Source : MNHN, Paris
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XLIV
FASCICULE UNIQUE
Jean-Marie DEMANGE
• RECHERCHES SUR LA SEGMENTATION
DU TRONC DES CHILOPODES
ET DES DIPLOPODES CHILOGNATHES
(Myriapodes)
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1967
Source : MNHN, Paris
Source : MNHM, Paris
J* c 1
MÉMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XLIV
FASCICULE UNIQUE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeofTroy-Saint-Hilalre (V»)
1967
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Tome XLIV, lasc. unique.
« RECHERCHES SUR LA SEGMENTATION
DU TRONC DES CHILOPODES
^ DES DIPLOPODES CHILOGNATHES (Myriapodes)
par
Jean-Marie DEMANGE
Laboratoire de Zoologie (Arthropodes) du Muséum
SOMMAIRE
avertissement . 7
AVANT-F>ROPOS . 9
Première Partie : GÉNÉRALITÉS ET MORPHOLOGIE SUCCINCTE .. 11
Deuxième Partie : LES ANNEAUX THORACIQUES ET LEURS APPEN¬
DICES CHEZ LES DIPLOPODES CHILOGNATHES. 13
INTRODUCTION . 13
méthodes et matériel utilisés. ig
Chapitre I. — LA MUSCULATURE . 17
A. — Colobognatha . 18
a) Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale). 18
b) Musculature longitudinale dorsale . 20
B- — Nematophora. 20
1) Callipoidea . 20
а) Musculature dorso-venlrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale). 20
б) Musculatures trachéo et sterno-ventrales . 22
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire . 23
d.) Musculature longitudinale ventrale . 25
e) Musculature longitudinale dorsale . 25
JEAN-MARIE DEMANGE
2) Craspedosomoidea .
3) Chordeumoidea .
Sexe femelle.
a) Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et stemo-dorsale).
b) Musculature sterno-ventrale .
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire .
d) Musculature longitudinale ventrale .
e ) Musculature longitudinale dorsale .
Sexe mâle.
C. — Progonophora .
1) Spirostreploidea .
a) Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale).
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales .
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire .
d) Musculature trachéo-scléritale .
e) Musculature longitudinale ventrale .
{) Musculature longitudinale dorsale .
2) Polydesmoidca .
a) Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale).
b) Musculatures trachéo et stcrno-ventrales .
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire .
d) Musculature longitudinale ventrale .
e) Musculature longitudinale dorsale .
D. — Anocheta .
Spiroboloidea .
a) Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale).
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales .
c) Musculature trachéo-coxale intersegmenta ire .
d) Musculature trachéo-scléritale .
e) Musculatures longitudinales ventrale et dorsale .
E. — luloidea .
a, Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale).
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales .
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire .
d) Musculatures longitudinales ventrale et dorsale .
Chapitre II. — INTERPRÉTATION DES FAITS .
A. — Muscles directeurs et position des membres dans les dlplo-
segments .
B. _ Translation des pattes chez les Splrobolides .
q. _ interprétation du thorax des Dlplopodes Chllognathes
D Vestiges des pattes thoraciques disparues .
a) Sclérites intercalaires .
25
25
25
26
28
28
28
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28
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46
46
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHII.OPODES ET DES CHILOGNATHES 3
2) Les diplosegments II, lll et IV . 50
3) Le diploseyment thoracique IV et le platosternite . 52
4) Le premier anneau thoracique ou collum . 54
a) Musculature dorso-ventrale . 55
b) Musculatures longitudinales ventrale et dorsale . 56
D- — Conclusions . 50
Chapitre III. — LES ORGANES GÉNITAUX EXTERNES (PÉNIS ET
VULVES). LEURS ORIGINES ET LEUR IMPORTANCE
DANS L’INTERPRÉTATION DE LA SEGMENTATION
THORACIQUE. 60
A. — Les vulves . 00
1) Importance des vulves dans l'interprétation du thorax . 60
2) Musculature et ses rapports avec la deuxième paire de pattes ... 63
a) Callipoidea . 63
Deuxième paire de pattes . 63
Vulve et sac vulvaire .65
b) Chordeumoidea. 05
c ) Spirostreptoidea . 05
Harpagophoridae. 65
d) Polydesmoidea. 0g
Polydesmus.68
Oxydesmus . 69
e) Spiroboloidea. 70
f) Iuloidea . 70
B. — Le pénis . 72
C. Comparaisons de la musculature des organes génitaux
externes et conclusions . 75
D- — La disposition des appendices dans les diplosegments thora¬
ciques des Diplopodes Chllognathes . 77
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS DE LA SECONDE PARTIE . 80
Troisième Partie : LES APPENDICES COPULATEURS OU GONO-
PODES . 81
Chapitre I. — LES GONOPODES ET LEURS RAPPORTS AVEC LE
SAC GONOPODIAL . 83
Chapitre //. — MUSCULATURE DES GONOPODES . 87
A. — Nematophora. 87
1) Callipoidea .. 87
a) Angiocoxite . 88
b) Télopodite et colpocoxite (pseudoflagelle) . 89
2) Lysiopetaloidea . 90
3) Craspedosomoidea . 91
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
B. — Progonophora . 91
1) Spirostreptoidea . 91
a) Spirostreptidae. 91
b) Harpagophoridae . 94
2) Polydesmoidca . 95
C. — flnocheta . 96
1) Spiroboloidea . 96
a) Pachybolides. 100
b) Rhinocricus . 103
2) Cambaloidea . 105
a) Cambalidae . 105
b) Pseudonannolenidae. 106
D. — luloidea . 108
Peltogonopodes (P. 8) . 109
Gonopodes (P. 9) . 11°
E. — Musculature des ébauches gonopodlales . 111
Chapitre III. — DISCUSSIONS ET CONCLUSIONS . U2
A. — Le « télopodlte » des Splrostreptldes et de Calllpus, et la
poche coxale des Diplopodes. - Le flagellum des lulides et
Cambalides et le crochet coxal des Polydesmldes . H®
Chapitre IV. — ORIGINE DES GONOPODES .
A. — Évolution de la 9" paire de pattes au cours du développe¬
ment postembryonnalre .
Développement des ébauches .
B. — Les vestiges de la 9' paire de pattes chez les Spirostreptidae.
1) Introduction .
2) Musculature des vestiges .
3) Remarques .
G. — Les vestiges de la 9' paire de pattes chez les Cambaloidea. .
D. — Interprétation des faits et conclusions .
117
117
117
121
121
122
124
125
126
Chapitre V. — LA SEGMENTATION APPARENTE DU TRONC ET LES
GONOPODES .-.. I 30
A. — Cas particulier des Calllpus . I 31
RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE LA TROISIÈME PARTIE .. 135
Quatrième Partie : SEGMENTATION DU TRONC CHEZ LES CHILO-
PODES . * 39
INTRODUCTION
139
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
Chapitre I. — MUSCULATURE LONGITUDINALE DORSALE . 141
A. — Scolopendromorphes .
a) Couche profonde . 144
b) Couche superficielle . 144
B- —- Lithobiomorphes. 144
а) Couche profonde . 144
б) Couche superficielle . 144
C. — Scutigéromorphes . 445
a) Couche profonde . 145
b) Couche superficielle . 145
Chapitre II. — INTERPRÉTATION DES FAITS . 14G
A- Zone perturbée des 7' et 8 e segments des Scolopendro¬
morphes et des Lithobiomorphes . 147
1) Cas de Scolopendra . 148
2) Cas de Ethmostigmus . 149
3) Cas de Lithobius . 150
B. — Musculatures tergo-coxale et paratergo-sternale. Interpré¬
tation du 7” métamère macrotergal de Scutigera . 152
C. — Innervation du tégument des tergites . 155
Chapitre Ul. — DÉVELOPPEMENT POSTEMBRYONNAIRE . 157
1) Lithobiomorphes .. . 157
2) Scutigéromorphes. Comparaison avec les Lithiobiomorplies . 162
Conclusions . 163
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS DE LA QUATRIÈME PARTIE . *65
Cinquième Partie : ESSAI DE COMPARAISON DES SEGMENTATIONS
DU TRONC DES CHILOPODES ET DES DIPLO-
PODES CHILOGNATHES . 167
A- - Existence d’une zone segmentaire perturbée chez les Diplo-
podes et les Chilopodes . 167
B- — Le bloc bisegmentaire des Chilopodes . 169
C- — Essai de comparaison . 170
Conclusions . 172
CONCLUSIONS GÉNÉRALES . 173
Source : MNHN, Paris
AVERTISSEMENT
„ . ..iuovic i aisic uu pas. nous nous reservons oe
reprendre ultérieurement l’étude des variations pouvant se présenter chez les
muerentes espèces. Nous utilisons les muscles comme indicateurs morphologiques.
n de dégager les plans de construction, et de comparer entre eux les différents
«coupes de Chilognathes et les divers organes, comme les pattes ambulatoires,
ies vulves, les pénis, les gonopodes.
G est également dans un but de simplification, pour faciliter la lecture et la
ompréhension de ce travail, que les coupes sagittales des segments antérieurs du
orps f| es Diplopodes. les comparaisons des anneaux entre eux et des faisceaux lon¬
gitudinaux dorsaux des Chilopodes, sont purement schématiques. Les puissances
spectives des muscles ne sont pas respectées car ce qu’il importe de montrer
est, avant tout, les points d’insertion. Pour dégager ceux des muscles trachéo-
orsaux et trachéo-ventraux, les faisceaux longitudinaux ventraux des Diplopodes
ont été généralement reportés au second plan des figures. Les muscles homologues
et directeurs sont de môme couleur ou de môme trame.
La présentation de figures multiples a été préférée à des descriptions longues
1 compliquées. Nous avons, généralement, choisi l’illustration schématique au
'eu des dessins représentant les muscles en place, dans leurs volumes exacts,
essins dans lesquels il est impossible de localiser avec précision, non seulement
es pièces sclériflées, mais aussi les insertions des muscles sur ces pièces.
La morphologie externe a été traitée dans le môme esprit et le chapitre qui
a concerne a été envisagé seulement comme aide-mémoire pour un lecteur non
v ert,i. Les gonopodes, par exemple, sont très complexes et leur description
^manderait de longues pages et de nombreuses figures supplémentaires. Des
e scriptions plus complètes, indispensables à la compréhension des discussions,
^cont données chaque fois que cela sera nécessaire.
Notre travail n'est qu'une modeste contribution à l’analyse des nombreux
Problèmes posés par les Myriapodes. Il reste encore beaucoup à faire; malgré
otre désir d’ôtre aussi complet que possible, nous avons dû laisser de côté
anatomie, très complexe, de la tôle, ainsi que les problèmes de sa segmentation
Source : MNHM, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
et do la nature du gnathochilarium. Traiter de ces questions nous aurait entraîné
beaucoup trop loin, et obligé à sortir du cadre auquel nous désirions limiter
nos recherches. De même l'analyse du développement post-embryonnaire n’a pu
qu'être effleuré, le système nerveux laissé de côté (1) et l’embryologie aban¬
donnée à regret, faute de temps. Il est d’ailleurs dans nos intentions de poursuivre
ultérieurement nos recherches dans ce sens et d’envisager la réduction métamé-
rique sous un angle plus général.
(1) Rappelons que Pu. Havoux. dans son remarquable mémoire, a étudié, très en détail, M
système nerveux des Symphyles, mais sa discussion de la segmentation ne repose, presque exciu
si veinent, que sur la musculature.
Source : MNHN, Paris
AVANT-PROPOS
S'T, ' ^ Sa ‘ 1 ’ “V 1 falt '' objet d ' u “ « rmd a™ 1 »'» *> travaux
viai S TP* Î5 v,r ?. rl 5000 tilres . d0 "‘ 11 plu» grand. partie, 11 est
tralf»nf l H« é i systématique. Pauvre malheureusement est la littérature
reslmmrnn m P *’ nt J ; “• Uen,s et & »*e non» ont ouvert la vole.
fo™S a P ,“^ S , P0ur ' es pièces squelettiques ne tont appel qu'à la
InSiiSS? n î 1 existence de sillons, replis et sclérites plus ou motos bien
émises i dina î , d S T Juments, des hypothèses contradictoires sont
Ctsst i'n.i ‘i ll6U , a des controverses qui persistent encore aujourd'hui,
nodis êm 9 ? p , part ? BS mtoles q uesl ‘ons se posent toujours elles les Myria-
mAm» 1» limita ' es , l . a .î' alure des segments thoraciques, encore mal élucidée, et
ffïLL , U a . Ur,buer au thorax - La nature des organes génitaux, vulves
mafimm pr f, ,ser , a " lsl <Jue la position des gonopodes, base de la systé-
L origine appendiculaire de ces gonopodes est maintenant
cSah- S’- l ^ eU . COre de Savoir si le « télopodite » des pièces
Kinri Z K U “ 6lüp ° dlte ’ et 1,on u ’ est paa vilain que la totalité de
htnirp e ?», S , chez tou f ‘e® poupes. L’emplacement des appendices ambu-
® ur a PPa''tenance à tel ou tel anneau, surtout dans le thorax, sont
p08 , lLlon apparente des appendices ne correspond pas toujours à la
son »Lnh T ° 0e "î Ue rdelle ! car U exisle des décalages; certains appendices
sont atrophiés ou transformés, ou considérablement réduits. La 9* paire de
et v?nH?K. aren ? onte ? ue dans le VII* anneau, gonopodial, est-elle vraiment la 9',
. m ? nMu P , a ' re post6rieure de cet anneau ? La question est d’impor-
, Car C eS ^ S cneI ‘nlement cette paire d’appendices qui se transforme en gono-
podes ou paragonopodes chez certains groupes.
m f^ es Lhilopodes, à leur tour, soulèvent de multiples problèmes dont les
' s l0ns restent sans réponse malgré les efforts des spécialistes. A notre connais-
sance par exempk*, I homologue du segment forcipulaire, s’il existe, n’a pas encore
eus situé de façon satisfaisante chez les Diplopodes.
■ Certaines anomalies des formules stigmatiques et de la segmentation dorsale
ues LUnobius et Scutigère, avec leurs métamères à grand tergite et petit tergite
rii , n . on ^ pas encore dté expliquées. Le développement post-embryonnaire
ou Lithobius, avec ses apparitions anarchiques de segments, n’a fait l’objet
«aucun essai d'interprétation particulier.
Nous avons porté notre attention, plus particulièrement, sur des problèmes
morphologiques qui ont directement ou indirectement des rapports avec la systé¬
matique des Myriapodes, souvent imprécise.
,, ii? 6 pri5senl L-avail a été réalisé au Laboratoire de Zoologie du Muséum
J rthropodes) de Paris et c’est avec une douloureuse émotion que je rends
lommage à la mémoire de M. le Professeur Louis Face, Membre de l’Institut,
qui m'a accueilli si chaleureusement dans ce Laboratoire et s’est personnelle¬
ment intéressé à mes premières recherches.
M. le Professeur Pierre-Paul Grassé, Membre de l’Institut, m’a fait le
grand honneur d'accepter la direction de cette thèse; je tiens à lui exprimer ici
ma profonde et respectueuse gratitude.
Mes remerciements et ma très vive reconnaissance vont à M. le Professeur
Max Vachon, Directeur du Laboratoire, à qui je dois mon introduction dans la
j7 aison - Grâce à son appui et à ses conseils, j’ai pu envisager, avec confiance
étude d’un groupe aussi difficile que les Myriapodes. Il a toujours suivi mes
travaux de recherches avec une bienveillante attention et n’a cessé de me pro-
mguer ses encouragements. v
Source : MNHN, Paris
10
IN-MARIE DEMANGE
Je remercie M. le Professeur Bernard Possompès d’avoir bien voulu accepter,
si aimablement, de faire partie du jury appelé à juger les résultats de mon travail.
M. le Professeur J.-R. Denis, de la Faculté des Sciences de Dijon, a bien
voulu m’encourager dans la poursuite de mes recherches et m’a dispensé, sans
compter, ses immenses connaissances morphologiques. Son amicale hospitalité,
au laboratoire Grimaldi de Saint-Jean-de-Losne, m'a profondément touché.
Je ne peux oublier les longues conversations, les nombreuses discussions, si
fructueuses et l’extrême patience avec laquelle M. André Badonnel, sous-directeur
du Laboratoire, a suivi la mise au point de ce travail. Pour les longues heures
qu’il m’a si largement dispensées je le remercie tout particulièrement.
Je remercie, enfin, tous ceux qui m’ont aidé dans ma tâche au laboratoire
et plus particulièrement M. Maurice Gaillard pour l’exécution des planches en
couleur qui illustrent ce volume.
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
GÉNÉRALITÉS
ET
MORPHOLOGIE SUCCINCTE
La classe des Diplopodes renferme une grande diversité de formes rangées
en deux sous-classes : Chilognathes, la seule qui nous intéresse ici, et Psélapho-
gnathes, dont le type est Polyxenus Utgurus.
ion LCS Ghi,0 S nathes sont de dimensions diverses, variant de 2 ou 3 mm à
■100 mm. Les plus grandes espèces sont des formes exotiques, comme les Spiro-
streptes et les Spiroboles.
» a L * s t téguments sont sciérifiés et imprégnés de sels calcaires qui les rendent
ires résistants. Le corps peut être divisé en trois parties : la tête, le tronc et
le telson.
Le tronc est constitué par des diplosegments. La question de la structure
aun diplosegment n'est pas encore résolue et plusieurs hypothèses sont propo¬
sées. Pour les uns, c’est l’association de deux segments simples (Latzel, Heathcote,
SILVKSTRI, Verhoeff). Pour les autres (Rossi. Pfli gfei.der), il s’agit d'une divi¬
sion incomplète d’un ensemble de deux ou plusieurs segments. Récemment
Pflugfelder (1932) a confirmé par l’embryologie cette façon de voir chez Platy-
rhacus amauros. Pour lui la segmentation du tronc résulte d'une fragmentation
en macrosomites de 1", 2” et 3" ordre, puis de ces derniers en microsomites qui
sont les segments simples. Ce sont les macrosomites de 3* ordre, incomplètement
divisés en microsomites, qui sont les diplosegments.
Le nombre de ces diplosegments est fixe : 26 à 32 (Chordeumoidea, Craspedo-
somoidea), 19 ou 20 (21-22, 28) (Polydesmoidea), 11 ou 12 (Pentazonia) ; ou
variable : jusqu’à 69 (Iuloidea), 45 à 62 (Callipoidea), jusqu’à 80 (Spirostreploidea).
Suivant que l’on considère les segments moyens ou antérieurs, on trouve
des différences qui permettent de donner la valeur d’un thorax à l'ensemble des
quatre premiers (1) par opposition aux suivants qui sont dits abdominaux.
L'anneau abdominal complet porte deux paires d’appendices, deux sternites et
deux paires de stigmates. C’est un arc pleurotergal (les Colobognathes présentent
néanmoins des régions pleurales distinctes), les sternites restant entièrement libres
(Nematophora), ou gardant des contours distincts tout en adhérant à l’arc (Iuloidea,
Spirostreploidea). Chez les Polydesmoidea les sternites sont si étroitement soudés
a l’arc peurolergal qu'ils ne sont plus distincts, l'anneau étant parfaitement continu.
Le double segment présente un étranglement transversal délimitant une
région antérieure ou prozonite, et une région postérieure, plus longue ou méta-
*onite. Le fond de l'étranglement est généralement souligné par un sillon dénommé
suture. Le bord postérieur de l’anneau n’est que le pli d’une certaine zone rabattue
vers l’intérieur (fig. 39). Si l’on étale le fragment replié on s’aperçoit que la
suture est sensiblement au milieu de l'anneau.
Le collum, premier anneau du corps, présente une formation identique (repli)
dans sa portion antérieure. Les métazonites sont, chez certains groupes, marqués
de boursouflures (Craspedosomoidea) qui, souvent, se transforment en épanouis¬
sements aliformes (Polydesmoidea). A partir du V* ou VI» anneau, latéralement.
au voisinage de la suture ou sur les boursouflures ou excroissances aliformes, se
rencontre une paire de pores en relation avec des glandes dites répugnatoires.
Thorax.
Les anneaux thoraciques sont particuliers, nous le verrons dans la seconde
Partie. Les trois premiers sont incomplets, en ce sens que les bords ventraux de
. (i) Les auteurs s'entendent actuellement pour désigner par thorax les trois premiers anneaux
'■u tronc. Voir chapitre 11 n (deuxième et cinquième parties), les raisons pour lesquelles,
« accord avec F. Silvï-- - - -...... ------
comme thoraciques.
Source : MNHN, Paris
12 JEAN-MARIE DEMANGE
1 arc pleurotergal laissent subsister entre eux un espace membraneux dans lequel
se meuvent, librement, les sternites et les membres auxquels ils sont associés.
Môme chez les groupes où l'arc pleurotergal des segments abdominaux est complè¬
tement soudé aux sternites, ceux-ci et les membres restent libres au niveau du
thorax. Le premier anneau, ou collum, est apode, le second ne possède qu'une
seule paire de pattes, de môme que les deux suivants.
Sternites.
Ils sont situés à la face ventrale des diplosegments et portent les appendices
Ils sont soudés à l’arc pleurotergal ou complètement libres. Dans ce cas ils sont
susceptibles d'être déplacés vers l’avant ou vers l'arrière, ce qui a pour consé¬
quence l'impossibilité de déterminer, avec exactitude, l’appartenance de tel ou
tel sternite et des appendices correspondants à tel ou tel segment. C’est le cas, en
particulier, des Callipoidea, Chordeumoidea et Craspedosomoidea.
Chaque sternite (s - fig. 22 et 23) est une pièce pentagonale à bord apical
taillé en pointe aigue. De chaque côté de cette pointe s’articule une hanche ou
coxa (h), base d’un appendice. Dans les angles latéraux, à proximité des coxae,
s’ouvrent les « stigmates » {st) donnant accès à un grand vestibule, plus ou moins
calcifié, dans lequel débouchent les trachées ( p tr ). Ce vestibule ou poche tra¬
chéenne sert de support à une puissante musculature. Les poches trachéennes
perdent fréquemment leurs fonctions respiratoires en s'incrustant complètement
et ne constituent plus que des apodèmes musculaires. C'est le cas notamment
pour les premières paires de pattes thoraciques de tous les Chilognathes et les
pattes ambulatoires des Callipoidea, Craspedosomoidea, Chordeumoidea, etc. En
général, la poche trachéenne prend la forme d’une longue tigelle plus ou moins
élargie lorsque les pattes restent libres.
Tous ces éléments, poches trachéennes, sternite et hanches sont étroitement
liés et jamais il n'a été rencontré de poches trachéennes isolées du sternite et ce
dernier séparé des hanches. Dans les premières paires de pattes, sternite et
hanches sont môme soudés en un syncoxosternum auquel sont associées les poches
trachéennes (fig. 14, 15 et 32). La relation étroite entre l’appendice sensu stricto
et les poches trachéennes justifie l'étude des muscles correspondants avec celle
des appendices.
Pattes.
Les pattes ambulatoires sont formées d'un coxite et d’un télopodite compre¬
nant : trochanter, préfémur, fémur, tibia, tarse et métatarse. Cette présentation
n’est pas toujours la môme. II arrive que certaines pattes soient modifiées par
des fonctions spéciales, notamment sexuelles (gonopodes par exemple).
La hanche, base de la patte, a sa partie interne souvent creusée d’une grande
poche au fond de laquelle débouche un canal glandulaire. C’est le sac coxal
(fig. 177-178 - pc). Il est évaginable et possède une musculature propre. Fré¬
quemment la coxa se soude au sternite en un syncoxosternite, plus particulière¬
ment dans les premières paires de pattes (fig. 14 - sy).
Chez le S, en dehors des gonopodes qui seront étudiés à part, certaines pattes,
situées en avant ou en arrière du diplosegment gonopodial (VII*), sont modifiées
parfois de façon si considérable que le télopodite a presque totalement disparu.
La paire postérieure (P. 7) du double segment VI est transformée en un organe
qui ne rappelle la patte ambulatoire que par sa division en articles. Les paires
de pattes 10 et II peuvent être complètement atrophiées. Chez les Iuloidea, la
première paire est réduite à des crochets (fig. 32).
Chez les 9. quelques exemples d’atrophie des membres de la deuxième paire
{Callipus, Archichoneilus ) (fig. 40-47) ou seulement la fusion de la base des
hanches en syncoxostcrnum ( Typhloblaniulus) sont à mentionner.
Pattes copulatrices ou gonopodes.
Ces paires de pattes, situées dans le VII* anneau des S, ont subi des transfor¬
mations considérables qu'il serait fastidieux de décrire. Néanmoins, il sera étudié
quelques types dans la troisième partie consacrée à ces appendices.
Source : MNHN, Paris
DEUXIÈME PARTIE
LES ANNEAUX THORACIQUES
ET LEURS APPENDICES
CHEZ
LES DIPLOPODES CHILOGNATHES
INTRODUCTION
Il y a lieu de définir dès à présent les termes concernant la segmentation
au corps des Diplopodes. Nous retrouverons très souvent dans le texte des termes
comme segments et diplosegments.
Le segment typique comprend un sclérite dorsal ou tergite et un sclérite
ventral ou sternite (1). Ces pièces sont reliées entre elles par une membrane dite
pleurale. Chaque segment est relié au précédent et au suivant par des membranes
aites intersegmentaires. Une coupe sagittale montre, dans la région antérieure
des tergites, une invagination plus ou moins lamellaire interne ou phragma, pro-
pnagma ou diaphragme suivant les auteurs, phragmes sur lequel viennent s'insérer
les muscles longitudinaux dorsaux. Ces muscles appartiennent typiquement à un
seul métamère, et ce sont ces phragmes et non les membranes qui indiquent les
limites du segment morphologique vrai ou métamère. Il faut distinguer le
segment apparent du segment vrai.
Le métamère est donc limité, en avant, par la face postérieure de son phragma
et, en arrière, par la face antérieure du phragma du segment suivant. Les limites
du diplosegment, constitué de deux métamères, sont déterminées par les faces
costrale et caudale du phragma du métamère antérieur (2) de chaque groupe ou
anneau.
Lorsque nous parlerons de diplosegment, il s'agira toujours de diplosegment
apparent, et non du double métamère, car il n’est par certain a priori que le
diplosegment véritable corresponde au diplosegment apparent, comme le montre
|a suite de cette étude. Par exemple, le collum est constitué par un diplosegment
■ncomplet, comprenant un métamère et un fragment de métamère antérieur, le
reste de celui-ci étant annexé par la capsule céphalique.
Chez les Diplopodes, les diplosegments abdominaux, appelés improprement
segments par les myriapodologistes, portent deux paires d'appendices, mais les
Premiers anneaux du corps n’en présentent qu'une seule paire. Les trois premiers
ont les bords ventraux de l’arc pleurotergal écartés, laissant un espace dans
!equel les pattes jouent librement. Le premier anneau est apode et présente une
pièce ventrale, la gula. Les deux suivants portent chacun une paire de pattes
libres.
Le quatrième diplosegment, réputé abdominal (3) porte, lui aussi, une seule
Paire d’appendices ainsi que le cinquième, mais celui-ci uniquement chez les
Spirobolides.
L'existence de ce sternite. chez les Insectes du moins, est controversée. Certains auteurs
Tn. Fsnnis <1940), H. Weber (1952) considèrent le sternite des Insectes comme un mythe.
Mv.m' 018 h - Weber (1952) semble n'être pas convaincu, car 11 écrit que « si les sternltes' des
p y " a P°<les... ne sont pas eux aussi subcoxaux » la théorie « est mort-née comme celle de
>'• I'Erris. En outre les muscles longitudinaux ventraux exigeraient une nouvelle Interprétation ».
élni Nommé prophragma par suite de la disparition du phragma du métamère postérieur du
thorax^ V °' r cllapl,re 11 et 5 * P arl| e les raisons pour lesquelles ce diplosegment est rattaché au
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
Pendant longtemps on a pu croire que la présence d'une seule paire de pattes
au diplosegment IV (« medialring » de K. W. Verhoeff) était une disposition
normale. Pour les auteurs, c'est un anneau semblable aux suivants mais auquel
manque, presque constamment, la paire de pattes antérieure (Brôlemann, 1935),
la paire postérieure étant au contraire présente sous la forme ambulatoire. Selon
H. W. Brôlemann, W. Bigler a définitivement établi en 1913 qu'il s’agit bien
d'une élimination des membres antérieurs, mais toutefois, dans certains cas, le
sternite de ces membres peut subsister sous forme de platosternite chez les 9 de
Chordeumoides. W. Bigler figure d’ailleurs un platosternite auquel sont encore
rattachés des membres rudimentaires (hétérochronie). Chez les autres groupes
une paire de pattes atrophiées correspond au platosternite, membre antérieur du
diplosegment IV. Il était admis, en outre, que les appendices ambulatoires fonc¬
tionnels des deux sexes, chez les Chordeumoides, étaient équivalents. Or, il n'en
est rien (tableau p. 79), comme nous le verrons au chapitre II, C. La position
des pattes et des vestiges du diplosegment IV des Chilognathes doit être inversée
complètement, car c’est au contraire la paire postérieure qui est toujours
atrophiée. De ce fait, il faut envisager un bouleversement complet dans les équi¬
valences et l'ordre des paires de pattes chez les Diplopodes Chilognathes. Cette
question sera traitée en détail au chapitre II.
Les structures diverses des premiers anneaux des Diplopodes amènent les
auteurs à considérer certains d’entre eux comme thoraciques, en opposition avec
les suivants qui sont abdominaux.
L'opinion généralement admise est que les trois premiers anneaux forment
un thorax. L’argument avancé est que les orifices des conduits génitaux se trouvent
en arrière de la 2* paire de pattes, c’est-à-dire entre le troisième et le quatrième
anneaux. F. Silvestri (1903) a môme divisé le corps des Diplopodes en pretronco,
mesotronco, metatronco, mais ces termes n'ont pas été retenus. Pour C. Attems
(1914), ce sont les quatre premiers anneaux qui représentent le thorax. Il se base
sur le fait qu’ils ont chacun une seule paire de pattes (gula + trois ambulatoires)
et que la première larve, à sa naissance, possède déjà les trois paires d’appendices.
Nous considérons avec C. Attems que le IV* diplosegment appartient au thorax.
La disposition particulière des pattes dans les anneaux antérieurs a, bien
entendu, retenu l'attention des myriapodologistes et fait l’objet de deux hypothèses
qui s'opposent, basées sur l’origine simple ou double de ces anneaux.
La présence d’une seule paire d’appendices a conduit la plupart des auteurs
(R. Latzel, U. Heymons, C. Attems, H. W. Brôlemann, etc.) à considérer les seg¬
ments thoraciques (les trois premiers) comme simples.
K. W. Verhoeff, à l’encontre de l'opinion admise, est partisan de la nature
double des anneaux thoraciques, à l’exception du collum qui serait simple. H
se fonde sur la similitude de construction externe des segments thoraciques et
abdominaux, et sur le fait que, pour lui, les organes génitaux externes de la 9
(vulves) sont des vestiges d'appendices appartenant au diplosegment III. Il nomme
les vulves, pour cette raison, cvphopodes. Cette façon de voir n’est généralement
pas suivie, mais certains auteurs de langue allemande continuent à employer le
terme de cyphopodes pour désigner les vulves et ils admettent l'exactitude de
l’hypothèse de K. W. Verhoeff.
Récemment, S. M. Manton (1961), après une étude détaillée de la musculature
des Diplopodes, organes génitaux exclus, admet d’une manière extrêmement pru¬
dente la nature double des anneaux du thorax. Néanmoins, en ce qui concerne la
nature simple ou double du collum, l’auteur ne conclut pas, bien que « sa muscu¬
lature dérive clairement de celle d’un segment typique du tronc » (p. 448).
Pflugfelder O. (1932) milite également en faveur de la nature double des
segments thoraciques par suite de la présence, à leur niveau, de deux paires de
sacs coolomiques (1). Nous-môme, dans les différentes notes préliminaires publiées,
avons soutenu la nature double des segments thoraciques, et nous nous rangeons
à l’opinion de K. W. Verhoeff en ce qui concerne les organes génitaux externes.
Quant au collum, nous avons démontré en 1965 qu’il était de nature double, mais
qu’une partie du métamère antérieur était annexée par la capsule céphalique.
(1) Après la rédaction de ce texte nous avons connaissance d'un travail de W. doiilk sur
l'embryologie de Glomerls marglnata Vlll. Cet auteur est d'un avis contraire. Voir page 49.
Source : MNHN, Paris
DES CHILOGNATHES
SEGMENTATION DES CHII.OPODE8 ET
En résumé, les avis sont très partagés et les arguments avancés ne sont pas
oujours très convaincants. Les recherches n'ont jamais été approfondies et se
son appuyées surtout sur la morphologie externe. En dehors de F. Silvestri
(I 9°.i) et S. M. M anton (1961), encore que leurs études n’aient pas été conduites
ans le but d étayer telle ou telle hypothèse morphologique, nous ne connaissons
aucun travail anatomique poussé.
Le groupe des Spirobolides possède une seule paire de pattes aux cinq pre¬
miers anneaux, le cinquième diplosegment étant pourvu d’une seule paire, à
I inverse des autres Diplopodes qui en portent deux. Le décalage dans la position
es paires d'appendices constaté chez les Spirobolides, par rapport aux autres
Uulognathes, amène F. Sii.vestki et K. W. Verhoeff (1) à formuler deux hypo¬
thèses contradictoires.
I'. Silvestri, partisan de la nature simple des segments thoraciques (les
trois premiers), envisage un déplacement des pattes ambulatoires vers l'avant à
partir du diplosegment V, de telle sorte que la paire antérieure de ce diplosegment
se trouve au diplosegment IV, les appendices (3*) de cet anneau au diplosegment III,
et ceux de celui-ci au second qui, en définitive, présente apparemment deux paires
de pattes, le collum restant apode. Selon F. Silvestri, tout le matériel appendicu¬
laire a subi un mouvement de translation vers l’avant à partir du diplosegment V.
K. W. Verhoeff, pour qui la nature diplopodienne ne fait aucun doute, nie
ce mouvement en le considérant comme une interprétation purement hypothétique.
II se base sur le fait que les paires de pattes 3 à 5 sont soudées à l’arc pleurotergal
et qu un déplacement ne peut se produire lorsque les liaisons musculaires natu¬
relles sont établies et que les sternites sont soudés (cas des IV* et V anneaux).
Il affirme, gratuitement d’ailleurs, qu’un stérilité donné ne peut se lier à un arc
pleurotergal étranger. Toutefois, il admet la possibilité d’un faible déplacement
lorsque les pattes sont libres, comme c’est le cas des deux premières paires. L’hypo¬
thèse d'une soudure, après translation des pattes, n’est pas envisagée, ce qui serait
à notre avis une explication valable cadrant avec les résultats des recherches
anatomiques. Au contraire, pour K. W. Verhoeff, le thorax étant constitué de
diplosegments, le deuxième anneau a gardé ses deux paires de pattes originelles
et le V* en a perdu une paire. Se fondant sur la présence, apparente, de deux
paires de pattes, les deux premières, au diplosegment II, et sachant que les orifices
sexuels se situent en arrière de la deuxième paire, il conclut que chez les Spiro¬
bolides la vulve est le résultat de la transformation de la paire de pâlies anté¬
rieure du diplosegment III, alors que chez les autres Diplopodes, dont le diplo¬
segment II présente, apparemment, une paire d’appendices, les vulves représentent
la paire de pattes postérieure du diplosegment ni. Ce qui revient à dire qu’il y
aurait une position différente des orifices des conduits sexuels suivant les groupes.
Selon K. W. Verhoeff ces orifices auraient donc pu passer d'un métamère
a un autre. Mais ceci n'est étayé par aucun fait anatomique, et l’on pourrait
retourner à l’auteur le reproche qu'il adresse à F. Silvestri.
S. M. Manton (1961) admet le déplacement des appendices chez les Spiro-
oolides, mais on peut regretter que cet auteur ait adopté une numérotation séparée,
prêtant à confusion, des sternites et des membres. En effet, pour S. M. Manton le
sternile 2 correspond à la paire de pattes I, le stemite 3 à la deuxième paire, etc.
Les hypothèses précédentes, brièvement résumées, et les controverses qui
ont suivi leur publication, ne reposent que sur des données de morphologie
externe. Seul F. Silvestri (1903) a publié une anatomie complète des Diplopodes
qui, bien qu’entachée d’erreurs et de lacunes, est un sérieux travail de base.
S. M. Manton. plus récemment, a entrepris une étude analogue sur un plus
gi’and nombre de groupes, mais il semble que ses recherches aient été axées
essentiellement sur l’évolution de l’appareil locomoteur, et que les faisceaux
musculaires n’aient été étudiés qu’en raison de leur rôle fonctionnel. Si des
questions comme la nature des anneaux thoraciques sont traitées ce n’est qu’acces-
(1) R. E Snodorass, en 1952, donne une interprétation complètement différente
pas les raisons de ses opinions.
n'indique
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
soirement, et en rapport avec la morphologie fonctionnelle. Malgré toute la
précision qui a présidé à l’élaboration de ces séries de travaux, il reste encore
des lacunes importantes dans notre connaissance de la musculature des Diplopodes
et les erreurs ou les omissions ne sont pas rares. De nombreux problèmes sont
encore à résoudre malgré les publications d'auteurs divers. Non seulement la
nature du thorax des Diplopodes n'est pas encore élucidée (1), mais nous ne
connaissons rien encore du collum (est-il simple ou double ?) de la nature des
organes génitaux externes, pénis et vulves, des gonopodes et de leur transforma¬
tion au cours du développement post-embryonnaire, etc.
C est pour résoudre ces problèmes qu'en rapport avec des recherches sur le
diploscgment gonopodial (VII*) et les gonopodes, une étude systématique de la
musculature des premiers segments du corps des Chilognatlies a été entreprise.
MÉTHODES ET MATÉRIEL UTILISÉS
Nous avons longuement hésité entre deux méthodes : dissections, coupes, pour
finalement nous arrêter à la première. Les dissections fines ont permis de voir
des détails ayant échappé à nos prédécesseurs.
Les individus ont été choisis, de préférence, parmi ceux fixés à l'alcool à 75*
et ayant séjourné dans ce même liquide conservateur. Les Diplopodes fixés par
les méthodes classiques au Bouin ou au formol et conservés dans ce dernier
produit ne conviennent absolument pas aux dissections fines : les muscles
deviennent cassants et s’effritent sous le scalpel. Nous avons remarqué qu’il était
préférable d’effectuer les opérations à sec, immédiatement au sortir du liquide
conservateur, le spécimen étant réhumidilié quelques secondes lorsque les muscles
perdent de leur élasticité. Chaque muscle est suivi de son point de départ à son
point d’arrivée, noté, dessiné et enlevé de la préparation afin de libérer le champ
de travail. Plusieurs spécimens de chaque espèce ont été examinés ainsi et les
pièces délicates, chez lesquelles les points d’insertion pouvaient être douteux, ont
été montées dans le baume de M. André.
Certains exemplaires ont été débarrassés auparavant des sels calcaires impré¬
gnant leurs téguments en les laissant séjourner un certain temps dans de l'acide
trichloracétique à 50 % jusqu’à disparition des bulles de gaz.
Les petites espèces de Chordeumoidea, Craspedosomoidea, Iuloidea, ont été,
en outre, montées en préparations microscopiques, après passage dans l'acide
trichloracétique. L’animal avait été, au préalable, divisé longitudinalement en
deux moitiés symétriques. Nous utilisons alors, pour l'examen, soit le microscope
ordinaire, soit, plus généralement, le microscope à contraste inlerférentiel (procédé
Nomarski).
Quelques coupes transversales au microtome ont été faites, mais certains
détails nous ayant échappé de cette manière, cette méthode d’investigation a
été abandonnée.
(I) Il est fait abstraction Ici des quelques
le choix de ce sujet.
préliminaires que nous avons publiées depuis
Source : MNHN, Paris
Chapitre premier
LA MUSCULATURE
La dernière classification de H. W. Brolemann, parue en 1935, dans la Faune
de France, divise les Chilognathes en six ordres : Colohognatha, Nematophora,
Progonophora, Anocheta, Zygocheta et Pentazonia.
Chacun de ces ordres a été étudié, à l’exception du dernier, mais nous nous
sommes plus particulièrement attaché aux trois premiers, dont la presque totalité
des sous-ordres ont été examinés.
La liste détaillée des espèces disséquées ne sera pas donnée; cela ne présen¬
terait aucun intérêt car les différentes formes de chaque sous-ordre sont sensible¬
ment identiques au point de vue musculaire. Il ne sera donc décrit, ici, dans le
but de simplifier le texle et d’éviter les redites inutiles, qu’un ou deux types de
chacun d’entre eux, suivant l’intérêt présenté.
Avant de donner la nomenclature utilisée, quelques remarques sont nécessaires.
Nous définissons en effet les muscles par leurs points d’insertion, suivant la
méthode de Pu. Ravoux (1958, 1962). Nous nous écartons ainsi de la nomenclature
classique, reposant essentiellement sur l'orientation, la position et la fonction des
faisceaux musculaires et utilisant des noms latins qui peuvent prêter à confusion
(mvolvens inferus et involvcns inferior par exemple). Nous appliquons le principe
suivant : deux muscles sont homologues lorsqu’ils ont des points d'insertion
egalement homologues. Ce critère est le seul valable et nous considérons qu'une
analogie de fonction (homodynamie) ne peut servir pour démontrer une homologie
morphologique.
L’utilisation de cette méthode nous a conduit h des conclusions qui sont
parfois en contradiction avec celles de S. M. Manton, dont nous comptions utiliser
les travaux pour appuyer nos comparaisons; ces contradictions seront précisées
ultérieurement (p. 40).
Nous distinguerons les faisceaux musculaires suivants :
*• — Sternaux :
а) sterno-ventraux (s v) ;
б) sterno-dorsaux ou latéro-dorsaux (sd).
2- —■ Trachéaux :
a) trachôo-tergaux ou latéro-tergaux (<d);
b) trachéo-ventraux (<i>);
c) trachéo-coxaux, chiasmatique ou non (fc);
d) intra-trachéaux ou transversaux (f ()■
3- — Longitudinaux ventraux (Lu).
'—■ Longitudinaux dorsaux (t.d).
Bien que les études de F. Silvestri et S. M. Manton aient été faites avec
beaucoup de soin, la complexité de la musculature est telle et les méthodes
employées si différentes que des erreurs et des confusions ont eu lieu dans la
reconnaissance des points d’insertion des muscles. Nous ne sommes pas à l’abri
bous-même de tels accidents.
Les musculatures seront décrites telles que nous les avons vues et les erreurs
0u confusions de nos prédécesseurs se corrigeront d'elles-mêmes.
L’anatomie du collum étant très particulière par suite de l’existence de la
Kma et de sa proximité avec la tête, cet anneau sera étudié à part dans un
chapitre spécial (chapitre II. - C. - 4°). Seuls sont mentionnés les muscles de
** Première paire de pattes, encore que certains d’entre eux seront étudiés en
même temps que le collum comme, par exemple, ceux reliés à la capsule cépha-
*'que.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
Les organes génitaux externes, pénis, vulves, gonopodes, feront l’objet de
chapitres particuliers (chapitre III et troisième partie).
Les descriptions des musculatures ne sont envisagées que pour la seule moitié
droite du corps à part quelques rares exceptions.
A. — COLOBOGNATHA
Plusieurs espèces de Colobognathes ont été étudiées par S. M. Manto.n et
nous comptions baser nos comparaisons sur les figures et les données déjà publiées.
Si, dans l'ensemble, celles-ci sont exactes, ce n’est pas toujours le cas pour la
position de la musculature attribuée aux appendices. Il est, en effet, très difficile
de situer exactement les deux paires de pattes d'un diplosegment chez les Colobo¬
gnathes, car les sternites sont juxtaposés et leurs bords superposés. De ce fait,
des faisceaux dorso-ventraux peuvent être confondus. De plus, il existe un décalage
dans la position des paires de pattes qui se trouvent situées dans un diplosegment
antérieur à celui auquel elles appartiennent réellement. Il en est de même, d'ail¬
leurs, chez les Chordeumides et Craspédosomides, et en règle générale chez tous
les Diplopodes à sternites libres. Les muscles de la paire de pattes antérieure
d’un diplosegment donné peuvent ainsi être facilement attribués à la paire de
pattes précédente ou suivante.
Il nous a semblé qu'une telle confusion a élé faite. C’est pourquoi Platydcsmiis
lankesteri Brôl. a été étudié. Nous aurons l’occasion, au cours des chapitres
suivants, de préciser l’erreur commise au sujet des faisceaux directeurs dont
nous avons déjà signalé l'existence chez d'autres Chilognathes (1962. 1963).
a) Musculature dorso-ventrale [ (trachéo-dorsale et sterno-dorsale)
(flg. 1)].
Gula. — Identique à celle des autres Chilognathes. Elle sera étudiée plus en
détail chez les Spirobolides et les Spirostreptides.
P■ L — Un muscle stcmo-latéro-dorsal (s d 1 ) débutant au stemite et aboutissant
dans le collum. Un faisceau partant du stemite que l’on peut assimiler à un
trachéo-dorsal (1) ( td.a>) et se rendant au bord antérieur du diplosegment IL
En outre, il existe deux trachéo-dorsaux postérieurs (t d.p‘), le premier dans
le diplosegment II, le second se rendant au diplosegment III. Un muscle
stemo-céphalique longitudinal (non représenté).
P. 2. — Même musculature que précédemment, mais avec décalage d'un diplo¬
segment, c’est-à-dire que le faisceau stemo-dorsal (s d*) aboutit au diplo¬
segment II, les trois autres (td.a* et td.p*) aux anneaux III et IV.
P. 3. — Même musculature avec décalage d’un anneau.
P . 4. — Cette paire ne montre que deux muscles. Un stcrno-latéro-dorsal (s d*)
inséré dans le diplosegment IV et un trachéo-dorsal antérieur ( td.aK rejoi¬
gnant le bord antérieur du diplosegment V.
P. 5. — Deux faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs (t d.p ‘), le premier situé
dans le milieu du V* anneau, le second rejoignant le diplosegment suivant VI-
P. 6. — Deux faisceaux musculaires. Un slemo-latéro-dorsal ( sd» ) dans I e
V* anneau, un trachéo-dorsal antérieur (f d.a e ) au bord antérieur du diplo¬
segment VI.
P. 7. — Deux trachéo-dorsaux postérieurs ( td.p 7 ). Un dans le diplosegment VI,
l’autre rejoignant le bord antérieur du VII* anneau.
P. 8. — Un stemo-latéro-dorsal (s d*) aboutissant dans le diplosegment VI; un
trachéo-dorsal antérieur ( td.a *) inséré au bord du diplosegment VII.
P. 9. — (Gonopodes). Présentent comme les pattes ambulatoires normales deux
muscles trachéo-dorsaux postérieurs (td.p 9 ). Un dans le diplosegment VIL
l’autre rejoignant le bord antérieur de l’anneau suivant VIII.
(1) Une portion de ce sternlte est probablement d’origine « trachéenne », car les loneliudinou*
ventraux classiques s’y Insèrent.
Source : MNHN, Paris
VII !
8EGMENTAT
DES CHIL0P0DE8 ET DES CHIL0GNATHE8
20
kN-MARIE DEMANGE
P. 10. — (Paragonopodes). Avec deux muscles : un sterno-latéro-dorsal (sd
dans le VII* anneau, et un trachéo-dorsnl (td.a"° ) au bord antérieur du diplo-
segment VIII.
b) musculature longitudinale dorsale (lig. 2).
Cette musculature, chez les Colobognathes, est un peu différente de celle des
autres Diplopodes. Si l'on rencontre une couche profonde classique, constituée de
larges nappes musculaires parallèles (l.d) et une couche superficielle, cette dernière
ne montre que deux faisceaux {m.l) issus, très latéralement, du phragma (p) du
diplosegment. Ces faisceaux aboutissent au diplosegment précédent, au niveau de
la suture (su) dans la région médiane du dos. Il n’y a. en résumé, qu'une série de
muscles au lieu de deux à la couche superficielle.
Fin. 2. — Musculature longitudinale dorsale schématique de Poli/soninm ycrmanicum Brandt
vue de l’Intérieur du corps. Abréviations, page 185.
B. NEMATOPHORA
1. — CALLIPOIDEA (lig. 3).
a) musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsalc et sterno-dorsale).
Gula. — Identique à celle des autres Chilognathes (voir Spirobolides-Spirostrep-
tides).
/*. 1. — Un muscle slerno-dorsal (sd 1 ) se rendant dans le collum; un faisceau
trachéo-dorsal antérieur (td.a 1 ) aboutissant au bord du diplosegment II; trois
faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs (t d.p‘) aboutissant au bord antérieur
et dans la partie dorsale submédiane du III* anneau et dans le milieu du
diplosegment II. En outre, un muscle (sc.pi) équivalent au faisceau sclérital
des Spirostreptoidea (1) (fig. 4).
/'. 2. — Musculature identique à la précédente, mais avec décalage d’un anneau.
Toutefois, les deux faisceaux postérieurs (td.pt e t sc.pt) rejoignant l’an¬
neau IV, débutent à proximité du sternite, à la base du pénis.
P. 3. — Même musculature que précédemment mais il n’existe qu’un seul faisceau
trachéo-dorsal postérieur (td.pt).
P. H. — Un faisceau stcmo-dorsal (s d*) et un faisceau trachéo-dorsal antérieur
(td.at) aboutissant au bord antérieur du diplosegment V.
(1) IJn muscle t.t, poche trachéenne - labller sternal, non figuré.
Source : MNHN, Paris
DES CHILOP
DES CHIEOONATHES
JEAN-MARIE DEMANGE
P. 5. — Pas de muscle slerno-dorsal. Deux faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs
( td.p s ), un dans la portion postérieure du métazonite du diplosegment V,
un se rendant au bord antérieur du VI* anneau.
Fig. t. — Détail do la base de la l de Calliput foelldlssimus Savl <f montrant notamment
les points d'attache du muscle irachéo-sclérllal (i *), du muscle postérieur sc.if non rtgurés dans
la planche précédente. I.es trachéo-dorsaux ne sont pas représentés de même que le rulsceau
du tablier. Seules les coxae sont figurées. l.es poches trachéennes sont en noir. Abréviations,
page 185.
P. 6. — Un muscle sterno-dorsal (sd 1 ) inséré dans le diplosegment V. Un trachéo-
dorsal antérieur ( td.a e ) aboutissant au bord antérieur du VI* anneau.
/'. 7. — Pas de sterno-dorsal, mais deux trachéo-dorsaux postérieurs (td.p 1 ). Un
dans le VI* anneau, un au bord antérieur du VII* anneau.
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales.
Gula. — Néant.
P. I. — Deux muscles trachéo-ventraux (l v 1 ), l’un se rendant dans le collum.
le second dans le diplosegment II. Un faisceau stemo-ventral {s v‘) allant au
collum. Un faisceau que l’on peut considérer comme appartenant au môme
groupe, partant du sternite et aboutissant latéralement en arrière de I»
têto ( s.o ).
P. 2. — Deux trachéo-ventraux (t u»), l’un dans le diplosegment II, l’autre allant
au diplosegment III. Un stemo-ventral (s v>) allant dans le II” anneau.
/'. 3. — Deux trachéo-ventraux {t v 1 ) insérés au même point dans le diploseg¬
ment IV, et un trachéo-ventral (tv‘) dans le III* anneau; un faisceau stemo-
ventral (ni*) dans le diplosegment III.
P. 4. — Un trachéo-ventral (tvt) se rendant au V* anneau; deux couches de
stemo-ventraux (s v *) dans le IV* anneau.
P. 5. — Un trachéo-ventral (tv s ) inséré dans le diplosegment VI; un stemo-ventral
(s v *) dans le diplosegment V.
P. 6. — Un trachéo-ventral (t v *) s'attachant également dans le VI* anneau; un
stemo-ventral (s v e ) dans le diplosegment V.
P. 7 — Un trachéo-ventral {t v 7 ) dans le VI* anneau; un stemo-ventral (« î)7 )
dans le VI* diplosegment.
Dans ce groupe, il existe une différence relative aux points d'insertion des
muscles sterno-ventraux des paltes ambulatoires situées en arrière des gonopodes.
Prenons, par exemple, les paires de pattes 10 à 13 (flg. 5). Les perturbations
mentionnées ne se rencontrent que dans les muscles Irachéo-ventraux (t v) el
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DE8 CHILOPODES ET DES GHILOGNATHES 23
<*")• Les faisceaux trachéo-iormia (Id) ont une position nor-
un mmêî. ? f”, f précéll ' m ™ e “ L Les paices 10 et 12 possèdent chacune
" e (a d ‘° - S d “) dans les diplosegments VII et VIII. La P. lu
montre un trachéo-mntrol (lu») dont le point d'insertion se place dans le
segment ““ “"™- venlral (an”) situé également dans le VIII' diplo-
It a »' l 1 ? oss “ e u ‘ le ntnsculature stemo-ventrale (s v“) et trachêo-ventrale
I* v > située dans le môme diplosegment VIII.
cput^h! /> et yft UV , e ,> ch . e / P12 , el P - 13 des faiscea ux musculaires semblables à
ceux de / 10 et P. tl, mais aboutissant dans le IX* diplosegment.
nvonlai constate donc, dans les membres (2 paires) situés immédiatement en
avant et en arrière des gonopodes, la présence de trachéo-ventraux et de sterno-
ventraux insérés dans un môme diplosegment.
f oupes de deu * pail ’ es d’appendices précédant les gonopodes. en prenant
également comme point, de départ les membres possédant des muscles sterno-
dorsaux ( sd ) présentent des trachéo-ventraux (tv) ou au moins des sterno-
ventiaux (ni) dont les points d’insertion sont situés dans des diplosegments
VIII
IX
tv 10
tv
13
Musculatures iractiOo
page 185. ChlITres ro
el sterno ventrale et dorsale
mains : diplosegmems: chllTres
<) Musculature trachéo-coxale Intersegmentaire (te).
I . dehors des 1" et 2‘ paires de pattes, on remarque deux faisceaux muscu-
' rea chiasmatiques que S. M, Manton a bien décrits : une première paire de
isoles partant de poches trachéennes données et se rendant aux coxites de la
p lre de pattes suivante, et une seconde paire de muscles similaires mais reioi-
I a leS hanchp ? de la paire de pattes correspondant aux poches trachéennes
(• 1 * et la 2‘ paires sont dépourvues de ces derniers faisceaux. Cette conforma-
n particulière tient au fait que, très généralement, ces deux paires d’appendices
leurs coxites soudés aux sternites, et surtout que des modifications se sont
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DEMANGE
SEGMENTATION DES CHILOPU
E u l te8 . à , leur niv01,u (présence de selériflcations particulières, sur lesquelles
nous reviendrons, pénis et vulves).
d) Musculature longitudinale ventrale (lv).
l n „.^f U ,v m r CU J ,ta ï, Kt clMsil l ue ' identique à celle que l'on rencontre che,
25 êh, D ' P ° POde o E e FSt ' 0,,5Üluée l 1 "' ''eux couches musculaires, dont l’une,
pus oblique que autre, réunit les poches trachéennes d'un même côté enlre
n : voau , d ? in première paire de pattes on constate l’existence d’un
«mil ei' ï ’! p " t,n< 1,6 la P"tie trachéenne et aboutissant 1 un territoire occipital
ioit dont la nature sera précisée ultérieurement (rliapitre II - C. - 4. -).
< i Musculature longitudinale dorsale.
P ll A C '® st paiement une musculature classique commune à tous les Diplopodes.
dfrtimnn en e <|Ue , ! e " de va, ' ial ions suivant les groupes. Elle peut être
fnn L P f ,^ n ® couche P rofoniJ e cl une couche superficielle. La couche pro-
liirn7nS C0nSt ( ' tU, u P ;! r rioux larges nap P es s'étalant -le part et d'autre de la
sifnlnn f d i, 8 r ; a lachées aux P hra Kmes «les diplosegments successifs. La couche
scimii'. 16 , 6 08 d ! 8posé ® Gn lleux nappes crois<5es issues du phragma d’un diplo-
î'rih" i , P°' nts d’attache, sur l’anneau suivant, sont au voisinage «le
vcr ^T':" . sutural ’, Au niveau dl1 collum il existe deux faisceaux (Ld.i) tra¬
versant celui-ci sans s y arrêter (fig. 38).
2 - — CRASPEDOSOMOIDliA
Ma .. P ' J, V microd y n potÿdesmoidea Leach a déjà été étudié par S. M. Manton. Il
a . donc mutile de revoir ce groupe. Toutefois, un point demandait une vérifi-
n« on • o est I absence du muscle sterno-dorsal s ,1 (= inrolvens inferior) à la
«Va d ° paltGS . 3 - Nons |,avons recherché ol retrouvé. Celle musculature rcjoinl.
„■ urs .' t ciî j UI a ^ trouvé chez tous les Diplopodes Chilognathes; l'absence de
sterno-latéro-dorsal aurait été anormale.
Par contre, en ce qui concerne la région génitale 9 et les rapports de la
sel ? <G pa, . t f s . 2 ave 5 la vulve ' nous ne sommes pas tout à fait d'accord avec les
de « n »t S f, lés - ' ,ais 1<i,ude de ces organes n'était pas l’objet des recherches
e ». M. Manton, par conséquent leur musculature n'a pas été approfondie.
3 - — C HORDEUMOIDIZA
A notre connaissance, aucun spécimen de c
P"int de vue anatomique.
Plusieurs espèces ont été étudiées, dont h
'“eut avec celle de Chordeuma sylvestre. Il n
ce "e forme (flg. 6).
,. h *; ps dissections effcctiu'os nous réservèrent quelques surprises car la présence.
st,. 7 ■ d ' unt> PinQUé sdérifiéo située en arrière de la vulve et nommée plato-
| P ar " • bouleverse, au premier abord, l’ordre des muscles carac-
, 'St'ques (lig. 8:. Le lecteur est donc averti qu’il existe un décalage dans les
mu-os des pattes ambulatoires enlre les £ el les $ à partir de la deuxième
, n „î e de pattes, de sorte que la P. i du $ ne correspond pas, chez la 9, à la P. t
r„ ais réalité à la P. :i. En conséquence, la description de la musculature sera
séparément pour les deux sexes.
