MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie.
TOME VIII
FASCICULE 1
A. VANDEL
ÉTUDE DES ISOPODES TERRESTRES
RECUEILLIS AUX ILES CANARIES
par J. MATEU en Mars-Avril 1952
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V»)
1954
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TV 16 o
<L
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D'HISTOIRE NATURELLE
MEMOIRES
DU
MUSEUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie.
TOM K VIII
PARIS
KDITIONS Dl Mt'SKUM
rue GeofTroy-Saiiil-Hilaire (V-)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
T AUI.K DES MATIÈRES.
Pages
Fascicule 1.
A. Vandel, Etude des Isopodes terrestres recueillis aux Canaries,
par J. Matf.u en mars-avril 1952 . 1-60
Fascicule 2.
R. Jeannel, Sur les Pyxidicerini du groupe des Zethopsina Jeannel
à antennes de dix articles (Coleoptera Pselaphidae). 61-107
Fascicule 3.
!'■ Grandjean, Sur un Acarien des Iles Kerguelen Podacarus Au¬
bert i (Oribate) .. 108-152
Fascicule 4.
J. Hisbec, Cbalcidoïdes du Kenya (Mission de l’Omo) . 153-176
Fascicule 5.
H. Coiffait, Les « Staphylinus » el genres voisins île France et
des régions voisines. Essai de paléohiogéographie. 177-221
Fascicule fi.
F. Pax et I. Müi.i.er. Zoantliarien der « Mission Hanson en Océa¬
nie .» . 225-248
Fascicule 7.
A. Vandel, Les Isopodes terrestres des Açores . 249-264
Source : MNHN, Paris
Source : MNHM, Paris
Série A. Zoologie. Tome VIII, fascicule i. — Pages 1 à 60.
ETUDE DES ISOPODES TERRESTRES
RECUEILLIS AUX ILES CANARIES
par J. MATEU en Mars-Avril 1952
par A. Vandel (Toulouse).
INTRODUCTION.
Les Iles Atlantides ont retenu l’attention des hommes depuis la
plus haute antiquité. C’est en s’inspirant d’une tradition qu’il tenait
des prêtres de Sais que Platon a imaginé le célèbre mythe de l’Atlan-
lide. D’innombrables éludes ont été consacrées à l’histoire et à l’ori-
f>inc des îles Atlantides, à leurs rapports avec les autres continents, à
leur peuplement végétal, animal et humain. Cette immense bibliogra¬
phie a été rassemblée à plusieurs reprises ; qu’il suffise de citer les
deux ouvrages les plus récents dus ii Imbeu.oni et Vivante (1942) et
à Lundblad (1947).
Comme la géologie parait incapable de fournir la clef de l’origine
des îles Atlantides (Boubcaht, 1946), e’est aux études biogéographi¬
ques qu’il convient de faire appel pour essayer de déceler la genèse
du peuplement des îles du domaine atlantique, et retrouver les
connexions anciennes qui les reliaient aux continents voisins.
En ce domaine, ce ne sont point les plantes et les animaux les
plus spectaculaires qui apportent les renseignements les plus précis
<l t les preuves les plus solides, mais bien d’humbles organismes, de
faille médiocre, menant une vie cachée, mais constituant de précieux
■ndicateurs biogéographiques, en raison de leurs très faibles moyens
de dispersion. Ils sont les témoins irrécusables d'anciennes connexions
Mémoires ou Muséum. — Zoologie, t. VIII. 1
A. VAN DEL.
continentales et les reliques d’un inonde dont la figure était toute dif¬
férente de l’actuelle.
Les Isopodes terrestres constituent l’un des tests biogéographi¬
ques qui possèdent le plus de précision. Aussi ai-je été particulière¬
ment heureux de pouvoir y faire appel pour aborder, de façon con¬
crète, le problème de l’origine des îles Atiantides et de leur peuple¬
ment. L’occasion m’en a été offerte par l’étude d’une importante col¬
lection d’Isopodes terrestres rassemblée dans l’archipel canarien par
.1. Matei\ au cours du printemps 1952.
La faune Isopoihquk des Canaries i:t des Sauvages.
Bien entendu, la faune isopodique des Canaries n’était pas incon¬
nue avant les recherches de J. Mateu. Plusieurs naturalistes avaient
visité ces îles et rassemblé d’importantes collections zoologiques. Les
Isopodes terrestres des Canaries et des Salvages ont fait l’objet de
plusieurs mémoires dus à Dolleus (1889, 1893, 1898, 1899), Koki.bel
(1892), Kraepelin (1895), Scharff (1903), Arcangf.li (1930, 1934 a,
1942), et Paulian de Félice (1946).
Il convient cependant de remarquer que plusieurs de ces études
sont anciennes et datent d’une époque où la systématique isopodolo-
gique n’avait pas atteint la précision et la finesse que cette science
atteint aujourd'hui. C’est ainsi que l’archipel canarien renferme de
nombreux représentants du genre Porcellio dont les travaux de
Doi-lfus ne donnent qu’une connaissance confuse et souvent inexacte.
L'habile chercheur qu’est J. Mateu a rapporté un matériel abondant
relatif à ce genre qui non seulement permet de préciser la systéma¬
tique et les affinités des Porcellions canariens, mais qui, de plus,
éclaire d’une vive lumière l’origine de la faune isopodique macaroné-
sienne.
La collection rassemblée par .1. Mateu aux Canaries renferme
25 espèces ou sous-espèces d'Isopodes terrestres dont 7 sont nouvelles
pour la science. Sur ces 25 espèces ou sous-espèces, 19 appartiennent
à la famille des Porccllionidae , chiffre qui établit l’extrême prédomi*
mince prise par cette famille dans la faune macaronésienne.
Huit espèces ont été récoltées aux Canaries qui ne figurent point
dans la collection de J. Mateu. Ce sont : Tijlos Intreillei Audouin.
Ligia italien F., Hnlopliiloscia conclu (Kinahan), Plalgarthrus schôblt
parisii Arcangeli, Porcellio laenissimus Dollfus, P. albinos B.-L.. P-
lamellatas Uljanin, P. simulator sublaenis Arcangeli. La moitié de
ces espèces sont des formes halophiles cantonnées au bord de h'
mer, milieu sur lequel .1. Mateu n'a pas eu l’occasion de faire porter
ses investigations.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES II.ES CANARIES.
PARTIE SYSTÉMATIQUE.
FAMILLE DES TRICHONISCIDAE.
Haplophthalmus danicus B.-L.
Station : Ténérife ; Vueltas de Taganana ; dans la Laurisilva.
1 IV.1952 : I 9 ovigère.
Cette espèce a été récoltée à Madère (Paulian de Félicf., 1939,
P- 389 ; 1946, p. 246). Cette espèce est largement répandue dans toute
I Europe et l’Amérique du Nord. II est difficile de faire la part de ce
qui, dans cette répartition, relève d’une expansion naturelle et ce qui
est le résultat d’une dissémination due à l’homme.
FAMILLE DES ONISCIDAE.
Ctenoscia minima (Dollius).
Station : Ténérife ; San Diego ; dans un petit bois d’Eucalvptus.
3.1 V. 1952 : 2 9.
Cette espèce n’avait jamais été signalée aux Canaries, ni dans
aucune des îles Atlantides. Le fait qu’elle a été récoltée dans un bois
d Eucalyptus laisse supposer que cette forme a été accidentellement
importée à Ténérife, soit du sud de l’Espagne, soit du Portugal, où
^‘tte espèce est commune.
FAMILLE DES PORCELLIONIDAE.
SOUS-FAMILLE DES PORCELLIONIDAE IlITRACHEATAE.
Mica leptotrichoides (Arcangeli).
Station : Cornera ; El Nacidero ; las Hayas ; dans la forêt
d’Erica. 14.IV.1952 : 1 9.
Le type de cette rare espèce dont on ne connaît jusqu’ici que
lr ois exemplaires femelles provient de la Grande Salvage (Arcangeli,
1s, 42, p. 223). Il serait fort inlé ressant de disposer d’un matériel plus
nbondant et, en particulier, d’exemplaires mâles, afin de poursuivre
Une étude détaillée de ce remarquable Isopode. Sa très forte convexité
c °nduit à penser que, bien qu’incapable de se rouler complètement
e 'i boule, il possède néanmoins d’incontestables tendances volvation-
. Uelles. Arcangeli (1942, p. 225) a déjà signalé les affinités que l’on
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
relève entre cette forme et Porcellio tanins B.-L. (1), d’Algérie et de
Tunisie ; la ressemblance de ces deux espèces est incontestable, encore
que la convexité de lardus, quoique très forte, n’atteigne pas le degré
auquel elle parvient chez leptotrichoides. II convient de réunir ces
deux espèces tel, peut-être klaptoezi Verh.) dans une même unité sys¬
tématique : le sous-genre Mica, créé par Buddk-Lund (1908, p. 281),
qu’il paraît préférable d’élever aujourd’hui au rang de genre. Le genre
Mica est certainement étroitement apparenté à Lucasius.
Agabilormius lentus (B.-L.).
Station : Pal ma ; environs de Santa Cruz de la Palma. 24.III.
1952 : 1 9 ovigère.
Cette espèce largement répandue dans la région méditerranéenne
et dispersée par l’homme dans diverses régions chaudes du globe,
avait été déjà récoltée aux Canaries (ArcanGeli, 1930, p. 84 ; PauliaN
de Félice, 1946, p. 246).
Leptotiichus panzeri (Audouin).
Station : Lanzarote ; Haria. 13.III.1952 : 1 9.
Cette espèce propre aux régions les plus chaudes de la région
méditerranéenne a été signalée à plusieurs reprises aux Canaries
(Dollfus, 1893, p. 55 ; Kraepelin, 1895, p. 16 ; Arcangeli, 1930,
p. 84).
Metoponorthus (Polytretus) slricticauda Dollfus.
Place dans la classification et Affinités. — Metoponorthus
slricticauda, ainsi que fuscouariegalus (Lucas) qui en est très voisin,
correspondent sans nul doute au type de Metoponorthus le plus pri¬
mitif que nous connaissions. C’est dans la structure des caractères
tégumentaires, si importants à considérer dans le genre Metoponor-
thus, que les dispositions primitives de ces deux espèces apparaissent
le plus clairement :
1) La pruinosité, ainsi que les écailleltes qui en sont à l’origine,
sont absentes ; il en résulte que les téguments qui, par ailleurs, sont
parfaitement lisses, apparaissent luisants. Aussi l'animal présente-t-il
tout à fait l’aspect d'une Philoscia, ressemblance qui n’avait pn s
échappé à l’attention de Budde-Lund et qui l’avait conduit à donner
à fuscouariegatus le nom de philoscoides, abandonné depuis pour rai¬
son de synonymie.
2) Le champ glandulaire occupe la totalité du bord latéral des
péréionites ; cette disposition qui constitue la règle chez les Oniscidae
(1) l‘. lunliis B.-L. est synonyme de /'. pauper B.-L., ainsi que l’a établi
Doli.pI!* (189B b, p. 542).
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
du genre Philoscia, ne se rencontre, dans le genre Metoponorthus, que
dans les deux espèces en question (et, également, mais seulement sur
les premiers segments, chez molleri Verh.). Déjà chez M. sexfascialus
B.-L-, le champ glandulaire n’occupe plus qu’une partie de la région
marginale des péréionites, et le sillon qui le limite, au lieu d’être
parallèle au bord du pleurépimère, prend la forme d’un ovale.
Ainsi que l’a déjà reconnu Dollfus (1893, p. 55), M. stricticauda
s apparente étroitement à M. fuscovariegatus. Il s'en rapproche par :
1) les téguments lisses et luisants, corrélatifs de l’absence de
pruinosilé et d’écaillettcs ;
2) l’absence d'impression transversale ;
3) l’absence de ligne supra-antennaire ;
4) les uropodes très allongés ;
5) le champ glandulaire occupant la totalité de la marge du seg¬
ment.
Mais, M. stricticauda se distingue de fuscovariegatus par :
1) la taille moindre ;
2) la pointe de l’exopodite du premier pléopode mâle courte et
arrondie, et non très allongée ;
3) le nombre de pores glandulaires qui est très faible ;
4) les valeurs élevées du rapport — qui sont les plus fortes que
l’on connaisse dans le genre Metoponorthus.
Alors que M. fuscovariegatus (Lucas) peuple l’Algérie et le Maroc,
ainsi que l’extrême sud de l’Espagne (Tarifa) où je l’ai récolté en
abondance, M. stricticauda Doilfus n’était connu jusqu’ici que de l’ile
de la Palma (Dollfus, 1893, p. 55 ; 1898, p. 134). Les recherches de
•I- Matku conduisent à penser que cette espèce se rencontre dans
toutes les îles de l’archipel canarien, à l’exception des deux îles orien¬
tales.
Le matériel que j'ai eu l’occasion d’étudier m'a conduit à distin¬
guer deux sous-espèces.
Metoponorthus stricticauda stricticauda Dollfus.
Station. - — Goinera ; Bosquc dcl Cedro ; dans la Laurisilva.
H-12.IV.1952 : 6 3.
Description. — Nos connaissances relatives à cette espèce repo¬
sant entièrement sur la diagnose de Dollfus, je crois bon d’en donner
ane description renouvelée accompagnée de figures.
Caractères somatiques.
1) Taille : 10 X 5,5 mm.
2) Coloration : formée de couleurs vives ; teinte générale vio-
•acée ; un trait blanc à la limite du pleurépimère ; pleurépimères pig-
Source : MNHN, Paris
A. VANDËL.
nientés portant une tache blanche et possédant un rebord fauve.
Noduli latérales apparaissant comme de petits points blancs se déta¬
chant sur la bande foncée des pleurépimèrcs. Péréiopodes et pléopodes
pigmentés ; la coloration des péréiopodes est uniforme et non formée
de taches.
2) Céphalon (lig. 1 A) : ligne frontale continue ne formant pas
de lobes latéraux ; une ligne supra-antennaire à peu près complète¬
ment effacée, très difficile à apercevoir.
4) Pèréion (fig. 1 A) : bord postérieur des trois premiers seg¬
ments droit ; les quatre derniers segments forment, de chaque côté,
une pointe dirigée vers l’arrière.
Fui. 1. Metoponorlhus (J’olylretus ) strict icaudit strict icnudit I)o 11 fus, mâle.
A, région antérieure (lu corps monlrunt les champs glandulaires et les noduli
Internles ; B, région postérieure du corps ; C, exopodite du premier pléopode.
5) Plèon (fig. 1 B) : néopieurons grands, bien développés, for¬
mant une pointe aiguë, dirigée vers l’arrière.
6) Telson (fig. 1 B) : la base est séparée de la pointe par des
angles nets.
Caractères tégumf.ntaires :
1 ) Pas d’impression transversale sur les péréionilcs.
2) Téguments lisses, luisants, dépourvus d’écaillettes.
3.) Soies-écaillcs en général petites, triangulaires, quelques-unes
très longues.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
4) Champ glandulaire allongé, parallèle à la marge, logé dans
un sillon du pleurépimère (lig. J A), occupant toute la longueur du
lcrgite, mais renfermant seulement un petit nombre de pores (voir
Tableau I).
5) Le rapport — est le plus élevé que l’on connaisse dans le genre
Mctoponorthus (voir Tableau 1).
Caractères sexuels mâles :
1 ) Péréiopodes /, Il et II! : le carpos et le inéros sont garnis de
très fortes brosses de soies-écailles, fort apparentes même sur l’ani¬
mal examiné à faible grossissement. Ces soies-écailles sont renflées
en demi-ellipse à leur extrémité. Les plus grandes soies-écailles du
carpos atteignent une longueur égale à la moitié du propodos.
F *«. 2. l’crdioporic VII mâle ; A. Metoponorthus ll‘nlgtrelua) striclicuuda stricli-
caiida Dullfus ; R, slriclicaudn orientait* n. subsp.
