MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME LV
FASCICULE 3 ET DERNIER
Nicole COINEAU
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE
DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
ISOPODES ET AMPHIPODES
TsîTr^Trj”
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeofFroy-Saint-Hilaire (V®)
1968
Source : MNHN, Pans
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES Dü MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Tome LV, Fasc. 3 et dernier
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE
DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
ISOPODES ET AMPHIPODES
par
Nicole COINEAU
SOMMAIRE
Chapitre prsuier. — ISOPODES.
1. UNE NOUVELU: FORME DU LIBAN. .
Micbopahasellus Karanian.
M. alot^fi sp. n.
2. DIAGNOSES PRÉUMINAIRES D’ESPÈCES DU PACmQUE SUD.
MiCROCHABON Karaman.
M. hei/ni sp. n..
.V. salvati sp. n.
Pahachabon gen. nov..
P. rerutudae g. n. sp. n..•.
3. ESPÈCES NOUVELLES DU DOMAINE EUROPÉEN .
Miax)dujiron jubertkUi sp. n.
M. juberthiâ ramotut ssp. n..
M. dou«ü n.
M. rouehi sp. a .
M. bout sp. n.
4. DISCUSSION : LES ESPÈCES DU GENRE MICROCHARON .
BîMiognphK.
CHAPmiE IL — AMPHIPODES.
1. GAMMARWAE. .
A. SALBrrnŒLLA Rcrro.
S. leaeherae ^>. n..
5. jaberthieae sp. n..
S. delamarei marntheles sobsp. n......
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BiMkignplne
t 56US3 •
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Souræ : AIWHW, Paris
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B. BoGiDiELLi Hertïog. 195
B. skopljensis Karaman. 195
B. vandeli ap. . . 199
Discussion. 206
Bibliographie. 207
2. INGOLFÆLLIDEA . 209
Ingolfiella Hanaen. 209
I. tMbaudi sp. .. 209
Bibliographie. 213
Résuui.. 215
.. 216
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION k L’ÊTÜDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
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INTRODUCTION
La faune des sables submergés fit tout d’abord l’objet de travaux épars au début de ce
siècle. C’est vers 1930 que l’étude de la faune interstitielle prit son véritable essor. On assis¬
tera alors à la prospection systématique du bentbos interstitiel aussi bien le long des cours
d’eau et du rivage marin, que dans les sédiments sableux marins. Les résultats des recherches
effectuées en Amérique et dans différents pays européens incitèrent Angelier à entreprendre
ses intéressants travaux écologiques et biogéographiques sur la faune des sables submergés
des eaux douces et saumâtres. Angelier, avec Fauré-Fréuiet, sont ains i les promoteurs, en
France, des recherches dans le domaine interstitiel. Les récoltes d’ANGELiER dans la zone litto¬
rale du Racou en particulier, furent le point de départ des prospections intensives de Chap-
puis et Delauare Deboutteville, puis de Reuane sur les plages du Roussillon et sur tout le
littoral méditerranéen occidental. En Allemagne, les recherches sur le mésopsammon se déve¬
loppèrent principalement sous la direction de Schulz et de Reuane. Delauare Deboutte¬
ville brosse, dons son remarquable ouvrage Biologie des eaux souterraines littorales et conti¬
nentales, rhistorique de l’étude de la faune et du milieu interstitiels, et fait le bilan de toutes
les connaissances accumulées dans ce domaine jusqu’en 1960, dans le monde entier. Depuis,
les recherches n’ont cessé de s’amplifier dans la plupart des régions du dobe, dans le bcnthos
marin, mais aussi dans les eaux souterraines littorales et continentales. Etayés par un support
taxonomique de plus en plus solide, des travaux écologiques et biologiques sont venus complé¬
ter l’étude du milieu : Remane, 1940, 1951; Delauare Deboutteville, 1960; Renaud
Debyser, 1963; Sweduark, 1964; Monniot, 1965; Hussmann, 1966; etc. Actudlement, de
nombreuses recherches sur le domaine interstitiel sont en cours, et le matérid et les résultats
affluent de toute part.
Salvat, membre de la Mission Singer-Polignac en Nouvelle-Calédonie, récolta des
échantillons de sables cordliens; l’étude des Isopodes m’a été confiée et paraîtra dans les
comptes rendus de la mission. Le présent mémoire comporte cependant une diagnose prélimi¬
naire des espèces néocalédoniennes dans le but de fournir une assise à des données biologiques.
La description détaillée d’im représentant du genre peu connu, Microparasellus, est insérée
ici. On trouvera également dans ce mémoire la diagnose précise de plusieurs Mkrockaron et
Amphipodes {Salentinella, Ingolfiella) provenant du Sud de la France; ces captures sont dues
à la dynamique équipe du laboratoire souterrain de Moulis (Ariège). Au genre Bogidiella
représenté en France par deux espèces, vient s’ajouter ime troisième espèce française, tandis
qu’un nouveau cadre spécifique est créé pour des exemplaires sardes.
Ce mémoire groupe donc, en une première phase, l’étude de formes nouvelles récem¬
ment récoltées, uniquement sous l’angle morpholopque et systématique. Ce travail taxono¬
mique ne représente qu’un stade transitoire : une seconde phase suivra, orientée vers l’écologie,
l’éthologie et la biologie de ces animaux.
Source ; MNHN, Paris
Source : MNHN, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
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CHAPITRE PREMIER
ISOPODES
1. UNE NOUVELLE FORME DU LIBAN
MICROPARASELLUS Karaman
Lorsqu’il découvrit les premiers Isopodes interstitids, Karaman crut tout d’abord qu’il
se trouvait devant de jeunes Parasellides immatures. Puis, étonné de ne jamais récolter les
adultes espérés, il reprit ses observations à propos de ces « jeunes » Isopodes et se rendit à
l’évidence : il s’agissait bien d’Isopodes souterrains, adidtes malgré leur petite taille, inconnus
jusqu’dors. R put ainsi décrire en 1933 Microparasellus puleanus et Microparasellus stygius
des eaux souterraines de la vaUée du Vardar, en Yougoslavie. Peu après, ü érigemt le genre
Microcharon à l’occasion de la description de Microcharon latus: il distinguait dès lors deux
genres différents : Microparasellus, avec l’espèce puteanus, seulement, et Microcharon, grou¬
pant iVf. latus et M. stygius. Karaman créait la même année, la petite famille des Micropara-
sellidae, proche des Janiridae, pour ses deux genres Microparasellus et Microcharon. Depuis,
de nombreuses espèces de Microcharon ont été découvertes en maints endroits. Le genre Mi¬
croparasellus, au contraire, reste rare : M. puteanus Karaman vit dans la nappe phréatique du
Vardar. Une seconde forme, M. libanicus Chappuis et Delamare décrite sur un seul exem¬
plaire femelle, provient de la grotte Dahr el AÎn, au Nord du Liban. Une troisième espèce,
libanaise, vient d’être découverte.
MICROPARASELLUS ALOUFI sp. n.
Matériel étudié : im exemplaire mMe provenant d’un puits, à Hawah Hala, au Liban,
récolté le 15 septembre 1966 par M. Alouf.
Longueur : 2,62 mm; corps ^ongé, sans yeux; carapace incrustée de calcaire de cou¬
leur brunâtre. Mis à part le premier segment thoracique, tous les segments, même le céphaion,
sont considérablement élargis par une expansion latérale qui est dirigée vers la partie antérieure
pour les segments 2 à 4, et vers la partie postérieure pour les segments 5 à 7. Le pléotelson offre
en plus de ces expansions latérales dirigées vers l’arrière, une longue expansion terminale en
pointe qui recouvre et dépasse les uropodes invisibles dorsalement. La partie postérieure de
l’animal est étirée en une zone allongée et pointue, de part et d’autre de laquelle les expansions
latérales laissent une région marginde largement concave. Les expansions antéro-latérdes du
céphaion recouvrent la base des antennes I et II, et redescendent venlrdement encadrer les
pièces bucedes. Seul, le premier segment thoracique ne possède pas ces expansions qui don¬
nent à l’animd un habitus si particulier, qui le distingue d’emblée des deux autres espèces
connues (fig. 1, A). Une la mina chitineuse transparente borde la marge de tous les segments
dargis du corps (sauf le premier segment thoracique). Cette la mina se compose de petites
plaques au contour variable : plus ou moins arrondies ou pointues et échancrées, bordées de
cils très fins, elles s’élargissent et se touchent distdement (fig. 1, C).
Une coupe transversde de l’animd donnerait ime partie ovde correspondant au corps
proprement dit, et deux parties latérdes « en toit ” très minces, descendant légèrement du côté
stemd (fig. 1, B).
Antennes I (fig. 2, A) très courtes, beaucoup moins longues que le céphdon; elles se
composent de 7 articles dont le premier est très court; le second, le plus long, reste glabre; le
troisième, égd à la moitié du second, porte la longue tige pennée que l’on retrouve chez le
Source : AtWHN, Paris
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NICOLE COINEAU
A, haliitas; B, coupe transversale d’un segment thoracique; C, détail de la lamina chitineuse; D, mandibule
droite; E, pari incisiva et lacinia mabilia de la mandibule gauche; F, mandibule gauche; G, maxil-
lipide.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION k L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
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Fie. 2. — Microparcuelius oioufi sp. n.
A, antenne I; B, antenne II; C, maxille I: D, maxille II; E, labium.
Source : MNHtJ, Paris
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NICOLE COINEAU
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
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genre Microcharon ; celle-ci atteint presque le sommet de l’antenne; 3 autres tiges pennées
distaies et une soie ordinaire sont issues de ce troisième article; l’article 4, égal à la moitié du
précédent, ne porte qu’une courte soie; article 5 avec deux tiges pennées; article 6 très court;
le dernier article ofte une longue tige pennée et une soie vers son milieu, puis un bouquet de
trois soies terminales et un bâtonnet hyalin.
Antennes II (fig. 2, B) à peine deux fois plus longues que les antennes I, sans lamina
chitineuse. La hampe comporte 6 articles et le fouet 7 articles. Quelques tiges pennées aux
artides 5 et 6 de la hampe.
Mandibules (fig. 1, D, E, F). Pars incisiva tétradentée à la mandibule gauche, lacinia
mobilis tétradentée également. Processus molaire en apophyse conique armée de 4 soies dis¬
tales ; entre les processus indsif et molaire, se situent 2 soies et 4 tiges festonnées à la mandibule
droite (2 soies, 1 tige festonnée, 2 soies et une seconde tige festonnée à la mandibule gauche).
Palpe triarticulé; sur le second article, le plus long, s’insèrent 2 épines; du dernier article sont
issues 4 épines de plus en plus longues vers l’extrémité; la partie située entre l’articulatiou
et la première épine est finement ciliée.
Maxilles I (fig. 2, C) constituées de 2 endites; l’endite externe, le plus long, présente
un bord apical armé de 11 dents, tandis que les bords externe et interne sont pourvus de nom¬
breuses soies; endite interne terminé en pointe de part et d’autre de laquelle sont issues 3 ou 4
Maxilles II (fig. 2, D) comprenant 3 endites à peu près de même longueur; l’endile
externe, plus trapu, porte 5 tiges distdes; les deux autres se terminent chacun par 4 longues
Maxillipèdes (fig. 1, G). L’endite du basis dépasse largement le second artide du palpe;
sa partie distale porte 5 soies et 2 tiges en massue; deux crochets au bord interne en plus de
quelques soies subterminales. Basis glabre; le pdpe possède 5 articles : le premier, court,
n’atteint pas la moitié du second et ne porte qu’une soie distale; le second plus large que
l’endite du basis, offre 2 soies; le troisième, plus étroit, présente 4 soies; le quatrième, long et
étroit, possède 4 soies et le cinquième 5 soies et une épine terminale. L’épipodite de la coxa
arrive à l’extrémité du premier article du palpe.
Les péréiopodes, extrêmement grêles, s’insèrent à la base d’un repli ventral, à la lace
inférieure des prolongements pleuraux des segments (fig. 3, H, I).
La première paire de péréiopodes est légèrement plus courte que les suivantes, avec des
articles plus courts et plus larges. Elle ne semble pas modifiée de façon à former une pince
comme c’est le cas chez Mkroparasellus puteanus. Les péréiopodes 2 à 6 offrent tous le même
aspect : basis étroit et long présentant 2 à 4 tiges pennées; ischion à une seule soie; méros
portant 4 soies; carpos à ime tige pennée et une soie subdistde en plus d’une soie médiane;
propode avec une soie et une tige pennée subterminale, et une épine médiane; le dactyle pos¬
sède 3 soies et 2 griffes distales. P 7 se distingue des autres péréiopodes par l’absence de tiges
pennées. E est intéressant de remarquer combien la chétotaxie des péréiopodes se rapproche
de celle du genre Microcharon.
Le segment libre du pléon est extrêmement court, en partie masqué par les prolonge¬
ments pleuraux du septième segment thoracique.
Pléopodes I du mâle (fig. 3, F, G) coalescents à leur base. Ils s’élargissent près de cette
base, puis deviennent plus étroits dans la région médiane et se terminent par une zone tron¬
quée en biais, la partie la plus courte étant située vers l’intérieur, contrairement à M. puteanus.
On trouve 4 soies qui précèdent la partie conique distale; 4 autres soies s’insèrent dans le der¬
nier quart des pléopodes.
Pléopodes U du mâle (fig. 3, C). La largeur du basis diminue bruquement vers le
dernier tiers et il se termine par un angle de 60° environ; l’endopodite se recourbe sur lui-même
et se termine par une pointe assez fine; exopodite en lobe très court.
Pléopodes ///(fig. 3, D) biramés; endopodite large; sa région distale forme un angle
de 70° environ; exopodite plus étroit, dont le second artide porte une soie terminale.
Pléopodes IV (fig. 3, E) en massue, uniramcs.
Source : M.NHN, Paris
154
NICOLE COINEAU
Les Uropodes (fig. 3, A) ne sont pas visibles dorsalement. Ils se situent sous l’expansion
terminale en pointe du pléotelson, dans deux petites dépressions (fig. 3, B). Chacun se compose
d’un sympode aussi large que long qui donne naissance à 2 soies. A l’extrémité du sympode
on peut distinguer ime zone arrondie qui fait à peine saillie : il s’agit sans doute de l’exopodlte
très réduit, et richement pourvu en tiges pennées et en soies ordinaires. Par ce trait, M. aloufi
s’éloigne de M. libanicus et se rapprocherait plutôt de M. puteanus. Mais chez cette dernière
espèce, les uropodes sont terminaux, et donc visibles en vue dorsale.
Dans le détail des appendices, M. aloufi se rapproche beaucoup des deux espèces con¬
nues. Mais son habitus, et en particulier l’abscence d’expansions latérales au premier segment
thoracique, et l’expansion « caudale » terminale du pléotelson rendant invisibles dorsalement
les uropodes, en font une espèce distincte de ilf. puteanus et de M. libanicus.
2. DIAGNOSES PRÉLIMINAIRES D’ESPÈCES DU PACIFIQUE SUD
MICROCHARON Karaman
Nous devons la découverte des premiers Microcharon à Karaman en 1933. Dès 1940,
trois espèces des eaux souterraines yougoslaves décrites par Karaman sont connues. Deux
années plus tard, Chappuis recueille M. acherontis en Transylvanie. Toutes ces formes sont
dulçaquicoles. LÉvi (1951) retrouve le genre pour la première fois en mer (M. teissieri) non
loin de Roscoff. Peu après, une espèce saumâtre, M. mariniis est décrite du littoral méditer¬
ranéen, au Racou, par Chappuis et Delamare Deboutteville, ainsi qu’une espèce insulaire,
corse, d’eau douce, Af. sisypkus. L’aire de répartition du genre Microcharon s’étend donc peu
à peu. Une seconde forme marine est bientôt récoltée dans le benthos marin de la Manche, au
large de Plymouth (Spooner, 1959). Depuis 1963, on assiste à une multitude de découvertes :
le genre peuple non seulement la zone des Balkans, les deux rives de la Manche et l’Ouest des
côtes méditerranéeimes, mais aussi la côte portugaise, l’ensemble du littond du bassin occiden-
td méditerranéen, les eaux souterraines du Sud de la France, la Roumanie et la Bulgarie, le
littoral caucasien de la mer Noire, l’Asie centrale, et même les sables cordliens de la Nouvdle-
Calédonie.
La diagnose préliminaire de deux espèces néo-calédoniennes est donnée ci-dessous,
ainsi que celle du genre nouveau Parackaron, voisin de Microcharon, provenant de la même
région du Pacifique Sud
MICROCHARON HEIMI sp. n. *
Matériel étudié : 29 9,21 d et 14 jeunes. Mission Singer-Polignac. Récoltes de B. Sal-
VAT. Baie Saint-Vincent, 9-12-1961-B, sables corsdliens, par 4-5 m de fond et 7-12-1961, Fond
Blanc : 7 9, 9 cf, par 7-8 m de fond.
Diagnose préliminaire : M. keimi sp. n., espèce marine. Antennes I à 5 articles. Trois
soies pennées présentes à l’endopodite des pléopodes III. Très longue soie au méros des péréio-
podes; courtes griffes au dactyle. Pléotelson presque deux fois plus long que large. Pléopode
II femelle convexe entre les deux soies distales. Pléopode I mâle renflé dans la zone subapicale;
partie distale divisée en deux régions très chitinisées, onciformes du côté extérieur, et en deux
petits mamelons du côté interne. Pléopode II m^e : sympode relativement étroit de forme
irrégulière; exopodite particulièrement court; la pointe distale de l’endopodite recourbée vers
l’extérieur dépasse à peine l’exopodite, et n’atteint pas le sommet du sympode.
1. Cette courte diagnose n'a pas d’autre but que de nommer les MUrockaron, a&n de pouvoir nti-
liscr plus commodément les données biologiques qu’ils fournissent dans un prochain travail. Les de^ip-
tions précises et originales paraStront ultérieurement dans les comptes rendus de la Mission Singer-Polignac
en Nouvelle-Calédonie.
2. En respectueux hommage à M. le professeur R. Ueih, directeur de la Mission Singer-Polignac.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION i L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
155
MICROCHARON SALVATI sp. n. ‘
Matériel étudié : Mission Singer-Polignac. Récoltes de B. Salvat. Baie Saint-Vincent
9-12-1961-B, 4-5 m de profondeur : 5 c?, 7 9, 2 jeunes. Fond Blanc, 7-8 m de profondeur’
7-12-1961 : 7 d". ’
Diagnose préliminaire : M. salvati sp. n. Espèce marine. Antennes I à 5 articles dont
la longue soie pennée du second article ne dépasse pas le quatrième article. Endopodite du
pléopode III muni de 3 soies pennées; exopodite massif à soie subdistale. Très longues soies
caudales et pleurales au pléotelson. Deux courtes griffes d’importance inégale aux péréiopodes :
l’une épaisse, l’autre mince. Pléopode II femelle muni de 4 soies distales. Pléopode I du mâle
aux extrémtés coniques : sur la pointe du cône s’insère une très longue soie, entourée de trois
autres soies. Pléopode II du mâle : Tendopodite non terminé en pointe acérée m»;» en pointe
conique obtuse, n’atteignant pas la pointe du sympode.
Le tri des mêmes échantillons de sables coralliens ayant livré les deux espèces précé¬
dentes de Microcharon a également révélé la présence d’individus de taille plus réduite que
les Microcharon, appartenant à un genre nouveau, Paracharon, très proche de Microcharon.
PARACHARON gen. nov.
