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MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XXVIII
FASCICULE 3
L. TSACAS
RÉVISION DES ESPÈCES
DU GENRE ACANTHOPLEURA ENGEL
(Diptera-Asilidae )
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
Source : MNHN, Paris
LbU
MÉMOIRES lll MH NATIONAL l> HISTOIRE YATIRELLK
Série A, Zoologie. Tome XXVIII, Fascicule 3. — 1964
V
RÉVISION DES ESPÈCES
DU GENRE ACANTHOPLEURA ENGEL
(Diptera : Asilidae )
par
Léonidas TSACAS
Le seul travail concernant l’ensemble du genre Acanthopleura est celui
«le Engel (1927) qui, avec la définition succincte du genre, donne une clé
de détermination des espèces par lui incluses dans ce genre et les descriptions
sommaires de ces espèces. Hull (1962), par contre, donne seulement une
description détaillée du genre.
Ayant à déterminer quelques spécimens de ce genre, je me suis aperçu
que la clé de Engel n'était pas au point et pouvait conduire à des erreurs,
l'ar exemple, je ne pouvais pas déterminer le type de A. naxia Macquart
(= longimnna Lw) que j’avais sous les yeux, à cause du caractère : « tarses
«le pl plus longs que les tl », qui s’applique aussi à A. ravus Lw et A. goedli Lw,
bien qu’ENGEL affirme le contraire. Dans le présent travail, je tente une
révision des espèces du genre et donne des tableaux dichotomiques facilitant
leur détermination.
Je remercie M. le Professeur M. Beier, du Naturhistorisches Muséum
«le Vienne, qui m’a communiqué les spécimens récoltés en Grèce par
E. Werner, déterminés par E. O. Engel ; le Docteur H. Schumann, du
Humboldt-Universitat de Berlin, qui m’a confié pour examen les types de
Loew ; le Docteur Fr. Kühlhorn, du Zoologische Sammlung des Bayeris-
chen Staales de Munich, qui m’a communiqué les spécimens de ce genre
qu'ENGEL avait étudiés ; le Docteur I. Verbeke, de l’I.R.S.N. de Bruxelles,
pour la communication d'un couple de syntypes de A. idiorrhythirica. Mes
vifs remerciements vont également à M. H. Oldroyd pour m’avoir accueilli
au British Muséum et m’avoir communiqué le très intéressant matériel de
ce Musée.
Genre ACANTHOPLEURA Engel 1927
Acanthopleura Engel 1927, in Lindner « Die Fliegen der palaarktischen
Région », 24, Asilidae, p. 67 (Acanthopleura Hermann in tilt.)
Mémoires du Muséum. Zoologie, t. XXVIII. 15
Source : MNHN, Paris
Acanthopleura Hull, 19(52, Hohber flics of the World, Smiths. Inslit.
Bull., 224. 2, ]>. 578.
Génotype : Asilus brunnipes Fabricius, 1791, désignation originelle.
Hull (19(52) donne une description détaillée du genre. On trouvera donc
ci-dessous seulement les caractères essentiels des Acanthopleura: mouches
grandes et fortes, d'une coloration générale du corps (due à la présence d’une
pubescence, plus ou moins épaisse selon les espèces) d’un gris jaunâtre ou
jaune (brunnipes) et à taches latérales et bande médiane du mésonotum
effacées (brunnipes) ou relativement bien visibles (naxia). Face: les deux
tiers inférieurs occupés par un renflement bien développé. Moustache dense,
constituée de soies fortes, blanches, ou noires et blanches mélangées. La
distance de la limite supérieure de la moustache à la hase des antennes
est égale ou plus courte que la longueur du premier article antennaire.
Chétotaxie du mésonotum réduite, les de dépassant à peine la suture trans¬
versale. De 2 à 5 paires de se. Le mésopleure porte une série de une à quatre
fortes soies le long de son bord supérieur (caractère qui a suggéré le nom
du genre). Sur le pléropleurc existent aussi une ou deux fortes soies accom¬
pagnées de quelques poils. Les hypopleures et les métapleures portent
chacun une rangée verticale de soies. Gains du métanotum avec des touffes
de poils. Ailes sans caractères de nervation particuliers ; elles sont presque
entièrement couvertes de microtriches qui laissent libre une zone étroite le
long des nervures (lig. 5), sauf chez brunnipes dont les microtriches laissent
libre le centre de l'aile. Pattes jaune-roux avec des bandes noires plus ou
moins étendues sur les fémurs, les derniers articles des tarses noirs. Les
tarses des pl sont plus longs que les tibias chez toutes les espèces sauf A. brun¬
nipes Mcig. Ces deux derniers caractères sont groupés dans le tableau suivant :
A . untiochicnsis ;
A. antiochlrnsts
.». brunniprs A
brunnipts v..
A. b. europaca J .
A. b. europaea ?.
A. chrysopliora S ■
A. chrysopliora \ -
gorilli s
/\. gotilli v.
A . itllorrhylhmica t (■)
A. hiiorrhylhmlca •.
A. naxia S
A. naxia î.
A. Ihusia l .
A. Ihusia 9.
( i ) Mesures prises
(2) Mesure prise s
/{apport bonites noires
longueur îles fémurs
ft f2 f3
72/80
65,72
79/70
80/84
58/58
67/56
58/54
69/73
88 100
52/57
95/108
64/76
88 l'Ni (M
74/85
68/79
40/45
63/56
68/58
62/58
81/77
104/96
58/55
106/103
78/70
102/89
89/81
70/64
53/83 69/106
85/135 _
ibles et courtes
36/88
42/90
43/84
65/112
57/102 —
_ 75/132 —
très variables, courtes .
longue
50/76
42/7
55/98
45/83
80/101
63/86
57/78
74/125
56/101
103/122
89/113
79/102
87/119 102/141 125/164
le spécimen «lu Vardar (Macédoine).
: lectolypc de A. longtmfina l.w.
Source : MNHN, Paris
ÉVISION DES
CANTHOPLEURA
207
Abdomen cylindrique, long, tergites avec des soies marginales, premiers
sternites avec de longs poils dressés.
Hypopygium roux ou noir, simple, moins large que l’abdomen.
Epandrium simple, sans ornements ou structures spéciales sur son extré¬
mité, court (brunnipes) ou relativement plus long (thasia), parfois en forme
de lamelles (thasia, idiorrhythmica) en vue latérale, droit ou à tendance à
se courber vers le bas ; sur son bord inférieur, il porte une série de soies longues
a nombre et disposition variables selon les espèces, qui n’atteignent pas la
base. Gonopodes relativement courts pouvant toutefois dépasser la moitié
de la longueur de Pépandrium (goedli, idiorrhythmica), simple ou avec une
constriclion en leur milieu (nesiotis). Cerques longs, cylindriques ou en forme
de massue (raous).
Ovipositeur long, noir luisant, comprimé latéralement, huitième segment
presque aussi long que les 6 e et 7 e réunis, cerques libres presque aussi longs
que le neuvième segment.
Position systématique.
Le genre Acanlhopleura est proche de Machimus Lw par le développement
du renflement facial et une série d’autres caractères. L’épandrium de cer¬
taines espèces de ce dernier genre est proche de celui de Acanlhopleura
(M. fibrialus, etc.). Certains Machimus présentent également de nombreux
poils sur la partie supérieure du mésopleure ( fibriatus, cinguli/er, scutellaris,
etc.), mais ces poils ne sont jamais si forts (soies) que chez Acanlhopleura.
La réduction de la chétotaxie rapproche également Acanlhopleura du
groupe Cerdistus, mais le renflement facial et la conformation de l’hypopy-
gium très simple chez Acanthopleura, permettent leur séparation. La colo¬
ration des pattes, jaunes avec des bandes noires sur la face antérieure des
fémurs est un caractère constant chez toutes les espèces du genre Acantho¬
pleura.
Répartition géographique.
Acanlhopleura est un genre circumméditerranéen (cartes 1 et 2).
A. brunnipes présente la répartition la plus large puisqu’il a été trouvé
dans tous les pays autour de la Méditerranée ; en Europe, il monte même
jusqu’en Autriche.
Toutes les autres espèces ne sont connues actuellement que des pays de
la Méditerranée orientale. Le littoral et les îles de la mer Egée sont les régions
où le genre s’épanouit, tout au moins d’après nos connaissances actuelles qui
ne doivent pas être loin de la réalité puisqu’il s’agit d'une région assez bien
connue. A. rauus, connu seulement d’Izmir, n’a pas été retrouvé depuis sa
description en 1871 ; il doit être considéré comme très rare, ou comme
exigeant des conditions particulières pour son développement, conditions
qu’il ne trouve que dans un certain biotope peu ou pas prospecté par les
entomologistes qui ont chassé dans la région.
Source : MNHN, Paris
Répartition géographique du genre Acanlhopleura.
i
Répartition géographique des espèces du genre Acanthopleura, à l’exclusion de A. brunnipes.
210
L. TSACAS
Biologie.
Nous n’avons aucun renseignement sur les stades préimaginaux des
Acanthopleura.
En ce qui concerne les proies de ces Asilides, seuls les renseignements
donnés par Poulton (Proc. Ent. Soc., London, 1913, p. xlix, et 1914,
pp. ii-v), qui relatent des observations du Docteur A. Seitz, en Algérie (Batna)
sur A. brunnipes F., nous sont connus. Tout le matériel que nous avons pu
examiner ne contenait pas de proies. Poulton note les insectes suivants
capturés par cet Asilide : Pyrameis cardui L., Metangria galalhea f. g .lucasi,
Pieris rapae, Papilio podalirius, P. machaon, Argynnis pandora. Colias
edusa, P. daplidice, Anthocharis eupheno, Thalpochares albida, Anisoplia sp.,
Eristalis lenax L., Anthrax sp., Pararge megacra L., Sarcophaga sp., Sterrha
sacraria L., Cicadidae divers et presque tous les Satyridae qui volaient
dans cet endroit.
Cette liste montre l'absence de toute préférence chez le prédateur vis-à-vis
de ses proies. Seitz note, toutefois, qu'il n’a jamais vu les A. brunnipes F.
attaquer un Zygaenide qui, pourtant, volait parmi eux.
La période de vol de cette même espèce en Afrique du Nord, d’après le
matériel que nous avons pu examiner, s’étend de la lin mai au mois d’août,
ce qui confirme les observations de A. Seitz.
Clé des espèces du genre Acanthopleura Engel
1. Moustache entièrement blanche ; soies postoculaires et soies de la
couronne du prolhorax blanches. 2
— Moustache noire et blanche, au moins quelques soies noires en haut
et sur les côtés, soies postoculaires et soies de la couronne du pro¬
thorax entièrement noires ou noires et blanches mélangées. 5
2. Antennes : les deux articles basaux clairs, roux ou jaunes.
.2. brunnipes Fabr.
— Antennes entièrement noires. 3
3. Pas de bandes noires sur les f3, ou si elles existent elles sont courtes
et étroites. 4
— Bandes noires des f3 longues et larges, cocupant au moins les 2/3 de
leur longueur ; soies des fémurs et des tibias mélangées noires et
blanches ; sc apicales croisées. 9. ravus Lw.
