Orth. sauteurs. — Karny :
Arch. Zool. Torino, XV, 1931, p. 193. — Knetsch : Arch. Naturg. Berlin
(N. F.), VIII, 1939, p. 1 (org. stridul. et tymp.). — Kramer : Ann. ent. Soc.
Amer., XXXVII, 1944, p. 167 (morph. alaire). — Ragge : The wing-venation
°f Orthoptera saltatoria, London (B. M.), 1955. Sellier : Ann. Sc. nat.
XVI, 1954, p. 595 (Gryllides). — Snodgrass : Smiths. Mise. Coll., LXXXII,
1929, p. m (Orthopt.). — Vignon : Arch. Mus. Hist. nat., V, 1931, p. 57
(Sauterelles-feuilles). — Zeuner : Fossil Orthoptera Ensifera, London (B. M.),
1 939, et Proc. ent. Soc., Lond. (B), 1942,p. 18 (Locustopsides).
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
LES EMBIOPTÈRES
[179 , 244 , 301]
440. — Les mâles seuls sont ailés. Cependant quelques espèces présentent
des mâles aptères. Les ailes délicates, transparentes, légèrement brunies,
montrent des bandes claires étendues entre les nervures longitudinales.
Fig. 64. —• Embia maurilanica Latr. (Embioptère). — A, aile antérieure montrant les
radiolimbaria (zones claires). — B. aile postérieure schématique. Les deux ailes présen¬
tent les mêmes bandes sombres et claires.
Ces bandes, ou radiolimbaria, sont coupées par les nervules transverses.
L’alternance des bandes sombres et claires sur toute la longueur donne
aux ailes des Embioptères un aspect caractéristique. Les ailes portent des
microtriches, des macrotriches et une frange marginale.
Les ailes allongées, étroites ou très étroites à la base, ne sont pas cadu¬
ques comme celles des Termites. Pendant le repos elles sont repliées de
chaque côté de l’abdomen, elles peuvent en dépasser l’extrémité. Les deux
paires d’ailes sont semblables.
441. — La nervation, très simple, peut encore s’appauvrir pendant
l’évolution. La sous-costale est peu marquée ou vestigiale à l’apex. La
nervure radiale est épaissie et son secteur porte trois rameaux. La médiane,
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE l’aILE DES INSECTES
147
concave (basse), peut être dichotomisée. La cubitale antérieure est ordi¬
nairement bifide. La cubitale postérieure est simple (fig. 64).
Un sillon sépare la cubitale du champ anal réduit qui ne porte qu’une
nervure.
Nervules transverses nulles ou peu marquées entre RI et R2 -f 3.
Quelquefois entre R2 + 3, R4 -f 5 et la médiane.
Références. — Denis ap. Grasse : Traité de Zoologie, IX, Paris
(Masson), 1949, p. 723 (bibliogr.).
LES DERMATOPTÉROÏDES
LES DERMAPTÈRES
[91, 187, 200, 254, 318, 321]
442. Les Dermaptères, Labidoures, Euplexoptères, Forficules ou
perce-oreilles, possèdent des ailes antérieures courtes, coriaces, sans nervures
apparentes, transformées en élytres, cohérents sur la ligne médiane comme
ceux des Coléoptères Staphylinides. Les ailes postérieures sont membra¬
neuses, repliées au repos d'une manière caractéristique sous les antérieures
Les ailes volantes peuvent manquer polygénétiquement. Les élytres
sont parfois soudés entre eux et avec le mésonotum. Ils peuvent également
se réduire ou disparaître.
443. Caractères alaires particuliers aux Forficules. —
Lélytre des Dermaptères est une courte lame sclérifiée, le champ costal
est caréné. A la face inférieure l’articulation est formée par trois sclérites,
Unc tegula et une petite pièce humérale préalaire. Les sclérites axillaires
sont réduits sauf le troisième (fig. 65). La nervure sous-costale est confondue
avec l’épaississement costal. L’arête qui suit correspond aux nervures
dépendant du deuxième axillaire (radiale et médiane). La trace de deux
nervures anales est visible au bord postérieur. La première anale présente
nne plage épineuse dont les denticules sont dirigés en dehors et en arrière.
, ce peigne correspondent, sur le métanotum, deux plages épineuses dont
es dents, dirigées en sens inverse des denticules, s'entremêlent avec ces
derniers et assurent l’immobilité des élytres au repos.
444. — Les ailes postérieures sont grandes, semi-circulaires, transpa-
re ntes, laiteuses ou opaques. Elles montrent une écaille chitinisée plus longue
9ue les élytres et une partie membraneuse soutenue par de nombreuses
nervures. Ces nervures à disposition flabelliforme s'étendent sur toute faire
a dale, à partir d’un point situé au milieu de l’épaississement costal. L’aire
Source : MNHN, Paris
148
EUGÈNE
SÉGUY
F, d 6 m Dermaptèrcs. — AB, Forfleula auricularia L. — A, élvtre vu de dessous —
vola p‘ e : — c > Anechura bipundata F., écaille et région axillaire ax 1 2 3,
scléntes axillaires; ca, cordon axillaire - een rrMo /nin»,,.,?. „ï. “ lu ' . \ ' ’ ■■
rr ée-iiiie nrineinài»- ai -n 11 llrt ' ,P’ c . rcte . epineuse, chac, champ apica corné
humérale 1 - m n ^ accessoire; /„, jugum ; me, membranile ph, plaque
humérale, p/, pli Jugal, pm, plaques médianes; po, pli oblique ou anal; I, leguh.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
149
préanale, chitinisée (écaille) est réduite et n’offre que deux nervures longi¬
tudinales représentant la radiale; la médiane et la cubitale sont confondues.
Le champ anal forme l’écaille accessoire (fig. 65 eca).
445. L’aire anale transparente est bordée antérieurement par la
première nervure anale, qui limite postérieurement l’écaille accessoire.
Une série de dix nervures axillaires sinueuses et autant de secteurs inter¬
calaires chitinisés soutiennent la membrane. Les axillaires et leurs secteurs
présentent dans la partie moyenne un élargissement aplati (thyridie) qui
permet la pliure. Une série de nervules transverses placées bout à bout,
parallèles au bord postérieur de l’aile, réunissent les axillaires rayonnantes.
446. - Lorsque l’insecte ramène l’aile postérieure sous l’élytre, la
partie membraneuse se plisse en éventail et se place sous la partie chitinisée.
Cette partie membraneuse se plie une seconde seconde fois au milieu, au
niveau de l’élargissement des nervures et de leurs intercalaires, et la moitié
apicale se place sous la partie basale. L’aile postérieure pliée représente
trois parties superposées, l’écaille étant seule visible de dessus (voir aussi
187 et fig. 25).
447. Articulation basale. - Comme celle de l’élytre l’articulation
de l’aile comprend deux séries de sclérites axillaires, une série externe
et une série basale, beaucoup plus développée, plus la tegula et la plaque
humérale (fig. 65).
La série externe, en relation avec la base des nervures, comprend trois
Plaques médianes articulées avec le deuxième axillaire et avec la partie
antérieure du troisième axillaire (3Ax2) (107, 115).
La série basale, qui réunit le système précédent au thorax, est formée
Par le premier sclérite axillaire qui représente la pièce maîtresse, et par la
Partie postérieure du troisième axillaire (fig. 65).
Toutes ces pièces sont fixées sur une membrane épaisse et souple qui
Permet la liberté des mouvements.
Références. - Henson : Proc. ent. Soc. Lond., A, XXVI, 1951,
P- 135 (ailes). — Verhoeff : Arch. Natg. Berlin, A, LXXXI1I, 1917-19,
P- 23 (nerv. et plis).
Source : MNHN, Paris
LES PAR1NÉOPTÈRES
448. — Les Paranéoptères comprennent des insectes broyeurs ou
suceurs dont les ailes sont remarquables par un champ anal rétréci ne
portant plus qu'une nervure simple, exceptionnellement ramifiée. Ils peu¬
vent être munis d’un appareil de couplage des ailes, souvent d’un instrument
sonore et toujours d’organes tympanaux.
Les Paranéoptères sont des Hémiptéroïdes qui renferment les Psoco-
ptères, les Hétéroptères, les Homoptères et les Thysanoptères.
LES HÉMIPTÉROÏDES
LES PSOGOPTÈRES
[269, 288, 291]
449. — Les Psocoptères ou Copéognathes sont munis de quatre ailes
membraneuses, presque toujours disposées, au repos, en toit sur l’abdomen.
Les ailes antérieures, plus grandes que les postérieures, dépassent généra¬
lement l’apex de l’abdomen. Les ailes postérieures sont dépourvues de
champ anal. La membrane, ordinairement glabre, ne montre que de petites
aspérités chitineuses serrées, disposées régulièrement. Elle peut porter
des écailles, parfois mêlées de microtriches. Les nervures faibles sont gla-
bres ou munies de macrotriches ou d’écailles fines disposées en séries.
450. — La nervation est simple. L’épaississement costal, ou nervure
ambiante, entoure l'aile (fig. 66 nab). La nervure sous-costale est réduite,
souvent nulle dans les ailes postérieures. La radiale convexe (RI) est simple.
Elle limite un pterostigma qui peut être épaissi et pigmenté, traversé par
des nervules transverses. Ce pterostigma est réduit ou nul sur l’aile pos¬
térieure.
Le secteur radial est bifurqué en principe. Ses rameaux (R2 + 3 et
R4 + 5) peuvent être également divisés, reliés à la médiane ou fusionnés
avec elle. Exceptionnellement le secteur de la radiale est rattaché au pte¬
rostigma par une transverse qui peut être la base des fourches du secteur.
La nervure médiane est trifurquée, confondue avec la cubitale sur le tiers
basal dans une branche commune (fig. 66).
451. — Les Psocoptères présentent deux cubitales : la première (CuAl)
limite une cellule, l’aréole postérieure, libre ou rattachée à la médiane.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
151
La deuxième cubitale (Cu P), fine, peut être libre sur tout son parcours,
niais souvent elle peut être réunie à l’apex à la première anale (IA). Cette
jonction, sur le bord postérieur de l'aile, forme le nodulus.
Le champ anal, étroit, est soutenu par une ou deux nervures anales.
Io. 66. — Psococeraslis gibbosus Sulz. (Psocopt.). — A, aile antérieure. — B, aile posté¬
rieure. — C, appareil d'accrochage de l’aile antérieure placé sur le nodulus (nu). —
°pr, aréole postérieure; arc, arculus; cr, crochet; nab, nervure ambiante; nu, nodulus;
sla P, stigmapophyse. Le signe = placé sur une nervure indique une transverse.
Les nervules transverses sont réduites ou nulles. Les « transverses »
s °nt souvent des sections de nervures longitudinales qui présentent des
confusions ou des courbures particulières. La transverse placée à la base
l’aile supérieure, entre RI et MCu, a été désignée improprement sous le
nom d’arculus.
452. — Couplage des ailes. — Les Psocoptères présentent deux
*?°des d’accrochage des ailes antérieures aux postérieures dans la position
Qe repos ou de vol. L’appareil de coaptation alaire dans l’état de repos
es t formé par un épaississement de l’angle interne du pterostigma, la stigma-
Pophyse, qui reçoit l’épaississement costal de l’aile postérieure.
L'organe qui réunit les ailes pendant le vol est formé par un crochet
® u une série d’épines placées à l’extrémité de la cubitale postérieure et qui
peut retenir la costale de l’aile postérieure.
453. — Chez les Psocoptères les réductions alaires, brachyptères ou
nncroptères peuvent être héréditaires et affectent surtout les femelles,
0u sont déterminées par des phénomènes chimiques ou psychiques. Les
Source : MNHN, Paris
152
SÉGUY
EUGÈNE
modifications de l’appareil de vol entraînent une atrophie plus ou moins
marquée des muscles moteurs, et par conséquent de la courbure thoracique.
Références. —- Badonnel : Faune de France, XLII. Psocoptères,
Paris (Lechevalier), 1913, et Traité de Zoologie (Grasse), t. X, p. 1310.
LES HÉTÉROPTÈRES
[91, 222, 250, 251, 261, 292, 355]
454. — Les deux ailes n’ont pas la même consistance. L'aile antérieure,
dont la partie apicale est membraneuse et la partie basale cornée, forme un
hémélytre. Pendant le repos les hémélytres sont disposés à plat sur la face
tergale de l’abdomen, leurs parties membraneuses croisées. Ils recouvrent
les ailes postérieures plus courtes, uniformément membraneuses, qui ne
sont jamais plissées. Mais le champ anal plus développé peut être plié longi¬
tudinalement et rabattu sous le remigium.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
153
455. — Hémélytres. — Les hémélytres ou legmina, plus ou moins
développés, présentent une partie sclérifiée qui comprend le claous (champ
anal) et la corie, qui correspond au remigium. Ces deux régions sont séparées
par la nervure cubitale postérieure, suture clavale (vena dividens) concave
(250).
Chez les Pléoïdes, à la base de la marge costale de l’hémélytre, on
trouve une petite pièce triangulaire, le claoulus, séparé de la corie par une
suture. Cette pièce paraît correspondre à l'embolium des Notonectes et des
Corises, bande étroite de la corie qui borde la costale. Le mot embolium
désigne parfois la cellule costale.
Les Tingitides portent des hémélytres à structure réticulée caracté¬
ristique. Les éléments sont confondus et complètement aréolés.
456. — Les hémélytres portent une nervation particulière. La nervure
sous-costale peut être indépendante, elle est parfois contigüe au bord anté¬
rieur de l’aile (Nabiides, Lygaeides); elle peut se confondre avec l’épaissis¬
sement costal (Capsides), ou se réunir avec la radiale pour dilater la marge
costale (Corises).
La médiane antérieure convexe est indistincte. Les nervures radiale
e t médiane, concaves, proviennent souvent d’une tige commune. La radiale
et la médiane sont largement confondues chez les Capsides : elles sont dis¬
tinctes antérieurement chez les Corises. La médiane postérieure des Capsides
limite le cuneus.
La médiane basse est bifurquée ou trifurquée comme la cubitale anté¬
rieure chez les Nabiides et les Lygaeides.
La cubitale postérieure (CuP) se confond avec la suture du clavus
comme chez les Capsides. C’est la venu dividens concave. Sur la corie la
nervure la plus proche de la suture clavale, qui se prolonge sur la membrane
pour y limiter les aréoles, se nomme brachium.
La nervure anale traverse le disque du clavus. Il y a deux nervures
anales chez les Nabiides et les Lygaeides.
457. — La membrane des hémélytres porte des nervures longitudinales
généralement formées par des ramifications des branches de la médiane
de la cubitale antérieure. Cette membrane peut présenter 6-8 longitu¬
dinales (Pentatomides et Pyrrhocorides), parfois avec de nombreuses
r; >milications. Les nervures sont réduites à cinq chez les Lygaeides. La
membrane des hémélytres des Scutellérines Plataspidiens est très allongée.
Elle peut se replier transversalement.
458. — Ailes membraneuses. — Les ailes des Hétéroptères portent
nne nervure sous-costale le long de la marge antérieure. La sous-costale peut
dre coalescente avec la costale ou la radiale dans sa moitié basale. La
cuediane antérieure manque, la postérieure est visible jusque dans la partie
•Moyenne de l’aile. La cubitale est indépendante sur toute sa longueur,
"““s Peut être réunie à la médiane par une transverse. L’aire anale, réduite,
Peut être exceptionnellement plissée.
459. — Coaptations. — L’aile postérieure est accrochée à l’hémélytre
au moyen d’un dispositif situé au niveau de l’extrémité du clavus. Elle
MfcMoïKKs m- Mi sftiîM. ZooIoKle. I. XXI. 11
Source : MNHN, Paris
154
EUGÈNE SÉGUY
Fio. 68. — Phymala erosa L. (Hétéropt.). — A, élytre. — B, aile volante. — C, pince
d’accrochage formée par les extrémités des anales. — D, gouttière de la base de l’aile
formée par la dilatation de la 2* anale. — E, bouton dépendant de la base de la nervure
jugaie, permettant l'accrochage avec la gouttière D. — ar, aréole; ccb, cellule cubitale;
edi, cellule discale; ce, césure; chc, champ costal; j, nervure jugaie; pj, pli jugal. L®
signe — indique les nervures transverses.
Fio. 69. — Niamia Boni a Schout. (Hétéropt.). — A, aile antérieure (hémélytre). — B, ail®
postérieure dessinée au même grossissement que l’aile antérieure. — chc, champ costal;
/, nervure jugaie; p/, pli jugal; Ri, nsi, nervure stridulante (nervure radiale).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
155
présente un petit bourrelet qui s’engage sous l’aile antérieure, dans une
gouttière bordée de dents serrées disposées en peigne.
La partie basale de la médiane, avant le niveau de la Iransverse MCu,
est nommée hamus. Le hamus est ordinairement un crochet, un éperon ou
•me nervure courte, pointue et saillante, dans le milieu de la cellule de 1 aile
postérieure (Ranatra).
Fig. 70. — Stephaniiis Rhododcndri Horvath (Hétéropt.). — A, élytre. — B. aile; dessinés
à la même amplifleation. — sc, sous-costale formant une crête sur la nervure radio-
médiane.
460. — Le Naucoris maculalus, qui est dépourvu d’ailes volantes, montre
cependant à la face inférieure des hémélytres la brosse d’accrochage qui,
normalement, devrait attacher les ailes pendant le vol. Au repos les hémé¬
lytres sont unis au corps par divers dispositifs.
La coaptation scutellaire est assurée par le scutellum, creusé latérale¬
ment d’une gouttière qui reçoit le bord élytral correspondant.
La coaptation du bord externe des hémélytres avec le thorax s’observe
chez quelques espèces aquatiques. La plaque subcoxale mésothoracique
Porte un bouton chitineux qui pénètre à frottement dans une cavité creusée
dans le bourrelet marginal de l’hémélytre. Deux crochets s’agrafent chez
le s Corises. Chez les Népides les paratergites forment une crête qui s'engage
dans une gouttière de la marge costale permettant une étroite adhésion
des élytres avec le corps.
La coaptation des hémélytres entre eux est réalisée par la superposition
des clavus au niveau de leur jonction (309, 316, 320).