Corps allongé à bords latéraux non parallèles; péréion divisé en trois parties distinctes;
tête sans rostre ; yeux absents. Péréiopodes s’insérant ventrolatéralement (coxa visible en partie
dorsalement); P 1 non préhensile; dactyle à 2 griffes. Processus molaire de la mandibule coni¬
que. Pléopode I du mâle plus large à la base qu’au sommet.
liC détail de la morphologie de tous les appendices rapproche étroitement le genre
Paracharon de Microcharon. Par contre, les segments du péréion, nettement plus larges que
longs, à bords non parallèles, séparent nettement Paracharon de Microcharon; de plus, les
trois premiers segments thoraciques sont orientés vers l’avant de l’animal : ils sont plus étroits
du côté caudd que du côté rostral. Les trois derniers segments thoraciques s’orientent au con¬
traire dans le sens caudal, avec leur bord antérieur plus étroit que leur bord postérieur. Le
quatrième segment, médian, est étroit. Une autre différence majeure entre les genres Micro¬
charon et Paracharon est le niveau d’insertion des péréiopodes, dorsolatéral chez le premier,
ventrolatérd chez le second.
PARACHARON RENAUDAE sp. n. >
Matériel étudié : Mission Singer-Polignac. Récoltes de B. Salvat. Baie Saint-Vincent,
Nouvelle-Calédonie, 9-12-1961-B : 27 22 9, 15 jeunes, par 4-5 m de fond. Fond Blanc
Nouvelle-Calédonie, 7-12-1961 : 23 ", 12 çj, par 7-8 m de fond.
L’espèce cohabite avec Microcharon heimi sp. n. et M. salvati sp. n.
Diagnose préliminaire : P. renaudae, petite taille (de 0,63 à 0,82 mm). Le céphalon
est le plus large segment du corps. Segment abdominal libre très étroit. Le pléotelson offre
un renffement ter- minai garni de 2 soies minuscules. Anteimes I à 5 articles : soie pennée du
second article très courte. Maxillipède à épipodite rectangulaire; articles 2 et 3 du palpe
rdativement étroits (par rapport à Microcharon). Crêtes ciliées aux carpe et ptopode des péré¬
iopodes 1 à 4; 2 griffes courtes au dactyle. Pléopode femelle ovalaire, muni de 2 soies distales
médianes. Pléopode I mâle : étroit dans la zone médiane, il s’élargit dans la région subdistale
puis se rétrécit à nouveau : dans cette zone de rétrécissement se situe un mince processus en
crochet; partie terminale arondi^ ornée de 3 soies. Pléopode II mMe : exopodite bilobé;
endopodite en pointe trapue peu effilée qui dépasse de beaucoup le sympode. Pléopode III
1. Espèce ilédièe à B. Salvat qui a participé à la Mission Singer-Polignac, et rrcolté la macrofaune
et la microfaune'dont il m'a confié l'étude des Isopodes.
2. Espèce dédiée à M"’* J. Renaud Mornant qui a assuré le tri de l'ensemble de la mirrofaune
récoltée par B. Salvat en Nouvdie-Calédonie.
Source : MNHN, Paris
156
NICOLE COINEAU
de type MUrocharon, avec 3 soiesj pennées à l’endopodite. Présence de trois épipodites aux
péréiopodes 2, 3 et 4 des femdles. Uropode à sympode étroit (Margeur égale au 1/4 de la lon¬
gueur). Exopodite égal aux 2/5 de l’endopodite. Pas de soies pennées à l’endopodite.
L’intérêt de la découverte du genre Microcharon et de son genre voisin Paraekaron en
Nouvelle-Calédonie réside surtout dans le fait qu’elle étend considérablement l’aire de répar¬
tition du genre MUrocharon : celui-ci est nouveau pour le Pacifique et l’ensemble de l’hémis¬
phère austral.
3. ESPÈCES NOUVELLES DU DOMAINE EUROPÉEN
Durant ces dernières années, le Sud de la France a fait l’objet de recherches intensives
dans le domaine souterrain. Ainsi, une équipe du Laboratoire souterrain de Moulis, composée
de C. JUBERTHIE, L. JüBERTHIE-JüPAULT, F. LeSCHER-MoITTOUÉ, R. RoüCH, J. M. ThIBAUD
et □. Boü, recueillit, en août et décembre 1966, un remarquable matériel souterrain dans
l’Ardèche et dans le Gard. Ces prélèvements comportaient notamment des Isopodes et des
Amphipodes dont l’étude m’a été confiée
Comme dans la plaine du Roussillon, il existe le long de plusieurs cours d’eau de l’Ar¬
dèche et du Gard de nombreuses pompes puisant l’eau phréatique destinée à l’irrigation. La
plupart des récoltes ont pu être ainsi effectuées pat pompage; quelques puits ont également été
prospectés.
Par ailleurs Cl. Bou et R. Rouch ont mis récemment au point un nouvel appareil
permettant l’accès direct aux eaux souterraines peu profondes ; l’efficacité de cette méthode
est mise en relief par l’abondance de la faune recueillie; certains animaux, habituellement
récoltés en très petit nombre par les procédés habituels, ont pu être prélevés en grand nombre :
Ingolfiella en particulier. Une partie des échantillons étudiés dans la présente note a été obte¬
nue par ce nouveau procédé dans l’Ariège.
MICROCHARON JUBERTHIEI sp. n.
Matériel étudié : Saint-Alban-sous-Sampzon (Ardèche) : puits » auge en pierre » :
14 9, 4 cf, 3 jeunes (1 au stade postembryonnaire I, 2 au stade II); puits M. Coulomb : 5 Q,
4 d*, 1 jeune (stade I); puits jardin potager (1) : 1 9, 5 c?, 1 jeune (stade I); puits jardin potager
(2) : 1 d, 1 9; puits sableux : 1 d.
Diagnose' La longueur du corps varie entre 1,10 et 1,42 mm; la femelle est légèrement
plus longue et plus large que le mâle. Le céphdon est nettement plus large que long, et pré¬
sente une chétotaxie très simplifiée (fig. 4, C).
Antennes I (fig. 4, A). Comme chez toutes les espèces du genre, elles sont courtes; elles
comprennent 6 articles : toutes les espèces dulçaquicoles offrent 6 articles alors que les espèces
marines en offrent S, le cinquième et le sixième n’étant pas individualisés. L’artide basal,
robuste, porte 2 soies dont une pennée; 4 soies pennées et 2 normales sont issues de l’article 2;
la tige pennée distde implantée sur une apophyse, habituellement très longue, ne dépasse pas
les 3/4 de l’article suivant. Celui-ci montre une soie pennée distale, tandis que le quatrième en
possède 2 en plus d’une soie ordinaire. Au sommet du cinquième article s’insère un long bâton¬
net hyalin. Le dernier article présente une soie ordinaire et une longue soie pennée subdistaie,
et 2 soies distales et un très long bâtonnet hyalin terminal. La chétotaxie est donc calquée sur
le schéma habituel des formes dulçaquicoles.
Les antennes II, tronquées au niveau du cinquième artide lors des prélèvements, sont
munies de l’écaille caractéristique dépassant à peine i’artide porteur, ornée de 2 soies (fig.
4, B). Le labre est cilié sur la partie médiane de son bord libre.
1. Je remercie toute l’équipe de Moulis qui a participé à la Mission d’étude dans le Gard et dans
l’Ardèche de m’avoir transmis cet intéressant matériel.
Source - MM^N, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
157
A, antenne I; B, base de l’antenne II; C, céphalon en vue dorsale; D, labre; E, laUnm; F, niaxilte I; G,
maxille H, mandibule gauche; I, part tnciiieo et loctnùi mo&tlw de ia mandibnle gauche; J, maxil-
Upide.
Sourcx : MWHN, Paris
158
NICOLE COINEAU
Mandibules (fig. 4, H, I). Pars incisive tétradentée, ainsi que la lacinia mobilis de la
mandibule gauche. Entre le complexe incisif et la partie molaire s’insèrent 3 tiges dentées
puis 2 (à la mandibide gauche) ou 3 (à la mandibule droite) soies. La pars molaris se présente
sous l’aspect d’un cône terminé par 3 longues soies. Long palpe formé de 3 articles : article 1
glabre; article 2 muni de 2 épines; l’article 3 offre 2 crêtes ciliées précédant les 3 épines termi-
nales.
Maxilles J (fig. 4, F). Endite externe le plus large, armé à son bord distal de 11 épines
plus ou moins arquées; au bord externe prennent naissance une dizaine de fines soies et au
bord interne 3 longues soies; endite interne terminé par une épine entourée de 2 soies; quel¬
ques soies se répartissent au bord externe et sur sa surface.
Maxilles II (fig. 4, G) composées de 3 endites : l’interne un peu plus large que les autres
se termine par 5 longues épines; les 2 endites externes, un peu plus courts, offrent chacun 2 très
longues soies et 2 plus courtes.
Maxillipèdes (fig. 4, J). Basis élargi à partir de sa moitié supérieure; l’épipodite, large,
dépasse nettement le premier article du palpe. L’endite atteint le 1/3 du troisième article du
palpe; il porte 2 crochets au bord interne qui est replié sur lui-même jusqu’à la partie distale;
celle-ci est armée de 3 longues soies et 2 plus courtes très arquées ; surface de l’endite couverte
de nombreuses soies. Palpe de 5 articles, le second étant particiJièrement élargi, ainsi que le
troisième; la chétotaxie est classique : article 1, 2 soies apicales; article 2, 2 soies côté interne;
article 3, 3 soies côté interne, 1 distale côté externe; article 4, 3 soies; article 5,6 soies réparties
dans la zone terminale et 1 épine distale.
Le labium (fig. 4, E) comporte 2 lobes dont la marge distale s’ome de nombreuses soies.
Péréiopodes (fig. 5, G, H). Ils sont longs et grêles, ce qui se produit chez la plupart des
formes d’eau douce. Le basis, chez cette espèce est à peine plus large que les autres articles;
une soie normde et une pennée sur la crête tergale, plus la soie distale au péréiopode 1. Le
nombre de soies pennées passe de 1 à 3 au péréiopode 4. Ces soies se trouvent du côté caudal
pour les péréiopodes 5, 6 et 7, dirigés vers l’arrière, au nombre de 4, 4 et 1 respectivement.
L’ischion offre à tous les péréiopodes une épine sur la crête tergale et une soie (crête sternale)
opposées. Sur le méros, on trouve, sur P 1 à P 4, une grande épine et une très courte distales
à l’ange tergd; P 5 à P 7 ne possèdent que la plus longue; 2 soies à l’ange sternal à tous les
péréiopodes. Carpe : une seule soie subdistale côté rostral à P 1 (crête tergale); 2 soies subdis-
t^ea dont une tige pennée côté rostral sur P 2 à P 7 ; côté caudal (crête sternale) existe une soie
au niveau des 2/3 du carpe à P 1, une courte épine au même niveau de P 2 à P 5; P 6 et P 7
ne portent aucune épine au carpe. Le propode de P1 est garni de 3 soies subdistales, et 2 soies
distales. Sur tous les autres péréiopodes, il existe 2 soies subdistales dont une pennée sur la
rangée tergde et une petite épine et une soie distales rangée sternale. Le dactyle est pourvu de
2 griffes, la plus grande étant le double de l’autre; 5 soies s’insèrent au dactyle de P 1, 3 de
P2 à P4 et 2 de P5 à P7.
Pléotelson. La largeur du pléotelson atteint les 3/4 de sa longueur. Sa marge caudale,
de forme ovale, présente un petit lobe médian muni d’une courte soie impaire qui se retrouve
chez les espèces décrites ci-dessous. Mis à part cette exception, la chétotaxie du pléotelson
est normale et complète (fig. 5, A).
Pléopode I mâle. La partie distale est caractéristique par la régularité de son contoiur
rectangulaire ; 1 coiirte soie à l’angle distal, 3 (2 longues, une courte) disposées vers le 1/3 in¬
terne du bord dist^; 2 autres soies subdistales (fig. 5, B).
Pléopode II mâle (fig. S, C). Sympode à contour à peu près ovtd, avec un léger lobe dis¬
tal; exopodite en forme de lobe court; endopodite recourbé sur lui-même, se terminant par
une pointe aiguë, en biseau, dépassant de peu le sympode.
Pléopode II femelle (fig. 5, D) presque parfaitement circulaire, et dépourvu de soie.
Pléopodes ///(fig. 5, E). Endopodite en lobe volumineux; exopodite biarticulé à bord
externe lisse; l’artide distal se termine par une courte soie.
Uropodes (fig. 5, F). S)Tnpode deux fois et demi plus long que large. Exopodite égal à la
moitié du sympode. Endopodite beaucoup plus long que le sympode. 1^ longue soie près de
Source ; MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
159
FlG. s. — Microcharon jubtrlkiti sp. n.
A, pléotebon; B. pléopode I mâle; C. pléopode II maie; D, pliopode II femelle; E, pléopode ITI; F, uropode;
G. pérfiopode 1; H. périiopode 5.
Source : MNHN, Paris
160
NICOLE COINEAU
l’insertion de l’exopodite est caractéristique. L’exopodite s’insère presque à la moitié du 8ym<
pode; il ofifre 2 soies subdistales et 2 soies distales, particularité de l'espèce et d’une autre
espèce décrite ci-dessous. La chétotaxie de l’endopodite comporte 6 soies pennées et demeure
conforme au schéma habituel.
MUrockaron juberthiei sp. n. est proche des autres formes dulçaquicoles, et en particu¬
lier de M. orghidani Serban de Roumanie et de M. hercegovinensis Karaman de Macédoine.
M. juberthiei se distingue par la tige pennée du second article des antennes I très courte, par
i’endite des maxillipèdes court, n’atteignant même pas le 1/3 du troisième article du palpe.
Le pléotelson étiré en ovai dans sa région caudale, terminé par un petit lobe médian nanti d’une
soie impaire caractérise l’espèce. Les pléopodes I mâles ressemblent étroitement à ceux de
M. hercegovinensis. Par contre, le pléopode II femdle est très caractéristique par sa forme
circulaire, dépourvu de soie. Uropodes au sympode court muni d’une très longue soie au
bord externe et à l’exopodite armé de 4 soies caractérisent également M. juberthiei sp. n.
MICROCHARON JUBERTHIEI RAMOSUS ssp. n.
Matériel étudié : Saint-Hilaire de Brethmas (Gard) : puits M. Jeune : 4 d', 8 9; 1
jeune 9; pompe n° 3 : 3 9 dont 1 jeune; pompe M. Gasquel : 1 9. Les tavernes (Gard) :
pompe pont SNCF : 1 9; pompe champ de maïs : 2 9, 1 (?).
Diagnose. La taille de l’animal est comprise entre 1,07 et 1,34 mm, la femelle attei¬
gnant une plus grande longueur que le mâle.
L’habitus reproduit exactement celui de M. juberthiei. Afin de ne point alourdir l’ex¬
posé, seules les différences avec l’espèce type seront évoquées ci-dessous.
Antennes I (fig. 6,A). L’ensemble des 4 derniers articles est plus court que chez Af.
juberthiei et la tige pennée distale de l’artide 2 est un peu plus longue puisqu’elle dépasse
légèrement le sommet de l’article 3. Le canevas chétotaxique reste identique dans les deux cas,
sauf chez le m^e : les antennes I font l’objet d’un caractère sexuel secondaire observé pour la
première fois dans le genre Microcharon : la femelle o&e ime chétotaxie tout à fait seinblable
à celle de M. juberthiei et en particulier avec la présence d’un seul bâtonnet hyalin distal i
l’artide 5; chez le mide, cet article est renflé en une saillie distde sur laquelle s’insèrent 3 (un
cas) ou 4 (3 cas) bâtonnets hydins, d’où le terme de ramosus qui désigne la sous-espèce. Une
seconde différence réside au niveau du premier pléopode mâle (fig. 6,B) : les angles distaux
externes sont un peu plus arrondis et le bord distal est légèrement indiné au lieu d’être à 90°
avec le bord externe. Le pléopode est plus court que celui de M. juberthiei : la partie située
entre les soies subdistales et distales est comprise 5 fois dans la longueur totale du pléopode de
la sous-espèce, et 6 fois dans cdle de l’espèce. Les pléopodes II mâle et femelle sont identiques
à ceux de M. juberthiei (fig. 6, C,D).
MICROCHARON DOUETI sp. n. >
Matériel étudié ; Les • Cent Fonts » (Hérault), R. Rouch rec., février 1966 :1 jeune t?.
D’autre part, 32 9, 29 <S et 11 jeunes ont été recueiUis aux résurgences et dans des siphons
les 1®', 8 et 15 décembre 1967 et les 5, 20 et 26 janvier 1968 par M“« JuBEBTBiE.
Diagnose. Cette espèce est proche de M. juberthiei par la plupart de ses traits; seules
les différences seront donc énoncées.
Antennes I (fig. 7,B). Elles sont plus élancées chez l’espèce id décrite : les deux pre¬
miers artides, moins larges que chez M. juberthiei, ont une longueur totale supérieure. Par
contre, les 4 derniers artides réunis atteignent la longueur du premier artide seul. Pour M.
juberthiei, les proportions sont : longueur du premier artide = longueur des artides 3,4 et 5
réunis. La tige pennée distale de Tartide 2 ne dépasse pas l’artide 3.
1. Donet — résurgence.
Sowce ; HhSHN, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
161
564033 6
Source : MNHN, Paris
162
NICOLE COINEAÜ
Fie. 1. — MUrocharon deutti ap. &.
A. maxiUipède; B, antenne I; C, pléopode I mâle; D, pléopode II femelle; E, pléopode II mâle.
Source : MNHN, Paris
163
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
MaxiUipedes {6g. 7,A). Le basis est plus large dans sa partie inférieure que celui de
M.juberthiei, et U est garni de courtes soies sur sa surface. L’épipodite atteint à peine le som-
met de 1 article 1 du palpe; le bord distal, très oblique, n’offre que 3 longues soies- toute la
si^ace de l’endite est ornée de courtes soies. Le palpe est un peu plus trapu que celui de
M. juberthiei (articles 2 et 4 plus courts).
Pléopode I mâle (6g. 7,C). L’aspect est très diflférent de celui de M. juberlhiei ■ les andes
distaux externes sont étirés en direction distale de sorte que le bord terminal du pléopode est
très oblique; la soie située dans l’angle distal chez M. juberthiei est déportée à l’aplomb de la
soie subdistale la plus externe.
Pléopode II mâle (6g. 7,E). Le sympode se rapproche de cdui de M. juberthiei c’est-
à-dire qu il s mscnt dans un oval dont la partie distale s’allonge en un lobe. L’endopodite se
termine par un stylet très acéré beaucoup plus 6n que celui de M. juberthiei et dépassant de
beaucoup le sympode. la pléopode U femelle est égtdement circulaire.
Le Pléopode lll offre un endopodite très allongé deux fois plus long que large Le pre¬
mier article de l’exopodite est aussi très long; une soie distale au second artide. Les exemplai¬
res récoltés sont tous amputés des uropodes, des antennes II et des péréiopodes.
MICROCHARON ROüCHI sp. n.
Cette espèce a été tout d’abord récoltée au Pays basque par R. Rouen, puis en diffé¬
rents pomts du sous-écoulement du ruisseau Lachein, dans l’Ariège par R. Rouen et Q. Bou.
