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MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SERIE
Série A, Zoologie
TOME XXXIII
FASCICULE 4
(et dernier)
M. GABE et H. SAINT-GIRONS
CONTRIBUTION A LA MORPHOLOGIE COMPARÉE
DU CLOAQUE ET DES GLANDES ÉPIDERMOÏDES
DE LA RÉGION CLOACALE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
f
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoflroy-Saint-Hilaire (V*)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XXXIII Fascicule 4.
. CONTRIBUTION A LA MORPHOLOGIE COMPARÉE
DU CLOAQUE ET DES GLANDES ÉPIDERMOÏDES
DE LA RÉGION CLOACALE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
par Manfred Gabe et Hubert Saint Girons
Laboratoire d’Éoolution des Êtres Organisés
et
Laboratoire d’Écologie Générale du Muséum
SOMMAIRE
Introduction générale. 151
Première Partie
LE CLOAQUE
Introduction. 153
Matériel et techniques. 15®
Résultats.
Rhynchocéphales . 158
Gekkola . 154
Gekkonidæ. Xantusidæ. Pygopodidæ.
Iguania . 184
Iguanidæ. Agamidæ. Cliamaeleonidæ.
Scincomorpha . 19®
Scincidæ. Feylinidæ. Lacertidæ. Teidæ.
Anguimorpha . 213
Anguidæ. Aniellidæ. Helodermatidæ. Varanidæ.
Amphisbaenia . 221
Amphisbaenidæ. Trogonophidæ.
Tgphlopoidea et Leplolyphlopoidea . 225
Typhlopidæ. Leptotyphlopidæ.
Boidae et Colubroidea . 230
Boidæ. Colubridæ. Elapidæ. Viperidæ.
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII. 11
IbiblTouI
VML'StUM/
w
Source : MNHN, Paris
150
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Revue synthétique des résultats.
Anatomie générale du cloaque. 246
Caractères histologiques du revêtement épithélial.... 247
Glandes cloacales. 251
Discussion.
Morphologie du cloaque. 255
Glandes cloacales. 257
Considérations générales. 259
Deuxième Partie
LES GLANDES ÉPIDERMOÏDES
Introduction. 261
Matériel et techniques. 264
Résultats.
Anatomie microscopique . 266
Épaississements épidermiques lenticulaires. 267
Écailles glandulaires. 267
Organes papillaires. 268
Glandes margino-cloacales. 269
Glande «sébacée» du cloaque de Sphenodon. 270
Replis épidermiques glandulaires. 271
Glandes préanales de Coleonyx . 271
Glandes préanales des Amphisbaeniens. 272
Glandes préanales et fémorales typiques des Sauriens. . 272
Glandes préanales de Lialis . 274
Tégument et invaginations margino-cloacales de Varanus et
Gerrhonotus . 274
Glandes anales des Ophidiens. 275
Formations rétro-cloacales, hémipénis et sacs postanaux. 276
Caractères cytologiques et hislochimiques . 276
Couche basale. 277
Couche de cellules polyédriques. 278
Cellules en dégénérescence. 279
Discussion. 28^
Bibliographie. 290
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Nos connaissances sur la morphologie du cloaque des Lépidosauriens
reposent sur un petit nombre de travaux anciens; quelques espèces seule¬
ment ont été étudiées en détail et les techniques mises en œuvre dans ces
études ne correspondent plus aux exigences actuelles. La plupart des
auteurs auxquels nous faisons allusion étaient beaucoup plus préoccupés
de l’interprétation d’ensemble du cloaque des Lépidosauriens et de sa
comparaison avec celui des autres Sauropsidés que de l’exploration métho¬
dique des structures. Cet état de fait est clairement illustré par le contraste
entre le nombre considérable de travaux consacrés aux organes copulateurs
et la rareté des études portant sur les constituants épithéliaux du cloaque.
Des recherches axées principalement sur l’histologie comparée des
glandes endocrines des Lépidosauriens nous ont fourni l’occasion d’au¬
topsier un nombre important d’animaux appartenant aux différents ordres
de cette sous-classe. Le cloaque a été prélevé dans la plupart des cas et
l’opportunité d’une étude d’ensemble de cette région du corps nous est
apparue progressivement.
L’examen des coupes sériées que nécessitait ce travail nous a conduit
à explorer, du même coup, les glandes dites épidermoïdes de la région
juxta-cloacale. Certaines de ces formations étaient anatomiquement
connues de longue date; d’autres ne sont pas mentionnées dans les publi¬
cations qui nous ont été accessibles. La similitude de structure entre des
glandes nettement intracloacales, d’une part, des glandes indiscutablement
extra-cloacales, d’autre part, rendait opportune la prise en considé¬
ration, dans ce travail, de l’ensemble des formations auxquelles nous
faisons allusion.
C’est au cours de l’examen des préparations que nous avons constaté,
en maintes occasions, des particularités de structure dont l’étude aurait
nécessité des fixations, ainsi que des colorations et réactions liistochimiques,
impossibles à mettre en œuvre sur le matériel dont nous disposions. Ceci
explique le caractère incomplet de certaines descriptions.
Une partie importante du matériel utilisé dans ce .travail a été récoltée
au cours d’une mission du Centre National de la Recherche Scientifique
en Amérique du Nord et dans le Pacifique Sud, grâce à l’obligeance de
nos collègues qui nous ont aidés à capturer de nombreuses espèces. Nous
tenons à remercier particulièrement MM. G. Barrow, ofïicer in charge,
Q. I. M. R., Innisfail; H.-G. Cogger, Curator of Reptiles, Australian
Muséum, Sydney; B.-H. Cook, herpetologist, Cairns; D. Hunsaker II,
Assistant Professor, San Diego State College; W. Moberly, University
of Michigan, Ann Arbor; C.-E. Shaw, Curator of Reptiles, San Diego
Zoological Garden; K. Slater, Wild-life biologist, N. T. A.. Alice Spring;
K. Woodzicki, Director of Animal Ecology Division, Wellington. Notre
travail a été grandement facilité par l’accueil que nous avons reçu dans
les nombreux Instituts et Stations biologiques où nous avons séjourné :
Source : MNHN, Paris
152
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Deep Canyon Desert Research Area, Division of Life Sciences, Univer-
sity of California, Riverside; Institute for comparative Biology, San Diego;
Institut français d’Océanie, Nouméa; Innisfail field Station, Queensland
Institut of Medical Research; Animal Industry Branch, Northern Terri-
tory Administration, Alice Spring; Animal Ecology Division, D. S. I. R.,
Wellington.
D’autres collègues ont bien voulu nous expédier directement du
matériel de provenance variée. Nous tenons à renouveler ici nos vifs
remerciements à MM. J. Bons, E. Brygoo, R. Duguy, R. Gauthier,
H. Heatwole, E. Kramer, F. et J.-J. Petter, P. Pfeffer, et A. Strauch.
Nous devons les deux exemplaires de Sphenodon punclalus, espèce
rare et strictement protégée, à la générosité du department of Internai
Affairs, de Nouvelle-Zélande. Nous remercions M. F.-L. Newcombe de
l’aide qu’il nous a apportée à cet égard.
Les dessins de ce mémoire sont dus au talent de M. Claude Poivre,
dessinateur principal au C. N. R. S., attaché au Laboratoire d’Écologie
de Brunoy. Sa collaboration nous a été précieuse.
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
LE CLOAQUE
INTRODUCTION
Mises à part les anciennes descriptions anatomiques, le mémoire de
Lereboullet (1851), consacré à l’étude comparée de l’anatomie de
l’appareil génital des Vertébrés, apporte les premières précisions sur la
constitution du cloaque des Sauropsidés. Les notions dues à cet auteur
sont confirmées, en ce qui concerne les Reptiles, par Leydig (1872) dans
une monographie consacrée aux Lézards d’Allemagne. Gadow (1887),
dans un travail resté classique, propose une division en segments du cloaque
des Amniotes qui ne correspond pas entièrement aux conceptions de ses
prédécesseurs.
La plupart des auteurs postérieurs à 1900 conservent les subdivisions
proposées par Gadow, mais ne manquent pas de faire remarquer leur
caractère trop schématique; ils insistent souvent sur les difficultés ou
l’arbitraire de la délimitation des différents segments. Le fait ressort clai¬
rement de la lecture des travaux de Fleischmann et de ses élèves (1900
à 1906), du mémoire de Woepke (1931) et de la revue d’ensemble de
Gerhardt (1937).
C’est sur cette dernière que reposent les descriptions du cloaque des
Lépidosauriens, données dans les ouvrages didactiques récents. Depuis
cette date, les recherches bibliographiques ne nous ont montré que de
rares études anatomiques, souvent exécutées à l’occasion de recherches
monographiques. Citons, en particulier, le travail de Volsoe (1944) sur
Vipera bénis, ceux de Guibé (1948), de Robb (1960), de Fox et Dessauer
(1962) sur les Typhlopidés et les Leptotyphlopidés, ceux de Pope (1941),
Edgren (1942), Inger et Marx (1962) sur les adaptations morphologiques
des organes copulateurs mâles et femelles des Serpents.
On sait que le cloaque des Vertébrés représente une cavité qui reçoit
d’une part l’intestin terminal, d’autre part les uretères et les gonoductes,
si bien que sa lumière est traversée par les fèces, par l’urine et par les
produits génitaux. Comme le fait remarquer Gerhardt (1937), il ne s’agit
pas d’un caractère primitif à l’échelle de l’embranchement des Vertébrés.
Gadow (1887) divise le cloaque des Sauropsidés en une partie ecto-
blastique communiquant avec le milieu extérieur, le proctodaeum, une
Source : MNHN, Paris
154
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
partie moyenne entoblastique, l’urodaeum, où débouchent les conduits
génitaux et urinaires, enfin une partie également entoblastique, le copro-
daeum, mettant en communication le cloaque et l’intestin terminal (fig. 1).
Sont annexés au proctodaeum la bourse de Fabricius des Oiseaux, des
formations glandulaires que l’on désigne souvent sous le nom de glandes
cloacales, ainsi que les organes copulateurs et les glandes anales des Ophi¬
diens. A l’urodaeum se rattachent, à côté des orifices des conduits géni¬
taux et urinaires, la vessie ventrale des Lépidosauriens et l’ensemble
chambres anales-vessie des Anapsides. Quant au coprodaeum, il correspond
au vestibule rectal des anciens auteurs; Gadow lui-même le désigne aussi
sous le nom de dernière chambre rectale et se fonde, pour son individuali¬
sation, sur une donnée d’ordre fonctionnel. C’est là que s’opèrent le mélange
et le stockage de l’urine et des matières fécales.
Fig. I. — Représentations schématiques de la structure du cloaque
d’après les conceptions de Gadow (1887),
comparées à celles qui résultent du présent travail.
1 - Structure du cloaque d’un
2 - Structure du cloaque d’un
3 - Structure du cloaque d’un
4 - Structure du cloaque d’un
5 - Structure du cloaque d’un
A - Région anale.
C - Coprodaeum.
Cd - Canal déférent.
Ga - Glande anale.
H - Hémipénis.
Ov - Oviducte.
Pug - Papille uro-génitale des mâles.
Pu - Papille urinaire des femelles.
P - Proctodaeum.
Saurien mâle, d'après Gadow.
Ophidicn femelle, d’après Gadow.
Saurien mâle.
Saurien femelle.
Ophidien femelle.
R - Rein.
Rec - Rectum.
U - Urodaeum.
U (s) - Urodaeum, zone dorsale diffé¬
renciée en sinus génital.
Ur - Uretère.
Tg -Tubercule génital des femelles.
Tv - Tube vaginal.
Uv -Région utéro-vaginale.
V - Vessie.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
Cette manière de subdiviser le cloaque des Sauropsidés diffère sur
un point des descriptions antérieures à Gadow, notamment de celles de
Lereboullet et de Leydig; en effet, ces derniers auteurs considéraient,
en se fondant sur la structure des parois, que le coprodaeum au sens de
Gadow faisait partie intégrante de l’intestin.
La difficulté du choix entre ces deux interprétations transparaît clai¬
rement à la lecture des travaux plus récents. Fleischmann et ses élèves
n’interviennent pas dans le débat, leurs recherches étant centrées sur
l’appareil copulateur. Mais Woepice (1930) signale, à propos d’une étude
anatomique du cloaque et de l’appareil copulateur chez Lacerla agilis,
l’unité de structure du coprodaeum au sens de Gadow et de la partie ter¬
minale du gros intestin. De même, Gerhardt (1937, p. 277) admet clai¬
rement les difficultés qui peuvent surgir lorsqu’on cherche à délimiter
exactement le coprodaeum tel que l’entend Gadow.
Malgré ces difficultés, les dénominations proposées par Gadow sont
utilisées par tous les auteurs récents et nous n’envisageons pas de rompre
avec cette habitude. 11 n’en est pas moins vrai que l’impossibilité d’une
délimitation nette entre le coprodaeum de Gadow d’une part, les chambres
rectales qui le précèdent d’autre part, doit trouver son expression dans
la nomenclature. Du point de vue de la structure, rien ne distingue le
« coprodaeum » des autres chambres rectales; dans ces conditions, le terme
même nous paraît inutile et nous n’en userons pas dans le corps de ce travail.
Les termes « urodaeum » et « proctodaeum » seront conservés avec
leur acception topographique classique. Il y a toutefois lieu de préciser
leur signification, ainsi que le sens d’un certain nombre d’autres termes
dont nous serons amenés à user. Les données histologiques imposent la
distinction, dans l’épithélium de Vurodaeum, de trois régions, à savoir la
région dorsale qui subit, seule, des modifications de structure en fonction
du cycle génital des femelles, la zone ventrale et la « région anale » assez
étendue qui engaine le sphincter anal. Ce dernier marque, dans notre
nomenclature, la limite entre l’urodaeum et l’intestin terminal, y compris
le coprodaeum de Gadow. En ce qui concerne le proctodaeum, les limites
de cette partie du cloaque sont tracées en fonction de critères anatomiques
et non de la structure de l’épithélium. Cette dernière subit, en effet, une
série de modifications souvent graduelles et variables selon les espèces,
depuis l’orifice cutané jusqu’à sa jonction avec l’urodaeum; il est donc
impossible d’en donner une définition d’ensemble et seule l’étude embryolo¬
gique permettrait de tracer exactement la limite entre les parties ecto-
blastiques et entoblastiques du cloaque.
Nous donnons, dans le cadre des Lépidosauriens, au terme vessie la
même signification que les auteurs classiques. Il en est de même pour le
tubercule génital, les papilles uro-gènilales du mâle et les papilles urinaires
de la femelle. Dans nos descriptions, le terme « glandes cloacales » désigne
les formations glandulaires situées à proximité immédiate du proctodaeum;
il correspond à celui de « glandes vestibuliennes » (Lereboullet), de
« prostate » et de « glande sébacée » '(Leydig). Nous appelons glandes
urodéales des formations glandulaires annexées à la partie antéro-dorsale
de l’urodaeum chez la femelle de certains Sauriens. Les glandes anales de
nos descriptions correspondent aux « sacs anaux » ou « poches anales » de
nombreux auteurs. La mise en place des structures qui viennent d’être
définies apparaît sur la figure I.
Source : MNHN, Paris
MATÉRIEL ET TECHNIQUES
La liste des espèces étudiées au cours de ce travail est donnée dans
le tableau I. 103 individus, appartenant à 23 familles différentes, ont été
autopsiés.
Tableau I. — Liste des espèces étudiées.
RHYNCHOCEPHALIA
Sphenodontidæ
SQUAMATA
SAUR IA
Gekkota
Gekkonidæ
Xantusidæ
Pygopodidæ
Iguania
Iguanidæ
Chaniaeleonidæ
Scincomorpha
Scincoidea
Scincidæ
Feylinidæ
Lacertoidea
Lacertidæ
Teidæ
M F
Sphenodon punctatus Gray i j
Coleontjx variegatus Baird 3 1
Gehtjdra varie gala (Dumeril et Bibron) 1
Heleronota binoei Gray 1 2
Hoplodaclylus paci/icus (Gray) 2 2
Phelsuma madagascarensis Gray 1 j
Oedura lessueri (Dumeril et Bibron) 1
Tarentola mauritanica L.
Xantusia henshawi Stejneger ) j
Delma fraseri (Gray) j
Lialis burlonis Gray
Sceloporus graciosus Baird et Girard 1 1
Crotaphytus collaris Say
Uma inornata Cope
Dipsosaurus dorsalis Baird et Girard
Phrynosoma m'calli Hallowell 1 j
Uta stansburiana Baird et Girard 1
Anolis stralulus Cope j
Anolis crislatellus Dumeril et Bibron 1
Anolis evermanni j
Anolis pulchellus Dumeril et Bibron 1
Agama inermis Reuss j
Agama bibronii Dumeril 1
Amphibolurus reliculalus Gray j
Caloles crislatellus Kuhl 2
Chamaeleo laleralis Gray 2 3
Chamaeleo basiliscus Cope j
Brookesia spectrum Bucholz j
Chalcides mionecton Boettger j
Scincus officinalis Laurent! j j
Lygosoma laeniolalum Shaw j
Lygosoma sp. j
Leiolopisma zelandica (Gray)
Leiolopisma rhomboidalis (Peters) 1
Feylinia currori Gray 2 2
Lacerla muralis (Laurenti) 3 3
Cnemidophorus ligris Baird et Girard 1
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
157
Anguimorpha
Anguioidea
Anguidæ
Anniellidæ
Varanoidea
Varanidæ
Helodermatidœ
Amphisbaenia
Ampliisbaenidæ
Trogonophidæ
Ophisaurus koellikeri Guenther
Gerrhonolus inulticarinatus Blainville
Anniella pulchra Gray
Varanus griseus Daudin
Hetoderma suspectant Cope
Btanus cinereus (Vandeli.i)
Trogonophis wiegmanni Kaup
SERPENTES
Typhlopoidea
Typhlopidæ
Leptotyphlopoidca
Leptotyphlopidæ
Booldca
Boidæ
Colubroidea
Colubridæ
Elapidæ
Viperidæ
Typhlops puncta!us Leach
Typhlops vermicularis Merrem
Typhlops sp.
Leptotyphlops dulcis Baird et Girard
Morelia spiloles (Lacepede)
Eryx jaculus L.
Macroprotodon cucultalus Geoffroy
Coronella austriaca Laurenti
Matrix maura (L.)
Bungarus fasciatus Schneider
Vipera as pis (L,.)
Cerastes vipera (L.)
Atradaspis sp.
M - F - nombre de mâles (M) et de femelles (F) débités en coupes sériées.
Après une dissection aussi rapide que possible, le cloaque a été fixé
en entier par une immersion de 24 heures dans le liquide de Halmi. Après
inclusion à la paraffine, les pièces ont été débitées en coupes sériées, de
10 y. d’épaisseur. Pour chaque objet, 6 séries de lames ont été faites, en
prélevant 6 coupes sur 10, sur 20 ou sur 40, selon la taille de l’animal.
L’étude topographique a été effectuée après coloration par le trichrome
en un temps (Gabe et Martoja, 1957), par une variante de la méthode
de Cleveland-Wolfe (Saint Girons, 1961) et par l’APS-hématoxyline de
Groat-picro-indigocarmin. Quelques coupes ont été colorées par l’hémalun-
éosine, ainsi que par la méthode de Mann.
Les mucopolysaccharides acides ont été recherchés systématiquement
par la méthode de Mowry (1956), au bleu alcian-APS. Dans quelques
cas, les indications ainsi obtenues ont été complétées par celles de la réac¬
tion métachromatique au bleu de toluidine, à pH 4,2. La réaction à
l’alloxane-Schiff (Yasuma et Ichikawa, 1953) et surtout la tétrazoréaction
de Danielli (Pearse, 1953) ont servi à la détection des protides riches en
a-amino-acides et en amino-acides aromatiques. Les protides sulfhydrilés
ont été recherchés par la méthode ü’Adams (1956) au ferricyanure ferrique,
avec et sans réduction préalable des coupes par le sulfure d’ammonium.
Source : MNHN, Paris
RÉSULTATS
RHYNCHOCÉPHALES
L’Ordre des Rhynchocéphales n’est plus représenté, actuellement, que
par une seule espèce, Sphenodon punclalus, dont la répartition est limitée à
quelques îlots de la côte néo-zélandaise. Grâce à la générosité du gouver¬
nement de la Nouvelle-Zélande, nous avons eu la bonne fortune d’autop¬
sier 2 spécimens adultes, un mâle et une femelle, de cette espèce rare et
strictement protégée.
Sphenodon punctatus (1 femelle à l’extrême début de l’activité sexuelle).
Le cloaque de Sphenodon appartient au même type que celui des autres
Lépidosauriens et la figure rend mieux compte de sa structure qu’une
longue description. Il convient toutefois d’insister sur quelques caractères
propres à cette espèce.
Le proctodaeum est relativement long, replié en S, l’urodaeum, non
bifide, court et peu creusé sur sa face dorsale. Chaque tube vaginal débouche,
sur la face latéro-dorsale de l’urodaeum, au sommet d’un tubercule génital
saillant. Le tube vaginal est singulièrement court, car l’utérus — caracté¬
risé par la présence de nombreuses glandes utérines dans le chorion — pénètre
jusqu’à l’intérieur des enveloppes du cloaque. Contrairement à ce qui se
passe chez les autres Lépidosauriens, l’orifice de l’uretère est situé sur la
face postérieure du tubercule génital, donc à proximité de l’orifice vaginal.
Abréviations utilisées dans les figures II à XXI.
A - Région anale
Cd - Canal déférent
Ce - Canal excréteur des glandes anales
Cw - Canal de WoliT
Frc - Formation rétro-cloacale
Ga - Glande anale
Gc - Glande cloacale
Gcd - Glande cloacale dorsale ou latéro-
Gcv - Glande cloacale ventrale
Gp - Glande préanale
Gs - Glande « sébacée »
Gu - Glande urodéale
H - Hémipénis
dorsale
Pug - Papille uro-génitale des mâles
Pu - Papille urinaire des femelles
P - Proctodaeum
R - Rein
U — Urodaeum
Ur - Uretère
Tg - Tubercule génital des femelles
Te - Tissu érectile
Tv - Tube vaginal
Uv - Région utéro-vaginale
Ut - Utérus
- Intestin terminal
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
159
La vessie est bien développée et débouche à l’extrémité ventro-cranial de
l’urodaeum. Le sphincter anal qui sépare l’intestin de l’urodaeum est remar¬
quablement long. Il y a lieu de signaler, enfin, la présence de 2 glandes
sphériques, situées en position ventro-latérale par rapport à l’extrémité
postérieure du proctodaeum. Bien qu’elles soient incluses dans les enveloppes
cloacales, ces formations, uniques chez les Lépidosauriens, seront étudiées
avec les glandes épidermoïdes auxquelles leurs caractères histologiques les
rattachent.
Fig. II. — Sphcnodon punctalus, femelle.
1 - Vue du cloaque, après une section elïectuée selon un plan sagittal.
2 et 3 - Coupes transversales, aux niveaux indiqués par les flèches.
Remarquer le grand développement de la région anale et l’emplacement de l’orifice
de l'uretère.
Source : MNHN, Paris
160
CIOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Les lèvres du cloaque sont recouvertes par un épiderme banal, haut de
30 à 40 [i. Le tiers caudal du proctodaeum est revêtu d’un épithélium malpi¬
ghien kératinisé, haut de 70 à 80 |x, où l’on reconnaît encore aisément les
différentes couches de l’épiderme. Sur les deux tiers craniaux du pro-
todaeum, cet épithélium se transforme en une muqueuse malpighienne
de même épaisseur dont les couches superficielles, encore très aplaties,
contiennent une quantité croissante d’un mucopolysaccharide acide. Au
niveau de sa jonction avec l’urodaeum, une couche de mucocytes, d’abord
très mince, se différencie à la surface de la muqueuse malpighienne dont
l’épaisseur diminue.
La majeure partie de l’urodaeum, tant sur les faces dorsales que ven¬
trales, est tapissée d’un épithélium muqueux stratifié, haut de 40 à 50 jx.
On distingue une couche basale de cellules cubiques, pauvres en cytoplasme,
à noyaux irréguliers mais clairs, une couche moyenne de cellules cubiques
ou légèrement prismatiques, à noyaux ovoïdes et pauvres en chromatine,
la région supra nucléaire étant quelquefois occupée par une petite masse
de granulations cyanophiles qui réagissent à l’APS et retiennent le bleu
alcian, et enfin une couche de mucocytes superficiels. Ceux-ci sont pris¬
matiques, hauts de 25 à 28 n, avec un noyau basal ovoïde et clair,
d’environ 5 X 8 |i, le grand diamètre étant orienté dans le sens de la
hauteur. Toute la région supra nucléaire est remplie par une masse dense
d'un produit de sécrétion correspondant à un mucopolysaccharide acide.
Le revêtement épithélial du sphincter anal ne diffère en rien de celui
de l’urodaeum.
Le tube vaginal affecte la forme d’un court cylindre, dans la lumière
duquel l’épithélium dessine des plis longitudinaux profonds, pourvus d’un
support conjonctif. Sur coupe transversale, ces plis affectent la forme de
longues et minces languettes, plus ou moins régulièrement disposées et
convergeant vers le centre. L’épithélium de revêtement, haut de 25 u en
moyenne, est simple ou pseudo-stratifié. On y distingue deux catégories
cellulaires, régulièrement alternées : d’une part, des cellules ciliées, à gros
noyaux centraux, ovoïdes et clairs, d’autre part, des cellules muqueuses, à
noyaux basaux plus petits et plus riches en chromatine, généralement étirés
dans le sens de la hauteur. Le cytoplasme de ces derniers éléments est occupé
par de fines granulations cyanophiles, peu denses, correspondant à un muco¬
polysaccharide acide. Le chorion est lâche; la muscularis mucosæ est consti¬
tuée par une couche circulaire pas plus haute que dans l’utérus et par une
couche longitudinale qui s’épaissit beaucoup avant de se fondre dans les
enveloppes du cloaque.
L’uretère, relativement court en raison de la proximité du rein, est
revêtu d’un épithélium muqueux bistratifié, haut de 45 à 50 n, ou l’on
reconnaît des cellules basales cubiques et discontinues, à petits noyaux
irréguliers mais pauvres en chromatine, et de hautes cellules prismatiques
dont les gros noyaux ovoïdes et clairs sont situés à des hauteurs variables
dans la moitié basale du corps cellulaire. Toute la région supra nucléaire
est remplie d’un mucus dense qui réagit à l’APS et se colore par le bleu
alcian.
La partie terminale de l’intestin est tapissée d’un épithélium stratifié
haut de 30 n en moyenne (fig. 33). On y reconnaît une ou deux couches
basales de cellules cubiques, à noyaux irréguliers mais assez clairs, et une
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
161
couche de grands mucocytes superficiels, régulièrement prismatiques,
pourvus de noyaux basaux soit hémisphériques et peu chromophile, soit
aplatis en forme de galette et riches en chromatine. Toute la région supra-
nucléaire est occupée par un produit de sécrétion plus ou moins dense qui
réagit vivement à l’APS et dont l’affinité pour le bleu alcian, généralement
très forte, présente de nettes variations locales. Il n’existe pas de cellules
de Kultschitzky. Le ehorion montre les habituelles structures fibreuses et
quelques cellules conjonctives banales, mais est dépourvu des nombreux
follicules lymphoïdes qui ont été observés dans le colon. La mtiscularis
mucosæ, continue et bien individualisée, est formée de fibres internes cir¬
culaires et de fibres externes longitudinales. A proximité de la partie anté¬
rieure du sphincter anal, la couche superficielle de l’épithélium devient
pseudo-stratifiée et haute de 50 à 60 |i. On y voit de nombreuses mitoses.
Les mucocytes, tassés les uns contre les autres, affectent des formes variées.
L’extrémité apicale de chacun d’eux est remplie de grains de sécrétion denses,
mais on en rencontre également, groupés en petites masses sphériques, à
différents niveaux.
Dans sa partie postérieure, la vessie est revêtue d’un épithélium ana¬
logue à celui de l’urodaeum. Plus loin, les cellules s’aplatissent, probablement
sous un effet mécanique; les noyaux ont souvent une forme de galette et
la cellule est plus large que haute, mais le produit de sécrétion est toujours
abondant et garde ses propriétés histochimiques.
Les glandes cloacales sont formées d’un petit nombre de tubes légère¬
ment sinueux, mais non ramifiés, qui débouchent aux deux extrémités
latérales du tiers cranial du proctodaeum et s’allongent ensuite le long des
faces latérales de l’urodaeum, sans atteindre le niveau du tubercule génital.
Le diamètre maximal de ces tubes glandulaires varie de 300 à 600 u et ils
sont revêtus de cellules muqueuses prismatiques, hautes de 50 à 70 n, à
noyaux basaux ovoïdes ou hémisphériques, assez pauvres en chromatine.
Le produit de sécrétion, très abondant, réagit fortement à l’APS, retient
le bleu alcian et la réaction métachromatique est de type -. La tétrazo-
réaction et la recherche des protides sulfhydrilés y donnent des résultats
entièrement négatifs.
Osawa (1897) considère que les deux formations sphériques, situées
de part et d’autre des faces ventro-latérales du proctodaeum, correspondent
à des glandes de type sébacé. Elles comportent un parenchyme divisé en
lobules par des cloisons conjonctives et un conduit excréteur qui repré¬
sente une invagination ramifiée de l’épiderme. Chaque lobule est constitué
d’une couche basale et d’un important massif de cellules polyédriques,
l’évolution holocrine se faisant de la couche basale vers l’axe du lobule.
Les cellules basales sont cubiques, hautes de 7 à 10 n, à noyaux centraux
soit sphériques, soit légèrement irréguliers. Les cytoplasmes sont hyalins
ou contiennent de rares grains ou petites mottes d’un produit de sécrétion
acidophile. Le massif de cellules polyédriques est composé d’éléments
d’environ 15 n de diamètre qui s’aplatissent plus ou moins par pression
réciproque vers le centre des lobules. Les noyaux, sphériques dans les zones
proches de la couche basale, sont nettement allongés dans les régions centrales
où ils atteignent 10 X 4 |z. Dans l’ensemble, leur richesse en chromatine
est grande dès la couche basale. Les cytoplasmes contiennent des grains et
des mottes d’un produit acidophile; ces grains sont doués d’une tendance
Source : MNHN, Paris
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
nette à la confluence, si bien que la taille des mottes augmente vers le centre
des lobules. Au total, l’abondance du produit de sécrétion n’est pas consi¬
dérable.
Dans les régions proches de l’axe du lobule et du conduit excréteur,
la plupart des cellules, qui ont conservé leur forme polyédrique, sont pourvues
de noyaux pycnotiques. Le produit de sécrétion se présente toujours en
mottes assez volumineuses et irrégulières, très faiblement acidophiles,
certains des aspects observés sur coupe correspondant de toute évidence,
à des artéfacts de fixation. Les conduits excréteurs des deux individus
examinés étaient vides de produit de sécrétion, leur lumière étant prati¬
quement virtuelle, sauf à proximité de l'orifice cutané. Celui-ci est situé à
l’extrémité latérale de la fente cloacale.
Sphenodon punctatus (1 mâle à l’extrême début de l’activité sexuelle).
Le cloaque du mâle ressemble beaucoup à celui de la femelle et est
également dépourvu de toute trace d’hémipénis; toutefois, l’urodaeum est
un peu moins profond. Les papilles uro-génitales sont un peu plus petites
que les tubercules génitaux de la femelle, mais elles sont situées au même
emplacement. L’uretère et le canal déférent débouchent] à proximité l’un le
l’autre, mais séparément. Les glandes cloacales ont la même disposition et
la même forme chez les deux sexes, par contre les glandes « sébacées » du
mâle sont nettement plus développées et leur diamètre atteint 8 mm.
D’un point de vue histologique, il n’existe pas de différences signifi¬
catives entre les deux individus que nous avons examinés.
A proximité du cloaque, le canal déférent, dont le diamètre est voisin
de 300 n, est tapissé d’un épithélium irrégulier, pourvu de petits festons
Fig. III. — Splienodon punclalus, male.
1 - Coupe transversale, au niveau de la papille uro-génilale.
2 - Coupe transversale, au niveau de la partie moyenne du proclodaeum.
Remarquer la glande « sébacée » plus développée que chez la femelle.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT
INT-GIRONS
163
sans support conjonctif. De ce fait sa hauteur varie de 25 à 50 |x. Entre les
festons, on distingue une couche de petites cellules basales cubiques, à
noyaux ratatinés et très riches en chromatine et une couche superficielle
de cellules prismatiques, à noyaux basaux, ovoïdes et clairs, allongés dans
le sens de la hauteur. Au niveau des festons, la couche basale est discontinue
et les cellules superficielles deviennent pseudo-stratifiées. Les noyaux, très
allongés, sont situés à des hauteurs variables et certains d’entre eux sont
riches en chromatine. Dans tous les cas, les cytoplasmes des cellules prisma¬
tiques sont clairs et, outre des grains de glycogène irrégulièrement répartis,
on ne trouve qu’une très petite quantité de mucus à l’extrémité toute apicale
des corps cellulaires.
Source : MNHN, Paris
GEKKOTA
L’infra-ordre des Gekkota rassemble, à côté de l’importante famille des
Gekkonidés, homogène et ubiquiste, deux petites familles à répartition
géographique très limitée : les Pygopodidés, lézards plus ou moins apodes
mais non fouisseurs, d’Australie et de Nouvelle-Guinée, et les Xantusidés,
petites espèces lacertiformes du Sud-Ouest de l’Amérique du Nord.
GEKKONIDÆ
GEKKONIDÆ FEMELLES
Coleonyx variegatus (1 femelle entre l’ovulation et la ponte).
Anatomiquement, le cloaque est caractérisé par un urodaeum très
long et largement bifide. Chaque tube vaginal débouche au sommet d’un
tubercule génital très gros et saillant, situé à la partie postérieure de
chacun des diverticules de l’urodaeum, en position dorsale. Les papilles
urinaires, saillantes et bien individualisées, sont proches l’une de l’autre
et placées à la face dorsale du tiers cranial de l’urodaeum, non encore bifide
à cet emplacement; elles sont donc assez éloignées de l’orifice génital. La
vessie est simplement ébauchée.
Du point de vue histologique, on peut distinguer 3 régions différentes
dans le revêtement épithélial du cloaque : un épithélium malpighien kéra-
tinisé, à la partie caudale du proctodaeum (fig. 5), un épithélium muqueux
bistratifié, sur la partie moyenne et cranio-ventrale du proctodaeum, ainsi
que sur toute la région anale, enfin l’épithélium plus ou moins hypertrophié
de l’urodaeum qui varie en fonction du stade du cycle sexuel (fig. 12).
L’épithélium malpighien kératinisé est haut de 30 à 40 n au niveau
des lèvres du cloaque et son épaisseur diminue progressivement dans le
proctodaeum, pour atteindre moins de 20 \i à l’endroit où il s’arrête. On v
distingue, comme dans l’épiderme, une couche basale de cellules prisma¬
tiques, à noyaux clairs allongés dans le sens de la hauteur, puis plusieurs
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
1G5
Fig. IV. — Colconyx variegalus, femelle.
1 - Vue du cloaque, après une section effectuée selon un plan sagittal. Comparer
avec la figure II.
2 à 5 - Coupes transversales, aux niveaux indiqués par les flèches (2 et 3), ou par un
rappel (4 et 5). Remarquer le sinus génital bifide et le grand développement
des glandes urodéalcs.
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII. 12
Source : MNHN, Paris
166
CLOAQUE CHEZ I.ES
’IDOSAURIENS
couches de cellules moins hautes; celles-ci, cubiques tout d'abord, s’apla¬
tissent de plus en plus en s’approchant de la surface, tout comme leurs
noyaux qui diminuent de volume, s'enrichissent en chromatine, puis devien¬
nent franchement pycnotiques. Toutefois, la kératinisation ne va pas jusqu'à
la formation d’un cornéum comparable à celui de l’épiderme et les cellules
de la couche superficielle desquament individuellement à un stade où le
noyau est encore plus ou moins discernable. Bien entendu cette zone est
riche en protides sulfhydrilés.
Toute la partie moyenne du proctodaeum, ainsi que la région cranio-
ventrale, sont revêtues d'un épithélium muqueux, haut de 20 à 25 p et
régulièrement bistratifié. La couche basale est constituée de cellules prisma¬
tiques, à noyaux ovoïdes, parfois légèrement plissés mais pauvres en chro¬
matine. Les cytoplasmes sont clairs et peu abondants. Morphologiquement,
la couche superficielle ne diffère guère de la précédente; toutefois, l’extré¬
mité apicale des cellules contient, en petite quantité, un mucus dense. Cet
épithélium se modifie progressivement sur la face ventrale du cloaque. Les
cellules de la couche basale deviennent cubiques ou légèrement aplaties,
tandis qu’au contraire les éléments de la couche superficielle augmentent
de hauteur et prennent l’aspect de mucocytes prismatiques, de 14 x 4
en moyenne, à noyaux basaux parfois sphériques et clairs, parfois ratatinés
et très riches en chromatine. Toute la région supranucléaire est remplie
de mucus.
Le revêtement de l'urodaeuin est constitué par un épithélium haut de
30 à 35 [i où l’on reconnaît 3 à 4 couches cellulaires bien différentes. Les
cellules de la couche basale sont cubiques ou plus ou moins aplaties, avec
un noyau de forme irrégulière, mais clair. La deuxième couche est formée
d’éléments polyédriques de 10 x 13 n en moyenne, à noyaux centraux
également irréguliers et clairs. Les cytoplasmes contiennent une petite
quantité de mucine répartie régulièrement au sein du corps cellulaire.
L’aspect des cellules de la ou des deux couches superficielles varie selon le
stade de leur évolution. Elles peuvent être assez semblables aux éléments
de la deuxième assise, ou bien nettement plus petites, entièrement remplies
d’un mucus dense et pourvues de noyaux plus ou moins pycnotiques. Leur
forme reste cependant polyédrique.
Sur presque toute la superficie de l’urodaeum, mais plus nombreuses
au fond des diverticules latéraux, des glandes tubuleuses peu ramifiées
remplissent le chorion (fig. 12). Ce sont des tubes allongés, d’un diamètre
de 50 à 60 y., revêtus intérieurement d’un épithélium muqueux simple.
Les cellules qui le composent sont cubiques ou prismatiques, hautes de 12
à 18 ii, avec un noyau basal aplati et un cytoplasme littéralement rempli
d’un mucus dense. Ces glandes tubuleuses débouchent dans les replis de
l’urodaeum par de nombreux petits pertuis étroits, sans canal excréteur
individualisé. Dans certains cas, cet épithélium muqueux se différencie
directement au fond des replis les plus profonds de l’urodaeum.
Toutes les mucines dont nous venons de signaler la présence dans le
cloaque présentent les mêmes particularités histochimiques et correspondent
à des mucopolysaccharides plus ou moins acides. En effet, elles retiennent
intensément le bleu alcian de la méthode de Mowry ainsi que la fuchsine
paraldéhyde sans oxydation préalable et réagissent fortement à l’APS. Par
contre, la tétrazoréaction et la méthode au ferricyanure ferrique, avec ou
sans réduction, donnent des résultats négatifs ou très faiblement positifs.
Source : MNHN, Paris
MANFRED CABE
HUBERT SAINT-GIRONS
167
Dans sa partie postérieure, insérée dans les enveloppes musculaires du
cloaque, le conduit vaginal se présente sous la forme d'un tube cylindrique
d’un diamètre moyen de 500 |x environ (fig. 23). L’épithélium de revêtement
qui dessine dans la lumière de longues indentations régulières à support
conjonctif central, est simple et haut de 15 à 20 (x. Il est constitué en majeure
partie de cellules ciliées, à cytoplasme clair et gros noyau ovoïde pauvre en
chromatine, situé à des hauteurs variables dans la moitié basale; on rencontre
également des cellules muqueuses, moins nombreuses et généralement
encastrées entre les précédentes, à noyau toujours basal et souvent plus
petit et légèrement plus riche en chromatine que celui des cellules ciliées.
Le produit de sécrétion des cellules muqueuses, peu abondant, est un muco-
polysaccharide plus ou moins acide. Ces caractères restent constants jusqu’à
l’extrémité du tubercule génital ou apparaît l’épithélium stratifié qui tapisse
l’urodaeum.
L’uretère, généralement ovale sur coupe, est recouvert d’un épithélium
simple, constitué de cellules polyédriques hautes de 15 à 18 [x. Les noyaux,
situés dans le tiers basal de la cellule, sont de forme irrégulière, parfois
ratatinés et riches en chromatine. Tout le corps cellulaire, y compris la région
infranucléaire, est rempli de granulations denses qui présentent les carac¬
tères histochimiques des mucopolysaccharides acides. De place en place, on
rencontre de rares cellules claires, de même forme que les précédentes,
mais à noyaux légèrement plus gros et souvent moins chromophiles. A
l’intérieur de la papille urinaire, l’épithélium de l’uretère devient pseudo¬
stratifié. Le noyau des mucocytes est franchement basal, tantôt chromo¬
phile et en forme de coin à pointe dirigée vers le bas, tantôt au contraire
ovoïde et clair. Cette irrégularité de la forme et de la taille des noyaux se
retrouve au niveau des cellules basales; d’abord rares, celles-ci forment une
couche continue vers l’extrémité postérieure de l’uretère. Les cytoplasmes,
peu abondants, sont clairs, mais une petite quantité de mucine apparaît
dans certaines cellules, plus grandes et en cours de développement.
Au niveau de l’orifice vésical, des cellules ciliées, à cytoplasme clair
et noyaux ovoïdes centraux, apparaissent dans l’épithélium muqueux bistra-
tifié qui tapisse la région anale (fig. 38). Plus loin, leur nombre devient à
peu près égal à celui des cellules muqueuses et l’épithélium revêt un aspect
pseudo-stratifié, les cellules de la couche basale étant beaucoup moins
nombreuses et souvent aplaties.
Le segment terminal du gros intestin comporte une muqueuse, une
musculeuse et une séreuse (fig. 34). Dans la muqueuse, l'épithélium est,
selon les régions, simple ou pseudo-stratifié. Dans le premier cas, sa hauteur
varie entre 35 et 40 (x et on y rencontre 2 catégories cellulaires: d’une
part, des mucocytes caractérisés par un noyau le plus souvent basal, par¬
fois central, d’environ 7 x 2,5 (x, et par un corps cellulaire en forme de
fuseau ou de poire, le pôle apical affleurant à la surface de l’épithélium;
d’autre part, encastrées entre les mucocytes, des cellules prismatiques,
pourvues de noyaux centraux, ovoïdes, d’environ 12 x 3 jx à grand axe
parallèle à la hauteur des cellules; le cytoplasme supranucléaire est finement
grenu et ne comporte pas de différenciation apicale. Par endroit, il existe
une couche basale de cellules cubiques ou aplaties, pauvres en cytoplasme.
Le produit de sécrétion des cellules muqueuses présente tous les caractères
histochimiques des mucopolysaccharides moyennement acides. Les fines
granulations des cellules prismatiques réagissent légèrement à l’APS. Dans
Source : MNHN, Paris
16S CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
les deux catégories cellulaires, la tétrazoréaction et la méthode au ferri-
cyanure ferrique, avec ou sans réduction, donnent des résultats négatifs.
De place en place, mais rares, existent des cellules claires dont l’inter¬
prétation nécessiterait la mise en œuvre des méthodes de détection histo-
chimiques des polyphénols.
Une membrane basale sépare l’épithélium d’un chorion assez dense,
riche en fibres et cellules mais ne présentant pas de muscularis mucosæ
nette. Extérieurement, il existe une musculeuse circulaire interne et une
musculeuse longitudinale externe, la séparation entre les deux couches
étant indiquée de façon très nette par le cheminement des vaisseaux. La
séreuse est endothéliforme et ne présente aucune particularité. Par place,
on trouve dans le chorion de petites accumulations de lymphocytes.
Les glandes cloacales, modérément développées, sont constituées par
de longs tubes contournés et assez peu ramifiés, d’un diamètre moyen
de 100 ix, qui entourent plus ou moins le proctodaeum sur ses faces ventrales
et latérales et débouchent directement dans sa partie postérieure. L’épi¬
thélium glandulaire, haut de 20 à 30 n, est pseudo-stratifié et visiblement
à un stade intermédiaire, soit en cours de développement, soit en cours
d’involution. Les noyaux sont ovoïdes, mais non turgescents, assez riches
en chromatine et plus ou moins centraux; les cellules sont de taille variable
ovoïdes ou prismatiques, sans qu’il y ait de différence constante entre les
éléments développés en surface ou en profondeur — à l’exception évi¬
demment du fin pédoncule qui relie les premiers à (la basale. On trouve
en petite quantité dans le cytoplasme, à côté de grains de glycogène, de
fines granulations cyanophiles qui réagissent à l’APS mais non au bleu
alcian; la méthode au ferricyanure ferrique ne donne des résultats légè¬
rement positifs qu’après réduction.
Un tissu érectile bien caractéristique, formé de pelotons d’artérioles
entourées d’une trame peu épaisse de tissu conjonctif, s’insère dans les
masses musculaires de la région ventrale du cloaque, au niveau du tiers
antérieur du proctodaeum. La forme générale de cette structure est celle
d’une lentille ovoïde, allongée transversalement, à face concave tournée
vers le cloaque, la face convexe étant grossièrement parallèle à la peau
de la région ventrale, en avant des écailles anales.
Des rudiments d’hémipénis sont aisément visibles, au niveau des deux
extrémités latérales de la fente cloacale, sous forme de profondes invagi¬
nations cutanées revêtues d’un épithélium malpighien kératinisé.
A proximité immédiate des hémipénis se trouvent les sacs postanaux
bien connus des anatomistes. Paires et symétriques, ces formations repré¬
sentent des invaginations du tégument, tapissées d’un épithélium mince
de type stratifié, comportant de deux à trois couches de cellules. L’assise
basale est faite de cellules cubiques dont les caractères histologiques ne
diffèrent pas de ceux du stratum basale de l’épiderme. On ne rencontre
pas de stratum intermedium net et l’assise superficielle porte une mince
pellicule apicale dont les caractères histologiques sont ceux de la kératine-
il y a lieu de signaler, en particulier, l’acidophilie dans les conditions tech¬
niques des méthodes dites générales. Cet épithélium est séparé, par une
membrane basale pourvue de tous les caractères de la membrane dermique
d’un conjonctif mince, riche en fibres collagènes, qui se continue sans limites
nettes avec le tissu de soutien de la queue.
Source : MNHN, Paris
IANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
169
Gehydra variegata (1 femelle nettement avant l’accouplement).
L’anatomie macroscopique et microscopique du cloaque de Gehydra
variegata correspond presque point par point à celle de Coleonyx variegalus
et présente seulement des différences minimes, dues au moins en partie
à ce que les individus se trouvent à un stade différent du cycle sexuel.
L'épithélium de l’urodaeum est nettement moins haut et les cellules des
couches moyennes, plus petites, ne contiennent presque pas de mucines.
Les glandes urodéales sont beaucoup moins nombreuses et encore très
peu développées. Des labrocytes, abondants dans tout le cloaque, forment
une couche presque continue au niveau du tiers basal de l’épithélium
urodéal.
D’autre part, les glandes cloacales sont formées de tubes moins
nombreux, mais plus ramifiés et qui s’étendent sur la face dorsale du proc-
todaeum. L’épithélium glandulaire est visiblement en cours de dévelop¬
pement et se festonne. Les cellules sont nettement plus grandes que chez
Coleonyx, la pseudo-stratification est moins nette et, si le cytoplasme réagit
légèrement à l’APS, on ne distingue pas de grains de sécrétion indivi¬
dualisés. Enfin, le tissu érectile est un peu moins volumineux.
Heteronota binoei (2 femelles nettement avant l’accouplement).
Anatomiquement, le cloaque de Heteronota binoei ne diffère de celui
de Coleonyx variegalus que par un développement légèrement supérieur
de l’urodaeum, extrêmement long et bifide. Du point de vue histologique,
si le revêtement épithélial de la plus grande partie du cloaque correspond
au type déjà décrit (fig. 11), l’épithélium de l’urodaeum est tout à fait
particulier. Haut de 70 à 120 n, il est constitué de 7 à 12 assises cellulaires
superposées (fig. 13). Les cellules de la couche basale sont cubiques, tassées
les unes contre les autres. Après une couche de transition, on arrive à 4 ou
5 assises de grandes cellules imbriquées dont l’aspect rappelle celui d’un
parenchyme végétal. Vers la surface, les cellules s'aplatissent rapidement
et la couche superficielle, discontinue, est visiblement en dégénérescence
et s’exfolie. Les noyaux, relativement petits et riches en chromatine dans
la couche basale, deviennent turgescents et clairs dans les 2 ou 3 couches
suivantes puis, dès le milieu de l’épithélium, ils commencent à se contracter
et ils ont atteint un stade de pycnose avancée dans les petites cellules super¬
ficielles aplaties. Le cytoplasme des grandes cellules polyédriques présente
un aspect spongiocytaire net après les colorations trichromiques usuelles
ou après la réaction à l’APS, mais cet aspect est beaucoup moins manifeste
après recherche des protides sulfhydrilés totaux; en effet, la plupart des
« vacuoles » contiennent un produit modérément pourvu de protides à grou¬
pement cystine. Au fond des replis de l’épithélium urodéal, et pénétrant
dans le chorion sous-jacent, on trouve des glandes muqueuses tubulaires
tout à fait semblables à celles qui ont été décrites chez Coleonyx
variegalus.
Les glandes cloacales sont apparemment involuées. D’un diamètre
moyen de 80 ji, les tubes sont revêtus d’un épithélium pseudo-stratifié
haut de 25 sa et constitué de petites cellules souvent ovoïdes, à noyau
ratatiné et riche en chromatine. Quelques zones cytoplasmiques réagissent
à l’APS, mais il n’y a pas de produit de sécrétion figuré. Le tissu érectile
Source : MNHN, Paris
170
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
est très nettement moins développé que chez Coleony. r; il est constitué
de vaisseaux plus larges et beaucoup moins pelotonnés.
Hoplodactylus pacificus (1 femelle juste avant, 1 femelle juste après
l’ovulation).
En dehors de l’absence complète de vessie, le cloaque de Hoplo-
dactylus pacificus ne diffère pas, d’un point de vue anatomique, de celui
des autres Gekkonidés étudiés ici.
Il n’en va pas de même en ce qui concerne l'histologie. L’épithélium
stratifié kératinisé de la partie caudale du proctodaeum est plus haut que
d’ordinaire (40 à 60 n) et les cellules correspondant au stratum granulosum
de l’épiderme contiennent souvent une quantité notable de mucopoly-
saccharides acides. Ces deux caractères se retrouvent dans la muqueuse
malpighienne, puis dans l’épithélium muqueux bistratifié qui recouvrent
le reste du proctodaeum et la région ventrale du cloaque et dont beaucoup
de cellules sont riches en mucus dès la couche moyenne ou basale; par
contre, une assise continue de mucocytes superficiels ne se différencie qu’au
niveau du sphincter anal.
L’épithélium de l’urodaeum atteint 150 à 200 \j. de haut au fond des
deux diverticules latéraux. Son aspect n’est pas sans rappeler celui de son
homologue chez Heteronota binoei, mais les couches profondes composées
de petits éléments cubiques sont plus nombreuses, les grandes cellules
polyédriques, à cytoplasme d’apparence spongiocytaire et contenant une
quantité notable de mucines, vont jusqu’à la surface et il n’y a pas, aux
stades étudiés, de desquamation superficielle (fig. 14). Du fond des replis
de l’urodaeum partent des glandes muqueuses tubuleuses du type habituel.
Les glandes cloacales, très développées, sont individualisées en une
volumineuse paire ventrale et une petite glande dorsale en Y, à pointe
caudale, si bien que sur coupes transversales on distingue tout d'abord
une petite masse dorsale puis, plus près de l’orifice cloacal, deux petites
glandes latéro-dorsales.
Dans les glandes ventrales, les tubes glandulaires, d’un diamètre de
90 à 130 p, sont revêtus d’un épithélium simple, constitué par de grandes
cellules prismatiques de 25 à 30 |x sur 4,5 à 5,5 |i; les noyaux, situés à
l’extrémité basale, sont cubiques ou prismatiques, atteignant parfois 8 [x
de haut, et assez riches en chromatine, avec un gros nucléole central. Toutes
les cellules contiennent de fines granulations cyanophilcs réagissant à l’APS
mais non au bleu alcian. Dans quelques éléments on distingue, en abondance
variable, des grains de sécrétion plus gros qui présentent les mêmes affi¬
nités tinctoriales et caractères histochimiques que les précédents mais,
en outre, retiennent le bleu alcian. Dans la majorité des cellules il existe,
soit au-dessous, soit au-dessus du noyau, de petites mottes réagissant peu
à l’APS mais retenant fortement la fuchsine-paraldéhyde sans oxydation
préalable et le bleu alcian de la méthode de Mowry (fig. 48).
Les glandes dorsales sont nettement moins développées. Le diamètre
des tubes ne dépasse pas 50 jx et la hauteur de l’épithélium est de 10 à 12 fx.
Les noyaux, toujours basaux, sont ovoïdes ou sphériques et moins riches
en chromatine. Mais les produits de sécrétion sont identiques, on retrouve
les petites mottes périnucléaires et, de toute évidence, les glandes ventrales
et dorsales appartiennent au même type.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 171
Phelsuma madagascarensis (1 femelle à un stade de faible activité
sexuelle).
La vessie est petite, mais nette et on y trouve quelques cellules ciliées.
A cela près, le cloaque de cette espèce ne présente pas de particularités
anatomiques notables.
La partie craniale du proctodaeum et la région dorsale du cloaque
sont revêtues de l’habituel épithélium muqueux bistratilîé, la couche de
mucocytes superficiels étant parfois très haute.