Source : MNHN, Paris
156
EUGÈNE SÉGUY
461. — Polymorphisme. — Le polymorphisme alaire est dominé par
des facteurs héréditaires complexes. Le Didymocephalus curculio présente
dans une même population des macroptères, des brachyptères et des mi-
croptères (272). De nombreuses espèces ( Leploterna , Phytocoris varipes,
Réduvides) présentent également des variations intraspécifiques intéressant
la longueur des ailes; c’est un dimorphisme sexuel : les mâles peuvent être
ailés, les femelles sont microptères — ou un polymorphisme pœcilandrique :
les mâles sont ailés et microptères, les femelles microptères — ou pœcilo-
gynique : les mâles sont macroptères et les femelles macroptères, brachy¬
ptères ou microptères (284, 288).
L’aptérisme est rarement total. Il persiste presque toujours des moignons
d’hémélytres qui peuvent être masqués par le pronotum. La punaise des
lits porte des hémélytres réduits à de petites écailles. Chez certaines espèces
on ne connaît que la forme brachyptère (300, 301).
462. Vol. — Il est faible et de courte durée (368). Quelques espèces
d’Hénicocéphales se réunissent le soir en groupes, ou volent en plein soleil,
auprès des arbres abattus, à la manière des Mouches Fannia, des Némato-
cères danseurs ou des Ephémères.
Appareil stridulatoire (366).
Références. • Cauayon : Bull. Soc. :ool. Fr., LXIX, 1944, p. 87.
(polymorph.). — Hoke: Ann. enl. Soc. Amer., XIX, 1926, p. 13 (nervation).
— Jeannel : Ann. Soc. enl. Fr., CX, 1941, p. 278 (nervation des Hénico-
céphales). — I.eston : Enl. mon. Mag., XC, 1954, p. 49 et Proc. zool. Soc..
Lond., CXXV11I, 1957, p. 369 (stridul. bibliogr.). — Mazza et Jonc. :
Unio. B. Aires, Mis. Est. Pal. reg. Arg., n° 43, 1940, p. 73, et Physis.
XVII, 1939, p. 245 (nerv. hémélytraie des Triatomes). — Tanaka : Annol.
Zool. Jap., II, 1926, p. 33 (homologies des nervures). — Poisson ap.
Grasse : Traité de Zoologie, X, Paris (Masson), 1951. — Usinger : Ann.
Mus. Congo, Tervuren (Zool.), 1954, I, p. 540 (strid. Aradides).
LES HOMOPTÈRES
[50, 153, 175, 182 , 222 , 261, 286 , 308 , 328 , 353, 371]
463. — Les Homoptères portent habituellement quatre ailes membra¬
neuses, parfois très grandes. Les ailes antérieures épaissies s’observent chez
les Cercopides et quelques Fulgorides. Elles peuvent ressembler à des élytres.
Certaines familles ( e.g. Cicadides) sont munies d’ailes épaissies à la base.
Cette corie, limitée par une ligne transverse, est comparable à l’hémélytre
des Hétéroptères. Les Derbides portent des ailes découpées en dents de
scie au bord postérieur (fig. 33).
Pendant le repos les ailes sont repliées en arrière et disposées en toit
sur le corps (insectes stégoptères). Les ailes postérieures fines et délicates,
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
157
plus courtes que les antérieures, peuvent se replier partiellement et sont
cachées par celles-ci (189, 247). Les Coccides et les Phylloxérides disposent
leurs ailes l’une sur l’autre, en ciseaux, à plat sur la face dorsale de l’abdomen.
71. - Proaria instants Distant (Homopt.).—A,aile antérieure.—B,aile postérieure;
jiessinées à la même échelle. — C, articulation basale de l’aile antérieure. — abedef, cel¬
lules apicales; arc, arculus ; ax, sclérites axillaires; ca, cordon axillaire; cb, cellule basale;
r P< cellule proximale ; CuP, cubitale postérieure (nervure brachiale) ; lax, limbe axillaire ;
ln > ligne nodale: nb, nervure bordante; nod, nodule discoïdal; ns, nervure séparatrice;
Pn. plaque humérale; I, legula ; t.g.h., cellules intermédiaires (discoïdales). — Le signe =
indique les nervules transverses antéapicales; le signe o indique les ncrvules transverses
intermédiaires.
Source : MNHN, Paris
158
EUGÈNE SÉGUY
464. — Les ailes transparentes, opalescentes ou enfumées, peuvent
être tachées ou parées de couleurs vives agréablement disposées. Certains
Homoptères ressemblent à des papillons par la magnifique coloration de
leurs ailes antérieures. Les ailes peuvent être couvertes d’une pruinosité
cireuse blanche secrétée par les glandes particulières (347).
465. Le schéma de la nervation des ailes d'un Homoptère peut se
réduire à ce qui suit : la sous-costale peut être libre. I.a radiale, cohérente
à la base avec son secteur, se divise souvent en deux branches apicales
convexes pour limiter un pterostigma (228). Les rameaux du secteur radial,
plus ou moins nombreux, peuvent se réunir à la première branche de la
médiane. Les nervures radiale et médiane sont souvent confondues sur une
grande partie de leur longueur. La médiane que l’on observe habituellement
est une nervure concave. La médiane antérieure convexe disparaît chez
de nombreuses espèces, soit sur l’aile antérieure, soit sur l’aile postérieure,
ou sur les deux. La médiane postérieure concave, libre à la base, peut se
diviser dans la région distale en quatre rameaux ayant des connexions avec
ceux du secteur de la radiale ou les branches antérieures de la cubitale-
466. — La cubitale antérieure convexe (CuAl) est libre à la base, sauf
parfois une légère anastomose avec la cubitale postérieure. La cubitale
postérieure (CuP) est concave et simple. Elle peut se rapprocher de la pre-
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
159
Rs
D
.— Epilemna africana F. (Homopt.). — A, tête et attache de l’aile droite vues
ae trois quarts, montrant le patagium, la tegula et la base de l’aile. — B, legula très
grossie. — c, aile supérieure gauche. — D, aile inférieure gauche. — Ax, nervure axillaire
anale); cb, cellule basale; mco, membrane costale; ns, nervure séparatrice; pg, pata-
9nim; t, legula. Le signe = placé sur une nervure indique une transverse.
Source : MNHN, Paris
160
EUGÈNE SÉGUY
mière anale et d’une nervure séparatrice comme chez certains Orthoptères.
C’est alors l’élément principal de la dépression vannale ou vena dividens.
Cette dépression formée de trois nervures (CuP, IA et nervure séparatrice),
ou seulement par la cubitale postérieure basse, limite antérieurement le
cia vus qui forme la région anale de l’aile (159, 211, fig. 74).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
ICI
Le champ anal est étroit sur les ailes antérieures, parfois élargi sur
les ailes postérieures (Phromnia). Il porte théoriquement deux nervures
anales convexes, parfois confondues sous le nom d’axillaires.
Le champ jugal est réduit ou nul.
467. — La présence d’une nervure parallèle à la marge externe de l’aile
est particulière à certains Homoptères. Cette nervure bordante est formée
par les extrémités recourbées des nervures longitudinales. On peut l’observer
sur les deux ailes ou sur l’aile postérieure seulement, chez les Cigales, les
Jassides, les Cercopides et les Aethialonides. Chez les Fulgorides cette ner-
'CuAz CuAîa+b
Fie. 75. — Anci/ra appendiculala Westw. (Homopt. Eurybrachide). — A, élytre. — B, aile.
CuP + IA + ns, vena dividens ; j, nervure jugale; pj, pli jugal.
repoussée sur les bords de l’aile forme une nervure ambiante. Il n’existe
théoriquement que deux transversales, une radio-médiane et une médio-
cubitale, mais pratiquement leur nombre est beaucoup plus grand et peut
tre indéfini chez les P’ulgorides. Les transverses peuvent former un réseau
serré (fig. 72).
468. — Ailes antérieures. — La forme des ailes antérieures ou
supérieures dépend de l’importance de la nervation. La nervation la plus
Complexe s’observe chez les Flattides et les Fulgorides, dont les nervures
ongitudinales présentent de nombreuses bifurcations qui peuvent donner
aspect réticulé d’une aile de Névroptère (fig. 72).
L’épaississement costal peut entourer l’aile jusqu’à l’intersection de
a nervure anale. Les nervures sous-costale, radiale et médiane peuvent être
Source : MNHM, Paris
162
EUGÈNE SÉGUY
confondues à la base dans un tronc commun. Au contraire certains Mem-
bracides portent une sous-costale libre à la base, confondue avec la costale
sur une grande longueur, et qui devient libre à l’apex de l’aile, pour rejoindre
un rameau de la radiale. La radiale, libre à la base, peut se ramifier à l’ex¬
trémité. Dans d’autres cas la sous-costale et la radiale sont confondues à la
base jusqu’à la partie moyenne de l’aile, comme la médiane et la cubitale.
Ces quatre nervures forment deux groupes. Elles peuvent se réunir pour
former des cellules discales qui émettent des rameaux secondaires.
469. — Chez certaines Cigales une ligne médiane, sillon nodal
ou charnière costale, traverse l’aile pour délimiter une corie basale
parfois plus épaisse que la membrane apicale (fig. 71). Chez quelques
espèces la ligne nodale n’est indiquée que par une série de ruptures des
nervures principales, ou par un point sur les deux branches de la médiane
(174 , 252).
Un sclérite écailleux (legula) est attaché au mésonotum des Fulgorides;
il recouvre les axillaires supérieurs (fig. 73). Cette tegula disparaît chez
les Cicadiformes.
470. — L’aile antérieure des Aphidides ne présente qu'une nervure
longitudinale. Cette nervure est formée par la coalescence de la sous-costale,
de la radiale et de la branche commune médio-cubitale. Ces nervures forment
un pterostigma qui donne le secteur radial réduit à un rameau, la médiane
avec trois rameaux au plus, et les deux cubitales antérieure et postérieure
simples, non bifurquées. Il n’y a pas d’autres nervures. Le clavus est nul.
La nervure anale est parallèle au bord de l’aile.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE l’aILE DES INSECTES
163
Les nervures transverses sont très nombreuses sur les ailes antérieures
des Ricanides, Epitemna (fig. 73), Eurybrachides (Ancyra) (fig. 75), Ful-
gorides (Pterodiclya, dont l’aile ressemble à celle de la Mante Mantoïdes,
% 72).
471. — Ailes postérieures. L’aile postérieure des Homoptères
est membraneuse, quelquefois colorée chez les Cigales et les Fulgores,
étroite, décolorée ou élargie et laiteuse, à forme extraordinaire chez les
Tettigometra. Le champ anal peut être élargi et le jugum très développé
(lassides, fig. 28).
Les ailes postérieures sont pourvues d’une nervation comparable à
celle des ailes antérieures,
ordinairement plus simple.
La nervure sous-costale
est courte et plus ou moins
rapprochée de la radiale.
La radiale est simple et
Peut se diviser ou se bifur¬
quer à l’extrémité pour
former un pterostigma ou
une aire solide. Ce ptero¬
stigma, muni de crochets
ou d’un appareil de coapta¬
tion, peut s’adapter au
fiord postérieur de l’aile
antérieure.
La dépression vannale
occupée par la nervure
cubitale postérieure est plus marquée que sur les ailes antérieures.
Le champ anal, souvent élargi, peut être au repos rabattu en dessous,
ou se replier partiellement comme un éventail ( Phromnia , fig. 74).
Les nervures transverses sont moins nombreuses.
472. — Chez les Aphidides l’aile postérieure est plus courte que
l'antérieure. F.lle porte une nervation plus simple. La radiale est la
souche de deux nervures simples, la médiane et la cubitale antérieure
( r 'g. 77).
Les mâles des Coccides seuls sont ailés. L’aile postérieure, réduite ou
nulle, est ordinairement transformée en un dispositif d’accrochage par¬
ticulier (fig. 40).
CuAl CuA2
473. Coaptations. - La plupart des Homoptères ont des ailes
munies d'appareils d’accrochage variés qui rendent les ailes antérieures
et postérieures solidaires pendant le vol. C’est un onglet simple chez les
Cigales, les Typhlocybes, les Jassides, les Cercopides; un onglet spinuleux
chez les Flattides, Derbides, Delphacides, Ricaniides, Dictyopharides,
Psyllides. 11 y a deux appareils d’accrochage sur l’aile postérieure des Cer¬
copides Surcarta ; on trouve des crochets robustes sur l’épaississement
costal à l’union du tiers basal et du tiers moyen, et un onglet entre les tiers
Source : MNHN, Paris
161
EUGÈNE SÉGUY
moyen et apical (315, 321). La cubitale des ailes antérieures des Phromnia
porte sur la face inférieure une épine dressée qui permet de les fixer au
corps pendant le repos. L’aile postérieure montre un lobe huméral spinu-
leux qui réunit les deux ailes pendant le vol (fig. 74).
474. Articulation basale. — Le dispositif articulaire des Cigales
est homologue à celui des autres insectes. Il y a trois sclérites axillaires (107).
Le premier commande le groupe antérieur de nervures : costale et sous-
costale; le deuxième axillaire important est inféodé au complexe R. M. Cul,
il s’appuie sur le processus pleural alaire. Les anales dépendent du troi¬
sième sclérite.
La réduction de la nervation alaire provoque des simplifications cor¬
respondantes dans le nombre et la forme des sclérites articulaires.
475. — Polymorphisme alaire. — Les Homoptèrcs présentent dans
une même espèce des individus aptères, microptères, brachyptères ou
macroptères. Les Delphacides peuvent porter des ailes tronquées dans
leur partie apicale, mais offrant les caractères d'une aile normale.
Les mâles de quelques espèces de Coccides montrent des formes ailées
et des formes aptères. Le polymorphisme métagénique des Aphides est en
rapport avec le cycle de la reproduction (280). Les femelles « fondatrices »
provenant des œufs d’hiver sont presque toujours aptères. Leurs descen¬
dants peuvent comporter à la fois ou alternativement des formes ailées
ou des formes aptères (302).
476. — Aptérisme. — Les ailes peuvent manquer dans l’un des deux
sexes, tantôt chez le mâle, tantôt chez la femelle, ou chez les deux, et aussi
chez certains individus d'une même espèce. Ce phénomène s’observe sur¬
tout chez les Sternorrhynques.
477. Vol. — La zone anale de l’aile antérieure, et particuliè¬
rement le clavus, a un rôle important chez les Homoptèrcs. Il contrôle
l’orientation du vol et permet l’accrochage des ailes antérieures et posté¬
rieures.
Chez tous les Homoptères — sauf les Aletirodes — les ailes postérieures
sont rendues solidaires des antérieures pendant le vol. Les postérieures
accompagnent passivement tous les mouvements des ailes antérieures.
Les Auchénorrhynques sautent avant de s'envoler, seules les Cigales
s’envolent directement du support. Leur vol est assez soutenu.
Références. - Fennah : Proc. enl. Soc. VVasli., XLVI, 1911, p. I8ô,
(Fulgores). — Funkhouseu : Ann. ent. Soc. Amer., VI, 1913, p. 74 (Mem-
bracides). — IIaupt : Z. Ins.-biol., XXIV. 1929, p. 73 (vol des Cigales).
— Horvath : Trans. Congr. Ent. Oxford, 2. 1913, p. 122 (élytre des Cigales).
— Metcalf : Ann. enl. Soc. Amer., X, 1917, p. 27 (Cercopides). — Tohres :
Notas Mus. La Plata, Zool., VI, 1911, p. 519 (nervat. Cicadides). — Pesson
ap. Grasse : Traité de Zoologie, X, Paris (Masson), 1951.
Source : MNHN, Paris
LES THYSANOPTÈRES
478. — Insectes tétraptères. Thysanoptère est un terme ordinal qui
désigne les insectes munis d’ailes semblables, étroites et longuement fran¬
gées.
Les ailes sont membraneuses, longues, étroites; au repos disposées à
Plat sur la face dorsale de l'abdomen, parallèlement au corps, ou croisées
a l’extrémité. Elles sont munies antérieurement et postérieurement de
F'o. “s. — Taeniothrips ntratus Haliday (Thysanopt.) (en partie d’après Melis et sché¬
matisé).
ranges de longs cils qui caractérisent les représentants de cette famille.
La membrane alaire est dénudée ou porte des microtriches. Elle est parfois
Marquée de taches sombres. Les nervures longitudinales peuvent être
m unies d e macrotriches plus ou moins développés, toujours plus importants
SUr la nervure costale (fig. 78).
479. La nervation est formée par une ou deux nervures longitu-
’hnales, radiale et cubitale (R et Cul), quelquefois par les vestiges d'autres
°ervures près de la base de l’aile. Ces nervures n’atteignent ordinairement
Pas le bord de l’aile; parfois une aréa elliptique hyaline à la jonction basale
de la radiale et de la cubitale. L’aile antérieure, et souvent les postérieures,
P r ésentent une aire anale définie, en forme d’écaille, limitée par un sillon
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
qui représente la première nervure anale (IA). L’épaississement costal
entoure l’aile et forme une nervure bordante ou nervure en anneau (170).
Les soies de la frange ciliaire sont articulées sur des pores d’insertion
saillants, placés sur la nervure bordante. Ce dispositif assure la mobilité
des soies ou maintient les cils, pendant le vol, sous un angle constant par
rapport à la nervure bordante. Les franges peuvent être composées de cils
qui se croisent régulièrement. Les cils de la frange postérieure de l’aile
dépendent du nerf cubito-anal (39, 64, 331).
480. — L’articulation basalaire comprend quatre sclérites; le troisième,
composé de deux pièces, forme avec le quatrième, rectangulaire, les sclérites
articulaires de la région anale, La tegula, ciliée postérieurement, recouvre
une partie du premier sclérite.
481. — En position de vol les ailes peuvent être réunies au moyen de
spinules crochus, plantés sur le bord costal près de la base de l’aile posté¬
rieure. Ces spinules peuvent s’accrocher sur un repli de l’écaille basale de
l’aile antérieure.
482. — L’aptérisme et le brachyptérisme sont fréquents chez les Thy-
sanoptères. Les mâles peuvent être aptères et brachyptères et les femelles,
macroptères — ou les mâles sont aptères et les femelles ailées. Certains
peuplements sont composés d’individus ailés brachyptères ou aptères. La
réduction alaire et l’aptérisme modifient la coloration et entraînent des
modifications morphologiques diverses (195, 286, 299, 307).