Matériel étudié : Gorges de Kakouetta (Basses-Pyrénées), mai 1965 :2 9,1 c?, 2 jeunes
(S (stades II et III), leg. Rouen. Béhérobie, Nive, affluent de l’Adour, au Sud de Saint-Jean-
Pied-de-Port (Basses-Pyrénées), 25-4-1966 : 1 9 et 1 jeune c? (stade II), leg. Rouen. Bois
Ascarray, gave de Laran (Basses-Pyrénées) : 1 9, 1 jeune (sude II), leg. Rouen. Ruisseau
Lachein (Ariège), pompages dans le « sous-écoulement », 44-1967 (à 10 m d’une résurgence et
à 800 m en avtd de la même résurgence : 19 â, 21 9 (dont 15 présentent des oostégites), 2
jeunes 9 (stade II). Ce deuxième pompage a donné en même temps que le genre Microcharon,
2 Salentindles et 39 Ingolftella.
Ia description de cette espèce est basée sur le matériel des Basses-Pyrénées.
L’aspect général rappelle celui de M. juberthiei; le segment du corps le plus large est
le pléotdson.
Antennes I (6g. 8,A). La plupart des exemplaires, en très mauvais étet, en sont dépour¬
vus. Les 2 premiers articles sont relativement étroits et longs pour le genre. Les 4 derniers
articles atteignent presque la longueur du premier. La chétotaxie est cdle que l’on trouve chez
la plupart des espèces bien décrites : notons la présence d’une tige pennée supplémentaire au
premier artide. La tige pennée distde du second artide est courte : elle ne dépasse pas les
3/4 de l’artide suivant.
Antennes II 8,C). Elles sont rompues au niveau du quatrième artide. Écaille anten-
naire du troisième article munie de 2 soies situées aux 3/4 de celle-ci.
Mandibules. Pars incisiva et lacinia mobilis de la mandibule tétradentée. Juste en
dessous, on trouve 2 lamdles festonnées puis 2 soies à la mandibule gauche, et 3 soies à la
mandibule droite. Processus molaire conique, terminé par 3 soies. Palpe triarticidé sans carac¬
tères originaux : le troisième artide offre 3 épines seulement précédées de deux crêtes ciliées
(6g. 8,D,E).
Maxilles I (6g. 8,F). La marge distale de l’endopodite externe est armée de 9 fortes
épines plus une plus petite. De longues soies sont disposées régulièrement le long du bord
externe. Endite interne court, terminé par une touffe de 6 soies subdistales, et une épine dis¬
tale; qudques soies réparties au bord externe.
Maxilles II (&g. 8,G). Les endites externe et médian portent chacun 3 longues soies
termindes ; l’ehdite interne se termine par 6 soies distales, et une longue soie subdistale. 6 soies
disposées par 3 au bord interne.
Source : MNHN, Paris
164
NICOLE COINEAU
A, antenne 1; B, maxillipède; C, baae de l’antenne II; D, mandibule gauche; E, extrémité du palpe de la
mandibule; F, maxille I; G, maxille II; H, pléotelaon.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
165
Maxillipèdes (fig. 8,B)- Basis rdativement étroit. L’épipodite atteint h peine le sommet
de l’article 1 du palpe. Endite muni de 2 crochets au bord interne inférieur : sa surface est
garnie de soies, et sa marge distale bilobée offre 3 longues soies au lobe externe, et plusieurs
soies minuscules au lobe interne. Le ptdpe, renflé au niveau des articles 2 et 3, prend l’aspect
habituel aux Microcharon, et sa cbétotaxie reste conforme à la normale : l,l-0,2-3,l-4-6.
Péréiopodes (fig. 9,E,F). Ils n’ont pu tous être examinés, car les individus récoltés en
ont généralement été amputés. Læs péréiopodes antérieurs qui restent n’o&ent aucune diffé¬
rence avec ceux de M. jubertkiei, mise à part la longueur de la plus grande griffe qui est encore
plus longue que chez l’espèce de l’Ardèche.
Pléotelson. 11 est le plus large segment du corps. Son contour général diffère de celui
de M. juberthiei par exemple chez qui on trouve la même largeur entre les soies TpL et Tpi,.
Chez l’espèce ici décrite, la plus grande largeur se situe légèrement au-dessus du niveau des
tiges pennées. M. rouchi présente égdement une soie impaire dorsde dans la zone la plus cau¬
dale qui ne se différencie pas ici en un lobe : elle se termine par un an^e mousse d’environ
120". La chétotaxie est la même que dans le cas de M. jubertkiei (fig. 8,H).
Pléopode I mâle. Il est très caractéristique par sa zone distde dont la marge est nette¬
ment divisée en deux parties : la partie interne rectiligne, sur laquelle s’insèrent les 3 soies
distales, et la partie externe arrondie en un lobe qui élargit le pléopode (fig. 9,B).
Pléopode II mâle (fig. 9, A). Sympode à contour distal ovalaire. L’endopodite recourbé
sur lui-même ne se termine pas par im étroit stylet, mais par une partie peu effilée et relative¬
ment large pour le genre; l’extrémité est une pointe peu aiguë.
Pléopode IIfemelle aussi long que large, aux bords arrondis, sans aucune soie (fig. 9,C).
Le pléopode III est un caractère distinctif de l’espèce : endopodite relativement long
(2 fois plus long que large) ; l’exopodite offre, sur toute la longueur de ses deux articles un bord
externe garni de courtes soies.
Les uropodee, tombés, n’ont pu être examinés.
Les formes récoltées dans l’Ariège (sous-écoulement du ruisseau de Lachein) sont des
représentants de M. rouchi (fig. 10). Ils reproduisent les mêmes caractères que ceux du Pays
basque. On peut noter quelques minimes différences en ce qui concerne les antennes I aux
bâtonnets hydhns un peu plus longs; la tige pennée dist^e du second article est par contre
légèrement plus courte. Au maxillipède, l’endite et l’épipodite arrivent au même niveau du
palpe que chez les exemplaires basques. La division en deux lobes se manifeste, mais ici, le
lobe externe est muni, en plus des 3 longues soies, d’une courte et large tige, et le lobe interne
de 2 de ces tiges.
Les griffes des péréiopodes sont un peu plus courtes. La plus grande largeur du telson
se situe égsJemenl au niveau des soies T pl3. Les pléopodes I et II mâles sont absolument iden¬
tiques à ceux des populations du Pays basque. Ces deux derniers critères étant d’importance
primordiale dans la systématique du genre Microcharon, il semble justifié d’adopter pour les
populations ariégeoises le même statut taxonomique que pour celles du Pays basque. Il est
probable que la même forme existe le long des cours d’eau des Hautes-Pyrénées.
Le pléopode III (fig. 10,H) est également caractérisé par le bord cilié de l’exopodite;
le second article est un peu plus long que dans le cas des formes des Basses-Pyrénées. Quelques
individus de l’Ariège possèdent encore les uropodes. Ceux-ci représentent un autre caractère
différentiel de l’espèce. Le sympode, extrêmement court, dépasse de U moitié de sa longueur
seulement le pléotelson (fig. 11). Aucune autre espèce connue ne possède des uropodes au sym¬
pode aussi court.
Microcharon rouchi sp. n. se distingue des formes décrites jusqu’à m ain tenant par les
pléopodes I et II mâles, ainsi que par le bord cilié de l’exopodite des pléopodes III : cette parti¬
cularité n’est signalée chez aucune autre espèce. Iæs uropodes, au sympode très court, caracté¬
risent aussi bien l’espèce.
Source : M.NHN, Paris
166
NICOLE COINEAU
Fie. 9. — MUrocluiron rouchi gp. n. (Payg bagque)
A pl^opode II mâle; B, pléopode I mile; C, pliopode II femelle; D, pléopode III; E, péréiopode 1; F, péTéio-
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
167
Fig. tO. — Microtharon rottchi (ruisseau Lachein, Ari^e)
A, mandibule (boite; B, mandibule gauche: C, antenne I; D, pliotelson; E, pléopode II femelle; F. pléopode
II mâle; G, pUopode I mâle; H, pliopode III.
Source : MNHN, Paris
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NICOLE COINEAU
Fie. 11. — MUrocharon rouehi (ruiueau Lachein, Aiiège), Uropode
MICROCHARON BOUI sp. n.
L’espèce décrite ci-dessous a été récoltée par Cl. Bou, dans un puits à AIbi (Tarn) :
puits Mazicou.
Matériel étudié : 29 d, 59 Q, 23 jeunes (9 au stade I, 8 au stade II, 5 au stade III et 1
au stade IV).
Diagnose. L’animd est relativement long; les mâles mesurent jusqu’à 1,76 mm et les
femelles jusqu’à 1,87 mm.
Antennes / à 6 articles. L’ensemBle des 4 derniers articles atteint la longueur du pre¬
mier article seul. Comme dans le cas de M. roucki, la tige pennée distale du second article est
très courte (elle arrive à peu près au niveau du milieu de l’artide suivant). La chétotaxie d’en¬
semble est la même que cdle des espèces décrites ci-dessus. Chez la femelle (fig. 12,C), on
compte un bâtonnet hydin distal au dnquième artide, relativement court, et un autre bâton¬
net hyalin distal plus long au dernier artide. Le mde manifeste une différenciation sexuelle
secondaire remarquable (fig. 12,B) : on trouve à l’article 5 une demi-couronne distde de 8
longs bâtonnets hyalins disposés sur ime proéminence de l’article. Chez les mâles de grande
taille, il y a 8 bâtonnets, les mâles moyens en possèdent 5 à 7. Un caractère sexuel de même type,
moins accentué se remarque chez M. jubertkiei ramosus du Gard (voir d-dessus).
Antennes II (fig. 12,D). L’écaille du troisième artide est id arrondie en son extrémité,
et porte 2 soies subdistales; cette écaille n’atteint que la moitié de l’artide suivant.
Mandibules (fig. 13,A). Pars incisiva à 4 dents, l’une des dents médianes étant plus
développée que les dents adjacentes; lacinia mobilis, à la mandibule gauche, tétradentée éga¬
lement. Juste au-dessous, s’insèrent 2 lamelles festonnées, puis 3 longues soies. Processus mo¬
laire conique, court, muni de 3 soies distales. Le pdpe triarticulé, est remarquable par la
longueur du troisième artide qui dépasse les 3/4 du second artide. Les 2 épines de ce dernier
sont fort longues; 3 épines à l’artide terminal.
Maxilles I (fig. 12,E). L’endite externe est armé d’une rangée de 10 épines distales en
plus de 2 courtes soies subdistales; le bord externe of&e une série d’une dizaine de longues
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
169
Fig. 12. — MUroeharon bout sp. n.
A, inæüllipide;.B, antenne I du mâle; C, antenne I de la femelle; D, base de {'antenne II; E, maxUle I;
F, maxille II.
Source : MNHtJ, Paris
170 NICOLE COINEAU
Fie. 13. — MUroduiron boni »p. n.
A, mandibule droite; B. par$ ineUiva ; C, lacinia mofrtiû de la mandibule gauche; D, pléotelson; E, pléopode
II femelle; F, pléopode III; G, pléopode II mâle; H, terminaieon de l’en^podite du pléopode II
I mâle; L piâopode I mâle.
Sourex : M.NHN, Paris
CONTRIBUTION i L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
171
soies raides; eodite interne terminé en pointe : 2 soies au bord externe, 2 épines distales, et 2
ou plusieurs soies au bord interne.
Maxilles II (fig. 12,F). Endite externe le plus court et le plus étroit. Il porte 3 longues
soies distdes. Endite médian terminé par 4 soies (2 courtes et 2 longues). Endite interne, le
plus robuste, muni de 4 soies distales, et au bord interne, de 2 groupes de soies.
Maxillipède (fig. 12,A). Il se distingue de celui de M. roucki par exemple, par la lon¬
gueur de l’endite qui dépasse largement le second article du pdpe, lui-même pourtant très
haut. L’endite dont la surface est garnie de soies, porte 2 crochets au bord interne, 3 longues
soies au bord distal en plus de quelques très courtes soies, Le pdpe ne présente aucune parti-
cidarité; chétotaxie ; l,l-0,2-3,l-4-6.
Péréiopodes (fig. 14,A,B). Us sont grêles et longs comme chez les autres espèces d’eau
douce. lcd, la longueur est encore augmentée par celle du propode et du carpe. Basis peu renflé,
portant une petite soie distale, et sur la crête tergale, une soie et une courte tige pennée à P1,
une soie et 4 tiges pennées à P 2, P 3, P 4, et P 5, et aucune soie à P 6 et P 7. Sur l’ischion,
on trouve l’épine de la crête tergale et la soie, opposée, de la crête sternale. Méros : une épine
distale opposée à 2 soies (sauf sur P 6 et P 7 ou n’existe qu’une soie). Carpe o&ant une soie
aux 3/4 de la crête tergde à P1 et une épine aux autres péréiopodes; sur la crête stemde, une
FiG. 14. — Microeharon boui sp, n.
A, péréiopode 7; B, pétéiopode 4; C, uropode.
Source : MNHN, Paris
172
NtCOLE COINEAU
soie subdist^e à P 1 et une soie et une tige pennée subdistales sur P 2 à P 7. Propode long et
étroit, muni d’une petite soie médiane à tous les péréiopodes; une soie subdistde sur la rangée
tergale, une sur la rangée sternale, et 2 soies distales sur tous les autres péréiopodes, une tige
pennée et une soie subdistale sur la crête tergale, et une épine et une soie distale. Dactyle
présentant 3 soies sur tous les péréiopodes (sauf P1) et 2 griffes dont une fort longue; 2 très
longues soies dépassent la plus longue des deux griffes.
Le pléotelson (fig. 13,D) offre un aspect polygon^ dont les angles sont à peine arrondis.
La chétotaxie le rapproche de celle de M. roucki par exemple. La soie impaire distale est pré*
sente.
Pléopode I mâle (fig. 13,H). Il est très caractéristique : il s’âargit en son sommet où il
devient aussi large qu’à sa base. Cette zone distale très élargie est régulièrement arrondie aussi
bien dans ses angles que sur sa marge. 2 soies à la marge distale, plus une longue soie subdistale
et une plus ténue. 2 soies situées aux 3/4 du pléopode.
Pléopode II mâle (fig. 13,G). Il est ég^ement très caractéristique de l’espèce. Le sym-
pode assez régulièrement ov^, sans lobe distal; exopodite très court; endopodite trapu, re¬
courbé sur lui-même, puis s’amincissant légèrement, et terminé non pas par une pointe en bi¬
seau, mais par une pointe mousse encadrée de 2 petits bourrelets.
Pléopode IIfemelle (fig. 13,E) arrondi, plus large que long, dépourvu de soie.
Pléopode III (fig. 13,F). L’exopodite dépasse l’endopodite ; le second article offre
l’aspect d’un demi-croissant muni d’une soie distale.
Uropodes (fig. 14,C) bien développés. La longueur de l’exopodite est comprise deux fois
et demie dans celle de l’endopodite, et deux fois dans celle du sympode qui est de taille supé¬
rieure à celui de M. juberthiei par exemple. Comme chez cette dernière espèce, une longue soie
s’insère près de la base de l’exopodite. Les2 soies de part et d’autre delà naissance de l’endopo¬
dite sont également fort longues. L’exopodite comporte 4 soies comme chez M. juberthiei.
L’endopodite est plus long que chez cette dernière espèce. Il est pourvu de 8 tiges pennées et de
7 soies ordinaires. M. boui sp. n. se distingue des espèces déjà décrites par la conformation de
ses pléopodes et par le caractère sexuel secondaire qui porte sur les antennes I. Par ailleurs,
l’espèce est très proche de toutes les autres dont elle ne se différencie que par des détails minimes.
4. DISCUSSION. LES ESPÈCES DU GENRE MICROCHARON
Le genre Microcharon comporte actuellement 17 espèces, 6 sous-espèces et 2 formes
incertae sedis :
M. stygius Karaman, 1953, eaux souterraines de Yougoslavie;
M. latus Karaman 1933, eaux souterraines de Yougoslavie;
M. profundalis Karaman 1940, eaux souterraines Yougoslaves (Skoplje);
.M. profundalis kumovensis Karaman 1940, Kumanovo, Yougoslavie;
M. profundalis beranensis Karaman 1940, Berane, Yougoslavie;
M. acherontis Chappuis 1942, massif Bihar, Transylvanie;
M. tessieri Levi 1951, dragage marin peu profond, Roscoff, France;
M. sisyphus Chappuis et Delamare 1954, nappe phréatique, ruisseau San-Pietro,
Corse, France;
M. marinas Chappuis et Ddamare 1954, plages littorales du Roussillon et de Corse,
France; Amalfi, It^e; de Sardaigne; plages méditerranéennes du Maroc; plages portugaises;
M. stygius hellenae Chappuis et Delamare 1954, puits forés, lac Karias, Grèce;
M. major Karaman 1954, Macédoine;
M. latus prespensis Karaman 1954, source, Yougoslavie;
M. hercegovinensis Karaman 1959, eaux phrératiques à Lastva, Macédoine, rivière
Trebinjcia, Herzégovine, Yougoslavie;
M. harrisi Spooner 1959, psammique marin au large de Plymouth, Angleterre;
M. angelieri Coineau 1963, nappe phréatique Tech, pompages, France;
M. kirgkisicus Jankowskaya 1964, puits bord lac Issyk-Kul (Nord-Tien-Shan Asie
centrale) ;
Source : MNHN, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE 173
M. motasi Serban 1964, nappe phréatique vdlée du Néra et affluent du Minis, Rou¬
manie;
M. orghidani Serban 1964, puits village Ponor, près Hateg, Roumanie;
M. oltenkus Serban 1964, nappe phréatique du Motru-Mare, Oltenia, Roumanie;
M. apolloniacus Cvetkov 1964, eau qui sourd des massifs à pic de la baie Korania,
bord mer Noire, Bulgarie;
M. tkracicus Cvetkov 1965, puits, sources, eaux phréatiques des cours d’eau, Thrace;
M. eurydici Cvetkov 1965, puits, sources, eaux phréatiques des cours d’eau, Thrace;
M. tantalus Birstein et Ljovuschkin 1965, bancs sable et gravier rivière Mzgint, littoral
caucasien;
M. Aa/opAi/us Birstein et Ljovuschkin 1965, eau saumâtre (11,680/00), lac d’une grotte
de Kaptar-Khana, Asie centrale;
M. phlegethonis Cvetkov 1967, sources et puits, Vditchkovo, Sevlievo, Roussé, Bul¬
garie;
M. heimi sp. n. Coineau, sables coralliens (5 à 9 m), Nouvdle-Calédonie;
M. salvati ap. n. Coineau, sables coralliens (5 à 9 m), Nouvelle-Cdédonie;
M. juberthiei sp. n. Coineau, nappe phréatique (Ardèche), pompages, France;
M. juberthiei rarMsus Coineau, nappe phréatique (Gard), pompages, France;
M. doueti sp. n. Coineau, résurgence Cents Fonts (Hérault), France;
M. rouchi sp. n. Coineau, eaux souterraines Pays basque et Ariège (ruisseau Lachein),
France;
M. boui sp. n. Coineau, puits, Albi (Tarn), France.
L’élaboration d’une clef de détermination n’offire qu’un intérêt relatif, car bien peu
d’espèces possèdent plusieurs, ou même un seul caractère nettement tranché qui les isole des
autres espèces; chaque espèce représente plutôt, pour l’instant du moins, une combinaison
de caractères dont un ou plusieurs peuvent se retrouver chez une autre espèce.