4. Espèce élancée, jaune, pas de taches sur les tergites ; f2 et 3 sans
bandes, parfois une trace sur les f2 .
.3. brunnipes europaea n. subsp.
— Espèce forte plutôt grise, f2 toujours avec des bandes, f3 parfois
avec une étroite bande.5. goedli Loew.
5. Bandes noires des f courtes, 1/2 à 3/5 de leur longueur (chez goedli
elles sont également courtes mais seulement sur les f3). g
— Bandes noires des f plus longues, 2/3 à 3/4 de leur longueur. 8
6. Abdomen couvert d’une pruinosité dorée, poils et soies jaunes ; J, Ç :
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
211
f 3 sans bandes noires.4. chrysophora n. sp
— Abdomen couvert d'une pruinosité jaune ou gris-jaune moins épaisse ;
Ç : 13 avec ou sans bandes noires, 3 : avec des bandes noires. 7
7. Abdomen d’un gris-jaune ; bandes noires des f très courtes, 1/2 à 3/5 ;
$ : toujours avec des bandes noires sur les f3 (chez goedli Lw, elles
sont parfois courtes mais seulement sur les f3).
. 6. idiorrhylhmica Jans.
— Abdomen jaune ; bandes noires des f plus longues, 3/5 à 2/3 ; $ : f3
sans bandes.1. antiochiensis n. sp.
8. Bandes noires des f3 très larges, empiétant sur les côtés dorsal et
ventral, tibias avec parfois sur le côté antérieur une légère et étroite
bande sombre. ®
— Bandes noires des f3 étroites, n'empiétant pas sur les côtés dorsal et
ventral, tibias sans bande sombre .•• ••• *0
9. Petite espèce (18 mm), ailes courtes ne dépassant pas le huitième
segment abdominal.8. nesiolis n. sp.
— Grande espèce (plus de 20 mm), ailes dépassant le huitième segment ;
soies des tergites noires.7. naxia Macq
10. Couleur générale plus sombre ; bandes noires des f plus larges 3 :
hypopygium noir, $ : ovipositeur long et étroit. Il- lhasia n. sp.
— Couleur générale plus claire, jaunâtre; bandes noires des f plus
étroites surtout celles des f3, souvent entièrement absentes, 3 : hypo-
gium roux, 5 : ovipositeur plus court et plus large.2. goedli Lw.
Tableau dichotomique des 3 S
1. Hypopygium, roux. ®
— Hypopygium, noir, au moins l’épandrium . 2
2. Gonopodes noirs. *
— Gonopodes roux. **
3. Extrémité des forceps arrondie ... .3. brunnipes europaea n. subsp.
— Extrémité des forceps non arrondie.2. brunnipes Fabr.
4. Forceps, vus de côté, allongés, droits, gonopodes n atteignant pas le
milieu de la longueur des forceps, avec des reflets roux sur la moitié
apicale .1- antiochiensis n. sp.
— Forceps vus de côté plus larges et plus courts, gonopodes plus longs
atteignant toujours le milieu de la longueur des forceps . 5
5. Forceps vus de côté plus de deux fois plus longs que larges, bord
postérieur « dentelé » et « effilé ».H. thasia n. sp.
— Forceps vus de côté moins de deux fois plus longs que larges, bord
postérieur des forceps droit, tronqué.6. idiorrhythmica Janss.
6. Forceps vus de profil longs, élargis à l’extrémité, à tendance à se
courber vers le haut, gonopodes ne dépassant pas le milieu des forceps
.9. ravus Loew
— Forceps plus courts droits, à tendance à se courber vers le bas, gono¬
podes plus longs .• • .. ^
7. Forceps à apex nettement courbé vers le bas. nesiotis n. sp.
Source : MNHN, Paris
212
L. TSACA.S
— Forceps à apex droit ou légèrement courbé vers le bas. 8
8 . Bord supérieur des forceps presque droit ainsi que l’apex. 9
— Bord supérieur des forceps courbé, apex à tendance à se courber vers
le bas.5. goedli Loew
9. Forceps à légère tendance à se courber vers le bas, longs, étroits, roux,
une touffe de soies sur le dernier sternite.7. naxia Macq.
— Forceps, droits, plus courts, larges, d’un roux foncé, pas de touffe de
soies sur le dernier sternite .4. chnjsophora n. sp.
1. — Acanthopleura antiochiensis n. sp.
(Figure 1)
Espèce proche de naxia (Macq.) par la forme de son hypopygium, mais
qui est ici entièrement noir; la pruinosité dorée-olivâtre par laquelle elle
est recouverte, lui donne l’aspect d’un brunnipes de petite taille.
Fio. 1. — A. antiochiensis n. sp., type et allotype : 1. Hypopygium. 2. Antenne.
3. Ovipositeur.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
213
<?• Tête, face couverte d'une pruinosité d’un jaunâtre très clair s’étendant
jusqu’au-dessus des antennes, de fond plus sombre ainsi que l’occiput.
Renflement facial bien développé occupant les deux tiers de la face. Mous¬
tache peu serrée constituée de fortes soies blanches qui se prolongent sur
les joues ; des côtés supérieur et latéraux des poils plus ou moins forts, noirs ;
chétules latéraux du front noirs, mélangés avec des blancs au-dessus des
antennes. Calus ocellaire noir brillant portant de nombreux poils noirs. Soies
postoculaires jaunes (une noire de chaque côté). Barbe jaunâtre, courte,
épaisse. Antennes entièrement noires, les deux articles basaux portent des
chétules noirs et quelques blancs sur le premier article. Article III aussi
long que les deux basaux portant un style de la même longueur que lui-
même. Trompe courte portant des poils blancs sur son côté ventral. Palpes
noirs avec de longs poils sur l’apex, jaunes sur la base.
Thorax : prothorax couvert d’une pruinosité jaunâtre et portant de
longs poils jaunâtres, couronne de soies jaunes. Mésonotum couvert d’une
pruinosité jaune-doré avec des reflets olivâtres sous certaines directions de
la lumière ; bande médiane large, d’un noir brillant, atteignant le scutellum
et divisée en deux par une large ligne de la même pruinosité que le reste du
mésonotum. Taches latérales couvertes d’une légère pruinosité olivâtre.
Chétotaxie entièrement noire à l’exception des sc dont une seule est noire ;
trois notopleurales, l’antérieure courte, une sa, une ia, quatre paires de de,
trois à quatre postalaires. Courte pilosité fine, bien développée, noire, à
l’exception de quelques poils jaunes entre les épaules et la bande médiane ;
sur les épaules où elle est mélangée noire et jaune, au-dessus des ailes et sur
la partie postérieure du mésotonum et surtout entre les de. Scutellum bombé
couvert d’une pruinosité d’un jaune doré, avec des reflets olivâtres sous
certaines directions de la lumière, quatre sc jaunes (une noire). Métanotum
couvert de la même pruinosité que le mésonotum, les poils des touffes
latérales jaunes. Pleures avec la même pruinosité que le mésonotum. Méso-
pleure avec sur son bord supérieur une rangée de quatre à six fortes soies
mélangées noires et jaunes et de nombreux poils jaunes sur ses bords anté¬
rieur et postérieur ; sternopleure, nombreux longs poils jaunes ; ptéropleure
avec une forte soie jaune et des poils de la même couleur ; métapleure avec
une rangée irrégulière de fortes soies et de longs poils jaunes ; hypopleure
avec la même rangée mais ici les soies sont peu nombreuses. Coxas couverts
d’une pruinosité d’un jaune olivâtre et portant de longues soies et poils
blancs. Trochanters entièrement noir luisant avec des poils et soies jaunâtres.
Pattes roussâtres avec des bandes noires sur les fémurs et l’extrémité
des f et t noircie, les trois derniers articles des tarses noirs, les soies
et les poils généralement noirs, fl avec sa bande noire, large à sa base,
atteignant les côtés ventral et dorsal, couvrant les 2/3 de la longueur du
fémur, son extrémité arrondie ; toutes les soies et tous les poils forts, noirs,
les poils du côté postérieur jaunes. f2 avec une bande antérieure moins large
que celle du fl et couvrant les 3/5 de sa longueur ; toutes les soies et les
longs poils noirs. f3 avec sa bande antérieure très étroite à extrémité effilée
atteignant les 2/3 de sa longueur, toutes les soies noires, les longs et forts
poils du côté postérieur jaunes. Tibias avec des soies et des poils noirs à
Source : MNHN, Paris
214
L. TSACAS
l’exception de quelques poils longs sur le côte postérieur des tl. GriRes
entièrement noires, pelotes d'un jaune clair. Empodium jaune.
Ailes atteignant à peine l'hypopygium, jaunâtres, la partie cen¬
trale plus claire, ridées. Nervures brunes plus claires sur la partie basale de
l’aile. Balanciers d’un jaune clair.
Abdomen presque deux fois et demie plus long que le thorax, cylindrique,
couverte d’une épaisse pruinosité jaune-olivâtre, uniforme. Les tergites II
et III portent de larges bandes postérieures légèrement plus claires, toutes
les soies et les poils jaunes à l’exception de ceux du dernier segment noirs.
Ce dernier segment est d’un noir brillant. Sur le deuxième tergite et les
quatre premiers sternites de longs poils dressés jaunes. Ilypopygium en vue
dorsale plus étroit que l'abdomen, d’un noir brillant avec quelques reflets
roux sur la moitié apicale des gonopodes ; couvert d’une pilosité relativement
longue et dense totalement noire, seule l’extrémité des cerques porte quelques
poils jaunâtres. Epandrium droit, arrondi à l’extrémité.
Longueur : 24 mm ; ailes : 15,5 mm.
$ : semblable au (J. Fémurs 3 sans bandes noires. Ovipositeur long,
noir luisant, avec des chétules noirs. Cerques libres avec quelques fins poils
blanchâtres.
Longueur : 26 mm, aile : 16 mm.
J'ai attribué cette $ à A. antiochiensis parce qu’elle présente princi¬
palement les deux caractères suivants qui la rapprochent du <? de celte espèce :
1° présence de quelques chétules clairs entre la bande médiane du mésono-
tum et les épaules; 2° les quatres derniers articles des tarses sont noirs.
Chez la femelle que j'ai attribuée à A. chrysophora n. sp. ces deux caractères
n’existent pas.
Hololype t? et Allotype $ portant l'étiquette : Turquie, Antakya, Isken-
derun, Sariseki, 12/VI/1960, S. L. (Guiciiaiiu and IIahvey), B. M. 1960-364
(British Muséum, Londres).
2. — Acanthopleura brunnipes (Fabricius, 1794)
(Figure 2)
Asilus brunnipes Fabricius, 1794, Entomol. System., IV, 384, 35.
Dasypogon brunnipes P’abricius, 1805, Systema Antliatorum, 170, 27.
Asilus castanipes Meigen, 1820, System. Beschreib., II, 312, 9.
Asilus brunnipes, Macquart, 1834, Suite à Buffon, I, 307. 19.
Asilus castanipes, Macquart, 1838, Diptères Exotiques, I, 2, 137. 6.