Références. - Meus : Redia, Florence, XX, 1933, p. 187, et XXII,
1936, p. 53 (génér.). — Pesson ap. Grasse : Traité de Zoologie, X, Paris
(Masson), 1951.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE
INSECTES
167
LES ENDOPTÉRY COTES
483. — Les Endoptérygotes ou Holométaboles sont des insectes
à métamorphoses complètes. Ils s’opposent aux Hétérométaboles dont
les métamorphoses sont incomplètes. Le développement des Endoptéry¬
gotes comporte des larves qui se transforment en nymphes. Le stade nymphal
provoque la disparition des caractères larvaires et l’évolution des caractères
de l’imago. Le stade larvaire prénymphal et le stade nymphal ne présentent
jamais de ptérothèques libres.
Le prothorax est ordinairement peu développé comparativement au
Ptérothorax. Il y a deux paires d'ailes, sauf chez les Diptères. La membrane
alaire peut être couverte de microtriches ou d’écailles de formes diverses.
La nervure radiale convexe est souvent simple et indépendante depuis
la base — ou réunie au secteur radial dans sa partie proximale. Certains
groupes présentent encore une nervure médiane antérieure convexe indé¬
pendante : cette médiane peut être réduite à un pli haut.
Les Endoptérygotes portent des ailes dont le champ anal, peu développé
ou nul, présente exceptionnellement plusieurs nervures anales munies de
rameaux récurrents. Théoriquement les Endoptérygotes ne sont munis
que d’une nervure anale simple. Ils sont Oligonéoptères.
Les Endoptérygotes renferment les Névroptéroïdes, les Mécoptéroïdes,
us Coléoptéroïdes et les Hyménoptéroïdes.
Les « Névroptères » ou Stégoptères de Newmann, divisés en Névro-
Ptéroïdes (Mégaloptères Planipennes) et en Mécoptéroïdes (Panorpes et
richoptères) forment, réunis aux Diptères et aux Lépidoptères, le « complexe
Panorpoïde » de Ilandlirsch. Ce sont les Pétanoptères de Brauer.
Les Coléoptéroïdes comprennent les Coléoptères et les Strepsiptères.
Les Hyménoptéroïdes renferment les Hyménoptères.
Fio. 79. — Palpares tigris (Dalman) (Planipenne) (dessin de A. Millot).
Source : MNHN, Paris
LES OLIGONÉOPTÈRES
LES NÉVROPTÊROÏDES
LES NÉVROPTÈRES
[127, 184 , 223 , 229 , 341, 368]
484. Pendant le repos les ailes sont allongées de chaque côté de la
face dorsale de l’abdomen. Elles dépassent largement l’extrémité du corps.
La membrane est mince sur les deux ailes; elle peut être tachée ou irisée.
Les Névroptéroïdes se distinguent des Mécoptéroïdes par la nervure
cubitale antérieure bifurquée et par le grand nombre de nervules obliques
de l’espace costal.
Les nervures portent des macrotriches, qui sont très abondants chez
les Bérothides. Certains types en offrent sur les nervules transverses et
ceux des femelles peuvent être transformés en écailles. La membrane est
couverte de microtriches : elle est dénudée chez les Ithonides et les Chry-
sopides.
Les Névroptéroïdes comprennent les Mégaloptères, les Raphidioptères
et les Planipennes, réunis ici sous le nom de Névroptères. Les ailes des repré¬
sentants de ces ordres ont des caractères communs qui peuvent être résumés
comme il suit.
485. Caractères généraux des ailes. — L’aire costale est élargie,
la sous-costale se rapproche de la radiale et lui est parallèle. Les deux ner¬
vures sont parfois cohérentes jusqu’à l’extrémité de l’aile. Les rameaux
du secteur radial peuvent être nombreux et disposés en dents de peigne.
La nervation alaire est compliquée chez les Hémérobiides. Elle est
caractérisée par la multiplication des nervures. Le secteur de la radiale
présente de nombreux rameaux et peut se confondre avec la radiale ante¬
rieure. Ce secteur est indépendant et l’adjonction de rameaux sur les deux
côtés forme une ligne brisée chez les Chrysopides (fig. 23).
486. - - La médiane antérieure convexe tend à disparaître. Elle est
parfois perceptible sous forme d’un pli (vena spuria) chez les RaphidiO'
les Hemerobius et les Ilhone. La médiane postérieure, ordinairement chiti-
nisée, peut se transformer en pli concave. La médiane peut être rameuse
et, chez les Myrméléonides, la nervure transverse oblique de la base de
l’aile est une branche de la médiane (152).
487. — La nervure cubitale antérieure est importante. Elle est indé¬
pendante chez les Corydalides, les Osmyles, les Ithone, les Mantispes, l eS
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
169
Halter. Chez les Sialides et les Raphidides la branche antérieure de la cubitale
est anastomosée sur une partie de son trajet avec la médiane. La cubitale
postérieure est distincte sous forme de pli concave. Elle tend à former,
chez les Corydalides, une uena diuidens en se rapprochant de la première
branche anale.
Fiu. 80. — Sialis lularia Linné (Mégaloptère). — A, aile antérieure. — B, aile postérieure.
MI, médiane inférieure; nex, nexus.
Les nervules transversales peuvent être bifurquées dans le champ
anal.
Les études sur les nymphes des Chrysopides ont montré que les trachées
cle la ptérothèque forment deux nervures longitudinales composites : la
Pseudomédiane et la pseudocubitale. Ces formations pourraient être homo-
*°gues des « lignes de Banks ».
488. — La pseudomédiane est formée par la réunion des extrémités
courbées des rameaux de la base de la médiane, et partiellement par la
coalescence des rameaux du secteur radial (179 et lig. 23).
La pseudocubitale est formée partiellement par la soudure des deux
hanches de la médiane entre elles et avec la cubitale antérieure, et en partie
encore par la soudure des extrémités, pliées une deuxième fois, des rameaux
du secteur de la radiale.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, I. XXI. 12
Source : MNHN, Paris
170
EUGÈNE SÉGUY
Fia. 81. —• Raphidia nolala Fabr. (Raphidioptère). — pl, pterostigma ; rm 1, 2, 3, trans-
vcrses radio-médianes; us, vena spuria (MAI) nervure convexe. Le signe = placé
sur une nervure indique une transverse.
489. — Le nexus est la coalescence particulière aux nervures de
certains Névroptères. Cette coalescence intéresse ordinairement les nervures
R. M. et Cu. Sur l’aile des Sialis le nexus peut affecter le pli médian (fig. 80).
Le pterostigma est peu marqué ou nul, sauf chez les Raphidioïdes.
Les Dilar portent sur le disque des ailes, dans la région médiane, de
petites vésicules transparentes. Leur fonction est inconnue (226).
Fia. 82. — Osmylus chrysops L. (l’ianipenne). h, transverse humérale; no, nodules
cornés; Ih, thyridics.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
171
490. — Les ailes postérieures peuvent être semblables aux ailes anté¬
rieures; elles présentent la même nervation (Chrysopides) et le secteur
radial peut être indépendant. Le champ costal est généralement moins
développé, sauf chez les Ascalaphes. Le champ anal est réduit chez les Heme-
robius, il est plus large chez les Ithone et les Surfis-
Les ailes postérieures sont plus petites que les antérieures chez les
Drepanepleryx. Elles atteignent leur plus grande modification pour devenir
hypertéliques chez les Planipennes Némoptérides. Les ailes sont filamenteuses,
plus de deux fois plus longues que les antérieures, soutenues par trois ner¬
vures parallèles Sc + R, M et Cu. La sous-costale et la radiale se réunissent
ordinairement dans une dilatation ovalaire subapicale qui porte un ptero-
sligma. Le nexus des ailes postérieures est la nervure formée par la coales¬
cence de S + R 4- M (lig. 84).
491. — Les Myrméléonides portent sur les ailes postérieures, à la base
de l’aile, près du thorax, une petite apophyse renflée (organe de Eltringham).
Le renflement de cette apophyse est muni de cils dressés et de glandes qui
seraient odorifiques (fig. 45).
492. Un dispositif de couplage se trouve entre les ailes antérieures
et postérieures. Il existe chez tous les Mégaloptères. Chez les Hémérobiides
le joug de l’aile antérieure et le frein de l’aile postérieure sont bien déve¬
loppés dans les formes « primitives », mais tendent à disparaître avec le
rétrécissement et l'allongement de l'aile. Les ailes sont ainsi indépendantes
pendant le vol.
Les ailes des Névroptéroïdes ne permettent en général qu’un vol peu
soutenu.
Références. Auber : Entomologiste, Paris, XI, 1955, p. 48 (Myrmel.).
Frœschner : Ann. ent. Soc. Amer., XL, 1917, p. 123. — Killington :
British Neuroptera, 1936-37, Ray Society. — Lems : Entom. Bericht.,
Amsterdam. XIV, 1952, p. 36 (Psectra diptera). — Stitz ap. Schulze :
Liol. Tiere Deutschl., 33, Teil 35, Berlin, 1931 (génér. et bibl.). — Tillyard :
froc. Linn. Soc. N. S. W., XL. 1915, p. 734, et XL1II, 1918, p. 116. —
v\ ithycombe : Entom. Lond., LV et LVI, 1922-23, p. 33 et 224 (Raphidia).
LES MECOPTEROÏDES
LES MÉCOPTÈRES
[61, 107, 157, 215, 311, 330, 333, 341]
493. — Les ailes sont longues, étroites, arrondies à l’extrémité; pendant
e repos placées en toit sur l’abdomen ou légèrement écartées. Les ailes
antérieures et postérieures sont semblables et subégales, à membrane
délicate, légèrement irisée, ornée de taches obscures disposées en bandes
transverses, placées au niveau des zone basale, médiane et apicale. Les
Source : MNHN, Paris
172
EUGÈNE SÉGUY
ailes (1e certaines espèces portent des microtriches et des macrotriches.
Le pterostigma est toujours marqué.
494. — La nervation est régulièrement dichotomisée, comparable sur
les ailes antérieures et postérieures. L'épaississement costal entoure l’aile.
La nervure radiale convexe (RI) peut être fourchue à l'extrémité, au moins
sur l’aile antérieure, le secteur radial porte ordinairement cinq rameaux
Fio. 83. — Drepanepteryx phalaenoides (L.) (Planipcnne). Ailes antérieure et postérieure. —
arc, arculus ; Air, axillaire ramifiée; /, frein; ju, jugum ; ns, nervure séparatrice. —
Le signe = placé sur les nervures indique les transverses ou l'emplacement des thyridies.
disposés dichotomiquement. La médiane convexe a disparu, mais la médiane
concave peut offrir quatre ou cinq rameaux sur l'aile antérieure. La cubitale
antérieure convexe est simple, la cubitale postérieure, faible et concave,
est représentée par un pli concurrent à la première nervure anale. 11 y a
deux ou trois nervures anales convexes, inégales (fig. 86).
495. — Les ailes postérieures portent une ou deux soies frénulaires
à la base de l'épaississement costal. L’aire costale et la base de l’aile sont
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 173
plus étroites que sur les ailes antérieures. La nervure sous-costale est souvent
raccourcie. La médiane porte trois ou quatre rameaux. Les nervures mé¬
diane et cubitale sont réunies à la base. Le champ anal réduit est soutenu
par deux nervures fortement convexes. La troisième nervure anale est
courte.
496. — Les nervules transverses, ordinairement décolorées, sont nues.
Quelques transverses occupent un emplacement fixe comme la transverse
humérale et parfois d’autres nervules. Les autres transverses, très nom¬
breuses, ont une position irrégulière. Leur nombre, comme celui des ramifi¬
cations des nervures longitudinales, augmente avec la grandeur de l’aile.
Fio. 84. — Haller halleratus Forskâl (Planipenne). — A, aile antérieure. — A, aile posté¬
rieure. — nex, nexus; o, nervure oblique; si, pterostigma.
L’aile de certains Mécoptères présente une thyridie hyaline sur la
branche de la médiane, au niveau de la bifurcation, et parfois une autre
ai » niveau de la transverse mcu.
497. — L’appareil de couplage des ailes antérieures est formé par un
J°ug, celui des ailes postérieures par un frein. Ces organes sont munis de
soies. Chez les Méropides le lobe jugal porte une saillie chitineuse achète,
e t le frein est réduit à deux soies. Par suite du rétrécissement alaire les ailes
sont indépendantes chez les Bittacus; l’appareil de couplage n’est plus
fonctionnel.
Source : MNHN, Paris
174
EUGÈNE SÉGUY
498. Les ailes de quelques formes de Mécoptères sont vestigiales
ou d’autres espèces sont aptères. Chez certains mâles les ailes deviennent
très étroites, chitinisées et recourbées en crochets, les antérieures plus grandes
que les postérieures (278).
Références. Issiki : Jap. J. Zool., Tokyo, IV, 1933, p. 315 (ner¬
vation). — Tillyard : Proc. Linn. Soc. N.S.W., XLIII, 1918, p. 395 (ner¬
vation) et Ann. enl. Soc. Amer., XXVIII, 1935, p. 45 (évolut. excellentes
figures).
LES TRIGHOPTÈRES
[128, 157, 175, 189 , 217 , 230 , 332]
499. — Les Trichoptères, Phryganes ou Plicipennes, portent deux
paires d’ailes membraneuses plus ou moins recouvertes de longs microtriches
soyeux, sauf chez quelques especes. Les ailes, de couleur terne, brunes ou
grises, peuvent présenter des taches ou des dessins de teinte claire. Les
ailes postérieures, minces et délicates, sont irisées. Pendant le repos les
ailes sont disposées l’une sur l’autre, en toit sur l’abdomen, qu’elles cachent
complètement.
Le revêtement pileux des ailes est formé de poils nombreux et serrés,
parfois réunis en franges marginales. Cette pilosité caractéristique distingue
les Trichoptères des Lépidoptères, dont les ailes sont couvertes d’écailles.
Cependant quelques espèces ont les ailes couvertes de poils squamiformes
ou d’écailles semblables à celles que l’on observe chez les papillons (fig. 88).
Les ailes antérieures, légèrement plus épaisses, portent un revêtement plus
compact que les ailes postérieures.
500. — La nervure sous-costale est simple ou fourchue près de l’extré¬
mité. Dans ce dernier cas le rameau sc2 est relié à RI par une nervule. Une
nervule transverse, placée à la partie moyenne, s’étend jusqu’à la marge
de l’aile. La transverse humérale est normale.
La radiale forme une fourche près de la base, son secteur est composé
de quatre rameaux. La radiale convexe (RI) peut être tordue à l’extrémité
pour cerner le pterostigma.
La médiane antérieure convexe (MAI) a disparu. La médiane posté¬
rieure présente trois ou quatre rameaux. Un affaiblissement de la nervure
(thyridie) s’observe à la base de la fourche médiane, parfois sur l’aile anté¬
rieure, parfois sur les deux ailes (fig. 87, th).
La nervure cubitale est biramifiée. Elle est réunie à la base avec la
nervure anale par une transverse.
501. - La disposition des nervures anales sur les ailes antérieures
est caractéristique chez les Trichoptères. La deuxième anale se confond
avec la première anale près de la base de l’aile, puis elle s’étend obliquement
pour rejoindre le bord. Les extrémités de la deuxième anale et les deux
branches de la troisième sont coalescentes (fig. 87).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
175
l'io. 83. — Ascalaphus longicornis L. (Planipenne). — A, aile antérieure. — B, aile posté¬
rieure. — arc, arculus; pst, pterostigma.
Ml CuAz
Pm. 86. — Bittacus lipularius (Pabricius) (Mécoptère). — A, aile antérieure. — B, aile
Postérieure. —/, frein (soie frénulaire); h, transverse humérale; //, lobe jugal;M/, médiane
inférieure; pis, pterostigma. — Le signe = indique une transverse; le signe O l’empla¬
cement des thyridies.
Source : MNHN, Paris
176
EUGÈNE SÉGUY
502. — Les ailes postérieures sont plus courtes et plus fragiles que les
antérieures, plus larges par suite de l'extension de l'aire anale qui peut
être plissée. La nervure sous-costale est longue et peut être dépourvue de
rameau récurrent. La médiane porte théoriquement trois rameaux, le troi¬
sième formé par la réunion des nervures M3 et M4. La cubitale est fourchue.
Les anales sont différentes de celle de l’aile antérieure. Elles sont libres et
finissent séparément à la marge de l’aile (175).
503. — Sur les deux ailes les nervures longitudinales, sauf la sous-cos¬
tale et le première nervure radiale qui présentent leurs récurrentes normales
(humérale et nervules radiales), sont réunies par des nervules transversales
situées près de la base des fourches. Les nervules transverses, placées
entre les rameaux du secteur de la radiale et les rameaux antérieurs de la
médiane, forment par leur réunion une ligne brisée ou corde transverse
qui est l'anastomose antérieure. Les nervules transverses qui réunissent
les rameaux postérieurs de la médiane et ceux de la cubitale, pour rejoindre
l’extrémité de la nervure anale, forment l’anastomose postérieure (lig. 87).
Fio. 87. — Glypholnelius pellucidus Retz (Trichoptère). — A, aile antérieure. — D, aile
postérieure. — cm, anastomose antérieure; ap, anastomose postérieure (les anastomoses
sont marquées par les transverses soulignées d'un trait épaissi); arc, arculus ; dit, cellule
thyridiale; eMA, vestige de la nervure médiane convexe (MAI); h, transverse humé¬
rale; feu, intercalaires cubitales; no, nodule; ns, nervure séparatrice; pj, pli jugal; le,
lendo; tro, trochlée. Le signe = indique une transverse; le signe o l'emplacement
d'une thyridie.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
177
504. — II y a habituellement, sur les antérieures, un nodule corné
placé à la base de la cellule r 4-5, et parfois un autre de même nature au
sommet de la cellule thyridiale. Le nodule de la cellule radiale persiste seul
sur les ailes postérieures (226). Une petite tache hyaline dépourvue de
microtriches (thyridie) s’observe à l’extrémité de la nervure médiane;
ainsi que les nodules cornés cette thyridie est considérée comme un organe
sensoriel utile pendant le vol (lig. 87 o).
505. — Le lobe postérieur des ailes antérieures est transformé en fibule
qui permet l’accrochage des hamules des ailes postérieures. La fibule des
Bhyacophila est adaptée pour s’accrocher à la tubérosité anlérieure de
l’aile postérieure.