La détermination d’un Mkrockaron doit comporter nécessairement la consultation
de la description originale. Les principaux critères valables sur lesquds le systématicien peut
s’appuyer sont les suivants :
— proportions relatives des segments du corps, et en particulier, cdles du pléotelson;
— antennes I : nombre d’articles et longueur de la soie pennée apicale de l’article 2 ;
— ornementation distde de Tendite du maxfflipède;
— morphologie et chétotaxie du pléopode I mâle, du pléopode II mMe et femelle, et
du pléopode III;
— uropode : longueur relative des sympode, exo et endopodite.
Parmi les 27 espèces du genre Microcharou, il est possible de distinguer deux groupes
bien différenciés :
D’une part, les espèces marines, dont les antennes I se composent de 5 arddes; on trouve
une soie pectinée à l’endite des maxilles II ; leurs pléopodes III possèdent un endopodite muni
de 3 tiges pennées; les griffes des dactyles des péréiopodes sont courtes. Parmi ces 4 espèces
qui vivent dans le benthos marin, M. tessieri et M. heimi ont un pléopode femdle pourvu
de 2 soies, tandis que M. salvati et M. harrisi offrent 4 soies à ce même pléopode. Mis à part
ce détail, M. tessieri et M. harrisi qui vivent, l’un sur la rive française, l’autre sur la rive bri¬
tannique de la Manche, sont très voisines. Les deux espèces néo-c^édoniennes, au contraire,
ont relativement beaucoup moins de points communs.
D’autre part, les espèces dulçaquicoles ont des antennes I à 6 articles ; la soie pectinée de
l’endite des maxilles II est absente; l’endopodite du pléopode III reste ^abre; dactyles aux
griffes très longues, surtout la griffe principale. Parmi ces espèces fréquentant les eaux douces,
toutes les espèces continentales françaises {M. angelieri, M. juberthiei, M. doueti, M. rouchi,
et M. boià) plus M. acherontis de Macédoine, ne possèdent pas de soie au pléopode II femelle.
M. marinus et toutes les formes yougoslaves, bulgares, roumaines et d’Asie centrale
ont un pléopode II femelle muni de 2 soies, tandis que M. major en possède 4.
Espèces dulçaquicoles ayant un pléopode II mâle dont le sympode possède une extré¬
mité distale étirée en pointe : M. stygius, M, motasi, M. orghidani, M. appoloniacus, M. olte-
meus, M. thracicus, M. phlegethonis, M. major, M. hercegovinensis.
Source : MNHN, Paris
174
NICOLE COINEAU
Espèces dulçaquicoles ayant un pléopode II mâle dont le sympode eet arrondi à son
extrémité : M. juberthiei, M. rouchi, M. boui, M. doueti, M. angelieri, M. halopkilus,
M. kirghisicus, M. sisypkus, M. tantalus, M. acherontis, M. latus.
M. marinus marque une étape intermédiaire : son sympode s’inscrit dans un rectangje
qui est légèrement édré en pointe vers son bord distal interne.
L’ensemble des deux caractères invoqués ci-dessus tend à montrer qu’il existe peut-être
deux contingents évolutifs parmi les espèces d’eau douce :
— le groupe des espèces françaises condnentales, auquel se joint M. acherontis (pléo¬
pode II femelle sans soie, pléopode II mâle à sympode arrondi);
— le groupe des formes provenant de Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie (pléopode II
femelle avec soies, pléopode II mâle au sympode édré);
— les formes intermédiaires (pléopode II femelle avec soies, pléopode II m^e au
sympode arrondi) se situent à l’Elst de cette zone : M. halophilus, M. kirghisicus, M. sisyphus,
M. tantalus (plus M. latus).
Parmi les formes françaises, il est intéressant de remarquer que M. boui et M. rouchi,
vivant à la périphérie du réseau hydrographique du bassin aquitain, marquent la même ten¬
dance à avoir un pléopode II mâle élargi en son extrémité. Ceci indique probablement un
certain degré de parenté (Artenkreis?).
Ces considérations montrent combien le genre Microcharon reste homogène. Son aire
de répartition, tout d’abord limitée au pourtour du bassin méditerranéen, s’est considérable¬
ment étendue à la suite des dernières découvertes : littor^ portugais (Galhano, 1966), psam-
mique marin britannique (SPOONER, 1959), nappes phréatiques des cours d’eau des Basses-
Pyrénées et de l'Ariège (Coineaü, ci-dessus), Êttorai méditerranéen du Maroc (Coineau),
littoral Est de la mer Noire (Birstëin et Ljovuschein, 1965), Asie centrale (Jankowskaya,
Birstein et Ljovdschkin), Nouvdle-Calédonie (Coineau, sous presse). Mais elle demeure
encore restreinte par rapport à celle d’autres genres menant le même mode de vie, comme
Mkrocerberus, ou Bogidiella par exemple.
Le genre Microcharon apx>artient à la petite famille des Microparasellidae. Celle-ci fut
ciéée par Karaman en 1934 pour les genres Microparasellus et Microcharon. EUe enrobe
également le genre Angeliera, Chappuis et Delamare 1954; Paracharon, très proche de Micro-
charon, se range aussi dans la même famille.
L’autonomie des Microparasellidae en temps que famille très proche des Janiridae, est
admise par différents auteurs : Karaman, Birstein (1951,1961), Chappuit et Delamare(1954,
1956), Delamare (1960), Coineau (1962), Birstein et Ljovuschkin (1965). T. Wolff, en 1962,
montre à l’aide d’exemples précis, que chacun des caractères invoqués pour fonder cette famflle
peut se retrouver chez l’un ou l’autre genre des Janiridae. Il fait entier les genres de la famille
des Mieroparasellidae dans celle des Janiridae. Il est exact que quelques caractères de la dia¬
gnose des Microparasellidae ne sont pas propres à cette famille seulement : mais il s’agit dans
tous les cas d’un seul ou de deux caractères communs aux Microparasellidae et à tel ou tel
genre de Janiridae. Il en est de même d’ailleurs pour les genres d’autres familles dont Wour
accepte l’indépendance.
Les Microparasellidae sont caractérisés par une combinaison de caractères dont res¬
semble seulement est spécifique de cette famiUe.
Microparasellidae Karaman ; Parasellidae de petite taille (jusqu’à 2,6 mm) au corps
très dlongé, à bords latéraux parall^es ou non, dé pourvus d’yeux; un segment pléonal libre.
Processus molaire de la mandibiüe conique, ou absent, jamais subcyclindrique. Péréiopodes I
non préfaensibles; dactyles des péréiopodes à 2 ou 3 griffes. Pléopode I mâle plus large à la
base qu’à l’extrémité, les angles distaux externes peu ou pas étirés vers l’extérieur; quatrième
pléopode uniramé ou absent; mnquième pléopode absent. Genres Microparasellus, Miaocha-
ron, Angeliera, Paracharon.
Source : MI\IHN, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
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Source : MWN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTEHSTITIF-LLE
177
CHAPITRE II
AMPHIPODES
1. GAMMARIDAE
A. SALENTINELLA Ruffo 1947
Le genre SaltntintUa (Gammaridae) fut découvert dans les eaux souteiraines saumâtres
d’une grotte des Pouilles, ta Péninsule Saienüna, en Italie {S. gracillima Ruffo 1947). ü fut
msuite retrouvé en Corse par Ancelier dans les eaux douces interstitielles peu profondes de
la Casaliina (5. angelieri Ruffo et Delamare 1952). 5. angelieri vit également dan« U» eaux des
grottes de Grèce méridionale, ainsi qu’en Sardaigne et aux Baléares. En 1955, Ruffo met en
synonymie S. denticulaUi Baschieri Salvadori des grottes du mont Argentario en Italie avec
5. angelieri, et d décnt en même temps, S. angelieri pisana de plusieurs grottes des monts
Pisani en Toscane. S. gratillinM halcanica décrite par S. Karaman des eaux saumâtres de
Dubrovnik et des eaux douces des grottes de Cavtat en Yougoslavie, n'est pas conrid^é comme
appartenant à l’e^èce P. gndiUma, mais à S. Angelieri par Gordan S. Karaman. Dam Im
.Ûpes maiitiitK» ibdieanoA, S,/rancitcoloi fréquente les eaux douces de U grottede •Orsoodd
Poggio » dans la commune de Ormea. En France, au fur et à mesure que les investigatkaw
s’étendent dan.« de nouveUes régions, de nombreuses Salenrinelles voient le jour. Après 5. gi~
aeti Balazuc 1%7 de U grotte CaujoUe des Pyrénées ariégeoises, est découverte 5. delomarâ
Coineau en 1962 dans la nappe phréatique profonde du Tech, puis S. petili Cmneau en 1963
ituns un poits des bwds de IT^ en Dordogne. Peu après, Basbé décrit S. prognatha 19tô
qui vit égaleanent dans la grotte Caujidle de l’Ariège. En 1965, le même auteur puldie la deserip>
bon de 5. major dn griffon d’alimentation du lavoir de Valence d’Agen (Tan-et'Garotme).
Cette deimère forme est la ydus grande e^ièce connue du genre Salentineüa. Elle a été retrou¬
vée TécemmeDt dans TAriège par O. Boc. Trois formes décrites ci-dessous, ont été découvertes
par rêquipe de MouRs dans les eaux souterraineK du Gard, et de l’Ardèche.
SALENTINEllJi LESCHERAE sp. n. *
Stations : les Tavernes (Gard, nappe du Gardon d’Alés), pompe M. Méjeaa, 3 exetu*
plairm; pnils u champ de maïs 1 individu, décembre 1966: pompe pont S.N.C.F.. 1 individu;
Saint-HHaire (Gard), 3® pompe, 2 exemplaires.
L’e^>èce cohabite avec S. juberûiieae dans la nappe phréatique du Cardon d'Alès
ÔMlessnns (puhe du champ de nuds», 3® pompe), et avec une troirième espèce beau¬
coup pios petite décrite d-dessous également ^KHnpe pont S.N.C.F., 3* pompe). La longueur
de i’aninud en erteuHinri varie entre 1,96 «t 3,09 mm- fl s’a^ d<mc de l’une des plus gnadea
espèces recneaiies jusqu’à maintenant (S. major et S. giaeti, seules dépassent 3 mm). Étant
donné leur grande ressemblance, S. letcherae est décrite en comparaison avec S. major (jeunea
et adultes) dont de nombreux caractèrw sont reprédeés ki *.
1- Ecpècr dédiée à E. Lescbsii ÎMwtoué «ai s participé «u réeshss daus le
Gard et dans TArdèdie.
2. Cea de S. nuÿDr ont «té récohés daos nu puiU de U cMtsuiut d Eyebail,
et «imaUemeDl confiés par Q. Boi' que je remercie.
■ mm 6 *
Source : MNHN, Paris
178
NICOLE COINEAU
PROSOME.
Chez S. lescherae, les lobes latéraux peu accentués atteignent ù peine la moitié du pre¬
mier segment de l’antenne I; ils offrent une soie, sauf chez l'individu le plus jeune (de 1,96 mm).
Les lobes latéraux de S. major ne possèilent pas de soie non plus chez le très jeune, puis une soie
chez l’individu moyen, et 3 soies chez les individus de grande taille (fig. 15, A,B,C,D,E).
Antennes I (fig. 16,A,B,C). Pédoncule de 3 articles plus élancés chez S. lescherae que
chez S. major, surtout l’article basal; très nombreuses tiges pennées au premier article chez les
deux espèces. Flagelle principal composé de 3 articles chez S. lescherae (individus de petite
et de grande taille), premier article très long; celui-ci porte de 3 à 15 bâtonnets sensitifs, sans
que ce nombre soit en rapport avec la taille (dimorphisme sexuel?); second article plus court
que le précédent (le 1/3 environ) avec un bouquet de soies distales et un bâtonnet hyalin;
article distal court et étroit, muni d’un très petit bâtonnet hyalin et d’une touffe de soies ter¬
minales. Flagelle accessoire uni-articulé, égal aux 2/5 du premier article du flagdle principri;
2 soies au niveau du dernier 1/3, et 4 soies terminales dont une longue pennée. Chez 5. major,
le nombre d’articles du flagelle principal varie avec la taille : un jeune individu offre 4 articles
à peu près tous de la même longueur, chacun portant im bâtonnet sensitif. Puis, le nombre
d’articles augmente jusqu’à 8 chez un individu de grande taille (supérieur à 5 mm) ; le premier
article porte 4 bâtonnets sensitifs, le second 3, le troisième 2 et les suivants un seul en plus des
soies ordinaires; le flagelle accessoire dépasse le premier article du flagdle principal; chez
un exemplaire âgé, une soie marque chaque quart de ce flagelle accessoire.
Les Antennes U (fig. 17,B) de S. lescherae sont remarquables par la grande longueur
du premier article du flagelle principal; ce flagelle ne compte que 3 articles chez les petits et
les grands individus. Chez S. major, (fig. 17,A,C), le nombre d’articles du flagelle croît avec
l’âge et passe de 4 à 7 ; le premier article est d’une longueur normale.
Mandibules. Chez S. lescherae, la pars incisiva, se compose de 5 à 6 dents chitinisées.
La mandibule gauche possède une lacinia mobilis à 5 ou 6 dents sous laquelle s insèrent 3 tiges
festonnées, puis le processus molaire qui ne possède pas de soie. A droite, la mandibule offre
2 tiges dentées, puis 2 tiges festonnées, et le processus molaire orné de la longue soie pennée.
Le palpe prend l’aspect habituel : 4 à 6 soies pennées au bord interne du second article, un
groupe de 3, un second groupe de 3 subdist^es, et 2 soies pennées subdistales (fig. 15,F,K).
Chez S. major, le nombre de soies au bord du second article du palpe augmente progressive¬
ment avec la t^e : 1 chez le très jeune, 10 chez les exemplaires de très grande taille. Au dernier
article seul, le groupe médian des soies pennées varie en nombre, et passe de 1 chez le jeune à 5
pour une taille élevée.
Maxilles I. Le lobe interne des deux espèces offre 3 soies pennées distdes, le lobe externe
9 dents pectinées. Comme l’a remarqué si justement L. Barbé, il y a une dissymétrie de la
maxille au niveau du pdpe qui se termine par 4 tiges lancéolées larges, plus une plus étroite et
une soie à droite ; le palpe de la maxille gauche présente 4 tiges non élargies et une soie (fig. 15,
G,H).
Maxilles U (fig. 15,1). Le lobe interne offre 8 soies distales dont 2 pennées, une soie
subdistale pennée, et plusieurs soies au bord interne. Lobe externe plus long, garni au bord
distal de 13 longues soies.
MaxilUpèdes (fig. 15,J). Chra S. lescherae, le lobe interne dépasse largenient la moitié
du lobe externe; on trouve 2 longues soies permées au bord interne, et 3 lancéolées distales
précédées de 3 soies, ainsi que 2 soies distales dont une plus forte peimée. Lobe externe long,
offrant 6 fortes tiges au bord interne, 3 dents lancéolées subdistales, 2 soies distdes dont une
pennée. Le palpe se compose de 4 articles (articles 2 et 3 les plus longs) portant successivement
1, 5, 7 et 3 soies plus une griffe. On retrouve la même structure chez 5. major de petite taille,
avec une soie en moins aux articles 2 et 3 du palpe. Chez S. major de taille moyeime, les articles
2 et 3 du palpe possèdent 7 et 7 soies. Chez les plus grands individus, les mêmes articles ont de
très nombreuses soies.
MÉSOSOME.
I.es plaques coxales se rapprochent beaucoup de celles de 5. major : plaques coxales 1
petites, plus de la moitié moins hautes que les 2® ; celles-ci offrent le même contour que les 3'
Source : MNHN, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE
FAUNE INTERSTITIELLE
179
Fie. 15
Lobe» latéraux : de SatenlineUa jubenAitae sp. n.; B. de SaUnlineüa letcherai sp. n.; C, de Salenlutdla
major (individu de taille moyenne); D, de S. major (jeune individu); E, de S. major (exemplaire
de grande taille). S. leachorae sp. n. : F. mandibule droite; G. H. maxille I; 1, m a x i l ie 11; J, niaxilli*
péde; K, mandibule gauche.
3.
Source : MNHN, Paris
NICOLE COINEAU
Antennes I : A, SaUntineOa letcherae sp. n.; B. Salentineüa major (exemplaire moyen); C, S. major
(grande wille); D, uropode III de S. major de grande taille: E, uropode III de S. major de taille
moyenne; F, S. Uscherae, telson.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
181
Antennes II : A, SoIemineUo major (grande taille); B, S. iMcAerae: C, S. iruijor (taille moyenne); D, S. les-
cherae, uropode I; E, S. UsdUrae, uropode II; F, S. lescAerae, uropode III; G. platfues épimérales
de 5. lereherae.
Source : MNHN, Paris
182
NICOLE COINEAÜ
Fig. 18. — A, S. lacherae sp. n.. propode et dactyle du péréiopode 4; B, S. juberlhieae ap. n.. propode et
dactyle du péréiopode 4; C, S. major (grande taille), péréiopode 5; D. S. JeacAeroe »p. n., pére-
iopode S: E. S. juberihiaie ep. n.. péréiopode 5; F. S. jubenhieat sp. n.. propode et dactyle de F S; s-
lacherae sp. n.. propode et dactyle de P S; H. S. major (grande taille), propode et dactyle de F J
I, S. major (taille moyenne), propode et dacty) e de P S.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
183
et 4®, mais sont plus développées et plus hautes que larges. Au contraire, les 5“ sont hautes et
larges, et présentent un bord distal festonné; 6® plaques rectangulaires, plus larges que hautes.
La 7® paire offre un contour elliptique.
Gnatkopodes I (fig. 19, C). Basis trapu et renSé, muni de 4 longues soies au bord tergal
et de 5 longues soies au bord sternal; une soie tergale à l’ischion. Le méros porte les 3 soies
habituelles au bord externe. Carpe un peu plus long que large, pourvu d’une longue soie bifide
en son extrémité au bord tergal, et de 1,2, 3 et 5 soies groupées au bord sternal. Le propode est
plus court que le carpe : peu dilaté, sa plus grande largeur se situe au 1/5 de l’article; au-dessus
de la zone dilatée, s’insèrent 2, puis 2,1 et 1 soies au bord sternal; le bord tergal offre 3 soies
isolées, puis un groupe de 3 soies distdes. Le dactyle, avec sa griffe, atteint plus de la moitié
du propode; U offre une soie tergale et 2 soies sternales subterminales.
Chez 5. major très jeune, le basis est moins robuste et ne porte que 2 longues soies au
bord tergal et une courte soie distale au bord sternal. Chez un inividu moyen, de la taille de
S. lesekerae adulte, cet article est nettement plus large et possède 4 longues soies tergales et
3 soies sternales en plus de la courte soie distale; chez S. major de forte taille, on trouve 7 longues
soies tergales, et 5 longues soies stenudes (plus la courte soie dorsale). Ischion et méros n’offrent
pas de variations entre le jeune et l’adulte. Les 3 soies du méros sont pennées alors qu’elles
sont lisses chez 5. lesekeras. Chez S. major de petite taille, le nombre de soies sternales du carpe
et du propode est plus petit que chez S. lescherae; chez les individus de taille moyenne (taille
identique à celle de S. lescherae), ce nombre est déjà plus élevé, mais les artides gardent les
mêmes proportions que chez 5. lescherae (fig. 19, B) ; ces soies sont de plus en plus nombreuses
au fur et à mesure que la taille s’élève : les plus grands individus de 5. major possèdent un carpe
dont la longueur est le double de celle du propode (fig. 19, A).
