Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOI RES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Source : MNHN, Paris
MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAU
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XXXIX
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1966
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule 1
(1966)
Pages
Annie J. Petter, Équilibre des espèces dans les populations
de Nématodes parasites du côlon des Tortues terrestres . . 1-256
Fascicule 2
(1966)
Marie-Claude Desset, Contribution à la systématique des Filaires
du genre Setaria ; valeur des diérides. 257-288
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAU
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XXXIX
FASCICULE 1
Annie J. PETTER
ÉQUILIBRE DES ESPÈCES
DANS LES POPULATIONS
DE NÉMATODES PARASITES
DU COLON DES TORTUES TERRESTRES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeofFroy-Saint-Hilaire (V e )
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie Tome XXXIX, fasc. 1.
• ÉQUILIBRE DES ESPÈCES DANS LES POPULATIONS
DE NÉMATODES PARASITES DU COLON
DES TORTUES TERRESTRES
par
Annie J. PETTER
SOMMAIRE
Introduction. 3
Première partie. — ÉTUDE TAXINOMIQUE
Chapitre I - Étude taxinomique au niveau supra-spécifique. 11
Chapitre II - Les espèces chez les Atractides. 19
Chapitre III - Les espèces chez les Oxyurides. 39
Chapitre IV - Les phénomènes de spéciation. 139
Deuxième partie. — ÉTUDE ÉCOLOGIQUE
Chapitre I - Le biotope. Méthodes d’étude des Nématodes. 147
Chapitre II - L’équilibre des espèces chez les Tortues paléarc-
tiques. 151
Chapitre III - L’équilibre des espèces chez les Tortues malgaches 205
Chapitre IV - Les populations des Tortues sud-africaines. . . 223
Conclusions. 225
Résumé. 231
Bibliographie. 239
Table des matières. 245
Mémoires do Muséum. — Zoologie, T. XXXIX.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Les problèmes concernant la coexistence de différentes espèces
animales proches les unes des autres dans un même milieu donnent lieu à
d’importantes discussions. L’idée généralement admise par les écologistes
(Gause 1934, Crombie 1945, Lack 1949, Mayr, Linsley et Usinger 1953)
jusqu’à ces derniers temps, formulée par Gause (1934), est que deux espèces
possédant des exigences écologiques identiques ne peuvent coexister à la
même place.
Les espèces les plus proches au point de vue systématique, en parti¬
culier les espèces d’un même genre, présentant en général des caractéris¬
tiques écologiques voisines, la loi de Gause entraîne que, dans une commu¬
nauté limitée et qui a atteint son équilibre, il subsiste très peu d’espèces
congénériques.
En fait, la revue critique de Williams (1964), qui étudie de ce point
de vue diverses communautés de plantes et d’insectes, indique que cette
dernière hypothèse ne se trouve vérifiée dans aucun des cas examinés, et
il estime qu’une révision de la question est nécessaire.
Le côlon de certains animaux herbivores constitue pour l’étude de ces
phénomènes un milieu intéressant car il offre aux parasites qui l’habitent
un volume important, dépourvu de prédateurs, et une nourriture très abon¬
dante et sans cesse renouvelée; les facteurs les plus importants qui limitent
habituellement le développement d’une population et entraînent rapidement
l’intervention des phénomènes de sélection naturelle sont ainsi éliminés.
Si les parasites qui habitent le côlon ont un cycle biologique simple avec
une vie larvaire dans le milieu extérieur très courte et s’ils n’entrent pas en
contact avec la muqueuse chez l’hôte définitif, évitant ainsi les phénomènes
d’immunité, les facteurs spéciaux limitant l’abondance des parasites sont
également absents.
Ces conditions de vie se rencontrent chez les Strongles qui parasitent
le côlon des Mammifères herbivores (Ruminants, Éléphants, Périssodac-
tyles, Kangourous) et chez les Oxyures des Reptiles herbivores.
Il en résulte que le côlon de ces animaux est habité par un très grand
nombre d’individus et constitue un sujet de choix pour l’étude écologique
d’une population.
Le problème a été abordé pour la première fois par A.-G. Chabaud
(1956) qui a étudié la population de Strongles du caecum des Éléphants.
Cet auteur a conclu que la population était caractérisée principalement par
l’abondance des espèces congénériques, dont certaines paraissent plus
spécialisées que d’autres, et par l’abondance des formes tératologiques.
Voulant poursuivre et approfondir ce travail, nous avons choisi, parmi
les diverses populations de parasites qui s’offraient à nous, les Oxyurides et
les Atractides du côlon des Tortues terrestres : celles-ci sont en effet faciles
à se procurer en grandes quantités et, par leur vaste distribution géogra¬
phique, permettent de comparer des populations d’origines très éloignées.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Dubinina a déjà fait en 1949 une étude écologique de la faune para¬
sitaire des Testudo horsfieldii du Tadjikistan, portant principalement sur
les variations de celle-ci en fonction de l’âge des Tortues et des saisons,
et Schad en 1962 et 1963 a publié 3 notes concernant l’écologie des
populations de Vers de Testudo graeca, où il s’attache à étudier la répar¬
tition des différentes espèces dans le côlon. Nous avons nous-même publié
en 1963 2 notes préliminaires sur l’équilibre des espèces et les phénomènes
de vicariance dans les populations de Nématodes du côlon des Testu-
dinidae.
Nous avons dû, en préliminaire à l'étude écologique de la population,
nous livrer à une étude systématique approfondie des différentes espèces.
L’étude systématique des Oxyurides et des Atractides des Tortues
paléarctiques était due principalement à 3 auteurs : Drasche (1884) a
donné une description, excellente pour son époque, de plusieurs espèces;
Seurat (1918) a repris dans une note préliminaire la description de certaines
espèces de Drasche et décrit quelques espèces nouvelles, mais le travail
complet qui était annoncé n’a jamais paru et certaines espèces citées dans
son tableau dichotomique n’ont pas été décrites; enfin, Thapar (1925),
dans une étude des Oxyures parasites de Reptiles, a donné également la
description d’un certain nombre d’espèces; malheureusement, il a confondu
plusieurs espèces de Seurat et attribué certains mâles à des femelles qui ne
leur correspondaient pas; une mise au point détaillée de cette systématique
s’est donc révélée nécessaire.
Nous étudions également la faune des Tortues sud-africaines, dont un
certain nombre d’espèces avaient déjà été décrites par Ortlepp (1933) et
celle des Tortues malgaches, qui était complètement inconnue jusqu’alors.
Les difficultés particulières à l’étude des espèces sont exposées en détail
plus loin; elles reposent principalement sur le fait que les espèces, très proches
les unes des autres, ne se différencient parfois que par des caractères qui
présentent une grande variation individuelle et sont donc difficiles à définir;
la distinction des espèces ou des sous-espèces a nécessité dans certains cas
la construction de diagrammes de dispersion.
En dehors du travail de révision de la systématique au niveau
spécifique ou subspécifique, nous avons cherché à comprendre les prin¬
cipaux traits de l’évolution morphologique, et avons proposé une ébauche
de classification phylogénique des Oxyures de Reptiles, qui a été utilisée
dans les considérations biogéographiques terminales.
Nous aurions voulu, pour mieux comprendre l’écologie de la
population, préciser les particularités du cycle évolutif des Oxyures et des
Atractides, la durée de vie des individus, leur temps de croissance, ainsi
que le moment du cycle où se produit la fécondation, et le nombre de
générations qui existent par an.
Nous avons tenté pour cela 2 types d’expériences :
1° D’une part, nous avons essayé de déparasiter des Tortues afin de
pouvoir réaliser des infestations expérimentales sur des hôtes totalement
dépourvus d’Oxyures. Nous avons administré aux Tortues, par voie buccale
ou rectale, divers anthelminthiques (Phénégic, Povanyl, Terramycine,
Buternal, sels de piperazine, santoninate de sodium), qui nous avaient été
confiés à titre d’essais : malheureusement, aucun de ces produits ne s’est
révélé efficace.
Source : MNHM, Paris
NÉMATODES
TORTUES TERRESTRES
2° D’autre part, nous avons tenté des infestations expérimentales
sur des hôtes autres que les Tesludo : des Uromaslix, des Lézards ( Lacerta
muralis Laur. et L. viridis Laur.), des Tortues africaines appartenant au
genre Kinixys : nous n’avons jamais obtenu de résultats positifs, mais
seulement dans quelques cas une ou deux larves qui pourraient être celles
d’Oxyures, mais qui se trouvaient arrêtées à des stades très jeunes de leur
développement (1).
Nous n’avons donc pu préciser les modalités du cycle de ces Nématodes.
Cependant, pour les Oxyurides, rien ne laisse supposer que le cycle
soit différent des cycles d’Oxyures qui sont actuellement connus : par
exemple, en ce qui concerne les Vertébrés, le cycle de Passalurus ambiguus
étudié par Boecker (1953) et, en ce qui concerne les Invertébrés, le cycle
de Leidynema appendiculatum étudié par Dobrovolny et Ackert (1934)
et Todd (1944) : dans ces 2 cas, le cycle est direct et la vie préinfestante
s’effectue entièrement à l’intérieur de l’œuf; l’hôte définitif s’infeste par
ingestion d’un œuf qui contient soit un jeune 3 e stade, soit la fin du 2 e
stade larvaire.
Il a été par contre impossible de résoudre les problèmes posés par la
biologie des Atractides en supposant une analogie avec la biologie d'espèces
proches, puisque rien n’est encore connu dans le groupe; nous avons donc
dû en l’absence d’expérimentation directe construire un cycle hypothétique
qui rende compte des particularités morphologiques et des observations
faites au cours des autopsies.
En l’absence d’expérimentation sur les cycles, notre travail se trouve
donc limité à une étude qualitative et quantitative aussi précise que possible
de la faune d’Oxyures des Tortues de régions variées. Nous avons étudié
pour la région paléarctique la faune d’Oxyures des Tortues provenant de
Rome, du Maroc, d'Algérie, d’Iran et de la région transcaspienne; pour la
région éthiopienne, celle des Tortues malgaches et sud-africaines; en ce
qui concerne les Tortues sud-africaines, nous avons dû, à cause de l’insuf¬
fisance de notre matériel, nous borner à une étude qualitative (2).
Nos conclusions portent d’une part sur les caractéristiques des équilibres
réalisés dans les populations des Tortues paléarctiques et malgaches; nous y
joignons des considérations sur les relations écologiques qui existent entre
les espèces d’une population, basées principalement sur l’étude de leur
répartition spatiale dans le côlon.
Nous formulons d’autre part des hypothèses sur la biogéograplue des
Nématodes de Tesludinidae en nous fondant sur la comparaison entre les
différents types d’équilibres rencontrés, sur la phylogénie des Oxyures
et sur les phénomènes de vicariance observés entre les espèces des différentes
régions étudiées.
(1) Nous soupçonnons que la raison de ces échecs est une spécificité parasitaire étroite
dont nous n'avons pas la preuve formelle mais qu'une observation nous a permis de supposer :
une Tortue malgache élevée au milieu des Tortues iraniennes a conservé au bout de plusieurs mois
sa faune particulière, sans aucune espèce de contamination.
î d'examiner des Tortues d'Afrique occidentale
(2) Nous avons eu également 1 . .. _
iu genre Klnixus, mais la faune de ci . _ ...
dentés : nous n'y avons jamais rencontré d'Oxyures mais uniquement des Atractides
de grande taille, alors que les spécimens de petite taille possédaient des Stron-
Tortues
nyluris et des Kathlanides, c'cst-à-dir<
relation avec ce phénomène, nous avon- ...._....... .
de Mollusques et d'Arthropodes indiquant un régime cai
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement Monsieur le Professeur P. P. Grasse d’avoir
accepté de présider le jury de notre thèse.
Nous remercions également Monsieur le Professeur B. Possompès
d’avoir bien voulu faire partie de notre jury.
Nous avons entrepris et réalisé ce travail sur le conseil et sous la direc¬
tion de Monsieur le Professeur A. G. Chabaud. Il nous a fait profiter de sa
très grande expérience, nous a guidée et aidée avec une extrême gentillesse
au cours de nos recherches et a su entretenir notre enthousiasme. Qu’il
veuille bien trouver ici l’expression de notre plus vive gratitude.
Nous tenons à exprimer notre reconnaissance à Monsieur C. Dupuis
pour ses précieux conseils et les encouragements qu’il nous a toujours prodi¬
gués avec une extrême obligeance.
Nous adressons nos vifs remerciements à Monsieur M. Baltazard,
à Monsieur G. Pasteur, à Monsieur E. R. Brygoo et à Monsieur
C. A. Domergue, qui nous ont procuré la plus grande partie de notre
matériel d’étude. Nous remercions également Madame A. Verster,
Monsieur J. Arnoult, Monsieur E. Biocca, Monsieur E. Caballero,
Monsieur C. Diaz-Ungria, Monsieur W. Fitzsimmons, Monsieur
R. Lamothe, Monsieur Le Van Hoa, Monsieur A. Mantovani, Monsieur
L. Mazzotti et Monsieur R. Pujol, qui nous ont obligeamment envoyé
du matériel.
Nous exprimons également nos remerciements à Monsieur J. P. Can-
cela Da Fonseca pour l’aide qu’il nous a apportée par ses connaissances
en Écologie, à Monsieur et Madame J. C. Martini pour avoir résolu nos
problèmes de statistique, et à tous ceux qui nous ont prêté leur concours :
Monsieur R. Ph. Dollfus, Monsieur Y. Bouligand, Monsieur J. Guibé,
Monsieur R. Cavier, Monsieur R. Hoffstetter, Monsieur V. Fitzsimmons.
Nous remercions la Maison d’Édition Masson de nous avoir autorisée
à reproduire un certain nombre de figures.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE TAXINOMIQUE
Les Nématodes parasites du côlon des Testudinidae que nous consi¬
dérons dans ce travail appartiennent à 2 groupes distincts : les Oxyu-
rides et les Atractides, faisant tous les deux partie du sous-ordre des Asca-
ridina (1). La place des Atractides à l’intérieur de ce sous-ordre a été très
controversée, de même que la délimitation des différents genres dans le
groupe des Oxyurides. Nous allons donc avant de donner la description
des différentes espèces étudier ces deux questions de Taxinomie supra-
spécifique.
Nous passerons ensuite en revue les différentes espèces d’Atractides
et d’Oxyurides connues chez les Testudinidae, en donnant la description
d’un certain nombre d’espèces nouvelles ou incomplètement connues.
Nous examinerons ensuite plusieurs cas de spéciation, qui apportent
des éléments d’appréciation sur l’ancienneté et la phylogénie des Nématodes
envisagés.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Chapitre premier
ÉTUDE TAXINOMIQUE AU NIVEAU SUPRA-SPÉCIFIQUE
A. — Position systématique des Atractides.
La famille des Alraclidae groupe des Nématodes morphologiquement
variés, mais qui sont caractérisés par leur biologie : ils sont vivipares, les
larves se développant dans l’utérus maternel jusqu’au 3 e stade (voir
Petter 1959); les larves du 3 e stade sont libérées dans le tube digestif
de l’hôte et tout le cycle s’effectue ainsi sans passage dans le milieu
extérieur. Ils sont généralement parasites du caecum d’animaux herbi¬
vores, Reptiles ou Mammifères.
Comme nous l’avons exposé avec A. G. Chabaud en 1960,
2 problèmes se posent pour la classification de cette famille :
1. son homogénéité,
2. ses affinités avec les autres groupes.
1° Homogénéité :
Le seul élément morphologique commun à tous les genres est la structure
de l’appareil génital femelle, qui est presque toujours monodelphe et dont
l’ovaire est court et piriforme; cette structure est en relation directe avec
le phénomène de viviparité et est vraisemblablement un caractère de conver¬
gence; l’origine monophylétique de la famille est donc très discutable;
cependant, tous ces genres possèdent des caractères atypiques qui rendent
difficile leur répartition dans des familles classiques, et nous admettons
donc leur groupement par commodité.
2° Affinités avec les autres groupes :
En raison d’un aspect général proche de celui des Oxyures, en parti¬
culier chez le genre Atraclis, et d’une localisation comparable, plusieurs
auteurs (Yorke et Maplestone 1927, Chitwood et Chitwood 1950) ont
placé la famille au voisinage des Oxyuridae.
Skrjabin et Schikhobalova (1951) ont créé une superfamille des
Atractoidea où ils placent à côté des Atractides des familles d’Oxyures
parasites d’insectes.
En raison des affinités nettes de certains genres avec les Cosmocercides,
Chabaud en 1957 et Chabaud et nous-même en 1960, avions au contraire
placé la famille dans les Cosmocercoidea (1).
(1) INGI.IS et Diaz-Ungria (1963) préfèrent placer Labiduris dans une sous-familli
cullère, à l'intérieur des Kathlaniidae. Ce point de vue est tout à fait justifiable, mais les
niidae et les Alraclidae ont des relations étroites et ce changement systématique n'apporte
modification profonde dans la concepUon du croupe. Nous préférons donc, pour de simples
de commodité, ne pas subdiviser les Atractides en sous-familles particulières, car presque
genre pourrait être pris comme type d'une sous-famille.
Source : MNHN, Paris
12
ANNIE J. PETTER
Depuis lors, la découverte, chez les Tortues africaines, de 2 espèces,
Raillietnema kinixys Fitzsiinmons 1964 et Raillietnema bainae n. sp., qui
appartiennent indiscutablement au genre Raillietnema (Cosmocercide), est
venue appuyer notre hypothèse.
Formes de passage entre Cosmocercidae el Atraclidae.
Le genre Raillietnema, dont l’existence est très discutée, a été créé
par Travassos (1927) pour des Aplectana ayant un petit nombre d’œufs
dans les utérus et des ovaires réduits; Travassos avait déjà supposé que
ces éléments pouvaient faire de ce genre un lien entre Cosmocercidae et
Atraclidae.
Par leurs caractères, les espèces Raillietnema bainae et Raillietnema
kinixys apportent un argument en faveur de ce lien.
Il semble que nous ayons une série évolutive continue :
a) à la base de cette série nous trouvons les Aplectana, dont les ovaires
sont longs et les utérus contiennent des œufs nombreux et petits, et dont
le cycle s’effectue avec évolution des larves dans le milieu extérieur
(voir Chabaud et Brygoo 1958);
b) chez les Raillietnema, les ovaires se réduisent, les œufs deviennent moins
nombreux et plus gros; encore peu marqué chez certaines espèces, ce
phénomène atteint son maximum chez R. Irauassosi Chabaud et Brygoo
1962, R. dupuisi Chabaud et Brygoo 1962, R. oligogenos Chabaud et
Brygoo 1962, et enfin chez R. bainae et R. kinixys, où les ovaires ont
l’allure piriforme des ovaires d'Atraclis;
c) 2 espèces d’Atractides parasites de Tortues d’Afrique semblent faire
la jonction entre R. bainae et R. kinixys et les Atractides proprement dits
(genres Atraclis, Labiduris) :
— l’espèce Ibrahimia ibrahimi Khalil 1932 est semblable aux Raillietnema
par son œsophage et par la queue du mâle, mais elle ne possède qu’un
ovaire et un utérus et sa vulve est postérieure comme chez les Alractis ;
— l’espèce Filzsimmonsnema repliliae (Fitzsimmons 1958) n. comb.
est au contraire restée didelphe comme les Raillietnema, mais son
isthme œsophagien est plus long et l’extrémité caudale du mâle,
avec ses spiculés inégaux et son gubernaculum bien développé
rappelle beaucoup celle des Alractis;
d) au sommet de la série, nous trouvons les Atractides monodelphes à
vulve postérieure, dont les larves, selon toute probabilité, se développent
dans l’utérus maternel jusqu’au 3 e stade et dont le cycle s’effectue
entièrement dans le tube digestif de l’hôte.
L’établissement du cycle de type Alractis, s’effectuant sans passage
dans le milieu extérieur, doit se faire au niveau du genre Raillietnema : en
effet, pour R. bainae nous trouvons dans le tube digestif de l’hôte des larves
qui sont vraisemblablement par leur taille et leur aspect des larves du
3* stade, et qui pourtant ont encore un œsophage légèrement rhabdi-
toïde; ceci est un argument en faveur d’un cycle de type Atraclis, car dans
les cycles qui comportent un passage dans le milieu extérieur, les larves
infestantes du 3* stade ont un œsophage cylindrique.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
13
Il apparaît donc de plus en plus nettement que les Atradidae, par leur
biologie aussi bien que par leur morphologie, appartiennent aux Cosmo-
cercoidea et non aux Oxyuroidea.
B. — Classification des Oxyurides.
1° A l’échelon supra-génériqne :
On peut distinguer dans la classification des Oxyures de Reptiles
2 systèmes :
a) Le premier système a pour origine le travail de Railliet et Henry (1916)
qui avaient établi dans un but pratique une classification provisoire
des Oxyuridae où ils séparaient les formes à un spiculé sans gorgeret
des formes à un spiculé et une pièce accessoire.
Cette séparation a été prise comme base de classification par Yorke
et Maplf.stone (1926), Walton (1942), Yamaguti (1961). Ces auteurs
opposent ainsi la sous-famille des Syphaciinae qui possède un guber-
naculum à celle des Oxyurinae qui n’en possède pas, et des genres
aussi voisins que Thelandros et Tachygonetria se trouvent séparés.
Skrjabin, Schikhobalova et Lagodovskaja (1960) ont également
dispersé les différents genres parasites d’Amphibiens et de Reptiles
dans plusieurs familles en se basant sur ce môme critère. Or, comme
l’indique Thapar (1925), la présence d’un gubernaculum dans ce groupe
ne semble même pas pouvoir être considérée comme un caractère géné¬
rique. Il s’agit d’une pièce chitinoïde en V dont la pointe s'engage dans
la lèvre inférieure du cloaque, très difficile à distinguer dans certains cas
parce qu’elle est peu chitinisée et placée dans une région du corps de
structure très complexe. Nous avons nous-même pu constater sa présence
chez un spécimen de Thelandros bulbosus (Linstow 1899), alors que le
genre Thelandros est placé dans la sous-famille qui n’en possède pas.
Il est vraisemblable qu’il existe, plus ou moins développé, chez toutes
les espèces et tous les genres parasites de Reptiles et d’Amphibiens.
b) Le 2 e système créé par Travassos en 1920, et suivi par Chitwood
(1937) et Chabaud (1957), réunit tous les Oxyures d’Amphibiens et de
Reptiles dans un même groupe qui s’oppose aux Oxyures de Mammifères.
Cette classification nous semble plus naturelle (1).
Tous les Oxyures parasites d’Amphibiens et de Reptiles sont alors
groupés dans la sous-famille des Pharyngodoninae (Travassos 1920),
famille des Oxyuridae Cobbold 1884, superfamille des Oxyuroidea, qui
se caractérise par :
— les aires latérales formées par un petit nombre de grandes cellules
disposées sur une seule rangée;
— la queue du mâle coupée obliquement dans la partie ventrale du corps,
juste en arrière du cloaque.
(1) Wai-ton signale d'ailleurs dans sa publication de 1942 que la classification de Chitwood
représente probablement mieux les relations entre les genres.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
14
2° A l’échelon générique :
La classification des Pharyngodoninae est rendue difficile par le très
grand nombre des espèces, souvent très voisines les unes des autres et cons¬
tituant des séries dont les caractères varient d’une manière continue. En
outre, comme il est normal pour un groupe aussi archaïque, on ne trouve
pas de parallélisme dans l’évolution des différentes structures; ceci est
particulièrement net dans l’anatomie céphalique qui apporte en général
un élément important pour l’établissement d’une classification phylogé¬
nique. Elle est ici inutilisable, en raison de l’extrême diversité de ces struc¬
tures : des espèces très voisines par l’ensemble de leurs caractères présentent
quelquefois des structures apicales très différentes; en outre, dans une
même espèce, les structures apicales des mâles et des femelles sont rarement
identiques, celle des mâles étant plus primitive (c’est-à-dire plus proche
de l’ancêtre Rhabdilis) et moins variée.
C’est finalement l’évolution de l’extrémité caudale du mâle qui nous
a paru le mieux traduire la phylogénie du groupe car il semble y avoir une
évolution différente de la queue dans les différents groupes d’hôtes.
Il semble que l’on puisse distinguer 2 lignées évolutives qui abou¬
tissent à une réduction de la queue par 2 voies différentes (fig. 1) ;
a) dans l’une, elle se réduit en diamètre, prenant l’allure d’une fine pointe
dorsale, dont l’insertion peut même être déportée sur la face dorsale;
b) dans l’autre, la queue conserve un diamètre important et reste dans le
prolongement du corps, mais sa pointe terminale se réduit de plus en
plus, et la queue se trouve finalement tronquée au niveau de la dernière
paire de papilles.
Corrélativement on note dans chaque lignée :
— une réduction des pédoncules des papilles qui aboutit à les rendre
indépendantes des ailes caudales,
— une disparition des ailes caudales.
En outre certains genres se distinguent par des caractères qui les placent
sur des petites lignées divergentes, ce sont ;
— soit une modification de la symétrie triradiée de l’extrémité
céphalique;
— soit une conservation de l’élargissement ancestral du corpus œso¬
phagien, qui devient cylindrique dans les autres genres;
— soit un allongement de l’isthme œsophagien.
La distinction entre ces 2 lignées semble moins artificielle qu’on ne
pourrait le craindre : en effet, nous constatons qu’elles correspondent à
2 groupes d'hôtes bien différents : à la première lignée appartiennent tous
les parasites d’Amphibiens et de Reptiles carnivores, principalement des
Sauriens. La seconde lignée groupe au contraire tous les parasites de
Tortues herbivores (à une exception près).
Entre ces deux groupes, les espèces parasites d’Uromastix et d’Igua-
nidés herbivores constituent un ensemble intermédiaire se plaçant dans
des genres particuliers ou même dans certains genres appartenant à l’une
ou à l’autre des deux lignées principales.
Source : MNHNParis
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
15
Fig. 1. — Lignées évolutives des Pharyngodoninae.
- Oxyures d’Amphibiens et de Reptiles carnivores.
— Oxyures parasites d ’Uromastix et d’Iguanidés herbivores.
— Oxyures de Tortues herbivores.
Source : MNHN, Paris
16
ANNIE J. PETTER
Par la longueur de la pointe caudale et l’hypertrophie des papilles,
les parasites de la première lignée semblent dans l’ensemble plus primitifs
que ceux de la seconde, et ceci est chez les Pharyngodoninae la trace d’une
spécificité phylogénique puisque ces parasites sont inféodés à des Reptiles
carnivores qui sont réputés d’évolution plus ancienne que les Tesludinidae.
Le sommet de l’évolution est présenté par le genre hyperspécialisé
Tachygonelria, qui ne possède plus ni ailes caudales ni pointe caudale, et
qui est le genre caractéristique des Tesludinidae de la région paléarctique.
Nous donnons ci-dessous un tableau dichotomique des différents genres.
Nous avons éliminé de ce tableau 2 caractères considérés généralement
comme d'importance générique :
—- la présence ou l’absence d’une pièce accessoire, pour les raisons
exposées plus haut;
— la présence ou l’absence d’ailes latérales. Fitzsimmons (1961) a
constaté chez un Atractide, Labiduris africana Gedoelst 1916
que les ailes pouvaient être présentes ou absentes suivant la Tortue
examinée. Ce phénomène avait déjà été observé par Chabaud
et Golvan (1957), chez les mâles de Thelandros bulbosus (Linstow
1899). Ce caractère ne peut donc être pris comme caractère géné¬
rique et ceci entraîne la mise en synonymie des genres Alaeuris,
Thapar 1925 et Pseudalaeuris Walton 1942.
Les genres Paralaeuris Cuckler 1938 et Thelastomoides Walton 1927,
étant insuffisamment connus, n’ont pas été placés dans le tableau. Nous
avons considéré, suivant Baylis (1936), le genre Parapharyngodon Chatterji
1933 comme synonyme de Thelandros Wedl 1862 et suivant Inglis, Diaz-
Ungria et Coles (1960), le genre Macracis Gedoelst 1916 comme synonyme
de Ozolaimus Dujardin 1845.
1 (14) Queue du <J réduite en vue latérale à un appendice très étroit,
souvent déporté dorsalement. Parasites d’Amphibiens et de Reptiles
carnivores, ou plus rarement de Reptiles herbivores.
2 (11) Corpus œsophagien cylindrique.
3 (8) Vulve pré-équatoriale. Parasites d’Amphibiens et de Reptiles
carnivores.
4 (7) Ailes caudales présentes.
5 (6) Ailes caudales englobant la dernière paire de papilles caudales
.Pharyngodon Diesing 1861.
6 (5) Ailes caudales n’englobant pas la dernière paire de papilles caudales
Spauligodon Skrjabin, Schikhobalova et Lagodovskaja 1960.
7 (4) Ailes caudales absentes. Parathelandros Baylis 1930.
8 (3) Vulve équatoriale ou post-équatoriale. Parasites d’Amphibiens
et de Reptiles carnivores et de Reptiles herbivores.
9 (10) 2 utérus. Thelandros Wedl 1862.
10 (9) 1 utérus.Veversia Thapar 1925.
11 (2) Corpus oesophagien dilaté.
12 (13) Ailes caudales présentes, vulve au milieu du corps.
.Travassozolaimus Vigueras 1938.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 17
13 (12) Ailes caudales absentes, vulve dans la moitié antérieure du corps
.Mamillomacracis Dosse 1939.
14 (1) Queue du <j conservant en vue latérale une largeur importante.
Parasites de Reptiles herbivores, principalement de Tortues.
15 (16) Bouche pourvue de reliefs cuticulaires latéraux.
.Ozolaimus Dujardin 1845.
16 (15) Bouche dépourvue de reliefs cuticulaires latéraux.
17 (18) Isthme œsophagien très allongé .... Thaparia Ortlepp 1933.
18 (17) Isthme normal.
19 (22) Ailes caudales présentes.
20 (21) Papilles soutenant les ailes caudales. Ortleppnema n. g.
21 (20) Ailes caudales indépendantes des papilles. Alaeuris Thapar 1925.
22 (19) Ailes caudales absentes.
23 (24) Queue terminée par une pointe. . . . Mehdiella Seurat 1918.
24 (23) Queue tronquée à l’extrémité . . . Tachygonetria Wedl 1862.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Chapitre II
LES ESPÈCES CHEZ LES ATRACTIDES
Les espèces actuellement connues d’ Atractidae parasites de Testudinidae
se répartissent dans 5 genres, dont le plus important est le genre Atraclis.
Nous parlerons en outre dans ce chapitre des 2 espèces du genre Raillielnema
parasites de Tortues africaines qui, bien qu’appartenant aux Cosmocercidae,
sont très proches des Atractidae et constituent le lien entre les 2 familles.
A. — Genre ATRACTIS Dujardin 1845.
Espèce-type : Atractis dactyluris (Rudolphi 1819)
Les principaux caractères distinctifs du genre sont :
— La structure apicale.
La bouche est entourée par 3 lèvres très profondément échancrées,
donnant l’apparence de 6 lèvres transparentes. En face des 6 lèvres,
se trouvent 6 papilles allongées, correspondant aux 2 amphides et aux
4 papilles submédianes.
— L'œsophage.
Il est constitué de 2 parties de longueurs à peu près égales. La partie
antérieure est garnie de 6 baguettes chitinoïdes longitudinales.
— L'appareil génital femelle.
Il est impair avec un ovaire piriforme et une vulve située légèrement
en avant de l’anus. Chez les femelles pleines, l’utérus contient plusieurs
larves de grande taille.
— Les organes copulateurs mâles.
Ils sont constitués par 2 spiculés inégaux et un gubernaculum.
— L‘ornementation de la face ventrale du mâle.
Chez plusieurs espèces, une ornementation cuticulaire est décrite sur la
face ventrale du mâle : il s’agit de petites granulations ou de petites
épines dont la disposition varie suivant les espèces. Bien que chez beau¬
coup d’espèces elle ne soit pas signalée, cette ornementation existe
vraisemblablement chez presque toutes et elle constitue un bon élément
de différenciation des sous-espèces.
Ce genre comprend de nombreuses espèces, dans la distinction desquelles
règne une certaine confusion : en effet, Caballero (1944), dans sa clef dicho¬
tomique des espèces, etBERENGUER (1947) ont pris pour description d 'Atractis
dactyluris la description de Thapar (1925), qui ne correspond pas en réalité
à cette espèce. De plus, certaines synonymies établies par Caballero
nous semblent discutables.
Source : MNHN, Paris
20
ANNIE J. PETTER
Nous donnerons d’abord la description d'une espèce nouvelle trouvée
chez une tortue malgache, puis nous apporterons quelques observations
sur l'espèce Atraclis daclyluris, qui comprend plusieurs sous-espèces, nous
établirons une nouvelle espèce pour les spécimens d’Atraclis daclyluris
décrits par Thapar, nous discuterons sur l'individualité de l'espèce Atraclis
granulosa et de ses synonymes, et nous donnerons enfin une brève récapi¬
tulation de toutes les espèces du genre, ce qui nous permettra de caractériser
morphologiquement le groupe des espèces parasites de Tesludinidae.
1. Atractis chabaudi n. sp. (fig. 2)
De très nombreux spécimens adultes et larvaires ont été récoltés par
E. R. Brygoo dans le côlon d’une Pyxis arachnoïdes Bell (1) (n° 1000 F) (2),
venant du Sud de Madagascar; ils étaient associés à plusieurs espèces
d’Oxyures. L’espèce a été retrouvée chez 2 autres Pyxis arachnoïdes (1 006 F
et 85 Q), associée à de nombreux spécimens de Labiduris brygooi et à plusieurs
espèces d’Oxyures.
La description correspond à des spécimens récoltés chez la Tortue
1 000 F.
Description :
Aspect comparable à celui des autres espèces du genre, avec extrémité postérieure
très effilée dans les deux sexes. Tête plate, séparée du corps par un léger sillon. Les trois
lèvres s’articulent entre elles par des angles fortement chitinoïdcs, très finement striés
qui s'enfoncent dans le parenchyme céphalique et sont recouverts en surface par une
membrane transparente concave en avant. Chacune des trois lèvres est profondément
incisée, si bien que la bouche est entourée de six lamelles transparentes. Les 4 axes sub¬
médians portent un filet sensoriel comprenant d’arrière en avant une papille latéro-médiane,
. édiane et une papille du cycle interne. Les deux axes latéraux portent
e et un filet antérieur et ventral correspond à la papille latérale du
,e céphalique est donc extrêmement proche de celle des Falcauslra
du groupe Zanclophorus. Œsophage comparable à celui des autres espèces du genre,
avec bulbe assez petit. Pore excréteur un peu en arrière de l’œsophage formant un anneau
chitinoïde de 60 a de diamètre environ, avec une très fine striation qui lui donne un peu
l’aspect d’une ventouse de Trématode.
Mâle : Long de 4 à 4,5 mm, large de 145 a. Œsophage total long de 600 a avec
portion antérieure de 330 a, isthme de 150 a et bulbe de 120 x 100 a- Anneau nerveux
et pore excréteur à 390 a et 800 a de l’apex. Queue longue au total de 410 a, dont une
pointe terminale de 150 a. Spiculé gauche long de 350 a, spiculé droit de 120 a, et guber-
naculum de 130 a- Dix paires de papilles, dont trois sur une ligne plus dorsale, réparties
comme l’indiquent les figures C
tous les spécimens examinés. Tes
>ximale des sj
le 900 a et larg
Femelle : Corps long de 4,7 à 5.1 mm, large de 180 a- Œsophage tota
avec partie antérieure de 360 a, isthme de 180 a et bulbe de 130 x 90 a. A
et pore excréteur à 400 a et 830 a de l'apex. Queue longue de 570 a, av
de l’extrémité proximale des spiculés, la cuticule ventrale e:
brune, longue de 900 a et large de 22 a, constituée par des ri
de médiane
s d’environ
iA n .Tv^) ïra’a.’K.tt-te
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
21
Discussion :
Une espèce du genre Alractis, Alractis morinae Baer 1936 est déjà
connue chez une tortue malgache ( Testudo radiata). Cette espèce possède
une ornementation ventrale constituée par une bande impaire de petites
granulations, ce qui la rapproche de la nôtre; cependant, elle est légèrement
plus grande, et surtout possède une queue beaucoup plus longue et effilée;
de plus, la disposition des papilles caudales du <?, très constante chez tous
nos spécimens, est différente dans l’espèce de Baer. Il s’agit donc de 2 espèces
différentes.
Les espèces du genre qui sont les plus proches de la nôtre par leurs
mensurations générales, et en particulier celles de leurs queues, sont Alractis
granulosa (Railliet et Henry 1912), d’une Tortue indo-malaise et Alractis
impura Caballero 1944 d’une Tortue américaine. L’identification de notre
espèce à l’une d’entre elles est peu vraisemblable en raison de l’éloignement
Source : MNHN, Paris
22
ANNIE J. PETTER
géographique des hôtes. A. granulosa se différencie immédiatement de la
nôtre par son ornementation taite de 2 bandes de granulations et non d’une
seule. A. impura est petite, d’après les mensurations données par Caballero,
mais Brènes et Bravo-Hollis ont retrouvé l’espèce chez Kinosternon
cruentatum et donnent des mesures nettement plus grandes et très proches
de celles de notre espèce. La queue du mâle est cependant légèrement plus
grande chez notre espèce et l’ornementation ventrale de A. impura est cons¬
tituée de 2 bandes continues de petites granulations (fig. 3), ainsi que nous
avons pu le constater sur le matériel qui nous a été très obligeamment
communiqué par le Professeur Caballero. Nous considérons donc notre
espèce comme nouvelle et l’appelons Alraclis chabaudi.
Fio. 3. — Alraclis impura Caballero 1944. Détail de l'ornementation cuticulaire de
la face ventrale du mâle.
2. Considérations sur Atractis dactyluris (Rudolphi 1819)
L’espèce Alraclis dactyluris est généralement considérée comme très
cosmopolite. Walton (1942), Dubinina (1947), puis Bérenguer dans sa
révision de la famille des Alraclidae (1947) donnent pour cette espèce une
liste d’hôtes d’habitats très différents et de distributions géographiques
très éloignées ( Testudo graeca, Tesludo labulata, Podocnemis, etc.). Baylis
et Daubney (1922) signalent cette espèce chez Tesludo elongala au Bengale
et Thapar (1925) donne sous le nom d 'Alraclis dactyluris la description
d’une espèce trouvée chez Tesludo labulata qui est line Tortue américaine.
Or nous avons pu nous-même examiner des spécimens d’Atractis
trouvés chez des Tortues diverses de la région paléarctique, et nous avons
constaté que, chez des hôtes d’origines géographiques relativement peu
éloignées, nous trouvions des variétés différentes, nécessitant la création
de sous-espèces; il semble donc qu’une révision des notions existant actuel¬
lement sur l’espèce soit nécessaire :
Nous avons distingué 3 sous-espèces différentes chez les Tortues
paléarctiques :
a) Atractis dactyluris dactyluris (Dujardin).
Nous avons trouvé cette variété chez des Testudo graeca graeca (L.)
provenant d’Algérie et chez des Testudo hermanni Gmelin provenant de
Rome; le nom d’Alraclis dactyluris a été attribué par Rudolphi à une espèce-
trouvée chez une Tesludo graeca à Rome; il s’agit donc selon toute proba¬
bilité de cette variété.
Source : MNHN, Paris
E, F : spécimens parasites d’une Tesludo hermaruii romaine.
A, Femelle, vue latérale; B, Mâle, vue latérale; C, Extrémité antérieure, vue apicale
(les traits en tirets indiquent une vue plus profonde); D, Extrémité postérieure d’un mâle,
vue ventrale; E, Extrémité postérieure d’un mâle, vue ventrale; F, Extrémité postérieure
d’un mâle, vue latérale; G, Alraclis dactylurls baltazardi, Extrémité postérieure d’un mâle,
vue ventrale.
A, B : échelle : 500 a; C : échelle 50 a; D, G : échelle : 200 a; E, F : échelle : 100 a.
Source : MNHN, Paris
24
ANNIE J. PETTER
Cette espèce est très bien décrite par de nombreux auteurs, en parti¬
culier par Hallez (1887) et nous donnons simplement une planche de figures
(fig. 4) et les principales mensurations de spécimens appartenant à chacun
des 2 lots (tableau n° 1).
Spécimen trouvé
chez une Testudo
hermanni.
Spécimen trouvé
chez une Testudo
graeca graeca algé-
Long, totale.
4,8 mm
4,6 mm
Ire Partie ....
410 u
370 n
2 e Partie ....
360 u
280 u
Long, de la Queue.
440 u
390 u
Dist. vulve-anus.
60 n
70 n
Dist. pore excrét. à extrém. antér.
1 mm
1 mm
S
Long, totale.
4,4 mm
4,3 mm
Long, œsophage
1” Partie.
430 n
380 n
2* Partie.
330 n
300 n
Dist. pore excrét. à extrém. ant.
990 u
950 u
Long, de la Queue.
300 n
320 u
Long, de la Pointe caudale (au
delà des dern. papil. caud.). . .
90 n
125 n
Spiculé droit.
110 u
100 n
Spiculé gauche.
270 n
280 n
Gubemaculum.
90 n
110 u
Long, ornementation.
1 050 |i
1 150 n
Tableau n« 1 : Principales mensurations de spécimens d'Atractis dacltjluris dac-
tyturis récoltés respectivement chez une Testudo hermanni et une Testudo gracca graeca.
Signalons que nous avons observé 10 paires de papilles caudales, dis¬
posées comme l’indiquent les figures D et F sur la plupart des spécimens
que nous avons examinés, alors que beaucoup d’auteurs n’en indiquent que
9 paires; sur un spécimen trouvé chez Testudo hermanni, il existait même
une paire post-cloacale supplémentaire (fig. E).
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 25
L’ornementation ventrale du mâle est dans les 2 lots identique à celle
qui a été décrite par Hallez, c’est-à-dire qu’elle est constituée de deux
rangées longitudinales de petits massifs de granulations isolés les uns des
autres (fig. 5, A). Nous nommons cette sous-espèce Atractis daclyluris
dactyluris.
b) Atractis daclyluris baltazardi n. s. sp. (fig. 4, G et fig. 5, B).
Chez les Testudo graeca zarudnyi Nikolskij provenant d’Iran, nous
avons trouvé des spécimens très proches des précédents, mais qui en diffèrent
par l’ornementation ventrale du mâle (fig. 5, B) : celle-ci est en effet constituée
par 2 bandes longitudinales continues, qui ne se fragmentent légèrement
qu’à leurs extrémités; chaque bande est formée de rangées transversales
plus ou moins régulières de petites épines.
Fig. 5. — Atractis dactyluris. Détails de l’ornementation cuticulaire de la face ventrale
des mâles; A, Atractis dactyluris dactyluris ; B, Atractis dactyluris baltazardi; C, Atractis
dactyluris dubininac.
Source : MNHN, Paris
26
ANNIE J. PETTER
Nous donnons les principales mensurations d'un spécimen mâle et d'un spécimen
femelle :
Femelle : longueur totale : 5 mm; longueur de l'œsophage = 1" partie : 400 u;
2 e partie : 275 n; longueur de la queue : 350 w; distance de la vulve à l’anus : 50 ».
Mâle : longueur totale : 1 mm; longueur de l’œsophage = l rc partie : 420 »; 2' partie :
260 »; longueur de la queue : 340 », avec une pointe caudale de 90 a; spiculé droit : 140 »;
spiculé gauche : 370 u; gubernaculum ; 110 ».
La différence d’ornementation ne nous semble pas suffisante pour distinguer 2 espèces
et nous créons seulement pour les spécimens d'Iran la sous-espèce : Alractis dactyhiris
ballazardi n. s. sp.; les spécimens-types ont été pris chez la Teslndo 53 Q.
c) Atractis dactyluris dubininae n. s. sp. (fig. 5, C).
h’Alractis daclyluris est décrit chez la Tesludo horsfieldii Gray du
Tadjikistan par Dubinina (1949). Nous avons trouvé très peu d 'Alractis
chez les quelques Tesludo horsfieldii que nous avons eues en notre possession,
cependant la Tortue 64 Q possédait un assez grand nombre de larves, quelques
temelles jeunes et de très rares mâles adultes; nous avons pu constater
chez ceux-ci que l’ornementation de la face ventrale présente un 3 e aspect
(fig. 5, C). Elle est constituée de deux bandes continues, mais dont les granu¬
lations sont beaucoup plus petites que chez les spécimens d’Iran. Nous
pensons donc que YAlraclis daclyluris des Tesludo horsfieldii constitue une
3 e sous-espèce que nous nommons : Alractis daclyluris dubininae n. s. sp.
Nous donnons les principales dimensions d’une femelle jeune et des organes copu-
lateurs d’un mâle :
Femelle jeune : longueur totale : 5,1 mm; longueur de l'œsophage : 1" partie : 450 »;
2» partie : 300 »; longueur de la queue : 450 »; distance de la vulve à l’anus : 70 ».
Mâle : Spiculé droit : 120 »; spiculé gauche : 325 »; gubernaculum : 115 u.
Les spécimens-types ont été pris chez la Tesludo 64 Q.
3. Atractis thapari n. sp.
(= A. dactyluris sensu Thapar 1925)
Étant donné la très grande spécificité géographique d 'Alractis dactyluris,
il est très peu probable qu’elle se rencontre chez une Tesludo elongala Blvth
au Bengale et chez une Tesludo tabulala Walbaum américaine.
En effet, l’espèce décrite sous le nom d’Atractis daclyluris par Thapar
chez Tesludo tabulala possède une queue extrêmement longue. 830 u chez
la femelle et 530 » chez le mâle, avec une pointe caudale de 247 g; ceci la
différencie immédiatement de l 'Atractis dactyluris décrit en Europe, et il
s’agit donc d’une autre espèce, que nous appelons Atractis lhapari, n. sp.
Par sa taille et la longueur de sa queue, Atractis thapari se rapproche
surtout de YAlraclis morinae malgache, la queue est cependant nettement
plus longue chez Atractis morinae.
4. Considérations sur Atractis granulosa (Railliet et Henry 1912)
L’espèce trouvée par Baylis et Daubney chez Tesludo elongala au
Bengale n’est donc pas Alractis dactyluris ; il s’agit peut-être, étant donné
sa provenance, d'Atradis granulosa décrite comme sous-espèce de Atractis
dactyluris par Railliet et Henry (1912) chez Tesludo emys Sclilegel et
Millier et élevée à juste titre au rang d’espèce par Baer (1936).
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 27
Railliet et Henry avaient créé la variété Alraclis dactyluris granulosa
en se basant sur l’ornementation ventrale du mâle, constituée d’une paire
de bandes granuleuses continues et non de massifs isolés les uns des autres ;
nous venons de voir que ce type d’ornementation se retrouvait chez les
variétés iraniennes et transcaspiennes d ’Atractis dactyluris, mais l’espèce
de Railliet et Henry s’oppose à celles-ci par la longueur et la forme de
la queue : chez les mâles en particulier, ces auteurs signalent une queue
de 500 à 525 i>, dont le 1/3 postérieur est rétréci en une pointe subulée; ceci
correspond à une pointe caudale de 166 n, c’est-à-dire beaucoup plus longue
que celle des variétés d ’Alraclis dactyluris qui ne mesure que 90 p à 125 !•.
Ce caractère nous semble suffisant pour justifier la distinction de 2 espèces
différentes.
Caballero (1944) met en synonymie avec Atraclis yranulosa les 2 espèces
Alraclis fasciolata Gendre 1909 de Guinée et Atraclis morinae Baer 1936
de Madagascar, en se basant sur le fait que les 3 espèces possèdent 10 paires
de papilles caudales et une ornementation ventrale identique. Ces syno¬
nymies sont peu vraisemblables en raison de l'endémisme des Tortues et
les 3 espèces se distinguent les unes des autres par la longueur de leurs
queues : 680 g chez le mâle pour Alraclis morinae, 500 :> pour Alraclis granu¬
losa et 343 u seulement pour Atraclis fasciolata. Nous n’acceptons donc
pas ces synonymies.
5. Récapitulation des différentes espèces du genre Atractis
et conclusions
Le genre Atraclis possède actuellement à notre connaissance 17 espèces (1)
qui se répartissent dans toutes les régions du monde, et qui se rencontrent,
à la différence des genres d’Oxyuridae, aussi bien chez les Tortues aquatiques
et carnivores que chez les Tortues terrestres. 11 en existe également chez les
Iguanidés et une espèce est décrite chez un Amphibien. Nous en donnons
la liste ci-dessous, en les énumérant dans la mesure du possible suivant
leurs affinités réciproques.
— A. dactyluris Rudolphi 1819, qui comprend 3 sous-espèces :
— A. d. dactyluris (Rud.), parasite de Tesludo graeca et Tesludo
hcrmanni en Europe et en Afrique du Nord.
— A. d. baltazardi n. s. sp., parasite de Tesludo graeca zarudnyi
en Iran.
— A. d. dubininae n. s. sp., parasite de Tesludo horsfieldii,
— A. emilii Berenguer 1945, parasite de Tesludo graeca aux Baléares.
Cette espèce est très proche de Atraclis dactyluris et n’en est peut-être
qu’une sous-espèce.
— A. africana Ortlepp 1933, parasite de Testudo tenloria verreauxi (2)
(Smith) en Afrique du Sud.
(1) Nous ne comprenons pas dans le genre l’espèce Paralractis hyslrix (Diesing 1851) qui a
été redécrite et retirée du genre Alraclis par Sarmiento (1959).
(2) Cette Tortue a été décrite par A. Smith sous le nom de Tesludo permit. Gray a corrigé
l'orthographe et désigne la Tortue sous le nom de Pellasles verreauxii. Wermuth et Mertens
reprennent l'orthographe originale de verroxii. En fait, l'espèce a certainement été dédiée & Jules
Verreaux, voyageur et naturaliste, mort en 1873. Nous désignons donc la Tortue sous le nom de
Tesludo tenloria verreauxi.
Source : MNHN, Paris
28
ANNIE J. PETTER
— A. fasciolala Gendre 1909, parasite de Kinixys belliana Gray en Guinée.
— A. chabaudi n. sp., parasite de Pyxis arachnoïdes Bell à Madagascar.
— A. granulosa (Railliet et Henry 1912 sous-espèce), parasite de Testudo
emys, Schlegel et Müller, Tortue appartenant à la faune indo-malaise.
— A. impura Caballero 1944, parasite de Gopherus polyphcmus (Daudin)en
Amérique du Nord.
— A. lhapari n. nov. (Thapar 1925), parasite de Testudo labulala Wal-
baum, qui est une Tortue d’Amérique du Sud.
— A. morinae Baer 1936, parasite de Testudo radiata Shaw à Madagascar.
— A. perarmala Linstow 1910, parasite de Kinixys belliana Gray en
Afrique Occidentale.
— A. caballeroi Brenes et Bravo-Hollis 1960, parasite de Kinosternon
cruentatum Duméril, Bibron et Duméril en Amérique Centrale.
— A. carolinae Harwood 1932, parasite de Terrapene carolina truinguis
(Agassiz) au Texas.
— A. trematophila Travassos 1934, parasite d’une Tortue du Rio Amazone.
Travassos la cite comme parasite d'un Trématode lui-même parasite
de Tortue, mais nous avons déjà signalé avec A. G. Chabaud (1960) que
les Nématodes étaient vraisemblablement des parasites de la Tortue
ingérés par des Trématodes qui vivaient avec eux.
— A. ortleppi Thapar 1925, parasite de Podocnemis unifilis Troschel,
qui est une Tortue du Nord de l’Amérique du Sud.
— A. opealura Leidy 1891, et A. cruciata Linstow 1902, parasites d’Igua-
nidés d’Amérique du Sud et des Antilles.
Ces deux espèces ont été mises en synonymie par différents auteurs
(Railliet et Henry 1912, Walton 1927); Perez-Vigueraz (1935),
Caballero (1944) et Berenguer (1947) en font 2 espèces différentes.
— A. waltoni Berenguer 1947 (= Atractis sp.? Walton 1933), parasite
de Bufo variabilis en Europe. Cette espèce n'est connue que par les
femelles.
Si l’on excepte A. waltoni, dont les mâles sont inconnus, nous pouvons
distinguer 2 groupes parmi ces espèces :
Le premier groupe présente chez le mâle 3 pièces copulatrices de formes
remarquablement constantes chez toutes les espèces, même si leurs tailles
varient quelque peu. Ces pièces ont été très bien décrites par plusieurs
auteurs. Gendre en particulier :
• la première pièce est longue et mince, avec une tête un peu élargie en
entonnoir et une extrémité distale fine et pointue; sa longueur varie
de 270 ii à 500 i», l’intervalle de variation pouvant atteindre 100 n
dans une même espèce;
• la deuxième pièce est courte et plus trapue, avec son extrémité distale
recourbée en crochet; elle présente généralement une bosse sur sa face
ventrale; sa longueur varie de 90 » à 150 i>, l’intervalle de variation
dans une même espèce pouvant atteindre 40 n;
Source : MNHM, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 29
• la troisième pièce est tout à fait particulière : elle est en forme d'obus,
son extrémité proximale s’abouche avec le canal déférent et son extré¬
mité distale est percée d’un orifice; sa longueur varie de 90 * à 147 n,
l'intervalle de variation dans une même espèce pouvant atteindre 25 t-.
Les différents auteurs ne sont pas d’accord sur la signification des 2 der¬
nières pièces : pour certains, c’est la 2 e pièce qui est le gubernaculum,
alors que pour d’autres, c’est la 3 e pièce; nous ne déciderons pas
de la question qui sort du cadre de notre travail; par commodité,
nous avons appelé spiculé la 2 e pièce, car c’est la 3 e qui semble jouer le
rôle physiologique du gubernaculum.
A ce groupe, appartiennent les 10 premières espèces énumérées plus
haut. Nous voyons qu’il comprend uniquement des parasites de Tortues
terrestres, à l’exception de A. impura, décrite initialement chez une
Tesludinidae, mais qui a été retrouvée par Brenes et Bravo-Hoi.lis chez
une Kinoslernidae. Toutes ces espèces sont très proches les unes des autres,
et paraissent s’être différenciées par suite de l’éloignement géographique
de leurs hôtes. Les éléments permettant de les distinguer sont :
• la taille plus ou moins grande, si l’on tient compte que la variation de
taille individuelle dans une même espèce peut atteindre 1 mm et plus:
• la disposition et le nombre des papilles caudales ; malheureusemen
nous ne pouvons affirmer que les observations de tous les auteurs su
ce point sont exactes, et nous avons observé chez A. daclyluris que 1
nombre des papilles peut varier d’un individu à l’autre.
• la disposition de l’ornementation cuticulaire ventrale du mâle; celle-c
a malheureusement pu être omise de certaines descriptions;
• la longueur des queues, en particulier de la pointe caudale au-delà des
dernières papilles post-cloacales chez le mâle. Chez A. dactyluris et
A. emilii, la pointe caudale est courte et peu effilée, mesurant de 80 à
125 ’-l; elle est également relativement courte chez A. africana et A. fascio-
lala; elle devient nettement plus longue et effilée chez A. chabaudi
(150 A. granulosa (166 n) et A. impura (130 ii à 150 t*); enfin, elle
atteint une très grande taille chez A. thapari (247 i>) et A. morinae.
Nous remarquons que le raccourcissement de la queue, qui est un carac¬
tère évolué, atteint son maximum chez les espèces parasites de Tortues
paléarctiques et africaines.
Le deuxième groupe comprend des espèces dont les pièces copulatrices
ne présentent pas la forme décrite plus haut, l’une des pièces au moins étant
aberrante : chez A. perarmala, les 2 spiculés sont très longs et subégaux;
chez A. opealura et A. cruciala, le petit spiculé est plus long et plus mince
que chez les espèces du premier groupe et assez semblable par sa forme au
grand spiculé; il en est de même chez A. orlleppi; chez A. caballeroi,
A. carolinae et A. tremalophila, le petit spiculé est mince, peu chitinisé
chez les 2 dernières espèces, et le gubernaculum n’a pas l’aspect décrit plus
haut.
Nous voyons donc que le genre Alraclis est représenté dans toutes les
régions du Monde et comprend de très nombreuses espèces vicariantes,
chaque région géographique possédant, contrairement aux monographies
récentes sur le groupe, son espèce ou sa sous-espèce propre.
Source : MNHM, Paris
30
ANNIE J. PETTER
A l’intérieur du genre, les espèces parasites de Testudinidae constituent
un groupe de formes très proches les unes des autres, paraissant s'être diffé¬
renciées à partir d’une forme ancestrale commune déjà fixée dans tous ses
caractères; les espèces parasites de Tortues paléarctiques et africaines
semblent, par leur queue plus courte, être les plus évoluées de ce groupe.
B. — Genre ORIENTATRACTIS n. g.
Espèce-type : Orientatractis levanlioai n. g., n. sp.
De très nombreux spécimens d'une espèce appartenant à la famille
des Atractidae nous ont été envoyés par le Dr Le Van Hoa, provenant de
l’intestin d'une Testudo elongata (94 Q) du Jardin Botanique de l’Institut
Pasteur de Saigon.
Cette espèce n’a pu être placée dans aucun des genres actuellement
connus et a nécessité la création d’un genre nouveau.
Orientatractis levanhoai n. g. n. sp. (fig. 6).
Description :
Corps long de 3 mm à 3,5 mm, très grêle et terminé par une queue extrêmement
longue et effilée dans les 2 sexes.
La structure apicale est très complexe : 11 existe 2 amphides latérales et 4 papilles
submédianes; chaque ainphide et chaque papille submédiane envoie vers l’avant un
tilet sensoriel aboutissant à une papille du cycle interne.
On observe 2 lèvres latérales superficielles et 4 lèvres submédianes plus profondes
et â soutien chitinoïde en forme de X; la surface apicale est recouverte par une ornemen¬
tation superficielle complexe.
L'œsophage est constitué de 2 parties de longueur comparable, par suite de rallon¬
gement de l'isthme œsophagien; la première partie ne présente pas de baguettes chiti-
noides comme chez les Atractidae; la seconde partie se termine par un bulbe valvule.
Le pore excréteur est entouré par un cercle de cuticule présentant des stries disposées
radialement.
Femelle : principales dimensions d’une femelle longue de 3,4 mm : largeur maximum :
200 u; longueur de l’œsophage : 390 a (l r * partie : 150 a, 2* partie ; 240 a); anneau nerveux
et porc excréteur situés respectivement à 100 a et 350 a de l’extrémité antérieure; queue
longue de 1 mm; vulve située à 50 a en avant de l’anus.
L'appareil génital est monodelphe; il comprend un ovaire élargi en poire à son
extrémité voisine de l’oviducte, un oviducte séparé de l'utérus par un sphincter muni
de valves, un utérus très dilaté chez les femelles pleines et un ovéjecteur comprenant
une trompe de 140 a et un vagin à paroi chitinisée de 60 a- La paroi du corps se rétrécit
brusquement en dessous de la vulve.
Chez les femelles pleines, l’utérus peut contenir plus de 20 larves qui semblent
toutes au même stade; elles mesurent environ 1,1 mm, montrent une tête identique à celle
de l'adulte et un œsophage en 2 parties. Leur corps contient de nombreuses granulations
réfringentes.
Mâle : principales dimensions d’un mâle de 3,3 mm : largeur maximum : 125 a;
longueur de l’œsophage ; 390 a (1" partie : 150 a, 2' partie : 240 a); pore excréteur et
anneau nerveux respectivement à 50 a et 300 a de l’extrémité antérieure; queue longue
de 800 a: spiculé droit long de 90 a; spiculé gauche long de 170 a; gubemaculum long
de 40 a.
11 existe trois paires de papilles pré-cloacales et 5 paires de papilles post-cloacales
disposées comme l'indiquent les figures J et K. Les 3 dernières paires post-cloacales
présentent la même disposition sur tous les spécimens examinés : l’une des paires a ses
2 papilles situées dorsalement. les 2 autres paires sont ventrales, avec les papilles droites
et gauches décalées : les papilles de droite étant situées beaucoup plus antérieurement
que celles de gauche.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
31
11 existe deux spiculés longs et minces, de taille très inégale et un petit guberna-
culum également mince, dont l’extrémité proximale est recourbée en crosse et l’extrémité
distale incurvée ventralement.
Larves : A côté des adultes mâles et femelles, on trouve dans l’intestin de l’hôte
des larves de différentes tailles (les plus petites que nous ayons trouvées mesuraient 1,4 mm
et les plus grandes 2 mm), qui présentent une extrémité apicale et un œsophage semblables
à ceux de l’adulte.
rencc): L, Ovéjecteur; M, Ovaire et oviducte.
A, B, C, D, E, F : échelle : 50 a; G, H : échelle : 500 a; 1 : échelle : 200 a; J, K :
échelle : 100 a; L : échelle : 75 a; M : échelle : 150 a.
Source : MNHN, Paris
32
ANNIE J. PETTER
Discussion :
Par sa viviparité et son appareil génital monodelphe, à vulve posté¬
rieure, l’espèce se place dans la famille des Atractidae.
Par son œsophage constitué de 2 parties de taille comparable, elle est
proche du genre Alraclis, mais la première partie de l’œsophage ne présente
pas les baguettes chitinoïdes caractéristiques de ce genre. De plus, elle s’en
éloigne par le grand nombre des larves présentes dans l’utérus des femelles
mûres, et surtout par son extrémité apicale de structure tout à fait parti¬
culière et complexe que l’on peut rapprocher par la présence d’éléments de
soutien chitinoïdes de celle du genre Grassenema parasite de Daman (voir
Petter 1959).
Cette structure apicale nous semble assez particulière pour justifier
la création d’un genre nouveau : Orienlatractis n. g., ayant pour espèce-
type : Orienlatraclis levanhoai n. sp.