3-ordre n'a été examiné f
musculature concorde parfaile-
; sera donc question ici que de
fait.,
Sexe ç .
a Musculature dorso-ventrale [trachéo-dorsale (/ d) et sterno-dorsale
'flg. 6, 7 et 8)1.
'Wt«. — Homme précédemment. Voir Spirobolides et Spiroslreptides.
— Un faisceau strmo-dorsat {sd 1 ) allant dans le rollum (I). Un muscle
hachêo-dorsal antérieur (td.a*). faisceau épais inséré au bord antérieur du
dipiosegment IL Deux fihres médianes dans le même anneau (f d.pi) et deux
larges muscles trachéo-dorsnux postérieurs (t ri.pi et sr.p : l’un aboutit au
Source : MNHN, Paris
i-MARIE DEMANGE
bord antérieur du diplosegment III, In second dans le milieu environ de
l’anneau. Ce dernier s'attache à la base du bouclier sternal.
P. 2. — Un muscle sterno-dorsal (sd *) dans le diplosegment II; un muscle trachéo-
dorsal antérieur (t d.a 1 ) aboutissant au bord antérieur du diplosegment III.
Dans le milieu du tergite de celui-ci : un premier muscle trachéo-dorsal
postérieur ( td:p‘ ); deux faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs ( td.p *) abou¬
tissant au bord antérieur du diplosegment IV.
Plutosternile (pl) : sans muscles dorsaux-ventraux (fig. 8).
Poche trachéenne en baguette du plutosternile (ptr) (fig. 8) avec cinq muscles
trachéo-dorsaux, un rejoignant le bord du diplosegment IV; deux dans le
milieu de l’anneau et deux Irachéo-postërieurs (td.p, td.p') s'attachant au bord
du diplosegment suivant (Vj.
/'. 3 (fig. 8). — Muscle slerno-latéro-dorsal (s d *) situé dans le IV* anneau. Un
muscle trachéo-dorsal antérieur (t d.a* ) rejoignant le bord antérieur du diplo¬
segment V.
P. i. — Trois faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs (td.pt) : un rejoignant le
point d’attache du trachéo-dorsal antérieur de P. 3 (t d.a 3 ), un médian situé
dans le diplosegment V et un postérieur inséré sur le bord antérieur de
l’anneau suivant.
Les paires de pattes suivantes montrent une musculature identique aux
précédentes (P. 3 - P. t), mais avec décalage, bien entendu, d'un diplosegment
pour leurs points d’insertion.
b) Musculature sterno-ventrale (.vw) (fig. 7).
( iula. — Néant.
P. t. — Un muscle slemo-occipital (*»); deux stcnio-Venlraux : un faisceau
s'insérant au bord postérieur du collum (sv 1 ), et un second dans la portion
antérieure du II" diplosegment (s v 1 )', un long muscle (s o.l') traverse le
deuxième diplosegment et aboutit dans la portion antérieure du diplo¬
segment III.
P. 2. — Un sterno-vcntrul (s v‘j dans le diplosegment II et un second (si’*) dans
le diplosegment III.
Vulve (V). — Bien que cet organe, ainsi que le pénis, n'ail pas sa place ici, il es*
bon de signaler la présence d’un sterno-ventral (s r.V) dans le diplosegment IH
et un muscle longitudinal (s v.l.V) aboutissant à l’anneau suivant IV.
Plalosternite (pl). — Un faisceau dans le diplosegment IV (s v.p) : la baguette
trachéenne (p tr) est dépourvue de muscle mais il existe à son voisinage
immédiat un long muscle oblique (s v.l) identique à celui des pattes précé¬
dentes et aboutissant au diplosegment suivant V.
P. 3. — Un faisceau ou deux (s v 3 ) dans le diplosegment IV et deux identiques
dans l'anneau suivant (su 1 ); à partir de celte paire d'appendices il existe un
ou deux faisceaux verticaux (.vu*') s’insérant sur la parlie inférieure du
segment (V).
/'. f. — Deux stemo-ventrnux (svt) dans le diplosegment V; un muscle vertical
(sv*') dans ce même anneau; un muscle oblique postérieur (sv.lt) rejoignant
l’anneau VI.
/>. 5. _ Deux strrno-ventraux (s «*) antérieur et postérieur partant chacun des
bords antérieur et postérieur du sternite et aboutissant dans le diplo¬
segment VI; deux faisceaux verticaux (su 5 ') dans le môme anneau.
p. 6. — Deux muscles sterno-ventraux (s u«) el un muscle vertical (s v 1 ') dan»
le diplosegment VI; un long muscle oblique (s v.1 1 ) about issant dans le diplo¬
segment suivant (VII).
P. 7 et P. S. — Musculature identique à colle des pattes précédentes P. 3 et P- 6 '
c’est-à-dire avec deux verticaux pour la première, un seul pour la seconde*
et chacune avec deux petits faisceaux sterno-ventraux. Seule la paire
pattes 8 présente un long muscle oblique (s v.l) inséré dans le diplosegme 0
suivant (VIII).
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DE8 CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHBS
27
28
IKAN-MAIIIE DEMANGE
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire (te) (fig. B et 8).
Cette musculature se présente comme celle déjà décrite chez les Callipoidea,
c’est-à-dire que les poches trachéennes de chaque paire de pattes envoient deux
muscles chiasmatiques à la base de leurs propres hanches et deux autres, iden¬
tiques, à la base des hanches de la paire suivante. Au niveau du platosternite, la
baguette sclériflée supporte un faisceau semblable qui aboutit à la base de la
hanche des P. 3 ambulatoires (flg. 8) et un muscle parallèle rejoignant la base
du sternite.
d) Musculature longitudinale ventrale.
C’est une musculature classique en deux ou trois couches réunissant les
poches trachéennes entre elles.
e) Musculature longitudinale dorsale.
Identique aux précédentes.
Sexe S (flg. 6).
(iula et première paire de patles identiques à celles de la ?.
P. 2. — Par suite de l’absence de vulve, les deux faisceaux musculaires trachéo-
dorsaux postérieurs (t d.p‘) aboutissant au diplosegment IV, prennent naissance
à la base de la poche trachéenne.
P. 3. — Inexistante sous une forme fonctionnelle chez la 9, elle possède trois
muscles trachéo-dorsaux chez le $ : un antérieur (t d.p (I) * 3 ) aboutissant au bord
antérieur du diplosegment IV, un médian (td.p ») situé dans le IV* anneau et
un postérieur (td.p 3 ) prenant naissance vers le milieu de la poche trachéenne
et rejoignant le bord postérieur du V* diplosegment; il existe un stemo-dorsal
(sd ) inséré à la partie latéro-dorsale du III* anneau. En outre, deux slerno-
ventraux (sv) s’insèrent chacun dans un diplosegment différent III et IV; un
muscle trachéo-venlral vertical est présent dans le IV* anneau.
En arrière de la P. 3 se trouve une petite sclériflcation, ou plutôt le point
d'insertion d’un sterno-ventral aboutissant dans le diplosegment IV. Un muscle
oblique (s v.l) est présent; il aboutit dans le diplosegment IV.
Les autres paires d’appendices sont identiques à celles de la 9, mais il faut
tenir compte du décalage provoqué par la présence du platosternite de la 9 : P. *
du S = P. 3 de la 9 ; P■ S du 3 = P. 4 de la 9, etc.
Certains appendices du S, en dehors des peltogonopodes et gonopodes, sont
modifiés parfois profondément jusqu'à être réduits à un vestige. C'est le cas de«
P. 7, P. 10 et P. II. La P. 10 est complètement atrophiée. La musculature sterno-
ventrale est pratiquement identique à celle des autres membres, tout au plu?
constate-t-on la disparition d’un ou deux faisceaux. Néanmoins, et ceci a son
importance comme nous le verrons plus loin, les sterno-ventraux ont les mêmes
points d’insertion. Par exemple P. 7 S = P 0 9, présente des muscles dont les
points d’attache se situent dans le VI* diplosegment et possède le muscle classique
oblique (s v.l). La P. 8 présente, en plus, un vertical dans le diplosegment VIL
la P. 9 un seul faisceau dans le même anneau, la P. 10 atrophiée un faisceau dans
le VIII* diplosegment, la P. 11, avec les faisceaux classiques de la P. 10 9, un
muscle oblique (s v.l) se terminant dans le IX* diplosegment.
C. — PROGONOPHORA
1 . — Spirostreptoidea.
a) Musculature dorso-ventrale I rachéo-dorsale ( td) et sterno-dorsale
(sd) (1) (flg. 12)].
(I) Dans noire note préliminaire de 1008 (BuU. Mus.. 34). deux erreurs typographiques sont 3
corriger : page 358, 37* ligne, lire V au lieu de IV; page 35». 18- ligne, lire dp 6 et non dp à.
Source : MNHN, Paris
30
JEAN-MARIE DEMANGE
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHII.OGNATHE8
31
Oula. — Cette pièce est rattachée à la capsule céphalique par deux apophyses
latérales allongées (A) (flg. 9, 10 et 37). De la gula partent deux muscles
dorso-ventraux dont l’un, antérieur (td.g), aboutit dorsalement vers le milieu
du collum; le second ( td.g') rejoint le bord antérieur du diplosegment II.
Parallèlement à celui-ci, on remarque un troisième faisceau (td.g") qui
occupe les apophyses latérales. Un muscle ( g.c) part également de la gula et
rejoint la partie latérale du vertex occipital (fig. 38).
P- I- — Un muscle slerno-dorsal (s d') se terminant dorsalement dans le tiers
postérieur du collum. Partant du milieu latéral du collum, un muscle trachéo-
latéral (t l) rejoignant la poche trachéenne. On remarque également un faisceau
trachéo-dorsal (t d.a<) s’insérant au bord antérieur du diplosegment II. Du
milieu environ de la poche trachéenne part un puissant faisceau trachéo-dorsal
postérieur ( td.p') qui rejoint le bord antérieur du diplosegment III. Un
faisceau identique (td.p 1 ) double le premier.
En arrière de la première paire de pattes des Spirostreptides se place un
sclérite impair ou deux sclérites latéraux, nommés sclérites intercalaires (s c)
(fig. 15). De chaque sclérite part un muscle puissant (sc.p 1 ) accolé aux pré¬
cédents, et dont le point d'insertion sur le diplosegment II se confond avec
les autres.
P- 2. — IJn muscle sterno-dorsal (s d*) dans le diplosegment II. Un faisceau
trachéo-dorsal antérietir ( td.a *) s'insérant sur le phragma du III* anneau.
Un faisceau trachéo-dorsal postérieur (td.p*) allant au phragma du diplo¬
segment IV. Le sclérite intercalaire sert de point d’appui à un muscle (s c.p*)
s’accolant au précédent.
P. 3. — Pas de muscle sterno-dorsal. Un faisceau trachéo-dorsal antérieur (td.a 3 )
aboutissant au phragma du diplosegment IV. Du milieu environ de la poche
trachéenne un puissant trachéo-dorsal postérieur (td.p 3 ) allant au diplo¬
segment V. Le sclérite intercalaire supporte un muscle (s c.p 3 ) se confondant
avec le premier.
P- t. — Soudée entièrement à l'arc pleurotergal V. Un muscle trachéo-dorsal
antérieur (t d.at).
P. — Rgalemenl soudée au diplosegment V, présente un seul muscle trachéo-
dorsal postérieur (td.p 3 ) inséré sur le prophragma du diplosegment sui¬
vant (VI).
Les paires de pattes 6 et 7 montrent les mêmes faisceaux que ceux des
paires 4 et 5 aboutissant respectivement aux anneaux VI et VII.
h) Musculatures trachéo et sterno-ventrales.
Chez les Spirostreptides ces muscles sont moins nombreux que chez les
groupes dont les sternii.es sont libres. II existe toutefois à la première paire de
pattes, un trachéo-venlral (t v’) qui aboutit au diplosegment II. Les P. 2 et P. 3
montrent chacune un muscle homologue, mais rejoignant respectivement les
anneaux III et IV.
Les paires de pattes 4 et 6 supportent un muscle trachéo-slcrnal ventral
aboutissant aux anneaux précédents IV et V. En outre, la paire de pattes 1 est
reliée à l’apophyse occipilale par un muscle puissant (t.ce).
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentalre (te).
Comme les muscles trachéo et slerno-ventraux, les muscles trachéo-coxaux
sont peu nombreux. Il en existe une paire, chiasmatique, débutant, sur la gula (t c)
et insérée à la base du syncoxosternum de la P. / et une seconde paire, non
chiasmatique, allant de la gula à une bride de la base du syncoxosternum. Nous
remarquons également l’existence de ces muscles chiasmatiques et des muscles
subparallèles entre les paires de pattes 1 et 2 (fig. 13 et 14). Entre les paires 2 et 3
ü n’y a généralement que les chiasmatiques (lig. 13), mais qui relient la base
des hanches libres à cette paire d'appendices. 11 n’existe pas, comme chez les
groupes précédents, de muscles trachéo-coxaux aboutissant aux coxites de la
même paire de pattes. Toutefois, il y a lieu de signaler (et nous le précisons dans
Source : MNHN, Paris
■** JEAN-MARIE DEMANGE
un autre chapitre) deux faisceaux musculaires (t.t) partant du milieu environ
de la poche trachéenne et s'insérant sur ta face interne du tablier postérieur du
synooxosternum de la /'. I (llg. 15). Ce muscle n’existe qu'au niveau de cette paire
d’appendices.
d) Musculature trachéo-scléritale (/ s).
Seules les paires de pattes 1 et 2 possèdent des faisceaux musculaires réunis¬
sant leurs poches trachéennes et les sclérites intercalaires (lig. 15). La /'. :t semble
en être dépourvue, mais il se pourrait que certaines espèces en possèdent.
e) Musculature longitudinale ventrale.
Deux bandes musculaires classiques réunissent les pattes entre elles par leurs
poches trachéennes. Ces faisceaux deviennent impairs après la 3* paire de pattes,
encore que cela ne soit pas toujours de règle.
La poche trachéenne de la paire de paites 1 envoie, vers l'avant, un faisceau
it.ee) continuant les bandes longitudinales, qui s'insère sur le bord 'latéral de la
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHII.OPODE8 ET DES CH 1LOG.NATHES
33
saillie occipitale (flg. 12 et 38). Un second muscle, parlant celte fois du syn-
coxosternum, vient s’insérer sensiblement au même point (s.o). De la poche tra¬
chéenne de la / également, et faisant suite aux bandes citées plus haut, deux
muscles longitudinaux ventraux {Lv) rejoignent la gula el l’apophyse de celle-ci
(fig. 9, 10, 12). Entre la gula et la saillie occipitale se situe un longitudinal ventral
presque imperceptible {l.v.g) (flg. 12 et 38).
f) Musculature longitudinale dorsale.
Comme chez la plupart des autres Chilognathes, nous trouvons chez les
Spirostreptides deux couches musculaires.
La couche profonde réunit les deux phragmes des diplosegmcnls, la couche
superficielle est double el croisée, mais ne dépasse pas le milieu de l’anneau
(fig. 12- 38-39 - 40).
Les faisceaux de la couche profonde du collum le traversent sans s'y arrêter
'flg. 12 -38-39), et aboutissent au phragma dil occipital ( pc ) (fig. 37). l ii
second faisceau, parlant également du phragma du diplosegment II, vient s’attacher
au milieu d'un repli du bord antérieur du collum (fig. 38-39-40). Enfin, le
collum est rattaché dorsalement à la capsule céphalique par deux muscles prenant
naissance de chaque côté de la ligne médiane dorsale, en partie sous le repli
foliaire IM.m (flg. 38 - 39).
2. — POL YDESM 01 DEA (fig. 16;.
a) Musculature dorso-ventrale trachéo-dorsale {t d), sterno-dorsale {sel)].
Gula. — Comme précédemment.
P- I. — Un muscle slemo-dorsal (sd‘) aboutissant dans le collum. Un faisceau
trachéo-dorsal antérieur {td.a') s'attachant au bord antérieur du II' anneau
et dans le prozonite. Un trachéo-dorsal postérieur (t d.p') dans ce même
anneau. A la base de la paire de pattes, prennent naissance deux faisceaux
postérieurs ( td.p‘) qui rejoignent le prozonite du diplosegment III.
P. 2. — Un faisceau stcrno-dorsal {s d 1 ) aboutissant dans le II' diplosegment; un
trachéo-dorsal antérieur ( t d.a*) et un trachéo-dorsal postérieur {l d.p 1 ) dans
l’anneau III. Comme à la paire de pattes I, deux faisceaux postérieurs {t d.p 1 ,
prennent naissance à leur base et rejoignent le bord antérieur du diplo¬
segment IV.
P. 3. — Soudée au diplosegment, avec un seul trachéo-dorsal postérieur ( td.p s )
allant au bord antérieur de l’anneau suivant (V).
P- 4. — Sans trachéo-dorsaux.
P- S. — Avec un muscle trachéo-dorsal postérieur {t d.p 1 ) s’insérant au bord latéral
antérieur du diplosegment VI.
P- 6 et P. 7. — A musculature identique à celle des /'. i et /'. ,ï.
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales tv et s t).
Gula. — Néant.
P■ I. — Un muscle trachéo-ventral (tv 1 ) rejoignant le bord ventral du diplo¬
segment II; un faisceau débutant au syncoxosternite et rejoignant l’apophyse
occipitale {s o).
P- 2. — Un trachéo-ventral (t »») allant à l’anneau III.
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentalre (te).
Ces muscles chiasmatiques ne se rencontrent qu’entre la gula et P. / et
fi ntre P. 1 et P. 2. Ils aboutissent à la base des hanches à P. 2 et à la bride syn-
'‘oxosternale à P. I. Entre la gula et P. I ils sont doublés de faisceaux parallèles.
d) Musculature longitudinale ventrale {lv).
Elle est constituée de larges bandes reliant les poches trachéennes entre elles.
Les bandes sont doubles au niveau des paires de pattes libres, c’est-à-dire entre :
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHII.OPODES ET DES CHII.OGNATHES
JEAN-MARIE DEMANGE
gula et P. 1 , P. I et P. 2, P. 2 et PJ et simples à partir de cette dernière paire.
Un faisceau longitudinal ventral existe entre la gula et l’apophyse occipitale (l.v.g).
De plus, dans le collum, cette musculature est doublée d'un faisceau partant de
la poche trachéenne de la P. / et rejoignant la partie latérale de l’apophyse
occipitale.
e) Musculature longitudinale dorsale.
Elle est identique aux précédentes.
D. — ANOCHETA
1. — SPIROBOLOIDEA (1) (flg. 17).
a) Musculature dorso-ventrale (trachéo-dorsale et sterno-dorsale).
(îula. — Un muscle trachéo-dorsal (td.g) se rendant dans le collum et deux
faisceaux Irachéo-dorsaux postérieurs (t d.g' - l d.g") rejoignant le bord anté¬
rieur du diplosegrnent II. Le premier de ces deux faisceaux (t d.g’) empiète
sur l'apophyse de la gula rattachée à la capsule céphalique (fig. 9-10-11):
un muscle stemo-dorsal ( g.c ) aboutissant à la partie latérale de la capsule
céphalique (non représenté).
P. I. — Un muscle stemo-dorsal ( sd‘) aboutissant dans le collum; deux muscles
Irachéo-dorsaux antérieurs, l’un ( 11 ) inséré dans la portion latérale du collum.
l’autre ( td.a‘) au bord antérieur du diplosegrnent II; du milieu environ de
la poche trachéenne part un muscle trachéo-dorsal postérieur ( t dp') qui
rejoint le bord antérieur du diplosegrnent III. Comme chez les Spirostreptides
Fie. I». — Fragment du syncoxosternum de la 2» |>alre de pattes de Pachybolus lamtnatu*
chevallterl Brül avec scICrlte intercalaire (*<■) et sa musculature.
(H Voir note Infrapaginale page 28.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CH1LOPODE8 ET DES CHILOGNATHES 37
on rencontre des sclérites intercalaires en arrière de cette paire de pattes
(fig. 18). De chaque sclérite part un muscle (s c.p‘) s'insérant sur le phragma
du diplosegment III, au niveau du trachéo-dorsal précédent.
P- 2. — Un puissant muscle sterno-dorsal ( sd *) se rendant au II* anneau; deux
faisceaux trachéo-dorsaux antérieurs (t d.a‘) aboutissant l’un à la face anté¬
rieure, l’autre sur la postérieure du phragma du diplosegment III; un second
trachéo-dorsal postérieur [td.pt) rejoint le IV* anneau. Chaque sclérite inter¬
calaire est le point de départ d’un muscle trachéo postérieur [s c.p‘ ) aboutissant
au voisinage des précédents (fig. 19).
f*. 3. — Cette paire de patles est soudée au III* diplosegment, et non au IV* comme
chez les autres Chilognathes : un seul trachéo-dorsal postérieur (td.p *) esl
présent, et il traverse, sans s’y attacher, le IV* diplosegment pour aboutir au
phragma du suivant (V*). Chez certaines espèces, et c’est le cas le plus général,
il existe une fibre Irachéo-dorsale antérieure (t d.a s ) rattachée au phragma
du diplosegment IV.
— Également soudée à l'anneau qui la porte (IV*), ne présente qu'un muscle
trachéo-poslérieur [td.pt), ténu s'insérant sur le V* anneau.
1‘. S. — Seule paire de pattes, également soudée, du diplosegment V; montre un
trachéo-dorsal [td.pt) se rendant à l’anneau suivant (VI).
P. 6. — Soudée de même que P. 7 au VI' diplosegment, possède un muscle trachéo-
dorscd antérieur (td.a«) inséré au bord supérieur du même anneau.
P. 7. — Avec un muscle trachéo-dorsal postérieur [td.p 7 ) se rendant au diplo¬
segment VII.
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales (tv - sv).
Cette musculature est très rudimentaire. La P. 2 montre un trachéo-ventral
[t u*) rejoignant le II* anneau. Les P. 4 et P. S présentent un faisceau trachéo-
sterno-venlral [t v* - t v l ) allant respectivement aux diplosegments III et IV.
Ua P. i et la gula présentent des muscles [t.c e) [s.o ) allant s'insérer au voisinage
de l’apophyse occipitale.
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire [te).
Comme chez les Spirostreptides ces muscles, chiasmatiques ou parallèles,
existent entre la gula et P. 1, P. 1 et P. 2, P. 2 et P. 3 (fig. 14). Il n’y a souvent que
des indications de chiasmatiques, d’un seul côté par exemple. Très généralement
‘‘ ne subsiste que la paire parallèle comme entre P. 2 et P. 3. Ces muscles ont
d ailleurs, sans aucun doute, la môme origine. Les muscles parallèles aboutissent
syncoxosternum de P. 1, sur une bride, les chiamastiques à la base des hanches
des appendices suivants. En outre, à P. / se trouvent des faisceaux partant de la
poche trachéenne [t.t) et aboutissant sous le. tablier du syncoxosternum (fig. 15;
comme chez les Spirostreptides.
d) Musculature trachéo-scléritale [ts).
De chaque poche trachéenne des P. / et P. 2 partent des muscles qui aboutissent
a Ux sclérites intercalaires (fig. 15). A la P. 3, où les sclérites n’existent pas, on
r emarque la présence d’un muscle (ts) qui semble identique aux précédents et
fiui vient s’insérer à la base du tablier de l’appendice.
o) Musculatures longitudinales, ventrale et dorsale.
Se reporter aux précédentes descriptions.
E. — IULOIDEA (lig. 20)
a) Musculature dorso-ventrale [trachéo-dorsale (t d) et sterno-dorsale(sd)].
•ula. —. voir descriptions précédentes.
• — Un muscle stemo-dorsal (sd 1 ) dans le collum; un muscle trachéo-dorsal
antérieur (t d.a') aboutissant au bord antérieur du diplosegment II. Un large
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DE8 CHILOGNATHES 39
Shé«nm té S r “ 1) , <ianS 16 '■“toKment. Du milieu de la poehe
; n f, '‘ é , e part faisceau trachéo-dorsal postérieur (td.pt) qui rejoint
Chaaue sr?érf??Mnf 6 dip . lose £ ment 1,I: un second td.pt ténu dans l’anneau II
musclc e<*n
J(HL^ l 4 dms 18 Ip Dn faisceau trachéo-
TTT. fiinineoo-mûnt a a ^ ® attach ant sur la face postérieure du phragma du
(tdiTZuiïrt 1 TJm*? mi 'f u de a poche trachéenne, un faisceau postérieur
(td.p ) allant, atéralement, au phragma du diplosegment IV Sclérite inter¬
calaire avec faisceau identique (sc.p*). 8 ocierue îniei-
P ' *1 "SW", - Dn (ad') se rendant au phragma
latero-dorsal du IIP diplosegment, et un trachéo-dorsal postérieur (tdv *)
rejoignant la portion latéro-dorsale phragmatique de PanneauV *
' 4 (ïdi] S Jinü d nZ e , nSem r e f l ,x U d ‘ p,0se&ment v )- - P- * avec un sterno-dorsal
dent ITVl r?n i Ô, ParÜ ? la ‘ é J°- dorsale Pragmatique du diplosegment précé¬
da fusion rtea il trac ' l A éo - dors <* (* d -P 5 ) Part du complexe résultant de
phr^T du d8S de ” Paires d8 ^ 8t "*"* 18
P 6 segment~ Musculature identique aux précédentes, avec décalage d’un diplo-
b) Musculatures trachéo et sterno-ventrales (tv) ( sv ).
de nat/p^rio ^ n î usc,e ® trachéo-ventraux qu’aux première et deuxième paires
pattes. Ces muscles rejoignent la lèvre ventrale des diplosegments II et III.
c) Musculature trachéo-coxale intersegmentaire (te).
de chiasmatiques, n’existent qu’entre la gula et la première paire
sant le oin Entre Ies p - 2 p - 3 se placent des muscles réunis-
réus«îi j, hn 1 ® de P- 2 e ^, i. a poche trachéenne de P. 3. Nous n'avons pas encore
oEi homo'oguer ces faisceaux, à moins qu’il ne s’agisse de sterno-ventraux
laX’.g p ! se i ro , uve un muscle trachéo-syncoxosternal (t.t) comme chez
plupart des autres Chilognathes.
d) Musculatures longitudinales, ventrale et dorsale.
gnatifes 63 ^ identiques ’ à <l ueI( I ue s petits détails près, à celles des autres Chilo-
Source : MNHN, Paris
Chapitre II
INTERPRÉTATION DES FAITS
Nous avons vu précédemment que le stemite est étroitement lié aux hanches
des pattes ambulatoires et que sternite et appendices forment un ensemble. Les
poches trachéennes, puissants apodèmes musculaires, s'ajoutent à cet ensemble.
Le sternite est même très fréquemment soudé avec les hanches en ur
syncoxosternum, dans les paires de pattes antérieures du corps par exemple
(fig. 14, 21, 25, 175). En outre, certains appendices comme le platosternite des
Chordeumides (11g. 33) présentent, dans des cas tératologiques, des vestiges de
télopodites. Les poches trachéennes sont des invaginations de la paroi sternale
correspondant, plus ou moins, avec la base de la patte (subcoxa) ; elles représentent
très probablement une pièce coxosternale. Donc, poches trachéennes, sternite et
coxites ont des relations très étroites chez les Diplopodes, relations qui ne per¬
mettent pas de dissocier ces éléments, au moins pour les muscles dorso-ventraux
(trachéo-dorsaux) que nous considérons comme des appendiculaires comme
Ph. Ravoux, chez les Symphyles. La présence d’un de ces faisceaux trachéo-dorsaux
ou trachéo-ventraux sera, pour nous, l’indice non seulement de l’existence d’un
sternite, mais aussi d’une trace possible d’appendice, puisque sternite et appen¬
dices semblent indissociables. Lorsqu’une sclérification correspondra au point
d’insertion musculaire, elle sera dénommée « trachéo-sternite ». Dans notre esprit,
du fait de la coexistence, de la coalescence et de la fusion des appendices et du
sternite avec ses poches trachéennes, nous ne pouvons dissocier la position d’une
poche trachéenne ou d’un sternite, dans un segment, des membres qui lui cor¬
respondent.
Il existe pour définir les muscles des repères importants qui sont les points
d’insertion. Ces points d’insertion sont strictement utilisables morphologiquement.
C’est pourquoi chaque faisceau a été désigné par ses points de départ et d’arrivée.
Un trachéo-dorsal ou un sterno-dorsal sont morphologiquement homologues chez
tous les Diplopodes, quelle que soit leur orientation. Agir autrement et confondre
les points de vues topographiques, dynamiques et morphologiques risque
d’entraîner des malentendus regrettables.
S. M. Manton, dans son travail de 1961, fait, par exemple, une distinction
entre deux séries de muscles dénommés involvcns inferus et involvens inferior.
De l’étude des figures publiées un fait curieux se dégage, c’est celui do la diversité
des points d’attache de ces faisceaux.
a) Les involvens inferus ne possèdent pas tous, d’après S. M. Manton, des
points d’insertion identiques dans tous les groupes. Chez Polymicrodon poly-
desmoides ils réunissent le prophragma d’un diplosegment et les poches tra¬
chéennes de la paire de pattes postérieure de ce diplosegment, tandis que chez
Callipus foctidissimus, Cylindroiulus punctatus et Spirobolus, ils aboutissent, face
ventrale, au diplosegment suivant.
b) Les involvens inferior des uns paraissent homologues aux flexor sternalis
des autres, flexor sternalis dont les insertions sont également multiples suivant
les groupes (Colobognalha, Nematophora, Iuloidea, etc.).
Il y a lieu de rétablir les faits et de redresser quelques confusions; les études
morphologiques consacrées aux Myriapodes sont rares et il est nécessaire d’éviter
l’emploi de nomenclatures propres à chaque spécialiste, nomenclatures qui sont
souvent à l'origine de mésententes et de controverses stériles.
S. M. Manton admet que Vinvolvens inferus part d’un prophragma pour
rejoindre le prophragma suivant (base) ( Cylindroiulus et Callipus) (tendon chez
Spirobolus ). Ce ne serait donc pas un muscle lié à l'appendice. Or, elle admet immé¬
diatement après qu’il est présent chez Polymicrodon mais aboutit à l’apex de la
poche trachéenne postérieure. C’est confondre un muscle somatique avec un muscle
appendiculaire. Toutefois, elle présume que cette insertion n’est que secondaire
et due à la grande taille de la poche trachéenne qui ferait obstacle à l’insertion
normale l
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE3 ET DES CHILOGNATHES
admettre cette façon de voir car des muscles homologues ne
inné Ù’oeï , é t J P “' r , éu T deu * ProPhrasmes chez les uns et le prophragma
muscle 1 . n t”T f J utres - Quanl à dir » » U ' !I ? a interception du
“ /"J 8 , p h , tra0 idenne d une paire de pattes 1 Celui de Polymicrodm
mmènef.ln p î nl ” !? V °?° r “P^V* 4 * posticae, si l'on veut reprendre la
êt 10 'f a P a r . 1 a,,teur ' E ” “ s moscI « s fc “'or rnop'wi* « «fin»
Dat?p«^A P artent , de diplosegments et aboutissent aux poches trachéennes des
Pattes antérieure et postérieure de ces diplosegments
serai! ( >V e ’ 8uiva ? t les poupes, involvens inféras, par exemple,
IIptI r n r 6 h ° ‘f el P eu t-0tre même tobliqum médias et
liexor stemalis chez les Colobognathes.
A. — MUSCLES DIRECTEURS ET POSITION DES MEMBRES
DANS LES DIPLOSEGMENTS
de rtfcïSÏL?"» mUS , < : les trach J é °-dorsaux permet de dégager une musculature type
son! tiTi ' 81 ?“ pr . end comme référence des Diplopodes dont les sternites
m T plaur , oter 8 al « «»<« lo*d»«Ia tas appendices ont une position
PanriV// a de . °n cntère , 11 est facile de déduire, chez les autres Chilognathes,
ppartenance de telle ou telle paire de pattes à tel ou tel diplosegment.
(f\n ? 0 f a . rtlr du V1 ‘ diplosegment ( Spirobolus ) (llg. 17) ou du V* ( Spirostreptus )
a n L| 0 ’ les P aires d appendices se retrouvent deux à deux et il existe à la paire
dorto T®,!?"- trac ' le o-dorsaI antérieur (td.a) et à la paire postérieure un trachéo-
orsal postérieur (t d.p) rejoignant le diplosegment suivant. La paire de pattes
d un diplosegment est donc caractérisée par un muscle s'insérant au
un m. du diplosegment lui-même, et la paire de pattes postérieure par
nnJw 6 sal , tachant au Phragma du diplosegment suivant. Ces muscles seront
dlE . musc . les , directeurs. Selon les groupes, les faisceaux musculaires sont
0 u„, n ts> niais ' es fuselés directeurs cités subsistent. On rencontre, par exemple
nln 6S i ' or deumides, Craspedosomides, Callipoides, où la musculature est la
p us complexe (fig. 3 et 6), deux, trois ou quatre faisceaux au lieu d’un seul à la
puene trachéenne de la paire de pattes postérieure. Les muscles trachéo-dorsaux
n ® ieur f l ‘-a) restent toujours simples dans les anneaux abdominaux ou dis¬
paraissent complètement chez les Iuloidea (fig. 20).
nefii" eCi i 0St un P remier résultat, satisfaisant pour les segments abdominaux, mais
thnr m . en ^ Insu ' ' san t pour comprendre la musculature des anneaux et appendices
min a | Cl ^ Ue8 ' Celle-ci est en effet plus complexe et nous devons admettre que les
c es trachéo-dorsaux du diplosegment du tronc ne peuvent servir, à eux seuls,
pour interpréter les anneaux thoraciques.
de a donc été recherché de nouveaux critères (muscles directeurs) à partir
Din r-'- sterno-dorsaux {s d) dont la présence est constante chez tous les
toiifni i ’ aU moins dans la région thoracique. Ces muscles sont présents sur
Cra a * on 6 ueur du corps chez certains Chilognathes comme les Chordeumides,
spedosomides, Iulides, Colobognathes, mais disparaissent très tôt, c’est-à-dire
fait ^ U6S anneaux après le thorax, chez d'autres groupes comme les Callipoidea. Un
r - important les caractérise : ils sont toujours associés à des appendices anté-
Poin» j 7 0S d'Plosogments, tels que ceux-ci ont été définis précédemment, et leur
t d insertion se situe toujours dans le diplosegment précédent.
être ha' 8 Si ’ désormais, les appendices antérieurs d'un diplosegment peuvent
a ® définis par deux paires de muscles directeurs, il n’en est pas de même des
téri d* Ces Postérieurs. Il est de moins grande importance il est vrai, de carac-
dan S6 H * eS °î embre3 postérieurs dès l’instant que les antérieurs le sont, mais
(orifi deS ré S ions profondément modifiées comme les zones génitales antérieures
n écessa^ Sexue * s ^ ou c °pul a trices (gonopodes) une précision plus grande est
c u muscle, particulier à ces membres postérieurs, a pu être mis en évidence
z les Chordeumides. Il s'agit du muscle sterno-latéral oblique ( sv.l ) (fig. 7 )
les 44 uire3°chl'fojn at he's 3 Splr0l)0lldes les P° 8lllons des appendices ne correspondent pas à celles
Source : MNHN, Paris
42
JEAN-MARIE DEMANGE
qui ne se rencontre qu’au niveau des pattes ambulatoires postérieures. Cette
découverte prendra un intérêt considérable lorsqu’il sera question du sous-ordre
des Chordeumides, et lorsque sera abordée la question, délicate, de la nature des
vulves et du pénis.
L’étude des muscles trachéo-ventraux et sterno-ventraux apporte également
des documents valables dont il sera fait état au fur et à mesure de notre
argumentation. Les sterno-ventraux des pattes antérieures et postérieures des
Chordeumides, notamment, sont toujours, dans le tronc, contenus dans le diplo-
segment auquel appartiennent les appendices, bien que ceux-ci soient, apparem¬
ment, au niveau d’un diplosegment plus antérieur. Il n’en est pas toujours de
même (Callipoidea).
Les trachéo-ventraux peuvent aussi servir à des comparaisons mais leurs
points d'insertion, dans le thorax, ne sont pas situés dans les mêmes anneaux
chez les Spirobolides et les autres Chilognathes. Dans les anneaux du tronc, les
faisceaux des deux paires de pattes sont contenus dans le diplosegment auquel
correspondent les membres. Ceci rejoint donc le cas des Chordeumides, pour les
sterno-ventraux.
Une remarque particulière doit être faite à propos des faisceaux musculaires
intersegmentaires (trachéo-coxaux) des Chordeumides, Craspedosomides, Calli-
pus, etc., chiasmatiques ou non, réunissant les poches trachéennes d'une paire de
pattes donnée aux hanches de la paire d'appendices suivante. Ces muscles se
rencontrent toujours dans le thorax des Chilognathes, mais dans certains cas, les
points d’insertion sont légèrement modifiés, particulièrement chez les Spirobolides,
Spirostreptides, Iulides. Chez ces derniers, les muscles chiasmatiques sont doublés
de faisceaux parallèles dont les points d’attache sont identiques. Si ces muscles
parallèles sont toujours présents dans tous les segments thoraciques, il n'en est
pas de même des chiasmatiques. De plus, les points d’insertion se situent sur la
bride sternale au niveau des hanches et non sur les hanches elles-mêmes, sauf
chez les Polydesmoidea.
Voici quelques dispositions :
Spirobolides :
Gula- P. 1 = muscles parallèles sur bride sternale + chiasmatiques.
P. 1 - P. 2 = muscles parallèles sur bride sternale + 1 ou 2 fibres obliques d'un
côté ou de l'autre rappelant une indication de chiasmatique.
P. 2 - P. 3 = muscles parallèles sur bride sternale.
Spirostreptides :
Gula - P. 1 = muscles parallèles sur bride sternale + chiasmatiques.
P. 1 - P. 2 = chiasmatiques sur bride sternale.
P. 2 - P. 3 = muscles parallèles sur bride sternale.
Polydesmides :
Gula - P. i — muscles parallèles sur bride sternale -f chiasmatiques.
P. / - P. 2 = chiasmatiques à la base des hanches.
P. 2 - P. 3 = absent.
Ces deux faisceaux musculaires ont, probablement, la même origine, tous
deux étant intersegmentaires et possédant souvent les mêmes points d’insertion-
Ils sont très certainement homologues aux muscles chiasmatiques des Chordeu-
mides, Craspedosomides, Callipoides, encore qu'ils aboutissent à une bride sternale
du syncoxosternum (fig. 14, 175).
Toutefois, un point intéressant est à mettre en relief : cette bride, dont 1»
position est perpendiculaire à la surface syncoxosternale, vient en contact a v ®®
les hanches. Il se pourrait qu'elle ne soit pas entièrement d’origine sternal
mais sterno-coxale, ce qui expliquerait la différence d'insertion. Précisons fi u
le pénis dont la musculature est identique (fig. 66 à 69) et montre des faisceau
chiasmatiques et parallèles, se trouve isolé du sclérite intercalaire. Nous verron
au chapitre III que cet organe pourrait être d'origine coxoslernale alors que
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES 43
onf él n i mhfhî! it T trachéo-sternite. Les points d’attache différents des muscles
ÏÏneïïïïbernent pour ongine la fusion étroite de la hanche avec le sternite en
syncoxostemite. Chez les Polydesmides où les chiasmatiques aboutissent à la
les riP.fv han .'i hes de la J*- ®, cette dernière ne présente pas de svncoxosternum.
ies deux portions coxale et sternale étant séparées
,,„„„ Ccs d ?" x J )aires <* e puæles sont très importantes pour déterminer les posi¬
tions exactes des appendices, ce sont donc aussi des muscles directeurs; ils sont
lotijours présents entre deux paires de pattes et leurs points d’insertion remar-
X! hivT ‘ K° che ,mcUennc d'une paire d'appendices i la hanche
ou bride coxosternale de la paire suivante. Ils renforcent considérablement notre
argumentation dans les lignes qui vont suivre.
En résumé, certains muscles des Diplopodes sont des indicateurs précieux
pour situer les appendices les uns par rapport aux autres, et préciser leurs posi-
s™» d î nS ICS d, Pi» se 8™™*s- c » SOU. en particulier, les trachéo-dorsaux (fi),
taîir. d s ^ er n 0- i ra chéo-ventraux (sv-tv) et trachéo-coxaux (te)
d« a X l “ res '. ePinemnbitiues ou non. Mais il y a lieu de rechercher les causes
oes différences existant entre les points d’insertion de certains d'entre eux, comme
‘es trachéo-ventraux des Spirobolides et des autres Chilognathes.
— TRANSLATION DES PATTES CHEZ LES SPIROBOLIDES
Non seulement le point d’insertion du muscle trachéo-ventral de la P. 2 passe,
SP'robûhdes, du IIP anneau au II-, mais il manque, aux paires de
yuies i et 3, les faisceaux qui devraient aboutir dans les II* et IV- anneaux.
Ira u 0 , OIS1 ^ ine caractéristique, particulière aux Spirobolides, est que le muscle
. ern °r Ventral de la paire de P atles 4 rejoint le IIP anneau au lieu
ou iv , et qu il existe un muscle homologue à la P. 5.
i r ® mar( I ue il ue t° us les points d’insertion des muscles classiques sont
hOLa* ^ anneau vers l'avant et que l’hypothèse d’un mouvement de transla-
n ,. u® certaines paires de pattes, notamment les 3- et 4* est parfaitement soute-
iame. Ces muscles trachéo-ventraux, liés aux trachéo-dorsaux de la P. 3, sont
a preuve qu’un déplacement des appendices est possible puisque l’homologue des
chéo-ventraux de la P. 2 aboutit ventralement au II- anneau, alors que son
lornologue, chez les autres Chilognathes, s’insère dans le IIP. L’hypothèse du
,i p acement des pattes est d'autant plus vraisemblable que le muscle trachéo-
oorsal postérieur (td.p*) de la P. 3 des Spirobolides, tout en gardant son point
attache dans le V- diplosegmenl, traverse, sans s’y arrêter, le IV- anneau par
rii, î- , a P 08 **’* 00 de la paire de pattes correspondante, qui se trouve au niveau
’iu diplosegment III au lieu du IV-.
tel phénomène de translation a déjà été supposé par F. Silvestri (i),
et ' tv am ' S Ptiypothèse suivante : le collum étant apode et les anneaux II, III
V étant munis d'une seule paire d’appendices, la paire antérieure du
P° ss ^ an t deux paires de pattes, chez les Chilognathes, vient se placer
d» 8 Ia paire de ce IV« anneau passe dans le III- et la paire de membres
celui-ci se joint à la 1” paire de pattes dans le II- anneau,
th' v - Verhoepp nie ce déplacement et le considère comme purement hypo-
et e, Ue ’ I* es *' ' m POssible, d'après lui, que des paires de pattes comme les 3-
Da i* f 6 déplacent puisqu'elles sont soudées aux pleurotergites. Un déplacement
soni m.® s t toutefois accepté par l’auteur pour des appendices dont les sternites
les ll ‘ )res 2 *). ma is il n’en est pas de même avec les 3-, 4* et 5- paires dont
jl® " rapports physiologiques étroits avec les III- et IV- anneaux l’interdisent.
ne peuvent pas se déplacer, d'autant que les liaisons musculaires sont primi-
é t ement établies. Un sternite ne peut se souder à un pleurotergite qui lui est
anger ». K. W. Verhoepp croit plus logique de penser que les anneaux sont
d ri 8‘ n e diplosomitale, le collum restant apode et que le II- anneau a gardé ses
ux paires d'appendices originelles. L’auteur conçoit que le V- anneau a perdu
Prouve uf'ÎSi ?," lc Préliminaire (loea) nous avions déjà partagé l'opinion do f. sh.vesthi ei
el Je la p é d un mouvement de iranslaiion. grâce à la musculature particulière de la P. s
Source : MNHN, Paris
44
JEAN-MARIE DEMANGE
une paire de pattes et pense être en droit de considérer les cyphopodes (vulves)
comme appendices antérieurs du III* diplosegment, tandis que ces mômes cypho¬
podes occupent la place des appendices postérieurs de cet anneau chez les autres
Diplopodes.
S. M. Manton reconnaît également la possibilité d'un déplacement mais se
base uniquement sur la disposition particulière des trachéo-dorsaux. G’est un
point de départ, mais les documents utilisés sont insuffisants si l’on admet, avec
l’auteur, l'origine diplopodienne du thorax. Une musculature diplosomitale devrait
se rencontrer à chaque anneau thoracique, c’est-à-dire un faisceau dorso-ventral
antérieur (t d.a) et un faisceau postérieur (td.p), ce qui n'est pas le cas. D'autre
part, les documents de S. M. Manton n’apportent pas la preuve que les appen¬
dices se sont déplacés dans l’ordre où ils se trouvent les uns par rapport aux
autres et ne précisent pas ceux des appendices qui ont effectivement migré. La
numérotation 1, 2, 3, 4, n’est pas forcément exacte. Si les anneaux thoraciques
sont doubles, que sont devenus les appendices qui semblent manquer et quelles
places occupent-ils dans le diplosegment ? Etaient-ils antérieurs ou postérieurs ?
Autant de questions qui ne sont ni posées ni résolues. Tout au plus trouve-t-on
une allusion au tendon 4 de la P. 3 (flg. 33 b de Manton) qui « représenterait
probablement une relique d’un muscle autrefois fonctionnel », encore le recon¬
naît-on comme un élément antérieur. Ce n'est pas notre opinion; pour nous ce
n’est qu’un élément postérieur et qui n’aboutit pas à la P. 3 mais à un sclérite
situé en arrière de la P. 2. Les points d’insertion sont donc incorrectement
localisés.
En conclusion, les muscles directeurs trachéo-dorsaux, tout en indiquant
qu’un mouvement de translation vers l’avant a pu se produire pour la P. 3 des
Spirobolides, n’apportent pas une preuve de ce déplacement. Il est nécessaire de
faire appel aux muscles trachéo-ventraux de la P. 2 qui s'insèrent sur la lèvre
ventrale de l'anneau II chez les Spirobolides alors qu’ils aboutissent à la lèvre
ventrale de l'anneau III chez les autres Chilognathes.
Deux questions se posent :
a) Comment, dans ces conditions, se présente le thorax des Diplopodes, et
quelle en est la nature ?
b) Puisqu’un mouvement de translation des pattes est prouvé chez les Spi¬
robolides, que deviennent les orifices génitaux et doit-on envisager pour
eux un déplacement du môme ordre ?
C. - INTERPRÉTATION DU THORAX
DES DIPLOPODES CHILOGNATHES
Sur la base de ce qui vient d’étre exposé, il doit être possible d’expliquer et
de comprendre certaines caractéristiques particulières du thorax, notamment 1»
présence d'une seule paire de pattes par anneau.
Comme nous l’avons vu, la musculature trachéo-dorsale est complexe dans le
thorax et n'apporte, à elle seule, aucun renseignement sur la position de la patte.
Mais il existe à chaque paire 1 et 2, un muscle sterno-dorsal qui est caractéristique
d’appendices antérieurs d'anneau. De plus, la présence d’un trachéo-ventral, à
chacune des poches trachéennes, aboutissant aux anneaux II et III, confirme que
les pattes thoraciques I et 2 sont des pattes antérieures et qu’elles appartiennent
aux anneaux II et ///.
Pour les mômes raisons, chez Callipoidea, Craspedosomoidea, Chordeumoidea,
Iuloidea, Colobognalha, la position de la paire de pattes 4 est également antérieure
et l’appendice appartient au IV" anneau, qui a toujours été considéré comme
double par tous les auteurs. Si l'on admet également que la gula appartient au
collum (1) une alternative se pose :
(I) Nous aurons l'occasion de revenir plus en détail sur ce sujet au chapitre II, C. 4.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION
CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
45
a) Ou bien les trois premiers anneaux du corps des Diplopodes sont simples,
et tout est dans l’ordre puisqu’ils possèdent chacun une paire d’appen¬
dices (gula comprise);
b) Ou bien les trois premiers anneaux du corps sont doubles et il manque
alors des appendices.
sclértte inVercâuîre*’ Impair! P#IteS <1 ' une ? de SchizophyUum tabulosum (L.) avec le volumineux
Pio. 22. — 3* paire de pattes de Pachybolus laminatus chevallteri Brôl., face antérieure.
Fig. 23. — 3» paire de pattes de Pachybolus laminatus chevallteri Broi, face postérieure.
B rûlf I< avec’ s'déme^mercJllr'e 1” P8lre de P8lteS <1 ’ Un * d6 Pach ' jbolus tominatus chevallierl
Fio. 25. — Xystopyge alluaudi Brûl. 1« paire do pattes avec sclérlte intercalaire sc
«^"SÛSfSSmSJ? *” ï “ re ® p, ”‘ * d ' ttmuUporus
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
46
1. — VESTIGES DES PATTES THORACIQUES DISPARUES.
Notre attention a été attirée, en premier lieu, par l’existence de sclérites
situés en arrière des P. I, P. 2 et P. 3.
Depuis longtemps déjà, il est connu que la face postérieure des premières
paires de pattes présente des sclérites le plus souvent pairs (t) qui ont été nommés
intercalaires. Ils sont présents chez les Spirobolides (P. 1 et P. 2) (s r. - fi g. 15,
18, 19, 24), Spirostreplides (P. 1 , P. 2, P. 3) (fig. 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31),
Iuloidea (P. / et P. 2) (fig. 21, 32).
Sclérites intercalaires.
Les Spirostreptides montrent en arrière des sternites des l'*, 2* et 3’ paires
de pattes deux sclérites rattachés à ces pattes par des membranes.
Les sclérites des 1” et 2* paires de pattes sont toujours pairs, situés très
latéralement et de formes et volumes variés. Toutefois, chez Xystopygc aüuaudi
Brôl. (fig. 25), on rencontre à la 1" paire, en dehors des sclérites latéraux, deux
petites plages sclérifiées médianes. Chez la 9 les sclérites de la P. 2 sont rejetés
en arrière par l’orifice du sac vulvaire (fig. 50, 51, 52, 53 et 54 Thyropygus) de
môme que chez les S (fig. 27, 28, 30).
Les sclérite rattachés à la 3* paire de pattes sont plus intéressants, car, si
dans la plupart des cas ils sont pairs, chez certaines espèces ils sont représentés
par une large pièce impaire munie, au bord postérieur, de deux apophyses d'in¬
sertions musculaires plus ou moins développées. On les rencontre sous cette
forme chez les genres Plethocrossus, Prionopetalum et Xystopygc; (Xystopygc
aüuaudi Brôl., fig. 31), Plethocrossus octofovcatus (fig. 29), Lophostrnptus, Cha-
ractopygus lucifugus.
En 1962 (2), nous avons émis l’hypothèse que les sclérites intercalaires pour¬
raient être les vestiges de pattes disparues. Telle n’est pas l’opinion de
H. W. Brôlemann (1920). L’auteur envisage et discute deux hypothèses. Ou bien
« ce sont les restes d'organes préexistants qui se sont atrophiés au cours de
l’évolution, ou bien ce sont des formations nouvelles d’apparition tardive ».
La première hypothèse n’est pas retenue par H. W. Brôlemann, bien qu’il l’ait
envisagée au premier abord, car il considère les trois anneaux thoraciques comme
d’origine simple, le premier étant apode, les deux suivants munis chacun d'une
paire d’appendices. La présence du platosternite de W. Bigler au IV e anneau
(diplosegment) conduit H. W. Brôlemann à envisager le sclérite impair de la
3* paire de pattes (fig. 31) et par voie de conséquence les sclérites pairs, comme
équivalent de ce platosternite, donc comme vestiges des membres disparus, les
apodèmes du bord postérieur étant les homologues des poches trachéennes. Tou¬
tefois l’auteur, s’appuyant sur deux faits, ne peut se ranger à cette façon de voir.
En premier lieu, les sclérites intercalaires sont situés en arrière de la 3* paire
de pattes, alors que le platosternite se trouve en avant (3). Si pour expliquer cette
absence de concordance topographique on suppose que la paire de pattes du
IV* anneau n’est pas la môme chez les Spirostreplides et les Chordeumides, on se
heurte à une seconde objection. II. W. Brôlemann fait intervenir alors les
processus différents existant entre les P. 9 situées en arrière des gonopodes du i
des Spirostreptides et les sclérites intercalaires. En effet, la P. 9 au cours de la
croissance de l'animal régresse, tandis que les sclérites intercalaires augmentent
au contraire de volume et atteignent leur état le plus parfait chez l'adulte. Le
processus est donc, inverse et selon H. W. Brôlemann les sclérites suivraient une
évolution post-embryonnaire inverse de ce qui devrait se produire si ces sclérites
étaient des restes d’appendices disparus. Il conclut que ce mode de croissance
exclut la possibilité de cette hypothèse. Les sclérites intercalaires sont donc des
néoformations d’apparition tardive et constituent, suivant la durée plus ou moins
M) Us sont parfois fusionnes
13) Le plamsternlle psi rnnsldi
antérieure du dtplosetrment IV, la
ce diploscfrmenl. Voir chaplire II,
sn un scierlie Impair.
2817-2819. et Bull. Mu». Nat. Hist. nat., t. 31 n» S, p. 355-364.
're par II W. BiiOlïmann comme vcstlire de la paire d'appendices
3* paire de pattes ambulatoires comme une paire postérieure fl"
C. 3. — la discussion qui nous a conduit & une opinion Inverse.
Source : MNHN, Paris
'"rtfugù *b ü7 2 * PSlre dC palles avec P énls et scWr,w Intercalaire Impair de Charactopygus
Fio, 28. — 2* paire de pattes d’un second spécimen de Charactopygus lucifugus BrOl.
Fig. 2d. — 3* paire de pattes de Plethocrossus octofoveatus Att.
Fig. 30. — 2* paire de pattes de Scaphiotreplus parilis (Karsclt).
Fio. si. — 3» paire de pattes d’un Xyslopyge alluaudi Brôl. <f.
Fig. 32. — l« paire de pattes d'un Schtzophyllum sabulosum (L.) d. Abréviations, page 185.
Source : MNHN, Paris
48
JEAN-MARIE DEMANGE
longue du développement individuel, ou bien un pseudo-sternite, ou bien des
plages isolées.
Nous ne sommes pas d’accord avec les interprétations de H. W. Brôlbmann
et ne pouvons considérer les sclérites comme des néoformations, car les muscles
qui aboutissent à ces sclérifications sont typiquement appendiculaires au sens
large donné à ce terme. Les sclérites intercalaires sont les vestiges d’appendices
disparus, et les apodèmes situés aux angles inférieurs sont les traces de poches
trachéennes, car ils supportent des muscles dorso-ventraux (s c.p) et des trachéo-
scléritaux intersegmentaires (ts) (fig. 15-21), homologues noLamment aux dorso-
ventraux (td.p) des pattes ambulatoires normales.
H. W. Brolemann, lorsqu’il tente de rapprocher ces sclérites impairs du
platosternite de W. Bigler, fait fausse route car (voir chapitre II, C. 3) la question
n est pas aussi simple qu’on l'a présentée jusqu’ici. Le platosternite et sa musculature
représente un complexe, vestige des deux paires d’appendices du IV° anneau. Le
platosternite des Chordcumides n’est pas l’homologue du sclérite intercalaire impair
des Spirostreptides, mais au contraire l’homologue de la P. 3 fonctionnelle, tandis
ique le sclérite correspond, chez les Chordeumides, à un territoire postérieur de
la poche trachéenne en baguette de la pièce.
L’argument avancé par H. W. Brolemann pour prouver que les sclérites inter¬
calaires sont des néoformalions et non des membres vestigiaux, et qui repose
sur 1 idée que les traces laissées par un membre disparu par régression, cas
supposé des appendices des doubles segments thoraciques, doivent subir le même
processus régressif au cours du développement post-embryonnaire que les P. !>
ambulatoires des larves $ (1), témoignage de ce processus, n'est pas valable, le
cas de cette paire de pattes étant très particulier. Il s’agit de membres en cours
d’évolution vers une spécialisation (copulatrice) (2) comme nous l’a prouvé l’étude
de sa musculature (3). L’évolution de cette paire de pattes au cours du dévelop¬
pement post-embryonnaire est d'abord régressive puis progressive ; elle se retrouve
chez l’adulte avec une musculature typiquement gonopodiale; par contre les
sclérites intercalaires représentent des membres déjà fixés dans un état de
régression correspondant au degré évolutif de l’animal considéré. Il y a, chez
Brolemann, contusion entre le temps ontogénélique et le temps phylogénétique.
Si aucune solution n'a été apportée par les auteurs au problème de l’origine
des sclérites intercalaires, c’est que seule la morphologie externe a été envisagée.
L’examen de nos figures, plus particulièrement celles consacrées aux Spirobolides,
Spirostreptides et Iuloidea (fig. 12, 17, 20), montre avec clarté que ces formations,
qu’elles soient paires ou impaires, servent de base à des faisceaux musculaires
particuliers qui ont échappé jusqu’ici aux recherches. Nous reconnaissons, pour
chacun d'entre eux, des trachéo-dorsaux aboutissant respectivement aux
anneaux III, IV et V, homologues aux trachéo-dorsaux des membres 1,2, 3, trachéo-
dorsaux qui se trouvent môme confondus avec ceux des appendices ambulatoires
en une seule masse musculaire. C’est la dissection fine qui, seule, peut déceler
1 existence de ces faisceaux. L’une des raisons de leur méconnaissance réside préci¬
sément dans le fait qu’une seule masse musculaire dissimulait deux muscles
différents. En outre, une deuxième paire de faisceaux musculaires ( ts ) réunit les
sclérites à la poche trachéenne de la patte ambulatoire à laquelle ils sont accolés
(fig. 15). La troisième paire de pattes des Spirobolides, qui ne présente aucune
sclériflcation, mais seulement un simple feuillet chitineux translucide, possède
néanmoins ces muscles trachéo-scléritaux.
Quelles sont les homologies de ces muscles particuliers ? Nous pouvons vala¬
blement les comparer aux intersegmentaires des pattes ambulatoires (te). Ces
faisceaux sont très probablement identiques aux muscles parallèles qui se
retrouvent toujours dans le thorax. On peut envisager que les muscles sont
dérivés des faisceaux primitifs et sont en voie de régression comme les
appendices correspondants. Nous verrons au chapitre III que les vulves et
le pénis, appendices spécialisés, ont conservé des muscles identiques y compris
les chiasmatiques (fig. 66).
