MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie.
TOME VII. v
FASCICULE 2.
R. JEANNEL.
«LES TRECHUS DU MONT ELGON
(Coleoptera Trechidae)
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
.‘16, rue GeolFroy-Saint-Hilaire (V«)
1954
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MEMOIRES DU MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome VII, fascicule 2. — Pages 147 à 178.
X LES TRECHUS DU MONT ELGON
(Coleoptera Trechidae)
par le D r R. Jeannel.
SOMMAIRE.
FaRi's
Origine des lignées . 148
Evolution des espèces . 150
Evolution cliétotaxique el formation des sous-genres (p. 150).
Segrégation altitudinale et formation des sous-espèces (p 151).
l/évolution souterraine (p. 152). Variabilité des espèces
(p. 153).
Systématique.
Surgen. Treehus, s. STR. 154
Oroupc de Chappuisi . 154
I. T. (s. sir.) Chappuisi Jennn. (p. 154). - 2. T. (s. str ) Aram-
bourgi Jennn. (p. 154).
Groupe A'elgonicut . 156
3. T. (s. str.) elgonicns Jeann. (p. 156). 4. T. (s. str.) amblus
Jennn. <p. 157). 5. T. (s. str.) slenotlerus Jeann. (p. 159) .
Subgen. Elgonolrechus, nov. 159
Groupe de phaeocerns . 161
6. T. (Elgonolrechus) phaeocerns Jeann. (p. 162). — 7. T. (Elgono¬
lrechus) hglonomns, n. sp. (|>. 164). 8. T. (Elgonolrechus)
cgclomus, n. sp. (p. 165). 9. T. (Elgonolrechus ) umblggonns
Jeann. (p. 165). 10. T. ( Elgonolrechus ) melrius Jeann. (p. 166).
Groupe d 'ootles . 166
II. T. (Elgonolrechus) ootles Jeann. (p. 167). 12. T. (Elgono¬
lrechus) ènoplus Jeann. (p. 167). Fig. 13. 7'. ( Elgonolrechus )
enoploides, n. sp. (p. 168).
Groupe de cryobius . 169
14. T. < Elgonolrechus) cryobius Jeann. (p. 169). - 15. T. (Elgo¬
nolrechus) promeces Jeann. (p. 171).
Mémoires du Muséum. Zoologie, t. Vil. 11
n. JEANNEL.
Groupe de lampros . 171
1 (>. T. (Elgonotrechus) lampros Jeann. (p. 172). 17. T. {Elgono
Irechus) compsus Jeann. (p. 174). 18. T. ( Elgonotrechus)
nannus Jeann. (p. 174). 19. T. (Elgonotrechus) oligophthulmus
Jeann. (p. 175).
Subgen. Elgonophyes, \ov. 170
21). T. ( Elgonophges ) Leleupi, n. sp. (p. 177).
ORIGINE DES LIGNÉES.
L’exploration du mont Elgon, faite avec P.-A. Chappuis en janvier
1933, au cours de la Mission de l’Omo, m’avait fait découvrir que des
Trechus de diverses espèces pullulent en nombre incroyable sur les
parties élevées «le cet ancien volcan éteint et y sont de beaucoup les
Coléoptères humicoles les plus abondants (Jeannel, 1935, Miss. sc.
Omo, II. in Mèm. Mus., Il, p. 27). Et cette constatation prenait une
importance particulière du fait que des Trechus, élément paléarctique
de la faune des hautes montagnes de l’Afrique orientale ne sont
connus que de l’Elgon et du mont Meru, au sud du Kilimandjaro,
lundis que le mont Kénya, le Kilimandjaro et le Ruwenzori sont peu¬
plés à haute altitude par des Plocamotrechus, appartenant à une autre
tribu, celle des Trechodini et constituant un élément faunique d’ori¬
gine australe.
J’ai maintes fois insisté sur le fait que le peuplement végétal et
animal des hautes montagnes de l’Afrique orientale était constitué
par trois éléments d’origine différente, l’un autochtone, les deux
autres s’étant propagés le long des chaînes dorsales pendant la lin du
Tertiaire, mais selon deux migrations antagonistes, l'une partie de
la région méditerranéenne, l’autre de l’Afrique australe. Dans la zone
subalpine de toutes les montagnes africaines, Vericetum est formé par
le mélange de deux genres d’Ericacées arborescentes : la grande
Bruyère à Heurs blanches Œrica urboreu), élément méditerranéen, el
les Philippin, élément austral (Jeannel, Hautes Montagnes d'Afrique,
1950, p. 220).
Comme la grande Bruyère, les Trechus sont un élément méditer¬
ranéen ; mais ils sont loin d’avoir aussi largement pris pied sur les
hautes montagnes que la Bruyère qui s’est répandue jusque dans le
Natal. La grande Bruyère est originaire du Massif ibéro-mauritanien,
ayant gagné Madère et les Canaries au Tertiaire ancien. Les Trechus
s. str. du mont Elgon, se montreront eux aussi, comme on le verra,
dérivés de souches ibéro-mauritaniennes. Pendant les périodes très
humides du Plio-pléistocène, ces lignées ibéro-mauritaniennes, végé¬
tales ou animales, ont franchi le Sahara et peuplé l'Abyssinie, pour,
I.ES TUECHUS DU MONT EI.GON.
149
de là, se propager vers le sud sur les chaînes bordant les grands gra-
ben, la Rift Valley et le graben des grands Lacs.
Mais pourquoi les Trechus ont-ils ainsi pullulé sur le mont Elgon,
produisant une quantité de formes localisées, alors qu’ils ne se sont
pas maintenus plus au sud sur le mont Kénva ou le Kilimandjaro
qu’ils ont certainement atteints, puisqu’une espèce existe sur le mont
Méru (Sjôsledli Ail.) ? Il ne semble pas que l’on en trouve l’explica¬
tion par des facteurs écologiques. Les zones alpines de l’Elgon et du
Kilimandjaro offrent des conditions d’existence très analogues, d’ail¬
leurs soulignées par leur flore, et pourtant aucun Treclws n’existe
sur le Kilimandjaro. On peut remarquer toutefois que tous les hauts
massifs sans Treclws sont peuplés par des Plocamotrechus : Kenya,
Aberdare, Kilimandjaro, Ruwenzori. Nulle part ne se trouvent à la
fois des représentants des deux genres. Y aurait-il entre eux un anta¬
gonisme quelconque empêchant qu’ils puissent cohabiter ?
Quoi qu’il en soit, ce qui est extraordinaire sur le mont Elgon,
c’est le pullulement des Trechus depuis la lisière supérieure des
forêts jusque dans le cratère, depuis 2.500 m. d’altitude jusqu’à plus
de 4.000 m.
En 1933, P.-A. Chappuis et moi, nous avions recueilli en quelques
jours environ 000 exemplaires se répartissant dans 22 espèces et
sous-espèces. Et cela dans un secteur très limité du versant oriental
de la montagne, correspondant au vingtième de la circonférence du
cratère dont le rebord a 16 km. de tour. Je me demandais alors si le
nombre des formes diverses de Trechus de l’Elgon n’atteindrait pas
200 lorsque toute la périphérie du cratère aurait été explorée. Dieu
merci ! il ne semble plus aujourd'hui que cette prévision doive se
réaliser.
En décembre 1955, c’est-à-dire vingt ans après nous, N. Lei.kup
n de nouveau exploré l’Elgon, grâce à une subvention de VInstitut
/lotir lu Recherche scientifique en Afrique centrale, auquel il appar¬
tient comme aide-biologiste. Leleup a suivi à peu près le même itiné¬
raire que nous, mais a fouillé un plus grand nombre de stations. Il a
rapporté plus de 2.000 Trechus. Dans ce matériel, qui m’a été
confié et fait l’objet d’une partie de ce travail, se sont trouvées des
espèces nouvelles vivant dans la forêt, oii nous n’avions fait aucun
tamisage d'humus en 1933. Leleup a aussi très minutieusement re¬
cherché la faune humicole dans la zone alpine. Par contre je n’ai pas
trouvé dans ses récoltes les formes endogées découvertes par nous
en 1933, lorsque nous creusions de véritables tunnels dans l’argile
du fond des ravins à Senccio ambhjophijllus à l'altitude de 3.500 m.
Les matériaux récemment réunis par N. Lei.eim* viennent ainsi
compléter très heureusement ceux que nous avions recueillis, P.-A.
Lhappuis et moi, vingt années auparavant. Ils permettent de constater
aujourd’hui que si les espèces de Trechus peuplant l’Elgon sont très
variables, elles ne doivent pas être très nombreuses, peut-être guère
plus d’une vingtaine.
Source : MNHN, Paris
150 K. JEANNE!..
ÉVOLUTION DES ESPÈCES.
Les régions élevées des montagnes africaines, et l’Elgon en par¬
ticulier, se présentent comme des îles de climat froid et humide
entourées par un océan de climat tropical. Cela explique que sur
chacun des hauts massifs montagneux les mêmes segrégations insu¬
laires que dans les îles marines ont produit des diversifications d’es¬
pèces. Des formes vicariantes se sont différenciées sur chaque massif
et sur certains d’entre eux des isolements d’ordre géographique, alti¬
tudinal ou microclimatique, ont déterminé l'apparition de nombreuses
races très localisées. A ce litre, les Trechus de l’Elgon sont compa¬
rables à ceux de Madère, tant par leur abondance que par leur diver¬
sité de formes.
ÉVOLUTION CHÊTOTAXIQUE ET FORMATION DES SOUS-C.ENRES.