Mochtherus castanipes, Schiner, 1854, Verh. Zool.-bol. Ver. Wien. IV, 404, 55.
Asilus brunnipes, Walker, 1855, Dipt. Bril. Mus., VIL Suppl. 3, 718, 192.
Mochtherus brunnipes, Loew, 1860, Dipt. — Fauna Südafrika’s, I, 145, 32.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
215
Asilus brunnipes, Schiner, 1862, Fauna Austriaca, Dipt., I, 152, 35.
Mochtherus goliath Schiner, 1867, Verh. Zool.-bot. Ges. Wien, XVI, 684, 31.
Asilus caslanipes, Pandellé, 1905, Revue d’Entomologie, XXIV, 67, 13.
Heligmoneura brunnipes, Kestész, 1909, Catal. Dipt. hue. descrip., IV, 285.
Machimus brunnipes, Becker, 1923, Révision der Loew’schen Diptera Asilica,
Wien, 39.
Machimus brunnipes, Séguy, 1927, in « Faune de France », 17, Asilidae, 156.
Acanthopleura brunnipes, Engel, 1927, in Lindner « Die Fliegen der palâark-
lischen Région », 24. Asilidae, 67.
Heligmoneura brunnipes, Séguy, 1930, Mém. Soc. Scien. Natur. Maroc,
XXIV, 125.
Acanthopleura brunnipes. Timon David, 1951, Bull. Soc. Scien. Natur. Maroc,
XXXI, 137.
Acanthopleura brunnipes, Hull, 1962, Robber Flies of the World. Smith.
Instit. Bull., 224, 2, 578.
Acanthopleura brunnipes, le type du genre est une espèce bien caractérisée
par la coloration de la pruinosité, jaune clair, qui couvre presque uniformé¬
ment tout son corps et les deux articles basaux des antennes clairs, deux
caractères qui ne se rencontrent chez aucune autre espèce du genre.
Fig. 2. — A. brunnipes (Fabr.) : Hypopygium.
<?. Tête couverte d’une pruinosité jaunâtre. Face : pruinosité gris-jaune,
renflement facial bien développé, moustache peu serrée constituée de soies
fortes, jaunâtres relativement courtes, la distance de sa limite supérieure à
la base des antennes égale à la longueur du premier article antennaire. Joue
plus large que la longueur du premier article antennaire. Front à pruinosité
jaune, dénudé en son centre, chétules latéraux jaunâtres. Calus ocellaire
couvert de la même pruinosité jaune et de poils également jaunes. Soies
postoculaires entièrement jaunâtres. Barbe soyeuse, blanchâtre. Trompe
noire avec de longs poils ventraux blancs. Palpes noirs avec de longs poils
Source : MNHN, Paris
21G
!.. TSACAS
jaunâtres. Antennes : les deux articles basaux jaunes, couverts d’une légère
pruinosité gris-jaune et portant des chétules en grande majorité jaunâtres.
Troisième article noir, aussi long que les deux basaux réunis. Style à peu
près de la même longueur que le troisième article.
Thorax couvert d’une pruinosité jaune. Prothorax avec la couronne de
soies jaunes. Mésonotum à bande médiane très large, d’un brun mat, n’attei¬
gnant pas la base du scutellum, ligne médiane large en avant, se rétrécissant
en arrière pour s’effacer au milieu du mésonotum, taches latérales presque
indistinctes. Courte pilosité rase, éparse, noire ; il existe toutefois de nom¬
breux chétules jaunâtres sur le bord antérieur du mésonotum, sur les calus
huméraux et les notopleurcs. Des poils lins et longs au-dessus des ailes sur le
calus poslalaire et entre les de. Chétotaxie normale, entièrement noire ou
entièrement blanche, en passant par tous les intermédiaires. Trois noto-
pleurales, une sa ; une ia ; cinq paires de de. Scutellum avec la même prui¬
nosité jaune, le disque avec de longs poils jaunes, quatre sc jaunes. Métano-
tum couvert d’une légère pruinosité plus sombre, les touffes latérales habi¬
tuelles jaunes. Pleures à pruinosité jaune, grisâtre par endroits. Tous les
poils et soies jaunâtres. Coxas noires à pruinosité d’un gris jaunâtre, tous
les poils et soies jaunâtres. Trochanters noirs sur les bords, roux sur leur
partie dorsale, luisants, poils et soies jaunâtres.
Pattes d’un roux sombre ; chez certains spécimens elles sont d’un roux
clair ; bandes noires des fémurs 1 et 2 dépassant à peine leur milieu, celles
des f3 très étroites et plus longues. Parfois ces bandes noires manquent
complètement sur les f2 et f3 et sont très réduites sur les fl. Toutes les soies
noires mélangées à des poils noirs et blancs.
Ailes hyalines, légèrement obscurcies, surtout sur le côté postérieur.
Nervures roussâtres. Partie centrale de l’aile presque dépourvue de micro¬
triches. Balanciers roussâtres.
Abdomen très long, cylindrique, couvert d’une pruinosité d’un gris jaune,
pas de taches sur les tergites, le bord postérieur de ceux-ci d’un jaune rous-
sâtre, toutes les soies et la pilosité uniformément jaunâtres. Sur lessternites 2
et 3, de longs poils dressés. Dernier sternite avec de longues soies marginales
en son milieu. Hypopygium petit, épandrium et cerques noirs, gonopodes
roux. Pilosité grossière, longue, peu serrée, jaune.
Longueur : 27-31 mm ; aile : 15-18 mm.
$ : semblable au mâle. Les trochanters roux. Bandes noires des fémurs
presque indistinctes. Chétules du dernier segment abdominal noirs. Ovi-
positeur court, à peine plus long que le septième segment, noir avec des
plages roussâtres et de nombreux poils noirs et blancs. Cerques libres.
Longueur : 23-28 mm ; aile : 15-18 mm.
La description ci-dessus est basée sur des spécimens de la Collection du
Muséum de Paris parmi lesquels figurent 3 <? et 1 spécimen mutilé (sexe ?),
déterminée par Macquart comme /l. castanipes Meig. Les exemplaires exa¬
minés sont : 2 ?, Ber Kechid, Maroc (L. Gentil, 1910) ; 1 £, 1 $, entre
Larache et Arzila, Maroc (G. Buchet, 1901) ; 1 Ç, Meknès, Maroc, ait.
Source : MNHN, Paris
ÉVISION DES ACANTHOPLEURA
217
550 m, juin (R. Benoist, 1919) ; 1 <J, Rabat, Maroc, 30/5/1924 (J. Surcouf) ;
1 (J, Meknès, Maroc (J.-M. Mimeur) ; 1 $, Mont Edough, Algérie (A. Théry,
1902) ; 1 (J, 1 Ç, Boufarik, Algérie (A. Théry, 1910) ; 2 <J, 3 ?, Biskra,
Algérie (Parendel et Chatanay, 1914) ; 1 Ç, Fort-de-l’Eau, Algérie (J. Sur¬
couf, 1921) ; 2 <J, Boghari, Algérie (J. Surcouf, 1919) ; 1 Ç, Lac Oubeira,
Algérie (R. Martin, 1909) ; 1 $, Alger, Algérie (J. Surcouf, 10-25/7/1913) ;
1 <?. 1 9. Ain Touta, Algérie ; 1 $ Edough (P. Lesne, 13/8/1907) ; 1 ?,
19/6/1910, 1 cj, 3/7/1910, Mascara, Algérie ; 2 $, Oran ; 1 $, environs de Tunis
(A. Weiss, 1903) ; 1 (J, Tunis (Le Moult) ; 1 <?, Sorgono, Sardaigne (Hervé-
Bazin) ; 1 Ç, Marguerittes, Gard, France, déterminée par Pandellé.
Je n’ai pu voir qu’un seul spécimen de l’Europe continentale (France
méridionale). Les auteurs signalent cette espèce de plusieurs pays de l’Europe
(Autriche, Grèce, etc.) et de l’Asie Mineure (carte 1). Malgré cette assez large
répartition, si toutes les données bibliographiques sont exactes, A. brunnipes
(F.) est essentiellement nord-africain ; il y est en effet très largement répandu
et assez commun.
3. — Acanthopleura brunnipes europaea n. subsp.
(Figure 3)
Cette forme se distingue principalement de l’espèce nominative par sa
taille moindre, ses antennes et ses trochanters entièrement noirs.
Les pattes sont plus claires et portent parfois des soies blanches sur les
p3 ; les trochanters sont entièrement noir brillant et ceux des p3 portent de
Fio. 3. — A. brunnipes europaea n. subsp., type : Hypopygium.
fortes soies blanches. Les deux articles basaux des antennes sont noirs,
couverts d’une légère pruinosité grisâtre et portent de longs chétules blancs.
Troisième article, plus long que les deux basaux, portant un style aussi
Source : MNHN, Paris
218
L. TSACAS
long que lui-même. L’hypopygium présente quelques légères différences à
la forme de l'extrémité de l'épandrium, qui est noir, tandis que les gono-
podes sont roux.
t? : longueur : 19 mm ; ailes 12,5 mm.
Ç : longueur : 21,5 à 23 mm ; ailes : 12 à 13,5 mm.
Holotype 1 <î avec les étiquettes : 1) N° 443, 2) S. Europe, 3) Siculus,
4) Acanthopleura ? rtwus Loew. 5 H. Oldroyd det. 1937. (British Muséum,
Londres).
Allotype 1 $ avec les étiquettes : 1) Sicile, 2) Asilus brunnipes Fab.,
(Muséum de Paris). Paratypes 2 $Ç, Sicile. Les dates de capture ne sont pas
notées, (Muséum de Paris).
4. — Acanthopleura chrysophora n. sp.
(Figure 4)
Grande espèce d’un jaune doré, hypopygium noir, pas de bande noire
sur les f3 ; espèce proche de anliochiensis n. sp. dont elle se différencie,
principalement, par la couleur générale et l’hypopygium.
: Tête : face avec une pruinosité d’un jaune-clair devenant grisâtre
sur les bords des yeux, renflement facial bien développé occupant les 3/4 de
la hauteur de la face. Moustache : constituée de soies relativement courtes
et grossières, jaunâtres sur la partie inférieure, noires sur la partie supérieure ;
la distance de sa limite supérieure à la base des antennes plus courte que la
longueur du premier article antennaire. Front presque nu avec sur les côtés
de nombreux poils noirs mélangés avec quelques-uns jaunâtres. Calus
ocellaire peu proéminent, presque nu, portant de nombreux poils noirs et
jaunâtres, les premiers en grande majorité. Soies postoculaires supérieures
mélangées noires et jaunes, inférieures jaunes. Pilosité occipitale jaunâtre.
Barbe : courte, peu serrée d’un blanc jaunâtre. Antennes noires, les deux
premiers articles couverts d’une légère pruinosité jaunâtre et portant des
chétules noirs et jaunâtres, ces derniers plus nombreux sur le premier article.
Troisième article un peu plus long que le premier article portant un style à
peine plus long que lui-même. Trompe courte, noir-luisant avec de nom¬
breux et longs poils sur le côté ventral. Palpes noirs avec de longs poils noirs
mélangés avec quelques rares poils jaunâtres.