(1) - (2) Voir troisième partie, chapitre IV.
(3) DEMANGE J.-M, : C. fl. Acad. Sc., t. 248, p. 2032-2033. 1959, Bull. Mus. nat. Htsl, W**"
t 36, n° 2, p. 101-210. 1964.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHIL0P0DE8 ET DES CHILOGNATHE8 49
Pour nous il ne fait aucun doute que les sclérites intercalaires représentent
les vestiges de trachéo-sternites d’un second métamère thoracique, et par consé¬
quent des membres correspondants puisque sternite, poches trachéennes et
appendices forment un tout chez les Diplopodes. Les muscles trachéo-dorsaux,
associés aux sclérites, sont caractéristiques et doivent se retrouver môme chez les
espèces dépourvues de formations visibles. C’est en effet ce que l’on constate, mais
il faut reconnaître que, sans les documents apportés par les Spiroboles et les
Spirostreptes, Chilognathes réputés archaïques, il serait impossible de désigner
affirmativement tel muscle comme vestigial et de ne pas le confondre avec le
faisceau appartenant à l’appendice auquel la sclérification est rattachée.
Si chez les Callipoidea il est encore possible d’entrevoir la possibilité de
1 existence d’une formation particulière, grâce aux points d'attache des muscles
situés un peu en dehors du sternite de la P. 2, on ne pourrait dissocier ces fais¬
ceaux chez les Polydesmoidea et Colobognatha par exemple, où seuls les points
d’insertion sont visibles en l’absence de sclérites. Les points d’insertion sont, dans
ce cas, des indicateurs précieux.
Une dernière constatation peut être faite concernant l’individualisation des
sclérites, vestiges appendiculaires : c’est seulement chez les formes réputées
primitives que les sclérifications sont visibles. Les groupes très évolués, comme
les Polydesmoidea, sont généralement dépourvus de ces formations et ne montrent
que les points d’attache des trachéo-dorsaux particuliers, comme s’il y avait eu
fusion de la pièce à la paire de pattes. On peut envisager que la régression de la
paire de pattes entraîne des rapports étroits avec les appendices précédents et une
fusion partielle des éléments, notamment trachéens, comme semble l'indiquer la
présence de muscles trachéo-dorsaux postérieurs (td.p) sur les pattes restant ambu¬
latoires. L'insertion de ces muscles étrangers à une paire de pattes antérieure
pourrait n’ôtre qu’apparente. De telles fusions trachéennes existent d’ailleurs dans
les anneaux abdominaux. Ces phénomènes de fusion semblent identiques à ceux
découverts dans les organes génitaux (chapitre III) le pénis notamment. A un
pénis fusionné correspond l’absence de trace visible de sclérite, mais il y a
persistance des faisceaux trachéo-dorsaux correspondants.
Notre interprétation des anneaux thoraciques doubles est confirmée par
O. Pfi.ugfei.der qui a retrouvé chez Platyrrhacus amauros deux paires de sacs
coelomiques et deux ébauches ganglionnaires par anneau thoracique. Mais un
travail récent (1964), dont nous avons eu connaissance après la rédaction de cette
étude, aboutit à une conclusion opposée. W. Dohle, étudiant l'embryologie de
1 ’lomeris marginata (Vill.), ne trouve (in litt.) qu’une paire de sacs coelomiques
Par anneau : il n’observe de môme (in litt.) qu’une seule paire de ganglions, et nous
adresse le dessin d’une coupe sagittale d’un jeune embryon d 'Orthomorpha gracilis,
en y désignant les somiles des 1", 2* et 3* paires de pattes (anneaux II, III et IV),
le collum correspondant au somite post-maxillaire. Il conclut donc à un thorax à
segments simples. Néanmoins la figure de Dohle montre, au niveau de chaque
somite appendiculaire, une incisure qui fait penser à la présence de deux ganglions
et non d’un seul; on retrouverait ainsi les données de O. Pflugfelder.
t En résumé, les embryologistes ne sont pas d’accord, et leurs observations
8 opposent : d’une part, deux somites avec deux paires de sacs coelomiques par
anneau thoracique; d'autre part, un seul somite avec une paire de sacs et une
Paire de ganglions.
N’ayant pas étudié personnellement l’embryologie des Diplopodes, il nous est
^possible de trancher cette question. Mais les divergences relatives aux conclu¬
sions des recherches appellent quelques commentaires.
Tout d’abord, nous avons montré que la région thoracique est très particulière,
le développement du métamère postérieur des diplosegments thoraciques est
Probablement freiné par un phénomène inhibiteur (voir 5* partie), qui tend à
snipêcher notamment l’apparition des appendices de ce segment. Il est donc vrai¬
semblable que l’inhibition se fasse déjà sentir chez l'embryon où le somite cor-
r espondant serait moins développé.
S. M. Manton mentionne un phénomène analogue, dans son travail « Goncerning
ùead development in the Arthropods ». L’absence d’un segment abdominal (7*)
est admise chez les Crustacés très évolués aussi bien chez l’embryon que chez
•adulte; et l’auteur conclut qu’ « il s’ensuit qu’une réduction ou une perte de
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
50
composants segmentaires inemployés peut se rencontrer dans la tète de certains
animaux ».
A propos des sacs coelomiques on peut envisager que la 2* paire, non retrouvée
par Dohle, soit très fugace, ou bien qu'elle n’a pu être mise en évidence. Manton
écrit à propos de la cavité coelomique de segments céphaliques que « sa lumière
peut être petite et transitoire ». Elle est si « petite chez maints Crustacés qu’une
bonne technique est nécessaire pour la démontrer et chez la plupart des Arthro¬
podes les plus évolués, les somites pleins se différencient en leurs ébauches
d'organes sans aucune apparition d'un coelome ».
La présence d’une seule paire de sacs coelomiques bien visibles par anneau
ne peut-elle expliquer également la tendance, dans le thorax, à la condensation des
éléments appendiculaires d'un diploscgment donné (P. 2 - pénis, par exemple) ?
Des composants de la seconde paire de. sacs coelomiques « manquants » donnant
naissance à la musculature des appendices rudimentaires du thorax ne peuvent-ils
être présents malgré tout dans la paroi coelomique unique et n'être pas révélés
par les techniques de coloration habituelles ?
Quoi qu'il en soit, il est évident que l'embryologie, à elle seule, ne peut tout
expliquer. Nous ferons nôtre l’opinion de J.-R. Denis qui écrit dans l’introduction
de sa thèse (1928) : « L’anatomie permet de pousser la recherche plus avant que
ne le fait l’embryologie, et cela pour l’excellente raison qu’il y a, chez un adulte,
beaucoup plus de choses que chez l’embryon; nous entendons par là des choses
reconnaissables. Leurs ébauches existent sans doute chez l’embryon mais nous ne
savons pas les y reconnaître; force nous est donc de les rechercher là où elles sont
le plus facile à voir. »
Or, l’étude de l’anatomie de l’adulte des Diplopodes (la musculature du thorax
de Glomeris est identique à celle des autres Diplopodes) nous a révélé des struc¬
tures musculaires qui ne peuvent être interprétées avec les données embryolo¬
giques de Dohle.
2. — LES DIPLOSEGMENTS THORACIQUES U, III ET IV.
Dans une note publiée en 1962 (1), nous attirions l’attention sur la muscula¬
ture de la première paire de pattes des Spirostreptides et des Spirobolides. Celte
paire d’appendices est en effet pourvue, en dehors des faisceaux musculaires des
sclérites intercalaires (ts), d’une paire de petits muscles reliant la base de la
poche trachéenne ou syncoxosternum (t.t) (fïg. 15). I.a troisième paire de pattes
présente, également en arrière, un muscle partant de la base de la poche tra¬
chéenne dont le point d’insertion est sur une simple membrane chitineuse trans¬
lucide, sans sclériflcation d’aucune sorte, recouvrant les muscles trachéo-coxaux.
II avait été établi une homologie entre ces deux muscles, interprétés comme des
muscles de membres vestigiaux d’après les points d’insertion comparables. Ces
faisceaux sont bien vestigiaux (3* paire de pattes), mais dans le cas de la première
paire il s’agit de vestiges de muscles coxaux qui ont presque disparu par suite
de la fusion des pièces coxales et sternales en syncoxosternite. La différence
essentielle existant entre les paires de pattes 1 et 3 réside dans la présence chez
la seconde de deux muscles coxaux caractéristiques agissant sur les hanches, et
la disparition presque totale de ceux-ci chez la première. La musculature appen¬
diculaire de la P. 3 est complète, celle de la P. 1 incomplète (tig. 175-176). Nous
reconnaissons, en effet, des muscles partant du syncoxosternum et aboutissant au
premier article libre de cet appendice, mais il ne s'agit là que de faisceaux d’un
article télopodial et non de coxa. Les hanches des P. 1 sont soudées à une portion
de sternite en syncoxosternite, et nous ne retrouvons, en fait de musculature
coxale (subcoxa - coxa), que le muscle d’ailleurs parfois invisible (t.t) dont il
est question. Ce muscle est tout ce qu’il reste de la musculature coxale (subcoxale)
originelle, avec les deux faisceaux chiasmatiques débutant sur une bride coxoster-
nale et rejoignant la gula.
Une musculature semblable, incomplète, existe dans les gonopodes des Poly-
(1) Bull. Mus. Illtl, Nat., I. 31, n» 5, p. 355-381.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHII.OPODES El' DES CHILOGNATHES 51
desmides (3‘ Partie, Chapitre III) où les faisceaux coxaux ont disparu par suite
de la fusion du sternite et des hanches (subcoxa - coxa).
D'après les données déjà exposées concernant les faisceaux directeurs (Cha¬
pitre II. - A.) nous utiliserons pour notre démonstration les muscles sterno-
dorsaux (s d) qui sont toujours présents dans le thorax même chez les formes
ou ils n existent pas dans le tronc et qui s'attachent toujours au sternite des
appendices antérieurs. Chez les Iulides, dans les segments moyens, où les pattes
sont étroitement liées entre elles et elles-mêmes soudées à l'arc pleurotergal, les
faisceaux s’attachent toujours sur le sternite de la paire de pattes antérieure du
diplosegment et se rendent toujours à l’anneau précédant celui de la patte envi¬
sagée. Chez les Chilognathes, quel que soit le degré évolutif, les muscles
stemo-dorsaux ne changent pas de position, comme nous l’avions rencontré, chez
les Spirobolides, pour les faisceaux sterno-ventraux et trachéo-ventraux lors du
mouvement de translation des appendices. Les pattes ambulatoires du thorax,
au moins les P. 1 et P. 2 présentant ces muscles, doivent être considérées comme
des membres antérieurs des diplosegments II et III. Les muscles trachéo-ventraux
de chacune de ces pattes, aboutissant dans les mêmes diplosegments, confirment
cette interprétation et dans ces conditions on doit considérer comme caracté¬
ristique des membres du thorax la présence des trachéo-dorsaux multiples aux
pattes antérieures (1). Au lieu de rencontrer un seul faisceau antérieur, il s’en
trouve un supplémentaire postérieur (2) doublant le muscle vestigial des selérites
(sc.p). il est des cas où la P. 3, dont nous n’avons pas encore discuté l'attribution
au thorax, ne présente que ce seul muscle trachéo-dorsal postérieur (Polydes-
moidea, Golobognatha) ; sans le faisceau sterno-dorsal, elle pourrait être consi¬
dérée comme membre postérieur du diplosegment IV.
Il est maintenant possible de poser la question de savoir si cet anneau IV
appartient au thorax ou à l’abdomen. Le problème a déjà fait l’objet de nom¬
breuses notes, ce diplosegment ayant même reçu de K. \V. Vehhoeff, le nom
spécial de « medialring ». Mais la discussion engagée ne pouvait aboutir, car
elle ne reposait que sur la morphologie externe. Rien, en effet, à part la présence
dune seule paire de pattes (3), ne le distinguait des autres anneaux de
1 abdomen.
Il n ’ en est pas de même si l’on fait intervenir la notion du diplosegment
thoracique qui peut être défini par les caractères suivants :
Une paire d’appendices fonctionnels antérieurs, auxquels sont souvent
adjoints des vestiges trachéo-sternaux d’appendices postérieurs; — une muscu¬
lature trachéo-dorsale complexe constituée d'un ou plusieurs faisceaux anté¬
rieurs ( td.a ) (diplosegment correspondant) et d'un faisceau postérieur (t d.p)
(diplosegment suivant); — présence constante d'un muscle trachéo-dorsal posté¬
rieur (s c.p) (diplosegment suivant) au niveau des vestiges trachéo-sternaux
(selérites intercalaires) ou leur emplacement théorique en cas d’absence complète
de sclérification.
Or, la 3* paire de pattes est la seule, parmi les Chilognathes, même ceux
Possédant une musculature complexe comme les Chordeumides, qui présente ces
critères. Le diplosegment IV, auquel appartient cette paire d’appendices, est
donc plutôt thoracique qu’abdominal. Comme ces diplosegments particuliers, il est
a «eint, par ailleurs, d’un phénomène d’inhibition appendiculaire (voir Partie V)
Puisque, à son niveau, se rencontrent également des sclérifications vestigiales
Plus ou moins volumineuses (selérites intercalaires, platosternite).
il* Sans la P^sence du muscle sterno-dorsal (*.d) cette disposition pourrait être le point
lTnHi pan <I ’ un raisonnement tendant à démontrer que les appendices thoraciques libres sont
<lo de la na,urc simple des anneaux du tüorax et 4 comparer la musculature dorso-ventrale
hostirr b]"°l avec cell< ‘- également complexe, des appendices postérieurs des Cliordcutnides. craspe-
. . . _ -rr- - . .- —s Chordeumides, Craspe-
dôr^'i"'>' es ' . elc - a membres libres (complexité musculaire liée 4 la roncllon). Le muscle trnehéo-
vériinKi plus an térleur ne pourrait être considéré, dans ce cas, comme un faisceau antérieur
abri-,, a i • homologue 4 celui, toujours unique, des appendices antérieurs des diplosegments
oominaux des formes 4 membres lihres
dominaux des Tonnes 4 membres'libres.
(2) En dehors de la présence d’un faisceau médian antérieur,
le noL c,lcz les Colobognathes on a tenté d’y adjoindre une paire supplémentaire pour expliquer
c hlIognathes <l rrér ° nl <l ' a PP en<llces ambulatoires prégonopodlaux existant entre eux et les autres
Source : MNHN, Paris
52
JEAN-MARIE DEMANGE
3. — LE DIPLOSEGMENT THORACIQUE IV ET LE PLATOSTERNITE.
Le IV* diplosegment du corps ne possède qu’une seule paire d'appendices,
la 3* du corps, mais sa position et sa présence unique ont été souvent discutées.
Fio. 34. — Platosternlte de Chordeuma stlvestre C. K. Détail de la poche respiratoire.
Fio. 35. — Platosternlte de Chordeuma stlvestre C. K. et stcrnlte de la 3* paire de pattes
ambulatoire. On aperçoit des bourgeons de télopodile sur le platosternlte.
Fio. 36. — Gnalhochllarium de Pacliybotus laminalus chevtalteri DrOl
Fio. 37. — Capsule cépbalique de Spirostreptus asstntensts Alt., face postérieure. Abréviations.
nncrn Iftr.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES 53
Pendant longtemps on a pu croire que le diplosegment IV ne possédait qu'une
paire de membres. C’est un argument qui a été mis en avant par certains auteurs
pour rattacher l’anneau au thorax. Mais, en 1913, W. Bigler découvre, chez la 9
de Chordeuma silvestre C.L.K., une plaque sclériflée munie de poches trachéennes,
insérée entre la vulve, située en arrière de la P. 2, et la 3* paire de pattes (flg. 33).
Il nomme cette plaque platosternite et la considère comme le stemite antérieur
du IV* diplosegment, les appendices ayant disparu. Renforçant son hypothèse,
w. Bigler découvre un platosternite avec des télopodites atrophiés (1). Tous les
myriapodologistes ont suivi les idées de W. Bigler, et il était admis jusqu’ici
<jue le diplosegment IV était pourvu d'un platosternite, vestige appendiculaire, et
dune paire de pattes ambulatoires (3*).
Nous avons montré, dans une note préliminaire (2), que le problème n'était
pas aussi simple.
La musculature de la poche trachéenne du platosternite est une musculature
d appendices postérieurs de diplosegment IV telle qu'elle a déjà été définie (flg. 8).
Le platosternite serait donc le vestige d’une paire de pattes postérieure et non
antérieure comme on le supposait. La paire de pattes 3, suivant le platosternite
Présente, elle, un seul muscle trachéo-dorsal, donc typique de membres antérieurs
aïs se rattachant au diplosegment V. La 3* paire de pattes du corps, attribuée
au diplosegment IV, appartient donc, en réalité, au diplosegment V.
Quels sont alors chez la 9 de Chordeumides les appendices du diplo-
egment IV ? Evidemment, le platosternite, par sa musculature trachéenne, mais
^présentant un sternite postérieur. Il manquerait donc une paire de membres
entre la vulve et ce platosternite.
Le sexe S , dépourvu de cette structure, a été étudié minutieusement dans
espoir qu’une comparaison des deux sexes apporterait une explication du phé-
omène, unique chez les Chilognathes. Partant du pénis, correspondant aux
iii i 3 ' nous renc °ntrons une ordonnance appendiculaire normale, c’est-à-dire
nentique à celle de tous les autres Chilognathes : P. 3 patte antérieure du diplo-
^egment IV ,* patte antérieure du diplosegment V. P. 5 patte postérieure du
Il existe, de ce fait, un décalage curieux entre S et 9 : 3* paire de
a ^ , = appendices antérieurs du diplosegment V; 3* paire du S = appendices
ntérieurs du diplosegment IV; 4* paire de la 9 = pattes postérieures du
anneau; 4* paire du $ = pattes antérieures du V* anneau. L’homologie du
P atosternite proposé comme sternite antérieur du diplosegment IV par les
uteurs, avec la P. 3 du 3 et, par voie de conséquence le décalage d'un appendice
ans la numérotation, ne suffisent pas à expliquer le phénomène. Dans ces condi-
’ons, où se trouve la paire de pattes postérieure du diplosegment IV chez la 9
comme chez le S ?
L’examen minutieux de ce platosternite nous a permis de découvrir que la
de fossettes ( fpl, stigmates des auteurs) est une profonde invagination
“Ubicirculaire divisée verticalement en deux chambres par une cloison (ci). Deux
in? DCS lrachéens fonctionnels courts (fig. 33-34) s’ouvrent dans la chambre
do e T ne e f> olmz Chordeuma sylvestre, la baguette sclériflée (ptr) corres-
I’ nd à une poche membraneuse (in) de chitine souple et transparente, qui se
ouve en arrière de la plaque platosternale. Cette invagination se raccorde à la
ssette platosternale, au niveau de la chambre interne (vst‘) (3).
. . La musculature, déjà décrite pages 26 à 28, se présente comme celle d’une
Rmre de pattes postérieures, avec ses faisceaux trachéo-dorsaux complexes et son
uscle sterno-latéral oblique ( sv.l } ) (fig. 8) qui rejoint le diplosegment V. Néan-
anhf^’ est u *" ile ra PP eler fl ue la 3 ” P ai re de pattes du S, qui a une position
lérieure dans le diplosegment IV, par suite de la présence d’un muscle sterno-
(1) Nous-mêmes avons rencontré quelquefois Ces formations très réduites en bouton.
< 2 ) Bull. Mus. Hist. Nat., t. 34, n° 6, p. 467-470, 1962.
faisan? S® détal!, très important, n’a pu être mis en évidence que &râce à un nouveau matériel
8 *emr>i,r Graut lors d0 la rédaction de la note préliminaire. Parachordeuma brôlemanni Rlb., par
qui JK*®' Possède, en plus des troncs fonctionnels, une poche trachéenne entièrement sclériilée
tahlpmo " l t a l’arrière de la fossette du platosiernite. cette poche appartient donc mcontes-
' , ">ent au pialoslernlte et ne constitue pas un élément séparé.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
dorsal ( sd s ) (flg. 6), présente, elle aussi, des muscles stcrno-dorsaux multiples
comme tous les appendices thoraciques. N'est-ce pas l'indication d’une position
antérieure du platosternite ? II est logique de le penser; mais cette pièce, dont
la forme, au moins partiellement, est identique au sternite de la paire d’appendices
qui le suit (P. 3 ambulatoire, flg. 35) est dépourvue du muscle sterno-dorsal
classique. Ce muscle peut évidemment faire défaut, mais la présence du faisceau
sterno-latéral oblique ( sv.l* ) indique qu'une certaine zone, au moins, à la base
de la baguette trachéenne, appartient au métamère postérieur.
Sans conclure que la sclériflcation étudiée est entièrement diplosternale,
comme nous l'avons avancé en 1962, on peut dire qu'elle constitue plutôt un
complexe trachéo-sternal dont la musculature est empruntée aux deux paires
d’appendices, et où l’on retrouve des éléments postérieurs : le muscle sterno-
latéral oblique (sv.l), et certains faisceaux postérieurs. Cette disposition est
d’ailleurs typique d’appendices thoraciques, et nous aurons l’occasion de conce¬
voir, pages 59-76, la présence d’éléments des deux musculatures antérieure et
postérieure dans le thorax.
La P. 3 ambulatoire du g est donc l'homologue du complexe platosternal et
le territoire du point d’insertion du muscle sv.l 3 de la 9 correspond, chez le g,
au territoire du muscle vestigial trachéo-ventral, déjà décrit, situé en arrière de
la P. 3.
Les homologies doivent s’établir de la façon suivante :
Diplosegment IV
g
2
j — P. 3 ambulatoire
| — muscle vestigial
| complexe platosternal
Diplosegment V
, — P. 4 ambulatoire
\ (antérieure)
! — P. S ambulatoire
( (postérieure)
— P. 3 ambulatoire
(antérieure)
— P. 4 ambulatoire
(postérieure).
Les faits ainsi mis en évidence sont d’un grand intérêt : ils démontrent que
le IV* anneau est bien soumis aux mêmes lois que les autres diplosegments thora¬
ciques et ne fait pas exception à la règle. C'est incontestablement un anneau
thoracique.
L’organisation particulière des 2 de Chordeumides, unique parmi les Chilo-
gnathes, confirme que la morphologie des anneaux thoraciques est très différente
de celle des anneaux de l’abdomen : les appendices du métamère postérieur sont
toujours les plus réduits, voire inexistants, alors que les antérieurs sont parfai¬
tement conformés (I). En outre, nos documents confirment que la position des
vestiges du IV* anneau chez tous les Chilognalhes est bien postérieure et non
antérieure.
4. — LE PREMIER ANNEAU THORACIQUE OU COLLUM.
Cet anneau est très particulier car il n’existe aucun appendice visible. Sa
nature est très controversée. Pour les uns, il s’agit d'un simple segment, pour les
autres, d'un diplosegment. La gula, hypostoma de R. Latzei, et C. Attems, basilare
de F. Silvestri, pièce impaire située en arrière et à la base du gnathochilarium
serait, de l’avis général, le sternite du segment collaire. Silvestri, néanmoins, I a
considère comme le sternite d’un segment post-céphalique atrophié et O. Pflug-
felder comme le sternite de deux segments maxillaires, le collum étant le tergite
de ceux-ci.
Elle a la forme d'un bandeau étroit dont les extrémités latérales sont ren¬
flées (flg. 36-37). De chacune d'elles part une longue apophyse (A) qui est consi¬
dérée comme la poche trachéenne de la pièce car, à son niveau, il existe des traces
d’une invagination (stigmate) (flg. 9-10). La gula est articulée à une saillie
(1) Ici. exceptionnellement sur le sternite, des vestiges de membres sont visibles mais O
s'agit d’un caractère sexuel secondaire.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHE8
particulière (A’) de la capsule céphalique (fig. 11 et 37). Les faisceaux
aires s insèrent sur la poche (apophyse) et la gula elle-môme.
a). Musculature dorso-ventrale (1).
(T. n”.^ e ^ie rs des muscles dont il a déjà été question dans la partie descriptive
(g. 9. 10, 11, 12, 16, 17, 20 et 38), il existe un puissant faisceau partant du dos
du collum et aboutissant à la gula (td.g) (fig. 38) et deux muscles accolés (tdn)
oont les points d insertion sont également dorsaux. Ils rejoignent deux puissantes
apophyses (ph) situées latéralement à la base de la capsule céphalique (fig. 11-
maiioMo' ,?*• i— Ooupc sagittale (côté droit, anneaux désarticulés) et musculature partielle sehé-
r ®Porte« a r ®fTf on 1 collalre d’un Splrostreptlde. Les muscles longitudinaux ventraux (l.v) sont
d, Plosem« n , o eC0 , n ^rr P I an po ü r dé S a * cr *c.p, td.p et t». Abréviations, page 185. Chiffres romains :
UOB sments; chiffres arabes : appendices.
a vec P io'„i? 9 ’ ~ c ?upe sagittale schématique de la partie dorsale du collum et du diploseitment il
segmenta muscuIalure longitudinale dorsale. Abréviations, page 185. Chiffres romains : diplo-
‘atlon' /l ”SL re Pillée en 1962 (C. n. Acad. Set.) a été simplifiée pour la clarté de la nrésen-
• Les faisceaux gula-dJpiosegment U, trachéo-postérleurs, ont été volontairement suDorlmés
Source : MNHN, Paris
56 JEAN-MARIE DEMANGE
37-38). En outre, partant de la gula et de son apophyse, deux muscles dorsaux-
ventraux postérieurs ( td.g’ - td.g”) rejoignent le phragma du diplosegmont II.
Un troisième faisceau se rend au bord latéral de la capsule céphalique ( g.c ). Tous
ces muscles sont les homologues des trachéo-dorsaux des pattes ambulatoires et
l’on peut, pour la gula, avancer qu’il s’agit bien d’un trachéo-sternite. En effet,
le muscle situé dans le collum ( td.g) correspond à un trachéo-dorsal, peut-être
antérieur, tandis que les autres, aboutissant au diplosegment suivant (td.g’ -td.g") ;
sont des trachéo-dorsaux postérieurs.
b) musculatures longitudinales ventrale et dorsale.
La musculature ventrale est très simple et constituée par des bandes muscu¬
laires réunissant la gula aux poches trachéennes de la P. t et aux apophyses laté¬
rales dites occipitales (ph) (flg. 11 et 38). En outre, un faisceau longitudinal partant
de la poche trachéenne de P. 1 (t.c e) (flg. 38) traverse le collum sans s'y insérer
et rejoint les apophyses occipitales. Un muscle identique prend naissance sur le
coxosternum de la môme paire de pattes (s.o).
La musculature dorsale est beaucoup plus complexe (flg. 38 et 39). En dehors
des bandelettes longitudinales déjà décrites qui traversent l'anneau (l.d. t) se
trouvent des muscles convergents (l.d. x ) qui s’attachent à un bourrelet triangulaire
situé au milieu d’un large repli (r) du bord antérieur du collum (flg. 40).
Deux faisceaux médians relient la tête au collum (Id. m) et leurs points d’insertion
se situent sous le repli collaire antérieur. Deux muscles puissants submédians
(Id. s) réunissent le collum au diplosegment II.
La gula, avec ses muscles dorso-ventraux est le sternite (trachéo-sternite) du
collum, mais ce dernier est-il un segment double ou un segment simple ? Dans le
premier cas existe-t-il des traces d’un second sternite en dehors de la gula et dans
l’affirmative celui-ci représente-t-il le sternite antérieur ou postérieur du diplo¬
segment éventuel ?
Nous avons déjà dit que nous croyons à l’origine double du collum, mais il
semble, d'après nos récentes recherches (1963) qu’il s’agirait d’un diplosegment
incomplet, la partie antérieure du premier métamère étant annexée par la capsule
céphalique.
Un trait morphologique particulier au collum est l’absence complète de
phragma au bord antérieur (flg. 39-40). Nous remarquons seulement un repli (f)
terminé par un léger bourrelet. Les muscles longitudinaux dorsaux de la couche
profonde ( l.d. i) réunissent le phragma du diplosegment II et le phragma dit
occipital. Ils traversent le collum sans s’y arrêter et font suite aux faisceaux
précédents, de telle sorte que de la tête au telson on a l'impression de suivre les
mêmes cordons musculaires. Il est vrai qu’il existe deux faisceaux convergents
(l.d.x) partant également du phragma du diplosegment II mais ils aboutissent à
la saillie triangulaire et les points d’attache se trouvent sur les côtés du triangle
(flg. 40). Ces muscles ne sont nullement en continuité avec les longitudinaux des
autres anneaux. Il semble donc que le collum soit bien un diplosegment mais un
diplosegment incomplet dont une portion du métamère antérieur se trouve annexée
par la capsule céphalique. Cette fraction métamérique correspondrait à un étroit
territoire post-occipital (tp) séparé du vertex par un fin sillon (c) (costa) auquel
correspond le phragma dit occipital (pc) (flg. 37). Ce phragma occipital est en
réalité le véritable phragma collaire. Il présente deux faces de nature métamérique
différente. Le territoire collaire se sépare, en effet, très facilement de la capsule
après traitement à la potasse bouillante. C’est, en outre, sur ce territoire qu'abou¬
tissent tous les muscles longitudinaux et dorso-ventraux antérieurs (g.c). Donc, I®
face postérieure est collaire, la face antérieure céphalique
La nature double du collum est confirmée par les longitudinaux ventraux,
trachéo-occipitaux (tc.e, P. 1 à saillies phragmaliques collaires ph) et sterno-
occipitaux (s.o, P. t h saillies phragmatiques collaires) qui eux aussi traversent
le collum sans s’y arrêter pour rejoindre le phragma collaire (pc) et ses apophyses
(ph) (apophyses phragmatiques) (flg. 37 et 38).
La limite métamérique dans le collum pourrait être constituée par une sorte
de bourrelet situé entre les points d'insertion des deux paires de muscles obliqu® 8
issus du phragma collaire (l.d.m) et du phragma du II” diplosegment (l.d.s). L’étude
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES C1IILOPODE8 ET DES GHILOGNATHES 57
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Mon. Il pourrait sW ^l,f "l! er ? ée par des Phénomènes de céphalisa-
d’éléments antérienr/rfn C rfi!!îï!«, P ° Ur , 68 autres trachéo-sternites du thorax,
latéral, rejoignant le terïito ^ ’ 0r î pourrait homologuer le muscle
dorsaux ttSfSJ tSZi TZFÏÏ r' U " stern °-dorsal (sd) (1). Les trachéo-
suivants. Il v aurait dans p!°f c ldantl( l^® s à ceux des diplosegments thoraciques
v estige trachéo sfprnal n nc»<s • ’ dls P ar| l |0n complète ou fusion avec la gula du
g trachéo-sternal postérieur, et les faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs
hotis «timhiJ serai e n l interprétés dans les deux sens sans objection possible. Il
ments ce P enda » t l’hypothèse d’une fusion de la totalité des deux élé-
P°ur plusieurs faisons d,sparilion du Postérieur, dans la gula est peu satisfaisante
(« c f°, Ut d abord à cause de l’homologie parfaite des muscles dorso-ventraux
Chordni.miH a ’ , oux des P a Hes ambulatoires postérieures normales des
rieur (n \ deS d , 0S P al *' es thoraciques de beaucoup de Chilognathes : un anté-
fragmont rnuoi d 4\. un Postérieur (t d.g', td.g"). La gula est reliée au
relei e 1 ®°“® ,re post-céphahque ou tout au moins à l’étroit territoire en bour-
collm : T.« epar6 dU ve .,* P ar un Pm sillon, faisant corps en arrière avec le phragma
de pnrwl Ç ar Un f. saillie infra-latérale spéciale de ce bourrelet (A') indépendante
saini„ p0p h yse i phragmatique collaire. Le phragma collaire envoie, en effet, deux
doroo„ e , a P ale *lc (ph) servant d’assise à des muscles homologues à des trachéo-
antérîo ** qui P euve nt être interprétés comme des muscles de trachéo-sterniie
et ri« n ù à cause de leur insertion à la partie antérieure dorsale du collum libre
* absence complète de faisceaux postérieurs. Interpréter ces saillies (ph)
S ™ US a PP elIerons apophyses phragmatique s, comme des vestiges sternaux
des ». aU phra « rna collaire peut s’expliquer si l’on se souvient que le sternite (si
Dleii™? Pe . CC . S , a ” térieurs d un diplosegment est complètement soudé à l’arc
otergal et fait corps avec le phragma (ph) (fig. 41). Il n’est pas impossible
)a
(!) Encore faudrait-il, pour i
face antérieure du phragma,
Thomolog-ailon soit incontestable,
qui n'est pas le cas.
que le musefle aboutisse
Source : MNHN, Paris
58
JEAN-MARIE DEMANGE
que, par suite de la disparition quasi complète de ce sternite, ou de sa libération
totale, les points d’insertion des trachéo-dorsaux se soient déplacés, ce qui est
vraisemblable étant donné les bouleversements que la côphalisation a pu produire
à ce niveau. Toutefois, une objection peut être faite contre cette interprétation :
c'est qu’il pourrait s’agir d’une nappe musculaire somatique, d’un « flexor
inferus » par exemple. Mais ceci n’est pas soutenable si l’on considère que de
tels muscles partent toujours de la face antérieure du phragma et s’étalent sur
la paroi latérale de Vanneau précédent.
Si nous interprétons les apophyses phragmatiques comme des vestiges possibles
trachéo-sternaux du métamètre antérieur, c’est que des muscles ventraux {l.v.g)
réunissent ceux-ci à la gula (lig. 9, 11 et 38). Les faisceaux semblent être des lon¬
gitudinaux ventraux. Or, seuls ces muscles relient entre elles les poches tra¬
chéennes (1). La présence de ces muscles et l'origine même des apophyses phrag¬
matiques renforcent l’hypothèse selon laquelle la gula est un vestige trachéo-
sternal postérieur comprenant également une partie antérieure. Les faisceaux
multiples trachéo-sternaux (t.ce, s.o) sont une preuve supplémentaire. Ajoutons
pour terminer qu'il existe entre la gula et la P. i des muscles trachéo-coxaux
(fc) semblables à ceux se trouvant entre P. f et P. 2 (chiasmatiques et parallèles)
et entre P. 2 et P. 3 (parallèles). Or ces muscles, qui sont à assimiler à ceux des
Gallipoidea, Chordeumoidea, etc., réunissent toujours deux paires d’appendices
successifs (2). La première paire de pattes étant l'antérieure du diplosegment II.
la gula ne peut représenter qu’une paire postérieure du collum, au moins en
partie (3)...
Nous ne pouvons considérer, avec O. Pflugfelder, le collum comme tergite
des segments maxillaires pour les raisons exposées précédemment, en insistant sur
le fait qu’aucun muscle dorso-ventral, issu du collum, ne vient s’insérer sur les
pièces maxillaires. Mais considérer la gula comme le sternite de ces segments n’est
pas justifié, car si elle représentait le sternite des deux paires de maxilles, on
devrait alors trouver des liaisons musculaires entre celles-ci et la gula. Or, i'
n'en est rien : cette gula n'a de liaisons qu’avec l’apophyse phragmatique et le
territoire post-occipital, par l’intermédiaire des longitudinaux ventraux l.v. g et
d’un muscle g.c. Aucun muscle ne la relie aux pièces du gnathochilarium, alors
qu’un faisceau musculaire (y), partant de la face antérieure de l’apophyse phrag¬
matique (ph - fig. 11, 12 et 38), rejoint les stipes du gnathochilarium. D’autre part,
F. Silvestri a signalé, chez Plusioporus salvadori un muscle reliant la face
antérieure de l'apophyse en question et l’infrabasilaire, pièce postérieure du gna¬
thochilarium, muscle que nous avons retrouvé chez de nombreuses espèces. Un
second muscle part de cette même pièce et rejoint un ligament sous-pharyngé (4)-
La musculature du collum est d'ailleurs innervée par un ganglion, propre
à cet anneau, et ne peut donc être confondue avec celles des pièces maxillaires.
H. Fechter (1961) à l’occasion d'un travail sur l'anatomie fonctionnelle de
la tête de Cylindroiulus teutonicus, étudie la musculature du collum. Nous n e
voulons pas reprendre en détail le mémoire dont les résultats concordent géné¬
ralement avec les nôtres au point de vue topographique.
Toutefois, signalons que le faisceau trachéo-dorsal vertical (fd.g) de l a
gula n’a pas été retrouvé par H. Fechter. Quant aux conclusions, nous nous
permettrons de revenir sur des points de détail qui ont leur importance et pour
lesquels nous ne sommes pas tout à fait d’accord.
Tout d'abord, la musculature de la gula ne peut être qualifiée de coxale com¬
plète et les muscles chiasmatiques dont il a déjà été question ne peuvent I®
démontrer.
(1) Nous avons remarqué, en outre, des muscles puissants (y) rejoignant la base des stIP es
et prenant naissance a la race antérieure des apophyses phragmatiques.
(8) SI l'on ne reconnaît pas le muscle Ida comine un trachéo-dorsal antérieur, les chlamastlfln??
peuvent être assimilés aux le des autres anneaux thoraciques mais l’hypothèse serait discutai»
en faisant Intervenir les faisceaux i.ce et s.o.
(3) L'Innervation, en tout cas. prouve bien
témoignent les figures de H. Fechter (1961 i.
H) 11. Fechter retrouve également un musc!
mais 11 est supporté par son pritbasllare. Iles r
les mêmes pièces.
i muscles sont collalres, comme «
'l/llndroiulvs lent
rentes désignent
nuieus <POC-\-
probablement
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
P an ® un au * ,re ordre d'idées, nous admettons, comme il a été dit page 42,
no e , ' e H x paires de muscles intersegmentaires ont la même origine, mais on
peut dire que les muscles correspondant aux m. 29 (chiasmatiques) de
• echter ne sont plus croisés dans le tronc des Iulomorphes. Ce sont les muscles
unasmatiqncs qui disparaissent et les parallèles qui subsistent, comme c’est le
tas chez les Spirobohdes et les Spirostreptides par exemple. Les m. 30 sont des
longitudinaux ventraux.
H ‘ Fecrter est partisan de la nature simple du collum hypothèse que
nous ne pouvons admettre; il suppose que les faisceaux gula-phragma collaire (a.c)
rachéo-dorsaux (td.g' et t d.g") sont homologues aux rétracteurs (dédoublés)
et protraeteur 3 (dédoublés) des segments typiques qui ont modifié leurs attaches
favorable! 6 * rac ^ enne P ar su '^ e de la céphalisation, pour en prendre une plus
L'ensemble de nos documents montre que la gula appartient plutôt au méta-
_ *" e Postérieur du double segment collaire, qu’au métamère antérieur, et qu’il
j, su f siste P lus ^ ue •'insertion d’un muscle dorso-ventral indiquant l’emplacement
, 0,1 fragment de trachéo-sternite probable du métamère antérieur. Encore cette
nsertion sur une apophyse qui semble phragmatique peut-elle avoir été déplacée
et une partie du sternite correspondant soudée à la gula (partie intégrante de la
S. a Par suite des remaniements dus à la céphalisation. Nous croyons, qu’à
instar de la tête, le double segment collaire a été profondément modifié et qu’il
serait vain de vouloir pousser plus avant les homologies.
D. — CONCLUSIONS
Le thorax des Chilognathes se compose de quatre diplosegments, les premiers
i corps, avec chacun, hormis le collum, une paire d'appendices ambulatoires.
La seconde paire d’appendices de chaque diplosegment est représentée par des
sclérites qui sont les vestiges de trachéo-sternites postérieurs. Le collum apparent
est un diplosegment incomplet en ce sens qu’une portion du métamère antérieur
est annexée par la tête et se présente sous forme d’un territoire étroit compor¬
tât le phragma collaire. Ses deux paires d’appendices sont vestigiales. La
Première est représentée par une paire de muscles dorso-ventraux prenant appui
sur des apophyses sterno-phragmatiques. La seconde paire est la gula à laquelle
oes éléments antérieurs se trouvent probablement fusionnés.
Le quatrième diplosegment thoracique est particulier du fait qu’il porte chez
es 2 de Chordeumides une large plaque sclériflée correspondant aux deux paires
d appendices. Dans ce groupe il existe un décalage dans les paires de pattes des 3
et 2, la 4* paire du $ équivaut à la 3* de la 2. Chez d’autres groupes, le
quatrième anneau porte une paire de pattes. Les vestiges appendiculaires externes
sont nuis, seul subsiste un muscle trachéo-dorsal postérieur.
Les quatre anneaux thoraciques montrent des particularités morphologiques
frappantes. Tout d’abord ce sont les seuls qui ne possèdent pas leurs deux paires
a appendices complets, les membres postérieurs de chacun étant vestigiaux. En
outre, la musculature appendiculaire est spéciale, unique chez tous les groupes.
Les appendices conservent des faisceaux musculaires qui ont disparu dans
•abdomen ou sont présents tout le long du corps chez les autres groupes : sterno-
dorsaux, trachéo-coxaux chiasmatiques par exemple. Les muscles trachéo-dorsaux
sont beaucoup plus complexes dans le thorax que dans l'abdomen, par suite de
•adjonction de faisceaux trachéo-dorsaux postérieurs aux trachéo-dorsaux anté¬
rieurs, adjonction qui n’existe jamais dans les anneaux abdominaux. La musculature
a Ppendiculaire des diplosegments thoraciques est la plus complexe de tous les
anneaux du corps.
Ce sont ces caractères, vestiges appendiculaires et musculature spéciale, qui
ont permis de définir quatre anneaux thoraciques, et non trois comme il 'était
très généralement admis.
Source : MNHN, Paris
Chapitre III
LES ORGANES GÉNITAUX EXTERNES
(pénis et vulves)
Leurs origines et leur importance
dans l’interprétation de la segmentation thoracique
.. ° rg “ eS génitaux se situent en arrière de la 2* paire de pattes et sont
P^, nis et vulves - Bien que des représentants de chaque sous-ordre aient
été étudiés, il ne sera fait état que des résultats les plus remarquables afin de ne
pas allonger le texte exagérément.
A. — LES VULVES
Les vulves sont constituées par des sclériflcations entourant les orifices géni-
taux. Elles se trouvent tantôt accolées à la face caudale de la hanche, tantôt iso¬
lées dans une chambre plus ou moins profonde, vestibule et sacs vulvaires
Le premier cas se rencontre chez les Penlazonia et l’organe se compose de
trois pièces en triangle. Chez les Colobognathes, les vulves se détachent nettement
des hanches des P. 2 et se logent dans une large cavité. Chez les autres Diplo-
podes Chilognathes, cette vulve est abritée, soit dans un large vestibule vulvaire
(lig. 42) mais demeure visible entre les pattes (Craspedosomides, Chordeumides,
I olydesmides), soit au fond d’une invagination (sv.u) (sac vulvaire) parfois très
profonde ( Callipus ) débouchant latéralement dans le vestibule (fig. 49 ).
La vulve (fig. 42, 43, 44, 45) est constituée de deux parties principales, la
bourse et 1 opercule (o). La bourse est cuirassée par deux sclériflcations laté¬
rales, les valves (va) correspondant aux pièces inférieures des Pentazonia, laissant
entre elles une bande de chitine souple et translucide, le cimier (ci). Le centre
de ce cimier est occupé par un épaississement délimitant une fente longitudinale
(gouttière apodématique) (ga) à laquelle correspond une invagination (ci), servant
a assise a des muscles et équivalant à un réceptacle séminal. A la base de la
bourse se place une troisième sclérification, le gorgerin (go) (fig. 42-43) qui fait
souvent défaut mais, fréquemment, prend des proportions considérables (Iuloidea)
(fig. 43, 44, 45) telles que la pièce devient la plus importante de l’organe L’ori¬
fice de 1 oviducte est renforcé, latéralement, par des bourrelets chitineux en
baguette, comparables à l’armature métallique d’un porte-monnaie, supportant
une pièce impaire ou opercule (o) dont le rôle est de fermer l’orifice génital
n C ^ Ue ,^ U , Iv ! se présenle 80us des formes très diverses suivant les groupes,
allongée (Polydesmoidea) (fig. 42), subsphérique (Chordeumoidea, Craspedoso-
moidea), etc.
Les structures vulvaires sont connues depuis 1841 (Newport) mais elles
ont donné lieu à des discussions qu’il est hors de propos de développer ici.
1 — IMPORTANCE DES VOLVES DANS L'INTERPRÉTATION DO THORAX.
Si, actuellement, les auteurs sont d’accord sur les constituais de ces organes,
il n en est pas de même quant à leur interprétation. Dès 1909 K. W. Verhobff
se préoccupa de démontrer que les organes génitaux externes de la 9 sont des
membres transformés et il les nomma cyphopodes. Ces recherches sont en rap¬
port avec la conception du thorax des Diplopodes par l’auteur. Une terminologie
particulière est créée pour désigner les différentes pièces vulvaires, les vésicules
et tubes chitineux étant interprétés comme des glandes coxales. Au début de
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 61
ses travaux K. W. Verhoeff abandonne d'une année à l'autre un terme pour en
proposer un autre; et il n’est pas dans nos intentions de suivre le cheminement
z? * a pensée de l’auteur. Seul sera pris en considération le dernier ouvrage de
• W. Verhoeff paru dans le Broun’s Tierreichs comme concrétisant définiti¬
vement ses idées et sa terminologie. L’opercule est un cyphotélopodite ou télo-
2* paire de panes et vulves de Polydesmus anguslus Latz. Abréviations, page 185.
Vulve de Haplopodoiutus spathifer BrOl. vue de face. Abréviations, page 185.
Vulve de Haplopodoiutus spatht/er BrOl. vue de profil. Abréviations, page 185.
Vulve de Schizophyllum rutilons C. K. 3/4 de face. Abréviations, page 185.
Pio. 42. —
p io. 43_
Fio. 44. —
FlO. 45. —
Source : MNHN, Paris
02
JEAN-MARIE DEMANGE
podite après avoir été interprété comme une moitié de sternite; la bourse est
nommée cyphocoxit ou coxite après avoir été considérée comme un cyphopodit;
le gorgerin est homologué à une moitié de sternite; entre les vulves et la 3" paire
de pattes, des Chordeumides, il y aurait un cyphopodenstemit qui correspond, en
fait, au platosternite que nous connaissons.
Telle n’est pas l’opinion de H. W. Brôlemann et de J. L. Lichstenstein. Les
vulves seraient des « parties sclérifiées qui paraissent à la surface en arrière des
pattes de la 2* paire » (Brôlemann, 1935, p. 153). « Ce ne sont que les pièces
de l’armature qui entoure l'orifice de l’oviducte ■> (Brôlemann, 1920) et « il n’y
a rien de surprenant à voir des organes saillants dériver d’une invagination »
(Brôlemann, 1920, p. 154). Egalement •< l'organe que chez les Diplopodes on
désigne sous le nom de vulve est constitué par les différenciations tégumenlaires
entourant les orifices génitaux de la 9 » (Brôlemann et Lichstenstein, 1919) ou, à
propos des Sphaerothériens « ces trois pièces, qu’on ne pourrait assimiler qu'à
des sclériflcations perioviductales, représentent ce que, dans les groupes plus
différenciés, on nomme vulve » (Brôlemann, 1935, p. 50).
Se basant sur le fait que chez de nombreuses espèces les conduits sexuels
perforent les hanches de la deuxième paire de pattes (1), que leurs orifices corres¬
pondent à l’emplacement de ceux des sacs coxaux des autres appendices et que
ces sacs coxaux ont un rôle excréteur, H. W. Brôlemann et J. L. Lichstenstein
émettent l’hypothèse que vulves et invaginations vulvaires (sacs) correspondent
aux sacs coxaux de la /*. 2. H. W. Brôlemann considère tout d’abord que les
vulves dissimulées au fond du sac sont les plus primitives et que les
externes, superficielles, dérivent des premières. En 1919, H. W. Brôlemann et
J. L. Lichstenstein émettent un avis diamétralement opposé en admettant, au
contraire, que les organes superficiels sont les plus primitifs.
Quelle est, d’après K. W. Verhoeff la position des vulves dans le diplo-
segment et, surtout, comment envisage-t-il le cas chez les Spirobolides où nous
avons démontré qu’existait un mouvement de translation des appendices vers
l’avant ?
Ce mouvement est nié par K. W. Verhoeff qui admet qu’une paire de pattes
disparaît au diplosomite, alors que le second garde ses appendices originels.
Le IV* anneau étant toujours pourvu d'une seule paire de pattes, les vulves ou
cyphopodes représentent les appendices antérieurs du III’ diplosomite chez les
Spiroboles. Se basant toujours et uniquement sur la position apparente des
pattes 1 et 2 qui sont situées un peu plus en avant chez les autres Diplopodes
que chez les Spiroboles, K. W. Verhoeff considère le II* anneau comme muni
d’une seule paire d’appendices antérieurs (1” visible), la seconde paire ayant
disparu. Le III* anneau présente également une seule paire de pattes antérieures
(2* visible) et les cyphopodes, appendices postérieurs. Le IV* anneau se présente
avec un platosternite et une paire d’appendices (3* visible) et, enfin, le V* anneau
avec les 4* et 5* paires de pattes visibles. Toutefois, les Spirostreptides sont
considérés à part, la 3* paire de pattes visible (III* anneau) remplace le plato¬
sternite, alors que les appendices correspondant à la 3* paire de pattes ambula¬
toires des autres Diplopodes disparaissent.
Les hypothèses de K. W. Verhoeff sont uniquement basées sur la position
apparente des appendices ambulatoires et mènent à des bouleversements consi¬
dérables dans les différents groupes. Les cyphopodes, appendices transformés,
changent de position des Spirobolides aux autres Diplopodes, tout en restant
dans le même diplosegment. D’antérieurs chez les uns ils deviennent postérieurs
chez les autres. Les orifices génitaux, d’après K. W. Verhoeff, changent donc de
métamères. De plus, dans le IV* anneau, il y a inversion de la position de la 3* paire
de pattes ambulatoires chez les deux groupes de Diplopodes, par disparition ou
conservation tantôt de l’une, tantôt de l’autre paire d’appendices du diplosegment.
La conception du thorax proposée par l’auteur est très complexe et, s'il
n’accepte pas la thèse simple de F. Silvestri, il en soutient une nouvelle e n
introduisant des bouleversements plus considérables et encore moins acceptables
(I) Nous verrons, plus loin, qu'à notre point de vue ceci n’est qu’apparent. En réalité, I*
s'ag-lt d'une fusion du pénis avec la P. 2 comme le prouve l'étude de la musculature.
Source : MNHN, Paris
8EGMENTATI0N DES CHIL0P0DE8 ET DES CHILOGNATHES 63
< Ç I I 'fj < e . tte ' A nolre tour . nous pouvons écrire que ses conceptions sont
P ment hypothétiques, car elles ne reposent sur aucune base morphologique.
Le tableau ci-dessous résume l’opinion de K. W. Verhoeff.
Disposition originelle .
Spirobolides.
Collum
II
III
IV
V
-
* *
X X
Cyp. x
» x »
x
Spirostreptides .
Autres Diplopodes.
-
X (X)
X (X)
x Cyp.
x Cyp.
Plato.
(x) x
X X
nar»- b'® 11 C0| nprendre ce qui se passe au niveau des organes génitaux en
de poiio S ^ du thorax en général, il est indispensable de connaître l’anatomie
et on 9® n e f l pas en étudiant la répartition apparente des appendices
anr.no ,es redistribuant au gré des conceptions des auteurs que la nature des
nneaux thoraciques ou l’origine des organes génitaux seront éclaircies.
, dan , s le cadre de nos recherches sur les segments thoraciques que la
musculature des vulves et du pénis a été étudiée. Pour la compréhension des
J™ thoraciques il nous fallait savoir si vulves ou pénis étaient de nature
cu . a , ire| sternale ou de simples différenciations périoviductales. et si les
la o 6S mtercalaires de la P. 2 présents chez le $, apparemment absents chez
* v ' ne se présenteraient pas sous une autre forme.
2 - — MUSCULATURE ET SES RAPPORTS AVEC LA 2* PAIRE DE PATTES.
a) Callipoldea.
Deuxième paire de pattes.
fOr. Ladeuxiè , me paire de pattes est très réduite, à tel point qu’en 1819 P. Savi
' , Dolo <I m ') mentionnait son absence chez la 5. En 1930. H. W. Brôle-
l’hvr. [l. 1 ce ^ e P aire de pâlies sous forme de vestiges (flg. 46-47) et émit
Tpn ° ■ < ^ ue seu l e J a coxa subsistait, le télopodite ayant complètement disparu.
v .? n ® s ^ P as l'opinion de K. W. Verhoeff qui, en 1910 ( Nova Acta), vit un
r»a»f'®' e T. de télopodite dans un petit nodule (n) surmontant l’arête interne de la
e. Pour II. W. Brôlemann il s’agit plutôt d’un sac coxal.
n i , P aire de pattes 2 se présente sous forme d’une pièce de grande surface,
/f. longue que large, dont l’arête distale est variable suivant les espèces
donf re connaît généralement deux saillies, une externe et une interne,
d’n 1 1 Une 6S *’- P arfois P* us élevée que l’autre. La saillie interne est surmontée
A 1 ° L° du * e P‘l eux (”) plus ou moins visible suivant les espèces et les individus,
don* t ® d ® ce * ,te P‘ èce > ^ ace rostrale, on reconnaît une plaque arrondie externe
1 1 a Porüou externe s’étend, latéralement, et se recourbe vers l’arrière, ouve¬
rt an ainsi le côté latéral externe du sac vulvaire. Face caudale, plongeant
s e sac vulvaire, se place un sclérite (sc) très volumineux (fig. 46), subarrondi,
ce .Isléralement et articulé sur le vestige appendiculaire. Malgré son volume,
éta C ® r '^ e a échappé, jusqu’ici, aux auteurs; il prend ici une valeur certaine pour
aj yar Iss homologies tirées de la musculature de cette patte. Pour terminer,
se si» S t l uune P aire de poches trachéennes ( ptr ), larges et fortement sclériflées,
de S . tuent ^ la hase des vestiges appendiculaires, et qu'un minuscule empâtement
enf la . mernbra ne, assimilé par les auteurs à un sternite (s), se trouve encastré
Un re - 8S deux masses appendiculaires. Près du bord latéral externe, on remarque
idAn/- nVa8inalion de chitine («0 correspondant à une trace stigmatique possible
uiique à celle découverte dans les pattes copulatrices (fig. 73).
(fi» /o musculature des vestiges de la deuxième paire de pattes est très simple
s- 48-49). On reconnaît deux puissants faisceaux (frc, trc') partant de la poche
Source : MNHN, Paris
64
JEAN-MARIE DEMANGE
trachéenne et aboutissant chacun à la base des deux saillies du membre. Un
troisième muscle, tout aussi volumineux et puissant (fs), s’insère sur presque
toute la surface du sclérite caudal (sc). Du sclérile de la face rostrale, à la base
Fie. 4«. — Parité droite de la P. 2 de Callipus (oetUllssimus Savl, Ç montrant le sclérite (sa¬
lace postérieure.
Fig. 47. — Partie droite de la P. t de Callipus foctiitissimus Savi Ç avec sa volumineuse
poche trachéenne. Abréviations, page 185.
Fio. 48 . — Musculature schématique de la base coxale de la P. s de la 9 de Callipus [oetid !*•
simus Savi. Abréviations, page 185.
de la patte, partent deux muscles dont les points d’insertion sont différents.
L’un (sd*) se rend à la partie dorsale du diplosegment II et le second (sv) h l'ou¬
verture ventrale de ce même anneau. Il s’agit d’un sterno-dorsal et d’un sterno-
ventral. .
Que conclure de cette musculature ? Tout d’abord et en homologie avec ie»
muscles identiques des autres Diplopodes, les faisceaux dorso-ventraux assimiler»
incontestablement la sclérillcalion rostrale à un sternite (muscle sterno-dorsa
et muscle sterno-ventral) et non, comme l’avait suggéré K. W. Verhoeff, à un
portion de coxile. Il ne s’agit pas, non plus, comme l’écrivait H. W. Brolem^n
en 1930 (page 245), d’un « empâtement surajouté ». Le sternite de la 2“ pair
de pattes, chez la 9 de Callipus, est donc divisé en trois parties et ce que 1°
nommait sternite auparavant n’est, en réalité, qu’un fragment de celui-ci. l»
partie principale de la paire de pattes est bien un coxite, comme le démontren
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHBS 65
,rc , el . ,rc ' parlant de la I>“ h8 Le sclérite
cont r 4 « ZZi 6 ' pa f sa "? uscul ^ ture (<«). les vestiges trachéo-sternaux ( sc) ren-
JXWonftflrirf/iP T ^Kn* 8 !;? 1 mT? 63 3 et plus particulièrement chez les $ d’ffar-
homDTnrnioe e, f?’., 51, d2) /, Les scl frites de Callipus sont, sans aucun doute,
ï w L fî' scléntes postérieurs des s d'Barpogophoridae : comme eux, ils
à rorifhu* Z i, f U - lssu „ de la P° che trachéenne (ts) et se situent également
tra P ° h r C l dU , c vulvair ®- 0n note, néanmoins, chez Callipus, l'absence du muscle
iracnéo-dorsal se rendant au diplosegment IV.
serauZZ 11,6 . 1 ! 01111 ? Stail à 6c,aircir . relatif à la nature du petit nodule qui
S a “ eurs ’ Un ves ‘ ige de lr ' !lü P° dile (Vebhoeff) ou de sac coxal
àZ.ZZl - Z 3 naVOn3 pu mettre en évid ence l'existence d'un muscle, mais,
Dochi Zx '° UV ? V" fa 'f? au fibreux (rn.n) (fig. 48) réunissant la base de la
réerpaJ ZI * 116 Z 6 nodule <»)• 0n pourrait voir là un muscle dégénéré,
régressé, rétracteur d’un sac coxal.