Alors que les caractères chétotaxiques de Pélytre sont bien fixés
et d’une constance parfaite chez les très nombreuses espèces de Tréduis
peuplant tout l’hémisphère septentrional, les souches des Trechus de
l’Elgon ont subi des évolutions tout il fait insolites dans le nombre et
la ]>osition de leurs soies discales. Et ce fait obligera il créer pour
certaines espèces deux sous-genres particuliers.
Des espèces ont conservé les caractères chétotaxiques normaux
c’est-à-dire deux ou trois soies discales sur le U* interstrie ; elles se
placent dans le sous-genre Trechus s. str. ('.es espèces forment deux
groupes particuliers, l’un, celui de Chnppuisi constitué par des espèces
de taille géante mais dont les souches ont fait partie du groupe ibéro-
mauritanicn du T. fuluus, l'autre, celui de Velgonicus, vraisembla¬
blement aussi dérivé de souches ibéro-mauritanicnncs, mais du groiqic
de quadristriatus.
D’autres espèces, celles-ci plus nombreuses, n'ont qu'une seule
soie discale aux élytres, l’antérieure, et cette soie s'est déplacée pour
se porter en dehors, vers l’épaule, sur la 5' strie. C’est là une spécia¬
lisation sensorielle qui a dû se produire d’une façon précoce chez des
Trechus isolés sur l’Elgon, mais dont on ne s'explique pas la nature.
En tous cas elle a affecté plusieurs espèces primitives dont les ori¬
gines n'apparaissent pas aussi clairement que celles des Trechus s. str.
Peut-être s’agit-il ici de lignées égeidiennes. (’.es cs|>èces à une seule
soie discale située sur la 5" strie formeront le sous-genre nouveau
Elgonotr échus.
Enfin une espèce nouvelle, découverte par N. Leleup et parais¬
sant fort rare, joint à des caractères morphologiques très particuliers
une disposition des soies de l’élytre inverse de celle des Elganutrechus.
Au lieu de se réduire à une seule, les soies discales se sont multipliées,
au nombre d'une dizaine, et de plus elles tendent non à se porter en
dehors mais en dedans, la plupart d’entre elles s'alignant dans le .T
Source : MNHN, Paris
LES TR ECHUS DU MONT RLGOX.
nilerslric* contre la 2" strie. Je proposerai pour celte curieuse espèce
la création d’un sous-genre Elgonophyes, nov. A noter toutefois
qu’avec ses caractères chétolaxiques étranges, ce- T. (Elgonophyes)
heleupi, n. sp. montre par bien des points que sa souche a été appa¬
rentée à celle des Elgonotrechus du groupe de lampros.
SEGRÉGATION ALTITUDINALE ET FORMATION DES SOUS-ESPÈCES.
Tout en subissant des divergences dans l’évolution de leurs soies
discales, les ancêtres des Trechus de l’Elgon ont aussi bientôt perdu
leurs ailes, comme toutes les espèces montagnardes des chaînes alpi¬
nes. Ayant occupé auparavant toutes les places disponibles dans les
zones subalpine et alpine où le réchauffement du climat actuel les
a confinées dans le froid et l’humidité, les espèces se sont trouvées
isolées dans des conditions écologiques très diverses, entre 2.500 m.
dans le haut des forêts et plus de 4.000 m. dans le cratère.
On sait que sur les hautes montagnes d’Afrique le plafond des
nuages s'établit vers il.000 m., de sorte que les précipitations sont iné¬
galement réparties. La foret ombrophile règne en dessous du plafond
des nuages, dans la région du maximum de pluviosité. L’étage des
bruyères, dans la zone subalpine, est particulièrement sec sur l’Elgon,
nourrissant deux espèces de Senecio arborescents : S. amblyophyllus
et N. elgunensis. Par contre, au dessus de 3.850 m. commence la zone
alpine, avec le Senecio (lardneri et la Lobclin Telekii, dans un climat
relativement très froid, où l’humidité considérable est entretenue par
des brouillards persistants.
('.es différences dans l'humidité du climat selon l'altitude ont pour
conséquence que dans les peuplements de Bambous très arrosés à
2.500 m. dans la zone des forets, les Trechus vivent en surface, dans
l'humus recouvert de feuilles mortes. Il en est de même dans la zone
alpine, où l'humidité est considérable et les Trechus abondent dans
l’humus, soit sous les rosettes de la Lobelia Telekii, appliquées au sol,
soit sous les débris de feuilles des Senecio ou même les pierres expo¬
sées ou soleil de la prairie. Par contre, dans l'étage des Bruyères, à
3.500 m., c’est profondément dans l’argile que se tiennent les Trechus,
ici dans le domaine endogé.
Beaucoup d’espèces actuelles de Trechus sont des huinicoles
étroitement confinées dans la zone alpine, au dessus de 3.850 m. ;
quelques-unes sont humicolcs à 4.000 m„ mais représentées par des
sous-espèces endogees à 3.500 m. (7\ A rinnbourgi). D’autres enfin, en
petit nombre, occupent les trois zones, mais toujours avec des sous-
espèces humicoles en forêt, endogées en zone subalpine, de nouveau
humicolcs en zone alpine (T. phaeocerus, T. lampros).
Il résulte de ces répartitions altitudinales des sous-espèces, que
nous devons actuellement suffisamment connaître la faune alpine pour
présumer qu’il ne doit plus guère s’y trouver d’espèces nouvelles à
découvrir, («ette faune alpine est en continuité parfaite sur tout le
Source : MNHN, Paris
152
H. JEAN N KL.
pourtour du cratère et se montre constante du SE au NE, d'après les
investigations accomplies. Par contre les très nombreux ravins des¬
cendant à travers la zone subalpine et les forêts de tout le pourtour
de l’Elgon doivent présenter un grand nombre de biotopes tout à fait
isolés les uns des autres. Il faut s’attendre à des surprises pour ceux
qui en entreprendront l’exploration.
L'ÉVOLUTION SOUTERRAINE.
Parmi tous les Trechus connus de l’Elgon, deux seulement mani¬
festent un degré avancé d’évolution souterraine : T. ( Elgonolrechus )
oligophthalmus Jeann. et T. ( Elgonophyes ) Leleupi, n. sp. Tous deux
sont totalement dépigmentés, ont des yeux très atrophiés, des stries
élytrales profondes ; ils présentent tout à fait l'aspect des Duvalius
cavernicoles méditerranéens.
Or l'un d’eux ( oligophthalmus ) a bien été découvert dans la pro¬
fondeur des argiles de la zone subalpine, mais Leleup l'a aussi ren¬
contré en surface dans l’humus de la forêt de Bambous, l'autre (Le¬
leupi) est humicole dans lu zone alpine.
En réalité, Voligophthalmus mis à part, les nombreux Trechus
peuplant les argiles en zone subalpine à 3.500 ni., ne sont nullement
modifiés par leur genre de vie. Ce sont toujours des espèces ou des
sous-espèces particulières, mais sans aucun caractère de formes sou¬
terraines ; il en est, comme amblus ou atenoderus, qui sont des Tre¬
chus s. str. à très grands yeux. Certainement la pénétration de ces
espèces sous terre est-elle de date récente, déterminée par la recherche
d’une humidité faisant de plus en plus défaut en surface.
Tout autre est le cas de l’ oligophthalmus et du Leleupi. Tous
deux sont des espèces devenues sténhygrobies dans l’humus super¬
ficiel de peuplements végétaux extrêmement humides, tout comme
les nombreux Psélaphides de la forêt ombrophile et des Bambous des
montagnes de la Dorsale congolaise. On peut aussi comparer les deux
Trechus dépigmentés de l'Elgon à tous les Duvalius souvent encore
plus évolués et totalement a naphtalines qui vivent en forêt dans les
montagnes européennes et cohabitent avec des Trechus aptères mais
nullement modifiés.
L’évolution souterraine dépend de changements physiologiques et
morphologiques déclenchés dans l'humus des forêts sous l'influence
«le l’humidité à saturation bien plus que de la basse température ou
de l’obscurité, ('.es phénomènes sont loin d’avoir un caractère obliga¬
toire. Dans leur déroulement il y a certainement des causes internes
qui jouent un rôle prépondérant, en mettant les organismes en état
d'être influencés par les facteurs du milieu externe. Dans les milieux
très humides et froids de l’Elgon, seuls les deux Trechus oligophlhal-
mus et Leleupi ont subi les effets de ces milieux et se sont modifiés
en conséquence, alors que les autres espèces pouvaient résister victo¬
rieusement aux mêmes influences.
Source : MNHN, Paris
I.ES TRECHUS 1)1! MONT El.01
153
VARIABILITÉ DES ESPÈCES.
En étudiant les T rechus de l'Elgon, on est frappé par la variabilité
extrême des espèces ou sous-espèces qui rend leur taxonomie parti¬
culièrement difficile à établir. Des individus de même provenance dif¬
fèrent énormément de taille et aussi montrent une diversité extrême
dans le contour du corps et particulièrement des côtés du pronotum
sur lesquels reposent les caractères spécifiques. Et même, il semble
que ces variations ne soient pas les mêmes d’une année à une autre.
En 1953, aucun des T. lampros recueillis par Leleup dans le cratère
ne présentait la même grande taille et les mêmes contours prothora¬
ciques que ceux que j'avais moi-même récoltés en même endroit vingt
ans auparavant.