Gnathopodes II (fig. 19, F). Ils sont grêles et longs par rapport aux giiathopodes I. Basis
allongé muni de 3 longues soies au bord sternal plus une soie plus courte. Ischion et méros
semblables aux autres espèces et munis d’une soie chacun. Carpe plus long que large, offrant
4 soies au bord tergal, et 4 bouquets de 3 soies au bord sternal. Propode dlongé, plus court que
le carpe, non dilaté. Son bord sternal est régulièrement oblique de la base au sommet, de sorte
que l’article est à peine plus large à la base que dans la région distale ; 4 soies au bord tergal,
3 soies distales; 3 groupes de soies au bord sternal. Dactyle peu long, atteignant la moitié du
propode.
Chez 5. major, les mêmes proportions du gnathopode II se retrouvent pour un individu
de taille moyenne. Le propode devient trapu chez les exemplaires les plus âgés; la chétotaxie se
complète progressivement : jeune, une seule longue soie au basis; 2 groupes de soies sternales
et 2 soies tergales au carpe; 2 soies tergdes et 2 soies stermdes au propode. Individu de taille
moyenne, 2 longues soies au basis; 4 groupes de soies stem^es plus une soie isolée à la base et
3 soies tergales au propode. Individu de taille maximum : 4 longues soies au basis; 7 groupes
de soies sternales et 7 soies tergales au carpe; 5 groupes de soies sternales et 5 soies tergales au
propode.
Les gnathopodes de 5. lescherae et de S. major offrent un aspect assez proche, surtout
si l’on considère 5. major de taille moyenne qui correspond à la taille maximum de S. lescherae
(des individus récoltés tout du moins). Les deux espèces s’isolent nettement de toutes les autres
espèce connues.
Péréiopodes. Ils augmentent en longueur d’avant en arrière. P 3 et P 4 : dactyle égal
au 1/3 du propode; celui-ci porte 2 soies au bord sternal divisant ce bord en trois parties égales.
P 5 : basis élargi, avec un bord tergal garni de soies et un bord sternal garni d’épines; ischion
court, avec une épine dist^e; méros légèrement dilaté, avec 2 épines distales; carpe étroit :
un groupe de 2 épines se situe à la moitié du bord sternal, 3 épines distales; le propode offre
2 soies sternales, l’une un peu au-dessus de la moitié, l’autre vers le 1/5 distri; 2 épines distales;
dactyle courbe, bien inférieur à la moitié du propode. P 6 et P 7 : 2 groupes d’épines au bord
sternal du propode, et 4 épines distales; dactyle bien plus court que la moitié du propode: le
basis de P 7 est plus long que large rt descend jusqu’aux 2/3 du méros.
Chez S. major de tailles petite et moyenne, P 3 et P 4 reproduisent le même schéma que
S. lescherae, notamment avec 2 soies sternales au propode. Le nombre de soies est beaucoup plus
élevé chez 5. major de grande taille : on peut en dénombrer 7 au bord sternal de P 4. La Ion-
Source : /MWHN, Paris
184
MCOLE COINEAU
gueur du dactyle est inférieure à la moitié du propode. P 5 : le dactyle dépasse largement la
moitié du propode, contrairement à S. lescherae. Les deux longues soies distales du propode
sont plus courtes que le propode (elles sont plus longues chez S. lescherae). Chez les exemplaires
de taille moyenne, les deux soies sternales du propode s’insèrent dans la moitié distale. Chez
S. major de grande taille, les soies sternales sont remplacées par 3 groupes de 1, 2 et 2 épines
(fig. 18, C, H, I).P6 et P 7 : le nombre d’épines du bord sternal du carpe et du propode aug¬
mente progressivement des stades jeunes aux stades plus âgés.
MÉTASOME.
L’angle du bord latéral et du bord inférieur de la plaque épimérale 1 est obtus (environ
110°); celui des deux bords des 2 plaques suivantes est voisin de 90°. Chaque plaque présente
une petite proéminence dans l’angle inférieur, dirigée vers l’arrière (6g. 17, G). Chez S. major,
les bords de la plaque coxale 1 forment un angle de 90°; les deux suivantes se caractérisent par
un an^e aigu.
Pléopodes. Le sympode est relativement long, et porte 2 courtes tiges recourbées distales.
Le premier article de la rame interne offre 2 soies biffdes en leur extrémité.
UROSOME.
Uropodes I (6g. 17, D). Pédoncule trapu, terminé par une protubérance massive à
2 pointes distales. 4 épines distales. Branche interne courbe, munie d’une seule épine vers son
1/4 supérieur, et terminée par une pointe aiguë. La rame externe, légèrement plus longue,
porte 5 épines équidistantes réparties sur toute sa longueur. Barbé indique que la rame la plus
courte des uropodes I de S. major est glabre; les exemplaires de l’Ariège examinés portent
à cette branche un groupe de 2 épines à l’emplacement de l’épine isolée de S. lescherae. Le
nombre d’épines de la branche externe augmente du jeune (3 épines plus une groupée avec la
3® supérieure) à l’adulte (4 plus 1) puis (5 plus 1). La branche interne est plus étroite que chez
S. lescherae.
Uropodes U (6g. 17, E). Ils sont plus courts et plus trapus que les premiers. 3 épines
distales au pédoncule; rame externe en demi croissant avec une épine au 1/3 supérieur; rame,
interne plus longue, terminée en une pointe régulière et munie de 3 épines distribuées régulière¬
ment sur sa longueur.
Les uropodes I et II n’offrent pas d’encoche à l’apex des rames externes et internes
comme chez les autres espèces {S, major mis à part). Chez S. major, on retrouve le même aspect
de l’uropode II, mais avec 2 épines groupées aux 2/3 de la rame la plus courte.
Uropodes III (6g. 17, F). Pédoncule aussi long que large, avec 4 épines dist^es. Rame
interne égde à la moitié de la rame externe. 3 longues liges pennées à la rame interne. Branche
externe biarticulée; le premier article, long et trapu, offre 3 tiges pennées, la tige la plus haute
étant longée par une épine. 2 ou 3 groupes d’épines s’opposent aux tiges pennées, 4 épines dis¬
tales encadrent le second article court et pointu : une courte soie subdistale, précédée de 2 mi¬
nuscules soies.
Chez S. major (6g. 16, D, E), le pédoncule est plus court : aussi large que long, avec 6
épines distales chez les individus de grande taille. La rame interne dépasse la moitié de la branche
externe, et atteint même les 3/4 de celle-ci chez les plus grands exemplaires. Le nombre de tiges
pennées et d’épines augmente progressivement du jeune à l’adulte; jeune : rame interne avec
une tige pennfe plus 2 tiges pennées distales ; rame externe avec 2 tiges peimées dont une dis¬
tale et une épine ; 5. major de taille moyenne; branche interne avec 6 tiges pennées (dont 2
distales), rame externe avec 2 groupes d’épines et 4 tiges pennées (dont une distale) : la chélo-
taxie est donc plus fournie que celle de S. lescherae; grands individus : rame interne, 9 tiges
pennées (1 distale) et 2 épines; rame externe, 8 tiges pennées (1 distale) et 4 groupes d’épines.
Les uropodes HI de S. major diffèrent donc de ceux de S. lescherae par leurs proportions
et leur chétotaxie plus fournie. Mais, ils en restent cependant très voisins, surtout si on les
compare aux autres espèces connues jusqu’à maintenant (S. gineti mis à part), dont les uro¬
podes I et II semblent se rapprocher davantage de ceux de S. major et S. lescherae que de toutes
les autres espèces.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L'iTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
185
Gnathopode I : A, S. major (grande taille); B, S. major (taille moyenne); C, S. Utcherae ep. n. Gnathopode
II : D, S. major (grande taille); E, S. major (taille moyenne); F, S. lescherat.
Source : MNHN, Paris
186
NICOLE COINEAU
Telson (fig. 16, F). L’échancrure dépasse largement la moitié du telson, mais n’atteint
pas les 3/4 de celui-ci. Elle est donc moins longue que chez S. major dont la fente descend aux
3/4. L’encoche apicale de chaque lobe est occupée par une épine comme chez S. major. Mais
S. major offre en plus des deux tiges pennées de chaque lobe une épine voisine de ces tiges
ainsi que une ou deux tiges pennées supplémentaires.
La description comparée de S. lesekerae sp. n. et de 5. major montre combien ces deux
espèces restent proches l’une de l’autre et s’isolent de toutes les autres espèces connues.
Caractères spécifiques de 5. lesekerae, distinguant cette espèce de S. major : nombre d’articles
du flagelle principal des antennes I (3 chez 5. lesekerae, 4 à 8 chez 5. ma/or); nombre d’articles
du flagelle des antennes II : 3 chez S. lesekerae, 4 à 7 chez S. major; chétotaxie moins fournie
au palpe de la mandibule, aux autres pièces buccales et aux péréiopodes; dactyle de P S infé¬
rieur à la moitié du propode (supérieur chez S. mq/or); plaques épimérales à angle soit obtus, soit
voisin de 90“ (inférieur à 90“ chez S. major).
Caractères isolant S. major et 5. lesekerae de l’ensemble des autres espèces : grande taille
supérieure à celle de toutes les autres espèces; propodes des gnathopodes I et II non dilatés;
plaque coxale 2 très développée par rapport aux plaques voisines; uropodes I et II ne possédant
pas d’encoche garnies d’épines à l’apex de leurs rames.
SALENTINELLA JUBERTHIEAE sp. n.
Stations ; Saint-Alban (Ardèche), puits auge en pierre : 5 d"; puits » sableux - : 1 9;
puits M. Coulomb : 1 d. Chaulet (Ardèche), M. Vedel : 2 exemplaires abîmés (décembre
1966); pompe plage : 1 9. Saint-Hilaire (Gard), puits du mms : 2 jeunes.
5. juberthieae cohabite avec S. lesekerae et avec S. delamarei macrockeles ssp. n. dans
le Gard.
Longueur de l’animal : elle oscille entre 1,08 mm (jeune individu) et 2,16 mm; taille
moyenne : 1,80 mm.
PROSOME.
Lobes latéraux formant un an^e aigu, glabre, atteignant les 4/5 du premier article de
l’antenne I (fig. 15).
Antennes I (fig. 20, A, B). Le pédoncule se compose de 3 articles qui n’offrent pas de
détails caractéristiques, flagelle accessoire uni-articulé; il est égal à plus de la moitié du premier
article du flagelle principal chez la femelle, et à la moitié chez le mMe; il présente une soie
subdistale et 3 soies et une tige pennée distale. Le flagelle principal compte 3 articles seulement.
L’observation du flagelle prineipal met en évidence la présence à ce niveau d’un caractère
sexuel secondaire, non encore signalé chez les autres espèces étudiées. Femelle : premier article
long et étroit, plus court que le premier article du pédoncule; on peut dénombrer à sa surface
6 bâtonnets hyalins : 2 à la base, 2 aux 2/5,1 au dernier quart et 1 distal; le second article est
égal à la moitié du premier, et le dernier aux 3/4 du second ; à l’apex de l’article distal s’insèrent
3 soies et un court bâtonnet. Mâle : premier article beaucoup plus long que le premier article
du pédoncule, offrant de très nombreux bâtonnets hyalins : 1 bouquet de 5 à la base, puis 1,4
paires régulièrement réparties de bas en haut, 1 subdistal, et 2 distaux, soit 17 bâtonnets; second
article égal aux 2/5 du premier, mais plus long et plus étroit que chez la femelle, muni d’un
bâtonnet distd et de 4 soies distales; dernier article également long et étroit. H a pu aisément
être vérifié que les individus porteurs d’antennes I les plus longues et abondamment pourvues
de bâtonnets hydins sont bien des mâles, la vésicule séminale étant visible par transparence.
Antennes II (fig. 20, C). Elles sont légèrement plus courtes que la première paire. Fla¬
gelle un peu plus court que le second article du pédoncule; son premier article est beaucoup
plus long que les suivants et porte une soie subdi.stale et 4 soies distales. 2 soies à l’apex du
second article, et 4 plus 1 bâtonnet hyalin à l’extrémité du dernier. Les antennes I en particulier
rappellent celles de 5. lesekerae et se distinguent très nettement de celles des autres espèces par
le premier article flagellaire très long. Les pièces buccales sont très voisines de celles des autres
formes déjà connues.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
187
Source : MNHN, Paris
NICOLE COINEAU
Fie. 21. — S. Juberthi$ae sp. n.
A, gnathopode I; B, gnatbopode II; C, uropode III; D, uropode II; E, uropode I; F, teleon.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE
LA FAUNE INTERSTITIELLF,
189
Mandibules (fig. 20, E). Pars incisiva et lacinia mohilis tétradeatées. Soie molaire à la
mandibule droite seulement. Palpe au second article robuste, renflé en son milieu, et armé
de 4 fortes soies pennées. 7 soies pennées au dernier article.
Maxilles I (fig. 20, F, G). Lobe interne court, portent une forte épine distale, et une
subdistale précédée de plusieurs courtes soies. 8 dents distales pectinées au lobe interne. Palpe
biarticulé, muni d’une longue soie et de 4 tiges lancéolées. Les palpes symétriques portent le
même nombre de ces tiges lancéolées.
Maxilles U sans caractères particuliers à l’espèce.
Maxillipèdes (fig. 20, D). Ils sont conformes au schéma classique. Le lobe interne atteint
la moitié du lobe externe; il est muni de 2 longues soies à son bord interne, et 3 soies raides
subdistales situées entre les 3 dents lancéolées distales. On trouve au lobe externe 4 fortes
soies au bord interne, 4 dents lancéolées, et 2 soies subdistales; son bord externe est garni de
courtes soies. 4 articles au palpe : le premier, court, compte une soie; le second, égal au troi¬
sième, porte 3 soies au bord interne, le troisième un groupe de 3 soies médianes et 3 soies dis-
taies; dernier article court, armé d’une griffe terminale et de 2 soies.
MÉSOSOME.
Les plaques coxales 1 sont les plus petites. Plaques coxales 2,3 et 4 plus hautes que larges.
Cinquièmes plaques les plus développées.
Gnathopodes I (fig. 21, A). Basis renflé, offrant 2 longues soies sur chacun de ses bords.
Ischion et méros sans caractères distinctifs. Carpe plus long que large, muni d’une soie médiane,
puis 2 soies bifides en leur extrémité et 2 autres soies subdisteles; une soie au bord tergal; la
dilatation du propode occupe toute la moitié inférieure qui ne comporte qu’une seule soie;
au-dessus de cette zone s’insèrent 2 très fortes soies dont une pennée, et 4 petites soies au bord
sternal; une soie au bord tergal, plus 3 soies distales. Le dactyle et sa griffe atteignent le milieu
du propode.
Gnathopodes //(fig. 21, B). Basis long et étroit, muni de 2 longues soies sternales (plus
une subdistale plus courte). Carpe allongé avec une paire de soies bifides vers les 2/3, et une
paire distde; 2 autres soies dist^es. Propode à peine dilaté, de sorte que le bord sternal reste
droit de la zone subbasale à la moitié au moins ; 2 soies tergales ; côté sternal s’insèrent une forte
soie bifide, 2 soies courtes, 2 soies bifides, dont une très longue, et 4 soies ténues ; 3 soies distdes.
Le dactyle n’atteint pas la moitié du propode.
Les gnathopodes caractérisent donc assez bien l’espèce.
Le propode du péréiopode 4 est également un bon caractère distincttif de S. juberthieae
sp. n. : il est long et étroit comme chez les autres espèces, mais la soie sternale se situe ici aux
4/7 de l’article; on trouve en plus 4 soies distales. L’ensemble dactyle et griffe atteint les 3/7
du propode. Le péréiopode 5 se compose du basis élargi qui n’offrc qu’une soie médiane au bord
sternal, plus ime épine distale et 4 soies tergales; 2 épines distales à l’ischion; méros à 3 épines
distales; le carpe présente une soie sternale presque distde, les 2 longues soies pennées et une
épine et une soie distales. Le dactyle, très long, atteint les 5/6 du propode. Les péréiopodes 6 et 7
n’offrent pas de caractéristiques marquantes, sinon le groupe de 2 épines médianes du propode.
Les pléopodes sont semblables à ceux des autres espèces connues.
UROSOME.
Uropodes / élancés (fig. 21, E), mais légèrement plus courts que les troisièmes. Pédoncule
beaucoup plus long que large, présentant une excroissance distale munie d’une pointe terminale
et sur laquefle s’insèrent 3 épines; une autre épine distale. Rame interne égale aux 2/3 de l’ex¬
terne, glabre sur toute sa longueur; son encoche subdistale au-dessus de laquelle s’élance une
pointe obtuse distale donne naissance à 5 épines dont ime fort longue. Rame externe armée de
3 épines équidistantes et de S épines insérées dans l’encoche subterminale.
Uropodes // (fig. 21, D). Pédoncule très court, moins de 2 fois plus haut que large; sa
protubérance distale 'envoie 2 épines; une autre épine distale. Rame externe égale à la moitié
de l’interne; l’encoche dist^e est garnie d’un bouquet de 5 épines. Rame interne à 2 (ou 3)
épines; encoche distale avec 5 épines.
Source : MNHN, Pons
190
PflCOLE COINEAU
Uropodes III (fig. 21, C). Pédoncuie court, à peine plus haut que large, armé de 3 épines
terminales. La rame interne relativement longue, dépasse de beaucoup la moitié de la branche
externe; elle comporte une soie au 1/4 inférieur, et une courte tige pennée sulidistale. Rame
externe haute et étroite ; le premier article est orné de 2 tiges pennées dans la zone médiane, ainsi
que de 2 ou 3 épines au bord externe; 3 épines distales encadrent l’artide terminal qui porte
2 soies minuscules subdistales, et 2 petites soies distales. Les uropodes III rappellent ceux de
S.fraruiscoloi;ûa s’en distinguent par la rame interne plus longae (S. franeiscoloi ; rame interne
égale à la moitié de la rame externe).
Le telson n’offre pas de caractère particulier à l’espèce, sinon son échancrure qui descend
aux 4/5 du telson (fig. 21, F). Il est long et étroit; et les 4 soies pennées s’insèrent au 1/3 supé¬
rieur.
La nouvelle espèce S.juberthieae se différencie des autres espèces par les antennes I et II
dont les flagelles se composent de 3 articles seulement; un caractère sexuel secondaire, mis en
évidence pour la première fois, se manifeste au niveau du premier article flagdlaire des an¬
tennes I : cet article est plus long chez le mâle, et porte un plus grand nombre de bâtonnets
hyalins. Les propodes des gnathopodes I et II caractérisent aussi assez bien l’espèce : dilatation
du propode I occupant toute la moitié inférieure de l’article; bord palmaire presque droit du
propode IL D’autres caractères distinctifs se situent au niveau des péréipodes 4 et 5 ; propor¬
tions du dactyle et du propode, et position des soies sternales des propodes.
SALENTINELLA DELAMAREI MACROCHELES ssp. n. »
Stations : Saint-Alban-sous-Sampzon (Ardèche), puits auge en pierre : 2 cf; puits
jardin potager (1) : 1 9 et 1 exemplaire incomplet ; puits M. Coulomb tld"; pompe dans les
vergers : 1 (J et 1 9; puits jardin potager (2) : 3 9 et 2 d", décembre 1966.
Saint-Hilaire (Gard), 2* pompe : 1 exemplaire jeune.
Les Tavernes (Gard) : pompe pont S.N.C.F., 1 exemplaire (décembre 1966).
La liste des stations précédentes montre que la sous espèce 5. delamarei macrocheles
vit principalement dans la nappe phréatique du Chassezac, en compagnie de S. jubertkieae
sp. n., et égdement dans la nappe phréatique du Gardon d’Alès où elle cohabite avec S. les-
cherae et S. jubertkieae.