2) Péréiopode Vil (fig. 2 Al : appendice grêle, à articles allon¬
gés. L’ischion est triangulaire, et les grandes tiges dont il est porteur
s’insèrent exclusivement sur sa région distale et externe.
3) Plêopode 1 (fig. 1 C) : exopodite à lobe interne mal indivi¬
dualisé, peu saillant, arrondi.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
4) Uropode (fig. IB): propodos à bord postérieur fortement
oblique et à angle postéro-internc très marque ; exopodite et endo-
poditc remarquablement allongés.
TABLEAU I.
Tableim des videurs, numériques relatives uux caractères tègumenlaires
d'un mâle de Metoponorthus stricticauda.
b correspond à la distance qui sépare le nodulus taieralis du bord lalérul
du péréionite ; c correspond à la longueur du tergite ramenée à 100 : il corres¬
pond à la distance qui sépare le nodulus taieralis du bord postérieur du péréio-
nitc.
Nombre de pores
b
d
I.
7
0,32
0,37
11.
4
0,33
0,54
III.
4
0,27
0,51
IV.
4
0,21
0,61
V.
4
0,15
0,48
VI.
4
0,14
0,42
VII.
3
0,09
0,40
Metoponorthus stricticauda orientalis n. subsp.
Stations : 1) Gran Canaria : Moya ; El Brezal ; dans la forêt
d’Erica et de Lauracées. 20.111.1952 : 1 <5,4 9 dont 3 ovigères.
2) Ténérife ; Monte de los Silos ; forêt de Lauracées et d’Erica.
23.IV.1952 : 1 S.
Description. — Cette sous-espèce est en tous points semblable
au type, à l’exception de la coloration, et surtout de la forme et de la
chétotaxic du septième péréiopode mâle.
Coloration : la coloration rappelle un peu celle de M. sexfasciatus,
en raison de l’existence de trois paires de bandes longitudinales de
couleur foncée ; la paire externe est formée de taches très foncées
alignées sur les pleurépimères et encadrées de zones dépourvues de
pigment. Les noduli latérales ne sont pas apparents. Le pléon est
entièrement coloré à l’exception de trois séries de taches blanches,
l’une médiane et deux latérales. Le basis des péréiopodes porte deux
taches très foncées ; le méros, le carpos et le propodos renferment du
pigment disséminé de façon diffuse. Les pléopodcs sont pigmentés.
Péréiopode VII mâle (fig. 2 B) : l’ischion et ovoïde et son bord
externe est entièrement garni de longues et fortes tiges.
Metoponorthus ( Polytretus ) sexfasciatus sexfasciatus B.-L.
Stations : I) Lanzarole ; La Atalaya ; Haria. 12.III.1952 : 2 9
ovigères.
2) Gran Canaria ; El Brezal ; Moya ; dans la forêt d’Erica et de
Lauracées. 20.III.1952 : 2 <f, 3 9 dont 2 ovigères.
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
•T) Gran Canaria ; Barranco de Doramas ; Maya ; 20.III.1952 :
1 9 ovigère.
4) (Iran Canaria ; Barranco de los Tilos ; Moya. Sans date : 1 é,
3 9, dont 1 ovigère.
5) Gran Canaria ; Barranco de Tejeda. 16.III.1952 : 1 <f, 1 9.
6) Gran Canaria ; Cruz de Tejeda ; 1850 ni d’alt. 17.III.1952 :
1 9.
7) Gran Canaria ; Telde ; dans la plaine. 7.III.1952 : 3 9 ovi¬
gères, 2 pulli.
8) Gran Canaria ; San Mateo ; forêt de châtaigniers. 9.III.1952 :
3 <?, 6 9,2 pulli.
9) Ténérife ; Bajamar, près de la mer. 17.IV.1952 : 2 c?, 1 9.
10) Palma ; Subida a la Caldera ; la Cumbrecita ; forêt de Pinus
canuriensis. 6.III.1952 : 10 9 dont 9 ovigères.
11) Palma; environs de Santa-Cruz de la Palma. 24.III.1952 :
3 3.
12) Hierro ; El Golfo ; forêt d'Erica, Fmja et Laurus. 5-7.1 V.1952 :
1 <1,7 9 dont 6 ovigères.
Cette espèce est très commune aux Canaries. Elle avait été déjà
signalée à maintes reprises dans l’archipel canarien (Dollfus, 1889,
!>■ 131 ; 1893, p. 54 ; 1898, p. 134 ; 1899, p. 257 ; Arcangeli, 1930,
P- 86 ; 1934 a, p. 250 ; Pauli an de Félice, 1946, p. 246).
C’est la forme type que l’on rencontre aux Canaries, et non l’une
des nombreuses sous-espèces qui peuplent le Portugal, le sud de
l’Espagne et le Maroc.
Metoponorthus (Metoponorthus) pruinosus (Brandt).
Stations : 1) Gran Canaria ; Barranco de Tejeda. 16.III. 1952 :
1 <5, 1 9.
2) Ténérife ; Barranco de Tahodio. 30.III.1952 : 1 9 ovigère.
3) La Palma ; environs de Santa-Cruz de la Palma. 24.III.1952 :
I <3,39 ovigères.
Cette espèce, devenue cosmopolite, est dépourvue d’intérêt biogéo-
graphique. Elle avait été déjà signalée à plusieurs reprises aux Cana-
' ies (Dôllfus, 1889, p. 130 ; 1893, p. 54 ; 1898, p. 134 ; 1899, p. 257 ;
Arcangeli. 1930, p. 84 ; Paulian de Félice, 1946, p. 246).
Metoponorthus sp.
Stations ; 1) Lanzarotc ; La Atalaya ; Haria. 12.III.1952 : 2 9
ovigères.
2) Gran Canaria ; Aldea de San Nicolas. 8.III.1952 : 2 9 dont
1 ovigère.
Place dans la classification et affinités. — En l’absence de
'Râles, il est impossible de se prononcer définitivement sur la valeur
cette forme. Ce Metoponorthus canarien se rapproche incontesta¬
blement de fuscomarmorutus B.-L., en particulier par la forme du
Source : MNHN, Paris
10
A. VANDEL.
céphalon ét du pléon, l’absence de ligne supra-antennaire et de pores
glandulaires, et par la valeur des coordonnées des noduli latérales.
Maïs, elle en diffère par son type de coloration, la présence d’écailles
normales, bien apparentes et par l’absence d’écaillettes.
DesciuptioN.
Caractères somatiques.
1) Taille : 5,5 X 2,5 mm. (Lanzarotc) ; 7 x 5 mm. (Gran Cana-
ria).
2) Coloration : couleur violacée. Un trait blanc à la limite du
pleurépimère ; bord externe des pleurépimères clair. Pléon et telson
uniformément colorés. Péréiopodes légèrement pigmentés. Exopodites
des pléopodes 2-5 intensément colorés en noir violacé, cette, coloration
étant déjà visible à l’œil nu.
Cette description s’applique aux individus de Lanzarote. Les exem¬
plaires de la Gran Canaria présentent des couleurs moins vives, sur¬
tout à la face inférieure du corps ou les pléopodes sont peu ou à peine
pigmentés.
Fie. 3. l’arlic postérieure de Meloi»niurllilfn sp. de Lanzarote.
2) Céphalon : lobes latéraux à peine individualisés. Pas de ligne
supra-antennaire.
3) Péréion : bord postérieur des segments I-III arrondi : bord
postérieur de IV droit ; bord postérieur des segments V-VII formant,
<le chaque côté, une pointe dirigée vers l’arrière.
Chez les exemplaires de la Gran Canaria, le bord postérieur des
trois premiers segments est droit.
4) Pléon (Fig. 3) : très faiblement en retrait sur le péréion. Néo-
pieurons appliqués, avec une pointe bien nette dirigée vers l’arrière.
5) Telson (Fig. 3) : base individualisée, reliée par des ungles nets
à la pointe qui est triangulaire.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES' DES ILES CANARIES.
Il
<•) Uropode (Fig. 3) : Propodos oblique ; endopodite court ; exo-
podite absent dans tous- les exemplaires examinés.
Caractères tégumentaires.
H Téguments lisses, très finement et très densément sétacés.
2> Pas d’impression transversale sur les péréionites.
, 3) Des écailles imbriquées, mais pas d’écaillettes.
4) Ni champs glandulaires, ni pores glandulaires.
5) •Noduli latérales apparaissant comme de très petits points
blancs, mais non entourés d’une aire dépigmentée.
Les coordonnées des nodnli latérales sont indiquées sur le Ta¬
bleau II.
TABLEAU H.
Tableau des coordonnées des Nodnli latérales d'nne femelle ovigère
de Metopônorthus sp. provenant de Lanzarote.
Les lettres possèdent In même signification que celles du Talileuu I.
b
d
I.
0,37
0,18
II.
0,27
0,20
III.
0,2!)
0,27
IV.
0,1!)
0,28
V.
0,18
o,27
VI.
(1,12
0,1!)
VII.
0,13
0,18
Le genre Porcellio.
Le genre Porcellio est particulièrement bien représenté aux Cana-
r 'cs. J’ai donné, dans un autre travail (Vandel, 1951, p. 100), un essai
île* groupement des espèces du genre Porcellio. Toutes les espèces des
Canaries‘appartiennent au groupe atlantigue (groupe scaber), à l’excep-
l'on de deux qui font partie du groupe nord-africain (groupe laeuis).
GROUPE ATLANTIQUE.
(Groupe scaber).
Ce groupe esl caractérisé par la forme de l'exopodite du premier
l'Iéopode mâle dont le champ et le sillon trachéens remontent fort
loin, vers l’extrémité distale de l’appendice ; la pointe interne est
courte, parfois nulle, et le hord distal de l’exopodite est tronqué ou
coupé obliquement. La plupart des espèces de ce groupe sont canton¬
nes dans les îles Atlantides et la péninsule ibérique.
Source : MNHN, Paris
12
A. VANDEL.
l ue vingtaine d’espèces peuvent être rangées dans ce groupe. Le
représentant le plus typique du groupe atlantique est P. scaber dont
se rapprochent quelques autres espèces de la péninsule ibérique.
Les formes les plus primitives du groupe — qui sont en même
temps les Porcellio les plus primitifs que nous connaissions — se ren¬
contrent aux Canaries ; nous en donnons la description plus loin.
Leur système glandulaire épiméral très complet rappelle celui des
Oniscidae ou celui des Metoponorllws appartenant au sous-genre Polg-
tretus.
Quelques formes plus spécialisées que P. scaber doivent être égale¬
ment classées dans ce groupe ; elles peuplent les régions qui bordent
la Méditerranée occidentale. Telles sont gallicits Dollfus (France),
echinatus Lucas (massif bético-rifain) et spatiilatus Costa (Sardaigne,
Corse).
Enfin, certaines espèces de ce groupe se font remarquer par un
élargissement extrême du corps et des granulations très fortes, par¬
fois spinescentes ; on peut les grouper autour de P. dilatatns Brandt
qui en est le type le plus connu.
Tableau ue détermination des espèces de Porcellio
APPARTEANNT AU GROUPE ATLANTIQUE
ET PEUPLANT LES ÎLES CANARIES.
A. — Champ glandulaire représenté par un sillon marginal occu¬
pant la totalité du rebord marginal des péréionites. B
Champ glandulaire représenté par une région limitée
en forme de demi-ellipse accolée à la marge. Ë
B. — Champ glandulaire renfermant de nombreux pores répar¬
tis lotit le long du sillon marginal . C
Champ glandulaire vide de pores, sauf en une région limi¬
tée du sillon marginal . D
C. Téguments parfaitement lisses, complètement dépourvus de
granulations . laevissimus Dollfus
Téguments nettement granuleux, surtout dans la région
postérieure du corps. septentrionatis n. sp.
1). Téguments couverts de granulations qui deviennent spines¬
centes dans la moitié postérieure du corps. Taille : 15 mm.
. meridionalis n. sp.
Téguments couverts de granulations très faibles et peu
apparentes. Taille : 7 mm. cenlralis n. sp.
E. -Un dimorphisme sexuel antennaire très net ; exopodile des
uropodes mâles élargis et spatuliformes... . calderensis n. sp.
Pas de dimorphisme sexuel antennaire ; expodite des uro¬
podes mâles non spatuliforme (sous-groupe dilatatus) . E
F. — Lobe céphalique médian triangulaire. scaber Lutreille
Lobe céphalique médian arrondi . G
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
13
— Taille atteignant 20 mm; corps remarquablement large et
aplati ; telson en forme de^spatule plus ou moins élargie à
son extrémité. Rapports ^ remarquablement faibles, com¬
pris entre 0,06 et 0,23.. ovalis Dollfus
Taille comprise entre 7 cl 10 mm. Corps non aplati, plus
ou moins bombé. Telson triangulaire, à côtés concaves.... H
H. — Téguments faiblement granuleux dans la partie antérieure.
Un champ glandulaire sur les quatre premiers péréionites.
Rapports -- compris entre 0,27 et 1. canariensis Dollfus
Téguments très fortement granuleux, même sur la partie an¬
térieure du corps. Un seul champ glandulaire situé sur le
premier péréionite. Rapports — faibles, compris entre 0,16
et 0,33. ombrionis n. sp.
Porcellio laevissimus Dollfus.
Cette espèce n’est connue que par les deux exemplaires femelles
récoltés par M. Gaston Buchet à la Raima, et décrits par Dollfus
(1898, p. 133). Monod (1932, pp. 248-249) a examiné ces deux échan¬
tillons et signalé le remarquable caractère offert par les sillons glan¬
dulaires qui occupent toute la longueur des pleurépimères. I) a de plus
donné de bonnes figures de cette espèce (Fig. 9, 11, 48 et 74). J’ai pu,
a mon tour, étudier le type et le cotype de cette espèce conservés
dans les collections du Muséum National d’Histoire Naturelle de
I*aris. P. laevissimus est voisin de l’espèce décrite ci-dessous sous le
•loin de P. sepienlrionalis, mais elle en est certainement distincte.
Porcellio septentrionalis n. sp.
Stations : 1) Ténérife ; Monte de las Mercedes ; dans la Lauri-
silva. 31.111.1952 : 1 9 ovigère.
2) Ténérife ; Vucltas de Taganana ; dans la Laurisilva. 1.IV.1952 :
1 S, 4 9 dont 2 ovigères.
3) Ténérife ; Monte de los Silos ; foret de Lauracées et à'Erica.
23-24.1 V.1952 : 1 9 ovigère.
4) Raima ; Barrnnco del Agua ; dans la Laurisilva. 27.III.1952 :
8 J, 3 9 dont 2 ovigères, 1 pullus.
J’ajoute que les Collections du Muséum National d’Histoire Natu¬
relle de Paris renferment un exemplaire femelle de cette espèce, récol¬
lé par Gaston Buchet dans l’tle de la Raima (Barronco de la Madera,
pré* de Sanla-Cruz de la Raima) et étiqueté de la main dé Dollfus
sous le nom de P. canariensis.
Cette espèce parait propre aux deux îles septentrionales du groupe
occidental : La Raima et Ténérife.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEI..
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : le plus grand individu observé est une femelle ovigère
mesurant H) x 11 mm.
2) Coloration : téguments bigarrés de taches brunâtres, parfois
rougeâtres ou noirâtres. Une tache ou une ligne blanche à la limite
du pleurépimère ; pleurépimères colorés. Pléon à peu près entièrement
coloré. Face inférieure pigmentée y compris les péréiopodes et les
pléopodes.
3) Forme générale du corps : les individus de grande, taille sont
larges et aplatis ; les exemplaires de moindre dimension sont plus
étroits et plus bombés.
Km. 4. 1‘nrcellio seplenlrioiuilis n. sp.. mâle provenant de la l’aima et mesurant
lli X H mm. A. partie antérieure du corps ; H. partie postérieure du corps :
C. exopodite du premier ipléopodc.
4) Céphalon (Fig. 4 A) : lobe médian arrondi, relevé vers le haut !
lobes latéraux dépassant le lobe médian, arrondis du côté interne,
légèrement concaves du côté externe. Front orné d’une saillie allon¬
gée longitudinale.