A la vérité, il ne semble pas qu’il s’agisse là de variations fluc¬
tuantes, individuelles. J’ai plutôt l'impression que ce sont des varia¬
tions plurales, affectant des colonies entières. Dans le cratère de
l'Elgon, chaque espèce ou sous-espèce est formée par une multitude
de petites colonies isolées les unes des autres, soit autour de quelques
pieds de Lobelia, soit au bas d’un bout de falaise ou d’un bosquet
de Senecio. Dans ces colonies innombrables, ne se mêlant jamais, des
mutations génotypiques font apparaître des caractères. Sans doute
arriverait-on à les localiser en procédant à des recherches minutieuses,
mais dans le flacon de chasse un grand nombre de colonies se trouvent
mêlées à la fin d’une journée de recherches dans un secteur pourtant
restreint. Et la variabilité des espèces apparaît d’une façon désor¬
donnée.
La variabilité des Trcchus de l’Elgon n’est pas seulement mor¬
phologique ; elle s’étend aussi à la composition des populations.
En janvier 1933 nous n’avions pas trouvé un seul individu des
sous-espèces humicoles du T. phaeocerus (rnaconomus, sericatus) que
Lki.ki:i> par contre a recueilli par centaines dans toutes les stations
qu'il a explorées en décembre 1953. Nous avions découvert la forme
typique de l’espèce <3 exemplaires) dans les argiles à 3.590 m., et je
oe puis pas dire si les formes humicoles de basse altitude existaient
dans la forêt de Bambous, où nous n'avons fait aucune recherche.
Mais je puis affirmer qu’aucun 7’. phaeocerus humicolc ne peuplait
la zone alpine, car il est exclus que celte espèce ait pu nous échapper.
('.'est au point qu'on serait tenté de croire que des mutations ré¬
centes, apparues depuis moins de vingt années se seraient mises à
pulluler sur toutes les régions élevées de l'Elgon. En tous cas, le moins
qu'on puisse dire, c’est que dans celle population de Trcchus, grouil¬
lante dans l'humus des régions alpines, des changements profonds
dans sa composition peuvent survenir d’une année à l’autre.
Source : MNHN, Paris
R. JEANNKL.
Subgen. T RECHUS, s. str.
Les quelques espèces de l’Elgon se plaçunt dans ce squs-genrc
sont de grande taille, analogues à V«éthiopiens Ail. de l’Abyssinie ou
au Sjôsledti Ail. du mont Meru, près du Kilimandjaro, mais elles se
rangent dans deux groupes bien distincts et très particuliers.
1. Espèces de très grande taille, dépigmentées ; les stries des
élytres profondes et tous les interstries convexes. Tibias anté¬
rieurs sillonnés . Groupe de CJiappuisi.
— Espèces de taille moyenne, d’un noir brillant, les élytres
presque lisses. Tibias antérieurs non sillonnés. Groupe d’e/gonicus.
Groupe de Chappuisi.
J’ai montré (1935, Miss. sc. Omo, II, p. 49) que les Trechus de
ce groupe, quoique étant de taille géante, doivent être rapprochés des
espèces du groupe de fulvus et sont un élément ibéro-mapritanien
dans la faune de l’Elgon.
Tableau des espèces.
1. Elytres longs, plus de deux fois aussi longs que larges, pvec
trois soies discales. Long. 9 à 10 mm. I. Chappuipi Jeann.
Elytres courts, moins de deux fois aussi longs que larges, avec
deux soies discales. Long. 7,5 à 8,5 mm. ... 2. Arambourgi Jeann.
a. Côtés du pronotum non sinués avant les angles posté'
1 rieurs qui sont très |>etits.subsp. Arambourgi, s. str.
Côtés du pronotum sinués avant les angles postérieurs
. subsp. l'airbairni Jeann.
1. Trechus 's. str.) Chappuisi Jeannkl, 1935, Miss. se. Omo, II, p. 50 ;
type ; cratère de l’Elgon (Mus. Paris).
Fig. 1 et 3-4. Localisé dans la zone alpine.
Zone alpine ; cratère de l’Elgon, ait. 4.000 m., abondant sous les
rosettes des I.obclia acaules (H. Jkannel et P.-A. Ciiappuis, 1-1933),
quelques exemplaires <N. Lelkup, XII-1953) ; pentes extérieures du
cratère, versant E, ait. 3.900 ni., quelques exemplaires dans les débris
végétaux (N. Lki.kup, XII-1953).
2. Trechus (s. str.) Arambourgi Jeannkl, 1935, Miss. sc. Oipo, II, p. 51 ;
type ; camp III de l’Elgon (Mus. Paris).
Subsp. l'airbairni Jeannkl, 1935, 1. c., p. 51 ; type ; cratère
de l’Elgon (Mus. Paris).
Source : MNHN, Paris
UES TRECHUS DU MONT ELOON.
155
Fig. 1. T. (s. str.) Chappuisi Jeann., du cratère, x 16.
Fig. 2. T. (s. str.) Ariimbouryi Jeann., du camp III. x 16.
■K- •') û 5. Kdènges, face latérale, et pièces copulatrices. I'ig. 3. T. (s. str.) Chttp-
imisi Jeann.. du cratère, X 56. — Fig. 4. Apex du pénis. — Fig. 5. T. (s. str.)
Arambimryi subsp. Fairbuirni Jeann., du cratère, X 56.
^ é *«oibes nu Muséum. — Zoolmif., t. VII. 12
Source : MNHN, Paris
156
R. JEANNEL.
Fig. 2 et 5. — La forme typique, toujours très rare, est endogée
dans la zone subalpine ; la subsp. Fairbairfli est humicole et cohabite
avec le Chappuisi dans la zone alpine.
Subsp. Arambonrgi, s. str. Zone des forêts : ravin boisé, à la
lisière supérieure, ait. R.1(K) ni., un exemplaire près d’une tête de
source (N. Leleui*, XI1-1953>. — Zone subalpine : ravin avec Senecio
timblijoplujllus, dans la zone des Bruyères, ait. 3.500 ni., un seul mâle,
en piochant l’argile (R. Jeannel et P.-A. Chaimtis, 1-1933).
Subsp. Fairbairni Jeann. Zone alpine : intérieur du cratère,
ait. 4.000 m., abondant avec le Chappuisi sous les rosettes des I.obelia
acaules (R. Jeannel et P.-A. Chaimh is, 1-1953) ; extérieur du cratère,
pentes du versant K, ait. 3.900 ni., quelques exemplaires dans les
débris végétaux (N. Leleup, XII-1953).
Groupe d elqonicus.
Les caractères des espèces de ce groupe, tant l'absence de sillon
des tibias antérieurs que la structure des pièces copulatrices, semblent
bien devoir les rapprocher de celles du groupe de <juadristriatus, (pii
est d’origine ihéro-mauritanienne.
Tableau des espèces.
1. Pronotum nettement transverse, ample, bien plus large qu’un
seul élytre. Long. 0 à 7 mm. 3. elgonicus Jeann.
Pronotum étroit, non transverse, à peine plus large que long
et pas plus large qu’un élytre . 2.
2. Tête médiocre, plus étroite que le pronotum. ('.ôtés du prono¬
tum à peine sinués en arrière, les angles postérieurs obtus. Ely-
tres amples et convexes. Noir de poix luisant. Long. 5,8 mm.
. 4. amblus Jeann.
Tête grande, aussi large que le pronotum, les yeux saillants.
Côtés du pronotum nettement sinués en arrière, les angles pos¬
térieurs droits. Elytres oblongs, étroits et peu convexes, la soie
discale plus près de la base. Noir, le pronotum brunâtre, plus
pâle que la tête. Long. 5,3 à 5,5 mm. 5. sfenoderus Jeann.
3. Trechus (s. str.> elgonicus Jeannel, 1930, L’Ab., XXXIV, p. 33 ; type :
mont Elgon (Mus. Paris). — béons Jeannel, 1935, Miss. sc.
Omo, II, p. 44 ; type : extérieur du cratère (Mus. Paris).
lobeliarum Jeannel, 1935, I. c., p. 44 ; type : intérieur du
cratère (Mus. Paris).
Fig. (i et 7. J'avais cru, tout d’abord, pouvoir distinguer trois
races chez cette espèce. Les matériaux recueillis par Lei.eui* dans des
Source : MNHN, Paris
LES TRECHUS DU MONT F.I.GON.
157
stations diverses m’obligent à constater que les caractères relevés dans
la forme du pronotum ou celle des élytres n’ont aucune constance et
qu’en réalité le T. elgonicus est très variable, représenté par de petites
colonies localisées à caractères assez constants dans un même bioto¬
pe, mais se diversifiant d’une colonie à une autre sans aucun rapport
avec leur position géographique.
Kifl. fi. — T. (s. sir.) elgonicus Jcann., du cratère, x 16.
L’espèce est localisée à haute altitude.
Zone alpine : extérieur du cratère, versant E, ait. 3.000 m., nom¬
breux exemplaires, sous les pierres et les débris végétaux (R. Jeannel
‘‘I P.-A. Chappuis, 1-1953 ; N. Leleup, XII-1953) ; pentes N E, ait.
3.870 ni., nombreux exemplaires (N. Leleup, XII-1953) ; intérieur du
cratère, ait. 4.000 m., nombreux exemplaires sous les rosettes des
Lobelia acaulcs (R. Jeannel et P.-A. Chappuis, 1-1933 ; N. Leleup,
XII-1953) ; bords d’un petit lac dans la partie S. du cratère, ait.
3.870 m., quelques exemplaires (N. Leleup, XII-1953).
4- Trechus (s. str.) amblus Jkannei., 1935, Miss. sc. Omo, II, p. 47 ;
type : camp III de l’Elgon (Mus. Paris).
Fig. 8.