Les Goera portent, à l’angle huméral de l’aile postérieure, de fortes
e Pmes qui fonctionnent probablement comme un frenulum.
L’union des ailes peut se faire par superposition, par l’action des hamules
sur le bord costal de l’aile postérieure.
506. — Le dimorphisme sexuel peut se traduire par une réduction plus
ou moins forte des ailes de la femelle. Le brachyptérisme s’observe chez les
mâles des Anomalopteryx et la femelle de l’Enoicyla Reichenbachi. Chez
quelques espèces les ailes sont vestigiales, mais l'aptérisme est rare chez les
Trichoptères.
Les ailes des mâles peuvent porter des sillons ou des callosités couverts
(le cils allongés, squamiformes ou chétiformes, ou des plages pileuses.
La nervation alaire peut se modifier suivant le sexe (274, 287).
Références. — Betten : Bull. N. Y. SI. Mus. Albany, n° 292, 1934
(génér.). — Marshall : Zs. wiss. Zool., CV, 1913 (Dévelop. ailes du Pla-
typhylax). - Schmid : Bull. Soc. eut. Suisse, XXVIII, 1955 (Limnophilidae).
~ ~ Ulmer ap. Schulze : Biol. Tiere Deutschl., 13, Teil 36, Berlin, 1925
(génér., bibl.).
LES LÉPIDOPTÈRES
[56 , 62 , 74 , 77, 127, 162 , 208 , 215 , 239 , 240 , 261-62,
335 , 340 , 351-352 , 373]
507. — Au repos les ailes des Lépidoptères sont disposées en toit, les
bords postérieurs réunis et se recouvrant sur la face tergale de l’abdomen.
Les ailes peuvent être disposées horizontalement, les antérieures appliquées
contre le corps, mais se touchant par leurs bords internes et formant un
triangle recouvrant les ailes postérieures (deltoïdes). Les ailes peuvent
encore être dressées verticalement, les faces supérieures se touchant et les
laces inférieures découvertes (ailes conniventes, comme chez les Ephémères).
Chez certaines Hespérides les ailes antérieures sont relevées, les postérieures
couchées. Les Ornéodides plissent leurs ailes en éventail et les ramènent
en arrière. D’autres espèces, au repos, enroulent leurs ailes sur les côtés
ou corps (191).
Source : MNHN, Paris
178
EUGÈNE SÉGUY
508. Dans la plupart des formes un tornus défini s’observe sur
toutes les ailes. La partie située entre l’apex et le tornus est appelée
termen. Celle située entre le tornus et la base forme la marge postérieure
ou dorsum (231).
509. -— Les deux faces de la membrane alaire portent généralement
des écailles disposées en rangées régulières. La régularité de l’implantation
est une des caractéristiques des espèces à vol rapide.
Les écailles sont creuses. Ce sont des macrotriches modifiés, pourvus
d’un pédicelle, plantés dans un alvéole cupuliforme creusé dans le tégument.
Les écailles présentent les formes les plus diverses, depuis les poils légèrement
modifiés ou aplatis, jusqu’aux larges écailles ovalaires à marge apicale
dentelée.
Le type d’écaille le moins fréquent est de forme ovale avec de nombreuses
stries longitudinales; cette écaille n'est pas pigmentée (Microptérygides).
La forme d’écaille la plus répandue porte des strioles microscopiques trans¬
verses ou barres connectives. Elles peuvent présenter des zones pigmentées
entre les stries (fig. 88).
Fio. 88. — Ecailles des ailes de divers insectes. — a, Psorophora (Dipt. Culicide); b, Anthrax
(Dipt. Bombyliide); c, Cyphus (Coléopt. Gurcul.); d, Leptocella (Trichopt,); e. Micro-
pleryx (Lépidopt.); /, Psecadia (Lépidopt.); g, Acheronlia (Lépidopt.); h, Nepticulomima
(Psocoptèrc) (h, imité de A. Badonnel; a-g, dessins originaux).
510. — Beaucoup d’espèces de Lépidoptères portent sur leurs ailes
plusieurs formes d’écailles à fonctions variées (42 , 43).
Les écailles à parois criblées, perméables à l’air, activent le rôle respi¬
ratoire des ailes pendant le vol, surtout chez les Rhopalocères qui voient
au soleil. Par leur intermédiaire la chaleur solaire accroît dans l’aile la
ciculation sanguine et la pénétration gazeuse (Guignon) (59).
Les écailles et les organes cupuliformes placés sur les nervures reçoivent
des ramifications nerveuses. Ces écailles et ces cupules sont sensibles aux
ultrasons. D’autres écailles, provenant de la transformation des poils
glandulaires, diffusent une substance grasse empêchant l’aile d’être
mouillée.
Des écailles ou plumules androconiales particulières, placées sur les
ailes des papillons diurnes et de quelques nocturnes, sont en relation avec
des glandes odorifiques (343).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 179
Chez certaines Tordeuses un peigne de soies ou de poils modifiés, rigides,
dressés en haut et légèrement en arrière, est placé à la face supérieure de
l’aile postérieure, sur la cubitale antérieure (peigne cubital).
511. — Les écailles ont disparu sur la membrane alaire de quelques
Hétérocères (Aegérides) et Rhopalocères ( Acraea ). Les ailes ont alors un
aspect vitreux. Les Sphingides du genre Hemaris perdent leurs écailles
Peu après la transformation, pendant les premières heures du vol. Beaucoup
de Syntomides sont munis d’ailes translucides, dépourvues d’écailles, quel¬
ques uns ressemblent à des Hyménoptères.
Les ailes de certains Lépidoptères peuvent être munies de petits poils
ou aiguillons insérés sur la membrane, mais sans pores d’insertion. Ce sont
des productions particulières nommées aculae. Mais la plupart des Lépido¬
ptères portent des macrotriches piliformes formant une frange plus ou moins
longue au bord des ailes. Les autres sont transformés en écailles.
512. — Caractères particuliers de la nervation. — La nervation
des ailes des Lépidoptères est remarquable par le petit nombre de nervures
transverses, par l’oblitération du quatrième rameau de la médiane et par
* a Présence d’une grande cellule discale fermée. Cette cellule donne insertion
â un certain nombre de nervures.
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
Les papillons diurnes montrent théoriquement douze nervures; toutes
proviennent de la cellule centrale, sauf la première et la dernière qui prennent
naissance à la base de l’aile. Sur une aile postérieure typique on n’observe
que huit nervures (fig. 89).
513. — Sur l'aile antérieure la nervure sous-costale est simple, parfois
fourchue à l’extrémité. La nervure radiale (RI), robuste, peut se dichoto¬
miser apicalement. Le secteur radial comprend quatre rameaux qui limitent
parfois une cellule radiale fermée, l’aréole (221 et fig. 18). La médiane porte
trois rameaux libres et occasionnellement un quatrième (M4) confondu
Fio. 90. — Pterophonis monoilactylus L. (Lépidoptère). — A, Aile antérieure. — B, Ad e
postérieure. — C, Ecailles cubitales. — ecc, écailles cubitales non striées (androconialcs);
/, frein; rel, rétinacle.
avec le rameau antérieur de la nervure cubitale antérieure (Cula). Ce rameau
apparaît comme une courte nervure transverse connective. Chez quelques
formes on trouve une cellule médiane fermée (me, cellule intruse) entre
les branches antérieures et postérieures de la médiane. Exceptionnellement
un cinquième rameau peut se réunir à la cubitale antérieure à la base, et
former une branche en Y cubito-médiane (154 et lig. 18).
La nervure cubitale antérieure est forte, convexe, et borde postérieure¬
ment la cellule basale, puis se divise en Cula et Culb. La cubitale postérieure
(CuP) est simple. C'est une nervure convexe faible, souvent obsolète à lu
base.
Les nervures anales sont variables. La première est ordinairement
complète, la deuxième peut former une boucle inférieure, la troisième est
vestigiale.
514. — Le type fondamental de nervation dans l’ordre des Lépidoptères,
tel qu’on peut l’observer chez les Homoneures, ressemble à celui de certains
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
181
Trichoptères. La nervation des Lépidoptères diffère de celle des Trichoptères
Par l’aile antérieure où M4 n’est pas libre, et par la diminution des nervules
transverses (239).
91. — Carpocapsa pomonella (L.) (Lépidoptère). — A, aile antérieure. —B, aile
postérieure. — Ax, axillaire; /, frein; ret, rétinacle.
Source : MNHN, Paris
182
EUGÈNE SÉGt
Chez les Homoneures la nervation des ailes postérieures est similaire
à celle des antérieures, les nervures anales ne forment pas de boucle
(fig. 92).
Sur l’aile postérieure la nervation des Hétéroneures, réduite, est
dlTérente de celle de l’aile antérieure, les nervures transverses sont moins
nombreuses que chez les Homoneures. Ce type de nervation n’est relié
au précédent par aucun intermédiaire vivant ou fossile.
Chez les Hétéroneures les ailes postérieures ont la nervure sous-costale
et la radiale confondues sur la moitié distale ou plus, la partie basale libre
de la radiale (RI) paraissant former une transverse oblique, souvent oblitérée
par une fusion plus complète des deux nervures.
Le secteur radial est réduit à une nervure n
on rameuse. Chez les Papi-
lionides l’aile est souvent
caudée au niveau du 2 e
ou du 3 e rameau de la
médiane. La cubitale
postérieure (CuP) est
complète dans certains
groupes dits « primitifs »•
La première et la seconde
anales se confondent près
de la base pour former
une nervure en Y qui
peut devenir rectiligne par
suite de la disparition de
la première anale.
515. — Couplage
des ailes. — Les A licro-
pteryx portent un loue
jugal, homologue de la
fibule des autres insectes,
à la base des ailes antérieures. Il recouvre l'épaississement costal des ailes
Fio. 93. — Lobophora halterula Huf. (Lépidoptère).
Aile postérieure droite montrant le « lobe jugal ».
— Ax, nervure axillaire ou jugale.
postérieures, comme chez certains Trichoptères (313).
Chez les Hépiales un prolongement digitiforme s’engage sur la costale
des ailes postérieures, qui est ainsi accrochée entre le jugum et la bordure
postérieure de l’aile antérieure, près de la base. Toutes les familles dont les
ailes présentent un jugum alaire (avec ou sans frein) forment le groupe de
Homoneures ou jugates (312).
Chez les Hétéroneures le frein est formé par une série de soies (frenu¬
lum). Chez la plupart des femelles ces soies forment un faisceau qui passe
sous l’aile antérieure et reste accroché dans le rétinacle formé par une touffe
de poils raides provenant de la cubitale, (rétinacle subdorsal). Chez les
mâles ces soies sont remplacées par un chète allongé, rigide, qui s'engage
dans un lobe chitineux recourbé porté par la sous-costale de l’aile antérieure
(rétinacle costal) (313).
516. — Les papillons diurnes et quelques groupes de nocturnes, l eS
Achalinoptères des anciens auteurs, ne possèdent ni frein, ni rétinacle»
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 183
Les ailes postérieures, dont la région humérale est élargie, sont retenues
par pression contre la partie dorsale rigide des ailes antérieures (couplage
ampiexiforme) (314 et fig. 89).
517. — Les patagia sont formés par deux pièces saillantes sacciformes,
parfois aplaties, couvertes de poils ou d’écailles. Elles sont articulées et
mobiles sur les côtés du pronotum. On peut les considérer comme des rudi¬
ments d'ailes prothoraciques (19). Les patagia, parfois très petits, sont
réduits ou nuis chez les Homoneures.
518. — Les legulae sont représentées par deux pièces lamellaires laté¬
rales mobiles placées dans la région articulaire de l’aile antérieure (104).
" es lames, mues par un muscle spécial, protègent l'articulation basalaire.
Les tegulae sont peu visibles ou nulles chez les Homoneures.
519. Articulation basale. — L’action de ces muscles thoraciques
a git sur l’aile antérieure par l’intermédiaire des sclérites 1 et 3. C’est géné¬
ralement le premier sclérite, plus développé, qui fonctionne dans la région
articulaire.
Les Attacidés et les Papilionides Parnassiinés sont munis de
sclérites axillaires armés de un ou deux denticules aigus (épines basales)
( f 'g. 94).
La région basalaire de l’aile antérieure peut montrer une plaque axil-
laire spinuleuse ou une marge antérieure épineuse, le peigne axillaire.
520. — Dimorphisme (276 , 277 , 282 à 287, 289, 301). — Le
dimorphisme sexuel alaire est très répandu chez les Lépidoptères. Les
ailes des femelles peuvent être plus développées que celles des mâles, ou se
Source : MNHN, Paris
184
EUGÈNE SÉGUY
réduisent plus ou moins complètement, jusqu'à l’atrophie complète, les
mâles restant ailés.
Exceptionnellement les mâles portent un lobe jugal aux ailes posté¬
rieures (fig. 93).
Fig. 95. — Nemeslrinus Ægyptiucas Wied. (Dipt.). — arc, arculus ; li, transversc humérale;
Ml, médiane inférieure.
Le dimorphisme peut affecter la forme et la couleur des ailes. Le mâle
et la femelle paraissent appartenir à deux espèces différentes.
Chez les Psychides le dimorphisme atteint les femelles par réduction
des appendices, des yeux, des ailes et des phanères.
521. Aptérisme. — Dans certains groupes quelques espèces de
Lépidoptères tendent à réduire leurs ailes. Cette réduction intéresse les
ailes antérieures et postérieures, mais atteint plus souvent les femelles.
Elle porte rarement sur une seule paire d’ailes. Les Piérides peuvent
diminuer partiellement les ailes antérieures, les Amatides les postérieures.
Les Syntomides rapetissent l’aile postérieure. La nervation se sim¬
plifie : la sous-costale est confondue avec le secteur de la radiale. Les
ailes postérieures ont disparu chez la femelle de l’Oecophoride Pleurota
rostrella.
Références. — Bourgogne ap. Grasse : Traité de Zoologie, X-
— Dixey : Trans. ent. Soc. Lond., LXXIX, 1931, p. 365, et LXXX, 1932,
p. 57 (développ.). — Gonin : Bull. Soc. vaud. Sc. nul., XXXI, 1894,
]i. 87 (métam.). — Guignon : Physiol. des ailes des Lépid. 1937. —
Hering : Biologie der Schmetterlinge et Parnassiana, IV, 1937, p. 1*
(sclér. épineux). — Issiki : Slylops, 1, 1932, p. 73 (Hépiales). — Kuntze : % s -
Morph. Oekol. Tiere, XXX, 1935, p. 544 (Saturnides). — Mercer : J.N -*•
enl. Soc., VIII, 1900, p. 1 (dev.). — Philpott : Trans. N. Z. Inst., LIV, 1923,
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XXXVII, 1912 (mélanisme et albinisme). — Portier : Biologie des Lépid-
— Spuler : Zs. wiss. Zool., LUI, 1892, p. 597. — Tili.yarl> : Proc. Lin n -
Soc. N.S.W., XLII, 1917, p. 167 (nervation). — Woodwohth : Ent. News
XXXIV, 1923, p. 33 (Bombyx mori). — Zeuner : Ann. May. nal. Hist-
Lond., X, 1943, p. 289 (trachées, nerv.).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L'AILE DES INSECTES
185
LES DIPTÈRES
[14, 64 , 71, 74, 77, 91, 134, 228, 233, 241, 260, 266, 286, 288, 297,
299 , 307 , 322 , 337 , 341, 342 , 345 , 350]
522. — Les Diptères portent ordinairement des ailes antérieures sub¬
triangulaires; les ailes postérieures, très réduites, sont transformées en
organes sensoriels, haltères ou balanciers. Les balanciers peuvent s'observer
même chez les formes secondairement aptères. L’évolution peut les faire
disparaître comme les ailes antérieures.
Pendant le repos les ailes sont disposées en toit ou écartées du corps.
°u repliées l’une sur l’autre comme les lames d’une paire de ciseaux.
Les ailes antérieures sont habituellement membraneuses, transparentes,
parfois brunies, rarement opaques. Elles peuvent présenter des taches ou
des dessins spécifiques. La membrane mince peut être jaune ou brune, ou
colorée de vert ou de violet, elle est parfois noircie et peut offrir des reflets
métalliques. Elle peut être gaufrée et parée de couleurs irisées. Elle est
nue ou couverte de microtriches répartis sur toute la surface ou réunis en
plaques sur certaines cellules pour former des taches caractéristiques. Les
nervures longitudinales peuvent porter des macrotriches ou des écailles
variés sur une partie ou sur toute leur longueur, sur une face ou sur les deux
'aces de l’aile (41, 332).
F
R
R-
A, Bruchomgia argentina Alexander. — B, Tetmatoscopus
Mémoires do Muséum. Zoologie. 1. XXI.
13
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
523. — Les ailes des Diptères sont caractérisées par la perte du quatrième
rameau de la nervure médiane et par une réduction plus ou moins consi¬
dérable du lobe anal. Il n’y a ordinairement pas de nervures intercalaires.
La nervation est remarquable par la réduction du nombre des ramifi¬
cations des nervures longitudinales et par la diminution numérique ou la
disposition régulière des nervules transversales. Comme dans les autres
ordres d’insectes, la nervation des ailes des Diptères peut être compliquée
ou réduite à sa plus simple expression, en passant par tous les intermédiaires.
La nervation alaire est spécifiquement peu variable chez les Diptères.
Fig. 97. - Pluchoptera conhuninala Linné (Diptère). — arc, areu lus; ca, cordon axillaire;
h, nervure humérale; Ml, médiane inférieure; ns, nervure séparatrice.
La nervation de l’aile des Diptères est obligatoirement celle de l’aile
antérieure. Les Diptères tétraptères, trouvés dans la nature ou obtenus
au laboratoire, présentent, lorsqu’elle est bien développée, une aile posté¬
rieure semblable à l’antérieure, pourvue des mêmes nervures (324).
Fig. 98. — Alylolus Franchlnii Séguy (Diptère). — alu, alule; arc, arculus ; eus, costagiuut-
— Le signe = placé sur une nervure indique une transversc.