L’épithélium urodéal présente un aspect assez particulier. Il existe
une couche basale discontinue de cellules cubiques assez pauvres en cyto¬
plasme, remplacées ou surmontées par des éléments prismatiques dont la
région supranucléaire contient une petite quantité d’un mucopolysaccharide
acide. Dans les deux cas, les noyaux sont assez grands, sphériques ou ovoïdes,
modérément riches en chromatine. Les 5 ou 6 couches suivantes sont
constituées de grandes cellules polyédriques, littéralement bourrées d’un
produit réagissant à l’APS et au bleu alcian. Les noyaux, ratatinés et
chromophiles tout d’abord, deviennent ensuite aplatis en galette et plus
ou moins pycnotiques. La couche superficielle est composée de cellules
très aplaties, à noyaux pycnotiques, qui semblent ne desquamer qu'après
avoir rejeté la presque totalité de leur produit de sécrétion dans la
lumière.
Les glandes cloacales sont formées de 2 masses ventrales et d’une
série de tubes glandulaires dorsaux dont les plus latéraux, nettement plus
longs que les autres, se réunissent en 2 petites masses latéro-dorsales. Dans
tous les cas, la lumière des tubes est assez large et la hauteur de l'épithélium
ne dépasse pas 12 à 18 n. Simple ou pseudo-stratifié, il est constitué de
cellules plus ou moins prismatiques dont les noyaux, ratatinés et chro¬
mophiles, mais non pycnotiques, sont situés en majorité dans la région
apicale. Les cytoplasmes sont souvent alvéolaires et on y trouve, en
quantité modérée, des granulations cyanophiles réagissant à l’APS et au
bleu alcian.
Tarentola mauritanica (2 femelles au repos sexuel complet).
Chez ces deux spécimens, au repos sexuel complet, le revêtement
épithélial de l’urodaeum ne diffère guère de celui du reste du cloaque; il
s’agit d’un épithélium muqueux bistratilîé dont la couche de mucocytes
superficiels est simplement un peu plus haute qu’ailleurs. Les glandes
urodéales sont présentes, mais extrêmement réduites et leur lumière est
parfois virtuelle.
Bien qu’extrêmement involuées, les glandes cloacales sont encore
individualisées en 2 masses ventrales et 2 masses latéro-dorsales, toutes
assez petites et d’importance égale. La hauteur de l’épithélium glandulaire
varie de 25 à 35 n. Pseudo-stratifié et parfois festonné, il est constitué de
cellules plus ou moins prismatiques, à noyaux très pauvres en chromatine,
ovoïdes ou étirés dans le sens de la hauteur et situés dans des positions
variables. Les cytoplasmes sont clairs et relativement peu abondants.
On distingue, assez fréquemment, quelques grains de sécrétion cyanophiles
réagissant à l'APS et au bleu alcian.
Source : MNHN, Paris
172
CLOAQUE CHEZ LES LEPIDOSAURIENS
GEKKONIDÆ MALES
Coleonyx variegatus (2 mâles en activité sexuelle).
Le cloaque du mâle diffère essentiellement de celui de la femelle par
le développement bien moindre de l’urodaeum et par la présence de deux
gros hémipénis situés à la base de la queue. De chaque côté, les voies géni¬
tales et urinaires débouchent dans l’urodaeum par un orifice unique, au
sommet d’une papille uro-génitale. Celle-ci est située en position dorso-
latérale. Les sacs post anaux sont comparables à ceux des femelles, mais
nettement plus développés.
1 - Vue du cloaque, après une section eiïecluée selon un plan sagittal. Conmarer
avec la figure IV. v
2 et 3 - Coupes transversales, aux niveaux indiqués par les flèches.
Remarquer l’hypertrophie des canaux excréteurs du rein et de l’uretère.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
173
A la partie postérieure du proctodaeum, l’épithélium malpighien kéra-
tinisé est identique à celui des femelles. Après une courte zone de tran¬
sition, correspondant à une muqueuse malpighienne d’épaisseur décrois¬
sante, le reste du cloaque est recouvert d’un épithélium muqueux
bistratifié, haut de 12 à 16 j*. On y distingue une couche de cellules basales
cubiques, pauvres en cytoplasme, à noyaux irréguliers et assez riches en
chromatine et une couche superficielle de cellules prismatiques dont la
zone toute apicale est remplie par un mucopolysaccharide acide. Les
noyaux de ces éléments sont tantôt ovoïdes et assez clairs, tantôt très
allongés dans le sens de la hauteur et chromophiles. Il n’y a pas de glandes
urodéales.
Dans sa partie moyenne le canal déférent, bourré de spermatozoïdes,
est très dilaté et son épithélium revêt un aspect syncitial. Le diamètre
du canal déférent diminue régulièrement en s’approchant du cloaque
(lig. 45). Juste avant la papille uro-génitale, il est compris entre 150 et
200 l’épithélium devient pseudo-stratifié et dessine dans la lumière des
languettes dépourvues d’axe conjonctif. Les cellules sont de forme très
variable, les cytoplasmes sont clairs et peu abondants, les noyaux ovoïdes
ou sphériques et pauvres en chromatine, sauf à l’extrémité des languettes
où ils deviennent allongés et chromophiles.
Du point de vue histologique, il n’existe pas, chez les mâles, d’uretère
comparable à celui qui a été décrit chez les femelles. En effet, les tubes
collecteurs du rein, puis le canal excréteur, participent à l'hypertrophie
du segment sexuel jusqu’à la base de la papille uro-génitale. Celle-ci est
revêtue intérieurement d’un épithélium muqueux bistratifié, analogue à
celui de l’urodaeum. La partie terminale de l’intestin et la vessie présentent
un aspect identique à celui qui a été décrit chez les femelles.
Les glandes cloacales ventrales et dorsales diffèrent les unes des autres
chez les mâles. Au tiers caudal du proctodaeum, à peu près à l'endroit
où commence la muqueuse malpighienne, prennent naissance une douzaine
de glandes tubuleuses, non ramifiées et peu contournées. D’un diamètre
variant de 60 à 120 u, ces tubes s’allongent le long de la face ventrale du
proctodaeum. Ils sont intérieurement tapissés d’un épithélium pseudo¬
stratifié formé de cellules prismatiques dont les noyaux, irréguliers et
riches en chromatine, sont situés à des emplacements variés. Presque tout
le cytoplasme de ces cellules est occupé par de gros grains de sécrétion
cyanophiles qui réagissent fortement à l’APS mais ne retiennent pas le
bleu alcian et où la recherche des protides sulfhydrilés donne des résultats
entièrement négatifs.
A la partie dorso-caudale du proctodaeum, de nombreuses cryptes
ressemblent beaucoup aux glandes tubuleuses ventrales, mais elles se
terminent très vite. Seules 4 d’entre elles, en position latéro-dorsale (2 à
droite et 2 à gauche), se prolongent. Elles s’élargissent bientôt en sacs
allongés, d’un diamètre de 200 à 300 ix et leur épithélium, tout d’abord
identique à celui qui a été décrit, change de nature. Pseudo-stratifié,
très irrégulier, il est constitué d’une série d’arborescences apparemment
dépourvues d’axe conjonctif. Les cellules sont de taille et de forme irrégu¬
lières, les noyaux sont plus ou moins allongés et situés en positions variées.
Beaucoup d’entre eux sont franchement involués ou même pyenotiques.
Le produit de sécrétion se présente sous deux formes : de gros grains
Source : MNHN, Paris
174
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSACHIENS
sphériques, érythrophiles, pas très abondants et, à peu près dans chaque
cellule, une grosse flaque orangéophile dont le diamètre peut atteindre
7 à 8 fi. Dans les deux cas les réactions histochimiques mises en œuvre
donnent des résultats entièrement négatifs, aussi bien en ce qui concerne
la recherche des glucides que celle des protides sulfhydrilés et des amino-
acides aromatiques.
Le tissu érectile présente la même forme et la même localisation que
chez les femelles, mais son volume est bien moindre.
Comme chez tous les Squamata, l'hémipénis de Coleonyx variegalus
est situé à la base de la queue. A l'état invaginé, il se présente sous la forme
d’un sac allongé dans le sens cranio-caudal, pourvu de nombreux replis;
la lumière de ce sac correspond évidemment à la surface de l’organe lorsque
celui-ci est dévaginé.
Parmi les couches dont est composée la paroi de l’hémipénis, la mus¬
culeuse ne présente aucune particularité à retenir ici. Le chorion, assez
riche en structures fibreuses, comporte également un nombre appréciable
de cellules, parmi lesquelles il y a lieu de signaler surtout des labrocytes
(basophiles tissulaires), très faciles à identifier en raison de leurs affinités
tinctoriales et caractères histochimiques. Contrairement au chorion de
l’épiderme, celui des hémipénis est très pauvre en mélanophores dendri¬
tiques. Quant à l’épithélium, ses caractères diffèrent selon que l’on envisage
le segment basal (racine), proche de l'attache cutanée, ou le corps de cet
organe.
La racine de l’hémipénis est recouverte d’un épithélium pavimenteux
stratifié dont les caractères sont assez proches de ceux de l’épiderme banal.
Une couche basale, faite de cellules cubiques, à noyaux sphériques ou
ovoïdes, est surmontée de plusieurs couches de cellules polyédriques et
pourvues de tous les caractères des éléments du stratum spinosum. Le
stratum intermedium est net, facilement reconnaissable à ses noyaux en
galette, aplatis parallèlement à la surface. Le stratum corneum est peu
développé et la desquamation se fait assez rapidement pour que des
noyaux pyenotiques, mais ayant encore gardé leur basophilie, puissent
être identifiés dans les squames cornées détachées de l’épithélium.
Le corps de l’hémipénis est, lui aussi, recouvert d’un épithélium pavi¬
menteux stratifié, mais les caractères histologiques en sont très particuliers
(fig. 120). Contrairement au stratum basale de l’épiderme, celui du fond
des plis épithéliaux est fait de cellules prismatiques, à noyaux sombres
et irréguliers, à cytoplasme pourvu d'une petite quantité de ribonucléines
histochimiquement décelables et riches en tonofibrilles. Le stratum spino¬
sum possède certains des caractères de celui de l’épiderme; ses cellules
sont polyédriques, pourvues de tonofibrilles et de ponts intercellulaires,
très pauvres en ribonucléines et assez pauvres en protides sulfhydrilés. Mais
les noyaux sont remarquables par leur taille plus grande que dans l’épi¬
derme et par l'irrégularité de leurs contours. Les deux assises qui forment
ce stratum spinosum sont surmontées d’un stratum intermedium, à cellules
polyédriques déjà aplaties et à noyaux en galette, le caractère granuleux
des cytoplasmes n’étant pas très net; les tonofibrilles et ponts intercel¬
lulaires caractéristiques des couches sous-jacentes n’existent plus dans
cette strate. C’est le très faible développement du stratum corneum qui
représente la particularité essentielle de cet épithélium; en effet, cette
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 175
couche est réduite à une seule assise de cellules très aplaties, les noyaux
étant pycnotiques mais encore basophiles. La desquamation se produit
à ce stade du cycle de la cellule épithéliale, si bien que les lamelles cornées
accumulées dans la lumière du sac hémipénien comportent encore des
noyaux identifiables en tant que tels.
Parmi les caractères histochimiques de l'épithélium, il y a lieu de
signaler un gradient de ribonucléines comparable à celui de l’épiderme.
Les colorations par la gallocyanine montrent la présence d'une petite quan¬
tité d’acide ribonucléique dans les cytoplasmes de la couche basale, alors
que les couches sus-jacentes n’en contiennent plus trace. Les protides
sulfhydrilés décelables sans réduction préalable sont assez pauvrement
représentés dans l’épithélium et dans les squames; après réduction, leur
recherche donne des résultats fortement positifs dans les squames et dans
le slralum granulosum, modérément positifs dans les autres strates. Du
glycogène existe, en petite quantité, dans le slratum basale et dans le stratum
spinosum; la recherche des mucopolysaccharides acides donne des résultats
entièrement négatifs. La réactivité à l’APS des squames pourrait corres¬
pondre à l’abondance de certains amino-acides; leur forte réactivité à la
tétrazoréaction de Danielli est à mentionner dans le même contexte.
Chez les mâles, les sacs post-anaux sont plus développés que chez
les femelles; les caractères histologiques de l’épithélium sont comparables
à ceux qui ont été décrits, mais la lumière de l’organe contient, dans cer¬
tains cas, un produit de sécrétion très abondant dont l’issue, à l'orifice
cutané, est nette sur coupes. Ce produit est fortement acidophile et APS-
positif; il a une structure grossièrement lamellaire, des grumeaux de forme
irrégulière ainsi que des noyaux pycnotiques étant emprisonnés entre les
lamelles. Son aspect évoque une desquamation épidermique et incite à
la comparaison avec le produit de sécrétion des formatians rétrocloacales
des Leptotyphlopidés.
Heteronota binoei (1 mâle en activité sexuelle).
Comme chez tous les Gekkonidés mâles examinés, l'anatomie du cloaque
est identique à celle qui a été décrite chez Coleongx variegalus.
L'épithélium malpighien kératinisé ne pénètre pas profondément
dans le cloaque et, très vite, il est remplacé par un épithélium muqueux
bistratifié, haut de 15 à 20 n. Les cellules de la couche superficielle, à gros
noyaux ovoïdes, sont remplies dans leur tiers apical d’un mucus acide
formant une couche continue. Dans la moitié antérieure du cloaque, la
hauteur de l’épithélium augmente, atteint 20 à 30 n et des petites mottes
de mucus apparaissent dans les cellules des couches profondes.
Le canal déférent, l’uretère et la partie terminale du gros intestin ne
présentent pas de particularités notables par rapport à Coleonyx variagatus.
Les glandes cloacales, non individualisées, sont formées de tubes plus
nombreux et plus sinueux que chez l’espèce précédente. Leur épithélium,
haut de 20 à 25 n, plus ou moins festonné, est pseudo-stratifié. On y trouve,
en nombre sensiblement égal mais variant beaucoup d’un emplacement
à un autre, deux catégories cellulaires différentes. Les unes, souvent plus
allongées, à noyau central et ovoïde, sont pourvues de gros grains de
sécrétion cyanophiles qui réagissent fortement à l’APS mais non au bleu
alcian. Les autres, souvent plus larges et à noyaux presque sphériques.
Source : MNHN, Paris
176
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
contiennent des granulations érythrophiles de taille légèrement plus faible
et ne réagissant pas à l’APS. Dans les deux cas, la recherche des protides
sulfhydrilés, avec ou sans réduction, et des amino-acides aromatiques
donne des résultats négatifs ou très faiblement positifs.
L’hémipénis est tout à fait comparable à celui de Coleonyx variagatus ;
toutefois, les plis de l’épithélium du corps de l’organe sont nettement plus
accentués.
Oedura Lessueri (1 mâle en activité sexuelle).
Il existe une très petite vessie, simple diverticule de l’épithélium
cloacale, dépourvu de cellules ciliées.
Les glandes cloacales (fig. 46 et 47) sont très développées, individualisées
en une grande paire ventrale et 2 glandes latéro-dorsales, plus petites que
les précédentes. L’épithélium des glandes ventrales est simple, haut de
25 à 30 |i et composé de cellules prismatiques, à noyau basal ovoïde ou
hémisphérique. Les trois quarts apicaux de chaque cellule sont remplis
de grains de sécrétion cyanophiles, individualisés, de taille variable attei¬
gnant 1 (i, qui réagissent très fortement à l’APS et ne retiennent pas le
bleu alcian. Dans presque toutes les cellules on trouve, à côté des noyaux
et les déprimant plus ou moins, des vacuoles sphériques optiquement vides,
de taille très variable mais pouvant atteindre 8 p. de diamètre.
Les tubes des glandes latéro-dorsales sont revêtus d’un épithélium
simple, haut de 20 à 25 n, souvent festonné et constitué de cellules prisma¬
tiques généralement plus larges que dans la glande ventrale. Les noyaux,
situés au pôle basal, sont tantôt turgescents et clairs, avec un gros nucléole
sphérique, tantôt rabougris et chromophiles. Toutes les cellules sont
remplies de gros grains de sécrétion sphériques et réguliers, de près d’un n
de diamètre, érythrophiles et ne réagissant pas à l'APS.
Hoplodactylus pacificus (2 mâles en activité sexuelle).
Du point de vue anatomique, il y a lieu de signaler que la papille uro¬
génitale est plutôt grosse et que le canal déférent reste assez large jusqu'à
sa jonction avec l'uretère, à proximité immédiate de leur orifice commun.
Il existe une très petite vessie, dépourvue de cellules ciliées.
Chez cette espèce, les mucocytes prismatiques qui forment la couche
superficielle de l’épithélium cloacal sont plus développés que chez les
autres Gekkonidés mâles et atteignent une hauteur de 15 à 18 |x.
Les glandes cloacales ventrales sont identiques à celles des femelles.
Il n'en est pas de même des glandes dorsales dont l’épithélium est revêtu
de cellules prismatiques, un peu moins hautes (15 à 20 (i) que celles des
glandes ventrales, mais plus larges, à noyau basal polymorphe et visi¬
blement à des stades divers du cycle sécréteur. Tout le cytoplasme est
rempli de grains de sécrétion érythrophiles et réagissant à l’APS. Autour
des noyaux, on trouve de petites mottes irrégulières retenant la fuchsine-
paraldéhyde mais non le bleu alcian.
Les hémipénis ne présentent pas de particularité notable et les sacs
postanaux sont réduits à deux petites invaginations épidermiques.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
177
Phelsuma madagascarensis (1 mâle au début ou à la lin de l’activité
sexuelle).
La vessie est de grande taille, tout à fait comparable à celle de nombreux
Lacertidés.
Les glandes cloacales se présentent sous la forme de 2 masses ventrales
et 2 masses latéro-dorsales. Les glandes ventrales sont très nettement
involuées, le diamètre des tubes ne dépasse pas 40 n et l’épithélium, pseudo-
stratifié, est constitué de cellules tassées les unes contre les autres, à noyaux
irréguliers, parfois pycnotiques. Le produit de sécrétion est rare et formé
de fines granulations cyanophiles, réagissant à l’APS mais non au bleu
alcian. L'évolution des glandes latéro-dorsales est légèrement différente.
La lumière est large et l’épithélium probablement plus ou moins aplati
par rapport au stade d’activité maximale, mais les cellules, prismatiques,
sont encore hautes de 12 à 18 p et larges de 5 à 7. Les noyaux sont basaux,
quelquefois sphériques et clairs, le plus souvent aplatis ou coniques et
presque pycnotiques. Tout le corps cellulaire est rempli de grains de sécré¬
tion érythropliiles et ne réagissant pas à l’APS qui confluent en mottes
orangéophiles dès leur arrivée dans la lumière.
Le segment sexuel du rein est muqueux, mais les tubes collecteurs
et les canaux excréteurs sont encore (ou déjà) hypertrophiés, si bien que
l’uretère est comparable à celui qui a été décrit chez les Gekkonidés mâles
en activité sexuelle.
Les hémipénis sont nettement involués, surtout au niveau du corps
de l’organe. L’épithélium est beaucoup moins haut que d’ordinaire et
on ne distingue plus que deux assises de cellules polyédriques, pauvres
en cytoplasme, à noyaux irréguliers et chromophiles. La desquamation
s’effectue à un stade très précoce, avant même l’aplatissement des noyaux
et la kératinisation semble se poursuivre dans la lumière. Les sacs post¬
anaux sont peu développés.
Tarentola mauritanica (2 mâles au repos sexuel).
La vessie est bien développée, moins toutefois que chez Phelsuma
madagascarensis et possède à la fois des cellules ciliées et des cellules
muqueuses.
Bien que les deux animaux soient au repos sexuel complet, l’épithélium
muqueux bistratifié qui recouvre la plus grande partie du cloaque est tout
à fait comparable à celui qui a été décrit chez les autres espèces.
Anatomiquement, les glandes cloacales sont encore plus involuées
que chez Phelsuma madagascarensis, mais elles appartiennent visiblement
au même type. L’épithélium des glandes ventrales atteint 40 à 50 p. de haut,
tout en restant pseudo-stratifié. 11 n’y a plus que des traces d’un produit
de sécrétion cyanophile et réagissant à l’APS, mais les noyaux, ovoïdes
ou allongés dans le sens de la hauteur, sont d’assez grande taille et très
pauvres en chromatine. L’épithélium des glandes latéro-dorsales est fes¬
tonné, la hauteur des cellules est réduite à 8 ou 10 p. Presque tous les
noyaux sont ovoïdes et clairs et, s’il existe encore des grains et mottes
d’un produit de sécrétion érythrophile dans la lumière, on n’en rencontre
plus que dans de très rares cellules.
Source : MNHN, Paris
178
JAQUE
LÉPIDOSAURIENS
L’involution de l’hémipénis est si prononcée, au niveau du corps de
l’organe, que l’on a du ma! à le distinguer au milieu des tissus conjonctifs
et érectiles qui l’entourent. L’épithélium est réduit à une mince couche
de cellules très aplaties dont les noyaux, ovoïdes ou en forme de galette,
sont assez distants les uns des autres.
A ce stade de repos sexuel complet, les tubes collecteurs et les canaux
excréteurs du rein sont muqueux. Il n’y a pas d’uretère unique et bien
individualisé, mais les canaux collecteurs présentent le même aspect que
l’uretère des femelles; ils sont revêtus d’un épithélium simple, constitué
de mucocytes prismatiques hauts de 20 m- en moyenne, à noyau basal
ovoïde, légèrement allongé dans le sens de la hauteur.
XANTUSIDÆ
Xantusia henshawi (1 femelle entre l'accouplement et l’ovulation).
Le proctodaeum est large et assez court, l’urodaeum moins long que
chez les Gekkonidés et non bifide. Le tubercule génital est assez peu déve¬
loppé, en position latéro-dorsale, proche de l’extrémité antérieure de l’uro-
daeum, en arrière de l’anus. Il n’y a pas de papille urinaire et l’uretère
débouche en arrière et à peu de distance du tubercule génital. La vessie
est très réduite.
Le proctodaeum est entièrement recouvert d’un épithélium malpi¬
ghien kératinisé, haut de 30 à 35 n. La paroi du reste du cloaque est extrê¬
mement festonnée et s’avance même en véritables arborescences dans
la lumière (fig. 15). Le sommet de ces saillies est revêtu d’une muqueuse
malpighienne très épaisse, atteignant 40 à 50 n dans l’urodaeum, un peu
moins ailleurs. Au-dessus d’une couche basale de cellules prismatiques,
à cytoplasme clair et noyau ovoïde pauvre en chromatine, on distingue
un nombre variable d’assises formées d’éléments d’abord cubiques, puis
aplatis. Les cytoplasmes contiennent une petite quantité de granulations
correspondant à un mucopolysaccharide peu acide, dont l’abondance ne
croît pas de la base à la surface. Les noyaux sont souvent plus ou moins
aplatis dans les couches supérieures et un peu plus chromophiles, mais
ils ne sont pas pyenotiques au moment ou s’accomplit la desquamation.
Dans la moitié craniale du cloaque, l’évolution des cellules se poursuit
souvent jusqu’à la formation d’une couche superficielle de mucocytes
prismatiques, à noyaux basaux très aplatis et riches en chromatine, toute
la région supranucléaire étant remplie d’un mucopolysaccharide acide.
Dans les replis de l’urodaeum se différencie un épithélium simple,
formé de cellules muqueuses cubiques, à noyaux basaux ovoïdes ou aplatis
mais clairs. Ces formations, homologues des glandes urodéales des Gekko¬
nidés, affectent parfois la forme de cryptes profondes, mais jamais de
véritables glandes tubuleuses (lig. 15).
La région anale, nettement moins festonnée, est revêtue d’un épi¬
thélium bistratifié, la couche supérieure étant formée de mucocytes
prismatiques.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
Près de son extrémité caudale, le tube vaginal, toujours régulièrement
festonné, est revêtu d’un épithélium simple, haut de 10 à 12 |x et composé
en majeure partie de cellules ciliées, à gros noyaux centraux, ovoïdes et
clairs. Les cellules muqueuses, à noyaux basaux un peu plus petits et plus
riches en chromatine, sont relativement rares. On trouve peu de sperma¬
tozoïdes dans la lumière. Au niveau des enveloppes externes du cloaque,
le tube vaginal s’élargit, les cellules muqueuses deviennent aussi nombreuses
que les cellules ciliées et, de ce fait, l’épithélium dont la hauteur ne varie
pas revêt un aspect pseudo-stratifié. Les spermatozoïdes sont extrêmement
abondants et visiblement orientés, la tête contre l’apex des cellules épi¬
théliales, sans préférence marquée pour l’une ou l’autre catégorie.
L’uretère est très court, revêtu d’un épithélium simple, haut de 7
à 10 jx seulement et constitué de cellules cubiques, à gros noyaux sphériques,
basaux et clairs, la région apicale étant occupée par une petite quantité
d’un mucopolysaccharide acide. Dans sa partie terminale, légèrement
renflée, l’uretère est recouvert d’un épithélium analogue à celui de l’uro-
daeum, soit simple et muqueux (comme le fond des replis) soit pavimenteux
stratifié (comme les saillies).
Les glandes cloacales sont composées de longs tubes, non ramifiés
et assez peu contournés, situés tout autour du proctodaeum et atteignant
le niveau de l’urodaeum. Leur diamètre varie de 40 à 80 u. L’épithélium
est composé de cellules cubiques, hautes de 8 à 10 jx, à petits noyaux
ovoïdes basaux, souvent irréguliers et assez riches en chromatine. Les
cytoplasmes sont très clairs, parsemés d’une petite quantité de fines granu¬
lations cyanophiles réagissant à l’APS et au bleu alcian.
Le tissu érectile est réduit à une étroite bande transversale, ventrale,
située à peu près à la jonction du proctodaeum et de l’urodaeum.
Xantusia henshawi (1 mâle en activité sexuelle).
Anatomiquement, le cloaque de Xantusia henshawi mâle est tout à
fait semblable à celui des Gekkonidés du même sexe. Il n’y a pas de vessie.
Tout le proctodaeum est revêtu d’un épithélium malpighien kéra-
tinisé, haut de 15 à 18 |i. Celui-ci se transforme progressivement, sur le
reste du cloaque, en un épithélium bistratifié, haut de 12 à 16 |x, dont la
couche basale est surtout constituée par une accumulation de noyaux
rabougris et chromophiles, la couche superficielle étant formée de muco-
cytes cubiques ou prismatiques, à noyaux un peu moins irréguliers et moins
riches en chromatine que les précédents.
Les glandes cloacales sont composées, comme chez la femelle, par
de simples tubes entourant le proctodaeum et parallèles à lui. Leur diamètre
est le même dans les deux sexes, mais la hauteur de l’épithélium atteint
18 à 25 [x. Simple ou pseudo-stratifié, celui-ci est formé de deux types de
cellules, en nombre à peu près égal mais irrégulièrement réparties. Les
unes, assez larges, à noyaux basaux aplatis ou hémisphériques et riches
en chromatine, sont entièrement remplies de gros grains de sécrétion
cyanophiles, réagissant intensément à l’APS mais non au bleu alcian. Les
autres, plus étroites, à noyaux ovoïdes et chromophiles situés au tiers
inférieur des cellules, contiennent dans leur tiers apical de grosses granu¬
lations érythrophiles qui réagissent un peu moins que les précédentes à
l’APS; de plus, on trouve autour du noyau de petites mottes retenant
Source : MNHN, Paris
J80 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
le bleu alcian et la fuchsine-paraldéhyde. De très petites cryptes tendent
à se former dans l’épithélium, aux endroits où il est le plus haut. Ces cryptes,
presque fermées, sont constituées uniquement par les cellules érythrophiles,
tandis que les cellules cyanophiles tendent à s’établir en surface. Il y a,
de ce fait, formation d’un épithélium bistratifié, du type décrit par Schaffer
(1927-1940) dans des glandes polyptyches composées. Mais dans une bonne
partie des tubes glandulaires, l’épithélium est simple et constitué, soit
de l’une ou de l’autre catégorie cellulaire, soit d’un mélange des deux.
Seuls les caractères histologiques de l’épithélium différencient l’hémi-
pénis de Xantusia de ceux qui ont été décrits chez les Gekkonidés. L’épi¬
thélium de la racine est assez mince (30 n en moyenne); on y distingue
une couche basale, cubique, nette seulement par place, un stratum spinosum
assez pauvre en tonoiibrilles et un stratum inlermédium représenté par une
seule couche de cellules nettement plus riches en grains de kératohyaline
que la strate correspondante de l’épiderme. Le stratum corneum est constitué
par une seule assise de cellules très aplaties, fortement APS-positives,
à noyaux pyenotiques très chromophiles. A côté de ces éléments, il y a
lieu de signaler la présence de volumineuses cellules « claires », de très grande
taille puisqu’elles occupent toute la hauteur de l’épithélium. Toujours
dépourvus de tonoiibrilles et de grains de kératohyaline, ces éléments sont
caractérisés par des noyaux sphériques, situés à mi-hauteur, les cytoplasmes
étant faiblement cyanophiles et pourvus de rares granulations érythrophiles.
Le pôle apical de ces cellules ne porte aucune différenciation décelable dans
nos conditions techniques et ne participe pas au processus de kératinisation.
Le corps de l’hémipénis (fig. 122) est tapissé d’un épithélium nette¬
ment plus haut qu’à la base de l’organe (jusqu’à 50 n); la couche basale,
beaucoup plus facile à identifier qu’à la racine, est composée de cellules
cubiques, à noyaux sphériques ou ovoïdes; les cytoplasmes sont faiblement
basophiles, contiennent une petite quantité de ribonucléines et montrent
des tonofibrilles assez nettes. Le stratum spinosum sus-jacent à cette couche
basale est constitué de cellules polyédriques, à noyaux ovoïdes dans les
assises inférieures; deux types nucléaires apparaissent dans les couches
supérieures. En effet, la plupart des noyaux se présentent, sur coupe,
aplatis dans le sens de la hauteur de l’épithélium, les corps cellulaires
correspondant l’étant aussi. D’autres noyaux restent ovoïdes, nettement
plus volumineux que les précédents; ils correspondent à des cellules glo¬
buleuses ou polyédriques. Les cytoplasmes sont, dans les deux cas, dépourvus
de ribonucléines histochimiquement décelables, ainsi que de structures
tonofibrillaires et de ponts intercellulaires, mais exceptionnellement riches
en grains de kératohyaline. Ce dernier caractère devrait faire rattacher
l'ensemble des cellules au stratum intermedium (granulosum) ; en réalité,
ce serait là un développement du stratum intermedium tout à fait inhabituel
chez les Lépidosauriens. La kératinisation se déroule, dans les deux types
de cellules, avec des modalités différentes. En effet, les cellules aplaties
aboutissent, par kératinisation holocrine, à la constitution d’un corneum
assez mince, où les noyaux ne sont plus discernables et dont la desqua¬
mation ne semble pas active. Les grandes cellules, qui font saillie entre
les précédentes, subissent également la kératinisation, mais se transforment
en saillies coniques à base fichée dans l’épithélium; leur desquamation
ne semble pas plus active que celle du corneum mince.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
181
PYGOPODIDÆ
PYGOPODIDÆ FEMELLES
Delma fraseri (une femelle au repos sexuel ou à l'extrême début de l’activité).
Le cloaque est assez long mais l’urodaeum, non bifide, n’atteint pas.
en avant, le niveau de l’intestin. Deux gros tubercules génitaux débouchent
à proximité de l’extrémité craniale de l’urodaeum, en position latéro-
dorsale. Les papilles urinaires sont petites, mais nettes et peu éloignées des
tubercules génitaux. Il n’y a pas de vessie.
La moitié caudale du proctodaeum est recouverte d’un épithélium
malpighien kératinisé, haut de 20 à 25 (x et ne présentant pas de particula¬
rités notables. Le reste du proctodaeum et la partie ventrale de riirodaeum
sont revêtus d’un épithélium bistratifié, de même hauteur que le précé¬
dent. On y trouve une couche de cellules basales, prismatiques, à cytoplasmes
clairs et noyaux allongés dans le sens de la hauteur et riches en chromatine,
ainsi qu’une couche de cellules superficielles, plus hautes que les précé¬
dentes, à noyaux ovoïdes basaux moins chromophiles. L’extrémité apicale
de ces éléments renferme une petite quantité de mucus dont l’abondance
croît du proctodaeum vers l’intestin.
Le revêtement épithélial de la partie dorsale de l’urodaeum atteint
une épaisseur de 40 à 50 p. La couche basale est formée de cellules cubiques
ou légèrement prismatiques, à gros noyaux clairs mais irréguliers. Une
petite quantité de mucus apparaît parfois dans les cytoplasmes. Les 3 couches
sus-jacentes sont constituées de cellules prismatiques, à noyaux basaux,
les régions supranucléaires étant remplies d’un mucopolysaccharide acide
et dense. Les noyaux, ovoïdes et assez clairs tout d’abord, s’allongent de
plus en plus dans le sens de la hauteur, et s’enrichissent en chromatine,
mais ils sont loin d’être pycnotiques dans la couche superficielle et celle-ci
ne desquame pas au stade examiné.
Au fond des replis, assez larges et peu nombreux, que dessine l’épi¬
thélium de l’urodaeum dorsal, débouchent des glandes tubuleuses peu
ramifiées. D’un diamètre de 100 à 150 |x, elles sont revêtues d’un épi¬
thélium simple, composé de cellules cubiques ou prismatiques, à noyaux
basaux irréguliers et riches en chromatine, toute la région supranucléaire
étant entièrement remplie de gros grains de sécrétion qui réagissent à
l’APS et retiennent le bleu alcian.
La morphologie du tube vaginal correspond à celle qui a été décrite
chez les Gekkonidés. La hauteur de l’épithélium ne dépasse pas 8 n,
comme il est normal chez un animal proche du repos sexuel. Les cellules
muqueuses sont nettement involuées et pauvres en mucopolysaccharides.
Il existe de nombreux grains de glycogène dans les 2 catégories cellulaires.
L’uretère proprement dit est court. Son épithélium, simple, est formé
de cellules prismatiques hautes de 15 n en moyenne, à gros noyaux basaux
sphériques de 6 à 7 n de diamètre. Les régions supranucléaires sont par¬
semées de granulations réagissant à l’APS et au bleu alcian, un peu plus
abondantes à l’extrémité apicale. L’intestin est identique à celui qui a
été décrit chez Coleonyx variegalus.
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII. 13
Source : MNHN, Paris
182
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Les glandes cloacalcs, tubuleuses et très ramifiées, sont représentées
par une grosse masse ventrale atteignant, en avant, le niveau des tuber¬
cules génitaux, et par 2 glandes latéro-dorsales, plus petites que la précé¬
dente et situées plus près de l'orifice du cloaque. L’épithélium des tubes
Glandulaires est pseudo-stratifié et semble à un stade de repos. Les cellules
sont étroites, irrégulièrement disposées, avec des noyaux très allongés
et chromophiles; elles secrétent une petite quantité de fines granulations
cyanophiles qui réagissent à l’APS et, très légèrement, au bleu alcian.
De place en place, on distingue des cellules ovoïdes, plus grandes, à cyto¬
plasme clair et gros noyaux turgescents et pauvres en chromatine. Les
glandes cloacales débouchent dans le proctodaeum par de courts canaux
excréteurs muqueux tapissés de cellules cubiques, à noyaux basaux, entière¬
ment remplies d’un produit de sécrétion correspondant à un mucopoly-
saccharide acide.
Lialis burtonis (1 femelle au début de l’activité sexuelle).
L’urodaeum est long et bifide et les deux tubercules génitaux, modé¬
rément saillants, y débouchent à peu près à l'endroit où il bifurque, en
position dorso-latérale. Les papilles urinaires, larges mais peu saillantes,
forment un renflement unique au niveau du tiers postérieur de l’urodaeum
dorsal. Il existe une amorce de vessie, simple diverticule de la région
ventro-craniale du cloaque, dont l’épithélium est dépourvu de cellules
ciliées.
Seules les lèvres du cloaque sont revêtues d’un épithélium malpighien
kératinisé qui se transforme très vite en une muqueuse malpighienne, de
hauteur variable et sujette à une desquamation active. La partie ventro-
caudale du proctodaeum et la région ventrale de l’urodaeum sont revêtues
d’un épithélium bistratifié analogue à celui qui a été décrit chez Delma
fraseri; toutefois les cellules de la couche superficielle sont nettement plus
hautes et leur tiers supérieur est toujours riche en mucus. L’épithélium
de revêtement de la partie dorsale de l’urodaeum est haut de 100 à 130 u..
On y distingue 1 ou 2 couches basales de petites cellules cubiques, à noyaux
irréguliers et clairs, puis un nombre variable d’assises composées d’éléments
polyédriques dont la taille atteint 15 x 15 n à proximité de la surface.
Les noyaux, périphériques, deviennent progressivement ratatinés et chro¬
mophiles, en même temps que des granulations cyanophiles, réagissant
à l’APS et au bleu alcian, se font de plus en plus abondantes. La couche
superficielle est formée de mucocytes prismatiques, de hauteur variable,
à noyaux basaux aplatis et riches en chromatine, mais non pyenotiques,
toute la région supra-nucléaire étant remplie d’un mucus dense.
L’uretère est comparable à celui qui a été décrit chez Delma fraseri
mais les cellules épithéliales sont un peu plus riches en mucopolysaccharides
acides.
Les glandes cloacalcs sont différenciées en une masse ventrale aplatie
et deux formations latéro-dorsales allongées parallèlement au proctodaeum.
La glande ventrale est tubuleuse et ramifiée. Les tubes glandulaires, d’un
diamètre de 80 à 130 n, sont revêtus d’un épithélium pseudo-stratifié,
haut de 20 à 25 n, constitué de cellules polyédriques à noyaux rabougris
et chromophiles, les cytoplasme, étant alvéolaires. Il n’y a pas de produit
de sécrétion décelable dans nos conditions techniques. Les glandes latéro-
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
183
dorsales sont constituées par de longs sacs, non ramifiés et peu sinueux
dont le diamètre atteint 300 à 400 n à leur extrémité borgne, au niveau
de la papille urinaire. L’épithélium, très aplati (6 à 8 jj.) est apparemment
dépourvu de grains de sécrétion. Les tubes collecteurs des glandes cloacales
sont revêtus d’un épithélium muqueux et il en est de même d’une série de
cryptes profondes qui siègent sur la face dorsale du proctodaeum, entre
les canaux excréteurs des glandes latéro-dorsales.
Source : MNHN, Paris
IGUANIA
On réunit actuellement dans l’infra-ordre des lguania'3 familles impor¬
tantes : les Iguanidés, du Nouveau Monde et de Madagascar, les Agamidés
qui les remplacent dans l’Ancien Monde et les Chamaeleonidæ d’Afrique
et de Madagascar, ainsi que d’Asie du Sud-Ouest.
IGUANIDÆ
IGUANIDÆ FEMELLES
Sceloporus graciosus (1 femelle au moment de l’ovulation).
Le proctodaeum est court et large, l’urodaeum allongé et presque
dépourvu de poche dorsale, le sphincter anal très long. Le tubercule géni¬
tal, assez gros et saillant, est situé en position dorso-latérale et nettement
en arrière du sphincter anal. L’uretère débouche au sommet d’un pli bien
marqué, en arrière du tubercule génital. Le tube vaginal proprement dit
est court et s’élargit très vite en une région utéro-vaginale qui entoure
presque complètement l’extrémité toute postérieure de l’intestin. Il n’y
a qu’une ébauche de vessie.
Le proctodaeum est tout entier revêtu d’un épithélium malpighien
kératinisé, haut de 15 à 18 n, qui se prolonge davantage sur la face ventrale.
Dès le début de la face dorsale de l’urodaeum, cet épithélium devient
cubique stratifié et son épaisseur atteint 30 à 35 |x. Les éléments de la
couche basale sont prismatiques, à noyaux pauvres en chromatine et
légèrement allongés dans le sens de la hauteur; ceux des couches suivantes
sont cubiques, à noyaux toujours clairs mais souvent irréguliers ou allongés
transversalement. Des mucopolysaccharides acides apparaissent dans les
cytoplasmes, en quantité croissante au fur et à mesure que l’on se rapproche
de la surface. A ceci près, la couche superficielle ne diffère pas sensiblement
des couches intermédiaires. Toute la partie interne des festons de l’urodaeum
est recouverte d’un épithélium simple, composé de mucocytes prismatiques,
à noyaux basaux ovoïdes ou hémisphériques. Du fond des festons, partent
des cryptes divergentes qui simulent des glandes tubuleuses peu profondes.
La face ventrale de l’urodaeum est revêtue presque entièrement par
un épithélium du même type que celui qui vient d’être décrit, mais moins
haut (15 à 20 n). Les festons sont beaucoup moins accentués, toutefois
le fond des replis est également tapissé d’une couche de mucocytes pris¬
matiques. Ce n’est qu’au niveau du sphincter anal que tout l’épithélium
devient muqueux.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 185
L’épitliéliura de la région utéro-vaginale est identique à celui du tube
vaginal : haut de 12 à 15 p, il est constitué de cellules ciliées à gros noyaux
clairs situés souvent près du pôle apical et de cellules muqueuses à petits
noyaux basaux plus ou moins riches en chromatine. Les spermatozoïdes
sont rares dans le tube vaginal proprement dit, mais abondent dans l’expan¬
sion utéro-vaginale où ils sont rassemblés en masses compactes dans le
fond des replis de l’épithélium (fig. 31).
L’uretère est large et moins court que chez les Gekkonidés. Il est
revêtu d’un épithélium simple, haut de 12 à 16 p, formé en majeure partie
de mucocytes prismaLiques dont le produit de sécrétion est modérément
Fig. VI. — Sccloporus graciosus, femelle. Coupes transversales.
1 - Au niveau de la partie craniale du sphincter anal. Remarquer le grand développement
de la région utéro-vaginale de l'oviducte, qui entoure presque complètement l’intestin
terminal.
2 - Au niveau de la partie caudale du sphincter anal.
3 - Au niveau du tubercule génital.
4 - Au niveau de la papille urinaire.
5 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum.
Source : MNHN, Paris
186
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
abondant. Les noyaux, situés dans le tiers basal des cellules, sont sphériques
et clairs, pourvus de 1 ou 2 gros nucléoles très apparents. De place en
place, on trouve des cellules claires, plus larges que les cellules muqueuses,
mais pourvues de noyaux identiques.
L’épithélium de la partie terminale de l’intestin est tout à fait sem¬
blable à celui qui a été décrit chez les Gekkonidés.
Les glandes cloacales se présentent sous la forme de tubes très ramifiés,
de diamètre variable, rassemblés en une grosse masse ventrale aplatie
et 2 petites masses latéro-dorsales. L’épithélium glandulaire, haut de
20 (x en moyenne, est formé de cellules prismatiques ressemblant à des
mucocytes, avec un noyau basal hémisphérique ou aplati et riche en chro¬
matine. La plupart des cellules sont presque entièrement dépourvues de
produit de sécrétion et, en dehors de quelques grains de glycogène, on ne
trouve que de rares et fines granulations cyanopliiles qui réagissent
légèrement à l’APS et au bleu alcian.
Crotaphytus collaris (1 femelle juste avant l’accouplement).
Le cloaque de cette espèce est très voisin de celui de Sceloporus gra-
ciosus. Toutefois, l'épithélium de la région dorsale de l’urodaeum est
nettement plus épais (100 à 130 u) et recouvert d’une couche de mucocytes
qui est en train de desquamer chez le sujet examiné. Il n’existe pas de
cryptes muqueuses à la base des replis. Comme dans l’espèce précédente,
la région ventrale de l’urodaeum, très longue, est tapissée d’un épithélium
identique à celui de la région dorsale, à peine moins haut et également
sujet à la desquamation de la couche de mucocytes superficiels.
Les glandes cloacales, tubuleuses ramifiées, sont réduites à une petite
masse ventrale. L’épithélium est composé de cellules prismatiques hautes
de 15 à 20 [x, à noyaux sphériques et clairs situés au tiers basal; la plupart
des cellules ne contiennent qu’une petite quantité de fines granulations
réagissant légèrement à l’APS et au bleu alcian, mais quelques-unes montrent,
à l’extrémité apicale, une petite masse de mucopolysaccharides acides.
Uma inornata (1 femelle juste après l’ovulation).
L'anatomie générale est analogue à celle de Sceloporus graciosus, mais
le tubercule génital, particulièrement gros, est situé en position ventro-
latérale. 11 existe une très petite vessie.
L’urodaeum est revêtu d’un épithélium stratifié, épais de 80 à 140 jx
où se différencient 2 zones bien distinctes : d’une part, une strate basale,
haute d’environ 40 |i, constituée de plusieurs assises de cellules prisma¬
tiques, à cytoplasme clair et noyau ovoïde peu chromophile, d’autre part
une strate sus-jacente d’épaisseur plus grande mais variable, composée
de cellules cubiques, à noyau aplati et sombre, dont le cytoplasme est
parsemé, en assez grande abondance, de grains de sécrétion réagissant
fortement à l’APS, moins au bleu alcian. Des cryptes muqueuses, peu
profondes, se différencient seulement au niveau des tubercules génitaux.
A partir de l’orifice de la vessie, la région anale est tapissée d’un épithélium
muqueux simple, haut de 35 ix en moyenne.
Les glandes cloacales sont tout à fait semblables à celles de Sceloporus
graciosus.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
187
Dipsosaurus dorsalis (1 femelle à un stade de faible activité sexuelle).
L’urodaeum est relativement long, nettement séparé en deux par
une cloison médio-dorsale, incomplète mais bien marquée, à laquelle sont
accolés les 2 tubercules génitaux. Il existe une ébauche de vessie.
Chez cet animal proche du repos sexuel, l’épithélium de revêtement
de l’urodaeum dorsal diffère évidemment de ceux qui viennent d’être
décrits (fig. 18). Haut de 40 u. en moyenne, il est constitué d’une couche
basale de cellules cubiques, à noyaux petits souvent ratatinés et riches
en chromatine et de 3 ou 4 couches de cellules légèrement prismatiques,
à gros noyaux ovoïdes et clairs, allongés dans le sens de la hauteur. Les
cytoplasmes sont clairs et ce n’est que dans la couche superficielle qu’appa¬
raissent, en petite quantité, des mu copolysaccharides acides. Dans la
moitié dorso-craniale de l’urodaeum, le fond des replis est tapissé de cryptes
muqueuses, parfois prolongées en glandes tubuleuses non ramifiées. Leur
épithélium, haut mais irrégulier (20 à 30 ja) est largement pseudo-stratifié.
La couche superficielle est formée de mucocytes prismatiques, hauts de
12 à 15 n, à noyaux basaux, la région supranucléaire étant remplie de
grosses granulations peu denses qui réagissent à l’APS et au bleu alcian.
Dans tout l’épithélium, les noyaux sont de taille et de forme très variées;
certains sont pycnotiques d’autres sphériques et clairs, d’autres très
allongés et plus ou moins riches en chromatine.
Les glandes cloacales sont réduites à 3 petites masses ventrales, consti¬
tuées de tubes ramifiés. Ceux-ci sont tapissés de cellules prismatiques,
de 15-20 (a X 6-7 ja, à noyaux basaux aplatis et chromophiles, sécrétant
en petite quantité de grosses granulations cyanophiles correspondant à
un mucopolysaccliaride acide. L’épithélium de revêtement s’aplatit par
places au point de devenir endothéliforme.
Phrynosoma m'calli (1 femelle au début de l’activité sexuelle).
Le proctodaeum est un peu moins court que chez Sceloporus graciosus,
sphérique et rétréci dans sa partie craniale. L’urodaeum est de grande
taille, extrêmement frangé, non bifide, avec petit tubercule génital latéral.
La vessie est simplement ébauchée.
L’épithélium malpighien kératinisé qui recouvre la moitié caudale
du proctodaeum est remplacé de façon assez brusque par un épithélium
muqueux analogue à celui de l’urodaeum, mais moins haut et peu frangé.
L’urodaeum de Phrynosoma m’calli présente un aspect caractéristique
(fig. 17). Il est presque entièrement rempli de longues et minces franges,
supportées par des expansions conjonctives ramifiées. L’épithélium est
constitué d’une ou deux assises de petites cellules basales cubiques, pauvres
en cytoplasmes, à petits noyaux irréguliers et chromophiles, recouvertes
d’une couche continue de mucocytes prismatiques, de 30 à 40 [a X 15 à 25 [a,
à noyaux basaux ovoïdes et clairs, sécrétant en abondance un mucopoly-
saccharide acide. Cette assise muqueuse existe seule à l’extrémité des
franges. Au fond des replis, des cryptes muqueuses plus ou moins profondes
se distinguent de l’épithélium qui vient d’être décrit par la moindre hauteur
des cellules et par la densité plus forte du produit de sécrétion. Dans la
zone médio-ventrale de l’urodaeum et dans la région anale, l’épithélium
de revêtement est moins haut et beaucoup moins frangé que dans les
parties dorsales et latérales de l’urodaeum.
Source : MNHN, Paris
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Les glandes cloacales, peu développées, se présentent sous la forme
d’une masse ventrale et de petits groupes dorsaux éparpillés. L’épithé¬
lium glandulaire, apparemment involué, est pseudo-stratifié. Les cellules
superficielles, de petite taille, contiennent souvent une flaque dense d’un
mucopolysaccharide acide.
Anolis stratulus (1 femelle peu après l’ovulation).
Les Anolis forment un groupe homogène de Lézards arboricoles et
capables de changer de couleur qui diffèrent par plusieurs points des
autres Iguanidés. C’est le cas en ce qui concerne la morphologie du cloaque
qui, chez les femelles, ressemble à celui des Caméléons. En effet, l’ensemble
du cloaque est particulièrement long. De plus, l’urodaeum est largement
bifide et envoie 2 prolongements latéro-dorsaux qui s’étendent, en avant,
jusque sous l’intestin. Le tube vaginal, très court, débouche près du fond
de ces diverticules, au sommet d’un petit tubercule génital peu saillant.
L’expansion utéro-vaginale est beaucoup moins marquée que chez les
autres Iguanidés étudiés ici. Les papilles urinaires sont grandes, mais peu
saillantes et situées en position latérale dans le tiers postérieur del’urodaeum.
La vessie est petite, mais très nette. Elle débouche dans la région anale,
très près de la partie terminale de l’intestin.
1 - Au niveau de l'intestin terminal et des petits tubercules génitaux. Ceux-ci sont
situés près de l’extrémité craniale du sinus génital qui est particulièrement long et
bifide.
2 - Au niveau de l’extrémité craniale du sphincter anal.
3 - Au niveau de la papille urinaire.
4 - Au niveau du tiers caudal du proctodaeum.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 189
Seules les lèvres du cloaque sont recouvertes par un épithélium mal¬
pighien kératinisé. La presque totalité du proctodaeum, la zone ventro-
médiane de l’urodaeum et la région anale sont tapissées d’un épithélium
muqueux stratifié, de dimensions assez variables. La couche basale est
constituée de petites cellules cubiques, à noyaux rabougris et chromo¬
philes, parfois même franchement pycnotiques. Il existe souvent une
couche intermédiaire de cellules plus ou moins prismatiques, à noyaux
ovoïdes assez clairs et dans le cytoplasme desquelles apparaissent de
fines granulations AFS positives. La couche superficielle est formée de
mucocytes prismatiques de hauteur variable, à noyaux basaux allongés
dans le sens de la hauteur et riches en chromatine. La région supranucléaire
des cellules est très étendue dans le fond des replis épithéliaux et entière¬
ment remplie de grosses granulations riches en un mucopolysaccharidc
acide; les mucocytes sont moins hauts et moins riches en produit de sécrétion
à l’extrémité des plis.
La plus grande partie de l’urodaeum est revêtue d’une muqueuse
malpighienne haute de 50 à 60 n, où l’on distingue 2 ou 3 couches basales
de cellules prismatiques à noyaux allongés dans le sens de la hauteur,
2 ou 3 couches de cellules cubiques à noyaux irréguliers et clairs et 5 à
6 couches de cellules pavimenteuses, de plus en plus aplaties au fur et à
mesure que l’on s’approche de la surface (fig. 16). Les noyaux prennent
progressivement la forme d’une galette et s'enrichissent légèrement en
chromatine mais, même dans la couche superficielle, ils ne sont pas pycno¬
tiques. Des nnicopolysaccharides acides apparaissent en quantité assez
importante dans les cellules de la moitié supérieure de l’épithélium, sans
que leur abondance croisse de façon spectaculaire en s’approchant de la
surface. Dans les deux tiers craniaux des diverticules latéro-dorsaux de
l’urodaeum, la muqueuse malpighienne est remplacée, au fond des plis,
par un épithélium simple formé de mucocytes prismatiques hauts de 15
à 20 [x, à noyaux basaux tantôt ovoïdes et clairs, tantôt allongés dans le
sens de la hauteur et plus ou moins riches en chromatine. Le produit de
sécrétion, qui réagit à l’APS et au bleu alcian, est abondant et remplit
toute la région supranucléaire. Dans le tiers cranial des diverticules, cet
épithélium recouvre pratiquement toute la surface, mais il ne forme jamais
de véritables cryptes.
Le tube vaginal est tapissé d’un épithélium simple, haut de 14 à 18 ja
dont le principal caractère est le grand développement des cellules muqueuses.
Au lieu d’être étirées entre les cellules ciliées, elles sont larges et prisma¬
tiques; leur noyau, basal, est irrégulier mais volumineux et clair. L'épi¬
thélium de la région utéro-vaginale est tout à fait semblable. Nous n’avons
pas trouvé, dans le chorion du tube vaginal, les réceptacles séminaux en
doigt de gant décrits par Fox (1963) chez Anolis rarolinensis. Notre spécimen
ne présentait d’ailleurs pas de spermatozoïdes dans les voies génitales.
L’uretère et l’intestin ne présentent pas de particularités notables
par rapport aux autres Iguanidés. La papille urinaire est tapissée intérieure¬
ment d’un épithélium stratifié, dont les couches basales ressemblent à
celles de la muqueuse malpighienne de l’urodaeum, mais sont surmontées
d’une seule assise de mucocytes superficiels ressemblant à ceux de l’uretère.