Zone subalpine : ravin avec Srnecio ambli/ophyllns, dans l’étage
Source : MNHN, Paris
158
H. JEANNEL.
Source : MNHN, Paris
LES TRECHUS DU MONT KI.GON.
159
(Ifs Hruyères, ail. 3.500 ni., un mâle en piochant l’argile (R. Jkannki.
et P.-A. Chappuis, 1-1953).
Trechus (s. str.) stenoderus Jkannki., 1935, Miss. se. Oino, 11. p. 48 ;
type : camp FII de l’EIgon (Mus. Paris).
Fig. 9 et 10 .
Zone subalpine : ravin avec Senecio ambUjophgllns, dans l’étage
des Hruyères, ait. 3.500 m., (> exemplaires en piochant l'argile (R.
Jkannki. et P.-A. Chappuis.
('.elle espèce, comme la précédente, n’a pas été reprise par N.
Lklkup.
Subgen. ELGONOTRECHUS, nov.
Type : phneocerus Jeanne!.
Toute une série d'espèces du mont Elgon présentent le caractère
constant de n’avoir (ju’une soie discale sur les élytres, cette soie étant
située vers le quart antérieur, non pas sur la 3" strie, mais sur la 5"
strie. Ce même caractère chétotaxiquc se retrouve chez les Partitrechus
Jeann. du Mexique, mais ceux-ci appartiennent à une tout autre lignée,
ayant leur pièce copulatrice isotope, comme chez les Duvalius. Parmi
les Trechini anisotopes, des soies discales sur la 5" strie existent aussi
chez les Trechiama Jeann., du Japon et de l’Asie orientale, mais ici
les soies sont nombreuses sur la 3" comme sur la 5' strie. En réalité
les Etgonotrechus sont tout à fait isolés dans le grand genre Trechus
par leur caractère chétotaxiquc.
La morphologie externe ne présente rien de particulier <iui puisse
les faire considérer comme un genre à part. On retrouve chez toutes
les espèces tous les caractères des espèces paléarctiques, avec une
diversité de faciès qui fait penser à la faune de Madère. La segrégation
de colonies aptères sur l’Elgon a produit la même diversification de
formes que dans une île et il est curieux de constater la convergence
indéniable existant entre le T. oodes de l’Elgon et un T. umbricola
Woll. de Madère.
Tous les Etgonotrechus sont aptères, avec des yeux réduits, plans,
encore plus longs que les tempes chez certains, plus courts chez d’au¬
tres, ou même presque infonctionnels chez le T. oligophthalmus Jeann.,
subissant un degré déjà avancé d’évolution souterraine.
Il est certain que ces Etgonotrechus dérivent de souches ayant eu
des soies discales sur la 3' interstrie comme tous les Trechus. mais
qu’une évolution chétotaxique analogue à celle qui s’est produite au
Mexique chez les Parntrechus, a déterminé une spécialisation particu¬
lière <le la soie discale antérieure, qui est restée seule et s’est déplacée
vers le 5' interstrie, migrant à travers le 4', comme semble bien le
démontrer l’anastomose apparente des 3' 4' et 5' strie au niveau de
la soie.
Sans doute la souche des Etgonotrechus a-t-elle été proche paren-
Source : MNHN, Paris
160
n. JEANNE!..
le de celles des autres Trecluts à chétotaxie restée normale, qui peu¬
plent l’Abyssinie ou le mont Méru.
Les espèces de ce sous-genre sont assez nombreuses ; elles se ran¬
gent nettement dans quatre groupes, chacun d’eux étant formé par la
différenciation de formes dérivées d’une même souche. Ces formes
sont assez divergentes pour devoir être considérées comme des espè¬
ces, mais un type constant d’organe copulateur mâle souligne leur
parenté réelle, malgré des variations spécifiques souvent importantes.
L’édéage des Elyonolrechus est toujours petit, peu chitinisé, mous¬
se à l’apex, en somme bien moins développé que celui des Trechus s.
str. Les ligures ci-jointes font ressortir leur variation dans chacun
des quatre groupes. On peut constater que dans le groupe phaeocerus,
l’éléage est toujours allongé, peu arqué, avec des styles armés de deux
soies seulement. Il existe toujours au moins trois soies aux styles
dans les autres groupes, mais l’édéage est grêle et arqué dans les grou¬
pes ondes et cnjobius, sans pièce copulatrice chez le dernier ; il est
toujours très petit et renflé en massue, avec l’orifice apical ouvert
entre deux crêtes saillantes dans le groupe lampros.
Quant à la forme de la pièce copulatrice, elle est caractéristique
dans chacun des quatre groupes lorsquelle est normalement dévelop¬
pée. Toutefois ses variations de taille et même sa disparition fréquente
empêchent qu'on puisse en utiliser la signification taxonomique.
Tableau des groupes d’espèces.
1. Yeux au moins aussi longs que les tempes. 2.
Yeux nettement plus courts que les tempes. 3.
2. Espèces noirâtres, souvent noires, déprimées, à pronotum rela¬
tivement étroit, avec la gouttière marginale fine ; élytres très
amples, peu convexes, sans microsculplure et très luisants avec
un reflet soyeux. Stries obsolètes. Styles de l’édéage avec deux
soies seulement (fig. 12 à 20) . Groupe de phaeocerus.
- Espèces d’un testacé rougeâtre ou brunâtre, très convexes, le
pronotum très large à base très large et gouttière marginale
élargie en arrière ; élytres très convexes, à épaules accusées,
les stries effacées, la microsculpture à réseau alutacé isodia¬
métral. Styles de l’édéage avec trois soies (fig. 22 à 24).
. Groupe d'oodes.
3. Elytres allongés, de forme normale, à stries toujours très effa¬
cées mais sans trace de ponctuation des stries. Microsculpture
formée par un réseau alutacé isodiamétral, comme dans le
groupe ondes. Côtés du pronotum toujours fortement sinués en
arrière. Edéage grêle et très arqué, non élargi dans sa partie
distale. Styles de l’édéage avec trois soies (fig. 26 et 27).
. Groupe de cryobfus.
Elytres allongés, de forme normale, â stries ponctuées, les
Source : MNHN, Paris
LES THKCHUS DI MONT Kl.üON.
161
points des stries visibles même lorsque celles-ci sont tout à
fait effacées. Tégument presque lisse, à réseau alutacé très effa¬
ré, tendant à former des mailles très étirées en travers. Côtés
du pronotum généralement très peu sinués. Edéage court, ren¬
flé en massue, l'orifice apical encadré par deux fortes côtes
saillantes ; styles avec 11 à 5 soies (fig. 29 à 33). Groupe de lampros.
Groupe de phaeocerus.
Ce groupe est de beaucoup le plus tranché. Les espèces, toujours
de petite taille ont un faciès très particulier, tenant à la largeur de
leurs élytres et à leur coloration le plus souvent d’un noir luisant à
reflet soyeux. Leur tégument est peu résistant, mou, leurs élytres,
larges et très peu convexes, ont les épaules très arrondies et les stries
effacées, à peine visibles.
Edéage toujours allongé et peu arqué, avec des styles armés de
deux soies terminales et parallèles. La pièce copulatrice, double lors-
quelle est bien développée, se réduit chez certaines espèces et arrive
même à disparaître entièrement.
Tableau des espèces.
L Antennes longues, noirâtres avec les trois premiers articles
rougeâtres, les articles moyens quatre fois aussi longs que lar¬
ges. Angles postérieurs du pronotum toujours vifs. Edéage long,
à pièce copulatrice allongée et double (fig. 12 à 15).
. 6. phaeocerus Jeunn.
a. Sinuosité des côtés du pronotum très courte et peu pro¬
fonde. Bord préhuméral des élytres oblique, les élytres
peu.amples, non déprimés à la suture. b.
Sinuosité des côtés du pronotum longue et profonde.
Bord préhuméral de l’élytre presque perpendiculaire à
la ligne médiane, les élytres amples, déprimés sur la
suture . subsp. se rient us, nov.
b. Pronotum transverse, ses angles postérieurs droits, non
saillants en dehors. Brunâtre... . subsp. phaeocerus s. str.
Pronotum moins large, ses angles postérieurs droits,
mais saillants en dehors. Noir irisé. c.
c. Elytres plus ovales, moins larges. Bulbe basal de Pédéa-
ge peu renflé (fig. 14) . subsp. charndras, nov.
Elytres plus larges, plus arrondis. Bulbe basal de l’édéa-
ge très renflé (fig. 13) ; segment génital très chitinisé.
. subsp. ruaconomus, nov.
Antennes plus courtes, en entier rougeâtres, les articles moyens
Source : MNHN, Paris
162
R. JEANNE!,.
trois fois aussi longs que larges. Edéage moins effilé, à pièce
copulatrice unique ou absente . 2.
2. Angles postérieurs du pronotum très petits mais droits, vifs.
Elytres ovales, régulièrement mais peu convexes, les épaules
très arrondies. Edéage sans pièce copulatrice (fig. 16).
. 7. hylonomus, n. sp.
- Angles postérieurs du pronotum obtus, tout à fait émoussés. . 3.
3. Pronotum rétréci à la base qui est moins large que le bord an¬
térieur. Elytres amples, arrondis, à épaules tout à fait effacées.
Edéage particulièrement court et épais, à pièce copulatrice
grande (fig. 17). 8. cyclomus, n. sp.
Pronotum non rétréci à la base qui est aussi large que le bord
antérieur. Elytres moins amples, à épaules accusées. Edéage
grêle . 4.