Vulves et sac vulvaire.
au’a.ZnZI VU i Va l r ^ esl particulièrement profond et s'étend, généralement, jus-
déià rn r Z , V anneau (fig - /,9) - En d cbors de la musculature du sclérite
ja mentionnée, il existe un muscle (td.s) partant de l'orifice du sac vulvaire et
Dorim ? an L aU tergite du III* anneau. En outre, partant de l’extrémité de la
au n- lrac " (5enne de p - 2, deux larges nappes (r.s) s'étalent sur le sac vulvaire
en „ lveau du ves tibule vulvaire. Enfin, trois muscles puissants ( r.v ), confondus
de la 06 1 eU e masse ' partent de cette poche trachéenne et s'attachent à la base
. vulve (un faisceau pour chaque valve, et un troisième pour l’opercule). Ce
Deii^Ai’ tr ^ S !° ng ’ auss * ,on S que le sac vulvaire, est le rétracteur du sac. Celui-ci
être rétroversé pour faire jaillir les vulves à l’extérieur (fig. 70).
t>) Chordeumoidea.
dinlrZ 62 Chordeuma Oestre, il existe un muscle trachéo-ventral aboutissant au
à i.„, Segmen t 111 et ' en outre, un muscle sterno-latéral (sv.l.v) (fig. ^) idpntimio
ux caractérisant les paires de pattes postérieures.
c ) Spirostreptoldea.
tt° r Pagophoridac.
WontoLS? à u»/«ré moins élevé chez les Spirostreptidae el
l0 Pygidae, I orifice du sac vulvaire forme une volumineuse saillie en bourre-
Source : MNHN, Paris
66
JEAN-MARIE DEMANGE
let ( b ) (fig. 50 à 54) entourée sur sa face postérieure d'une duplicature en
parement (du) plus particulièrement robuste. La face antérieure présente une
ou plusieurs sclérifications ( sc) sur la chitine qui fait suite à la duplicature (Thy-
ropisthus cuisinieri carli, Th. resimus) (fig. 50, 51-52). Les sclérifications de la
Fio. 52. — Sclérlflcatlon de l’orlllce du sac vulvaire de Thyroplsthvs retimus (AU.), face
postérieure.
Fig. 53. — ScIériDcallon de l'orlflce du sac vulvaire de Thjroplsthux bowringi (Poe.), race
antérieure.
Fio. 51. — Sclérlflcatlon de l'orlflce du sac vulvaire de Thyroplslhu» bowringi (Poe.), faC ®
postérieure.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHIL0P0DE8 ET DES
LOGKATHES
67
IMnitata *o‘ .,„j'*" 1 s 1 cll ' a,,lre t P® r, lelle schématique (côté droit, anneaux désarticulés) rii. i- „x .
ibw-i Œ £g ,„T q U eJ Hi
ftinilafe ^ lin - “u^ulalure parilelle schématique (côté droit, anneaux désarticulés) de to -a i
fiïurées au. '- es Poches trachéennes sont indiquées en noir seules le. ré(rlc
es- Abréviations, page 185, Chiffres romains : dlploscgments; chlITTes arabes : a“pendlM
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
base de la saillie sont la continuation de la duplicature postérieure. Chez cer¬
taines espèces comme Thyropisthus bowringi (fig. 53, 54), la sclériflcation est
particulièrement développée et située à la partie inférieure de la saillie, enve¬
loppant presque complètement le sac vulvaire. Duplicature et bourrelet ont pour
rôle la fermeture de l’orifice, le second se rabattant sur le premier.
La musculature de cette région (fig. 55) est sensiblement identique à celle
des Callipoidea. Les paires de pattes 2 et 3 montrent des faisceaux trachéo-
dorsaux semblables à ceux de la coupe longitudinale de Spiroslreptides (fig. 12).
La duplicature postérieure sert d'attache à un muscle dorso-ventral se rendant au
phragma du diplosegment IV ( sc.p‘) et à un muscle trachéo-sclérital (fs) identique
à celui de la première paire de pattes. Les sclérites antérieurs (sc) et la dupli¬
cature, sur la presque totalité de leur surface, servent d’assise à un muscle très
puissant ( td.s) aboutissant à la partie dorsale du diplosegment III. Confondu avec
ce muscle, un troisième faisceau (td.v) enveloppe la base de la vulve (valves et
opercule) et déborde sur le sac vulvaire. Il est très difficile d'identifier ici les
faisceaux destinés aux diverses parties de l’organe, mais en se basant sur les
autres Diplopodes, comme les Polydesmides, par exemple, il semble qu’on puisse
attribuer un faisceau à chaque valve, un faisceau à l'opercule et un ou plusieurs
au sac vulvaire. Le point d’insertion final est toujours le môme pour tous, c’est-à-
dire la portion dorsale du diplosegment III. Quelques fibres relient la poche
trachéenne de la 2” paire de pattes aux parois du sac {r.s, r.v ).
d) Polydesmoidea.
Les musculatures sont différentes chez Polydesmus et Oxydesmus, proba¬
blement parce que, chez les premiers, la vulve est externe et le sac vulvaire
remarquablement réduit, et, chez les seconds, l’organe est entièrement dissimulé
au fond d’un sac vulvaire relativement profond.
Polydesmus.
Chez Polydesmus (fig. 56) la musculature de la région est très simplifiée.
La P. 2 présente un tracbéo-dorsal antérieur (td.a‘) et à la base du sternite, au
niveau du vestige appendiculaire, un trachéo-dorsal postérieur (sc.p‘) rejoignant
II
IV
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES GHILOGNATHES 69
le diplosegment IV. La base de la vulve supporte des faisceaux musculaires, l'un
partant du gorgerin (Id.v.g), l’autre des valves et de l’opercule (td.v) (flg. 42
et 06 ) et aboutissant au diplosegment III.
Oxydesmus.
Chez ce genre, nous retrouvons, en dehors de la musculature appendiculaire,
i ensemble des muscles déjà décrits chez les Harpagophoridae (fig. 55-57). Toute-
iois à la base de la patte se rencontre un petit sclérite (sc) (flg. 58) sur lequel
attachent deux muscles puissants : un trachéo-dorsal postérieur ( sc.p *) rejoi¬
gnant le IV* anneau et un trachéo-sclérital (ts). La face postérieure du sac
vulvaire, près de l’orifice, présente une sclérifieation de grande dimension (sc.z)
proximité de laquelle vient s’attacher un muscle trachéo-dorsal postérieur
** a '^ eurs confondu, en une seuie masse, avec le trachéo-dorsal du sclérite
précédent. Partant de l’extrémité de la poche trachéenne deux larges masses
Musculaires (r.v) s’étalent à la base de la vulve (valves et opercule) débordant
ur le sac vulvaire lui-même. Il n’y a pas, comme chez les Harpagophoridae. par
exemple, de dorso-ventraux raccordés à l’orifice du sac ou à la vulve.
Source : MNHN, Paris
70
JEAN-MARIE DEMANGE
e) Spiroboloidea.
Comme chez le S la musculature trachéo-ventrale est contenue dans le
diplosegment II, de môme que le muscle sterno-ventral de la vulve (sd.d) (1). Ce
muscle ne semble exister que rarement : nous ne l’avons retrouvé jusqu’ici que
chez les Chordeumides (III* anneau) et les Spirobolides (II* anneau). Ici aussi
la musculature est proche de celles précédemment décrites; seuls quelques points
d’attache musculaires sont déplacés (flg. 59). Par exemple, les muscles trachéo-
dorsaux postérieurs (sc.p 2 ), en deux couches, raccordés au IV' diplosegment, ont
leurs points d’insertion à proximité de l’oriflce du sac vulvaire, car il n’y a pas
Fio. 51). — Musculature partielle schématique (côté droit, anneaux désarticulés) do la région
génitale 9 d'un Spirobolva. Les muscles longitudinaux ventraux l.v sont reportés au second
plan pour dégager tv. Seules les coxae sont figurées; les poches trachéennes sont en noir.
Abréviations, page 185. Chiffres romains : dlplosegmcnts; chiffres arabes : appendices.
de sclérification près du point de raccordement de la vulve avec le sac (fig. 60).
Le muscle trachéo-sclérital ( ts) rejoint le point d’insertion des dorso-ventraux
(Gg. 59-60) sur les replis du sac vulvaire. Du bord antérieur do l'orifice vulvaire
part un muscle (sv.v) qui aboutit dans le milieu de la région pleurale du diplo¬
segment II. Comme chez les autres groupes, une nappe musculaire (r.v) relie le
fond du sac vulvaire à l’extrémité de la poche trachéenne (fig. 59 h 61). A la
base des vulves (valves et opercule) s’insère un puissant muscle dorsal ( td.v ) qui
peut, vraisemblablement, être décomposé en plusieurs faisceaux reliés à chaque
partie de la vulve (valves et opercule). Ce muscle rejoint la portion dorsale du
III* diplosegment.
f) luloldea.
Chez les Iuloidea il n’y a pas de sclérificalion à l’orifice du sac vulvaire
(fig. 62). Comme précédemment, la musculature postérieure du diplosegment IV
i-ir.p*) s’insère directement sur le sac, près de son orifice, mais il ne semble pas
(Il Cotte particularité est duc au déplacement des appendices vers l'avant.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 71
S t€ r d ® faisceau trachéo-sclérital. Les muscles dorsaux du diplosegment III
ri« i dou | )les et aboutissent au sac vulvaire (td.s). Un muscle spécial (td.v) part
° v , ul r Y® (valves et opercule) et aboutit au bord antérieur latéral du diplo-
segment III. Les Iuloidea présentent un muscle vulvo-trachéen (™) faible.
La musculature de l’appareil vulvaire montre un plan que l’on retrouve géné-
miGri C • to , us , ,es S 1,011 ? 68 - Certains des muscles peuvent être simples ou
multiples suivant la conformation du sac vulvaire, court ou profond, et sui-
ant que les sclérites existent ou non. Sur le sac peuvent s’insérer un ou plu-
eurs faisceaux (td.s), parfois confondus avec ceux de la vulve (td.v), et ne
rrner qu’une seule masse. Le rélracteur du sac (r.v) est presque toujours pré-
Q t mais le trachéo-sclérital ( ts) peut faire défaut ou se multiplier.
Mais, quelles que soient les variations, on peut distinguer quatre muscles
caractéristiques de la région vulvaire :
hr. j 1 ’ Ün dors °-ventral ( sc.p *) du sac vulvaire ou du sclérite, lorsqu’il existe au
°ra du diplosegment IV.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
2° Un muscle allant de la vulve ( td.v) ou du sac vulvaire (td.s) ou les deux
ensemble (môme origine) au milieu de la face dorsale du diplosegment III.
3° Un muscle (fs) de la poche trachéenne à l’ouverture du sac (ou au sclérile
de cette ouverture).
F10.
S énltale
égager
vlailons,
62. — Musculature partielle schématique (coté droit, anneaux désarticulés) de la région
9 d'un lullde. Les muscles longitudinaux ventraux sont reportes au second plan pour
lv. Seules les coxae sont représentées. Les poches trachéennes sont en noir. Ahré-
page 185.
4“ Un muscle ( r.v) ou ( r.s) ou les deux ensemble (môme origine) de la poche
trachéenne à la base de la vulve ou du sac vulvaire.
L’analyse précédente fait suffisamment ressortir les ressemblances entre les
divers groupes et permet d’interpréter les différences essentielles.
B. — LE PÉNIS
Chez de nombreux Chilognathes le pénis est complètement autonome (Iuloidea,
Spirostreptoidea, Spiroboloidea) (fig. 63-G4) mais chez d'autres groupes, tantOi il
se trouve incomplètement fusionné aux hanches de la 2* paire de pattes (CalÜ-
poidea), tantôt il est soudé par sa face antérieure et libre par sa face postérieure,
tantôt, enfin, il est complètement fusionné aux hanches (Craspedosomoidea, Poly-
desmoidea). II. W. Brôlemann interprète ces structures diverses en admettant
une différenciation évolutive qui aurait séparé le pénis des hanches de la 2* pai'' e
de pattes; les conduits sexuels, chez le S comme chez la 2 ‘perforeraient l eS
hanches de la paire de pattes 2. Nous sommes d’un avis contraire et tenterons
dans les lignes qui suivent de le prouver.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES
LOPODE8 ET DES CIIILOGNATHES
73
Lorsque le pénis (P) reste individualisé, il est situé dans une cavité du tablier
sterno-coxal ( ta) de la P. 2, entre celui-ci et le sclérite intercalaire (sc) (fig. 27,
28, 30). Généralement, il s’agit de deux manchons symétriques plus ou moins
sclériflés formés d’une fine membrane, translucide chez les Spiroboloidea (fig. 63-64),
et érectile dans ce cas; parfois il y a un manchon unique (Iuloidea) (fig. 67).
, Fig. 63. — Pénis membraneux dévaglné de la P. ! de Pachybolus laminalus chevallieri 1
ace antérieure.
rs, extenseurs de li
i musculature coxale. Inchangée, de
La musculature du pénis est nettement indépendante de celle de la paire de
étoffes 2 qui, malgré les modifications apportées par la présence du pénis, conserve
es faisceaux coxaux classiques (fig. 65).
Chez les Callipoidea où la fusion est incomplète (fig. 66) il existe deux faisceaux
rachéo-péniens (tp.p) parallèles et deux faisceaux également trachéo-péniens
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHIL0P0DE8 ET DES CHII.OGNATHES
75
chiasmatiques ( tp.c ) aboutissant aux angles proximaux internes du manchon
P nien opposé. Les Iuloidea (fig. 67) chez lesquels la base pénienne impaire repose
ans une sorte de sac membraneux, présentent deux paires de muscles trachéo-
P mens : des latéraux (tp.p) parallèles aboutissant au sac pénien lui-même, et
des médians {tp.c) convergents, insérés ensemble à la base du pénis. Ces tp.c sont
•es équivalents des chiasmatiques des Callipoidea.
Les Spirostreptides (fig. 65*, 68) possèdent les deux faisceaux musculaires
identiques, mais les médians (tp.c) ne se croisent pas, comme chez Callipoidea,
et aboutissent à la paroi interne du manchon correspondant. L’organe des Spiro-
oloidea, érectile (fig. 64, 69), est informe au repos, replié sur lui-même et montre
deux très longues paires de muscles. Une paire trachéo-pénienne latérale (tp.p)
aboutissant à la base du sac pénien, et une paire (tp.c) se rendant à l’extrémité
U pénis lui-même. Chez les groupes dont le pénis est fusionné aux hanches des
• 2 on retrouve également les muscles précédemment décrits avec, bien entendu,
'a musculature coxale classique.
C. — COMPARAISONS DE LA MUSCULATURE
DES ORGANES GÉNITAUX EXTERNES ET CONCLUSIONS
La différence fondamentale existant entre les appareils musculaires de la
uive et du pénis réside dans l’absence, chez ce dernier, des muscles intrinsèques
orso-ventraux contenus dans le diplosegment III. En dehors de cette particularité,
nous retrouvons pour la vulve et le pénis les mêmes faisceaux musculaires.
1. Les muscles trachéo-dorsaux postérieurs (s c.p*) du sclérite qui existent,
•ijême en l’absence de celui-ci, chez la $ (dans ce cas les points d’insertion se
Placent directement sur le sac vulvaire, près de son orifice). Ceci est important,
& r le muscle trachéo-dorsal postérieur (td.p) (chapitre II) est caractéristique de
•nombres postérieurs du diplosegment. Sa présence, chez la 2, alliée à celle du
muscle trachéo-sclérital (ts) témoigne de l’homologie parfaite des sclérites du S
, de la 5. En l’absence de ces sclérites, les territoires du sac vulvaire sur lesquels
les muscles (s c.p*) et (fs) s’insèrent en tiennent lieu.
2. Chez les $ dont le pénis est fortement sclérifié, il existe deux paires de
uscles caractéristiques, parallèles ou chiasmatiques (tp.p, tp.c) jouant le rôle
0 fléchisseurs et élévateurs. Les points d’insertion deviennent vagues chez les
ri<s°V Pes cornm ? Spiroboloidea, où le pénis est entièrement membraneux, ou se
eplacent (Iuloidea) lorsque la base du pénis s’abrite dans un sac pénien. Or, les
* présentent des faisceaux musculaires, prenant naissance également sur la poche
rachéenne de P■ 2 (r.v), enveloppant, plus ou moins, le sac vulvaire, à des degrés
différents suivant les groupes, et aboutissant, très souvent, à la base de la vulve
ou pénètre l’oviducte (1). C’est exactement ce que l’on rencontre chez les Spirobo-
oïdea à pénis membraneux muni d’un faisceau proximal (tp.p) et d’un faisceau
Q istal (f p.c). Ces muscles sont donc homologues.
La morphologie externe du pénis et des vulves est analogue en ce sens que
es vulves sont abritées dans un sac plus ou moins profond avec lequel elles font
0r ps, au même titre que le pénis de certains groupes comme les Iuloidea. Les
eux organes présentent donc certaines analogies, mais le pénis est généralement
en surface, position que ne prennent les vulves que pendant la ponte.
L’étude de la musculature de la vulve et du pénis montre que les organes n’ont,
en aucun rapport direct avec la paire de pattes 2 et n’en constituent pas une
Partie intégrante comme un examen superficiel peut se laisser supposer. Le fait
e trouver certains groupes dont les pénis et les vulves sont étroitement liés aux¬
quelles de la 2 * paire de pattes, au point de ne présenter qu’un seul et
“•eme bloc, n'implique pas qu’il s’agisse d'une image primitive. Nous pensons, au
°ntraire, que la réduction des appendices postérieurs des anneaux thoraciques
Il y”! J 1 est fort probable et même certain que 14 où se trouvent des muscles sur le sac vulvaire
Pri'neiLv„ eu ,? e c <> n s‘derer qu'il existe des faisceaux 4 la base de la vulve, la masse musculaire
ncipale s’étendant sur la presque totalité de la base du sac.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
est d’acquisition récente et constitue un processus général et commun aux Chilo-
gnathes. Les vestiges des anciens appendices tendent à disparaître et à s’effacer,
au fur et à mesure que l’on considère des groupes plus évolués, par fusion avec
1 appendice ambulatoire précédent. C’est ce qui se passe, d’ailleurs, pour les sclérites
intercalaires du thorax. Les organes génitaux et les vestiges appendiculaires thora¬
ciques suivent, dans ce cas, le même processus évolutif de fusionnement de
deux appendices indépendants originellement (1). Il est probable que des liens
de plus en plus étroits allant jusqu’à la soudure, se sont établis pendant la
régression des membres postérieurs. Les Diplopodes, à pénis soudé, sont parmi les
plus évolués, Polydesmides par exemple, et ceux-ci sont dépourvus également de
sclérites intercalaires individualisés, visibles. Un témoignage de la fusion est
encore perceptible dans la présence de certains muscles trachéo-dorsaux postérieurs
(|j c.p) juxtaposés et confondus avec ceux des membres fonctionnels dont les points
d’insertion, sur les anneaux suivants, sont typiques de membres postérieurs.
Du lait de la fusion, pouvant n’intéresser que le sternite et les poches tra¬
chéennes, fusion presque totale, déjà rencontrée dans les pattes d’un même
diplosegment du tronc, il n’y a rien de surprenant à trouver des faisceaux mus¬
culaires comme les trachéo-dorsaux postérieurs ( t d.p) des appendices ambulatoires
thoraciques, prenant appui sur un membre apparemment étranger.
Précisons, enfin, que la musculature de la base pénienne, avec ses faisceaux
parallèles et chiasmatiques (t p.p, t p.c) rappelle la musculature intersegmentaire
de pattes ambulatoires. Ces muscles, intersegmentaires, lient les appendices
successifs et réunissent les poches trachéennes de l'un aux coxites et sterno-
coxites de l’autre. Ces deux musculatures ont une homologie certaine et la
première, de la base pénienne que l’on retrouve chez la 9, dérive de la seconde.
Les faisceaux des organes génitaux, de mémo que les trachéo-scléritaux [ts) sont
une persistance des muscles intersegmentaires des pattes ambulatoires (te).
, Pénis et vulves ont donc la même origine et leur morphologie externe
identique en un certain sens (sac pénien et pénis = sac vulvaire et vulve) et
nous les considérons comme des membres postérieurs, modifiés, du diploseg¬
ment III (2) dont subsistent, à des degrés divers, des fragments dissociés de
sternite (trachéo-sternite = sclérite intercalaire) et de coxo-sternite (vulve et
pénis).
Toutefois, il semble que les organes 9 soient à un stade évolutif moins
avancé que le pénis, car ils conservent encore la musculature dorso-ventrale du
diplosegment III; le premier des faisceaux complexes des membres postérieurs
(flg. 3, 5, 6). 1
Appartiennent également aux vestiges, non seulement les pièces sclériflées,
sclérites intercalaires, vulves ou pénis, mais aussi les membranes translucides, sacs
vulvaires et sacs péniens. Le sclérite intercalaire correspond à un trachéo-sternite,
la base pénienne et certains territoires vulvaires supportant le muscle venant de
la poche trachéenne (r.v, tp.p, t p.c ), sont homologues à des sterno-coxites. Le
trachéo-sternite n'est pas, en effet, la seule pièce conservée, car la présence des
muscles chiasmatiques ou non (tp.p, tp.c) de la base pénienne, et par voie de
conséquence du sac vulvaire et de la vulve (présence de muscle r.s) indique qu'un
coxi te, ou tout au moins qu’un sterno-coxite (3) est encore présent, en l’occurrence
le pénis et la vulve. Dans la zone génitale, à l’inverse des autres vestiges tho¬
raciques, le trachéo-sternite n’est donc pas seul conservé.
Une étude détaillée de nombreuses espèces d’IIarpagophoridae (1961) nous
avait convaincu de l’appartenance des mamelons, replis du sac vulvaire, à la
vulve elle-même. Nous croyons que chez les Spirostreptoidea il en est de même.
Il est très vraisemblable que la plus grande partie de la bourse soit un coxite
car l’invagination apodématique, avec ses muscles insérés sur les valves, donne
(1) Voir également le cas de Lllhobius. Chapitre II D de la 4» parue.
(2) Quant a la position postérieure des membres en question (vulves et pénis) et à leur valeur
, appendices autonomes dont on pourrait douter encore, rappelons ici la présence de muscles sterno-
®‘ ei Sîü, 11 a Clé remontré que ces faisceaux étalent typiques
de membres postérieurs de dlplosegmenls.
(3) Une partie du sternite p
vers le fond du sac vulvaire. L
ment trachéo-sterno-dorsaux, en
■e entraînée par la bourse (coxite) au cours de sa
muscles dorso-ventraux vulvaires (f<f.u) t
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES ClilLOPODES ET DES CHILOGNATHES 77
unc image très proche des sacs coxaux classiques. L’opercule, avec la paire de
niuscles prenant naissance à la portion proximale des valves et aboutissant à sa
b ase, pourrait figurer un reste de télopodite.
Alors que le pénis est entièrement sclérifié, généralement, l’organe qui lui
correspond chez la $ (sac vulvaire et vulve), une fois évaginé, n'est qu'incomplè-
tement incrusté. On pourrait voir, dans le sac vulvaire, tout au moins dans les
Portions ne servant d’assise à aucun muscle, une membrane articulaire considé¬
rablement développée (fig. 70). L’insertion des nappes musculaires, provenant
des poches trachéennes de la 2. détermine même, lors de l’évagination des sacs
vulvaires, un étranglement délimitant un territoire proximal (flg. 71) qui pourrait
représenter la véritable base de l'organe.
En conclusion, les organes génitaux S et 9 sont des appendices spécialisés;
•es faisceaux musculaires ont une étroite parenté et les sclérites intercalaires
Une origine identique, trachéo-sternale, chez les uns comme chez les autres. Il
8 agit bien d’appendices postérieurs du diplosegment III.
La vulve, moins spécialisée que le pénis, conserve encore des faisceaux mus¬
culaires grâce auxquels on peut reconnaître, pour certaines sclérifications, une
0ri gine coxale et télopodiale. Ces pièces ont disparu dans le pénis, qui ne conserve
•We sa base coxosternale en plus de son sclérite trachéo-sternal.
D. — LA DISPOSITION DES APPENDICES
DANS LES DIPLOSEGMENTS THORACIQUES
DES DIPLOPODES CHILOGNATHES
L'étude précédente apporte un nombre important de faits variés dont l’in¬
terprétation permet de donner aux problèmes, posés par la morphologie de la
'' e gion antérieure du tronc des Diplopodes Chilognathes. une solution plus satis-
aisante que les hypothèses proposées jusqu’à présent. Cette solution a l’avantage
Qe grouper, en une synthèse commune, des données morphologiques qui n’ont
Pas toujours des rapports directs apparents; elle ne fait pas intervenir des bou¬
leversements invraisemblables; elle s’appuie enfin sur une définition morpho-
JP^ique du métamère classique. Sans prétendre lui attribuer un caractère
définitif, il nous semble qu’elle représente une approximation acceptable. On peut
a résumer ainsi :
La région antérieure du tronc est un thorax, formé de 4 anneaux doubles,
hacun d’entre eux étant constitué par deux métamères correspondants, chez les
milopodes (voir IV* et V* parties) à un segment macrotergal et un segment
Source : MNHN, Paris
78
J-MARIE DEMANGE
microtergal. La disposition réelle des appendices ou des sternites de ces diplo-
segments est donnée dans les tableaux suivants, où les orifices génitaux sont
considérés comme fixes, toujours disposés dans le môme métamère, quel que soit
le groupe envisagé; même chez les Spirobolides où un mouvement de translation
des appendices s’est effectué (/lèches). (Voir tableaux page 79.)
V représente les vestiges appendiculaires et les doubles traits, encadrant les
diplosegments VII et VIII, la fusion de ceux-ci chez les autres groupes de
Polyzonium.
Nous sommes ici, en partie, en désaccord avec les interprétations de
H. W. Brôlemann en ce qui concerne le IV* diplosegrnent où la 3' paire de pattes
est placée en arrière du diplosegrnent. En outre Polyzonium n'échappe pas à la
règle générale et ne porte qu'une seule paire d'appendices au IV" anneau et non
deux comme l’auteur l’avait supposé. L’origine de la différence dans le nombre
des paires de pattes prégonopodiales doit être recherchée ailleurs (voir troisième
partie, chapitre V).
Source : MNHN, Paris
rp==-
Diplosegments
Collum
II
III
IV
Polyzonium .
--
Apophyse
prag¬
matique
Gula
P. 1 amb.
Muscle
vestigial
P. 3 amb.
Organes
génitaux
P. S amb.
Muscle
vestigial
Chordeumides ..._
p _ 1
Ap. phrag-
ma tique
Gula
P. 1 amb.
Muscle
vestigial
P. 3 amb.
Organes
génitaux
P. 3 amb.
Muscle
vestigial
Ap. phrag-
matique
Gula
P. 1 amb.
Muscle
vestigial
P. 3 amb.
Organes
génitaux
Complexe
platosternal
Ap. phrag-
matique
Gula
P. 1 amb.
Sclérite
(vestige)
P. 3 amb.
Organes
génitaux
P. S
Muscle
vestigial
Spirostreptides .
Ap. prag¬
matique
Gula
P. 1 amb.
Sclérite
(vestige)
P. 3 amb.
Organes
génitaux
P. 3
Sclérite
(vestige)
r
Ap. prag¬
matique
Gula
P. 1 amb.
Vestige
(sclérite,
muscles)
P. 3 amb.
Organes
génitaux
P. 3
(sclérite,
muscles)
-
Diplosegments
Méta-
mères
Poly¬
zonium
Calll-
poidea
Chordeu¬
mides
Spiro-
boloidea
Autres
Chilo-
gnathes
1
V
V
V
V
V
2
Gula
Gula
Gula
Gula
Gula
3
P. 1
P. i
P. 1
P. i
P. 1
*
Muscle
vestigial
Muscle
vestigial
Muscle
vestigial
h
V
III .
5
P. 3
P. 3
Organes
génitaux
P. 3
Organes
génitaux
| P. 3
P. 3
_
6
génitaux
génitaux
Organes
génitaux
IV .
7
P. S
P. 3
Complexe
1 P. 3
P. 3
--
8
Muscle
vestigial
Muscle
vestigial
plato¬
sternal
t v
V
9
P. 4
P. 4
P. 4 P. S
1 P ' J
P. 4
10
P. 5
P. 5
P. S P. 4
1 P■ 5
P. 5
11
P. S
P. S
P. 6 P. 5
P. S
P. S
12
P. 7
P. 7
P. 7 P. 6
P. 7
P. 7
VII .
13
P. S
V
Gono-
podes
P. S P. 7
Peltogo-
nopodes
Gono-
podes
_
14
Gono-
podes
P. 9
V
P. 9
P. 9 P. S
Gono-
i podes
Gono-
podes
VIII .
15
Gono-
podes
P. 10
P. 10 P. 9
P. 10
16
P. 11
P. 11
P11 P. 10
P. il
P. 11
Sourcfy : MNHN, Paris
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
de la seconde partie
Les anneaux thoraciques sont au nombre de quatre et leur structure est
diplosegmentaire. Le premier diplosegment ou collum est incomplet, un fragment
du métamère antérieur ayant été annexé par la tête.
Des traces des appendices ambulatoires thoraciques absents ont été mises
en évidence sous forme de sclérites servant de points d'insertion à des muscles
trachéo-dorsaux typiques de métamères postérieurs. Le collum, apparemment
dépourvu d’appendices, possède deux paires de vestiges trachéo-sternaux : la gula
et une paire d’apophyses conservant des muscles trachéo-dorsaux de métamère
antérieur.
Les organes génitaux, vulves et pénis, sont les membres autonomes spécia¬
lisés du métamère postérieur du diplosegment III.
La disposition réelle des appendices dans le thorax est la suivante :
Vestige antérieur (apophyse et trachéo-dorsaux)
Vestiges postérieurs (gula avec, probablement, des éléments antérieurs
Collum fusionnés)
II P. 1 ambulatoire - Sclérites vestigiaux
III P. 2 ambulatoire - Sclérites et vulves, ou sclérites et pénis
IV P. 3 ambulatoire - muscle vestigial (y compris Chordeumides S )
Complexe platosternal chez les Chordeumides $
Les Colobognathes, au moins ceux qui ont été étudiés, ne semblent pas échapper
à la règle générale et le diplosegment IV ne porte pas les deux paires de pattes
qu'on lui attribuait.
Chez les Spirobolides, on constate qu’un mouvement de translation des appen¬
dices s’est effectué vers l’avant à partir de la 4* paire, si bien que celle-ci se
trouve au IV* anneau, la 3* au III* anneau, etc., mais en réalité ces appendices
appartiennent aux mêmes segments que chez les autres Chilognathes.
Source : MNHN, Paris
TROISIÈME PARTIE
LES APPENDICES copulateurs ou gonopodes
INTRODUCTION
Ia transmSssion'dn^Dermfi^oflwî 8 ’ ° U de ,® es dimen sions extrêmement réduites,
dehors des PentaznniîWr/,. S e . ff . ec \ u ® P ar 1 intermédiaire d’organes spéciaux. En
le Vil* diplosegment du rnrîüfm* 1 ^ des Colobognatha (Polyzonium), c’est toujours
et résultent de h frnnJr PS q IV esporte - Ges organes copulateurs sont complexes
«1 grande et leurs ?' ltl0n . de paWcs ambulatoires. Leur complexité est
en dehors des Pentazonin r , p J’ ofondes ( I u ’il est pratiquement impossible,
enc °re moins leurs différents arUcïs ^ 1 ' 168 ’ d ’ y reconnaîtr€ les appendices et
‘nais^comme^roif miuvaif é «» f îl itS f° Ur homoI oguer les différentes parties
n'est pas rare rie ™!üi Sy a , tlendEe ' !. es auteurs ne sont guère d’accord et il
différentes dénom inafüfnf trer ’ r anS , la llttératur «. des tableaux confrontant les
'es termes employés dans lwügf ‘ déeS et atUreP rattention du Iecteur sur
la b^e U dft di ln er «wJm 0 S »° n8 ’ d ü nt « princi pale est que les organes copulateurs sont
nous avons entîenriï de H s p Myriapode s Diplopode S’ depuis R. Latzel (1884),
étude basée dIus , parée dans les groupes les pIus importants,
seule la mnmhui P , rElcu l lèrerne nt sur la musculature, encore inconnue. Jusqu’ici
me la morphologie externe avait été utilisée. ’
tiques ^ f n a ( r i, Ces °î' gan , es ’ d’origine connue, sont l’objet d’études phylogéné-
sentenf é ê partlcu ' ier - Certains d’entre eux sont peu modifiés et pré-
à des séries ,? 0 StniCture . d une patte ambulatoire .' iIs servent de point de départ
recherches g?nopodes. Les appendices copulateurs facilitent donc les
Un élément suDnïémènf? ^ morpholog . ie comparées, la musculature constituant
toujours situTdan m sTe a VT e r. d ri e C . 0mparais , on / En outre - les gonopodes ne sont pas
r J . Sllues dans le VII* diplosegment (chapitre V).
P'acer cehTrie d LH 0n ° POde ‘> ? - 6té cr66 par H ' «othenbühler (1900) pour rem-
cru que d n pat *j a3 c ° pu . Iat . rices - employé jusqu’alors. Pendant longtemps on a
(8* et 9 *i riii g v?r° P ^ de | S résulta,ent de la transformation des deux paires de pattes
'es myrianololo^isïs °rf nei l t ’ e L U a fallu <le nombreuses recherches avant que
iantSeur^f T w rie 0 é H ,Senl q “ ' s ' agissail ’ parfois - d’une seule paire de pattes
d ispara»re r<5nirn=ip d „ * ^ UX pa,res ’ par exemple ( 0 *)> Pouvant être atrophiée ou
paraître (Spirostreptoidea, Cambaloidea).
la traîsformaf J inî A ^ L i d6CO ” Vri i que ,! es g°»opodes des Cambaloidea résultaient de
Paire n™?I™ atl0n /,x d x e À a paire de pattes antérieure (8*) du double segment VII h
'-emann 0 ^ 16111 ^ 6 l 9 * étant alrophiée - Chez les Spirostreptoidea, dès 1916, H \V Brô'
d i3SrhezTs%n,^r m V S 11 r nsidère que , la 9 * paire a empiètement
les Orinnivf (j Spirostreptidae, et que 1 on ne rencontre plus que le sternite chez
P a iro d dn t mH gldae 'iA Ca sternite fut iongtemps considéré comme appartenant à la
Pfétan? i P f e , S ant f' eure ’ puis « fut attribué à ' a Paire postérieure, en inter
9* 11- 1 ; V ’ eS î él , opodltes des gonopodes (P. 8) comme les appendices de là
Æ* qui est , Ia hanche des Spirostreptoidea représentait les gononodes
Podes 1 nd,S q v e les télopodiles - de ces mêmea gonopodes, devenaient^ L n o
Pas rApM térie , U Ü®’ ISous avons découvert - en 1959, que cette 9* paire de nattes n°à
des nf e i ement dls P aru cbez l'adulte des Spirostreptidae. Il subsiste Da
8 POches ‘rachéennes, des sclérites et une puissante musculature ’ D1VeaU ’
Source : MNHN, Paris
82
1-MARIE DEMANGE
Plusieurs cas peuvent donc se présenter chez les Diplopodes Chilognathes
Tantôt les deux paires de membres (8* et 9*) sont modifiées, tantôt une seule
paire (8*).
Dans le premier cas, la même paire n’assume pas la même fonction dans tous
les groupes et deux catégories peuvent être envisagées :
1° les membres postérieurs (9*) sont de véritables gonopodes et la paire
antérieure (8") a une fonction protectrice, contribuant à clore la cavité gonopodiale
(peltogonopodes des Chordeumoidea, luloidea, Spiroboloidea, etc.);
2° les membres antérieurs jouent le rôle principal et la paire postérieure
contribue à la conservation du liquide séminal (paragonopodes des Craspedoso-
Dans le cas où une seule paire de pattes est métamorphosée, c’est toujours
la paire antérieure (8') du diplosegment VII. La paire postérieure (9*) tantôt
conserve sa fonction ambulatoire (Polydesmoidea, Callipoidea) (1), tantôt est
réduite à des vestiges presque invisibles : plaques scléritiées, invaginations tra¬
chéennes, etc. (Spirostreploidea).
Les gonopodes sont compliqués à l’extrême, ornés d’apophyses, de cornes,
d épines, de lanières, de lames, etc., sauf chez les Colobognathes où les appendices
sont relativement peu altérés; on peut, parfois, y compter un nombre d’articles
égal à celui de la patte ambulatoire normale. Seul l’article apical est modifié et
adapté à la fonction copulatrice.
L’homologation des articles chez les autres groupes est très difficile, mais
il est toujours possible de reconnaître un sternite plus ou moins vestigial et
une hanche montée sur une poche trachéenne.
Il existe une glande, dite prostatique, qui débouche dans les hanches des
gonopodes de nombreux Diplopodes. Chez les Spirostreptoidea le canal prostatique
chemine entre les feuillets coxaux et débouche dans un stylet prostatique ( sty )
(fig. 75) constitué par une invagination de la paroi coxale. Ce stylet prostatique
s’engage dans une rainure du télopodite, la rainure séminale (rse).
Les Polydesmoidea possèdent aussi une formation coxale (fig. 105). Elle est
en forme de crochet (cc) et la pointe s’engage, comme le stylet des Spirostrep¬
toidea, dans la rainure des gonopodes (fig. 101, 102). Ces deux formations, stylet
prostatique et crochet coxal, jouent le rôle de piston pour l’éjaculation du sperme,
et H. W Brôlemann y reconnaît une certaine homologie. D’après cet auteur, le
crochet coxal des Polydesmides est un stylet prostatique aveugle. Nous aurons
l’occasion de revenir sur cette question (chapitre III). La glande prostatique, chez
les Polydesmoidea (tout au moins chez Strongylosoma pallipcs), est logée dans la
hanche et débouche dans la rainure séminale, à sa naissance, au niveau du
crochet coxal, le fémur des auteurs.
Chez les Spiroboloidea c’est la paire de pattes postérieure, transformée en
gonopodes, qui porte, à sa base, un complexe rainure séminale-ampoule (fig. 109,
110, 111), dans lequel débouche la glande prostatique. La base de ces gonopodes,
recourbée sur elle-même, présente un renflement donnant naissance à la rainure
séminale, dans lequel on reconnaît une volumineuse ampoule où aboutit, appa¬
remment, le canal spermatique. L’ampoule (as), bien visible, se continue par un
épaississement jusque dans les gonopodes. Cet épaississement est produit par
les replis de la rainure qui se prolonge jusqu’à la base de l’ampoule. Le canal
spermatique débouche non pas, comme le pensait M. Vachon, dans l’ampoule
en question mais à l’extérieur (or) (fig. 108), c’est-à-dire à l’extrémité proximale
des gonopodes. Toutefois, nous avons découvert qu’un orifice très fin, partant de
l’ampoule, s’ouvre dans le canal séminal. Les produits de sécrétion sont donc
soit emmagasinés dans l’ampoule, que nous proposons de nommer séminale, soit
expulsés directement à l’extérieur (la plus grande partie).
aussl'slrnpü" <Jémon,rcrons a ,a nn dfi celte troisième partie que le cas des Callipoidea n’est P®*
Source : MNHN, Paris
Chapitre premier
LES GONOPODES ET LEURS RAPPORTS
AVEC LE SAC GONOPODIAL
avecYui °rf «nnf C0 P ulate ! JI ' s «ont insérés au fond du sac gonopodial et font corps
Püées ïrïniWM £ J qW S m ’ des scl ériflcations de la membrane de ce sac,
minutieuses de snivr« U ?f ( SUr el * es-mê î Ties >' >* est possible, au cours de dissections
p olvdesmoidea le .® xl ® tanl 'S entre le sac et les organes. Chez les
laires entre le’dininQAt^îî* ab , s ® nt ’ 11 nex, ste que de simples membranes articu-
Gliordeumideo ^ 6S £> on °P odes - Pour les Iulides, Craspedosomides,
étant de simplesdoIgSs t relativement facile à reconnaître, les organes
sions E îuivnni A?pfT ne ‘fSpiroslreptoidea, la structure se complique, et les préci-
cours de m e aPP °, rté f P ermettront de mieux comprendre ce qui se passe au
urs de la régression de la 9* paire de membres. F
Par J 0mme chez les autres Diplopodes il s'agit d’une simple
délicate™' 8 pr< ^ sence du t é l°P° d ite à l’intérieur de la hanche
évagination de la
rend l’observation
e ,i P „ï!“ °»P ul! ï nces 50nl composées d'un feuillet à double
abriil , ::/ y *?■ 76 ' 76 >- La banche se creuse en gouttière verticale (me) pour
hancho i ‘?°Ç 1 °, d ' le ««fl '• Ob' détermine la décomposition, vue de fera de ta
Proion J" f8 , u, , l !”‘ mterne « et feuillet latéral (,). Le paracoxlte (»«) est
ngation latérale du feuillet coxal latéral (flg. 72, 75 , 76). P
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
Le sac gonopodial est rattaché aux anneaux VII et VIII au niveau de l’ouver¬
ture du VII* diplosegment. Au fond du sac s’insèrent les gonopodes et, en arrière,
tout près de l’orifice de la poche, contre le phragma du VIII* diplosegment, la
9* paire de pattes vestigiale. On remarque, en avant des gonopodes, une membrane,
issue du sternite et rejoignant le VII* diplosegment. Latéralement cette membrane
s’attache au bord du paracoxite et forme, à son niveau, une large poche ( as )
(flg. 76, 77) dans laquelle se loge la vésicule du télopodite (am). Les bords de cctle
poche, complètement close, s’insèrent sur la poche trachéenne : en avant, à proxi¬
mité de l’articulation, sur un bourrelet (bo) en V, trace d’invagination stigmatique
(flg. 73, 74); en arrière, sur l’arête latérale interne de cette même poche trachéenne.
Le bord de la poche membraneuse ( az) se prolonge vers le télopodite sur lequel
elle s'attache, laissant libre l’articulation ampoule-poche trachéenne, et formant
un entonnoir correspondant à la base évasée de la rainure séminale. La membrane
de cette poche est fortement plissée, ce qui permet les mouvements verticaux du
télopodite nécessaires à l’accouplement (flg. 75). Le bord de la poche membraneuse
rejoint également le bord interne de l’ampoule télopodiale (am) et le côté latéral,
laissant ainsi l’ampoule complète du côté de la cavité générale (flg. 76). Le sac
membraneux en question est donc rapporté sur le fond du sac gonopodial et se
trouve ouvert par la lèvre sternite-paracoxite (Lse) et fermé, côté latéral externe,
par la paroi inférieure du paracoxite (flg. 72), la paroi supérieure étant réservée
à la poche gonopodiale elle-même, le bord inférieur de l'ampoule, l’articulation
poche trachéenne-ampoule sur le dessus vers le télopodite, l’entonnoir télopodial
(base de la rainure), le bourrelet en V de la poche trachéenne et la soudure, au
niveau du sternite, de la lèvre du départ. Face postérieure le bord supérieur de la
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES 85
poche se soude à la base du paracoxite et rejoint le feuillet selérifié donnant nais-
st y ,et prostatique (fig. 75). L’ouverture du sac de l’ampoule est donc
do i’ 1 , e P ar ^ es .^ eu ‘^ e ^ s de la base du coxite, la lèvre antérieure étant le pli
angle du sternite au paracoxite, les lèvres postérieure et latérale, le paracoxite
tel
Fio. 78. —. Anglocoxttes, face roslrale de Calllpus foetUUssimus gai lie un Brûl.
i le feuillet interne du coxite. C'est donc la continuation, en quelque sorte, de la
9ame coxale. Le télopodite est à l’intérieur de la poche, l’ampoule à l’extérieur
a ns la cavité générale, ainsi que les muscles et la plus grande partie de la ooche
lr achéenne (fig. 77).
Source : MNHN, Paris
86
J KAN-MARIE DEMANGE
L'entonnoir de la base du télopodite, origine de la rainure séminale, est la
continuation de feuillet enroulé de ce même télopodite.
En résumé, les gonopodes sont comparables à un doigt de gant très complexe,
issu de la membrane du sac gonopodial plus ou moins sclériflée. Il serait possible
d’étaler, par la pensée, ces gonopodes et de les ramener à quelques sclérifications :
une semi-circulaire représentant la coxa et un disque témoignant de la présence
du télopodite, relié à la coxa par une bande chitineuse.
Source : MNHN, Paris
Chapitre II
MUSCULATURE DES GONOPODES
d.s S ecHr,l P " m ;,l th0r l X ' l étl î d . e deIa musculature des gonopodes a été faite par
et cham.e ^nnni T De très «ombreuses espèces ont été examinées
maniéro à P été étl J dlé en délail - 11 sera publié qu’une synthèse de
I ’ a nîtîmi» 8 I de 3 maS 1 Se de , nos documents un plan général de la musculature,
encore mnin« h» 6S gono P odes " a fa,t ■'objet d’aucune recherche particulière et
dÏÏSZs riuï C ° n ' !,a ; a ' SOnS - ^ a " s la «itWrature, on trouve un très grand nombre
élément? i i à - G ' A r rEMS ’ °'. Sghub art et surtout K. W. VerhoeFf. où des
utilisées en «v« C fAm!? S fra Smentaires accompagnent les pièces morphologiques
culaires h l’a -h Aucu « essai tendant à homologuer les éléments appendi-
B. R OnrnJr MOAnf 3 musc , ulature - n ’ a été entrepris. Seuls R. L. Hoffman et
publient tnc -x- t n avant "P ro P° s d’un ouvrage de révision des Spirobolides,
P n?r!? « és « lta ts de leurs dissections sur Atopetholus angélus Chamb.
Darfnia „ 1 î/ la spécialisation de ces organes la musculature de l’appendice est
Parfois considérablement bouleversée et les faisceaux multipliés.
Nous distinguerons :
1 ‘ Muscles d’origine sternale. — Sterno-dorsaux et ventraux.
2 * Muscles partant des poches trachéennes.
a) trachéo-dorsaux (td)
b) trachéo-ventraux (tv)
c) trachéo-coxaux (fc) chiasmatiques ou non
d) trachéo-coxaux des gonopodes (te.g)
e) transversaux (t)
^ Muscles longitudinaux ventraux, réunissant les poches trachéennes entre
eues (l.v).
** Muscles de la poche gonopodiale.
A. — NEMATOPHORA
Les organes copulateurs sont très variés et il est nécessaire de préciser
quelques points.
Le sternite est souvent absent ou membraneux, en tout cas invisible extérieu-
ment, mais les poches trachéennes subsistent et s'articulent ou se soudent aux
p -ces voisines. Dans les membres il y a lieu de distinguer l’angiocoxite, paroi
limeuse du coxite, le sac coxal évaginé ou colpocoxite et le télopodite plus ou
i n ? lns déformé. L’angiocoxite n’est presque jamais complet, mais les parois
sa v? 6 ! 8 se fus * onnen t pour donner naissance à une lame verticale, la cloison
nr h 6 ' Lorsc * ue * es deux moiti és des gonopodes sont fusionnées, l’ensemble
Ipkx la dénomination de synangiocoxite et de syncolpocoxite. Si les poches
achéennes se soudent aux télopodites la pièce est dite cheirite.
? n ne * )eu *’ décrire en détail ici les gonopodes, tant la diversité des formes est
* ande, et on ne peut que renvoyer le lecteur, intéressé par la morphologie externe
os gonopodes. à l’abondante littérature spécialisée.
1 — CALLIPOIDEA
Les gonopodes se divisent en deux parties distinctes correspondant à la 8* paire
Pattes (1) (flg. 78 et 79) : un angiocoxite (an) subtriangulaire avec une apophyse
(1) Ceci n'est qu'apparent comme nous le verrons au chapitre V.
Source : MNHN, Paris
88 JEAN-MARIE DEMANGE
en lame de sabre (;) et un télopodite {tel) très allongé doublé d'un colpocoxite (col)
(pseudoflagolle). Tous deux sont couchés dans la cavité angiocoxale. A la base du
télopodite se soude une puissante poche trachéenne ( ptr ). En avant et en arrière
des gonopodes on remarque deux larges plaques sclériflées (fig. 179 - 181 ).
a) Angiocoxitc (an) (fig. 79 et 181 ).
Il est relié au diplosegment VII par un faisceau musculaire (sv) partant de la
pointe en lame de sabre (J) et aboutissant près de l’ouverture de l’anneau. Le bord
latéral externe, en bourrelet, sert d'assise à un puissant muscle (sd rejoignant la
portion dorsale du diplosegment VI. Le premier (sv) peut être considéré connue
un trachéo-sterno-ventral, tandis que le second (sd) est l’homologue d’un sterno-
dorsal. Une large bande musculaire transversale (t) réunit les deux apophyses
symétriques en lames de sabre ( j). Il existe deux longitudinaux ventraux (Lv)
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES
I.OPODE8 ET DES CHILOGNATHES
1 n «i an f J a P oc ^ e trachéenne de la 7* paire de pattes ambulatoires au bourrelet
eral de la base et à la pointe de l'apophyse angiocoxale. L'apophyse angiocoxale
pporte, en outre, un faisceau (l.a) aboutissant à la sclériflcation postérieure des
gonopodes (fig. 181) et partant des bourrelets interne et externe, deux muscles
rejoignant la base du télopodite ( it.g‘,
b) Télopodite et colpocoxitc (pseudoflagelle).
La poche trachéenne du « télopodite » ne présente aucun muscle trachéo-
aorsal, mais supporte cinq faisceaux musculaires. De l’extérieur vers l'intérieur,
n deux couches, deux muscles (tc.g', r.s.c*) se rendant respectivement au côté
erne de l’angiocoxite ( tc.g'), sur toute la longueur du bourrelet et au côté
xterne du colpocoxite tout le long du bord ( r.s.c ‘). Un troisième muscle ( tc.g *)
s insère basalement sur la face interne de l’angiocoxite. Le quatrième faisceau
réunit la poche trachéenne à la base antérieure du colpocoxite (r.s.c 1 ). Enfin, la
partie proximale antérieure du télopodite présente un muscle rétracteur ( r.a.t)
rachéo-colpocoxal, dont l’action est négligeable par suite de l’ankylose de l'arti¬
culation trachéo-télopodiale. En outre, il existe un muscle longitudinal (Lv)
Source : MNHN, Paris
90
JEAN-MARIE DEMANGE
réunissant la poche trachéenne des gonopodes à la poche trachéenne de la T pair.
înKfT a ‘? ,re ?'n De f m “ SdeS {,t ' U) P arlent <* 8 * a «»ité interne du cous-
£ ïlïfiw n ‘s 61 dlî !?• S" 1,1 ' 8 anlé ™«™ de la ceinture angiocoiale (base d.
la solériftcation prégonopodiale s.p.g flg. 1S1) pour rejoindre la P. 7.
2. — LYSIOPETALOIDEA
_A m « h L y sl °P et “ lu “ Ia P oc,ie trachéenne ( ptr ) est très large, repliée sur elle-
sl en P5 ll o (1 fu l 1 ? nnée au cox oide (co) qui est surmonté d’une longue
fonct/onneÏÏe 8 °’ 81, 82) ‘ Le lélopodite {tel) Possède une articulation
nn „ h ^. lat î jr . e est très simple. On remarque un muscle transversal «) de
fit- ro'V S’ r 6 - d f U / fa ! sceaux - extenseur (e.t) et fléchisseur (f.t) du télopodite
if; ° 2 ’ 84) : L extrémité proximale de ce télopodite présente une apophyse ( cox)
fn/niüA i vient s insérer le large tendon du muscle (e.t) occupant la presque
totalité de la cavité constituée par la poche trachéenne élargie (fig. 83, 84). Le
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 91
MrrnïH inséré ' en partie, sur la poche trachéenne et en partie sur le
coxoïde, aboutit dans une cavité de la base du télopodite.
3 - — CRASPEDOSOMOIDEA
Cro^ heiri0ph , 0r0n alcmannic »™ Verh., Polymicrodon polydesmoides (Leach),
u raspedosoma alemannictim Verh.
Dodoe* 1 ? 2 l? S ^ a8 P®d°somides, c’est la 8* paire de pattes qui constitue les gono-
sacitini a / % paragonopodiale. Les gonopodes présentent une grande cloison
(eh\ rh CS i. La poche trachéenne est soudée au télopodite en cheirite
imnô: i ( ' ras P edusoma la ° 8 paire de pattes (paragonopodes) est une pièce
mpaire plus ou moins ornée appelée podosternite.
lTt^iS> 0n0p0Cles , et ’ P ara g 0n , 0 P°des (fig. 85) présentent, comme dans les pattes ambu-
v«nir.o S no ™ a,e ®' ,es faisceaux musculaires trachéo-ventraux (tv) et sterno-
/» « ux ( s ?\ habituels. Il existe également des faisceaux longitudinaux ventraux
' V) reliant les poches trachéennes entre elles.
envoi 6S < c ^ e ' r 'l es gonopodiaux ont une puissante musculature trachéo-angio-
uxaie; les muscles, au nombre de deux (e.t, f.t fig. 86, 87), croisés, prenant appui
éla » eS P° . s trachéennes du cheirite, rejoignent la cloison sagittale. Cette cloison
an p | Cn cro , Issan L les faisceaux sont très complexes et certaines fibres se rendent
oipocoxite. Nous retrouvons également ici les faisceaux (tc.g, r.s.c) de Callipus.
j,« « a paire de pattes 9 ne montre que deux faisceaux trachéo-coxaux faisant
Dai- aUt orsc l ue * es mem bres sont fortement atrophiés ( Craspedosoma alemannicum
p . . exem Pl e ) : un à chaque poche trachéenne pour chaque membre; mais il
ste, en outre, un muscle (l.y) partant de chaque poche et aboutissant à la base
(fi sc ^ r *H ca i'i on Q u * appartient, d’après H. W. Brolemann, au syncolpocoxite
B. — PROGONOPHORA
f- — SP1ROSTREPTOIDEA
a) Splrostreptidae.
La 8* paire de pattes est gonopodiale; la 9* (Démangé, 1959-1964), subsiste
r Us forme de sclérites plus ou moins bien définis (voir chapitre IV); elle est
eprésentée surtout par une puissante musculature prenant assise sur des poches
rachéennes semi-membraneuses.
Les gonopodes (fig. 88) sont constitués par deux pièces élevées formant gaine,
s coxae (co), flanquées de paracoxites (pa) et d’un « télopodite (tel) » flagelli-
rme, logé dans la gaine coxale. La base du télopodite est renflée en une sorte de
Ovette en demi-lune (am fig. 75, 76, 77) sur laquelle vient s’articuler la puissante
Poche trachéenne ( ptr ). Chez de nombreuses espèces cette formation est réduite
a One simple languette.
Gonopodes (P. 8) (fig. 89, 90, 92).
a) Muscles d’origine trachéenne. — Il existe un ou deux faisceaux trachéo-
orsaux (td.a) s'insérant sur le phragma du diplosegment VII (un antérieure-
!" en t, l’autre postérieurement), et sur la face dorsale de cet anneau. De plus,
on large muscle transversal (t) réunit les deux poches trachéennes (ptr). Le déve¬
loppement de ce muscle est variable suivant les espèces; il se réduit à quelques
’bres chez Cladostreptus thalattophilus Schub., Mardonius piceus Att. par
o^emplo. De la poche trachéenne, partent plusieurs muscles très puissants : 1“ un
‘j luscl ® (tc.gt), toujours isolé, se rend à l'angle interne de la hanche et s’étale, chez
oo nombreuses espèces, sur la face antérieure et même la face postérieure (Odon-
jnpygidae notamment), 2° une grande nappe, variable suivant les espèces, mais
o°nt les points d'attache sont toujours identiques, c’est-à-dire le paracoxite (muscle
Ucgt) e t ] e renflement ampullaire de la base télopodiale (muscle r.a.t) (fig. 90).
Oette nappe se différencie en plusieurs muscles suivant le degré de coalescence de
e xtrémité externe de l’ampoule télopodiale avec le paracoxite. Dans le cas d’indé-
Source : MNHN, Paris
92
JEAN-MARIE DEMANGE
Tendance complète, la chitine mince et translucide séparant le paracoxitp de
n a r U e e a .r U a n e de grand î f U ; faC ^ pe ™ ettant a " téiopodite des mouvements de haît
en bas, de grande amplitude, et présente une sclérification en bandelette (sb) plus
Fio. 88. — Gonopodes de Helicogonu» dentiger Verh.
faisceaux rfl'?M U m SU qï; ant K?' 9 »' 0n I> eu ‘ *'°"> donnait™ trois
fl *• 89 ' 90 > , 92) un aboutissant à la tare externe du paracoxite et même
au sommet conique de celui-ci (tc.g‘), un sur la bandelette (sb) ; tc.g *) et un à la
« téiopodite
— Musculature schématique
» tel. est supposé rabattu sur
des gonopodes désarticulés
la gauche de la ligure.
Splrostreptldae. Le
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 93
*f m Pp u î e ( am ) (r.a.t.). Ce dernier occupe tantôt tout le bord inférieur,
i U ? „ m * oire ^ l’angle externe (Graphidostreptus lugubris Brôl., par
emple) (flg. 92). Dans les autres groupes les muscles sont confondus en une
reumi'L. 00 ,- Pomis d'attache des muscles sur l'ampoule am des gonopodes de Spirostreutus
« meitius) olivaceus Schub. Profil externe. '
des *,', r n' D'ampoule am et ses rapports avec le télopodlte tel et la poche trachéenne vtr
3 ^nopodes de Scaphioetreptus fulgens (S. et Z). 1
- Base des gonopodes de Thyroplsthas oslentatus (Sllv.) \
3 de'profil pour montrer
cnn.». : ampoute (am) - poche trac
'serve un lambeau chltlneux (flèche).
articulaire
seul a été
Source : MNHN, Paris
94
JEAN-MARIE DEMANGE
nappe continue insérée sur le bord inférieur de l'ampoule ( am ) (fig. 90) et l’angle
au ^aracoxKemhlPnr 1 ^ ° heZ Ce ^' I1CS esp, ' ces ' les dernières fibres aboutissant
tLkatnnhïh,' «S 1 m qUe [ (Clodostreptus castaneus Schub., Cladostreptus
tfuilaltophilus Schub., par exemple) mais la soudure est si complexe, et les replis
si nombreux, qu il est possible qu’elles aient échappé à notre observation.