Thorax : prothorax couvert d’une pruinosité jaunâtre, la couronne com¬
posée de soies noires et jaunes, toute la pilosité jaunâtre. Mésonotum couvert
d’une pruinosité d’un jaune mat mais très variable selon la direction de la
lumière et de l’observation. Bande médiane large, noire, mate, n’atteignant
pas le scutellum, divisée en deux par une ligne large d’une pruinosité gris-
jaunâtre. Taches latérales mates, peu distinctes. Chétotaxie normale, entiè¬
rement noire, 3 notopleurales, 1 sa, 2 ia, 4 à 5 pa, 6 à 8 paires de de. Pilosité
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
219
Fio. 4. — A. chrysophora n. sp., type et allotype : 1. Hypopygium, vue latérale. —
2. Id., vue dorsale. — 3. Antenne. — 4. Oviposlteur.
Source : MNHN, Paris
L. TSACAS
220
bien développée, noire et blanche et plus longue sur les épaules, jaune au-
dessus des ailes et sur le calus postalaire, entre les de elle est longue, fine et
noire. Scutellum petit, bombé, couvert d'une pruinosité d’un jaune doré
et portant sur le disque une pilosité fine et longue entièrement jaunâtre ;
8 sc mélangées noires et jaunes. Métanotum avec la môme pruinosité que le
scutellum et les poils des touffes latérales jaunâtres. Pleures couverts d'une
légère pruinosité par endroits jaune, ailleurs grisâtre ou olivâtre. Toutes les
soies et tous les poils jaunâtres à l’exception des soies du bord supérieur du
mésopleure noires. Sur les mêla- et hypopleures une rangée verticale de
soies et poils, sur les ptéropleures une forte soie entourée de nombreux
poils, sur les sternopleures de nombreux poils ainsi que sur les bords posté¬
rieur et supérieur du métapleure. Hanches noires, couvertes d’une légère
pruinosité jaune ou grisâtre, toutes les soies et tous les poils jaunes — sur
le holotype une soie noire sur la hanche I gauche. Trochanters noir-luisant
avec des soies et poils jaunes.
Pattes rousses avec des bandes noires seulement sur les fl et f‘2 ; une zone
étroite noire à l’extrémité des fémurs et des tibias. Les 2 ou 3 derniers articles
des tarses bruns. Tous les longs poils et toutes les soies noires à l’exception
de quelques-uns sur la partie postéro-venlrale des f3. fl bande noire dépassant
à peine le milieu de sa longueur, large, à extrémité arrondie ; 12 bande noire
légèrement plus longue mais à extrémité effilée et moins large.
Ailes relativement courtes, n’atteignant pas l'hypopygium, jaunâtres,
ridées, les microtriches à l'exception de toutes les autres Acanthopleura
sont denses le long des nervures laissant le centre des cellules plus ou moins
clair, nervures d’un roux-foncé. Balanciers d’un roux plus sombre sur les
capitules.
Abdomen long, cylindrique, entièrement couvert d’une épaisse pruinosité
dorée, les larges bandes postérieures des quatre premiers tergites deviennent
plus étroites sur les cinquième et sixième ; huitième segment, noir-luisant.
Toutes les soies et poils jaunes, ceux du huitième segment noirs. La pilosité
est exceptionnellement longue sur les côtés du deuxième lergite. Les trois
premiers sterniles portent de longs poils dressés et des soies marginales
couchées. Hypopygium d’un roux foncé couvert d’une longue pilosité noire.
Epandrium court et vu du haut arrondi sur les deux tiers basaux.
$ : semblable au mâle. Les pattes légèrement plus foncées. Pruinosité
de l'abdomen moins dense que chez le S et tournant légèrement vers l’oli¬
vâtre. Ailes : sur l’apex les microfriches couvrent toute la surface des cellules ;
au milieu elles laissent libre une zone le long des nervures et occupent le
milieu des cellules. Ovipositeur noir luisant, long, comprimé latéralement.
Cerques courts, libres.
Longueur : J 27 à 29 mm, Ç 24 mm. Aile : £ 17 à 18 mm, Ç 16 mm.
Holotype 3 et Allotype Ç, avec l'étiquette : Turquie, Antakya, above
Anlakya, 800 feet, 14-VI-1960 (Guichard and Harvey), B. M. 1960-364,
(British Muséum, Londres). Paralype : 1 cî, môme localité, même date de
capture (Muséum de Paris).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
221
5. Acanthopleura goedli (Loew, 1854)
(Figure 5)
Mochlherus goedli Loew, 1851, Neue Beitrage, II, 14, 28.
Heligmoneura goedli, Kertész, 1909, Catalogus Dipterorum hucusque descrip-
toruiri, IV, 287.
Machimus goedli, Becker, 1923, Révision der Loew’schen Diptera Asilica,
Wien, 40.
Acanthopleura goedli, Engel, 1927, in Lindner « Die Fliegen derpalâarktischen
Région », 24, Asilidac, 68.
Acanthopleura goedli, Werner, 193-1, Akad. Wiss. Wien, 143.
Acanthopleura goedli, Hull, 1962, Robber flies of the World, Smithsonian
Institution Bull. 224/2, 578.
Acanthopleura goedli, par sa grande variabilité, peut se rapprocher de
plusieurs autres espèces congénères. Les spécimens à moustache et soies
postoculaires blanches se distinguent de A. ravus, en dehors de la forme de
l'épandrium, par l'absence de bandes noires sur les f3 ; quand elles existent,
elles sont toujours moins étendues que chez A. ravus. Quant aux spécimens
à moustache et soies postoculaires mélangées noires et blanches, ils se rap¬
prochent de A. idiorrhythmica et thasia dont ils se distinguent par leur hypo-
pygium roux.
Femelle : tête, face à pruinosité gris-jaunâtre sur les côtés, laissant une
tache nue, d’un noir brillant, en son milieu ; renflement facial très développé,
occupant les trois quarts de la hauteur de la face. Moustache constituée de
fortes soies blanc-jaunâtre, entourées des trois côtés (latéraux et supérieur)
d’une rangée de fines soies noires. Les soies qui la prolongent sur les joues
sont noires. La distance de la limite supérieure de la moustache à la base
des antennes est plus courte que la longueur du premier article antennaire.
Front à pruinosité dorée, moins dense au milieu, latéralement les poils
mélangés noirs et blancs. Calus ocellaire à poils en majorité noirs. Région
occipitale à pruinosité dorée, poils blancs, soies postoculaires jaunes, les
supérieures noires. Barbe plutôt courte, blanche. Antennes noires. Troisième
article moins long que son style ainsi que des deux articles basaux réunis,
ces derniers couverts d’une légère pruinosité grisâtre ; premier article avec
de longs chétules ventraux noirs, ceux de la base, sont jaunâtres, quelques
dorsaux noirs ou blancs. Deuxième article avec des chétules noirs mélangés
de quelques rares jaunâtres plus courts. Trompe courte, noire brillante, avec
de longs poils ventraux blancs. Palpes noirs à pilosité longue, noire, quelques
poils basaux blancs.
Thorax : noir, couvert d’une pruinosité grise ou jaune-doré. Pronotum
à pruinosité gris-jaunâtre, pilosité de même couleur, couronne peu nette de
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXVIII. 16
Source : MNHN, Paris
222
L. TSACAS
soies jaunâtres (une noire). Mésonotum à pruinosité d’un jaune doré, bande
médiane large, plus large que le double de la distance entre les yeux sur le
Source : MNHN, Paris
REVISION DES ACANTHOPLEURA
223
vertex, vue de l’avant atteignant le scutellum, ligne médiane bien distincte,
jaunâtre. Taches latérales peu distinctes, couvertes d’une pruinosité très
légère, grisâtre. Courte pilosité du mésonotum noire, fine rase, jaune et plus
longue sur la dépression notopleurale, au-dessus des ailes, sur les calus
postalaires et devant le scutellum ; quelques petits poils jaunes entre les
épaules et la bande médiane. Chétotaxie bien développée, noire, les de
manquent, d’après les traces, il y en a neuf paires, qui atteignent la suture
transversale, quatre notopleurales, les deux antérieures plus petites, deux
supralaires, deux intralaires, 4 postalaires accompagnées de quelques poils
jaunes dont certains assez forts.
Scutellum avec la même pruinosité que celle du mésonotum et couvert
de longs poils jaunâtres, 10 sc jaunes (une noire), les 2-3 apicales plus
faibles.
Métanotum avec la même pruinosité que le mésonotum, et les touffes
latérales à poils jaunâtres.
Pleures à pruinosité jaunâtre, mésopleures avec une rangée de trois fines
soies près de son bord supérieur dont les deux plus fortes noires, et des poils
jaunâtres. Sternopleure avec des poils jaunâtres et une soie noire sur le côté
gauche et jaune sur le côté droit, ptéropleures avec deux soies jaunes entou¬
rées de quelques poils jaunes également, méta- et hypopleures avec de
nombreux poils et soies jaunâtres.
Coxas noirs à pruinosité grisâtre, poils et soies jaunâtres. Trochanters
noirs.
Pattes rousses avec des bandes noires sur le côté antérieur des fémurs,
laissant le quart apical de ceux-ci libre, fl : bande noire très large sur la base
s’étendant sur le côté dorsal et, en partie, sur le côté ventral, se rétrécissant
vers l’extrémité, cette dernière arrondie ; une rangée postérodorsale de soies
noires et une autre ventrale constituée de soies noires et fines mélangées à
de fins poils blancs. f2 : même bande noire que celle des fl, toutes les soies
noires. f3 : bande noire plus étroite, à extrémité confuse, toutes les soies
noires. Tibias roux, légèrement rembrunis à l’apex, toutes les soies noires.
Tibias I plus courts que les tarses I, environ aussi longs que les quatre pre¬
miers articles. Tibias II plus longs que les tarses II. Tarses noirs, seuls les
prolarses roux, les deuxièmes articles bruns, toutes les soies noires.
Ailes lavées de jaune, microtriches très denses occupant toutes les cellules
et laissant seule libre une zone étroite le long des nervures, qui paraît
blanche, par contraste, avec le reste de la cellule. Nervures rousses, plus
claires à la base. Balanciers jaunes à capitules roussàtres.
Abdomen brun, large, massif ; sur chaque tergite une petite tache sombre,
au milieu du disque, disposée dans l’axe longitudinal. Tergites II et III avec
de larges bandes postérieures claires, celle du tergite IV étroite, sur les autres
tergites presque indistinctes. Pruinosité uniforme, sur les tergites et sternites
d’un gris légèrement jaunâtre.
Tergite I avec des touffes latérales de soies et poils jaunâtres, reliées
entre elles par une rangée de soies noires et jaunes, courte pilosité jaune.
Tergite II à courte pilosité noire au milieu du disque, jaune et plus longue
ailleurs, de longs poils jaunes et blancs sur les côtés. Soies marginales noires
Source : MNHN, Paris
224
L. TSACAS
au milieu, jaunâtres sur les côtés, ces dernières disparaissent à partir du
cinquième tergite. Sur les tergites suivants, la pilosité courte devient pro¬
gressivement noire et à partir du sixième ne possède aucun chëtule blanc.