4. Plus grand. Edéage plus petit, avec une pièce copulatrice re¬
courbée en U à la base, sa pointe distale acérée (fig. 19)....
. 9. amblyqonus Jeann.
a. Côtés du pronotum plus arrondis en avant, presque rec¬
tilignes en arrière. subsp. amblijgnnus, s. str.
— Côtés du pronotum régulièrement arrondis dans toute
leur longueur . subsp. tbcrmnlis, nov.
- Plus petit. Edéage plus grand, sa partie apicale infléchie, la
pièce copulatrice réduite à une petite lamelle subcarrée....
. Il), metrius Jeann.
6. Trechus (Elqonotrechus) phaeocerus JEANNE!,, 1935, Miss. sc. Omo,
II, p. 61 ; type : camp III de I'Elgon (Mus. Paris).
Subsp. charadras, nov. ; type : ravin boisé du versant E,
3.100 m. (Mus. Congo Belge).
Subsp. ruaconomus, nov. ; type : extérieur du cratère, 3.900
m. (Mus. Congo Belge).
Subsp. scricatus, nov. ; type : extérieur du cratère, 3.900
m. (Mus. Congo Belge).
Fig. 11 à 15. Espèce bien homogène, dont l'organe copulatcur
mâle, (fig. 12 à 15) est assez constant. Sur les quatre sous-espèces ici
décrites, c’est sericalus qui est la plus tranchée, tant par la longue
sinuosité des côtés du pronotum que par l’ampleur des élylrcs.
L'espèce occupe tout le versant oriental de I’Elgon, ses races
s’étageant depuis la lisière supérieure des forêts jusque dans le cra¬
tère.
Subsp. phaeocerus, s. str. Zone subalpine : fond de ravins
dans la zone des Bruyères et Senecio amblijnphyllus, ait. 3.500 m..
trois exemplaires en piochant la terre (endogés). (R. Jkannel, et P.-A.
Chapplis), 1-1953).
Subsp. charadras, nov. Zone des forêts ; tête de source dans
Source : MNHN, Paris
LES TR ECHUS DU MONT ELGON.
163
un ravin boisé, ait. 3.100 ni., 12 exemplaires dans des tamisages de
mousses et de feuilles (humicole) (N. Leleup, XII-1953).
Subsp. ruaconomus, nov. Zone subalpine : prairies à Senecio
cli/onensis. ait. 3.000 à 3.800 ni., nombreux exemplaires (N. Leleup.
XII-1953). Zone alpine : prairie des pentes extérieures du cratère,
ait. 3.900 m„ quelques exemplaires dans le terreau (humicole) (N.
Leleup, XII-1953) ; intérieur du cratère, ait. 3.800-4.000 m, 2 exem¬
plaires (humicole). (N. Leleup, XII-1953).
Fig. 11. T. (Elgonotréduis) phaeocerus Jcann., du camp III, x 16.
Subsp. sericatus, nov. - Zone alpine : prairies des pentes exté¬
rieures du cratère, ait. 3.900 m., des centaines d’exemplaires dans
le terreau (humicoles) ; intérieur du cratère, ait. 3.800 à 4.000 m.,
quelques exemplaires ; région S.S.Ii. de l’intérieur du cratère, ait.
3.840 m., nombreux exemplaires (humicoles) ; Maji ya Moto, source
chaude dans le cratère à la sortie du Suam, ait. 3.700 m., des centai¬
nes d’exemplaires (humicoles) (N. Leleup, XII-1953).
Le phaeocerus typique est une forme endogée, sans doute très
localisée et d’ailleurs moins pigmentée que les trois autres sous-espè¬
ces qui sont toutes humicoles. Je suis assez surpris de n’avoir pas
recueilli ces races humicoles, surtout les deux dernières, ( ruaconomus
et sericatus) en 1933, alors que Leleup les a trouvées par centaines
d’individus dans les localités que j'avais moi-même explorées, à peu
près à la même époque de l’année, vingt ans auparavant. Il n’est
absolument pas possible que ce sericatus m’ait échappé dans le cra¬
tère et il faut croire que les espèces n’apparaissent pas de la même
manière chaque année.
On remarquera que les deux sous-espèces ruaconomus et serica-
tus occupent les mêmes localités de la zone alpine. La forme ruacono-
Source : MNHN, Paris
164 R. JEANNEL.
mus esl plus voisine* de chnradrns, humicole comme elle et vivant à
3.1 CM) m., que du phaeticerus typique, qui est endogé. Dans la zone
alpine les sous-espèces ruacononuis et sericatus cohabitent, très dif¬
férentes l’une de l’autre par leurs caractères extérieurs, mais différen¬
tes aussi par des caractères sexuels. Alors que l’édéage du sericatus
est normal, celui de ruaconomus a un bulbe basal très gros, renflé
par suite d’un fort épaississement de sa paroi dorsale. Et cette hyper¬
plasie du bulbe s’accompagne d’une hyperplasie du segment génital
beaucoup plus grand et à branches bien plus épaisses que d’habitude.
Fig. 12 ù 15. Kdéugcs (x KOi et pièces eopulntrices <lu groupe île phaeocerus.
Fig. 12. T. ( Ftgonulrechus ) phaeocerus s. sir., du camp III. — Fig. 13. T. (Flgo-
nutrechus ) phaeocerus subsp. ruaconomus, nov., de l'extérieur du cratère.
Fig. 14. T. (F.ljiinotrechus) phaeocerus subsp. cliurmlras, nov., du ravin boisé
à 3.100 in. Fig. 15. T. (Ftijnnot rechus) phaeocerus subsp. sericatus, nov.. du
cratère, il 4.000 m.
("elle conformation a été vérifiée sur plusieurs mâles de la subsp.
ruaconomus, provenant de deux localités. A-t-elle un rapport quelcon¬
que avec une segrégation génitale des deux formes ?
7. Tiechus (Elgonotrechus) hylonomus, n. sp. ; type : forêt de bam¬
bous, 3.00(1 m. (Mus. Congo Eelge).
Fig. 16. Espèce ressemblant beaucoup à la subsp. charadras
du phaeocerus, mais avec les antennes plus courtes et rougeâtres con-
colores. L’édéage (fig. 16) est très différent, plus court, parfaitement
rectiligne dans sa partie apicale, sans trace de pièce copulatrice.
Localisé dans la forêt.
Zone des forêts : peuplement de Bambous, ait. 3.000 in., 13 exem¬
plaires dans des tamisages de feuilles (humicoles) (N. Lklki'p, XII-
1953).
\
Source : MNHN, Paris
.ES TRECHl'S DU MONT EI.GON.
165
H. Tiechus (Elgonotrechus) cyclcmus. ». sp. ; type : forêt de Podoc.ur-
pus et Bambous, 2.500 m. (Mus. Congo Belge).
Fig. 17 et 18. Espèce très isolée, dont l’édéage est d’un type très
particulier (fig. 17). Volumineux, court et très renflé dans sa partie
moyenne, il renferme une pièce copulatrice lamelleuse, terminée en
pointe retroussée et obtuse. Sa base recouvre une deuxième pièce très
petite (fig. 18).
C’est l’espèce de Trechites trouvée à l'altitude la plus basse.
Zone des forêts : forêt de Podocarpus avec Bambous, ait. 2.500
m. 9 exemplaires dans l’humus (N. Leleup, XII-1953).
8i|î. 1(i à 20. Edcngcs (X 80) et pièces copu la triées du groupe de phaeocerux.
Fig. 16. T. (Elyunolrechus) hylonomus, n. sp., des Bambous, 3.000 ni. -
Fig. 17 et 18. T. ( Elgonotrechus ) cyrlonws, n. sp., tic la forêt à 2.r>00 m. -
Fig. 19. 7'. (Elyonotrechus) iiinblyyimus .Icaun., du camp III, 3.500 m.
Fig. 20. T. ( Elgonotrechus ) metrius Jcann., du camp III, 3.500 m.
Trechus (Elgonotrechus) amblygonus Jbannel, 1935, Miss. sc. Omo,
II, |>. 59 ; type : Camp III de l’Elgon (Mus. Paris).
Subsp. thcrmalis, nov. ; type : Maji ya Moto (Mus. Congo
Belge).
Fig. 19. Bien caractérisé extérieurement par ses angles posté¬
rieurs prolhoraciques tout à fait émoussés, cette espèce l’est aussi par
forme de sa pièce copulatrice (fig. 19). Celle-ci, fortement ehitini-
s ée, est repliée sur elle-même à sa base, de façon à présenter deux
saillies dirigées vers l’apex, très inégales et acérées.
Les deux sous-espèces vivent à des altitudes très différentes.
Subsp. amblygonus, s. str. Zone subalpine ; fond de ravin dans
la zone des Bruyères, avec Senecio amblyophyllus, ait. 3.500 m. Nom¬
breux exemplaires en creusant l’argile (endogé) (R. Jeannel et P.-A.
Chappuis, 1-1933).
Source : MNHN, Paris
H. JEANNE!..
Subsp. thermolis, nov. Zone alpine : Maji ya Moto, source
chaude dans le cratère, à la sortie du Suam, ait. 3.700 m., quelques
exemplaires (humifcoles) ; prairies des pentes extérieures du cratère,
versant E., ait. 3.900 m.. un mâle (humicole). (N. Lelkup, XII-1953).
10. Trechus (Elgonotrechus) metrius Jeannel, 1935, Miss. sc. Omo, II,
p. 00 ; type : camp III de l’Elgon (Mus. Paris).