„ résumé on trouve un muscle trachéo-coxal et trois muscles poche-ampoule,
seukTnappe Ch,tmeUX * P oche -Paracoxite, ces derniers souvent confondus en une
b ) Muscles ampoule-coxite. — Le bord de l'ampoule télopodiale supporte une
nappe musculaire (t.t.g] l qui parfois se divise en deux faisceaux, ch^Graphido-
streptus tumuliporus (Karsch) entre autres, et s’attache au bord supérieur du
paracoxite, le long de sa sinuosité. supérieur uu
c) Muscles longitudinaux. — Comme dans les paires de pattes ambulatoires
"ES* ll . exlste aussi des laisceaux longitudinaux ventraux (l.v), reliant entre
elles les poches trachéennes, y compris celles de la P. 9 presque invisibles
„„„ Muscles trachéo-Iatéraux et dorso-laléraux. - Ajoutons, pour terminer,
j GS ' aisceaux Particuliers sur la poche gonopodiale. Ces muscles
8 é p éral ; de deux sortes; latéraux et dorso-latéraux. Leurs points de
départ se situent, pour les premiers, au bord latéral externe de l’angle de la
—i P vr r «St ® econd ®’ à 1 ang'e lui-même. Tous s’insèrent dans le diplo-
segment VI (Odontopygidae, Spirostreptidae). V
b) Harpagophoridae.
f" de f re P r<!sœtanls *» ««“« famille sont particuliers notam¬
ment par le fait que la pièce proximale du télopodite (ampoule am) est soudée
** se sllue faee antérieure. Elle est visible, dans sa
totalité, face rostrale (fig. 93).
re da " S 1 1 ' en f !mble ' identique à celle de la famille des
Spirostreptidae (fig. 94), mais les faisceaux poche trachéenne-ampoule (r.a.t) et
poche trachéenne-paracoxite {te.g*) ne forment qu’un seul et même muscle
chez Thyropisthus ostentatus (Silv.). Chez Trigonostreptus xueberi (Poe ) ce muscle
est logé entièrement dans l’ampoule. En outre, il existe un faisceau très ténu
emer l t d ® la P° che trachéenne et aboutissant à proximité de
I articulation de la poche trachéenne au niveau de l’ampoule (fig 95, 96). Ce
muscle n existe pas chez les Spirostreptidae et Odontopygidae. Les’ muscles
Source : MNHM, Paris
SEGMENTATION DES CIIILOPODES ET DES CHILOGNATHES 95
confon?5^ X > UX qU ‘ S ° nt , t0US deux indiv >dualisés chez Spirostreptidae, sont
ondus ici en une seule nappe entourant la base des coxites.
2 - — POLYDESMOIDEA.
, de s,P 0l ydesmides conservsnt, dans une certaine mesure, la
ns - ir °™ ni ,oeés ^
U exK tp m H U r la c tUre est r , eIat w em 1 ent sim P ,e - comparée à ce qui a déjà été vu.
Qu'un d ^ UX f ? ,sceaux trachéo-dorsaux et dorso-latéraux (td.a) (fig. 98), ainsi
translucide r" 1 p , art f n , 1 . d “ danc de l'anneau (sd) et rejoignant la membrane
desmu.s nn »f, à l* 0 * 1 ® Iat 1 ral des hanches gonopodiales (fig. 99). Chez Polxj-
mus, on trouve deux muscles croisés au lieu d'un seul (sd).
Fig. 97. — Gonopodes de Polydesmus angustus Latz.
comiîi heZ i eS Po, y desmoides - la poche trachéenne est soudée à la hanche en un
Pf* trachéo-coxal volumineux, contenant plusieurs muscles puissants. Les
miiAof trach éennes situées latéralement ( ptr) (fig. 100) sont toutefois bien déli-
des h Par UD Slll0n visibIe sur la fa ce antérieure. Du côté interne, il existe
Au _ a guettes venant en contact entre les coxoïdes (co) de la paire d’appendices
mate *. a p0che on remarque, chez beaucoup d’espèces, un large stig-
f a(1 . <I,ui n’avait jamais été signalé jusqu’ici, à notre connaissance. Sur la
postérieure, aucune trace visible de bride trachéenne,
de | a Û K k® musculature du complexe trachéo-coxal présente deux faisceaux partant
s'inw„ , e ° l 1* la f ?“ “ lerM du “lit® (/•»'. !•<*. lis- loi, 102, 103); ces muscles
sémim.1 /n a P rès rr0isemen, i sur des apophyses du télopodite qui porte la rainure
et a’iîf a 104) ’ Un troisième muscle (e.t) prend appui sur la poche trachéenne
f *R tnf < SUr Ia face antéri eure de ,Ia base du télopodite. Un quatrième (rc
base h 02-1 ° 3, 105 ^ prend naissance sur la poche trachéenne et s’attache à la
dite tt crochet ' coxa] (ce), situé à l’extrémité interne du coxite près du téloDO-
débnte a . Utr ? muscle (r.c>, fig. 102, 103) rejoint également le crochet coxal mais
été ir ® a face antér ieure du coxite. Dans le télopodite Iui-môme, il n’a nas
trouvé de muscles. 1
(f, fl» Ü?r e Chez les autres ^ ou P es - n exisle un large muscle transversal
Une n - 1 ? 1 qU ‘ sattache - face rostraie de la hanche, de part et d’autre sur
®h# d i j latérale correspondant à la portion amincie de la bride trachéenne
desL„ a ° l y icsmus , an 9 ustus, chaque hanche présente un large tendon, un neu en
traehA 8 du crochet coxal - sur lef iuel s’insère le muscle (t) (fig. loi) La nninfp
sition^habV'll 816 neSt P&S 16 support du transv ersal contrairement à la d?spo
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
c) Deux muscles longitudinaux ventraux (l.v, 11g. 98, lût) partent de chaqu
poche trachéenne et s’étalent en éventail sur la poche trachéenne de la 9- pair
de pattes ambulatoire.
C. — ANOCHETA
1. — SPIROBOLOIDEA.
Dans ce groupe, les deux paires de pattes sont transformées en organes
copulateurs et leur morphologie est très complexe.
Fie. 100. — Coxolde et poche trachéenne d'un
montrant la trace de l'invagination stlgmatlque.
gonopode de Oxydcsmus sp. face
hanches
rostraie,
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES 97
(fig. io 6 , très ; volumin euse, est constituée de trois parties
poShe ltrachéinnJ roSÏS"? n ' te / <r,) ' Un C0X0Ïde (co) - un «moroïde (£). La
volumineux par 'une enllèremenl soudée au sternite triangulaire,
sclérite (tse) ? A la d^? 8Ulai > re ,? ouvent bien individualisée, le trachéo-
[tSCh A la face Postérieure, s’articule une bride trachéenne (bt) subho-
IQ ' * 05 - — Crochet coxal de Oxydesmus granulosus (Pal.).
ï « < cnÏÏ*M So ? V ^ nt C6tte bride esl intimement liée au trachéo-sternite (tse, fie 107 )
eux un« d *,Si es *; subtriangulaire constitué par deux feuillets laissant entre
«ne gouttière dans laquelle s articule le fémoroïde (/e). 6
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
Fig. 107. — Coxoïde Isolé des pellogonopodes do Pachybolus laminai us chevallier! Brôl., P ou
montrer la baguette trachéenne (6/) et le femorotde (/).
Fig. t08. — Base des gonopodes de Pachybolus laminalus chevallier! Brûl. Abréviations
page 185.
La 9* paire de pattes, plus ou moins flagelliforme, en tout cas longue e
étroite, s'abrite dans la gouttière coxale. Sa base (fig. 108), recourbée en crochel
forme deux excroissances sphériques (es) reliées entre elles par un pont étroj
( po). Ces excroissances sont rattachées à la base du coxoïde de la paire o 1
pattes 8 par une chitine souple. La rainure séminale (rse), constituée pa r ul
repli subcylindrique de la paroi du membre, se termine dans une vésicule (ve) el
forme d’outre (flg. 109, 110). A côté de cette vésicule, il existe une ampoule ( as
constituée par un sclérite concave d’une part, et par la paroi du canal prosta
tique ( cp ), d’autre part. Cette formation est curieuse, car il existe deux oriflcf
dont le principal (or) s’ouvre directement à l’extérieur de l’organe à la base di
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 99
ProTtatîaup g ’aîrpn’il 09 ’ 11 Va Le S , ccon . d (css) ’ très P etit > fa >t communiquer le canal
VLLK' a* V f S, ' UIe ive) P ar ^intermédiaire de l'ampoule (as)
’ 11). Les produits de sécrétion de la glande se déversent donc directement
ofteua/nêfl'BrûT M,,scula,ure des sclérincatlons proximales des gonopodes de Pachybolun laminatus
pouf x ^ n ? ur P a Ç l’orifice principal, mais ils s’accumulent également dans l’am-
vés'’ Q Ui constitue, en quelque sorte, un réservoir, avant de pénétrer dans la
ceff 10 * Le . com Pl exa ampoule-vésicule peut être qualifié de séminal. Jusqu’ici
mai . mal ‘ on n avait ' pas été étudiée en détail et les orifices glandulaires étaient'
“t situés.
.Signalons, pour terminer, que cette région est protégée par une paire de
ar ticuler SCléri<léS ^ g ' 112 ^ et quC les poches trachéennes viennent s’y
5 l ,. Le fonctionnement de ce complexe, en l’absence de stylet prostatique sem-
Pair 6 à cel V' des Spirostreptidae, ne peut s’expliquer que par l’action des deux
dise -h de faisceaux musculaires, dont l'une aboutit à la base de la scléritisation
1131 T G ^ et , autre à * a base des scarifications de surface (tm) (fig 108
iin P ‘ L ’ action conjuguée de ces muscles, en étirant et relâchant la chitine, produit
aide S ° rl ° d ° massaRe de l’appareil séminal qui, joint à la pression de sécrétion
e au cheminement des sécrétions dans le canal spermatique.
Source : MNHN, Paris
100
JEAN-MARIE DEMANGE
a) Pachybolides.
Musculature basée sur Pachybolus laminatus chevallieri Brol.
Peltogonopodes (P. S). (Fig. 113).
Un ou plusieurs muscles trachéo-dorsaux (td.a) dans le diplosegment VI
généralement insérés en avant du prophragma. La poche gonopodiale est relié
à l’anneau par plusieurs faisceaux musculaires s’étendant également à la bas
des organes. De la poche trachéenne, très courte, partent des muscles (ev) étalé
en éventail sur la chitine souple de la poche gonopodiale. Un faisceau rejoii
le sternite (flg. 113). Naissant de la poche trachéenne, un ou deux muscles (f.t
rejoignent le milieu de la gorge du coxoïde (paroi interne) (fig. 113, 114). G
même coxoïde renferme deux faisceaux musculaires ( f.f et e.f) plus ou moin
insérés à la base du fémoroide. Ce sont des fléchisseur et extenseur.
Chez Neptunobolus hogei Schub., le système est plus complexe (flg. 115). Deu:
faisceaux partant de la poche trachéenne ( f.c.) (couche superficielle), très souven
réunis en une seule masse, comme chez Spirobolus, rejoignent la paroi intern
de la gorge. Un autre faisceau, partant du trachéo-sclérite, s’attache à la bas
du coxoïde (f.c*). Celui-ci renferme un muscle en éventail (f.f*) s’insérant sur 1
fémoroïde et deux autres muscles plus profonds (f.f*, e.f) insérés sur de petite
apophyses en haut et en bas de la portion du fémoroïde enfoncée dans le coxoïdf
Chez Seychellobolus dictyonotus (Latz), les deux muscles de la base di
coxoïde, tout en partant des mêmes points, poche trachéenne, trachéo-sclérite
aboutissent tous deux à une apophyse coxale puissante.
11 existe un muscle trachéo-ventral (fu) et généralement deux trachéo
dorsaux (td.a) se rendant aux diplosegments VII et VIII, en arrière du pro
phragma VIII et en avant de ce même phragma.
Gonopodes (P. 9). (Fig. 113.)
La musculature est beaucoup plus complexe et s’attache à la base di
membre ou à son voisinage (flg. 113, 116, 117). On remarque deux faisceaux par-
Source : MNHN, Paris
8EGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHE8
Source : MNHN, Paris
102
JEAN-MARIE DEMANGE
tant de la poche trachéenne et rejoignant la base de l’appendice (e.t, f.t) de part
et d’autre de l'articulation avec la poche trachéenne. Un troisième muscle, très
puissant, débutant à la poche trachéenne, aboutit à la base des gonopodes ( t.m ) au
niveau des sclériflcations subcirculaires où son insertion détermine une inva¬
gination en entonnoir (fig. 108).
La musculature longitudinale ventrale est très complexe (fig. 113, 117). On
peut distinguer :
A) les faisceaux classiques réunissant les poches trachéennes entre elles
(l.v, l.v 1 , l.v 3 ), y compris celles des P. 7 et P. 10;
B) des faisceaux particuliers aboutissant, l'un à la base de l'organe (t.g),
l’autre à la poche trachéenne des P. 9 (l.v 3 ) à cheval sur l’articulation.
a. Les muscles longitudinaux classiques qui partent, dans les peltogonopodes,
soit de toute la longueur de la bride trachéenne (l.v 1 ), soit de la poche trachéenne
elle-même (l.v 3 ). Toutefois, chez Seychellobolus dictyonotus (Latz.), le muscle
Fto. 120. — Peltogonopodes de nhinocrlcus nodulipes Schub., lace caudale.
Fio. 121. — Peltogonopodes de nhinocrlcus nodulipes Schub., face orale.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE9 ET DES CHILOGNATHE3 103
correspondant à ( l.v ') de Spirobolus prend naissance sur une excroissance volu-
ineuse, et chez A'eptunobolus hogei Schub., ce même muscle débute à l'extrémité
e * a bride trachéenne, alors que c’est le muscle (l.v 3 ) qui occupe toute la lon¬
gueur de cette baguette. Chez cette espèce, on observe donc l'inverse de Pachy-
oolus laminatus.
(i La deuxième catégorie de muscles comprend deux faisceaux. Le premier
ri ^ k 6 • ' nst ' r< ^ sur * a baguette trachéenne de P. 8 et sur la poche elle-même,
i w Utlt ^ * a P oc b e gonopodiale, au niveau de son insertion sur la poche
trachéenne de la /'. 9, s'étendant sur cette poche elle-même et sur le bord de
‘Organe (fig. 113, 118). Le second faisceau (t.g) prend naissance dans le creux
ao la poche trachéenne des peltogonopodes (P. 8) et vient aboutir sur la chitine
p°k tf * ,rans P aren *' e à la base des deux sclérillcations subcirculaires (psd)
«abattues sur le complexe séminal (fig. 112, 113, 118). Leur insertion détermine
ues dépressions en entonnoir de la chitine molle.
Cette musculature reste la même dans tout le groupe des Spirobolides, avec
quelques variantes (dédoublement, par exemple).
Etant donné l'unité de plan constatée, il était utile de reprendre l'étude de
• L. Hoffman et B. S. Orcutt (1). On retrouve chez Eurelus soleatus Cook,
spece voisine de Atopetholus angélus Chamb., objet de la monographie de ces
auteurs, une musculature gonopodiale en tous points semblable à celle de Spiro-
<>lus : trois muscles (fig. 119) partent de la poche trachéenne ( ptr) (baguette ( bt)
on comprise); l'un se rend aux gonopodes (t.g), les deux autres au coxoïde (le
Premier s’insère sur l’apophyse coxale ( ac) (muscle e.c), le second (f.c) à la base
uu coxoïde, près de l'articulation). D’autre part, de l’apophyse coxale (ac) part
faisceau (e.c 3 ) rejoignant la bride trachéenne (bt). Les deux apophyses, tra¬
chéenne et coxale, sont très proches l’une de l’autre et peuvent être facilement
confondues, ce qui expliquerait la divergence de nos conclusions et de celles
de Hoffman et Orcutt.
b) Rhinocricus.
Peltogonopodes (P. 8). (Fig. 120, 121).
Il existe plusieurs séries de trachéo-dorsaux, ventraux et latéraux (fig. 122) :
hn muscle trachéo-ventral (t.v) allant à la lèvre du diplosegment VI; un ou deux
aisceaux (t.v) à la lèvre du diplosegment VII; un ou plusieurs faisceaux trachéo-
dorso-Iatéraux (td) au diplosegment VII; un faisceau trachéo-dorsal (td) au
diplosegment VII. On remarque, en outre, deux muscles rejoignant le coxoïde :
0 premier (f.c) court, postérieur, aboutit à l’extrémité d’une apophyse coxale (ac)
riangulaire; le second (e.c), plus long, atteint le bord antérieur du coxoïde, près
du sternite (fig. 122, 123). L’apophyse coxale supporte deux muscles qui, suivant
es espèces, sont plus ou moins confondus : un transversal (t) d’apophyse à
apophyse et un oblique (os) aboutissant sous le sternite. Ils sont homologues au
■huscle en éventail (ev) de Spirobolus. Le coxoïde renferme un rétracteur (f.f) et
Un extenseur ( e.f) du fémoroïde.
Les longitudinaux ventraux sont au nombre de trois : un faisceau réunissant
,, es Poches trachéennes des P. 8 et P. 9 (l.v 3 ): un muscle débutant au niveau de
articulation trachéo-coxale de P. 8 (l.v 1 ) et aboutissant à l’extrémité de la poche
r achéenne de la P. 9; enfin, de l’extrémité de la poche trachéenne des pelto¬
gonopodes (P. 8) part un muscle (t.g) allant s'insérer sur la chitine souple en
avant des gonopodes.
Gonopodes (P. 9).
Un trachéo-dorsal postérieur ( td.p) se rendant au prophragma du diplo¬
segment VIII, part de la base de la poche trachéenne au niveau de l’articulation
e cette dernière avec l’appendice. Un trachéo-dorsal (td.p) part de l’extrémité
Hoffman
communiqué Eurelus soleatus Cook et nous
Source : MNHN, Paris
104
J-MARIE DEMANGE
un tUSS? \ ™ J0ml , la P art,e dorsal e du diplosegment VII. Enfin
nncffr- hé - A J V V , a à 0UV€rture du diplosegment VII et un trachéo-dorsal
rSfnt s . ln8è , re dans jf niéme anneau. Comme chez Spirobolus deux faisceaux
rétracteur et extenseur (f.t et e.t) du membre (voir aussi fig. 123).
Comme pour les pattes ambulatoires, les muscles longitudinaux ventraux se
continuent jusqu’aux poches trachéennes des P. 7 et des P. 10.
On observe quelques variations suivant les espèces comme la disparition des
muscles longitudinaux t.»>, et la non individualisation des faisceaux transversaux
et sternaux. Notons que les muscles fléchisseurs et extenseurs du coxolde (eoxo-
telopodiaux) des peltogonopodes sont identiques à ceux des Eu relu, par la présence
de l’apophyse coxale. * ^
La musculature, tout en respectant le plan général, est donc beaucoup plus
simple et parfois mieux individualisée. Dans le genre Rhinocricus, par exemple, on
ne retrouve pas certains transversaux des Spirobolides, ni trachéo-coxaux des
gonopodes.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET
CHILOGNATHES
105
2. — CAMBALOIDEA.
La position systématique de ce groupe est assez controversée et sa valeur
parfois mise en doute.
Les deux paires de pattes sont transformées en organes copulateurs dans la
iam,iie des Cambalidae, chez laquelle la P. 8 possède un flagellum. Chez les
Spîrostr^t'd' 611 ^ 86 ^ *** paire 1,6 patles es ^ rudimentaire, comme chez les
a) Cambalidae.
La 8' paire de pattes présente des poches trachéennes, soudées entre elles au
“iveau des deux coxoïdes, subtriangulaires qui sont munis d’un fémoroïde de taille
ariable et d’un long flagellum renflé en ampoule à la base. La 9* paire de pattes
Présente des poches trachéennes extrêmement complexes, soudées à une bride
nroulée sur elle-même en demi-cercle et tordue en hélice. Le coxoïde volumineux
Contre un rudiment de télopodite sous forme d’une excroissance articulée, en forme
Qe champignon.
Peltogonopodes (P. 8.)
Les poches trachéennes (fig. 125) supportent : un trachéo-dorsal (td), rejoi¬
gnant la partie dorsale du diplosegment VII; un trachéo-ventral (tv) se terminant
« la lèvre du VII* anneau; un trachéo-dorsal (td) s’insérant au phragma du VII*
jnplosegment; deux muscles, fléchisseur (f.c) et extenseur (e.c) du coxoïde. La
Peinte interne de chaque poche trachéenne supporte un faisceau musculaire ( r.f)
aboutissant à une petite apophyse de la base du flagellum. Le coxoïde renferme
lrois muscles puissants s'attachant au fémoroïde (/./, /./*, e.f) (fig. 126). Deux de
ces derniers sont croisés (e.f, f.f) et s’insèrent chacun sur une large apophyse, le
coisième (f.f*) rejoint le bord antérieur de l’apophyse supérieure (fig. 127).' Il
“existe qu’un seul muscle longitudinal ventral (l.v) réunissant entre elles, de
bnque côté, les poches trachéennes des deux paires de membres. Ce muscle part
Source : MNHN, Paris
106
JEAN-MARIE DEMANGE
de la pointe distale de la poche de la P. 8 et aboutit sur
la poche trachéenne de la paire suivante.
large surface de
Gonopodes (P. 9).
to'JWinîKnfî 1 ?. t . r , achée , nn ® ( % !25) est munie d'un muscle trachéo-ventral
nréllnï ,? h L dU d ' 1,lose ^ ,T ' enl VIL Gomme pour la paire de pattes
nt h la . poch ® trac héenne (partie distale) supporte deux muscles croisés se
roinin^iTA 0 ement i a, ,‘ d ‘I ,lose » ment VI1 et un muscle trachéo-ventral (tu*) qui
«J? “î a , lèvre ve î ltrale . de ce mômc anneau. Deux puissants muscles fléchisseur
ixi^fV. lenSe . Ur ( f' C) du c0X0lde sont présents (flg. 128, 129). Le rudiment de
130 P /< lt0 l7° nlre ÜCUX PeUtS mUSCleS ins(5rés aux deux angles latéraux (fig. 126 ,
b) Pseudonannolenidae.
Les gonopodes sont également munis d’un coxoïde massif, sur lequel s’articule
un fémoroïde de taille plus petite (flg. 131). Les poches trachéennes sont de menues
naguettes courbées en angle droit, non soudées entre elles. Comme dans les formes
précédentes, on remarque partant de l’extrémité de ces poches un trachéo-ventral
( v) rejoignant la lèvre du VII* anneau, un trachéo-dorsal ( ld.a ) atteignant la face
dorsale du diplosegment VII, et un second trachéo-dorsal (td.a) issu de l’angle de
la poche et s'insérant dans le prozonite de l’anneau précédent VI. Il existe
deux longitudinaujc ventraux (l.v), l’un constitué par un muscle puissant partant
du milieu de la section descendante de la poche trachéenne et aboutissant à l'extré¬
mité de la poche de la /». 9: l’autre, représenté par quelques libres, lie les extrémités
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DE8 CHILOPODES ET
CHILOGNATHE8
107
Cnmi 1 ?' 126 — Musculature schématique de la paire de pattes copulatrices antérieures ,n>
'"Koala annulata Say. Abréviations, page 185.
de m - — Bétail des Insertions musculaires sur les apophyses du télopodlte de la nnire
pattes copulatrices antérieures (8«) de Cambala annulata Say. Abréviations, page 185. F
128. — Musculature schématique de la paire de pattes copulatrices postérieures nw <ie
ar nbala annulata Say. Profil externe. Abréviations, page 185. ' ae
129. — Musculature schématique de la paire de pattes copulatrices postérieures ,t»
'■ambata annulata Say. Prolll interne. ' ' oe
(V,130. — Musculature du rudiment télopodial de la patte copulatrlce postérieure (an a»
'■umoala annulata Say. ' ’ ae
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
PaUM ' 11 eliSl * é *“ “ ™ Ph-™* faisceau*
on Ula . tUre C ° Xale 6S u P ° Ur le moins curieuse - et constitue un complexe
tIi hÏÏI h i transversaux obliques et verticaux se confondent parfois (fig P 132)
Tout d abord il existe à chaque angle externe du coxoïde une puissante apophyse
de Pseutonanndene. Les poches «
inusajîature. me
tendineuse, à laquelle aboutissent verticalement un extenseur (e.c) et un muscle
nettement transversal ( t). Un troisième muscle oblique ( ob) est un faisceau multiple
réunissant les caractères des muscles précédents : certaines “ressent dIus ou
moins rattachées aux apodèmes tendineux ainsi qu'aux muscles transversaux et
verticaux, d autres aboutissent à l'apodème opposé alors que les libres les plus
,ver f'Z T “ i“* "Z
“ ssu , :nl aux . flbr « s croisées. Il existe, en outre, un fléchisseur (fc,
% cô’r'rS es T'"? el '''‘‘fa' 1 ’” 1 à ■■“Sic interne du coxoïde
• x'î! es autres formcs à télopodite réduit, deux nappes musculaires
Spodiie ™ S,tn6S d “ S ' e C °” ît " i ’ “ siasanl sur 18
La paire de pattes 9 sera étudiée dans le chapitre IV.
D. — IULOIDEA
ropuMeurs“mrra VIP «Plosegment sont transformées en organes
«JS!.» #î r8 • 33, 134, 135 ^ La P aire antérieure (8*) constitue les peltogono-
woupes 1 (9 'l l0S gono P° des - Los Peltogonopodes, comme chez les
S e? ï un long flagellum (fl) renflé à la hase (flg. 138).
Celle-ci est en partie enfoncée dans la hanche, son bord inférieur se trouvant
confondu avec la chitine de la hanche. Celle partie reste molle; elle estdreons-
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 109
lâche Par ia P ‘ èCe C ° Xale fortement sclériflée. Elle joue l’office d’articulation
/ . , Les gonopodes (P. 9) sont plus complexes. En dehors des poches trachéennes
vpt. ,? n reconna!t un coxoïde (co) plus ou moins conique dont la base se prolonge
vers i avant. L'extrémité est surmontée d’un opisthomérite (on) à différenciations
a *stales variées.
Peltogonopodes (P. 8).
rin , muscula ^ re ^g- 13 ~) est très simple. On reconnaît un muscle trachéo-
rsal (td.a) dirigé vers le diplosegment VII; deux faisceaux trachéo-coxaux
Gonopode gauche de Cylindroiulus londinensis (Leach), profil interne.
chunn!?' — Gonopodes de Cylindroiulus londinensis (I-each), race rosirale. Les poches !
tonnes des pattes copulatrlces postérieures (9*) sont figurées en noir.
Pic. 136. — Musculature trachéo-coxale schématisée de Cylindroiulus broti (Humb.).
Source : MNHN, Paris
; 10
JEAN-MARIE DEMANGE
(/.c, e.c) partant de la pointe interne de la poche trachéenne et aboutissant de part
?H»mh wn de /„^ t ‘ cul ^ tl0n trachéenne avec l’appendice. Chez Cylindroiulus broti
(Humb.) (fig. 136) les deux faisceaux se croisent et leur puissance est inégale. Le
muscle externe (e.c) est faible, l’interne (f.c) puissant. On remarque, en outre,
deux faisceaux partant de la poche trachéenne (f.f.l, e.f.l, fig. 137 ) et aboutissant
à la face inférieure de l’ampoule du flagellum (détail de l’insertion fig. 138)' le
premier (e.f.l) s’attache à l’extrémité proximale, le second (f.f.l) au niveau de
1 articulation de l’ampoule vers le milieu de celle-ci. Souvent il est difficile de
distinguer les deux muscles qui sont confondus en une seule masse.
Gonopodes (P. 9) (fig. 137).
Sur la poche gonopodiale et le coxoïde, latéralement, deux ou trois faisceaux
latéraux se rendent au diplosegmenl VIII (td. p).
Comme dans la paire précédente, il existe deux muscles trachéo-coxaux (e.c,
f.c) plus ou moins croisés. Ils sont très puissants. Le faisceau interne (e.c) aboutit
à la base latérale interne du coxoïde. l’externe (f.c) est situé plus en avant et
s’insère à la base de l’opisthomérile (op).
Les muscles longitudinaux ventraux (l.v) sont très développés.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHE8
111
E. — MUSCULATURE DES ÉBAUCHES GONOPODIALES
14 m C rÜ Z ,6S lar y e , s ’ ? n rc , trouve la même musculature que chez les adultes (fig. 139 ,
d f cou vre le muscle réunissant celle-ci à l’ampoule
> • -9) (ng- 141). L étude des larves permet d’homologuer le muscle réunissant
«g. 138. — Base du (lagellum des peltogonopodes de CyUndroiulua londtnenaia (Leach).
80/i P, 5i„J 39 - — Gonopodes droits, face caudale et fragment de sa musculature d’une larve *
nniM!?i p, ?* e *™ en,s > de OrapMdosIreptus tumullporua (Karsch). Les poches trachéennes sont
ions nno-o ISK
Ugurét
'. Abréviations, page 185.
Gonopodes, race rostrale, d’une larve à 65/1 dlplosegments de Graphidoatrevtua
en (Karsch) avec sa musculature semi-schématique. Les poches trachéennes sont ntrnrén*
^«n’.sd
16 muscle t.t.g.
Musculature, au niveau de l’ampoule coxotélopodlale, chez une larve à 65/1
Craphidoatreptua lumuHporua (Karsch). Le coxoïde a été ouvert pour montrer
poche trachéenne ( ptr) au pont chitineux, au muscle poche trachéenne-base de
DnîP 0U * 8 ( r ' a -^ de l’adulte. En outre, la soudure de la poche gonopodiale sur la
Poche trachéenne forme un entonnoir (ent) beaucoup plus vaste que chez l’adulte.
Source : MNHN, Paris
Chapitre m
DISCUSSIONS ET CONCLUSIONS
pré,^e P 7^Znt'Zr. m r imb !,° r8 ” Mt , d8S d8s ‘»' l I> lio " 8 précédentes : c’est la
presence constante dans les pattes copulatnces, profondément modifiées d’un
muscle transversal réunissant les poches trachéennes d’une mime Zie d’appel
dxces. Ce muscle manque toujours dans les pattes ambulatoires normales ou les
*?f™Li!ï PUlatr A CS , d ° nt la lrans f nrma(i °n est peu avancée, c'est-à-dire dont les
éléments appendiculaires sont encore bien reconnaissables, en particulier chez les
de télopodite distinct, déposa d ,?afnù“
mnseiî trnnLZlTV une rainure séminale nette possèdent tous un
muscle transversal. La présence de ce muscle semble indiquer un certain deirré
SuWtll^ï^rï ^,? 6 m ^ mC qUG 13 PréSGnCe d ' une -inS sémfnaTe
un sens gônSpodia? mdlcat,on d une Solution très nette de l'appendice dans
Le muscle transversal est probablement dérivé d’une partie du faisceau roxal
interne, car chez les Craspedosomides et Chordeumides. P dont les deux musses
opposés sont seulement séparés par une cloison sagittale (fig. 80 , 87 ), il existe tous
les intermédiaires entre le muscle transversal complet et la fusion des deux fais¬
ceaux opposés On voit en effet, la cloison diminuer de volume“suivant les rspèces,
et faire place à une lame tendineuse qui tend à disparaître à son tour 0) Les
Pseudonannolene présentent un cas intermédiaire, où les muscles coxaSx et trans-
« nf °? U î (fig ' 132) ' Spirobolus montre deux muscles en éventail dont
les fibres s entremêlent sur la membrane transparente du sac gonopodial.
par r2udeT Ve ^ 1,<)rigine traché °- coxale âu muscle transversal est apportée
y de , ,a régression des appendices postérieurs (P. 9) au cours du développe¬
ment postembryonnaire, chez les larves de Spirostreptoidea; PP
2- chez les adultes de ce même groupe, de l’individualisation et de la persis-
I " lm ” dM ’” us " es d « s
n ?. mhre de , raus<!les Peuvent encore être reconnus par leurs points
îïï ,r , J ue 8011 le de K rf de transformation* des gonopodes.
G est le cas, notamment, des faisceaux fléchisseurs et extenseurs de la hanche, oui
ïn’™îx n m 0 '“nïT* ? P J >U1 a “ r t« s poches trachéennes. Ge sont les véritables muscles
S?,. p ? ,V de , Cet i e m }' 0 ^ 0,1 trouv “ des groupes, qui n’offrent aucune
î™ “ d °“ r établir les homologies, comme les Craspedosomides, Chordeumides.
Camballdes. Spiroboiidos (/. s; rulides. 1rs élémenis visibles étant suffisamment
bien conservés pour que hanche et télopodile ne soient pas confondus II est
évident par exemple, que les muscles de la P. S réunissant la poche trachéenne
fusionnée à la cloison sagittale, reste d'angiocoxite, sont des muscles coxaux les
faisceaux vestigiaux de la P 0 également (flg. 86, 87). Ches les Cambalides, la
hanche a conservé un certain volume (flg. 125) et les deux muscles partant de la
poche trachéenne sont également coxaux (2). L’homologie est semblable pour la
paire de pattes postérieure. Quant aux faisceaux agissant sur les petits articles
de ces mêmes appendices, ce sont les fléchisseur et extenseur de l’article basal d’un
rudiment de télopodite. Chez les Spirobolides, le cas est un peu plus complexe, la
pièce volumineuse représentant la presque totalité de la P. 8 étant déprimée au
(I) La paire de pattes 1 qui est
(caractère sexuel secondaire) présente
lame tendineuse.
également plus ou moins profondément modifiée chez le <?
un muscle transversal analogue divisé, dans le milieu par une
(2) Le
qu'il peut
üirîr 'égatemen?*d/"ra/sceaux* sTbcoxati" & muscula,ure "'lopodlale. Tl est évident
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHIL0GNATHE8 | 13
on n^peut asslnïïlpr ïïfnn^fJa f ? bntant la P aire de pattes postérieure. Toutefois
à la paroi infppnô rf^ , faisceaux (fig. 113) partant de la poche et aboutissant
Les muscles sitSL d dans g Ie r roxn^ d i eS m f cles fléchisseur et extenseur du coxoïde 1
loIdeset téloDÏau?r P « HP,,^ ^-'"ême, sont homologues à ceux des Gamba:
Pnfnur! L d , u muscles de la base des P. 9 sont des coxaux.
coxa£ U, ' deS ’ 6n deh0rs du fl^llum, ne possèdent qu'une musculature
Lysio^emmiP? pff est beaucoup plus complexe, de môme que celui des
des Spiroboïdés en ÎXÎnnî Spirostl ' e f Jtld es, et la complexité des autres muscles
opiroDO mes en général pose de nombreux problèmes.
Plusdff^ dos fl rou P es dont les gonopodes sont des
avons vu que la iïlMnriîfï™ à Cai ? se de leur degré 6volutif élevé. Nous
dans pp ml u d lélo P° dl <e comporte trois muscles dont deux se situent
la. bride dp la nnoha'i™ 1 n ° rnmen *' la hanche, le troisième prenant naissance sur
‘■eu qu’avec °? ne E eut com P arer ces gonopodes, en premier
subi nnp pp-f,L P ^ P aires de pattes ambulatoires des Diplopodes qui ont
ment soudée àn de leurS 6,éments ’ la hanche 6tant - très générale-
etjo 2 onnfn in 1 w'. te e . n un syncoxosternum. Chez les Spirobolides, les P 1
est très étïoilP le, Povo 6r S ii ern , al aU , quel viennenl se souder les hanches. La liaison
A la base dp San c ° xae , étaat seulement indiquées par un relief de la chitine,
la paire dp naH^ “ G aboutlt un muscle venant de la poche trachéenne de
Plu^ o.? II. 3 précédente (te, fig. 14). Les fibres internes de ces muscles sont
fléchisse,^ I? p C f° 1Sées a , U " lveau des hanches. Celles-ci abritent deux muscles
retrouveriez les Iuiides. ^ baSe dU téIépodile ' Cette musculature se
renf^cf, Z | leS . Spi n° S p ro ? tides (flg ‘ 175 L la forme des appendices est un peu diffé-
est fnsinnnA Ut C6 ? de ., la P remière P a, 're. Comme chez les Spirobolides, la hanche
nrtï?” sternile en un volumineux syncoxosternum et la coxa est simple-
remir‘"p QU 6 A* Par , k" bomb ®ment de la face postérieure. Antérieurement on
cor>.p < . qUe J Un étr0lt bandeau (bg) séparé du coxosternum par un sillon auauel
SSf r wen î''”' aire . “ ™ bourrelet dont les “S
est nrüe ui heU f tent aux P° cbes trachéennes, le tout soudé au syncoxosternite II
cnnJ! 0SS1 . b - e ’ autant *l uon P u| sse juger sur des appendices ayant subi une telle
ou’on" 8 ^ 10 ! 1 ' qUe ce bandeau représente une bride sternale en môme temps
chia«mer lte e ," tr , e . coxltes et trachëo-sternite. Les points d’insertion des muscles
la 7,® matl . ( l ues (f- c ) mtersegmentaires qui dans les autres appendices se placent à
£ bas» des hanches, semblent confirmer cette façon d» voir. Chez beau”™
^muscles sont doublés, à la P. 1, par deux faisceaux parallèles, mais
hanches ^ départ de ces deux P aires de faisceaux sont au niveau de la base des
blpm^V é,0 . P ° dite est différent de celui des Spirobolides, le premier article visi-
Palf^! n p a . rtlCUlé à la llanf he, étant très déformé surtout à la première paire de
an h j. art . ,ele est en forme de disque muni d’une apophyse bien développée
rem”° rd inférieur - L» musculature est également particulière. Tout d’abord on
mürqüe que les muscles proximaux de la hanche ont presque complètement
d p . aru et u ne sont représentés que par un petit faisceau (t.t) réunissant la base
nm * a p ? cbe trachéenne au tablier syncoxosternal. C’est ce muscle, qu’en 1962
us avions assimilé à un vestige musculaire appendiculaire.
En outre il existe deux couches de muscles :
» deux muscles croisés dont l'un (e.ti), le plus long, prend naissance sur
Podème perpendiculaire de la bride sternale, face antérieure, le second (f.ti) à la
ce postérieure du syncoxosternum. Tous deux rejoignent la base du deuxième
“'iicie proximal libre.
b) sur la face postérieure, dans la dépression correspondant à la saillie coxale
arfM nC i° X0Sternum ’ deux musc,es croisés (f.c, e.c) aboutissant au bord du premier
sonf . ibre ’ Dans ce môme article, deux nappes musculaires croisées (f.ti’ etï)
ut insérées au bord inférieur du deuxième article libre.
le n N ° US aV ° nS afTaire ici - manifestement, en ce qui concerne la hanche soudée et
laf,, mier ar . ticIe libre - à deux articles coxaux, subcoxa et coxa dont la muscu-
re a subsisté : subcoxa = t.t coxa = ec, fc. Les faisceaux traversant sans s’y
Source : MNHN, Paris
114
JEAN-MARIE DEMANGE
arrêter la coxa e.ti) sont ceux de l'article proximal du télopodite et corres¬
pondent aux muscles rencontrés dans les autres paires de pattes ambulatoires
(flg. 14). Seules les deux premières paires de pattes des Spirostreptides semblent
présenter cette disposition ( 1 ).
Ces précisions permettent de mieux comprendre la musculature des gonopodes
des Polydesmides. Les deux muscles (f.t‘, f.t 1 ), contenus dans la « hanche », sont
les fléchisseur et extenseur du télopodite, comme les muscles f.ti', e.ti' de la
figure 175, tandis que le faisceau débutant sur la bride trachéo-sternale interne
(e.t) des gonopodes correspond à celui de la lame trachéo-sterno-coxale (e.ti) de la
P. 1 des Spirostreptes. Les gonopodes de Polydesmides montrent une trace de la
musculature interarticulaire identique à celle des premières paires de pattes,
mais les faisceaux subcoxaux, c’est-à-dire poche trachéenne-base des membres
ont complètement disparu par suite de la fusion des éléments subcoxaux et coxaux.
Chez les Lysiopetalides, la musculature gonopodiale, beaucoup plus simple,
semble correspondre aux deux faisceaux interarticulaires (f.ti, e.ti) de la P. 1 des
Spirostreptides, encore qu’il soit difficile d'établir des homologies avec certitude
par suite de la fusion quasi totale de la poche trachéenne, de la subcoxa et de la
coxa. La portion coxale présente une longue apophyse qui pourrait représenter un
crochet coxal entièrement fusionné au coxoïde, et dont le muscle typique a disparu.
Il existe chez les Spirobolides des séries musculaires énigmatiques, notamment
le muscle des gonopodes (P. 9) (tm) qui aboutit, entre les deux pattes copulatrices,
sur la chitine transparente, déprimée, en entonnoir, de la base des coxites. Ce
faisceau est présent également chez les Chordeumides et Craspedosomides. Doit-on
le considérer comme un rétracteur de sac coxal ? Cela est possible car il rappelle
le muscle r.a.t’ des Harpagophoridae (flg. 95). Le complexe de la base des gonopodes
peut représenter le territoire correspondant à l’ampoule (am) des Spirostreptides
(fig. 93, 94, 108). La morphologie externe de cette région est d’ailleurs, comparable :
articulation de la poche trachéenne, complexe ampoule-télopodite, complexe base
du télopodite des Spirobolides. Le muscle (tg) provenant de la bride trachéenne des
peltogonopodes et aboutissant à la portion repliée de la base des gonopodes mani¬
festement lié à la fonction, pourrait être un intersegmentaire (te) tel qu’il existe
entre deux paires de pattes ambulatoires, successives du thorax. Notons que les
muscles longitudinaux qui, chez les Diplopodes, sont peu nombreux, deux en général,
se trouvent ici fragmentés en de multiples faisceaux dont les points d’attache,
variés, sont toujours sur les poches trachéennes, la bride trachéenne ou les environs.
Enfin on peut considérer le muscle en éventail (ev) des peltogonopodes comme
correspondant à un transversal qui est d’ailleurs complet chez Rhinocricus.
En résumé, les gonopodes conservent, dans une large mesure, la musculature
typique d’appendices ambulatoires normaux, mais seulement de certaines parties
de ces appendices. La partie coxale est toujours reconnaissable; c’est d’ailleurs
très souvent la seule qui subsiste. Le télopodite est parfois conservé sous forme
de vestige ou totalement transformé en un organe supportant la rainure séminale.
II conserve seulement la musculature de son article proximal. Dans certains cas.
Polydesmides par exemple, la présence de muscles interarticulaires traversant
subcoxa et coxa ou coxa sans s'y arrêter, indique une homologie parfaite avec
l’image présentée par la musculature des première et deuxième paires de pattes
ambulatoires des Spirostreptides. La présence d’une subcoxa et d’une coxa à ce
niveau semble évidente, et la persistance d’une musculature ancienne possible.
Les Spirobolus, et éventuellement les Chordeumides et Craspedosomides, montrent
des faisceaux musculaires partant des poches trachéennes (tm) de la 9* paire
d’appendices, qui pourraient être les vestiges de rétracteurs de sacs coxaux.
Les muscles longitudinaux ventraux sont multipliés chez les Spirobolides; ils
partent de différents points de la poche trachéenne des peltogonopodes et de sa
baguette, et aboutissent à la base ou à l’extrémité de la poche trachéenne des
gonopodes. ,
Les gonopodes sont les seuls membres des Diplopodes qui comportent un muscie
transversal typique, caractéristique des organes copulateurs. L’origine de ce
(1) Notons toutefois, chez Craspedoaoma, l’existence d’un seul de ces muscles long-s (/•<•
e.ti) aux pattes ambulatoires.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES U5
niuscle peut être le résultat de la rencontre, puis de la fusion d'une partie des
h sc es ooxaux internes. Quelques phases de cette fusion sont encore visibles
ez les Craspedosomides et Chordeumides, où la cloison sagittale tend à disparaître
se trouve même remplacée, au niveau des deux faisceaux qui s’individualisent,
par une simple lame tendineuse ( 1 ).
Pnrl~ L L TEL0P0DITE ” DES SPIROSTREPTIDES ET DE CALLIPUS, ET LA
r-V,, 1E C0XALE DES DIPLOPODES. — LE FLAGELLUM DES IULIDES ET
WVMBALIDES, ET LE CROCHET COXAL DES POLYDESMIDES.
rai ■ 16 peul nier * a réalit ^ de la présence du télopodite, porteur de la
nure séminale, dans les organes copulateurs de certains Diplopodes, les boule-
ersements apportés par la spécialisation des appendices chez quelques-uns d’entre
x ( Caliipus et Spirostreptides par exemple) créent quelques doutes sur l'origine
leiopodiale des pièces flagelliformes.
I! est probable que ces éléments ne sont pas seulement un télopodite pour
inverses raisons.
1° l’aspect morphologique du « télopodite » qui présente une poche trachéenne
soit entièrement soudée avec sa base ( Caliipus , fig. 79) soit simplement articulée à
due base sclérifiée concave (ampoule) (Spirostreptidae, Harpagophoridae, lig. 91,
"3). Celte fusion ou cette articulation ne peut se faire qu’avec une coxa ou
iragmenl de coxa par suite de la position de la poche trachéenne dans le sternite
dos pattes ambulatoires, à la base des coxites. En cas de disparition du sternite,
ou de la séparation de celui-ci des poches trachéennes, il n’est pas d’exemple, parmi
[es Myriapodes, de fusion de ces poches avec un télopodite. D'ailleurs il n’y a
jamais disparition complète de la hanche et celle-ci, base de l’appendice, est diffé¬
rente du télopodite.
2° la sclérification concave, dénommée ampoule (dm), de la base du « télo¬
podite » des Spirostreptides est partie intégrante du sac gonopodial; c’est une
sclérification de ce sac membraneux au même titre que la hanche, avec laquelle
e Ue se trouve en continuité. Il suffit de se rapporter au chapitre I, traitant des
rapports des gonopodes avec le sac gonopodial, pour voir que la concavité de cette
Pièce est orientée du côté cavité générale, et que ses bords sont raccordés sans
solution de continuité avec la membrane du sac gonopodial qui rejoint la base
en entonnoir de la rainure séminale (fig. 73, 75, 91), les traces d’invagination
stigmatique des poches trachéennes, le pont chitineux et les hanches. On ne peut
admettre qu’un télopodite repose directement sur le fond du sac gonopodial. Chez
•os Spirostreptides également, l’ampoule proximale (am) du télépodite est réunie
au paracoxite par une membrane transparente soulignée par une sclérification
foncée ( sb , fig. 75, 91) raccordant les deux pièces qui sont même complètement
soudées chez les Harpagophoridae (fig. 93). Au niveau de ce pont chitineux se
Place un muscle coxal typique, soit isolé soit confondu à des faisceaux du coxite
de l’ampoule; souvent les muscles ne forment qu’une seule nappe.
I-e « télopodite » des Spirostreptides a donc une base incontestablement
c oxale.
Chez les Callipoidea (Caliipus), l’appareil télopodial supportant la rainure
séminale est parfaitement identique à celui des Spirostreptidae. La poche
trachéenne est soudée au complexe, et supporte deux muscles coxaux se rendant aux
oords interne et externe de l’angiocoxite (fig. 79). Mais l’orifice de la glande prosta¬
tique se trouve à sa base alors que chez les Spirostreptides il est situé dans la
hanche. Il est. possible que le fragment coxal. soudé au télopodite. soit plus
'^portant chez Caliipus que chez les Spirostreptides et ait conservé le territoire
contenant l’orifice glandulaire ( 2 ).
'*> Voir noie Infrapap'lnnle p. 112.
oh (2) L’anjrlocoJtlte, la hanche de ces pattes copulatrices, tout en étant en forme de (raine comme
c Ie8 Sptrostrepildes. montre une paroi Interne, support habituel de l'orince glandulaire chez
18 Spirostrrptoldea. réduite à une simple bride chez Caliipus.
Source : MNHN, Paris
116
IN-MAUIE DEMANGE
La base du télopodite de Callipus est donc bien coxale également. Certains
muscles comme r.a.t, tt.g (fig. 79) permettent, d'ailleurs, de préciser de quelle région
coxale il s’agit. En effet, la musculature de la poche coxale de Polyzonium germa-
nicum Brandt, par exemple, est constituée par deux faisceaux distincts partant de
deux apodèmes situés au fond du sac coxal (fig. 177, 178). Le faisceau le plus
externe (r.a.s J ) se rend à une poche trachéenne semi-membraneuse et fonctionnelle.
Le faisceau interne (ras*) aboutit au bord du sternite (1).
Or, dans les deux groupes envisagés, Callipus et Spirostreptoidea, il existe un
faisceau musculaire identique (r.a.t) partant de la poche trachéenne et aboutissant
à la partie proximale, coxale, du télopodite. En outre, chez Callipus, le colpocoxite
étroitement lié à la base du télopodite présente également deux muscles semblables
(r.s.c 1 , r.s.c*). Ceci permet de conclure que chez Callipus la base coxale du télopodite
correspond à un territoire de sac coxal encore présent, sous une forme dévaginée,
dans le colpocoxite flagelliforme. Les deux éléments, d’ailleurs, sont en étroite
liaison avec l’angiocoxite qui est la hanche véritable. La position de ces « télopo-
dites » chez Callipus comme chez les Spirostreptoidea, à l’intérieur de la gaine
coxale, parle également en faveur de la présence d’une portion de sac coxal. Le
pont chitineux ( sb ) des Spirostreptides et l’attache du complexe télopodite-col-
pocoxite de Callipus pourraient être un vestige de l’attache du sac coxal à la hanche.
Pour les Spirostreptides, un doute pouvait persister quant à la valeur de
rétracteur de sac coxal du muscle r.a.t, qui se trouve souvent confondu avec
la nappe musculaire coxale. Mais, en comparant les complexes télopodiaux de
Callipus et des Spirostreptides, on constate la même disposition dans la gaine
coxale, la même musculature coxale, la même morphologie du télocoxite, etc.;
l’homologie est donc évidente entre les muscles r.a.t, d'une part, r.s.c, d’autre
part, et le faisceau r.a.t des Spirostreptides. Le second muscle tt.g des Spirostrep¬
tides paracoxite-ampoule, se retrouve chez Callipus mais dédoublé dans les
faisceaux tt.g partant de l’apophyse angiocoxale. Les trois muscles ont la même
fonction chez les deux groupes, et des points d’attache identiques.
Comme le muscle rétracteur du sac coxal prend appui sur la poche trachéenne
ou le bord du sternite, les flagelles divers des Cambalides, Iulides et Polydesmides
(crochet coxal), dont la musculature est identique, doivent être considérés comme
des sacs coxaux évaginés et modifiés.
En conclusion, les « télopodites » de Callipus et des Spirostreptides présentent
des homologies étroites, tant au point de vue musculaire qu’au point de vue de
la morphologie externe. Ils sont caractérisés par la fusion du télopodite avec un
territoire coxal en relation étroite, d’ailleurs, avec les parties principales du
coxite par des liaisons très nettes. Chez l’un (Callipus) le territoire coxal portant
l’orifice glandulaire (glande prostatique) est une partie intégrante du télocoxite,
alors que chez les seconds (Spirostreptides) cet orifice garde sa position origi¬
nelle coxale. Dans la plupart des groupes, comme Callipus, Polydesmides, Camba¬
lides, Iulides, la poche coxale subsiste sous forme d’un long flagelle libre, complè¬
tement isolé ou en crochet, alors que chez les Spirostreptides le territoire coxal,
annexé par le télopodite, comporte un sac coxal entièrement fusionné en télocoxite.
Ces aspects variés de l’organe doivent être attribués aux remaniements subis
par les appendices à la suite de leur adaptation à la fonction copulatrice. On
peut supposer qu’une fusion coxotélopodiale, au moins partielle, s’est effectuée
avant que le télopodite, toujours porteur de la rainure séminale, se transforme
en organe vecteur de sperme, en entraînant une portion coxale, y compris le sac,
avec ou sans les orifices glandulaires.
(1) Jusqu'à présent le muscle Interne était Inconnu. Deux muscles sont bien notés
S. M. M anton mais l'auteur les Tait aboutir, tous deux, à la poche trachéenne. Il est vrai que chez
les Calltpoldea chaque poche coxale possède deux muscles, qui aboutissent à la poche trachéenne.
Source : MNHN, Paris
Chapitre IV
ORIGINE DES GONOPODES
A — ÉVOLUTION DE LA 9' PAIRE DE PATTES
AU COURS DU DÉVELOPPEMENT POSTEMBRYONNAIRE
Développement des ébauches.
«. ann f en . da "*: las Premiers âges, il est impossible, dans l’état actuel de nos cor.nais-
lnnifr ■ ,' slm .S uer morphologiquement un S d’une 5 (1). Chez la 9 immature,
que chez le* ^ airCS d ’ a PP endices 1 el 2 sont un peu plus écartées l’une de l’autre
. Les P aires de pattes 8 et 9 des S et des 9 immatures sont ambulatoires
umme les autres membres, mais à un moment donné du développement dit du
' réveU sexuel apparent », à l’occasion d’une mue (2), il se produit un phéno-
ene remarquable : les deux paires de membres du VII” diplosegment ou seule-
nn J a - 8 ” suivant les cas envisagés précédemment (Introduction), disparaissent
pour faire place à des bourgeons non différenciés, qui sont les futurs gonopodes
■désormais, chaque mue apporte une faible modification à ces ébauches. A la
ernière mue, chez les espèces françaises d’Iuloides, les bourgeons se métamor¬
phosent en gonopodes, dont les structures sont définitives et spécifiques.
■ Tandis que chez les groupes dont les deux paires de membres se transforment
es deux paires de pattes disparaissent pour faire place aux organes copulateurs’
onez les Spirostreptoidea, dont seule la paire antérieure (8”) donne naissance à
es gonopodes, la paire postérieure (9*) subsiste à la première mue du « réveil
exuel apparent », mais régresse et disparaît progressivement au cours des mues
uivantes. A la dernière mue, qui donne naissance à des gonopodes différenciés
a disparition de la 9” paire de pattes n’est pas complète (Démangé, 1959, 1964)'
reste des différenciations plus ou moins visibles (cf. chapitre IV, B, C, D).
Nous étudierons donc, en détail, ce qui se passe chez les Spirostreptoidea et
abord dans la famille des Odontopygidae dont H. W. Brôlemann (1920) a décrit
quelques stades de développement au point de vue de la morphologie externe.
Nous pouvons ajouter à ses données les résultats de l’étude de deux espèces
u môme groupe, étude qui a porté sur la musculature et ses variations au cours
ae la régression des pattes 9 (3).
i, A partir du « réveil sexuel apparent », la 9” paire de pattes des Odontopy-
s|aes, subit une lente régression au cours de laquelle les articles du télopodite
'minuent en nombre et en volume pour disparaître complètement, pendant que
a patte, tout entière et le sternite commencent un mouvement de descente dans
a poche gonopodiale qui prend, petit à petit, de l’ampleur. En effet, dans les
Premiers stades, la paire de pattes reste ambulatoire ffig. 142, 146, 147 ) et se
ouve placée entre les bords ventraux de l’anneau qui demeure ouvert à leur
■veau. Ensuite, tandis que les articles télopodiaux (tel) sont réduits à 2 ou 3
' n 8- 143 à 145), les bords du diplosegment (db) se rapprochent, peu à peu; la
Paire d’appendices abandonne sa position initiale, et se rapproche des bourgeons
gonopodiaux (gn) qui grandissent. Le sternite diminue de volume, se déplace
i période de copulation
hoiirt 2 ’ W. BnôLEMANN (1926) a tenté é
Pondant" 3 & ono P odlaux est précédée d’ut
'nontrer que chez Pachybohis Uyulatus l'apparition des
dédlITérenclatlon des appendices ambulatoires corres-
l'extrême amabilité de récolter pour
Source : MNHN, Paris
118
JEAN-MARIE DEMANGE
vers l’avant et s’isole en s’entourant d’épaississements (fig. 149), les coxites
sont réduits â des anneaux, et le sternile s’étale transversalement en demeurant
en contact avec les poches trachéennes qui, de plus en plus atrophiées, perdent
leur rigidité, deviennent membraneuses (fig. 148) et s’écartent latéralement. Des
empâtements se produisent, en avant du sternite; ils entreront dans la compo¬
sition de la sclérification postgonopodiale de l’adulte (fig. 153, 154).
Fig. 144. — Larve d'Odontopyidde sp. A. autre spécimen à 51/4 tllploseg-irients.
Fig. 145. — Larve d’Odontopvtrlde sp. A à 61/4 dlplosegments. Seule la paire de pattes 9 est
rig-urée. Le télopodile a presque disparu. Abréviations, page 185.
Chez l'adulte, la 9* paire de pattes est très volumineuse ((lg. 153, 154, 156). E“ e
consiste en une large plaque sclérifiée, plus ou moins rattachée aux gonopodes,
se présentant sous des formes diverses et des sculptures relativement simples-
La sclérification possède des rendements globuleux latéraux (gl) avec un orifice
donnant accès à des poches membraneuses progressivement effilées à l'extrémité»
les poches trachéennes ( ptr ). ,
A l’occasion d’une mue, les vestiges des appendices, dont les éléments sont
dissociés et ont littéralement éclaté et diminué de volume, se trouvent regroupé»
en une plaque de surface plus grande et uniformément sclérifiée.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
119
La musculature coxale de la patte ambulatoire normale de l’adulte (voir
ftg. 155) est constituée par deux larges muscles croisés dont les tendons s’insèrent
à l'angle interne ( f. p ) (muscle postérieur) et à l’angle externe (ex. a) (muscle
antérieur) de la coxa. Les muscles s’appuient sur les poches trachéennes, y
compris leurs apophyses internes, qui se touchent dans certains cas. Les fais¬
ceaux les plus internes des muscles antérieurs se croisent de telle manière que
leurs fibres s’attachent sur la poche trachéenne opposée.
Alors que les deux faisceaux fléchisseur et extenseur de la coxa de la patte
normale de l'adulte sont homogènes ils montrent, au cours de la régression, une
d’Odontopygldc sp. B à 66/6 diplosegments. Le gonopode gauche a été
Fio. H7. — Larve d’Odontopyglde sp. B à 66/5 dtpiosegments.
Fro. us. — Larve d’Odontopyglde sp. B à 70/2 diplosegments. Aspect de la 9* paire de pattes.
Fio. 149. — Larve d'Odontopyglde sp. B à 74/1 diplosegments. Aspect de la 9* paire de pattes.