Sternites avec de longs poils blancs, dressés sur toute leur surface, et des
soies marginales blanches dressées, noires sur les deux derniers. Les soies
marginales font défaut au premier sternite.
Ovipositeur noir brillant, portant de nombreux poils noirs, comprimé
latéralement, plus long que les deux derniers tergites, cerques libres avec de
petits poils blancs.
Longueur de l’holotype : 26 mm ; aile : 18 mm.
Holotype Ç, Beyrouth (Goedl), Collection H. Locwn 0 10.281, Zoologisches
Muséum Humboldt-Universitat, Berlin. Il porte une étiquette rouge
« Type ».
Mâle : semblable à la femelle. Dernier segment de l’abdomen noir luisant.
Appareil copulateur roux, à pilosité noire. L’hypandrium porte une série
de soies marginales noires.
Longueur du lectoallotype : 25 mm ; aile : 17,5 mm. La longueur varie
de 21 à 27 mm.
L’espèce est extrêmement variable ; voici la variabilité de quelques carac¬
tères : 1) Les bandes noires des f3 peuvent être absentes ou limitées à des
traces, quand elles existent leur longueur varie du 1/3 aux 2/3 de celle du
fémur. 2) Les soies postoculaires sont toutes jaunâtres, ou mélangées avec
des noires jusqu’à ce que ces dernières soient en majorité. 3) Moustache
entièrement jaune ou entourée de soies noires, parfois nombreuses sur la
partie supérieure en passant par tous les intermédiaires. 4) Soies scutellaires
toutes jaunes ou toutes noires avec tous les intermédiaires. 5) Poils du front
jaunes ou noirs avec tous les intermédiaires. 6). Hypopygium : roux-clair à
roux-foncé, rarement brunâtre, avec des reflets roux.
Les spécimens du Musée de Munich ne portent pas tous d’étiquette de
localité, de ce fait, des 28 exemplaires que nous avons examinés, seuls 14 sont
d’une localité précise, un porte la mention « Grèce ». Il est certain, toutefois
que les 13 autres proviennent des récoltes de Khüper en Grèce. Il est à
signaler que les spécimens de Poros (3) et de « Grèce » (1) ont tous les f3
entièrement jaunes, sans trace de bande noire et que tous les autres sans
étiquette de localité présentent le même caractère, à l’exception de trois
spécimens dont deux portent une légère trace de bande et un autre qui a
une bande longue, mais très étroite. Des deux spécimens d'Attique, la
femelle a les f3 entièrement clairs, ceux du mâle ont une bande bien déve¬
loppée, mais tous les deux ont la moustache entièrement blanche. Il est
possible qu’il existe une forme locale cantonnée dans les îles du Golfe
d’Égine. Dans les îles Samos et Lesbos, nous trouvons des exemplaires (3)
qui correspondent à tous points de vue à la typique, de même que le
mâle de Plagusa Planina. Ceux de Caluckova ont des bandes noires sur les f3,
mais la moustache est entièrement blanche. Pour tous ces faits, la désignation
d’un lectoallotype n'est pas aisée. En effet, il devrait être choisi parmi les
mâles en provenance de Grèce de la Collection de Munich, seuls spécimens
connus au moment de la rédaction de la révision des Asilidae paléarctiques
Source : MNHN, Paris
KÉVISION DES ACANTHOPLEURA
225
par Engel (1927) ; mais les deux mâles de Samos et de Lesbos du Musée de
Vienne, déterminés par Engel plus tard, sont plus proches de l’holotype
femelle. Nous désignons donc comme lectoallotype le mâle de Mytilène
(Lesbos), bien qu’il n’appartienne pas à la première série vue par Engel.
C'est avec un certain doute que nous rapportons à cette espèce quelques
spécimens, mais sa grande variabilité, comme nous venons de le voir, et le
petit nombre de spécimens de chaque localité ne nous permettent pas de
procéder à l’heure actuelle, à des coupures spécifiques ou intraspécifiques.
Matériel examiné : Holotype de Beyrouth (Berlin) ; 1 <J, 1 Ç, Attica ;
2 (J, 1 Ç, Poros ; 1 $, Poros (Krüper) ; 1 <$, Griechenland (Krüper) ; 1 ?,
Plagusa Planina, 18/7/1917 ; 1 <? Doiran See, 7/7/1917 ; 8 <j, 3 ?, sans étiquette
de provenance (Munich) ; 1 <j, 1 Ç, Marathokampos (Samos), 18/6/1932 ;
1 <?, Mytilène, 28/7/1932 (lectoallotype), (Vienne) ; 1 S, Aedypsos (Ile Eubée),
1/5/1938 (F. Werner) ; 2 «J, Kaluckova, 18/6 et 27/7/1917 ; 1 «J, vallée de
Strymon (Macédoine), juin 1933 (R. C. Shannon) ; ce spécimen a été déter¬
miné par moi-même comme étant Acanthoplewa ravus Lw (Tsacas, 1960)
(Muséum de Paris).
1 J, Salonique, V. 1929 (Achet. E. Le Moult) ; 1 <?, Kefissia, Attique,
20-V1-1957 ; 1 0 ', Kefissos R. plain, 19-VI-1957 ; 1 Ç, Nea Kefissia, 26-VI-
1957, (G. A. Mavromoustakis) ; 2 cî. 1 ?, Thermes S. L. Samolhrace,
16-V111-1962 ; 1 $, Alexandroupolis, Thrace, 14-V111-1962, (Guichard
and Harvey) ; 1 mutilé (sexe ?), Stavros, Macédoine, VI-1918, (J. Waters-
ton), (British Muséum).
1 cî. Pachiamos, Ierapetra, (Crète), 4-7-1925 ; 1 <S, Couvent d’Ankarathos,
Pedias, (Crète), 27-5-1925 ; 1 $ Iraklion (Candie-Crète), 7-6-1925 (Rec.
A. Schulz S. G.) (Zoologische Muséum, Humboldl-Universitàt, Berlin).
6. — Acanthopleura idiorrhythmica Janssens, 1960
(Figure 6 )
Acanthopleura idiorrhythmica Janssens, 1960, Bull. Ann. Soc. Roy. Entom.
Belgique, XCVI. III-IV. 76.
Acanthopleura idiorrhytlunica se distingue des autres Acanthopleura par les
courtes bandes noires de ses fémurs et par son hypopygium. Il est très proche
de A. thasia n. sp. dont l’hypopygium est aussi entièrement noir, mais dont
la forme de l’épandrium est nettement différente.
Mâle : tête, face couverte d’une pruinosité d'un blanc jaunâtre plus dorée
sur le renflement facial, ce dernier, bien développé, occupe presque la totalité
de la face. Moustache dense, composée de soies blanches légèrement jaunâtres,
fortes, de chaque côté, une rangée de 4-5 petits poils noirs. Joues larges,
presqu’aussi larges que le premier article antennaire. Front à pruinosité
plus foncée que celle de la face, sur chaque côté une rangée de petits poils
noirs, les inférieurs, près de la base des antennes, blancs. Calus ocellaire
avec des poils noirs et blancs. Antennes noires, courtes, avec une légère
pruinosité claire sur les deux articles basaux et une bande étroite rousse
sur la base du troisième article. Ce dernier aussi long que le premier, style
Source : MNHN, Paris
plus long que le troisième article. Les deux premiers articles avec des chétules
noirs, quelques-uns du côté ventral du premier article, longs et blancs.
Région occipitale d’un jaune doré, soies postoculaires jaunes (2 de chaque
côté, noires). Barbe soyeuse dense, relativement courte. Trompe noire avec
de fins poils blancs. Palpes à poils jaunes.
Fia. 6. — A. idiorrhyllunica Janssens, syntypcs <j, ? : 8. Hypopygium. — 9. Oviposi-
teur. — 10. Antenne.
Prothorax noir, couvert d’une pruinosité jaunâtre, tous les poils et soies
de la même couleur. Mésonotum couvert d'une pruinosité de couleur chan¬
geante, à l’œil nu elle paraît gris-jaune, sous le binoculaire, elle devient
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
227
olivâtre ou jaune doré selon l'angle d’observation et d’éclairement. Bande
médiane très large, plus du double de l’espace entre les yeux sur le vertex,
se rétrécissant en arrière où elle atteint le scutellum. Elle est divisée en deux
par une ligne jaune. Taches latérales grandes, bien marquées et mates.
Courte pilosité du mésonotum fine, rase, non serrée, noire, devenant jaune
entre la bande médiane et les épaules et sur les côtés au-dessus des ailes ;
avant le scutellum, elle est jaune et longue, surtout entre les dorsocentrales.
Ces dernières dépassent à peine la suture transversale, les 2-3 paires anté¬
rieures sont noires, les postérieures jaunes. 3 notopleurales, 1 supralaire,
3 postalaires, 1 intermédiaire, toutes jaunes. Scutellum de la même pruinosité
que le mésonotum, 10 sc jaunes, pilosité du disque, longue, fine, entièrement
blanchâtre. Métanotum couvert d’une pruinosité légère de couleur gris-olive,
touffes latérales de poils jaunes.
Pleures jaunâtres, sur le mésopleure une rangée de soies noires et blanches,
accompagnées de poils fins et courts. Ptéropleure avec une forte soie jaune.
Soies du métapleure et de l’hypopleure jaunes. Sternopleure avec de nom¬
breux poils blanchâtres. Coxas avec la même pruinosité que les pleures, tous
les poils et soies blancs. Trochanters noirs, ceux des pattes 3, avec trois
fortes soies postérieures blanches.
Pattes rousses, extrémité des tibias et les articles des tarses à partir de
l’extrémité du deuxième, noirs. Toutes les soies noires à l’exception de 3-
4 soies postéroventrales et basales des f3. Poils fins et longs sur le côté interne
des tibias et fémurs des p2 et 3. Les bandes noires des fl atteignent les 2/3
de sa longueur, à la base, plus larges, mais elles ne s’étendent pas sur les côtés,
ventral et dorsal. Celles de f2 de la même largeur, dépassent à peine son
milieu. Celles des f3 étroites, lancéolées, atteignent les 3/5 de sa longueur.
Sur les tibias, pas de bandes noires. Ailes longues, atteignant à peine l’hypo-
pygium, jaunâtres, plus claires sur la base, presque entièrement couvertes
de microtriches sauf une zone étroite le long des nervures. Nervures d’un roux
plus ou moins foncé. Balanciers jaunes, capitules roussâtres.
Abdomen noir, tous les tergites couverts d’une pruinosité uniforme d’un
gris jaune, bandes marginales postérieures plus claires. Premier tergite avec
deux touffes latérales de poils jaunâtres, reliées entre elles par une rangée de
soies marginales jaunes. Toutes les soies marginales jaunes, à partir du
quatrième tergite, petites et limitées sur les côtés. Courte pilosité jaune.
Sternites avec la même pruinosité, les trois premiers avec de longs poils
jaunes, dressés ; soies marginales peu distinctes ; pilosité des derniers sternites
couchée, jaune et courte. Dernier segment noir, pas très brillant, avec une
touffe sternale de soies noires.