Dingnose du genre : extrémité apicale de structure complexe, avec 2 lèvres latérales
et 4 lèvres submédianes présentant des éléments de soutien chitinoïdes. Œsophage
constitué de 2 parties de taille comparable. Deux spiculés inégaux et un gubernaculum.
Appareil génital monodelphe à vulve située au voisinage de l’anus. Utérus contenant
de nombreuses larves chez les femelles mûres. Parasites de Reptiles.
C. — Genre LABIDURIS Schneider 1866
Espèce-type : Labiduris g-ulosa (Rudolphi 1819)
Le genre Labiduris comprend actuellement à notre connais¬
sance 5 espèces, dont une nouvelle décrite ci-dessous; toutes ces espèces
sont parasites de Tesludinidae. Les récents travaux de Fitzsimmons (1961),
puis de Ingus et Diaz-Ungria (1963), donnent une étude très complète
de 3 des espèces connues alors et mettent au point la systématique du genre;
nous donnerons donc simplement la description de l’espèce nouvelle trouvée
chez une Tortue malgache et une brève récapitulation des espèces connues
actuellement.
Labiduris brygooi n. sp. (fig. 7).
De très nombreux spécimens adultes et larvaires ont été récoltés par
E. R. Brygoo (Tortue 1 006 F) et par nous-même (Tortue 85 Q) chez 2 Pyxis
arachnoïdes provenant du Sud de Madagascar, associés à de très nombreux
spécimens d 'Alraclis chabaudi et à de beaucoup plus rares spécimens de
plusieurs espèces d ’Oxyuridae.
La description correspond aux spécimens de la Tortue 1 006 F.
Descriplion :
Tête formée par trois lèvres. La dorsale (fig. J) est petite et soudée aux latéro-
ventrales. Elle porte sur la ligne dorsale une saillie bifide. La pulpe labiale, plus posté¬
rieure. est en forme de U, chaque branche arrondie portant deux petites papilles. Les
deux lèvres latéro-vcntrales ont une pulpe assez comparable à celle de la lèvre dorsale
avec un pédoncule dorsal portant une amphide et une papille, et un pédoncule ventral
portant deux papilles. Les deux lèvres ventrales ne sont pas soudées ventralement l’une
à l’autre mais se prolongent chacune par une grande aile ventrale transparente, les 2 ailes
se recouvrant l'une l’autre sur l’axe ventral. En arrière chaque aile s’insère par un fort
pédoncule postérieurement à la lèvre correspondante et se résoud ventralement en une
quinzaine de fins filaments irréguliers dressés perpendiculairement à la paroi du corps.
La cavité buccale, limitée par les 3 lèvres et les 2 ailes ventrales, est approximativement
cylindrique, avec une cloison transversale insérée sur la paroi dorsale formant un plafond
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
33
peut-être mobile. Il semble également que les ailes labiales ventrales soient mobiles et
permettent le passage des aliments. Le fond de la cavité buccale est armée de 3 curieuses
formations chitinoîdes, en forme de fourche à 5 dents (flg. E), chacune étant insérée
sur un lobe œsophagien. Œsophage comprenant d’avant en arrière un pharynx court.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
34
un corpus très dilaté en avant, puis rétréci postérieurement, un isthme assez petit, sphé¬
rique et un bulbe valvulé. Cuticule sans ailes latérales, ni papilles somatiques. Diérides
non repérées. Anneau nerveux au niveau de la partie antérieure du corpus œsophagien.
Pore excréteur post-bulbaire en rapport avec un conduit excréteur impair très facilement
visible, composé d’une branche antérieure montant jusqu’à la partie moyenne de l’œso¬
phage et d’une branche postérieure se terminant un peu en arrière de la moitié du corps.
Les dimensions de l’extrémité antérieure sont pratiquement identiques dans les deux sexes
et sont les suivantes : cavité buccale haute de 100 a, pharynx, isthme, corpus et bulbe
longs respectivement de 60 a, 610 a, 50 a et 150 a- Anneau nerveux et pore excréteur
respectivement à 100 a et 1 050 a de l'apex.
Mâle : corps long de 3,0 mm, large de 170 a- Extrémité postérieure brusquement
tronquée, sans pointe caudale. La queue est longue de 100 a. Spiculés simples et égaux,
longs de275 a- 10 paires de papilles : 2 paires précloacalcs; 3 paires au niveau du cloaque:
une paire très hypertrophiée formant une paire d’appendices saillant latéralement,
entourée d’une paire dorsale formant une paire d’appendices moins développpés que les
précédents, et d’une paire ventrale; 5 paires subterminales, plus petites que les précé¬
dentes. La lèvre antérieure du cloaque montre une avancée médiane assez forte, soutenue
par une pièce chitinoïde à 2 branches. On observe juste en dessous du cloaque 2 fines
pointes subventrales, qui ne correspondent pas à des papilles.
Femelle : corps long de 3,1 mm, large de 220 a. Queue conique, longue de 100 a.
Vulve située à 130 a en avant de l’anus. Appareil génital monodelphe du type habituel,
ne contenant pas de larves sur nos spécimens. L’ovéjecteur, long de 150 a, possède une
curieuse lumière limitée par des parois frangées.
Larves : à côté des adultes, nous trouvons dans le tube digestif de l’hôte des larves
dont l’extrémité apicale ne présente pas les ailes ventrales frangées de l’adulte : l’ouverture
buccale est triradiée, avec ses angles coiffés d’épaississements chitinoïdes. Il existe 2 am-
phides latérales, 4 papilles submédianes, et un cycle interne de 6 petites papilles.
Discussion :
L’espèce possède des caractères qui la différencient des 4 espèces déjà
connues :
— elle ne possède que 2 paires de papilles précloacales, alors que leur
nombre varie de 3 à 5 chez les autres espèces;
— les formations chitinoïdes du pharynx sont en forme de fourche
à 5 branches, et non à 3 branches comme chez les autres espèces;
— la queue du mâle est tronquée au niveau des dernières papilles,
alors qu’elle se termine par une pointe chez les autres espèces;
chez Labiduris africana, cette pointe peut être très courte, mais est
cependant plus développée que chez notre espèce. Il s’agit donc
d’une espèce nouvelle que nous nommons Labiduris brygooi n. sp.
En plus de l’espèce malgache décrite ci-dessus, le genre Labiduris
comprend actuellement 3 espèces américaines et une espèce africaine. Ce
sont :
— Labiduris africana Gedoelst 1916, connue chez Kinixys erosa
(Schweigger) au Congo, chez Kinixys auslralis (Hewett) au Swaziland
et chez Kinixys belliana (Gray) au Nyasaland.
Nous avons nous-même retrouvé cette espèce chez 2 Kinixys
erosa (87 Q et 99 Q), provenant de M’Baïki en République Centra¬
fricaine; chez la Tortue 87 Q, l’espèce était très abondante et associée
à l’espèce Raillielnema bainae n. sp., décrite plus loin. Tous les
spécimens que nous avons observés possédaient des ailes latérales.
_ Labiduris gulosa (Rud. 1819), parasite de Tesludo dcnliculaia L. en
Amérique du Sud.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 35
— Labiduris zschokkei Linstow 1899, parasite de Tesludo denticulata
au Brésil.
— Labiduris irineuta, Gonçalves da Costa 1961, parasite de Chelo-
noïdes denticulata (= Tesludo denticulata ?) au Brésil.
Nous voyons que le genre Labiduris possède comme le genre
Alractis plusieurs espèces vicariantes, mais à la différence du genre
Alraclis, il n’est pas représenté chez les Tortues de la région palé-
arctique.
D. — Genre IBRAHIM IA Khalil 1932
Espèce-type : Ibrahimia ibra himi Khalil 1932
Le genre Ibrahimia est représenté par une seule espèce, Ibrahimia
ibrahimi Khalil 1932, trouvée au Libéria dans le rectum d’une Tortue
terrestre dont le nom n’est pas précisé.
Cette espèce se rapproche du genre Raillielnema (Cosmocercidae) par
sa structure œsophagienne, mais possède certains caractères d’Atractide
évolué : elle est monodelphe et sa vulve est située postérieurement.
E. — Genre FITZSIMMONSNEMA n. g.
Espèce-type : Fitzsimmonsnema reptiliae (Fitzsimmons 1958)
Nous créons le genre Fitzsimmonsnema pour l’espèce Probstmayria
reptiliae trouvée par Fitzsimmons (1958) dans le rectum de Ilomopus
femoralis Boulenger en Afrique du Sud.
Nous croyons en effet nécessaire de retirer cette espèce du genre Probst¬
mayria dont les autres espèces sont parasites de Mammifères. La structure
de l’œsophage et celle de l’appareil génital femelle la rapprochent de ce genre,
mais les organes copulateurs du mâle ont un aspect différent et proche de
celui des Alraclis.
Fitzsimmonsnema reptiliae (Fitzsimmons 1958), n. comb., est un
Atradidae didelphe à vulve située dans la région moyenne du corps et
constitue ainsi un lien entre le genre Raillidnema (Cosmocercidae ) et les
Atradidae monodelplies.
F. — Genre RAILLIETNEMA Travassos 1927
Espèce-type : Raillietnema simples (Travassos 1925)
Le genre Raillietnema comprenait jusqu’à ces derniers temps une
dizaine d’espèces parasites d’Amphibiens et de Caméléons. Récemment,
2 espèces ont été découvertes chez des Tortues africaines du genre Kinixys,
respectivement par Fitzsimmons (1964) et par nous-même. Ce sont :
— Raillietnema kinixys Fitzsimmons 1964, parasite de Kinixys belliana
(Gray) au Nyasaland.
— Raillielnema bainae n. sp., dont nous donnons la description ci-
dessous :
Source : MNHN, Paris
36
ANNIE J. PETTER
Raillietnema bainae n. sp. (fig. 8)
De très nombreux spécimens mâles, femelles et larvaiies ont été trouvés
dans le tube digestif d’une Kinixys erosa (87 Q) provenant de M’Baïki
(République Centrafricaine), en association avec de nombreux spécimens
de Labiduris africana.
Description :
Nématodes de petite taille (longs de 3 mm à 4 mm), munis d’étroites ailes latérales.
Bouche munie de 3 lèvres qui ne se soudent l’une à l’autre que très en arrière;
2 amphides latérales et 4 grosses papilles submédianes doubles; cycle interne de 6 petites
papilles.
Chaque lèvre est doublée en profondeur par une dent pharyngée chitinoïdc; l’œso¬
phage comprend un pharynx long de 70 p environ, de même diamètre que le corpus; à
son point de jonction avec le corpus, se trouvent 3 petites pièces chitinoïdes qui coiffent
à ce niveau les 3 angles de la lumières œsophagienne triquêtre; le corpus présente des
lamelles superposées (il s’agit sans doute des éléments en virgule cités par Desportf.s et
I.epf.smp. (1941)) qui donnent un aspect strié à l’œsophage; ces lamelles deviennent de
moins en moins visibles vers la partie postérieure; au corpus fait suite un isthme court
et un bulbe valvulé.
Le pore excréteur, sans renforcement chitinoïde, est au niveau du bulbe.
Femelle : principales mensurations d’une femelle longue de 4 mm : largeur maximum :
300 p; longueur de l’œsophage ; 700 a (pharynx : 100 a, corpus ; 500 a, isthme + bulbe :
100 a); anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 350 a et 675 a de l’extrémité
antérieure; vulve à 2.32 inin de l’extrémité antérieure, queue longue de 475 a; les ailes
latérales débutent à 250 a de l’extrémité antérieure et se terminent à 650 a de la pointe
caudale.
La vulve, non saillante, est légèrement postérieure au milieu du corps; l’ovéjecteur
se dirige d’abord vers l’avant, puis il se retourne et descend vers l’arrière; il comprend
un vagin à paroi épaisse de 120 a, une portion à paroi mince faite de grosses cellules
imbriquées de 110 a. et une trompe impaire de 530 a environ, qui se divise en 2 utérus
opposés aboutissant à 2 ovaires piriformes, rappelant les ovaires des Atractis. Chez la
plupart des femelles mûres que nous avons examinées, nous trouvons 2, 3 ou 4 gros œufs
11 ou 2 dans chaque utérus), de 300 a de grand diamètre, à paroi très mince ; ces œufs
contiennent des embryons en développement, et chez certaines femelles on observe une
larve libérée de la membrane ovulaire, longue de 770 a à 800 a.
Mile ; le corps des miles est légèrement arqué, la queue est longue et pointue.
Il existe 5 paires de papilles posl-cloacalcs ; un groupe de 3 paires postérieures (2 paires
latérales encadrant une paire subventrale), et un groupe de 2 paires subventrales très
proches l’une de l’autre légèrement en dessous du cloaque.
Les papilles pré-cloacales comprennent :
1» un groupe ventral situé juste au-dessus du cloaque, constitué par 2 paires situées
sur un même niveau transversal, 1 paire Immédiatement en avant, et une papille
impaire entourée par un petit écusson cuticulaire semi-lunaire, située sur la ligne
médiane entre les papilles des 2 paires inférieures.
2« 2 rangées longitudinales subventralcs ; nous en avons compté 10 paires, les paires
les plus antérieures étant plus espacées et moins visibles.
Les spiculés sont longs et minces, subégaux (190 a et 200 p); quand ils saillent
hors du cloaque, on voit leur extrémité distale munie d’ailes membraneuses; il existe
un gubernaculum long de 50 p, dont l’extrémité distale seule est bien chitinisée, le reste
du corps est membraneux.
Principales mensurations d’un mflle long de 3,37 mm : largeur maximum : 200 p;
longueur de l 'esophoge : 675 p (pharynx : 75 p, corpus : 500 p, isthme + bulbe : 100 p);
anneau nerveux et porc excréteur respectivement à 300 p et 600 p de l’extrémité antérieure;
cloaque à 270 p de la pointe caudale; spiculés longs de 200 p et 190 p; gubernaculum
long de 50 p; ailes latérales larges de 10 p débutant à 180 p de l’extrémité antérieure et
se terminant à 500 p de la pointe caudale.
Imtpcs : à côté des adultes, on observe dans le contenu intestinal de l’hôte des
larves dont les plus petites mesurent 1,2 mm; leur œsophage possède un pharynx diffé¬
rencié comme celui de l'adulte, mais leur corpus est légèrement rhabditofde; les plus
grandes que nous ayons mesurées atteignent 2 mm et montrent une ébauche génitale
bien nette.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
37
Fig. 8. — Raillielnema bainae n. sp. A, Mâle, vue latérale; B, Mâle, vue apicale;
C, Mâle, coupe transversale au niveau de la jonction pharynx-corpus, montrant les 3 pièces
chitinoïdes; D, Mâle, extrémité antérieure, vue médiane; E, Appareil génital d’une jeune
femelle; F, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; G, Mâle, extrémité postérieure, vue
ventrale; H, Extrémité distale d’un spiculé; I, Gubernaculum; J, Femelle, vue latérale.
A, J ; échelle : 500 u: B. C, D, H, I : échelle : 50 «; E : échelle : 200 a: F. G : échelle :
100 «.
Source : MNHN, Paris
38
ANNIE J. PETTER
Discussion :
L’espèce, comme la précédente, Raillietnema kinixys, présente tous les
caractères donnés par Chabaud et Brygoo (1962) pour les espèces du genre
Raillietnema parasites de Caméléon; elle se distingue cependant de ces
espèces par quelques traits particuliers : présence de pièces chitinoïdes à la
base du pharynx et ovéjecteur constitué de 3 parties bien distinctes.
Elle est très voisine de Raillietnema kinixys, mais s’en distingue par la
longueur des spiculés (200 pour 340 :» chez R. kinixys), la longueur de la
queue chez le mâle (270 ;i pour 120 ■> chez R. kinixys), ainsi que par le nombre
et la disposition des papilles cloacales. Il s’agit donc d’une espèce nouvelle
que nous nommons Raillielnema bainae.
Nous avons vu plus haut que Raillielnema bainae et Raillietnema kinixys
faisaient le lien entre Cosmocercidae et Atraclidae, et possédaient vraisem¬
blablement un cycle de type Alractis sans passage dans le milieu extérieur.
Source : MNHN, Paris
Chapitre III
LES ESPÈCES CHEZ LES OXYURIDES
Les espèces d ’Oxyuridae parasites de Tesludinidae actuellement connues
appartiennent à 7 genres différents. Parmi ceux-ci, le genre Thelaslomoïdes
Walton 1927, mal connu et difficile à classer, s’éloigne des autres genres par
des caractères primitifs. Les six autres genres font tous partie de la sous-
famille des Pharyngodoninae et, à une exception près, sont groupés à l’in¬
térieur de cette sous-famille dans une lignée particulière. Les cas de vicariance,
à l’échelon spécifique ou sub-spécifique, sont fréquents et la plupart des
genres ont une vaste répartition géographique; seul, Orlleppnema n. g. est
représenté uniquement par des espèces malgaches.
Avant de passer en revue les différentes espèces, nous donnons quelques
caractères morphologiques communs à toutes ces espèces et nous exposons
les difficultés particulières que pose leur étude.
— Caractères morphologiques communs à toutes les espèces.
En dehors des structures céphaliques qui présentent une grande variété,
la morphologie du groupe est très uniforme et pour abréger les descriptions,
nous indiquons brièvement ici les caractères communs à toutes les espèces ;
1. Tube digestif :
L’œsophage comprend un corpus dépourvu en avant du pharynx
différencié des Cosmocercides, un isthme distinct du corpus par sa structure
et non par son diamètre, et un bulbe muni d’un appareil denticulaire fait
de 3 plaques chitinoïdes; il communique avec l’intestin par 3 valves. Si l’on
excepte le cas du genre Thaparia, le corpus est long et mince et l’isthme
très court.
L’intestin simple, aboutit à un court rectum; au point de jonction
entre intestin et rectum, se trouvent 3 glandes rectales.
2. Appareil excréteur :
Le pore excréteur, très apparent, est en rapport avec une vésicule
excrétrice où aboutissent 4 gros canaux excréteurs disposés en X, 2 dirigés
vers l’avant et 2 vers l’arrière.
3. Appareil génital femelle (fig. 9) :
Selon la terminologie de Seurat (1920), Vovéjecleur comprend :
— un vagin différencié en un vestibule proximal généralement très
court et un sphincter tubulaire distal qui débouche dans le vesti¬
bule au sommet d’une éminence;
— une trompe à paroi mince souvent dilatée à son origine en une ampoule
sphérique.
Source : MNHN, Paris
40
ANNIE J. PETTER
Fie. 9. — Appareil génital femelle d’un Pharyngodoninae (Tachygonelria macrolaimus
palearclicus).
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
La trompe se divise en 2 utérus à parois minces qui communiquent
par 2 fins oviductes avec 2 ovaires massifs et opaques.
Dans le cas général, la vulve est située dans la région moyenne du corps
(entre le milieu et les 3/4); le vestibule et le début du sphincter sont
dirigés vers l'avant, puis le sphincter se recourbe en crosse et descend
vers l’arrière; la trompe est dirigée vers l’arrière et se divise à son point le
plus postérieur en deux branches utérines récurrentes; les oviductes et les
ovaires prolongent les utérus en avant et décrivent des boucles plus ou moins
serrées dans la partie antérieure du corps. Chez certaines espèces, cette
disposition est modifiée et nous le signalerons au cours des descriptions.
4. Appareil génital mâle (voir lig. 59 B) :
Le nombre des papilles cloacales a été considéré par certains auteurs
comme un caractère spécifique, certaines espèces possédant une papille
ad-cloacale alors que d’autres ne la possèdent pas. En fait, la région cloacale
chez ces espèces est très complexe et très difficile à étudier, étant composée
de plusieurs structures superposées et peu visibles. 11 nous a semblé que le
nombre des pièces qui constituent la région était remarquablement constant
chez toutes les espèces que nous avons pu examiner; il existe toujours en
allant de la face ventrale à la face dorsale et d’avant en arrière :
— une grosse paire de papilles ventrale et antérieure, où l'on peut souvent
mettre en évidence 2 terminaisons nerveuses;
— une membrane ventrale superficielle, dont le contour est découpé en
lobes plus ou moins nombreux et plus ou moins fins suivant les espèces;
cette membrane était connue dans le genre Thdandros, où elle est parti¬
culièrement développée et nettement visible, mais nous avons constaté
qu’elle existait également chez toutes les espèces du genre Taclu/gonelria
que nous avons observées, bien qu'elle soit beaucoup plus difficile à
distinguer.
— une paire de lobes allongés, plus ou moins développés, qui constituent
vraisemblablement une 2 e paire de papilles;
— la lèvre supérieure du cloaque, elle-même formée de 2 lobes accolés;
— la lèvre inférieure du cloaque, qui se prolonge en un mamelon impair
plus ou moins développé où s’engage la pointe du gubemaculum. On
observe souvent, à l'extrémité du cône génital ainsi formé, une paire
de papilles supplémentaires ;
— tout à fait dorsalement, une grosse paire de papilles, où l’on peut souvent
mettre en évidence 2 terminaisons nerveuses.
En plus des 3 paires de papilles cloacales, il existe chez tous les genres
à l’exception de Thelaslomoïdes, une seule paire de papilles caudales et une
paire de phasmides.
Le gubemaculum est une pièce chitinoïde en forme de V située dorsa¬
lement dont la pointe soutient la lèvre inférieure du cloaque.
Le spiculé généralement simple et aciculaire, présente parfois quelques
ornementations distales.
Source : MNHN, Paris
42
ANNIE J. PETTER
_ Difficultés particulières à l’étude de ces espèces.
Deux problèmes se posent pour l’étude systématique des espèces :
1. La difficulté de distinguer les espèces les unes des autres.
Chaque hôte possède en effet une dizaine d’espèces mêlées, très voisines
les unes des autres.
Les femelles en particulier, même de genres différents, sont toutes
très semblables d’aspect; les caractères qui permettent de les différencier
à première vue sont la taille générale, la longueur relative de l’œsophage,
l'allure plus ou moins effilée de l’extrémité antérieure, la longueur de la queue;
mais ces caractères, en particulier la taille générale et la longueur de la
queue, présentent un grand intervalle de variations individuelles, et de
plus, varient dans une même espèce suivant l’origine géographique de l’hôte.
Généralement, l'étude des structures apicales permet de distinguer les
espèces avec certitude, car ces structures sont au contraire très variées
d’une espèce à l'autre. Cependant, dans certains cas, les structures apicales
étant identiques et les caractères différentiels peu tranchés, il est très diffi¬
cile de déterminer si nous avons affaire à une seule espèce polymorphe ou
à plusieurs espèces très voisines; nous examinerons ce problème en détail
à propos de l’espèce Tachygonelria longicollis.
Chez les mâles, les structures apicales sont plus primitives que celles
des femelles et moins polymorphes; les caractères permettant de distinguer
les espèces sont comme pour les femelles la taille générale, la longueur de
l'œsophage, la largeur de la tête; il s’y ajoute les caractères de l’extrémité
caudale ; forme et longueur de la queue, forme et longueur du spiculé; en
ce qui concerne ce dernier caractère, il semble d’ailleurs que dans une espèce,
certains individus aberrants puissent présenter un spiculé d’une longueur
anormale, atteignant presque le double de la longueur habituelle.
L’existence d’une fine pointe hyaline à l’extrémité caudale dans le
genre Tachygonelria a été pris comme caractère spécifique par Seurat; en
réalité, dans beaucoup d’espèces, elle peut être présente chez certains indi¬
vidus, alors qu’elle n’existe pas dans le cas général; quand elle existe, son
développement varie beaucoup individuellement, non seulement dans des
hôtes de régions géographiques différentes, mais même à l’intérieur d’un
même hôte ; nous n’avons donc pas accordé de valeur spécifique à ce caractère.
2. La difficulté d’apparier les mâles et les femelles.
Nous avons vu que le principal caractère qui permet de différencier
les femelles est la structure apicale; or, nous trouvons très fréquemment un
dimorphisme sexuel de la région antérieure, les mâles ayant une structure
apicale plus primitive; ceci entraîne une certaine difficulté à rapporter les
mâles aux femelles correspondantes et explique les erreurs qui ont pu être
faites par certains auteurs. Le problème peut généralement être résolu par
l’analogie de forme et de proportions entre les mâles et les femelles d’une
même espèce, mais nous avons dû quelquefois nous aider de recoupements
divers (fréquences, localisations) établis au cours d’autopsies successives.
Nous allons maintenant passer en revue les différentes espèces; nous
les avons groupées par genres, en classant les genres du plus primitif au
plus évolué.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
43
A. — Genre THELASTOMOIDES Walton 1927
Espèce-type : Thelastomoides venustus (Leidy 1856)
Le genre Thelastomoides a été créé par Walton en 1927 pour des espèces
décrites par Leidy (1856) sous le nom de Thelasloma uenustum, prove¬
nant d’une Gopherus polyphemus de Géorgie; Walton a constaté en réexa¬
minant le matériel de Leidy qu’il contenait en réalité 3 espèces différentes,
et créé pour ces espèces un genre nouveau, en raison de la structure parti¬
culière du bulbe œsophagien et de la nature de l’hôte très differente de celle
des autres espèces du genre Thelasloma. Il donne la description des 3 espèces :
Thelaslomoïdes venuslus (fig. 10, A, B, C, D), Th. longicollis (fig. 10, E, F)
et Th. brevicollis (fig. 10, G).
A
Fig. 10. — A, B, C, D : Thelaslomoïdes venuslus (Leidy). A, Extrémité antérieure;
B, Bulbe œsophagien; C, Extrémité caudale, vue latérale; D, Ovéjecteur. D’après
Walton, 1927. E, F : Thelastomoides longicollis Walton. E, Extrémité caudale, vue
latérale; F, Ovéjecteur. D’après Walton, 1927. G : Thelaslomoïdes brevicollis Walton.
Ovéjecteur. D’après Walton, 1927.
Source : MNHN, Paris
44
ANNIE J. PETTER
Plus tard, dans sa clef des espèces d’Oxyures parasites de Reptiles
les plus communes, Walton (1942) ne fait aucune mention de ce genre
et il n’a jamais été retrouvé depuis (1). D’après la description de Walton,
ce genre semble très primitif par rapport aux autres genres parasites de
Tortues et doit se placer près de la base de la lignée évolutive : en effet,
chez les 2 espèces où les mâles sont connus, ils possèdent 5 et 6 paires de
papilles post-cloacales, alors que chez tous les autres genres, il n’en subsiste
plus qu’une paire et une paire de phasmides.
B. — Genre THELANDROS Wedl 1862.
Espèce-type : Thelandros alatus Wedl 1862
Le genre Thelandros est un vaste genre qui jusqu’à présent, à côté
d’une espèce parasite de Tortue en Afrique du Sud et quelques espèces
parasites d'Uromastix et d’iguanidés herbivores, comprenait surtout des
parasites d'Amphibiens et de Reptiles carnivores. Nous avons trouvé une
espèce nouvelle comprenant 2 sous-espèces chez les Tortues malgaches et
2 espèces nouvelles (dont l’une comprend 3 sous-espèces) chez les Tortues
sud-africaines, où Thelandros est le genre le plus abondamment représenté.
Nous décrivons de plus dans ce chapitre une espèce sud-africaine nouvelle
que nous ne pouvons attribuer avec certitude au genre Thelandros, car nous
ne connaissons pas les mâles, mais qui présente de fortes affinités avec cer¬
tains Thelandros sud-africains.
Le genre est caractérisé principalement par l’aspect de la queue du
mâle qui est réduite à un appendice dorsal portant sur la face ventrale
une paire de papilles.
Nous créons pour les espèces qui sont munies d'ailes caudales le sous-
genre Archithelandros.
1. Thelandros (Archithelandros n. sg.) pyxis n. sp.
Nous avons trouvé l’espèce chez plusieurs Pyxis arachnoïdes et Tesludo
radiala malgaches. Il en existe 2 sous-espèces vicariantes, qui semblent
réparties indifféremment chez l’une ou l'autre des Tortues.
Description :
Nous donnons d’abord les caractères communs aux 2 sous-espèccs :
Espèce de petite taUle, à œsophage long et mince, caractérisée dans les 2 sexes par
une queue longue et fine, qui chez le mâle est réduite à un appendice dorsal. L'espèce
présente un dimorphisme sexuel de l’extrémité apicale.
Femelle : Tête plate — Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes bilo-
bées — 2 ainphides et 4 papilles submédiancs : les 2 amphides et les 4 papilles submé¬
dianes sont situées chacune sur un mamelon, la bouche est ainsi entourée par 6 mamelons
égaux.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 petites dents.
Vulve légèrement postérieure au milieu du corps; sa lèvre supérieure fait une légère
saillie qui surplombe la lèvre inférieure; ovéjeeteur généralement dirigé directement
itt Nous avons essuyé sans succès de nous procurer les spécimens originaux auprès de durè¬
rent» Musées américains.
Source : MNHNParis
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
45
vers l’arrière, mais remontant quelquefois vers l’avant au début de son parcours ; il comprend
un vestibule court, un sphincter s’ouvrant dans le vestibule au sommet d’une éminence
et une trompe dilatée en une chambre à œufs à son origine ; les 2 utérus sont dirigés
parallèlement vers l’extrémité antérieure.
Mâle : Tête plate — Bouche triangulaire munie de 3 lèvres transparentes ■— 2 am-
phides latérales et 4 papilles submédianes situées au sommet de 4 anses formées par des
épaississements cuticulaires sur l’extrémité apicale.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 petites dents pointues.
La queue est réduite à un appendice dorsal; elle est munie d’ailes caudales larges
au niveau du cloaque, et se rétrécissant progressivement pour disparaître à une certaine
distance de l'extrémité postérieure; elle porte une paire de papilles ventrales contiguës
et une paire de phasmides pédonculées légèrement en avant de ces papilles.
Au niveau du cloaque, la cuticule est détachée du corps latéralement et ventrale-
ment, formant une vésicule globuleuse; 3 paires de papilles cloacales : la l re et la 3 e sont
volumineuses, la 2° est réduite à 2 minces filaments situés de part et d’autre de la lèvre
supérieure du cloaque, et portant un petit rameau latéral où aboutit la terminaison ner¬
veuse de la papille; lèvre supérieure du cloaque bilobée; lèvre inférieure prolongée en
un mamelon tronconique; ventralement par-dessus la lèvre supérieure, se trouve une
membrane très nettement visible à bord postérieur libre profondément découpé en 8 lobes
dont certains sont bifides.
Spiculé simple, aciculaire; gubernaculum en V très ouvert.
a) Thelandros (A.) pyxis pyxis, n. s. sp. (lig. 11)
Cette sous-espèce a été trouvée chez 3 Pyxis arachnoïdes (82 Q, 1 000 F,
103 Q). Les co-types ont été prélevés chez la Tortue 82 Q.
Femelle : Principales mensurations d’une femelle longue de 2,8 mm : largeur
maximum : 200 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve respectivement à 200 a,
1,05 mm et 1,55 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’oesophage : 850 a; longueur
de la queue : 300 a.
La queue est située dorsalement, le corps faisant ventralement un brusque retrait
immédiatement au-delà de l’anus.
Mâle : Principales mensurations d’un mâle long de 1,95 mm : largeur maximum :
150 a; anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 150 a et 800 a de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 650 a; longueur de la queue : 70 a; longueur du
spiculé ; 65 a- Les ailes caudales s’insèrent à 30 a de l’extrémité et s’élargissent rapidement
atteignant une largeur de 12 a au niveau du cloaque; les papilles caudales sont situées
à 45 a de l’extrémité, elles peuvent être fusionnées en une grosse papille double (cas des
c? parasitant la Pyxis 82 Q) ou rester séparées (cas des <J trouvés chez la Pyxis 103 Q).
Sur certains spécimens, nous avons observé au voisinage de l'extrémité caudale 2 minus¬
cules papilles que nous interprétons comme des papilles vestigiales.
b) Thelandros (A.) pyxis dolichurus, n. s. sp. (fig. 12)
Cette sous-espèce a été trouvée chez 2 Testudo radiala (95 Q, 101 Q)
et une Pyxis arachnoïdes (102 Q). Les co-types ont été prélevés chez la
tortue 101 Q.
Femelle : Principales mensurations d’une femelle longue de 4,26 mm : largeur maxi¬
mum ; 250 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve respectivement à 250 a. 1,24 mm
et 2,15 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1 000 a; longueur de la
queue : 900 a.
Nous voyons que les femelles sont plus grandes que celles de la sous-espèce précé¬
dente, et possèdent un œsophage relativement plus court et une queue relativement
beaucoup plus longue; la longueur de la queue est d'ailleurs assez variable individuelle¬
ment; chez certains spécimens, elle ne mesure que 550 a, chez d'autres 700 a; on n’observe
pas dans cette sous-espèce le retrait ventral du corps au-dessous de l’anus.
Mâle : Principales mensurations d’un mâle long de 2,74 mm : largeur maximum :
200 a; anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 200 a et 1 000 a de l'extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 700 a; longueur de la queue : 140 a; longueur du
spiculé : 70 a-
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Les mâles sont plus grands que ceux de la sous-espèce précédente et s’en distinguent
nettement par l'aspect de l’extrémité postérieure : en cüet, au-delà des papilles caudales
qui sont ici nettement séparées l’une de l’autre, la pointe caudale est beaucoup plus longue
que précédemment, les papilles se trouvant situées à 110 a de l’extrémité; de plus, les
ailes caudales qui s'insèrent à 95 a de l’extrémité, restent étroites sur presque tout leur
parcours et ne s'élargissent qu’au voisinage du cloaque où elles atteignent 8 a-
Discussion :
L’espèce possède tous les caractères du genre Thelandros : vulve légè¬
rement post-équatoriale, queue réduite à un appendice dorsal portant une
paire de papilles sur sa face ventrale, présence d’une membrane profondé¬
ment déchiquetée par-dessus la lèvre supérieure du cloaque.
Fig. 11. — Thelandros (Archilhelandros) pyxis pyxis n. s. sp. A, Femelle, vue apicale;
B. Femelle, extrémité antérieure, vue latérale; C, Femelle, vue latérale; D, Mâle, vue
latérale; H, Mâle, vue apicale; F, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; G, Mâle,
extrémité postérieure, vue ventrale, spécimen pris chez la Pyxis arachnoïdes 103 Q; H,
Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale, spécimen pris chez la Pyxis arachnoïdes 82 Q.
A, B, E, G, H : échelle : 50 a; C, D : échelle : 500 a; F : échelle : 100 a.
Source : MNHN, Paris
Fie. 12. — Thelandros (Archithclandros) pyxis dolichurus n. s. sp. A, Femelle, vue
latérale; B, Mâle, vue latérale; C, Femelle, vue apicale; D, Mâle, vue apicale; E, Femelle,
vulve; F, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; G, Mâle, extrémité postérieure, vue
ventrale.
A, B : échelle : 500 *; C, D, G : échelle : 50 u; E, F : échelle : 100 4.
Source : MNHN, Paris
48
ANNIE J. PETTER
Elle se différencie de la plupart des espèces du genre par la présence
d’ailes caudales; il existait jusqu’à présent à notre connaissance seulement
3 espèces du genre Thelandros possédant des ailes caudales : Th. baylisi
Chatterji 1935, Th. himalayana Karve 1949, Th. laylori Chatterji 1935;
ces espèces diffèrent de la nôtre par de nombreux caractères, en particulier
la forme des papilles cloacales; notre espèce est donc nouvelle; nous la
nommons : Thelandros pyxis.
La présence d'ailes caudales étant considérée comme un caractère
primitif, nous créons pour les espèces qui en possèdent le sous-genre Archi-
Ihelandros, ayant pour espèce-type Thelandros (Archithelandros) pyxis,
n. sp., et comprenant, en plus de celle-ci, 4 espèces :
Th. (A.) baylisi Chatterji 1935.
Th. (A.) himalayana Karve 1949.
Th. (A.) laylori Chatterji 1935.
Th. (A.) orlleppi, n. sp., que nous décrivons ci-dessous.
Le sous-genre Archithelandros s’oppose au sous-genre Thelandros,
dépourvu d'ailes caudales et ayant pour espèce-type : Thelandros alalus
Wedl 1862.
2. Thelandros (A) ortleppi n. sp. (fig. 13)
L’espèce a été trouvée dans un lot d’Oxyures récoltés chez une Tesludo
lentoria uerreauxi de Kimberley (Afrique du Sud) (Z. 203, collection
Ortlepp) (1).
Outre les espèces décrites par Ortlepp en 1933, nous avons trouvé
dans ce lot 8 types différents de femelles et 7 types de mâles; nous avons
apparié mâles et femelles de la manière qui nous a paru la plus vraisemblable,
mais peut-être certaines attributions sont-elles erronées; dans les 4 descrip¬
tions qui suivent, nous attribuons donc le nom d’espèce au mâle, la femelle
correspondante pouvant appartenir à une autre espèce.
Description :
Femelle : Espèce de grande taille, à corps robuste, à œsophage long et mince et
à queue très courte.
Bouche triangulaire, avec le côté dorsal plus petit que les côtés latéro-ventraux ;
elle est munie de 3 lèvres transparentes; 2 amphides latérales, cycle interne de 6 papilles;
nous n’avons pas vu les papilles submédianes.
Extrémité antérieure de l'œsophage munie de 3 grosses dents dressées.
Vulve aux lèvres saillantes, légèrement postérieure au milieu du corps; appareil
génital du type habituel.
Principales mensurations d’une femelle longue de 4,8 mm : largeur maximum :
650 u; anneau nerveux, pore excréteur et vulve respectivement à 150 a, 1,7 mm et 3,1 mm
de l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 1,7 mm; longueur de la queue : 170 u.
Mâle : Espèce de grande taille, à œsophage long et mince, munie d’étroites ailes
latérales.
Bouche hexagonale, munie de 6 lèvres transparentes; 2 amphides et 4 papilles
submédianes.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents dressées.
(I ) L’étiquette accompagnant le tube porte la mention :. Z. 203 Tesludo virreansli. v. Nie-
kerk’shop, Kimberley. Dr. J. Power (collector) 22-1-33 ». Nous pensons qu’il s’agit de la . Tesludo
uerreauxi » dont certains parasites ont été décrits par Orteepp dans sa note : • On some soutli alrican
Keplilian Oxyurids » en 1933.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
49
La queue esl réduite à un appendice dorsal, portant au tiers antérieur de sa longueur
une paire de papilles ventrales accolées l’une à l’autre; légèrement au-dessus, se trouve
une paire de phasmides pédonculées; d'étroites ailes latérales larges de 5 g s’insèrent
au niveau des papilles caudales et remontent jusqu'à la région cloacale.
Au niveau du cloaque, la cuticule est détachée du corps latéralement et ventra-
lement, formant une vésicule globuleuse; 3 paires de papilles au niveau du cloaque, la
2 e plus réduite; lèvre supérieure du cloaque bilobée, lèvre inférieure prolongée en un
mamelon tronconique; nous n’avons pas vu de membrane déchiquetée par-dessus la
lèvre supérieure du cloaque.
Fig. 13. — Thelandros (ArchithelandrosJ orlleppi n. sp. A, Femelle, vue latérale;
B, Femelle, extrémité antérieure, vue apicale superficielle; C, Femelle, extrémité anté¬
rieure, vue apicale profonde (les traits en tirets représentent une vue plus profonde);
D, Mâle, vue latérale; E, Mâle, vue apicale superficielle; F, Mâle, vue apicale profonde;
G, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; H, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale.
A, D : échelle : 500 g; B, C, E, F, H : échelle : 50 g; G ; échelle : 100 g.
- Zoologie, T. XXXIX.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
50
Spiculé simple, aciculaire; gubemaculum en V.
Principales mensurations d'un mâle long de 1 mm : largeur maximum : 300 *;
anneau nerveux et porc excréteur situés respectivement à 200 w et 1,15 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l'œsophage : 1,15 mm; longueur de la queue ; 55 u; longueur
du spiculé ; 90 a: les papilles caudales sont situées à 30 u de l’extrémité; les ailes latérales
débutent à 350 a de l'extrémité antérieure et se terminent à 400 u de la pointe caudale.
Discussion :
Par sa queue réduite à un appendice dorsal et munie d'ailes caudales,
le mâle appartient au genre Tlielandros, sous-genre Archithelandros ; il se
distingue des autres espèces du genre par l’absence de membrane déchi¬
quetée par-dessus la lèvre supérieure du cloaque. Il s’agit donc d'une nou¬
velle espèce, que nous nommons : Thelandros (A.) orlleppi.
3. Thelandros (Thelandros) versterae n. sp.
Dans le même lot que l’espèce précédente (Oxyures récoltés chez une
Testudo tentoria verreauri de Kimberley, collection Ortlepp Z. 203), nous
avons trouvé 3 formes très voisines, différant principalement par la longueur
de l'œsophage et la largeur de la tête; nous avons créé pour ces formes
l'espèce Thelandros (Thelandros) versterae, n. sp„ avec 3 sous-espèces ;
— Th. (Th.) versterae versterae.
— Th. (Th.) versterae milleae.
— Th. (Th.) versterae tcheprakovae.
Description :
Nous donnons d'abord les caractères communs aux 3 sous-espèces :
Femelle : les femelles sont de grande taille, à corps robuste; la cuticule est légèrement
détachée de l'épiderme dans la région antérieure, formant une série d’anneaux légèrement
vésirulenx, ce phénomène est surtout visible sur les sous-cspèces oersterae et meilleae.
La bouche, circulaire, est bordée par 6 massifs contigus; en vue apicale, chaque
massif est de forme trapézoïdale et creusé en son centre par une cavité où se loge une
papille : nous avons ainsi 2 amphides et 4 papilles submédianes; en apparence, il semble
qu'il existe un beaucoup plus grand nombre de papilles autour de la bouche, plusieurs
reliefs Juxtaposés sont en effet visibles sur chaque massif : 3 reliefs chez la sous-espèce
versterae. I reliefs chez les 2 autres sous-espèces; en fait, nous pensons que ces reliefs ne
correspondent pas a des papilles, et qu'il n'existe dans tous les cas qu'une seule papille
par massif.
En profondeur, on observe 3 lamelles transparentes qui obturent en partie la cavité
buccale. A l'entrée de l’œsophage, se trouvent 3 pièces à bord denticulé.
I.a vulve est en position à peu près médiane, soit légèrement en avant, soit légère¬
ment en arrière du milieu du corps; l'appareil génital présente la structure habituelle,
l'ovéjecteur est dirigé vers l’arrière dès le début de son parcours.
Mâle : Les mâles sont de très petite taille; l’extrémité antérieure porte comme
cher les femelles une série d'anneaux légèrement vésiculeux chez les sous-espèces versterae
et a <ellleae.
L'extrémité apicale a été difTicile à étudier car nous ne possédions que très peu
d'exemplaires et certaines structures étaient peu visibles. Chez les 3 sous-espèces,
U bouche est munie de 3 lèvres transparentes et possède 2 amphides latérales bien visibles;
dicz la sous-espèce weilleae, nous avons observé au même niveau que les amphides 8 gros
massifs contigus disposés en cercle, portant chacun une papille; nous n'avons pu mettre
en évidence ces massifs chez les 2 autres sous-espèces, il nous a semblé par contre qu'il
existait chez clics des cordons cuticulaires formant des dessins sinueux, mais une étude
plus approfondie serait nécessaire.
L’extrémité antérieure de l'œsophage porte 3 dents pointues.
I„, queue est réduite à un appendice dorsal, dépourvu d’ailes caudales et muni
d'une paire de grosses papilles ventrales bien séparées l'une de l'autre; chez les spécimens
que nous avons examinés, l'extrémité postérieure du corps en avant du cloaque forme
un repli à l'intérieur duquel la région du cloaque et la portion antérieure de la queue se
trouvent invaginée*.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
51
3 paires de papilles au niveau du cloaque : la l r0 et la 3 e sont volumineuses, la 2 e ,
encore bien développée chez la sous-espèce versterae, est réduite chez les 2 autres sous-
espèces à de minces filaments fourchus à leur extrémité; la lèvre supérieure du cloaque
est bilobée, la lèvre inférieure est prolongée en un mamelon tronconique; ventralemcnt,
par-dessus la lèvre supérieure, on observe une membrane bien visible à bord postérieur
libre profondément déchiqueté.
Le spiculé, court, a une forme plus ou moins contournée suivant les sous-espèces.
Fio. 14. — Thelandros (Thelandros) versterae versterae n. s. sp. A, Femelle, vue latérale;
B, Femelle, vue apicale superficielle; G, Femelle, vue apicale profonde (les traits en
tirets représentent une vue plus profonde); D, Mâle, vue latérale; E, Mâle, extrémité
postérieure, vue latérale; F, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; G, Mâle, vue
apicale.
A, D : échelle : 500 a; B, C, G, F : échelle : 25 a; E : échelle : 50 u.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
a) Thelandros (Th.) versterae versterae n. s. sp. (fig. 14).
Cette sous-espèce a un œsophage très court et une tête large.
Principales mensurations d’une femelle longue de 4,2 mm : largeur maximum :
550 u: anneau nerveux et vulve respectivement à 1,42 mm et 2 mm de l'extrémité anté¬
rieure: longueur de l’œsophage : 800 g; longueur de la queue : 475 g.
Fig. 15. — Thelandros (Thelandros) versterae weilleae n. s. sp. A, Femelle, vue
latérale: li. Femelle, vue apicale (les traits en tirets représentent une vue plus profonde);
C. Femelle, extrémité antérieure, vue latérale profonde (l’amphide superficielle est indiquée
en tirets); D, Mâle, vue latérale; E, Mâle, vue apicale superficielle; F, Mâle, vue apicale
profonde; G, Mâle,extrémité postérieure, vue ventrale; H (1-2-3-4), Schémas des différents
plans de la région cloacale allant du plan le plus superficiel au plan le plus profond; I, Mâle,
extrémité postérieure, vue latérale; J, Spiculé.
A, D : échelle : 1 000 u; B, E, F, G, H, J : échelle : 30 a; C : échelle : 50 a; I : échelle :
100 g.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 53
Principales mensurations d’un mâle long de 1,8 mm : largeur maximum : 150 u:
anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 75 n et 900 a de l'extrémité
antérieure; longueur de l'œsophage : 475 a: longueur de la queue : 60 a; les papilles
caudales sont à 33 a de l'extrémité; longueur du spiculé : 75 a-
La queue du mâle est légèrement plus courte que chez les 2 autres sous-espèces;
le spiculé est de forme simple.
b) Thelandros (Th.) versterae weilleae n. s. sp. (fig.15).
Cette sous-espèce a un œsophage de longueur moyenne et une tête moins large
que la précédente.
Principales mensurations d’une femelle longue de 4,45 mm : largeur maximum :
600 a: anneau nerveux, porc excréteur et vulve situés respectivement à 125 a. 1.45 mm
et 2,15 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 1 mm; longueur de la
queue : 300 a-
Principales mensurations d’un mâle long de 1,7 mm : largeur maximum : 150 a;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 180 a et 670 a de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 550 a; longueur de la queue : 70 a; les papilles
caudales sont à 50 a de l’extrémité; longueur du spiculé : 55 a.
Le spiculé chez cette sous-espèce a une forme sinueuse et porte à son extrémité
une bosse ventrale; la membrane ventrale de la région cloacale est déchiquetée en lobes
très courts.
c) Thelandros (Th.) versterae tcheprakovae n. s. sp. (fig. 16).
Cette sous-espèce a un œsophage long et une tête étroite.
Principales mensurations d’une femelle longue de 4,25 mm : largeur maximum :
600 a: anneau nerveux, pore excréteur et vulve respectivement à 200 a, 1,5 mm et
2,25 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,5 mm; longueur de la
queue : 350 a-
Principales mensurations d’un mâle long de 1,55 mm : largeur maximum : 150 a;
anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 100 a et 750 a de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 700 a: longueur de la queue : 75 a; longueur du
spiculé : 65 a-
Le spiculé chez cette sous-espèce est de forme assez sinueuse, mais il ne porte pas
de bosse ventrale à son extrémité ; la membrane ventrale de la région cloacale est déchi¬
quetée en lobes très lins et profonds.
Discussion :
L’espèce présente d’étroites affinités, aussi bien par la structure apicale
de la femelle que par l’aspect de la queue du mâle, avec une espèce parasite,
d’un Iguane malgache, Thelandros blanchardi g. Çaballero 1965; elle s’en
distingue cependant par de nombreux caractères, en particulier la position
de la vulve chez la femelle, et la denticulation de la membrane cloacale
ventrale chez le mâle.
Il est intéressant de noter que l’on retrouve chez Thelandros blanchardi
la présence de 3 types de femelles très voisines, différant par la longueur
de l’œsophage. Nous avons là 2 cas de spéciation à l’intérieur d’un même
hôte; nous discuterons plus loin (chapitre IV) sur la signification de ce
phénomène.
d) Oxyuris sp., n° 1 (fig. 17).
Dans le même lot que les 3 types de femelles décrits ci-dessus, nous
avons trouvé une forme de taille beaucoup plus réduite, mais présentant
avec celles-ci des affinités certaines, par son aspect général, sa structure
apicale et son extrémité antérieure légèrement vésiculeuse. Nous n’avons
pas trouvé de mâle correspondant à cette forme, et nous ne savons donc
pas à quel genre elle appartient. Nous plaçons sa description ici en raison
de ses affinités avec les formes précédentes.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
54
Fie. 16. — Thtlandros (ThelandrosJ verslerae Icheprakovae n. s. sp. A, Femelle, vue
latérale; B. Femelle, vue apicale superficielle; C, Femelle, vue apicale profonde; D, Femelle
extrémité antérieure, vue latérale (l'ainphide superficielle est dessinée en tirets); 1-:. Mâle’
vue latérale; F, Mâle, extrémité antérieure, vue médiane (l’amphide est dessinée en tirets)’
G. Mâle, vue apicale; H, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; I, Mâle, extrémité
postérieure, vue ventrale; J, Spiculé.
A. E : échelle : 500 u; B, C, D, F, G, I, J : échelle : 25 a; H : échelle : 50 u.
Source : MNHN, Paris
55
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
Description :
Femelle de petite taille, avec un œsophage court; la cuticule de l’extrémité anté¬
rieure est légèrement détachée de l’épiderme, formant des anneaux vésiculeux.
La bouche est circulaire, munie de 3 lèvres transparentes; elle est encadrée par
6 massifs contigus, de forme trapézoïdale en vue apicale, et creusés chacun en son centre
d’une cavité où se loge une papille ; nous avons ainsi 2 amphides et 4 papilles submédianes.
La vulve est en position médiane; l’appareil génital présente la structure habituelle
avec un ovéjecteur dirigé vers l’arrière dès le début de son parcours.
Principales mensurations d’une femelle longue de 3 mm : largeur maximum ;
370 st; anneau nerveux, pore excréteur et vulve respectivement à 150 tt, 820 st et
1,45 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 550 st; longueur de la
queue ; 400 si-
4. Thelandros (Th) sexlabiata Ortlepp 1933 (fig. 18)
Syn. : Parapharyngodon sexlabiata Freitas 1957.
Espèce parasite de Testudo tentoria verreauxi et Testudo pardalis Bell
en Afrique du Sud.
Nous donnons une planche de figures et la description des structures
apicales, que nous avons étudiées sur des spécimens récoltés chez la Testudo
tentoria verreauxi, Z. 203 collection Ortlepp; pour la description générale,
nous renvoyons au travail d’ORTLEPP.
Source : MNHN, Paris
56
ANNIE J. PETTER
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
57
Femelle : la bouche est triangulaire, et munie de 3 lèvres transparentes ; on observe
autour de la bouche 6 grosses papilles disposées en cercle, dont les 2 latérales correspondent
aux amphides.
Mâle : la bouche est munie de 6 lèvres transparentes ; elle possède 2 amphides et
4 papilles submédianes.
Par l’aspect de la queue du mâle, cette espèce est intermédiaire entre les genres
Tachygonelria et Thelandros ; elle se rapproche des Tachygonelria par la position presque
latérale des papilles caudales et par la disparition presque complète de la portion terminale
de la queue au-delà de ces papilles; cependant, on constate en vue latérale que cette
queue est insérée dorsalement sur le corps et est réduite en épaisseur, comme dans le
genre Thelandros.
C. — Genre ORTLEPPNEMA n. g.
Espèce-type : Ortleppnema possompesi n. sp.
Nous avons trouvé chez les Tortues malgaches 2 espèces vicariantes
qui, en raison de l’aspect tout à fait particulier de la queue des mâles, ont
nécessité la création d’un genre nouveau. Comme pour les 2 sous-espèces
de Thelandros pyxis, la vicariance est indépendante de l’espèce-hôte.
1. Ortleppnema possompesi n. sp. (fig. 19)
L’espèce a été trouvée chez la Pyxis arachnoïdes 82 Q (matériel type).
Nous l’avons retrouvée chez les Pyxis arachnoïdes 103 Q et 1 000 F et chez
les Tesludo radiala 95 Q et 101 Q.
Description :
Espèce de grande taille, à œsophage long et mince, et à queue très courte dans les
2 sexes; les 2 sexes portent des ailes latérales naissant légèrement au-delà de la limite
du quart antérieur de l'œsophage et se terminant au niveau de l'anus chez la femelle,
nettement en avant du cloaque chez le mâle; il existe un dimorphisme sexuel de l'extré¬
mité apicale.
Femelle : Bouche munie de 3 lèvres transparentes; la lèvre dorsale est divisée jusqu’à
la base en 2 lobes égaux, tandis que chaque lèvre ventro-latérale comprend un lobe ventral
assez grand et un lobe latéral très réduit; 2 amphides latérales et 6 grosses papilles dis¬
posées de la manière suivante : 2 larges papilles doubles en position dorso-latérale et 2 paires
de papilles simples en position ventro-latérale.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents, la dorsale étant plus large
et plus plate que les ventro-latérales.
Vulve assez postérieure située légèrement en dessous de la limite des 2/3 antérieurs
du corps; sa lèvre antérieure et sa lèvre postérieure sont également saillantes; l’appareil
génital est du type habituel.
La queue se rétrécit brusquement à mi-longueur pour se terminer en une pointe
conique.
Principales mensurations d’une femelle longue de 4,1 mm : largeur maximum :
350 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 250 a. 1,6 mm
et 2,8 mm de l'extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,7 mm; longueur de la
queue : 150 a; dimensions des œufs 120 a/50 a; les ailes latérales, larges de 20 a, débutent
à 500 a de l’extrémité antérieure et se terminent au niveau de l'anus.
Mâle : Bouche munie de 6 lèvres transparentes; 2 amphides latérales et 4 petites
papilles submédianes. Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents.
Queue courte, comprenant une partie large, d’aspect rectangulaire en vue ventrale,
et une pointe conique; l’aspect rectangulaire de la partie large est dû à la présence d’ailes
caudales à bord rectiligne, qui sont soutenues par les papilles caudales et les phasmides;
les papilles caudales sont volumineuses et en position latérale. La 1" et la 3' paire
de papilles cloacales sont très volumineuses, la 2° paire est beaucoup plus réduite; la
lèvre inférieure du cloaque se prolonge en un mamelon assez court (6 ii).
Source : MNHN, Paris
58
ANNIE J. PETTER
Spiculé simple, aciculaire, à extrémité distale taillée en biseau; petit gubernaculum
en V très ouvert.
Principales mensurations d’un mâle long de 2,7 mm : largeur maximum : 200 u;
anneau nerveux et porc excréteur respectivement à 200 u et 1,15 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 1,15 mm; longueur du spiculé : 80 »; longueur de
la queue : 10 u avec une pointe conique de 15 u; les ailes latérales débutent à 360 » de
l’extrémité antérieure et sc terminent à 400 a de la pointe caudale (l'aile gauche débutant
un peu en avant et se terminant un peu en arrière de l’aile droite).
Fig. 19. — Orlleppnema possompesi n. sp. A, Mâle, vue latérale; B, Femelle, vue
latérale; C, Femelle, vue apicale superficielle; D, Femelle, vue apicale profonde; E, Femelle
extrémité antérieure, vue dorsale superficielle montrant la lèvre dorsale profondément
incisée : les lèvres latéro-ventrales visibles en profondeur sont marquées en tirets; F, Femelle
extrémité antérieure, vue latérale, coupe optique (l'amphide superficielle est marquée
en tirets): G, Femelle, extrémité postérieure, vue ventrale; H, I, Mâle, vues apicales pro¬
fondes (la figure H est la plus profonde); J, Mâle, vue apicale superficielle; IC, Mâle
extrémité antérieure, vue latérale, coupe optique (l’amphide superficielle est marquée
en tirets); L, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; M, Mâle, région cloacale, vue latérale
montrant l'extrémité du spiculé taillée en biseau; N, Mâle, extrémité postérieure, vue
ventrale: O, Femelle, vulve, vue latérale.
A, Il : échelle : 500 «; C, D, E, F, H, I. J, K, M, N : échelle : 50 a; L : échelle : 100 u.-
O : échelle : 50 a; G : échelle : 200 p.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
2. Ortleppnema radiatum n. sp. (fig. 20)
Chez la Tesludo radiala 101 Q, nous avons trouvé une espèce très voisine
de la précédente, mais qui en diffère par plusieurs caractères; les structures
apicales en particulier n’étant pas identiques, il nous a paru nécessaire de
créer 2 espèces différentes.
Description :
Nous donnerons simplement pour cette espèce les principales mensurations et les
caractères qui la distinguent de l'espèce précédente :
Femelle : Principales mensurations d’une femelle longue de 5,7 mm : largeur maxi¬
mum : 350 u; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 280 a,
2 mm et 3,7 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 2,15 mm; longueur
de la queue : 300 »; les ailes latérales débutent à 700 a de l'exirémité antérieure et se
terminent à 600 a de l’extrémité postérieure.
Elle se distingue de la femelle de l’espèce précédente :
— par sa taille plus grande,
— par sa queue relativement plus longue,
— par l’aspect de l’ouverture vulvaire qui est ici entourée par un anneau membra¬
neux saillant,
— par l’aspect de l’extrémité postérieure : les ailes latérales se terminent ici très
en avant de l’anus,
— par la structure céphalique qui possède ici une symétrie triradiée: il existe 6 lèvres
transparentes (ou 3 lèvres divisées jusqu’à leur base); ces lèvres sont dressées
perpendiculairement à la surface apicale et sont doublées chacune par un lobe
sous-jacent.
Mâle : Principales mensurations d’un mâle long de 3,8 mm : largeur maximum :
300 a; anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 200 u et 1,45 mm de l’extre-
mité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,4 mm; longueur de la queue : 85 p avec une
pointe conique de 45 p; longueur du spiculé : 200 p; les ailes latérales débutent à 600 p
de l’extrémité antérieure et se terminent à 650 p de l’extrémité postérieure.
Il se distingue du mâle de l’espèce précédente :
— par sa taille plus grande, mais il existe une grande variation de taille individuelle.
— par la longueur de la queue, en particulier de la pointe conique terminale (elle
mesure ici 45 p au lieu de 15 p dans l’espèce précédente),
— par la longueur du mamelon qui prolonge la lèvre inférieure du cloaque (il
mesure ici 18 p au lieu de 6 p dans l’espèce précédente),
— par la longueur du spiculé (200 p au lieu de 80 p),
— par la structure céphalique : il existe ici 3 lèvres très profondément divisées,
formant ainsi 6 lobes dont chacun est lui-même incisé au sommet.
Discussion :
La queue du mâle chez ces 2 espèces, par ses ailes caudales soutenues
par les papilles caudales, présente un aspect tout à fait particulier qui ne
correspond à aucun des genres actuellement connus et nécessite la création
d’un genre nouveau, le genre Ortleppnema dont la diagnose est la suivante :
Pharjinyodoninue — (Esophagc comprenant un corpus cylindrique long et mince
et un isthme court. Vulve située dans le tiers postérieur du corps. 3 paires de papilles
au niveau du cloaque et une seule paire post-cloacale volumineuse. Ailes caudales à bord
libre rectiligne soutenues par les papilles caudales et les phasmides. Espèce-type :
Ortleppnema possompesi n. sp. Autre espèce : Ortleppnema radiatum n. sp.
Par ses ailes soutenues par les papilles caudales, ce genre parait plus
primitif que les genres Alaeuris, Mchdiella et Tachygonetria.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 61
D. — Genre THAPARIA Ortlepp 1933
Espèce-type : Thaparia macrospiculum Ortlepp
Le genre Thaparia a été créé par Ortlepp (1933) pour une espèce,
T. macrospiculum, parasite de Tesludo tentoria verreauxi d’Afrique du Sud,
les principales caractéristiques du genre étant :
— un œsophage constitué de 2 parties presque égales, par suite de
l’allongement considérable de l’isthme œsophagien,
— chez la femelle, une vulve située au voisinage de l’anus et un vesti¬
bule très long,
— chez le mâle, un spiculé très long et une queue pourvue d’ailes
caudales.
\V alton (1942) décrit une seconde espèce, T. contorlospicula, chez une
Tortue des Galapagos et nous avons nous-mème découvert une 3 e espèce,
T. domerguei, chez les Tortues malgaches.
La présence d’un œsophage constitué de 2 parties à peu près égales
se retrouve chez une espèce possédant par ailleurs tous les caractères du
genre Tacliygonelria, Tachygonelria thapari Dubinina. Or, nous avons constaté
que la structure apicale de Tachygonelria thapari présentait une très grande
ressemblance avec celles de Thaparia domerguei et de Thaparia corlor-
iospicula, il semble donc y avoir entre ces espèces un lien phylogénique très
étroit, et l’identité des structures œsophagiennes n’apparaît pas comme un
simple caractère de convergence; cette constatation nous a amenée à
grouper les 3 espèces de Thaparia et Tachygonelria thapari dans un même
genre, en modifiant la diagnose du genre Thaparia pour y faire entrer
l’espèce Tachygonelria thapari:
Genre Thaparia : Pharynyodoninae - Bouche à Irois lèvres - Œsophage relativement
court divisé en 2 portions de taille à peu près égale, par suite de l’allongement de
l’isthme. 4 paires de papilles caudales : 3 paires au niveau du cloaque et 1 paire vers
l’extrémité postérieure. Ailes caudales chez le mâle présentes ou absentes. Espèce-type :
Thaparia macrospiculum Ortlepp.