L’épithélium de la vessie est comparable à celui de la région anale; il n’y
apparaît pas de cellules ciliées et les cellules superficielles ne sont riches
en mucus que dans le fond des plis.
Source : MNHN, Paris
190
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Il n’y avait pas de glandes cloacales chez l’individu que nous avons
examiné.
Les hémipénis se présentent sous la forme d’une invagination de
l’épithélium qui recouvre les lèvres du cloaque. Ils sont tapissés d’une
muqueuse malpighienne haute de 25 à 30 p près de la racine, plus mince
à proximité du fond. Les couches superficielles, aplaties, contiennent
une quantité assez importante d’un mucopolysaccharide peu acide.
IGUANIDÆ MALES
Sceloporus graciosus (1 mâle en activité sexuelle).
La morphologie du cloaque est analogue à celle que nous avons
décrite chez d’autres Sauriens mâles et, du fait de la petite taille de l’uro-
daeum chez la femelle, le dimorphisme sexuel est assez peu marqué chez
Sceloporus graciosus. Le proctodaeum est long, étroit et circulaire dans
sa partie médiane, l’urodaeum peu profond, non bifide et pourvu d’un
petit tubercule urogénital latéro-dorsal. En avant de ce dernier, le cloaque
se poursuit en se rétrécissant progressivement. 11 n’y a pas de vessie.
La partie antérieure du proctodaeum est revêtue d’un épithélium
malpighien kératinisé, haut de 15 à 18 p. Tout le reste du cloaque est
tapissé d’un épithélium muqueux, haut de 18 à 20 p, constitué d’une à
deux assises de cellules basales de petite taille, surmontées d’une couche
de mucocytes prismatiques à noyaux ovoïdes plutôt basaux (fig. 10).
Seul, le quart apical de ces éléments est remplit d’un mucopolysaccharide
légèrement acide.
L’uretère est large et assez court, mais, dans la plus grande partie
de son trajet, il est tapissé d’un épithélium comparable à celui du segment
sexuel du rein, bien que moins haut. Ce n’est qu’à proximité de la papille
génito-urinaire qu’apparaissent les mucocytes classiques. Ce sont de
grandes cellules prismatiques et étroites, hautes de 15 à 20 p, à gros noyaux
ovoïdes basaux allongés dans le sens de la hauteur et seule l’extrémité
apicale est remplie d’un mucopolysaccharide acide.
Les glandes cloacales sont bien développées, sous forme d’une grosse
masse ventrale et de 4 petites glandes latérales en contact avec les précé¬
dentes. Les tubes glandulaires, très ramifiés, sont tapissés d’un épithélium
haut de 25 à 35 p, stratifié et constitué en majeure partie de petites cellules
polyédriques, à cytoplasme clair et noyaux irréguliers. On trouve, par
place, de petits groupes de mucocytes superficiels, à noyau basal ovoïde.
Ce type de glande, assez particulier, sera décrit plus en détail chez Ula
slansburiana. Il en est de même pour l’hémipénis qui n’a pas été coupé
chez Sceloporus graciosus.
Uta stansburiana (1 mâle en activité sexuelle).
A cela près que l’urodaeum est un peu plus large, le cloaque de Uta
stansburiana ressemble beaucoup à celui de Sceloporus graciosus.
Les glandes cloacales (fig. 52) entourent complètement le proctodaeum
dans sa partie postérieure, depuis la base des hémipénis, puis se continuent,
antérieurement, en une grosse masse ventrale, jusqu’au niveau de l’intestin!
Les tubes glandulaires, très ramifiés, ont un diamètre compris entre 100
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
191
et 200 n. Sur une membrane basale pourvue des affinités tinctoriales et
caractères histochimiques des fibres collagènes, repose un épithélium glan¬
dulaire stratifié, composé de 2 types cellulaires disposés de façon régulière.
Les parties basales de cet épithélium sont faites de cellules polyédriques,
mesurant en moyenne 12 p. de haut; les limites cellulaires sont très nettes
et les méthodes mises en œuvre dans ce travail ne montrent pas de cana-
licules intercellulaires. Chaque cellule est pourvue d’un noyau volumineux,
assez clair, le plus souvent central, avec un nucléole net. Les cytoplasmes
se présentent sous une forme réticulée ou franchement aréolaire; des
travées acidophiles séparent des « solutions de continuité » souvent régu¬
lièrement arrondies sur coupe, dont certaines sont remplies de flaques
d’un produit érythrophile. La partie basale de l’épithélium dont les carac¬
tères viennent d’être définis comporte, suivant les tubes et les niveaux
de coupe, 2 à 4 assises de cellules. Le produit de sécrétion, érythrophile, ne
réagit ni à l’APS ni au bleu alcian. La tétrazoréaction donne des résultats
faiblement positifs, la recherche des protides sulfhydrilés reste entièrement
négative, seules les travées cytoplasmiques étant mises en évidence.
La partie centrale de chaque tube est occupée par une seule rangée
de cellules prismatiques, à noyaux le plus souvent basaux, déformés et
assez riches en chromatine, les nucléoles étant peu nets. La majeure partie
du corps cellulaire est occupée par un produit de sécrétion cyanophile,
disposé en grains ou en mottes, entre lesquels on aperçoit de fines travées
cytoplasmiques. Les pôles apicaux de ces cellules sont souvent au contact
les uns des autres; ils ne portent aucune différenciation particulière et
la lumière des tubes glandulaires est le plus souvent virtuelle. Le produit
de sécrétion réagit fortement à l’APS, ne se colore pas par le bleu alcian
et ne donne pas la réaction métachromatique. La tétrazoréaction de
Danielli donne des résultats négatifs, la recherche des protides sulfhydrilés
des résultats faiblement positifs, diffus.
Le type morphologique assez particulier de ces glandes peut être
rapproché de celui de certaines glandes cutanées des Mammifères, désignées
par Schaffer (1927; 1940) sous le nom de glandes polyptyches composées.
La racine de l’hémipénis est recouverte par un épithélium pavimenteux
stratifié analogue à celui qui a été décrit chez Coleonyx variegatus. On
trouve, toutefois, de place en place, de grandes cellules piriformes qui
occupent toute la hauteur de l’épithélium. Les noyaux, ovoïdes et pauvres
en chromatine sont situés dans la région basale renflée, à cytoplasme
clair. La région apicale, allongée, de ces cellules, qui atteint la surface,
contient souvent une petite quantité de fines granulations cyanophiles,
réagissant à l’APS, mais non au bleu alcian et où la tétrazoréaction donne
des résultats négatifs.
Le corps de l’hémipénis représente un sac, à lumière assez large,
revêtu d’un épithélium très plissé, haut de 20 à 25 [x. Comme chez Xanlnsia
henshawi, on trouve au-dessus du stratum basale 2 types cellulaires, l’un
normal dont les noyaux s’aplatissent et qui finit en corneum mince, l’autre
formé de cellules polyédriques dont les noyaux restent sphériques et clairs
jusqu’en surface, puis se rétractent en même temps que se forment de
petites épines cornées assez irrégulières (fig. 121). Les caractères cytolo¬
giques et histochimiques de cet épithélium ne diffèrent pas de ceux qui
ont déjà été décrits et la desquamation semble peu active.
Source : MNHN, Paris
192
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Phrynosoma m'calli (1 mâle en activité sexuelle).
Alors que le cloaque de la femelle différait nettement de celui des
autres Iguanidés examinés, celui du mâle ne présente pas de caractères
particuliers.
Bien qu’un peu moins développées morphologiquement, les glandes
cloacales de Phrynosoma m’calli sont tout à fait comparables à celles de
Ula slansburiana.
Anolis cristatellus, A. evermanni et A. pulchellus (3 mâles en activité
sexuelle).
Contrairement aux femelles, la morphologie du cloaque des Anolis
mâles ne diffère pas de façon significative de celle des autres Iguanidcs
examinés ici. Il en est de même de son revêtement épithélial.
Les glandes cloacales sont constituées par 2 masses ovoïdes allongées,
allant de la racine des hémipénis à la région anale. Tout d’abord dorso-
latérale, dans la région postérieure, chaque glande devient latéro-ventrale
au niveau de l’urodaeum. Ses caractères histologiques sont identiques
à ceux qui ont été décrits chez Ula slansburiana, à ceci près que les cellules
muqueuses, centrales, sont un peu moins développées.
Les hémipénis sont de structure beaucoup plus classique que ceux
de Ula slansburiana. Chez ces trois mâles en activité sexuelle, l’épithélium
du corps de l’organe ne dépasse pas 10 à 15 g d’épaisseur. Il n’y a qu’un
seul type de cellules, mais la desquamation est très active et la lumière
assez large du corps de l’hémipénis est remplie de strates cornées concen¬
triques.
Chez les Iguanidés, l’examen des coupes correspondant à l’hémipénis
fait apparaître une pièce de soutien dont nous n’avons pas retrouvé l’équi¬
valent chez les représentants des autres familles de Lépidosauriens (flg. 231
à 126). Cette formation entoure, sur coupes transversales, la moitié latéro-
ventrale de l’hémipénis invaginé; elle s’étend sur un quart environ de sa
longueur dans le sens antéro-postérieur. Entourée d’un tissu conjonctif dense
dont la structure rappelle celle du péricliondre, chaque pièce est constituée
de grandes cellules, à noyaux le plus souvent centraux, clairs, les contours
étant soit réguliers, soit légèrement irréguliers. Les cytoplasmes paraissent
vides après mise en œuvre de la plupart des techniques; la réaction à
l’APS montre soit des granulations fines et très rares, soit une teinte diffuse
des corps cellulaires. Les limites de ces cellules sont des plus nettes et
l'aspect rappelle celui d’un tissu végétal. L'exploration méthodique des
lames montre, surtout dans les régions où les manipulations histologiques
ont amené un certain degré de rétractation, que chaque cellule est pourvue
d’une condensation ectoplasmique faisant paroi, si bien que le tissu de
soutien de l’hémipénis des Iguanidés pourrait correspondre à du tissu
chondroïde au sens de Schaffer (1930). Mais l’aspect de ce tissu n’est
pas uniforme et il existe des zones où l’existence d'une substance intercel¬
lulaire, riche en glucides APS-positifs et colorable par le bleu alcian est
certaine; ces zones correspondent donc à du cartilage à stroma capsulaire.
Des fibres collagènes peuvent exister au sein de la substance fondamentale
dans ce deuxième cas.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
193
AGAMIDÆ
AGAMIDÆ FEMELLES
Agama inermis (1 femelle au repos sexuel).
Le proctodaeum est large et relativement court, l'urodaeum large
et assez long, bifide seulement à son extrémité craniale où il se divise en
2 prolongements qui entourent un tubercule génital latéro-dorsal. L’uretère
débouche dans la partie caudale de l’urodaeum, au sommet d’une papille
assez grande et saillante située en position presque latérale. Au-delà du
cloaque, le tube vaginal s’élargit progressivement, mais il ne tend pas à
entourer l’intestin d’une poche aplatie comme chez les Iguanidés. Il
existe une très petite vessie.
A l’exception de l’extrémité postérieure du proctodaeum, revêtue
d’un épithélium malpighien classique, tout le cloaque est tapissé d’un
épithélium muqueux bistratifié, haut de 20 à 30 |x. La couche basale est
formée de cellules cubiques, à noyaux sphériques et clairs, la couche super¬
ficielle de cellules prismatiques, hautes et étroites, à noyaux ovoïdes pauvres
en chromatine, tantôt basaux et tantôt centraux. Seule l’extrémité apicale
de ces derniers éléments contient une petite quantité d’un mucopolysac-
charide acide.
Les glandes cloacales sont formées de nombreux tubes peu ou pas
ramifiés qui entourent complètement le proctodaeum, ceux de la région
ventrale étant situés un peu plus loin de l'orifice du cloaque que ceux de
la région dorsale. Le diamètre des tubes est compris entre 70 et 100 p. Ils
sont revêtus d’un épithélium pseudo-stratifié, haut de 15 à 20 n, constitué
de cellules nettement involuées, de taille et de forme très variables, à
noyaux irréguliers mais pauvres en chromatine. Le produit de sécrétion
est réduit à de très rares granulations cyanophiles réagissant à l'APS et
se colorant par le bleu alcian.
Galotes cristatellus (2 femelles en activité sexuelle).
Autant qu’on en puisse juger, les seules différences qui existent entre
le cloaque de cette espèce et celui d 'Agama inermis sont dues au stade
du cycle sexuel.
La plus grande partie du cloaque, du milieu du proctodaeum jusqu’au
sphincter anal inclus, est tapissée d’un épithélium muqueux bistratifié,
du même type que celui qui a été décrit chez Agama inermis, mais nette¬
ment plus développé (fig. 6 et 19). La couche basale est constituée de
cellules prismatiques, hautes de 10 |x en moyenne, à noyaux centraux
irréguliers mais clairs. De rares et fines granulations réagissant à l’APS
et au bleu alcian apparaissent quelquefois dans la région supranucléaire.
La couche superficielle est composée de grandes cellules prismatiques,
de 35 à 40 n x 6 |x, à noyaux basaux plus ou moins allongés dans le sens
de la hauteur et pauvres en chromatine. La moitié apicale de ces cellules
est pleine d’un mucus dense.
L’épithélium du tube vaginal est pseudo-stratifié et particulièrement
haut (30 |x en moyenne). Sa particularité essentielle est la présence, au-dessous
des noyaux ovoïdes et assez riches en chromatine des cellules muqueuses.
Source : MNHN, Paris
191
CLOAQUE
LES
•IDOSAURIENS
d’une vacuole optiquement vide, haute de 6 à 15 n et remplissant toute la
partie basale de la cellule. Les noyaux des cellules ciliées, plus gros et
clairs, sont toujours repoussés à proximité du pôle apical.
L’uretère, assez court, est revêtu d’une couche de mucocytes pris¬
matiques, hauts de 15 à 20 n, à noyaux basaux sphériques ou ovoïdes et
clairs, le tiers ou la moitié apicale des cellules étant remplis d’un muco-
polysaccharide acide en masses denses.
La morphologie des glandes cloacales est comparable à celle qui a
été décrite chez Agama inermis, mais elles se trouvent visiblement à un
stade de beaucoup plus grande activité fonctionnelle (fig. 6). L’épithélium,
haut de 25 à 35 n, est simple. On y reconnaît 2 types de cellules, proba¬
blement à des stades divers du cycle sécréteur. Les unes sont souvent
très larges (jusqu’à 18 n), avec des noyaux basaux en forme de galette
mais assez pauvres en chromatine; entre de fines travées cytoplasmiques
espacées, on ne distingue que de rares grains de sécrétion réagissant à
l’APS et surtout au bleu alcian. Les autres sont très étroites, parfois fili¬
formes, à noyaux basaux ratatinés et chromophiles; le cytoplasme est
toujours plus dense que dans les cellules précédentes et, dans beaucoup
de cas, tout le corps cellulaire est rempli de granulations cyanophiles
réagissant fortement à l’APS, moins au bleu alcian.
AGAMIDÆ MALES
Agama bibroni (1 mâle au repos sexuel).
L’anatomie du cloaque du mâle, chez Agama bibroni, ne diffère que
peu de celle qui a été décrite chez les Iguanidés du même sexe. Le procto-
daeum est court et aplati transversalement, l’urodaeum large mais non
bifide, chaque tubercule uro-génital étant en position latéro-dorsale. La vessie,
petite mais bien marquée, débouche dans le cloaque au niveau du sphincter
anal, donc en position plus antérieure que chez la majorité des Lézards.
Tout le proctodaeum est revêtu d’un épithélium malpighien kérati-
nisé, haut de 40 à 50 |z. Le reste du cloaque est tapissé d’un épithélium
muqueux bistratiüé, haut de 30 à 40 n, assez semblable à celui qui a été
décrit chez les femelles de Calotes cristalellus. L’épithélium de la vessie
est moins haut que celui de la région anale, la couche basale disparaît
progressivement tandis que des cellules ciliées, à gros noyaux centraux
et clairs, s’intercalent entre les cellules muqueuses, en nombre de plus
en plus grand au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’orifice.
Notre spécimen étant au repos sexuel, les segments sexuels du rein
ainsi que les canaux collecteurs sont muqueux. La partie de l’uretère qui
ne réagit pas aux hormones mâles est cependant reconnaissable, car les
mucines y sont beaucoup plus abondantes et remplissent toute la moitié
apicale des cellules. Celles-ci sont prismatiques, avec un noyau basal ovoïde,
légèrement allongé dans le sens de la hauteur et modérément riche en
chromatine.
Les glandes cloacales sont constituées par une masse ventrale aplatie,
accolée au proctodaeum, et une masse dorsale, également aplatie, située
en position craniale par rapport à la précédente et dépassant légèrement
le niveau du tubercule génital. Toutes les deux sont formées de longs tubes
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 195
peu ramifiés, d’un diamètre variant de 80 à 130 n, débouchant dans le
proctodaeum par un petit nombre d’orifices étroits situés dans la région
caudale de chaque glande. Les cellules épithéliales, hautes de 20 jz environ,
sont prismatiques, avec de gros noyaux ovoïdes situés au tiers basal. Dans
le cytoplasme clair on distingue un petit nombre de granulations sphé¬
riques, cyanopliiles et réagissant à l’APS, mais non au bleu alcian, qui
s’accumulent à l’extrémité apicale de la cellule en une masse dense.
L’hémipénis étant nettement involué, il est difficile de le comparer
à celui des autres Lézards. On distingue, dans le corps de l’organe, des
plis profonds et réguliers, tapissés d’un épithélium simple ou bistratifié
et la lumière est virtuelle, comme chez les femelles.
Amphibolurus reticulatus (1 mâle au début de l’activité sexuelle).
Le proctodaeum est plus long et étroit que chez Agama bibroni. L'uro-
daeum est également moins large. La vessie n’est qu’ébauchée et débouche
à l’emplacement habituel, en arrière du sphincter anal.
Seule, la partie caudale du proctodaeum est revêtue d’un épithélium
malpighien kératinisé. Tout le reste du cloaque est tapissé d’un épithélium
muqueux bistratifié, tout à fait comparable à celui de l’espèce précédente.
Il en est de même en ce qui concerne les glandes cloacales.
Notre spécimen étant au début de l’activité sexuelle, le segment sexuel
du rein et les canaux collecteurs sont déjà différencies et seule la partie
toute terminale de l'uretère est muqueuse. Les hémipénis, eux aussi,
commencent à s’hypertrophier. Les plis du corps de l’organe se développent,
une fine lumière apparaît entre eux. Dans l’épithélium de revêtement,
on peut distinguer les couches correspondant à celles de l’épiderme et
un mince slralum corneum apparaît par endroit.
CHAMAELEONIDÆ
CHAMAELEONIDÆ FEMELLES
Chamaeleo lateralis (3 femelles à des stades divers de l’activité sexuelle).
Le cloaque des Caméléons femelles est caractérisé par la longueur
inusitée de la partie dorsale de l’urodaeum qui est largement bifide dans
sa moitié craniale. Le tubercule génital, en position dorsale, débouche
près du fond de chacun des diverticules de l’urodaeum, très en avant du
niveau du sphincter anal. Le tube vaginal s’élargit légèrement à peu de
distance du cloaque, mais la vaste, poche aplatie, entourant l’intestin,
que nous avons décrite chez les Iguanidés, n’existe pas. Chaque uretère
débouche, par un orifice assez large mais peu saillant, à la partie caudale
de l’urodaeum, par conséquent à une assez grande distance du tubercule
génital. La vessie est très petite.
Le proctodaeum n’est revêtu d’un épithélium malpighien kératinisé
que dans sa partie caudale. Tout le reste du cloaque est tapissé d’un épi¬
thélium stratifié, haut de 30 à 50 |z, composé d’une ou deux couches basales
de cellules pauvres en cytoplasme, à noyaux ovoïdes et clairs, surmontées
de 2 à 3 couches de cellules cubiques, à petits noyaux sphériques ou
Source : MNHN, Paris
196
CLOAQUE CHEZ LES LEPIDAUSORIENS
irréguliers, souvent riches en chromatine. L’apex de chacune de ces der¬
nières cellules est rempli d’une petite masse, généralement hémisphérique
et du diamètre approximatif du noyau, d'un mucopolysaccharide acide.
L’épithélium du tube vaginal, dont la hauteur varie avec le stade
du cycle sexuel, comporte les habituelles cellules ciliées et muqueuses.
Mais, dans une courte zone proche de l’orifice génital, de longs tubes en
doigt de gant s’enfoncent dans le chorion (fig. 30). Leur revêtement est
tout d’abord identique à celui du tube vaginal puis, dans la moitié borgne,
ils sont tapissés de cellules cubiques, à cytoplasmes clairs et noyaux irré¬
guliers pauvres en chromatine. Ces tubes contiennent des spermatozoïdes,
même chez les femelles séparées des mâles et qui ont donné entre temps
plusieurs pontes fécondes; ils jouent donc le rôle de réceptacles séminaux
(Saint-Girons, 1962).
L’uretère, assez long, est recouvert d’un épithélium simple, formé
de cellules prismatiques très hautes et étroites (25 à 30 p x 3 à 4 p), avec
un noyau basal très allongé dans le sens de la hauteur et modérément
riche en chromatine. Toute la région supranucléaire est remplie de fines
granulations, assez peu denses, réagissant à l’APS et au bleu alcian.
La petite vessie est revêtue d’un épithélium bistratifié près de l’orifice,
puis simple, composé de cellules ciliées et de cellules muqueuses.
Les glandes cloacales, tubuleuses ramifiées, entourent presque complè¬
tement le proctodaeum dans sa partie moyenne et sont très peu déve¬
loppées. L'épithélium glandulaire, haut de 18 à 20 p, est composé d’une
seule couche de cellules prismatiques, à petits noyaux basaux modérément
riches en chromatine. En règle générale, les cytoplasmes ne contiennent
que de rares granulations réagissant à l'APS mais ne se colorant pas par
le bleu alcian; toutefois, un bon nombre de cellules, irrégulièrement
réparties, sont pleines de grains de sécrétion.
Vue du cloaque, après une section effectuée selon un plan sagittal.
Remarquer l'orifice de l'uretère et l’absence de papille urinaire.
La morphologie de l’urodaeum dorsal est tout à fait semblable à celle que présente
cette région chez Anolis slralulns.
Source : MNHN, Paris
HUBERT SAINT-GIRONS
197
MANFRED GABE ET
Chamaeleo basiliscus (1 femelle en activité sexuelle).
Anatomiquement, le cloaque de cette espèce est identique à celui
de la précédente. Par contre, peut-être en raison d’un stade différent du
cycle sexuel, il existe de notables différences histologiques.
Vers le tiers moyen du proctodaeum, l’épithélium malpighien kéra-
tinisé est remplacé par une muqueuse malpighienne, de même hauteur,
dont les couches superficielles contiennent une quantité notable d’un
mucopolysaccharide acide. Dans toute la région dorsale de l’urodaeum,
l’épithélium est beaucoup plus haut que chez Chamaeleo laleralis et atteint
300 |x par endroit (fig. 20 et 21). Au-dessus de 2 couches basales de cellules
légèrement prismatiques, pauvres en cytoplasme, à noyaux ovoïdes et
clairs, on trouve de 10 à 20 couches de cellules polyédriques dont la taille
peut atteindre 20 u dans la moitié supérieure de l’épithélium et dont
l'aspect rappelle celui d’un parenchyme végétal. Dans les couches inférieures,
dont les noyaux basaux sont irréguliers mais encore clairs, chaque cellule
contient une ou plusieurs vacuoles ovoïdes, de 2 à 6 n de grand diamètre,
pleines d’un produit de sécrétion orangéopliile et homogène, ne réagissant
ni à l’APS ni au bleu alcian. Dans les couches moyennes et supérieures,
la taille des vacuoles a tendance à diminuer, leurs bords deviennent irré¬
guliers et le produit de sécrétion est érytlirophile et non homogène. Dans
la partie supérieure de l’épithélium, les noyaux sont devenus ratatinés
et souvent pycnotiques; d’autre part, des quantités notables d’un mucus
acide apparaissent dans la moitié apicale des cellules. Dans la couche
toute superficielle, on retrouve, à côté du produit érythropliile. des vacuoles
orangéopliiles analogues à celles qui ont été décrites dans les premières
assises de cellules polyédriques.
Les glandes cloacales ne sont pas plus développées que chez Chamaeleo
laleralis, mais le produit de sécrétion est beaucoup plus abondant dans
les cellules épithéliales, sous forme de très grosses granulations cyanophiles
qui réagissent fortement à l’APS mais ne se colorent toujours pas par le
bleu alcian.
CHAMAELEONIDÆ MALES
Chamaeleo lateralis (1 mâle en activité sexuelle).
Chez cette espèce, le cloaque des mâles diffère nettement de celui de
la plupart des autres Lézards. Le proctodaeum est long, souvent replié
en S, l’urodaeum allongé et largement bifide dans sa partie dorso-craniale ;
toutefois, ces 2 diverticules sont de dimension plus réduite que chez les
femelles. Les papilles uro-génitales sont situées à la partie postérieure de
l’urodaeum, en position dorsale. La vessie est franchement atrophiée.
Le proctodaeum est presque tout entier revêtu d’un épithélium mal¬
pighien kératinisé. Tout le reste du cloaque est tapissé d’un épithélium
stratifié très semblable à celui qui a été décrit chez les femelles. Cependant,
l’accumulation de mucopolysaccharides acides est faible dans les couches
moyennes de l’épithélium, tandis que l’apex des cellules de la couche
superficielle en est riche.
Mémoires i.u Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII. 14
Source : MNHN, Paris
198
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
La partie craniale de l’uretère présente la même structure que le segment
sexuel du rein, mais toute la partie caudale, à partir des enveloppes du
cloaque, est muqueuse. L’épithélium est simple, formé de cellules pris¬
matiques de 22 à 26 (x de haut, à noyaux basaux ovoïdes et relativement
riches en chromatine. Il existe souvent une petite vacuole supranucléaire
et le tiers apical de la cellule est rempli d’un mucopolysaccharide acide
très dense.
Les glandes cloacales ont la même situation et la même forme que
chez les femelles, mais elles sont un peu plus développées et surtout le
produit de sécrétion y est beaucoup plus abondant. En effet, le quart apical
de toutes les cellules épithéliales est rempli de grosses granulations non
confluentes qui réagissent à l’APS mais ne se colorent pas par le bleu
alcian. Le noyau, basal, est ovoïde, turgescent et clair.
Le corps de l’hémipénis est revêtu d’un épithélium pavimenteux
stratifié, haut de 30 à 35 n, qui ne difîère pas de celui de la racine et est
recouvert d’un corneum mince.
Brookesia spectrum (1 mâle en activité sexuelle).
Chez cette espèce, la forme du cloaque des mâles se rapproche plus
de celle qui a été décrite chez les Agamidés. Le proctodaeum et l’urodaeum
sont encore assez longs, mais ce dernier n'est presque pas bifide et les
papilles uro-génitales, saillantes, sont proches de son extrémité craniale.
Il existe une très petite vessie, débouchant à l’extrémité antérieure ,du
sphincter anal.
A l’exception de la partie toute postérieure du proctodaeum, le cloaque
est revêtu d’un épithélium muqueux, haut de 18 à 25 n, composé de 3 couches
de cellules cubiques, à noyaux ovoïdes souvent irréguliers (fig. 43). Des
mucopolysaccharides acides sont relativement abondants dans les 2 couches
superficielles, sous forme de flaques apicales d’une dimension comparable
à celle des noyaux.
La vessie est tapissée d’un épithélium simple ou pseudo-stratifié,
haut de 15 à 20 n, composé en majeure partie de cellules ciliées entré
lesquelles on rencontre quelques mucocytes prismatiques.
Bien que l’animal examiné soit en activité sexuelle, les glandes cloacales
sont peu développées (fig. 43). Elles sont constituées par des tubes peu
ramifiés, assez régulièrement circulaires et d’un diamètre de 50 à 60 |x.
L’épithélium glandulaire est formé d’éléments prismatiques hauts de 18
à 20 (x, à petit noyaux basaux, hémisphériques ou aplatis et riches en
chromatine, tout le reste de la cellule étant rempli de grosses granulations
qui réagissent fortement à l’APS et au bleu alcian. La tétrazoréaction
de Danielli et la recherche des protides sulfhydrilés, avec ou sans réduction
y donnent des résultats entièrement négatifs.
Source : MNHN, Paris
SCINCOMORPHA
L’infra-ordre des Scincomorpha est divisé en deux super-familles.
La première, celle des Scincoidea, est représentée par les nombreux Scin-
cidés que l’on trouve dans toutes les régions du globe à l’exception des
zones froides et par 3 petites familles de Lézards vermiformes et fouisseurs,
les Feylinidés d’Afrique centrale, les Dibamidés d’Asie du Sud-Est et les
Anelytropsidés d’Amérique centrale.
La super-famille des Lacertoidea comprend les Lacertidés de l’Ancien
Monde, les Teidés qui les remplacent dans le Nouveau Monde et 2 petites
familles d’Afrique du Sud, les Cordylidés et les Gerrhosauridés.
SCINCIDÆ
SCINCIDÆ FEMELLES
Chaîcides mionecton (1 femelle peu après l’accouplement).
Anatomiquement, le cloaque de Chaîcides mionecton est du type
classique, avec un proctodaeum assez long, un urodaeum modérément
profond et non bifide. Les 2 tubercules génitaux, saillants, sont en posi¬
tion dorso-Iatérale, au niveau de l’extrémité postérieure du sphincter anal;
l’uretère débouche à leur base. La vessie est bien développée, le tube vaginal
analogue à celui qui a été décrit chez les Gekkonidés.
Un épithélium malpighien kératinisé, du type habituel, recouvre la
partie caudale du proctodaeum. Il est assez vite remplacé par un épi¬
thélium muqueux stratifié d’épaisseur assez variable (30 à 50 [*), constitué
par 3 à 6 assises basales de petites cellules ne contenant pas de mucopo-
lysaccharides et par une couche superficielle de gros mucocytes prisma¬
tiques, hauts de 20 |x en moyenne, à noyaux basaux très aplatis et riches
en chromatine (fig. 22). La partie ventrale de l’urodaeum et la région anale
sont revêtues d’un épithélium du même type, mais moins haut et ne
comprenant, sous la couche de mucocytes superficiels, qu’une à 3 assises
de petites cellules cubiques.
Dans la partie dorsale de l’urodaeum, l’épithélium s’épaissit très
notablement et atteint 60 à 80 1 1. Au-dessus des couches basales, composées
d’éléments prismatiques ou cubiques pauvres en cytoplasme, les cellules
des couches intermédiaires sont polyédriques et nettement plus grandes;
des mucopolysaccharides acides y font leur apparition en petite quantité.
Source : MNHN, Paris
200
CLOAQUE CHEZ 1.ES LEPIDOSAURIENS
Les mucocytes superficiels ne dépassent pas 15 |x de hauteur, mais sont
beaucoup plus larges et manquent par place, sans que nous ayons vu
d’images nettes de desquamation.
Les longues franges du tube vaginal, à axe conjonctif central, sont
tapissées d’un épithélium simple, composé surtout de grandes cellules
ciliées, hautes de 12 à 15 [i et larges de 4 à 5 fx. Les noyaux, ovoïdes, sont
légèrement allongés dans le sens de la hauteur; ils remplissent la moitié
basale du corps cellulaire, la moitié apicale étant claire. Les cellules
muqueuses sont beaucoup moins hautes que les précédentes (6 à 10 jx),
si bien qu’à leur niveau la surface de l'épithélium dessine des plis rentrants
très nets; les noyaux sont basaux, ratatinés et chromophiles, toute la
région supranucléaire étant remplie d’un mucus dense. Les spermatozoïdes
sont abondants dans la lumière et surtout au fond des replis de l’épi¬
thélium. Ils se tiennent en majorité à la partie antérieure du tube vaginal
proprement dit et à la partie postérieure de la région utéro-vaginale légè¬
rement élargie et aplatie.
L’uretère, assez court, est revêtu d’un épithélium simple, formé de
cellules prismatiques hautes de 24 à 28 [x. Les noyaux, ovoïdes ou irré¬
guliers, sont riches en chromatine et situés assez loin de la basale. Dans
beaucoup d’éléments, il existe une vacuole placée soit au-dessus, soit
au-dessous du noyau. La moitié apicale des cellules contient de nombreuses
granulations cyanophiles qui réagissent fortement à l’APS et retiennent
le bleu alcian.
La vessie est tapissée d’un épithélium bistratilié, haut de 18 à 20 ;x.
Les cellules muqueuses, abondantes près de l’orifice, sont en grande partie
remplacées plus loin par des cellules ciliées moins hautes dont les gros
noyaux ovoïdes ou sphériques sont clairs et situés plus loin de la basale.
Les glandes cloacales se présentent sous la forme de longs tubes peu
ramifiés, éparpillés tout autour du proctodaeum, plus proches de l’orifice
du cloaque dans la région ventrale que dans la région dorsale. L’épithélium
glandulaire est constitué de cellules prismatiques hautes de 15 à 20 [x, à
noyaux basaux plus ou moins aplatis et irréguliers, riches en chromatine.
Toute la région supranucléaire est remplie de grosses granulations serrées
qui réagissent fortement à l’APS et se colorent par le bleu alcian.
Scincus officinalis (1 femelle au repos sexuel).
Anatomiquement, le cloaque de Scincus of[icinalis est très voisin de
celui de Chalcides mioneclon. Il existe des différences histologiques, dues
vraisemblablement à ce que l’animal se trouve à un autre stade de son
cycle sexuel.
La muqueuse malpighienne qui recouvre la plus grande partie du
proctodaeum est tout à fait analogue à celle qui a été décrite chez l’espèce
précédente, mais l’épithélium urodéal est beaucoup moins haut. On y
retrouve la couche superficielle de mucocytes prismatiques; toutefois,
leurs noyaux sont ovoïdes et beaucoup moins riches en chromatine. De
plus, il n’y a qu’une ou 2 couches basales. Dans la vessie, les cellules
muqueuses sont aussi nombreuses que les cellules ciliées.
Les glandes cloacales sont du même type, mais nettement involuées
et le produit de sécrétion, doué de particularités histochimiques identiques,
est très peu abondant.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
201
SCINCIDÆ MALES
Lygosoma taeniolatum (1 mâle au début de l’activité sexuelle).
Comme chez tous les Scincidés mâles, le cloaque est nettement plus
petit que celui de la femelle. Le proctodaeum paraît proportionnellement plus
long, puisque l’urodaeum est nettement plus court et aplati. Le tubercule
uro-génital, dorso-caudal, est assez saillant. La vessie est bien développée.
Fig. IX. — Lygosoma taeniolatum, mâle. Coupes transversales.
1 - Au niveau des papilles uro-génitales coalescentes.
2 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum. Remarquer le grand développement
des glandes cloacalcs.
L’épithélium malpighien kératinisé, haut seulement de 16 à 18 p,
ne pénètre que très peu dans le proctodaeum. Tout le reste du cloaque
est recouvert d’un épithélium muqueux bistratifié, haut de 20 à 25 p,
formé d’une couche basale de petites cellules cubiques et d'une couche
superficielle de mucocytes prismatiques. Dans ces derniers, l’abondance
des grains de sécrétion, faible dans la partie moyenne du proctodaeum,
devient considérable dans l’urodaeum; il s’agit, comme toujours, de
mucopolysaccharides acides.
Il n’y a pas encore de spermatozoïdes dans le canal déférent. Dans
sa partie moyenne, celui-ci a un diamètre de 70 à 90 p et est revêtu d’un
épithélium simple, parfois pseudo-stratifié aux endroits où existent des
plis peu accentués et dépourvus d'axes conjonctifs. Les cellules sont plus
ou moins prismatiques, avec un cytoplasme clair et des noyaux proches
de la basale, ovoïdes, légèrement allongés dans le sens de la hauteur et
modérément riches en chromatine. Un peu avant d’arriver dans les enve¬
loppes du cloaque, le diamètre du canal déférent augmente, il atteint 250 p,
puis un maximum de 500 p. Dans un premier temps, l’épithélium se
déplisse et les cellules, hautes de 15 p en moyenne, sont régulièrement
prismatiques. Puis, des festons apparaissent, minces, allongés, dépourvus
d’axe conjonctif (fig. 44). A l’extrémité de ces saillies, les cellules ne sont
plus guère constituées que par un noyau légèrement ratatiné et très riche
en chromatine, mais nullement pyenotique. Elles se détachent en grand
nombre et on les trouve sous cette forme dans la lumière, au milieu des
grosses granulations APS positives sécrétées par l’épididyme.
Source : MNHN, Paris
202
CLOAQUE CHEZ LES LÉP1DOSAURIENS
L’uretère, légèrement moins court que chez les Gekkota, est en grande
partie tapissé d’un épithélium comparable à celui du segment sexuel du
rein, dont les cellules montrent de très grosses granulations érythrophiles
bien individualisées. Il s’élargit moins et plus tard que le canal déférent.
A ce niveau apparaît un épithélium simple ou pseudo-stratifié, haut de
18 à 24 n, constitué de cellules prismatiques dont le caractère principal
est la présence de très gros noyaux (8 à 10 jx x 4 à 5 n), allongés dans le
sens de la hauteur, très pauvres en chromatine et pourvus de 2 gros nucléoles
extrêmement nets. Les noyaux occupent le moitié basale de chaque cellule
et quelques fines granulations réagissant à l’AFS et retenant le bleu alcian
apparaissent à l’extrémité apicale. Les inucopolysaccharides restent rares
jusqu’au sommet de la papille uro-génitale, où commence l’épithélium
urodéal. Dans toute la partie caudale de l’uretère, la lumière est plus ou
moins remplie par les grosses granulations érythrophiles secrétées par le
segment sexuel.
L’épithélium de la vessie rappelle celui de la région ventrale de
l’urodaeum et, comme lui, est bistratifié. Mais on y rencontre, dès l’orifice,
des cellules ciliées en nombre égal à celui des cellules muqueuses. Ces der¬
nières restent grandes et entièrement remplies d’un produit de sécrétion
dense.
Le caractère le plus intéressant du cloaque des Scincidés mâles est
représenté par les glandes cloacales (fig. 53 et 54). Celles-ci sont extrêmement
développées — tout au moins chez les individus en activité sexuelle —
et forment une grosse masse ventrale et deux masses latérales.
La glande ventrale est composée de tubes plus ou moins aplatis et
très ramifiés dont le diamètre diminue vers le fond où la lumière devient
virtuelle. Ces tubes débouchent, par de rares orifices étroits, à la partie
ventro-caudale du proctodaeuin. L’épithélium glandulaire, haut de 25
à 30 (i, est régulièrement bistratifié. Les cellules de l’assise inférieure sont
cubiques et larges de 8 à 10 |i, avec des noyaux proches de la basale, très
irréguliers et riches en chromatine. Le cytoplasme est parsemé de fines
granulations sphériques qui réagissent modérément à l’APS et moins au
bleu alcian. La couche superficielle qui surmonte cellule pour cellule la
précédente, est un peu plus haute. Les noyaux ont disparu ou sont à un
stade très avancé de pycnose et toute la cellule est remplie de granulations
non tassées les unes contre les autres et pourvues des mêmes caractères
histochimiques que les précédentes. Dans la plupart des cas, la membrane
apicale reste bien visible et nous n’avons pas observé d’images de sécrétion
holocrine. Sans être rare, le produit de sécrétion n’encombre pas la lumière.
La tétrazoréaction de Danielli et la recherche des protides sulfhydrilés
sans réduction donnent des résultats faiblement positifs dans les travées
cytoplasmiques des cellules de la couche basale et entièrement négatifs
dans la couche superficielle. Par contre après réduction, les résultats positifs
de la méthode au ferricyanure ferrique dans les grains de sécrétion traduisent
la présence de groupements S-S.
Les 2 glandes latérales sont encore plus ramifiées et il se différencie
même un court canal excréteur qui débouche au fond d’un repli, à la face
latéro-postérieure du proctodaeum. Souvent circulaires, d’un diamètre
de 25 à 30 n seulement, ces tubes sont tapissés intérieurement d’un épi¬
thélium simple, haut de 10 à 12 n. Les cellules sont relativement étroites
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
203
et les noyaux, ovoïdes ou sphériques et d’assez grande taille, relativement
pauvres en chromatine et pourvus d’un gros nucléole très net, sont proches
les uns des autres. Us siègent dans la moitié basale de la cellule dont l’extré¬
mité apicale est remplie de granulations orangéophiles ne réagissant ni à
l’APS, ni au bleu alcian. La tétrazoréaction de Danielli y donne des
résultats faiblement positifs, alors que la recherche des protides sulfhy-
drilés est nettement positive, surtout après réduction.
Malgré l’hypertrophie sensible du segment sexuel du rein, les hémi¬
pénis semblent encore involués. L’épithélium du corps de l’organe, haut
de 15 à 20 n, est constitué d’une couche basale de cellules prismatiques,
d’une couche de cellules polyédriques, d’une couche de cellules plus ou
moins aplaties et d’un mince corneum superficiel où l’on distingue encore
les noyaux. La lumière centrale, assez large, est remplie d’une série d’assises
concentriques de cellules cornées dont les noyaux pycnotiques sont encore
visibles. Dans les replis, les 2 faces épithéliales sont accolées l’une à l’autre,
mais le slralum corneum subsiste.
Autres Scincidés mâles.
Chez les différents Scincidés mâles que nous avons examinés, seules
les glandes cloacales et. parfois, les hémipénis varient quelque peu et
méritent une nouvelle description.
Chez Leiolopisma zelandica, les glandes cloacales semblent à un stade
de moindre stimulation histologique. Dans la glande ventrale, la lumière
des tubes est large, la couche profonde de l’épithélium nettement invoîüée;
la couche superficielle est constituée de cellules prismatiques, à noyaux
basaux hémisphériques ou irréguliers, riches en chromatine mais non
pycnotiques. Toute la région supranucléaire est remplie de grosses granu¬
lations très denses qui présentent les caractères histochimiques des muco-
polysaccharides acides. Les glandes latérales donnent la même impression
de faible activité, les noyaux sont rabougris et pressés les uns contre les
autres et les grains de sécrétion orangéopliiles sont peu abondants.
L’hémipénis n’a pas été coupé.
Chez Leiolopisma rhomboidalis, la glande ventrale présente un aspect
un peu particulier. Il existe un tube collecteur court, les tubes glandulaires
sont relativement larges, avec une lumière bien marquée; l’épithélium,
simple, est constitué de cellules prismatiques hautes de 20 à 25 [*, à noyaux
basaux plus ou moins ratatinés et chromophiles. Tout le corps cellulaire
est rempli de petites mottes anguleuses, cyanophiles et réagissant très
fortement à l'APS, mais ne se colorant pas par le bleu alcian.
Chez l’individu que nous avons examiné, le corps de l’hémipénis est
fortement hypertrophié. L’épithélium, haut de 35 à 50 ix, diffère tout à fait
de celui qui a été décrit chez Lyqosoma laeniolala. La couche basale est
formée de grandes cellules cubiques ou prismatiques, pauvres en cyto¬
plasme mais pourvues de noyaux sphériques pouvant atteindre 10 n de
diamètre, ou ovoïdes et légèrement allongés dans le sens de la hauteur.
La chromatine y est abondante, sous forme de mottes assez grosses. Il
existe 2 ou 3 grands nucléoles. A ce slralum basale fait suite une couche
de cellules polyédriques, puis 2 couches de cellules légèrement aplaties.
Source : MNHN, Paris
204
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAUR1ENS
Les noyaux, ovoïdes, restent très gros, mais leur grand axe devient parallèle
à la surface de l’épithélium; la chromatine est moins abondante que dans
la couche basale et la taille des nucléoles augmente. Dans la couche sus-
jacente, certaines cellules s’aplatissent beaucoup et donnent naissance à
un corneum mince où l’on ne distingue pas de noyaux. Mais, dans la majo¬
rité des cas, les cellules fonL saillie à la surface de l’épithélium et achèvent
de se kératiniser sous la forme de polyèdres irréguliers dont les dimensions
varient de 8 à 12 jx. Contrairement à ce qui se passe chez d’autres espèces,
ces proéminences cornées ne semblent pas solidement fichées dans l’épi¬
thélium et desquament facilement. On en trouve un grand nombre dans
la lumière, à divers stades de dégénérescence. Par place, avec une abondance
extrêmement variable, on aperçoit de grandes cellules claires qui occupent
toute la hauteur de l’épithélium. Leurs noyaux, sphériques et centraux,
sont très pauvres en chromatine. 11 existe de nombreuses tonofibrilles et
des ponts intercellulaires.
Chez Scincus o/ficinalis, l’unique individu que nous ayons examiné
était au repos sexuel. Les glandes cloacales sont très profondément involuées.
Il semble, toutefois, que leur répartition soit notablement différente de celle
qui a été décrite chez les espèces précédentes. L’emplacement de la glande
ventrale n’est marqué que par de rares tubes isolés, alors que les 2 glandes
latérales sont encore bien individualisées.
FEYLINIDÆ
Feylinia currori (2 femelles en début d'activité sexuelle).
Le proctodaeum est assez long, I’urodaeum large et légèrement aplati,
non bifide, les 2 tubercules génitaux, assez volumineux, étant en position
dorso-latérale, au niveau de l’extrémité caudale du sphincter anal. Les
uretères débouchent à leur base, du côté caudal. La morphologie du tube
vaginal est très semblable à celle qui a été décrite chez les Scincidés. Le
tissu érectile est limité à 2 petites formations, latérales par rapport au
proctodaeum et proches des glandes cloacales. La vessie est bien développée.
Le tiers caudal du proctodaeum est recouvert d’un épithélium mal¬
pighien kératinisé, haut d’une quinzaine de n. Dans les deux tiers craniaux
l’épithélium devient muqueux. Haut de 20 à 25 n, il est constitué de 1 à
2 assises basales de petites cellules cubiques, à noyaux ratatinés et riches
en chromatine et d’une couche superficielle de gros mucocytes. Ces derniers,
cubiques et de grandes dimensions (10 à 12 ^), ont des noyaux basaux,
hémisphériques ou aplatis. Le cytoplasme est rempli de granulations
cyanophiles réagissant à l’APS et retenant le bleu alcian mais, chez un
individu, toute la région centrale ou apicale de la cellule est constituée
par une grosse sphère, atteignant 7 n de diamètre, où l’on trouve des granu¬
lations ne réagissant qu’à l’APS et qui ne sont plus cyanophiles mais
nettement orangéophiles. Il existe des images très nettes d’extrusion de
ces sphères dans la lumière où certaines d’entre elles sont encore bien
reconnaissables.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET
SAINT-GIRONS
205
La partie ventrale de l’urodaeum et la région anale sont revêtues
d’un épithélium tout à fait comparable à celui qui vient d’être décrit.
Toutefois, les masses sphériques chargées d'un produit de sécrétion oran-
géophile atteignent jusqu’à 15 n de diamètre.
Toute la partie dorsale, de l’urodaeum est tapissée d’un épithélium
stratifié, haut de 50 à 60 p. (fig. 23). Les 3 assises basales sont constituées
de très petites cellules cubiques ou légèrement prismatiques, à noyaux
irréguliers et modérément riches en chromatine. Après une seule couche
de cellules à des stades intermédiaires variés, où des mucopolysaccharides
acides apparaissent en masses denses, on trouve 1 à 3 assises de très
grandes cellules polyédriques dont le diamètre atteint fréquemment 15
Fig. X. — Feijlinia currori, femelle. Cotipcs transversales.
1 - Au niveau de la partie cranialc du sphincter anal et des tubercules génitaux peu
saillants. Remarquer le grand développement de l’urodacum dorsal, non bifide.
2 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum. Remarquer les glandes cloacales,
latérales et au nombre de 2 seulement.
à 18 ir. Les noyaux, situés au pôle basal, sont ratatinés ou pyenotiques;
les cytoplasmes apparaissent plus ou moins vacuolaires et l’abondance
du produit de sécrétion diminue au fur et à mesure que l’on se rapproche
de la couche superficielle. Les grosses masses sphériques, remplies d’un
produit orangéophile et réagissant à l’APS mais qui ne retient pas le bleu
alcian, sont relativement rares — alors qu’elles étaient très abondantes
dans le proctodaeum — mais on en trouve quelques unes en voie de
formation ou d’excrétion.
Dans les régions latérales et dorsales de l’urodaeum, le chorion est
occupé par des glandes tubuleuses profondes, mais assez peu ramifiées.
L’épithélium haut de 12 à 15 p, est constitué de cellules prismatiques, à
noyaux basaux hémisphériques ou légèrement aplatis et assez riches en
chromatine. Toute la région supranucléaire est remplie de grosses granu¬
lations irrégulières ou de petites mottes érytlirophiles qui réagissent légè¬
rement à l’APS, mais ne retiennent pas le bleu alcian. La tétrazoréaction
de Danielli y donne des résultats très faiblement positifs.
Source : MNHN, Paris
206
CLOAQUE CHEZ LES LEPIDOSAURIENS
L’uretère est relativement court car, comme chez les Scincidés, les
reins sont placés contre le cloaque. Il est tapissé d’un épithélium muqueux
simple, haut de 15 à 20 y.
Toute la vessie est revêtue d’un épithélium de hauteur variable,
constitué de cellules muqueuses prismatiques, souvent pseudo-stratifiées,
à noyaux ovoïdes proches de la basale. Les cellules ciliées sont très rares,
tout au moins dans la moitié postérieure de l’organe.
Il n’existe que 2 glandes cloacales, presque sphériques, situées laté¬
ralement par rapport au proctodaeum. Elles sont constituées de tubes
ramifiés, parfois aplatis, d’un diamètre moyen de 25 à 30 g. L’épithélium
glandulaire est formé de cellules prismatiques, hautes de 10 à 12 g, à noyaux
basaux aplatis et très riches en chromatine. Les cytoplasmes sont parsemés
d’une petite quantité de granulations que, parmi les techniques utilisées
ici, seule celle au bleu alcian met en évidence. Dans 20 pour cent des
cellules environ, une masse serrée de granulations denses, cyanophiles et
réagissant fortement à l’APS, mais retenant peu le bleu alcian, remplit
le tiers ou les deux tiers apicaux, parfois même toute la région supranucléaire.
Ce produit de sécrétion se retrouve dans la lumière des tubes, mais en
quantité modérée. La tétrazoréaction de Danielli y donne des résultats
positifs; il en est de même de la recherche des protides sulfhydrilés, surtout
après réduction.
Feylinia currori (2 mâles au repos sexuel).
Le cloaque des mâles est légèrement plus petit que celui des femelles,
mais il a la même morphologie générale. Le proctodaeum est assez court,
l’urodaeum plutôt large et profond, non bifide. Les 2 tubercules uro¬
génitaux, saillants, sont en position dorsale. La vessie est grande, le tissu
érectile qui entoure le proctodaeum plus développé que chez les femelles.
A l’exception de la partie caudale du proctodaeum, tout le cloaque
est revêtu d'un épithélium muqueux bistratifié, haut de 10 à 12 g seule¬
ment; la couche basale est constituée de petites cellules cubiques, à noyaux
irréguliers mais modérément riches en chromatine, la couche apicale par
des mucocytes hauts de 7 à 8 g, à noyaux basaux plus ou moins ovoïdes
et peu chromophiles.
Le canal déférent est nettement involué, son diamètre ne dépasse
pas 10 à 15 ix et, dans l’épithélium de revêtement, les noyaux sont tassés
les uns contre les autres. Chez ces animaux au repos sexuel, l’uretère est
comparable à celui des femelles.
Les glandes cloacales ont le même emplacement et la même structure
que chez les femelles, mais elles sont visiblement à un stade de moins
grande activité. Le diamètre des tubes est souvent inférieur à 20 g et la
lumière est presque toujours virtuelle. Les cellules glandulaires, hautes
de 8 à 10 g, contiennent en assez grande quantité des granulations qui
retiennent le bleu alcian et il s’y mêle des grains de sécrétion APS positifs.
On retrouve également les masses denses d’un produit de sécrétion cyano-
phile qui remplit plus ou moins complètement la région supranucléaire
d’un certain nombre de cellules.
Les hémipénis sont franchement involués; dans le corps de l’organe,
les 2 faces de l’épithélium sont en contact étroit et il n’y a pas de stratum
corneum.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
207
LACERTIDÆ
Lacerta muralis (2 femelles à la fin de l’activité sexuelle).
Le proctodaeum est long, replié en S à sa partie postérieure, l'urodaeum
profond et largement bifide. Chaque tube vaginal débouche à l’extrémité
craniale d’un des diverticules de l’urodaeum, si bien qu’il n’existe pas de
tubercule génital saillant. Le tube vaginal est court et, dès la sortie des
enveloppes du cloaque, s'élargit en une poche aplatie rappelant celle qui
a été décrite chez les Iguanidés, mais moins développée. L’uretère s’ouvre
à l’emplacement habituel, dans la région médio-dorsale de l’urodaeum,
au sommet d’un repli bien marqué. Le tissu érectile est réduit à 2 grands
lacs sanguins, ventro-latéraux par rapport à l’urodaeum. La vessie est
grande.
Vue du cloaque, après une section effectuée selon un plan sagittal.
Remarquer le grand développement de la région anale et de Turodaeum dorsal,
largement bifide, ainsi que l’absence de tubercule génital. Comme chez de nombreux
Iguanidés, mais à un moindre degré, la région utéro-vaginale de l'oviducte, aplatie,
entoure partiellement l’intestin terminal. Remarquer également la forme sinueuse du
proctodaeum.
Le proctodaeum est presque tout entier recouvert d’un épithélium
malpighien kératinisé, haut de 30 à 50 p. Celui-ci se transforme de façon
abrupte en un épithélium muqueux stratifié, haut de 15 à 20 p, qui, outre
l’extrémité craniale du proctodaeum, tapisse la face ventrale de l’urodaeum
et la région anale (fig. 7). On y reconnaît 1 ou 2 couches basales de cellules
cubiques, à gros noyaux ovoïdes et clairs et une couche superficielle de
cellules prismatiques, hautes de 10 p environ. La moitié basale de ces
éléments est occupée par un gros noyau ovoïde, légèrement allongé dans
le sens de la hauteur, la moitié apicale par une masse dense de granulations
cyanophiles, réagissant à l’APS et retenant le bleu alcian.