Hypopygium noir, peu brillant, avec une pilosité entièrement noire,
plutôt éparse, plus dense et plus longue sur la partie basale et dorsale de
l’épandrium ; sur sa partie ventrale et apicale une série de poils longs et
forts ; sur l’apex des cerques, quelques chétules blanchâtres.
Longueur : 25 mm ; aile : 16 mm.
Ç : soies noires postoculaires plus nombreuses, soies du mésopleure toutes
noires ; 2 soies notopleurales, la supralaire et les 4 paires antérieures des de,
Source : MNHN, Paris
228
L. TSACAS
noires. 1 soie sc, noire. Pilosité fine et dressée sur les 6 premiers sternites.
Ailes ne dépassant pas le sixième lergile. Ovipositeur long, noir brillant à
pilosité noire, sauf pour les cerques (blanche), comprimé latéralement,
cerques libres.
Longueur : 25 mm ; aile : 16 mm.
Matériel examiné : 1 <? et 1 $ de la série des synlypes. Mont Athos, de
Xeropotamou, ail. 150 m (E. Janssens, 10-12/6/1956), Inst. Roy. Sci. Nat.
de Belgique, Bruxelles.
A cette espèce se rapporte 1 $ du Muséum de Paris, qui porte l'étiquette
« Bords du Vardar, env. de Karasouli et de Sarigol, D r Rivet, 1916 », malgré
les bandes noires de ses f3 qui sont plus longues que chez la femelle de la
série de syntypes que nous avons vue.
7. — Acanthopleura naxia (Macquart, 1838)
(Figure 7)
Asilus naxius Macquart, 1838, Diptères exotiques, I, 2, 135, 1.
Tolmerus longimana Loew, 1849, Ueber die europaischen Raubfliegen
(Diplera Asilica), Linnaea Enlomologica, IV, 95, 53.
Asilus longimana, Walker, 1855, List Dipt. Brit. Mus., VII, Suppl. 3, 676, 53.
Asilus naxius, Walker, 1855, List Dipt. Brit. Mus., VII, Suppl. 3, 689, 92.
Tolmerus naxius, Kertész, 1909, Catalogus Dipt. hue. descrip., IV, 297.
Acanlhopleura longimana, Engel, 1927, in Lindner « Die Fliegen d. palaar.
Région », 24. Asilidae, 68.
Acanlhopleura longimana, Hull, 1962, Robber flies of Lhe World, Smith.
Inst. Bull. 224, 2, 578.
Loew, en décrivant Acanlhopleura longimana, faiL le rapprochement
entre l’espèce qu’il décrivait et A. naxia (Macquart). Depuis, Engel (1927)
et Hull (1962) mettent les deux espèces en synonymie douteuse. Nous
avons pu examiner deux couples de la série des syntypes de Loew et les
comparer avec le couple des syntypes de Macquart. Cet examen a montré
qu’il s'agit bien de la même espèce. Le nom A. longimana (Loew, 1849),
doit être remplacé par A. naxia (Macquart, 1838) qui a la priorité ; la syno¬
nymie s’établit donc ainsi : Acanthopleura naxia (Macquart, 1838) = A. lon¬
gimana (Loew, 1849).
Acanlhopleura naxia est proche de A. goedli et A. nesiotis ; il se distingue
du premier par ses bandes noires des f3 très larges, du second par sa taille
plus grande, ses ailes longues, etc. ; la forme de l’hypopygium sépare les
trois espèces sans difficulté.
Mâle : tête, face couverte d’une pruinosité gris-jaunâtre, renflement
facial bien développé occupant presque la totalité de la longueur de la face.
Moustache relativement courte, constituée de soies blanches et noires, ces
dernières occupent la partie supérieure, où elles sont plus fines, et les bords
latéraux de la moustache, elles se prolongent sur les joues. Ces dernières
larges, aussi larges que la longueur du premier article antennaire ; front avec
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
CANTHOPLEURA
229
une pilosité légère, grise, les poils du front et du calus ocellaire tous noirs.
Antennes : le troisième article manque, les deux articles basaux, noirs, cou¬
verts d’une pruinosité très légère grisâtre et avec de longs poils noirs. Région
occipitale à pruinosité grisâtre, avec des poils blanchâtres ; toutes les soies
postoculaires noires. Barbe courte, blanche. Trompe relativement courte,
noire avec des poils ventraux blancs, palpes avec des poils noirs, quelques-
uns blancs sur la base.
Source : MNHN, Paris
230
L. TSACAS
Mésonotum avec une pruinosité légère et jaunâtre sur les côtés, dorée et plus
épaisse sur sa partie postérieure. Bande médiane large, mate, couverte d’une
très légère pruinosité grisâtre, ligne médiane large, jaunâtre. Taches latérales
très grandes, mates, peu distinctes. Courte pilosité du mésonotum, fine et
relativement serrée, noire, au-dessus des ailes elle devient plus longue et
jaune, avant le scutellum elle est aussi longue mais noire. Chétotaxie noire,
de 8 paires (d'après les traces des chètes manquants), n’atteignant pas la
suture transversale, 3 notopleuraies, l'antérieure plus fine, 1 supralaire,
1 intralaire, 3 postalaires. Scutellum avec la même pruinosité que le méso¬
notum, 8 sc. (il n’en subsiste que 2) noires, pilosité du disque longue, noire
au centre, jaunâtre sur la périphérie. Métanotum à pruinosité jaunâtre et
touffes latérales de poils de la même couleur. Les pleures du type étant cou¬
verts de débris, on ne peut pas distinguer la pruinosité. Poils et soies du
mésopleure, ptéropleure avec une forte soie noire et des poils jaunâtres.
Soies fortes du métapleure jaunâtres, celles de l’hypopleure noires. Coxas
noirs avec des soies et poils noirs et blancs.
Pattes rousses avec des bandes noires sur les fémurs et les tibias (la pre¬
mière paire de pattes manque) et toutes les soies noires. Trochanters noirs,
ceux des p3 avec 2 fortes soies noires. f2 : roux, bande noire sur le côté anté¬
rieur, s’étendant à la base sur les côtés ventral et dorsal, entre celle-ci et l’extré¬
mité noircie une zone étroite reste rousse. t2, roux, noircis à l’apex, avec une
très légère et étroite bande brune sur le côté antérieur. Tarses 2 roux, les
trois derniers articles rembrunis. f3 : roux avec le même dessin que les f2.
t3 : comme les t2, mais la bande noire plus foncée et nette, réunie à la zone
noircie de l’apex. Tarses 3, roux avec les trois derniers articles noirs. Griffes
noires, pelotes roux foncé.
Ailes longues atteignant l’extrémité de l’abdomen, jaunâtres, plus claires
sur la base, presque entièrement couvertes de microtriches. L’extrémitc de
l’aile gauche porte une tache de saleté, est-ce celle-ci qui fait dire à
Macquart : « ailes jaunâtres, extrémité brunâtre » ? Nervures d’un roux-
brun, plus claires à la base. Balanciers roux.
Abdomen long, large, se rétrécissant vers l’arrière, noir, avec une pruino¬
sité grise, plus claire sur les bords postérieurs des tergites. Ces derniers ont
sur leurs bords latéraux une étroite zone roussâtre qui se rétrécit sur les
postérieurs pour disparaître chez les deux derniers. Les tergites à partir du
troisième et plus nettement du quatrième portent sur le disque une tache
roussâtre. Tl, avec les touffes latérales de poils et soies jaunâtres reliées entre
elles par une rangée de soies marginales noires. T2 avec de longs poils jau¬
nâtres, des chétules noirs sur le disque, rangée marginale de soies noires.
Sur les autres tergites tous les chétules et soies noirs, seuls quelques chétules
latéraux jaunâtres. A partir du quatrième, soies marginales postérieures
presque indistinctes des chétules. Dernier tergite noir brillant. Sternite avec
de longs poils dressés blancs, mélangés de quelques noirs sur les deux pre¬
miers, noirs mélangés de quelques blancs sur les suivants. Premier sternite
sans soies marginales.
Hypopygium : roux foncé, simple, avec toute la pilosité noire, et sur la
moitié distale du bord inférieur de l’épandrium une rangée de fortes et
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES AOANTHOPLEURA
231
longues soies. Hypandrium noir avec une touffe dense de soies noires attei¬
gnant les deux tiers des gonopodes. Cerque noir.
Longueur : 23 mm ; aile : 17 mm.
Femelle : semblable au mâle, la chétotaxie complète, noire. Les pleures
portent une pruinosité légère, grise. Les bandes noires des fémurs sont plus
étroites et plus courtes. Pattes 1 : fémurs avec la bande noire antérieure
très large à la base, couvrant les côtés ventral et dorsal, elle laisse entre
elle et l’extrémité du fémur une zone étroite rousse. Tibias entièrement
roux, seule leur extrémité noircie antérieurement, à peine plus longs que les
trois premiers articles du tarse. Protarse roux, deuxième article rembruni,
le troisième brun, les deux suivants noirs. Toutes les soies de la patte 1 noires.
Ovipositeur roux, déprimé latéralement.
Longueur : 23,5 mm ; ailes : 16,5 mm.
Le mâle de Chios (Chio) a été étiqueté par nous « holotype » et la femelle
de Naxos «Allotype». Collection Macquart, n° 410, Muséum de Paris. Le
mâle dont la tète est détachée et collée sur une étiquette blanche, porte la
mention manuscrite de Robineau-Desvoidy « Asilus maritimus » R-D,
nom qui n’a jamais été publié. Il s’agit donc d’un nomen nudum.
Les deux mâles et les deux femelles de la série originelle de Loew que
nous avons vus ont été étiquetés par nous comme suit : 1 <J lectotype,
1 ? lectoallotype, les deux autres paralectotypes.
A. naxia est une espèce présentant une certaine variabilité, sans compa¬
raison toutefois avec celle de A. goedli.
1) Chez le mâle, la densité des soies marginales de l’hypandrium varie
beaucoup ainsi que leur couleur. Chez certains spécimens, de nombreuses
soies blanches existent mélangées avec des noires. 2) Le nombre des soies
noires de la moustache est aussi très variable, mais elles ne sont jamais
absentes. 3) Les soies noires des hypopleures, coxas, tergites et sternites sonl
plus ou moins nombreuses. 4) La taille varie de 20 à 26 mm, etc.
Autre matériel examiné : 1 S, 1 $, Apirandos (Naxos), 28/6/1932 ; 1 <?,
Vathy (Samos), 23/6/1932 ; 1 <J, Amorgos, 1 et 2/7/1932 ; 1 $, Aghios Kyrikos
(Icaria), 25/6/1932, tous proviennent des récoltes de F. Werner et sont
étiquetés par Engel, A. longimana Lw. (Vienne) ; 1 <?, Naxos (Kriiper ?)
avec deux étiquettes « Enlolmus calopus Lw » et «A. goedli, det. E. O.
Engel » ; 1 ?, sans localité, avec trois étiquettes « Asilus (Pamponerus) n. sp.
Erber », « A. goedli Lw. det. E. O. Engel » et « Acanlhopleura sp. » ; 1 <5 avec
les étiquettes « Austria, Machinais poicilopus Lw » et « A. goedli det. E. O.