Fig. 20. Extérieurement très difficile à distinguer de Yumbly-
gonus qui vit avec lui dans les mêmes biotopes. Le metrius est géné¬
ralement plus petit. Son édéage est nettement plus grand (fig. 20) avec
l'apex infléchi, et la pièce copulatrice si caractéristique de Y omblygo-
nus est remplacée chez metrius par une petite lamelle subcarrée.
Zone subalpine : fond d’un ravin dans la zone des Bruyères, avec
Senecio amblyophyllus, ait. 3.500 m., une série d’exemplaires pris en
piochant l’argile (endogés) (R. Jkannki. et P.-A. Chappuis, 1-1953).
Groupe d’oodes.
Les espèces de ce groupe se reconnaissent au premier coup d’œil
à leur forme épaisse et très convexe et à l’ampleur de leur prothorax,
dont le bord basal est très large, les angles postérieurs droits et vifs,
la gouttière marginale largement explanée dans sa partie postérieure.
Les yeux sont plans mais au moins aussi longs que les tempes ; l’angle
huméral des élvtres est toujours accusé (Jkannki., 1935, Miss. sc. Omo,
II, p. 58. fig. 27).
Edéage (fig. 22 à 24) allongé et peu arqué ; les styles portent trois
soies ; la pièce copulatrice est effilée en pointe très aiguë.
Les trois espèces formant ce groupe sont localisées dans la zone
alpine, au dessus de 3.800 m.
Tableau des espèces.
1. Elytres ovoïdes, très renflés et très convexes. Pronotum plus
grand, à angles antérieurs très saillants. Coloration teslacé
rougeâtre. Long. 4,5 à 5 mm. II. oodes Jeann.
Elytres ovales, allongés et peu renflés, moins convexes. Pro¬
notum moins grand, iï angles antérieurs moins saillants. Colo¬
ration brunâtre luisant . 2.
2. Plus grand, les côtés du pronotum plus arrondis en avant, à
gouttière plus large, stries îles élytres tout à fait effacées. Long.
4,5 à 5 mm . 12. enoplus Jeann.
Plus jietit, les côtés du pronotum moins arqués en avant, à
gouttière plus fine ; stries des élytres bien visibles. Long. 4
mm. 13. enoploides, n. sp.
Source : MNHN, Paris
LES TRECHUS DU MONT EI.GON.
167
'1- Trechus (Elqonotrechus) oodes Jeannei., 1935, Miss. sc. Omo, II,
p. 56 ; type : cratère de l’Elgon (Mus. Paris). — slrongylus
Jeannei,, 1935, 1. c., p. 57 ; type : cratère de l’Elgon (Mus.
Paris).
Fig. 21 et 23. En réalité, l’unique mâle type du T. slrongylus,
n ’est qu’une simple variété individuelle de 1 ’oodes, à pronotum un peu
moins large.
Quant à l’édéage, il présente toujours une pièce copulatrice dans
*e sac interne ; mais celle-ci est parfois difficile à voir, cachée sous
le. revêtement d’écailles.
EiR. 21.
Zone alpine : prairies des pentes extérieures du cratère, versant
ait. 3.900 m., nombreux exemplaires sous les feuilles mortes de
l-obclifi et Senecio (humicolcs) ; pentes extérieures du cratère, versant
N--E., ail. 3.870 m„ nombreux exemplaires (huinicoles) (N. Lei.eup,
^H-1953) ; intérieur du cratère, ait. 3.800 à 4.000 m., nombreux exem¬
plaires huinicoles (N. Leleup, XI1-1953) et quelques exemplaires re-
cueiliis en piochant la terre au pied des falaises de la bordure S du
cratère, ait. 4.100 m. (R. Jeannei. et P.-A. Chappuis), 1-1953) ; Maji ya
M<> to, source chaude dans le cratère, à la sortie du Suam, ait. 3.700 m.,
nombreux exemplaires humicoles (N. Leleup, XII-1953).
1^- Trechus (Elqonotrechus) enoplus Jeannei., 1935, Miss. sc. Omo, II,
p. 58 ; type : cratère de i’Elgon (Mus. Paris).
Fig. 24. Espèce facile à distinguer de 1 ’oodes ù sa coloration
toujours brunâtre et à sa forme allongée, bien moins renflée.
Source : MNHN, Paris
R. JEANNE!..
L'édéage (fig. 24) est bien différent, d’abord par la forte inflexion
de sa partie distale, puis par la forme de la pièce copulatrice, bien plus
grande, plus longue, à pointe atteignant l’orifice distal.
Il est mêlé à l’oodes dans les memes biotopes, mais moins abon¬
dant.
Zone alpine : prairies des pentes extérieures du cratère, versant
E, ait. 3.900 m., assez nombreux exemplaires sous les feuilles mortes
des Lobelin et Senecio (humicoles) (N. Leleup, XII, 1953) ; intérieur
du cratère, ait. 3.800 à 4.000 m., nombreux exemplaires (R. Jeannki.
et P.-A. Chappuis, I, 19. 3 ; X. Leleup, XII, 1953) ; Maji ya Moto,
source chaude dans le cratère à la sortie du Suam, ait. 3.700 m., quel¬
ques exemplaires humicoles (R. Jeannki. et P.-A. Chappuis, 1-1953, et
N. Leleup, XII, 1953).
Fig. 22 ù 24. Kdèages et pièces copulutrices (X S0) (lu groupe d’oodts.
Fig. 22. T. ( Elgonolrechiis) enoploides, n. sp„ du cratère. - Fig. 23. T. (F.lgo-
nolreehu») ondes Jean il., du cratère. Fig. 24. T. (Elgonolrechns) enoplus
Jean il., du cratère.
13. Trechus (Elgonotrechus) enoploides. n. sp. ; type : cratère de l’EI-
gon (Mus. Congo Belge).
Fig. 22. Long. 4 mm. Forme générale de Venoplus, c’est-à-dire
peu renllé, à élytres ovales. Testacé brunâtre luisant. Ne différant
de Venoplus que par sa petite taille, son pronotum à côtés moins
arqués et gouttière marginale plus fine, ses élytres à stries bien
visibles, représentées par des lignes de points entre les interstries légè¬
rement soulevés.
Edéage (fig. 22) à bulbe basal plus fortement coudé que chez
enoplns et partie distale non infléchie. La pièce copulatrice est bien
plus courte, à pointe moins effilée.
Zone alpine : intérieur du cratère, dans sa partie S.S.E., ait.
3.840 m., un seul mâle (humicole) (N. Lei.kup, XII, 1953).
Source : MNHN, Paris
I-.ES TRECHUS DU MONT EI.OON.
169
Groupe df. cryobius.
Dans sa nouvelle acception, ee groupe ne comprendra plus que
'leux espèces, et encore n’est-il pas certain que l’une d'elles, promeces,
mérite d’être conservée, car il se pourrait que l’unique exemplaire
connu ne soit qu’un indivdu anormal.
Le groupe cryobius est caractérisé surtout par un type particu¬
lier d'édéage (fig. 26 et 27), très grêle et arqué, à apex mousse, styles
armés de trois soies et sac interne sans pièce copulatrice visible, mais
tapissé de grandes écailles.
Veux petits, plans, nettement plus courts que les tempes. Elytres
longs et ovales, à épaules effacées et disque peu convexe. Extérieure¬
ment le cryobius ne se distingue réellement des espèces du groupe
Inmpros que par l’absence de toute ponctuation sur les vestiges de
stries des élytres, ainsi que par sa microsculpture ; chez cryobius, le
réseau alutacé est net, isodiamélral comme chez oodes, tandis qu’il
est très effacé chez les espèces du groupe de lampros.
Comme le groupe oodes, le groupe cryobius est localisé dans la
zone alpine.
Tableau des espèces.
L Soie discale en position normale, c’est-à-dire au niveau du
troisième fouet de la série ombiliquée. Long. 4 à 5 mm.
. 14. cryobius Jeann.
a. Sinuosité des côtés du pronotum faible, les angles pos¬
térieurs droits, non saillants en dehors.
. . ;... var. cryobius, s. str.
Sinuosité des côtés du pronotum profonde, les angles
postérieurs aigus et saillants en dehors.
. var. synoeces Jeann.
Soie discale plus éloignée de la base, située au niveau du qua¬
trième fouet de la série ombiliquée. Pronotum à sinuosité des
côtés profonde, les angles postérieurs aigus et saillants en
dehors. Long. 4,2 mm. lf>. promeces Jeann.
14- Trechus (Elgonotrechus) cryobius J KAN N Kl., 1935, Miss. se. Omo, II,
p. 63 ; type : cratère de l’Elgon (Mus. Paris). — Var. synoeces
Jeannki-, 19. 5, I. c., p. 63 ; type : cratère de l’Elgon (Mus.
Paris).
Fig. 25 et 26. — Espèce très variable de taille et aussi de forme
( hi pronotum. Pour ma description de 1935, j’avais eu sous les yeux
seulement des exemplaires de l’intérieur du cratère et ces exemplaires
se répartissaient dans deux formes, cryobius et synoeces paraissant
très tranchées, sans formes intermédiaires. Les récoltes de Lei.eup,
Source : MNHN, Paris
170
R. JEAN'N EL.
faites dans des localités diverses de la zone alpine de l’Elgon montrent
que ces deux formes n’ont pas la constance que mes premières obser¬
vations m’avaient fait constater. On trouve des crtjobius, à angles
postérieurs prothoraciques droits, tantôt de grande taille comme les
types, tantôt plus petits, ne dépassant pas 4,5 mm. Et d’autre part les
Fig. 25. T. ( Elgonolreehu*) cryobiux Jcann., du cratère, x 16.
exemplaires de la var. synoeces, à angles postérieurs aigus et saillants
en dehors sont eux aussi de taille très variable. On a bien l’impression
que le T. crtjobius est une espèce représentée par des colonies localisées
dans des biotopes très restreints el que dans chaque colonie se pro¬
duisent des mutations portant à la fois sur la taille et la forme des
angles postérieurs prothoruciques, sans que ces mutations soient en
rapport avec des localisations géographiques hien définies.