Source : MNHN, Paris
208
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Dans la partie dorsale de l’urodaeum, l’épithélium de revêtement
s'hypertrophie beaucoup, sa hauteur atteint 50 à 100 n et des traînées
de tissu conjonctif et des capillaires y dessinent des indentations (fig. 24).
Les nombreuses couches basales sont analogues à celles qui viennent d’être
décrites. Les couches moyennes sont constituées de cellules de plus en
plus grandes, à noyaux irréguliers mais pauvres en chromatine et des
mucopolysaccharides acides y font leur apparition sous forme de grains
de sécrétion sphériques et bien séparés. Ceux-ci se rassemblent en une
couche dense dans la moitié apicale des cellules de la couche superficielle
dont les noyaux restent ovoïdes et assez clairs.
L’uretère est extrêmement court. A l’intérieur de la papille urinaire,
il est revêtu d’un épithélium stratifié du même type que celui de l’uro-
daeum, bien que beaucoup moins haut, qui se poursuit jusqu’au niveau
des tubes collecteurs muqueux.
La vessie est tapissée d’un épithélium bistratifié, haut de 20 à 25 p,
la couche superficielle étant formée en nombre à peu près égal de cellules
ciliées et de cellules muqueuses, les unes et les autres prismatiques, à
noyaux basaux allongés dans le sens de la hauteur.
Les glandes cloacales affectent la forme d’un anneau assez large et
irrégulier, interrompu seulement à la face dorsale du proctodaeum et incliné
de telle sorte que la masse ventrale soit la plus éloignée de l’orifice du
cloaque. Les tubes glandulaires sont très ramifiés et d’un diamètre moyen
de 40 à 50 p. L'épithélium, haut de 12 à 15 p, est composé de 2 catégories
cellulaires bien distinctes et régulièrement alternées. La première corres¬
pond à de grands éléments ovoïdes qui sécrètent, en quantité modérée
et sous forme de gros grains ou de petites flaques, un produit de sécrétion
cyanophile réagissant à l’APS mais ne retenant pas le bleu alcian; la
tétrazoréaction de Danielli et la recherche des protides sulfhydrilés y donnent
des résultats entièrement négatifs. Le noyau est basal, sphérique, très
pauvre en chromatine et pourvu d’un gros nucléole. La seconde catégorie
est constituée par des cellules prismatiques, encastrées entre les précé¬
dentes qui les compriment fortement dans la région centrale. Le noyau,
basal, est ovoïde, allongé dans le sens de la hauteur, clair et également
pourvu d’un gros nucléole. Le produit de sécrétion est composé de granu¬
lations érythrophiles régulières, parfois rassemblées en un mince liséré
apical, parfois dispersées dans tout le corps cellulaire. Ces grains de sécrétion
ne réagissent pas à l’APS, ni ne se colorent par le bleu alcian; la tétra¬
zoréaction y donne des résultats fortement positifs, la recherche des protides
sulfhydrilés des résultats légèrement positifs sans réduction, nettement
positifs après réduction.
Lacerta muralis (2 mâles en activité sexuelle, 2 mâles au repos sexuel).
Comme chez les femelles, le proctodaeum est long et replié en S, mais
l’urodaeum est beaucoup plus étroit et non bifide. La papille uro-génitale
est petite et bien marquée.
Le proctodaeum est presque entièrement recouvert d’un épithélium
malpighien kératinisé. Chez tous les animaux examinés, le reste du cloaque
est tapissé par un épithélium muqueux stratifié, en tout point compa¬
rable à celui qui a été décrit dans la région ventrale de l’urodaeum des
femelles.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABF. ET HUBERT SAINT-GIRONS 209
Chez les mâles au repos sexuel, le diamètre du canal déférent est
voisin de 150 (i. L’épithélium, simple ou pseudo-stratifié, est haut de 20 à
25 (x et constitué de cellules prismatiques, à noyaux ovoïdes situés dans
le tiers basal. L’uretère est revêtu d’un épithélium muqueux, simple, entre
la base de la papille uro-génitale et les tubes collecteurs du rein.
Chez les mâles en activité sexuelle, le canal déférent n’est guère modifié
à proximité du cloaque; l’activité spermatogénétique est d’ailleurs presque
continue chez Lacerla muralis. Dans l’uretère, l’épithélium hypertrophié,
analogue à celui du segment sexuel du rein, rejoint pratiquement l’épi¬
thélium stratifié qui recouvre la face interne de la papille uro-génitale.
Les glandes cloacales sont extrêmement développées chez les mâles
en activité sexuelle et se présentent sous la forme de 2 masses ventrales
accolées et de 2 masses dorso-latérales, les unes et les autres s’étendant
jusqu’au niveau de l’intestin.
Les glandes ventrales, très ramifiées, sont constituées de tubes d'un
diamètre irrégulier, dans lesquels l’épithélium dessine de multiples saillies
supportées par un axe conjonctif. Les cellules glandulaires sont plus ou
moins prismatiques et hautes de 12 à 18 n, avec des noyaux basaux, sphé¬
riques ou légèrement aplatis, clairs et pourvus d’un gros nucléole. La
plupart des cellules sont entièrement dépourvues de produit de sécrétion
et on ne distingue qu’un fin réseau cytoplasmique, mais dans certaines
d’entre elles il existe quelques granulations cyanophiles, réagissant à l’APS
et retenant le bleu alcian, que l’on retrouve dans la lumière, en plus grande
abondance. Les caractères histochimiques de ce produit de sécrétion
correspondent à ceux des cellules muqueuses de la femelles. Par place, on
trouve contre la basale quelques éléments très pauvres en cytoplasme,
à noyaux ratatinés et chromophiles.
Les glandes dorsales ont une structure comparable, mais leur épi¬
thélium est pseudo-stratifié. On y rencontre, en surface, un grand nombre
d’éléments comparables aux cellules « séreuses » décrites chez les femelles,
mais nettement plus grands et beaucoup plus riches en grains de sécrétion.
Il existe également, dans la région basale, d’assez nombreuses cellules
plus petites, sphériques, à noyaux centraux irréguliers et modérément
riches en chromatine. La présence, au sein des cytoplasmes, de granu¬
lations cyanophiles réagissant à l'APS et se colorant par le bleu alcian.
conduit à penser qu’il s’agit de cellules de type muqueux, mais plus ou
moins involuées dans les glandes dorsales.
Chez les mâles au repos sexuel, la diminution du volume des glandes
cloacales est spectaculaire. Le diamètre des tubes diminue et les saillies
épithéliales s'effacent. Les 2 catégories cellulaires sont présentes dans l’une
et l’autre glande, en nombre à peu près égal. Elles sont constituées par
de petits éléments prismatiques ou cubiques, à noyaux irréguliers et souvent
riches en chromatine. La partie apicale de chaque cellule est remplie par
l’un ou l’autre type de grains de sécrétion dont les affinités tinctoriales
et les caractères histochimiques ont déjà été décrits.
Chez les mâles au repos sexuel, le corps de l’hémipénis est profon¬
dément involué. Dans les nombreux plis, les 2 faces sont intimement accolées,
il n’y a pas de stratum corneum, ni même de délimitation visible, l’ensemble
évoquant l’aspect d’un épithélium pavimenteux stratifié. Une lumière,
Source : MNHN, Paris
210
CLOAQUE CHEZ LES LEPIDOSAURIENS
bordée d’une très mince couche cornée, dans laquelle les noyaux demeurent
visibles, n’apparaît que dans la région centrale. La hauteur de l’épi¬
thélium y est voisine de 15 jx et l’aspect rappelle celui de l’épiderme banal.
Chez les mâles en activité sexuelle, la hauteur de l’épithélium du
corps de l’hémipénis atteint 50 n. Au-dessus d’une couche basale de cellules
prismatiques, à noyaux ovoïdes modérément riches en chromatine, on
trouve 3 assises de cellules cubiques dont les noyaux, sphériques, deviennent
de plus en plus gros et clairs. Tous ces éléments présentent des tonofi-
brilles et des ponts intercellulaires. Dans la couche superficielle, ces gros
noyaux, entourés d’une petite quantité de cytoplasme, s’avancent dans
la lumière, dessinant des saillies régulières et proches les unes des autres.
Dans des cônes bien formés on trouve des noyaux encore presque intacts,
d'autres à divers stades de pycnoses et les cellules se kératinisent. Ce mode
d’évolution semble constant et nous n’avons pas vu, comme chez d’autres
Reptiles, un certain nombre de cellules qui s’aplatissent et finissent par
donner une couche cornée, mince mais continue. La desquamation se fait
par couches, si bien qu’il existe souvent 2 séries successives de saillies
régulières, unies par leur base. Il y a peu de cellules claires dans l’épithélium
qui entoure la lumière principale, mais dans les plis elles sont abondantes,
au point d’entraver, parfois, le processus de kératinisation. Ce sont de
grands éléments prismatiques, occupant toute la hauteur de l’épithélium,
avec des noyaux ovoïdes et pauvres en chromatine, situés à des hauteurs
variables dans la moitié basale du corps cellulaire.
TEIDÆ
Cnemidophorus tigris (1 femelle au repos sexuel).
Comme chez Lacerla muralis, le proctodaeum est assez long et recourbé
en S. L’urodaeum est large et profond, incomplètement divisé en 2 par une
cloison médiane renflée, au milieu de laquelle s’allonge un muscle cir¬
culaire longitudinal. Un tubercule génital saillant se détache au fond de
chacun des 2 sillons ainsi formés, proche de l’extrémité craniale de l’uro¬
daeum, en position dorso-latérale. Contre l’extrémité caudale de l’urodaeum,
de part et d’autre de la cloison médiane, chaque uretère s’élargit à l’intérieur
de la papille urinaire, en une très grosse ampoule dont nous n’avons pas
trouvé l’équivalent chez les autres Sauriens. Il n’y a pas de tissu érectile
anatomiquement différencié et seulement des petits lacs sanguins épar¬
pillés. La morphologie de la région utéro-vaginale n’a pas été étudiée. La
vessie est présente, mais très peu développée.
Le proctodaeum n’est recouvert d’un épithélium malpighien kéra-
tinisé, haut de 20 à 25 |x, qu’à son extrémité caudale. Le reste du procto¬
daeum, ainsi que la partie ventrale de l’urodaeum et la région anale, sont
tapissés d’un épithélium muqueux bistratifié, haut de 15 jx environ. La
couche basale est formée de cellules prismatiques relativement grandes,
pourvues de noyaux centraux irréguliers mais clairs, légèrement allongés
dans le sens de la hauteur. Les cellules de la couche superficielle sont
cubiques, avec des noyaux basaux irréguliers et pauvres en chromatine
légèrement aplatis; des mucopolysaccharides acides n’existent, en petite
quantité, qu’à l’extrémité apicale du corps cellulaire.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
211
Dans la partie dorsale de l’urodaeum, l’épithélium de revêtement
atteint une hauteur de 20 p. Il existe 1 ou 2 couches de cellules basales,
à noyaux étirés dans le sens de la hauteur, 1 ou 2 couches d’éléments inter¬
médiaires, à noyaux sphériques plus ou moins plissés, et une couche super¬
ficielle très aplatie, à noyaux étirés parallèlement à la surface. Toutes les
cellules sont pauvres en cytoplasme et leurs noyaux apparaissent clairs,
avec de petites mottes de chromatine éparpillées. Des mucopolysaccharides
acides n’existent que dans la couche superficielle, où ils sont rares.
Pu
Fig. XII. — C.ncmidophorus tigris, femelle. Coupes transversales.
1 - Au niveau des tubercules génitaux. Remarquer le cloisonnement accentué, mais
incomplet, de la partie dorsale de l’urodaeum.
2 - Au niveau des papilles urinaires coalescentes. Remarquer la dilatation de l’uretère
à l'intérieur de chaque papille.
Des glandes tubuleuses, assez profondes mais peu ramifiées, d’un
diamètre de 40 à 50 p, s’enfoncent dans le chorion de la région dorso-
craniale de l’urodaeum. Elles sont tapissées intérieurement d’un épithélium
simple, haut de 8 à 10 p, formé de cellules prismatiques à noyaux basaux
de formes variées mais non ratatinés et pauvres en chromatine. La moitié
ou les deux tiers apicaux du corps cellulaire sont remplis de grosses granu¬
lations denses qui réagissent à l'APS et se colorent par le bleu alcian. L’aspect
de ces glandes et celui de l’épithélium urodéal évoquent un stade de faible
stimulation histologique.
Le tube vaginal présente l’aspect habituel. Son épithélium, haut de
8 à 10 p seulement, comprend de nombreuses cellules ciliées, peu déve¬
loppées et des cellules muqueuses franchement involuées et ne contenant
que très peu de mucopolysaccharides.
L’uretère est assez long et plus large que chez les autres Scincomorpha
examinés ici, car les reins sont en majeure partie situés en avant du cloaque.
Il est tapissé d’un épithélium simple, haut de 15 p en moyenne, où l’on
distingue à côté des mucocytes classiques de nombreuses cellules claires.
Source : MNHN, Paris
212
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Ce revêtement s’étend à toute la surface de l’ampoule située dans la papille
urinaire, à cela près que les cellules claires sont beaucoup moins nombreuses.
La vessie est réduite à une simple invagination de la partie ventro-
craniale de l’urodaeum, à proximité immédiate du sphincter anal, et son
revêtement épithélial est identique à celui qui a été décrit dans ces régions,
c’est-à-dire bistratifié, dépourvu de cellules ciliées et très pauvre en
mucopolysaccharides.
Les glandes cloacales (fig. 56) se présentent sous la forme d’une masse
aplatie située le long de la face ventrale de l’extrémité caudale du proc-
todaeum. D’un diamètre variant de 40 à 60 |x, les tubes qui les composent
sont longs et ramifiés. L’épithélium glandulaire, haut de 10 à 15 |x, est
formé de cellules de formes variables, prismatiques ou ovoïdes, pourvues
soit d’un noyau basal hémisphérique, soit d’un noyau ovoïde situé à des
hauteurs variables dans le corps cellulaire. Les cytoplasmes sont cyano-
philes et légèrement APS positifs. Certaines cellules sont entièrement
dépourvues de grains de sécrétion visibles, mais la plupart d’entre elles
contiennent, en abondance très variable, des granulations sphériques et bien
individualisées dont la taille va de la fine poussière aux gros grains de
plus d’un [x de diamètre. Ce produit de sécrétion est fortement érythrophile
et réagit vivement à l’APS, mais ne se colore pas par le bleu alcian. La
tétrazoréaction y donne des résultats nettement positifs (fig. 55).
Source : MNHN, Paris
ANGUIMORPHA
La systématique des familles étudiées dans ce chapitre est encore
sujette à discussions. Nous adopterons ici la classification de Mc Dowell
et Bogert (1954) qui réunissent dans l’infra-ordre des Anguimorpha
2 superfamilles autrefois totalement séparées : les Anguioidea et les
Varanoidea. La première comprend les Anguidés, souvent apodes mais
non fouisseurs, d’Amérique et des régions tempérées de l’Ancien Monde,
les Anniellidés, petites espèces aveugles et fouisseuses de Californie, et
les Xenosauridés dont les 2 genres, bien différents, se trouvent l’un au
Mexique et l’autre en Chine. La seconde groupe les Varans de l’Ancien
Monde, les Ilélodermes du Sud-Ouest de l’Amérique du Nord et le Lan-
ihonolus de Bornéo.
ANGUIDÆ
Ophisaurus koellikeri (2 femelles à un stade proche du repos sexuel).
Le proctodaeum est relativement court, l’urodaeum profond et large
non bifide. Le tubercule génital, petit mais net et saillant, est situé au
tiers rostral de l’urodaeum, en position ventro-latérale. La papille urinaire
est un peu plus grande et située au tiers postérieur de l’urodaeum, en
position dorso-latérale. Le tube vaginal est de structure classique. La
vessie est bien développée. Le tissu érectile, constitué par de longues lacunes
sanguines allongées, est situé au niveau de la partie caudale du proctodaeum
et en position ventro-latérale.
Un épithélium malpighien kératinisé, haut de 15 à 20 p seulement
mais de structure classique, recouvre le tiers caudal du proctodaeum. Il
se transforme très rapidement en un épithélium muqueux bistratifié, légè¬
rement plus haut, dont la couche superficielle est formée de cellules pris¬
matiques, à noyaux sphériques basaux, remplies d’un produit de sécrétion
qui réagit fortement à l’APS et se colore par le bleu alcian. Cet épithélium
tapisse la partie craniale du proctodaeum, la région ventrale de l’urodaeum
et la région anale.
La région dorsale de l'urodaeum est revêtue d’un épithélium du même
type que celui qui vient d’être décrit, mais plus haut (30 à 40 n); sous la
couche de mucocytes superficiels on trouve 2 à 3 assises de cellules cubiques,
pauvres en cytoplasme, à noyaux ovoïdes assez clairs.
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII. 15
Source : MNHN, Paris
214 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Des glandes urodéales tubuleuses, assez profondes mais peu ramifiées,
s’enfoncent dans le chorion de la moitié craniale de l’urodaeum dorsal.
D’un diamètre variant de 50 à 90 jx, elles sont apparemment plus ou moins
involuées et sont intérieurement recouvertes par des mucocytes prisma¬
tiques, hauts de 10 à 12 |x et pourvus de noyaux basaux, généralement
sphériques et pauvres en chromatine. Ces glandes n’ont pas de véritable
canal excréteur et ressemblent à de profondes invaginations de l’épithélium
urodéal.
Les reins sont situés en avant du cloaque et, de ce fait, l’uretère est
long. Plus ou moins aplati, il est recouvert d’un épithélium pseudo-
stratifié dont la hauteur atteint souvent 40 |x. Les noyaux, situés à des
hauteurs variables, sont ovoïdes, pauvres en chromatine et pourvus d’un
nucléole très net. Le produit de sécrétion est un mucopolysaccharide acide,
pas très abondant et non toujours rassemblé à l’extrémité apicale des
corps cellulaires. L’uretère s’élargit nettement à l’intérieur des enveloppes
du cloaque et son épithélium devient très semblable à celui qui a été décrit
pour la région ventrale de l’urodaeum, c’est-à-dire bistratifié, avec une
couche superficielle de gros mucocytes à noyaux basaux, toute la région
supranucléaire étant remplie d’un produit de sécrétion dense.
La vessie est tapissée d’un épithélium bistratifié, haut de 20 à 25 jx.
Dans la couche superficielle, on distingue des cellules muqueuses moins
riches en mucopolysaccharides que celles de la région anale, alternant
avec des cellules ciliées, ovoïdes, à gros noyaux sphériques et clairs.
Les glandes cloacalcs (fig. 50) sont nettement individualisées en 8 for¬
mations, dont 6 sont allongées sur la face ventrale du proctodaeum et
2 autres, plus courtes, se trouvent en position dorso-latérale. Il existe en
outre 4 petits amas glandulaires sur la face dorsale du proctodaeum. Chaque
glande est constituée d’un canal collecteur central qui envoie de nombreux
diverticules latéraux, l’ensemble affectant la forme d’une massue. De ce
fait, les tubes glandulaires sont relativement courts et de dimensions
variables. Les canaux excréteurs débouchent au tiers postérieur du
proctodaeum.
Dans la première partie de la glande, l’épithélium, haut de 12 à 15 jx
et souvent pseudo-stratifié, est composé de cellules à des stades très divers
de leur cycle sécrétoire. La forme de la cellule est très variable, tout comme
la taille et l’aspect des noyaux. Le seul caractère commun est la présence
de grains et de flaques, éparpillés en petite quantité ou rassemblés en une
masse compacte dans la région apicale. Ce produit de sécrétion est cyano-
phile, réagit fortement à l’APS et se colore par le bleu alcian; la tétrazo-
réaction, comme la recherche des protides sulfhydrilés, y donnent des
résultats entièrement négatifs.
La partie profonde de la glande, représentant environ les deux tiers
en longueur et les trois quarts en volume, est constituée de cellules toutes
différentes, régulièrement prismatiques et pourvues de noyaux sphériques
souvent centraux. Des grains de sécrétion, d’abondance et de taille très
variables mais dont la plupart dépasse 1 |x de diamètre, sont éparpillés
dans toute la cellule, même dans la région infranucléaire. Ces granulations
sont fortement érythrophiles, ne réagissent pas à l’APS et ne retiennent
pas le bleu alcian; la tétrazoréaction y donne des résultats fortement
positifs, la recherche des protides sulfhydrilés des résultats positifs seule-
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
215
ment après réduction. La membrane apicale des cellules est peu nette et
on a souvent l’impression que les grains de sécrétion passent librement
dans la lumière.
Les 2 catégories cellulaires coexistent naturellement dans une zone
plus ou moins étendue. Dans les glandes dorsales peu développées il n’y
a presque pas de cellules érythrophiles. On trouve de nombreux grains
de glycogène dans toutes les glandes cloacales.
Gerrhonotus multicarinatus (1 femelle au repos sexuel).
Anatomiquement, le cloaque de Gerrhonotus multicarinatus est tout
à fait comparable à celui de l’espèce précédente. Toutefois, les papilles
urinaires sont proportionnellement plus petites et les glandes cloacales
différemment réparties.
Fia. XIII. — Gerrhonotus multicarinatus, femelle. Coupes transversales.
1 - Au niveau du tube vaginal.
2 - Au niveau de l’intestin terminal et des tubercules génitaux. Remarquer le développe¬
ment du sinus génital, non bifide, et la position ventrale des tubercules génitaux.
3 - Au niveau des papilles urinaires et de la partie caudale de la région anale.
4 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum, qui, sinueux, se trouve partiel¬
lement recoupé à son extrémité caudale.
Source : MNHN, Paris
216
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
A l’épithélium kératinisé, identique à l’épiderme, qui recouvre les
lèvres du cloaque, fait suite sur la face postéro-ventrale du proctodaeum
et surtout dans les dépressions latéro-postérieures où un début d’invagi¬
nation correspond aux hémipénis des mâles, un épithélium pavimenteux
haut de 50 à 100 i*. Les cytoplasmes, peu abondants se chargent, au fur
et à mesure que l’on s’approche de la surface, d'une quantité croissante
d’un produit de sécrétion cyanophile qui réagit à l’APS mais ne se colore
pas par le bleu alcian. Dans le proctodaeum, la couche superficielle des¬
quame avant que les cellules ne se soient aplaties mais, dans l’invagination
correspondant à l’hémipénis, la couche superficielle reste plus longtemps
en place; toutefois, le processus de kératinisation n’atteint pas son terme
et l'aspect rappelle d’assez près celui des glandes anales des Serpents.
La majeure partie du proctodaeum, la région ventrale de l’urodaeum
et le sphincter anal sont revêtus d’un épithélium muqueux bistratifié,
haut de 20 à 30 ji, la couche superficielle étant constituée de gros mucocytes
prismatiques à noyaux basaux. Dans l’urodaeum dorsal (fig. 26), cet
épithélium devient beaucoup plus haut et légèrement festonné (50 à 70 n).
Entre l’assise basale et l’assise superficielle existent 2 ou 3 couches de
cellules pavimenteuses contenant une petite quantité de mucopolysaccharides
acides. Par place, certaines de ces cellules s’hypertrophient (leur diamètre
peut dépasser 25 n) et se vacuolisent.
Dans les deux tiers craniaux de l’urodaeum dorsal, de nombreuses
glandes tubuleuses, longues et ramifiées, pénètrent dans le chorion (fig. 26).
Leur diamètre est très variable; l’épithélium comprend une couche dis¬
continue de cellules basales aplaties et une couche régulière de mucocytes
prismatiques assez larges, à noyaux basaux hémisphériques. Toute, la
région supranucléaire de ces éléments est remplie par un mucopolysac-
charide acide beaucoup moins abondant que dans l’iirodaeum. Par place,
certaines cellules s’hypertrophient, comme dans l’épithélium urodéal.
La vessie est recouverte par un épithélium haut de 20 à 25 n où l’on
distingue, au-dessus d’une couche de cellules basales discontinue, de gros
mucocytes et des cellules ciliées, étirées entre les précédents et à noyaux
allongés dans le sens de la hauteur. Ces 2 éléments sont en nombre à peu
près égal.
Les glandes cloacales sont constituées par 2 grosses masses situées
contre la face latéro-dorsale de la partie toute postérieure du proctodaeum
et par 4 petites glandes ventrales, en position antérieure par rapport aux
précédentes. Chaque glande dorsale, à orifice unique, est formée de tubes
très ramifiés, de diamètre variable. L’épithélium, pseudo-stratifié, est haut
d’une vingtaine de \i. On y reconnaît des cellules prismatiques, à noyaux
ovoïdes basaux, sécrétant en petite quantité de fines granulations cvano-
philes qui réagissent à l’APS et retiennent le bleu alcian et des cellules
de forme identique mais dont le produit de sécrétion est constitué par de
grosses granulations sphériques, érythrophiles, ne réagissant pas à l’APS
et ne se colorant pas par le bleu alcian. Les cellules cyanophiles sont
beaucoup plus nombreuses.
Les glandes ventrales, bien plus petites, sont moins ramifiées. On
y retrouve les 2 types cellulaires déjà décrits mais, d'une part les produits
de sécrétion sont plus abondants que dans les glandes dorsales, d'autre
part les cellules érythrophiles dominent nettement. Leurs grosses granu¬
lations remplissent partiellement la lumière des tubes.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
217
ANNIELLIDÆ
Anniella pulchra (2 femelles au repos sexuel).
Le cloaque d 'Anniella pulchra est visiblement du même type que
celui des Anguidés, avec un urodaeum large mais non bifide. Toutefois,
les 2 tubercules génitaux ne sont plus en position ventro-latérale mais,
accolés, il forment une saillie allongée sur la face ventrale de la poche
dorso-craniale de l’urodaeum. La papille urinaire est petite, en position
dorso-latérale comme d’habitude. La vessie est bien développée, le tube
vaginal de structure classique.
Le proctodaeum n’est revêtu d’un épithélium malpighien kératinisé
que dans sa partie caudale. Tout le reste du cloaque est recouvert par un
épithélium muqueux bistratilié, haut de 15 à 18 ix. On y distingue une
couche basale de cellules cubiques, pauvres en cytoplasme, à noyaux plus
ou moins sphériques mais non turgescents, et une couche de mucocytes
superficiels, à noyaux hémisphériques basaux, toute la région supra-
nucléaire étant remplie d’un produit de sécrétion dense correspondant
à un mucopolysaccharide acide. Il n’y a pas de glandes urodéales.
Chez les animaux au repos sexuel que nous avons examinés, l’épithé¬
lium du tube vaginal est haut seulement de 8 à 10 jx. Les cellules muqueuses
sont tassées les unes contre les autres, avec des noyaux irréguliers et riches
en chromatine et les cellules ciliées sont très rares.
Les reins sont situés en avant du cloaque et l’uretère est long,
élargi dans sa partie postérieure. Il est tapissé d’un épithélium muqueux
simple, haut de 10 à 12 fx, constitué de cellules cubiques à gros noyaux
centraux et pauvres en chromatine. Seule l’extrémité toute apicale
des corps cellulaires contient une masse dense de mucopolysaccharides
acides.
Tout au moins dans sa partie caudale, la vessie est revêtue d’un épi¬
thélium bistratifié, haut de 15 à 20 jx. Les cellules de la couche superficielle,
constituée par moitié de cellules muqueuses et de cellules ciliées, sont à
peine plus hautes que les cellules de la couche basale. Dans l’ensemble,
tous les noyaux sont arrondis et assez pauvres en chromatine.
Les glandes cloacales, assez comparables à celles de Ophisaurus
koellikeri, sont constituées par 2 masses dorso-latérales et par 8 petites
glandes ventrales, situées un peu plus près de l'orifice du cloaque que les
précédentes. Les tubes glandulaires, profonds et ramifiés, se rattachent
à un canal collecteur central moins net que chez Ophisaurus. Leur lumière
est plutôt large et la hauteur de l’épithélium ne dépasse pas 12 à 16 jx. On
y trouve des cellules « séreuses », prismatiques et assez larges, pourvues
de granulations érythrophiles fines et peu denses, dont les noyaux pré¬
sentent des formes et des emplacements variés, ainsi que des cellules mu¬
queuses, beaucoup moins nombreuses, généralement encastrées entre les
précédentes, à noyaux riches en chromatine, allongés dans le sens de la
hauteur et parfois même presque filiforme. Le mucus élaboré correspond
à un mucopolysaccharide acide; dans les 2 catégories cellulaires, la tétrazo-
réaction et la recherche des protides sulfliydrilés donnent des résultats
négatifs.
Source : MNHN, Paris
218
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Anniella pulchra (1 mâle en fin d’activité sexuelle).
Le cloaque du mâle ne diffère pas essentiellement de celui de la femelle
et l’urodaeum est encore assez large et profond. Chaque tubercule uro¬
génital y fait saillie, en position dorso-latérale.
Le revêtement épithélial du cloaque du mâle est identique à celui de
la femelle.
Il existe de nombreux spermatozoïdes dans le canal déférent dont
l’épithélium est constitué de 2 couches de cellules cubiques, pauvres en
cytoplasme, à noyaux ovoïdes et chromophiles tassés les uns contre les
autres.
L’uretère, malgré sa longueur, n’est muqueux qu’à proximité immé¬
diate de la papille uro-génitale. Dans ses parties moyennes et craniales,
il est revêtu de grandes cellules prismatiques analogues à celles du segment
sexuel du rein.
Les glandes cloacales sont un peu plus développées que chez les femelles
au repos sexuel. L’épithélium des tubes glandulaires est haut de 15 à 20 a,
les cellules sont régulièrement prismatiques, avec des noyaux basaux*
hémisphériques ou plus ou moins aplatis et assez riches en chromatine. Dans
les 2 catégories cellulaires, le produit de sécrétion est nettement plus abon¬
dant que chez les femelles, mais la différence est surtout importante en
ce qui concerne les cellules muqueuses. A certains endroits, ces éléments
sont seuls représentés dans un tube et leur abondance est maximale dans
la partie craniale des glandes ventrales. Des images extrêmement nettes
de formes de transition entre cellules muqueuses et cellules « séreuses »
existent en de nombreux emplacements.
Le corps des hémipénis est constitué par un épithélium pavimenteux
haut de 24 à 28 jx. Jusqu’au voisinage de la surface, les noyaux sont gros,
turgescents, très pauvres en chromatine et pourvus de 2 nucléoles très
nets et ils sont encore reconnaissables dans le stratum corneum très mince.
La lumière, peu large, est remplie par 2 ou 3 couches concentriques dé
cellules cornées.
VARANIDÆ
Varanus griseus (1 femelle au repos sexuel).
Le proctodaeum est relativement court, l’urodaeum bifide mais pas
particulièrement grand, compte tenu de la taille de l’animal. Le tubercule
génital, saillant, est en position latérale et assez proche de l’extrémité
craniale des 2 poches urodéales. La papille urinaire est dorso-latérale et
située postérieurement par rapport à l’orifice génital. Le tube vaginal est
de structure classique. Il n’y a pas de vessie.
Seules les lèvres du proctodaeum sont revêtues d’un épithélium mal¬
pighien kératinisé. Tout le reste du cloaque est recouvert d’un épithélium
muqueux stratifié, haut de 40 à 50 |x (fig. 25). On y reconnaît 2 couches
basales de cellules légèrement prismatiques, à noyaux ovoïdes pauvres
en chromatine et une couche superficielle de mucocytes hauts de 25 |x en
moyenne, à noyaux basaux soit ovoïdes et clairs, soit très allongés dans
le sens de la hauteur et riches en chromatine. Toute la région supranucléaire
est remplie d’une masse dense d’un mucopolysaccharide acide.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
219
Des glandes urodéales pénètrent dans le chorion, tout autour de la
partie craniale de l’urodaeum dorsal (fig. 25). Elles correspondent appa-
ramment à de profondes invaginations ramifiées de l’épithélium urodéal
avec lequel elles sont en continuité. L’épithélium glandulaire, haut do
20 à 30 p, est constitué d’une couche basale de cellules cubiques, aux petits
noyaux ovoïdes relativement pauvres en chromatine et d’une couche de
grands mucocytes superficiels, qui semblent identiques à ceux de l’épi¬
thélium urodéal.
En raison d’un prélèvement défectueux, les glandes cloacales n’ont
pu être étudiées.
Varanus griseus (2 mâles au début de l’activité sexuelle).
Anatomiquement, le cloaque du mâle ne diffère de celui de la femelle
que par un urodaeum moins profond et non bifide. Le tubercule uro¬
génital, assez saillant, est en position dorso-latérale. Il n’y a pas de vessie.
Comme chez tous les Anguimorpha, les reins sont situés en avant du
cloaque.
L’épithélium malpighien kératinisé d’un type assez particulier (voir
p. 126) qui recouvre les lèvres du cloaque se transforme très vite en un épi¬
thélium muqueux stratifié qui tapisse tout le cloaque et est identique à
celui décrit chez la femelle.
Le canal déférent contient un bon nombre d’éléments abortifs de
la lignée séminale, mais il n’est pas dilaté. Il est tapissé d’un épithélium
pseudo-stratifié, haut de 20 à 25 p. Les noyaux, situés dans la région cen¬
trale ou basale de chaque cellule, sont irréguliers, généralement allongés
dans le sens de la hauteur et assez riches en chromatine. Dans la région
apicale apparaissent, en petite quantité, de fines granulations cyanophiles
qui réagissent à l’APS et se colorent faiblement par le bleu alcian.
L’uretère est long et revêtu d’un épithélium bistratifié, haut de 30 p
en moyenne. Les cellules de la couche basale sont cubiques, avec un noyau
irrégulier et assez riche en chromatine. La couche superficielle est formée
de mucocytes prismatiques, hauts de 20 à 25 p, dont les noyaux, basaux,
sont identiques à ceux des cellules sous-jacentes. Toute la région supra-
nucléaire est remplie d’une masse dense d’un mucopolysaccharide acide.
L’uretère s’élargit et s’aplatit à proximité de la papille uro-génitale, sans
que la nature de son revêtement épithélial change.
Les glandes cloacales (fig. 51), tubuleuses et très ramifiées, sont consti¬
tuées par 2 masses en forme de croissant, l'une ventrale, l’autre dorsale,
plus ou moins en contact latéralement. Chacune de ces formations comprend
plusieurs glandes mal individualisées dans leur partie profonde, mais dont
chacune est pourvue d’un canal collecteur beaucoup plus large que les
tubes glandulaires et d’un orifice excréteur. Les tubes glandulaires, dont
le diamètre varie de 50 à 90 p, sont tapissés d’un épithélium simple, formé
de grandes cellules plus ou moins prismatiques, de 15 à 20 p X 8 à 12 p,
à noyaux basaux ovoïdes ou aplatis, modérément riches en chromatine.
Tout le corps cellulaire contient de nombreux grains ou mottes d’un
produit de sécrétion cyanophile qui réagit fortement à l’APS et se colore
par le bleu alcian; la tétrazoréaction y donne des résultats entièrement
négatifs, la recherche des protides sulfhydrilés des résultats faiblement
positifs après réduction.
Source : MNHN, Paris
220
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
HELODERMATIDÆ
Heloderma suspectum (1 mâle au repos sexuel).
Anatomiquement, le cloaque de Heloderma suspeclum ressemble beau¬
coup à celui de Varanus griseus et il est également dépourvu de vessie.
On constate la même similitude en ce qui concerne les caractères histo¬
logiques et, à l’épithélium malpighien kératinisé des lèvres du cloaque,
fait suite un épithélium muqueux stratifié presque identique à celui qui
a été décrit chez Varanus griseus et simplement un peu moins haut.
On distingue 4 glandes cloacales tubuleuses, situées 2 par 2 en position
latéro-dorsale, plus 8 ou 10 glandes ventrales un peu plus massives que
les précédentes. Ces différentes formations sont mal individualisées en
dépit de la présence d’un canal collecteur dans chacune d’entre elles et,
de ce fait, leur nombre exact est dillicile à préciser.
Dans les parties moyennes et profondes des glandes ventrales, l’épi¬
thélium des tubes, haut de 15 à 20 n, est constitué d'une couche de cellules
prismatiques assez larges, à noyaux basaux aplatis et riches en chromatine.
De grosses granulations régulières et serrées, cyanophiles, réagissant for¬
tement à l’APS mais ne retenant pas le bleu alcian, remplissent toute la
région supranucléaire. La tétrazoréaction y donne des résultats entièrement
négatifs, la recherche des protides sulfhydrilés des résultats faiblement
positifs sans réduction et nettement positifs après réduction.
Dans les glandes latéro-dorsales et dans la partie antérieure des glandes
ventrales, l’épithélium est moins haut (8 à 10 n), mais souvent festonné
ou creusé de très petites cryptes. Il est composé en majeure partie de
cellules cubiques, à noyaux ovoïdes relativement pauvres en chromatine.
Il n’existe qu’une très petite quantité de granulations érythrophiles,
rassemblées à l’extrémité tout apicale du corps cellulaire. Ces grains de
sécrétion réagissent légèrement à l’APS et ne se colorent pas par le bleu
alcian. La tétrazoréaction, comme la recherche des protides sulfhydrilés,
y donnent des résultats entièrement négatifs.
La répartition des 2 types cellulaires n’est pas toujours stricte. Il
existe souvent des cellules érythrophiles involuées sous la couche continue
des cellules cyanophiles, et on rencontre un petit nombre de ces dernières
dans les glandes latéro-dorsales. Il semble même y avoir des formes de
transition entre l’un et l’autre type, et seule, l’étude de l’évolution des
glandes cloacales au cours du cycle annuel permettrait une interprétation
sûre. Nous serions assez tentés de croire qu’il s’agit d’un phénomène compa¬
rable à celui qui a été décrit chez Lacerla muralis avec peut-être, en plus,
une tendance à la différenciation d’une couche de cellules érythrophiles
au fond des petites cryptes épithéliales et sous la couche des cellules
cyanophiles.
Source : MNHN, Paris
AMPHISBAENIA
Les Amphisbéniens, autrefois considérés comme une simple famille
de Lézards, plus ou moins apparentée aux Scincidés, ont été élevés récem¬
ment au rang d’infra-ordre ou même de sous-ordre, en raison notamment
de particularités des os du crâne. Ce sont des animaux vermiformes,
fouisseurs et aveugles. La famille la plus importante est celle des Amphis-
bénidés, des régions chaudes d’Amérique et d’Afrique jusqu’à la Médi¬
terranée. Les Trogonophidés ne sont représentés que par quelques espèces
des régions méditerranéennes et du proche Orient.
AMPHISBAENIDÆ
Blanus cinereus (3 femelles au repos sexuel).
Le proctodaeum est relativement court, l'urodaeum long, très net¬
tement bifide à son extrémité craniale. Les tubercules génitaux, saillants,
sont en position latéro-ventrale, au niveau du sphincter anal et l’uretère
débouche à la base de leurs faces postérieures. Le tube vaginal est de struc¬
ture classique. La vessie est bien développée, le tissu érectile réduit. Les
reins sont situés en avant du cloaque.
La moitié caudale du proctodaeum est revêtue d’un épithélium mal¬
pighien kératinisé, haut de 40 jx en moyenne. Tout le reste du cloaque est
tapissé d’un épithélium muqueux stratifié, haut de 25 à 30 (x. On y reconnaît
1 ou 2 couches de cellules basales, cubiques ou légèrement prismatiques,
à cytoplasmes peu abondants et clairs et une couche superficielle de muco-
cytes prismatiques, hauts de 15 à 20 ix, à noyaux basaux. Toute la région
supranucléaire est remplie d’un mucopolysaccharide acide. Dans tout
l’épithélium, les noyaux sont grossièrement ovoïdes (6 X 3 |x en moyenne)
et clairs, mais généralement plissés et fissurés.
L’épithélium du tube vaginal, nettement involué, est haut de 6 à 7 jx
seulement. Il n’y a presque pas de produit de sécrétion dans les cellules
muqueuses et les noyaux des deux catégories cellulaires sont également
ratatinés et chromophiles.
L’uretère, assez long, est revêtu d’un épithélium muqueux simple,
haut de 15 à 18 [x. Les noyaux, basaux, sont assez gros et pauvres en
chromatine, avec 1 ou 2 nucléoles nets.
La partie postérieure de la vessie est tapissée d'un épithélium bislra-
tifié dont la couche superficielle est composée uniquement de mucocytes.
Les cellules ciliées ne font leur apparition qu’au niveau de la première
chambre rectale.
Source : MNHN, Paris
222
CLOAQUE CHEZ LES LÉP1DOSAURIENS
Les glandes cloacales sont constituées par une masse ventrale de
dimensions moyennes et par 2 petites masses parallèles, dorsales ou latéro-
dorsales. Les tubes glandulaires, assez ramifiés, sont nettement involués
chez nos spécimens; leur épithélium, haut de 10 à 15 p, est simple ou
pseudo-stratifié. Les cellules sont dans l’ensemble prismatiques, à noyaux
basaux plus ou moins ratatinés et riches en chromatine. La plupart des
cytoplasmes sont clairs, certains contiennent une petite quantité de fines
granulations, d’autres, plus rares, montrent à l’extrémité apicale du corps
cellulaire une petite flaque dense. Dans les deux cas, le produit de sécrétion,
cyanophile, réagit fortement à l'APS mais ne retient pas le bleu alcian.
Blanus cinereus (2 mâles en activité sexuelle).
Le proctodaeum est proportionnellement plus long que chez les
femelles, l’urodaeum plus court et non bifide.
Le revêtement épithélial du cloaque, chez les mâles en activité
sexuelle, est tout à fait semblable à celui qui a été décrit chez les femelles
en anoestrus.
Fio. XIV. — Blanus cinereus, mâle. Coupes transversales.
1 - Ail niveau de l’intestin terminal.
2 - Au niveau de la papille uro-génilale.
3 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum.
4 - Au niveau de l'orifice du cloaque.
Dans sa partie caudale, le canal déférent ne renferme que peu de
spermatozoïdes, alors qu’il en est littéralement bourré dans sa région
moyenne. Il est revêtu d’un épithélium simple, haut de 12 à 15 p formé
de cellules légèrement prismatiques, à cytoplasmes clairs et à gros noyaux
ovoïdes très pauvres en chromatine et pourvus de 2 petits nucléoles.
L'hypertrophie du segment terminal du rein ne s’étend qu’à une
partie des canaux collecteurs et, même chez les mâles en activité sexuelle,
l’uretère est tout entier muqueux. Il est revêtu d’un épithélium simple
ou pseudo-stratifié, haut de 20 à 30 |x et constitué de cellules prismatiques
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
223
dont les noyaux, ovoïdes, turgescents, très pauvres en chromatine et
pourvus de 1 ou 2 petits nucléoles, siègent à des hauteurs variables dans
la moitié basale des corps cellulaires. La moitié apicale renferme, en
quantité modérée, des mucines qui forment des traînées allongées dans
le sens de la hauteur.
Les glandes cloacales sont à peine plus développées que chez la femelle,
mais elles sont visiblement à un stade de plus forte activité fonctionnelle.
L’épithélium, simple, atteint 18 à 20 y de haut et est formé de cellules
régulièrement prismatiques, à noyaux basaux ovoïdes et pauvres en chro¬
matine. Le produit de sécrétion, cyanophile, réagissant à l’APS mais ne
retenant pas le bleu alcian, est abondant et remplit toute la région supra-
nucléaire. Il n’y a qu’une catégorie cellulaire.
Les hémipénis ne semblent pas avoir encore atteint leur stade de
complet développement. Le corps de l’organe est tapissé d’un épithélium
malpighien kératinisé, haut de 20 à 30 |x et tout à fait banal. Il convient
toutefois de signaler que les noyaux sont encore bien visibles dans le mince
corneum superficiel, ainsi que dans les couches concentriques de cellules
cornées qui, après desquamation, remplissent partiellement la lumière.
TROGONOPHIDÆ
Trogonophis wiegmanni (3 femelles au repos sexuel).
Le cloaque de cette espèce ne diffère de celui de Blanus cinereus que
par un caractère : les glandes cloacales sont constituées seulement par
2 masses dorsales accolées, situées au niveau de la partie caudale du proc-
todaeum et s’avançant quelque peu dans la racine de la queue. Le diamètre
Fio. XV. — Trogonophis wiegmanni, Icmelle.
Vue du cloaque, après une section effectuée selon un plan sagittal.
Le sinus génital, légèrement bifide, est peu développé.
Remarquer l'absence de papille urinaire et la position de l’orifice de l’uretère.
Source : MNHN, Paris
224 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
des tubes glandulaires, ramifiés, varie de 30 à 150 n- Tous sont recouverts
d’un épithélium simple, formé de cellules cubiques ou légèrement prisma¬
tiques, hautes de 12 à 15 n, à noyaux basaux soit ovoïdes et clairs, soit
ratatinés et riches en chromatine. La moitié apicale de ces éléments est
remplie d’un produit dense, cyanophile, qui réagit fortement à l’APS mais
ne retient pas le bleu alcian.
Chez une femelle post-parturiente, dans les régions proches du tubercule
génital, l’épithélium urodéal envoie de profondes invaginations légèrement
ramifiées dans le chorion. Il est donc possible que les femelles en activité
sexuelle possèdent de véritables glandes urodéales muqueuses, aussi bien
chez Trogonophis wiegmanni que chez Blanus cinereus, bien que nous n’en
ayons pas trouvé trace chez les femelles au repos sexuel complet que nous
avons examinées.
Trogonophis wiegmanni (2 mâles en activité sexuelle).
Le cloaque des mâles, chez Trogonophis wiegmanni, est identique à
celui qui a été décrit chez Blanus cinereus, à la seule exception des glandes
cloacales. Comme chez les femelles, on ne trouve que 2 masses dorsales
accolées, de forme allongée. Elles sont presque entièrement logées dans
la racine de la queue et divergent légèrement au niveau du proctodaeum.
Chez les mâles en activité sexuelle, la hauteur de l’épithélium des tubes
glandulaires atteint 16 à 20 ix. Toutes les cellules sont prismatiques, avec
un noyau basal aplati et très riche en chromatine; la région supranucléaire
est remplie d’un produit de sécrétion cyanophile, sous forme de gros grains
ou de petites mottes réagissant à l’APS mais ne se colorant pas par le bleu
alcian. Ces granulations remplissent complètement la lumière, souvent
très large, des tubes glandulaires où elles sont encore bien reconnaissables.
Source : MNHN, Paris
TYPHLOPOIDEA ET LEPTOTYPHLOPOIDEA
La systématique des Ophidiens est encore sujette à discussion. On
pourrait probablement distinguer 3 grands infra-ordres, le premier corres¬
pondant aux Typhlopidés, le second aux Leptotyphlopidés, le troisième
aux autres Serpents, eux-mêmes divisés en Booidea et Colubroidea. Mais
nous n’avons pas l’intention de prendre position ici et nous utiliserons
une classification prudente, en 4 superfamilles.
Les Typhlopidés et les Leptotyphlopidés, dont l’extrême ressem¬
blance est due à un phénomène de convergence, sont des Serpents de petite
taille, aveugles et fouisseurs. On les trouve dans toutes les régions chaudes
du globe, à l’exception du Sud-Est de l’Asie et de l’Océanie, d’où les
Leptotyphlopidés sont absents.
TYPHLOPIDÆ
TYPHLOPIDÆ FEMELLES
Typhlops punctatus (1 femelle au repos sexuel).
Le proctodaeum, modérément long, se poursuit sans solution de
continuité par un urodaeum large et assez profond, nullement bifide mais
très légèrement plus long du côté droit. L’oviducte gauche est complè¬
tement atrophié. L’oviducte droit débouche à proximité du fond de l’uro-
daeum, au milieu de la moitié droite de sa face dorsale, sans former de
tubercule génital. Les uretères sont particulièrement larges et forment
2 grosses papilles symétriques, celle de droite étant située immédiatement
en arrière de l’orifice génital. A peu de distance de l’orifice du cloaque,
l’épithélium proctodéal s’invagine en 2 diverticules symétriques, dorso-
latéraux. Chacun d’eux se divise immédiatement en une branche caudale
qui n’est autre que l’hémipénis résiduel des femelles et une branche crâ¬
niale qui correspond aux formations rétro-cloacales (Guibé, 1948). Les glandes
anales, très larges, occupent la plus grande partie de la courte queue et
atteignent, dorsalement, le niveau du proctodaeum. Il n’y a qu’une glande
cloacale, ovoïde, située presque entièrement dans la racine de la queue,
en position médio-ventrale par rapport aux glandes anales, son extrémité
craniale atteignant la face dorsale du proctodaeum (fig. 3). Il n’y a pas
de vessie.
Source : MNHN, Paris
226
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Fig. XVI. — Typhlops punctatus, femelle. Coupes transversales.
1 - Au niveau de l’intestin terminal et de l’orifice de l’oviducte droit, seul présent
Remarquer le grand développement de l’uretère et l’absence de tube vaginal pro¬
prement dit et de tubercule génital.
2 - Au niveau des papilles urinaires et de l’extrémité caudale de la région anale.
3 - Au niveau du tiers caudal du proctodaeum. Remarquer le conduit commun aux
formations rétro-cloacales et à l'hémipénis résiduel, à proximité du canal excréteur
des glandes anales.
4 - Au niveau de la base de la queue. Remarquer la glande cloaeale impaire et médiane.
Dans sa moitié postérieure, le proctodaeum est revêtu d’un épithélium
malpighien kératinisé, haut de 40 à 50 ja. Tout le reste du cloaque est
tapissé d’un épithélium muqueux bistratifié, haut de 25 à 30 u. La couche
basale est constituée de cellules cubiques, à noyaux légèrement plissés
et riches en chromatine. La couche superiicielle est formée de hautes cellules
prismatiques, à noyaux ovoïdes ou hémisphériques non turgescents et
modérément riches en chromatine; toute la région supranucléaire est
remplie d’un produit de sécrétion dense qui réagit fortement à l’APS et
retient le bleu alcian. Il n’y a pas de glandes nrodéales.
Le tube vaginal n’est pas sphérique sur coupes, mais s’élargit et
s'aplatit immédiatement. Son épithélium est simplement plissé et ne se
soulève pas en longues languettes supportées par un axe conjonctif. En
fait, son aspect évoque de très près celui de la région décrite sous le "nom
d’utéro-vaginale chez de nombreux Reptiles. Chez les femelles au repos
sexuel, l’épithélium est pseudo-stratifié et haut de 8 à 12 |t. Les cellules
muqueuses et ciliées y sont en nombre à peu près égal, mais tous les noyaux
sont plus ou moins ratatinés et riches en chromatine. Le mucus est extrê¬
mement peu abondant dans les cellules, mais il en existe une quantité
notable dans la lumière.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 227
Comme chez tous les Serpents, les reins sont situés très en avant du
cloaque. L’uretère est long, fortement élargi dans sa partie postérieure.
Il est recouvert d’un épithélium simple, haut de 10 à 11 }x, formé de muco-
cytes cubiques, à noyaux basaux irréguliers et relativement riches en
chromatine. Toute la région apicale du corps cellulaire est remplie d'une
masse dense d’un mucopolysaccharide acide.
Le revêtement épithélial de l’intestin terminal (fig. 35) diffère très
nettement de celui qui a été décrit chez les Sauriens et se rapproche quelque
peu de celui de Sphenodon punclalus. L’épithélium, haut de 50 à 80 |x, est
pseudo-stratifié et composé uniquement de cellules muqueuses étroites
dont les noyaux, ovoïdes, allongés dans le sens de la hauteur et généra¬
lement pauvres en chromatine, sont situés à des niveaux variables dans
la moitié basale des corps cellulaires, la moitié apicale étant remplie d’un
mucopolysaccharide en masse dense. Le chorion est mince, mais dense
et soulève l’épithélium en de profonds replis. La musculosa est du type
habituel.
La glande cloacale, impaire et médiane, est pourvue d’un canal col¬
lecteur peu ramifié qui débouche sur la face dorsale du proctodaeum, à
peu de distance de son extrémité caudale. Les tubes glandulaires, très
ramifiés, ont un diamètre moyen de 50 à 70 |x. Ils sont revêtus d’un épi¬
thélium simple, constitué de cellules prismatiques hautes de 15 à 20 n,
à noyaux sphériques, pauvres en chromatine et pourvus d'un nucléole
très net, situés vers le tiers basal et à cytoplasme fortement cyanophile.
Dans tout le corps cellulaire, y compris la région infranucléaire, on trouve,
en abondance variable, de grosses granulations érythrophiles qui réagissent
modérément à l’APS et ne retiennent pas le bleu alcian. La tétrazoréaction
y donne des résultats positifs, la recherche des protides sulfhydrilés des
résultats négatifs sans réduction, fortement positifs après réduction. Le
produit de sécrétion remplit presque complètement la lumière des tubes
de larges flaques d’aspect colloïdal.
Hémipénis et formations rétro-cloacales ont la même structure. Dans
les deux cas, il s’agit d’invaginations épidermiques profondes, à lumière
virtuelle. Les deux faces de l’épithélium de revêtement sont étroitement
accolées, sans qu’on puisse discerner la zone de contact. L'ensemble est
formé de cellules cubiques ou pavimenteuses, pauvres en cytoplasmes,
à noyaux ratatinés et chromophiles.