Engel » ; tous les trois de la Collection du Musée de Munich.
Répartition géographique. — Acanlhopleura naxia (Macq.) est can¬
tonné dans les îles grecques de la mer Egée et sur la côte de l’Asie Mineure.
Le spécimen d’Autriche que nous avons sous les yeux étend l’aire de répar¬
tition de l’espèce en Europe centrale, si toutefois il ne s’agit pas d’une erreur
d’étiquetage. Il serait en effet étonnant qu’une espèce d’Asilide décrite
depuis plus d’un siècle n’ait pas été retrouvée en Europe centrale, région
particulièrement bien explorée. Nous considérons donc l’espèce comme
« Egéenne » en attendant d’avoir confirmation de sa capture en Europe
centrale.
Source : MNHN, Paris
232 L. TSAC.AS
8. Acanthopleura nesiotis n. sp.
(du grec : vïjotôitiç — insulaire)
(Figure 8)
Acanthopleura nesiotis est la plus petite des espèces du genre, elle se carac¬
térise par ses ailes courtes, son épandrium nettement courbé vers le bas et
ses gonopodes portant une constriction en leur milieu.
Mâle : tête à pruinosité grise. Face avec la même pruinosité, quelques
reflets jaunâtres sur les côtés, renflement facial bien développé, moustache
peu serrée blanche, quelques soies noires plus fines sur les côtés supérieurs
et latéraux, la distance de sa limite supérieure à la base des antennes à peu
près égale à la longueur du premier article antennaire. Front avec la même
pruinosité, presque nulle en son milieu, de nombreux poils noirs sur les côtés,
quelques-uns blancs près de la base des antennes. Calus ocellaire avec des
poils noirs. Antennes noires, les deux articles basaux couverts d’une légère
pruinosité grise. Ces derniers portent de nombreux chétules noirs surtout
sur le côté ventral du premier article. Troisième article oval, plus court que
les deux articles basaux réunis, style légèrement plus long que le troisième
article. Soies postoculaires supérieures noires, mélangées de quelques poils
blancs, soies inférieures blanches. Barbe courte, blanche. Trompe relative¬
ment courte, d'un noir luisant, avec de nombreux poils fins, blancs ventraux.
Palpes noirs avec des poils noirs.
Thorax noir à pruinosité grise, jaunâtre par endroits, surtout sur le
mésonotum. Pronotuin avec des poils blancs, le collier constitué de soies
blanches et noires. Mésonotum : bande médiane très large, d’un brun noir
peu luisant, atteignant presque la base du scutellum, ligne médiane large,
irrégulière, de la même pruinosité que celle du mésonotum, taches latérales
peu distinctes, mates. Courte pilosité fine et bien développée, surtout en
avant, noire à l'exception de la région susalaire et du calus postalaire où
elle est plus longue, fine, blanche. Entre les de de nombreux poils longs et
fins, noirs et blancs. Chétotaxie normale, entièrement noire, de dépassant
à peine la suture transversale. Trois notopleurales, une sa, une ia, deux
postalaires. Scutellum couvert de la même pruinosité que le mésonotum et
portant sur le disque de longs poils noirs et blancs, sc 8 noirs (un du côté
droit blanc). Métanolum à pruinosité gris-jaunâtre et les touffes latérales
habituelles constituées de soies jaunâtres. Pleures à pruinosité grise, jau¬
nâtre par endroits, tous les poils et soies blancs, à l’exception des soies de la
partie supérieure du mésopleure qui sont mélangées noires et blanches.
Coxas noirs, couvert de la même pruinosité que les pleures, toutes les soies
blanches. Trochanters noirs luisants, ceux des p3 avec quelques soies noires.
Fémurs d'un roux clair et de très longues bandes sur le côté antérieur cou¬
vrant les quatre cinquièmes de la longueur du fémur, leur extrémité confuse.
Toutes les soies noires, poils mélangés noirs et blancs, blancs surtout sur le
côté postérieur. Les bandes noires des fl et f2 atteignent sur leur base le
côté postérieur, celles des f3, plus étroites, atteignent à peine les côtés supé¬
rieur et inférieur. Tibias d’un roux clair, rembrunis sur leur extrémité, la
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
233
zone sombre, beaucoup plus large chez les t3, toutes les soies noires, des poils
noirs et blancs sur les tl. Tarses roux, les derniers articles plus sombres, toutes
les soies noires (il manque le tarse 1 droit, les quatre derniers articles du
tarse 3 droit et les deux derniers articles du tarse 3 gauche). Ailes assombries
à leur extrémité, légèrement ridées, étroites, n’atteignant pas la base de
l’hypopygium, nervures brunes, plus claires à la base, les c, sc et rl rousses.
Régions couvertes de microtriches limitées au milieu des cellules. Balanciers
jaunes à capitules roux.
Fig. 8. — A. nesiotis n. sp., type : Hypopygium.
Abdomen court, épais à la base, couvert d’une pruinosité grise à reflets
jaunâtres par endroits. Tergites, vus de l’arrière, avec des taches dorsales
brunes, le bord postérieur clair. Vus de côté, des taches dorsales d’un roux
brun, bandes postérieures légèrement plus claires. Tl avec les touffes laté¬
rales habituelles constituées de soies jaunâtres, reliées entre elles par une
rangée de soies marginales noires, tous les poils du disque jaunâtres. T2, la
tache dorsale beaucoup moins nette que chez les tergites suivants, de longs
poils blancs et sur le disque de courts chétules noirs, soies postérieures margi¬
nales noires à l’exception de quelques-unes, latérales, jaunâtres. T3 à 7 ché¬
tules noirs et blancs, les derniers surtout sur les côtés, soies postérieures
marginales noires et quelques-unes jaunes sur les côtés, ces dernières dispa¬
raissant sur les deux derniers tergites. Le dernier tergite d’un roux sombre
luisant. Sternites avec sur les trois premiers de longs poils dressés blancs,
sur les suivants des poils couchés blancs et noirs, les soies marginales posté¬
rieures jaunes et à partir du cinquième mélangées noires et jaunes. Le dernier
sternite invisible caché sous l’avant-dernier, seules ses soies marginales noires
sont visibles.
Hypopygium roux luisant avec des poils noirs, l’extrémité des forceps
(épandrium) franchement courbée vers le bas, gonopodes avec une constric-
tion en leur milieu. Cerques noirs avec des chétules blancs.
Longueur : 18 mm ; ailes : 11,5 mm.
Holotype <J, Seriphos, Grèce, 14/7/1932 (Werner), (Acanlhopleura longi-
mana Loew, det. E.O. Engel), Naturhistorisches Muséum, Vienne.
? : inconnue.
Source : MNHN, Paris
234
9. Acanthopleura ravus (Loew, 1871)
(Figure 9)
Tolmerus ravus Loew, 1871, Beschreib, F.urop. Dipt., II, 194, 103.
Tolmerus ravus, Kertész, 1909, Catalogus Dipt. hucus. descript., IV, 298.
Tolmerus ravus, Becker, 1923, Révision der Locw’schen Diptera Asilica,
Wien, 59.
Acanthopleura ravus, Engel, 1927, in Lindner « Die Fliegen der palaarktischen
Région », 24. Asilidae, 69.
Acanthopleura ravus est caractérisé par la présence de soies blanches sur
les fémurs et tibias, aucune autre espèce du genre ne présente ce caractère ;
par la moustache entièrement blanche il se rapproche de Acanthopleura
brunnipes mais s’en distingue facilement par les caractères donnés dans la
clé des espèces du genre. Ses ailes courtes le rapprochent d 'Acanthopleura
nesiolis, mais plusieurs caractères l’en séparent facilement (moustache,
taille, hypopygium).
Mâle : tête, face à pruinosité gris-argenté, renflement facial bien développé
occupant les deux tiers de la longueur de la face ; moustache serrée constituée
de fortes soies blanches, la distance de la limite supérieure à la base des
antennes est moindre que la longueur du premier article antennaire.
Front avec la même pruinosité que la face, moins dense, sur les bords
latéraux des poils relativement forts, blancs, les supérieurs à la hauteur du
calus ocellaire avec des poils noirs. Région occipitale à pruinosité gris-argenté
et pilosité blanche ; soies postoculaires blanches. Barbe blanche. Trompe
relativement courte, noire avec une pilosité dense et longue du côté ventral.
Palpes noirs à pilosité mélangée noire et blanche. Antennes couvertes d’une
légère pruinosité grisâtre, plus dense sur le deuxième article, seuls les deux
articles basaux existent, noirs. Premier article avec des chétules blancs,
deuxième article avec chétules noirs mélangés de quelques rares blancs.
Thorax noir à pruinosité grise légèrement jaunâtre sur le mésonotum.
Pronotum à pruinosité grise, pilosité longue et dense, blanche, couronne de
soies blanches. Mésonotum à pruinosité grise légèrement jaunâtre, bande
médiane large, plus du double de la distance entre les yeux sur le vertex,
noire, dépassant en arrière la suture transversale ; divisée en deux par une
ligne médiane grise, étroite, mais très nette quand l’animal est vu de l’avant.
Taches latérales indistinctes.
Chétotaxie bien développée, jaunâtre, les de manquent, elles sont au
nombre de sept paires, d'après les traces des chètes et dépassent (une paire)
la suture transversale. Trois nolopleurales dont l'antérieure plus petite,
deux supralaires, la postérieure manque, une inlralaire, quatre postalaires.
Courte pilosité du mésonotum fine, sauf sur les épaules où elle est plus
longue et blanchâtre, entre les épaules et la bande médiane elle est aussi
blanchâtre ; quelques poils jaunâtres au-dessus des ailes et sur les calus post¬
alaires. Scutellum avec la même pruinosité que le mésonotum, de longs poils
blanchâtres sur le disque et 6 sc dont les deux apicales croisées, les autres
légèrement divergentes, toutes jaunâtres.
Source : MNHI I, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
235
Métanotum à pruinosité grise et touffes latérales à poils blancs. Pleures
à pruinosité grise, soies et poils jaunâtres. Mésopleures avec un groupe de
trois soies relativement fortes près du bord supérieur, sternopleure avec de
Fin. 9. — A. ravus (Loew), type : 17. Aile. — 18. Tibia et tarse de p2. — 19. Id., pl. —
20. Hypopygium, vue latérale. — 21. Id., vue ventrale. — 22. Id., Extrémité de l'aedeage.
longs poils, ptéropleure avec une forte soie accompagnée de quelques poils
fins, métapleure avec une rangée de fortes soies et nombreux poils fins,
hypopleures avec une rangée de soies fortes et de nombreux poils fins.