524. — Nervation. — L’épaississement costal peut entourer l’ail®
(fig. 95), ou peut être interrompu à l’extrémité de l’aile, ordinairement au
niveau de l’extrémité de l’une des branches du secteur radial. Il peut être
« brisé » une ou deux fois sur son parcours par des « fractures ». La nervure
costale présente alors, au niveau des fractures, une ou plusieurs épines sen¬
sorielles dites épines costales, sétules ou pleclra. Chez les Diptères Brachycères
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES 187
la base de la nervure costale, plus ou moins aplatie et dilatée, forme le
costagium. Deux écailles s’observent à la base de la dilatation costale :
la basicosta, qui est une tegula, et l’épaulette, qui est une dilatation du
sclérite pseudocostal (102).
La nervure sous-costale, ordinairement simple, peut être ramifiée
à l’extrémité. L’extrémité de la sous-costale peut aboutir sur le bord costal,
indiquant que le rameau sc2 est perdu : c’est le cas le plus commun. Dans
d’autres cas elle se réunit avec la première radiale, montrant ainsi la perte
de sel. La nervure sous-costale peut aussi subir des réductions considérables.
Fio. 99. — Lucilia Caesar L. (Diptère). — alu, alule; arc, arculus ; bc, basicosta ; ca, cordon
axillaire ; cua, cuilleron alaire (antisquamc) ; cub, cubilulus ; pl, plectrum ; pru, preupsilon.
~ Le signe = indique une nervule transverse. — Le signe A indique l’emplacement
des organes pulsatiles (« cœurs accessoires »)•
525. — La nervure radiale convexe est toujours indépendante, et dans
certains cas le secteur peut être muni de quatre rameaux. Chez les Psycho-
dides tous les rameaux sont distincts, d’autres ne présentent que deux
°u trois rameaux (fig. 96). Chez les Rhagionides les rameaux R2 + 3 sont
coalescents. Chez les Culicides ce sont les rameaux R4 + 5 qui sont soudés.
Chez d’autres les rameaux du secteur radial peuvent se réunir et disparaître
011 se réduire à des plis. La radiale est simple chez les Cécidomyies.
La nervure médiane antérieure (MAI) traverse l’aile, soit comme une
nervure, soit sous forme de pli fuena spuria) (184, 194 et fig. 97). La mé¬
diane antérieure est réunie à la base du secteur de la radiale et forme le
J-i'onc commun convexe RM, le brachiolum (fig. 100). Elle se prolonge dans
la cellule discale sous forme d’un pli haut (Tabanides) (fig. 98), chitinisé
P ar épaississement de la membrane alaire et parfois muni d’écailles ou
de cils (Culicides). Dans d’autres genres la base de MAI dépend de la radiale
(Psilopus). Elle peut être libre depuis la base de l’aile (Sciara), comme
® Ur l’aile hypothétique, et rejoint le faisceau cubital par une connexion
nasale. C’est la vena labida de M. Goffe.
526. — La nervure médiane antérieure concave (MA2) porte ordinai¬
rement deux rameaux. Elle peut être réduite à un pli apical plus ou moins
marqué (Muscides), ou après un coude ( cubilulus , fig. 99) former deux
rameaux, MA2a et MA2b (Asilides). Le rameau antérieur peut être bifurqué
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
et le rameau postérieur contracte des rapports plus ou moins complexes
avec CuAl. Féquemment, entre le rameau concave MA2 et la cubitale
convexe CuAl, on remarque des plis; ce sont les vestiges de la médiane
postérieure.
La nervure cubitale peut être libre et simple depuis la base jusqu'au
bord de l’aile. On observe ordinairement une cubitale convexe, suivie d’un
rameau concave, et une cubitale postérieure concave, souvent réduite à
un pli. La cubitale postérieure peut être vestigiale dans le sillon anal.
Fio. 100. — l'haryngomyia picla Mcigen (Diptère).
527. — Un caractère de l’aile des Diptères est la coalescence des nervures
MP et CuAl. Chez les Iihgphus les nervures MP et CuAl gardent leur posi¬
tion primitive. Elles s’étendent parallèlement et aboutissent au bord de
l’aile. Chez les Panlarbes les deux nervures se réunissent sur la plus grande
partie de leur longueur et la cellule MP3 est oblitérée.
La réduction de l’aire anale entraîne une réduction parallèle de la ner¬
vation. Les trois nervures anales, lorsqu’elles sont perceptibles, atteignent
rarement le bord de l’aile.
528. — L’arculus est formé par la réunion des nervures radiale et
médiane à la base de l’aile. La base de la partie libre de la médiane se déplace
le long de l’arculus et paraît ainsi provenir de la cubitale. C’est le point
de jonction nommé j par les auteurs (175 et fig. 101).
L’aile présente à la base et postérieurement, chez certains Nématocères
et chez les Brachycères, un lobe libre ou alule, qui flotte pendant le vol.
Sa fonction est inconnue et sa suppression ne paraît pas modifier le mouve¬
ment du vol. Ce lobe a peut être les mêmes fonctions que l’aile postérieure
des Hyménoptères [233] (fig. 99).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
189
529. — CuiUerons. — L'aile porte à la base et postérieurement, entre
l’alule et le thorax, deux écailles membraneuses indépendantes, superposées,
bordées par un épaississement en bourrelet frangé de poils : ce sont les
cuillerons ou squames (236). Le cuilleron alaire, près de l’alule, se nomme
antisquame et le cuilleron thoracique squame. Ce dernier, très développé
chez certains Myodaires, peut couvrir les balanciers. A la base du cuilleron
thoracique on trouve une fossette renfermant des organes sensoriels. Le
rôle des cuillerons n’est pas défini (fig. 100).
Sous les cuillerons, les Syrphides présentent un organe sensoriel appelé
plumule et conformé comme une plume. Le rôle de cet organe, utile pendant
le vol, n’est pas connu. Les Bombyliides portent, au môme endroit, une
plage de poils raides (frenulum, 237).
F, o-101. Base de l’aile d’un Tabanus (Diptère) montrant la disposition des sciérites
axillaires (schématique). — alu, alule; arc. arculus ; ax, 1, 2, 3, 4, sciérites axillaires ;
bc, basicosta (plaque humérale); br. brachiolum ou radialis; ca, cordon axillaire; cos,
costagium; cua, cuilleron alaire; cul, cuilleron thoracique; scia, sclérite auxiliaire;/, tequla
ou épaulette.
530. — Balanciers. — Les ailes postérieures sont ordinairement
transformées en organes sensoriels régulateurs du vol : les balanciers (324
et *!•).
. 531. Articulation basale. — Elle est composée de quatre sciérites
axillaires. Certains peuvent être divisés; il peut également se produire de
Petites chitinisations supplémentaires incluses dans la membrane axillaire
qui relie les différents sciérites (fig. 101).
Le premier et le quatrième axillaires forment charnières avec les apo¬
physes thoraciques. Le premier sclérite (pseudocostal ou thoracique) com-
Source : MNHN, Paris
190
EUGÈNE SÊGUY
mande la nervure sous-costale. Le deuxième sclérite (radio-médian) est
attaché à la nervure radiale. La nervure médiane et la cubitale sont plus
ou moins associées au deuxième sclérite et plus ou moins étroitement à
l’une des deux plaques médianes de la base de l’aile. Ces plaques ne sont
pas constantes comme les sclérites articulaires. Les anales sont commandées
par les troisième et quatrième sclérites, au moins chez les Diptères supérieurs.
Le troisième sclérite (intermédiaire) commande la mise au repos de l’aile.
Le quatrième sclérite (sclérite anal ou medigium) est inféodé à la partie
postérieure de l’aile dont le rôle est faible chez les Diptères. La basicosta
et la tegula reçoivent l'insertion des muscles moteurs de la costale.
532. — Aptérisme et polymorphisme. —Les ailes de certaines espèces
de Diptères peuvent disparaître dans l’un ou l'autre sexe — ou la nervation
peut être différente. Celles des Chironomides Pontomgia et Clunio sont
vestigiales ou loriformes (279).
La réduction ou la perte du système alaire a pour conséquence, chez
les Diptères, l’atrophie ou la disparition des organes oculaires (273).
Références. — Alexander : 4 e Int. Cong. Ent., II, 1928, p. 700
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West : The Housefly, New York (Cornell Univ. Pr.), 1951 (bibl. imp.).
LES COLfiOPTÊROÏDES
LES COLÉOPTÈRES
[56, 57, 74, 81, 91, 107, 193, 240, 260, 261, 334, 338, 342, 346,
355 , 364 , 367 , 368]
533. —Les Coléoptères sont munis de deux paires d'ailes dissemblables.
La paire antérieure, dure et coriace, est transformée en élytres dont les
bords suturaux se juxtaposent sans se recouvrir. Les ailes postérieures,
membraneuses, peuvent se replier dans le sens de la longueur ou de la largeur
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
191
et se placer au repos sous les élytres. Ce repliement entraîne des modifi¬
cations dans le trajet des nervures et provoque le développement de l’aire
anale.
Les élytres peuvent être lisses et luisants, striés, granuleux, couverts
de tubercules, d’aspérités de formes diverses, ou d’un réseau d’arêtes. Ils
peuvent être de couleur
terne ou sombre, ou parés
de teintes vives, mates ou
brillantes et métalliques.
Us peuvent être couverts
d’une pruinosité épaisse
ou d’une poussière cadu¬
que, duveteux, hérissés
de poils ou d’écailles de
formes et de couleurs
variées (41, 51).
534. - Pendant le
vol les élytres sont géné¬
ralement relevés et tenus
légèrement séparés, ou
largement écartés (Dytiscides), pour laisser libres les ailes postérieures
qui agissent comme organes de propulsion (fig. 9).
Les ailes postérieures sont ordinairement brunies, elles peuvent être
(Coléopt.). -
Fig. 103. — A, Aile membraneuse du Slaphylinus olens Milll. (Coléopt.). — Ax. nervure
axillaire ou nervure jugale; nsi. nervure stridulante vestigiale. — B, base de l’aile
volante de VOxylelus sculpturatus Gravenh.; //, lobe jugal cilié; nst, nervure stridulante.
Source : MNHN, Paris
192
EUGÈNE SÉGUY
opalines, opaques ou transparentes, parfois de couleur vive, ou métalliques,
bicolores ou unicolores. Elles sont remarquables par leur nervation et par
la partie apicale, presque toujours capable de se plier automatiquement.
Quelques formes portent des ailes postérieures pouvant se replier deux fois.
La transformation des ailes antérieures en élytres a été provoquée
par une adaptation à une fonction de couverture et de protection. L’adap¬
tation de l’aile motrice à l’élytre inactif a provoqué sur l’aile postérieure
des modifications dues aux plis secondaires qui devaient s’établir sans
diminuer la résistance de l’aile volante (188).
535. — L’aile postérieure présente des modifications du schéma ori¬
ginel dues aux causes suivantes :
1. Transformations de nervures ou de parties de nervures
secondaires qui peuvent s’épaissir et ressembler à des ner¬
vures primaires.
2. Déplacements de transversales qui peuvent ressembler à
des parties de longitudinales ou qui prolongent ces nervures;
disparition des transversales : les longitudinales qu’elles
unissaient pouvant se rapprocher, se mettre en contact
et amener leur fusion sur un parcours plus ou moins long
(fig. 106).
3. Par chitinisation plus ou moins étendue des membranes
réunissant différentes nervures.
4. Par modification ou disparition des longitudinales.
L’étude des ptérothèques nymphales est d’un faible secours chez les
Coléoptères. Comme chez les Hyménoptères les saillies qui figureront les
nervures précèdent l’apparition des trachées dans les fourreaux alaires (127).
536. — Ailes antérieures (Elytres). Les ptérothèques des
nymphes des Coléoptères ne montrent pas de différences appréciables entre
Fia. 104. — Culosoma sycophanta L. (Coléoptère). — ax, I, 2, 3, selérites axillaires; ca
cordon axillaire; Ml, médiane inférieure; o. oblongum ; pm, plaque médiane; ns, nervure
séparatrice; sc (nst) sous-costale (nervure stridulante) (comparer avec la flg. 38).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
193
les ailes antérieures et postérieures. Pendant l’évolution, l’insecte augmente
la couche chitineuse de l’hypoderme sur les élytres, et accroît simultanément
la dimension et la minceur des ailes postérieures.
L’élytre d’un Coléoptère est une lame bombée, épaisse et cornée. Il
comprend une large surface dorsale, le disque, dont le bord interne forme
la suture, et parfois une partie externe repliée, l’épipleure. L’élytre est
relié au thorax par un pédoncule articulaire.
537. — Le disque de l’élytre peut être lisse et poli, ou peut présenter
des stries, des aspérités plus ou moins profondes, qui correspondent à des
rangées de piliers unissant les deux faces de l’élytre (ponctuation élytrale,
columelles). La disposition des stries est ordinairement déterminée par les
trajets des nervures primitives (lig. 7).
Fio. 105. Pyropliorus punctalissimus Bl. (Coléopl.). — arc., arculus : mcu, transverse
jnédio-oubilaïe; MI, médiane inférieure; mm, transverse médiane; ns, nervure sépara¬
trice; rm, transverse radio-médiane.
La chitinisation du tégument ne permet pas d’observer facilement le
trajet des trachées élytrales. Cependant certains Adéphages portent de
grandes soies sensorielles en relation avec des trajets nerveux. Ces trajets
Permettent de reconstituer un schéma de nervation. Les soies sont diffé¬
rentes suivant qu’elles appartiennent au faisceau nerveux costo-radial ou
cubito-anal.
538. — Théoriquement les nervures longitudinales des élytres sont
rectilignes, leurs extrémités étant souvent réunies, sans ramifications. La
nervure radiale seule est divergente sur les élytres des Coléoptères actuels.
Des nervures longitudinales secondaires (intercalaires) persistent dans
les intervalles entre les nervures principales et peuvent être semblables à
celles-ci.
Il se forme parfois des dilatations élytrales qui étendent la face supé-
ri eure des élytres au-delà des limites du corps. Chez le Carabique Mormolyce
ces formations ont leur nervation particulière, avec leurs trachées provenant
ne la nervure sous-costale, et semblent une carène très fortement développée
su r cette nervure. Ces dilatations peuvent affecter la radiale.
Source : MNHN, Paris
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EUGÈNE SÉGUY
539. — La suture élytrale. — Permet la juxtaposition des bords
des deux élytres par coaptation, de manière à former une enveloppe solide.
Les appareils d’accrochage des élytres, très divers, sont étendus sur toute
la longueur de l’élytre ou sur une partie seulement. Chez les espèces aptères
dont les élytres ne s’ouvrent plus, les bords engrenés se déforment et ne
peuvent plus se séparer. Il n’y a jamais soudure proprement dite (309,
318, 319-321).
L’épipleure est séparé du disque élytral par un pli saillant. Il commence
au niveau du pédoncule basal, s’élargit dans la région humérale et diminue
de largeur jusqu’au sommet de l’élytre. Le repli épipleural représente le
bord antérieur de l’aile, la région comprise entre la crête radiale et le bord
costal. Il est généralement remarquable par l’absence de sculpture. C’est
une différenciation secondaire de l’élytre adapté à sa fonction d’étui protec¬
teur. L’épipleure correspond au champ costal du schéma alaire (fig. 27).
Un épipleure distinct, non séparé par un pli, s’observe chez de nombreux
Staphylinides. Il est réduit ou nul dans de nombreux cas.
540. — La base de l’élytre, sur la face inférieure, peut porter un organe
membraneux appelé squame. C’est parfois un large cuilleron cilié, dont le
bord antérieur ou ligament s'attache au mésonotum. Cet organe est bien
développé chez les grands Coléoptères aquatiques. La squame de la Mela-
dema et de l’Hydrophile est considérée comme un organe respiratoire. On
trouve des alules bien développées chez des Coléoptères terrestres à vol
rapide (Cicindélides [234]).
541. — L’articulation basale est différente pour l’élytre et pour l'aile-
La base de l'élytre présente un pédoncule fortement chitinisé, formé de
deux apophyses saillantes (66, 116 et 256). Ces apophyses s’articulent
avec les parties latérales du mésonotum par l’intermédiaire de sclérites
axillaires plus ou moins modifiés.
542. - Ailes postérieures. Chez les Coléoptères, membraneuses,
subtriangulaires, présentent ordinairement une partie distale articulée qui
peut se rabattre sur la partie proximale pour se placer sous les élytres (206).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE
F.S INSECTES
195
La nervure sous-costale et la radiale, subparallèles au bord antérieur
de l’aile, avec un épaissisement costal, soutiennent la membrane comme
un màt soutient une voile. Elles sont ordinairement confluentes et peu dis¬
tinctes. Une aire pterostigmatique peut exister au-dessus de la partie apicale
de la radiale antérieure (RI). Le secteur radial est diversement composé.
Son trajet, ses ramifications et son degré de chitinisation sont soumis aux
différents modes de pliure de l’aile. La nervure médiane antérieure convexe,
ordinairement mince ou épaissie et prépondérante, peut disparaître; la
médiane postérieure est variable. La cubitale antérieure convexe, presque
toujours présente, est une nervure importante. La cubitale postérieure
est rarement ramifiée (211).
t'io. 107. — I'rionius coriarius L. (Coléopt.) aile membraneuse. — ape, emplacement de
I apertum ; arc, arculus ; ax, axillaires; meu, nervure médio-cubitale; ns, nervure sépa¬
ratrice; r/n, transverse radio-médiane. — Le signe - placé sur une nervure indique une
trans verse.
543. Le champ postérieur est soutenu par les nervures cubitales et
des nervures anales, ordinairement simples, sinueuses et unies par des trans¬
verses délimitant plusieurs cellules. La jugale s’infléchit sur le bord axil¬
laire et détermine une boucle caractéristique (vena arenata, fig. 104 [215]).
Chez les Oxytéliens le jugum forme un lobe isolé, longuement cilié,
d’aspect particulier (fig. 103 B).
L’ordre des Coléoptères peut présenter deux types de nervation sur
,es ailes postérieures.
Chez les Adéphages l’aile postérieure porte une cellule close, l'oblongum,
développée au dépens de la médiane à environ deux-tiers de sa base (fig. 104).
Chez les Polyphages cette cellule est absente et remplacée par une
formation nommée apertum (fig. 107). C’est une longue cellule triangulaire,
ouverte basalement, formée entre la radiale antérieurement et la médiane
Postérieurement (220). Ici la médiane est incomplètement chitinisée à la
"Use et nommée nervure retournante. Chez les Staphylinides l’apertum
est vestigial ou nul, mais la médiane, en pli épaissi, est prolongée à la
m arge alaire (177, fig. 103).