Les glandes anales, paires et symétriques, sont situées dans la courte
queue dont elles occupent une grande partie. D’un diamètre de 1 à 1,5 mm,
elles sont revêtues intérieurement d’un épithélium très haut dont les
caractères restent sans changement du fond de la glande jusqu’à son
orifice; leur lumière est assez réduite. La membrane basale dessine des
plis réguliers dans l’épaisseur de l’épithélium et est recouverte d’une assise
de petites cellules cubiques, à noyaux ovoïdes et pauvres en chromatine
et à cytoplasmes clairs. Dès la deuxième couche, la taille des cellules augmente
et un produit de sécrétion érythrophile et fortement APS-positif apparaît,
sous forme de fines granulations et de bâtonnets ou de fers de lance. Dans
les assises moyennes et supérieures les cellules, polyédriques, atteignent
un diamètre de 12 à 15 |x, en même temps que croit l’abondance des grains
(fig. 117). Les noyaux restent sphériques et clairs, d’un diamètre moyen
de 6 (x environ, jusqu’à la couche supérieure. Celle-ci est constituée de
cellules légèrement aplaties, à noyaux irréguliers et nettement plus riches
Source : MNHN, Paris
228
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
en chromatine. La desquamation se produit à ce stade et la lumière est
remplie d’une masse hétérogène, constituée en périphérie par des cellules
en cours de dégénérescence où les noyaux et les produits de sécrétion sont
encore très reconnaissables et, au centre, par un magma moins chromophile
mais toujours APS-positif.
TYPHLOPIDÆ MALES
Typhlops vermicularis - Typhlops sp. (3 mâles au repos sexuel).
Le cloaque des mâles ne diffère pas essentiellement de celui des femelles.
L’urodaeum est un peu moins large et moins profond. Les uretères sont
également très larges et les 2 papilles uro-génitales, accolées latéralement,
forment une grosse saillie à la face dorsale de Purodaeum. Les formations
rétro-cloacales sont nettement plus longues que chez les femelles (lig. 129),
sans atteindre toutefois le niveau des papilles uro-génitales. Comme chez
tous les Typhlopidés, les hémipénis sont très longs et minces.
Le revêtement épithélial du cloaque est analogue à celui des femelles,
un peu moins haut seulement au niveau de Purodaeum. Les glandes
cloacales sont tout à fait semblables à celles qui viennent d’être décrites.
Les hémipénis et les formations rétro-cloacales sont nettement plus
longs que chez les femelles mais, chez les mâles au repos sexuel que nous
avons examinés, l’aspect histologique est rigoureusement identique.
Les glandes anales, nettement moins développées que chez les femelles,
sont plus ou moins aplaties par la pression des hémipénis. Dans l’épi¬
thélium glandulaire, le produit de sécrétion est moins abondant et, surtout,
il est exclusivement composé de granulations denses mais fines; enfin,
l’aplatissement des couches supérieures est plus accentué que chez les
femelles (fig. 112).
Chez Typhlops vermiuclaris, l’épithélium glandulaire, haut de 12 ^
seulement, est réduit à 5 couches de cellules très aplaties. Le produit de
sécrétion, érythrophile et réagissant à l’APS, se présente sous la forme
de lamelles denses. La lumière, très large, est entièrement remplie de
débris cellulaires très pauvres en produits APS-positifs, mais où se ren¬
contrent des granulations, érythrophiles en périphérie, cyanophiles au
centre.
LEPTOTYPHLOPIDAE
Leptotyphlops dulcis (7 mâles au repos sexuel).
Malheureusement, les 7 Leptotyphlopidés que nous avons disséqués
se sont révélés être des mâles. Anatomiquement, le cloaque de Leptoty¬
phlops dulcis ressemble beaucoup à celui des Typhlopidés et la principale
différence est la présence des glandes margino-cloacales décrites p. 121
(fig. 4). Notons encore que les formations rétro-cloacales sont nettement
plus développées et dépassent largement le niveau de la papille uro¬
génitale.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 229
Du point de vue histologique, il convient de noter que les tubes de
la glande cloacale sont plus régulièrement sphériques que chez les Typhlo-
pidés. Les cellules qui les revêtent, prismatiques et hautes de 15 à 20 |i,
ont un noyau basal ovoïde ou aplati, parfois plissé et riche en chromatine.
Toute la région supranucléaire est remplie de grosses granulations cyano-
philes, serrées les unes contre les autres, mais bien individualisées. Leurs
caractères histochimiques sont identiques à ceux qui ont été décrits chez
les Typhlopidés.
Chez les mâles que nous avons examinés, tous au repos sexuel, les
hémipénis sont nettement involués et comparables à ceux des Typhlopidés.
11 n’en est pas de même pour les formations rétro cloacales (iig. 127 et 128).
Sur la plus grande partie de leur trajet, leur lumière est encore virtuelle
mais les différentes couches cellulaires restent différenciées. Dans le tiers
antérieur de ces formations, en avant des papilles uro-génitales, apparaît
un canal cylindrique, d’un diamètre compris entre 100 et 200 |x. Il est
tapissé d’un épithélium malpighien kératinisé, haut de 15 à 18 n où l’on
distingue une couche basale de cellules cubiques, à gros noyaux ovoïdes
très pauvres en chromatine, 2 à 4 couches de cellules qui s’aplatissent de
plus en plus, tout comme leurs noyaux qui s’enrichissent en chromatine
et enfin un mince corneum superficiel où les noyaux sont encore très
visibles. La lumière est partiellement remplie par des couches concen¬
triques de cellules cornées où des noyaux pycnotiques sont reconnaissables.
Il convient également de noter que l’épithélium des sacs anaux est
beaucoup moins haut et beaucoup moins riche en produits APS positifs
que celui des Typhlopidés du même sexe (fig. 113 à 115).
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII.
1U
Source : MNHN, Paris
BOOIDEA ET COLUBROIDEA
La superfamille des Booidea comprend les Boïdés (grands Boas et
Pythons, souvent arboricoles, des régions tropicales, plus quelques petits
Boas fouisseurs) et 3 familles voisines représentées par de rares espèces
fouisseuses d’Amérique tropicale et d’Asie du Sud-Est.
La superfamille des Colubroidea rassemble la majorité des Serpents
vivants, les Couleuvres et leurs alliés (Elapidés et Hydrophidés) d’une
part, les Yipéridés et les Crotalidés, d’autre part.
BOIDÆ
Morelia spilotes (1 femelle au repos sexuel).
Le proctodaeum, assez long, présente en coupe transversale, dans
sa partie caudale, la forme d’un U dont la base convexe est tournée vers
la face ventrale. Plus loin, il devient cylindrique ou légèrement aplati laté¬
ralement. L’urodaeum est bien détaché, beaucoup plus large que le proc¬
todaeum, assez profond mais non bifide. Chaque tubercule génital, arrondi
et saillant, est situé sur la face latéro-ventrale de la poche dorsale de
l’urodaeum, assez proche du fond, au niveau de la partie craniale du
sphincter anal. Les papilles urinaires, bien marquées, sont dorsales et
situées un peu en arrière des tubercules génitaux. L’uretère est propor¬
tionnellement beaucoup moins large que chez les Typhlopidés et chez les
Leptotyphlopidés. Un long tube contourné dont le fond est assez éloigné
du cloaque puisque nous l’avons retrouvé sur une coupe de la partie infé¬
rieure de l’oviducte, débouche par un fin canal dans l’uretère, à proximité
du sommet de la papille urinaire; il s’agit apparemment du canal de Wolf
hypertrophié. Il n’y a pas de vessie. Les sacs anaux sont assez peu déve¬
loppés, la glande cloacale réduite à quelques petits tubes situés dans le
creux de l’Û que dessine le proctodaeum, position que nous rencontrerons
également chez beaucoup de Colubroidea femelles.
La moitié caudale du proctodaeum est revêtue d’un épithélium mal¬
pighien kératinisé, haut de 30 à 40 p, c’est-à-dire relativement mince
pour un animal de cette taille. Tout le reste du cloaque est tapissé par un
épithélium muqueux stratifié qui atteint 50 à 70 p de hauteur dans l’uro¬
daeum dorsal, un peu moins ailleurs (fig. 27). La couche basale est formée
de cellules cubiques de 5 à 6 p, à cytoplasmes clairs et souvent vacuolaires,
à petits noyaux centraux, ratatinés et riches en chromatine. Les éléments'
des 2 couches suivantes sont cubiques ou légèrement prismatiques; les
cytoplasmes sont moins abondants que dans l’assise basale, mais plus
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 231
denses, non vacuolaires et, parfois, apparaissent des petites mottes d’un
produit cyanophile, réagissant à l’APS et retenant le bleu alcian. Les
noyaux sont ovoïdes, plus grands et clairs que dans l’assise basale. La
couche superficielle est constituée de minces cellules prismatiques, hautes
de 25 à 30 n, larges de 3 à 4 p; les noyaux sont clairs, allongés selon le
1 - Au niveau de l’intestin terminal et de la partie craniale du sphincter anal et de l’uro-
daeum dorsal. Remarquer le grand développement du canal de Wollï.
2 - Au niveau des tubercules génitaux et de la partie moyenne du sphincter anal. Remar¬
quer les grandes dimensions de l’uretère.
3 - Au niveau de la base des papilles urinaires coalesccntes, à l’endroit ou le canal de
Wollï débouche dans l’uretère.
4 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeuin. Remarquer les deux petites glandes
cloacales accolées et l’invagination du proctodaeum qui fait suite au canal excréteur
de chacune d'entre elles.
Source : MNHN, Paris
232
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
grand axe de la cellule et situés dans la région basale. Toute la zone
supranucléaire est occupée par un mucopolysaccharide acide, plus abon¬
dant dans l’urodaeum dorsal que dans le reste du cloaque.
Comme chez tous les Lépidosauriens, le tube vaginal est revêtu d’un
épithélium simple dont la hauteur (voisine de 8 |i chez notre exemplaire)
varie en fonction du stade du cycle sexuel et qui est composé de cellules
ciliées et de cellules muqueuses, en nombre à peu près égal (fig. 27).
Au sommet du tubercule génital, entre l’épithélium du tube vaginal et
l’épithélium de l’urodaeum, se différencie une zone particulière que nous
retrouverons, beaucoup plus développée, chez les Colubroidea. A cet
emplacement, l’épithélium est bistratifié et sa hauteur varie entre 20 et
30 [i. La couche basale présente un aspect analogue à celui qui a été
décrit dans l’urodaeum. La couche superficielle, de beaucoup la plus
épaisse, est souvent pseudo-stratifiée et on y rencontre les 2 catégories
cellulaires de l’épithélium du tube vaginal, à savoir les cellules muqueuses
et les cellules ciliées. Les premières, à noyaux ovoïdes basaux, sont souvent
étranglées vers la moitié de leur hauteur, au niveau des noyaux des cellules
ciliées, puis s’élargissent de nouveau à proximité de la surface. C’est dans
cette région apicale que l’on trouve le produit de sécrétion, sous forme
d’un mucopolysaccharide acide beaucoup moins dense que dans les cellules
muqueuses de l’urodaeum et d’apparence différente. Les cellules ciliées
ont un cytoplasme clair et leurs noyaux, plus ou moins sphériques, sont
situés au-dessus de ceux des cellules muqueuses.
La formation tubuleuse, allongée contre la partie caudale de l’oviducte
et débouchant dans la papille urinaire au sommet d’une mince languette
proéminente, atteint, à peu de distance de son orifice étroit, un diamètre
compris entre 800 et 1 000 |x (fig. 39 à 41). La lumière est très large, mais
à la périphérie des saillies de tissu conjonctif soulèvent l’épithélium de
revêtement et dessinent des alvéoles plus ou moins réguliers. L’épithélium,
haut de 15 à 20 |x, est constitué par une couche discontinue de cellules
basales très aplaties et par une couche superficielle de grands éléments
prismatiques. Les noyaux de ces derniers, ovoïdes ou légèrement plissés,
mais clairs, sont situés à des hauteurs variables dans la moitié basale des
cellules. Le cytoplasme est légèrement érythrophile et légèrement APS-
positif. Localement, on rencontre de petites mottes ou de fines granulations
cyanophiles qui réagissent nettement à l’APS mais ne retiennent pas le bleu
alcian. La lumière des tubes est, en faible partie, occupée par un produit
de sécrétion peu dense, au sein duquel on distingue de nombreux bâtonnets
ou fouets ressemblant à des spermatozoïdes. L’obligation où nous sommes
trouvés de décalcifier longuement le cloaque de Morelia spiloles avant de
le couper, le fait que nous ne connaissons pas la morphologie des sperma¬
tozoïdes de cette espèce, ne nous permettent pas d’affirmer leur présence
dans ce qui serait alors un réceptacle séminal tout à fait particulier et
très spécialisé. Ce problème mériterait, toutefois, de nouvelles recherches.
L’uretère, large et peu aplati transversalement, est revêtu d’un épi¬
thélium bistratifié, haut de 20 à 25 [i (fig. 42). La couche basale, dis¬
continue, est formée de très petites cellules à noyaux ratatinés, la couche
superficielle par de grandes cellules prismatiques, à noyaux basaux plus
ou moins plissés et souvent riches en chromatine. Toute la région supra¬
nucléaire est occupée par un produit de sécrétion extrêmement dense qui
réagit fortement à l’APS et se colore par le bleu alcian.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
233
L’intestin terminal est tapissé d’un épithélium simple, constitué
exclusivement de grandes cellules muqueuses prismatiques et rappelle
d’assez près celui qui a été décrit chez Typhlops punclalus.
Les glandes cloacales, rassemblées en une masse unique située en
position dorsale par rapport à la portion moyenne du proctodaeum, sont
peu développées. Elles sont formées de longs tubes ramifiés, débouchant
au fond de 2 larges canaux excréteurs. Ces derniers sont constitués, au
moins partiellement, par 2 invaginations du proctodaeum, dans la région
dorsale, de part et d’autre d’une saillie médiane; leur épithélium est pavi-
menteux et superficiellement kératin>sé dans la première moitié, identique à
celui des tubes glandulaires dans la seconde. Celui-ci est simple et constitué
de 2 types cellulaires en quantité à peu près égale et non localisés.
Le premier correspond à de gros mucocytes ovoïdes, hauts de 15 à 18 g
et larges de 5 à 7 n, à noyaux basaux hémisphériques ou aplatis, souvent
plissés et riches en chromatine. Toute la région supranucléaire est remplie
d’un produit de sécrétion abondant correspondant à un mucopolysaccharide
acide où les techniques histochimiques utilisées ici ne montrent pas la
présence de protides. La deuxième catégorie est constitée de cellules en¬
castrées entre les précédentes, et fortement comprimées, à noyaux basaux
allongés dans le sens de la hauteur, ou ratatinés et riches en chromatine.
Le produit de sécrétion est dense, cyanophile. Il réagit fortement à l’APS
mais ne retient pas le bleu alcian. La tétrazoréaction y donne des résultats
nettement positifs, la recherche des protides sulfliydrilés des résultats
fortement positifs après réduction.
Les glandes anales, situées tout entières dans la queue, sont de
grande taille, mais leur épithélium ne dépasse pas 10 à 12 g de haut
(fig. 111). On y distingue une couche basale de cellules cubiques, à cyto¬
plasmes clairs et noyaux ovoïdes très pauvres en chromatine, une couche
intermédiaire de cellules polyédriques, plus grandes que les précédentes,
à noyaux sphériques, turgescents et clairs, et quelques couches superfi¬
cielles de cellules de plus en plus aplaties, à noyaux pycnotiques. Un
produit APS-positif apparaît dans les cellules polyédriques, sous forme
de fines granulations, puis de bâtonnets effilés, et remplit complètement
les cellules superficielles. Une série de couches concentriques de cellules
aplaties, à noyaux pycnotiques, forme un anneau à proximité immédiate
de la surface de l’épithélium. Tout le reste de la lumière est rempli d’un
produit de sécrétion grumeleux qui ne réagit plus à l’APS mais est aussi
riche que les couches superficielles de l’épithélium en amino-acides aro¬
matiques et en protides sulfhydrilés.
Eryx jaculus (1 mâle au repos sexuel).
Le proctodaeum, en forme d’Y tout d’abord, puis grossièrement sphé¬
rique, mais plissé, se poursuit sans discontinuités par un urodaeum non
bifide et nettement moins large que chez la femelle. Les papilles uro¬
génitales, très grosses et saillantes, sont accolées l’une à l’autre dans la
région médio-dorsale de l’urodaeum, assez loin du fond de celui-ci. Les
glandes cloacales, paires et symétriques, sont allongées et atteignent
presque le niveau de la papille uro-génitale.
Le tiers caudal du proctodaeum est revêtu de l’habituel épithélium
malpighien kératinisé, haut de 30 à 40 g. Signalons cependant la présence.
Source : MNHN, Paris
234
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
dans les couches supérieures en voie de kératinisation, d’une petite quantité
d’un produit APS-positif ne retenant pas le bleu alcian. Les deux tiers
postérieurs de la face dorsale du proctodaeum et tout l’urodaeum sont
revêtus d’un épithélium muqueux stratifié assez semblable à celui qui a
été décrit chez Morelia spiloles, bien que la couche de mucocytes super¬
ficiels soit moins haute et que les mucopolysaccharides acides soient net¬
tement plus abondants dans les couches moyennes. Par contre, l’épithélium
de la région anale et de la partie antéro-ventrale du proctodaeum, s’il
garde des dimensions comparables (50 |x de haut environ), est nettement
plus pauvre en composés glucidiques et la couche superficielle de grands
mucocytes n’existe plus.
Le canal déférent est nettement involué et son diamètre ne dépasse
pas 120 (x. L’épithélium, haut de 25 à 35 ix, comprend une couche basale
de petites cellules à noyaux ratatinés et riches en chromatine et une couche
superficielle de grandes cellules pseudo-stratifiées, à noyaux plus ou moins
centraux, très allongés dans le sens de la hauteur, mais clairs et non
plissés.
L’uretère ressemble beaucoup à celui de l’espèce précédente; toutefois
la couche de cellules basales est continue et nettement plus haute.
Les glandes cloacales sont beaucoup plus grandes que chez Morelia.
Chacune d'elle s’allonge le long d’une face latérale du cloaque, s’élargissant
progressivement vers la partie craniale où elle atteint presque le niveau
du tubercule uro-génital. Chez l’animal au repos sexuel que nous avons
examiné, les tubes glandulaires, assez larges, sont tapissés d’un épithélium
très aplati, presque endothéliforme. Par place, il atteint toutefois une
hauteur de 10 à 12 |x. Il est alors composé de cellules prismatiques, à noyaux
basaux assez riches en chromatine, grossièrement sphériques mais aux
contours irréguliers. La moitié apicale de chaque cellule est partiellement
remplie de grains ou de petites mottes d’un produit de sécrétion cyanophile
qui réagit à l’APS mais ne se colore pas par le bleu alcian. A ce stade du
cycle, il semble n’exister qu’une seule catégorie cellulaire. Une colloïde
abondante, présentant les mêmes caractéristiques que le produit de sécré¬
tion, remplit la lumière d’un grand nombre des tubes glandulaires.
Les glandes anales sont assez semblables à celles qui ont été décrites
chez Morelia spiloles, mais la hauteur de l’épithélium atteint 30 |x en
moyenne. Les couches concentriques de cellules qui ont subi la desquamation
sont plus nombreuses et il reste une quantité importante de produit APS-
positif dans le magma central.
COLUBROEDEA
COLUBROIDEA FEMELLES
Macroprotodon cucuUatus (1 femelle au repos sexuel).
Le cloaque est essentiellement caractérisé par la grande profondeur
de l’urodaeum qui est large, aplati dans le sens ventro-dorsal, non bifide
mais se prolongeant, dans sa région dorso-craniale, bien au-delà de la
partie terminale de l’intestin. L’urodaeum est légèrement asymétrique.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 235
le côté droit étant un peu plus long que le côté gauche. Chaque tube vaginal
débouche au fond de l’urodaeum par un orifice en forme d’étoile, au sommet
d’un tubercule génital à peine indiqué. Les papilles urinaires, par contre,
accolées l’une contre l’autre, sont extrêmement grosses et saillantes. Elles
sont situées à la partie postérieure de l’urodaeum, presque à la limite du
proctodaeum, donc fort loin de l’orifice génital. Comme chez presque tous
les Lépidosauriens, le canal de Wolf est visible, mais atrophié. Il n'y a
pas de vessie. Le tube vaginal proprement dit, cylindrique et étroit, est
long et sinueux. Il ne s’élargit que très progressivement en une région
utéro-vaginale elle-même assez longue.
Le revêtement épithélial du cloaque de Macroprotodon cucallatus
femelle est assez varié et l’on distingue : 1) un épithélium malpighien
kératinisé à l’extrémité ventro-caudale du proctodaeum; 2) un épithélium
stratifié dont toutes les couches profondes rappellent une muqueuse mal¬
pighienne, dans le reste du proctodaeum et dans les régions ventrales et
dorso-caudales de l’urodaeum ; 3) un épithélium muqueux simple ou pseudo¬
stratifié dans la partie dorso-craniale de l’urodaeum; 4) un épithélium
muqueux bistratifié dans la région anale.
L’épithélium malpighien kératinisé, relativement peu épais (20 ix en
moyenne) est composé d’une couche basale de cellules cubiques, de 2 à
3 couches de cellules très aplaties parallèlement à la surface, à noyaux
allongés et très riches en chromatine et de 2 couches superficielles de
cellules à des stades avancés de kératinisation.
Les régions ventrales et dorso-caudales de l’urodaeum sont revêtues
par un épithélium stratifié, haut de 50 à 80 n, caractéristique des
Colubroidea et bien différent de celui qui a été décrit chez les autres
Lépidosauriens (fig. 28). La couche basale est formée de cellules pris¬
matiques, hautes de 10 à 12 |i, à cytoplasmes clairs et à noyaux
centraux ovoïdes et pauvres en chromatine. Au niveau des 3 couches
suivantes, les cellules deviennent plus ou moins polyédriques et attei¬
gnent souvent 10 x 15 |i, le grand diamètre étant parallèle à la surface
de l’épithélium. Les noyaux grandissent et se rapprochent d’une forme
sphérique, tandis que des mu copolysaccharides acides font leur appari¬
tion, en très petite quantité, à l’apex des cellules. Dans les 2 ou 3
couches superficielles, les noyaux se plissent, puis s'aplatissent et s’enri¬
chissent en chromatine. Us sont repoussés au pôle basal de la cellule
par les grains de sécrétion qui se multiplient et finissent par remplir
toute la région supranucléaire d’une masse dense. Ces cellules sont
cubiques, prismatiques ou ovoïdes et la couche de mucocytes superficiels
se différencie mal et est irrégulière.
L’épithélium qui recouvre les régions dorso-craniales de l’urodaeum
remplace le précédent sans transition (fig. 28). Haut de 35 à 45 n, simple
ou pseudo-stratifié, il est tout d’abord composé de très longues et minces
cellules muqueuses dont les noyaux, aplatis et plus ou moins riches en
chromatine, sont situés à des hauteurs variables; toute la région supra¬
nucléaire est remplie d’un mucopolysaccharide en masse dense. Plus près
de l’orifice des voies génitales, apparaissent des cellules ciliées, dont les
noyaux ovoïdes et clairs, situés à proximité de la surface, renforcent
l’apparence pseudo-stratifiée de l’épithélium.
L’épithélium de la région anale est constitué par une couche basale
de cellules prismatiques, hautes de 15 à 20 n, à noyaux centraux ovoïdes
Source : MNHN, Paris
236
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
ou légèrement plissés et à cytoplasmes clairs, une couche intermédiaire peu
différente et une couche superficielle un peu plus grande, pourvue de
noyaux toujours ovoïdes et clairs, mais basaux, toute la région supra-
nucléaire étant remplie de grains de sécrétion cyanophiles qui réagissent
à l’APS et se colorent par le bleu alcian.
Le tube vaginal est tapissé d'un épithélium haut de 12 à 15 n et de
structure classique, les cellules ciliées et les cellules muqueuses étant en
nombre à peu près égal (fig. 32).
L’uretère est très long et plus ou moins aplati. Il est revêtu d’un
épithélium simple, haut de 30 à 35 n, formé de cellules prismatiques à gros
noyaux ovoïdes et clairs, souvent centraux; il existe des mucines dans
la région apicale des corps cellulaires, mais en petite quantité. Cet épi¬
thélium recouvre également le renflement très marqué que forme l’uretère
dans la papille urinaire, mais l'abondance des mucopolysaccharides augmente
de façon très nette.
Le revêtement épithélial de la partie terminale de l’intestin diffère
nettement de celui qui a été décrit chez les Typhlopidés, les Leptotyphlo-
pidés et les Boïdés. Ifaut de 25 à 30 n, l’épithélium est pseudo-stratifié ;
on n’y trouve que des cellules muqueuses, mais celles-ci appartiennent
à 2 types différents : d’une part, des éléments prismatiques, à noyaux
ovoïdes plus ou moins centraux et clairs, dont la région apicale contient,
en petite quantité, de fines granulations qui réagissent à l’APS et se
colorent légèrement par le bleu alcian; d’autre part, de rares muco-
cytes caliciformes, très riches en un produit de sécrétion correspondant
à un mucopolysaccharide acide et pourvus de noyaux basaux hémis¬
phériques ou coniques, riches en chromatine. Chez les autres Colubroidea
étudiés ici, l’épithélium de l’intestin terminal ne présente que peu de
différences avec celui qui vient d’être décrit. Les variations portent
principalement sur le nombre plus ou moins grand des niucocytes
caliciformes, ainsi que sur la taille et l'abondance des granulations
présentes dans les cellules prismatiques. Nous n’y reviendrons pas au
cours de l’étude systématique.
La petite glande cloacale est formée de tubes ramifiés d’un diamètre
de 60 à 90 \i. L’épithélium glandulaire, haut de 12 à 18 n, est constitué
de cellules cubiques ou légèrement prismatiques, à noyaux basaux soit
plissés et riches en chromatine, soit sphériques et clairs. Le tiers ou le
quart apical des cellules contient, de façon inconstante et en petite quantité,
des granulations cyanophiles qui réagissent à l’APS mais ne retiennent
pas le bleu alcian. La tétrazoréaction y donne des résultats entièrement
négatifs, la recherche des protides sulfhydrilés des résultats faiblement
positifs après réduction.
Les glandes anales, cylindriques et allongées, d’un diamètre supérieur
à 1 mm, sont entièrement situées dans la queue et seuls les 2 canaux
excréteurs atteignent, en avant, le niveau du cloaque. Chacun d’eux
débouche à la face latéro-dorsale de l’extrémité caudale du proctodaeum,
sous l’écaille anale. L’épithélium des glandes anales, haut de 50 à 80 [4,
ne présente pas de particularités notables par rapport à la description
générale qui est donnée dans la deuxième partie de ce travail.
Parmi les replis habituels des zones margino-cloacales, aucune inva¬
gination particulière ne rappelle les ébauches d'hémipénis qui ont été
observées chez les Sauriens femelles.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 237
Coronella austriaca (1 femelle au repos sexuel).
Anatomiquement, le cloaque de Coronella austriaca ne diffère de celui
de Macroprotodon cucullalus que par une profondeur encore plus grande
du sinus génital.
Les lèvres de l’orifice cloacal et la partie ventrale du proctodaeum
sont recouvertes d’un épithélium malpighien kératinisé relativement peu
épais (20 à 25 p). Sur la face dorsale tout d'abord, puis sur tout le procto¬
daeum, cet épithélium se transforme en une muqueuse malpighienne
caractéristique, haute de 50 u en moyenne, avec une couche basale composée
d’éléments prismatiques, surmontée de nombreuses assises de petites cellules
pavimenteuses assez riches en protides sulfhydrilés et contenant une petite
quantité d’un mucopolysaccliaride peu acide. Cet aspect ne couvre qu’une
faible étendue et, très vite, l’évolution des couches superficielles se modifie.
Fin. XVIII. — Coronella austriaca, femelle. Coupes transversales.
1 - Au niveau de l'intestin et de l'extrémité crâniale de l’urodaeum dorsal, à l’endroit
où débouchent les tubes vaginaux.
2 - Au niveau de 1’inleslin terminal. Remarquer le sinus génital, de grande taille, aplati
et non biflde.
3 - Au niveau du sphincter anal.
4 - Au niveau des papilles urinaires coalescentcs. Remarquer la dilatation de l’uretère.
5 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum. Remarquer l’absence des glandes
cloacales.
6 - Au niveau de la base de la queue. Remarquer les glandes anales et leurs conduits
De façon plus nette que chez l’espcce précédente, on distingue 2 assises
bien distinctes dans l’épithélium. Au-dessus des couches pavimenteuses
dont la hauteur reste inchangée, apparaît une couche de petites cellules
constituées en majeure partie par une grosse vacuole centrale, le noyau,
plissé et très riche en chromatine, étant repoussé à la périphérie. Ce type
d’épithélium se prolonge plus loin que chez Macroprolodon cucullalus
Source : MNHN, Paris
238
CLOAQUE CHEZ LES
•IDOSAURIENS
et seul le quart cranial de l’urodaeum dorsal est revêtu d’un épithélium
muqueux simple analogue à celui qui a été décrit. Signalons toutefois que,
dans une courte zone de transition, on trouve une couche basale de très
petites cellules à noyaux ratatinés ou pycnotiques. La région anale est
tapissée d’un épithélium muqueux bistratifié identique à celui de l’espèce
précédente.
Les glandes cloacales sont profondément involuees et réduites à 2 petits
tubes, courts et à peine contournés, qui s’enfoncent dans la région médio-
dorsalc renflée du proctodaeum.
La glande anale dont le diamètre varie de 1 à 2 mm, est tapissée inté¬
rieurement par un épithélium stratifié haut de 150 à 220 |x, particulièrement
riche en produit de sécrétion (fig. 118).
Une invagination épidermoïde aplatie, aboutissant dans le canal excré¬
teur de la glande cloacale, rappelle beaucoup les hémipénis ébauchés qui
ont été décrits chez les Sauriens femelles. Toutefois, compte tenu de la
taille des animaux, cette formation est particulièrement réduite chez
Coronella auslriaca.
Bungarus fasciatus (1 femelle au repos sexuel).
Le cloaque de Bungarus fasciatus ne diffère de. celui des 2 espèces
précédentes que par la morphologie du sinus génital. En effet, cette région
est bifide à son extrémité craniale et dessine 2 grandes poches en forme
d’entonnoir qui se continuent progressivement par le tube vaginal, si bien
que l’on ne peut localiser exactement l’orifice des voies génitales ni,
a fortiori, parler de tubercule génital. Au-delà des poches, le tube vaginal
est de structure classique.
Le tiers caudal du proctodaeum est revêtu de l’habituel épithélium
malpighien kératinisé. Il n’y a pas de muqueuse malpighienne et les deux
tiers craniaux du proctodaeum, ainsi que toute la région dorsale et
le tiers caudal de l’urodaeum sont tapissés d’un épithélium muqueux
bistratifié dont l’aspect évoque d’assez près celui de la couche superficielle
qui, chez Coronella auslriaca, revêt l’assise profonde pavimenteuse de ces
mêmes régions. La couche basale est formée de petites cellules vacuolaires,
à noyaux ratatinés ou pycnotiques, la couche superficielle, haute de 25
à 30 {x, de cellules muqueuses dont la pseudo-stratification est très accentuée.
Les noyaux, allongés dans le sens de la hauteur, mais régulièrement ovoïdes
et pauvres en chromatine, sont situés à des hauteurs très variables. Le
produit de sécrétion contient un mucopolysaccharide peu abondant,
rassemblé à l’extrémité apicale des cellules dont le noyau est proche de
la surface, étiré en longs filaments lorsque le noyau est proche de la couche
basale, la partie supérieure de ces cellules étant ressérrée entre les éléments
voisins. L’épithélium de la région anale est analogue à celui qui vient d’être
décrit et seulement un peu moins haut.
Les deux tiers craniaux de l’urodaeum dorsal, y compris les poches
vaginales, sont recouverts d’un épithélium simple, constitué en majeure
partie de hautes cellules muqueuses prismatiques, de 25 à 30 n x 4 à 6 jx,
à petits noyaux basaux hémisphériques ou ovoïdes, légèrement plissés
et riches en chromatine; toute la région supranucléaire est remplie d’une
masse dense d’un produit de sécrétion qui réagit fortement à l’APS et
retient le bleu alcian. On distingue également des cellules ciliées, nettement
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
239
moins abondantes que les précédentes et encastrées entre elles. Ces 2 caté¬
gories cellulaires se retrouvent dans le tube vaginal proprement dit, mais
l’épithélium est un peu moins haut, les cellules ciliées sont beaucoup plus
abondantes et larges, tandis que les cellules muqueuses, plus étroites,
contiennent beaucoup moins de produit de sécrétion.
Il existe 2 petites glandes cloacales, réunies en une masse unique
dans la région médio-dorsale de la partie caudale du proctodaeum. Les tubes
glandulaires, d’un diamètre irrégulier, sont très contournés mais assez peu
ramifiés. L’épithélium qui les tapisse est bistratifié. La couche basale est
formée de cellules vacuolaires, rappelant celles de la couche basale de
l’urodaeum ventral, mais plus grandes, à noyaux soit ratatinés ou pycno-
tiques, soit plus ou moins ovoïdes et relativement pauvres en chromatine.
La couche superficielle est constituée par de hautes et minces cellules
prismatiques, à noyaux allongés mais clairs, situés en général dans le tiers
basal des corps cellulaires. Le produit de sécrétion se présente sous la
forme de gros grains de sécrétion cyanophiles, de taille irrégulière, assez
peu abondants et généralement rassemblés dans la région apicale, qui
réagissent fortement à l’APS mais ne se colorent pas par le bleu alcian.
La tétrazoréaction y donne des résultats modérément positifs, la recherche
des protides sulfhydrilés des résultats fortement positifs après réduction.
Les glandes anales sont assez larges, en raison de la taille de l’animal,
mais leur épithélium n’atteint pas 100 jx de haut, est divisé par des cloisons
conjonctives et semble à un stade d’involution (fig. 110). Le produit de
sécrétion APS-positif est peu abondant dans les cellules épithéliales et
se trouve surtout dans les couches concentriques qui ont desquamé et
forment un anneau dans la lumière.
Vipera aspis (2 femelles au repos sexuel).
La morphologie du cloaque de Vipera aspis est tout à fait compa¬
rable à celle qui a été décrite chez Bungarus fascialus, notamment en ce
qui concerne les poches vaginales.
L’épithélium malpighien kératinisé ne recouvre que la partie toute
postérieure du proctodaeum. Il existe une muqueuse malpighienne sur
une courte zone et le reste du cloaque, à l’exception de l’extrémité antéro-
dorsale de l’urodaeum, est revêtu d’un épithélium muqueux stratifié.
Comme chez Coronclla auslriaca, on distingue 2 assises nettement séparées
par une couche continue de très petites cellules vacuolaires, à noyaux
ratatinés ou pycnotiques. La région basale, haute de 20 n environ, est
formée de 2 couches de cellules cubiques, pauvres en cytoplasme, à noyaux
ovoïdes et clairs pourvus d’un gros nucléole. La région superficielle, haute
de 25 à 30 ji, est constituée d'une seule couche, légèrement festonnée, de
mucocytes prismatiques pseudo-stratifiés. Les noyaux, allongés dans le
sens de la hauteur, mais régulièrement ovoïdes et clairs, sont pauvres en
chromatine et pourvus de 2 nucléoles de taille moyenne. Un mucus dense
remplit le tiers apical des corps cellulaires.
Seuls les deux tiers craniaux des poches vaginales sont tapissés d’un
épithélium simple, composé à la fois de cellules ciliées et de cellules
muqueuses. Son aspect et ses variations considérables au cours du cycle
sexuel ont déjà été décrits (Saint Girons, 1957). Il en est de même en ce qui
concerne le tube vaginal. Notons toutefois, chez l’individu examiné, l’abon-
Source : MNHN, Paris
240
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
dance des grains de glycogène dans tout le cloaque, ainsi que la présence,
au niveau des poches vaginales, d’une couche presque continue de labrocytes,
à proximité de la membrane basale.
Comme chez tous les Colubroidea femelles étudiés jusqu’à présent,
l’uretère est plus ou moins aplati et pauvre en composés glucidiques
jusqu’au niveau de la papille urinaire.
Fig. XIX. — Vipera aspis, femelle. Coupes transversales.
1 - Au niveau de l’intestin et de l'extrémité craniaie de l’urodacum dorsal, bifide, qui
forme deux « poches vaginales ». Celles-ci se continuent progressivement par les
tubes vaginaux.
2 - Au niveau de l’intestin terminal el de l’extrémité caudale des • poches vaginales ».
3 - Au niveau du sphincter anal.
Ces différents niveaux correspondent approximativement aux coupes 1, 2 et 3 de la
figure XVIII.
Les glandes cloacalcs, modérément développées, sont rassemblées
en une masse unique sur la face dorsale du proctodaeum. Elles débouchent,
par 2 orifices distincts, de chaque côté de la saillie en U que forme le proc¬
todaeum dans son tiers caudal. Le diamètre des tubes glandulaires varie
de 50 à 100 i*. Ils sont revêtus d’un épithélium simple, formé de cellules
prismatiques hautes de 20 n en moyenne, à noyaux sphériques ou légè¬
rement plissés situés au tiers basal des corps cellulaires. Le produit de
sécrétion, très peu abondant mais réparti également dans toute la région
supranucléaire, se présente sous la forme de granulations cyanophiles
réagissant à l’APS mais ne retenant pas le bleu alcian. La tétrazoréaction
et la recherche des protides sulfhydrilés y donnent les mêmes résultats
que chez Bungarus fascialus.
L’aspect des glandes anales est intermédiaire entre ceux qui ont été
décrits chez Coronella auslriaca et chez Bungarus fascialus. Deux inva¬
ginations symétriques, assez larges et peu profondes, revêtues d’un épi¬
thélium malpighien banal, représentent probablement l’ébauche des
hémipénis. Les canaux excréteurs des glandes anales y débouchent.
Gerastes vipera (1 femelle au repos sexuel).
Par rapport à celui de Vipera aspis, le cloaque de Ceraslcs vipera ne
présente que 2 différences. D’une part, l’épithélium simple, pourvu à la
fois de cellules ciliées et de cellules muqueuses, qui recouvre les poches
vaginales, s’étend jusqu’au tiers caudal de l’urodaeum, comme chez Bun¬
garus fascialus. D’autre part, les glandes cloacales sont nettement séparées
et situées en position dorso-latérale par rapport au proctodaeum; mais
elles débouchent à l’emplacement habituel.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
241
Une petite invagination de la face ventrale de la région anale, à
proximité de l’extrémité craniale du sphincter anal, représente peut-être
une ébauche de vessie. Elle est revêtue d’un épithélium muqueux bistra-
tilié, analogue à celui qui recouvre l’urodaeum ventral et la région anale.
COLUBROIDEA MALES
Macroprotodon cucuUatus (1 mâle à la fin de l’activité sexuelle).
Le proctodaeum est de dimensions et de forme comparables à celui
de la femelle, mais l’urodaeum est beaucoup plus court. Les 2 tubercules
uro-génitaux, assez saillants et étroitement accolés l’un à l’autre, débouchent
à la face dorsale de l’urodaeum, près de son extrémité caudale. Les glandes
cloacales, beaucoup plus développées que chez la femelle, paires et symé¬
triques, s’étendent en forme de poire allongée sur les faces latéro-dorsales
du cloaque, jusqu’à l’extrémité craniale de celui-ci.
Le revêtement épithélial du cloaque est beaucoup moins diversifié
que chez les Colubroidea femelles. Un épithélium malpighien kératinisé,
haut de 20 à 30 n, recouvre le tiers caudal du proctodaeum (fig. 8 et 9). Tout
le reste du cloaque est tapissé d’un épithélium muqueux bistratifié, haut
de 24 à 28 i i. La couche basale est composée de cellules cubiques ou légè¬
rement prismatiques, à noyaux ovoïdes ou sphériques, pauvres en chro¬
matine; les cytoplasmes sont clairs. La couche superficielle, un peu plus
haute, présente de gros noyaux ovoïdes et clairs, situés à la partie basale
des cellules, le tiers apical étant rempli d’une masse dense de granulations
cyanophiles qui réagissent à l’APS et se colorent par le bleu alcian.
Dans sa partie postérieure, le canal déférent dont le diamètre varie
de 250 à 300 n, contient encore de nombreux spermatozoïdes, mais il n’est
pas dilaté. L’épithélium, simple, est en principe constitué de cellules
prismatiques de 12 x 5 n, à gros noyaux basaux assez riches en chromatine
et légèrement plissés; la région supranucléaire contient en petite quantité
des granulations cyanophiles assez fines qui réagissent à l’APS et retiennent
légèrement le bleu alcian. Toutefois, comme l’épithélium dessine dans la
lumière de nombreuses languettes dépourvues de support conjonctif, il
semble souvent pseudo-stratifié et la forme des cellules subit d’importantes
variations.
L’uretère est tout à fait semblable à celui de la femelle, à cela près
que les mucopolysaccharides rassemblés à l’apex des cellules sont un peu
plus abondants (fig. 43).
Chaque glande cloacale débouche, par rn orifice unique, sur le côté
de la partie postérieure du proctodaeum. En augmentant régulièrement
de diamètre, ce canal se poursuit jusqu’au niveau de l’urodaeum, puis se
ramifie, l’ensemble ayant la forme d’une poire allongée.
Les tubes glandulaires dont le diamètre varie de 40 à 100 m sont
revêtus — tout comme le canal excréteur — d’un épithélium simple formé
de cellules prismatiques hautes de 14 à 18 p, à noyaux basaux, ovoïdes
ou plus ou moins plissés et pauvres en chromatine. Les cytoplasmes sont
clairs et des granulations cyanophiles, réagissant à l’APS et retenant légè¬
rement le bleu alcian, n’apparaissent, en petit nombre, qu’à l’extrémité
toute apicale des cellules.
Source : MNHN, Paris
242 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDAUSORIENS
Les glandes anales ont un diamètre légèrement supérieur à celui que
nous avons trouvé chez la femelle, mais la hauteur de l’épithélium ne
dépasse pas 15 à 20 n. Dans la lumière, on distingue à proximité de l’épi¬
thélium, un anneau large de 20 à 25 n et formé de nombreuses couches
concentriques de cellules très aplaties, à noyaux pyenotiques mais encore
reconnaissables, l’ensemble étant très riche en un produit APS-positif.
Toute la partie centrale est remplie par des débris grumeleux, riches en
amino-acides aromatiques mais ne réagissant plus à l’APS.
JLa base de l’hémipénis, où débouche la glande anale, est constituée
par un canal plus ou moins aplati mais à lumière encore large, revêtu d’un
épithélium malpighien kératinisé banal, haut de 30 \i en moyenne. Dans
le corps de l’organe, le sac hémipénien s'élargit beaucoup, il est circulaire
sur coupe et intérieurement hérissé de longues épines. A ce niveau, l’épi¬
thélium n’est plus constitué que par une couche de cellules basales cubiques,
à noyaux allongés parallèlement à la surface et riches en chromatine et une
couche superficielle de cellules aplaties à des stades variés de kératinisation.
L’axe des saillies qui s’avancent dans la lumière est constitué d’une
pièce osseuse. Cette dernière, dont la forme générale est celle d’une massue
à extrémité renflée, est entourée d’une couche dense de tissu conjonctif,
impossible à délimiter par rapport au derme. Au sein de la pièce osseuse
elle-même, on rencontre d’assez rares ostéocytes ainsi qu’un tissu riche
en fibres dont certaines sont manifestement en continuité avec le tissu
conjonctif environnant. Ce dispositif solidarise de façon ferme la pièce
osseuses et les parties molles dont elle représente le support. A côté des
cellules dont les détails de structure sont difficiles à étudier en raison de
l’état de conservation des tissus, l’examen montre une substance fonda¬
mentale qui cimente les fibres déjà mentionnées. On ne note ni lamelles
osseuses, ni ostéons. APS-positive, la substance fondamentale comporte
des zones peu étendues pourvues d’affinité pour le bleu alcian. Cette
hétérogénéité des constituants glucidiques explique des différences d’affinité
tinctoriale dans les conditions des colorations trichromiques usuelles. En
effet, des zones érythrophiles étendues et des zones cyanophiles beaucoup
plus restreintes coexistent sur coupes colorées par le trichrome en un
temps, par la variante de la méthode de Cleveland-Wolfe utilisée ici,
ainsi que par la méthode de Mann.
Natrix maura (1 mâle au repos sexuel, 1 male en activité sexuelle).
Anatomiquement, le cloaque de Nalrix maura est identique à celui
qui vient d’être décrit.
Du point de vue histologique, il y a lieu de signaler que les parties
dorsales et latérales de l’urodaeum sont revêtues d’un épithélium dont
la hauteur atteint 50 à 60 u. De nombreuses assises pavimentcuses, riches
en protides sulfhydrilés, à noyaux ovoïdes et clairs, sont recouvertes sans
transition par une couche de mucocytes prismatiques, hauts de 20 à 25 (i,
remplis de mucopolysaccharides acides et dont les noyaux, basaux, sont
extrêmement aplatis et riches en chromatine, presque pyenotiques. Cette
couche superficielle desquame par place.
Chez un individu au repos sexuel, les glandes cloacales sont identiques
à celles de Macroprolodon cucullalus. Chez un autre animal, sacrifié un
peu avant la période d’accouplement, elles sont beaucoup plus développées
Source : MMHN, Paris
GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
243
et dépassent largement le niveau cranial du cloaque (fig. 57). L’épithélium
des tubes glandulaires est haut de 25 à 30 n. De petites cellules cubiques
forment une assise basale presque continue, surmontée de grandes cellules
prismatiques. Les noyaux de ces dernières, plissés mais assez grands et
peu riches en chromatine, sont situés à mi-liauteur des corps cellulaires
dont une grande vacuole occupe souvent la région basale. Les cytoplasmes
sont parsemés de fines granulations cyanophiles qui réagissent à l’APS
et se colorent modérément par le bleu alcian. La tétrazoréaction y donne
des résultats faiblement positifs, la recherche des protides sulfhydrilés
des résultats fortement positifs après réduction, négatifs ou faiblement
positifs sans réduction.
Dans les hémipénis, seule la nature des épines difîère de ce qui a été
décrit chez Macroprolodon cucullalus. En effet, l’examen des coupes orientées
convenablement montre, à la base de chaque saillie, un axe conjonctif
constitué de cellules assez volumineuses, à noyaux relativement clairs
et ovoïdes, les limites des cytoplasmes étant souvent difficiles à apercevoir
en raison de la présence d’un feutrage dense de fibres assez épaisses et
pourvues de toutes les affinités tinctoriales et caractères histochimiques
du collagène. Ce feutrage de fibres se continue sans délimitation nette
avec le derme sur lequel repose l’épithélium. C’est vers l’apex de la saillie
que cet aspect change, du fait de l’interposition, entre l’axe conjonctif
qui vient d’être décrit et l’épithélium, d’une substance fondamentale très
abondante. Dans cette dernière région, l’épiderme, soutenu par la mem¬
brane dermique, ne repose plus sur un tissu conjonctif riche en fibres, mais
sur une masse amorphe ou faiblement grenue, ne contenant pas de cellules
et reposant à son tour sur l’axe fibreux déjà décrit. Les cellules de l’axe
sont également entourées de cette substance. Celle-ci, fortement cyanophile
dans les conditions des trichromes usuels, prend, après réaction à l’APS,
une teinte violacée; elle est dépourvue de toute affinité pour le bleu alcian
et contient une quantité assez faible de protides sulfhydrilés. La réaction
à l’APS montre, en outre, de petites mottes anguleuses, irrégulièrement
réparties, dont les caractères morphologiques incitent à admettre la nature
glycogénique.
Les données qui viennent d’être exposées fournissent quelques indi¬
cations quant à la constitution chimique de la substance fondamentale.
En effet, l’absence de toute affinité pour le bleu alcian exclut la présence,
en quantité tant soit peu notable, de mucopolysaccharides acides. La
réactivité à l’APS pourrait donc correspondre soit à la présence de muco¬
polysaccharides neutres, soit à celle de glycoprotéines au sens large du
terme et les méthodes histochimiques mises en œuvre ne permettent pas
de trancher entre ces deux hypothèses.
Du point de vue morphologique, le classement, dans le cadre des tissus
de soutien, de l’axe conjonctif des saillies péniennes chez Nalrix maura,
pose un difficile problème. L’absence de cellules au sein de la substance
fondamentale qui soutient la membrane dermique dans les zones apicales
interdit de considérer ce tissu comme étant du cartilage. Cette hypothèse
est, par ailleurs, rendue insoutenable par l’absence de mucopolysaccharides
acides histochimiquement décelables. Il ne saurait s’agir de tissu de soutien
vésiculeux, puisque la rigidité de l’ensemble est assurée par une substance
extra-cellulaire. Tous les caractères morphologiques interdisent le clas¬
sement dans les tissus chordoïdes ou chondroïdes; en effet, les cellules de
Source : MNHN, Paris
244
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
l’axe ne semblent pourvues d’aucune différenciation ectoplasmique. C’est
le rapprochement avec les tissus de soutien « mucoïdes », dont le type est
celui de la crête de Coq, qui nous paraît, dans l’état actuel de nos infor¬
mations, le plus plausible.
Bungarus fasciatus (1 mâle au repos sexuel).
La morphologie générale du cloaque de Bungarus fascialus est tout
à fait comparable à celle qui a été décrite chez Macroprolodon cucullalus •
il en est de même du revêtement épithélial de l’urodaeum et de l’uretère.
Fio. XX. — Bungarus fascialus, mâle. Coupes transversales.
1 - Au niveau de la papille uro-génitale. Remarquer le grand développement des deux
glandes cloacales.
2 - Au niveau de la partie moyenne du proctodaeum. Remarquer le canal excréteur de
chacune des glandes cloacales.
Le canal déférent est nettement involué et son épithélium, haut de
6 p, est constitué en majeure partie d’une couche de cellules cubiques, à
noyaux ratatinés et assez riches en chromatine. Par place, il existe de très
petites cellules basales en forme de coin.
Les glandes cloacales sont extrêmement développées, même chez
l’individu au repos sexuel que nous avons examiné (lig. 58). L'épithélium
des tubes glandulaires comprend, au-dessus d’une couche basale de petits
éléments à noyaux rabougris, une couche de cellules prismatiques hautes
de 30 à 35 p, à noyaux basaux hémisphériques ou ovoïdes, souvent plissés
et riches en chromatine. La partie centrale de la cellule est fréquemment
occupée par une grande vacuole, la moitié apicale peut, soit contenir quelques
granulations bien individualisées, soit être entièrement bourrée de grains
de sécrétion cyanophiles qui réagissent fortement à l’APS et ne se colorent
pas par le bleu alcian. La tétrazoréaction y donne des résultats positifs
ainsi que la recherche des protides sulfhydrilés. La lumière des nombreux
canaux collecteurs, dont le diamètre peut dépasser 200 p, est entièrement
remplie par un produit de sécrétion d'aspect colloïdal et, à faible grossis¬
sement, l’ensemble évoque l’aspect d’une glande thyroïde. 11 n’y manque
même pas les vacuoles dites de résorption. 4
Les glandes anales ressemblent de près à celles qui ont été décrites
chez la femelle, mais la hauteur de l’épithélium est légèrement moindre.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 245
Vipera aspis (2 mâles en activité sexuelle).
La morphologie du cloaque et son revêtement épithélial ne diffèrent
pas de ceux de Macroprolodon cucullalus.
Les glandes cloacales sont, anatomiquement, moins développées que
chez les espèces précédentes et atteignent seulement le niveau de l'uro-
daeum. Elles sont également moins latérales et s’accolent généralement
au niveau de la ligne médio-dorsale du proctodaeum. Chez les animaux
Fig. XXI. — Vipera aspis, mâle.
Vue du cloaque, après une section effectuée selon un plan sagittal.
Remarquer le faible développement de l’urodacum dorsal et l’important dimor¬
phisme sexuel qui en résulte.
examinés, les tubes glandulaires sont recouverts de cellules prismatiques,
hautes de 15 à 18 p, à noyaux sphériques et clairs situés dans le tiers basal.
La moitié apicale des cytoplasmes contient un produit de sécrétion peu
abondant, sous forme de fines granulations cyanophiles qui réagissent à
l’APS mais ne retiennent pas le bleu alcian. Il existe en outre des cellules
basales aplaties, parfois dispersées, parfois contiguës.
Les hémipénis, étudiés par Faure (1920), portent des saillies très
pointues dont le support osseux affleure à l’extrémité apicale.
Le cloaque de Atractaspis sp. ne mérite pas de mention particulière
à cela près que les glandes anales sont aussi développées chez le jeune
individu que nous avons disséqué que chez les adultes des autres espèces
(fig. 117 et 118).
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII.
Source : MNHN, Paris
REVUE SYNTHÉTIQUE DES RÉSULTATS
Les descriptions données dans les chapitres précédents font apparaître
une grande diversité des détails morphologiques. Il est donc apportun
de les regrouper ici sous une forme synthétique, en envisageant succes¬
sivement l’anatomie générale du cloaque, les caractères histologiques de
son revêtement épithélial et ceux des conduits qui y débouchent, puis
les glandes cloacales.
ANATOMIE GÉNÉRALE DU CLOAQUE
L'architecture générale du cloaque des Lépidosauriens est illustrée
par les figures II à XXI. Il y a toutefois lieu de rappeler ici l’emplace¬
ment ventral de la vessie dans tous les cas ou elle existe et la tendance
nette à la formation, du côté dorsal, d’un sinus uro-génital ou génital.
Dans les deux sexes, la vessie est toujours absente chez les Ophidiens
et, au contraire, bien développée chez tous les Scincomorpha, Anguimorpha
et Amphisbaenia que nous avons examinés. Elle est généralement réduite
ou absente chez les Gekkota et les Iguania.
Femelles.
Le cloaque de la femelle présente, suivant la position systématique,
des particularités portant sur l’étendue du sinus génital, remplacement
du tubercule génital et de la papille urinaire et la conformation de la partie
terminale de l’oviducte.
Le. sinus génital, c’est-à-dire, la poche dorsale de l’urodaeum où
débouchent les oviductes, est, suivant les cas, plus ou moins étendu dans
le sens cranial. A peine ébauché et ne dépassant pas le plan transversal
défini par l’extrémité caudale du sphincter anal chez Sphcnodon et chez
la plupart des Iguanidés, il est nettement plus étendu et parfois légèrement
bifide chez les Agamidés, les Scincidés, les Feylinidés, les Teidés et les
Amphisbéniens. Très profond chez les autres Squamata. il peut être simple
(certains Gekkota, les Anguimorpha et certains Ophidiens), ou plus ou
moins bifide (certains Gekkota, les Lacertidés et certains Colubroidea).