Zone-alpine : intérieur du cratère, ait. 4.000 in., sous les rosettes
des Lobelia, une trentaine d’exemplaires des deux variétés (R. Jkan-
nkl el P.-A. (’.haimtis, 1-1053) ; 3 exemplaires (N. Lklki'i*, XII, 1953) ;
extérieur du cratère, prairies du versant E, ait. 3.900 in., quelques
exemplaires de la forme stjnoeces (humicoles) (N. Lelkui*, XII-1953) ;
extérieur du cratère, versant N.E., ait. 3.870 ni., quelques exemplaires
de la forme synoeces (humicoles) (N. Lelf.ii*, XII-1953).
Dans le cratère, l’espèce parait avoir été bien plus rare en
décembre 1953 qu’en janvier 1933.
Source : MNHN, Paris
LES TRECHUS DI! MONT KI.GON.
171
1 T rechus (Elqonotrechus) promeces Jeannel, 1935, Miss. sc. Omo,
II, |>. 62 ; type : cratère de l’Elgon (Mus. Paris).
I*'ig. 27. - Aspect d’un 7'. cryobius var. synoeces, même petite
taille, même forte sinuosité des côtés du pronotum ; mais la soie dis-
c #le est située bien plus loin de la base sur la 5' strie.
L’édéage (lig. 27) n’est guère différent de celui du cryobius ; il
est toutefois plus arqué que chez plusieurs cryobius examinés.
Zone alpine : cratère de l’Elgon, ait. 4.000 m., un seul mâle pris
sous une rosette de Lobelia (R. Jeannel et P.-A. Chappuis, 1-1953).
N. Leleup n’a pas repris ce Trechus, qui n’est peut-être qu’une
forme aberrante du cryobius.
***K- 26 et 27. Edcages et pièces copulntrices (X 80) du groupe de cryobius.
Fig. 26. T. (Elgonotrechux I cryobius Jeann., du cratère. Fig. 27. T. tElgo-
notrechu8) promeces Jeann., du cratère.
(inoi'l’K DE lampros.
Plus nombreux en espèces que le précédent, le groupe dé lampros
occupe tout le versant oriental de l’Elgon depuis la zone des forêts
jusque dans le cratère. Le seul caractère extérieur qui permette de
définir le groupe est que les stries élytralcs, même très effacées
laissent apparaître les traces d’une ponctuation. D’autre part, dans le
groupe de lampros, la microsculpture est très effacée, ce qui donne au
léguaient un aspect brillant, et les mailles du réseau tendent à s’étirer
en travers. Enfin toutes les espèces présentent un édéage d’un type
P'ès particulier, petit et court, renflé en massue, avec l’orifice distal
encadré par deux forts replis saillants ; les styles ont de trois à cinq
s °ies (fig. 29 à 33).
Les espèces ont à peu près la même forme générale que le cryo-
hius, du moins celles qui sont humicolcs et ont les stries élytralcs
effacées. Mais il faut rapprocher de celles-ci le T. nliyophthalmus
•leann., espèce endogée totalement dépigmentée dont le faciès est
loiit-à-fait le même que celui des Duoalius paléarctiques.
Tableau des espèces.
*• l'otajement dépigmenté. Angles postérieurs du pronotum très
petits. Elytres elliptiques à stries toutes visibles, les internes
profondes et fortement ponctuées. Long. 4,2 à 5 mm.
. 19. oligophthalmus Jeann.
Source : MNHN, Paris
H. JEANNE!..
Plus ou moins pigmentés. Elytres de forme variable, mais à
stries très effacées, ne laissant apercevoir que des traces de
leur ponctuation.. 2.
2. Angles postérieurs du pronotum très petits. Elytres ovales, à
stries presque totalement effacées. Petite taille. Long. 3 à
.'1,5 mm . IX. nannus Jcann.
a. Angles postérieurs du pronotum droits, non saillants en
dehors . subsp. nannus, s. str.
Angles postérieurs du pronotum aigus, saillants en
dehors . subsp. suamensis Jcann.
— Angles postérieurs du pronotum grands. Elytres avec des
traces de stries plus visibles . U.
,‘l. Sinuosité des côtés du pronotum faible ou nulle ; elytres allon¬
gés oblongs et déprimés. Long. 4,2 à 5,2 mm . . 10. lampros Jeann.
a. Côtés du pronotum sans sinuosité postérieure, les angles
postérieurs obtus . b.
— Côtés du pronotum nettement sinués, les angles posté¬
rieurs droits . c.
b. Pronotum nettement transverse, comme chez la forme
typique. Long. 4,5 mm . subsp. bnmbusicola, nov.
Pronotum étroit, aussi long que large. Long. 4,2 mm.
. subsp. microthorax, nov.
c. Côtés du pronotum modérément arrondis en avant, la
sinuosité postérieure peu profonde. Long. 4,2 à 4,5 mm.
. subsp. Icptas Jeann.
Côtés du pronotum plus largement arrondis en avant.
Taille toujours grande ; long. 5 à 5,2 mm.
. subsp. lampros, s. str.
Sinuosité des côtés du pronotum profonde et brusque, les
angles postérieurs aigus et saillants en dehors, elytres courts,
ovales et plus convexes. Long. 4 à 4,2 mm .... 17. compsus Jeann.
11». Trechus lEIqono trechus) lampros Jkannki., 1955, Miss. se. Oiiio, II.
p. 04 ; type : cratère «le l'Elgon (Mus. Paris).
Subsp. bambusicola, nov. ; type : forêt de Bambous,
3.090 m. (Mus. Congo Belge).
Subsp. microthorax, nov. ; type : ravin boisé, 3.100 m.
(Mus. Congo Belge).
Subsp. lopins Jkannki., 1935, I. c., p. 04 ; type : camp III
de l'Elgon, 3.500 m. (Mus. Paris).
Eig. 28 et 32-' 3. Ce Trechus ressemble souvent beaucoup au
cryobius, mais il se distingue par sa forme plus allongée, ses stries
élytrales avec des traces de ponctuation, sa microsculpture, enfin par
ses pattes toujours plus robustes.
Edéage (fig. 32 et 33) toujours constant chez les quatre sous-
Source : MNHN, Paris
LES THIÎ’cm S Di; MONT ELGON.
173
espèces ; le corps de l’édéage est toujours grêle et arqué dans sa partie
proximale, la pièce copulatrice est très petite ; enfin les styles, très
larges au sommet, portent 4 ou 5 soies dont l'une s’insère avant le
sommet du style.
Les deux sous-espèces sans sinuosité des côtés du pronotum
vivent dans la forêt.
Subsp. bambusicola, nov. - Zone des forêts ; forêt de Bambous,
à 3.000 m., (> exemplaires dans des tamisages de feuilles mortes (humi-
cole) (N. Leleui», XII-1953).
Subsp. microthorax, nov. — Zone des forêts : tête de source dans
un ravin boisé, ait. 3.100 m., 2 exemplaires en tamisant des mousses
l ’t des feuilles (humicole) (N. Leleui», XII-1953).
Fig. 28. T. ( Ehjonnlrechus) lampros Jcann- du cratère, X 10.
Subs|>. le plus Jcann. Zone subalpine : ravin avec Senecio an i-
H'iophylliis, en zone des Bruyères, ail. 3.500 m., une (|uinzaine d’exem¬
plaires en piochant l’argile (endogé) (B. Jeannei. et P.-A. Chappuis,
1-1933).
Subsi>. lampros s. str. Zone alpine : intérieur du cratère ait.
*■100 in., 3 exemplaires au pied des falaises du côté S. (R. Jeannei, et
^•-A. Chappuis, 1-193;.) ; extérieur du cratère, prairies du versant E.,
a H- 3.900 m., 3 exemplaires dans les débris végétaux (N. Leleup, XII-
1953) ; Maji ya Moto, source chaude dans le cratère, à la sortie du
•mam, ait. 3.700 m., nombreux exemplaires (N. Lelf.up, XII-1953).
Source : MNHN, Paris
174
H. .1 KAN N Kl..
17. Trechus (Elgonotrechus) compsus Juan N Kl., 1935, Miss. sc. Omo, II.
j). 66 ; type : cratère de i’Elgon (Mus. Paris).
Fig. 31. Bien facile à reconnaître à la profonde sinuosité des
côtés de son pronotum, coiAparable à celle du cryobius var. synoeces :
mais ses élytres courts et convexes laissent voir les traces de la ponc¬
tuation caractéristique du groupe.
Edéage (fig. 31) du type lampros, mais 5 corps de l'édéage plus
épais et très peu arqué. I.a pièce copulatrice est relativement allongée.
Quatre soies aux styles, l’une insérée sur la face du style, comme chez
lampros.
Fi|f. 2!) ù 33. Kdcagcs i.x 80) du groupe lampros. Fig. 2!). T. (Elyouolrecliiis)
niinnus Jcann., du camp III, endogé. Fig. 30. T. ( Elyouolrecliiis I al'yu-
l>h thaï mus Jcann., du camp III, endogé. Fig. 31. T. (Elgonotrechux) rom p us
Jeann. du cratère. Fig. 32. T. (Elyonolreclius) lampros Jcann., <|u cratère.