Source : MNHN, Paris
196
EUGÈNE SÉGUY
Il y a beaucoup de formes de réduction provenant du type apertum,
et variant jusqu’à donner des ailes étroites, longuement ciliées sur les bords,
à nervation réduite ou nulle (fig. 102).
544. — Les transverses sont peu nombreuses. Ordinairement on en
trouve une dans le secteur radial, deux dans le secteur cubital, une ou deux
dans la région anale.
Une nervation simple, dépourvue de transverses, s’observe chez les
Clavicornes et les Lamellicornes. Les Lyméxylonides portent des longitu¬
dinales rectilignes disposées comme les rayons d’un éventail. Une transverse
entre R et M représente le secteur radial (fig. 106).
545. Articulation basale. — La région axillaire de l’aile posté¬
rieure est composée de trois sclérites. Les deux premiers supportent les
nervures antérieures C + R + M.Cu. Le troisième commande les nervures
anales de la région vannale qui se replie longitudinalement sur le remigium.
546. — Polymorphisme. — C’est un phénomène très répandu chez
les Coléoptères. Il affecte indistinctement les mâles et les femelles. Il est
immédiatement perceptible sur les ailes ou les élytres (275, 276, 279, 284).
L’atrophie des élytres la plus communément observée est la forme
tronquée à l'apex, les segments abdominaux étant ainsi découverts. Les
élytres peuvent être déhiscents et avoir une forme triangulaire. D’autres
sont réduits à des écailles (268 , 272 , 293 , 295 , 301, 303 , 304). Les
Meloë sont aptères; leurs élytres atrophiés sont variables en longueur et
en position; tantôt ils sont juxtaposés par la suture, tantôt les élytres se
chevauchent, fait exceptionnel chez les Coléoptères.
Les Malacodermcs ont des mâles ailés, porteurs d’élytres entiers. La
femelle est aptère, les élytres sont réduits ou nuis. Chez les Lycides les
élytres mâles sont très renflés et élargis au milieu. Cet élargissement ne
correspond pas à une modification du reste du corps. Les femelles de quelques
Elatérides sont plus grandes, plus lourdes, aptères et constamment terricoles.
Dans la famille des Ipides les femelles des Xyleborus peuvent être ailées
et de grande taille, les mâles sont pygmées et aptères.
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MORPHOI.OG1
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LES STREPSIPTÈRES
547. — L'aile antérieure des Strepsiptères ou Rhipiptères affecte la
forme d’un « balancier » comparable à celui des Diptères. C’est un appendice
assez long, mobile, élargi apicalement, membraneux, plus ou moins pubescent,
inséré sur la partie antéro-latérale du mésothorax. Un épaississement anté¬
rieur est formé par la coalescence de trois nervures longitudinales, costale,
radiale et cubitale. Dans la région basale on observe un organe sensoriel
formé par deux champs de sensilles, un dorsal et un ventral. La partie
apicale de ce « balancier » porte un organe chordotonal (241, 325 , 371).
L’aile postérieure, attachée à la partie moyenne et latérale du méta-
thorax, est longue, ample, molle, blanchâtre ou opaline et pubescente. Elle
Peut s’étaler et se replier en éventail. Elle porte des nervures longitudinales
rectilignes, simples, théoriquement au nombre de huit au maximum, rare-
Source : MNHN, Paris
EUGÈNE SÉGUY
ment fourchues : costale, sous-costale, radiale, médiane, cubitale, deux ou
trois nervures anales et une jugale rudimentaire (fig. 108). Les secteurs
radial et médian sont souvent représentés par des rameaux détachés de
la branche basale. Il n’y a jamais de nervures transverses, sauf chez le
Mengea terliaria, dont l’aile porterait une « transverse » dans le champ
anal.
Les ailes s’articulent sur de petits sclérites axillaires mobilisés par des
muscles striés du type habituel. Il n’y a pas d’organe d’accrochage per¬
mettant le couplage des ailes antérieures et postérieures.
Les Strepsiptères sont, avec les Coléoptères, les seuls insectes dont le
métathorax est plus important pour le vol que le mésothorax.
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LES HYMÉNOPTÉROÏDES
LES HYMÉNOPTÈRES
[65, 74, 102, 104, 127, 202, 222, 229, 235, 240, 265,
279, 293, 300, 339]
548. — Au repos les ailes sont repliées en lames de ciseaux et disposées
sur la face dorsale de l’abdomen, ou placées le long du corps, non disposées
en toit.
Les ailes antérieures sont toujours plus développées que les postérieures.
La membrane des deux ailes est épaisse et vitreuse, souvent à reflets métal¬
liques bleus, verts, violets ou pourprés — ou la membrane, colorée en
jaune ou en brun, offre rarement des dessins caractéristiques. Les ailes
peuvent porter des thyridies (226).
Le schéma habituel de la nervation est profondément modifié. Comme
chez certains Coléoptères la formation des nervures dans la ptéropthèque
nymphale précède l’apparition des trachées. Les nervures principales et
les transverses sont ordinairement épaisses, disposées de manière à diviser
l'aile en cellules closes, de formes irrégulières.
La coaptation des deux ailes est régulière chez les Hyménoptères. Elle
est ordinairement assurée par des crochets placés sur la nervure costale
des ailes postérieures (316, fig. 26, 34 et 110).
549. — Ailes antérieures. — La base de l’aile antérieure est protégée
par une large pièce chitinisée, la tegula, qui cache le plus souvent le premier
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE
l’aile DES INSECTES
sclérite axillaire et la plaque médiane intermédiaire antérieure. Souvent
un pterostigma bien développé, chitinisé et opaque.
La sous-costale peut être confondue avec la nervure radiale. La nervure
radiale présente deux branches. La radiale antérieure limite postérieurement
le pterostigma et se prolonge sur la marge de l’aile jusqu’à l’intersection
du rameau apical du secteur radial. Le secteur radial forme des rameaux
récurrents qui limitent les différentes cellules radiales placées dans la partie
distale de l’aile. La médiane antérieure convexe peut être observée, mais
die n’est pas bifurquée à la base (ce qui distingue l’aile des Hyménoptères
ue celle des autres insectes), et sa base peut être cohérente avec Rs ou avec
. u - Un rameau apical de la médiane est toujours libre; sur les ailes anté-
rie ures des Ichneumonides, lorsque la partie apicale de la médiane est
"Complète, elle forme le ramellus de Tillyard. La nervure cubitale
Peut être libre à la base ou inféodée à la médiane. Elle peut présenter
“eux rameaux à l’apex (fig. 109).
550. — Les nervures de l’aile antérieure partant de la base se dirigent
Parallèlement au bord postérieur vers l'angle anal. Elles peuvent être reliées
aux cellules cubitales par des nervures récurrentes. Ces nervures sont dites
Source : MNHN, Paris
200
EUGÈNE SÉGUY
« brachiales ». Pour certains auteurs les nervures brachiales commencent à
la base de l'aile antérieure et se dirigent parallèlement au bord interne vers
l’excision préanale. C’est la médio-cubitale (M + Cu) des auteurs américains.
La nervure cubitale antérieure et la nervure anale sont réunies à la
base par une transverse, l’arculus postérieur convexe, comme chez les
Bittacus et les Sialis. La cubitale postérieure est présente chez les Lydines
et rejoint la première anale (fig. 109).
Une ou plusieurs nervures anales sur l'aile antérieure, la deuxième et
la troisième parfois réduites ou vestigiales.
Fio. 110. — Apis mellificu L. (Hyménopt.). Ailes de l’ouvrière. — A, aile antérieure.
B, base de l'aile antérieure montrant la disposition des scléritcs axillaires. — C, a> le
postérieure; un crochet (hamule) grossi. arc, arculus-, ax, sciérites axillaires; ai. cordon
axillaire; ce, césure; h, hamules; m, plaque médiane; pli, plaque humérale; rm, nervure
radio-médiane; scia, sclérite axillaire; I, legula. — Le signe = placé sur une nervure
indique une transverse. — Le signe o indique les bulles ou thyridies.
551. — Chez les Chalcidides les ailes sont normalement développées,
mais la nervation est simplifiée. Les petits Hyménoptères : Trichogrammides,
Mymarides, ne présentent que le pterostigma, le bord des ailes est longuement
cilié et les crochets qui assurent le couplage des ailes antérieures et posté¬
rieures ont disparu (33).
Les nervules transversales sont habituellement aussi larges que les
autres et parfois pourvues de trachées. Ces transverses sont souvent des
rameaux déformés des éléments longitudinaux. Les Guêpes et les Abeilles
portent sur l’aile antérieure, et habituellement sur l’aile postérieure, d eS
nervules transverses interrompues au niveau de MCu et de CuA. Ces amin¬
cissements, souvent striés, correspondent au pli longitudinal de l’aile. On
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
201
les désigne sous le nom de bulles ou nygmata, homologues des thyridies
des Névroptères et des Trichoptères (226).
Pendant le repos les ailes antérieures des Vespides, des Leucospides
et des Gasteruptionides sont pliées en long (190, 249).
Fm. lit. — Banchus /alcalor F. (Hyménoptère Ichneumonide). — art, aréolctte ;
lh, thyridies.
552. — Ailes postérieures. — Les ailes postérieures montrent une
nervation réduite (fig. 110 et 112). La costale, plus ou moins développée,
peut porter des hamules ou des crochets destinés à faciliter le couplage des
a, les antérieures et postérieures. La sous-costale est présente dans la plupart
des cas. La nervure radiale est souvent confondue avec la sous-costale et
Rs-t-M+Cu
Fio. 112. — Gasteruption al/ectator Linné (Hyménoptère Évaniide).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXI. 14
Source : MNHN, Paris
202
EUGÈNE SÉGUY
la radiale à la base. Le secteur radial peut offrir un ou deux rameaux. La
médiane peut être confondue avec la cubitale, les deux nervures, simples,
pouvant être libres dans la partie proximale de l’aile. Une ou deux anales.
Le lobe anal, lorsqu’il existe, peut se replier sous l’aile. Parfois un lobe jugal
avec une nervure.
553. — Coaptations. - L’appareil de couplage des ailes est formé
par une série plus ou moins importante de crochets fixés sur la nervure
costale des ailes postérieures. Ces crochets ou hamules se placent sur un
repli en gouttière des ailes antérieures (316, 371 et fig. 26 et 34).
A
MCj
Fin. 113. — Alla barbant Linné (Hyménoptèrc Formicidcl. — Ailes antérieure (A) et
postérieure (B).
Au moment du vol la gouttière de l’aile antérieure se prend dans les
hamules. Les deux ailes d’un même côté ne font alors qu’une même surface
portante. La gouttière et les hamules se forment indépendamment les uns
des autres dans les ptérothèques de la nymphe. L’appareil d’accrochage
est réduit ou nul chez les Microhyménoptères.
554. Articulation basale. Elle est composée de quatre sclérites
axillaires aux ailes antérieures et postérieures.
Il y a quatre sclérites axillaires chez les Abeilles; le quatrième est
peu développé. Le premier s’articule avec la plaque médiane; le deuxième
est articulé avec le premier et le troisième; le troisième est en relation avec
la dilatation basale de la nervure anale; il donne insertion au muscle fl e '
chisseur sur un prolongement postérieur; le quatrième est intermédiaire
entre le premier et le troisième (fig. 110).
Les sclérites supplémentaires sont associés avec les extrémités proxi¬
males des nervures alaires.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
203
Dans le milieu de la base alaire on trouve l’unique plaque médiane en
baguette recourbée. Cette plaque est théoriquement dépendante de la
médiane et de la cubitale comme chez les autres insectes.
Une plaque humérale allongée est articulée à l’extrémité proximale
de la costale.
555. — Polymorphisme de juxtaposition. — Chez les Fourmis
es formes intermédiaires entre les femelles vraies, ou royales, et les ouvrières,
sont dites ergatogynes. Ces formes paraissent dépendre des soins et de la
nourriture donnés aux larves par les ouvrières (281).
556. — Polymorphisme parasitaire. — Les représentants de cér¬
ames Fourmis tropicales sont parfois parasités au stade larvaire ou prépupal
Par des Orasema (Chalcidides). Ces Fourmis n’atteignent pas l’état d’imago :
e s ailes sont supprimées et beaucoup de parties avortent. Un tel individu
es t nommé phthisaner, phthisogyne ou phthisergate suivant la caste.
De même certains individus peuvent être parasités par un Nématode
Ce parasitisme provoque un raccourcissement des ailes chez le
mâ e ou la femelle. Un individu parasité par ce ver s’appelle mermithaner,
mermithogyne ou mermithergate.
Ce ptérergate est une ouvrière ou un dinergate (soldat) muni d’ailes
estigiales et dont le thorax n'est pas modifié.
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gers und dessen Homologie mit dem Flügel der Tipula paludosa. 1. c->
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Sinnesorgane der Flügels der Schnake Tipula paludosa., 1. c. p. 375,
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Source : MNHN, Paris
INDEX ALPHABÉTIQUE
(Les chifins se rapportent aux numéros des paragraphes).
abeille (Apis), 56, 65, 71, 229, 338, 339,
348, 349, 374.
Abraxas, 44.
accessoires (nervures), 168.
Acentropus, 287.
Achalinoptères, 516.
Acilius, 279.
Acraca, 511.
Acridides, 52, 53, 153, 213, 215, 254, 270,
355, 360, 438.
action des ailes sur l’abdomen (org. sonores)
362.
action des ailes sur le thorax (org. sonores),
353.
action des ailes antérieures l'une sur l’autre
(stridul.), 356.
action des ailes antérieures sur les posté¬
rieures (stridul.), 359.
action d'une patte contre une aile (stridul.),
354.
aculac, 37, 511.
adéphages, 295, 543.
Acdes, 373.
Aegérides, 511.
Aeshna, 374.
Aeshnldae, 174.
Ageronia, 353.
Aglais, 287.
Agrions, 368.
ailes conniventes, 244, 507.
ailes convolutées, 191.
ailes enroulées, 191, 192.
ailes inférieures pliantes, 246.
ailes membraneuses, 243.
a 'les mésothoraciques, 21, 242.
a |ies métathoraciqucs, 21, 242.
ailes supérieures pliantes, 249.
, es tectiformes, 245.
aires, 223.
aire articulaire, 95, 224.
aire basale, 224.
aire cunéiforme radiale, 223.
aire de glissement, 198.
aire discale (discoïdale), 224.
. e discale tegminale, 224.
aire médiastinale, 223.
a re pétiolaire, 222.
aire propulsive, 198.
aire scapulaire, 223.
aire stridulante, 352.
aire subcostale, 251.
aire suturale, 251.
aire tegminale, 224.
aire ulnaire, 223.
Ajax, 126.
Aleurodes, 477.
allotropie microptère, 300.
alternance (loi d’) (nervures], 135.
alternance des générations, 276.
alule, 233, 528, 540.
Amalopteryx, 33, 241.
anales (nervures), 160 et sq.
anastomose, 226, 422, 503.
anastréphoptère, 28.
Ancyra, 470.
androconialcs (écailles), 42.
anergates, 301.
angle anal, 199.
angle huméral, 199, 256.
angustipennes, 238.
Anisoptères, 126, 217, 232, 244, 323.
anneaux de Newton, 37.
Anomalopteryx, 506.
Anophèles, 353.
antéaile, 21.
anténodalcs, 174.
Anthrax, 41.
antisquame, 237, 529.
apertum, 220, 543.
Aphidides, 300, 315, 470, 472.
Aphiides, 265.
Aphodius, 316.
Apis (v. abeille),
apophyses notales, 97.
apophyses pleurales, 97.
appareil circulatoire, 53.
appareil stridulant, 352-366.
aptères, 283.
Apterina, 297.
aptérisme, 298-306.
Apterodastus, 295.
Aptérogynides, 315.
aptérygotes, 1, 8.
aptilotcs, 1, 315.
Araschnia, 289.
archédictyon, 7, 172.
236
EUGÈNE SÉGUY
archet, 352, 356, 358.
Archichauloides, 38.
Arctia, 282.
Arctiides, 343.
arculus, 175, 393, 451, 528, 550.
aréocelle, 221.
aréole, 221, 224, 513.
aréole discoldale, 208.
aréole postérieure, 451.
aréolettes, 222.
Argasidius, 355.
Argiva, 359.
Argynnes, 285.
Arhaphe, 355.
Ariasella, 33, 241, 324.
articulation basale, 10, 93, 474, 519, 531.
Ascalaphes, 179, 490.
Ascodipteron, 322.
Atractocerus, 268.
Attacidés, 519.
Auchénorrhynques, 477.
Augiades, 343.
axillaire (excision), 235.
axillaire ramifiée, 159, 163.
axillaires (nervures), 163, 164, 358, 466.
axillaires (sclérites), 105.
axillaris (nervure), 163.
axis, 256.
Baetis, 386.
balanciers, 67, 324, 547.
basalalre (épipleurite), 84, 85.
basicosta, 524.
basilaire (espace), 225.
Bathmis, 227.
Bathysciines, 320.
battement, 369.
Bélostomes, 317.
Beraea, 274.
Bérothides, 38, 40, 484.
Biorhiza, 294.
Bittacus, 497, 550.
Blastophaga, 301.
Blattidcs, 404.
Blattoptéroides, 402.
Blépharocéridcs, 194.
Bombyliides, 237.
Bombyx, 17, 290, 308.
Boreus, 278.
bourdonnement, 351.
bourgeon alaire, 29.
brachiolum, 525.
brachium, 456.
Brachycères, 64, 194, 236, 299.
brachyptères, 268, 293,299, 342.
bracbyptérismc, 293, 298, 431.
Brachytrypes, 185.
Braconides, 277, 288.
bulles, 226.
Cacicus, 355.
Cacoecia, 308.
Cacnis, 382, 383, 386.
Calliphore, 325, 326.
Calopteryx, 276, 390.
Calosoma, 258.
Calotermes, 19, 195, 412, 413.
calyptères, 236.
Campsurus, 381.
Carabiqucs, 258, 365.
Carabus, 257, 258, 270, 334.
caractères sexuels secondaires, 276.
Camus, 307.
carpus, 228, 396.
Cécidomyies, 178.
cellules alaires, 218.
cellule discoldale, 208, 218, 220, 512.
cellule hypostigmatique, 229.
cellule intruse, 221, 513.
cellule lancéolée, 225.
cellule poststigmatique, 229.
cellule post-triangulaire, 208.
cellule protomésale, 222.
cellule substigmatique, 229.
cellule thyridiale, 226, 504.