Les Chamaelconidés et les Iguanidés du genre Anolis présentent un sinus
génital bifide dont les cornes sont particulièrement longues et étroites.
Non moins variable est la manière dont débouchent, dans l’urodaeum
dorsal, les oviductes. Dans la plupart des cas la portion terminale de chacun
d’eux, ou tube vaginal, s’ouvre au sommet d’un tubercule génital. Plus
ou moins saillants dans la lumière, ces tubercules génitaux sont situés
côte à côte, sur la paroi dorsale de l’urodaeum, à la hauteur du sphincter
anal. Chez les Cliamaeléonidés et chez Anotis, les tubercules génitaux,
de petite taille, sont proches de l’extrémité craniale de chaque corne du
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 247
sinus génital. Chez les Anguimorplia, les tubercules génitaux, craniaux
par rapport au sphincter anal, occupent un emplacement latéral (Varanidés),
ou ventral (Anguidés et Anniellidés). Chez les Lacertidés, les Boidés et
les Colubroidea, les 2 tubes vaginaux s’ouvrent à l’extrémité craniale du
sinus génital, le tubercule génital étant réduit (Boidés) ou absent. Un seul
de ces orifices, le droit, persiste chez les Typhlopidés et chez les Lepto-
typhlopidés.
L’orifice de l'uretère se situe, chez la majorité des Lépidosauriens, au
sommet d’une papille urinaire plus ou moins saillante, placée au tiers caudal
de la face dorsale de l'urodaeum. Chez les Colubroidea et chez les Téidés,
les papilles, de grande taille, sont coalescentes et occupées par une impor¬
tante dilatation ampullaire de la partie terminale de l’uretère. Chez les
Cliamaeleonidés, l’uretère s’ouvre directement dans l’urodaeum, par un
orifice allongé. Chez les Typhlopidés et les Boidés, les papilles urinaires
sont situées à la partie moyenne de la face dorsale de l’urodaeum, au niveau
du sphincter anal. Chez les Amphisbaenia, les uretères débouchent à la
limite caudale du tubercule génital et chez Splienodon à mi-liauteur du
versant caudal de ce tubercule.
La partie terminale de l’oviducle, ou tube vaginal, présente, chez toutes
les espèces examinées à l’exception des Typhlopidés, la forme d’un cylindre
légèrement contourné dont la longueur est d’autant plus grande que le
tubercule génital occupe une position plus caudale. Un conduit plus aplati
et à parois plus minces fait suite à ce tube vaginal; c’est ce dernier segment
qui s’abouche directement au cloaque chez les Typhlopidés. La partie
utéro-vaginale de l’oviducte se dilate, chez les Lacertidés et chez les Igua-
nidés (à l’exception d ’Anolis), en une couche aplatie qui entoure plus ou
moins complètement la partie terminale de l’intestin.
Mâles.
Le cloaque, du mâle est, anatomiquement, plus simple et surtout
beaucoup plus uniforme que celui de la femelle. L’urodaeum dorsal est
encore moins profond que chez les femelles dont le sinus génital ne dépasse
pas le niveau du sphincter anal. Sa paroi dorsale porte une papille uro¬
génitale, plus ou moins saillante, située dans un plan transversal nette¬
ment caudal par rapport au sphincter anal; l’uretère débouche à son
sommet. Le canal déférent s’ouvre dans la partie toute terminale de
l’uretère, sauf chez Splienodon où les 2 orifices semblent distincts, quoique
très proches l’un de l’autre.
CARACTÈRES HISTOLOGIQUES
DU REVÊTEMENT ÉPITHÉLIAL
Proctodaeum.
En partant des lèvres cloacales, recouvertes de tégument dépourvu
d’écailles, mais épais, le revêtement du proctodaeum présente, dans les
cas typiques, trois zones. A proximité de l’orifice, la paroi proctodéale
porte un épithélium pavimenteux stratifié et kératinisé, le stratum corneum
étant très mince et la dégénérescence des noyaux souvent incomplète au
Source : MNHN, Paris
248
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
stade où se fait la desquamation des cellules. Une zone de muqueuse mal¬
pighienne (épidermoïde), pavimenteuse et stratifiée, mais non kératinisée,
fait la jonction entre la région cutanée et la partie craniale du proctodaeum;
celle-ci est recouverte d’une muqueuse dont l’épithélium est prismatique
stratifié, les cellules superficielles étant mucipares. Les caractères histo¬
logiques de ce dernier type d’épithélium sont donc ceux de l’épithélium
urodéal; ils sont décrits ci-dessous.
L’étendue des 3 zones est très variable suivant les espèces. L’épi¬
thélium malpighien kératinisé peut s’arrêter presque au ras de l’orifice
cloacal ou, au contraire, recouvrir la totalité du proctodaeum. La zone
de muqueuse malpighienne est souvent absente. Dans la zone de tran¬
sition, une assise superficielle de mucocytes prismatiques recouvre souvent
un épithélium encore pavimenteux et stratifié, mais ne se kératinisant
plus.
Urodaeum ventral et région anale.
L’épithélium cloacal correspondant à cette région comporte 2 à 3 couches
de cellules; l’assise superficielle, toujours riche en mucopolysaccliarides
assez acides donnant la réaction à l’APS et colorables par le bleu alcian,
est composée de cellules cubiques ou prismatiques. Les noyaux occupent
évidemment un emplacement basal. La couche ou les deux couches sous-
jacentes aux mucocytes qui viennent d’être mentionnés, sont faites de
cellules nettement plus petites, cubiques, à noyaux centraux; les cyto¬
plasmes sont « clairs », légèrement acidophiles après mise en œuvre des
méthodes générales et ne contiennent pas de mucopolysaccliarides histo-
chimiquement décelables. La région anale, qui s’étend jusqu’à l’extrémité
craniale du sphincter anal, se caractérise généralement par l’abondance
particulière des sécrétions muqueuses.
Chez les Boidés et les Colubroidea, la région anale est tapissée d’un
épithélium analogue à celui qui vient d’être décrit, mais l’urodaeum ventral
est revêtu d’une épaisse muqueuse malpighienne. Des mucopolysaccharides
acides apparaissent en petite quantité dans les couches superficielles, sans
que se différencient de véritables mucocytes.
Urodaeum dorsal, sinus génital.
Chez les mâles, cette partie de la paroi cloacale ne présente aucune
particularité par rapport à l’urodaeum ventral. 11 en est généralement
de même chez les femelles au repos sexuel. Par contre, l’activité sexuelle
se traduit, chez les femelles de toutes les espèces, par une hypertrophie
de l’épithélium dans cette région. Assez peu marquée chez l’ensemble des
Ophidiens, l’hypertrophie en question devient considérable chez certains
Sauriens. Chez les Gekkota, le nombre des assises cellulaires est nota¬
blement accru et les préparations suggèrent l’idée d’une desquamation
très active; on ne trouve pas de couche continue de grands mucocytes
superficiels, mais des mucopolysaccharides acides sont décelables dès les
couches profondes de l’épithélium. Parmi les Iguanidés, Anolis slralulus
présente la même hypertrophie épithéliale au sommet des plis de l’uro¬
daeum dorsal, alors que la couche continue de mucocytes persiste dans
le fond des plis. Chez les autres représentants de cette famille, l’hyper-
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 249
trophie épithéliale et la sécrétion abondante de mucus affectent toute
l’étendue de l’épithélium de recouvrement. Toutes les couches épithéliales
participent au processus d’hypertrophie chez les Chamaeleonidés, mais
les mucopolysaccharides sont peu abondants et il y a élaboration d’un
produit de sécrétion érythrophile. Chez les Scincomorpha, l’hypertrophie
porte sur l’ensemble de l’épithélium (Scincidés et Téidés), sur la couche
superficielle (Feylinidés) ou, au contraire, sur les couches profondes seule¬
ment (Lacertidés). C’est l’hypertrophie des mucocytes de recouvrement
qui domine chez les Agamidés, les Anguimorplia et les Typhlopidés. Chez
les Boïdés et les Colubroidea, enfin, on rencontre, dans le fond du sinus
génital, une zone d’étendue très variable (le sommet du tubercule génital
chez Morelia, presque toutes les poches vaginales chez Vipera, le quart
antérieur de l’urodaeum dorsal chez Coronella, la moitié chez Macropro-
lodon, les deux tiers chez Bungarus et Cerasles) qui est revêtue d’un épi¬
thélium pseudo-stratifié comprenant à la fois des cellules ciliées et des
mucocytes. Cet épithélium présente des ressemblances incontestables avec
celui du tube vaginal. La région moyenne de l’urodaeum dorsal est tapissée
d’un épithélium muqueux stratifié, les couches inférieures étant pavi-
menteuses, riches en protides sulfhydrilés et pauvres en glucides; la couche
superficielle, nettement séparée des précédentes, est constituée de muco¬
cytes hauts, étroits et souvent pseudo-stratifiés. Comme nous l’avons rappelé,
l’hypertrophie corrélative de l’activité sexuelle n’est pas aussi spectaculaire
que chez certains Sauriens.
Cette hypertrophie au moment de l’activité sexuelle, qui fait de l’uro-
daeum dorsal des femelles un récepteur hormonal, revêt donc des modalités
diverses, puisqu’elle peut porter soit sur toute la paroi épithéliale, soit
sur certaines de ses couches, la sécrétion habituelle de mucopolysaccharides
acides étant, selon les cas, accrue ou diminuée. Chez tous les Lépidosauriens,
l’extrémité caudale de l’urodaeum dorsal est revêtue d’un épithélium
analogue à celui de l’urodaeum ventral.
Chez toutes les espèces examinées, à l’exception de Feylinia, les
glandes urodéales, lorsqu'elles existent, sont de simples cryptes de l’épi¬
thélium de surface, parfois très peu profondes, parfois ramifiées, carac¬
térisées par un développement constant des mucocytes. Chez Feylinia
curorri, espèce où les glandes urodéales sont spécialement développées,
le produit de sécrétion, érythrophile, est dépourvu de mucopolysaccharides
acides; la réaction à l’APS et la tétrazoréaction y donnent des résultats
faiblement positifs.
Les glandes urodéales ainsi définies n’existent, en plus ou moins grande
abondance, qu’au niveau du sinus génital et elles s’avancent rarement
jusqu’au tiers caudal de l’urodaeum dorsal. On les rencontre chez les
Cekkonidés, certains Iguanidés, les Feylinidés, les Téidés, les Anguidés
et les Varanidés; parmi les Amphisbéniens examinés ici, seule une femelle
de Trogonophis wiegmanni en activité sexuelle en montre. Les glandes
urodéales n’existent chez aucun Ophidien.
Intestin terminal.
La structure de l’intestin terminal permet d’individualiser 4 types
morphologiques. Le plus fréquent d’entre eux, qui existe chez l’ensemble
des Sauriens, est caractérisé par un épithélium simple, fait de cellules
Source : MNHN, Paris
250
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
prismatiques dont les plus nombreuses contiennent, au pôle apical, de
rares granulations APS-positives, non colorables par le bleu alcian; à côté
d’elles, on rencontre des cellules plus riches en grains de sécrétion, ces
derniers, nettement colorables par le bleu alcian, remplissant toute la
partie apicale du corps cellulaire; une troisième catégorie de cellule, la
plus rare, correspond à des éléments grossièrement ovoïdes, à cytoplasme
hyalin et dépourvu de tout produit de sécrétion.
Deux autres types morphologiques comportent un revêtement épi¬
thélial constitué uniquement de cellules prismatiques dont la partie supra-
nucléaire est très riche en un produit de sécrétion APS-positif et colorable
par le bleu alcian. Cet épithélium repose directement sur la basale chez
les Scolécophidia et chez les Boïdés; il recouvre une ou deux assises de
cellules épithéliales chez Sphenodon.
L’épithélium de surface du dernier type morphologique est pseudo-
stratifié et comporte d’une part des cellules caliciformes, d’autre part des
mucocytes prismatiques; cet épithélium existe chez tous les Colubroidea.
Vessie.
L’épithélium de revêtement du dérivé allantoïdien qu’est la vessie
des Lépidosauriens correspond, dans les cas où l’organe est très peu déve¬
loppé, à celui de la région anale. Lorsque la vessie est plus grande, le
nombre des strates de l’épithélium diminue à partir de l’orifice d’abou¬
chement au cloaque et, chez beaucoup d’espèces, des cellules ciliées appa¬
raissent en surface. Il va de soi que la morphologie de l’épithélium varie
grandement suivant l’état de replétion de la vessie.
Autres structures.
L'uretère des femelles est tapissé, chez tous les Lépidosauriens, d’un
épithélium prismatique pseudo-stratifié dont les cellules contiennent, au
pôle apical, un produit de sécrétion riche en mucopolysaccharides acides.
Assez peu abondant chez les Colubroidea, ce produit remplit toute la partie
supranucléaire des corps cellulaires chez les autres Lépidosauriens étudiés ici.
L'uretère des mâles au repos sexuel ne diffère pas de celui des femelles;
il ne subit, chez les Ophidiens et les Amphisbéniens, aucune modification
lors de l’activité reproductrice. Chez les Gekkota et les Scincomorpha,
tout l’uretère participe à la poussée d’activation sexuelle, si bien qu’une
structure comparable à celle du segment sexuel du rein se trouve réalisée
jusqu'à la papille urinaire. Chez les Iguania et les Anguimorpha il persiste,
même à la période d’activation sexuelle, un très court segment muqueux.
Canal déférent. Assez pauvre en spermatozoïdes, la partie intracloacale
du canal déférent n’atteint jamais le calibre des segments extra-cloacaux
de ce conduit. Nos données ne permettent pas de discuter d’éventuelles
modifications de structure au cours du cycle reproducteur.
Le canal de Wolff des femelles existe, avec de notables variations indi¬
viduelles, chez la plupart des Lépidosauriens. Il se présente sous la forme
d’un conduit de faible diamètre, à lumière virtuelle, qui s’abouche dans
l’uretère au sein de la papille urinaire. Chez l’individu femelle de Morelia
spiloles examiné ici, le canal de Wolff est très large; sa lumière contient
Source : MNHN, Paris
MANFRED GAUE ET HUBERT SAINT-GIRONS
251
les formations — spermatozoïdes ou produit de sécrétion — au sujet des¬
quelles nous nous sommes étendu dans la partie descriptive et dont l’inter¬
prétation nécessiterait de nouvelles recherches.
L’épithélium du tube vaginal est d’une uniformité de structure remar¬
quable à travers tout le groupe étudié ici et comporte un mélange de
cellules pourvues d’une ciliature assez courte, à noyaux proches de l’apex,
la partie basale des cytoplasmes étant effilée, et de mucocytes prisma¬
tiques. L’emplacement basal des noyaux de cette dernière catégorie cellu¬
laire confère à l’épithélium du tube vaginal son caractère pseudo-stratifié.
GLANDES CLOACALES
Les caractères morphologiques des glandes cloacales sont résumés
dans les tableaux II et III dont l’examen montre une grande diversité
selon l’espèce et le sexe.
Il s’agit, dans tous les cas, de glandes tubuleuses dont le degré de
ramification est variable. Disposées autour du proctodaeum chez Sphenodon
et les Sauriens, groupées à la base de la queue chez les Typhlopidés et Lep-
totyphlopidés, dorsales ou latérales par rapport au proctodaeum chez
les Boidés et les Colubroidea, ces glandes montrent une tendance très nette
HT la constitution de massifs anatomiquement individualisés et à la for¬
mation d’un système canaliculaire monostomatique ; en effet, le débouché
dans le cloaque se fait par de nombreux orifices chez Sphenodon et chez les
Sauriens, par deux orifices chez les Boidés et chez les Colubroidea, par un
seul chez les Typhlopidés et Leptotyphlopidés. Rappelons qu’aucune glande
cloacale n'a pu être identifiée chez une femelle d ’Anolis slratulus, autopsiée
en pleine activité sexuelle, et chez une femelle de Coronella austriaca, au
repos sexuel.
Tableau II. Glandes cloacales des femelles
Sphenodon : tubes peu nombreux, non ramifiés, en
position latérale. Un seul type cellulaire.
Gekkonidæ : tubes plus ou moins dispersés (deux
niasses ventrales et deux masses latéro-dorsales
chez lloplodactijlus). Un seul type cellulaire.
Xantusidæ : tubes dispersés et non ramifiés. Un seul
type cellulaire.
Pygopodidæ : 2 glandes ventrales accolées et 2 glan¬
des latéro-dorsales allongées. Un seul type cel-
Iguanidæ : I masse ventrale aplatie et, souvent, 2
petites glandes latérales. Un seul type cellulaire.
M + 0 + ± 0
M + 0 + ± 0
M + 0 + ± 0
M + 0 + ± 0
M + 0 + + 0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
Source : MNHN, Paris
252
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Agamidæ : Glandes tubuleuses, peu ramifiées, entou¬
rant complètement le proctodacum. Un seul
type cellulaire.
Chamaeleonidæ : morphologie comme Agamidæ.
Un seul type cellulaire.
Scincidæ : tubes peu ramifiés, éparpillés autour du
proctodaeum. Un seul type cellulaire.
Feylinidæ : 2 petites glandes ovoïdes, latérales.
Probablement un seul type cellulaire.
Lacertidæ : glandes tubuleuses ramifiées, entourant
presque complètement le proctodaeum. 2 caté¬
gories cellulaires mélangées.
Teidæ : 1 masse ventrale aplatie. Probablement un
seul type cellulaire.
Anguidæ : glandes assez grandes, de forme variable.
Deux catégories cellulaires, plus ou moins loca¬
lisées.
Anniellidæ : 8 petites glandes ventrales et 2 masses
dorso-latérales. Deux catégories cellulaires, mal
localisées.
Amphisbaenidæ : 1 glande ventrale, 2 glandes dor¬
sales allongées. Une seule catégorie cellulaire.
Trogonophidæ : seulement 2 glandes dorsales allon¬
gées. Une seule catégorie cellulaire.
Typhlopidæ : 1 glande ovoïde, à la base de la queue,
atteignant l’extrémité dorsale du proctodacum.
Un seul type cellulaire.
Boidæ : 2 glandes rassemblées dans la dépression dor¬
sale du proctodacum. Probablement deux caté¬
gories cellulaires, mal localisées.
Colubroidea : 2 glandes, dorso-latérales ou rassem¬
blées dans la dépression dorsale du procto¬
daeum. Une seule catégorie cellulaire.
M +
M +
M +
M +
M +
S 0
M 0
M +
S 0
M +
S 0
M +
M +
M 0
M +
S +
0 +
0 +
0 +
0 +
+ o
+ +
0 +
+ 0
0 4-
+ o
0 +
o +
+ +
0 +
0 +
0 +
+ 0
0 0
+ 0
± +
0 0
0 +
0 +
+ 0
0 +
+ o
0 0
0
0
0 +
+ 0
0 +
0 ±
0 0
0 0
± 0
+ ±
0 o
+ ±
0 0
0 +
0 0
0 0
+ 0
o 0
+
+ 0
APS = méthode à l’acide periodiquc-Schilï; SS + SIl = protides sulfhydrilés totaux;
SH = protides sulfhydrilés révélablcs sans réduction préalable des coupes;
M = glandes ou cellules de type « muqueux •;
S = glandes ou cellules de type « séreux «.
Du point de vue de la constitution cellulaire des tubes glandulaires
plusieurs éventualités ont été constatées. Il existe deux catégories cellulaires
chez les individus des deux sexes appartenant aux familles des Lacertidés
des Anguidés et des Anniellidés. Seuls les mâles sont pourvus de glandes
cloacales à deux types cellulaires chez les Gekkonidés, les Xantusidés et les
Iguanidés. Une seule catégorie cellulaire forme les glandes cloacales, dans
les deux sexes, chez Sphenodon, les Agamidés, les Chamaeleonidcs, les Feyli-
nidés, les Varanidés, les Amphisbénidés, les Trogonophidés et chez les
Serpents. Des représentants d’un seul sexe ont été examinés en ce qui
concerne un certain nombre de familles; il existe deux catégories cellulaires
chez le mâle d 'Hcloderma et une seule chez les femelles des Pygopodidés
et des Téidés. ainsi que chez les mâles des Leptotyphlopidés.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
253
Chez Sphenodon et chez les Sauriens, lorsqu’il n’existe qu’un type
cellulaire, les caractères histologiques sont ceux de la cellule « muqueuse »;
en effet, le produit de sécrétion est cyanophile, APS-positif, souvent Colo¬
mbie par le bleu alcian et métachromatique, les protides y étant, au
Tableau III. — Glandes cloacales des mâles.
g* £
I |
O «
Sphenodon: tubes peu nombreux, non ramifiés, en
posilion latérale. Un seul type cellulaire.
Gekkonidæ : 2 masses ventrales accolées, 2 glandes
latéro-dorsales allongées. Glandes ventrales
muqueuses, glandes dorsales « séreuses ».
Xantusidæ : simples tubes contournés, mais non
ramifiés. Deux catégories cellulaires juxtaposées,
parfois superposées.
Iguanidæ : 1 grosse masse ventrale, 2 à 4 petites
glandes latéro-dorsales. Deux catégories cellu¬
laires superposées.
Agamidæ : I glande ventrale et 1 glande dorsale,
aplaties. Un seul type cellulaire.
Chamaeleonidæ : tubes peu ramifiés, entourant le
proctodaeum. Un seul type cellulaire.
Scincidæ : 1 grosse masse ventrale muqueuse et 2
grosses masses latérales • séreuses ».
Feylinidæ : 2 glandes latérales sphériques. Proba¬
blement un seul type cellulaire.
Lacertidæ : 2 masses ventrales accolées, surtout mu¬
queuses et 2 masses latérales, surtout « sé¬
reuses ».
Anniellidæ : 8 petites glandes ventrales et 2 glandes
dorso-Iatérales. Deux catégories cellulaires mé¬
langées.
Varanidæ • 1 masse ventrale et 1 masse dorsale, plus
ou moins en contact latéralement. Un seul type
cellulaire.
Helodermatidæ : 8 à 10 glandes ventrales mixtes et
4 glandes latéro-dorsales « séreuses ».
Amphisbaenidæ : 1 glande ventrale, 2 glandes dor¬
sales allongées. Une seule catégorie cellulaire.
Trogonophidæ : seulement 2 glandes dorsales allon¬
gées. Une seule catégorie cellulaire.
Typhlopidæ et Leptotyphlopidæ : 1 glande ovoïde,
à la base de la queue, atteignant l’extrémité
dorsale du proctodaeum. Un seul type cellulaire.
Boidæ et Colubroidea : 2 glandes dorso-Iatérales,
allongées de chaque côté du cloaque et attei¬
gnant l'intestin terminal. Un seul type cellulaire.
M +
M +
S 0
M +
S 0
M +
S 0
M +
M +
M +
S 0
M 4-
M +
S 0
M +
S 0
M +
0 +
0 +
+ +
0 +
+ +
0 +
+ 0
0 +
0 +
0 +
+ +
0 +
0 +
+ 0
0 +
+ 0
0 +
0
± 0
0 0
0 0
0 0
0 0
0 ±
0 0
0 0
± 0
0 +
± +
0 0
0 +
+ 0
0 0
+ 0
0 0
0 0
0 0
0 0
0 0
0 0
± 0
+ ±
+ ±
0 0
+ ±
0 0
0 0
± 0
M + 0 + 0 0± +
so+±oooo
M + 0 + 0
M + 0 + 0
? 0 + + 0 + +0
? + 0 + 0
±
Source : MNHN, Paris
254
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
contraire, rares. Chez les Sauriens pourvus de deux types cellulaires, le second
correspond à la classique description de la cellule « séreuse »; le produit
de sécrétion se présente sous forme de grains arrondis, érythrophiles, sou¬
vent APS-positifs mais toujours dépourvus de mucopolysaccharides acides
et, au contraire, riches en amino-acides décelables par les techniques utilisées
ici. Chez les Boïdés et chez les Colubroidea, le seul type cellulaire des
glandes cloacales contient un produit de sécrétion cyanophile, APS-
positif, mais dépourvu de mucopolysaccharides acides et, au contraire,
le plus souvent riche en amino-acides. Chez les Typhlopidés et Leptoty-
phlopidés, le produit de sécrétion présente les mêmes caractères histo-
chimiques que chez les autres Serpents, mais il est formé de grosses granu¬
lations sphériques, très abondantes et fortement érythrophiles.
Dans les glandes cloacales pourvues des deux types cellulaires, ceux-ci
peuvent être étroitement mélangés; juxtaposés dans certains cas (Xantu-
sidés, Anniellidés, Gerrhonotus ), ils sont superposés dans d’autres (Iguanidés).
Lorsque les deux types cellulaires sont localisés, il existe une tendance très
nette à la concentration des cellules « muqueuses » dans les glandes ventrales
et des cellules « séreuses » dans les glandes dorsales ou latéro-dorsales. La
séparation spatiale des deux types cellulaires n’est entièrement réalisée que
chez les Gekkonidés et les Scincidés; chez les Lacertidés mâles, elle est
beaucoup plus nette dans les glandes hypertrophiées de la période d’activité
sexuelle que dans les glandes au repos.
Source : MNHN, Paris
DISCUSSION
Il résulte, en somme, des données exposées au chapitre précédent
que le cloaque des Lépidosauriens représente un ensemble complexe de
conduits, auquel sont annexées divers types de glandes. Nous envisagerons
en priorité les problèmes difficiles que posent l’interprétation morpholo¬
gique et la signification fonctionnelle du cloaque sensu stricto, puis celles
des glandes cloacales et, en dernier lieu, les considérations générales qui
se dégagent de cette étude, notamment en ce qui concerne les affinités
phylogéniques des Lépidosauriens.
MORPHOLOGIE DU CLOAQUE
Comme le rappelle Gerhardt (1937), le terme « cloaque » au sens
le plus général est utilisé par les zoologistes pour désigner une cavité où
débouchent les conduits excréteurs d’au moins deux organes ou systèmes
d’organes différents. Dans le cadre de l’anatomie des Vertébrés, le cloaque
représente la cavité où débouchent d’une part l’intestin terminal, d’autre
part les conduits urinaires et génitaux.
Nous avons déjà rappelé, dans l’introduction de ce travail, que la
conception faisant du cloaque un caractère anatomique primitif des
Vertébrés, n’était pas conforme à la réalité. En effet, comme le signale
Gerhardt (1937), une structure correspondant à la définition donnée
ci-dessus n’existe ni chez 1 ’Amphioxus, ni chez l’ensemble des Agnathes,
ni chez les Téléostéens. A côté des Élasmobranches et des Dipneustes,
tous les Vertébrés Tétrapodes sont, au contraire, pourvus d'un cloaque
et le cloisonnement de ce dernier, avec séparation complète des orifices
digestifs et uro-génitaux, ne se fait que chez les Mammifères Euthériens,
à un stade relativement tardif du développement embryonnaire.
S’il est facile d’aboutir à une définition univoque du cloaque, la
signification morphologique de ses parties constitutives est beaucoup plus
difficile à établir.
Pour les auteurs classiques, c’est la partie terminale de l’intestin qui
représente l’élément constitutif essentiel du cloaque. Ils admettent, de
façon plus ou moins explicite, que le cloaque définitif dérive d’un copro-
daeum à la suite de deux modifications, dont la première est l’abouchement
des conduits uro-génitaux, la deuxième l’établissement de la continuité
avec une invagination ectodermique, le proctodaeum. Le corollaire fonc¬
tionnel de cette conception est que les fécès, l’urine et les produits génitaux
traversent deux des trois chambres définies par Gadow (1887), à savoir l’uro-
daeum et le proctodaeum. Gerhardt souligne l’importance de ces trois fonc-
Source : MNHN, Paris
256
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
tions dans l’évolution et la différenciation morphologique du cloaque, en
faisant remarquer que l’accumulation des fécès conduit à la différenciation
du coprodaeuin, que celle de l’urine retentit sur la structure de l’urodaeum
et aboutit dans un grand nombre de cas à la différenciation d’une vessie,
enfin que le développement des organes copulateurs, morphologiquement
rattachés au cloaque, conditionne en partie la structure du proctodaeum.
Indépendamment des objections qui sont formulées ci-dessous, cette
interprétation du cloaque doit être complétée, tout au moins en ce qui
concerne les Lépidosauriens ; en effet, les auteurs classiques ne semblent
pas avoir tenu compte du retentissement, sur la morphologie de l’urodaeum,
de la fonction reproductrice des femelles. Chez ces dernières, l’urodaeum
est beaucoup plus développé que chez les mâles; il y a formation d’un
sinus génital plus ou moins profond, bifide dans certains cas, où se loge
l’hémipénis au moment de l’accouplement. L’individualité de ce segment
de l’urodaeum est clairement illustrée par l'importance des modifications
histologiques au cours du cycle reproducteur.
L’observation des animaux et l’examen histologique, pratiqué à des
stades convenablement choisis du cycle digestif, démontrent l’inexactitude
de la conception classique, voulant que les fécès traversent l’urodaeum
et le proctodaeum. Le véritable mécanisme de la défécation est illustré
par la figure 2 (pl. I); celle-ci montre clairement qu’au moment de l’éva¬
cuation des fécès, le sphincter anal est amené, par un jeu musculaire dont
l’étude détaillée reste à faire, au ras du plagiotrème. Les fécès passent
donc directement du coprodaeum au milieu extérieur.
Un mécanisme du même type préside à l’évacuation, dans le milieu
ambiant, de Turine; il n’en est pas moins vrai que celte dernière traverse
l’urodaeum pour rejoindre le coprodaeum où elle est mélangée aux fécès,
après une éventuelle période de stockage dans la vessie lorsque celle-ci
existe.
A côté de la donnée anatomique qu’est la présence d’un sphincter
anal, la structure de l’épithélium de revêtement incite à placer la limite
postérieure de l’intestin au bord cranial de ce sphincter. En effet, ce niveau
correspond à l’arrêt de l’épithélium intestinal et les différences de structure
par rapport à l’épithélium urodéal ne plaident pas en faveur de l'inter¬
prétation classique, suivant laquelle la majeure partie de l’épithélium du
cloaque devrait dériver de celui de l’intestin.
La description analytique illustre la difficulté d’une définition précise
de la limite entre l’urodacum et le proctodaeum. Le repli transversal men¬
tionné dans les anciens travaux n’existe pas toujours; Gadow lui-même
le reconnaît. Le passage de l’épithélium urodéal caractéristique au tégument
est souvent très progressif; dans les cas où une limite nette peut être tracée
celle-ci se situe à des niveaux très variables suivant les espèces. Seule l’étude
embryologique permettrait, dans un grand nombre de cas, une délimitation
exacte de la partie ectodermique du cloaque.
Les particularités histologiques du revêtement épithélial du cloaque
ont été envisagées à propos de l’exposé synthétique des résultats. Il y a
lieu d’insister ici sur les caractères généraux de l’épithélium qui recouvre
la partie terminale de l’intestin, ainsi que sur ceux de l’épithélium urodéal.
L’épithélium de l’intestin terminal est simple; on y rencontre des
cellules prismatiques ainsi que, dans la plupart des cas, des cellules cali¬
ciformes. Ces dernières font toujours défaut dans l’épithélium urodéal
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
257
dont les cellules superficielles contiennent, certes, des mucopolysaccharides,
sans être pourvus pour autant des caractères morphologiques de la cellule
caliciforme. Fait essentiel, l’épithélium urodéal est toujours stratifié, cette
stratification pouvant aller jusqu’à conférer aux couches profondes un
caractère pavimenteux. Contrairement à l’épithélium intestinal, toutes
les cellules de surface de l’épithélium urodéal sécrètent des mucopolysac¬
charides moyennement acides, décelables à la fois par la réaction à l’acide
periodique-Schilï et par la coloration au bleu alcian.
Parmi les spécialisations régionales de l’épithélium urodéal des mâles,
il n’y a lieu de rappeler que la présence de cellules ciliées dans la vessie
des espèces où cet organe est bien développé. Chez les femelles, trois régions
sont à distinguer dans l’épithélium urodéal, à savoir : une zone ventrale
et postérieure, à épithélium mince et pauvre en mucopolysaccharides,
la région anale, comparable à la précédente mais plus riche en sécrétions
muqueuses, enfin une zone dorsale, souvent prolongée dans le sens rostral
par un sinus génital plus ou moins profond. Cette dernière zone subit se île,
au cours du cycle reproducteur, des modifications de structure qui ont
été décrites.
GLANDES CLOACALES
Deux types de glandes sont annexées au cloaque; les unes, les glandes
urodéales, représentent de simples cryptes épithéliales, alors que les autres,
les glandes cloacales, atteignent dans certains cas le degré d’évolution
le plus élevé d’un territoire glandulaire, la glande anatomiquement définie
et monostomatique.
La comparaison anatomique des différents types de glandes cloacales
fait apparaître une tendance évolutive comparable à ceiie qui existe dans
bien d'autres cas; en effet, le groupement en unités anatomiquement indi¬
vidualisées, la différenciation de canaux excréteurs dont la structure est
différente de celle des tubes glandulaires et la réduction du nombre des
collecteurs principaux, vont de pair. Des tubes glandulaires simples, indé¬
pendants les uns des autres, existent chez Sphenodon, chez les Xantusidés
et chez les Chamaeléonidés; ces tubes sont dépourvus de conduits excréteurs
à revêtement épithélial différent de celui de la partie sécrétrice. Chez les
femelles d’un grand nombre d’autres Sauriens, les glandes cloacales sont
représentées par des tubes indépendants les uns des autres, mais ramifiés
et pourvus de conduits excréteurs dont la différenciation est indiquée.
Il y a lieu d’insister sur le fait que les glandes cloacales sont beaucoup plus
développées chez les mâles des mêmes espèces et atteignent, dans un cer¬
tain nombre de cas, le stade de la glande anatomiquement individualisée
et polystomatique. Un plus grand développement chez les mâles existe
également chez les Boïdés et les Colubroidea, mais dans les deux sexes les
glandes cloacales sont monostomatiques. Cette différenciation sexuelle
fait défaut chez Hoplodactijlus pacifions, seul Gekkonidé vivipare étudié
ici, ainsi que chez l’ensemble des Lépidosauriens fouisseurs (Feylinidés,
Anniellidés, Amphisbaenidés, Trogonophidés, Typhlopidés). Chez les Typhlo-
pidés et Leptotyphlopidés, la concentration des glandes cloacales atteint
son degré le plus élevé, les glandes droites et gauches étant coalescentes
Source : MNHN, Paris
258 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
sur la ligne médiane, entourées d’une capsule conjonctive commune et
pourvues d’un seul collecteur principal, impair et médian.
Du point de vue histologique, l'élaboration d’un produit de sécrétion
où dominent les constituants glucidiques semble être la modalité fonda¬
mentale dans les glandes cloacales des Lépidosauriens. En effet, des cellules
muqueuses au sens classique du terme peuvent former, à elles seules, le
revêtement épithélial des tubes glandulaires. Leurs caractères histolo¬
giques généraux et leurs particularités histochimiques ne posent aucun
problème et nos données permettent d’affirmer la richesse en mucopo-
îysaccharides acides du produit élaboré par ces cellules. Chez un certain
nombre d’espèces, le produit de sécrétion des cellules « muqueuses » ne
semble pas contenir de mucopolysaccharides acides en quantité supérieure
au seuil de sensibilité des méthodes utilisées ici, mais d’autres réactions
histochimiques des glucides donnent, dans ces cas, des résultats fortement
positifs; il y a donc lieu d’admettre, dans ces cellules, la présence de muco¬
polysaccharides neutres ou de glycoprotéines au sens large du terme. Les
techniques histochimiques actuelles ne permettent pas une discrimination
sûre entre ces composés.
Il résulte des tableaux II et III que les protides sont également bien
représentés dans le produit de sécrétion des glandes cloacales, particulière¬
ment chez les Ophidiens et dans les cellules « séreuses » des glandes cloacales
des Scincomorplia. Il s’agit là d’une constatation banale dans les glandes
exocrines des Vertébrés qui n’appelle aucun commentaire particulier.
Nos constatations, purement statiques, n’apportent évidemment pas
les éléments d’une étude détaillée du cycle sécrétoire des catégories cellulaires
qui forment les glandes cloacales. Il n’en est pas moins vrai que l’examen
des préparations incite à admettre un fonctionnement suivant le mode
mérocrine classique, puisque nous n’avons recueilli aucun indice en faveur
d’une sécrétion apocrine ou holocrine.
Il va de soi que toute tentative d’interprétation physiologique des
glandes cloacales des Lépidosauriens se heurte, dans l’état actuel de nos
connaissances, à de graves difficultés. Nous ne disposons d’aucune donnée
biochimique concernant le produit de sécrétion; le grand développement
de ces glandes à la période de reproduction est, certes, connu, mais on
ignore leur comportement au moment de l’accouplement. Un rapport de
ces organes avec la fonction génitale paraît donc probable, mais l’ancien
terme « prostate » employé pour les désigner dépasse nettement les données
positives dont on dispose et c’est la raison pour laquelle nous n’en usons
pas. Il ne faut pas perdre de vue que les spermatozoïdes sont, dès le canal
déférent, enrobés par le produit de sécrétion de l’épididyme dont le rôle
trophique paraît certain; il s’y ajoute probablement, à un stade indéterminé
le produit de sécrétion du segment sexuel du rein, le développement relatif
de ce dernier suivant les espèces étant sans rapport avec le développement
relatif des glandes cloacales. Les trois produits de sécrétion pourraient,
a priori, intervenir dans la nutrition des spermatozoïdes. A côté de ce rôle
trophique possible du produit de sécrétion des glandes cloacales, il paraît
légitime d’envisager l’hypothèse de sa fonction mécanique. Il pourrait, en
effet, servir de lubrifiant au moment de l’accouplement et faciliter, en outre,
le déplacement des spermatozoïdes vers les voies génitales femelles.
Source : MNHN, Paris
E ET HUBERT SAINT-GIRONS
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
La comparaison du cloaque des Lépidosauriens avec celui des autres
Amniotes fait apparaître une ressemblance incontestable avec la dispo¬
sition anatomique connue chez les Crocodiles et les Oiseaux, à savoir la
position dorsale par rapport à l’intestin des orifices génitaux et urinaires.
Cet emplacement est donc valable pour l’ensemble des Sauropsidés, à
l’exception des Anapsides; chez ces derniers et chez les Mammifères, les
orifices urinaires et génitaux sont, au contraire, ventraux par rapport à
l’intestin terminal.
Chez les mâles, le canal déférent et l’uretère débouchent toujours
au sommet d'une papille uro-génitale située daDS la région dorsale de l’uro-
daeum. Cette uniformité fait défaut chez les femelles; dans la plupart des
cas, il existe un tubercule génital, terminant l’oviducte, à des empla¬
cements variables des zones moyennes ou craniales de l’urodaeum dorsal,
et une papille urinaire où débouchent le canal de Wolff et l’uretère, dans
la région caudale de l’urodaeum dorsal. Toutefois, l’orifice de l’uretère peut
parfois se situer à la base, ou même à proximité du sommet du tubercule
génital. Dans ce cas, réalisé chez Sphenodon, le dimorphisme sexuel est
particulièrement faible, puisque les deux sexes sont pourvus d’un « tubercule
uro-génital » unique. Chez les autres Lépidosauriens examinés, le dévelop¬
pement plus important de la partie dorsale de l’urodaeum, pouvant aller
jusqu’à la formation d’un véritable sinus génital, introduit une différence
sexuelle importante dans la constitution du cloaque. Une autre différence
sexuelle est représentée par l’hypertrophie saisonnière de l’épithélium
du sinus génital et par la fréquence, chez les femelles, des glandes urodéales
qui n’existent pas chez les mâles des espèces correspondantes. Au contraire,
les glandes cloacales sont plus développées chez les mâles que chez les
femelles et il en est de même de la glande « sébacée » de Sphenodon.
Bien que l’étude des réceptacles séminaux sorte partiellement du
cadre de ce travail, il y a lieu de rappeler brièvement les données acquises
à ce sujet. Chez la majorité des Lépidosauriens, les spermatozoïdes sont
stockés, pendant une période allant de quelques semaines à plus d’un an,
dans la lumière du tube vaginal. Ils gagnent la trompe quelque temps
avant l’ovulation et, chez tous les Serpents mais eux seuls, s’y logent dans
des réceptacles séminaux particuliers (Fox, 1956; Saint Girons, 1957).
Chez quelques Sauriens, le stockage des spermatozoïdes s’effectue dans
des conditions différentes de celles qui viennent d’être décrites. Chez les
Chamaeléonidés et les Iguanidés du genre Anolis, il existe de véritables
réceptacles séminaux, sous forme de tubes en doigt de gant qui s’enfoncent
dans le chorion du tube vaginal (Saint Girons, 1962; Fox, 1963.). D’autre
part, chez les Lacertidés et de nombreux Iguanidés, nous avons trouvé
un grand nombre de spermatozoïdes, non plus dans la lumière du tube
vaginal, mais dans une expansion aplatie de la région utéro-vaginale qui
entoure plus ou moins l’intestin, juste en avant du cloaque. Dans tous les
cas, la présence de spermatozoïdes dans le cloaque des femelles est très
brève et on ne les y trouve en abondance notable qu’immédiatement après
l'accouplement.
Source : MNHN, Paris
260
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
On sait la quasi-impossibilité qu’il y a à superposer la phylogénèse
d’un groupe animal quelconque et l’évolution, au sein de ce groupe, d’un
seul caractère anatomique. Le cloaque des Lépidosauriens n’échappe pas
à cette règle et l'apport de son étude à la phylogénèse est réduit.
Les particularités anatomiques du cloaque de Sphenodon punclatus
connues de longue date et confirmées récemment grâce à l’étude histo¬
logique (Gabe et Saint Girons, 1964), soulignent la position particulière
de cette espèce. Contrairement à ce qui se passe chez tous les autres
Lépidosauriens, les hémipénis font défaut chez Sphenodon. L’étude comparée
du cloaque dans les deux sexes conduit à insister sur le très faible dimor¬
phisme sexuel. En effet, ce dernier est représenté surtout par un plus
grand développement des glandes « sébacées » chez le mâle.
Chez les Squamata, les rapports entre la position systématique et
la morphologie du cloaque ne sont pas toujours évidents. Le développement
du sinus génital des femelles, notamment, est très variable au sein d’une
même famille; il convient toutefois d'insister sur la position latérale ou
ventrale, par rapport au sinus génital, du tubercule génital de tous les
Anguiinorpha examinés ici. D’autre part, l’absence de l’oviducte gauche
et du tubercule génital correspondant est bien connue chez les Thyphlopidés
et les Leptotyphlopidds.
Les glandes intracloacales permettent de diviser les Lépidosauriens
en 4 groupes : les Rhynchocéphales, avec 2 glandes « sébacées » caracté¬
ristiques; les Sauriens, avec des glandes cloacales formées soit de tubes
dispersés, soit d’amas glandulaires polystomatiques; les Bo dés et les
Colubroidea, pourvus de 2 glandes allongées, monostomatiques; enfin
les Typhlopidés et les Leptotyphlopidés qui ne possèdent qu’une glande
impaire et médiane, nonostomatique et située à la base de la queue.
Malgré d’importantes diiïérences spécifiques et parfois même indi¬
viduelles, l’homogénéité des Colubroidea ressort clairement de l’étude
du cloaque. En particulier, le revêtement épithélial de l’urodaeum dorsal
présente toujours plusieurs zones différentes dont on ne retrouve pas
l’équivalent chez les autres Lépidosauriens.
D’autre part, il convient d’insister sur la convergence morphologique
et fonctionnelle du sinus génital chez les Chamaeléonidés et chez les
Iguanidés du genre Anolis. Dans les deux cas, l’urodaeum dorsal se divise en
2 cornes allongées au fond desquelles se trouve le tubercule génital. De
plus, il existe dans la paroi du tube vaginal des réceptacles séminaux
inconnus chez les autres Lépidosauriens, tout au moins dans l'état actuel
de nos connaissances.
En conclusion, l’apport de la connaissance du cloaque à la phylogénie
des Lépidosauriens est réduit et peut se résumer en quelques phrases. Il
confirme la position particulière des Rhynchocéphales, ainsi que l'homo¬
généité des Colubroidea et, à un moindre degré, des Anguimorpha. Il existe
d’indiscutables phénomènes de convergence entre les Typhlopidés et les
Leptotyphlopidés (mais non avec les Sauriens fouisseurs), ainsi qu'entre
les Chamaeleonidés et les Iguanidés du genre Anolis.
Source : MNHN, Paris
DEUXIÈME PARTIE
LES GLANDES ÉPIDERMOÏDES
INTRODUCTION
La rareté, voire l’absence, de glandes cutanées chez les Reptiles est
une notion très généralement admise qui figure non seulement dans la
plupart des manuels de Zoologie, mais jusque dans certaines diagnoses.
Un petit nombre de formations glandulaires annexées au tégument ont,
toutefois, été décrites chez les représentants de cette classe. La mise au
point de Von Eggeling (1931) fait état, à côté de glandes cutanées chez
les Chéloniens et les Crocodiliens, au sujet desquelles nous n’avons pas à
nous étendre ici, de formations particulières désignées sous le nom de
glandes épidermoïdes et représentées uniquement chez les Sauriens; sous
ce nom sont groupées les glandes fémorales (organes folliculaires), d’une
part, les écailles glandulaires (organes papillaires) des Agamidés, d’autre
part. Le dépouillement des publications spécialisées apporte, en outre,
des notions sommaires sur d’autres glandes annexées au tégument des
Lépidosauriens, glandes dont certaines étaient inconnues au moment ou
Von Eggeling rédigeait son travail, alors que pour d’autres la véritable
signification n’apparait qu’à l’examen histologique.
Les glandes fémorales des Sauriens, improprement désignées sous
le nom de pores fémoraux — appellation qui doit être réservée à leurs
orifices — semblent avoir été entrevues par Linné (1768) et ont été cor¬
rectement interprétées par Duvernoy (1768). Étudiées du point de vue
anatomique par un certain nombre d’auteurs du xix e siècle (voir Kémzet,
1911, pour la bibliographie), ces organes ont été examinés pour la première
fois du point de vue histologique par Leydig (1872) qui reconnaît leur
sécrétion holocrine et opère un rapprochement entre le fonctionnement
de ces glandes d’une part, l’évolution normale de la cellule épidermique,
d’autre part. En effet, le produit de sécrétion de ces glandes résulterait
de la kératinisation des cellules de la couche basale et contiendrait, en
outre, un peu de graisse. Aussi, Leydig discute-t-il des relations phylo¬
géniques entre ces formations et les glandes sébacées des Mammifères.
Parmi les auteurs postérieurs à cette date, certains confirment l’interpré¬
tation de Leydig (Batelli, 1880; Braun, 1890; Maurer, 1895;
Mémoires du Muséum. — ZOOLOGIE, t. XXXIII. 18
Source : MNHN, Paris
262 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Schaefer, 1902; Tolg, 1905; Félizet, 1911; Von Eggeling, 1914;
Abraham, 1930; Tokura, 1933; Eggert, 1935 a et b, 1936). D’autres,
bien plus rares (Hayeck, 1893; Cohn, 1904) estiment que le produit de
sécrétion des glandes fémorales serait de nature muqueuse. Signalons tout
de suite que cette deuxième interprétation n’est admise par aucun auteur
moderne.
De ces glandes, situées sur la face médiale de la cuisse, doivent être
rapprochées des formations morphologiquement comparables, connues des
systématiciens qui ont décrit, chez des Amphisbéniens et divers Sauriens,
leurs orifices sous les noms de pores préanaux et pores anaux. Les glandes
en question ne semblent pas avoir fait l’objet d’études histologiques.
Des « écailles glandulaires » (organes papillaires) ont été décrites chez
les Agamidés mâles par Tôlg (1905). Cet auteur signale que chaque papille
comporte, à côté d’une couche germinative identique à celle de l'épi¬
derme, un grand nombre de strates cellulaires caractérisées par une kéra¬
tinisation incomplète, si bien que les cellules conservent un profil fusiforme
même dans les couches les plus superficielles. Le stratum corneum du
tégument est souvent interrompu au centre de la papille. Taylor et
Leonard (1956) reconnaissent, chez les Gekkonidés, des écailles glandu¬
laires de même structure que chez les Agamidés, mais moins différenciées.
Haas (1932), Aota (1940) décrivent, sous les écailles céphaliques
des Typhlopidés, des structures glandulaires formées de cellules dont la
couche profonde est en continuité avec le stratum basale de l’épiderme,
les couches superficielles étant faites d’éléments qui subissent une dégé¬
nérescence holocrine; les caractères du produit de sécrétion ne semblent
pas avoir été étudiés.
Les glandes nuchales des Serpents, découvertes par Nakamura (1935)
chez Natrix ligrina et retrouvées anatomiquement chez d’autres Colu-
bridés indo-malais, sont peut-être à rapprocher des glandes cutanées des
Typhlopidés; leur développement est beaucoup plus considérable et il
s’agit, d’après Nakamura, de glandes holocrines polyptiches au sens de
Schaffer; ces organes, que nous n’avons pas pu examiner, restent en
dehors de notre travail.
A côté des glandes qui viennent d’être passées en revue et dont les
connexions avec le tégument sont évidentes, d’autres formations doivent
être mentionnées ici, en raison de leurs caractères histologiques.
Des glandes paires et symétriques, globuleuses, ont été décrites de part
et d’autre du proctodaeum, chez les individus des deux sexes de Sphenodon
pundatus. Ces glandes, dont les conduits excréteurs débouchent à proxi¬
mité immédiate de l’orifice cloacal, ont été considérées par Osawa (1897),
à qui est due leur découverte, comme étant de type sébacé. L’étude de
ces organes au moyen des techniques histologiques modernes conduit à
une interprétation différente de celle qui vient d’être évoquée (Gabe et
Saint Girons, 1964).
On connaît de longue date l’existence, chez les Ophidiens des deux sexes
de glandes anales. Il s’agit de formations tubuleuses qui pénètrent plus
ou moins profondément dans les tissus sous-cutanés de la racine de la queue;
le rejet subit du produit de sécrétion qui remplit entièrement la lumière
des tubes survient, chez de nombreux Colubridés, lorsque l’animal est
molesté; en raison de l’odeur nauséabonde du produit de sécrétion, ce
rejet à été considéré par certains auteurs comme une réaction de défense.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
263
Des travaux anatomiques récents (Guibé, 1948; Robb, 1960) men¬
tionnent, chez les Typhlopidés, des formations rétrocloacales à orifice
d’abouchement très proche de celui des glandes anales des Ophidiens, mais
dont le corps glandulaire s’étend, le long du cloaque, dans le sens cranial.
Il résulte de cette revue très succincte des notions actuellement acquises,
que la plupart des glandes cutanées des Reptiles n’ont pas été étudiées
au moyen des techniques histologiques modernes. De ce fait, la compa¬
raison des structures en question et des glandes cutanées des autres Ver¬
tébrés tétrapodes est rendue difficile, les arguments des phylogénistes
étant tirés de travaux anciens ou sommaires. Nous manquons, par ailleurs,
d’informations quant aux caractères histochimiques des produits sécrétés
par les différents types de glandes cutanées et le mode d’élaboration du
produit de sécrétion ne semble avoir été étudié que dans le cas des glandes
fémorales.
Ces considérations devaient donc conduire à étudier, dans le cadre
de ce travail, les glandes cutanées juxta-cloacales. A côté de formations
glandulaires mentionnées ci-dessus, notre étude porte sur d’autres glandes
cutanées, non encore décrites dans les publications qui nous ont été
accessibles.
Source : MNHN, Paris
MATÉRIEL ET TECHNIQUES
Les circonstances d’exécution de ce travail en expliquent le caractère
fragmentaire. Les espèces et les organes examinés figurent dans le tableau IV.
Tableau IV. — Liste des espèces et des glandes épidermoïdes
juxta-cloacales étudiées.
Sphenodontidæ
Sphenodon punclalus
Glandes « sébacées ».
Gekkonidæ
Coleonyx variegalus
Uedura lessueri
Tarertlola maurilanica
Glandes préanales.
Écailles glandulaires.
Glandes fémorales.
Écailles glandulaires.
Pygopodidæ
Lialis burlonis
Glandes préanalcs.
Agamidæ
Agama inermis
Organe folliculaire.
Scincidæ
Scincus officinalis
Lygosoma taeniolala
Lygosoma sp.
Leiolopisma zelandica
Leiolopisma rhomboidalis
Replis épidermiques glandulaires.
Replis épidermiques glandulaires.
Replis épidermiques glandulaires.
Replis épidermiques glandulaires.
Replis épidermiques glandulaires.
Fcylinidæ
Peylinia currori
Replis épidermiques glandulaires.
I.accrtidæ
l.acerla mural is
Glandes fémorales.
Anguidæ
Gcrrhonolus mullicarinatus
Invagination margino-cloacale.
Varanidæ
Varanus grisais
Tégument margino-cloacal.
Anniellidæ
Anniella pulchra
Replis épidermiques glandulaires.
Amphisbaenidæ
Blanus cinercus
Glandes préanales.
Typhlopidæ
Typhlops punclalus
Typhlops vermicularis et
Typhlops sp.
Epaississement épidermique lenti¬
culaire et glandes anales.
Épaississement épidermique lenti¬
culaire et glandes anales.
Leptotyplilopidæ
Leplotyphlops dulcis
Glandes margino-eloacales.
Glandes anales.
Boidæ
Morelia spiloles
Eryx jaculus
Glandes anales.
Glandes anales.
Colubridæ
Macroprolodon cucu/lalus
Natrix maura
Coronclla austriaca
Glandes anales.
Glandes anales.
Glandes anales.
Elapidæ
Bungarus fascialus
Glandes anales.
Viperidæ
Vipcra aspis
Alractaspis sp.