Le genre Thaparia ainsi défini comprend 5 formes vicariantes, réparties
dans 4 régions très éloignées :
1. Thaparia thapari (Dubinina, 1949) n. comb.
Cette espèce possède 2 formes vicariantes, l’une paléarctique, l'autre
sud-africaine.
a) Thaparia thapari thapari (Dubinina) (fig. 21, 22).
Syn. : Tachygonelria thapari Dubinina 1949.
L’espèce a été décrite pour la première fois chez Tesludo graeca ibera
par Thapar (1925) qui n’a rencontré que des femelles (Oxyuris sp.). Dubi¬
nina (1949) décrit mâles et femelles chez Tesludo horsfieldii. Elle est signalée
par Dyk et Dykova (1956) chez Tesludo graeca et par Sciiad, Kunz et
Wells (1960) chez Tesludo graeca ibera.
Nous l’avons nous-même rencontrée chez toutes les espèces de Tortues
paléarctiques que nous avons autopsiées : Tesludo graeca graeca d’Algérie
et du Maroc, Tesludo hermanni de Rome, Tesludo graeca zarudnyi d’Iran,
Source : MNHN, Paris
62
ANNIE J. PETTER
Tesludo horsfieldii. Nous en avons donné une description dans un travail
précédent (1961) et nous reproduisons simplement ici les planches de figures
correspondantes. Si l’on excepte l’extrémité antérieure, elle possède tous les
caractères du genre Tachygonetria : vulve dans la région moyenne du corps
et vagin court chez les femelles, queue tronquée à l’extrémité, dépourvue
d’ailes caudales et spiculé court chez les mâles.
Fig. 21. — Thaparia thapari thapari (Dubinina), femelle. A, Vue apicale; B, Extré¬
mité apicale, vue médiane; C, Extrémité apicale, vue latérale; D, Extrémité apicale, vue
médiane, trompe dévaginée; E, Œuf; F, Corps entier, vue latérale. D’après Petter, 1961.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
63
Fio. 22. — Thaparia lhapari thapari (Dubinina), mâle. A, Extrémité postérieure,
vue ventrale; B, Extrémité postérieure, vue latérale; C, Corps entier, vue latérale. D’après
Petter, 1961.
b) Thaparia thapari australis n. s. sp. (fig. 23).
Dans l’intestin d’une Testudo pardalis (106 Q) du Jardin Zoologique
National de Prétoria, nous avons trouvé une forme très voisine
de la précédente.
Description :
Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes, constituées chacune de 2 parties
articulées; la partie distale, mobile autour de sa charnière d’insertion sur la partie basale,
a son bord libre échancré en son milieu; on observe 2 amphides en forme de bâtonnets
rigides qui se dressent au-dessus de la surface apicale et 4 petites papilles submédianes
pédonculées; au même niveau que les papilles et les amphides, il existe 3 petites pièces
chitinoïdes cordiformes, une ventrale et 2 latéro-dorsales; 3 autres pièces beaucoup moins
chitinoïdes et peu visibles alternent avec les précédentes (une en position dorsale et 2
latéro-ventrales) ; la cuticule de l'extrémité apicale porte des dessins irréguliers.
Nous n'avons pas retrouvé la cavité buccale, armée de 6 dents, caractéristique de
la forme précédente; à leur extrémité antérieure, les 3 lobes œsophagiens portent simple¬
ment sur leur face interne une rangée de denticules; l’œsophage, court et épais, est constitué
de 2 parties à peu près égales.
Femelle : La vulve est située au milieu du corps; l’appareil génital est du type
habituel, avec un vestibule court (200 n).
Principales mensurations d’une femelle longue de 6,5 mm : largeur ; 450 u; anneau
nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 a, 1,45 mm et 3,2 mm de
l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 630 a (corpus : 260 a, isthme -f bulbe ;
370 n); longueur de la queue : 600 u; dimension des œufs ; 150 u sur 70 u.
Mâle : La queue du mâle est dépourvue d’ailes caudales; elle est tronquée posté¬
rieurement avec une paire de papilles latérales aux angles de l'extrémité: dorsalemcnt,
elle se prolonge au-delà des papilles en un petit lobe qui est un vestige de la pointe caudale
terminale.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
64
La région cloacale est du type habituel ; par-dessus la lèvre supérieure du cloaque
on observe une membrane superficielle peu visible, dessinant plusieurs lobes.
Le spiculé est court, aciculaire.
Principales mensurations d’un mâle long de 4,3 mm : largeur : 300 n; anneau
nerveux et pore excréteur respectivement à 100 a- et 1,32 mm de l’extrémité antérieure*
longueur de l’œsophage : 460 u (corpus : 200 a; isthme + bulbe : 260 n); longueur de la
queue : 90 a; longueur du spiculé : 90 n.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES
Tl'ES TERRESTRES
65
Discussion :
Cette forme est extrêmement voisine de la forme paléarctique ; elle
s’en distingue par quelques particularités qui justifient la création d’une
sous-espèce nouvelle :
1° Le groupe des 3 pièces chitinoïdes dorsale et latéro-ventrales de
la surface apicale est beaucoup moins visible que sur l’autre forme.
2° Elle ne possède pas de cavité buccale année de 6 dents.
3° Le spiculé est légèrement plus court (90 g au lieu de 110 g), pour
une queue légèrement plus longue (90 s» au lieu de 70 g).
2. Thaparia domerguei n. sp. (1) (fig. 24)
L’espèce a été trouvée chez la Pyxis arachnoïdes 82 Q. Nous l’avons
retrouvée chez toutes les Pgxix arachnoïdes que nous avons disséquées et
chez la Tesludo radiala 95 Q.
Description :
Espèce à corps robuste, à extrémité antérieure brusquement tronquée.
Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes à bord libre légèrement échancré
en son milieu; chaque lèvre comprend 2 parties articulées; la portion basale est doublée
intérieurement par une assise dont le bord distal est déchiqueté. 2 amphides latérales
en forme de bâtonnets rigides qui se dressent au-dessus de la surface apicale; 4 papilles
submédianes pédonculées. La cuticule de l’extrémité apicale porte des dessins irréguliers.
Il existe une cavité buccale dont le fond est tapissé par 6 petites dents peu chiti¬
noïdes. L’œsophage, court et épais, est constitué de 2 parties de taille à peu près égales.
Femelle : la vulve, surplombée par un repli de la paroi du corps, est située légèrement
en avant de l’anus. L’appareil génital est constitué des éléments habituels, mais le vesti¬
bule est ici très long (800 a); il se dirige vers l’extrémité antérieure parallèlement à l’in¬
testin; le sphincter est d’abord dirigé vers l’avant, sur une longueur de 300 a, puis il se
recourbe en crosse et descend vers l’arrière; la trompe impaire est dirigée vers l’extrémité
postérieure et les 2 utérus remontent vers l’avant.
La queue est courte et conique.
Principales mensurations d’une femelle longue de 3,7 mm ; largeur : 250 a: pore
excréteur situé à 1 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’oesophage : 600 a (corpus :
250 a, isthme + bulbe ; 350 a); vulve située à 200 a en avant de l’anus; longueur de la
queue : 250 a; dimensions des œufs : 90 a sur 45 a; longueur du vestibule : 800 g.
Mâle : la queue du mâle est brusquement tronquée postérieurement et porte une
paire de papilles latérales aux angles de l’extrémité tronquée; elle possède 2 large ailes
caudales qui s’insèrent légèrement en avant des papilles caudales postérieures.
3 paires de papilles au niveau du cloaque; la paire postérieure est en forme de pied.
Spiculé mince et très long; il s’élargit et devient membraneux à son extrémité dis¬
tale. Gubernaculum en V.
Principales mensurations d’un mâle long de 2 mm : largeur maximum : 150 g;
longueur de l’œsophage : 440 g (corpus : 200 g, isthme -f bulbe : 240 g); pore excréteur
situé à 630 g de l’extrémité antérieure; longueur de la queue : 90 g; longueur du spiculé ;
900 g.
Discussion :
L’espèce se distingue de Thaparia macrospiculum Ortlepp par la lon¬
gueur du vestibule et du spiculé; ces organes sont beaucoup plus longs dans
l’espèce d’ORTLEPP (vestibule de 1,8 à 1,9 mm, et spiculé de 2,57 à 3, 4mm);
elle se distingue de Thaparia conlortospicula Walton par la position, de la
(1) La présente description valide et amende le nom spécifique « domergul • publié comme
nomen nudum m Petter 1963.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 5
Source : MNHN, Paris
66
ANNIE J. PETTER
vulve (celle-ci est beaucoup plus antérieure chez l’espèce de Walton), et
par la forme de la queue du mâle (elle n’est pas tronquée, mais terminée
par une longue pointe chez l'espèce de Walton); il s’agit donc d’une
nouvelle espèce, que nous nommons : Thaparia domerguei.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
67
Sa structure céphalique présente une très étroite ressemblance avec celle
de Thaparia thapari : mêmes lèvres constituées de 2 parties articulées,
doublées sur leur partie basale par une assise à bord libre denticulé, mêmes
amphides en forme de bâtonnets rigides, mêmes papilles submédianes
pédonculées; elle s’en distingue uniquement par l’absence des petites pièces
chitinoïdes qui alternent avec les papilles et les amphides chez Thaparia
thapari.
3. Thaparia macrospiculum Ortlepp 1933 (fig. 25, 26)
Espèce parasite de Testudo lenloria verreauxi et de Tesludo pardalis
en Afrique du Sud.
Nous avons pu étudier la structure apicale chez une femelle récoltée chez
une Testudo pardalis (collection Ortlepp S. 1440) et nous avons constaté
qu’elle était presque identique à celle de Thaparia domerguei : nous retrou¬
vons ici encore les lèvres constituées de 2 parties articulées, doublées par
une assise à bord denticulé, et les amphides en bâtonnets rigides.
Fig. 25. — Thaparia macrospiculum Ortlepp. Femelle, vue apicale (sur la ligure, la
partie distale des lèvres se trouve dressée à la verticale).
4. Thaparia contortospicula Walton 1942 (fig. 27)
Espèce parasite d’une Tortue des Galapagos (vraisemblablement
Testudo elephantopus Harlan) aux Iles Galapagos.
Thaparia thapari semble, par l’absence d’ailes caudales chez le mâle,
la plus évoluée de cette série d’espèces vicariantes. L’extrême allongement
du vagin, entraînant le déplacement de la vulve vers l’extrémité postérieure,
et l’allongement parallèle du spiculé chez les autres espèces nous paraissent
des caractères d’hyperthélie fréquents chez les formes insulaires, et sans
véritable valeur évolutive.
Source : MNHN, Paris
Fig. 26. — Thaparia macrospiculum Ortlepp. A, Extrémité céphalique; B, Extrémité
antérieure; C, Portion de l’appareil génital femelle; D, Extrémité caudale de la femelle-
E, Extrémité caudale du mâle, vue ventrale; F, Extrémité caudale du mâle, vue latérale!
D’après Ohtlepp, 1933.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
69
Il est intéressant de noter qu’en Afrique du Sud et chez la même espèce-
hôte, Tesludo pardalis, nous avons trouvé les 2 types de formes (type
paléarctique à aspect de Tachygonelria et type insulaire).
E. — Genre ALAEURIS Thapar 1925
(= PSEUDOALAEURIS Walton 1942)
Espèce-type : Alaeuris numidica (Seurat 1918)
Le genre Alaeuris est un vaste genre qui groupe des parasites d’Iguanidés
et de Tortues terrestres. Chez les Tortues, il est principalement représenté
dans les régions insulaires ou australes; en effet, sur les 10 espèces ou sous-
espèces connues, une seule se rencontre chez les Tortues paléarctiques,
alors qu’il en existe 3 chez les Tortues malgaches, 3 chez les Tortues sud-
africaines et 3 chez les Tortues des Galapagos.
Le genre est caractérisé principalement par l’aspect de l’extrémité
caudale du mâle : elle est munie d’ailes caudales, indépendantes des papilles,
qui laissent libre une pointe terminale plus ou moins longue; les papilles
caudales sont situées en position ventrale à la base de cette pointe.
1. Alaeuris numidica (Seurat 1918)
Cette espèce possède 2 sous-espèces vicariantes, l’une paléarctique,
l’autre malgache.
a) Alaeuris numidica numidica (Seurat 1918) (fig. 28)
Syn. : Thelandros numidicus Seurat 1918; Alaeuris alaeuris Thapar
1925; Alaeuris forcipiformis Forstner 1960.
Source : MNHN, Paris
70
ANNIE J. PETTER
Seurat décrit en 1918 sous le nom de Thelandros numidicus une espèce
parasite de la » Tortue maurétanique », en Tunisie et en Algérie; Thapar
en 1925 décrit une nouvelle espèce, Alaeuris alaeuris, pour laquelle il crée
le genre Alaeuris, chez une Testudo ibera de provenance non précisée. Or
à part la présence « d’ailes latérales » sur l’extrémité postérieure du mâle
dans la description de Thapar, caractère sans valeur spécifique (voir p. 72),
aucun élément important ne permet de différencier Alaeuris alaeuris de
Thelandros numidicus. Il s’agit donc probablement de la même espèce.
Cependant, la provenance des Testudo ibera de Thapar n’étant pas précisée"
les hôtes des 2 espèces proviennent peut-être de régions différentes et nous
avons rencontré parfois dans ces conditions des cas de vicariance. Nous
considérons donc les deux noms comme synonymes ou constituant tout au
plus 2 sous-espèces : Alaeuris numidica numidica (Seurat) et Alaeuris
numidica alaeuris (Thapar).
Nous considérons également VAlaeuris forcipiformis décrit par Forstner
en 1960 chez des Tortues paléarctiques d’origine inconnue tout au plus
comme une sous-espèce de Alaeuris numidica; la description de Forstner
diffère en effet extrêmement peu des descriptions précédentes, si ce n’est
que la pointe terminale de la queue du mâle est nettement plus longue sur
les figures de Forstner que sur les figures de Thapar et sur les nôtres.
Nous avons nous-même trouvé cette espèce chez une Tesludo graeca
zarudnyi d’Iran (47 Q), 2 Tesludo horsfieldii (62 Q et 63 Q) et 2 Testudo
graeca graeca marocaines (31 Q et 32 Q).
Nous donnons la description des spécimens trouvés chez la Tesludo
graeca graeca 31 Q marocaine; ils correspondent donc vraisemblablement à
la sous-espèce Alaeuris numidica numidica nord-africaine de Seurat.
Description :
Espèce de grande taille (femelles d’environ 6 min, mâles de 3 à 5 ram), à corps robuste
à œsophage long et mince. Il existe un dimorphisme sexuel de l’extrémité apicale. ’
Femelle : bouche triangulaire avec le côté dorsal plus petit que les côtés latéro
ventraux; 3 lèvres transparentes légèrement échancrées en leur milieu chez certains
spécimens; 2 amphides latérales et 4 petites papilles submédianes périphériques, cycle
interne de 6 papilles, 2 par lèvre; cuticule de l'extrémité apicale ornée de lignes sinueuses
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 grosses dents dressées.
Appareil génital du type habituel.
La queue est très courte, 150 à 200 a. et son extrémité est émoussée.
Principales mensurations d’une femelle longue de 5,7 mm : largeur maximum •
400 a: anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 300 a, 2,2 mm
et 3.9 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 2,25 mm; longueur de 1
queue : 150 a; dimensions des œufs : 120 a/70 a.
Mâle : bouche hexagonale munie de 6 lèvres transparentes; la section de la cavité
buccale en profondeur est triangulaire, avec un petit côté dorsal et 2 grands côtés latéro-
ventraux, comme la bouche des femelles; 2 amphides latérales et 4 petites papilles sub¬
médianes périphériques; cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses.
Extrémité antérieure de l’œsophage ornée de 3 dents dressées.
Queue arquée à concavité ventrale; elle se termine en une courte pointe coniaue
de 10 u; les papilles caudales sont situées à 30 a de l’extrémité, et les phasmides sont
immédiatement en avant; les ailes caudales sont très larges et semi-lunaires, leur largeur
maximum atteint 30 a; 3 paires de papilles au niveau du cloaque.
Spiculé aciculaire et gubernaculum en V.
Source : MNHN, Paris
Fig. 28. — Alaeuris numidica numidiea Seurat. A, Extrémité postérieure du mâle,
vue ventrale; B, Extrémité postérieure du mâle, vue latérale; C, Mâle, vue apicale (la
section de la cavité buccale en profondeur est représentée en tirets); D, Mâle, vue latérale;
E, Femelle, vue apicale (la section de la cavité buccale en profondeur est représentée en
tirets); F, Femelle, queue, vue latérale; G, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale,
coupe optique (l’amphide ainsi que les contours de la tête en surface sont représentés en
tirets) ; H, Femelle, vue latérale.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Nous donnons les principales mensurations de deux mâles :
longueur totale.3,4 mm .
largeur maximum. 260 j. . .
dist. à extrémité ant. de l'anneau nerv. 200 r . .
dist. à extrémité ant. du pore excr. . . 1 mm. .
longueur de l’œsophage.1,55 mm
longueur de la queue.80 r . .
longueur du spiculé.180 r . .
200 r
1,8 mm
1,65 mm
90 r
180 I*
Sur certains spécimens, la cuticule de la région postérieure en avant du cloaque est
décollée, formant une vésicule qui s’étend sur 180 a environ.
Seurat ne fait aucune mention de cette vésicule dans sa description ; Thapar au
contraire la décrit comme des ailes latérales situées à l'extrémité postérieure du mâle
et signale ces ailes latérales dans la diagnose du genre Alaeuris ( 1 ); nous avons constaté
pour notre part qu’elle n’existait pas chez tous les individus examinés et elle ne peut
donc être prise comme caractère spécifique.
b) Alaeuris numidica madagascariensis n. s. sp. (fig. 29)
Nous avons trouvé chez les Tortues malgaches une forme extrêmement
voisine de la précédente, constituant un cas de vicariance à l’échelon sub¬
spécifique.
La sous-espèce a été trouvée chez toutes les Pgxis arachnoïdes et Tesludo
radiala que nous avons autopsiées. Le matériel-type provient de la Pyxis
arachnoïdes 82 Q.
Description :
Nous insisterons dans la description sur les caractères qui l’opposent à la sous-
espèce précédente :
La bouche présente, aussi bien chez le mâle que chez la femelle, la même forme
que dans l’espèce précédente : femelle à bouche triangulaire avec un côté dorsal plus petit
que les côtés laléro-ventraux, mâle à bouche hexagonale; les papilles submédianes sont
dans les 2 sexes beaucoup plus volumineuses, ce qui donne à l’extrémité apicale un aspect
un peu différent.
Chez la femelle, la vulve est surplombée par un repli semi-lunaire très développé
que nous n'avons pas observé dans la forme précédente; la queue, également courte, est
plus pointue que dans la forme précédente.
Chez le mâle, la queue présente la même forme et possède les mêmes ailes caudales
semi-lunaires; elle est plus courte que dans la forme précédente; sur tous les spécimens
examinés, la cuticule était détachée du corps dans la région postérieure en avant du cloaque
pour former une vésicule globuleuse; le principal caractère différentiel réside dans la
taille du spiculé, qui est beaucoup plus court que dans la forme précédente.
Principales mensurations d’une femelle longue de 5,2 mm : largeur maximum •
500 r; anneau nerveux, porc excréteur et vulve situés respectivement à 250 r, i ( s , nn J
et 8,5 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,65 mm; longueur de la
queue : 150 r; dimensions des œufs : 140 r sur 60 r.
Principales mensurations d’un mâle long de 3,8 mm : largeur maximum : 300 r •
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 200 r cl 1,4 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 1,35 mm; longueur de la queue : 60 r; longueur du
spiculé : 80 r.
La longueur des queues varie légèrement suivant la tortue-hôte : elles sont nettement
plus longues sur les spécimens trouvés chez la Pi/xis arachnoïdes 103 Q et les Tesludo
radiala 101 Q et 95 Q; ainsi, chez la Testudo radiala 95 Q, la queue des femelles mesure
250 r et la queue des mâles 90 r, la différence de taille chez ces derniers étant due à l’éti¬
rement de la pointe terminale (qui mesure 35 r au lieu de 15 r).
entraîné u.
Pcspèce-tyf
! certaine confusion dans la classification; V\
: au genre Pscudoalaetiris par la présence d’ailes latéral
du genre, Alaeuris alaeuris, n'en possède pas
(1042Î a
es chez le
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
'3
Discussion :
L’identité des structures apicales, jointe à l'aspect semblable de la
queue du mâle, indiquent qu’il existe entre la forme paléarctique et la
forme malgache un lien phylogénique étroit et non un simple rapport de
convergence.
Les quelques différences énumérées ci-dessus, principalement dans la
taille du spiculé, justifient la création d’une sous-espèce nouvelle pour la
forme malgache : Alaeuris numidica madagascariensis.
Fig. 29. — Alaeuris numidica madagascariensis n. s. sp. A, Femelle, vue latérale;
B, Mâle, vue latérale; C, Femelle, extrémité antérieure, vue médiane; D, Femelle, vue
apicale superficielle; E, Mâle, extrémité antérieure, vue médiane; F, Mâle, vue apicale
superficielle; G, Mâle, vue apicale profonde; H, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale;
I, Mâle, région cloacale, vue ventrale; J, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; K, Mâle,
extrémité postérieure, vue ventrale, spécimen trouvé chez la Tesludo radiala 101 Q.
A, B : échelle : 500 a; C, D, E, F, G, I : échelle ; 50 u; H. K, J : échelle : 100 u .
Source : MNHN, Paris
74
ANNIE J. PETTER
2. Alaeuris dupuisi n. sp. (fig. 30)
Nous avons trouvé cette espèce chez toutes les Pgxis arachnoïdes et
Testudo radiata que nous avons autopsiées. La description correspond aux
spécimens de la Pyxis 82 Q.
Description :
Espèce de petite taille (femelles d’environ 3 mm, mâles de 2 mm à 2,5 mm), à œso¬
phage long et mince et à queue peu effilée.
11 existe un dimorphisme sexuel de l'extrémité apicale, limité à la bouche; on
trouve en clïet dans les 2 sexes 2 araphides latérales et un cercle de 8 papilles qui forment
.s mamelons arrondis encadrant ia bouche, mais chez la femelle, la bouche est triangulaire,
avec 3 lèvres transparentes à bord libre échancré, tandis que chez le mâle elle est hexa¬
gonale et munie de 6 lèvres transparentes.
L’extrémité antérieure de l'œsophage est munie dans les 2 sexes de 3 petites dents.
Femelle : la vulve, légèrement postérieure au milieu du corps, est surplombée par
un repli semi-lunaire; l'appareil génital est du type habituel.
La queue est de longueur moyenne et peu effilée.
Principales mensurations d’une femelle longue de 3,1 mm : largeur maximum :
300 »; anneau nerveux, pore excréteur et vulve respectivement à 250 n, 900 a et 1,7 mm
de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 800 a; longueur de la queue : 210 a;
dimensions des œufs : 100 a sur 60 a-
Les femelles trouvées chez la Testudo radiata 101 Q sont légèrement plus longues :
3,6 mm en moyenne avec une queue de 350 a-
Mdle : la queue est munie d’ailes caudales étroites et se termine en une pointe
assez longue (60 a); les papilles caudales sont fusionnées en une grosse papille double;
les phasmides sont situées à 30 a en avant; 3 paires de papilles au niveau du cloaque;
spiculé aciculaire et gubcrnaculum en V.
Principales mensurations d’un mâle long de 2.4 mm : largeur maximum : 200 a;
anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 150 a el 900 a de l’extrémité anté¬
rieure; longueur de l’œsophage : 700 a; longueur de la queue : 110 a; longueur du spiculé :
95 a-
Discussion :
Par les caractères de la queue du mâle, l’espèce appartient au genre
Alaeuris ; elle se distingue immédiatement de l’espèce précédente, Alaeuris
numidica, par ses ailes caudales beaucoup moins larges et sa pointe caudale
terminale beaucoup plus longue; elle est proche par sa taille et son aspect
général de Alaeuris quadrilabiala décrite ci-dessous, mais s’en distingue
immédiatement par l’absence de pharynx différencié, l’œsophage plus court
et la queue plus longue dans les deux sexes.
3. Alaeuris quadrilabiata (Ortlepp 1933)
Cette espèce possède deux sous-espèces vicariantes, l’une sud-africaine,
l’autre malgache; elle est caractérisée par l’existence dans les deux sexes
d’un pharynx de structure complexe et par une structure apicale tout à fait
particulière chez la femelle.
a) Alaeuris quadrilabiata quadrilabiata (Ortlepp 1933) (fig. 31, 32).
Syn. : Tachygonelria quadrilabiata Ortlepp 1933; Pseudoalaeuris quadri¬
labiata Walton 1942.
L’espèce est parasite de Testudo lenloria verreauxi en Afrique du Sud.
Pour la description générale de l’espèce, nous renvoyons au travail
d’ORTLEPp; nous donnons simplement une description des structures
apicales. Les vues apicales ont été étudiées sur des spécimens récoltés chez
une « Testudo verreauxi (collection R. J. Ortlepp Z. 203) ».
Source : MNHN, Paris
Fig. 30. — Alaeuris dupuisi n. sp. A, Femelle, vue latérale; B, Femelle, extrémité
antérieure, vue médiane (les papilles submédianes et les amphides sont indiquées en tirets) ;
C, Femelle, vue apicale superficielle; D, Femelle, vue apicale profonde; E, Femelle, queue,
vue latérale; F, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; G, Mâle, extrémité postérieure,
vue ventrale; H, Mâle, région cloacale, vue ventrale (le gubcrnaculum vu en profondeur
est indiqué en tirets); I, Mâle, extrémité antérieure, vue latérale (les papilles submédianes
et les amphides superficielles sont indiquées en tirets); J, Mâle, vue apicale superficielle;
K, Mâle, vue apicale profonde: L, Mâle, vue latérale.
A, L : échelle : 500 n; B, C, D, H, 1, J, K : échelle : 50 p;E : échelle : 100 n; F, G :
échelle : 75 «.
Source : MNHN, Paris
76
ANNIE J. PETTER
Femelle : la bouche, munie de 3 lèvres transparentes, présente du côté ventral
une profonde échancrure qui s’étend sur la face ventrale du corps, de sorte que les lèvres
ventro-latérales qui bordent cette échancrure ne se joignent pas l’une à l’autre en vue
apicale; la lèvre dorsale est profondément incisée en son milieu; on observe 2 amphides
et 4 grosses papilles submédianes.
Fio. 31. — Alaeuris quadrilabiala quadrilabiala (Ortlepp). A, Extrémité céphalique-
B, Vulve et vagin; C, Extrémité postérieure de la femelle. D, Extrémité postérieure du
mâle, vue latérale; E, Extrémité postérieure du mâle, vue ventrale; D’après Ortlepp, 1933,
Mâle : On ne trouve pas chez le mâle la profonde échancrure ventrale observée
sur la bouche de la femelle; il existe seulement une légère modification de la symétrie
triradiée : la bouche est losangique, avec les côtés latéro-ventraux plus grands que les
côtés latéro-dorsaux; elle est munie de 6 lèvres transparentes; 2 amphides, 4 grosses
papilles submédianes et un cycle interne de 6 papilles.
Notons que sur les spécimens que nous avons examinés, les mâles sont pourvus
d’étroites ailes latérales, qui ne sont pas signalées dans la description d* Ortlepp.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
77
Fig. 32 : Alaeuris quadrilabiata quadrilabiata (Ortlepp). A, Femelle, vue apicale ;
B, Mâle, vue apicale; C, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale.
b) Alaeuris quadrilabiata insularis n. s. sp. (fig. 33)
Nous avons trouvé chez les Tortues malgaches une forme qui montre
une parenté étroite avec la précédente à la fois par sa structure pharyn¬
gienne et sa structure apicale.
L’espèce a été trouvée chez toutes les Pyxis arachnoïdes et Tesludo
radiata que nous avons autopsiées.
Les spécimens types ont été récoltés chez la Pyxis arachnoïdes 1 000 F :
Description :
Espèce de petite taille (femelles d’environ 3 mm, mâles de 2 mm à 2,5 mm) à
œsophage très long et mince et à queue très courte, munie d’ailes latérales qui débutent
assez loin de l’extrémité antérieure et se terminent bien en avant de l’anus. 11 existe un
dimorphisme sexuel de l’extrémité apicale.
Le pharynx possède la même structure dans les 2 sexes; il comprend 3 étages
différents : l’étage supérieur a une paroi fortement chitinoïde et divisée postérieurement
en 2 racines : une racine interne qui repose sur l’étage moyen et une racine externe qui
s'enfonce dans le parenchyme; l’étage moyen a une paroi moins fortement chitinoïde
et qui s’épaissit vers le bas; l’étage inférieur est intra-œsophagicn et présente une dent
ventrale et 2 dents latéro-dorsales sur un même niveau et une dent dorsale plus profonde.
Femelle : la structure apicale est semblable à celle de la forme précédente : bouche
munie de 3 lèvres transparentes, présentant une profonde échancrure qui s’étend sur la
face ventrale du corps: 2 amphides et 4 grosses papilles submédianes.
Vulve située dans le tiers postérieur du corps, surplombée par un repli semi-lunaire
de la paroi; appareil génital du type habituel.
Queue courte et pointue.
Principales mensurations d’une femelle longue de 2,9 mm; largeur maximum :
300 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 a, 1,1 mm
et 2,15 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,1 mm; longueur de la
queue : 100 a; dimensions des œufs : 120 a sur 60 a; les ailes latérales, larges de 10 a,
débutent à 600 a de l’extrémité antérieure et se terminent à 430 a de l’extrémité caudale.
Mâle : la bouche du mâle est munie de 6 lèvres transparentes égales, et présente
une symétrie triradiée parfaite; elle est donc d’une structure légèrement moins évoluée
que celle du mâle de la forme africaine; elle possède 2 amphides et 4 grosses papilles sub¬
médianes.
Source : MNHN, Paris
78
ANNIE J. PETTER
La queue possède des ailes caudales étroites et une pointe terminale de 35 u: les
2 papilles caudales sont fusionnées en une grosse papille double; les phasmides sont situées
légèrement en avant; 3 paires de papilles au niveau du cloaque; spiculé aciculaire et
gubernaculum en V.
Principales mensurations d’un mâle long de 1,95 mm; largeur maximum : 130 «•
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 200 u et 770 n de l’extrémité
antérieure; longueur de l'œsophage : 770 n; longueur de la queue : 70 a; longueur du
spiculé : 90 a; les ailes latérales débutent à 350 a de l’extrémité antérieure et se terminent
à 250 a de l’extrémité caudale.
Les femelles trouvées chez la Testudo radiata 101 Q sont légèrement plus longues :
3,5 mm avec une queue de 150 a.
Les spécimens récoltés chez la Pyxis arachnoïdes 82 Q ne possèdent pas d’ailes
latérales, mais seulement un léger épaississement de la cuticule le long des lignes latérales.
Fio. 33. — Alaeuris quadrilabiala insularis n. s. sp. A, Femelle, vue latérale ; B, Femelle
extrémité antérieure, vue ventrale (le contour des lèvres latéro-ventrales en surface est
indiqué en tirets, la lèvre dorsale profonde est indiquée en trait fin); C, Femelle, vue apicale
superficielle; D, Femelle, vue apicale profonde au niveau du 3 e étage pharyngien, montrant
la dent ventrale et les 2 dents iatéro-dorsalcs, et la dent dorsale plus profonde indiquée en
tirets (les figures C et D sont orientées la face ventrale vers le haut de la figure); E, Mâle
extrémité antérieure, vue ventrale; F, Mâle, vue apicale superficielle; G, Mâle, vue apicale
profonde; H, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; I, Mâle, extrémité postérieure
vue ventrale. J, Femelle, queue, vue latérale; K, Mâle, vue latérale; L, Mâle, région
cloacale, vue ventrale;
A : échelle : 500 ix; B, C, D, F, G, L : échelle : 50 ; E : échelle : 30 p;. H* I-
échelle : 100 n; J : échelle : 25 n; K : échelle : 400 n.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
79
Discussion :
Cette forme est extrêmement voisine de la forme africaine; il existe
cependant quelques caractères qui les différencient : la pointe caudale
terminale du mâle est plus longue chez notre espèce (35 n au lieu de 20 v)
et surtout le spiculé est beaucoup plus court (100 n au lieu de 215 i»); de
plus, la structure apicale du mâle est légèrement plus évoluée chez la forme
africaine. Ces différences justifient la création d’une sous-espèce pour la
forme malgache : Alaeuris quadrilabiata insularis.
4. Alaeuris poweri (Ortlepp 1933) (fig. 34, 35)
Syn. : Tachqqonelria poweri Ortlepp 1933; Pseudoalaeuris poweri
Walton 1942.
Fig. 34. •— Alaeuris poweri (Ortlepp). A, Extrémité céphalique; B, Vulve et vagin;
C, Appareil génital femelle; D, Queue de la femelle; E, Extrémité postérieure du mâle,
vue ventrale; F, Extrémité postérieure d mâle, vue latérale. D’après Ortlepp, 1933.
Source : MNHN, Paris
Q5mm
80
ANNIE J. PETTER
Cette espèce est parasite de Testudo lenloria verreauxi en Afrique du
Sud.
Nous donnons une description des structures apicales; elles ont été
étudiées sur des spécimens récoltés chez une « Testudo verreauxi collection
Ortlepp Z. 203 ».
Fio. 35. •— Alaeuris poiveri (Ortlepp). A, Femelle, vue apicale; B, Mâle, vue apicale.
Femelle : la bouche est munie de 3 grosses lèvres rappelant celles des Ascarides-
la lèvre dorsale porte 2 papilles submédianes, chaque lèvre latéro-ventrale porte une
papille submédiane et une amphide; il existe de plus un cycle interne de 6 papilles, 2 par
lèvre; la surface apicale est ornée de cordons chitinoldes sineux qui sont peut-être en
rapport avec les papilles.
Mûle : la bouche est munie de 6 lèvres transparentes, de 2 amphides et de 4 papilles
submédianes; on observe sur la surface apicale des cordons chitinoïdes analogues à ceux
de la femelle.
Par l’absence chez le mâle de pointe caudale terminale, cette espèce
est la plus évoluée des espèces du genre Alaeuris.
5. Alaeuris conspicua (Ortlepp 1933) (fig. 36, 37)
Cette espèce est parasite de Testudo tenloria verreauxi et de Testudo
pardalis Bell en Afrique du Sud.
Nous donnons une description des structures apicales; elles ont été
étudiées sur des spécimens récoltés chez une Testudo pardalis collection
Ortlepp S. 1441.
Dans les 2 sexes, la bouche est triangulaire, avec le côté dorsal plus petit que les
côtés latéro-ventraux; chez la femelle, elle est munie de 3 lèvres transparentes, alors
que chez le mâle, il en existe 6; on observe 2 amphides et 6 grosses papilles.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 81
Fig. 36. 1 — Alacuris conspicua (Ortlepp). A, Vulve et vagin; B, Extrémité postérieure
de !a femelle; C. Extrémité postérieure du mâle, vue latérale; D, Extrémité postérieure
du mâle, vue ventrale; E, Spiculé in situ. D’après Ortlepp, 1933.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX.
6
Source : MNHN, Paris
82
ANNIE J. PETTER
6. Alaeuris macroptera (Walton 1942) (fig. 38)
Syn. : Pseudoalaeuris macroptera Walton 1942.
Espèce parasite d’une Tortue des Galapagos ( Tesludo elephanlopus
Harlan?) aux îles Galapagos.
Fig. 38. — Alaeuris macroptera (Walton). A, Queue du mâle, vue ventrale; B, Queue
du mâle, vue ventrale. D’après Walton, 1942.
7. Alaeuris auricularis (Walton 1942) (fig. 39)
Syn. : Pseudoalaeuris auricularis Walton 1942.
Espèce parasite d’une Tortue des Galapagos ( Tesludo elephanlopus
Harlan ?) aux îles Galapagos.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
83
8. Alaeuris pharyngodentata (Walton 1942) (fig. 40)
Syn. : Pseudoalaeuris pharyngodentata Walton 1942.
Espèce parasite d’une Tortue des Galapagos ( Testudo elephanlopus
Harlan ?) aux îles Galapagos.
Nous voyons que l’on rencontre dans le genre Alaeuris 2 cas de vica¬
riance à l’échelon sub-spécifique.
Fig. 40. — Alaeuris pharyngodentala (Walton). A, Queue du mâle, vue ventrale;
B, Queue du mâle, vue latérale; C, Tête de la femelle, vue dorsale; D, Région vulvaire
de la femelle, vue latérale. D’après Walton 1942.
F. — Genre MEHDIELLA Seurat 1918
Espèce-type : Mehdiella microstoma (Drasche 1884)
Le genre Mehdiella, comme le genre suivant Tachygonetria, dont il est
très proche, est un genre spécifique des Testudinidae ; il comprend 7 espèces
ou sous-espèces, dont 4 sont paléarctiques et 3 sont malgaches.
Il est caractérisé par l’aspect de la queue du mâle : celle-ci est dépourvue
d’ailes caudales, les papilles caudales sont en position latérale, et la queue
se prolonge au-delà de ces papilles en une pointe conique.
1. Mehdiella cristata n. sp. (fig. 41)
Nous avons rencontré l’espèce chez les Pyxis arachnoïdes 1 000 F,
82 Q, 102 Q et 103 Q, et chez la Testudo radiata 95 Q. La description correspond
aux spécimens de la Pyxis 82 Q.
Description :
Espèce de taille moyenne (femelles d’environ 4 mm, mâles d’environ 3 mm), à
œsophage long et mince, munie d’ailes latérales; la cuticule est détachée de l'épiderme
dans la région antérieure, formant une série d’anneaux vésiculeux; le mâle est carac¬
térisé par une tête séparée du corps par un « cou » très net et par l’existence sur la ligne
médiane ventrale d’une rangée de crêtes cuticulaires. Il existe un dimorphisme sexuel
de l’extrémité apicale.
Source : MNHN, Paris
84
ANNIE J. PETTER
Fig. 41. — Mehdiella crislata n. sp. A, Femelle, vue latérale; B, Femelle, portion anté¬
rieure, vue latérale; C, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale (l’amphide superficiel!'
est Indiquée en tirets); D, Femelle, vue apicale superficielle; E, Femelle, vue apicale prrw
(onde (les traits en tirets représentent la section œsophagienne profonde); F, Mâle extré
mité postérieure, vue ventrale; G, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale •
H, Mâle, extrémité postérieure, vue dorsale; I, Mâle, vue apicale superficielle; J jr’
Mâle, vues apicales profondes; L, Mâle, extrémité antérieure, vue superficielle • M Mâle’
extrémité antérieure, vue profonde; N, Mâle, vue latérale. ’ ’ ’
A, N : échelle : 500 a; B : échelle : 200 n; C, D, E, I, J, K, L, M : échelle • 50
F : échelle : 80 u; G, H : échelle : 100 u. ’ u;
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
Femelle : Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes; les lèvres sont dou¬
blées intérieurement par une assise dont le bord est en dents de scie; 2 amphides en
position latérale et 6 grosses papilles disposées en cercle, comprenant 4 papilles submé-
dianes simples et 2 papilles doubles en position latérale, situées juste en avant des
amphides (1).
La vulve, non saillante, est située à la jonction du tiers moyen et du tiers postérieur
du corps; l'appareil génital est du type habituel.
La queue est courte et conique.
Principales mensurations d'une femelle longue de 3,7 mm : largeur maximum :
350 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 250 a, 1,4 nnn et
2,3 mm de l'extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,1 mm; longueur de la queue :
275 a; dimensions des œufs : 120 a sur 50 a.
La cuticule est très légèrement détachée de l’épiderme dans la région antérieure
sur une longueur de 350 a, ce qui correspond à environ 25 stries cuticulaires; les ailes
latérales, larges de 20 a, débutent à 625 a de l’extrémité antérieure et se terminent à
200 a de l’extrémité postérieure.
Mâle : Bouche limitée par 3 lèvres échancrées en leur milieu: 2 amphides latérales
et 8 papilles contiguës disposées en cercle; chaque papille est de forme allongée en vue
apicale et présente 2 mamelons inégaux. L'extrémité antérieure a un aspect tout à fait
particulier : il existe en elîet un étranglement très net qui sépare une « tête » en forme
d’anneau du reste du corps.
L’extrémité antérieure de l'œsophage présente une armature chitinoïde de structure
complexe.
On observe sur la ligne médiane ventrale du corps une rangée de lames cuticulaires
de longueurs inégales, dressées perpendiculairement à la paroi.
Queue dorsale, dépourvue d'ailes caudales, portant à 60 a de l’extrémité une paire
de grosses papilles latérales; au-delà de ces papilles, la queue est réduite à une longue
pointe effilée.
Au niveau du cloaque, se trouvent 2 grosses paires de papilles, la paire postérieure
est de forme allongée et possède 2 terminaisons nerveuses; nous n'avons pu mettre en
évidence de paire ad-anale; la lèvre supérieure du cloaque est échancrée par une longue
fente médiane; la lèvre inférieure se prolonge en un cône génital très long, qui porte une
petite paire de papilles à son extrémité.
Spiculé simple, aciculaire. Gubernaculum en forme de Y : la branche postérieure,
élargie à son extrémité, soutient le cône génital, les branches antérieures sont composées
chacune de 2 rameaux, un dorsal large et court et un ventral long et étroit.
Principales mensurations d’un mâle long de 2,8 mm : largeur maximum : 200 a:
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 200 a et 860 a de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 800 a; longueur de la queue : 120 al longueur du
spiculé : 170 a- Dans la région antérieure, la cuticule est légèrement détachée de l’épiderme
sur une longueur de 300 a; les ailes latérales débutent à 350 a de l'extrémité antérieure
et se terminent à 320 a de l’extrémité postérieure.
Discussion :
Par l’absence d’ailes caudales et la position latérale des papilles caudales,
l’espèce se place dans le genre Mehdiella. Elle s’écarte des autres espèces du
genre par la présence d’ailes latérales et surtout par la longueur du cône
génital, qui la rapproche plutôt de certains Thelandros.
2. Mehdiella uncinata (Drasche 1884) (fig. 42, 43, 44)
Syn. : Oxyuris uncinala Drasche 1884; Oxyuris inflala Drasche 1884;
Oxyuris albanica Stossich 1898 ; Tachygonetria uncinala (Drasche) Thapar
1925 ; Tachygonetria inflalocervix Akhtar 1937 ; Mehdiella inflala Forstner
1960.
(1) Dans toutes nos descriptions, nous appelons papilles, les mamelons de la surface apicale;
dans certains cas, la papille est en réalité placée entre 2 mamelons.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Cette espèce est signalée chez Tesludo graeca (Tesludo graeca graeca
ou Tesludo graeca ibera ) par Drasche (1884), par Stossich (1898), par
Seurat (1918), par Thapar (1925), par Rysavy (1958), par Forstner
(1960), sous le nom de Mehdiella in/lata, par Schad, Kuntz et Wells
(I960); Rees (1935) et Dubinina (1949) la signalent chez Tesludo hors-
fieldii et Baylis (1923) la signale chez Tesludo kleinmanni (sous le nom
de Oxyuris albanica).
Akhtar (1937) décrit chez une Tesludo ibera de Kabul une espèce
nouvelle : Tachygonelria inflatocervix qu’il différencie de Mehdiella uncinala
par la forme et la longueur de la queue chez la femelle et la position des
papilles caudales chez le mâle; ces différences ne nous semblent pas dépasser
le cadre des variations géographiques dans une même espèce et nous plaçons
l'espèce d’AKHTAR en synonymie avec Mehdiella uncinala, ou constituant
tout au plus une sous-espèce Mehdiella uncinala inflatocervix.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 87
Nous avons nous-même trouvé l’espèce Mehdiella uncinata chez les
Testudo hermanni romaines, les Testudo graeca graeca algériennes et maro¬
caines, les Testudo graeca zarudnyi iraniennes et les Testudo horsfieldii.
Nous avons donné une description de l’espèce dans une note précédente
(1961 a) et nous reproduisons simplement ici les planches de figures corres¬
pondantes; nous y ajoutons d’une part une vue apicale du mâle mettant en
évidence l’existence de 6 lèvres transparentes que la figure précédente ne
montrait pas et d’autre part une vue ventrale de la région cloacale montrant
l’existence d’une membrane ventrale superficielle à bord déchiqueté par¬
dessus la lèvre supérieure du cloaque bilobée.
Fig. 43. — Mehdiella uncina/a (Drasche). A. Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale;
B, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; C, Mâle, extrémité apicale, vue latérale;
D, Mâle, vue apicale; E, Mâle, vue latérale; F, Larve, vue apicale. D'après Petter, 1961.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
L’espèce Mehdiella uncinala nous paraît présenter certaines affinités
avec Mehdiella cristata : les 2 espèces possèdent en effet une vésicule
céphalique, largement développée chez la femelle de Mehdiella uncinala
alors qu’elle est peu apparente chez le mâle de Mehdiella uncinala et chez
Mehdiella cristala; il existe de plus certaines affinités dans l’aspect de la
queue des mâles des 2 espèces et enfin dans les vues apicales, aussi bien
des mâles que des femelles : présence de 8 grosses papilles (ou 6 papilles
dont 2 doubles) disposées sur un même cercle, et presque contiguës chez les
mâles; il est donc possible que, malgré les caractères tout à fait originaux
du mâle de Mehdiella crislala, il existe une parenté réelle entre les 2 espèces
3. Mehdiella microstoma (Drasche 1884) (lig. 45, 46, 47, A)
Syn. : Oxyuris microsloma Drasche 1884; Tachygonelria microstoma
(Drasche) Thapar 1925, pro parte; Macracis papillosa Forstncr I960
Cette espèce est signalée chez Tesludo graeca (Tesludo graeca graeca
ou Tesludo graeca ibera) par Drasche (1884), Seurat (1918), Thapar
(1925), Dyk et Dykova (1956), Forstner (1960), Schad, Kuntz et Wells
(I960); Baylis (1923) la signale chez une Tesludo sp. d’une collection égVD
tienne et Akhtar (1937) chez une Tesludo sp. de Kaiii l; elle est si«nalë
chez Tesludo horsfieldii par Dubinina (1949).
Forstner (1960) crée une nouvelle espèce, Macracis papillosa pour des
femelles qu’il place dams le genre Macracis en raison de leur structure buccal
à symétrie bilatérale; d’après la description et la photographie qu’il en donne 6
ces femelles correspondent à celles de Mehdiella microstoma, dont l’extrémit *
apicale, très modifiée, a pris une symétrie bilatérale; nous mettons don 6
Macracis papillosa en synonymie avec Mehdiella microstoma.
Nous avons nous-même trouvé l’espèce Mehdiella microstoma chez le
Tesludo hermanni romaines, les Tesludo graeca graeca algériennes et maro S
caines, les Tesludo graeca zarudnyi iraniennes et les Tesludo horsfieldii
Nous renvoyons pour la description à notre travail de 1961 a■ no
reproduisons les planches de ligures correspondantes et nous donnons u S
vue de la région cloacale montrant la membrane ventrale superficielle trilobé &
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
89
Fie. 45. • Mehdiflla microsloma (Draschc). A, Femelle, vue latérale; B, Œuf;
C, Mille, extrémité antérieure, vue latérale; 1), I.arve, extrémité antérieure, vue latérale;
R, Femelle, vue apieale; F, Femelle, extrémité apicale, vue latérale gauche; G, Mâle,
vue apicale; H, Larve, vue apicale. D'après Petter,1961.
Source : MNHN, Paris
90
ANNIE J. PETTER
Fig. 46. — Mehdiella microstoma (Drasche). A, Mâle, extrémité postérieure, vue
ventrale; B, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale. D’après Petter, 1961.
Fig. 47. — Vues ventrales de la région cloacale. A, Mehdiella microstoma (Drasche);
B, Mehdiella slylosa stylosa (Thapar).
4. Mehdiella long-issima n. sp. (fig. 48)
Nous avons trouvé cette espèce chez la Testudo horsfieldii 64 Q.
Description :
Espèce à corps très long et mince (femelles d’environ 11 mm, mâles d’environ 7 mm),
â oesophage très court.
Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes ; 2 amphides latérales et 4 papilles
submédianes coniques dressées au-dessus de la surface apicale; cycle interne de 6 petites
papilles.
Source : MNHN, Paris
ÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
91
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 petites dents.
Femelle : La vulve, non saillante, est située légèrement en dessous de la moitié
du corps; l’entrée du vestibule est obstruée par un bouchon brunâtre; l’appareil génital
présente la structure habituelle, mais les utérus sont opposés, l'un d’eux étant dirigé
vers l’arrière sur la moitié de sa longueur.
La queue est longue et conique.
Fig. 48. — Mehdiella longissima n. sp. A, Femelle, vue latérale; B, Mâle, vue latérale;
C, Mâle, extrémité céphalique, vue apicale; D, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale;
E, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale.
A, B : échelle : 500 u; C : échelle : 50 n; D, E : échelle : 100 a-
Source : MNHN, Paris
92
ANNIE J. PETTER
Principales mensurations d’une femelle longue de 11,2 mm : largeur maximum :
450 n; pore excréteur et vulve respectivement à 2,55 mm et 6 mm de l’extrémité anté¬
rieure; longueur de l'œsophage : 850 a; longueur de la queue : 870 a; dimensions des
œufs : 200 a sur 110 a.
Mâle : Queue dorsale, dépourvue d’ailes caudales, portant à 50 u de l'extrémité
une paire de grosses papilles latérales; au-delà de ces papilles, la queue est réduite à une
pointe conique dorsale.
3 paires de papilles au niveau du cloaque; lèvre inférieure du cloaque prolongée en
un mamelon tronconique; spiculé simple, aciculaire; gubernaculum en V.
Principales mensurations d’un mâle long de 7,2 mm : largeur maximum : 400 a‘
anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 300 ix et 2,05 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 500 n; longueur de la queue : 170 a avec une pointe
terminale de 50 a; longueur du spiculé : 120 a-
Discussion :
L’espèce est voisine, par son corps long et mince et par l’aspect de la
queue du mâle, de Mehdiella microstoma; elle s’en distingue cependant à
première vue par sa plus grande taille et son oesophage très court; de plus,
elle s’écarte de Melidiella microstoma par une structure apicale à symétrie
triradiée, aussi bien chez les femelles que chez les mâles.
Cette espèce n’avait encore jamais été décrite chez les Tortues palé-
arctiques et nous ne l’avons rencontrée qu’une seule fois au cours des autopsies
que nous avons effectuées; il s’agit donc d’une espèce très rare, que nous
nommons Mehdiella longissima.
Notons que les larves de Mehdiella microstoma ont un œsophage court
et une bouche à symétrie triradiée, Mehdiella Idngissima n’est donc peut-être
qu’une larve néoténique de Mehdiella microstoma.
5. Mehdiella stylosa (Thapar 1925)
L’espèce possède 2 sous-espèces vicariantes très voisines, l’une palé-
arctique, l’autre malgache.
Elle est caractérisée chez la femelle par la présence d’un cercle de lo
languettes dressées autour de la bouche et chez le mâle par la présence
d’un spiculé fourchu.
fl) Mehdiella stylosa stylosa (Thapar 1925) (fig. 47 B, et 49).
Syn. : Tachygonetria stylosa ? sensu Thapar 1925, nec sensu Thapar
1925; Tachygonetria stylosa Dubinina 1949; Mehdiella hamosa Forstner
1960; JMehdiella cordala Forstner 1960.
L’espèce est signalée chez Testudo gracca (T. graeca graeca et T. graeca
ibera) par Thapar (1925), Forstner (1960), Schad, Kuntz et Wells
(1960); nous ne sommes pas certains que l’espèce décrite sous le nom de
Tachygonetria stylosa par Rysavy (1958) corresponde réellement à cette
espèce : en effet la forme de la queue du mâle et la longueur du spiculé ne
sont pas celles de Mehdiella stylosa ; l’espèce est signalée chez Testudo
horsfieldii par Dubinina (1949).
Nous avons nous-même trouvé l’espèce chez les Testudo hermanni
romaines, les Testudo graeca graeca algériennes et marocaines, les Testudo
graeca zarudnyi iraniennes et les Testudo horsfieldii.
Nous en avons donné une description en 1961 (1961 b); nous reproduisons
la planche de figures correspondante et nous donnons une vue ventrale de
la région cloacale.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
93
Fig. 49. — Mehdiella slylosa stylosa (Thapar). A. Femelle, portion antérieure, vue
latérale; B, Femelle, portion postérieure, vue latérale; C, Femelle, extrémité antérieure,
vue latérale (les traits en tirets sont les traits de surface); D, Femelle, vue apicale;
E, Femelle, extrémité antérieure, vue apicale légèrement oblique; F, Mâle, vue apicale;
G, Mâle, extrémité antérieure, vue latérale (les traits en tirets sont les traits de surface);
H, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; I, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale;
J, Mâle, vue latérale.
C, D, E, F : échelle : 30 a; G : échelle : 20 a; D’après Petter, 1961.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
b) Mehdiella stylosa dollfusi n. s. sp. (fig. 50)
L’espèce a été trouvée chez toutes les Pgxis arachnoïdes et Testudo
radiata que nous avons autopsiées. La description correspond à des spécimens
de la Pyxis arachnoïdes 82 Q.
Description :
Espèce de petite taille (femelles d'environ 3 mm, mâles d’environ 2 mm), à queue
courte, retroussée dorsalement chez le mâle.
L’œsophage est long et mince ; son extrémité antérieure est munie de 3 dents dressées
portées sur de courts pédicules.
Femelle : Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes; autour de la bouche,
on observe un cercle de 12 languettes dressées au-dessus de la surface apicale; 2 amphides
latérales et 4 papilles subniédianes; cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses
dessinant 4 anses submédianes.
Fto. 50. — Mehdiella stylosa dollfusi n. s. sp. A, Mâle, vue latérale; B, Femelle vue
latérale; C, Mâle, extrémité antérieure, vue médiane; D, Mâle, vue apicale superficielle-
E, F, Mâle, vues apicales profondes; G, Femelle, extrémité postérieure, vue latérale-
H, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; I, Mâle, région cloacale, vue ventrale-
J, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale (l’amphide superficielle est indiquée en tirets) •
K, Femelle, vue apicale superficielle; L, M, Femelle, vues apicales profondes. ''
A, B ; échelle : 500 a; C, D, E, F, H, I, J, K, L, M : échelle : 50 a; G : échelle : 100 a
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTEES TERRESTRES
95
La vulve est légèrement postérieure au milieu du corps ; chez la plupart des spécimens,
elle est surplombée par un repli semi-lunaire de la paroi; appareil génital du type habituel.
Queue courte et pointue.
Principales mensurations d’une femelle de 2,7 mm : largeur maximum : 200 a;
anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 a, 1 mm et 1,66 mm
de l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 1 mm; longueur de la queue : 120 a.
Mâle : Bouche hexagonale, munie de 6 lèvres transparentes: 2 amphides latérales
et 4 papilles submédianes: cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses des¬
sinant 4 anses submédianes.
Queue courte, retroussée dorsalement; une paire de papilles caudales latérales et
3 paires de papilles au niveau du cloaque; lèvre supérieure du cloaque bilobée, lèvre
inférieure prolongée en un mamelon tronconique; par-dessus la lèvre supérieure du cloaque,
on observe aux plus forts grossissements du microscope une membrane ventrale super¬
ficielle à bord déchiqueté en nombreux lobes.
Le spiculé, court, a son extrémité distale fourchue; gubernaculum en Y.
Principales mensurations d’un mâle de 2,1 mm ; largeur maximum : 150 a; anneau
nerveux et pore excréteur situés respectivement à 100 n et 850 u de l’extrémité antérieure:
longueur de l’œsophage : 700 a: longueur de la queue : 60 u; longueur du spiculé : 50 j.
Les spécimens prélevés chez la Tesludo radiala 101 Q sont plus grands : les femelles
mesurent de 4 mm à 6 mm, avec une queue beaucoup plus longue : 550 u chez une femelle
de 4,25 mm.
Discussion :
Cette forme est extrêmement voisine de la forme paléarctique, dont
elle possède toutes les caractéristiques : languettes apicales chez la femelle,
queue retroussée dorsalement et spiculé fourchu chez le mâle; la création
d’une sous-espèce malgache peut se justifier par quelques particularités;
chez les femelles :
— l’œsophage est plus long proportionnellement au corps;
— la vulve est généralement surplombée par un repli semi-lunaire qui
n’existe pas dans la forme paléarctique;
— les languettes apicales sont moins fines et moins longues;
chez les mâles :
— la queue est légèrement plus longue;
— l’extrémité du spiculé a un aspect différent : les 2 branches de la
fourche sont presque de même longueur, alors que dans la forme
paléarctique, la branche ventrale est beaucoup plus courte que
l’autre;
— enfin, la membrane ventrale superficielle de la région cloacale est
déchiquetée en lobes profonds, que nous n’avons pas retrouvés
dans la forme paléarctique.
6. Mehdiella grassei n. sp. (fig. 51)
Nous avons trouvé cette espèce chez les Tesludo radiala 95 Q et 104 Q;
nous ne pouvons affirmer qu’elle n’existe pas chez les autres Tortues que
nous avons autopsiées, car les mâles sont difficiles à distinguer à première
vue de ceux de Mehdiella slylosa.
Nous attribuons le nom d’espèce aux spécimens mâles trouvés chez
la Tesludo radiata 95 Q; les femelles que nous décrivons ont également
été trouvées chez la T. radiala 95 Q, mais nous ne sommes pas certains que
leur attribution à ces mâles soit correcte (voir la discussion).
Source : MNHN, Paris
96
ANNIE J. PETTER
Description :
Mâle : mâle à œsophage long et mince, à queue longue.
Bouche hexagonale, munie de 6 lèvres transparentes ; 2 amphides latérales et 4 papilles
submédianes; cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses dessinant 4 anses
submédianes.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents.
Fig. 51. — Mehdiella grassei n. sp. A, Femelle, vue latérale; B, Mâle, vue latéral
C, Femelle, vue apicale; D, Mâle, vue apicale superficielle; E, Mâle, vue apicale profonde-
elatérale!
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
97
Queue dorsale, dépourvue d'ailes caudales, portant à 45 g de l’extrémité une paire
de grosses papilles ; au-delà de ces papilles, la queue est réduite à une pointe conique dorsale.
3 paires de papilles au niveau du cloaque, la 1 " et la 3 e volumineuses, la 2' plus
réduite; par-dessus la lèvre supérieure du cloaque bilobée, on observe aux plus forts
grossissements du microscope une membrane ventrale superficielle, à bord déchiqueté
en nombreux lobes.
Spiculé simple, aciculaire; gubemaculum en Y.
Principales mensurations d’un mâle long de 3,35 mm : largeur maximum : 200 a;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 220 a et 1,3 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 1,07 mm; longueur de la queue : 100 a, avec une
pointe terminale de 45 a; longueur du spiculé : 85 a-
Femelle : femelle à œsophage long et mince, à queue très longue et effilée.
Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes ; 2 amphides latérales et 4 pa¬
pilles subraédianes; cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses formant
4 anses submédianes.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents.
La vulve est légèrement postérieure au milieu du corps; elle est surplombée par un
repli semi-lunaire de la paroi; appareil génital du type habituel.
Queue très longue et effilée.
Principales mensurations d’une femelle longue de 3,9 mm : largeur maximum :
300 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 220 a, 1,35 mm
et 2,16 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,25 mm; longueur de
la queue : 620 a.
Discussion :
Les mâles de cette espèce rappellent beaucoup ceux de Mehdiella stylosa,
ils s’en distinguent cependant immédiatement par la longueur de la queue
et la forme du spiculé.
Les femelles que nous avons attribuées à l’espèce sont très proches de
celles de Tachygonclria macrolaimus madagascariensis, que nous décrivons
plus loin; elles se distinguent principalement des femelles de cette sous-
espèce parasitant la même Tesludo radiata 95 Q par une taille plus grande,
une queue plus longue et par le repli semi-lunaire surplombant la vulve;
cependant, ces caractères sont peut-être seulement des caractères de varia¬
tion individuelle et nous ne sommes pas certains, d’une part, que ces femelles
correspondent réellement à une espèce différente de Tachygonetria macro¬
laimus madagascariensis, et, d’autre part, qu’elles correspondent aux mâles
que nous leur avons associés.
Nous trouvons donc dans le genre Mehdiella un cas de vicariance à
l'échelon subspécifique (cas de Mehdiella slylosa) et un cas de vicariance
à l’échelon spécifique (entre Mehdiella crislata et Mehdiella uncinata).
G. — Genre TACHYGONETRIA Wedl 1862
Espèce-type : Tachygonetria vivipara Wedl 1862
Le genre Tachygonetria comprend presque exclusivement des espèces
parasites de Tesludinidae (1). C’est le genre le plus abondamment repré¬
senté chez les Tortues paléarctiques, qui en possèdent 8 espèces : on en connaît
(1) Trois espèces non parasites de Tesludinidae ont été décrites à notre connaissance :
—- Tachygonetria vioipara Wedl 1862, l’espèce-type du genre, parasite d ’Uromaslix.
— Tachygonetria paronai (Linstow 1893), parasite de Macroscincus ; celte espèce est
insuffisamment décrite et n’appartient peut-être pas au genre Tachygonetria.