Source : MNHN, Paris
120
JEAN-MARIE DEMANGE
tendance à se dissocier (fig. 155), rappelant ce qu’on observe parfois dans d’autres
groupes. Au stade final de cette régression, il reste deux nappes croisées attachées
à une plage sclérifiée discoïdale (coxa), l'une d’entre elles au bord antérieur,
l’autre au bord postérieur (fig. 151, 152). En outre, les fibres internes du muscle
postérieur subsistent, mais sont, cette fois, nettement écartées.
Chez l’adulte (fig. 156) la plaque sclérifiée volumineuse montre un trachéo-
dorsal (td.p) rejoignant le diplosegment VIII, et deux muscles très puissants par¬
tant de la poche trachéenne et aboutissant l’un (tc.g‘) à la base du bourrelet de
Fio. 152. — »• paire de panes d’une larve de Spirostreptus ollvaceus Scliub.
Fia. 153. — 9* paire de panes d'un adulte de Odontopyye aloysii-Sabaudlae Sllv., face
Fio. 154. — 9« paire de pattes d’un adulie de /laplothysanus soctalls (Cari), face inférieure.
l’orifice stigmatique, l’autre (tc.g‘), soit au bord antérieur de la plaque, soi!
au niveau d’un bourrelet en demi-lune (6r) situé en arrière de la sclériflcation.
Les muscles longitudinaux ventraux ( l.v ) existent, et réunissent les poches tra¬
chéennes membraneuses du vestige de la 9* paire de pattes aux poches trachéennes
des gonopodes et des P. 10. II existe souvent, en outre, des fibres transversales
ténues, fibreuses situées dans le tiers postérieur de la pièce.
En résumé, chez les Odonlopvges, les vestiges de la P. 9 conservent donc les
muscles trachéo-eoxaux classiques d'une patte ambulatoire et les muscles longi¬
tudinaux ventraux.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
121
B. — LES VESTIGES DE LA 9' PAIRE DE PATTES
CHEZ LES SPIROSTREPTIDAE
i - — INTRODUCTION.
Si chez les Odontopygidae, la 9* paire de pattes subsiste, chez l’adulte, de
façon incontestable, il n’en est pas de même chez les Spirostreptidae et pendant
•ongtemps on a pu croire, avec H. W. Brôlemann, que cette paire d’appendices
avait complètement disparu chez l'adulte.
a», , Fig - 155. — Musculature schématique de la 9* paire de pattes d’une larve a 61/4 diplosegmerus.
“Aviations, page 185.
Fig. 156. — Musculature schématique de la paire de pattes 9 d'un adulte.
r, ?“>• 157. — Musculature schématique de la 9- paire de pattes, en place, d'un adulte de
ür “PMdostreptvs lugvbris (BrOl.). Face caudale. Abréviations, page 18 ü.
, Fig. 158. — Musculature schématique de la 9» paire de pattes d'une larve à 65/1 dlplosegments
Graphidostreptus tumuliporus (Karsch). Ses rapports avec les ébauches gonopodlales.
Des recherches minutieuses permettent de retrouver les traces de ces appen¬
dices chez tous les Spirostreptidae (Démangé, 1959, 1964) et les Harpagophoridae
(Démangé, 1964). Ces vestiges sont pratiquement invisibles extérieurement et
® e hle l’étude de la musculature peut révéler leur existence. L’examen de plusieurs
daines d’espèces a montré que la structure de ces vestiges est variable. On
re trouve (flg. 159) une trace de sternite (s), souvent peu ou pas sclérifié, deux
Profondes invaginations ( iv ) correspondant, chacune, à un sac trachéen à peine
soutenu par une faible armature et dont l’orifice est dissimulé à l’observation par
des replis de la membrane transparente de la poche gonopodiale; parfois, enfin,
Source : MNHN, Paris
des sclériflcations plus ou moins nettes (m), généralement en bosses ou en anneaux.
Le tout est situé en arrière des gonopodes (flg. 157), mais placé très haut sur
la paroi postérieure du sac gonopodial, près du bord postérieur de l'anneau VII.
Les éléments sont très écartés les uns des autres, complètement dissociés, mais
il semble que le territoire de la paire d’appendices vestigiaux, toujours en saillie,
soit délimité par des replis verticaux ( rve) et horizontaux (r/t) déterminant une
surface fortement bombée, quadrangulaire, semblable à la pièce sclériflée des
Odontopygidae (flg. 160, 166, 173). Parfois, les éléments appendiculaires et le
sternite se trouvent au fond d'une poche de faible profondeur, dont les angles
latéraux sont prolongés par les invaginations trachéennes, et cette portion est
souvent turgescente (flg. 166, 168, 171). Dans certains cas, les territoires corres¬
pondant aux coxae, quand il n’y a aucune sclériflcation, sont des invaginations
un peu plus profondes, ou de simples replis parallèles ou circulaires concentriques
(flg. 162, 164, 165, 166, 167).
2. — MUSCULATURE DES VESTIGES.
La musculature de plusieurs espèces caractéristiques a été étudiée récemment
très en détail (Démangé, 1964). Rappelons ici que cette musculature est puissante,
comparable à celle des pattes ambulatoires et des gonopodes.
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
123
Elle sera décrite ici chez trois espèces qui réalisent deux types de structures :
complexe [ Termatodiscus nimbanus Att. et Graphidostreptus tumuliporus (Karsch)]
e t simple [Scaphiostreplus fulgens (S. et Z.)]
Un fait capital est la présence, à peu près constante, d’un muscle transversal
(t.ve) réunissant les poches trachéennes entre elles (fig. 157, 158) (1).
On sait déjà (p. 112) que ce muscle transversal n’existe pas aux pattes ambu¬
latoires normales et caractérise les gonopodes.
Fig. 163. — Musculature schématique de la »• paire de pattes de Graphidostreptus tumuliporus
rsch) vue côté cavité générale. Abréviations, page 185.
Fig. 164. — 9- paire de pattes de l'adulte de Graphidostreptus tumuliporus (Karsch) et ses
ceaux musculaires.
Fig, 165. — Coupe sagittale à travers les invaginations appendiculaires
Fig. 166. — 9* paire de pattes de l'adulte de Scaphiostreptus fulgens (S. et Z.).
Fio. i67. — un aspect schématique de la 9« paire de pattes de Scaphioslreptus fulgens (S. et Z.).
Les faisceaux longitudinaux ventraux sont normaux, ainsi que les trachéo-
d °rsaux postérieurs ( td.p ) qui rejoignent les diplosegments VII et VIII, et parfois
seulement le VIII*. En outre, subsistent les faisceaux classiques trachéo-ventraux
° u trachéo-latéraux attachés au diplosegment VII.
En ce qui concerne les muscles trachéo-coxaux, leur nombre varie et leurs
Points d’insertions sont plus complexes, suivant les espèces, mais ils réalisent
^ Plan général commun : deux larges faisceaux superposés ( tc.po , te.s) (fig. 163,
; 71 . 172), souvent décomposables en plusieurs muscles indiqués par leurs tendons
164, 165). Le faisceau le plus profond (fc.po), lorsqu’on examine la pièce par
. "Ores
tochub.)].
Source : MNHN, Paris
124
JEAN-MARIE DEMANGE
sa face ventrale, se rend à un territoire dorsal, le plus superficiel {tc.s), s'attachant
dans une zone plus ventrale.
Voyons rapidement, chez quelques espèces, l'aspect des P. 9 ainsi que sa
musculature. Cette dernière est considérée vue côté cavité générale. Les poches
trachéennes ne sont pas décrites pour chaque forme car leur aspect est, dans
l’ensemble, identique.
Graphidostreptus tumuliporus (Karsch). — Le territoire appendiculaire pré¬
sente, à sa base, près des gonopodes (fig. 161), une paire d’invaginations sub¬
coniques (ma), turgescentes au moment de l'accouplement. Le sternite (s) est bien
dessiné, volumineux, dominé par deux replis (m ou z, fig. 161, 164, 165 ) latéraux,
subhorizontaux, munis chacun d’une musculature en deux couches superposées
issues de la poche trachéenne {pt.v) (fig. 162, 164, 165). La première couche, pro¬
fonde, se divise en deux muscles dont l’un ( tc.po) aboutit au niveau de l’ouver¬
ture de la fente (replis) supérieure, l’autre {tc.po 1 ) au fond de la légère
invagination (z) constituée par le pli (fig. 163, 164). La seconde couche est également
scindée en deux faisceaux dont l’un s’insère à l’angle externe {tc.s) de la fente
inférieure, le second {tes 1 ) vers le milieu du repli (z). En outre, on remarque
la présence d’un faisceau oblique ( t.o ) venant de la poche trachéenne opposée et
rejoignant le faisceau latéral {tes). Le muscle transversal {t.ve) est très puissant.
Termatodiscus nimbanus Att. —• Le territoire appendiculaire est étroit, en
demi-cercle, et limité par des plis latéraux élevés entre lesquels s’ouvrent les
poches trachéennes (iv) (fig. 168 à 170). Le sternite (s) en forme de croissant,
se place sur un repli, en avant des vestiges (m), dont le contour varie suivant
les individus. Ce sont tantôt de petites plages sclérifiées, tantôt des protubérances
coniques {pu), qui sont, en réalité, les invaginations appendiculaires extroversées.
A la base de ces saillies, on observe une série de replis annulaires.
Les muscles trachéo-coxaux sont disposés en deux couches (fig. 171, 172)-
La nappe profonde s’attache h la base de la capsule (m) et se décompose en trois
muscles : un latéro-interne (tc.po), un latéro-externe (tc.po*) et un faisceau
croisant le premier (tc.po*) et s’attachant au bord latéral externe. La nappe super¬
ficielle est composée de deux faisceaux (tes, tc.s‘) aboutissant au repli annulaire
enserrant la base de la capsule. En outre, on remarque un muscle oblique (t.o)
issu de la poche trachéenne opposée, et aboutissant au niveau du tes. Le muscle
transversal est bien visible.
Scaphiostreptus fulgens (S. et Z) (fig. 166-167). — Pas de sclérite ni de
sternite visibles. Seules se remarquent de simples invaginations peu profondes
(de) situées au fond d'une dépression carrée dont les angles sont occupés par
les poches trachéennes. Il y a deux couches musculaires trachéo-coxales (tc.po,
tc.s). La couche profonde (tc.po) débute à la pointe de la poche trachéenne, contre
un bourrelet oblique et aboutit au niveau de la fente de l'invagination. La couche
superficielle (tes) part de la face interne de la poche trachéenne et rejoint le fond
de l'invagination appendiculaire. Les deux couches sont difficiles à séparer et
il n’y a pas de muscle transversal visible.
3. — REMARQUES
D'après ce qui précède une première remarque s’impose : on observe le
présence d’un muscle oblique (t.o) partant d’une poche trachéenne pour aboutir
aux rudiments appendiculaires opposés. C’est le cas de Cladostreptus thalatto-
philus, Spirostreptus olivaceus, Epistreptus parilis, Scaphiostreptus sp„ Terma¬
todiscus nimbanus, Graphidostreptus tumuliporus (Karsch). Or, il est curieux de
constater que, à part quelques rares exceptions, la présence du muscle obliqu e
(t.o) implique celle d’une musculature trachéo-coxale à structure complexe,
disposée en deux couches. Chez les autres espèces sans muscle oblique les trachéo-
coxaux forment deux couches simples.
Le second fait important : le muscle transversal, presque toujours présent, a
un développement variable suivant les espèces, et on ne peut établir une relatio"
de cause à effet entre ce degré de développement et celui dns éléments appendi¬
culaires vestigiaux. De même, aucune relation quantitative ne semble exister entre
le muscle oblique et les scarifications.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOl'ODES ET DES CHILOGNATHES
125
C. — LES VESTIGES DE LA 9' PAIRE D’APPENDICES
CHEZ LES CAMBALOIDES
Les vestiges sont beaucoup plus importants chez ce groupe que chez les Spiro-
streptides et leur présence est incontestable. Pour ne pas allonger inutilement le
texte, une seule espèce, Pseudonannolene longicornis sebastianus Brôl., sera choisie
Fio. i7o. _ 9. paire de pattes de Termatodiscus nimbanus Att.
fl Fk>. 171. — Musculature schématique de la P. 9 de Termatodiscus nimbanus Att. Couche super*
ue > vue côté cavité générale. Abréviations, page 185.
D Fio. 172. — Musculature schématique de la P. 9 de Termatodiscus nimbanus Att. Couche
•onde, vue côté cavité générale.
Fig. 173. _ Aspect de la P. 9 de Thyropisthus orthurus (Sllv.l.
Source : MNHN, Paris
126
JEAN-MARIE DEMANGE
parmi celles qui ont été étudiées. La forme des poches trachéennes de ses gono-
podes est peut-être susceptible de fournir des renseignements sur l’origine des
vestiges de la P. 9. En effet, ces vestiges peuvent être le témoignage d'une paire de
pattes en régression, ou, au contraire, les éléments de futurs organes copulateurs.
La 9” paire de pattes des Cambaloides présente des éléments très caractéris¬
tiques : le sternite y est bien dessiné, volumineux (fig. 174), et les poches
trachéennes sont des baguettes sclérifiées sur la presque totalité de leur surface;
seule une petite portion, proche de l’orifice trachéen, est membraneuse. Il n’y a
aucune trace visible des coxoïdes, sinon une petite invagination, dans le prolon¬
gement latéral du sternite, sur laquelle les muscles trachéo-coxaux viennent
s'attacher. Le muscle transversal, typique des gonopodes (t.ve), est très puissant.
Les rudiments appendiculaires ne sont donc pas des appendices ambulatoires
régressés mais, au contraire, des membres différents, d'un type gonopodial.
Si l'on compare les vestiges des Cambaloides avec ceux des Spirostreptides, il
est évident qu’ils ne sont pas à un même stade de développement; non seulement
à cause de l’absence complète de sclérifications appendiculaires, mais aussi parce
que les poches trachéennes des Spirostreptoides sont membraneuses, avec seule¬
ment parfois une simple armature sclérifîée. Il semble que la 9' paire de pattes des
Cambaloides soit à un stade de différenciation gonopodiale plus avancée (pie chez
les Spirostreptides.
D. — INTERPRÉTATION DES FAITS ET CONCLUSIONS
Les appendices rudimentaires du diplosegment VII, tous postérieurs, ne sont
pas rares chez les Diplopodes : on les retrouve chez les Craspedosomides, Chordeu-
mides, Pseudonannolene, Callipus (1), etc. Mais dans ces groupes, et plus particu¬
lièrement chez les deux premiers, les appendices sont reconnaissables par leurs
poches trachéennes et leur sternite sclériflés, ainsi que par leur vestige de télo-
podite (fig. 86). Il n’en est pas de même chez les Spirostreptides et Nannolénides,
par exemple, où ils sont souvent passés inaperçus. Leur particularité, dans ce
cas, est précisément la discrétion des plages sclérifiées externes et la présence
constante, à des degrés de développement divers, d’un muscle transversal q ul
est caractéristique d’organes copulateurs spécialisés. La présence de ce muscle
est la preuve de leur nature de pattes copulatrices, avec leur structure actuelle
fixée dans un état qui représente, vraisemblablement, une des étapes de la spécia¬
lisation de ces organes. En d’autres termes, nous considérons que les différentes
images décrites ici, ou dans la note de 1964, correspondent à quelques-uns des
stades jalonnant la transformation d’une paire de pattes ambulatoires en pattes
copulatrices, le développpement post-embryonnaire nous ayant appris le processus
de régression de la paire de pattes elle-même. Les pattes 9 des Nannolenides et des
Spirostreptides ne seraient pas des appendices en voie de disparition, comme on
le pensait jusqu’ici (cf. Brôlemann), mais, au contraire, des organes nouveaux, de
néoformation, remplaçant les premiers et dont la destinée est gonopodiale. Il n’est,
pour s’en convaincre, que de jeter un coup d’œil sur les figures représentant les
muscles des différentes espèces (Démangé, 1964). Cette notion de néoformations
expliquerait le regroupement des éléments constaté chez les Odontopygides à des
stades proches du dernier, et annonçant la plaque sclérifîée de l’adulte.
La présence des faisceaux obliques (f.o), homologues de muscles plus puissants
de la patte ambulatoire (fig. 155, f.a), accompagnant le muscle transversal, nou¬
veau et gonopodial, précise la place à réserver à ces espèces par rapport à celles
qui en sont dépourvues. Ces fibres obliques (f.o) de la P. 9 sont bien identiques au*
muscles trachéo-coxaux des pattes ambulatoires, car dans le stade qui précède le
stade adulte, et plus encore dans les stades antérieurs, des fibres identiques
existent, en même temps que la paire de pattes elle-même montre encore une
structure de pattes ambulatoires (fig. 151).
Comme il a déjà été dit (p. 112), c’est le muscle coxal qui est à l’orig> ne
du faisceau transversal. La puissance de celui-ci, qui peut être réduite à une fi bre ’
(1) Voir chapitre V.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 127
est un autre élément de comparaison. De même la disposition des muscles trachéo-
oxaux en deux couches simples est à rapprocher de celle, de même type, de
r <*phidostreptus tumuliporus par exemple, chez lequel les muscles de chaque
couche se différencient en plusieurs muscles avec leurs tendons se raccordant à
I 8 , re Pl>s précis. Ces muscles multiples sont homologues à ceux de la patte ambu-
atoire, où l'on reconnaît en effet les mêmes tendons correspondant à ces faisceaux;
l suffit de comparer entre elles les figures 155 et 163 par exemple. Généralement,
â des faisceaux complexes correspondent de simples fibres transversales.
Ces structures ne donnent qu’une idée générale du phénomène évolutif des
Sonopodes chez les Diplopodes, Spirostreptides en particulier, car la tachygenèse
Pourrait soustraire à l’observation des degrés de régression ou de développement.
autre part, il est possible que plusieurs processus de transformation aient
Présidé à l’acquisition des organes spécialisés. Par exemple, certains groupes
comme Cambala annulata, les Cambaloides, Spirobolides, montrent des organes dont
a structure générale d’appendices est bien conservée, tandis que chez d’autres
comme les Spirostreptides, la transformation a complètement effacé cette structure.
Quoiqu’il en soit, l’étude des gonopodes des Diplopodes en général montre bien
chez la p. g, dont la musculature prend des aspects variés, l’évolution générale de
® es pattes en relation avec celle du groupe : pattes ambulatoires normales (Poly-
Qesinides), pattes ambulatoires atrophiées mais reconnaissables (Craspedosomides,
Chordeumides), pattes rudimentaires mais gonopodiales (Spirostreptides), rudi¬
ments appendiculaires mieux différenciés (Nannolene), gonopodes (Spirobolides,
Dffides).
Toutefois, nous pensons qu’on doive considérer séparément l’évolution des
“eux paires d’appendices P. 8 et P. 9. La 9* paire semble être « en retard » sur la
Précédente (P. 8), dont l’apparition est peut-être plus ancienne : aucun groupe de
Diplopodes ne présente de P. 8 sous la forme ambulatoire normale mais des appen¬
dices modifiés dont la hanche est très volumineuse et le télopodite considérablement
réduit. Ces appendices présentent donc le degré de spécialisation le plus rudimen-
jaire, offrant encore certaines caractéristiques de la paire de pattes ambulatoires
télopodite réduit, absence de rainure séminale). D’autre part, à une paire de
Pattes 8 peu modifiée (télopodite encore visible sous forme de rudiments), se trouve
associée une paire de pattes 9 hautement spécialisée ou inversement; ainsi les
Polydesmides ont une paire de pattes 9 ambulatoire associée à des organes copu-
tateurs bien individualisés (avec rainure séminale), Spirobolus possède des gono-
Podes (/>. 9 ) en même temps qu’une paire de pattes 8 peu modifiée, les Spirostrep-
l, des montrent des gonopodes (8') très spécialisés associés à des rudiments gono¬
podiaux peu apparents, etc.
Le tableau suivant résume, dans les grandes lignes, les modifications des P. 8
01 P. 9 rencontrées chez les Diplopodes Chilognathes (Colobognathes exclus).
Polydesmides.
Ccaspedosomides ...
Ddonlopyges.
Spirostreptides ....
Na nnolene.
Spirobolid
tulides ..
Gonopodes (télopodite avec
rainure).
Appendices peu modifiés
(vestiges de télopodite
sans rainure).
Gonopodes (télopodite avec
rainure).
Gonopodes (télopodite avec
rainure).
Appendices peu modifiés
(rudiments de télopodite
sans rainure).
Appendices peu modifiés
(rudiments de télopodite
sans rainure).
Pattes ambulatoires fonc¬
tionnelles.
Pattes atrophiées.
Rudiments appendiculaires
(plaque, sans muscle
transversal).
Rudiments gonopodiaux.
Rudiments gonopodiaux plus
différenciés.
Gonopodes (télopodite avec
rainure).
Source : MNHN, Paris
128
IN-MARIE DEMANGE
En résumé les appendices du VII* anneau, tout en ayant la môme destinée, et
en suivant le même processus de transformation, depuis la patte ambulatoire
normale jusqu’au gonopode le plus spécialisé, sont à des degrés de spécialisation
différents. Ils gardent leur autonomie, restant complètement indépendants l’un par
rapport à l’autre. Actuellement la P. 8, d’apparition plus ancienne que la suivante,
présente, chez les différents Chilognathes, des états de transformation moins
progressifs que la P. 9 par suite de la contraction tachygénétique qui soustrait à
l’observation des stades intermédiaires; il en résulte des lacunes plus importantes
que pour la paire de pattes 9. C'est ainsi que l’on rencontre, presque sans t ,ran ® 1 "
tion, des P. 8 h peine transformées chez les Iulides, Cambalides, Spirobolides et ae^
organes très modifiés chez les Spirostreptides et Callipus, en passant par de
appendices intermédiaires (Craspedosomides, Polydesmides). Les P. 9 réalisent, 8 _
contraire, une série beaucoup plus progressive, depuis la paire d’appendices ambu¬
latoires jusqu’aux gonopodes, en passant par des séries de rudiments gonopodiau •
Il existe donc un décalage entre les deux paires de pattes du VII* diplosegm® ‘
l’un étant « en retard » sur l’autre. Ce décalage et les structures diverses d
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 129
organes copulateurs rencontrés chez les Chilognathes en général sont d'interpré¬
tation délicate, mais pourraient être le résultat d'un arrêt de croissance sous
•influence d’un phénomène de nature encore inconnue. Toutefois, le degré de
différenciation des uns a été induit à un stade de différenciation donné autre que
celui des autres. Par exemple, les appendices peu modifiés (P. 8) des Spirobolides.
Iulides, Nannolenides et les gonopodes très spécialisés (P. 8) des Polydesmides,
Spirostreptides, Callopoides, etc.
Les causes de ce phénomène nous échappent actuellement mais il est possible
flu’elles s'identifient aux actions hormonales d'une glande encore inconnue, dont
nous envisageons la recherche.
Lorsque les futurs gonopodes croissent, au cours du développement post-
embryonnaire, la 9* paire de pattes décroît chez les Spirostreptoidea; il faut donc
envisag er soit des actions différentes régissant, séparément, les deux phénomènes,
soit une même action agissant sélectivement ou à des degrés différents sur les
deux paires d'appendices.
Ceci nous amène à rapprocher, dans une certaine mesure, le phénomène de
ralentissement ou d’arrêt de développement présentés par la P. 9 des Spirostrep-
Liidea mais qui peuvent être étendus aux pattes copulatrices de l'ensemble des
Chilognathes, d’un phénomène très curieux, la périodomorphose, propre à quelques
raies Diplopodes comme Tachypodoiulus albipes (C. L. K.) et SchizophyUum
sabulosum (L.).
K. W. Verhoeff, auteur de cette découverte, nomme périodomorphose la
faculté qu’ont certains 8 adultes, leur fonction procréatrice accomplie, de muer
Pour donner naissance à un 8 dit intercalaire. Le 8 intercalaire présente des
gonopodes (P. 8 et P. 9) à l’état larvaire. La première paire de pattes, transformée
e n crochet non articulé chez le 8 adulte, perd sa spécialisation, le télopodite étant
de nouveau pluriarticulé. Après une période intermédiaire, d'une durée plus ou
m oins longue, l’animal reprend, à l’occasion d’une nouvelle mue, les caractères du
3 avec gonopodes normaux et paire de pattes 1 en crochet. Il redevient apte à
oopuler à nouveau. Celte alternance de phases (périodomorphose) se reproduirait
Plusieurs fois; en outre, le 8 intercalaire pourrait donner, plusieurs fois de suite,
de nouveaux 8 intercalaires (Halkka, 1958, Sahli, 1958, 1961). Les gonopodes et la
Première paire de pattes se présentent, au cours des stades intercalaires successifs,
romme des ébauches d’appendices de formes larvaires de plus en plus jeunes et
s °us un volume de plus en plus faible. Il ne peut s’agir ici de régression des
0r ganes mais simplement d'une inhibition de plus en plus accentuée du dévelop¬
pement des caractères sexuels, puisque la P. 1 redevient une patte normale
(disparition de caractères sexuels secondaires) et que les gonopodes reprennent
•es caractères d’ébauches gonopodiales.
peut-on envisager alors que la glande dont nous soupçonnons l’existence
{Agisse, entre autres, les caractères sexuels ? La structure des gonopodes, carac-
fères sexuels par excellence, de même que les modifications de certains appendices
'f- /), des pièces buccales, du clypeus, etc., seraient sous une influence hormonale
fiui pourrait être du type androgène des Crustacés, puisque ces spécialisations ne
s’observent que chez les 8 ■
Chez Tachypodoiulus albipes, et en général chez les espèces présentant un
Processus de périodomorphose, l’activité hormonale de la glande androgène
Présumée, serait diminuée ou supprimée, en tout cas sujette à des fluctuations,
Pendant les stades qui suivent la maturité sexuelle. Ceci expliquerait, non seule-
m ent la présence d’un télopodite multiarticulé à la P. i des 8 intercalaires,
'Morphologie voisine d’un membre normal (disparition du caractère sexuel secon-
da 're) mais aussi la présence de gonopodes, de stades larvaires, moins différenciés
Çue chez l’adulte normal.
La P. 9 des Spirostreptoidea et de certains Cambaloidea, ne présentant que
de * rudiments gonopodiaux plus ou moins développés, obéit à un phénomène
hormonal analogue. Le développement des ébauches gonopodiales a été induit à un
sla de de différenciation précoce puisque ces gonopodes (P. 9) de l’adulte restent
r idimentaires. L’hypothèse, en outre, peut être généralisée à l’ensemble des Chilo-
gMathes dont les gonopodes (P. 8 et P. 9) sont à des degrés très divers de spéciali-
s ation, témoignage de leur induction à un stade de différenciation propre, non
8 eulem en t, à chaque groupe, mais aussi à chaque paire d'appendices.
Source : MNHN, Paris
Chapitre V
LA SEGMENTATION APPARENTE
DU TRONC ET LES GONOPODES
Les Colobognathes, premier ordre des Chilognathes, sont très différents des
autres Chilognathes par beaucoup de caractères, et plus particulièrement par la
structure et l’emplacement des gonopodes. La structure des pattes copulatrices est
très simple, elle rappelle celle d’une patte ambulatoire à peine modifiée; mais si
l’on compte, chez les Chilognathes, sept paires de pattes ambulatoires, entre la
tête et les gonopodes, il en existe huit paires chez les Colobognathes, de sorte que
les gonopodes sont les 9’ et 10* paires d’appendices. Cette différence fondamen-
Fio. 178. — Poche coxale d’une patte de Polyzonium germanicum Brandt avec les deux tendon®
des muscles rétracteurs.
Fio. 179. Sclérlte posigonopodlal de Calliput foetidisstmus Savl, face supérieure. Le sternl
(a) de la 9* paire de pattes ambulatoires a été conservé.
Fig. 180. — Musculature schématique du sclérlte postgonopodlal de Calliput foelldissimut Sav •
La P. 9 est supposée se placer en haut de la ligure.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES
131
|ale a conduit les auteurs à formuler des hypothèses contradictoires. Pour
H. W. Brolemann les gonopodes (9* et 10" paires de pattes) appartiennent au
V H* diplosegment, le IV* anneau portant deux paires d’appendices au lieu d’une
seule chez les autres groupes. L'opinion des autres auteurs, y compris S. M. Manton
(1961) est que les anneaux II à IV ne portent qu’une seule paire de membres. Les
gonopodes sont, par conséquent, les appendices postérieur et antérieur des VII* et
VIII* diplosegments.
La musculature de Platydesmus lanlcesteri Brôl., décrite dans la seconde
Partie (p. 18) apporte les documents nécessaires pour trancher la question (fig. 1)
On remarque, en effet, que certaines paires de pattes présentent un muscle sterno-
dorsal (sd) qui est caractéristique d’un membre antérieur de diplosegment
[ cf - p. 41). Dans ces conditions, les paires de pattes 1, 2, 3, 4, 6 et 8 représentent
®s membres antérieurs des anneaux II, III, IV, V, VI et VII; il en résulte que
* a thèse de H. W. Brolemann n’est pas soutenable, le IV* diplosegment ne possé¬
dant qu’une seule paire de pattes, la 3*, et que les gonopodes sont bien placés
en arrière et en avant des VII* et VIII* anneaux.
Comment expliquer le décalage des organes copulateurs constaté chez les
Colobognathes ? Les pattes copulatrices de ce groupe doivent-elles être consi¬
dérées comme le résultat de la transformation de paires d’appendices différentes
de celles des autres Chilognathes ? Callipus apporte des documents montrant
que le problème n’est pas aussi simple.
A. — CAS PARTICULIER DES CALLIPUS
Nous avons vu qu’il existe chez Callipus, en avant et en arrière des gonopodes,
une large plaque sclériflée, en rapport avec les gonopodes d’une part, et les
Pattes ambulatoires précédente et suivante, d’autre part (fig. 181). La plage
sclériflée antérieure, bombée, est arrondie, tandis que la postérieure (fig. 179)
est piriforme, légèrement boursouflée, flanquée de lames latérales foncées; sa
Partie la plus large se raccorde à l’angiocoxite des gonopodes.
Les auteurs ne sont pas d’accord quant à l’origine de ces pièces,
K. W. Verhoeff y voit un sternite dédoublé des gonopodes, tandis que H. W. Bro-
lemann assimile les « coussinets » à des épaississements de la paroi du sac
gonopodial.
Trois sortes de muscles aboutissent à ces plaques, plus particulièrement à la
Postérieure (fig. 180, 181) :
a) une paire très allongée (La), venant de la pointe de I’angiocoxite;
b) une paire latérale (Ls), courte, allant aux poches trachéennes de la 9* paire
oe pattes ambulatoires;
c) une paire de faisceaux chiasmatiques (te) partant du point d’insertion des
Muscles précédents et rejoignant les hanches de la 9* paire de pattes ambulatoires.
La plaque sclériflée antérieure (spg) possède seulement à son bord postérieur
Un muscle (le’) d’ailleurs confondu avec celui qui s’attache au gonopode (te).
Les muscles chiasmatiques (te) de la plaque postérieure peuvent servir de
ba se à une interprétation. Ils sont, en effet, homologues aux faisceaux trachéo-
coxaux intersegmentaires des pattes ambulatoires (1). Rappelons que ces muscles,
de deux sortes, se rendent aux coxites de la paire d’appendices correspondante, et
a ux coxites de la paire suivante. La plage sclériflée postérieure peut donc être
considérée comme un vestige trachéo-sternal correspondant à une paire d’appen-
U'ces disparue, les chiasmatiques étant des trachéo-coxaux intersegmentaires
a "ant aux coxites des appendices suivants. Les deux autres paires de faisceaux
Musculaires sont, très probablement, dans ce cas, des longitudinaux ventraux en
chia? 1 6tre équivalents «les chiasmatiques de la paire de pattes 9. Il n'en est rien, les dieux paires
Il manques appendiculaires ei interappendiculaires sont présents dans ladite paire de pattes
“agit donc hlen de faisceaux chiasmatiques particuliers.
Source : MNHN, Paris
132
JEAN-MARIE DEMANGE
continuité avec ceux des autres appendices et des gonopodes. Ceci permet d’affirmer,
en outre, que les pointes angiocoxales sont équivalentes à des poches trachéennes
ou, tout au moins, possèdent certains éléments trachéens.
La 9' paire d'appendices de Callipus serait donc vestigiale, comme chez les
Spirostreptidae (1). La 9* paire de pattes apparente, ambulatoire, considérée
classiquement comme suivant les gonopodes, devrait donc représenter les appen¬
dices antérieurs du VIII* diplosegment. II n'en est rien, la musculature trachéo-
dorsale et sa composition nous confirme qu’il s’agit, bien au contraire, d'une paire
de pattes postérieures et qu'elle appartient au Vll° anneau.
Il existe donc, chez Callipus, un vestige trachéo-sternal d’un appendice sup¬
plémentaire du V/P anneau, entre les gonopodes et la 9* paire de pattes ambu¬
latoires.
Dans ces conditions, la plaque sclériflée antérieure n’est-elle pas homologue
de la postérieure ? Rien ne permet de l’affirmer car, en fait, aucun muscle parti¬
culier, semblable à ceux qui viennent d’être décrits, n’y aboutit. Tout au plus
remarque-t-on un faisceau (te’) venant de la poche trachéenne de la T paire de
pattes (fig. 181). On peut envisager que le muscle ( sd ) (fig. 79) allant de l’angio-
coxite à la partie dorsale du VII' segment et qui prend naissance sur une bride,
Fig. 181. — Schéma musculaire des appendices de la région gonopodlale. Les appendices son!
désarticulés ei seules les coxae soni représentées. Les sclériflcatlons pré cl postgonopodlales sont
en trait gras. Abréviations, page 185.
d’homologation difficile, pourrait appartenir à la sclérification, mais le raison¬
nement est discutable. Tout au plus peut-on écrire qu’il n’est pas impossible que
la plage antérieure soit un vestige trachéo-sternal.
La découverte de la musculature, incontestablement trachéo-slernale, de la
sclérification postérieure, éclaire d’un jour nouveau le problème soulevé précé¬
demment concernant le décalage dans la position des gonopodes chez les Colobo-
gnathes et les autres Chilognathes. En effet, chez Callipus, on retrouve les séries
musculaires des pattes ambulatoires normales à peu près conservées, et l’on est
tenté d’établir des homologies entre les appendices de Callipus et leurs dépen¬
dances et ceux des Colobognathes (fig. 182). On constate alors que la 7* paire de
pattes ambulatoires est la paire postérieure du diplosegment VI dans les deux
groupes, mais à partir du VII' anneau de Callipus il semble, si l’on considère la
sclérification antérieure comme un vestige, qu’une condensation de deux dipl°"
segments en un seul anneau ait eu lieu. La plaque antérieure de Callipus corres¬
pondrait à la 8* paire de pattes ambulatoires des Colobognathes, les gonopodes
de Callipus (x) seraient homologues aux gonopodes (x) (P. 9) des Colobognathes,
la plaque sclériflée postérieure (?/) identique aux gonopodes (P. 10) (y) des Colobo¬
gnathes et, enfin, la 9* paire ambulatoire de Callipus à la 11* paire ambulatoire
des Colobognathes.
Chez Callipus, le VII' anneau représenterait donc les VII* et VIII* dipl°"
segments des Colobognathes, et la 9' paire de membres serait, comme chez le?
(i) Un rapprochement peut d'ailleurs être fait entre la sclérification et le trachéo-sternlt
des Odontopvges ainsi <|tie les vestiges de la 9* paire de pâlies des Stermnliiloldca. La forme en e®[
même Identique chez ces derniers. Chez Callipus la poche trachéenne des vestiges est totalement
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET
CHILOGNATHES
133
Spirostreptoidea, à l’état vestigial mais à un stade de régression accentuée, le
muscle transversal, les poches trachéennes et les trachéo-dorsaux faisant défaut,
Callipus pourrait être considéré comme un intermédiaire, avec ses vestiges appen¬
diculaires bien conservés, entre les Colobognathes et les autres Chilognathes. Ces
derniers n’auraient gardé aucune trace visible de la coalescence diplosegmen-
*- a ire de Callipus, les vestiges n’étant pas reconnaissables, mises à part certaines
formations énigmatiques que nous avons trouvées chez les Spirobolides et les
Spirostreptides. Il est possible qu’elles représentent les seules traces visibles des
A
R
R
A
TZH
V7T mn
Callipus
VTIT
IS
R.A
R.a
•01
COLOBOGNATHA
VTTT
Pig. 182. _ Schémas comparatifs des anneaux VI à vin de Callipus et des Colobognathes.
t-, e * chiffres romains représentent les numéros des diplosegments (métamères limités par mi
«reté). ceux de la ligne supérieure A sont les anneaux apparents, ceux de la ligne inférieure "
i es anneaux réels. 11 en est de même pour les paires d’appendices (hachures) y compris les pat
«opulatrlces x. y, abstraction fntte d .-.. .
i® , c a<Hpu* réunit les vin et VIII 1
‘•■aiquée par un double tlreté.
— — - -- J -- , ---- pattes
vestiges appendiculaires du thorax. L’anneau apparent Vil
es Colobognathes, la limite de chaque dlplosegment étant
^•éments disparus. Il s’agit d’un complexe trachéo-musculaire, doublé, chez les
ydontopygides ( Peridontopi/ge , par exemple), d’une sclérification prégonopodiale
•dentique à celle de Callipus, situé au niveau des poches trachéennes des 7" et
9* pattes ambulatoires, en avant et en arrière des gonopodes. Les muscles sont
des longitudinaux ventraux courts, qui viennent s’insérer sur la chitine de la
Poche gonopodiale, à proximité de la face ventrale de l’anneau. Les fibres sont
hiêlées à de fines trachées débouchant à l’extérieur du sac. Les orifices des tra¬
cées constituent une plage assez bien délimitée. En outre, des replis, avec de
Petites invaginations comme celles rencontrées à la P. 9, chez les Spirostrep-
Source : MNHN, Paris
134
JEAN-MARIE DEMANGE
toidea, sont nettement visibles. Le muscle longitudinal ventral normal existe et
réunit les poches trachéennes entre elles, mais il en existe un second entre la
poche de la paire d’appendice et la chitine souple du sac. De plus, partant du
bord Iatéro-ventral des VI* et VII* anneaux, une paire de muscles rejoignent les
points d’insertion des longitudinaux « poche-sac ». Les muscles latéraux (r.sa)
insérés sur le sac gonopodial sont généralement présents chez tous les Diplo-
podes et les faisceaux (a:) (poche fl-sac), très souvent visibles (fig. 157). Le
problème, toutefois, n’est que soulevé ici; la question sera traitée, plus en détail,
ultérieurement. Chez les autres Chilognathes, des traces des éléments trachéo-
sternaux pourraient être encore visibles sur le sac gonopodial.
En conclusion, la différence fondamentale dans la position des gonopodes
existant entre les Colobognathes et les autres Chilognathes, n’est qu’apparente,
par suite de la coalescence, chez les Chilognathes, des deux diplosegments VII
et VIII qui restent autonomes chez les Colobognathes (voir tableau p. 79). Cer¬
tains appendices de ces diplosegments fusionnés peuvent être reconnus sous
forme de vestiges qui, chez Callipus, sont de grande surface. Les appendices
copulateurs des Colobognathes correspondent donc à ceux des autres Chilognathes.
Source : MNHN, Paris
Résumé et conclusions de la troisième partie
Les gonopodes sont des appendices ambulatoires modifiés. On y reconnaît
toujours des poches trachéennes, des hanches et des télopodites qui sont souvent
rudimentaires ou modifiés en un flagelle plus ou moins complexe. Dans les
organes les plus évolués, le télopodite est creusé d’une rainure séminale à la
base de laquelle se situe l’orifice de la glande prostatique. Les appendices les
uioins évolués conservent une morphologie voisine de celle de la patte ambulatoire.
La musculature permet d’interpréter des complexes, comme le « télopo-
uite » des Spirostreptides et des Callipus. Chez les premiers, cette portion est
coxolélopodiale par suite de la soudure d’un fragment coxal avec le télopodite.
Le fragment coxal semble provenir de la région comprenant un sac coxal. Ce sac
a été annexé au fragment de la hanche lors de la spécialisation de l’appendice,
l’on peut reconnaître un pont chitineux qui raccorde l’appareil à la hanche.
Le sac coxal contient des muscles spéciaux qui agissent sur le complexe coxo-
lélopodial, dont le fonctionnement joue un rôle dans l'éjaculation du sperme. La
glande prostatique débouche dans la hanche, mais ses produits de sécrétion sont
refoulés dans la rainure séminale par un stylet prostatique qui s’engage dans cette
rainure comme le piston d’une seringue.
Chez Callipus, la morphologie du télocoxite est identique à celle des Spi-
roslreptides, mais le fragment coxal annexé par le télopodite contient l’orifice
de la glande prostatique.
Les Polydesmides ont une morphologie très différente; leur « télopodite »
Possède une musculature qui rappelle celle de la patte primitive. Les rétracteur
e l extenseur franchissent le territoire coxal (subcoxa-coxa) et s’attachent à la
base du télopodite (trochanter) ( 1 ).
Les organes copulateurs montrent des degrés de spécialisation divers, depuis
* a patte ambulatoire presque normale, divisée en articles ( Polyzonium ), jusqu’au
Membre très spécialisé et modifié à l’extrême (Spirostreptides, Callipus, Spiro-
bolides) en passant par des stades intermédiaires (Chordeumides, Craspédoso-
°iides). Un muscle transversal spécial aux gonopodes, dérivé, très probablement,
du faisceau trachéo-coxal interne, n’existe que dans les appendices copulateurs
frès évolués; il manque aux autres appendices (ambulatoires, gonopodes peu
évolués).
II est démontré que les différents flagelles présentés par les Iulides, Camba-
Jides, etc., sont homologues au crochet coxal des Polydesmides, qui peut, lui-même,
être assimilé à une poche coxale modifiée. Le crochet coxal n’a aucun rapport
av ec le stylet prostatique des Spirostreptides.
L’étude des modifications subies par la 9” paire de pattes des Spirostreptoidea.
au cours du développement post-embryonnaire, peut servir à la compréhension
du processus de transformation de la patte copulatrice. La paire de pattes ambu¬
latoires normale régresse, au cours du développement, pour n’être représentée,
chez l’adulte, que par des rudiments presque invisibles. Elle acquiert, chez
I adulte, un muscle transversal caractéristique d’organe copulateur, qui n’existe
Pas aux stades précédents et conserve, chez certaines espèces, des fibres obliques,
vestiges de muscles d’appendices ambulatoires. L’état de développement de la
Musculature permet, dans une certaine mesure, de déterminer le stade de trans¬
formation de l’appendice de l’espèce ou du groupe d’espèces. L’image présentée
Par la 9 » paire de pattes chez l'adulte ne peut être interprétée comme un
appendice en régression mais au contraire comme un membre nouveau dont la
uestinée est gonopodiale (présence du muscle transversal gonopodial).
Les appendices copulateurs du VII* diplosegment gardent leur autonomie
e t évoluent pour leur propre compte, de sorte que la 9* paire, dans tout le groupe
se retrom-~ - ,-
. „„ superposent les muscles classiques..
'«s muscles lnterartlculalres. seuls visibles chez la majorité des Dlplopodes, rattachés
les deux premières paires d'appendices des Splros-
iuscies classloues de chaque article (subcoxa - coxal
Uonorte» rnitoeha. télopodite.
Source : MNHN, Paris
136
JEAN-MARIE DEMANGE
des Diplopodes Chilognathes, offre une série assez complète d’étapes de sa trans-
lormation, depuis l'appendice ambulatoire normal (Polydesmides) jusqu’aux
gonopodes les plus complexes ( Pachybolus ), alors que la 8* paire montre, soit des
organes déjà en partie modifiés (. Polyzonium , Iulides, Cambalides, Craspedoso-
mides), en lieu et place d’une patte ambulatoire, soit des organes très modifiés
(Spirostreplides). Alors que la 9' paire apporte le témoignage d’une série assez-
complète avec des stades intermédiaires, la 8* montre une série interrompue par
une lacune importante entre la paire à peine modifiée et le gonopode très spé¬
cialisé. En outre, les deux paires, considérées ensembles, constituent des séries
qui se complètent. La 9“ paire d’appendices copulateurs présente des modifications
quasi continues de la patte ambulatoire aux rudiments gonopodiaux, puis des
rudiments jusqu aux gonopodes, tandis que la 8* fournit une première série à
partir de pattes déjà modifiées et en offre différents aspects (Cambalides, Iulides
jusqu à Chordeumides, Craspedosomides), et une seconde série comprenant des
gonopodes très spécialisés avec rainure séminale au télopodite (Polydesmides,
Spirostreptides, Callipus).
La 9* paire de pattes semble « en retard » sur la première.
Dans le même diplosegment, les deux paires d’appendices sont rarement au
môme stade de différenciation en môme temps et l’on peut dire qu’en établissant
une série de développement à l’aide de la 9* paire de pattes, par exemple, le sens
en est complètement inversé si l’on envisage la 8* paire. A un appendice hau¬
tement spécialisé, correspond toujours un second appendice peu individualisé.
Cest tantôt le 8*, tantôt le 9*.
La présence de la P. 9, sous forme de rudiments gonopodiaux, chez les Spiro-
streptoidea et certains Cambaloidea, peut être l’indication qu’un phénomène
inhibiteur a arrêté le développement des futurs gonopodes à un stade d’ébauches.
Un ralentissement de ce développement s’opère pendant la période post-embryon¬
naire (régression de la P. 9 ambulatoire, en môme temps que la croissance des
gonopodes) (P. 8). On peut envisager que des actions différentes régissent,
séparément, les deux phénomènes, à moins qu’un seul et môme facteur agisse,
sélectivement, ou à des degrés différents, sur les deux paires d’appendices.
La même hypothèse peut être étendue à l’ensemble des Diplopodes Chilo¬
gnathes dont les gonopodes ont des degrés de spécialisation très divers, témoi¬
gnages de leur induction à un stade de différenciation propre à chaque groupe
et à chaque appendice.
Les causes d’un tel phénomène peuvent être recherchées dans l’action hormo¬
nale d’une glande encore inconnue, d’un type androgène, comme en témoigne
l’étude de la périodomorphose. Les 8 adultes perdent, en effet, leurs caractères
sexuels secondaires pendant que les gonopodes reprennent l’état d’ébauches de
stades larvaires de plus en plus jeunes, en devenant « intercalaires » à l’occasion
d’une ou plusieurs mues (il existe parfois deux ou trois stades intercalaires
successifs).
Jusqu'à présent on n’a jamais cherché à utiliser les gonopodes pour l’étude de
la segmentation du tronc. Il a bien été constaté que huit paires de pattes ambu¬
latoires sont présentes, entre les gonopodes et la capsule céphalique, chez les
Colohognathes, contre sept paires seulement chez les autres Chilognathes. Deux-
hypothèses ont été émises pour expliquer cette différence :
1° la paire de pattes supplémentaire des Colohognathes est rattachée au
IV* diplosegment, qui porte alors deux paires d’appendices au lieu d’une seule,
les gonopodes [P. 9, P. 10) restant dans le VII* anneau;
2* la paire de pattes supplémentaire est la 8» appartenant au VII* anneau,
tandis que les gonopodes sont les appendices postérieurs du VII* anneau {P. 9) et
antérieur au VIII* (P. 10).
L’étude de la musculature montre que chez les Colohognathes, les gonopodes
ont une situation différente de celle de tous les autres Chilognathes. Toutefois,
l’examen de la musculature du VII* diplosegment de Callipus suggère la possibilité
d’une fusion de deux diplosegments dans ce genre. Le VII* anneau de Callipus peut
représenter, en réalité, les VII* et VIII* diplosegments fusionnés des Colohognathes.
Les quatre paires d’appendices des deux diplosegments subsisteraient donc encore
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHE8 137
chez Callipus. Toutefois, il est possible que la sclérification antérieure, sur laquelle
aucun muscle caractéristique ne s’attache, ne soit pas un vestige de la 8« paire de
pattes car on peut envisager que cette dernière est totalement absente.
Les autres Ghilognathes ne semblent pas être complètement dépourvus des
vestiges appendiculaires prégonopodiaux de Callipus. Certaines attaches muscu¬
laires et sclériflcations du sac gonopodial pourraient représenter des traces d’an¬
ciennes poches trachéennes. Ce fait permettrait de ne plus distinguer de façon
particulière, les Colobognathes des autres Chilognathes.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
QUATRIÈME PARTIE
LA SEGMENTATION DU TRONC
CHEZ
LES CHILOPODES
INTRODUCTION
La classe des Chilopodes est divisée en quatre grands groupes : Geophilo-
ihorpha, Scolopendromorpha, Lithobiomorpha, Scutigeromorpha, dont les caracté¬
ristiques systématiques ne nous intéressent pas ici. Rappelons seulement que les
Géophilomorphes possèdent un grand nombre de segments pédifères (80 par
exemple), variable suivant les espèces et même suivant les individus d’une même
espèce. Les Scolopendromorphes sont munis de 21 à 23 paires de pattes, tandis que
les Lithobiomorphes et les Scutigéromorphes n’en ont que 15 paires, ces derniers
Wunis de 14 plaques tergales seulement.
La segmentation du corps est très régulière ventralement, mais il n’en est pas
toujours de même dorsalement. Alors que les Géophilomorphes montrent des
tergites de surface identique, chez les Lithobiomorphes et les Scutigéromorphes
•tes grands tergites alternent avec des tergites courts. Chez les Scolopendromorphes,
existe également des différences entre les tergites, mais elles sont moins frap¬
pantes. C’est chez les Lithobiomorphes que le phénomène est le plus remarquable
(flg. 186), les grands tergites et les petits étant nettement distincts, tandis que
chez les Scutigéromorphes, chaque petit tergite est entièrement dissimulé sous le
bord postérieur du grand tergite précédent. L’alternance des tergites des Chilo¬
podes n'est pourtant pas régulière sur toute la longueur du corps : chez les Litho¬
biomorphes on constate la présence de deux grands tergites successifs, les 7* et
8 * (1); il en est de môme, mais plus discrètement, chez les Scolopendromorphes.
Un autre caractère variable est la répartition des stigmates ou des stomas
(Scutigères) le long du corps. Chez les Géophilomorphes il y a une paire de
stigmates pour chaque segment pédifère tandis que dans les autres groupes, il
existe une seule paire pour deux segments successifs. Elle est située dans le
segment couvert par un grand tergite. Le répartition de ces stigmates n’est
d’ailleurs pas régulière; on observe des interruptions, des modifications du rythme
suivant les groupes envisagés.
Voici, à titre d’exemples, quelques formules connues; les chiffres indiquent
l’ordre du segment pédifère, tergite forcipulaire exclu.
Géophilomorphes.
Une paire de stigmates par segment pédifère à partir du deuxième segment.
Scolopendromorphes.
3, 5, (7), 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, (22). Les chiffres entre parenthèses indiquent
Qu'une paire de stigmates est présente chez quelques groupes, aux segments
correspondants ■ Scolopocryptops, Ethmostigmus, Alloporus, Rhysida, etc. Scolo-
Pendropsis possédant 23 paires de pattes, la dernière paire de stigmates se place
au 22* segment pédifère. Chez Plutonium, genre rare, on rencontre, comme chez
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
deuxièm^ il0n00rpheS ’ ^ pa ‘ re de sti 8 males à tous les segments, à partir du
Lithobiomorphes.
(1), 3, 5, 8, 10, 12, 14. Chez Lamyctes (Henicopinae) il existe une paire de
stigmates sur le premier segment pédifère.
Scutigéromorphes.
Les slomas, impairs, sont placés, non latéralement, mais sur tous les grands
tergites, c est-a-dire de deux en deux segments.
C'est dans le but d’interpréter ces anomalies tergales et stigmatiques et tenter
de faire un rapprochement entre la zone perturbée des 7 * et 8* segments des
Clnlopodes et la limite thoracique des Diplopodes que nous avons entrepris
1 étude de la musculature des Chilopodes.
Lorsque nous avons commencé ces recherches, les travaux traitant de l'ana¬
tomie des Chilopodes étaient rares. K.W. Veuhoeff avait eu l’occasion, au cours
de ses études, de montrer quelques aspects de la musculature de divers
Chilopodes et depuis 1926, E. Bekkeii s’était intéressé aux Géophilomorphes et
° pendromoiphes ' Les Lithobiomorphes avaient été également en partie
étudiés. Plus récemment, deux auteurs G. Rilunq (1960) et H. Füller (1963) se
sont occupés plus particulièrement de Lithobius, de quelques Géophilomorphes et
dune espèce de Scutigéromorphe. A. G. Applegarth (1952), a étudié, plus spécia¬
lement, la région céphalique d’un Lithobiomorphe, Pseudolit hobius megaloporus.
Néanmoins, malgré ces documents, nous ne connaissons qu’une tentative
d explication des anomalies mentionnées, celle de Pu. Ravoux (1959, 1962) réalisée à
l'aide des figures et des textes publiés antérieurement. Mais certains des travaux
cités sont d’exploitation difficile, par suite de la complexité de la musculature, et
parce que les points d’insertion sont souvent imprécis et les limites segmentaires
apparentes mal définies. Nous avons donc préféré reprendre l’étude complète
de la musculature chez les groupes présentant des anomalies intéressantes, c'est-à-
dire les Scolopendromorphes, Lithobiomorphes et Scutigéromorphes. Nous venions
de terminer nos recherches et de publier nos résultats dans une note préliminaire
lorsque H. Füller fit paraître, en 1963, son intéressant travail anatomique sur
les Géophilomorphes. Scolopendromorphes et Scutigéromorphes. Nos résultats
confirment, dans l’ensemble, ceux de Füller, mais certains muscles, comme les
longitudinaux dorsaux obliques, ont échappé à l’auteur. Ces muscles jouant un rôle
très important dans l'interprétation de la segmentation des Chilopodes, nos
conclusions sont donc différentes de celles de H. Füller.
Il est maintenant sans intérêt de donner in extenso les résultats de nos
observations sur la musculature des Chilopodes. Nous reprendrons, toutefois, entiè¬
rement le système musculaire longitudinal dorsal, car les figures publiées jusqu’ici
sont, pour la plupart, inutilisables pour le but que nous nous sommes proposés;
d'autre part, les homologations admises ne sont pas en rapport avec les problèmes
morphologiques à résoudre.
Pour bien interpréter les faits, il faut traduire ceux-ci en figures claires;
nous avons donc préféré substituer à une représentation exacte des muscles en
place, des schémas où les différents faisceaux sont indiqués par des trames
spéciales et avec des points d'insertion ne donnant lieu à aucune équivoque.
Source : MNHN, Paris
Chapitre premier
MUSCULATURE LONGITUDINALE DORSALE
Si la musculature longitudinale dorsale est maintenant connue pour l’ensemble
des segments du tronc, elle n’a fait l’objet d'aucune étude particulière pour la
région comprise entre les 7' et 9' segments, mises à part des indications incom¬
plètes données par E. Bekker et G. Rillino.
En premier lieu, on distinguera deux couches musculaires : une profonde et
une superficielle. Chacune de ces couches sera représentée séparément et les divers
types de Chilopodes seront confrontés dans une même planche, les muscles homo¬
logues étant indiqués par des trames identiques.
La musculature longitudinale dorsale des Chilopodes Scolopendromorphes et
Litliobiomorphes est très régulière le long du corps, sauf au niveau des 7° et
8 ' segments, où l’on constate un changement qui se traduit par une sorte de
•‘accourcissement de certains muscles qui, de plurisegmentaires, deviennent
segmentaires et, par la présence ou l’absence, apparemment aberrante, d’autres
faisceaux musculaires. C’est ce'qui a fait dire, à quelques auteurs, que la muscu¬
lature longitudinale dorsale ne pouvait servir à l’interprétation morphologique de
la région dorsale par suite de son hétéronomie (1).
A. — SCOLOPENDROMORPHES
Couche profonde (fig. 183).
Les muscles sont disposés en deux nappes. La première nappe, la plus super¬
ficielle, est constituée par deux faisceaux {.Uni) superposés traversant un segment
sans s’y arrêter. Ce segment est toujours couvert par un petit tergite (microtergal).
Les extrémités antérieures des deux faisceaux divergent. Le muscle externe réunit
deux apodèmes tendineux, situés dans la portion antérieure des grands tergites,
tandis que le muscle interne, tout en débutant sur un même apodème tendineux,
suit le trajet du premier mais aboutit à la partie médiane de la plaque tergale,
et non à l’àpodème. Sous ces muscles se trouve une seconde nappe (Ls.p) en bandes
Musculaires mélamériques, reliant deux apodèmes tendineux. L’un de ces apodèmes,
celui qui appartient au segment sans stigmates, est dissimulé sous les faisceaux
intersegmentaires qui ne s’y attachent pas. De deux en deux tergites se trouvent
des faisceaux musculaires en éventail ( l.s.e ), partant toujours de l apodème tendi¬
neux d'un tergite correspondant à un segment sans stigmates, et aboutissant au
terqite du segment siigmatifère.
Dans la région comprenant les 7*, 8* et 9* tergites on constate «ne rupture
dans la répétition des faisceaux musculaires : les deux premiers faisceaux de la
couche profonde {l.in') réunissent les tergites 7 et 8 entre eux. Ils ne traversent
P a s de segment comme dans les autres cas, ils ne sont pas intersegment aires. De
Plus. le muscle en éventail (l.s.e) est présent entre les 7* et 8* tergites alors que
* e 7* ne couvre pas de segment stigmatifère.
Les apodèmes tendineux de la seconde nappe (muscles métamériques) montrent,
e n outre, des directions inverses suivant que l’on considère les tergites couvrant
des segments stigmatifères ou ceux des segments sans stigmates. Chez les premiers,
'•s sont orientés obliquement vers l’avant, de l’extérieur vers l’intérieur, tandis
Que chez les seconds (2) leur direction est inverse.
(O Pli lUvonx reconnaît la valeur de la musculature dorsale chez les Symphyles mais estime
9 u ’eile est' Insurnsan e â elle seule, pour rétablissement des limites tergales chez les formes
«voluées.
<21 Ce sont les apodèmes intermédiaires de la couche métamérlque profonde.