5) Péréion (Fig. 4 A) : bord postérieur des péréionites très lar¬
gement incurvé.
Source : MNHN, Paris
4
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
15
6) Telson (Fig. 4 B) : de forme triangulaire, à côtés curvilignes ;
face supérieure concave ; pointe aiguë ; quatre granulations sur la
base.
d ppendices.
1) Antennes dépassant de peu le bord postérieur du deuxième
tergite. Epines des articles 2 et 3 courtes, non saillantes.
2) Uropode (Fig. 4 B) : exopodite fusiforme ; endopodite dépas¬
sant nettement la pointe du telson.
Caractères tégumentaires.
1) Sculpture : des granulations faibles, disposées en plusieurs
rangées sur- le vertex et les tergitcs péréiaux ; quelques granulations
sur les pleurépimères. Une rangée de granulations à l’extrême bord
postérieur de chaque segment péréial ; ces granulations, très faibles
sur la partie antérieure du corps, ne deviennent bien apparentes qu’à
partir du quatrième tergite. Une rangée de faibles granulations au
bord postérieur de chaque pléonite.
2) Ecailles : carapace recouverte d’écailles régulièrement imbri¬
quées.
3) Soies-écailles : à base large, de formes assez variables. Chaque
granulation porte une soic-éeaille entourée de quelques écailles acces¬
soires.
4) Nodulus lateralis inséré sur un petit tubercule. Les valeurs
du rapport son relativement élevées (Tableau III) et très différentes
de celles de canariensis.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
16
5) Champs glandulaires (Fig. 5) allongés, occupant toute la marge
du segment, et ceci sur tous les segments. Nombre de pores élevé
(Tableau III), mais décroissant d’avant en arrière.
TABLEAU III.
Tableau des valeurs numériques relatives aux caractères tégumentaires
d'un mâle de P. septentrionalis provenant de Vile de la Palma
et mesurant lit x # mm.
Les lettres ont la même signification que celles du Tableau I.
Nombre de pores
b
d
I.
170
0,20
0,58
II.
103
0,18
0,72
III.
68
0,18
0,73
IV.
64
0,21
0,80
V.
60
0,15
0,46
VI.
62
0,08
0,38
VII.
50
0,08
0,29
Chez un mâle de Ténérife, mesurant 6x4 mm, le nombre de pores
glandulaires est moindre : 40-50 sur I, 20-30 sur II-VII (Fig. 5).
Caractères sexuels mâles.
1) Péréiopode I : méros et carpos ornés d’une forte brosse de
liges.
2) Péréiopode VII : à peu près dépourvu de différenciation sexuel¬
le ; une brosse de poils sur l’élargissement de l’ischion.
3) Pléopode 1 : (Fig. 4 C) : exopodite pourvu d’une pointe courte
mais nette, rappelant celle de dilatatus honadonai Vandel.
Affinités.
P. septentrionalis esl certainement très voisin de P. laevissimus
Dollfus ; cependant les deux espèces sont distinctes, ainsi qu’il a été
dit plus haul. Le Tableau suivant permet de séparer facilement les
deux espèces :
septentrionalis
Coloration.
Forme du corps.
Bord postérieur
des peréionites.
Xéopleurons.
Seuplture.
Semblable à celle de lue
vis.
Corps assez convexe ;
pieu répi mères médio¬
cres, tombant oblique¬
ment.
Bord postérieur de I et II
faiblement sinué ; ce¬
lui de III et IV droit.
Médiocres, assez courts.
Téguments parfaitement
Côté dorsal bigarré; face
ventrale fortement pig'
mentée.
Corps large, aplati ; pleu-
repimères grands, éta-
Bord postérieur «le I et I|
fortement sinué ; celui
de III et IV nettement
sinué.
Plus longs, plus étalés.
Téguments nettement gra¬
nuleux.
Source : MNHM, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
Porcellio meridionalis n. sp.
Stations : 1) Cornera ; Bosque del Cedro ; dans la Laurisilva.
11-12.IV. 1952 : 7 <5,11 9 dont 8 ovigères, 4 pulli.
2) Cornera ; Bosque de Arcerve ; dans la Laurisilva. 13.IV.1952 :
^ 9 ovigères.
3) Cornera ; Las Hayas ; El Naeidero ; dans la forêt d’Erica.
14.IV.1952 : 1 <?, 1 9 ovigèrc, 1 poilus.
4) Cornera ; America ; plateaux très ensoleillés. 14.IV.1952 : 4 S,
5 9 ovigères.
5) Hierro ; El Colfo ; dans la forêt d’Erica, Faija et Laurus. 5-7.
IV.1952 : 7 <5, 13 9 dont 9 ovigères, 4 pulli.
Cette espèce est propre aux deux îles méridionales du groupe
occidental : Cornera et Hierro.
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : femelle ovigère : 15 X 9 mm.
•nier plïopodc mâle.
2) Coloration : téguments de couleur jaunâtre, marbrés de brun,
( l‘“ noir ou de rougeâtre. Les mâles qui sont nettement plus foncés
( l l, e les femelles sont noirâtres. La face inférieure est pigmentée, et
de façon particulièrement intense chez les mâles.
3) Céphalon (Fig. fi A) : un lobe médian arrondi, peu saillant,
relevé vers le haut ; les lobes latéraux sont arrondis du côté interne,
!ég èrement concaves du côté externe. Front dépourvu de tubercule.
Mémoihes du Mu'/uii. — Zoologie, I. VIII. 2
Source : MNHN, Paris
1»
A. VANDRL.
4) Péréionite / (Fig. 6 A) : le bord latéral est relevé et séparé
par une gouttière de la région tergale. Le bord postérieur de ce seg¬
ment est nettement sinué.
5) Telson (Fig. 6 B) : pointe courte, triangulaire.
A ppendices.
1) Antenne : courte, son extrémité ne dépassant que de peu le
second segment péréial. Epines des articles 2 et 3 très petites.
2) Uropode (Fig. ti B) : exopodite très long et très étroit (dans
les deux sexes) ; endopodite dépassant la pointe du telson.
Caractères tégumentaires.
1) Sculpture : le vertex et les tergites antérieurs sont couverts
de granulations arrondies, faibles dans la région médiane, plus fortes
sur les côtés ; le bord postérieur des premiers segments porte une
rangée de très faibles granulations.
A partir du segment IV, les granulations restent faibles sur le
milieu du segment ainsi que sur les pleurépiinères, mais elles devien¬
nent spinescentes sur les côtés de la région tergale ; la rangée posté¬
rieure est constituée sur les quatre derniers péréionites de tubercu¬
les dentiformes (Fig. fi B).
Le bord postérieur des cinq pléonites est crénelé. De plus, les
pléonites 3-5 portent une rangée de granulations médianes. La base
du telson est garnie de quatre granulations spinescentes.
Ce type de sculpture correspond très exactement à celui de P-
sentier, mais il est exagéré en suite d’un processus d’allométric majo¬
rante.
2) /? cailles : carapace recouverte d’écailles imbriquées très peu
apparentes.
3) Soies-écailles : nombreuses, serrées, à base large. Chaque
tubercule porte une soie-écaille entourée d’écailles accessoires.
4) Noduli latérales insérés sur un tubercule (Fig. fi C). Leurs
coordonées sont indiquées sur le Tableau IV.
5) Champs glandulaires (Fig. fi C) allongés comme ceux de
septentrionalis. occupant toute la longueur du rebord marginal, mais
aides de pores, sauf en une zone localisée qui renferme un petit
groupe de pores. En raison de cette disposition, le nombre de pores
est bien inférieur à celui de septentrionalis ; il devient nul sur les
deux derniers segments (Tableau IV).
Caractères sexuels mâles.
1 ) Péréiopode I : meros et carpos garnis d’une brosse de fortes
tiges.
2) Péréiopode VII : dépourvu de différenciation particulière.
Source : MNHN, Paris
ISOPODRS TERRESTRES DES ILES CANARIES.
19
3) Pléopode I (Fig. <> D) : exopodite pigmenté, à pointe courte,
mais bien individualisée. Le champ trachéen est profondément in¬
denté.
TABLEAU IV.
Tableau îles valeurs numériques relatives aux caractères tègumentaires
d’un mille île P. meridionalis provenant de Gomera
et mesurant 13 x 7 mm.
l-es lettres ont la même signilication que celles du Tableau I ; en plus,
u indique la distance qui sépare le groupe de pores du bord postérieur
du segment.
Nombre de pores
1
b
d
I.
15
1,07
0,13
0,46
Il.
9 et 11
0,68
0,12
0,53
III.
5
0,60
0,07
0,50
■1
0,60
0,07
0,565
1
0,60
0,03
0,40
VI.
0
0,02
0,30
VII.
0
-
0,02
0,29
Affinités.
Celte espèce est certainement très proche de seplentrionalis,
niais elle est plus évoluée ; elle en diffère par ses granulations beau¬
coup plus fortes, spinescentes sur la moitié postérieure du corps, par
la disposition des pores glandulaires et la réduction de leur nombre,
encore que le champ glandulaire conserve son intégrité.
PoTcellio centralis n. sp.'
Station : (Iran Canaria ; Kl Brezal ; Moya ; dans la forêt (VErica
et de Lauracées. 20.III.1952 : 1 S, 1 9 ovigère.
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : 7 X 4,5 mm.
2) Coloration : téguments jaunes, marbrés de brun ; pleurépi-
mères pigmentés. Péréiopodes et pléopodes tachés.
3) Forme générale du corps : corps assez large et assez forte¬
ment bombé.
4) Céphalon (Fig. 7 A) : lobe médian très peu développé, à peine
saillant, dessinant une courbe très aplatie ; lobes latéraux petits, peu
saillants, arrondis.
Source : MNHN, Paris
20
A. VANDEI..
5) Pérêion (Fig. 7 A) : bord postérieur des premiers segments
nettement sinué. Un profond sillon sur le bord de chaque segment.
6) Telson (Fig. 7 B) : terminé par une pointe aiguë ; surface
supérieure concave.
A ppendices.
1) Antenne courte, atteignant le milieu du second péréionite.
2) Uropode (Fig. 7 B) : protopodite fortement oblique ; exopodite
long et grêle.
Fie. 7. — Porcellio eenlrali * n. sp. A, partie antérieure du corps ; B, partie pos¬
térieure du corps : C, exopodite du premier pléopode mâle ; I), exopodite du
second pléopode mâle.
Caractères téynmentaires.
1) Scnplture : les tergi.tes sont recouvertes de granulations plu*
tes, peu apparentes qui se retrouvent également sur les pleurépimè-
res. Les granulations sont très faibles sur la moitié antérieure du
corps qui apparaît presque lisse. De très fines granulations garnis¬
sent le bord postérieur des péréionites VI et VII et des pléonites 1-5 <
elles font défaut sur les premiers péréionites.
2) Ecailles : carapace recouverte d’écailles imbriquées.
3) Noduli latérales très gros et très apparents.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
21
4) Champs glandulaires présentant la même structure que ceux
de meridionalis, c’est-à-dire qu’ils s’étendent dans toute la longueur
du segment, mais ils sont vides de pores, sauf en une région limi¬
tée et renflée. Le nombre de pores est faible ; les pores font défaut
sur le dernier péréionite.
Caractères sexuels mâles.
1 ) Péréiopode I : quelques soies-écaillcs de grande taille et à
caractères particuliers, mais ne formant pas une véritable brosse.
2) Péréiopode Vil : appendice court et trapu, mais dépourvu de
différenciation particulière.
3) Pléopode 1 (fig. 7 C> : lobe interne de l’exopodite tronqué ;
champ trachéen légèrement indenté.
4) Pléopode 2 (fig. 7 1)> : champ trachéen légèrement indenté.
TABLEAU V.
Tableau des valeurs numériques relatives an.r caractères légumentaires
d'un mâle de P. centralis mesurant 5,5 mm.
Les lettres ont lu môme signification que celles du Tableau IV.
Nombre de pores
;
b
d
I.
9
0.90
0,22
0,43
11.
12
0,65
0,25
0,53
III.
8
0.59
0,60
IV.
7
0,58
0,25
0,80
V.
5
0,58
0,19
0,46
VI.
4
0,62
0,14
0,36
VII.
0
-
0,12
0,35
Affinités.
Cette espèce est certainement très proche de meridionalis dont
elle se rapproche en particulier par son système glandulaire qui est
construit sur le même type.
Elle en difTèrc par :
1) sa taille bien moindre ;
2) ses granulations très faibles et peu apparentes ;
.'Il le lobe céphalique médian extrêmement réduit, et les lobes
latéraux très petits ;
4) le péréiopode I mâle dépourvu de brosse carpienne ;
5) le champ trachén du premier pléopode mâle faiblement
■ndenté.
Presque tous ces caractères correspondent à des caractères de
réduction liés à la petite taille de l’espèce.
Source : MNHN, Paris
22
A. VANDEL.
Porcellio calderensis n. sp.
Station : (iriiii C;innri:i ; Cruz de Tejeda ; 1850 ni d’alt. 17.III.
1952 : 9 <?, 3 9 ovigères, 3 pulli.
Cette espèce semble correspondre à une forme d’altitude.
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : 16 X 6 mm.
2) Coloration : d’un gris de fer uniforme ; un trait blanc à la
limite du plcurépimèrc ; plcurépimères colorés. Face inférieure fai¬
blement pigmentée.
3) Forme générale du corps : par son aspect général, sa forme,
sa couleur et sa sculpture, cette espèce rappelle beaucoup P. scaber.
4) Céphalon (fig. 8) : lobe médian en forme de triangle arrondi ;
lobes latéraux grands, divergents ; une forte carène longtiudinale sur
le front.
5) Péréion (fig. 8) ; bord postérieur des premiers péréionites
nettement sinué.
6) Telson (Fig. 9) : pointe continuant directement la base, sans
que l’on observe de séparation nette entre les deux parties ; extrémité
du telson obtuse.
Caractères tégumentaires.
1) Sculpture : corps couvert de granulations nombreuses, petites,
mais nettement spinescentes ; on compte sur le vertex 4-5 rangées
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
23
de granulations, plus une postérieure ; 3-4 rangées plus une posté¬
rieure sur le péréionite I ; 2 rangées, plus une postérieure sur les
péréionites II-VII ; une rangée postérieure sur les pléonites 1 et 2 ;
une rangée médiane et une rangée postérieure sur les pléonites 3-5 ;
quatre granulations à la base du telson.
Les tubercules portent une soie-écaille entourée d’écailles acces¬
soires.
2) Champs glandulaires réduits, en forme de demi-ellipse accolée
à la marge ; nombre de pores faible (Tableau VI).
TABLEAU VI.
Tableau des ailleurs numériques relatives aux caractères téguinentuires
d'un mâle de P. ealdcrcnsis mesurant 16 mm.
Les lettres ont la même signification que dans le Tableau IV.
d
Nombre de pores
c
c
I.
0,24
0,58
Il.
0,19
III.
0,66
0,18
IV.
0,61
0,20
V.
0,64
0,19
VI.
0,68
0,14
VII.
2
0,66
0,15
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
Dimorphisme sexuel el caractères sexuels mâles.
Le dimorphisme sexuel de cette espèce est très intense ; il inté¬
resse non seulement les péréiopodes et les pléopodes, mais encore les
antennes et les uropodes.
1) Antennes (fig. 10) : les antennes sont courtes et dépassent de
peu le bord postérieur du second péréionite. Les antennes ont la même
longueur dans les deux sexes ; mais l’article .3 du mâle est plus long
que celui de la femelle, tandis que le flagelle du mâle est plus court
que celui de la femelle ; l’article 5 et le flagelle de l’antenne sont plus
larges chez le mâle que chez la femelle, ce qui donne à l’appendice
mâle un aspect beaucoup plus robuste. Enfin, l’épine de l’article 2
qui est bien développée chez la femelle, est réduite chez le mâle.
2) Pèréiopode I : une forte brosse de tiges sur le inéros et le car-
pos.