Cérambycides, 295.
Cerambyx, 334.
Cératopogon, 54, 350.
Cératopogonidcs, 373.
Cercopides, 252, 321.
Cerioides, 194.
Cétonides, 355.
Chaetopteryx, 39.
Chalcididcs, 300, 301, 551, 556.
Chalcidiens, 148, 178, 249.
champs alaires, 197.
champ anal, 186, 197, 198, 200, 213.
champ antérieur, 186, 201, 212, 213.
champ apical, 200.
champ axillaire, 186.
champ costal, 186, 197, 203.
champ discoïdal, 186, 197, 203, 224.
champ dorsal, 186.
champ Jugal, 212.
champ latéral, 186.
champ marginal, 200.
champ postanal, 198, 214, 216.
champ postérieur, 186, 212.
champ préanal, 213.
champ sous-costal, 197.
champ vannai, 206, 250.
chanterelle, 358.
charnière costale, 469. .
Chélcutoptères (Phasmes), 186, 201, 255>
263, 423.
Chersodromia, 91.
Chiasognathines, 355.
Chironomidcs, 33, 279, 371.
Chorda, 221.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE
l’aile DES INSECTES
237
Chrysiridia, 287.
Chrysomélides, 346.
Chrysopidcs, 152, 154, 176, 179, 341, 490.
Clcadelles, 308.
Cicadides, 50, 170, 174, 182, 217, 245, 252,
321, 353.
Cicadiformes, 469.
Cicindélides, 225, 321, 355, 540.
cils terminaux, 331.
Cimiciopsis, 355.
circulation du sang, 53.
Clavicomes, 177.
clavulus, 455.
clavus, 189, 211, 250, 455.
Cloeon, 382.
Clunio, 532.
coaptations alaires, 309, 459, 473, 553.
coaptation (avec appendice somatique),
319.
coaptation (avec le thorax), 320.
coaptation (des ailes antérieures entre elles),
317.
coaptation (des ailes postérieures avec
l’abdomen), 323.
coaptation (des élytres sur l’abdomen), 322.
Coccides, 242, 245, 283, 302, 315, 325, 371.
Coccinella, 57.
Coccinelles, 371, 374.
Coccinellidcs, 346. %
Coléoptères, 533.
Colias, 285.
Collembole, I, 3.
collier, 19.
columelles, 34, 537.
complexe panorpoïde, 483.
convergence, 260.
Coprides, 365.
cordes, 358.
corde transverse, 421, 503.
cordon axillaire, 98.
cordon de Semper, 122.
corie (corium), 207, 250, 252, 455, 463.
Cerises, 317.
corpora allata, 32, 273.
Corydalidcs, 487.
Corylophides, 295, 301.
Costa secans, 147.
costagium, 524.
c °tyle, 116.
couleurs, 43.
couplage des ailes, 310, 317, 452.
couplage amplexiformc, 314, 516.
coupole (Lowne), 326.
Coxellus, 334.
Combines, 191.
crête stridulatoire, 358.
criquet, 290.
Cryptocérates, 317.
cubital (espace), 197.
cubitale (nervure), 155,185, 200.
cubitale postérieure (nervure), 156.
cubitulus, 526.
cuillerons, 199, 236, 529.
Culicides, 41.
cuneus, 251, 456.
Curculionidcs, 91, 261, 271, 293, 302.
Cybister, 284.
Cyclorrhaphes, 71, 134, 299.
Cydnides, 366.
Cynipides, 294, 300.
Danaïdcs, 35.
Danaus, 344.
Decticide, 296.
dégénérescence musculaire, 91.
Delphacines, 266.
Deltochilum, 279.
deltoïde (plaque), 110.
deltoïdes (ailes), 507.
dessins alaires, 46-48.
développement des ailes, 24.
Diacrisia, 359.
diagonale (nervure), 358.
Dicranura, 335.
Dictyopharides, 228.
Dictyoptères, 403.
Didymocephalus, 272, 461.
Dilar, 489.
dimorphisme saisonnier, 289.
dimorphisme sexuel, 274.
dimorphisme de Wallace, 282.
dinergate, 556.
Dioptides, 354.
diploptèrcs, 189.
Diptères, 522.
Diptères brachyptères, 342.
disparition des nervures, 178.
discoïdale (cellule), 208, 218, 220.
disque, 254, 256, 536.
Dorcadion, 295.
Dorcus, 322.
dorsum, 231, 508.
Dracenia, 264.
Drepaneptcryx, 490.
Drilides, 272.
Drosophiles, 273, 288, 324.
Drusus, 274.
Dryas, 343.
duplicipennes, 189.
Dynastidcs, 365.
Dytiques, 56.
Dvtiscides, 258.
Dytiscus, 279, 284, 334.
écailles des ailes, 40.
écaille de la forficule, 187, 200.
écaille (moignon alaire) des termites, 201.
écaille de Lowne, 326.
Source : MNHN, Paris
238
EUGÈNE SÉGUY
écailles androconiales, 343, 510.
écailles sensitives, 332.
Éiatérides, 546.
Eltringham (organe d'), 345.
élytres, 21, 243, 253-255, 290, 536.
Embioptères, 440.
embolium, 455.
Empidides, 91, 324.
endoptérygotes, 29, 483.
Enoicyla, 506.
Ensilères, 254.
épaulette, 104, 524.
Éphémères, 112, 113.
Éphéméroptères, 379.
Ephestia, 44, 46, 57.
fiphippigères, 357.
Epicnaptera, 262.
épines basales, 519.
épines costales, 524.
épiplcure, 256, 536, 539.
épipleurite basalaire, 84, 85.
épipleuritc subalaire, 84, 87.
Epitemna, 470.
équilibre pendant le vol, 371.
ergatogynes, 281, 555.
Érotylides, 295.
espaces alaircs, 197.
espace basilaire, 225.
espace cubital, 197.
espace hypostigmatique, 229.
espace médian, 197, 225.
espace radial, 197.
Euplexoptères, 442.
Euproctis, 290.
Eurybrachides, 470.
Eusthcniidae, 422.
Évaniides, 190, 249.
excision axillaire, 235.
excision préanale, 235, 550.
excision préaxillaire, 235.
exoionva, 202.
Exoptérygotes, 24, 400.
Fannia, 462.
faux-plis, 194.
fibule, 505.
Flattides, 133, 247, 252, 347.
Flattoides, 261.
Forcipomyia, 373.
Forflculcs, 442.
formation des nervures, 124.
formes des ailes, 238.
Formica, 339.
Formicides, 315, 320, 323.
fourmis, 92, 195, 265, 281, 301, 305, 306,
338.
Fransscnia, 241.
frein et soies frénulaires, 274, 311, 313,
495 (v. frenulum).
frenulum, 217, 230, 237, 311, 313, 505,
515, 529.
frenum, 230.
fréquence des battements, 372.
Fulgoridcs, 247, 252, 266, 347, 469, 470.
Gasteruption, 190, 249.
Gastoccrcus, 261.
Gastropacha, 262.
glandes, 346.
glandes cérifèrcs, 347.
glandes élytralcs, 346.
Glugca, 308.
Goera, 505.
grattoir, 352.
grillon champêtre, 294.
griliottement, 356.
Gryllacrides, 194.
Gryllides, 28, 75, 157, 185, 222, 225, 270,
356-358, 432.
Gryllotalpides, 357.
Gryllus, 274, 288, 294, 296.
guanine, 35.
guêpes, 56, 94, 249, 338, 341, 348.
gymnoptères (insectes) [ailes sans écailles],
35.
Gyrinidcs, 319.
habitat, 283.
Haliplidcs, 319.
Haller, 487.
haltères, 324.
hame, 316.
hamules, 65, 310, 371, 505.
hamus, 459.
hanneton (Melolontha), 334, 365. 374.
Hemaris, 35, 511.
hématose, 59.
héméiytres, 243, 250, 455.
Hemerobius, 486, 490.
hémimétaboles. 24.
Hemiphlcbia, 389.
Hénicocéphales, 462.
Héplales, 312, 335.
heptaploldc (sculpture), 258.
Hespéride, 343, 344.
Hétérocères, 335.
hétérodimorphisme, 267.
hétérodynames, 258.
hétérométabolcs. 125, 400.
hétéroneures, 239, 514, 515.
Hétéroptères, 454.
Hicks (organe de), 326.
Hippoboscides, 322.
histobiaste, 29.
histologie des muscles, 72.
histolyse musculaire, 92.
holométaboles, 24, 29, 58, 127.
homodimorphisme, 282.
homoneures, 239, 514, 515.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
239
Homoptèrcs, 463.
Hoplia, 41, 276.
humérale (nervure transverse), 173.
Hybernia, 301.
Hydrophile, 540.
Hydroporus, 279.
Hygrobia, 364.
hygrophilie, 289.
Hyménoptères, 548.
hypostigmatique (cellule, espace), 229.
Ichneumonides, 300, 549.
insectes strepsiptères, 191.
jnteraile, 21.
intercalaires, 168, 538.
mterstries, 258.
•pides, 279.
isolement, 292.
Jsoptèrcs, 107, 411.
Issus, 252.
Ithone, 486, 487, 490.
Jassides, 266, 471.
|°ug (jugum), 312.
jugates, 515.
jugum, 167, 198, 214, 312, 543.
Kallima, 49, 262.
Labidourcs, 442.
Lamellicornes, 177.
Lampyrides, 272.
Lasiocampides, 262.
Lasius, 265.
•egnum, 236.
Lemrnatophora, 19.
Lepidomyia, 41.
Lepidophora, 41.
Lépidoptères, 507.
Lépidoptères jugates. 215.
Lepidoselaga, 41.
J-épismides, 19.
Lcptinotarsa, 17.
Leptoterna, 284, 461.
î^Ptotyphlus, 304.
Leptura, 334.
L®Ucospides, 190, 249.
LfUctrides, 191.
Libellule, 374.
gne médiane, 469.
«ne nodale, 252.
gnes de Banks, 487.
pies de rupture, 195.
, "'"ophllus, 274.
Lm? p tena, 195, 307.
LUhocollctidés, 240.
lnh ^ Ugal - 31t - 312 -
°be huméral, 314.
J '° c Usta, 290
I Locustidcs, 172.
loi d'alternance, 135.
Lonchoptera, 279.
! Lorocera, 258.
Lucanides, 177,355,365.
Lucilia, 56, 266.
Lycaenides, 343.
Lycides, 19, 546.
Lymantria, 277, 286, 289.
Lyinéxvlonides, 177, 188, 268.
Lyristes, 252.
Machilolde, 1.
I Macroglosse, 374.
| Macrolister, 320.
j macroptères, 268, 299.
macrotriches, 38, 123.
Malacodermes, 304, 546.
Mantides, 19, 215, 228, 408.
Mantispes, 487.
Mantoides, 410, 470.
Masarides, 190.
| Mastotermes, 415.
| Mécoptères, 493.
j Mécoptéroïdes, 483, 484.
j médian (espace), 197, 225.
médiastine-ale, 148.
| medigium, 531.
médio-cubitale, 550.
Megaloprepus, 389.
| Mégaloptères, 38, 40, 172, 483.
j Meganeura, 389.
Meladema, 540.
Meloe, 516.
Mclolontha (hanneton), 334, 365, 374.
j membrane, 34.
mcmbranulc, 217.
| Mengea, 547.
j Mcrmis, 308, 556.
mermithaner, 556.
mermithergate, 556.
mermithogyne, 556.
Méropidcs, 497.
mesala, 21.
metala, 21.
métathélie, 302.
microplères, 268, 293.
microptérisme, 293.
Alicroptérygidcs, 313, 509.
Mieropteryx, 515.
microtriches, 37.
Mimctica, 263.
mimétisme du bourdonnement, 351.
mimétisme du vol, 351.
miroir, 225, 358.
modifications alaires, 230.
moignon alaire (écaille), 201.
Mormolycc, 538.
Morphos, 43.
Source : MNHN, Paris
240
EUGÈNE SÉGUY
mouches, 348, 371.
mouche bleue, 350, 351.
mouche domestique, 374.
moustiques, 184, 348, 373.
mouvements alaircs, 369.
Muiria, 361.
Musca, 56, 70, 266.
Muscides, 337.
muscles accessoires, 79.
muscles à action directe, 84, 90.
muscles à action indirecte, 73.
muscles alaircs, 68.
muscles axillaires, 88.
muscles basalaires, 85.
muscles de l'appareil ambulatoire, 83.
muscles (différence histologique), 71,
muscles dorso-externes, 80.
muscles dorso-internes, 79.
muscles dorso-latéraux obliques, 78.
muscles dorso-longitudinaux médians,
muscles dorso-ventraux, 76.
muscles horizontaux, 74.
muscles intrasegmentaires, 80.
muscles pleuraux antérieurs, 87.
muscles pleuraux postérieurs, 85.
muscles pleuro-sternaux. 81.
muscles subalaires, 87.
muscles tcrgo-pleuraux, 82.
muscles tergo-sternaux, 76.
muscles verticaux, 76.
Muscoldes, 237.
mutations, 269.
mutilations, 265.
Mutlllidcs, 300, 301, 303.
Mymarides, 178, 241.
Mynnecobosca, 265.
myrmécophiles, 265.
Myrméiéonidcs, 152, 345.
Naucores (is), 317, 320, 400.
Naucorides, 91.
navicule, 111.
neala, 2, 198, 214, 215.
nécrophorcs, 366.
Necydalis, 188.
Nématocèrcs, 194, 299, 462.
Némoptères, 179.
Némoptérides (Planipennes), 490.
Néoptères, 2, 7, 253, 399.
N'éoptilotes, 2.
néoténie, 272, 301.
N'èpc, 91.
N'épides, 91.
Nepticula, 264.
nerfs (système nerveux), 60.
nervation, 120, 131, 295.
nervation archétype, 139.
nervation staphylinoïde, 177.
ncrvules transverses, 132.
nervures, 120.
nervures accessoires, 168, 215.
nervures accessoires marginales, 170.
nervure ambiante, 143,170, 450, 467.
nervures anales, 159, 160, 185.
nervure en anneau, 170.
nervure auxiliaire, 148.
nervure axillaire, 159, 163.
nervures basses, 133.
nervure bordante, 170.
nervures brachiales, 550.
nervures concaves, 133.
nervures convexes, 133.
nervure costale, 143.
nervure costale accessoire, 148.
nervure cubitale, 155, 200.
nervure cubitale postérieure, 156.
nervures hautes, 133.
nervure indifférente, 150.
nervure intercalaire, 168, 538.
nervure intercalée, 153.
nervures jugalcs, 167, 215.
nervures longitudinales, 120, 132.
nervure marginale, 146.
nervure médiane antérieure, 151.
nervure médiane postérieure, 152.
nervure médiastinale, 148.
nervure nodaie, 252.
nervures obliques, 149, 152, 358.
nervures plicaies, 159.
nervure postale, 146.
nervure postcubitale, 158.
nervure postmarginale, 148.
nervure précostale, 142.
nervure pseudo-médiane, 152.
nervure radiale, 149.
nervures radiées, 162.
nervure retournante, 543.
nervure séparatrice, 159.
nervure sous-costale, 148.
nervure stridulantc, 157.
nervure submarginale, 148.
nervure submédiane, 154, 162.
nervures transvcrscs, 171.
nervures transverses anténodales, 174.
nervures transverscs postnodalcs, 174.
nervure transverse du secteur, 173.
nervures vannales, 209.
nervures vestigiales, 179, 194.
Ncurothemis, 391.
Névroptèrcs, 484.
Névroptéroïdcs, 483.
nexus, 489, 490.
noctuelles, 261, 354, 359.
nodules, 226.
nodulus. 451.
nodus, 174, 392.
nteud anal, 358.
Notodontides, 261.
Notonectes, 317, 320.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
241
nourriture (influence sur le développement
des ailes), 286.
Nycteribosca, 191, 322.
nygmata, 226, 551.
Nymphalide, 283, 289, 340, 343, 353.
oblongum, 220.
Odonates, 126.
Odonatoptèrcs, 152, 175, 231, 310, 388.
Oedipode, 63, 132.
Oligonéoptères, 7, 215, 368.
«ligoneures (insectes) (à nervures peu nom¬
breuses), 178.
Oligoneuria, 381, 386.
Omophron, 258.
oreillettes, 232.
organes alaires particuliers, 329.
organes androconiaux. 343.
organes basaux. 326.
organes campaniformes, 333.
organes chordotonaux, 326.
organe de Eltringham, 345, 491.
organe de Hicks, 326.
organes odoriflques, 343.
organes particuliers, 223.
organes pulsatiles, 56.
organes respiratoires, 58.
organes scapaux, 326.
organes scolopidiaux, 340.
organes sensitifs, 329.
organes sensoriels des Balanciers, 326.
organes sonores, 352.
organes stridulants, 274, 352.
organes trachéo-parencliymateux, 91.
organes tympanaux, 340.
Ornéodidés, 240, 507.
Orthoptères, 107, 115, 427.
Orthorrhaphes, 299.
Orthosoma, 334.
Oryctes, 365.
Osmyles, 168, 341, 487.
Oxychila, 355.
Pachypus, 301, 304.
•’aléodictyoptères, 3. 13, 172.
Jaléoptères, 2, 7, 368, 378.
Paléoptilotcs, 2.
Palingenia, 381.
Pancsthia, 195, 306, 403.
Panorpes, 61, 483.
^antarbes, 527.
Papilio, 276, 285, 373.
^aranéoptères, 7. 368. 448.
Paranota, 19.
Paraptères, 21, 100.
1 arnassiinés, 519.
Pars stridens, 352.
Parthénogénétiqucs (générations), 280.
1 assalides, 33, 177, 362, 363.
patagia, 19, 517.
Paurométaboles, 400.
pédoncule articulaire, 256, 536.
peigne, 352.
peigne axillaire, 519.
Pcmphigostola, 354.
pentaplolde (sculpture), 258.
I Pepsis, 261.
I perce-oreilles, 442.
! Periplaneta, 57.
péripneustique, 16.
Peripsocus, 269.
Perlides, 148.
perte de la faculté de vol, 91.
Pétanoptères, 483.
phalènes, 261, 264.
Phanaeus, 365.