■— Tachygonetria longiisthmus Dosse 19-12, parasite d’iguane; cette espèce s'éloigne du
genre Tachygonetria par son œsophage et par l’aspect de la queue du mâle.
Les 3 espèces Tachygonetria massinissae. Tachygonetria lambdiensis et Tachygonetria jugur
thae citées par Seurat dans son tableau de détermination des espèces africaines du genre Tachy¬
gonetria (1918) ne sont accompagnées d’aucune description et leur hôte n’est pas précisé; nous les
considérons donc comme nomen nudum.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX.
Source : MNHM, Paris
98
ANNIE J. PETTER
Fig. 52. — Tachygonelria dcntala denlala (Draschc). A, Femelle, portion an té ri
B, Femelle, portion postérieure; C, Femelle, vue apicale; D, Femelle, extrémité an'i^
s médiane profonde; E, Femelle^ extrémité apicale, vue latérale profonde; F Mai
.' .. irieure. vue ventrale’; H, Mâle’
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
99
2 espèces chez les Tortues malgaches, 6 espèces chez les Tortues sud-afri¬
caines, 1 espèce chez les Tortues des Galapagos et 1 espèce chez les Tortues
du Nouveau Monde.
Le genre est caractérisé par l’extrémité caudale du mâle : elle est
dépourvue d’ailes caudales et brusquement tronquée à l’extrémité, la pointe
caudale terminale ayant complètement disparu ou subsistant seulement
sous forme d’une fine pointe hyaline; les papilles caudales sont situées
latéralement aux angles de l’extrémité tronquée.
1. Tachygonetria dentata (Drasche 1884)
Cette espèce est caractérisée principalement par son œsophage court
et son extrémité antérieure large.
Elle possède 3 sous-espèces vicariantes très proches les unes des autres :
une paléarctique, une malgache et une sud-africaine.
a) Tachygonetria dentata dentata (Drasche 1884) (fig. 52, 53)
Syn. : Oxyuris dentata Drasche 1884; ? Tachygonetria expansa Rees 1935.
Cette espèce est signalée chez Testudo graeca (Testudo graeca graeca
et Testudo graeca ibera) par Drasche (1884), Seurat (1918), Baylis (1923),
Thapar (1925), Rysavy (1958), Forstner (I960), Schad, Kuntz et Wells
(1960). Elle est signalée par Baylis (1923) chez Testudo kleinmanni et par
Dubinina (1949) chez Testudo horsfieldii.
Fig. 53. — Tachygonetria dentata dentata (Drasche). Vue ventrale de la région cloacale.
Rees (1935) décrit chez une Testudo horsfieldii une espèce nouvelle,
Tachygonetria expansa ; les mesures qu’elle indique pour cette espèce et
les figures de la queue du mâle correspondent à celles de Tachygonetria
dentata; nous avons observé sur certains spécimens de Tachygonetria dentata
des formations identiques aux petites «ailes caudales » signalées par Rees;
Tachygonetria expansa nous semble donc être synonyme de Tachygonetria
dentata ou en constituer tout au plus une sous-espèce, Tachygonetria dentata
expansa Rees.
Nous avons nous-même trouvé l’espèce chez les Testudo hermanni
romaines, les Testudo graeca graeca algériennes et marocaines, les Testudo
graeca zarudnyi iraniennes et les Testudo horsfieldii.
Nous en avons donné une description en 1961 (a); nous reproduisons
la planche de figures correspondante et nous y adjoignons une vue ventrale
de la région cloacale du mâle.
Source : MNHN, Paris
100
ANNIE J. PETTER
b) Tachygonetria dentata quentini n. S. sp. (fig. 54).
Nous avons trouvé chez les Tortues sud-africaines une forme extrê¬
mement voisine de la précédente.
Les spécimens que nous décrivons ont été récoltés chez une Testudo
lentoria verreauxi de Kimberley (Z. 203 collection Ortlepp); nous avons
retrouvé l’espèce chez une Testudo pardalis de Victoria West (Z. 1539 collec¬
tion Ortlepp).
Description :
Espèce à œsophage court; femelles d’environ 4 mm, mâles d’environ 1,5 mm-
il existe un léger dimorphisme sexuel de l’extrémité antérieure.
Femelle : Bouche munie de 3 lèvres transparentes; 2 amphides latérales et 8 papilles
en forme de virgules groupées sur un même cercle et disposées en 4 paires submédianes.
A l'extrémité antérieure, les 3 lobes œsophagiens se recourbent vers l’intérieur et portent
une série de dents dont les pointes sont ainsi dirigées vers l’arrière.
Vulve non saillante située exactement au milieu du corps; appareil génital du tvne
habituel.
Source : MNHN, Paris
ÎMATODES
TORTUES TERRESTRES
101
Queue courte et conique.
Principales mensurations d’une femelle longue de 3,8 mm : largeur maximum :
450 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 180 «, 1 mm
et 1,9 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 550 a; longueur de la queue :
280 a; dimensions des œufs : 140 a sur 80 a-
Mdle : Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres; 2 amphides latérales et 8 papilles
arrondies disposées en 4 paires submédianes.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 petites dents.
Queue dorsale de forme trapézoïdale en vue ventrale, portant une paire de papilles
latérales aux angles de l’extrémité et munie d’une fine pointe dorsale de 10 a-
3 paires de papilles au niveau du cloaque; lèvre supérieure du cloaque bilobée;
lèvre inférieure prolongée en un mamelon tronconique.
Spiculé très court, aciculaire; gubernaculum en V très ouvert.
Principales mensurations d’un spécimen de 1,52 mm : largeur maximum : 120 a;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 80 a et 450 a de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 380 a; longueur de la queue : 50 a avec une pointe
hyaline de 10 à 12 a; longueur du spiculé : 40 a-
Discussion :
Cette forme est presque identique à la forme paléarctique; le corps de
la femelle est cependant plus court et d’aspect plus trapu et les papilles
céphaliques ont une forme différente, ce qui justifie la création d’une sous-
espèce : Tachygonelria denlala quenlini.
c) Tachygonelria dentata richardae n. s. sp. (fig. 55)
II existe également chez les Tortues malgaches une forme très voisine
des précédentes; nous l’avons rencontrée chez toutes les Pyxis arachnoïdes
et Tesludo radiata que nous avons autopsiées, à l’exception de la Pyxis
arachnoïdes 85 Q, qui possédait des Atractides.
Les spécimens types ont été pris chez la Pyxis arachnoïdes 82 Q.
Description :
Nous signalerons simplement dans la description les caractères qui la distinguent
des sous-espèces précédentes :
Femelle : Les femelles mesurent environ 4 mm.
Nous donnons les principales mensurations d'une femelle longue de 4.3 mm : largeur
maximum : 350 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 a,
1.2 mm et 2,15 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 650 a; longueur
de la queue : 400 a; dimensions des œufs : 150 a sur 70 a-
La forme des papilles apicales rappelle celle de la sous-espèce sud-africaine.
La queue est plus longue et cllilée que dans les 2 sous-espèces précédentes.
Mâle : les mâles mesurent de 2 mm à 3 mm.
Nous donnons les principales mensurations d’un spécimen de 2,3 mm : largeur
maximum : 160 a; anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 150 a et
850 a de l’extrémité antérieure: longueur de l’œsophage : 500 a; longueur de la queue :
100 a avec une pointe hyaline de 18 a: longueur du spiculé : 70 a.
Nous voyons que la queue est plus longue que dans les 2 sous-espèces précédentes,
avec une pointe hyaline terminale plus développée; le spiculé est également plus long
que dans les 2 sous-espèces précédentes.
Ces différents caractères justifient la création d’une sous-espèce : Tachy¬
gonelria denlala richardae.
Source : MNHN, Paris
102
ANNIE J. PETTER
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 103
d) Tachygonetria dentata sub. sp. (lig. 56)
Chez des Testudo pardalis du Swaziland (collection Fitzsimmons), nous
avons trouvé des femelles appartenant à l’espèce Tachygonetria dentata-,
nous n’avons malheureusement pu trouver les mâles correspondants et
nous ne savons donc à quelle sous-espèce attribuer ces spécimens.
La forme des papilles apicales est semblable à celle des sous-espèces
sud-africaines et malgaches, et la queue longue et effilée rappelle plutôt
la sous-espèce malgache.
Nous donnons les principales mensurations d'une femelle longue de 3,8 mm : largeur
maximum : 320 n; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 150 u,
925 u, et 1,8 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 500 u; longueur de
la queue : 450 n.
2. Tachygonetria macrolaimus (Linstow 1899)
Cette espèce est caractérisée par son extrémité antérieure effilée et
conique et par sa queue très longue chez la femelle.
Elle possède 3 sous-espèces vicariantes, une paléarctique, une malgache
et une sud-africaine.
Linstow a décrit en 1899 chez une Testudo pardalis africaine 2 espèces
nouvelles : Oxyuris macrolaimus et Oxyuris microlaimus. Oxyuris macrolaimus
a été retrouvée par Seurat (1918) chez Testudo graeca qui l’a placée dans
le genre Tachygonetria, et a été signalée ensuite par plusieurs auteurs chez
Testudo graeca (Thapar 1925, Schad, Kuntz et Wells 1960) et Testudo
horsfieldii (Dubinina 1949). Or, nous avons nous-même retrouvé chez plu¬
sieurs Testudo pardalis l’espèce décrite par Linstow et constaté que les
formes parasites des Testudo pardalis et celles parasites des Tortues paléarc-
tiques constituaient 2 sous-espèces différentes; la sous-espèce type est donc
celle qui a été décrite par Linstow, c’est-à-dire la forme parasite des Testudo
pardalis.
a) Tachygonetria macrolaimus macrolaimus (Linstow 1899) (fig. 57)
Syn. : Oxyuris macrolaimus Linstow 1899.
L’espèce est signalée par Linstow chez une Testudo pardalis du
Berliner Aquarium.
Nous l’avons nous-même trouvée chez 3 Testudo pardalis du Jardin
Zoologique National de Prétoria et 3 Testudo pardalis du Swaziland (collection
Fitzsimmons).
La description correspond à des spécimens de la Testudo pardalis 106 Q
du Jardin Zoologique National de Pretoria.
Description :
Espèce à corps long et mince (femelles d’environ 5 mm, mâles de 2,5 mm à 3 mm)
et à extrémités ellllées. Il existe un léger dimorphisme sexuel de l'extrémité apicale :
la bouche est triangulaire chez le mâle comme chez la femelle, mais alors que chez
la femelle elle est bordée par 3 lèvres transparentes, chez le mâle il existe 6 lèvres (ou
3 lèvres échancrées jusqu'à leur base); 2 amphides latérales et 4 papilles submédianes;
cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes qui dessinent 4 anses submédianes.
Extrémité, antérieure de l’œsophage munie de 3 longues dents dressées.
Source : MNHN, Paris
Fio. 56. — Tachggonelria denlata sub. sp. (Femelle trouvée chez une Tesludo pardalis
du Swaziland). A, Femelle, vue latérale; B, Femelle, vue apicale superficielle; C, Femelle,
vue apicale profonde.
A : échelle : 500 n; B, C : échelle : 50 it.
Source : MNHN, Paris
Fig. 57. — J'achygonetria macrolainuis macrolaimus (Linstow). A, Femelle, vue latérale;
B, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale (l’amphide superficielle est indiquée en
tirets); C, Femelle, vue apicale (les 3 lèvres transparentes sont dressées perpendiculai¬
rement à la surface apicale); D, Mâle, vue latérale; E, Mâle, vue apicale (les 6 lèvres sont
dressées perpendiculairement à la surface apicale); F, Mâle, extrémité postérieure, vue
ventrale; G, Mâle, région cloacale, vue ventrale; H, Mâle, extrémité postérieure, vue
latérale.
A, D : échelle : 500 a; B, C, E, G : échelle ; 50 a; F, H : échelle : 100 a.
Source : MNHN, Paris
106
ANNIE J. PETTER
Fig. 58. ■— Tachygonetria macrolaimus palcarcticus (Seurat). A, Femelle portion
antérieure, vue latérale; B, Femelle, extrémité postérieure, vue latérale; G, Femelle, vue
apicale; D, Œuf; E, Femelle, ovéjecteur; F, Femelle, extrémité apicale, vue latérale-
G, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; H, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale-
1, Mâle, vue apicale; J, Mâle, vue latérale. D’après Petter, 1961.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
107
Femelle : Vulve légèrement postérieure au milieu du corps; appareil génital du
type habituel.
Queue très longue et effilée.
Principales mensurations d’une femelle longue de 5,16 mm : largeur maximum :
350 n; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 300 a, 1,6 mm et
2,76 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 1,55 mm; longueur de la
queue : 750 a; dimensions des œufs : 130 a sur 80 a.
Mâle : Queue dorsale portant une paire de papilles latérales aux angles de son extré¬
mité tronquée; chez certains individus, elle peut être munie d’une pointe hyaline d’une
dizaine de a.
3 paires de papilles au niveau du cloaque, la paire antérieure est munie d’un petit
lobe postérieur; par-dessus la lèvre supérieure du cloaque, se trouve une membrane
ventrale superficielle découpée en plusieurs lobes; lèvre supérieure du cloaque bilobée;
lèvre inférieure prolongée en un mamelon tronconique.
Spiculé long, élargi dans sa région moyenne et terminé à son extrémité distale en
une longue pointe effilée. Gubernaculum en V.
Principales mensurations d’un mâle long de 2,76 mm : largeur maximum ; 150 a;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 250 a et 1,05 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 750 a; longueur de la queue : 80 a; longueur du
spiculé : 130 a.
Discussion :
La description est les figures de Linstow correspondent à notre espèce,
mais ses femelles sont plus petites.
b) Tachygonetria macrolaimus palearclicus n. s. sp. (fig. 58, 59)
Syn. : Tachygonetria macrolaimus Seurat; non Tachygonetria macrolaimus
sensu Thapar 1925 et Dubinina 1949; Tachygonetria conica o sensu Thapar
1925 et Dubinina 1949; Tachygonetria pusilla $ sensu Thapar 1925 et Dubi-
nine 1949; Tachygonetria macrolaimus Petter 1961.
Fig. 59. — Tachygonetria macrolaimus palearclicus (Seurat). A, Mâle, vue apicale;
B, Vue ventrale de la région cloacale.
Nous avons trouvé cette espèce chez les Tesludo hermanni romaines,
les Tesludo graeca graeca marocaines et algériennes, les Testudo graeca
zarudnyi iraniennes et les Tesludo horsfieldii.
Nous en avons donné une description en 1961 (a) et nous ferons simplement ici
quelques remarques :
•— la longueur de la queue des femelles varie beaucoup suivant l'hôte ; alors qu'elle
est de 600 u chez les Tortues algériennes, elle atteint 1 000 « chez les Tortues iraniennes.
— la queue des mâles est chez certains individus munie d’une pointe hyaline dont
la longueur et la forme sont variables.
— on observe par-dessus la lèvre supérieure du cloaque une membrane ventrale
superficielle peu visible, découpée en 7 à 8 lobes allongés.
Source : MNHN, Paris
108
ANNIE J. PETTER
Discussion :
Cette forme est très voisine de la précédente, les 2 sous-espèces se
distinguent principalement par leurs structures apicales :
Dans la forme paléarctique, l’ouverture buccale est en forme de Y, alors
qu’elle est triangulaire dans la forme sud-africaine; de plus, les mâles de la
forme paléarctique ont une structure apicale tout à fait semblable à celle
des femelles, alors que chez les mâles de la forme sud-africaine la bouche
possède 0 lèvres; la forme sud-africaine semble donc moins évoluée.
c) Tachygonetria macrolaimus dessetae n. s. sp. (fig. 60).
Nous avons trouvé une 3 e sous-espèce chez les Pyxix arachnoïdes et
les Tesludo radiata malgaches.
La description correspond aux spécimens de la Pyxis arachnoïdes 82 Q •
Description :
Les spécimens parasites des Pyxis sont de petite taille (femelles d’environ 3 mm
mâles de 1.5 mm à 2,5 mm).
La structure apicale est semblable à celle de la forme paléarclique : bouche triradiée
avec ;{ pièces chitinoïdes coilfant les 3 sommets de l’Y en profondeur.
Femelle : Mensurations d’une femelle de 2,9 mm : largeur maximum : 250 a; anneau
nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 u, 1,05 mm et 1,7 mm de
l'extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1 mm; longueur de la queue : 350 „•
dimensions des œufs : 130 u sur 60 u-
Les femelles parasites de la Tesludo radiata 101 Q sont beaucoup plus grandes •
4.8 mm avec une queue de 880 a-
Chez les spécimens parasites de la Pyxis arachnoïdes, la vulve n’est jamais saillante •
elle l’est légèrement chez certains individus parasites de la Tesludo radiata 101 Q.
Mille : Mensurations d’un mâle de 2,3 mm : largeur maximum : 120 g; anneau
nerveux à 200 -j. de l’extrémité antérieure; pore excréteur postbulbairc; longueur de
l'œsophage : 700 a: longueur de la queue : 70 a; longueur du spiculé : 90 a-
Certains spécimens possèdent une fine pointe hyaline à l’extrémité de la queue
Le spiculé est plus court et ne présente pas une dilatation de la région moyenne
aussi nette que dans les 2 sous-espèces précédentes.
il existe comme dans la forme paléarctique une membrane ventrale superficielle
découpée en plusieurs lobes allongés.
Discussion :
Cette sous-espèce se distingue des 2 précédentes principalement par la
longueur plus faible et la forme plus simple de son spiculé.
3. Tachygonetria microlaimus (Linstow 1899) (fig. 61)
Syn. : Oxyuris microlaimus Linstow 1899; nec Tachygonetria micro¬
laimus sensu Thapar 1925; nec Tachygonetria microlaimus sensu Petter 1961
Linstow a décrit en 1899 l’espèce Oxyuris microlaimus chez une Tesludo
pardalis africaine; l’espèce a ensuite été placée par Seurat (1918) dans le
genre Tachygonetria. Plus tard, Thapar (1925), puis nous-même en 1961
avons attribué le nom de Tachygonetria microlaimus à des femelles et des
mâles parasites de Tesludo graeca: alors que les mâles correspondaient à
peu près à la description de Linstow, les femelles étaient complètement
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
109
différentes. Nous avons par la suite, en étudiant la faune des Testudo pardalis,
trouvé une espèce qui nous paraît correspondre à celle de Linstow; cette
espèce est complètement différente de celles que Thapar et nous-même
avions appelées Tachygonclria microlaimus et semble n’exister que chez
les Tortues d’Afrique australe.
Fig. 60. — Tachygonelria macrolaimus desselae n. s. sp. A, Femelle, vue latérale;
B, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale (l’amphide superficielle est indiquée en tirets) ;
C, Femelle, vue apicale superficielle; D, Femelle, vue apicale profonde; E, Mâle, vue
latérale; F, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; G, Mâle, extrémité postérieure,
vue latérale; H, Œuf; I, Mâle, vue apicale; J, Région cloacale, vue ventrale.
A ; échelle : 500 a; B, C, D, I, J : échelle : 50 a; E : échelle : 1 000 a; F, G ; échelle :
75 a; H : échelle : 100 a-
Nous avons trouvé l’espèce chez les Testudo pardalis du Jardin Zoolo¬
gique National de Pretoria et chez les Testudo pardalis du Swaziland
(collection Fitzsimmons).
La description correspond à des spécimens de la Testudo pardalis 106 Q
du Jardin Zoologique National de Pretoria.
Source : MNHN, Paris
lit)
ANNIE J. PETTER
Description :
Espèce à corps long et mince (femelles d’environ 5 mm, mâles de 2,5 à 3 mm), à
extrémité antérieure fine; elle est caractérisée chez la femelle par une vulve légèrement
antérieure au milieu du corps et une queue très longue et eililée.
Il existe un léger dimorphisme sexuel de l'extrémité apicale : la bouche, triangulaire
est munie de 3 lèvres chez la femelle, alors qu’elle possède 6 lèvres chez le mâle ; 2 amphides
latérales et 4 papilles submédianes; cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes qui
dessinent 4 anses submédianes simples.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents dressées.
Femelle : la vulve, non saillante, est antérieure au milieu du corps, ce qui est une
exception dans le genre Tachygonelria ; l’appareil génital est du type habituel.
La queue est extrêmement longue et effilée.
Principales mensurations d’une femelle longue de 5,4 mm : largeur maximum •
250 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 160 a, 1,32 mm
et 2,0 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,25 mm; longueur de la
queue : 1,22 mm; dimensions des œufs : 140 a/80 a.
Les femelles parasites des Testudo pardalis du Swaziland sont plus petites : elles
mesurent 4 mm en moyenne.
Mâle : Queue dorsale portant une paire de papilles latérales aux angles de son
extrémité tronquée; elle est souvent munie d’une fine pointe hyaline d’une dizaine de
mais celle-ci peut être réduite à un petit bouton ou faire complètement défaut. ’
3 paires de papilles au niveau du cloaque; la paire antérieure est munie d’un lobe
postérieur; lèvre supérieure du cloaque bilobéc, lèvre inférieure prolongée en un mamelon
tronconique; par-dessus la lèvre supérieure du cloaque, se trouve une membrane super¬
ficielle incisée en son milieu.
Spiculé simple, aciculaire; gubernaculum en V.
Principales mensurations d’un mâle long de 2,7 mm : largeur maximum : 180 g-
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 200 g et 950 g de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 750 g; longueur de la queue : 100 g; longueur du
spiculé : 100 g.
Discussion :
Nous avons identifié cette espèce à l'Oxyuris microlaimus de Linstow
bien que l’œsophage dans la description de Linstow soit beaucoup plus
court que dans la nôtre; en effet, ses figures représentant la queue du mâle
correspondent parfaitement aux nôtres, et la vulve est antérieure au milieu
du corps dans les 2 cas.
Cette espèce est très proche de Tachygonelria macrolaimus macrolaimus
décrite plus haut, à laquelle nous l’avons toujours trouvée associée.
Les femelles des 2 espèces ont un aspect général très proche, et une
structure apicale identique; elles diffèrent cependant par 3 caractères très
nets :
— la position de la vulve : elle est antérieure au milieu du corps chez
Tachygonelria microlaimus, et postérieure chez Tachygonelria macrolaimus-
— la longueur de la queue : elle est plus longue chez Tachygonetrià
microlaimus-,
— la longueur de l’œsophage : il est plus court chez Tachygonetria
microlaimus.
Les mâles des 2 espèces par contre sont très difficiles à distinguer •
la pointe hyaline signalée par Linstow chez Tachygonelria microlaimus
peut se trouver chez les 2 espèces; la queue est peut-être légèrement plus
longue chez Tachygonelria microlaimus, mais le caractère le plus net concerne
le spiculé, qui est plus court et de forme plus simple chez Tachygonelria
microlaimus.
Source : MNHN, Paris
Fig. 61. — Tachygonelria microlaimus (Linstow). A, Femelle, vue latérale: B, Femelle,
vue apicale; C, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale (l’amphide superficielle est
indiquée en tirets); D, Mâle, vue latérale; E, Mâle, vue apicale; F, Mâle, extrémité posté¬
rieure, vue ventrale; G, Région cloacale, vue ventrale; H, Mâle, extrémité postérieure,
vue latérale.
A, D : échelle : 500 n; B, C, E, G : échelle : 50 n; F, H; échelle : 100 u.
Source : MNHN, Paris
112
ANNIE J. PETTER
4. Tachygonetria longicollis (Schneider 1866)
Cette espèce possède d’une part plusieurs formes paléarctiques difficiles
à distinguer les unes des autres, d’autre part une forme sud-africaine.
a) Formes paléarctiques.
1° Difficultés particulières à leur élude.
L’espèce Tachygonetria longicollis a été décrite pour la l re fois d’une
manière peu détaillée par Schneider (1866) chez une Testudo graeca d’ori¬
gine inconnue; le nom de Tachygonetria longicollis a été attribué ensuite
suivant les auteurs à plusieurs formes qui différaient principalement par
la longueur des queues chez les femelles et la forme des spiculés chez les
mâles. Nous avons essayé de distinguer plusieurs sous-espèces parmi ces
formes, mais le problème est très difficile à résoudre.
Envisageons le cas des femelles:
Dans la faune du côlon d’une Tortue donnée, nous pouvons générale¬
ment distinguer à première vue 2 types de formes, présentant des structures
apicales identiques et des œsophages de même longueur, mais différant
par la longueur de la queue. Cependant, il existe certains individus qui
paraissent intermédiaires entre les 2 types, et si nous mesurons la longueur
de la queue chez un grand nombre d’individus prélevés au hasard, nous cons¬
tatons qu’elle varie d’une manière continue, si bien que nous ne savons
comment délimiter les 2 sous-espèces.
Nous avons établi pour savoir si nous avions réellement affaire à plu¬
sieurs sous-espèces, des diagrammes de dispersion (fig. 62), en portant en
abscisse la longueur de l’œsophage (1) et en ordonnée la longueur de la
queue d’une centaine d’individus de l’espèce Tachygonetria longicollis
prélevés au hasard chez une Tortue.
Cependant l'interprétation de ces diagrammes se heurte à plusieurs
difficultés :
— Il est connu en Parasitologie que la taille d’un Parasite varie avec
la taille de l’hôte et le pourcentage d’infestation; nous avons vérifié ce phé¬
nomène chez les différentes espèces d’Oxyures qui parasitent les Tortues :
chez les Testudo graeca zarudnyi iraniennes de grande taille, les femelles
d’Oxyures sont plus grandes et ont la queue plus longue que les femelles
des mêmes espèces qui parasitent les Testudo graeca graeca nord-africaines;
dans ces conditions, une même sous-espèce occupera des positions différentes
sur les diagrammes correspondant à des Tortues de tailles différentes.
— Nous savons que les femelles d’Oxyures grandissent une fois qu’elles
ont atteint leur maturité sexuelle et que les proportions relatives d’un indi¬
vidu varient au cours de la croissance. Or, la population d’Oxyures d’une
Tortue s’est vraisemblablement formée par plusieurs infestations distinctes
et comprend donc plusieurs séries de femelles d’âges différents; dans ces
(1) Nous avons choisi la longueur de l'oesophage plutôt que la longueur totale, car l'œso¬
phage étant rigide, sa longueur se trouve moins modifiée par la fixation.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
113
Fig. 62. — Diagrammes de dispersion mellanl en évidence les sous-esptces de Tachygo-
nelria longicollis :
Nous avons effectué ces diagrammes chez 3 Tortues provenant respectivement du
Maroc (72 Q), de la région transcaspicnne (63 Q), et d’Iran (47 Q).
Nous avons dans chaque cas prélevé au hasard une centaine d’individus appartenant
à l’espèce Tachygonelria longicollis : chaque point correspond à un individu dont nous
avons porté en abscisse la longueur de l’œsophage et en ordonnée la longueur de la queue.
Nous voyons que, dans les 3 cas, il existe deux nuages différents, ce qui indique
l’existence de 2 sous-espèces, mais que les centres de ces nuages ne se situent pas au même
endroit pour les Tortues des 3 régions.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 8
Source : MNHN, Paris
114
ANNIE J. PETTER
conditions, la même sous-espèce peut se trouver représentée sur le diagramme
par plusieurs nuages différents, chaque nuage correspondant à une infes¬
tation et à une série de femelles du même âge.
— Enfin, les différentes sous-espèces ne sont pas représentées dans les
mêmes proportions, et il peut exister des sous-espèces rares qui dans un
groupe d’individus prélevés au hasard seront représentées en trop petite
quantité pour que leur existence apparaisse sur un diagramme.
Néanmoins, nous avons constaté en construisant les diagrammes chez
plusieurs Tortues d'origines géographiques diverses, que l’on obtenait chaque
fois 2 nuages distincts, bien que chez des Tortues d’origines différentes, ces
nuages n’occupent pas la même position sur les diagrammes.
La constance du phénomène semble donc indiquer qu’il existe 2 sous-
espèces, une à queue courte et une à queue longue, chacune de ces sous-
espèces présentant des variations géographiques.
Chez les Tortues d’Afrique du Nord, nous avons distingué une 3*
variété de femelles, de même structure apicale, mais caractérisée par l’aspect
robuste du corps et la queue conique très courte et massive.
Cette variété est également difficile à définir car il existe des individus
intermédiaires entre elle et la variété à queue courte dont nous avons parlé
plus haut, mais elle est représentée d’une manière trop peu abondante pour
que son existence apparaisse sur des diagrammes.
Considérons maintenant le cas des mâles:
Comme pour les femelles, nous retrouvons chez la plupart des Tortues
la présence constante de 2 types de mâles; ces mâles ont un aspect général
semblable, des structures apicales identiques, mais possèdent 2 types de
spiculés :
— soit des spiculés de forme simple, aciculaires;
— soit des spiculés d’allure plus robuste, et généralement munis à peu
de distance de leur extrémité de 2 paires de barbillons.
Chez les Tortues d’Afrique du Nord, il existe une 3 e variété de mâles,
dont le spiculé est muni près de l’extrémité postérieure d’une paire de lobes
lui donnant l’aspect de la fleur de Lys.
Cependant, la distinction entre les différents types de mâles présente
plusieurs difficultés :
1° Les mâles possédant des spiculés d’allure robuste ont en général un
aspect plus trapu et une tête plus large que les autres, mais il existe des
exceptions, certains mâles d’aspect trapu ayant un spiculé fin et lisse.
2° De plus la distinction enlre les 2 sortes de spiculés est quelquefois
difficile à faire : les 2 paires de barbes sont remplacées chez certains individus
par 2 ailes à bord libre denticulé; ces ailes sont quelquefois peu développées
et leur bord peut devenir lisse, si bien qu’il existe tous les intermédiaires
entre les 2 catégories.
3» La forme des spiculés présente une certaine variation suivant les
régions : ainsi, chez les Tesludo horsfieldii, les spiculés à 2 barbes sont brus¬
quement tronqués après la 2 e paire de barbillons.
Chez les Tortues iraniennes, nous n’avons jamais trouvé de spiculés
à 2 barbes, les spiculés robustes sont simplement parfois munis d’ailes à
bord denticulé. (fig. 65 F).
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
115
Si nous admettons qu'il existe 3 sous-espèces, le problème se pose
d’apparier les mâles avec les femelles correspondantes :
Nous apparions les femelles à corps robuste avec les mâles à spiculés
munis d’une paire de lobes, puisque chacune de ces formes ne se trouve
qu’en Afrique du Nord.
En ce qui concerne les 2 autres sous-espèces, nous n’avons aucune
raison morphologique d’apparier les mâles à spiculés robustes avec une forme
de femelles plutôt qu’avec l’autre, mais ceux-ci étant moins fréquents que
les mâles à spiculés fins, nous supposons qu’ils correspondent aux femelles
à queues longues, moins fréquentes que les femelles à queues courtes.
Après avoir rappelé les caractères communs à toute l’espèce, nous
décrirons les sous-espèces que nous avons distinguées chez les Tortues
d’Afrique du Nord, puis nous signalerons brièvement les caractères qui sont
particuliers aux autres variétés géographiques que nous avons rencontrées.
2° Caractères communs à l’espèce :
Espèce à œsophage très long, à extrémité apicale plate.
Il existe un dimorphisme sexuel de l'extrémité antérieure, la bouche est en eilel
munie de 3 lèvres transparentes chez la femelle, alors qu’elle possède 6 lèvres chez le
mâle (1).
2 amphides latérales et 4 petites papilles submédianes; cycle interne de 6 papilles;
cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses dessinant 4 anses submédianes.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents dressées sur de fins pédicules.
Femelle : vulve légèrement postérieure au milieu du corps; appareil génital du type
habituel.
Mâle : Queue dorsale tronquée à l’extrémité, et portant une paire de papilles latérales
aux angles de l’extrémité tronquée; chez certains spécimens, cette queue est munie d’une
fine pointe hyaline.
3 paires de papilles au niveau du cloaque, la paire antérieure est munie d’un petit
lobe postérieur; lèvre supérieure du cloaque bilobée; lèvre inférieure prolongée en un
mamelon tronconique; par-dessus la lèvre supérieure, on observe une membrane ventrale
superficielle plus ou moins déchiquetée suivant les individus. Gubcrnaculum en V.
3° Sous-espèces nord-africaines.
Nous avons vu que l’on pouvait distinguer en Afrique du Nord 3 sous-
espèces :
Tachygonetria longicollis longicollis (Schneider) (fig. 63).
Syn. : Oxyuris longicollis Schneider 1866; Oxyuris longicollis Drasche
1884; Paracis longicollis Railliet et Henry 1916; Tachygonetria micro-
laimus $ sensu Thapar 1925; Tachygonetria lesludinis Forstner 1960.
Chez cette sous-espèce, les femelles ont une queue courte et les mâles
un spiculé lisse.
Le spiculé du Tachygonetria longicollis de Schneider étant lisse, nous
attribuons la description de Schneider à cette sous-espèce qui représente
donc la sous-espèce type : Tachygonetria longicollis longicollis.
(1) Dans notre
eo/fis une bouche h 3
duient en réalité 6.
publication de 1961b nous décrivons chez les mâles de Tachyoonctria lonyi-
levres mais une étude plus approfondie nous a montré qu’ils en possé-
Source : MNHN, Paris
ANNI J. PETTER
116
A cette sous-espèce correspondent toutes les descriptions de Tachy-
gonetria longicollis parasites de Testudo graeca dans lesquelles le spiculé
n'a pas do barbillons : celle de Drasche (1884), de Rysavy (1958), de
Forstner (1960).
D’après le tableau de détermination de Seurat (1918), il lui correspond
vraisemblablement aussi l’espèce Tachygonetria massinissae, bien que Seurat
ne donne pas de description de cette espèce et n’en précise pas l'hôte.
A, Femelle, vue latérale; B, Femelle, vue apicale; C, Femelle, queue; D, Mâle, vue latérale;
E, Mâle, vue apicale; F, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; G, Mâle, extrémité pos¬
térieure. vue ventrale; H, Mâle, région cloacale, vue ventrale; I, J, Spiculés de 2 spé¬
cimens montrant les variations morphologiques que peuvent présenter ces spiculés.
A. D : échelle : 500 a; B, E, H : échelle : 25 a; C : échelle : 100 a; F, G, 1, J : échelle :
50 a.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
117
De plus, nous mettons en synonymie avec cette sous-espèce les femelles
de Tachygonclria microlaimus décrites par Thapar (1925), dont l’aspect
et les dimensions correspondent, et le Tachygonetria lesludinis de Forstner
(1960) : les différences qu’il donne entre cette espèce et Tachygonetria longi-
collis nous semblent en effet ne pas sortir du cadre des variations individuelles.
Nous donnons les mensurations et les figures de spécimens prélevés
chez des Tortues marocaines (la femelle a été prélevée chez la Tortue 72 Q,
et le mâle chez la Tortue 11 Q).
Femelle : Principales mensurations d’une femelle longue de 3,75 mm : largeur maxi¬
mum : 350 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 120 a,
1,4 mm et 2,45 mm de l'extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,5 mm; longueur
de la queue : 200 a.
— Par rapport à la sous-espèce à queue longue que l’on trouve dans le même hôte,
l’intestin présente sa largeur maximum à quelque distance du bulbe et non immédiate¬
ment en dessous comme c’est le cas dans l’autre sous-espèce.
— La longueur de la queue dans cette variété mesure en moyenne 150 a, mais elle
varie de 120 a à 230 a.
Mâle : Principales mensurations d'un mâle long de 3,1 mm : largeur maximum :
180 a; anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 250 a et 1.150 a de
l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 900 a; longueur de la queue : 70 a; lon¬
gueur du spiculé : 80 a-
— Le spiculé est mince, avec son extrémité proximale élargie et son extrémité
distale généralement taillée en biseau en vue latérale.
Tachygonetria longicollis pusilla (Seurat). (fig. 64)
Syn. : Tachygonetria pusilla Seurat 1918.
Chez cette sous-espèce les femelles ont une queue longue et les mâles
un spiculé muni de 2 paires de barbillons.
Elle correspond aussi bien pour les mâles que pour les femelles à l’espèce
Tachygonetria pusilla de Seurat, nous en faisons donc la sous-espèce :
Tachygonetria longicollis pusilla (Seurat).
Nous donnons les mensurations et les figures de spécimens prélevés
chez des Tortues marocaines (la femelle a été prélevée chez la Tortue 72 Q,
et le mâle chez la Tortue 11 Q).
Femelle : Principales mensurations d'une femelle longue de 3,4 mm : largeur maxi¬
mum : 300 n: anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 175 a.
1,29 mm et 2,17 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1.34 mm; lon¬
gueur de la queue ; 325 4.
— La longueur de la queue dans cette variété varie entre 250 a et 340 a-
Mâle : Principales mensurations d’un mâle long de 3 mm : largeur maximum :
200 a; anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 200 a et 1,15 111m de
l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 1 mm; longueur de la queue : 70 a;
longueur du spiculé : 110 a-
— Le spiculé est robuste, son extrémité proximale élargie et son extrémité distalc
munie de 2 paires de barbillons latéraux.
Tachygonetria longicollis setosa (Seurat). (fig. 65, A, B, C, D)
Syn. : Tachygonetria longicollis Seurat 1918; Tachygonetria setosa
Seurat 1918; Tachygonetria longicollis $ sensu Thapar 1925; Tachygo¬
netria pusilla 3 sensu Thapar 1925.
Chez cette sous-espèce, les femelles ont un corps robuste et une queue
très courte, et les mâles un spiculé muni d’une paire de lobes latéraux.
Source : MNHN, Paris
118
ANNIE
ETTER
Elle correspond aux 2 espèces que Seurat a décrites sous les noms
de Tachggonelria longicollis et Tachygonetria setosa, espèces qui ont été
mises plus tard en synonymie; nous en faisons donc la sous-espèce Tachy¬
gonetria longicollis setosa (Seurat).
La femelle de cette variété correspond à la femelle du Tachygonetria
longicollis de Thapar et le mâle au mâle du Tachygonetria pusilla de Thapar.
Nous donnons les mensurations et les ligures d’une femelle prélevée chez la Tortue
marocaine 72 Q :
Principales mensurations d'une femelle longue de 4,6 mm : largeur maximum :
450 a: anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 u, 1,75 mm
et 3,14 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’oesophage : 1,82 mm; longueur de
la queue : 140 a.
Chez les mâles, le spiculé mesure environ 80 u, son extrémité postérieure est munie
d’une paire de lobes qui lui donnent l’aspect de la fleur de lys; l’aspect général est semblable
à celui de la sous-espèce précédente.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
119
E, Spiculé de la variété transcaspicnne de Tachygonetria longicollis pusilla (Seurat);
F, Spiculé d’un Tachygonetria longicollis iranien (prélevé chez la Tortue 81 Q).
A : échelle : 500 n; B : échelle : 100 n; C, D, E, F : échelle : 25 u-
Source : MNHN, Paris
120 ANNIE J. PETTER
4° Variétés trouvées chez les Tesludo horsfiéldii :
Nous trouvons chez les Tesludo horsfiéldii 2 sous-espèces qui sont des
variétés des sous-espèces Tachygonetria longicollis longicollis et Tachygo-
nelria longicollis pusilla.
Tachygonetria longicollis longicollis variété des Testudo horsfielddii.
Syn. : Tachygonetria torticollis Rees 1935.
Elle se distingue de la variété nord-africaine par une tête plus large
(60 |i en moyenne) et une queue plus longue (230 n en moyenne) chez les
femelles.
Nous mettons en synonymie avec cette variété l’espèce Tachygonetria
torticollis décrite par Rees (1935) chez Testudo horsfiéldii : le seul caractère
qui l’oppose à l’espèce Tachygonetria longicollis est en effet la torsion de
l'oesophage, or ce caractère nous semble être un artefact dû à la fixation,
l'œsophage s’étant tordu par suite de la contraction du corps.
Tachygonetria longicollis pusilla variété des Testudo horsfiéldii. (fig. 65, E)
Elle se distingue de la variété nord-africaine :
— chez les femelles, par une queue plus longue : la longueur de la queue
varie entre 320 n et 450 n;
— chez les mâles, par un spiculé tronqué immédiatement en dessous de
la 2 e paire de barbillons.
5° Variétés trouvées chez les Tesludo graeca zarudnyi iraniennes.
Nous avons vu que l’on trouvait chez ces Tortues 2 sortes de femelles
(à queue courte et à queue longue), mais uniquement des mâles à spiculés
lisses, parmi lesquels nous avons cru distinguer des spiculés fins et des
spiculés robustes.
Nous supposons par analogie avec ce qui se passe chez les Tortues
nord-africaines que les femelles à queue courte correspondent aux mâles
à spiculés fins, et que nous avons ainsi la variété iranienne de Tachygonelria
longicollis longicollis : la longueur des queues chez les femelles de cette
variété varie de 200 n à 250 |i.
Les femelles à queue longue paraissent donc correspondre aux mâles à
spiculés robustes, et constituer une sous-espèce particulière aux Tortues
iraniennes; nous préférons cependant ne pas la désigner nominale¬
ment, car notre attribution des mâles aux femelles est trop arbitraire.
La longueur des queues chez les femelles de cette sous-espèce varie
de 300 |i à 500 n.
b ) Forme sud-africaine.
Tachygonetria longicollis fltzsimmonsi n. s. sp. (fig. 66)
Nous avons trouvé chez les Testudo pardalis sud-africaines une forme
vicariante de l’espèce Tachygonetria longicollis.
Il semble qu’il n’existe là qu’une seule variété.
L’espèce a été rencontrée chez les Testudo pardalis du Jardin Zoologique
National de Pretoria et les Tesludo pardalis du Swaziland (collection Fitz-
simmons).
Source : MNHN, Paris
50
A, D : échelle : 500 n; B, C, E : échelle : 50 n; F, G : échelle : 100 u.
Source : MNHN, Paris
122
ANNIE J. PETTER
La description correspond aux spécimens de la Tesludo pardalis 106 Q
de Pretoria.
Description :
Principales mensurations d’une lemelle longue de 5,4 mm : largeur maximum :
350 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 300 a, 1,76 mm
et 3,12 mm de l’extrémité anterieure; longueur de l’œsophage : 1.7 mm; longueur de
la queue : 610 a; dimensions des œufs : 150 a/70 n.
Principales mensurations d'un mâle long de 2,75 mm : largeur maximum : 180 a -
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 200 a et 1,08 min de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 1 mm; longueur de la queue : 70 a; longueur du
spiculé : 100 a-
L’extrémité apicale, chez le mâle et chez la femelle, et l’extrémité antérieure de
l'œsophage présentent le même aspect que dans la forme paléarctique.
La queue du mâle est semblable à celle de la forme paléarctique.
Le spiculé est simple, dépourvu de barbillons et son extrémité distale apparaît
taillée en biseau en vue latérale.
Discussion :
Cette forme, très voisine des formes paléarctiques de Tachygonetria
longicollis, s’en distingue chez les femelles par la taille plus grande, là queue
plus longue et 1’œsophage relativement plus court; les mâles nous paraissent
indistinguables.
L’espèce se distingue de Tachygonetria macrolainms macrolaimus et de
Tachygonetria microlaimus, qui parasitent le même hôte, par la tête plus
large et la queue plus courte chez le mâle.
5. Tachygonetria seurati n. sp. (lig. 67, 68)
Syn. ; Tachygonetria microlaimus £ sensu Thapar 1925; Tachygonetria
microlaimus sensu Petter 1961.
Chez certaines Tesludo graeca d’Afrique du Nord, nous avons trouvé
une espèce rare que nous avons décrite en 1961 b sous le nom de Tachu-
gonelria microlaimus, en raison de la ressemblance de la queue du mâle
avec celle de l’espèce décrite par Linstow (1899) chez Tesludo pardalis
L’étude de la faune des Tesludo pardalis nous a fait retrouver l’espèce de
Linstow, qui est complètement différente de celle-ci ; nous donnons donc
à l’espèce un nom nouveau ; Tachygonetria seurati.
Nous en avons donné une description en 1961 b. Nous redonnons une
planche de figures et les dimensions d’une femelle prélevée chez la Tortue
72 Q, afin de permettre la comparaison avec les femelles des variétés de
Tachygonetria longicollis prélevées dans la même Tortue et dont nous avons
donné les figures (fig 63 à 65).
Principales mensurations d’une femelle longue de 4,12 mm : largeur maximum
350 ti; anneau nerveux, porc excréteur et vulve situés respectivement à 200 i*. 1 5 m
et 2,6 mm de l’extrémitc antérieure; longueur de l’œsophage : 1,45 mm; longueur de l"
queue : 300 n. a
Cette espèce est très proche de Tachygonetria longicollis-, les mâles se
distinguent des mâles de cette espèce par une tête plus large et une queue
plus longue; les femelles pourraient être confondues avec les femelles de
la sous-espèce de grande taille, Tachygonetria longicollis setosa; elles s’en
distinguent par une tête plus large, une queue beaucoup plus longue et
effilée, et une structure apicale différente.
Source : MNHNParis
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
123
La structure apicale de la femelle de Tachygonelria microlaimus rappelle
celle de la femelle de Alaeuris numidica, les 2 espèces se distinguent cepen¬
dant par la longueur des queues.
de surface); D, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; E, Mâle, extrémité postérieure,
vue latérale; F, Mâle, vue apicale: G. Mâle, vue latérale. D’après Petter, 1961.
Source : MNHN, Paris
124
ANNIE J. PETTER
Fio. 68. •— Tacliygonetria seurati n. sp. Femelle prélevée chez la Tortue 72 Q.
A. Femelle, vue latérale; B, Femelle, queue; C, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale.
C. Tachygonetria conica (Drasche 188-1)
Syn. : Oxyuris conica Drasclie 1884; Tacliygonetria conica Ç sensu
Thapar 1925 et Dubinina 1949, nec o sensu Thapar 1925 et Dubinina 1949-
Tacliygonetria longicollis <J sensu Thapar 1925 et Dubinina 1949; Tachy-
gonetria slylosa c? sensu Thapar 1925; Tacliygonetria lobata Dubinina 1949.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
125
Cette espèce est caractérisée par sa bouche munie de 3 grandes lèvres
hyalines dressées, qui donnent à l’extrémité antérieure une forme conique.
Elle est signalée chez Testudo graeca par Drasche, Seurat, Thapar,
Schad, et chez Testudo horsfieldii par Dubinina.
D’après les mensurations et les figures données par Thapar, nous avons
constaté que les mâles qu’il attribue à l’espèce Tachygonetria conica sont en
réalité ceux de Tachygonetria macrolaimus, alors qu’il attribue les mâles
de Tachygonetria conica aux espèces Tachygonetria longicollis et Tachy¬
gonetria stylosa.
Dubinina suit les attributions de Thapar en ce qui concerne Tachy¬
gonetria conica et Tachygonetria longicollis ; de plus, elle décrit une nouvelle
espèce, Tachygonetria lobata, caractérisée par la présence de 3 languettes
dressées au-dessus de l’extrémité apicale; or, nous avons observé un aspect
tout à fait semblable à ses figures de l’extrémité antérieure de Tachygonetria
lobata chez des spécimens de Tachygonetria conica mal fixés et dont l’extré¬
mité antérieure de l’œsophage a sailli hors de la bouche; les 3 languettes
dressées sont les dents œsophagiennes et les 3 lobes cuticulaires situés en
dessous sont les 3 lèvres transparentes retroussées vers l’arrière par la saillie
de l'œsophage; nous mettons donc Tachygonetria lobata en synonymie avec
Tachygonetria conica.
Nous avons trouvé l’espèce chez toutes les Tortues de la région paléarc-
tique que nous avons autopsiées.
Nous en avons donné une description en 1961 a; nous ferons ici quelques
nouvelles remarques :
— Il existe par-dessus la lèvre supérieure du cloaque une membrane
ventrale superficielle découpée en 5 lobes allongés; sur certains spécimens,
chacun de ces lobes est lui-même bilobé.
— La longueur de la queue des femelles varie avec l’hôte : chez les
Tesludo graeca zarudnyi iraniennes, elle mesure de 500 p à 600 p (au lieu de
350 p chez les Tortues algériennes et marocaines).
— Le spiculé, long et très mince, mesure en général de 110 p à 130 p;
cependant, chez certains spécimens, il peut être beaucoup plus long : ainsi,
chez un mâle trouvé chez la Testudo horsfieldii 62 Q, il mesure 185 p.
— La queue du mâle est chez certains spécimens pourvue d’une pointe
hyaline de forme et de longueur variables : elle peut être réduite à un petit
bouton, former une courte pointe conique ou une pointe hyaline longue
et fine.
—- Il semble d’ailleurs que l'espèce Tachygonetria conica présente comme
Tachygonetria longicollis une tendance à se fragmenter en sous-espèces :
chez certaines Tortues, nous avons distingué 2 sous-espèces présentant les
mêmes lèvres buccales dressées, mais différant par la grosseur de la tète
et la longueur de la queue. Nous donnons les figures et les mensurations
d’une femelle de chaque forme prélevée chez la Tortue marocaine 72 Q :
— Forme à tête large : Tachygonetria conica conica (fig. 69, 70, A, B, C, D,) :
Principales mensurations d'une femelle longue de 3.7 mm : largeur maximum :
350 n; anneau nerveux et vulve situés respectivement à 250 u et 2,35 mm de l’extrémité
antérieure; longueur de l’ccsopliagc : 1,35 mm; longueur de la queue : 340 u.
Source : MNHN, Paris
126
ANNIE J.
Fig. 69. — Tachtjgonelria cnnica conica (Drasclie). A, Femelle, extrémité apicale
vue dorsale; B, Femelle, extrémité apicale, vue latérale; G, Femelle, vue apicale; D, Femelle'
vue latérale; E, Mâle, vue latérale; F, Mâle, vue apicale; G, Mâle, extrémité postérieure'
vue latérale; H, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale. D'après Petteh, 1961.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
127
— Forme à têle fine : Tachygonetria conica nicollei (Seurat 1918)
(fig. 70, E, F, G.) :
Principales mensurations d’une femelle longue de 2,9 mm : largeur maximum :
250 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 200 a. 1.15 mm
et 1,85 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l’œsophage : 1,26 mm; longueur de la
queue : 300 a.
E, F, G : Tachygonetria conica nicollei (Seurat). Spécimen prélevé chez la Tortue 72 Q.
E, Femelle, vue latérale; F, Femelle, queue; G, Femelle, extrémité antérieure, vue
médiane.
A, E : échelle : 500 a; B, F : échelle : 100 a; C, G : échelle : 50 a; D : échelle : 25 a-
Source : MNHN, Paris
128
ANNIE J. PETTER
Fio. 71- — Tachggonetria robusla (Drasche). A, Femelle, vue latérale; B, Femelle
vue apicale; C, Femelle, extrémité antérieure, vue latérale (les traits en tirets sont les
traits de surface); D, Mâle, vue apicale; E, Mâle, section transversale de la cavité buccale-
F, Mâle, extrémité antérieure, vue latérale; G, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale-
H, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale ; I, Mâle, vue latérale. D’après Petter, 1961 ’
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
129
La sous-espèce à tête fine est en moyenne plus petite que la sous-espèce
à grosse tête, et paraît donc correspondre à l'espèce Tachygonelria nicollei
de Seurat, qui avait été mise en synonymie avec Tachygonelria conica.
7. Tachygonetria robusta (Drasche 1884) (fig. 71, 72)
Syn. : Oxyuris robusla Drasche 1884; Oxyuris draschei Stossich 1898;
Mehdiella microsloma Seurat 1918 pro parte; Tachygonelria microsloma
Thapar 1925 pro parte; Oxyuris lata Forstner 1960.
Cette espèce est caractérisée par son corps robuste, sa tête très large
et sa queue très courte dans les 2 sexes.
Elle est signalée chez Tesludo graeca par Drasche, Baylis, Forstner
et Schad, chez Tesludo leithii par Baylis et chez Tesludo horsfieldii par
Dubinina.
Fio. 72. — Tachygonelria robusla (Drasche). Kégion cloacale, vue ventrale.
Forstner (1960) décrit les femelles d’une nouvelle espèce, Oxyuris
lata ; or, la description et la photographie qu’il en donne correspondent
parfaitement aux femelles de Tachygonelria robusla ; en particulier, nous
avons observé sur les femelles de Tachygonelria robusla la division de l’ceso-
phage en 2 parties distinctes qu’il signale comme le principal caractère
distinctif d’ Oxyuris lata; nous mettons donc les 2 espèces en synonymie.
Nous avons trouvé l’espèce chez les Tesludo graeca graeca algériennes et
marocaines, les Tesludo graeca zarudnyi iraniennes et les Tesludo horsfieldii.
Nous en avons donné une description en 1961 (b); nous reproduisons la
planche de figures correspondante et nous donnons une vue ventrale de la
région cloacale montrant la membrane superficielle dont le bord est droit.
Signalons que la queue de certains spécimens mâles est munie d’une
fine pointe hyaline.
8. Tachygonetria numidica Seurat 1918 (fig. 73, 74)
Syn. : Tachygonetria macrolaimus sensu Thapar 1925.
L’espèce est caractérisée par son corps mince, son œsophage court et
sa queue longue et étroite.
Elle est signalée chez Tesludo graeca par Seurat, Thapar (sous le nom
de Tachygonetria macrolaimus ) et Schad.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 9
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
130
Nous l’avons trouvée uniquement chez les Tesludo graeca algériennes et
marocaines.
Nous en avons donné une description en 1961 a; nous reproduisons
la planche de figures correspondante; nous donnons de plus une vue ventrale
de la région cloacale montrant la membrane superficielle à bord déchiqueté
et une vue apicale de la femelle : une étude plus approfondie de celle-ci
Fig. 73. — Tachggonetria numidica Scurat. A, Femelle, portion antérieure vue
latérale; B. Femelle, portion postérieure, vue latérale; G, Femelle, extrémité apicale, vue
médiane; D, Femelle, vue apicale; E, Femelle, extrémité apicale, vue latérale; F, Œuf-
G, Mâle, vue latérale; H, Mâle, vue apicale; I, Mâle, vue ventrale; J, Mâle, vue latérale-
K, Mâle, extrémité apicale, vue médiane. D’après Petter, 1961.
Source : MNHN, Paris
131
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
nous a en effet montré que la bouche est en réalité triradiée comme celle de
Tachygonelria macrolaimus ; ce que nous avions pris pour la bouche dans
la précédente description est en réalité un rebord de la surface apicale.
ABC
Fig. 74. — Tachygonelria numidica Seurat. A, Femelle, vue apicale superficielle;
B, Femelle, vue apicale profonde; C, Vue ventrale de la région cloacale.
9. Tachygonetria weissi Seurat 1918
Cette espèce est décrite par Seurat chez les Testudo graeca tunisiennes
et n’a jamais été retrouvée depuis.
10. Tachygonetria testudinis Walton 1942 (fig. 75)
Cette espèce est parasite d’une Tortue des Galapagos (Testudo elephan-
lopus Harlan ?) aux îles Galapagos.
Fig. 75. — Tachygonelria testudinis Walton. A, Queue du mâle, vue ventrale;
B, Queue du mâle, vue latérale. D’après Walton, 1942.
Source : MNHN, Paris
132
ANNIE J. PETTER
11. Tachygonetria tetrapapillata Caballero 1944 (fig. 76)
Cette espèce est parasite de Gopherus polyphemus au Mexique.
D’après la description et les figures de Caballero, cette espèce a l’air
très proche de l’espèce Tachygonetria macrolaimus et peut-être en constitue-
t-elle une forme vicariante américaine.
Nous avons eu l’occasion d’examiner quelques spécimens femelles
d’Oxyures récoltés chez une Gopherus polyphemus et envoyés par le Profes¬
seur Caballero et nous y avons trouvé au moins 3 espèces différentes;
les Gopherus polyphemus possèdent donc une faune constituée de nombreuses
espèces comparable à celle des Tortues terrestres des autres régions; en
l’absence de mâles, nous ne savons pas à quels genres attribuer ces espèces
et nous préférons attendre de posséder un matériel plus abondant pour les
décrire.
Fig. 76. — Tachygonetria tetrapapillata Caballero. A, Extrémité caudale d’un mâle
montrant les papilles, le spiculé et la pièce accessoire; B, Extrémité céphalique d’une
femelle, vue latérale. D’après Caballero, 1944.
12. Tachygonetria verreauxi n. sp. (fig. 77)
Cette espèce a été trouvée chez une Tesludo tenloria verreauxi de Kim-
berley (Z 203 collection Ortlepp). Elle se trouvait associée à plusieurs types
de mâles et de femelles et nous avons apparié les 2 sexes en raison de la
ressemblance des structures apicales (voir p. 48).
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
133
Description :
Espèce à œsophage long, à corps robuste chez les femelles.
Bouche triangulaire, munie de 3 lèvres transparentes; 2 amphidcs latérales; cycle
interne de 6 papilles; cuticule de l’extrémité apicale ornée de lignes sinueuses dessinant
4 anses submédianes.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents dressées.
Femelle : Le corps des femelles est robuste, avec une extrémité antérieure fine.
L’extrémité antérieure de l’œsophage est bordée intérieurement de lames denticulées.
Fig. 77. — Tachygonetria verreauxi n. sp. A, Femelle, vue latérale; B, Femelle, vue
apicale superficielle; C, Femelle, vue apicale profonde; D, Femelle, extrémité antérieure,
vue médiane; E, Mâle, vue latérale; F, Mâle, vue apicale; G, Mâle, extrémité antérieure,
vue médiane; H, Mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; 1, Mâle, extrémité postérieure,
vue latérale.
A, E ; échelle : 500 a; B, C, D, F, G, H : échelle : 25 n; I : échelle ; 50 u.
La vulve est légèrement postérieure au milieu du corps; appareil génital du type
habituel.
Queue conique.
Principales mensurations d’une femelle longue de 3,7 mm : largeur maximum :
500 a; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 150 a, 1,2 mm
et 2,1 mm de l’extrémité antérieure; longueur de l'œsophage : 1,32 mm; longueur de la
queue : 250 a-
Source : MNHN, Paris
134
ANNIE J. PETTER
Mâle : Les mâles sont petits et minces. Queue dorsale tronquée à l’extrémité et
portant une paire de papilles latérales aux angles de l’extrémité tronquée; phasmides
à 25 u de l’extrémité.
3 paires de papilles au niveau du cloaque; la paire antérieure est munie d’un petit
lobe postérieur; lèvre supérieure du cloaque bilobée; lèvre inférieure prolongée en un
mamelon tronconique; par-dessus la lèvre supérieure, on observe une membrane ventrale
superficielle à bord droit.
Spiculé muni au voisinage de son extrémité distale de 2 lobes latéraux; guberna-
Principales mensurations d’un mâle long de 1,78 mm : largeur maximum : 150 u;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 150 u et 750 u de l’extrémité
antérieure; longueur de l'œsophage : 700 ii; longueur de la queue : 60 u; longueur du
spiculé : 100 a-
Discussion :
Par l’extrémité caudale du mâle, l’espèce appartient au genre Tachy-
gonelria; elle est proche de T. longicollis , et plus précisément, par son spiculé
muni de 2 lobes latéraux, de T. /. selosa. La fine bordure denticulée de l’extré¬
mité antérieure de l’œsophage la distingue de cette espèce.
13. Tachygonetria longispiculum n. sp. (fig. 78)
A côté de l’espèce précédente, nous avons trouvé chez la Tesludo lentoria
veneauxi de Kiinberley (Z 203 collection Ortlepp) des mâles appartenant
à une autre espèce du genre Tachygonetria ; nous n’avons pas trouvé de
femelle correspondant à ces mâles; le spécimen femelle que nous décrivons
plus loin ne présente aucun caractère qui nous permette de l’attribuer à
ces mâles et ne paraît pas leur correspondre pour des raisons de fréquence
relative ; nous ne l’avons en effet trouvé qu’une fois dans le lot d’Oxyures
que nous avons examiné, alors que les mâles décrits ci-dessous sont rela¬
tivement fréquents.
Fig. 78. — Tachygonetria longispiculum n. sp. A, Mâle, vue latérale; B, Mâle, vue
apicale superficielle; C, Mâle, vue apicale profonde; D, Mâle, extrémité antérieure, vue
médiane; E, Mâle, extrémité postérieure, vue latérale; F, Mâle, extrémité postérieure
vue ventrale.
A : échelle : 500 u; B, C, D, F : échelle : 50 u; E : échelle : 100 «.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
135
Description :
Mâles de petite taille, à œsophage long et mince.
Bouche hexagonale, munie de 6 lèvres transparentes, dont chacune est incisée en
son milieu; 2 amphides latérales et 8 papilles disposées en cercle.
Extrémité antérieure de l’œsophage munie de 3 dents dressées; une section trans¬
versale au niveau de l’extrémité antérieure montre que sa paroi interne forme 6 lobes.
Queue dorsale tronquée à l’extrémité et portant une paire de papilles latérales
aux angles de l’extrémité.
3 paires de papilles au niveau du cloaque; lèvre supérieure du cloaque bilobée;
lèvre inférieure prolongée en un mamelon tronconiquc assez long et portant une paire
de petites papilles à son extrémité; par-dessus la lèvre supérieure du cloaque, on observe
une membrane ventrale superficielle formant plusieurs lobes.
Spiculé de forme simple, très long et mince; gubernaculum en A'.
Principales mensurations d’un mâle long de 1,8 mm : largeur maximum : 180 a;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 150 a et 750 a de l’extrémité
antérieure; longueur de l’œsophage : 800 ai longueur de la queue : 50 a; longueur du
spiculé : 230 a-
Discussion :
Ces mâles ressemblent beaucoup d’aspect aux mâles de l’espèce précé¬
dente; ils s’en distinguent par la longueur de leur spiculé qui de plus est
dépourvu de lobes latéraux.