3) Pèrêiopode VII (lig. 11 A) : ischion nettement excavé sur son
bord interne ; une brosse d'écailles piliformes à la base de l'ischion.
4) Plèopode 1 (fig. 11 B) : du même type que celui de P. scaber ;
exopodite pourvu d’une petite pointe saillante, et d’un champ tra¬
chéen profondément indenté.
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
25
5) Pléopode '2 (fig. 11 C) : champ trachéen profondément indenté.
Affinités.
I’ar son aspect général, cette espèce rappelle P. scaber Latreille
cl P. nantis Arcangeli ; par son dimorphisme antennaire, elle se rap-
H. Porcellia calderensis n. sp., mâle. A, septième péréiopode : B, exopodite
du premier pléopode : C. exopodite du second plcopode.
proche de dispar Verhoeff ; mais, elle s’apparente surtout à hermi¬
tien sis Vandci, en raison de son dimorphisme antennaire, de la forme
du premier pléopode mâle et de la structure du système glandulaire.
Porcellio scaber Latreille.
Station : Gran Canaria ; Aldea de San Nicolas. 8.111.1952 : 1 9
ovigère.
Cette espèce avait été déjà signalée aux Canaries par Koki.hkl
Ü892, p. 108) et par Doixfcs (1893, p. 53 ; 1897, p. 206 ; 1899, p. 257 ;
1901, p. 148).
Les trois espèces suivantes font partie du sous-groupe dilatatus.
Source : MNHN, Paris
26
A. VANDEL.
Porcellio ovalis Dollfus.
Stations : I ) Gran Canaria ; Aldea de San Nicolas. 8.III.1952 : 12 S,
2 9 dont 1 ovigère.
2) Gran Canaria ; El Brezal ; Moya ; dans la forêt d 'Eric» et de
Lauracées. 20.III.1952 : fi 6, 4 9 dont 3 ovigères, 1 pnllus.
3) Gran Canaria ; Moya ; Barranco de Dorainas. 20.III.1952 :
1 9.
4) Gran Canaria ; Moya ; Barraneo de los Tilos. Sans date : I 9
ovigère.
Fiis. 12. l’orrrllin ovillin Dollfus ; femelle mesurant 20 X 12.') mm.
Le type de cette espèce provient de la Gran Canaria (forêt de pins
au-dessus d’Agaëte) ; ainsi cette espèce parait propre à Pile de la Gran
Canaria.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
27
Description.
Doi.urs (185)3) ii 1res iikiI représenté le céphalon de cette espèce
(fig. 3, p. 50). Sa figu re ne correspond pas du tout aux exemplaires
types renfermés dans sa collection et conservés aujourd’hui au
Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris où j’ai pu les exami¬
ner. Il en résulte qu’il est impossible île reconnaître cette espèce en se
fondant sur la seule description de Doi.u rs. En conséquence, il me
parait indispensable de redonner une description de cette espèce
accompagnée de figures.
Caraclères somatiques.
Il Taille : 9, 20 x 12,5 mm 'sans les uropodes qui mesurent
t.5 mm) ; cf, 20 x 11 mm (sans les uropodes qui mesurent 3 mm).
2) Coloration : femelle : téguments jaunâtres marbrés irréguliè¬
rement de brun et de noir ; un trait blanc à la limite du pleurépi-
mère ; pleurépimères colorés.
Mâle : entièrement, gris xie fer à l'exception de la région médiane
°à les linéoles (insertions musculaires) apparaissent plus ou moins
nettement.
3) Forme, générale du corps (lig. 12) : corps très aplati, très large
par rapport à la longueur. Pleurépimères et néopleurons très larges cl
«talés. Les trois derniers néopleurons sont Irès embrassants.
4) Céphalon : lobe médian saillant, aussi haut que large, arrondi
a son extrémité. Lobes latéraux grands, dépassant de beaucoup le
lobe médian, formant un arc de cercle sur leur bord interne, droits
sur leur bord externe. Front orné d’un tubercule allongé.
Yeux petits par rapport à la tête.
5) Péréion : dans, les individus de petite taille, la sinuosité du
bord postérieur des premiers péréionites est nettement indiquée. Chez
b‘s individus de grande taille, le bord postérieur des péréionites anté¬
rieurs est à peu près droit, et les angles postérieurs sont dépourvus de
pointe dirigée vers l’arrière (Fig 12) ; chez les exemplaires de grande
juille. les pointes postérieures n’apparaissent qu’à partir du segment
fi) Telson : le teison est constitué par une base et par un prolon¬
gement allongé, en forme de spatule, creusé à sa face supérieure, tron-
( |»é à son extrémité qui est légèrement élargie. Le telson dépasse légè-
Tenîent les cndopodilcs des uropodes qu’il cache entièrement.
Appendices.
Antennes : Epines des articles 2 et 3 grandes ; article 4 élargi
latéralement à son extrémité. Les antennes sont courtes et atteignent
seulement le bord postérieur du second segment.
Caractères tégumentaires.
1 ) Sculpture : Le vertex et les tergites sont recouverts de granu¬
lations dé dimension moyenne ; les pleurépimères portent également
Source : MNHN, Paris
A. VANOEL.
de fines granulations, largement espacées. Les péréionites sont garnis
à leur bord postérieur d’une rangée de granulations. Les cinq pléo-
nites portent, à leur bord postérieur, une rangée de fortes granula¬
tions. La base du telson porte des granulations saillantes.
Chaque granulation est occupée en son centre par une grande
soie-écaille, entourée d’écailles accessoires ; des soies-écailles de type
banal gravitent autour de la granulation (fig. Kl A).
Fie. 13. l'orcellio omilis Dollfus. A, detail d'une granulation ; B, exopodite
du premier pléwpodc mâle.
2) Ecailles : la carapace est recouverte d’écailles complètement
cerclées et largement séparées les unes des autres.
:il Noduli latérales : en dépit de la largeur des pleurépimères, les
valeurs du rapport f restent constamment très faibles (Tableau VII)*
A ce point de vue, / K ovalis forme un remarquable contraste avec les
Porcellio du groupe monticola.
4) Champs ylandulaires courts, en forme de demi-ellipse accolée
à la marge. Ces champs sont de dimensions très réduite, surtout sur
les derniers segments ; le péréionite VII semble même dépourvu de
tout champ glandulaire. Le nombre de pores est très faible (Tableau
VII).
Caractères sexuels mâles.
1 ) Péréiopode / : une brosse de fortes tiges sur le carpos et le
meros.
2) Péréiopode VII : ischion légèrement incurvé.
3) Pléopotle t (fig. 13 B) : exopodite rappelant celui de dilatatus :
extrémité tronquée ; champ trachéen profondément indenté.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
211
4) Uropodes : exopodile beaucoup plus long chez le mâle que
chez la femelle (voir les indications numériques données dans le para¬
graphe relatif à la taille) et spatuliforme.
TABLEAU VU.
Tableau des valeurs numériques relatives aux caractères tègumentaires
d'un mâle de P. ovalis mesurant 15 X 10 mm.
Les lettres ont la même signification que dans le Tableau IV.
Nombre de pores
i
b
d
I.
12
1,10
0,15
0,18
II.
0,72
0,22
0,23
III.
•>
0,23
0,16
IV.
?
0,60
0,20
0,16
4 et 2
0,55
0,15
0,10
VI.
3 et 1
0,61
0,15
0,06
VII.
0
0,17
0,06
Affinités.
Cette espèce est certainement proche de diliilnlns Brandt. Elle
en diffère par les caractères suivants :
1) la grande taille qui exagère le développement des caractères
présentant une croissance allométrique : aplatissement et élargisse¬
ment du corps, accroissement de la taille des pleurépimères, des lobes
céphaliques, des épines antennaires ;
2) la réduction des champs glandulaires et la diminution du
nombre des porcs ;
3) les valeurs du rapport , qui sont très inférieures â celles de
dilata tus ;
4) l’indentation du champ trachéen du premier pléopode mâle ;
« l’exception de ce caractère, l’exopodite du premier pléopode mâle
est presque identique dans les deux espèces.
Par ailleurs, ovalis est également très proche de canariensis. On
peut distinguer les deux espèces, grâce aux caractères énumérés dans
le Tableau ci-dessous :
ovalis canariensis
Taille . 2(1 mm 10 mm
Forme générale , .
du corps . Corps aplati ; pleurépi- Corps convexe ; pleurépi-
mères et néopleurons mères tombant oblique-
étalés. ment.
Céphalon . Lobe médian beaucoup Lobe médian et lobes la¬
pins court que les lobes téraux de même Ion-
latéraux. gueur.
Source : MNHN, Paris
30
A. VANDEL.
Telson
Antenne.
C.rnnulations
Rapport des
segments I-IV..
Pointe très allongée ayant
tendance à s'élargir en
spatule à son extrémité.
Courte, atteignant le bord
postérieur du péréio-
nite II.
Faibles, ne devenant ja¬
mais spinescentes, même
sur la partie postérieure
du corps.
Compris entre 0,16 et 0,23.
Pointe moins longue, gla-
diolée, à côtés plus ou
moins convergents.
Très courte, atteignant à
peine le bord postérieur
du péréionite I.
Fortes, devenant nettement
spinescentes sur la moi¬
tié postérieure du corps.
Compris
entre 0,84 et 1.
Ce dernier caractère est important, car il prouve indiscutable¬
ment qu ’ovalis et canariensis représentent deux espèces distinctes, et
non simplement deux formes différant l'une de l’autre par la taille et
les réactions de croissance allométrique.
Porcellio canariensis Dollfus.
Synonymie.
Dollfus (1893, p. 51) a donné une description de cette espèce,
accompagnée de deux figures. Il indique que cette espèce se rencontre
à la Cran Canaria. à Ténéril'e et à Hierro. intérieurement, Dollfus
(1898, p. 132) signale la capture, faite par M. 0. Buchet, d’un indi¬
vidu de celle espèce à la Pnlma (Barranco de la Madera, près de Santa-
Cruz).
Il est bien certain que, sous le nom de canariensis, Dollfus s
confondu plusieurs espèces distinctes. C’est ce que prouve l’examen
de ses collections conservées au Muséum National d’Hisloire Naturelle
de Paris. Celte collection renferme cinq tubes dont l’étiquette porte,
écrite de la main de Dollfus, la mention canariensis. Un seul tube
renferme un nom de localité ; c’est celui de la récolte de (1. Buchet,
faite à Santa-Cruz de la Palma, et signalée par Dollfus en 1898. Or,
l'unique exemplaire renfermé dans ce tube appartient à P. seplen-
trionalis.
Les quatre autres tubes ne renferment aucune indication de loca-
lité. Un premier tube contient une femelle ovigère de P. septenlrio-
nalis. Un second tube renferme un mâle de P. ombrionis ; c’est cer¬
tainement la forme recueillie à Hierro, cl signalée par Dollfus, en
1893 (p. 51) sous le nom de canariensis. Le troisième et le quatrième
tubes renferment des individus qui correspondent bien à la descrip¬
tion de Dollfus, et que je tiens pour les types de canariensis. Malheu¬
reusement, on ne connaît pas leur provenance exacte. Comme les
exemplaires récoltés par ,1. Mateu à Ténérife sont identiques aux
individus de la collection Dollfus que je considère comme les types
de canariensis, j'en conclus, jusqu’à plus ample information que
canariensis est propre à l’île de Ténérife.
Station : Ténérife ; Barranco de Tahodio. 30.III.1952 : 2 <f.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : 10 x 6 mm.
2) Coloration : très semblable à celle de dilatatus.
3) Forme générale du corps (fig. 14) : rappelant celle de dilata¬
nts ; corps assez fortement convexe ; pleurépimères tombant oblique¬
ment.
4) Céphalon (fig. 15 A) : lobe médian grand, presque semi-circu¬
laire, arrondi, concave, relevé vers le haut, à peu près aussi long que
les lobes latéraux dont il est séparé par des angles aigus. Lobes laté-
r aux triangulaires, à bord externe droit, à côté interne convexe.
Source : MNHN, Paris
32
A. VANDEL.
5) Péréion : bord postérieur de tous les segments nettement sinué
et formant des pointes latérales dirigées vers l’arrière.
6) Telson : le pléotelson se termine par une pointe plus ou moins
longue, suivant les individus. Lorsque la pointe est longue, les côtés
en sont parallèles (fig. 15 B) ; lorsqu’elle est courte, les côtés sont con¬
vergents (fig. 15 C). La pointe telsonique est concave à sa partie supé¬
rieure et se termine par une extrémité arrondie.
Appendices. — Antenne (fig. 15 A) : l’antenne est courte et atteint
au plus le bord postérieur du péréionite I. Les articles 2 et 3 portent
une épine 'orte et large.
Caractères tégumentaires.
1) Sculpture : le verlex et le premier tergite portent plusieurs
rangées de granulations arrondies. Les tergites II-VII sont ornés de
deux rangées de granulations, l’une médiane et l’autre postérieure !
ces granulations, faibles sur les segments antérieurs, deviennent spi-
nescentes sur les trois derniers tergites. Le bord postérieur des pléo-
nite est garni d’une rangée de tubercules spinescents. La base du pléo¬
telson porte 2-4 granulations.
2) Xoduli latérales très éloignés de la marge. Le rapport - e3 ^
particulièrement élevé sur les quatre premiers segments (Tableau
VIII). A ce point de vue canariensis forme un contraste frappant avec
ovalis.
3) Champs glandulaires petits, semi-circulaires, accolés à 1®
marge. Les champs glandulaires sont présents sur les quatre premiers
segments, mais, ils font défaut sur les trois derniers.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
33
TABLEAU VIII.
Tableau îles valeurs numériques relatives aux caractères légumenlaires
d'un mâle de P. canariensis mesurant 10 x 6 mm.
Les lettres ont la même signification que dans le Tableau IV.
Nombre de pores
b
d
I.
1,40
0,18
0,16
0,92
II.
0,76
0,84
III.
0,60
0,18
0,89
IV.
0,60
0,18
1,00
V.
0,08
0,45
VI.
0,02
0,37
VII.
-
0,04
0,27
Caractères sexuels mâles.
I) Pléopode î (fig. 16 A) : exopodite tronqué à son extrémité,
comme celui de dilatatus ; le bord interne est garni de fortes soies ;
le champ trachéen est profondément indenté ; le sillon trachéen
atteint le bord postérieur de l’appendice.
2) Pléopode 2 (lig. 16 B) : exopodite à champ trachéen profondé¬
ment indenté.
Affinités.
Cette espèce est voisine d ’ovalis, ainsi qu’il a été dit plus haut ;
elle s’en distingue nettement par la position des noduli latérales.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, I. VIII. 3
Source : MNHN, Paris
34
>. VANDBL.
Porcellio ombrionis n. sp.
Station : Hierro ; El Golfo ; dans la forêt d ’Erica, de Fnyn et
de Laurus. 5-7.IV.1952 : 1 <$, 1 9 ovigère.
Description.
Caractères morphologiques.
1) Taille : 7 X 4 mm.
Ki<>. 17. /•oreellto ombrionis n. sp.. mâle de 7 mm.
2) Coloration : gris brunâtre ; pleurépimères colorés ; péréio-
podes en partie pigmentés.
3) Forme générale du corps (lig. 17) : corps ovoïde, assez bombé,
non aplati.
4) Céphalon (fig. 18 A) : lobe médian semi-circulaire, dépassant
les lobes latéraux. Une saillie longitudinale sur le front.
Yeux globuleux.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
35
5) Pérèion : bord postérieur des quatre premiers péréionites for¬
tement sinueux.
6) Telson : base mal individualisée ; pointe terminale mousse,
concave à sa face supérieure.
A ppendices.
1) Antenne : courte, dépassant à peine le bord postérieur du ter-
g'te I.
2) Uropode : endopodite un peu plus court que le telson.
Caractères tégnmentaires.