Source : MNHN, Paris
Coxas noirs avec la même pruinosité que les pleures, soies et poils jau¬
nâtres. Pattes rousses avec des bandes noires sur les fémurs, n’atteignant
pas l'apex (71% à 75%). Trochanters noirs, ceux des p3 avec des soies
blanches, fl, une rangée dorsale de quatre soies blanches et noires, poils et
soies du côté ventral blancs, fl avec une bande noire large sur le côté anté¬
rieur, plus large sur la base où elle touche les côtés ventral et dorsal. f2, une
rangée de trois soies sur le côté antérieur, la basale noire, les deux autres
blanches, sur le côté ventral quelques poils blancs sur le tiers basal, et une
rangée de courtes soies noires au milieu, une forte soie apicale postérieure
blanche. f3, une rangée de soies antérodorsales, une antérovenlrale et une
postéroventrale toutes blanches. Seules les soies apicales sont noires. f3,
bande noire étroite finissant en pointe, tl, toutes les soies noires sauf les
deux tics longues postéroventraies blanches, soies apicales mélangées, noires
et blanches, ventralemenl de nombreux longs poils blancs. t2, une rangée
postérieure de soies blanches et une soie ventrale apicale blanche, toutes
les autres noires. t3, légèrement rembrunis à l’apex, toutes les soies noires.
Tarses, les deux premiers articles roux, le troisième brun et les deux derniers
noirs. Tarses I longs, plus longs que les tibias. Protarse aussi long que les
deux articles suivants avec trois soies blanches, deux apicales et une basale ;
chacun des articles II et III avec une soie apicale, postérieure, blanche.
Tarse II, protarse avec deux soies apicales blanches, articles II et III avec
une seule apicale postérieure, blanche (troisième article du tarse II droit,
sans soie blanche). Tarse III, pas de soies blanches. Ailes courtes, atteignant
à peine le sixième segment abdominal, légèrement jaunâtres, largement
troublées à l’apex par la présence des microtriches, nervures brunes, rousses
à la base, rl rousse sur toute la longueur. Balanciers jaunes à capitules
roussâtres.
Abdomen long, cylindrique, noir, couvert d’une pruinosité uniforme
argentée. Tergites vus de l’avant bruns avec les bords postérieurs plus clairs,
virant au roux. Tl couvert de poils blancs formant latéralement deux touffes
où se mêlent quelques soies fortes. Soies marginales, entre les deux touffes,
noires. Soies marginales des tergites 2, 3 et 4 blanches, leur longueur diminue
du 2 au 4. Les tergites suivants sans soies marginales. Chétules des tergites
noirs et blancs sur le disque, les premiers dominant, blancs sur les côtés où
ils sont plus longs. Dernier tergite noir brillant.
Stérilités 1 et 2 avec de longs poils blancs dressés sur toute leur surface.
Stérilités 2 et 3 avec des soies marginales blanches peu développées et
couchées, elles n’existent pas chez le sternite 1 ; tous les chétules jaunâtres.
Hypopygium roux brillant, couvert d'une pilosité noire, à l’exception
de quelques poils de la base des gonopodes. Cerques noirs. Hypandrium
roux avec une rangée de soies marginales dressées noires.
Longueur : 22,5 mm ; ailes : 13, 5 mm.
Holotypc <?, Izmir, 23/6/1863, Collection Loew, n° 10.303, sous le nom de
Tolmerus rauus Loew. Zoologische Institut der Humboldt-Universitât,
Berlin.
Femelle inconnue.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES ACANTHOPLEURA
237
Il paraît que cette espèce n’a pas été retrouvée, et elle est représentée
par ce seul type. Le spécimen que nous avons déterminé sous ce nom (Tsacas,
1960, Revue Fr. Ent., XXVII, 3, 222), à cause de sa moustache entièrement
blanche est un Acanthopleura goedli (comparé au type) à moustache blanche.
10. Acanthopleura sp. aff. ravus (Loew)
Dans la collection du Naturhistorisches Muséum de Vienne, parmi les
Asilidae récoltés en Grèce par F. Werner en 1932, il existe une femelle de
Hymittos (Atlique), 14/6/1932, déterminée par Engel comme Neomochtherus
Iridenlatus Lw. Cette espèce de l’Asie Centrale voit ainsi son aire de répar¬
tition élargie jusqu’en Méditerranée Orientale. Un examen de ce spécimen
montre qu'il n’appartient pas à ce genre, le renflement facial très développé,
seul, suffirait à l'en écarter. Pour plus de sécurité, nous avons comparé ce
spécimen avec N. Iridenlatus Lw de l’Asie Centrale qui nous a été commu¬
niqué par M. P. Lehr que nous remercions très vivement ici. Nous consi¬
dérons cette femelle comme un Acanthopleura très proche de A. ravus.
Plusieurs caractères pourtant la séparent de cette espèce, par exemple :
coloration de l’abdomen plus grise, sans taches tergales bien distinctes,
pruinosité du thorax plus claire, bandes antérieures des fémurs courtes et
étroites, celles des f3 peu distinctes, absence de soies blanches sur les fémurs
et les tibias, etc.
11. — Acanthopleura thasia n. sp.
(Figure 10-11)
Acanthopleura thasia, avec idiorrhythmica, sont les seules espèces dont
l’hypopygium est entièrement noir. Les deux espèces se distinguent nette¬
ment par la forme de leur épandrium et les bandes noires des f, visiblement
plus longues chez thasia.
Mâle : tête à pruinosité jaunâtre. Face : même pruinosité, renflement
facial, bien développé occupant à peu près les deux tiers de la longueur de
la face. Moustache peu serrée, relativement courte, constituée de fortes soies
blanches ; sur les côtés de la partie supérieure, des soies fines et courtes,
noires. La distance de la limite supérieure de la moustache à la base des
antennes est plus courte que le premier article antennaire. Front à pruinosité
grise, légèrement jaunâtre sur les côtés, moins dense que celle de la face.
Poils fins sur les côtés, les inférieurs jaunâtres. Poils du calus ocellaire noirs.
Soies postoculaires supérieures noires, les inférieures plus fines, blanchâtres.
Région occipitale avec des poils fins, jaunâtres. Barbe blanche, relativement
courte. Antennes noires, couvertes d’une légère pruinosité grisâtre. Les deux
premiers articles avec des chétules noirs plus longs sur le côté ventral du
premier article. Troisième article avec une zone étroite claire sur là base,
plus court que les deux articles basaux ; style légèrement plus long que le
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXVIII. 17
Source : MNHN, Paris
238
L. TSACAS
troisième article anlennaire ; article basal du style très petit et peu distinct.
Trompe noire, brillante, avec de longs poils blancs ventraux. Palpes noirs
avec de longs poils noirs. Thorax noir à pruinosité jaunâtre. Pronotum avec
de longs poils jaunâtres et le collier constitué de fortes soies noires. Méso-
notum : bande médiane bien marquée, très large, d’un brun luisant, s’arrê¬
tant en arrière un peu avant la base du scutellum. Ligne médiane large bien
distincte d’une pruinosité jaunâtre. Taches latérales peu distinctes, non
luisantes. Chétotaxie normale, entièrement noire. Les de ne dépassent pas
la suture transversale, trois notopleurales, une sa, une ia, 3 postalaires.
Courte pilosité du mésonotum rase, noire. A l’exception de la région supra-
laire, entre les de et sur les calus postalaires, de longs poils noirs et blancs.
Calus huméral à pruinosité grisâtre, avec des chétules plus longs noirs et
blancs. Scutellum avec la même pruinosité jaunâtre, 9 sc noires (une jaune),
Fin. 10. — A. Ihasia n. sp., type : Profil de la tête.
le disque couvert de longs poils jaunes mélangés de quelques-uns noirs.
Métanotum avec la même pruinosité, les touffes latérales constituées de poils
jaunes. Pleures couverts d’une pruinosité jaunâtre, par endroits franchement
dorée, tous les poils et soies jaunes, à l'exception de la soie forte du ptéro-
pleure du côté gauche et la rangée du bord supérieur des mésopleures, noirs.
Coxas : noirs à pruinosité jaunâtre. Tous les poils et soies blancs ou jaunâtres.
Trochanters : noirs luisants, ceux des p3 avec de fortes soies jaunâtres, fl,
roux avec une longue bande laissant libre le quart apical antérieur, très
large à la base, couvrant les côtés dorsal et ventral, toutes les soies et les
poils noirs. f2, bande noire antérieure comme chez fl, toutes les soies noires,
des poils blancs sur les côtés dorsaux près de la base. f3, bande noire antérieure
étroite, longue ne laissant libre que le sixième apical. Les soies entièrement
noires, des poils blancs sur les côtés postérieur et dorsal. Tous les tibias sans
Source : MNHN, Paris
PLEURA
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trace de bande noire, seule leur extrémité rembrunie. Toutes les soies noires.
Tarses noirs à l'exception des protarses, roux ; toutes les soies noires. Ailes :
courtes ne dépassant pas le septième segment abdominal, lavées de jaune,
ridées, les nervures brunes, claires à la base. Balanciers jaunes à capitules
roux, bruns par endroits. Abdomen long, cylindrique couvert d’une pruinosité
jaune. Tergites vus de l’arrière avec de larges taches brunes. Tl : couvert de
poils jaunes, les touffes latérales jaunes également reliées entre elles par une
rangée de forte soies marginales noires. T2 : tous les poils longs et jaunes.
Soies marginales du milieu noires. Bande postérieure large à pruinosité
Fio. 11. — A. lhasia n. sp., type et allotype: 24. Hypopygium. — 25. Ovipositeur.
moins dense, d’un gris jaunâtre. T3 : chétules en grandes majorité noirs.
Soies marginales noires à l’exception de quelques-unes latérales, claires,
bande postérieure comme chez T2. T4 à 6 : chétules presque entièrement
noirs. Quelques-uns jaunes sur les côtés. Soies marginales petites, noires,
quelques-unes, sur les côtés, jaunes. Bande postérieure plus étroite, s’effaçant
sur les côtés. T7 : à pruinosité moins dense, soies marginales très fines et
Source : MNHN, Paris
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courtes entièrement noires, bande postérieure indistincte. T8 : d’un noir
luisant. Tous les slernites avec la môme pruinosité jaune. Sternites 2 à 5,
avec de longs poils dressés jaunâtres, les autres avec de courts poils couchés,
jaunes sauf le septième à poils noirs. Les sternites 3 et 4 possèdent une rangée
de soies marginales noires et blanches. Huitième sternite entièrement noir
brillant avec de longues soies marginales en son milieu.
Hypopygium : noir brillant avec des poils noirs. Seule l’extrémité «les
gonopodes, rousse.
Longueur : 23 mm ; ailes : 15 mm.
Femelle, comme le mâle. Moustache : les soies noires sont plus nombreuses.
Tergites à pruinosité d’un gris jaune sur les côtés. Ovipositeur : étroit, long,
brillant, comprimé latéralement avec des chétules et des poils noirs. Cerques
longs et libres, avec quelques chétules jaunâtres.
Longueur : 24 mm ; ailes : 15,5 mm.
Holotype 3, Fefkari, lies Thasos, Grèce (L. Tsacas, 22/8/1961). Allo¬
type Ç, Limenas (près du théâtre antique), Ile Thasos (L. Tsacas, 21/8/1961).
Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Ces deux exemplaires ont été capturés
dans des bois de pins, près de la côte, le (J à quelques dizaines, la $ à deux ou
trois centaines de mètres de la mer.
Prinled in Frc
Achevé d'imprimer le 30 Novembre 1964
244 Bout.
Dépôt légal : 4' Trimestre 1961
Source : MNHN, Paris
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