H. — OXYURIS sp. n° 2 (fig. 79)
Chez la Testudo lentoria verreauxi de Kimberley (collection Ortlepp),
nous avons trouvé un spécimen femelle de très grande taille, auquel nous
n’avons pu faire correspondre aucun mâle; nous ne pouvons donc l’attribuer
à un genre précis.
Description :
Cette femelle mesure 9 mm, a un corps mince et une tête nettement séparée du reste
du corps par un sillon.
La bouche est triangulaire et munie de 3 lèvres transparentes; il existe 2 amphides
et 4 papilles submédiancs.
En dessous de la bouche, se trouve une petite cavité buccale haute de 20 g, à paroi
chitinoïde.
La vulve est en position à peu près médiane; l'œsophage mesure 2,1 mm et la queue
conique mesure 600 n.
Discussion :
Cette espèce rappelle par son corps long est mince les femelles de Mehdiella
longissima, parasite de Testudo horsfieldii. Elle s’en distingue cependant
par son œsophage long et par sa petite cavité buccale chitinoïde.
A
Fig. 79. — Oxyuris sp. n° 2. A, Femelle, vue apicale; B, Femelle, extrémité antérieure,
vue latérale; C, Femelle, queue.
A, B ; échelle : 25 n; C: échelle ; 500 it.
Source : MNHN, Paris
136
ANNIE J. PETTER
Source : MNHN, Paris
Région
paléarctiquc
Afrique
du Sud
Madagascar
| üopherus polyphemus | Amérique du Nord
Tcstudo elephantopus | Galapagos
|
| £
-
!
1
k
Tcstudo hcrmanni 1
\
H
3 | o
| Pyxis arachnoïdes |
Thelastomoïdes venustus .
_
+
Thclastomoïdes longicollis .
+
Thelastomoïdes brevicollis .
1
+
Thelandros p. pyxis .
+
Thelandros p. dolichurus.
; 1
-
+
£
-
--
Thelandros ortleppi.
Thelandros v. versterae .
+
Thelandros v. weilleae .
Thelandros v. tcheprakovac .
+
+
-
Oxyuris sp. n° 1 .
= =
Thelandros sexlabiata.
+
+
r
Ortleppnema possompesi .
Ortleppnema radiatuin.
=
=
+
Thaparia macrospiculum .
Thaparia t. thapari.
+
+
+
+
L
Thaparia t. australis.
+
Thaparia domerguei.
T
+
Thaparia contortospicula .
L +
Alaeuris n. numidica.
+
+
Alaeuris n. madagascariensis.
+
+
i
Alaeuris dupuisi .
+
+
L
Alaeuris q. quadrilabiata.
+
t
Alaeuris q. insularis .
+
+
r
Alaeuris poweri.
+
Alaeuris conspicua.
+
Alaeuris macroptera .
U +
Alaeuris auricularis .
+
Alaeuris pharyngodentata .
Mil
il
i +
Tableau n° 3 : Répartition géographique des espèces appartenant aux genres
Tlielastomoides, Thelandros, Ortleppnema, Thaparia et Alaeuris
chez les Tesludinidae.
Source : MNHN, Paris
Région
paléarctique
Afrique
Madagascar
Gopherus polyphemus | Amérique du Nord 1
D.
O
|
Afrique du Nord |
l
z
| Testudo horsficldii | Turkcstan
Testudo pardalis | Swaziland
Testudo pardalis | Victoria West |
I Testudo tentoria verreauxi 1 Kimbcrley
I
H
!
s
7-
| Tesludo graeca zarudnyi |
r-
|
Mehdiella cristata .
f
+
+
+
-
-
±
+
-
Mehdieila uncinata.
+
+
Mehdiella microstoma .
+
+
+
+
-
-
-
Mehdiella longissima.
!
+
+
Mehdiella s. stylosa.
+
+
+
-
-
+
-
_
Mehdiella s. dollfusi .
Mehdiella grassei .
+
] Tachygonetria d. dentata.
+
+
+
T
+
+
+
-
+
Tachygonetria d. quentini.
+
Tachygonetria d. richardae.
-
-
-
+
-
+_
, Tachygonetria d. sub. sp.
-
! Tachygonetria m. macrolaimus.
+
Tachygonetria in. palearcticus .
+
+ 1
+
+
| Tachygonetria m. dessetae.
+
+
| Tachygonetria microlaimus .
+
'
| Tachygonetria 1. longlcollis .
+
+
+
+
Tachygonetria 1. setosa.
+
+
Tachygonetria 1. pusilla.
+
+
+
Tachygonetria 1. lUzsinunonsi.
+
1
Tachygonetria seurati.
+
Tachygonetria c. conica.
+
+
+
+
+
Tachygonetria c. nicollei .
+
'
Tachygonetria robusta .
+
+
+
+
+
Tachygonetria nuniidica.
+
'
Tachygonetria weissi.
+
Tachygonetria testudinis .
Tachygonetria tetrapapillata.
+
Tachygonetria verreauxi.
+
Tachygonetria longispiculum.
+
Oxyuris sp. n“ 2 .
Tableau n° 4 : Répartition géographique des espèces appartenant aux genres
Mehdielta et Tachygonetria chez les Tesludinidae.
Source : MNHN, Paris
Chapitre IV
LES PHÉNOMÈNES DE SPÉCIATION
L’étude systématique qui précède apporte des matériaux qui permettent
de mettre en évidence, aussi bien chez les Atractides que chez les Oxyures,
des phénomènes de spéciation, d’une part une spéciation géographique,
aboutissant à la formation d’espèces vicariantes, d’autre part une spéciation
cladique, aboutissant à un foisonnement d’espèces très voisines à l’intérieur
d’un même hôte.
A. — La spéciation géographique
La spéciation géographique aboutit, à partir d’une forme ancestrale
commune, par suite de l’éloignement géographique des hôtes, à l’indivi¬
dualisation de formes vicariantes, présentant de grandes affinités morpho¬
logiques, mais différant par quelques caractères, et qui se correspondent
chez des hôtes de régions isolées les unes des autres.
L’existence de telles formes vicariantes chez des hôtes de 2 régions
séparées implique que la forme ancestrale existait avant la séparation des
régions, et peut donc donner des indications sur l’ancienneté des espèces.
Nous passerons d’abord en revue les différents cas de vicariance observés,
puis nous dégagerons les conséquences biogéographiques qui paraissent
pouvoir s’en déduire.
1. Les cas observés
Nous trouvons dans la faune de Nématodes du côlon des Tesludinidae
plusieurs cas de vicariance très nets, tant chez les Atractides que chez les
Oxyures :
a) Chez les Atractides
Le cas le plus frappant nous est offert par le genre Alractis : celui-ci
est en effet représenté chez les Tortues terrestres de toutes les régions du
Monde, et chaque région possède son espèce ou sa sous-espèce propre,
différant des autres par quelques caractères; nous avons vu en particulier
que l’ornementation ventrale de la partie postérieure du mâle présente un
aspect différent dans chaque région ou même sous-région géographique,
les mâles parasitant les Testudo graeca zarudngi iraniennes, les Testudo
horsfîeldii transcaspiennes et les Testudo graeca graeca nord-africaines
n’ayant pas la même ornementation (voir fig. 5) ; chez les espèces de régions
plus éloignées, à la différence d’ornementation ventrale s’ajoute une diffé¬
rence dans la longueur des queues, les espèces à queue courte, donc les
plus évoluées, se trouvant dans la région paléarctique.
Chez les Atractides, un autre cas de vicariance est celui du genre
Labiduris, qui possède 3 espèces américaines, une espèce africaine et une
Source : MNHN, Paris
140
ANNIE J. PETTER
espèce malgache, présentant la même extrémité apicale munie d’ailes ven¬
trales frangées, mais différant par le nombre des papilles précloacales et
la longueur de la pointe caudale du mâle. A la différence du genre Alractis,
le genre Labiduris n’est pas représenté chez les Tortues paléarctiques.
b) Chez les Oxyurides
Nous rencontrons chez les Oxyurides des cas de vicariance entre espèces
appartenant à des continents différents, et des cas de vicariance à un échelon
plus limité, entre espèces appartenant à différentes régions d’un même
continent.
1) A l’échelon des continents :
C’est le genre Thaparia qui présente la plus vaste répartition de formes
vicariantes : il en existe une forme paléarctique, 2 formes sud-africaines
une forme malgache et une forme aux Galapagos. Toutes ces formes présentent
le même œsophage en 2 parties à peu près égales et le même type de struc¬
ture apicale très spécialisée, et dérivent donc vraisemblablement d’une
même forme ancestrale; elles diffèrent par la longueur du spiculé, la présence
ou l’absence d’ailes caudales chez le mâle, la position de la vulve, et ici
encore il semble que la forme paléarctique, qui a pris l’allure d'un Tachy-
gonelria, soit la plus évoluée.
Dans le cas de Thaparia, la vicariance est au niveau spécifique; les
autres cas de vicariance sont au niveau sub-spécifique : Tachygonelria
denlala et T. macrolaimus présentent chacune une forme paléarctique, une
forme sud-africaine et une forme malgache; chez Alaeuris numidica et
Mehdiella stylosa, 2 formes seulement sont connues, une paléarctique et
une malgache; Tachygonelria longicollis présente seulement, à côté des formes
paléarctiques, une forme sud-africaine, et n’est pas représentée à Mada¬
gascar; Alaeuris quadrilabiata par contre ne se rencontre pas dans la zone
paléarctique et possède seulement une forme sud-africaine et une forme
malgache; chez ces espèces, les différentes formes sont extrêmement proches
et la distinction des sous-espèces est quelquefois difficile; elle repose sur de
légères différences dans la forme et la longueur des queues et des spiculés
sur la présence ou l’absence d’un repli semi-lunaire surplombant la vulve
ou sur la forme des papilles céphaliques.
2) A l’échelon régional.
Dans la zone paléarctique, la sous-espèce Tachygonelria longicollis
pusilla présente 2 formes vicariantes, l’une nord-africaine, l’autre trans-
caspienne : dans la forme nord-africaine, le spiculé à 2 paires de barbillons
se termine en pointe, alors qu’il est tronqué après la 2 e paire de barbillons
dans la forme transcaspienne.
A Madagascar, nous trouvons 3 cas de vicariance entre les parasites
de la Tortue malgache Pyxis arachnoïdes, Tortue très rare et étroitement
localisée dans l’extrême Sud de nie, et ceux de la Tortue plus répandue
Testudo radiala. Nous constatons que dans les 3 cas se présente le même
type de modification morphologique (raccourcissement de la queue).
Le phénomène s'observe au niveau spécifique dans le couple Ortlepp.
nema possompesi et Orlleppnema radialum. au niveau sub-spécifique dans
le couple Thelandros pyxis pyxis et Thelandros pyxis dolichurus et au niveau
Source : MNHN, Paris
ÉMATODES DES TORTl'ES TERRESTRES
141
de la variété dans le couple Alaeuris numidica madagascariensis, variété
à pointe caudale longue et variété à pointe caudale courte.
On remarquera que, si le phénomène de raccourcissement de la queue
chez Pyxis est évident statistiquement (cf. tableau n° 5), il y a pour chaque
espèce des exceptions : la Pyxis 102 Q possède un Thelandros à queue longue,
la Pyxis 103 Q un Alaeuris à queue longue; inversement, la Tesiudo radiala
95 Q possède un Orlleppnema à queue courte et la T. radiata 104 Q une asso¬
ciation de 2 Orlleppnema.
tortue:
Ortleppnema
possompesi --1
Ortleppnema
radiatum — 2
SOUS-ESPÈCES :
Thelandros pyxis
pyxis --1
Thelandros pyxis
dolichurus --2
Alaeuris numidica
madagascariensis ù
queue courte --1
Alaeuris numidica
madagascariensis à
queue longue — 2
T. radiata 101 Q ....
2
2
2
T. radiata 95 Q ....
1
2
2
T. radiata 104 Q ...
1 + 2
2
2
P. arachnoïdes 1000 F.
1
1
1
P. arachnoïdes 82 Q.
1
1
1
P. arachnoïdes 103 Q.
1
1
2
P. arachnoïdes 102 Q.
*
2
1
Tableau n° 5 : Phénomènes de vicariance à l’échelon régional entre especes
parasites de Tortues malgaches. Pour chaque couple de formes vicariantes, nous
avons numéroté 1 la forme à pointe caudale courte et 2 la forme à pointe caudale longue.
La plupart des cas que nous avons cités concernaient la région palé-
arctique, l’Afrique du Sud et Madagascar; en effet, nous ne connaissons
en détail la faune du côlon des Tesludinidae que dans ces 3 régions, mais
il existe certainement dans d’autres régions de nombreux autres cas d’espèces
vicariantes. Nous avons pu constater en particulier, par un examen rapide,
que les Gopherus polyphemus mexicaines possédaient vraisemblablement
plusieurs espèces vicariantes d’espèces paléarctiques, dont une vicariante
de Tachygonelria macrolaimus.
2. Conséquences biogéographiques
En ne considérant que les 3 régions dont nous connaissons la faune,
nous arrivons aux conclusions suivantes :
1) Les cas de vicariance existant entre les faunes des différents conti¬
nents indiquent que la faune du côlon des Tesludinidae est très ancienne. En
particulier, la comparaison de la faune malgache et de la faune paléarctique
suggère que, à l’époque où Madagascar a été séparé du continent, les ancêtres
des Tesludinidae actuels possédaient déjà toute une population d’Oxyures et
d’Atractides, dont certaines espèces étaient déjà fixées dans les plus petits
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
142
détails de leur morphologie; par exemple, l’espèce Mehdiella slylosa possédait
déjà sa couronne apicale de 12 petites languettes et son spiculé fourchu,
l’espèce Tachygonetria dentala la denticulation de l’extrémité antérieure
de l'œsophage, et le genre Thaparia ses amphides en bâtonnets rigides
et ses lèvres en 2 parties articulées.
Depuis la séparation des continents, certaines espèces comme Mehdiella
slylosa , Tachygonelria macrolaimus, Tachygonetria dentala et Alaeuris
numidica , ont très peu varié, alors que les Thaparia et les Atraclis ont subi
une faible évolution dans chacune des régions, le phénomène semblant
avoir été plus rapide chez les espèces paléarctiques.
2) Comme nous le soulignerons plus loin, l’étude de la faune des Tortues
sud-africaines montre que, dans 2 régions très peu éloignées géographi¬
quement (d’une part la région occidentale de Kimberley, de Victoria West
et de l’État libre d’Orange, d’autre part la région orientale du Swaziland),
se trouvent 2 faunes complètement différentes; la faune de la région de Kim¬
berley possède très peu de formes vicariantes de formes paléarctiques, alors
que parmi les 5 espèces présentes chez les Testudo pardalis du Swaziland
4 sont des sous-espèces vicariantes de formes paléarctiques ( Tachygonetria
macrolaimus, T. longicollis, T. dentala et Thaparia lhapari ); le Thaparia
en particulier, par sa vulve en position médiane, son spiculé court et sa
queue dépourvue d’ailes caudales, est très proche de la forme paléarctique,
alors que le Thaparia des Tortues de la région de Kimberley possède une
vulve postérieure, un spiculé long et des ailes caudales qui le rapprochent
du Thaparia des Tortues malgaches.
La présence d’une faune d’affinités paléarctiques très nettes dans le
Swaziland implique des contacts relativement récents entre les Tortues de
ces 2 régions, alors que les Tortues de la région de Kimberley seraient isolées
des précédentes depuis très longtemps.
B. —- La spéciation cladique
Les phénomènes de spéciation géographique que nous venons de signaler
indiquent donc que la faune du côlon des Tesludinidae est très ancienne-
on devrait donc s'attendre à ce que les caractères des espèces soient stabilisés
et à ce que les phénomènes de spéciation cladique soient peu visibles, puisque
ces phénomènes sont généralement l’indice d’une faune en pleine évolution
Or nous constatons au contraire un manque de stabilité de certains
caractères et un foisonnement d’espèces voisines dans un môme hôte
certaines espèces se fragmentant en plusieurs sous-espèces très proches et
difficiles à distinguer.
1. Manque de stabilité de certains caractères :
Le cas le plus net d'instabilité d’un caractère est offert par l’existence
d’une pointe hyaline à l’extrémité caudale des mâles dans le genre Tachygo¬
netria. Cette pointe hyaline est, très vraisemblablement, comme le signale
Seurat (1918), un vestige de la pointe caudale terminale que l’on rencontre
dans le genre Mehdiella. Ce caractère vestigial est constant chez certaines
espèces, mais, de plus, il réapparaît avec un développement variable, chez
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
143
de nombreux individus, dans des espèces où son absence est la règle habituelle.
Signalons également dans certaines espèces l’apparition chez des indi¬
vidus aberrants d’un spiculé d’une longueur anormale.
2. Spéciation cladique
Le cladisme, c’est-à-dire « l’éclatement d’un type spécifique en nom¬
breuses formes dérivées, à l’cchelon spécifique ou sub-spécilique, sans que
ces formes s’excluent géographiquement « (Pauli an 1961), s'observe chez
toutes les Tortues herbivores à l’échelon spécifique : elles possèdent en effet
une population constituée d’une dizaine d’espèces voisines, qui cohabitent
dans un même hôte; ces espèces se répartissent en un petit nombre de
genres qui sont eux-mêmes proches les uns des autres; le cas le plus net
est présenté par les Tortues paléarctiques qui possèdent 14 espèces, dont 8
appartiennent au genre Tachygonelria et 4 au genre très voisin Mehdiella.
On observe en outre plusieurs cas de cladisme à l’échelon sub-spéci-
fique :
— Chez les Testudinidae paléarctiques, nous trouvons le cas de l’espèce
Tachygonelria longicollis qui se subdivise, en Afrique du Nord, en
3 sous-espèces très difficiles à distinguer car il semble exister des
individus intermédiaires entre elles.
— L’espèce Tachygonelria conica se subdivise également en Afrique
du Nord en 2 sous-espèces extrêmement proches et dont les carac¬
tères distinctifs sont difficiles à préciser.
■— Chez les Testudinidae sud-africaines de la région de Kimberley,
l’espèce Thelandros versterae s’est fragmentée en 3 sous-espèces
différant par la taille, la longueur de l’œsophage et la longueur de
la queue.
C. — Conclusion
Nous constatons donc dans l’étude de la population de Nématodes
du côlon des Testudinidae 2 phénomènes qui paraissent opposés :
1° Des phénomènes de spéciation géographique qui sont très faibles
pour certaines espèces, appartenant pourtant à des régions très éloignées,
ce qui indique que les principaux caractères de ces espèces étaient fixés
avant la séparation des régions, et donc que la faune est très ancienne.
2° Des phénomènes de spéciation cladique que l’on observe généra¬
lement chez des espèces de formation récente.
Tout se passe comme si, dans ce milieu particulier, les phénomènes
de sélection naturelle, qui empêchent généralement la coexistence durable
d’espèces voisines, n’intervenaient que très lentement. Des formes extrê¬
mement proches les unes des autres paraissent ne pas entrer en compétition
brutale et cela semble permettre la conservation indéfinie d’un grand nombre
de mutants.
Nous allons dans la partie suivante de notre travail étudier les caracté¬
ristiques de l’équilibre qui se trouve réalisé entre ces nombreuses espèces
sympatriques.
Source : MNHNParis
Source : MNHN, Paris
DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE ÉCOLOGIQUE
Nous nous sommes attachée dans cette partie à préciser la nature de
l’équilibre qui est réalisé entre les différentes espèces de la population.
Nous avons pour cela réalisé une étude quantitative de l’abondance
relative des espèces chez un certain nombre de Tortues (27 Tortues paléarc-
tiques et 7 Tortues malgaches).
Nous exposerons d’abord nos techniques d’étude.
Puis nous dégagerons à partir des résultats numériques obtenus les
caractéristiques des équilibres réalisés d’une part chez les Tortues paléarc-
tiques, d’autre part chez les Tortues malgaches.
Nous étudierons enfin, à partir de données uniquement qualitatives,
2 types de populations rencontrées chez des Tortues sud-africaines.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX.
10
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Chapitre premier
LE BIOTOPE. MÉTHODES D'ÉTUDE DES NÉMATODES
A. — LE BIOTOPE
Oxyures et Atractides sont localisés dans le côlon et le rectum de l’hôte ;
l’estomac et l’intestin grêle en sont totalement dépourvus.
Au débouché de l’intestin grêle, le côlon d’une Tortue (fig. 80, A),
présente une partie large, puis son diamètre diminue progressivement jus¬
qu'au rectum; chez certaines Tortues, la partie antérieure dilatée est nette¬
ment délimitée par un brusque resserrement, alors que chez d’autres, le
rétrécissement se fait de manière très progressive.
Chez les Tortues sacrifiées alors qu’elles viennent de s’alimenter, le
côlon contient des débris de salade verte assez gros dans la portion voisine
de l’iléon et qui deviennent de plus en plus fins et de plus en plus foncés
vers le rectum; chez les Tortues sacrifiées alors qu’elles étaient à jeun depuis
un certain temps, la portion antérieure du côlon est occupée par des débris
assez fins et brunâtres, tandis que dans la portion postérieure et dans le
rectum, les matières sont agglomérées en une ou plusieurs masses noires et
dures.
Les Vers sont en général abondants dans les deux premiers tiers du
côlon, leur densité étant maximale dans la portion voisine de l'iléon, et
diminuant progressivement vers les régions distales; cette diminution est
particulièrement brusque quand la portion postérieure est occupée par
des crottes dures, celles-ci sont entremêlées de vers, mais leur densité est
très faible par rapport à celle de la portion antérieure. Le tiers postérieur
du côlon et le rectum sont souvent totalement dépourvus de vers, ou n’en
contiennent qu’un très petit nombre.
Outre les Oxyures et Atractides, le côlon des Tortues contient parfois
des Infusoires Ciliés, qui peuvent se trouver en très grand nombre. On peut
également trouver des Cestodes dans l’iléon et des Ascarides appartenant
au genre Angusticaecum dans l'estomac.
B. — MÉTHODES D’ÉTUDE DES NÉMATODES
Pour l’étude quantitative des Nématodes du côlon, deux problèmes
se sont posés à nous : d’une part, l’évaluation du nombre total d’individus
présents dans le côlon, d’autre part, celle des proportions relatives des dif¬
férentes espèces.
Le côlon d’une Tortue en bon état physiologique est habité par plusieurs
milliers d’individus et l’identification des différentes espèces ne peut s’effec¬
tuer qu’à la loupe et même dans certains cas au microscope; nous n’avons
donc pu dans le cas général faire le recensement de tous les individus un par
un et nous avons dû avoir recours à des méthodes d’échantillonnage.
Source : MNHN, Paris
11S
ANNIE J. PETTER
Nous avons remarqué que la population des différentes espèces de Vers
était différente suivant le niveau du côlon observé; c’est pourquoi nous avons
habituellement partagé le côlon en plusieurs segments dont nous avons
évalué la composition séparément.
Dans la plupart des cas, nous avons divisé le côlon en 2 portions, la
l re correspondant approximativement à la partie dilatée et constituant
environ le 1/4 ou le 1/5 du côlon. Chez certaines Tortues, nous avons pratiqué
dans la 2 e portion une seconde coupure séparant une région moyenne et une
région terminale, dans laquelle est inclus le rectum et qui s’étend jusqu’au
cloaque.
Le schéma n° 80 A indique approximativement les niveaux de coupure
correspondants ; dans quelques cas les coupures ont été placées à des niveaux
très différents, la partie dilatée étant elle-même divisée en deux portions-
nous donnons alors un schéma particulier indiquant les niveaux de coupure!
1. Évaluation du nombre total d'individus présents dans le côlon
Pour évaluer le nombre total d’individus présents dans la portion du
côlon considérée, nous avons mesuré dans une éprouvette graduée le volume
occupé par un échantillon pris au hasard d’un nombre défini d’individus
(selon les cas de 200 à 500 ou plus), puis le volume occupé par l’ensemble
des individus, et nous en avons déduit le nombre d'individus contenus dans
l’ensemble.
Le nombre ainsi obtenu n’a évidemment qu’une valeur très approxi¬
mative; en effet, au manque de précision dû à la méthode elle-même
s’ajoute le fait que les Nématodes sont en général mêlés dans le côlon
à des débris alimentaires qu’il est impossible d’éliminer sans entraîner un
certain nombre de vers; le volume que nous mesurons comprend donc un
ensemble de Nématodes et de débris, l’importance des débris étant très
variable suivant la Tortue étudiée; les résultats sont d’autant plus précis
que les débris alimentaires sont peu abondants; il nous est donc impossible
de préciser une marge d’erreur qui soit valable pour tous les cas.
2. Évaluation quantitative du nombre d’individus de chaque espèce
présents dans le côlon
Pour étudier le nombre d’individus de chaque espèce, nous avons
seulement évalué dans le cas général la composition d’un échantillon de 100 à
500 individus prélevé au hasard, et connaissant le nombre total d’individus
du côlon, nous en avons déduit le nombre d’individus de chaque espèce
Pour prélever l’échantillon, nous avons versé le contenu de la partie
de l’intestin examinée dans une boîte de Pétri et nous avons effectué à l’aide
d’une pince 2 ou 3 prélèvements en différents endroits; les Nématodes ainsi
isolés ont été placés dans une cuvette Dollfus et identifiés un par un
Nous nous sommes efforcée, chaque fois que cela a été possible, de faire les
comptes sur des spécimens frais placés dans l’eau physiologique, car l’iden¬
tification des espèces est plus facile dans ces conditions.
Chez la Tortue 72 Q, nous avons évalué successivement la composition
de 4 échantillons de 200 individus, et nous avons pu ainsi calculer la marge
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
149
d’erreur qui encadre la moyenne des 4 résultats obtenue pour chaque espèce ;
ceci nous a permis de vérifier la valeur de notre méthode d’échantillonnage
par un test de ■/}. Nous exposerons l'ensemble de ces calculs au chapitre II
F, p. 193.
Les calculs pratiqués à propos de la Tortue 72 Q nous donnent l’ordre
de grandeur des erreurs que comporte l’ensemble des résultats; il faut noter
cependant que la Tortue 72 Q est un exemple favorable puisque le contenu
intestinal était dépourvu de matières alimentaires et que les décomptes
ont été effectués 4 fois au lieu de une fois; il y a donc lieu, pour les autres
Tortues, de majorer les chiffres d’erreurs obtenus pour la Tortue 72 Q.
Les nombres d’individus indiqués pour chaque espèce n’ont donc qu’une
valeur approximative ; en particulier, les nombres correspondant aux espèces
peu abondantes sont très arbitraires, certaines d’entre elles peuvent ne pas
être représentées dans l’échantillon, et ne figureront pas dans nos résultats,
alors qu’elles sont présentes en petite quantité dans le côlon.
C. — EXPOSÉ DES RÉSULTATS
Pour l’exposé des résultats, nous avons classé les Tortues suivant leur
origine, et dans chaque groupe de même origine, suivant leur taille ; certaines
Tortues, achetées dans le commerce et dont l’origine n’a pu être précisée,
sont placées à part.
Nous indiquons pour chaque Tortue : l’origine, la durée de la captivité,
la date de la mort, le sexe, la taille (mesurée par la longueur de la carapace),
l’état des matières alimentaires et la présence ou l’absence d’autres parasites
(Ascarides et Infusoires Ciliés) dans l’intestin; nous indiquons la taille des
Tortues et non l’âge, celui-ci est en effet impossible à apprécier, car les stries
de la carapace (dont chacune correspond en principe à une année) sont
plus ou moins effacées sur les Tortues d’un certain âge.
Nous avons dans nos identifications groupé les larves de toutes les
espèces, leur identification est en effet difficile pour la plupart des espèces
et n’a pas été faite.
Nous avons dans l’évaluation du nombre total d’individus de chaque
espèce présents dans le côlon, considéré uniquement les femelles; celles-ci
sont beaucoup plus nombreuses que les mâles et nous paraissent donner
une meilleure idée que ceux-ci de la composition de la population; le sex
ratio est en effet très variable suivant les espèces, et il peut varier beaucoup
suivant l’individu-hôte; ainsi, chez Tachygonelria denlala, suivant les Tortues
et pour une même quantité de femelles, les mâles peuvent être extrêmement
rares ou au contraire, se rencontrer en plus grande abondance que les
femelles; ceci s’explique vraisemblablement par le fait que les mâles ont une
vie plus courte que les femelles et sont éliminés après la fécondation;
malheureusement nous ne pouvons interpréter ces résultats sans connaître
les particularités du cycle de ces Oxyures.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Chapitre II
L'ÉQUILIBRE DES ESPÈCES
CHEZ LES TORTUES PALÉARCTIQUES
Nous exposerons dans le premier sous-chapitre (A) les résultats numériques
que nous avons obtenus; dans les sous-chapitres suivants, nous analyserons
à partir de ces résultats l’équilibre qui est réalisé dans la population : nous
présenterons d’abord les traits généraux qui caractérisent la population (B) ;
nous examinerons les variations de l’équilibre de cette population suivant
différents facteurs : l’àge des Tortues, leur origine géographique, les saisons,
le régime et l’état physiologique des Tortues (C); puis nous examinerons
la répartition spatiale des espèces dans le côlon (D); en nous appuyant sur
les constatations précédentes, nous présenterons une étude analytique de
chacune des espèces (E); pour mieux préciser les analogies éventuelles entre
les équilibres réalisés d'une part par les Nématodes parasites, d’autre part
par les Animaux libres, nous verrons dans quelle mesure nos données quanti¬
tatives sur l’abondance relative des espèces s’accordent avec celles qui ont
été établies précédemment dans l’étude des faunes non parasitaires (F);
nous concluerons enfin par quelques considérations sur l’écologie de la
population (G).
A. — EXPOSÉ DES RÉSULTATS NUMÉRIQUES
Nous avons effectué le relevé quantitatif des espèces chez 27 Tortues
(4 Tesludo graeca graeca Linné marocaines, 5 Testudo graeca graeca algé¬
riennes, 2 T esludo graeca graeca d’origine inconnue, 10 Testudo graeca zarud-
nyi Nikolskij iraniennes, 2 Tesludo hermanni Gmelin romaines et 4 Testudo
horsfieldii Gray d’origine inconnue).
Pour la commodité de l’exposé, nous avons désigné chaque espèce de
Nématode par une abréviation dans le texte et par un symbole dans les
graphiques; nous donnons ci-dessous (tableau n° 6) la liste des abrévia¬
tions et symboles.
Chez de nombreuses Tortues, nous n’avons pas séparé les sous-espèces
de Tachggonetria longicollis et T. conica, nous désignons alors l’ensemble
des sous-espèces de T. longicollis par T. 1. et les sous-espèces de T. conica
par T. c.
1. Résultats obtenus chez les Testudo g. graeca marocaines
a) Testudo graeca graeca 31 Q.
Mâle de 14 cm de long; origine : jardins de la Faculté des Sciences
de Rabat; sacrifié le 4-3-1963 après 1 mois de captivité; autres parasites :
Ascarides dans l’estomac.
Source : MNHN, Paris
152
ANNIE J. PETTER
D, Tortue 2 Q.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 153
Espèce
Abréviation
Symbole
Ataeuris n. numidica .
Al. n. n.
®
Atraclis d. dactyluris .
A. d. dac.
Alractis d. baltazardi .
A. d. b.
Atractis d. dubininae .
A. d. dub.
Mehdielta longissima .
M. 1.
Mehdiella microsloma .
A
Mehdiella s. slylosa .
M. s. s.
O
Mehdiella uncinata .
O
Tachygonelria conica .
T. c.
©
Tachygonetria c. conica .
T. c. c.
Tachygonelria c. nicoUei .
T. c. n.
Tachygonelria d. denlala .
T. d. d.
El
Tachygonelria longicollis .
T. 1.
Q
Tachygonelria 1. longicollis .
T. 1. 1.
Tachygonelria l. setosa .
T. 1. s.
Tachygonetria l. pusilla .
T. 1. p.
Tachygonelria macrolaimus palearclicus .
T. ni. p.
Tachygonelria numidica .
T. n.
A
Tachygonetria robusta .
T. r.
©
Tachygonetria seurali .
T. s.
0
Thaparia t. tliapari .
Th. t.
a
Tableau n° 6 : Liste des abréviations et symboles utilisés dans le texte et les figures.
Le côlon contient des débris de salade qui sont agglomérés en une masse
dure dans la partie postérieure de l’intestin. Le côlon a été divisé en 3 por¬
tions (iïg. 80, B,) il contient très peu d’Oxyures et tous ces Oxyures (en excep¬
tant ceux qui ont été perdus au cours des manipulations) ont été identifiés :
Portion I : nombre d’individus = 66.
T. 1. 1. = ? : 4, £ : 1; T. 1. p. = $ : 1; T. c. = Ç : 3; T. m. p. = $ : 9,
o : 4; T. d. d. = Ç : 30, <? : 5; M. u. = : 3; T. n. = Ç : 1 ; larves = 5.
Portion II : nombre d’individus = 480.
T. 1.1. = $ : 77, (J : 31; T. 1. p. = Ç : 16, <? : 3; T. 1. s. = $ : 2; T. c. =
? : 12, S : 14; T. m. p. = Ç : 22, : 15; T. d. d. = ? : 158, £ : 56;
M. u. = S : 5; T. r. = $ : 1, : 2; M. s. s. = $ : 3; Al. n. n. = $ : 6,
<? : 7 ; T. s. = $ : 3, : 1 ; larves = 46.
Source : MNHN, Paris
154
ANNIE J. PETTER
Portion III : nombre d’individus = 134.
T. 1. 1. = $ : 20; T. 1. s. = $ : 3; T. 1. = $ : 22; T. c. = $ : 8 , ^ • 3 -
T. m. p. = $ : 14, £ : 7; T. d. d. = $ : 5, $ : 21 ; M. u. = $ . 2; T. r. =’
$ : 2; M. s. s. = : 4; Al. n. n. = $ : 9, £ : 8 ; larves = 6 .
Composition de l’ensemble du côlon :
T. 1. 1. = 101; T. 1. p. = 17; T. 1. s. = 5; T. c. = 23; T. m. p = 45 .
T. d. d. = 193; M. u. = 2; T. r. = 3; M. s. s. = 3; Al. n. n. = 15 !
T. n. = 1; T. s. = 3.
Total : 411.
b) Testudo graeca graeca 32 Q.
Femelle de 14 cm de long; origine : station ionosphérique de Zaërs
(près de Rabat); sacrifiée le 13-3-1963 après 23 jours de captivité; autres
parasites : une vingtaine d’Ascarides dans l’estomac.
Le côlon contient des débris alimentaires brunâtres peu nombreux et
très fins; il a été divisé en 3 portions :
Portion 1 : nombre d’individus identifiés = 657.
T. 1 . 1 . = $ : 248, <J : 23; T. 1. p. = ? : 57, <? : 9; T. 1. s. = O : 25 .
T. c. = $ ; 49 , g : 9 ; T. m. p. = $ : 28, <J : 6; T. d. d. = 2 ; 11 J • 3 s’.
M. m. = ?:1, : 2; M. u. = $ : 7, <? : 12; T. r. = $ : 1, S : 3; M. s. s =
? : 6 ; Al. n. n. = ? : 3, : 4; T. n. = .$ : 8 , «J : 3; Th. t. = o • s
(J : 1 ; larves = 100 .
Nombre total de femelles évalué à 7.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 3.880; T. 1. p. = 890; T. 1. s. = 390; T. c. = 770; T. m p = 410 -
T. d. d. = 170; M. m. = 15; M. u. = 100; T. r. = 15; M.s.s. = 90; Al n’n = 50-
T. n. = 170; Th.t. = 50.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 327.
T. 1.1. = $ : 54, (J : 20; T. 1. p. = $ : 3; $ : 8 ; T. c. =
T. m. p. = $ : 10, (J : 7; T. d. d. = ? : 11, o : 21; M. m. =
M. u. = $ : 1, $ : 3; T. r. = $ : 4, : 3; M. s. s. = o. i 6 ,
n. = $ : 14, S : 5; T. n. = : 3; larves : 125.
Nombre total de femelles évalué à 3.000.
? = 13, <5:2;
= $: 1 , <S : 2 ;
=? : 1 ; Al. n.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. 1. = 1.270; T. 1. p. = 70; T. c. = 310; T. m. p. = 230; T. d. d —
260; M. m. = 25; M. u. = 25; T. r. = 100; M. s. s. = 380; Al. n. n. '= 330
Portion III : nombre d'individus total (tous identifiés) = 5 .
M.m. = $:4; larve: 1.
Composition approximative de l'ensemble du côlon :
T. 1. 1. = 5.150; T. 1. p. = 960; T. 1. s. = 390; T. c. = 1.080- T m n -
640; T. d. d. = 430; M. m. = 40; M. u. = 125; T. r. = 115;M* s s = 47 ^
Al. n. n. = 380; T.n. = 170; Th.t. = 50. ' u;
Total : 10.000.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
155
c) Testudo graeca GRAECA 11 Q.
Femelle non mesurée; origine : région de Rabat; sacrifiée le 19-11-1962
après une semaine de captivité; autres parasites : larves d’Ascarides dans
l’estomac et Infusoires Ciliés dans l’intestin.
Le côlon contient des morceaux de salade très abondants; il est divisé
en 3 portions :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 222.
T. 1. = $ : 80, 3 : 6 ; T. c. = $ : 19, 3 : 1 ; T. m. p. = $ : 91 ; T. d. d. =
$ : 2; M. u. = $ : 5; T. s. = $ : 5, 3 : 2; larves = 10.
Nombre total de femelles évalué à 3.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 1.170; T. c. = 270; T. m. p. = 1.370; T. d. d. = 30; M. U. =
80; T. s. = 80.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 529.
T. 1. = $ : 191, $ : 37; T. c. = $ : 72, 3 : 14; T. m. p. = 2 ; 50, 3 ■ 6 ;
T. d. d. = $ : 3, (J : 3; M. m. = $ : 1 ; M. u. = $ : 5, (J : 1; T. r. =
$ : 1, 3 : 6 ; M. s. s. = $ : 15; T. s. = Ç : 6 ; larves = 118.
Nombre total de femelles évalué à 4.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 2.120; T. c. = 790; T. m. p. = 560; T. d. d. = 40; M. m. = 15;
M. u. = 60; T. r. = 15; M. s. s. = 310; T. s. = 75.
Portion III : nombre d’individus total = 47 (tous identifiés).
T. 1. = $ : 8 , 3 : 4; T. c. = $ : 2, 3 : 1 ; T. m. p. = $ : 12, T. d. d. =
Ç : 1; M. u. = $ : 1; M. s. s. = 2 : 14; T. s. = $ : 1 ; Th. t. = <? : 1 ;
larves = 12 .
Composition approximative de l’ensemble du côlon : L’espèce Thaparia
thapari est présente dans le côlon, puisque nous en avons trouvé un mâle
dans le rectum, nous l’avons donc fait figurer en lui attribuant arbitrairement
un chiffre très faible (5).
T. 1. = 3.300; T. c. = 1.060; T. m. p. = 1.930; T. d. d. = 70; M. m. = 15;
M. u. = 140; T. r. = 15; M. s. s. = 310; T. s. = 155; Th. t. = 5.
Total : 7.000.
d) Testudo gbaeca graeca 72 Q.
Femelle de grande taille; origine ; Tarmilète (Oulmes-les-Thermes)
(Maroc); morte naturellement le 25-10-1963 après 5 mois de captivité;
autres parasites : Ascarides dans l’estomac.
Le côlon contient très peu de matières alimentaires, excepté dans la
partie la plus voisine de l’iléon qui contient des blocs de matières dures et
qui est à peu près dépourvue d’Oxyures.
Tout le contenu du côlon a été mêlé.
Nombre d’individus identifiés = 634.
T. 1. 1. = 2 : 123, 3 : 16; T. 1. p. = 2 : 62, 3 : 3; T. 1. s. = 2 : 98,
3 : 2; T. c. = 2 : 68, 3 : 15; T. m. p. = 2 : 96, 3 : 7; T. d. d. = 2 : 24,
Source : MNHN, Paris
156
ANNIE J. PETTER
,* ; 2; M. m. = ? : 20, 3 : 4; M. u. = $ : 1; T. r. = ? : 23, 3 : 6;
M. s. s. = Ç : 17; T. n. = Ç : 11, <J : 1; T. s. = $ : 15; larves = 20.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
Nombre total de femelles évalué à 18.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 3.690; T. 1. p. = 2.000; T. 1. s. = 3.100; T. c. = 2.000; T. m. p. =
3 240- T d. d. = 890; M. m. = 550; M. u. : 50; T. r. = 680; M. s. s. = 530;
T. n. = 390; T. s. = 460; Th. t. = 150.
2. Résultats obtenus chez les Testudo g. graeca algériennes
a) Testudo graeca graeca 1 Q.
Tortue de sexe non déterminé, longue de 14 cm; origine : région d’Aumale
(Algérie); morte naturellement le 23-3-1961 après un an de captivité au
laboratoire; autres parasites : Cestodes dans l’iléon.
Tout le contenu du côlon a été mêlé et tous les individus adultes ont été
identifiés (si l’on excepte les spécimens qui ont été perdus au cours de mani¬
pulations); les larves n’ont pas été comptées.
Nous avons compté au total 5.692 individus répartis de la façon suivante :
T. 1. = $ : 1.637, 3 : 308; T. c. = $ : 1.469, 3 : 79; T. m. p. = $ : 299,
3 : 46; T. d. d. = ? : 1.141, £ : 87; M. m. = ? : 63, 3 : 46; M. u. =
? : 231, 3 : 5; T. r. = $ : 101, 3 ■ 5; M. s. s. = ? : 112, 3 : 4; Th. t. =
$ : 7, o : 2; Al. n. n. = ^ : 8; T. n. = $ : 23, 3 :19.
b) Testudo graeca graeca 2 Q.
Femelle longue de 17 cm; origine : région d’Aumale (Algérie); sacrifiée
le 15-5-1961 après un an de captivité au laboratoire.
Le côlon a été divisé en trois portions (fig. 80, D); les larves n’ont pas
été comptées.
Portion I : nombre d’individus identifiés = 227.
T. 1. = $ : 72, 3 : 9; T. c. = $ : 62, 3 '■ 17; T. m. p. = $ : 4, 3 : 4 ;
T. d. d. = $ : 2; M. m. = : 1 ; M. u. = ? : 38, 3 : 15; T. n. = $ : \ j
A. d. dac = 2 larves.
Nombre total de femelles évalué à 1.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 400; T. c. = 345; T. m. p. = 23; T. d. d. = 12; M. m. = 5 ;
M. u. = 210; T. n. = 5.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 1.634.
T . J. = Ç : 399, 3 • 128; T. c. = $ : 525, 3 : 113; T. m. p. = Ç : 199
3 : 27; T. d. d. = ? : 167, 3 : 3; M. m. = ? : 38, 3 : 3; M. u. = Ç : 11 ’
3 : 12; T. r. = $ : 4, 3 : 1; M. s. s. = $ : 1, <? : 2; T. n. = $ : 1 .
Nombre total de femelles évalué à 15.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 4.430; T. c. = 5.850; T. m. p. = 2.250; T. d. d. = 1.860; M. m. =
420; M. u. = 120; T. r. = 40; M. s. s. = 15; T. n. = 15 .
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
157
Portion III : nombre d’individus identifiés = 61.
T. 1. = $ : 6; T. c. = Ç : 32, (J : 5; T. ni. p. = $ : 1; T. d. d. = $ : 14;
M. m. = S : 2; M. u. = $ : 1.
Nombre total de femelles évalué à 100.
Composition approximative de l'ensemble du côlon :
Nous avons négligé la 3 e portion qui est peu importante par rapport
aux deux autres.
T. 1. = 4.830; T. c. = 6.200; T. m. p. = 2.270; T. d. d. = 1.870;
M. m. = 425; M. u. = 330; T. r. = 40; M. s. s. = 15; T. n. = 20.
Total : 16.000.
c) Testudo graeca graeca 9 Q.
Femelle longue de 18 cm; origine : région d'Aumale (Algérie); sacrifiée
le 5-11-1962 après 3 ans de captivité au laboratoire; autres parasites : très
nombreux Infusoires Ciliés. Le côlon contient de nombreux débris alimen¬
taires brunâtres mêlés aux Oxyures.
Le côlon a été divisé en deux portions (fig. 80 C.).
Portion I : nombre d’individus identifiés = 200.
T. 1. = $ : 12, <? : 1; T. c. = $ : 82, $ : 3; T. m. p. = 2 : 33, <? : 28;
T. d. d. = $ : 1; M. m. = $:1; M. u. = $ : 34; T. n. = $:2; larves = 3.
Nombre total de femelles évalué à 3.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 220; T. c. = 1.500; T. m. p. = 600; T. d. d. = 20; M. m. =
20; M. u. = 600; T. n. = 40.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 200.
T. 1. = $ : 22, <5:1; T. c. = Ç : 62, $ : 1; T. m. p. = ? : 28, <? : 34;
T. d. d. = $ : 8, (J : 2; M. m. = O : 16 , q : 13; M. u. = $ : 10; T. n. =
$: 3.
Nombre total de femelles évalué à 5.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
Un examen rapide de l’ensemble des Oxyures de cette partie nous a
montré la présence, en plus des espèces prélevées dans l’échantillon, des
2 espèces Tachygonelria seurati et T. s. stylosa, nous les faisons donc figurer
dans le compte total; pour évaluer leur quantité, nous dirons qu'il en existe
moins d’un spécimen par 200 individus, et que leur nombre total est donc
inférieur à 25; nous admettrons qu’il existe 20 représentants femelles de
chacune des 2 espèces.
T. 1. = 750; T. c. = 2.000; T. m. p. = 950; T. d. d. = 260; M. m. =
550; M. u. = 350; M. s. s. = 20; T. n. = 100; T. s. = 20.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. = 970; T. c. = 3.500; T. m. p. = 1.550; T. d. d. = 280; M. m. =
570; M. u. = 950; M. s. s. = 20; T. n. = 140; T. s. = 20.
Total : 8.000.
Source : MNHN, Paris
158
ANNIE J. PETTER
d) Testudo graeca graeca 3 Q.
Tortue de sexe non déterminé, longue de 20 cm; origine : région d’Aumale
(Algérie); morte naturellement le 5-5-1961 après un an de captivité au labo¬
ratoire; autres parasites : nombreux Infusoires Ciliés.
Le côlon a été divisé en 3 portions, les débris aliment?ires sont abondants
dans les 2 e et 3 e portions.
Portion I : nombre d’individus identifiés = 411.
T. m. p. = $ : 6; larves d’Oxyures = 7; A. d. dac. = Ç : 220, larves •
118, : 60.
Nombre total des vers évalué à 30.000.
Nombre de vers de chaque espèce :
T. m. p. = ? : 500; A. d. dac (c?, ?. et larves) = 29.500.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 208.
T. I. = ? : 11; T. c. = $ : 2; T. m. p. = $ : 29, : 2; M. u. = $ : i ;
larves d’Oxyures = 1 ; A. d. dac = $ : 85, larves : 70, ^ : 7.
Nombre total de vers évalué à 4.000.
Nombre de vers de chaque espèce :
T. 1. = $ : 250; T. c. = ? : 50; T. m. p. = $ : 650; M. u. = 2 : 20-
A. d. dac ($, $ et larves) = 3.000.
Portion III : nombre total d’individus trouvé = 130.
T. 1. = $ : 1, : 1 ; T. m. p. = $ : 9; M. m. = $ : 29; A. d. dac = $ : 73 j
larves ; S, S ■ 9.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. = $ : 250; T. c. = ? : 50; T. m. p. = $ : 1.160; M. m. = O : 3Q-
M. u. = $:20; A. d. dac (tj, $ et larves) = 32.500.
Total : 34.000.
e) Testudo graeca graeca 15 Q.
Femelle dont la longueur n’a pas été mesurée; origine : région d’Aumale
(Algérie); morte naturellement le 7-12-1962 après 3 ans de captivité au
laboratoire; les matières alimentaires du côlon sont agglomérées en blocs
durs dans lesquels sont pris les Oxyures.
Le côlon a été divisé en 3 portions : la dernière portion était complè¬
tement dépou vue d’Oxyures.
Portion I : nombre d'individus identifiés = 244.
T. 1. = $ : 100, <$ : 2; T. c. = ? : 17; T. m. p. = $ ; 99; T. d d =
9 : 8, <? : 9; M. u. = $ : 7; T. n. = $ : 2.
Nombre total de femelles évalué à 7.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 3.000; T. c. = 500; T. m. p. = 2.980; T. d. d. = 250- M u —
210; T. n. = 60.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 215.
T.I. = ? : 89, <?: 8 ; T. c. = $ : 23; T. m. p. = $ : 60, <?:5; T. d. d. =
?:1, <?:2; M.m. = $ : 10, : 2; M. u. = Ç : 3; T. r. = $ : 7; larves = 5
Nombre total de femelles évalué à 1.000.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 159
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 460; T. c. = 120; T. m. p. = 310; T. d. d. = 5; M. m. =
50; M. u. = 15; T. r. = 40.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. = 3.460; T. c. = 620; T. m. p. = 3.290; T. d. d. = 255; M. m. =
50; M. u. = 225; T. r. = 40; T. n. = 60.
Total : 8.000.
3. Résultats obtenus chez 2 Testudo graeca graeca achetées dans le commerce
a) Testudo graeca graeca 6 Q.
Tortue de sexe non déterminé, longue de 14,5 cm; origine inconnue;
morte naturellement le 11-12-1959 après 5 mois de captivité au laboratoire.
Son côlon contient seulement 41 Oxyures, répartis de la façon suivante :
T. 1. = $ ; 28; M. m. = $ : 12; M. u. = $ : 1.
b) Testudo graeca graeca 49 Q
Tortue de sexe non déterminé, d’origine inconnue; morte naturellement
le 8-6-1963 après 1 an de captivité au laboratoire.
Son côlon contient 749 individus, répartis de la façon suivante :
T. 1. = $ : 18, <? : 3; T. c. = Ç : 7, £ : 2; T. m. p. = $ : 8; T. d. d. =
$ : 6, <?:5; M. m. = $ : 66, ^ : 18; M. u. = $ : 45, <?:1; T. r. = $:2;
M. s. s. = $ : 18; T.n. = $ : 33; larves = 515.
4. Résultats obtenus chez les Testudo g. zarudnyi iraniennes
Fig. 81. •— Schémas montrant les niveaux des coupures pratiquées dans le côlon chez
les Tortues 26 Q et 63 Q. A, 26 Q ; B, 63 Q.
a) Testudo graeca zarudnyi 47 Q.
Mâle de 15 cm de long; origine : Téhéran; sacrifié le 17-4-1963 après
2 mois de captivité; autres parasites : 1 Ascaride dans l’estomac; le côlon
contient des débris alimentaires très fins. Il a été divisé en 2 portions :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 394.
Source : MNHN, Paris
160
ANNIE J. PETTER
T. 1.1. = ? : 46; T. 1. variété à queue longue = $ : 16; T. 1. des 2 variétés
groupés) = 42; T. c. = ? : 26, 3 : 26; T. m. p. = ? : 20, 3 : 12; T. d. d. =
? : 41, 3 : 1; M. m. = ? : 2, 3 : 2; M. u. = 9 : 4, 3 : 2; T. r. = 3:2;
larves — 152.
Nombre total de femelles évalué à 20.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. 1. = 5.930; T. 1. variété à queue longue = 2.070; T. c. = 3 340-
T. m. p. = 2.580; T. d. d. : 5.280; M. m. : 260; M. u. : 500; T. r. : 40.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 641.
T. 1. 1. = ? : 201; T. 1. variété à queue longue = 9 : 9; T. 1. des
2 variétés groupés) = 37 ; T. c. = 9 : 82, 3 : 11 ; T. m. p. = 9 : 1 ]
(J : 2; T. d. d. = 9 : 77, 3 : 2; M. m. = 9 : 9; M. u. = 9 ; 23, 3 • 2-
T. r. = 9: 12, £ : 5; M. s. s. = 9 : 5; Th. t. = 9 : 2, 3 : 2; larves = 149 !
Nombre total de femelles évalué à 30.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. 1. = 14.000 ; T. 1. variété à queue longue = 650 ; T. c. = 5 700 •
T. m. p. = 750; T. d. d. = 5.300; M. m. = 650; M. u. = 1600 •
T. r. = 900; M. s. s. : 300; Th. t. : 150.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. 1. = 19.930 ; T. 1. variété à queue longue = 2.720 ; T. c. = 9.040 •
T. m. p. — 3.330; T. d. d. = 10.580; M. m. = 910; M. u. = ^100*
T. r. = 940; M. s. s. = 300; Th. t. = 150.
Total : 50.000.
b) Testudo graeca zarudnyi 81 Q.
Mâle long de 16 cm; origine ; Téhéran; mort naturellement le 26-11-1963
après 5 mois de captivité isolée; autres parasites : quelques Ascarides.
Le côlon a été divisé en 2 portions :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 229.
T. 1.1. = 9 : 28; T. 1. variété à queue longue = 9:6; T. 1. (<J des 2 variétés
groupés) = 6; T. c. = 9 : 11, 3 : 5; T. m. p. = 9 : 5, <? : 5; T. d. d =
9 : 15, 3 ■ 2; M. m. = 9 : 93, 3 : 3; M. u. = 9 : 4; T. r. = 9 ; 2; larves =
44 dont 28 larves de M. m.
Nombre total de 9 évalué à 3.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. 1. = 500 ; T. 1. variété à queue longue = 100 ; T. c. = 150 .
T. m. p. = 80; T. d. d. = 200; M. m. = 1.880; M. u. = 60 ; T. r. = 39 ’
Portion II : nombre d’individus identifiés = 203.
T. 1. 1. = 9 : 27; T. 1. variété à queue longue = 6; T. 1. (3 des 2 variétés
groupés) = 16; T. c. = 9 : 20, 3 : 3; T. m. p. = 9 : 10, 3 : 4; T. d. d =
9 : 35, 3 : 8; M. m. = 9 : 15, 3 : 2; M. u. = 9 : 3; T. r. = 9 : 6 , ^ • o •
Th. t. = 9 : 4; larves = 42 dont 17 larves de M. m.
Nombre total de femelles évalué à 7.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. 1. = 14.000; T. 1. variété à queue longue = 300; T. c. — 970 -
T. m. p. = 480; T. d.d. = 1.700; M. m. = 1.550; M. u. = 140- Tr = 280*
Th. t. = 180.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 161
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. 1. = 1.900; T. 1. variété à queue longue = 400; T. c. = 1.120;
T. m. p. = 560 ; T. d. d. = 1.900 ; M. m. = 3.430 ; M. u. = 200 ;
T. r. = 310; Th. t. = 180.
Total : 10.000.
c) Testudo graeca zarudnyi 92 Q.
Tortue de sexe non déterminé, de 17 cm de long; origine : Téhéran;
sacrifiée le 10-12-1963 après 10 mois de captivité.
Le côlon contient seulement 2 ou 3 femelles adultes et quelques mâles
et de très nombreuses larves de différentes tailles. Ces Oxyures n’ont pas
été identifiés.
d) Testudo graeca zarudnyi 93 Q.
Tortue de sexe non déterminé, de 20 cm de long; origine : Téhéran;
sacrifiée le 11-12-1963 après 10 mois de captivité.
Le côlon est divisé en 2 portions :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 219.
T. 1.1. = $ : 10; T. 1. variété à queue longue = $ : 14; T. c. = ? : 1;
T. m. p. = Ç : 2; T. d. d. = $ : 31, <J : 5; M. m. = $ : 66, <J : 10;
larves = 80 dont 78 larves de M. m.
La plupart des $ de M. m. sont jeunes et ne contiennent pas d’œufs
mûrs.
Nombre total de femelles évalué à 5.000
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 250; T. 1. variété à queue longue = 350 ; T. c. = 25 ; T. m.p. =
50; T. d. d. = 775; M. m. = 3.550.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 232.
T. 1. variété à queue longue = $ : 2; T. d. d. = $ : 8; M. m. = Ç : 105,
: 9, larves = 108.
Nombre total de femelles évalué à 5.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. variété à queue longue = 50; T. d. d. = 180; M. m. = 4.770.
Composition approximative de l'ensemble du côlon :
T. 1.1. = 250; T. 1. variété à queue longue = 400; T.c. = 25; T.m.p. =
50; T. d. d. = 955; M. m. = 8.320.
Total : 10.000.
e) Testudo graeca zarudnyi 26 Q.
Mâle long de 22 cm; origine : Téhéran; sacrifié le 13-5-1963 après 4 mois
de captivité.
Le côlon a été divisé en 2 portions (fig. 81, A).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 11
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Portion I : la l re partie contient des débris verts très fins :
Nombre d’individus identifiés = 1.747.
T. 1.1. = $ : 229; T. 1. variété à queue longue = Ç : 2; T. c. = Q ■ 5-
T. m. p. = $ : 12; M. m. = Ç : 4; A. d. b. = $ : 337, : 5, larves = I.153’
Nombre total de vers de cette partie évalué à 20.000.
Nombre de vers de chaque espèce :
T. 1.1. = 2.730; T. 1. variété à queue longue = 20; T. c. = 60; T. m. p. =
140; M. m. = 50; A. d. b. (Ç, et larves) = 17.000.
Portion 11 : la 2 e partie contient de nombreux débris bruns et plusieurs
blocs durs auxquels sont mêlés des vers.
Nombre d’individus identifiés = 1.028.
T. 1. 1. = Ç : 200, (J : 2; T. 1. variété à queue longue = $ : 2; T. c. =
2 : 1 ; T. m. p. = $ : 3, <? : 1 ; M. m. = 2 : 1 ; M. u. = 2 : 1 ; T. r.' =
2 : 5; M. s. s. = $ : 1; Th. t. = Ç : 3; larves = 5; A. d. b. = o • 51
s : 2, larves = 750. r ' ’
Nombre total d’individus évalué à 20.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 4.160; T. 1. variété à queue longue = 50; T. c. = 20- T m p =
60; M. m. = 20; M. u. = 20; T. r. = 110; M. s. s. = 20; Th. t. = 46; À. d. b
(2, (? et larves) = 15.500.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. I. = 6.890; T. 1. variété à queue longue = 70; T. c. = 80; T m p =
200; M. m. = 70; M. u. = 20; T. r. = 110; M. s. s. = 20; Th. ’t. = 40-
A. d. b. (c?, 2 e t larves) = 32.500.
Total : 40.000.
f) Testudo graeca zarudnyi 96 Q.
Tortue de sexe non déterminé, longue de 23 cm; origine : Téhéran-
morte naturellement le 1-2-1964 après 1 an de captivité; le côlon contient
des particules alimentaires noires très fines.
Il est divisé en 2 portions :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 317.
T. 1.1. = 2 : H3; T. 1. variété à queue longue = 2:11; T. 1. («J des 2 variétés
groupés) = 8; T. c. = 2 : 18, c? : 2; T. m. p. = 2 : 8, : 3; T. r =
2 : 3, <? : 2; Th. t. = 2 : 6, ^ : 2; larves = 131; A. d. b. = Ç : j, g. j
larves = 8. ’
Nombre total de vers évalué à 700.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 250; T. 1. variété à queue longue = 50; T. c. = 40- T. m n —
15; T. r. = 5; Th. t. = 10; A. d. b. (2, <? et larves) = 22.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 228.
T. 1.1. = 2 : 68, d : 10; T. 1. variété à queue longue = 2 : 7; T c == o . o fi
c? : 3; T. m. p. = 2 : 22, : 11; M. m. = 2 : 1; T. r. = 0 ; 3'. Th ; j
2:6, t? : 2; larves - 25; A. d. b. = 2 : 2, larves = 32.
Nombre total de vers évalué à 1.000.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
163
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 290; T. 1. variété à queue longue = 40; T. c. = 160; T. m. p. =
100; M. m. = 5; T. r. = 10; Th. t. = 25; A. d. b. (?, £ et larves) = 150.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1.1. = 540; T. 1. variété à queue longue = 90; T. c. = 200; T. m. p. =
115; M. m. = 5; T. r. = 15; Th. t. = 35. A. d. b. (Ç, $ et larves) = 170.
Total : 1.000.
g) Testudo graega zarudnyi 25 Q.
Mâle de 23,5 cm de long; origine : Téhéran; sacrifié le 27-5-1963 après
4 mois de captivité.
Le côlon a été divisé en 2 portions :
Portion I : cette partie contient de très nombreux Atractides et peu
d’Oxyures : sur 183 individus identifiés, nous avons trouvé : A. d. b. =
$ : 95 (la plupart des femelles sont juvéniles et ne contiennent pas de larves) ;
g : 31, larves : 50; Oxyures : 7, dont T. 1. = Ç : 4, <J : 1; T. c. = $ : 2.
Pour avoir une meilleure idée de la composition en Oxyures, nous
avons ensuite identifié les Oxyures d’un échantillon, en ne comptant pas
les Atractides, ce qui nous a permis de faire un compte plus rapide; 74 Oxyures
ont été identifiés :
T. 1. = $ : 31, 3 : 9; T. c. = $ : 2, : 1 ; T. m. p. = $ : 1, (J : 2; Th. t. =
$ : 2, <? : 2; larves = 24.
La quantité totale de larves de vers de cette partie a été évaluée à
90.000, ce qui donne approximativement 3.500 $ d’Oxyures, réparties de
la manière suivante : T. 1. = 3.000; T. c. = 200; T. m. p. = 100; Th. t. =
200; A. d. b. ($, (J et larves) = 86.500.
Portion II : sur 416 individus identifiés, nous avons trouvé 370
Atractides (^, $ et larves) et 46 Oxyures.