1) Sculpture : granulations fortes, devenant spinescentes sur le
céplialon et la moitié postérieure du corps. Quelques granulations
sur les pleurépimère's. Les granulations sont disposées en trois rangées
sur le tergite I, en deux rangées sur les tergites II et III, en une rangée
sur les tergites IV à VII. De plus, une rangée postérieure de fortes
granulations, devenant spinescentes à partir du segment IV. Une ran¬
gée de denticulations au bord postérieur de chaque pléonite.
Chaque tubercule est occupé par une très grande soie-écaille,
entourée d’écailles accessoires et de petites soies-écailles (fig. 18 C).
2) Carapace recouverte d’écailles imbriquées séparées par des
formations arrondies ou ovoïdes, légèrement déprimées (fig. 18 B).
3) Noduli latérales insérés sur un tubercule garni d’écailles dis¬
posées comme les écailles d’une pomme de pin. Le rapport . est
remarquablement faible (Tableau IX). La position du nodulus VII à
I extrême boni postérieur du segment est remarquable.
Champs glandulaires présents sur le premier segment seule¬
ment , absents sur les
accolée à la marge.
pré:
segments suivai
en forme de demi-ellipse
TABLEAU IX.
Tableau des videurs numériques relatives au .r caractères tégumenlaires
d’au mâle de I\ ombrionis mesurant 7 mm.
Les lettres ont la même si|(niflcntion que dans le Tableau I.
b
d
0,13
0,32
II.
0,12
0,30
0,14
0,13
0,33
V.
0,065
0,19
0,075
0.16
VII.
0,008
0,21
Source : MNHN, Paris
36
A. VANDEL.
Caractères sexuels mâles.
1) Pèréiopode / : une brosse de fortes tiges sur le niéros et le
carpos.
2) Pèréiopode VII : dépourvu de différenciation sexuelle.
3) Pléopode 1 (fig. 18 0) : exopodite à extrémité tronquée comme
celle de scaber ; champ trachéen profondément indenté.
Kio. 18. l'orcellio mnbrionin n. sp. A. partie antérieure : H, écaillés «le la
carapace : C, détail d'un tubercule ; I), exopodite du premier pléopode inAle.
Affinités.
Cette espèce est voisine de canariensis dont elle se rapproche pat'
la forme de la tète et la structure du premier pléopode mâle. Mais,
elle s’en distingue par son unique champ glandulaire, les valeurs du
rapport 'j . el les granulations fortes même sur la partie antérieure
du corps.
Celte espèce parait également s’apparenter aux petits PorcelU<>
«le Madère : ferroi Paulian de Félice el allantidum I’au lia n de Félice.
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
37
GROUPE NORD-AFRICAIN.
(Groupe laevis = Gymnoderma B.-L.).
J’ai donné, dans un autre travail (Vandel, 1951, p. 107), les carac¬
téristiques de ce groupe.
Il s’agit d’un groupe nord-africain et sud-méditerranéen. Il est
surtout bien représenté au Maroc et en Algérie. A l’est, il s’étend jus¬
qu’en Mésopotamie ; au sud, il descend fort loin dans la région saha¬
rienne ; au nord, il atteint la Sicile ; mais, aucune espèce de ce groupe
ne se rencontre sur les rivages septentrionaux de la Méditerranée à
l’exception de l’ubiquiste laevis.
Porcellio laevis Latreille.
Stations : 1) Gran Canaria ; El Brezal ; Moya ; Laurisilva. 20.III.
1952 : 1 3,3 9, dont 2 ovigères.
2) Gran Canaria ; Telde ; dans la plaine. 7-III-1952 : 1 3,2 9
ovigères, 2 pulli.
3) Gran Canaria : Barranco de Tejeda. 16.111.1952 : 1 9 ovigère.
4) Gran Canaria ; Aldea de San Nicolas. 8.III.1952 : 2 <?, 3 9 ovi¬
gères, 3 pulli.
5) Ténérife ; Bajamar ; près de la mer. 17.IV.1952 : 1 3, 2 pulli.
6) Gomera ; America ; plateaux secs et ensoleillés. 14.IV. 1952 :
1 3, 1 9 ovigère.
7) Palma ; environs de Santa-Cruz de la Palma. 24. III.1952 :
2 3,2 9 ovigères.
Cette espèce avait été déjà signalée à plusieurs reprises aux Cana¬
ries (Budde-Lund, 1885, p. 140 ; Dollfus, 1889, p. 130 ; 1893, p. 53 ;
1897, p. 208 ; 1898, p. 132 ; 1899, p. 257 ; Koelbel, 1892, p. 108 ;
Kraepelin, 1895, p. 16 ; Verhoeff, 1908 a, p. 278 ; Paulian de FÆlice,
1946, p. 246).
Cette espèce, devenue cosmopolite, ne présente aucun intérêt bio¬
géographique.
Porcellio alluaudi Dollfus.
Stations : I . Lanaarola ; Anccife. 11.111.1952 : 4 t. Il) ! dont 4
ovigères, 21 pulli.
21 Lanzarotc ; Ha,la ; La Alalaya. 12-14.111.1952 : 2 4, 11 S dont
2 ovigères.
3) Gran Canaria ; Telde ; dans la plaine. 7.111.1952 : 4 3, 6 9
dont 5 ovigères.
Dollfus (1893, p. 52) signale cette espèce de Fuerteventura, Lan-
zarote, Graciosa et Ténérife.
Source : MNHN, Paris
A. VANDIîl..
Hé partition. Cette espèce se* rencontre non seulement dans les
îles orientales de l'archipel canarien, mais encore sur la côte atlanti¬
que du Maroc. Les collections du Muséum National d’Hisloirc Natu¬
relle de Paris renferment neuf exemplaires de cette espèce recueillis
par Gaston Büchet aux environs de Mogador. On ne saurait guère
douter que cette espèce soit originaire, comme toutes les espèces du
groupe, de l’Afrique du Nord, et ait passé récemment dans les Canaries
orientales.
Description. Je crois utile de redonner une description de
cette espèce, accompagnée de quelques ligures.
Caractères somatiques.
1.) Taille : 9, 15 mm, sans les uropodes ; 16,5 mm avec les uro¬
podes ; largeur, 7 mm. d, 12 mm sans les uropodes, 15 mm avec les
uropodes.
2) Coloration : analogue à celle de lacvis. mais le pigment est
brun noirâtre au lieu d'être violacé. Une ligne claire médiane ; un
trait blanc â la limite du pleurépimère ; pleurépimères pigmentés.
Pléon entièrement coloré, ainsi que les uropodes. Péréiopodes légère¬
ment pigmentés.
3) Forme générale tin corps (Fig. 111) ; aspect général rappelant
celui de laevis, mais corps nettement plus allongé, plus étroit et plus
bombé.
4) Céphalon (Fig. 20 A) : lobe médian étroit, triangulaire, relevé
vers le haut ; il est légèrement échancré chez un mâle de 1 mm, arron¬
di régulièrement chez tous les autres individus observés. Lobes laté¬
raux saillants. Un tubercule à la base du front.
5) Péréion : bord postérieur des premiers péréionites nettement
sinué. Celle disposition, très nette chez les exemplaires de taille petite
ou moyenne, s’efface chez les grands individus où le bord postérieur
tend à devenir droit.
6) Telson : base et pointe bien distinctes, séparées par des angles
nets. La pointe est courte, triangulaire et concave â sa partie supé¬
rieure.
Caractères tégumentaires.
I) Sculpture. Elle est très différente de celle de laevis. Tégu¬
ments couverts de granulations petites, arrondies, serrées ; ces granu¬
lations se rencontrent sur le vertex, les tergites péréiaux et les pleur-
épimères. Une ligne de fines granulations court au bord postérieur
de chaque péréionite ; ces granulations sont surtout visibles sur les
segments V à VII. Les pléonites possèdent également une ligne de
granulations très nettes à leur bord postérieur ; on observe, en plus,
quelques granulations éparses sur le milieu des pléonites 3-5. Quatre
granulations à la base du telson.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
39
Source : AANHN, Paris
40
A. VANDEL.
2) Noduli latérales bien apparents, insérés sur une aire dépig-
mentée ; valeurs du rapport -, deux fois moindres, en moyenne, que
celles de laeuis (Tableau X).
3) Champs glandulaires : arrondis, détachés de la marge, bien
visibles sur l’animal entier ; le champ glandulaire occupe le milieu
du pleupépiinère sur le péréionite II ; il est situé en arrière du milieu
sur les segments III-VII.
TABLEAU X.
Tableau des auteurs numériques retutives aux caractères tègumentuires
d'une femelle de P. alluaudi mesurant 12 mm.
Les lettres ont la nu'inc signification que dans le Tableau IV.
Nombre de pores
I
b
d
1.
42
0,98
0,24
0,48
Il.
43
0,51
0,18
0,35
III.
43
0,43
0,21
0,32
IV.
10
0,42
0,21
0,18
0,45
V.
42
0,40
0,2(1
VI.
40
0,44
0,1(1
0,25
VII.
40
0,40
0,15
0,23
Caractères sexuels mâles.
1) Forme du corps : les mâles sont proportionnellement plus
allongés et plus étroits que les femelles.
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
41
2) Péréiopode VII : chez les mâles de grande taille (11 mm', le
côté interne de l'ischion est nettement concave ; cette différenciation
n’est pas encore perceptible chez les mâles de 7 mm.
3) Pléopode 1 : exopodite (Fig. 20 B) de type laevis, c’est-à-dire
à lot»e interne très allongé, dont la longueur dépasse celle de l’apophyse
génitale ; mais l’extrémité de ce lobe est arrondie et non pointue com¬
me celle de lac vis.
L’endopodite (Fig. 20 C) se termine par un éventail serré de
très fines soies.
4) Uropode : l’exopodite de l’uropode est beaucoup plus allongé
chez le mâle que chez la femelle.
Affinités.
Cette espèce est certainement voisine de laevis Latreille. Elle s’en
distingue cependant aisément par les caractères suivants :
1) la taille moindre ;
2) la forme plus allongée, particulièrement chez le mâle ;
3) la coloration différente ;
4) les granulations beaucoup plus fortes ;
5) la forme sinuée du bord postérieur des premiers péréionites ;
6) la présence d'écailles sur la carapace ;
7) les valeurs du rapport , deux fois moindres, en moyenne
<|ue chez laevis ;
8) la concavité de l'ischion du péréiopode VII ;
9) l’extrémité de l’expodite du pléopode 1 arrondie et non pointue.
Cette espèce est également voisine de variabilis Lucas. Mais con¬
trairement, à ce que soutient Doi.lfus (1898, p. 134 ; 1899, p. 251),
elle ne lui est pas identique, ou du moins elle n’est pas identique
Rux exemplaires de variabilis provenant d’Algérie et de Tunisie. On
peut distinguer ces deux espèces de la façon suivante :
allaaadi
variabilis
Extrémité <
dopoilite
pléopode
mâle.
le Pen¬
du
1
garnie d'un éventail de
fines soies.
ornée d’une rangée d’épi¬
nes.
Exopodite
pléopode
mâle.
du
1
lobe interne terminé en
une pointe simple (ty¬
pe laevis).
lobe interne à extrémité
obliquement tronquée
(type hoffmannseggi).
Carpos du
reiopode
mâle.
Non renflé.
Renflé.
Rapport ' ( !
du pé-
Compris entre 0,40 et 0,60.
Voisin de 0,30.
réionite
IV.
Source : MNHN, Paris
42
A. VANDF.I.
PORCELLIONS DE POSITION SYSTÉMATIQUE INCERTAINE.
Porcellio mateui n. sp.
Station. Gran Canaria ; Baranco de lus Tilos ; Moya. Sans
date : l î.
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : « mm.
2) Coloration : complètement blanche ; pas trace de pigment.
Fin. 21. l'orceltio nutleiii n. sp. A, partie antérieure du corps : II, partie pus*
téricure du corps : C, exopodile du premier pléopodc mâle ; D, exopodit*
du second pléopodc mâle.
.’{) Œil : plus ou moins dégénéré, de petite taille cl formé de
quelques ommatidiés rougeâtres.
4) Céphalon (Fig. 21 A) : ligne frontale légèrement arquée ; front
bombé donnant l’illusion d’un lobe médian. Lobes latéraux petits,
mais bien individualisés, faisant saillie en avant des yeux. Pas de
ligne supra-anten nuire.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
43
5) Pércion (Fig. 21 A) : bord postérieur des segments I-III droit,
formant avec les côtés des angles presque droits. Les pointes formées
par les angles postérieurs des segments IV-VII sont très faibles. Les
lergiles sont dépourvus d’impression transversale.
<>) Pléon (Fig. 21 B) : à peine en retrait sur le péréion. Néoplcu-
l'ons 3-5 grands, pointus, arqués et dirigés vers l’arrière.
7) Telson (Fig. 21 B) : pas de base individualisée ; côtés du tel¬
son incurvés ; pointe à sommet arrondi.
Appendices. Uropode (Fig. 21 IL : protopodite à bord posté¬
rieur très oblique ; endopodite dépassant l’extrémité du telson ; exopo-
diles faisant défaut sur l’exemplaire étudié.
Caractères tégamentaires.
1 ) Sculpture : téguments lisses, dépourvus de granulations.
2) Ecailles : carapace recouverte «l’écailles imbriquées, peu appa¬
rentes. Pas d’écai Bettes.
3) Xoduli latérales très apparents. Les valeurs du rapport -- sont
très constantes et relativement élevées (Tableau XI).
4) Champs glandulaires absents. J’ai observé un seul porc glan¬
dulaire, situé sur la marge latérale du premier péréionite.
Caractères sexuels mâles.
1 ) Pèrêiopodcs / et II : une forte brosse de longues soics-écailles
sur le carpos ; quelques liges seulement 5 l’extrémité du méros.
2) Péréiopode VII : absent sur l'exemplaire examiné.
3) Pléopodc I (Fig. 21 C) : exopodite à lobe interne court, arrondi
R son extrémité, dépourvu de soies, mais légèrement crénelé. .
4) Pléopnde 2 (Fig. 21 B) : exopodite à champ trachéen extrême¬
ment court.
TABLEAU XI.
Tableau îles Dateurs numériques relatives aux caractères tègumenlalres
d'un mâle de l'orcellio sp.
Les lettres «ml la même sitfniflcntion que «Inns le Tableau I.
1
b
•1
0,37
0,39
1 II.
0,35
0,51
0,35
! IV.
0,25
0,58
' V.
0,21
VI.
0,11
0,44
VII.
0.08
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
Affinités.
Celle espèce parait occcuper une position inlermédiaire entre les
genres Porcellio el Metoponorthus, el, c’esl à elle que le terme de
Mesoporcellio, institué par Vkrhokff (1907, p. 242 ; 1917, p. 214),
conviendrait parfaitement, bien mieux qu’à laevis qui est un vrai
Porcellio. Cette espèce se rapproche peut-être de sabuleti B.-L., espèce
saharienne, classée par Buddk-Lund (1885, p. 18(1) dans le genre Me.to-
ponorthus, et par Vkrhokff (1917, p. 214 ; 1918, p. 124) dans le
sous-genre Mesoporcellio. Cette espèce est enfin peut-être voisine des
formes albinos signalées sur la côte occidentale d’Afrique, telles que
Porcellionides sp. du Rio de Oro (Pafi.ian de FÉLICE, 1940, p. 58).
FAMILLE DES A II MA DILLIDUDA E.
Eluma purpurascens B.-L.
Stations : 1 ) Ténérifc ; Monte de las Mercèdes ; dans la Laiiri-
silva ; 41.III.1952 : 13 individus.
2) Ténérife ; Vucltas de Taganana ; dans la Laurisilva ; 1.IV.1952:
1 individu.
3) Ténérife ; San Diego ; dans un petit bois d’Eucalyptus ; 3.1V.
1952 : 24 individus.
4) Ténérife ; Monte de los Silos ; forêt de Lauracées et d'Erica ;
23-24.IV. 1952 : 12 adultes ; 5 pulli.
5) Cornera ; Bosque de Arceve ; dans la Laurisilva ; 13.IV.1952 :
5 i, 2 9.