L’habitus de S. delamarei macrocheles correspond exactement à celui de S. delamarei
delamarei.
L’animal mesure entre 1,2 mm et 1,37 mm.
PROSOME.
Les lobes latéraux (fig. 22,A), très longs, atteignent le 1/3 du second article des antennes
I. Absence d’yeux.
Antennes I (fig. 22,B,C) tout à fait semblables à celles de S. delamarei. Sur le premier
article du flagelle s’insèrent 2 bâtonnets hydins chez la femelle (un à la base de l’article, l’autre
à l’apex), et 5 chez le mâle (2 à la base, 2 vers le milieu, et 1 au sommet de l’article). Il en est
de même chez S. delamarei delamarei dont l’article basal du flagelle mâle peut comporter de 5
à 9 bâtonnets hyalins. R s’agit là d’un caractère sexuel secondaire (la vésicule séminale des
mâles est nettement visible par transparence).
Antennes II identiques à celles de 5. delamarei delamarei (fig. 22,D).
Les pièces bucedes (fig. 22,E,F,G,H) ne se distinguent pas de celles de l’espèce du Tech,
sauf par un seul trdt à la maxilie I : le pdpe des maxilles droite et gauche de S. d. delatruird
possède S tiges lancéolées; chez S. d. macrocheles, il en offre 4 à l’im et 5 moins effilées au pdpe
symétrique (fig. 22,1).
de l’c
1. SaUmindla ddamorei macrodtêUt ssp. n., la sou» espèce est dénommée macrocheles en ■'“Mn
1 des caractère» qui la distingue de S. detamarei Coineau : le gnathopode I est nettement plu» renll*.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
191
A, lobes latéianx; B, antenne I femelle; C, antenne I mâle; D, antenne II; E, maxiUipède; F, extrémilâ
du palpe de la mandibule; G, pars incisivoi H, lacinia mobilis de la mandibule gaucbe; 1, J, maxjilea T.
Source : MNHN, Paris
192
NICOLE COINEAÜ
MÉSOSOME.
Si les gnalhopodes I (fig. 23,A,B) offrent une chétotaxie tout à fait semblable à ceux de
S. d. delamarei, ils s’en écartent surtout chez le mâle par le propode piriforme dont la base est
beaucoup plus dilatée chez S. d. macrocheles. Le gnathopode femelle lui-même est légèrement
plus renflé que celui de l’espèce type (remarquons l’oubli de la longue soie du basis dans la
description de S. d. delajnarei).
Gnathopodes //. Ils présentent le même aspect chez l’espèce type et la sous-espèce
(fig. 23.G).
Au péréiopode 4, le dactyle atteint les 2/3 du propode chez la sous-espèce, dors qu’il
dépasse à peine la moitié chez 5. delamarei delamarei (fig. 23,D). Une autre différence se mani¬
feste au niveau du péréiopode 5 : les 2 soies qui s'insèrent à la naissance du dactyle sont longues
et pennées chez S. d. macrocheles et elles atteignent au moins detix fois la longueur du dactyle
et de sa griffe. Chez S. d. delamarei, ime seule soie est pennée, et les 2 soies ne dépassent pas
ta longueur du dactyle (sans la griffe) (fig. 23,E et 24,A).
MÉTASOME.
Les plaques épiméraies se rapprochent beaucoup de celles de 5. d. delamarei par leur
an^e obtus (sauf la plaque épimérale numéro 2 dont l’angle est voisin de 90®). Les pléopodes 1
oflient une soie supplémentaire à la rame interne chez les individus de l’Ardèche et du Gard
(fig. 24,B). Les autres pléopodes sont identiques à ceux des exemplaires du Tech.
UROSOME.
Les Uropodes I et II sont tout à fait comparables à ceux de S. d. delamarei. Par contre,
les uropodes III se différencient de ceux de S. d. delamarei par leur rame interne égale seule¬
ment à la moitié de la rame externe (chez l’espèce type, elle est égale aux 3/5 de la rame externe).
La rame externe reste glabre sur toute sa longueur, mises à part les épines distales. Le telson
se distingue également de l’espèce du Tech par son échancrure un peu moins profonde (1/4
du telson chez 5. d. macrocheles, et 1/3 du telson chez la sous-espèce).
DISCUSSION
La distribution du genre Salentinella s’esquisse peu à peu avec les différentes décou¬
vertes de ces dernières années. Les premières stations, situées à la périphérie des zones an¬
ciennement émergées de la Tyrrhénide, pouvaient laisser entrevoir une origine tyrrhénienne
du genre (Ruffo, 1953). Selon Ruffo, les Salentinelles seraient des éléments marins venus
coloniser les eaux douces continentdes, vers le miocène moyen. Quelques années après l’hypo¬
thèse émise par Ruffo, S. gineti était récoltée dans une grotte des Pyrénées ariégeoises; puis,
ce furent successivement les découvertes de S. petiti dans le Causse périgourdin, en bordure
nord-est du bassin aquitain, de S. prognatha de la même station que S. gineti et de S. major
dang la moyenne vallée de la Garonne. Ces quatre dernières espèces vivent donc dans le réseau
hydrograpMque du bassin aquitain, et ü semble désormais difficile de soutenir l’hypothèse de
l’origine méditerranéenne du genre Salentinella. Le genre est probablement plus répandu
qu’on ne le croit généralement dans les eaux souterraines continentales. Devant les connais¬
sances encore trop fragmentaires et la répartition encore discontinue de Salentinella, les
hypothèses biogéographiques doivent demeurer prudentes.
Par ailleurs, remarquons qu’il semble exister deux lignées évolutives distinctes au sein
du genre Salentinella : d’une part les formes de petites tailles dont les deux branches des uro¬
podes I et II offrent une encoche terminale dans laquelle s’insère un bouquet d’épines, dont
les fouets des antennes I et II possèdent 4 articles, et dont les propodes des gnathopodes sont
largement dilatés; ce sont S. gracillima, S. angelieri, S. denticulata, S. franciscoloi, S. dela¬
marei, S. petiti et S. prognatha. Trois autres formes se différencient des précédentes par leur
grande taUie, les branches de leurs uropodes 'I et II sans encoche et sans bouquet d’épines
dist^es, leurs antennes I et II dont les fouets ont un nombre d’articles ou supérieur à 4 ou infé¬
rieur à 4, et leurs gnathopodes i>eu ou non dilatés. Ce sont S. major, S. gineti et 5. lescherae
sp. n. S. juberthieae peut être considérée comme forme intermédiaire entre les deux groupes
en raison d’une part de sa taille qui s’inscrit entre les formes les plus grandes et les plus petites,
de ses antennes I et II dont les flagelles se composent de 3 articles, et d’autre part, de ses uro¬
podes terminés par une encoche garnie d’épines et de ses gnathopodes moyennement dilatés
au niveau des propodes.
Sowee : MMHW, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTTOE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
193
Fie. 23. — S. delamarei macrochelts Mp. n.
A, gnathopode I mâle; B, gnathopode I femelle; C, gnathopode II; D, dactyle et propode du pérâiopode 4;
E, pétéiopode S; F, uiopi>de III; C, uiopnde i; H, uropode II; 1, teUou.
8 564032 $
Source : MNHN, Paris
194
NICOLE COINEAU
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Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
'ÉTUDE
FAUNE INTERSTITIELLE
195
B. BOGIDIELIA Herlzog
La petite famille des Bogidiellidae compte actuellement une quinzaine d’espèces pro¬
venant surtout d’Europe (4 seulement sont originaires d’Amérique du Sud et d’Amérique
centrée)
Bogidiella skopljensis fut décrit par Karaman en 1933 sous le nom de Jugocrangonyx
skopljensis (d’une source de Skoplje : 7 exemplaires). Deux années plus tard, L. Herzog met
cette espèce en synonymie avec celle qu’il décrivit en 1933 : Bogidiella albertimagni. En 1943,
Karaman reprend et complète la diagnose de B. skopljensis et estime qu’il s’agit bien d’une
espèce distincte de B. albertimagni : les différences établies par Karaman portent en particu¬
lier sur les pléopodes uniramés chez B. albertimagni et biramés chez B. skopljensis, sur le
flagelle accessoire des antennes I, la lèvre inférieure ainsi que l’endite externe des TnaviU pa
En 1959, Karaman revient sur sa décision et nomme les Bogidiella de Skoplje : B.
albertimagni skopljensis sans raison apparente. Dans leur « Fauna Republicii populare romSne »
des Amphipodes d’eaux saumâtres et douces (1955), Carausu, Dobreanü et Manolache
redonnent à B. skopljensis le statut initial d’espèce qui reste définitif, en raison même des
caractères invoqués par Karaman en 1943. Ces auteurs ont été suivis par Ruffo (1958,1963)
puis par Dancau et Serban (1965).
L’espèce reste rare : Karaman la découvrit à Skoplje dans plusieurs sources et flana
des « Schotter « des bords du Vardar. Elle a été retrouvée en Roumanie par Dobreanü et Mano¬
lache en 1951 (un seul exemplaire).
Quelques individus de B. skopljensis Karaman ont été récoltés dans la nappe phréatique
profonde du Tech par pompages.
BOGIDIELLA SKOPLJENSIS Karaman
Matériel étudié ; 29-5-1965,1 d"; 24-6-1965,1 (S (pompe TG 47) ; 24-6-1965,1 d" (pompe
TG 20); 18-1-1966 : 1 9 présentant des oostégites. 4 ou 5 individus supplémentaires ont été
recueillis en très mauvais état.
La taille de l’animal s’échelonne entre 1,49 mm (le plus petit mâle) et 3,06 mm (la femelle
à oostégites). Les deux autres mâles mesurent, l’un 2,276 mm, l’autre 2,01 mm. Yeux absents.
Antennes I (fig. 24,C,D). Elles atteignent presque la moitié du corps et se composent
d’un pédoncule de 3 articles, le dernier étant égal à la moitié des deux précédents, et d’un flagel¬
le principal de 8 articles. Karaman, en 1943, indique 7 articles au flagelle principal, mais nous
savons que ce nombre peut varier à l’intérieur même d’une même espèce (exemple, B. alberli-
magni). Chacun des articles du flagelle principd porte un bâtonnet hytdin distal (le dernier est
minuscule) en plus des soies ordinaires, chez la femelle, et 2 de ces bâtonnets chez le mâle, mar¬
que d’un caractère sexuel secondaire.
Le flagelle accessoire est ici triarticulé, comme chez l’exemplaire de Roumanie; il est
biarticulé chez B. skopljensis de Skoplje. Le premier article dépasse le premier article du fla-
gdle principal; il est muni de 2 soies dist^es; le second, plus long et plus étroit, dépasse le
second article du flagelle principal et porte 3 soies distdes; l’article terminal n’atteint pas le
sommet de l’ardcle 3 du flagelle principal et offre 2 soies distales entourant un bâtonnet hyalin.
Antennes U (fig. 24,E). Elles sont plus courtes que les premières. Pédoncule de 4 arti¬
cles, les deux premiers courts et renflés, les deux derniers allongés, ornés de nombreuses
soies simples. 5 articles au fouet de plus en plus courts vers l’extrémité; un court bâtonnet et
2 soies s’insèrent distalement.
Mandibules (fig. 24,H). Pars incisiva à 5 dents dont 2 très développées. Lacinia mobilis
à 5 dents également (à la mandibule gauche). Pars molaris cylindrique, munie d’une soie
molaire inférieure courte. Entre la pars molaris et la lacinia mobilis s’insèrent 3 tiges. Palpe
Inarticulé, aux 2 demlers articles longs. L’artide médian ne porte qu’une soie subdistale, et le
dernier 1 soie subtenninale et 3 soies terminales. La mandibule est donc tout à fait conforme à
cdle décrite par Karaman pour les individus de Skoplje.
Source : MNHN, Paris
196
NICOLE COINEAU
Fie. 24. — S. delamarei macrocheles asp. lu
A, propode et dactyle du péréiopode 5; B, pléopode I. BegiditUa ikopljeruit : C, antenne i. détail du flagelle
acceasoite; D, antenne I; E. antenne II; F, maxille I; G, maxille II; H, mandibule gauche; I^ uro¬
pode I; J, uropode II.
Source ; MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE 197
Maxilles I (fig. 24,F). Le lobe interne porte 2 soies distales distantes, ainsi que 2 ou 3
minuscules soies au bord interne; lobe externe armé de 7 fortes épines de plus en plus longues
vers le côté externe. Le palpe biarticulé dépasselargement le lobe externe; 3 soies à son sommet.
Maxilles II (fig. 24,G). Les deux lobes sont aussi développés l’un que l’autre. On
trouve 5 soies disUles au lobe interne dont le bord interne est garni de nombreuses soies, et
4 soies plus longues au lobe externe, ainsi qu’une soie subdistale. I.es deux maxilles’nc
présentent pas de différences avec celles de fi. 'skopljensis de Yougoslavie, mise à part la
garniture de soies du bord interne des maxilles II qui n’avait peut-être pas été observée.
Maxillipèdes (fig. 25,C). Les deux lobes sont peu développés et munis de 2 et 3 épines
et de quelques soies. L’article le plus long du palpe possède une rangée de 6 longues soies au
bord interne. Le dernier article est particubèrement long et plusieurs soies s’inscrivent sur
toute sa longueur.
Gnatkopodes I (fig. 25,A). Plus longs et plus robustes que les seconds. Basis dilaté à
partir du 1/3 de sa longueur, et muni d’une soie sternale et d’une soie tergale (Karaman note 2
soies sternales dont une longue). B est possible que celle-ci soit tombée chez nos exemplaires
recueillis par une méthode relativement brutale). Ischion et méros courts sans caractères
p^cubers. Carpe à 2 fortes soies subdistales, 1 soie distale et 2 soies sur la prohéminance
distale du bord sternal. La dilatation du propode atteint son maximum vers le 1/4 inférieur;
le bord sternal est ensuite réguÜèrement obbque; il est garni d’une épine précédée d’une soie
au niveau de la dilatation maximum; une épine au bord palmaire inférieur, suivie d’une longue
soie et de 6 ou 7 courtes soies. Une seconde épine s’insère près du bord palmaire à la moitié
du propode ; 2 soies tergales et 3 soies distales. Le dactyle est plus court que le bord palmaire.
Gnatkopodes H (fig. 25,B). Basis étroit, portant 2 soies subdistales. Carpe au bord
sternal arrondi, muni de 2 soies; 2 autres soies subdistales; 1 soie tergale subdistale. La plus
grande largeur du propode se situe au 1/3 inférieur marqué par 3 longues soies; cette région
du bord sternal est arrondie, jusqu’à l’épine palmaire. Une seconde épine s’insère juste au-
dessus de la moitié du propode; plusieurs soies au bord pdmaire; 2 soies tergales et 2 soies
pdmaires. Dactyle courbe, dépassant la moitié du propode.
Péréiopodes 3 et 4 identiques : basis long, à peine renflé, avec 2 soies subdistales; is¬
chion très court, muni d’une seule soie; méros long et étroit, à bord tergal convexe, à bord
stem^ droit, portant une soie médiane et 3 soies subdistales; carpe un peu plus court que le
méros, orné de 3 soies subdistdes dont 2 au bord stemd; propode très étroit, de la longueur
du méros, avec 2 soies au bord sternal, une épine et 3 soies distales. Dactyle très court, portant
une soie tergale et une soie sternale subdistde, petite griffe terminale. L’ensemble griffe plus
dactyle atteint à peine la moitié du propode (fig. 2S,E). Le péréiopode 5 conserve les mêmes
proportions dans ses articles que les précédents, mais les soies du carpe et du propode sont
remplacées par des épines. Le propode est de la même longueur que le carpe; une longue soie
distale au propode, ne dépassant pas la griffe du dactyle. Péréiopodes 6 bien plus longs que les
précédents, avec 3 soies distdes au basis; le reste de l’appendice est tout à fait semblable à
P 5 et supporte la même chétotaxie. Péréiopodes 7 extrêmement longs (2 fois plus longs que
P 6). L’allongement vient du propode et du dactyle longs et grdes; basis orné de 2 soies sur
chaque bord : bord sternal divisé en 4 loges par 3 petites encoches; ischion court, avec une
soie distale; méros long, armé de 3 épines côté tergal et 4 côté sternal; carpe à peine plus court
que le méros muni de 3 épines dorsales et 1 épine et 1 soie sternales ; 5 épines et 2 soies distales ;
propode beaucoup plus long que le carpe (une fois et demie) : son côté stemd est garni de 4
très longues soies et de 2 épines, plus une épine distde et une très longue soie distale qui dépasse
la griffe du dactyle; au bord tergal, on trouve 2 épines, 2 courtes soies et 4 soies distales.
Dactyle long, égal aux 2/3 du propode (avec sa griffe qui reste courte) [fig. 25,D|. La chéto-
taxie de P 7 basée ici sur le plus grand des exemplaires du Tech, est plus fournie que celle des
individus yougoslaves dont la taüle mentionnée par Karauan va jusqu’à 2 mm, tdors que la
plus grande femelle du Tech mesure un peu plus de 3 mm. Les autres individus du Tech sont
amputés de leurs péréiopodes 7.
Aucun péréiopode ne porte d’organe elliptique. Karaman n’en signale pas non plus.
Ces organes elliptiques sont par contre présents sur tous les péréiopodes de fi. albertimagni.
Source : MNHN, Paris
198
NICOLE COINEAU
Fie. 25. — BogidUUa >kopljensi$
A, gnathopode I femelle; B. gnathopode II femelle; C. maxiUipède; D, pér^iopode 7; E, péréiopode 4;
F, pl^opode II; G, telson; H, uropode III.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE 199
Pléopodes (fig. 25,F). Us sont biramés. Le pédoncule offre un rétinacle subterminal
formé de 2 crochets ténus. Rame externe composée de 3 articles, chacun portant 2 soies pen¬
nées divisées en 2 zones distinctes : la zone basale à pinnules courtes, et la zone distde à pin-
nules plus longues. Rame interne très courte, n’atteignant même pas la moitié du premier
article de la rame externe, et terminée par une soie pennée divisée également en 2 zones.
Uropodes I (fig. 24,1). Pédoncule élancé, 4 fois plus long que large, armé de 2 épines
distales; les 2 rames sont à peu près de même longueur et portent chacune 2 épines subdistales
et 2 épines distales, dont une assez longue.
Uropodes II (fig. 24, J) plus courts et plus trapus que les premiers. 1-ongueur du pédon¬
cule égale à deux fois sa largeur; il se termine par 2 épines. Les 2 rames, de même longueur
que le pédoncule, offrent 4 épines distales.
Uropodes III (fig. 25,H) élancés. Pédoncide un peu plus de deux fois plus long que
large, avec 2 épines. Les 2 rames ont une longueur qui atteint deux fois et demie celle du pé¬
doncule. L’une d’elles porte 3 épines réparties à chaque 1/4 de la rame, l’autre 2 groupes de
2 épines; un bouquet de 5 épines terminales, dont deux longues; la plus longue d’entre elles
offre une longueur encore plus grande chez le mâle.
Les uropodes ne diffèrent donc pas de ceux des spécimens de Yougoslavie, mis à part
une épine supplémentaire à l’une des rames des uropodes III des individus français.