Nous avons ensuite identifié les Oxyures d’un échantillon, en ne comp¬
tant pas les Atractides, 114 Oxyures ont été identifiés :
T. 1. = $ : 37, <? : 32; T. c. = $ : 4, <J : 2; T. m. p. = £ : 1 ; T. r. =
$ : 4; Th. t. = $ : 2; larves = 32.
La quantité totale de vers de cette partie a été évaluée à 36.000, ce
qui donne approximativement 4.000 Ç d’Oxyures, réparties de la façon
suivante (les espèces T. m. p. et T. r. sont présentes dans cette partie puisque
nous avons trouvé des mâles, nous les faisons donc figurer dans le compte
total, en remplaçant les que nous avons trouvés par des $ ; T. 1. = 3.400;
T. c. = 370; T. m. p. = 10; T. r. = 20; Th. t. = 200; A. d. b. (£, $ et
larves) = 32.000.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1. = 6.400; T. c. = 570; T. m. p. = 110; T. r. = 20; Th. t. = 400;
A. d. b. (<?, $ et larves) = 118.500.
Total : 126.000.
Source : MNHN, Paris
164
ANNIE J. PETTER
h) Testudo graeca zarudnyi 109 Q.
Tortue de sexe non déterminé, longue de 24 cm; origine : Téhéran;
sacrifiée le 7-8-1964 après un an et demi de captivité; a été placée pendant
3 mois en contact avec des Tortues malgaches (104 Q et 105 Q) avant d’être
sacrifiée.
Le côlon contient de nombreux débris de salade. Tous les Oxvures
ont été mêlés.
Nombre d’individus identifiés = 364.
T. 1. = $ : 185, 3 : 36; T. c. = $ : 35, $ : 21 ; T. m. p. = $ : 21, : 8 -
T. d. d. = $ : 5, 3 : 1; T. r. = $ : 12; Th. t. = $ : 5, 3 : 3; larves =
16; A. d. b. = $ : 14, 3 : 1, larves : 1.
Nombre total de vers évalué à 5.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. = 2.470; T. c. = 470; T. m. p. = 280; T. d. d. = 60; T. r. = 160-
Th. t. = 60; A. d. b. (Ç, 3 et larves) = 200.
i) Testudo graeca zarudnyi 40 Q.
Mâle de 27 cm de long; origine : Téhéran; sacrifiée le 26-3-1963 après
1 mois 1/2 de captivité; le côlon est divisé en 3 portions :
Portion 1 : dans cette partie, les débris alimentaires sont à peu près
inexistants.
Nombre d’individus identifiés = 476.
T. 1. 1. = $ : 30, T. 1. variété à queue longue = $ : 18; T. 1. (3 des 2 variétés
groupés) = 5; T. c. = $ : 26, 3 : 5; T. m. p. = Ç : 3, 3 : 2; Th. t. =
? : 1, larves = 20; A. d. b. = Ç et larves : 266, 3 ■ 100.
Nombre total de vers évalué à 150.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 13.430; T. 1. variété à queue longue = 8.100; T. c. = 11.690-
T. m. p. = 1.330; Th. t. = 450; A. d. b. (Ç, 3 et larves) = 115.000.
Portion II : dans cette partie, les débris alimentaires sont agglomérés
en une grosse masse noire à laquelle sont mêlés les vers.
Nombre d’individus identifiés = 410.
T. 1.1. = ? : 53; T. 1. variété à queue longue = Ç : 3; T. 1. (3 des 2 variétés
groupés) = 3; T. c. = $ : 11, 3 : 2; T. d. d. = 3 : 1 ; M. m. = Ç : 9; T.r. =
? : 8, 3 : 1 ; larves — 8 ; A. d. b. = ? et larves : 236, 3 : 75.
Nombre total de vers évalué à 25.000, ce qui donne approximativement
6.000 $ d'Oxyures réparties de la façon suivante : (l’espèce T. d. d. est pré¬
sente dans cette partie puisque nous avons trouvé 1 3, nous l’avons donc
fait figurer dans le compte total en remplaçant le 3 par une Ç) :
T. 1. 1. = 3.740; T. 1. variété à queue longue = 210; T. c. = 780; T. d. d. =
70; M. m. = 640; T. r. = 560; A. d. b. ($, 3 et larves) = 19.000.
Portion III : Les vers de cette partie sont très peu nombreux; 22 indi¬
vidus sont identifiés :
M. m. = $:3; A. d. b. = Ç : 19.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
165
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
(La portion III, très pauvre en Oxyures, a été négligée dans le compte
total.)
T. 1. L = 17.170; T. 1. variété à queue longue = 8.310; T. c. = 12.470;
T. m. p. = 1.330; T. d. d. = 70; M. m. = 640; T. r. = 560; Th. t. = 450.
Total : 41.000 femelles d’Oxyures
A. d. b. ($, et larves) = 134.000.
j) Testudo graeca zarudnyi 53 Q.
Tortue de sexe non déterminé, de grande taille; origine : Téhéran;
morte naturellement le 23-4-1963 après deux mois 1/2 de captivité.
Tous les vers du côlon ont été mêlés.
1.032 vers sont identifiés, répartis de la façon suivante :
A. d. b. = $ et larves : 900, : 60; Oxyures = 72.
101 Oxyures sont ensuite identifiés, répartis de la manière suivante :
T. 1. 1. = $ : 72, $ : 14; T. c. = $ : 5, «J : 1; T. m. p. = ? : 2, <? : 1 ;
T. d. d. = $:1; M.m. = $ : 1 ; T. r. = <J:1; Th. t. = $:2;larve = l.
Nombre total de vers évalué à 95.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 6.000; T. c. = 420; T. d. d. = 100 ; T. m. p. = 200; M. m. = 80;
T. r. = 20; Th. t. = 180; A. d. b. = 88.000.
5. Résultats obtenus chez les Testudo hermanni romaines
a) Testudo hermanni 16 Q.
Femelle de 14 cm de long; origine : Rome; sacrifiée le 9-1-1963; la
durée de sa captivité à Rome nous est inconnue; le côlon contient des débris
verts très fins et 35 Oxyures répartis de la manière suivante :
T. 1. = ? : 1; T. c. = ? : 1; T. m. p. = ? : 23, 3 : 2; larves = 8.
b) Testudo hermanni 17 Q.
Femelle de 14 cm de long; origine : Rome; sacrifiée le 26-2-1963; la
durée de sa captivité à Rome nous est inconnue; le côlon contient des débris
de salade très fins mêlés aux Oxyures ; il est divisé en 2 portions :
Portion I : la partie I contient environ 300 Oxyures ; ils sont presque
tous identifiés = 282.
T. U. = $ : 5, $ : 6; T. 1. p. = $ : 29. $ : 2; T. 1. s. = $ : 26; T. c. =
$ : 93, (J : 4; T. m. p. = $:77, ^ : 17; Th. t. = Ç: 5; larves = 15; A. d.
dac. $ : 3.
Portion II : cette partie contient 27 Oxyures :
T. U. = 9 : 3; T. 1. p. = $ : 6; T. 1. s. = $ : 9; T. c. = $ : 4; T. m. p. =
$ : 1, (J : 1 ; Th. t. = $ : 1 ; larves = 2.
Source : MNHN, Paris
166
ANNIE J. PETTER
Composition de l'ensemble du côlon :
T. 1. 1. = 8 ; T. 1. p. = 35; T. 1. s. = 35; T. c. = 97; T. m. p. = 78; Th.
t. = 6 ; A. d. dac. = 3.
Total : 262.
6 . Résultats obtenus chez les Testudo horsfieldii achetées dans le commerce
a) Testudo horsfieldii 63 Q.
Mâle long de 11 cm; origine : inconnue; mort naturellement le 11-10-1963
après 5 mois de captivité au laboratoire.
Le côlon a été divisé en 3 segments délimités comme l’indique la
figure 81, B; nous voyons que la portion I habituelle a été elle-même divisée
en 2 zones a et b.
Portion I, zone a : cette partie est complètement dépourvue de
matières alimentaires.
Nombre d’individus identifiés = 207.
T. 1. 1. = $ : 1, : 1; T. 1. p. = $ : 28; T. c. = Ç : 1; T. m. p. =
$ : 46, 3 : 8 ; T. d. d. = Ç : 75, 3 : 4; M. m. = Ç : 2, : 1 ; M. u. =
$ : 35; Al. n. n. = $ : 1; Th. t. = <J : 1; larves = 3.
Nombre total de femelles évalué à 1.500.
Nombre de femelles de chaque espèce : (nous avons représenté
l’espèce Th. t. en remplaçant le 3 trouvé par une $).
T. 1.1. = 10; T. I. p. - 210; T. c. = 10; T. m. p. = 360; T. d. d = 600-
M. m. = 20; M. u. = 270; AI. n. n. = 10; Th. t. = 10.
Zone b : cette partie contient des matières alimentaires fines et bru¬
nâtres mêlées aux Oxyures.
Nombre d’individus identifiés = 226.
T. 1. 1. = Ç : 11, ; 3; T. 1. p. = ? : 9, «? : 2; T. c. = Ç : 27, 3 • i .
T. m. p. = $ : 71, 3 : 19; T. d. d. = $ : 48, 3 : 2 ; M. m. = Q : 2 V- i !
M. u. = $ : 25; Th. t. = $ : 1; larves = 4.
Nombre total de femelles évalué à 5.500.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1. 1. : 310; T. 1. p. : 260; T. c. : 760; T. m. p. : 2.000; T. d. d
M. m. : 70; M. u. : 700; Th. t. : 30.
: 1.370;
Portion II : cette partie contient également des matières alimentaires
fines et brunâtres mêlées aux Oxyures.
Nombre d’individus identifiés = 249.
T. 1.1. = $ : 141, 3 : 16; T. 1. p. = $ : 4, 3 : 4; T. c. = Q • 41 * . .
T. m. p. = 3 : 1; T. d. d. = $ : 4; M. m. = $ : 1, 3 : i' ; M. „ ‘ i’
$ : 5, 3 : 1; T. r. = $ : 4. «J : 2; Al. n. n. = Ç : 1 ; larves : 19. '
Nombre total de femelles évalué à 13.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 9.100; T. 1 . p. = 250; T. c. = 2.650; T. d. d. = 250- M m = Rn
M. u. = 380; T. r. = 250; Al. n. n. = 60. '
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 167
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1.1. = 9.420; T. 1. p. = 720; T. c. = 3.420; T. m. p. = 2.360; T. d. d. =
2.220; M. m. = 150; M. u. = 1.350; T. r. = 250; Al. n. n. = 70;
Th. t. = 40.
Total : 20.000.
b) Testudo horsfieldii 64 Q.
Mâle long de 13 cm; origine : inconnue; sacrifié le 6-11-1963 après
6 mois de captivité au laboratoire; le côlon est divisé en 2 portions :
Portion I :
Nombre d’individus identifiés = 232.
T. 1. 1. = $ : 75, <J : 1; T. 1. p. = $ : 27; T. c. = ? : 60; T. m. p. =
$ : 40, S : 1; T. d. d. = ? : 2; M. u. = $ : 11 ; larves = 1; A. d. d. =
$ : 3, larves = 11.
Nombre total de vers évalué à 15.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 4.880; T. 1. p. = 1.760; T. c. = 3.900; T. m. p. = 2.600; T. d.
d. = 130;M. m. = 8; M. u. = 730; M. 1. = 7; A. d. d. ($, et larves) =
1.000.
(Un examen rapide de l’ensemble des Oxyures de cette partie a montré
la présence de Mehdiella longissima, nous la faisons donc figurer en très
petite quantité dans le compte total.)
Portion II : cette partie est très pauvre en vers.
Nombre d’individus identifiés = 44.
T. 1. 1. = $ : 1; T. c. = $ : 11; T. m. p. = Ç : 2; M. u. = $ : 14;
T. r. = Ç : 10; M. 1. = Ç : 4; larve = 1; A. d. d. = larve : 1.
Nombre total de femelles évalué à 200.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 5; T. c. = 52; T. m. p. = 9; M. u. = 67; T. r. = 48; M. 1. = 19.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T 1. I. = 4.885; T. 1. p. = 1.760; T. c. = 3.952; T. m. p. = 2.609; T. d.
d. = 130; M. m. = 8; M. u. = 797; T. r. = 48; M.l. = 26; A.d.d. = 1.000.
Total : 15.000.
c) Testudo horsfieldii 62 Q.
Femelle longue de 14 cm; origine inconnue; sacrifiée le 28-5-1963 après
15 jours de captivité au laboratoire. Le côlon a été divisé en 4 portions :
Portion I : cette partie contient des matières alimentaires fines et
brunâtres mêlées aux Oxyures.
Nombre d’individus identifiés = 524.
T. 1.1. = $: 72, <? : 2; T.l.p. = $ : 25; T. c. = $: 193, <? : 12; T.m.p. =
$ : 144, ^ : 11 ; T. d. d. = $ : 10; M. u. = $ : 3, : 1; Al. n. n. = $: 2;
larves = 43; A. d. dac = larves : 6.
Nombre total de femelles évalué à 15.000.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 2.400; T. 1. p. = 840; T. c. = 6.450; T. d. d. = 330; T. m. p. =
4.810; M. u. = 100; Al. n. n. = 70; A. d. dac. = larves : 200.
Portion II : cette partie contient également des matières alimentaires
brunâtres mêlées aux Oxyures.
Nombre d’individus identifiés = 230.
T. 1.1. = $ : 144, cJ : 4; T. 1. p. = <J : 4; T. c. = $ : 1, «J : 2; T. m. p. =
$ : 3, (J : 3; T. d. d. = $ : 2, <? : 1 ; M. u. = $ : 6, <J : 1 ; T. r. = $ : 15
$ : 1; Al. n. n. = $ : 3; Th. t. = $ : 1, <J : 1; larves = 38.
Portion III : dans cette partie, les Oxyures sont peu nombreux et
les débris alimentaires abondants.
Nombre d’individus identifiés = 42.
T. 1.1. = $ : 15, o 1 : 6 ; T. c. = Ç : 4; T. m. p. = £ : 3; M. u. = <J : 1 *
T. r. = $ : 1; M. s. s. = $ : 5; larves = 7.
Portion IV : dans cette partie, on trouve une grosse masse noire et
quelques Oxyures.
Nombre d’individus identifiés = 45.
T. 1. 1. = $ ; 12, S : 4; T. c. = $ : 3, «J : 1; T. m. p. = Ç : 4, • 2-
T. r. = $ : 2, <? : 1; M. s. s. = ? : 11; larves = 5.
Les parties II, III et IV ont été groupées; la somme des $ de l’ensemble
de ces 3 parties a été évaluée à 15.000; nombre de femelles de chaque espèce
dans les parties II, III et IV :
T. 1.1. = 11.260; T. c. = 530; T. m. p. = 650; T. d. d. = 130; M u =
500; T. r. = 1.120; M. s. s. = 530; Al. n. n. = 200; Th. t. = 80.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1.1. = 13.660; T. 1. p. = 840; T. c. = 6.980; T. m. p. = 5.460; T. d d =
460; M.u. = 600; T.r. = 1.120; M.s.s. = 530; Al.n.n. = 270; Th.t. = 80
Total : 30.000.
d) Testudo horsfieldii 65 Q.
Mâle long de 14 cm; origine : inconnue; sacrifié le 17-6-1963 après
1 mois de captivité au laboratoire.
Le côlon a été divisé en 2 portions :
Portion I : dans cette partie, les débris alimentaires sont assez grands
Nombre d’individus identifiés = 316.
T. 1. 1. = $ : 139, c? : 5; T. 1. p. = Ç : 13, <? : 4; T. c. = O : 45 x . o.
T. m. p. = $ : 18; T. d. d. = $ : 5, <? : 2; M. u. = $ : 12; T. r." =1
(J : 2; larves = 68.
Nombre total de femelles évalué à 20.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 11.870; T.l.p. = 1.110; T. c. = 3.860; T.m.p. = 1.560- T d d -
420; M. u. = 1.020; T. r. = 160. ’***""
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
169
Portion II : dans cette partie, les débris alimentaires sont plus fins.
Nombre d’individus identifiés = 198.
T. 1.1. = $ : 126, $ : 5; T. 1. p. = $ : 7, S • 3; T. c. = $ : 9; M. m. =
2 : 1 ; M. u. = $ : 2; T. r. = Ç : 19; M. s. s. = $ : 19, : 1 ; larves = 6.
Nombre total de femelles évalué à 20.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. 1.1. = 13.770; T. 1. p. = 770; T. c. = 980; M. m. = 100; M. u. = 220;
T. r. = 2.080; M. s. s. = 2.080.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. 1.1. = 25.640; T. l.p. = 1.880; T. c. = 4.840; T.m.p. = 1.560; T.d.d. =
420; M. m. = 100; M. u. = 1.240; T. r. = 2.240; M. s. s. = 2.080.
Total : 40.000.
B. — CONSTATATIONS GÉNÉRALES
Les résultats exposés dans le sous-chapitre précédent mettent en évi¬
dence en premier lieu l’extrême abondance des individus qui parasitent
un hôte en bon état physiologique; d’après nos évaluations approximatives,
le nombre des individus dans le côlon d’une Tortue en bon état varie de
5.000 à 200.000; Forstner (1960) juge que ce nombre atteint rarement
moins de 5.000 et Dubinina (1949) estime qu’il peut atteindre 335.000.
En second lieu, nous trouvons ici un foisonnement d’espèces très voi¬
sines. Si nous exceptons l’espèce Tachygonetria weissi, décrite par Seurat
et qui n’a jamais été rencontrée depuis, il existe chez les Tortues paléarc-
tiques 14 espèces dont 8 appartiennent au genre Tachygonetria et 4 au genre
très voisin Mehdiella, 2 espèces de Tachygonetria se subdivisant elles-mêmes
en sous-espèces; les 2 autres espèces, Alaeuris numidica et Thaparia lhapari
sont également très proches des Tachygonetria. Ces espèces cohabitent
dans un même individu hôte, le nombre d’espèces différentes présentes
chez une Tortue variant de 7 à 11; chez les Tortues marocaines où il existe
3 sous-espèces de Tachygonetria longicollis et 2 sous-espèces de T. conica,
nous avons 15 formes différentes dans une même Tortue.
Ces différentes espèces d’Oxyures se trouvent seules chez les Tortues
jeunes; chez les Tortues âgées, il s’y ajoute une espèce de la famille des
Atractides.
En troisième lieu, nous constatons que si la plupart des espèces
se trouvent chez toutes les Tortues, elles sont représentées d’une manière
très inégale, certaines espèces étant très abondantes alors que d’autres
se trouvent seulement en quelques exemplaires, et il est remarquable de
noter que, à part ceitaines exceptions dont nous parlerons plus loin, les
quantités relatives des différentes espèces se retrouvent plus ou moins
constantes chez toutes les Tortues, c’est-à-dire que ce sont toujours les
mêmes espèces qui sont en nombre dominant.
Nous avons mis ces faits en évidence :
1° D’une part, en effectuant pour chaque espèce la somme totale des
femelles présentes chez toutes les Tortues étudiées; nous avons obtenu
les résultats suivants : Tachygonetria longicollis : 162.578; Tachygonetria
Source : MNHN, Paris
Fig. 82. •— Composition de la population des différentes Tortues paléarctiques étudiées.
Chaque Tortue est représentée par une ligne verticale sur laquelle nous avons porté les logarithmes du nombre de femelles des différentes
espèces, chaque espèce étant représentée par un symbole particulier (voir la liste des symboles tableau n° 6). Nous avons dû avoir recours aux
logarithmes pour avoir toutes les espèces représentées sur un graphique de dimensions normales, mais ceci entraîne d’une part que l’écart entre
les espèces les plus abondantes et les espèces les plus rares parait beaucoup moins grand qu’il ne l’est en réalité, et d’autre part que dans le cas
des espèces peu abondantes, un faible écart dans le nombre d'individus d’une espèce chez 2 Tortues différentes apparaîtra très nettement sur le
graphique, alors qu'il sera simplement dû souvent au manque de précision de nos évaluations; nous devons donc tenir compte de ces faits
dans l'appréciation du graphique. Les lignes verticales en traits forts séparent les Tortues des différentes régions géographiques.
L'espèce A tract h dactyturh n’a pas été figurée sur les graphiques; sa présence chez une Tortue est simplement signalée nu bas de In ligne
vert Ira
k ( A Ira
d/mi
n C AI r n
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES
TORTUES TERRESTRES
171
conica : 59.694; Tachygonelria macrolaimus : 32.697; Tachygonelria denlata :
22.030; Mehdiella microstoma : 15.516; Mehdiella uncinala : 8.426; Tachy¬
gonelria robusla : 6.789; Mehdiella slylosa : 4.408; Thaparia thapari : 1.833;
Tachygonelria numidica : 837; Alaeuris numidica : 743; Tachygonelria
seurali : 638; Mehdiella longissima : 19;
2° D’autre part, en représentant graphiquement (fig. 82) la composition
de la population de chacune des Tortues.
Nous voyons ainsi que nous pouvons distinguer schématiquement
3 catégories d’espèces :
1. Espèces abondantes
4 espèces sont abondamment représentées : T. longicollis, T. conica,
T. macrolaimus et T. dentela.
T. longicollis considérée dans son ensemble, se trouve de beaucoup
la plus abondante dans 15 des 23 Tortues étudiées et vient en seconde ou
troisième position chez la plupart des autres Tortues; nous avons distingué
les sous-espèces de T. longicollis chez 15 Tortues; la somme des femelles
de l’espèce chez ces 15 Tortues atteint 139.236 individus, répartis de la
façon suivante : T. longicollis longicollis : 115.504; T. longicollis pusilla :
20.202; T. longicollis setosa : 3.530; nous voyons donc que les 2 sous-espèces
T. longicollis longicollis et T. longicollis pusilla considérées séparément
font toutes deux partie des espèces abondantes, T. longicollis longicollis
venant nettement en première position; par contre, T. longicollis selosa ne
se rencontre que dans certaines régions, où elle est généralement en assez
faible quantité.
T. conica et T. macrolaimus viennent chez la plupart des Tortues en
seconde ou troisième position, après T. longicollis; chez quelques Tortues,
elles dépassent même cette espèce et se trouvent en nombre dominant;
T. conica se subdivise chez les Tortues marocaines en 2 sous-espèces qui,
chez la Tortue 72 Q, où nous avons distingué les 2 sous-espèces dans nos
comptes, se trouvent en quantités à peu près égales.
T. denlata n’est abondamment représentée que chez les Tortues jeunes,
où elle occupe parfois la première place, et disparaît complètement chez les
Tortues âgées; nous envisagerons plus loin les causes de ce phénomène.
2. Espèces peu abondantes
4 espèces sont peu abondantes. Parmi celles-ci, nous devons consi¬
dérer à part M. microstoma : cette espèce est généralement en faible
quantité, mais elle se trouve en nombre dominant chez les Tortues 81 Q
et 93 Q, surtout chez 93 Q où elle est presque la seule représentée (8.000 fe¬
melles de M. microstoma sur un total de 10.000 femelles).
Les 3 espèces M. uncinala, T. robuste et M. slylosa ne sont jamais très
abondantes, mais sont généralement relativement bien représentées ; M. unci-
nata semble comme T. denlata être éliminée chez les Tortues âgées.
Source : MNHNParis
172
ANNIE J. PETTER
3. Espèces très peu abondantes
Les 5 dernières espèces sont toujours en très faible quantité; Th. lhapari
est présente en petit nombre dans toutes les régions et chez les Tortues de
tous âges, alors qu’Al. numidica semble n’exister que chez les Tortues les
plus petites et que T. numidica, T. seurati et M. longissima sont localisées
à certaines régions géographiques.
C. _ VARIATIONS DE L’ÉQUILIBRE
SUIVANT DIFFÉRENTS FACTEURS
1. L'âge de l’hôte
Nous devons envisager d’une part l’évolution quantitative, d’autre part
l'évolution qualitative de la population suivant l’âge des Tortues.
L'évolution quantitative a été bien étudiée par Dubinina (1949) qui a eu
à sa disposition des Testudo horsfieldii de tous âges depuis les plus jeunes
prises à la sortie des terriers jusqu’à celles de 20 ans et plus.
Dubinina constate que chez ces Tortues, la première infestation coïn¬
cide avec le début de l’alimentation végétarienne; au cours de la 2° année,
le nombre des vers du côlon est en moyenne de 730 et atteint 1.000 au maxi¬
mum; l’intensité de l’infestation augmente ensuite avec l’âge de l’hôte,
cette augmentation s’accélérant quand les Tortues atteignent 11 ans, âge
qui correspond à l’apparition en grande quantité des Atraclis.
Au point de vue qualitatif, la plupart des espèces envahissent les Tortues
à partir de leur 2 e année et se retrouvent dans les mêmes proportions rela¬
tives chez les Tortues de tous les âges.
Cependant, 5 espèces ont un comportement particulier en fonction de
l'âge de l’hôte; nous allons envisager successivement les cas de ces espèces
en essayant d’interpréter leur comportement.
a) Alaeuris numidica
Alaeuris numidica ne s’est jamais trouvée présente dans nos observa¬
tions chez les Tortues de grande taille, mais elle est toujours très rare, et il
nous est difficile de tirer de ces observations une règle générale. Nous note¬
rons cependant que cette espèce appartient précisément au seul genre qui
ne soit pas spécifique de Tortues herbivores; sa présence élective chez les
Tortues jeunes est peut-être en rapport avec le fait que celles-ci peuvent
présenter un régime en partie carnivore, alors qu’elles deviennent strictement
herbivores à l’état adulte.
b) Mehdiella microstoma
Dubinina signale que cette espèce est seule présente chez les jeunes
Tortues d’un an. Ce fait est vraisemblablement lié à un régime particulier
aux très jeunes Tortues, car nous verrons ultérieurement que M. microstoma
est une espèce qui vit à proximité de la muqueuse intestinale et paraît
avoir une grande tolérance quant à la constitution du bol alimentaire.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 173
C) ATRACTIS DACTYLUR1S : PARTICULARITÉS DU PARASITISME.
Hypothèses sur le cycle évolutif.
1. Particularités du parasitisme :
Nous constatons avec Dubinina que l’espèce Atractis dadyluris est
complètement absente chez les Tortues jeunes, alors qu'elle envahit le
côlon des Tortues de grande taille ; chez celles-ci, elle se trouve presque tou¬
jours en nombre dominant, les Oxyures ne constituant plus qu’une très
faible portion de la population (nous constatons cependant que la quantité
totale des Oxyures ne diminue pas, seul baisse leur pourcentage par rapport
à l’ensemble de la population).
Le phénomène apparaît nettement si nous consultons nos résultats
numériques : parmi les Testudo graeca graeca, la seule Tortue qui possède
des Atraclis (3 Q) est précisément la plus longue de celles que nous avons
autopsiées (20 cm); parmi les Testudo graeca zarudnyi, sur les 10 Tortues
autopsiées, les 6 qui possèdent des Atractis sont celles dont la longueur
dépasse 21 cm; chez les Testudo horsfieldii par contre, la Tortue 64 Q, chez
laquelle on observe un début d’invasion parles Atractis, ne mesure que 13 cm,
alors que 62 Q et 65 Q, longues de 14 cm, en sont indemnes; la ditTérence
de taille entre ces Tortues est cependant légère et nous devons considérer
que l’âge de l’invasion présente une certaine variation individuelle.
D’après Dubinina, c'est chez les Tortues de 11 ans que l’espèce fait son
apparition, et elle devient dominante quand les Tortues atteignent 14 ans.
2. Hypothèses sur le cycle évolutif :
D’après notre conception, ce comportement très aberrant découle
directement des particularités du cycle évolutif. Nous n'avons pu élucider
celui-ci directement de façon expérimentale; mais nous proposons ici une
interprétalion qui rende compte des particularités morphologiques des
Atractis et des faits observés au cours des autopsies successives.
Nous avons vu dans la première partie que les Atractides étaient vivi¬
pares et se reproduisaient par cycle endoxène ; en effet, comme nous l’avions
observé pour Grassenema par exemple (Petter, 1959), les larves qui sont
dans l’utérus des femelles mûres sont au 3 e stade larvaire et nous trouvons
dans l’organe parasité tous les stades ultérieurs du développement, ce qui
prouve que tout le cycle peut s’effectuer sur place sans passage dans le milieu
extérieur.
Ce mode de développement endoxène est connu dans différents groupes
de Nématodes parasites, et, ainsi que l’admettent Chabaud, Golvan,
Bain et Brygoo (1965), il s’agit d’une hyperspécialisation liée à un phéno¬
mène de pœcilogonie; ainsi, chez Tachygonetria vivipara (Wedl), parasite
d’Uromastix, Seurat (1913) a montré l’existence de femelles ovipares se
reproduisant suivant un exocycle primitif et de femelles vivipares pondant
des larves effectuant un endocycle surajouté. Ce qui caractérise la biologie
des Atractides réside dans la disparition du cycle primitif ovipare (personne
n’a retrouvé les larves pédogénétiques ovipares décrites par Macé (1887)).
Le cycle endoxène assure un peuplement massif de l’animal parasité, mais
nous ne trouvons dans les matières fécales aucune des formes particulières
(œuf ou 3 e stade larvaire) qui, chez les autres Nématodes, sont adaptées
à la résistance dans le milieu extérieur et assurent la contamination d’hôtes
neufs; chez les Atractis, la transmission semble se faire simplement par des
Source : MNHN, Paris
174
ANNIE J. PE'ITER
femelles gravides ou des larves éliminées accidentellement dans les selles;
ces larves ne sont pas des formes de conservation et ne résistent pas longtemps
au dessèchement dans le milieu extérieur; l’infestation d’un hôte nouveau est
donc très difficile puisqu’il n’y a pas de forme infestante spécialisée. Nous
sommes donc amenée à admettre que la transmission d’une Tortue à l’autre
ne peut s’effectuer que lorsqu’il y a voisinage étroit entre elles et pourrait
ne se produire normalement qu’au moment de la reproduction, ce qui expli¬
querait pourquoi les Tortues jeunes sont indemnes.
L’envahissement rapide des Tortues dès l’apparition des Atraclis
s’explique également par le cycle endoxène de ces Nématodes : la multi¬
plication dans l’hôte paraît s’effectuer en effet suivant une progression
géométrique dont la raison est d’environ 2 ou 3 (le nombre de larves pré¬
sentes dans une femelle variant de 3 à 5).
D’après nos propres comptes et ceux de Dubinina, nous pouvons
admettre que, chez les Tortues de 18-20 ans, le nombre d ’Alradis du
côlon atteint une centaine de mille; le fait que ce nombre soit atteint
en quelques années s’explique aisément si nous supposons qu’il existe une
ou deux générations d ’Alraclis par an; en faveur de cette hypothèse, nous
constatons que, dans une Tortue donnée, la plupart des spécimens se trouvent
au même stade; ainsi, chez les Tortues 26 Q, 96 Q et 25 Q, les mâles adultes
et les femelles gravides sont extrêmement rares, la plupart des spécimens
sont soit des larves, soit des jeunes femelles dont l’utérus est vide.
Supposons que la première infestation d’une Tortue par une femelle
d 'Atraclis s’effectue dans sa douzième année, âge de la maturité génitale;
si nous admettons que la multiplication se fait suivant une progression
géométrique de raison 3 et qu’il existe 2 générations d’Atraclis par an, le
nombre des Atraclis atteindra 60.000 au cours de la 17 e année. A ce moment,
l’élimination mécanique d’une partie des individus à laquelle s’ajoute l’éli¬
mination hivernale constatée par Dubinina amenuisent de plus en plus l’effet
de la multiplication et le nombre d’individus se stabilise aux environs de
200.000 vers la vingtième année (fig. 83).
En conclusion, nous interprétons le cycle des Atractides comme déri¬
vant de cycles pœcilogoniques ; le parasitisme massif dû à l’endocycle aboutit
à une dissémination de formes mal adaptées à la transmission dans le milieu
extérieur, mais suffisamment nombreuses pour rendre le cycle ovipare
primitif secondairement inutile. Cette biologie aberrante paraît pouvoir
expliquer les particularités constatées dans le parasitisme par les Atractides.
d) Tachygonetria dentata et Mehdiella uncinata :
ANTAGONISME SÉLECTIF AVEC LES AtRACTIS.
Corrélativement à l’apparition des Atraclis, nous constatons chez les
Tortues de grande taille la disparition de l’espèce Tachygonetria dentata,
déjà signalée par Dubinina, et semble-t-il, celle de l’espèce Mehdiella unci-
nata, bien que le phénomène apparaisse moins nettement pour cette espèce
en raison de sa moins grande abondance.
En fait, la rareté ou l’absence de ces espèces chez les Tortues âgées
semble due à un antagonisme avec les Atractides plutôt qu’être directement
en rapport avec l’âge des Tortues.
Le phénomène est bien visible sur la figure 82, particulièrement pour
T. dentata : toutes les Tortues où cette espèce est abondamment représentée
Source : MNHN, Paris
Fig. 83. — Ce graphique traduit notre hypothèse sur le développement des Atractis
chez les Tortues. Nous avons porté en abscisse l’âge des Tortues et en ordonnée le nombre
il’Atractis présents.
Les Tortues paraissent ne se contaminer qu’à l’âge d’environ 11 ans (peut-être au
moment de la reproduction). La population croît d’abord très rapidement suivant une
progression géométrique dont la raison parait être d’environ 9 (environ 3 larves 2 fois
par an). On observe chaque année une baisse du nombre des Atractis au cours de l’hiber¬
nation. Lorsque la population augmente, l’élimination particulièrement en hiver, devient
de plus en plus importante (cf. Dubinina) et, quand les Tortues atteignent 20 ans, le
taux d’élimination équilibre à peu près celui des nouvelles naissances.
Source : MNHN, Paris
176
ANN IR J. PETTER
(nombre de femelles supérieur à 150) sont des Tortues qui ne possèdent
pas à'Alractis ; inversement, si l’on excepte 11 Q, toutes les Tortues où
T. denlata est en faible quantité ou complètement absent possèdent des
Alractis; l’espèce M. uncinata n’est jamais très abondante, cependant,
nous voyons que toutes les Tortues où le nombre de femelles de cette espèce
est supérieur à 40 ne renferment pas d ’Alractis, à l’exception de 64 Q, qui
n’en possède elle-même qu’un petit nombre; inversement, les Tortues où
M. uncinata est absente ou en nombre inférieur à 40 possèdent des Alractis,
à l’exception de 31 Q, Tortue très pauvre en Oxyures de toutes espèces.
Nous avons mis ces faits en évidence sur la figure 84 : nous avons calculé
pour 9 Tesludo graeca zarudnyi le pourcentage du nombre de T. denlata et
M. uncinata par rapport au nombre total d’Oxyures; nous avons ensuite
effectué la moyenne de ces pourcentages :
1° Chez les 3 Tortues qui ne possèdent pas d 'Alractis (47 Q, 81 Q, 93 Q);
2° Chez les 3 Tortues qui possèdent des Alractis en quantité inférieure
à 40.000 (26 Q, 96 Q, 109 Q);
3» Chez les 3 Tortues qui possèdent des Alractis en quantité supérieure
à 40.000 (25 Q, 40 Q, 53 Q).
Nous avons obtenu les résultats suivants :
% T. dentata
1er groupe
2° groupe
3' groupe
10,1
0,5
0.3
A1. uncinata
0,02
0.0
Moyenne du
nombre d ’Alractis
0
11 000
113 500
Nous voyons que les pourcentages s’effondrent même pour de faibles
quantités d’Atractides.
En faveur d’un antagonisme de ces espèces avec les Atractides plutôt
que d’une élimination due simplement à l’àge des Tortues, nous observons
par exemple que T. dentata est complètement absente chez la Tesludo graeca
graeca 3 Q, longue de 20 cm et très riche en Alractis, alors qu’elle est abon¬
dante chez la Tortue 9 Q, à peine moins longue (18 cm), mais dépourvue
à’Alraclis; le même phénomène se retrouve entre les Tesludo graeca zarudnyi
93 Q (20 cm) et 26 Q (22 cm).
2. L’origine géographique de l’hôte
Les variations géographiques de la population sont principalement
d’ordre morphologique; ainsi chez plusieurs espèces ( Tachygonetria macro-
laimus, T. conica, T. longicotlis), les femelles rencontrées chez les Tortues
iraniennes ont la queue plus longue que celles des Tortues des autres régions;
de plus, certaines espèces prennent dans chaque région un aspect particulier
et constituent des formes vicariantes : c’est le cas d ’Alractis daclyluris où
il existe une sous-espèce en Afrique du Nord, une sous-espèce en Iran et
une sous-espèce dans la région transcaspienne ; c’est le cas également de la
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
177
sous-espèce Tachygonelria longicollis pusilla qui présente une variété nord-
africaine et une variété transcaspienne; ces cas ont été étudiés en détail
dans le chapitre concernant la spéciation géographique (Première partie,
chapitre IV).
Fig. 84. — Antagonisme sélectif entre les Atractis et les 2 espèces d'Oxyures: Tachy-
gonetria dentala et Mehdiella uncinata.
En abscisses :
1 : moyenne des 3 Tortues iraniennes n’ayant pas d 'Atractis.
2 : moyenne des 3 Tortues iraniennes ayant entre 100 et 40 000 Atractis.
3 : moyenne des 3 Tortues iraniennes ayant plus de 40 000 Atractis.
En ordonnées :
I.igne A : nombre d'Atractis.
Ligne du cercle : % du nombre de MeUdiella uncinata par rapport au nombre total
Ligne du carré : % du nombre de Tachygonelria dentala par rapport au nombre
total d’Oxyures.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX.
12
Source : MNHN, Paris
F,o. 85. — Ce graphique montre que l’abondance de chaque espèce reste assez
constante quelle que soit la région.
La hauteur de chaque colonne représente l’abondance (moyenne des résultats obtenus
chez les différentes Tortues étudiées) d’une espèce dans une région; celte abondance est
exprimée en pourcentages du nombre de femelles de l'espèce par rapport au nombre total
de femelles. Pour chaque espèce, de gauche à droite, la l rc colonne correspond au Maroc
la 2 e à l’Algérie, la 3 e à l’Iran, la 4« à la région transcaspienne (voir les symboles des
différentes espèces sur le tableau n° 6).
Source : MNHN, Paris
lTODES des tortues terrestres
179
Au point de vue quantitatif, la plupart des espèces sont présentes dans
toutes les régions et se retrouvent dans les mêmes quantités relatives, c’est-
à-dire que ce sont partout les mêmes espèces qui sont abondantes et les
mêmes qui sont faiblement représentées; ceci reste vrai lorsqu’il s’agit
de formes vicariantes; la figure 85, qui représente le pourcentage de chaque
espèce respectivement au Maroc, en Algérie, en Iran et dans la région trans-
caspienne, met le phénomène en évidence.
Cependant, quelques espèces n’existent que dans une seule région :
Tachygonelria numidica, T. seurati, et T. arnica nicollei n’ont jamais été
rencontrées en dehors de l’Afrique du Nord, et Mehdiella longissima n'a
été trouvée qu’une seule fois par nous chez une Testudo horsfieldii
transcaspienne. Toutes ces espèces sont très peu abondantes et ne modi¬
fient en rien l’équilibre global, qui est donc remarquablement constant
quelle que soit la région de la zone paléarctique.
3. Les saisons
Les variations saisonnières de la population ont été étudiées au point
de vue quantitatif par Dubinina chez les Testudo horsfieldii du Tadjikistan,
Tortues qui sont à l’état de vie ralentie pendant 9 mois par an (de juillet
à mars). Dubinina constate au cours de cette diapause une diminution de
l'intensité de l’infestation, aussi bien par les Atractides (fig. 86) que par les
Oxyurides (fig. 87); cette diminution s’accentue beaucoup vers le milieu
de la période de diapause; à la fin de la diapause, la population se trouve
réduite de la moitié ou du tiers; Dubinina explique ce phénomène en admet¬
tant que la diapause freine le développement des Oxyures, mais ne l’arrête
pas; vers le milieu de la période, les formes jeunes arrivent à maturité,
et les formes âgées meurent, il s’ensuit que l’intensité diminue puisqu’il
ne se produit pas de nouvelles infestations pendant le repos des Tortues.
Nous avons nous-même pratiqué des autopsies aux différents mois de
l’année, mais sur des Tortues d’espèces, d’origines et d’àges variés, et qui,
de plus, vivaient en captivité depuis un certain temps et se trouvaient dans
des conditions de vie qui ne correspondaient pas à leur rythme saisonnier
naturel; il nous est donc difficile de tirer de nos résultats des conclusions
sur l’influence des saisons dans les variations de la population.
Nous signalerons simplement que nous constatons de fortes perturba¬
tions dans l’équilibre de la population chez les Tortues iraniennes autopsiées
à la fin du mois de novembre et en décembre : chez 81 Q et 93 Q, l’espccc
Mehdiella microsloma est devenue prédominante; chez 81 Q (morte à la
fin du mois de novembre), les autres espèces sont encore abondantes; chez
93 Q par contre (morte au milieu de décembre), M. microsloma, représentée
principalement par des larves et des jeunes femelles sans œufs, constitue
les 4/5 de la population; nous avons vu plus haut que M. microsloma était
la seule espèce qui se trouvait présente chez les Tortues jeunes d’un an,
elle semble donc avoir un comportement différent des autres espèces, dû
vraisemblablement à un régime alimentaire différent; chez 92 Q (morte
également en décembre), la composition de la population se trouve aussi
modifiée, mais d’une manière différente : le côlon contient presque unique¬
ment des larves d’Oxyures de différentes tailles (1 mm, 1,8 mm), que nous
n’avons pas identifiées, mais dont nous pouvons affirmer qu’elles n’appar¬
tiennent pas en majorité à l’espèce M. microstoma : les larves de cette espèce
Source : MNHN, Paris
180
ANNIE J. PETTER
sont en eflet très faciles à distinguer de celles des autres espèces; aux larves
s’ajoutent seulement 2 ou 3 femelles pleines d’œufs et quelques mâles, qui
appartiennent aux espèces habituellement abondantes.
Nous n’avons pas retrouvé ces perturbations chez la Testudo g. graeca
algérienne 15 Q, morte le 7 décembre : sa population présentait une compo¬
sition normale.
Les perturbations constatées chez les Tortues iraniennes sont peut-
être liées au fait que ces Tortues subissent normalement dans leur pays
d’origine un hiver rigoureux, ce qui n’est pas le cas des Tortues algériennes.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
181
Fia. 87. •— Variations saisonnières de l'intensité d'infestation des Tortues suivant
l'âge par tes Oxyures du genre Tachygonetria. En ordonnée : intensité moyenne d'infes¬
tation; en abscisse : mois. Les lignes verticales limitent les périodes d’hibernation (juillet-
mars); la ligne inférieure caractérise l’intensité d’infestation des Tortues de 6 à 10 ans,
la ligne supérieure celle des Tortues de 11 à 19 ans. D’après Dubinina, 1949.
4. L'état physiologique des Tortues
Nos conclusions générales sur l’existence d’espèces abondantes et
d’espèces rares concernent des Tortues sacrifiées alors qu’elles se trouvaient
en bon état physiologique et possédaient une riche population d’Oxyures.
L’étude du côlon des Tesludo graeca graeca 6 Q et 49 Q, autopsiées
après une mort naturelle, alors qu’elles ne s’alimentaient plus depuis un
certain temps et se trouvaient donc en mauvais état physiologique, nous a
Source : MNHN, Paris
dtS Nous^avons porté en ordonnée les pourcentages, par rapport au nombre total de
femelles des femelles de 9 espèces se trouvant chez les Tortues 72 Q et 49 Q.
I es’espèces dominantes chez une Tortue sacrifiée bien portante (72 Q est prise comme
exemple) deviennent peu abondantes chez une Tortue malade (49 Q). Chez cette dernière
les espèces trouvées dominantes (M. microstoma, M. unctnala, T. numidica et M. slylosa)
sont habituellement représentées en faibles proportions par rapport au nombre total de
em< On pourrait ainsi expliquer la survivance de l’équilibre entre les espèces par une plus
grande résistance des formes peu abondantes (voir les symboles des espèces sur l e
tableau n° 6).
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 183
montré des résultats très différents : elles se sont trouvées très appauvries
en parasites, et l’ordre d’abondance des différentes espèces était complè¬
tement modifié :
6 Q ne contenait que 41 individus répartis de la manière suivante :
28 $ de T. longicollis, 12 $ de M. microstoma, 1 $ de M. uncinata ; l’espèce
M. microstoma est en quantité tout à fait anormale par rapport au nombre
total.
49 Q contenait 747 individus, ainsi répartis : 515 larves; 66 2
de M. microstoma ; 45 $ de M. uncinata; 33 $ de T. numidica ; 18 $ de
M. slylosa ; 18 Ç de T. longicollis; 8 $ de T. macrolaimus; 7 $ de T. conica:
6 $ de T. dentata; 2 $ de T. robusta; 18 3 de M. microstoma; 5 S de T. den-
tata; 3 de T. longicollis; 2 de T. conica; 1 S de M. uncinata; nous
voyons que les espèces qui sont ici en nombre dominant sont des espèces
habituellement peu abondantes (M. microstoma, M. uncinata, M. slylosa)
ou très rares : T. numidica (fig. 88).
Ce phénomène peut s’expliquer par le manque d’éléments nutritifs
dans le côlon qui entraînerait la disparition presque complète des espèces
abondantes; nous verrons au chapitre suivant que les espèces rares pré¬
sentent une localisation dans le côlon différente des espèces abondantes,
due vraisemblablement à un régime différent : ces espèces se trouvent en
effet localisées au voisinage de la muqueuse intestinale et se nourrissent
vraisemblablement de sécrétions de celle-ci; ceci expliquerait qu’elles se
maintiennent dans le côlon alors que celui-ci est dépourvu du bol alimentaire
normal.
D. — RÉPARTITION SPATIALE DES ESPÈCES DANS LE COLON
Nous avons constaté au cours de nos premières autopsies que certaines
espèces semblaient se trouver plus abondantes à certains niveaux du côlon
et ceci nous a conduite à diviser le côlon en plusieurs portions dont nous
avons étudié la composition séparément.
Schad a publié en 1963 les résultats de travaux portant également sur
la répartition des espèces dans le côlon ; il a étudié non seulement leur répar¬
tition longitudinale, mais également leur répartition radiale.
Nous envisagerons successivement ces 2 questions, puis nous examine¬
rons les relations qui existent entre la répartition des espèces et la morpho¬
logie des structures apicales, et, à partir de ces observations, nous indivi¬
dualiserons 2 biotopes dans le côlon.
1. Répartition longitudinale.
Pour préciser la répartition des différentes espèces, nous avons distingué
3 portions dans le côlon, schématisées sur la figure 70 A, et qui correspondent
aux divisions que nous avons pratiquées dans la plupart des autopsies :
1° Une première portion correspondant à la région antérieure dilatée
et constituant environ le premier quart du côlon.
2° Une deuxième portion sans limite anatomique bien précise, mais
limitée postérieurement par le niveau où le côlon devient très pauvre en
vers.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTEI
184
3» Une troisième portion dans laquelle nous comprenons le rectum,
portion toujours très peu parasitée.
Nous constatons que la plupart des espèces ont une préférence pour
l'une des portions; nous envisagerons successivement les 3 caté¬
gories d’espèces, puis les Atractides :
a) Espèces abondantes :
Les 4 espèces abondantes se trouvent en général bien représentées
dans les 2 premières portions du côlon, mais leur pourcentage par rapport
au nombre total d’individus est plus important dans l’une ou l’autre de
ces portions. „
La différence de composition entre ces 2 portions apparaît de manière
particulièrement nette chez la T. horsfieldii 63 Q : chez cette Tortue (fig. 81,
B), la première portion du côlon se divisait en 2 zones bien délimitées : la
première zone (a), en cul-de-sac par rapport au point où débouchait l’iléon,
était totalement dépourvue de matières alimentaires, les Oxyures y formaient
une masse blanche; la deuxième zone (b), ainsi que la deuxième portion du
côlon, contenaient de fines particules brunâtres mêlées aux Oxyures.
Les pourcentages des 4 espèces abondantes, évalués séparément en a,
en b, et dans la portion II, sont les suivants :
Portion I : zone a ; T. denlala : 46 %; T. macrolaimus : 28 %;
T. longicollis : 18 %; T. conica : 0,6 %.
zone b : T. macrolaimus : 36 %; T. denlala : 24 %;
T. conica : 13 %; T. longicollis : 10 %.
Portion II : T. longicollis : 71 %; T. conica : 20 %; T. denlala : 22 %;
T. macrolaimus : non rencontrée.
Nous voyons qu’il y a une opposition marquée entre les 2 portions :
dans la première portion, ce sont les espèces T. dentala et T. macrolaimus
qui sont abondantes, leur ordre d’abondance étant inversé de la zone a à la
zone b; dans la 2 e portion, ce sont les espèces T. longicollis et T. conica
qui ont pris la première place, T. dentala n’est plus que très faiblement
représentée et T. macrolaimus n’a même pas été rencontrée dans l’échantillon
que nous avons prélevé.
Le même phénomène s’observe, quoique d'une manière moins nette,
chez beaucoup d’autres Tortues, et nous conduit aux conclusions suivantes :
T. longicollis est en général plus abondante dans la 2 e portion que dans
la première; la différence entre les 2 portions est particulièrement grande
chez les Tortues 62 Q et 63 Q, où l’espèce, rare dans la première portion,
domine dans la seconde; chez d’autres Tortues (9 Q, 11 Q, 47 Q, 65 Q),
l'espèce est abondante partout, mais son pourcentage par rapport à l’ensemble
des individus est cependant plus important dans la 2* portion.
Si nous considérons les différentes sous-espèces de T. longicollis, nous
constatons que leurs proportions relatives sont généralement les mêmes
dans les 2 portions, excepté chez 63 Q, où la variété à queue longue domine
dans la l re portion, alors que la variété à queue courte est presque seule
présente dans la 2 e portion.
T. macrolaimus est au contraire souvent plus abondante dans la 1 re partie ;
le phénomène est très net chez les Tortues transcaspiennes, mais s’observe
également chez 11 Q, 15 Q et 47 Q.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
185
Pour les espèces T. conica et T. dentata, les conclusions sont beaucoup
moins précises : T. conica est plus abondante en II chez 63 Q, et chez 2 Q,
mais chez 62 Q, 65 Q et 32 Q, on observe le phénomène inverse; en ce qui
concerne T. denlala, le seul cas où l’on constate une préférence marquée
pour l'une des régions est le cas de 63 Q : nous avons vu que T. denlala y
était abondante uniquement dans la 1" portion, principalement dans le
cul-de-sac dépourvu de matières alimentaires.
b) Espèces peu abondantes :
Nous constatons que, chez les espèces peu abondantes, la préférence
pour l’une des régions du côlon est beaucoup plus précise : chez toutes les
Tortues où ces espèces sont relativement bien représentées, elles ne se trouvent
en quantité appréciable que dans l’une des régions, l’autre région en étant
dépourvue ou n’en possédant qu’un très petit nombre.
Dans le cas de M. uncinata, la région d’élection est la 1" portion;
chez certaines Tortues, l’espèce s'y place parmi les espèces abondantes,
venant en 2 e ou 3 e position; ainsi, chez 63 Q, elle est particulièrement abon¬
dante dans le cul-de-sac dépourvu de matières alimentaires, où elle représente
22 % des femelles, et vient en 3 e position, immédiatement après T. macro-
laimus ; chez 2 Q et 9 Q, elle forme dans la 1™ portion 17 % de la
population, contre respectivement 0,6 % et 5 % dans la 2 e portion; chez
d’autres Tortues comme 65 Q et 15 Q, l’espèce est assez faiblement repré¬
sentée dans la l re partie (respectivement 4 % et 3 % de la population),
mais y est cependant plus abondante que dans la 2 e ; seule, la Tortue 64 Q
s’oppose au cas général : chez celle-ci en effet, M. uncinata se trouve en
quantité dominante dans la 2 e portion qui est très pauvre en Oxyures (quel¬
ques centaines).
Les espèces T. robusta, M. stylosa et M. microstoma montrent au con¬
traire une préférence marquée pour la 2 e portion; de plus, M. stylosa et
M. microstoma se sont trouvées plusieurs fois en nombre dominant et peuvent
être seules présentes dans la 3 e portion du côlon et dans le rectum.
T. robusta est souvent présente dans la première portion, mais elle se
trouve toujours en plus grande quantité dans la 2 e , et y est même quelquefois
relativement abondante (chez les Tortues transcaspiennes 62 Q, 64 Q et
65 Q).
M. stylosa n’a été trouvée qu’une seule fois dans la 1'* partie
(chez 32 Q); par contre, elle est presque toujours présente dans la 2 e partie,
et y est relativement abondante (formant environ 10 % de la population)
chez plusieurs tortues : 11 Q et 32 Q parmi les marocaines, 65 Q parmi les
transcaspiennes; enfin, elle se trouve en nombre dominant dans la partie
terminale de l’intestin chez 11 Q et y vient en 2 e position, immédiatement
après T. longicollis, chez 62 Q.
M. microstoma, si l’on excepte les cas particuliers signalés plus haut
de 81 Q et 93 Q, ne se rencontre jamais qu’en très faible quantité dans la
l 1 * portion (son pourcentage dans la population ne dépassant pas 2 %),
alors qu’elle peut être relativement bien représentée dans la 2 e : ainsi, chez
15 Q, 9 Q et 40 Q, elle représente là de 5 à 10 % des femelles d’Oxyurides,
alors qu’elle est complètement absente de la l re portion ou n’y existe qu’en
très petit nombre; enfin, elle est seule présente (en 4 exemplaires) dans la
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
186
dernière partie de l'intestin chez 32 Q; elle y accompagne seule les Atractides
chez 40 Q, et s’y trouve en nombre nettement dominant derrière les Atrac¬
tides (29 exemplaires, pour 9 exemplaires de T. macrolaimns et 2 exemplaires
de T. longicollis) chez 3 Q.
c) Espèces très peu abondantes :
Ces espèces étant toujours en quantité très faible, il est difficile d’appré¬
cier leur préférence pour l’une des régions du côlon; Th. lhapari, T. numidica.
Al. numidica et T. seurali se rencontrent également dans les 2 premières
portions; AI. longissima par contre, chez la seule Tortue où elle a été trouvée
(64 Q) s’est rencontrée principalement dans la 2 e portion, très pauvre en
vers chez cette Tortue, et où elle forme 10 % des femelles.
d) Atractides :
Considérons enfin les Alractis : chez les Tortues qui en possèdent, ils
sont presque toujours en nombre dominant dans toutes les parties du côlon,
mais leur pourcentage par rapport au nombre total de vers est plus important
dans la première portion.
Les résultats de Schad coïncident avec les nôtres, si l’on excepte le
cas de M. microstoma, qu’il a trouvée, contrairement à nous, beaucoup
plus abondante dans la première partie du côlon; il a constaté également
que T. numidica, pour laquelle nous n’avions pas conclu, montrait une pré¬
férence marquée pour la première portion.
2. Répartition radiale
La répartition radiale des espèces a été étudiée par Schad : celui-ci
a congelé les côlons de 6 Tortues dans l’air liquide à —147 °C; il a ainsi pu
découper des cylindres centraux et des anneaux externes de volumes égaux,
dont il a étudié la composition séparément; il constate que les 4 espèces
M. uncinala, M. microstoma, T. robusta et AI. slglosa montrent une forte
affinité pour la région bordant la muqueuse, tandis que T. numidica, T. macro-
laimus, T. dentala et T. conica sont distribuées également dans toute la
lumière intestinale.
3. Corrélations biomorphologiques
Nous voyons donc que toutes les espèces n’ont pas les mêmes régions
d’élection dans le côlon. Ces différences dans leur répartition sont vraisem¬
blablement dues à des différences dans leur biologie, et particulièrement
dans leur régime alimentaire.
Or, nous constatons (voir tableau n° 7) que parmi les 4 espèces qui sont
distribuées également dans toute la lumière intestinale, 3 d’entre elles,
T. macrolaimus, T. dentala et T. conica, sont des espèces abondantes, et qui
ne montrent pas de préférence marquée pour la 2 e partie du côlon.
Inversement, les 4 espèces qui se trouvent localisées en majorité dans
la région bordant la muqueuse, sont précisément les espèces que nous avons
classées dans la catégorie des espèces peu abondantes, et 3 d’entre elles,
M. microstoma, T. robusta et M. slylosa, montrent une préférence marquée
pour la 2 e partie du côlon.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
187
Si nous comparons maintenant au point de vue morphologique les
2 groupes d’espèces ainsi délimités, nous constatons que T. macrolaimus,
T. dentala et T. conica présentent une structure buccale primitive à symétrie
triradiée, sans éléments ou avec très peu d’éléments de spécialisation: il
en est de même de T. longicollis, dont nous ne connaissons pas la répartition
radiale, mais qui est comme les précédentes abondamment représentée
dans les 2 parties du côlon.
Au contraire les espèces M. microstoma, T. robusta et M. stylosa possèdent
des caractères de spécialisation marqués dans la structure apicale des femelles:
modification de la symétrie buccale triradiée, avec tendance à l’établissement
d’une symétrie bilatérale chez M. microstoma et T. robusta, transformation
des papilles du cycle interne en 12 petites languettes entourant la bouche
chez M. stylosa. Ces caractères de spécialisation morphologique correspondent
vraisemblablement à une spécialisation du régime alimentaire.
4. Individualisation des biotopes
Il semble donc que nous puissions distinguer à première vue 2 biotopes
dans le côlon (fig. 89) :
1° D’une part un noyau central constitué par le bol alimentaire en
voie de digestion, correspondant essentiellement à la portion centrale de
la région antérieure (portion I et partie antérieure de la portion II sur le
schéma 80 A);
2° D’autre part le biotope que nous qualifions de « paramuqueux »
qui n’occupe que la périphérie de la région antérieure et pratiquement
l’ensemble de la région postérieure.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Schématiquement, à ces deux biotopes correspondent 2 catégories
d’espèces :
a) les espèces du bol alimentaire, ayant habituellement l’ensemble
des caractères suivants :
— pas de préférence marquée pour la région périphérique;
— pas de préférence marquée pour le côlon postérieur;
— abondantes;
— à structure céphalique primitive.
b) les espèces du biotope paramuqueux, ayant habituellement les
caractères suivants :
— une préférence marquée pour la région périphérique;
— une préférence marquée pour le côlon postérieur;
— peu abondantes;
— à structure céphalique plus spécialisée.
Cette répartition des espèces en 2 catégories n’est que schématique
et plusieurs espèces ne possèdent pas tous les caractères de leur catégorie'
Nous allons chercher à préciser ces notions en analysant séparément chaque
espèce.
T. macrolaimus
M. microstoma
T. numidica
Répartition longitudinale
portion 2 e portion 3' portion
Répartition radiale
paramuqueose
: Répartition des espèces dans le côlon chez les Tortues paléarctiques
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
189
E. — ÉTUDE ANALYTIQUE DES ESPÈCES
Nous avons réparti les espèces entre les 2 biotopes définis ci-dessus et
dans chaque biotope, nous énumérons les caractères de chaque espèce.
1. Espèces du biotope central
— Atraclis dactyluris :
— espèce abondante;
— abondamment représentée dans l’ensemble du côlon, avec une
préférence pour la région antérieure;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
très primitive de Cosmocercide, qui ne peut être comparée à celle des Oxyu-
rides qui l’accompagnent ;
— biologie très particulière (cf. p. 173).
— Tachygonelria conica :
— espèce abondante ;
— sans préférence pour la région paramuqueuse ;
— abondamment représentée dans l’ensemble du côlon, avec une
préférence pour la région antérieure ;
— se subdivise en 2 sous-espèces très voisines chez les Tortues
marocaines ;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
primitive à symétrie triradiée, avec cependant un caractère de spécialisation :
le grand développement des lèvres hyalines qui sont dressées au-dessus de
la surface apicale.
— Tachygonelria macrolaimus :
— espèce abondante ;
— sans préférence pour la région paramuqueuse ;
— abondamment représentée dans l’ensemble du côlon ;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
primitive à symétrie triradiée, sans caractères de spécialisation.
— Tachygonelria dentata :
— espèce abondante ;
— sans préférence pour la région paramuqueuse ;
— abondamment représentée dans l’ensemble du côlon ;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
primitive à symétrie triradiée, mais possède un caractère de spécialisation :
la bordure denticulée de l’extrémité antérieure de l’œsophage ;
— l’espèce est caractérisée par le fait qu’elle disparaît chez les Tortues
âgées; il semble que cette disparition soit en corrélation directe avec l’appa¬
rition des Atractides (cf. p. 174).
— Tachygonelria numidica :
Cette espèce ne se rencontre qu’en Afrique du Nord;
— espèce rare;
— sans préférence pour la région paramuqueuse;
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
190
— montre une nette préférence pour la région antérieure du côlon
(d'après Schad);
au point de vue morphologique, présente une structure buccale à
symétrie triradiée qui rappelle beaucoup celle de T. macrolaimus, mais
possède une cavité buccale spécialisée avec des pièces chitinoïdes;
- cette espèce s’est trouvée représentée en proportion beaucoup
plus grande que la normale chez une Tortue morte de maladie.
Nous avons classé cette espèce parmi celles du biotope central en nous
basant sur les constatations de Schad sur sa localisation, bien qu’elle possède
certains caractères qui correspondent plutôt aux espèces du biotope para-
muqueux : sa rareté habituelle et sa présence en abondance relative chez
une tortue morte de maladie et dont le côlon était dépourvu d’éléments
nutritifs.
— Tachygonelria longicollis :
— espèce abondante ; se subdivise en 3 sous-espèces très voisines, dont 2,
T. longicollis longicollis et T. longicollis pusilla, se rencontrent dans toutes
les régions et sont abondantes, alors que la 3 e , T. longicollis setosa, ne se
rencontre qu’en Afrique du Nord où elle est généralement faiblement
représentée;
abondamment représentée dans l’ensemble du côlon, avec une
préférence pour la région postérieure;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
primitive à symétrie triradiée, sans aucun caractère de spécialisation.