Répartition. — Cette espèce a été signalée, à maintes reprises,
aux Canaries (Doi.i.i rs, 1889, p. 130 ; 1892 b, p. 164 ; 1893, p. 49 ;
1896 n. p. 357 ; 1896 b, p. 528 ; 1899, pp. 251 et 257 ; Kraepelin,
1895, p. 16 ; Vkrhokff, 1908 b, p. 371 ; Aroangeu, 1930, p. 82 ; 1935,
p. 3 ; 1948, p. 33 ; Paulian de FÉLICE, 1946, p. 246).
Vkrhokff (1908 b, p. 371) avait cru devoir distinguer, sous le
nom d’E. helleri, la forme des Canaries de celle qui peuple le conti¬
nent. Il semble que sous cette forme la position de Vkrhokff ne puisse
être maintenue (Arcangki.i, 1935, p. 5). Mais, il convient peut-être de
tenir la forme macaronésicnne comme une sous-espèce à laquelle on
devrait réserver le nom d’E. helleri (Arcangkli, 1948, p. 246).
Cette espèce présente une reparution atlantique tout à fait typi¬
que : Irlande, près de Dublin ; tout l’ouest de la France depuis I:'
Bretagne jusqu'à la Dordogne et la Corrèze ; Portugal septentrional
et central jusqu'à la latitude de Lisbonne ; Espagne méridionale (pro¬
vinces d’Almeria, de Grenade, de Malaga, de Cadiz, de Séville et *j c
Cordoue) où elle devient une forme montagnarde et alticole ; Oranie
et Maroc, où elle devient cavernicole (grottes de Misserghin et de
Bou Tlélis, dans le département d'Oran ; grotte de Sidi Mejbeur, près
de Taxa, Maroc) ; Açores ; Madère ; Canaries.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
45
Cette dispersion aujourd’hui discontinue implique une réparti¬
tion autrefois très vaste, correspondant à toutes les régions tempérées
de l’Ancien Continent proches de l’Atlantique.
Armadillidium vulgare (Latreille).
Stations : 1) Cran Canaria ; Telde ; 7.III.1952 : 3 3, 3 9 ovi-
gères.
2) Cran Canaria ; San Mateo, châtaigniers ; 9.III.1952 : 3 3,2 9.
3) Gran Canaria ; Baranco de Tejeda ; 16.III.1952 : 3 3, 1 9 ovi-
gère, I pull us.
4) Gran Canaria ; Cruz de Tejeda ; 1.850 m d’ail. ; 17.III. 1952 :
2 3,5 pulli.
5) Gran Canaria ; Moya ; El Brezal ; Laurisilva ; 20.III.1952 : 2 <?,
2 9, dont 1 ovigère.
fi) Gran Canaria ; Moya ; Barranco de los Tilos ; sans date ;
1 3,3 9 ovigères.
7) Ténérife ; Barranco de Tahodio ; 3ft.III.1952 : 1 9.
8) Ténérife; Monte de las Mercedes; Laurisilva; 31.III.1952 :
3 3,29 dont 1 ovigère.
9) Ténérife ; Vueltas de Taganana ; Laurisilva ; 1.IV.1952 : 3 <S,
1 9, 17 pulli.
Ift) Ténérife ; Bajnmar, près de la mer ; 17.IV.1952 : 4 3,2 9
ovigères.
11) Ténérife ; Monte Aguirre ; Laurisilva ; 22.IV.1952 : 1 3.
12) Palina ; Subida de la Caldera ; la Cumhrecita ; dans la forêt
de Pi nu s cnnariensis ; 0.III.1952 : 5 3,2 9 dont 1 ovigère.
13) Palina ; environs de Santa Cruz de la Palma ; 24.III.1952 :
3 3,5 9 dont 4 ovigères.
Répartition.
Celle espèce parait forl commune dans l’Archipel, depuis le bord
de la mer jusque dans la haute montagne. Elle avait été déjà fré¬
quemment signalée aux Canaries (Dollfus, 1889, p. 129 ; 1892 a,
|>. 17fi ; 1893, p. 49 ; 1890. o, p. 357 ; 1896 b, p. 530 ; 1897, p. 200 ;
1898, p. 132 ; 1899, p. 257 ; Kraepelin, 1895, p. lfi ; Arcangki.i, 1930,
P- 86 ; Pai i.ian de Féi.iœ, 1946, p. 246).
L’intérêt biogéogruphique do cette forme uhiquiste est très faible.
FAMILLE DES A RM A DILLIDA E.
Le Genre Armadillo Latreille.
Définition.
Le genre Armadillo, compris dans un sens restreint, a été défini
par Budde-Lund (1904, p. 97) et par Verhoeff (1926, pp. 254-255).
J’en propose la définition condensée que voici :
1) Bord postérieur du premier péréionite droit ;
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
•ICi
2) Sillon pleurépimèral du premier péréionite s’étendant sur
toute la longueur du bord latéral du segment ;
3) Lobe interne du pleurépimère II en forme de lame quadran-
gulaire ou rectangulaire.
Répartition.
Le genre Armadillo est propre à la région méditerranéenne. Une
espèce, A. elevalus Verhocff (Verhqepf, 1936, p. 511) provient de
Madras ; en outre, il est vraisemblable que plusieurs espèces indiennes
décrites par Collinge (1915, 1926) sous le nom de Cubaris doivent
également rentrer dans ce genre.
La Classification or Genre Armadillo.
La classification «lu genre Arniailillo présente d’incontestables dif¬
ficultés. Elles sont la raison des opinions contradictoires formulées
par les isopodologues et des hésitations de Budde-Lünd dont la perspi¬
cacité inégalée continue à provoquer l’admiration des systématiciens.
En particulier, de grandes incertitudes subsistaient jusqu’ici au sujet
de la position systématique que devaient occuper deux espèces dont
nous aurons à nous occuper dans le présent travail : hirsulus Koch
et nusseli Dollfus.
Dans la « Révision », Ridde-Li nd (1904, p. 102) inclut hirsutus
dans la Section II et la Sous-Section //>, où il prend place dans un
groupe d’espèces dont la plupart sont américaines. Ultérieurement,
Ri'DDE-Lt'Nn (1909, p. 54) assimile la Sectio II au genre Diploexochus
de Bhandt. Par contre, pour Arcangeli (1933, p. 31 ; 1934, p. 94),
cette espèce appartient au genre Arnuulillo s. str., et non au genre
Diploexochus.
En ce qui concerne nusseli, Bcude-Lcni) (1904, p. 100) le place
d'abord dans sa Sectio I, avec les Arnuulillo méditerranéens, tout en
faisant remarquer que « Ibis species sccnis to take in a little isolaled
place ». Ultérieurement, (Budde-Li.-nd, 1909, p. 54), il estime qu 'nusse¬
li doit vraisemblablement prendre place dans le genre Diploexochus.
Arcangeli (1934 />, p. 93) soutient, au contraire, nu'nusseli est un
Arnuulillo, et non un Diploexochus.
J’ai exposé dans un autre travail auquel je me permets de ren¬
voyer le lecteur (Vanijel, 1953 l>, p. 161 ), «pi’en accord avec Van Namk
(1936, p. 328), j’estime que le terme de Diploexochus doit être réservé
à l'espèce très particulière, echinutus, décrite par Brandt (1833, p-
30). Le plus grand nombre des espèces américaines appartient au
genre Venezillo, créé par Vkhhoeit (1928, p. 113). J’ai donné de ce
genre une diagnose renouvelée et précisée (Vandel, 1953 b, p. 161).
Or, la comparaison entre les structures d’hirsutus, d’nusseli, des
Arnuulillo méditerranéens et «les Venezillo américains, prouve incon¬
testablement que les deux premières espèces établissent la transition
entre les deux genres Arnuulillo et Venezillo. Je propose donc d’insti¬
tuer un nouveau sous-genre «l’ Arnuulillo : Atlnndillo destiné à inclure
Source : MNHN, Paris
ISOPODBS TERRESTRES DES II.ES CANARIES.
47
les deux espèces hirsutus et ausseli. Le Tableau ci-dessous fait appa¬
raître les différences essentielles que l’on relève entre ces trois cou¬
pures génériques et sous-génériques. Leur distinction repose sur la
forme du lobe interne du pleurépimère II qui, comme on le sait, joue
un rôle capital dans la systématique des Armadilles.
A. — Lobe interne du pleurépimère II formant une pointe lar¬
gement détachée du lobe externe, dirigée obliquement
vers le bas, plus courte que le lobe externe .
. Genre Venezillo Verh.
Lobe interne du pleurépimère II en forme de lame rec¬
tangulaire ou quadrangulaire, séparée du lobe externe
par une gouttière en V. B. Genre Armadillo Latreille.
H- Lobe interne du pleurépimère II en forme de rectangle
allongé, dépassant le lobe externe et disposée oblique¬
ment par rapport à lui . . . . Sous-
genre Atlandillo n. subgcn. (hirsutus Koch et ausseli Dollf.).
Lobe interne du *pl eur épimère II en forme de lame
quadrangulaire, ne dépassant pas ou peu le lobe externe,
et disposée parallèlement à lui. Sous-genre Armadillo n. suhgen.
Armadillo (Atlandillo) ausseli Dollfus.
Bibliographie : Doi.i.fus, 1889, p. 13(1 ; 1893, p. 48 ; Kraepelin,
I89f», p. 17 ; Blti)i>E-Ll'ND, 1904, p. 100 ; 1909, p. 54 ; Arganc.kli, 1930,
P|>. 82 et 87 ; 1933, p. 31 ; 1934 b, p. 93 ; Pauli an de Félice, 1940,
Pp. 240 et 248).
Stations : 1 i Ténérife ; Monte de las Mercèdes ; dans la Lauri-
silva ; 31.III.1952 : 5 individus.
2) Ténérife ; Monte Aguirrc ; dans la Laurisilva ; 22.IV.1952 :
lô individus.
Description.
Comme celte espèce est insuffisamment connue, je crois utile
d’en redonner une description accompagnée de quelques ligures.
Caractères somatiques.
1) Taille : 3 mm (Doi.LPirs indique que la taille peut atteindre
<» mm).
2) Coloration : Téguments de couleur jaune, parsemés de taches
hrunes ou noires. La ligne médiane est claire et encadrée de taches
nr >ires.
3) Œil : formé de 8-10 ommatidies.
4) Céphalon : bords de l’écusson nettement délimités et carénés.
Rebord supérieur de l’écusson saillant, éloigné du vertex sur les cotés.
Source : MNHN, Paris
-18
L. VANDEL.
5) Péréionite I (Fi{». 22 A, B et C) : pleurépimère I très fortement
relevé sur les côtés, délimitant une large gouttière entre le bord externe
et le tergite. Bord postérieur du premier segment faiblement, mais
nettement sinué. Lobe interne dépassant vers l’arrière le lobe externe,
et bien apparent sur l’animal vu de profil (Fig. 22 A). Le lobe externe
est légèrement tronqué sur son bord postérieur. Schismn large mais
peu profond, presque effacé en avant.
(>) Péréionite II (Fig. 22 I)) : le lobe interne est étroit, écailleux,
dirigé obliquement vers le bas. Il esl attaché en avant au lobe externe,
mais, en arrière, il est séparé de mi par une gouttière en V. Le lobe
externe est rectangulaire.
7) Pléolehon et uropode : base du pléotelson réunie à la partie
distale par une courbe arrondie. Exopodite de l'uropode très petit.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
49
Caractères lègumentaires (Fig. 22 A).
Le corps esl couvert d’épines saillantes niais à extrémité arron¬
die. On observe trois rangées d’épines sur le vertex, quatre à cinq ran¬
gées sur le péréionite I, deux rangées, plus de petites épines intermé¬
diaires, sur les péréioniles II-VII et une rangée sur les pléonites 3-5.
Il existe également quelques tubercules sur le pléonile 2. Le milieu
du pléotelson est occupé par une saillie bombée, triangulaire, portant
quatre tubercules coniques.
Caractères sexuels mâles.
1) Péréiopode Vil, dépourvu de différenciation sexuelle.
2) Pléopodes 1 et 2 (Fig. 22 b: et F) : exopodites à champ tra¬
chéen non indenté.
Le Genre Venezillo Verhoeff.
J’ai donné dans un autre travail (Vandel, 1953 b, p. 161) la défi¬
nition du genre Venezillo et indiqué les limites qui lui doivent être
assignées. Je me permets d’y renvoyer le lecteur. Cette définition a
pour conséquence d’inclure dans ce genre la forme des Canaries décrite
par Dollfus (1893, p. 48) sous le nom d’Armadillo canariensis. 11
convient d’ailleurs de remarquer que Budde-Lund (1904, p. 102) avait
déjà assigné à celte espèce la place exacte qui lui revient en la plaçant
dans sa Sectio II, sous-section / b, à côté d’espèces américaines telles
que venustus B.-L., truncorum B.-L., zigzac Dollfus, nigrornfus Dol¬
lfus, dumorum Dollfus, vincentis B.-L., etc...
Venezillo canariensis (Dollfus).
Bibliographie. — Dollfus, 1893, p. 48 ; Budde-Lund, 1904, pp.
102 et 109 ; Arcangeli, 1933, p. 31 ; Paulian de Félice, 1946, p. 246.
Stations : 1) Lanzarote ; la Atalaya ; Haria ; 12.III.1952 : 1 9.
2) Lanzarote ; Haria ; 13-14.111.1952 : 1 9.
Répartition. — Cette espèce est propre aux deux.îles orientales
de l’archipel, Fuerteventura et Lanzarote, dont le climat est parti¬
culièrement sec. On doit la tenir pour une forme xèrophile dont l’éco¬
logie est toute différente de celle d’Armadillo ausseli qui représente
un forme atmophile, pour reprendre l’expression de Fr. Dahl (1921,
p. 20).
Description.
Caractères somatiques.
1) Taille : 3 mm (les dimensions indiquées par Dollfus sont :
8 X 3,5 mm).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. VIII. 4
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
50
2) Coloration : grise, parcourue par des linéoles blanchâtres.
3) Œil, assez gros, formé d’une dizaine d’ommatidies.
4) Céphalon : rebord supérieur de l’écusson épais, ne dépassant
pas le vertex ou le dépassant de très peu, légèrement détaché sur les
côtés. Ecusson assez bien individualisé sur les côtés.
5) Péréionite I : bord postérieur du premier péréionite légèrement
sinué. Le lobe interne dépasse un peu, en arrière, le lobe externe, en
sorte qu’il est visible sur l'animal vu de profil. Le sehisma est large,
et s’étend, en conservant les mêmes dimensions, tout le long du rebord
latéral (Fig. 23 A). Les deux lèvres du sehisma sont parallèles. Le plcu-
répimère se relève vers l’extérieur — surtout vers l’avant — en délimi¬
tant entre le bord externe et le tergitc un gouttière assez profonde.
6) Péréionite II (Fig. 23 B) : le lobe interne est représenté par
une pointe complètement détachée, dirigée obliquement vers le bas,
plus courte que le lobe externe.
7) Pléotelson et uropode (Fig. 23 C et D) : pléotelson presque
deux fois plus large que long, occupé dans sa plus grande partie par
une région bombée triangulaire, portant, en son milieu, une fente
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
51
déprimée, longitudinale. Bord postérieur droit. Uropode à endopodite
c °urt, ovoïde, beaucoup plus court que le telson ; exopodite petit,
niais bien apparent.
Caractères tégumentaires.
Les téguments sont finement ponctués et recouverts de soies. Le
vertcx et les tergites péréiaux sont recouverts de bosselures, disposées
longitudinalement, assez serrées, mais peu saillantes.
Affinités.
Celte espèce parait très proche de certaines formes vénézolanes,
°t en particulier de nigrorafas Dollfus. Elle est également voisine de
trifolium Dollfus, des îles du Cap Vert, ainsi que je l’ai dit ailleurs
(Vandki., 1954, p. 474). Enfin, V. canariensis doit être également rap¬
proché de berlandi, du Rio de Oro, ainsi que l’a déjà fait remarquer
Paiilian de Félick (1940, p. 61).