Telson (fig. 25,G) petit, un peu plus large que long (Kabaman mentionne : aussi long
que large et légèrement concave à sa marge distale). Les exemplaires de Tech ont une marge
distde concave. Les 2 épines, de chaque côté de cette zone concave sont aussi longues que le
telson; à leur base s’insèrent 2 soies ténues dont Karaman indique également l’existence. La
description des Bogidiella du Tech montre qu’ils ne présentent pas de différences significa¬
tives avec les populations de Skoplje : les seules différences relevées portent sur le nombre
d’artides des flagelles de l’anteime I (mais celui-d est variable chez une même espèce), la chéto-
taxie plus fournie de P 7 et le telson à marge concave. Ces menues différences ne sont peut-être
dues qu’à une différence de taille, les individus femelles à oostégies de Skoplje ne mesurent
que 2 mm, dors que la femelle ovigère du Tech dépasse 3 mm. Tous les autres détails des
appendices concordent : pièces buccales, gnathopodes, péréiopodes, pléopodes, uropodes.
Cette étude permet en outre d’ajouter un détail qui confirme l’indépendance spécifi¬
que de B. skopljensis et B. albertimagni; tous les péréiopodes de B. alberli/nagni sont pour¬
vus d’organes elliptiques qui font totalement défaut chez B. skopljensis. Les deux espèces se
distinguent en outre par leurs pléopodes uniramés chez B. albertimagni, biramés chez B.
skopljensis, et par Tangle palmaire des gnathopodes I situé au 1/4 inférieur du bord sternal
chez B. skopljensis, et à la moitié du bord sternal chez B. albertimagni. Il semble aussi, que
le péréiopode 7 soit beaucoup plus long chez B. skopljensis que chez B. albertimagni (d’après
les représentations de Herzog et de Serran).
L’aire de répartition de B. skopljensis Karaman reste donc très limitée et discontinue.
Il vit en Yougoslavie (Skoplje et ses environs), en Roumanie (où un seul exemplaire a été
récolté) et en France dans la nappe phréatique du Tech (Pyrénées-Orientales).
BOGIDIELLA VANDELI sp. n. '
L’étude de la faune interstitielle en Sardaigne n’en est qu’à ses débuts. Au cours d’une
mission d’étude sur l’île, en juin 1965, j’ai pu effectuer un grand nombre de prélèvements
littoraux et continentaux, qui ont révélé une faune souterraine fort riche (Coineaü, 1966).
Le genre Bogidiella, entre autre, a été retrouvé dans la nappe phréatique du Rio di Quirra en
Sardaigne ®.
1. Espèce respectueusement dédiée à M. le professeur Vandel, membre de l'Institut, mon parrain
'I.R.S.
2. Contribution n® 4 à l’étude de la faune des Iles méditerranéennes.
Source : MNHN, Paris
200
NICOLE COINEAU
Matériel étudié : 33 individus se répartissant en 18 c? et 14 9 (+ 1), le 17-6-1965 à la
station S 23 du Rio di Quirra, à 13 km en aval de Tertenia, et à 7 km environ à vol d’oiseau de
la mer. Le cours d’eau est à sec à cette période de l’année; il reste de longues flaques d’eau,
bordées de grandes plages de gros galets mélangés à un peu de sable (les caractéristiques gra-
nulométriques seront données ultérieurement).
Longueur de l’animal variant entre 2,3 et 3 mm pour les mâles, et entre 2,3 et 3,27 mm
pour les femelles. Les yeux sont absents. L’habitus de l’animal offre un aspect frappant, le
mâle se distinguant de la femelle par plusieurs caractères : les antennes I et II, les pléopodes,
les uropodes I et II et le telson. Ce dimorphisme très évident mis à part, B. vandeli sp. n. est
très proche de B. hebraea Ruffo de la dépression de la mer Morte (Israël).
Antennes I (fig. 26,C,D,E). Chez la femelle, pédoncule grêle formé de 3 articles; le
premier dont la longueur dépasse trois fois la largeur est armé de 3 épines au bord sternal, de
plusieurs soies pennées et de nombreuses soies ordinaires; le second est presque aussi long
que le premier, mais beaucoup plus étroit : il porte un groupe de soies médianes et 2 touffes
de soies distales. Le troisième article est le plus court : un peu plus de la moitié du précédent.
Il ne porte que des soies distales. Chez le mâle, les trois articles pédonculaires sont plus courts
que chez la femelle, le second en particulier, qui présente une épine à la place des soies média¬
nes. Flagelle principal de 9 articles de plus en plus longs vers le sommet et munis d’un bâton¬
net hyalin à partir du quatrième article jusqu’à l’extrémité, en plus des soies distdes. Ce
flagelle principal garde le même aspect chez les deux sexes. Le flagelle accessoire porte la
marque d’un dimorphisme sexuel; chez la femelle, il compte 2 articles seulement, le premier
très long; arrivant presque au niveau de la partie distde du second article du flagelle princi¬
pal, et garni de 4 soies distales; le second, moins long que le 1/3 du premier, porte une tige
pennée, 2 soies et un bâtonnet hyalin distaux. Chez le mâle, la longueur totale du flagelle acces¬
soire est la même que pour celui de la femelle (c’est-à-dire qu’il arrive au 1/3 du troisième ar¬
ticle flagellaire principal), mais ü est formé de 3 articles : le premier atteint les 2/3 du premier
article du flagelle principal et porte une soie distale; le second, plus long, dépasse la moitié
du deuxième article du flagelle principal, et supporte 4 soies terminales; le troisième article,
un peu plus court, offre comme chez la femdle, 2 soies, une tige pennée et un bâtonnet ter¬
minaux. Ruffo note que les antennes de B. hebraea ressemblent à celles de B. ckappuisi.
Celles des femelles sardes s’en écartent notablement par leurs proportions et le flagelle acces¬
soire; celles des mâles sardes s’en distinguent par leur chétotaxie et les proportions du flagelle
accessoire.
Antennes //(fig. 26,A,B). Elles sont moins longues que les premières. Un dimorphisme
sexuel se manifeste au pédoncule. Celui-ci est plus grêle chez la femelle, et ses articles sont
plus longs et plus étroits que chez le mâle. Femelle : article 1 court, aussi large que long,
glabre; article 2 une fois et demie plus long que large, portant une seule épine et quelques soies;
artide 3 très long, dnq fois et demie plus long que large, portant plusieurs soies réparties sur
sa longueur, une épine subdistaie et de nombreuses soies distales; article 4, sept fois et demie
plus long que large, avec plusieurs groupes de soies et de nombreuses soies terminales. Les
5 artides du flagelle ont une longueur totale égde à celle du dernier artide du pédoncule; un
bâtonnet distal entouré de 3 soies. Chez le mâle : artide 1 du pédoncule court, muni d’une
épine; second article aussi large que long armé de 3 épines et de 2 soies; troisième artide trois
fois plus long que large avec 2 épines et de nombreuses soies; article 4, quatre fois plus long
que large, muni d’une couronne de soies vers sa moitié et de soies distales nombreuses. Le
flagdle, composé de 5 articles, est plus long que le dernier article du pédoncule (contrairement
à la femelle); le premier artide est le plus long; les suivants sont tous de même longueur; un
bâtonnet distal entouré de 3 soies.
Les antennes II du mâle ressemblent à celles de B. ckappuisi (chétotaxie mise à part)
et des autres espèces qui ne présentent pas de différences très grandes, mais celles de la femelle
s’en distinguent par les proportions des articles du pédoncule notamment.
Mandibules (fig. 26,H). Pars incisiva à 5 dents, lacinia mobilis de la mandibule gauche
à 5 dents égsderaent. Le palpe comprend 3 artides; le second porte 2 fortes soies au 1/3 supé¬
rieur chez le mâle, et une seule soie chez la femelle. Artide terminal long, portant 2 longues
soies suhdistales, et 2 longues soies distales; 2 minuscules soies les précèdent.
Source : MNHN, Pans
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE
LA FAUNE INTERSTITIELLE
201
Fig. 26. — BogiditUa vandeli 8p. n.
A, antenne II femelle; B. antenne II mâle; C, antenne I femelle; D, détail du flagelle accessoire de
l’antenne 1 mâle; E, détail du flagelle accessoire de l'antenne I femelle; F, telson mâle; C, telson
femelle; H, palpe de la mandibule femelle,
Source : MNHN, Paris
202
NICOLE COINEAU
Fig. 27. — Bogidiella vandeli 8p. n.
A. gnathopode I mâie; B, bord palmaire du gnathopode I femelle; C, bord palmaire du gnathopode II maie;
D, gnathopode II de la femelle; E, uropode II femelle; F, uropode II mâle; G, uropode III (mâle
et femelle); H, uropode I mâle; I. uropode I femelle.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE 203
Maxille-s I. Le lobe interne porte 2 fortes soies terminales chez la femelle, et 3 chez le
mâle, qui sont précédées de quelques soies plus courtes et plus fines. I.c lobe externe se termine
par 7 épines. Le palpe biarticulé soutient 3 grosses soies distales.
présence de 3 soies au lobe interne de la maxille I est considérée par certains au¬
teurs (Ruffo, 1963, Mateüs, 1967) comme un caractère primitif, qui aurait été conservé chez
B. vandeli par le mâle.
Maxilles IL Le lobe interne, le plus court, est bordé par ime rangée de fines soies in¬
ternes, et terminé par 7 soies auxquelles s’ajoute une tige pennée chez la femelle, qui est absente
chez le mâle. Les soies terminales du lobe externe sont nombreuses, plus longues, et les 2 plus
internes portent une pinnule chacune.
Maxillipèdes. Les 2 lobes sont réduits, particulièrement le lobe basal; le palpe, par
contre, est très développé; le second article est trapu, plus long que l’ensemble du maxilli-
pède situé au-dessous. Sa chétotaxie ne diffère pas de celle des autres espèces. Le dernier article
est également long, mais étroit, et terminé par une fine grifiTe.
Gnatkopodes I (fig. 27,A,B). Basis très robuste chez le mâle (longueur égale à 2 fois la
largeur), avec 3 longues soies postérieures, une petite soie distale et 2 courtes soies au bord
sternal. Ischion court à une soie sternale; méros muni de courtes soies sternales et de 2 soies
distales; le carpe se prolonge en un lobe terminé en pointe garnie de nombreuses petites soies,
et portant 3 soies plus longues; 2 fortes soies s’insèrent au-dessous de la base du propode.
Propode bien dilaté au niveau du premier 1/3, marqué d’une forte épine et de 2 soies. A la
moitié du bord sternal s’insère un groupe de 4 épines. Le bord palmaire est ensuite très obli¬
que, et même concave, garni de quelques courtes épines et de quelques soies; 3 soies distales;
bord tergal glabre. Le dactyle très courbe à sa pointe, arrive jusqu’au groupe d’épines médian.
Chez la femelle, le basis est moins robuste (longueur égale à 3 fois la largeur) et ne présente
qu une seule longue soie. On ne trouve que 2 épines au bord sternal du propode. Par contre,
2 soies supplémentaires existent aux 3/4 du bord tergal, Les propodes des gnathopodes I
de B. vandeli sont plus dilatés que ceux de B. ckappuisi.
Gnathopodes II (fig. 27,C,D). Basis 4 fois plus long que large, muni d’une longue soie
chez la femelle et de 4 longues soies chez le mMe en plus de la soie distale ; une autre soie courte
opposée aux longues soies. Carpe robuste, presque aussi large dans sa région distale que long;
il porte 3 soies distales, plus une soie subdistale; chez le mâle, on trouve une courte soie sup¬
plémentaire dans l’angle distal tergid; propode se rapprochant im peu de celui de B. ckappuisi,
mais la dilatation maximum se situe un peu au-dessous de sa moitié, alors qu’elle se produit
au niveau de sa moitié chez B. ckappuisi; bord palmaire net armé de 2 fortes épines chez la
femelle (3 chez le mMe) et d’une rangée de courtes épines et de plusieurs soies; une soie isolée
à hauteur des premières soies du bord palmaire; 2 soies au bord tergal chez la femelle (absentes
chez le mâle) et 2 soies distales. Le dactyle replié n’atteint pas la moitié du propode.
Péréiopodes 3 et 4 identiques entre eux, et chez les deux sexes. Basis long, très rétréci
à sa base (beaucoup plus que chez B. ckappuisi). Il porte 2 soies sur chaque bord et 2 soies
distales. Méros long, avec 2 soies au bord sternal, 2 épines bifides en leur extrémité au bord
tergal, la plus basse située sur le lobe distal qui dépasse largement la base du carpe. Carpe étroit
présentant 3 soies au bord sternal et une soie distale tergale. Propode mince, muni de 2 épines
à son bord sternal et de 2 épines et 3 soies distales. Dactyle court, terminé par une minuscule
grifife (fig. 28,D).
Péréiopade 5 (fig. 28,C) : il n’est pas plus long que P 3. La chétotaxie est plus riche que
chez B. ckappuisi. On retrouve le même canevas chétotaxique que pour P 3, mais la plupart
des soies sont remplacées par des épines; le lobe distal du méros porte 2 épines; le carpe est
armé de 2 épines sternales, et de 3 épines distales dont une longue et courbe; une épine aussi
au propode qui se termine par 3 épines dont une très longue qui dépasse le dactyle et sa grilîe,
et 2 soies. Dactyle court. Péréiopode 6 un peu plus long que P 5, mais identique. Péréiopode 7 :
le rapport de la longueur de P 7 par rapport à P 6 est égal à 6/5. Basis : longueur égale au
double de la largeur ; 4 épines au bord tergd; 2 épines au bord sternal. Méros long avec 3 épines
et une soie en plus des 3 épines et de la soie distales. Carpe muni de 5 épines sur sa surface,
et de 5 épines distales. Propode avec 3 épines au bord tergal et successivement une soie, une
Source : MNHtJ, Pons
204
NICOLE COINEAU
épine plus une soie, et une épine plus une soie au bord sternal; 4 épines distales (dont 2 lon¬
gues) et 2 soies distales. Le dactyle a une longueur égale à la moitié de celle du propode (fig.
28,A).
Les « organes elliptiques » (de Herzog) sont présents au basis des péréiopodes 3, 4, 5
et 6 uniquement chez la femelle, les mâles en étant dépourvus.
Pléopodes (fig. 28,E,F,G,H). Un caractère sexuel secondaire réside au niveau des pléo-
podes. Les 3 pléopodes du mâle sont biramés, la rame interne étant vestigiale, tandis que les
3 pléopodes femelles sont uniramés et ne portent aucune trace apparente de la rame interne.
Les 3 pléopodes mâles sont identiques et de plus en plus courts du premier au troisième.
Le pédoncule, plus long que la rame externe, offre un rétinacle constitué de 2 crochets minus¬
cules engagés dans une petite fossette subterminale. Les 3 articles de la rame externe portent
chacun 2 longues soies distales pennées; chaque soie comporte 2 parties distinctes : la zone
basale qui donne naissance à de courtes pinnules, et la zone distale le long de laquelle les pin-
nules sont plus longues. Rame interne vestigiale, uni-articulée; elle porte à son sommet une
soie également divisée en 2 zones (fig. 28,F,G,H). Femelle : le pédoncule est aussi plus long
que l’unique rame. Celle-ci se présente sous le même aspect que chez le mâle. Il y a donc ici
un caractère sexuel secondaire assez spectaculaire, puisque la présence de pléopodes uni ou
biramés est un critère systématique servant à différencier les espèces les unes des autres.
D’après certains auteurs, des pléopodes biramés représenteraient un caractère archîdque.
Chez B. kebraea, le pléopode I possède une rame interne vestigiale munie d’une soie
distale; le pléopode II possède encore cette rame interne devenue minuscule et dépourvue de
soie, tandis que le pléopode III est unirainé. Ruffo ne signale pas de différence à ce sujet entre
mâles et femelles.
Uropodes. I-à encore se manifeste un caractère sexuel secondaire.
Uropodes /. Mâle : ils sont trapus. Le pédoncule est un peu plus de trois fois plus long
que large et plus long que les 2 rames, plus mince à la base qu’au sommet: il est armé d’une
épine recourbée à son extrémité un peu au-dessus de la base, d’une épine médiane, et de 2 épi¬
nes distales garnies d’une petite soie; rame externe légèrement plus courte que l’interne; dans
leur fossette distale s’insèrent 4 épines plus ou moins courtes; la plus apicale est la plus longue,
épaisse à la base et se rétrécit brusquement vers son milieu (fig. 27,H). Femelle : les uropodes I
sont très longs et grêles; le pédoncule plus de 5 fois plus long que large est presque aussi long
que l’uropode I m^e tout entier; il comporte une forte épine au 1/3 basal et 2 épines apicales;
branche externe un peu plus courte que l’interne; ces deux rames très minces se terminant par
un groupe de 4 épines (3 courtes et une 3 fois 1/2 plus longues que les voisines) à la rame ex¬
terne, et 5 épines dont 3 longues à la rame interne (fig. 27,1).
Uropodes U. Ils portent également la marque de caractères sexuels secondaires. Mâle :
uropodes très trapus, au pédoncule et à la rame interne de même longueur; 2 épines subdis¬
tales au pédoncule, et 4 épines issues de la fossette apicale de chaque branche (fig. 27,F).
Femelle : uropodes plus longs que chez le mâle, avec les 2 branches plus longues que le pédon¬
cule. Rame interne du mâle seulement trois fois et demie plus longue que large; rame interne
femelle cinq fois et demie plus longue que large; la rame externe est à peine plus courte.
Les uropodes II femelles reproduisent la même chétotaxie que ceux du mâle, mais les épines
apicales des branches sont beaucoup plus longues (fig. 27,E).
Uropodes ///(fig. 27,G). Le dimorphisme sexuel est moins prononcé et la structure reste
la même que celle de la plupart des autres espèces; pédoncule égal à un peu moins de la moitié
des 2 branches avec 2 épines distales. Les 2 rames sont subégales; l’une porte une longue épine
à chaque 1/3 et 5 épines distale.s; l’autre 2 groupes de 3 épines, plus 6 épines apicales. Les épi¬
nes terminales sont plus longues chez la femelle que chez le mâle.
Telson (fig. 26,F,G). Là encore s’inscrit une différence nette entre le mâle et la femelle.
Mâle : le telson est plus large que haut, sa marge distale se creuse légèrement, de sorte
que la concavité ne dépasse pas la base des épines distaies en profondeur. Il existe une forte
épine distale de part et d’autre 'de cette partie concave; une seconde épine beaucoup
plus petite s’insère un peu au-dessous de l’épine précédente chez quelques mâles de très
grande taille.
Source : MNHN, Pons
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
Fig. 28. — Bogidiella eandeii ap. n.
A, B, péréiopode 7; C, pér^iopode 5; D, péréiopode 3 mâle; E, pl^pode II femelle; F. pléopode I mâle;
G, détail du pléopode I mile; H, pléopode III mâle.
Source : MNHN, Paris
206
NICOLE COINEAU
Femelle : les bords latéraux du tclson sont droits alors qu’ils sont convexes chez le
mâle. Une véritable échancrure atteignant les 2/3 du telson sépare 2 lobes dont chacun
des sommets est garni de 2 très longues épines, au-dessous desquelles naissent 2 fines soies
latérales.
La forme générale du telson mâle s’apparente plutôt à celle de B. chappuisi qu’à celle
de B. hebraea.
DISCUSSION
B. vandeli s’individualise très bien au sein des autres Bogidiella connus : les caractères
sexuels secondaires qui portent sur les antennes I et II, les mandibides, les maxilles I et II,
les gnathopodes I et 11, les péréiopodes (organes elliptiques présents unicjuement chez les
femelles sur P 3, P 4, P 5 et P 6), les pléopodes, les uropodes et le telson en font une espèce
remarquable.