Cette espèce n’a pas été étudiée par Schad et nous ne connaissons
donc pas sa localisation radiale, mais elle possède l’ensemble des caractères
des espèces du biotope central.
— Thaparia thapari :
— espèce rare;
_ également représentée dans l’ensemble du côlon;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale à
symétrie triradiée, mais l’extrémité apicale possède de nombreux éléments
de spécialisation : lèvres en 2 parties articulées, pièces chitinoïdes de la
surface, forme des papilles submédianes et des amphides, différenciation
de la paroi interne de l’extrémité antérieure de l’œsophage.
Cette espèce n’a pas été étudiée par Schad et nous ne connaissons
pas sa localisation radiale, nous l’avons placée dans les espèces du biotope
central car elle se trouve relativement bien représentée chez les Tortues
pauvres en Oxyures chez qui les espèces qui subsistent sont celles du biotope
central.
2. Espèces du biotope paramuqueux
— Mehdiella stylosa :
— peu abondante;
_ montre une forte affinité pour la région bordant la muqueuse;
— montre une forte préférence pour la région postérieure du côlon
et est parfois en nombre dominant dans la partie terminale de l’intestin;
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 191
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale à
symétrie triradiée, mais avec des caractères de spécialisation : présence
de 12 petites languettes apicales;
— s’est trouvée représentée en proportions plus grandes que la normale
chez une Tortue morte de maladie.
— Tachijgonetria robusta :
— peu abondante;
— montre une forte affinité pour la région bordant la muqueuse;
— montre une préférence marquée pour la région postérieure du côlon ;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
très modifiée chez la femelle, avec tendance à l’établissement d’une symétrie
bilatérale remplaçant la symétrie triradiée primitive.
— Mehdiella microstoma :
— peu abondante (sauf certaines exceptions);
- montre une forte affinité pour la région bordant la muqueuse ;
montre une préférence pour la région postérieure du côlon et est
parfois en nombre dominant ou la seule présente dans la région terminale
de l’intestin;
— au point de vue morphologique, présente une structure buccale
très modifiée chez les femelles, la symétrie triradiée de la bouche ayant
disparu pour faire place à une symétrie bilatérale;
— s’est trouvée représentée en proportions plus grandes que la normale
chez 2 Tortues mortes de maladie.
De plus :
— elle est seule présente chez les jeunes Tortues d’un an;
— Nous l’avons trouvée en très grande abondance chez 2 Tortues
iraniennes mortes à la fin du mois de novembre et au début du mois de
décembre; chez l’une d’elles, elle constituait les 4/5 de la population (cf. p. 179).
D’après ces quelques constatations, il paraît vraisemblable que cette
espèce a un régime alimentaire particulier qui lui permet de se maintenir
chez les Tortues qui n’ont pas le bol alimentaire végétarien normal (cas des
Tortues très jeunes en grande partie carnivores et des Tortues en diapause);
la multiplication de l’espèce chez les Tortues en diapause depuis un certain
temps pourrait être due soit à la sécrétion en abondance par ces Tortues
d’une substance favorable à sa nutrition, soit à l’absence de concurrence
qui lui permettrait d’envahir tout l’espace vital.
— Mehdiella uncinata :
— peu abondante;
— montre une forte affinité pour la région bordant la muqueuse;
— montre une préférence marquée pour la région antérieure du côlon,
à l’inverse des autres espèces de cette catégorie;
— au point de vue morphologique, sa structure buccale à symétrie
triradiée est très primitive;
— s’est trouvée représentée en proportions plus grandes que la normale
chez une Tortue morte de maladie.
Source : MNHN, Paris
192
ANNIE J. PETTER
Cette espèce appartient au biotope paramuqueux par sa localisation
radiale, mais sa préférence pour la région antérieure du côlon lui donne
dans ce biotope une place particulière; elle s’oppose également aux autres
espèces du biotope par sa structure buccale primitive.
Cette espèce semble d’autre part, comme T. dentala, quoique d’une
manière moins nette, disparaître quand apparaissent les Alraclis (cl. p. 174).
— Tachygonetria seurali :
Cette espèce ne se rencontre qu’en Afrique du Nord;
— rare;
_sans préférence marquée pour la région postérieure du côlon;
_ au point de vue morphologique, sa structure buccale présente une
modification de la symétrie triradiée primitive.
— Alaeuris numidica :
Cette espèce n’existe que chez les jeunes Tortues (cf. p. 172).
— rare;
— sans préférence marquée pour la région postérieure du côlon;
— au point de vue morphologique, sa structure buccale présente une
modification de la symétrie triradiée primitive.
Les 2 espèces précédentes n’ont pas été étudiées par Schad et nous ne
connaissons pas leur localisation radiale; nous les avons placées dans les
espèces du biotope paramuqueux, en raison principalement de leur rareté.
— Mehdiella longissima :
— rare;
_ montre une préférence marquée pour la région postérieure du côlon;
_ au point de vue morphologique, présente une structure buccale à
symétrie triradiée primitive.
Nous avons trouvé cette espèce une seule fois chez une Testudo hors-
fieldii; nous avons donc peu de renseignements sur elle, nous l’avons classée
dans les espèces du biotope paramuqueux en raison de sa préférence pour
la région postérieure du côlon.
F _ ÉTUDE QUANTITATIVE DE L’ABONDANCE RELATIVE
DES ESPÈCES
Mac Arthur (1957 et 1960) a cherché à établir des formules pour prévoir
l’abondance relative des différentes espèces coexistant dans un milieu donné.
Il distingue « les espèces opportunistes », qui sont susceptibles de sé
multiplier de façon explosive lorsque les conditions sont favorables, et
a les espèces en équilibre ».
Parmi ces dernières, il distingue les populations où certaines espèces
peuvent se multiplier sans qu’il y ait de répercussion sur les autres espèces
présentes, et au contraire les populations où le nombre total d'individus
reste constant, et où l’augmentation numérique de certaines espèces entraîne
une diminution numérique d’autres espèces.
Ainsi que l’a déjà montré Schad, c’est ce dernier type d’équilibre qui
correspond à la population des Oxyures parasites de Tortue.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
193
Une formule mathématique :
i = - y.
permet de prévoir l’abondance relative (a) de chaque espèce lorsque l’on
connaît le nombre total d’individus (m), le nombre d’espèces présentes (n)
et le rang (r) de l’espèce considérée par rapport à l’espèce la plus rare.
Schad a tenté de vérifier la formule en faisant pour chaque espèce
d'Oxyure la moyenne des résultats obtenus chez toutes les Tortues qu’il a
examinées, mais il semble avoir travaillé avec un lot homogène et il ne s'est
pas attaché comme nous l’avons fait à étudier des Tortues aussi diverses
que possible.
Nous avons tenté à notre tour de vérifier la formule, en utilisant, non
pas des moyennes, mais les résultats obtenus chez un seul individu.
Nous avons choisi d’abord une Tortue normale, bien représentative
de la population habituelle, puis une Tortue atypique; nous chercherons
ensuite à interpréter nos résultats.
1. Tortue normale (72 Q)
La Tortue 72 Q, originaire du Maroc, a été choisie en raison de sa richesse
en espèces : nous y avons en effet rencontré toutes les espèces et sous-espèces
connues chez les Tesludo graeca graeca, et dans des proportions relatives
assez proches de celles qui sont habituellement rencontrées.
Nous présenterons d’abord les résultats observés, en exposant en détail
la manière dont nous les avons obtenus, et en évaluant pour chaque espèce,
la marge d’erreur qui encadre le résultat. Nous indiquerons ensuite les résul¬
tats théoriques obtenus en appliquant la formule :
1° En considérant la population globalement :
a) en considérant les espèces T. longicollis et T. conica dans leur
ensemble;
b) en considérant séparément les 3 sous-espèces de T. longicollis
et les 2 sous-espèces de T. conica;
2° En séparant la population en 2 communautés distinctes, corres¬
pondant aux 2 biotopes que nous avons individualisés précédemment.
a) Résultats observés.
Pour évaluer le nombre d’individus femelles de chaque espèce contenu
dans le côlon, nous avons, selon la méthode exposée page 148, évalué le nombre
total de femelles de toutes les espèces présentes dans le côlon : nous avons
obtenu le nombre 16.000; nous avons ensuite évalué la composition d’échan¬
tillons de 200 femelles prélevés au hasard dans l’ensemble de la population;
nous avons étudié successivement la composition de 4 échantillons (tableau
n° 8), ce qui nous a permis de calculer la marge d’erreur qui encadre chacun
de nos résultats; nous avons ensuite vérifié notre méthode d’échantillonnage
par un test de ■/}.
Mi moires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 13
Source : MNHN, Paris
ig4 ANNIE J. PETTER
lo Évaluation du nombre de femelles de chaque espèce. Calcul de la marge
d’erreur encadrant les résultats.
Nous avons, pour chaque espèce, 4 observations qui vont nous permettre
d’estimer la proportion moyenne w :
n, + n, + n 3 + n«
w _ 800
Nous en déduisons la variance o 2 :
o 2 = w ^2oô w ~’ et récart " t yp e °-
Le nombre N de femelles de l’espèce dans la population est donc compris
entre (w — 2 o) X 16.000 et (w + 2 a) x 16.000.
Espèces
PRÉLÈVEMENTS
n,
n,
».
T. macrolaimus .
25
4.
30
35
T. déniait. .
3
4
10
3
T. c. conica .
14
12
12
17
T. e. nicoltei .
n
7
2
15
T. 1. lonqicottis .
61
67
53
50
T. 1. pusilla .
25
22
33
19
T. 1. selosa .
36
21
28
35
M. microsloma .
7
8
6
6
M. sltjlosa .
4
5
4
7
T. robusta .
3
7
9
4
T. numidica .
4
3
4
2
T. seurati .
7
2
7
5
Th. lhapari .
o
1
0
1
Al. numidica .
0
0
1
1
M. uncinala .
0
0
1
0
Tableau n° 8 : Composition de 4 échantillons de 200 femelles prélevés dans la popu¬
lation de la Tortue 72 Q.
Nous avons effectué ces calculs pour toutes les espèces, à l’exception
de Thaparia lhapari, Alaeuris numidica et Mehdiella uncinata ; celles-ci en
effet sont absentes d’au moins 2 échantillons sur 4 et, dans ces conditions,
il est impossible d’apprécier la marge d’erreur qui encadre nos résultats;
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
195
nous dirons simplement que le nombre de femelles présentes dans la popu¬
lation est d’environ :
^ lgQQ* ' ~^~ ^ X 16.000 = 40 pour les espèces Thaparia lhapari et Alaeuris
numidica, et de ^ X = ^0 pour l’espèce Mehdiella
uncinata.
Nos résultats sont exposés dans le tableau n° 9.
2° Test du y* :
Nous avons vérifié la valeur de notre méthode d’échantillonnage par un
test de y 2 : pour 3 degrés de liberté, la valeur limite du y. 2 est de 7,81 pour
P < 0,05.
La table ne peut être utilisée que si les proportions calculées sont suffi¬
samment grandes, et ne peut s’appliquer dans le cas présent qu’aux espèces
T. macrolaimus, T. longicollis longicollis, T. longicollis pusilla, T. longicollis
selosa, T. conica conica et M. microstoma.
Source : MNHN, Paris
) ANNIE J. PETTER
Nous exposerons nos calculs pour l’espèce T. macrolaimus :
— tableau des obseroalions :
nombre de $ de T. macrolaimus nombre de $ des autres espèces
' prélèvement
2• prélèvement
3® prélèvement
4* prélèvement
159
170
— tableau théorique correspondant:
x 200 = 33 . 167
. (25 — 33)* + (41 — 33)* + (30 — 33)* + (35 — 33)*
* - 33
(175 — 167)* + (159 — 167)* + (170 -
+ 167
Le x 1 a été calculé de la même manière pour les autres espèces :
T. tongicotlis longicollis : x’ = 4,339
T. longicollis pusilla : x’ = 4,982
T. longicollis setosa : x* = 5,724
T. conica conica : x* = 1,305
M. microstoma : x* = 0,444
Dans tous les cas où le calcul a été réalisable, le -/} est donc inférieur à
7,81. Il est légitime d’en conclure que, pour toutes les espèces, les échantillons
que nous avons prélevés sont bien représentatifs de l’ensemble de la
population.
b) Résultats théoriques.
Nous avons appliqué la formule :
a = ” v
1. En considérant la population dans son ensemble :
1° Sans distinguer les sous-espèces de T. longicollis et T conica (fîo
nous avons alors m = 16.000 v yu > :
: 16.000
: 12.
Nous exposons ci-dessous les résultats obtenus; nous avons i
côté pour comparaison les résultats observés :
espèces résultats
théoriques
T. longicollis . 4 133
11. T. macrolaimus
10. T. conica . .
2 800
2 133
1 689
1 356
marges d’erreur
- 10 112
- 3 440
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
197
Fio. 90. — Formule de Mac Arthur.
Cas où la population est considérée dans son ensemble, et où les sous-cspiccs de
T. longicollis et T. conica ne sont pas considérées séparément.
Nous avons classé en abscisse les espèces par ordre d’abondance et avons porté en
ordonnée le nombre d'individus correspondant à chaque espèce.
La courbe théorique obtenue en appliquant la formule est tracée en traits forts.
I.e résultat observé est tracé en tirets : il est situé entre les 2 lignes fines qui marquent
les limites des erreurs dues au hasard.
Nous voyons que la courbe théorique et la courbe observée ne coïncident pas exac¬
tement.
Source : MNHN, Paris
198
ANNIE J. PETTER
! 5" T. seurati \ .
ex-æquo < 5'. T. dentala > .
( 5. M. shjlosa J .
4. T. numidica .
I 2’. Th. thapari J
ex-æquo ) 2 . A/ numidica 1
1. iVI. uncinata .
089 400 64 — 736
868 400 64 — 736
679 400 64 - 736
512 280 0 — 560
364 40 ?
230 40 ?
110 20 ?
2° En distinguant séparément les sous-espèces de T. longicollis et
T. conica (fig. 91) :
Nous avons alors m = 16.000
n = 15.
espèces résultats
théoriques
15. T. longicollis longicollis 3 500
14. T. macrolaimus .... 2467
13. T. longicollis selosa . . 1933
12. T. longicollis pusilla 1 578
11. T. conica conica. . . . 1316
10. T. conica nicollei ... 1 098
9. M. microstoma .... 921
8. T. robusta . 770
l 5" T. seurati \. 637
ex-æquo j 5'. T. dentala >. 518
I 5. M. shjlosa ) . 412
4. T. numidica . 316
l 2'. Th. thapari > ... . 221
ex-æquo ( 2 A( munidica j . . . . i 46
1. M. uncinata . 71
résultats marges d’erreur
observés
4 608
2 624
2 400
1 968
1 099
704
544
440
400
400
400
280
40
40
20
3 616
1 808
1 616
1 248
542
272
144
80
64
64
64
0
5 600
3 440
3 184
2 688
1 656
1 136
944
800
736
736
736
560
2. En séparant la population en 2 communautés distinctes (fig. 92) •
Nous avons distingué les espèces du biotope central et les espèces du
biotope paramuqueux (voir p. 189).
1° Espèces du biotope central :
En nous servant des résultats observés, nous avons évalué approxi¬
mativement la somme des femelles des espèces de ce biotope à 14 000-
nous avons donc :
m = 14.000
n = 9.
espèces
T. longicollis longicollis
T. macrolaimus . . .
T. longicollis selosa .
T. longicollis pusilla
T. conica conica. . .
T. conica nicollei . .
T. denlata .
T. numidica ....
Th. thapari ....
résultats résultats
théoriques observés
4 435 4 608
2 866 2 624
2 082 2 400
1 559 1 968
1 167 1 099
853 704
530 400
370 280
174 40
marges d’erreur
3 616 — 5 600
1 808 — 3 44Q
1 616 — 3 i 84
1 248 — 2 688
54 2 — 1 656
272 - 1 136
64 — 736
0 — 560
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
199
Fio. 91. — Formule de Mac Arthur.
Cas où la population est considérée dans son ensemble et où les sous-espèces de
T. longicollis et T. conica sont considérées séparément.
Courbe théorique et courbe observée coïncident mieux que dans le cas précédent.
Source : MNHN, Paris
200
ANNIE J. PETTER
2° Espèces du biotope paramiiqueitx :
Nous avons m = 16.000 — 14.000 = 2.000
n = 6.
espèces
marges d’erreur
6 . M. microsloma
. 3" T. robusta » . .
■ 3'. T. seurati > . .
( 3. M. shjlosa ) . .
2. Al. numidica .
1. M. uncinala .
En comparant les résultats théoriques et les résultats expérimentaux,
nous constatons que la formule ne se trouve pas du tout vérifiée quand
T. tongicollis et T. conica sont considérées comme des espèces simples;
résultats théoriques et résultats expérimentaux sont beaucoup plus proches
quand les sous-espèces sont considérées séparément; ceci semble confirmer
l’existence de ces sous-espèces. Quand toute la population est considérée
comme une seule communauté, le résultat théorique est en dehors des
limites données par le résultat expérimental pour 2 espèces : T. tongicollis
longicollis et T. numidica (nous avons vu que, pour les 3 dernières espèces,
nous n’avons pu fixer les marges d’erreur encadrant les résultats); quand la
population est séparée en 2 communautés distinctes, les résultats théoriques
se trouvent toujours dans les limites données par les résultats expérimentaux,
et sont même, dans le cas des espèces du biotope central, presque toujours
au milieu de l’intervalle; c’est donc dans ce dernier cas que la formule se
trouve le mieux vérifiée.
2. Tortue atypique (81 Q)
Par opposition à la Tortue 72 Q, nous avons appliqué la formule à la
Tortue 81 Q, qui est très atypique (voir p. 179) non seulement par la prédo¬
minance de M. microsloma, mais par l’abondance relative des espèces;
nous obtenons les résultats suivants :
— biolope central
1. T. longicollis longicollis
2. T. denlala .
3. T. conica .
4. T. macrolaimus . . .
5. T. longicollis pusilla .
6. Th. lhapari .
— biotope paramuqueux :
résultats théoriques résultats observés
1 . M. microsloma . 2 401 . 3 430
2. T. robusta .1 091 . 310
3. M. uncinala . “136 . 200
Nous constatons que si les résultats observés s’éloignent assez fortement
des résultats théoriques pour le biotope paramuqueux, ils restent satisfaisants
pour le biolope central. Il semble donc que la loi s’applique mieux qu’on
ne pourrait le supposer même dans les cas aberrants pour lesquels un boule¬
versement de la faune a eu lieu.
résultats observés
958 . 1 120
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
201
Cas où la population est divisée en 2 communautés, correspondant à 2 biotopes :
à gauche, est placée la courbe correspondant au biotope paramuqueux:
à droite, la courbe correspondant au biotope central.
Nous voyons que les courbes théoriques coïncident étroitement avec les courbes des
résultats observés.
Source : MNHN, Paris
202
ANNIE J. PETTER
En revanche, chez les Tortues qui possèdent des Alradis, il apparaît
tout de suite, étant donné le grand nombre de ceux-ci, que la loi ne s’applique
pas si l’on considère les Atraclis comme une espèce de la communauté.
3. Discussion
Mac Arthur en 1957, cherchant à interpréter les résultats numériques
qu’il avait obtenus sur l’abondance relative des différentes espèces d’oiseaux
récoltés en forêt tropicale, formule de façon mathématique quelques hypo¬
thèses relativement simples et en retient une qui semble correspondre de
façon satisfaisante à ses résultats expérimentaux. Cette formule dérive de
la conception suivante : dans un milieu limité occupé par une certaine com¬
munauté animale où les espèces sont en état d équilibre ou presque, les
niches occupées par elles sont proportionnelles à la surface totale, l’augmen¬
tation de l’aire occupée par une espèce se faisant forcément aux dépens de
celle de l’espèce voisine (et vice versa); la formule mathématique matéria¬
lisant cette conception assimile le milieu à une tige sur laquelle on projette
au hasard n-1 points; les n segments inégaux obtenus ainsi sont proportion¬
nels aux abondances des espèces.
L’hypothèse formulée en 1957 a été développée par Mac Arthur lui-
même en 1960 pour les populations d’Oiseaux et par Kinc. en 1964 : celui-ci
utilise les statistiques de différents auteurs sur des groupes d’animaux variés :
Poissons (Richards 1963), Ophiures (Lloyd et Ghelardi 1964), Gastéro¬
podes (Kohn 1959 et 1960), Arthropodes du sol (Hairston 1959), Pagures
(Orians et King 1964), Nématodes marins (Kinc. 1962), Ciliés (Borror
1963), phytoplankton (Hutchinson 1958), Serpents (Turner 1961). King
admet que les abondances des différentes espèces dans la population corres¬
pondent bien à la formule de Mac Arthur dans de nombreux cas, et cherche
à préciser quels sont les facteurs nécessaires pour que des résultats satis¬
faisants puissent être obtenus.
La formule a été appliquée par Schad (1963) aux populations d’Oxyures
de Tesludo graeca. L’auteur n'a pas publié les chiffres obtenus, mais il a
indiqué dans une courte note : « The observed and the calculated distribu¬
tions of species-abundance for Tachygonetria in individual tortoises differed
markedly, and continued to do so when the data from ail ten tortoises
were pooled. But, the observed and the calculated distributions corres-
ponded closely when the observed abundances were averaged and the
species were divided into two groups on the basis of radial distribution
(paramucosal vs. throughout lumen). This suggesls that the pinworm
fauna of the colon of T. graeca should, in fact, be considered as two com-
munities, each constituted of species whose ecological niches are non-over-
lapping ». .
Nous-même pouvons estimer satisfaisant 1 emploi de la formule de
Mac Arthur puisque les résultats obtenus (fig. 90, 91, 92) concordent
remarquablement bien avec ce qui était attendu.
Nous devons remarquer cependant que. conformément à ce qui avait
déjà été fait par Mac Arthur, nous n’avons pu utiliser les résultats globaux,
mais avons dû tenir compte de l’existence de différents biotopes et de diffé¬
rentes sous-espèces.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
203
Pour Mac Arthur un des avantages de la formule, au moins dans le cas
des oiseaux, serait précisément de pouvoir ainsi révéler la complexité des
biotopes et mettre en évidence le rôle écologique des espèces ou sous-espèces.
Il nous semble difficile d’admettre cette conception sans réserve.
On doit constater que quelque soient les auteurs et quelque soit le ma¬
tériel étudié, les résultats bruts obtenus s’écartent de la formule d’une
façon comparable, car les espèces abondantes sont plus abondantes qu’il
n’est prévu, et les espèces rares, plus rares qu’il n’est prévu.
On peut admettre par exemple que les écarts constatés avec les résul¬
tats théoriques soient dus à d'autres causes que celles qui sont invoquées
par Mac Arthur, comme par exemple le chevauchement partiel des niches
écologiques de certaines espèces appartenant à la communauté.
Mais surtout, l’ensemble de la conception peut paraître arbitraire, car
il est toujours possible de subdiviser le milieu en autant de parties qu'il est
nécessaire pour obtenir des résultats correspondants à la formule.
G. — CONSIDÉRATIONS SUR L’ÉCOLOGIE DES POPULATIONS
Les résultats quantitatifs sur l'abondance relative des espèces sont,
nous venons de le voir, délicats à interpréter.
Il est possible d’admettre qu’ils correspondent strictement à la formule
de Mac Arthur, ce qui semble impliquer pour chaque espèce l’existence
de niches strictement définies, non chevauchantes et contiguës.
Ou bien l’on peut admettre que la concordance entre les résultats
observés et la formule de Mac Arthur n’a été obtenue que par des opéra¬
tions arbitraires sur le nombre de biotopes et sur le nombre des sous-espèces,
et que l’équilibre observé, proche de celui qui a été constaté par d’autres
auteurs chez des animaux libres, ne répond pas à la formule de Mac Arthur
et en tout cas n’implique pas les considérations théoriques qui ont été liées
à l’emploi de cette formule.
Schad (1962, 1963 a et b) s’est rallié à la première hypothèse et a cherché
à prouver que chaque espèce possédait dans le milieu sa niche écologique
propre. Il a montré qu’il existait entre les espèces des différences de distri¬
bution longitudinale et radiale, et des observations préliminaires lui ont
montré qu’il existait également des différences de régime alimentaire;
ainsi (en collaboration avec Knowi.es et Meerovitch, 1964) il a constaté
que Lampropedia , bactérie présente dans l’intestin des Reptiles, se rencontrait
dans le tube digestif de certaines espèces de Tachygonelria, à l’exclusion
des autres.
A l’intérieur de chacun des 2 biotopes que nous avons délimités au
chapitre précédent, chaque espèce présenterait donc sa spécialisation propre.
Dubinina, par contre, dans son étude écologique de la faune parasitaire
des Testudo horsfieldii (1949), n’envisage pas les différences de répartition
ou de régime entre les espèces et semble considérer que toutes les espèces
ont la même écologie et que le peuplement du côlon dépend du hasard des
infestations successives qui se produisent au cours de la vie de la Tortue.
Nous avons nous-même observé de nombreux faits qui sont en faveur
de l'hypothèse de Schad :
En premier lieu, le fait que nous ayons pu distinguer d'après le compor¬
tement des espèces 2 biotopes différents dans le côlon.
Source : MNHN, Paris
20-1
ANNIE J. PETTER
En outre, dans chaque biotope certaines espèces s’opposent aux autres
par des éléments bien définis :
— ainsi, dans le biotope central :
— T. conica montre une préférence pour la première partie alors que T. lon-
gicollis a au contraire une préférence pour la 2 e .
_ T. numidica doit avoir un régime particulier qui lui permet de se main¬
tenir comme les espèces du biotope paramuqueux chez les Tortues mortes
de maladie et dont le côlon est dépourvu d’éléments nutritifs.
Le fait que chez la Tortue 63 Q, les proportions relatives des espèces
ne soient pas les mêmes dans le cul-de-sac dépourvu de matières alimentaires
et dans le reste du côlon antérieur indique que toutes les espèces n’ont pas
les mêmes exigences.
— dans le biotope paramuqueux :
— M. uncinata s’oppose aux autres espèces par sa préférence pour la Ire
partie du côlon.
_ M. microstoma, se trouve seule présente chez les Tortues transcaspiennes
d'un an et nous l’avons trouvée en très grande abondance chez des
Tortues iraniennes sacrifiées en hiver, faits qui indiquent vraisembla¬
blement un régime spécial.
Un autre élément indique une compétition élective entre certaines
espèces : l’antagonisme qui existe entre les Atraclis et les espèces T. denlata
et M. uncinata paraît s’expliquer par une compétition vraisemblablement
d'ordre alimentaire aboutissant à l’élimination des 2 espèces d’Oxyures
par les Atraclis et est donc également un argument en faveur de l’hypothèse
d'un régime particulier à ces 3 espèces (1).
Cependant, nous n’avons pu jusqu’à présent définir pour chaque espèce
une niche écologique différente. Il reste possible que plusieurs espèces aient
les mêmes exigences et que le hasard des infestations joue un certain rôle
dans l’établissement de l’équilibre de la population. Ceci expliquerait les
différences que nous avons pu constater dans la composition de la population
de 2 Tortues de même espèce et d’âges semblables.
En conclusion, nous pensons donc avec Schad qu’il existe entre les
espèces, des différences écologiques qui tiennent une place très importante
dans rétablissement de l'équilibre de la population, mais nous supposons
cependant que l’ordre d’infestation des espèces joue également un rôle
dans la constitution de la population.
On peut imaginer que, s’il y a compétition pour une substance, l’espèce
la plus faible n’est pas éliminée, soit parce qu’elle a un pouvoir d'absorption
plus rapide pour la substance en cause, soit parce que l’espèce la plus forte
a un facteur limitant déterminé par exemple par une troisième espèce. Ou
peut donc imaginer à la limite une interaction complexe entre toutes les
espèces présentes. Le cas Atradis dadyluris-Tachygondria denlata nous
donne au contraire un exemple où il semble y avoir une compétition totale
aboutissant à l’élimination de l’un des protagonistes. T. denlata ne se serait
maintenu que grâce à la biologie des Atradis qui n’infestent pas les Tortues
jeunes.
s le cas présent d
spéces d'Oxyures pourra
Alraclis, mais l'exemple
imines par les Hclmiiith
compétition pour une s
également s expliquer par la sécrétion
I absorption massive de la vitamine R
1958) montre la possibilité d'une consom-
is^ancé* particulière^ * 1 " qU ’ U é B al *-
Source : MNHN, Paris
Chapitre III
L’ÉQUILIBRE DES ESPÈCES
CHEZ LES TORTUES MALGACHES
Nous suivrons dans ce chapitre le même plan que dans le chapitre II;
le nombre des Tortues autopsiées étant trop faible, nous n'avons pu cepen¬
dant étudier les variations de la population suivant différents facteurs
(âge, origine géographique de l’hôte, saisons, régime et état physiologique
de l’hôte). Nos conclusions porteront sur une comparaison entre l'équilibre
réalisé dans la population des Tortues malgaches et celui qui est réalisé chez
les Tortues paléarctiques.
A. — EXPOSÉ DES RÉSULTATS NUMÉRIQUES
Nous avons effectué le relevé quantitatif des espèces chez 7 Tortues
(3 Testudo radiata et 4 Pyxis arachnoïdes). L'espèce Tesludo radiala est large¬
ment répandue dans toute l’île; nous avons pu préciser l’origine de l’un
seulement des 3 individus étudiés; l’espèce Pyxis arachnoïdes est au contraire
étroitement localisée au Sud de Madagascar et les 4 spécimens étudiés
proviennent de la même région : Faux-Cap.
Nous donnons dans le tableau n° 10 la liste des abréviations et symboles
utilisés pour désigner les espèces.
1. Résultats obtenus chez les Testudo radiata
a) Testudo radiata 95 Q
Tortue longue de 13 cm; origine inconnue; sacrifiée le 21-1-1964 après
6 jours de captivité au laboratoire.
Le côlon est divisé en 3 portions :
Portion I : cette partie contient de gros débris de salade.
Nombre d’individus identifiés = 428.
T. m. d. = $ : 164, 3 : 53; The. p. d. = $ : 2; O. p. = $ : 1; T. d. r. =
5 ; 93, $ : 13; Al. n. m. = $ : 4, : 3; M. c. = Ç : 3; Al. d. = $ : 1;
larves = 91.
Nombre total de femelles évalué à 4.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 2.440; The. p. d. = 30; O. p. = 20; T. d. r. = 1.380; Al. n. m. =
60; M. c. = 50; Al. d. = 20.
Source : MNHN, Paris
206
ANNIE J. PETTER
Espèce
Abréviation
Symbole
Alaeuris dupuisi .
AI. d.
<5
Alaeuris numidica madagascariensis . . .
A,.
Alaeuris quadrilabiata insularis .
Al. q. i.
©
Atractis chabaudi .
A. c.
Labiduris bnjgooi .
L. b.
Mehdiella cristata .
M. c.
0
Melidiella grassei .
M. g.
A
Mehdiella stylosa dollfusi .
M. s. d.
<>
Ortleppnema possompcsi .
O. p.
i\
Orlleppnema radialum .
O. r.
A
Tachygonelria dentala richardae .
T. d. r.
Ç
Tachygonetria macrolaimus desseinr. . . .
T. m. d.
g
Thaparia domerguei .
Tli. d.
g
Thelandros pyxis pyxis .
The. p. p.
©
Thelandros pyxis dolichurus .
The. p. d.
©
Tableau n° 10 : Liste des abréviations et symboles utilisés dans le texte et les figures.
Portion II : cette partie contient également de gros débris de salade
Nombre d’individus identifiés = 475.
T. m. d. : = ? : 107, $ : 18; The. p. d. = $ : 1 ; O. p. = O : 13 ^ . 2 -
T. d. r. = $ : 46, : 2; Al. n. m. = $ : 45, ç? : 15; M. c. = $ : 1 • Àj <j"
$ : 14, 3 : 5; Al. q. i. = $ : 21; M. g. = Ç : 9; Th. d. = 9 : 2 ' r f - i.
larves = 173. ° *
Nombre total de femelles évalué à 1.800.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 820; The. p. d. = 10; O. p. = 100; T. d. r. = 350; Al n m -
340; M. c. = 10; Al. d. = 80; M. g. = 60; Al. q. i. = 15; Th. d. = 15.
Portion III : cette partie contient de fins débris brunâtres.
Nombre d’individus identifiés = 317.
T. m. d. = $ : 45, c? : 6; M. s. d. = $ : 44, J : 18; O. p. = ? : 3, ^ . 2 .
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
207
T. d. r. = $ : 9; Al. n. m. = $ : 1, <? : 1; Al. q. i. = $ : 5; Th. d. =
$ : 3, <? : 6; larves = 174.
Nombre tolal de femelles évalué à 3.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 1.220; M. s. d. = 1.200; O. p. = 80; T. d. r. = 250; Al. n. m. =
30; Al. q. i. = 140; Th. d. = 80.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. m. d. = 4.480; The. p. d. = 40; M. s. d. = 1.200; O. p. = 200; T. d. r. =
1.980; Al. n. m. = 430; M. c. = 60; Al. d. = 100; M. g. = 60; Al. q. i. =
155; Th. d. = 95.
Total : 8.800.
b) Testudo radiata 101 Q
Mâle long de 30 cm; origine : piste de la Menavandra à 10 km au nord
de Bevoalava (région de Tuléar); sacrifié le 28-3-1964.
Le côlon a été divisé en 2 portions :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 440
T. m. d. = $ : 61, <? : 18; The. p. d. = ? : 120, : 42; M. s. d. = ? : 56,
: 2; O. r. = $ : 40, <J : 3; T. d. r. = $ : 7; Al. n. m. = $ : 12; Al. d. =
$ : 1 ; larves = 78.
Nombre total de femelles évalué à 61.500.
Nombre de femelles de chaque espèce :
(un examen rapide de l’ensemble des Oxyures de cette partie nous a fait
constater la présence de l’espèce Alaeuris quadrilabiala insularis, nous
l’avons donc fait figurer dans les résultats, il en existe moins d’1 5 sur 440
individus, l’ensemble de cette partie en contient donc moins de 180, nous en
avons fait figurer 100).
T. m. d. = 12.600; The. p. d. = 24.800; M. s. d. = 11.610; O. r. = 8.300;
T. d. r. = 1.450; Al. n. m. = 2.460; Al. d. = 180; Al. q. i. = 100.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 239
T. m. d. = $ : 34, cJ : 1 ; The. p. d. = $ : 5, <? : 5; M. s. d. = ? : 134,
cj : 12; O. r. = $ : 12; Al. n. m. = Ç : 3, : 1 ; Al. d. = ? : 1; larves = 31.
Nombre total de femelles évalué à 12.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 2.230; The. p. d. = 320; M. s. d. = 8.530; O. r. = 780; Al. n. m. =
100; Al. d. : 40.
Composition approximative de l'ensemble du côlon :
T. m. d. = 14.830; The. p. d. = 25.120; M. s. d. = 20.140; O. r. = 9.080;
T. d. r. = 1.450; Al. n. m. = 2.560; Al. d. = 220; Al. q. i. = 100.
Total : 73.500.
c) Testudo radiata 104 Q
Tortue dont la carapace n’a pas été mesurée; origine inconnue; sacri¬
fiée le 8-9-1964 après 7 mois 1/2 de captivité, dont les 4 derniers mois en
contact avec la Testudo graeca zarudnyi 109 Q originaire d’Iran.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Le côlon a été divisé en 2 parties :
Portion I : nombre d’individus identifiés = 232
T. m. d. = $ : 57, $ : 18; The. p. d. = $ : 35, <? : 16; O. p. + O. r. (les
2 espèces sont présentes, mais ont été groupées dans les comptes) = $ : o-
T. d. r. = $ : 74, (J : 10; Al. n. m. = : 1 ; M. c. = $ : 3, <? : 4; M. g.’ =
Ç : 6; larves = 6.
Nombre total de femelles évalué à 1.500.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 470; The. p. d. = 300; O. p. + O. r. = 20; T. d. r. = 620-
Al. n. m. = 10; M. c. = 30; M. g. = 50.
Portion II : nombre d’individus identifiés = 203
T. m. d. = $ : 72, S ■ 24; The. p. d. = $ : 2, : 2; M. s. d. = Ç : 11, # : 7.
O. p. + O. r. = ? : 10; T. d. r. = $ : 27, : 7; Al. n. m. = $ : 2; M. c ='
$ : 3, : 2; Al. d. = $ : 2; Al. q. i. = Ç : 2; larves = 30.
Nombre total de femelles évalué à 2.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 1.100; The. p. d. = 30; M. s. d. = 170; O. p. + O. r. = 150-
T. d. r. = 410; Al. n. m. = 30; M. c. = 50; Al. d. = 30; Al. q. i. = 30’
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. m. d. = 1.570; The. p. d. = 330; M. s. d. = 170; O. p. + O. r. = 170-
T. d. r. = 1.030; Al. n. m. = 40; M. c. = 80; M. g. = 50; Al. d. = 30’
Al. q. i. = 30.
Total : 3.500.
2. Résultats obtenus chez les Pyxis arachnoïdes
a) Pyxis arachnoïdes 103 Q
Tortue longue de 7,5 cm; origine ; Faux-Cap (extrême Sud de Mada¬
gascar); sacrifiée le 16-4-1964.
Le côlon a été divisé en 3 portions :
Dans la portion II, le bol alimentaire constituait un boudin compact formé
de grosses feuilles peu digérées; le contenu de cette partie a été séparé en
2 lots : d’une part, les Oxyures qui se trouvent libres autour du boudin
compact et ceux qui se trouvent contre la muqueuse (II a), d’autre part les
Oxyures qui sont mêlés au bol alimentaire (II b).
Portion I : nombre d’individus identifiés = 384.
T. m. d. = ? : 174, $ : 4; The. p. p. = $ : 119, S : 56; O. p. = o . 1.
T. d. r. = ? : 11, <? : 2; Al. n. m. = £ : 1 ; M. c. = Ç ; 1, : 4; Th ^
Ç : 2; larves = 9.
Nombre total de femelles évalué à 500.
Nombre de femelles de chaque espèce :
(Nous avons trouvé dans l’échantillon 1 $ d’Alaeuris numidica madagas
Source : MNHN, Paris
:matodes des tortues terrestres
209
cariensis, l’espèce est donc représentée, et nous l’avons figurée dans les
résultats en remplaçant le 3 P ar 1 $) :
T.m.d. = 280; The. p. p. = 190; O. p. = 2; T.d.r. = 20; Al. n. m. = 2;
M. c. = 3; Th. d. = 3.
Portion 11 :
— côlon externe : Il a :
Tout le contenu du côlon a été identifié :
T. m. d. = $ : 166, 3 : 7; The. p. p. = ? : 32, 3 : 8; O. p. = $ : 34;
T. d. r. = $ : 9, : 2; Al. n. m. = $ : 13, : 4; M. c. = $ : 3; Al. d. =
$ : 3; Al. q. i. = $ : 2; Th. d. = $ : 6; larves = 2.
Total : 291 dont 268 femelles.
— côlon interne : II b :
Nombre d’individus identifiés = 344.
T. m. d. = $ ; 153, 3 ; 30; The. p. p. = ? : 19, 3 : 35; O. p. = $ : 26;
T. d. r. = $ : 5, 3 : 1; Al. n. m. = Ç : 20, 3 : 9; M. c. = $ : 1, 3 ; 2;
Al. d. = ? : 12, 3 : 1; Al. q. i. = $ : 1; Th. d. = $ : 2; larves = 21.
Nombre total de femelles évalué à 730.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 468; The. p. p. = 58; O. p. = 80; T. d. r. = 15; Al. n. m. = 60;
M. c. = 3; Al. d. = 37; Al. q. i. = 3; Th. d. = 6.
Composition approximative de la portion II :
T. m. d. = 631; The. p. p. = 91 ; O. p. = 114; T. d. r. = 24; Al. n. m. = 74;
M. c. = 6; Al. d. = 40; Al. q. i. = 5; Th. d. = 12;
Total : 1.000.
Portion III : tout le contenu de cette partie a été identifié :
T. m. d. = Ç : 13, 3 : 3; The. p. p. = $ : 3, 3 : 1 ; M. s. d. = $ : 6,
3 : 1 ; O. p. = $ : 7, 3 : 4; T. d. r. = $ : 4; Al. n. m. = $ : 16, 3 : 6;
M. c. = $ : 2, 3 : 2; Al. d. = $ : 15, 3 : 3; Al. q. i. = $ : 13, 3 : 6;
Th. d. = $ : 1, 3 : 2; larves = 18.
Total : 126 individus dont 80 femelles.
Composition approximative de l'ensemble du côlon :
T. m. d. = 927; The. p. p. = 284; M. s. d. = 6; O. p. = 123: T. d.r. = 48;
Al. n. m. = 92; M. c. = 11; Al. d. = 55; Al. q. i. = 18; Th. d. = 16.
Total : 1.580.
b) Pyxis arachnoïdes 82 Q
Tortue longue de 8,5 cm; origine. : Faux-Cap (extrême Sud de Mada¬
gascar); sacrifiée le 25-6-1963 après 1 semaine de captivité au laboratoire.
Le côlon contient une première portion large très riche en Oxyures et
pauvre en matières alimentaires, suivie d’une partie plus étroite qui va
jusqu’au cloaque, contenant plusieurs crottes brunes solides entremêlées
d’Oxyures.
Tous les Oxyures du côlon ont été mêlés.
Mémoires do Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. M
Source : MNHN, Paris
210
ANNIE J. PETTER
Nombre d’individus identifiés = 575.
T. m. d. = ? : 153, <? : 62; The. p. p. = Ç : 42, : 13; M. s. d. = $ • 2
S : 5; 0. p. = $ : 18, : 7; T. d. r. = $ : 13, <f : 11; Al. n. m. = o • 21 ’
S : 24; M. c. = $ : 38, <J : 13; Al. d. = $ : 2, $ : 2; AI. q. i. = $ : n’
^ : 4; Th. d. = $ : 5; larves = 129.
Nombre total de femelles évalué à 6.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 3.000; The. p. p. = 830; M. s. d. = 40; O. p. = 350; T. d. r.
= 260; Al. n. m. = 410; M. c. = 750; Al. d. = 40: Al. q. i. = 220- Th d
= 100 .
c) Pyxis arachnoïdes 102 Q
Tortue longue de 9 cm; origine : Faux-Cap (extrême Sud de Mada¬
gascar : 40 km au Sud-Est de Tuléar); sacrifiée le 19-4-1964.
Le côlon a été divisé en 3 portions, le contenu de chaque portion étant
lui-même séparé en 2 lots, d’une part le lot d’Oxyures qui occupent le centre
du côlon et qui sont pris dans le bol alimentaire, d’autre part le lot d’Oxyures
qui occupent le pourtour.
Portion I :
— lot interne : nombre d’individus identifiés = 248.
T. m. p. = $ : 33, : 13; T. d. r. = Ç : 117, ^ : 5; M. c. = S ■ 11 f
Al. d. = Ç : 3; larves = 64. ’
Nombre total de femelles évalué à 1.250.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 250; T. d. r. = 890; M. c. = 90; Al. d. = 20.
— lot externe : nombre d’individus identifiés = 446.
T. m. d. = ? : 60, £ : 32; The. p. d. = <? : 1; T. d. r. = $ : 155 ^ . q.
M. c. = $ : 24, cJ : 19; Al. d. = Ç : 5; Al. q. i. = $ : i ; q-j,’ ^
$ : 2; larves = 138.
Nombre total de femelles évalué à 1.000.
Nombre de femelles de chaque espèce :
(Pour les espèces The. p. d. et Th. d., où nous avons trouvé uniquement des
éf, ceux-ci ont été remplacés par des $ dans le compte total).
T. m. d. = 240; The. p. d. = 2; T. d. r. = 630; M. c. = 100- Al d — on
Al. q. i. = 6; Th. d. = 2. - • • eu;
Composition approximative de la portion I :
T. m. d. = 490; The. p. d. = 2; T. d. r. = 1.520; M. c. = 190- Al d = jn
AI.q.i. = 6; Th. d. = 2. • • . -iu;
Total : 2.250.
Portion II :
— lot interne : nombre d’individus identifiés = 118
T.m.d. = ¥:53,a:19;M.s.d.-î:l;T.d.r. - î : 6, : 1 Al. n. m --
(J : 2; M. c. — ? : 1 ; Al. d. — $ : 1 ; Al. q. i. = $ : 1 ; larves = 33.
Un examen rapide de l’ensemble du côlon nous a fait constater 1
présence des espèces The. p. d. et Th. d., nous les faisons donc figurer en
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
211
petit nombre dans l’évaluation du nombre total de femelles présentes dans
cette partie.
Nombre total de femelles évalué à 500.
— Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 400; The. p. d. = 2; M. s. d. = 8; T. d. r. = 48; Al. n. m. - 16;
M. c. = 8; Al. d. = 8; Al. q. i. = 8; Th. d. = 2;
— lot externe : nombre d’individus identifiés = 440.
T. m. d. = $ : 98, <J : 55; M. s. d. = Ç : 6, <? : 1 ; O. p. = 9 : 4, £ : 1 ;
T. d. r. = $ : 27, J : 3; Al. n. m. = 9 : 6, o : 1 ; M. c. = 9 : 15, <? : 18;
Al. d. = 9 : 11, <? : 4; Al. q. i. = $ : 4, <? : 2; Th. d. = 9 : 2, J : 1 ;
larves = 181.
Nombre total de femelles évalué à 425.
Nombre de femelles de chaque espèce :
T. m. d. = 240; M. s. d. = 15; O. p. = 10; T. d. r. = 65; Al. n. m. = 15;
M. c. = 40; Al. d. = 25; Al. q. i. = 10; Th. d. = 5.
Composition approximative de la portion II :
T. m. d. = 640; The. p. d. = 2; M.s.d. = 23; O. p. = 10; T.d.r. = 113;
Al.n.m. = 31; M. c. = 48; Al. d. = 33; Al. q. i. = 18; Th. d. = 7.
Total : 925.
Portion III :
Le lot d’Oxyures interne et le lot externe ont été mêlés; cette portion
contenait beaucoup de matières alimentaires.
Nombre d’individus identifiés = 294.
T. m. d. = 9 : 41, ; 9; M. s. d. = 9 : 20, (J : 11 ; O. p. = 9 : 7, 3 ■ 3;
T. d. r. = 9 : 1, <? : 1; Al. n. m. = 9 : 14, : 5; M. c. = 9 : I: Al. d. =
9:3, <?:3; Al.q.i. = 9:20, ^ : 13; Th. d. = 9:3, <J : 3; larves = 136.
Nombre total de femelles évalué à 467.
Nombre de femelles de chaque espèce ;
T. m. d. = 175; M. s. d. = 85; O. p. = 30; T. d. r. = 4; Al. n. m. = 60;
M. c. = 4; Al. d. = 12; Al. q. i. = 85; Th. d. = 12.
Composition approximative de l’ensemble du côlon :
T. m. d. = 1.305; The. p. d. = 4; M. s. d. = 108; O. p. = 40; T. d.r. = 1.637;
Al. n. m. = 91 ; M. c. = 242; Al. d. = 85; Al. q. i. = 109; Th. d. = 21.
Total : 3.642.
d) Pyxis arachnoïdes 85 Q
Femelle de 10 cm de long; origine : Faux-Cap (extrême Sud de Mada¬
gascar); sacrifiée le 10-10-1963 après plusieurs mois de captivité en France
sans alimentation.
Le côlon est divisé en 2 portions :
Portion I :
Dans la l re portion, on trouve des matières alimentaires brunâtres et
de très nombreux Nématodes.
Source : MNHN, Paris
212
ANNIE J. PETTER
Nombre d’individus identifiés = 732.
A. c. = $ et larves : 570, <J:1; L. b. = $ et larves : 129, g : 30; T. m. d. =
$ : 1 ; larves = 1.
Nombre total d’individus évalué à 20.000.
Nombre d’individus de chaque espèce :
T. m. d. = 50; A. c. (<?, $ et larves) = 15.600; L. b. (£, $ et larves) = -1.300;
Portion II :
Dans la 2 e portion, on trouve des matières alimentaires brunes mêlées
d’Oxyures beaucoup moins nombreux.
Nombre d’individus identifiés = 421.
A. c. = larves et jeunes $ ne contenant pas de larves : 240, $ : 2; L. b. =
larves et ? : 158, : 9; Oxyures = 12.
41 Oxyures sont ensuite identifiés, en laissant de côté les Alraclis et
les Labiduris.
T. m. d. = $ : 15; M. s. d. = $ : 2; O. p. = Ç : 10; Th. d. = Q : 3.
larves = 11.
Nombre total d’individus évalué à 10.000.
Nombre d’individus de chaque espèce (pour les Oxyures, seules les
$ sont considérées) :
A. c. (tj, $ et larves) = 5.750; L. b. (<?, $ et larves) = 3.960; Oxyures =
290 répartis de la façon suivante :
T. m. d. = 140; M. s. d. = 20; O. p. = 90, Th. d. = 40.
Composition approximative de l'ensemble du côlon :
T. m. d. = 190; M. s. d. = 20; O. p. = 90; Th. d. = 40; A. c = oi 3^0.
L. b. = 8.260.
B. — CONSTATATIONS GÉNÉRALES
Nous retrouvons dans la population de Nématodes du côlon des Tortues
malgaches les principaux traits qui caractérisent celle du côlon des Tortues
paléarctiques.
— Grande abondance des individus.
— Foisonnement d’espèces voisines : il existe chez les Tortues mal¬
gaches 12 espèces d’Oxyures, appartenant à 6 genres voisins (2 espèces de
Tachygonelria, 3 espèces de Mehdiella, 3 espèces d ’Alaeuris, une espèce de
Thaparia, 2 espèces d ’Ortleppnema, 1 espèce de Thelandros)-, les espèces
se répartissent donc en un plus grand nombre de genres que chez les Tortues
paléarctiques; le nombre d’espèces différentes trouvées chez une même
Tortue varie de 4 à 11.
Chez les Tortues âgées, il s’ajoute aux Oxyures 2 espèces de la famille
des Atractides, alors qu’il n’en existe qu’une chez les Tortues paléarctiques
— Inégalité d’abondance entre les espèces.
Comme pour les Tortues paléarctiques, nous avons mis cette inégalité
en évidence :
Source : MNHNParis
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 213
1° En effectuant pour chaque espèce la somme des femelles présentes
chez toutes les Tortues étudiées :
Thelandros pyxis (les deux sous-espèces vicariantes ont été groupées) :
26.636; Tachygonetria macrolaimus desselae : 26.464; Mehdiella stylosa
dollfusi : 21.669; Ortleppnema possompesi + Orlleppnema radialum (les
2 espèces vicariantes ont été groupées) : 10.042; Tachygonetria dentata
richardae : 6.392; Alaeuris numidica madagascariensis : 3.615; Mehdiella
cristata : 1.052; Alaeuris dupuisi : 535; Alaeuris quadrilabiala insularis :
521; Thaparia domerguei : 273; Mehdiella grassei : 110.
Source : MNHN, Paris
214
ANNIE J. PETTER
2° En représentant graphiquement (iig. 93) la composition de la popu¬
lation de chacune des Tortues.
Nous constatons sur le graphique que si certaines espèces présentent
les memes quantités relatives chez toutes les Tortues, plusieurs d’entre elles,
comme T. denlata richardae, The. pyxis, M. shjlosa dollfusi, M. cristata par
exemple, sont représentées d’une manière très variable; cette irrégularité
se rencontre chez un plus grand nombre d’espèces que chez les Tortues
paléarctiques, où seules, T. denlata denlata et M. microsloma présentent
ce phénomène. Il en résulte qu’il est plus difficile de classer les espèces en
plusieurs catégories.
— 4 espèces peuvent se trouver abondamment représentées : T. macrolaimus
dessetae. T. denlata richardae, The. pyxis et M. stylosa dollfusi, mais parmi
celles-ci une seule (T. macrolaimus dessetae), l’est régulièrement ;
— T. macrolaimus dessetae se trouve en nombre dominant chez 5 des
Tortues examinées et est abondamment représentée chez les 3 autres; chez
la Pyxis 85 Q, qui contient des Alraclides, elle est en faible quantité, mais
est cependant la plus abondante des espèces d’Oxyures.
— T. dentala richardae est abondamment représentée chez 3 des Tortues
examinées et est rare chez les autres. Elle semble présenter un antagonisme
avec l'espèce The. pyxis (voir fig. 94) : en effet, chez les 3 Tortues où elle
est en abondance, The. pyxis est rare, et inversement chez les 3 Tortues où
elle est rare, The. pyxis se trouve en quantité moyenne (cas de 82 Q et de
104 Q) ou dominante (cas de 101 Q).
Par analogie avec le cas des Tortues paléarctiques, nous supposons
qu’elle présente également un antagonisme avec les Alraclides, et elle est
en effet absente de 85 Q, seule Tortue possédant des Atractides que nous
ayons trouvée.
— The. pyxis (existant sous forme de 2 sous-espèces vicariantes),
est représentée d'une manière très variable : chez la Tesludo radiata 101 Q,
elle est en nombre nettement dominant; chez la Tesludo radiata 104 Q et
chez les Pyxis 82 Q et 103 Q, elle est assez bien représentée, venant en 2e ou
3 e posilion. tandis que chez la Tesludo radiata 95 Q et la Pyxis 102 Q, elle
est extrêmement rare; nous venons de voir qu’elle semblait présenter un
antagonisme avec l’espèce Thelandros pyxis; elle est comme cette dernière,
absente de la Tortue 85 Q qui possède des Atractides et est peut-être éga¬
lement éliminée par ceux-ci.
— M. stylosa dollfusi présente également une abondance très variable :
son pourcentage par rapport au nombre total des femelles paraît augmenter
avec la taille des Tortues; il varie de 0,4 à 5,5 chez les Pyxis, et de 4,8 à 27,4
chez les Tesludo radiata; chez la Tesludo radiata 101 Q, où le pourcentage
est de 27,4, l’espèce arrive en 2 e position, derrière The. pyxis.
_I,es autres espèces n’ont jamais été trouvées en grande abondance :
— Ortleppnema, dont les 2 espèces sont presque toujours vicariantes,
l’une de l’autre, est en général assez bien représentée.
_ Il en est de même d 'Al. numidica madagascariensis, quoiqu’elle
soit moins abondante que la précédente.
— M. cristata est très rare chez les Tesludo radiata et la Pyxis 103 Q,
et se trouve légèrement plus abondante chez les 2 autres Pyxis;
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES
ESTRES
215
Fig. 94. •— Antagonisme sélectif entre les espèces Tachygonetria dentala richardae
et Thelandros pyxis.
En abscisse : n° des Tortues considérées.
En ordonnée : ligne du cercle : pourcentages des femelles de Thelandros pyxis
par rapport au nombre total de $;
ligne du carré : pourcentages des femelles de Tachygonetria dentale
richardae par rapport au nombre total de $.
Source : MNHN, Paris
216
ANNIE J. PETTER
_ Les 4 autres espèces, AL dupuisi.AI. quadrilabiala insularis, Th.domer-
guei et M. grassei sont toujours très peu abondantes.
_ Nous supposons par analogie avec le cas des Tortues paléarctiques,
que les Atractides ne se trouvent en abondance que chez les Tortues âgées;
nous ne les avons nous-même rencontrés que chez la Pyxis arachnoïdes 85 Q,
qui est la plus grande de celles que nous ayons autopsiées : nous y trouvons
les 2 espèces Alractis chabaudi et Ladiburis brygooi, les Atractides étant
environ 3 fois plus abondants que les Labiduris ; à l’inverse de ce que nous
avions constaté chez les Tortues paléarctiques, le nombre des Oxyures se
trouve ici extrêmement réduit.
C. — RÉPARTITION SPATIALE DES ESPÈCES DANS LE COLON
1. Répartition des espèces dans le côlon
Nous avons uniquement étudié la répartition longitudinale des espèces (1)
en divisant le côlon en 3 portions (schématisées sur la fig. 80 A); nous cons¬
tatons que la plupart des espèces présentent comme chez les Tortues paléarc¬
tiques une préférence pour l’une des régions du côlon (tableau n° 11) :
a) 3 espèces montrent une préférence pour la région voisine de l’iléon :
— Thelandros pyxis : dans les cas où elle est abondante, cette espèce
est toujours en beaucoup plus grande quantité dans la première portion.
Espèces
Répart
1 re portion
TION LONGITU
2* portion
DINALE
3' portion
The. pyxis .
+
T. macrolaimus desselae .
+
+
M. slylosa dollfusi .
+
+
0. ( possompesi .
( radiatum .
+
T. denlata richardae .
+
Al. numidica madagascariensis .
+
M. cristala .
+
Al. dupuisi .
+
Al. quadrilabiala insularis .
+
+
Th. domerguei .
+
+
Tableau n» 11 : Répartition des espèces dans le côlon chez les Tortues malgaches.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 217
— Mehdiella cristala et Tachygonelria dentata richardae : dans plusieurs
cas, ces espèces ont été trouvées nettement plus abondantes dans la première
portion du côlon; elles sont rares dans la portion terminale.
b) Les espèces ci-dessous montrent au contraire une préférence pour
les régions plus distales :
— Alaeuris numidica madagascariensis, Alaeuris dupuisi et Orlleppnema
( possompesi et radiatum), sont souvent présents dans la première portion,
mais sont généralement plus abondants dans la deuxième.
— Mehdiella slylosa dollfusi et Alaeuris quadrilabiata insularis sont
rarement présentes dans la première portion, elles ne se rencontrent en quantité
appréciable que dans la deuxième portion, et sont souvent très abondantes
particulièrement dans la région tout à fait postérieure.
c) Les deux espèces Tachygonelria macrolaimus desselae et Thaparia
domerguei semblent réparties également dans toutes les parties du côlon (1).
d) En ce qui concerne les Alractides, chez la Pyxis 85 Q, Atraclis cha-
baudi est relativement plus abondant dans la première portion, alors que
Labiduris brygooi au contraire, est proportionnellement plus abondant
dans la deuxième.
2. Corrélations biomorphologiques et étude analytique des espèces
Nous avons essayé de mettre en évidence comme pour les Tortues paléarc-
tiques des corrélations entre la biologie et la structure apicale des espèces
et d’individualiser 2 biotopes :
— lin biotope central dont les espèces possèdent les 3 caractéristiques
suivantes :
— abondance,
— préférence pour la région antérieure du côlon ou égalité de répartition
dans l’ensemble du côlon,
— structure apicale peu spécialisée à symétrie triradiée.
— un biotope paramuqueux dont les espèces possèdent les caractéristiques
opposées :
— rareté,
— préférence pour la région postérieure du côlon,
— structure apicale spécialisée ou tout au moins à symétrie triradiée modifiée.
Nous avons tenté de répartir les espèces dans ces 2 biotopes : (fig. 95).
a) Biotope central
Nous avons attribué au biotope central les espèces suivantes :
— Alractis chabaudi et Labiduris brygooi : ces espèces appartiennent
au biotope central par leur abondance. Leur structures buccales sont trop
différentes de celles des Oxyurides qui les accompagnent pour pouvoir leur
être comparées.
(1) Nous n'avon
2 Tortues et est InsulTis
nsidéré l'espèce Mehdiella grassei
elle n'a été trouvée que cher.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
Tachugonetria denlala richardae, Tachygonelria macrolaimus dessetae
et Thelandros pyxis : ces espèces possèdent les 3 caractéristiques du
biotope.
Thaparia damerguei : cette espèce appartient au biotope central par sa
répartition égale dans tout le côlon, mais possède une structure apicale
très modifiée et est toujours très faiblement représentée.
b) Biotope paramuqueux
Nous avons attribué à ce biotope les espèces suivantes :
_ Alaeuris numidica madagascariensis, Alaeuris quadrilabiata insularis
et Ortleppncma possompesi : ces espèces possèdent les 3 caractéristiques du
biotope.
— Orlleppnema radiatum : cette espèce appartient au biotope paramu¬
queux par sa préférence pour la région postérieure du côlon et par sa rareté,
mais possède une structure apicale à 6 lèvres très primitive (à l'inverse de
sa vicariante Orlleppnema possompesi dont la structure apicale est très
modifiée).
_ Alaeuris dupuisi : cette espèce appartient au biotope paramuqueux
par sa rareté et sa localisation dans la région postérieure, mais possède une
structure apicale primitive à symétrie triradiée.
_ Mehdiella crislata : cette espèce appartient au biotope paramuqueux
par sa rareté et sa structure apicale primitive, mais s’oppose aux autres
espèces de ce biotope par sa préférence pour la région antérieure du côlon.
- Mehdiella slylosa dollfusi : cette espèce appartient au biotope para¬
muqueux par sa localisation dans la région postérieure du côlon et par sa
structure apicale spécialisée, mais elle se distingue des autres espèces de
ce biotope par le fait qu’elle peut sc trouver très abondante chez certaines
Tortues.
Source : MNHNParis
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 219
— Mehdiella grassci : cette espèce appartient au biotope paramuqueux
par sa rareté, mais possède une structure apicale primitive à symétrie
triradiée.
Nous voyons que l’opposition entre formes du biotope central à structure
céphalique primitive et formes du biotope paramuqueux à structure cépha¬
lique spécialisée est moins nette que pour les espèces paléarctiques.
Ceci peut s’expliquer par les considérations suivantes :
Les formes du biotope central, paraissant se nourrir du bol alimen¬
taire, ont un régime peu spécialisé, proche du régime saprophytique; par
contre, elles sont, dans la classification générale du groupe des Phargngo-
doninae, les formes les plus évoluées, puisqu’elles sont hautement caracté¬
ristiques de Reptiles herbivores.