CARACTÈRES BIOC.ÉOC.RAPHIQUES
I)E LA FAUNE ISOPODIQUF. CANARIENNE.
L’étude anatomique et systématique du matériel isopodique re¬
cueilli par M. .1. Matki: permet de formuler, avec une précision satis¬
faisante, quelques conclusions biogéographiques.
Rappelons tout d’abord que le rôle de la biogéographie n’est pas
d élaborer des théories géologiques ni de forger des hypothèses paléo-
Kraphiques. Mais, elle a le droit, après avoir rassemblé des faits précis,
de formuler des exigences que les spécialistes des sciences de la terre
ont le devoir de satisfaire.
La biogéographie repose essentiellement sur la valeur que l’on
attribue aux espèces, à leurs relations et à leurs affinités. C’est la
'aison pour laquelle cette discipline ne saurait se fonder que sur une
systématique de la plus haute précision. Suivant que deux régions ont
e n commun la même espèce, ou des espèces appartenant à un même
ficnre, à une même tribu, à une même famille, etc., nous en conclu¬
rons que les deux régions en question ont été réunies à une époque
proche ou reculée.
La biogéographie doit enfin tenir compte de cette donnée fonda¬
mentale apportée par la paléontologie, à savoir que la formation d’une
espèce représente un processus d’une extrême lenteur. Pour les formes
terrestres, on peut considérer que la création d’une espèce exige de
500.000 à 1.000.000, ans (Zeuner, 1950, p. 382).
1) Endémisme insulaire.
Le groupe oriental des Canaries, c’est-à-dire Lanzarote, Fuerte-
v entura et les îlots avoisinants, possèdent une faune nettement diffé¬
rente de celle du reste de l’archipel. La raison doit en être d’abord
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. VIII. 5
Source : MNHN, Paris
52
A. VANDEL.
cherchée dans un climat plus sec et plus aride, ensuite dans une his¬
toire géologique différente, leur séparation d’avec le continent afri¬
cain étant vraisemblablement récente (Jkannel, 1946, p. 64). On peut
citer comme espèces propres au groupe oriental et faisant défaut dans
le reste de l’archipel :
Porcellio alluaudi Dollfus ;
albinos B.-L. (s pi ni pe s Dollfus) ;
— simulator B.-L. ;
— mateui n. sp. ;
Venezillo canaricnsis (Dollfus).
En ce qui concerne les espèces qui peuplent le reste de l’archipel,
la pluplart se rencontrent dans toutes les îles. Cependant, il arrive
parfois que les différentes îles de l’archipel sont occupées par des
espèces ou des sous-espèces étroitement affines, quoique distinctes.
Comme on sait que la création d’une espèce exige une durée fort
longue (voir plus haut) on doit en conclure que la séparation des dif¬
férentes îles canariennes représente un phénomène géologiquement
ancien.
On peut citer en exemples :
Genre Meloponorthus.
M. stricticauda striclicauda M. stricticauda orientait s
Palma et Gomera Gran Canaria et Ténérife
Porcellions du groupe scaber.
P. meridionalis P. septentrionalis P. centralis
Gomera et Hierro Palma et Ténérife Gran Canaria
Porcellions du groupe dilatalus.
P. ombrionis P. canariensis P. ovalis
Hierro Ténérife Gran Canaria
2) Composition de la faune isopodique canarienne.
La faune isopodique des Canaries est assez riche en especes,
mais, si l’on fait abstraction des formes halophiles à large dispersion
et des espèces uhiquistes op importées, elle se réduit à quelques
genres qui lui donnent un aspect très monotone, comme il est d’ail¬
leurs de règle pour les faunes insulaires. Sur 33 espèces ou sous-
espèces d’Isopodes recueillies aux Canaries, 23 d’entre elles, soit
70 p. 100, appartiennent à la sous-famille des Porcellianidae bitra-
cheatae. Une pareille prédominance ne se retrouve qu'au Maroc où
sur 36 espèces signalées, 30, soit 83 p. 100, appartiennent aux Parcel-
lionidae bitracheatae.
Il convient maintenant de rechercher l'origine des différents élé¬
ments de la faune isopodique canarienne.
Source : MNHM, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
53
3) Rapports des Faunes canarienne et ibérique.
Nous venons de dire que les Canaries et le Maroc ont en commun
In particularité de posséder une faune isopodique constituée en
majeure partie par des Porcellionides bitrachéates. Mais, cette res¬
semblance n'implique nullement l’existence de réelles affinités entre
ces deux peuplements. En effet, les Porcellions marocains appartien¬
nent presque tous aux groupes nord-africain ( laevis ) et bético-rifain
(hoffmannseggi ), tandis que seuls quatre Porcellions canariens ren¬
trent dans le premier groupe, et qu’aucun Porcellion du groupe
hoffmannseggi n’a été signalé dans l’archipel.
C’est donc ailleurs qu’il convient de rechercher les affinités de la
l’aune isopodique canarienne. Or, celles-ci ne sont pas difficiles à
découvrir. C’est avec la faune ibérique, c’est-à-dire avec celle du Por¬
tugal et de l’Espagne, que la faune canarienne présente incontestable¬
ment la plus étroite parenté. Cette conclusion apparaît avec une par¬
ticulière évidence lorsque l'on considère les espèces du genre Por-
cellio, c’est-à-dire les Isopodes les plus caractéristiques de l’archipel.
Presque tous font partie du groupe atlantique (groupe scaber). Or,
parmi les vingt espèces faisant partie de ce groupe, six appartiennent
aux Canaries, une à Madère (1) et huit à la péninsule ibérique. On ne
saurait douter que le centre d’origine des Porcellio appartenant au
groupe scaber ne soit un vaste continent comprenant les Canaries,
Madère el la péninsule ibérique, mais resté indépendant de l’Afrique
jusqu’à une date récente. Voilà un point de biogéographie qui paraît
solidement établi et dont il convient que les paléogéographes fournis¬
sent une explication adéquate. Nous pouvons affirmer que la dislo¬
cation de ce continent est géologiquement ancienne (on sait que le
mythe de Platon ne correspond à aucune réalité scientifique). En effet,
aucune des espèces faisant partie du groupe scaber n'est commune
aux Canaries et à la péninsule ibérique, à l'exception de l'uhiquiste
Porcellio scaber (2). On notera, en particulier, l’absence aux Canaries
de Porcellio dilatatus, espèce si commune en Europe occidentale.
Tenant compte de la stabilité des espèces prouvée par la paléontolo¬
gie, on doit en conclure que la fragmentation de cette « Atlantide »
géologique représente un évènement certainement fort lointain. Nous
retrouvons à nouveau un phénomène analogue à celui que nous évo¬
luions dans le paragraphe précédent et relatif à l’endémisme insu¬
laire. Mais, tandis «juc les espèces vicariantes qui peuplent les diffé¬
rentes îles de l’archipel sont extrêmement voisines les unes des autres,
aucune des espèces canariennes ne présente de parenté très étroite
avec ses congénères ibériques.
Jl) Il sc pourriiit que deux autres espèces de Madère, décrites par Paulias
nE Féi.ick, ferrai et utliintidum. appartiennent également à ce groupe.
. (2) Ce Porcellion est plutôt rare aux Canaries, et, il n’est pas certain qu’il y
sn ‘t autochtone. C’est pour la même raison que nous ne ferons point intervenir
'■ans ces considérations hiogéographiques, la présence aux Cunaries de Cleno.iriu
aaninui (Dollfus), espèce commune au Portugal et dans le sud de l’Espagne, mais
vraisemblablement importée par l’homme dans l'archipel canarien.
Source : MNHN, Paris
54 A. VANDBL.
Il convient d'ajouter que, comme tanl d'autres îles, les Canaries
ont joué le rôle d'asile et de refuge envers des types primitifs, disparus
partout ailleurs. Il n’est point de Porcetlio possédant un système glan¬
dulaire aussi primitif que celui de laeuissimus Dollfus et de septen-
trionalis n. sp. Les espèces ibériques les moins évoluées à ce point de
vue, telles que dispar Verh. et nigrogranalatus Dollf., présentent d’in¬
contestables caractères de spécialisation et de réduction. Ajoutons
que l’étude des groupes pour lesquels on possède des documents
pâté-ontologiques, comme c’est le cas pour les Mollusques, établit que
les représentants actuels des Canaries ne s’apparentent pas tant aux
formes contemporaines qu’à la faune tertiaire de l'Europe.
Il est fort intéressant de remarquer que les Porcellions du type
atlantique peuplant les éléments aujourd'hui dispersés de l'ancienne
« Atlantide » ont suivi de communes noies d’évolution qui les orientent
vers un type structural que l’on peut qualifier de type dilatatus. C’est
le cas pour onalis Dollfus, canarienssi Dollfus et ombrionis n. sp. aux
Canaries, maenlipes B.-L. à Madère, dilatatus Br. et incanus B.-L.
dans la péninsule ibérique.
En dehors du genre Porcetlio, nous pouvons citer comme autre
exemple des affinités fauniques que l’on relève entre les Canaries et la
péninsule ibérique, celui d'Armadillo ( Atlandillo) ausseli Dollfus qui
appartient au même sous-genre qu'A. birsntus Koch, espèce propre
au sud du Portugal et de l'Espagne.
En fait, ces éléments ibéro-canariens font partie d’un ensemble
plus vaste, la faune lusitanienne, qui s'étend sur les terres baignées
par l’Atlantique depuis l’Irlande jusqu’à l’Archipel du Cap Vert (Van-
dki., 1946, p. 382). Pluma purpurascens B.-L. dont nous avons signalé
la remarquable distribution (p. 44) peut être donné comme un
exemple typique de répartition lusitanienne.
4i Faunes canarienne et bético-rifaine.
On sait que, pendant une grande partie du tertiaire, la région
occidentale de la Méditerranée actuelle a été occupée par un important
massif, le massif bêtico-rifnin, encadré au nord par la Meseta ibérique,
au sud par la Meseta marocaine. Ce massif a été le centre d’origine de
plusieurs types d'Isopodes appartenant aux genres Metoponorthus et
Porcetlio (Vandi-x, 1953 a. p. i»8). Après la dislocation du massif bético-
rifain, à la fin du tertiaire, les types bético-rilains se sont répandus
dans le sud de la péninsule ibérique d’une part, dans l’ouest de
l’Afrique du Nord d’autre part.
Deux Isopodes canariens présentent des affinités bélico-rifaines.
Le premier est Metoponorthus stricticauda Dollfus qui se rattache
certainement à .1/. fuscovariegatns (Lucas) (philoscoides B.-L.). Cette
dernière espèce qui se rencontre dans l'extrême sud de l’Espagne, au
Maroc et en Algérie (les mentions relatives à ce dernier pays ne se
rapportent peut-être pas toutes à la même espèce) peut être tenue
pour une forme bético-rifaine.
Source : MNHN, Paris
1S0F0DES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
55
Plntijarthrus schôbli parisii Arcangeli récolté au Maroc, dans le
•sud de l’Espagne (Benaojan, Tarifa), et par ailleurs aux Canaries, est
peut-être aussi une espèce bético-rifaine.
5) Faunes canarienne et nord-africaine.
On pourrait s’attendre, en raison de la faible distance qui sépare
les Canaries de la côte mauritanienne, à rencontrer dans la faune
canarienne de nombreux éléments nord-africains. Or, en ce qui con¬
cerne les Isopodes terrestres tout au moins, il n’en esl rien. Les quel¬
ques éléments nord-africains que l’on rencontre aux Canaries donnent
l’impression d'immigrants récents qui n’ont pus encore acquis leurs
lirais droits de cité dans l’archipel. En effet, ce sont les mêmes espèces
que l’on rencontre sur la côte mauritanienne et aux Canaries ; la spé¬
ciation n’a donc pas eu, dans ces cas, le temps de jouer. Nous devons
en conclure que l’arrivée des immigrants africains est postérieure,
non seulement à la séparation de l'archipel canarien du socle ibérique,
niais encore à l'éclatement du massif canarien en îles distinctes. On
remarque, en effet, que la plupart des éléments d’origine africaine
sont localisés dans le groupe oriental de l’archipel qui, très vraisem¬
blablement, est celui qui est resté le plus longtemps rattaché au con¬
tinent africain.
Les éléments les plus typiques (1) de ces immigrants africains
sont incontestablement les Pnrcellio du groupe laenis, à répartition
essentiellement nord-africaine et saharienne. Nous avons dit que
P. alluaudi Dollf., des Canaries orientales, se retrouve sur la côte
marocaine. P. spinipes Dollfus, des Canaries orientales, est syno¬
nyme de P. albinus B.-L., espèce saharienne occidentale. Enfin. P.
simulator B.-L., espèce saharienne, se retrouve à Lanzarote (Arcan¬
geli, 1934 a, p. 250).
6) Faunes canarienne et américaine.
L’un des plus grands profits retiré de l’étude de la collection ras¬
semblée par J. Matev est d'avoir pu fixer la position exacte de l’« Ar-
ntadillo canariensis » de Dollfus. Nous avons dit qu’il appartient
incontestablement au genre Venezillo et s’apparente donc aux espèces
américaines, ainsi que l'avait clairement reconnu Budde-Lund, dès
1904.
Expliquer sa présence aux Canaries en suite d'une importation
accidentelle apparaît peu probable, car, ainsi que nous l’avons dit, des
espèces affines se rencontrent au Rio de Oro (berlandi Paulian de
Félice) et aux îles du Cap Vert (trifolium Dollfus).
(1) D’autres éléments canariens se rattachent aussi probablement il la faune
africaine ; mais, la systématique encore incertaine (les groupements auxquels ils
appartiennent ne permet pus de Formuler des conclusions biogéogruphiques pre¬
sses. poreellio nuiteui n. sp. se rattache peut-être à sabuteti B.-L., espèce saha¬
rienne. Mica leptotrichoides Arc. a probablement des affinités avec M. lardas (B.-L.)
a Algérie, mais il conviendrait pour l'affirmer de reprendre l'étude détaillée de ces
«eux espèces.
Source : MNHN, Paris
56
A. VANDEL.
Des exemples de répartitions analogues sont connus dans d’autres
groupes animaux et végétaux. Les malacologistes (voir par exemple
Germain, 1913), les entomologistes (de Peyerimhoff, 1946, p. 191)
et les botanistes (voir par exemple Pitard et Proust, 1908, p. 68) ont,
à plusieurs reprises, souligné les affinités incontestables que l’on
relève entre certains représentants des faunes canarienne et amé¬
ricaine.
Il n’est pas dans notre intention de reprendre ici l’examen de la
vaste et multiforme question des affinités fauniques que l’on relève
entre les archipels atlantiques occidentaux et orientaux. Qu’il nous
suffise de souligner que la répartition du genre Venezillo, telle qu'elle
nous apparaît aujourd’hui en suite des recherches de J. Mateu, cons¬
titue un nouvel exemple de ces répartition transocéaniques, paral¬
lèles à l’équateur, sur lesquelles j’ai attiré l’attention (Vanoee, 1952).
RÉSUMÉ.
1) La faune isopodique des Canaries est caractérisée par un
endémisme qui se manifeste non seulement lorsque l’on envisage
l’archipel dans son ensemble,- mais encore les différentes iles qui le
composent. Certains groupes de Metoponorthus et de Porcellio sont
représentés par deux ou trois espèces affines dans les différentes iles
de l’archipel.
2) La faune isopodique canarienne est constituée par des élé¬
ments qui, abstraction faite des halophiles et des ubiquistes, répon¬
dent à quatre types fauniques distincts : lusitanien, bético-rifain,
nord-africain et américain.