Source : MNHN, Paris
142
JEAN-MARIE DEMANGE
SCOLOPENDRA
ÜTHOBiUS
SCUTÎGERA
Fio. 183. — Musculatures longitudinales dorsales profondes, schématiques comparées d®
Scolopendra, l.illiobius et Seutlgera dans la région des 5' ft 9« tcrgltes. I,es ratsceaux homologues
ont la même trame; les stigmates et les stomas sont représentés par un ovale. La section tergaie
postérieure repliée est supposée étalée; elle est délimitée par un pointillé. I,e sillon antérieur
de chaque aclérlte est figuré par un tireté. Abréviations, page 185.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
143
SCOLOPENDRA LiT H O BÎ US
SCUTiGERA
- s sohéniailques comparées
Source : MNHN, Paris
JEAN-MAR1IS DEMANGE
Or, dans la région « anormale », on rencontre des apodèmes du premier type
sur les tergites 7 et 8.
b) Couche superficielle (fig. 184).
La couche superficielle est constituée par des muscles moins puissants et
moins longs. Ils sont tous métamériques. On peut reconnaître deux muscles paral¬
lèles submédians, qui se retrouvent très régulièrement en avant (l.a.m) et en
arrière ( l.p.m ) des tergites des segments sans stigmates. Ils sont doublés de nappes
obliques ( l.s.s ) partant du bord latéro-antérieur de chaque tergite et s'étalant vers
le milieu du tergite précédent.
4m* muscles en éventail ( l.s.e) de la couche profonde correspond une paire de
faisceaux latéraux obliques (o.a.s.m) issue des angles des tergites couvrant les
segments sans stigmates et aboutissant au tergite précédent (segment stigmatifère).
Les points d’insertion se situent dans une zone tergale postérieure, formant un repli
interne délimité par un pointillé sur les schémas, où elle est supposée étalée.
Au niveau de la zone perturbée, on constate la présenoe de faisceaux latéraux
obliques (o.a.s.m) détachés de l'avant de chaque tergite 8 et 9, et correspondant
aux faisceaux en éventail de la couche profonde.
B. — LITHOBIOIYIORPHES
a) Couche profonde (fig. 183).
Contrairement à Scolopendra, la couche profonde ne présente pas de muscles
métamériques. On retrouve les deux faisceaux intersegmentaires (l.in 1 ) mais ici
il n’existe aucune apophyse tendineuse et les muscles s’enchevêtrent. A la place
des muscles segmentaires (l.s.p) de la Sooiopendre, on constate l’existence de fais¬
ceaux intersegmentaires (i.tn*) constitués par plusieurs éléments de longueur
croissante. Ces muscles partent du bord antérieur des grands tergites couvrant les
segments stigmatifères, et aboutissent au milieu du grand tergite précédent, en
traversant le segment sans stigmates couvert par un petit tergite. Avec des
points d’attache légèrement différents, ce sont des intersegmentaires comme les
précédents.
Comme chez Scolopendra, on remarque une « anomalie » dans la répétition
des combinaisons musculaires au niveau des tergites 7 et 8. Chez les Litho-
biomorphes ces tergites sont de grande surface, sans intercalation d’un petit; l’un
d’entre eux (7*) ne couvre pas do segment stigmatifère. A ce niveau, les muscles
deviennent apparemment métamériques.
b) Couche superficielle (fig. 184).
La couche superficielle, un petit tergite quelconque étant pris comme réfé¬
rence, peut être divisée en faisceaux antérieurs médians ( l.a.m ), partant du bord de
chaque petit tergite et aboutissant au grand tergite précédent, et en faisceaux
postérieurs (l.p.m) constitués essentiellement par deux bandes subparallèles débu¬
tant dans la portion antérieure du petit tergite et aboutissant au bord antérieur du
grand tergite situé en arrière. Deux fibres très ténues ( f.m) doublant les faisceaux
postérieurs traversent, sans s’y arrêter, le segment couvert par un petit tergite
et s’insèrent au même niveau que les faisceaux antérieurs. Ces fibres semblent-
parfois, être issues du point d’attache des faisceaux postérieurs sur le pet> 1
tergite.
A chaque bord antérieur des petits et des grands tergites s’attachent, en
outre, deux muscles latéraux (l.s.s et l.s.s') constitués par deux larges faisceaux
remontant presque jusqu’au bord antérieur du tergite précédent (1).
Des angles latéraux du bord antérieur des petits tergites, partent deux muscles
latéro-obliques (o.a.s.m) aboutissant à une zone postérieure du grand tergue
précédent.
(1) Ceux des petits tergites (!.*.».) sont très longs, ceux des grands tergites (l.s.s.') plus courts-
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 145
bées ' ,0n ? mo chcz Scolopendre, les couches musculaires superficielles sont pertur-
e ,' e ,es 7 * e t 8" tergites. On ne retrouve pas, notamment, les muscles
• - Ues (°- a - sm ï- Deux bandes musculaires subparallèles sont présentes
■p.m.) ainsi que les deux muscles latéraux (l.s.s').
C. — SCUTIGÉROMORPHES
et s ^ musculatui ] e dorsale des Scutigéromorphes est de beaucoup la plus simple
e répète sans interruption ni changement d’aucune sorte.
a) Couche profonde (flg. 183).
(I i «w couc ^ e profonde est constituée essentiellement par des bandes musculaires
rêl'é traversant, sans s’y arrêter, les segments couverts par un petit tergite et
des' 6eS enl " re eHes P ar un apodème tendineux situé au niveau du tiers antérieur
j, grands tergites, en arrière d’une ligne délimitant ce que l’on a appelé prétér¬
it e <i ^° US ces musc * es se place un second faisceau (l.in‘) partant, cette fois, du
r d antérieur d’un grand tergite et s'insérant sur le grand tergite précédent, au
v eau de l’apophyse tendineuse.
b) Couche superficielle (lig. 484).
Les muscles de la couche superficielle prennent naissance près du bord anté-
* ® Ur des petits tergites. Comme chez Lithobius, on peut reconnaître deux
■sceaux postérieurs parallèles ( l.p.m) aboutissant dans le tiers antérieur du
* and tergite suivant, et deux paires de muscles antérieurs : deux latéraux obliques
as.m), deux médians divergents ( l.a.m ). Une paire de fibres médianes semblable
ce lle de Lithobius ( f.m ) est souvent présente.
Source : MNHN, Paris
Chapitre II
INTERPRÉTATION DES FAITS
Qu’il nous soit permis d'ouvrir une parenthèse avant de discuter des faits.
Les résultats de nos recherches sur les particularités morphologiques de
certains Chilopodes et nos conclusions les plus importantes ont été publiés dans
une note de l'Académie des Sciences, en 1963, sous forme d'un résumé comprenant
une courte description de la musculature en insistant, pour la démonstration, sur
la présence de muscles inconnus caractérisant les plaques tergales des segments
microtergaux ( o.a.s.m, l.s.e). Nous avons voulu, en outre, étayer l’hypothèse
avancée par des données originales morphologiques et post-embryologiques.
Nous espérions faire ainsi connaître, non seulement la ligne générale de nos
recherches morphologiques, mais aussi les progrès de ces dernières. Il nous avait
semblé qu'un anatomiste, spécialiste de la morphologie des Myriapodes, averti
de nos intentions, aurait trouvé facilement, par dissection, les muscles typiques
décrits succinctement, mais clairement, et parfaitement définis. Il s’agit des fais¬
ceaux l.s.e et o.a.s.m. Or il n'en est rien puisque, dans un travail paru au
moment de mettre sous presse, S. M. Manton affecte d’ignorer ces données et les
importants problèmes morphologiques soulevés dans la note préliminaire, celle-ci
lui paraissant ni explicite ni démonstrative. L'auteur repousse l’hypothèse, sans la
discuter, ignorant les documents, en particulier les preuves morphologiques et
post-embryologiques, renvoyant purement et simplement le lecteur à ses longues
descriptions anatomiques.
Les documents ne faisant, en somme, que confirmer les nôtres et ceux de nos
prédécesseurs, ne présentent nulle part, comme on pourrait s'y attendre, de
discussion de notre interprétation, ni d’hypothèse contradictoire, sinon une tenta¬
tive d’explication par le jeu du nombre des insertions musculaires, du rôle fonc¬
tionnel des muscles et du changement pur et simple des séquences de l’ordonnance
des tergites court-long en long-court.
Il semble que Manton soulève à nouveau le problème et l’élude aussitôt,
ignorant son aspect morphologique primordial. Il est insuffisant d’expliquer
1’ « anomalie » par la fonction surtout lorsqu’on écrit page 301, au sujet de l'un
des muscles caractéristiques ( l.s.e — dont) (1) que « the alteration appear t°
hâve little functional importance » et de concevoir que cette « anomalie »
les particularités de la musculature des segments 7 et 8 sont « clearly due 1°
the presence of two consecutive L-tergite » ce qui ressort clairement de notre
texte de 1963. On revient ainsi à l’origine de la question qui reste posée sans avoir
reçu de réponse.
Il est hors de propos de faire ici l'analyse critique de la publication de notre
collègue, d'autant plus que les divergences de vue s’affirment au cours des discus¬
sions qui vont suivre.
De ce qui précède, il est possible de tirer une première conclusion : il existe-
au niveau du 7* segment, et en arrière de celui-ci, entre les 7* et 8", une zone
anormale ou perturbée. La perturbation se traduit par une irrégularité dans
la musculature, par la disparition ou la persistance d'une paire de stigmates
au 7* segment, et par la succession de deux grands tergites, comme si un méta-
mère, correspondant à un microtergal, avait disparu totalement ou en partie avec
ses appendices (2).
Certaines de ces anomalies, stigmates et dimensions inégales des tergites, ont
attiré l'attention de quelques auteurs.
(1) Ce qui Indlqucrall qu’au moins eclul-lA a été reconnu bien que chez LWiobius le nt»*J*
dom île rameur ne corresponde pas A noire homologation. Manton ne semble pas concevoir d'home,
légations morphologiques car le muscle en éventail l.s.s = dam de Scolopendre n’existe pas cl|t
Lithobius.
(2) Chez les Chilopodes II y a un nombre égal de tergites et de paires de paltes, exception f» ,le
des scutlgéromorphes possédant 14 tergites pour 15 paires de pattes.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHII.OPODES ET DES CHILOGNATHES 147
p Brolemann, dans ses « Eléments d’une Faune des Chilopodes de
Seivr^ * ( 193 °) soutient l'hypothèse que les sept grands tergiles pédifères de
admoH re » " peuvent ôtre homologués aux huit grands tergites de Lithobius en
nettant que le 4' tergite de Scutigera {T) est équivalent des tergites 7 et 8
Llt ' l °bius; les petits tergites de ce dernier étant représentés par les assises
‘ntertergitales de Scutigera ».
■ Pour G- Rilling (1960), le 7* tergite des Scutigéromorphes, qui est un peu
P us long que les autres grands tergites, est également le résultat de la fusion des
e t 8' tergites en une très longue plaque.
dan ^i 11 réa * ité * s ’ il est VI ' ai Q ua le 7' tergite est plus long que les autres, rien
g, ns , a musculature longitudinale dorsale n'indique qu'il y ait fusion avec le
> mais la musculature appendiculaire démontre que ceci n’est qu’apparent, car
grand tergite 7 est le résultat de la fusion d’au moins deux plaques tergales (1).
N °us admettons, avec H. \V. Broi,emann, que les petits tergites de Lithobius
rrespondent aux « assises interlergitales » de Scutigera et pensons même que
es assises sont de véritables tergites.
En second lieu il existe, entre les Scutigéromorphes et les Lithobiomorphes
ne étroite parenté musculaire qui permet d’établir les homologies.
Les muscles plurisegmentaires de la couche profonde sont homologues, de
ême que les muscles segmentaires de la couche superficielle des petits tergites;
aïs il n’existe pas chez Scutigera de muscle longitudinal latéral segmentaire
comme chez Lithobius,
Chez Scolopendra par contre, il est plus difficile de reconnaître des homo-
g*es, en dehors de celles des muscles intersegmentaires, qui sont semblables à
ux des autres groupes. On constate par exemple, qu’il existe, dans la couche
9 monde de Scolopendra, des muscles segmentaires (l.s.p) que l’on ne retrouve
Que chez les Géophilomorphes. On observe même, à ce sujet, une homologie
a ppante en comparant les figures de E. Bekker et K. W. Verhoepf avec les
nôtres.
ad * >0ur comprendre la disposition des muscles, chez la Scolopendre, il faut
mettre qu’un tergite sur deux, le plus petit, est homologue à un petit tergite
Çs Scutigéromorphes et des Lithobiomorphes. Ce tergite est naturellement celui
Dr *» COUvre ,e segment traversé par les faisceaux intersegmentaires, de la couche
1 °*° n de, sans s’y arrêter. Ce segment est, précisément, dépourvu de stigmates.
I es muscles latéraux obliques ( o.a.s.m) de la couche superficielle sont les homo-
gues des mêmes faisceaux des Scutigéromorphes et Lithobiomorphes. Les bandes
d e US Q U * airos antérieures (l.a.rn) de ces mêmes groupes sont identiques à celles
(l S f C0 *°P en dres. On peut également considérer que les grandes nappes latérales
•® s) de la couche superficielle, partant des angles des tergites, sont les homo-
gues des mêmes faisceaux chez les Lithobiomorphes.
co F é f u< * e de la musculature longitudinale dorsale des Chilopodes conduit à la
m 0 nc . . ion Qu® tes tergites sont réunis deux à deux par les muscles interseg-
t_ , aires {Lin) de la couche profonde; ils constituent des diplotergites. Ces diplo-
cor es ne sont P as Quelconques, mais formés, dans tous les groupes, par un bloc
nprenant un grand et un petit tergites.
11 est intéressant de constater que la Scolopendre conserve une trace de la
usculature métamérique originelle {l.s.p) dans ses couches profondes. Elle serait
s primitive, sous ce rapport, que les Lithobiomorphes et ceux-ci paraissent
e ’ ns évolués, à ce point de vue, que la Scutigère. Le développement post¬
as f° nnaire ’ par épimorphose des uns et par anamorphose des autres confirme
LA ZONE PERTURBEE DES 7• et 8- SEGMENTS
DES SCOLOPENDROMORPHES ET DES LITHOBIOMORPHES
dj rjn Point à mettre en relief est la nature spéciale de la musculature longilu-
a| e dorsale des 7- et 8* segments. En effet, à l’exception du cas des Scuti-
">"sculature longitudinale dorsal», à cil» seule, .
‘'«ne plus complexe de Scutigera. (Voir page 15t.)
Source : MNHN, Paris
148
JEAN-MAHIE DEMANGE
géromorphes, elle semble montrer que le tergite 7 correspond à un seul méta-
mère indépendant alors que le reste du corps présente des métamères associés
par deux au moins dorsalement. Des comparaisons minutieuses prouvent qu’il en
est autrement.
Chez les Scolopendromorphes, Lithobiomorphes et Scutigéromorphes on trouve
des muscles qui ont une importance considérable. Il s’agit des faisceaux obliques
( o.a.s.m ) de la couche superficielle. Chez la Scolopendre, il faut y ajouter les
faisceaux en éventail (Ls.e) de la couche profonde, qui n’existent pas ailleurs.
Chez Lithobius et les Scutigères, en dehors de la région considérée, les muscles
obliques ( o.a.sm ) de la couche superficielle, sont toujours présents en avant des
petits tergites, jamais sur les grands. Ce sont des muscles caractéristiques de
petits tergites, et, choz les Scolopendres, ils sont complétés p<ir les muscles en
éventail ( l.s.e) de la couche profonde. En effet, ces deux faisceaux réunissent
toujours un petit tergite au grand tergite précédent.
Cette remarque fondamentale permet d'interpréter les anomalies observées
au moins chez les Scolopendromorphes et les Lithobiomorphes, car chez les Scuti¬
géromorphes le cas est beaucoup plus complexe (voir page 154).
i. — Cas de SCOLOPENDRA (lig. 185.).
Chez Scolopendra ces muscles sont présents en avant du tergite 8, comme
si celui-ci était un petit tergite et la présence du muscle en éventail (Ls.e) semble
le confirmer. Mais comme la plaque tergale 8, couvrant un segment stimatifère,
ne peut être assimilée qu’à un grand tergite (1), on est conduit à admettre que
le tergite 8 est un grand tergite possédant des faisceaux musculaires supplé¬
mentaires particuliers à un petit tergite.
Le tergite 7, auquel ne correspond aucun stigmate, porte, au bord posté¬
rieur, les points d’insertion des deux faisceaux musculaires obliques ( o.a.sm ) de
la couche superficielle. Il s’agit donc également d’un grand tergite, puisque ces
muscles obliques (o.a.s.m) aboutissent toujours à un grand tergite. Les muscles
en éventail confirment cette façon de voir mais ici la plaque ne couvre pas de
segment stigmatifère d’où une nouvelle difficulté. On retrouverait donc, comme
chez Lithobius, le même phénomène des deux grands tergites (macrotergaux) se
succédant (3) dont l’un, le 7*, couvre un segment sans stigmates et l'autre, le 8*.
un segment stigmatifère (2).
La question n’est pas aussi simple qu’elle le paraît, car si l'hypothèse de 1»
présence de deux grands tergites successifs peut être soutenue pour Lithobins
chez lequel les muscles obliques ( o.a.s.m) font défaut en avant du 8' tergite.
elle ne convient pas pour Scolopendra qui possède ces muscles caractéristiques de
petits tergites. D’autre part, nous avons vu que les stigmates sont toujours au
niveau des grands tergites et se placent de deux en deux segments. Or c'est
précisément au niveau de la zone particulière du 7" tergite que le rythme est
brisé puisque ce segment est dépourvu de stigmates alors que le suivant (8')
en possède.
Comment concilier ces contradictions ?
Admettons que le segment 7 (macrotergal) soit incomplet et ait perdu sa
région stigmatifère; que d'autre part le segment à petit tergite, qui devrait existc r
entre les deux macrotergites 7 et 8, soit fusionné, en totalité ou en partie, aU
segment 8 (3). Nous rétablissons ainsi la régularité dans l’assemblage des muscles
et la position des stigmates.
Par suite de cette fusion, on peut supposer que le point d’insertion postérieur
du muscle oblique en éventail (Ls.e) de la couche profonde, se trouvant totalement
placé sur un tergite correspondant à un segment sans stigmate (microtergal), a été
(1) Il est facilement démontrable que tout granit tergite couvre un segment eUgmallf&re.
(2) Il faut signaler que si chez Scolopendre les grands el les petits terirltes sont apparemm® 1 ?}
difficiles à dlsllnguer par suite du peu de différence de surface, les teignes 7 et 8 sont n» 1
leinent reconnaissables par leurs dimensions subêgales.
(3) Voir B dans ce même chapitre. I.a museulaliire paratergosternale montre que les ded*
segments sont bien des macrotergaux successifs et que le mêtamère microtergal inhibé est dépour*
d'appendices.
Source : MNHM, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 159
annexé par l'apodème tendineux du métamère 8, sa position étant très latérale.
^ muscles obliques ( o.a.s.m ), de la couche superficielle, subsistent, puisque le
petit tergite auquel ils s’attachent est fusionné au tergite 8, ainsi que les bandes
•musculaires longitudinales médianes antérieures ( l.a.m ). C’est précisément la
truclure réalisée au niveau de cette zone (1).
Dans ces conditions, les muscles intcrsngmentaires de la couche profonde, qui
evraient traverser deux segments, paraissent être métamériques mais ils fran¬
chissent bien, sans s’y arrêter, le segment à petit tergite, qui est soudé au 8'.
Un ne pourrait d’ailleurs comprendre la présence, dans plusieurs groupes, de
•muscles longitudinaux brusquement métamériques à un niveau donné, alors que
•es mêmes faisceaux, dans les segments précédents et suivants, sont pluriseg-
•mentaires.
U existe un genre de Scolopendromorphes, Etkmostigmus qui possède des
stigmates aux deux segments successifs 7 et 8, son élude doit permettre de
contrôler la valeur de l’interprétation précédente.
2 - — Cas d’ETHMOSTIGMUS (flg. 185).
t La musculature générale d'Ethmostigmus est identique à celle de Scolopendra,
« l’exception de celle des tergites 7 et 8, par suite de l’absence des faisceaux
obliques (o.a.s.m) de la couche superficielle.
Nous supposons que le segment macrotergal 7 est complet puisque ses
s %mates sont conservés. Il manque, par contre, une portion antérieure du
segment microfergal dont In partie postérieure est toujours fusionnée au segment
•macrotergal 8. La fusion est indiquée, comme chez Scolopendra, par la présence
(,u muscle on éventail (U.e) de la couche profonde, et l’absence de la section
! peu! «railleurs, t
'"-s muscles on éventail (l.s.e'
lei11 tergite placé en arriére.
iptoj
uer autrement, la
loni toujours le gra
«pétition, sur
id termite d'un
deux segments succossirs,
segment stlgmatifère a un
Source : MNHN, Paris
130 JEAN-MARIE DEMANGE
antérieure du segment microtergal, avec ses appendices, par la disparition des
muscles obliques ( o.a.s.m ).
L interprétation est donc différente de celle qui est proposée pour Scolopendra,
mais elle permet de formuler une hypothèse plus générale : possibilité de fusion
du segment 8 avec un métamère microtergal antérieur vestigial et réduction, en
avant du segment 8, d’un métamère qui peut être, soit le microtergal vestigial
( Etkmostigmus ), soit le 7« (Scolopendres en général).
Lu argument supplémentaire, en faveur de cette hypothèse est apporté par
l’étude des apodèrnes tendineux des Scolopendres. En effet, les apodèmes corres¬
pondants aux grands tergites des segments stigmatifères sont obliques, vers
l’avant et l'intérieur, tandis que ceux des petits tergites ont une orientation inverse.
Chez Scolopendra et Etkmostigmus les diploterga sont limités par des apodèmes
du premier type; or les apodèmes des tergites 7 et 8 sont semblablement orientés
et par conséquent caractéristiques de grands tergites.
3. — Cas de LITHOBIUS (fig. 185).
On peut aussi interpréter les dispositions aberrantes de Litkobius en utilisant
la même hypothèse.
Admettons que le tergile 7 soit un grand tergite appartenant à un métamère
incomplet auquel manquerait la portion correspondant aux stigmates, et que le
segment couvert par le petit tergite fasse défaut, nous rétablissons le rythme
normal des stigmates et de la musculature. Les muscles obliques (o.a.s.m) ne
peuvent exister puisque le petit tergite est absent. Les bandes musculaires anté¬
rieures médianes (l.a.m) ainsi que le muscle longitudinal latéral (l.s.s) de la couche
superficielle ont disparu. Il subsiste seulement une trace des muscles médians
postérieurs (l.p.m) dans leurs fibres intersegmentaires et les muscles (l.s.s'). Quant
aux faisceaux de la couche profonde, ils demeurent, en apparence seulement,
métamériques à ce niveau.
C’est exactement ce qu’on observe chez Litkobius qui se distinguerait ainsi
des deux genres précédents par l’absence complète du segment intermédiaire à
petit tergite.
Une preuve supplémentaire de l’inhibition réductrice est fournie par la forme
spéciale de certains tergites des Lithobiomorphes. Ces tergites présentent un bord
postérieur prolongé, latéralement, par des expansions dentiformes (fig, 186). Assez
fréquemment, les petits tergites 9, 11, 13 en sont munis tandis que les tergites 6
et 7 le sont plus rarement (Bothropolys fasciatus Newp., Litkobius variegatus
Leach, L. punctatus Mein. par exemple). Les petits tergites ne sont jamais rebordés
postérieurement par un bourrelet, tandis que les grands le sont généralement;
mais le grand tergite 7 ne l’est pas lorsqu’il présente des formations dentiformes.
La présence de ces dents est particulièrement intéressante; elle représente, pour
nous, la preuve de l’absence d’une certaine zone métamérique postérieure dont
les denticulations tergales seraient des vestiges latéraux. La pointe de ces denticu-
lations montrerait, dans une certaine mesure, la longueur réelle du tergum du
segment complet. Le fait qu’un grand tergite, comme le 7*, soit affecté de la
même manière que les petits tergites appuie l’hypothèse selon laquelle la portion
postérieure du métamère 7, avec ses sligmates, a été inhibée. Certaines espèces
auraient donc conservé, au 7* segment, des traces de l’amputation subie sous
forme de denticulations, alors que les autres espèces sans denticulations ter-
gales, ont un 7* tergite plus court et sensiblement de même forme que les autres
de grande surface, ce qui supprime le témoignage de la transformation. Néan¬
moins, en l’absence de denticulations, le tergite 7 (fig. 186) est nettement tronqué.
un peu moins long que le suivant dont le bord postérieur est arrondi et échancré.
Le bourrelet marginal s'arrête, de même, nettement au bord postérieur chez
le premier (7*), comme dans les tergites courts, tandis qu'il est récurrent chez
le second (8*).
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
Les éléments métamériques, y compris les appendices, ont disparu; ils se
souvent inhibés par un mécanisme qui nous échappe, empêchant leur apparition.
> processus identique peut être envisagé pour expliquer les formules stigmatiques
res diverses et irrégulières des Chilopodes, et les différences de taille, parfois
considérables, des tergites.
Les Géophilomorphes épimorphes étant les plus primitifs de tous les Chilo¬
podes, possèdent une paire de stigmates par segment et des tergites subégaux. Les
colopendromorphes, également épimorphes, présentent des tergites à surfaces
puisque égales mais on remarque une alternance de segments à grands tergites
Ç de segments à tergites un peu plus petits. Chez les Lithobiomorphes, incontesta-
Jement plus évolués, les différences de surface sont très sensibles; elles sont
P us accusées encore chez les Scutigéromorphes, les plus évolués des Chilopodes.
5
6
7
8
9
S o,, s F --m. — Tergites 5 à 9 de Lithobius forficatus (L.). Le 6* lerglte est très petit et dissimulé
En résumé, les anomalies observées au niveau des segments 7 et 8 peuvent
8 interpréter en admettant l’existence d'un métamère supplémentaire, intercalé
entre les deux segments; ce métamère, de type microtergal, serait fusionné au
segment chez Scolopendra, représenté seulement par sa région postérieure,
■Râlement fusionnée, chez Ethmostigmus et enfin complètement invisible chez
•Athobius; en outre le 7' segment, resté complet chez Ethmostigmus, aurait perdu
sa région postérieure stigmatifère chez Scolopendra et Lithobius. Dans tous les
cns h's appendices sont absents.
°n peut aussi étendre cette hypothèse aux segments dépourvus de stigmates,
0,1 admettant qu’ils dérivent de segments macrotergaux stigmatifères. Une zone
Postérieure du métamère aurait été inhibée, entraînant la disparition des stigmates
I’ ar suite d’un arrêt de développement agissant de façon variable suivant les
poupes (1). Il est possible de trouver des indications de cette inhibition dans
1 étude de l’eupleurium des Chilopodes. En effet, cet eupleurium est composé de
Source : MNHN, Paris
152
JEAN-MARIE DEMANGE
nombre™» MinftMm* P*»! ^quelles se trtravenl un sclPritc sligmalifèro el
™ »“ P , “« l « ur > sçMntes postaUgmatiquos. Or, ou niveau du segment microtergal,
" postsligmatiques et Btipnatiquea manquent totalement nu en partie,
suivant le degré d évolution des groupes, de sorte que cher Mthobius et Soutire je
il ne subsiste plus rien. e
H. — MUSCULATURES TERGO-COXALE ET PARATERGO-STERNALE.
INTERPRETATION DU T MÉTAMÈRE MACROTERGAL DE SCUTIGERA
mP ni? I1 fn , lM U ni B GnCOre i apporte ^’ à l a I*P ui •'« l’interprétation précédente, des argu¬
ments fournis par la musculature appendiculaire dorso-ventrale. Pour éviter les
SnuS°H S mUti e ?' p V ,sque H füller a Publié, avant nous in extenso, les
Siiïï de « e s recherches, cette musculature sera simplement schématisée pour
Lithobius (A), Scolopendra (B), et Sculigera (C) (t) (11g. 187).
Nous distinguerons, pour chaque appendice, quatre sortes de faisceaux muscu¬
laires :
a) faisceaux partant du bord dorsal de la hanche, toujours segmentaires
(tergo-épicoxal) (2) [te);
b) faisceaux débutant sur le bord antérieur de la hanche et se dirigeant vers
I avant (procoxo-tergal) [pt, pt') ;
c) faisceaux insérés comme le précédent, au bord antérieur de la hanche
mais se dirigeant vers l’arrière (tergo-coxal rotateur) ( tc.r , tc.r');
d) faisceaux partant du bord postérieur de la hanche et se dirigeant vers
1 arrière (tergo-coxal postérieur) ( tc.p , tc.p’).
Les faisceaux des pattes appartenant à dos segments macrotergaux aboutissent
. plmi ! u ' te T lc corres P ond ante (segment 5 par exemple); ils sont tous
segmentaires. Ceux des appendices des segments microtergaux (G par exemple),
sont à cheval sur le grand tergite précédent et le grand lorgite suivant : ils sont
intersegmentaires.
Le muscle tergo-épicoxal (te), segmentaire, est absent chez Scutigera dans
les segments microtergaux (tig. 187 C); en dehors de ce détail, la musculature
appendiculaire est identique, dans l’ensemble, chez les trois groupes examinés,
dans les segments où la musculature longitudinale dorsale est régulière
Dans la zone perturbée des V et 8* segments, des modifications se
remarquent précisément rhez Lithobius et Scolopendra, où les anomalies de 1»
segmentation sonl particulièrement visibles. La musculature longitudinale dorsale
nest donc pas la seule alh'rée par le phénomène do réduction mélamérique (3).
i™ a, ns
antérieurs sont présents aux lergltes S. 5 , 8, ls 'ifl itî ôi ahoùllArm i *!
rouvrent làù» d^sTcaînenis”stiMnaiW» 11 ® ,er * ,le * ,e '* seconds des grands. Les* grands t’erg-lte»
h dM e {îinr« , !«r»rSv*/Jiïïî!!!iî.»!î!îî ,l ?il'^nrerrs. i,rs tergiies I. a, t, etc., apnaftîenneni
Scmfgéromornlies Au ni veau* de* la'junr '™ ! ,es Scolopendrornorphes, Lllhoblômorpbea e*
m.c nrili' m. r, n vrai? l2 ... *“?,* P* r ' urbl '*. le groupe dlploicrgal de Craterostigmu» est
manque égaliTnien,. Les stlfma*es sonTLbsenfs TST/ , ",' S '•‘"’obiomorphes
une particularité de CraterostUnm, "cm iÆïïire “un“ ternim bloc
b scgorenia'ro nuque! ne correspond nurune paire de pattes. Ce som m.inminSni les V »*.
leur absence rnu/ lrs"^ rt n »ÂrrlteB VÆ, '"^ le * ? N °"* " e " ,lvon "' mal8 “ faul n ' 0,cr
««s, s7»Tfti;iïs=%r4:ï, s i-rs.."}!
pourrait «ire_équivalent de la plaque lergale supplémenlalre (segment intercalaire d*
iii.il, cire eqi
, W. Vkiihoeff).
Quoiqu'il en s(
le R« métamère, inhibé cher. Srolopemlra
Cemiümre correspond'bfim 1 à un mlcrotorgài! 1 "" fril,f,nenl * u
(t) Les documents concernant Senti géra sont originaux car i
» la région perturbée qui nous occupe.
(S) La nomenclature cal empruntée h Ph. üavoux.
le* Chllopodes. d6 Seul,oera ^ t,nvl!,n ir« » P«M car 11 est tout a mit original
manque CgAlement
lerglie iniercaialre.
s’est pas intéressé
p parmi
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 153
Chez Lithobius (flg. 187A), on trouve deux muscles tc.p et tc.p' au bord posté¬
rieur de la hanche au lieu d’un seul. Les points d’insertion tergaux sont différents,
le premier faisceau (tc.p) s’attache au tergite 7 correspondant, le second (tc.p')
à la portion antérieure du tergite 8. Il n'y a pas de muscle tc.r au bord coxal
antérieur. En outre le muscle procoxo-tergal (pt) est double.
Chez Scolnpendra et Ethmostigmus (flg. 187B) le faisceau du bord postérieur
de la hanche se rend au tergite 8 au lieu de s’attacher au tergite 7 correspondant
(il s’agit d’un tc.p’).
Pour Lithobius, l’anomalie observée correspond à la quasi disparition ou la
non apparition d’un territoire métamérique (8* vrai). Le premier faisceau
musculaire de la hanche (tc.p), qui aboutit au tergite 7, est le muscle normal
5 6 7 8
Fto. 187 _ Musculatures appendiculaires schématiques comparées de lltlioblus, Scolopeudra
61 Scutigera. Les muscles homologues sont de même trame.
de la paire de pattes 7, de même que le faisceau antérieur de la hanche de la
Paire de pattes 8 (pt), se rendant au tergite 8, est le muscle normal de cette
Paire d’appendices. Les deux autres faisceaux (tc.p' et pt') peuvent être considérés
comme des reliques de la musculature correspondant au segment microtergal
absent. En effet, les muscles tergo-coxaux des appendices de segments microter-
gaux sont les seuls intersegmentaires apparents. Les faisceaux (tc.p’ et pt’), appa¬
remment surnuméraires, tous deux intersegmentaires, correspondent à des muscles
Source : MNHN, Paris
154
JEAN-MARIE DEMANGE
VMS 1 dW i T„ÎS P | endl “? de segmenl microtergal. Us no peuvent être que les
25 J une musculature il appendices inhibés avec leur métamère; leur per-
sé^ients ? et 8 Ue P “ r qu ' lls S °” 1 ““*> av “ d " maléricl appartenant aux
Quant à l’absence du muscle tergo-coxal rotateur ( tc.r ) de Uthobius elle est
normal, s. l'on admet que le territoire postérieur du métamère I a été^ufaust
Chez Scolopendra, les modifications segmentaires de la zone des 7* et 8'
mélamères sont différentes de celles de Uthobius (fig. 187 B). C’est pourquoi seul
On neuf voT^Sômen 1 } ^ T**’ p f ll ’ rieur ^rgo-coxal postérieur) est affecté.
On peut voir, egalement, dans la présence du muscle tc.p' la persistance d’un
m ’ ni 3U d append,(,e absent de segment microtergal, le muscle normal (tc.p) man-
?on nniS dïtta par . suile , de l’absence de la région métamérique correspondant à
son point d attache (zone des stigmates). On ne peut trouver ici de dédoublement
S" 00 " 1 , po f éri . e , ur ( - tc -P ) ’ à cause l] e la fusion d’une partie du petit
tergite (8* vrai) avec le tergite 8. 1
l„ “f n l Vf p e macr etergale des segments 7 et 8 est, en outre, confirmée par
dan, 1 ern , 8le CnCOr ° inconnue 188 )> qui reste unique
(dv.s) dans les segments macrotergaux et se dédouble (dv.s et dv.i) au niveau des
Série ! de muscles démontrent également la réalité de
1 inhibition dun métamère microtergal au niveau des segments 7 et 8.
CAS DE SCÜTIGERA
H'„n S |l!!,Tr CUl l alUr J e longitudinale dorsale de Scutigern est parfaitement régulière
Jt 8- b ^eif, Utr M d “ C ° rP ‘l Ct ne î nontrP aucune Perturbation au niveau des 7*
« n . en T 1 P3S d ° mémc pour los n,ust ’les appendiculaires.
Le 7 segment macrotergal couvre, en réalité, deux paires de pattes (7* et 8*).
La musculature (fig. 187C) rie chacune de ces pattes est «. complète •■, contenue dans
LréTJ*H C n r n ( m d a ' nèrP q ."‘ r0n . S l! tUe co «segment,,. Ce ne sont que les appendices
précédents et suivants (f>* et 9*) qui montrent des faisceaux pf, tc.p’ et ter insérés
dan .® ’; n sopment macrolergal, physionomie typique d’appendices de
segments microtergaux.
_La morphologie externe reflète bien, d’ailleurs, cette disposition particulière
du / macrométamèrc (fig. 189) puisque les replis des deux appendices 7 et 8 et
ces deux appendices eux-mômes sn placent sous la plaque tergale, alors que les
membres des segments microtergaux 6 et 9 ont une position intermédiaire duc
au volume réduit de leur métamère.
" e .'ÿ td0 'K pas “ oe P ,ion s '» r»" el la musculature appendi-
«*»M**M la fmion de deux métamère, corre.pmdaut
r n* ? ma,r °tergaux des Scolopendrnmorphcs et des Lithobiomorphcs.
Cette fusion masque dorsalement la réalité du phénomène car elle n’entraine
apparemment aucune perturbation de la musculature longitudinale dorsale
Mais si ce macrosegment est l’homologue des segments 7 et 8 des Scolo-
prndromorphos et des Lithobiomorphes, il est, en réalité, constitué de trois méta-
méres dont le microtergal n’est pas apparu. Le phénomène de réduction segmen¬
tait e a précédé un second phénomène de fusion métamérique tendant à effacer
toute trace de la perturbât,on primaire, fusion qui rèlablit la r,‘Hilarité muscu-
laire longitudinale dorsale en attendant, probablement, celle de la musculature
appendiculaire.
ri semble que les Scutigéromorphes, Chilopories les plus évolués, soient un
esemple du processus par lequel une réduction segmentaire peut être dissimulée
i l observation II n est pas improbable que ches los autres Chilopodes toute trace
visible de celte réduction ait complètement disparu, ce qui n'exclut pas qu'une
Scolopendre à 21 segments pédifères peut avoir possédé un plus grand nombre
d anneaux, 2.3. par exemple, comme Scolopendropsis.
cn„ n !!o C0 ,f S n n : IVlude df musculatures appendiculaire et paratergo-sternale
confirme 1 hypotht se suivant laquelle le 8- segment vrai et ses appendices ou
partie des 7 et 8* segments apparents n’auraient pas fait leur apparition
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION
CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
Par suite d’un phénomène d’inhibition. Il semble que cette réduction métamé-
•"ique ait été suivie, chez les groupes les plus évolués, d'une condensation segmen¬
taire tendant à effacer toute trace du phénomène.
188
6 7 8 9 10
— Muscles caractéristiques paratergo-sternaux schématiques chez Scolopendra subspi-
arcnts 5 à 10 de Scutigera coleoplrala. Les appendices des segments
C. — INNERVATION DU TÉGUMENT DES TERGITES
G. Rilling (1960, p. 101, flg. 17) a donné une représentation détaillée de l’inner¬
vation sensorielle des tergites 2 (court), 3 (long), 7 (halblong) et 13 (court).
y remarque, pour les tergites longs (3 et 7), une paire de nerfs antérieurs
desservant la plus grande partie du tergum, et une paire postérieure, moins
“«portante, innervant une bande assez étroite. Or, dans le tergum 7, l’aire
desservie par cette seconde paire est plus réduite encore que dans le tergum 3,
Source : MNHN, Paris
156
JEAN-MARIE DEMANGE
preuve qu’il manque, en arrière, une partie du territoire métamérique 7. D'autre
part, les tergites courts montrent une seule paire de nerfs sensoriels qui correspond
à la paire antérieure des tergites longs encore que l’auteur les rattache à un nerf
principal différent (1); ils sont donc amputés d’une grande partie de la surface
métamérique normale, qu’on ne retrouve pas sur le tergite suivant, puisque la
partie antérieure de celui-ci a une innervation propre.
ün retrouve donc exactement, avec des faits anatomiques indépendants de la
musculature, les conclusions auxquelles celle-ci avait conduit (2).
Par contre, l'innervation sensorielle de la région coxopleurale (Rii.ung, p. 102,
fig. 18) est semblable pour les segments stigmatifères et les segments sans stig¬
mates. La réduction n’atteindrait donc pas ce domaine, excepté en ce qui concerne
les stigmates eux-mémes. On peut expliquer cette anomalie apparente en remar¬
quant que le système nerveux paraît moins sensible aux influences inhibitrices
que d'autres territoires, même d’origine ectodermique. Un exemple en a été donné
par H. Kruo (1907) chez Schizophyllum rutilans, confirmé par M. Vachon (1947)
chez Pachybolus ligulatus. La chaîne nerveuse présente des paires de nerfs déve¬
loppés correspondant à de futurs appendices, alors que la segmentation du tronc
se trouve arrêtée, l’animal étant sexuellement mûr.
(1) Un examen minutieux de la fleure 13, page 86, montre que des nerrs sensoriels, certai¬
nement homologues par Ut région tergale dans laquelle ils prennent naissance, peuvent se
rattacher a des troncs nerveux différents; c’est vraisemblablement une conséquence des phéno¬
mènes de réduction métamérique.
(î) 11 existe cependant une difficulté : les paires de nerrs sensoriels antérieurs de chaque
tergum, sont en effet rattachés â des nerrs du segment précédent; rinnervatlon conduirait donc
— -*n eellc qu’impose l’étude de la
.. ,i. musculature, r * — 1
• Interprétation de la segmeutatton dorsale différente t__ _
musculature lergale, dédiüte des points d’insertion des éléments de <_ __...
s’accorde avec la disposition des appendices ei des sternltes. on peut, toutefois, faire remarquer
que les nerrs sensoriels d’un domaine tégumentalre, peuvent être annexés par les troncs nerveux
„„i — ..*—s pour autant se terminer dans le ganglion d’origine
* “■■•'.•ii*. permettent pas de répondre à cette
Importants qui pénètrent dans ce domaine, :____
de ces troncs; Il est évident que les données actuelles r
objection avec certitude.
Source : MNHN, Paris
Chapitre III
DÉVELOPPEMENT POSTEMBRYONNAIRE
Les remaniements constatés dans la zone des 7" et 8 e segments et les
Phénomènes d'inhibition invoqués, s’exercent chez les Seolopendromorphes
Pimorphes. pendant le développement embryonnaire, puisque l’animal naît avec un
nombre définitif de segments. Par contre, chez les anamorphes, comme les Litho-
blUx - le développement s'effectue en deux temps (embryonnaire et postembryon-
na ire); les larves naissent incomplètes, à un stade correspondant à une phase
Précise du développement embryonnaire des épimorphes; elles permettent, par
conséquent, d’étudier stade par stade l’apparition des segments. Il est donc possible
ne retrouver les traces des perturbations. C’est dans le but de rechercher des
Preuves supplémentaires des hypothèses avancées qu’a été étudié le développement
Postembryonnaire des Chilopodes anamorphes.
— L/ T H OBI OM ORPHES
Le développement postembryonnaire des Lithobiidae est maintenant suffisam¬
ment connu pour permettre d’en tirer des conclusions. Les Lithobiomorphes étant
?es anamorphes la larve naît avec un nombre de segments et de paires de pattes
’nférieur à celui de l’adulte. Elle acquiert, au cours des mues successives les
segments, les appendices, les stigmates, les ocelles, les articles antennaires, les
Pores coxaux, les épines, les soies, etc.
Malgré quelques divergences mineures, les auteurs s’accordent pour recon-
haître un stade fœtus (1), quatre stades larvaires et un stade agenitalis, l’en-
aemble représentant la période anamorphe qui nous intéresse (flg. 191). Une
seconde période, épimorphe, suit la première, au cours de laquelle les organes
génitaux externes, les antennes, la chaetotaxie, etc., se complètent.
Le stade, fœtus — larva I est représenté par un individu possédant 7 paires
a ® pattes normalement constituées et un certain nombre de bourgeons de futures
Pattes. Les auteurs ne sont pas d’accord sur le nombre des bourgeons pédifères
Ph stade fœtus. K. W. Verhoeff (1905) indique une seule paire de bourgeons, ce
confirme les observations de J. H. Fabre, R. Latzel (1884) (chez L. grossipes
K.). F. Brocher (1930) trouve également une seule paire de bourgeons et fait
Marquer que le développement de la 8* paire de pattes et l’acquisition de deux
Nouvelles paires de bourgeons pourraient se réaliser, en quelques heures, sans
‘intervention d’une mue et sans accroissement de taille (2). R. Latzbi, signale
Pour Lithobius forficatus, un fœtus avec deux paires de bourgeons, alors que
•L W. Verhoeff n'en trouve qu’une seule paire.
. D'après le matériel en notre possession il semble que les divergences de vues
e ® auteurs, reposent sur un malentendu. La première larve {fœtus) possède bien
u he paire de bourgeons pédifères allongés, disposés latéralement et une paire de
Petites saillies coniques (flg. 190). Des figures publiées jusqu’à ce jour il ressort
‘IPe la seconde paire de bourgeons pédifères (9* pp.) est représentée par ces
o°Urts bourgeons coniques. Or, nos préparations microscopiques montrent que ces
°rmation3 sont dorsales, non latéro-ventrales comme les bourgeons allongés de
la première paire (8*) et qu’elles ont leurs homologues dans les expansions laté-
ra, é8 ou les replis pleuraux des métamères précédents.
iucun caractère particulier ne distingue
à larva I chez Scutigera. Fœtus sera
distingue
i mue, de deux bourgeons pédifères qui
Source : MNHN, Paris
158
JEAN-MARIE DEMANGE
Ces « bourgeons pédifères » sont les ébauches pleurales sligmatifères du
® metamére macrotergal ou l’un de ses replis (1) (fig. 190). Ce ne sont donc pas
des éléments appendiculaires. Nous n'avons d'ailleurs jamais trouvé aucune larve
ù 7 paires (le pattes et une paire de bourgeons
l complète. On remarque, en arrière, la paire de
4&lmllèeg h Inrl a ,ll> futopo
iiinew;. un remarque, en arriéré, la |
lèes, & tort, & de futurs appendices.
d'aucun stade dont les bourgeons pédifères soient disposés dorsalement; ils sont,
au contraire, toujours latéro-ventraux, toujours allongés et munis d'une ébauche
de griffe, ce qui n'est pas le cas ici.
Les nouveaux segments prennent naissance dans une zone de croissance située
en avant du telson. Ils apparaissent, généralement, par groupe de deux et leurs
éléments tergaux et sternaux passent par deux états (Y. Murakami). Le premier
état, dit « embryonnaire », où les tergites et sternites sont incomplets, précède
un second état caractérisé par l'apparition du tergite définitif à la mue du stade
suivant. Les documents publiés par Murakami mettent en évidence un point
d'une importance morphologique considérable. C’est l'interdépendance des petits
et des grands tergites; mais les tergites 8, 10. 12 et 14, de grande surface pré¬
sentent un développement en deux temps, sur deux stades, tandis que les tergites
9, 11, 13 et 15, de petite surface, naissent d’emblée, en quelque sorte, à la mue
du stade suivant. Ils sont en puissance, comme les appendices, au stade précédent,
sans être révélés, comme les tergites de grande surface (2).
Le deuxième stade ( larva II) rassemble les individus pourvus, comme le fœtus,
de 7 segments complets avec leurs appendices, et 3 segments « embryonnaires ».
qui présentent trois paires de bourgeons pédifères (8*, 9*, 10*). La première paire
de bourgeons (8*) est celle du stade précédent (fœtus) qui s’est en grande partie
développée, mais reste encore incomplète. C'est à ce stade qu'apparaissent les
stigmates des segments pédifères 3 et 5.
Le stade suivant ( larva III) montre des individus à 8 paires de pattes déve¬
loppées et deux paires de bourgeons pédifères (9* et 10®). On observe huit tergites
normalement constitués et un dixième tergite « embryonnaire ». A ce stade il n'V
a pas acquisition de stigmates.
(I) On ne peut considérer ces excroissances connue les portions latérales dcnllculaires il’ 1
méiamère mlcrotcrg’al 9 car elles ne s'individualisent que beaucoup plus lard chez les espèces
nul e.n nossèdent
qui en possèdent.
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES C1ULOPODES ET DES CHILOGNATHES 159
Le stade IV ( larva IV) a 10 tergites et un douzième « embryonnaire ». Deux
Paires de bourgeons pédifères sont présentes, celles des 11* et 12» paires de pattes.
ne nouvelle paire de stigmates a fait son apparition au segment 8.
( *' e stade V ( larva V) est à 12 tergites, 12 paires de pattes et un 14' tergite
1 embryonnaire ». Une nouvelle paire de stigmates est visible au segment 10.
r ois paires de bourgeons pédifères sont nées : celles des 13', 14* et 15' paires de
Pattes. Ce n’est qu’au stade suivant, agenitalis, que l’animal sera en possession de
mutes ces paires de pattes.
5'® I ‘taines espèces, comme Lithobius forficatus L., présentent un stade inter¬
médiaire ( larva media), avec une seule paire de bourgeons pédifères (13“) à demi
éveloppée. Ceci rappelle les caractères du stade larva II.
V iu" 6S divcrses données sont résumées dans un tableau (fig. 191), imité de
l Murakami : un disque noir ou un rectangle noir (petits tergites) y indiquent
es tergites et les appendices développés, un disque blanc les tergites et les
appendices « embryonnaires », un disque blanc avec un point noir, les appendices
^complètement développés.
Ce qui précède montre que le rythme normal de croissance est l’apparition
deux paires d’appendices et de deux segments par stade. Il est, par conséquent,
intéressant de remarquer que le stade larva I = fœtus présente des individus qui
sont incomplets à la naissance puisqu'un seul bourgeon pédifère est présent. Par
contre au deuxième stade (larva II) le jeune Lithobius montre les caractères
conjugués de « fœtus » et « larva II ». En effet, à ce dernier stade, le segment 8
“est pas complètement développé, mais il y a eu acquisition de deux nouveaux
Se gments « embryonnaires » et de deux bourgeons pédifères (9* et 10"). Les bour¬
geons pédifères du fœtus et de la larva II coexistent donc, mais la 8* paire est
P‘Us développée que les deux autres. Le segment 8 n’apparaîtra complet, avec ses
a PPendices, qu’au stade suivant, larva III. Au cours de ce dernier stade, d’ailleurs,
les deux segments « embryonnaires » 9 et 10, termineront leur développement, sans
a pquisition de segments nouveaux. Il y a là une perturbation du rythme d’appa-
cilion des segments et des pattes, avec un retard dans le développement du
segment 8, qui s'étale sur trois stades. Le stade larva V montre un phénomène
analogue puisque trois paires de bourgeons pédifères apparaissent ensemble, en
“’ême temps que trois tergites correspondant aux 13', 14" et 15* segments en
Puissance. Chez la larva media de Lithobius forficatus, nous retrouvons également
le développement particulier, en deux temps, de la première paire de bourgeons
Pédifères (13*).
., Certains stades du développement peuvent donc être, en partie, soustraits à
observation par une contraction tachygénétique, de telle manière que les carac-
t6r <?s des deux stades successifs apparaissent simultanément, ou demeurent
ensemble à un stade donné ( larva II, larva V par exemple).
Les mêmes anomalies du rythme d’apparition des segments se retrouvent dans
ce *ui des stigmates avec les mêmes ruptures de rythme correspondant, précisément,
aux stades critiques qui ont été mis en relief.
Tout d’abord le fœtus ( larva I) éclôt sans stigmate alors que le stade lar-
Va |re II, i U i faisant suite, en acquiert d’emblée deux paires. A la mue donnant
na issance à larva III il n’y a pas apparition de nouvelle paire de stigmates, tandis
celle séparant larva V et agenitalis, apporte deux nouvelles paires de stigmates
au lieu d’une seule.
Chaque fois que deux paires de stigmates apparaissent en même temps (stade
jorva il et agenitalis) nous retrouvons trois paires de bourgeons pédifères au lieu
“ e deux. Les stigmates confirment donc que deux stades différents sont bloqués en
un seul, comme le démontre l’apparition des segments « embryonnaires ».
Si au stade larva II deux stades différents sont bloqués en un seul, il est
-tonnant que trois paires de pattes seulement, 8', 9' et 10' soient présentes au lieu
1,6 quatre
Tout se passe donc comme s'il y avait eu inhibition d’un métamère et blocage
de deux stades en un seul, avec apparition de trois paires de pattes au lieu de
Quatre. L’absence d’un segment au stade fœtus = larva I peut être attribuée à un
Mécanisme inhibiteur dont les effets se prolongeraient, après l’éclosion, en frei-
? a “t le développement du segment 8 et des suivants 9 et 10. Le même processus
Jouerait au stade larva V, où trois segments nouveaux 13, 14 et 15 apparaissent
n
Source : MNHN, Paris
Stades
P*d,f*r„.
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Numéros des segments pédiFères
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
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SEGMENTATION DES CHILOPODE8
DES CHILOGNATHES
161
doJmmI 6 ’ ma ! S 101 1 - n y a peut être pas disparition d’un segment car il est fort
se ni» i qUe 6 quatrième se 8 ment soit l'un des génitaux, qui extérieurement ne
d,i vo |„ na e par aucun appendice. Il n’en reste pas moins qu’un ralentissement du
oppement du segment 13 se produit chez des espèces comme Lithobius forfi-
atUs au stade larva media.
10 .^ a Première perturbation dans l’acquisition des segments est précisément
fait . ® 3U niveau des tergites 7 et 8, tous deux de grande dimension. Ce
i es t important, car il complète les documents anatomiques précédemment
7" °. qu ; s P 0UI ’ expliquer cette anomalie. Le segment inhibé se situe entre les
j j 8 ”’ 6n ou ^ re ’ Ia non apparition d’une paire de stigmates au stade larva III
ntre que le phénomène inhibiteur a étendu son action au segment 7. En effet,
ce stade on devrait trouver une paire de stigmates au segment 7, ce qui n’a pas
Ce point précis confirme l’hypothèse faisant intervenir l’inhibition d’une
n'n »° n de m6tainère 7, entraînant l’absence des stigmates. L’effet de l’inhibition
est révélé que plusieurs stades après le phénomène de réduction métamérique
D S1 uan( ' probablement avant l’éclosion; comme les stigmates apparaissent
P ogressivement au cours des stades larvaires, le segment 7, en partie inhibé,
‘ , le normal puisque les appendices existent; il ne montre l’altération subie
qu a “ moment où la paire de stigmates devrait faire son apparition,
est /’- e aul,e conséquence de la perturbation étalée sur les trois premiers stades
si l inversion de l'ordre d'apparition des tergites et, par conséquent, des segments.
n effet, ces tergites apparaissent toujours par paires, mais d’abord dans l’ordre
n grand - un petit. Après la perturbation, cet ordre devient un petit - un grand,
cite inversion, qui se retrouvera chez les Scutigéromorphes, parle aussi en faveur
6 absence d’un métamère.
Jusqu’à présent, nous ne possédions aucun document sur le développement des
pèces de la sous-famille des Henicopinae dont la formule stigmatique est diffé—
e nte de celle des Lithobiinae. Y. Mübakami (1960) apporte des données précieuses
Ur le développement d 'Esastigmatobius longitarsis Verh. (fig. 192).
. Ca larve d'Esastigmatobius naît avec 8 segments, 8 paires de pattes et deux
Paires de bourgeons pédifères (9* et 10*), c’est-à-dire au stade larva III de Litho-
tot S ' ^°“ tefois - le degré de développement de la zone de croissance d'Esastigma-
bius n’a pas son équivalent chez Lithobius. Chez ce dernier, les deux segments
11 puissance (9° et 10*) sont pourvus de sternites et d’un seul grand tergile (10*).
,' ez Esastigmatobius leur développement s’étale sur trois stades : le fœtus pos¬
ée seulement une zone « embryonnaire » non segmentée, la larva I acquiert le
,rnite du segment 9, la larva II le sternite et le tergite manquants. Ce n’est
P 1 au stade larva II qu' Esastigmatobius a acquis ce que les larves des autres
rmes possèdent d’emblée après la mue. Esastigmatobius a donc un développe-
cnt piu s lent, donc moins contracté, que Lithobius puisque l'éclosion donne
aissance à une larve de huit segments pédifères correspondant au stade larva III
e Lithobius. La formation des segments « embryonnaires » 9 et 10 est également
P*Us lente que chez Lithobius puisqu’elle s’étale sur trois stades au lieu de deux.
°utefois, le retard qu’a pris Esastigmatobius, à la naissance, se rattrape sensi-
“hnent au niveau de la larva II (3* stade). Il serait intéressant de savoir à quel
'[‘Ornent du développement se produit l’inhibition du segment, avant ou après
Çlosion. De ce qui précède, il est évident qu'il s’agit d’un phénomène embryon-
a, re. Les perturbations se produisent dans l’œuf, avant l'éclosion.
Esastigmatobius fournit l’exemple, par excellence, d’un mécanisme inhibiteur
exerçant chez l’embryon. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que les Scolo-
Pendromorphes présentent la même réduction métamérique que Lithobius.
, La réduction ou la disparition de segments du tronc ne sont pas l’apanage des
‘vriapodes; le fait se rencontre chez les Crustacés Malacostracés. Ces Crustacés,
® effet, perdent toute trace de 7* segment abdominal au cours du développe-
jjent. Chez l’adulte de Gammarus, par exemple, Weygolt (1958) a montré sa
‘aparition. S. M. Manton (1960, p. 269) admet la possibilité de disparition de méta-
éeres, et cite, chez les embryons de certains Mysides (Anaspida et Squilla) une
sion de segments se produisant avant l’éclosion. Avec S. M. Manton, nous
mettons que l’impossibilité de trouver n + 1 segments chez des Arthropodes
constitue pas une preuve que le nombre primitif des segments est n et
'°n n 4. i
Source : MNHN, Paris
162
JEAN-MARIE DEMANGE
CONCLUSIONS
Le développement postembryonnaire des Lithobiomorphes montre un rythme
d'acquisition segmentaire de deux segments par stade; ces segments apparaissent
sous une forme incomplète dite embryonnaire (appendices en bourgeons). Mais
une contraction tachygénétique peut réunir plusieurs stades en un seul; c’est le
cas, par exemple, pour les larva II et les larva V de Lithobius; les stigmates, qui
apparaissent normalement par paire à chaque stade, sont précisément acquis par
deux paires aux stades mentionnés.
D'autre part, au stade larva II, deux stades différents étant bloqués ensemble,
les quaire paires de bourgeons pédifères des quatre futurs segments devraient
être présents. Or, il n’en existe que trois. On peut donc supposer qu’un segment
pédifère a été inhibé, c'est le 8* vrai, car le fœtus = larva I ne montre pas de
segment à petit tergite qui lui correspondrait.
Le mécanisme inhibiteur agit également sur le segment 7; celui-ci, en effet,
est amputé de sa région stigmatifère, puisque la paire de stigmates qui devrait
apparaître au stade larva III, est absente. Les individus des stades larva II et
larva III, ont chacun deux paires de stigmates au lieu de deux et trois paires.
Le mécanisme inhibiteur qui provoque la réduction métamérique freine aussi
le développement des segments suivants 8, 9 et 10. Il faut à ceux-ci, en effet,
deux à trois stades, au lieu d'un seul, pour être complets avec des appendices
normalement constitués. Ce freinage est plus sensible au niveau du segment 8,
dont les appendices se développent en deux temps sur trois stades.