Phasgonura, 320.
i Phasgonuride, 245.
Phasmes, 186, 201, 255, 263. 423.
Philosamia, 45, 127.
Phloea, 261.
Pholeuonidius, 304.
Plioride, 241.
Phromnia, 466, 471.
Phryganes, 499.
phthisaner, 556.
phthisergate, 556.
phthisogyne, 556.
' Phyllies, 263.
Phyllocnistis, 240.
Phylloxéras, 280.
Phylloxérides, 245, 315, 328.
physoneurie, 123, 341.
Phytocoris, 284, 461.
Pibrocha, 228.
Picromerus, 316.
Piérides, 98, 130, 374.
Pipunculides, 308.
Planema, 283.
Planipennes, 40, 176, 229, 483.
plaque apicale (médiane), 117,119.
plaque axillaire postérieure, 112.
plaque basalaire épisternale, 84.
plaque charnière (base de l’aile), 110.
plaque deltoïde, 110.
plaque humérale, 103.
plaques médianes, 117.
plaque sigmoïde, 108.
plaque subalaire épimérale, 81.
plaque tégulairc, 102.
Plataspidiens, 190.
Platypleura, 19.
j Plécoptères, 419.
plectrum, 352, 524.
Pleurota, 521.
plis, 180.
plis (position), 185.
plis (faux), 194.
Source : MNHN, Paris
212
EUGÈNE SÉGUY
pli cubito-anal, 181.
pli jugal (plica jugalis), 183, 198, 209, 214.
pli médian, 184.
pli subcostal, 186.
pli vannai (plica vannalis), 159,181,198,209.
plica jugalis (pli jugal).
plicales, 159.
plicatipcnnes (insectes), 184.
Plicipennes, 499.
plumule, 237, 510, 529.
podoptères (Drosophiles), 23.
poecilandrie, 267, 283.
poecilogynic, 267, 284.
polymorphisme, 267, 461, 475,532.
polymorphisme crgatogënique, 281.
polymorphisme héréditaire, 276.
polymorphisme de juxtaposition, 281.
polymorphisme métagénique, 280.
polymorphisme oecogénique, 282.
polymorphisme parasitaire, 308, 556.
polymorphisme poecilandrique, 283, 461.
polymorphisme poecilogynique, 284, 461.
l’olynema, 33.
Polynéoptèrcs, 7, 368, 401.
polyphages, 220, 543.
ponticulus, 217.
Pontomyla, 33, 279, 532.
postaile, 21.
postale (nervure), 146.
postcubitale, 158.
postmarginale, 148.
postnodales, 174.
poststigmatique (cellule), 229.
post-triangulaire (cellule), 208.
préaile, 21.
préanale (excision), 235.
préaxillairc (excision), 235.
Précis, 289.
préhaltire, 237.
Prcstwichia, 33, 240.
proala coriacca [crustacea] (élytres), 253.
processus chersodromien, 91.
production du son, 348.
progonic, 202.
proloma, 202.
prolongement notai antérieur, 97.
prolongement notai postérieur, 97.
prolongement pleural, 97.
Prophalangopsis, 157.
prothétélie, 19, 32.
Protoblattotdcs, 3.
protocosta, 146.
Protoinsectes, 4, 10.
protoloma, 202.
protomésale (cellule), 222
proxacalyptère, 237.
Prunaspila, 355.
Pseudacrea, 283.
pseudalis, 104.
| pseudocubitale, 154, 488
pseudoélytre, 241.
! pseudohaltère, 241.
I pseudomédiane, 488.
' pseudoneurium, 180.
I Pseudosphex, 261.
Psilopus, 525.
Psocoptères, 449.
j l'sophus, 360.
Psychides, 277, 520.
I Psychodides, 345.
j Psylla, 286, 315.
| Psyllipsocus, 288, 291.
| pteralia, 100, 105.
plérergates, 305, 556.
! Ptcrochroza, 263.
Pterodielya, 470.
Ptcronarcys, 12, 420.
pteropega, 30.
Ptérophoridés, 240, 344.
pterostigma, 188, 227.
ptérothèques, 26, 57, 253.
pterygia, 239.
ptérygode, 104.
pterygostia, 7.
Ptérygotes, 7, 268.
Ptilotes, 1, 300.
Ptiliides, 39, 240, 301.
Ptinus, 41.
Ptyelus, 26.
pucerons, 280.
Pycnopalpa, 261.
pyrales, 313, 344.
Pyrameis, 42.
| Pyrrhocoris, 46, 270, 288.
j radial (espace), 197.
radiolimbaria, 179, 440.
I ramellus, 549.
Hanatra, 459.
râpe, 352.
| Raphldia, 486.
Raphidides, 487.
Raphidioptères, 194, 228.
rareté des formes aptères, 298.
I Réduvides, 284.
régions alaircs, 196.
région anale, 209.
région jugale, 214.
région préanale, 198.
région rémigiale, 198.
région vannalc, 209.
régulation du vol, 371.
rcmigiuin, 198, 203.
respiration, 58.
rétinaclc, 313, 515.
réversibilité des caractères, 296.
Ithagoletis, 286.
Rhipiphorides, 188.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
243
Rhipiptèrcs, 547.
Rhopalocères (Lépidoptères), 62, 244, 314,
335, 343.
335, 343.
Rhyacophila, 38, 505.
Rhynocypha, 390.
Rliyothemis, 390.
Rhyphus, 38, 527.
Ricanides, 470.
Salganca, 195, 306, 403.
sang, 53.
Sarcophaga, 266.
oatrophyllia, 245.
Satyrines, 341.
sauterelles, 264, 348.
sauterelles-feuilles, 263.
scabellum, 325.
scapuia, 104.
Scarabaeus, 365.
Scarabéides, 177.
Schlzodactylus, 192.
Sciara, 525.
scissure cunéalc, 251.
sc érite anal, 531.
sc érites articulaires, 96, 100.
sc érite auxiliaire, 107.
.'«rites axillaires, 105.
sc érite intermédiaire, 112.
.“rite pseudocostal, 524.
sc énte tergal anal, 110.
sclérite tergal médian, 109.
scoloparia, 340.
scolopophores, 326.
S'olytides, 18.
Scutellerines, 190.
secans (costa), 147.
secteur, 139.
secteurs intercalaires, 168, 180.
secteur médian, 152.
secteur radial, 149.
•>emper (cordon de), 122.
sensilies, 333
serruia, 366.
^ésies, 35, 351.
sétules, 524.
valides, 487.
ZÜ S ’ 489, 490, 550.
S"*- (Plaque), 108.
gmoidea, 102.
ï on *. !80, 185.
* ,, on anal, 181.
s °n axillaire, 183.
2 "“dal, 184, 469.
“j'Phides, 19.
c!"ulildes, 194.
So u na / 91. 271, 295, 302, 342.
soi» . frénu| aires, 311, 495.
5 Ingales. 311.
son ! sensit ives, 329, 330.
n (production du), 348.
spéculum, 225, 356.
Sphecomorpha, 260.
Sphingides, 35, 56, 261.
Sphinx, 335.
Sphodromantis, 409.
Spilomyia, 260.
Spilosoma, 283.
squame, 234, 236. 237, 529.
squamule, 104, 233.
Staphylinides, 295, 304, 543.
staphylinoïde (nervation), 177.
Staphylinus, 320.
stégoptères (insectes), 245, 463, 483.
Stcncpteryx, 241.
Stenodyctia, 4.
slénoptères (insectes), 268.
Stenopteromymar, 241.
Sternocera, 318.
Stemorrhynques, 476.
Sternuchus, 261.
stigma, 227, 228.
stigmapophyse, 452.
Stréblides, 191, 322.
strepsiptère (insecte), 191.
Strepsiptères, 547.
stridulante, 157.
stridulation, 352, 356.
strigile, 352.
Stylopides, 268.
subalaire (épipleurite), 84, 87.
subcosta, 143,148.
subiniago, 27, 380.
submarginale, 148.
subnodus, 174.
substigmatique (cellule), 229.
Surcarta, 473.
suture basilaire, 195.
suture clavale, 189, 455.
suture élytrale, 317, 536, 539.
Sycobiella, 279.
Sycoscapter, 279.
Sycosoter, 288.
Syntomides, 511.
syntomoptères, 268.
Syrphidcs, 184, 194, 237, 260.
système nerveux, 60.
système symétrique central, 208.
système trachéen, 58.
Tabanides (taon), 56, 374.
tabida (vena), 184, 525.
Taehardia, 283, 302.
taches androconialcs, 343.
Taeniochorista, 311.
Taenioptérygides, 191.
tambour, 354, 359.
taon (Tabanide), 56, 374.
tectiforme (aile), 245.
tegmen, 250, 254.
tegmina, 250, 455.
Source : MNHN, Paris
244
EUGÈNE SÉGUY
tcgula (ae), 21, 102, 104, 115, 236, 469,
518, 524, 549.
Temnostoma, 260.
température (action sur le polymorphisme),
287.
tendo, 230.
Ténébrionides, 355.
terga, 21.
termen, 202, 231, 508.
Termitoxéniides, 324.
Tessarotomides, 366.
tête articulaire de l’élytre, 116.
tétraptères, 21, 242, 244.
Tettigadincs, 353.
Tettigometra, 471.
Tettigoniidcs, 157, 225, 270, 356, 357, 435.
théorie branchiale, 12.
théorie paranotaie, 18.
théorie stigmatique, 15.
Thesophora, 359.
Thirididac, 264.
thyridiale (cellule), 226.
thyridics, 226, 496, 500, 504, 551.
Thysanoptères, 478.
thysanoptères (insectes), 240.
Thysanoures, 1, 5.
Tingitides, 19,172, 251.
Tipulides, 371.
tornus, 231, 323, 396, 508.
Tortricide, 308, 344.
trachées aiaires, 124.
trachées de membrane, 59.
trachéoles, 58, 130.
transverscs, 173.
Trentonius, 288.
triade, 132.
triangle intercalé, 212, 222.
Trichius, 365.
Trichograinma, 308.
Trichogrammides, 178.
Trichoptères, 483, 499.
trigonulum, 394.
trigramma, 154.
trimorphisme, 284.
triploïde (sculpture), 258.
trochlée, 217, 230.
Trogides, 365.
troncatipcnnes (insectes), 253, 266.
Trox, 255.
tubérosité antérieure, 104.
tubérosité postérieure, 111.
tympan, 340, 356.
Typophyllum, 263.
ulnairc (nervure), 154.
ultrasons, 349.
umbonc, 256.
uncinules, 36.
uncipennes, 36.
Vanessa, 46, 98, 287.
vanesses, 98.
vannus, 209.
vélocité, 372.
vélum, 233.
vena arcuata, 167, 214, 543.
vena cardinaiis, 167, 214.
vena dividens, 159, 212, 425, 429, 439.
vena plicata, 446.
vena spuria, 184, 194, 486, 525.
vena tabida, 184. 525.
Vcspa (guêpe).
Vespides, 65, 190, 192.
vespiformes (Hyménoptères), 249, 260.
vibration, 350, 369.
vol des insectes, 368.
Volucelles, 14, 70, 351.
Zammara, 19.
zones, 199.
Zoraptères, 416.
Zygoptères, 163. 244.
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
(Les chil/res entre parenthèses rapportent aux numéros des paragraphes)
Avant-propos
PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE ANALYTIQUE DE L'AELE ET DE SES DÉPENDANCES
Techniques.
Les ailes et les grandes divisions des insectes.
Les ailes des Protoinsectes (4).
Modifications tergopleurales dues au développement du système alaire (8).
Les ailes des Insecte* actuels (11).
Théories sur l’origine des ailes (11). — Théorie branchiale (12). — Théorie
stigmatique (15). — Théorie paranotale (18). — Théorie parapodiale (23).
Particularités de développement (24). — Insectes hémimétaboles (24). —
Insectes holométaboles (29).
La membrane et son revêtement.
La membrane (34). — Revêtement de la membrane (36). — Microtriches (37). —
Macrotriches (38). — Ecailles (40).
Morphologie et structure des dessins alaires (44). — Evolution du dessin
alaire (46). — Analyse des dessins alaires (48).
Modification de la membrane (50).
Revêtement des élytres (51).
Appareil circulatoire (53).
Système trachéen (58).
Système nerveux (60).
Racles alaires.
Muscles à action indirecte (73).
Muscles à action directe, (84).
Régénérescence musculaire et perte de la faculté de vol (91).
"•sectes qui ne volent plus (92).
■émulation basale.
Origine des sclérites articulaires (96).
es sclérites articulaires (100). — Tegulae (102). — La plaque humérale (103). —
a tegula (104). — Sclérites axillaires (105).
Ras particuliers ( 112 ).
Lcs Plaques médianes (118).
5
34
Source : MNHN, Paris
246
EUGÈNE SÉGUY
Page»
Nervures et nervation. 40
Définition (120). — Formation des nervures longitudinales (121). — Les
trachées alaires et la formation des nervures (124). — Rôle des trachéoles (130).
La nervation (131).
Nervures longitudinales (132). — Costale (146). — Sous-costale (148). —
Radiale (149). — Médiane (150). — Médiane antérieure (151). — Médiane
postérieure (152). — Cubitale (154). — Cubitale antérieure (155). — Cubi¬
tale postérieure (156). — Vena dividens (159). — Nervures anales (160). —
Nervures jugales (167). — Nervures intercalaires (168).
Nervures transverses (171). — Dillércntes sortes de transverses (173).
Disparition des nervures (178).
PUs. 58
Origine des plis (180). — Position des plis (185). — Ailes enroulées (191).
Variations et oblitérations des plis (192). Lignes de rupture (195).
Régions alaires. 02
Champs (197).
Zones (199). — Remigium (203). — Région anale ou vannus (209). — Région
jugale (214). — Cellules alaires (218).
Aires et organes particuliers (223). — Thyridies (226). — Bathmys (227).
Modification de la morphologie alaire par un autre organe somatique (230). —
Tendo (230). — Tornus (231). — Oreillettes (232).
Alule (233).
Cuillerons (236).
Forme des ailes et structures.. 23
Forme (238).
Structure (243).
Ailes membraneuses (243). — Ailes non pliantes (244). — Ailes
pliantes (246).
Ailes cornées (250). — Hémélytres (250). — Élytres (253).
Convergence (mimétisme) (260).
Mutilations (265).
Polymorphisme alaire.
Définition (267).
Origine du polymorphisme alaire (269).
Dimorphisme sexuel (274).
Conséquence du polymorphisme (275).
Polymorphisme héréditaire (276). — Polymorphisme métagénique (280). —-
Polymorphisme ergatogénique (281).
Polymorphisme occogénique (282). — Polymorphisme du mâle (283). —•
De la femelle (284).
Influences (286). — Nourriture (286). — Température (287). — Dimor¬
phisme saisonnier et hygrophilie (289). — Eflets de groupe (290). — Isole¬
ment (292).
Brachyptérisme et microptérisme (293). — Brachyptérisme et nerva¬
tion (295). — Réversibilité des caractères (296). — Rareté des formes
aptères (298).
Aptérisme (300). — Conséquences de l'aptérisme (303). — Aptérisme
traumatique (306).
Polymorphisme parasitaire (308).
Coaptations alaires (309).
Couplage des ailes antérieures et postérieures (310). — Lépidoptères (312). —
Joug, frein, couplage amplexiforme (313) (314). — Autres insectes (315).
Couplage des ailes antérieures entre elles (317).
Autres coaptations (319). — Coaptation des ailes avec un appendice soma¬
tique (319). — Avec le thorax (320). — Avec l’abdomen (322).
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE L’AILE DES INSECTES
247
Balanciers. 98
Définition (ou description) (324).
Organes sensoriels des balanciers (326).
Organes alaires particuliers. 101
Organes sensoriels (329).
Soies sensorielles (330). — Cils sensoriels (331). — Ecailles (332).
Organes campani tonnes (333).
Organes scolopidiaux (340).
Les organes sensoriels et la brachyptérie (342).
Glandes alaires. 104
Organes odorifiques (343). — Glandes élytralcs (346). — Glandes cérifères (347).
Production du son. 106
Vibrations (350).
Bourdonnement (351).
Organes sonores (352).
Définition (352). — Action des ailes sur le thorax (353). — Frottement
d’une patte contre une aile (354). — Frottement des ailes antérieures entre
elles (356). - Frottement des ailes antérieures et postérieures (359). —
Action des ailes sur l’abdomen (362).
Parasites (367). 112
V °1 des insectes (369). 113
Mouvements alaires (369).
Équilibre et régulation du vol (371).
Fréquence des battements et vélocité (372).
DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE DES AILES (376)
Caractères des ptéryootes (377). 119
1,8 Paléoptères. 119
Les Éphéinéroptères (379).
Les Odonatoptèrcs (388).
Ua Néoptères. 128
Les Exoptérygotes . 128
Les Polynéoptères (401).
Les Blattoptéroïdcs.
Les Dictyoptèrcs (403). — Les Blattides (404). — Les Man-
tides (408).
Les Isoptères (411).
Les Zoraptères (416).
Les Orthoptéroïdes.
Les Plécoptères (419).
Les Chéleutoptères (423).
Les Orthoptères (427). — Les Gryllides (432). — Les Tettigo-
niides (435). — Les Acridides (438).
Les Embioptèrcs (440).
Les Dcrmatoptéroîdcs.
Les Derinaptères (442).
Source : MNHN, Paris
248
EUGÈNE SÉGUY
Page»
Les Paranéoptèrcs (448).
Les Hémiptéroïdes.
Les Psocoptèrcs (449).
Les Hétéroptères (454).
Les Homoptères (463).
Les Thysanoptères (478).
Les Endoptérygoles . 167
Les Oligonéoptèrcs.
Les Névroptéroïdes.
Les Névroptères (484).
Les Mécoptéroldes.
Les Mécoptèrcs (493).
Les Trichoptèrcs (499).
Les Lépidoptères (507).
Les Diptères (522).
Les Coléoptéroïdes.
Les Coléoptères (533).
Les Strepsiptèrcs (547).
Les Hyménoptéroïdes.
Les Hyménoptères (548).
Bibliographie. . . .
Index alphabétique.
Table des matières .
205
235
245
Achevé d'imprimer le 15 mai 1959.
Prinled in Frc
I.r Directeur- Gérant : l’rof. E. SÉoV^
Source : MNHN, Paris