3) Pour la plus grande part, la faune isopodique des Canaries se
rattache étroitement à celle de la péninsule ibérique, en particulier à
celle du Portugal et du sud de l’Espagne ; c’est donc une faune lusi¬
tanienne. On doit en conclure que l’archipel canarien et la péninsule
ibérique ont été autrefois reliés de façon directe (et non indirecte par
l’Afrique, car la faune marocaine est nettement différente de celle
des Canaries). Cette séparation est ancienne, car si les genres cana¬
riens se retrouvent tous dans la faune ibérique, aucune espèce, à l’ex¬
ception de quelques ubiquistes et formes importées, n’est commune
aux Canaries et à la péninsule ibérique.
4) Deux espèces canariennes présentent des affinités avec la
faune bético-rifaine, faune originaire du massif bético-rifain dont les
restes sont aujourd'hui cantonnés dans le sud de l’Espagne et en Ber-
bérie occidentale.
5) Quelques espèces nord-africaines, la plupart sahariennes, ont
passé dans le groupe oriental de l’archipel des Canaries. Leur immi¬
gration est certainement récente, car les exemplaires canariens sont
en tous points identiques aux formes du continent.
6) Une espèce canarienne appartient s) un genre américain, large¬
ment répandu aux Antilles et en Amérique tropicale.
Source : MNHN,
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
57
ADDENDUM.
Monsieur J. Mateu a poursuivi, dans l’archipel des Canaries, de
nouvelles investigations entomologiques et zoologiques, pendant les
mois de mai et de juin 1954. Les récoltes d’Isopodes terrestres qu’il
a rassemblées renferment les mêmes espèces que celles qui sont
représentées dans les collections de 1952 ; il ne parait point utile d’en
donner le détail. Mais, les récentes recherches de M. Mateu apportent
trois données nouvelles qu’il convient de signaler brièvement :
1) M. Mateu a recueilli au Faro de las Maspalomas (Cran Cana¬
da) un mâle et trois femelles d'Ilalophiloscia couchi Kinahan. Cette
espèce avait été déjà signalée aux Canaries par Dollfus (1893, 1896,
1897, 1899) et par Scharff (1903) ; mais, la récolte de M. Mateu a
l’intérêt d’établir en toute certitude que la forme des Canaries cor¬
respond bien à H. couchi Kinahan, et non à l’une des formes médi¬
terranéennes avec lesquelles elle a été autrefois confondue.
2) M. Mateu a capturé au Bosque dcl Cedro, dans Pile de Gomera,
trois individus de Porcellio ombrionis Vandcl. Cette espèce est donc
propre aux îles de Hierro et de Gomera.
3) L’exemplaire de Porcellio muteui Vandel récolté en 1952 était
un albinos. M. Mateu a recueilli, en 1954, à la Cruz de Tejeda (Gran
Canaria), quatre individus de cette espèce qui sont normalement
pigmentés. Le vertex et les tergiles péréiaux sont parsemés de linéoles
blanchâtres ; les pleurépimères sont pigmentés ; le pléon est unifor¬
mément et fortement pigmenté ; les uropodes sont dépourvus de
pigment. L’œil est normal, bien développé. Le péréiopode VII du mâle
possède un ischion fortement creusé sur sa face caudale, et à son
extrémité distale, d’une fossette garnie d’écailles piliformes ; le bord
sternal de l’article porte sept fortes tiges.
Source : MNHN, Paris
58
A. YAXDBL.
BIBCIOGHAPHIE.
Arcangei.i (A.). 1930. Isopodi terrestri raccolti nelle isole Canarie liai
Prof. Filippo Silvestri (eon aggiunte). Hall. Lubor. Zool. Portici.,
XXIV, pp. «2-1)1 ; 1 lig.
Ahgangeli (A.). 1933. Isopodi lirreslri delle isole Samoa e considerazioni
sopra la dislribuzione geografica del genere Armadillo I.atr. emend.
Verh. Poil. Mus. Zool. Anal. Comp. Torino, XI.III, pp. 25-33, pl. I-IV.
Ahoancei i (A.). 1934 a. Trois Porrellio (Crustacés Isopodes) de la Grande
Salvage el des ('.anuries. Ilull. Mus. Hisl. Nul. Paris. (2), VI, pp. 250-251.
AnCANGF.ii (A.). — 1934 b. Noie di revisione sulla famiglia Armadillidae.
Ho II. Mus. Zool. Anal. Comp. Torino. XI.IV. pp. 83-119.
Ahcangei.i (A.). - 1935. Gli Isopodi terreslri del Portogallo. Ho II. I.ubor.
Zool. Portici. XXIX. pp. 1-39 ; 24 fig.
Arcangei.i (A.). 1942. Porrellio ( Liicasius) leplolrichoides, nuova specie
di Crostaceo Isopodo terrestre nell’isola Grande Salvage. Holl. Mus.
Zool. Anal. Comp. Torino. XI.IX. pp. 223-225 ; 1 pl.
Arcangei.i (A.). 1948. Schizidiinae, sottofamiglia di Armadiltidiidae
(Grostacei Isopodi terreslri). Holl. Isl. Mus. Zool. Torino. I. pp. 213-
272.
Boi’Rcaht (.1.). 1946. Géologie des lies Atlantides. Mém. Soc. Hioi/éoiir.
VIII. pp. 9-40 ; 8 lig.
Brandt (J. F.). 1833. Comyjeclus Monographiue Grustaceorum Oniscodo-
rum Catreillii. Hull. Soc. Imper. Nalur. Moscou. VI. pp. 171-193 ;
pl. IV.
Bvdoe-I.und (G.). - 1885. Crustacea Isopoda Terrestria per Familias et
Généra et Species deseripta. Hauniae. 319 p.
Budoe I.I’nd (G.). 1904. A Hevision of « Crustacea Isopoda Terrestria »
witli additions ami illustrations. 2. Spherilloninue. 3. Armadillo_.
Copenliagcn. pp. 33-144 ; pl. Vl-X.
Blodk-Luni) (G.). 1908. Isopoda von Madugaskar und Ostafrika mit
Diagnosen verwandter Arten. in Voeltzkoui lieise in Oslafrika in den
Jahren 1903-1905. W/ss. Ergebn. II. Sysl. Arbeil. Stuttgart, pp. 2(13-
308 ; pl. XII-XVIII.
Biode-I.i'M) (G.). 1909. Land-Isopoda. in !.. Schluze ; Zool. u. anthron.
Ergebn. u. Forschnnqsreise in Siidafrika. II. Denkschr. med. Gesell.
Jena. XIV. pp. 53-70 : pl. V-VÏI.
Cou.cvge (XV. K.). 1915. Contributions to a knowledge of the terrestrial
Isopoda of India. Part. I. On a collection from the Madras Province
ami Southern India, lier. Ind. Muséum. Calcutta. XI. pp. 143-151 ; pl.
IV-XII.
Collingk (XV. E.). 191(1. Contributions to a knowledge of the Terrestrial
Isopoda of India. Part 2. Sonie new species of Puraperisci/phis, Cuba-
ris. etc. Ibid. XII. pp. 115-128 ; pl. IX-XIX.
Dahl (Fr.). - 1921. Grimdlagen einer ôkologisehen Tiergeographie. Jena.
113 pp. ; 11 flg. ; 2 cartes.
Poli.eus (A.). 1889. Ciste préliminaire des Isopodes extramarins recueil¬
lis aux Açores pendant les campagnes de l'Hirondelle (1887-1888) par
M. Jules de Gi khne. Hull. Soc. Zool. France. XIV. pp. 125-132.
Dollfus (A.). 1892 a. Tableaux synoptiques de la Faune française.
Ce genre Armailillidium (Crustacés Isopodes terrestres). Feuille J-
Nat u r. (3) XXII. pp. 15-19; 39-42 ; 135-141; 175-179. 28 (ig.
Dollfus (A.). 1892 b. Catalogue raisonné des Isopodes terrestres d'Espa¬
gne (Espèces signalées jusqu'à ce jour et description d’espèces nou¬
velles). Anal. Soc. Espan. Ilist. Nul. (2) I (XXI). pp. 1G1-190 ; 13 fig-
Dollfus (A.). 1893. Voyage de M. Ch. Alluaui» aux îles Canaries (novem¬
bre 1889-juin 1890). Isopodes terrestres. Mém. Soc. Zool. France. VI.
pp. 46-50 ; 7 ilg.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DES ILES CANARIES.
59
Dollfus (A.). — 1890 a. Sur la distribution géographique des Armadilliens
en Europe. Compt. Rend. 3' Congr. Intern. Zool. I-eyde. pp. 350-358.
Dollfus (A.). 1890 l>. Les Isopodes terrestres du nord de rAfrique, du
Cap Blanc à Tripoli (Maroc'. Algérie, Tunisie, Tripolitaine). Mém. Soc.
Zool. France. IX. pp. 523-553 ; 5 lig.
Dollfus (A.). — 1897. Notes de Géographie Zoologique. Les Crustacés
Isopodes terrestres à grande dispersion. Feuille J. Nalur. (3) XXVII.
pp. 205-212 ; 1 carte.
Dollfus (A.). — 1898. Voyage de M. Gaston Buchf.t aux îles Canaries et
sur les côtes méridionales du Maroc (1890 et 1897). Isopodes terres¬
tres. Bull. Soc. Zool. France. XXIII. pp. 131-135. 1 lig.
Dollfus (A.). —- 1899. Sur la distribution géographique îles Isopodes ter¬
restres dans l’Afrique septentrionale, du Sénégal à Obock. Proceed.
IV. Intern. Congr. Zool. Cambridge, pp. 250-200.
Dollfus (A.). 1901. Catalogue des Isopodes terrestres de Hongrie appar¬
tenant au Muséum National de Budapest. Termes. Füzetek. XXIV.
pp. 143-151 ; 5 lig..
Germain (L.). - 1913. Le Problème de l'Atlantide et lu Zoologie. Annal.
Géogr. XXII. pp. 209-220.
Imbelloni (J.) et Vivante (A.). 1942. Le Livre «les Atlantides. Trad.
franc. Paris. 345 pp. ; 41 fig.
Jeannf.l (IL). 1940. Les îles Atlantides. Mém. Soc. Hiogéogr. VIII. pp.
59-05.
Koblbel (K.). 1892. Beitragc zur Kenntnis der Crustacecn der Cana-
rischen Inseln. Ann. Nat. Ilofmus. Wien. VII. pp. 105-110.
Kraepelin (K.). — 1895. Zoologische Ergebnisse einer Frühjahrs-Exkursion
nach Madeira und den Canarischen Inseln. Verhandl. Nat. Ver. Ham-
burg. (3) 2 Heft. pp. 0-17.
Lundblad (O.). — 1947. Makronesien und Atlantis. Eine historisch-bio-
geographische Uebersicht. Zool. Bidrag. Uppsala. XXV. pp. 201-323 ;
20 cartes.
Monod (Th.). 1932. Sur quelques Cloportes sahariens. Bull. Soc. Hist.
Nat. Alger. XXIII. pp. 243-252 ; 9 pl.
Name (W. G. Van). 1930. The American Land and Fresh-Water Isopod
Crustacea. Bull. Americ. Mus. Nat. Hisl. LXXI. 535 pp. ; 323 fig.
Paulian de Félick (L.). 1939. Isopodes terrestres récoltés aux îles Madère
par M. Ch. Alli ai u. Bull. Mus. Hisl. Nat. Paris. (2) XL pp. 388-393 ;
u « «K- ^
Paulian i>e Féi.ice (L.). 1940. Récoltes entomologiques faites par M. L.
Berland à Villa-Cisneros (Rio de Oro). Isopodes terrestres recueil¬
lis au Rio de (Xro llull. Mas. Hisl. Nat. Paris. (2) XII. pp. 55 57 ; 14 lig.
Paulian de Féuc.f. (L.). 1940. Les Isopodes oniscoïdes des Archipels
atlantiques (Note préliminaire). Mém. Soc. Iliogéogr. VIII. pp. 245-
«u.
• eyerimhoff (P. de). 1940. Les Coléoptères des Atlantides et l'élément
atlantique. Mém. Soc. Riogêogr. VIII. pp. 153-197.
Pitard (.1.) et Proust (L.). 1908. Les îles Canaries. Flore de l’Archipel.
_ Paris. 503 pp. ; 19 pl.
bCHARKF (R. F.). 1903. Sonic Remarks on thc Atlantis Problein. Proceed.
Irish Acad. XXIV. pp. 208-302.
Vandel (A.). 1951. Le genre « Porcellio » (Crustacés; Isopodes ; Onis-
coidea). Evolution et Systématique. Mém. Mus. Hist. Nat. N. S. Ser.
A. Zool. III. pp. 81-192 ; 40 fig.
Vandej. (A.). 19l>2. La répartition du complexe trichoniscoïde (Isopo¬
des terrestres) et la oaléogéographie. Compt. Rend. Acad. Sc. Paris.
.. CCXXXIV. pp. 1332-1334.
Vandel (A.). 1953 a. Les Isopodes terrestres des provinces d’Almeria
et de Grenade. Archiu. d. Inst. Aclimatacion. Alméria. I. pp. 45-75 ;
24 fig. ; pl. I-III.
Source : MNHN, Paris
60
A. VANDEL.
Vanoel (A.). 1953 b. Htude des Isopodes terrestres récoltés au Venezuela
par le D r G. Marcuzzi, suivie de considérations sur le pcuplcinent
du Continent de Gondwana. Mem. Mus. Civ. Slor. Nutur. Veronu. III.
pp. 59-203 ; 97 fl g.
Vandel (A.). - 1954. Isopodes terrestres des îles du Cap Vert recueillis par
M. J. Cad en at. Bull. Insl. franç. Afrique Noire. XVI, Ser. A, pp. 466-
17,S ; !i lig.
Verhoeff (K. W.). 1907. Ueber Isopoden. 10 Aufsatz. Zur Kenntnis der
Porcellioniden (Kôrnerasseln). Silzb. Gesell. Naturf. Freunde. Berlin.
pp. 229-281.
Verhoeff (K. W.). — 1908 a. Ueber Chilopoden und Isopoden aus Tripolis
und Barka, gesammelt von I) r Br. Klaptocz. 11. Aufsatz. Zool. Jahrb.
Abt. Sgslem. XXVI. pp. 257-284 ; pl. 20.
Verhoeff (K. W.). — 1908». Ueber Isopoden. 15. Aufsatz. Archiv. f. Biontol.
II. pp. 335-387 ; pl. XXIX-XXXI
Verhoeff (K. W.). — 1917. Zur Kenntnis der Entwicklung <lcr Trachcalsys-
teme und der Untergattungen von Porcellio und Tracheoniscus. 22
Aufsatz. Silzb. Gesell. Naturf. Freunde Berlin, pp. 195-223 ; 7 fig.
Verhoeff (K. W.). 1918. Zur Kenntnis der Ligiidien, Porcellioniden und
Onisciden. 24 Aufsatz. Archiv f. Nuturgesch. LXXXII. A. 1918. pp.
108-169 ; 2 pl.
Verhoeff (K. W.). 1926. Isopoda Terrestria von Neucaledonien und den
Loyaltv-Inseln. 32 Aufsatz. Sarasin und Boux, Nova Caledonia. Zool.
IV. pp. 243-366 ; 141 lig.
Verhoeff (K. W.). 1928. Ueber einige Isopoden der zoologischen Sta-
atssammlung in München. 38. Aufsatz. Zool. Anz. LXXVI. pp. 25-36 et
113-123 ; 16 el 15 lig.
Verhoeff (K. W.). 1936. Ueber einige Myriapoden und Isopoden aus
Dekan, gesammelt von Herrn S. Joncs. Madras. Bec. Indian Mus.
Calcutta. XXXIII. pp. 503-512 ; pl. XV-XVI.
Zeunkr (F. K.). — 1950. bating tlie Past. 2 nd Edit. London. 474 pp. 24 pl.
Achevé d’imprimer le 15 octobre 1954.
Imprimé en France.
Le Gérant : Hené Jkannki,.
lmp. Maurice Dkci.i'mb, Lons-le-Saunier. - 72-54-410.
Octobre 1954 « Dépôt légal 4’ trimestre 1954 - N* 4342 ».
Source : MNHN, Paris