Glandes anales.
Glandes anales.
La plupart des pièces n’ont été fixées que par le liquide de Halmi
l’opportunité d’une étude des glandes cutanées s’étant imposée à notre
esprit en cours de travail. Les techniques qui leur ont été appliquées ont
déjà été décrites.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
265
Seules les glandes fémorales de Lacerla muralis et les glandes anales
de Nalrix maura, ont été fixées par le formaldéliyde-calcium de Baker,
puis débitées au microtome à congélation. Parmi les techniques de mise
en évidence des lipides, nous avons utilisé celle au bleu BZL, avec coloration
de fond par la laque aluminique de rouge nucléaire solide, ainsi que la
réaction de Lorrain-Smith au bleu de Nil. Des coupes à la congélation,
montées avec ou sans coloration, ont été examinées en lumière polarisée.
La détection des protides sulfhydrilés par la méthode au 2,2 -
dihydroxy- 6,6'-disulfure de dinaphtyle (DDD), suivant Barnett et
Seligman (1952), n’a pu être appliquée qu’aux glandes fémorales de
Tarentola mauritanica.
Source : MNHN, Paris
RÉSULTATS
L'étude histologique montre que la genèse du produit de sécrétion
dans toutes les glandes cutanées étudiées ici, permet de retrouver les poten¬
tialités évolutives de la cellule épidermique. Dans tous les cas, les cellules
indifférenciées qui se trouvent au début du cycle sécrétoire sont, morpho¬
logiquement, très proches de la cellule du slralum basale. Leur évolution
au cours du cycle sécrétoire se fait suivant le mode holocrine. Les parti¬
cularités cytologiques et liistochimiques présentent une indiscutable homo¬
généité, d’où la possibilité d’en donner une description d’ensemble. L’ana¬
tomie des glandes en question est, au contraire, très diverse. Nous sommes
donc amenés à décrire successivement les principaux types d’organes
épidermoïdes, en adoptant un classement en séries de complexité croissante.
ANATOMIE MICROSCOPIQUE
L'une~des deux séries mentionnées ci-dessus est représentée par des
organes qui dérivent plus ou moins directement d’épaississements lenti¬
culaires situés sur la face dorsale d’une écaille. La plus simple de ces dispo¬
sitions existe chez les Typhlopidés. A ces épaississements, se rattachent
sans difficulté les écailles glandulaires de certains Gekkonidés. Les organes
papillaires des Agamidés représentent des fonnations du même type, mais
plus complexes. Les termes ultimes de cette série pourraient être représentés
par des glandes de Leplohjphlops que nous proposons d’appeler margino-
cloacales et par les glandes dites sébacées du cloaque de Sphenodon.
Le point de départ d’une autre série correspondre à des groupes
cellulaires situés au fond de replis du tégument chez des Feylinidés
et Anniellidés. L’accentuation de ce processus de sécrétion holocrine conduit
aux invaginations pré anales du tégument chez certains Gekkonidés
(Coleongx). Les glandes fémorales (folliculaires) de nombreux Sauriens
ainsi que les glandes préanales semblent dériver du type précédent à la
suite d’un développement considérable de la zone glandulaire qui s’enfonce
en profondeur et devient lobulée.
Il est difficile de rattacher les glandes anales des Ophidiens à l’une
plutôt qu’à l’autre des deux séries mentionnées ci-dessus; c’est pourtant de
la deuxième que les rapproche la structure de leur paroi, voisine de celle
de l'épiderme normal. Les invaginations épidermiques margino-cloacales
de Gerrlionolus miilticarinalus possèdent certains de leurs caractères histo¬
logiques et pourraient représenter un stade initial de leur différenciation;
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
267
en l’absence d’autres formes de transition, il serait évidemment prématuré
de vouloir en faire une série évolutive. L’identification précise des terri-
otires dont dérivent, au cours de l'ontogenèse, les deux types de formation
présenterait, bien entendu, un certain intérêt.
Épaississements épidermiques lenticulaires.
Nous proposons de désigner sous ce nom des épaississements localisés
de l’épiderme qui existent chez les Typhlopidés, Squamata fouisseurs à
écailles imbriquées; on rencontre des formations à la face dorsale des écailles,
assez près de la base pour qu’elles soient recouvertes par l’écaille précé¬
dente. Ces structures n’existent pas chez les Leptotyphlopidés, ni chez
les Feylinidés; chez quelques Anguimorpha (Anniella pulchra, Ophisaurus
koellikeri) nous n’avons constaté qu’un épaississement diffus de l’épi¬
derme dans la région située immédiatement en arrière du cloaque.
Les épaississements épidermiques lenticulaires de Typhlops recouvrent
le tiers ou la moitié antérieure de l’écaille (fig. 59 et 60); ils s’arrêtent à
une petite distance du repli épidermique qui marque le début de cette
dernière; chaque épaississement est entièrement recouvert par l’écaille
précédente. Leur épaisseur atteint quatre fois celle de l’épiderme banal, tout
au moins en ce qui concerne les strates non kératinisées (80 n environ contre
20 |t). La couche cellulaire sus-jacente au derme a tous les caractères du
stratum basale de l’épiderme banal. Elle est constituée de cellules pris¬
matiques, hautes de 8 à 10 [a, pourvues de noyaux sphériques et centraux,
à chromatine disposée en mottes clairsemées. Des radicules existent au
pôle basal de ces éléments. Les tonofibrilles sont aussi nettes que dans
l’épiderme voisin. Au-dessus de cette couche se trouvent une à deux assises
decellules polyédriques dont certains caractères rappellent ceux des éléments
du stratum spinosum (dentalum). En effet, les dimensions sont du même
ordre et les noyaux ne présentent rien de particulier. Mais on ne rencontre
ni le classique réseau tonofibrillaire, ni les ponts intercellulaires caracté¬
ristiques de cette couche épidermique et les cytoplasmes ont une structure
granuleuse. La taille des cellules augmente nettement en allant vers la
surface; certains cytoplasmes prennent un aspect très clair, d’autres restent
granuleux et les images de pycnoses nucléaires ne sont pas rares. Une
disposition qui évoque le stratum inlermedium fgranulosum) de l’épiderme
est ébauchée à la surface de cette zone; en effet, le grand axe des cellules
et celui des noyaux deviennent parallèles à la surface du tégument.
Au-dessus de cette strate se trouve un feutrage constitué de cellules en
dégénérescence dont les cytoplasmes contiennent des structures filamen¬
teuses fortement acidophiles. En surface, la formation est recouverte d’un
stratum corneum beaucoup plus mince que celui de la partie libre de
l’écaille.
Écailles glandulaires.
Décrites pour la première fois par Grant (1931) chez diverses
espèces de Spliaerodacliilus sous le nom « d’écailles en écusson », ces
structures ont été sommairement étudiées par Noble et Klingel (1932);
Taylor et Leonard en ont donné récemment une description plus détaillée.
Toutes ces données se rapportent à des Gekkonidés et c'est également
Source : MNHN, Paris
268
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
chez des membres de cette famille (Oedura lessueri, Tarentola maurilanica)
que nous avons pu obtenir les données exposées ci-dessous.
Les écailles glandulaires examinées chez Oedura lessueri siègent dans
la région préanale (fig. 61 et 62); celles que nous avons étudiées chez
Tarentola maurilanica sont placées à proximité immédiate des pores fémo¬
raux (fig. 63 à 67). Dans les deux cas, le coussinet de tissu glandulaire recouvre
toute la surface de l’écaille, en se substituant à l’épidenne normal. Le
derme sous-jacent est un peu plus lâche que dans les régions correspondant
au tégument banal, mais il contient le nombre habituel de mélanophores
dendritiques. Une membrane dermique dont la structure ne présente rien
de particulier porte une couche basale, faite de cellules prismatiques à
noyaux sphériques, centraux et clairs. La hauteur moyenne des cellules
est de 12 p; on y rencontre une striation parallèle au grand axe et repré¬
sentant des tonofibrilles. Cette assise de cellules qui correspond au slralum
basale de l’épiderme normal est surmontée de quelques couches de cellules
polyédriques et assez petites, dont la taille et la forme rappellent celles
des éléments du slralum spinosum mais qui ne montrent ni tonofibrilles ni
ponts intercellulaires. Ces éléments sont surmontés d’un important massif de
cellules beaucoup plus volumineuses, les deux premières assises étant parfois
aplaties chez Oedura lessueri, alors que toutes les cellules sont polyédriques
chez Tarenlola maurilanica. Les noyaux des cellules qui forment cette couche
glandulaire sont soit sphériques, centraux et à chromatine disposée en
mottes régulières, soit plus souvent à des stades divers de la pycnose.
notamment dans les zones superficielles. Les cytoplasmes sont clairs et
soit réticulés, soit pourvus de structures filamenteuses, faiblement aci-
dophiles. Les assises toutes supérieures sont aplaties, mais leur hauteur
reste supérieure à celle des éléments du stratum inlermédium normal. Le
coussinet est recouvert d’un slralum corneum qui ne présente chez Oedura
lessueri, aucune particularité, alors qu’il porte, chez l’individu de Tarenlola
maurilanica que nous avons pu examiner, une dépression en forme de
cupule, remplie d’un feutrage au sein duquel on parvient à identifier des
restes de cellules. L’ensemble des données relatives à l’évolution du tégu¬
ment des Reptiles au cours du cycle de mue (voir Lange, 1931; Eggert,
1935 a et b, 1936; Goslar, 1958, 1964, pour la bibliographie) conduit à
assimiler ce feutrage au vestige de la génération épidermique précédente.
Organes papillaires.
Signalés par Boulenger (1885), ces organes ont été minutieusement
étudiés par Tolg (1905) chez Agama inermis. A côté de précisions sur
leur emplacement et leur forme, chez divers Agamidés, le travail de Tolg
apporte une excellente description de leur anatomie microscopique chez
l’espèce mentionnée. Grâce à l’étude comparée de tous les organes papil¬
laires présents chez un même individu, Tolg insiste sur les rapports
étroits entre l’évolution de ces organes et celle de l’épiderme banal. Dans
les papilles latérales, les moins développées, on rencontre au-dessus d’une
couche basale cubique, un nombre de cellules granuleuses supérieur à celui
du slralum spinosum de l’épiderme. Dans les papilles parvenues au terme
de leur évolution, le slralum corneum s’arrête au bord de la formation en
délimitant un orifice à travers lequel fait saillie un massif de cellules granu¬
leuses incomplètement kératinisées.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 269
Les résultats de notre propre étude, faite chez Agama inermis, confirment
la description de Tôlg (pl. IX). Les organes papillaires occupent toute la
face supérieure d’une rangée d’écailles placées en une ligne perpendiculaire
au grand axe du corps, antérieurement par rapport à l’orifice cloacal. Les
coupes transversales montrent que le tissu glandulaire occupe toute l’étendue
de l’écaille, en se substituant entièrement à l’épiderme normal. Sa base
est très légèrement découpée en lobules par des cloisons conjonctives venues
du derme sous-jacent et accompagnées de capillaires sanguins.
La couche germinative, faite de cellules cubiques ou prismatiques
hautes de 10 à 12 p environ, à noyaux sphériques ou ovoïdes, assez clairs,
est surmontée d’un grand nombre d’assises cellulaires, composées d’éléments
polyédriques ou ovoïdes dont le grand diamètre, orienté parallèlement
à la surface du tégument, peut atteindre 20 y, le petit diamètre allant de
8 à 12 (x. Dans l’ensemble, les éléments ovoïdes dominent dans les assises
inférieures de cette couche, les éléments nettement aplatis dans les assises
supérieures. Les noyaux, sphériques et clairs dans certaines cellules, sont
plissés, denses, presque pycnotiques dans d’autres. La plupart de ces
cellules contiennent un produit de sécrétion sous forme de grosses granu¬
lations cyanophiles; certaines sont fortement vacuolisées, l’état pycnotique
du noyau et la vacuolisation coïncidant très souvent; des éléments de ce
type n’existent que dans les assises inférieures, proches de la couche basale.
Dans l’ensemble, le nombre des granulations contenues au sein des cyto¬
plasmes augmente régulièrement depuis l’assise cellulaire située au contact
de la couche germinative jusqu’aux strates les plus supérieures; des formes de
transition entre la cellule germinative et la cellule granuleuse sont très rares.
Le tiers ou le quart supérieur de l’organe papillaire est occupé par
une masse de cellules dont les caractères diffèrent essentiellement de ceux
de la couche granuleuse. Il s’agit, en effet, de cellules très aplaties dont
le petit diamètre n’atteint pas 5 |x, le grand diamètre étant supérieur à
20 n. Les noyaux sont pycnotiques ou indiscernables; des restes cytoplas¬
miques pourvus de granulations cyanophiles existent encore dans certains
éléments, alors que dans la plupart d’entre eux l’ensemble du corps cellulaire
est transformé en une masse homogène et fortement érythrophile. Ces
caractères des cellules confèrent à l’ensemble de la masse un aspect lamel¬
laire. Le passage de la couche granuleuse à celle qui vient d’être décrite
se fait avec une brusquerie qui n’a pas manqué de frapper Tôlg. Il n’existe
pour ainsi dire pas de formes de transition et la limite entre les deux couches
peut être tracée à une cellule près.
Glandes margino-cloacales.
Nous désignons sous ce nom des formations glandulaires qui siègent
sur le rebord postérieur de l’orifice cloacal et dont nous n’avons pas trouvé
mention dans les publications qui nous ont été accessibles. L’écaille anale
les recouvre entièrement chez l’animal au repos. Parmi les Lépidosauriens
examinés, seuls les Leptotyphlopidés sont pourvus de glandes de ce
type.
La glande margino-cloacale de Leplolyphlops dulcis est piriforme,
profondément enfoncée dans le derme (fig. 78 à 81); le sommet de l’organe
affleure à la surface du tégument. Son grand diamètre est de l’ordre de
5 mm, la hauteur atteint 3 mm environ. L’examen des coupes montre que
Source : MNHN, Paris
270
CLOAQUE CHEZ LES LÉP1DOSAURIENS
l’organe est divisé en lobules par des cloisons conjonctives venues du
derme. Ce découpage est plus ou moins marqué suivant les individus et
peut aller jusqu’à la subdivision de l’organe en unités anatomiquement
indépendantes.
La partie basale de chaque lobule est occupée par une assise de cellules
cubiques, mesurant en moyenne 7 t* de hauteur. Les éléments en question
sont pourvus de noyaux sphériques, d’un diamètre moyen de 5 [/., à chro¬
matine disposée en mottes anguleuses bien individualisées. On rencontre,
dès cette couche, des noyaux au contour irrégulier, voire des noyaux
pycnotiques. Les cytoplasmes de ces éléments sont peu abondants et ne
contiennent aucun produit de sécrétion décelable par les techniques mises
en œuvre ici.
Dans la plupart des cas, cette couche basale est directement surmontée
d’un massif important de cellules polyédriques, à caractères morphologiques
nettement différents. Les quelques zones où la couche basale paraît double
pourraient correspondre à des coupes obliques. Les cellules polyédriques
mesurent en moyenne 5 x 10 p dans les couches profondes, 12 x 20 n
dans les couches plus superficielles; leur plus grand axe est parallèle à
la couche basale. Les noyaux de ces cellules mesurent en moyenne
5x6 n dans les couches profondes, 4,5 x 8 \x dans les couches superfi¬
cielles; il existe, dans toute l’étendue du massif cellulaire, un nombre non
négligeable d’éléments dont les noyaux sont plissés, voir pycnotiques.
Les cytoplasmes des cellules polyédriques sont faiblement acidophiles
et contiennent un nombre assez élevé de grains de sécrétion très petits,
nettement séparés les uns des autres et plus acidophiles que le hyaloplasme.
L’abondance de ces grains, faible au contact de la couche basale et du
produit de sécrétion central, est la plus forte dans la zone moyenne du
massif de cellules polyédriques. Il n’existe ni tonofibrilles, ni ponts inter-
cellulaires. Les limites des cellules sont d’une étonnante netteté; l’ensemble
de la couche rappelle de très près l’aspect d’un parenchyme végétal et
l’examen des préparations fait penser à l’existence de nombreux canalicules
intercellulaires.
Le centre de chaque lobule est occupé par une masse assez lâche de
produit de sécrétion; un réseau aux mailles moyennent serrées représente
les vestiges des limites cellulaires. Toute trace de noyaux a disparu, mais
on reconnaît, dans les mailles du réseau, des granules acidophiles compa¬
rables à ceux qui existent dans les cellules polyédriques. Ces masses de
produit de sécrétion restent individualisées jusqu’à leur émergence à l’orifice
de la glande, même dans les cas où le cloisonnement du parenchyme en
lobules est incomplet.
Glande « sébacée » du cloaque de Sphenodon punctatus.
En raison de leur position intracloacale, les glandes dites « sébacées »
découvertes par Osawa (1897) chez les 'individus des deux sexes de
Sphenodon punctatus, ont été décrites dans la première partie de ce travail.
Rappelons simplement que ces formations ovoïdes sont constituées
d’une série de lobules séparés par des cloisons conjonctives (fig. 82 à 85).
Chacun d’eux est formé d’une couche basale de cellules cubiques et d’un
important massif de cellules polyédriques, pourvues de grains et mottes
d’un produit acidophile et de noyaux riches en chromatine. Vers le centre
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 271
des lobules et dans le canal excréteur, les noyaux deviennent pycnotiques
mais les cellules gardent leur forme polyédrique et, chez les deux individus
au repos sexuel que nous avons examinés, il n'existe pas de masse plus
ou moins amorphe de produit de sécrétion.
Replis épidermiques glandulaires.
Contrairement aux premiers termes de la série décrite précédemment,
les formations que nous envisageons ici ne siègent pas à la face dorsale
d’une écaille, mais dans le pli qui sépare deux écailles (Feylinia) ou dans la
portion toute proximale de la face dorsale d’une écaille (Anniella, Lygo-
soma) (fig. 87 à 91). Une autre différence par rapport aux replis épider¬
miques lenticulaires des Typhlopidés réside dans la rapidité du processus
de sécrétion holocrine.
En effet, les bandes de tissu particulier dont l’emplacement vient
d’être rappelé, comportent, à côté d’un petit nombre de cellules germi¬
natives correspondant au slralum basale, quelques cellules dont les dimensions
n’ont subi aucune modification, mais dont les cytoplasmes sont plus ou
moins riches en grains de sécrétion acidophiles. A partir de ce stade, l’évo¬
lution est très rapide et les couches cellulaires adjacentes présentent toutes
les traductions morphologiques de la kératinisation holocrine achevée.
Cette kératinisation peut se faire selon deux modalités évolutives; parmi
les espèces examinées, l’une est représentée par les replis épidermiques
glandulaires de Feylinia, l’autre par ceux d 'Anniella et de Lygosoma.
Dans le premier cas, les cellules kératinisées ont une allure hyaline assez
proche de celle du corneum dense de l’épiderme, et les grains de sécrétion
sont assez peu abondants dans la couche cellulaire sus-jacente aux éléments
germinatifs. Dans le deuxième cas, les cellules de la couche intermédiaire
sont beaucoup plus riches en granulations et ces dernières restent iden¬
tifiables dans les cellules kératinisées jusqu’à un stade proche de l’exfo-
liation. Les différences histochimiques qui correspondent à ces deux
évolutions sont signalées ci-dessous.
Comme pour les replis épidermiques lenticulaires des Typhlopidés,
la région juxta-cloacale du tégument n’est pas le seul lieu où siègent des
structures correspondant à cette description. On en rencontre sous toutes
les écailles du corps et il y a lieu de signaler que leur développement est
particulièrement grand dans le tégument céphalique.
Glandes préanales de Goleonyx variegatus.
Connues des herpétologistes, ces structures ne semblent pas avoir
donné lieu à des études histologiques. Nous avons pu les examiner inci¬
demment et dans des conditions techniques assez peu satisfaisantes, d’où
le caractère sommaire de notre description.
Ces organes sont représentés par des invaginations assez profondes
de l’épiderme (fig. 92 à 94). La couche germinative est peu développée et
ne diffère pas essentiellement du slralum basal- de l’épiderme normal. Les
cellules granuleuses qui recouvrent cette couche sont à peine plus grandes
et contiennent des grains fortement acidophiles. Le massif de cellules kéra¬
tinisées, hyalines et ne laissant plus apparaître aucun vestige de la structure
cellulaire initiale est, au contraire, très important.
Source : MNHN, Paris
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Glandes préanales des Amphisbénidés.
L’existence de pores préanaux chez les représentants de cette famille
est bien connue, mais les publications que nous avons pu consulter n’ap¬
portent aucune donnée histologique au sujet des glandes dont les pores
représentent les orifices.
11 s’agit, chez Blanus cinercus, de tubes glandulaires, orientés paral¬
lèlement au grand axe de l’animal, les orifices, dont chacun débouche au
centre d’une écaille, étant situés en une couronne à peu de distance en
avant du cloaque (fig. 95 à 98). L’orifice d’abouchement au tégument est
assez étroit; le court canal vertical qui lui fait suite est tapissé d’épiderme
banal. Dans le derme, à une petite distance de la surface, la lumière s’élargit
nettement et l’épithélium de revêtement est composé de cellules cubiques,
les strates cornées ayant disparu. Une coupe transversale du tube glandu¬
laire qui fait suite à cette partie élargie du conduit excréteur montre, de
la périphérie vers le centre, une couche basale, recouverte d’un massif
de cellules granuleuses, puis des éléments à des stades plus ou moinsavancés
de la transformation holocrine. La lumière du tube est occupée par le
produit de sécrétion, au sein duquel on reconnaît encore des débris cellu¬
laires, dont certains pourvus de noyaux pycnotiques.
Les cellules de la couche basale sont cubiques, la hauteur moyenne
étant d’environ 8 [x. Les noyaux sont centraux, soit sphériques, soit ovoïdes,
à contours légèrement plissés; la chromatine y est assez abondante. Les
cytoplasmes sont homogènes, peu étendus, dépourvus de tonofibrilles.
Au contact de cette couche basale se trouvent des cellules polyé¬
driques, nettement plus volumineuses (12 à 14 |x de grand diamètre), à
noyaux sphériques, volumineux et clairs. Les cytoplasmes sont, soit homo¬
gènes, soit parsemés de petites granulations acidophiles. Quelques assises
de cellules, centrales par rapport à la précédente, sont caractérisées par
l’augmentation du nombre de grains de sécrétion et par la réduction des
dimensions du noyau dont les contours deviennent plissés, la chromatins
paraissant plus abondante. Dans les couches cellulaires les plus proches
de la lumière, la taille des cellules est notablement plus grande (10 x 16 [x),
les noyaux sont très irréguliers et sombres, alors que les cytoplasmes
prennent un aspect « clair » dû à la disparition de la plupart des grains
de sécrétion. C’est à ce stade de l’évolution qu’apparaît, au sein des cyto¬
plasmes, un produit hyalin et très acidophile. Le processus se poursuit
très rapidement par l’aplatissement de la cellule, la pycnose du noyau
et la libération dans la lumière.
La paroi épithéliale du tube est découpée en lobules par des vaisseaux
capillaires qui s’avancent à peu près à la moitié de sa hauteur, en soule¬
vant la couche basale, d’où les indentations de cette dernière. Le fond
des tubes glandulaires ne diffère de la partie moyenne que par l’épaisseur
plus grande de la paroi épithéliale et par une brusquerie moindre de la
transformation holocrine.
Glandes fémorales et préanales typiques des Sauriens.
L’anatomie de ces organes est bien connue et de nombreux travaux,
faits au début de ce siècle, en ont précisé quelques particularités histo¬
logiques. Aussi, notre apport concernant ces organes est-il surtout d’ordre
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 273
cytologique et histochimique, d’où la brièveté de la description que nous
en donnons ici (fig. 99 à 103).
Chaque glande fémorale s’ouvre à l’extérieur par un pore, situé au
sommet d’une écaille. A cet orifice fait suite un conduit dont la direction
générale est perpendiculaire à la surface du tégument et dont le segment
initial est tapissé d’épiderme. Les couches cornées disparaissent assez
rapidement et les parties profondes du conduit excréteur, dont l’ensemble
est assez long, sont revêtues d’un épithélium cubique semblable au stratum
basale de l’épiderme. Le corps de la glande est replié sur lui-même et pro¬
fondément découpé en lobules par des cloisons conjonctives qui accompagnent
des capillaires.
Chaque lobule est séparé du tissu conjonctif sous-jacent par une for¬
mation dont les caractères histologiques sont ceux de la membrane dermique
du tégument. Sur cette membrane repose une couche de cellules cubiques,
hautes de 8 [x en moyenne, à gros noyaux centraux, sphériques ou à bords
légèrement plissés. Les cytoplasmes des cellules en question sont clairs
et ne contiennent ni grains de sécrétion, ni tonofibrilles. A l’absence de
ces dernières près, on retrouve donc les caractères habituels du stratum
basale de l’épiderme. Dans les assises cellulaires sus-jacentes à cette couche
basale, les caractères histologiques changent notablement. Les cellules
deviennent polyédriques, leur taille dépasse nettement 10 [x; les noyaux
restent sphériques et centraux, mais des granulations arrondies, assez
volumineuses, individualisées et dépourvues de toute tendance à la
confluence, apparaissent au sein des cytoplasmes. Ces grains de sécrétion
qui sont fortement acidophiles augmentent régulièrement d'abondance
depuis les cellules se trouvant au contact de la couche basale jusqu’à celles
qui remplissent la partie centrale du lobule, mais ces grains restent bien
individualisés même lorsque leur nombre est considérable.
La partie basale du conduit excréteur commun diffère des lobules
dont l’anatomie microscopique vient d’être décrite par l’apparition, à
côté des cellules granuleuses, d’un second type cellulaire qui dérive éga¬
lement du stratum basale, sans passer par un stade intermédiaire granuleux.
En effet, certaines cellules de l’assise cubique qui tapisse la paroi de ce
segment du canal s’allongent perpendiculairement au grand axe de ce
dernier, leurs cytoplasmes deviennent réticulés, cyanophiles et les cellules
en question se trouvent intercalées entre les cellules granuleuses dont la
forme générale est, à ce niveau, celle d’ovoïdes assez plats. Les noyaux
de ces cellules intercalaires sont nettement ovoïdes, alors que ceux des
cellules granuleuses ont conservé leur forme sphérique. Suivant la compa¬
raison de Félizet (1911), l’ensemble des cellules intercalaires forme un
réseau dans les mailles duquel se trouvent les cellules granuleuses. Celles-ci
sont aplaties par rapport aux éléments de même type se trouvant dans
le corps de la glande, ce qui pourrait expliquer l’accroissement apparent
de la densité des grains de sécrétion.
A la limite des parties basales et apicales du conduit excréteur, l’éla¬
boration de cellules intercalaires par la paroi du conduit a pris fin. Les
cellules granuleuses, encore plus aplaties, subissent une brusque augmen¬
tation de volume, allant de pair avec la confluence progressive des grains
en une masse d'abord parsemée de « vacuoles », puis homogène et de
densité croissante, qui remplit tout le corps cellulaire. Les coupes orientées
suivant le grand axe du canal montrent donc, dans cette zone, une bande
Source : MNHN, Paris
274
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
de cellules dont les cytoplasmes se colorent moins intensément que ceux
des éléments situés en amont et en aval; ce phénomène est dû à la brusque
augmentation du volume qu’occupe le produit de sécrétion dont la quantité
n’augmente que lentement. Dès cette région, les cellules intercalaires sont
aplaties au point d’être indiscernables. C’est également à ce niveau que
se manifeste la dégénérescence des noyaux des cellules granuleuses.
A l’orifice de la glande, le produit de sécrétion est représenté par une
masse fortement acidophile, au sein de laquelle l’examen au microscope
montre encore des limites cellulaires, l'aspect de l’ensemble étant celui
d’un agrégat de plaquettes.
Glandes préanales de Lialis burtonis.
Non encore étudiées au moyen des techniques histologiques, ces glandes
ne diffèrent pas essentiellement des formations préanales et fémorales
décrites dans le paragraphe précédent (fig. 104 à 107). Parmi les différences
anatomiques il y a lieu de signaler avant tout l’individualisation plus
marquée des lobules glandulaires. Chacun de ces derniers acquiert la
forme d’un sac dont l’orifice de communication avec le tube collecteur est
très étroit. En raison de l’étendue assez grande de la glande, les sacs sont
orientés parallèlement à la surface du tégument ; le tube collecteur, long
et oblique par rapport au tégument, débouche au milieu d’une écaille.
La couche basale des sacs glandulaires est semblable à celle des
organes fémoraux; les grains de sécrétion des éléments du massif cellulaire
sus-jacent apparaissent très rapidement. Chez l’individu de sexe femelle
que nous avons examiné, le canal collecteur n’est pas bourré de produit
de sécrétion, ce qui pourrait correspondre à une particularité spécifique, à un
caractère sexuel ou au stade du cycle. Il n’existe pas de cellules intercalaires,
si bien que le conduit excréteur ne contient qu’un seul type de cellules, à
noyaux pycnotiques ou impossibles à identifier, les corps cellulaires étant
remplis d'un produit de sécrétion homogène et fortement acidophile.
Tégument et invaginations margino-cloacales de Varanus griseus
et Gerrhonotus multicarinatus.
La zone tégumentaire correspondant à la marge du cloaque est, chez
Varanus griseus, le siège d’une évolution particulière (fig. 108). En'effet,
l’examen des coupes montre, à côté de l’apaississement global du tégument]
caractéristique de cette région chez tous les Lepidosauriens, que l’évolution
des cellules épidermiques se déroule suivant deux modalités différentes.
La plupart des éléments du stratum basait’ subissent, dans le stratum
spinosum et dans le stratum granulosum, la kératinisation suivant le mode
classique. D’autres cellules augmentent très nettement de taille par rapport
à leurs voisines. En effet, les cellules du stratum basale sont cubiques et
mesurent environ 8 n de haut; les cellules banales du stratum spinosum
sont polyédriques, leur diamètre étant d’environ 12 Les cellules parti¬
culières auxquelles nous faisons allusion sont ovoïdes, leur grand diamètre
atteignant 18 |x. Dans certaines de ces cellules les noyaux sont, eux aussi
ovoïdes, le grand diamètre oscillant autour de 6 |x; dans d’autres, on ren¬
contre des noyaux plissés, fripés, voire franchement pycnotiques. Les
cytoplasmes des éléments en question sont très clairs; dans la plupart
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
275
des cas, les cellules paraissent « vides » après mise en œuvre des méthodes
topographiques; dans quelques cas, il persiste des vestiges de cytoplasme
granuleux. Strictement localisées aux plis du tégument, ces cellules claires
existent dans toute la hauteur du stralum spinosum et du slralum granu-
losum ; nous ne disposons d’aucune donnée concernant leur évolution au
cours des derniers stades de la kératinisation. Cette dernière aboutit, dans
la région margino-cloacale, à la constitution d’un slralum corneum parti¬
culièrement lâche. Signalons que dans cette zone les plis du tégument
sont le siège, chez l’individu examiné, d’une importante migration de
granulocytes sanguins à travers l’ensemble des couches épidermiques;
ces éléments restent facilement identifiables à la surface du stratum
corneum et ne subissent, au cours de la traversée de l’épiderme, aucune
modification morphologique notable.
Le spécimen de Gerrhonolus mullicarinalus que nous avons examiné
est une femelle. L’épaississement du tégument est surtout marqué dans
les dépressions latéro-postérieures de la marge du cloaque où un début
d’invagination correspond aux hémipénis des mâles (fig. 109). Contrai¬
rement à ce qui a été décrit chez Varanus griseus, il n’existe qu’une caté¬
gorie cellulaire mais, dans la région correspondant au slralum inlermedium,
les cellules ne sont pas complètement aplaties et contiennent une quantité
notable d’un produit de sécrétion cyanophile. La desquamation s’effectue
à ce stade et la lumière de l’invagination épidermique est remplie, à la
périphérie, par une série de couches concentriques de cellules dont les
noyaux restent longtemps discernables et, au centre, par une masse gru¬
meleuse d’un produit fortement érythrophile. Il s’agit donc d’une diffé¬
renciation de l’épiderme nettement plus poussée que chez Varanus griseus.
L’invagination de l’épiderme, le maintien de la structure de ses strates,
l’abondance du produit de sécrétion dans la lumière et la présence, dans ce
produit, de composés qui ne s'accumulent pas au cours de la kératinisation
normale, incitent à un rapprochement avec les glandes anales des Ophidiens
Glandes anales des Ophidiens.
Étudiées du point de vue anatomique par de nombreux auteurs
(voir Volsoe, 1944, pour la bibliographie), les glandes anales ou sacs anaux
des Ophidiens sont des formations tubuleuses, paires et symétriques,
situées dans la queue et débouchant par un court canal excréteur à la
partie postéro-latérale ou au bord postérieur de l’orifice cloacal. La forme
et le volume relatif de ces organes varient suivant l’espèce et, chez une.
espèce donnée, en fonction du cycle sexuel; ils sont presque toujours
plus développées chez les femelles.
L’uniformité de structure des glandes anales chez les différentes
espèces étudiées ici est suffisante pour que nous puissions en donner une
description d’ensemble (fig. 110 à 120). Les coupes transversales du sac
anal montrent une capsule conjonctive assez épaisse et constituée avant
tout de fibres collagènes, ainsi qu’un épithélium dont la hauteur est
variable. Réduit à moins de 10 couches cellulaires chez les mâles de cer¬
taines espèces, il en comporte beaucoup plus chez les femelles d’autres
espèces. La couche basale est constituée, dans tous les cas, de cellules
cubiques, hautes de 8 à 10 (x, pourvues de noyaux centraux et de cyto¬
plasme ne contenant ni produit de sécrétion, ni tonofibrilles. L’importance
Source : MNHN, Paris
276 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
de la couche granuleuse qui lui fait suite varie considérablement et c’est
aux variations de cette dernière zone que sont dues les différences de
hauteur de l’épithélium signalées ci-dessus. De toute façon, les cellules
sont nettement plus volumineuses que celles de la couche basale, polyédriques,
à limites très nettes, pourvues de noyaux ovoïdes et de cytoplasmes conte¬
nant soit d’assez rares grains acidopliiles, soit des formations beaucoup
plus volumineuses dont la forme générale est celle de bâtonnets effilés
aux extrémités ou de fer de lance. La hauteur des cellules diminue progres¬
sivement au fur et à mesure que l’on se rapproche de la lumière. II existe,
dans certains cas, une assise de cellules franchement aplaties et à noyaux
ovoïdes, orientés parallèlement à la surface épithéliale et rappelant de
près le stratum inlermedium de l’épiderme. La desquamation peut atteindre,
suivant les cas, soit des cellules aplaties, à noyaux pycnotiques et à cyto¬
plasme presque hyalin, soit des cellules encore ovoïdes et dont les noyaux
ne présentent que les premiers signes de la pycnose. La première éventualité
est le fait des glandes anales à épithélium plat, la deuxième existe dans
le cas des glandes à épithélium haut et riche en grains de sécrétion.
Outre des lamelles concentriques d’un produit dont la morphologie
rappelle clairement l’origine, la lumière des sacs anaux contient généralement
un produit de sécrétion grumeleux. Il y a lieu de signaler l’évolution de
certaines affinités tinctoriales de ce produit après son rejet dans la lumière ; en
effet, les strates les plus proches de l’épithélium sont généralement érythro-
philes, alors que les strates centrales deviennent franchement cyanophiles.
Formations rétro-cloacales des Typhlopidés et Leptotyphlopidés,
hémipénis et poches post-anales des Gekkonidés.
Les formations rétro-cloacales, les hémipénis et les poches post-anales
ne sont évidemment pas des glandes au sens strict du terme. Leur examen
histologique fait apparaître l’ensemble des particularités de l'épiderme,
l’individualité des formations en question découlant uniquement de
l’anatomie (pl. XV).
Il n’en est pas moins vrai que des constatations exposées dans la
première partie de ce travail montrent, dans le cas de l’hémipénis, la
possibilité de modalités évolutives différentes de la kératinisation épi¬
dermique banale. L’étude en fonction du cycle reproducteur permettrait
seule de déceler, dans les deux autres formations, l’existence de modalités
évolutives particulières de la cellule épidermique.
CARACTÈRES CYTOLOGIQUES ET HISTOCHIMIQUES
Comme nous l’avons signalé ci-dessus, les particularités cytologiques
et histochimiques des glandes épidermoïdes juxta-cloacales chez les Lépi-
dosauriens examinés en vue de ce travail, présentent une uniformité relative
qui contraste avec la diversité anatomique de ces organes. On retrouve
dans tous les cas, une couche basale de cellules que tous leurs caractères
rapprochent du stratum basale de l’épiderme; c’est la transformation
holocrine des cellules de cette couche qui aboutit à l’élaboration du produit
de sécrétion.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
277
La couche basale.
Les caractères histologiques de cette assise dont la ressemblance avec
le slralum basale du tégument vient d'être rappelée, incitent à en faire
le siège du renouvellement cellulaire corrélatif du caractère holocrine de
la sécrétion dans toutes les glandes épidermoïdes étudiées ici.
Parmi les caractères morphologiques généraux des éléments consti¬
tutifs de cette couche basale, il y a lieu de rappeler la forme prismatique
ou cubique des cellules. Les noyaux sont généralement clairs, sphériques
ou ovoïdes, parfois irréguliers ; on y rencontre, le plus souvent, des nucléoles
nets (fig. 98, 101 et 107). Les mitoses sont relativement fréquentes dans
certains des organes étudiés (fig. 62), assez rares dans d’autres et cette
différence suggère l’existence d’un cycle sécrétoire des glandes épider¬
moïdes qui pourrait être rythmé soit par le cycle de mue du tégument,
soit plus probablement par le cycle sexuel.
Certaines des particularités cytoplasmiques, déjà mentionnées à propos
de l’étude anatomique, accentuent encore la similitude de cette couche
basale et de l’épiderme banal. En effet, des radicules, des ponts inter-
cellulaires et des tonofibrilles existent dans un nombre appréciable
de cas ; on en rencontre dans la couche basale de toutes les glandes
épidermoïdes appartenant à la première des deux séries décrites ici et
seuls des organes hautement spécialisés comme les glandes préanales
des Amphisbéniens et de Lialis, les glandes fémorales des Sauriens
et les glandes anales des Ophidiens, sont pourvues d’une couche basale
où les méthodes mises en œuvre dans ce travail ne font pas apparaître
de tonofibrilles. Il y a également lieu de souligner la rareté des cas
où les techniques histologiques montrent la présence, dans la couche
basale, d’un produit de sécrétion figuré et même lorsque ce dernier existe,
comme dans la glande « sébacée » du cloaque de Sphenodon, il n’est
jamais abondant.
Les données histochimiques conduisent au même rapprochement.
Les cytoplasmes de la couche basale de toutes les glandes épidermoïdes
étudiées ici sont légèrement basophiles; la coloration par la gallocyanine
avec contrôle par une solution de ribonucléase cristallisée, montre que
cette basophilie est due à une teneur en acide ribonucléique qui corres¬
pond à celle de la couche basale de l’épiderme (fig. 73). Les composés glu¬
cidiques sont assez parcimonieusement représentés dans la couche basale;
nous n’y avons pas rencontré de mucopolysaccharides acides et du glyco¬
gène n’y est décelable que sous forme de mottes assez petites et le plus
souvent rares. De même ces cellules, tout comme celles du slralum basale
de l’épiderme, ne sont pas le siège d’une accumulation particulière d’amino-
acides décelables par la réaction à l’alloxane-Schifî ou par la tétrazo-
réaction. La recherche des protides sulfhydrilés donne généralement des
résultats négatifs ou faiblement positifs; la réaction au ferricyanure ferrique
et celle au DDD deviennent, au contraire, nettement positives lorsqu’on
les applique à des coupes ayant subi une réduction préalable par le sulfure
d’ammonium, ce qui démontre la présence de cystine (fig. 66-76 ; 77
et 82); il s’agit là d’une différence nette par rapport au stratum basale
de l’épiderme, où les amino-acides soufrés se trouvent, en majeure
partie, sous forme de cystéine, directement accessible à la détection
histochimique.
Mémoires du Muséum. ZOOLOGIE, t. XXXIII. 19
Source : MNHN, Paris
278
CLOAQUE CHEZ LES LEPIDOSAURIENS
Les couches de cellules polyédriques.
Contrairement à la couche basale, les assises cellulaires sus-jacentes
se distinguent par tout un ensemble de caractères morphologiques de la
zone équivalente de l’épiderme, désignée sous le nom de stratum polygonale,
spinosum ou denlalum. En effet, nous avons insisté dès l’énoncé des caractères
anatomiques, sur l’absence, dans cette région des glandes épidermoïdes,
de structures telles que les ponts intercellulaires et les tonofibrilles, carac¬
téristiques du stratum spinosum de l’épiderme. Si la forme générale des
cellules n’est pas essentiellement différente de celle des éléments épider¬
miques se trouvant au même stade de leur évolution, leur taille globale
est, le plus souvent, plus grande. La netteté des contours cellulaires frappe
également, dès l’examen des coupes colorées par les méthodes topogra¬
phiques (fig. 60, 64 à 67, 75, 81, 85, 89 et 96).
Les caractères nucléaires des cellules qui constituent cette zone sont
assez variables; comme nous l’avons signalé dans le paragraphe précédent,
la morphologie des noyaux peut rester très proche de celle des éléments
de la couche basale; mais il existe, dans beaucoup de cas, un polymorphisme
nucléaire assez marqué, l’exploration d’un même champ de microscope
montrant tous les intermédiaires entre le noyau sphérique ou ovoïde, clair
à nucléole facilement identifiable, d’une part, le noyau presque pyenotique,
d’autre part.
L’un des caractères cytoplasmiques essentiels est la présence d’un
produit de sécrétion fortement acidophile (fig. 72, 90, 92, 96, 100, 106 et
129). Ce produit peut se présenter soit sous forme de grains très fins, de
gouttelettes plus volumineuses, de mottes aux contours irréguliers, soit
plus rarement, sous forme de bâtonnets aux extrémités effilées (glandes
anales des Ophidiens). L’application des colorations trichromiques montre
que ces produits sont érythrophiles dans certains cas, cyanophiles dans
d’autres; on constate assez souvent des modifications systématisées de
cette affinité tinctoriale, un même produit de sécrétion étant cyanophile
dans les couches profondes de cette zone, érythrophile dans les couches
superficielles.
Du point de vue histochimique, il y a lieu de signaler avant tout la
raréfaction, puis la disparition, des ribonucléines cytoplasmiques dans
les cellules polyédriques. Les couches profondes, proches de l’assise cel¬
lulaire basale, prennent dans certains cas, après coloration par la gallo-
cyanine, une teinte bleu-gris très pâle; dans d’autres cas, toute trace de
ribonucléines et de basophilie cytoplasmique a disparu dès le passage de
la couche basale à la zone faite de cellules polyédriques.
Le produit de sécrétion dont l’acidophilie vient d’être évoquée donne
dans la grande majorité des cas, la réaction à l’APS (fig. 71, 85, 93 99
et 118); ce n’est que dans de rares glandes épidermoïdes, telle la glande
préanale de Lialis, que cette réaction donne des résultats faiblement positifs
et limités à la partie toute périphérique des grains; la plupart des autres
produits, fussent-ils érythrophiles ou cyanophiles, sont mis en évidence
avec la plus grande netteté par cette réaction et l’épreuve de la diastase
du malt, pratiquée à titre de contrôle sur une partie des objets, montre
bien qu’il ne s’agit pas de glycogène. La recherche des mucopolysaccharides
acides est, au contraire, négative; aucun des produits de sécrétion que
nous avons pu étudier ici ne prend le bleu alcian et le résultat négatif de
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 279
la réaction métachromatique au bleu de toluidine est en accord avec cette
constatation. Le résultat fortement positif de la tétrazoréaction (lig. 75
et 103) et de celle à l’alloxane-Schifï montrent que le produit de sécrétion
est riche en protides. Quant à la mise en évidence des protides sulfhydrilés
ses résultats corroborent entièrement ceux qui ont été décrits à propos
de la couche basale; entièrement négative ou très faiblement positive
lorsque les coupes n’ont subi aucun prétraitement, le réaction au ferri-
cyanure ferrique et celle au DDD deviennent fortement positives lorsqu’on
les met en œuvre après réduction par le sulfure d’ammonium (fig. 76, 77,
83 et 102); c’est donc de la cystine qui représente, dans le produit de sécré¬
tion, les amino-acides soufrés. Le cas des glandes fémorales de Lacerla,
muralis est particulièrement significatif à cet égard. La recherche des
protides sulfhydrilés donne, en effet, des résultats entièrement négatifs
dans la couche basale et ceci que les coupes aient subi ou non une réduction.
Le produit de sécrétion de la zone des cellules polyédriques ne renferme
pas de cystéine mais contient, dès son apparition sous une forme figurée,
une quantité importante de cystine, si bien que sa mise en évidence par la
réaction au ferricyanure ferrique après réduction des coupes ne le cède en rien,
sur le plan de la netteté, à la coloration par les méthodes topographiques.
Il y a lieu d’insister sur le fait que l’exploration méthodique des coupes
montre, dans tous les cas, des cellules à des stades différents du cycle sécré¬
toire; le synchronisme de l’évolution cellulaire ne paraît donc pas absolu.
A côté de l’évolution cellulaire qui vient d’être décrite, il existe, dans
la plupart des cas, un nombre plus ou moins important de cellules qui
paraissent « vidées » de leur contenu et dont les caractères nucléaires ne
présentent souvent rien de particulier (fig. 60 et 97). Dans quelques glandes
épidermoïdes (glandes margino-cloacales de Leplolyphlops ) toute la couche
de cellules polyédriques est faite d’éléments de ce type (fig. 78 à 81).
On rencontre dans quelques cas une ou deux assises cellulaires qui pour¬
raient marquer la limite superficielle de la couche polyédrique et qui, sans
présenter de caractères cytoplasmiques différents de ceux qui viennent
d’être énoncés, se distinguent des couches sous-jacentes par un aplatis¬
sement plus marqué des cellules et par la forme des noyaux; ces derniers
sont très allongés sur coupes, leur grand axe étant parallèle à la surface
de l’organe. Par leur forme, ces cellules rappellent donc celles du slralum
inlermedium de l’épiderme des Reptiles.
Les cellules en dégénérescence.
Certaines des modifications morphologiques qui marquent le dernier
temps de la transformation holocrine des cellules issues de la couche basale
ont été mentionnées à propos de l’étude anatomique.
La forme des cellules évolue dans le sens d’un aplatissement de plus en
plus marqué; le phénomène peut aller jusqu’à la formation de véritables
lamelles ayant perdu tout caractère cellulaire; d’autres fois, les cellules
ont pris, au moment de la desquamation, la forme de disques très aplatis.
Les modifications nucléaires débutent par une véritable pycnose;
la chromatine et le nucléole deviennent indistincts, l’ensemble du noyau
se trouve transformé en une masse homogène qui garde, dans un premier
temps, une forte affinité pour les laques d’hémaloxyline, pour devenir
ensuite incolorable et indiscernable à l’examen des coupes.
Source : MNHN, Paris
280
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
Les modalités de l’évolution des cytoplasmes sont différentes suivant
les cas. Dans un certain nombre de glandes épidermoïdes, les cytoplasmes
prennent, au moment où survient la pycnose nucléaire, une allure hyaline
et changent d’affinités tinctoriales, leur acidophilie s’accentuant. Toute
trace de produit cyanophile a généralement disparu à ce stade, si bien
que l’ensemble de la cellule est devenu fortement érythrophile. Les glandes
fémorales des Lacertidés et des Gekkonidés, les organes papillaires des
Agamidés, les glandes préanales des Amphisbénidés, les replis épidermiques
glandulaires des Feylinidés et des Scincidés en représentent des exemples,
bans tous les cas, la « dégénérescence hyaline » des cytoplasmes semble
se faire avec une grande rapidité; sur coupes, il n’existe pour ainsi dire
pas de formes de transition et la limite de la zone d’hyalinose par rapport
aux couches cellulaires sous-jacentes peut être tracée avec la plus grande
précision. L’achèvement du processus peut se traduire par un nouveau
changement de chromaticité, le produit de la dégénérescence holocrine
qui a acquis ses caractères définitifs, ne prenant plus aucun des colorants
mis en œuvre et conservant sa teinte naturelle, jaune clair. Les caractères
histochimiques des produits de sécrétion correspondent à ceux qui ont
été décrits à propos de la zone des cellules polyédriques. Fortement APS-
positifs, riches en amino-acides aromatiques, ces produits ne contiennent
pas de protides à fonction sulfhydrile directement décelables, mais sont
riches en protides à fonctions disulfure.
Un autre type d’évolution est représenté par le maintien du caractère
* granuleux » des cytoplasmes. Les modalités de la dégénérescence nucléaire
correspondent à la description donnée à propos du type précédent, mais
il n’existe pas de transformation hyaline concomitante des cytoplasmes
et c’est un produit granuleux, plus ou moins fortement APS-positif, riche
en amino-acides aromatiques et en cystine qui se trouve mis en liberté au
moment où se détachent les cellules glandulaires. Les affinités tinctoriales
de ce produit ne subissent aucune modification au cours des derniers stades
de la transformation holocrine et on ne rencontre pas, dans ces glandes,
les masses hyalines et incolorables, rappelant la kératine dure, qui ont
été signalées ci-dessus. La glande « sébacée » du cloaque de Sphenodon et
les glandes préanales de Lialis correspondent à ce type évolutif ; les glandes
préanales de Coleonyx s’en rapprochent également.
Une troisième modalité évolutive, nette surtout dans le cas des épais¬
sissements épidermiques lenticulaires de Typhlops, dans celui des écailles
glandulaires des Gekkonidés et dans celui de la glande margino-cloacale
de Leptolyphlops, est représentée par le rejet, à la surface de l’organe, d’un
feutrage dont les caractères morphologiques rappellent de très près ceux
du corneum lâche, les produits de sécrétion granuleux étant assez rares.
Même dans ce cas, qui paraît se rapprocher beaucoup de la kératinisation
épidermique normale, les protides sulfhydrilés histochimiquement déce¬
lables sans réduction préalable des coupes, existent en quantité inférieure
au seuil de sensibilité des méthodes utilisées ici.
La quatrième modalité, annoncée par les invaginations margino-
cloacales de Gerrhonotus et représentée par les glandes anales des Ophi¬
diens, est encore plus proche de la kératinisation épidermique; seule
l’abondance des produits de sécrétion APS-positifs représente un vrai
caractère distinctif par rapport à cette dernière. En effet, des produits
APS-positifs figurés et riches en amino-acides aromatiques existent dans
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS 281
un grand nombre de cellules de la couche polyédrique des glandes anales
chez les Ophidiens énumérés dans le tableau IV. D’autre part, les cellules
aplaties en cours d'exfoliation sont très fortement APS-positives. Le
rapprochement de cette évolution et de la kératinisation épidermique
banale est encore souligné par les résultats de la recherche des protides
sulfhydrilés. En effet, la couche à cellules polyédriques des glandes anales
des Ophidiens contient des protides à fonction sulfhydrile directement
accessibles à la détection histochimique et il en est de même du produit
de sécrétion accumulé dans la lumière de l'organe. La confrontation des
préparations ainsi obtenues avec celles qui ont subi une réduction préalable
montre seulement une plus grande abondance des protides sulfhydrilés
totaux dans les assises supérieures de la couche à cellules polyédriques
et dans le produit de sécrétion. On retrouve, en somme, une évolution
des protides à fonction disulfure qui rappelle de près celle de la kératini¬
sation épidermique banale; absente dans la couche basale, la cystine,
décelable après réduction du pont disulfure, devient de plus en plus abon¬
dante au fur et à mesure que se poursuit la transformation holocrine de
la cellule. Rappelons que dans les types évolutifs précédemment envisagés,
les amino-acides soufrés histochimiquement décelables apparaissaient
d’emblée sous forme de cystine.
La modalité extrême est représentée par des organes tels que l’hémi-
pénis et les formations rétro-cloacales des Typhlopidés et des Leptoty-
phlopidés, auxquels il n’est guère possible d’appliquer l'épithète « glan¬
dulaire ». Il s’agit, en effet, d’invaginations épidermiques montrant tous
les stades habituels de la kératinisation, le stratum corneum étant mince.
L’hémipénis des mâles appartenant à certaines espèces montre toutefois,
au moment de l’activité sexuelle, une véritable hyperkératose et on constate,
dans certains cas, la différenciation de deux lignées cellulaires, de grandes
cellules claires donnant, par kératinisation, de véritables épines et les
autres cellules formant le stratum corneum qui replie ces épines entre elles.
La classique superposition, dans le stratum corneum, de plusieurs géné¬
rations épidermiques peut être particulièrement nette dans le cas de
l’hémipénis invaginé.
L’étude histochimique des lipides figurés, dont l'intérêt découle clai¬
rement de considérations relatives à la phylogénèse des glandes cutanées
chez les Vertébrés Tétrapodes, n'a pu être faite que chez Lacerta muralis
et chez Natrix maura. Aucun lipide figuré n’a été décelé dans les glandes
fémorales de Lacerta. Chez Natrix, les cellules polyédriques des glandes
anales contiennent souvent des inclusions colorables par le bleu BZL
(fig. 116), isotropes et prenant, après mise en œuvre de la méthode de
Lorrain-Smith, une teinte rouge très nette ; il s’agit donc de lipides « neutres »
au sens de la terminologie actuelle et très probablement de triglycérides.
La taille et la forme de ces inclusions correspondent, à l’effilement des
extrémités près, à celles des inclusions APS-positives que nous avons
trouvées dans les glandes anales de la plupart des Ophidiens examinés.
La présence de lipides figurés correspond donc au produit de sécrétion
APS-positif qui existe dans certaines cellules des glandes anales. Toutefois,
beaucoup de cellules de la couche polyédrique, destinées à fournir les
squames cornées, ne contiennent pas de lipides figurés; la stéatose ne
représente donc pas une modalité évolutive obligatoire de la cellule des
glandes anales.