P'ig. 33. T. IElganulrechus ) lampros subsp. bamhusirola, nov., des Bambous,
3.000 in.
Zone alpine : intérieur du cratère, ail. 4.000 m., 4 exemplaires (R.
Jkannki. et P.-A. ('.happi is, 1-1933), 4 exemplaires (N. I.Ki.Kri‘, XII-
1953) ; extérieur du cratère, pentes du versant E, ait. 3.900 m., nom¬
breux exemplaires sous les débris végétaux, feuilles «le I.obelin et de
Senecio (N. LF.LF.ri>, XI1-1953).
18. Trechus (Elgonotrechus) nannus Jkannf.l, 1935, Miss. sc. Omo, II,
p. 60 ; type : camp III de l’Elgon (Mus. Paris).
Subsp. suamensis Jkannel, 1935, I. e., p. 66 ; type : Maji
ya Moto (Mus. Paris). >,
Fig. 29. Espèce de petite taille (env. 3 mm.) testacée, mais avec
des restes de pigmentation rendant le disque des élytres plus ou
J
LES TRECHl'S I)U MONT ELGON.
moins brunâtre. Angles postérieurs du pronotuin très petits ; clytres
ovales, presque sans traces de stries.
Edéage (fig. 25)) de même type que chez lampros et compsus ; sa
partie basale a la même forme que chez compsus, mais l’apex est bien
plus obtus. Pièce copulatrice relativement grande. Trois soies aux
styles.
I.'espèce a une assez grande répartition altitudinale, mais elle est
endogée à .‘1.500 ni., humicole dans la zone alpine.
Subsp. n an nu s, s. str. Zone subalpine : ravin avec Senccio
'iniblyophyllns dans l’étage des Bruyères, ait. .‘1.500 ni., nombreux
exemplaires en piochant l’argile (R. Jkannei. et P.-A. Chappuis, 1-1933).
Subsp. suumensis Jcann. Extérieur du cratère, pentes du ver¬
sant E., ait. 3.900 ni., <|uelques exemplaires dans les débris végétaux,
feuilles de Lnbelia et Senccio (humicoles) (N. Leleup, XII-1953) ; inté¬
rieur du cratère, ait. 4.000 ni., 3 exemplaires (humicoles) (N. Leleup,
XII, 1953) ; Maji ya Moto, source chaude dans le cratère, à la sortie
du Suain, ait. 3.700 ni., 3 exemplaires (P.-A. Chappuis, 1-1933),
f* exemplaires (N. Leleup, XII-1953).
Espèce toujours rare dans la zone alpine. Les deux exemplaires
( |Ue j’avais cités des prairies alpines, à 3.5)00 ni. comme appartenant à
la forme typique sont en réalité des suamensis.
19. Trechus (Elgonotiechus) oiigophthalmus Jkannei., 1935, Miss. se.
Ouio, II, p. 08 ; type : camp III de l’Eigon (Mus. Paris).
Eig. 30. Espèce bien différente de toutes les autres par son
degré d’évolution souterraine. Totalement dépigmentée, d’un testacé
rougeâtre brillant comme chez les cavernicoles paléarctiques, les yeux
l'ion plus petits que chez les autres espèces «lu groupe, pas plus longs
'Rio la moitié des tempes qui sont renflées. Le pronotum a des angles
postérieurs très petits, comme chez le nannus. Enfin, surtout, la stria-
}i°n des élytres est conservée, toutes les stries étant visibles, les
internes profondes et fortement ponctuées.
Edéage (lig. 30) très petit, de même type «pie chez lampros, mais ïl
Partie basale plus courte et à peine arquée. Pièce copulatrice très
petite. Trois soies aux styles.
Celte espèce qui est la plus évoluée du sous-genre, n'occupe «pie les
'ogions relativement basses de l’Elgon et n’atteint pas la zone alpine.
Zone des forêts : forêt de Bambous, ait. 3.000 m., 8 exemplaires
® n tamisant les feuilles mortes humides (N. Leleup, XII-1953) ; tête
de source, dans un ravin boisé, ait. 3.100 ni., une quinzaine d'exem¬
plaires en tamisant des mousses et feuilles mortes (N. Leleup, XII-
1953).
Zone subalpine : ravin avec Senecio emblyophyllus, dans l’étage
"os Bruyères, ait. 3.500 ni., nombreux exemplaires sous «le grosses
Pierres enfoncées ou en piochant l’argile (R. Jeannel et P.-A. Chap-
Pl 'is, 1-1933).
fl n’y a aucune différence entre les exemplaires humicoles recueil-
Source : MNHN, Paris
176
R. JEAXNEL.
lis par N. Lelevp en forêt et ceux qui sont endogés à altitude plus
haute.
Subgen. JiMMNOPH Y ICS, nov.
Type : Leleupi, n. sp.
Ce sous-genre est fondé pour une espèce nouvelle très remar¬
quable par ses caractères chétotaxiques. Alors que chez les IClgono-
trechus les soies discales de l’élytre, jadis au nombre de quelques-
unes sur le 3' interstrie, ont disparu presque toutes, l’antérieure seule
persistant et émigrant en dehors vers le 5* interstrie, chez le T. Leleupi
au contraire, les soies discales du 3’ interstrie se sont multipliées,
atteignant le nombre d’une dizaine, et ne marquent aucune tendance
à émigrer en dehors ; bien au contraire un grand nombre des pores
sétigères du 3' interstrie s’accolent à la 2" strie (fig. 34).
Fig. .'14. T. iKIgonophyes) Leleupi, n. sp.. du cratère, X 14. Fig. .15. Edéage du
même, X 80. Fig. 80. Pièce copulatrice.
('.elle évolution des soies discales, très extraordinaire, s'est pro¬
duite chez une espèce présentant une réelle parenté avec celles du
groupe de lampros, du sous-genre Klgonotrechus ; cette espèce rap¬
pelle surtout Yoligophthnlmns, étant comme celui-ci dépigmentée, à
yeux très atrophiés et striation des élytres forte et profonde. L’édéage
(fig. 35) montre aussi des analogies avec celui des espèces du groupe
de lampros.
Sans doute le T. ( lilgonophyes) Leleupi dérive-t-il de la même
souche ancienne que le T. ilCIgonol rechus) oligophlhalmus. Mais ses
I.F.S T R ECHUS DU MONT EI.fiON.
177
caractères chétotaxiques obligent à créer pour lui une coupe sous-
générique particulière.
‘20. T rechus (Elgonophyes) Leleupi, n. sp. ; type : intérieur du cratère
de l’Elgon (Mus. Congo Belge).
Fig. 34 à 36. Long. 4,5 à 5 min. Aptère. Testacé rougeâtre lui¬
sant, la microsculpture des élytres' formée par un réseau alutacé iso-
diainétral et très fin, comme chez les T. ondes et cryobius. Oblong et
très déprimé. Tête petite, arrondie, semblable à celle de Voligophthnl-
mus, avec les sillons frontaux aussi profonds et réguliers, les yeux
aussi petits, pigmentés, nullement saillants, bien plus courts que les
tempes qui sont convexes. Antennes semblables, n’atteignant pas
tout-à-fait le milieu des élytres. Pronotum transverse, à base plus
large que le bord antérieur ; bord antérieur très profondément échan-
cré, les angles antérieurs très saillants ; côtés à peine sinués avant les
angles postérieurs qui sont droits ; gouttière marginale très large,
surtout en arrière et disque très déprimé, concave ; bord basal parfai-
lenient rectiligne. Elytres oblongs, de même forme générale que chez
nligophthalmus, mais avec la base rebordée et les angles huméraux
accusés. Stries internes profondes mais lisses, sans ponctuation, les
■nterstries convexes ; la striation est dissociée par toutes les saillies
produites par les pores sétigères discaux, échelonnés sur la 2" et la IV
strie. Carène apicale très courte et très oblique. Pattes longues et
robustes, les tibias antérieurs sillonnés.
Soies céphaliques et pronotales bien développées, comme chez
'digophthcilmns. l'ne dizaine de soies discales sur le 3" interstrie, acco¬
lées les unes à la JF, les autres à la 2” strie. Série ombiliquée normale.
Edéage (fig. 35) petit et court, comme chez les espèces du groupe
de Inmpros, peu arqué, avec sa partie distale renflée et l’apex mousse.
Pièce copulatrice très petite et cachée sous les écailles du sac, parais-
Sa ”t toutefois de même type que chez Inmpros (fig. 36). Styles avec
Irois soies.
Comme on le voit, cette espèce si curieuse par la chétotaxie de ses
élytres, a beaucoup de caractères communs avec le T. ( Elgonnlrechus)
°ligophthfilnuis.
Elle paraît être extrêmement rare en décembre et janvier. Sur les
quatre exemplaires connus, trois sont immatures. Peut-être devient-
c " e moins rare à une époque plus tardive de l’année.
Zone alpine : extérieur du cratère, pentes E., ait. 3.900 m., 2
fmielles dans les débris végétaux de la prairie (N. Lki.hu p. XII, 1953) ;
Intérieur du cratère, ait. 3.800 à 4.000 m.. un mâle et une femelle (N.
I-ei.i:i'p ( XI1-1953).
Source : MNHN, Paris
Achevé d’imprimer le 10 Avril 1054.
Le Gérant : René JEANNEL.
M. Drcm-mb, lmp., Lons-le-Saunier. 225-54-060.
Avril 1954. « Dépôt légal 2' trimestre 1054 N" 4264 ».
Imprimé eu France.
Source : MNHN, Paris