A l’inverse, les formes paramuqueuses ont un régime plus adapté au
parasitisme, mais sont dans la classification générale plus primitives, puis¬
qu’elles sont plus proches des Oxyures de Reptiles carnivores.
Chez les Tortues paléarctiques, où presque toutes les espèces appar¬
tiennent au môme genre Tachygonelria, le régime alimentaire non spécialisé
des formes du biotope central se traduit par une structure buccale moins
spécialisée que chez les formes du biotope paramuqueux; chez les Tortues
malgaches, les espèces se répartissent en des genres variés, et les formes du
biotope paramuqueux appartiennent souvent à des genres primitifs, dont
la structure buccale peut donc rester relativement peu évoluée, et celle-ci
ne s’oppose plus nettement à celle des espèces du biotope central.
D. — ÉTUDE QUANTITATIVE DE L’ABONDANCE RELATIVE
DES ESPÈCES
Si nous appliquons la formule de Mac Arthur aux Oxyures des Tortues
malgaches, les résultats obtenus sont beaucoup moins bons que chez les
Tortues paléarctiques.
Voici par exemple les résultats concernant les Tortues 95 Q et 101 Q :
1. Tortue 95 Q
n) résultats obtenus en considérant la population dans son ensemble :
résultats théoriques résultats observés
1. Tachygonelria macrolaimus dessetae . 2 413
2. Tachygonelria denlala richardae ... 1 613
3. Mehdiella slylosa dollfusi . 1 214
4. Alaeuris numidica madagascariensis . 947
5. Orlleppnema possompesi . 747
6. Alaeuris quadrilabiala insularis . . . 587
7. Alaeuris dupuisi . 454
8. Thaparia domerguei . 340
9. Mehdiella grassci . 240
10. Mehdiella crislala . 152
11. Thelandros pyxis . 72
4 480
1 980
1 200
430
200
155
100
95
60
60
40
Source : MNHN, Paris
220
ANNIE J. PETTER
b) résultats obtenus en considérant séparément les 2 biotopes :
— biotope central
1. Tachygonetria macrolaimus desselae .
2. Tachygonetria dentala richardae . . .
3. Thaparia domerguei .
-I. Thelandros pyxis .
résultats théoriques
3 437
1 787
957
412
résultats observés
4 480
1 980
95
40
— biotope paramiiqueux
résultats théoriques
1. Mehdiella stylosa dollfusi . 816
2. Alaeuris numidica madagascariensis . 501
3. Ortleppnema possompesi . 343
4. Alaeuris quadrilabiata insularis . . . 238
5. Alaeuris dupuisi . 160
6. Mehdiella grassei . 97
7. Mehdiella crislata . 45
résultats observés
1 200
200
155
100
60
60
2. Tortue 101 Q
a) résultats obtenus en considérant la population dans son ensemble :
1. Thelandros pyxis .
2. Mehdiella stylosa dollfusi ....
3. Tachygonetria macrolaimus desselae
4. Ortleppnema radiatum .
5. Alaeuris numidica madagascariensis
6. Tachygonetria dentata richardae . .
7. Alaeuris dupuisi .
8. A J aeuris quadrilabiata insularis . .
résultats théoriques
24 987
15 787
11 187
8 123
5 823
3 983
2 456
1 150
résultats observés
25 120
20 140
14 830
8 260
2 560
1 450
220
100
b) résultats obtenus en considérant séparément les 2 biotopes :
— biotope central
résultats théoriques
résultats observés
1.
Thelandros pyxis dolichurus ....
25 300
2.
Tachygonetria macrolaimus dessetae .
11 500
3.
Tachygonetria dentata richardae . . .
4 600
1 450
— biotope parumuqueux
résultats théoriques
résultats observés
1.
Mehdiella stylosa dollfusi .
14 700
2.
Ortleppnema radiatum .
9 080
3.
Alaeuris numidica madagascariensis .
5 042
Alaeuris dupuisi .
D.
Alaeuris quadrilabiata insularis . . .
1 288
100
Nous constatons que dans tous les cas les résultats se rapprochent de
ceux qui avaient été obtenus chez les Tortues paléarctiques lorsque nous
ne tenions pas compte des sous-espèces, c’est-à-dire : espèces abondantes
plus abondantes que ne l’indiquent les résultats théoriques et espèces rares
moins abondantes que ne l’indiquent les résultats théoriques. Peut-être
avons-nous à Madagascar des sous-espèces que nous n’avons pas su distin¬
guer; ainsi que nous l’avons vu précédemment (chapitre II, p. 203), il nous
semble cependant aventureux d’attacher une importance prépondérante
à des considérations purement mathématiques.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
221
E. — CONCLUSION :
COMPARAISON ENTRE L’ÉQUILIBRE PALÉARCTIQUE
ET L’ÉQUILIBRE MALGACHE
Nous avons vu que nous retrouvions dans l'équilibre malgache les
principaux traits déjà observés dans l'équilibre paléarctique :
— abondance des individus,
— foisonnement d’espèces voisines,
— inégalité d’abondance entre les espèces.
Par rapport aux espèces paléarctiques, les espèces malgaches peuvent
se diviser en 2 catégories :
1. Les espèces vicariantes d'espèces paléarctiques
Nous constatons que ces espèces ne sont pas seulement vicariantes
morphologiquement, mais également au point de vue biologique : elles
présentent la même abondance et la même localisation dans le côlon :
— ainsi, Tachygonelia macrolaimus desselae et T. denlala richardae
sont comme leurs vicariantes T. macrolaimus palearcticus et T. denlala
denlala des espèces abondantes appartenant au biotope central.
— Thaparia domerguei est comme sa vicariante Thaparia thapari
très rare et présente une répartition égale dans tout le côlon.
— Mehdiella stylosa do II fus i se trouve comme sa vicariante M. slylosa
stylosa principalement localisée dans les régions postérieures du côlon:
notons cependant qu'elle diffère de sa vicariante par le fait qu’elle peut se
trouver très abondante dans certains cas.
— de même, Alaeuris numidica madagascariensis est comme sa vica¬
riante Alaeuris numidica numidica peu abondante et montre une préférence
pour la région postérieure du côlon.
— Mehdiella cristata, qui, nous l’avons vu (Première Partie, p. 88),
est vraisemblablement au point de vue morphologique la vicariante de
M. uncinala, semble également présenter avec cette espèce une vicariance
biologique : elle est en eiîet comme celle-ci peu abondante et montre cepen¬
dant une préférence pour la région antérieure du côlon.
2. Les espèces qui n’ont pas de vicariantes chez les Tortues paléartiques
Plusieurs espèces malgaches ne possèdent pas de vicariantes paléarc¬
tiques et inversement. Ainsi, parmi les espèces du biotope central, Thelandros
pgxis n’a pas d’espèce vicariante chez les Tortues paléarctiques, alors que
Tachygonclria conica et T. longicollis, qui sont les plus abondantes des
espèces paléarctiques, ne sont pas représentées chez les Tortues malgaches.
Parmi les espèces du biotope paramuqueux, nous trouvons chez les
Tortues malgaches 5 espèces qui n’ont pas de vicariantes paléarctiques :
les 2 espèces du genre Orlleppnema, 2 espèces du genre Alaeuris = Al. quadri-
labiala insularis et Al. dupuisi et l’espèce Mehdiella grassei ; inversement.
Source : MNHN, Paris
222
ANNIE J. PETTER
Tachggonetria robusla et Mehdiella microstoma ne se rencontrent que chez
les Tortues paléarctiques (1).
Nous constatons que les espèces malgaches qui n’ont pas de vicariantes
paléarctiques sont des espèces primitives, appartenant à des genres peu
évolués : le genre Thelandros qui appartient à la lignée des Oxyures de
Reptiles carnivores, le genre Alaeuris qui n’est pas spécifique de Tortues,
le genre Orlleppnema dont les papilles caudales très grosses sont un caractère
primitif.
Il en résulte que l’ensemble de la population des Tortues malgaches
est plus primitif que celui des Tortues paléarctiques.
Bien que les 2 populations possèdent les mêmes caractères principaux,
et que près de la moitié des espèces soient vicariantes, ces populations
diffèrent donc par plusieurs éléments :
— l’ensemble de la population est plus primitif chez les Tortues malgaches,
— les espèces se répartissent en un plus grand nombre de genres; nous y
trouvons 6 genres différents, alors que chez les Tortues paléarctiques, la
presque totalité des espèces appartiennent aux 2 genres très voisins
Tachygonetria et Mehdiella,
— enfin, les proportions des différentes espèces sont moins constantes chez
les Tortues malgaches que chez les Tortues paléarctiques, les espèces
« abondantes » en particulier présentent une grande variabilité.
Il semble donc que nous puissions opposer au type d’équilibre paléarc-
tique évolué et très stable, le type malgache plus primitif par sa compo¬
sition en espèces et moins stable dans sa composition quantitative.
Source : MNHN, Paris
Chapitre IV'
LES POPULATIONS DES TORTUES SUD-AFRICAINES
Nous avons pu étudier les populations d’Oxvures de diverses Tortues
sud-africaines : d’une part une Tesludo tenloria verreauxi de Kimberley,
une Tesludo pardalis de Victoria West et une Tesludo pardalis étiquetée
simplement «État libre d’Orange», d’autre part 3 Tesludo pardalis prove¬
nant du Jardin Zoologique National de Pretoria et 3 Tesludo pardalis récol¬
tées dans le Swaziland.
Pour toutes ces Tortues, nous n’avons eu à notre disposition qu’une
partie du contenu colique, si bien que nous n’avons pas pu faire une étude
quantitative des populations, mais l’étude qualitative nous a apporté des
résultats très intéressants.
Nous avons constaté qu’il existait en Afrique du Sud suivant le lieu de
récolte 2 types de faune complètement différents :
A. — Un premier type de faune se rencontre chez la Tesludo tenloria
verreauxi de Kimberley et les Tesludo pardalis de Victoria West et de l’État
libre d’Orange, Tortues provenant de régions montagneuses sèches.
Nous avons dénombré chez la Tesludo tenloria verreauxi 14 espèces ou
sous-espèces réparties ainsi : 3 Tachygonetria, 3 Alaeuris, 5 Tlielandros,
1 Thaparia et 2 espèces dont nous n’avons pu déterminer le genre en l’absence
de mâles; chez les Tesludo pardalis, nous n’avons pu faire qu’une étude
incomplète du contenu colique, mais 5 des espèces précédentes ont été
retrouvées.
Nous voyons que l’équilibre réalisé chez ces Tortues est comparable
à l’équilibre malgache et est donc de type primitif : en effet, les espèces se
répartissent en plusieurs genres et les genres les plus représentés sont des
genres peu évolués : Thclandros et Alaeuris. Notons que chez les Tortues
sud-africaines, c’est le genre Tlielandros qui est le plus abondant, alors
que chez les Tortues malgaches, le caractère primitif de la population est
surtout dû au genre Alaeuris.
Nous remarquons qu’il n’existe, en dehors de 1 ’Alractis, que 3 espèces
qui soient vicariantes d’espèces malgaches; nous trouvons donc entre les
populations malgache et sud-africaine une ressemblance dans le type de
l’équilibre, mais non une ressemblance due à la présence d’espèces vica¬
riantes, qui indiquerait une origine phylogénique commune assez récente;
à ce point de vue, la parenté est plus grande entre la faune des Tortues
malgaches et celle des Tortues de la région paléarctique.
B. — Un deuxième type de faune complètement différent se rencontre
chez les Tesludo pardalis du Jardin Zoologique National de Pretoria et du
Swaziland, région orientale humide.
Chez celles-ci, nous trouvons une faune pauvre en espèces; il n’en existe
que 5, réparties ainsi : 4 Tachygonetria et 1 Thaparia. A l’exception d’une
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTEI
sous-espece de Tachygonelria denlala, espèce cosmopolite qui est représentée
dans toutes les régions que nous avons étudiées, aucune de ces espèces
n'existe chez les Tortues précédentes, et par contre, 4 d’entre elles ( Thaparia
lhapari, Tachygonelria denlala, T. macrolaimus et T. longicollis) sont des
sous-espèces de formes paléarctiques, morphologiquement très proches de
celles-ci; en particulier le Thaparia a pris l’allure d’un Tachygonelria :
queue du mâle sans ailes caudales et tronquée après la dernière paire de
papilles caudales, spiculé court, vulve située au milieu du corps et vagin
court, alors que le Thaparia présent chez les Tortues de la région sèche
était proche par sa morphologie, de l’espèce malgache : queue du mâle munie
d’ailes caudales, spiculé très long, vulve postérieure et corrélativement
vagin très long; la seule espèce qui ne soit pas une sous-espèce de forme
paléarctique, Tachygonelria microlaimus, est très proche de T. macrolaimus
et en dérive vraisemblablement.
Nous voyons donc qu’en 2 régions extrêmement proches, et chez des
Tortues qui peuvent être de même espèce, nous trouvons 2 faunes complè¬
tement différentes.
La faune des Testudo pardalis du Swaziland dérive évidemment de la
faune paléarctique puisqu’elle en présente une image appauvrie, et ceci
nécessite une liaison directe et relativement récente entre les Tortues de
ces 2 régions, liaison qui n’aurait pas atteint la région occidentale voisine.
Source : MNHN, Paris
CONCLUSIONS
Le milieu offert par le côlon des Herbivores, remarquable par son
grand volume et par l’abondance des matières alimentaires disponibles, est
colonisé par des Nématodes de différents groupes qui ont un cycle évolutif
très simple et vivent dans la lumière de l’intestin, évitant ainsi les phéno¬
mènes immunitaires déterminés par les parasites qui attaquent la muqueuse.
On constate généralement une pullulation d’espèces très proches les unes
des autres dont la coexistence pose des problèmes que nous avons cherché à
analyser en choisissant pour sujet d’étude les Oxyures des Tortues herbivores.
Les Nématodes parasites du côlon des Tortues herbivores
appartiennent essentiellement au groupe des Oxyures.
Ils émettent dans le milieu extérieur des œufs devenant très rapidement
infestants; le cycle évolutif est donc particulièrement simple.
D’un point de vue systématique, l'étude de l’évolution des structures
caudales nous conduit à considérer les Oxyures de Tortues herbivores comme
un groupe hyperspécialisé constituant une lignée différente de celle des
Oxyures de Reptiles carnivores. La faune des Tortues paléarctiques, carac¬
térisée par une diversification du genre Tachygonelria est celle qui semble
la plus évoluée.
En plus des Oxyures, les Tortues âgées sont habituellement parasitées
par des Atractides qui sont des Cosmocercoïdca et non des Oxyuroïdea.
Leur biologie est très aberrante; nous admettons que le cycle évolutif
normal avec dissémination des œufs dans la nature a disparu; il ne reste
qu’un cycle endoxène, mal adapté à la conservation des formes infestantes
dans le milieu extérieur, mais assurant une contamination massive de l’animal
parasité. Dans la nature, les Tortues ne paraissent se contaminer qu’au
moment de la maturité génitale quand elles entrent en contact étroit les
unes avec les autres. Puis le parasitisme par Atractides devient rapidement
prédominant, et se surajoute d’ailleurs simplement au parasitisme par les
Oxyurides sans entraver le développement de ceux-ci. 2 espèces cependant.
Tachygonelria dentata et Mehdiella uncinala sont éliminées électivement
par les Atractides.
D’un point de vue systématique, les Atractides sont moins diversifiés
que les Oxyurides; ici encore les formes paléarctiques paraissent plus évoluées.
C’est donc sur une Tortue paléarctique « normale » qu’est fondée essen¬
tiellement notre étude de la population.
Une Tortue paléarctique « normale » héberge 15 espèces (ou sous-
espèces) différentes dont 13 appartiennent aux genres extrêmement voisins
Tachygonelria et Mehdiella ; certaines sous-espèces ne peuvent d’ailleurs
être individualisées que par des méthodes statistiques. Nous observons
des phénomènes de spéciation cladique, phénomènes observés généralement
Mémoires du Muséum. — Zooi.or.iE, T. XXXIX. 15
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
226
chez des espèces de formation récente, alors que la nature des phénomènes
de spéciation géographique dont nous parlerons plus loin, semble indiquer
au contraire que la faune est très ancienne.
Tout se passe comme si, dans ce milieu très particulier, la pression
de sélection était plus faible que dans les milieux habituels; des formes
extrêmement proches les unes des autres, paraissent ne pas entrer en compé¬
tition brutale et cela semble permettre la conservation indéfinie d’un grand
nombre de mutants.
Les 15 espèces sont représentées d’une manière très inégale. Chacune a
une abondance relative bien définie, qui se retrouve à peu près constante
chez toutes les Tortues en bon état physiologique; les espèces ne sont pas
réparties dans le côlon d’une manière quelconque, mais la plupart montrent
une préférence pour une région déterminée (1).
Sans aller peut-être aussi loin que Schad qui admet une niche parfai¬
tement définie pour chaque espèce, nous pensons cependant qu’il existe
entre les espèces des diiïérences d’écologie, et que ce ne sont pas uniquement
les hasards des contaminations qui conditionnent l'abondance des espèces,
comme semble l’admettre implicitement Dubinina.
Nous pensons pouvoir individualiser au moins 2 biotopes différents,
l’un central où les Oxyures vivent mélangés au bol fécal, et l’autre para-
muqueux où ils vivent à proximité de la muqueuse sans cependant jamais
pénétrer dans celle-ci. Schématiquement, les espèces du 1 er biotope ont pour
caractère commun une localisation plus antérieure, une grande abondance
et une structure apicale peu spécialisée; au contraire, celles du biotope
paramuqueux ont une localisation plus postérieure, une structure apicale
plus spécialisée et une abondance moins forte, compensée semble-t-il par
une plus grande résistance aux mauvaises conditions.
Le maintien des espèces peu abondantes dans l’équilibre général pourrait
donc s’expliquer par le fait qu’elles résistent mieux pendant les périodes où
les Tortues se trouvent à jeun.
La limitation du nombre total de spécimens ne semble être due finale¬
ment qu’au volume de l’organe parasité, de sorte que les populations que
nous étudions semblent bien illustrer les lois qui ont été établies pour les
animaux libres lorsque les espèces sont en équilibre et que le nombre total
d’individus reste constant, lois définies par la formule de Mac Arthur. Nous
pensons donc qu'il n’y a aucune différence fondamentale entre les équilibres
réalisés, dans un biotope déterminé, par des animaux libres et par ceux
que nous étudions.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 227
Nous avons cherché à analyser les principales variations qui se produisent
dans la population suivant différents facteurs : origine géographique et âge
des Tortues, variations saisonnières, état physiologique des Tortues.
A l’intérieur de la région paléarctique, les variations qui se produisent
suivant l’origine géographique des Tortues sont uniquement d’ordre morpho¬
logique : les Tortues provenant d’Iran, de la région transcaspienne, du Maroc,
d’Algérie, d’Italie ont des faunes extrêmement proches; nous constatons
cependant toute une série de vicariances permettant souvent de différencier
facilement la provenance du matériel ; chaque vicariant parait avoir exacte¬
ment le même rôle dans l’équilibre de la faune.
L’équilibre varie suivant l'âge des Tortues : on sait que les Reptiles
strictement herbivores à l’état adulte peuvent présenter quand ils sont très
jeunes un régime en partie carnivore; il est intéressant à ce point de vue de
constater que le seul Oxyure ( Alaeuris numidica), figurant dans la faune
paléarctique qui n’appartienne pas au groupe hyperspécialisé Tachygonetria-
Mehdiella se rencontre précisément chez les Tortues jeunes.
Plus important est le phénomène de contamination par les Atractides
qui survient lorsque les Tortues ont environ 10 ans; l’équilibre des Oxyures
sensu stricto semble peu touché par l’envahissement par les Atractides; il
existe cependant 2 espèces, Tachygonclria dentata et Mehdiella uncinata
dont l’abondance est inversement proportionnelle à celle des Atractides
et qui présentent un antagonisme très net avec ceux-ci.
Les variations suivant les saisons ont été analysées avant nous dans un
beau travail de Dubinina sur les Tortues du Tadjikistan; cet auteur a observé
un appauvrissement de la faune en hiver. Nous n’avons pas retrouvé nette¬
ment ce phénomène d’appauvrissement hivernal au Maroc et en Algérie;
on observe en hiver chez certaines Tortues iraniennes un brusque déséquilibre
de la faune en faveur de Mehdiella microsloma.
Nous avons signalé plus haut les variations suivant l'étal physiologique
des Tortues, la disette ou la maladie paraissant entraîner une véritable
inversion dans l’abondance relative des espèces.
Dans la faune des Tortues malgaches, nous retrouvons les prin¬
cipaux traits qui caractérisent l’équilibre présenté par la faune des Tortues
paléarctiques : grande abondance des individus, foisonnement d’espèces
voisines, inégalité d’abondance entre les espèces.
Les 12 espèces malgaches peuvent se diviser en 2 catégories : 6 formes
vicariantes déformés paléarctiques et 6 formes plus primitives non vicariantes.
Bien que les populations paléarctique et malgache possèdent les mêmes
caractères principaux, plusieurs différences peuvent être relevées : l'ensemble
de la population est plus primitif ; les espèces se répartissent en un plus grand
nombre de genres; les proportions des différentes espèces sont moins cons¬
tantes, les espèces abondantes en particulier présentent une grande varia¬
bilité; il semble donc que nous puissions opposer au type d’équilibre paléarc¬
tique évolué et très stable, le type malgache plus primitif par sa composition
en espèces et moins stable dans sa composition quantitative.
Une étude qualitative, mais non quantitative a été faite sur la
faune des Tortues d'Afrique du Sud, région qui offre à quelques centaines
de km de distance les 2 types d'équilibre primitif et évolué : nous découvrons
Source : MNHN, Paris
228
ANNIE J. PETTER
en effet dans la zone occidentale sèche une faune primitive dont l’équilibre
a des analogies très nettes avec l’équilibre malgache, tandis que les Tortues
de la région orientale humide ont des Oxyures qui ont les affinités les plus
étroites avec les espèces paléarctiques.
Si nous comparons les différentes faunes étudiées et que nous
cherchions à isoler les éléments qui nous paraissent les plus significatifs,
nous constatons que (fig. 96) :
1» il existe peu d’espèces qui se retrouvent sous des formes vicariantes
dans toutes ou presque toutes les régions étudiées; ce sont :
— l’espèce Tachygonetria dcnlala;
_les espèces du genre Thaparia : si l’œsophage et la structure apicale
chez ces espèces conservent dans toutes les régions une grande constance,
les formes paléarctiques ont pris dans l’aspect de la queue l’allure du
genre typiquement paléarctique Tachygonetria et cette allure se retrouve
dans la forme sud-africaine des régions orientales humides;
— les espèces du genre Atractis : celles-ci se retrouvent également dans
toutes les régions à l’exception de la zone sud-africaine, humide; il n’est
peut-être pas sans intérêt de noter que 2 des formes les plus stables sont
le couple Atraclis-Tacliygonetria dcnlala dont l’antagonisme électif permet
de soupçonner une niche écologique identique.
Remarquons que les 3 formes citées ci-dessus se caractérisent par rapport
aux autres par un œsophage assez court et épais.
2° les cas de vicariance sont beaucoup moins nombreux entre les
faunes malgache et sud-africaine sèche (4 cas seulement) qu’entre les faunes
malgache et paléarctique (7 cas). La ressemblance qui existe entre les faunes
malgache et sud-africaine occidentale est plutôt une ressemblance dans
l’équilibre : dans les 2 cas, nous avons relativement peu d’espèces du biotope
central, il y a au contraire une grande diversification des formes primitives
proches des Oxyures de Carnivores qui paraissent plus adaptées au biotope
paramuqueux (bien qu’à Madagascar, Thelandros pyxis soit adapté avec
plein succès au biotope central). Remarquons que d’un point de vue écolo¬
gique, les Tortues malgaches proviennent du Sud de l’île, c’est-à-dire d’une
région très sèche, comparable à la zone occidentale d’Afrique du Sud.
3° l’on observe dans la faune paléarctique un épanouissement des
especes du biotope central appartenant principalement au genre Tachy¬
gonetria ; il est intéressant de remarquer que les 2 espèces qui sont en cours
de spéciation, T. longicollis et T. conica, sont des espèces particulièrement
abondantes du biotope central n’ayant précisément pas de vicariantes
malgaches, et que l’on peut donc supposer être d’apparition récente. (Il
est vrai que, dans la faune sud-africaine sèche, Thelandros verslerae, espèce
primitive proche des Oxyures de Carnivores, que l’on peut supposer être
de formation ancienne, est également en voie de spéciation.)
4° la faune de la zone sud-africaine humide reflète une image appauvrie
de la faune paléarctique, où, à côté de Thaparia, le genre Tachygonetria
existe seul, et est représenté par des espèces à structure céphalique peu
évoluée, typiques du biotope central.
Source : MNHN, Paris
l'io. 96. — Tableau montrant les cas de vicariance entre les (aunes de Nématodes
des Tortues des diflérentes régions étudiées.
1. — Région sud-africaine sèche.
2. — Madagascar.
3. — Région paléarctique.
•1. — Région sud-africaine orientale humide.
Nous voyons que :
1) les cas de vicariance sont plus nombreux entre les faunes malgache et sud-
africaine sèche;
2) la faune de la zone sud-africaine humide représente une image appauvrie de la
faune paléarctique.
Source : MNHN, Paris
230
ANNIE J. PETTER
Ces diverses considérations nous conduisent aux hypothèses suivantes
sur l’évolution des faunes d’Oxyures des Tortues herbivores :
Ces faunes d’Oxyures semblent s’être diversifiées à partir de souches
proches de celles des Oxyures d’Iguanidés en même temps que leurs hôtes,
c’est-à-dire au paléocène; elles ont dû à cette époque avoir une très vaste
distribution, mais les phénomènes de spéciation étant en pleine activité,
on trouve actuellement des différences très importantes dans les faunes
reliques; les faunes d’Afrique du Sud sèche et de Madagascar que nous
interprétons comme des reliques se ressemblent donc beaucoup moins qu’on
ne pourrait s’y attendre.
Ultérieurement, les phénomènes de spéciation semblent avoir perdu
leur intensité, et les nombreuses vicariances entre les faunes paléarctique et
malgache indiquent que beaucoup d’espèces n’ont presque pas évolué depuis
la période d’isolement de Madagascar, donc depuis l’éocène ou l’oligocène.
La faune paléarctique est d’un type nettement plus évolué, les genres
proches de ceux de Carnivores sont pratiquement éliminés sauf Alaeuris
numidica qui ne persiste que chez les Tortues jeunes et c’est le genre Tachy-
gonetria qui conquiert toutes les niches en se diversifiant.
L’extraordinaire analogie morphologique entre la faune d’Afrique du
Sud humide et celle de la région paléarctique paraît impliquer entre les
Tortues de ces régions une liaison directe et relativement récente. Nous
constatons en tout cas, chez une même espèce de Tortue à quelques centaines
de kilomètres de distance, l’existence de la faune la plus primitive et de la
faune la plus évoluée parmi celles que nous ayons étudiées.
Source : MNHN, Paris
RÉSUMÉ
PREMIÈRE PARTIE - ÉTUDE TAXINOMIQUE
Les Nématodes qui parasitent le côlon des Tortues herbivores appar¬
tiennent à 2 groupes différents, les Oxyures et les Atractides.
Après avoir étudié les problèmes que posent ces Nématodes en taxi¬
nomie générale, nous passons en revue les différentes espèces rencontrées,
puis nous cherchons à préciser sous quel aspect se présentent les phéno¬
mènes de spéciation dans ces groupes.
I. TAXINOMIE GÉNÉRALE
A. Atractides
Nous considérons les Atractides comme des Cosmocercides et non comme
des Oxyures; à l’appui de cette opinion nous présentons une série évolutive
continue de formes qui, aussi bien biologiquement que morphologiquement
relient les Cosmocercides aux Atractides.
B. Oxyurides
Les structures céphaliques des Oxyurides permettent d’apprécier le
caractère plus ou moins évolué de chaque espèce par les analogies plus ou
moins grandes avec la structure à 6 lèvres des Rhabdilis libres, mais les
variations complexes de ces structures ne permettent pas une classification
cohérente. En revanche, le mode de réduction de l’extrémité caudale des
mâles semble permettre une nouvelle classification car l’évolution des phé¬
nomènes est différente chez des hôtes différents. Nous sommes ainsi conduite
à isoler 3 lignées chez les Oxyures de poecilothermes, une primitive et syn¬
thétique groupant les parasites d ’Uromastix et d’iguanes, une deuxième
peu spécialisée groupant les parasites de Carnivores, et une troisième plus
évoluée groupant les parasites de Reptiles herbivores.
II. TAXINOMIE PARTICULIÈRE
Au cours de la revue analytique des espèces qui est effectuée, des nou¬
veautés ou modifications taxinomiques sont proposées :
A. Atractides
— Alraclis chabaudi n. sp., parasite de Pyxis arachnoïdes, diffère de
A. morinae par la disposition des papilles caudales du mâle.
— Alradis daclyluris (Rud. 1819) n’est pas, comme on le croyait, une
espèce cosmopolite. L’ornementation ventrale du mâle permet de différencier
une sous-espèce particulière à chaque région :
— Atractis d. daclyluris algérienne,
— Atraclis d. baltazardi n. sub. sp. iranienne,
— Alradis d. dubininae n. sub. sp. transcaspienne.
Source : MNHN, Paris
232
ANNIE J. PETTER
_ Alractis lhapari n. sp. (= Alraclis dadyluris sensu Thapar 1925)
diffère de A. dadyluris par sa queue très longue.
_Les synonymies admises pour A. granulosa (Railliet et Henry
1912) ne nous paraissent pas valides, A. fasciolala Gendre 1909 et -1. morinae
Baer 1936 diffèrent de A. granulosa par la longueur de leurs queues.
_ Les espèces du genre Atradis peuvent se diviser en 2 groupes; le
premier groupe comprend uniquement des parasites de Tortues terrestres
qui paraissent s’être différenciés par suite de l’éloignement géographique
de leurs hôtes; ils se distinguent les uns des autres principalement par la
longueur de la pointe caudale; le raccourcissement de la queue, qui est un
caractère évolué, atteint son maximum chez les espèces parasites de Tortues
paléarctiques et africaines.
— Orienlalradis levanhoai, n. g., n. sp., parasite de Tesludo elonyata
est proche du genre Atradis par son cesophage divisé en 2 parties, mais
s’en distingue par son extrémité apicale de structure complexe.
— Labiduris brygooi n. sp., parasite de Pyxis aradinoïdes , se reconnaît
aisément par l’ornementation en forme de fourche à 5 branches de son
pharynx.
_ Filzsimrnonsnema repliliae (Fitzsimmons 1958) n. g., n. comb., est un
Atractide didelphe qui constitue un lien entre le genre Raillietnema ( Cosmo-
rercidaé) et les Atractides.
— Raillietnema bainae n. sp., parasite de Kinixys erosa se distingue de
II. kinixys par la longueur des spiculés et la disposition des papilles cloacales.
B. Oxyurides
Ayant redécrit la plupart des espèces de la faune paléarctique dans
2 notes préliminaires, nous nous limitons pour ces espèces à quelques
remarques accompagnant les planches de figures. Beaucoup d’espèces
d’Afrique du Sud ont été décrites par Ortlepp, et nous nous bornons dans
ce cas à la description des structures céphaliques. La faune malgache néces¬
site au contraire une description complète.
_ Archilhelandros n. sub. g. de Thelandros est caractérisé par la pré¬
sence d’ailes caudales. Il comprend T. (A.) pyxis n. sp., T. (A.) ortleppi
n. sp., et 3 Thelandros indiens déjà décrits : T. (A.) baylisi Chatterji 1935,
T. A. himalayana Karve 1949, T. A. taylori Chatterji 1935.
_ Thelandros (A.) pyxis n. sp., parasite de Tortues malgaches, se
différencie surtout par la forme des papilles cloacales; les 2 sous-espèces,
T. pyxis pyxis et T. pyxis dolichurus diffèrent principalement par l’aspect
de l’extrémité postérieure du mâle.
_ Thelandros (A.) orlleppi n. sp., parasite de Tesludo tenloria ver-
reauxi est caractérisée par l’absence de membrane déchiquetée devant la
lèvre supérieure du cloaque.
_ Thelandros (T.) vcrslerae n. sp. chez le même hôte que précédem¬
ment, est proche d’une espèce parasite d’un Iguane malgache et se divise
comme celle-ci en plusieurs sous-espèces d’aprcs la longueur de l’œsophage
et la largeur de la tète : T. (T.) verslerae verslerae, T. (T.) verslerae meil¬
leur, T. (T.) verslerae leheprakovae.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES
TORTUES TERRESTRES
233
— Oxyuris sp. n° 1, dont les femelles seules sont connues, est proche
de l'espèce précédente.
— Description des structures céphaliques de Thelandros (T.) sexlabiata
Ortlepp 1933.
— Ortleppnema n. g. est caractérisé par ses ailes caudales à bord libre
rectiligne soutenu par les papilles caudales et les phasmides.
L’espèce-type Orlleppncma possompesi n. sp. et la 2 e espèce Ortleppnema
radialum n. sp. sont proches et se distinguent surtout par les structures
apicales et les queues des mâles.
— Le genre Thaparia Ortlepp 1933 est redéfini de manière à y inclure
Thaparia lhapari (Dubinina) n. comb.
— Thaparia lhapari australis n. sub. sp. est une forme sud-africaine
qui diffère de la forme type paléarctique par l’armature buccale.
— Thaparia domerguei n. sp., parasite de Pyxis arachnoïdes diffère de
la forme la plus proche, T. macrospiculum Ortlepp, par l’allongement plus
faible du vestibule chez la femelle et du spiculé chez le mâle.
— Description des structures céphaliques de Thaparia macrospiculum
Ortlepp.
— Nous distinguons un groupe d’espèces primitif présent à Madagascar
et dans la région sèche de l’Afrique du Sud et aux Galapagos, et un groupe
d’espèces évolué à allure de Tachygonelria représenté dans la région humide
de l’Afrique du Sud et dans la région paléarctique.
— Alaeuris numidica (Seurat 1918) n. comb., Alaeuris'alaeuris Thapar
1925 et A. forcipiformis Forstner 1960, nous paraissent tout au plus des
sous-espèces de la forme décrite par Seurat; nous redonnons la description
de cette espèce. A. numidica madagascariensis n. sub. sp. diffère surtout
de la sous-espèce type par la taille du spiculé.
— Alaeuris dupuisi n. sp., parasite des Tortues malgaches, diffère
d’A. numidica par des ailes caudales beaucoup moins larges et une pointe
caudale allongée.
— Description des structures céphaliques de Alaeuris quadrilabiala
quadrilabiata.
— Alaeuris quadrilabiata insularis n. sub. sp., parasite des Tortues
malgaches diffère de la forme type africaine par le spiculé, la pointe caudale
et la structure céphalique du mâle.
— Description des structures céphaliques d’Alaeuris poweri Ortlepp
1933 et d’Alaeuris conspicua Ortlepp 1933.
— Mehdiella crislala n. sp., parasite des Tortues malgaches, est carac¬
térisée par la présence d’ailes latérales et par la longueur du cône génital
qui la rapproche de certains Thelandros.
— Nous considérons comme synonyme ou au plus comme sous-espèce
de Mehdiella uncinala (Drasche 1884), Tachygonelria inflatoccrvix Akthar
1937 et Mehdiella injlala Forstner 1960 et comme synonyme de Mehdiella
microsloma (Drasche 1884), Macracis papillosa Forstner 1960.
— Mehdiella longissima n. sp., parasite de Testudo horsfieldii est proche
de Mehdiella microsloma mais s'en distingue par son œsophage très court
et la structure apicale de la femelle.
Source : MNHN, Paris
234
ANNIE J. PETTER
_ Mehdiella stylosa dollfusi n. sub. sp., parasite des Tortues mal-
gaches se distingue de la forme-type paléarctique par de légères différences
dans la forme des languettes apicales et dans celle du spiculé.
_ Mehdiella grassei n. sp., parasite de Tesludo radiala est proche de
M. slylosa, mais s’en éloigne par la longueur de la queue et la forme du
spiculé.
— Tachygonetria expansa Rees 1935 paraît être synonyme de Tachy-
qonelria denlata; T. dentata quenlini n. sub. sp. sud-africaine est presque
identique à la forme paléarctique, mais peut être reconnue par le corps
de la femelle plus court et les papilles céphaliques de forme différente.
T. denlata richardae n. sub. sp., à Madagascar, a un spiculé plus long que
les 2 sous-espèces précédentes.
_ Redescription de Tachygonetria macrolaimus macrolaimus (Linstow
1899), d’après un matériel récolté chez l’hôte-type, Testudo pardalis ; la
forme paléarctique confondue jusqu’à maintenant avec la précédente est
nommée T. m. palearclicus ; T. m. dessetae n. sub. sp. de Madagascar diffère
des 2 précédentes par le spiculé plus court et de forme plus simple.
— Tachygonetria microlaimus, qui avait été confondue par les auteurs
précédents et par nous-même avec une espèce paléarctique, est redécrite
d’après un matériel provenant de l’hôte-type Testudo pardalis.
— Tachygonetria seurali n. sp. désigne l’espèce paléarctique qui
avait été attribuée par erreur à T. microlaimus.
_ Des mesures statistiques permettent d’individualiser en Afrique
du Nord 3 sous-espèces chez Tachygonetria longicollis : T. I. longicollis à
queue courte, T. /. pusilla (Seurat) à queue longue, T. I. setosa (Seurat)
à queue très courte; dans les autres régions paléarctiques, on retrouve le
même phénomène de sous-espèces statistiquement séparables par la longueur
de la queue, mais ces sous-espèces présentent en plus avec les sous-espèces
nord-africaines des différences dues aux vicariances géographiques; T. I.
filzsimmonsi, n. sub. sp. sud-africaine est de plus grande taille et a un œso¬
phage plus court que les sous-espèces paléarctiques.
— Pour Tachygonetria conica, nous ajoutons à la liste des synonymes
établie dans notre travail préliminaire T. slylosa <? sensu Thapar 1925 et
T. lobala Dubinina 1949. 11 peut exister chez une même Tortue 2 sous-
espèces : T. c. conica à tête large et T. c. nicollei (Seurat) à tête fine.
— Oxyuris lata Forstner 1960 est ajouté à la liste des synonymes de
Tachygonetria robusta.
— Tachygonetria verreauxi n. sp. parasite de Testudo lentoria verreauxi
se distingue de T. longicollis setosa par l’aspect de l’extrémité antérieure
de l’œsophage.
— Tachygonetria longispiculum n. sp., du même hôte, est connu seule¬
ment par le mâle et se caractérise par son spiculé très long.
_ Oxyuris sp. n° 2 correspond à des femelles parasites de Tesludo
lentoria verreauxi rappelant les femelles de Mehdiella longissima.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
235
III. PHÉNOMÈNES DE SPÉCIATION
Nous constatons 2 types de phénomènes de spéciation :
a) des phénomènes de spéciation géographique qui sont très faibles
pour certaines espèces appartenant pourtant à des régions très éloignées,
ce qui indique que les principaux caractères de ces espèces étaient fixés
avant la séparation des régions et donc que la faune est très ancienne;
b) des phénomènes de spéciation cladique que l’on observe généralement
chez des espèces de formation récente.
Tout se passe comme si, dans ce milieu particulier, la conservation
indéfinie d’un grand nombre de mutants très proches les uns des autres
était possible.
DEUXIÈME PARTIE - ÉTUDE ÉCOLOGIQUE
Une étude quantitative sur l’abondance relative des espèces est effectuée
chez les Tortues suivantes : 27 Tortues paléarctiques (4 Tesludo g. graeca
marocaines, 5 Tesludo g. graeca algériennes, 2 Tesludo g. graeca d’origine
inconnue, 10 Tesludo g. zarudnyi iraniennes, 2 Tesludo hermanni romaines,
4 Tesludo horsfieldii d’origine inconnue) et 7 Tortues malgaches (3 Tesludo
radiata, 4 Pyxis arachnoïdes ).
Nous étudions, à partir de données uniquement qualitatives, 2 types
de populations rencontrées chez les Tortues sud-africaines.
Équilibre des espèces chez les Tortues paléarctiques
Le nombre de Nématodes d’une Tortue en bon état physiologique varie
de 5.000 à 200.000.
15 espèces (ou sous-espèces) d’Oxyures très voisines les unes des autres
peuvent se rencontrer chez une même Tortue.
Chez les Tortues âgées, il s’y ajoute une espèce de la famille des Atraclidac.
Si la plupart des espèces se retrouvent chez toutes les Tortues, elles sont
représentées d’une manière très inégale et les quantités relatives des diffé¬
rentes espèces se retrouvent plus ou moins constantes chez toutes les Tortues :
4 espèces sont abondantes : Tachygonelria longicollis, T. conica, T. macro-
laimus et T. dentala.
4 espèces sont peu abondantes : Mehdiella microsloma, M. uncinula,
M. stylosa, et Tachygonelria robusla.
5 espèces sont toujours en très faible quantité : Thaparia lhapari ,
Alaeuris numidica, Tachygonelria numidica, T. seurali et Mehdiella longissima.
Variations de l'équilibre suivant différents facteurs
1° L’âge de l'hôle - cas particulier d’Alraclis.
Alaeuris numidica n’a jamais été trouvé chez des Tortues jeunes.
Mehdiella microsloma d’après Dubinina, est la seule espèce présente
chez les Tortues âgées d’un an.
Source : MNHN, Paris
ANNIE J. PETTER
236
Alractis dactgluris ne contamine que les Tortues âgées et donne lieu
à un parasitisme d’un type très particulier. L’ensemble de nos observations
nous conduit à formuler les hypothèses suivantes sur son cycle évolutif :
le cycle ovipare normal a disparu, il ne reste qu’un cycle endoxène; les larves
pondues au 3 e stade se développent directement clans l’intestin de l’hôte.
La multiplication s’effectue donc suivant une progression géométrique, ce
qui assure une contamination massive; en revanche, il n’y a plus de stades
infestants adaptés à une longue conservation dans le milieu extérieur; la
contamination d’hôtes neufs est difficile. Dans la nature, les Tortues ne
paraissent se contaminer qu’à un âge d’environ 12 ans, au moment de la
maturité génitale quand elles entrent en contact étroit les unes avec les
autres, puis le parasitisme par Atractides devient dominant et atteint un
plateau de l'ordre de 200.000 individus, à l’âge de 20 ans, au moment où
le nombre des Atractides éliminés compense à peu près celui qui est fourni
par la reproduction.
Ce parasitisme par Atractides n’entrave pas le parasitisme par Oxyures,
sauf pour 2 espèces, Tachyyonelria denlala et Mehdiella uncinata qui sont
électivement éliminées.
2° Origine géographique de l’hôte.
Au point de vue quantitatif, la plupart des espèces sont présentes dans
toutes les régions et se retrouvent dans les mêmes quantités relatives; ceci
reste vrai lorsqu’il s’agit de formes vicariantes. Quelques espèces n’existent
que dans une seule région, mais elles sont peu abondantes et ne modifient
pas l’équilibre global.
3° Les saisons.
Le cas des Tortues subissant un hiver très rigoureux a été étudié par
Dubinina; nous retrouvons des variations importantes chez les Tortues
iraniennes, mais nos constatations sont peu nettes chez les Tortues algériennes
et marocaines.
4° L’état physiologique des Tortues.
L’ordre d’abondance des différentes espèces d’Oxyures est complètement
modifié et presque inversé chez les Tortues malades. Des espèces norma¬
lement peu abondantes sont vraisemblablement moins dépendantes de la
constitution du bol alimentaire normal et paraissent être favorisées en cas
de mauvaise condition physiologique. Ceci pourrait être un élément contri¬
buant à la conservation des espèces peu abondantes.
Répartition spatiale des espèces dans le côlon
Les espèces ne sont pas réparties de façon homogène à l’intérieur du
côlon. Certaines sont plus abondamment représentées dans la région anté¬
rieure que dans la région postérieure (et inversement); certaines sont plus
abondantes dans la région qui avoisine la muqueuse que dans la région
axiale.
Nous cherchons donc à préciser la répartition longitudinale de chaque
espèce, et utilisons les documents fournis par Schad en ce qui concerne la
répartition radiale.
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 237
Il apparaît que le type de structure buccale peut laisser prévoir dans
une certaine mesure le type de répartition spatiale de l’espèce considérée,
et l’on peut ainsi schématiquement individualiser 2 biotopes auxquels
correspondent 2 catégories d’espèces.
a) les espèces du bol alimentaire ayant habituellement l’ensemble des
caractères suivants :
— pas de préférence marquée pour la région périphérique;
— pas de préférence marquée pour le côlon postérieur;
— abondantes;
— à structure céphalique primitive;
b) les espèces du biotope paramuqueux, ayant habituellement les
caractères inverses de ceux qui sont énumérés ci-dessus.
Une rapide revue analytique des espèces cherche ensuite à préciser
les caractères morphologiques et écologiques particuliers à chacune d’elles.
Étude quantitative de l'abondance relative des espèces
Chez une Tortue « normale », puis chez une Tortue atypique, nous cher¬
chons à voir dans quelle mesure les chiffres observés dans l’abondance de
chaque espèce coïncident avec les chiffres théoriques donnés par la formule
de Mac Arthur. Celle-ci a été employée précédemment par plusieurs auteurs
pour des populations d’animaux libres; les résultats obtenus sont excellents
à condition d’admettre l’existence de 2 biotopes, et de plusieurs sous-espèces.
Les équilibres entre espèces paraissent très comparables chez les ani¬
maux libres et chez les Oxyures, mais peut-être les auteurs qui emploient
cette formule attachent-ils trop d’importance à leur modèle théorique, et
les conclusions qu’ils en tirent nous paraissent parfois discutables.
En conclusion, nous pensons avec Schad qu’il existe entre les espèces
des différences écologiques qui tiennent une place très importante dans
l’établissement de l’équilibre de la population, mais il semble que l’ordre
d’infestation des espèces joue également un rôle dans la constitution de la
population.
Équilibre des espèces chez les Tortues malgaches
Les Oxyures malgaches se divisent en 2 catégories : 6 espèces vicariantes
morphologiques et biologiques d’espèces paléarctiques, et 5 espèces non
vicariantes.
L’équilibre de la population a de nombreux éléments communs avec
celui des Tortues paléarctiques : grande abondance des individus, foison¬
nement d’espèces voisines, inégalité d’abondance entre les espèces.
Il est possible également d’individualiser 2 biotopes : central et
paramuqueux.
Malgré toutes ces analogies, la faune malgache diffère de la paléarctique
par plusieurs éléments :
— l’ensemble de la population est plus primitif,
— les espèces se répartissent en un plus grand nombre de genres,
Source : MNHM, Paris
238
ANNIE J. PETTER
_j es proportions dans l’abondance des différentes espèces sont moins
constantes.
Il semble que l’on puisse opposer au type d’équilibre paléarctique évolué
et très stable un type malgache plus primitif.
Les populations des Tortues sud-africaines
2 types de faunes très différents sont rencontrés :
En région occidentale sèche, une faune constituée d’espèces bien parti¬
culières, pauvre en formes vicariantes, et qui, sans ressembler à la faune
malgache, a cependant un type d’équilibre comparable.
En région orientale humide, et parfois chez la même espèce de Tortue
que précédemment, une faune très pauvre en espèces, constituée de formes à
peine différenciables de leurs vicariantes paléarctiques.
CONCLUSIONS
Nous formulons dans les conclusions quelques hypothèses concernant
l’évolution des faunes de Nématodes des Tesludinidae : elles semblent s’être
diversifiées en même temps que leurs hôtes (paléocène) et avoir eu une très
vaste répartition. Les phénomènes de spéciation étant à cette époque en
pleine activité, on trouve actuellement des différences très importantes
dans les faunes reliques (Afrique du Sud sèche et Madagascar).
Ultérieurement, les phénomènes de spéciation semblent avoir perdu
leur intensité, il y a donc de nombreuses vicariances entre les faunes mal¬
gache et paléarctique, bien que la faune paléarctique soit d’un type beau¬
coup plus évolué; les genres proches de ceux de Carnivores sont pratiquement
éliminés et c’est le genre Tachygonelria qui se diversifie.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Sommaire. 1
Introduction. 3
Première partie : ÉTUDE TAXINOMIQUE
Chapitre I
Étude taxinomique au niveau supraspécifique :
A. — Position systématique des Atractides. U
1 - Homogénéité. 11
2 - Affinités avec les autres groupes. Formes de passage
entre Cosmocercidae et Atraclidae . U
B. — Classification des Oxyurides. 13
1 - A l’échelon supra-générique. 13
2 - A l’échelon générique. 14
Chapitre II
Les espèces chez les Atractides :
A. — Genre Atraclis Dujardin 1845. 19
1 - Atractis chabaudi n. sp. 20
2 - Considérations sur Atraclis dadyluris (Rudolphi 1819) . 22
a) Atraclis daclyluris daclyluris (Dujardin). 22
b) Atraclis daclyluris ballazardi n. s. sp. 25
c) Atractis dadyluris dubininae n. s. sp. 26
3 - Atraclis lhapari n. sp. (— Atractis dadyluris sensu
Thapar 1925). 26
4 - Considérations sur Atraclis granulosa (Railliet et Henry
1912).'. 26
5 - Récapitulation des différentes espèces du genre Atraclis
et conclusions. 27
Source : MNHN, Paris
246
ANNIE J. PETTER
B. — Genre Orienlatraclis n. g. 30
C. — Genre Labiduris Schneider 1866 . 32
D. — Genre Ibrahimia Khalil 1932 . 35
E. — Genre Filzsimmonsnema n. g. 35
F. — Genre Raillielnema Travassos 1927. 35
Chapitre III
Les espèces chez les Oxyurides :
— Caractères morphologiques communs à toutes les espèces. 39
— Difficultés particulières à l’étude de ces espèces. 42
A. — Genre Thelaslomoïdes Walton 1927 . 43
B. — Genre Thelandros Wedl 1862 . 44
1 - Thelandros (Archithelandros n. sg.) pyxis n. sp. 44
a) Thelandros (A.) pyxis pyxis n. s. sp. 45
b) Thelandros (A.) pyxis dolichurus n. s. sp. 45
2 - Thelandros (A.) orlleppi n. sp. 43
3 - Thelandros (Thelandros) versterae n. sp. 50
a) Thelandros (Th.) versterae versterae n. s. sp. 52
b) Thelandros (Th.) versterae weilleae n. s. sp. 53
c) Thelandros (Th.) versterae tcheprakovae n. s. sp.. . 53
d) Oxyuris sp. n° 1. 53
4 - Thelandros (Th.) sexlabiala Ortlepp 1933 . 55
C. — Genre Ortleppnema n. g. 57
1 - Ortleppnema possompesi n. sp. 57
2 - Ortleppnema radiatum n. sp. 59
D. — Genre Thaparia Ortlepp 1933 . 61
1 - Thaparia thapari (Dubinina 1949) n. comb. 61
a) Thaparia thapari thapari (Dubinina). 61
b) Thaparia thapari australis n. s. sp. 63
2 - Thaparia domerguei n. sp. 65
3 - Thaparia macrospiculum Ortlepp 1933 . 67
4 - Thaparia conlorlospicula Walton 1942. 67
E. — Genre Alaeuris Thapar 1925. 69
1 - Alaeuris numidica (Seurat 1918). 69
a) Alaeuris numidica numidica (Seurat 1918) .... 69
b) Alaeuris numidica madagascariensis n. s. sp. 72
2 - Alaeuris dupuisi n. sp. ... 74
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 247
3 - Alaeuris quadrilabiata (Ortlepp 1933). 74
a) Alaeuris quadrilabiata quadrilabiata (Ortlepp 1933). 74
b) Alaeuris quadrilabiata insularis n. s. sp. 77
4 - Alaeuris poweri (Ortlepp 1933). 79
5 - Alaeuris conspicua (Ortlepp 1933). 80
6 - Alaeuris macroptera (Walton 1942). 82
7 - Alaeuris auricularis (Walton 1942). 82
8 - Alaeuris phargngodenlala (Walton 1942). 83
F. — Genre Mehdiella Seurat 1918. 83
1 - Mehdiella cristata n. sp. 83
2 - Mehdiella uncinala (Drasche 1884). 85
3 - Mehdiella microsloma (Drasche 1884). 88
4 - Mehdiella longissima n. sp. 90
5 - Mehdiella slylosa (Thapar 1925). 92
a) Mehdiella slylosa slylosa (Thapar 1925). 92
b) Mehdiella slylosa dollfusi n. s. sp. 94
6 - Mehdiella grassei n. sp. 95
G. — Genre Tachygonelria Wedl 1862. 97
1 - Tachygonelria denlata (Drasche 1884). 99
a) Tachygonelria denlata denlata (Drasche 1884). ... 99
b) Tachygonetria denlata quentini n. s. sp. 100
c) Tachygonetria denlata richardae n. s. sp. 101
d) Tachygonelria denlata sub. sp. 103
2 - Tachygonetria macrolaimus (Linstow 1899). 103
a) Tachygonetria macrolaimus macrolaimus (Linstow
1899) 103
b) Tachygonetria macrolaimus palearlicus n. s. sp. . . . 107
c) Tachygonelria macrolaimus desselae n. s. sp. 108
3 - Tachygonelria microlaimus (Linstow 1899). 108
4 - Tachygonelria longicollis (Schneider 1866). 112
a) Formes paléarctiques. 112
1) Difficultés particulières à leur étude. 112
2) Caractères communs à l’espèce. 115
3) Sous-espèces nord-africaines. 115
4) Variétés trouvées chez les Tesludo horsfieldii ... 120
5) Variétés trouvées chez les Tesludo graeca zarudnyi
iraniennes.. 120
Source : MNHN, Paris
248
ANNIE J. PETTER
b) Forme sud-africaine : Tachygonelria longicollis fitz-
simmonsi n. s. sp. 120
5 - Tachygonelria seurati n. sp. 122
6 - Tachygonelria conica (Drasche 1884). 124
7 - Tachygonelria robusla (Drasche 1884). 129
8 - Tachygonelria numidica Seurat 1918. 129
9 - Tachygonelria weissi Seurat 1918. 131
10 - Tachygonelria lesludinis Walton 1942 . 131
11 - Tachygonelria tetrapapillala Caballero 1944 . 132
12 - Tachygonelria verreauxi n. sp. 132
13 - Tachygonelria longispiculum n. sp. 134
H. — Oxyuris sp. n° 2. 135
Chapitre IV
Les phénomènes de spéciation :
A. — La spéciation géographique. 139
1 - Les cas observés. 139
a) chez les Atractides. I39
b) chez les Oxyurides. 140
2 - Conséquences biogéographiques. 141
B. — La spéciation cladique. 142
1 - Manque de stabilité de certains caractères. 142
2 - Spéciation cladique. 143
C. — Conclusion. 143
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES
249
Deuxième partie : ÉTUDE ÉCOLOGIQUE
Chapitre I
Le Biotope - Méthodes d’étude des Nématodes :
A. — Le Biotope. 147
B. — Méthodes d’étude des Nématodes. I L
1 - Évaluation du nombre total d’individus présents dans
le côlon. 148
2 - Évaluation quantitative du nombre d’individus de
chaque espèce présents dans le côlon. 148
C. — Exposé des résultats. 149
Chapitre II
L’équilibre des espèces chez les Tortues pai.éarctiques :
A. — Exposé des résultats numériques. 151
1 - Résultats obtenus chez les Testudo g. graeca marocaines. 151
a) Testudo graeca graeca 31 Q. 151
b) Testudo graeca graeca 32 Q. 154
c) Testudo graeca graeca II Q . 155
d) Testudo graeca graeca 72 Q. 155
2 - Résultats obtenus chez les Testudo g. graeca algériennes. 156
a) Testudo graeca graeca 1 Q. 156
b) Testudo graeca graeca 2 Q. 156
c) Testudo graeca graeca 9 Q. 157
d) Testudo graeca graeca 3 Q. 158
e) Testudo graeca graeca 15 Q. 158
3 - Résultats obtenus chez 2 Testudo g. graeca achetées dans
le commerce. 159
a) Testudo graeca graeca 6 Q. 159
b) Testudo graeca graeca 49 Q. 159
4 - Résultats obtenus chez les Testudo g. zarudnyi iraniennes. 159
a) Testudo graeca zarudnyi 47 Q. 159
b) Testudo graeca zarudnyi 81 Q . 160
c) Testudo graeca zarudnyi 92 Q. 161
d) Testudo graeca zarudnyi 93 Q. 161
Source : MNHN, Paris
250
ANNIE J. PETTER
e) Testudo graeca zarudnyi 26 Q. jgj
f) Testudo graeca zarudnyi 96 Q. 162
g) Testudo graeca zarudnyi 25 Q . 163
h) Testudo graeca zarudnyi 109 Q. 164
i) Testudo graeca zarudnyi 40 Q. 164
j) Testudo graeca zarudnyi 53 Q. 165
5 - Résultats obtenus chez les Testudo hermanni romaines. . 165
a) Testudo hermanni 16 Q. 165
b) Testudo hermanni 17 Q. 165
6 - Résultats obtenus chez les Testudo horsfieldii achetées
dans le commerce. 166
a) Testudo horsfieldii 63 Q. 166
b) Testudo horsfieldii 64 Q. 167
c) Testudo horsfieldii 62 Q. I 67
d) Testudo horsfieldii 65 Q. 16 g
B. — Constatations générales. I 69
C. —- Variations de l’équilibre suivant différents facteurs . . . . 172
1 - L’âge de l’hôte. 172
a) Alaeuris numidica . 172
b) Mehdiella microstoma . I 79
c) Alraclis daclyluris : particularités du parasitisme -
hypothèses sur le cycle évolutif. I 73
1 ) particularités du parasitisme. 173
2 ) hypothèses sur le cycle évolutif. 173
d) Tachygonetria denlata et Mehdiella uncinata : anta¬
gonisme sélectif avec les Alraclis . 174
2 - L’origine géographique de l’hôte. 176
3 - Les saisons. 17 g
4 - L’état physiologique des Tortues. Igl
D. — Répartition spatiale des espèces dans le côlon. 133
1 - Répartition longitudinale. 133
a) Espèces abondantes. 284
b) Espèces peu abondantes. 133
c) Espèces très peu abondantes. 13 g
d) Atractides. 13 g
2 - Répartition radiale. 23 g
3 - Corrélations biomorphologiques. 13 g
4 - Individualisation des biotopes. I 37
Source : MNHN, Paris
NÉMATODES DES TORTUES TERRESTRES 251
E. — Étude analytique des espèces. 189
1 - Espèces du biotope central. 189
2 - Espèces du biotope paramuqueux. 190
F. — Étude quantitative de l’abondance relative des espèces. 192
1 - Tortue normale (72 Q). 193
a) Résultats observés. 193
1 ) Évaluation du nombre de femelles de chaque
espèce - calcul de la marge d’erreur encadrant les
résultats. 194
2) Test du z 2. 195
h) Résultats théoriques. 19f>
1) En considérant la population dans son ensemble. 196
1° Sans distinguer les sous-espèces de T. longi-
collis et T. conica . 196
2° En distinguant séparément les sous-espèces de
T. longicollis et T. conica . 198
2) En séparant la population en 2 communautés
distinctes. 198
1° Espèces du biotope central. 198
2° Espèces du biotope paramuqueux. 200
2 - Tortue atypique (81 Q). 200
3 - Discussion. 202
G. — Considérations sur l’écologie de la population. 203
Chapitre III
L’équilibre des espèces chez les Tortues malgaches :
A. — Exposé des résultats numériques. 205
1 - Résultats obtenus chez les Tesludo radiala . 205
a) Tesludo radiala 95 Q. 205
b) Tesludo radiala 101 Q. 207
c) Tesludo radiala 104 Q. 207
2 - Résultats obtenus chez les Pyxis arachnoïdes . 208
a) Pyxis arachnoïdes 103 Q. 208
b) Pyxis arachnoïdes 82 Q. 209
c) Pyxis arachnoïdes 102 Q. 210
d) Pyxis arachnoïdes 85 Q. 211
B. — Constatations générales. 212
C. — Répartition spatiale des espèces dans le côlon. 216
1 - Répartition des espèces dans le côlon. 216
Source : MNHN, Paris
252
ANNIE J. PETTER
2 - Corrélations biomorphologiques et étude analytique des
espèces. 217
a) Biotope central. 217
b) Biotope paramuqueux. 218
D. — Étude quantitative de l’abondance relative des espèces. 219
1 - Tortue 95 Q . 219
a) Résultats obtenus en considérant la population dans
son ensemble. 219
b) Résultats obtenus en considérant séparément les
2 biotopes. 220
2 - Tortue 101 Q. 220
a) Résultats obtenus en considérant la population dans
son ensemble. 220
b) Résultats obtenus en considérant séparément les
2 biotopes. 220
E. — Conclusion : comparaison entre l’équilibre paléarctique et
l’équilibre malgache. 221
1 - Les espèces vicariantes d’espèces paléarctiques .... 221
2 - Les espèces qui n’ont pas de vicariantes chez les Tortues
paléarctiques. 221
Chapitre IV
Les populations des Tortues sud-africaines :
A. — Premier type de faune. 223
B. — Deuxième type de faune. 223
Conclusions. 225
Résumé. 231
Bibliographie. 239
Table des matières. 245
Source : MNHN, Paris
Achevé d’imprimer le 15 février 1966.
Printed in France.
Le Directeur-Gérant ; prof. Chabaud
58722. — lmp. Laiiure, 9, rue de Fleuras, Paris (6*).
Dépôt légal : 1" trimestre 1966.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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