Source : MNHN, Paris
DISCUSSION
Il résulte des faits exposés ci-dessus que la morphologie des organes
réunis sous le nom de glandes épidermoïdes est des plus diverses. Il existe,
en effet, tous les intermédiaires entre la zone épidermique spécialisée,
ayant conservé son emplacement au sein du tégument, d’une part, l’organe
anatomiquement individualisé et enfoncé en profondeur, relié au milieu
externe par un véritable canal excréteur, d’autre part. Des exemples de
la première éventualité nous sont offerts par les épaississements épider¬
miques lenticulaires, par les replis épidermiques glandulaires et presque
dans la môme mesure par les écailles glandulaires. A l’autre extrême se
situent les véritables glandes composées que sont les organes fémoraux
et préanaux de certaines espèces, la glande margino-cloacale de Leplo-
lyphlops et la glande « sébacée » du cloaque de Sphenodon. Il semble donc
y avoir, au sein des Lepidosauriens, une tendance nette à la complication
progressive des glandes en question.
Le classement en séries éuolulives, exposé à propos de l’anatomie micros¬
copique, peut être résumé dans la figure XXII. Le point de départ d’une
première série semble correspondre aux replis épidermiques glandulaires
du tégument des Scincidés, des Feylinidés et des Anniellidés. L’invagi¬
nation en profondeur de ces derniers aboutit au type de glande épider¬
moïde réalisé chez Coleonyx; à partir de celle-ci, le développement consi¬
dérable de la région à proprement parler glandulaire, c’est-à-dire des zones
germinatives et polyédriques, conduit à la glande préanale de Tilanus.
Les organes fémoraux typiques ne diffèrent de cette glande que par la divi¬
sion en lobes de la zone glandulaire. La glande pré anale de Lialis, terme
ultime de cette évolution, se distingue des organes fémoraux par une indi¬
vidualisation encore plus poussée des lobes glandulaires.
Une autre série évolutive pourrait dériver des épaississements épi¬
dermiques lenticulaires de Typhlops. Leur extension à toute la surface
de l’écaille réalise les écailles glandulaires des Gekkonidés, auxquelles se
relient de toute évidence les organes papillaires de Agama. La lobulation
de la face profonde de ces derniers ne représente pas obligatoirement une
tendance à la division du massif glandulaire; elle pourrait découler de
l’épaississement de la couche glandulaire, nécessitant la pénétration de
vaisseaux accompagnés de crêtes dermiques. L’invagination en profondeur
de formation du type des écailles glandulaires pourrait aboutir aux glandes
margino-cloacales de Leplotyphlops, la segmentation en lobes pouvant
être due soit à l’augmentation de taille de l’ensemble, soit à la juxtapo¬
sition de plusieurs ébauches. De ces dernières formations est à rapprocher
la glande dite sébacée du cloaque de Sphenodon, volumineuse et bien
individualisée, devenue nettement sous-tégumentaire.
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
283
Les invaginations margino-cloacales de Gerrhonolus et les glandes
anales des Ophidiens (Analsâcke, anal pouches) sont, comme nous l’avons
signalé, des invaginations profondes de l’épiderme; elles diffèrent des
deux autres séries par l’absence de toute tendance à la localisation de l’acti-
Fig. XXII. — Sériation des glandes épidermoïdes des Lépidosauriens.
Les (lèches indiquent les rapprochements fondés sur des caractères anatomiques.
Les cadres réunissent des organes dont les produits de sécrétion sont élaborés suivant
des modalités comparables; les caractères histochimiques de ces produits ne sont pas pris
en considération (voir tableau V).
1 - Épaississement épidermique lenticulaire. 2 - Écaille glandulaire. 3 - Organe
papillaire. 4 - Glande margino - cloacale. 5 - Glande « sébacée » de Sphénodon.
6 - Repli épidermique glandulaire. 7 - Glande préanale de Coleonyx. 8 - Glande
préanale des Amphisbénidés. 9 - Glande fémorale ou préanalc typique des
Sauriens. 10 - Glande préanale de Lialis.
11 - Invagination margino-cloacale de Gerrhonolus. 12 - Glande anale des Ophidiens.
Source : MNHN, Paris
284 CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
vite sécrétrice dans la partie terminale du cul-de-sac, alors que la diffé¬
renciation, en une zone glandulaire et un conduit excréteur, est déjà
perceptible chez Coleonyx et nette chez Blanus. La majeure partie de la
paroi des glandes anales des Ophidiens participe activement au processus
de sécrétion et les modalités de cette dernière sont particulières.
L’uniformité des caraclères histologiques fondamentaux s’oppose à la
diversité anatomique qui vient d’être évoquée. Du point de vue statique,
l’exploration des préparations montre, dans tous les cas, une structure
facile à rattacher à celle de l’épiderme. Du point de vue dynamique, la
sécrétion se fait toujours suivant le mode holocrine et ses modalités corres¬
pondent aux potentialités évolutives de la cellule épidermique.
On rencontre, dans tous les organes qui ont été décrits ci-dessus, une
couche basale pourvue de tous les caractères histologiques du stratum
basale de l’épiderme; seules les données anatomiques permettent une déli¬
mitation précise des couches basales correspondant à ces organes, d’une
part, à l’épiderme avoisinant, d’autre part. Il résulte de notre description
que les éléments de la couche basale sont pourvus de tonofibrilles et de
radicules, que leurs caractères morphologiques généraux sont ceux des
cellules du stratum basale de l’épiderme et que les caractères histochimiques,
notamment la présence d’acide ribonucléique cytoplasmique, rapprochent
également les deux types cellulaires.
La ressemblance avec l’épiderme est limitée à la couche basale. Dès
les assises cellulaires sus-jacentes à cette dernière, les caractères morpho¬
logiques deviennent très différents de ceux du slralum spinosum; on ne
rencontre ni ponts intercellulaires, ni tonofibrilles, lorsque l’examen porte
sur des glandes épidermoïdes caractérisées. Les tailles des cellules ne
correspondent plus à celles des couches homologues de l’épiderme et
celui-ci est dépourvu des produits de sécrétion figurés signalés à propos
des glandes épidermoïdes.
Il n’en est pas moins vrai que la parenté de ces formations et de l’épi¬
derme se trouve rappelée, dans la plupart des cas, par la présence, dans
la zone où va débuter la transformation holocrine, d’une couche cellulaire
qui évoque, par certains de ses caractères, le slralum intermedium du
tégument. En effet ces cellules, déjà aplaties, sont pourvues de noyaux
non encore pycnotiques et dont la forme générale est celle d'un éllipsoïde,
si bien qu’ils apparaissent, sur coupes, aplatis parallèlement à la surface.
Un autre point commun des glandes épidermoïdes et de l’épiderme
est leur caractère avasculaire. On sait, en effet, que des capillaires san¬
guins ne pénètrent à l’intérieur de l’épiderme chez aucun Vertébré Tétrapode,
la nutrition des couches cellulaires sus-jacentes au slralum basale se faisant
par diffusion. Tel est également le cas des organes étudiés ici; lorsqu’ils
sont volumineux et découpés en lobes, leurs vaisseaux suivent des cloisons
conjonctives à homologuer aux papilles dermiques et la couche basale
de la glande épidermoïde est toujours interposée entre les cloisons conjonc-
tivo-vasculaires et les autres strates cellulaires. Cette disposition est parti¬
culièrement nette dans le cas des organes papillaires des Agamidés, des
organes folliculaires des Lacertidés et des Gekkonidés et de certaines
glandes anales d’Ophidiens.
L’évolution des cellules de la couche basale se fait, dans tous les
organes épidermoïdes, vers la transformation holocrine, ce qui représente
Source : MNHN, Paris
MANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
285
un nouvel élément de rapprochement avec l’épiderme. Mais les modalites
de cette évolution sont assez particulières.
En effet, la transformation à laquelle nous venons de faire allusion
débute, dans les organes épidermoïdes, à un stade beaucoup plus précoce
que dans l’épiderme. A côté des caractères morphologiques mentionnés
ci-dessus, les cellules de la couche polyédrique des glandes épidermoïdes
diffèrent de celles du stratum spinosum de l’épiderme par la présence,
dans un grand nombre de cas, de produits de sécrétion figurés, par l'absence
de mitoses et par des caractères histochimiques dont le plus saillant est
la disparition de l’acide ribonucléique cytoplasmique. Ces différences
apparaissent dès l’assise cellulaire sus-jacente au stratum basale.
Une autre différence de la couche polyédrique par rapport au stratum
spinosum est la présence, dans quelques cas, de populations cellulaires
différentes. C’est ainsi que beaucoup d’organes épidermoïdes contiennent,
à côté des cellules polyédriques typiques, des cellules « claires », paraissant
vides dans les conditions techniques de notre travail. Le simple examen
des préparations fait apparaître des différences de taille entre cellules et
entre noyaux d’une même assise. En outre, certaines cellules de cette zone
contiennent, notamment dans le cas des glandes anales des Ophidiens,
des produits de sécrétion figurés qui n’existent pas dans la plupart des
autres cellules.
Par ailleurs, l’évolution des cellules diffère nettement de la kérati¬
nisation épidermique banale. En effet, certains produits élaborés par les
glandes épidermoïdes et rejetés dans le milieu extérieur n’ont pas de
rapport avec la kératine; il en est ainsi dans le cas des glandes préanales
de Lialis et dans celui des glandes anales des Ophidiens.
D’autres produits ont, une fois achevés, les caractères morphologiques
et certaines des particularités histochimiques de la kératine. A côté des
données morphologiques telles que l’aspect en feutrage ou en squames
dans certains cas, en plaques denses ne prenant plus aucun colorant dans
d’autres cas, il y a lieu de souligner la forte érythrophilie des produits
encore colorables et l’abondance des protides à fonction disulfure. Mais
la mise en place des produits en question semble se faire, dans tous les
cas que nous avons pu étudier, avec des modalités très différentes de la
kératinisation normale. On sait, en effet, que cette dernière comporte le
remplacement progressif de protides à fonction sulfhydrile par des pro¬
tides à fonction disulfure, alors que dans le cas des glandes épidermoïdes
ces derniers apparaissent d’emblée, les produits de sécrétion étant riches
en cystine et dépourvus de cystéine dès leur mise en place. La connaissance
de ces modalités d’élaboration différentes gagnerait évidemment à être
complétée par l’étude chimique et radiocristallographique des produits
de sécrétion une. fois achevés.
Il résulte des données cytologiques et histochimiques que le classe¬
ment en séries, proposé et commenté précédemment (fig. XXII), ne saurait
représenter une véritable filiation. En effet, dans chacune des « séries »
constituées d’après l’anatomie des organes épidermoïdes, viennent s’in¬
sérer des glandes dont les produits de sécrétion présentent des différences
importantes, morphologiques et histochimiques. C’est ainsi que la prise
en considération des seuls caractères anatomiques conduit à aligner en
une « série. », les épaississements épidermiques lenticulaires de Typhlops,
Source : MNHN, Paris
286
CLOAQUE CHEZ
LÉPIDOSAURIENS
les écailles glandulaires des Gekkonidés, les organes papillaires des Aga-
midés, les glandes margino-cloacales de Leplolyphlops et la glande dite
sébacée du cloaque de Sphenodon. Or, l’évolution des cellules glandulaires
au cours de la transformation holocrine conduit à ranger ces organes dans
trois parmi les quatre catégories définies dans le paragraphe consacré aux cel¬
lules en dégénérescence. De même, le tableau V montre que la réactivité à
Tableau V. - Affinités tinctoriales et caractères histochimiques
des glandes épidermoïdes.
A B
Replis épidermiques glandu-
Glandes préanales Coleonyx 0 —
Glandes préanales Blanus 0 -
Glandes fémorales Laterla
et Tarentola
Glandes préanales Lialis 4- 1
Épaississements
épidermiques lenticulaires 0
Ecailles glandulaires
Organes papillaires 0 f-
Glandes margino-cloacales +
Glandes sébacées Sphenodon 0 0
Glandes anales
AB AB AB
± + 0 ± ± +
± +
+ + 0 0 + +
+ + 4-4-
± ± 0 0 ± +
± + 0 0 ± +
± + 0 0 4-4-
± ± 0 0 ± ±
+ + 00 + 4-
±4- ± + + 4-
A - Couche de cellules polyédriques.
B - Cellules en cours de desquamation, ou feutrage, ou produit de sécrétion dans le
canal excréteur.
Le signe 0 indique une réaction entièrement négative, le signe ± une réaction modéré¬
ment positive, le signe 4- une réaction fortement positive.
l’APS des produits élaborés va, suivant les termes de la «série », du résultat
entièrement négatif au résultat fortement positif. Les mêmes considérations
sont valables à propos de la deuxième « série ». Seules, les glandes anales
des Ophidiens présentent une réelle uniformité et des particularités qui
les séparent nettement de tous les autres types de glandes épidermoïdes.
Rappelons à ce sujet la constance des glandes anales qui existent, dans les
deux sexes, chez tous les Ophidiens étudiés à ce jour. 11 n’en est pas du tout
de même en ce qui concerne les autres glandes épidermoïdes dont la variabi¬
lité suivant le sexe, les familles et même les genres, est bien connue.
Source : MNHN, Paris
IANFRED GABE ET HUBERT SAINT-GIRONS
287
Les rapports des glandes épidermoïdes des Lêpidosauriens avec les
glandes cutanées des autres Vertébrés ont été discutés par un petit nombre
d’auteurs; la plupart des opinions exprimées à ce sujet l’ont été à propos
de la phylogénèse des glandes cutanées des Mammifères, leurs auteurs
mentionnant à peu près uniquement les glandes fémorales typiques des
Lacertidés. C’est de la glande uropygienne des Oiseaux et des glandes
sébacées des Mammifères que les auteurs auxquels nous faisons allusion
ont rapproché les glandes fémorales.
Il faut reconnaître que les seules données de l’anatomie microsco¬
pique incitent à faire ce rapprochement. En effet, les trois types de glandes
que nous venons de mentionner sont polyptyches au sens de Schaffer
(1930), l’épithélium sécréteur étant stratifié. En outre, toutes trois fonc¬
tionnent suivant le mode holocrine. On comprend ainsi que des auteurs
tels que Brinkmann (1923), Eggeling (1931), Esther (1938) aient tenu
compte de cette interprétation.
Il n’en est pas moins vrai que cette mise en parallèle ne résiste pas
à un examen plus serré. Une première donnée, d’ordre anatomique et
bien mise en lumière par Gegenbaur (1898), suffit pour interdire l’assi¬
milation en question. En effet, les glandes sébacées des Mammifères ont
des rapports intimes avec les plianères, notamment avec le système
pileux; ces rapports existent au cours de l’ontogenèse, même dans les cas
où la glande sébacée achevée n’est plus rattachée à un poil. Eggeling
(1931) en déduit, à juste litre, l’impossibilité d’assimiler réellement les
glandes sébacées des Mammifères à des glandes cutanées d’autres Vertébrés.
Les caractères histologiques du produit de sécrétion distinguent net¬
tement les glandes épidermoïdes des Lêpidosauriens des glandes sébacées
des Mammifères et de la glande uropygienne. En effet, des grains de
sécrétion acidophiles sont fréquents dans les glandes épidermoïdes des
Reptiles étudiés ici, rares dans la glande uropygienne et absents dans les
glandes sébacées. En outre, le produit de sécrétion des glandes sébacées
contient avant tout des lipides (voir Montagna, 1962; Gabe, 1965, pour
la bibliographie); il en est de même de celui de la glande uropygienne
(voir Esther, 1938, pour la bibliographie): il résulte de notre description
que les lipides figurés sont, au contraire, absents dans les glandes fémorales
des Lacertidés et on comprend mal qu’EsTHER (1938) ait maintenu leur
mise en parallèle avec la glande uropygienne. La recherche des lipides
figurés donne, certes, des résultats positifs dans le cas de la glande anale
des Ophidiens, mais l’examen des préparations montre que ceux-ci ne
représentent qu’une petite partie du produit de sécrétion.
En réalité, et malgré une certaine variabilité des caractères histochi-
miques (voir tableau V), le produit de sécrétion des glandes épidermoïdes
présente une incontestable homogénéité. Du point de vue morphologique,
sa genèse suivant le mode holocrine, par transformation totale de cellules
qui s’aplatissent progressivement, se traduit par sa structure lamellaire.
Des protides y sont très largement représentés et le résultat positif de la
tétrazoréaction, ainsi que celui de la recherche des groupes disulfure, en
témoignent. Nous avons rappelé ci-dessus l’absence ou la rareté des lipides
figurés; quant aux constituants glucidiques habituels des produits de sécré¬
tion, l’absence de mucopolysaccharides acides peut être affirmée. La
réactivité de ce produit de sécrétion à l’APS est très variable et sa signi¬
fication doit être discutée. On sait, en effet, que certains amino-acides
Source : MNHN, Paris
CLOAQUE CHEZ LES LÉPIDOSAURIENS
sont APS-positifs et les cas de forte réactivité signalés dans le tableau
pourraient traduire leur présence; il n’en est pas moins vrai que, seules,
des réactions complémentaires que nous n’avons pas pu pratiquer pour
des raisons d’ordre matériel, permettraient de formuler un avis défi¬
nitif quant à la présence éventuelle, dans certains de ces produits, de
mucopolysaccharides neutres ou de glycoprotéines au sens large du terme.
L’étude histologique des glandes épidermoïdes des Reptiles n’apporte,
en somme, aucun argument véritable en faveur d'un rapprochement avec
la glande uropygienne des Oiseaux ou les glandes sébacées des Mammifères.
La portée taxonomique de l’étude d’un certain nombre de glandes
épidermoïdes chez les Lépidosauriens ne doit pas être exagérée. Il y a
lieu d’insister, toutefois, sur la constance des glandes anales chez tous
les Ophidiens, y compris les Typhlopidés dont la position systématique
fait l’objet de discussions. Dans le même ordre d’idée, rappelons que les
glandes préanales, bien connues chez de nombreux Sauriens, n’existent
pas chez les Anguimorpha étudiés ici, mais se trouvent chez certains
Amphisbéniens. Les différences de structures des glandes épidermoïdes
chez les Typhlopidés, d’une part, les Leptotyphlopidés, d’autre part, corres¬
pondent bien à tout un ensemble de caractères distinctifs des deux familles.
Il n’en est pas moins vrai que l'apport de l’histologie des glandes épider¬
moïdes à la classification et à la phylogenèse des Lépidosauriens paraît,
dans l’ensemble, des plus réduits.
Il convient de signaler la possibilité d’un rapport entre la vie hypogée
et la présence d’un type particulier de glandes épidermoïdes. En effet, les
Scincidés, Feylinidés, Anniellidés et Typhlopidés examinés en vue de ce
travail sont tous prouvus de petites glandes épidermoïdes (épaississements
épidermiques lenticulaires, replis glandulaires épidermiques) non seulement
dans la région cloacale, mais probablement sur toute la surface du corps.
Présentes uniquement chez des animaux plus ou moins fouisseurs, ces
glandes n’existent pas obligatoirement en fonction de ce genre de vie,
puisqu’elles font défaut chez les Amphisbéniens et chez les Leptotyphlopidés.
L'interprétation des glandes épidermoïdes dans le cadre général de
l’évolution de l’épiderme chez les Vertébrés doit tenir compte des deux poten¬
tialités évolutives de la cellule épidermique, à savoir la kératinisation et
la stéatose. C’est à l’épanouissement de cette dernière potentialité que
correspondent la glande uropygienne des Oiseaux et les glandes sébacées
des Mammifères. Comme nous l’avons rappelé ci-dessus, il n’en est pas
de même dans le cas des glandes épidermoïdes des Lépidosauriens, où les
produits de sécrétion lipidiques sont rares ou absents. Ces glandes repré¬
sentent, avec des modalités diverses, l’épanouissement de la seconde
modalité, la kératinisation.
Certaines formations qui ne méritent pas le nom de « glande », à
savoir les hémipénis, les sacs post-anaux des Gekkonidés et les formations
rétro-cloacales décrites chez les Typhlopidés et les Leptotyphlopidés, repré¬
sentent des exemples de kératinisation peu différente de celle de l’épi¬
derme, mais pouvant se faire avec des modalités diverses. Dans certains
cas, seule la minceur du stratum corneum et la précocité de la desquamation
cellulaire distinguent ces structures de l’épiderme banal. Dans d’autres
cas, plusieurs populations cellulaires apparaissent à l’examen histolo-
Source : MNHN, Paris
MANFRED GARE ET HUBERT SAINT-GIRONS
gique des couches non encore kératinisées; il peut s’agir, soit de cellules
« claires », différentes des éléments habituels du stratum spinosum, cellules
dont la signification reste à élucider, soit de cellules qui subissent la kéra¬
tinisation sans s’aplatir et forment ainsi les petits piquants cornés de la
surface de l’hémipénis. Rappelons que l’étude histochimique des protides
sulfhydrilés montre, dans ces organes, une évolution comparable à celle
des mêmes composés dans l’épiderme.
Parmi les glandes épidermoïdes au sens strict du terme, les sacs anaux
des Ophidiens se rapprochent de l’épiderme banal par la présence de
protides sulfhydrilés directement accessibles à la détection histochimique.
Ils en diffèrent par la présence d’un produit de sécrétion abondant, conte¬
nant des lipides, l’importance de la desquamation épithéliale et la consistance
pâteuse du produit de sécrétion une fois achevé.
Dans les autres glandes épidermoïdes, les fonctions sulfhydrilés direc¬
tement décelables ont complètement disparu, alors que la détection des
protides sulfhydrilés totaux montre la présence d’une quantité importante
de cystine, amino-acide à pont disulfure. Ce dernier composé est décelable
dès la mise en place des produits de sécrétion figurés ou dès l’apparition
des signes morphologiques de l’hyalinose cytoplasmique. De ce fait, on
est amené à postuler la formation, par un mécanisme biochimique différent
de la kératinisation épidermique, de produits qui, une fois achevés, ont
la plupart des caractères morphologiques et histochimiques de la kératine.
De toute manière, l’interprétation définitive des glandes épider¬
moïdes des Lépidosauriens nécessiterait l’étude chimique de leurs produits
de sécrétion.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
PLANCHES
Toutes les planches ont été réduites au clichage d’environ 1 5.
Les grossissements indiqués dans les légendes doivent être
multipliés par 0,785.
Source : MNHN, Paris
PLANCHK I
1. - Coupe parasagillalc à Iravcrs le cloaque de l'eylinia currori femelle. Fixation
par le liquide de Halmi. réaction à l'AI’S-hématoxyline de Groat-picro-indigo-
carmin. Remarquer de haut en bas et de gauche à droite le rein, juste au-dessous
de lui les glandes urodéales, le tubercule génital et l’uretère, ensuite la région anale,
l’urodéum et le proctodéum. La lumière de l'urodéum dessine vers la gauche,
au-dessous des glandes urodéales, le sinus génital.
2. — Coupe sagittale du cloaque d’un mâle d’Aniella pulchra en cours de défé¬
cation. Halmi, trichrome en un temps. Remarquer le déplacement dans le sens
caudal de l’intestin terminal; la région anale, dévaginée, alllcurc au plagiotrèmc.
L’écaille anale apparatt dans la partie inférieure droite de la figure.
3. - - Coupe sagittale du cloaque el de la queue d’un mâle de Tiiplilops vennicularis.
Même technique que la figure 1. Remarquer, dans la partie gauche du cliché, le
sphincter anal, le faible développement de l'urodéum; la glande cloacale, impaire
et médiane, occupe la majeure partie de la queue.
4. (loupe sagittale de la partie proximale de la queue d’un mâle de /.c/»fo/(//j/ifo/«
dulcis. Même technique que la figure 1. Remarquer de gauche â droite la glande
margino-doaealc, la glande cloacale et les glandes anales; ces dernières, paires
el latérales, apparaissent sur la coupe sagittale en raison de leur trajet sinueux.
— L'orientation des figures de cette planche est identique à celle des dessins au
trait insérés dans le texte.
Source : MNHN, Paris
M. Si i
i: A. Zoologii:. Tomi: XXXIII
Mémoires ni' Mlisku
Source : MNHN, Paris
PLANCHF
Proclodaeum; urodaeum. Fixations par le li<|iiidc de Italmi: réaelion à l'APS-héma-
toxylino de Groat-picro-indigocarmin.
Fio. 5. Proclodaeum d'une femelle de c 'oleonyx viiriegatus. Grossissement tioti dia-
mèlres. Remarquer à gauche l’épil lic'liuiii si rat i lié à couche superficielle muqueuse,
à droite l'épithélium malpighien qui tapisse le tiers postérieur du proclodaeum.
Fui. 6. Proclodaeum de Caloles crislalellu.i femelle. Grossissement 150 diamètres.
Remarquer l'épithélium stratifié riche en mucopolysaccharides dans la partie
inférieure gauche, l'épithélium malpighien dans la partie supérieure gauche, les
glandes cloacales dans la partie supérieure droite.
Fio. 7. — Coupc du proctodacum de l.acerlu muralis femelle. Même grossissement que
ligure li. Remarquer la zone de transition entre l’épithélium malpighien qui recouvre
la plus grande partie du proclodaeum (en haut et en lias à droite) et l’épiIhélium
muqueux stratifié qui tapisse l'extrémité antérieure du proclodaeum. l’urodaeum
ventral et la région anale (en lias à gauche).
Fio. S. - Proclodaeum d’un mâle de Xalrix nvtnni. Même grossissement que ligure (i.
Kn haut cl à droite épiderme de la région anale: en bas el à droite, épiIhélium
malpighien de la région caudale du proclodaeum.
Fio. 0. — Détail de la même préparation que la figure S. Grossissement 375 diamètres.
Passage de la muqueuse malpighienne il l'épithélium stratifié muciparc de la zone
moyenne du proclodaeum.
Fio. 10. — l'rodaeum dorsal d’un mâle de Sceloporus grneiosus. Grossissement 375 dia¬
mètres. Remarquer l'épithélium bistratiflé à couche superlicicllc muciparc. carac¬
téristique de l’urodacum des mâles.
Fio. 11. Région anale (à gauche) el urodacum latéral (à droite) d'une femelle d ’llele-
riinota liinoei. Grossissement 375 diamètres. Remarquer l'abondance des mucopo-
lysaccharidcs acides dans la couche superficielle de l'épithélium qui recouvre la
Fig. 12. - l'rodaeum dorsal et glandes urodéalcs d'une femelle de (.aleanyx vuriruulus.
Grossissement 375 diamètres. Remarquer l’épaisseur de l'épithélium et la rareté
relative des mucopolysaccharides acides, qui sont, au contraire, très abondants
dans les giundes urodéalcs.
Fio. 13. - Même préparation que la ligure 11. urodacum dorsal cl glandes urodéalcs.
Grossissement 375 diamètres. Remarquer la hauteur considérable de l’épithélium,
l'important développement de la couche à cellules polyédriques, la rareté relative
des mucopolysaccharides acides. I.a partie droite de la ligure II représente la région
de transition de la zone anale à l'urodaeum dorsal.
Source : MNHN, Paris
M KM! » I
Mi skim. Sienne A. Zooloc.i
Tomk XXXIII
Source : MNHN, Paris
PI.ANT.1IK
l'rodaeum dorsal des femelles et glandes urodéales. Fixation par le liquide de llalmi,
réaclion à l’APS-hématoxylinc de Groat-picro-indigocarmin pour toutes les figures,
à l’exception de la figure 20, colorée par le trichromo en un temps. Grossissement
:i75 diamètres pour toutes les ligures, sauf les figures 20 et 21. pour lesquelles il est de
000 diamètres.
Fio. 1 1. - Hoplodaclifius pacifiais. Bcmarquer la présence, en quantité notable, de
mucopolysaccharides acides dans les couches superficielles; les glandes urodéales
apparaissent à gauche.
1 ; ni. 15. - Xanhisia uigilis. Les glandes urodéales sont représentées par le Tond de
replis épithéliaux, les languettes épithéliales épaisses qui réunissent entre eux ces
replis étant dépourvues de mucopolysaccharides acides 5 l'exception de la couche
superficielle.
Fig. 10. — Anolis slriiluliis. Les plis épithéliaux sont moins profonds que chez Xan-
Insia. mais l’épithélium qui tapisse leurs sommets est. lui aussi, stratifié et pauvre
en mucopolysaccharides acides. A l'extrême gauche l'urodacuin ventral.
Fio. 17. - 1‘hripuisoma m'calli. Présence de très nombreux replis qui remplissent presque
entièrement la lumière urodéalc et qui sont recouverts d’une seule assise «le grands
mucocytes prismatiques, pauvres en produit de sécrétion.
Fie. 18. — Dipsosaums dorsalis. L'épithélium urodéal, pauvre en mucopolysaccharides,
apparaît en haut et à gauche, l ue glande urodéalc est visible dans la partie infé¬
rieure droite du cliché.
Fig. H). - Caloles cristalellus. Épithélium peu épais, très riche en mucopolysaccharides
acides; absence «le glandes urodéales.
Fig. 20 et 21. - Chamaeleo bas/hscus. Remarquer le produit «le sécrétion acidophilc
(fig. 20) et son évolution ainsi que l’apparition, dans les couches superficielles,
«le mucopolysaccharides acides (fig. 21).
Fig. 22. — Chtilciiles mioneelon. Remarquer la couche superficielle de mucocytes pris¬
matiques.
Source : MNHN, Paris
Mémoires
Muséum. Série A. Zoologie. Tome XXXIII Planche III
IeibljdiD
Musc u*y
Source : MNHN, Paris
PLANCH1Î IV
L'rodacum dorsal des femelles el glandes urodéales; lube vaginal, Fixation par le liquide
de Halmi. réaction à l'APS-hémaloxyline de Groal-picro-indigorarniin, à l'exeeption
de la figure 29, eolorée par Phémalun-éosine el de la ligure 30, colorée par le Iriehrome
Fin. 23. Fculinia currori. Grossissement 375 diamètres. Remarquer, dans l'angle
supérieur gauche de la ligure, les glandes urodéales dépourvues de mucopolysac-
charides acides et contenant un produit île sécrétion acidophile. I.'épithélium
urodéal comporte surtout de grondes cellules prismatiques, pauvres en produit
de sécrétion.
Fia. 2-1. — l.aeerta muralis. Remarquer l'épaisseur de l'épithélium et la densité des
mucopolysaccharides acides dès les couches moyennes; noter l'absence de glandes
urodéales.
Fia. 25. — Vttranus grisais. I.'épithélium urodéal. stralilié, se continue dans les glandes
urodéales, qui paraissent en être de simples replis.
Fia. 26. - <ierrhonolus niitllicarinalus. I.'épithélium urodéal esl assez proche de celui
de Varanus; les glandes urodéales apparaissent dans la partie droite du cliché:
elles sont bien différentes de l’épithélium urodéal.
Fig. 27, - Tube vaginal de Morelia spiloles, dans la zone de jonction avec l'urodéuni.
Remarquer l'épithélium pseudoslratilié, à cellules muqueuses et ciliées, du tube
vaginal (en haut et à gauche) ainsi que l'épithélium mucipare du fond du sinus
génital (en bas et à droite).
Fig. 28. Région moyenne de l’urodaeum dorsal de Macroprolodun cuciillatv-s Pas¬
sage de l'épithélium stratifié dont les zones profondes rappellent une muqueuse
malpighienne (en haut) à l'épithélium pseudoslratilié mucipare qui recouvre le
fond «la sinus génital (en bas); à ce niveau il n’existe pas encore de cellules ciliées.
Fig. 29. - Tube vaginal d’ lloplndachjlus pucificus. Grossissement 150 diamètres.
Remarquer les spermatozoïdes dans les replis épithéliaux.
Fig. 30. - Tube vaginal de CItamaelco laleriilis. Même grossissement que la figure 29.
Remarquer, dans la partie inférieure du cliché, un réceptacle séminal rempli de
spermatozoïdes.
Fia. 31. - Région utéro-vaginale île Sceloporus gruciosus. Même grossissement que
la figure 29. I.a paroi intestinale apparat! au bord gauche du cliché. Remarquer
les spermatozoïdes dans la lumière de la poche utéro-vaginale moulée sur l'intestin.
Fig. 32. - Tube vaginal de C erasles ripera. Grossissement 375 diamètres. Remarquer
les cellules mueipares et ciliées qui recouvrent l'axe eonjonctivo-musculairc de la
frange que forme la paroi.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Intestin, vessie, canal de Wollï. Fixations par le liquide de Halini, réaction à l’APS-
hématoxyline de Groal-picro-indigocarmin, à l’exception de la ligure 40, colorée par le
trichromc en un temps. Grossissements 075 diamètres, il l'exception de la ligure 39
(600 diamètres) et 11 (100 diamètres).
Fio. 33. Intestin terminal de Spltenodon puncltilus femelle, Remarquer l'epithelium
stratilié dont l’assise superficielle comporte uniquement d‘s mucocvtes.
Fie. 34. - Intestin terminal de Coleoiu/x variegalus nulle. Épithélium simple et pris¬
matique, riche en mucocvtes et contenant, en outre, des cellules prismatiques non
mucipares ainsi que des cellules « claires -.
Fio. 35. - Intestin terminal de Tgphlops punctatus. Épithélium prismatique, pseudo-
stratifié, comportant exclusivement des mucocyles.
Fig. 36. - Intestin terminal de Xatrix maura mâle. Epithélium pseudoslratifié compor¬
tant, à côté de cellules prismatiques, mucipares, des cellules caliciformes.
FlO. 37. - Épithélium vésical de Spltenodon piinclalus, femelle. Remarquer la slrali-
lication et les mucocytcs superficiels.
Fio. 38. - Épithélium vésical de Coleonyx variegalus femelle. Remarquer les cellules
Fio. 39. Canal de Wollï de Morelia spiloles femelle. Remarquer l’épithélium pris¬
matique et la structure des formations présentes dans la lumière; la coupe passe
par la région moyenne du canal.
Fio. 10. - Même formation, coupée à proximité de la jonction avec l'uretère. Remarquer
l’abondance des formations contenues dans la lumière.
Fig. 11. - Vue d’ensemble de la même coupe que la figure 39. Remarquer les plis
épithéliaux.
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Mémoires de Muséum. Séi
k A. Zoologie. Tome XXXIII
Planche Y
Source : MNHN, Paris
HLANCIIK
Fio. 13. — l'retfrrc de .Xttlrix
Môme technique que la figure 17. grossissement 3
dance du produit de sécrétion APS-positif.
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A. Zo
Tomk XXXIII
Pl.ANC.lli: VI
MkMOIIîICS Df Ml'SKUM. Skhii
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VII
Glandes cloacates. Fixations par le liquide de I-Ialnii.
50. — Glande cloacale dorsolatéralc d’une femelle tl'Ophisaurus kuellikeri. Trichromc
en un temps, grossissement 600 diamètres. Remarquer la coexistence de cellules
érythrophiles. sombres, ainsi que de cellules cyanophilcs. claires; les grains de
sécrétion se détachent bien dans quelques cellules érythrophiles.
51. — Glande cloacale de Varanus griseus mâle. APS-hématoxyline de Groat-
picro-indigoearmin, grossissement 100 diamètres. Remarquer la compacité de
glande et le faible développement du tissu conjonctif interlubulairc.
52. — Glande cloacale ventrale d' Ula slansburiana (mâle). Même technique que
la ligure 51. grossissement 375 diamètres. Remarquer remplacement profond des
cellules séreuses •>, les cellules muqueuses, superficielles, rendant pratiquement
virtuelle la lumière des tubes glandulaires.
53. — Glande cloacale d’un mâle de I.ygosoma laeniolala. APS-hématoxyline de
Groat-picro-indigocarmin, grossissement 375 diamètres. Remarquer â droite la
glande ventrale, muqueuse, à gauche la glande dorso-latéralc, » séreuse *.
51. — Coupe voisine de la précédente, variante personnelle de la méthode de
Clevcland-Wolfc, 600 diamètres. La glande muqueuse apparaît à droite, la glande
■ séreuse « à gauche. Remarquer, dans cette dernière, les grains de sécrétion érythro¬
philes accumulés à l’apex des cellules.
55. — Glande cloacale d’une femelle de Cnemitlophorus ligris. Tétrazoréaction
de Danielli, grossissement 600 diamètres. Remarquer la forte réactivité des grains
de sécrétion.
56. — Coupe voisine de la précédente. Réaction à l’APS-hématoxyline de Groat-
picro-indigocarmin. Grossissement 600 diamètres. Remarquer la réactivité des
grains de sécrétion.
57. — Glande cloacale d’un mâle de Nalrix mania. Réaction à l'APS-hématoxylinc
de Groat-picro-indigocarmin. Grossissement 100 diamètres. La coupe intéresse
la cranialc, la plus renflée, de l'organe. Remarquer l’étendue de la lumière des
tubes.
58. — Glande cloacale d’un mâle de liuiiyurus fascialus. Réaction au ferricyanure
ferrique après réduction des ponts disulfure, grossissement 375 diamètres. Remarquer
la forte réactivité du produit de sécrétion qui remplit la lumière des tubes.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Épaississements épidermiques lenticulaires, écailles glandulaires.
59 el 60. - Épaississements épidermiques lenticulaires «le Typhlops punclatus
Coupés transversalement par rapport au cours de l’animal. Halini, réaction à
l’APS-hématoxylinc de Groat-picro-indigocarmin. grossissements 100 (lig. 59) et
375 (fig. 60) diamètres. Remarquer la couche basale, l'aspect « clair » des assises
cellulaires sus-jacentes et le slriilum desquamons superficiel.
61 et 62. - Écailles glandulaires d ’Œdura lessueri. Ilalmi. trichrome en un temps.
Grossissements 100 (lig. 61) et 375 (lig. 62) diamètres. Remarquer la mitose dans
la couche basale, les assises cellulaires polyédriques et le slriilum inlermedium
nettement caractérisé par l’orientation des noyaux.
63 à 67. - Écailles glandulaires de Tarenlolu mtttirilanica. Ilalmi. grossissements
150 (lig. 63) et 375 (lig. 61 à 67) diamètres. I.a vue d'ensemble, colorée par la
méthode à l’APS-hématoxylinc de Groat-picro-indigocarmin (lig. 63). la ligure 66.
colorée par la méthode «le Mann et la ligure 67. traitée par la tétra/.o-réaction de
Danielli montrent nettement les deux générations épidermiques. I.a figure 6-1.
traitée par la méthode au ferricyanurc ferrique sans réduction préalable et la
ligure 66, où les ponts disulfure ont été réduits avant celte réaction, montrent la
pauvreté en cystéine el la présence d’une quantité appréciable de cystine.
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Mkmoii
>r Muséum. Série A. Zoologie. Tome XXXIII Planche VIII
Source : MNHN, Paris
PI.ANCH1-:
Organes papillaires û’A ganta bibroni. Fixation par le liquide de 1 Inlmi, coupes transversales
par rapport à l’axe du corps.
Fia. 68. Vue d’ensemble, colorée par la réaction à l’Al’S-hémaloxyline de Groat-
picro-indigocarmin. Grossissement 100 diamètres. Remarquer le cloisonnement
de la partie basale de l’organe et la netteté de In limite de la couche superficielle,
fortemen l APS-posïti vc.
Fig. 69 à 71. — Détails de la infime préparation, 375 diamètres. Le passage du tégument
banal il l’organe papillaire apparail sur la figure 69 qui montre nettement le slralurn
inlennédium avec l’orientation caractéristique des noyaux. Le slralurn basale de
l'organe apparaît sur la figure 70; la figure 71 montre les cellules de la couche
polyédrique, riches en grains de sécrétion.
Fig. 72. — Détail d'une coupe voisine de la précédente. Coloration de Mann, grossis¬
sement 375 diamètres. Remarquer les grains de sécrétion.
Fig. 73. — Coupe voisine de la précédente, colorée par la gallocyaninc. Grossissement
375 diamètres. Remarquer la présence d’une quantité notable de ribonucléincs
dans la couche basale et la rareté de ces composés dans la couche polyédrique.
Fig. 71. — Coupe voisine de la précédente, traitée par la méthode à l’alloxane-SchilV.
Grossissement 375 diamètres. Remarquer la forte réactivité de la couche super¬
ficielle (bord supérieur de la figure) et la réactivité moindre des grains de sécrétion
de la couche de cellules polyédriques.
Fig. 75. — Coupe voisine de la précédente, ’raitée par la tétrazoréuction de Daniclli.
Grossissement 375 diamètres. Remarquer la très forte réactivité de la couche super¬
ficielle et la présence d'ainino-acides aromatiques dans les grains de sécrétion des
cellules polyédriques.
Fig. 76 et 77. Coupes adjacentes, traitées par la réaction au fcrricyanurc ferrique
sans (lig. 76) cl avec (fig. 77) réduction préalable. Grossissement 11)0 diamètres.
Remarquer la présence de cystinc; forte réaction des mélanophorcs dermiques.
Source : MNHN, Paris
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PLANCHK X
Glandes inargino-cloacales de l.eplotyphlops dulcis; glande «sébacée» du cloaque de
Splienodon. Fixation par le liquide de Halmi.
Fig. 78 et 79. — Coupe transversale (lig. 78) cl sagittale (lig. 79) du corps de
l’animal, hémalun-éosinc. grossissement 100 diamètres. Remarquer le cloisonnement
en logcttcs de l'organe, la couche basale et les cellules polyédriques ainsi que le
produit de sécrétion, faisant saillie à l’orifice. I.a glande cloacale apparat! (lig. 79),
dans l’angle inférieur droit.
Fig. 80. — Coupe voisine de celle qui est représentée ligure 79. Coloration par le tri-
chrome en un temps, grossissement 100 diamètres. Remarquer la couche basale
et les assises de cellules polyédriques.
Fig. 81. - Détail d’une coupe voisine de la précédente. Même technique, grossissement
375 diamètres. Remarquer les grains de sécrétion des cellules polyédriques.
Fig. 82. — Glande « sébacée « du cloaque de Splienodon. Réaction au ferricyanure fer¬
rique après réduction, coloration nucléaire au rouge nucléaire solide. Grossissement
00 diamètres. Remarquer la réactivité du produit de sécrétion accumulé au centre
des lobules et celle des grains de sécrétion intracellulaires.
Fm. 815. Détail de la même préparation que la figure 82. Grossissement 375 diamètres.
Fig. 84. - Cloison interlobulaire de la glande sébacée » du cloaque de Splienodon.
Coloration par la méthode de Mann, grossissement 375 diamètres. Remarquer les
deux assises basales, de part et d’autre de la cloison conjonctive (milieu du cliché).
Fig. 85. Coupe voisine de la précédente. Réaction à l’APS-hémaloxyline de Groat-
picro-indigocarmin. Grossissement 375 diamètres. Remarquer la réactivité du
produit de sécrétion (angles supérieur gauche et inférieur droit du cliché).
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rie A. Zoologie. Tome XXXIII
Mémoires di: Muséum. Sep
Source : MNHN, Paris
I.ANCIIF XI
Replis épidermiques glandulaires, glandes préanales de Culronyx ourirgalus. Fixations
par le liquide de Halmi.
Fia. 86. — Fond d’une écaille dorsale de l.eplolyplilops tlulcis. Iléaction à l’APS-héina-
toxyline de Groal-picro-indigocarmin, grossissement 375 diamètres. Remarquer
l'absence de Ion te différenciation glandulaire dans le fond du pli tégumentaire,
mais les parlicularilés de structure du stratum corneum.
Fig. 87. Repli épidermique glandulaire de l'eylinia currnri. Réaction à l’APS-liéma-
toxyline de Groal. picro-indigocarmin. grossissement 100 diamètres. Remarquer
les cellules glandulaires et le produit de leur transformation holocrine.
Fig. 88. - Coupe transversale de la partie postérieure du corps de Lygosoma lueniolalum.
Même technique cl même grossissement que la ligure 86. Remarquer les ostéodermes
el le repli épidermique glandulaire, sectionné dans un sens perpendiculaire à celui
de la ligure 87.
Fig. 89. - Détail de la même préparation, grossissement 375 diamètres.
Fig- 90. Fond d'un repli épidermique glandulaire tl’Anniella pulclirti en coupe sagittale.
Même technique que la ligure 87. grossissement 375 diamètres. Remarquer les
cellules glandulaires et les blocs APS-posilifs qui résultent de leur transformai ion
holocrine.
Fig. 91. — Coupe transversale d'un repli épidermique glandulaire de Scincus oflicinalis.
Môme technique que la ligure 86, grossissement 150 diamètres. Remarquer les
cellules glandulaires et l’accumulation centrale de produit de sécrétion.
Fig. 92. - Coupe oblique intéressant l'orifice d'abouchement de la glande préanale
de Colenoyx variegalus. Coloration par le trichrome en un temps, grossissement
100 diamètres. Remarquer la densité et l’érythropliilie du produit de sécrétion.
Fig. 93. - Même glande en coupe sagittale. Réaction à l'APS bleu alcian. Grossis¬
sement 100 diamètres. Remarquer le produit de sécrétion fortement Al’S-positif
(en rouge sur la préparation).
Fig. 9-1. — Détail de la même glande, montrant le fond du cul-de-sac sécréteur: même
technique que la figure 93, grossissement 375 diamètres.
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IK XI
Mémoires nu Muséum. Série A. Zoologie. Tome XXXIII Planch
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l'I.ANCHli XII
Glandes préanalcs de Hlnnus cinereus, organes fémoraux de Lacerla muralis. Fixations
au liquide de Halnii.
Fig. 95. - Coupe transversale de la région préanale de Maints cinereus. Réaction à
l’APS-hématoxyline de Groat-picro-indigocarmin. grossissement <i() diamètres.
Remarquer les tubes glandulaires dont la disposition générale est parallèle à la
peau et qui sont coupés transversalement.
Fig. 96. Détail d’un tube glandulaire, coupé transversalement à sa partie moyenne.
Même technique que la figure 95, grossissement 150 diamètres. Remarquer la forte
réactivité du produit de sécrétion, accumulé dans la lumière, l’aspect clair des
cellules proches de la lumière et le cloisonnement en lobules du parenchyme glan-
Fig. 97. —- Détail de la préparation précédente. Grossissement 375 diamètres.
Fig. 98. Détail de la même préparation. Grossissement 1500 diamètres. Remarquer
les grains de sécrétion APS-positifs (en rouge sur la préparation). I,a couche basale
se situe à l’extrême gauche du cliché.
Fig. 99. - Glande fémorale de Lacerla muralis. Réaction à l’AFS-hémaloxvline de
Groat-picro-indigocarmin. Grossissement 60 diamètres. Remarquer la forme en S
du cul-de-sac glandulaire, la forte réactivité du produit de sécrétion et. dans l'angle
inférieur droit de la figure, l’ouverture au milieu d’une écaille légumcntairc.
Fig. 100. Détail de la partie moyenne de la glande fémorale de Lacerla muralis.
Coloration par la méthode de Mann, grossissement 375 diamètres. Remarquer les
cellules de la couche basale et les grains de sécrétion îles cellules polyédriques.
Fig. 101. Détail de la même préparation. Grossissement 1500 diamètres. Remarquer
la couche basale et l'apparition des premiers grains de sécrétion dans les cellules
polyédriques.
Fig. 102. — Coupe voisine de la précédente. Mise en évidence des protides sulfhydrilés
totaux. Grossissement 375 diamètres. Remarquer la réactivité des grains de sécrétion.
Fig. 103. Coupe voisine de la précédente. Tétrazoréaction de Danielli, grossissement
375 diamètres. Remarquer la réactivité des grains de sécrétion.
Source : MNHN, Paris
Mémou
Tomi: XXXIII
Pl.ANCHK XII
Source : MNHN, Paris
LANGHR XIII
os préanales de Liait s burtoni. léguaient margino-cloaeal des Anguimorpha, glandes
anales des Ophidiens. Fixations par le liquide de Halmi.
101. - Oriliee du eonduit excréteur de la glande préanalc de Lialisburlonis. Réac-
Iion h l’Al’S-lidmaloxylinc de Groat-picro-indigorarinin. Grossisseinent 100 dia¬
mètres. Remarquer l'écaille au milieu de laquelle débouche la glande et le caractère
APS-négatif du produit de sécrétion.
105. Détail d’une coupe voisine de la précédente. Même technique, grossissement
575 diamètres. Remarquer les cellules granuleuses des lubcs glandulaires et le
revêtement aplati du eonduit excréteur.
10(1. - Coupe voisine de la précédente, colorée par le triclirome en un temps.
Grossissement 100 diamètres. Remarquer l'érylhrophilie du produit de sécrétion.
107. Détail de la même préparation que la figure 105. Grossissement 1500 dia¬
mètres. Remarquer les cloisons conjonctives, la coupe transversale d’un capillaire,
les cellules «le la couche basale et les volumineux grains de sécrétion des cellules
polyédriques.
108. - Tégument margino-cloaeal de Vitrunus griSeus. Réaction à l’APS-héma-
toxylinc de Groat-picro-indigocarmin. Grossissement (H) diamètres. Remarquer
les cellules « claires » el le produit abondant accumulé dans le repli Légumenlairc.
loi). Tégument margino-cloaeal «le Cerrlionolus mullicarintiliis. Même technique
que la ligure 108. grossissement 375 diamètres. Remarquer l'abondant produit
«le sécrétion il la surface du tégument (partie basse du cliché).
lit). — Glande anale de llungarits fascialus. Coloration de Mann-Dominici, gros¬
sissement 375 diamètres. Remarquer la présence de ribonucléines dans les cellules
«le la couche basale el les rares formations en fer de lance dans les cellules polyé-
111. Glande anale de Mnrelia spiloles. Réaction à l’APS-hémaloxyline de Groat-
picro-indigocarmin. Grossissement 150 diamètres. Remarquer l’abondance du
produit APS-positif dans les assises cellulaires sus-jacentes 5 la couche basale.
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Tome XXXIII
Mémoires dit Muséum. Série A. Zoologie. '
Planche XIII
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Glandes anales des Ophidiens. Fixations par le formol salé ( lift- 116) et par le liquide
de Halmi (les autres ligures «le la planche).
Fig. 112. — Couches cellulaires basales de la glande anale de Typhlops sp. Réaction
à l’APS-hémaloxylinc de Groal-picro-indigocarmin. Grossissement 375 diamètres.
Remarquer l'expansion conjonctive qui pénètre entre les cellules épithéliales, le
capillaire sanguin qui occupe son sommet et la présence, dans les cellules, d'une
petite quantité de glycogène (en noir), dont le tassement à l’un des pèles représente
une image de fuite.
Fie. 113 à 115. Glande anale de Leplotyphlops ilulcis. Réaction à l’APS-héniato-
xyline de Groal-picro-indigocarmin. Grossissement 160 (lig. 113), 375 (lig. 11 |)
et 1500 (lig. 115) diamètres. Remarquer le produit de sécrétion en « fer de lance».
Fio. 116. — Glande anale de Natrix nalrix. Formol salé, coupe à la congélation, colo¬
ration des lipides par le bleu BZI.. Grossissement 100 diamètres. Remarquer les
inclusions lipidiques dans les cellules glandulaires (en noir).
F'io. 117. Glande anale d’ Alraclaspis sp. Réaction à l’APS-hémaloxyline de Groal-
picro-indigocarmin. Grossissement 375 diamètres. Remarquer le tasscmcnl en amas
des inclusions APS-positives en fer de lance.
Fio. lis. - Glande anale de CoroneUa uustriaca. Même technique et même grossissement
que la figure 11S. Remarquer la disposition en faisceaux des inclusions APS-positives.
Fio. 119. — Vue d'ensemble de la même préparation que la figure 117. Grossissement
100 diamètres. Remarquer la stratification concentrique du produit de sécrétion
dans la lumière île l’organe.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
nipénis; formations rétro-cloacales des Lcplotyphlopidæ. Fixations par le liquide
Halnii, réaction à l'APS-hématoxylinc de Groat-picro-indigocarmin. Grossissement
( fi". 123, 121, 127), 150 ( fi«. 129), 37.') ( lig. 120, 121. 122. 125) et 1500(fig. 126, 12N)
diamètres.
mg. 120. - Hémipénis de Coleonyx variegalus. Remarquer l'axe conjonctif des replis
épithéliaux, la couche basale, l'existence d'un seul type de cellules épidermiques
et la faible kératinisation.
•'ni. 121. — Hémipénis d' Via slansburiana. Remarquer les épines cornées et les deux
classes de taille des noyaux des cellules épidermiques.
•’ic.. 122. - Hémipénis de Xanlusia vigilis. Remarquer les épines cornées et les cellules
épidermiques à noyaux volumineux qui leur donnent naissance.
•"m. 123. - Hémipénis (en bas) et cartilage de soutien (en haut) de Phrynosoma m’calli.
Remarquer la gaine conjonctive du cartilage de soutien, le faible développement
de la substance fondamentale cl l'allure caractéristique îles cellules cartilagineuses.
•’i<:. 121. — Cartilage de soutien de l’hémipénis d’Anolis crislidcllus. Remarquer la
présence d’un produit APS-positif dans les cellules cartilagineuses.
■'m. 125 et 126. Détails de la même coupe que la figure 12.3. Remarquer la présence
d’une petite quantité de glycogène dans certaines cellules cartilagineuses (lig. 125)
et le profil caractéristique de celles-ci.
mg. 127. - Formation rétrocloacalc de Leptolyphlops dulcis. Remarquer les plis de
l'épithélium et le produit de sécrétion accumulé dans la lumière de l’organe.
mg. 12k. Couche basale du revêtement épithélial de la formation rétrocloacalc de
l.eplotgpldops dulcis (même préparation que la figure 127). Remarquer la grande
taille relative des noyaux.
mg. 129. —- Formation rélro-cloacalc de Typhlops vermicularis. Remarquer le faible
développement de la lumière.
Source : MNHN, Paris
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Achevé d’imprimer le 20 Décembre 1905.
Printed in France. Le Directeur- Gérant : Professeur Chabaud.
5S42S. — lmp. Laiiure. 9, rue de Mourus, Paris (6 e ;.
Dépôt légal : 4 0 trimestre 1965.
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