Un tel dimorphisme accentué, avec des différences aussi nombretises, aurait pu entraî¬
ner un doute quant à l’identité spécifique des deux catégories d’animaux, Mais la présence de
plusieurs femelles à oostégites, ainsi que la vésicule séminale des mâles nettement visible par
transparence, permettent d’acquérir la certitude qu’il s’agit bien des mâles et des femelles de
la même espèce.
B. tabascensis Villalobos, qui vit dans une grotte du Mexique, présente également des
caractères sexuels secondaires (proportions des articles du pédoncule des antennes I, nombre
de soies du basis des gnathopodes I, chétotaxie des péréiopodes, tclson plus long chez le mâle
et possédant davantage d’épines) mais beaucoup moins marqués que chez B. vandeli sp. n.
Parmi les autres espèces, on ne trouve généralement aucune remarque relative au dimor¬
phisme; seuls, MaTEUS note que les mâles et les femelles de B. hclenae sont absolument iden¬
tiques, et Hebtzog indique que les mâles de B. skopljensis sont plus grands que les femelles
et possèdent des gnathopodes à propode plus élargi et les uropodes III qui sont peut-être
moins armés que chez les femelles.
La question du dimorphisme mise à part, les espèces les plus proches de B. vandeli
sont B. chappuisi et B. hebraea.
La liste des espèces du genre Bogidiella montre sa très vaste répartition :
B. albertimagni Hertzog 1933, Strasbourg, France, eaux phréatiques; Cerna Cat,
Roumanie; Sitges, Espagne.
B. skopljensis Karaman 1933, eaux interstitielles phréatiques, Skoplje et ses environs,
Yougoslavie; Transylvanie, Roumanie; vaüée du Tech, France.
B. chappuisi Ruffo 1952, eaux interstitielies littorales, Roussillon, Corse, France; Algé¬
rie; Maroc; Yougoslavie.
B. neoiropica Ruffo 1952, source en relation avec le fleuve Cupari, BrésO.
B. brasiliensis Siewing 1953, eaux interstitielles littorales, San Salvador et Hha, Brésil.
B. lindbergi Ruffo 1958, eaux cavernicoles, grotte Nayak, près Pol-Ranga, Afghanistan.
B. longiflagellum Karaman 1959, puits vallée du Vardar, Yougoslavie.
B. bredini Shoemaker 1959, eaux cavernicoles, île de Barduda, Antilles.
B. tabascensis Villalobos 1960, eaux cavernicoles, grotte Cocona, Teapa (Tabasco),
Mexique.
B. semidenticulata Mestrov 1961, eaux interstitielles, rivières Slovénie et Croatie,
Yougoslavie.
B. denticulata Mestrov 1961, eaux interstitielles, rivière Slovénie et Croatie, Yougos¬
lavie.
B. hebraea Ruffo 1963, eaux souterraines, dépression de la mer Morte, Israël.
B. helenae Mateus 1967, eaux interstitielles littorales, Cabedelo (non loin de l’embou¬
chure du Douro), Portugal.
B. ruffoi Birstein et Ljovuschkin 1968, source thermale Khodja-Kaynar, Turkménie.
B. vandeli sp. n., eaux phréatiques du Rio di Quirra, Sardaigne.
Malgré sa grande extension, le genre Bogidiella reste très homogène. Ruffo (1963)
indique les principaux critères variant d’une espèce à l’autre : nombre d’épines au telson, con¬
formation des pléopodes uni ou biramés, puis, nombre d’articles au flagelle accessoire des
antennes I, nombre d’épines au lobe interne des maxilles I, forme des propode.s des gnatho¬
podes I et II et leur garniture d’épines palmaires, nombre de longues soies au bord postérieur
Source ; MNHN, Paris
CONTRIBUTION À L'ÉTUDE DE
FAUNE INTERSTITIELLE
207
du ba»is des gnatbopoiJes, présence ou absence d’organes elliptiques, chétotaxie du propode
de P 7, chétotaxie des uropotles. En s’appuyant sur ces caractères, Ruffo j)ense pouvoir
distinguer deux groupes d’espèces : d’une part, celui des formes européennes et méditerra¬
néennes (B. albertimagni, B. skopljensis, B. longiftagellum, B. semidenticulata, B. denticu-
lata, B. hebraea) ; on pourrait ajouter à ce groupe B. vandeli. Les espèces sud et nord-améri-
c^nes forment un second groupe bien différencié du premier morphologiquement (B. brasi-
liensis, B. neolropica, B. bredini, B. tabascensis) [Ruffo, 1963, p. 193). R conviendrait plutôt
de dire « les espèces sud et centre-américaines « à la place de « sud et nord-américaines x.
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Source : MNHN, Paris
CONTHIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
209
2. INGOLFŒLUDEA
INCOUIELLA Hansen
La famillp des Ingolfiellidae groupe maintenant une quinzaine d’espèces réunies en
un seul genre (selon Noodt 1965), ou bien réparties en deux genres, Ingalfiella Hansen et
Leleupiella Karaman (Rüffo 1964).
La découverte de l’un de ces Âmphipodes souterrains reste loin d’être banale, étant
donné l’extraordinaire répartition géographique des Ingolfiellidae. Celle-ci' s’étend depuis
les abysses marins (/. abyssi Hansen, 3 422 m, détroit de Davis, I. allantisi Mills, 4 892 m,
bassin nord-américain) jusqu’aux eaux souterraines continentales de haute montagne (/. uspal-
latae, espèce récoltée en Argentine dans les Andes à 2 000 m), en passant par des fonds marins
plus modestes (I. britanica Spooner, par 45 m dans la Manche, I. littoralis Hansen, golfe du
Siam, coraux littoraux, 2 m de profondeur, I. xarifae Rufifo, océan Indien, côte des Maldives),
et par la zone littorale (/. ruffoi Siewing, au Pérou, I. manni Noodt, au Chili): bon nombre
d’espèces dulçaquicoles vivent dans les eaux douces souterraines continentales : I. ackerontis
Karaman, I. petkovskii Karaman, I. macedonica Karaman, I. catalanensis Coineau. Enfin,
trois formes remarquables par leur grande taille, mènent une vie cavernicole : Leleupiella
leleupi Ruffo, Congo belge; (cette espèce fréquente également les eaux souterraines dans la
dolomie de la Rhodésie du Nord), Leleupiella eggerti Ruffo (Afrique du Sud-Ouest), 1. opii-
thodorus Bamard ' (puits des dolomies d’Afrique du Sud).
En France, une seule espèce était connue jusqu’à maintenant : 1. catalanensis Coineau,
des nappes phréatiques du Tech, en Catalogne. Elle fut recueillie dans les eaux de pompage de
la vallée du Tech destinées à l’irrigation. Le même procédé utilisé par les chercheurs du labo¬
ratoire souterrain de Moulis au cours d’un voyage d’étude dans l’Ardèche et dans le Gard, a
livré une seconde espèce A'Ingolfiella dont la diagnose est donnée ci-dessous.
INGOLFIELLA THIBAUDI sp. n. *
Matériel récolté : Saint-Hilaire-de-Brethmas (Gard), vallée du Gardon d’Alès, pompage
M. Jeune, décembre 1966 : 3 9 et 1 d. Saint-Alban-sous-Sampzon (Ardèche), vallée du Chasse-
zac, 26-8-1966, 1 individu. Ruoms (nappe de l’Ardèche), pompage M. Couronne, décembre
1966, 1 individu. Chaulet (Ardèche), nappe du Chassezac, pompe plage Chaulet, décembre
1966, 1 individu.
La taille, comprise entre 2 ram et 2,29 mm, est moyenne pour le genre. Yeux absents.
Antennes I (fig. 29,C) relativement courtes : le pédoncule se compose de 3 forts arti¬
cles, le premier atteignant le double du second, et le second presque le double du troisième.
Sur ce dernier s’implantent le fouet de 4 articles et le flagdlc accessoire triarticulé. Celui-ci
arrive aux 3/4 du second article du fouet et se termine par 2 soies et un aesthétasque; l’article
médian est très allongé. Le flag^e principal offre un bâtonne.t hyalin à chacun de ses trois
derniers artides; ces bâtonnets sont sensiblement de la même longueur que les articles corres¬
pondants chez la femdle, tandis qu’ils atteignent le double de ces artides chez le mâle. Il
s’agit là d’un caractère sexuel secondaire. Un très court aesthétasque terminal existe sur l’an¬
tenne du mâle et de la femelle.
1. D’après la description de I. opisthoduria, il semblerait que l’espèce, voisine de LeUupielUi Ultupi
doive entrer dans le genre Leleupiella : grande taille, habitat cavernicole, morphologie et ehétotaxie des
péréiopodes et des uropodes.
2. Espèce dédiée à M. TbibaCD. qui a participé aux missions d’étude dans le Gard et dans l'Ardèche
avec les membres de l'équipe de Moulis.
Source ; MNHN, Paris
210
NICOLE COINEAU
La structure, ia chétotaxie et les proportions de l’antenne I ne dilTérencdent que peu
l’espèce considérée ici des autres espèces. Une forme très éloignée géographiquement comme
1. uspallatae par exemple, offre exactement le même aspect. Par contre, /. petkowskii se dis¬
tingue de I. thibaudi sp. n. par l’absence des 2 bâtonnets hyalins de l’article distal de l’antenne
I (le bâtonnet terminal, ténu, peut avoir échappé à l’observation des auteurs). Chez I. catala-
nensis, la principale différence réside dans les proportions du flagelle accessoire dont le second
article ne dépasse pas le premier article du flagelle principal, de sorte que ce flagelle accessoire
est bien plus court que chez /. thibaudi sp. n. Les 2 bâtonnets hyalins de l’article dist^ sont
présents.
Antennes U (fig. 29, D). Elles sont un peu plus courtes que les premières. Les 4 articles
du pédoncule, à peu près de même longueur, sont de plus en plus étroits vers le sommet.
Des 5 articles du fouet, le terminal est le plus court, et porte en plus du bouquet de soies dis¬
tales, un minuscule bâtonnet hyalin.
Les pièces buccales n’offrent pas d’aspect particulier à l’espèce décrite. La pars incisiva
des mandibules se présente sous la forme d’un processus conique (fig. 29, H) allongé et effilé
à son extrémité; palpe mandibulaire absent. Les 2 endites de la maxille I portent, l’un 2 fines
soles, l’autre une rangée de 6 fortes épines; le palpe bi-articulé offre 2 longues soies distales
(fig. 29, E). Maxilles II (fig. 29, F) à 2 endites globuleux portant 3 et 4 soies terminales. Chaque
article du maxillipède (fig. 29, G) offre une soie; le dernier est muni, en plus de cette soie, d’une
forte griffe; l’endite de l’article basal se termine par une partie légèrement bilobée ornée d’une
soie (cette partie terminale prend la forme d’une dent plus aiguë chez /. petkovskü).
Gnatkopodes I (fig. 30, A). Le carpe du premier gnathopode est plus étroit et plus long
que celui du gnathopode II. 3 courtes épines et 3 soies arment ia moitié basale du bord pal¬
maire, et 7 soies s’insèrent au bord palmaire supérieur. Les autres articles du gnathopode sont
tout à fait conformes au schéma habituel chez Ingolfiella. Chez I. catalanensis, le carpe est
encore plus étroit que chez la nouvelle espèce, mais présente le même aspect. On trouve en plus,
chez 7. petkovskü une mince lamina (Karahan, 1959).
Gnatkopodes 7/ (fig. 30, B). Ils se rapprochent beaucoup de ceux de 7. petkovskü (Ka-
RAMAN, 1959, CvETKOV, 1964) : le carpe très renflé et trapu porte au bord palmaire une très
courte épine suivie d’une longue et forte épine arquée. Une troisième épine plus petite s’insère
à la base de la lamina formée de 4 dents. Ici, aucune différence ne se manifeste entre le mâle et
la femelle, alors que 7. catalanensis offre chez le mâle seulement, un processus dirigé vers le
bas et terminé en biseau, situé entre l’épine inférieure et la grande épine. Un processus en
forme de sac existe au même niveau chez le mâle de 7. petkovskü. 7. catalanensis se différencie
en outre par la présence de 8 dents à la lamina palmaire, et par la plus grande longueur de la
griffe terminale du dactyle.
Péréiopodes (fig. 30, D, G). Ils semblent avoir les mêmes proportions que ceux des
espèces yougoslaves. Chez 7. catalanensis (fig. 30, E, F), par contre, ils sont plus grêles et plus
allongés que chez les précédentes espèces : le basis en particulier est beaucoup plus long et
étroit que celui de 7. thibaudi sp. n. P 3 et P 4 plus longs que P 5; la chétotaxie est faiblement
développée, analogue à celle de 7. uspallatae par exemple, et probablement à celle de 7. pet-
kovskii (les dessins trop petits ne permettent pas une comparaison rigoureuse). P S reste le
plus court de tous les péréiopodes et marque quelques différences avec 7. catalartensis. La ché¬
totaxie comparée de ces deux espèces donne pour 7. thibaudi : 2 soies au basis, 1 à l’ischion, 2
au méros, 1 épine distale et 4 soies (dont 1 pennée) au carpe. Chez 7. catalanensis (fig. 30, E),
on trouve : 1 soie au basis, 1 à l’ischion et au méros, et 1 épine et 2 soies seulement au carpe.
La soie du propode de 7. catalanensis atteint la pointe de ta griffe, ^ors qu’elle n’atteint même
pas la partie distale du dactyle chez 7. thibaudi sp. n. Le même schéma se reproduit pour P 6
et P 7 : le propode de P 6 comporte chez 7. thibaudi sp. n. 1 épine et .5 soies alors qu’on ne peut
observer qu’une épine et une soie chez 7. catalanensis. La même remarque peut être formulée
au niveau de P 7 : propode à 3 soies fl’une est pectinée) chez 7. catalanensis, (fig. 30, F), et à
7 soies chez 7. thibaudi sp. n. (dont 2 pectinées). Notons aussi que les griffes des péréiopodes
sont entières chez 7. thibaudi et bifides chez 7. catalanensis et 7. petkovskü.
Pléopodes. Chez le mâle, un seul pléopode est visible ; le premier, digitiforme et terminé
par 2 longues soies. Les 2 pléopodes suivants sont absents. Chez la femdle, absence complète
de pléopodes, tout comme chez 7. catalanensis. Le mâle de 7. catalanensis offre également un
pléopode I de même aspect que chez 7. thibaudi sp. n., tandis que les suivants n’existent pas.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
211
IngolfieUa calclaneruU ; A. antenne I. IngolfieUa ihibaudi gp. ii. ; B.e
antenne I femelle; D. antenne II femelle; E. maxille I; F. maxill
droite; I, uropode II; J.'uropode I; K, telson, uropode III.
ctrémité de l’antenne I du mâle; C.
t II; G, maxillipède; H, mandibule
Source : MNHN, Paris
212
NICOLE COINEAL'
Fie. 30.
IngolfieUa Aibaudi sp. n. : A, gnathopode I femelle; B, gnathopode II femelle; C, péréiopode 3; D, péti-
iopode S; G. péréiopode 7; H, détail du carpe de P 7; I, pléopode I mâle. IngolJUlUi calaUtnerut* :
E, péréiopode S; F, péréiopode 7
Source : MNHN, Paris
213
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
Uropodes. Uropodes I formés d’im protopodite trois fois plus long que large muni de
2 soies subdistaies; la plus longue est plus courte que l’esopodite. L’exopodite, glabre, atteint
le 1/3 de l’cndopodite. Celui-ci offre une rangée de 10 longues soies (les 3 distales étant les plus
longues) bifides en leur extrémité; au sommet, 5 épines sont précédées d’une longue soie subdi¬
stale. Les uropodes I se rapprochent beaucoup de ceux de /. pelkovskii par les proportions et
par le nombre de soies à l’endopodite; seule la soie du protopodite manque chez I, petkovskii,
alors qu elle est très longue chez I. catalanensis; le nombre de soies est moins ^evé chez
I. catalanensis ; 6 au maximum, et l’appendice est moins robuste (protopodite 4 fois plus
long que large).
Uropodes II relativement longs et forts. Protopodite muni de 5 rangées de 9,9,7,7, et
4 soies du sommet vers la base. Un renflement de la base correspond à une protubérance du
segment de l’urosome correspondant. Exo et endopodites peu différents en longueur : chacun
se termine par une griffe émoussée, 1 soie à l’exopodite, 3 à l’endopodite. Chez I. petkovskii et
I. catalanensis, le nombre de rangées de soies du protopodite est de 3.
Uropodes III régresses, composés de 2 articles; court protopodite portant une soie, et
article terminal nanti d’une longue soie. Le telson est une formation arrondie ornée de 4 soies
pennées encadrant 2 soies simples plus longues.
L’espèce ici décrite se rapproche beaucoup plus de I. petkovskii de Yougoslavie et de
Roumanie que de la forme française I. catalanensis. Elle s’en distingue cependant par l'absence
de pléopodes chez la femelle, des pléopodes 2 et 3 du mâle, du processus en forme de sac du
gnathopode II chez le mâle; le nombre de rangées de soies de l’uropode II est plus élevé que
chez I. petkovskii et I. catalanensis.
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Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA FAUNE INTERSTITIELLE
215
RÉSUMÉ
Le présent mémoire comporte une étude morphologique de quelques genres d’Isopodes
et d’Amphipodes souterrains récoltés récemment, ainsi que des données sur leur répartition.
La première partie de ce travail groupe la description d’une nouvdle espèce du genre si rare
Microparasellus (M. aloufi sp. n. du Liban), la diagnose préliminaire de deux Mkrocharon
nouveaux (M. heimi sp. n. et M. salvati sp. n.) et d’un genre nouveau {Paracharon renaudae
g. n. sp. n.) provenant de Nouvelle-Calédonie (Mission Singer-Polignac), et enfin les diagnoses
de cinq formes nouvelles françaises du genre Microcharon ; suivent des remarques sur la répar¬
tition et la systématique de ce groupe.
Dans une seconde partie, consacrée aux Amphipodes, on trouve tout d’abord un cha¬
pitre qui a trait au genre Salentinella avec les descriptions de deux espèces et d'une sous-espèce
nouvelles; un second chapitre se rapporte à l’étude du genre Bogidiella {B. skopljensis,
nouveau pour la France, et B. vandeli sp. n. de Sardaigne); enfin, la diagnose de Ingolfiella
thibaudi sp. n. avec un rappel de la distribution géographique mondiale du genre Ingolfiella
constituent un dernier chapitre.
Source : MMHN, Paris
216
NICOLE COINEAU
ZUSAMMENFASSUNG
Die Morphologie einiger, in letzter Zeit aufgesammelter, unterirdisch lebender, Am-
phipodcn und Isopoden und ihre geographische Verbreitung werden in dieser Arbeit unter-
sucht.
Im ersten Teii werden eine neue Art der sdtenen Gattung Microparasellus {M. aloufi
au8 Libanon) sowie zwei neue MUrocharon ; M. heimi und M. salvati und eine neue Ganung
mit einer neuen Art : Paracharon renaudae aus Neu Kaiedonien (Miaaion Singer-Polignac)
und endlich 5 neue Formen der Gattung Microcharon aus Frankreich beschrieben, zusatdich
Bemerkungen über die Verbreitung und die Systematik dieser Grappe.
Im zweiten Teil werden die Amphipoden behandeit. Die Gattung Salentinella ent¬
ait zwei neue Arten und eine neue Unterart. Bogidiella vandeli n. sp. wird beschrieben
und B. skopljensis für Frankreich zitiert, sowie eine neue Art der Gattung Ingolfiella : I.
ihibaudi
IHPSIHIUB NaTIOHali. — 8 564032 6
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Pans