La réduction métamérique entraîne, en outre, une inversion dans l’ordre
d’apparition des segments. Après cette réduction les blocs diplosegmentaires appa¬
raissent dans l’ordre « un petit tergite - un grand tergite », au lieu de « un grand -
un petit » (1) qui est la règle dans la région antérieure. Enfin, le petit tergite
(segment microtergal) du bloc bisegmentaire inversé, appartient, morphologique¬
ment, au bloc bisegmentaire précédent. Ce segment microtergal se développe en
deux temps, sur deux stades larvaires.
Le phénomène inhibiteur se produit, chez l’embryon, avant l’éclosion, comme
chez les Scolopendromorphes épimorphes.
2. — SCUTIG ÉRO MO R PU ES, COMPARAISON AVEC LES LITUODIOMORPHES.
Les Scutigéromorphes ont un développement anamorphique identique h celui
des Lithobiomorphes, mais le déroulement des stades est plus régulier, avec acqui¬
sition de deux segments et de deux paires de pattes à chaque mue.
L'acquisition des pattes ambulatoires est originale. Dans la zone « embryon¬
naire » (ou de croissance), on peut reconnaître, en arrière du dernier grand tergite
formé, un grand tergite encore imparfait, dit embryonnaire, et quatre paires de
bourgeons de futures pattes. Y. Murakami décrit et figure la formation, sous la
cuticule de la larve, des deux paires de pattes qui doivent apparaître après la mue
conduisant au stade suivant. Ces pattes correspondent aux deux paires de bour¬
geons les plus antérieures. On peut admettre que l’apparition des nouveaux appen¬
dices se fait en deux temps, c'est-à-dire, d’abord par naissance de bourgeons, puis
développement de ces bourgeons entre la cuticule de la larve du slade considéré
et le futur animal du stade suivant. Nous avons décrit (1948) un mécanisme
analogue pour la régénération des appendices de Scutigère.
Nos connaissances sur le développement poslembryonnaire des Scutigéro¬
morphes sont réunies dans le tableau fig. 193 qui appelle quelques commen¬
taires. Tout d'abord, la jeune larve naît avec 4 segments, 4 paires de pattes et
quatre paires de bourgeons pédifères appartenant à quatre fulurs segments.
Chaque larve présente, régulièrement, deux paires de segments en puissance
avec leurs bourgeons appendiculaires, alors que chez les Lithobiides il n’en existe
qu’une seule paire; mais elle n’acquiert, à chaque stade (en dehors du stade IU
(1) La larve de Scutigéromorphes est prise comme référence, ainsi que les premiers stade®
des Lithobiides.
Source : MNHN, Paris
SEGME.NTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 163
an U . ne . pa ' re de 8e # ments " embryonnaires » encore indifférenciés dorsalement. C’est
s011 f suivant Q ue seu l le grand tergite de ces deux segments fait son apparition
sfad ;° rme . ™bryonnaire. Les deux paires de segments, bien qu'étant au menu
nln e Jf rvn ’ re n’ont pas le même degré de développement : la paire antérieure est
P s développée que l’autre. Il en est de même, d’ailleurs, pour les appendices qui
riti Gn d ° UX temps - Il y a > en fait» à chaque stade, après chaque mue, appa-
, 0n d’un bloc de deux segments complets et d’un bloc de deux segments incom-
*'n, rnp ( nl ' développés (à l’état dit embryonnaire). Il s'agit du phénomène de
raction tachygénétique rencontré sporadiquement chez les Lithobiomorphes.
'nais qui se produit ici régulièrement.
Le rythme d’apparition des segments incomplètement développés n’est pas
• guher, car la larva II n’acquiert qu’ww seul segment et une seule paire de pattes
lieu de deux. Elle n’acquiert également qu’un seul segment embryonnaire et
seule paire de bourgeons pédifères, ce qui provoque une très brève inversion
ns l’ordre d'apparition des segments, la larve possédant toujours deux paires
(( e s ( e gments embryonnaires. Cet ordre est pour la larva II et pour ce seul stade
" petit tergite - grand tergite » au lieu de « grand tergite - petit tergite ». Le même
Phénomène se reproduit chez les Lithobiomorphes à ce même stade, mais il se
poursuit tout le long du développement, alors que Scutigera rétablit rapidement
n équilibre au cours du stade II en développant un microtergal.
La ns les deux groupes, on constate qu’il existe la même inversion dans l’ordre
apparition des grands et des petits tergites et l’acquisition par la deuxième larve
Un seul segment et d’une seule paire de pattes.
Le phénomène se produit au niveau de segments plus antérieurs chez la Scu-
igere et n’entraîne apparemment aucune perturbation. Bien que la réduction
hiétamérique existe chez les Scutigéromorphes il ne se produit aucune perturbation
arable dans l’alternance des segments macrotergaux et microtergaux. Les effets
e * inhibition se retrouvent chez les larves I et II dont le développement est mani-
lestement freiné (1).
CONCLUSIONS
La jeune larve de Scutigère éclôt à un stade plus précoce que les Lithobio-
orphes. Elle possède quatre segments, quatre paires de pattes bien développées
1 quatre segments supplémentaires à l’état embryonnaire.
Une contraction tachygénétique réunit, apparemment, deux stades en un
oui car on t rouve régulièrement, à chaque stade, deux paires de segments
embryonnaires.
Le degré de développement des deux paires de segments embryonnaires est
mitèrent pour chacune d’elles. Ceci laisse supposer que deux stades devaient être
“heiennemont séparés et qu’ils sont actuellement réunis en un seul par accélé-
a Uon de développement puisque chez Lithobius il n’y a acquisition que de deux
‘hétamères à chaque stade.
A un stade donné, les segments du stade le plus ancien sont naturellement en
av anee sur les plus récents. Les appendices de ces segments sont d’ailleurs parfai-
J®ment développés, à l’intérieur de la cuticule de la larve, du stade envisagé, alors
que ceux des segments récents ne sont qu’à l’état de bourgeons.
. Le développement des pattes ambulatoires, en deux temps, étalé sur deux
«•■ades et la présence, à un même stade, de deux blocs segmentaires à des degrés de
nh°A SSantie différents se retrouvent chez les Lithobiomorphes. Chez ceux-ci, le
Phénomène est sporadique, tandis qu’il est régulier chez les Scutigères.
Le rythme d’apparition des segments n’est pas régulier, car la larve II
acquiert qu’un seul segment embryonnaire et ne développe qu’un seul segment
Une seule paire de pattes (5*) au lieu de deux pour les autres stades. Le
e sment embryonnaire acquis (9*) est couvert par un petit tergite. A ce stade.
î Inversion est plus brève.
Source : MNHN, Paris
164
JEAN-MARIE DEMANGE
1 ordre d'apparition des segments, « macrotergal - microtergal >> est inversé comme
chez Lithobius, mais le phénomène est très bref; il ne se produit qu’à ce seul stade.
Comme chez Lithobius on constate un freinage du développement ayant pour
conséquence l'apparition d’un seul segment au lieu de deux au stade làrva II. Il
est très vraisemblable que ce freinage est dû au mécanisme inhibiteur de réduction
segmentaire qui a perturbé la régularité d’apparition des métamères.
Le métamère soustrait à l’observation est le 8" vrai, situé entre les V et
8* segments macrotergaux apparents. Chez Scutigera, ces deux derniers segments
sont fusionnés en un seul (7* apparent) et portent deux paires de pattes (7* et 8’).
Source : MNHN, Paris
Résumé et conclusions de la quatrième partie
cn ^ musculature longitudinale dorsale est un élément important pour
La ^ r ? n< re . ' a se 8 m e n tation des Chilopodes, mais elle est insuffisante à elle seule,
table du * I ! terse ^ men *' aire <1® certains faisceaux, apporte une preuve incontes-
pt de "^'stence de blocs bisegmentaires composés d’un segment macrotergal
1 a Un segment microtergal.
niv ** muspu,a ture des Scolopendromorphes et des Lithobiomorphes présente, au
qup eau ! ies 7 * et 8* segments apparents, une zone perturbée qui se traduit brus-
w ment par la présence de faisceaux apparemment segmentaires, homologues
- n H^î^elcs qui sont toujours inlersegmentaires en avant et en arrière de cette
e. Les stigmates font souvent défaut.
ter ! 3 mis en ^ vidence ^ es muscles caractéristiques de chaque catégorie de
cp gl A es ts r and ou petit) qui permettent d’affirmer que les deux tergifes suc-
ssifs 7 et 8 apparents, couvrent des segments macrotergaux.
cul . xamen des musculatures longitudinale dorsale et dorso-ventrale appendi-
t . aire ou non conduit à envisager l’inhibition d’un métamère microtergal (8'ï
a j? (Litliobiii.i) ou partielle (Scolopendrides).
Le mécanisme responsable, encore inconnu, ne s’exerce pas de la même
I nière chez tous les groupes, comme en témoignent les Scutigéromorphes chez
. (JUel . s 1* y a fusion secondaire des deux segments macrotergaux en un seul (7')
près inhibition du 8* vrai, et même chez toutes les formes. Chez Scolopetulra.
petit tergite du métamère inhibé, ou partie de celui-ci, est fusionné au ter-
e 8; les appendices et le territoire couvrant les stigmates sont absents. Ethmo-
st^ TnUS V0is ‘ n Scolopendra, montre un processus identique mais possède des
’gmates au segment macrotergal 7. Par contre Lithobius ne possède plus qu’une
a ce négligeable de microlergite.
su î" 6 I , l ,,în °mène inhibiteur provoquant la réduction métamérique agit également
. , r ,e segment 7, qui précède la zone perturbée. Ce segment se trouve amputé,
es souvent, d’un territoire métamérique postérieur entraînant l’absence des
■gmates. L’eupleurium est également altéré.
Il est probable qu’un phénomène analogue est à l’origine des segments
‘crotergaux, toujours dépourvus de stigmates, et dont le tergite est beau-
L’nf ,P lus court c l ue ,ps autres. Certains d’entre eux, notamment chez les
Uhobiomorphes, conservent des témoins de l’amputation subie, sous forme de
ta® jfulations latérales du bord postérieur pouvant représenter les limites du
la r a 6 com P ,el - Chez quelques espèces, les grands tergites (6 et 7) ont subi
5o *^1 8 arn P u( aüon, mais les altérations sont moins profondes. L’innervation sen-
r >fille confirme cette amputation par disparition du tronc nerveux postérieur.
Les blocs bisegmentaires, constitués par un segment macrotergal et un
t fment mirrotergal, ont une musculature propre, et il semble que l’action inhibi-
jJ c ® n ’ait porté que sur le segment postérieur (microtergal). Si l’on remonte
JW1. des Chilopodes, des plus primitifs (Géophilomorphes) aux plus évolués
cutigéromorphes) on constate une réduction de plus en plus grande de la sur-
ce des tergites des segments microtergaux jusqu’à leur disparition presque totale
.Pl'Kèromorphes). En outre, seul le segment microtergal, dont le développement
• taie sur deux stades (en deux temps), après l’inversion de l'ordre d’apparition
8 segments, se trouve par conséquent retardé.
Le développement poslembryonnaire confirme ces hypothèses, et montre.
Pendant, les premiers stades qui suivent l’éclosion, le processus de réduction métn-
n , r,( iue chez les Lithobiomorphes anamorphes. Au premier stade, fœtus = larva I,
apparaît qu’un seul segment, macrotergal, au lieu de deux (macrotergal-micro-
r 8al). Le phénomène altère profondément l’ordre d’apparition des segments
c , no sont plus acquis par les larves, par blocs bisegmentaires morphologiques,
«at-à-dire macrotergal-microtergal, mais en deux temps, à cheval sur deux
ados : microtergal du bloc précédemment né, macrotergal du bloc suivant. C’est
hjours le segment microtergal, incomplet, qui est « en retard » sur le second
s o développe sur deux stades.
Source : MNHN, Paris
10G
JEAN-MARIE DEMANGE
Le développement étalé sur deux stades, des bourgeons de la 8‘ paire de pattes,
et la non concordance du nombre des paires de pattes entre Lilhobius et les Scu-
tigères, 8, 9, 10 contre 9, 11, 13, illustrent, mieux encore, le phénomène. En outre,
1 apparition des stigmates est bloquée au premier stade fœtus = larva I de Litho-
bius. A ce stade, il semble bien que les conséquences visibles du mécanisme
inhibiteur, déterminant la réduction métamérique, se manifestent par la non appa¬
rition d'une paire de stigmates.
Chez les Scutigéromorphes, on retrouve la même inversion dans l’ordre d'ap¬
parition des segments, seulement chez la larva II. Le phénomène inhibiteur étend
son action sur le développement post-embryonnaire, en retardant l'apparition des
segments microtergaux extrêmement réduits dans ce groupe.
L’existence d'une telle réduction métamérique, déjà visible chez les Scolopen-
dromorphes épimorphes, montre que le phénomène s’exerce dès la phase
embryonnaire.
Il semble que le mécanisme inhibiteur, invoqué pour interpréter tous les faits
étudiés, a une action différente suivant les groupes. Il pourrait y avoir une action
progressive, nulle chez les Géophilomorphcs, notable chez les Scolopendromorphes,
atteignant son maximum chez les Lilhobiomorphes et chez les formes les plus
évoluées (Scutigéromorphes). Chez ces dernières, le phénomène de réduction méta¬
mérique tend à effacer, par fusion des deux métamères macrotergaux successifs
restant individualisés chez Lithobius, les perturbations anatomiques créées, réta¬
blissant ainsi la régularité musculaire (absence de perturbation dans la muscu¬
lature longitudinale dorsale des Scutigéromorphes).
Les Lithobiomorphes et les Scutigéromorphes apportent donc des témoignages
non seulement de la réalité de la réduction métamérique mais aussi des processus
par lesquels une Scolopendre de 23 segments pédifères peut donner naissance
à une forme de 21 segments sans qu’il soit possible de retrouver des (races
anatomiques précises de cette réduction segmentaire.
Source : MNHN, Paris
CINQUIÈME PARTIE
ESSAI DE COMPARAISON
des SEGMENTATIONS DD TRONC DES CHILOPODES
ET DES DIPLOPODES CHILOGNATHES
Lës Myriapodes Cliilopodes et Diplopodes Chilognathes, encore que paraissant
sez éloignés les uns des autres, présentent bien des points communs au point de
6 “ e la segmentation du corps, notamment l’existence de zones segmentaires
Perturbées, et un assemblage des métamères par blocs de deux, au moins dorsale-
roent chez les Chilopodes.
A. — EXISTENCE D’UNE ZONE SEGMENTAIRE PERTURBÉE
CHEZ LES DIPLOPODES ET LES CHILOPODES
De la description de la musculature des quatre diplosegments thoraciques (1)
différents Diplopodes Chilognathes, il ressort que ces diplosegments sont le
5* f. e m °difications particulières : ils représentent une partie du corps très
différente du reste du tronc. En effet, chez tous les Chilognathes, les doubles
segments abdominaux possèdent deux paires de pattes, chacune avec des muscles
Régulièrement disposés, se répétant de diplosegment en diplosegment. Dans le
Rnorax, au contraire, on constate que le nombre de paires d’appendices est réduit
a une paire par anneau dont la musculature paraît elle-même originale. Les Spiro-
.streplides, Iulides, Spirobolides, Oxydesmides conservent, en effet, uniquement dans
le thorax, des muscles chiasmatiques, trachéo-ventraux, sterno-dorsaux, qui
pistent sur toute la longueur du corps chez d'autres groupes, comme les Chordeu-
mides, Craspedosomides, Polyzonium.
En outre, les pores répugnatoires, que Ph. Ravoux considère comme « liés aux
doubles segments », sont visibles seulement à partir du V* diplosegment (premier
abdominal) rarement à partir du VI", c'est-à-dire que ces pores font défaut dans
a 2 one thoracique.
H existe, au niveau du IV* diplosegment, une zone de transition marquée plus
Particulièrement par le fait qu’dh? est le point de départ de la translation des
a PPendiccs vers l'avant chez les Paehybolus.
On retrouve, dans le développement postembryonnaire, la même limite entre
la zone thoracique et la zone abdominale. Les jeunes larves de Diplopodes naissent
av ec sept anneaux : le collum apode, trois diplosegments munis chacun d’une seule
Paire d’appendices, deux diplosegments avec deux paires de bourgeons pédifères
,r >ternes et le telson. La jeune larve, à sa naissance, présente donc d’emblée trois
Paires de pattes correspondant à celles du thorax et en arrière, début de la zone
abdominale, deux diplosegments avec leurs appendices embryonnaires.
L’existence d’appendices vestigiaux postérieurs dans le thorax, et même
1 absence totale de ceux-ci, prouve qu’une action inhibitrice agit sur le métamère
Postérieur des diplosegments thoraciques, tendant à bloquer le développement des
appendices correspondants.
Le corps du Diplopode peut donc être divisé en une zone antérieure, thoracique,
r e quatre diplosegments où s’exercent des phénomènes tendant à modifier la struc-
lür ® des métamères existants, et une zone postérieure, abdominale où les diplo-
Se gments sont semblables, sans qu’aucun processus ne vienne modifier leur struc-
(0 Voir seconde parue.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE DEMANGE
qST e est ) iîS.^ emIère “” e P0Ul ôt, '“ qualill4e d '™ stallle ' P ar opposition à la second.
Ü «" l '°" *» PMno mènes Mmieun
acnnques,s exerçant au niveau des segments microtcrgaux postérieurs du arouvr
kuegmenla.re, dont certains Cléments (stigmates, bord du tefgite) sont abseSs ou
altères, les appendices restant, néanmoins, intacts. Nous avons vu toutefois nü'âS
niveau du 8- segment mierotergal vrai, les appendices euxlémes soirtabseuîs
sur ie , fâit ! ‘oue"' i |e U mé'î arl s e ntm> “ lotalltê - Or, il faut insister
l?.’? 11 q , LU le métamére postérieur du IV- diplosegment (?• et s- métamères)
des Diplopodes est le seul qui ne présente aucun vestige appendiculaire visible
alors que les autre» peuvent en être pourvus dans ceïtaiM “oupes Ches le
""■* cl >“ '«» Chilopodes, la réalité d'une zone plus mofondémenl
confirmée! “ U ” " ,VeaU ' enlr ° leS ’’ et 9 ' «>étaméres (»), sembleainsi
certains “S'il!!, b,1 l 121 m0Iltré ÏT 7 ‘ sesroenl < ‘ es CMI °P°‘<« a pouvait, dans
ce oui tadirne le n i e ’Tm " l ,artle «é ““ t«rM°lr« métamérique.
ce qui indique que 1 action inhibitrice s’exerce sur les deux segments 7 et 8
réels. Or, chez les Diplopodes on peut constater que le diplosegment IV (V et «’
métamères est le seul chez lequel les deux paires de pattes peuvent lire
modifiées (complexe platosternal des Chordeumides) (3). P
«Ptoegmonts du thorax des Diplopodes sont donc le siège de phéno¬
mènes inhibiteurs analogues à ceux qu'on observa cher, les Chilopodes tendânl
deë n d- P i ,rl à bloq “ or , 1 * développement des métamères microtcrgaux (postérieure
des diplosegments), et d’autre part à établir une limite entre les deux*mneTnar
une activité accrue au niveau des 7- et 8- segments (™ dipToSm?) CeÏÏ
action inhibitrice plus intense se traduit cher les Chilopodes par fa disparition
quas. totale d'un métamére (8-), ou par des perturbations sérielïscs avec dfspari”
bouleversement^compfet ^dSKgîS. P,r ‘ PP “ d ‘“’ «
ainsi^aux!lonnlfn é danS Ieurs éléments segmentaires thoraciques s’identifient
régfL“f leî!- segmemaU„ m „° ,nS “ “ qU ‘ COnCe^n ' , leS pM ”° mè " ra I " 1
La répétition du phénomème réducteur tous les quatre diplosetrments chez
les Diplopodes, tous les huit métamères chez les Chilopodes ne peut être
accidentelle, le fait étant trop général. P ’ ne peut .ne
i r0 - 1 . Ve ' ,? n f ffet ’ une zone thoracique de quatre diplosegments ehilo-
s Hué^ cn h arrière^iTne° S ^ ï*' '?? Diplopodes - P uis da "S les quatre diplosegments
lés ChWonortel m enSat ' 0n Seg T entaire des anneaux gonopodiaux Chez
*LJoZï ’ ?" remarq »e une znne fie réduction métamérique au niveau du
pêuvcift’élre d'us mf’h e ’ l '. hlir ™ s . <ia huil métamères ou quatre diplosegments ne
O Preniïf™ a ' 1 . ha8ai ' | l. St si Ion sc réfère aux données embryologiques de
t- , ' q explique la segmentation du corps des Myriapodes par
fragmentation successive en macrosomiles de premier ordre ces dernTersV
divisant en macrosomites de deuxième ordre (deux éléments), puis en mferoso-
m tes de troisième ordre quatre éléments ou dlplosomiles). cnil n en m”crosom“tes
(huit métamères , on est frappé de trouver elles les Chilopodes et chez les
Splo“SeV r(pm ‘° a dC "'" l m «™ b ses T x 2 elfes ire
°” p, é enïisa *T' «“*•» conditions, que chaque macrosomite de premier
ordre possède une potenlia lté de fragmentation et. corrélativement, un potentiel
réd c eue propre une sensibilité particulière aux facteurs d'inhibition et mW
réduetmn métamérique peut s'effectuer ou non à son niveau d'une manière diffé-
rente suivant les macrosomites envisagés.
(I) Mis à pari, bien entendu, 1rs serments tronopodlaux des rf.
(21 I.a disparition d’un mMnmftre n’a pu «trr mise on Zvi.ien,.* i». ..... , «...
i riislon du 8> vrai avec le 9* mmmp r i", les SfltonSde. i. 2n lM '"«-'«porlP.s. ni mfi
niveau du s- „,e,amère réel, correspondant 01 au'iTOf*’ mZi'
««* rt fesrswsrs ft"srjiar » -
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES 169
Cela explique que le macrosomite de base (1" ordre), donnant naissance aux
'Plosegments thoraciques des Diplopodes, soit atteint d’une réduction segmen-
aire uniforme, alors que le suivant, comprenant le « diplosegment » gonopodial,
e présente d’inhibition mélamérique qu’au niveau du macrosomite postérieur de
Deuxième ordre.
... La niéme hypothèse peut être étendue aux Chilopodes, mais il est néanmoins
tue d’insister sur le fait que l’inhibition métamérique la plus complète se situe
oujours à l’extrémité distale d'un groupement segmentaire, soit que l’on considère
e macrosomite de premier ordre dans son ensemble, ou les macrosomites de
* ordre, ou les deux à la fois.
B. — LE BLOC BISEGMENTAIRE DES CHILOPODES
L’élude précédente montre que les Chilopodes présentent des segments
assemblés par blocs de deux (groupes diplotergaux) et sont, au moins dorsalement.
aes Diplopodes. Cette conclusion, pressentie par O. Duboscq (1900) a été soutenue
récemment par Ph. Ravoux (1959-1962). Mais n’existe-t-il pas d’autres points
communs entre les deux classes : Chilopodes et Diplopodes ? Le bloc bisegmentaire
des Chilopodes est-il un simple assemblage dorsal de deux métamères ou bien
oonstitue-t-il une unité morphologique spéciale ? Est-il comparable au diplo-
sogment des Diplopodes ?
Ce bloc est constitué, nous l’avons vu, par un métamère macrotergal complet,
avec stigmates et par un métamère microtergal incomplet sans stigmates.
La musculature longitudinale dorsale (fig. 183-184) des couches profonde
et superficielle est très différente suivant les sclériflcations tergales envisagées,
de telle sorte que chaque tergite, petit ou grand, peut être caractérisé par ses
faisceaux musculaires. Des groupes bitergaux qui se répètent, semblables à dix¬
ièmes, tout le long du corps, peuvent ainsi être mis en évidence.
La musculature appendiculaire (fig. 187) est disposée irrégulièrement dans les
deux métamères (macrotergal, microtergal) tout en étant composée de faisceaux
homologues.
A. priori on admet que le segment macrotergal représente le métamère le plus
complet, et les points d’insertion dorsaux des muscles tergo-coxaux sont contenus,
en totalité, dans ses limites. Pour le segment microtergal, la physionomie est toute
différente, car seul le muscle tergo-epicoxal (te), absent chez Scutigera, est contenu
dans le segment apparent, les autres faisceaux, procoxo-tergaux ( pt) d’une part,
tergo-coxaux rotateurs (fc.r) et tergo-coxaux postérieurs (tc.p) d’autre part
rejoignent les segments macrotergaux précédents et suivants. Il semble donc.
a Pparemment, qu’ils soient intersegmentaires (1).
Les groupes bisegmentaires sont limités par les attaches des muscles appen¬
diculaires, en prenant pour point de départ antérieur le muscle procoxo-tergal (pt),
dtüscle segmentaire de métamère macrotergal, et, en admettant que les muscles
Postérieurs du bloc (tc.r et tc.p) ou tout au moins le tergo-coxal postérieur (tc.p)
s °nt également segmentaires.
. Les blocs bisegmentaires des Chilopodes constituent donc des unités indisso¬
lubles, dont la musculature est caractéristique de chaque groupe dimétamérique.
i « diplopodie » des Chilopodes ne se limite donc pas seulement aux plaques
tergales mais h l’ensemble des deux métamères. Elle est plus profonde, chez les
Chilopodes, qu’on ne peut le soupçonner a priori.
*«_ .11 ) Cette notion demeure, toutefois, arbitraire, il est probable, en etTet, qu'une fraction du
UoV n . te suivant, comprise antérieurement au-delà de l’apodême tendineux ou des points d'insertion
...dorsaux lnterseirmentalrcs. appartient au métamère précédent. Chez Scolopendra
-- --- T. .......... -„T1 a fflro.nl" '".O.n mt .A. 1..- .
? lonpitudlnan
t arrière, par I
8ltifl""® c,f ' s Posiérlëm-T"abou'tTsscnt'dans' une zone tergale (préterpite) limitée, en ; .. r _. ..
t-'UJJl transversal continuant les sillons des bourrelets latéraux. Chez tes Diplopodes les muscles
'«Chéo-dorsaux s’insèrent sur la race antérieure du prophrapma et sont donc segmentaires. Mais
souvent, ces muscles pénètrent très loin dans l'anneau suivant et paraissent Intersepmentalres.
semble qu’il y ait seulement là une apparence : 11 serait vain de vouloir délimiter un métamère
J. "ne transversale rectiligne. Les limites métamériques peuvent, en effet, correspondrent à des
10 ™-s sinueuses, les points d’insertion des muscles appendiculaires et lonptludinaux dorsaux,
‘OUS caractéristiques des métamères étant étroitement Intriqués. En l'absence du phragma fndl-
„u' l;| lisé comme chez les Diplopodes, Il est difficile d'être affirmatif pour le cas des segments
'àÇrotergaux et microterpaux successifs des Chllooodes. Le cas est Identique d’ailleurs dans le
Plosegment lul-mèmc des Diplopodes.
R
Source : MNHN, Paris
170
JEAN-MARIE DEMANGE
C. — ESSAI DE COMPARAISON
Le diplosegment des Diplopodes constitue également une unité morphologique
qui a été définie dans la seconde partie, mais ce groupe segmentaire est-il compa¬
rable à celui des Chilopodes ?
Il est tentant de comparer entre eux les deux blocs segmentaires, mais une
question importante n’est pas encore résolue : les muscles trachéo-dorsaux des
Diplopodes sont-ils des appendiculaires ?
La nature exacte des poches trachéennes n'étant pas encore établie, malgré
les recherches entreprises, il est difficile de trancher la question. Pu. Ravoux
a consacré quelques pages à la comparaison des poches trachéennes des Diplopodes
et de la tigelle apodématique des Symphyles; il semble bien que ces structures
soient très semblables, sinon identiques. Pu. Ravoux a déjà écrit (p. 340) que
“ l’origine de ces formations est très comparable puisque, dans l’un et l’autre
groupe, elles se forment par invagination de la paroi sternale en correspondance
avec la base de la patte dont, elles représentent une partie pour le moins subcoxale
(et même coxale chez les Symphyles) ». Nous partageons l’opinion de Ravoux
et renvoyons le lecteur à la troisième partie de ce travail où nous démontrons que
la poche trachéenne des gonopodes s'articule à la base coxale du « lélopodite »,
et non au sternite.
r»v! nanrn i a p q e»«2£!?I al n re ,> S . schématiques comparées des Chordeumldes-Cras-
ϔ2 m .l < l e ,23 ! n JA . b et Splroholldes-Splrostrcpiides C. Les muscles homologues sont de
ro®" 1 ®. 8 , ,rames et cel * es ‘ c * empruntées aux Chilopodes. Les poches trachéennes sont en noir et
Les trachéo-dorsaux des Diplopodes seraient donc des muscles appendicu¬
laires, ce qui est vraisemblable car, dans le cas contraire, il faudrait admettre
l’absence de muscles appendiculaires chez les Diplopodes. Néanmoins on ne peut
encore homologuer, avec certitude, les trachéo-dorsaux des Diplopodes avec les
appendiculaires des Chilopodes, car il existe chez ces derniers, notamment les
Source : MNHN, Paris
SEGMENTATION DES CHILOPODE8 ET DES CHILOGNATHES 171
Lithobiomorphes, une musculature tergo-furcoïdale. Les points d’insertion des
uscles sont totalement différents des appendiculaires et certains franchissent
meme un métamère sans s’y arrêter.
Pourtant, en comparant les musculatures des Chilopodes (appendiculaires) et
es Diplopodes, on est frappé par les analogies existant entre elles. Par exemple
U'g. 194 A) en examinant le cas le plus complexe présenté par les Chordeumides,
craspedosomides, Gallipoidea, etc., on retrouve dans un diplosegment donné, un
aisceau segmentaire (appendice antérieur) et un faisceau rejoignant le diplo¬
segment suivant (appendice postérieur), segmentaire également puisque attaché
a la face antérieure du phragma. En outre, deux muscles supplémentaires sont
attachés à la paire de pattes postérieure : un antérieur intersegmentaire et un
Ph-i an se £mentaire. C’est ce qu’évoque le groupe macrotergal-microtergal des
Chilopodes (fig. 187). Chez les autres groupes (fig. 194 B et C), les faisceaux
antérieur et médian de la paire de pattes postérieure sont absents.
Naturellement il est impossible de retrouver tous les muscles des Chilopodes,
mais le diplosegment des Diplopodes est très particulier. Quelques muscles peuvent
être absents par suite de la coalescence des deux métamères.
Des rapprochements sont donc possibles entre les deux musculatures, mais
hous ne pouvons encore conclure à l’homologie parfaite des groupes musculaires
des blocs bisegmentaires des Chilopodes et des Diplopodes.
Source : MNHN, Paris
CONCLUSIONS DE LA CINQUIÈME PARTIE
. ^ n . Processus inhibiteur agissant sur certains mélamères (postérieur du
d U ;;X e ”»” 8 m d e7oü l“ 0r “' P ri ”«'P* “™«™nivïu fïS p'„ ,££
oïlre BS Zûnf» 1« „ app , cnd ‘“ s s “ l considérablement réduits ou absents. En
groupes y métaraère) P norrespoade.it à la même région dans les deu,
Dou/tosTfnWeai 8 f*f enlaU ? ^..Myinponeo Diplopodes et Chilopodes ait
pour nase 1 existence de tagmes de huit mélamères correspondant à des macro-
" e premier orl,re - Cha 5 ue macrosomite aurait me pÔÏÏ-
ùai.té de fragmentation et corrélativement de réduction métamérique propre
uniMtShdïSZ‘^7- ( i”“ r0 ^!' m J Cr0ler!,l) dM ™>o p odes coralitSe une
unité morphologique spéciale, comme le diplosegment des Diplopodes- il possède
une musculature propre. La .. diplopodie .. des Chilopodes est beauioim plus
profonde qu on ne le soupçonnait et n'afTecte pas seulement la région tergale. P
La natuie des poches trachéennes des Diplopodes n’étant pas encore éfablie
rh^ Ce rf ltUd . e H° n c n ° P6Ut conclurc à l'homologie des muscles appendiculaires des
nh rf °h GS et des , fa 'f ceaux trachéo-dorsaux des Diplopodes. Néanmoins les muscu¬
latures dorso-ventrales, des groupes bisegmenlaires des Chilopodes et des Diplô¬
me* îénSleï d ® gra " des analogies ( I ui Pourraient suggérer l’existence d’homo-
Source : MNHM, Paris
CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Po -(îe de 00 travai * était la résolution d'un certain nombre de problèmes
relatif 1 ^ 1 1 3 mor Phologie des Diplopodes et des Chilopodes et essentiellement
Prélat ' U ,, ' se ^" le “tation du tronc : structure du thorax des Diplopodes, inter-
do ou ' 1 , 011 , ses appendices, gonopodes, étude de l’anomalie présentée par beaucoup
e Chilopodes au niveau des tergites 7 et 8 .
des °?f résou,Jre C(J s problèmes il était indispensable, en raison de l’insuffisance
D „ crilères fournis par l’embryologie, de trouver des caractères anatomiques
tali * e p nt de définir, avec certitude, le métamère, unité élémentaire de la segmen-
surt n t eS caract ^ r ? s 0Ilt été fournis par la musculature longitudinale dorsale et
la h° Ut ’ C ^ 6Z ^'Plopodes, par des complexes musculaires liés aux sclérites de
ear 3 fx ?PP enclic ujaire (sternite et poches trachéennes); en l’absence d’appendices
- , a *?|écistiques d’un segment, on retrouve cette musculature soit complète, soit
uuite, mais toujours significative.
Des conclusions détaillées ayant été données à la fin de chaque chapitre, nous
- poserons seulement ici le résumé des résultats les plus importants auxquels
"ous sommes parvenus.
il thorax des Diplopodes est constitué par quatre diplosegments. Dans le
^ I m diplosegment), le métamère antérieur est amputé d’une région fusionnée
_ a capsule céphalique; la gula représente, en grande partie, le trachéo-sternite
P stérieur, et le métamère antérieur ne montre plus que des fragments trachéo-
i err } aux auxquels sont soudées les apophyses dites céphaliques, qui représentent
s éléments phragmatiques du collum.
Les autres diplosegments thoraciques possèdent seulement chacun une paire
appendices différenciés, qui appartiennent au métamère antérieur. Les méta-
, Srca postérieurs en sont dépourvus, mais on doit considérer comme des vestiges
. u des appendices profondément modifiés) les pénis et les vulves du métamère
sti.rieur du IIP diplosegment (deuxième pédifère). En outre, chez les Spiro-
i, "des, on peut démontrer l’existence d’une translation des appendices vers
v anl, de telle sorte que la paire d’appendices antérieure au V' diplosegment se
c 0,IVe rattachée à l’anneau IV, celle de l’anneau IV au IIP, etc.; mais le dépla-
?? en f n’affecte pas les pénis ou les vulves, dont la position reste fixe dans le
tamère antérieur du IIP diplosegment.
Les 9 des Chordeumides offrent enfin une structure énigmatique, le
{Jdosternite, situé en arrière des vulves; nous avons pu montrer que sa muscu-
Ur u correspond à celle des deux paires d’appendices du IV* diplosegment, ce qui
traîne un décalage dans le nombre et l’ordre apparent des appendices des deux
* as : î, dépourvu de platosternite, conserve la paire de pattes ambulatoires
antérieure du diplosegment IV.
. L’étude des organes copulateurs mâles est à l’origine de la découverte d’un
1 nomène de coalescence de deux diplosegments, chez la plupart des Chilognathes,
rrespondant aux VII* et VIII* diplosegments des Colobognathes.
Chez les Spirostreptides, la 9* paire de pattes du diplosegment gonopodial (VIP),
n j^^mement réduite, presque invisible, mais conserve une musculature gono-
°diale typique. C’est la preuve de l’inhibition plus ou moins poussée des gono-
t °des, chez les Spirostreptides et leurs voisins.
so Le déve l°PP emen t des P. 9, et par extension des gonopodes, est probablement
J Us une influence hormonale régissant les caractères sexuels. Cette influence
être de nature androgène et un exemple peut nous être offert par les
melques Diplopodes présentant le phénomène de la périodomorphose.
de Af * n de donner un aperçu général du problème de la segmentation du corps
I* ? .Principales classes de Myriapodes, les quatre ordres des Chilopodes ont été
jPjet de recherches particulières. Ces recherches ont conduit â envisager l’inhi-
dan° n ' P,US 0,1 moins complète (avec disparition des appendices), d’un métamère
i ?? une zone située entre les 7* et 8 * métamères apparents. Le phénomène
n| hiteur a pour conséquence une altération profonde de la musculature à ce
Source : MNHN, Paris
174
JEAN-MARIE DEMANGE
nil, e R U ’ D ,f* pli,ua prés «“™ de deux méiamères macrolergaux successifs au
lieu de 1 alternance régulière, habituellement observée, d'un segment mSSrSÎ
tl.èse U Vn g ™"lant‘ C r°exi« a1, Le ^veloppemenl poetembryonnairc renforce l'hypV
uiese en révélant I existence d anomalies dans l’apparition des seemcnis Un
processus inhibiteur analogue pourrait être à l’origine de la réduction des tergites,
e 1 absence des stigmates aux métamères microlergaux, et de l’altération des
formules stigmatiques des Lithobiomorphes et Scolopendromorphes
Le même processus inhibiteur semble être à l’origine de l’abserice des aDDen-
dices postérieurs des diploscgments thoraciques des Diplopodes Si l’on constate
comme l’a pressenti O. Duboscq et prouvé Pu. Ravoux, tout ChiïoS est
fou? oue to.Tn" i D ' P [ ,P ° d , e ’/ U m0ins dûrsalement, nous pouvons avanc el à notre
doue et on e le« h.Th • éga cment Chilopode au moins dans la région thora-
tituent des un if ^segmentaires des Chilopodes et les diplosegments cons-
tituent des unités morphologiques originales avec leur musculature propre
oui détend d?m„ P0Sent ' ChC7 ; ' eS , My 1 riapodos ’ u " Problème de biologie générale
mii a ü d - d Tf aux autres Arthropodes: c’est celui de l’interprétation de
“ ‘nni° m h etS r U absenLs ‘ 11 semble que la segmentation de S P Myriapodes
de^marrasomPes^fe exls ence d , e la « mes de huit métamères correspondant à
dffrT^menS , de P i?™ er 0rdre - Gha< ï ue '^^osomite aurait un potentiel
tn f' a r ,HA rrél ? tlVe , ment dR réduotion métamérique propre. Nous avons
wns sfe radmeHrl ^ 6 . P H® sfaisanto - P°ur expliquer cette réduction,
^ hlom,Liî ‘ha 1 mlerventl , on I d un phénomène d’inhibition, qui freinerait
L^minfS n!r nlLc T °? pement k- U , ^ &l6riel embl 'yonnaire correspondant aux
lEX? P f l p b , é . s - Lr ? lravaux biologiques récents conduisent à attribuer cette
à » d Un ? U , plusieurs facteurs humoraux, dont la nature et
d'nn g faM 1 H 1 6videmment à préciser; il peut s’agir, soit d’hormone antagoniste
dun facteur de croissance, soit d'une sécrétion insuffisante de ce facteur soit
t 6 e n ur n neTA?r ib l lité diff ! re ? Ue > le des divfirs à Action de fet înduc-
ctniinn!r t_ ii t = re y “-t-' 1 interférence de ces causes diverses. On peut aussi
Silence ( rnn a ! C l'i na, H ° S . d ® ,« e '<' nents complets et de métamères réduits par
ce cvHe n é»Tr!P! de sécrétion agissant sur le développement des métamères;
au cours d.tm.pT L lr id P CC par 1,tude du d éveloppement postembryonnaire
ÎPuüü 8 duquel les métamères microtergaux croissent plus lentement que les
mtrpTnnnd IT ! acroter 8 a u x - La manifestation la plus complète du cycle de sécrétion
rnre! p n”m l H aUX Pb 6 ™™*? 63 de périodomorphose, caractéristiques de quelques
HPl (n D P ? P d6S ‘. ?" ob|ectera qu’aucun fait expérimental ne vient appuyer
hvnn^nPa 116 * 8 lnl .Ç r P r6 . ta tions; elles n’en restent pas moins valables comme
hypothèses de travail, qui pourraient diriger des recherches ultérieures vers une
Pi! * éconde ;. La morphologie pure aurait ainsi prouvé son utilité, en orientant,
vers des solutions biologiques, la résolution des problèmes qu’elle seule peut poser.
Source : MNHN, Paris
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teur e
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tesonl A ous avons essayé de donner une liste
O'avnm A e , s gonopodes sont représentés avec
le m"* “ u ‘ publié sur l'anatomie de ces org-an
t’rérlsoo l ,oss, ble de références des publication
SBS pour être utilisées dans un travail di
aussi complète que possible, des travaux dans
e partie de leur musculature. Aucun ouvrage
particuliers, il a paru utile de rassembler ici
dont les ligures sont suffisamment claires et
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KAN-MARIlî DEMANGE
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&£»SSSP!%!8S£gS^,'^ 0 * K . unlernommenen MW
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~ i2T™MJ2L W « e „*iï r ver 8l e * c l |e Ddcn Morphologie, Gattungs - und Artsvslematik
»“ 527/S d p. n 7^88f9rp2lf er Berûcksichti S un 8' derjenlgen Siebenbürgms. Ibid., 20.
Î^InS'SffiTKV'Bîit®# ***mmrn M Ma <M Myrto-
n?. ?«“"*”• 11 <**•
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_ «“-^loSsiîîais^Æ wto„ p “ssf“. saar* *"***■ *» * « *•
lh« 9 'i ~~ Beiirage zur Kenntniss palâarklischer Myriopoden. VIII Aufsatz ’/ur verelei-
/S d 65, Bd rP l h0 3j5 : 154 yl0g ° nie ' GrUI ' I>e, ‘ ‘ und Artsyslematik der ciiordeuînUlen.
Mo 9 rDh^roX em d e fi r Ul hfiM«n Zur , Systema tlk, Phylogénie und vergleiclienden
p 1Ô3-21 g C ” er Iu den und 0ber einige andere Diplopoden. Ibid., 65, Bd. 1.
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Gruppen — und Artsy
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S: Far M S',,Jf%™^ft“p*M. : ü, 6er ■» Sfiadeutschlanil und Tir*
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“ 2 CdiioSlton' gS'ïnt S!,, Pfâfï f» 1 »*»” 1 '—
jffiv^àsfaa^p'TsSs 1 Au, “' 2 : r ° m *“ Tlr0 '- lw, “ “ nl1 °ïp s ™- **
~ «W MMW •*
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CoînpSm 6 ' m°', P 'SS°ÎZ,i 2 AU p“i83:iM r ”* » ’■ «■* '■■■■ Morphnlogl, da. MW
BerOrk^el!ttoîuif n <ier lr phnn^l^l Chen »! en Morphologie des Thorax der Insekten mit
p63-r»4 UgU K Ghllopoden. A ’ova Acta dculs. Akad. Nalurg. Halle, 81, n° 2.
BeWln7«°2 be p.82^103 eaten ' Belne ' 3- AllfSatZ : Pro » oneala - SU*. Oesel. nat. Fret »•
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1908. — über Diplopoden. 9. (29.) Aufsatz : Geruaisia und Polyzonlum. Ibid., 32,
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Entvvicklung, Biologie und Géographie. Nova Acta Abh. Kaiserl. Leop. Carol Deut.
Akad. Naturf., 92, n» 2, p. 139-148.
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Masligophorophyllidae. Sitzb. Ges. Naturf. Freunde, Berlin, n° 6, p. 286-297.
1911. — über Diplopoden, 45. Aufsatz. Xylophagcuma, eine neue Gattung der Oro-
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1912. - Zur Kennlnis einiger mitteleuropâischer Chilognathen und der SchlRfen-
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Berlin, n» 8, p. 415-438.
1913. — Erscheinungszeiten und Erscheinungsweisen der reifen Tausendfüssler
Mitteleuropas und zur Kenntnis der Gattungen Orobainosoma und Oxydactylon (über
Diplopoden. 64. Aufsalz). Zoot. Bol. Ges. Wien, 63, p. 334-381.
1913. — Zwei neue Gattungen der Trachyzona n. superfam. der Ascospermophora
(Über Diplopoden. 62. Aufsatz). Zoot. Anz., 42, n” 5. p. 125-143.
1913. — Die Ordnungen der Proterandria und zur Kennlnis der Cambaliden (Über
Diplopoden, 65. Aufsatz). Ibid., 43, n» 2, p. 49-65.
1913. — Syngonopodium n.g. (Über Diplopoden, 63. Aufsalz). Sitzb. Gesel. nat.
Freunde, Berlin, p. 269-280.
1913. - Zwei neue Iuliden-Gattungen aus den Tauern (Über Diplopoden, 67. Aufsatz).
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1914. — Zur Kennlnis einiger alpiner Chilognathen (Über Diplopoden, 75. Aufsatz).
Ibid., 45, n» 5, p. 219-238.
1915 _ nie Kreise des alemannischen Gaues: der hel vctische Rheintaldurchbruch
und zwei neuedeuîsdieChordeumlden (Über Diplopoden, 79. Aufsatz). Ibid., 45.
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1915. - zur Kenntnis deutscher Symphyognathen (Über Diplopoden 81. Aufsatz).
Ibid., 45, n" 11, p. 483-510.
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S"‘“ £;„tt, Uu s n Z r £: lr !ST;""a m p c n"'St’° m ‘
•Pnc.p nf .... ..... ’ r * lu-
n iu . tuoi. jutirb. (Syst ), 39 n 273 41 fi
;
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Aufsatz). !v«t p^03 «r" 86 ' ( "- Dipl0p0de “
;; S' i r M rio 1 <Jo ' n '’ , ' phose (% - Aufsaiz) - ^ -*«•.’». n* .;. 0 et n/i I;i p . 233 _ 254 .
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Aufsatz). z,«,. ),o Wl . Ænï?l«“u" 12*3/% E p”gl lo , n 0 ' 6 Diplopoden
' Sta»rj,g ,e ÆSTrp ïït ûf '“poden-anltdng ou, dem Miyrlntl.
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ar : “(SS, ‘ma “5e ,,1 )ÏS„?iShSi,i?S s *"'!?''i l J 0 " K ' Slra “ s ' r - *■
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“ l^-P’oadopolydoomo, . | m Wechsel der Zelton ». Zool. An,, 94, H. 11/1*.
~ SWïSi emn ‘ M ™ *• *«■■*
^ii»SXm^Stl!SSS!!^ÿ•^ °" d lommuou.! aucu «bon
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__ ••lrlt e zoo/ 0 .SiocA'"oOn, m 2 a 6 S 'A U n" e i0^p^ l l-41. VOn ^ S ’ ,,ed ' n Und Pr ° f - S ° Pin ^ Chan *
~ ,us ““ “ ntr,len SM “ pen ' (I3 ‘-
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
ABRÉVIATIONS
Couleurs
Trames
A
am
as
h 0
bo
b.s
bt
ce
cd
ch
cl
cl
en
Co
col
cox
cp
CS
CSS
a
Ab
Ae
Al vil
Au
Av.i
Av.s
c.cî
•t
c.fl
ent
es
e.t
e. tl
«.«'
ev
ex.a
ex.p
r.a
f. c
r.a
[e
rr
muscles homologues directeurs
muscles homologues
apophyse de la gula
apophyse céphalique raccordée à la gula
apophyse du coxoïde des appendices copulateurs
base coxale du télopodite des gonopodes
angiocoxite des gonopodes de Callipoidea
ampoule séminale
poche abritant la base coxale du télopodite des gonopodes terminée sur la
ptr par l'invagination stigmatique
bourrelet de l'orifice du sac vulvaire des Harpagophoridae
bride sternale
bourrelet d’insertion de l’invagination stigmatique de la poche trachéenne
des gonopodes
lèvre ventrale du diplosegment
baguette trachéenne des Spirobolides
sillon postoccipital (costa du collum)
crochet coxal
condyle articulaire des gonopodes
cheirite des gonopodes
cimier de la vulve
cloison de la fossette stigmatique du platosternite
condyle du télopodite des Polydesmides
coxoïde des gonopodes
colpocoxite des gonopodes des Callipoïdea
apophyse de la base du télopodite des Lysiopelalum
canal prostatique
cloison sagittale des gonopodes
lumière du canal de l’ampoule séminale
diverticule apodématique de la vulve
bord du diplosegment
dépression appendiculaire des P. 9 du d
diplosegment VII
duplicature de l’orifice du sac vulvaire des Harpagophoridae
muscle dorso-ventral intersegmentaire des Chilopodes
muscle dorso-ventral segmentaire des Chilopodes
feuillet coxal externe des gonopodes
muscle extenseur du coxoïde des appendices transformés
muscle extenseur du coxoïde des appendices transformés
muscle extenseur du fémoroïde des appendices copulateurs
muscle extenseur du flagellum
poche abritant la base coxale du télopodite des gonopodes (larves)
excroissance sphérique de la base des gonopodes des Spirobolides.
muscle extenseur du télopodite des gonopodes ou du cheirite
muscle extenseur du tibia
muscle extenseur du tibia
muscle en éventail
muscle extenseur antérieur
muscle extenseur postérieur
muscle fléchisseur antérieur
muscle fléchisseur du coxoïde des organes copulateurs
muscle fléchisseur du coxoïde des organes copulateurs
fémoroïde des gonopodes
muscle fléchisseur du fémoroïde des organes copulateurs
Source : MNHN, Paris
186
JEAN-MARIE DEMANGE
w
w
m
n
f.m
f.p
r-pi
r.t
ru
r.is
ni
fM
fx
ry
G ou g
pa¬
ye
gi
gn ou GN
gne
no
muscle fléchisseur du fémoroïde des organes copulateurs
muscle fléchisseur du fémoroïde des organes copulaleurs
muscle fléchisseur du flagellum
flagellum des appendices copulateurs
fibre longitudinale médiane dorsale des Chilopodes
muscle fléchisseur postérieur
fossette stigmatique du platosternite
muscle fléchisseur du télopodite ou du cheirite des gonopodes
muscle fléchisseur du télopodite ou du cheirite des gonopodes
muscle fléchisseur du télopodite ou du cheirite des gonopodes
muscle fléchisseur du tibia
muscle fléchisseur du tibia
paroi coxale interne des gonopodes
paroi coxale externe des gonopodes
gula
gouttière apodématique de la vulve
muscle gula-capsule céphalique
ampoule stigmatique des P. 9 du rf des Odontopygides
gonopodes
gonocoele
gorgerin
h
hanche des appendices
i
in
Int
tnt. Br6l.
tv
feuillet coxal interne des gonopodes
invagination de la baguette trachéenne du platosternite
segment dit intermédiaire des Chilopodes
segment dit intermédiaire de Briilemann
segment dit intermédiaire vrai
invagination trachéenne des P. 9 du cf
i
apophyse de l'angiocoxite des gonopodes de Calltpus
la
l.a.m
muscle longitudinal du sclérite postgonopodial
muscle longitudinal dorsal antérieur du segment microlcrgal
l.d
l.di
l.d.m
l.d.s
l.d.x
Uni
Uni
l.p.m
1.8
muscle longitudinal dorsal du diplosegent
muscle longitudinal dorsal interne du collum
muscle longitudinal dorsal médian du collum
muscle longitudinal dorsal submédian du collum
muscle longitudinal dorsal médian convergent du collum
muscle longitudinal dorsal intersegmentaire des Chilopodes
muscle longitudinal dorsal intersegmentaire des Chilopodes
muscle longitudinal dorsal segmentaire antérieur du segment microtergal
muscle longitudinal trachéo-sclérital (sclérite postgonopodial)
l.se
lèvre sternite-paracoxite des gonopodes
l.s.e
Isp
muscle longitudinal dorsal en éventail des Scolopendrides
muscle longitudinal dorsal segmentaire des Scolopendrides
muscle longitudinal dorsal segmentaire des Chilopodes
1.8.8’
muscle longitudinal dorsal segmentaire du macrotergite
l.v
t.Vl, t, s
l.v.g
l-V
muscle longitudinal ventral reporté généralement au second plan
muscle longitudinal ventral des organes copulateurs
muscle longitudinal ventral de la gula
muscle longitudinal intersegmentaire de la sclériilcalion ou de la membrane des
gonopodes
m.l
néoformations appendiculaires (P. 9 <f)
formations latérales érectiles du territoire appendiculaire (P. 9 cf)
muscle dorso-latéral du diplosegment,
faisceaux fibreux du nodule de la P. i 9 de Callipns
muscle phragma collaire-slipes du gnathochilarium
nodule de la /*, ? de Calllpus
opercule de la vulve
muscle longitudinal dorsal oblique du segment microtergal
Source : MNHN, Paris
N DES CHILOPODES ET DES CHILOGNATHES
18?
ob
op
or
os
ov
P
P
pa
PC
pc
ph
Pl
PO
ps. d
Pt, pt’
Ptg
ptr
pt. v
pu
r.a.s’
r.a.sS
t-c, r.cS
Tf
rh
SC P1, S,.„
sc.pi'
sc.z
sd
sdl, s,...
1.0
s pg
stÿ
SEfiMENTATIOr»
muscle oblique (le la P. 9
opisthoméritc
orifice principal de la glande prostatique
muscle oblique sternal
oviducte
pénis
prophragma du diplosegment
paracoxite
prophragma collaire
poche coxale
apophyse phragmalique du collum
platosternite
pièce chitineuse des gonopodes des Spirobolides
sclériflcation discoldale de la base des gonopodes des Spirobolides
muscle procoxotergal de l’appendice des segments macrotergal et microtergal
des Ghilopodes
poche trachéenne des gonopodes
poche trachéenne
poche trachéenne des P. 9 J des Spirostreplides
invaginations érectiles de chaque membre des P. 9 d des Spirostreptides
repli du collum
muscle rétracteur de la poche coxale
muscle rétracteur de la poche coxale
muscle trachéo-télopodial
muscle trachéo-télopodial (Harpagophoridae)
muscle rétracteur du crochet coxal
muscle rétracteur du flagellum
repli transversal du territoire appendiculaire [P. 9 <f)
muscle trachéo-vulvaire (rétracteur sac vulvaire)
muscle rétracteur du sac gonopodial
muscle rétracteur du sac coxal des gonopodes
rainure séminale
muscle trachéo-vulvaire (rétracteur de la vulve)
repli vertical du territoire appendiculaire (P. 9 <f)
sternite
bandelette chitineuse réunissant le paracoxite à la base coxale du « télopodite »
des gonopodes
sclérites intercalaires ou sclérites
muscle du sclérite postérieur I, 2,... des Diplopodes
muscle du sclérite postérieur du sac vulvaire A'Oxydesmus
sclérite postérieur du sac vulvaire d 'Oxydesmus
musole sterno-dorsal
muscle sterno-dorsal des P. I, i,...
muscle sterno-occipital
sclérite postgonopodial
stigmate
stylet prostatique
suture du diplosegment
muscle sterno-ventral
muscle sterno-ventral des P. 1, S.-
muscle sterno-ventral vertical des P. S, 4,...
muscle sterno-ventral longitudinal intersegmentaire des P. 1, S.-
muscle sterno-ventral longitudinal intersegmentaire de la vulve
muscle sterno-ventral du plastosternite
sac vulvaire
muscle sterno-ventral de la vulve
syncoxosternum ou tablier des appendices antérieurs des Diplopodes
muscle transversal des gonopodes
tablier ou syncoxosternum
muscle trachéo-coxal intersegmenlaire chiasmatique ou non
Source : MNHN, Paris
Ic.g
tc.gl, tc.gî
tc.p
td.al. 2,...
td.g, td.g’
Id.p
td.pl. 2,...
td.p'
tp.c
tr.c, tr.c’
t.t.g
t.t.gl, t.t.gi
.1 KAN-MAKI U DEMANGE
muscle trachéo-coxal inlersegmenlaire du complexe platoslornal
muscle trachéo-céphalique
muscle trachéo-coxal des gonopodes (larves)
muscle trachéo-coxal des gonopodes et des P. 9 d'Odontopygides
muscle tergo-coxal postérieur des appendices des Chilopodes (macrotergal)
muscle tergo-coxal postérieur des appendices des Chilopodes (microtergal)
2,... muscle trachéo-appendiculaire des P. 9
muscle tergo-coxal rotateur des appendices des Chilopodes (macrotergal et
microtergal)
muscle trachéo-appendiculaire des P. 9
muscle trachéo-dorsal
muscle trachéo-dorsal antérieur
muscle trachéo-dorsal antérieur des P. 1, 2,...
muscle trachéo-dorsal de la gula
muscle trachéo-dorsal de la gula
muscle trachéo-dorsal latéral
muscle trachéo-dorsal postérieur
muscle trachéo-dorsal postérieur des P. 1, 2,...
muscle trachéo-dorsal postérieur du platosternite
muscle trachéo-dorsal du sac vulvaire
muscle trachéo-dorsal de la vulve
muscle trachéo-dorsal de la vulve
muscle tergo-epicoxal des appendices des Chilopodes
télopodite
muscle trachéo-gonopodial des Spirobolides
muscle transversal des gonopodes
muscle trachéo-latéral de la P. I
muscle gonopodial des Spirobolides
muscle trachéo-appendiculaire oblique (/'. 9 rf)
territoire collaire post-occipital
muscle trachéo-pénial chiasmatique
muscle trachéo-coxal de la P. 2 9 de Calllpus
trachéo-sternite
muscle trachéo-selérital
trachéo-selérite des gonopodes
muscle trachéo-syncoxosternal
muscle paracoxite-base coxale du télopodite
muscle coxotélopodial des gonopodes (base coxale du télopodite)
tronc trachéen fonctionnel du platosternite
muscle trachéo-ventral
muscle trachéo-ventral des P. 1, 2,...
muscle transversal des P. 9 (larve)
vulve
valves de la vulve
vésicule de la base de la rainure séminale
vestige de stigmates du platosternite
s c! réunissant les poches trachéennes
muscle des stipes du gnalhochilarium
invaginations appendiculaires des /’. 9 •
Source : MNHN, Paris
I.N. - 66 0644 - 0 -67072
Source : MNHN, Paris